ASPECTS VENUS – JUPITER

Association de planètes de plaisir et de sensualité.

LA CONJONCTION VENUS – JUPITER

L’association de VENUS, jadis appelée «petite fortune» et de JUPITER, «grande fortune», est bénéfique, tant dans le domaine de la vie privée que de la vie matérielle, les deux pouvant s’harmoniser, permettant un équilibre et un épanouissement.

Aspect d’épanouissement amoureux, affectif et sensuel. En amour, l’être sait, sans complications, exprimer naturellement ses sentiments et penchants. Il est fait pour goûter les joies simples et les plaisirs, dans une vie conjugale paisible. C’est un aspect d’épicurisme, de chance, indice de bonheur et de réussite sentimentale. Le sujet sait se faire aimer par sa bonhomie naturelle et la sympathie qu’il dégage.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN BELIER

Amours ardentes et voluptueuses qui démarrent au quart de tour. En matière de cœur, le natif a confiance en lui et peut se montrer conquérant. Vie amoureuse trépidante.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN TAUREAU

Amour rime avec sensualité et volupté, dans un cadre légal, confortable et conformiste. Gourmandise ou intérêt pour le domaine artistique ou immobilier.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN GEMEAUX

La sensualité, moins forte dans ce signe cérébral où JUPITER est en chute, porte au flirt à l’inconstance et aux «Jeux de l’amour et du hasard».

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN CANCER

L’amour s’exprime pleinement dans un cadre familial, un nid douillet et confortable, au milieu des enfants. La tendance orale du signe porte à la gourmandise et parfois à la gastronomie.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN LION

Les aspirations sont élevées et l’amour ne se conçoit pas sans idéalisation, ambition, grandeur ou noblesse. L’esthétique et le luxe font souvent partie de l’épanouissement.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN VIERGE

Avec VENUS en chute et JUPITER en exil, le sentiment et la sensualité se font discrets. Le goût de la sécurité peut passer par l’intérêt; les contingences matérielles sont souvent présentes dans le mariage.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN BALANCE

L’association de deux bénéfiques dans le signe du couple incline vers l’épanouissement sentimental dans le cadre d’un mariage heureux.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN SCORPION

Ici, le plaisir des sens est roi ce qui n’exclut par des amours complexes où la volupté et la souffrance se mêlent.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN SAGITTAIRE

La joie de vivre et la bonne humeur sont au rendez vous et l’amour est source d’épanouissement, le plus souvent dans un cadre légal et conformiste.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN CAPRICORNE

Dans ce signe hivernal, la conjonction est limitée dans ses manifestations étant donné le manque de spontanéité et la pudeur excessive. Cet aspect est mieux vécu après le 1er cycle de SATURNE.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN VERSEAU

Dans ce signe d’indépendance et d’avant garde, la conjonction n’est plus aussi conventionnelle et peut, le cas échéant, se vivre hors d’un cadre légal. En amour, la liberté est de rigueur et le sentiment se mue souvent en amitié.

CONJONCTION VENUS – JUPITER EN POISSONS

Avec ces deux planètes en exaltation, nous sommes en présence de l’amour avec un grand A, amour total vécu sur un mode fusionnel passant par toute la palette des sentiments : de l’extrême sensualité à l’amour mystique, le plus souvent dans l’oblativité.

ASPECTS VENUS – JUPITER HARMONIQUES

(Voir conjonction.)

DANS LES SIGNES DE FEU (Bélier – Lion – Sagittaire)

L’amour est ardent et les démonstrations affectives spontanées. L’être est ambitieux ou idéaliste (LION- SAGITTAIRE) et tend à s’épanouir.

DANS LES SIGNES DE TERRE (Taureau – Vierge – Capricorne)

L’amour est indissociable de la sensualité (TAUREAU) ou d’une recherche de sécurité (VIERGE, CAPRICORNE), soit dans la sphère affective (besoin de stabilité et de fidélité) soit dans la sphère matérielle.

DANS LES SIGNES D’AIR (Gémeaux – Balance – Verseau)

L’épanouissement du couple passe par une bonne communication, un besoin d’indépendance ou une communion d’idées. La meilleure position est celle de VENUS en BALANCE, source d’épanouissement dans un cadre légal.

DANS LES SIGNES D’EAU (Cancer – Scorpion – Poissons)

Epanouissement de la vie affective par la sentimentalité comblée (VENUS en CANCERPOISSONS) ou la sexualité (SCORPION). Gourmandise fréquente avec une des deux planètes en CANCER.

ASPECTS VENUS – JUPITER DYSHARMONIQUES

Une forte tendance hédoniste pousse aux plaisirs de la vie et porte aux écarts amoureux (surtout dans les signes sensoriels); à plus ou moins long terme, cela se termine par des risques de divorce. Cette sensualité peut aussi se vivre au travers des plaisirs de la table d’où de futurs problèmes de santé (pléthore).

L’aspect peut aussi se manifester au niveau de la vie matérielle; tendance aux dépenses excessives pour ou à cause du partenaire à moins qu’il ne s’agisse de conflits d’intérêt au sein de la vie à deux. Dans tous les cas, l’être a beaucoup de mal à se limiter et à résister aux tentations.

En SIGNES CARDINAUX   (Bélier – Cancer – Balance – Capricorne)

Excès de sensualité (sauf avec VENUS ou JUPITER en CAPRICORNE) mais possibilité de moduler ses comportements.

EN SIGNES FIXES (Taureau – Lion – Scorpion – Verseau)

Tendance à s’enferrer dans des comportements d’avidité, soit au plan sensuel, soit au plan matériel (axe TAUREAUSCORPION). Avec l’axe VERSEAULION la prodigalité peut conduire à des revers.

EN SIGNES MUTABLES (Gémeaux – Vierge – Sagittaire – Poissons)

Vie sentimentale tendant aux excès, notamment en SAGITTAIREPOISSONS (attaches multiples); possibles difficultés à se stabiliser. Avec VENUS en VIERGE, les conflits matériels au niveau de la vie à deux sont assez fréquents, avec VENUS en GEMEAUX l’éparpillement est possible.

TRANSITS

La réactivation de la conjonction ou du bon aspect amène d’heureuses situations sentimentales. Le deuxième cycle de JUPITER, 24 ans, correspond fréquemment à un mariage ou à un cap de fécondité. Un transit sur la dissonance peut, parfois, avoir des conséquences heureuses (surtout chez les natifs sérieux et responsables) mais risque, le plus souvent, de développer les excès, l’insouciance, les dépenses, excès de table ou autres

SANTE

Les deux planètes sont en rapport avec le tempérament sanguin, propices aux rondeurs, Le plan circulatoire est souvent concerné, notamment dans la dissonance (axe LIONVERSEAU), ainsi que la sphère rénale (axe BELIERBALANCE).

 

ASPECTS VENUS – MARS

Association de deux planètes antagonistes, l’une douce, pacifique et féminine, l’autre, agressive, guerrière et masculine. Mais association du sentiment et du désir.

LA CONJONCTION VENUS – MARS

Aspect passionnel par excellence dans lequel l’amour est ressenti de façon ardente et se vit tumultueusement. L’élan du cœur et l’ardeur sexuelle fusionnent. Selon les signes, nous aurons une nature plus ou moins passionnelle. Pour certains, les appétits amoureux sont irrépressibles et le sentiment, éruptif, démarre «au quart de tour».

Pour d’autres, le sentiment peut être indissociable de l’agressivité, se vivant sur un mode «sado-maso» à la manière de : «Qui aime bien châtie bien»… Parfois encore, les désirs sexuels sont déplacés sur des appétits plus matériels ou sensuels (amour de la table ou des possessions). Quoi qu’il en soit, la passion est indispensable : aimer sans vibrer, n’est pas aimer, se déchirer puis se réconcilier est un vrai bonheur… Cet aspect découle souvent d’une enfance vécue dans une atmosphère affective orageuse (divorce possible des parents ou mésentente de ceux-ci)…

CONJONCTION VENUS – MARS EN BELIER

C’est l’amour passion, celui qui dévore et ensorcelle : le sentiment s’installe rapidement mais, le plus souvent, ce Feu intense est un feu de paille. Dans ce signe primaire où MARS est en domicile et VENUS en chute, nous sommes en présence de l’amour conquête mais aussi de l’amour combat dans lequel il est impossible de ne pas s’impliquer totalement, corps et âme avec ce que cela comporte de «bleus à l’âme».

CONJONCTION VENUS – MARS EN TAUREAU

Nature voluptueuse qui s’attache profondément et possède des appétits sensuels prononcés. Dans ce signe secondaire où VENUS est en domicile et MARS en exil, le sentiment est exclusif et a besoin, pour s’épanouir, de s’enraciner ou de durer. Les attaches sont possessives et le natif peut connaître les affres de la jalousie.

CONJONCTION VENUS – MARS EN GEM EAUX

Dans ce signe aérien où MERCURE contrôle les émotions et le sentiment, l’amour perd son caractère passionnel et l’être s’engage moins : goût du flirt ou du libertinage sinon des aventures dans lesquelles l’être ne s’implique pas vraiment; ce sont les «jeux de l’amour et du hasard»… Dans ce signe double, le sujet recherche parfois son «frère», son alter ego, d’où des amours amitié, vécues au niveau de la camaraderie ou même, dans certains cas de l’homosexualité.

CONJONCTION VENUS – MARS EN CANCER

C’est plus particulièrement dans ce signe familial que les dissensions parentales ont pu engendrer un attachement inconscient à ce qui fait souffrir d’où des amours masochistes. L’amour s’inscrit souvent dans un contexte familial, avec un désir de nidification : besoin de fonder un foyer, dans un home douillet et confortable… même si les risques de divorce demeurent.

CONJONCTION VENUS – MARS EN LION

Les amours sont ardentes et passionnées, elles se veulent grandes, nobles et élevées. En amour, l’être est exigeant et demande des attentions particulières. Les appétits amoureux sont importants et l’esprit de conquête prononcé; le sujet est démonstratif et empressé et ses sentiments se manifestent avec panache; Le partenaire doit être représentatif et peut même être considéré comme un «faire-valoir».

CONJONCTION VENUS – MARS EN VIERGE

La vie sentimentale est souvent complexe et ambivalente, source fréquente de récriminations : le sens de la perfection de la VIERGE la laisse souvent insatisfaite. Selon le reste du thème, ce signe peut se transformer en «VIERGE FOLLE» et ainsi ressembler au SCORPION, se montrant un tantinet libertin; il peut aussi vouloir contrôler sa passion, en tenant à distance ses sentiments (doute, méfiance) ou l’orienter selon ses intérêts.

CONJONCTION VENUS – MARS EN BALANCE

C’est le sentiment et la tendresse qui l’emportent (VENUS en domicile) sur les désirs (MARS en chute). En matière de cœur l’être a besoin d’harmonie et est prêt à fournir beaucoup d’efforts pour qu’elle règne, marie à son détriment. La passion à plutôt besoin, pour s’épanouir, du cadre légal du mariage.

CONJONCTION VENUS – MARS EN SCORPION

C’est l’amour torture aux passions volcaniques où la volupté mêle indissociablement plaisir et souffrance. Les attractions sont viscérales, tourmentées et ambivalentes, susceptibles de passer de l’amour à la haine. Avec VENUS en exil l’érotisme peut passer devant le sentiment, plus appauvri. Ce dernier est complexe, toujours mêlé de culpabilité, de peur, d’angoisse ou de perversion. Le sentiment sera d’autant plus irrésistible et dévorateur qu’amour ne rimera pas avec toujours. L’amour fleurit sur le terrain de l’insécurité, du drame, de l’interdit (homosexualité, amour-mort, sado-masochisme…).

CONJONCTION VENUS – MARS EN SAGITTAIRE

Amour passion voire amour combat où l’être vit intensément, et jusqu’au bout, ses élans, sans discrimination aucune, qu’elle soit sociale ou raciale. Pour lui, les frontières n’existent pas et il sait le prouver par des unions ou attaches avec des étrangers. Dans certains cas, les amours peuvent être idéalisées, s’inscrivant dans une éthique ou une idéologie (amour de l’humanité).

CONJONCTION VENUS – MARS EN CAPRICORNE

Dans ce signe secondaire et austère, les amours sont plus contrôlées et les sentiments apparemment attiédis car l’être n’aime ni les démonstrations ni les folies. L’élan marsien est le plus souvent dévié vers des appétits plus matériels (ambition). Toutefois, lorsque l’alter ego est rencontré, l’avidité prend le pas sur le détachement : c’est le feu sous la glace et la passion qui perdure !

CONJONCTION VENUS – MARS EN VERSEAU

Dans ce signe angélique et spiritualisé, cette conjonction est moins passionnelle. L’accent est mis sur la liberté et se prête peu à des attaches conformistes ou légalisées. Cette configuration correspond plus particulièrement au couple moderne, ouvert à toutes les expériences et affranchi des conventions.

CONJONCTION VENUS – MARS EN POISSONS

Amours plus ou moins sacrificielles ou masochistes dans lesquelles l’être s’investit pleinement, au point de perdre toute individualité. Le rêve de symbiose et d’osmose du signe n’est pas toujours comblé, en raison des débordements et excès marsiens. Les attaches sont empreintes d’illusion ou d’idéal voire de tromperie, donc rarement stables ni sereines, parfois multiples.

ASPECTS VENUS – MARS HARMONIQUES

L’harmonie existe entre élan tendre et désir, d’où une nature amoureuse le plus souvent épanouie. Cet aspect est propice à un bon équilibre affectif, les attaches étant immédiates, empreintes de franchise et de sincérité et le plus souvent naturelles, démonstratives et sensuelles.

DANS LES SIGNES DE FEU (Bélier – Lion – Sagittaire)

C’est l’amour ardent, vécu sur un rythme souvent accéléré (coups de foudre), dans un climat passionnel. Les désirs sont impérieux les sentiments enflammés (surtout avec VENUS ou MARS en BELIER), parfois même empreints de grandeur et de noblesse (VENUS en LION) voire idéalisées.

DANS LES SIGNES DE TERRE (Taureau – Vierge – Capricorne)

L’amour est fait pour rimer avec toujours : le sentiment s’installe moins rapidement et l’être ressent le besoin de s’enraciner et de s’attacher, non sans une certaine possessivité. Avec MARS ou VENUS en TAUREAU, la sensualité est souvent un ciment pour le couple. VENUS en VIERGE ou en CAPRICORNE recherche surtout la sécurité et la stabilité.

DANS LES SIGNES D’AIR (Gémeaux – Balance – Verseau)

Le sentiment est plus léger et les amours plus cérébrales : la communication est importante (surtout avec VENUS en GEMEAUX) et la liberté revendiquée (VENUS VERSEAU). Mais avec VENUS en BALANCE (domicile), l’épanouissement sentimental est au rendez-vous (sauf dissonance ou dominante saturnienne).

DANS LES SIGNES D’EAU (Cancer – Scorpion – Poissons)

le sentiment tendre se marie harmonieusement avec le désir : avec VENUS en CANCER ou POISSONS, c’est lui qui l’emporte, avec le SCORPION (VENUS en chute) c’est l’instinct qui domine.

ASPECTS VENUS – MARS DYSHARMONIQUES

Dans la dissonance, il existe souvent une dissociation entre le désir (MARS) et le sentiment (VENUS) préjudiciable à l’harmonie affective et conjugale : l’être peut être attiré par quelqu’un qu’il désire et n’aime pas ou réciproquement. Lorsque c’est VENUS qui domine l’être peut s’attacher à un partenaire qui le fera souffrir; lorsque c’est MARS, amour rime avec combat.

Les affects sont éruptifs et les débordements ou emportements amoureux fréquents. Parfois aussi les sentiments passent par des extrêmes (amour/haine); la sexualité est souvent importante (notamment lorsque MARS est fort), mais difficilement contrôlable. La jalousie fait aussi partie de ce tableau passionnel, rarement serein.

En SIGNES CARDINAUX   (Bélier – Cancer – Balance – Capricorne)

Tout est exacerbé : l’amour démarre au quart de tour mais la lune de miel est courte (notamment avec l’une des deux planètes en BELIER). L’aspect le plus passionnel est celui de VENUS en BALANCE et de MARS en BELIER. Plus difficile à vivre est l’aspect contraire (VENUS en BELIER et MARS en BALANCE ou CANCER) tous deux en exil. Avec VENUS en CAPRICORNE, le sujet a plus de mal à vivre la passion qui l’effarouche. Dans tous les cas, les ruptures sont fréquentes.

EN SIGNES FIXES (Taureau – Lion – Scorpion – Verseau)

Amours jalouses et possessives, souvent destructrices ou auto destructrices (MARS ou VENUS en SCORPION); aspect encore plus conflictuel, car plus difficilement contrôlé, lorsque MARS est en TAUREAU et VENUS en SCORPION (tous deux en débilité). Amours ardentes et passionnelles avec VENUS ou MARS en LION et susceptibles de remises en question (VENUSVERSEAU).

EN SIGNES MUTABLES (Gémeaux – Vierge – Sagittaire – Poissons)

Amours instables, plus compliquées et cérébralisées avec VENUS en GEMEAUXVIERGE, plus passionnelles avec le SAGITTAIRE et sensuelles ou masochistes avec les POISSONS.

TRANSITS

L’aspect harmonique (trigone), réactivé par une planète lente (transit de JUPITER, URANUS NEPTUNE sur VENUS), amène des rencontres amoureuses.

SATURNE et parfois PLUTON risquent d’entraîner un climat de frustration, de rupture ou de perte; mais des rencontres peuvent aussi se passer sous des dissonances : avec SATURNE, ce sera sur un mode limitatif ou contraignant, et avec PLUTON métamorphosant. Le transit est générateur de précipitation, (coup de foudre, rupture, querelles…) parfois même, il est déclencheur de problèmes de santé (cités ci-dessus).

Chez un jeune enfant, le transit sur l’aspect VENUS/MARS (conjonction ou dissonance) correspond souvent à une mésentente parentale et un risque de séparation.

SANTE

Les.problèmes de santé les plus fréquents sont en rapport avec les organes féminins, seins (surtout avec MARS en CANCER) ovaires et utérus (notamment avec le SCORPION) où des interventions sont possibles. Des incidents, accidents ou opérations au niveau de la bouche, du cou ou de la thyroïde (TAUREAU), ainsi qu’au niveau des reins (MARSBALANCE). Les ennuis circulatoires ne sont pas non plus à négliger (VERSEAU/LION).

Aspects VENUS

Planète poussant à l’harmonie et à la conciliation, met en exergue les sentiments.
Symbolise les sentiments amoureux, l’amante, les plaisirs, l’esthète, l’artiste, le diplomate, le charme.

Mots clés : harmonie, attraction, séduction, volupté, passivité, inertie, beauté, amabilité, bonhomie, équilibre, grâce, esprit grégaire, inaction, paresse, timidité, refus du conflit, négligence.
Vénus contrôle la bouche, les veines, les reins, le cou, le système hormonal, le toucher et le goût.

Dans un thème, VENUS nous fournit des renseignements sur le verbe AIMER et sa manière de le conjuguer, et, toute planète qui lui fait un aspect apportera sa coloration particulière.

Scorpion

Le Signe du Scorpion

23 Octobre – 23 Novembre

par

Dorothée Koechlin de Bizemont

La Symbolique du Signe

 

Le Scorpion symbolise ce que nous détestons tous, ce scandale inadmissible : la mort.

D’où ce mouvement d’effroi, de recul, qu’inspire le signe.

Mais « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », dit la Table d’émeraude. C’est-à-dire : toutes les choses de la vie sont inscrites là-haut, dans les étoiles. Et comme la mort fait partie de la vie, elle est inscrite aussi dans le Zodiaque, les planètes et les saisons.

La mort est aujourd’hui le sujet le plus indécent qui soit. Et cela ne se fait pas d’en parler, c’est une chose honteuse. Et, pour l’oublier, on relègue les agonisants au fond de mouroirs baptisés « hôpitaux » ou « maisons de retraite », où il se passe, sous le couvert de la « Science » et de l' »Administration », des choses atroces, totalement inhumaines.

Aujourd’hui, la plupart des gens que vous connaissez, trop occupés à consommer, se moquent pas mal de la mort et de l’au-delà. Ils ont donc peu de chances de comprendre le symbolisme du Scorpion.

Le scorpion, animal utile ou nuisible ?

Et d’abord, qu’est-ce qu’un Scorpion ?

Au nord de la Loire, on ne connaît pas. Il faut descendre jusqu’à Valence, la limite de l’olivier, pour en trouver. Mais dans tout le Midi méditerranéen, le Scorpion est un animal très répandu. Celui qui vit dans le Sud de la France, le petit Scorpion d’Europe, brun jaune, ne dépasse guère 3 centimètres de long, et sa piqûre n’est pas dangereuse – moins que celle d’une guêpe —, en tout cas infiniment moins que la morsure de la vipère, qui est mortelle.

Le Scorpion d’Afrique, le grand souvignargue, tirant sur le gris-noir, est plus mauvais : sa piqûre peut causer des accidents graves, avec une vive douleur, une énorme enflure…

Enfin, il existe sous les Tropiques (et particulièrement en Indonésie) de terribles scorpions dont la piqûre fait mourir dans d’atroces douleurs (mais, dans ce pays, les araignées, les serpents, les insectes en général, sont tous plus venimeux que chez nous !).

Nombreuses sont les espèces de scorpions, et on n’est pas sûr, actuellement encore, de les connaître toutes !

Au XIXe siècle, on avait divisé les animaux en deux catégories bien distinctes : les utiles et les nuisibles. En toute bonne conscience, ce qui a permis de massacrer avec ferveur un grand nombre d’espèces superbes, maintenant disparues pour toujours.

Aujourd’hui, certains se rendent compte que tout animal a sa place dans l’écosystème, et son utilité dans la nature (ne pas confondre utilité et rentabilité financière !). Le Scorpion est probablement un animal très utile : il assure le service des poubelles et le recyclage des déchets… Il se nourrit de vers, de larves, de cadavres de tout petits animaux.

Sans lui, il y aurait probablement un pullulement d’insectes gênants. Attention, il n’est pas lui-même un insecte, mais un « arachnide », cousin des araignées, autres « mal-aimées ». Jadis, on préparait un médicament appelé huile de Scorpion. La recette est la même que celle de l’huile de vipère (voir le Guide de l’anti-consommateur). Le Scorpion, mort dans l’huile qui s’imprègne de son venin, communique à celle-ci des pouvoirs curatifs (paralysie, maladies des voies génito-urinaires, et aussi contrepoison en cas de piqûre par un Scorpion vivant). Je n’ai pas essayé, mais on aurait bien tort de mépriser la sagesse médicale des Anciens, qui appliquaient le principe homéopathique. « Soigner le mal par le mal ».

Le Scorpion, même pour les chercheurs d’aujourd’hui, reste un mystère. On ne comprend pas le secret de son extraordinaire résistance aux microbes : il n’est jamais malade. L’exceptionnelle teneur en cuivre de son sang n’explique pas tout : il doit contenir aussi d’autres éléments protecteurs, qui renforcent les défenses de la bête. On sait aussi qu’il consomme très peu d’oxygène, ce qui le rend moins vulnérable (par exemple, à la radioactivité).

Des expériences ont été menées au laboratoire du Muséum d’Histoire naturelle sur des centaines de pauvres scorpions auxquels on a fait subir toutes sortes de tortures pour voir ce qu’ils avaient dans le ventre : on a bouché sept poumons sur huit à ces pauvres bestioles. Eh bien, elles survivaient en économisant leurs mouvements, ne respiraient presque plus, économisaient leur oxygène, mais survivaient très longtemps. On les a affamées : certains scorpions ont tenu le coup sans manger jusqu’à trois ans et trois mois ! On les a mis au réfrigérateur, ces animaux des pays chauds : ils en ressortent indemnes, sans la moindre bronchite… On les a irradiés aux rayons : il leur faut cinquante à cent fois la dose fatale à un rat pour en mourir. On a essayé de les noyer : ils résistent plusieurs jours, même dans l’alcool…

Un animal qui s’accroche à ce point à la vie, je trouve cela émouvant, même s’il n’était pas très sympathique a priori. Le courage mérite d’être respecté. Je n’écraserai plus jamais de scorpions (d’ailleurs, dans le Midi, ils sont si peu venimeux que cela n’en vaut pas la peine).

Et, malgré toutes ces expériences « sadiques », la vie privée des scorpions reste mal connue. On sait qu’ils mangent en imprégnant leur proie de salive, puis en la broyant avec leurs pinces, enfin ils en sucent le jus. On sait que les femelles de certaines espèces pondent des oeufs, tandis que d’autres nourrissent les petits avec une tétine, dans une poche intérieure. Mais on n’a pas encore tiré au clair l’histoire du Scorpion qui se pique lui-même pour mourir. Suicide ? Affolement provoquant une erreur de tir ? On n’en sait rien.

Une conclusion s’impose : le Scorpion est un animal extraordinaire, d’une résistance fantastique, d’une vitalité à toute épreuve. Le courage, voilà la caractéristique première de l’animal, et toutes ses qualités sympathiques, ou terrifiantes, se retrouvent assez bien dans le caractère des natifs du signe. Mais aussi, comme dit un astrologue de la Renaissance : « Il est plus nuisible en qualité de signe céleste qu’en qualité d’animal sur la Terre« .

La mort à l’automne

Pourquoi avoir choisi le Scorpion pour « gouverner » la période qui s’étend du 21 octobre au 21 novembre (à un ou deux jours près suivant les années) ? Nul ne sait plus, l’association animal-saison remonte à la nuit des temps. Géniale synthèse d’intuitions caractérologiques et d’observations des phénomènes climatiques et zoologiques…

Novembre, c’est la mort apparente de toute végétation : les jours raccourcissent, les nuits s’allongent et deviennent interminables, c’est « Nacht und Nebel », nuit et brouillard, et Dieu sait que cette saison peut être pénible sous nos latitudes. Le froid et l’humidité vous pénètrent jusqu’aux os, les enfants commencent à tousser. Les premières gelées flétrissent les dernières roses.

Les occupations de novembre n’ont rien de gai : la fête des morts, la culture des chrysanthèmes, et la chasse, oeuvre de mort, quoi qu’on dise (et il y aurait beaucoup à dire là-dessus, Orion, associé au Scorpion, étant présenté comme chasseur type).

Dans le calendrier agricole de jadis, dès fin octobre on préparait les provisions pour l’hiver : châtaignes, salaisons, confits, charcuteries. On s’embarquait pour trois mois dans un voyage à travers le noir hiver et, parfois, la soudure avec le printemps ne se faisait qu’au prix d’un long jeûne forcé.

Mais la mort de l’automne n’est qu’apparente : il suffit d’attendre patiemment le printemps. Il se prépare déjà au fond de la terre, sous la couche de feuilles décomposées et dans le secret des graines. Toutes les religions anciennes parlent longuement de ce cycle Vie-Mort-Vie, auquel personne n’échappe.

Le Scorpion est donc un signe clé qui ouvre un nouveau monde. Il symbolise la mort « celle du corps qui rompt brutalement les attaches de l’entité humaine (…) d’avec le plan de la matière dense… La dissolution de l’état de conscience qui attache cette dernière au monde illusoire, sensoriel-personnel, dissolution qui peut s’effectuer aussi bien par le détachement initiatique. Le seuil que garde le Scorpion est celui de la mort, mais c’est aussi celui qui sépare la conscience phénoménale de la conscience nouménale, c’est-à-dire la conscience du manifesté, de ce qui paraît, de la conscience de l’intelligible pur ». Si je cite ce long passage de Marcelle Sénard, c’est qu’il rend justice au Scorpion, qui n’est pas seulement le signe de la haine et du désespoir, mais aussi celui de l’Espoir absolu. Espoir qui l’aide à survivre au-delà des pires épreuves, et des pires malheurs. Le Scorpion reçoit la « Foi », c’est-à-dire la confiance dans son avenir à très long terme. Mais s’il refuse le chemin qui lui est proposé, il tombe au fond du noir Tartare (il faut lire la description de l’Enfer dans un classique : Thérèse d’Avila, par exemple).

 

Le Scorpion, aigle et serpent

Dans toute la mythologie, le Scorpion est associé à l’aigle et au serpent. Cerbère, l’affreux chien à trois têtes qui garde le seuil des Enfers, est le fils de la vipère Echidna. Dans le Zodiaque égyptien, la constellation du Scorpion est figurée par une sirène autour de laquelle est enroulée un serpent. Et dans la mythologie égyptienne, le serpent Uatchet, selon Marcelle Sénard, est « à la fois l’emblème de l’Éternité et de l’œil de Râ, ou vision parfaite du créateur ».

Dans le Zodiaque d’Esné, le Scorpion est précédé d’un serpent à double tête, et d’un serpent ailé…

La signification chtonienne, c’est-à-dire « infernale » du serpent est associée à celle du Scorpion, au point que le serpent est perçu comme un autre visage du Scorpion.

Quant à l’aigle (ou au vautour), il est aussi associé à cette idée de décomposition, de mort qui permet une renaissance. Les grands rapaces sont plus ou moins charognards : si certains préfèrent la viande fraîche, ils ne dédaignent pas les cadavres, et certains se nourrissent exclusivement de charognes. Ils sont donc l’image de la pourriture, de la mort qui se transforme en énergie vitale.

Dans la plupart des mythologies antiques, vautours et aigles sont associés à la mort : le vautour comme symbole de celle-ci, et l’aigle comme symbole de résurrection. Alors que le serpent rampe à terre, – aspect bas et « vicieux » du Scorpion —, l’aigle plane dans les cieux, aspect glorieux du Scorpion qui a sublimé ses forces de mort.

Le Scorpion souffre profondément d’un « déséquilibre de potentiel » entre les forces d’en bas et les forces d’en haut, entre les pulsions de mort et les pulsions de vie, entre Thanatos et Eros. Entre ces deux pôles, il oscille sans arrêt, déchargeant son énergie alternativement dans un sens ou dans l’autre. Les psychanalystes ont insisté sur cette dialectique entre la pulsion « créatrice » et la pulsion « destructrice », qui existe d’ailleurs chez tout être humain, mais particulièrement chez le Scorpion. Subissant cette alternative, sans pouvoir toujours la contrôler, le natif l’impose à son entourage. Si le Scorpion harmonique détruit ce qui est caduc pour reconstruire plus solide et plus haut, le Scorpion dissonant ne peut pas s’empêcher de détruire —, y compris ce qui lui est le plus cher. D’où cette accusation de « perfidie » si souvent portée contre lui.

En tant qu’individu, il est toujours sur la corde raide, toujours menacé par une réalité souterraine inconsciente et puissante qui fermente au fond de lui, et qui peut entrer en éruption comme un volcan… sans prévenir !

A la fois aigle et serpent, luttant pour s’arracher aux bas-fonds reptiliens, pour s’envoler à la façon de l’aigle, le Scorpion est épisodiquement submergé par une vague de passions instinctives ; il est la première victime de ces forces obscures et impérieuses que l’ordre public et la conscience collective réprouvent.

C’est ainsi que le Scorpion, surtout le ScorpionVierge, essaie de masquer ces éruptions intestines, parce qu’elles contredisent les normes admises du « bien » et du « mal » de la société dans laquelle il vit. Voilà pourquoi on lui reproche d’être « faux-jeton » : porteur de telles forces instinctuelles, en particulier sexuelles, il a le choix douloureux entre libérer cette violence – avec tout ce qu’elle entraîne de tragédie et de marginalité – et la réprimer pour se conformer au système. S’il s’engage dans cette voie de l’auto-répression, c’est le ScorpionVierge inhibé dont l’être profond n’est pas en accord avec l’être social. Le reproche de « duplicité » ou de « perfidie » adressé aux pays arabes, ou bien aux Juifs dans un contexte antisémite, vient de cette ambivalence tragique, accentuée par le fait que ces peuples sont « sous le signe du Scorpion« . Mais en réalité, c’est toute la condition humaine d’être tiraillée entre l’aigle et le serpent.

Le Scorpion porte en lui les valeurs douloureuses de la mort, il vit en permanence en état de crise. Mais cette crise ouvre la voie à la connaissance de l’Absolu. La souffrance et la mort, c’est-à-dire le détachement du plan sensoriel, libèrent l’être vivant. Combien de gens disent être plus libres, plus heureux à quarante ans qu’à vingt, parce que la vie les a douloureusement obligés à se dépouiller de fausses valeurs qui les encombraient et les entravaient dans leur élan vital.

La crise du Scorpion débouche sur une prise de conscience plus grande, et aussi sur des pouvoirs spirituels plus étendus. Elle est comparable à l' »histolyse », c’est-à-dire la destruction naturelle des tissus se produisant spontanément chez les êtres vivants qui jeûnent.

On l’observe, par exemple, chez les animaux hibernants : les cellules malsaines sont détruites, dévorées par les saines, et l’animal, après cette période d’autodestruction interne, ressort régénéré et guéri (c’est pourquoi les animaux sauvages jeûnent aussi quand ils sont malades).

Ainsi le Scorpion, familier de la souffrance et de la mort, est-il porté vers des préoccupations métaphysiques. Il peut voir très loin, comme l’aigle. Firmicus (au ive siècle), écrivait : « Tous ceux qui naissent lorsque se lève la constellation du Scorpion seront, si les étoiles sont propices, des prophètes, des prêtres, des ministres du culte, des guides d’une religion. Ils sauront expliquer tous les arts divins par de savantes interprétations. »

Cette tradition de prophétisme et de mysticisme, qui remonte à la plus haute Antiquité, se dégrade au Moyen Age : on relèvera alors les potentialités négatives de cette familiarité avec l’Invisible. Le Scorpion devient alors le signe des sorciers, magiciens, jeteurs de sorts, des « sectateurs de Mahom », de ceux qui ont vendu leur âme au Diable. On pense à Goethe (Ascendant Scorpion), interprète d’un Faust qui ressemble comme un frère à notre signe, Faust qui mène des négociations serrées avec le Diable, au risque de se perdre. Mahomet, Luther furent Scorpion.

Ce signe a toujours été ressenti comme puissamment passionnel : il dégage un intense sentiment d’insécurité. Il est fait pour briser l’ordre public, pour rompre l’ordre établi des choses qu’il détruit en vue d’une re-création.

Ressenti comme une « valeur de fracture », il brise la trompeuse sécurité dans laquelle s’endormait le bourgeois satisfait. Le Scorpion oblige les autres à se renouveler, c’est un ferment de progrès, le levain acide dans la pâte. Sans lui, nous mourrions d’enlisement dans le traintrain ankylosant du quotidien… Le Scorpion est l’Homme révolté, le révolutionnaire qui se sacrifie à une cause pour le progrès de l’Humanité, progrès qu’il voit de loin, de son regard d’aigle perçant et visionnaire. Malheureusement, son prophétisme n’est pas toujours reçu positivement par les gens à courte vue. Lui-même est ressenti surtout comme une valeur de destruction – et rares sont ceux qui devinent que la destruction prélude à une renaissance. Et puis aussi, au cœur du caractère « chtonien » de notre animal, se trouvent les forces sexuelles de la libido. D’où la fascination qu’exerce le Scorpion sur son entourage, partagé entre la crainte et une attirance irrésistible.

L’eau lourde du Scorpion

N’avez-vous pas été étonné d’apprendre que le Scorpion était un signe d’Eau ? Car enfin, l’animal bien connu vit, de notoriété publique, sur la terre ferme…

Pourtant, bien qu’il fréquente les pays chauds, il n’aime guère se mettre au soleil, qui le déshydraterait. Il recherche les endroits humides, les trous, les failles, les fissures, les creux sous les pierres, et s’y cache tout au long du jour pour n’en sortir que la nuit tombée. J’ai même trouvé un petit Scorpion jaune dans mon lavabo à Venise : je suppose qu’il habitait dans les canalisations du vieux palais où je logeais.

Pour justifier cette étiquette « signe d’Eau« , qui peut paraître étrange a priori, il y a encore bien d’autres arguments.

La paléontologie, par exemple, donne peut-être raison à la Tradition astrologique : les premiers scorpions connus, les « protoscorpions » de l’ère primaire, étaient probablement des animaux aquatiques ; il y a de cela quatre cent cinquante millions d’années. Ces scorpions fossiles, les géologues les ont reconnus tout de suite, tellement ils ressemblaient à ceux d’aujourd’hui : les ancêtres, Proscorpius, retrouvés près de New York, et Palaéophonus, en Ecosse, ne différaient des actuels scorpions que par de minces détails (le nombre des segments de l’abdomen, par exemple). Le vrai Scorpion, Euscorpius, est apparu au Carbonifère, à peu près trois cent cinquante millions d’années avant notre ère, et n’a pas changé depuis, ce qui est absolument extraordinaire dans l’évolution des êtres vivants. Comme si le Créateur l’avait réussi pratiquement du premier coup !

Voyageur du fond des âges, immuable et méconnu, le Scorpion est symbole d’éternité. Il a piégé le Temps dans ses eaux noires, il en a fait son allié, et celui-ci travaille pour lui. Le Scorpion vit dans la permanence du Temps : il porte en lui le passé toujours vivant, et « voit » l’avenir dans lequel il vit déjà par ses projets. Pour lui, le Temps s’étire sans solution de continuité, sans se découper en tranches… Le passé n’est jamais « simple », et le futur est toujours « antérieur ».

D’où cette sensibilité particulière des signes d’Eau, si mal comprise par les gens du Feu et de l’Air, un peu mieux, peut-être, par les gens de la Terre (et encore !). Les gens d’Eau ont une perception particulière de l’Espace-Temps, qui pour eux est un fleuve permanent, non compartimenté, et dans lequel ils peuvent flotter aussi bien vers l’amont que vers l’aval. Ils ont ainsi une perception ultra-fine du milieu ambiant, ils sont extraordinairement intuitifs et fins psychologues, doués de pouvoirs médiumniques et supra-normaux. Porteurs de rêves aussi vastes que le Cosmos, ils abritent leur très riche monde intérieur sous une carapace dure (Cancer et Scorpion), ou sous des écailles plus ou moins osseuses (Poissons). Les signes d’Eau sont plus réceptifs qu’actifs, mais, cependant le Scorpion, sous la gouverne de Mars, planète de Feu, est le plus actif des trois signes (ce qui n’enlève rien à sa réceptivité).

L’introversion est générale chez les signes d’Eau : ils sont secrets. Si vous n’êtes pas capable de le deviner, notre animal se referme hermétiquement sur son eau intérieure. Scorpion secret, qui se tait sur ses motivations profondes, qui n’avoue pas ses amours, qui protège son territoire de toute investigation.

Immergé dans un milieu hostile ou pollué (alcool, sable irradié par une explosion nucléaire, etc.) le Scorpion animal s’isole complètement, et vit en circuit fermé sur lui-même, en attendant des jours meilleurs.

Il résiste pendant des jours et des mois. Il a la patience de l’Eau primordiale, la patience de l’Eau-Mère féconde, il compte sur l’Eternité. Etonnant animal, qui se moque de notre hostilité et de notre indifférence, et qui survit envers et contre tout…

Le marais du Scorpion

L’eau du Scorpion est fixe, c’est-à-dire stagnante : elle ne coule pas, donc elle pourrit. Mais il se passe quelque chose sous cette pourriture, un travail de transformation de la matière qui s’intègre dans les chaînes écologiques. La vasière fétide cache un monde de vie grouillante et souterraine.

L’eau du Scorpion est perçue comme immobile, eau pourrie qui tue la vie en elle, qui fermente et décompose, qui dissout…

L’eau du Scorpion est « maléfique », elle détruit ce qui doit être détruit, pour permettre la renaissance d’une nouvelle vie. On pense à l’eau-de-vie, issue de la fermentation, eau qui guérit ou tue, selon l’usage qu’on en fait.

Cette eau des marais, eau noire, « eau lourde, dit Gaston Bachelard, plus profonde, plus morte, plus ensommeillée que toutes les eaux dormantes, que toutes les eaux mortes, que toutes les eaux profondes que l’on trouve dans la nature », cette eau symbolise l’inconscient. L’eau du Scorpion, ce sont les forces instinctives qui sont à la racine de l’être, forces cachées et mal connues, dont seuls les rêves permettent de deviner la présence.

Le cycle zodiacal de l’Eau commence par l’Eau-Mère primordiale et féconde du Cancer. Au stade du Scorpion, cette Eau-Mère doit traverser un seuil douloureux, une porte étroite, une épreuve purificatrice : la mort. Enfin, au stade des Poissons, l’eau purifiée peut jouer son rôle cosmique dans l’immensité des océans, où elle symbolise le don gratuit de la charité universelle.

A l’heure actuelle, la plupart des astrologues attribuent l’eau des rivières au Cancer, celle des marais au Scorpion, et celle des océans aux Poissons. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, et les attributions des différentes « eaux » ont varié suivant les traditions astrologiques.

Dans la mythologie grecque, l’entrée des Enfers était située dans les marais d’Achérusie, en Épire. Les Anciens percevaient les Enfers comme une zone de marécages situés au-delà de l’océan, un pays sans lumière, noir et marécageux, le pays des Ombres, les « infernaux paluds », comme disait Villon, le royaume de Pluton. Cinq fleuves allaient se perdre dans ces marécages souterrains du pays des morts : l’Achéron, fleuve de la Douleur, le Cocyte, fleuve des Lamentations, le Phlégéton, le Styx, et le Léthé, fleuve de l’Oubli…

Ainsi, peu à peu, au cours des siècles, s’est précisée l’attribution au Scorpion de l’eau des marais.

En revanche, dans la tradition arabe, l’eau du Scorpion est celle de la mer, et ce sont les Poissons qui héritent des eaux stagnantes. Abraham Ibn Esra, écrivain juif de Cordoue, qui vivait au XIIe siècle, attribue « à l’escorpion toutes iaues qui courent et les iaues de la mer ; et [aux] poissons… toutes iaues puant » (traduction de 1273). Ainsi, dans la tradition qu’il rapporte, l’eau du Scorpion est mobile, et c’est, dit L. Aurigemma, une « manière d’expression de la féminité féconde du signe ». La profonde négativisation du signe que les siècles du Moyen Age opéreront fera virer la nature de « son eau vers des significations de corruption et de putréfaction ».

L’eau du Scorpion sera aussi perçue comme Eau de Feu, puisque Mars, maître du signe, est une planète ignée. En relation avec les volcans (autre entrée des Enfers), elle est aussi analogue à la lave brûlante qui coule du cratère et dévaste tout sur son passage (il existe d’ailleurs des « lacs de lave », dont le fameux Erta Alé exploré par Tazieff !). Les auteurs ont insisté sur les mystères terrifiants de cette eau très spéciale, eau-venin qui s’accumule dans la bête, et dont elle doit se décharger par un acte d’agression. Eau qui évoque le sang, la sueur, les urines, la liqueur séminale, eau empoisonnée par les déchets… En tout cas, eau non potable!

Le secret de la Lumière Noire

Le Scorpion est un signe nocturne, en accord avec les mœurs de l’animal, qui se cache dans la journée, et sort à la tombée de la nuit pour chasser et vivre sa vie.

Les natifs du Scorpion s’extériorisent difficilement, détestent le bluff et la poudre jetée aux yeux, le tapage. Pour eux, pudeur et efficacité veulent que l’on agisse discrètement sous le couvert des pierres sèches, mettant les gens devant le fait accompli !

Si le Scorpion a le goût du pouvoir, il a aussi l’intelligence de ne pas s’en vanter. En quoi il est complètement différent du Lion, dont la vanité le heurte profondément. Le proverbe préféré du Scorpion pourrait être « à bon vin point d’enseigne », ou encore « pour vivre heureux, vivons caché » (encore qu’il ne soit pas très doué pour le bonheur). Quant au Scorpion maléfique, on peut dire de lui : « Satan passe dans les ténèbres… »

Toute la symbolique du signe tourne autour de ce caractère « ténébreux ». Le royaume de Pluton est un royaume souterrain, où la lumière solaire ne descend jamais. Le mois du Scorpion voit les nuits s’allonger indéfiniment au détriment des jours. Et l’eau noire des marais scorpioniques ne laisse pas pénétrer les rayons du Soleil, qui la purifieraient !

Le Scorpion gouverne donc tout ce qui est caché : forces souterraines de l’inconscient, et en particulier sexuelles, forces du Mal qui poussent l’homme à détruire. Il symbolise nos « entrailles », et les « entrailles » de la Terre : volcans et souterrains, mystères de l’Inconnu.

Le Scorpion dissonant et malfaisant est tellement assimilé au Mal absolu que les adjectifs « sombre », « noir », « obscur » reviennent comme un leitmotiv sous la plume de la

plupart des auteurs… De la mienne aussi, je n’insisterai donc pas davantage. La chose essentielle à retenir, c’est que le Scorpion règne sur l’Envers du jour, l’Envers des choses visibles, la face cachée de la Terre. La Scorpion a le secret de la Lumière Noire.

La « fixité » tragique du Scorpion

Les quatre signes fixes – Taureau, Lion, Scorpion et Verseau – sont les piliers qui soutiennent le monde. Ils symbolisent la permanence, la stabilité, sans lesquelles aucune réalisation terrestre n’est possible. On les a très souvent associés aux quatre Evangélistes : le Taureau à Luc, le Lion à Marc, le Verseau à Matthieu ; il reste donc le Scorpion à Jean, symbolisé par l’aigle (qui représente les valeurs positives du Scorpion).

Les signes fixes sont des valeurs d’énergie et d’autorité. Le Scorpion fixe impose sa loi autour de lui, il lutte en vue d’une construction, d’une création, d’une oeuvre. Mais son originalité par rapport aux signes fixes, c’est qu’il doit détruire avant de reconstruire (voir le symbolisme de Pluton).

La fixité du signe donne au Scorpion un grand réalisme : les pinces sur la terre. Il est en prise directe avec la réalité, il a un sens aigu des possibilités, des obstacles à balayer.

Ce qu’il saisit entre ses pinces, il ne le lâche jamais. Comme les autres « fixes », il s’engage tout entier dans la réalisation de ses projets. Il ne fait rien à moitié. Il investit la totalité de ses forces mentales, affectives et physiques, dans son entreprise, et il luttera jusqu’au dernier souffle pour réussir. Il n’est pas facile de le faire renoncer. Comme le Taureau, le Lion et le Verseau, il tient bon, avec un acharnement qui force l’admiration. Ce qui le rend redoutable, c’est justement cette exceptionnelle charge énergétique qu’il porte en lui. Il ne fait rien à moitié, et met en toutes choses un sérieux de plomb… La peur qu’il suscite vient justement de cette violence martienne, de ce tonus renforcé par la fixité du signe. Si les trois autres signes fixes manquent de souplesse, le Scorpion trompe par sa flexibilité apparente : son réalisme l’oblige souvent à changer de méthode et de technique pour mieux atteindre l’objectif. Il s’adapte à la conjoncture – mais cet ajournement n’est pas pour autant un renoncement.

Les quatre signes fixes portent donc en eux une grande puissance énergétique : ils aiment ou détestent en bloc, passionnément, à la folie… Ils suivent leurs puissantes motivations affectives et deviennent violents si l’on dresse des obstacles devant eux. Le dialogue est difficile, voire impossible, avec ces caractères entiers, intransigeants. Le signe du Scorpion symbolise la profonde anxiété de l’Homme devant ces énergies naturelles mystérieuses et puissantes, ce monde des instincts primitifs qui risquent de le submerger en tant que conscience.

Le Scorpion est certainement le plus violent des quatre signes fixes, parce qu’il porte en lui une insoutenable tension interne : que l’eau soit « fixe » est tellement contraire à sa nature « courante », qu’elle ne peut que pourrir, fermenter, se décomposer. Elle libère ainsi les puissances de mort contenues au fond de toutes choses, et oblige le Scorpion à passer par une désintégration de lui-même – désintégration qu’il risque bien entendu d’infliger à autrui. Le Scorpion va donc beaucoup plus loin, beaucoup plus haut ou beaucoup plus bas que les autres signes fixes : il est appelé à traverser la matière décomposée pour atteindre l’Invisible. Si l’opération réussit, l’aigle domine et assume la matière. Si elle échoue, le serpent s’enlise dans cette matière même qui, privée de l’Esprit de vie, devient le royaume de Satan.

C’est pourquoi, depuis l’Antiquité, le Scorpion est associé à une condition « puissante et tragique » : il se voit attribuer des dons religieux et prophétiques, des aptitudes mystiques et extra-sensorielles tout à fait insolites… et terriblement dangereuses.

La féminité virile du Scorpion

La « féminité » du Scorpion est attestée depuis l’Antiquité. Au deuxième siècle de notre ère, Claude Ptolémée, reprenant une tradition très ancienne, affirme formellement que le « Scorpion est un signe féminin » – ce qui va avec sa caractéristique de signe d’Eau. La Femme est Eau, c’est-à-dire réceptivité, rêve, intuition, et, surtout, fertilité et fécondité.

L’enfant qui se forme dans le sein de sa mère est plongé dans l’eau du liquide amniotique, et la vie sur Terre est née de l’eau.

La Femme détient donc le pouvoir de donner la vie à l’enfant, mais aussi la mort. Et cela correspond bien au symbolisme du Scorpion, porteur de vie et de mort à la fois.

Le Scorpion porte en lui un malaise, une contradiction difficile à résoudre : ce signe féminin est gouverné par une planète hyper-virile, le symbole même de l’agressivité masculine : Mars (Pluton et Uranus, récemment découverts, et attribués au Scorpion, ne font qu’insister sur les valeurs masculines, métalliques et ignées).

Le feu de Mars, les flammes infernales de Pluton, la foudre d’Uranus, tout cela dans un signe d’Eau, c’est une centrale nucléaire sur le point d’exploser…

Ainsi le Scorpion abrite-t-il au cœur de lui-même deux sources d’énergie intenses, complémentaires et contradictoires. Car Vénus se défend. Elle règne sur le troisième décan du Scorpion, et sur le signe lui-même, symbole de sexe, symbole à la fois des forces viriles et des forces féminines qui donnent à l’homme un pouvoir créateur.

Ce caractère double, féminin-masculin, toujours perçu par l’entourage des Scorpions, est responsable de l’accusation de « duplicité » qui lui est faite (étymologiquement, duplicité veut dire double).

Les auteurs antiques étaient parfaitement conscients de l’ambivalence du signe et, dans leur esprit (aussi misogyne que leur époque), la duplicité du Scorpion est associée à sa féminité.

Hippolyte de Rome au me siècle de notre ère, dit que le Scorpion est un hypocrite, qui a un visage « virginal », c’est-à-dire l’air innocent d’une jeune fille, masquant un caractère « sournois, malfaisant, trompeur, porté à l’adultère, incapable d’amitié ».

Manilius, au premier siècle de notre ère, écrit : « Le Scorpion, sous le nom d’ami, sème les malheurs. » Cette accusation d’hypocrisie, de traîtrise, sera développée au Moyen Age, puisqu’à cette époque on établira une corrélation entre le Scorpion et Israël, en attribuant le signe à Judas. Pour beaucoup de théologiens médiévaux, Scorpion = Judas = le Diable. Malheureusement, on voit aussi apparaître dans les sermons l’association Femme Luxure-Diable-Scorpion

La femme aux yeux bandés, sur la cathédrale de Strasbourg, c’est la pauvre synagogue, mise également sous le patronage du Scorpion. Le huitième signe sera attribué à la Dialectique, représentée dans la peinture italienne du Quattrocento par une femme tenant dans sa main gauche un petit Scorpion.

Il m’a toujours semblé, comme je l’expliquerai au début du chapitre sur la « caractérologie », que le signe était plus facile à vivre par les femmes : elles intègrent mieux les valeurs de Mars dans un tempérament féminin, que les hommes ; ces derniers assument très difficilement leurs puissances féminines. C’est ce qu’exprime aussi le langage courant qui dit : « une forte femme », ou « une femme virile », sans nuance péjorative, tandis que l’expression : « un homme féminin » ou « un homme efféminé » est perçue négativement. Nos frères du Scorpion ont beaucoup plus de mal que nous-mêmes à trouver leur équilibre affectif.

Le huitième signe et la Maison VIII

Chaque signe correspondant à une Maison sur la carte du Ciel, le Bélier correspond à la Maison I, et le Scorpion à la Maison VIII. Celle-ci retient les caractéristiques principales du signe : mort et sexe. Dans un thème, on consulte la Maison VIII pour tout ce qui concerne la mort du natif, ou la mort de son entourage (conjoint, enfants, parents… et héritages). La Maison VIII donne aussi une idée de la vitalité du sujet, et de sa sexualité.

Le chiffre 8 serait celui de l’équilibre cosmique. Le graphisme du chiffre arabe suggère le passage entre deux mondes – celui d’en bas et celui d’en haut – et la mort, figurée par l’étranglement au centre, est le passage étroit entre ces deux mondes.

L’emblème du Scorpion

C’est d’abord une jolie image de la bête : M stylisée, avec ses pinces, son abdomen à segments, et son dard caudal.

La Vierge a presque le même hiéroglyphe, dérivé de la lettre M, mais avec le dard retourné vers l’intérieur (voir au chapitre sur les Ascendants, le ScorpionVierge).

Selon Marcelle Sénard, la « lettre M symbolise l’Eau de l’Abîme primordial », d’où est née toute vie. En hébreu, la lettre M (Mem), signifie « La Mère », principe féminin par excellence. En accord avec ce symbolisme, la Vierge et le Scorpion sont des signes féminins, d’Eau, et négatifs (c’est-à-dire réceptifs).

Le dard du Scorpion, représenté comme une flèche, suggère « le développement de l’être dans l’espace indéfini » : c’est bien le portrait de notre animal zodiacal, assoiffé d’absolu, jamais satisfait, toujours en quête d’un Ailleurs qui n’est pas de ce monde. Ce dard fléché est l’image de l’énergie fondamentale qui pousse le Scorpion à aller toujours plus loin, toujours plus haut – toujours plus bas, parfois. Le Soleil en Scorpion, c’est un billet de voyage pour l’Au-delà… et aucun risque, aucun danger ne l’arrêtera.

Mais le dard est aussi une arme redoutable, porteuse de blessure, de souffrance et de mort. Comme le dit Marcelle Sénard, « le M fléché exprime le retour à l’état primordial par la souffrance et la mort. » Tout le symbolisme du Scorpion est là : la libération passe par la mort (et par la souffrance qui est, à des degrés divers, une mort psychique ou physique partielle). Tout être, pour s’accomplir, doit affronter sa propre mort, passage étroit au-delà duquel il retrouve la vraie Vie. Comme le dit encore Marcelle Sénard : « La Vierge, signe de Terre, de réceptivité à l’Esprit, correspondant à l’Incarnation, et le Scorpion, signe d’Eau, à la Rédemption, qui passe par la crucifixion de l’être incarné I. »

Notez aussi la similitude entre le dard du Scorpion et la flèche attachée au symbole de Mars : même idée d’ambition, de conquête, d’énergie.

Le territoire du Scorpion

Pays. Le Scorpion règne sur les pays arabes, les pays musulmans (qui ne sont pas tous arabes) et sur Israël. De façon générale, sur le Moyen-Orient.

Dans la Tradition, les pays gouvernés par le Scorpion ont énormément varié d’un auteur à l’autre (chacun, bien sûr, attribuant de préférence la bête à l’ennemi !).

Les listes données par les différents astrologues ne s’accordent pas entre elles, et il faut avouer que, dans ce domaine, la carte du Scorpion manque de précision. Seuls Israël et les pays arabes font l’unanimité. Les mouvements révolutionnaires, et les pays qui en naissent, semblent être sous l’influence de Pluton – donc du Scorpion.

Métaux. Mars, la planète rouge, est celle du fer. Les Scorpions ont de toute évidence les qualités et les défauts de ce métal : dureté, souplesse alliée à la résistance, grandes possibilités de transformation, adaptation à de multiples tâches… Suivant la Tradition chinoise, ne laissez jamais un aliment dans un récipient en fer : il se corrompt beaucoup plus vite que dans une céramique. On retrouve là le pouvoir de corruption, de décomposition, attribué au signe.

Le Scorpion correspond à l’Age de fer, le dernier des quatre âges de l’Humanité, suivant l’astrologie ancienne (après l’Age d’or, l’Age d’argent, l’Age d’airain). Cette tradition est reprise par l’Apocalypse et tout un courant mystique plus récent, qui voit dans l’Age de fer l’image de la « Fin des Temps », où Satan et les esprits mauvais sortiront des Enfers pour se répandre sur la Terre.

Outre ce métal, le Scorpion a des affinités avec les « radio-éléments » (radio-actifs) 89 à 104: l’uranium 92. le thorium, le plutonium, par exemple… Dans ces noms d’éléments récemment découverts, il n’y a pas de « hasard », mais une série d’intuitions individuelles ou collectives…

Pierres. Depuis très longtemps, on avait établi des correspondances entre les signes et les pierres. Luigi Aurigemma raconte que le « lapidaire du roi Alphonse X de Castille », au ‘clic siècle, avait attribué une pierre à chacun des trente-six décans du Zodiaque, ainsi qu’aux trois cent soixante degrés. Cela fait donc trente-trois pierres pour le Scorpion, et trois pour ses trois décans : corraline, topaze, et peut-être grenat.

Dans la Tradition arabe, c’était la sardoine et l’améthyste. Enfin, d’autres traditions attribuent au signe le rubis en priorité, d’abord parce qu’il est rouge – symbole du sang, du feu de Mars, et du cœur —, ensuite parce qu’il passait pour protéger et guérir des venins.

Couleurs. L’unanimité s’est faite sur le rouge et le noir, lumière et ombre s’affrontant dans le Scorpion.

Le rouge, symbole de révolution, convient très bien à notre « Scorpion révolté », ardent et contestataire, et traduit bien le feu interne qui le dévore à longueur de vie. Couleur de feu, de passion, et de sang… Rouge et noir forment un contraste violent, qui répond bien à l’âme tourmentée du Scorpion (mais je parle ici du Scorpion type pur, et surtout au masculin ; les Scorpions atténués se complaisent dans d’autres harmonies).

La rouille et le roux sont associés négativement au rouge. Couleur des feuilles d’automne qui vont mourir, couleur du fer qui s’oxyde, c’est aussi, dans la Tradition biblique, la couleur des traîtres : Esaü, par exemple, était roux, et la tradition veut que Judas l’ait été aussi… comme les frères pirates Aroudj et Khaïr-Eddin, dits Barberousse, et réputés fils « d’un rénégat sicilien ». L’empereur Frédéric Ier, Barberousse, autre génial pirate couronné, était roux lui aussi…

Plantes. Le cyprès, plante des cimetières, consacré à Pluton chez les Anciens, se rattache par là au Scorpion. Son feuillage noir et sa longévité en font un insigne de deuil éternel, mais il a d’importantes vertus médicinales. Ses indications principales sont justement les maladies du Scorpion : hémorroïdes, varices, troubles ovariens, métrorragies, ménaupause, énurésie, irritabilité, troubles de la voix…

La menthe naquit, selon la légende antique, d’une aventure de Pluton, grand coureur de jupons comme bien des hommes Scorpions. Le dieu des Enfers s’était épris d’une nymphe de Cocythe. Perséphone, femme de Pluton, folle de jalousie, la piétina furieusement, et Pluton, navré, ne put que la changer en pied de menthe ! Celle-ci a de remarquables vertus médicinales, en particulier antiseptiques, antispasmodiques, stimulantes des systèmes nerveux et digestif…

Pluton changea aussi une autre nymphe, Leucé, en peuplier, qu’il planta dans les Champs Elysées. Hercule s’en fit une couronne lors de sa descente aux Enfers : le peuplier est symbole de sublimation des mauvais instincts, de spiritualisation. Ses feuilles, colorées différemment à l’endroit et à l’envers, symbolisent aussi l’équilibre difficile entre les pulsions de vie et les pulsions de mort. Le peuplier est aussi un arbre qui aime l’eau, les marais… et Corot, peintre natif du Scorpion, l’a souvent représenté.

Enfin, d’autres plantes sont traditionnellement conseillées aux Scorpions : la mercuriale, l’achillée mille-feuilles, et la pivoine. La première ne s’emploie que fraîche, car elle perd ses propriétés en séchant ; la pivoine est cultivée comme plante ornementale, mais, peu commercialisée en herboristerie, c’est donc pratiquement l’achillée qui est la plus intéressante. D’autant plus qu’elle pousse partout.

Autres plantes aromatiques qui ont une affinité avec le Scorpion : le piment, le seringa, l’oeillet et l’origan, qui seraient pour lui aphrodisiaques, ou du moins stimulants.

Lieux. Le Scorpion, ainsi que son maître Pluton, gouverne tout ce qui est sombre, souterrain, secret, et qui a un rapport avec la mort : marais, étangs, lacs salés, volcans, régions volcaniques, puits, grottes, souterrains, carrières, mines, cimetières, gîtes fossilifères.

La Mythologie du Signe

Le signe du Scorpion apparaît dans l’astrologie grecque comme lié au mythe d’Orion. Voici toute son histoire.

Les malheurs d’Orion

Un jour, Zeus-Jupiter, en voyage sur la Terre, demande l’hospitalité à un vieux paysan appelé Hyrieus, qui le reçoit de son mieux en lui sacrifiant son unique boeuf. Tout en servant son hôte, il lui raconte ses problèmes : il est veuf, il n’a jamais eu d’enfant, et il a promis à sa femme, avant la mort de celle-ci, de ne jamais se remarier. Jupiter, touché, décide de lui faire plaisir : il lui fait enterrer la peau du boeuf pendant neuf mois. Au bout de ce délai, naît un enfant : Hyrieus l’appelle Orion et entreprend de l’élever.

Mais ce genre d’enfant, en l’absence d’une femme pour adoucir un peu cette matière brute, ne peut être qu’assez sauvage : il symbolise la brute primitive, la vraie bête fauve, qui vit de chasse et de rapines, un être purement instinctif – comme le Scorpion. Comme lui venu des entrailles de la Terre, Orion est rusé, méfiant, indépendant, ne connaissant pour loi que ses désirs.

Invité chez un ami, il attaque sa femme, la belle Mérope. Le mari, furieux, bien entendu, décide de se venger: il fait boire Orion et, lorsque celui-ci est complètement ivre, lui crève les yeux. Voilà Orion aveugle, tâtonnant dans l’obscurité en cherchant son chemin… On retrouve les ténèbres du Scorpion, accoutumé aux voyages dans la nuit, et aussi le besoin d’expiation, si souvent ressenti par les natifs du signe.

Un rebouteux conseille au pauvre Orion de tourner son visage vers le Soleil levant, dont la lumière est curative. Et voilà que la déesse Aurore l’aperçoit, en tombe folle amoureuse et lui rend la vue.

Le Scorpion a une très bonne mémoire, il n’oublie aucune injure. Aussi, à peine Orion a-t-il recouvré la vue qu’il n’a de cesse de retrouver le mari de Mérope pour se venger.

Chemin faisant, il fait la rencontre de sa vie : Diane-Artémis, déesse de la chasse. Il en tombe amoureux et, incapable de contrôler ses pulsions irrésistibles, recommence la même bêtise : il la viole presque en lui déchirant son voile. Le malheureux ne sait pas à qui il a affaire : Artémis, fière et puissante personne, se fâche, et pour se débarrasser de son agresseur, frappe le sol d’une colline, qui s’entrouvre ; il en émerge un animal de mort : le Scorpion. La bête poursuit Orion, le pique, et notre chasseur en meurt.

Mais le Scorpion détruit en vue d’une reconstruction, et lui-même meurt pour revivre. Artémis regrette son acte de vengeance et demande à Jupiter-Zeus d’installer Orion parmi les étoiles, pour poursuivre ses chasses : c’est ainsi qu’Orion est devenu une constellation. Comme le Scorpion, réfugié dans les étoiles après son oeuvre punitive.

On ne sait pas très bien comment l’animal Scorpion a été mis en relation avec la constellation, et avec l’automne. C’est l’une de ces intuitions collectives populaires remontant à la nuit des temps, et qui est tellement juste qu’elle a traversé les siècles jusqu’à nous, en gardant toute sa valeur. Scorpion-automne, y auriez-vous pensé ?

Le mythe d’Orion traduit poétiquement une forte réaction de l’inconscient collectif en face de l’animal : peur de la douleur, peur de la mort qu’il peut apporter, effet de surprise de son attaque (car on ne le voit pas venir, il sort des « entrailles » de la Terre, c’est-à-dire du dessous des pierres).

Le culte du Scorpion dans l’Égypte ancienne

Tous les cultes du Scorpion, égyptiens et aussi babyloniens, sont liés au monde « chtonien », c’est-à-dire du domaine de la mort. Ces cultes sont souvent associés à celui du Taureau (signe de vie), et aussi à l’idée du Mal.

En Egypte ancienne, le dieu Scorpion était primitivement une déesse (notre signe a toujours été perçu comme féminin). Elle s’appelait Serqet, ou Selkit, et elle était fille de Râ, le dieu Soleil.

Cette déesse protégeait les morts, et gouvernait leurs dents et leurs entrailles (équivalentes, pour l’Egypte, à ce que nous appelons le « cœur », habité par l’âme). Son nom signifiait : « circuit magique de la Vie ».

Mais un autre mythe est plus proche encore de celui du Scorpion zodiacal : c’est celui d’Osiris. Voici l’histoire résumée : Seth, juge des morts, est jaloux de son frère Osiris, qui règne sur l’Egypte. Il le tue, enferme son cadavre dans un coffre, qui flotte à la dérive sur le Nil. Isis, femme d’Osiris, tendrement éprise, après bien des aventures récupère le cadavre de son mari. Seth, furieux, découpe le cadavre en petits morceaux qu’il disperse aux quatre vents. Alors Isis part à la recherche des morceaux, qu’elle retrouve tous (sauf le membre viril !). Elle refait le puzzle, rassemble le tout, et l’embaume à la façon égyptienne traditionnelle. Elle veille ensuite la momie avec de longues lamentations… Et quelques incantations magiques.

Mais l’amour est tout-puissant : Osiris ressuscite. C’est lui, désormais, qui régnera sur le royaume des morts, et on l’assimile à Hadès-Pluton dont il est l’équivalent plus souriant et plus civilisé. Pour terminer l’histoire, le fils d’Osiris et d’Isis, Horus, le dieu Faucon (pensez à l’aigle du Scorpion), récupérera le trône de son père, régnera sur l’Egypte, et chassera l’affreux Seth. Plutarque raconte qu’aux environs des mois d’octobre et novembre, correspondant au signe du Scorpion, avait lieu une grande fête en l’honneur d’Osiris, pour commémorer sa résurrection.

Tout ce mythe, mort-renaissance, devient assez clair si on l’interprète à la lumière de l’astrologie. Une chose intéressante : Isis peut être assimilée au signe de la Vierge ; elle symbolise fidélité, dévouement, persévérance… Elle est douée de pouvoirs guérisseurs (le signe de la Vierge, comme celui du Scorpion, porte ses natifs vers la médecine). La liaison entre Vierge et Scorpion est bien indiquée dans le mythe, qui dégage un plus grand optimisme que celui de Pluton au Nord de la Méditerranée. Les Egyptiens, gens mystiques, moins pragmatiques que les Grecs, beaucoup plus tournés vers l’au-delà, mettent l’accent sur la résurrection, d’une façon presque chrétienne.

Le Scorpion dans la mythologie assyro-babylonienne

Dans le grand poème épique de Gilgamesh, le héros part en quête de la vie éternelle car il veut rejoindre son ami emporté par la mort. Il rencontre, dit Marcelle Sénard, des « hommes-Scorpions qui gardent les portes des monts Mashu, les « portes du lever et du coucher du Soleil« , celles du TaureauScorpion, qui conduisent aux eaux de la mort et à l’île des Champs-Elysées où coule la source de vie et de la purification – et où se trouve la demeure d’Ut-Napishti, l’ancêtre de Gilgamesh, l’immortel qui connaît le secret de la vie et de la mort. Les hommes-Scorpions, après avoir prévenu Gilgamesh des épreuves qui l’attendaient, lui ouvrent les portes du chemin du Soleil, et lui indiquent la voie qui, avant d’aboutir à la lumière, traverse des solitudes désertiques et des ténèbres profondes ». Mais les hommes-Scorpions referment les portes derrière Gilgamesh, empêchant à jamais son retour.

Pourquoi de nombreux tableaux religieux, des fresques, des dessins, des sculptures du Moyen Age et de la Renaissance représentent-ils le Scorpion comme emblème du peuple juif ? (On voit la silhouette noire de l’animal sur les boucliers, les armes, les oriflammes, les vêtements des personnages représentés comme juifs. C’est même la présence du Scorpion qui permet de les identifier comme tels.)

Dans la Bible, de nombreux passages traitent de « scorpions » ceux qui ont trahi l’Alliance puis, plus tard, ont refusé le Christ. Le Scorpion est donc, dans de très nombreux textes, le symbole de la révolte d’Israël, « peuple à la nuque raide ». Les qualités positives du Scorpion sont aussi celles du peuple juif : résistance invincible, foi indéracinable, énergie, et surtout cette faculté de renaître après chaque déportation. Les correspondances entre la Bible et le Zodiaque pourraient fournir une bibliothèque entière : les douze tribus d’Israël correspondent aux douze signes du Zodiaque, le Tabernacle inclut les quatre éléments (Terre, Feu, Air, Eau), etc.

Une question qui a beaucoup agité les érudits depuis vingt siècles est la question de l’étendard de Judas. La Genèse (chapitre XLIX, verset 10), dit : « Le Sceptre ne s’éloignera pas de Judas, Ni le bâton souverain d’entre ses pieds, Jusqu’à ce que vienne le Schilo… » Or Schilo, c’est un autre nom d’Antarès, le cœur du Scorpion. Le mot peut se lire aussi « Schuleh », ou « Schéol », et là, nous nous y retrouvons : le Schéol, c’est le séjour des morts. Mot très mystérieux, parce qu’on le retrouve ailleurs, sous une autre forme : le lieu-dit « Silo » où l’Eternel apparaissait à Samuel ; la piscine de Siloé, ou Jésus guérit un aveugle (et dont les eaux étaient médicinales)… C’est en référence à ce ver set de la Genèse que les artistes médiévaux ont dessiné un Scorpion sur les étendards juifs.

Mais on ne sait toujours pas à quelle tribu on doit attribuer le Scorpion : à celle de Judas, à cause du texte ci-dessus ? Ou à Dan, dont il est dit : « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, mordant le talon du cheval [le Sagittaire ?]. » Ne jamais oublier que serpent égale Scorpion, c’est-à-dire l’ensemble des traits les moins sympathiques du signe, tandis que l’aigle en représente les aspects spirituels et sublimés.

Le Symbolisme plutonien

Les avatars du Scorpion à travers l’Histoire

Dans l’Antiquité, la maîtrise du Scorpion était attribuée à Mars (ou Arès). On avait alors une perception essentiellement « martienne » du signe, mettant en évidence la force brute, la violence, l’agressivité sexuelle, l’aptitude pour le métier militaire, bref, un certain « machisme »… Mais on attribuait aussi au Scorpion, sous l’influence de Mars, les qualités traditionnelles du « guerrier » : courage, audace, générosité, ruse (celle-ci suivant les canons moraux de l’époque, était considérée comme très bonne).

Plus tard, dans la Tradition judéo-musulmane tous ces aspects positifs et négatifs de Mars seront conservés. D’ailleurs, Mahomet étant lui-même Scorpion, toute la tendresse du Coran va au guerrier, le combattant d’Allah dans la Guerre Sainte ! A cette époque, la typologie du Scorpion reste encore relativement proche de celle du Bélier, n’en différant que par la ruse et la duplicité qu’on lui attribue (ainsi que par les choses du sexe).

C’est au Moyen Age que le Scorpion devient la sale bête noire : le signe étant attribué au peuple juif, son symbolisme devient de plus en plus négatif, à cause de l’intoxication antisémite de l’Occident. Il se produit un glissement de sens dans l’interprétation : l’accent est mis sur la « perfidie » du Scorpion, devenu l’emblème de Judas, le traître (ainsi que l’atteste l’iconographie religieuse médiévale). Les qualités « martiennes » du signe sont perdues de vue, et l’on s’éloigne beaucoup du symbolisme originel de Mars.

« Le visage du Scorpion flatte. Mais sa queue pique. Armé de fraude, il fait du mal subitement. Adulateur insinuant dans son visage, il feint l’amitié. S’il s’approche, il est un ennemi perfide. » (D’après Alexandre Neckam, De natura rerum, écrit au XIIe siècle, et cité par Luigi Aurigemma.)

La découverte d’Uranus par Herschel’ (un Scorpion) en 1781, modifiera plus tard le visage du huitième signe. La nouvelle planète, exaltée en Scorpion, lui apporte l’espace, la révolution, l’amitié, la générosité sociale, les aptitudes scientifiques, bref, un ensemble de qualités positives et négatives qui modifient la typologie martienne traditionnelle.

Enfin, Pluton, découverte en 1930, deviendra le premier maître du Scorpion, reléguant Mars en deuxième position. Les astrologues ont pas mal tâtonné, hésité, discuté… Certains voulaient nommer Pluton gouverneur du Bélier. Il semble qu’aujourd’hui tout le monde, ou presque, soit d’accord : Pluton est parfaitement à sa place dans le Scorpion.

Cette fois, l’accent est mis sur les puissances occultes, les ténèbres, la bipolarité destruction-reconstruction, mort-vie. On est donc aujourd’hui assez loin du Mars d’origine, qui était sans mystères, ou presque, et quelque peu simpliste. D’ailleurs, le personnage du « guerrier » qu’il représentait est très dévalué dans notre civilisation.

Pluton, dieu du royaume des Ombres

Pluton a été découvert le 21 janvier 1930 par Lowell et son équipe, à l’observatoire de Flagstaff, en Arizona (États-Unis). C’est la dernière planète importante de notre système solaire, et la plus lointaine (actuellement connue). Bien entendu, elle est tout à fait invisible à l’œil nu. Elle n’est jamais qu’à 5 920 millions de kilomètres du Soleil, autour duquel elle tourne en deux cent quarante-huit ans. Pluton a des dimensions modestes : ses 5 800 kilomètres de diamètre en font une petite chose, finalement, comparée aux autres grandes planètes ; elle est bien moins grosse que notre Terre

Pourquoi a-t-on appelé « Pluton » cette dernière-née du système solaire ? Les astronomes de l’observatoire firent un référendum pour lui trouver un nom. Et celui qui fut choisi – par hasard ! – fut « Pluto », nom du chien de Mickey Mouse !

Or, Pluton est justement le nom du dieu des Enfers, dont tout le symbolisme s’adapte extraordinairement à la planète en question.

Les prêtres astrologues de Babylonie et d’Egypte connaissaient peut-être l’existence astronomique de Pluton. Des textes anciens le laisseraient supposer. Mais cette connaissance n’était pas divulguée.

Dans la mythologie gréco-romaine, Pluton règne donc sur les Enfers. Il est le « Juge suprême » devant lequel comparaît après sa mort chaque être humain, pour être envoyé soit dans les Champs-Elysées (s’il a été bon), soit dans le noir Tartare (s’il a été mauvais).

Le royaume de Pluton est un monde souterrain, privé de la lumière du Soleil, un monde d’Ombres, dont très peu de mortels sont revenus. Ainsi coïncident de façon étonnante la mythologie et l’astronomie moderne : Pluton est une planète lointaine, c’est-à-dire éloignée du Soleil ; elle est inaccessible, et enveloppée de mystère. On ne sait rien d’elle, sinon que sa température serait voisine du zéro absolu, ce qui interdit toute forme de vie à notre connaissance.

Dans l’Antiquité, Pluton était ambivalent : maléfique-bénéfique, création-destruction, souffrance-bonheur : de lui dépendaient à la fois la mort et la vie. Avec ses ministres, Thanatos (la mort), et Hypnos (le sommeil), il régnait sur l’au-delà. Mais aussi, dieu de la fécondité agricole, il était invoqué comme tel par les paysans, qui le représentaient avec une corne d’abondance dans une main et des outils agricoles dans l’autre. D’où son nom latin de Pluto, du grec Ploutos, la richesse. (Mais le nom grec de Pluton est Hadès). Tandis que Jupiter, son frère, régnait sur le monde visible, lui, Pluton, régnait sur l’invisible, comme le gardien des trésors cachés. Aussi, la richesse de Pluton est-elle une richesse spirituelle, dégagée de la matière (qui s’oppose, sur le cercle du Zodiaque, à la richesse concrète du Taureau).

Pluton en Scorpion donne la clé du signe : l’acquisition de richesses spirituelles à travers la mort, réelle et symbolique ; une prise de conscience obtenue à la suite d’une crise violente et douloureuse, qui ouvre les yeux sur les réalités essentielles. L’être voit enfin tout dans la lumière absolue, il comprend tout, il a enfin la Science « du bien et du mal ».

Mais pour en arriver là, il a dû traverser une nuit obscure, un désert, vivre une saison en enfer où il s’est dépouillé de ses attaches avec la matière. Ainsi, les plutoniens sont-ils marqués par des épreuves, des tournants dramatiques, des ruines tragiques, dont ils émergent plus conscients, plus forts, plus solides que jamais.

Le symbole de Pluton est un cercle qui représente la matière ; au-dessus de lui, une barre représente la ligne d’horizon, et, au-dessus encore, le V de la victoire, ou encore les deux doigts en V qui conjurent le mauvais sort.

Le vrai rôle de Pluton est de spiritualiser la matière, de l’attirer vers l’En-Haut. Mais un Pluton vicié ou maléfique, dans un thème, produit l’effet contraire : il sépare la matière de l’esprit, et laisse celle-ci tomber dans le schéol, où l’être devient la proie de passions infernales et violentes.

Pluton est le symbole de toutes les pulsions instinctives en général, et sexuelles en particulier, qui donnent à l’homme sa force et sa puissance créatrice. Pluton symbolise l’inconscient, tout ce qui, en nous, est instinctif et secret.

Le mythe antique de Pluton raconte l’histoire de son mariage : le dieu des Enfers tombe amoureux de Proserpine (Perséphone), fille de la déesse des moissons. Alors que la jeune fille cueille des fleurs dans une prairie, Pluton surgit de la Terre entrouverte, s’empare de Proserpine, et l’entraîne vers les Enfers.

Déméter, déesse des moissons, cherche sa fille partout. Elle remue ciel et terre, en oubliant de regarder les Enfers, et finit par découvrir l’auteur du méfait. On négocie : finalement, Proserpine restera six mois sous la Terre avec Pluton et six mois au Soleil avec sa maman…

Proserpine, qui représente la végétation, la nature, la vie, ne peut exister sans Pluton, la mort. Les six mois de belle saison sont préparés par six mois de mort apparente où la végétation, enfouie sous la Terre, se prépare dans le secret à reverdir.

Pluton représente les pulsions irrésistibles du sexe. Mais il n’est pas la mort absolue, complètement stérilisante… puisqu’il laisse Proserpine remonter au Soleil la moitié de l’année ! Le symbolisme de Proserpine est celui du Taureau : l’éclosion de la vie printanière, tandis que celui de Pluton, analogue au Scorpion, est la mort automnale.

L’histoire ne raconte pas si l’union de Proserpine et de Pluton fut heureuse. Un homme Scorpion marié à une femme Taureau, voilà une combinaison qui ne marche jamais bien fort…

L’axe Proserpine-Pluton, TaureauScorpion, est l’axe de la « condition solaire », la nôtre. Toute la symbolique de Pluton tient dans cette insoutenable tension entre deux pôles opposés, entre l’en-haut et l’en-bas, entre la force génératrice et la force destructrice, entre les pulsions de vie (Eros) et les pulsions de mort (Thanatos).

Pluton s’identifie bien au signe du Scorpion qui, à la fois aigle et serpent, doit finalement choisir l’une ou l’autre.

Disposant de puissantes forces de création, qu’il ne connaît pas lui-même, le plutonien peut les mettre au service du meilleur ou du pire : comme le type Scorpion, il ira beaucoup plus loin que les autres dans la création et la conquête spirituelle… ou beaucoup plus bas dans la déchéance.

Pluton l’invisible règne sur notre Temps

Dans la mythologie gréco-latine, Pluton des Enfers portait un casque en peau de chien qui le rendait invisible. Notre Pluton astrologique règne symboliquement sur la décomposition, la fermentation, la désintégration de la matière. Il règne par exemple sur le pétrole, mystérieuse roche liquide née dans les entrailles de la Terre de la décomposition des forêts géologiques. Il règne aussi, bien entendu, sur le nucléaire.

Hadès fait remarquer que la découverte de Pluton a coïncidé avec les premiers travaux sur la fission nucléaire, suivis de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki. Les forces libérées par la désintégration de la matière relèvent tout à fait du symbolisme plutonien – et scorpionique.

Conformément au symbolisme de la planète, les premières expériences atomiques, à Los Alamos et dans les déserts du Nevada, furent menées secrètement : personne n’était au courant des projets qui se tramaient. Même les milliers de techniciens et d’ingénieurs qui y travaillaient ne reçurent qu’une information fragmentaire : Pluton agit dans l’ombre !

La première attaque atomique sur le Japon, en août 1945, avait été préparée secrètement : l’équipage qui transportait la bombe n’avait pas idée du genre de mort qu’elle allait semer. Les malheureux habitants d’Hiroshima n’ont absolument pas vu venir l’apocalypse qui leur tombait du ciel… Mais le thème de la ville ce jour-là était des plus sombres : les deux luminaires conjoints à des maléfiques, le Soleil à Pluton (!) et la Lune à Saturne. Le Milieu-du-Ciel de ce thème insolite est occupé par une conjonction explosive : UranusMars. La conjonction SoleilPluton est en Lion : l’éclat du Soleil démultiplie la puissance de Pluton 2. Enfin, Pluton est sur le 9e degré du Lion : « Un chêne brisé par le vent [le souffle de l’explosion] ; au-dessous, le squelette d’une bête morte. » La Lune, sur le 16e degré du Cancer, est encore plus frappante : « Un éclair éblouissant. »

Toujours suivant le symbolisme de Pluton, mystère et invisibilité, les survivants d’Hiroshima ont dû affronter la mort lente, l’irradiation rongeant secrètement leur corps pour se déclarer brusquement, des années après l’explosion.

D’ailleurs, l’actuel débat sur le nucléaire est lui aussi marqué par le secret plutonien : les consommateurs sont-ils informés officiellement ? Non. Les techniciens d’E.D.F. eux-mêmes savent-ils ce qu’ils manipulent ? Non. De l’aveu même d’un certain nombre d’autorités scientifiques, personne ne maîtrise vraiment le nucléaire.

Il semblerait aussi que les phénomènes de pollution soient en relation avec Pluton : le Taureau, symbole de nature, subirait les effets destructeurs de Pluton, maître du signe opposé, lorsqu’il est en mauvais aspect avec lui (par exemple, Pluton en Lion, en quadrature avec le Taureau). La pollution est le fruit amer des conceptions matérialistes du siècle, d’un refus de l’Esprit, qui a conduit au mépris de la matière – et celle-ci souffre mille morts sous le règne de l’Homme prétentieux et brutal : c’est tout à fait le symbolisme de Pluton maléfique. La matière, séparée du souffle divin, tombe au pouvoir du Prince de ce monde, Satan (symbolisé par Pluton maléfique), qui ne rêve que de la détruire !

Le sexe, dont Pluton tient les clés, peut être, suivant le symbolisme de notre planète, la meilleure et la pire des choses.

La découverte de Pluton a coïncidé avec une révolution sexuelle, où l’on s’est libéré des inhibitions du siècle précédent. On a même fait remarquer que le trait de Pluton en Vierge, signe de stérilité, correspondait au développement de la contraception, et à la législation de l’avortement dans de nombreux pays.

Le natif « plutonien », marqué par un Pluton fort (conjoint à un luminaire ou dans une Maison angulaire, ou très aspecté), est doué d’une très grande séduction. Que Pluton soit bien ou mal aspecté, il bénéficie toujours d’une grande puissance sexuelle. Pluton symbolise non seulement le pouvoir de donner la vie physiquement, mais encore la vie spirituelle. Le plutonien utilise ces forces au service d’une création, et nombreux sont les artistes et intellectuels marqués par la planète. Mais il utilise aussi son pouvoir de « posséder » spirituellement autrui. S’il est doté d’un Pluton bénéfique, il provoquera dans sa sphère d’influence une nouvelle prise de conscience, aidant les autres à naître à une nouvelle vie. Si ce Pluton est maléfique, il risque de devenir un vampire spirituel, comme on en rencontre tant, fondateurs de sectes ou de partis, séducteurs qui attirent à eux les êtres mal fixés, pour les assujettir à leur service, aspirer leur substance vitale, leurs forces, et leur argent…

Les mauvais aspects entre Mars, Vénus et Pluton donnent des pervers sexuels, des sadiques, des assassins. Sade et Goya, qui avaient Pluton en Scorpion, étaient hantés par le viol, la torture, la mort… Sade est passé à l’acte tandis que Goya, plus heureux, a pu sublimer ses passions dans la peinture.

Le développement de la criminalité sexuelle, la montée inquiétante du nombre des viols seraient liés au transit de Pluton en Balance : Pluton déséquilibre le signe vénusien de la Balance, en faisant pencher ses plateaux vers le sombre Saturne (exalté dans ce signe). Saturne, symbole de la fin de toutes choses, et donc de la mort, est en mauvaise position près de Pluton dont il aggrave la dureté (sous de mauvais aspects). D’ailleurs, dans l’antique mythologie, Pluton, prince des Enfers, était fils de Saturne, le Temps, sinistre anthropophage qui mangeait ses enfants (suivant une tradition familiale remontant à Uranus, son père). Quelle famille de scorpions…

Le Scorpion et l’Amour

Impossible de traiter ce sujet en « unisexe » : femmes et hommes Scorpions sont tellement différents en amour que je ne peux qu’en parler séparément !

Le mystère de la femme Scorpion

Pourquoi les Scorpionnes sont-elles massacrées dans la plupart des manuels d’astrologie? Pour la décrire, cette Scorpionne, les bons auteurs d’astrologie sont embarrassés. On sent que le sujet les met mal à l’aise : ils ne prennent leur stylo que du bout des doigts, les genoux tremblants et des frissons dans le dos, comme si on les obligeait à entrer dans la cave de la sorcière…

En fait, je n’ai encore jamais lu chez les auteurs français de description à laquelle je me sente correspondre. La femme-Scorpion donnée comme type dans tous les manuels est… la Carmen de Bizet. C’est la célèbre cigarière qui déclare à son amant : « Si je t’aime, prends garde à toi ! » Cette jeune personne belliqueuse était-elle Scorpionne ? On n’en sait rien, pour l’excellente raison qu’elle n’a jamais existé ! C’est un personnage fictif, sorti tout droit de l’imagination de Georges Bizet, qui était, lui, un homme Scorpion ! Il a donc projeté sur Carmen son idée de la femme et ses fantasmes amoureux. Il a créé une « sorcière type », maléfique, comme la voient les hommes, et particulièrement les hommes Scorpions, qui prêtent aux femmes leur propre comportement devant l’amour.

Les livres d’astrologie sont donc souvent écrits par des hommes. Ils ont beau être très savants, ils n’en sont pas moins des hommes, à qui la féminité fait très peur.

Cette attitude masculine n’est pas sans raisons : les femmes Scorpionnes sont des super-sorcières. En tant que femmes, elles ont déjà un pouvoir exorbitant, celui de donner la vie. Si elles sont Scorpionnes, ce pouvoir physique se double d’autres pouvoirs occultes et spirituels inquiétants.

Certains théologiens actuels pensent que Lucifer se révolta, non pas seulement contre Dieu, mais contre sa toute dernière trouvaille, la femme.

Lucifer avait déjà une attitude très « homme Scorpion » devant l’amour… L’histoire se termina comme le raconte noir sur blanc l’Apocalypse : Lucifer Porte-Lumière dégringolant aux Enfers où il est devenu Satan. Depuis lors, son ennemie intime est, bien entendu la Femme ; il est le patron incontesté de tous les « misocrates » et « phallogynes » de la Terre, ainsi que de tous les mauvais hommes Scorpions.

Pour en revenir à la Scorpionne, personne n’est donc plus féminine qu’elle, personne n’est plus sorcière, personne n’a plus de pouvoirs occultes. Une familiarité intime avec la vie et la mort, une intuition extra-lucide des réalités secrètes cachées derrière les apparences, tels sont les dons redoutables qu’elle a trouvés dans son berceau.

Pas plus que les autres, la Scorpionne n’est épargnée par la souffrance et par la mort, mais peut-être en devine-t-elle mieux que les autres la signification cachée. Cela explique qu’elle soit victime de l’incompréhension générale.

S’il est tout à fait vrai que, pour un homme Scorpion, l’amour est une guerre, une conquête, une rivalité avec la femme aimée, il n’est pas vrai du tout que ce soit là la psychologie de la Scorpionne. J’expliquerai plus loin pourquoi, à mon avis, les uns et les autres sont très différents dans leur comportement amoureux.

Une bête vulnérable et obsédée de perfection

Etant non seulement femme, mais encore astrologue et surtout Scorpionne, je me sens donc capable de vous expliquer un peu « la bête » en question. Un peu seulement… Vous la décrire tout à fait, vous démonter ses rouages pièce par pièce en les étalant sur la table est impossible. Ce serait trahir notre corporation : nous avons besoin de mystère pour exister, comme les plantes qui préparent leurs fleurs dans le plus grand secret à l’intérieur des bourgeons.

Les Scorpionnes que je connais (et j’en connais beaucoup) me paraissent toujours extraordinairement consciencieuses, obsédées de perfection dans tout ce qui leur tient à cœur, et d’abord dans leurs amours.

Cette rage de perfection, cette grande angoisse de bien faire sont vraiment les caractéristiques essentielles de mes consoeurs. Elles se donnent un mal de chien pour que tout soit parfait, toujours et partout. Vivre avec une telle exigence d’absolu n’est pas facile. En contrepartie, elles n’ont guère de tolérance pour l’à-peu-près et la légèreté des autres signes.

D’où le comportement étonnant des Scorpionnes en face des hommes : elles sont capables de papillonner, d’épingler conquête sur conquête sur leur tableau de chasse… Et puis, du jour au lendemain, de se transformer en épouses ultra-dévouées et super-fidèles si elles ont trouvé vraiment l’homme de leur vie. En fait, la Scorpionne, que l’angoisse rend active et dynamique, n’en est pas moins un signe d’Eau fixe. Cela lui donne une grande persévérance dans la poursuite de ses objectifs amoureux, une ténacité tout à fait remarquable en face de l’usure du temps.

Ce qui les rend redoutables, ces perfectionnistes acharnées, c’est qu’elles sont capables de s’imposer les plus durs sacrifices pour atteindre le but qu’elles se sont fixé : elles sont implacablement efficaces… mais, à quel prix.

On parle aussi beaucoup de leur courage. Elles n’ont pas peur d’affronter de grands dangers, la pauvreté, l’opposition de leurs proches, la maladie et la mort pour défendre l’homme aimé. Je crois que le courage, très largement dévolu déjà aux hommes Scorpions, l’est encore plus aux femmes du signe.

Celles-ci ont beaucoup de combativité, mais leur entourage comprend mal la façon dont elles l’utilisent. A l’image du chat, qui ne dort jamais que d’un œil, elles sont toujours sur le qui-vive : « Je dors, mais mon cœur veille. » Une Scorpionne se sent toujours très vulnérable : elle vit dans un sentiment d’insécurité permanent, trop consciente des forces négatives qui guettent tout amour pour le détruire.

Rien n’échappe à son « œil en laser » : elle est comme cette petite héroïne de Christine de Rivoyre, qui disait : « Je vois tout, j’entends tout, et le reste, je le devine ! » Aussi flaire-t-elle le danger de loin, avant tout le monde. Si elle attaque alors, c’est pour se défendre. Mais les gens n’y comprennent rien. Ils disent : « Comme elle est agressive, pourquoi s’énerve-t-elle, qu’est-ce qu’elle va chercher là ? » Pour se rendre compte, quelque temps après, qu’elle avait bien vu venir le danger.

C’est une spécialiste de la défense anticipée – la plus efficace de toutes. Mais une Scorpionne qui ne se sent pas agressée n’attaque jamais.

Enfin, on parle beaucoup du sadomasochisme de mes consoeurs. Moi, j’ai l’impression qu’elles sont plutôt masochistes que sadiques. Les forces de destruction qu’elles portent se retournent très facilement contre elles-mêmes. Cela fait donc souvent un type de caractère peu dangereux pour la société, mais sujet aux accès de dépression.

Voilà qui nous amène au « ScorpionVierge » qui est, avec les Poissons, le Taureau et le Cancer, le signe le plus masochiste de tout le Zodiaque.

Rognez les pinces d’une Scorpionne, il vous reste une Vierge

Je me suis longtemps demandé pourquoi la réalité des gens ressemblait si peu à la théorie. Pourquoi tant de femmes bonnes, généreuses et estimées, que j’ai eu l’occasion de rencontrer, pourquoi étaient-elles censées être de répugnantes bêtes noires parce que nées entre le 22 octobre et le 22 novembre ?

Un jour, je suis tombée sur une explication d’André Barbault qui m’a paru tout à fait géniale. Le Scorpion, dit-il, lorsqu’il est inhibé, se ramène au type Vierge. Le symbole est presque le même. Mais le symbole du Scorpion sort agressivement son dard vers le monde extérieur, tandis que le symbole de la Vierge se retourne sur lui-même.

D’après André Barbault, si famille, travail et patrie empêchent le pauvre Scorpion de s’exprimer librement, il perd ses qualités et ses défauts typiques : son flair extra-lucide, son audace, son énergie révolutionnaire, ses obsessions sexuelles…

Le Scorpion bloqué devient Vierge : pacifique, conformiste, raisonnable, scrupuleux. Or, il me semble que toutes les contraintes familiales et sociales ont pesé beaucoup plus lourd encore sur les femmes que sur les hommes, et, a fortiori, sur les Scorpionnes.

Rares, rarisssimes sont les femmes de ma génération qui ont bénéficié d’une éducation suffisamment libérale pour leur permettre de s’épanouir suivant leur nature. Les pinces paralysées et le venin neutralisé (bien avant Pasteur), que faisait-on de plus inhibé qu’une Française du siècle ?

Quant à la liberté sexuelle, que notre société a toujours accordée généreusement aux hommes, seuls les Scorpions pouvaient en profiter largement. Pour nous autres, pas question : « Kinder, Kache, und Kirche » (enfants, cuisine, religion), on n’en sortait que sous la réprobation quasi générale. Hormis les rosières, les cuisinières et les révérendes mères, point de salut pour nous, Scorpionnes. Que la plupart de celles que l’on rencontre soient devenues Vierges, ce n’est pas étonnant : c’est plus confortable pour la société, et peut-être pour elles !

La Vierge ne milite pas au M.L.F., elle ne remet pas en question les structures de la société. Elle mitonne sa petite pelote au jour le jour, telle la fourmi de la fable. Son énergie s’applique à un champ d’action bien délimité, où elle poursuit ses objectifs amoureux avec – c’est tout ce qui lui reste du Scorpion ! – une ténacité absolue. Il n’est plus question, quand on est Vierge, de brandir le tison de l’autodétermination.

Toujours plus ou moins masochiste, la Vierge provoque inconsciemment le sadisme de l’être aimé, au point que la relation amoureuse sadomasochiste est tout à fait caractéristique du ScorpionVierge (aussi bien homme que femme et dans les deux sens de la relation). Si l’homme Scorpion éprouve une jouissance profonde à faire souffrir la femme aimée, il semble que le (ou la) ScorpionVierge en éprouve une sorte de sentiment de justice, comme si cette souffrance lui apportait une expiation libératrice… Il s’établit finalement un attachement pervers de la victime au bourreau, dont le ScorpionVierge aura le plus grand mal à se détacher.

Pourquoi Scorpions et Scorpionnes sont-ils différents en Amour ?

Les différences de caractère sont assez accusées, en amour, entre la femme et l’homme du huitième signe.

Tous les auteurs insistent sur la sombre violence du Scorpion, sur sa rage de destruction, sur sa perversité sexuelle…

Ça me laisse un peu rêveuse quand je pense à mes consoeurs du signe. Oui, je connais des hommes qui, par moments, ressemblent à ce noir portrait. Mais des femmes ?

Les abominables belles-mères et les épouvantables garces sont-elles plus souvent Scorpionnes ? Quand j’explore mes souvenirs, le venin et les coups de pinces dont j’ai eu à souffrir venaient plutôt de femmes Bélier, Taureau, ou Capricorne (jalousie et cornes pointues).

Je ne connais pas de noire Scorpionne, et j’aimerais tout de même que l’on m’en présente une, une fois. Donc, dans ce signe, les hommes sont beaucoup plus violents que les femmes. A cela, une explication évidente, à laquelle on aurait pu penser plus tôt : les femmes étant faites, par nature, pour donner et protéger la vie, il semble que, chez elles, les forces de vie l’emportent largement sur les forces de mort.

Il est bien connu des tribunaux et des assureurs que la violence, publique et privée, est une triste spécialité masculine (à de rares exceptions près). J’ajoute immédiatement qu’elle n’est pas réservée aux seuls Scorpions!

Le viol, la guerre, le meurtre et la chasse sont des jeux d’hommes. Les femmes, elles, se battent plutôt pour une amélioration de leur qualité de vie et pour assurer celle de leurs enfants.

Il est donc logique que le Scorpion soit moins violent au féminin qu’au masculin

A chaque signe correspond symboliquement une partie du corps. Pour le Scorpion, ce sont les organes génitaux, et chacun sait qu’ils sont différents selon les sexes. D’où cette évidence : le signe n’est pas du tout vécu de la même façon par les hommes et par les femmes. Je ne comprends pas pourquoi aucun traité d’astrologie ne signale cette différence fondamentale… un peu sexiste, mais le fait est là ! « Tota mulier in utero », disaient les Latins (la femme tout entière est dans son utérus).

Notez aussi que le symbole de Mars, exalté en Scorpion, qui signifie guerre et agressivité, est aussi le symbole de l’énergie masculine. L’énergie féminine prend une forme différente, moins voyante, et plus efficace.

L’homme Scorpion et l’Amour

L’homme Scorpion vit sa sexualité sur un mode agressif, tandis que la femme du même signe la vit beaucoup plus pacifiquement, peut-être grâce à une affinité profonde avec l’élément Eau du signe.

Notre Scorpion est un samouraï : il ne distingue pas l’amour de la guerre ! Il part tout armé à la conquête de sa belle. Il prend toujours la femme aimée pour un adversaire. Il n’imagine pas une seconde de se présenter sans armes devant elle… et se méprend ainsi sur la nature même de l’amour, qui est confiance et dialogue. Rien n’est plus loin de ces notions qu’un Scorpion amoureux.

Il compte sur son magnétisme sexuel, lequel est en effet irrésistible, pour « réduire à merci » la belle, pour conquérir l’objet de son désir violent. Pour lui, le sexe est pouvoir et domination. Il compte sur son savoir-faire physique, et sur son flair érotique infaillible qui sent le défaut de la cuirasse de l' »adversaire ». Le Scorpion sait toujours instinctivement quoi faire, il a une très sûre tactique amoureuse. C’est un grand stratège… et un très grand amant !

Mais il passe régulièrement à côté d’une vérité qui se retournera un jour contre lui : les femmes ont aussi besoin de tendresse, d’abandon, de confiance. Elles se lassent d’une trop grande agressivité sexuelle ; celle-ci ne va pas sans un certain mépris de la femme « chosifiée » par le désir et la volonté de puissance de l’homme Scorpion.

La cuirasse blindée de notre chevalier l’empêtre terriblement… Comme il n’est pas naïf et voit beaucoup plus loin que la plupart de ses confrères, il sent très bien que l’amour l’obligerait à se remettre en cause profondément, à se livrer à l’être aimé. Mais il veut prendre, il ne veut pas être pris ; il veut prendre, il ne veut pas se donner. Il a terriblement peur de donner sa tendresse. Il aurait l’impression de s’appauvrir…

Mais, le malheureux, ne sait-il pas que « bienheureux les pauvres » ? C’est-à-dire que la « pauvreté en esprit », qui s’appelle aussi confiance et simplicité, est la condition sine qua non du bonheur ? Il aurait l’impression de se perdre, mais seul celui qui a le courage de tout risquer a des chances d’en être récompensé au centuple. Or, en amour, il faut savoir perdre pour gagner. Vérités élémentaires que méconnaît notre Scorpion de choc, trahi par sa trop exigeante sexualité. Dans tous les autres domaines, il se donne à fond et sait assumer un maximum de risques. En amour, non, il blinde farouchement son cœur.

Ainsi sa relation amoureuse avec une femme est-elle une continuelle épreuve de force.

Chantages, menaces, violence, tout lui est bon. Les gentillesses, les larmes, les douceurs, les soumissions ne servent à rien avec lui, emmuré dans son orgueil. Votre complaisance et votre dévouement ne servent qu’à renforcer son sadisme, jusqu’au jour où il vous anéantira complètement. Il essaiera tant qu’il peut de vous réduire à l’état de meuble, et ne vous estimera que si vous lui opposez de la résistance. Il n’est vivable que si vous lui tenez constamment la dragée haute. Vos instants de faiblesse ne l’attendrissent pas du tout : il en profite pour reprendre l’avantage. Puisqu’on est à la guerre, voyons ! ne faites pas appel à son « cœur ». C’est justement cela qu’il vous refuse.

Il sera tendre avec ses enfants, ses animaux, ses amis… et jamais, surtout jamais avec la femme aimée !

Dans les Mémoires de Josette Clotis, qui fut la maîtresse de Malraux, on sent très bien la tendresse de cette femme se heurter continuellement à la dureté métallique de ce Scorpion : tout pour le sexe, rien pour le cœur (qu’il a mis ailleurs). Autre Scorpion : Abellio.

Dans Les Yeux d’Ézéchiel sont ouverts, on peut lire cette réflexion : « On ne s’attache qu’aux gens que l’on est incapable de faire souffrir. » Comment mieux exprimer le point de vue de l’homme Scorpion ?

Très peu de femmes sont capables de s’adapter à cette guérilla intime. Quelle fatigue, mes amies, et quelle tristesse, que d’être obligées de se méfier continuellement de son homme, d’être dures avec lui sous peine de ne pas être aimées… Peut-être est-ce vrai de toute relation humaine : « Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra », dit un ancien proverbe. Mais on a toujours l’espoir, ou l’illusion, en amour, d’échapper à ce dilemme, de pouvoir aimer « sur la Terre comme au Ciel ». Ce qui est vrai en général pour tout le monde l’est particulièrement pour les Scorpions. La règle d’acier est : en amour pas de cadeau.

Heureusement, tous les hommes ne sont pas Scorpions, et tous les Scorpions ne sont pas aussi durs !

La carte du Tendre a été inventée par une Scorpionne

Les rives sauvages de l’Amour séparent deux pays différents : la carte du Tendre ne montre pas la même topographie chez l’un et chez l’autre. D’un côté, les arides déserts peuplés de farouches cavaliers mongols, de l’autre, les jardins enchantés du Palais d’été… Pour la Scorpionne, l’amour est gai, triste, c’est peut-être la Longue Marche, mais ce n’est pas le défi de la cigarière, ni le sac de Rome par les Barbares… Comme le dit Madeleine de Scudéry, Scorpionne elle-même, dans la Carte du Tendre : « Vous voyez Sincérité, Grand Coeur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude, et Bonté qui est tout contre Tendre… »

S’il fallait qualifier le comportement amoureux des femmes du Scorpion, je dirais qu’il est « mystique » (ce n’est d’ailleurs pas un hasard si beaucoup de grands mystiques ont Vénus en Scorpion).

Elles cherchent toujours à se donner complètement, et jusqu’aux limites du possible. Dans leurs amours passionnées, elles mettent cette exigence d’absolu qui est le fond même de leur nature. Evidemment, c’est parfois lourd pour l’homme aimé d’être pris pour le Bon Dieu !

A la différence des hommes Scorpions, elles sont chaleureuses et donnent totalement leur cœur : elles aiment ou détestent en bloc, avec les tripes.

Mais elles sont perpétuellement assoiffées de tendresse. Elles en donnent un maximum, et en veulent autant. Je pense que c’est pour cela que Vénus est « en exil » dans le Scorpion : il est très difficile d’être heureux quand on en demande tant. La plupart de mes sœurs, à la fois profondément généreuses et profondément exigeantes, bousculent l’être aimé pour l’obliger à progresser vers une perfection idéale : elles ne supportent pas de le voir s’enliser et s’encroûter ! Elles voudraient monter avec lui au septième ciel, sur la montagne du Carmel, d’où l’on voit la Terre entière dans une lumière irréelle et mystique…

Mais le malheur des Scorpionnes c’est que les gens n’ont pas envie de progresser, ils préfèrent leur petit train-train médiocre et étriqué. L’Amour absolu les dérange bien trop. Les femmes Scorpionnes vivent donc avec un sentiment permanent que l’amour n’est pas de ce monde – et c’est pourtant la seule chose qui les intéresse vraiment !

Lorsque la déception les porte à la rupture, elles préfèrent trancher net un amour plutôt que de le voir mourir interminablement.

De toutes les femmes que je connais, ce sont celles qui sont le plus souvent déchirées entre cœur et raison, entre un être aimé à la folie et ce qu’elles croient leur devoir (elles tiennent beaucoup à leur code des valeurs morales).

Les Scorpionnes aiment l’Amour par-dessus tout

Pluton, maître du huitième signe, est censé accorder un magnétisme sexuel absolument irrésistible, comme une sorte d’aura dorée, qui subjuguerait nos victimes ! Mais je crains que celles-ci ne soient très consentantes.

C’est un fait : toutes les Scorpionnes que je connais ont un vif succès auprès des hommes. Je ne dis pas que ce sont des aventurières, des garces, je veux dire simplement que toutes apprécient la compagnie masculine : elles aiment parler, rire, travailler avec les hommes, et savent aussi établir avec eux des rapports d’amitié très sincères et très féconds sur le plan intellectuel et artistique.

On a beaucoup parlé du « complexe de la mante religieuse » chez les femmes du Scorpion. Elles cherchent à « mettre la main sur l’homme, afin de le dépouiller de ses prérogatives masculines, et de le réduire à leur merci… Il en est qui l’abaissent, l’amoindrissent, l’avilissent, le détruisent plus sûrement par la douceur que par la violence. [Elles ont]… un charme féminin narcissique infini, dont elles usent pour ravir les cœurs des hommes dans un but cruellement sadique. »

André Barbault, à qui j’emprunte ces lignes, reconnaît tout de même très honnêtement qu’il n’a pas souvent rencontré de ces démons femelles… Dans cette description, on retrouve surtout un vieux fantasme masculin : la peur de la sorcière castratrice. Et aussi la peur masculine de se livrer entièrement à l’amour, c’est-à-dire la peur de se livrer à Dieu (dont je parlais plus haut). Le citoyen moyen, consommateur et embourgeoisé, encoconné dans son égoïsme étroit, a une peur bleue de tout ce qui pourrait le tirer de là…

On ne peut pas comprendre la psychologie des femmes du Scorpion si on oublie cet arrière-plan mystique toujours présent : pour elles, l’amour est une expérience religieuse. Cette vision des choses, qui donne à l’amour une dimension spirituelle, explique que les femmes du signe s’y engagent avec un si grand sérieux.

Elles aiment passionnément, mais rarement. Très sélectives dans leur choix, très exigeantes, elles détestent la facilité et les amours bon marché. Elles, qui plaisent à tout le monde, tombent rarement amoureuses. Mais lorsqu’elles s’engagent, c’est totalement, et elles sont alors d’une fidélité et d’un dévouement absolus.

Mes consoeurs vous diront toutes que la guerre des sexes est la plus grande ânerie du siècle. Nous, Scorpionnes, avons d’autres méthodes, plus efficaces, et moins pessimistes.

Et puis, sans les hommes, on s’ennuierait sûrement à périr.

Les Scorpionnes se mettent toujours en frais pour séduire. Elles ne capitulent pas devant la vieillesse, et font jusqu’à la fin de leur vie un effort de coquetterie et d’élégance, car le symbolisme du Scorpion est « lumière et chaleur jusqu’aux portes de la mort », le Soleil étant une grande torche qui éclaire les noirs abîmes du royaume de Pluton.

Cette féminité durable s’explique aussi par le courage et la combativité du signe : plus on avance en âge, plus la beauté demande d’efforts et de lutte. Elle devient alors une victoire quotidienne sur les puissances de mort et de décomposition.

Les êtres qui vieillissent sont ceux qui se cristallisent sur leurs positions. La Scorpionne, toujours assoiffée de nouveauté, de progrès, de perfection (sous l’influence d’Uranus) aborde la vieillesse dans un état d’esprit jeune et curieux de tout. Vous avez l’âge de votre enthousiasme… De plus, Pluton, qui est « mort et renaissance », lui permet de refaire sa vie lorsqu’elle a été ravagée par un désastre, et cela très tard, même aux portes de la mort…

Je m’étonne toujours, en bonne Scorpionne que je suis (avec Vénus dans le signe), de voir des femmes renoncer à l’amour, quel que soit leur âge. Pour moi, c’est renoncer à la vie tout court. Comment peut-on vivre sans amour ? Et comment ose-t-on appeler cela vivre ?

Je ne peux pas m’imaginer que je serai un jour tellement décrépite – ou tellement amère – que les hommes ne m’intéresseront plus. L’amour reste pour moi la chose la plus importante du monde, quelle que soit d’ailleurs la forme qu’il puisse prendre. Je n’arrive pas à croire qu’il existe des femmes pour lesquelles l’amour n’est pas la priorité des priorités. Pourtant, j’en rencontre souvent, mais je les comprends de moins en moins.

A quoi reconnaître une Scorpionne, de l’extérieur ? J’en connais des blondes, des brunes, des rousses, elles n’ont pas de type physique particulier. Mais elles sont trop coquettes pour se laisser aller.

Moi, je les reconnais à leur enthousiasme, à leur vivacité, leur allant, le courant de sympathie qu’elles savent établir. Elles dégagent beaucoup d’énergie : cela se sent. Les astrologues disent qu’elles ont l’œil de l’aigle, aigu et perçant, qui vous déshabille le cœur d’un seul regard. Ce n’est pas faux, mais la vivacité de ce regard s’accompagne aussi de chaleur humaine, et d’humour, ce qui change tout. (Quant à moi, je fais très attention de ne pas regarder effrontément les gens sous le nez, parce que je n’ai pas envie qu’on me prenne pour un rapace – même protégé !)

J’ai quelquefois rencontré des Scorpionnes laides, mais la passion qu’elles mettaient à vivre et à aimer leur donnait un charme qui remplaçait largement la beauté.

Scorpions et Scorpionnes sont-ils de grands jaloux ?

La jalousie est vraiment le défaut satanique. Pourquoi Lucifer s’est-il révolté contre son Créateur ? Mais parce qu’il était jaloux ! Jaloux de la femme et des pouvoirs magiques que Dieu avait donnés à cette créature préférée !

Les Scorpions sont-ils jaloux ? Les pauvres bêtes sont censées avoir tous les défauts : on leur prête donc celui-là aussi. Mais il faut d’abord nous entendre sur ce que l’on appelle « jalousie ».

Car il y a une jalousie « normale » – qui est une inquiétude lorsqu’on sent l’être aimé s’éloigner, un chagrin lorsqu’il vous trompe, et un sentiment de colère contre celui ou celle qui l’a détourné de vous.

A mon avis, il n’y a pas d’amour que la jalousie épargne et, même dans la Bible, l’Eternel dit : « Je suis un Dieu jaloux. » Mais, à côté de cette jalousie « normale », il y a une jalousie obsessionnelle et diabolique, une jalousie qui prend ombrage de tout, et prétexte de tout pour se torturer et torturer l’être aimé.

Ces jaloux pathologiques ne supportent pas que l’être aimé ait droit à l’existence.

L’angoisse de frustration devient insoutenable chez eux et débouche sur la haine, la destruction et la mort.

De cette jalousie, hommes et femmes Scorpions sont capables – puisqu’ils sont capables de tout, du pire comme du meilleur !

Mais disons tout de suite qu’ils ne sont pas les seuls, et que les grands jaloux du Zodiaque sont plutôt les signes de Terre, signes de possessivité. Le premier prix revient au Taureau, suivi d’une courte corne par la Vierge et le Capricorne. Ceux-là battent tous les records, et n’ont pas assez de dynamisme affectif pour s’extraire de leur jalousie morbide, dans laquelle ils marinent des années durant.

Le Scorpion, qui allie les contraires, est à la fois un signe de possessivité et un signe de dépouillement. A la différence des signes de Terre, ses extraordinaires ressources d’énergie lui donnent la force de sortir de sa jalousie. Son intelligence aiguë lui fait toujours comprendre que celle-ci est un combat d’arrière-garde… Mystique, épris d’absolu, il est capable de se dépasser lui-même, de se dépouiller de tout ce qui l’entravait, et de rompre les amarres de sa jalousie en brûlant le vaisseau de ses amours ! Capable des plus durs renoncements, il sort de sa jalousie par une rupture brutale, ou un sacrifice total. Après quoi, l’être aimé est, pour lui, définitivement mort.

Le Scorpion au masculin, toujours très profondément affecté par une infidélité, n’oublie jamais : il a le plus grand mal à pardonner. Et pourtant, c’est un être généreux.

Il peut trouver en lui-même la force de pardonner, mais cet effort lui est surhumain.

Dans bien des cas, il cherchera à se venger et ça sera sanglant : son sadisme et sa rage de destruction ne s’arrêteront que lorsqu’il aura réduit son rival (et la femme aimée) à un petit tas de cendres biodégradable…

Parfois, le sadisme fait place au masochisme. On a alors un Scorpion trompé qui en « redemande » avec une sombre jouissance. L’humiliation agit comme une drogue amère qui stimule son désir. Les gens « normaux » n’y comprennent plus rien…

Chez le Scorpion jaloux, le mot clé est bien humiliation. Le Scorpion trompé n’est pas blessé dans son amour, mais dans son amour-propre, ce qui est beaucoup plus grave. Il est blessé dans la haute opinion qu’il avait de lui-même en tant qu’amant. Comme il prend tout au sérieux, voire au tragique, il a l’impression qu’on s’est moqué de lui, et ce crime de « lèse-Scorpion » lui paraît impardonnable.

En fait, comme le Lion, il est jaloux de sa puissance, de son pouvoir, qu’il refuse de partager avec quiconque, à plus forte raison avec la femme aimée et avec un rival.

Et la Scorpionne ? Deux cas seulement peuvent se présenter : soit nous possédons tranquillement l’être aimé ; soit, à la suite d’une crise qui ne nous a pas échappé, « il » commence à nous tromper. Dans ce cas, nous avons une réaction énergique : nous accordons au coupable un très court délai de grâce, puis, si le monsieur s’obstine dans sa tromperie, c’est la rupture, dont nous prenons, bien sûr, l’initiative. Dans ce dernier cas, le monsieur s’acquiert à jamais le mépris de sa scorpionnidée.

En général, si l’une de mes consoeurs se sépare d’un homme, c’est qu’elle l’a bien voulu. Les Scorpionnes prennent l’initiative des ruptures – avec courage et décision (et il en faut, parfois, quand on est un signe d’Eau sentimental).

J’ai connu des malheureuses Vierges et Taureaux qui « barbotaient » des années dans un marécage de jalousie. Trop passives, pas assez dynamiques, manquant de courage, elles n’arrivaient pas à s’en sortir.

Cela arrive rarement chez les vraies Scorpionnes, que l’énergie pousse toujours à aller plus loin (c’est à cela que sert la planète Mars dans le signe). « Si ton œil te scandalise, arrache-le » est tout à fait une maxime de Scorpion.

La jalousie chez une femme naît d’un sentiment profond de frustration et d’impuissance, d’un manque de confiance en soi et dans ses moyens de séduction. Mais nous autres, Scorpionnes, nous avons des moyens, et nous le savons très bien. Et, d’abord, notre troisième œil, qui nous permet de flairer très vite ce qu’on veut nous cacher. Ce n’est donc pas si facile que ça de nous tromper, même si nous faisons semblant d’être dupes devant le monde.

La jalousie est un combat d’arrière-garde. Mieux vaut prévenir les crises, et les Scorpionnes, extrêmement actives et réalistes, ne sont pas du tout du genre à se croiser les bras en pleurnichant « Maman ! », pendant que la situation se dégrade lentement.

Avec elles, on ne s’ennuie jamais : elles ont un art d’enquiquiner leur bonhomme, de le pousser, de le tirer, de l’asticoter, de lui faire du cinéma, qui évite à coup sûr la monotonie (ennemie numéro un des couples !). Le monsieur n’a vraiment pas le temps de s’embêter. Et si, par hasard, il divorçait de son bourreau préféré, il n’aurait qu’une idée : en retrouver une autre, exactement pareille ! A moins de regretter à vie la première…

Je ne serais pas équitable vis-à-vis des hommes Scorpions en laissant penser qu’ils sont seuls à être capables de noire vengeance. Certaines Scorpionnes aussi peuvent être terribles.

Les femmes sont sans pitié pour l’homme qui les a blessées et trahies, et la femme Scorpion ne fait pas exception. Les signes de Terre et les signes fixes sont trop peu souples pour pardonner facilement (sauf, peut-être le Verseau). Mais Lion, Taureau, Vierge, Capricorne et Scorpion, c’est vraiment la mule du Pape.

Les femmes sont davantage portées aux vengeances violentes lorsqu’elles vivent dans des sociétés primitives où elles sont déconsidérées et écrasées. Encore aujourd’hui, les matrones méditerranéennes de certains pays, que je ne nommerai pas, manient adroitement le poison. Est-ce le Scorpion, ou est-ce la contrepartie d’une tragique situation d’esclavage faite à la femme ? Les esclaves n’ont plus alors d’autres moyens pour se défendre que la crainte occulte qu’elles inspirent aux hommes.

C’est tout un cycle tragique : oppression, vengeance, crainte.

Le Scorpion pervers

Pourquoi faire simple, alors qu’on peut faire compliqué ? Telle est, en amour, la maxime préférée du Scorpion. Cela peut être positif : l’inventivité permanente empêche l’amour de s’enliser dans la monotonie. Mais chez le Scorpion dissonant, et masculin, l’inventivité peut devenir incroyablement perverse.

Donc, plus notre animal fait compliqué, plus il est content : cela tient à sa nature interne, tissée de contradictions : être à la fois un signe d’Eau féminin, et gouverné par Mars, masculin, c’est terriblement inconfortable. Etre d’Eau et fixe, voilà encore une autre contradiction difficile à vivre.

Si la femme du Scorpion réussit souvent à intégrer ces valeurs viriles dans sa féminité, l’homme Scorpion réussit beaucoup moins bien l’opération contraire.

Le Scorpion dissonant, au masculin, est souvent un obsédé, ou un pervers. S’il n’a pu surmonter son angoisse profonde, il tente de s’en délivrer par une course effrénée au plaisir, espérant noyer ses pulsions de mort dans d’intenses passions amoureuses. Mais celles-ci ne font que creuser sa faim d’absolu et son angoisse existentielle ; c’est comme un trou sans fond qu’il ne réussit jamais à remplir, le vrai tonneau des Danaïdes !

Oscillant entre les pulsions de mort et les pulsions de vie, le Scorpion dissonant, incapable d’intégrer les premières dans une vie constructive, et incapable de choisir entre les deux, les associe donc, et le résultat peut être aussi étrange que terrifiant…

Le Scorpion dissonant a besoin de mort pour s’exciter sexuellement, ce qui l’amène à des perversions peu appétissantes : ainsi la nécrophilie. Le représentant le plus célèbre de cette macabre corporation est François Bertrand, dit « le sergent Bertrand », Scorpion Ascendant Scorpion de son état astral. Ou alors on trouve le sadisme assassin de l’impuissant qui a besoin de torturer sa victime pour arriver à jouir. Exemples fameux : Fritz Haarmann, dit « le boucher de Hanovre », Scorpion Ascendant Taureau, Joseph Vacher, dit « Vacher l’éventreur », Scorpion Ascendant Vierge

Le Scorpion dissonant a besoin de mort et de souffrance pour exister, celle des autres, et la sienne aussi. Il s’embête dans une atmosphère de paix et de sérénité ; il fera l’impossible pour semer le grain de sable qui fera dérailler la machine. Tout ce qui est drame le stimule, aussi sème-t-il exprès la catastrophe et la mort autour de lui, histoire de se sentir vivre !

En amour, c’est le virtuose de l’amour-haine, ambivalence de sentiments très humains – mais consciente et organisée chez lui. Dans la guerre des sexes, la plus idiote de toutes, il a ses galons de généralissime !

Je n’ai pas rencontré personnellement d’éventreur ou de nécrophile, mais beaucoup de sadiques au petit pied. Une très jolie phrase d’Homère me revient en mémoire : « Je crains les Grecs, même quand ils arrivent les bras chargés de cadeaux » (Timeo Danaos…). Elle pourrait s’appliquer parfaitement au mauvais Scorpion masculin. Il est incapable de vous offrir un bouquet de fleurs sans glisser une aiguille dedans. Incapable de vous faire un plaisir ou un cadeau sans cracher en même temps le venin qui détruira votre joie. Un mot dur, visant perfidement le point sensible, et vous voilà démoralisée pour la journée. Il le voit, et ça l’amuse follement ! Le spectacle de votre douleur, physique ou morale, le fait intensément jouir ; elle le stimule. Et plus vous pleurez, plus il est content. Il a le génie de vous proposer des services qu’il vous fait ensuite payer au centuple en embêtements. Que vous existiez, et soyez heureuse, est pour lui intolérable : vous lui échappez par votre bonheur même. Il fera tout pour le détruire, afin de vous mettre en son pouvoir. J’ai connu des Scorpions de ce genre ; il n’y a rien d’autre à faire que s’enfuir. Les rendre jaloux n’est pas la bonne solution ; ou bien ils ont la jalousie sadique, et sont alors capables de tuer, comme je l’ai dit plus haut, ou bien alors, puisqu’ils ont besoin de souffrir pour se rendre intéressants à leurs propres yeux, ils se complairont dans une jalousie de voyeur, supplice exquis qu’ils entretiennent avec rage. Certains sont masochistes, comme ce pauvre Masoch (Saturne en Scorpion), qui avait besoin de Vénus fouettant et cravachant. D’autres trouvent dans les sex-shops tout ce qui leur permet de satisfaire leurs instincts sadiques vis-à-vis de leurs partenaires.

Certains ne conçoivent l’amour que couronné par leur propre mort, et se tuent avec leur maîtresse pour fixer cet amour dans l’éternité, tels Marie Vetsera (Lune et Ascendant en Scorpion) et l’archiduc Rodolphe (Mars en Scorpion en Maison VII), ou encore Heinrich von Kleist, qui proposa à sa fiancée de se tuer avec lui (Saturne en Scorpion opposé à la Lune en Taureau). Toutes noces de sang où la pauvre Vénus est étranglée par la violence de Mars et les maléfices de Pluton !

De cet univers de drogués du sexe, tout humour est banni : ces Scorpions pervers mettent un sérieux terrifiant à assouvir leur fringale de jouissance triste…

Les Scorpions et l’homosexualité

Enfin, certains astrologues affirment que l’on trouve un nombre élevé d’homosexuels parmi les natifs du Scorpion.

Dans la Tradition babylonienne, en effet, des textes anciens affirment que l' »amour d’un homme pour un homme est le lieu de la constellation du Scorpion« .

Plus tard, dans les textes gréco-latins, cette attribution devient très rare. En effet, les Grecs et les Latins, contrairement aux Babyloniens, étaient assez tolérants en cette matière.

Au Moyen Age, on voit reparaître le reproche d’homosexualité fait au Scorpion : c’est, qu’à cette époque, la culture chrétienne « diabolise » le signe, en l’identifiant au peuple juif. Les tendances répressives judéo-chrétiennes contre le monde instinctuel utilisent le Scorpion comme repoussoir, ou comme « bouc émissaire ». Ainsi, puisqu’il est noir, autant le charger de tous les péchés d’Israël… et de ceux de la chrétienté, et particulièrement des déviations sexuelles. On lui met donc pêle-mêle sur le dos, l’adultère, la prostitution, le meurtre, l’usure, la sodomie, etc.

Il est certain que cette prédominance de Mars dans un signe féminin peut engendrer des

tirages. Mais les Scorpions sont-ils plus souvent homosexuels que les Gémeaux (éternels adolescents à aiguillage hésitant) ou les Cancers (éternels enfants de leur mère), ou enfin les Balance (Vénus maîtresse d’un signe masculin) ? On demande des statistiques sûres…

Le Scorpion et l’Amitié

Le Scorpion est le meilleur des amis… et le pire des ennemis ! Uranus, symbole d’amitié et de fraternité, est exalté dans le huitième signe, et, si le Scorpion réussit difficilement sa vie amoureuse, il a, en revanche, le génie de l’amitié.

Précieuse amitié des bons Scorpions

J’ai déjà dit plusieurs fois en quelle estime je tenais mes amies Scorpionnes, combien elles étaient loyales et fidèles – mes amis Scorpions ne le sont pas moins !

Si certains Scorpions sont avenants, d’autres, plus sombres, découragent au premier abord le contact par leur extrême réserve et la rareté de leur sourire… Ils se méfient.

Mais, avec le temps, ils s’apprivoisent. On bénéficie alors de leur esprit, souvent caustique, de leurs opinions, non-conformistes et intéressantes, de leur culture parfois encyclopédique (la curiosité du Scorpion est universelle !).

Lorsque le contact est établi, les amitiés sont durables : parce que le Temps a peu de prise sur lui, le Scorpion est un ami fidèle et sûr. Il ne s’en va pas répéter vos secrets à des tiers, il ne raconte pas n’importe quoi sur vous dans votre dos pour briller dans les salons, il ne médit pas de vous.

Il est souvent de très bon conseil : son extrême perspicacité, sa prescience de l’avenir débrouillent en quelques mots les inextricables problèmes dans lesquels vous vous étiez noyé ! Comptez sur son esprit critique pour percer au jour les motivations des gens qui vous entourent. Si des flatteurs essayent de vous vendre leur camelote en vous jetant de la poudre aux yeux, ça ne prend pas avec lui.

C’est un ami parfaitement « réglementaire » : un oui est un oui, un non est un non. Le Scorpion a le courage de faire ce qu’il dit, et de ne pas mentir.

J’ai parmi mes amies quelques « filles de l’air » qui disent : « Je serai là mardi à 14 h 30, sans faute, tu peux compter sur moi ! » Et on sait parfaitement que ce n’est qu’une clause de style… On ne les attend même pas ! Ce ne sont jamais des Scorpionnes : celles-là sont scrupuleusement fidèles à tout rendez-vous, tout engagement, et à toute parole donnée. Les Scorpions, et plus encore les ScorpionsVierges font l’impossible pour accorder leurs actes à leurs paroles. Ce ne sont pas des gens légers, ils apportent au contraire à tout ce qu’ils font un très grand sérieux.

Sous l’influence de Pluton, le Scorpion a, en général, un sens aigu de la justice qui s’allie à la générosité sociale d’Uranus. Si vous êtes victime d’une injustice, l’ami Scorpion vous apportera courageusement son appui pour vous défendre. Il n’est pas du tout homme à tourner le dos si vous êtes au fond du trou. Bien au contraire, il vous tendra amicalement ses pinces, et vous tirera de là. Quand bien même tous les autres vous feraient l’œil de verre parce que vous êtes fauché ou chômeur, le Scorpion, lui, vous restera fidèle. Il vous sera même plus fidèle dans la peine que dans le bonheur.

Il se moque pas mal du qu’en-dira-t-on. Non seulement il n’a pas peur de braver l’opinion publique pour venir en aide à un copain malheureux, mais encore il trouve un secret plaisir à ne pas faire comme tout le monde !

Bien entendu, ce dévouement généreux et désintéressé ne fonctionne que dans le circuit « amitié ». En amour, c’est une autre paire de pinces parce que l’homme Scorpion bloque son cœur (voir « le Scorpion et l’Amour »).

Il n’est pas non plus l’ami de tout le monde : du peu, mais du bon. Ce n’est pas un homme à se répandre dans les salons en faisant le joli cœur et des sourires à tout le monde. Les quelques élus de son choix sont d’abord passés au peigne fin d’une critique serrée… et beaucoup n’y survivent pas !

Ensuite, une fois que notre discriminateur a donné son amitié, elle est solide et durable.

Il préfère les petits groupes d’initiés, les sectes où l’on partage une doctrine ésotérique qui vous met à part (c’est-à-dire bien au-dessus !) du reste du monde. Il aime les camaraderies engagées, les fraternités d’armes, les partisans, les résistants, les maquis et les guérilleros…

Le Scorpion joue assez bien l’agent secret, l’intermédiaire à haut risque. Parfois, il mène si brillamment un double jeu follement dangereux que certains s’y trompent et le prennent pour un traître. C’est mal le connaître : en réalité, il s’est donné totalement à une cause et prend tous les risques pour la servir, sans attendre aucunement l’approbation et l’estime de ses semblables.

Aigle ou serpent, le Scorpion suscite la crainte. Et cela ne lui déplaît pas ! Il apparaît aux autres comme le détenteur de pouvoirs occultes, il tient les clés de mondes invisibles. Il les partage avec quelques amis initiés comme lui, souvent Scorpion, Cancer ou Poissons (cas du général de Gaulle avec Malraux : Scorpion ; Pompidou : Cancer, Chaban Delmas : Poissons). Les autres sont des admirateurs, intimidés et admiratifs, ou alors d’implacables ennemis. Il ne laisse personne indifférent : quand un Scorpion passe, les gens sont pour ou contre, violemment. Il suscite des haines farouches et des passions à vie…

Naturellement, ce portrait se nuance beaucoup suivant les variétés de Scorpions. Mais il est certain que le plutonien dégage un très grand magnétisme : il est porteur de mana’, que perçoit toujours son entourage, lequel ressent fortement cette charge énergétique redoutable.

Lucide, il cultive ces puissances de peur pour mieux asseoir son influence (les hommes Scorpion surtout, à condition aussi de n’être pas trop ScorpionVierge !). Dosant savamment (et intuitivement) son mépris et sa douceur, sa violence percutante et ses silences, il a toujours l’air d’en savoir long… Parce que le savoir est un outil du pouvoir !

Redoutable inimitié des mauvais Scorpions

Il arrive souvent que les relations amicales avec un Scorpion se teintent de sadomasochisme. Le Scorpion agresse, taquine, bouscule un pauvre copain dévoué qui se laisse faire, impuissant et résigné. Les mauvais Scorpions utilisent les dispositions masochistes de certains (parfois, d’autres Scorpions teintés de Vierge) : ils leur empruntent de l’argent, les parasitent, les font travailler pour eux, sans jamais les rembourser ou les remercier de quelque façon… Il les utilisent, tout en les abreuvant de sarcasmes, et en les prenant de si haut que la victime se sentirait coupable à l’idée de protester !

Il n’est pas facile d’être l’ami d’un mauvais Scorpion. Trop exigeant, il ne peut qu’être déçu, et sa déception amère, son intolérance devant les faiblesses humaines l’amènent à des revirements soudains : l’ami d’hier devient l’homme à abattre. L’amitié peut se muer en haine inexorable.

Comme le Scorpion est virulent, ses propos sans pitié, trempés dans le vitriol, ne plaisent pas à tout le monde. Ainsi blesse-t-il les gens, se créant de féroces ennemis – dont il n’a cure. Il lui arrive aussi d’aller un peu trop loin avec ses propres amis – qui finissent, parfois, par le lui rendre. S’il estime qu’on a empiété sur son territoire, qu’on l’a lésé, humilié, déçu… il ne pardonne pas, et se jure d’avoir la peau de l’ennemi. Il l’aura, bien sûr, et se vengera jusqu’aux limites du possible, jusque sur le cadavre de l’adversaire.

Sous l’influence de Pluton – et de Mars – le Scorpion a tendance à se faire justice luimême. Les trois planètes maîtresses de son signe, Pluton, Mars et Uranus le poussent aux revirements brutaux, aux cassures brusques, aux volte-face dramatiques… Et à aller jusqu’au bout de ses impulsions de vengeance.

La haine enferme ainsi le mauvais Scorpion dans une prison intérieure qui n’est autre que l’Enfer anticipé. Huis-clos totalement sans issue, qui ne débouche sur aucune lueur d’espérance (si bien décrit par Sartre, Ascendant Scorpion). Seul le pardon des injures en aurait ouvert la porte.

Bientôt, cette atmosphère de haine confinée corrode l’âme du Scorpion, qui glisse vers les perversions, la destruction d’autrui, puis de soi, tel Goebbels… Ainsi est le Scorpion noir, celui qui n’a pas su ou pu faire un choix entre le Ciel et l’Enfer. D’autres, cependant, apprennent à pardonner et mettent de l’eau dans leur venin.

Ils deviennent alors de merveilleux amis, aimés (suivant le symbolisme du Soleil dans le signe) jusqu’à la mort ! Rayonnants de bonté et de générosité, ils deviennent un pôle d’attraction positif et tonique. Ils exercent une paternité-maternité bienfaisante sur un cercle d’amis, une sorte de « gouroucratie » à laquelle viennent se réchauffer tous les éclopés de l’existence et les enfants perdus du quartier…

Les affinités amicales du Zodiaque

Chez un Scorpion il y a toujours un noyau d’ombre secrète qu’il faut deviner et une agressivité extérieure (sauf dans le cas du ScorpionVierge) qu’il faut dépasser pour établir avec lui de vraies relations humaines.

Si vous êtes vous-même du Scorpion ou d’un signe d’Eau, Poissons et Cancer, aucun problème : vous devinez très bien ce qui se cache derrière le silence et l’agressivité de l’animal. Vous établissez avec lui un dialogue silencieux, ou presque, qui ne passe pas par les mots de tout le monde. Vous êtes spontanément sur la même longueur d’onde.

Par contre, si vous êtes Lion, le Scorpion vous agacera prodigieusement avec ses mystères et sa réserve (sauf si c’est un ScorpionBalance, qui a le Lion sur la Maison de l’amitié). Le Lion et le Scorpion sont souvent en concurrence sur les mêmes objectifs, avec une sensibilité différente. Les signes de Feu, qui s’extériorisent facilement, comprennent très mal les ténèbres océaniques des signes d’Eau. Je pense aux Béliers, braves et bien intentionnés, qui prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit et ce qui leur tombe sous le sens : ils ne comprennent rien, mais rien, aux complications mentales du Scorpion.

« Pourquoi vas-tu chercher ainsi midi à quatorze heures », me demandent mes sœurs Béliers. C’est que le temps n’a pas la même valeur pour les signes de Feu, tout entiers immergés dans l’instant présent, et pour les signes d’Eau, qui vivent dans la mémoire du passé et le pressentiment de l’avenir. Les signes de Feu trouvent le Scorpion compliqué et celui-ci les juge simplistes… Il faut de tout pour faire un monde ! Cependant, avec cet aventurier de Sagittaire, l’entente peut être très bonne : le Sagittaire, intuitif et optimiste, a des points communs avec le Scorpion.

Quant aux signes d’Air, signes d’intelligence, ils établissent souvent d’excellentes relations avec notre Scorpion.

Les Gémeaux par exemple, gens pas très simples puisqu’ils sont doubles et ne cessent de jouer à cache-cache avec eux-mêmes, sont capables d’échanges intellectuels très riches avec le Scorpion, encore que celui-ci soit agacé par leur légèreté pirouettante (tandis que les Gémeaux s’énervent du sérieux assez lourd de notre animal).

La Balance, sociable et pacifique, peu agressive, aménage prudemment la bête à pinces, intéressée par son goût des idées et de la philosophie, son sens de la justice. Quant au Verseau, il a tant d’affinités intellectuelles avec le Scorpion que l’amitié entre eux peut être magnifique : c’est Uranus plus Uranus.

Les signes de Terre s’entendent très bien avec notre aigle-serpent. Lents, réfléchis, sérieux, leur solidité ne déçoit pas le Scorpion. Celui-ci les stimule et les bouscule : ils reconnaissent qu’ils en ont besoin. Le Taureau, signe de vie, est fasciné par le Scorpion, signe de mort, qui, lui, étant opposé sur la roue du Zodiaque, n’est donc pas sans points communs avec lui. En particulier, la fidélité et l’engagement total.

La Vierge, est l’autre face du Scorpion, puisque le Scorpion inhibé se comporte comme elle. Aussi se comprennent-ils tous les deux assez bien, et leur collaboration dans le travail peut être assez fructueuse. Epris de perfection tous les deux, ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. La discipline de la Vierge rassure, mais agace le Scorpion, et provoque parfois son sadisme. La Vierge trop raisonnable est à la fois éblouie et terrifiée par la rage de vivre du Scorpion. Entre lui et ces deux signes de Terre, Vierge et Taureau, s’établit parfois une relation sadomasochiste plus ou moins forte, qui les attache les uns aux autres (mais le ScorpionVierge est du côté des masochistes).

Enfin, le Capricorne partage avec le Scorpion un dynamisme intellectuel qui peut rendre leurs échanges très intéressants. Sous la maîtrise de Mars, ils s’entendent sur des activités communes. Saturne (le Temps), qui préside au Capricorne, s’accorde assez bien avec Pluton et Uranus du Scorpion.

Le ScorpionVierge, dépourvu de pinces et de dard (ceux-ci étant réservés à l’usage interne !) s’entend avec la plupart des gens du Zodiaque, étant donné son absence d’agressivité extérieure et sa sentimentalité. Naturellement, dans les affinités amicales, jouent les Ascendants et les signes dominants : le ScorpionLion, par exemple, aura évidemment une plus grande facilité d’entente avec les Béliers et les Sagittaires. Le ScorpionBalance et le ScorpionGémeaux, infiniment adaptables, sont également capables de se faire des amis dans tous les coins du Zodiaque….

Le Scorpion et son Education

Pour le comprendre, il faut revenir au symbolisme du signe : le Scorpion naît dans ces journées sombres de novembre où le froid, le gel et la pluie tuent les dernières fleurs. Novembre, c’est la Toussaint, la fête des morts… Mais ceux-ci revivent ailleurs, tandis que fleurs et feuilles en décomposition sur le sol se transforment en humus fertile. De cet humus naîtront plus tard les jeunes pousses du printemps. Le Scorpion, qui porte en lui la mort, porte aussi la vie. D’où son intérêt passionné pour les choses du sexe – et pour ses propres enfants, qui lui sont une manière de survivre. Pluton est mort et résurrection, il est le symbole d’une vie après la vie.

Du côté des parents Scorpions

Ainsi, beaucoup de bons Scorpions sont des pères de famille dévoués à leurs enfants, présents à leur éducation (chose rare par les temps qui courent !). Ils reportent sur leur progéniture toutes leurs espérances déçues – ce qui, parfois, est lourd à porter pour l’enfant ! Ils s’intéressent vivement à leurs études, prennent le temps de discuter avec eux, de leur transmettre leurs idées et leurs connaissances, ils sont prêts à de gros sacrifices pour leur assurer l’instruction qu’ils jugent convenable.

Dans les divorces, bien des hommes Scorpions se battent avec acharnement pour conserver la garde juridique de leurs enfants, certainement pour embêter leur ex-femme (toute vengeance étant bonne à prendre pour un Scorpion !), mais aussi certainement par passion paternelle profonde. A mon avis, les hommes Scorpions sont bien meilleurs pères qu’époux, car la tendresse qu’ils refusent à leur femme, ils la dispensent volontiers à leurs enfants.

Quant aux Scorpionnes, toutes celles que je connais sont des mères extrêmement consciencieuses. Elles ne lésinent devant aucun sacrifice, aucun travail pour élever leurs enfants et, plus elles sont ScorpionsVierges, plus elles sont dévouées. Dévouement qui, dans certains cas, est pesant pour les enfants, un peu trop maternés à mon avis. Mais enfin, elles prennent toujours très au sérieux leur fonction maternelle.

Si vous avez un enfant Scorpion

Si vous êtes vous-même Scorpion, vous retrouverez avec amusement – ou agacement – dans cet enfant vos passions secrètes, vos pulsions violentes, vos exigences d’absolu… Et vous le comprendrez.

Si vous êtes d’un autre signe, un signe qui lui est étranger, ou peu compatible avec lui, attention, ce sera très dur. N’essayez pas d’imposer à cet enfant instinctif et intuitif votre propre échelle de valeurs. Dites-vous qu’il est « Eau« , et qu’il est normal qu’il soit différent de vous qui êtes « Feu » ou « Air« . Ne le braquez pas, essayez de comprendre ses motivations, beaucoup plus fines que vous ne le pensez. Ne dites pas qu’il a des « caprices », non, il a son idée à lui sur la vie, et pas forcément plus mauvaise que la vôtre!

Rien ne sert de le barricader derrière un réseau barbelé d’interdictions. Le Scorpion aime ou n’aime pas, physiquement. N’essayez pas de lui interdire quelque chose, sans lui expliquer pourquoi, car il est très intelligent ; vous pouvez faire appel à son esprit critique, à son sens aigu de la justice.

Essayez de lui faire confiance pour un maximum de choses, il les fera parfaitement s’il est motivé.

Si vous étouffez cette force vive, ce riche tempérament, vous produirez un Scorpion-Vierge masochiste qui ne saura pas se défendre dans l’existence. Ne vous choquez pas de l’intérêt très vif que l’enfant du Scorpion manifeste pour les choses du sexe : et pourquoi pas ? Pourquoi un enfant n’aurait-il pas le droit d’être informé, sous prétexte qu’il est un enfant ?

Ne le censurez pas bêtement, expliquez-lui au maximum tout ce qu’il peut comprendre, mais ne dressez jamais devant lui tous ces tabous idiots du XIXe siècle. Un de mes amis, le père Finet, disait : « Parlez franchement à vos enfants des problèmes sexuels, sinon Satan passe par les ténèbres. » Satan, ce sont les angoisses atroces qui dévorent en secret les enfants mal informés, qui se torturent des nuits durant avec des craintes folles parce qu’on ne leur a pas dit simplement les choses telles qu’elles étaient. Les tabous répressifs et le silence pudibond sont particulièrement mal venus avec un petit Scorpion. Vous devez satisfaire sa curiosité, sinon elle deviendra morbide. N’allez pas vous choquez s’il se masturbe comme tous les enfants. Ne dramatisez rien, ne prenez pas au tragique les expériences qu’il fait avec les autres… N’intervenez que s’il mêle agressivité et violence à ses expériences sexuelles. Laissez-le tranquille dans sa vie privée. Je pense que c’est la répression qui fait les mauvais Scorpions, le sadisme des parents qui les pervertit. Et les parents les mieux intentionnés peuvent être sadiques.

L’enfant marqué par le Scorpion se pose précocement des questions sur la mort. Vers 5 ou 6 ans, il vous demandera : « Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? » N’ayez pas la cruauté de lui répondre : « Rien ». Qu’en savez-vous ? Laissez une porte ouverte sur l’espérance, on n’a pas le droit de tuer l’espérance d’un enfant, même lorsqu’on est athée soi-même. Mieux vaut dire à l’enfant que vous ne savez pas, qu’il faut chercher. Cela, au moins, est positif, et l’enfant, plus perspicace que vous n’imaginez, appréciera votre honnêteté intellectuelle.

Bien entendu, pour les parents qui ont une foi, ce problème n’en est pas un.

Ménagez la sensibilité de l’enfant. S’il manifeste en général une froide curiosité devant la mort des humains adultes, il risque d’être terriblement perturbé par la mort d’un animal favori. Et même lorsque la mort d’un humain l’atteint profondément, il ne le manifestera pas, car c’est un enfant pudique et secret.

Je crois qu’avec un petit Scorpion, comme avec tous les enfants, il vaut mieux parler carrément et franchement de la mort plutôt que de la considérer comme un sujet honteux et tabou. La confiance et la tendresse apaisent les angoisses de l’enfant et permettent de parler de tout, ou presque. L’enfant, d’ailleurs, a beaucoup moins peur de mourir que vous.

Les enfants Scorpions ont, en général, de graves problèmes d’extériorisation. Lorsque les parents sont d’un signe de Feu ou d’Air extraverti, ils s’agacent devant le silence de l’enfant. Il faut le deviner, mais lorsqu’on n’est pas un peu Scorpion soi-même, c’est assez difficile. Faites-vous aider, faites établir son thème. Soyez attentifs à ce que dessine l’enfant, à ses pôles d’intérêt. L’enfant Scorpion est extrêmement créatif, et dessine souvent de façon remarquable. Enfin, dites-vous qu’un petit Scorpion a plus besoin de confiance et d’encouragement que de répression. La répression favorise les forces de la mort qui pervertiront l’enfant. Pourtant, si celui-ci essaie de vous avoir au chantage, ne marchez pas, défendez votre morceau, et votre territoire de parent ; il le comprendra et cela le rassurera.

Tout ce qui peut rassurer l’enfant du Scorpion est bon, car il devra toute sa vie lutter contre l’angoisse… mais cela s’apprend.

Le Scorpion et son Travail

Dans le domaine du travail, une distinction est à faire entre le ScorpionVierge et le Scorpion « grand teint »…

Le Scorpion-Vierge : le bonheur dans l’esclavage

Comme je l’ai expliqué précédemment, le Scorpion « coincé » se comporte comme la Vierge – et dans le travail plus encore qu’ailleurs ! Ce Scorpion virginisé réprime son agressivité, et devient un modèle de discipline, de précision, de méthode, de dévouement… Il applique son énergie à un champ d’action étroit, clos, délimité par des contraintes telles que l’autorité de ses patrons ou la nécessité de gagner sa vie. Le ScorpionVierge fignole indéfiniment les détails de son travail : il s’y noie souvent, un tout petit arbre lui cache la grande forêt ! Il est d’une conscience professionnelle absolue et pointilleuse.

Etouffant en lui l’impulsivité et la révolte de son signe, il s’oblige à être impeccablement propre, ponctuel, sobre, bref, l’employé modèle… Son souci de rangement confine à la maniaquerie. Chez une femme, cela donne une parfaite maîtresse de maison, qui se tue à la tâche, faisant elle-même les vêtements de ses enfants, repassant les chemises de son mari jusqu’à minuit, traquant le moindre grain de poussière jusque derrière les radiateurs où personne ne le voit… Bref, elle ne prend pas le temps de vivre et finit par s’écrouler dans la dépression nerveuse classique des ménagères surmenées.

Le ScorpionVierge applique son esprit critique à son travail, il est d’une impitoyable exigence vis-à-vis de lui-même. L’angoisse d’avoir oublié un papier, un objet, un détail, le tient éveillé la nuit, l’oblige parfois même à se relever pour s’assurer que tout est dans l’ordre.

Il accepte des tâches ingrates et mal rémunérées, il reste tard le soir pour faire des heures supplémentaires peu ou pas payées… Exigence de perfection absolue vécue dans le détail quotidien. Grande est l’endurance de notre ScorpionVierge, qui se fait hautement apprécier : c’est quelqu’un sur qui l’on sait pouvoir compter.

Mais il voit souvent les choses par le petit bout de la lorgnette : il ne survole pas son travail. Il a besoin d’être guidé, arraché à sa lenteur, à sa passion du détail, il a besoin d’apprendre à faire un choix entre l’essentiel et l’accessoire.

Le Scorpion virginisé, par un secret besoin d’expiation intime, s’impose « les travaux forcés à perpétuité »… Il est pour lui-même le plus tyrannique des patrons.

Le Scorpion vraiment Scorpion est un volcan explosif

Pourtant, un jour, le Scorpion, le vrai, peut se réveiller et exploser. Le volcan couvert de prairies se transforme en lac de laves et crache une nuée ardente qui brûle tout sur son passage… Le cataclysme, quelquefois, survient à l’adolescence, plus souvent au tournant de la quarantaine, parfois seulement tard dans la vie (et dans certains cas, pas du tout : la Vierge ayant fini par étouffer complètement le Scorpion).

Mais si le Scorpion explose, il casse tout. Personne ne comprend pourquoi cet employé modèle et irréprochable a claqué la porte, subitement, sans préavis, après une explication orageuse à laquelle ne s’attendaient pas le moins du monde patrons et collègues sidérés. S’ils s’intéressent à l’astrologie, on peut leur dire que c’est l’influence de Pluton : une rage subite de tout détruire et de tout casser pour aller refaire mieux ailleurs. Cette révolte n’est pas seulement négative : dans bien des cas, elle stimule notre Scorpion-Volcan, et lui permet effectivement de progresser. En fait, il adore les orages, il lui en faut de temps en temps, sinon il est malheureux. Le train-train quotidien, délice de la Vierge bourgeoise, le rend très malheureux et claustrophobe. Le métro-boulot-dodo n’est pas son genre. Il aime la lutte et le risque : ce sont ses drogues.

Le vrai Scorpion, le Scorpion harmonique, est un puissant créateur solitaire. Il suit son idée, son inspiration impérative, et ne supporte pas qu’on vienne le déranger. Il n’a pas besoin de supérieur pour venir le contrôler et le stimuler : il organise très bien tout seul son travail. Il va jusqu’au bout avec une persévérance remarquable, parce qu’il est capable de s’imposer à lui-même une très dure discipline – s’il est motivé. Lorsque vous avez un Scorpion sous vos ordres, expliquez-lui clairement ce que vous attendez de lui, et puis faites-lui largement confiance : vous ne le regretterez pas !

Le Scorpion est un jeune loup aux dents longues, combatif, ambitieux. Très compétent et très travailleur s’il est intéressé par ce qu’il fait, et si c’est un métier qui correspond au symbolisme du signe : chercher, découvrir, conquérir…

Vous pouvez lui confier de lourdes responsabilités : il tiendra fermement en main ses subordonnés. Il a la « main de fer », peut-être un peu lourde, mais la situation est sous contrôle, vous pouvez être tranquille de ce côté-là.

Cependant, notre Scorpion n’a pas un caractère facile-facile : il conteste, proteste, revendique, critique et intrigue dans l’ombre. S’il vous est totalement dévoué, tout va bien. Sinon… c’est lui qui prendra un jour votre place.

Le Scorpion très scorpionnant et très dissonant n’a pas son pareil pour semer la zizanie, qu’il exploite ensuite à son profit. Il suscite des grèves, des mouvements de revendication (dont il ne prend pas toujours ouvertement la tête, parce qu’il préfère agir en sous-main !). Uranus, qui l’inspire, est un symbole de révolution. Tout vrai Scorpion – et moi aussi – est persuadé que la révolution est indispensable à un moment ou à un autre : ce qui est pourri doit être changé, et si d’aucuns ne veulent rien changer parce qu’ils y trouvent leur intérêt, il faut forcer le coup de balai. Le Scorpion croit au progrès humain et social, tout en étant lucide et pessimiste, c’est pourquoi il s’engage souvent dans un parti, où il milite généreusement.

Certains Scorpions noirs sont vraiment inemployables dans une entreprise : en proie à leurs tourments intérieurs, ils dégagent autour d’eux un malaise qui perturbe tout l’entourage. Critiquant tout et férocement, râlant systématiquement pour la volupté de râler, ils n’eh font qu’à leur tête, se brouillant avec tout le monde. Ils sont même parfois malhonnêtes, tant ils s’estiment au-dessus des lois.

Nageant comme un poisson dans les eaux bourbeuses, les périodes de crises, les révolutions, les guerres, les grèves, le Scorpion profite toujours des conjonctures qui semblent désastreuses aux autres. Quand la pagaille et la confusion règnent partout, lui, notre pêcheur en eau trouble, notre roi du système D, s’organise tranquillement. Il ne s’affole pas, il n’a peur de rien, il est en pleine forme, il navigue superbement dans le drame. Il pose des jalons secrets pour son avenir, et il émerge de l’ombre dès que les convulsions politico-sociales se sont calmées…

Quels sont les métiers préférés du Scorpion

Dans quelles professions trouve-t-on notre animal ?

Le Scorpion martien affectionne tout ce qui tranche, coupe, agresse; brûle, tout ce qui a rapport avec le fer et le feu. Donc, il sera : militaire, chirurgien, il travaillera dans la métallurgie, les mines, l’industrie lourde, les abattoirs… Il écrira dans des journaux satiriques, d’extrême-gauche, des articles perspicaces et impitoyables.

Le Scorpion plutonien aime le mystère, les souterrains, les bas-fonds, tout ce qui est caché, inconnu, tout ce qu’il faut découvrir. Il est fasciné par la mort, le sexe, et l’Invisible… Il sera donc explorateur, spéléologue, océanographe, chercheur, agent secret, détective, policier, juge, avocat, psychiatre (dans l’anti-psychiatrie de préférence), criminologue, sexologue, biologiste, radiesthésiste, sourcier, astrologue.

Le Scorpion uranien a un faible pour toutes les techniques de pointe, les jeunes sciences d’avant-garde, les théories et idéologies nouvelles. Il est fasciné par l’espace, domaine d’Uranus : chercheur, astronaute, inventeur, créateur de nouvelles techniques. Il s’engage dans les luttes sociales et politiques qui lui offrent une occasion de se battre : syndicaliste, militant, mercenaire, partisan, intermédiaire secret, trafiquant d’armes ou de drogue, pirate.

Le Scorpion a souvent un destin haché, en plusieurs épisodes très différents. Il a des vies successives, où l’influence de Pluton, destruction-reconstruction, le fait progresser à travers des crises douloureuses. Le Scorpion « refait sa vie » plusieurs fois (voir la présentation des personnalités du signe). Le chômage ou la ruine ne sont pas aussi désastreux pour lui que pour d’autres, parce qu’il renaît de ses cendres après chaque désastre.

Le Scorpion et l’Argent

André Barbault fait remarquer que le Taureau, signe de possessivité, correspond en psychanalyse au « stade oral », celui où l’on emmagasine, l’on stocke, l’on accumule.

Et que le Scorpion, signe de dépouillement, correspond au « stade anal », celui où l’on rejette, l’on expulse…

Au « stade oral-Taureau« , on amasse pour le plaisir profond d’amasser. Le Taureau capitalise… En revanche, au « stade anal-Scorpion« , on se débarrasse, on ne veut pas être entravé par une possession. Le Taureau se lie, s’attache aux biens matériels et spirituels, tandis que tout l’effort du Scorpion vise à s’en détacher pour aller plus loin.

Le Scorpion est donc assez souvent follement dépensier. N’écoutant que son cœur, il donne sa dernière chemise, son porte-monnaie, ses derniers sous… Inversement s’il évolue vers le ScorpionVierge, il devient sordidement avare. Toutes les nuances existent entre ces deux pôles : parfois, le natif est insouciant dans certains domaines, radin dans d’autres.

Cela change avec les périodes de la vie, les gens, les circonstances…

La plupart des Scorpions se moquent de l’argent. Ils font ce qu’ils ont envie de faire, et n’ont pas l’intention de s’ennuyer à gagner leur vie… Beaucoup d’entre eux refusent de s’intégrer à la société et vivent complètement en marginaux. Leur famille leur reproche de ne pas faire bouillir la marmite : mais c’est que la course à la consommation ne les intéresse pas. Ils s’intéressent plus au pouvoir qu’à l’avoir. Je connais beaucoup de fonctionnaires, d’artistes, d’intellectuels Scorpions, qui, sans être marginaux, « vivotent ». Eux ne le perçoivent pas ainsi. Ils se plaignent, parfois, du manque d’argent, mais au fond cela leur est égal. Ils ont fait un choix : ils préfèrent une situation qui les passionne : tant pis si elle ne leur rapporte rien.

L’argent, en lui-même n’intéresse pas le Scorpion ; mais le pouvoir qu’il représente le fascine. Si le natif peut s’assurer le pouvoir par d’autres moyens, l’argent passe au second plan. Comme il n’est pas fondamentalement intéressé, il passe à côté des bonnes affaires – ou n’y pense même pas… (sauf s’il y a beaucoup de Taureau dans son ciel : Picasso).

Dans les relations du Scorpion avec l’argent, il y a tout un aspect ludique. Certaines variétés de Scorpions hantent la Bourse et les casinos, mais, ce qui les amuse, c’est le risque, l’aventure. Dès qu’ils ont gagné trois sous, ils les rejouent aussitôt. Ce n’est pas un hasard si Dostoïevski, Scorpion, a décrit « le Joueur », un personnage qui lui ressemble comme un frère… Le risque est la vraie drogue du Scorpion. Il aime jouer avec le feu, l’argent lui brûle les doigts. Et s’il se lance – à corps perdu, comme toujours – dans les spéculations, il peut se ruiner intégralement ou, au contraire, édifier une fabuleuse fortune. Il ne la garde pas, suivant le symbolisme de Pluton : perte et regain. Je pense à Ferdinand de Lesseps, qui a perdu à Panama l’argent gagné à Suez. La passion dévorante du jeu peut amener le Scorpion à la malhonnêteté, au chantage, au meurtre. C’est ainsi qu’un certain nombre d’escrocs sont Scorpions, mais c’est le happening, le jeu du risque et du hasard, l’ivresse de la conquête, qui les intéresse (Stavisky).

En revanche, le ScorpionVierge est bien différent. Perdant son agressivité et son audace typiques, il gagne, en contrepartie, un solide attachement à l’argent, comme tous les signes de Terre généralement assez près de leurs sous. Harpagon devait être Scorpion-Vierge ascendant Taureau

Le Scorpion et sa Santé

Depuis l’Antiquité, le Scorpion a toujours été lié à la pathologie des voies génito-urinaires. Le monde souterrain, avec ses énergies naturelles mal connues et très puissantes, a toujours été symbolisé par ce signe. Quoi de plus souterrain, et de plus redoutable que les forces sexuelles…

Comme le Scorpion est opposé au Taureau, son signe complémentaire, les maladies taurines (cou, gorge, larynx) se retrouvent parfois associées à la pathologie du Scorpion. Mention est faite aussi des troubles affectant le nez : il est lié aux fonctions sexuelles.

André Barbault conseille une grande prudence dans toute interprétation pathologique d’un thème : il pense que l’astrologie médicale, à bien des égards, se cherche encore : on n’a pas encore suffisamment de données statistiques pour établir des corrélations sûres. Certains astrologues, et médecins astrologues, font des diagnostics étonnamment précis et justes mais c’est souvent un don particulier, une intuition personnelle qui peut difficilement être transmise.

Le Scorpion et sa maladie

Le Scorpion, comme la Vierge, et plus encore s’il est ScorpionVierge, et surtout s’il est Ascendant Vierge est passionné de médecine. Beaucoup de grands médecins et chirurgiens sont Scorpions, tel Xavier Bichat.

En tant que praticien, il est doué d’une rare pénétration et d’une intuition très vive ; il a même parfois, des dons de guérisseur. La mort, qui lui est familière, lui donne cette passion pour la recherche, pour ce qui est caché et le goût de sonder les mystères de la vie.

En tant que malade, le Scorpion est la « bête noire » des médecins classiques. Le Scorpion estime qu’il est propriétaire de son corps, et le premier intéressé par ce qu’on lui fait subir. Il exige d’être informé et discutaille. C’est un patient impatient…

Comme il a raison, notre Scorpion. Il sait combien la passivité et le manque d’esprit critique du malade moyen devant sa maladie finissent par abêtir le médecin lui-même. Comme il a raison, le Scorpion, de vouloir se prendre en charge, de chercher à comprendre sa maladie pour mieux l’assumer !

Un médecin ne devrait rien cacher à son patient Scorpion, qui a besoin qu’on lui dise honnêtement la vérité. Le Scorpion n’est pas être à préférer les mensonges.

Il a de si grandes ressources de courage qu’il est capable de se battre avec énergie et efficacité contre la mort, mieux qu’aucun autre signe du Zodiaque. C’est d’ailleurs tout le symbolisme du signe : de fantastiques potentialités énergétiques. L’annonce d’une maladie grave aura sur lui un effet stimulant : dès qu’il faut se battre, il est heureux, notre samouraï ! C’est quand tout va bien qu’il est déprimé : dès qu’il y a un combat à mener, le voilà qui se réveille et retrouve ses forces. A moins qu’il ne soit très dissonant : il préfère parfois devancer la mort par le suicide.

Je me rappellerai toujours cette réflexion d’un Scorpion : « Entre les deux guerres mondiales, quand je vivais dans le luxe et l’abondance, j’avais dépression nerveuse sur dépression nerveuse. J’étais la proie d’incontrôlables angoisses qui me ravageaient. Vint la guerre : en tant que juif, on m’a envoyé en camp de concentration. Le croiriez-vous ? Ma dépression a cessé ! Grâce à quoi j’ai tenu le coup, et j’en suis sorti ! » Toujours notre oiseau des tempêtes, jamais si heureux qu’en plein ouragan !

L’aspect physique du Scorpion

Il évoque tantôt l’aigle, tantôt le serpent. Serpent par une certaine souplesse, une démarche de félin…

En principe, le Scorpion n’est pas très grand, il est plutôt petit et noir, mais s’il est très influencé par l’élément Air, il pourra être grand. Il frappe par sa voix, souvent basse, voix un peu âpre qui vient du tréfonds de son être, et qui envoûte ses auditeurs – personne ne sait pourquoi, parce qu’elle n’est pas spécialement plus belle que d’autres. Pluton très fort dans un thème prête souvent une voix chaude et séduisante aux natifs. Il y a également l’influence du Taureau, à ne jamais oublier puisqu’il est sur le même axe vital (le Taureau régit la voix, le chant, l’expression vocale).

L’aigle, c’est surtout le regard intense du Scorpion, si intense que, même lorsqu’il est bleu, il paraît noir ! Toute cette énergie concentrée dans le regard attire et fascine les proies de notre rapace ! Il regarde à travers vous, comme s’il stripteasait vos pensées, comme s’il voyait votre corps éthérique…

Contrairement au lunaire, qui a un visage rond, ou au saturnien, qui a un visage allongé, le Scorpion a un visage anguleux, tourmenté, à arêtes coupantes, à creux et à bosses accusés. Un visage creusé de l’intérieur, souvent très irrégulier. On a dit qu’il ne savait pas sourire, qu’il ne savait que grimacer, ce qui n’est pas très gentil. Mais il est certain que ce sourire est tendu, ou plein de sous-entendus. Même chez une actrice au très beau visage régulier, comme Grace Kelly, on remarque dans l’intensité du regard quelque chose de métallique : son sourire est précis comme un laser.

Enfin, certains prêtent au Scorpion un nez en bec d’aigle, rapace oblige !

Du point de vue médical, le Scorpion est donc traditionnellement un signe d’Eau froid et humide : toute hydrothérapie lui convient. Il se porte mieux au bord de la mer, au bord d’un étang ou d’un marais. Il a besoin de la présence de l’eau pour se sentir en forme, et supporte mal la sécheresse.

C’est un signe féminin et fécond : c’est-à-dire fertile.

C’est un signe nocturne : la nuit est favorable à ses activités.

Un signe muet : le Scorpion pur se tait volontiers, et peut, si le Soleil et Mercure dans le signe sont mal aspectés, souffrir de trouble d’élocution.

Enfin, un signe fixe : tempérament résistant, il est cependant sujet aux maladies chroniques, mais il tombe rarement malade ; s’il est atteint, il met longtemps à récupérer sa santé.

C’est un tempérament nerveux, c’est-à-dire assez tendu, et plutôt émotif-actif secondaire.

Le Scorpion se soigne infiniment mieux par les médecines douces (aromathérapie, phytothérapie, homéopathie, acupuncture, relaxation, musicothérapie, et surtout hydrothérapie), qui font appel à son intuition et à son intelligence spécifiques.

Les Astromariages de l’Homme Scorpion

Certains signes en attirent irrésistiblement d’autres, l’avez-vous remarqué ? Combien de Vierges épousent des Sagittaires, et de Scorpions des Cancers ?

Les lignes qui suivent ne décrivent que la rencontre d’un type pur de Scorpion avec un autre type du Zodiaque. La plupart d’entre nous sommes des types mélangés, où l’Ascendant, la position de la Lune, celle de Vénus, de Mars, etc., comptent autant que celle du Soleil (lequel décide du signe officiel).

Si donc vous voyez, par exemple, que Scorpions et Lions ne s’entendent guère, et que vous connaissez pourtant un couple heureux, c’est que l’un des deux est un « faux » : un faux Scorpion ou un Lion apprivoisé… Dans un thème, il faut regarder non seulement les signes solaire et ascendant, mais aussi le signe sur la Maison VII, ainsi que les planètes qui l’occupent. Cette Maison est significatrice du mariage. Si vous avez des projets, l’étude qui suit ne suffit pas, parce qu’elle ne donne que des indications très générales. Il faut consulter un astrologue-conseil qui comparera les deux thèmes…

Homme Scorpion et femme Bélier

Cela ne peut marcher qu’avec beaucoup de « si » :

Si le Feu du Bélier est calmé par un peu d’Eau, BélierPoissons, par exemple.

Ou bien si le Scorpion a un édulcorant dans son venin : ScorpionVierge, ScorpionBalance, ou n’importe quel Ascendant qui s’accorde avec le Bélier, ou, parfois, même Ascendant. Ou encore si la dame Bélier réussit brillamment, professionnellement ou socialement : le Scorpion respecte alors la réussite.

Si, enfin, ayant fait chacun de leur côté pas mal de bêtises, ils se rencontrent tard dans la vie, comme André Malraux et Louise de Vilmorin. Qu’ont-ils de commun, cette biquette et ce grand méchant loup ? La planète Mars. Mais, chez le Bélier, c’est un Mars printanier éclairé par le Soleil, un Mars de jour fleur au fusil… Tandis que chez le Scorpion, c’est un Mars de nuit, assombri par les Enfers de Pluton, c’est la guerre d’extermination !

La chevrette, avec son clin d’œil à étincelles, allume facilement le Scorpion, qu’elle amuse par ses cabrioles.

Fonçant droit devant elle, toutes cornes dehors, elle ne se laisse pas si volontiers que ça marcher sur ses sabots. Elle donnera du poil à retordre au Scorpion ; si c’est un bon Scorpion, il n’essaiera pas de l’attacher au piquet de son pré. Si c’est un mauvais Scorpion, il se fâchera : la bergerie se transformera en tragédie… et le petit mouton deviendra enragé !

Homme Scorpion et femme Taureau

Aïe ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi ils se marient, ces deux-là, puisque ça ne marche jamais! Ou si la pauvre Taureau tient le coup, c’est au prix d’une vie affective complètement sacrifiée. Qu’ils s’attirent, c’est dans l’ordre des choses : le Scorpion, signe de mort s’accroche de toutes ses pinces au Taureau, signe de vie… Mais, le plus souvent, ne réussit qu’à le détruire. Dans le sens homme Scorpion-femme Taureau, c’est le désastre (dans l’autre sens, c’est meilleur, voir femme Scorpion-homme Taureau).

Sous la pression agressive du Scorpion, la femme Taureau retourne ses cornes contre elle-même, et risque la dépression nerveuse. Même si le Scorpion ne réussit pas à percer sa ligne de défense, la pauvre Taureau vit perpétuellement en état de siège. Rien de plus frustrant que ce qui-vive quotidien. Vénusienne, artiste, sentimentale, elle est trop vulnérable devant le Scorpion : le sérieux passionné qu’elle met en toutes choses l’emprisonne entre les redoutables pinces de la Bête, où elle se meurt lentement d’empoisonnement. Ses dispositions masochistes aiguisent le sadisme du Scorpion, lequel s’ennuie à périr avec elle : il n’y a rien à faire !

Homme Scorpion et femme Gémeaux

Rien n’amuse tant ces lutins de Gémeaux que de jouer avec le feu. Voyez cette petite vif-argent, qui taquine le Scorpion, virevolte devant lui avec son tablier rouge, et lui pique des banderilles plein la carapace. Il a beau allonger les pinces, il n’arrive jamais à la saisir complètement : il n’agrippe qu’une « Gémelle » à la fois !

L’autre lui file entre les pinces, comme un vrai courant d’air. Coucou ! C’est moi ! Et la voilà qui réapparaît là où il ne l’attendait pas. Elle rit, ne prend rien au tragique. Fine mouche, elle contourne la forteresse qu’est le Scorpion et s’adapte à lui avec inventivité. Pourtant, si le Scorpion est mauvais, c’est elle qui souffrira le plus : l’agressivité et l’esprit critique de ce redoutable imprécateur peuvent lui faire beaucoup de mal. Si le Scorpion a l’impression qu’elle se moque de lui, ou le trompe, il sera terrible.

Par contre, un Scorpion Ascendant Vierge, moins agressif, peut être un élément de stabilité et de sécurité pour une femme Gémeaux. Possible, encore, un ScorpionSagittaire (comme le général de Gaulle dont l’épouse était Gémeaux).

Homme Scorpion et femme Cancer

A la première bulle, ils se jetteront dans les pinces l’un de l’autre. Ils se parlent en crustacé, c’est merveilleux!

La femme Cancer, romantique et passionnée, est fascinée par le Scorpion. Elle se soumet à lui totalement, ce qui est rare chez elle. Si c’est un Scorpion bon prince, un ScorpionVierge, ça peut aller. Sinon, la pauvre écrevisse est bien mal protégée par sa carapace : le Scorpion la pique au défaut de la cuirasse (il sait toujours où !) et le venin, se répandant dans la chair tendre, la paralyse complètement. Passive, sans défense, comme si elle avait été touchée par une flèche au curare, elle ne peut qu’exciter le sadisme de ce requin des mers. Complètement transformée en crabmeat surgelé, elle se laisse consommer jusqu’à la dernière patte. Elle n’a pas les moyens de se faire respecter par ce forban, sauf si elle a beaucoup d’énergie martienne dans son thème – beaucoup de Feu, beaucoup d’Air aussi, sur lequel le Scorpion a peu de prise.

Sinon, sa carapace rose portera toute la vie d’ineffaçables cicatrices. Exemple : le shah d’Iran et Soraya.

Homme Scorpion et femme Lion

Celle-là, par contre, a griffes et dents : elle ne se laissera pas dévorer comme sa pauvre consoeur du Cancer ! La Lionne sait se faire respecter.

Conquérants et combatifs tous les deux, ils défendent chacun leur territoire en s’efforçant d’empiéter au maximum sur celui de l’autre. La Lionne se fait un personnage d' »épouse admirable » qui impressionne l’entourage et son mari par ricochet… Mais elle vit dans la secrète terreur de le voir lui échapper : elle ne réussit jamais à le manipuler complètement, comme les autres hommes. Il est trop intuitif et trop secret ! Elle en sera pour ses frais de jalousie.

Le couple peut être très solide, chacun des deux ayant une haute idée de ses responsabilités familiales.

Homme Scorpion et femme Vierge

La Vierge, enfermée dans sa boîte à bonbons de petite fille sage, est fascinée par cet anarchiste. Rien ne séduit tant les bourgeoises que les beaux révolutionnaires…

Si elle se laisse enlever, elle perdra bien plus encore que sa précieuse virginité. Son conformisme bourgeois, son dévouement, sa fidélité, sa jalousie, ennuient à crever le Scorpion.

Elle veut de la tendresse, des mots doux, des attentions : elle ne les aura pas. Le Scorpion n’en a que faire : la fleur bleue, ce n’est pas son rayon. Elle pleure : il ricane. Elle sanglote : il tape dessus. Plus elle est soumise, plus il la tyrannise.

Un jour, peut-être, la Vierge se révoltera, divorcera pour avoir le droit d’être enfin traitée comme un être humain – et le poursuivra toute sa vie de vengeance !

Cette histoire est aussi celle de la femme ScorpionVierge, mariée à un Scorpion dur. Et même entre deux Scorpions virginisés, le côté un peu vieille fille de la Vierge a toujours le don de réveiller l’agressivité de l’aigle-serpent (même chez un Scorpion doux !) La formule homme Scorpion-femme Vierge n’est viable qu’avec une fausse Vierge. Qu’elle soit n’importe quoi d’autre, ça irait mieux !

Homme Scorpion et femme Balance

La combinaison est possible si la Balance, signe d’Air, ne se laisse pas coincer par le Scorpion (sinon, l’Air et l’Eau se mettent à l’orage !). Elle l’excite beaucoup par sa valse hésitation entre le oui et le non qui, pour bien des hommes, est l’image de l’éternel féminin. Il s’imagine pouvoir la dominer facilement.

Elle cède, apparemment : « Oui, oui, bien sûr », dit-elle. Et dès qu’il a les pinces tournées, elle n’en fait plus qu’à sa tête. Puis la fine mouche apaise la vanité de son maître et seigneur en lui donnant toutes les marques extérieures de considération auxquelles il estime avoir droit. Elle le flatte, et se garde bien de le provoquer. Le Scorpion est souvent assez fier de sa Balance, dont l’élégante désinvolture plaît aux autres hommes.

Elle partage avec lui le goût des idées, le sens de la justice, un certain attrait pour la philosophie, la religion et les arts. Si notre Scorpion n’est pas trop agressif, l’association est bonne. Mais attention, s’il commence à être venimeux, la Balance encaissera un temps sans rien dire. Puis, un beau matin, pffft ! Cette fille de l’Air partira sur son tapis volant, et le Scorpion pourra toujours courir pour la rattraper !

Homme Scorpion et femme Scorpion

Bonne association si la Scorpionne n’est pas une Scorpionne inhibée. Une vraie Scorpionne a suffisamment d’autorité pour se défendre des pinces envahissantes de son jumeau zodiacal. L’entente physique peut être extraordinaire, et l’entente intellectuelle aussi. Pourtant, la Scorpionne est toujours un peu frustrée du côté cœur : elle a besoin de tendresse, que le Scorpion ne sait pas, ou ne veut pas donner. Le couple est d’autant plus solide est très attaché à ses enfants. Cela, dans le cas de bons Scorpions.

Dans le cas de Scorpions pervers, c’est un vrai noeud de vipères. C’est à qui torturera, blessera, empoisonnera son conjoint, et ils finissent par se droguer mutuellement avec leur fiel quotidien. Aucun des deux ne peut se séparer de l’autre, étant à la fois victime et bourreau. Leurs relations sadomasochistes, fondées sur la perversion de la souffrance, établissent entre eux des liens si forts que la rupture ne peut qu’être dramatique. Aucun des deux n’oubliera jamais, ils s’entredéchireront dans d’interminables procès ou des vengeances inexpiables que le temps n’amortira pas…

Homme Scorpion et femme Sagittaire

Ce n’est pas un couple très fréquent, mais, lorsqu’il existe, il peut être bon. La belle Sagittaire, grande chasseresse d’hommes devant l’Eternel, aime l’aventure et l’amour…

Tout comme le Scorpion. Une ambition commune, une idéologie peuvent les rapprocher. Elle sait le faire courir, galoper, cavaler ! Et il marche, de toutes ses petites pattes, séduit par l’optimisme et l’audace de cette fière cavalière. Le Scorpion aura très vite compris qu’il n’est pas question d’essayer de la domestiquer : la cavale indomptable et rebelle s’enfuirait au grand galop ! Sa gaieté, son entrain, son dynamisme aident efficacement le Scorpion à sortir de ses marasmes chroniques.

Homme Scorpion et femme Capricorne

Ils sont faits l’un pour l’autre. Possessive et tenace, la femme Capricorne est, dans son genre, aussi compliquée que le Scorpion (il n’y a qu’à voir cet invraisemblable attelage de poils et d’écailles qu’elle trimballe avec elle !).

A l’homme Scorpion, il faut exactement ce type de femme : combative, dure, pas trop sentimentale, assez intellectuelle. Egocentrique et résistante, elle ne se laissera pas du tout entamer.

Il ne s’attache qu’à celles qui lui résistent. L’Eau noire du Scorpion se heurtera violemment à la falaise glacée du Capricorne ; celle-ci ne s’écroulera pas pour autant ! Les humeurs capricantes de la dame tiendront la dragée haute au Scorpion. Ils ont des affinités martiennes, et le même sentiment du Temps permanent. La perspicacité du Capricorne jointe à l’intuition du Scorpion, leur grande énergie commune, en feront une équipe solide et opérationnelle.

Homme Scorpion et femme Verseau

Eau plus Air : facile à vivre, la femme Verseau a le génie de l’adaptation ; si le Scorpion est bon prince, ils s’entendront très bien dans beaucoup de domaines. Une vie sociale riche de contacts intellectuels et artistiques, des voyages, une large ouverture d’esprit aux idées de pointe. La Verseau est « dans le vent » et sa légèreté aérienne, sa fantaisie, émoussent l’agressivité du Scorpion. Elle a aussi le génie de l’amitié, puisqu’elle est sous la maîtrise d’Uranus, exalté également en Scorpion. Elle n’a pas de grandes exigences passionnelles, et c’est ça qui lui sauve la vie !

Elle laissera au Scorpion l’illusion qu’il est le grand patron, et tout ira bien. S’il devient odieux, elle s’envolera ailleurs, puisque Uranus symbolise l’Espace… Elle ne se laissera pas masochiser comme les Vierges, les Cancers ou les Taureaux !

Homme Scorpion et femme Poissons

Comme ces mystérieux monstres marins des grands fonds, ils se reconnaissent de très loin grâce à leur signaux phosphorescents : bip, bip, bip… Ils n’ont besoin ni de paroles, ni de gestes, ni de rien, pour être immédiatement sur la même longueur d’onde. Et, cette fois, c’est le naufrage du grand coureur des mers… La petite sirène déverse tant d’Eau sur son venin qu’elle le neutralise complètement. Elle est si fluide, si insaisissable, qu’il ne peut la briser. Elle l’entoure de ses rêves humides, s’insinue au fond de ses entrailles pourtant blindées, le submerge dans un océan de sentimentalité.

Le Scorpion, vaincu, deviné dans ses moindres replis, capitule devant la sirène, qui l’entraîne au fond de ses grottes sous-marines. C’est bien la seule femme du Zodiaque à réussir ce joli coup !

Les Astromariages de la Femme Scorpion

Femme Scorpion et homme Bélier

Exquis et séduisant, ce Bélier, mais il fait rarement l’affaire de la Scorpionne (sauf si leurs Ascendants sont complémentaires).

Il ne la rassure pas, parce qu’il ne la comprend pas : tout en impulsivité, extraverti, actif et sans complications, il est à mille bonds de soupçonner le monde secret de sa partenaire. Les motivations de celle-ci lui échappent complètement. Il ne respecte pas son intuition et s’il essaie de faire acte d’autorité, il la braque. Il vit dans l’instant présent, tout entier immergé dans l’immédiat – tandis qu’elle vit à la fois dans les projets d’avenir lointains, et dans la conscience permanente du passé. Il n’y a pas de langage profond entre eux, entre le Feu du Bélier et l’Eau du Scorpion. Ils peuvent s’entendre en amitié, dans le feu de l’action. Mais pas en amour, et à long terme, à moins que le Bélier n’ait beaucoup d’Eau dans son Feu.

Femme Scorpion et homme Taureau

Alors que la formule inverse est un vrai désastre, celle-là peut être excellente : les pulsions de mort sont beaucoup moins violentes chez la femme Scorpion que chez l’homme du même signe. Aussi l’homme Taureau peut-il très bien s’accommoder d’une Scorpionne, qui le stimule par son incessant besoin de progrès. Il peut lui offrir toute la tendresse qu’elle désire. Il la rassure avec sa bonne odeur de bête chaude, solide et fidèle. Il sent bon le foin fraîchement coupé et la marguerite. Là, cette éternelle angoissée trouve enfin son port d’attache ! Le Taureau, vénusien et artiste, sensible et pacifique, ne joue pas les machos, ce qui est bien agréable…

Femme Scorpion et homme Gémeaux

D’aucunes se plaignent vivement des Gémeaux : insaisissables, légers, farceurs, brillants voire malhonnêtes, misogynes, homosexuels…

Avec la Scorpionne, ils ne pourront plus jouer à cache-cache. Inutile de faire les malins avec elle : elle les voit venir ! Elle en coince un dans chaque pince et le tour est joué.

La complexité des Gémeaux affole peut-être bien des gens, mais sûrement pas une Scorpionne, qui en a vu d’autres… Et qui, de toute façon, devine tout. Elle s’agacera de l’irrégularité de l’homme Gémeaux, génie de l’improvisation, roi du système D, qui retourne sa veste et change d’humeur comme le vent. Il passera par des hauts et des bas, oscillant sans cesse entre l’amour fou et le ras-le-bol hurlant.

Si elle tient bon, elle le stabilisera ; c’est elle le « signe fixe » ! Ce serait plus facile si elle était ScorpionVierge et lui GémeauxCancer, par exemple. L’humour, l’intelligence, la gaieté des Gémeaux l’aideront à ne pas s’enliser dans le tragique quotidien, tentation permanente du signe.

Ils ne vieilliront pas : l’éternelle jeunesse des Gémeaux stimule la Scorpionne dans la lutte sans merci qu’elle mène toujours contre la vieillesse et la décrépitude. Le couple sera meilleur encore au fil des années.

Femme Scorpion et homme Cancer

Mille et une nuits ne leur suffiront pas pour se raconter leur vie, leurs émotions et leurs rêves. A mille mètres en dessous du niveau des océans, ils sont seuls au monde dans l’obscurité des grands fonds. Ils pénètrent au cœur des canyons sous-marins dont les parois tapissées de gorgones abritent d’insondables mystères. De temps en temps, ils frôlent les tentacules d’une gigantesque pieuvre, dernière survivante des grands monstres du paléozoïque… Dans les forêts de coraux géants, la Scorpionne se fraye un chemin, tenant le Cancer par une pince, à deux pas derrière (il n’est pas aussi audacieux qu’elle !). Ils débouchent sur d’immenses savanes sous-marines, les fameux herbiers de posidonies qui s’étendent à perte de vue sous l’océan Indien…

Dans le silence des abîmes océaniques, le moindre battement de cœur s’entend à des kilomètres, et aucun sentiment de l’un n’échappe à la perception de l’autre. Même séparés par des continents, ils ressentent la même chose, à la même minute, et le disent avec les mêmes mots. Ils se possèdent réciproquement à un degré rarement atteint. Jalousement possessifs tous les deux, ils s’enferment dans leur univers de passion et de tendresse.

Mais… peu à peu, la Scorpionne trouvera que ce huis-clos sent le renfermé. Elle a besoin d’air, de mouvement, d’espaces illimités.

Le Cancer, douillettement installé, niché dans cette intimité étouffante, est très content comme ça. Il n’a aucune envie d’ouvrir les fenêtres.

La Scorpionne, un matin, en aura assez de le pousser, de le tirer, de le secouer, de toujours être celle qui paye de sa personne, qui prend tous les risques et toutes les initiatives.

Le Cancer, lui, se contente de recevoir. C’est un ventre parfois avide ou lourd à remuer.

Il ne lève pas le petit doigt pour bouger. Réactionnaire, attaché au passé, il ne comprend pas l’intuition prophétique du Scorpion. Finalement, excédée, elle l’abandonnera à son coin de rocher, auquel il est obstinément fixé, et partira vers le grand large. Il la regrettera toute sa vie… et recommencera les mêmes bêtises avec la suivante.

Femme Scorpion et homme Lion

Ça pourrait marcher si le Lion est Ascendant Poissons ou Cancer. Sinon, le Lion pur et la Scorpionne type n’ont aucune chance de se comprendre et de s’entendre durablement. Le Lion aura beau dérouler un tapis d’or devant elle, elle s’en moque ! Elle a percé au jour ses manoeuvres et le lui fait savoir. Il est bien étonné, le roi des savanes, de tomber sur une femme qui ne le trouve pas superbe. Impardonnable crime de lèse-Lion ! Il voit bien que c’est une sorcière, et il en a très peur. Il se doute bien qu’elle va l’encager dans un zoo. Et si jamais ils se mariaient, ce serait la situation sans espoir du missile irrésistible s’attaquant à un mur infranchissable. Avis aux Scorpionnes : décommandez le safari !

Femme Scorpion et homme Vierge

La Scorpionne ne supporte pas les limites. Si vous lui mettez sous les pinces un panneau « Interdit d’entrer » elle n’aura plus qu’une idée, c’est de pousser la porte pour voir ce qu’il y a derrière. Le monsieur Vierge, affolé, refusera, lui, de s’y hasarder. Bien entendu, je parle d’une Scorpionne de type pur, et pas d’une ScorpionneVierge, dont le comportement virginal est étudié ailleurs.

Ces deux-là sortent du même moule, et d’ailleurs, sympathisent immédiatement. Ils appliquent le même sérieux à toutes leurs entreprises, la même persévérance, le même impitoyable esprit critique, et le même réalisme. Mais le dard du signe de la Vierge, replié sur le troisième jambage, symbolise son inhibition, tandis que celui du Scorpion, symbolise son agressivité, projetée à l’extérieur. L’homme Vierge applique son énergie à un territoire délimité, et n’en sort pas. La Scorpionne, elle, ne supporte pas les limites : sa curiosité intellectuelle la pousse toujours à aller plus loin. Au contraire, les scrupules du monsieur Vierge le contraignent à rester dans sa cage… Madame Scorpion s’exaspérera de sa lenteur, de son perfectionnisme, de sa maniaquerie, qui lui donnent, à elle, l’envie de tout faire valser.

La combinaison peut être valable si le monsieur est une fausse Vierge, ou si la Scorpionne est mâtinée de Sagittaire ou de Gémeaux. Autre condition essentielle : que le monsieur soit beaucoup plus âgé que la dame, puisque les signes de Terre se réveillent surtout après quarante ans… Avant, ce sera une merveilleuse et profitable amitié.

Femme Scorpion et homme Balance

C’est une association qui a l' »Air » de marcher… L’homme Balance, diplomate et pacifique, s’accommode assez bien d’une Scorpionne, surtout si elle est Ascendant Bélier. Fin et intelligent, il comprend assez bien ses problèmes et ses sentiments secrets. Il sait aussi qu’il peut lui faire confiance, qu’il peut s’appuyer sur cette force solide des signes fixes.

Tous les deux, ils ont beaucoup de points communs : curiosité intellectuelle, exigence de justice, goût du paradoxe, et des idées philosophiques et religieuses, amour des gens et des enfants…

Elle appréciera ses talents d’éducateur, son habileté en matière de bricolage, son goût pour la beauté, sa bonté pacifiante. Elle lui rendra un fier service : le tirer de ses hésitations de perfectionniste pour l’obliger à prendre une décision (à moins qu’elle ne la prenne elle-même pour lui, à son grand soulagement !).

Femme Scorpion et homme Scorpion

Bonne association si la Scorpionne n’est pas une Scorpionne inhibée. Une vraie Scorpionne a suffisamment d’autorité pour se défendre des pinces envahissantes de son jumeau zodiacal. L’entente physique peut être extraordinaire, et l’entente intellectuelle aussi. Pourtant, la Scorpionne est toujours un peu frustrée du côté cœur : elle a besoin de tendresse, que le Scorpion ne sait pas, ou ne veut pas donner. Le couple est d’autant plus solide est très attaché à ses enfants. Cela, dans le cas de bons Scorpions.

Dans le cas de Scorpions pervers, c’est un vrai noeud de vipères. C’est à qui torturera, blessera, empoisonnera son conjoint, et ils finissent par se droguer mutuellement avec leur fiel quotidien. Aucun des deux ne peut se séparer de l’autre, étant à la fois victime et bourreau. Leurs relations sadomasochistes, fondées sur la perversion de la souffrance, établissent entre eux des liens si forts que la rupture ne peut qu’être dramatique. Aucun des deux n’oubliera jamais, ils s’entredéchireront dans d’interminables procès ou des vengeances inexpiables que le temps n’amortira pas…

Femme Scorpion et homme Sagittaire

Chevalier errant, mais qui aime son confort. Aventurier, mais bourgeois. Risque-tout, mais pratique. Révolutionnaire, mais snob. Infidèle, mais fidèle ! Mi-bête, mi-homme : il n’y a pas plus « double » que le Sagittaire.

Notre Scorpionne est assez intelligente pour comprendre ce signe dont la complexité répond à la sienne. Comme lui, elle a horreur d’être enfermée dans un espace limité, comme lui, elle déteste les contraintes, comme lui, elle veut galoper droit devant elle sans frein ni frontières… Bien qu’elle adore le risque et l’aventure, elle n’en est pas moins un signe d’Eau fixe : à ce cheval volant elle offre un port d’attache stable, où il reviendra après chaque voyage.

Le récif dangereux, c’est la jalousie : qu’elle n’essaie pas, notre Scorpionne passionnée et possessive, de coincer ce centaure cavaleur, qu’elle lui laisse généreusement sa sacro-sainte liberté… Qu’elle se contente de sa fidélité en gros (sans faire le détail !). C’est très difficile pour un signe fixe de s’habituer au happening permanent des Sagittaires (surtout si l’on est une ScorpionneVierge !). Mais un modus vivendi est possible, parce que le Sagittaire aime la fantaisie et la rage de vivre du Scorpion, qui a un urgent besoin de son optimisme et de sa générosité !

Femme Scorpion et homme Capricorne

Le Capricorne est le bloc de granit qui résiste à toutes les érosions. C’est un pic, un cap, un promontoire… Pour grimper là-dessus, il faut un certain souffle, d’autant qu’on n’en est pas récompensé par la moindre petite fleur ! Le Capricorne est austère comme le Hoggar et froid comme le pôle Nord. La Scorpionne, qui est capable de tout, est aussi capable d’hiverner là-haut si elle en a envie. Elle y trouvera certainement un abri sûr, une fidélité, une solidité sur laquelle elle peut compter.

Le Capricorne donne son cœur une fois, et ne le reprend pas. Mais il est d’une jalousie dévorante, d’autant plus atroce que notre Scorpionne plaît, bien entendu, à tous les hommes. Epouser un Capricorne, c’est s’enfermer dans un couvent. Certaines le supportent, car cet homme, doué pour le pouvoir, la politique, l’amitié et l’humour noir, est en amour un grand maladroit. Très froid, égoïste comme le sont souvent les signes de Terre, il risque de blesser la Scorpionne avec ses arêtes coupantes de falaise glacée. Cela engendrera des éclats : Mars contre Mars ! A condition d’établir entre eux une solide amitié sur des bases de respect mutuel, ils pourraient s’entendre. Le Capricorne s’adoucit avec l’âge, et s’il naît sous des Ascendants un peu plus gracieux : CapricorneBalance avec ScorpionBélier, ou CapricornePoissons avec ScorpionVierge

Femme Scorpion et homme Verseau

Je n’ai jamais rencontré de mariage durable et bon avec cette combinaison (sauf ScorpionneLionne avec VerseauCancer, ou encore ScorpionneBalance avec VerseauPoissons).

Avec Uranus en commun, ils sympathisent d’abord, et s’entendent sur des projets révolutionnaires et généreux, des voyages au bout du monde, des aventures, des inventions de génie… Mais pourquoi diable veulent-ils sortir de cette passionnante amitié ?

La vie commune sera désastreuse. D’abord parce que les deux signes fixes de nature différente se heurtent entre eux. Le Verseau va jusqu’au bout de son idée, la Scorpionne aussi, bien sûr, et ce sera la guerre inexpiable, parce qu’ils collectionnent à eux deux toutes les planètes « dures », dites aussi « maléfiques » : Uranus, symbole de révolution, Pluton, symbole de destruction, Mars, symbole d’agressivité, et Saturne symbole de dureté et de mort.

Le Verseau peut être gentil et serviable avec les copains. Mais avec la femme aimée, il ne sait pas être tendre. Trop cérébral, il n’est absolument pas doué pour l’amour. Il ne comprend rien à une femme très instinctive et très féminine comme la Scorpionne (sauf s’il a un peu d’élément d’Eau dans son ciel). Brutal et autoritaire, il essaie de lui imposer les décisions qu’elle ne « sent » pas ; aussi ne peut-elle ni les accepter, ni lui faire confiance, puisqu’elle ne se sent pas profondément comprise.

De façon générale, le comportement du Verseau type pur est très frustrant pour une femme : il sacrifie toujours son foyer aux copains, son amour à ses engagements politiques, ses enfants à sa rage d’indépendance… Il ne s’améliore guère avec l’âge, et garde jusque dans la vieillesse une immaturité affective (qui, chez les meilleurs, est aussi une grande jeunesse d’esprit). Le Verseau est rarement fait pour cette invention complètement rétro qu’est le mariage. Si l’on pouvait en inventer une autre forme, moins bourgeoise, il aurait peut-être ses chances.

Femme Scorpion et homme Poissons

Marécages et eau courante, Eau fixe et Eau mutable, deux signes féminins, deux signes d’hiver, deux rêveurs secrets, ils forment ensemble le plus bel équipage du Zodiaque. Ils ont la clé des mondes invisibles, ils habitent la face cachée de la Terre, l’envers des nuages et des océans.

En fait, ils ne sont pas si gentils que ça tous les deux : le Poissons est un chouya requin, et la Scorpionne peut empoisonner à mort ses agresseurs… Mais le Poissons désarme à son profit l’agressivité de la Scorpionne. Elle, se sentant comprise, devinée au-delà des apparences, accroche au vestiaire sa panoplie de chasseuse de scalps : pinces et venin, cuirasse blindée… Elle se jette à corps perdu dans l’océan de tendresse que lui apporte le Poissons – tout ce qu’elle attendait. Ils se comprennent si bien qu’ils n’ont aucun besoin de parler, et savent même s’entendre à des kilomètres de distance. Nageoire dans la pince, ils feront le tour du monde, portés par les courants océaniques, jusqu’à ce que quelque courant les ramène dans leur palais d’hiver, au fond de la mer des Sargasses…

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Le Scorpion, plein de ressources inattendues, très souple, s’adapte à tout : il est polyvalent. Aussi, combiné avec les autres signes dans une même personne, prend-il des visages inattendus. Il peut donner des caractères assez différents du Scorpion d’origine garantie, marque déposée…

Le Scorpion est dur, m’a-t-on dit… Peut-être, mais pas le ScorpionCancer ou le ScorpionBalance, tendres et sentimentaux. Le Scorpion est généreux : voire, si c’est un ScorpionTaureau, près de ses sous. Le Scorpion passe pour tenace, et n’abandonne jamais ses objectifs… C’est vrai en théorie, mais pas chez le ScorpionGémeaux qui papillonne et abandonne ce qu’il entreprend. J’ai remarqué bien souvent des Ascendants qui marquaient plus fortement la personnalité du natif que le signe solaire ; celui-ci est occulté, caché derrière le signe ascendant que l’entourage perçoit plus nettement.

Pour cette raison, j’ai associé dans chaque rubrique la combinaison inverse : si l’on parle du ScorpionVerseau, il est difficile de ne pas citer aussi James Dean : VerseauScorpion ! Dans le ScorpionTaureau, on pense à Freud, qui avait la combinaison inverse… Cela revient souvent, non pas tout à fait au même, mais au « presque même », suivant les cas, avec toujours des rapprochements intéressants et une parenté psychologique très forte.

Scorpion Ascendant Bélier

Impulsivité, passion, fanatisme…

Le ScorpionBélier est un vrai Scorpion, courageux et combatif, un vrai de vrai. Mars étant à la fois le maître du Scorpion et celui du Bélier, les ScorpionsBéliers sont souvent des chefs, leaders d’un parti ou d’un pays. Par exemple, Bob Kennedy. Et aussi, en BélierScorpion : Lénine, Gambetta, Charlie Chaplin, Henri Becque, Paul Verlaine, Robert Brasillach… Lorsqu’on voit le thème de ce dernier, on comprend mieux que cet homme passionné ait fait un mauvais choix : ce n’est pas un hasard si le puissant déploiement militaire de l’Allemagne nazie a fasciné ce martien en quête d’absolu. Il y retrouvait un écho de ses démons intérieurs… Malheureux ScorpionBélier, qui ne sait rien faire à moitié ! Ni tiède, ni lâche, mais courageux, et généreux, il se donne entièrement à la cause qu’il croit bonne.

Le Bélier est de Feu, et le Scorpion d’Eau, mais c’est une eau des marais, qui fermente, qui dégage des gaz combustibles. Si on met une allumette dedans, ça flambe tout de suite ! Ça aime, ou Ça déteste, violemment, avec les tripes, et Ça ne l’envoie pas dire ! Le ScorpionBélier a le verbe percutant, la colère ravageuse, le coup de cornes meurtrier. Il ne supporte pas la contradiction. Ce mousquetaire a la décision rapide et le geste prompt. Il a toutes les audaces, et tous les courages – y compris celui, très rare, de se faire haïr : il sacrifie sa réputation et ses affections à son idéal si celui-ci l’exige. Ce volcan explosif rempli de laves brûlantes ne recule jamais devant les plus âpres sacrifices.

Le ScorpionBélier déséquilibré peut être sadique – ou alors masochiste comme personne, peut-être plus encore que le marquis de Sade qui était… Gémeaux – ou que ce pauvre Masoch, natif du… Verseau. Dans cette combinaison flamboyante, les hommes me paraissent bien plus redoutables que les femmes : je trouve ces dernières fortes, décidées, entières, inspirant le respect ; mais leur force se double d’un grand cœur, d’une bonté et d’une générosité touchante. Elles se gardent très longtemps jeunes et actives. Le Bélier est éternellement jeune et le Scorpion ne s’encroûte jamais dans la vieillesse : il se bat jusqu’au bout !

Mais lorsque le Bélier est à l’Ascendant, le Scorpion souvent se place en Maison VIII : la Tradition astrologique voit dans cette position un indice de mort prématurée ou violente (surtout avec Mars et Uranus placés dans cette Maison et mal aspectés). Les gens qui meurent jeunes le sentent souvent, ou le savent d’une certitude intérieure profonde. Ils y pensent, et c’est un trait de leur caractère que cette familiarité intime avec la mort. (J’ajoute tout de suite que ce n’est pas une prédestination obligatoire, et que tout dépend du thème particulier.)

Mais assez parlé du « mauvais » ou du « malchanceux » ScorpionBélier : le « bon » ScorpionBélier a beaucoup d’allure. Fier, sûr de lui, indépendant, il a du panache. C’est un conquistador… Le Soleil en Bélier éclaire les grottes sombres du Scorpion, qui communique ainsi plus facilement avec autrui que le Scorpion pur. Evidemment, il a tendance à communiquer en extériorisant son agressivité mais au moins, on sait à quoi s’en tenir. Il est capable, pourtant, d’apprendre à se maîtriser, avec le temps. De toute façon, c’est quelqu’un. Il impressionne toujours son entourage par sa force et sa présence.

Comment est-il en amour ? Très idéaliste, grand et généreux, ardent et passionné…

C’est ce qu’indique le Lion en Maison V. Mais il ne fait pas bon le (ou la) tromper. La Balance en Maison VII lui permet, si Vénus est bien située, de trouver un partenaire bon et compréhensif, pacifique, avec lequel il (ou elle) a des chances d’être heureux… si sa vie mouvementée lui en laisse le temps. Le ScorpionBélier est sensible plus qu’un autre à la beauté physique des gens. Souvent artiste, il est plutôt doué pour l’expression corporelle : théâtre, cinéma, poésie. Parfois aussi, il est attiré par les sciences, comme Jean Rostand par exemple.

Scorpion Ascendant Taureau

La Terre fixe et l’Eau fixe, le printemps et l’automne, le brin de muguet et le pot de chrysanthèmes, les portes de la vie contre celles de la mort…

L’axe TaureauScorpion traverse comme un flèche la roue du Zodiaque, et celui qui naît sous ces deux signes combinés est une force de la Nature. Solidement ancré sur la Terre ferme, de ses douze pattes, et accroché à la réalité par ses deux pinces, c’est un type d’homme et de femme aux instincts puissants. D’une intelligence pénétrante, ses raisonnements sont toujours alimentés par le contact avec le réel – quand c’est un ScorpionTaureau harmonique. Sinon, il peut être complètement mythomane.

Il existe très fort, et sa « présence » a beaucoup de densité. Grande est sa puissance de création. Je ne m’étonne pas de trouver Ferdinand de Lesseps dans cette famille : quelle énergie ne lui a-t-il pas fallu pour venir à bout de tous les obstacles financiers, politiques, géographiques, dressés devant lui. Finalement, il l’a percé, son canal de Suez : un passage d’eau (du Scorpion), dans un obstacle de terre (du Taureau).

Le ScorpionTaureau vénusien est extrêmement artiste : Edwige Feuillère est née sous cette configuration. Picasso, lui aussi, en est très marqué, puisqu’il a le Soleil en Scorpion, opposé à un amas de planètes en Taureau, en Maison X : Pluton, Neptune, Saturne, Jupiter, pas moins.

Le ScorpionTaureau est un grand amoureux, un amant superbe, sensuel et puissant, chaleureux, capable aussi d’être tendre (plus que le Scorpion pur). Très fidèle, mais possessif, et terriblement jaloux. Cette jalousie peut le mener aux dernières extrémités de la violence, et libérer ses instincts de mort, sa cruauté et tous les aspects négatifs des deux signes.

On se plaint de son égoïsme. C’est vrai : massif, trapu, solide (moralement, sinon physiquement), c’est une place-forte, un donjon. Si le Taureau adoucit par son influence vénusienne l’agressivité du Scorpion, il arrive aussi qu’il ait l’influence contraire : cela donne un ours mal léché, simplement, parce que le Taureau déteste ce qui lui semble factice, les « trop poli pour être honnête », les ronds de jambe artificiels.

On ne peut parler de l’alliage de ces deux signes sans évoquer Freud, TaureauScorpion, spéléologue de l’inconscient. Dans cette famille intéressante, on a le goût des découvertes (Marie Curie), de l’exploration en profondeur. On aime creuser comme Lesseps.

Les femmes ScorpionTaureau sont plus douces que les hommes, mais c’est une douceur inexorable. Chaleureuses, solides, pratiques, accueillantes, bonnes maîtresse de maison et cordons-bleus, vous ne pouvez rien cacher à leur perspicacité, à leur flair pour sentir le vrai (sauf si vous êtes vous-même un peu ScorpionTaureau !). Elles ne lâchent jamais l’homme sur lequel elles ont jeté leur dévolu. Mais cela fait parfois, dans un thème mal équilibré, de vieilles folles jalouses ou bien des mères abusives, redoutablement malfaisantes.

De façon générale, le mariage de ces deux signes, Scorpion et Taureau, manque de légèreté, d’humour et de souplesse. Il faudrait ouvrir un peu les fenêtres pour laisser passer un peu d’air : du pétillant Gémeaux et de la fine Balance ou du rapide Verseau. Cela rendrait le ragoût plus digeste.

Scorpion Ascendant Gémeaux

Mince, nerveux, les traits fins, l’œil luisant, la répartie prompte, son agilité intellectuelle et manuelle est prodigieuse. L’eau fixe et lourde du Scorpion est allégée par la souplesse aérienne des Gémeaux. Mercure prête son casque ailé à Uranus : le Scorpion-Gémeaux harmonique réussit tout ce qu’il touche et s’adapte avec une souplesse étonnante à toutes les situations.

Cependant, cette polarité EauAir est difficile à vivre, parce que instable, et le natif ScorpionGémeaux doit trouver son équilibre dans cette instabilité. Menant de front, et à la perfection, plusieurs activités à la fois, il n’a pas son pareil pour jongler avec un emploi du temps : c’est un équilibriste de haut vol, le miracle permanent… Mais ce miracle est le fruit d’une grande tension intérieure, d’une incessante activité mentale, par laquelle il se délivre de son angoisse profonde.

Parfaitement à l’aise dans le monde des idées, des abstractions, très intuitifs, les ScorpionsGémeaux maîtrisent n’importe quelle besogne grâce à leur habileté manuelle doublée d’une aussi grande habileté intellectuelle.

Mais s’il est dissonant, si l’instabilité des Gémeaux domine son thème, ce touche-à-tout de génie ne termine rien de ce qu’il a commencé. Il abandonne brusquement quand les premiers succès commencent à venir, et néglige de les exploiter. Il a le génie de l’instant ; mais, pour mener à bien une longue tâche, il faut que le Scorpion soit assez puissant dans le thème : il devra contraindre le Gémeaux à poursuivre son entreprise.

Du point de vue affectif, le ScorpionGémeaux est assez différent au masculin et au féminin. Chez les femmes, la stabilité affective me paraît plus grande et l’agressivité verbale moins forte.

Chez les hommes, le refus profond de se donner à l’être aimé les rend parfois odieux à celui-ci. L’homme ScorpionGémeaux ne veut pas « se faire avoir » par l’amour ; passablement misogyne, il soumet la femme aimée à sa critique intense, et exige d’elle la perfection introuvable, naturellement !

Cette disposition ne facilite pas la vie affective du ScorpionGémeaux, d’autant qu’il ne fait rien pour se faire aimer. Il joue au chat et à la souris avec les mots et les sentiments ; l’Ascendant étant en Gémeaux, le Scorpion tombe donc en Maison V, celle du jeu, des amours : des caprices passionnels, ruptures brusques et impulsives, infidélités (plus accentuées chez les hommes), conduisant assez souvent au divorce.

Il faut dire aussi que la séduction du ScorpionGémeaux est irrésistible, mais la vie quotidienne avec lui risque d’être en montagnes. russes. En tout cas, il ne s’embourgeoise pas…

Voilà un être que personne ne peut juger, tant il s’amuse à dérouter son monde. On ne peut que l’aimer ou le détester, à moins qu’on ait soi-même une combinaison de signes semblables qui permette de le comprendre.

Scorpion Ascendant Cancer

Tendre et secret, d’une sensibilité très fine, ce Scorpion-là n’a que très peu à voir avec le redoutable samouraï que décrivent les astrologues. L’influence de la Lune, maîtresse du Cancer, désarme l’agressivité de Mars. Toute cette eau fait rouiller son poignard. Mais, par contre, développe considérablement l’imagination.

Le ScorpionCancer est beaucoup plus passif que le Scorpion pur sang. Il passe un temps fou à rêver au clair de Lune. Son monde intérieur est à mille milles de toute terre habitée.

A 384 000 kilomètres exactement. Mine de rien, il se promène toute la nuit dans la mer de la Sérénité, le lac des Songes, la baie de la Rosée, le cratère de Copernic et l’océan des Tempêtes. Allez donc l’y rattrapper ! Et persuadez-le de redescendre sur la planète Terre.

Ce goût du rêve est beaucoup plus accentué chez les femmes, et bat son plein chez les adolescentes. Voyez Marie-Antoinette jouant à la bergère dans ce merveilleux décor factice créé pour elle à Versailles. Dans la plupart des cas, la réalité se charge de faire mûrir l’adolescence. Dans le cas de Marie-Antoinette, la malchance a voulu qu’elle ait les moyens d’échapper longtemps à la réalité. Quand cette dernière la rattrapera, sous forme de révolution, que d’années perdues… Toutes les jeunes filles ScorpionCancer sont de romanesques ondines à une période de leur vie (Jean Giraudoux était lui-même né sous cette configuration).

Tendresse et sensualité occupent une large place dans l’univers d’un ScorpionCancer. Mais c’est souvent une sexualité infantile qui manque de maturité ou s’éparpille sans se fixer, se satisfaisant plus d’imagination que de relations réelles. Mystérieusement attiré par ceux qui le font souffrir, le (ou la) ScorpionCancer est extrêmement masochiste. Il savoure en secret des souffrances qui l’attachent à la personne qui les lui procure. Sur l’écran noir de ses nuits blanches, il se fabrique un cinéma morbide à épisodes, que ne désavouerait pas la jeune héroïne d’Histoire d’O…

Le Scorpion peut-il le tirer de là ? Oui et non. Non, si le Scorpion est livré à ses démons intérieurs, oui s’il est intégré dans un thème harmonique. Cet animal a normalement un sens aigu de la réalité, une énergie farouche et un incoercible besoin d’action. Cela lui permet d’arracher le Cancer à ses songeries malsaines.

Le ScorpionCancer lit, écrit, peint, brode au petit point… Il a de grands dons artistiques, comme Rembrandt, Jean Giraudoux ou le comédien Roland Alexandre. Mais il a bien du mal à accoucher d’une production. Ses dons restent souvent à l’état virtuel, et il se laisse emprisonner par les chimères de son univers intérieur, chimères dues à la Lune et à Uranus… Il attend le grand « coup de pied au derrière » qui l’obligera à sortir enfin de lui-même : c’est ce qui explique son masochisme, son attirance pour les gens forts, violents et sadiques…

La douceur du ScorpionCancer cache beaucoup d’indépendance : on croit le posséder, le maîtriser, il n’en est rien, il échappe à ceux qui voudraient l’amarrer. Il se réfugie dans le rêve et le silence ; et sa fantaisie imprévisible, ses oublis, ses distractions, ou ses dépressions, laissent son entourage perplexe. Mais il est si affectueux et si accueillant…

Les tableaux de Rembrandt donnent la clé de l’univers ScorpionCancer : le clair-obscur. Grâce à cette technique, on croit voir, toucher l’aura qui émane des êtres et des choses (Rembrandt avait le Soleil en Cancer et la Lune en Scorpion, harmoniquement reliés par un trigone).

Scorpion Ascendant Lion

Combinaison redoutable de deux signes fixes, qui produit souvent des individus surdoués et super-puissants : Mussolini, Napoléon, Mata-Hari, Luther, Picasso, Goebbels (les trois premiers sont LionScorpion, mais le résultat est tout aussi extraordinaire ; Louis XIV lui-même, le « Roi Soleil« , avait une dominante ScorpionLion dans son thème).

Le Lion est une bête de théâtre, qui s’impose par son magnétisme et son rayonnement solaire. Notre Scorpion est tout le contraire : génie de l’ombre, il travaille dans le secret, et tisse sa toile dans les ténèbres. Le mélange des deux signes donne un type d’être très complet : les puissances du jour s’allient à celles de la nuit ! Non seulement beaucoup de brillants chefs d’Etat, mais encore de très grands artistes et écrivains, appartiennent à ce type : outre Pablo Picasso déjà cité, on trouve Léon Daudet, Schiller.

L’autorité naturelle du ScorpionLion en impose à son entourage, qui ne discute pas, et se range naturellement sous ses ordres. Bien entendu, toute une gamme de variantes existe entre le ScorpionLion « à griffes », plus marqué par le félin, dont les gestes théâtraux et le goût du faste conquièrent toujours son public admiratif et le ScorpionLion davantage « bête à pinces », plus secret, plus intelligent, qui dose savamment ses effets, discrets mais efficaces, et tire dans l’ombre les ficelles d’un jeu subtil, où il fait avancer ses pions sur l’échiquier avec les ruses du serpent… A vrai dire, Lion comme Scorpion aiment manoeuvrer les gens et les faire marcher. Le ScorpionLion est un chef-né, un meneur d’hommes, auquel on ne résiste pas – auquel il est impensable de résister ! Sa force de persuasion, son génie du verbe et des attitudes, entraînent les autres dans son sillage.

Scorpion et Lion ont trois points communs positifs : énergie, réalisme et générosité. Avec eux passe un grand souffle épique d’aventures et de conquêtes… Ce sont des gens qui donnent, et qui se donnent tout entiers à la cause qu’ils ont épousée. Le dynamisme du ScorpionLion est une force de la nature. Quant au réalisme, le Scorpion n’en manque pas : il sent de façon instinctive et aiguë la réalité des choses. Il apporte son intuition et son regard d’aigle au Lion pratique, lequel ne s’embarrasse jamais de métaphysique pour agir. Ainsi, Scorpions et Lions ont les mêmes grandes qualités – sur un mode affectif différent. C’est pour cela qu’ils se détestent lorsqu’ils sont en concurrence, chacun déployant sa volonté de puissance pour arriver le premier. Le Lion à l’état pur, très extraverti, agace le Scorpion parce qu’il lui paraît inintelligent. Pour ce dernier, on n’a pas besoin de jeter tant de poudre aux yeux. Tout ce one man show, toute cette vanité, semblent imbéciles au Scorpion. Le Lion lui pompe le vent sous les pinces. De son côté, notre fauve à crinière flamboyante redoute les ténèbres du Scorpion. Il pense que ce gaillard-là n’est pas franc et cache quelque chose (de malsain, bien entendu !).

Aussi, combinés dans le même être humain, les griffes de l’un et le dard de l’autre deviennent l’arme absolue. A eux deux, ils forment une super-puissance, ils sont armés pour conquérir le monde. Ils ne reculent jamais devant rien : leur Milieu-du-Ciel professionnel est occupé par le Bélier ou le Taureau : ces gens-là investissent une énergie fantastique dans leur entreprise. Ils iront jusqu’au bout de leur ambition. Le ScorpionLion porte en lui à la fois la fusée irrésistible et le mur infranchissable.

Mais ces deux signes fixes ont hélas aussi les mêmes défauts : le goût du pouvoir porté jusqu’à l’obsession, la volonté de puissance forcenée, la jalousie violente. Le chef peut se transformer en tyran, en despote qui n’admet aucune contradiction. Sa jalousie redoutable et ses colères violentes terrifient son entourage qui n’ose plus dire ouf ! Ce puissant créateur, travailleur acharné, fascine ses collaborateurs, mais finit par les épuiser à la tâche, et décourager ses fidèles. L’orgueil qui le guette peut lui faire perdre tous ses atouts et son équilibre ; il méprise alors les gens, et la réalité des choses. Laquelle se retourne contre lui. Il s’isole peu à peu de la vie, et cet isolement peut le conduire à la folie, à la mégalomanie, au suicide (Goebbels, Mussolini).

Scorpion Ascendant Vierge

Le Scorpion libérera-t-il la Vierge de ses inhibitions ? Ou bien celle-ci étouffera-t-elle le Scorpion ?

Les deux orientations sont possibles. Mais comme le Scorpion est un être de sacrifice, capable de se contraindre avec la dernière des énergies pour atteindre ses objectifs lointains, il arrive souvent que ses révoltes soient éteintes par la Vierge, qui est aussi masochiste que lui ! Cela se produit surtout chez les femmes, les contraintes sociales et matérielles pesant plus durement encore sur les destins féminins.

Dans cette combinaison, l’aspect extérieur Vierge est mis en vedette : présentation soignée, gestes mesurés, élégance tirée à quatre épingles chez les femmes, politesse, exactitude, un certain conformisme social qui n’exclut pas de brusques sursauts d’anarchie quand le Scorpion se réveille !

Le Scorpion Ascendant Vierge est un meuble à secrets : on n’a jamais fini de le connaître, et de tirer tous ses tiroirs ; ses ressources sont inépuisables. Mais lui seul sait où il a mis les clés, qu’il ne donne à personne (sauf, peut-être, à l’unique grand amour de sa vie).

Extrêmement consciencieux, il entend parfaitement son travail : vous pouvez lui faire confiance, il tient ses engagements et respecte ses contrats. Il est, en fait, sourdement dévoré par une rage inextinguible de perfection. Si la Vierge domine, il fignole interminablement les détails. Si c’est le Scorpion, son exigence de perfection n’est pas moindre : il n’est jamais tout à fait satisfait, il veut toujours aller plus loin et plus haut. De toute façon, il n’est pas « relax ». Ses tensions internes extrêmement fortes le poussent vers l’action et la réalisation.

La structure ScorpionVierge harmonique signe souvent de puissantes personnalités : énergie persévérante, aptitude à prévoir des objectifs à très long terme, inébranlable ténacité dans la réalisation, très grand contrôle de soi-même. Le ScorpionVierge n’oublie rien, comme l’éléphant. Il ne désarme pas tant qu’il n’a pas obtenu ce qu’il veut. Et ça peut durer des années. Comme il est discret, d’apparence timide même, et pas du tout « bluffeur », on ne l’évalue pas toujours à sa vraie mesure. Il n’aime pas jouer les vedettes et préfère travailler dans une pénombre efficace !

Très fin psychologue, vous ne mettrez pas sa perspicacité en défaut : il sent toujours à qui il a affaire, il devine les mobiles de son interlocuteur : les rouages les plus secrets de l’âme humaine lui sont familiers (surtout si Mercure est en Scorpion). Son sens critique aigu perce toujours le défaut de la cuirasse. Il réussira très bien dans une profession médicale et dans les carrières de la psychologie. A moins qu’il ne devienne écrivain : l’écriture mettra en jeu la perspicacité de la Vierge, l’imagination visionnaire du Scorpion, et le goût de la réflexion qu’ont à la fois les deux signes. Voyez, par exemple, Albert Camus, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle-Adam, et aussi Goethe, Hugues de Bonardi, Jules Romains, Maeterlinck qui ont la structure inverse, Vierge Ascendant Scorpion, donnant un tempérament très voisin.

Sur le plan sentimental, il est fréquent que la Vierge, pacifique et disciplinée, adoucisse le Scorpion, le rendant facile à vivre, mais ses chances de réussite affective sont moins brillantes que dans le domaine professionnel.

Le ScorpionVierge, pourtant si lucide pour les problèmes des autres, n’est pas à l’abri des emballements imprudents, des illusions, des décisions folles. Parfois, même, il sait très bien qu’il fait une bêtise, mais il se sent obligé de la faire. S’il tombe sur un partenaire qui le trompe, sa déception est alors violente (d’autant plus qu’il est capable d’une grande fidélité). Les associations, sentimentales ou professionnelles, sont rarement satisfaisantes pour lui : le goût de la perfection absolue qui le hante l’amène fatalement à être déçu un jour ou l’autre par l’être qu’il aime. Il est exigeant, et peu indulgent pour les faiblesses humaines. Et avec ça, jaloux, jaloux, jaloux… Que ce soit dans un mariage, ou dans une association professionnelle, le partenaire qui s’imagine pouvoir contraindre le Scorpion-Vierge aura bien des surprises, car ce dernier est un faux faible, un faux timide, qui sait très bien ce qu’il veut. Il faut absolument respecter son autonomie. Il faut savoir aussi que sa famille d’origine compte toujours beaucoup pour lui, en particulier ses frères et sœurs, avec lesquels il entretiendra toute la vie des relations d’amitié, de rivalité, d’affaires.

Scorpion Ascendant Balance

Deux personnalités différentes coexistent dans le même être : une Balance sensible et sociable, pacifique, détestant les à-coups violents, les coups de gueule, les coups de force, et les coups de chien. Une Balance qui ne rêve que d’harmonie et qui est prête à bien des compromis – voire des compromissions – pour préserver sa paix.

Derrière cette personne vénusienne et civilisée flambe un Scorpion sauvage, révolté, heureux dans les tempêtes… Brusquant ses relations aussitôt qu’il trouve qu’on fait fausse route, grand redresseur de torts, il n’hésite pas à casser le morceau, à dire tout haut et tout cru son fait à l’interlocuteur.

Sous l’influence de Saturne, la Balance hésite à agir, tandis que sous celle d’Uranus et de Mars, le Scorpion s’engage sans hésiter dans l’action. Bousculant la Balance convenable et bien élevée, il se jette à corps perdu dans des aventures aussi risquées que pittoresques. Nécessairement, l’un des deux personnages de cette combinaison sera brimé, et le natif en souffrira vivement. Lorsque la Balance prend habituellement le dessus, le Scorpion se réveille brusquement, sidérant l’entourage qui voit alors le Vésuve entrer en éruption alors que des petites fleurs poussaient dans son cratère. Si c’est le Scorpion qui domine habituellement, les éclaircies sont inattendues et inquiètent d’autant plus !

Les deux faces de cette structure sont très difficiles à vivre harmonieusement. Mais pourtant, elles peuvent se concilier. Au prix d’un effort constant et toujours pénible, il faut le dire. On voit alors le Scorpion qui s’enveloppe efficacement dans le charme de la Balance, ce qui le rend extrêmement opérationnel (De Gaulle, Mitterrand). Ou bien une Balance fortifiée par le Scorpion poursuivra avec plus de persévérance ses objectifs lointains (Louis XVIII). A y regarder de près, pourtant, Balance et Scorpion ont beaucoup de points communs : le goût de la justice, par exemple. Si le Scorpion se révolte contre toute injustice faite à lui comme aux autres, la Balance a, plus que tout autre signe, le sens de l’équité. Goût de la réflexion aussi : la Balance, sous l’influence de Saturne, aime prendre son temps pour réfléchir, tandis que le Scorpion nage à l’aise dans le monde des idées, Uranus lui donnant un grand dynamisme intellectuel. Comme vous voyez, Balance et Scorpion peuvent tout de même dialoguer.

Ce sont aussi des gens mystiques, épris d’absolu tous les deux, assoiffés de plénitude et de perfection. D’autre part, si Vénus est en domicile dans la Balance, son exil n’est pas total en Scorpion : chacun sait que celui-ci est un grand amoureux, ce qui donne toujours un assez grand magnétisme sexuel au pauvre ScorpionBalance, affligé par ailleurs de si grandes contradictions.

Enfin, n’allez pas croire que la Balance soit toute-bonne-toute-brave, et le Scorpion tout-méchant : la Balance abrite au fond d’elle-même une flamme sombre que Saturne mal aspecté peut alimenter dramatiquement. Tandis que le Scorpion a, nous l’avons vu, d’excellents moyens de se surpasser, en particulier par sa générosité fondamentale.

Si la combinaison harmonique du Soleil en Scorpion et de l’Ascendant en Balance permet de bons succès professionnels (Alain Delon), elle assure une vie affective difficile.

De façon générale, la polarité EauAir est difficile à vivre. Le partenaire idéal du ScorpionBalance doit avoir lui aussi une polarité EauAir, lestée d’un bon coefficient Terre.

Chers ScorpionsBalances, ne vous affligez tout de même pas trop ; vous avez une chance extraordinaire : votre combinaison de signes plaît à tout le monde. Vous vous ferez des amis partout, mais aussi pas mal de jaloux, parce que vous réussissez trop bien à séduire les gens ! Le Temps (Saturne) vous permet souvent d’harmoniser vos tendances contraires, et la réussite vient en fin de vie, quand le Scorpion a adouci son vitriol, et la Balance calmé les bulles de son Air léger…

Scorpion Ascendant Scorpion

Une de mes consoeurs astrologues, Capricorne de son état, trempe sa plume dans l’encre noire pour décrire le malheureux Scorpion Ascendant Scorpion : « Personnage soit tout à fait « assassin », inquiétant, soit tout à fait victime, ou tout à fait agressif. Il ne lui arrive rien comme aux autres. » Et, là-dessus, elle cite comme unique exemple le fameux Gilbert devenu Gilda à la suite d’une intervention chirurgicale… Quelle injustice, mes frères et sœurs Scorpions, et quel parti pris !

Je connais personnellement au moins quatre Scorpions Ascendant Scorpion autour de moi. Ils ont vraiment la même tête : visage très fin, mince, osseux, avec des traits subtils ; on n’aurait pas pu dire : visage rond, ou carré, ou vraiment allongé ou trapézoïdal…

Non, ce sont des visages mobiles, qui n’entrent dans aucun cadre bien défini. Le tout tient par le charme, illuminé par des yeux vifs, mobiles, brillants, pleins d’une vie intense. Les visages des Scorpions doubles me font penser à celui du rat… qui, comme chacun sait, est l’un des animaux les plus intelligents qui soient. L’aspect général du corps est assorti au visage : ni maigre, ni gros, ni mince tout cela à la fois, pas très grand, mais donnant une impression de souplesse…

On calomnie ces pauvres animaux. Pour leur rendre justice, je vais vous en citer un très bon : l’abbé Blanchard, un très grand astrologue, qui a contribué à faire admettre l’astrologie dans les milieux ecclésiastiques d’avant-guerre. Ce ScorpionScorpion est mort il y a peu de temps, en 1977, et a laissé le souvenir d’un homme bon, savant et discret. Cette discrétion est extrêmement « scorpionne » et c’est pourquoi, finalement, peu de célébrités sont connues sous cette double signature. Les Scorpions détestent la lumière crue, le battage publicitaire, le bluff des vedettes jetées en pâture au grand public. Je termine en citant deux « mauvais » ScorpionsScorpions (pour faire plaisir aux astrologues qui ont peur des signes d’Eau) : le sergent Bertrand et Vito Genovese. Le premier est un célèbre… nécrophile. Quant au second, il fut l’un des chefs importants de la maffia sicilienne. Mais je vous demande un peu, qui, en Sicile, échappait alors à la Maffia ?

Chers ScorpionsScorpions qui me lisez, ne croyez pas les choses horribles qu’on raconte sur vous. Vos hantises sont peut-être plus puissantes que chez d’autres mais vous avez aussi plus de force pour les exorciser.

Scorpion Ascendant Sagittaire

Le dénominateur commun de cette structure est le courage, le dynamisme, l’audace. Il n’a pas froid aux pinces, notre ScorpionSagittaire. Il se bat, et aime se battre, les yeux fixés sur un idéal inacessible (s’il était accessible, ce ne serait plus intéressant du tout !).

Le Sagittaire, mi-homme, mi-cheval, « tramway nommé désir » ne rêve que de conquêtes. Il projette sa flèche dans un ailleurs qui peut être matériel ou spirituel. Ces dispositions de caractère s’amalgament très bien à celles du Scorpion, dont les tendances conquérantes et mystiques répondent tout à fait à celles du Sagittaire, et se renforcent à l’intérieur d’une même personnalité. Le résultat peut donner tantôt un révolutionnaire (Luther, trois planètes en Sagittaire), tantôt un personnage conformiste, si le Sagittaire, dominant, met son ambition au service de l’arrivisme social. N’oubliez pas que le superbe centaure, au contraire du Scorpion, aime les honneurs et l’approbation du beau monde ! Dans ce dernier cas, un conflit intérieur, ou une alternance, peut exister entre un Sagittaire traditionnel et un Scorpion révolté. On voit cette ambivalence chez de Gaulle, par exemple, dont le Soleil, à la limite du Scorpion et du Sagittaire, tenait des deux à la fois. C’est ainsi que tantôt parlait haut le Scorpion, créant un scandale (« Vive le Québec libre ! »), tantôt le Sagittaire, socialement conformiste, traditionnel même (en matière de morale et de lois concernant la famille). De Gaulle à Londres, c’était la synthèse du Scorpion et du Sagittaire : courage d’agir à contre-courant, optimisme et intuition de l’avenir.

Voyez aussi Monseigneur Lefèvre, dont la révolte se nourrit d’une théologie des plus réactionnaires. Est-il conscient de ce paradoxe ?

Idéaliste, mystique, le ScorpionSagittaire : Luther se rebelle contre Rome au nom d’une certaine idée de la Justice, Monseigneur Lefèvre en fait autant au nom d’une certaine idée de la Vérité, et de Gaulle fut toujours animé par une très haute idée de la France (sinon des Français).

Ce type d’homme fort, courageux, très exigeant avec lui-même, risque d’être assez dur avec les autres. Il ne comprend pas toujours les faiblesses de ses collaborateurs et de sa famille. Il a beaucoup d’orgueil : ne l’humiliez pas, traitez-le avec égard, sinon craignez sa rancune…

N’essayez pas de jouer au plus malin avec lui. Car ces deux bêtes, tant celle à flèches que celle à pinces, sont favorisées des dieux en ce qui concerne l’intuition : le Scorpion-Sagittaire sent les gens et les choses avec un instinct très sûr. Mettez-vous plutôt sous sa protection : généreux et superbe, il aime donner et se faire valoir en protégeant plus faible que lui.

Il aime régner. Il se voit en patron et se bat jusqu’à ce qu’il y arrive. Naturellement, le ScorpionSagittaire harmonique y arrive très bien : il en a les moyens. Le danger, c’est qu’il ait l’autorité un peu dure et qu’il n’écoute personne, comme le ScorpionLion devenu empereur…

Encore un grand amoureux, chasseur de Beauté et de beautés. Vénus, très à l’aise dans le Sagittaire, anime aussi le Scorpion (bien qu’elle y soit en exil). Le ScorpionSagittaire est l’homme, ou la femme, des grandes passions brûlantes et violentes – jamais platoniques, bien sûr. J’ai remarqué qu’il était plus fidèle au féminin qu’au masculin. Il ne s’embarrasse guère des lois qui obligent les autres, tout en étant fidèle à sa manière.

Parmi les ScorpionsSagittaires, j’ai relevé le thème de Jean-Claude Pascal. Les SagittairesScorpions sont illustrés par Suzy Solidor, grande dame de la chanson, Toulouse-Lautrec, Foujita, Gustave Flaubert, Monseigneur Lefèvre, et, bien entendu, les hautes figures du général de Gaulle et de Luther. Jean Racine était Sagittaire par le Soleil ; on ignore son Ascendant, mais on voit un très fort amas planétaire dans son Scorpion : la Lune, Uranus, Mars, Neptune. Ses personnages, les « héros raciniens », marqués par ces deux signes vivent des conflits violents entre leur idéal et leurs sentiments – avec toujours un souci obsédant : l' »honneur » ou la « gloire », ce qui est bien Scorpion-Sagittaire !

Scorpion Ascendant Capricorne

Cette bête puissante est née sous l’influence de Mars – en domicile dans le Scorpion et en exaltation dans le Capricorne.

Redoutez tout du dieu de la guerre, et ne le provoquez pas ! Mars, la planète rouge, marque de sa dureté le ScorpionCapricorne. Malraux et Rodin étaient nés sous cette configuration ; Cézanne, Paul Léautaud, Goering, Louis Jouvet, le docteur Marcel Petiot, Victor Segalen, Henri de Régnier, Louis Braille étaient Capricorne Ascendant Scorpion (structure très voisine).

Patience et longueur de temps, telle est la devise numéro un du ScorpionCapricorne. Il suit son idée et ne la lâche jamais. Il la suit contre vents et marées, envers et contre tout, au milieu des pires difficultés. L’ennemi pense qu’il a abandonné, qu’il est fini, réduit à néant. Pensez-vous ! A la surprise générale, il renaît de ses cendres et arrive au but quand personne ne s’y attendait plus. A la différence du ScorpionLion, qui s’impose avec éclat, le ScorpionCapricorne traverse de longs purgatoires pendant lesquels il continue de préparer son oeuvre, à la façon souterraine et discrète qui est la sienne. Mais son but, c’est toujours le pouvoir, qu’il soit politique, social, économique… L’ambition est sa passion secrète.

Un très bon exemple de ScorpionCapricorne est donné par Mao Tse-Toung ; celui-ci avait le Soleil et l’Ascendant en Capricorne, mais, notez bien, Uranus, Mars et le Milieu-du-Ciel en Scorpion. Ce dernier signe occupe donc une place privilégiée dans son thème et dans sa réussite politique.

La Longue Marche résume l’attitude du ScorpionCapricorne face à ce pouvoir convoité : il attend son heure même s’il doit pour cela- marcher obscurément et douloureusement pendant des mois dans la misère et l’opprobre. Mais il tient le coup : le Scorpion-Capricorne a des ressources instinctives inépuisables. La polarité TerreEau est bonne, surtout lorsqu’il s’agit d’un signe d’Eau fixe avec un signe de Terre, et tous les deux féminins. Ce dernier détail explique peut-être le côté complexe et tourmenté du ScorpionCapricorne masculin. Il est dévoré d’angoisses intérieures qui peuvent le pousser au crime (docteur Petiot) ou, au contraire, alimenter son génie créatif (Malraux, Rodin). Comme le ScorpionLion, il est guetté par l’orgueil, mais d’une façon moins naïve et moins naturelle : le ScorpionCapricorne est souvent aussi dévoré d’accès de détachements, de crises d’humilité, de goûts masochistes pour le sacrifice.

Le ScorpionCapricorne est, en principe, très intelligent et redoutablement lucide : sans illusion sur les faiblesses humaines, le Capricorne, perspicace, fin psychologue, se marie très bien avec le Scorpion, intuitif, à l’incessante activité mentale. L’un et l’autre savent s’allier avec le Temps, et Saturne, son symbole, domine cette structure de gens très réfléchis. Le Soleil est fréquemment en Milieu-du-Ciel lorsque le Capricorne est à l’Ascendant : signe de réussite professionnelle, ou de situation importante. Le Cancer en Maison VII y ajoute souvent le goût pour la vie publique (si la Lune est bien située). Avec le Verseau dans la deuxième partie de la Maison I et Uranus en exaltation dans le Scorpion, le ScorpionCapricorne est ouvert aux idées de son époque, intéressé par les nouvelles théories et les nouvelles inventions, parfois même il est tout à fait révolutionnaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir, par moments et par endroits, des sentiments très conservateurs, voire réactionnaires (surtout dans sa vie privée, d’ailleurs). La doctrine de Mao Tse-Toung offre ainsi ce curieux mélange de révolution et de tradition.

Le ScorpionCapricorne n’est pas charmant et séduisant comme le ScorpionBalance ou

le ScorpionGémeaux. D’ailleurs il ne cherche pas à séduire, et ne fait aucun effort pour se concilier les grâces des gens. Il dégage une impression d’âpreté, de dureté. S’il séduit, c’est parce qu’il est enveloppé d’une certaine froideur mystérieuse, d’une distance qui impressionne et intimide les gens. Dans la vie privée, la souplesse n’est pas son fort, mais il est extrêmement fidèle, homme de parole, honnête et droit, tenant ses engagements. Son entourage souffre de sa dureté, de son égoïsme ; il est capable de sacrifier sa vie privée, ses amours et ses sentiments à son ambition… Mais il a le culte de l’amitié, des amitiés qui durent toute une vie (Malraux et de Gaulle, par exemple). Soyez l’ami d’un Scorpion-Capricorne, mais ne l’épousez que si vous vous sentez aussi fort que lui…

Scorpion Ascendant Verseau

Formule brillante, qui met le Soleil très haut dans le ciel, en Maison IX, celle des voyages et des grands idéaux – ou bien en Milieu-du-Ciel : le ScorpionVerseau a l’étoffe d’un aventurier ou d’un prophète. Si le Soleil est en Maison IX, le Milieu-du-Ciel est en Sagittaire, signe d’aventure, de conquêtes, d’idéal mystique. Le ScorpionVerseau, extrêmement intuitif, sent l’avenir ; il est souvent en avance sur son temps. A l’avant-garde de son époque, il entrouvre la porte de mondes nouveaux sous nos yeux fascinés. Un ScorpionVerseau, ça ne sent jamais le moisi ou le confiné. L’entourage, en général, ne le suit pas : les prophètes sont mal reçus dans leur famille !

La polarité EauAir, très difficile à vivre, engendre chez le natif des tensions internes très fortes, qui ne peuvent se résoudre que par une très grande activité. Un ScorpionVerseau est peut-être plus stable qu’un ScorpionBalance ou un ScorpionGémeaux : le Verseau, en dépit de son nom, est le moins « versatile » des signes d’Air. C’est un signe fixe, qui a de la suite dans ses décisions et ses idées. Il n’est pas souple du tout et, allié au Scorpion, il en accentue le côté volontaire, passionné et « jusqu’au-boutiste ». Le ScorpionVerseau, doublement marqué par Uranus, est impulsif, anti-conformiste, farouchement individualiste. Il fait son chemin tout seul, sur une voie qu’il est le premier à prendre, et il n’y supporte aucune contrainte. La fixité des deux signes accentue la violence et l’ardeur du tempérament… et sa séduction.

Deux superbes Scorpions Ascendant Verseau illustrent ce goût de l’aventure : Henri de Monfreid et Robert-Louis Stevenson. Le premier a vécu physiquement les aventures qu’il raconte, et son existence mouvementée est un fabuleux roman de cape et d’épée. La vocation d’écrire était marquée chez lui par Mercure conjoint au Milieu-du-Ciel. Dans cette structure Scorpion Ascendant Verseau, on retrouve Mercure dans la partie supérieure du thème – puisque cette planète ne s’éloigne jamais beaucoup du Soleil, et cela donne au natif de brillantes facultés intellectuelles, avec le don de l’écriture.

Ainsi fut Robert-Louis Stevenson : son Mercure en Scorpion est conjoint au Soleil au point le plus haut du thème. S’il a vécu lui aussi une vie de voyages, son Ile au trésor est un rêve intérieur. Mais il faut croire que ce rêve entre en résonance avec celui de chaque adolescent, si l’on considère les énormes tirages atteints par ce livre ! Le thème de Mon freid, comme celui de Stevenson, donne une place importante aux Poissons, qui occupent la Maison I. Ce signe aquatique ne fait qu’accentuer encore le rêve du Scorpion et du Verseau, leur générosité, leur goût des voyages.

Ces Scorpions-Verseaux et Verseaux-Scorpions sont réellement des gens fascinants. J’allais en oublier un : le fabuleux James Dean ! Auriez-vous pu l’imaginer vieilli, gâteux, ventripotent dans ses pantoufles ? Non, n’est-ce pas ? Le Verseau et le Scorpion, dans ce jaillissement irrésistible de vitalité, gardent toute la vie une allure juvénile ; l’ardeur et l’enthousiasme les empêchent de basculer dans le vieillissement.

Autre VerseauScorpion : Stendhal. Alors que tous les écrivains de son temps trempaient leur plume dans les pleurnicheries romantiques, lui seul écrit avec une sombre dignité, une lucidité aiguë de Scorpion, dans un style concis qui n’a pas vieilli.

Génial souvent, fou parfois, le ScorpionVerseau n’est pas facile à vivre, dans l’intimité. Uranus, planète violente, le fait exploser, tout casser sur son chemin. La fin justifie les moyens, il méprise les obstacles, bouscule son monde… et s’attire de violentes inimitiés. L’orgueil lui fait sous-estimer l’humble réalité biologique et quotidienne. Il peut être odieux. Il file comme le vent vers d’autres mondes, et sa famille risque d’en faire les frais.

Quand on a une âme d’aventurier, on est peu doué pour la vie bourgeoise et les joies intimes du pot-au-feu familial, comme l’est le ScorpionVierge ou Cancer. La vie du ScorpionVerseau est un happening permanent, les amis et l’aventure sont prioritaires. C’est ainsi ! Mais pourtant une relative stabilité familiale peut venir avec l’âge : Saturne du Verseau y pourvoira.

Scorpion Ascendant Poissons

Si vous n’êtes pas vous-même très aquatique, vous ne comprendrez jamais ce crustacé à écailles qui barbote dans l’océan des rêves, cette personnalité médiumnique qui voit bien au-delà de la réalité quotidienne.

Tous les signes d’Eau sont pourvus, comme je l’ai déjà dit, d’un radar ; mais celui-là est le dernier modèle, le super-sonar ultra-opérationnel qui permet de détecter le moindre petit récif, le plus léger changement d’ambiance…. Le ScorpionPoissons vous a deviné immédiatement, à l’instant même où vous êtes entré dans la pièce. Il vous sent, il pressent ce qui va vous arriver – à vous et à lui. Souvent, il ne se doute même pas à quel point il est tombé juste ! Fiez-vous à ses pressentiments : même si aucune logique « raisonnable » ne peut les justifier, la réalité s’en chargera. Il vibre avec l’air ambiant et n’a pas besoin de la parole pour communiquer.

Le ScorpionPoissons est un animal secret, introverti, peu expansif, tapi sous sa grotte marine au fond des ravins abyssaux. Ce mystère lui donne un charme irrésistible… Il vous prend sur sa longueur d’onde et vous investit sans que vous vous en rendiez compte (sauf si vous êtes un peu ScorpionPoissons vous même). Son aspect extérieur est variable, mais vous le reconnaissez tout de suite aux vibrations silencieuses qu’il dégage. Le ScorpionPoissons est toujours un peu extra-terrestre : il n’appartient pas vraiment à notre planète. Comme l’océan sans limite, il est volontiers erratique – en rêve ou en réalité. Voyages au-delà des mers, voyages dans l’Au-delà, j’allais écrire dans l’au-delà…, il ne trouve son bonheur que dans le dépaysement. Cette tendance est d’autant plus profonde qu’il a le Sagittaire – grand voyageur devant l’Eternel – en Maisons IX et X. Mystique et poète, il déteste les limites, les contraintes ; sa vie est une évasion perpétuelle. Il est tenté plus qu’un autre par la drogue, la boisson, les sciences occultes. Le Bélier en Maison I le rend très impulsif : il se jette à corps perdu dans les aventures à haut risque, les sectes, les grandes passions folles… Il s’évade en aimant.

Eternellement assoiffé de tendresse, l’amour est pour un tel être une religion. Follement tendre, généreux, charitable, compatissant, il est aussi très exclusif et jaloux. Il est capable du sacrifice le plus total, tel Claus von Stauffenberg, qui tenta de supprimer Hitler à la fin de la Seconde Guerre mondiale sachant très bien qu’il le paierait de sa vie.

Sa philosophie, consciente ou non, c’est l’amour universel, la fraternité des vivants.

Comme le fleuve qui coule sans s’arrêter, il ne peut pas s’empêcher de donner. Il émane souvent de lui un fluide bienfaisant : il peut alors être un étonnant guérisseur, dont le magnétisme physique attire les gens et les animaux. Qu’il n’abuse pas de sa séduction…

Lorsque Neptune, prince de la mer et des Poissons, est puissant dans son thème, et mal aspecté, le natif souffre d’un très grand décalage entre ses rêves et la réalité. Rien ne lui réussit : c’est un éternel malchanceux. Le ScorpionPoissons dissonant est la victime de ses cauchemars, il patauge dans ses chimères. S’il parvient à les exorciser par l’art et la littérature (Hugo, Poe, Signac), il devient un grand créateur.

Au contraire, si Jupiter est valorisé dans le thème, par exemple conjoint au Soleil, ou à l’Ascendant et en son domicile des Poissons, le rayonnement lumineux de cette planète optimiste et pratique donne au natif une personnalité positive, adaptée à la réalité. Il est alors favorisé par la chance, la fortune… Comme on le voit dans le thème d’Henri de Monfreid. (Celui-ci, bien qu’ayant l’Ascendant en Verseau, a néanmoins tous les Poissons en Maison I, où se trouve Jupiter, conjoint à l’Ascendant).

J’ai cherché des ScorpionsPoissons célèbres : j’en ai trouvé assez peu, peut-être à cause de l’ombre et du secret dans lequel vivent volontiers les natifs de cette structure.

Comment interpréter Pluton dans les Signes

Pluton en Scorpion

La plus lointaine de nos grandes planètes transitera en Scorpion de 1984 à 1995 : on se demande ce qu’elle va apporter. En principe, elle est bien placée dans le signe dont elle est la maîtresse.

En astrologie mondiale, on pense que cette position plutonienne donnera naissance à une civilisation tout à fait nouvelle, totalement différente de celle que nous connaissons.

Au prix de quels bouleversements ? Verrons-nous le triomphe de l’énergie atomique (l’ère du plutonium, ce n’est pas un hasard si cet élément tire son nom du dieu des Enfers… !). Auparavant, d’ici 1984, le transit de Pluton en Balance risque d’être très mauvais. Pluton déséquilibre la Balance. Certains astrologues, partant du fait que le signe de la Balance est le douzième à partir du Scorpion (technique des Maisons dérivées, en prenant le Scorpion comme Maison I), pensent que l’action de Pluton en Balance sera désastreuse, violente et néfaste. Les prévisions astrales s’appuyant sur l’indice de concentration des planètes lentes donnent également de très mauvais pronostics pour la période 1980-1984.

Pluton a le sexe dans ses attributions, et l’on peut penser que ses transits en Balance (signe vénusien) et en Scorpion (Vénus en exil) amèneront une révolution dans les mœurs sexuelles.

Pluton en Sagittaire

L’idéalisme du Sagittaire sublime la sexualité plutonienne et attire vers le haut les forces d’en-bas. L’optimisme du signe arrache Pluton à la contemplation morbide de la mort, et le natif s’engage activement au nom d’un idéal, d’une mystique qu’il lutte pour propager.

Pluton en Capricorne

En astrologie mondiale, bouleversements politiques importants. En astrologie individuelle, Pluton soutient l’ambition du natif qui profite d’une crise, d’un bouleversement, d’une période de trouble, pour arriver au pouvoir (s’il est bien aspecté). Ce peut être aussi un de ces hommes politiques insubmersibles, qui émergent de chaque crise, de chaque échec, de chaque scandale, que le ridicule ou la défaite ne tuent jamais…

Pluton en Verseau

Le natif est affecté par des bouleversements sociaux violents, une révolution, une crise politique. Affligé, Pluton en Verseau présage la mort d’une amitié (au sens réel, physique du terme, ou bien au sens figuré).

Pluton en Poissons

Grande affinité entre ce signe d’Eau, secret et mystique, et notre Pluton qui possède également ces caractéristiques.

Développe considérablement l’intuition et les perceptions extra-sensorielles et parapsychologiques du natif. Celui-ci, extrêmement idéaliste, peut être un mystique, un sage, ou un illuminé (selon les aspects).

Sur le plan mondial, bouleversement des religions traditionnelles.

Pluton en Bélier

L’astre est tout ce qu’il y a de dignifié dans ce signe, au point que certains astrologues, peu après sa découverte, ont voulu le donner comme maître au Bélier. C’était méconnaître la nature secrète de cette planète, qui convient mieux au Scorpion.

Ce signe de Feu, martien, lorsqu’il abrite Pluton, renforce les ressources énergétiques de la personnalité. Le natif met ses puissantes forces instinctives au service d’une révolution, d’une rénovation (ou d’une destruction, si Pluton est mal aspecté).

Pluton transitera en Bélier en 2070. Certains pensent qu’il présidera à une nouvelle forme de civilisation, totalement différente de la nôtre actuellement.

Pluton en Taureau

Mauvaise auberge pour Pluton, qui se retrouve ici en compagnie de la Lune et de Vénus, deux astres trop éloignés des valeurs plutoniennes. Pluton maléficie Vénus, d’où une sexualité perverse (si d’autres aspects dans le thème le confirment). Il maléficie aussi la possessivité du Taureau, dans son rapport avec l’argent. De fait, Pluton transita en Taureau de 1853 à 1883, présidant à l’essort du capitalisme dans ce qu’il avait de plus brutal et de plus odieux.

Pluton en Taureau s’interprète donc comme une course à l’argent et aux jouissances. Sa nature de mort l’oppose complètement au signe du Taureau, qui est vie ; et, dans cette position, il se retrouve opposé à son royaume, le Scorpion. Le résultat en est une très vive tension sur cet axe vital.

Pluton en Gémeaux

La planète parcourut ce signe de 1883 à 1914, et inaugura l’ère des transports aériens. L’aviation est née à cette époque ! Pluton en signe d’Air a donc présidé la maîtrise du ciel… Mais son influence était secrète, puisqu’il n’était pas encore découvert !

Sur le plan individuel, Pluton n’est pas très bien placé dans l’Air léger des Gémeaux ; en tout cas, il y semble affaibli. Il donne au natif un certain « tracassin », un esprit inquiet, voyeur, intéressé par le sexe et par le crime… pour le meilleur ou pour le pire, suivant les bons ou mauvais aspects.

Pluton en Cancer

La bête fut débusquée dans ce signe-là ! Où elle semble être très puissante. D’abord, parce qu’il existe certaines affinités entre Pluton et le Cancer, signe d’Eau, signe de secret, signe de nuit (le Cancer est analogique de la Maison IV, au Fond-du-Ciel, à minuit).

Ensuite, parce que cette position de l’astre le met au trigone de son signe officiel, le Scorpion. Dans un thème individuel, Pluton en Cancer donne une vive intuition au natif, un goût du secret, le prédispose à l’occultisme et à la parapsychologie.

Dans ce signe d’Eau fertile, Pluton développe la fécondité du natif, et a une heureuse influence sur la sexualité vécue dans le foyer (s’il est bien aspecté). Il prolonge la vitalité sexuelle jusqu’à la mort.

En astrologie mondiale, Pluton a influencé les débuts de la Révolution chinoise (la Chine est un pays CancerBalance, avec la Balance à l’Ascendant et le Cancer au Milieu-du-Ciel).

Pluton en Lion

De 1937 à 1956-1958. Pluton égale destruction-reconstruction, et Lion égale royauté. En astrologie mondiale, disparition pendant ce laps de temps d’un certain nombre de monarchies anciennes balayées par des régimes nouveaux.

Il semble que le Soleil, le plus brillant des luminaires, donne une certaine influence à Pluton. Son transit a eu lieu lors de la Seconde Guerre mondiale, à mettre au passif des effets destructeurs de la planète.

En astrologie individuelle, Pluton apporte réussite et honneurs dans les professions « plutoniennes », et dans la Maison concernée (s’il est bien aspecté).

Pluton affligé en Lion signifie, sur le plan affectif individuel, une fin cruelle des amours (surtout avec de mauvais aspects de Vénus, la Lune et Mars).

Pluton en Vierge

Ce signe accueillit Pluton de 1956 à 1971. En astrologie mondiale, on a vu l’influence de Pluton sur la médecine (spécialité de la Vierge). Echecs multipliés de la médecine officielle issue de Pasteur, remise en question et battue en brèche par le développement des médecines douces, c’est-à-dire naturelles.

Le maître de la Vierge, Mercure, significateur de l’adolescence et des communications, ainsi lié à Pluton par ce transit, semble avoir influé sur la crise de la jeunesse et le développement extraordinaire des voyages.

La Vierge étant un signe de stérilité, le transit de Pluton a coincidé avec le développement de la contraception.

Sur le plan individuel, Pluton affligé peut donc provoquer la stérilité chez le natif, ainsi que des problèmes de l’appareil génital. Bien aspecté, il aiguise son esprit critique et pénétrant, et le pousse vers les métiers de la médecine, et ceux du nucléaire.

Pluton en Balance

Nous y sommes passés en 1978 et on ne sait pas trop ce que cela va donner… Hadès pense que Pluton déséquilibrera la Balance et que le résultat de ce transit sera désastreux sur le plan mondial.

De fait, Pluton n’est guère compatible avec la Balance, vénusienne, saturnienne et aérienne. Ce signe social et sociable ne peut que souffrir de l’agressivité révolutionnaire de la planète.

Dans un thème individuel, cette position concerne surtout les contrats et les mariages (plusieurs mariages…).

Comment interpréter les aspects de Pluton avec les autres Planètes

Ils sont essentiels, bien sûr, chez un natif du Scorpion, puisque Pluton est le prince de ce signe. Pour évaluer l’importance de l’astre dans un thème, regardez bien :

— S’il est dans une Maison angulaire, ou conjoint à un Angle du Ciel (Ascendant et Milieu-du-Ciel surtout) ; ou encore dans la Maison VIII, analogique du Scorpion, Maison de la mort et du sexe.S’il est conjoint à l’un des luminaires, Soleil ou Lune, et s’il est en aspect avec ces

luminaires.

— Dans quel signe il se trouve ; il semble que Pluton développe une plus grande puissance dans les signes des luminaires, en Cancer (où son influence est augmentée par la Lune), et en Lion (où elle est également soutenue par le Soleil). Bien entendu, Pluton est super-puissant dans son signe, le Scorpion (voir le chapitre concerné).

Tout le monde n’est pas « plutonien », mais les natifs du Scorpion sont évidemment les plus sensibilisés à l’influence de cette planète. Regardez soigneusement les aspects que Pluton forme avec Mars, second maître du Scorpion, et avec Uranus, exalté dans le signe.

Pour interpréter Pluton, on part toujours de sa signification de base : il bouleverse tout ce qu’il touche (planètes et secteurs).

Les manuels d’astrologie ne parlent pas des aspects de Pluton, et pour cause, puisqu’il n’était pas encore découvert. Ceux de mes lecteurs qui veulent une plus ample information sur Pluton peuvent consulter Pluton ou les grands mystères, d’Hadès, aux éditions Bussière.

Aspects de Pluton avec l’Ascendant

Les bons aspects donnent au natif un solide fond de santé, une très grande résistance, qui lui permettent de récupérer après chaque maladie ou accident. Puissante sexualité et très grande séduction. Pluton conjoint à l’Ascendant marque bien entendu très fortement le natif du point de vue du caractère : farouchement indépendant, d’une très grande créativité, il a une volonté de fer qui brise tout ce qui lui résiste, un courage de Lion, et une ténacité… de Scorpion. Le natif est adoré ou détesté, il ne laisse personne indifférent. La moyenne des gens ne comprend absolument pas ses motivations, car il est très secret. Personnalité passionnée, qui veut toujours aller plus loin et que personne n’empêchera de tout savoir : on ne peut rien lui cacher. « Je veux tout, tout de suite, et pour toujours », disait la jeune Antigone – qui est sûrement la sainte patronne des plutoniens !

Aspects de Pluton avec le Milieu-du-Ciel

La conjonction agit très fortement sur la réussite sociale et professionnelle du natif. En général, elle amène un bouleversement, une crise profonde, qui démolit soit la carrière du natif, soit celle de ses voisins, lui permettant ainsi de se reconstruire une nouvelle position meilleure. Le natif profite d’une période de troubles pour se créer une situation de premier plan. Dans un « sauve-qui-peut » général, lui seul tient le bon bout et réussira à émerger. Il a l’étoffe d’un chef, l’ambition du pouvoir, il veut être le premier partout : il y arrivera.

Bien entendu, la conjonction doit être jugée d’après les aspects qu’elle forme avec le reste du thème. Le trigone et le sextile permettent au plutonien de se trouver des relations, puissantes et occultes, qui l’aideront à réussir. Ce que fait le natif trouve écho dans son groupe, son pays, il a l’intuition de son époque.

Les mauvais aspects retardent considérablement la réussite du sujet, qui, parfois, ne réussit qu’après sa mort. Ils peuvent signifier le chômage, des échecs de toutes sortes, un bouleversement complet de la carrière du natif ou de sa profession, et dont il est complètement victime. Le natif s’attire de toute façon avec Pluton de violentes inimitiés mais, dans ces cas de mauvais aspects, on peut craindre qu’elles ne lui nuisent profondément.

Pluton-Soleil

Conjonction PlutonSoleil. Voilà une configuration vraiment très importante dans un thème. Association de l’ombre et de la lumière, des Enfers et du Ciel, la conjonction donne à celui qui en bénéficie une force profonde, une grande résistance intérieure. Elle lui permet de survivre à toutes les crises, de surmonter toutes les épreuves, avec une impitoyable ténacité. Le natif ne se décourage jamais ; après chaque désastre, il relève les ruines et recommence sa vie. D’où cet aspect haché, brisé, des vies de Plutoniens, comme s’ils vivaient plusieurs vies successives entrecoupées de désastres. Ils « refont leur vie » plusieurs fois, qu’elle soit sentimentale ou professionnelle.

Ne se laissant pas détourner du but qu’il a choisi, le Plutonien se fait détester, et ça lui est bien égal. Il sonde les reins et le cœur des gens, et ne mord pas à l’hameçon de la flatterie. C’est un grand intuitif, on ne peut rien lui cacher.

Doué pour toute activité créatrice demandant audace et initiative, le natif réussit bien dans les carrières de la justice et de la police, et aussi dans toute activité nocturne, mais cela dépend aussi du signe qui occupe la Maison X.

Sur le plan des affections, celles-ci risquent d’être détruites ou ravagées par des ruptures, la mort, le divorce, l’éloignement. Mais l’amour renaît de ses cendres, ou alors le natif retrouvera un autre amour. Dans un thème féminin, la conjonction SoleilPluton amène la native à rechercher inconsciemment les hommes plutoniens.

Lorsque cette conjonction est mal aspectée, c’est assez grave pour le propriétaire du thème. Tout en gardant son caractère sûr de lui, il est pris dans d’inextricables situations conflictuelles, dont le contrôle lui échappe tout à fait. Parfois, il est tenté par la délinquance, la destruction pour le plaisir de détruire, et même pas au nom d’un idéal de justice. Sans aller si loin, la conjonction dissonante fait du natif un être ballotté d’un échec inexplicable à un autre.

Trigone et sextile PlutonSoleil. Les natifs font souvent cavalier seul, empruntant des chemins qui ne sont pas ceux de tout le monde. Leur énergie s’exerce dans des domaines peu connus, en marge des vérités officielles.

Très non-conformistes, ils ne se croient pas obligés de faire comme tout le monde, et savent résister à toutes les pressions sans se laisser séduire. Ils finissent par imposer leur propre vérité envers et contre tout. Ils tirent leurs forces d’une puissante sexualité, ce qui leur donne un magnétisme irrésistible. Ce sont des novateurs, des gens originaux, et même parfois des marginaux – dans une marginalité bien organisée cependant.

Ce sont des gens qui ont une grande cohérence interne, une grande capacité de réalisation. Ils sont à l’aise dans toute carrière où peut s’exercer leur indépendance, leur goût de la solitude, leur créativité. Parfois, on reconnaît leur génie après leur mort.

Sur le plan affectif, l’amour est souvent vécu dans l’ombre, et hors du mariage (selon le thème) : liaison secrète amenant un bouleversement profond.

Cette nature passionnée peut se surmener, et « brûler la chandelle par les deux bouts », usant ainsi prématurement ses forces pourtant très importantes.

Carré ou opposition PlutonSoleil. Aspect de tension très dur entre les forces inconscientes du natif et ses buts avoués. En lutte contre lui-même, il se comporte en révolté, et se lance à corps perdu dans des attitudes extrémistes. Tantôt il peut être puritain et fanatique (puisqu’il n’accepte pas, n’assume pas sa sexualité) ; tantôt il prend le maximum de libertés avec les lois privées et sociales, en estimant qu’il a tous les droits. Personnalité en lutte contre elle-même, suscitant un sentiment de malaise autour d’elle, elle se fait d’irréductibles ennemis, très dangereux parce que occultes. Les tentations d’autodestruction sont très fortes.

En amour, dissociation de la chair et du cœur, de la chair et de l’esprit. Pornographie ou perversité, ou impuissance ou frigidité. En nativité féminine, risque de mort de l’amant ou du mari. Obsessions érotiques.

Du point de vue professionnel, le carré ou l’opposition PlutonSoleil peuvent amener à travailler dans les milieux de la prostitution, de la drogue, etc. Avec un très bon thème, ce seront des professions médicales (comme la cancérologie), ou la police, ou la justice, qui permettent de sublimer les tentances destructrices.

Pluton-Lune

Conjonction PlutonLune. Elle donne une très grande puissance d’attraction au natif : personne ne résiste à son charme. Il a un fort rayonnement sur son entourage. Si la conjonction est e, le natif est sympathique et dégage une sensualité généreuse… et débordante, car il ne la contrôle pas très bien.

Si la conjonction est mal aspectée, le natif est attiré par les milieux louches, les activités et les groupes marginaux (bons ou moins bons), les relations douteuses.

De toute façon, la conjonction donne une intuition aiguë, une forte émotivité, une propension à la révolte. Le natif a horreur des contraintes et il a un sens critique très vif. Sa personnalité est composée de tiroirs secrets, qu’il ne tire jamais complètement. Seuls peuvent le comprendre d’autres Plutoniens, ou des gens exceptionnellement intuitifs.

Le natif sera heureux s’il peut créer à sa guise, dans un domaine original où il fait cavalier seul. Il réussira dans tout travail le mettant en contact avec ce qui est souterrain, ce qui est caché (par analogie avec les Enfers dont Pluton est le dieu). Police, spéléologie, archéologie, travail en relation avec la mort, pompes funèbres, etc., avec la pollution (lutte contre celle-ci), avec la nuit.

Dans la vie conjugale et affective : destruction puis reconstruction du foyer. Trigone et sextile PlutonLune. Le natif est, comme on dit Outre-Atlantique, very popular. Il plaît, il séduit. Il a des dons de guérisseur, beaucoup de « fluide ». Très psychologue, il sent très bien les gens, et a un contact exceptionnel avec le public.

Réussite dans la deuxième moitié de l’existence, dans un secteur de pointe, ou un « créneau » original, où le portera son intuition non conformiste et sa très vive créativité.

Carré et opposition PlutonLune. Contestataire. Objecte systématiquement à tout ce que propose la famille ou l’entourage. Son premier réflexe est de dire « non ». Devient extrémiste, anarchiste, desperado, marginal… paumé (selon le thème, bien sûr !). Le natif est volontiers « hors la loi ».

Eternellement en conflit avec lui-même, il est périodiquement tenté par l’autodestruction. Pourtant, sa révolte peut être constructive et féconde si d’autres aspects dans le thème lui permettent de s’intégrer positivement à une structure. Mais même avec un thème harmonique, c’est un aspect difficile à vivre pour le natif, engendrant une grande angoisse intérieure.

En nativité féminine, la quadrature et l’opposition peuvent signifier soit un refus d’assumer sa sexualité, soit une destruction du foyer, soit les deux. Parfois aussi la vie sexuelle se transforme en effroyable corvée, douloureuse et angoissante. Le natif ne réussit pas à harmoniser sa vie sexuelle et sa vie officielle. Aspect de mésentente sexuelle avec la conjointe, ou divorce consécutif à un adultère.

Le natif recherche les groupes rejetés par la société, ou bien souffre du racisme, ou encore travaille dans des secteurs dépréciés et dévalorisés, parfois même honteux (drogue, prostitution, criminalité diverse).

Pluton-Mercure

Conjonction PlutonMercure. Doué de facultés supra-normales, sensible aux perceptions extra-sensorielles, le natif voit les auras, sent les phénomènes à distance, rêve ce que personne ne sait, devine ce qui est caché. Avec Mercure conjoint à Pluton, le natif « voit » dans la nuit (cf. « Symbolique »). Il a un flair étonnant et, s’il est médecin, son diagnostic est sûr. Criminologie, psychiatrie, sciences occultes, spéléologie, volcanologie, géologie, physique nucléaire, ufologie…, le natif aime la poursuite de l’inconnu, les professions où règne une part de mystère, où il y a encore beaucoup à découvrir. Si la conjonction est mal aspectée, le natif peut être victime lui-même de ses pouvoirs paranormaux, et délirer complètement. Son mental peut aussi être occupé par des obsessions sexuelles : le natif est un « pornodidacte », un auteur érotique, grand amateur de toutes les sensations fortes.

Le natif porte en lui un radar ultra-sensible pour détecter tout ce qui est vicieux ou pollué. Il devine toujours qui est l’assassin, et qui a menti, et qui veut le piéger. La conjonction PlutonMercure ne favorise pas la vie conjugale, parce que le natif a besoin de mouvement, de changements… Souvent, son adolescence est difficile.

Trigone et sextile PlutonMercure. Ces deux aspects sont beaucoup plus bénéfiques que la conjonction. Ils signent un très intelligent personnage, très doué pour l’analyse et la recherche. Le sujet a un sens critique aigu, il est extrêmement perspicace, et se laisse rarement tromper. Le bluff ne prend pas avec lui. Il saisit très bien les motivations des gens derrière les apparences.

Dons pour la préhistoire, l’océanographie, la volcanologie, l’ufologie, la parapsychologie, la neurologie, la psychiatrie, la tératologie… Le natif, passionné par l’inconnu, aime les voyages dans les pays inexplorés, les enquêtes dans les milieux ignorés du grand public.

Tout ce qui touche aux phénomènes ondulatoires le passionne, c’est pourquoi on le retrouve souvent dans les professions de radiologie, de nucléaire, etc. Le sens général de Mercure en bon aspect à Pluton est l' »étude méthodique de l’Invisible ».

Trigone et sextile jouent peu ici sur le plan affectif. Adolescent, le natif se fait remarquer par sa boulimie de connaissances, il dévore tous les livres qui lui tombent sous la main, sa curiosité intellectuelle et humaine est insatiable. Sera-t-elle jamais satisfaite ?

Non, si c’est un Plutonien ou un Scorpion

Carré et opposition PlutonMercure. Le natif garde son sens critique, mais celui-ci débouche sur une amère lucidité, plutôt que sur une oeuvre constructrice. Son esprit de contradiction engendre des brouilles avec la famille, les amis, l’entourage. Le natif est contestataire, par principe, et pour le plaisir de contester. C’est Ravachol ou Ernest le Rebelle… Mais cette contestation n’a rien de positif. Parfois, le pauvre natif s’embarque à fond dans des causes douteuses, vouées à l’échec. Il use le meilleur de ses forces à lutter contre ses problèmes internes, affectifs et sexuels, ou contre des problèmes externes qu’il suscite sans s’en rendre toujours compte. Il se cogne la tête contre les murs de sa prison intérieure, et échoue inexplicablement dans ses entreprises.

Adolescence difficile à cause des problèmes sexuels et de sa rébellion permanente. La vie professionnelle est sujette à de nombreux avatars : le né fait tous les métiers, entreprend, abandonne, change de cap… Lorsqu’il s’accroche à une carrière, il se suscite mille obstacles. Son flair n’est pas sûr, son jugement n’est pas bon, il ferait bien de s’en méfier. Miné par une inquiétude permanente, le natif n’a pas beaucoup de résistance au point de vue sexuel.

Pluton-Vénus

Les aspects de Pluton avec Vénus marquent l’affectivité du natif.

Conjonction PlutonVénus. Etrange association entre la chair et la nuit, l’amour et la mort, la vie et les ténèbres. Notre natif est prédisposé aux amours secrètes, non déclarées, aux liaisons, aux adultères cachés, aux attachements secrets qu’il ne peut, ou ne veut, avouer : cette conjonction n’est pas très heureuse pour la vie affective. Le natif est, certes, un grand amoureux, qui investit toutes ses forces dans sa passion, passion qui le dévore jusqu’à la moelle, tant et si bien qu’il n’en reste qu’un petit tas de cendres. Mais l’amour détruit renaît sous une autre forme, avec la même personne, ou avec quelqu’un d’autre.

Très séduisant, le propriétaire de cette conjonction suscite lui-même des passions intenses, des attachements « à la vie – à la mort ». Il dégage un très grand charme, un magnétisme irrésistible, des vibrations émotionnelles auxquelles personne ne reste insensible. Il vous emporte sur sa longueur d’onde et vous perdez votre sens critique habituel.

Pour le reste du caractère, la conjonction donne des dons puissants de création artistique, et un art très marqué par le sexe et l’érotisme.

Professionnellement, le natif réussira très bien dans une profession artistique, bien entendu, mais aussi dans toute carrière alliant l’humain à l’invisible. Affectionnant naturellement les métiers plutoniens, il se tournera volontiers vers l’archéologie, la préhistoire, la spéléologie, la vulcanologie, etc.

Dans le domaine médical, dons de guérisseur, réussite comme gynécologue, réanimateur en salle d’opération, anesthésiste.

Trigone et sextile PlutonVénus. Ces deux aspects très bénéfiques donnent un très grand charme au natif. Doué d’un fort pouvoir sur autrui, il séduit surtout par sa voix, belle et harmonieuse. Son emprise sexuelle et passionnelle est si forte que l’on ne s’en dégage que très difficilement. Amours sensuelles et secrètes vécues dans l’ombre…

Le natif est hypersensible, très intuitif, avec un étonnant don de double vue sur les gens et les choses. Il crée autour de lui un climat serein, réconcilie les antagonismes et apaise les conflits, sa présence est ressentie comme bienfaisante.

Trigone et sextile indiquent une nouvelle liaison, un nouveau mariage après la destruction de l’ancien (par la mort ou le divorce). Ces aspects sont extrêmement propices à la création artistique et aux relations humaines. Souvent, la natif révèle ses dons dans la deuxième partie de sa vie.

Carré et opposition PlutonVénus. A coup sûr, voilà deux aspects très douloureux à vivre. C’est la mort des amours soit au sens propre (deuil), soit au sens figuré (ruptures, séparations dramatiques dont le natif n’est pas responsable). Parfois, partenaire débauché, vicieux, ou simplement intéressé d’abord par l’argent.

Le natif manque d’instinct sûr dans le choix de son partenaire. Il est souvent attiré par des pervers, des violents, des impuissants, ce qui dissout finalement la relation du couple.

Les natives vivent des amours sadomasochistes, elles sont fascinées par une brute, un sadique dont elles n’ont pas la force de se séparer ; elles sont attirées par des hommes qui les feront beaucoup souffrir.

En général, natifs et natives sont victimes de calomnies, de médisances ; ils provoquent parfois ‘des scandales, ou bien sont atteints par un scandale. Ils sont obligés de cacher leurs sentiments, et leurs déceptions les immergent dans un océan de rancunes… Naturellement, tout cela doit se juger en fonction de l’ensemble du thème, et selon les Maisons touchées par ces mauvais aspects.

Pluton-Mars

Conjonction PlutonMars. Ces deux planètes cousinent par leur symbolisme assez voisin. Elles sont toutes deux, à des degrés divers, maîtresses du Scorpion et du Bélier. Bien entendu, la conjonction revêt la plus haute importance chez un natif du Scorpion. Il faut étudier soigneusement les aspects qu’elle reçoit et la Maison où elle est logée.

Les deux astres privilégient la lutte, l’énergie, le courage, l’impulsivité, l’esprit de conquête. Que d’agressivité. Mais Mars agit en pleine lumière, tandis que Pluton oeuvre dans les ténèbres, ce qui le rend évidemment beaucoup plus redoutable. Les natifs tueraient père et mère plutôt que de renoncer à leurs projets et à leurs entreprises. Ce sont des révoltés, des fanatiques, des héros, des kamikazes. Ils vont toujours jusqu’au bout de leur dessein, et à n’importe quel prix, fût-ce leur propre mort. Ils sont d’acier inoxydable et fortement trempé… Aucune adversité, aucun chantage, aucune torture ne pourra les faire céder.

Dans un conflit armé, ce sont des résistants, des guérilleros inflexibles, des chefs de parti implacables. Mais ils préfèrent l’action secrète : on les trouve dans l’espionnage, le renseignement, le deuxième bureau, la police secrète, la D.S.T., la C.I.A., le N.K.V.D., et autres officines ténébreuses…

Très attirés par le métier des armes, ils travaillent, en temps de paix, dans l’industrie de l’armement, l’industrie lourde, dans tout ce qui brûle, tranche, coupe, creuse (chirurgie, arsenaux, forges, métallurgie, chauffage, physique nucléaire…).

Trigone et sextile PlutonMars. Ces deux aspects sont meilleurs que la conjonction, ils valorisent extrêmement le courage et l’énergie du natif, qui a une personnalité forte et décidée. Ne s’avouera jamais vaincu, se battra jusqu’au dernier carré. C’est un tempérament de chef, très dur, très efficace aussi.

Mais tellement tendu vers le but qu’il s’est donné, tellement âpre et combatif qu’il ignore la détente. Un guerrier intégral, pour lequel il n’y a guère de « repos » ; un personnage, en tout cas, qui n’a aucune futilité, mais sur lequel on peut absolument compter.

Les obstacles stimulent son énergie.

Dans l’armée, il aime les techniques de pointe, les armes atomiques, les sous-marins nucléaires et les satellites qu’on accroche dans la stratosphère.

En nativité féminine, Mars signifiant l’amant, et Pluton le secret, ces aspects suggèrent une liaison cachée.

Carré et opposition PlutonMars. Les deux astres étant de même nature, il me semble que le tirage s’en trouve parfois atténué. Mais il faut regarder dans quelles Maisons ils se portent, et dans quels signes.

Carrés et oppositions entre Mars et Pluton sont mieux supportés en naissance masculine que féminine. Dans celle-ci, il y a un grand risque d’une mésentente physique avec le partenaire ou le conjoint. La relation de couple explose brusquement, de façon très dramatique, avec procès, scandale, violences physiques. Avec de bons aspects dans le thème, ce désastre peut amener le début d’une nouvelle vie, de nouvelles amours plus intéressantes et mieux vécues – puisque Pluton est aussi « renaissance ».

De façon générale, natifs et natives ne sont jamais des moutons passifs. Leur horreur des contraintes les pousse à se rebeller, à refuser les limitations. Ce refus peut prendre des formes brutales, violentes, ou bien discrètement quotidiennes…

Les natifs ne s’intègrent jamais complètement dans leur milieu. Parfois, ils sont embarqués sur un navire en perte de vitesse, dans un combat d’arrière-garde, une idéologie dépassée, ou un groupe dont la mission est finie.

Ils sont jaloux, et secrètement susceptibles, ce qui n’arrange pas, loin de là, leurs affaires sentimentales. Ils manquent de souplesse devant les contraintes et les contrariétés de la vie (à moins d’aspects contraires dans le thème), et réagissent violemment. Ils surestiment leurs forces et risquent de s’autodétruire.

Pluton-Jupiter

Conjonction PlutonJupiter. Sens aigu de la justice, et confiance dans sa mission, telles sont les caractéristiques de cet aspect. Le côté toujours un peu moralisateur de Jupiter, paternel et enseignant, s’allie au mystère de l’invisible. Le natif croit à ce qu’il fait, il croit qu’il est chargé d’apporter la vérité – sa vérité – au monde. L’entourage, d’ailleurs, ne manque pas de se laisser impressionner par une telle assurance, aussi le natif a-t-il beaucoup d’influence. Il est très doué pour les relations humaines et son optimisme éclaire les ténèbres de Pluton. Si la conjonction est bien aspectée, son instinct est très bon, il peut s’y fier absolument. Cet aspect apporte aussi un esprit satirique et un bon sens critique.

L’effet desctructeur-reconstructeur de Pluton s’exerce au moment de la maturité : le natif peut alors complètement changer de vie, de mentalité, de métier : un homme disparaît, un autre apparaît.

A la tête d’un parti, d’un mouvement, d’une secte philosophique, religieuse ou simplement idéaliste, le natif fait merveille. Il est le Maître, il jouit d’un grand prestige auprès de ses disciples. Il remet à l’honneur des techniques anciennes, reprend de vieilles traditions nationales, s’intéresse à l’histoire, l’archéologie, l’artisanat. En médecine, c’est un « patron », et ses préférences vont à la cancérologie, la réanimation, l’hématologie, etc.

Trigone et sextile PlutonJupiter. Donnent au natif un extraordinaire optimisme, une confiance viscérale, physique, dans sa bonne étoile. Et le destin lui donne raison, parce que cet optimisme attire la chance. Le natif diffuse autour de lui des ondes d’optimisme et de sensualité saine qui séduisent les gens. Les appuis, les amis, les situations, les femmes, lui tombent tout rôtis dans le bec.

Le natif a un excellent contact avec les adolescents et avec les enfants. Il est guidé par une intuition très sûre. Il possède également des pouvoirs de guérisseurs, divers pouvoirs extra-sensoriels, une intuition médiumnique. Ce n’est jamais un rationaliste étroit, il est ouvert aux mondes invisibles dans lesquels il évolue très à l’aise. Il a de grands pouvoirs créatifs, et surtout celui de créer du bonheur autour de lui.

Carré et opposition PlutonJupiter. D’un naturel angoissé, le natif a toujours l’impression d’être victime d’une injustice. Il garde sa puissante créativité et son magnétisme, mais son jugement n’est pas très sûr : il se laisse tromper, se fait des illusions sur les gens. En affaires, il se laisse « avoir » par des partenaires et des employés malhonnêtes. Il perd de l’argent en plaçant mal sa confiance et ses capitaux dans des entreprises véreuses et chez des gens douteux. Il est parfois lui-même tenté par la fraude pour régler ses problèmes financiers chroniques.

Pluton-Saturne

Les aspects entre les planètes lentes et lourdes influencent surtout les collectivités. Elles ne jouent dans les destins individuels que lorsque le natif est impliqué dans de graves responsabilités collectives, par exemple un homme politique à la tête d’un pays. Cependant, les aspects PlutonSaturne ont une influence sur le plan individuel lorsque ces planètes elles-mêmes sont importantes dans le thème, soit qu’elles soient angulaires, ou maîtresses d’une Maison angulaire, soit conjointes à un luminaire. Dans le cas d’un natif du Scorpion, il est fréquent que Pluton soit très important, puisqu’il est valorisé par la présence du Soleil dans le signe.

Conjonction PlutonSaturne. Sa signification générale est l’association du Temps, de la Tradition, de l’Ambition, avec la Mort (destruction-renouvellement). Se trouve souvent dans les thèmes de personnalités politiques ou sociales importantes, de rénovateurs nationaux ou internationaux. Sur le plan professionnel, le natif cultive une passion pendant la première moitié de sa vie. Puis, dans la seconde moitié, ce hobby se transforme en vrai métier, qui remplace le premier, assurant une vieillesse féconde. Le natif aime les métiers où l’on manie les puissances de mort (radiologie, chirurgie). Il est tenté aussi par le passé (archéologie, préhistoire) et par tout ce qui touche à la terre (géologie, mines).

Trigone et sextile PlutonSaturne. Très bon au point de vue intellectuel. Le natif, réfléchi et philosophe, trouve un équilibre entre les valeurs du passé et celles de l’avenir, entre tradition et progrès. Il sent quelles sont les valeurs à détruire, à ne pas conserver, et quelles sont celles qui valent d’être préservées. Sa vieillesse, à la faveur d’un changement total de situation, lui permet de donner sa vraie mesure. Le natif maîtrise bien ses pulsions sexuelles. Il a des dons politiques. Il s’intéresse à l’histoire, à la préhistoire, peut-être aussi aux problèmes de thanatologie (étude sociale, historique et médicale des problèmes de la mort).

Carré et opposition PlutonSaturne. Ces aspects ne jouent que si les astres sont angulaires. Professionnellement, le né est plongé dans une conjoncture générale de crise qui touche sa profession, puis, indirectement, lui-même, et l’oblige à changer de situation. Sexualité difficile à contrôler.

La signification générale des mauvais aspects de Pluton avec Saturne est une sorte de fatalité intérieure, due au pessimisme profond du natif. Goût de la mort, tendance à l’isolement, manque d’ouverture et de confiance l’empêchent de réussir dans la vie, ou lui rendent la réussite très laborieuse et très difficile : les épreuves ne lui sont pas ménagées.

Pluton-Uranus

Conjonction PlutonUranus. Aspects intéressants surtout en astrologie mondiale. Dans un thème individuel, si les deux planètes sont angulaires ou dignifiées, la signification est la suivante : existence mouvementée, sans cesse bouleversée par l’imprévu, brusques désastres suivis de reconstruction.

Le né est sujet à de brusques et irrégulières « fringales sexuelles », qu’il contrôle difficilement, ou pas du tout.

Très créatif, très inventif, son génie créateur s’applique à des techniques de pointe : publicité et média, conquête de l’espace, électronique, physique nucléaire… Il est absolument passionné par toute nouveauté.

Trigone et sextile PlutonUranus. Il faut avant tout regarder l’importance de chacun de ces astres dans le thème, puisque leurs aspects jouent plus sur le plan collectif qu’individuel. Lorsque Pluton et Uranus sont importants, le natif bénéficie d’une très grande créativité, d’un « ressort » étonnant en face de l’adversité : il refait surface après un désastre, après l’effondrement d’une idéologie ou d’une foi, à laquelle il s’était accroché. Il repart dans une autre direction avec énergie et générosité. Cet aspect semble favorable aux métiers de l’aéronautique, de l’espace, des télécommunications, ainsi qu’à la recherche en physique nucléaire.

Carré et opposition PlutonUranus. Très mauvais aspect qui joue plutôt sur le plan de la collectivité : explosions, éruptions volcaniques, séismes, catastrophes naturelles ou non. Le natif aura du mal à trouver son équilibre, entre son besoin impérieux d’indépendance, son dévouement et sa générosité sociale, sa propre sexualité à la fois exigeante et irrégulière.

Aspects qui pronostiquent une cassure brusque dans la vie affective. Uranus accentue le côté ravageur et brutal de Pluton. Le natif est obligé de se renouveler sans cesse, de toujours recommencer, puisque toutes ses entreprises en viennent un jour où l’autre à être détruites: c’est le mythe de Sisyphe (seulement si les deux astres sont très forts dans le thème, et s’il n’y a pas d’indication contraire dans l’ensemble de celui-ci).

Les professions qui tentent le natif peuvent être dangereuses pour lui (aviation, électricité, électronique, nucléaire).

Pluton-Neptune

Les aspects entre ces deux planètes régissent le nucléaire, l’océan et tout élément liquide ; comme par exemple, le pétrole (tout ce qu’il y a de plutonien), et ses dérivés. L’exploration océanographique, les sous-marins nucléaires, relèvent de ces deux astres. Conjonction PlutonNeptune. Elle est, bien sûr, à interpréter en fonction de la Maison où elle se situe et des aspects qu’elle reçoit.

Cette conjonction déclenche une crise dans le groupe où vit le natif et l’oblige à s’adapter péniblement. C’est souvent un indice de crise religieuse ou idéologique. Cela peut être aussi un problème de pollution des eaux, de la mer, etc. qui se répercute sur le natif.

PlutonNeptune, c’est le mystère au carré, le double secret : l’entourage du natif ne comprend pas toujours ses raisons d’agir, ses motivations. Mais, pour lui, elles sont tout à fait évidentes, sans qu’il éprouve le besoin de s’en expliquer autour de lui. Le natif s’engage dans une idéologie, une foi, une mystique, il pense souvent aux problèmes de la mort et de l’au-delà.

Trigone et sextile PlutonNeptune. Grande intuition, pressentiments, dons de double vue, perceptions extra-sensorielles. Le natif devine tout, il a de très forts pouvoirs médiumniques et parapsychologiques.

Bien entendu, en matière de sexualité, il devine et comprend tout, il est redoutablement perspicace.

Grande est sa créativité, Neptune (le rêve et l’inspiration) ne fait qu’aiguiser les dons artistiques souvent dévolus par Pluton.

Il affectionne particulièrement les métiers sous la mer : plongée et archéologie sousmarine, recherches océanographiques, sous-marins nucléaires, forages pétroliers off-shore, etc. Rêveur et mystique, il sera soutenu par une foi, une idéologie, un grand rêve.

Carré et opposition PlutonNeptune. Inextricables difficultés sexuelles. Le natif, d’ailleurs, ne comprend pas toujours très bien ce qui lui arrive, ou bien l’explication qu’il en donne est refusée par son entourage. Il souffre de dédoublement de la personnalité, de pouvoirs étranges et paranormaux qui dérangent tout le monde.

En astrologie mondiale et collective, ces aspects sont particulièrement néfastes : tremblements de terre, catastrophes maritimes, pollution surtout de la mer et des eaux. Egalement, nouvelles idéologies. Ces aspects doivent s’interpréter suivant le symbolisme de Pluton (mort et renouvellement), et de Neptune (élément liquide, mers, et religion). Ils présagent des troubles sociaux autour de mystiques, de religions concurrentes.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Les Planètes dans le Scorpion

Soleil en Scorpion

Le Soleil dans le signe du Scorpion met en valeur ce que j’en ai déjà dit, à des degrés divers : on peut être très, ou très peu Scorpion, cela dépend du nombre de planètes qui se trouvent dans le signe, de leur force, des aspects qu’elles reçoivent, de leur position en Maisons angulaires, etc. J’ai vu des Scorpions qui n’avaient dans le signe qu’un pauvre petit Soleil très peu aspecté : il est évident que ceux-là n’ont qu’un minimum de traits de caractères du signe. Aussi toutes les indications données ci-dessous sont-elles à prendre, non pas au pied de la lettre, mais en regardant l’ensemble du thème.

Symboliquement, le Soleil règne sur le jour, le Scorpion sur la nuit. Aussi le Soleil dans le signe du Scorpion peut-il s’interpréter comme une grande lumière éclairant les ténèbres (du subconscient ou des Enfers).

Si leur Soleil est très puissant, les natifs de ce signe s’imposent par des moyens souterrains, secrets, discrets, mais efficaces : leur entourage ne réalise pas toujours à quel point ces Scorpions tiennent leur monde en main. Ce Soleil brillant dans les ténèbres pousse ses natifs à explorer des domaines inconnus (Alexandra David-Neel), à faire des découvertes dans des secteurs encore enveloppés de mystère (Marie Curie).

Les forces sexuelles qui soutiennent cette personnalité très instinctive et très riche lui donnent une intense énergie, persévérante, tenace, extrêmement courageuse dans l’adversité : les ténèbres ne l’abattent pas.

Le Soleil représentant le cœur, le natif peut traverser, au moins une fois dans sa vie, une terrible « descente aux Enfers » très douloureuse. Ses amours peuvent être cachées.

La puissance passionnelle de l’individu le pousse à détruire pour reconstruire à sa manière. Le Scorpion harmonique est un puissant créateur ou novateur.

Le Soleil : le succès, la gloire ; le Scorpion : la mort. Dans cette position, le natif réussit souvent à la fin de sa vie, à l’approche de la mort. Introversion, goût des études scientifiques, philosophiques et occultes, il est doué pour toutes les sciences humaines, la médecine, la psychiatrie (et, bien sûr, l’antipsychiatrie !). Esprit original, qui fuit les sentiers battus. Doué pour la sculpture (Rodin, Noor Zadé Brener), surtout lorsque l’Ascendant et la Lune sont aussi en Scorpion. Egalement, don pour l’art dramatique (Main Delon, Grace Kelly).

Si le Soleil est affligé de mauvais aspects, risque de mort du père et, chez une femme, du mari. Le Soleil affligé donne un instinct sexuel anarchique, dont le contrôle échappe au natif. Sa combativité le pousse à provoquer des discussions, à semer la zizanie partout.

Son agressivité se tourne en sadisme et en cruauté.

Au point de vue de la santé, le Soleil en Scorpion mal aspecté rend vulnérable aux maladies des voies génito-urinaires : calculs rénaux, troubles des fonctions ovariennes, maladies de l’utérus, etc. Le Taureau agit aussi par opposition, ce qui sensibilise les voies respiratoires supérieures : angines, bronchites, maux de gorge…

Lune en Scorpion

Mauvaise position pour cette planète, dont la tendresse ne peut pas s’exprimer. Sous cette configuration, les rapports humains sont difficiles pour le natif qui, tourmenté de conflits intérieurs, extériorise mal ses sentiments. Attitudes coupantes, propos caustiques, jalousies blessent l’entourage. Sa franchise trop brutale est mal comprise. Les procès sont fréquents, les échanges de paroles cinglantes entraînent des inimitiés. Le natif est foncièrement maladroit dans ses rapports avec les autres; même sous de bons aspects, sa courtoisie est… à éclipses. En nativité masculine, longues rancunes, et risque de mort de l’épouse (Goebbels, par exemple, qui avait la Lune en Scorpion en Maison XII), de la mère ou de la sœur.

En nativité féminine, vie sentimentale agitée. Chez l’un ou l’autre, la vie familiale est marquée par des ruptures, des épreuves douloureuses, des deuils (lune : le foyer ; Scorpion : mort ou rupture). Le sujet a un tempérament colérique, il est capable d’être très violent. La Lune en Scorpion renforce aussi les indices d’accidents ou de mort mystérieuse qui seraient déjà suggérés par le thème.

L’être est hanté de cauchemars, ses rêves sont peuplés de fantasmes, d’obsessions morbides, de chiens noirs hurlants… Pluton pervertit les valeurs lunaires, engendrant des illusions parfois diaboliques (comme dans le cas de Goering). Avec la Lune dans ce signe, l’homme est tenté par une femme symboliquement « vêtue de noir » : veuve, prostituée nocturne ou même par sa mère ou sa sœur (inceste). Il faut que le thème soit par ailleurs très bon pour contrebalancer les effets néfastes de cette Lune en Scorpion.

Cependant, si elle est bien aspectée, il y a des atouts positifs : combativité, volonté obstinée, détermination, indépendance et énergie, curiosité intellectuelle et imagination active.

Cette position de la Lune rend infiniment sensible aux ambiances et aux situations : elle donne un flair intuitif aigu, l’intelligence stratégique dans les affaires ou la vie militaire et, en tout cas, un très grand magnétisme ; parfois, un don de voyance.

Au point de vue professionnel, le Lunaire du Scorpion a besoin d’aventure et de dépaysement pour échapper à ses cauchemars. Il est heureux dans une vie à hauts risques (grands voyageurs comme Henri de Monfreid et Eric Tabarly). Les voyages peuvent aussi être tout à fait imaginaires (Jules Verne), et l’imagination favorise les activités intellectuelles. La Lune en Scorpion est fréquente chez les écrivains : Henry Miller, Boris Vian, Jean Racine, Violette Nozières, René Barjavel… La voyance est-elle un métier ? Nostradamus avait la Lune en Scorpion. Tous les métiers qui ont un rapport avec la nuit réussissent au natif. De toute façon, la stabilité de la situation ne s’obtient qu’à partir de luttes très dures.

Sur le plan de la santé, on peut craindre des troubles de la menstruation, des affections génitales et urinaires.

Mercure en Scorpion

Bonne position pour l’astre, que l’on interprète suivant le symbolisme suivant : Mercure = intelligence, Scorpion = les Enfers, les choses cachées, le subconscient. Avez-vous remarqué l’œil en vrille de certains Scorpions ? Œil d’aigle, œil en laser, qui vous perce à jour jusqu’au fond de l’âme, œil auquel rien n’échappe, et surtout pas vos désirs secrets… Mercure en Scorpion devine tout ! Dans ce signe, l’esprit a toutes les audaces. L’intuition est très fine non seulement dans les relations avec autrui, mais encore elle porte le natif jusqu’à des vues cosmiques, des visions prophétiques ou mystiques.

Doué pour la divination, perspicace, incisif, ne craignant ni Dieu ni Diable dans sa quête de la connaissance, le Mercurien du Scorpion s’aventure aux frontières des Enfers. Son intelligence est attirée par les interdits à violer : elle veut tout savoir, tout connaître, quoi qu’il en coûte. C’est Eve devant l’arbre défendu, qui lui ouvrait la connaissance du Bien et du Mal. Mercure en Scorpion est plus puissant encore lorsqu’il est en aspect harmonique avec Pluton. Il donne au sujet une grande discrétion, un grand discernement, une prudence qui lui évite de tomber dans bien des pièges.

Cette prudence ne l’empêche pas d’avoir une intelligence hardie, non conformiste, qui va à contre-courant des conventions de son époque. Doué d’un très grand pouvoir créatif, la parole prompte, parfois caustique, le natif « pige au quart de tour », pas besoin de lui faire un petit dessin, c’est bien agréable, les gens intelligents ! Avant même que vous n’ouvriez la bouche, il a déjà compris ce que vous alliez dire. Il se défend remarquablement bien quand on l’attaque, réplique vertement, et son sens critique est imbattable. Il a aussi le don des descriptions brillantes qui tiennent sous son charme un auditoire fasciné !

Mercure en Scorpion mal aspecté donne, suivant la Tradition, des êtres destructeurs et négatifs, des révoltés pour lesquels la destruction est un plaisir, un but en soi. Leur brusquerie et leur indépendance les rend impossibles. Personne n’arrive à s’entendre avec eux. L’initiation sexuelle précoce peut évoluer vers une moralité douteuse, vers les perversions.

L’exigence de vérité, qui caractérise le Scorpion, peut sous de mauvais aspects se fausser complètement : vols, mensonges, fréquentations louches. Si les mauvais aspects sont très forts, le sujet échoue dans toutes ses entreprises : il commet indélicatesse sur indélicatesse, quand ce ne sont pas carrément des délits graves… que la vie lui fait expier, ou qu’il se fait expier à lui-même. Son esprit de contradiction le fait redouter. Parfois, dans les cas extrêmes, cruauté et sadisme en font un monstre froid (Goebbels, le sergent Bertrand).

L’être est possédé par un érotisme qui le détruit, passant d’ailleurs par des périodes de surexcitation extrême, suivies d’une apathie totale.

Au point de vue professionnel, l’attirance vers le mouvement et vers les choses invisibles pousse le Mercurien du Scorpion vers l’occultisme, la psychiatrie (et plus encore l’antipsychiatrie), la criminologie, la justice – ou certains aspects de découverte, comme l’archéologie sous-marine, la spéléologie…

S’il est écrivain ou journaliste, c’est la spéléologie de l’inconscient : littérature érotique, romans policiers, reportages sur les gens et les lieux secrets (prisons, sectes…), pamphlets politiques ou sociaux, caricatures (Piem).

L’attrait pour la médecine est très vif : pharmacie, bactériologie, chirurgie réussissent très bien au natif. Egalement, la métallurgie, les mines, les métaux rares. On note aussi de vives dispositions pour la pédagogie, l’enseignement.

Sur le plan de la santé, Mercure mal aspecté en Scorpion prédispose aux affections nerveuses, aux troubles de la circulation (veineuse si Mercure est en aspect avec Vénus, artérielle si Mercure est en aspect avec Jupiter). Les affections de la vessie et de l’appareil génital ne sont pas rares.

Vénus en Scorpion

Pauvre chérie, fourvoyée dans un signe qui ne va guère à son genre de beauté ! Comment marier la douceur, la tendresse, l’abandon, à l’éclat métallique du Scorpion, qui ne rêve que plaies et bosses ?

L’une est un magasin de porcelaines fines, l’autre un éléphant de combat : il y aura de la casse !

La Tradition estime que Vénus est « en exil » dans le Scorpion. Entendons-nous bien : cela ne veut pas dire qu’elle y est absente. Le Scorpion, au contraire, est hanté par l’Amour, il ne rêve au fond que de cela… Mais ses exigences ne sont pas de ce monde. Il y met soit des tendances sadiques, une violence qui dénature la relation amoureuse, soit un masochisme qui lui attire les pires ennuis, la violence, cette fois, étant subie.

Vénus en Scorpion signifie souvent, pour le natif, l’exil ou la perte de la personne aimée et cette séparation est intensément douloureuse puisque le Scorpion aime profondément et passionnément (Marie-Antoinette). Sur le plan matrimonial, destruction de l’union assez fréquente, puis reconstruction d’un autre foyer, suivant le symbolisme de Pluton, qui est « mort et résurrection ». Dans un thème féminin, Vénus en Scorpion signe quelquefois la prostitution avec un enchaînement de situations marginales et dramatiques dont la native ne réussit pas à sortir. De façon générale, c’est une position de la planète qui apporte des passions violentes et dramatiques : une saison en Enfer. Vénus en Scorpion accorde au natif un magnétisme sexuel intense, un grand charme et une séduction irrésistible – si les aspects à Neptune sont bons ou si Vénus est valorisée par une angularité importante : Milieu-du-Ciel ou Ascendant. L’entourage perçoit chez lui un certain malaise intérieur, un fond de tristesse qui lui donne un mystère, une aura parfois un peu trouble.

Quant à la Vénusienne du Scorpion, elle est séduisante, mais elle le paie cher. Ecoutez son portrait sous la plume de Guillaume Apollinaire :

« A Bacharach il y avait une sorcière blonde

Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l’évêque la fit citer

D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté

O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries

De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits

Ceux qui m’ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux, ce sont des flammes et non des pierreries

Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley

Qu’un autre te condamne, tu m’as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge

Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain

Faites-moi donc mourir puisque je n’aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure

Si je me regardais il faudrait que j’en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu’il n’est plus là

Mon cœur me fit si mal du jour où il s’en alla.

L’évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances

Menez jusqu’au couvent cette femme en démence… »

Dans ce poème tiré d’Alcools, sont réunis tous les thèmes de Vénus en Scorpion : la passion exclusive et dévorante, la présence de la mort, souhaitée (et qui termine plus loin l’histoire) l’évocation de la sorcellerie, la séduction irrésistible et magique, le désespoir, le mysticisme de la sorcière qui vit dans une perspective de fatalité implacable. Et l’évêque qui n’y comprend rien, mais qui en a peur !

La Loreley, personnage mi-historique mi-mythique, avait sûrement, à mon avis, Vénus en Scorpion (mais pas Apollinaire, qui l’avait en Vierge).

Heureusement, tout le monde n’a pas, comme la Loreley « des yeux couleur du Rhin et des cheveux de soleil », ce qui évidemment était très dangereux pour leur propriétaire.

Sous de bons aspects, il existe pour les Vénusiens du Scorpion de grandes possibilités positives : Vénus ainsi placée semble les préserver longtemps de la mort par accident, et aussi les faire aimer aux approches de la mort. Les bons aspects apportent des héritages, des possibilités de pension ou de rente. Le charme du natif lui amène des chances dans sa carrière, son travail, des possibilités aussi, de mariages fortunés (en Maison II).

C’est tout l’aspect bénéfique des valeurs vénusiennes qui peut jouer favorablement lorsqu’elles sont assez fortes. J’ai rencontré bien des Vénusiens du Scorpion : gens aimables et compatissants dont cette planète adoucit considérablement les humeurs martiennes (à condition que Vénus soit assez forte, soutenue par de bons aspects et par les signes dont elle est la maîtresse).

Beaucoup de Vénusiens du Scorpion, éternellement insatisfaits dans l’amour humain, se tournent vers un amour mystique, un idéal philosophique et religieux. Tels furent Gandhi, Charles de Foucauld, Lanza del Vasto, Jean XXIII.

Cette Vénus tourmentée peut s’exprimer en littérature (Mauriac, Choderlos de Laclos, Restif de la Bretonne…) ou dans une carrière artistique (Louis Jouvet, Suzy Solidor…). Parfois, l’être est doué de pouvoirs psychiques, médiumniques. En tout cas, son magnétisme sexuel est grand et contribue à sa réussite (dans un thème puissant) : Henri IV le Vert-Galant, et Wallenstein.

Au point de vue professionnel, cette position privilégie les dons artistiques et créatifs, surtout lorsqu’il y a un contact avec le public : théâtre, cinéma, littérature. De façon générale, voir ce qui est dit de la Lune en Scorpion.

Sur le plan de la santé, cette position de la planète, dans les thèmes féminins, prédispose aux grossesses et accouchements difficiles, et divers troubles gynécologiques.

Mars en Scorpion

Excellente position pour la planète rouge : elle est ici en domicile. Mars : l’énergie, le Scorpion : le feu des Enfers.

L’énergie de Mars est beaucoup plus puissante en Scorpion qu’en Bélier : dans ce dernier signe, la fougue irrésistible de Mars manquait de persévérance et de profondeur. En Scorpion l’énergie devient souterraine, implacablement efficace. Elle est capable de se contenir, de se maîtriser, de se canaliser en vue d’un objectif lointain et précis. Mars en Scorpion est extraordinairement opérationnel. Il réunit à la fois les qualités du Bélier et celles du Capricorne. Comme le premier, il peut être impulsif, rapide, mobilisé en quelques secondes ; capable d’une attaque foudroyante ou d’une contre-attaque qui met définitivement l’ennemi K.O. En somme, la guerre des Six Jours, la campagne du Sinaï, ou la guerre du Kippour, c’est tout à fait cela ! Et pas par hasard, puisque Israël est traditionnellement sous le signe du Scorpion !

Mais le Martien de ce signe peut aussi, comme le Capricorne, mijoter son coup pendant des années. Tenace, souterrain, il tisse sa toile en attendant son heure, sans jamais oublier. La mule du pape, qui garda sept ans son coup de pied vengeur, était probablement née sous cette position astrale…

Dans ce signe, Mars a des qualités de souplesse, d’adaptation à la réalité, une ingéniosité jamais prise au dépourvu (Mao Tse-Toung, Laurent le Magnifique, Gandhi). Très courageux, il ne craint ni la mort ni la souffrance, mais ne s’embarrasse guère de sentiments lorsqu’il s’agit d’atteindre son objectif (Brejnev). Sa maxime est : qui veut la fin, veut les moyens.

Il est très capable de mettre cette exceptionnelle agressivité au service d’une cause altruiste, d’une révolution nécessaire, d’une résistance à l’oppression.

Lorsque Mars est mal aspecté, sa puissance dégénère en violence destructrice, qui s’assouvit dans une oeuvre de mort (Goebbels). Même si les aspects ne sont pas dramatiquement mauvais, il en reste au moins un sale caractère. Le natif contrôle mal ses colères ; ses amours sont difficiles à cause de son intransigeance : il n’est ni compréhensif, ni conciliant. Les héritages donnent lieu à des contestations, à d’horribles jalousies, ou bien encore sont dilapidés rapidement.

En nativité féminine, le conjoint ou l’amant est martien, très agressif et assez dépensier.

C’est souvent, d’ailleurs, un autre Scorpion – ou une autre personnalité marquée par le signe (Mars symbolisant le partenaire masculin qui attire la native, surtout s’il est placé en Maison V ou VII).

Au point de vue professionnel, bonne position pour un homme politique, un chef d’Etat, un officier supérieur, un policier, un médecin (docteur Alexis Carrel), un chirurgien, un mécanicien… Sur le plan de la santé, si Mars, en Maison VIII, est mal aspecté, la longévité peut être restreinte par suite de surmenage et d’excès. Les maladies, sous cette configuration, ont souvent un caractère inflammatoire, qui se porte sur les zones vulnérables du Scorpion.

Jupiter en Scorpion

Jupiter, c’est Zeus olympien, paternel et bienveillant, chaleureux et bénéfique : la planète symbole du dieu a un peu les effets réconfortants du Soleil. Elle illumine les ténèbres du Scorpion, comme un guide qui vous fait traverser un angoissant souterrain. Dans la mythologie grecque, Jupiter-Zeus était le frère de Pluton-Hadès d’où l’affinité entre les deux planètes. L’ambivalence « destruction-reconstruction », les valeurs plutoniennes du signe, sont ici axées sur l’aspect positif : renouvellement, reconstruction, surtout si Pluton forme avec Jupiter de bons aspects.

Nature courageuse, puissante, très intuitive et inventive. Confiance en soi, aptitudes réalisatrices : Jupiter, pratique, organise les forces bouillonnantes du Scorpion. Dans la lutte, pour la vie, le Jupitérien du Scorpion est bien armé.

Il a de l’autorité, du bon sens, le sens stratégique aussi. Il ne lâche jamais son morceau.

Parfois, ses entreprises semblent d’une audace insensée, marquées au coin d’un optimisme délirant. Eh bien, à la surprise générale, il ne se casse pas la figure, il réussit (Christine de Suède, Napoléon, Louis XIV !). Son fabuleux optimisme attire la chance. Tout seul, perdu au milieu des tempêtes de la vie, les yeux fixés sur sa bonne étoile, il ne voit qu’elle, et finit par arriver au port. Je crois que cette confiance dans la vie, ce chèque tiré sur la bonté du Bon Dieu, finit par l’attendrir.

Cette chance constante apparaît lorsque Jupiter est mis en valeur dans le thème, comme chez Napoléon, par exemple, où il était conjoint à l’Ascendant, et chez Louis XIV.

Servi par son intuition pénétrante, par son ambition, par sa richesse sensuelle, le Jupitérien du Scorpion s’attelle parfois à des taches gigantesques (Rodin). Les jaloux ne manquent pas. Mais il s’en moque : il a le sens de sa propre valeur.

Jupiter peut être mal aspecté. Dans ce cas, toute sa lumière ne parvient pas à éclairer la caverne obscure du Scorpion. Il se laisse aller à l’égoïsme, au culte du moi, aux excès sexuels. Il devient autoritaire, voire tyrannique, suspicieux, méfiant, croyant toujours qu’on complote derrière son dos. La réussite financière devient plus difficile à cause des dépenses impulsives du natif. S’il recueille des héritages, il les dilapide.

Au point de vue professionnel, excellente position de Jupiter pour une carrière libérale : avocat, médecin, artisan. Le natif a des dons marqués pour l’enseignement, et un bon contact avec les enfants et la jeunesse. Cette planète de finances dans un signe de mort apporte souvent des héritages (cependant ceux-si soulèvent des querelles familiales). La situation professionnelle est généralement stable, car le natif est persévérant dans ses entreprises. Il est capable de redresser des situations désespérées, par exemple de relever une affaire qui périclitait.

Enfin, autre secteur où il peut gagner sa vie : tout ce qui touche aux sciences occultes et divinatoires.

Sur le plan de la santé, Jupiter en Scorpion est une protection contre la mort. Il stimule la résistance aux infections. En principe, c’est un diagnostic de bonne santé de fond (si les aspects sont bons).

Saturne en Scorpion

Puissante position pour cette planète… Saturne, c’est Cronos, le Temps. Et le Scorpion sait comme personne apprivoiser les anneaux du Temps. Il attend patiemment son heure sous son caillou…

Voici ce que donne Saturne en Scorpion :

— Persévérance et ténacité ; discipline des instincts.

— Sens stratégique ; sagacité, ruse, prévoyance.

— Dons d’invention, aptitudes scientifiques.

Saturne est un frein qui oblige le natif à canaliser son énergie. Le Saturnien du Scorpion est un ambitieux, jaloux de son pouvoir et de son indépendance (Giscard d’Estaing, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Mazarin). Il sait parfaitement se défendre et attaquer quand il faut, en visant bien. Ce n’est pas quelqu’un de passif, mais d’énergique et d’actif, dont l’existence, pleine de luttes, progresse régulièrement grâce à des efforts persistants. Il surmonte avec courage des conditions de vie difficiles (le commandant Charcot), et la réussite peut venir assez tard (Adenauer et Mazarin avaient tous deux Saturne en Scorpion au Milieu-du-Ciel). Lorsque la Lune et Mercure l’indiquent, les dons occultes sont certains (voir aussi, plus loin, Neptune en Scorpion).

Saturne dans le signe est un indice de longévité, et retarde la mort.

Saturne semble meilleur dans une nativité masculine. Même bien aspecté, il ne donne pas un caractère très facile au natif, auquel on reproche une certaine rudesse. Tout d’une pièce, aimant les solutions tranchées, autoritaire, il déteste ou adore passionnément, en bloc.

Lorsque Saturne est très affligé dans le thème, ces inconvénients s’amplifient : égoïsme, brusquerie, dureté de caractère, violence, exigences tyranniques… au choix ! Le natif s’attire de nombreuses inimitiés – mais celles-ci ne freinent pas forcément son ascension, tant est grande sa résistance. Il est impopulaire (Mazarin), et plus redouté qu’aimé.

En thème féminin, Saturne dans le Scorpion mal aspecté suscite des problèmes financiers, des tracasseries juridiques, des procès – et afflige la vie affective et sexuelle (disparition d’un homme aimé, mésentente conjugale, comme chez Louis XIII).

Le natif a une vision tragique de l’existence, qui impressionne ses auditeurs (Luther).

Très mal aspectée, la planète pousse à l’aveuglement, au fanastisme… et aussi à l’avarice sordide.

Au point de vue professionnel, esprit scientifique, doué pour la recherche de longue haleine, aptitudes médicales. S’il s’agit de réorganiser complètement une affaire qui périclite, la natif est l’homme qu’il faut. Sa réussite financière est favorisée par le fait qu’il est économe et sobre. Pas de folies avec lui… II réussira dans la chimie, la droguerie, la pharmacie, la mécanique, les industries funéraires et l’archéologie.

Sur le plan de la santé, grande résistance de fond, mais les mauvais aspects peuvent demander une vigilance accrue.

Uranus en Scorpion

Que d’écrivains, de penseurs, de novateurs, sous cette configuration ! Pétrarque, Poe, Giono, Hemingway, Henry Miller, Kant, Racine, Musset, Louis-Ferdinand Céline, Drieu La Rochelle, André Breton, Georges Bataille, Louis Aragon, Barbey d’Aurevilly…

Comme si Uranus en Scorpion poussait vers une célébrité éclatante.

Et des grands astronomes : Copernic, Newton, Le Verrier… Et des aventuriers du ciel : Nungesser, Didier Daurat, Guynemer…. Les yeux fixés sur leur étoile, ce sont des gens qui avancent avec détermination en suivant une idée novatrice. Ils ont le sentiment de devoir lutter pour le progrès. Dans ce but généreux, la révolution ne leur fait pas peur : Uranus détruit l’ordre ancien pour permettre à Pluton de reconstruire le nouveau.

L’Uranien du Scorpion est souvent amené, dans son existence, à se révolter contre la pesanteur des institutions de son temps, contre la dureté des contraintes sociales qui pèsent sur ses contemporains.

Destruction, puis reconstruction. Il y emploie sa forte volonté, toujours stimulée par les obstacles, son ingéniosité, ses dons pour la technologie. Cette position zodiacale donne aux natifs un rôle de détonateur : leurs faits et dires se propagent comme une traînée de poudre (Mao Tse-Toung). Uranus fait éclater le secret du Scorpion. La planète est une puissance de foudre. Dans le Scorpion, qui a aussi une nature magnétique, les résultats sont surprenants. Le natif déclenche la révolte ou la révolution autour de lui ; révolution qui n’est pas toujours militaire, d’ailleurs, elle peut être « culturelle » (avec ou sans guillemets !), religieuse, et prend parfois la forme d’un mode de vie nouveau s’imposant au public.

L’Uranien du Scorpion attire les amitiés actives par sa générosité et son dynamisme.

Ces amis, portés comme lui vers des idées de progrès et de révolution, font avec lui un groupe très agissant, une minorité qui n’a pas peur de remettre en question la civilisation dont elle vit.

Dans ce type de caractère, l’audace et la décision sont privilégiées au détriment des talents diplomatiques. Uranus en Scorpion n’est pas conciliateur. Il est d’autant plus accroché à ses idées qu’il a souvent des dons de double vue prophétiques, qu’un individu terre à terre ne comprend pas… L’intuition Uranienne est démultipliée par celle du Scorpion.

Dans cette position astrale, Uranus mal aspecté est un brûlot permanent, une bombe qui risque de détruire soit le natif, soit son entourage, ou les deux. Les possibilités d’autodestruction sont redoutables.

L’esprit de rébellion – qui est une chose excellente – amène, sous de mauvais aspects, le natif à perdre ses biens, ses affections intimes, sa vie… Le succès est compromis par des manières brutales, un orgueil démesuré. L’être devient explosif, ne se contient plus, agit comme s’il était soumis à une fatalité de destruction et de désintégration (qui vient, en fait, de lui-même !). Son sens critique est excessif ; il se change en tyran et fait régner la terreur autour de lui. Au point de vue affectif, les mauvais aspects de l’astre perturbent la sexualité, en livrant l’Uranien à ses obsessions (docteur Petiot). Il peut être complètement dépassé par ses pulsions sexuelles, ce qui rend impossible une vie familiale normale. Celle-ci était déjà bien aléatoire sous de bons aspects, car Uranus n’a pas le génie de l’intimité : les amis, l’aventure et la révolution passent en priorité avant le foyer, et celui-ci est détruit. Le destin est en à-coups brusques, en montagnes russes… ou chinoises ! Coups de chance, revers inattendus, rétablissements surprenants, la monotonie est absente de ce genre de vie. Visionnaire, écorché vif, individualiste, le natif refuse de s’aligner sur les idées de son entourage (Rommel, Mao). Si celles-ci sont étroites ou périmées, il a bien raison de s’insurger.

Mais sous de mauvais aspects, il risque de ne pas écouter les avis de bon sens, et de s’embarquer dans des folies aux conséquences dramatiques. Cette disposition d’esprit anti-conformiste fait de lui un polémiste acide ou un marginal qui se bat contre les moulins à vent.

Au point de vue professionnel, sous de bons aspects, la réussite est facilitée dans n’importe quel métier demandant de la générosité, de l’esprit d’entreprise, des initiatives.

Cette forme d’esprit convient mieux aux carrières libérales, où l’on n’est pas salarié : médecin, avocat, écrivain, politicien, scientifique. Les gains ou les pertes de capitaux sont imprévisibles. Sous de mauvais aspects, l’élévation du natif est difficile : il détruit lui-même sa chance, fait se dresser devant lui des obstacles inattendus.

Neptune en Scorpion

Affinité entre cette planète de rêve et d’imagination, et notre Scorpion, naturellement attiré par l’étrange, le fantastique, le mystère.

Les Neptuniens du Scorpion sont médiums, clairvoyants, ils ont des dons occultes, s’intéressent aux problèmes de l’au-delà. Mystiques, artistes, sensibles, intelligents, ils devinent tout ce qu’on leur cache. Ils travaillent dans le secret, s’enfermant à double tour dans leur chambre ou leur bureau, sans confier à personne leurs projets et leurs travaux.

Dans cette configuration, les forces invisibles se mettent au service de la création (Balzac : Neptune en Scorpion conjoint au Fond-du-Ciel ; Ferdinand de Lesseps : Neptune conjoint au Soleil). Le natif porte en lui tout un monde de rêves, une inspiration très forte qui se concrétise, débouche sur une création grâce à l’énergie du Scorpion (surtout lorsque Pluton vient appuyer Neptune). La planète, puissante dans ce signe, pousse le natif dans des voies extraordinaires, en très bien ou en très mal, en ange ou en démon…

Le mystère caché derrière cette personnalité fascine autrui. Du natif se dégage une aura souvent très perceptible. La sexualité du Scorpion prend avec Neptune une grande séduction et une grande importance. Le natif n’est pas toujours conscient de la puissance des forces qu’il porte en lui. Tout dépend de la façon dont il les utilisera (Louis XIV avait Neptune conjoint à l’Ascendant en Scorpion).

Car Neptune en Scorpion affligé porte vers la drogue, les stupéfiants, la boisson, le spiritisme (Victor Hugo et Allan Kardec). La puissante créativité du natif demeure, mais elle se met au service des forces de mort. Le Neptunien surprend alors sa famille et ses amis par ses engouements bizarres, il adhère à des sectes plus ou moins délirantes…

Avec de mauvais aspects de Vénus et de Mars, Neptune entraîne à des perversions sexuelles. Le natif doit contrôler son imagination, devenue la vraie folle du logis. Les forces invisibles le trahissent, s’il n’y prend garde. Il perd ses héritages, ses biens, sa santé, son temps…

Au point de vue professionnel, Neptune bien aspecté, surtout en Maison VI, est très propice aux artistes, aux chimistes, aux médecins (surtout les médecines naturelles, en particulier homéopathie, acupuncture, hydrothérapie).

Les dons de déduction et d’investigation, l’intuition médiumnique trouvent leur emploi dans les sciences occultes, la psychologie et la psychanalyse, l’astrologie et l’astronomie (Copernic), mais aussi dans la police, les services secrets et le renseignement ! Machiavel était né sous cette configuration !

Sur le plan de la santé, tous les auteurs sont unanimes : Neptune en Scorpion mal aspecté amène une mort entourée de mystère (a fortiori si la planète est en Maison VIII !).

Les accidents dus à l’eau sont fréquents. Les mauvais aspects de Neptune ralentissent l’activité hormonale de certaines glandes, entraînant diverses maladies témoignant d’une intoxication ou d’une infection.

Comment interpréter les dans les Maisons Signes

Le Scorpion dans les Maisons

Scorpion en Maison I

Le Scorpion en I est à l’ Ascendant. Même s’il est vide de planètes, il marque profondément le natif.

Je rencontre des gens tout fiers qui me disent : « Oh moi, Dieu merci, je ne suis pas Scorpion, quelle horreur ! Je suis seulement Ascendant Scorpion. » Ils ignorent l’importance capitale de l’Ascendant qui modifie toujours beaucoup les autres signes solaires. Ce Scorpion en première Maison donne une bien plus grande énergie au natif ; il étoffe sa personnalité de cette âpreté, de cette persévérance, de cette volonté de puissance qu’ont les gens du signe. Le sujet lutte contre le groupe pour s’imposer. Actif, entreprenant, il tend à diriger les siens au point de devenir parfois tyrannique. Il profite des révolutions, des situations conflictuelles – qu’il sait, d’ailleurs, provoquer – pour en sortir vainqueur. Passionné mais très lucide, l’ Ascendant Scorpion donne du réalisme, du courage… et le pardon difficile.

Toute planète située à l’ Ascendant prend donc une valeur dominante, surtout si elle est angulaire (conjointe à ce même Ascendant). Pour le détail des planètes en Scorpion, en Maison I reportez-vous au chapitre : « Comment interpréter les Planètes dans les Signes ». Leur position en Maison I ne fait que renforcer les interprétations que j’en ai déjà données.

Scorpion en Maison II

Dans ce secteur concernant les biens du natif et son aptitude à acquérir (ou à perdre), le Scorpion n’est pas trop mal placé. Son réalisme et son activité persévérante lui assurent souvent un bon job, assez stable, parfois même assez brillant.

Réussite dans les professions de Mars et d’Uranus (militaires, ingénieurs, hommes politiques, inventeurs, aviateurs, techniciens dans les secteurs de pointe).

La fortune peut être amassée secrètement… Pas trop déclarée et déposée en Suisse ! Si le thème indique des possibilités d’héritages, cette position les renforce. Mais quelle âpreté dans les gains ! Et ces jalousies ! Sous de mauvais aspects, seulement. Le Scorpion n’est pas avare : il dépense à la fois de façon impulsive et avec une arrière-pensée, Il est souvent généreux.

Scorpion en Maison III

Cette Maison renseigne l’astrologue sur l’intelligence du natif, sur ses capacités à établir des relations de cause à effet, sur son agilité d’esprit. Egalement, dans cette Maison, les relations avec tout ce qui est proche : entourage, frères et sœurs, voisins, petits voyages…

Le Scorpion, dévoré de curiosité et malin comme un singe, n’est pas mal situé dans cette Maison. Curiosité scientifique, vocation de chercheur (chimie, biologie, parapsychologie…), aptitudes à la littérature, au journalisme, à l’enseignement, on peut trouver cela dans un Scorpion en Maison III.

Scorpion en Maison IV

Ici est logé tout ce qui concerne le foyer du natif : sa famille d’origine, son père, sa mère, les biens de la famille ascendante ; la famille dans laquelle il vit, son patrimoine ; et enfin sa vieillesse.

Le Scorpion dans cette Maison donne une ambiance assez dure où le natif est contraint de refouler ses instincts. Ce n’est pas une position très favorable pour le foyer. A moins de très bons aspects, on peut craindre des divergences familiales très vives, toutes espèces de ruptures violentes, un divorce… Le foyer est malheureux ou négligé. Le natif peut être orphelin de père ou de mère, ou éprouver un deuil à son foyer. Les valeurs du Scorpion sont trop différentes de celles symbolisées par la Maison IV : notre animal n’est pas, en principe, très doué pour l’intimité bourgeoise. Le Scorpion en Maison IV n’est pas favorable aux biens immobiliers et au patrimoine familial, qui souffre de l’ambiance tendue du foyer. La fin de vie est peu heureuse. Cependant, ne dramatisez rien, avec de bons aspects ce pessimisme de principe peut s’atténuer. Le Scorpion en Maison IV accorde d’intéressantes possibilités de création en fin de vie, et une vie sexuelle maintenue jusqu’à la mort – facteur de jeunesse pour l’individu.

Scorpion en Maison V

Drôle de panier où la Tradition jette pêle-mêle les enfants, les amours (non légalisées), les spéculations boursières ou financières, les loisirs, les désirs, les réalisations, les publications, les jeux… Cela surprend notre logique rationaliste du XXe siècle, mais on constate tous les jours que la Tradition a ses raisons… Et que cela marche très bien !

Le Scorpion, lui, ne marche pas très bien dans cette Maison, trop légère pour lui. Du point de vue des enfants, pourtant, cela peut être favorable parce que notre Scorpion assume vaillament son rôle de parent. Cependant, ses enfants, s’ils sont brillants, sont parfois difficiles de caractère ou de santé fragile. En thème féminin, les mauvais aspects prédisposent aux grossesses et accouchements pénibles. La sexualité du Scorpion en Maison V est puissante : passions intenses et jamais platoniques. Les impulsions sexuelles, violentes et incontrôlables, amènent des ruptures brusques après lesquelles l’amour peut se changer en haine. Les auteurs « anti-Scorpion » insistent lourdement sur les « curiosités perverses », « abus sexuels », « aventures honteuses » et « débauches »…. Avant de coller ces étiquettes sur le dos d’un malheureux, regardez bien l’ensemble du thème, dans quelle position céleste se trouvent les maîtres du Scorpion, quels sont leurs aspects, etc. Il arrive plus souvent que le Scorpion hébergé en Maison V donne surtout une grande séduction, une sensualité très forte et une vie sentimentale mystérieuse…

Scorpion en Maison VI

A l’entrée de cette Maison, je vois affichée une pancarte : « Travaux et maladies ». On fait demi-tour ? Non, quand on est Scorpion, on a tous les courages, on continue pour voir !

La Maison VI n’est pas un palais, c’est plutôt une usine ou hôpital. Le Scorpion, là-dedans, travaille bravement, le pauvre, à des travaux assez durs ; mais il finit par s’en sortir, surtout dans ses domaines préférés : médecine, chirurgie, pharmacie, psychiatrie et anti-psychiatrie, police, recherche scientifique… Cette situation astrale donne des subordonnés difficiles à commander et, pour le sujet une peine infinie à s’élever jusqu’aux tout premiers postes. La santé n’est pas très brillante : maladies du Scorpion (voies génito— qui n’est jamais un urinaires) et de Mars (cœur, appareil circulatoire). Le Scorpion – a tendance à se surmener. Avec des dissonances tire-au-flanc, rendons-lui cette justice graves de Mars, il se surmène tant que la fatigue le rend vulnérable aux accidents du travail, aux risques d’opérations, aux dépressions.

Scorpion en Maison VII

Ces auberges-là, suivant le proverbe, il y en a de bonnes, il n’y en a pas d’exquises : c’est le mariage. Le portrait de votre partenaire ou conjoint se trouve sur la Maison VII (pour le conjoint no 2 voyez la Maison IX, et pour le no 3, la XI). Dans cette Maison, également, on peut apprécier les contrats que signe le natif, ses relations avec la société, ses ennemis (échec de ses relations avec autrui).

Le Scorpion en Maison VII décrit un conjoint difficile, pas forcément du signe solaire du Scorpion, mais marqué par Mars, Pluton et Uranus. Ni souple, ni accommodant, jaloux et agressif. Beaucoup de discussions et de bagarres en perspective. Cependant, le mariage tient grâce à un attrait physique réciproque. Les conjoints ont des relations physiques fréquentes. Le partenaire indiqué par le Scorpion en Maison VII est très attaché à ses enfants. Finalement, le mariage est plus solide qu’on ne le croit, et le conjoint, fidèle et dévoué. Sous de bons aspects, le divorce n’est pas plus à craindre que dans d’autres signes. Le mariage se dissout plutôt par la mort de l’un des partenaires que par un divorce.

Les mauvais aspects dans cette Maison sont, bien entendu, catastrophiques : destruction du mariage par mort prématurée du conjoint. Conjoint trop exigeant sexuellement, ce qui torpille sûrement l’entente du couple. Jalousie ravageuse… Le natif, tenté par des associés actifs et entreprenants, a bien des déboires avec eux.

Prudence, donc, en ce domaine, si vous avez le Scorpion en Maison VII : faites plutôt cavalier seul. Vos ennemis sont venimeux et violents. Heureusement, vous les voyez venir.

Scorpion en Maison VIII

Sur la carte du ciel, chaque Maison correspond à un signe : ainsi la Maison I correspond au Bélier. C’est le lieu où le soleil se lève, le commencement du jour, qui correspond par analogie avec le commencement de l’année sous le Bélier. La Maison II correspond au Taureau, la III aux Gémeaux, etc. Ainsi de suite jusqu’à la Maison VIII, qui correspond analogiquement au Scorpion.

Dans cette Maison est localisé tout ce qui touche à la mort du natif et, aussi, tout ce qui se rattache à la mort des autres, lorsqu’elle le concerne : héritages, par exemple. Par analogie avec le Scorpion, cette Maison renseigne aussi sur la sexualité du natif (selon certains auteurs).

Le Scorpion en Maison VIII donne, selon la Tradition, une mort très dure ou précédée d’une agonie douloureuse. Le Bélier à l’Ascendant est pour quelque chose dans la mort rapide et violente qui survient parfois.

En revanche, c’est une position favorable aux héritages et aux professions concernant la mort. Le natif s’intéresse vivement aux sciences occultes et a des dons pour communiquer avec l’au-delà.

Scorpion en Maison IX

La Tradition est un peu floue sur le contenu de la Maison IX. On a l’impression que c’est un fourre-tout dans lequel nos illustres ancêtres astrologues ont casé tant bien que mal tout ce qu’on n’avait pas pu mettre ailleurs : inspirations et aspirations religieuses, philosophiques, idéaux, grands voyages, etc. Tout ce qui est lointain. La Maison IX se comprend mieux par référence au Sagittaire, cet homme de désir, ce chevalier errant, qui a toujours envie d’être ailleurs, plus haut, plus loin, plus brillant…

Le Scorpion n’est pas si mal hébergé dans cette Maison, qui oriente son esprit vers les sciences de la vie et de la mort : biologie, physique, thanatologie, occultisme et, même, astrologie ! Le Scorpion en Maison IX aime la recherche scientifique et s’y applique souvent avec passion. Mais ce qu’il adore par-dessus tout, ce sont les théories farfelues sur « la vie après la mort ». Cela peut le rendre mystique, réfléchi, rêveur, philosophe… Les voyages, dans cette Maison et pour lui, sont à hauts risques mais il aime ça, justement ! (Par exemple, Henri de Monfreid). Aventures, expéditions scientifiques ou « coloniales » lui réussissent finalement souvent bien. Le Scorpion en Maison IX apporte une vive passion et un courage déterminé à toutes ses recherches.

Scorpion en Maison X

Le Milieu-du-Ciel est un « angle » important du thème et toute planète, tout signe qui s’y trouve, prend un relief particulier. On regarde le Milieu-du-Ciel en levant les yeux : c’est le zénith, le point le plus haut où monte le Soleil dans sa course quotidienne : il indique les possibilités de réussite sociale et professionnelle du né. En opposition à la MaisonLeMilieu-du-Ciel est aussi, accessoirement, la Maison de la mère du IV – celle du père natif.

Les gens célèbres, ceux qui ont brillamment réussi dans leurs entreprises, ont presque toujours un Milieu-du-Ciel soit habité par un amas de planètes, soit occupé par une seule planète dignifiée et très aspectée ; ou encore un signe, mis en valeur par le reste du thème, attire l’attention sur ce Milieu-du-Ciel.

Le Scorpion en Maison X donne beaucoup d’atouts pour la réussite : un solide réalisme, une grande perspicacité qui permettent de juger sainement les gens et les situations.

Le don de la stratégie, la combativité, l’autorité, le pouvoir d’influencer autrui. C’est l’une des meilleurs auberges pour notre Scorpion : réussite dans les carrières politiques (comme Mao Tse-Toung), juridiques, dans la justice, la police. Egalement bon pour les et les astrologues ! Médecine, chirurgie, recherche artistes, les écrivains, les journalistes… scientifique conviennent aussi très bien à ce Milieu-du-Ciel en Scorpion.

Les périodes de troubles, les révolutions et les bouleversements ne nuisent pas au natif, qui en profite même. Il appuie sa réussite sur la destruction d’une idée, d’un régime politique, ou d’un ordre ancien, qu’il reconstruit. La réussite professionnelle impose une lutte le très dure dans laquelle seuls arrivent ceux qui s’accrochent de toutes leurs forces : caractère dur et déterminé du Scorpion lui assure la victoire.

Scorpion en Maison XI

Espace, liberté, égalité, fraternité… C’est le sens de la Maison XI, qui correspond analogiquement au signe du Verseau. Celui-ci est donc le signe de l’amitié, des mass-média, des idées généreuses, plus ou moins révolutionnaires. Amitiés, désirs et projets, publicité, tout ce qui circule sur les ondes rentre dans cette Maison.

Le Scorpion apporte une coloration particulière à la Maison XI. Certains auteurs lui octroient peu de popularité mais cela dépend des planètes qui s’y trouvent hébergées, des aspects reçus, etc. Le natif est adoré et détesté, admiré et jalousé : la vie amicale est un parcours de combattant ! Il peut aussi rester dans l’ombre, être tout à fait méconnu et incompris de ses contemporains. Ses amis sont sincères et fidèles. Dans toutes les amitiés du Scorpion en Maison XI, il existe, à la base, une attirance ou une répulsion viscérale très vive. Il n’imagine pas, par exemple, qu’une amitié puisse exister entre un homme et une femme, sans un attrait sexuel de fond (lequel peut, bien sûr, être sublimé).

Scorpion en Maison XII

Il existe des affinités entre la Maison XII et le signe du Scorpion, mais ce sont des « affinités négatives » : tout le côté ténèbres, mort et mystère du Scorpion correspond à la et pas très heureux ! Hôpitaux, signification de la Maison XII : ce qui est caché, secret… prisons, asiles, exils, longues maladies, claustration volontaire ou non, ennemis secrets, suicide, occultisme, épreuves douloureuses relèvent de cette Maison. Aussi, ne faut-il pas s’étonner du pessimisme des interprétations traditionnelles. Avec le Scorpion •en Maison XII, le natif doit compter quelques solides inimitiés. Il suscite des jalousies tenaces, d’autant plus dangereuses qu’elles sont hypocrites. Il est l’objet de calomnies et souvent trahi par ses collègues de travail. Heureusement, le natif a ce qu’il faut pour se défendre !

Il peut être aussi victime d’une campagne de dénigrement systématique, parfois d’envoûtement. Du point de vue de la santé le sujet est particulièrement vulnérable aux maladies du signe lesquelles entraînent, plus qu’en aucune autre Maison, des hospitalisations et des opérations (avec Mars mal aspecté). Les maladies chroniques sont, ici, particulièrement pesantes.

Pourtant, avec un bon thème et pas de mauvais aspects, cette position est très favorable à une brillante réussite professionnelle dans le domaine médical (chirurgie, biologie) ou para-médical (psychiatrie, psychologie).

La Lune Noire

La Lune Noire n’est pas une planète, c’est un point vide : le deuxième foyer de l’orbite lunaire.

En effet, la Lune ne décrit pas un cercle autour de la Terre, mais une ellipse allongée. Cette ellipse a donc deux foyers, ou centres, dont l’un est la Terre et l’autre un point vide de l’espace, que l’on appelle la Lune Noire.

Quelle importance peut-on lui accorder en astrologie ? L’unanimité ne s’est pas encore faite chez les astrologues. Certains pensent que la Lune Noire est inutile, que l’on peut très bien interpréter un thème correctement sans aller chercher ce point mystérieux qui n’est même pas une planète. D’autres pensent que la Lune Noire donne des indications tellement précieuses qu’il serait impossible de s’en passer…

J’ai remarqué que l’étude de la Lune Noire suggère immédiatement, dans un thème, le problème de fond du natif. Bien entendu, ce problème est indiqué par ailleurs dans tout le reste du thème – mais la Lune Noire met le doigt dessus avec une intensité parfois frappante. C’est une grande aide dans le travail d’analyse d’un thème.

La Lune Noire est donc un vide, et un vide douloureux (puisque « la nature a horreur du vide »). Elle symbolise une épreuve, une traversée du désert, à l’issue de laquelle le natif trouve enfin sa voie.

La Lune Noire représente aussi la sexualité, dans ce qu’elle a de plus redoutable et de plus difficile à assumer. L’adjectif « noir » fait mieux comprendre qu’il s’agit de forces souterraines, invisibles, à la racine même de l’être. Aussi la Lune Noire a-t-elle beaucoup d’affinités avec Pluton, maître du Scorpion. Quand elle se trouve dans ce signe, elle libère d’énormes énergies.

La Lune Noire en Scorpion signe un être de passion, puissant et créateur, livré à des démons intérieurs, ravagé de luttes intimes dont l’entourage ne se doute pas, Le natif ne peut devenir lui-même qu’au prix d’une destruction, d’une révolte radicale, d’un sacrifice douloureux. A la suite de quoi, il reconstruit, et retrouve son équilibre.

La très forte sexualité du natif s’exprime parfois dans des dons artistiques ou littéraires, par une intense créativité. Avec Pluton, la Lune Noire exprime les problèmes sexuels du thème. Lorsqu’elle forme de mauvais aspects avec Pluton, Mars, Uranus et Vénus, l’être peut devenir sadique, pervers, obsédé ; il risque d’être prisonnier d’une sexualité complètement déviante et destructrice.

Le Soleil en Scorpion avec la Lune Noire sur l’Ascendant prédispose parfois (mais parfois seulement) à l’homosexualité.

 

 

Sagittaire

Le Signe du Sagittaire

22 Novembre – 22 Décembre

par

Solange Dessagne et Jacques Halbron

La Symbolique du Signe

Un barbarisme…

Avoir traduit le latin sagittarius par Sagittaire constitue ce que les professeurs de langue appellent un barbarisme.

En effet, il ne se justifie pas, puisque nous disposons tout simplement en français du mot archer, qui est l’exacte traduction de sagittarius.

Cette façon de procéder relève, en vérité, du pur pédantisme, car au Moyen Age on avait bel et bien adopté le français « Arc », tout comme le Cancer se nommait alors Écrevisse.

Pourquoi cette latinisation tardive qui touche, au bout du compte, quatre signes : les Gémeaux (au lieu des Jumeaux), du latin gemini, le Cancer et, à l’autre extrémité du Zodiaque, le Sagittaire et le Capricorne (de capricornus : la chèvre)? Autour du symbole du Sagittaire ont pu se greffer divers thèmes qui constituent, pour ainsi dire, des sous-signes, des signes à l’intérieur du signe : l’Archer, le Cavalier, le Cheval, le Centaure, la Flèche. C’est une véritable constellation de significations d’où il faut s’efforcer de faire jaillir l’archétype Sagittarien

Signe de Feu

On peut déjà définir le Sagittaire comme un signe de Feu, qui serait mutable alors que le Lion serait fixe et le Bélier cardinal.

Ces qualificatifs sont liés aux saisons : le Lion est dit fixe parce qu’il se situe au cœur d’une saison, en l’occurrence l’été; le Bélier est dit cardinal (du latin cardo, le gond) parce qu’il ouvre les portes du printemps.

Enfin, le Sagittaire est dit mutable parce qu’il prépare l’hiver : en effet, à cette période de l’année, on n’a pas franchi le solstice, le Soleil n’est toujours pas parvenu au niveau du tropique du Capricorne, les jours les plus courts et les nuits les plus longues sont encore à venir.

Signe double

Il faut ensuite souligner à quel point le Sagittaire est double : quatre pattes bien plantées dans le sol marquent son sens du réel, son équilibre, son pragmatisme solide et efficace, en même temps que sa rapidité dans l’action (pattes de cheval); deux bras levés et tendus par l’effort vers un but précis que lui seul connaît – au-dessus de la montagne, entre les nuages et le ciel – suggèrent son idéalisme, sa volonté de se surpasser, d’atteindre les sommets, non pas du pouvoir humain comme le Scorpion ou le Capricorne, mais de la force absolue, suprême, quasi divine.

Il s’agit d’une direction, d’un champ de conscience, d’un désir, donnés par le regard, puis par le geste que les pattes vont accomplir.

N’oublions pas que le cheval a été l’un des animaux les plus difficiles à domestiquer à cause de sa violence et de sa rapidité; qu’aujourd’hui encore, il reste « l’instrument » de mesure des monstres automobiles.

Le seul frein du Sagittaire – car il y en a un – c’est ce qui à première vue peut paraître une force : son arc et sa flèche, tendus vers l’objectif qu’il s’est assigné. Car cet objet, instrument de sa volonté, de son ambition, de son projet au sens large du terme, limite l’envergure de son mouvement, donne nécessairement une fin à son parcours : la flèche est tributaire de la force qu’il lui confère en bandant son arc et elle ne va jamais aussi loin qu’il le veut. Cette arme marque donc l’incapacité du signe à sublimer ses forces physiques. Le Sagittaire est intimement dépendant de l’objet, donc de la Terre. C’est un réalisateur, contrairement au Verseau qui, libéré des moyens physiques, est par nature un grand concepteur, projeté corps et biens dans l’avenir.

Le Symbolisme jupitérien

La planète Jupiter

Nul mieux que Marcelle Sénard ne décortiquera l’hiéroglyphe utilisé pour désigner la planète Jupiter, demeure du maître de l’Olympe. Comment comprendrait-on l’idée que l’on s’est forgée du Sagittaire sans prendre en ligne de compte son « patron » Jupiter? L’hiéroglyphe planétaire de Jupiter s’inscrit par la croix Espace-Temps-Matière + surmontée à gauche de l’hyperbole ) : Tension vers et Réceptivité à l’illimité. Hyperbole se dit en grec uperbole, de uper : au-delà de, et ballo : lancer, jeter, atteindre. Par l’hyperbole et la tension vers l’illimité, la croix de la matière est entraînée, lancée; elle atteint ce qui lui est supérieur. L’hyperbole de Jupiter a ainsi le même sens que la flèche du Centaure.

Le dispositif des domiciles a réparti les douze signes du Zodiaque entre les sept planètes connues de l’Antiquité : Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, selon le principe suivant : au sommet, le Cancer et le Lion, les deux premiers signes estivaux, puis les cinq planètes qui ne sont pas en même temps des luminaires et qui maîtrisent chacune deux signes :

Soleil Lion

Mercure Vierge

Vénus Balance

Mars Scorpion

Jupiter Sagittaire

Saturne Capricorne

Cancer Lune

Gémeaux Mercure

Taureau Vénus

Bélier Mars

Poissons Jupiter

Verseau Saturne

On voit donc que Jupiter domine non seulement le Sagittaire mais aussi les Poissons. Pourtant, Jupiter est vraiment, au premier chef, l’astre des Sagittariens. En effet, le Sagittaire n’a pas d’autre planète que Jupiter tandis que les Poissons disposent de deux autres, Neptune et Vénus.

Si l’exaltation d’Uranus a été conférée au Scorpion et celle de Neptune au Lion, on attend patiemment de savoir quelles seront les exaltations du Sagittaire.

La naissance de Jupiter

Jupiter, dans la mythologie, est le souverain suprême, dans un Olympe où le Soleil, Apollon, n’est qu’un dieu parmi d’autres. C’est Jupiter qui incarne le pouvoir. Pour cela, il a dû lutter contre son père Saturne qui, souhaitant la mort de ses enfants, les dévorait. Mais son épouse, Rhéa, avait voulu épargner son fils Jupiter en lui substituant une pierre. Saturne n’y vit que du feu. Jupiter grandit, allaité par la chèvre Amalthée et, un jour, il vengea et délivra ses frères. C’est de cet acte héroïque que vient la légitimité de son pouvoir. Il est le chef d’un clan, d’une tribu, entouré de ses frères, fils et petits-fils.

Comme l’écrit Philippe Metman (les clan, d’une tribu, entouré de ses frères, fils et petits-fils. Comme l’écrit Philippe Metman (les Astres et la destinée, 1949, p. 53) : « Etre semblable à Zeus, c’est, dans le vrai sens du mot : pouvoir aller sans crainte au-devant du danger, pouvoir sans haine anéantir ses ennemis, pouvoir aimer sans faiblesse, [être] juge situé au-dessus des événements et au-dessus des partis. Comme réconciliateur des tribus et de leurs dieux sous sa puissance, il fut honoré sous le nom de Zeus-Pandemos. »

Certes, le symbolisme du dieu Jupiter-Zeus n’est pas aussi net qu’on pourrait le souhaiter. Comment oublierait-on, cependant, ses multiples aventures sentimentales qui le contraindront à se déguiser en taureau ou en aigle. Aussi, note Oswald Wirth (le Symbolisme astrologique, Dervy, 1973, p. 15) : « En amour, le Jupiter de l’astrologie n’a rien du volage époux de Junon. C’est un père de famille exemplaire, soucieux de faire le bonheur des siens. »

Le sens de Jupiter : la vue

Jupiter, à notre avis, est une planète liée à la vue, parce que liée au Feu. Si l’on s’efforce de traduire, en effet, les quatre éléments en termes sensoriels, on obtient le résultat suivant : Le Feu est l’élément le plus visuel dans la mesure où il apparaît même la nuit, tandis que les trois autres – Terre, Air et Eau – se confondent dans l’obscurité. Pour la Terre, on trouvera une correspondance avec le goût (qui se nourrit de produits de la Terre) ; pour l’ouïe, on proposera l’Air qui inspire les instruments à vent. Enfin, pour l’odorat, il reste l’Eau qui fixe les parfums. Cette corrélation est précieuse: les sens renseignent sur les habitudes de l’existence.

Si Jupiter est lié à la vue, dans la mesure où il domine le Sagittaire, signe de Feu, nous. Si Jupiter est lié à la vue, dans la mesure où il domine le Sagittaire, signe de Feu, nous comprenons pourquoi l’Archer « vise » la cible et pourquoi le Sagittaire est considéré comme un signe prophétique, visionnaire. Le Lion solaire, autre signe de Feu, incarne à sa façon la vue, par la recherche du brillant, du panache, de l’éclat (dans tous les sens du terme), tandis que le Bélier martien fait des étincelles en cognant contre les murailles à la façon de l’instrument qui porte son nom. La lumière jupitérienne éclaire les horizons, elle est vraiment celle qui perce les ténèbres.

Jupiter fort chez les hommes de théâtre

D’ailleurs, la statistique vient au secours de la mythologie : en effet, Jupiter est l’une des quatre planètes, avec Saturne, Mars et la Lune, qui ressortent des contrôles statistiques réalisés depuis le début des années 50 par Michel Gauquelin.

Les recherches de ce psychologue français ont porté sur des dizaines de milliers de dates de naissance. Il a procédé à partir de catégories professionnelles et s’est demandé si des personnes ayant réussi dans une même branche présentaient quelque dénominateur commun d’ordre astrologique.

Après avoir infirmé bien des pseudo-lois proposées par ses devanciers, il a pu déboucher sur un terrain plus tangible : pour tel métier, une certaine planète semblait apparaître selon une fréquence supérieure aux probabilités. Pour les champions sportifs, Mars se levait ou culminait à la naissance; pour les écrivains c’était, la Lune, pour les savants, Saturne et pour les hommes de théâtre, Jupiter.

Les correspondances poétiques du Sagittaire

Manilius, auteur latin du Ier siècle de l’ère chrétienne, a composé un poème astrologique, l’Astronomica, très marqué par le rôle des étoiles fixes.

Voici ce qu’il écrit à propos du Sagittaire:

« Le Sagittaire suit [le Scorpion]; avec son cinquième degré, on voit lever la brillante étoile Arcturus. La fortune ne craint pas de confier ses trésors à ceux qui naissent sous cet astre; ils sont destinés à être les dépositaires des finances des rois et du trésor public, à régner sous l’autorité de leurs princes, à être leurs principaux ministres, ou à être chargés des intérêts du l’autorité de leurs princes, à être leurs principaux ministres, ou à être chargés des intérêts du peuple, ou à être intendants des grandes maisons, à borner leurs occupations aux soins qu’ils prendront des affaires d’autrui. »

Magnanime, loyal, réservé

Enfin, apprenons ce que dit du Sagittaire un astrologue anglais du XVIIe siècle, William Lilly, dans sa Christian Astrology (1647) :

« Les manières et les actions quand Jupiter est bien placé : alors, il est magnanime, loyal, réservé, aspirant à des matières élevées, dans toutes ses actions recherchant une solution équitable, désirant le bien de tous, faisant des choses glorieuses, honorable et religieux, d’un commerce doux et affable, tolérant pour sa femme et ses enfants, respectant les hommes âgés, c’est un grand secoureur des pauvres, plein de charité et de sainteté, libéral, détestant toutes actions sordides, juste, sage, prudent, reconnaissant, vertueux.

« …Quand Jupiter est infortuné, alors le Sagittaire gaspille son patrimoine, se laisse escroquer par tous, il est hypocrite en religion, obstiné et inflexible pour soutenir de fausses thèses en matière religieuse.

C’est un homme sans éducation, sans soin, ne sachant pas se faire des amis, d’une capacité grossière et lente, schismatique, s’abaissant à toutes les compagnies, se déshonorant sans nécessité. »

Les poètes modernes face au Sagittaire

Il n’a guère été question des diverses analogies qui existent entre notre signe et les plantes, les couleurs, les parfums, etc. L’astrologie actuelle a fini, le plus souvent, par se désintéresser de ces corrélations, souvent mal expliquées et mal explicables. En revanche, cet aspect de l’astrologie a pu séduire certains poètes. C’est pourquoi nous leur demanderons de présenter le catalogue des correspondances zodiacales propres au Sagittaire. Ils sont deux, Max Jacob et Léon-Paul Fargue.

Max Jacob, poète qui mourut pendant la Seconde Guerre mondiale, auteur du Cornet à dés et de bien d’autres poèmes, rédigea dans les années 30 un Miroir de l’astrologie qui, remanié, sortira en 1949 (NRF – Gallimard, en collaboration avec Claude Valence).

Laissons-lui la parole :

« Analogies du [Sagittaire] :

Le lévrier, le fox-terrier, le zèbre, le cerf, l’auroch, le frêne, le cormier, le coing, la poire, la pêche, la verveine, l’oeillet.

Les haras, les sports élégants, les lieux privilégiés et mondains, les objets de luxe en cuir.

Les dandys.

Les fonctionnaires.

Pierres : l’hyacinthe, l’escarboucle.

Métal : l’étain.

Couleurs (gaies, vivantes et saines) : les jaunes.

Parfums : la bergamote et le cédrat, la jacinthe.

Résonance : le saxophone. »

Quant à Léon-Paul Fargue, contemporain du précédent (il collabora avec lui à un ouvrage de poésie), il donne aux natifs du Sagittaire ces quelques conseils :

« Pour vous tous dont le sort se détermine sous les traits du quadrupède à face humaine, habillez-vous de bleu, arborez les palmes académiques, le violet vous étant tout autant propice, ou bien cherchez-le dans les yeux – ô l’Oméga – de l’être aimé qui ne devra pas s’avouer sujet de la Vierge.

« Faites collection d’étains; accordez toute confiance au jeudi, consacrant le mercredi à la lecture soit de Montaigne, soit de Simenon, soit de la cote [en bourse] si mieux vaut ce jour-là ne rien entreprendre.

« A votre annulaire, il sera bien que se remarque, modérément, une simple turquoise montée sur argent. Votre soin capital sera d’en passer commande un jeudi, votre jour de chance, à l’heure de Jupiter, soit, au cadran de l’Horloge planétaire, sous le signe correspondant à trois heures de l’après-midi.  » (Les Quat’Saisons. Astrologie poétique, Ed. de l’Astrolabe, Paris, 1947.) Hélas, le métal du Sagittaire, étant celui de Jupiter, n’est pas très glorieux: ce n’est que de l’étain.

Ici, le Lion retrouve de l’ascendant puisque l’or lui est affecté grâce à son patron, le Soleil.

Quant à la plante du Sagittaire, elle est tout indiquée : c’est la centaurée, qui possède des vertus curatives.

La Mythologie du Signe

Un Archer ou un Centaure?

Rappeler que le Sagittaire est un Centaure ne fait qu’illustrer la complexité du champ mythologique de ce signe. Quel rapport existe-t-il, en effet, entre un Archer et un Centaure? Prenons la description de Philippe Metman (les Astres et la destinée : les mythes grecs; l’astrologie et la conduite de la vie, Payot, 1949) : « Ses quatre jambes de cheval se tendent, largement écartées, et fièrement son buste humain s’allonge hors du corps animal. Ses muscles se gonflent lorsqu’il bande son arc. Et pendant que, de la force de son corps entier, il lance sa flèche, il penche la tête en arrière et le pénétrant regard de chasseur de ses yeux qui visent jette des éclairs sur ses ennemis indomptables. »

Pour y voir plus clair, il importe de restituer Archer et Centaure dans le monde de la mythologie… D’emblée, le Centaure semble lié aux flèches de l’Archer, non pas comme sujet mais comme objet.

On assiste à la naissance de deux constellations où les Centaures jouent leur rôle : la première est celle du Centaure Chiron qui, blessé par une flèche perdue d’Hercule, pria les dieux de faire cesser cette insoutenable souffrance.

Pour cela, il était prêt à renoncer à son privilège d’immortalité. Chiron, le Centaure, fut considéré comme un puits de sagesse par les hommes de l’Antiquité. Ceux qui passèrent par lui acquirent la renommée : Achille (au talon fragile); Jason, qui conduisit l’expédition des Argonautes; Enée le Troyen, qui donna naissance à la ville de Rome; Esculape, le père de la médecine, etc. Les dieux devaient bien accorder à la victime innocente d’Hercule le bénéfice d’une constellation.

Nessus blessé par une flèche

Curieux retour des choses avec le Centaure Nessus, également blessé à mort par une des flèches humectées du sang de l’hydre, tirée par Hercule. Nessus conseille perfidement à Déjanire, la femme pour laquelle il s’est dressé contre Hercule, de faire présent de sa propre tunique à ce dernier si elle désire conserver son amour à tout jamais.

Déjanire écoute cet avis et Hercule va vivre un supplice dont il ne se relèvera jamais. Tout comme Chiron a dû renoncer à son immortalité car la mort lui était devenue plus douce, le grand Hercule doit implorer les dieux pour que la torture ne lui soit pas éternelle, et le demi-dieu accepta, lui aussi, la perte d’un privilège qui se retourna contre lui. Là encore, les dieux accordèrent à Hercule le territoire d’une constellation. Les relations Archer-Centaure sont donc particulièrement dramatiques. Philippe Metman écrit avec justesse : « Héraclès, combattant les Centaures, vainc en même temps un ennemi en lui-même et se métamorphose. »

Hercule, héros solaire

On ne saurait cerner la mythologie de ce signe sans se référer à l’épopée herculéenne. Hercule est le héros solaire, il est omniprésent.

Mais sa présence est plus ou moins nette selon les signes : avec le Sagittaire et avec le Scorpion (travail des oiseaux du lac Stymphale où Hercule avait tué les oiseaux de ses flèches empoisonnées), l’Archer est sur le devant de la scène tandis qu’avec les autres signes (en particulier le taureau de Crète et le lion de Némée) le rapport est moins évident et fait de toute façon presque totalement oublier l’Archer. Mais il faut savoir qu’Hercule est le dénominateur commun à l’ensemble du Zodiaque. Et, à ce titre, chacun des douze signes pourrait porter le nom de Sagittaire

Il est par ailleurs étrange que l’on ait combiné en une seule figure l’Archer et son adversaire, le Centaure. Mais le cas n’est pas unique. Le voisin du Sagittaire, le Scorpion, est logé à la même enseigne. Comme le signale Alexandre Volguine dans son Symbolisme de l’aigle, l’Archer s’appelait chez les Babyloniens l’homme-scorpion, l’homme au dard. En d’autres termes, le Sagittaire a la même signification que le Scorpion. Ce sont des expressions synonymes.

Sagittaire-Centaure et Scorpion-Aigle

De la même façon, on rencontre dans le symbolisme du signe du Scorpion la même ambiguïté que celle du couple Sagittaire-Centaure. Il s’agit là du couple Scorpion-Aigle. En fait, le Scorpion est l’Archer qui s’attaque à l’Aigle, comme on le voit dans l’épisode où Hercule abat les oiseaux du lac Stymphale, tout comme Hercule avait pu tuer certains Centaures. C’est donc du signe du Centaure et de celui de l’Aigle qu’il faudrait parler et non point des signes du Sagittaire et du Scorpion.

Une partie importante des associations liées au neuvième signe passent par l’Archer, auquel on a fini par attribuer des connotations bien distinctes de celles proposées pour le Scorpion.

La pensée astrologique a différencié ce qui était analogue, en retenant du Sagittaire son tir vers le monde extérieur tandis que le Scorpion n’hésiterait pas à diriger ses traits contre lui-même (par exemple, le suicide du Scorpion entouré d’un cercle de feu).

A dire vrai, la dualité existe au sein même des familles de Centaures : il y a les bons et les méchants. « La mauvaise race, précise Eric Aggur, est née de l’union d’Ixion avec Néphélé, la nuée de l’illusion; elle figure le triomphe de l’animalité sur l’humanité du personnage. L’autre [la bonne] est née des amours de Saturne [le Temps] avec la nymphe Philyre, fille de l’Océan. »

La mauvaise lignée

Ixion, roi des Lapithes, avait promis toutes sortes de cadeaux à Deïoneus, père de Clia, afin d’obtenir la main de la jeune fille. Or, au lendemain des noces, Ixion refusa d’accomplir ses engagements; une rixe s’ensuivit où Deïoneus trouva la mort. Jupiter prit en pitié Ixion, que tous fuyaient pour son infamie, mais l’invité du maître de l’Olympe ne trouva rien de mieux que d’avoir le « coup de foudre » pour Héra, l’épouse de Zeus. Pour conjurer ce danger, Zeus conçut Néphélé qui prit les traits d’Héra. De l’union d’Ixion et de Néphélé naquit « Centauros », le piqueur de taureaux. Centauros, en s’unissant à des cavales, engendra les Centaures bien connus, qui n’ont en vérité plus rien à voir avec l’homme ou avec le cheval mais plutôt… avec le taureau (à l’instar du Minotaure). Ce sont les fils et petit-fils d’Ixion qui constituèrent le gros des troupes qu’Hercule dut affronter.

La bonne lignée

Il s’agit là moins d’une troupe que de quelques individus remarquables, tels Pholos et surtout Chiron. Ce qui est remarquable, c’est que cette lignée n’a pas connu la même naissance bien qu’elle présente les mêmes caractéristiques. En fait, les versions diffèrent: Chiron serait tantôt le fils de Neptune qui, d’un coup de trident, fit apparaître un cheval lors d’un combat contre Minerve, tantôt celui de Saturne qui aurait été son procréateur en se transformant en cheval… De toute façon, Chiron apparut monstrueux aux yeux de sa mère. Le Centaure c’est, au départ, le canard boiteux ou, pour parler le langage de la science-fiction, le « mutant ». A ce titre, on ne refusera pas au Sagittaire d’être original et excentrique. Il peut devenir celui que l’on montre du doigt (l’index est le doigt de Jupiter); on est prêt à le trouver exceptionnel sur le mode un peu exagéré qu’il prise: exceptionnellement généreux, magnétique, ou exceptionnellement suffisant, coléreux.

Le Sagittaire dans la mythologie indienne

« En Inde, écrit Eric Aggur, le dieu archer est un fils d’Indra et d’Indrân Arjouna. Il devient l’ami de Krichna, incarnation du dieu Vichnou, ce qui donne lieu à l’une des plus belles pages du long poème religieux de la Bhagavad Gîta. A la veille d’intervenir dans la célèbre guerre des Pandoû et des Kourou, Arjouna a des scrupules: il ne veut pas tuer. Krichna lui rappelle qu’il est de la caste des guerriers […]. Le père d’Arjouna est à mi-chemin entre le dieu archer du Sagittaire et Jupiter, protecteur de ce signe. Bon guerrier, ses flèches acérées peuvent devenir foudre. »

L’homme à l’arc est armé d’une puissance sacrée: l’arc est-il une arme des hommes ou des dieux? Il faut qu’il y ait croisade, guerre sainte, pour que cet instrument de mort légué par les dieux puisse entrer en lice. Ironie du sort qui fait d’un bois et d’une corde aussi bien une source de beauté, de musique, d’harmonie qu’un message des Parques, les tisseuses maudites.

Le Sagittaire en astrologie chinoise

En astrologie chinoise, le Sagittaire nous semble devoir correspondre au Cochon, encore appelé le Sanglier. Les correspondances entre les douze signes du Zodiaque occidental et ceux du Zodiaque chinois sont souvent problématiques. Rappelons que ce sont des animaux généralement très différents: le Rat, le Lièvre, le Dragon, le Singe, le Coq, en particulier.

Le sanglier est un animal à associer aux autres symboles sagittariens. Marcelle Sénard nous fait remarquer que « dans le planisphère égyptien figurant les constellations australes, selon le père Kircher, la section du Sagittaire contient une main tenant une flèche dont la pointe touche une étoile, et un animal, ressemblant à un porc, transpercé par la lance d’une divinité coiffée de l’Ureus ». (Le Zodiaque, Ed. Traditionnelles, Paris, 1967, p. 333). On peut concevoir deux types de Sagittaire, le type Sanglier et le type Cochon.

D’ailleurs, l’astrologie chinoise décrit ainsi ce signe (notons qu’elle procède par années et non point par mois): « Si rien ne vous destine aux grandes idées et aux plus hautes réussites, il vous faudra trouver un Sanglier comme ami; il réussira pour vous et, à travers lui, vous atteindrez vous aussi les sommets les plus hauts. » On reconnaît là le côté jupitérien qui mène le Sagittaire vers les postes de responsabilité.

L’Archer dans la mythologie chinoise

L’archer Hercule apparaît également en Chine où il est le héros de type Gilgamesh qui affronte des périls successifs. Il s’appelle Yi (cf. Xavier Frigara et Hélène Li, Tradition astrologique chinoise, éd. Dangles, 1978, p. 25-32).

L’empereur Yao est inquiet pour son peuple menacé par la famine. « Un homme reste pourtant calme. Il porte arc et flèches et rencontre Yao qui l’arrête: – Contre qui emploies-tu les talents, si tu en es pourvu?

— A toutes sortes de chasses, j’abats toutes sortes de bêtes.

— Es-tu si habile que tu le dis? – Je peux vous le montrer.

— Tiens! Vois-tu le pin qui hausse le sommet de cette colline? Crois-tu pouvoir atteindre la dernière de ses branches? – Si mon arc veut bien suivre la ligne de mon regard et y conduire cette flèche.

« L’archer prend son arc et le tend vers la cime de la colline. La flèche part très fort et arrête sa course au creux de la dernière branche. L’auteur de cet exploit saute sur un courant d’air et rejoint sa flèche qu’il décroche de l’arbre et range. »

Cette légende nous amène à penser que l’Archer joue avec l’air, fend l’air – bien qu’on en fasse un signe de Feu, et même si parfois ses flèches sont enflammées. La flèche, c’est un peu le faucon que le chasseur envoie quérir sa proie. Dans ce sens, l’Aigle peut être considéré comme un emblème olympien.

Le Sagittaire selon le docteur Libert-Chatenay

Une des oeuvres les plus caractéristiques des possibilités de la pensée analogique est le Zodiaque dévoilé du Dr Libert-Chatenay (publié par l’auteur en 1974).

On assiste à une pensée qui vole d’association d’idées à trouvaille symbolique dans un éclectisme étourdissant: nous voudrions en extraire ces lignes dont l’inspiration rappelle celle de Jean Carteret.

« Faire corps : Symbole du cavalier et du cheval. Du cavalier faisant corps avec son cheval. »

Le Sagittaire, ainsi, est l’expression de l’homme qui ne se suffit pas à lui-même, qui se lie à autre chose que lui-même, mais par des liens qui investissent tout son être, toute sa destinée. Il vit pour, il vit avec. Il est incorporé.

Le Sagittaire selon Michèle Curcio

Michèle Curcio a surtout développé le symbolisme sagittal (celui de la flèche). L’auteur insiste sur un point négligé: « Le fait que la flèche soit lancée dans l’espace infini et non sur un but précis symbolise les quêtes ésotériques, le destin de celui qui cherche, le pèlerin, le croisé, l’explorateur; ils sont lancés vers l’infini, eux aussi… La flèche pourrait être comparée à l’audace de la pensée métaphysique qui se propulse à travers les infinis en quête de la seule réponse que les hommes n’aient pas encore obtenue à leur question. »

Après avoir insisté sur le fait que le dessin ne comprend point de cible – ce qui est exact mais confère, à notre avis, trop de poids à un symbole toujours lapidaire —, Michèle Curcio signale la notion de « réserve d’énergie ». En effet, au moment où la flèche quitte la corde, les muscles du bras se bandent, tout est encore possible; puis, soudain, toute cette énergie – on pense à l’acte sexuel – se répand irréversiblement. Mais la responsabilité qui lui incombe de décider du moment opportun pour « vider » cette énergie laisse à penser que le Sagittaire peut être justement un homme responsable, un vrai chef. Il a, plus que le Bélier ou le Lion, autres signes de Feu, la notion du temps, la juste évaluation de sa durée. Lorsque la corde se relâchera, rien ne sera plus comme avant. Cette notion essentielle de réserve d’énergie constitue d’ailleurs une clef de la psychologie de ce signe: un arc peut apparaître comme une arme bien inoffensive tant que la flèche n’a pas été décochée, mais soudain le trait mord l’espace, meurtrier. Il faut donc se méfier du Sagittaire au repos et se demander toujours s’il n’est pas en train de préparer son arme pour qu’au « moment psychologique » le mécanisme inflexible se déclenche, parvenant jusqu’à la cible soigneusement repérée – et ce, depuis longtemps. En cela, il y a du calcul dans le comportement du Sagittaire: il faut viser, apprécier la distance, la force du vent… L’arc, c’est bien la violence au service de l’intelligence.

Michèle Curcio insiste également sur le besoin du Sagittaire d’influencer autrui: « Il tient à imposer ses vues et à les considérer comme ayant force de loi, cela dans un climat d’obstination douce et continue qui finit par lui faire obtenir ce qu’il attend. Cet entêtement tacite, à peine exprimé, est très admiré de l’entourage du Sagittaire qui n’agit que sur son instigation. » On l’a déjà dit, le Centaure n’est pas un héros isolé, il renvoie à tout un peuple de Centaures. Cette vision collective confère au signe le besoin et la conscience d’une certaine unité de pensée: le groupe doit se cimenter. C’est pourquoi le Sagittaire développe une aptitude étonnante à faire accepter ses propositions par la majorité. Il n’exprime pas son idée personnelle, mais une idée qui vient de lui, et dont il sait qu’elle pourra emporter tous les suffrages. Pour cette raison, il donne l’impression de dominer le groupe alors qu’il s’en fait, finalement, le porte-parole. Michèle Curcio ajoute, dans ce sens, un conseil aux natifs de ce signe: « Devenir spontané, consentir à être vous-même, réellement, profondément, c’est un peu ce que les autres attendent de vous. »

En effet, que devient la spontanéité du signe, dissimulée derrière tous ces calculs pour faire mouche? Le Sagittaire paie son opportunisme. Il finit par perdre le contact avec lui-même: il est, au sens le plus fort, un zoon politicon, un animal politique. Il n’a pas, pour cette raison, le charme des deux autres signes de Feu, plus francs, plus directs. Tout est médiatisé chez lui: la preuve en est cet arc qui n’est pas vraiment une partie de lui-même et à travers lequel il cherche à laisser son empreinte sur le monde. Le masque social finit par se superposer à son naturel et l’on ne peut dire à son propos: « chassez le naturel, il revient au galop », surtout si l’on reste sur cette image de la flèche – la démarche du signe est paradoxale: ne faut-il pas tirer vers soi, en direction opposée à la cible choisie? En d’autres termes, c’est en repliant le bras que le Sagittaire obtient l’impact espéré sur l’extérieur. Pour revenir à la notion de « réserve d’énergie », on peut se demander si le Sagittaire ne résumerait pas la formule du capitalisme qui consiste à épargner, à économiser avant de conquérir un marché. Le Sagittaire est, par là, le signe de la préparation.

Le Sagittaire selon Rishi Astri et Anusuya

« L’ambiance de fête (et, pour quiconque est spirituellement sensible, joyeusement divine) de ce mois n’est pas seulement due au fait que Noël approche: c’est réellement le tempérament du Sagittaire. Ceux qui sont nés sous ce signe ressentent quelque peu cette ambiance l’année durant. » (Swams Kriyananda, Votre signe solaire comme guide spirituel, 1975.) Le Sagittaire fait surgir ainsi, alors que la nature semble dépérir et entraîner à la nostalgie, une source d’enthousiasme en plein désert nocturne. Les nuits, en effet, s’allongent à mesure que l’on traverse le signe, alors qu’elles vont déjà, au Capricorne, amorcer leur remontée. Ainsi le Sagittaire Winston Churchill accède-t-il au gouvernement de la Grande-Bretagne au moment où la situation semble désespérée, où l’horizon est noir. Et prometteur d’épreuves sans fin. La lumière Sagittarienne ne luit qu’au moment des difficultés, lorsqu’il s’agit de combattre les forces de l’obscurité. Et lorsque les perspectives se font à nouveau plus douces, sa présence ne paraît plus aussi nécessaire.

Le Sagittaire est l’homme de recours, le Coriolan qui fait retraite entre deux missions: cela n’a rien à voir avec le Feu du Lion et celui du Bélier qui accompagnent printemps et été et qui n’ont pas à affronter l’involution.

Que le Sagittaire soit un signe joyeux (jovial est un adjectif emprunté à Jupiter), cela se manifeste par son aptitude à se dégager des chaînes quotidiennes. La flèche n’est-elle pas légère? On la croit enfermée entre la corde et le bois de l’arc, et puis elle s’échappe loin dans les airs.

Surtout, le Sagittaire évite d’être prisonnier du moment présent, il vit plutôt dans le futur. On peut l’imaginer auteur d’ouvrages de science-fiction. Il lui suffit de se bâtir des lendemains qui chantent. Au fond, le Sagittaire sait rêver et faire rêver.

Les auteurs ajoutent une recommandation: « Le plus important, sans doute, que vous ayez à apprendre, si vous êtes un natif du Sagittaire, est de prendre la peine de façonner une flèche vraiment bonne. » Le Sagittaire doit se focaliser; à force d’avoir plusieurs flèches dans son carquois, il risque de manquer chaque fois la cible en se disant: « Je ferai mieux la prochaine fois », expression typiquement Sagittarienne.

Pour tailler cette flèche, il convient de choisir le bon bois; il n’y en aura pas d’autre. Au fond, le Sagittaire doit se méfier d’une surabondance de dons et d’idées. Il doit opérer un tri et choisir une voie qui résume toutes les autres et par laquelle il n’éprouve pas de frustration. Le Sagittaire risque souvent de temporiser en se disant: « Qui sait si je ne trouverai pas mieux demain? ».

Les auteurs rappellent que le nom hindou de Jupiter, le maître du Sagittaire, est Guru. « De même que le Guru [Jupiter] représente les rayons sauveurs de la divinité dans le monde objectif, ainsi la grâce du guru humain, dirigée consciemment et spécifiquement sur le disciple altéré de Dieu, représente les rayons sauveurs dans le monde intérieur, subjectif. »

Le Sagittaire parvient, plutôt plus facilement que la plupart des signes, à dépasser sa propre personne. Il a une tendance innée à généraliser, à universaliser, à ne s’intéresser qu’aux problèmes de dimension mondiale ou historique; de ce fait, il échappe à la dimension individuelle; il pense comme Pascal que « le moi est haïssable ». Il aime employer le « nous » à la place du « je ». Ce n’est que lorsqu’il sent et sait qu’il parle au nom d’un groupe qu’il a l’impression d’avoir réussi son existence. Sa vie privée en souffrira dans la mesure où il aura honte de traiter de détails mineurs relatifs à sa seule existence d’homme. De ce point de vue, le Sagittaire « plane » quelque peu, il est souvent cette flèche volante déjà lancée, mais pas encore retombée.

Vivre ainsi avec un Sagittaire, c’est vivre avec quelqu’un qui assume mal le bonheur présent: il est inexorablement attiré par la cible à atteindre et par la lumière à apporter là où tout n’est encore qu’ombre.

Le Sagittaire selon François-Régis Bastide

« Quoi qu’il fasse, on dira de lui qu’il n’est pas une grande cervelle mais un grand bonhomme… » Ce jugement paraît inspiré de ce que l’on place Mercure, la planète de l’intelligence, en domicile dans les Gémeaux, le signe opposé à celui du Sagittaire. En d’autres termes, si Mercure s’épanouit en Gémeaux, il ne pourra en être de même en Sagittaire. Il faut avouer que l’intelligence, la réflexion intellectuelle, ce n’est° peut-être pas ce qui fascine le plus chez le Sagittaire. Les capacités jupitériennes, exigeant un certain sens du compromis, un refus de rechercher une vérité absolue qui provoquerait nécessairement des clivages, des scissions, éclipsent quelque peu tout le brillant et la profondeur qui peuvent marquer un esprit Sagittarien. Presque toujours, les qualités morales passeront au premier plan et le Sagittaire ne détestera rien tant que ceux qui s’enferment dans leurs petites convictions personnelles. Autrement dit, l’exil de Mercure dans ce signe impliquerait un « refoulement intellectuel ». Une attitude de synthèse représente un juste milieu qui n’est pas, en lui-même, opérationnel. Et c’est bien ce que le Sagittaire recherche: établir un langage commun, des réseaux entre des êtres seuls. C’est le luxe de l’individualiste, incapable de dominer une situation collective, de faire son petit numéro de penseur. Et souvent, le Sagittaire sera amer: derrière les félicitations dont il est l’objet pour ses talents d’organisateur, il sait qu’il a dû payer très cher sa place, qu’il lui a fallu faire taire ses idées, qu’il n’a pu avoir l’impudeur de les mettre en avant comme le premier venu. Jupiter (planète qui gouverne le signe) ne souffre pas la tyrannie intellectuelle, quelle qu’elle soit.

Son indulgence expliquera le goût du Sagittaire pour les voyages. Bastide écrit à ce propos: « Il est un excellent « mari d’étrangère ». Il aime se sentir touriste dans son pays natal, le regarder avec les yeux de sa femme, qui se pose des questions. »

En effet, dès lors qu’on ne parle pas la même langue que l’autre, que l’on s’essaie sur un terrain linguistique qui n’est pas le sien, la qualité de la formulation d’une pensée fait les frais de l’expérience. Alors, on aura sacrifié au besoin de contact la préciosité d’une langue maternelle; ce qui compte, pour le Sagittaire, c’est d’être compris et non pas d’accomplir des exercices de style. Pour cette raison, il ne se sentira pas frustré d’entretenir une relation durable avec une personne se trouvant à l’étranger.

Le Sagittaire selon Hadès

Pour l’astrologue breton, le Sagittaire est avant tout un guide: « La colonne de feu du mythe possède ses correspondances dans le microcosme; ainsi, pour en donner un seul exemple, le Sagittaire régit les phares, colonnes dont le pinceau lumineux guide hommes et navires. Ce sens de guide, nous le retrouvons toujours dans ce signe, le nom hindou, Guru, de la planète Jupiter, la plus puissante par sa masse de tout le système solaire, signifiant guide spirituel. » Le Feu Sagittarien est le Feu qui montre, qui enseigne la voie et non celui qui brûle ou qui sèche, celui qui purifie ou qui écarte, c’est un Feu phare, dont les rayons traversent la nuit pour secourir les égarés. »

Hadès ajoute, s’inspirant toujours de l’Ancien Testament: « Le Feu du Sagittaire ne s’élève que pour rejoindre le ciel, buisson ardent, colonne de feu guidant tout un peuple dans le désert; c’est aussi la fumée des sacrifices reliant deux mondes, l’un matériel qui se dissout définitivement, alors que l’autre postule une expérience spirituelle et un dialogue avec la divinité. » Cette colonne de feu est aujourd’hui, dans le « désordre » matériel, celle des fusées qui foudroient le ciel, non pour y trouver la divinité, mais pour attester de la primauté matérielle de l’homme moderne.

Hadès aborde un autre thème lié au cavalier: « De même qu’une flèche courbée ne saurait atteindre la cible, la voie « droite » est symbolisée dans le Zodiaque par le signe du Sagittaire, lieu où s’opère la rencontre avec la grâce divine.

Comme le cavalier représente la séparation de l’âme et du corps, la monture étant ce corps que délaissera son maître, la voie du Sagittaire conduit à la montagne nue, lieu le plus proche du ciel où s’opérera un dépouillement total. »

Cette image du Cavalier – qui s’est amalgamée avec celle du Centaure, du Centaure Archer puis de l’Archer à cheval – confirme l’idée que le Sagittaire, répondant à la Maison IX, est le signe où l’homme prend conscience de sa dualité. Or le Cavalier qui semble faire bloc avec sa monture (on notera que l’homme « monte » à cheval) n’est qu’illusion. Il peut abandonner l’animal qui le porte mais qui, également, l’emporte. Il peut se libérer, bien qu’il lui soit difficile de renoncer à cet élan, à cette vitesse, que permet l’équitation. Il y parviendra, cependant, tôt ou tard, retrouvant une envergure moins impressionnante. Il ne dépassera plus les hommes. Il rejoindra le monde où les âmes sont pesées avec la même balance: il passera, si l’on peut dire, de l’équitation à l’équité.

Le Sagittaire selon Max Jacob

Max Jacob(1) a en quelque sorte écrit les Caractères de la Bruyère de l’astrologie et les brocards qu’il a lancés ont eu un tel succès avant-guerre que Maurice Privat, en 1937, dans Ceux qui sont nés (éd. Stock) les avait repris à son compte…

« Le caractère est double, réticent, difficile à connaître. Il y a toujours une certaine réserve vis-à-vis des autres comme vis-à-vis de soi-même. Le sujet du Sagittaire masque ses desseins et travestit ses idées comme ses sentiments. Il agit de la sorte par « dandysme », souci de la tenue et de l’élégance; également pour ne pas se compromettre. De là, un goût marqué pour l’artifice et le maquillage qui l’incline publiquement à paraître détaché, à ne rien prendre au sérieux, encore moins au tragique. »

Le Sagittaire s’efforce, à coup sûr, de désarçonner et d’égarer ses adversaires. Il ne veut pas que ceux-ci sachent à quel moment il se sent faible, vulnérable ou abattu. Il ne veut pas non plus entretenir de relations trop étroites avec ses collaborateurs, car il sait combien ces relations sont fragiles et sujettes à bouleversements.

En outre, il tient à garder intacte son autorité. Il parviendra aussi à maintenir une certaine neutralité, qui fait d’ailleurs sa force, car il est plus impartial que tout autre signe. Quant à ses facultés de dissimulation, il faut se rappeler qu’il est guide dans l’âme: un guide n’avertit pas nécessairement ceux dont il a la responsabilité des périls qui les menacent ou de ses projets exacts car, un peu par superstition, le Sagittaire sent qu' »il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué »; la meilleure façon d’atteindre un objectif n’est certainement pas de crier à la cantonade dans quelle direction on se dirige.

Bien plus, le Sagittaire ne sait pas forcément lui-même où il va, du moins à un niveau tactique. Il se fie à ses qualités d’improvisateur qui pallient souvent son manque de préparation. S’il prévoit les événements, il n’est pas toujours prévoyant. Il laissera son inspiration le tirer d’affaire, in extremis. Il croit profondément à sa bonne étoile.

En définitive, le Sagittaire, bien qu’il soit très entouré, est un homme seul. Il lui faut construire un foyer faisant contrepoids à ses relations de travail, lesquelles, par la distance qu’elles l’obligent à maintenir, ne le satisfont pas affectivement.

Les signes de Feu selon Jacqueline Bony-Belluc

L’astrologie trinitaire) considère que le Sagittaire est le troisième facteur du triangle de Feu du Zodiaque.

Exprimons-le donc en valeur ternaire :

Le Bélier: 1re énergie Feu – de l’être tout entier— du tout humain dans sa vérité personnelle (positive et négative).

Le Lion : 2e énergie Feu – par sa volonté (…), par ses forces d’accomplissement (positives et négatives).

Le Sagittaire : 3e énergie Feu – en le mouvement qui l’anime —, en son mouvement, celui de l’être tout entier qui le rend vivant, le manifeste :

– c’est-à-dire le mouvement de croissance, d’ascension qui dirige tout l’être vers l’expansion, qui augmente son potentiel en voie de perfectionnement.

– puissance considérable de construction et de destruction (de 1, le Feu originel en 9, sa puissance effective).

 

Le Sagittaire dans la Vie

Sagittaire et Gémeaux

Pour chercher à comprendre l’univers Sagittarien, il peut être intéressant de découvrir la personnalité du signe opposé, à savoir celui des Gémeaux. Car les Gémeaux ont une « problématique » qui apparaît comme l’inverse de celle du Sagittaire, puisqu’ils se trouvent à l’autre extrémité du Zodiaque.

Si le Sagittaire est le signe des responsabilités et des engagements, le Gémeaux est celui des actes gratuits et des libertés. Si le Sagittaire est le signe des actes et des projets, le Gémeaux est celui des discours et des remises en cause. Si le Sagittaire est idéaliste et, au fond, vertueux, le Géminien peut apparaître comme cynique et agnostique. Oswald Wirth écrit (le Symbolisme astrologique, éd. Dervy, 1973) : « Mercure est en exil dans le Sagittaire comme Jupiter l’est dans les Gémeaux; il y a incompatibilité entre la haute intelligence théorique (Jupiter) et la vulgaire habileté pratique (Mercure). » Quant à Marcelle Sénard, avec plus de modération, elle précise : « L’Energie Gémeaux n’est ni supérieure, ni inférieure à l’Energie Sagittaire, mais au point de vue de sa manifestation à travers l’entité en voie de développement, ses effets se traduisent par un rayonnement perçu d’une manière discontinue et plus ou moins indépendante de la volonté de l’entité, lequel est de la nature de la voyance, qui ne doit pas être confondue avec la vision juste, totale, coordonnée et continue du Sagittaire. »

Le signe des Gémeaux peut très bien être dans la peau d’un mercenaire. C’est l’ingéniosité avec laquelle il accomplira sa tâche plutôt que son bien-fondé qui joue. A la limite, il laisse la responsabilité des résultats à celui qui lui donne des ordres. Les criminels de guerre nazis, du type Eichmann, ne se considéraient pas responsables de leurs actes et constituaient un type mercurien songeant surtout à manifester de l’habileté pour résoudre tel problème épineux : l’astuce prime sur le sens moral.

Le signe des Gémeaux, signe d’Air, est un signe double tout comme le Sagittaire, car les signes diamétralement situés sont – dans le Zodiaque – toujours de même nature, cardinale, fixe ou mutable.

Il aura en commun avec notre signe l’ampleur du champ de conscience et de vision, le sens du mouvement et du changement, une certaine volonté de dominer l’autre, de le marquer, de se mettre à sa place; enfin une adaptation aux situations les plus complexes.

Dans le signe des Gémeaux, on trouve deux jeunes hommes, identiques par définition, ou un être qui se reflète dans un miroir. Le Sagittaire, lui, représente l’extraversion absolue, celle qui se dirige vers l’autre, l’étranger, l’étrange, celle qui brise les lois du clan pour un mariage entre forces inconciliables : il est irrésistiblement attiré par ce qui n’est pas lui. C’est l’antiNarcisse. On ne saurait rêver deux attitudes plus antagonistes : Narcisse qui n’échappe jamais à lui-même et Chiron qui, monstrueux, ne s’appartient plus, identique à nul autre et semblable à tous.

Cyrille Wilezkowsky s’est attaché à souligner la polarité GémeauxSagittaire : « Le centaure qui symbolise ce signe [du Sagittaire] participe à la nature animale. De ses quatre sabots, il touche à la Terre Mère et y puise, tel Antée, sa force originelle. Il parcourt les monts et les vallées d’un monde en naissance, aspirant joyeusement ses parfums grisants, mais son torse humain se redresse fièrement et ses regards s’élèvent vers le ciel. Il est l’intermédiaire entre les deux mondes opposés, il réalise l’accord entre l’intellectuel et le physique et, tandis que les Gémeaux ne représentent qu’un vain effort vers la synthèse, il personnifie, lui, la synthèse accomplie […]. L’homme des Gémeaux doute et pèse, le Sagittarien manifeste une totale confiance et un esprit de décision. L’homme des Gémeaux s’avance en hésitant dans un monde hostile, le Sagittaire s’élance, plein. d’ardeur et de courage, participant à la vie du Grand Tout. »

Les dualités

« Lorsque, écrit Joëlle de Gravelaine, le Sagittaire « cheval » domine, les aventures peuvent se succéder, toujours teintées de sentimentalité, d’un certain « romanesque » surtout. Mais c’est alors la pulsion instinctive qui dirige le choix, le désir de conquête qui l’emporte. Lorsque le Sagittaire « archer » prime, on a affaire à un homme aspirant à la perfection – et qui croit souvent la rencontrer —, qui sacrifiera toujours ses aventures à son foyer, à sa femme. » (Connaissez-vous par votre signe astral, éd. J. Grancher, 1975, p. 172). Voilà un exemple frappant de l’emploi du mythe en direction d’une amorce caractérologique. Le « cheval » et l' »archer » nourrissent les deux tendances du signe. En fait, l’on est soit confronté à un centaure, qui doit assumer la double appartenance à l’animal et à l’homme, à la différence de tout autre signe zodiacal, soit l’on accepte que ce soit Hercule et non son adversaire qui est retenu (comme dans le cas du Scorpion); alors, il y a là un dédoublement du sujet et de l’objet en accord avec le paradoxe du comédien. Il est à la fois son rôle et lui-même, à la fois le public qui fait exister son spectacle et l’homme qui est vu.

La première dualité : le centaure

L’existence de la dualité centaurienne implique qu’il y ait tension. Perpétuelle quête d’un passage qui métamorphosera l’animal en être doué d’une âme, d’une étincelle divine, miracle de l’évolution qui va du singe à l’homme. Instabilité, par conséquent, centaurienne, qui est insatisfaction, crainte de revenir à l’état de bête, conquête toujours fragile et souvenir d’une sublimation difficile. On peut dire que le centaure – et non le cheval ! – ne commence pas sa vie comme il l’achèvera : le vecteur temps y est crucial.

Cette attitude est à la fois positive et négative. Elle est d’une part garante d’une ambition inassouvie d’une certaine humilité (car le centaure n’oublie pas qu’il est être de chair, poussière), mais elle peut aussi faire tomber le masque : on se retrouve face à un être, instinctif, égoïste, cruel. « Chassez le naturel, dit-on, il revient au galop. » On peut craindre alors une certaine hypocrisie, qui refoule des tendances considérées comme honteuses. Le centaure devient Tartuffe, avec son « Cachez ce sein »…

La seconde dualité : la cible

En aucune manière le Sagittaire ne pourrait se croire seul au monde : on le regarde, il a des comptes à rendre à quelqu’un. Il sera jugé sur ses actes. Il prend même de la distance par rapport à lui-même, il se voit vivre. Il se met à la place de l’autre, il est l’autre. A la limite, cette attitude peut devenir pathologique… L’archer, c’est aussi la mort qui menace, telle l’épée de Damoclès. C’est surtout une possibilité de dédoublement de la personnalité comme dans le film de Hitchcock : Psychose. A force de chercher à percevoir l’autre – ce qui est gage de dialogue, puisqu’on se « met à sa place » -, on veut être l’autre autant que soi-même : voilà qui mène à la paranoïa, car l’obsession de l’autre, de ce qu’il peut penser, dire ou vouloir, aboutit parfois à la volonté de se substituer à lui pour s’assurer qu’il ne lancera pas ses flèches. Ce dédoublement de personnalité (contrairement à celui des Gémeaux, qui affaiblit son identité) accroît, chez le Sagittaire, sa présence et son pouvoir par la volonté de puissance qui en est le moteur. Se mettre à la place de l’autre, pour le Sagittarien, cerner ses motivations et ses désirs, c’est, essentiellement, le limiter dans ses actes et notamment dans toute forme d’agressivité; rien ne doit lui échapper et surtout pas par la violence. Ce qu’il rassemble et unifie lui appartient. D’où l’intelligence avec laquelle il réunit des groupes antagonistes, il parvient à concilier des forces inconciliables et à transformer des guerres (industrielles, commerciales, financières, etc.) en forces rassemblées et constructrices.

Toute forme d’agressivité et de violence est dans son système de valeurs ressenti profondément comme un affaiblissement de la force, puisqu’elle divise les hommes, les amoindrit et les rend vulnérables.

Le Sagittarien ne supporte pas les conflits: non par lâcheté, comme parfois la Balance peut en faire preuve, mais par goût profond de l’union qui fait la force. Le proverbe : « Sois proche de tes amis et sois encore plus proche de tes ennemis » a dû être inventé pour lui. Bien plus : ce qui l’intéresse, dans le « cessez-le-feu », ce n’est pas la paix (morne plaine qui l’ennuie), ce sont les projets d’envergure qu’il va pouvoir réaliser grâce aux forces réunies. Plus il y a de forces réunies – et prêtes à agir selon ses plans – mieux il se sent.

Un manipulateur charmeur et chanceux

Il faut savoir, enfin, que le Sagittaire est un grand manipulateur. Car, ce qu’il s’acharne à réunir, à rassembler, à réconcilier pour en tirer la plus grande force, il ne le fait pas, comme on pourrait le croire, par philanthropie (quoiqu’il en soit capable en certaines circonstances), il le fait par goût avoué, serein et victorieux du pouvoir.

Il s’agit, chez lui, d’un pouvoir rayonnant qu’encouragent son charme immense, chaleureux, son « instinct de chance » (qui lui fait saisir, au bon moment, la chance qui passe) et son sens inné du confort. Ne vous y trompez pas : ce confort-là, il est prêt à le sacrifier, à tout moment, pour l’aventure. Et c’est d’ailleurs un être qui présente, tour à tour, ces deux aspects contraires de sa personnalité : une implacable avidité de confort, de luxe, et une étonnante faculté de s’abstraire des contingences matérielles si les événements ou la situation l’exigent. D’où une grande partie de sa force : souvent, il ne manipule son prochain que pour le plaisir de manipuler, pour avoir cette impression de toute-puissance qui lui est nécessaire, et non pour en tirer le moindre profit.

Le Sagittaire et l’Amour

La conscience de l’autre apparaît, chez le Sagittaire, comme le facteur déterminant en amour. L’autre, celui qui regarde, qui pense à côté de vous, qui est-il, que veut-il vraiment?

L’attitude Sagittarienne ne consite pas à supposer que l’autre est un alter ego, elle est parfaitement consciente, tout au contraire, de la différence de l’autre. Il attend un dialogue franc de la part de son partenaire, mais aussi des manifestations visibles, évidentes, d’amour. Ce signe goûte les démonstrations, les preuves d’affection. Aussi sera-t-il lui-même affectueux, attentif à chaque mot de l’être aimé, cherchant à tout prix à le comprendre, à en faire le tour pour que le regard de l’autre devienne familier, sans surprise.

Il fait trop grand cas, parfois, du jugement et des réactions de son partenaire. Il devient alors familier des valses-hésitations dans la mesure où il ne se fie pas à ses seuls instincts, à son premier mouvement. Il peut arriver à s’inhiber dans sa relation avec l’être cher, tant il est à son écoute, tant il privilégie son existence, sa présence, son amour.

Dans ses rapports sentimentaux, le Sagittaire n’est pas à l’abri des atermoiements car il a une haute idée du couple. Il ne peut traiter son partenaire avec mépris et indifférence. Mais il ne supporte guère d’ignorer ce qui se passe dans la tête de son interlocuteur. Le silence face à ses questions l’horripile et peut le faire « sortir de ses gonds ». Il est si inquiet de ce que l’autre pense de lui qu’il n’hésitera pas à ouvrir des lettres, à écouter des conversations qui ne lui sont pas destinées.

Le Sagittaire, homme ou femme, n’est donc pas un partenaire de tout repos, il se montre exigeant, il a besoin de communiquer sans trève avec l’être aimé. Il est par essence le signe du couple, puisque son symbolisme, on l’a vu, recouvre à la fois l’autre et lui-même. Il n’existe, à la limite, qu’au sein d’un ensemble. En cela, il sera extraverti : il existe par et pour l’autre, ses actions n’ont de sens que si elles ont un impact sur son entourage, que s’il est en mesure de percevoir le reflet de son influence dans les yeux d’autrui.

La deuxième caractéristique Sagittarienne est celle du centaure; cela nous renseigne sur sa sexualité : il n’est vraiment à l’aise ni dans l’instinctivité, à l’image des signes « animaux » (Taureau, Lion, Poissons, etc.) ni dans la sublimation, comme le sont les signes « humains » – les signes d’Air tout particulièrement. D’où conflits intérieurs, tensions dus à un choix difficile. Il recule alors devant l’obstacle, remet à plus tard ce défi, cette confrontation avec lui-même dont il ne sait comment sortir. Il redoute de tout perdre en sacrifiant à la déesse Sensualité, de n’être plus que « cheval »; aussi ne s’abandonnera-t-il guère à sa sensualité, sauf s’il a l’assurance de ne pas en être le jouet. Ainsi, il peut être tenté de « payer » une femme pour être sûr de lui échapper. Ou bien une femme du Sagittaire choisira des hommes qu’elle domine entièrement afin d’éviter que l’inverse se produise. Voilà pourquoi il est essentiel pour la maturité du Sagittarien de franchir ce cap, de lutter contre ses réticences.

Celui qui est craint et celui dont on profite

Psychologiquement, il est à la fois celui qui est craint et celui dont on profite, celui qui est courageux au combat et celui qui, à la façon du pélican, se laisse manger. Telle est bien, nous semble-t-il, la nature du Sagittaire sur le plan affectif : il est l’homme fort, sur lequel on peut s’appuyer et qui ne craint guère les obstacles, mais sa virulence est tempérée par un besoin de servir, d’être utile à la collectivité, qui peut très bien le conduire à l’abattoir ou à une existence morne, triste, fort peu romantique.

Le Sagittaire peut alors perdre ses griffes et son poil noir et rude pour se faire tondre, tel Samson par Dalila; cette image se justifie d’autant plus que Samson est un mythe solaire (Samson vient de Shemesh, le Soleil, dans les langues sémitiques).

L’histoire de Dalila est typique d’un amour sagittairien : Samson, l’Hébreu, est doué d’une force « herculéenne », il abat ses ennemis par dizaines. Il tombe amoureux d’une Philistine, fille du peuple qu’il combat, Dalila. Celle-ci s’efforce de percer les secrets de sa force pour pouvoir le briser, l’avoir à sa merci. Après divers stratagèmes, Dalila apprend enfin que si l’on coupe les boucles de Samson, sa force s’évanouit. Dalila coupe alors les cheveux de Samson et le livre aux Philistins qui lui ôteront la vue. Prions donc pour que le Sagittaire, homme ou femme, ne rencontre point une (ou un) Dalila. Cela montre, au demeurant, que l’amour est très important pour le Sagittaire et qu’il est prêt à lui sacrifier son indépendance.

Un remarquable interlocuteur

Il faut que le natif du Sagittaire parvienne à faire une synthèse, à l’intérieur de lui-même, entre ses tendances instinctuelles, qu’il juge mauvaises, et ses aspirations morales. Auquel cas il se présente comme un être généreux et attentionné en amour, fort équilibré dans sa perception de l’autre; en outre, c’est un remarquable interlocuteur, qui aime le dialogue et le pratique le plus souvent possible, qui sait écouter et répondre avec autant d’intelligence que de discernement. Il est capable, également, de recevoir des conseils de l’être qu’il aime, •l’en tirer parti et, par là, de lui donner confiance en lui. Cela tient à son respect profond de l’autre; contrairement au Scorpion, qui éprouve le besoin de transformer son amour à son image, le Sagittaire admet profondément la différence de l’autre. Même si elle le gêne ou le dérange. C’est un être naturellement tolérant.

Parvenir à vivre un amour « complet », total, qui mette en oeuvre tout l’être, qui ne soit ni exclusivement platonique ni dicté par une simple attirance physique, tel est donc l’un des principaux objectifs du Sagittaire.

C’est pourquoi il ne faudra pas craindre avec lui une dégradation de la qualité amoureuse : il veillera à un juste équilibre.

Le signe des unions entre races

Ce centaure est enfin, sur le plan amoureux, le signe des unions entre races et cultures différentes, parfois même entre classes sociales différentes : à l’inverse du Lion, qui a du mal à se libérer de sa condition de naissance, le Sagittaire sait faire éclater les carcans et les tabous sociaux, culturels, raciaux et géographiques. Il peut être considéré, dans une certaine symbolique astrologique, comme l’initiateur de cette alchimie des corps qui donne naissance à une progéniture mélangée et fait songer à ces jardiniers qui tentent de créer, au prix de mille croisements, une nouvelle fleur qui surpasse en beauté toutes les autres (cf. la Tulipe noire d’Alexandre Dumas).

Sanglier ou cochon ?

Passons au troisième terme de l’équation Sagittarienne, la dualité sanglier-cochon. Le Sagittarien doit être apprivoisé, domestiqué par son partenaire. Le Sagittaire ne craint pas seulement les abîmes du sexe dont il ne sait s’il aura la force de s’échapper, mais également les contraintes du foyer, de la maison, les devoirs domestiques. Le Sagittarien-sanglier n’est pas, au départ, disposé à s’adapter à la vie bourgeoise. Le fond de sa nature est sauvage – ce qui se conçoit de la part d’un signe de Feu. Il n’est pas sans une certaine cruauté, dans laquelle il se complaît. Il aime sentir son pouvoir, effrayer, montrer les dents. C’est un lutteur, voire un mercenaire. Mais il court le risque de se laisser appâter et de devenir « cochon »…

Sur le plan sentimental, faire la conquête d’un Sagittaire c’est vaincre ses défenses et entrer dans un processus sadomasochiste : le Sagittaire est en effet partagé entre l’instinct de puissance sur l’autre et la perspective d’une vie tranquille, protégée, voire exploitée.

Quelle déchéance plus grande, en effet, que le passage du sanglier redoutable et féroce à cette créature méprisée, le cochon, qui, bien engraissée, finira sous forme de jambons et de saucisses !

Tout ce qu’il regarde lui appartient

Marie-Louise Sondaz est un des auteurs les plus attentifs à l’amour des différents signes (cf. Votre signe et l’amour, éd. Tchou, 1969). Elle consacre à la vue, le sens Sagittarien par excellence, de très belles pages : « C’est par la vue que l’amour entre dans l’esprit de l’homme avant d’entrer dans son cœur et dans sa chair. Ce qui donne la première place à ce sens raffiné, lequel s’exerce en dehors de tout contact immédiat, c’est-à-dire dans une zone idéale où se pratique une sublimation spontanée au cours de laquelle entrent en jeu les facultés esthétisantes. La vue nous semble mériter la place suprême parce que tout ce qui est génial dans l’oeuvre humaine – la musique exceptée – lui appartient. Donc par le regard se manifeste la première émotion amoureuse, cynique, railleuse ou admirative; choix du maître, trouble de l’esclave ou enchantement de l’artiste, il n’est pas d’amour véritable si le premier regard ne provoque une intense émotion, un rappel esthétique, une observation d’ensemble et de détail si intense, si profonde, allant parfois jusqu’à l’extase si bien que sa trace dans la mémoire prendra un caractère indélébile et déclenchera par la suite du temps humain des émotions dérivées. L’amour retrouvera, dans l’art ou dans la vie, telle nuance de cheveux, telle expression, telle ardeur du regard, telle exquisité du sourire qui fera battre son cœur. La forme des mains, l’ampleur ou la grâce d’une épaule, les mouvements de la taille, tout sera fixé, et pour jamais, sur cette rétine intérieure qui conserve les images mieux que ne le ferait le cliché photographique le plus fidèle. Emotion si aiguë et si décisive qu’aucun jugement, ni vieillissement, ni altération postérieure ne saurait y rien changer. Le rêve confirme cette assertion. Sur sa trame apparaissent les figures aimées en leur silencieux mystère, prononçant des ombres de paroles que l’ouïe ne saisit pas car la vue est le sens du souvenir, de l’admiration, du premier élan amoureux dont le songe se plaît à reproduire l’éblouissant graphisme. »

L’être des coups de foudre

Parler d’amour à propos du Sagittaire, c’est donc se rappeler que la vue est le premier sens par lequel passent ses émotions. C’est à travers le regard que se déclenche, en priorité absolue et intense, le sentiment d’amour qui va l’inonder. D’où sa faculté d’éprouver des « coups de foudre », autrement dit, d’être sensuellement saisi par la vue d’un être. Souvent, le langage, les échanges « culturels » interviennent après que son amour a commencé. Ce qui expliquerait l’a facilité qu’a le natif du Sagittaire de communiquer avec les étrangers; il sait, mieux que quiconque, se servir du regard et, parfois, cela lui suffit pour éprouver de l’amour (ou de la haine) à l’égard d’autrui.

Une autre analogie peut être évoquée à cet égard : celle du personnage de Cupidon, le petit dieu muni de son arc, que l’on retrouve sur la lame VI du tarot.

Le Sagittaire est non seulement familier des coups de foudre mais aussi il rencontre souvent celui ou celle à qui il sera tenté de faire des serments éternels. On voit donc que le Sagittaire ne fuit pas l’amour-passion. Mais, comme il est souvent attiré par des ambitions plus universelles (sa carrière, sa vocation, sa mission, etc.), ses vraies tendances n’apparaissent que dans sa jeunesse ou en période de crise. Il se laisse alors emporter sans réserve par les tourbillons de l’amour lorsque l’occasion s’en présente et qu’il est convaincu de la sincérité de son partenaire. En effet, le Sagittaire a du mal à concevoir qu’on l’aime, habitué qu’il est à donner plus qu’il ne reçoit. Il arrive même qu’il subisse l’isolement des grandes âmes.

Les malheurs sentimentaux du Sagittaire

La mythologie ne nous laisse guère d’espoir de voir le Sagittaire vivre des amours tranquilles et égales. D’abord, Jupiter est réputé pour ses écarts. Il « trompe » sa digne épouse Junon à maintes reprises. C’est un époux volage. On pense à ces grands bourgeois qui, derrière une façade imposante, comme dans Famille Boussardel, de Philippe Hériat, s’autorisent bien des licences.

Recommandons au partenaire du Sagittaire de respecter le romanesque du signe : il aime à se faire pardonner; signe double, l’amour, pour lui, ne peut être monotone. On aura plutôt l’impression de chevaucher une monture au galop.

Il ne peut s’empêcher, de temps à autre, de mettre son amour à l’épreuve, il veut en faire de l’acier trempé. Cela demande des nerfs solides. D’ailleurs, s’il fallait s’en tenir au symbolisme du cheval et du cavalier, le Sagittaire devrait être considéré comme un cowboy et, plus encore, comme un macho. Ce terme est aujourd’hui devenu synonyme de phallocrate. Le « machisme », c’est une attitude qui veut que la femme soit, en quelque sorte, « la plus belle conquête de l’homme ». Voilà une expression qui ne doit pas déplaire à notre protagoniste…

Et si un rival se présente ?

Le Sagittarien respectera avec fair-play les retours du sort. Il ne s’accrochera pas à un formalisme vidé de son sens, il s’inclinera devant la fatalité, acceptera de se séparer de ceux qui ne sont plus attachés à lui. Il passera le relais à un autre. D’une façon générale, il n’attendra pas pour plier bagage que la situation sentimentale devienne intolérable. Il s’effacera. Son tempérament magnanime l’incline à comprendre et, finalement, à pardonner qu’on ne veuille plus de lui. En outre, son orgueil l’entraîne à agir de manière à laisser un bon souvenir de lui; il sait qu’une vie exemplaire peut être défigurée si l’on n’apprend pas à finir en beauté. Aussi acceptera-t-il facilement, en cas de divorce, de ne pas avoir la garde des enfants. Il ne se retranchera pas derrière la procédure, bien qu’il soit important, pour lui, de se retrouver à travers ses enfants, de discerner ses propres traits dans ceux de son fils ou de sa fille, de savoir qu’il est père et même plus encore grand-père, d’être à l’origine d’un processus, d’un engrenage qui continue en dehors de lui.

Le Sagittaire, à ce titre, aime la famille parce qu’elle est la continuation et le dépassement d’une flèche qu’il a, un jour, décidé de lancer.

Le Sagittaire et l’Amitié

Quelles relations le type Sagittaire entretient-il avec les personnes qui l’entourent? Selon le premier principe, celui de la cible, il écoute avec attention les observations de ses amis; il va même jusqu’à les provoquer. Il a horreur des flatteries. Il préfère les critiques, les « pointes » aux compliments, car il est assez sûr de lui-même pour ne pas avoir à mendier les « bonnes paroles ». Relation de franchise, à brûle-pourpoint: il ne fuit pas le dialogue, il sait recevoir des coups mais aussi les rendre. Qu’on se méfie de cette attitude! La stratégie du Sagittaire est de subir les assauts sans y répondre sur-le-champ, pour voir jusqu’où va la vindicte de son interlocuteur. Le Sagittaire-cible est l’homme de la contre-attaque lentement organisée, de la vengeance implacable. A l’image de l’éléphant, le sanglier, qui a en commun avec lui les défenses, se souvient du mal qu’on lui a voulu, sinon fait.

En fin de compte, le Sagittaire s’ouvre à son entourage, il le laisse s’exprimer en toute liberté, il ne souhaiterait pas qu’on le frappât dans le dos. Mais on ne peut dire de lui qu’il aime à partager le pouvoir. Tel Jupiter, c’est plutôt un dictateur éclairé, assez paternaliste, qui évite de prendre des mesures par trop impopulaires. Il a besoin de conseillers plutôt que de collaborateurs. Il sait, qu’en dernière analyse, c’est lui qui « paiera les pots cassés ».

Le ‘deuxième principe est celui du centaure : on connaît les orgies des centaures puisque c’est justement sur la piste du sanglier d’Erymanthe qu’Hercule va devoir supporter les excès de ces êtres enivrés. En compagnie, le Sagittaire-centaure perd parfois le contrôle de lui-même, il se laisse griser par une certaine euphorie. On retrouve là son côté comédien. Mais habituellement, le Sagittaire ne s’adonne pas complètement à l’ivresse et à la débauche. La partie supérieure du centaure veille. Le contraste est flagrant entre cette bande d’énergumènes qui finissent par devenir violents et grossiers (les centaures) et le sage Chiron qui nourrit ses élèves de la plus haute morale. On passe du Banquet à la Cène christique. Il est vrai que la liturgie a préservé ce passage de la Table vers l’Autel : le vin qui enivre a survécu dans le cérémonial de l’Eglise.

On n’insistera jamais assez sur la transmutation qui s’opère dans le Sagittaire, ce signe carrefour dont la symbolique s’est compliquée comme à plaisir. Rassemblement des contraires, telle est, au fond, la vocation Sagittarienne, non seulement en lui-même mais autour de lui; on sait que ce signe est celui, du moins à travers la planète Jupiter, des hommes politiques. Être en mesure d’accueillir autour de lui les personnes des horizons les plus divers, qui ne se concilieront que grâce à lui, tel est le rêve de tout Sagittaire. Sa créativité est moins artistique ou philosophique que sociale : donner naissance à une communauté, à un courant qui prend forme, concentrer des énergies éparses, à la façon d’un François-Joseph, unissant sur son nom l’Autriche et la Hongrie.

Ce donquichottisme donne évidemment parfois naissance à des chimères : si le Sagittaire s’éclipse, l’empire se disloque, les forces centrifuges reprennent presque toujours le dessus.

Les amis du Sagittaire ne sont pas nécessairement amis entre eux. Ils se supportent seulement à l’ombre de la bonhomie de ce signe qui donne à chacun le sentiment d’être compris. Il est bien rare, en définitive, que le Sagittaire ne soit pas tenté de transformer une réunion amicale en une assemblée de militants… Ce qui est un peu fatigant avec lui, c’est son besoin de voir grand; il a la tête politique, il est intimement convaincu que les hommes ont besoin de grands projets.

Avec le troisième principe Sagittarien, celui du sanglier, on peut soutenir que le Sagittaire recherche davantage l’amitié à l’époque de sa maturité, vers quarante ans; auparavant, ses relations sont empreintes d’agressivité, de domination, de méfiance, qui lui donnent d’abord une réputation d’ours, peu enclin à la politesse et aux manières. Puis, lorsqu’il atteint l’âge « jupitérien« , un esprit de tolérance se fait jour : le Sagittaire a compris que l' »on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre »; il se révèle alors fin diplomate et acquiert une bonne dose d’hypocrisie – c’est aussi Tartuffe. Mais, derrière ses sourires et ses courbettes subsiste, tellement enfouie qu’on finit par l’oublier – c’est d’ailleurs ce qu’il souhaite —, cette ambition de construire le monde à sa manière. Là encore, sa stratégie est d’endormir l’adversaire; il prend une apparence inoffensive, remise ses défenses et son poil dru pour ménager ses effets de surprise. Comment pourrait-il en être autrement avec une mythologie aussi bigarrée, la plus composite de tout le Zodiaque? C’est Janus avec ses deux faces. Plus que le Verseau, signe des révolutions, le Sagittaire étonne (étonner vient de tonnerre, attribut de Jupiter).

Ceux qui l’approchent en restent déconcertés : il est ange et démon tour à tour, candide et machiavélique. Spécialiste de la douche écossaise, il souffle le chaud et le froid. C’est ce régime qu’il impose à son entourage pour l’avoir à sa merci; c’est ce régime qui fatigue et le laisse maître du terrain.

Si l’amitié du Sagittaire est constructive, il sait aussi se venger, à l’exemple du centaure Nessus qui, finalement, aura le dernier mot face à Hercule. Le Sagittaire ne craint pas de se replier lorsque la situation l’exige; en état de fuite, il décoche alors « la flèche du Parthe ». Cette expression évoque ces cavaliers émérites qui, tout en faisant retraite, tiraient sur leurs poursuivants en se plaçant sur leur monture de façon à pouvoir viser. Le Sagittaire goûte les épreuves de résistance, ne l’oublions pas.

Retourner les situations

Sous l’angle chironien, l’amitié du Sagittaire pourra enfin se manifester de façon particulièrement édifiante : lorsqu’il est venu en aide à Prométhée enchaîné (Gide, qui est de ce signe, lui a consacré un ouvrage), il a montré à quel point l’amitié Sagittarienne est faite de compréhension et de dévouement; il a rompu le cercle maudit qui condamnait pour toujours le voleur du feu à un supplice quotidien. Il a transformé en force d’amour et de réconciliation ce coup du sort qu’était la flèche perdue d’Héraclès. Et c’est un peu cela le génie du Sagittaire, l’homme de Jupiter : savoir retourner les situations.

Le Sagittaire n’oublie pas un service rendu, même si les années passent. Il saura à temps se souvenir de celui à qui il a promis de venir en aide. Il remuera ciel et terre pour apporter secours à un homme auquel il ne doit pourtant rien, mais dont l’envergure, l’héroïsme, l’exemplarité ont su le conquérir.

Rendre service sans se nommer

L’amitié Sagittarienne – sous l’angle de la flèche anonyme – c’est aussi la discrétion: rendre un service sans se nommer.

Le Sagittaire entend être confondu avec la destinée, c’est là son orgueil. Il veut que ses bons et ses mauvais coups apparaissent comme naturels. Le Sagittaire rendra de nombreux services à la dérobée.

Il y a, finalement, un certain effacement chez le Sagittaire. Il manipule les êtres avec habileté, mais avec tact. Le bon archer profite de l’effet de surprise, se place en embuscade. C’est ce qui fait à la fois sa petitesse et sa grandeur : il agit derrière le dos des autres pour le pire ou le meilleur. Il pourra être le Cupidon qui rapprochera deux amis en restant à l’écart, et l’auteur d’une lettre anonyme qui brisera une union.

Le Sagittaire et son Éducation

Le petit Sagittaire risque d’être un souffre-douleur dans sa famille, une cible, un bouc émissaire. Par un curieux concours de circonstances, c’est toujours lui que l’on soupçonne, que l’on choisit pour « faire un exemple ». Sa fierté l’empêchera de chercher à se justifier. Au fond, il se satisfait de ne pas être oublié, même si c’est pour être puni. Il retirera de ces expériences de l’enfance la capacité d’assumer une certaine tension morale, de supporter une épée de Damoclès au-dessus de sa tête sans en être autrement angoissé. Il s’aguerrira, s’entraînera à son futur statut de chef.

Evidemment, s’il a été par trop traumatisé dans son enfance, le Sagittaire ne pourra s’épanouir. Il vivra, sous une forme ou sous une autre, un complexe de culpabilité, voire d’échec qui minera son avenir. C’est pourquoi les parents d’un Sagittaire ne doivent pas entrer dans son jeu qui consiste à se faire remarquer à tout prix. Le petit Sagittaire a besoin que l’on s’occupe de lui et, pour cela, il commettra des « bêtises » si l’attention spontanée de ses parents ne suffit pas. Il vaut mieux risquer de le « couver » un peu trop que le contraindre à faire les quatre cents coups.

La période de puberté sera vécue de façon particulièrement conflictuelle. On peut penser que le jeune Sagittaire découvrira tôt son corps et jouera avec lui mais non sans un certain sentiment de culpabilité lié à sa dimension centaurienne. Le centaure refuse, en effet, jusqu’à un certain point, la partie inférieure de son corps, si différente de sa partie supérieure; c’est pourquoi il n’est pas difficile de créer en son esprit des tabous et des interdits terrifiants dont il risque de garder longtemps les traces.

On conseillera donc aux parents de présenter la sexualité sous un jour positif sans recourir aux menaces en vigueur. Plus que tout autre, le Sagittaire est vulnérable sur ce point et parvient assez tardivement à un équilibre, à une harmonisation de ses tendances. Le Sagittaire, signe double, est sujet à un comportement cyclique; selon que la partie supérieure ou inférieure prédomine, il sera chaste ou libertin, ascète ou libidineux.

Il ne faut pas trop s’alarmer d’une certaine irresponsabilité dont fait preuve, au début de sa vie, le jeune Sagittaire. Il se « rangera » tôt ou tard. Le jeune, ou la jeune, Sagittaire recherche un travail hors des sentiers battus. Il a l’intuition du filon qui promet, et il est rare qu’il ne parte pas sur une bonne piste. Il « flaire » le bon créneau, à la façon d’un fauve; nous retrouvons ici, à travers la notion de recherche du gibier, la représentation classique du Sagittaire qui poursuit un but. Cette quête Sagittarienne est de longue haleine, elle n’épargne pas les rudes chevauchées, les poursuites périlleuses, les ornières des grands bois qui sont le domaine du signe. Le jeune marcassin a besoin de partir à l’aventure, de creuser son propre sillon, sinon il en portera toujours le regret au fond de son cœur. Le Sagittaire, troisième signe de Feu, est celui de la mutation vers une autre dimension, le passage du Feu à la Terre, du fauve à l’animal domestique et, pour prendre comme exemple les deux signes fixes, c’est la transition du Lion vers le Taureau, premier signe de Terre dont le centaure porte déjà le nom : « taure ».

Les rapports parent-enfant trouvent une illustration célèbre avec le personnage de Guillaume Tell. Ce héros suisse du XIVe siècle, qui permit à son pays de s’affranchir du joug autrichien, avait été mis à l’épreuve : il devait tirer sur une pomme placée… sur la tête de son fils. Quel supplice pour un père que de risquer de tuer son enfant de ses propres mains ! Heureusement, l’enfant eut foi en son père, il ne tressaillit point et la pomme fut transpercée. La morale de cette histoire est que l’enfant du Sagittaire souhaite vivement participer aux activités de ses parents et sait, très tôt, acquérir les qualités qui lui permettront d’accéder à l’état adulte.

Le Sagittaire est censé être un bon éducateur. Si l’on adopte l’image du cavalier – ne faut-il pas savoir dresser un cheval? —, on retrouve une notion de domestication, d’apprivoisement qu’on avait signalée avec le rapport sanglier-cochon. Il faut aussi savoir « conduire » une monture. Autant d’indices qui laissent à penser que notre signe se révélera un excellent éducateur.

Le Sagittaire devrait pratiquer des sports d’équipe. Les sports collectifs sont en effet une école de fraternité, de travail en commun, qui exaltera le tempérament du Sagittaire, ennemi de la mesquinerie et des satisfactions gratuites de l’ego.

Le parent Sagittaire, selon le principe de la flèche anonyme, attachera une importance toute particulière à l’éducation de ses enfants. On pourra même lui reprocher de vivre par procuration.

En effet, l’enfant est à son père ce que la flèche est à l’archer. Il est son père même si son père n’est plus là, il agit en restant marqué par lui, même après la mort de ce dernier. C’est pourquoi le Sagittaire devrait s’épanouir à travers une nombreuse famille, et chacun de ses enfants sera une flèche qu’il projettera dans le monde. Tout comme l’archer polit minutieusement ses flèches, le père et la mère Sagittaire tâchent d’éduquer leur progéniture pour qu’elle avance dans la direction qu’ils ont choisie.

Le Sagittaire peut devenir un chef de dynastie, un patriarche bénissant chaque union, chaque naissance, et poursuivant sans cesse une progression tentaculaire.

Le Sagittaire et son Travail

Le Sagittaire comédien

Le Sagittaire vit à fond le « paradoxe » du comédien; il n’est que par ce qu’il paraît être, par ce qui est perçu de lui. Si le Sagittaire est « cible », cela signifie qu’il n’est pas simplement lui-même, en dehors du monde. Agissant par rapport à un regard, il est changé par ce regard, il est « médusé » par la Gorgone. Mais il préserve sa spontanéité, il agit comme s’il était seul, tout en sachant très bien qu’il ne l’est pas; voilà pourquoi il a la réputation d’être un grand acteur.

Le Sagittaire ne peut avoir de véritable vie privée : on s’intéresse généralement à ce qui lui arrive, on tend à bâtir une légende autour de lui à partir de vagues rumeurs. Il est constamment sous les feux de l’actualité. L’incognito le hante. On imagine d’ailleurs qu’il souffrirait de n’être plus la cible des journalistes – que ce soit d’ailleurs en bien ou en mal —, de ne plus faire la « une » des magazines de spectacles. Tel est, en tout cas, un certain archétype du métier Sagittarien. On sait que Jupiter est, selon des travaux statistiques confirmés, la planète des comédiens.

C’est aussi celle des politiciens, des porte-parole, de ceux qui paient pour les fautes de leurs subordonnés.

Le maréchal Joffre, au lendemain de la bataille de la Marne, déclara qu’il ne savait pas si le combat avait été gagné grâce à lui, mais que, s’il avait été perdu, on l’aurait considéré comme le premier responsable. Le Sagittarien doit accepter de « couvrir » des fautes qu’il n’a pas toujours commises. Le Sagittaire doit être au premier rang, braver les flèches de l’adversaire.

Recevoir la flèche, payer pour les autres, c’est ce qui survint à Pholos qui se tua en voulant soigner ses frères blessés, ou à Chiron qui mourut d’une flèche perdue.

A force de s’attirer les foudres, le Sagittaire catalyse tout un courant de sympathie autour de lui.

Le Sagittaire mystique

La carrière ecclésiastique est aussi Sagittarienne si l’on passe à un autre principe de l’être Sagittarien : le centaure.

Le centaure n’est-il pas le croisement fragile de la bête et de l’homme? Quel signe, mieux que le Sagittaire, pourrait être conscient d’une sublimation nécessaire des forces instinctives? Qui connaît mieux que lui le sens de la « tentation » d’un saint Antoine? Fuite hors de la dimension matérielle, inférieure, recherche de spiritualité que l’homme religieux incarne par définition.

Le Sagittaire a, de toute façon, besoin de choisir un métier où il y a transformation, promotion. Il est fasciné par l’alchimiste qui transforme le plomb en or au moyen de la pierre philosophale. Il aime être à la charnière du monde civilisé et de la jungle. Il est l’explorateur, le missionnaire, le « médecin sans frontières », le colon à la lisière de la civilisation. Voilà qui rejoint l’idée classique que l’on se fait du Sagittaire attiré par l’étranger et les voyages.

On conseillera donc au Sagittaire de ne jamais s’enfermer tout à fait dans un monde aseptisé mais de se lancer plutôt dans des aventures qui conservent mystère et danger, non point parce qu’il s’y complaît, mais parce qu’il veut pouvoir défricher, apporter la Loi, comme les rangers du Far West.

Le Sagittaire rebelle

Il débute dans la vie en rebelle, en indompté qui ne veut pas entrer dans un « système ». Mais, à la différence du Lion, il a le désir d’évoluer, c’est-à-dire que son rêve n’est pas de rester toute sa vie « hors la loi » (comme le sanglier sauvage des forêts), mais de passer petit à petit de la marginalité des pionniers à la reconnaissance officielle. Le destin du Sagittaire est de le mener tôt ou tard vers les honneurs et l’acceptation générale, et c’est alors seulement qu’il aura le sentiment d’avoir réussi sa vie professionnelle.

Le Sagittaire magnétique

Il est un autre métier classiquement Sagittarien : c’est celui de la chirurgie. Le natif du signe sait se servir de ses mains et il a souvent des dons de magnétiseur. Il n’est pas exclu que les mains du Sagittaire – larges, solides, dures comme l’acier – fassent partie de son pouvoir. En effet, n’est-ce pas avec les main que l’on prend ?

Avec la Balance et le Verseau, le Sagittaire est un des signes qui s’accompagne d’un instrument fait de main d’homme, l’arc. Ainsi, tous les métiers qui impliquent le maniement d’un outil semblent devoir lui être conseillés : le sculpteur et son ciseau, le tennisman et sa raquette, le violoniste et son archet, le chirurgien et son scalpel…

Ici, la dualité n’est plus centaurienne, entre l’animal et l’homme, mais proprement Sagittarienne; celui qui tire à l’arc prolonge et précise son action. Le Sagittaire, c’est la main qui prend conscience de ne pas être une fin en soi.

Notre siècle serait ainsi Sagittarien : la flèche, c’est aussi la fusée qui libère l’homme des horizons terrestres. L’aérodynamique, la balistique relèvent directement d’une vocation Sagittarienne. C’est pourquoi nous trouverons abusif d’attribuer au Verseau l’ère du machinisme et des vols intersidéraux, alors que son symbolisme ne semble en aucune façon le diriger vers le haut mais bien plutôt vers le bas (l’eau versée).

On voit que le Sagittaire a plus d’une « corde à son arc »… Comme le signale Éric Aggur, le Sagittaire a souvent une activité double : « tourner et militer » pour Godard et Jane Fonda, « chanter et jouer » pour Sinatra.

Le Sagittaire pourra également être aviateur. Hadès écrit à ce sujet : « La flèche (du francique fliugik, celle qui vole) est l’élément qui se sépare de l’individu afin de rejoindre le ciel. Conformément à cette analogie, le vol, les avions, les projectiles, les fusées, etc., sont des données Sagittaire. De grands aviateurs : Mermoz, Guynemer, sont des Sagittaire. Ajoutons que selon le concept de guide du Sagittaire, l’aviation naissante avait autrefois pour première tâche de guider l’artillerie.

Le Sagittaire peut être aussi voyant puisque ce signe est celui qui vise, qui voit : la vigie, un excellent ambassadeur, ou un envoyé spécial pour un journal. Dans ces deux cas, il vivra ainsi son amour de l’étranger (pour rester fidèle à la symbolique de l’arc), son goût des départs.

On le trouve aussi comme agent assurant la promotion d’un artiste, car il a une nature de Pygmalion.

On le voit, enfin, banquier, non par intérêt direct pour l’argent mais par goût du pouvoir qu’il assure.

Appliquons à présent la dualité de la « flèche anonyme » au travail de notre signe : le Sagittaire peut, d’une certaine façon, évoquer l’araignée tissant sa toile et restant hors de vue de la pauvre mouche qui vient s’y perdre. C’est vers des métiers qui n’exigent pas une présence directe que le Sagittaire pourra trouver l’expression d’une certaine vocation : tel est l’art du comédien qui, toutes lumières braquées sur lui, saura se cacher derrière son rôle, se dissimuler derrière son masque.

A l’instar de Jupiter, le Sagittaire a besoin d’un Mercure, d’un messager qui le « représente ». Il est l’organisateur qui sait déléguer ses pouvoirs sans en perdre le contrôle. Il est l’œil du maître omniprésent, mais qu’on ne perçoit que par intermittence. Semblant être nulle part, il est partout. Ni vu ni connu, le Sagittaire anime les marionnettes, tire les ficelles, mais reste dans les coulisses.

Ce n’est que si la situation professionnelle lui permet ce jeu subtil d’action à distance que le Sagittaire donne toute sa puissance.

Fair-play

N’oublions pas non plus son fair-play, qui va jusqu’à donner des armes à l’adversaire pour que le combat soit plus loyal. Pour l’amour du jeu, il prêterait de l’argent à celui qu’il affronte pour que la lutte puisse se poursuivre. Souvent, il échappe à la dépression précisément parce qu’il rencontre une nouvelle résistance devant lui. Le Sagittaire pourrait faire sienne l’expression : « Gardez-moi de mes amis, de mes ennemis je me garde. »

A propos du travail du Sagittaire, on se doit de faire remarquer que tous les astrologues ne sont pas d’accord sur le climat qui convient le mieux à notre signe. Si André Barbault intitule son chapitre à ce sujet « le Travail en équipe », en précisant : « Il a souvent besoin, pour travailler, de la présence d’autrui. Il s’engourdit seul devant sa table ou devant son outil; il lui faut, pour s’animer, la rumeur multiple d’un vaste atelier, d’un chantier, d’une équipe, d’une ambiance… Il est fait pour travailler en groupe », en revanche, Michèle Curcio n’hésite pas à écrire que « le travail en équipe n’est pas ce qui convient le mieux à un Sagittaire. Il est assez conscient des qualités qui lui permettent de dominer ses rivaux et il a une nette tendance à le faire sentir. C’est pourquoi il vaut mieux qu’il travaille seul » (éd. Tchou 1978, p. 98). Comment concilier ces deux jugements? En tenant compte de l’ambivalence du signe. En fait, tout indique que le Sagittaire ne s’épanouit que dans une action collective.

Et pour passer le flambeau

On est maintenant en mesure de comprendre, de deviner quelle sera l’attitude du Sagittaire en fin de carrière. On le voit laisser la place à un jeune plus dynamique que lui plutôt que de s’accrocher à des privilèges stériles. Chiron savait qu’il ne pourrait tirer parti de son immortalité, mais c’est à lui seul que revenait l’initiative d’y renoncer. Le Sagittaire saura réussir sa sortie en passant le relais – sans amertume – à la génération montante, tel Chiron pour Prométhée.

Le Sagittaire et l’Argent

Le génie des affaires du Sagittaire consistera à « commercialiser » ce qui ne l’est pas, à récupérer à son profit des phénomènes qui semblent très éloignés des circuits de l’argent.

C’est le Sagittaire qui lancera sur le marché un produit auquel il est seul à croire, c’est lui qui introduira dans tous les foyers un besoin qu’il a su découvrir. Le Sagittaire, en l’occurence, est un merveilleux vulgarisateur qui, au prix d’un effort de formulation ou de présentation, parvient à rendre familier l’exotique.

Fidèle à sa vocation d’explorateur, le Sagittaire revient de ses voyages à la façon de ceux qui rapportèrent les premiers objets de l’art africain qui devait tant influencer la peinture occidentale.

Le Sagittaire accepte de prendre des risques, il a le goût du jeu. Il manque de discrétion dans ses affaires. C’est pourquoi il doit se diriger vers des affaires de promotion publicitaire où ses défauts deviendront qualités.

Il sait par ailleurs évoluer subtilement à la Bourse, plus apte que tout autre à saisir ses soubresauts, ses tracés en dents de scie qui sont l’expression de son caractère hybride. Il aime les caprices des actions cotées. Il parie à la baisse, il parie à la hausse, il parie surtout sur un changement brutal de tendance. Le Sagittaire pressent à quel moment un cours va se redresser après avoir été l’objet d’une persistante défaveur. Il opte pour le bon cheval coté à vingt contre un. Le Sagittaire a plutôt tendance à épouser la cause du perdant. C’est un Pygmalion qui cherche sa « Fair Lady ». C’est lui qui rachète des immeubles branlants pour les rénover. C’est un promoteur au sens le plus large du terme.

Les affaires brassées par le Sagittaire sont souvent « à cheval » entre le licite et l’illicite : la volonté d’arriver du Sagittaire le pousse à ne pas s’embarrasser de scrupules, à faire sa propre loi. Mais il ne saurait d’autre part ignorer la loi : il s’oblige à en respecter sinon l’esprit du moins la lettre.

Le Sagittaire préfère être son propre patron et son propre comptable.

Il ne se voit guère dans la peau d’un salarié avec sa fiche de paie.

Pour ce qui est de payer ses impôts, le Sagittaire préfère être, dans la mesure du possible, à l’abri d’un contrôle trop facile. Il recherche donc, en quelque sorte, un juste milieu entre le système D des signes de Feu et l’encadrement fiscal d’un fonctionnaire. La politique convient bien au Sagittaire avec ses lois, ses privilèges, ses immunités. Il apprécie volontiers ce climat qui concilie les intérêts personnels et le dévouement pour la cause publique. D’ailleurs, on l’imagine bien mécène, redistribuant l’argent reçu pour encourager des vocations, créer des bourses, des fondations. Sans argent, le Sagittaire a du mal à s’exprimer. C’est pourquoi il prend un bien meilleur départ dans la vie s’il est issu d’une famille bourgeoise qui lui laisse le temps de mûrir et de trouver sa voie.

Le Sagittaire et sa Santé

Le Sagittaire est gourmand, il a un solide coup de fourchette suivant le principe sanglier cochon. Il sera attiré par les « bons petits plats » qui finiront par l’aliéner. Il songera de temps à autre à suivre un régime, à compter ses calories mais sa voracité reprendra vite le dessus.

Le second principe Sagittarien est celui du centaure. D’après le modèle de l’Homme Zodiaque, ce sont les cuisses qui sont anatomiquement attribuées au Sagittaire. Or, rappelle André Barbault, ce sont les cuisses dont se sert le cavalier pour assurer son assiette, pour tenir tout simplement en selle : l’image du cavalier sur son cheval est une variante de celle du centaure, l’homme-cheval.

Comme c’est au niveau des cuisses que la transformation s’effectue, que le cheval devient homme, on conçoit que cette partie du corps soit primordiale et que l’on atteigne ici un point particulièrement vulnérable.

Le Sagittaire ne vit pas calmement dans son coin. Il subit la présence d’autrui, il ne peut l’ignorer, il ressent fortement le climat ambiant et focalise toutes les tensions à la façon d’un aimant. C’est pourquoi il doit s’initier à des méthodes de relaxation (yoga) grâce auxquelles il oubliera le monde extérieur et fera le vide en lui-même. Sinon, il sera sujet aux crises d’angoisse. L’équilibre psychologique du signe n’est pas très solide. Cela tient à la complexité des synthèses et des croisements qu’il tente d’accomplir, des défis qu’il relève trop souvent. Le Sagittaire peut craquer. Il prend trop sur lui. Il risque le surmenage. En parlant de cible, on pense évidemment à l’attentat. On sait bien que les hommes politiques peuvent devenir des cibles et, d’une manière générale, toute personne un tant soit peu représentative. A notre époque plus ou moins marquée par le terrorisme, la mort d’un Sagittaire peut fort bien être liée à son statut social.

Le signe du Sagittaire est le neuvième à partir du Bélier : il est donc en affinité avec le neuvième mois, celui de la fin de grossesse. Le Sagittaire est le signe de la naissance : la tension requise par le travail d’enfantement, puis la « délivrance » au moment de l’expulsion évoquent en effet l’image de l’archer bandant son arc et qui, après un ultime effort, libère sa flèche.

A la façon d’un Montherlant, il ne supportera pas une vieillesse qui le verrait diminué. Chiron, en suppliant les dieux de lui accorder la mort alors qu’il a le privilège d’immortalité, accueille celle-ci en amie. Mais cette mort doit être profitable et aller dans le sens de l’Histoire comme c’est le cas lorsque Chiron fait don de son pouvoir à Prométhée. La mort, c’est aussi l’héritage qu’on laisse derrière soi. Le Sagittaire a le sens de la postérité, de ce qui restera dans le souvenir des hommes. C’est ce qui arrive à Chiron quand il quitte le royaume des vivants mais reste pour toujours dessiné sur la voûte céleste. Le Sagittaire sera favorable à l’euthanasie : il ne conçoit pas que l’on s’accroche à la vie si cette vie ne vaut plus la peine d’être vécue, si elle empêche des forces plus jeunes et plus dynamiques d’entrer en scène.

Nous voudrions terminer en confrontant le Sagittaire aux diverses typologies existant en médecine et en psychologie. Nous reprendrons pour ce faire la synthèse de Cyrille Wilczkowsky (l’Homme et le Zodiaque. Essai de synthèse typologique, éd. Le Griffon d’Or, 1947) :

« Si l’homme de la Balance est le plus favorisé au point de vue de la beauté, l’homme du Sagittaire est sans doute le plus favorisé au point de vue de la santé physique et morale. Selon J.-C. Verdier (Ce que disent les astres, éd. Stock), il est de type athlétique, surtout dans la première moitié du signe, et il est bâti en sportif. Au point de vue humoral, on le classe parmi les bilieux ou les musculaires de Sigaud dont les préoccupations morbides sont, d’après le docteur Gallimard, « les affections aiguës du siège hépato-biliaire ainsi que les maladies du surmenage général ». Le Sagittaire étant placé dans l’axe tuberculinique du Zodiaque, c’est dans les excès de toutes sortes du type JupiterFeu qu’il faudrait chercher sans doute la raison de ses tendances tuberculiniques.

« On classe les Sagittariens parmi les schizoïdiens, mais il faut noter que ce caractère est très estompé grâce à l’élément jupitérien qui rend les Sagittaire « larges » au sens de Le Senne. C’est précisément cette « largeur », ainsi qu’une inquiétude intérieure (signe mutable) plus grande que sous le Lion et sous le Bélier, qui les différencie des autres signes de Feu. Il semble qu’en usant des termes de Le Senne, on pourrait compter les Sagittaire parmi les colériques, avec une secondarité plus grande que celle du Bélier ou du Lion (émotifs, actifs-sous-secondaires-larges et allocentriques). »

Les Astromariages de la Femme Sagittaire

Femme Sagittaire et homme Bélier

Il y a un certain respect l’un pour l’autre mêlé d’inquiétude latente : la femme du Sagittaire étant quelqu’un d’enthousiaste mais de stable, elle se méfie toujours un peu des impulsions irraisonnées de monsieur Bélier. Leur dénominateur commun dans l’existence est fait de courage, d’élan vers l’avenir, de passion dans leurs activités, d’insatiable curiosité et de nombreuses relations amicales. Mais il faut peut-être qu’il soit plus âgé qu’elle pour calmer un peu ses folies impulsives…

Femme Sagittaire et homme Taureau

Une locomotive pour tirer des dizaines de wagons… bien sûr, ça marche et ça traverse les campagnes, mais quel dommage… L’homme Taureau, d’ailleurs, se lasse vite d’être tous les wagons à la traîne : il la laissera voyager seule, et s’occupera à la maison des chiens que la dame Sagittaire affectionne, du jardin potager et de sa bonne chère…

Femme Sagittaire et homme Gémeaux

Voilà un couple que l’on voit souvent et qui semble admirablement s’accorder : l’homme Gémeaux, plus dépendant qu’il n’y paraît, lorsqu’on ne va pas lui chercher noise sur son emploi du temps, se trouve très à l’aise dans l’univers de la dame Sagittaire qui ne s’intéresse pas aux détails de la vie quotidienne. En outre, elle sait l’entraîner dans des aventures qui le tiennent en haleine, des voyages pleins de rebondissements, des fêtes entre amis…

Femme Sagittaire et homme Cancer

Il aime les cocons douillets, les femmes protectrices et maternelles. Elle a besoin de quelqu’un d’enthousiaste et de chaleureux qui la suive dans ses entreprises parfois audacieuses, et adhère à elle dans toutes les circonstances de la vie. Il est parfois égocentrique et attend l’exclusivité de son attention, de ses efforts, de son énergie… dure, la vie quotidienne!

Femme Sagittaire et homme Lion

Merveilleuse coïncidence de volonté et de chaleur humaine, de courage et de persévérance, le générosité et de magnanimité. Les valeurs léonniennes se rapprochant sensiblement des valeurs sagittariennes, le couple a, sur les plans associatif, social et professionnel, de grandes chances d’être harmonieux et durable… si la volonté de puissance du Lion ne vient pas se heurter à l’autorité naturelle de la femme Sagittaire.

Femme Sagittaire et homme Vierge

Il est trop sage pour elle, qui aime la fantaisie, la liberté de vivre, le choix des contraintes. Il lui impose des responsabilités dont elle ne veut pas, des devoirs qu’elle refuse par tous les pores de sa peau, des limites à son envergure sportive et chaleureuse. Il faut qu’elle mette beaucoup d’eau dans son vin pour supporter la rigueur moralisatrice de monsieur Vierge, et lui sera, de toute façon, malheureux : il ne comprend pas qu’on ait des critères d’existence différents des siens.

Femme Sagittaire et homme Balance

C’est un des meilleurs couples du Zodiaque. Harmonie, compréhension, dialogue (voir « Homme Sagittaire et femme Balance« ).

Femme Sagittaire et homme Scorpion

Qui n’est pas attiré par l’homme Scorpion, de prime abord (même s’il effraie), par son mystère, sa violence, son intelligence pénétrante? La femme Sagittaire, bien qu’assez différente de lui dans ses choix et son comportement, est très vivement attirée par le Scorpion : parce qu’il la dérange, la provoque, la déplace et qu’elle a besoin de mouvement.

Mais il peut y avoir une certaine incompatibilité affective : elle a des sentiments simples et sains, une chaleur généreuse et inconditionnelle, tandis que lui, plus tourmenté, recherche des raffinements qui confinent au sadomasochisme et qu’elle ne comprendra pas.

Femme Sagittaire et homme Sagittaire

Excellent à tous égards.

L’amour, le travail, la carrière, les enfants, tout réussit admirablement avec cet équipage

Ils s’entendent au premier regard, ils prennent les mêmes avions et les mêmes initiatives, ils aiment les mêmes plats, les mêmes pays, les mêmes sports : comment ne se rencontreraient-ils pas? Et, une fois qu’ils se sont rencontrés, qu’ils ont échangé les premières phrases d’usage en éclatant de rire, comment ne seraient-ils pas tentés de continuer? D’aller au Pérou, en Australie, en Chine sur un vélo, ou à cheval… Voilà un couple de voyages et d’aventures.

Femme Sagittaire et homme Capricorne

Meilleur tandem pour les affaires, la vie professionnelle, l’ambition que pour la vie privée : en effet, leur sensibilité est fort différente. Il est réservé, elle est expansive. Il est économe de tendresse, elle a besoin de la gaspiller.

Il aime la solitude, elle recherchera la compagnie de ses amis, dans toutes ses activités.

Femme Sagittaire et homme Verseau

Voilà, à nouveau, un couple qui a toutes les chances de faire une belle et longue route.

L’homme Verseau, aventurier, fantasque, généreux, ouvert à ce qui est nouveau, singulier, insolite et la femme Sagittaire qui, bien que plus conformiste, a le même élan et le même dynamisme projeté vers l’avenir, ne peuvent que s’entendre.

Il ne reste qu’à leur souhaiter une bonne traversée!

Femme Sagittaire et homme Poissons

Évidemment, lui qui est plein de charme et rempli d’hésitation, sera tout de suite subjugué par sa force de caractère, son esprit de décision, son courage psychologique et physique. Mais cela suffit-il à faire un couple durable? Elle risque d’être de plus en plus agacée par son incapacité à se décider, par son fatalisme. Et lui, finalement, ne supporte pas l’aspect tranché et net de sa personnalité, qui aime ou qui déteste sans compromission, qui accepte ou qui refuse sans revenir sur sa parole.

Les Astromariages de l’Homme Sagittaire

Homme Sagittaire et femme Bélier

Comme tous les signes de Feu entre eux, l’homme Sagittaire s’entend bien avec la femme du Bélier. Ce sont deux enthousiastes, aventuriers, entreprenants, deux constructeurs : il leur faudra peut-être des Ascendants Terre pour les stabiliser car ils se projettent trop dans l’avenir. C’est, en tout cas, un bon accord par affinités.

Homme Sagittaire et femme Taureau

Lui qui aime tant partir à la conquête du monde – et des femmes —, il risque d’avoir de gros problèmes avec la possessive Taurienne, souvent sédentaire, attachée à ses meubles, sa terre, ses objets, son foyer. Elle ne supporte guère ses frasques d’aventurier, son indépendance, son dynamisme autoritaire. Entente difficile.

Homme Sagittaire et femme Gémeaux

Dans le Zodiaque, ils se trouvent à l’opposé l’un de l’autre. D’où une certaine attirance qui n’est pas toujours bénéfique : tous les deux volages, ils ne parviendront jamais à modifier leur nature. L’homme Sagittaire étant plus possessif que la femme Gémeaux, c’est elle qui aura le dernier mot et notre homme de Feu souffrira bien inutilement.

Homme Sagittaire et femme Cancer

Difficile de leur trouver un point commun. L’Eau réceptive, sensible, de la femme Cancer est sans influence et sans armes devant le Feu brûlant, emporté du Sagittaire. L’une est introvertie, réservée, sage, l’autre est extraverti, facilement mondain et grand voyageur. Comment les rapprocher? Sauf si les Ascendants s’accordent (par exemple, l’Ascendant Poissons pour lui et Bélier pour elle), auquel cas les conflits restent intérieurs ou se neutralisent d’eux-mêmes.

Homme Sagittaire et femme Lion

Ils ont beaucoup de points communs; non seulement leurs caractères se ressemblent, mais ils visent les mêmes objectifs – réussir et briller – par des voies sensiblement identiques : sociales et professionnelles. C’est un excellent attelage qui rassemble des sentiments d’estime et d’admiration l’un pour l’autre et une grande attirance physique.

Homme Sagittaire et femme Vierge

Lui, le conquérant, l’énergique, l’aventurier, face à cette fleur fragile, timide, obéissante et modeste? Elle est femme de Terre, prudente, et lui, homme de Feu, généreux. Comment s’accorderont-ils pour les choses les plus banales, comme partir en week-end ou recevoir des amis à dîner? C’est difficile de les unir pour le meilleur et pour le pire.

Homme Sagittaire et femme Balance

Il faut le savoir, c’est une des meilleures femmes pour l’homme du Sagittaire : elle l’aide, par sa douceur et par son charme, par son sens aigu de la diplomatie. à escalader l’échelle sociale, qui lui importe par-dessus tout. Lui est homme d’action et d’ambition, elle est femme de séduction et de relations. Il n’en faut pas plus pour qu’ils forment un tandem exceptionnel.

Homme Sagittaire et femme Scorpion

Il y a chez l’un comme chez l’autre, un grand, un immense goût du risque qui peut les pousser à se défier l’un l’autre, à s’affronter dans des gageures et des paris les plus invraisemblables et les plus dangereux. Elle peut se lancer dans une course en solitaire sur l’Atlantique pour lui prouver qu’elle peut faire comme lui – voire mieux que lui —, ou elle deviendra championne de parachute ou femme-volante, bref, quelque chose de spectaculaire et de confondant. Mais lorsque notre homme Sagittaire, séduit, tombera dans ses rets, elle se montrera sous un nouveau jour : celui d’une personne tourmentée, très vulnérable, exigeante et secrète. Elle est peut-être alors un peu trop compliquée pour lui qui est plus attiré par la compagne sportive, sans problèmes métaphysiques et sans maquillage que par la femme-femme, sensuelle et mystérieuse qu’elle représente.

Homme Sagittaire et femme Sagittaire

Ils s’entendent au premier regard, ils prennent les mêmes avions et les mêmes initiatives, ils aiment les mêmes plats, les mêmes pays, les mêmes sports : comment ne se rencontreraient-ils pas? Et, une fois qu’ils se sont rencontrés, qu’ils ont échangé les premières phrases d’usage en éclatant de rire, comment ne seraient-ils pas tentés de continuer? D’aller au Pérou, en Australie, en Chine sur un vélo, ou à cheval… Voilà un couple de voyages et d’aventures.

Homme Sagittaire et femme Capricorne

Il faut vraiment vouloir leur trouver des points communs car ils n’en ont pas : autant elle est femme de devoir, de responsabilités, de contraintes, autant il a besoin d’espace, de liberté, d’initiative, d’indépendance: elle risque de l’étouffer, de le rendre malheureux. Lui, de son côté, cherchant à lui échapper, le fera maladroitement, en la blessant involontairement car la finesse psychologique n’est pas son fort. Sauf si les Ascendants corrigent cette imcompatibilité, il vaut mieux ne pas insister.

Homme Sagittaire et femme Verseau

Voilà deux signes aventuriers, encore que l’un soit très attentif aux conventions et aux codes sociaux alors que l’autre s’en moque absolument. D’ailleurs, à de nombreux égards, la femme Verseau sera plus forte, dans le couple : sa nature désinvolte et profondément anticonformiste le choque et le subjugue en même temps. Elle ose tout ce qu’il voudrait, elle réussit tout ce qu’il n’a pas l’audace d’entreprendre par peur du qu’en-dira-t-on. C’est un très bon tandem.

Homme Sagittaire et femme Poissons

L’océan sombre et profond qui est le domaine des Poissons est ressenti comme un peu menaçant, incertain, relativement angoissant pour notre homme Sagittaire qui est peu sujet à l’angoisse, par ailleurs. Il va tenter, avec palmes, fusil, combinaison et oxygène, d’explorer les fonds sous-marins pour les comprendre et en délimiter les contours. Mais, comme elle, en vraie sirène, se cache derrière de grandes algues ou au fond des grottes, qu’elle ne peut pas faire autrement et que, de toute façon, c’est ce qui attire notre Sagittaire, le mystère des femmes de l’eau…

 

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Sagittaire Ascendant Bélier

On accorde au Bélier une constitution athlétique, encore que chez la femme la constitution pycnique ne soit pas rare; un squelette fortement charpenté, une musculature puissante le feraient paraître souvent plus grand qu’il n’est réellement. On le reconnaîtrait à sa tête, partie du corps symbolisée par le signe, et surtout à son profil : ferme, busqué, presque tranchant. Il a un nez proéminent à forte arête, et, de l’étage médian du visage, la projection en avant de la partie inférieure du visage se révèle, par ailleurs, fréquente; quant au front, il demeurerait plutôt bas.

Détails caractéristiques : les oreilles petites et pointues, du style faune; les yeux, à l’iris gris acier ou brun, rapprochés du nez et surtout coiffés de sourcils broussailleux en accent circonflexe. Reconnaissons au passage que les portraits de Van Gogh et Mallarmé, tous deux fortement marqués du Bélier, correspondent assez bien à cette description. Le regard est vif, souvent dur et insolent, exprimant la curiosité, la vigilance prête au combat, voire le défi.

Mâle ou femelle, le Bélier type ne marche pas : il « fonce » droit devant lui, d’un pas rapide et décidé. Il ne vous serre pas la main : il vous la broie, d’une poigne ferme et volontaire. Il convainc ou accuse plus qu’il ne parle, d’une voix impérative au ton incisif, au débit précipité, en y joignant le geste, emporté, rude, noueux.

La même tonalité abrupte signe l’élégance de Madame Bélier; elle est fracassante, de formes et de couleurs : vêtements garçonniers, volontiers provocants, outrances des modes soulignées jusqu’à l’extravagance, maquillage agressif ou, à l’inverse, nudité d’un naturel affirmé comme un défi. C’est, en plein XIXe siècle, George Sand vêtue en homme et fumant le cigare.

Présence, intensité, force contagieuse, telle est l’impression que dégage d’emblée le personnage. Au volant de sa voiture, souvent rouge, un Bélier peut faire la démonstration éclatante de sa vitalité autoritaire, pressée et compétitive. Le paysage? le décor? le charme de la flânerie? il les ignore. Il ne s’agit que de la machine à exploiter au maximum, et même au-delà de ses possibilités, que de l’autre conducteur à dépasser : slalom, accélérations démentes et coups de freins brutaux, pneus hurlants dans les virages et risques gratuits, irrespect du code, tout y est. Qu’importe! il faut aller plus vite et passer coûte que coûte. Ou courtil? Il n’en sait rien, ce qui compte c’est d' »y » courir plus vite que la dernière fois et plus vite que tout le monde. Le moindre obstacle à ce défoulement d’agressivité conquérante le mettra d’une humeur massacrante et les invectives outrancières pleuvront en guise de décharge.

Psychologiquement, le Bélier est caractérisé par un besoin maximal d’extériorisation motrice. Ce feu de printemps symbolise le jaillissement premier de l’énergie vitale. C’est l’être à sa naissance, le nourrisson en tant qu’organisme soumis à la poussée instinctuelle globale qui, faute de maturation, ne saurait faire la distinction entre lui-même et le monde extérieur. En cet Ascendant du Zodiaque, il n’y a pas encore de capacité de différenciation ou de contrôle. Il n’existe à la limite, ni je, ni moi, ni l’autre, ni dehors, ni dedans, ni avant, ni après, seulement une agitation incoordonnée, réflexe, en réponse à un afflux de stimuli.

Le tempérament est celui du colérique type : émotif, actif, primaire, aux réactions fortes, immédiates, brèves, où l’être s’engage en bloc dans l’instant, où l’énergie pulsionnelle fuse dans toutes les directions. C’est la poussée de la sève au printemps; c’est le triomphe de l’action pour l’action dans la hâte et sans retenue, de l’initiative souvent sans lendemain parce que irréfléchie, de la conquête souvent avortée faute de préparation et de persévérance, du courage souvent téméraire par inconscience. Le Bélier n’a pas davantage le temps de respecter la morale, les règles, la « conformité », qui risqueraient de freiner son élan.

Ce même besoin d’extériorisation motrice se retrouve chez le Sagittaire, autre signe de Feu, mais ce Feu d’automne est différent ; il exige autre chose. En neuf mois, et surtout depuis la Balance, l’être s’est socialisé et va devoir élargir encore ses rapports avec le monde extérieur, s’adapter à cette expansion en vue de réalisations futures. Cette adaptation requiert beaucoup de discrimination et de maîtrise dans les réponses aux stimulations internes et externes, une capacité de retrait par rapport au milieu et de retour sur soi, en même temps qu’une faculté de coordination et de synthèse propres à réaliser l’unité de cette multiplicité. Pour satisfaire à son « idéal » solaire, le Sagittaire devrait donc atteindre à une secondarité inconnue du Bélier afin d’établir entre le dehors et le dedans, entre ce qui a précédé et ce qui devra suivre, un pont menant à un au-delà, un après, un plus haut.

Le résultat de cette combinaison va évidemment varier suivant les individus en fonction des particularités de chaque thème. On peut cependant admettre que, dans la quasi-totalité des cas, elle signera des êtres spontanés et chaleureux, riches de vigueur physique et mentale, généreux et francs, aux réflexes prompts, à l’imagination enflammée, à l’attention vive. Rien de mesquin, encore moins de routinier, dans ce personnage à l’esprit curieux, au verbe énergique, aux idées larges et aux nobles aspirations, qui sait entraîner, convaincre par son éloquence et par son ardeur communicative.

En l’absence de dissonances graves, le Sagittaire socialisera le Bélier, le tempérera, l’assagira. Visage, silhouette, gestes, actes se feront moins anguleux, moins abrupts. Pareillement, l’homme, dans ses conquêtes amoureuses, mettra un peu plus de formes et moins de brutalité. La femme, tout en demeurant très garçonnière – le type « amazone » n’étant pas rare chez le Sagittaire —, se fera moins agressivement provocante, hésitant devant l’extravagance vestimentaire pour s’en tenir à un classicisme très alluré. Certes, elle continuera à faire la loi chez elle, mais en y mettant un peu moins de bruit et de fureur. Sa franchise sera aussi totale que son manque de diplomatie et son goût de l’indépendance.

Sur le plan des réalisations, un Sagittaire fort, toujours dans les cas de dispositions harmonieuses, apporte à l’irrascible Bélier la pondération, la hauteur de vue, le souci et le respect de la collectivité, un idéal plus spiritualisé, bref une ampleur plus adaptée et ennoblie. Il se servira de la fougue et de la capacité d’engagement de son partenaire en la maîtrisant et, si le mariage est exceptionnellement réussi, il pourra donner naissance à un magnifique pur-sang capable de bien des exploits.

Dans les cas moins heureux? Ce Sagittaire, dont la fonction est de participer à la collectivité en respectant ses normes et ses lois dans un esprit de tolérance et d’humanisme, risque de s’accommoder assez mal des exigences belliqueuses, totalitaires et individualistes de son Ascendant Bélier. Certes, les idéaux avoués continueront à se déclarer nobles, soucieux du bien et de la liberté d’autrui, mais des conduites sommaires, brutales, plus ou moins inconsciemment autoritaires, leur infligeront un démenti; l’instinct de conquête l’emportera bientôt sur l’altruisme et le militantisme, ou le fanatisme sur la tolérance. Dans un thème très conflictuel, à dominante sèche (Mars et Uranus, par exemple), le côté primaire et téméraire du Bélier va éveiller dans cette caisse de résonance que constitue le Sagittaire un écho amplifié à l’excès. L’ensemble a toute chance d’aboutir à l’opposé du Jupitérien « normalisé », au type du Sagittarien rebelle : inadapté, aventurier, en rupture de ban avec la société, poursuivant dans le meilleur des cas un idéal inaccessible à force d’être immense et total ou, plus fréquemment, cultivant le risque pour le risque, faute de pouvoir le sentir exister autrement que dans « l’action pour l’action », la démesure, la révolte systématique.

Conséquences : surmenage physique allant jusqu’à l’épuisement irréversible, risques excessifs pris par impossibilité de résister aux impulsions agressives et se résolvant en dommages de toute nature, corporels et matériels aussi bien qu’affectifs; vie « brûlée » en une avec les Ascendants succession de commencements et d’abandons qui sont autant d’échecs.

Heureusement, l’énergie est grande en chacun des deux signes et la faculté de récupération certaine, mais le Sagittarien ne doit pas oublier que, si le Bélier est avant tout un impatient, il est lui un inquiet, un anxieux fondamental au système nerveux beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît.

Ce cheval emballé aurait besoin de trouver en lui-même un cavalier qui le maîtrise sans le brider.

Sagittaire Ascendant Taureau

Morphologiquement, le Taureau se signalerait par un détail : le cou; qui ne connaît le « cou de taureau », enfoncé entre des épaules larges et carrées, court, épais, présentant en principe une petite saillie à la base? C’est un pycnique. Taille plutôt inférieure à la moyenne, squelette solidement charpenté mais enrobé; crâne large, front plein et bombé, visage de sensoriel tendant au carré comme les mains, menton rond, lèvres charnues, nez et bouche larges, yeux sombres et grands. Quand à l’œil « globuleux », conféré traditionnellement à ce signe, il semble relever du particulier plus que du général. En revanche, le regard, chez le type adapté, frappe par sa profondeur, le calme et la chaleur de son sérieux.

A cette description, la Tradition ajoute une jambe courte et musclée au mollet rond. Enfin, les auteurs divergent sur le fait de savoir si les cheveux châtains ou bruns, le plus souvent ondulés ou bouclés, se maintiennent bien plantés sur un front bas ou si, au contraire, une calvitie frontale les menace prématurément.

Dans le cas du Taureau type, la personnalité tout entière dégage, surtout chez les hommes, une impresssion de solidité compacte, de lenteur puissante, voire de statisme, impression accentuée par la démarche jamais pressée mais régulière, pesante même, mains dans le dos, regard au sol; en somme c’est une sorte de commissaire Maigret. La parole est lente, les mots mesurés, la voix mélodieuse au timbre parfois captivant, la poignée de main chaude, pleine et accueillante. Pour parfaire ce portrait, ajoutons au visage une expression placide, plutôt débonnaire et tranquillement assurée (cas du sujet bien adapté) ou, à l’inverse (sujet mal adapté), une expression revêche, sévère, fermée, un air de méfiance soupçonneuse, une amabilité vigilante de bouledogue. Le premier sujet affectionnerait les cravates chatoyantes et les eaux de toilette aux senteurs enivrantes; le deuxième, probablement victime d’un Saturne maléfique, userait jusqu’à la corde de vieilles nippes informes, pas toujours très propres.

Ce cas extrême se retrouvera chez la femme. Supposons-le exceptionnel puisque la Tradition s’emploie à qualifier la femme du Taureau d’hyper-féminine. Cette favorisée des dieux illustre à merveille le type vénusien : un corps agréablement potelé tout en courbes; poitrine développée, hanches et bassin élargis; un visage aux traits harmonieusement fondus, d’une beauté voluptueuse comme son parfum; des vêtements faits pour le regard et le toucher : jupes amples, tissus veloutés ou soyeux, couleurs non moins fondantes.

En cette fête des sens, le garçon manqué et la dame patronesse du Sagittaire paraissent incongrus. Seule conciliation possible : alterner volupté, indépendance sportive et respectabilité bourgeoise. Qui dit mieux?

Chez l’homme sagittarisé la pesanteur taurine tendra à s’alléger : les formes, bien sûr, resteront très enrobées, d’autant plus que le coup de fourchette, grâce à une gourmandise accrue, sera plus vigoureux; mais elles seront moins massives et tendront moins au carré. Le contact sera plus spontané, plus jovial, l’expression bienveillante ou bonhomme accentuée, la mise soignée et classique.

Psychologiquement, la différence est aussi grande. Le Bélier fonçait droit devant lui; ici on absorbe, on rumine, on digère; c’est l’incorporation orale succédant à l’extériorisation motrice, la concentration faisant suite à la dispersion; il ne s’agit plus de répondre dans le désordre à un afflux de stimuli, mais de commencer à s’adapter à la réalité, donc d’apprendre à se protéger, à discerner le bon du mauvais afin de profiter au maximum du premier et, si possible, de se fermer au second. Comme l’écrit J.-P. Nicola, le Taureau est « par excellence le centre des réflexes de défense, la souche de toutes les inhibitions ».

A ce stade, un mode de connaissance du monde prévaut : la sensation, non plus l’action, qui se développe par l’intermédiaire de la mère, cette Terre Mère, non encore perçue comme personne différenciée mais comme milieu ambiant, qui non seulement entoure mais signale sa présence par les multiples plaisirs qu’elle procure.

Satisfaction de la faim, contact tiède et moelleux (contact qui prélude à la sociabilité), douce musique d’une voix rassurante sont autant d’expériences sensuelles qui, répétées, induisent une notion de permanence et de stabilité favorable à l’établissement de mécanismes d’autorégulation.

Aussi le tempérament taurin sera-t-il caractérisé essentiellement par l’avidité (qu’elle soit matérielle, affective ou intellectuelle), le réalisme, au sens le plus radical du terme (sensualisme, positivisme), la sensibilité au milieu ambiant, le besoin de stabilité, une sélectivité prudente par souci d’auto-conservation, une obstination pouvant aller jusqu’à l’entêtement buté. Le Soleil au Sagittaire va assouplir et, dans les meilleurs cas, humaniser et spiritualiser les caractéristiques taurines.

Certes la nature dionysiaque de chacun des deux signes sera considérablement renforcée : communion charnelle avec la nature, élans amoureux, la grande fête des sens sera alors vécue à son maximum. Le Sagittaire toutefois tendra à l’ennoblir, la magnifier et, en transposant à l’octave supérieur, essaiera d’accéder à l’infini, au divin, la libérant ainsi de l’asservissement à la volupté, trop fréquent chez le Taureau. Il est toutefois à craindre que le comportement ne demeure possessif et jaloux, mais d’une façon tout de même moins irréductiblement obsédée. On dit le Sagittaire volontiers volage, surtout dans sa jeunesse, trait qui cadre mal avec le monolithisme amoureux du Taureau. Les solutions de compromis sont difficiles à trouver en dehors de la dissimulation, de l’ambivalence ou, plus fréquemment, de la contradiction : infidélité discrète, tolérance pour soi-même, intransigeance suspicieuse pour l’autre.

Le tempérament demeurera opiniâtre, mais avec plus d’impulsivité, de hardiesse, de combativité et d’enthousiasme, éloigné du type taurin passif et même amorphe à force d’être repu. La ténacité du Taureau corrigera la dispersion velléitaire du Sagittaire qui, lui, apportera plus d’élan, plus de largeur de vue aux initiatives. Sagittarisés, les buts se feront moins exclusivement intéressés et égoïstes, et les moyens pourront allier l’opportunisme habile au sens pratique prudent, l’inspiration au calcul, grâce à une intuition renforcée, des capacités d’assimilation et de discernement plus prompts, une adaptabilité accrue. A l’inverse, les généreuses mais souvent utopiques visées sagittariennes se verront ramenées par le méfiant et réaliste Taureau à de plus accessibles proportions. Parfois, les décisions paraîtront brusques; en fait, elles auront été longuement mûries, un déclic subit rompant le cercle indéfiniment répété de supputations contradictoires. La volonté d’exécution conservera le caractère entier, inébranlable, du Taureau, mais assoupli par l’idéalisme humanitaire du Sagittaire.

La combinaison des deux signes va accroître aussi la sensibilité au milieu ambiant. En l’absence de dissonances majeures, le Taureau, sélectif et soucieux de stabilité, freinera le Sagittaire dans sa mondanité, sa tendance à sacrifier au conformisme du moment, aux apparences et aux modes; il exigera pour sa sécurité que, quelque part, au sein de sa vie très socialisée, un îlot soit réservé, solidement ancré à l’abri des changements et des bourrasques de l’extérieur.

En cas de thème conflictuel à dominante sèche, toujours Mars ou Uranus en signe de Feu, on aboutit au type taurin « maigre ». Beaucoup moins répandu, ce dernier est, selon J.-P. Nicola, un « longiligne aux joues creuses et aux yeux brûlants de ferveur intérieure, de l’étoffe dont on fait les romantiques, les fanatiques et les extrémistes ». Il y aura là une belle possibilité d’accord dans l’ardeur cassante et la démesure avec le Sagittarien de type rebelle.

Sans aller aussi loin, l’inquiétude du Sagittaire inadapté, liée à la notion d’espace et à la difficulté de centrer quelque part un Moi en pleine errance, ne fera qu’aggraver l’inquiétude taurine liée, elle, au besoin de permanence, c’est-à-dire au temps. L’être aux prises avec ces problèmes aura beaucoup de mal à trouver son équilibre : fougueux, il voudra s’élancer et « brûler », mais la peur le freinera; tiraillé entre l’extérieur et l’intérieur, la tendance à la paresse et le besoin d’activité, la dispersion et le besoin de se fixer, il lui faudra, sous peine d’échec, faire un choix au prix de douloureux sacrifices : celui de l’accessoire à l’essentiel, celui de l’instant à la durée.

Sagittaire Ascendant Gémeaux

Assimilable au mercurien, le type Gémeaux ne ressemble guère à son voisin du Taureau. Généralement grand, il est construit tout en étroitesse et en longueur : nez, menton, visage, doigts, bras, jambes; fluet, grêle, le torse aplati, on dirait un adolescent monté en graine ou, pis, un grand échalas dégingandé. Plus rarement petit, menu, fin et délié, il a alors la prestesse et la malice d’un lutin, d’un écureuil ou d’un singe.

C’est un cérébral : l’étage crânien du visage prédomine avec une implantation surélevée des cheveux et un front large, tandis que l’étage inférieur se rétracte : menton mince, pointu, s’effaçant; le carré qui signait le Taureau a fait place au triangle.

C’est un nerveux : on le voit à sa démarche inégale, rapide, souple, comme prête à l’envol; à ses sautillements sur place, incapable qu’il est de rester immobile; aux mimiques expressives, voire aux grimaces, qui agitent ses traits fins et mobiles; à son regard vif, curieux, souvent ironique ou effronté : vieillissant, finement ridé, plissé, il n’est pas rare qu’il vire au « vieux gamin ».

Le bec ne lui ferme pas, pourrait-on ajouter, car « discuter » est son dada. Prolixe, souvent éloquent, il parle autant avec les mains qu’avec les mots, qu’il débite précipitamment, le coq-à-l’âne et le mot d’esprit lui venant aux lèvres spontanément. Sa dextérité manuelle est souvent extraordinaire, tout comme sa capacité d’imitation. Jongleurs, illusionnistes, imitateurs sont tous plus ou moins marqués des Gémeaux.

C’est un fantaisiste : témoin son habillement. Du moindre chiffon la femme s’improvise d’instinct une toilette. L’homme, lui, se fait volontiers « dandy ». Mais chez l’un comme chez l’autre, rien ne saurait être pris au sérieux : on plaisante, on pétille comme le champagne, avec une élégance désinvolte; il s’agit d’un jeu qui, toutefois, doit avant tout respecter la liberté du mouvement.

Dans le cas d’un thème où prévaut le « sec », le Sagittaire apportera une note athlétique à cet Ascendant Gémeaux : plus de muscles, des épaules plus larges, l’ensemble demeurant cependant longiligne. Dans un thème à tendance jupitérienne, la silhouette et le visage se feront, surtout à la maturité, plus étoffés et la présentation aura un caractère relativement plus « assis »; ici, l’habillement sacrifiera peut-être un peu moins aux modes, mais plus encore à la liberté des mouvements, tout en s’efforçant de sauvegarder beaucoup l’esprit.

Mobilité, adaptabilité, dualité : tel se présente le schéma psychologique des Gémeaux.

Ce troisième signe du Zodiaque est le moment où, sortant de la non-différenciation entre Moi et Non-Moi, l’être reçoit, plus qu’il ne le perçoit véritablement, ce qui l’entoure, et les objets plus que les personnes. Alors qu’au Bélier, puis au Taureau, prévalaient décharge motrice, puis sensation, ici c’est l’impression, une impression réponse, qui règne. C’est l’entrée dans la communication, mais une communication fugace et superficielle, avec un monde nouveau aux multiples facettes, celui du familier. Très excitable, avec moins de force mais plus de rapidité que le Bélier, très réceptif mais, à la différence du Taureau, non passif, souple, délié, d’attention prompte mais fugace, il présente une extraordinaire faculté d’adaptation au milieu et aux circonstances. Feu follet, caméléon, Arlequin, il peut à la limite sembler ne pas avoir d’existence propre; il n’est que reflet de ceux qui l’entourent. Chez cet être en ébauche, le Moi proprement dit n’est pas encore constitué; il ne le sera que beaucoup plus tard, et les premiers noyaux en vont tout juste émerger progressivement. Aussi le « je » n’est-il encore que diffus, épars et, comme « l’objet », à peine entr’aperçu que disparu, ni totalement extérieur ni totalement intérieur, et les deux à la fois. Bref, c’est une virtualité, non une réalité. C’est, au lieu et place de « l’autre », le « même », le « double ».

  1. Barbault distingue deux types de Gémeaux. L’un nerveux par excellence, est le type Castor. D’humeur changeante, une sensibilité épidermique et une perpétuelle nécessité de renouveler ses émotions le rendent fantasque, poète, vagabond d’esprit, d’âme et de corps. Domiciles, professions, amitiés et amours se succèdent en autant de caprices enfiévrés. Sa vie amoureuse se place sous le signe du flirt, du marivaudage, de la légèreté; c’est l’effleurement des cœurs et des corps, qui n’engage jamais; amoral, comédien né, mentant avec sincérité, il aura la conduite du séducteur insoucieux du mal qu’il pourra inconsciemment causer à qui se laisse prendre à son jeu.

L’autre, plus calme et beaucoup plus intellectualisé, est le type Pollux. Se défendant contre tout sentiment, notamment l’amour auquel il préfère l’amitié, il tend à devenir une sorte d’esprit sans âme au cœur sec, mais il est efficace, caustique et froid, habile jusqu’à l’opportunisme – car, égoïste, il est intéressé —, se révélant très souvent doué pour le dessin ou la littérature, mais manquant de profondeur.

La combinaison GémeauxSagittaire tend à accentuer l’instabilité d’humeur, la tendance à la dispersion, la soumission à l’influence du milieu en même temps que l’habilité oratoire, la subtilité, l’aisance à manier le paradoxe et l’improvisation. La nécessité de sacrifier au caprice du moment atténue le respect des codes sociaux et de l’appartenance au groupe, chers à bien des Sagittaire. En revanche, la sécheresse calculatrice de certains Gémeaux peut être tempérée par la générosité idéaliste du Sagittaire. Quant à la vie affective, il est douteux qu’elle y gagne en stabilité.

En cas d’occupation des deux signes par des planètes en situation dissonante, éparpillement et coordination, intensité et légèreté, diffusion et synthèse, multiplicité et unité peuvent s’affronter, exigences peut-être complémentaires mais surtout difficiles à concilier.

Du simple tiraillement entre tendances contradictoires à la dissociation grave de la personnalité en passant par l’insatisfaction née du sentiment d’un vide intérieur ou d’une vie qui, construite sur du sable, ne laisse que du vent, il y a bien des intermédiaires possibles.

Si le Moi est très fort et le sujet doué, le conflit pourra être dépassé grâce à une sublimation, l’être trouvant alors son centre de gravité – non sans remises en question périodiques – dans une activité artistique : littérature, musique, peinture, théâtre, journalisme. (Cas de ce genre : Schumann, Musset, Gérard Philipe )

Sagittaire Ascendant Cancer

Des tissus relâchés, blanchâtres et souvent bouffis, un visage lunaire, tel serait selon la Tradition l’apanage des Cancériens. La réalité est heureusement moins désastreuse : constitution pycnique, stature moyenne, formes arrondies mais avec plus de chair que de muscles. Le visage au front large est généralement rond, un peu gras, fréquemment doté d’un double menton. Des sourcils plantés hauts, en demi-cercle, lui confèrent souvent une expression étonnée, tandis que le regard, tourné vers l’intérieur, paraît absent. Ajoutons des pieds et mains petits, une démarche caractéristique par son balancement et une poignée de main plus enveloppante que ferme. Quant à la femme, elle se signale, toujours suivant la Tradition, par sa taille ronde et sa volumineuse poitrine. Il existe un autre type de Cancérien, plus maigre, plus sec, aux formes allongées, dont le visage nullement lunaire se caractérise par un nez busqué en forme de bec.

Le Sagittaire, avec ses muscles et sa vigueur, apporte plus de fermeté, de présence, de majesté même à ce tableau. A ce Cancérien qui très souvent préfère la chaise-longue à tout autre sport, il insuffle un besoin minimal d’activité physique et si, néanmoins, à la maturité, le corps tend à s’empâter, c’est sur un mode à la fois plus tonique et moins exclusivement abdominal. Certes, des problèmes de silhouette risquent de se poser à la maturité, car l’un et l’autre sont amateurs de bonne chère : le premier, plus délicat, est un gourmet, le deuxième un gourmand ; mais avec le correctif Sagittarien l’empâtement peut adopter un mode plus nerveux et moins débonnaire.

Dans sa mise, le Cancérien type peut adopter deux attitudes différentes : soit un excès de recherche et de raffinement qui le féminise exagérément, soit à l’inverse une indifférence qui confine au laisser-aller. Aucune de ces deux attitudes ne peut satisfaire aux exigences du Sagittaire. Celui-ci en effet, soucieux de son image de marque, ne saurait dans la négligence dépasser les bornes du bon aloi, pas plus que sa virilité ne pourrait sans gêne intérieure s’accommoder d’atours suspects. Peut-être ici ou là sacrifiera-t-il un détail à sa nature cancérienne, mais sans se résoudre à tomber dans le style « minet avéré ».

Quant à la femme, si elle aime suivre la mode, elle entend bien n’en conserver que les aspects les plus féminisants. La Sagittaire de type « garçon manqué » n’a pas sa place ici, mais tout en bénéficiant du goût cancérien pour les couleurs tendres et les tissus délicats, elle se montrera moins « chatte », d’une coquetterie moins étudiée, d’une élégance plus libre et plus désinvolte qu’une Cancérienne de type pur.

Combiner ces deux signes pose, psychologiquement, quelques problèmes : le Cancer étant le lieu de tendances féminines passives, le Sagittaire celui de tendances masculines actives, chacun des deux réclame son dû. L’un rêve tout éveillé d’un impossible « autrefois », l’autre poursuit sans cesse un introuvable « ailleurs ».

Après le monde familier des Gémeaux, c’est l’image de la mère qui apparaît au Cancer et c’est à elle que le Cancérien se fixe. Ce n’est plus la mère-contact, la mère-aliment du Taureau, mais la mère-tendresse, la mère-sécurité, la mère-refuge. Si proche – elle n’est pas encore véritablement perçue comme objet – qu’à la limite il n’existe pas de séparation entre elle et son enfant. La sensibilité est ici toute-puissante et pour le Cancérien, plus que pour tout autre, il est douloureux de grandir, d’affronter les rigueurs et les combats qu’impliquent l’acquisition de l’autonomie et l’adaptation au monde hostile du dehors.

Le Cancérien est donc, à la base, dépendant, alors que le Soleil au Sagittaire se veut avant tout indépendant.

La fixation cancérienne à la mère peut être positive ou négative. Positive, elle conduit à une politique d’enracinement et de protection qui peut, aussi bien sur le plan affectif que professionnel, stabiliser le Sagittaire. En même temps celui-ci, grâce à son ouverture vers l’extérieur, sa foi en l’avenir et son besoin d’expansion, corrige la tendance nostalgique du Cancérien trop souvent enclin à s’attarder inutilement sur le passé, à régresser vers l’état bienheureux de son enfance, la soumission passive. Un Cancérien calme et un Sagittarien conformiste peuvent donc cohabiter fructueusement, les vertus maternelles du Cancer trouvant pour l’un et l’autre sexe à s’épanouir, surtout à l’âge mûr, dans l’atmosphère sereine d’un foyer confortablement bourgeois. Foyer plus fermement protégé grâce au Cancer où régnera un père, ou une mère, noble car Sagittarien, au lieu d’une mère-poule ; foyer plus « représentatif » car le Sagittaire luttera pour atteindre une position sociale plus élevée, une surface financière plus ample, tandis que l’idéalisme commun aux deux signes se fixera des buts moins étroitement intimistes. La réussite se trouvera d’ailleurs facilitée par le fait que le dynamisme et l’esprit de synthèse solaires s’appuieront sur l’intuition, la finesse, la prudence et la ténacité cancériennes.

Comment satisfaire aux impératifs voyageurs de ce Soleil Sagittaire? Soit en visitant l’étranger en famille le plus souvent possible, soit en s’expatriant seul, mais avec la nécessité d’un retour périodique aux sources familiales afin d’y puiser des forces vives, le besoin de se trouver ailleurs s’effaçant généralement avec l’âge au profit du « se sentir bien ici ». Sinon, il est encore possible de parcourir le monde à travers les livres, les récits, les films ou simplement les rêves, ou de vivre en secret l’exaltante aventure d’un long et merveilleux voyage tout intérieur.

Il est malheureusement des situations moins idylliques : c’est le cas de thèmes où Mars, Saturne ou Uranus importants entrent en conflit avec la Lune. C’est alors-fixation négative une réaction de rejet, d’hostilité ou de fuite à l’égard de la mère et de ses substituts symboliques (la femme, les valeurs familiales, le terroir, la société dans son ensemble) qui entraîne à une politique de déracinement. Ce Cancérien-là ne fait qu’apporter de l’eau au moulin du Sagittaire rebelle, hostile tant aux liens familiaux qu’aux normes sociales vécus en bloc comme d’insupportables – et injustifiables- entraves; il ne fait aussi que doubler le Sagittaire velléitaire et dispersé, trop content, lui, de voir multipliées les occasions de défouler à bon compte son impulsivité. Ce n’est plus un voyageur mais un nomade, un bohême; instable affectivement, il vole de femme en femme, inquiet, lunatique, déconcertant; instable intellectuellement et professionnellement, il commence tout, ne finit rien, ne se trouve bien nulle part. Paresse ou irréalisme, il est souvent impécunieux et ne dédaigne pas, ici ou là, de se faire prendre en charge. L’état de son psychisme n’est pas moins chaotique, riche en manifestations névrotiques. Aux exaltations d’un romantisme que le Sagittaire enfièvre, aux emballements pour des causes utopiques, aux phases de révolte agressive contre la « tyrannie » de la famille ou de l’ordre établi, peuvent succéder des phases abouliques ou dépressives et, suite à d’inévitables déceptions, le rejet pur et simple de ce qui, la veille, avait été adoré. L’émotivité commune aux deux signes peut exagérer la sensibilité cancérienne en réactions d’écorché vif, aggraver le sentiment d’insécurité de l’un et l’anxiété de l’autre; la saine extra version des tendances sagittariennes s’en trouve freinée au profit d’un repli sur soi stérile et d’autant plus douloureux que le sentiment d’impuissance est ressenti avec plus d’acuité.

Un tel déséquilibre se rencontre dans la réalité mais, plus couramment, c’est à des manifestations névrotiques mineures qu’on assiste. J’ai pu observer ainsi, pendant plusieurs années et d’assez près, un « ensemble » familial dont les dix représentants étaient signés d’une constellation CancerSagittaire propre, en raison de sa constance, à accréditer la thèse de l’hérédité astrologique. On y jouait Cocteau du matin au soir, en alternant « Enfants » et « Parents » terribles. L’aïeule, chef vénéré – et contesté, ô combien! dans la coulisse – tentait de faire la pluie et le beau temps tout en gémissant à fendre l’âme sur l’ingratitude de sa condition. La révolte couvait en permanence chez tous et chacun sans jamais éclater ouvertement. On s’entre-déchirait à qui mieux mieux : allusions perfides, accès de dépression, larmes discrètes, crises de nerfs ou mutismes du martyr noble, de temps à autre une menace suicidaire pour faire bon poids, plus souvent un chantage au « départ ». L’éventail de leurs dons était extraordinaire, inégalable leur talent pour transformer une menue frustration affective en atteinte incurable. Mais le plus étonnant survenait lorsque, même simplement potentiel, apparaissait de l’extérieur un « agresseur » étranger. Hop! dans la seconde même, comme par magie, le clan, ressoudé sous la tutelle protectrice de l’aïeule, faisait front, de la tête, du bec et des dents. Une fois l’alerte passée, tout recommençait, avec un brio toujours renouvelé.

Autre exemple de compromis répandu et assez comique lorsque l’enthousiasme Sagittarien puise dans la sensibilité et l’imagination cancériennes riche matière à de valeureux exploits. C’est l’adolescent qui, en proie à de philantropiques ambitions, décide de consacrer sa vie aux lépreux, à moins qu’il ne vole au secours du tiers monde opprimé; las! tant de paperasses à remplir! et tous ces vaccins… Il ne va pas plus loin… c’est aussi bien, d’ailleurs. A l’âge mûr, cet incorrigible paladin s’emploie encore – verbalement, il est vrai, et toujours confortablement assis – à reconstruire le monde, de préférence à l’heure de l’apéritif ou, mieux encore, du digestif. Plus d’inégalités, plus de souffrances, plus d’injustices. Sans efforts comme sans effusions de sang, magiquement, tout est redevenu bonheur, l’homme étant redevenu ce qu’il était naturellement : bon. Tout bon. Ouf ! le paradis perdu est retrouvé.

Sagittaire Ascendant Lion

C’est le qualificatif de rayonnant qui paraît le mieux convenir au feu fixe du Lion; c’est « midi roi des étés épandu sur la plaine ». La flamme jaillissante du Bélier est ici maîtrisée : elle se concentre et, à la limite, se cristallise. Comme tous les signes de Feu, le Lion est de constitution athlétique : stature forte mais souple, larges épaules. La Tradition donne pour caractéristiques l’important volume de la tête et l’abondance de la chevelure : une crinière naturellement. Elle en distingue deux types.

Le Lion herculéen se reconnaît à sa forte carrure, sa tête massive, son visage large et plat comparable au mufle du lion. Combiné à son homologue Sagittarien – type court —, il le modifie en accentuant l’impression de puissance, d’autorité majestueuse et d’assurance au détriment de la rondeur, de la bonhomie et de la jovialité. Le port de tête est fier, la voix sonore, le geste ample, parfois grandiloquent. Le contact est chaleureux, ouvert, mais se teinte assez volontiers de suffisance protectrice. La volonté d’élégance est ici de règle, le vêtement faisant partie des signes extérieurs de la réussite, mais elle emprunte souvent plus au souci de l’ostentation qu’au respect d’un classicisme éprouvé.

Le Lion apollinien présente des formes plus allongées, des traits affinés mais nets et fortement gravés; c’est le type même de la beauté classique. Combiné au Sagittaire « long », il peut donner naissance à un personnage particulièrement réussi. Une silhouette racée, une aisance altière nuancée de désinvolture lui confèrent une élégance aristocratique capable de valoriser avec le même bonheur l’imperméable et le smoking. L’expression du visage peut-être hautaine, le regard dominateur, le geste sec et impérieux, mais ici ou là un sourire enjoué, un geste chaleureux, une expression fervente ou amicale, venus du Sagittaire, adoucissent cet ensemble un peu trop surhumain.

La femme du Lion est d’une beauté luxuriante et non plus voluptueuse comme celle du Taureau. « Éclat et prestige », telle pourrait être sa devise. Une bonne alliance avec le Sagittaire lui donne une « classe » inimitable, une allure de déesse souveraine inaccessible. Une moins bonne? Elle s’applique alors – mais sans y réussir, surtout si elle manque de moyens financiers – à « singer » la jet society, les vedettes, les grands couturiers; elle tend à confondre classe et outrance spectaculaire. Un Jupiter conjoint à l’Ascendant Lion au carré d’une LuneTaureau renforce cette propension nullement exceptionnelle à la boursouflure. Certaines Sagittariennes, afin de se « poser » dans le monde, aiment à faire étalage de leurs atours, de leurs fourrures, de leurs bijoux. De là à tomber, avec l’aide du Lion, dans l’éclatant mauvais goût de la surcharge, du toc et du clinquant, il n’y a qu’un petit pas… à ne pas franchir. Qu’en pensez-vous, mesdames? Au stade du Lion, l’enfant, poursuivant ce qui a été amorcé aux Gémeaux, tente de s’individualiser. Les énergies concourent à un objectif essentiel : rassembler les premiers rudiments jusque-là épars de ce qui sera, beaucoup plus tard, le Moi véritablement construit, afin de créer le noyau central de celui-ci.

A ce stade apparaissent des séquences d’actions dirigées et volitives. C’est en mettant à l’épreuve son aptitude à vouloir et à pouvoir, donc à s’affirmer, que l’être commence à s’appréhender par rapport à l’environnement en temps qu’individu.

On reproche au Lion son égotisme? Mais comment faire autrement lorsque s’inscrit à la base une telle nécessité? On lui reproche sa suffisance, ses jugements péremptoires et sommaires, son assurance excessive? Oui, mais… Dire de ce Moi tout neuf qu’il est naïf relève du pléonasme; ajouter que sous le « masque » il n’est ni aussi puissant ni aussi invulnérable qu’il le donne à voir, c’est comprendre que sous l’apparence domine le souci constant de se prouver la réalité et la valeur d’une création trop récente pour être déjà consolidée, achevée, sûre. Il subsiste toujours chez le Lion adulte quelque chose du « parvenu » et, par ailleurs, s’il réagit aux critiques avec une telle susceptibilité, c’est qu’en réalité il est, narcissiquement, beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît. Cet état de fait est plus aisément perceptible trois signes plus loin par une comparaison avec le Scorpion.

Cette composante fondamentale de l’Ascendant Lion dégagée, que va-t-elle donner, attelée au Soleil du Sagittaire qui, lui, est censé avoir dépassé le stade de l’affirmation égotiste pour accéder à celui de la participation au collectif.

C’est une relation de synergie qui s’établit entre les deux signes (distance angulaire de 120 degrés, ou trigone); tout comme avec le Bélier, la communication s’établit de l’un à l’autre très aisément, renforçant les qualités respectives.

En doublant l’élément Feu, la combinaison double la triade Énergie-Dynamisme-Extraversion, signant donc des sujets qui, loin de s’abandonner à la bienheureuse passivité cancérienne, se montrent résolument actifs, entreprenants, audacieux. De tempérament impulsif, enthousiate, généreux, de tels sujets ne sauraient avoir que de nobles sentiments, qu’ils éprouvent le besoin d’exprimer. Portés à l’exagération, ils sont volontiers vaniteux quand on les flatte…

Leur amitié est aussi sincère que susceptible et seigneuriale. Elle sélectionne, préférant les relations « en vue », plus flatteuses pour leur amour-propre. Dépourvue de mesquinerie mais volontiers protectrice, elle se révèle souvent exigeante, prompte à dominer, laissant éclater la colère à la moindre divergence d’opinion, ne résistant pas à l’humiliation. Leur hospitalité est grandiose, conçue d’abord comme faire-valoir mais, si le Sagittaire parvient à se faire d’abord entendre, soucieuse tout de même du plaisir des invités. Leurs promesses sont généreuses; pour qu’ils les tiennent, il faut stimuler habilement, là encore, leur amour-propre.

La conduite amoureuse procède du même besoin de rayonnement.

Admirer l’homme équivaut à lui prouver qu’on l’aime. A partir de là il est tout prêt, et tout de suite, à se surpasser pour conquérir l’élue… qui vient de le piéger, à lui prodiguer la richesse et la noblesse de sa passion. Sa compagne doit en toute circonstance lui faire honneur et, par son élégance et son éclat, rehausser son prestige ; elle est là d’abord pour être montrée et vue, mais aussi pour partager et soutenir ses ambitions aux exigences desquelles elle doit se soumettre. Moyennant quoi, bien compris, il peut être un mari stable, capable d’assurer une situation enviable, ne lésinant pas à la dépense et non avare de démonstrations passionnées. Sinon, il est tenté de rechercher ailleurs le soutien admiratif dont il a besoin pour s’accomplir. Ajoutons que la composante Sagittarienne se prête mal, ici, à certaines solutions plus spécifiquement apolliniennes : mépris et rejet de la femme dès qu’elle est conquise ou, par retrait, sublimation dans l’amour platonique. Le Sagittaire, en effet, doit trop à Dionysos ou au conformisme bourgeois pour se satisfaire longtemps du platonisme et par ailleurs, s’il est fier, il n’est pas assez froidement égocentrique et orgueilleux pour accéder au mépris.

Cependant, de telles attitudes peuvent exceptionnellement se manifester ici lorsque le Sagittaire se voit minorisé ou effacé par des interventions étrangères et conflictuelles (Scorpion, Uranus, Saturne, surtout dans leurs relations avec Vénus).

La femme, pour croire en elle, éprouve le même besoin d’être admirée. Toute comparaison avec d’autres femmes qui lui paraissent plus douées ou plus belles lui est pénible. C’est le complexe biface d’infériorité-supériorité avec tout ce qu’il implique de désir de dominer et de risques de surcompensation. Le Soleil Sagittaire accentue chez elle la composante masculine. Le personnage peut s’orienter soit vers la recherche d’un accomplissement social indépendant – il s’agit de faire carrière, seule, comme un homme —, soit vers la recherche d’un partenaire répondant à l’idéal solaire qu’elle porte en elle. De toute façon la médiocrité, sociale ou matérielle, ne lui convient pas, le rôle d’épouse effacée non plus. Si elle rencontre un vrai « grand homme » capable d’endiguer en douceur ses penchants autoritaires et avec lequel elle se sente affectivement d’étroites affinités, tout va bien. S’identifiant à lui, elle lutte de toute son énergie pour assurer sa réussite; elle est alors une épouse très efficace, stable, fidèle, qui supporte d’ailleurs mal d’être trompée et a horreur du scandale. Si le mari se révèle médiocre, ou simplement paisible et peu ambitieux, elle porte alors résolument la culotte mais ressent une insatisfaction profonde tout en essayant de donner – et de se donner – le change. Il peut aussi lui arriver, comme à l’homme, de fonder son choix sur la position sociale ou la fortune, risquant cette fois l’insatisfaction affective, avec tous les problèmes et les remous internes qu’elle peut entraîner.

C’est en direction d’objectifs également ambitieux et mondains que l’attelage Lion Sagittaire va s’élancer.

L’expansion peut se faire à l’horizontale (dominante martienne ou jupitérienne), sous tendue par des appétits vigoureux d’ordre plus physique et matériel que spirituel : pouvoir, honneurs, richesses, l’efficacité concrète demeurant ici le souci dominant. Sinon, l’ambition, épurée, s’oriente vers un but plus haut, plus noble, où les valeurs intellectuelles, artistiques ou spirituelles l’emportent. Si les dons sont suffisants et la cohésion interne forte, il en résulte une personnalité marquante, originale, authentiquement altruiste, pouvant atteindre la grandeur vraie. Le personnage a besoin de communiquer son expérience, son ardeur et sa ferveur; il tient du missionnaire. C’est par exemple le cas de Maurice Barrès et, dans un autre domaine, celui de Raimu.

Exceptionnelles, ces réussites sont celles de l’élite. Il en est de moins remarquables mais cependant réelles chez les êtres bien doués, équilibrés; ceux-ci excellent, au niveau de l’entreprise, de l’administration, de la politique, dans le rôle de notabilités locales. Les atouts ne leur manquent pas : une intelligence vive, organisatrice, apte aux conceptions d’envergure et aux synthèses, plus objective et réaliste que celle du Sagittaire pur, mais néanmoins entraînée maintes fois par celui-ci aux jugements emportés et aux généralisations hâtives; une très grande puissance de travail ; la faculté propre au Lion de concentrer le vouloir comme la pensée vers un but fixe bien que, là encore, la suggestibilité et la cyclothymie – alternance des états exalté et dépressif – sagittariennes rendent cette faculté plus discontinue et plus fiévreuse.

Le goût du travail en groupe est commun aux deux signes; le Lion se veut l’élément moteur au centre de ce groupe, le Sagittaire l’élément coordonnateur. Optimale, la réunion des deux peut donner un chef complet : un autoritaire paternaliste, payant de sa personne, infatigable et efficace, capable de mener « son » groupe au succès. Moins bonne? Le chef se croit complet, se prend pour un idéaliste pur, libéral, compréhensif, dénué de tout égoïsme; il est d’ailleurs tout à fait sincère. Oui, mais… Au départ : « On travaillle la main dans la main, en équipe, pour le bien de tous. » C’est fraternel, égalitaire, le règne de la concertation… En cours de route quelques démentis, accidentels bien sûr, surgissent du comportement qui, à certaines heures, s’enfle curieusement d’importance, d’exigences tyranniques et contradictoires. On commence, en face, à s’interroger… A l’arrivée, on a compris : pantelante, l’équipe se voit coiffée d’un roi; le bien de tous, passé aux mains d’un seul, apparaît menacé : le roi voit trop grand, va trop vite, veut tout faire à la fois, se mêle de tout, pas toujours à bon escient, et reste obstinément sourd à tout conseil de prudence organisée ou de repos. Pourtant, c’est visible, il va trop loin.

L’inflationnisme à tous les niveaux est évidemment le danger majeur, le Sagittaire étant ravi de pouvoir amplifier ce que, si généreusement, lui prodigue le Lion.

Hyperactivité, surmenage tendent à user prématurément le cœur, les artères et le système nerveux, avec pour conséquence des troubles fonctionnels divers (circulatoires et cardiovasculaires notamment, ou troubles psychiques).

Démesure des ambitions : réussites temporaires, l’échec survenant par excès d’ampleur, manque de patience et de sagesse; fausses et précaires réussites édifiées à coup de bluff, d’illégalités, de hasards, certains types de Sagittariens étant enclins à jouer les aventuriers; existences ratées qui s’épuisent jusqu’au délire en ivresses de grandeur entretenues par un idéal du Moi mégalomaniaque que la pauvreté des dons et la faiblesse du sens de la réalité ne peuvent ni satisfaire ni ajuster; existences médiocres de Lion faible, Sagittaire mou qui se confortent de faux-semblants, tel le tyranneau domestique plein de superbe dans l’intimité mais inexistant au dehors, tel l’incapable que ses velléités brouillonnes et son esprit superficiel ne mènent nulle part mais qui plastronne haut et fort, cherchant à faire illusion pour se rassurer lui-même.

Sagittaire Ascendant Vierge

La Tradition semble ici un peu à court d’idées. Rien de notable à signaler en dehors d’un front haut et arrondi de penseur. Pour le reste : la taille ordinaire, les formes et les traits peu marqués, le teint tantôt assez pâle, tantôt assez brun, l’ensemble effacé, conviendraient, semble-t-il, au portrait de Monsieur Tout-le-Monde. Réputé de constitution fragile, chétive même, le Virginien serait tout de même doté d’un assez joli visage ovale et d’un regard aussi froid qu’observateur, encore que Maurice Privat, lui, incline vers le regard vif, pétillant et spirituel. J.-P. Nicola ajoute que certains types « rappellent des sculptures taillées dans du bois dur », tandis que l’intellectuel se reconnaît facilement « à son menton fuyant, son front où domine l’étage moyen, là où les physiognomonistes situent la pensée logique et raisonnable ».

Le Sagittaire peut apporter une note plus vivante, plus vigoureuse à ce physique peu caractéristique; plus d’aisance à une présentation souvent un peu étriquée et gauche jusqu’à la raideur; plus de chaleur à ce contact toujours réservé, timide même du Virginien, mais l’allure générale demeure discrète et posée, la parole mesurée et précise, éloignée de la volubilité Sagittarienne : ni emphase ni assurance, mais de la simplicité. Dans sa mise, l’homme ou la femme signé de cette combinaison se montre soigné, « tiré à quatre épingles » même, attentif à la qualité des tissus, à la sobriété de la coupe comme au choix raffiné des détails. L’ensemble est impeccable, d’une élégance simple, naturelle et sans sévérité.

Ce même refus du tape-à-l’œil se retrouve dans les traits psychologiques.

Finie la superbe du Lion; consumé, l’idéal de toute-puissance a fait long feu, la réalité de tous les jours reprend ses droits. Aux Gémeaux, cette réalité objective avait montré le bout de son nez sans se nommer, simplement déconcertante parfois autant qu’interruptrice pour un bref instant de la découverte ludique d’un environnement. Au Cancer, révélée la différence entre quiétude du dedans et hostilité du dehors, elle avait suscité un recul tout en exigeant un dépassement que le Lion avait accompli; ici, elle va conduire à de prudents aménagements. Plus question de recevoir l’extérieur sans la protection d’un filtrage attentif; plus question d’obéir à l’impulsion sans examen; le Virginien redoute l’un autant que l’autre. Ses désirs sont bien toujours là, mais les satisfaire pleinement se révèle problématique; mieux vaut dans certains cas surseoir, dans d’autres limiter, parfois même renoncer. L’essentiel est de préserver, ou mieux, de réserver ses forces même s’il faut pour cela ramener « le plaisir de vaincre à la nécessité de se suffire » (J.-P. Nicola). Alors qu’aux Gémeaux l’environnement était reçu comme un vaste ensemble dont le sujet, avec une extrême mobilité, effleurait intuitivement les multiples aspects, la réalité extérieure est ici circonscrite à un espace plus restreint, aux frontières précises, aux éléments différenciés. Ici, on limite, on classe, on raisonne, on analyse, on élimine; bref, on regarde de près en soi et autour de soi avant de se laisser aller à l’action. Circonspection, méfiance même, mesure et sang-froid, économie et prévoyance, sens critique et sélectivité, telles seront donc les principales qualités positives correspondantes.

Le revers de la médaille apparaît lorsque la nécessité d’adaptation défensive propre au signe butte chez un même sujet à la fois contre un excès de méfiance et une insuffisance de moyens (énergétiques ou intellectuels). Diverses résultantes possibles : timidité maladive, refus d’ambition, hésitation paralysante; étroitesse d’esprit; scrupulosité tatillonne, mesquinerie, formalisme; rationalisme terre à terre, scepticisme systématique, tendance à la critique stérile.

On pourrait à bon droit voir dans ce raccourci psychologique une caricature destinée à servir de repoussoir au valeureux Sagittaire. Il est de fait que les natifs des deux signes s’entendent généralement assez mal; un timoré, maniaque de l’analyse, qu’un synthétique pressé bouscule de son audace et dont, en secret, il jalouse l’optimiste bonne santé; un intuitif fougueux, convaincu de son aptitude à embrasser le monde, qui se sent les ailes sournoisement rognées par un « empêcheur » – c’est là un euphémisme – méticuleux. Condamnés à cohabiter au sein d’un même individu, vont-ils obligatoirement se comporter en ennemis irréductibles? Tout dépendra de leur force respective et surtout de la présence ou de l’absence, au-dessus d’eux, d’un pouvoir capable, en les dominant l’un et l’autre, de les faire collaborer plutôt que s’entre-déchirer.

Là où existe ce pouvoir, on ne risque plus de se noyer dans les détails, ni de se complaire dans les velléités aussi vagues qu’ambitieuses. Le goût du contrôle et de la maîtrise, la possession de la technique vont servir la réalisation méthodique de projets non dépourvus d’envergure, ni d’inspiration, mais restant dans les limites raisonnables du possible. Le rêve n’est pas interdit, à condition de ne pas le confondre avec le réel. Bien faire ce que l’on fait, du mieux possible et en toute honnêteté, tel est alors le souci majeur car il importe, ici, de mettre quotidiennement en pratique l’idéal – tant pis s’il est plus prosaïque – auquel un Sagittarien pur se borne fréquemment à aspirer, faute de pouvoir se le rendre accessible. On ne va pas non plus se fermer d’un air renfrogné aux appels du dehors, mais avant de répondre on va attendre, le temps d’observer, de juger, de préférer et, si l’on met le pied quelque part en connaissance de cause, on veille, en gardant du recul – au besoin en l’accentuant —, à préserver son quant-à-soi.

Quelque réceptif aux grands courants mondains – idées et mœurs – que soit un Soleil au Sagittaire, l’Ascendant Vierge est là qui tend à substituer au rôle d’acteur un rôle de spectateur critique. L’adhésion peut certes exister, mais elle demeure conditionnelle et relative car dépendante des faits et des résultats constatés. C’est, à l’extrême, l’attitude neutre du comptable face aux chiffres d’un bilan. Quelque épris d’aventures que puisse être ce même Soleil, il ne peut pas s’égarer très loin, retenu par un « fil à la patte » (J.-P. Nicola) qui le ramène en des lieux plus sûrement conventionnels.

L’ambivalence, déjà fréquente chez le Virginien type, ne peut ici qu’être aggravée, solution la plus courante à de telles incompatibilités : le frein et l’accélérateur jouent successivement ou – dans des domaines différents – simultanément, donnant lieu à des conduites contradictoires ou ambiguës. Il arrive en effet que, trop serré aux entournures, le vêtement craque brusquement : c’est le timide en proie à toutes les audaces – incongrues d’ailleurs —, le gentleman courtois qui se mue en charretier agressif, le prude trop rangé qui cède à une libido échevelée, le pingre pris un beau matin d’une frénésie de dépense. La surface du bureau est impeccablement nette, mais les tiroirs révèlent un inextricable fouillis. Sous l’amabilité courtoise, sinon chaleureuse, de l’interlocuteur perce subitement le mépris; sous l’accord, en apparence sincère et convaincu, se flairent, dissimulés, la réticence, le calcul, la manœuvre de sape. C’est parfois – cas extrêmes – le monsieur qui, « parti-chercher-des-allumettes », ne rentre pas chez lui; l’aide-comptable besogneux qui décide, un beau jour, de mener la grande vie. Sans doute Neptune ou Saturne, peut-être les Poissons, y sont-ils pour quelque chose mais, en vérité, l’un et l’autre, las d’une existence terne et médiocre, viennent de céder enfin à l’appel des grands espaces.

Tiraillée, elle aussi, entre le désir et la peur, l’élan et la retenue, l’étroit et le large, la vie affective n’est pas exempte de problèmes. L’Ascendant Vierge implique une méfiance fondamentale envers les excès de la passion et, si l’individu est évolué, une propension aux retours sur soi, à l’analyse critique et desséchante des émotions et des sentiments. Si le Soleil se trouve tout seul au Sagittaire, si Vénus, Jupiter, Mars ou Uranus, voire Pluton, ne viennent pas quelque part amplifier, contrecarrer ou dramatiser l’antagonisme ViergeSagittaire, le problème n’est pas insoluble. Ce Sagittarien-là, de type plutôt paisible, va choisir l’élu (ou l’élue) en se fondant sur un accord de bienséance, d’honnêteté réciproque, de communauté relative d’idées et de goûts qui, s’il ignore les transports sublimes du grand amour, en évite aussi les complications, sans exclure la tiédeur équilibrante de l’affection partagée. Le Soleil en Sagittaire est, au surplus, bien placé pour limiter heureusement dans la vie quotidienne certaines tendances Virginiennes aussi difficiles à vivre – pour l’entourage – que stériles : ratiocinations, mesquinerie, autoritarisme « ménager », hypocondrie geignarde. Personne ne saurait évidemment s’en plaindre.

Si le Sagittaire est très « occupé », l’amour n’a plus le même sens. Pour ce Sagittarien, il est vécu comme un merveilleux moyen de connaissance du monde, comme une aventure exaltante qui, en le transportant très au-delà de ses propres limites, l’enrichit et l’ennoblit. Dans ce cas, il n’est pas exclu que, surtout dans la jeunesse, le Virginien timoré veillant à l’Ascendant se laisse déborder, une ou plusieurs fois, par son impulsif adversaire, mais… dans l’inconfort du désaccord, et donc pour une durée plus ou moins brève, ordre, convenances, raison, sécurité reprenant un jour ou l’autre la main, non sans quelques regrets d’ailleurs. Passé la quarantaine, cette méthode « des essais et des erreurs » peut aboutir à une union réalisant une solution de compromis satisfaisante, ni trop emportée ni trop terne, qui n’empêche pas cependant, ici ou là, la résurgence – musclée à grand renfort de rationalisations – d’élans plus fougueux.

Cas bat intérieur.

Sagittaire Ascendant Balance

C’est Vénus qui, selon la Tradition, préside aux destinées de la Balance. Heureux auspices ! Ce n’est plus la Vénus terrestre, charnelle, du Taureau; c’est une Vénus aérienne, affective, qui attire en effleurant. Un tel signe ne peut qu’engendrer la beauté : silhouette mince et souple, heureusement proportionnée, joliesse du visage aux traits réguliers et fins, cheveux soyeux et ondulés, yeux largement fendus au regard plein de douceur; bref, dans cet ensemble, tout n’est que souplesse, sinuosités, harmonieuse séduction. Il y a là de quoi affiner sensiblement le Sagittaire. Plus de type chevalin, ni de formes trop généreuses, plus d’allure exagérément sportive ou trop bien-pensante; rien de rustique ni d’exhibitionniste; l’élégance, la vraie, celle de la mesure et du bon goût. La femme ne saurait être ici que féminine, coquette avec raffinement; elle cultive l’art de plaire, servie par un instinct très sûr de la ligne et de la couleur. Il faut une Vénus bien maltraitée pour occulter un tel don. Toutefois, la composante Sagittarienne avec son allant et son souci de fierté atténue la langueur des attitudes, la sinuosité de la démarche et des gestes, éloigne l’homme du style efféminé, incline la femme à rechercher dans sa présentation la « classe » et le charme.

Un même souci de l’harmonie domine les composantes psychologiques.

Ce septième signe zodiacal se place au Descendant face au Bélier Ascendant; c’est, sur un même vecteur, l’automne opposé au printemps; c’est aussi le monde de l’Objet face au monde du Sujet. Ici va débuter, en effet, la relation objectale proprement dite en ce sens que, théoriquement tout au moins, la mère va être reconnue à la fois dans sa qualité de « personne » définie, distincte, non interchangeable (alors qu’aux Gémeaux, le pré-objet est, lui, tout à fait interchangeable), et de complément, dont la présence et l’amour se révèlent indispensables à l’équilibre d’un être encore insuffisamment armé pour assurer son autonomie.

Sur cet objet vont, en cas d’évolution normale, converger à la fois les pulsions libidinales et agressives réunies avec, cependant, une nette prédominance des premières.

Ce sont l’affectivité, le sentiment qui règnent à la Balance en même temps que la nécessité de l’indispensable complément et le sentiment d’insécurité qui peut en découler. S’y ajoutent : la souplesse propre aux signes d’Air et une tendance fondamentale plus passive qu’active. On comprend que, dans ces conditions, l’être signé de la Balance se révèle non seulement sociable mais, par souci de plaire afin d’être aimé, plus porté aux compromis conciliants qu’aux bagarres acharnées, plus hésitant que fermement décidé. La Balance n’est pas, comme on le croit communément, le signe de l’équilibre infus; elle est beaucoup plus celui des oscillations, des atermoiements, des hésitations, qui traduisent non la possession innée de l’équilibre, mais le souci et le problème de trouver, entre deux contraires également insatisfaisants, un juste milieu acceptable.

Le Sagittaire est relié à la Balance par une distance angulaire de 60 degrés, ou sextile. Cet aspect, tout comme le trigone qui le relie au Lion, est un aspect de synergie. En quel sens va-t-il agir?

D’abord par un renforcement des tendances mondaines communes aux deux signes, en conférant en outre à la sociabilité un caractère assez nonchalant, aimable, sélectif : elle est tout autant, et même plus, d’un esthète que d’un conquérant. Le Sagittaire met ici une sourdine relative à ses réactions abruptes, autoritaires ou passionnées. Les relations y gagnent en facilité, en habileté, mais elles peuvent aussi – à moins que Saturne n’intervienne – perdre en profondeur ce qu’elles ont gagné en aisance puisque, pour l’élément Balance, l’important c’est avant tout que, même superficielles, même éphémères, les relations existent et qu’elles soient sans problèmes. Par contre, la chaleur, la générosité foncières du Sagittaire peuvent éviter le glissement vers cette indifférence aimable, mais réelle, si souvent reprochée au type Balance pur.

La mobilité est un autre trait commun aux deux signes (élément Feu, élément Air), relevant chez le premier du besoin de dépense énergétique et chez le second d’une fonction défensive. L’affectivité et l’intelligence en portent la marque.

Le Sagittaire, par souci de tout connaître et de tout embrasser, a parfois tendance à disperser ses amitiés au lieu de les sélectionner, à décevoir ses amis par des promesses non tenues – la sincérité l’emportant sur le réalisme. A la Balance on promet tout autant, par souci de se « faire bien voir », mais on ne tient pas toujours non plus : il faudrait se battre, peut-être contrarier quelqu’un ; c’est trop difficile. On est en outre facilement déçu : y aurait-il des êtres méchants, ou même simplement rugueux ? Vite, on cherche ailleurs un plus aimable, quitte à s’apercevoir bientôt que, tout compte fait… Alors pourquoi, souple comme on l’est, ne pas revenir à ce qu’on a quitté.

D’un côté, une évidente et convaincante sincérité, de l’autre, un charme incontestable ; c’est plus qu’il n’en faut pour se faire pardonner.

En amour, c’est un peu la même chanson : au Sagittaire on s’emballe avec fougue; c’est avec grâce qu’à la Balance on s’égrène.

L’addition des deux? Elle donne un résultat variable.

Un Sagittaire fort ne vit pas dans la même dimension que son Ascendant Balance. Ce n’est pas un complément de lui-même qu’il attend, mais un dépassement qu’il recherche à travers la relation amoureuse, vécue dans l’exaltation d’une chevauchée à deux et non dans le tiède ravissement d’une idylle à la Watteau. Or cette passivité un peu molle, ce refus de la fausse note, cette peur de l’abandon, freinent son élan, affaiblissent sa fougue, mais domestiquent aussi son penchant à la révolte. Il y a donc peu de risques que, homme ou femme, il s’oriente vers le choix anticonformiste d’un partenaire de race, d’origine et de milieu totalement différents. Pas davantage de chances qu’il admette certaines attitudes typiques du Balance pur : céder, et céder encore pour avoir la paix; fermer les yeux pour ne pas voir; se soumettre jusqu’au masochisme pour n’être pas abandonné. Si cela lui arrive, il en souffre dans sa dignité, et plus le temps passe, plus son attitude vécue comme une faiblesse le diminue à ses propres yeux; il lui faut un jour ou l’autre faire violence à ce soumis, à ce craintif qui est en lui, pour retrouver, par un moyen ou par un autre mais sans fracas, le sentiment de son indépendance, de sa liberté intérieure, condition d’une nécessaire estime de soi. S’il n’y parvient pas, il en est réduit aux oscillations, allant d’un pôle à l’autre sans se décider et dans le déséquilibre, usant beaucoup d’énergie – dont il ne dispose plus pour autre chose – à vouloir concilier l’inconciliable.

L’intervention d’un Jupiter bien « assis » simplifie le problème. Les deux composantes s’allient pour trouver d’heureuses solutions; c’est le maintien sans heurts de la complémentarité du couple dans une tolérance réciproque et commode, attentive à ne pas dépasser certaines limites; c’est l’harmonie des goûts, l’élégance des mœurs et du décor dans une aisance confortable, le déploiement de la vie sociale dans un milieu choisi.

Sur le plan intellectuel, c’est l’alliance d’une intelligence vive, curieuse de tout, portée aux conceptions larges et aux vues synthétiques, à une intelligence souple, prompte à établir des parallèles comme à saisir les contraires, capable d’objectivité, soucieuse de peser le pour et le contre et de penser juste. Ces qualités trouvent à s’épanouir dans le droit, la philosophie, l’esthétique notamment – car la Balance a des goûts artistiques marqués plutôt qu’un don créateur—, dans les affaires, surtout si elles se rapportent à la décoration, la mode, l’esthétique ou les objets d’art, dans la politique enfin, à tendances centristes bien évidemment.

Dans l’adaptation optimale et dans la vie quotidienne, c’est le triomphe de la bienveillance, le Sagittaire étant par nature assez naïf et la Balance cherchant à se convaincre, pour ne pas se sentir malheureuse, « que tout le monde est beau et tout le monde est gentil ». C’est aussi l’opportunisme souriant aux résultats souvent excellents sur le plan de la réussite sociale et matérielle, mais plus contestables sur le plan moral, philosophique ou politique. Mieux vaut qu’il existe, par ailleurs, des correctifs de fermeté et de réalisme, afin d’éviter les possibles dangers de semblables dispositions. Le chevaleresque et idéaliste Sagittaire peut en effet se laisser piéger par son trop pacifiste Ascendant, adepte de la non-violence par crainte du combat et refus d’admettre une réalité où le mal, en fait, existerait. On risque d’aboutir à une impasse, là encore. II faudrait faire une omelette sans casser d’oeufs, aller de l’avant tout en restant derrière, virer à gauche tout en se maintenant à droite, fédérer idéalement un ensemble de particularismes bien ancrés dans leurs singularités respectives sans bousculer personne, nulle part. Il faut un talent exceptionnel pour soutenir une telle gageure Le succès est rare. Le plus souvent, les conduites ne sont qu’ondoyantes et leur efficacité bien mince. On s’appuie sur de séduisants présupposés théoriques que les résultats démentent; la justice et la paix tant courtisées continuent à se refuser, voire à se rebiffer. Reste à se réfugier dans l’intellectualisme, où la phraséologie tient lieu de réalisation pratique, ou dans un neutralisme aimable… qui laisse le champ libre à de plus déterminés.

Sagittaire Ascendant Scorpion

Il existe chez le Scorpion comme ailleurs bien des variantes morphologiques, allant du sujet apparemment peu robuste d’allure un peu souffreteuse à celui qui, au contraire, dégage une impression de force et de puissance. A ce sujet, J.-C. Verdier assure que la disproportion entre des membres plutôt courts et grêles et l’importance massive du tronc est caractéristique du signe, faisant paraître les sujets plus grands assis que debout.

La plupart des auteurs s’accordent sur une chevelure drue, généralement brune, un visage au teint sombre, à la mâchoire volontaire, au nez fortement saillant, aquilin, proche du bec de l’oiseau de proie, insistant plus encore sur trois éléments considérés comme spécifiques. Le regard : profondément abrité sous une arcade proéminente aux sourcils épais, il est, suivant les cas, scrutateur, inquisiteur, dominateur, fascinant ou implacable, mais d’une intensité telle qu’il est difficile d’échapper à son emprise. La voix : d’après A. Barbault, elle a un son qui « vient des entrailles ou du sexe… chez l’homme elle tend à être forte, rude ou mâle; chez la femme elle garde une certaine âpreté animale ». La poignée de main, enfin, qui selon l’auteur équivaut « à l’ébauche d’un rapt : elle veut saisir, s’emparer : on est déjà possédé ».

L’apport Sagittarien, très « étranger » ici, peut atténuer l’unité de ces catactéristiques en y introduisant de la spontanéité, de la gentillesse, quelque chose d’ouvert et de simple, plus sympathique. Mais à un moment ou à un autre, le fond Scorpion réapparaît dans toute son âpre possessivité : lueur inquiétante dans le regard, expression tendue mais fermée, intonation brève, tranchante, sarcastique ou méprisante.

La démarche est rapide mais elle ne procède pas par bonds successifs, c’est plus celle d’un félin que d’un sportif; les gestes sont assez brusques.

Quant à l’habillement il tend avant tout, chez l’homme, à accentuer la virilité, et s’il est négligé, ce qui arrive, il donne plus dans le style débraillé que décontracté.

Chez la femme on est très loin de l’allure « scout » propre à certaines Sagittariennes; on va cultiver le mystère plutôt que le classicisme, peut-être prendre à certaines heures des airs de vamp inaccessible, à tout le moins se donner du « chien », mais en évitant de tomber dans les provocations outrageusement « femelles » de certaines Scorpionnes. C’est surtout par la qualité intense, magnétique, de sa « présence » que la femme va, dans ce cas, exprimer sa composante Scorpion.

Pour les spécialistes du psychisme infantile, la période qui va des sixième-septième mois aux neuvième-dixième mois, est une période transitionnelle dont le point critique se situe vers huit mois.

Selon Spitz, c’est à huit mois que, normalement, se met en place un « deuxième organisateur du psychisme » et que se produit ce qu’il appelle la « crise d’angoisse du huitième mois ».

Ce deuxième organisateur, concept abstrait, s’établit grâce aux progrès accomplis depuis le cinquième mois tant sur le plan somatique sur les plans mental et psychique. Il va accroître la faculté de discrimination et permettre l’intégration de séquences d’action dirigées et volitives de plus en plus nombreuses, de plus en plus complexes et adaptées.

La crise du huitième mois est très différente des réactions de déplaisir ou de peur – déclenchées par un objet précis – observables au cours des mois précédents. C’est l’angoisse proprement dite, existentielle. Elle survient lorsque apparaît, en l’absence de la mère, un inconnu, un « étranger ». Elle déclenche des réactions allant, selon les enfants, du retrait timide et silencieux à l’extrême agitation hurlante, en passant par le retrait brusque accompagné de tentatives pour se dissimuler; mais elles traduisent toutes le refus du contact, le rejet, l’angoisse.

Toujours selon le même auteur, la bonne ou moins bonne intégration de cette crise va dépendre en grande partie de la qualité de la relation qui, depuis la naissance, se sera établie entre la mère et l’enfant, de ce qui, du « bon » ou du « mauvais » objet l’aura emporté. Ajoutons que l’intrication pulsions agressives-pulsions libidinales doit ici se poursuivre et s’affirmer, condition de l’accession ultérieure à une sexualité « normale ». Or, dans la pratique, l’observation du comportement scorpionien semble montrer une prédominance de la composante agressive.

A quoi se résume, pour les astrologues, le schéma psychologique du Scorpion?

Puissance énergétique, force de concentration, grande capacité de résistante et de régénération; intelligence lucide et jugement sûr; curiosité pénétrante, « faustienne ». Le tout est mis au service d’une affirmation de l’individualité qui, de toute la contraction du vouloir, s’enracine dans le refus et trouve dans l’obstacle un stimulant optimal.

Le Scorpion se présente donc comme un individualiste rejetant et possessif dont A. Barbault dit qu’il est « sensible à l’excès… à toute incursion étrangère dans un domaine qu’il considère comme étant sa propriété exclusivement personnelle ». Dans l’inadaptation c’est un réfractaire hostile qui, par vengeance du préjudice qu’il croit à tort ou à raison avoir subi, cherche à détruire. Par ailleurs, lorsqu’il est capable de sublimer ses pulsions sexuelles, reconnues comme prédominantes chez lui, il appartient à la race des créateurs. Enfin, si A. Barbault insiste sur la « correspondance » entre le signe et le stade anal freudien, on peut tout aussi bien supposer – dans le cadre d’une hypothèse fondée au départ sur l’évolution au cours de la première année seulement – que, dans le symbolisme zodiacal, le Scorpion a, particulièrement, « à voir » avec le stade sadique-oral (qui va de six à douze mois environ).

Le signe du Scorpion n’est séparé du Sagittaire que par une distance de 30 degrés. Ce n’est plus une relation d’entente ou de conflit comme avec le trigone ou le carré; c’est, assimilable à une conjonction, une cohabitation inévitable, une relation indissociable.

Le résultat en est fort variable suivant que l’emporte l’un ou l’autre signe, et tout autant suivant la qualité de l’ambiance où les sujets, très réceptifs, se trouvent ou se sont trouvés placés. Ceux-ci ont toute chance d’être impulsifs, ambitieux, fiers; susceptibles et irritables aussi, mais combatifs et généralement plus stimulés que découragés par les obstacles. L’intelligence vive et intuitive est aussi pénétrante; l’assimilation demeure prompte mais beaucoup moins fugace, la faculté d’analyse certaine.

Il existe de grandes possibilités de réalisation car le Scorpion apporte là toute sa puissance énergétique – renforcée par le besoin d’activité du Sagittaire —, son esprit méthodique, sa faculté de concentration et surtout sa volonté tenace, celle qui justement fait défaut au Sagittaire type. Grâce à ce même Scorpion l’affirmation de soi, qui demeure une nécessité, est soutenue non plus seulement par le sentiment de supériorité, mais par la fermeté de caractère. L’individu sait ici s’opposer; moins soumis à l’impératif de sociabilité, il « ne se laisse pas faire ». Grâce au Sagittaire, l’attitude est cependant plus souple, plus ouverte et plus généreuse; la volonté, moins impérieuse et brutale, sait allier l’opportunisme et le besoin de dominer, le réalisme et l’idéalisme.

Dans ce duo, le Sagittaire chante l’adaptation, l’adhésion, la participation au collectif dans ses modes, ses idées, ses tendances les plus actuelles; c’est la communication aisée et souple, le dialogue toujours ouvert dans la sympathie, la compréhension et la tolérance réciproques. On sacrifie à l’opportunisme, on prône le libéralisme, on rassemble au maximum sans trop se soucier d’homogénéité.

Mais en dessous le Scorpion n’oublie rien de ce qui, justement, le sépare, lui individu, de ce groupe et l’y oppose. On est ici assez habile pour déceler les points faibles des autres, percer à jour les inimitiés et les rivalités à l’oeuvre, démonter le ressort caché des attitudes… et en jouer diaboliquement. On caresse et on fustige tour à tour; on sait donner confiance ici, menacer ou inquiéter là, ailleurs critiquer ou approuver, susciter les complicités ou fomenter la division. On tisse des fils au centre d’une toile pour y prendre ce « collectif » qu’on méprise plus ou moins inconsciemment, mais auquel on est tout de même, qu’on le veuille ou non, étroitement lié.

L’attitude idéologique peut aller jusqu’à une idéalisation extrémiste et opposante de la dureté où il entre, là encore, du mépris pour le troupeau veule et soumis, en même temps qu’une incurable nostalgie de la pureté et de la grandeur, celle d’un « ailleurs » situé tout là-haut, délivré des laideurs terrestres.

En art, le génie n’est pas rare, grâce à cette alliance de l’intensité et de l’ampleur canalisée par la puissance de sublimation et de concentration sur l’oeuvre à accomplir coûte que coûte. Il peut d’ailleurs y avoir quelque chose de dévorant dans cette passion vouée à l’oeuvre, objet suprême. Quels qu’en soient les modes d’expression, cet art comportera toujours, avec des dosages très variables suivant les personnalités : l’humour noir, l’ironie, la subversion, le tragique, entrecoupés d’oasis de ferveur apaisée et sereine, fruit du dépassement Sagittarien.

Sur un mode moins créateur et moins exceptionnel, l’individualisme refusant et opposant peut trouver un mode d’expression adapté dans la profession, du moment qu’il est possible là de lutter contre quelque chose ou quelqu’un.

Les mêmes caractéristiques se retrouvent dans la vie affective.

En général, le SagittaireScorpion n’accorde pas son amitié à n’importe qui. Même si pour des raisons de convenances sociales il s’efforce de paraître aimable et tout à fait accessible, on sent derrière le sourire l’existence d’un mur qu’on n’est pas autorisé à franchir, dans l’immédiat tout au moins. A la différence de la Balance ou du Lion, il ne recherche pas la facilité ou le brillant des relations. Il est plus exigeant. Moins prolixe que le Sagittaire pur, il étale moins ses sentiments, retenu par une sorte de pudeur; quand il les exprime, c’est avec une intensité concentrée. Il ne bluffe pas, il ne ment pas, mais il ne dit que ce qu’il veut bien révéler. Ami sûr, capable de dévouement, il entend être payé de retour. N’aimant pas à se disperser, il n’aime pas non plus partager; exclusif et ombrageux, il se dissimule volontiers derrière l’ironie. A noter enfin que, dans ses relations amicales avec le sexe opposé, le Scorpion introduit ici une assez trouble ambiguïté; le sentiment y est à la fois trop passionné et, plus ou moins inconsciemment, trop lié à des notions d’interdit ou d’inaccessible pour être aussi simple et pur qu’on se plaît à le croire : même muselée, la sexualité est toujours là.

La vie amoureuse est rarement de tout repos. Si le Sagittaire est dans la majorité des cas d’une sexualité saine et tonique, celle du Scorpion est plus impérieuse, plus âpre et plus déterminante aussi. Dans les cas bien adaptés qu’on pourrait qualifier de bénins, l’amour bourgeois peut exister mais sa pérennité n’est pas certaine. La tolérance n’existe guère, sinon à sens unique. Il peut y avoir ici plus qu’ailleurs des crises de gravité très diverse. Il est rare que le fond Scorpion ne réclame pas un jour ou l’autre sa part de déchirements et de sadomasochisme. Lorsque les facteurs d’équilibre l’emportent, on n’atteint pas aux paroxysmes tragiques, mais le climat amoureux souvent tendu sur fond d’angoisse ne peut se délivrer ni de la jalousie agressive ni des ambivalences : possession-rejet, amour-haine du Scorpion. Les paroxysmes interviennent lorsque, surtout dans un thème féminin, Mars, Pluton ou Saturne entrent en conflit avec la Lune ou Vénus, le Sagittaire ne faisant alors qu’amplifier le déséquilibre.

D’ailleurs, cette cohabitation forcée ne se réalise pas toujours à l’avantage du Sagittaire, car elle peut entraîner affectivement une espèce de discordance interne. Douée d’un amour authentique de la vie, pourvue d’une bonne santé naïve, la partie Sagittarienne de l’être, qui déteste la destruction et ne la comprend pas, n’est pas à l’aise dans les subtilités tortueuses du sadomasochisme. Elle s’y désenchante. Plus vulnérable nerveusement, elle ne résiste pas indéfiniment à l’angoisse. Bref, dans le climat scorpionien, elle s’épanouit mal et se fatigue. Les forces de vie peuvent l’emporter mais, la faculté de renaître de ses cendres n’étant pas infinie, si les crises se répètent, l’épuisement survient un jour ou l’autre dans ce combat interne, et il semble bien alors que le Sagittaire ait perdu.

Sagittaire Ascendant Sagittaire

C’est évidemment le type même de l’hyper-Sagittaire, théoriquement tout au moins, car dans la pratique, compte tenu des caractéristiques mêmes du signe, l’éventail de ses incarnations possibles en rend l’unité peu évidente, en apparence tout au moins. Si l’on essaie de voir ce qui sous la multiplicité des formes demeure permanent, que trouve-t-on?

Un signe de Feu, autrement dit un tempérament caractérisé par l’importance du potentiel énergétique en quête de sa manifestation. Il s’agit toutefois d’un Feu d’automne; ce n’est plus le jaillissement anarchique du Bélier, ni la flamme fixe du Lion; il peut brûler à la base tout aussi intensément, plus même dans certains cas, mais à la façon de la braise qui, à la surface, crépite en gerbes d’étincelles.

C’est un stade d’évolution caractérisé par l’apparition de certains schémas nouveaux de comportements et de performances, par l’émergence de nouvelles formes de relations sociales à un niveau de complexité plus élevé que précédemment. L’enfant aborde ici la compréhension des gestes sociaux et de leur usage en qualité de véhicules pour la communication réciproque; en même temps, il manifeste une réaction, qui est un début de réponse, aux ordres• et aux interdits. Il se produit une véritable imitation par le geste – sans que toutefois le contenu idéationnel soit très bien appréhendé – très différente de celle qu’on avait pu observer parfois aux Gémeaux, qui est, elle, beaucoup plus rudimentaire, et globale comme la perception; cette imitation par le geste est le précurseur du mécanisme d’identification et son développement dépend beaucoup du climat émotionnel dans lequel vit l’enfant.

On assiste, en outre, à une modification de l’orientation dans l’espace. Jusque-là, la perception s’était limitée à l’espace-berceau. Maintenant, elle tend à déborder nettement cette limite et va à la recherche de ce qui est au-delà, en même temps que les gestes traduisent le désir de s’emparer de ce qui, justement, se situe dans cet au-delà.

On rencontre à l’Ascendant une problématique groupant conquête de l’espace, liberté, sociabilité, imitation.

Le Sagittarien qui s’y trouve se présente alors comme un être éminemment excitable, mais que son extrême réceptivité au milieu tend à rendre plus réactif, hyper-réactif même, que véritablement actif. C’est sous forme de réactivité incessante – musculaire, mentale, émotionnelle – que s’écoule ici l’énergie. Il peut paraître agressif; en réalité, il n’est qu’impulsif, mais d’une impulsivité que les mécanismes d’inhibition, tout aussi prompts, tendent en la stoppant à émietter. Il a en fait plus de mobilité que de puissance combative. Par ailleurs, il ne cherche pas à dominer ce qui ne ferait que l’encombrer.

Cette très grande perméabilité au milieu a pour corollaire l’extrême diversité des aptitudes et de leurs expressions, mais aussi leur discontinuité.

En outre, la très vive curiosité exploratoire qui sous-tend la découverte et la conquête de l’espace a tendance à se disperser du fait de la multiplicité des impressions reçues; l’attention ne se fixe pas longtemps sur le même objet. La mémoire enregistre très vite, mais, surchargée, elle oublie aussi vite. L’intelligence est prompte; les associations d’idées y triomphent en feu d’artifice, déclenchées par les plus fugaces variations de l’ambiance, par les contiguïtés et les ressemblances essentiellement; elle a plus de verve que de profondeur car elle comprend, ou croit comprendre, trop vite sans s’attarder assez; elle saisit d’emblée les diversités, mais elle a parfois du mal à faire l’unité; elle n’excelle pas dans l’abstraction, la complexité du vivant lui convenant mieux, plus à l’aise dans la sociologie, par exemple, que dans les mathématiques. Le raisonnement procède comme la démarche, par bonds successifs, sautant des étapes, laissant des trous, commettant, faute de rigueur, des confusions. L’intuition fulgure, inspirée, prophétique parfois, apte à pressentir les analogies lointaines comme à confondre généralisations hâtives et vérités démontrées. L’imagination tout aussi alerte, colorée au surplus, s’épanouit dans le symbolisme, excelle dans la métaphore, l’allégorie, le conte. L’affectivité est bien sûr débordante mais, épuisée par la multiplicité des états d’âme ressentis à un rythme accéléré, sa tension retombe, et à l’exaltation succède la dépression; c’est le triomphe de la cyclothymie. La volonté suit le même parcours d’élans et de retombées, et l’obstacle, à la différence du Scorpion, la décourage plus qu’il ne la stimule.

Quel est l’apport du Soleil à ce schéma de base?

Il serait trop long et fastidieux d’entrer dans les nuances propres aux différentes positions possibles de ce Soleil : au-dessus ou au-dessous de l’horizon, plus ou moins angulaires. Rappelons simplement que là où il se trouve, quel que soit le signe ou le secteur, figurent une sorte de conscience éclairante, d’intention, de volonté, une énergie de synthèse, littéralement un égocentrisme. Placé dans le même signe que l’Ascendant, le Soleil renforce énergétiquement les tendances du signe mais, placé en Secteur I, il accentue la subjectivité, le narcissisme et, un peu comme s’il introduisait une composante Lion, vise en même temps à leur affirmation; le sujet a alors tendance par réflexion à être à lui-même sa propre quête, son oeuvre propre en fonction de cette image idéale qu’il porte en lui.

Or, si la présence de l’Ascendant et du Soleil dans le signe accentue l’unité des tendances sagittariennes, elle en accentue aussi les problèmes éventuels. Aux Gémeaux, situés à l’autre pôle de l’axe, le sujet commence à percevoir globalement, par de multiples signes dispersés et fugaces, l’existence d’un extérieur à lui-même, alors que son Moi n’est encore représenté que par des éléments épars et diffus. Au Sagittaire, autre signe de transition, « mutable », le Moi, qui s’est depuis organisé et « cohéré » surtout au Lion et au Scorpion, doit faire face à une nouvelle intégration, celle d’un plus grand espace et d’une communication multipliée avec « l’étranger » et le collectif. Un Ascendant au Lion ou au Scorpion pouvait l’y aider.

Un Ascendant au Sagittaire beaucoup moins, par l’incessante réactivité qu’il entraîne et par l’apparition du nécessaire mais transitoire mécanisme d’imitation qu’il suscite.

En conséquence, le sentiment de soi peut ici n’être que mouvant, sans cesse projeté ailleurs, sans insertion spatiale fixe et nettement délimitée, sans permanence non plus, la notion de durée n’apparaissant qu’au Capricorne. Pour que cette nécessité congénitale d’égocentrisme puisse trouver à la fois une insertion ferme et sa bonne forme d’expression au sein d’une relation à l’étranger et au collectif en perpétuel mouvement, il est nécessaire que des éléments de stabilité et de cohésion complètent ce substratum Sagittarien et que, notamment, le Soleil puisse jouer harmonieusement et fermement son rôle. Si les éléments de cohésion font défaut, le sujet risque d’errer à travers les trop nombreuses et mouvantes sollicitations de l’extérieur sans jamais « se » trouver ; sans authenticité propre, il fait penser à ces personnalités « comme si » évoquées par les psychiatres, dont le Moi se révèle sans consistance à force d’être labile. En cas de conflits graves surajoutés, et surtout si le Soleil s’y trouve impliqué, des difficultés psychiques peuvent survenir à un moment ou à un autre; elles risquent de dépasser la simple inconsistance et même l’instabilité caractériel le pour aboutir à une pathologie de l’identité proprement dite.

Sagittaire Ascendant Capricorne

La morphologie capricornienne tend à se rapprocher de celle du Sagittaire « long » sans toutefois être identique.

C’est en effet l’allongement des formes qui prévaut, mais en plus osseux et en plus sec. Le dos peut être légèrement voûté. Le visage tend lui aussi vers la longueur selon deux types : l’un exprimant la tristesse par sa bouche mince, ses yeux tombants, son nez trop long, son front haut et dégarni; l’autre exprimant volontiers l’ironie ou l’humour, le scepticisme aussi avec son œil oblique, son sourire froid et les deux rides verticales qui encadrent la bouche. Ce second type s’allie assez bien avec le Sagittarien rétracté pour donner un visage aux méplats accusés, au front et au menton saillants, aux traits bien découpés, aux yeux allongés et légèrement enfoncés. La beauté peut ici se combiner tout particulièrement avec la distinction. Le Capricorne type a souvent, en effet, une allure aristocratique; le Sagittaire ne lui enlève rien, mais en le rendant moins froid et moins intimidant, moins rigide, il l’humanise; l’influence saturnienne sous-jacente se remarque en outre dans le caractère mesuré de la démarche et des gestes, la concision du langage.

Bien que la timidité capricornienne puisse trouver un écho chez le Sagittaire rétracté – qui en dépit d’attitudes de surcompensation n’est pas toujours un champion de l’assurance —, la fierté aidant à combattre cette gêne, c’est au moins une apparence d’aisance assez réussie qui va en résulter.

L’habillement de ce Sagittaire ne peut qu’être classique et sobre. L’homme n’y attache en général qu’une importance relative, liée aux nécessités sociales. Etre simplement correct peut lui suffire, mais lorsqu’il incline à l’élégance, ses choix le portent vers les couleurs sombres et les coupes assez sévères. La femme adopte la même attitude. Très saturnisée, elle se soucie plus d’économie et de solidité que de coquetterie; elle renouvelle peu sa garde-robe et ne cherche guère – pas assez même – à se mettre en valeur; la mise, la coiffure, la discrétion, l’absence ou la maladresse du maquillage lui donnent une apparence sérieuse, un peu terne, un peu sans âge. Sinon, elle est avant tout exigeante tant sur la coupe que sur la beauté rigoureuse des matériaux et des couleurs. Elle sait porter le noir et elle recherche les vêtements très structurés, très dépouillés, dont la perfection formelle, dans sa simplicité, est le fruit d’un art consommé; son élégance, d’une qualité très rare, est tout à l’opposé de l’improvisation et se tient au-dessus des modes; elle est intemporelle. Bien différente de l’exhibitionniste Sagitarienne du Lion, celle-ci eût, autrefois, choisi Balenciaga.

Que se passe-t-il au Capricorne? Sur le plan mental, faisant suite aux progrès de la capacité de discriminer, apparaît le début de la compréhension du rapport entre les choses; c’est l’aube des notions de causalité et de déterminisme.

Sur le plan affectif, les attitudes émotionnelles commencent à exprimer des nuances plus subtiles qui ne font que s’enrichir et s’affirmer encore dans les mois suivants.

Enfin, la maîtrise de l’imitation, si elle est normalement acquise, prélude aux phénomènes d’identification et à l’intériorisation des interdits, seul moyen pour l’enfant, comme l’écrit Spitz, de « réaliser une autonomie croissante par rapport à la mère ». On retrouve là une problématique analogue à celle du Cancer, signe placé dans le Zodiaque face au Capricorne, mais à l’octave au-dessus. Il ne s’agit plus maintenant de se retourner vers le pré-objet pour y chercher appui ou refuge au risque de s’y « fixer ». Il s’agit de s’identifier : c’est en faisant comme l’objet, bon ou moins bon, en imitant ses actions, en tenant compte de ses permissions et de ses interdictions, que l’enfant peut devenir et agir comme son modèle afin d’être en mesure, très progressivement, d' »obtenir par lui-même tout ce que sa mère lui fournissait auparavant ». Or l’attitude de la mère, le climat émotionnel qui a régné entre elle et son enfant au cours des mois précédents, peuvent faciliter ou contrarier l’enfant dans ses efforts pour l’imiter. Cela revient à exprimer autrement ce sur quoi insistent plusieurs astrologues à propos du Capricornien : l’influence de la qualité des relations familiales sur son développement et son équilibre affectif.

Autre élément majeur : après la prise en compte de l' »étranger » et d’un plus grand espace à explorer survient ici celle du Temps, de la durée. Au Capricorne, le Moi a normalement beaucoup évolué depuis le Lion : il ne lui suffit plus de se projeter dans l’espace, il cherche à éprouver sa permanence dans la durée. Il s’agit de s’édifier dans un présent qui porte en lui le passé dont il est le résultat et l’avenir qui en sera le fruit.

Ce schéma structurel est, comme celui du Scorpion, assez différent du schéma Sagittarien.

Pourtant, là encore, la distance de 30 degrés séparant les deux signes implique la cohabitation qui juxtapose chaud et froid, horizontal et vertical, dilatation et rétraction, espace et temps, et dont le résultat va en grande partie dépendre de la force respective des deux signes ainsi que des deux planètes Jupiter et Saturne, tout en notant que la composante saturnienne a toutes chances de s’affirmer au fil des années.

Avec un Ascendant Capricorne, le Sagittaire a en effet tendance à se « saturniser » plus ou moins.

Bien sûr il demeure, surtout dans la jeunesse, enthousiaste, entreprenant et généreux; actif et réactif, ennemi de la contrainte mais très réceptif au milieu; d’une affectivité débordante aux élans impétueux soumis à des lendemains dépressifs; l’intelligence reste rapide, l’attention mobile et la volonté à éclipses. Mais il y a aussi en lui quelqu’un qui est conscient de ses limites, circonspect à l’égard de ses propres emballements; un introverti capable de prendre du recul par rapport à lui-même et au monde, qui aime l’analyse et l’introspection, qui veut l’expansion mais ne la confond pas avec la fuite en avant.

Ce Sagittarien-là se sait trop impulsif, diffus, velléitaire, trop soumis aux suggestions et tenté par impatience et excès de largeur de vue de survoler les choses au lieu de les approfondir. Il est donc mieux à même que quiconque de se corriger puisque une bonne entente avec son Ascendant capricornien peut lui en fournir les moyens en même temps qu’elle lui apporte la lucidité.

Le désir de rayonnement ambitieux est généralement très fort, surtout dans le cas où le Soleil – obligatoirement levé puisqu’il précède ici l’Ascendant – occupe une position très angulaire. Dans le cas d’une synthèse optimale des deux facteurs, le personnage, même si au départ son Soleil le sollicite dans plusieurs directions, va s’efforcer d’en choisir une et de s’y tenir. S’il y parvient, toute l’énergie et les facultés vont être canalisées sur l’ascension à opérer.

Sur le plan des affaires c’est, après un départ souvent modeste, la conquête d’espaces de plus en plus vastes de façon à devenir une puissance ; même processus lorsque cette ascension se fait sur le plan intellectuel ou politique, l’alliage de l’ambition et de l’ouverture d’esprit menant fréquemment à l’enseignement supérieur ou à la politique ; spirituelle, elle obéit à une morale très élevée qui comporte pour soi-même une ascèse, mais qui entend utiliser sa puissance au sein du monde, plutôt que dans un couvent, au profit du bien ; artistique, c’est la rigueur de la construction alliée à l’ampleur de l’inspiration et la nécessité d’une dimension philosophique.

L’ambition ne peut ici se satisfaire de rêves ou d’ébauches qu’on abandonne les uns après les autres, pas davantage d’apparences. Il lui faut des résultats concrets et stables. Pour atteindre ses objectifs, elle sait utiliser certains atouts sagittariens, intuition ou inspiration, mais elle entend les conforter d’éléments plus éprouvés : analyse lucide, objectivité, patience. On brasse moins d’idées et moins de projets, on réfléchit, on approfondit avant d’agir, on cherche à s’appuyer sur des faits et des certitudes. On programme dans le temps comme dans l’espace en essayant de consolider l’acquis au fur et à mesure. La lucidité toujours en éveil tente de calmer l’énervement et l’impatience lorsque les circonstances sont peu favorables et les projets insuffisamment mûris, maîtriser étant en effet ici une nécessité fondamentale. Il y a moins de gaspillage d’énergie, mais de la souplesse et du calcul : quand on ne peut pas enlever l’obstacle d’emblée, on le contourne.

En général, l’autorité, ferme, est elle aussi nuancée de souplesse. L’éthique, idéaliste, est celle d’une tolérance attentive à respecter la morale; elle s’attache à la pérennité des valeurs. Elle est défendue parfois avec fougue, mais sans tomber dans la verbosité lyrique.

La sociabilité fondamentale du Sagittaire le conduit à participer à la vie collective, mais sur un mode qui porte l’empreinte capricornienne. L’esprit d’équipe existe mais il n’est que relatif; à quelque échelon social que ce soit, les relations aux autres tendent à perdre leur caractère spontané et familier, il s’y glisse toujours une certaine distance plus ou moins perceptible. Le personnage n’inspire pas d’emblée la sympathie des foules, ce qui d’ailleurs lui est indifférent, mais il gagne généralement à être connu. Après quoi on le recherche volontiers comme point d’appui car on lui reconnaît un jugement sûr et on le sait fiable. Dans l’examen des problèmes, il apporte un esprit de conciliation et de compréhension large tout en demeurant réaliste. Il souhaite satisfaire aux nécessités contemporaines et mondaines sans sacrifier au snobisme ou aux modes. Il essaie d’aménager sa rigueur capricornienne : il ondoie, il fait quelques concessions en vue de ménager l’avenir, tout en refusant un opportunisme éhonté. Malheureusement, à l’expérience, son idéalisme est parfois déçu; alors il « accuse le coup » et, découragé, fait retraite.

Il reprend des forces en analysant ses erreurs et lorsqu’il a mûri son échec, il réattaque le problème autrement.

La synthèse SoleilAscendant ne s’opère pas toujours aussi idéalement car elle équivaut, en fait, à une association de contraires.

L’égocentrisme, accentué par un Soleil angulaire, se concilie parfois assez mal avec les idéaux de justice, de liberté et de tolérance humanitaires. L’ambition aussi qui, par ailleurs, exige pour se réaliser : la continuité d’un choix, donc le sacrifice d’autres intérêts; la ténacité de la volonté, peu compatible avec les sautes d’humeur; la fermeté du caractère, qui permet de la volonté, peu compatible avec les sautes d’humeur; la fermeté du caractère, qui permet de s’en tenir à ses propres décisions sans subir les influences d’alentour; le sens des responsabilités et de la discipline intérieure, qui conduisent à accepter des contraintes dont on se passerait volontiers.

Peu réussie, cette synthèse conduit à des comportements contradictoires qui traduisent la difficulté de parvenir à l’unité intérieure et gênent les réalisations. Le personnage, surtout dans sa jeunesse, fait alterner le « chaud » et le « froid », tour à tour expansif et renfermé, superficiel et grave, hâtif et pondéré, laxiste et rigoureux, enthousiaste et sceptique, désintéressé et calculateur, altruiste et égoïste, mystique et matérialiste. (On pourrait allonger cette liste déjà trop longue.) C’est en mûrissant qu’il va trouver son équilibre : le Capricorne l’y aide en lui donnant, tôt ou tard, la force de cohésion nécessaire à son unité. Le Sagittaire, de son côté, lui évite certains écueils typiquement capricorniens : le repli sur soi mélancolique par sentiment d’impuissance et d’échec ou, sinon, l’intransigeance, le sectarisme, l’excès de conceptualisme.

Enfin, des difficultés liées à des problèmes d’identification peuvent survenir lorsque le Soleil – en Secteur XII – et Saturne sont impliqués dans des rapports conflictuels dont l’expression va d’un extrême à l’autre : arrivisme forcené, sur-compensatoire ou, à l’inverse, sentiment d’infériorité paralysant, accompagné de repli sur soi et de conduites d’échec, l’une ou l’autre aboutissant à bloquer plus ou moins les valeurs sagittariennes d’expansion, d’optimisme ou de tolérance.

La vie affective est, elle aussi, imprégnée de cette coexistence de tendances contraires : expansion et rétraction.

Ce même Sagittarien peut avoir beaucoup de relations si les impératifs de son ambition l’exigent, relations avec lesquelles il entretient des rapports cordiaux mais de commande. L’amitié, la vraie, est beaucoup plus rare. Elle s’établit sans précipitation; même ressentie intuitivement au premier contact, il faut compter avec la retenue capricornienne : « wait and see. » L’estime réciproque en est une condition sine qua non. Exigeante sur la qualité de la réponse, elle n’a aucun goût pour la tyrannie et beaucoup trop de fierté pour se montrer jalouse mais, aidée en cela par la tendance Sagittarienne à s’ingérer, elle devient assez facilement un peu conseillère, un peu moralisatrice. Sa franchise relève plus d’un principe que d’un mouvement impulsif; moins passionnelle, elle est plus rigoureuse et plus définitive. C’est une amitié qui, d’ailleurs, pardonne très mal le mensonge et qui a de la mémoire pour les bienfaits comme pour les offenses, tout en demeurant, grâce au Sagittaire, peu capable de rancune. Elle se rappelle les promesses, celles des autres mais aussi les siennes qu’elle se fait scrupule d’honorer, évitant ainsi de les formuler à la légère. Dans la difficulté, elle sait être présente et, sans excès démonstratifs, efficace.

La vie amoureuse doit ici tenir compte à la fois de l’ambition et du caractère contradictoire de l’affectivité placée entre l’élan et la crainte, le besoin de s’extérioriser et celui d’être maîtrisée. Avec un Ascendant capricornien, le sentiment est plus profond qu’épidermique; pour être contenu il n’en est pas moins exigeant ou violent, mais ses blessures cicatrisent moins facilement, car il y a alors plus de mémoire et moins de confiance en soi; il tend aussi à se défendre contre l’attachement, conscient des souffrances que celui-ci risque d’entraîner. L’être désire connaître la passion, il l’éprouve mais il hésite à y céder par peur des ravages qu’elle risque de provoquer.

Si les valeurs sagittariennes l’emportent, la vie amoureuse peut s’orienter vers la fougue en plusieurs unions successives que l’exigence et l’insécurité tendent à rompre pour les rejeter presque aussitôt. Dans un thème plus calme, elle se résout généralement vers la trentaine, après une succession d’aventures, par une union fondée sur l’estime, le crédit social, les affinités intellectuelles ou ambitieuses. C’est au détriment de tout le reste dont la résurgence peut un jour susciter brusquement une crise, en réalité longuement couvée et généralement résolue par le retour, plus ou moins nostalgique ou amer, au raisonnable. Dans les cas très adaptés, la sublimation joue un rôle prépondérant en faisant dériver l’ensemble des énergies sexuelles et affectives sur des intérêts professionnels, intellectuels ou artistiques; la volonté peut aussi maintenir la fermeté d’un choix qui a consciemment impliqué le sacrifice de ce qui, au départ, a été jugé comme transitoire et mineur.

En ce qui concerne plus particulièrement la femme, signalons qu’elle est d’autant plus ambitieuse et plus masculine que son Soleil est plus angulaire. Si ses capacités le lui permettent, elle peut essayer de tout canaliser dans une ascension professionnelle plus ou moins durement menée, quitte à s’octroyer de temps à autre des concessions que son équilibre réclame mais dont elle entend, par-dessus tout, garder la maîtrise; les partenaires choisis sont souvent plus jeunes qu’elles, ou placés dans un rapport ou de dépendance à son égard.

Plus fréquemment, elle se résoud à être ambitieuse à travers le mari qu’elle aide et pousse même de toute son énergie, de toutes ses qualités d’ordre, de méthode, d’efficacité calculée. C’est une épouse fidèle. Encore faut-il que ce mari suive… Or, elle a tendance à en vouloir toujours plus. S’il réussit à la mesure de ses désirs, tout est pour le mieux, réserve faite à nouveau d’éventuelles résurgences passionnelles. Sinon, avec une frustration accentuée apparaît le sentiment d’échec, dépressif, d’autant plus qu’en général les joies de la maternité sont impropres à la combler. Le conflit peut aboutir à une expression somatique ou se résoudre, ici encore, par une sublimation intellectuelle ou artistique.

Sagittaire Ascendant Verseau

Le propre du Verseau serait, quant à l’apparence physique, de ne pas se signaler à l’attention des foules. Beaucoup moins « animal » que les précédents (Bélier, Taureau ou Lion), il se prêterait moins qu’eux à la caricature, faute de traits marquants, et subirait toute influence planétaire ou zodiacale étrangère au point de ne plus se ressembler.

Chez les auteurs, ce signe ne réussit pas à faire l’unanimité. Si J.-C. Verdier lui prête des formes rondes et une constitution asthénique, un teint clair, un grand œil mobile au regard doux, Maurice Privat le voit, lui, résistant et solide de corps, pourvu d’un visage très allongé au front haut, de pieds et de mains noueux. Un autre insiste sur la beauté de ses grands yeux expressifs, tandis que J.-P. Nicola signale l’existence de certains spécimens au regard absent, « perdu dans des brumes intérieures », et d’autres dont le regard « fixe et implacable » traduit la froide détermination de l’ambitieux ou de l’aventurier. A. Barbault, enfin, souligne la délicatesse des formes et des traits, la transparence du teint et de la peau, qui concourent à donner à l’ensemble du personnage un caractère immatériel, angélique.

Il est bien certain qu’une touche de Sagittaire, à fortiori si elle s’accompagne d’une intervention de Jupiter, Mars ou Uranus, va donner plus de poids et de relief, bref, plus de matérialité à cet être séraphique, qui, du coup, va paraître plus présent. Sa manière de s’affirmer, moins directe et moins vigoureuse que celle d’un pur Sagittarien – il y met au départ plus de timidité et de réserve —, est plus originale, en dépit d’une parole plus contenue et de gestes moins démonstratifs. Le « singulier » y perce qui, tout de suite, intéresse. Bien sûr, si Mars ou Uranus en font trop, le tableau peut être tout différent, le fracassant et l’excentrique remplaçant ce discrètement « singulier ».

La combinaison VerseauSagittaire peut, suivant les interventions étrangères, aboutir à différents styles vestimentaires. Avec Saturne : une mise simple bannissant la franfreluche mais où la coquetterie subsiste, un détail très personnel sachant exprimer avec bon goût une originalité discrète. Un Jupiter sage incline à un classicisme plus étoffé, mais allégé et modernisé par cette pointe de fantaisie que les Sagittariennes pures – s’il en existe – ne savent pas inventer. Avec Uranus, ou un Jupiter moins sage, c’est chez l’homme ou la femme le triomphe du « dernier cri » porté dans les bons cas avec un chic indéniable et très personnel, et, dans les moins bons, poussé jusqu’à l’extravagance d’autant plus aisément que le Sagittaire, lorsqu’il se pique d’anticonformisme, sait avoir la main lourde.

A mesure que l’on avance dans le parcours du Zodiaque, la complexité croît parallèlement au niveau de l’évolution; l' »humanité » aussi, à mesure que les instincts parlent moins souverainement.

La complexité apparaît ici d’entrée; le Verseau est en effet un signe d’Air (la mobilité expansive caractérisant cet élément), mais un signe fixe (ce qui sous-entend à l’inverse une cristallisation) dont le graphisme symbolique évoque l’Eau, autre élément fluide, et que la Tradition, enfin, place sous la tutelle d’Uranus, planète de Feu essentiellement focalisatrice et unitaire. Seule la Terre, en tant qu’élément, manque ici. De là à voir dans tout natif du Verseau un être immatériel, voire angélique, il n’y a qu’un pas que l’exemple toujours cité de Mozart incite à franchir. Certes… mais l’exception idéalement représentative ne saurait avoir valeur de règle.

L' »humanité » est tout aussi évidente, car avec le Verseau s’épanouit la socialisation commencée aux Gémeaux, précisée à la Balance, élargie au Sagittaire. Le stade de l’intégration, est dépassé; celui, capricornien, de l’édification de soi-même au sein de la durée aussi. L’être a désormais le sentiment de ce qui le dépasse dans le temps comme dans l’espace, tandis qu’entre lui-même, ses semblables et le monde s’établit une réciprocité d’appartenance et que, parallèlement, passé, présent et avenir s’unifient en « devenir ». Ce n’est plus la notion d’une communication avec le collectif qui s’impose comme au Sagittaire, mais celle d’une relation à l’Univers, de la fraternité et de la solidarité universelles, en même temps que celle du progrès nécessaire : il devient possible de transformer le monde pour le faire avancer par des découvertes, des inventions, des réformes, des révolutions.

Face au Lion égocentrique situé sur le même axe zodiacal, à l’autre pôle le Verseau ouvre deux voies possibles : l’une, plus saturnienne, est l’effacement de l’ego au profit et au service de la communauté humaine; l’autre, plus Uranienne, mène à l’affirmation de l’individualité même, dans son originalité d’exemplaire unique.

On se trouve donc au Verseau très éloigné de la relative simplicité de signes « animaux » comme l’impulsif Bélier ou le possessif Taureau.

Il est bien évident que, dans ces conditions d’humaine complexité, la combinaison VerseauSagittaire se prête assez mal à une réduction schématique.

Le tempérament est d’autant plus fougueux que la rapidité et l’instabilité des réactions, communes aux deux signes, se trouvent ici redoublées ; mais s’il est réactif, il sait aussi se montrer actif.

L’impulsivité et l’enthousiasme, qui débordent souvent la réflexion, l’impatience Sagittarienne, si elle se donne libre cours, entraînent des comportements changeants, trop précipités, aventureux ; l’optimisme et la confiance en soi conduisent fréquemment à la présomption.

Si à l’intérieur ou à côté de cette combinaison VerseauSagittaire, des éléments de retrait ou de freinage interviennent, le sujet apparaît complexe et contradictoire : impulsif et retenu, expansif en surface mais renfermé en profondeur, tenté par l’aventure surhumaine, mais aspirant au fond de soi à la sagesse.

L’intelligence, généralement prompte, se caractérise par de fulgurants éclairs d’intuition et une aptitude à comprendre les choses du dedans. Éprise de clarté, elle manque cependant assez souvent de rigueur et de cohésion, mais elle manie le paradoxe et la contradiction avec beaucoup d’aisance. Si le Verseau ou Uranus l’emportent sur le Sagittaire et Jupiter, elle a le souci de la vérité, qui pousse à comparer, chercher, scruter l’au-delà des apparences et à démystifier les idées toutes faites. Le goût de la lucidité et l’aptitude à l’autocritique orientent certains sujets vers les sciences humaines et les incitent à pratiquer l’introspection, l’autoanalyse, dans un but constructif de progrès personnel. La largeur de vue est extrême, la curiosité aussi qui s’étend, ici, à l’époque et à l’être humain tout entier, qu’elle cherche non seulement à explorer, mais à comprendre dans leurs caractéristiques, leurs idées, leurs motivations, leurs mécanismes, tout en s’efforçant de déceler ce qui y est contenu en germe.

Les sujets les plus doués sont capables d’une pensée authentiquement originale. Chez certains, l’esprit s’oriente vers les techniques, toujours avec la visée sous-jacente de progresser ou d’innover. Chez beaucoup, l’intelligence prend une tournure inventive plus ou moins marquée. Chez tous ou presque, il se manifeste à des degrés divers un intérêt pour la connaissance en tant que telle.

Ce Sagittarien a le goût des idées neuves pour lesquelles il prend fait et cause un peu trop rapidement, l’amour de la liberté, le sens et le besoin du groupe, mais il conserve en même temps une tendance plus ou moins consciente à se conformer au milieu. Une exception toutefois lorsque Mars ou Uranus interviennent en force : le sujet est alors tenté par la révolte; il pousse le refus du milieu jusqu’au défi et au scandale, cherche à bousculer les usages, les routines et les préjugés pour être lui-même à part entière; mais il lui faut une très forte personnalité pour réussir à vivre « son » aventure prométhéenne (tout le monde n’est pas Mermoz) et pour surmonter le sentiment d’insécurité provoqué par sa situation « hors norme ».

C’est en même temps un sincère, un être de foi qui croit en l’homme et en l’avenir de l’humanité – il les idéalise tous les deux – et très souvent un naïf. L’Ascendant Verseau le cérébralise tout en lui donnant non plus le besoin du seul mouvement, mais celui d’une action mise au service d’un but ou d’une cause. Le Sagittaire incline à se battre pour les faibles et les opprimés, tandis que le Verseau, lui, élargit et hausse le combat à la notion du bien commun et du progrès de l’humanité.

Dans ces conditions, un sujet équilibré pourvu d’un Moi fort est capable d’acquérir en souplesse une indépendance d’esprit et d’action authentique, en utilisant l’adaptabilité Sagittarienne qui cesse d’être une fin pour n’être plus qu’un moyen. Il peut alors donner l’apparence de se soumettre aux normes du milieu mais, en réalité, il est bien décidé à en opérer le dépassement dès qu’il pourra le faire. Il est habile, quitte à se montrer changeant, à multiplier les occasions de contacts et d’alliances qui lui permettent d’utiliser les gens et les circonstances pour parvenir à ses fins. Cela se comprend d’autant mieux que, fréquemment, l’Ascendant au Verseau est ici assorti d’un Soleil en Secteur X, qui conduit le sujet à se projeter dans une activité ou une profession donnant accès au plus large espace humain possible. Ces Sagittariens doués deviennent généralement des chercheurs, des découvreurs, des réformateurs ou des rénovateurs plus ou moins hardis. Ce sont, quel que soit leur domaine d’action (industrie, finances, politique, art, philosophie, sciences), des hommes de progrès, des révolutionnaires pacifiques.

Cependant, la foi en l’homme avec l’idéalisation qu’elle implique et les rêves qu’elle suscite, et l’appartenance au groupe ont leurs revers. Ce Sagittarien-là « plane » trop souvent; il ne voit ni les gens tels qu’ils sont en réalité, ni les obstacles qui, dans le concret, peuvent s’opposer à la réalisation de ses théories et de ses désirs. Au surplus, trop dépendant du groupe dans le sentiment de sa propre existence, il manque de la fermeté nécessaire pour résister aux sollicitations des uns et des autres. Par sa naïveté, il se laisse fréquemment prendre aux pièges, aux manoeuvres, aux calculs. Il lui arrive donc de tomber de haut. Autre facteur d’échec, l’insuffisance de la volonté qui, pas toujours très ferme non plus, ni très continue, ne peut pas s’élever à la hauteur des ambitions.

Un sujet d’étoffe et de dons plus médiocres se contente, en général, des apparences de l’originalité et de l’universalité. Trop jupitérien ou mercurien, il glisse vers la facilité; il s’agite, se déploie, brasse et rassemble beaucoup d’idées fumeuses et contradictoires, de vastes projets, des gens hétéroclites mais, en fait, il sonne creux; il va trop vite et trop loin sans assez de rigueur pour pouvoir aller profond. Trop uranien et pas assez doué il tend, faute de capacité à réaliser de l’authentiquement original, soit à virer à l’excentricité – qui lui tient lieu d’originalité —, soit à se réfugier, sans jamais rien réaliser, dans la croyance au talent incompris et le maniement des utopies grandioses. L’affectivité porte aussi la trace de l’apport Verseau : cérébralité, idéalisation, égalitarisme, liberté.

La vie amicale joue un rôle prépondérant. Elle obéit à la spontanéité et à la générosité communes aux deux signes. Elle ne présente ni l’exclusivisme de l’Ascendant Scorpion ni l’exigence d’estime du Capricorne, pas davantage leur sélectivité ; plus largement ouverte qu’au Sagittaire pur, elle se préoccupe moins des tabous sociaux. La maison de ce Sagittarien-là est toujours accessible aux très nombreux amis, aux « frères », tous ces frères que suscitent l’universelle curiosité et l’amour du semblable; on partage avec eux, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, le vivre – avec ses goûts, ses préoccupations intellectuelles ou artistiques, ses idéaux politiques ou sociaux —, le gîte et le couvert, même s’ils sont modestes. C’est simple, égalitaire et sincère. C’est une maison où circulent vraiment beaucoup de gens ; parfois, l’hôte est déçu car il est allé trop vite pour donner sa confiance et son adhésion. Peu importe, il s’en remet et… recommence.

La vie amoureuse porte assez fréquemment la marque d’un divorce entre le cœur et la tête.

Homme ou femme, ce Sagittarien croit à l’égalité des sexes; il ne s’agit plus pour lui de dominer ni de se soumettre, mais, là encore, de tout mettre en commun. Ayant tendance à idéaliser déraisonnablement l’être aimé, il ne peut généralement qu’être déçu, ce qu’il supporte assez mal. Au surplus, émotif et sensible, il est partagé entre l’élan qui, spontanément, l’emporte vers la ferveur et l’exaltation du sentiment amoureux partagé et le souci de n’entraver ni sa liberté, ni l’expression de son originalité. Il hésite donc à s’engager et, plus intellectuel que le Sagittaire classique, il tend à dessécher ses sentiments en les passant au crible de l’analyse. Il adopte des attitudes diverses qui, chez un même individu, évoluent en général avec l’âge, mais qui toutes expriment, peu ou prou, cette problématique. Dans la jeunesse, il est sujet aux coups de foudre que l’usure de la réalité quotidienne éteint rapidement; il se résout alors au divorce. Plus âgé ou plus cérébral par nature, il choisit le, ou la, partenaire en fonction de ses affinités intellectuelles. La femme, elle, excelle à découvrir chez l’homme les talents en puissance qu’elle aime à développer à condition de ne pas y laisser son indépendance.

L’amitié amoureuse est aussi un compromis fréquemment adopté. Quant aux amitiés tout court, elles se posent très souvent en rivales du sentiment amoureux ; si d’aventure le partenaire frustré dans son désir d’intimité veut leur faire obstacle, le conflit surgit et, là, il s’aperçoit bientôt qu’il n’a le choix qu’entre se soumettre ou se démettre.

Sagittaire Ascendant Poissons

Il y’aurait, selon la Tradition, deux types de Poissons qui semblent pouvoir s’allier respectivement aux deux types de Sagittaire.

Le premier type, jupitérien, construit en largeur, aurait pour caractéristiques essentielles : un torse développé, des bras et des cuisses généralement courts et charnus, des épaules basses et fuyantes. Ajoutons-y des traits plutôt imprécis, un œil rond légèrement humide au regard vaguement endormi ou, au contraire, débordant d’optimisme, un menton peu accusé et assez gras, un teint pâle, des cheveux empiétant sur les tempes. L’ensemble de la physionomie donnerait une impression d’étalement, de douceur un peu molle et de bonhomie. L’âge tendrait à accentuer le relâchement des tissus et à surcharger la silhouette jusqu’à l’obésité.

Le second type, allié de l’autre type Sagittarien, serait évidemment un longiligne. Une silhouette plus étirée, ondoyante à force de souplesse, un visage mince aux traits fins, de larges yeux espacés et allongés de façon très caractéristique, des prunelles veloutées ou liquides au regard plein de rêve en feraient, homme ou femme, un être étrange et ensorcelant.

La voix au timbre un peu sourd, la parole peu articulée, une poignée de main fluide, glissante même, des gestes onctueux et vagues, des attitudes de nonchalance un peu lascive, une démarche assez traînante accentueraient l’impression générale d’abandon sensuel ou d’étrangeté rêveuse sous-jacents, comme voilés.

En général, l’homme attache ici moins d’importance à l’habillement que le Sagittarien classique, surtout s’il est du premier type. Il lui arrive de ne pas être impeccable, ce qui lui est indifférent. Quand il s’adonne à la recherche vestimentaire – cas du second type —, il tend au négligé flou, à la couleur surprenante, à l’eau de toilette ensorcellante.

La femme rejoint l’homme par son goût du vêtement fluide, du déshabillé vaporeux, des couleurs inattendues et des parfums. Elle n’est faite ni pour le style garçonnier, ni pour le sport habillé, ni pour le classicisme « bon genre », et pas davantage pour l’exhibitionnisme. Ce qu’il lui faut c’est quelque chose qui, surtout dans l’intimité, suggère tout en laissant inachevé, accentue discrètement son côté sirène, son charme indéfinissable et troublant.

Avec ce douzième signe s’achève le parcours du Zodiaque. Fin d’un cycle, « orée d’une ère nouvelle », dit l’astrologie spiritualiste qui y voit « s’accomplir le retour de la substance vers l’essence ». On peut aussi le considérer symboliquement comme la fin d’une gestation commencée neuf mois plus tôt au Cancer et menant, le mois suivant, au Bélier, à la naissance d’un être humain. On peut aussi se borner à constater simplement que s’achève ici la première année de vie avec ses acquisitions et ses insuffisances, tandis qu’au Bélier va commencer, sans solution de continuité, un autre cycle destiné à poursuivre et compléter en partie le précédent.

Face au monde Virginien du visible, du rationnel, de l’infiniment petit défini et limité, le monde des Poissons est celui de l’invisible, de l’infra ou du suprarationnel, de l’infiniment grand, indéfini, illimité.

Ce signe, mutable, double, tend à diffuser en l’élargissant ce qui a été mis en mouvement au Capricorne et cristallisé au Verseau. Ce n’est plus le règne de la fraternité et de la solidarité universelles, c’est celui de l’oecuménisme, de l’accession au cosmique. du sentiment océanique cher à Romain Rolland, avec ce qu’ils impliquent de capacité de fusion de l’être dans le « Grand Tout », de sens du divin, mais aussi, toutes différences, barrières et contours abolis, d’indétermination, de globalité, voire de confusion. L’idéal de progrès, si cher au Verseau, se transforme en charité. Revue et corrigée par la sensibilité et peut-être une particulière réceptivité aux interdits, la notion de la faute y apparaît avec son corollaire de rédemption : le sens humanitaire tend à devenir ici communion des saints, oblation envers l’humanité souffrante.

Le signe des Poissons implique en même temps, de par l’élément Eau qui le constitue, une plasticité psychique exceptionnelle, une prédominance marquée de la réceptivité et de la passivité sur l’activité.

Il y a bien des façons de vivre semblables composantes, de la veulerie de l’inconsistant à la contemplation du mystique évolué.

Bien que le symbolisme du signe mette l’accent sur la spiritualité, celle-ci est loin de figurer toujours dans la réalité chez les sujets pourvus d’un Ascendant Poissons, fussent-ils sagittariens.

La complexité croissante de l’être et de ses manifestations à mesure qu’on avance dans le Zodiaque a déjà été signalée au Verseau. Ici, la coexistence chez un même individu de cette infinité de possibles que représentent les Poissons et de ce « multiple associant » qu’est le Sagittaire ne peut qu’élargir l’éventail des variantes psychologiques éventuelles au point de les fendre difficiles à cerner. Là plus encore qu’ailleurs, les autres composantes, surtout planétaires, sont déterminantes.

A l’Ascendant siège l’impressionnabilité; « tel qu’en lui-même » le sujet a tendance à s’imbiber littéralement de tout ce qui, de près ou de loin, l’entoure, espèce de protoplasme ou de nébuleuse qui se forme et se déforme au gré des courants et se dilate au maximum; là où est le Soleil, une un te Ne projette et se cherche, qui a bien du mal à se trouver à travers l’incessante et imitative reactivité propre au Sagittaire. La coexistence des deux signes ne fait donc que redoubler à deux niveaux différents une problématique commune : celle à la fois de l’accession à l’unité de l’ego et du dépassement-évasion hors des frontières de celui-ci.

Cette combinaison tend à rendre l’humeur et le comportement du sujet irréguliers; fougueux et indolent, entreprenant et craintif, rebelle et fuyant, tonique et déprimé, il apparaît difficilement saisissable à force de mobilité et déconcertant par ses contradictions.

Il est d’une sensibilité théoriquement si grande qu’on pourrait parler d’une véritable « inflation émotive » (A. Barbault). Vulnérable, il s’émeut devant toute marque de souffrance, de révolte, devant la plus légère injustice, ce d’autant plus qu’il possède une aptitude toute particulière à se mettre à la place des autres. De grands élans d’amour le portent vers son semblable en détresse, l’animent à son égard d’intentions plus généreuses qu’efficaces faute de réalisme et de persévérance.

Cependant, tous ces Sagittariens ne sont pas que des philantropes en mal d’oblation. Chez certains, la sensibilité peut s’atténuer ou même s’effacer (Lune ou Vénus mal situées ou aspectées) au profit d’une sensualité tout aussi diffuse et prégnante; elle peut aussi dériver dans des sublimations artistiques où elle trouve une forme d’expression très adaptée. Chez d’autres, en dépit d’attitudes plus ou moins superficielles et fugaces de sympathie, l’égoïsme, au fond, ne perd pas ses droits.

L’intelligence va comme partout ailleurs du plus au moins. Côté plus, elle se signale par sa souplesse et sa faculté d’assimiler rapidement. Plus réceptive que véritablement curieuse, elle ressent plus qu’elle ne cherche et ne comprend, elle embrasse plus qu’elle n’étreint véritablement à moins que, quelque part, Uranus ou Saturne ne l’y obligent, non sans difficulté. Logique, rigueur, sens critique ne sont pas ses qualités dominantes. C’est le triomphe du champ de conscience large, trop large même.

Chez les sujets doués, l’intuition commune aux deux signes peut faire merveille; capable d’accéder immédiatement non plus seulement au symbole mais au mythe, elle s’ébat en toute aisance dans l’analogie, les correspondances, l’inconscient collectif et, bien sûr, la poésie et le surréalisme. Chez les surdoués, appréhendant d’emblée ce que les autres ne soupçonnent même pas, elle est capable par éclairs de se faire inspirée, visionnaire, médiumnique.

A l’autre pôle, la nébulosité des Poissons s’ajoutant à la hâte Sagittarienne, la pensée reste touffue, imprécise et l’esprit brouillon. Les associations d’idées foisonnent, les confusions aussi, par inaptitude à percevoir les différences; c’est le règne du syncrétisme et de la mentalité magique.

La combinaison SagittairePoissons, jointe à cette qualité plus sensible que rationnelle de l’intelligence, favorise plus que toute autre l’éclosion du mysticisme, de qualité très variable évidemment; foi religieuse évoluée (plusieurs papes ou religieux éminents relèvent de cette signature); philosophies spiritualistes construites : attrait pour les doctrines fondées sur le dépassement ou l’anéantissement du Moi au profit de la contemplation, ou encore pour celles englobant les notions de faute, de rachat, de progrès et de cycles (réincarnation, métem psycose) : simple refuge dans l’ésotérisme « magique » ; esprit de superstition.

Signalons encore un mode très positif d’alliance entre la santé Sagittarienne et l’Ascendant Poissons : celui de la communion avec la nature.

C’est, pour un tel sujet, le moyen de se trouver tout en repoussant ses limites jusqu’à l’infini, de se recharger en captant par un incessant échange tout ce qui lui parvient du plus lointain des « grands espaces », en s’imprégnant tout à loisir du sentiment du divin; ne le dit-on pas, ce Sagittaire, panthéiste par excellence?

Dans la lutte pour la vie, un tel personnage se montre, si les traits sagittariens l’emportent, volontiers entreprenant. Mais voyant trop large et voulant aller trop vite, il échoue fréquemment par imprévoyance. Ses moyens ne sont pas toujours à la hauteur de son ambition qu’enflamme son imagination trop vaste. Si la composante Poissons est plus affirmée, le sujet peut ressentir un sentiment d’infériorité; il tend alors à compter davantage sur sa serviabilité et son dévouement que sur sa valeur pour être récompensé de ses talents; suggestible et vulnérable, il lui arrive de stagner en dessous de ses moyens.

La compétition le stimule rarement; peu volontariste, il ne cherche pas à s’imposer mais il sait être persuasif; il ne s’oppose pas non plus et dans la discussion les arguments ont peu de prise sur lui : il échappe. En revanche, il est doué pour l’opportunisme; par intuition plus que par calcul, il a le don de se trouver là où il faut, à point nommé. Une composante Jupiter-Neptune ne fait qu’accentuer cette particularité; c’est le type de l’homme d’affaires ou du boursier qui sur un « coup » ramasse une fortune considérable, laquelle s’évanouit aussitôt pour se reconstituer sur un deuxième coup, toujours risqué au flair.

Reste le problème majeur, évoqué plus haut : centrer le Moi quelque part, en unité, et en dépasser les limites.

Si l’unité ne se fait pas, le sujet demeure irrésolu, inachevé, inconsistant ; c’est une succession de « Moi » fragiles au gré d’identifications multiples et fugaces ; il y a une incapacité à choisir une voie parmi tous les possibles, à persévérer en cristallisant. Le caractère manquant de fermeté incline au laisser-aller, à la paresse, à l’abandon des responsabilités, au sens moral élastique. En dessous, la tonalité dépressive n’est pas rare.

Dans ces conditions, le dépassement des limites est plus que problématique, s’opérant en fait par une régression : chimères, utopies, divagations des « doux dingues », délire généralement mystico-ésotérique – ou bien encore fuite hors de soi-même et du monde dans l’alcool ou la drogue.

Lorsque des éléments de cohésion et de fermeté permettent l’unité et le dépassement, le sujet tend en général à donner à sa vie, même si elle demeure modeste ou obscure, un sens supérieur sous-tendu par une foi, une croyance, plus que par des principes. La notion de service ou de dévouement, le goût du sublime, un certain romantisme y sont généralement impliqués, que l’orientation soit philosophique, religieuse ou politique. Le domaine artistique demeure la sphère privilégiée, celle où toutes les qualités de l’intuition, de l’imagination et de la sensibilité ou de la sensualité sublimée trouvent leur plus bel épanouissement, tout en assurant comme la sublimation religieuse un dépassement adapté.

Envers ses amis, ce Sagittarien se révèle assez déconcertant. Bien que son accueil soit toujours cordial, son hospitalité généreuse et franche, on éprouve parfois à son contact un sentiment indéfinissable : imprécision, incertitude, qui n’est pas de la méfiance mais qui laisse dans l’expectative ; on sent, et pour cause, qu’on ne le capte pas.

A l’usage, ses qualités et ses défauts se précisent; jamais importun, tyrannique ou mesquin, toujours indulgent, compatissant et secourable, capable de générosités inattendues, il a, à certaines heures, des élans de dévouement qui frôlent le sacrifice mais qui le plus souvent se reprennent, en silence. Il suggère, projette, envisage, donne à croire ceci ou cela, sans que ce soit d’ailleurs absolument net, mais quelques jours plus tard et sur le même sujet, il se montre évasif, dilatoire, glissant. On se perd en conjectures sur les motifs de ce revirement. Inutile de lui demander des explications : il biaise, et si on insiste il se dérobe tout à fait, mécontent; il n’aime pas le face-à-face au fond des yeux et déteste les éclats.

Cette mouvance et ce côté fuyant, l’empêchant d’apparaître comme tout à fait fiable et sûr aux yeux de certains, le conduisent assez fréquemment à des amitiés plus renouvelées que durables. Lui conserver son amitié, c’est comprendre qu’en réalité, dans l’élan comme dans le revirement, il est sincère, que ses attitudes ne sont pas préméditées, qu’il n’y entre aucune intention de méchanceté mais pas mal d’inconscience, et que le plus souvent il ne sait pas lui-même pourquoi il a changé; c’est aussi admettre qu’avec lui on est amené certains jours à naviguer plus ou moins entre deux eaux.

Ses tendances amoureuses sont tout aussi difficiles à étiqueter; tout est possible dans ce mélange différemment dosé de goût de l’aventure et de la passion noble, de sentimentalité, de sensualité et de mysticisme, d’amoralité possible et de charité.

On peut rencontrer, essentiellement chez le jupitérien paisible, l’homme (ou la femme) adapté; c’est alors le type même du conjoint facile à vivre, tolérant et conciliant, aimant ses enfants qu’il élève sainement, conscient de ses responsabilités et ne les éludant pas. Deux conditions toutefois : éviter de l’ennuyer avec les tracas domestiques qui le lassent très vite; lui laisser la possibilité de s’évader ici où là hors du quotidien et de l’entourage. Sinon, il ne tarde pas à vivre l’amour ou le mariage comme une prison et à vouloir s’en échapper, ce d’autant plus que l’élément Sagittarien, en lui, a besoin de renouveau affectif.

On rencontre aussi des romantiques d’autant plus amoureux que l’élu (e) est parfaitement inaccessible; des rêveurs, sentimentaux un peu timides; des instables prêts à céder à tous les vertiges de l’émotion ou de la sensation vécus un peu comme des équivalents de drogues : don juans, au charme subtilement flou à la recherche de voluptés extatiques, attirés par le lointain, l’étrange, le trouble, ou femmes errant d’aventures en aventures et toujours déçues ; des hésitants naviguant là aussi entre deux eaux, qui traînent un peu lâchement une liaison dont ils sont fatigués à cause d’un nouvel amour plus stimulant ; des dévoués un peu ambigus, un peu masochistes, qui choisissent un partenaire (malade, infortuné, victime) à réparer ou rédempter, non sans que l’élément Sagittarien éprouve à certains moments le désir de se libérer ; des accomplis enfin qui, ayant réussi à transcender leurs errances, sont capables de vivre une authentique communion avec l’autre dans la richesse d’un amour partagé, complet, noble.

Comment interpréter Jupiter dans les Signes

Jupiter, « maître » du Sagittaire et planète la plus volumineuse du système solaire, incarne l’ampleur, l’autorité, la puissance, mais, plutôt bon vivant en dépit de son caractère parfois autoritaire, il ignore, selon la mythologie, la mesquinerie, la rigidité et l’intolérance.

Tel, il symbolise la Loi et l’appareil du pouvoir, les institutions (le pouvoir en soi étant dévolu au Soleil). Il représente, par extension, les protecteurs et les gens influents, les classes dirigeantes; l’enseignement supérieur officiel, les religions établies et leurs représentants; la richesse (banques) et, politiquement, le système capitaliste du type démocratie libérale. Sur le plan physiologique on lui attribue la fonction hépatique et la circulation artérielle.

Vu sous un autre angle, il paraît agir comme un principe d’assimilation, d’élargissement et de maintien d’équilibre (Verdier). Il tend à coordonner (coordination entre l’objectif et le subjectif, le réel et l’imaginaire, le dehors et le dedans), à cohérer, construire en vue d’unifier globalement. Dans la formation du Moi, il interviendrait, au stade de la mentalité magique, comme élément d’expérimentation des « rapports de force et des hiérarchies naturelles » (J.-P. Nicola) et, ultérieurement, comme facteur d' »intégration au groupe extra-familial sans que la famille perde de son influence ». En fait, il paraît bien, en effet, présider au début de la socialisation.

Là où il se trouve, il tend, selon A. Barbault, à dilater, amplifier, épanouir, unissant l’instinct à la raison, l’impulsion à la réflexion, le terrestre au céleste en vue de satisfaire, avec abondance et sur un mode socialisé, les appétits personnels.

Très extraverti et syntone, facteur d’appétence, d’ouverture au monde et d’adaptation au milieu, il aspire au bien-être prospère, à la réussite (affective, matérielle, sociale); optimiste, confiant et généreux, soucieux de tolérance et de paix, il ne demande qu’à répandre, organiser ou diriger, bref, « représenter ». Michel Gauquelin dans ses statistiques l’a trouvé dominant chez les politiciens et les acteurs. On le retrouvera d’ailleurs un peu plus loin au Lion, signe par excellence de la représentation et du « paraître », chez plusieurs hommes politiques ou acteurs de cinéma.

Dans un thème, Jupiter se colore différemment suivant sa position en signe, s’oriente plus particulièrement dans tel ou tel domaine suivant sa position en Secteur, se manifeste d’une façon plus ou moins nette et plus ou moins heureuse suivant son importance relative-et ses relations aux autres planètes.

Les indications qui vont suivre sur ses positions zodiacales ne se réfèrent qu’au général.

Dans le particulier, les processus ou tendances qu’il représente peuvent se trouver déviés, combattus, inversés même, amoindris ou au contraire poussés jusqu’à l’outrance, suivant ce que sont tous les autres éléments du thème.

Jupiter en Sagittaire

C’est ici que Jupiter, traditionnellement considéré comme le maître du signe, se trouve par excellence chez lui. Ses caractéristiques, positives et négatives, s’y expriment donc, hors tous aspects avec d’autres planètes, à l’état pur et librement. Ici plus qu’ailleurs, comme c’était le cas pour la combinaison AscendantSoleil, la résultante de cette position va dépendre du reste du thème.

Elle peut se borner à confirmer l’élan dionysiaque du signe dans une aptitude à savourer la joie de vivre sous toutes ses formes : joie du sport, joie des sens, joie de goûter les beautés de la nature ou de découvrir en voyage des horizons inconnus; c’est la syntonie majeure de l’optimiste né qui prend le temps comme il vient, sûr, à tort ou à raison, de pouvoir toujours retomber sur ses pattes, et jamais encombré de problèmes métaphysiques superflus; ce peut être aussi sur un mode moins animal, le contentement du monsieur, ou de la dame, confortablement installé dans le conformisme de bon ton d’une situation bien assise.

Par cette combinaison, le principe de coopération, de participation, de liaison entre les choses, les êtres et les mondes, la nécessité de l’insertion sociale, se trouvent généralement portés à leur maximum sur un mode généreux et enthousiaste. Cependant, l’enracinement, la concentration, le vouloir, en soi, font ici défaut.

Aussi le sujet, actif et serviable, a-t-il fréquemment tendance à s’épanouir au sein de la collectivité, se dépensant avec beaucoup d’entregent pour mettre en relation tout le monde avec tout le monde, sans perdre de vue ses intérêts personnels, mais ce n’est pas lui qui donne le ton; il se borne à suivre celui que lui imposent les modes et les dirigeants de son époque (affaires, art ou politique). Son manque de sélectivité risque de le conduire à des « alliances bâtardes », à des conduites « d’hypocrisie ou de duplicité » (J.-P. Nicola).

Si les éléments de retrait, d’opposition réfléchie et de profondeur lui font défaut, il se répand, s’étale, embrasse beaucoup mais son excès d’adaptabilité aux moindres fluctuations du milieu lui interdit de dépasser le facile, l’immédiat, le superficiel; lui-même et ses réalisations demeurent inconsistants. A la limite, il peut n’avoir d’existence propre autre que celle de ce « rôle » joué au sein du groupe.

Le sujet fort exprime une individualité plus réelle : il oeuvre avec les autres mais, ayant construit son identité, il est capable de se démarquer du groupe quand c’est nécessaire ou d’y affirmer son autorité. Il peut, en outre, sacrifier l’immédiat au futur, atteindre aux valeurs spirituelles, dépasser le conformisme pour trouver du nouveau, ou, si ses dons le lui permettent, créer, tout en restant socialement adapté, une oeuvre profondément originale, marquée quelque part du symbolisme Sagittarien ; il reste évidemment amoureux de l’aventure et du voyage mais devient capable de les vivre non seulement au-dehors mais au-dedans. Exemples : Maurice Leblanc (Arsène Lupin), Morris (Lucky Luke), Bernanos, Eugène Ionesco, Maria Callas, Paul Meurisse, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Michel Debré.

Jupiter en Capricorne

Cette position tend à hausser les ambitions de Jupiter et amplifier celles du Capricorne ou de Saturne. On vise alors les hauts sommets soit de la notoriété, de l’autorité, de la puissance (avec tous les risques que cela comporte d’échec, d’arrivisme ou de despotisme), soit de la pensée, de l’art ou de la spiritualité. Ici, pas question d’inconsistance, en principe tout au moins. On ne se paye ni de mots ni de faux-semblants; on veut des réalisations effectives; on n’ouvre pas ses bras à tout le monde, on sait trier ce qui est sérieux de ce qui ne l’est pas; on est capable de se sentir exister quand on est seul, au besoin même de se vouloir seul pour un temps afin de mieux pouvoir, après, atteindre son but; on sait composer, par réalisme, mais pas au-delà de certaines limites.

Revue par le Capricorne, la tolérance habituelle de Jupiter s’efface plus ou moins au profit de l’autorité, voire de la sévérité, et la faculté d’adaptation se raidit. Il s’effectue un retrait par rapport au milieu, cela afin, dans un premier temps, de mieux s’en protéger pour ensuite être plus apte à le dominer. Avec Jupiter, le Capricorne peut gagner en intuition, en faculté d’organisation, en ampleur et en élan constructif. L’ascension est peut-être lente mais elle est continue; le succès est au bout de la persévérance d’un effort adapté et calculé. Non seulement on le veut, mais on y croit avec un enthousiasme contrôlé. La réalisation maximale de cette position se fait généralement à la maturité. Il semble qu’il y ait, en outre, une propension à rechercher et utiliser la fréquentation des « grands » de ce monde.

Dans les cas où s’exerce la faculté de sublimation, l’ambition peut s’orienter en même temps ou – ce qui est rare – exclusivement, vers le domaine intellectuel, artistique ou spirituel, cette combinaison ouvrant en effet accès aux plus hautes valeurs de Jupiter. Exemples : Adolf Hitler, Karl Marx, Willy Brandt, Richard Nixon, Charlie Chaplin, le cinéaste Robert Bresson, Walt Disney, Beethoven, Giacometti, Jean Cocteau.

Jupiter en Verseau

C’est une composante très extravertie. Jupiter a d’autant moins de mal ici à opérer la socialisation qu’il se trouve dans le signe de l’universel. De ce fait, il se manifesterait, dit-on, par un renforcement des tendances généreuses, humanitaires et philantropiques du signe. C’est peut-être vrai mais, à l’observation, quelques nuances semblent s’imposer.

Le signe, décrété par la Tradition comme étant fixe, apparaît en fait comme ne l’étant pas; il est au contraire mobile (élément Air) et Jupiter, pas plus ici qu’aux Gémeaux ou à la Balance, ne peut s’enraciner. Il flotte. En outre surgit une contradiction entre la planète, chaleureuse, éprise de valeurs traditionnelles, vivant dans le présent et plutôt dans le concret, et le Verseau, sec, volontiers tourné vers l’abstrait et l’avenir, technocrate d’avant-garde, théoricien, mais non réalisateur en soi des révolutions.

Le résultat de cette coexistence est incertain. Le plus commun consiste à juxtaposer dans sa vie, quelque part et sous quelque forme que ce soit, l’inconventionnel au bien – et confortablement – assis (style de l’anti-bourgeois bourgeois); on peut notamment, en toute hétérodoxie, s’axer pour ce faire sur les fréquentations amicales, en profiter et s’y épanouir. Le plus incertain consiste à s’enthousiasmer pour tous les espoirs en « isme » : égalitarisme, fraternalisme, progressisme, technocratisme, aptes à solutionner les maux de l’humanité souffrante. Jupiter a beau être en soi très chaleureux et porté au concret, il lui est difficile ici de transformer en êtres de chair ses « semblables » pour lesquels le Verseau tend à prendre fait et cause alors qu’en fait il les conçoit plutôt comme des schémas abstraits, sortes d’épures transparentes, auxquels il demeure assez indifférent sauf sur le plan, immatériel, de l’idée. Il faut évidemment qu’il existe par ailleurs beaucoup d’éléments de réalisme et de profondeur pour que ces amples et généreuses aspirations aboutissent à autre chose qu’à des inconsistances, des démentis, des échecs. L’orientation supérieurement adaptée de cette composante semble s’effectuer plutôt dans le domaine technique (industrie de pointe, notamment), scientifique ou artistique. Exemples: Edouard Manet, V. Kandinsky, Jane Fonda, Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing.

Jupiter en Poissons

Dans ce signe éminemment fluide dont la formule pourrait, selon J.-P. Nicola, se résumer à « être partout et nulle part », Jupiter se trouverait, d’après la Tradition, « exalté ». En tout cas, dilatation et unification globale peuvent y atteindre leur maximum puisqu’on se trouve avec les Poissons dans le monde de l’illimité. Dans le monde de l’indéterminé aussi, en sorte qu’il serait hasardeux de vouloir cerner la forme de l’adaptation jupitérienne dont le propre serait plutôt ici de n’en pas avoir mais d’être en mesure de les avoir toutes.

Ce qui reste constant, en soi, c’est l’aspiration à une expansion illimitée : « nirvâna » de la plus extrême paresse, de la sensation abolissante ou de la drogue, évasion dans le rêve éveillé ou la création artistique (règne du flou qui frémit, suggère, dissout les contours, fluidifie la matière); communion avec le Grand-Tout, ciel et mer confondus; foi religieuse authentique vécue, mysticisme; idéologies humanitaires ou philantropiques de type participation-fusion; plus rarement richesses matérielles considérables faisant tache d’huile ou propension au mécénat.

Quant à la faculté d’adaptation, elle est d’une souplesse insigne, déconcertante à force de fluidité : aisance à naviguer entre deux eaux, à se retourner, à glisser, à échapper : c’est insaisissable.

Pour que surviennent des réalisations d’envergures, il est nécessaire que cette composante, très ample mais guettée par l’inertie, la facilité ou la dissolution, soit corrigée par des éléments dynamiques et constructifs. L’intuition, le sens humanitaire et parfois oblatif qu’elle comporte, trouvent un épanouissement adapté dans une vocation médicale, religieuse, une action mise au service des masses. Par ailleurs, le sens artistique est fréquemment très développé tout comme celui de l’opportunisme et de l’intrigue. Exemples: le peintre Abel Bonnard, Edith Piaf, le spéléologue Michel Siffre, Jacques Chaban-Delmas.

Jupiter en Bélier

Dans cette position, l’élément Feu du signe étant doublé par la chaleur de la planète, l’énergie, le dynamisme et l’extraversion sont extrêmes. Cependant Jupiter tend ici à assouplir le caractère, à tempérer l’impulsion d’un brin de réflexion. L’élan en avant vers le dehors se propage à l’horizontale. Les conduites sont, relativement, plus adaptées : moins abruptes, moins incoordonnées, moins impérieuses, plus opportunes. Tempéré, « humanisé », le sujet se montre volontiers jovial et boute-en-train, ce qui n’empêche pas, dans les meilleurs cas, une « autorité naturelle du caractère qui s’affirme dans la maîtrise d’une force et d’une supériorité » (A. Barbault).

L’individu peut trouver son épanouissement dans un poste comportant des responsabilités car il n’aime pas les situations obscures; il ne lui suffit plus ici d’entreprendre, il entend diriger; ayant davantage le sens du concret, il pense à ses intérêts matériels et personnels; s’il demeure obligatoirement tenté par la conquête et le combat (sport, affaires, politique, art), s’il continue à aspirer au rôle de leader, il entend coordonner ses efforts, organiser et cohérer son action. Exemples : Johannes Brahms, Paul Claudel, Charles Maurras, Guillaume Apollinaire, Salvador Dali, Jean Gabin, Arlette Laguillier, Pierre Mesmer.

Jupiter en Taureau

La planète s’enracine ici solidement et n’y atteint que très exceptionnellement le céleste. Elle amplifie tout le côté dionysiaque du Taureau, son appétit de vivre et de posséder, son désir de confort et de jouissance, son attachement au terrestre et au concret.

Elle tend à assouplir le signe dans sa propension à la rumination, à l’idée fixe, à l’obstination butée. Dans un thème fort, la capacité de réalisation et la volonté de construire propres au Taureau prennent de la puissance et de l’ampleur, de l’autorité. Jupiter s’appuie, là, sur les qualités de persévérance, de ténacité, de prudence, sur le souci d’autoprotection du signe. Dans un thème faible et trop passif, un hédonisme glouton peut siéger à cet endroit, avide de se satisfaire au prix du moindre effort. Par ailleurs, dans un thème à tendances opportunistes, la souplesse d’adaptation de Jupiter peut fort bien conduire le Taureau vers un certain jésuitisme de la pensée ou de l’action, le goût du sophisme ou du paradoxe, la faculté d’hypocrisie, consciente ou non, étant au Taureau moins rare qu’on ne pourrait le penser.

Cette composante peut se traduire de bien des façons : épanouissement dans l’oralité sommaire (gros mangeurs, gros buveurs, gros consommateurs sexuels); ambitions et idéaux terre-à-terre qui ne visent que la sécurité et le profit matériels; attachement à la terre du paysan, évolué ou pas, besoin physique du vert et de la campagne pour se sentir vivre; aptitude à s’enrichir, à gérer sa fortune et à en profiter. Sur un mode plus sublimé, création artistique qui se fait puissante, chaude, riche en pâte ou en couleur, et tout imprégnée de jouissances sensuelles; oeuvre d’intellectuel où l’on retrouvera le souci du concret, du pragmatique, dans une orientation plus ou moins matérialiste de la pensée. Exemples: Léo Ferré, Musset, Jean-Paul Sartre, Teilhard de Chardin, Régis Debray, Françoise Giroud, François Mitterrand.

Jupiter en Gémeaux

Cette combinaison double l’élément Air : il y a renforcement de la mobilité et de l’excitabilité épidermique du signe sur un mode moins sec et moins volatil.

La curiosité, l’intuition et l’ingéniosité des Gémeaux gagnent en puissance et en fécondité. De son côté, Jupiter tente de coordonner et d’organiser tous les « multiples » en surgissement du signe. Ce n’est pas tâche facile.

L’ouverture et l’adaptation au monde n’ont pas tendance à se pratiquer sur un mode moteur comme au Bélier ou monocorde comme au Taureau. C’est d’autant plus polyphonique et polymorphe que, ici, l’étranger se trouve associé au familier et le besoin de respectabilité bourgeoise à l’esprit gamin. Comment, dans ces conditions, Jupiter pourrait-il paraître sérieux et se déployer dans sa naturelle majesté?

En fait, dans cette position, l’individu peut trouver son épanouissement et tirer profit, à défaut d’autorité majestueuse, dans l’échange avec les choses, les gens et les idées (réceptivité communication), le commerce (sous toutes ses formes, concrètes et abstraites), par tous les moyens de Mercure et des Gémeaux (signe, geste, parole). Les écrits, la littérature apparaissent obligatoirement comme prioritaires dans l’adaptation réussie. En outre, Jupiter renforce, dans cette position, sur un mode plus évolué et en lui donnant plus d’ampleur, la caractéristique (déjà vue précédemment) propre au signe, qui est de rendre indisssociable le sujet – et plus encore le sentiment qu’il a de lui-même – de son entourage. L’insertion sociale à tous ses niveaux (de l’employé à l’écrivain de génie ou à l’humaniste vrai, en passant par le représentant de commerce, le libraire ou l’interprète) obéit à cet impératif.

Par ailleurs, Jupiter, facteur d’adaptation très attentif à ses intérêts personnels, ne peut que souscrire à l’aptitude à composer des subtils Gémeaux. Sous cette combinaison les habiletés manoeuvrières, les acrobaties de changement ne sont pas rares; on est versatile mais avec la souplesse d’un art consommé; on jongle avec les faits, la morale, les pseudo-vérités, peut-être, mais on sait très bien s’évertuer à concilier situation jupitériennement assise et irrespect adolescent des « vieilles tiges ».

L’un des risques de cette combinaison, si elle est dissonante en l’absence d’éléments de plus grande profondeur et de plus forte solidité, réside dans le manque de « racines » que les Gémeaux ne sauraient avoir et que Jupiter n’a pas encore. Il peut en résulter une dépendance exagérée à l’égard du milieu, de l’ambiance, et de leurs fluctuations, génératrice d’instabilité et de trop grande suggestibilité; on entend tous les sons de cloches et le dernier est toujours le bon. Dans d’autres cas, le sujet cherche à compenser sa propre inconsistance par des attitudes suffisantes : agité, il brasse beaucoup de vent, pour rien, en se donnant beaucoup d’importance; hâbleur, verbeux, il se vante ou profite en se bornant à enfoncer des portes ouvertes, à moins qu’il ne s’étale, ne se raconte, ne s’exhibe avec un contentement que ni ses capacités ni ses réalisations ne justifient. Exemples : Jean de La Fontaine, Conan Doyle ( « père » de Sherlock Holmes), G. Courteline, L.-F. Céline, Maurice Druon, Philippe Bouyard, Claude Chabrol, Jacqueline Onassis ex-Kennedy, Grâce de Monaco, monseigneur Lefevbre.

Jupiter en Cancer

Dans ce signe appliqué à se protéger contre un monde hostile ou condamné, faute d’adaptation, à errer à la poursuite d’un inaccessible imaginaire, Jupiter apporte, en principe, un effet équilibrant.

En coordonant réel et imaginaire, dehors et dedans, passé et présent, en aspirant à l’ouverture au monde, Jupiter atténue, régule si l’on veut, les risques de dramatisation, de blocage, de repliement narcissique par crainte excessive de l’extérieur. Moins centré sur la jouissance qu’au Taureau, moins enclin au jeu et à la versatilité qu’aux Gémeaux, il s’imprègne ici de sensibilité, d’émotion, d’idéalité. En libéral désireux de confort, de prestige, et capable de puissance réalisatrice, il s’associe au signe pour l’aider à accomplir sous une forme ou une autre et à des degrés divers, sa fonction maternelle : sécuriser, défendre fermement le foyer, la famille, la patrie, la nation, la race, la civilisation. C’est le règne des valeurs traditionnelles, celui du pater familias ou de la « mamma », autoritaires mais sûrs et riches de tendresse, celui du gestionnaire et du chef responsable, épanouis dans leur fonction dirigeante et nourricière. Jupiter trouve ici les racines qui, en soi, lui manquent, ce qui n’empêche évidemment pas le rejet de celles-ci, rejet purement réactionnel, dans les thèmes conflictuels présentant cette position. C’est, dans le commun, le « triomphe des vertus domestiques, ou la gourmandise, du confort matériel » (A. Barbault). Chez certains sujets doués autrement, cet épanouissement maternel peut coexister avec, ou se reporter sur l’oeuvre à enfanter. Dans les thèmes à dominante passive, la combinaison se traduit généralement soit par le souci exagéré d’un conformisme protecteur, soit par une tendance bonhomme à la paresse et au laisser-aller, confiante en la chance et en la vertu du moindre effort. Exemples : Emmanuel Chabrier, Marcel Proust, Henri Bataille, Françoise Mallet-Jorris, Jean-Louis Trintignant, Maurice Couve de Murville, Michel Rocard.

Jupiter en Lion

Cette combinaison AirFeu accentue l’extraversion, amplifie l’ambition et le désir d’affirmation de soi. La puissance et l’autorité léoniennes, portées à leur maximum, sont avides de rayonnement. Toutefois, il peut arriver – pas toujours – que l’orgueil et la croyance quasi aveugle du signe dans le vouloir, son esprit dominateur et son appétit de grandeur, se trouvent assouplis par la planète. L’aspirant surhomme peut ici s’humaniser et le dictateur se croire tolérant. Jupiter apportant au signe, qui en est déjà bien pourvu, son aptitude à coordonner et organiser, les réalisations gagnent encore en puissance. Avec cette combinaison, il est impérativement nécessaire d’être quelqu’un, de régner, de triompher, surtout de « représenter ». Il y a une tendance au « seigneurial », quel que soit le secteur où se place Jupiter et l’échelon social où se situe le sujet.

Cette combinaison peut donner lieu à des réalisations ou des réussites de qualité et d’envergure exceptionnelles. Cependant, de par son outrance même elle comporte des aspects souvent négatifs. Le complexe du spectaculaire se traduit par une hypertrophie, une boursouflure du sentiment de supériorité et du besoin de se montrer. Présomption, arrivisme, vantardise, sensibilité excessive à la flatterie, sont fréquents tout comme le goût des phrases pompeuses et creuses, la tendance à pontifier en sentences dogmatiques et, chez les intelligences pauvres, celle de se borner au sommaire et à l’énorme. Ajoutons enfin que l’opportunisme jupitérien tend à redoubler la propension de certains Lion à composer, donc à accentuer l’ambiguïté tout au moins apparente de leur comportement. Exemples : Jean-Claude Killy, Eric Tabarly, Boris Vian, Michel Polnareff, Henri-Georges Clouzot, Annie Girardot, Catherine Deneuve, Juan Peron, Georges Marchais, Jean Lecanuet, Edgar Faure, Roger Gicquel, François Jacob, professeur de génétique cellulaire au Collège de France.

Jupiter en Vierge

Il existe apparemment une contradiction entre l’ampleur de la planète, sa tendance à l’expansion et la propension du signe à mesurer l’infiniment petit et à se cantonner dans le discret et le modeste. En fait, cette combinaison peut fournir un produit nullement spectaculaire mais remarquablement efficace et de très bonne qualité.

Le désir de maîtrise propre à la Vierge, son sens des limites, sa faculté de logique, d’analyse et de précision, sa capacité de construction raisonnée trouvent dans la faculté d’adaptation, de synthèse et d’élargissement de Jupiter de puissants et fructueux compléments. La socialisation se fait ici sur un mode sélectif et contrôlé; l’épanouissement ne passe pas par l’exhibitionnisme, au contraire; les valeurs appréciées sont toutes de mesure, d’ordre, de clarté et d’ampleur contenue. La puissance s’oriente volontiers vers le domaine intellectuel, culturel, moral; c’est le règne de la mentalité bourgeoise, sans étroitesse excessive, ou, si l’évolution est supérieure, celui d’un classicisme hautement civilisé.

De son côté, Jupiter tend à corriger certains défauts potentiels du signe : manque de chaleur, rigidité, étroitesse, incoordination ou fragmentation des idées ou des conduites, médiocrité des ambitions ou des idéaux. Chez les sujets doués, l’habileté manoeuvrière est fréquemment subtile, la pensée claire, précise, élevée, mais ne s’écartant jamais du raisonnable et rarement de l’expérimental dûment constaté et évalué.

Le sens pratique du signe conduit à des orientations très diverses. Cependant, cette combinaison semble fréquente chez les administrateurs ou gérants, les fonctionnaires supérieurs, les enseignants, les magistrats, les médecins ou plus simplement les gens de laboratoire ou les organisateurs. Exemples : Buffon, Condorcet, Boileau, Jules Romain, François Mauriac, Rameau, Debussy, Michel Jobert, Jacques Chirac et aussi chez le docteur Petiot de sinistre mémoire (ampleur et précision de l’organisation), Albert Spaggiari.

Jupiter en Balance

C’est à nouveau, ici, le triomphe de l’élément Air avec toute sa mobilité et sa souplesse. Signe et planète se confortent dans leur penchant à la sociabilité, à l’amabilité, à la bienveillance. Jupiter apporte au signe plus d’extraversion, en accentue la facilité à nouer et dénouer les liens, la bonne volonté à trouver un terrain d’entente, à concilier sans heurts et s’emploie à multiplier les « bons offices ».

L’épanouissement se fait à travers les relations sociales, les collaborations, le mariage, les associations, les rencontres, les liaisons; il s’agit plus de participer et d’arbitrer, non sans autorité souriante, que de se déterminer; de maintenir s’il y a lieu l’équilibre entre deux extrêmes et de viser toujours à l’apaisement, tout en conservant une excellente réputation et un non moins bon standing. L’opportunisme y concourt intelligemment; on essaie de contourner les obstacles sans brusquerie, on donne l’impression de manquer de fermeté et de rigueur morale.

Cette composante incline, dit-on, volontiers à la pratique du droit, de la diplomatie, de la politique « politicienne » ou, tout simplement, aux mondanités banales. Cependant, dans beaucoup de cas, la sensibilité du signe et la nécessité d’insertion sociale trouvent leur meilleur emploi, sans que jamais les intérêts personnels soient négligés, dans le domaine artistique à quelque degré et sous quelque forme que ce soit. Exemples : George Sand, Jean Anouilh, Berlioz, Alain Resnais, Henry Kissinger.

Jupiter en Scorpion

Dans ce signe « fixe » capable, comme le Taureau et le Lion, d’enracinement, de concentration et de volonté réalisatrice, Jupiter trouve la solidité et le fonds nécessaires à lui faire donner sa pleine mesure. La planète, par sa faculté de coordination, d’organisation et de synthèse, complète le signe dans son aptitude à différencier, dans son intelligence investigatrice et analytique et, par son ampleur, en accroît l’envergure. L’individu possède ainsi le moyen d’ajuster, avec autant de puissance que de précision et de largeur de vues, ses ambitions aux possibilités du milieu. Jupiter peut en outre assouplir relativement le signe et en atténuer quelque peu le caractère systématiquement opposant, dur, possessif et angoissé. Le caractère demeure cependant le plus souvent autoritaire, même quand l’apparence est aimable.

Dans un thème fort, les forces de vie tendent sous l’égide de Jupiter, sinon à juguler les forces de mort, toujours à l’affût au Scorpion, du moins à les combattre ou, dans les meilleurs cas, à les utiliser positivement en les métamorphosant en une réalisation puissante et intense d’ordre intellectuel, social, politique, artistique ou simplement matériel. Exemples : Jules Verne, Louis Jouvet, Gérard Philipe, le sculpteur Rodin, Claude Monet, Maurice Ravel, Magritte, Georges Pompidou.

Comment interpréter les aspects de Jupiter avec les autres Planètes

Quelques précisions sur les aspects

Les aspects sont les angles faits par deux ou plusieurs planètes entres elles lorsqu’on les voit de la Terre. Du point de vue astrologique, on les classe en aspects « majeurs » considérés les uns comme harmoniques : conjonction (angle de 0 degré),sextile (60 degrés), trigone (120 degrés), les autres comme dissonants : carré (90 degrés), opposition (180 degrés), et en aspects « mineurs »; semi-sextile (30 degrés), quinconce (150 degrés), de signification incertaine, semicarré (45 degrés), sesquicarré (135 degrés). Les aspects mineurs sont, à tort ou à raison, réputés négligeables; à l’observation, on se demande s’ils n’agissent pas plutôt sur un mode souterrain en relation avec l’inconscient, ce qui les rend moins apparents dans leurs effets directs mais peut-être pas moins déterminants.

Dans un thème, les aspects établissent une fois pour toutes, à la base, des liaisons entre deux ou plusieurs processus, fonctions ou tendances. Ils déterminent « une certaine permanence de facilité ou de difficulté à lier certaines choses de la vie » (J. Barets).

Dans l’aspect harmonique, il y a accord des deux facteurs reliés; entre eux « ça » passe sans problème.

Il y a beaucoup d’aisance mais ce n’est pas toujours productif ou générateur de progrès.

Dans l’aspect dissonant, il y a désaccord, conflit, tension; risque d’inadaptation par excès où défaut : dans certains cas, crise ouverte et lutte qui peut se révéler positive dans ses résultats (carré surtout); politique de bascule entre deux injonctions contradictoires, le sujet les alternant ou les laissant coexister en « épanouissement de contradictions ». Le conflit peut être simplement latent et n’apparaître au grand jour que lorsqu’une planète lente l’actualise lors d’un « transit »; il peut aussi se résoudre sur un mode adapté, ou non, dans la voie d’une autre planète située elle-même en aspect des facteurs en conflit.

La conjonction, elle, accole (orbe de 8 à 10 degrés maximum) deux éléments qui peuvent être parents, complémentaires ou antinomiques. Elle les rend indissociables, contrairement à l’association facile de l’aspect harmonique ou à la dissociation de la dissonance. Elle est donc, en soi, ambiguë; sa résultante, très variable, dépend des éléments qui la composent et des aspects qu’elle présente.

Ajoutons que lorsqu’il existe dans un thème des aspects entre planètes lentes, surtout en position dominante, l’évolution et la destinée du sujet se trouvent liées au déroulement des cycles de ces planètes.

S’agissant ici des aspects faits et reçus par Jupiter, ce sont évidemment les tendances et fonctions qu’il représente qui vont, positivement ou négativement, se trouver concernées.

Précisons enfin que, pour tenter d’interpréter correctement un aspect quel qu’il soit, il convient – dans l’ensemble, les manuels d’astrologie, préoccupés de simplifications, n’y invitent pas assez – de chercher d’abord à évaluer, en fonction de la structure du thème, quelle planète a des chances de l’emporter sur l’autre. Le résultat peut s’en trouver tout différent surtout quand l’aspect lie deux facteurs antinomiques.

Généralités sur les aspects de Jupiter

Jupiter est la planète de l’expansion psychologique et matérielle; elle fait rechercher et trouver le confort dans tous les domaines – intellectuel, physique, moral. Elle donne confiance, optimisme, extraversion et générosité dans le domaine qu’elle touche. Ses aspects avec les autres planètes indiquent les capacités d’intégration au groupe social dans lequel évolue le natif, son appartenance à un milieu professionnel, ses possibilités de satisfaction affective et amoureuse, son ambition et sa faculté de réussite. Lorsque les aspects sont harmoniques, le natif est doué pour le bonheur, grâce à une certaine confiance en soi et à sa générosité qui lui amène nombre d’amis. En revanche, si les aspects sont dissonants, il peut y avoir insatisfaction et inconfort, avec tendances à une inflation de la personnalité et surestimation de soi, entraînant de l’amertume due à la non-reconnaissance d’autrui devant sa supériorité. Dès lors, il y a erreur de jugement, sur soi et sur les autres, refus parfois hautain et douloureux de faire partie du groupe social ou professionnel auquel le sujet appartient.

Jupiter en aspect au Soleil concerne la vie sociale et professionnelle du natif, ses possibilités de réussite, sa carrière, sa personnalité extérieure, ses rapports avec les images paternelles.

Jupiter en aspect avec la Lune touche à la part féminine d’une personnalité (image de la mère et de l’épouse) : cet aspect favorise l’extraversion du caractère profond, de son goût pour le confort domestique, dans un foyer chaleureux et ouvert.

Avec Mercure, Jupiter renforce le savoir-faire, l’intelligence pratique, l’opportunisme intellectuel. Il donne un grand sens du commerce, des relations publiques et de la publicité. Avec Vénus, planète affective, Jupiter devient extrêmement séducteur; il aime tous les plaisirs et a besoin de les faire partager. C’est souvent l’aspect des « hommes à femmes » (ou des « femmes à hommes »). Ces deux planètes additionnent leurs effets – ou, en aspect dissonant, les exagèrent – bienveillants, généreux et hédonistes.

Mars en aspect à Jupiter concerne l’activité du natif, ses impulsions agressives et son ambition. Jupiter adoucit les tendances téméraires de Mars, lui donne une sexualité épanouie et confiante dans son action.

Au contraire, la relation de Jupiter avec Saturne est légèrement refroidissante. Saturne, planète de la sagesse austère et de la prudence, modère l’enthousiasme optimiste de Jupiter, son extraversion, sa bienveillance : un certain équilibre des forces d’élan et de repli apparaissent dans cet aspect.

Avec Uranus, Jupiter doute un peu de lui; à l’inverse, Uranus au contact de cette planète tempère sa nervosité, son dynamisme électrique, ses accès de colère.

Neptune allié à Jupiter rend le natif sensible et réceptif à son environnement socioprofessionnel.

La réussite peut être due à son tempérament artiste et créateur.

Enfin, avec Pluton, Jupiter touche à une ambition sans limite. L’objectif primordial du sujet est de réussir de la manière la plus évidente. Pour ce faire, tous les moyens (y compris ceux de Pluton, secrets et souvent amoraux) sont bons.

Jupiter – Soleil

Relation entre deux éléments d’extraction, de réalisation, de mise en valeur personnelle.

Harmonie : Indice de grande vitalité. Accord entre l’affirmation de soi et l’accomplissement social. Facteur de plénitude, d’ambition, d’autorité, de puissance réalisatrice, donc de réussite. Pour une femme, la relation à l’homme, très épanouissante, concourt à la mise en valeur personnelle et à la réussite sociale et matérielle.

Dissonance : Conflit entre l’autorité quelle qu’elle soit et le désir d’affirmation de soi. Hypertrophie des ambitions, sans commune mesure avec les possibilités réelles, ou du sentiment de sa propre valeur (susceptibilité, vanité, orgueil) ou encore du besoin de paraître et de se montrer (bluff, vantardise, ostentation). Peu d’aptitude à la diplomatie. En conséquence, l’intégration aux groupes en place se fait mal et la réussite s’en trouve gênée, entraînant l’insatisfaction. Dans certains cas, la volonté de puissance passe outre la morale et la légalité.

Dans la conjonction, le besoin de mise en valeur est très grand; c’est l’aspect type de l’aspiration au vedettariat, de plus ou moins bonne qualité et de résultante plus ou moins adaptée.

On trouve cette conjonction aussi bien chez les hommes politiques ou les artistes et créateurs en vue que chez les criminels; tout dépend de sa position zodiacale, des aspects qu’elle présente et de ce qui l’entoure. De toute façon, elle risque d’être inflationniste.

Jupiter – Lune

Association d’éléments d’épanouissement facile.

Harmonie : En position forte, c’est un facteur de popularité, de réussite sociale et matérielle obtenue sans grands efforts (la Lune symbolise la foule et le public). Abandon propice à une sensibilité et une imagination riches, s’il en existe d’autres indices par ailleurs, et à l’expression de dons artistiques.

Chez l’homme, la relation à la femme est généralement heureuse, féconde; chez une femme, la féminité elle-même, la fonction maternelle, celle d’épouse et de maîtresse de maison sont sources de joie de vivre, d’équilibre et d’épanouissement. Pour les deux, c’est l’indice d’un caractère aimable, égal, facile, sociable et bon vivant. C’est, de toute façon, un facteur d’adaptation qui favorise la réussite affective, matérielle et sociale.

Dissonance : Là encore, pléthore d’une fonction (aspect fréquent, par exemple, chez les femmes trop « enrobées ») ou carence d’une autre. La Lune étant une valeur de nuit, plus passive ou retenue qu’active, infantile et mobile de nature, la dissonance peut entraîner l’immaturité et l’instabilité affectives, une carence de l’activité, de l’énergie ou du sens social. Résultantes possibles: manque de retenue, mollesse, laisser-aller, insouciance; caractère lunatique de l’humeur, pas toujours aimable, des sentiments, des opinions et des comportements; déloyauté apparente, par manque de constance et de fermeté morale; abus de la facilité.

Pour l’homme, la relation à la femme et, pour la femme, la relation à sa propre féminité, sont mal vécues, soit sur le plan de l’épanouissement personnel, soit sur le plan de la réussite matérielle, ou sur le plan de l’adaptation à la société et à la légalité; le cumul n’est d’ailleurs pas impossible.

Jupiter – Mercure

Liaison entre deux facteurs d’adaptation au réel et à la vie de relation.

Harmonie : C’est l’épanouissement du sens social et de la vie de relation. Sens de l’organisation, des contacts, du commerce, des affaires; souplesse, entregent, habileté à tirer le meilleur parti des circonstances, des choses, des gens; aptitude au rôle d’arbitre ou de médiateur. Le jugement est, en général, sûr et l’esprit libéral mais trop avisé pour tomber dans la philantropie idéaliste ou gratuite. L’intelligence n’est sans doute pas très profonde mais elle est pleine de sens pratique et favorise de ce fait la réussite. En général, il existe une étonnante facilité d’élocution ou de plume, une souplesse du mouvement et du geste, propice au talent littéraire, oratoire, ou artistique (dessin). La conjonction se rencontre fréquemment, de plus ou moins bonne qualité, chez les journalistes ou les écrivains, mais il faut d’autres indices, de profondeur ou d’originalité et de puissance, pour que le talent dépasse le niveau de l’aimablement commercial.

Dissonance : La mentalité est axée sur ce qui peut procurer dans l’immédiat et sans effort superflu un bénéfice matériel ou social substantiel. L’optimisme est souvent excessif par irréflexion ou négligence; les erreurs d’appréciation proviennent d’une incapacité à approfondir ou à dépasser le niveau du concret et du pratique. L’esprit reste assez superficiel.

Par ailleurs l’habileté, l’ingéniosité, et l’entregent de Mercure, si c’est lui le plus fort, ne vont pas s’encombrer de morale : pas de respect excessif des lois ou des biens et intérêts d’autrui. Il y a une tendance industrieuse à « interpréter » les textes, les situations, la vérité, une habileté à singer, truquer, jouer la comédie, effectuer des pirouettes, un goût du canular ou de la mise en scène, une propension au discours satisfait dont le moins mauvais emploi peut se faire sur les planches, dans des créations plus ou moins légères mais pleines de verve et de fantaisie.

Jupiter – Vénus

Liaison entre des facteurs de sociabilité privilégiant les fonctions sensation-sentiment.

Harmonie : Aspect qui tend à épanouir Vénus, autrement dit amplifie et favorise le besoin de contact « sympathique » avec l’autre, la primauté du sentiment ou de l’enivrement sensuel et amoureux, le goût de la vie facile ou agréable ou, dans certains cas, le besoin de jouissances esthétiques. Aspect non dynamique qui, réciproquement, peut être facteur de chance passive, favorisant la réussite affective, matérielle, sociale. En outre, pour s’épanouir, la vie amoureuse peut avoir besoin d’un certain statut social et de confort matériel.

La conjonction se rencontre fréquemment chez les sujets exerçant une profession artistique socialisée (mode, décoration, arts plastiques); en position forte, elle signe souvent les peintres.

Dissonance : De toute façon, difficulté à concilier et équilibrer les besoins affectifs ou amoureux et les aspirations de l’ambition. Ce peut être la recherche excessive du plaisir (« Vénus tout entière attachée à sa proie ») nuisant à la réussite matérielle et sociale, parce que trop coûteuse ou illégale, ou les conflits entre le sentiment et l’intérêt, ou encore (A. Barbault) une incompatibilité entre l’amour et l’argent, le sujet ayant l’un ou l’autre mais rarement les deux en même temps; ce peut être aussi la tendance à choisir les amours irrégulières ou, si d’autres indices vont dans le même sens, les ruptures affectives, toujours sous-tendues par des motivations d’ordre financier, social ou légal.

Jupiter – Mars

Liaison entre deux facteurs d’extraversion.

Harmonie : Relation très dynamique et indice de grande vitalité. Le besoin d’expansion s’allie à l’énergie martienne, à son esprit d’entreprise, à son goût de la compétition; le sujet s’attaque à de vastes objectifs. Ses atouts sont nombreux : détermination, sens pratique aussi bien qu’esprit de synthèse, aptitude à discerner ce qui est opportun de ce qui ne l’est pas et à tirer parti des leçons de l’expérience. Aussi la réussite, essentiellement d’ordre matériel, a-t-elle parfois de l’envergure. Elle se fait souvent à la force du poignet, le sujet se hissant (à force de combativité et d’esprit d’initiative) jusqu’au statut social exigé par Jupiter.

Dissonance : Manque de souplesse et de mesure; inadaptation provenant d’une ou plusieurs causes : excès d’impulsivité qui conduit à l’action inopportune, précipitée, trop autoritaire ou téméraire; manque d’esprit de synthèse empêchant la cohérence de l’action ou manque de largeur de vues incitant à privilégier exclusivement ce qui est pratique, sens de la réalité faussé par la trop grande ampleur des ambitions; difficulté ou impossibilité à adapter les actes aux exigences sociales ou légales, tendance à se rebeller, à contester, à passer outre l’autorité, les conventions et les règles, conduites bruyantes et provocantes envers tout ce (ou ceux) qui est en place. En conséquence, facteur de demi-succès, de réussite instable, ou d’échec.

La conjonction est ambiguë surtout si elle est trop serrée : hypertrophie des ambitions ou du besoin d’agir. La résultante dépend des aspects qu’elle reçoit et de la planète qui l’emporte sur l’autre.

Jupiter – Saturne

Liaison de deux facteurs antinomiques et complémentaires.

Harmonie : Comme avec Mars, la conjonction est ambiguë puisqu’elle rend indissociables un facteur de dilatation et d’extraversion et un facteur de rétraction et d’introversion. L’expansion et l’adaptation sociales dominent si Jupiter l’emporte, la rétraction si c’est Saturne. En l’absence de dissonances graves, et si elle n’est pas trop serrée, elle semble favoriser l’élévation sociale et l’aisance matérielle progressivement construites. Bien située et bien entourée, elle semble très positive aussi bien sur le plan financier et social que sur le plan intellectuel.

Trigone ou sextile : facteur d’équilibre psychique, les deux principes se complétant sans tension particulière. Saturne, avec ses exigences de réflexion, d’analyse et d’approfondissement, son horreur du vite-fait, son mépris des modes et des apparences, son sens des responsabilités et son intégrité, complète ce qui peut manquer à Jupiter. Celui-ci incline à se contenter de réussites brillantes et de confort sans trop se soucier du fond; il sait organiser et apprécie avant tout la quantité. Saturne veut une réussite moins superficielle, qui s’accompagne de valeurs intellectuelles ou morales; il sait administrer et préfère la qualité à la quantité. Les deux sont, chacun à sa façon, réalistes, l’un dans le concret, l’autre dans l’abstrait. L’ensemble est évidemment facteur d’équilibre, de stabilité, de profondeur. La réussite obtenue progressivement, avec prudence, persévérance, méthode, sans trop se soucier du paraître, comporte généralement un aspect concret (matériel, social) et abstrait (moral, spirituel, intellectuel).

Dissonance : Les deux valeurs se combattent. Désir d’expansion et de réussite sociale par Jupiter, tout disposé à mettre en oeuvre son efficacité; réaction de retrait par Saturne, à la fois conscient du caractère éphémère et superficiel des succès humains et capable d’être, au fond, aussi ambitieux que craintif et insécurisé. Saturne tend là, par peur ou rationalisation de sa peur, soit à bloquer les tendances jupitériennes (carré) soit à produire une oscillation du comportement entre les deux pôles (opposition et, dans certains cas, conjonction). Le sujet alterne ouverture et fermeture au monde, optimisme et pessimisme, confiance et méfiance, spontanéité et retenue, avance et recul, générosité et avarice à tous les niveaux (porte-monnaie, cœur, esprit). Il s’ensuit généralement des hauts et des bas, des alternances d’abondance et de disette, de succès et d’échecs. Si Jupiter est le plus fort, ce sont les valeurs saturniennes qui sont lésées : imprévoyance, manque de mesure, d’ordre et de stabilité, gaspillage financier, imprudences de toutes sortes. Si c’est Saturne, l’ambition peut dans certains cas se manifester avec excès, âprement : dureté, égoïsme, autoritarisme, insociabilité, mépris orgueilleux du « commun des mortels » et des codes auxquels il obéit. Lorsque les deux sont à égalité, c’est le statu quo, l’immobilisme sclérosant et, à la longue, usant, par impossibilité à dépasser le conflit. Le dépassement peut tout de même s’opérer même s’il n’est pas facile; il se réalise fréquemment en direction d’une autre planète placée à l’intérieur du carré ou de l’opposition.

Dans les deux cas, harmonie ou dissonance, sensibilité particulière plus ou moins nette aux phases des cycles JupiterSaturne.

Jupiter – Uranus

Liaison entre deux éléments d’extraversion, à la fois parents et étrangers l’un à l’autre.

Harmonie : Accord entre Jupiter traditionaliste, vivant dans le présent et plutôt dans le concret, principe d’expansion, et Uranus novateur sinon révolutionnaire, tourné vers l’avenir, avide d’abstraire pour réduire à l’essentiel, principe de rétraction intensive visant à l’affirmation assez orgueilleuse d’un soi-même bien individualisé au sein du groupe.

Dans cette relation harmonieuse, on réussit à s’intégrer à la bonne société tout en s’en démarquant quelque part par un non-conformisme, à se montrer libéral tout en étant autoritaire. Il y a de la souplesse et de l’habileté. L’ambition est grande, évidemment et, dans un premier temps, le conservateur s’emploie à servir le révolutionnaire en douceur, ce d’autant plus qu’il existe une grande puissance de réalisation attentive aux opportunités qui se présentent. Après quoi, fortune faite et réputation acquise (affaires, arts, politique), le conservateur laisse la place au progressiste, quitte à déconcerter le spectateur.

Dissonance : Les mêmes exigences demeurent mais elles s’harmonisent mal. Les conduites deviennent exagérément contradictoires et déconcertantes. L’expansion peut se réaliser mais son équilibre est instable et les chances de succès sont compromises par des erreurs : on ne saisit pas l’opportunité, on fait trop tôt ce qu’il aurait fallu faire plus tard, ou bien on reste sur place alors qu’il aurait fallu aller de l’avant, on se montre trop autoritaire ou trop libéral. On donne l’impression par ses actes de prendre le contre-pied de ce que l’on a, théoriquement, prôné ou promis. La conduite outrepasse la limite raisonnable de la fantaisie ou du paradoxe. Démesure, contradictions, inopportunités, entraînent parfois une surtension, un déséquilibre, générateurs de crise souvent explosive; le revers, ou l’échec, peut alors survenir brusquement, retentissant.

A signaler une forme possible de résolution du conflit, forme relativement adaptée : trouver le moyen de singulariser et de « réussir » socialement, sans oublier de ramasser au passage tous les bénéfices possibles, en attaquant avec plus ou moins de virulence ou de subtilité les gens en place, les classes dirigeantes, les valeurs ou les idéaux traditionnels. Sensibilité aux cycles de Jupiter et d’Uranus.

Jupiter – Neptune

Liaison entre deux facteurs de détente et de dilatation, l’un tourné vers le dehors et l’objectif, l’autre vers le dedans et le subjectif, l’un visant à l’épanouissement de l’individu au sein du groupe, l’autre à sa dissolution au sein de la communauté ou du cosmos. Dans tous les cas, c’est en soi un coefficient inflationniste de réceptivité.

Harmonie : Sens de la détente, de la conciliation, amour de la paix. Sentiments humanitaires et philantropiques porteurs d’une grande, mais souvent naïve, générosité, la réalité étant toujours plus ou moins déformée par le mirage neptunien. L’inflation se traduit sur le plan psychologique par le grossissement des impressions, sensations, perceptions (sensorielles et extra-sensorielles), sentiments, dès événements les plus menus, par l’intensité de la réceptivité qui se défoule en un lyrisme d’une surprenante ampleur. On la retrouve, dans certains cas, sur le plan social ou financier, la réussite étant liée parfois à des coups de chance spectaculaires du style pêche miraculeuse, et faisant tache d’huile. Plus communément, cette réussite est servie par une habileté à « nager » au-dessus de la moyenne.

Aspect favorisant l’insertion sociale par l’adhésion aux mystiques communautaires, l’éclosion d’un sentiment religieux panthéiste (l’épanouissement jupitérien se faisant par la communion avec la nature, le cosmos et la divinité), la création artistique, Jupiter réussissant à coordonner et cohérer toute la riche subjectivité neptunienne où foisonnent perceptions et fantasmes.

Dissonance : La réalité objective est complètement déformée ou vécue comme insatisfaisante. L’inflation dépasse la mesure; « ça » ne passe plus. Jupiter ne réussit ni à endiguer le flot envahissant de la subjectivité et de la réceptivité ni à en faire la synthèse : « ça » déborde. La décharge est de forme variable (panique, crise de nerfs, crise de larmes), mais toujours dramatisante : en fait, c’est la montagne qui accouche d’une souris. L’idéation ou la mise en forme artistique en souffre : c’est embrouillé, désordonné, confus, diffluent, verbeux. Les ambitions ou les idéaux portent la marque de l’utopie, de l’illusion, du mirage. Les coups de chance spectaculaires peuvent exister mais leur bénéfice s’évanouit en fumée. L’insertion sociale est rarement claire ou conforme mais plutôt en marge, soit qu’elle se fonde sur le mensonge par embellissement (exploitation du besoin de merveilleux et de la mentalité animiste : utopistes, mages, faux prothètes, charlatans, soit que, « nageant » là encore mais entre deux eaux, elle ne contrevienne à la légalité (compromissions, scandales, escroqueries). Il est évident que pour en arriver là il faut qu’il existe dans le thème d’autres indices confirmant ou aggravant celui-ci. Sans aller aussi loin, on peut cependant, toujours en ce qui concerne la situation financière ou sociale, craindre des mécomptes : excès d’optimisme, propension à s’illusionner sur soi-même, sur autrui, sur la réalité; gaspillage par irretenue; « magouilles » trop voyantes qui se retournent cotre leur auteur.

Jupiter – Pluton

Pluton au double visage représente toutes les forces souterraines à l’oeuvre aussi bien dans le monde qu’au fond de l’homme ou de la terre elle-même : forces de bouleversements, de construction comme de destruction, force des pulsions libidinales comme des pulsions agressives, toute une énergie tournée aussi bien vers la vie que vers la mort, sans cesse renaissante et capable de subir ou d’opérer des métamorphoses et des transmutations.

Harmonie : Très grande ambition. Aspect fécond et constructif qui tend à s’exprimer en réalisations (matérielles, intellectuelles, artistiques) traduisant l’ampleur et la puissance d’une énergie pulsionnelle apte à se décharger sous une forme socialement adaptée. La force impérieuse de l’instinct est mise au service de l’épanouissement qui se réalise au mieux. Pluton ne se paye ni de mots ni d’apparences, mais Jupiter le maintient sans heurt dans les limites de la légalité et de la sociabilité.

Dissonance : Désaccord entre les profondeurs et la surface, entre les instincts bruts et leur expression policée, entre des forces obscures et aveugles et le sens de la réalité objective. En conséquence, facteur de dissociation interne et d’inadaptation (à des degrés très divers), soit que l’individu tente de conserver son masque social au détriment de la satisfaction de ses besoins profonds, soit que le « retour du refoulé » ne déclenche un jour une crise remettant en cause son équilibre psychique ou son insertion sociale, quelquefois les deux; ou encore, sous l’effet d’autres éléments conjugués, le sujet peut se révolter violemment, pas toujours à bon escient, contre tout ce qui gêne la satisfaction de ses instincts bruts, dans un rejet massif de ce qui est « établi » au mépris non seulement des lois mais d’un élémentaire respect de ses semblables (cas de l’individu asocial, par exemple). Sensibilité aux cycles JupiterPluton.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Les Planètes dans le Sagittaire

Soleil en Sagittaire

C’est la position qui, traditionnellement, fait que l’on se dit né sous le signe du Sagittaire. Exalte les tendances naturelles du signe : courage, esprit d’aventure, projets de grande envergure, intelligence, réussite professionnelle. Souvent, carrière brillante.

Le natif est porté à s’affirmer de manière éclatante dans le domaine qu’il a choisi, un peu à la manière du Lion; mais il le fait avec plus d’expansion chaleureuse et de motivations humaines.

Lune en Sagittaire

La Lune est épanouie dans ce signe. Elle confère de la spontanéité, une certaine bonhomie, bref, une relation cordiale et détendue avec l’entourage. Avec le Sagittaire, on n’a pas de mal à briser la glace. Certes, il attend de l’autre un certain respect, mais il n’hésite pas à parler sur un pied d’égalité, d’homme à homme.

C’est un signe d’amitié plus que d’amour, et l’on aime retrouver les copains de naguère, rappeler les souvenirs, faire un petit flash-back qui permet de voir le chemin parcouru depuis.

Mercure en Sagittaire

Celui qui craint d’être dépassé par les événements prend la peine de tout prévoir, de fixer dans les moindres détails le calendrier et l’ordre du jour. Le Sagittaire, lui, n’a pas besoin de se reposer sur un Mercure très actif et minutieux. Il se fie à ses dons d’improvisation qui t’ont flèche de tout bois. Il compte sur sa chance pour achever ce qu’il n’a qu’esquissé. Il se méfie des plans dressés sur la comète et des pronostics toujours bafoués par la réalité.

Vénus en Sagittaire

La conception artistique du Sagittaire s’incarne à merveille dans le jazz. Cette musique à chaud qui se joue en équipe, où l’on est entraîné par un rythme endiablé, où la dépense nerveuse est intense, où l’on n’a pas à déchiffrer une partition ou à se souvenir de bien respecter telle ou telle règle, où l’on danse de tout son corps, est la meilleure détente du signe. Le Sagittaire aime le mouvement, il se plaît entre deux destinations. Il ne sait guère passer des vacances calmes et casanières.

Mars en Sagittaire

Le Sagittaire n’aime guère le travail trop régulier et quotidien. Cette position planétaire, dans un thème, n’indique donc pas un employé modèle mais bien plutôt un représentant qui court sur les routes, quelqu’un qui doit prendre des initiatives, s’adapter à des situations imprévues, faire preuve d’esprit d’à-propos.

L’énergie est mobilisée dès lors que le jeu en vaut la chandelle, excitée par l’épreuve, par l’obstacle. A certains moments, on est prêt à se dépenser intensivement comme dans les charrettes des architectes. On peut aussi trouver là un stakhanoviste, avide de records.

Saturne en Sagittaire

Si les entreprises sagittariennes font parfois long feu, elles ne durent qu’autant que leur instigateur brandit le flambeau. Dès que celui-ci disparaît, c’est la guerre entre les héritiers et l’on s’aperçoit bien vite que tout l’édifice ne reposait que sur le dynamisme d’un seul. Le Sagittaire va de l’avant et a du mal à choisir ses lieutenants et ses dauphins tant il agit par inspiration. C’est l’homme des grandes épopées que seule la mémoire d’un chroniqueur sauvera de l’oubli.

Uranus en Sagittaire

Le Sagittaire, signe de Feu, n’est pas très favorable à Uranus qui s’épanouit dans les signes d’Air. C’est pourquoi le signe peut décevoir en ce qui concerne sa capacité à faire passer des réformes en profondeur. En effet, à force de se soucier de réunir autour de soi les courants les plus divers, on peut dire que le Sagittaire « gouverne au centre », qu’il est prisonnier de sa propre stratégie et tiraillé entre plusieurs tendances, quelle que soit sa volonté personnelle de changer le monde.

Neptune en Sagittaire

Le Sagittaire a le sens de l’idéologie! Il sait que, pour entraîner l’assentiment général, il convient de lancer un certain nombre de slogans, de proposer des modèles d’explication, à la façon dont on parle de la lutte des classes par exemple. Cette position de Neptune est donc favorable, elle révèle quelqu’un qui saisit les vagues de fond, qui prophétise les grands bouleversements mais qui ne sait pas toujours faire les choix qui s’imposent quand il est trop entraîné par la politique politicienne.

Pluton en Sagittaire

Ce n’est pas une très bonne position pour Pluton. On n’aime guère la contestation et la satire lorsqu’on est en train de développer de grands principes et que l’on se prend plutôt au sérieux. On sait ce qu’on entend par « raison d’Etat », c’est-à-dire une sorte d’oukaze sans réplique. Par ailleurs, l’homme politique doit souvent faire taire sa conscience et ses scrupules s’il désire rester à son poste. L’usure du pouvoir rend méfiant à l’égard des fervents de la vérité.

Comment interpréter les Signes dans les Maisons

Le Sagittaire dans les Maisons

Sagittaire en Maison I

C’est la force d’expression, de démonstration solaire, de magnanimité, qui s’épanouit dans toute sa splendeur. L’individu est chaleureux, extériorisé, combatif et entreprenant. Il aime, sauf si des aspects contraires dans le thème viennent contrarier sa nature, entreprendre, se battre et gagner. Beaucoup de luminosité, de réussite et d’atouts « chance » dans cette combinaison.

Sagittaire en Maison II

C’est au domaine des biens et de l’argent que touche le Sagittaire: il facilite les gains, les spéculations financières, il donne des aptitudes extrêmement appréciables dans le domaine de la gestion – de patrimoine ou d’entreprise. L’argent est aisé, aisément gagné ou bien il existait de toute éternité. Possibilité, également, d’héritages.

Sagittaire en Maison III

Il donne à la Maison de l’échange, de la communication, des petits voyages, des frères et sœurs, une richesse très particulière: le sujet est enclin à donner généreusement, tant du point de vue moral que du point de vue financier, à son entourage proche. Il cherche même souvent à devenir le Pygmalion des personnes qu’il aime, au risque de s’oublier lui-même. Configuration très bonne.

Sagittaire en Maison IV

Nous voici dans la Maison de la famille, du foyer, de l’ascendance et de la descendance du sujet. Peu d’affinités entre le signe et ce secteur. Tiraillements entre le désir Sagittarien de voyager de par le monde, d’occuper de son ambition de grands espaces, et la nécessité cancérienne (la Maison IV symbolise le Cancer) de s’enfermer, de se protéger dans un espace clos.

Sagittaire en Maison V

Donne trop d’attirance pour les distractions, les fêtes, les changements, les jeux, la chasse. C’est un organisateur-né de festivités, de grands jeux, de réceptions. Toutes les manifestations qui rassemblent les êtres humains pour les divertir ont la faveur de ce sujet. Chance et réussite en ce qui concerne les activités de ce secteur.

Sagittaire en Maison VI

La Maison VI est celle des subordonnés, des petites tâches quotidiennes, des êtres et des choses qui dépendent du sujet dans ses activités journalières. Le Sagittaire ne s’y sent pas spécialement à son aise car c’est un signe d’espace, de grandeur, de mouvement, d’initiatives nouvelles, et le quotidien l’ennuie. Voilà une position qui lui donne de l’impatience dans la vie de tous les jours bien qu’elle rende ses relations très faciles et chaleureuses avec ses employés ou ses subordonnés, ainsi qu’avec ses animaux domestiques.

Sagittaire en Maison VII

Le Sagittaire, signe légaliste et respectueux des lois établies dans une Maison liée aux contrats, aux associations, aux alliances et au mariage, donne au sujet le goût d’officialiser toute association, de la rendre légale et de la faire reconnaître. L’expansion, la chaleur, la générosité du signe se trouvent en harmonie très heureuse avec les signifiants de la Maison: époux (ou épouse), associés, collaborateurs, etc.

Sagittaire en Maison VIII

Ce qui touche à la mort, aux héritages, est mal ressenti par un signe qui met au premier plan la vitalité, l’activité et l’efficacité en tous domaines. Pour le Sagittaire, la mort n’existe pas, et si le sujet s’y trouve confronté (mort des parents ou du conjoint), il peut en être profondément perturbé.

Sagittaire en Maison IX

Ce secteur est en accord parfait avec le signe. Les voyages, spirituels aussi bien que réels, marquent très fort cette combinaison. Largeur de vues, courage, sagesse, aspirations morales, religieuses ou philosophiques très élevées. Déploiement d’énergie et de volonté dans l’amélioration de la personnalité.

Sagittaire en Maison X

Brillante position. Recherche des honneurs, de la popularité, de distinctions dans tous les domaines. Le désir de réussite sociale est très fort et peut dominer l’ensemble du caractère. Cette configuration fait souvent des personnalités remarquables et remarquées.

Sagittaire en Maison XI

Ce Sagittaire dans la Maison de l’amitié, de la sagesse, du recueillement, du sens politique à long terme donne beaucoup de sérénité chaleureuse, de bienveillance calme au sujet. Les amitiés sont fortes et durables, protégées et protectrices. Le temps joue un rôle important dans cet aspect, tant du point de vue social et professionnel que du point de vue privé.

Sagittaire en Maison XII

Rétraction du signe ouvert et expansif du Sagittaire dans une Maison d’isolement et de solitude. Peut faire beaucoup de voyages solitaires et provoquer de longues éclipses dans les amitiés. Comme c’est aussi la Maison de la transcendance, le signe permet de surmonter, par son énergie, la solitude, et la transforme en atout.

Lune Noire

Les significations générales de la Lune Noire

Si la Lune renseigne sur les influences qui sont créées dans la vie même ou par la vie elle-même, comme celles de la race, du climat, de la société, de la famille, des besoins, des manières et des idées courantes, la Lune Noire qui correspond au deuxième foyer de l’orbite lunaire témoigne, en revanche, d’influences particulières, créées en dehors de la vie.

Le propre de la Lune Noire est de soustraire aux lois générales de la vie, d’échapper au commun de l’humanité. Elle recherche la loi d’exception et essaye d’atteindre l’autre dimension de la vie, qui n’est pas toujours visible au sein de la vie même : voilà pourquoi elle paraît aux yeux du profane singulière, énigmatique, unique, absolue, ésotérique, exclusive. La Lune Noire, foyer occulte de la Terre, cache en elle un monde à part, abstrait et ésotérique, et si elle en vient à être mal dirigée, elle peut être alors la source qui déchaîne les forces passionnées, voire incontrôlées, sexuelles ou suicidaires de la vie.

Si la Lune Noire symbolise quelque chose de très précieux et de très rare (une certaine forme de lucidité ou de génie), elle peut cependant donner aussi le « mal de vivre », avoir des effets négatifs, voire stérilisants, pour la vie.

En demeurant désincarnée, la Lune Noire enferme éternellement en elle (c’est-à-dire dans un vide dense et absorbant comme les trous noirs de l’univers) toutes sortes de problèmes non résolus (refoulement), les empêchant ainsi de sortir et de disparaître (le mythe du péché originel ou le poids du « Karma », l’arriéré à liquider).

Alors, il faut la Lune pour incarner et libérer tout cela sur la vie sur Terre. La Lune Noire est ce par quoi la Lune existe vraiment en tant que Lune. La Lune Noire est la raison d’être de la Lune.

La Lune Noire dans le Sagittaire

Tout d’abord, il importe de bien préciser que la Lune Noire n’est vraiment agissante, dans un thème, que lorsqu’elle se trouve dans l’une ou l’autre des deux conditions suivantes : 1) quand elle est conjointe à une pointe de Maison (dans un orbe de 3 à 4 degrés); 2) quand elle est conjointe ou opposée à une planète quelconque (avec le même orbe).

Bien entendu, si elle remplit ces deux conditions en même temps, elle n’en est que plus importante; mais si elle n’en remplit aucune des deux, on peut presque la négliger pour effectuer l’interprétation d’un thème.

Cela dit, la Lune Noire dans le Sagittaire donne une disposition aventureuse, avec le goût du risque et des situations scabreuses, un tempérament de casse-cou dans le domaine sportif, avec risque de graves blessures (à plus forte raison si elle est conjointe ou opposée à Mars); la frénésie du risque peut se manifester aussi en matière de loteries et de jeux de hasard et le natif peut fort bien perdre la totalité de sa fortune en une seule nuit, en jouant à la roulette, au poker ou à tout autre jeu.

De grands voyages lointains, principalement en territoires étrangers, pourront être décidés brusquement, avec l’espoir d’y connaître des aventures inédites, ce qui ne manquera certainement pas de se produire, mais les aventures en question risqueront fort d’être assimilables à des tribulations ou désagréments : par exemple, un accident imprévu en cours de voyage, ou bien un conflit avec les autorités locales, ce qui peut, à la limite, provoquer une arrestation et un séjour en prison.

Lorsque le sujet se déplacera au loin, il lui sera fortement recommandé de ne pas emprunter l’avion, cela parce que la Lune Noire en signe de Feu comporte une forte note Uranienne, et sur le mode le plus négatif : l’éventualité d’un accident aérien n’est donc pas à exclure.

Sur le plan de la pensée, le sujet manifestera généralement des opinions plus ou moins excentriques qui heurteront souvent celles de son entourage et qu’il essaiera d’imposer de la manière la plus percutante, en dépit de toute logique la plupart du temps, et comme s’il s’estimait au-dessus de toute erreur.

De même, ses conceptions philosophiques seront, dans bien des cas, contraires à la raison, mais il les soutiendra avec le même acharnement, malgré la réprobation générale.

Le sujet sera naturellement l’adversaire des principes établis, des lois en vigueur et de toute idée conformiste; il se heurtera aux conceptions religieuses de son époque et n’admettra aucune sorte de hiérarchie.

Enfin, il aura des dispositions rebelles et révolutionnaires et sera partisan de réformes brutales et radicales, mais sans aucun esprit constructif.

Il va sans dire que ces données sur l’influence de la Lune Noire dans le Sagittaire concernent le cas le plus général, mais qu’elles peuvent être sérieusement modifiées quand la Lune Noire se trouve sur la pointe de telle ou telle Maison ou bien si elle tombe à la conjonction ou à l’opposition d’une planète; ce sera donc à l’interprète d’apprécier, dans chaque cas particulier, le pronostic le plus adéquat, en n’oubliant pas d’effectuer la synthèse du thème.

Comme illustration remarquable de la Lune Noire dans le Sagittaire, on peut citer le cas de Napoléon Ier, qui était né avec la Lune Noire (corrigée) à 9°26′ Sagittaire, conjointe à la pointe de la Maison II, qui se trouvait elle-même à 12°12′ Sagittaire : on sait que la Maison II représente les acquisitions et conquêtes du sujet à partir de ses propres efforts; ici, la déduction est très facile : la Lune Noire sur la Maison II a déterminé une avidité permanente de conquêtes à l’étranger (Sagittaire), ce qui explique une suite de guerres continuelles, et toujours dans le but d’avoir, d’avoir toujours, d’avoir encore.

On peut citer également deux personnages importants de l’Histoire, affectés par la même boulimie de conquêtes à l’étranger : ces deux êtres n’avaient pas la Lune Noire dans le Sagittaire, mais, dans les deux cas, elle se trouvait en conjonction étroite de la pointe de la Maison IX, ce qui, en fonction de la loi d’analogie, conduit sensiblement aux mêmes résultats; ces deux personnages n’étaient autres que Jules César et Adolf Hitler qui, chacun à son époque, auraient volontiers « dévoré la planète »…

La notion de Lune Noire implique nécessairement la notion de Lune Blanche (« dialectic or not dialectic? »). On sait que la Lune Noire n’est autre que l’apogée de l’orbite lunaire, c’est-à-dire le point de son parcours où la Lune est le plus éloignée de la Terre. Inversement, la Lune Blanche est le périgée lunaire, soit le point où la Lune est le plus proche de la Terre. Il ne faudrait cependant pas croire que la Lune Noire et la Lune Blanche forment un axe, comme c’est le cas, par exemple, pour les Noeuds lunaires (Tête et Queue du Dragon) : les tables relatives à la Lune Noire ne donnent que sa position moyenne, d’où on peut déduire la position moyenne de la Lune Blanche en ajoutant ou soustrayant 180°; mais, pour passer de la position moyenne à la position réelle, il faut appliquer une correction à chacune de ces deux Lunes, corrections d’un ordre tout différent puisque la correction de la Lune Noire se situe entre 0° et 5°15′ alors que celle de la Lune Blanche varie entre 0° et environ 24°; de plus, ces deux corrections s’exercent en sens différent, de sorte que, finalement, la Lune Noire et la Lune Blanche ne se trouvent que très rarement en opposition l’une de l’autre.

Les déterminations venant de la Lune Blanche dans le Sagittaire sont généralement d’un ordre complètement opposé à celles générées par la Lune Noire : le sujet voyagera facilement à l’étranger, sans désirer y vivre des aventures plus ou moins incongrues; il pratiquera des sports conformistes et surtout pacifiques; il pourra bénéficier d’une part appréciable de chance dans les jeux et loteries, mais restera raisonnable et n’ira pas risquer sa fortune sur un seul coup de poker.

En dehors de ces faits matériels, le sujet aura un intellect très fécond, des inspirations d’ordre littéraire; il s’intéressera à la métaphysique, à la philosophie, et les dispositions de son esprit seront nettement spiritualistes. On répétera pour la Lune Blanche ce qui a déjà été dit pour la Lune Noire, à savoir qu’elle doit surtout être prise en considération quand elle est conjointe à une pointe de Maison, ou bien quand elle est conjointe ou opposée à une planète.

Cérès dans le Sagittaire

Quel que soit l’emplacement où elle se trouve, Cérès harmonique apporte toujours sa note d’analyse pertinente, son sens de l’exactitude et de la précision, son ordre et sa méthode, ainsi que ses vertus de dévouement et de charité; par contre, une Cérès affligée s’exprime principalement par ses craintes et ses inhibitions, ses complexes d’infériorité, ses « maniaqueries », son sectarisme, ses maladies réelles ou imaginaires et son goût pour les médicaments.

Bien configurée dans le Sagittaire, Cérès donne des croyances, des principes et des convictions bien établis, du respect envers les lois et les règlements, une soumission à l’ordre établi et devant l’autorité, soumission dictée par la passivité naturelle; le sujet est d’une moralité irréprochable et prêche souvent par l’exemple; de plus, il est parfaitement honnête et scrupuleux, incapable de mensonges et de malversations.

Le sujet aimera se dévouer et payer de sa personne, au profit de causes humanitaires ou philanthropiques, ce qui pourrait le conduire, éventuellement, à exercer une activité dans un pays étranger (par exemple si Cérès en Sagittaire se trouve proche du Milieu-du-Ciel). Les voyages lointains effectués par le sujet seront généralement peu nombreux, mais ils seront toujours préparés méticuleusement, sans négliger le moindre détail, car Cérès est très prudente avant d’agir et n’aime surtout pas s’en aller à l’aventure et s’en remettre au hasard. Certains voyages pourraient avoir un caractère scientifique. Même dans ses jeux et ses divertissements, le sujet gardera toujours son côté sérieux et pondéré, et il saura ne pas aller trop loin, puisqu’il a, en toutes choses, horreur du risque.

Dans le domaine de la pensée, il tendra à se livrer à une analyse approfondie des questions religieuses et théologiques. Il tâtera aussi de la philosophie, mais si sa philosophie est sérieuse et profonde, elle risque aussi d’être quelque peu rigide et austère, de manquer d’envolée et d’avoir une allure plutôt rationaliste.

On peut ajouter que le sujet sera toujours très correct dans ses rapports humains, plein de politesse et de déférence, et respectueux des hiérarchies; il sera également très soigné de sa personne et portera un vêtement classique, mais sans fantaisie. Quand Cérès est dissonante, c’est-à-dire affligée, il importe beaucoup de tenir compte de la nature de la planète qui envoie l’affliction; à ce sujet, je rappelle impérieusement qu’il faut toujours distinguer l’aspect envoyé de l’aspect reçu ou, si l’on préfère, distinguer la planète aspectante (facteur de cause) de la planète aspectée (qui enregistre les effets), la planète aspectante étant celle qui se trouve en arrière de l’autre dans le Zodiaque. Par exemple, si Uranus est à 15 degrés Taureau et Vénus à 15 degrés Lion, c’est Uranus qui afflige Vénus par voie de carré et qui doit être considéré comme la planète aspectante (affligeante), avec pour effet de perturber la vie sentimentale du sujet, de produire des emballements affectifs suivis de ruptures, ou bien encore de déterminer une vie sexuelle contraire à la « normale » (homosexualité).

En ce qui concerne les aspects où Cérès est impliquée, ceux qu’elle envoie n’ont qu’une importance assez relative, étant donné que Cérès « ne fait pas le poids » : ces aspects ne sont pas, pour autant, négligeables et ils se traduisent surtout par une note restrictive, de moindre envergure que celle que pourrait apporter un mauvais aspect de Saturne.

En revanche, les aspects reçus par Cérès ont une extrême importance, puisque c’est une planète d’assimilation qui tend à reproduire les caractéristiques de l’environnement; pour apprécier les effets engendrés par une Cérès affligée dans le Sagittaire, il faut donc tenir expressément compte de la nature de la planète affligeante, qui doit être considérée comme le facteur perturbateur.

 

Poissons

Le Signe des Poissons

19 Février – 20 Mars

par

Annie Lachéroy

La Mythologie du Signe

Mythes et légendes de l’eau et des poissons

« Connaître les mythes, c’est apprendre l’origine des choses », dit Mircea Eliade. Dans toutes les mythologies, la symbolique des poissons est double, et le poisson est le symbole de l’évolution de l’âme humaine qui prend de plus en plus d’importance au cours de son développement. Il est associé à la naissance ou à la restauration cyclique aussi bien dans la mythologie hindoue que dans les mythologies occidentales.

Dans la mythologie hindoue, Manou vit un jour un petit poisson qui frétillait au bord du rivage. Il le saisit. Celui-ci le pria de lui laisser la vie. Il le mit dans un vase mais le poisson grandit dans la nuit. Il dut le porter dans un lac, mais le poisson grandit encore. Alors Manou le rejeta dans la mer. Ce poisson, qui était en fait l’avatar de Vichnou, dieu de la Lumière, offrit un bateau à Manou. C’est ainsi que celui-ci put sauver, lors du Déluge, toutes les sortes d’espèces vivantes de la Terre. Manou, dont le nom signifie homme, engendra par la suite toute l’humanité. Vichnou lui remit les Védas et il devint le grand législateur du nouveau cycle, le fondateur de l’ordre social et moral. Nous voyons là le symbole du poisson sauveur qui, après des épreuves, rachète l’humanité. Le poisson est aussi, en effet, le symbole de l’épreuve que l’homme doit traverser (tel Jonas dans la ventre de la baleine) pour passer de la contingence corporelle à l’éternité spirituelle ; et il est, bien entendu, le symbole du rachat.

Dans la légende hindoue, le poisson, seul survivant dans l’eau, apparut à Manou tout en or avec une corne ; et si l’or évoque le Soleil dans sa royauté diurne, la corne fait songer à la licorne, cet animal étrange que l’on voit sur les tapisseries du Moyen Age, accompagnant la Vierge. La Vierge, signe opposé et complémentaire des Poissons, est donc en étroite relation avec ce signe. Il faut noter l’importance qu’a eue dans la religion chrétienne le culte de Marie, mère du Christ, vierge et mère ; là encore, nous retrouvons l’opposition ViergePoissons, le Christ étant, lui, Dieu Sauveur, (ichtus, en grec) avec le poisson comme symbole. Dans les légendes grecques, les dauphins transportaient également les morts dans les îles de la vie éternelle et on peut noter que deux dauphins accompagnent Poséidon, le dieu de la Mer, symboles de la dualité existentielle et des deux pôles de la manifestation. Le mot dauphin comporte d’ailleurs la racine grecque delph qui signifie utérus, matrice, et cela nous rappelle la relation entre le poisson et l’eau, matrice du monde. Dans l’Ancien Régime, le dauphin était le roi en puissance, le futur souverain…

En Egypte, en Phénicie, où il s’appelle le Dagon, en Mésopotamie, où il porte le nom d’Oannes, le symbole est le même.

En effet, selon Oswald Wirth, les poissons sont les enfants d’Oannes qui avait pris la forme d’un dieu poisson pour instruire les premiers habitants de la Babylonie. Bérose, qui, au Ille siècle avant notre ère, révéla aux Grecs les légendes babyloniennes, montre cette divinité surgissant de l’onde, au lever du jour, pour converser avec les hommes jusqu’au coucher du Soleil, « leur enseignant la pratique des lettres, des sciences et des arts, les règles concernant la fondation des villes et la construction des temples, enfin les principes des lois et jusqu’à la géométrie, sans oublier les préceptes relatifs à la culture de la terre, semailles, moissons, etc. ».

On le voit, dans toutes ces légendes mythiques c’est un poisson qui apporte la Révélation, quel que soit le nom qu’il porte. Comme l’a dit Jung, le poisson est vraiment « le premier grand sacrificateur et le premier prêtre ». Ne retrouve-t-on pas d’ailleurs, dans toute la Grèce, le mythe du dauphin sauveur, ce dauphin qui est aussi l’animal familier des légendes grecques ? On ne peut pas ne pas évoquer ici la fameuse légende d’Antion, menacé par des marins prêts à le tuer. Plutarque nous raconte que, devant un tel danger, Antion s’était jeté à la mer : « Les vagues le précipitèrent, le soulevèrent, l’emplissant d’inquiétude et d’effroi. » C’est alors qu’apparurent les dauphins qui sauvèrent Antion et l’escortèrent jusqu’au rivage. Le passage de l’excitation et des terreurs de l’imaginaire à la sérénité, grâce à la médiation de la bonté, est là encore un symbole Poissons. Grâce à l’intervention de l’amour et du dévouement, Antion va survivre : c’est un mythe Poissons par excellence.

Associé au culte du dauphin, qui va donner son nom à Delphes, le poisson, dans l’iconographie des peuples indo-européens, est un symbole de sagesse, un symbole de bonté et de fécondité. En sanscrit, le dieu de l’Amour ne se nomme-t-il pas « Celui qui a le poisson pour symbole » ?

Le Christ a été souvent représenté sous la forme d’un dauphin. Ne nous en étonnons pas : il fut celui qui aima les hommes au point de se sacrifier pour eux sur la croix. Il t’ut celui qui prêcha l’amour du prochain. L’amour au sens d’agapê, mot que nous avons bien appauvri en le traduisant par caritas dont nous avons fait charité. Ce terme, qui évoque plutôt une sorte d’aumône. n’a plus grand-chose à voir avec l’agapê de saint Paul (Epitre aux Corinthiens): beaucoup plus près du terme sanscrit, il faisait du Christ ce Dieu d’Amour dont le symbole est le poisson. Ainsi commença réellement l’ère des Poissons.

Des dieux et des planètes

Sur l’univers marin des Poissons régnait autrefois Jupiter, le maître des dieux ; sortie de l’onde, Vénus, la déesse de la Beauté et de l’Amour, avait sa place chez les Poissons ; quant à Neptune, il était tout indiqué comme vrai maître du signe : n’avait-il pas reçu en partage de son frère Jupiter le vaste empire de la mer ? Ces trois divinités ont donné leur nom aux trois planètes que la Tradition attribuait au signe des Poissons.

Jupiter

Dieu architecte de l’Univers, Jupiter est le fils de Cronos. Débonnaire, généreux, paternel et jovial, entouré de ses vingt-trois maîtresses… et de son épouse, Jupiter réunit tous les éléments de dilatation, de pléthore et d’abondance, ainsi que le sentiment de l’immensité, de l’infini et une certaine démesure qui caractérisent bien le signe des Poissons. Jusqu’à la découverte de Neptune en 1948 par Le Verrier, la planète Jupiter détenait la maîtrise du signe des Poissons, qu’elle partage aujourd’hui avec Neptune.

Le symbole de Jupiter, comme tous les graphismes planétaires, part du cercle et de la croix.

Le cercle représente l’esprit qui plane au-dessus des eaux, le serpent : l’Ouroboros. C’est le symbole du Tout, de l’Univers. La croix symbolise l’incarnation qui s’est faite dans le temps et l’espace (verticalité et horizontalité). Ouvert, le cercle ne représente plus la totalité de l’Univers, et c’est le cas dans le symbole de hipiter : le demi-cercle forme alors une coupe reliée à l’axe horizontal de la croix qui est l’espace. Nous voyons donc ici Jupiter se dilatant dans l’espace et s’ouvrant au monde. Ce Jupiter est fécond, abondant, c’est un Jupiter qui s’impose, s’étend, se répand et, en cela, il correspond bien au signe des Poissons qui est un signe de dilatation et d’expansion.

Il ne fait aucun doute que Jupiter est une planète existentielle, mais il est intéressant de signaler que les écritures hindoues parlent du progrès spirituel, en rapport avec des cycles de douze années. Or, c’est le laps de temps nécessaire à Jupiter pour accomplir sa révolution complète autour du Zodiaque et, par conséquent, dans l’horoscope individuel à travers les douze signes et les douze Maisons du thème. Notons enfin que cette influence expansive de Jupiter, dieu suprême qui règne sur l’Olympe, peut, en effet, intervenir sur le plan matériel et sur le plan spirituel : n’est-ce pas lui qui, seul, enfanta Minerve – la Sagesse – sortie tout armée de son cerveau ? Si, dans les légendes transmises par les Anciens, on trouve le récit de ses débordements amoureux, il n’en apparaît pas moins comme le maître qui préside au destin de l’Univers… N’oublions pas qu’il pardonna d’abord à son père (qui voulait tout de même le dévorer ! ) avant de le chasser de l’Olympe – générosité qui lui attira bien des ennuis et qui ne l’empêcha pas, plus tard, de se garder le ciel et la terre comme empire (donnant néanmoins à ses frères la mer et les enfers). Dieu tout-puissant, il utilisa son pouvoir pour satisfaire ses instincts, se métamorphosant de mille manières pour arriver à ses fins. Ainsi, pour séduire Danae, il prit la forme d’une pluie d’or ; pour conquérir Leda, il choisit le cygne ! et pour enlever Europe, il prit l’apparence d’un taureau ! Epoux de Junon, sa sœur, il n’en eut pas moins quantité de maîtresses : Io-Sémélé (mère de Bacchus), Cérès (mère de Proserpine), Mnémosyne (mère des Muses), Latone (mère d’Apollon et de Diane), Maia (mère de Mercure), Alcmène (mère d’Hercule).

Mais Jupiter était aussi le dieu qui lançait la foudre. Selon Swami Kriyananda, « l’expansion de la conscience est l’essence même du développement » ; mais « la plupart des écrivains occidentaux, évidemment ignorants de cette vérité, associent Jupiter à la seule expansion de l’ego : acquisition de richesses, de pouvoir et de bonheurs terrestres. C’est là une explication très restreinte de l’influence de Jupiter. »

Voici l’interprétation de Swani Kriyananda : « Dans la Tradition, Jupiter est avant tout la planète du développement spirituel. Dans l’astrologie indienne, le nom de cette planète est Guru. Un vrai Guru est beaucoup plus qu’un enseignant… Il est plutôt celui qui, par l’influence subtile de sa conscience libérée, élève ses disciples réceptifs hors de l’illusion… ».

De toute façon, Jupiter, ancien gouverneur des Poissons, devait effectivement posséder ces deux sens. La réaction à l’influence expansive de Jupiter sera différente selon le thème individuel, la sensibilité, le pouvoir d’accueil et la réceptivité du natif : et là, Neptune interviendra…

Vénus

La planète Vénus est « exaltée » dans le signe des Poissons.

Vénus, déesse de la Beauté d’origine orientale, célébrée dans de nombreux sanctuaires grecs et principalement à Cythère, incarne l’Amour sous sa forme physique la plus violente, le désir passionné et le plaisir des sens.

Ouranos, dieu du Ciel, fut châtré par son fils Cronos ; il perdit son sang dans la mer et de cette union naquit Vénus, au creux d’une vague. D’où son nom grec : Aphrodite, celle qui est « née de l’écume ». On la représente nue, jeune, souriante, belle, debout sur les flots ou sur une conque marine, parfois sur une tortue de mer.

Elle épousa le boiteux Vulcain, le plus laid des dieux. On ne peut donner la liste complète de ses amants, tant ses infidélités furent nombreuses : Jupiter, bien entendu, Bacchus, Mars, Apollon, Adonis, Mercure, Hermès, Anchise, Arès… Sa descendance fut évidemment importante : Eros, Harmonie, Hermaphrodite, Enée, Priape…

La légende de Vénus et d’Adonis illustre la renaissance par l’amour. Vénus s’éprit d’Adonis alors qu’il chassait sur les pentes boisées du mont Liban. Mars, jaloux, se métamorphosa en sanglier, s’élança sur Adonis et le blessa mortellement. Accourue trop tard, Vénus embauma le corps de son bien-aimé, mais du sang de la blessure jaillit un rosier. Notons que dans les anciens zodiaques le sanglier figure parfois à la place aujourd’hui occupée par le signe des Poissons. Adonis portait en lui le germe du renouveau : sa mort, grâce à l’éclosion du rosier, symbolise la résurrection triomphante du printemps qui fait suite à l’hiver. Ainsi, l’amour est source de toutes les renaissances ; c’est l’amour de Vénus qui permit de vaincre le désespoir et la mort.

En hébreu, Adonaï signifie « mon Seigneur » ; venu de Chypre (cyprin : poisson), on surnomma Adonis « Adonis-Piscis ». Les analogies entre le Christ oint par les saintes femmes et Adonis embaumé par Vénus ont été soulignées par certains ésotéristes.

La constellation des Poissons nous rappelle que Vénus et Eros furent sauvés grâce à deux poissons envoyés par Neptune. Surpris par Typhon, génie du Mal, et prince des Ténèbres, ils avaient plongé dans l’Euphrate, fleuve dont le nom signifie « splendeur. flux de la lumière céleste et originelle ». Vénus, en se jetant dans le fleuve avec Eros et sacrifiant ainsi la manifestation sensible de l’amour, pouvait être sauvée par la « sublimation de son amour dans la lumière ». Aux Poissons, l’amour est sacrifice et rédemption. Fils du désir, Éros vécut auprès de Vénus l’amour-passion, puis l’amour héroïque ; ce sera grâce à son union avec elle dans la lumière originelle que son amour passera du limité à l’illimité, ne sera plus désir pur et avide mais amour sauveur. C’est « l’intuition amoureuse » née de la lumière céleste (le feu d’Uranus) qui retourne à la lumière (l’Euphrate, cette « eau de lumière »). « L’intuition de l’amour vient de la Lumière et guide vers la Lumière » (Marcelle Sénard). Aux Poissons, l’amour sera toujours une possibilité de salut.

Platon, dans le Banquet, a exposé l’évolution du « principe vénusien » : le désir se transmue en amour en même temps qu’en intelligence et en beauté pure. « La vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage soi-même ou qu’on s’y laisse conduire, c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté naturelle en passant comme par échelon d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science absolue et pour connaître enfin le Beau tel qu’il est en soi. » Le Beau et le Bien – notions que nous avons relativement perdues – étaient une seule et même chose pour les Grecs et pour Platon, notamment.

Quel que soit son degré d’évolution, quel que soit le niveau auquel un Poissons vit l’amour, c’est presque toujours l’essentiel de sa vie (cela sur des modes évidemment très différents selon les thèmes et ce que l’on peut appeler le « niveau d’incarnation »). Mais c’est la porte ouverte vers l’évolution de l’être – surtout, bien entendu, si Vénus est importante dans son ciel. L’amour n’est-il pas source de toutes les évolutions ?

Neptune

Quant à la planète Neptune, si elle fut découverte à la suite de calculs très rationnels, son baptême ne le fut pas du tout ! Le Verrier voulait qu’on donne son nom à la planète qu’il avait découverte, mais il fit un rêve : un savant lui proposait de baptiser la planète Neptune et cela le rendait furieux… Néanmoins, il lança lui-même le nom… qui fut retenu! Et c’est ainsi que la planète porte aujourd’hui (par un hasard qui n’en est peut-être pas un) le nom du dieu de la Mer.

Mais qui était donc Neptune-Poséidon ? Il était le frère de Jupiter-Zeus, et de Pluton-Hadès. Les trois frères s’étant partagé l’Univers, c’est lui qui avait reçu le vaste empire de la mer. Il eut de nombreuses querelles avec les déesses pour agrandir son empire et c’est ainsi que sa rivalité avec Minerve-Athéna, la déesse Vierge, est devenue légendaire. On peut remarquer encore une fois que l’on retrouve ici l’opposition ViergePoissons.

Neptune était l’époux d’Amphitrite, une néréide qu’il avait enlevée à l’aide d’un dauphin, mais il ne fut pas (lui non plus ! ) un mari des plus fidèles. Pour séduire les nymphes, il adoptait généralement la forme d’un cheval ; c’est ainsi qu’il poursuivit Déméter, transformée en cavale, et conçut avec elle le cheval Arion ; celui-ci, doué de parole, est un autre symbole de l’âme humaine provisoirement enfermée dans une enveloppe animale. Neptune avait offert aux Athéniens le cheval qu’il avait fait naître d’un coup de trident dans l’océan et qui avait jailli des flots ; mais Minerve leur avait offert l’olivier de la paix et c’est elle qui l’emporta dans la rivalité qui l’opposait à Neptune… Le cheval est l’animal de prédilection de Neptune et c’est encore sous cette forme qu’il séduira sa vieille ennemie, Méduse, et cela devant l’autel de Minerve ! Celle-ci, pour se venger, fit tuer Méduse par Persée ; mais Neptune n’en continua pas moins à séduire toutes les nymphes et les jeunes femmes de son entourage. Toujours sous la forme d’un cheval, il réussit à être aimé de Cérès. Quant à la belle Théophane, dont le nom signifie « d’apparence divine », et fort justement réputée pour sa beauté, il l’enleva dans l’île de Crinissa. Comme les soupirants de la jeune femme, jaloux, se lançaient à sa poursuite, Neptune, pour leur échapper, prit la forme d’un Bélier et, comme il se doit, transforma Théophane en brebis. Ce Bélier, symbolisant l’achèvement de l’épreuve et de la quête humaine, réapparaîtra dans le mythe de la Toison d’or au signe suivant, celui du Bélier. Et pour séduire Cybèle qui le fuyait, métamorphosée en cavale, il se fit, bien entendu, étalon. Neptune eut plusieurs fois l’occasion de s’affronter à Typhon, ennemi héréditaire des dieux, qui eut de son union avec Echidna des monstres épouvantables : Cerbère, le Sphinx, la Chimère, l’Hydre de Lerne, le Lion de Némée… Ces monstres représentent toutes les aberrations de l’inconscient et sont autant de combats que l’être doit livrer pour se dégager de son enveloppe humaine et libérer son âme.

Neptune, armé de son trident, est représenté sur un char en forme de conque que traînent des chevaux marins, entourés de tritons et de nymphes. Nombreux sont les monstres dans la descendance de Neptune. Les animaux qui l’entourent symbolisent toutes ces formes obscures et intérieures que la psychanalyse tente aujourd’hui de maîtriser en cherchant à dénouer les noeuds psychiques de l’inconscient dont ces animaux monstrueux symbolisaient déjà dans l’Antiquité l’affrontement et les difficultés. C’est la face inquiétante du monde neptunien. L’autre face apparaît dans une histoire plus souriante : celle qui raconte comment Aphrodite et Eros, alors qu’ils étaient poursuivis par Typhon, se sauvèrent dans les eaux où ils rencontrèrent deux dauphins envoyés par Neptune à leur secours. Là encore, nous voyons s’affronter le Bien et le Mal. Typhon est le symbole du Mal ; les deux dauphins symbolisent la sagesse, la prudence mais aussi la bonté et l’amour universel, permettant à l’homme d’échapper aux excès de la violence aveugle : autre symbole bien Poissons.

La légende de Derceto est édifiante pour les natifs des Poissons. Derceto était une jeune femme qui, enceinte, se jeta à la mer pour dissimuler sa grossesse ; Neptune la métamorphosa en sirène, moitié poisson, moitié femme. Les Poissons n’oublient-ils pas souvent que la fuite devant les responsabilités peut les amener à se « noyer », et que la survie exige parfois certains sacrifices ? C’est Neptune qui permet à l’être de sentir les choses et de se fondre au milieu ambiant, dans ce domaine sans frontières où il fait percevoir les vibrations venant de l’infini.

C’est pourquoi on peut dire que Neptune capte la musique des sphères (et nous verrons qu’il accorde, en général, lorsqu’il est bien aspecté dans le thème, des dons pour la musique, notamment). Parce qu’il fait pénétrer dans l’infini, parce qu’il transforme le réel et fait plonger l’être dans l’inconscient et dans l’invisible. Neptune, en tant qu’antenne captatrice du monde, peut aussi entraîner l’être aux pires noyades. Et nous verrons que si le Moi n’est pas très structuré, il peut être entraîné dans ce dialogue avec l’invisible au risque de se perdre. Ce fut le cas du danseur Vatslav Nijinski, pour donner un exemple d’un thème Poissons « neptunisé », submergé par les forces de l’inconscient. Si le Poissons est tout d’abord un signe réceptif, avec Neptune, le natif, qui capte l’environnement au maximum, devient plus influençable. Il adhère au milieu, l’embrasse mais risque aussi de se laisser envahir par lui. Il sera comme entraîné au rythme de la vague, au sommet puis au creux de son destin, sans possibilité de réaction. Il pourra alors sombrer dans un monde de chimères, qui n’aura plus aucun lien avec le réel s’il se laisse envahir par les vagues de l’inconscient contre lesquelles il ne lutte plus. Prisme déformant, captant certes tout, mais captant parfois trop. Neptune est capable aussi bien d’ouvrir aux plus grandes extases mystiques que de faire sombrer l’être dans l’illusion et l’entraîner vers les rivages des épreuves de sa Maison XII. L’être peut se laisser aller aux plus terribles confusions comme il peut accéder à la plus haute préhension du monde.

Que le visage du natif des Poissons soit donc celui de Jupiter, planète plutôt existentielle, et que sa vie prenne alors une note plus matérialiste, ou que ce soit Neptune qui l’emporte dans le thème et l’amène à vivre au-delà des portes de l’infini, le grand problème du Poissons sera de ne pas rester dans l’informe et dans l’incréé mais de s’assumer, de « s’accepter » et… de vivre cette évolution intérieure quelle que soit la mise à l’épreuve de sa vie. Mais sera-t-il la victime ou prendra-t-il son destin en main ? C’est là tout le dilemme du Poissons !

La Symbolique du Signe

Avec le signe des Poissons, douzième et dernier signe du Zodiaque, notre champ de vision s’élargit.

Nous entrons dans l’univers aquatique, immense, profond, mystérieux, des océans, où tout se fond et se confond, se mêle sans fin : le connu et l’inconnu, le fini et l’infini semblent ne plus faire qu’un, tandis qu’à l’horizon ciel et mer se rejoignent ; notre vision n’est plus seulement humaine. C’est à une vision plus vaste, à une véritable vision cosmique que nous parvenons. Il semble que, dans ce murmure incessant des vagues et des marées au rythme sans fin, l’homme prend conscience d’une ordonnance rythmique et musicale de l’univers. En même temps, il prend conscience de l’infini devant le grand étalement de l’océan…

Dans ce flux et ce reflux perpétuel de la vague, sorte de « lente respiration de la mer », nous sommes face à un monde sans frontière, un monde sans limite apparente. C’est un univers multiforme que les légendes et les récits mythiques évoquent ; monde que les récits anciens peuplent de divinités étranges tour à tour généreuses et terrifiantes. Reflet de cette dualité étrange, celle-là même qui a frappé depuis toujours l’homme et qui s’est inscrite dans l’inconscient collectif : l’Eau des Poissons est celle de l’océan des origines.

Avant tout, la mer est la plus grande matrice du monde d’où toute vie surgit. Et, pour cette raison, elle est le symbole de toute création en germe.

L’Eau des Poissons

Cette eau océane qu’est l’Eau des Poissons dans le triangle zodiacal de cet élément (CancerScorpionPoissons) n’est ni l’eau claire des fontaines (l’eau du Cancer), ni l’eau glauque des étangs (celle du Scorpion). C’est vraiment la Materia Prima, l' »eau primordiale », la « matrice cosmique », l’océan qui contient donc tous les germes de la vie. Ce n’est d’ailleurs pas l’eau de la pluie mais l’eau salée (le sel associé au principe même de la vie et participant, notamment dans le rite du baptême, à la symbolique de purification qui, elle aussi, appartient aux Poissons). C’est l’eau qui contient tous les éléments pour que renaisse la vie, éléments dissous, encore non manifestés. Ce sont les eaux « au-dessus desquelles se penche l’esprit de Dieu » selon le deuxième verset de la Genèse…

« Cette eau, écrit Jacob Boehme dans Aurore naissante, dans cet état […] est bleue comme le ciel, mais quand la lumière de l’éclair s’y allume, elle ressemble à du jaspe précieux ou, pour parler mon langage, à un océan de verre, serein et clair, où brille le Soleil. » Maldoror lui fait écho : « Vieil Océan, quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes flegmatiques […], tu déroules, au milieu d’un sombre mystère, sur toute ta surface sublime tes vagues incomparables, avec le sentiment calme de ta puissance éternelle […]. Tu es plus beau que la nuit. Répond moi, Océan, veux-tu être mon frère ? »

Ce retour à la communion totale, dans l’éternité, par l’élément liquide, Novalis l’exprime plus intensément encore dans le cinquième Hymne à la Nuit : « L’amour est libéré. Plus de séparation. La vie, dans sa plénitude, roule les flots d’une mer infinie. »

En véritable matrice cosmique, l’eau dont il est question est en rapport avec « les puissances

élémentaires antérieures à la forme ‘ » : c’est le « principe féminin » par excellence. Il faut entendre par là que cette Eau primordiale est, en quelque sorte, le « pur Yin » – pour reprendre l’expression du Yi king —, c’est-à-dire « la substance de la féminité absolue »…

Dans le Yi king, texte fondamental de toute la tradition chinoise, ce grand principe des deux pôles de l’univers – le pôle positif, actif, masculin, et le pôle réceptif, passif, féminin – est présenté comme la clé de toutes les situations essentielles que la réalité peut présenter. « Tous les phénomènes, les formes, les êtres et les changements sont considérés à l’échelle de rencontres et de combinaisons variées du Yang et du Yin. » Le Yang est le principe masculin. Le Yin est le principe féminin. Dans ce sens, le signe des Poissons, signe réceptif et féminin, est un signe Yin. La tradition chinoise voit dans le jeu pluriforme du Yang et du Yin unis l’origine de toutes choses.

Dans la tradition hindoue, le thème fondamental est le même. C’est l’étreinte amoureuse de Çiva (principe mâle primordial, pure lumière véritable, noûs hellénique, purusha hindou) avec Çakti (énergie primordiale, substance primordiale de tout devenir et de toute vie, de tout mouvement, prakti, que provient le monde. En fécondant la substance primordiale prakti, il rompt l’équilibre des puissances (gunas) et donne lieu au monde manifesté. Mais en fait, Çiva ne fait qu’éveiller Çakti et « ce n’est que cette dernière qui agit véritablement, qui se meut et enfante » : là encore nous retrouvons le jeu, la combinaison variée des deux grandes énergies, des deux grands principes d’où naît la vie.

Nous reviendrons sur ces mythes de la création du monde.

Mais, d’ores et déjà, dans cette double polarité du monde exprimée dans toutes les traditions, nous retrouvons la double polarité du Zodiaque : chaque signe est actif ou « masculin », réceptif ou « féminin ». Par l’eau, élément féminin, source de toute vie, les Poissons sont un signe essentiellement réceptif, fécond, féminin.

Comme l’a dit le poète : « Tout est né de l’eau, Tout est conservé par l’eau, Océan, prête-nous ton éternelle action… C’est de toi que découle la fraîcheur de la vie. »

Origine du terme Poissons

« Nomen est mumen » avaient coutume de dire les Latins : le nom est un signe. A plus forte raison, si ce nom est un symbole…

C’est dans le sanscrit, langue sacrée de l’Inde, source de tous les alphabets et de toutes les langues indo-européennes, qu’il faut chercher le sens profond du terme Poissons. Disons tout d’abord que, bien qu’à une époque il y ait eu coïncidence de la constellation et du signe des Poissons, il convient de les distinguer. En 1881, l’astrologue et occultiste hindou Subba Rao s’était expliqué clairement à ce sujet : ce n’est pas dans les constellations qu’il faut chercher une explication, mais dans l’origine du mot lui-même ; il faut trouver dans le sanscrit la signification profonde. En effet, chaque mot avait alors une valeur numérique et symbolique. L’équivalent numérique du mot Mima (les poissons) est 5. Il vise évidemment à exprimer on ne peut plus clairement une notion essentielle : celle de ce cinquième élément qui est la matrice du monde. L’eau dont il va s’agir n’est pas l’eau ordinaire. Elle est le « solvant universel », celle que les Anciens vont appeler l’Akasha, c’est-à-dire. l’eau « primordiale », l’eau « première » : c’est une eau de vie, une eau alchimique, l’élément « alchimique » par excellence qui va permettre à la vie de naître, ce « cinquième élément » constituant la vie elle-même. Cette Eau des Poissons est la matrice des origines, l’océan d’où est née toute vie…

Nous le verrons, le graphisme des Poissons dans le Zodiaque circulaire de Denterah (Zodiaque égyptien très ancien provenant du temple de Hathor, déesse du Ciel, actuellement au Louvre) est différent du graphisme traditionnel mais évoque les mêmes symboles, à savoir ceux de l’eau matricielle d’où va renaître la vie…

C’est là le vrai sens du mot, son origine profonde, ce qui explique sa remarquable fécondité comme l’étonnante multiplicité de ces facettes mouvantes, mobiles, fuyantes, insaisissables comme la mer. Les sens symboliques du terme Poissons sont bien, en effet, dualité, fécondité, immensité, multiplicité.

L’eau dont jaillit toute vie

« A l’époque de l’âge d’or, nous vivions comme des vagues ; au sein de nuages diasprès [ces mers flottantes, sources primitives de toute vie sur Terre] s’aimaient et s’engendraient les générations humaines en des lieux éternels. Elles furent visitées par les enfants du Ciel, et ce n’est que lors de ce grand événement, que les saintes légendes appellent le Déluge, que ce monde florissant fut englouti. » Novalis, qui transcenda l’enseignement de son maître Werner et exprima une mystique de l’eau, nous offre ici une vision « neptuniste » : l’Eau-Mère est le noyau et le cœur de toutes choses. Rien n’existe qui ne soit issu de l’eau : l’animal comme le végétal et le minéral. Ce poète allemand du XVIHe siècle fait baigner toute son oeuvre dans la magie des eaux qu’il faut, dit-il, « vénérer comme quelque chose de divin ».

Cette notion d’eau primordiale, océan des origines, est quasi-universelle et apparaît dans toutes les cosmogonies. C’est en effet de ces eaux, berceau du monde, qu’émergea l’humanité.

En Grèce, Thalès, s’il fut le premier philosophe à affirmer que tout avait pris naissance dans la mer, ne faisait en fait que répéter ce qu’avait dit Homère lui-même, qui voyait dans Okeanos l’origine de l’univers (Iliade, XIV). Anaximandre, un peu plus tard, écrivit : « L’eau donna origine à la terre et à toute une série d’êtres vivants semblables aux poissons. Ces animaux contenaient des hommes qui restèrent dans cette position jusqu’à leur puberté. A ce moment-là seulement, les poissons s’ouvrirent en laissant sortir les hommes qui étaient capables de se nourrir. » Mais des cosmogonies très anciennes le disaient aussi.

Dans la cosmogonie babylonienne (sources orientales), il est dit qu’au commencement – alors qu’il n’y avait encore ni ciel ni terre – seule une matière indifférenciée s’étendait de toute éternité : les « eaux primordiales ». De leurs masses légères se dégagèrent les deux principes élémentaires, Apsou et Tiamat. Apsou, le principe masculin ; Tiamat, le principe féminin : la mer, cette eau salée d’où vont sortir toutes les créatures. Nous retrouvons bien là l’esprit (principe masculin) fécondant les eaux (l’éternel féminin : la Grande-Mère cosmique)…

La même image apparaît dans la mythologie égyptienne où la vie émerge des eaux sous la forme d’une crête de limon. De l’univers encore incréé – en gestation —, de cette eau océane, la vie tout entière va naître.

Cette notion d' »eau primordiale » se retrouve également en Chine. Pour les Chinois, l’eau est Wou ki, c’est-à-dire, encore une fois, le « chaos » : l’indistinction première…

Ainsi, dans toutes les mythologies, cette eau qui, pensait-on, entourait le monde, était vraiment le grand réservoir des forces : la « matrice universelle » contenant tous les germes de la vie à venir.

Et, de Boehm à Paracelse, la même mystique de l’eau s’exprime…

L’Aquaster est, selon Paracelse, l’eau du « plan astral », matrice de toute créature. « L’eau forme, disait-il, le manteau brut des corps sans rendre compte de leur spécificité » (dans l’Aurore naissante). Aujourd’hui, la connaissance scientifique rejoint l’intuition primordiale : c’est de la mer que la vie est née. Nous sortons de cette matrice océane qu’est le ventre de la « mer » qui fut notre « mère » à tous. Ajoutons que sans la mer nous n’existerions probablement pas : notre histoire ne peut se concevoir sans elle, dans la direction qu’elle a prise du moins ; et l’océan, enfin, origine de notre vie, ne contient-il pas aussi les trésors de l’avenir ?

Calmes ou agitées, les étendues océanes ont toujours évoqué des visions fantastiques ; dans cet univers aux limites imprécises, rêves et réalité se confondent… Il existe des liens mystérieux entre la mer et les profondeurs insoupçonnables de notre Moi. Dans ce monde jamais vraiment immobile, la peur est née sans doute de ce sentiment d’impuissance que ressent l’homme au cœur de la tourmente. Le Déluge relate la terrible montée des eaux engloutissant toute vie.

La mer et ses fureurs

« Les événements sont l’écume des choses ; c’est la mer qui m’intéresse. » (Paul Valéry.) La mer, les uns s’y noient, les autres la franchissent…

Traverser la mer, c’est surmonter un certain nombre de difficultés qu’il va falloir affronter pour parvenir au but que l’on s’est fixé. Les vagues, soulevées par la tempête, symbolisent l’irruption soudaine des forces de l’inconscient qui succèdent à l’inertie trompeuse (au calme qui précède la tempête)… L’immensité mouvante de la mer peut engloutir l’âme comme elle engloutit les vaisseaux qui font naufrage, ne rejetant sur la grève que des carcasses disloquées et éventrées.

« La vraie conscience est la connaissance de l’inconscient. » (Richard Wagner.) Aux Poissons, signe d’Eau, cette richesse de l’inconscient est ouverture sur l’infini ; abandon à ces forces inconscientes qui vont nous entraîner vers cette destruction mortelle ; autodestruction que représente un désir chimérique, fondé non pas sur une action réalisable mais sur un rêve insensé qui n’appartient qu’à l’imaginaire…

Mouvant, capable de changer de forme et de couleur à l’infini, le monde des vagues correspond de très près à cet univers fluide, impalpable, de l’imagination où les visions se superposent l’une à l’autre dans un mouvement continuel… Les images mythiques et les légendes sont innombrables.

De même que Mélusine, personnage mythique des « gesta » celtiques, règne sur le domaine des eaux et plonge ainsi dans l’inconscient abyssal (moitié poisson, moitié femme), de même les sirènes symbolisent les profondeurs de l’inconscient et sont des symboles « Poissons« .

Les eaux légendaires

Mirage des illusions dans les légendes grecques, les « Néréides » petites filles de l’Océan, personnifiaient les vagues innombrables de la mer. Elles étaient d’une grande beauté et nageaient avec les dauphins en laissant flotter leur chevelure. Les Néréides ne jouent d’ailleurs aucun rôle actif dans la mythologie, mais, telles les vagues, elles symbolisent l’attitude passive de l’être qui se laisse porter au gré des flots ; leur passivité étant aussi dangereuse que l’action incontrôlée, elles représentent en quelque sorte la puissance de l’inertie. Lorsque les vagues se soulèvent avec la tempête, on les compare au «dragon des profondeurs » et elles symbolisent alors, avec l’irruption soudaine des forces de l’inconscient, toutes les pulsions instinctives qui se lancent à l’assaut de l’esprit et peuvent le submerger.

Monstres de la mère, à tête et poitrine de femme dont le corps était celui d’un oiseau, puis, dans les légendes plus tardives, celui d’un poisson, elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, et les entraînaient dans la mort. On sait qu’Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leurs appels. Les sirènes figurent dans le voyage, symbole de la vie, les embûches nées du désir et des passions. Engendrées par un élément indéterminé, ce sont des créations de l’inconscient, des rêves fascinants et terrifiants où se dessinent les pulsions les plus primitives et les plus obscures de l’homme. Elles symbolisent « l’autodestruction du désir quand il n’est qu’un rêve insensé ». Il faut alors, comme Ulysse, « s’accrocher » à la dure réalité du mât qui est le centre du navire (axe vital de l’esprit), pour fuir des illusions mortelles…

Comme Ulysse, le natif des Poissons devra parfois, lui aussi, s’accrocher à la dure réalité pour ne pas succomber à ses propres illusions…

Les mythes et légendes relatant le Déluge évoquent l’arche naviguant sur les eaux et contenant tous les germes nécessaires au recommencement. Il est évident que ce symbole de l’arche participe lui aussi à cette grande symbolique de la renaissance du monde après l’invasion des eaux ; le Déluge reste l’une des grandes énigmes de l’univers bien qu’il soit un fait géologique et historique reconnu.

La semence a été enfermée dans l’urne du Verseau. L’Eau des Poissons – qui est la « matrice universelle » – la conservera et la protégera jusqu’à l’aurore du nouveau cycle symbolisé par le Bélier.

Le christianisme et le symbolisme des Poissons

Enfin, c’est aux Poissons que l’eau va fertiliser la terre et permettre à la vie de renaître…

La terre, qui s’est cristallisée au Capricorne et durcie pendant l’hiver, se liquéfie aux Poissons. Dans ce processus de transformation de la matière (que chercheront à découvrir ensuite les alchimistes) se trouve la clé de la transformation vitale. Dans cette conception « sacrée » de l’univers s’insère le rite du baptême (rite très ancien repris par les premiers chrétiens) qui symbolise également la purification par l’eau, nécessaire pour accéder à la régénération. En cela le baptême chrétien se rattache à tous les anciens rites de purification. Lors des cérémonies d’Eleusis, les initiés de baignaient en effet dans la mer. C’est un bain purificateur qui nous ramène donc au cœur des rites magiques nés de cet élément. En devenant symbole de rédemption, de rachat, de ralliement au Christ, le baptême prend alors pour Paul (épître aux Colossiens), et pour les premiers chrétiens, un véritable sens de résurrection « mystique ». La plongée dans l’eau et la sortie de l’eau sont la réalisation sacramentelle de la mort et de la résurrection du Christ qui est à la base de toute la pensée chrétienne. Faut-il ajouter ici que le poisson fut d’ailleurs l’emblème des premiers chrétiens ? Le mot icthus, signifiant en grec poisson, est formé par les initiales de la phrase lesou Christos Theou Uos Sauter : Jésus-Christ Fils de Dieu, Sauveur. Il était le signe de ralliement et de reconnaissance des premiers chrétiens. On a retrouvé ces figures symboliques dans les catacombes et dans de nombreux monuments funéraires datant des premiers siècles de la chrétienté. Ainsi fut marquée dans la pierre la naissance d’une ère nouvelle.

L’ère des Poissons

Il nous faut évoquer ici le phénomène de la précession des équinoxes, c’est-à-dire de l’avance de l’équinoxe de printemps. L’axe de la Terre tourne très lentement « à reculons » dans le ciel, et ainsi, suivant le mouvement de l’étoile polaire, il change de signe tous les deux mille ans environ. Ce mouvement, extérieur à notre système solaire de par ses rapports avec les constellations, concerne l’humanité tout entière : c’est en quelque sorte l’Ascendant de l’humanité.

L’ère du Taureau (époque babylonienne) a vu lui succéder celle du Bélier (Moïse luttant contre le culte du Veau d’or) ; puis ce fut l’avènement des Poissons, dont le Christ est l’élément principal. Les premiers chrétiens célébraient la résurrection de Jésus au moment de l’équinoxe de printemps, le quatorzième jour de la Lune de mars ; cette célébration avait donc lieu sous le signe des Poissons. C’est seulement au Ive siècle que l’Église la fixa le premier dimanche après la pleine Lune suivant le 20 mars, c’est-à-dire dans le signe du Bélier. Jusqu’à nos jours, le poisson est resté l’aliment consacré du vendredi, jour de la mort du Christ.

La période du signe des Poissons correspond donc pour nous au mois du Carême ; c’est le signe du renoncement, du dépouillement. Mais si, le jour des Cendres, l’homme doit se rappeler que « poussière, poussière il retournera », il ne faut pas oublier que sous la cendre couve la braise c’est d’elle que renaîtra la flamme, comme renaît le cycle des saisons.

Aujourd’hui s’annonce une ère nouvelle, celle du Verseau. Il s’agira peut-être d’une ère de sagesse et d’harmonie si l’homme n’est pas atteint par la « démesure » ; en effet, le signe du Verseau est sous la maîtrise de Saturne et d’Uranus et cette dernière planète se rattache au mythe de Prométhée qui « ravit le feu des dieux » pour devenir leur égal. Sa fin est le symbole du risque que court l’humanité à l’aube de l’ère du Verseau : aube d’un monde nouveau au prix d’un difficile « passage ». C’est bien là le sens profond du signe des Poissons et de l’ère qui s’achève.

La Maison XII : Maison symbolique du signe

Douzième signe du Zodiaque, le signe des Poissons est en analogie avec la douzième Maison du thème.

Douze est le nombre qui symbolise le déroulement spatio-temporel de l’Univers. Il est le produit des quatre éléments (Terre, Air, Feu, Eau) par les trois phases de leur évolutions (les trois « guna »). Mais c’est surtout dans la mesure où il apparaît comme le nombre des épreuves que l’homme doit affronter pour se libérer qu’il se rattache vraiment au signe des Poissons. Douze est le nombre des travaux que dut entreprendre Hercule pour accéder à la divinité. C’est donc le nombre des épreuves que l’homme devra surmonter pour accéder à sa propre réalisation. Notons l’analogie entre le signe christique des Poissons, douzième signe, avec les douze apôtres. C’est dans cette perspective que les mystiques du Moyen Age ont porté à douze les degrés de l’échelle qui symbolise la montée vers les béatitudes. Saint Benoît les cite dans le chapitre VII de sa règle. On pourrait évoquer également les stations du chemin de la Croix. Cette échelle n’équivaut-elle pas, d’ailleurs, à une sorte de pèlerinage semé d’écueils : à une lente montée semée d’embûches, symbole de la montée que l’homme doit entreprendre avant de parvenir au royaume de Dieu ? Telle est notamment la perspective chrétienne médiévale qui rejoint la symbolique de la Maison VII : celle des épreuves par lesquelles l’homme doit passer pour renaître ; renaissance contenue tout entière dans la purification que représente le baptême qui donne l’étincelle divine de la grâce que le chrétien devra développer ensuite au cours de sa vie : lumière d’espérance…

Lame XII du tarot : le Pendu, lame Poissons

Dans cette antique sagesse qui nous a été transmise à travers le brassage des civilisations par les imagiers du Moyen Age, la douzième lame du tarot – qui bien plus qu’un simple jeu, comme certains le croient, est un véritable traité de philosophie caché derrière ses figures naïves – est en relation avec la symbolique du signe des Poissons.

La lame représente un homme pendu par les pieds. Nous retrouvons le même symbole d’impuissance ou de défaite apparente – qui n’est, en fait, qu’un renversement des valeurs nécessaire pour accéder à la sagesse. Le pendu, attaché par le pied gauche, tourne néanmoins ses regards vers le ciel. Telle est bien la position yogi qui, par cette attitude, manifeste le désir d’entrer en rapport avec le divin. Selon Oswald Wirth, la douzième lame est le passage de la voie active (maîtrise du monde extérieur) à la voie passive (réceptivité au divin). Ainsi le Pendu opère en lui une transmutation : celle, en langage « alchimique », de la materia prima en or.

La lame XII autrefois appelée également « le Sacrifice », est bien celle du renoncement et du dévouement : expiation et rachat, selon Ely Star. L’aphorisme de cette carte est : « Le dévouement n’est pas un suicide, c’est l’apothéose sublime d’une volonté qui voit le monde, non à l’envers, mais les yeux tournés vers le ciel. » On peut noter que le Pendu, qui perd ses deniers, montre ainsi qu’il ne s’intéresse plus aux biens matériels. Cette façon d’agir le fait souvent passer pour « fou » aux yeux du monde ! Il marche sur la tête, dira-t-on. Cela tend à prouver, comme l’a exprimé avec humour Kierkegaard, que si l’on n’est pas un homme qui s’intéresse à l’argent, « on n’est pas un homme sérieux ». Mais voici la citation intégrale qui introduit le premier chapitre de les Yeux d’Ezechiel sont ouverts de Raymond Abellio :

« L’apôtre Paul avait-il un emploi officiel ? – Paul n’avait pas un emploi officiel.

– Avait-il une autre manière de gagner beaucoup d’argent ?

– Non, il ne gagnait en aucune manière de l’argent.

– Était-il au moins marié ?

– Non, il n’était pas marié.

– Mais alors Paul n’était pas un homme sérieux ?

– Eh non, Paul n’était pas un homme sérieux… »

Oui, le sage est bien souvent incompris. Il n’est pas passif au sens courant du terme. C’est un homme qui a renoncé et qui, par ce renoncement, accède à la sagesse (tel le moine bouddhiste, qui tente d’échapper à la toute-puissance de la maya, à l’illusion morale)…

Quant au pied par lequel le pendu est sacrifié, il rappelle l’importance du pied dans la symbolique du signe des Poissons. Tourné vers le ciel, il est ici le symbole du contact entre l’homme et le divin. On peut dire que le Pendu a, en quelque sorte, un pied dans « l’éternité du firmament ». Faut-il rappeler que, lorsque Dieu créa Adam, c’est par les pieds qu’il lui insuffla la vie ? Cette correspondance physique du pied avec le signe des Poissons apparaît également dans l’Adam, Kadmon (homme initial, archétype du premier homme), modèle et reflet du cosmos (prototype céleste de la création humaine et synthèse de cette création figurant dans la tradition juive cabalistique). Cette tradition attribue à chaque partie du corps humain un signe qui va de la tête (Bélier) aux pieds (Poissons).

Dans la théosophie juive, chaque membre correspond à un Sephiroth, dans l’arbre de la cabale : les trois grandes divisions de l’arbre se font autour de Keter (couronne, transcendance, tête : Bélier), Malcouth (royauté, immanence, qui correspond aux pieds, et donc au signe des Poissons), et Téphireth (cœur, beauté : signe du Lion, qui en assure l’équilibre). Notons également que le lavement des pieds, geste symbolique de Marie-Madeleine dans les Évangiles, est celui de l’humilité et de l’expiation qui amènent le pardon… Notons enfin que dans certaines fresques, particulièrement les fresques romanes du He siècle après Jésus-Christ, le dieu de la mer, Neptune, gouverneur des Poissons, est représenté la tête couronnée d’algues, semblant ainsi évoquer le rayonnement d’un soleil divin.

Pour Papus, la lame XIX du tarot, celle du Soleil, correspondrait en fait au signe des Poissons. Cette carte qui figure dans les tarots un Soleil (illumination) représente également un couple et, rappelle, selon Delcamp (Tarot initiatique) que « la vie initiatique ne peut être entière que pour un couple, tel celui que nous montre l’arcane XIX ; la grande leçon du Soleil étant bien que la totalité de l’initiation, la perfection de l’initiation n’est possible que pour le couple ». Ici on peut évoquer le couple alchimiste (car chaque alchimiste doit avoir sa compagne) et l’on trouve là toute la symbolique de l’animus et de l’anima complémentaires, sans lequel le Grand Œuvre ne peut être accompli. Peut-on dire qu’il y a là une « explication de la quête amoureuse » sans fin du Poissons ? La Tradition, qui attribue à ce signe l’exaltation de Vénus, ne va-t-elle pas dans ce sens, à savoir qu’il n’y a d’accomplissement que dans l’amour et que, à travers la Vénus charnelle ou la Vénus spirituelle, la quête du Poissons sera la même ; aspirations vécues différemment selon le niveau d’incarnation de l’être, mais qui traduiront toujours la recherche de la fusion amoureuse avec le grand tout et l’infini.

Le monde des épreuves

Nous voyons donc que l’accession à cette libération intérieure passera nécessairement par une phase de renoncement toujours difficile à vivre. « Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure », disait Lao Tseu.

Oui, par sa Maison XII, l’homme est livré aux embûches, aux échecs et aux difficultés de toutes sortes. « Maison occulte par excellence, c’est le test de l’homme », dit Jacques Berton. Mais c’est la Maison où le Soleil se lève ; et après la nuit de l’inconscient, la lumière ne demande qu’à émerger. Le monde s’ouvre à qui sait surmonter les épreuves ; à qui sait que le bonheur est un apprentissage difficile et qu’il ne se trouve pas, comme on le croit souvent, à l’extérieur mais à l’intérieur de chacun de nous.

La Maison XII est le tremplin de notre évolution. Elle permet d’accéder à une véritable nouvelle « vision du monde » ; à ce stade, les frontières sont abolies, l’univers éclate ; c’est, comme l’a dit Jean Carteret, « l’invisible qui se répand dans le visible et le visible qui se résorbe au sein de l’invisible, c’est la révélation, celle du Verbe, et c’est l’illumination ».

Bien peu de gens, c’est certain, savent utiliser leur Maison XII ; et beaucoup voient en elle une Maison d’empêchements et d’échecs. Mais « ce n’est pas la Maison XII qu’il faut accuser, c’est ce que l’homme fait de sa Maison XII« , a écrit Jacques Berthon. Vivre sa Maison XII, c’est utiliser les forces obscures intérieures que chacun ressent au fond de soi et les canaliser dans une construction « positive » : plus question, ici, de mater ou de discipliner ses forces instinctives. Il s’agit là d’une véritable évolution dans le sens de la verticalité.

Yogananda disait : « La malchance n’existe pas. Il n’y a que des occasions manquées. » Occasions de se réaliser, évolution difficile ; l’épreuve, comme beaucoup de sages l’ont dit, n’est-elle pas le chemin de l’évolution ? La Maison XII est une Maison difficile. Mais écoutons ce qu’en dit Jacques Berthon : « Ce peut être aussi bien la descente aux Enfers que la montée aux cimes ; si l’on s’obstine à considérer la Maison XII comme une prison, disons que le natif a le choix : il peut être le détenu ou le geôlier. Ce n’est qu’une affaire de clé… Et l’astrologie – à laquelle revient le Secteur XII – qu’est-ce sinon une affaire de clé ? » Quand il disait : « La malchance n’existe pas, il n’y a que des occasions manquées », Yogananda évoquait ainsi les occasions qui n’ont pu se concrétiser… L’épreuve, bien des philosophes l’ont expliqué, est le chemin de la réalisation, de l’évolution. Mais, cette évolution est difficile. La Maison XII nous en raconte les détours.

Comme l’a dit le poète : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert… »

Dans Nuit d’octobre, Musset exprime ainsi sa lassitude et explique sa philosophie. Faut-il dire que Musset avait une cicatrice Poissons profonde en son thème ? Pluton, planète des crises et des métamorphoses était dans ce signe. Et Vénus, planète de l’amour – et qui mieux que lui pouvait peindre ce sentiment ? —, planète de la chair, du désir, était en Secteur XII, Secteur qui le laissa meurtri et fit son génie.

S’il existe un « yoga de la connaissance », aux Poissons apparaît ce qu’on a appelé le « yoga des larmes ».

Cette initiation dispensée par les larmes n’a aucun cachet d’aristocratie. Elle n’appartient pas comme certains types de yoga (indiens) à une élite intellectuelle. Elle s’offrira une fois au moins dans la vie de chacun. Ainsi le quotidien est-il le tremplin de notre existence. C’est pourquoi finalement, comme l’a dit J. Ribière, « il arrive en fait à un homme non ce qu’il mérite, mais ce qui lui ressemble ».

Par-delà mythes et symboles, nous commençons à entrevoir « l’univers des Poissons« , difficile à circonscrire (mais peut-on circonscrire l’infini ?), univers teinté de magie et d’envoûtement, univers irrationnel, surréel, qui va donner un être aux ressources inépuisables mais aux contours parfois flous, imprécis, mystérieux, dont la vie paraîtra baigner dans une atmosphère d’irréalité. C’est un monde fluidique, aux frontières indéterminées : le monde des Poissons.

Le graphisme du signe

Les deux hyperboles représentent les deux Poissons du signe. Celui de droite symbolise la vie involutive, l’esprit qui descend dans la matière telle qu’elle s’est manifestée dans la première partie du Zodiaque ; celui de gauche symbolise la vie évolutive, c’est-à-dire l’homme se dépouillant peu à peu de son enveloppe pour réintégrer le cosmos.

Selon Madame Mertens-Stienon, ce gaphisme représente, dans sa courbe de droite, le monde ancien désagrégé et, dans sa courbe de gauche, le monde nouveau ; le lien unissant les deux Poissons est le symbole du pont reliant ces deux mondes.

On doit aussi remarquer que les deux Poissons sont placés en sens inverse : c’est le symbole du choix que le natif devra effectuer. Ira-t-il vers la lumière ou s’enfoncera-t-il dans les ténèbres ? Le lien horizontal symbolise alors la possibilité pour tout homme de parvenir à l’harmonie, « harmonie en laquelle s’accomplit la fusion des deux pôles ‘ ».

Le Poissons dans la Vie

Depuis l’origine des temps, les hommes ont tenté de se connaître car il leur est apparu qu’ils détiendraient ainsi non seulement la clé de toute évolution personnelle mais aussi celle de la compréhension des autres et de l’Univers. De nombreux systèmes pour définir le caractère existent, mais l’astrologie est sans conteste le plus ancien. Partant du ciel, l’astrologie mène à la connaissance psychologique de l’individu. Les grands comportements de chaque être, reflets des symboles éternels, sont inscrits dans la « carte du ciel ». Ce sont ces conduites psychologiques qui justifient certaines de nos attitudes face aux événements et, en fin de compte, les déterminent.

Un signe double

Le signe des Poissons est un signe double et, pour cette raison, il est difficile à comprendre. Il semble qu’il « glisse entre les doigts », qu’il disparaisse au moment même où on va le saisir. Est-il possible de le cerner vraiment ? Cet écartèlement, ces aspirations contradictoires, diffuses, qui tirent le Poissons « à hue et à dia », nous allons les retrouver chez tous les natifs du signe. Dans le graphisme du signe, les deux poissons nagent toujours en sens inverse l’un par rapport à l’autre, mais sont placés soit horizontalement, soit verticalement. Dans le premier cas, l’un va de l’avant, l’autre nage vers l’arrière : audace et recul ; dans le second cas, l’un monte, l’autre descend : remontée vers la lumière et abandon, inachèvement. Ces deux représentations graphiques manifestent l’extrême cyclothymie du natif, toujours tiré dans un sens puis dans un autre.

A la charnière de deux saisons

Cette particularité du signe correspond à sa place dans l’année, au moment où l’hiver va devenir le printemps. Saison intermédiaire, saison charnière. Tout fond, se dilue et se noie dans cette attente du renouveau printanier. Il y a donc dans le signe une ambiance d’attente et d’espérance ; mais le recul, l’intériorisation, le retrait propres aux signes d’hiver subsistent encore. Nous retrouvons là les notions d’introversion et d’extraversion face à la vie définies par Jung. Les forces du jour qui, depuis le solstice d’hiver, se sont mises à croître et vont finalement l’emporter sur les forces de la nuit, traduisent ce conflit de l’âme du natif partagée entre les forces de son subconscient et celles de son Moi conscient.

L’astrologue J. Berthon a insisté sur l’opposition entre l’apparente dissolution des choses et la fécondation qui se prépare : dissolution et fécondation, retrait et élan, fin et recommencement, telles sont les alternatives qui vont se poser aux natifs des Poissons. Ne soyons donc pas étonnés qu’entre des solutions aussi contradictoires le Poissons hésite, reste indécis, car son désarroi profond se reflète dans sa vie.

Signe d’Eau féminin

Dans la tradition alchimique, l’eau appartient aux quatre éléments qui constituent le monde (terre, air, feu, eau). C’est l’élément féminin par excellence et, en cela, les Poissons sont un signe de réceptivité (principe Yin). Réceptivité extrême qui ne peut que rendre la sélection plus difficile entre la multitude de sollicitations que le natif reçoit grâce au « radar » de Neptune.

Dans un principe féminin tel que l’eau en perpétuel mouvement, apparaissent les notions d’instabilité et de changement, de fertilité et de fécondité. C’est un principe « non agissant » mais qui représente la « puissance antérieure à la forme ». La force Yin représente l’élément fluide de la vie. Elle s’oppose à la force Yang (masculine) « aux formes précises et lumineuses, apolliniennes – mais souvent arides – du nous et du logos, c’est-à-dire du principe intellectuel masculin » (Julius Evola). La contrepartie de cette plasticité et de cette fluidité est que ce type d’être « pratique le mensonge au point d’en faire une vérité », d’une façon « simple et naturelle et sans affectation », pour reprendre l’expression de Barbey d’Aurevilly à propos de l’une de ses héroïnes, très Poissons en cela. Le natif des Poissons ne perçoit d’ailleurs pas le mensonge comme une faute, mais comme un accommodement.

Peut-être est-ce du fait de cette féminité extrême, de ce côté fluide et par conséquent insaisissable, de cette réceptivité – autant force que faiblesse —, de cette grande perméabilité qui confine parfois à la versatilité, du manque de rigueur « logique », que le signe des Poissons est mal compris et mal accepté ? Il semble que le signe soit mieux vécu par une femme que par un homme, sans doute plus à l’aise que dans un signe « masculin », cela hors de toute considération « moderniste » et d’un point de vue purement métaphysique. L’affirmation courante – qui laisse souvent le natif désemparé, ne sachant que répondre, se défendant comme il peut – est que le signe des Poissons est un « mauvais signe ». C’est oublier, comme le dit un proverbe hindou, qu' »on ne conduit pas tout le monde avec le même bâton ». Les êtres, et par conséquent les natifs de signes différents, ne réagissent pas de la même façon ; les points forts d’un signe ne sont pas ceux d’un autre signe. Un « rêveur » ne demande pas à la vie ce qui sera essentiel à un « bon vivant » plongé de plain-pied dans le concret et le quotidien. Il s’agit donc pour les natifs de chaque signe de rechercher leur propre formule de vie, de savoir tirer le meilleur parti de ce qui leur est donné au départ, afin de ne pas passer à côté de leur vraie voie. Et, dans cette optique, les natifs des Poissons sont sur un pied d’égalité avec ceux des autres signes car, comme l’a dit Camus : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? »

Un tempérament lymphatique

Ici apparaît une notion fondamentale : celle de tempérament. Notre tempérament est la toile de fond de notre vie, il nous imprime sa marque, c’est en fonction de lui que nous aurons telle ou telle personnalité et donc telle ou telle destinée. Nous pouvons laisser inexploitées nos possibilités ou, au contraire, les développer et nous épanouir dans la ligne fixée par notre tempérament ; mais nous ne pouvons pas le renier car il s’agit là de notre constitution physiologique de base.

Si l’on se réfère à la notion de tempérament définie par Hippocrate, le signe des Poissons correspond au tempérament lymphatique. On en distingue trois types principaux selon la dominante planétaire.

Dominante de Neptune. C’est alors un lymphatique aux réactions lentes qui paraît souvent apathique. Indolent, il règne passivement sur les choses. Ce n’est ni un impulsif ni un violent, mais un calme et un pacifiste ; pour qu’il réagisse, il faut qu’il soit profondément motivé.

Le natif ne paraît pas être concerné par le quotidien, il vit sur un mode bien à lui, dans un monde à part. Il peut adhérer à un idéal, accéder à une révélation spirituelle ou vivre simplement de mirages et d’illusions. Sa réussite sera surtout intérieure, il essayera d’acquérir une sagesse personnelle, sans ambition sociale ou professionnelle.

Dans ce type de Poissons, on rencontre des rêveurs, des bohêmes (Jean-Paul Clébert), des sages, des mystiques (Ramakrisna), des idéalistes parfois peu réalistes mais profondément sincères (Aristide Briand), des poètes, des artistes de génie que la vie risque de blesser (Nijinski, Ho1derlin). Einstein faisait bien partie de ces Poissons neptuniens lorsqu’il disait : « Je me sens tellement une partie de tout ce qui vit que je ne suis pas du tout concerné par le commencement ou la fin de l’existence de qui que ce soit, dans ce flux éternel. »

Dominante de Jupiter. Il s’agit là d’un Poissons de type lymphatique sanguin. Par rapport au Neptunien des Poissons, c’est un être aux réactions plus vives, au rythme de vie plus rapide. D’une nature expansive, chaleureuse, il plonge bien plus allègrement dans la vie. Souriant, plein de vitalité, jouisseur, raffiné, optimiste et généreux, il cultive un certain art de vivre. C’est un être en symbiose avec son milieu, dans lequel il s’intègre parfaitement. Selon la planète qui l’emporte, il mettra l’accent sur la vie affective (note vénusienne importante) ou sur une réussite matérielle plus effective (note jupitérienne). Citons Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Rossini, Emile Coué, Alain.

Dominante de Saturne et de la Maison XII. C’est un lymphatique nerveux, très intériorisé, qui n’a aucun sens des réalités quotidiennes. Il orientera sa vie vers le dépouillement, s’isolera, s’enfermera dans son mal de vivre. D’un naturel inquiet, il oscillera entre l’hypersensibilité (Chopin) et une insensibilité plus apparente que profonde (Schopenhauer, Mallarmé) pouvant l’entraîner vers le désespoir. L’univers de sa Maison XII sera alors sa retraite volontaire ou sa prison, mais, toujours, manifestera un certain repli.

Nous voyons ainsi que si le tempérament lymphatique est un trait commun à tous les natifs des Poissons, il sera modulé selon les dominantes planétaires de chaque thème. Et surtout, il ne faut jamais oublier que Vénus brille dans le ciel des Poissons d’un éclat particulier, procurant à chaque natif une source infinie de richesse : c’est toute la symbolique amoureuse du signe dont nous reparlerons en abordant l’attitude du natif face à l’amour.

Signe de perception

Le natif des Poissons a souvent une réputation de passivité car il n’affronte pas les problèmes de face mais les contourne. Très réceptif, il capte tout, il reçoit tout ; il « sent » les choses plus qu’il ne les analyse. Il vibre intensément, en profondeur, mais réagit rarement sur l’instant. Sollicité de toutes parts, il court le risque de voir son centre d’intérêt se déplacer et de ne pas achever ce qu’il avait entrepris. Si vous êtes sur un radeau perdu au milieu de l’océan, votre seul repère ne sera-t-il pas l’horizon ? Il vous sera alors difficile de vous maintenir en ligne droite. Ainsi va le raisonnement du Poissons, qui, les yeux tournés vers le lointain, l’infini, ne voit pas toujours la ligne directrice à suivre pour l’atteindre. L’idéal est pour lui de se mettre en « état de grâce » afin de recevoir tous les messages du monde et d’être toujours disponible. Il y a perpétuellement en lui, à un degré plus ou moins important, cette sorte de « volupté de l’anéantissement » qui l’entraînera vers toutes les évasions. Et ce Poissons de l’errance, ce Poissons vagabond, aurait du mal à dire ce qu’il va chercher là-bas : il ne le sait pas très bien lui-même.

Il ne sera pas rare qu’au cours de sa vie le Poissons change complètement d’existence, de travail, de pays. Ces aspirations l’emporteront constamment vers de nouveaux horizons, des centres d’intérêt inconnus, des personnes étrangères, et lui donneront un grand pouvoir de communication par une sorte d’osmose avec son entourage. Doué de « sympathie universelle », il exercé son influence sur les autres et, en retour, a grand besoin de contacts humains. Il vivra ce don de communication de deux façons différentes : soit il l’utilisera pour gagner la sympathie d’autrui, soit il se laissera envahir par les autres. Mais, s’il doit y avoir affrontement, il préférera s’éloigner par peur de peiner, par refus de se disculper ou par crainte de discuter.

Les Poissons comprennent les choses par « une profonde affection, jamais par une puissante analyse », comme l’a dit Kriyananda. Ils n’ont pas toujours une conscience claire de leurs motivations profondes et ressentent souvent « les deux côtés » des événements (Marcelle Sénard). D’où leurs réactions parfois surprenantes et une aptitude à passer brusquement d’une attitude joyeuse à un abattement total, et cela sans raison apparente… En fait, cela s’explique parce que les Poissons sentent les liens mystérieux entre les choses ; ils arrivent ainsi à une sorte de « perception via-inconsciente à partir d’une foule de perceptions minimes qui ont cheminé en eux presque à leur insu et qui atteignent ainsi la sphère du conscient » (Carl Jung).

On peut dire qu’ils possèdent un sixième sens qu’ils utilisent fréquemment pour se tirer de situations complexes dans lesquelles, par crédulité, ils se sont laissé entraîner. Grâce à leurs intuitions, ils retombent presque toujours sur leurs pieds. Mais si jamais ces intuitions leur font momentanément défaut ou s’ils se laissent trop emporter par elles, les Poissons sombrent alors dans une attitude confuse et brouillonne.

Le natif a du mal à hiérarchiser les événements, à les insérer dans une quelconque échelle de valeurs, et ainsi il considérera comme essentiel un fait sans importance et comme primordial un événement banal, ce qui risque de lui jouer des tours.

Crédule, confiant, naïf même, il court souvent après une chimère ; il peut s’illusionner, que ce soit dans la vie affective (s’il est vénusien), dans la vie matérielle (s’il est jupitérien) ou sur le plan des aspirations mystiques ou religieuses (s’il est neptunien). Et, d’ailleurs, il se complaît dans ce halo d’imprécision ; n’est-ce pas sa façon d’être libre ? A chaque instant sur le point d’être submergé par le flot de ses émotions, il peut se réfugier dans le monde de l’irréel et du rêve, là où n’existe aucun risque de désillusion. Ou alors il s’enfermera dans un mutisme complet, attendant que « l’autre » agisse et le tire de son inaction. Il trouvera parfois une solution en menant une existence double : double vie, existence parallèle, recherche du surnaturel. Le Poissons Einstein a bien situé cette attirance : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie. »

Le signe et la Maison XII Le Poissons n’est pas très bien armé dans la lutte pour la vie ; le quotidien l’ennuie, il ne peut l’affronter. Mais Jupiter, le « Grand Bénéfique » dans la Tradition, veille et lui apportera sa part de chance. Saura-t-il l’utiliser ? Il risque, au faîte de la réussite, de tout abandonner. Mais alors, en pleine adversité, le Poissons saura faire preuve d’un courage extraordinaire et parviendra grâce à lui à se sortir d’épreuves que d’aucuns jugeaient insurmontables.

C’est là que la Maison XII (correspondant au douzième signe, donc aux Poissons) apparaît finalement comme le « grand révélateur » de la puissance du Poissons.

Traditionnellement, la Maison XII est celle des épreuves, de la souffrance, du monde clos des monastères, des prisons. Et c’est dans ce monde que le Poissons choisira souvent d’exercer son dévouement qu’il érigera alors en vocation. Le goût du sacrifice est le propre du Poissons et si, souvent, cela semble une option quelque peu masochiste, c’est pourtant en se dévouant, en se sacrifiant, que le Poissons sera vraiment lui-même. Pour cette raison, il aura besoin de se donner à une cause qui le dépasse ou de consacrer toute son existence à un être auquel il s’est attaché.

Symbole des monstres de l’inconscient qui menacent la lucidité de l’être, la Maison XII peut être vécue de façon différente. Le natif risque alors d’être happé, entraîné vers des profondeurs insondables dont il ne pourra plus remonter. La planète Neptune, qui donne des pressentiments mais aussi des obsessions, ouvrira les portes de ce monde mystérieux auquel il est parfois difficile d’échapper. Le Poissons sera à l’aise dans cet étrange royaume de la nuit et, s’il n’y prend garde, il pourra, guidé par ses aspirations vers l’infini, plonger dans l’univers des paradis artificiels au risque de s’y perdre. Mais n’oublions pas que le natif peut changer de route à chaque instant et, au moment voulu, Vénus et Jupiter – les planètes bénéfiques – seront là pour lui tendre la main.

Mysticisme ou dissolution

Deux grandes tendances se distinguent donc dans la vie du natif des Poissons. La première est celle qui redescend le courant et l’entraîne dans une « grande dissolution ». C’est alors le naufrage de l’âme, avec Neptune, celui de l’existence, avec Jupiter, ou l’échec affectif, avec Vénus. Influençable, l’être court le risque de se laisser aller aux plus sombres aventures (avec Neptune : drogue, alcool, prostitution…), par crédulité ou faiblesse. Les amours sont inconsistantes, frisent parfois la débauche. Mais à travers toutes les épreuves de sa Maison XII, le Poissons pourra se révéler et commencer à remonter le courant. C’est la seconde tendance du signe, qui permet au natif de regagner la lumière. Le Poissons qui choisit cette voie devra affronter les tempêtes, mais finalement atteindra une plus grande cohésion, une harmonie plus profonde dans sa vie, selon ses aspirations. Quelle que soit la voie choisie, il faudra que le Poissons ait trouvé une « raison supérieure » qui le pousse à agir.

Dans tous les cas, c’est l’amour qui donnera aux Poissons sa vraie dimension, le poussant à se dévouer, à s’oublier totalement. Ainsi en fut-il de Juliette Drouet, la maîtresse de Victor Hugo, qui toute sa vie vécut dans l’ombre et se sacrifia pour l’être aimé. Ce peut être aussi la mère, tout entière tournée vers ses enfants et ne vivant que pour eux, le médecin de campagne se consacrant à ses malades, le prêtre tout à son sacerdoce…

C’est à travers ses multiples expériences que le natif des Poissons trouvera sa voie et non par le raisonnement. Au fil de ses divagations, de son intuition, il découvrira la force qui le fait vivre et qui le mènera à sa vocation propre.

Les ambiances Poissons

Le Poissons a le sens de l’hospitalité. Il a l’art de créer autour de lui une ambiance agréable. Son appartement est souvent en désordre, mais il y règne une atmosphère sympathique. Il y vit entouré d’animaux, de chats notamment, qui sont ses amis. Il reçoit avec générosité et spontanéité ceux et celles qui frappent à sa porte. Il le fait sans façon. Vous rencontrerez chez lui des êtres étranges qui vivent un peu à la frontière de l’invisible. Ne vous étonnez pas si, au dessert, la maîtresse de maison Poissons se lève pour faire tourner les tables, ou pour vous tirer les cartes. Rien de plus naturel que cet univers marginal dans lequel le Poissons est à l’aise « comme un poisson dans l’eau »…

« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent », a écrit le poète Baudelaire, qui avait deux planètes en Poissons.

Le Poissons est l’un des signes les plus sensibles aux parfums. Il aimera les parfums frais, naturels. Colette, qui avait Vénus aux Poissons, adorait l’odeur des citrons. La menthe, la mirthe et le réséda sont aussi des parfums Poissons. Le Poissons adore marcher lentement au bord de la mer et le parfum des aiguilles de pin lui convient.• L’iris, fleur bleue, le bleu étant une couleur Poissons, fleur de printemps, est un porte-bonheur pour les natifs. On a souvent évoqué le langage des fleurs. Il est certain qu’un bouquet composé avec ses fleurs de prédilection ne laissera pas insensible la femme Poissons. Comme l’a dit Valentin Bresle : « Un bouquet ordonné, en plus de sa valeur symbolique et de sa valeur esthétique visuelle, possède par l’odeur un potentiel magique et sensuel réel. » Le Poissons se parfume abondamment. Il y a là un geste rituel magique (neptunien) et un besoin de confort ; un désir pléthorique de jouissances, un besoin d’abondance (jupitérien).

La symbolique des pierres et des couleurs, qui nous paraît aujourd’hui étrange, est fort ancienne. Pour les Anciens, une correspondance existait entre la pierre, le métal, la planète et l’homme. Telle était la conception de l’alchimiste Ramon Lull : c’est en partant du métal et du minéral que l’homme peut s’élever jusqu’à Dieu.

Avec le bleu, la plus profonde des couleurs, on évoque l’eau de mer. Transparente comme l’azur lointain qui se dérobe à nos yeux, c’est la couleur de l’inaccessible, de l’infini. Promesse de bonheur spirituel, promesse d’amour, et couleur d’amour. Elle est aussi la couleur de la Vierge Marie. Poétique et irréel, le bleu est signe d’illusion. Lorsqu’on aime, on est un peu « fleur bleue ». Bleu des rêves, bleu de la sagesse, c’est bien la couleur des Poissons.

Symbole de l’éternel retour des cycles de la nature, le vert est une couleur neptunienne. C’est la couleur de la vie, de l’espérance. C’est sur une pierre verte que fut gravée la Table d’Émeraude. Verte est la matière philosophale. « Vertes sont les eaux primordiales d’où tout est issu, verte est la jeunesse, verts sont les pâturages au Paradis des Élus » (Frédéric Lionel). Transparente et régénératrice, cette couleur de Neptune était utilisée dans l’Antiquité pour peindre les Néréides et les Nymphés. Comme l’a fait remarquer Winkermann dans le Dictionnaire des symboles, « tout ce qui avait rapport aux dieux marins, jusqu’aux animaux qu’on leur sacrifiait, portait des bandelettes d’un vert de mer ». Union du bleu, couleur de l’amour et du bonheur spirituel, et du jaune, couleur solaire, le vert est chargé d’une signification occulte. Il évoque comment « au-delà de la vie et de la mort physique, luit la lumière de l’Esprit qui a fécondé, au début des temps, les eaux primordiales jusque-là enveloppées de ténèbres », et rappelle aussi que « la lumière connaissance ne peut percevoir que par le cœur, non par la raison' ».

Les pierres Poissons sont donc vertes et bleues : émeraude et turquoise. L’aigue-marine – dont le nom provençal aiga-marina signifie eau de mer – est en analogie évidente avec le signe des Poissons. Le corail, selon la légende, est né des gouttes de sang de la tête de Méduse, tranchée par Persée, et qui se pétrifièrent en tombant dans la mer ; c’est donc une matière mystérieuse qui participe à la fois des trois règnes, minéral, animal et végétal, et correspond ainsi à l’univers informe des Poissons.

Le Poissons et l’Amour

A travers les douze signes du Zodiaque, le cœur conjugue de douze façons différentes le verbe aimer. La multiplicité des réactions amoureuses échappe bien sûr à tout classement. Mais pourtant, à travers les galeries d’amoureux et d’amoureuses que la littérature, l’art et l’histoire nous révèlent, on peut voir un grand fil conducteur, une trame générale, un canevas grossier qui se renouvelle. L’âme humaine est riche, la psyché mal définissable, ses contours sont imprécis mais, cependant, un certain nombre d’influences se mêlent pour donner à ces amoureux et amoureuses des traits communs.

Il y a entre les natifs d’un même signe un petit air de famille qui ne trompe pas. Réactions amoureuses totalement différentes au Bélier où l’amour est conquête ; au Taureau où il est aventure voluptueuse et charnelle ; aux Gémeaux où il est un jeu instable et éphémère ; au Cancer où il est la quête de l’âme-sœur et la recherche d’une seconde mère ; au Lion où il est aspiration amoureuse, passion élevée, totale et rayonnante ; à la Vierge où c’est l’amour fidèle qui triomphe dans le bonheur domestique ; à la Balance où il est hésitation, raffinement, tolérance et retenue ; au Scorpion où il est fureur, passions brûlantes et impérieuses, érotisme débridé ; au Sagittaire où l’amour-rébellion, vécu comme une aventure sportive, apporte une émancipation de l’être ; au Capricorne où il est discipliné, sage, stable ; au Verseau où il est auréolé de merveilleux et s’achève souvent dans une union libre quand il n’aboutit pas tout simplement à une grande amitié amoureuse qui durera, fondée sur une communion d’idées et un échange intellectuel profond.

Une communion infinie de deux âmes

Aux Poissons, l’amour va prendre une valeur d’infini et d’éternité. C’est un don frémissant de l’être qui se « fond » dans l’autre. C’est un amour sans fin et sans limites où l’âme et le corps se donnent totalement ; et c’est alors une véritable communion amoureuse qui peut entraîner l’être jusqu’à l’extase à travers le don de soi, l’amour étant alors une éblouissante révélation, rêve sans fin qui, prenant une dimension mystérieuse, a valeur d’envoûtement. Par l’amour, le Poissons, une fois de plus, entre en communion avec le monde. A travers l’être qu’il aime, il découvre une autre dimension à la vie. L’être se fond dans son partenaire ; l’âme épouse l’âme, elle se donne, s’abandonne, s’oublie, voire se sacrifie ! C’est une véritable mystique de l’amour que l’on découvre avec l’amour des Poissons.

Le destin affectif d’un être marqué par ce signe passe toujours par des circonstances mystérieuses et commence par une relation ambiguë qui va peu à peu s’édifier dans un univers insolite, dans une attirance invincible, dans une sympathie étrange et mystérieuse comme si tout à coup les deux êtres étaient aimantés, attirés l’un par l’autre, comme s’il s’agissait alors d’un destin fatal. Aux Poissons, toute l’existence amoureuse repose sur ces bases irrationnelles. C’est un amour en quelque sorte prédestiné auquel l’être ne va plus échapper. Et toute la vie amoureuse du Poissons s’édifie autour de cette foi qu’il a dans la vie affective et de cette certitude qu’il peut atteindre, par là, à cette communion vers laquelle il tend. Dans cet univers incréé où chaque instant il se recrée, il échappe à la médiocrité d’une vie qui ne peut jamais lui donner tout à fait satisfaction parce qu’il aspire à l’invisible, parce qu’il aspire à l’infini. Aussi, il n’est pas de situation qui fasse peur au Poissons ; il n’est pas de circonstance qui lui paraisse insurmontable ; il n’est pas de sacrifice qui soit trop grand pour lui. L’amour est un acte salvateur : il va lui permettre de s’épurer, et de toute façon, quelles que soient les épreuves à traverser, il le grandira. Enigme pour l’entourage que cet amour qui ne pose aucun problème au natif mais que les autres ne comprennent pas toujours !

Amour fatal et prédestiné

Pourquoi Van Gogh (conjonction VénusMars en Poissons) s’éprit-il d’une prostituée qui était alors enceinte ? Pourquoi l’emmena-t-il avec lui et lui donna-t-il pendant deux ans tout l’amour dont est capable un homme ? Comment Edgar Poe (conjonction LuneVénusJupiter en Poissons) put-il s’éprendre de Virginia, atteinte de phtisie à une époque où cette maladie était inguérissable ? Pourquoi Victor Hugo resta-t-il toujours l’amant de Juliette Drouet, cette femme que d’aucuns disaient égarée, couverte de dettes ? Autant d’énigmes pour ceux qui ne comprennent pas qu’en amour il n’est pas de loi et que, pour un Poissons, l’amour est rédemption, élévation vers le sublime. L’amour qui pénètre en secret le cœur du Poissons, le gagne insidieusement sans qu’il en ait parfois conscience, auquel il se donne et qui ensuite l’emporte dans son halo de mystère, est un amour impalpable, enivrant, indéfinissable : difficile de résister au pouvoir de contagion d’un tel amour. Il n’est, en effet, pas toujours compris, car se repliant sur lui-même lorsqu’il est blessé, il reste dans une sorte de silence douloureux ; il s’évade de la réalité ; il entre alors dans le monde de l’illusion, des rêves insensés. L’amour des Poissons doit toujours rester poétique, un peu mystérieux.

Amour inaccessible, imaginaire ou impossible

La réalité n’est pas toujours si belle, mais l’on peut craindre qu’aux Poissons l’objet idéalisé devienne inaccessible et que l’être se contente d’un rêve. C’est alors ces amours à distance, ces amours « au loin » qui enchaînent le cœur et où l’être n’étreint plus que le vide. C’est le sable mouvant des amours chimériques et l’être s’enfonce dans cette erreur d’appréciation, construisant sur ses illusions des châteaux de cartes qui s’effondrent. Vivant dans un dédale de tromperies et d’illusions, le Poissons s’abandonne alors aux sortilèges de la passion, se livre avec une indolence passive à tous les excès d’une sensualité incontrôlée ; passions déraisonnables qui correspondent chez lui à une sorte de fuite. Il cherche dans l’érotisme ce que d’autres Poissons chercheront dans les paradis artificiels. Pour échapper à ce désordre, à ce chaos, pour mettre un terme à ces aventures sans consistance, il faudra parfois au Poissons une grande épreuve, qui soudain le confrontera à lui-même, le remettra en question et pourra dissiper les brouillards du rêve et le ramener vers une réalité qu’il n’acceptera peut-être pas, mais à laquelle du moins il se heurtera: il dépendra alors de lui que sa vie, par l’amour, devienne un enfer ou un paradis…

Que ce soit un Poissons, en l’occurrence Ovide, qui ait défini dans l’Antiquité l’art d’aimer, que ce soit à la Renaissance un Ronsard (conjonction LuneNeptuneSaturne aux Poissons) qui ait célébré l’amour à Cassandre et à Hélène, n’est pas pour nous étonner. De même, quoi de plus naturel que l’amour soit intimiste dans les poèmes de Paul Géraldy (Soleil, Mercure, Vénus, Mars en Poissons), l’auteur de Toi et Moi ; que de nombreux poètes aient une note Poissons dans leur thème : Baudelaire (Mercure en Poissons), Mallarmé, natif des Poissons, Tirso de Molina, auteur dramatique madrilène qui le premier raconta la vie de Don Juan, Don Juan qui cherchait peut-être dans l’amour une évasion, Sacha Guitry, Victor Hugo, natifs des Poissons, la liste serait longue. Mais il est normal aussi que l’on trouve aux Poissons des amours n’ayant plus rien à voir avec l’amour humain, des amours qui sont une évasion mystique vers le ciel, une communion avec le divin.

Don de soi, amour mystique et rédempteur

De sainte Thérèse de Lisieux (Lune en Poissons) à sainte Thérèse d’Avila (Vénus en Poissons), en passant par saint Vincent de Paul (Lune en Poissons), saint François de Sales (Lune en Poissons), la démarche est la même. Et c’est ce même désir de se fondre avec l’infini, c’est-à-dire avec le divin, comme de se noyer dans cette communion avec l’humanité tout entière et de se pencher sur la misère des autres. Communion mystique, fusion avec le monde, c’est toujours la même démarche ; et c’est l’amour, source de sainteté, don de soi au sens le plus parfait du terme, qui faisait dire à sainte Thérèse de Lisieux, reprenant les paroles de saint Jean de la Croix : « Qu’elle est douce la voix de l’amour !  » Le sacrifice de l’être qui s’offre en holocauste à l’amour miséricordieux et divin n’est plus masochiste : c’est un amour rédempteur, sans mesure ; c’est un amour qui pénètre et qui environne l’âme : « Avec l’amour non seulement j’avance mais je vole. Sans l’amour, toutes les oeuvres ne sont que néant » (sainte Thérèse de Lisieux).

On le voit, il y a vraiment place pour toutes les concrétisations sentimentales dans une nature aussi riche que celle du Poissons. Tous les Poissons ne peuvent pas accéder à ce haut niveau de sublimation, pour reprendre un terme psychanalytique. Les aventures multiples ne sont pas rares, de même que les changements, car dans le signe deux poissons nagent à contre-courant, ne l’oublions pas, et le destin de l’être peut être souvent double. De l’amour masochiste à l’amour oblatif, de l’amour morbide à l’amour rédempteur, il n’y a souvent qu’un pas, et il suffit de très peu de choses pour que le Poissons le franchisse et change ainsi de vie.

Destin à deux faces, deux directions

Destin double, mobile, mouvant, sujet à des revirements. Mais destin qui s’enlise aussi parfois dans d’inaccessibles chimères… Telle est bien « la lutte, caractéristique chez le natif du signe, entre une nature infiniment sensuelle, faible devant les tentations, et une nature mystique, assoiffée de sacrifices et de vie spirituelle ». C’est dans sa façon de vivre que le Poissons incarnera le plus souvent, de la façon la plus authentique et la plus vraie, son destin.

Et, pour l’illustrer, une anecdote : les ermites avaient l’habitude de raconter à ceux qui venaient les voir des histoires concrètes qui s’offraient à la méditation de leurs interlocuteurs, à la façon des récits présentés par les yogis de l’Inde ou par les moines bouddhistes du Zen.

Avant de quitter un ancien, le disciple ou le passant venu le voir lui demandait une parole de salut. Certaines de ces paroles, exprimées sous la forme de brèves sentences, ont été recueillies et nous sont parvenues. Conservées dans les Apophtegmes, elles étaient une réponse brève, parfois une clé. Celle de ce vieillard disant à un novice : « Si tu as du cœur, tu peux être sauvé » pourrait être celle qu’il convient de donner aux natifs des Poissons.

L’amour n’est pas seulement pour le Poissons une planche de salut. C’est vraiment dans l’amour, et par les sacrifices qu’il s’impose en son nom, qu’il faut chercher la source de toutes ses évolutions.

L’amour Poissons au féminin et au masculin

Il nous faut noter tout d’abord qu’on ne peut pas avoir les mêmes réactions amoureuses et, donc, le même destin dans un thème masculin et dans un thème féminin. En effet, le Soleil représente l’animus : il incarnera dans le thème d’une femme l’homme qu’elle recherche, ‘alors que dans le thème d’un homme, il est l’incarnation de son être profond, c’est-à-dire de ce qu’il « est » vraiment en tant qu’homme.

Dans le thème d’une femme, c’est la Lune qui prendra plus d’importance puisqu’elle est le symbole de son anima (alors que pour l’homme, la Lune sera justement cette anima qu’il recherche à travers la femme ou les femmes qu’il va aimer). Ainsi donc, il faut distinguer le thème d’un homme Poissons et le thème d’une femme Poissons si l’on veut examiner leurs réactions face à l’amour…

Aux Poissons, il y a dans l’univers amoureux, chez l’homme comme chez la femme, la recherche d’une communion amoureuse intense et profonde : une « quête » au sens antique, presque mystique du terme. Aimer, pour un Poissons, c’est entrer dans un univers magique, aspirer à la relation fusionnelle. Rêves sans fin et sans limite quand le cœur jette l’amarre. Irrésistiblement envahi par un flot d’émotions multiples, le Poissons s’abandonne tout entier à son amour. Mais le risque que court le Poissons est de se laisser emporter par son rêve et de construire son amour sur le sable : la première vague l’emporte. Et l’être reste seul avec ses chimères. Amours illusoires, imaginaires, qui sont autant de châteaux de cartes qui s’effondrent soudain et dont il ne reste plus rien.

Il refuse aussi, bien souvent, de trancher sur le vif. Il ne répondra pas, par exemple, à ce qu’il considérera comme un « interrogatoire ». Et, souvent, il vit à la limite de la rupture, sans pour autant rompre vraiment. De même qu’il s’éprend et se déprend, pourrait-on dire, avec une égale facilité, sans jamais songer à se justifier ; « noyant en quelque sorte le poisson », souvent d’ailleurs tout simplement par peur de faire de la peine…

Mais alors que la femme Poissons va s’abandonner avec tout son être aux élans de son amour, que l’amour sera, en quelque sorte, son état naturel, celui dans lequel elle baignera, celui qui la fera vivre dans un rêve enchanteur, et qu’il n’y aura de sa part ni retenue, ni barrière d’aucune sorte, ni d’obstacle insurmontable, en revanche, dans le thème d’un homme Poissons, il y aura cette espèce de hantise d’être pris au piège : « Il y a des hommes, écrivait Sacha Guitry, qui n’ont que ce qu’ils méritent. Les autres sont célibataires. » Sacha Guitry était, bien entendu, avec tout son charme et son amour de la femme, et sa crainte qu’on lui mette un fil à la patte, un homme Poissons. Conception et approche de l’amour très différentes, on le voit.

Comment se comporte donc une femme Poissons amoureuse ? La femme Poissons cherche à s’amarrer dans un port : elle espère trouver auprès de l’homme tendresse, douceur et compréhension. Si elle ne trouve pas cet homme (qui doit la combler aussi bien affectivement que sensuellement, car c’est une grande sensuelle), elle va d’errance en errance, d’amour en amour, courant de bras en bras, cherchant toujours l’amour parfait. Si elle parvient à trouver son équilibre près d’un homme, c’est une épouse dévouée, fidèle, compréhensive, qui adore son mari, qu’elle idéalise et qu’elle pare de toutes les qualités, dévouée à son foyer et à ses enfants. C’est la femme ne vivant que pour sa famille.

Mais si elle est malheureuse, alors elle s’enferme dans l’univers clos de la Maison XII. C’est alors la liaison parallèle qui peut durer des années (et que d’ailleurs souvent l’entourage ignore) : c’est son jardin secret… Car il ne faut pas s’attendre à beaucoup de moralité chez une femme Poissons. La femme Poissons a des aspirations infinies mais elle n’a aucun sens de la « morale » dans le sens traditionnel où on l’entend généralement. Elle est même, à la limite, peut-être tout simplement « amorale ». Certaines femmes Poissons cherchent dans le tabac, l’alcool (ou la drogue), ce paradis artificiel qui ne leur est pas donné dans la vie ; et pour d’autres, c’est (lorsque Vénus est importante dans leur thème) dans les bras d’un homme qu’elles vont chercher cet oubli de la médiocrité de la vie, parfois de leur propre vie ; d’où le risque, souvent, d’être cruellement déçue…

Que cette créature de rêve ne coïncide pas avec la réalité et que le Poissons amoureux idéalise trop l’être aimé, c’est en effet ce qui risque, bien souvent, d’arriver. C’est toujours le risque que l’on court dans un amour Poissons ; amour qui peut être utopique, insensé, chimérique… L’amour est alors en déphasage complet avec le réel. Ce fut le cas, par exemple, d’une héroïne typiquement Poissons, Emma Bovary (Gustave Flaubert, d’ailleurs, n’a-t-il pas dit : « Madame Bovary, c’est moi » ? Il n’avait une planète aux Poissons, mais maîtresse de l’Ascendant).

Comment tombe-t-on amoureux d’une femme Poissons ? La femme Poissons passe souvent inaperçue. Elle n’accaparera pas immédiatement votre attention. Elle ne s’imposera pas avec l’autorité (voire l’agressivité) d’une femme Bélier. Mais elle s’insinuera dans votre vie. Et, sirène pleine de charme, c’est elle qui vous prendra dans ses filets.

Quant à l’homme Poissons, il va vivre sur plusieurs modes cette quête amoureuse. Il sera ou bien cet éternel Casanova, ce don Juan (Don Juan Tenorio naquit un 3 mars) coureur impénitent, en quête d’émotions fortes, ou bien un père de famille tranquille, chaleureux, rassurant, cela suivant qu’il sera plutôt neptunien ou jupitérien, les deux extrêmes coexistant quelquefois chez un même Poissons. Si sa vie vient à se désagréger, si son couple se démantèle, il est rare qu’il prenne vraiment une décision, si ce n’est parfois la fuite. Comptant en quelque sorte sur l’improbable pour que les choses s’arrangent, il vit ainsi entre deux chaises, s’en accommodant et se refusant à trancher. Ces tergiversations le rendent ainsi, malgré lui, cruel. Cet amoureux fervent suscite de violentes passions. On se laisse prendre à son charme, on n’oublie pas son regard, on guérit mal de ces amours aux contours un peu flous, où rien n’est dit, où tout est suggéré et dans lesquelles on se noie.

Nous verrons dans les Astromariages de la femme et de l’homme Poissons ce qu’il en résulte concrètement.

Le Poissons et l’Amitié

Un être rayonnant et magnétique

Le Poissons exerce comme tous les signes d’Eau, mais peut-être d’une manière plus impalpable que le Cancer et le Scorpion, un certain magnétisme sur son entourage ; il devient donc assez facilement un centre de rayonnement autour duquel gravitent ses proches, ses amis. Parce qu’il a une vision « double » et des attaches à la fois avec le monde spirituel et le monde matériel, et qu’ainsi il perçoit en quelque sorte les deux côtés des choses, il est souvent celui vers lequel on va. Parce qu’il est sensible aux problèmes des autres, on se confie à lui.

Comme l’a dit Swami Kriyananda, le Poissons est sympathie universelle. La préhension et la compréhension affectives l’emportent sur l’analyse lucide et froide. Ne nous étonnons donc pas qu’il sache écouter, encourager et soutenir ceux qui viennent à lui.

Fondamentalement désintéressé, il cultive mieux que quiconque cette pensée des Actes des apôtres : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Le philosophe Alain, natif des Poissons, n’a-t-il pas écrit : « On peut être plus sensible aux maux d’autrui qu’à ses propres maux, et sans hypocrisie. » Un fait est certain, le Poissons agit sans rien attendre en retour, de façon totalement désintéressée. Et, d’ailleurs, le blesse-t-on qu’apparemment il ne réagit pas. Il semble même parfois à son entourage que les choses ne l’atteignent pas, qu’elles glissent rapidement sur lui. Aussi oublie-t-il aisément. Pour cette raison, il est parfois considéré comme une trop « bonne pâte » par son entourage… Mais il sait aussi se rebiffer, mais à contre-courant. Qu’il donne trop, sans discernement, que sa générosité lui joue souvent des tours, c’est vrai. Certains yogis se plongent dans une rivière jusqu’au cou et se concentrent sur les courants frôlant leur corps, tandis que, petit à petit, leur mental commence à perdre son attachement à l’ego et flotte librement avec les courants de la vie ; parfois ils se couchent sur le dos dans l’eau – posture dite du poisson – et se laissent porter sans résister aux vagues : cet abandon aux vagues symbolise l’abandon à la grâce divine ; telle est souvent l’attitude des Poissons

Acceptation passive de la souffrance ou amour infini ?

Est-ce passivité ou don parfait de soi dans l’océan de l’amour infini ? Le Poissons n’est pas toujours un sage yogi… Mais une chose est certaine, c’est qu’il s’attend rarement à être payé en retour. Il peut se tromper, mal discerner l’autre et se faire « gruger », escroquer, tout cela passera loin de lui grâce à sa faculté d’oubli. Aussi, même s’il reconnaît s’être trompé, il affirmera ne rien regretter.

Parce qu’il a besoin de se sacrifier, le Poissons sera toujours là quand vous aurez besoin de lui.

Un être d’amour plus que d’amitié

S’il est tolérant pour les autres, s’il a tendance à excuser son entourage, il a une propension à s’excuser lui-même de tout. C’est peut-être sa force, c’est aussi sa faiblesse. Influençable, car trop sensible à l’atmosphère, il s’intègre à tous les milieux, avec une égale aisance – ou inconscience. Il est faible, mais ne le sait pas toujours. Sa curiosité, son goût pour le mystère l’amèneront souvent à tout essayer.

L’amitié d’un homme Poissons et celle d’une femme Poissons est-elle semblable ? Il existe des points communs entre ces deux types d’amitié mais aussi des différences…

La femme Poissons se lie facilement d’amitié mais peut paraître la reprendre aussi vite : elle ne donne plus signe de vie. A-t-elle pour autant oublié l’autre ? Il est sorti de son sillage ; mais au détour de la vie et de ses cheminements, leurs destins se recroiseront peut-être…

L’homme Poissons est un ami compréhensif avec lequel les rapports sont étranges et fluctuants. Il lie avec les femmes des liens très forts dans la mesure où sa nature sensible et « féminine » le rend plus accessible à l’univers féminin que les hommes des signes « masculins ». Les rapports des natifs des Poissons entre eux sont mystérieux pour l’entourage, mais durables. A travers des périodes où l’un et l’autre disparaissent puis se retrouvent, il demeure des liens impalpables qui semblent défaits et pourtant existent toujours entre eux. Leur entente est faite de compréhension et d’indulgence : ils se connaissent bien et leurs défauts sont si semblables qu’ils en rient ensemble… Ils se comprennent à demi-mot.

Le Poissons et son Education

Votre enfant est du signe des Poissons : c’est un enfant calme, plutôt timide, doux, rêveur, très affectueux. Mais d’ores et déjà apparaît dans son comportement un halo d’imprécision qui flotte autour de lui, une impression d’inachèvement qui risque de s’aggraver lorsqu’il grandira et de peser alors lourdement sur sa vie.

Comment y remédier, sans aller contre ses tendances naturelles généreuses, rêveuses quoique un peu confuses, floues, et éviter qu’elles se transforment en hésitation, en indécision, en ballottement perpétuel, en velléités, en dispersion ? Comment faire pour que sa vie ne soit pas un éternel « flottement » ; pour qu’il ne se laisse pas entraîner par n’importe quel courant ?

N’en fait qu’à sa tête

Très malléable, votre enfant ne posera pas les problèmes que posent à leurs parents les enfants des signes fixes, souvent têtus, voire « tête de mule » ! C’est un enfant gentil assurément. Mais ne vous y trompez pas : il ne vous prendra pas de front, il ne vous dira pas non ; il ne se heurtera pas à vous – apparemment, il sera même extrêmement docile ; mais si vous l’observez bien, vous remarquerez qu’il n’en fait le plus souvent qu' »à sa tête ».

Si vous le heurtez, si vous vous montrez très autoritaire, il ne dira rien, mais vos remarques n’auront aucune portée… Elles couleront littéralement sur lui (il est probable qu’il ne vous écoutera même pas !), et vous vous apercevrez que cela ne sert à rien…

Lui apprendre l’effort

Il est sensible, affectueux : faites appel à son cœur ! Il ne vous décevra pas. Mais ne le blessez jamais, ne criez surtout pas. Il repartirait alors dans ses rêves et s’isolerait dans un monde dont vous ne parviendriez plus à le faire sortir. Très ouvert parce que réceptif, il s’intéresse à tout ; mais il ne retiendra que ce qui frappe sa sensibilité. Et il aura des choses une vision plus globale que précise : il a la mémoire de ce qu’il ressent, sa façon d’appréhender le monde n’est pas toujours logique mais il s’y retrouve.

Néanmoins, il est nécessaire de lui faire acquérir deux choses qui lui font défaut : un minimum d’organisation et le sens de la compétition, de la lutte, de l’effort, disons de l’effort persévérant, à long terme. Il va donc falloir lui apprendre à s’organiser afin de ne pas le laisser se noyer dans un verre d’eau, lui apprendre l’ordre – et ce sera sans doute le plus difficile, car il n’en a guère ! Vous devez lui montrer comment régler ses problèmes avec un minimum de méthode (à ne pas commencer un livre par la fin, un devoir par la conclusion, par exemple). Mais, surtout, poussez-le à aller au bout de tout ce qu’il entreprend, à ne pas s’arrêter en chemin, afin qu’il ne prenne pas l’habitude de rester dans l’informe, dans l’incréé. Aux Poissons, ce ne sont pas les idées qui manquent, mais les seuls Poissons qui réussissent sont ceux qui vont au bout de leurs idées, quel que soit le domaine choisi. Donc, lorsque votre enfant a pris une décision, par exemple faire de la danse ou de la peinture, faites en sorte qu’il s’y tienne ! Bref, qu’il ne change surtout pas constamment d’avis. En cela soyez ferme. Dites-vous bien que s’il ne prend pas l’habitude, maintenant, d’aller jusqu’au bout de ses actes, cette tendance à l’inachèvement ne fera que s’accentuer avec l’âge. Apprenez-lui aussi à prendre seul ses décisions : sinon il fera partie de ces gens qui ne peuvent rien faire sans demander l’avis de tous – et qui finalement ne prennent aucune décision. Il y a chez les Poissons un refus de l’engagement, une fuite devant les responsabilités contre lesquels il faut lutter.

Il est certain que votre enfant n’est pas un « bagarreur » ; il faut pourtant lui apprendre à se battre dans la vie : il en aura besoin… Pour cela, même si au départ il n’est pas très porté sur les activités physiques, faites-lui faire un peu de sport, les meilleurs étant pour lui la marche et, bien entendu, la natation. Mais trouvez-lui des jeux où s’exerce une certaine « compétition » ; car il est aussi très important pour lui d’acquérir la notion essentielle d’affrontement avec les autres, d’affrontement avec la vie. Dans notre monde, il y sera contraint, et notre monde ne lui fera pas de cadeau. C’est un problème qu’il, faut résoudre dès l’enfance chez le Poissons. Il faut en effet lui apprendre à livrer la bataille de la vie car, d’instinct, le Poissons est plutôt passif et a tendance à se laisser vivre, voire à dormir sa vie…

L’enfant Poissons est souvent un dilettante

Enfin, soyez ferme mais patient : ne faites pas un drame pour un mauvais livret scolaire, par exemple. Dites-vous que votre petit Poissons a son rythme à lui. Il peut très bien démarrer brusquement. Voyez s’il n’a pas un problème de fatigue ou de santé : c’est fréquent chez un Poissons. Finalement, votre enfant progressera selon sa nature. Tout ce qu’il « capte », il l’enregistre, et il en tirera profit par la suite. Il ira alors probablement au-delà de ce que vous attendiez de lui. Mais il aura toujours un côté -« dilettante », car, en fait, reconnaissons-le, le Poissons n’est pas toujours très ambitieux. Et si votre enfant appartient à ce signe, essayez de comprendre ses désirs au lieu de lui imposer vos propres volontés. On connaît la fameuse boutade d’Einstein : « J’aurais préféré être plombier !  » Elle traduit peut-être un désarroi qui existe chez tout Poissons ; et si l’on peut se féliciter qu’Einstein n’ait pas été plombier, on peut penser qu’il est pourtant des enfants qui sont des Poissons rêveurs et charmants auxquels on demande peut-être trop, surtout dans notre enseignement actuel, et que l’on va en quelque sorte écraser. Une chose est sûre : ne brisez pas, ne bridez pas son imagination… Une activité artistique permet souvent aux Poissons d’exprimer leur sensibilité et par là même de s’extérioriser.

Et puis, ne soyez pas trop inquiet pour votre Poissons. Bien sûr, il a son univers à lui mais au moment où vous vous y attendez le moins, à un tournant de sa vie (peut-être tout simplement lors d’un transit de Jupiter ou de Saturne), d’un coup de nageoire rapide, il rattrapera les autres. Les antennes qu’il a sur le monde grâce à Neptune lui permettent de capter tout. Il saisit les choses, bien sûr de façon parfois un peu floue parce que globale ; il n’entre pas dans le détail ; mais il va plus loin, au-delà de la compréhension courante… Et il vous étonnera sûrement.

Dans la vie, parfois contre toute attente et alors que le départ n’aura pas été fulgurant, vous verrez qu’il s’en tirera beaucoup mieux que l’on aurait pu le penser. Citons le cas d’un enfant qui fut loin d’être un « surdoué »! Il mis des années pour apprendre à lire ; c’était un élève médiocre ; il fut recalé à l’École Polytechnique de Zurich : cet enfant s’appelait Albert Einstein ! Mais une chose est certaine, c’est que s’il est aux Poissons de grandes réussites, le natif ne se prendra pas au sérieux pour autant ! C’est d’ailleurs souvent un des signes les plus « bohèmes » qui soient. Si le natif parvient au succès (Jupiter, gouverneur traditionnel des Poissons, est significateur de la chance), le problème pour lui consiste plus à « réussir sa vie » qu’à « réussir dans la vie » ! Et n’est-ce pas l’essentiel ?

Le Poissons et son Travail

Dans le travail, le Poissons a les défauts de ses qualités.

Il crée selon ses vues, qui sont parfois démesurées ; il travaille au rythme qui lui est propre, et qui n’a souvent rien à voir avec le rythme imposé dans une entreprise ; il a le sens de l’humain et il a besoin d’être utile aux autres.

Il s’infiltre dans un milieu ; il se fond dans une ambiance quand elle est favorable ; il s’éloigne et prend la fuite quand il s’y sent mal à l’aise. C’est pourquoi il se tirera d’affaire dans des situations très embrouillées, car il saura « nager entre deux eaux ». Mais son destin professionnel n’est pas toujours très stable ! Il changera plusieurs fois de travail jusqu’à ce qu’il ait trouvé vraiment sa voie, et souvent il ne la trouvera qu’après plusieurs détours, plusieurs expériences. En outre, sa manière de travailler est très personnelle. Il travaille par à-coups ; en apparence il s’organise mal mais, finalement, son travail se révèle positif.

Comment trouve-t-il sa voie ?

Très souvent, c’est en ne suivant pas les sentiers battus que le Poissons trouve sa vraie voie. Bien des Poissons ne paraissent pas faire le travail qui leur convient. Il ne faut pas confondre la situation matérielle avec la réalisation personnelle… On peut très bien ne pas avoir trouvé sa voie professionnelle et travailler dans un cadre qui ne convient pas toujours parfaitement, ou dans une ambiance que l’on ne trouve pas idéale. Mais on le fait pour gagner sa vie.

Certains Poissons ne vont pas reconnaître leur profession dans la liste qui va suivre, mais peut-être parce qu’ils se placent, tout simplement, non pas au niveau de l’intérêt professionnel mais à celui de la subsistance ; parfois, dans ce cas, le travail est un instrument mais n’est pas vraiment un engagement. La solution Poissons est d’ailleurs souvent d’avoir une activité parallèle, ce que les Anglais appellent tout simplement un hobby. Alors, si le travail ne correspond pas à ses aspirations profondes, le Poissons vivra autrement son besoin de donner, son altruisme, son aspiration à l’infini. Et c’est ainsi que l’on trouvera des Poissons qui s’occuperont d’une oeuvre sociale, qui s’intéresseront à la psychologie, à l’essence de l’homme ou tout simplement à l’astrologie. La Maison XII est d’ailleurs celle des astrologues, des médecins, des mystiques et des prêtres.

Les vocations du signe

Si on examine le destin d’hommes qui se sont vraiment réalisés et qui ont pu faire coïncider leur vie avec leurs aspirations, c’est-à-dire vivre ce qu’on appelle une « vocation », on trouvera d’abord dans les Poissons ceux qui, pour reprendre une expression de Jacques Berthon, sont en « conversation avec l’immensité du ciel ». Et ce seront alors, dans cette communion avec l’infini, les astronomes, les savants qui explorent les mondes inconnus, scrutent l’immensité du ciel pour y trouver la réponse à leurs aspirations. Et nous trouvons beaucoup d’astronomes parmi les natifs des Poissons : Flammarion, Galilée (Soleil, Mercure, Vénus en Poissons), Newton (Lune, Saturne en Poissons), Copernic (Soleil, Lune, Mercure en Poissons), Herschel (Soleil et Mercure en Poissons), Le Verrier (Soleil en Poissons), pour n’en citer que quelques-uns. On trouvera aussi de grands savants qu’aucune conception audacieuse n’effraiera, tel Einstein.

Il y a chez les Poissons un côté plus intuitif que logique ou analytique. C’est donc par des chemins et des voies qui n’appartiennent qu’à lui que le natif « arrive ». Qu’il y ait eu aussi de grands inventeurs marqués par le signe n’étonnera pas. Citons Gustave Eiffel, ingénieur (Jupiter en Poissons).

Tout ce qui vibre est transmis aux Poissons

La Maison XII est une Maison « occulte ». On peut dire, comme l’a fait Jean Carteret, que si beaucoup d’astrologues sont Poissons ou ont les Poissons en Maison XII, il n’y a, hélas, pas beaucoup d’astrologues qui ont une Maison XII. Comme le signe, elle fait des astrologues humains. Des astrologues qui sont en mesure de comprendre les autres parce qu’ils ont eux-mêmes souffert, parce qu’ils sont ouverts, totalement et infiniment disponibles aux autres ; parce que, tout simplement, leur compréhension de l’autre est affective et non intellectuelle. Citons, dans le passé : Regiomontanus, auteur de Tables, Morin de Villefranche (Soleil, Vénus, Jupiter, Saturne, Lune en Poissons), Julievno, astrologue du siècle dernier. Et, à notre époque : Henri Gouchon, auteur notamment d’un ouvrage synthétique sur l’astrologie : le Dictionnaire astrologique ; Jacques Berthon, astrologue-psychanalyste. Pour ce dernier, « les sciences occultes L…] semblent constituer en quelque sorte un talisman contre l’envoûtement de l’invisible. C’est le cas de Morin de Villefranche avec cinq planètes en Maison XII.

Les Poissons perçoivent les ambiances de plein fouet, sont totalement sensibles à ce qu’ils « ressentent », vivent en communion avec le monde ; il n’est donc pas étonnant de trouver parmi eux un nombre impressionnant d’artistes et d’écrivains.

Écrivains ouverts aux autres, en véritable symbiose avec le monde, tels furent Victor Hugo, Bernanos, tous deux natifs des Poissons ; Gilbert Cesbron (Lune et Vénus en Poissons) ; Zola (Vénus et Uranus en Poissons). D’autres s’ouvriront à l’infini, au divin, tel Paul Claudel (Lune en Poissons).

Aux Poissons nous trouvons tous ces voyageurs sans but défini – cherchant l’évasion, l’oubli —, tels ces jeunes qui, sac au dos, parcourent le monde. Leur recherche n’est-elle pas une véritable quête… mystique ? Oui, certains iront se perdre sur les chemins de Katmandou. Mais leur quête, au départ, est sincère…

On a d’ailleurs parlé d’une véritable « mystique hippie », celle de ces jeunes qui rejettent le mode de vie et les valeurs matérialistes d’un système social fondé sur la volonté de puissance, la violence et la guerre. Guidés par de véritables « chefs spirituels » à l’origine (hippie viendrait de « hip » qui signifie : celui qui sait, celui qui comprend, donc initié), ce mouvement voulait « réveiller et faire renaître la tendresse dans le cœur de l’homme », comme le déclara un boo-hoo, sorte de prêtre hippie, à Michel Lancelot : « Nous cherchions la joie dans la beauté, les couleurs et les fleurs. Enfin, et surtout bien sûr, nous voulions connaître Dieu. »

Ce besoin d’atteindre Dieu par la simplicité de l’âme, le dépouillement de la vie et l’amour pour les autres n’est-il pas à l’origine de tous les mouvements spirituels et à la source de toutes les évolutions ?

Désirant atteindre l’extase sans passer par les épreuves de l’ascèse et de la mortification, le mouvement chercha l’expérience « psychédélique » (qui exalte l’esprit) dans la drogue, destinée à faire naître une « prise de conscience cosmique ». Mais, du fait que, depuis 1968, les hippies ont été rejoints par de jeunes fugueurs : les « runaways », du fait que le mouvement a connu une certaine décadence, les hippies ne s’abreuvent plus, comme à l’origine, à des sources spirituelles (mystique de Diogène vivant dans son tonneau, ou des premiers chrétiens, mettant leurs biens en communauté, partageant le goût aussi de saint François d’Assise pour la pauvreté, ou mystique orientale dans une sorte de vaste Panthéon où l’on trouve côte à côte Bouddha, Gandhi, Tagore et les maîtres Zen, etc.) ; ils préfèrent à une recherche spirituelle personnelle la facilité apparente qu’offre le « trip ». Certains, pourtant, après avoir chanté le L.S.D., l’ont abandonné pour une discipline personnelle : le yoga, par exemple.

Nous avons rencontré de nombreux Poissons qui sont passés par de telles expériences : il y a là une recherche « mystique » réelle. Mais il faut noter que si les drogués psychédéliques partagent la même intensité de conscience, la même acuité de l’esprit et des sens (comme l’a exprimé A. Huxley), et emploient des métaphores mystiques identiques, cette approche de la drogue semble être celle de ceux qui ont auparavant eu connaissance des traditions mystiques, et non le contraire… Il n’y a là aucune trace d’ascétisme : l’état de communion et de plénitude passagère est créé artificiellement. Et les risques d’accoutumance menacent l’équilibre psychique, et la santé. Ces drogues, médicinales à l’origine, étaient appelées psychomimétiques, selon une théorie qui voulait qu’elles produisent un état de schizophrénie modèle. Il importe de souligner dans cette utilisation des drogues l’absence de toute suggestion de valeur religieuse ou de possibilité mystique… Mais c’est un chemin qui a tenté bien des Poissons ; en effet, il y a au cœur de l’expérience mystique et de l’expérience psychédélique une ressemblance : elle réside dans l’écroulement des limites normales, des catégories et des règles qui guident l’esprit diront les uns, qui l’emprisonnent pensent les autres ; là réside l’attirance des Poissons, là est le risque aussi pour eux (du fait de leur extrême fragilité nerveuse)…

Démesure, médiumnité, télépathie

L’oeuvre des natifs des Poissons sera toujours empreinte d’une certaine démesure, marquée par une imagination féconde, une création touffue. Citons Michel-Ange, qui peignit le Déluge dans la chapelle Sixtine, Daumier (Soleil, Mercure, Mars en Poissons), Auguste Renoir (Soleil, Neptune, Ascendant, Lune, Mercure, Jupiter en Poissons ! ), Léonard de Vinci (Lune en Poissons).

Les musiciens du signe sont aussi féconds et leur production est également marquée par l’ampleur caractéristique du signe : Honegger, Rimski-Korsakoff, Rossini, Chopin, natifs des Poissons, Bach (Neptune, Vénus, Mercure dans le signe).

Que la création, l’imaginaire, la poésie, la musique, l’art soient des domaines où le Poissons est à l’aise n’est pas pour nous étonner. Mais il est aussi des Poissons philosophes et, parmi eux, il faut citer Hôlderlin (Soleil, Mercure, Vénus dans le signe), Montaigne, Alain, natifs des Poissons, Schopenhauer (dominante Poissons). Avec Rudolf Steiner, nous pénétrons dans le monde de l’occultisme : il écrivit une centaine d’ouvrage théosophiques, créativité bien prolifique des Poissons.

Le signe est celui de toutes les professions qui se rattachent à la Maison XII, c’est-à-dire aux univers « clos » dans lesquels le natif pourra développer ses sentiments de compassion, d’aide à autrui. Psychologues, psychanalystes, psychiatres, médecins, prêtres, astrologues, voyants, médiums sont bien souvent des Poissons ou possèdent dans leur thème une note Poissons dominante. Toutes les professions paramédicales, du magnétisme à la guérison psychique, en passant par la médecine philosophale sans oublier les rebouteux et les guérisseurs, sont des vocations propres aux Poissons.

Les natifs du signe se retrouvent aussi aujourd’hui dans les grands organismes internationaux qui mettent l’accent sur les problèmes humains à l’échelle mondiale.

Quant aux hommes politiques, ils sont rares aux Poissons ; ceux qui ont réussi se sont engagés pour défendre les grandes causes universelles : Washington, célèbre président des États-Unis, Aristide Briand qui soutint les travaux de la Société des Nations, René Coty. Sans oublier Charles-Quint qui réunissait les qualités d’un grand homme d’État et d’un sage puisqu’il décida de finir sa vie dans un monastère – dualité typiquement Poissons.

C’est aux Poissons que l’on trouve la plupart des mystiques car le signe est, dans son essence même, empreint de mysticisme. Citons Ramakrishna, Pie XII ; des saints, des ascètes, des sages, tournés vers l’humain et cherchant à soulager la souffrance des hommes, étaient marqués par le signe : saint François de Sales (Lune en Poissons), sainte Thérèse d’Avila (Lune en Poissons avec un Soleil « ardent » en Bélier).

Nous voyons ainsi que le natif des Poissons préférera souvent « se réaliser » plutôt que « réussir » à tout prix, bien que cette attitude soit souvent considérée comme étrange. Et pourtant, n’est-ce pas là l’essentiel, comme le notait dans son Journal Anaïs Nin, native des Poissons ? « De même, dit-elle, que le plongeur sous-marin transporte des bouteilles d’oxygène, de même nous devons transporter le noyau de notre développement individuel, pour résister aux pressions, aux pressions destructrices du monde extérieur. »

Le Poissons et l’Argent

Quelle est l’attitude des Poissons vis-à-vis de l’argent ? Là encore il est difficile de généraliser. Disons que les Poissons ont une attitude très contradictoire sur ce problème. La fortune peut tenter le natif mais ne le retient pas ; les honneurs ne l’intéressent qu’à moitié… On le dit désintéressé, ce n’est pas toujours vrai. On trouve de grands industriels, de gros spéculateurs dans le monde des Poissons mais, si la réussite peut être exceptionnelle et si l’on assiste alors à la construction d’édifices grandioses, la fortune peut être instable, voire éphémère ; et accidentelle.

Si, dans le thème, existe une dissonance au niveau matériel, on trouve une attitude qui oscille entre un désintéressement complet et un côté totalement « chimérique »… C’est d’ailleurs souvent l’attitude du Poissons face à l’argent. Il y a dans de tels thèmes des rêves qui ne se réalisent pas, des spéculations qui tournent en quenouille ! C’est alors un monde d’utopie, de mirages où la pêche est parfois miraculeuse, inattendue, soudaine, comme elle peut n’apporter rien du tout ; et le bateau finira par faire naufrage ! Cela arrive aussi. Les fortunes s’édifient, puis s’effondrent tout aussi vite. Or, malgré tout, le Poissons n’est pas sans rechercher une sécurité matérielle, dans le cas, notamment, où Jupiter est important dans son thème. Mais ce n’est pas tellement pour l’argent en soi que le Poissons veut alors « avoir », mais parce qu’il a horreur d’une vie médiocre et qu’il fait preuve là aussi d’une certaine démesure. Et c’est ainsi que l’on rencontre aussi bien des Poissons totalement démunis et qui s’en moquent complètement (ils ont généralement une Maison XII importante et vivent « chez eux » dans leur univers clos, retirés, isolés du monde et du bruit) que des Poissons très riches mais qui, finalement, restent toujours égaux à eux-mêmes et ne font pas grand cas de leur fortune. Et bien souvent, même, cela les aide tout simplement à rendre les gens heureux autour d’eux, à les combler de cadeaux et à répandre leur générosité de façon tellement « prolifique » que leurs finances sont très vite menacées, quand ils ne finissent pas par sombrer dans la faillite et dans la ruine (ce qui, avec un transit de Saturne, planète de restriction et de difficultés, peut les menacer un jour ou l’autre). Car ils ne sont ni très prévoyants, ni très intéressés. Et surtout pas avares ou économes. Ce sont généralement de vrais « paniers percés ».

De coups de chance en revers de fortune

Ils vivent au jour le jour sans compter. Ils peuvent, du jour au lendemain, après avoir connu la fortune, se retrouver sans le sou, et s’en accommoder. Leur gestion n’est guère rationnelle…

Il est des Poissons « requins » mais ils sont rares. Il est des Poissons qui réussissent par des chemins tortueux. Il est des Poissons « brasseurs de rêves impuissants » qui ne feront jamais fortune mais vivront toute leur vie dans ce mirage, véritable miroir aux alouettes… Mais, disons le bien, pour la majorité des Poissons, là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est le rêve, le mirage, l’inaccessible, l’infini. Alors pourquoi pas l’argent ? Mais le Poissons n’est pas à l’aise dans le concret. Il s’évade alors ; il pense à autre chose. Se concentrer sur un problème matériel ne l’intéresse qu’un moment. Cela n’exclut pas la chance. Il peut avoir une veine insolente. Mais le faste, le décorum, le cérémonial l’ennuient. Ainsi, Boris Kouznetsov nous raconte comment Einstein, lors d’une soirée importante où les « membres de la commission se retrouvèrent à dîner », paraissait absent : « Une musique accompagnait en sourdine le repas.

Brusquement, il se leva, demanda au violoniste de lui prêter son instrument et commença à jouer.

Le sourire revint alors sur ses lèvres, ses traits se détendirent comme s’il s’abandonnait à un rêve [et le rêve est tellement important pour le Poissons ! ]. Il ne paraissait guère songer qu’il se donnait ainsi en spectacle sur l’estrade d’un restaurant mondain devant tant d’yeux rivés sur lui. Et il semblait croire qu’il était seul, et il jouait comme s’il lavait toute l’amertume accumulée du monde. »

Il est certain que les Poissons agacent souvent leur entourage dans la mesure où on ne peut pas les cataloguer. Or, notre monde aime mettre une étiquette sur chacun : avec les Poissons, mieux vaut y renoncer… Ils vivent dans le monde du frémissement et de l’intuition fugace, dans une sorte de rêve permanent, prêts à tout recevoir, à tout accueillir, non sans une pointe de naïveté qui peut surprendre leurs proches. La vie quotidienne les terrifie bien davantage que l’extraordinaire, l’imprévisible, l’irréel auxquels ils s’adaptent merveilleusement…

L’essentiel est ailleurs

Dans ce monde étrange où le détail prend une importance extrême, le drame sera surmonté avec un courage inébranlable. Son besoin d’être aimé ne rend pas toujours le Poissons très perspicace. Aussi aura-t-il du mal à se sortir de certaines situations où il s’est fourvoyé lui-même par inconscience : il peut baigner dans une atmosphère floue et vague qui charme les autres mais le désespère lui-même…

On ne comprend pas le Poissons, la plupart du temps, parce qu’il s’inscrit mal dans la réalité du monde actuel « matérialiste », parce qu’il n’est jamais ce que l’on appelle de nos jours un « spécialiste », parce qu’il « s’éparpille ».

Pour lui, il s’agit seulement de s’ouvrir aux sollicitations multiples du monde…

Peut-être pour toutes ces raisons la réussite du Poissons sera-t-elle pour son entourage quelque peu mystérieuse, indéfinissable.

Elle sera toujours fragile, en tout cas.

Car il n’est pas certain qu’une fois parvenu au sommet d’une réussite le Poissons n’en sera pas lassé, et ne laissera pas brusquement, un beau jour, tout tomber.

Les autres ne comprendront pas : pour lui ce sera normal, puisque l’essentiel est finalement « ailleurs »…

Le Poissons et sa Santé

Le signe étant en analogie avec la douzième Maison qui est celle des épreuves et des grandes maladies, il est bien évident que les natifs des Poissons auront souvent des problèmes de santé et qu’ils ne seront pas toujours dotés d’une constitution très robuste. Pourtant, ils seront plus résistants que leur entourage ne le pense généralement. Néanmoins, la maladie est souvent difficile à déceler, car l’influence de Neptune – qui nous conduit au seuil de notre propre inconnu et est, en soi, la planète du mystère et de l’insondable – va donner aux maladies Poissons une forme mystérieuse. Le diagnostic sera souvent difficile à faire. Avec Neptune, tout est flou, mouvant, souvent déformé, et c’est à travers ce miroitement neptunien que le natif des Poissons vivra son malaise.

Très réceptif à l’ambiance, le Poissons risque d’être immédiatement contaminé s’il côtoie une personne atteinte d’une maladie infectieuse et l’influence jupitérienne pléthorique alliée à l’influence neptunienne dissolvante auront évidemment tendance à permettre à la maladie de se développer très rapidement. Le natif des Poissons envisagera tout de suite le pire. C’est ainsi que dans une lettre à l’abbé Lagrange en mars 1905, Bernanos, natif des Poissons écrivait : « Depuis longtemps – à cause de ma jeunesse maladive et des précautions qu’on me faisait prendre —, je crains la mort et par malheur, peut-être mon ange gardien dirait par bonheur, j’y pense toujours. La plus petite indisposition me semble le prélude de cette dernière maladie dont j’ai si peur. Et ce sont des mélancolies sans fin, contre lesquelles je n’avais pendant longtemps et encore l’année dernière qu’un seul remède, m’étourdir. »

Il est certain que le natif des Poissons, surtout lorsque Neptune est important, se sent prisonnier de forces obscures contre lesquelles il ne peut lutter et qu’il risque, si le thème est particulièrement dissonant, de s’enfermer dans cet aspect maladif qui lui permet de fuir certaines responsabilités et de se complaire dans ce rôle d’éternel malade… Il est bien entendu que c’est là un cas extrême. Une hypothèse doit pourtant toujours être faite lorsqu’on est en face d’un malade natif des Poissons – ou dont le thème comporte des valeurs Poissons très valorisées : un Poissons mal aimé peut vraiment tomber malade pour qu’on s’occupe de lui, et l’on a alors affaire à des troubles d’autant plus confus qu’ils sont d’ordre psychosomatique. Le Poissons mal aimé, ou qui croit l’être, espère ainsi attirer l’attention de son entourage – souvent d’ailleurs inconsciemment ! Il ne faut donc jamais, notamment dans le cas d’un enfant Poissons, écarter cette hypothèse. La maladie va souvent avoir sur le Poissons des résonances importantes car s’il est des malades qui savent se soigner, ce n’est pas son cas. La maladie va le décourager, et il risque de s’y enfoncer sans savoir comment s’en sortir. Il consulte en général beaucoup de médecins mais change constamment de traitement, ce qui bien entendu ne favorise pas son rétablissement rapide. Il y a aussi parfois dans la maladie une fuite des responsabilités, la maladie étant alors ce qui lui permet d’échapper au quotidien de la vie..

Soigner un malade Poissons, c’est d’abord soigner son psychisme car le Neptunien, qui vit au seuil de l’inconnu, a un psychisme fragile. Même s’il connaît sa fragilité, il ne peut pas toujours lutter contre elle. Sa sensibilité est parfois morbide, et l’errance de l’âme le conduit vers les enlisements les plus obscurs du psychisme. Dans ce climat de noyade, nous trouvons aux Poissons des êtres qui se sont engloutis dans l’alcool, ou cherchent dans l’ivresse des stupéfiants l’oubli et quelques paradis chimériques où ils vont échouer ; et, naufragés de la vie, écrasés par des désirs immenses qu’ils ne peuvent satisfaire, ils fuient ainsi leurs responsabilités et cherchent de cette façon un abri qu’ils n’ont pas su se bâtir.

Le Poissons est, selon Rudyar, le signe du courage et de la foi ; car il lui en faut beaucoup pour lutter chaque jour contre vents et marées et ne pas se laisser happer par cet inconscient qui menace toujours de l’engloutir. Le Poissons, s’il n’a pas trouvé un but exaltant, perd l’espérance et use ses forces vitales dans cet état qui est celui de l’intoxiqué où il s’étale, se complaît, car il a le sentiment d’échapper au monde dans tout ce qu’il reflète pour lui de médiocre… Il est certain que de tels Poissons ne pourront s’en sortir que s’ils trouvent autour d’eux des idéaux à la mesure de leurs aspirations (religieuses, artistiques ou mystiques), qui leur permettront de se forger un abri intérieur et d’utiliser alors Neptune non plus de façon négative mais positive. N’oublions pas que le revirement des Poissons est toujours imprévisible, dans le bon sens, comme dans le mauvais.

Neurasthénie et délire de persécution

Le Poissons est souvent attiré par l’occultisme, par le spiritisme, mais il doit s’en méfier. Boris Pâque cite l’exemple de cet écrivain occultiste, Stanislas de Guaita : « Ses expériences avec les forces obscures finirent par lui coûter la vie ; né le 6 avril 1861 à 5 heures, il avait au signe des Poissons la Lune, Mercure et Neptune qui était en même temps le maître de l’Ascendant. »

Aux confins du monde, comme sa nébuleuse planète, le Poissons peut perdre pied avec le réel et s’enfoncer dans la folie. Ce fut le cas du célèbre danseur Vatslav Nijinski qui, né le 28 février 1890 à Kiev, finit sa vie dans un asile psychiatrique. Il peut sombrer également dans la neurasthénie ou souffrir d’asthénie. Mais il ne faut jamais négliger un état dépressif chez un Poissons car il peut très vite s’enfermer dans une espèce de délire de persécution.

Il est certain que le psychisme d’un Poissons est un psychisme qu’il faut éduquer : la relation des glandes endocrines avec le système nerveux n’est plus à démontrer.

Lymphatisme et consomption

En général, on peut rattacher à Neptune les problèmes glandulaires : là encore ce sont souvent des maladies difficiles à cerner et délicates à traiter. De tempérament lymphatique, le Neptunien pin- a tendance à manquer un peu d’énergie ; et l’on a avec Neptune ces natures languides et anémiques qui, autrefois, se mouraient de « consomption ». N’oublions pas que les voies respiratoires, et les bronches principalement, sont particulièrement fragiles chez le Poissons car ce signe est en croix avec l’axe GémeauxSagittaire et, pour peu qu’une dissonance importante existe dans le thème, nous rencontrons les Poissons que l’on disait autrefois « poitrinaires ». Tel fut le cas notamment de Chopin.

L’axe ViergePoissons est l’axe des consomptions et aussi celui des maladies intestinales ; par opposition avec le signe de la Vierge qui lui fait face, on a souvent aux Poissons une mauvaise assimilation, des troubles digestifs. Mais surtout, notamment si l’on a affaire à un Poissons jupitérien de type sanguin, le foie est paresseux et malmené, engorgé ; alors, tous les troubles hépatiques menacent le Poissons. Si Neptune correspond en général aux états chaotiques, et gouverne plutôt les maladies psychologiques, Jupiter, avec sa tendance pléthorique, entraîne évidemment les troubles du foie. Aux Poissons apparaissent également les problèmes de poids. Le natif ou la native des Poissons, à dominante jupitérienne, doit se battre pour ne pas grossir ! Les maladies de la nutrition sont alors fréquentes, notamment les maladies biliaires et le Poissons jupitérien devra surveiller sa vésicule biliaire. Alors que le Neptunien est un lymphatique, le Jupitérien est un hypertendu. Il mange beaucoup trop, et devra subir des tendances congestives du foie, des débordements biliaires, des coliques hépatiques ; s’il a des poussées de sang à la tête, la circulation sera à surveiller. Avec une sous-dominante vénusienne, on peut voir apparaitre, outre les troubles nutritionnels (avec obésité et cellulite), des oedèmes et toutes les éruptions et maladies de peau (Saturne sera alors dissonant).

Boris Pâque a noté à juste titre que les manifestations rhumatismales étaient fréquentes chez les natifs des Poissons, et qu’elles pouvaient entraîner des déformations. Dans la symbolique traditionnelle, les extrémités correspondant au signe des Poissons, ce sont les pieds et les mains qui pourront souffrir plus particulièrement de ces déformations rhumatismales. Les Poissons vont très souvent être amenés à consulter un pédicure ou, en cas d’accident, ils seront plus fréquemment atteints aux pieds que les natifs des autres signes.

Se soigner par la plante des pieds

Selon les psychanalystes, le pied aurait une signification phallique. En tout cas, aux Poissons et surtout aux Poissons à dominante vénusienne (VénusNeptune notamment), certains astrologues attribuent une prédisposition mentale au « délire érotico-mystique ». Boris Pâque évoque à cet égard « les Poissons et les poisons de volupté »… On peut aussi parler ici de fétichisme. La plante des pieds n’est-elle pas en quelque sorte une projection en miniature de chacun des organes de notre corps. Ce que redécouvre aujourd’hui la médecine, les Chinois ne l’ignoraient pas. On peut, selon ces nouvelles méthodes thérapeutiques, soigner et soulager certains maux en massant l’organe correspondant sous la plante du pied (cette méthode de massage des zones dites réflexes est appelée « réflexologie »). Il convient aussi de noter que ces massages des pieds sont extrêmement recommandés, de toutes façons, aux Poissons auxquels ils apportent une impression de détente et de relaxation. Ces massages sont très en vogue aux États-Unis notamment, où la méthode connaît un vif succès.

« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses », disait déjà Épictète.

Que peut faire un Poissons pour bien se porter ? Tout d’abord, marcher beaucoup et s’aérer. Il doit aussi, pour retrouver son tonus, se nourrir avec des aliments contenant de l’iode ; les fruits de mer sont particulièrement bons pour sa santé. En cas d’anémie, c’est le phosphate de calcium qui lui est conseillé, mais aux Poissons correspond le phosphate de fer. Selon le docteur Schussler, le sel, et notamment le sel marin, est excellent pour lui ; le chlorure de magnésium, selon André Barbault, « peut protéger des tumeurs à caractère diffusant correspondant au signe ».

Il faut remarquer que l’importance de Neptune et de Jupiter apparaît dans la prolifération anormale de cellules, en particulier dans les kystes, les maladies de la peau, etc., et que la prise en considération des facteurs psychiques dans l’étude des tumeurs malignes a été notée, notamment par le professeur Bahnson en Allemagne ; fréquemment elles se manifestent dans un système hormonal défaillant. Nous savons que les dérèglements hormonaux et glandulaires relèvent souvent de Neptune. C’est donc un symptôme à ne pas négliger.

Nous constatons également que des épreuves répétées finissent par miner un être et que le Poissons, dont la sensibilité est extrême, ressent très fortement les chocs moraux et les chocs physiques, dont d’ailleurs il risque parfois de ne jamais se remettre complètement. Ajoutons que le Poissons est très sensible à ce que l’on appelle dans la vie moderne le « stress ». Son extrême émotivité le rend nerveusement assez vulnérable. Il a par bonheur une manière de s’absenter qui lui permet de ne pas toujours être là quand l’événement est trop dur à supporter. De toute façon, c’est en s’évadant – cette fois, au vrai sens du terme – que le Poissons retrouvera son équilibre. Le bord de mer est alors l’endroit idéal. La mer le fait replonger littéralement dans son élément, d’où « exaltation de ses réactions de défense », comme le dit André Barbault. Notons que la Tradition a de tout temps attribué certaines contrées à chaque signe. Aux Poissons elle attribue les régions voisines des rivages maritimes : la Normandie, le Portugal, la Galice, régions auxquelles on peut ajouter toutes les îles – terres « Poissons » par excellence.

Partir, l’appel du large, est d’ailleurs un leitmotiv cher au Poissons. « Fuir ! là-bas fuir », lançait Mallarmé dans un poème célèbre (Brise marine). Et Mallarmé était bien sûr Poissons.

Le Poissons et son Apparence

Comment peut-on reconnaître un Poissons ? C’est incontestablement une chose difficile, car s’il y a un certain « air de famille » entre deux Poissons, la symbolique même du signe est celle du flou, de l’insaisissable. Le Poissons est difficile à cerner. Néanmoins, si sa rencontre reste un peu mystérieuse, c’est peut-être à ce mélange d’indolence et d’énergie voilée qu’on le reconnaît. Démarche étrange de cet être qui semble souvent perdu dans les brouillards de ses rêves. Air évanescent, regard perdu dans le lointain, quelque peu absent, voilà un être qui se laisse porter au fil de l’eau. Un charme naturel, une douceur certaine se dégagent de cet être à la démarche ondoyante, un peu traînante. Ses gestes sont inachevés, rarement violents. Il avance sans heurt. Il flotte autour de lui une sensualité vague qui n’est pas sans charmer. Mais le fait est que, s’il s’agit d’un homme, cela n’accentue pas sa virilité. Aux Poissons, nous avons le type même du « héros romantique ». Voilà bien un personnage qui n’a rien à voir avec un héros du Far-West. Ce n’est pas le cow-boy qui s’avance l’air assuré ; ce n’est pas non plus le superman des bandes dessinées. Encore moins le « gros dur » qui règle ses comptes à coups de poing.

Notre Poissons, mystérieux, étrange, est un être un peu irréel. Il est certain qu’il y a chez le Jupitérien beaucoup plus de fermeté que chez le Neptunien. C’est à leur silhouette que nous allons les distinguer.

La silhouette du Jupitérien apparaît comme beaucoup plus rassurante. Son allure est empreinte d’une bonhomie calme. Il est « arrondi », bien dans sa peau. Le Neptunien, au contraire, est beaucoup plus inquiétant. On le sent mal à l’aise, on sent chez lui une certaine langueur. Mais on ne trouve pas cette lourdeur propre au Jupitérien. En général, avec Jupiter, le Poissons est plus robuste. Il est « enrobé », « ramassé » et il se dégage de lui une certaine autorité, même si elle est alliée à beaucoup de gentillesse !

La silhouette du Poissons neptunien est mince, élancée. C’est un Poissons longiligne (Alain Chamfort). En cela, il s’oppose nettement au Jupitérien. Mais, comme lui, avec l’âge, il se laisse facilement envahir par l’embonpoint. La femme Poissons jupitérienne, sirène dans sa jeunesse, perd souvent complètement ses formes sveltes avec l’âge: Elle prend une allure imposante et respectable. Et pour cause… Dans les deux cas, la gourmandise n’est pas leur moindre défaut et l’inflation jupitérienne, les débordements de Neptune n’arrangent rien…

Le Poissons ne s’impose jamais. S’il entre dans une pièce, il ne le fait pas brutalement. On le remarque à peine. Il n’accroche pas immédiatement le regard, mais il le retient et, ensuite, il trouble. Il étonne par son mystère : on baigne avec lui dans un climat d’étrangeté qui surprend. De type neptunien ou jupitérien, il y a toute une gamme de Poissons.

Le type neptunien

Le Neptunien des Poissons appartient au type rétracté défini par le docteur Corman. C’est un rétracté idéaliste. Il fait partie de ceux qui « refusent la réalité dans l’apparence concrète où elle se présente à eux et lui substituent l’idée qu’ils s’en font ». En fait, type mixte par sa réceptivité et sa insibilité, c’est un type « réagissant ». Les récepteurs sont ouverts, notamment les yeux. Le cadre du visage est mince. Sa sensibilité est des plus vives et il l’extériorise sans retenue.

Chopin, natif des Poissons, incarne parfaitement ce type de Neptunien. Ce n’est pas un être actif puisqu’il s’agit, en effet, d’une nature rêveuse. C’est un être qui manque de sens pratique ; le quotidien l’ennuie. Il est attiré par le mystère ; ses facultés d’intuition sont largement avantagées, mais il ne sait pas toujours en tirer parti. Comment réagit-il aux stimulations du milieu ? Ce « rétracté », de structure « gracile », se laisse pénétrer par toutes les influences du milieu (récepteurs ouverts). S’il manque d’efficacité pratique, c’est que c’est un affectif. L’étage affectif, partie médiane du visage, est important. L’expansion se fait essentiellement dans ce domaine. Souvent apparaît chez ce type neptunien une sous-dominante vénusienne. Pour cette raison, André Barbault a fait morphologiquement du Neptunien un dilaté. Mais ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’à Neptune vient s’ajouter une note saturnienne qui s’inscrit dans le « resserrement » de la Maison XII, nous avons affaire à un Poissons nettement allongé. Les angles sont prononcés, l’ossature est saillante, le cadre étroit. La bouche est fine, les lèvres, parfois même, sont rentrées. Le nez est osseux, sec. Les yeux sont enfoncés. C’est une nature spéculative, s’isolant facilement, menant une vie assez retirée, ayant souvent un travail indépendant. C’est quelqu’un qui se spécialise dans un domaine souvent occulte et qui s’attache. C’est là son choix : son « domaine d’élection ». Il s’apparente au type sentimental, mais d’une façon plus « introvertie ».

Dans cette catégorie de Poissons souvent marqués, répétons-le, par Saturne, on peut classer un Poissons exemplaire : Charles-Quint, Ascendant Capricorne, donc Saturnien. Son visage est celui d’un ascète. Le poète allemand Johann Christian Friedrich Hôlderlin qui, meurtri par la réalité de la vie, hanté par le vide divin, se réfugia dans le monde de l’imaginaire, et écrivit entre deux éclairs de lucidité ses merveilleux poèmes métaphysiques, était un Poissons saturnien. Rappelons que la maladie, nous l’avons déjà dit, est souvent un refuge Poissons. L’être s’enferme alors dans sa Maison XII, Maison de la réclusion, maison de l’hôpital selon la Tradition. Il fuit alors la vie. Dans ces composantes saturniennes, la note neptunienne, mystique, oriente la vie vers une ascèse, vers la solitude. Hôlderlin était, lui aussi, une longiligne comme Chopin.

Lorsque Vénus s’unit à Neptune la silhouette change. Cette dominante adoucit les formes, les arrondit, tout en conservant au corps une certaine finesse, notamment au niveau des attaches.

Avec Vénus en Poissons apparaît un visage plus rond. Les courbes aussi sont plus douces. Au « dilaté », ce type emprunte certains traits : mâchoires arrondies avec un angle mandibulaire estompé. Menton arrondi, souvent porteur d’une fossette, la bouche est grande (récepteurs ouverts). Avec des « lèvres épaisses et vermeilles, tendres et volontiers entrouvertes dans un sourire qui découvre les dents », le natif des Poissons a souvent ce qu’on appelle les « dents du bonheur », c’est-à-dire des dents légèrement écartées. Son nez, de taille moyenne, est bien proportionné. Son profil est droit, le front, d’une seule venue, est arrondi. Les yeux sont grands, largement ouverts, d’expression douce. Les sourcils dessinent, à fine certaine distance, un arc régulier et sont séparés l’un de l’autre par une zone calme, sans bosse et sans rides. Telle est la description que donne du Vénusien le docteur Corman, et elle correspond bien au type du Poissons vénusien. Etre qui ne cherche pas à maîtriser le monde, mais à s’y adapter. Doué d’une grande réceptivité, d’une aptitude particulière à vibrer aux impressions, à sympathiser, à communier avec l’entourage, tel est ce type de Poissons.

Natures profondément vénusiennes, célèbres pour leur beauté, quelques très belles femmes du monde du cinéma illustrent parfaitement ce type vénusien des Poissons : Liz Taylor, Pascale Petit, Valérie Lagrange, Michèle Morgan, et la fougueuse Ursula Andress, pour n’en citer que quelques-unes. Parmi les hommes, Boris Vian, André Pieyre de Mandiargues répondent au type neptunien, plus mince, plus inquiétant, plus romantique, à l’allure fragile et mystérieuse. La bonté se lit sur le visage du Poissons Einstein. Le pouvoir d’accueil, la compréhension des autres, sur celui de René Coty, président de la République, qui céda le pouvoir au général de Gaulle en 1958. C’était un natif des Poissons : Jupiter se profile, à l’arrière-plan de Neptune.

Le type jupitérien

Morphologiquement, le Poissons jupitérien, plus massif, moins osseux, est doté d’un certain embonpoint. Son visage est large, enveloppé. La mâchoire est solide, les joues pleines. Les angles sont bien marqués, mais arrondis. Le menton est parfois… double. Les récepteurs sont larges et très ouverts, notamment la bouche et les yeux. L’expression du visage est souriante. Le modelé est arrondi mais avec de légères rétractations : c’est là un homme bien adapté à la vie en société, bienveillant, enjoué, un être souriant, à la poignée de main chaude. Optimiste, nous avons vu que c’était un « sanguin », dans le classement d’Hippocrate. Le visage de la Jupitérienne des Poissons perd un peu de sa finesse. Il est plus carré : Svetlana Staline illustre ce type de Poissons.

Mais c’est peut-être à son regard qu’on reconnaît le Poissons. Qu’il soit de type neptunien ou jupitérien, ses yeux transparents, troublants, frappent. Ils sont parfois légèrement globuleux. Le regard est étrange, perdu dans le lointain, noyé dans un rêve ; un regard qu’on n’oublie pas. Maurice Privat a dit : « Le regard du Poissons a la transparence glauque de la mer. » C’est celui de Michèle Morgan, de Liz Taylor ; transparent, paraissant noyé dans la brume, troublant, émouvant, à travers des cils immenses qui le font paraître encore plus mystérieux, il est une invitation au rêve, au voyage, un appel, le reflet d’une âme : charme du Poissons qui s’insinue lentement mais dont on garde la mémoire. Comme sa voie, tendre et douce, qui n’a pas les accents rauques du Scorpion, mais qui envoûte. On se laisse prendre à la magie de la voix, à ses accents, musique qui transparaît dans les phrases les plus banales. Comme l’a noté Joëlle de Gravelaine, le film Hiroshima mon amour a dû sans doute une partie de son succès à la voix d’Emmanuelle Riva. On se laisse prendre au chant des sirènes…

Le signe et sa présentation

Il existe un Poissons raffiné, à l’élégance faussement décontractée : celle des romantiques du XIX’ siècle, par exemple. C’est un Poissons neptunien auquel nous avons alors à faire. Mais en général, le Poissons se moque de son habillement. Ce qui lui importe, c’est d’être bien dans ses vêtements. Il ne s’intéresse pas tellement à la mode, il suit son goût. Ce qui « se fait » lui importe peu. Si un vêtement lui plaît, il l’adopte. Pour cette raison, le Poissons n’a pas une élégance stricte. Il n’a peut-être pas le bon goût de la Vierge. Il mélange les couleurs, s’habille avec moins de sobriété. L’élégance vestimentaire d’une femme Poissons n’a rien à voir avec l’excentricité d’une femme Verseau. Elle s’habille « hippy » par décontraction, non par principe. Elle change d’ailleurs souvent de style. La mode actuelle lui sied bien. Ses vêtements sont généralement flous, amples. Elle attache plus d’importance à la couleur, au tissu qu’à la forme. Elle aimera les colliers et les colifichets, les breloques. Mais il n’y a pas chez elle la simplicité vestimentaire d’une Capricorne. Les hommes Poissons s’habillent comme bon leur semble, d’une façon extrêmement décontractée, eux aussi. Ils adoptent le plus souvent le style « pull-over ». Ils ont horreur de la cravate, et se soucient d’ailleurs peu de leur mise. Mais n’oublions pas qu' »un beau désordre, a dit le poète, est un effet de l’art ». Ce laisser-aller est souvent apparent ; ne nous méprenons pas, le Poissons reste un homme de goût. Et pour peu qu’une influence vénusienne intervienne, c’est un raffiné qui se cache sous cette apparente simplicité.

Il existe des dominantes qui varient avec l’Ascendant, nous l’avons vu précédemment, et la tenue vestimentaire du Poissons n’échappe pas à cette règle.

Ascendant en signe de Feu : Nous aurons un Poissons à l’allure quelque peu virilisé, aux vêtements plus sportifs. Avec l’Ascendant Bélier, tenue vestimentaire audacieuse. Avec l’Ascendant dans le signe du Lion, nous aurons un habillement raffiné, plus strict. Avec l’Ascendant dans le signe du Sagittaire, le ton général sera désinvolte et l’allure résolument « naturelle ».

Ascendant en signe de Terre : Le Poissons sera, au Taureau, beaucoup plus enclin à surveiller sa ligne. Épanoui, il s’habillera en mettant en valeur son corps. Sa tenue vestimentaire sera colorée, chatoyante. Et la femme PoissonsTaureau aimera les bijoux, les fourrures, et voudra mettre en valeur sa glorieuse féminité, usant, abusant de tous les artifices que la mode permet. Avec l’Ascendant dans le signe de la Vierge, la tenue vestimentaire sera beaucoup plus « chaste », plus modeste, mais toujours harmonieuse. Avec un PoissonsVierge on n’aura à craindre ni l’excentricité, ni le mauvais goût. Classicisme et sobriété. Avec un Ascendant Capricorne, sobriété accrue. L’essentiel sera d’avoir de la classe. La tenue vestimentaire sera plus sévère, mais elle gardera un 1 certain charme. Les fautes de goût seront évitées, la tenue sera extrêmement soignée.

Ascendant en signe d’Air : La tenue s’aère, elle est plus »floue ». Les vêtements bougent avec le corps. Avec l’Ascendant dans le signe des Gémeaux, décontraction, jeunesse. Avec l’Ascendant dans le signe de la Balance, le natif sera plus « coquet ». La silhouette sera souple, élégante, la démarche aérienne. Les reins seront bien cambrés. La justesse du geste, l’élégance de la démarche donneront à ce natif des Poissons une sorte de distinction naturelle. Avec l’Ascendant dans le signe du Verseau, le Poissons sera assez excentrique. Sa démarche sera nerveuse, un peu sautillante. Il avancera dans la vie l’air naïf, étonné. Les gestes seront un peu plus brusques. Il arrivera à ce Poissons de marmonner tout seul. Les pommettes hautes et saillantes, le nez presque parfait, la bouche bien dessinée, le corps mince, il portera, avec audace, des bijoux extravagants, exotiques ou barbares, sans se départir d’un air « angélique ». Le corps restera d’apparence gracile, fragile.

Ascendant en signe d’Eau : Ascendant Cancer, notre Poissons aura tendance à grossir et sera très gourmand. Sa silhouette tendra à s’empâter rapidement. Il somnolera facilement le soir devant la télévision. Il s’achètera des gourmandises, des bonbons, des gâteaux qu’il grignotera, et se lèvera la nuit pour prendre quelque chose dans le réfrigérateur. Il est évident qu’il se souciera peu de sa silhouette. La femme PoissonsCancer sera beaucoup plus fragile, beaucoup plus menue. Elle aura un air de femme-enfant. A moins que, bien en chair, mère heureuse, épanouie, elle ne prenne des allures de « matrone »… Avec l’Ascendant dans le signe du Scorpion, le Poissons sera plus rablé, plus musclé. Allure un peu inquiète, mais ne manquant pas d’assurance. C’est un être d’un magnétisme certain. Qui plaît et le sait. Regard sombre. Il exerce une sorte de fascination sur son entourage. La femme Poissons Ascendant Scorpion aura un grand impact de séduction. Même si elle est laide, elle est de celles que l’on dit belles. On dira d’elle qu’elle a « du chien ». Le Poissons Ascendant Poissons, qu’il soit maigre et neptunien ou « gros », c’est-à-dire jupitérien, évoluera avec mystère : il sera déroutant et fuyant. Même s’il n’est n’est pas toujours d’une élégance parfaite, on sera indulgent pour ses faiblesses. Mais il traversera la vie un peu sans vous voir. Il sera, souvent, à « mille lieues » de vous lorsque vous lui parlerez. Perdu dans son univers intérieur, ses absences le font s’arrêter en plein mouvement. Il pourra très bien mettre son chandail à l’envers, et ne vous étonnez pas s’il porte un jour des chaussettes de couleur différente. La femme Poissons sera, elle, plus raffinée car elle désire plaire. Mais il y aura dans ses gestes un côté inachevé, une hésitation perpétuelle. Jeune, elle aura des allures de sirène. Plus tard, si elle prend quelques kilos, elle n’en sera pas moins attirante malgré une certaine placidité.

Les Astromariages de la Femme Poissons

Femme Poissons et homme Bélier

Voilà l’extrême féminité, l’infinie douceur de la dame Poissons pliant devant l’impulsivité dominatrice et fougueuse du Bélier : comment vont-ils s’accorder ? Très bien. Encore le mystère des extrêmes qui se touchent… Bien que l’Eau soit réputée ne pas convenir au Feu, notre actif et impatient Bélier trouve son équilibre dans le climat enveloppant et passionnel de cette sirène.

Mais elle ? Qu’il n’oublie jamais, cet homme sportif et combatif que la femme Poissons est une femme romanesque. Si l’ennui se glisse dans ce couple, elle s’enfuira. Rien ne la retiendra. La liaison fracassante de la belle Ursula Andress (Poissons) avec Jean-Paul Belmondo (Bélier), et leur rupture qui le fut tout autant, signale à ce couple passionné les écueils à éviter !

Femme Poissons et homme Taureau

C’est un couple très harmonieux car ils sont liés tous les deux par Vénus, planète de la chair. L’attirance physique est en général très grande entre eux. Par ailleurs, la vision du Taureau étant une vision matérialiste tandis que la vision du Poissons est une vision floue et trouble, ils s’appuient donc forcément l’un sur l’autre ; leur couple peut être une réussite totale. C’est le cas pour une femme Poissons qui rencontre un homme Taureau. Il la décharge de tout le côté pratique et prosaïque de la vie qui ne lui plaît guère. Son mari est alors un compagnon fidèle et rassurant dont elle ne saurait plus se passer. Telle est le cas du couple de Michèle Morgan, femme Poissons, et de Gérard Oury marqué par le signe du Taureau. C’est une union solide, ferme, qui repose sur des valeurs sûres et a de fortes chances de résister aux tempêtes de la vie.

Femme Poissons et homme Gémeaux

La femme Poissons est une énigme pour Monsieur Gémeaux. Leurs sensibilités se heurtent, l’un et l’autre s’égratignent mutuellement. L’humeur changeante des Gémeaux parvient-elle à saisir l’ambiance mystérieuse, floue, incertaine, dans laquelle vit la femme Poissons ? Ce n’est pas certain ; et tout cela peut conduire le couple à une désagrégation, d’autant plus que la tendresse du Poissons est débordante, envahissante, alors que celle du Gémeaux est toujours réservée, retenue, pudique, et qu’il livre difficilement son cœur. On voit que ce sont là, vraiment, deux univers très difficiles à concilier… Il faudra pour ce faire beaucoup d’amour et de patience… à tous deux !

Femme Poissons et homme Cancer

L’amour d’une femme Poissons et d’un homme Cancer, c’est peut-être l’amour idéal ; si tant est qu’il y ait un amour idéal ! C’est, en tout cas, un amour d’une qualité rare, et une entente presque parfaite, à la fois physique et spirituelle. Et l’on peut évoquer ici le couple inoubliable et parfaitement uni que formèrent quelque temps, car ensuite la mort les sépara, Liz Taylor et Mike Todd. Si la vie les sépare, elle ne l’oubliera jamais. Il restera pour elle l’homme idéal, tendre, et l’amant dont elle avait rêvé.

Femme Poissons et homme Lion

Le couple femme Poissons et homme Lion se forme brutalement. Le Lion, lorsqu’il rencontre la femme Poissons, s’enflamme et n’a de cesse de la conquérir. Mais dans cet amour, cette fois, c’est la femme qui est subjuguée et elle va tout faire pour, littéralement, l’envoûter et l’ensorceler. Union peut-être aussi plus facile à harmoniser que celle du couple inverse. Toutefois, là encore, le côté « carré« , autoritaire, de son compagnon restera toujours un peu hermétique à la nature ondoyante et mystérieuse de la femme Poissons.

Dans un tel couple, nous retrouvons l’alliance de l’Eau et du Feu, de la fixité et de l’extrême réceptivité, de l’extrême adaptabilité : ce sont là incontestablement deux personnalités très différentes.

Le Poissons et le Lion peuvent arriver à une entente véritable mais il leur faudra beaucoup de patience et d’amour. Ils formeront alors un couple qui se complétera admirablement. Qu’il y ait un certain goût pour le sacrifice masochiste chez la femme Poissons, et que le Lion sache particulièrement bien l’exploiter, c’est possible… En tout cas, on ne peut pas ne pas évoquer ici la tragédie de Mayerling, où la petite baronne Marie Vetsera (native des Poissons, avec une sous-dominante Scorpion) suivit son amant l’archiduc Rodolphe jusque dans la mort. Les amours, tout aussi dramatiques, de Claretta Petacci et de Mussolini illustrent le drame du sacrifice et du dévouement de la femme Poissons qui, lorsqu’elle appartient à un homme, se donne totalement et le suit dans tout ce qu’il entreprend .

Femme Poissons et homme Vierge

Madame Poissons sera souvent excédée par sa froideur, par son manque de tendresse, par ses critiques permanentes et blessantes et aura beaucoup de mal à le supporter, c’est certain.

C’est un couple dont les failles sont probables, mais qui peut s’unir dans une passion commune, dans une réalisation partagée. Ce fut le cas de Valentina Terechkova qui, après avoir tourné quarante-neuf fois autour de la Terre dans un Vostok VI, se maria deux ans plus tard avec le colonel Nicolaev, cosmonaute soviétique. Mais il faut noter que c’est grâce à un Poissons, Youri Gagarine, qu’elle vécut réellement la grande expérience cosmique du premier vol dans l’espace sidéral. Passion commune, telle est peut être la solution pour deux signes dont les univers sont si différents. Pourtant, comme l’a fait remarqué André Barbault, « leur unité serait un accomplissement transcendant » !

Femme Poissons et homme Balance

Leur couple peut manquer de consistance. Ils vivent ensemble sans se dire l’essentiel. Le désir de ne pas peiner l’autre, la peur des affrontements, leur font fuir les discussions. Leur liaison (ou leur union) peut durer dans un climat imprécis, vague, où tout reste un peu flou, jamais dit… Si elle apprécie son tact, elle ne peut s’empêcher de le trouver un peu trop hésitant. Ce n’est pas elle qui le brusquera, mais ils risquent, s’ils n’y prennent garde, de se retrouver un jour face à face, parfaitement étrangers l’un à l’autre.

Femme Poissons et homme Scorpion

C’est un amour toujours insolite, souvent pervers, parfois étrange, qui débouche sur un monde érotique plein de sensations fortes où deux êtres vont se déchirer, dramatiser, se blesser, et faire de leur amour un tourment commun et de leur couple une union au bord de la démesure, de la passion. Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Scorpion, ils s’enfoncent ensemble dans un univers étrange et trouble qui les lie chaque jour davantage : l’univers sadomasochiste. S’aiment-ils, se haïssent-ils ? La passion les tenaille jusqu’aux entrailles ; et, en général, c’est au lit qu’ils se retrouvent vraiment ! Couple torturé et torturant, souvent destructeur, tel celui de Liz Taylor, Poissons, et de Richard Burton, Scorpion. Passion dévorante, liaison, amour… toujours vécus avec une certaine démesure.

Femme Poissons et homme Sagittaire

Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Sagittaire, elle est vulnérable à ses élans et elle entre dans le climat de ferveur où il l’entraîne aussitôt. Là encore, d’un côté, il y a ardeur, feu ; de l’autre, c’est le flou, l’indécision ; il ne manquera pas de se produire des frictions entre deux êtres à la sensibilité aussi différente. C’est un couple qui peut s’unir pourtant pour défendre une cause, pour réaliser un programme ; et la femme Poissons acceptera d’être un peu bousculée dans sa sensibilité si elle se rend en quelque sorte utile à son mari. Mais c’est généralement un couple qui a du mal à se maintenir : ils se fatiguent mutuellement et refont souvent leur vie chacun de leur côté.

S’ils se rencontrent après 35 ans, passé l’ivresse des découvertes, le Sagittaire assagi, calmé, est devenu un être jovial et alors peut s’accommoder d’une femme Poissons, finalement assez souple, plutôt soumise, qui lui apporte la sérénité à laquelle il aspire enfin. Disons donc qu’en général ces unions sont plus solides à l’âge de Jupiter, c’est-à-dire à l’âge de la maturité (troisième boucle de Jupiter : 35-36 ans).

Femme Poissons et homme Capricorne

La femme Poissons, lorsqu’elle rencontre un Capricorne, l’épouse en général assez vite car il lui paraît solide et rassurant, mais elle se sent souvent un peu seule auprès de ce compagnon renfermé, avec lequel elle communique mal. Peu démonstratif, le Capricorne refoule sa sensibilité et offre à sa femme une vie assez monotone, sans grandes sorties, sans grandes réjouissances, où les soirées sont silencieuses et où l’on vit dans une atmosphère sérieuse, un peu rigide même, mais finalement sécurisante pour la femme Poissons.

Le couple est en général stable, et la sécurité que lui apporte Monsieur Capricorne n’est peut-être pas tout à fait étrangère à la solidité de ce couple qui divorce rarement et qui vit, entouré de ses enfants, de façon assez paisible ; mais ce n’est peut-être pas toujours un couple très épanoui sensuellement. Les risques d’infidélité de la femme Poissons ne sont, alors, pas exclus.

Femme Poissons et homme Verseau

Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Verseau, elle sait respecter son côté indépendant et comprend assez facilement qu’il a horreur de se sentir « oiseau captif », aussi belle et aussi dorée que soit la cage dans laquelle on l’emprisonne. Et puis, leur union est toujours auréolée de merveilleux, et le Verseau sait par là entraîner son épouse dans l’univers magique qui lui convient. Ce n’est pas un être routinier et terne et, de plus, ce qui ne gâche rien, elle aime en lui cette intelligence et cette vivacité d’esprit qui lui attirent toutes les sympathies.

Elle partagera avec lui ses occupations, ses rêves, ses amitiés. Elle sait, tout en étant présente, préserver sa part d’indépendance. Leur vie restera pourtant souvent instable, trop saccadée pour elle. Bref, angoissante pour une femme Poissons qui a par-dessus tout besoin d’être sécurisée… Mais ça peut durer, si leur accord est charnel d’abord, mais aussi spirituel. Les partenaires finiront par communier de façon spontanée surtout s’ils collaborent ensemble à quelque cause, s’ils s’épaulent mutuellement.

Femme Poissons et homme Poissons

Il y a aux Poissons cette valeur d’infini et d’éternité, ce don de soi qui favorisent la perception de l’amour comme une éblouissante révélation que deux âmes vont se faire l’une à l’autre. Mais il est non moins certain que deux natures profondément émotives, romanesques, qui vivent dans ce monde de l’inflation sentimentale, ne sont pas faites pour la vie quotidienne et qu’on retrouve là le risque de s’abandonner aux chimères, à l’illusion, aux songes, et de ne pas faire face de façon positive aux réalités de la vie.

Un tel couple, s’il se réalise (car bien souvent l’un des deux Poissons prend la fuite et s’en va à l’autre bout du monde), peut finalement n’avoir réellement aucun sens pratique. Couple bohème, étrange, qui vit entouré de sa nombreuse famille (le Poissons adore les enfants) dans un univers mystérieux pour son entourage. Vie à deux, aux contours imprécis d’ailleurs, formule énigmatique pour leurs proches, dans laquelle nos deux Poissons sont, eux, parfaitement à l’aise et où, finalement, ils se retrouvent. Peut-on conclure : vivre à deux est toujours une entreprise difficile ? Nous avons tous des sensibilités différentes. Il faut pour qu’un couple dure (ne parlons pas d’un « ménage », un « couple » c’est autre chose), beaucoup d’amour. Mais c’est un saint qui nous donne peut-être la meilleure recette : « Dans le régime des âmes, disait saint François de Sales, il faut une tasse de science, un baril de prudence et un océan de patience… »

Les Astromariages de l’Homme Poissons

Homme Poissons et femme Bélier

C’est un couple que l’on rencontre fréquemment, comme l’inverse. La nature fougueuse, passionnée et, en même temps, inconditionnelle de la dame Bélier convient à l’idéaliste homme des Poissons qui recherche une communion très profonde, presque mystique avec la femme qu’il aime. Mystérieusement, l’Eau des Poissons et le Feu du Bélier s’accordent ici dans un échange dynamisant, peut-être parce que la femme du Bélier, conquérante et séductrice, est à la fois soumise, violente et peut être l’esclave de l’homme qu’elle aime s’il répond à son enthousiasme. Leurs rapports sont romanesques souvent, intenses toujours… et peuvent durer. Ce fut le cas de la liaison de Victor Hugo (Poissons) avec Juliette Drouet (Bélier, Vénus en Poissons). Une rencontre amoureuse exceptionnelle, de toute façon.

Homme Poissons et femme Taureau

L’alliage parfait est ici plus difficile : l’homme des Poissons vit dans le flou, le non-dit, la femme du Taureau est plus matérialiste. Elle a besoin de savoir de quoi seront faits ses lendemains. Ferme, décidée, tenace, voire têtue, elle pourra aider le Poissons à se fixer et à se stabiliser, mais il lui faudra beaucoup de diplomatie car leurs caractères sont vraiment très différents ; et c’est probablement elle qui prendra en main les rênes du foyer… L’homme Poissons appréciera l’univers sécurisant qu’elle sait créer autour d’elle. L’attirance physique sera très forte entre eux.

Homme Poissons et femme Gémeaux

C’est un amour un peu difficile car le Poissons et le Gémeaux sont sur deux longueurs d’ondes différentes. L’un trouve l’autre un peu ridicule : leurs sensibilités se heurtent. S’ils n’ont pas un rapport de complicité très grand, leur couple sera des plus fragiles. Le Gémeaux n’est pas toujours. compris par le Poissons qui est beaucoup moins cérébral. L’un et l’autre risquent très vite de s’ennuyer… L’un adore le bruit, l’autre préfère le silence. Il est certain que l’intimité, dans un tel couple, n’est pas toujours très réussie.

L’homme Poissons qui rencontre une femme Gémeaux peut avoir la tête qui tourne rapidement car, plutôt réservé, il se trouve en face d’une femme qui le fascine. Mais le couple ne s’équilibrera pas pour autant facilement ; à moins qu’ils ne parviennent à faire régner entre eux un climat d’amitié qui satisfera peut-être dame Gémeaux mais pas pour autant Monsieur Poissons… Vie trépidante, vie intérieure, voilà vraiment deux univers difficiles à unir. L’aventure matrimoniale de Françoise Sagan, Gémeaux, avec Bob Westloff, natif des Poissons, illustre les difficultés de ce couple qui joue souvent un peu à « cache-cache ».

Homme Poissons et femme Cancer

C’est l’une des plus belles constellations amoureuses du Zodiaque et c’est, pour le Poissons, l’entente merveilleuse, quasi miraculeuse, la communion charnelle et spirituelle, l’indulgence réciproque, la sensibilité en commun. La chaude affection, la douceur maternelle de la femme Cancer sied à l’homme Poissons. Elle crée autour de lui une ambiance tendre et chaude. Ils se comprennent à demi mot. Souvent, la femme Cancer joue alors un rôle quelque peu maternel. Ce fut le cas de l’amour de George Sand, Cancer, pour son « petit Chopin », Poissons. Elle disait en parlant de lui : « Mon chippe, ma chipette », et elle associait dans une même tendresse ceux qu’elle appelait « ses enfants », c’est-à-dire son amant et ses enfants.

Homme Poissons et femme Lion

C’est l’amour entre deux êtres très différents et l’univers flou du Poissons comprend mal le côté fixe et rayonnant du Lion, mais aussi un peu tranchant, manquant de nuances ! Le Poissons paraîtra également au Lion trouble, bizarre, voire très incompréhensible, car il lui semblera souvent qu’il ment, alors que pour ce dernier il ne s’agit que d’arranger la vérité, de la travestir pour en oublier le côté parfois irritant, agaçant, pénible, trop brutal. Et pourtant, le Lion va fasciner le Poissons, il va l’ensorceler et le Poissons cédera à cette attirance irrésistible. Le Poissons admirera le Lion. Mais jusqu’où cette admiration l’emportera-t-il ? Parfois, le Poissons sera en quelque sorte « choisi » par la femme Lion. De toute façon, le moins qu’on puisse dire est, qu’en général, dans ce couple, il y a des rapports de force et de soumission que le Poissons accepte assez bien. Mais il n’est pas certain pour autant que ce soit le Lion qui commande vraiment…

Disons que, bien souvent, le Poissons s’organise alors une petite vie très agréable, à l’ombre de dame Lion. Mais ne concluons pas que le Poissons ne fait pas ce qu’il veut dans ce genre de couple. Celui de Sacha Guitry, natif des Poissons, et d’Yvonne Printemps, Lion, démontre bien, si besoin est, qu’il existe aussi des Poissons tyranniques… Faut-il rappeler que Sacha Guitry, séducteur, casanova, n’eut pas moins de cinq épouses…

Homme Poissons et femme Vierge

Avec la Vierge, nous sommes là dans des amours très différentes, dans des amours beaucoup plus méthodiques, beaucoup plus organisées, où la passion ne paraît pas tenir toujours une grande place, où tout est classé, ordonné. C’est ce cadre peut-être un peu « étriqué » qui va emprisonner un homme Poissons amoureux d’une femme Vierge, mais il appréciera son efficacité et il saura reconnaître ses qualités incontestables de maîtresse de maison. C’est pourquoi finalement le couple sera stable ; car si la femme Vierge l’agace par ses menues critiques, il s’en accommodera, trouvant finalement que cette vie est, somme toute, assez confortable… Mais nulle trace ici de passion !

Homme Poissons et femme Balance

C’est un amour tout en demi-teintes et tout en harmonie ; fait d’attentions, de discrétion, de retenue. Un amour, qui, pourtant, est parfois trop hésitant, qui flotte ; il faut, en général, pour qu’il se concrétise vraiment, quelque chose d’autre entre de tels être, que des valeurs de Feu ou des valeurs de Terre viennent appuyer leur thème. Sinon, la vie amoureuse risque de flotter dans une espèce de climat tendre et charmant mais où aucune résolution ne sera finalement prise ! S’ils parviennent à concrétiser leurs rapports, leur vie peut être un modèle d’équilibre, d’harmonie, d’entente.

Homme Poissons et femme Scorpion

Les amours d’un homme Poissons avec une femme Scorpion sont peut-être apparemment plus calmes que celles d’un Scorpion et d’une dame Poissons, mais elles ne sont pas pour autant sereines (Renato Salvatori, Poissons, et Annie Girardot, Scorpion). L’univers aquatique, mouvant et trouble dans lequel ils vivent, reste très sadomasochiste. C’est certain, mais ils ont énormément de points communs et c’est souvent un couple uni qui recherche en permanence les situations paroxystiques, les climats passionnels et déchirants, les conflits torturés et douloureux. Ils se réunissent et se retrouvent vraiment dans la relation physique qui joue un rôle très puissant entre eux. Malgré les orages qu’ils semblent avoir plaisir à provoquer, ils sont très profondément complices. Face au monde extérieur, leur union est fortement cimentée par des liens secrets qui les attachent mystérieusement, charnellement, l’un à l’autre.

Homme Poissons et femme Sagittaire

C’est un amour généreux, enthousiaste et si Jupiter les réunit parfois dans un idéal commun, celui des voyages, celui du dépaysement, celui de l’évasion, il n’en reste pas moins que la vie d’un homme Poissons près d’une femme Sagittaire n’est pas de tout repos. Elle n’accepte pas ce qu’elle considère comme une certaine mollesse. Elle aime les choses claires, nettes, et ne comprend pas toujours l’univers nébuleux dans lequel vit son mari, qui lui paraît d’ailleurs un peu casanier. Les nuances sont pour elle des dérobades !

Homme Poissons et femme Capricorne

Lorsqu’un Poissons rencontre une femme Capricorne, il trouve en elle une compagne silencieuse, réservée, mais qui pour lui manque peut-être un peu de passion. C’est d’ailleurs un couple assez sévère qui peut trouver son équilibre dans ce calme. Union un peu taciturne quand même pour un Poissons. La femme Capricorne est ferme, lucide, réaliste et le Poissons sait qu’il a besoin d’elle. Il se fie à elle ; c’est elle qui finira par gérer tout dans la maison. Il sera le poète, elle sera la « gardienne du foyer », sécurisante et « maternante ». Union un peu grave mais qui a des chances de durer.

Homme Poissons et femme Verseau

Le couple PoissonsVerseau est plein de fantaisie, a des idéaux communs, et se retrouve dans un certain désir d’oeuvrer dans une même direction. C’est un couple qui vit entouré d’amis, un couple très jeune et très gai. L’amour d’un homme Poissons pour une femme Verseau risque de le faire un peu souffrir car c’est une femme affranchie, indépendante, décidée, et le ménage n’est pas de tout repos. Philippe Lemaire et Juliette Gréco illustrent ce type de couple PoissonsVerseau qui parfois ne tient pas longtemps.

Homme Poissons et femme Poissons

Deux Poissons ensemble ? Est-ce concrètement possible ? Incontestablement, voilà deux êtres qui sont faits pour vivre ensemble dans la mesure où ils vivent réellement dans les mêmes sphères. Mais est-ce réalisable sur le plan de la vie commune ? Ce sont deux êtres qui trouvent ensemble, au sein de leur foyer, un refuge et la paix. Mais les étrangers qui entrent dans un tel univers sont surpris par leur manière de vivre. On a vu parfois des Poissons faire ensemble un travail indépendant, par exemple des artisans, des commerçants, des gens qui travaillent chez eux. Ce peut être une excellente solution de toute façon.

Mais il leur restera toujours une part de rêve ; ce pouvoir poétique, cette ferveur qui est en eux leur permettra de ne pas toujours voir les difficultés, de même que leurs « absences » peuvent leur permettre de conserver chacun un monde à eux, ce dont ils ont besoin. C’est un couple qui ne s’étouffe pas, qui peut réussir à trouver l’harmonie et qui communie souvent dans un même idéal, avec d’ailleurs un même regard sur la vie.

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Si dans la description du signe solaire sont déjà apparus certains traits marquants de la personnalité, il n’a pu s’agir là que d’une première approche qu’il nous faut maintenant dépasser. De ces « fragments » va sortir un être « global », fait de la somme des aspects et des tendances : un être vivant, souvent contradictoire aussi. Pour dresser un profil psychologique valable, il est indispensable de connaître l’Ascendant.

Le signe solaire ne peut prétendre être un portrait fidèle pour chacun d’entre nous. Il ne saurait, en aucun cas, refléter la personnalité tout entière d’un individu. Un thème est un tout. Connaissance unifiée, l’astrologie, dont le mode de pensée est analogique, ne peut être que « globalité » du ciel. L’Ascendant va révéler ce qui sera essentiel dans la progression dynamique de notre vie, la cohésion ou l’éclatement de notre personnalité. Parler d’astrologie sans évoquer la puissance intérieure de l’être, c’est tout faire, sauf de l’astrologie.

Le signe solaire est le « fil conducteur » d’un thème, il donne à tous les natifs d’un même signe un certain « air de famille ». Si vous êtes natif des Poissons, vous avez dû retrouver ici un certain nombre de traits de votre caractère, voire le fond de votre personnalité. De cette « toile de fond » se dégagent, c’est vrai, des traits communs, mais elle n’est « vous » que de très loin. Le Zodiaque et le thème permettent d’aller beaucoup plus loin, de saisir la globalité d’un être, d’appréhender dans ce « composé humain » ce qui fait la richesse de chaque âme et sa merveilleuse potentialité. Tout ciel est « à vivre »…

Le signe solaire est une prise de conscience de ce vers quoi le natif tend, vous avez dû le reconnaître dans les pages précédentes. Si tel n’est pas le cas, c’est que votre thème est probablement très peu Poissons : il arrive, en effet, que des personnes soient marquées de façon beaucoup plus profonde par un autre signe que leur signe solaire. Mais il faut alors se poser une question : ne se pourrait-il pas que la raison en soit tout simplement psychologique ? On doit se demander s’il ne s’agit pas là d’un « masque » inconscient que le natif jette sur sa personnalité profonde. On se cache littéralement à soi-même, et par là même aux autres, parce qu’on n’a pas développé certains aspects de sa nature véritable dont on se méfie, ou que l’on préfère ignorer, par manque d’affirmation de soi ou difficulté à exprimer sa vraie nature, incapacité à se relier au monde environnant que l’on fuit en se cachant. Bref, il s’agit alors d’une mauvaise compréhension de sa nature profonde que l’on cherche à rejeter plus ou moins inconsciemment.

Or, tout le problème de la vie est, justement, de s’accepter et, se connaissant, de tirer le meilleur parti de ses possibilités afin d’aller de l’avant, de progresser. Le refus de s’assumer entraîne un blocage au niveau de l’évolution, une régression de l’âme et de la vie. Destin et personnalité sont une seule et même chose. Il arrive à un être ce qu’il est. Refuser d’être ce que l’on est, c’est se paralyser, ne pas pouvoir évoluer.

Avec l’Ascendant, votre thème se précise, s’individualise. Il existe, selon l’Ascendant, douze façons d’être Poissons. Selon cette « faculté réceptive de base », chaque Poissons orientera sa vie dans une certaine direction. Il n’envisagera pas les événements de la même façon, les choses l’affecteront différemment.

Natifs des Poissons, c’est en fonction de votre Ascendant que vous vous ouvrirez au monde. Vous vous affirmerez sur le mode Poissons, mais votre besoin d’expansion trouvera son expression par le canal de votre Ascendant. L’Ascendant sera le signe par lequel vous exprimerez vos sentiments personnels, vos impressions. Ce sera aussi la manière dont vous vous présenterez aux autres. Pour connaître la façon dont vous allez orienter votre vie, il faut examiner votre signe solaire et votre Ascendant, car celui-ci est l’un des principaux facteurs constituant votre « Moi », ce grand principe intérieur qui commande à tout l’être.

L’Ascendant, reflet de votre propre individualité, va exprimer le principal affrontement de votre existence. Il sera la « griffe », la signature de votre ciel. Poissons, c’est à travers la puissance de votre « Moi » que l’on pourra voir la façon dont vous surmontez vos problèmes, et que l’on pourra définir votre puissance d’accueil. C’est à l’Ascendant que l’on jugera la force de concentration d’un être ou sa dispersion. Là sera la raison de son acceptation ou de son refus. C’est par l’Ascendant que l’être pourra entrevoir ce qu’il peut développer en lui. Maintenir l’être dans sa personnalité mais lui permettre de se transformer en s’épanouissant, telle est la double exigence de la vie. Et l’Ascendant, en cela, va nous éclairer.

Ainsi, l’Ascendant va montrer au Poissons le chemin de sa réalisation. A travers lui apparaîtront sa puissance de combat, sa force, sa faiblesse, sa résistance aux épreuves et la façon dont il les traversera. Découvrir l’Ascendant, c’est démêler l’écheveau de la vie, c’est retrouver, à travers ce fil d’Ariane de notre psyché, la clé de l’âme. Selon que votre Ascendant va se trouver dans un signe de Feu et de combat, dans un signe de Terre et de réalisation, dans un signe d’Air, d’échanges et de contacts, dans un signe d’Eau, d’intuition et de réceptivité, votre thème sera différent.

Poissons Ascendant Bélier

L’Ascendant a des affinités avec le dynamisme de Mars. La fougue du Bélier donnera au Poissons une vigueur qui surprendra son entourage. Voilà un Poissons qui ne va pas vivre dans les demi-teintes. Il s’enthousiasmera, il s’enflammera. Que ce soit pour un être, pour un idéal, ou pour une idée, suivant sa dominante planétaire (vénusienne, jupitérienne ou neptunienne), il « foncera ». Il ira parfois se perdre, c’est certain, dans quelque folle chimère. Mais il fera, au départ, preuve d’une grande énergie. Il y aura en lui un mélange de courage spontané, d’impulsion martienne, de combativité pleine d’enthousiasme, voire d’agressivité. Puis des revirements, des replis soudains, un véritable enlisement, qui paraîtront d’autant plus étranges à son entourage qu’ils seront imprévisibles. Situation alors typiquement « Poissons« . Vie pleine d’audace, puis d’hésitations. Parfois à contretemps… Elans et reculs alterneront chez un tel être, donnant souvent une conduite contradictoire. Mais s’il trouve sa voie, dans un sacrifice à une cause, à un idéal, ou à un rêve, alors il est sauvé ! Un rêve : comment donner un autre nom à la folle passion de Juliette Drouet ? Maîtresse de Victor Hugo, elle eut pendant un demi-siècle, pour cet amant toujours absent, une passion dévorante, inconditionnelle. Amour qui la réduisit en esclavage, servitude dans laquelle elle vécut jusqu’à sa mort, mais qui, en fait, transfigura sa vie. Comme l’a écrit André Maurois : « Elle accepta, par ivresse mystique de la rédemption amoureuse, non seulement avec gaîté mais avec reconnaissance. » On trouve ici le thème de l’amour-dévotion, de l’amour-rédemption, de la résignation et de l’abnégation bien Poissons, sur un fond d’engouement et de ferveur intense, avec un goût du tout ou rien, si cher au Bélier. N’est-ce pas là le thème de l’enlisement dans un vertige ? Les accents de cette amoureuse sont d’ailleurs les mêmes que ceux de sainte Thérèse d’Avila, composante PoissonsBélier, qui elle aussi sera tout « embrasée d’amour de Dieu », selon ses propres termes. Composante créative, s’il en est, que celle du Poissons Ascendant Bélier ou du Poissons ayant une forte composante Bélier. Un autre exemple est celui du savant Einstein : c’est en se heurtant aux conceptions de ses maîtres qu’il brisa la conception de l’Univers qui prévalait depuis Newton, mais il était profondément « pacifiste » quoique « sans illusion ». Homme d’une grande bonté et d’une grande sagesse, il représente cette dualité PoissonsBélier.

Dans le domaine artistique, une telle composante donne naissance à des oeuvres fougueuses. C’est le cas de la composition musicale du Poissons Ascendant Bélier, Arthur Honegger. Sa musique symphonique est d’inspiration nettement religieuse ; les valeurs neptuniennes apparaissent dans Jeanne au bûcher notamment, musique écrite sur un texte de Paul Claudel. Souffle mystique que l’on retrouve aussi dans le Cantique des Cantiques… Avec un même enthousiasme fougueux, un tel Poissons, ne restant pas inactif, pourra se dévouer, voire se sacrifier pour une cause. Dévouement et engagement : Gorki, écrivain russe, Bélier, grâce à un amas très important (dont Jupiter) aux Poissons, se pencha avec une ardeur vibrante sur la misère du peuple russe à la fin du XIXe siècle. Ce n’est pas une composante modérée, mais au contraire passionnée, qui peut mener à une mystique vécue. Dans la vie quotidienne, cette structure n’est pas facile à vivre. Le natif porte en son ciel une étrange contradiction. A la fois énergique et docile, le Poissons ascendant Bélier rêve de soumission et refuse de se soumettre. Querelleur et batailleur, il voudrait se sacrifier, mais sans se plier. Individualiste, il n’aime pas « rendre des comptes » (côté Bélier), mais il aimerait être conciliant (côté Poissons) car il aspire à une communion avec les autres (ou avec l’autre). Il aura souvent du mal à harmoniser des tendances aussi peu semblables, quelque peine à trouver l’équilibre, à réaliser la « voie du milieu » pour reprendre l’expression du Tao… Rappelons que cette composante valorise souvent la Maison XII qui se trouve alors aux Poissons. L’union PoissonsBélier permet d’extérioriser la vie secrète. La réussite, dans ce cas, est liée à la Maison XII. Souvent insaisissable, difficile à comprendre, un tel être ne manque ni de charme, ni de présence, ni de chaleur humaine ; mais il apparaît souvent incompréhensible à son entourage, ou du moins très déconcertant… Le peintre surréaliste Félix Labisse, Poissons Ascendant Bélier, signait ses toiles d’une empreinte magique mais affirmait, avec une formidable énergie et un enthousiasme persuasif, la vie du subconscient. Ce qui lui donnait une extraordinaire aptitude à créer un monde imaginaire et lui conférait, en même temps, un esprit visionnaire. Il arrive souvent qu’on ne reconnaisse pas les deux aspects de cette nature riche et profonde, toute en contrastes. On ne voit pas l’autre face du personnage. S’il peut apparaître comme un être paisible, sa vie, en réalité, est rarement de tout repos. Il trompe son monde… Sous le masque d’une apparence mystérieuse et calme, il brûle d’un intense feu intérieur que l’eau des » Poissons n’éteint pas (Rosa Luxembourg).

Poissons Ascendant Taureau

Voilà un être au charme envoûtant, à la nature profondément sensuelle. Il a la tête sur les épaules, et sait garder son sang-froid. Il a besoin d’une certaine sécurité et sait la préserver. Tempérament voluptueux, cette configuration signe, effectivement, un natif à la nature pleine de sensualité et donne à la vie amoureuse un caractère intense. Les fluctuations conjugales sont en général fréquentes, les amours multiples. La vie de ce Poissons se déroule au rythme de ses passions successives. Lorsqu’il s’agit d’une femme Ascendant Taureau, on a la « grande amoureuse », qui ne supporte pas la solitude et a besoin d’aimer. Son érotisme est envahissant, l’amour est l’essentiel de sa vie. Femme au cœur multiple, elle plonge et replonge d’un amour dans l’autre avec une disponibilité totale qui surprend l’entourage. L’éblouissement, l’enchantement du nouvel amour, effacent le souvenir de l’ancien. Ce que la veille, elle adorait, aujourd’hui n’a plus aucune prise sur elle ; elle lui échappe. Personnage cherchant à concilier son amour du plaisir et une certaine stabilité, c’est un être doué d’une chance matérielle réelle. La valorisation de Vénus, charnelle et palpitante, dans un cadre PoissonsTaureau, donne une vie féconde. Féconde en amour, féconde en argent, féconde en enfants. Le cas de Liz Taylor, Poissons Ascendant Taureau, est éloquent.

Quant à l’homme PoissonsTaureau, voilà quelqu’un qui ne s’écarte pas du réel. S’il se bat pour une cause, c’est une cause concrète; mais il a des buts généreux. Ainsi, le PoissonsTaureau George Washington lutta pour une cause fraternelle. Une telle configuration est extrêmement positive, puisqu’elle associe des valeurs de Terre, concrètes, à des valeurs d’Eau, fécondes. Elle donne une sensibilité Poissons aux contours beaucoup plus précis et une note en général plus terre-à-terre… La présence de planètes lentes en Taureau modifie, nous le rappelons encore une fois, le thème. Dans les années de la guerre, 1941-1942 notamment, la conjonction SaturneUranus en Taureau, qui a marqué toute une génération, apparaît souvent comme un accumulateur d’énergie (Uranus) et donne aux natifs des Poissons une note beaucoup plus indépendante. En effet, Uranus, dans ce cas la planète la plus lente de l’amas, indique un certain refus des contraintes. Il y a donc pour les Poissons marqués à la fois par le Taureau et par Uranus une contradiction intérieure profonde entre un refus des normes et un besoin des normes. De toute façon, avec un Ascendant Taureau, il y a une obstination chez le Poissons, une nature plus renfermée, plus secrète, plus déterminée aussi. Volonté, patience, prudence qui n’apparaissent pas toujours dans les démarches de la vie du natif mais que l’on retrouve en général dans la grande ligne de conduite de son existence et dans le but qu’il poursuit.

Poissons Ascendant Gémeaux

Joue-t-il la comédie, est-il sincère ? Charmant, insaisissable, impossible, tel un funambule sur son fil, le Poissons Ascendant Gémeaux, tour à tour sentimental et rêveur, indécis, instable, influençable, vit la tête dans les nuages. Oscillant sans cesse entre une attitude mondaine et un repli solitaire, il a l’air souvent un peu égaré dans la vie. Paresseux ? Il l’est sans doute. Plutôt dilettante, voire velléitaire car il lutte par à-coups. Intelligent, sensible, intuitif, pourquoi ne s’impose-t-il pas mieux ? Peut-être tout simplement parce qu’il change d’avis. Il a vraiment du mal à s’affirmer. Il est indécis, tiraillé ; il ne s’y retrouve pas lui-même. Il triche avec les autres ; il triche avec lui-même aussi, peut-être. Il a de la chance : le signe des Poissons, sous notre latitude, est au Milieu-du-Ciel. C’est un signe de réussite. Il est doué pour bien des choses mais ne va pas jusqu’au bout. Persévérera-t-il ? Rien de moins sûr. Artiste, fantaisiste, c’est un touche-à-tout.

La verve malicieuse du Gémeaux, son attitude mordante et ironique, son sens de l’humour et son esprit critique masquent le Poissons en lui. Le chansonnier Pierre-Jean Vaillard, Poissons Ascendant Gémeaux, a utilisé sur scène cette extraordinaire faculté d’adaptation que donne la configuration : mimétisme, intelligence critique et subtilité, en pleine lumière sur les tréteaux et au théâtre. Mais ne s’efforce-t-on pas, avec un tel aspect, de « rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer »? Enfin, l’extrême mobilité finit par devenir de l’instabilité. Voilà un Poissons qui ne tient pas en place. Sans cesse en mouvement, il est illogique, capricieux. Mercure est la planète du Moi. Si l’Ascendant est mal aspecté, il peut y avoir de sérieuses erreurs de jugement, et même une certaine confusion sur le plan mental, une sorte de dispersion également… Il peut manquer de rigueur• mentale ou du moins se laisser entraîner dans des expériences préjudiciables à son équilibre psychique. Il se lance dans des spéculations hardies.

Sur le plan de l’action, ses hésitations sont extrêmement préjudiciables à une réalisation à long terme. Sur le plan de la santé, il faut noter que le système nerveux est particulièrement fragile de même que les voies respiratoires. Comme ce PoissonsGémeaux vit à cent à l’heure et refuse systématiquement de s’ennuyer, il risque aussi de craquer plus facilement. Cette configuration peut amener des dépressions soudaines dont le natif aura parfois du mal à se remettre aussi rapidement qu’il le souhaiterait.

Poissons Ascendant Cancer

C’est une nature presque féminine à force d’intuition, d’émotivité, de sensibilité. C’est un être perméable à l’ambiance, qui vit dans un monde évasif. Rêveur, romanesque, il a un côté fleur bleue. Sa vie est mouvante comme la mer, instable, chaotique. Il n’a aucun sens pratique. Il vit dans son monde à lui, accroché à ses rêves, à son enfance, à ses souvenirs. Signe de la Lune, signe de l’enfance, de la maison, de la famille, de la mère, le Cancer, lorsqu’il s’allie au Poissons, donne incontestablement une configuration plus facile à vivre pour une femme que pour un homme. On a, de toute façon, avec un thème de ce genre, une nature un peu lymphatique qui rêve d’évasion et reste accrochée à son passé. L’être a souvent un côté enfantin qui persiste même à l’âge mûr. Un tel Poissons ne sera jamais tout à fait un adulte. Le PoissonsCancer vit dans son propre univers intérieur. Il n’aime pas se battre. Et pourtant, dans sa vie professionnelle, il manifeste souvent beaucoup d’énergie. En effet, le Milieu-du-Ciel, sous notre latitude, est en Bélier lorsque l’Ascendant d’un Poissons est au Cancer. Cela lui permet d’être finalement plus « accrocheur ». Mais il peut, par paresse ou par goût du confort, par goût de la facilité, refuser la bataille. A la limite, il perd pied avec le réel et se laisse envahir totalement par des chimères. Tel le peintre Modigliani qui avait cette configuration : composante Poissons, dominante Cancer. Sensibilité extrême, affectivité intense, rêveries sans fin : c’est au niveau de la vie, un Poissons « dans la lune », rêveur (Einstein était connu pour ses « absences » ; on lui parlait : il était « ailleurs »).

Poissons Ascendant Lion

Voilà encore une composante où deux natures bien étrangères, Feu et Eau, coexistent tant bien que mal. Mais avec une telle structure, tout ce qui flotte, tout ce qui est incertain, est caché. C’est la présence solaire qui s’impose ; c’est la nature volontaire et rayonnante qui apparaît au premier abord, et sa réussite. D’où le besoin du natif d’être estimé ou admiré… C’est, incontestablement d’ailleurs, une structure de réussite. Elle peut se manifester sur le plan matériel : sous notre latitude, un Ascendant Lion donne, en général, une Maison VIII en Poissons. Cette Maison VIII valorise l’axe de la possession. C’est en tout cas le thème d’un Poissons ambitieux. Une certaine part de vantardise n’est pas exclue ; mais un tel Poissons va vouloir s’imposer, aussi sera-t-il convaincant ; il ne craindra pas la lutte, il n’aura pas « froid aux yeux ». Utilisera-t-il les qualités neptuniennes pour réussir, ou s’imposera-t-il par son autoritarisme Lion ? Il est certain que si Jupiter est important dans son thème, on aura affaire à un être qui s’accomplira non pas dans un sacrifice, plus ou moins héroïque, mais bien plutôt au niveau le plus concret : au niveau de la matière. A l’extrême, ce type de Poissons, insatiable, utilisera son thème dans un seul sens : celui de la 132 Inspiré par les structures de la musique classique, Arthur Honegger les dépassa en optant pour une voie ornementale, proche du romantisme allemand, qui le distingua des autres compositeurs du début du siècle. conquête de l’argent, par tous les moyens. « Poissons-requin », sa chance pourra être insolente. Il agira parfois immoralement. Ses aspirations auront un gigantisme certain. Citons pour exemple Antoine Guérini, né le 2 mars 1902 à 15 heures, en Corse, à Calenzana. Il ne correspond pas (l’analyse du thème global s’impose) à tous les Poissons Ascendant Lion mais, néanmoins, relève d’un certain type que l’avidité matérielle mène : il devient le gros manitou de la prostitution et empreinte au Lion son aspect de businessman (mais dans l’univers de la prostitution et des bas-fonds). Avec une telle composante le Poissons « surcompense ». N’a-t-il pas tendance à se composer une attitude trop Lion, trop forte, et, par là même, à se montrer sous un jour qui n’est pas tout à fait le sien ? C’est possible, car il y a dans ce thème une pointe de bluff. Il cherchera, ou du moins il en donnera l’impression à assumer parfaitement ses angoisses ;et ce n’est qu’à travers une épreuve qu’il se montrera tel qu’il est, car il y aura toujours une façade dans son comportement. Le Soleil étant la planète du Surmoi, c’est donc un être un peu rigide qui a souvent des principes. C’est aussi quelqu’un de fixe, de solide ; plus solide, en tout cas, que ne l’est en général le Poissons. Mais il est conservateur, et en cas de rupture d’un contrat, d’une union, de procédure de divorce, ce sera pour lui une épreuve qu’il vivra dramatiquement (du fait de ses principes)… Avec Neptune, ce sera un Poissons plus idéaliste, moins concret aussi. Tourné davantage vers une réalisation spirituelle, et plus seulement matérielle. La composante PoissonsLion est une composante souvent « occulte » ; de nombreux Poissons Ascendant Lion s’intéressent aux phénomènes parapsychiques, à la parapsychologie, à l’occultisme également…

Mais, attention !

La présence d’une planète à l’Ascendant en modifie le sens. A titre d’exemple, disons qu’à la fin de la guerre, dans les années 1947-1948, avec la conjonction SaturnePluton qui se trouvait alors à l’Ascendant, dans le signe du Lion, on avait soit des valeurs de solitude saturnienne, soit des valeurs de métamorphose plutonienne ; et des destins qui furent marqués par ce rythme de Saturne et de Pluton. La Maison VIII, valorisée par l’Ascendant Lion, mettait l’accent plus fortement sur Pluton : planète des crises et des métamorphoses de l’âme comme de la vie, elle donne un Lion plus angoissé, plus compliqué. Mais elle permet à l’être de se renouveler totalement, de se transformer, et de transformer totalement sa vie (cycle de SaturnePluton de trente-trois ans avec des demi-cycles d’environ six à sept ans). Pluton en Lion entre 1939 et 1958, Neptune en Lion entre 1916 et 1929 et Uranus en Lion entre 1955 et 1962, ont donné trois aspects différents à ces différentes générations. Ceux qui ont une planète lente à l’Ascendant auront une vision différente des choses. Avec Uranus en Lion, on peut s’attendre à une certaine intransigeance (nouvelle génération qui monte). Avec Pluton, les valeurs d’angoisse et de métamorphose sont extrêmement puissantes. Si c’est Neptune qui est en Lion, il permet de capter les choses avec une intuition exceptionnelle, parfois « visionnaire ».

N’oublions pas que Neptune en Lion y est en « exaltation » ; le signe donne une vision majestueuse et imposante aux perspectives de la planète et l’intuition du natif est accrue. Souvent on a des dons de guérison et des pouvoirs médiumniques. On trouve par ailleurs beaucoup d’artistes et de peintres ou de photographes qui ont Neptune en Lion, à l’Ascendant. La magie du rêve imprègne toute l’oeuvre de l’écrivain André Pieyre de Mandiargues, qui fut l’un des continuateurs de l’âge d’or du surréalisme. « La poésie comme l’art est inséparable de la merveille. Elle est domiciliée dans l’espace émotif et ne peut vivre ailleurs. »

Poissons Ascendant Vierge

Deux mondes totalement différents cohabitent chez cet être. L’un est un monde flou, irrationnel, étrange et mystérieux. L’autre est un monde précis, rigoureux. La Vierge aspirera à sécuriser le Poissons ; elle y parviendra dans la mesure où elle tend à ériger certaines barrières, certaines limites. L’être cherchera constamment à se rassurer contre lui-même, contre les autres. Cette attitude n’est pas sans créer des préjugés, des contraintes. Avec une telle configuration, le Poissons peut tirer profit de son Ascendant et acquérir plus de rigueur, être plus logique. Mais il souffre parfois d’un manque de confiance en lui. Si les dissonances sont importantes sur l’Ascendant, on a alors une certaine difficulté à surmonter les pressentiments, les idées noires. La vision mercurienne de la Vierge paralyse ; il arrive alors que le Poissons, qui se perd dans les détails, se noie dans un verre d’eau. Moralisateur en même temps qu’amoral, c’est un personnage qui peut être tour à tour pingre et généreux, intuitif et buté, voire borné ; il se limite lui-même dans son expansion. Il cherche à organiser sa vie au maximum. Il se marie généralement plusieurs fois, par besoin de confort, par commodité, plus que par amour fou. Il a d’ailleurs souvent une vie parallèle. Façon confortable et quelque peu égoïste de s’organiser une vie sans problèmes en respectant les apparences.

Entre 1930 et 1943, la présence de Neptune en Vierge a renforcé les qualités d’intuition. Le besoin du Poissons d’être utile et le sens de l’organisation de la Vierge ont pu être mis au service d’un art, d’une vocation (professions médicales ou para-médicales, par exemple). Bien que Neptune soit en exil en Vierge, il a pu modifier favorablement l’aridité du signe, élargir les horizons spirituels ou intellectuels, permettre, peut-être, de secouer certains tabous et l’immobilisme un peu conservateur du signe, ainsi que son conformisme restrictif et étroit. Avec Uranus, sans doute, le Poissons gagne une certaine rigueur logique qui lui faisait défaut, mais il acquiert aussi un sectarisme et une forme d’intransigeance plus grande. Entre 1958 et 1972, la génération Poissons qui a l’Ascendant en Vierge est marquée par cette planète ; et également par Pluton qui passait alors en conjonction, phénomène assez rare puisqu’il ne se renouvelle que tous les cent dix à cent vingt ans. Les enfants nés à cette époque seront loin d’avoir la souplesse des Poissons. Il s’en faudrait de beaucoup qu’ils soient aussi coulants que la Tradition le dit généralement. Cette configuration donne une certaine habileté manuelle et facilite l’orientation vers des domaines techniques et scientifiques. La présence de Pluton en Vierge, signe de Terre, peut faire que le natif du signe soit attiré particulièrement par tous les problèmes d’aménagement du futur, notamment par l’écologie.

Poissons Ascendant Balance

C’est la configuration même de la gentillesse et de la conciliation. Mais c’est un peu celle d’un être qui manque de caractère, car c’est aussi la configuration de l’indécision. Tout ce qui est hésitation, flottement, incertitude va se trouver amplifié avec un tel thème. C’est la configuration du sourire. Un PoissonsBalance est le plus sensible et le plus compréhensif des amis. Il est, dans la vie de tous les jours, le plus conciliant des êtres. Il préfère reculer plutôt que crier ; il a horreur des scènes et des cris, mais a tendance à se laisser dominer, écraser ou exploiter. Il prend un certain recul à l’égard du monde et de ses rudesses. Il se laisse trop souvent « manoeuvrer » par les autres. Il manque de combativité. C’est un être vulnérable, impressionnable mais à qui la vie ne fait pas de cadeaux. Sa vie est mobile, mouvante, car il ne s’impose pas assez. Très nuancé, il est excellent pour tout ce qui relève d’un contact avec le public. Il a du charme et il le sait. Ce sont généralement des êtres pour qui la vie affective est essentielle, avec lesquels les rapports sont infiniment agréables. Toujours à la recherche de l’harmonie, mais trop émotifs, trop sensibles, réceptifs à l’extrême, ils ont du mal à ne pas se laisser envahir par le découragement, et perdent facilement confiance en eux. Il faut qu’ils soient stimulés, par un enthousiasme ou par un amour, pour être efficaces. En général, ils sont dans la vie conjugale des époux ou des épouses charmants, pleins de tendresse et de compréhension, mais hélas, très volages. La génération de 1943 à 1957 a été marquée par Neptune en Balance qui s’est trouvé conjoint à Saturne entre 1952 et 1953. Cette double signature planétaire a donné une double stimulation : celle de Neptune a apporté l’hyper-réceptivité ; celle de Saturne a resserré et paralysé, parfois de façon austère, tout ce que Neptune avait capté et ressenti. Élément d’inquiétude, élément d’indécision, de tensions intérieures, cette conjonction influence donc fortement la Balance et donne un affrontement de l’âme : tentée par l’infini et l’immensité, elle se sent en même temps bridée et réprimée. Faut-il voir dans une telle configuration la clé de cette fuite dans les paradis artificiels, de ce refus de vivre et de cette noyade que constitue la drogue et qui a attiré beaucoup de jeunes nés dans cette période ? De toute façon, les PoissonsBalance ont besoin de s’affirmer et de se sentir sûrs d’eux. Ils sont beaucoup trop hésitants, manquent de volonté, ne sont pas armés pour la lutte. Ils risquent de se laisser dominer par des êtres plus volontaires qu’eux et de voir leur existence littéralement paralysée par leur entourage. Leur délicatesse, leur sens de l’indulgence et la richesse de leurs sentiments, leur ouverture d’esprit leur attirent de nombreux amis. Ils ne seront de toute façon jamais seuls. Et Vénus devrait leur permettre de retomber en définitive sur leurs pieds.

Poissons Ascendant Scorpion

Personnalité secrète, mystérieuse, étrange, tour à tour agressive et rêveuse, le Poissons-Scorpion est un être qui agit instinctivement. Il a besoin de s’incarner dans une réussite manifeste. Fût-ce au prix de tractations, de luttes d’influences, fût-ce par des chemins tortueux. Il n’est pas très facile à vivre. Il a du magnétisme et du charme, mais ses revirements déconcertent. Avec lui, nous pénétrons dans un univers inquiétant, trouble et tourmenté où les remous intérieurs s’amplifient. Les passions acquièrent une véritable démesure. Il semble que l’être ne pourra se mouvoir qu’à travers de grands déchirements, ou de grands maux. Les sentiments sont tragiques, la passion démesurée, les aspirations étranges, les attraits morbides. Hanté par quelque image hallucinatoire, véritable monstre venu de l’inconscient, c’est un être qui ne peut sortir de sa souffrance une fois qu’il y est entré : elle le ravage, elle le détruit, il s’identifie à elle. Citons pour exemples Georges Bernanos et le grand poète Edgar Poe. Avec cette configuration, l’être peut vivre aux frontières du délire. Son pouvoir émotif est intense. Il peut le conduire au bord de la vision. Tel le Poissons Ascendant Scorpion Camille Flammarion, qui écrivit : « L’idée mystérieuse de l’infini qui nous entoure […] éveille une pensée qui est une source de mélancolie en même temps qu’une source de pures jouissances. » Jouissance, mélancolie, mystère, voilà bien des thèmes que l’on retrouve dans les destins PoissonsScorpion. Il y a toujours dans ces thèmes une ampleur extrême. Avec les PoissonsSagittaire, nous avons des prêtres, avec les Poissons neptuniens, nous avons des mystiques, avec les plutoniens, nous avons des voyants, des médiums. Une configuration semblable se trouvait dans le thème du grand voyant Edgar Cayce. Dans le cas du poète Victor Hugo, on retrouve à la fois les flots envahissants de Neptune et le visionnaire, la sensibilité et le don de prescience, les drames et les angoisses, l’inspiration et l’obsession du mal, de la mort, de la souffrance. Sexualité puissante aussi, érotisme très fort qui transparaît dans cette composante « magnétique ».

Neptune était en Scorpion entre 1956 et 1970. Il a été pour la génération de 1968 le signe de la révolte, de l’insolite. Il a aidé l’être à se détacher du passé, il lui a donné un certain anticonformisme. Uranus, entré en Scorpion en 1975, n’en est sorti qu’en 1981. Il a donné une certaine largeur de vue au signe où il se trouvait très impliqué et a favorisé la combativité ; il n’hésite pas à se lancer dans un affrontement. Ce n’est pas un aspect très pacifique, ni dans un thème, ni en astrologie mondiale, d’ailleurs. Pluton est entré en Scorpion en 1984. Le monde est alors entré dans une période de totale métamorphose. Est-ce cette mutation qui doit précéder l’ère du Verseau ? Il est certain que nous assistons à des bouleversements radicaux dans nos idées, dans nos idéaux.

Poissons Ascendant Sagittaire

Avec le Feu du Sagittaire, feu intérieur qui brûle l’âme, l’être va prendre une dimension particulière. C’est un Poissons porté vers les grandes réalisations, qui sera profondément idéaliste. Du moins le pensera-t-il… Il essaiera d’atteindre l’univers de la Maison IX, l’univers du lointain : on aura alors un Poissons qui voyagera énormément et dont la vie sera parfois ballottée, avec des changements fréquents ; un Poissons qui sera attiré par l’étranger ; il arrivera même qu’il aille vivre à l’étranger. Mais, puisqu’il s’agit d’un signe double, il est à peu près certain qu’à un moment donné de sa vie il aura des aspirations philosophiques, métaphysiques ou spirituelles. Il cherchera à donner une autre dimension à son existence. On a souvent, avec une telle composante, un esprit profondément religieux, mystique, qui subit essentiellement une attirance pour des philosophies lointaines, orientales : bouddhistes, hindouistes, etc. Parviendra-t-il à vivre à la mesure de ses rêves et de son idéal ? Sous notre latitude, la Maison IV se trouve en général aux Poissons. C’est alors dans le cadre de sa vie intime qu’il ressentira cet écartèlement PoissonsSagittaire, ce tiraillement entre la famille et le voyage, l’évasion entre un désir de s’élever, des aspirations infinies, et une difficulté à se dégager de ses « racines »… Ce Poissons ne manque ni de chance ni d’intuition ; mais, parfois, il présume un peu trop de ses forces, et use un peu la vie par les deux bouts…

On peut noter que la génération qui a précédé la dernière guerre a été marquée par une opposition SaturneNeptune jouant dans ce cas sur l’axe Maison IV Maison X et qui, bien entendu, accentue ce tiraillement de l’âme entre les appels infinis et les racines tenant l’être rivé à son destin. C’est un aspect qui met l’être « en croix ». Le signe solaire est alors au double carré de l’axe de la personnalité. Un tel Poissons aura donc des difficultés à se réaliser, à concrétiser un idéal, surtout à la mesure de ses aspirations infinies mais, trop souvent, vagues, imprécises. Un tel thème n’est pas sans posséder une certaine puissance : grand voyageur, Lindbergh était marqué par cette configuration.

Dans le thème de André Pieyre de Mandiargues, la note Sagittaire (Lune) est à l’origine de ses voyages en Orient d’où il rapporta des visions mordorées, brillantes, celles de ces hétaïres qui vivent dans un monde de parfum et d’encens et que l’on retrouve dans son Musée noir.

Les aspirations philosophiques et artistiques sont fréquentes. On les trouve magistralement exprimées dans l’oeuvre de Vinci (composante Poissons sur fond Sagittaire). Cette configuration puissante a donné également de grands papes, tels : Clément VIII, Jules III, Léon XIII. La configuration marquée du sceau PoissonsSagittaire est toujours empreinte d’une ampleur jupitérienne, quelle que soit la direction que prend le Poissons. Mais il traverse souvent la vie avec un sentiment d’incomplétude issu de cette dualité profonde qui est en lui, contradictions qu’il ne parvient pas toujours à concilier, à harmoniser.

Poissons Ascendant Capricorne

Le Poissons Ascendant Capricorne a une allure assez froide, en apparence seulement. Il cache sa sensibilité sous le masque de Saturne. Il ne faut pas trop s’y fier, même s’il a un petit air de moraliste.

En effet, toute la symbolique saturnienne joue ici. Saturne resserre et rentre en lui-même le Poissons. Mais il peut jouer comme une force de construction, de structuration de l’être, ou comme un recul (complexe de sevrage mal résorbé, conduisant à une inadaptation). Aussi allons nous avoir deux Poissons opposés, selon qu’ils auront bien ou mal résolu ce problème, ou qu’ils l’auront transformé en une fructueuse « avidité » (cette avidité de l’âme peut jouer sur tous les plans).

Sur fond Poissons, cet Ascendant pourra donner à l’être quelque rigueur. Le natif semblera avoir perdu une certaine fluidité. En revanche, il aura gagné une force intérieure s’il utilise bien Saturne. Il aura le sens des responsabilités. Mais que survienne une épreuve, et la tendresse Poissons remonte à la surface. C’est un Poissons un peu grave, c’est certain, mais il a des qualités de droiture, d’honnêteté foncière. Il manque parfois un peu d’humour. Il est attiré par la philosophie. Cette dominante saturnienne peut en effet entraîner l’être à vivre dans un univers clos, et provoquer une espèce d’exaltation froide. L’être aura de grandes exigences, il poursuivra son but jusqu’au bout, même au prix de sacrifices. Cette attitude peut l’amener à un dépouillement, volontaire ou non. L’exemple de Charles Quint (Saturne jouait en avidité), PoissonsCapricorne, est fameux. Maître du Saint-Empire romain germanique, adversaire de François I », il s’opposa à l’influence islamique lorsqu’il fut roi d’Espagne. Mais après avoir mené de longues guerres, il se retira dans un couvent pour y finir ses jours. Il tenta alors de se rendre maître du temps en exigeant que toutes les pendules soient réglées minutieusement à la même heure (renoncement de Saturne).

La jeune carmélite sainte Thérèse de Lisieux, CapricornePoissons par Vénus, planète de l’amour dans ce signe, passa sa vie derrière les grilles d’un couvent. C’est dans cet univers cellulaire, fermé comme une prison, où la lumière ne pénétrait jamais, qu’elle se dépouilla, renonça à tout, afin d’atteindre à l’amour rédempteur du Christ. Elle a dit elle-même : « La charité me donna la clé de ma vocation et je compris que l’amour seul ferait agir les membres de l’Eglise et que si l’amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang. Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout et qu’il embraserait tous les temps et tous les lieux, en un seul mot qu’il était éternel » (avidité d’amour). L’amour est un thème Poissons commun, on le voit, à tous les natifs de ce signe quel que soit leur Ascendant (Casque d’or).

Il n’y a pas eu de planète lente en Capricorne depuis bien longtemps (Neptune, Uranus ou Pluton). Neptune et Saturne sont en Capricorne depuis 1985 jusqu’à l’an 2000. Ensuite, Neptune pénétrera dans le signe du Verseau. Ce sera là incontestablement la fin d’un cycle qui se précisera, peut-être précédé par une période saturnienne de renoncement à certains biens. Nous franchirons probablement, à ce moment-là, un pont vers le monde nouveau, celui de demain, celui du Verseau. La symbolique de l’avidité ou du renoncement, propre à Saturne, et l’adaptation à ce problème au niveau de l’humanité, entraînera le déséquilibre, ou permettra une stabilisation.

Poissons Ascendant Verseau

C’est un Poissons qu’on ne peut pas enfermer dans un cadre conventionnel. Il ne se laisse pas emprisonner d’une façon quelconque, ni dans le mariage, ni dans une routine. Aussi, les changements, dans tous les domaines, sont-ils fréquents.

On a vraiment deux types de Verseau : l’idéaliste dans les nuages (à dominante saturnienne) et l’Uranien qui agit avec plus de combativité. Dans le premier cas (composante PoissonsSaturne), l’être sera tourné vers le don de soi, voire l’oubli de soi. Il s’intéressera à la philosophie, embrassera les grands problèmes généraux, se dévouera à une cause (Baden Powell, fondateur du scoutisme, était marqué par cette configuration). Cependant, si le thème est dissonant, le natif se fermera. Ainsi, certains PoissonsVerseau se replient sur eux-mêmes, mais leur souffrance peut être source de réflexion. Elle transparaît, par exemple, dans l’oeuvre de Haendel, dans laquelle il a transposé ses angoisses.

Dans certains cas, on aura le Poissons carpe, muet, silencieux, muré dans son univers fermé. Disons que si le thème est faible, la symbolique saturnienne, sur laquelle nous reviendrons, donnera des êtres facilement découragés. Alors que si le thème est fort, la même symbolique se transformera en avidité. Celle-ci sera bien ou mal vécue : ici intervient une notion de dépassement. Ce que l’on appelle la « sublimation », au sens vrai. Devenir gangster par avidité, c’est une « régression ». L’avidité ne définit pas le but poursuivi : elle donne le mobile. C’est ensuite, peut-être, ce que l’on peut appeler le « niveau d’incarnation » de l’être qui va jouer. Nous sommes ici aux portes de l’âme dont l’astrologie nous donne une clé, mais pas toutes. C’est ainsi que nous pouvons dire que le Poissons saturnisé au cours de sa vie aura à résoudre ce problème essentiel : le « retrait » saturnien le conduira à l’isolement par repli sur soi, ou lui fera utiliser cette capacité, dans une avidité intellectuelle, par exemple : l’avidité se manifestera alors sur le plan de la connaissance et de la pensée. Le reste du thème éclairera le type d’avidité : amoureuse, avec Vénus, matérielle, avec Jupiter dans l’aspect, intellectuelle, avec Mercure et Saturne, etc.

Dans le second cas (composante Uranienne), il peut y avoir refus de toute convention. Lorsque le Verseau est marqué par Uranus, il est plus rebelle. Il garde sa cuirasse. Il est plus dur, plus acerbe. Nous avons là l’exemple de Voltaire. C’était un homme qui savait manier la plume avec art, et aussi se défendre « contre ceux qui pressaient l’orange et jetaient l’écorce ».

Le désir du natif de ne pas tenir compte de la réalité l’amène à connaître dans sa vie de fréquents changements ; et s’il subit des épreuves, il les traverse avec cet air d’irréalité propre au signe du Verseau (tel Chopin, marqué lui aussi par cette configuration). Cet être n’a pas toujours les « pieds sur terre » et ne comprend pas toujours les passions qu’il déchaîne, ni l’attachement qu’on lui porte. C’est un être qui ne manque ni d’humour, ni de fantaisie (Boris Vian). C’est un anticonformiste, et plus Uranus sera marquant, plus l’anticonformisme sera grand.

Poissons Ascendant Poissons

C’est bien là le Poissons qui glisse au fil du courant ou s’en va au gré des vagues, s’enfonce dans les profondeurs de la mer puis reparaît à la surface. Il est certain que dans un thème où le Soleil est aux Poissons et l’Ascendant aux Poissons également, toutes les caractéristiques du signe sont multipliées. Nous avons là le type Poissons presque pur. L’être ne réfléchit pas, il sent. Il est vulnérable et il court le risque de se comporter, à la limite, en irresponsable, de ne pas se sentir impliqué par ses actes. C’est un être insaisissable. Mais réceptif, intuitif à l’extrême, il agira le plus souvent avec un flair remarquable. Il a une chance souvent insolente, toujours plus ou moins inexplicable aux yeux de son entourage. Il réussit spectaculairement. Il abandonne sans raison. Il s’arrange des choses. Il change souvent d’activité, d’orientation ; épousant les situations plutôt qu’il ne les affronte. Selon sa dominante, son destin sera très différent. Plus harmonique, socialement, si Jupiter est important, il sera, avec Neptune orienté vers un idéal plus difficile à concrétiser, plus impalpable. « Le plus souvent, a dit Joëlle de Gravelaine, ces deux personnages se mêlent l’un à l’autre dans le cœur du Poissons, l’un combattant l’autre, l’un remportant parfois sur l’autre une brève victoire. Ce sera la lutte caractéristique chez le natif du signe entre une nature infiniment sensuelle, faible devant les tentations, vulnérable à ces troubles, et une nature mystique, assoiffée de sacrifices et de vie spirituelle. » Tout le problème d’un Poissons Ascendant Poissons sera de s’assumer lui-même et de ne pas fuir ses responsabilités. C’est seulement à ce prix que sa vie sera cohérente. Il devra surtout lutter contre la tentation constante de s’évader hors du réel. Neptune, fortement valorisé dans ce thème, ne donne pas le sens du combat. L’être sait mal défendre ses intérêts. Il se laisse « gruger ». C’est le type même de la personne crédule qui fait confiance à celui ou à celle lui offrant de « placer ses économies », et qui ne les revoit jamais !

Un tel Poissons va réaliser avec un courage étonnant de grandes choses, mais, en revanche, risque fort de se noyer dans un verre d’eau… Les yeux tournés vers l’infini, il pourra atteindre facilement un but qui paraissait utopique à son entourage. Mais il perdra pied dans un problème mineur. Il créera, autour de lui, un univers poétique presque magique, teinté de mystère. Son besoin de communion et ses extases mystiques l’attireront vers tout ce qui est occulte. Il sera à l’aise dans l’inconnu et le paranormal. Qu’il fasse tourner les tables, qu’il ait recours aux talismans, qu’il fasse de la voyance, ou se tire les cartes à longueur de journée, ce sont là des domaines qui le passionneront. Il est incontestable qu’il est beaucoup plus à l’aise dans les univers parallèles que dans la vie quotidienne. Son Ascendant lui permettra, sans doute, de réaliser pleinement son thème.

Laissons la parole à Anaïs Nin qui appartenait au signe des Poissons : « On a dit que j’étais une neptunienne, pour qui le monde de l’illusion est plus important que celui de la réalité, me situant au point de rencontre du rêve et de la réalité. L’eau m’est un élément familier. Je me sens proche de la mer. Je pense que l’eau a une influence sur mon écriture fluide. » Et ajoute-t-elle : « Écrire, c’est faire vivre sa nature universelle. On est en contact avec le monde entier… » Rêveries et fusion avec le monde, oui. Passivité non. Interrogée sur « la source de son inépuisable énergie », elle répondit : « Je n’y ai jamais songé. Je pense que c’est la curiosité, le fait de sentir toujours les choses avec autant d’acuité. Je suppose que lorsque vous vous sentez vivre, quelque chose vous pousse vers de nouvelles expériences, de nouvelles amitiés, et votre réceptivité vous donne cette énergie. Il semble que ce soit une question de réceptivité à tout ce qui se passe autour de vous »

Avant de terminer, une remarque. Composante essentielle du Moi, l’Ascendant est un point essentiel pour retrouver l’hérédité au sein d’une famille : l’enfant « hérite » souvent, non du signe solaire de ses parents, mais de leur signe Ascendant (ou de leur dominante planétaire). On retrouve ainsi, à travers une famille, une sorte de « filiation astrale » qui met en évidence la véritable hérédité de l’individu.

Comment interpréter Jupiter et Neptune dans les Signes

Jupiter dans les Signe

Jupiter en Poissons

Jupiter, planète féconde, planète d’expansion, indique dans un thème les qualités d’extraversion, d’extériorisation de la personne. L’expansion de ce signe des Poissons donne à Jupiter un grand amour de la vie et un magnétisme personnel qu’il utilise à bon escient. En effet, le Jupitérien des Poissons a une grande confiance en son étoile. Sa chance peut d’ailleurs être insolente, mais reste néanmoins fluctuante. Pourtant, au dernier moment, alors que tout paraît perdu, notre Jupitérien « refait surface ». Il s’en sort souvent « miraculeusement » ! Un certain goût du faste, un côté un peu ostentatoire n’excluent nullement une générosité réelle. Songeons ici à ce personnage que fut Hector-Savinien Cyrano de Bergerac (conjonction VénusJupiter en Poissons). Planète de vitalité qui donne des contacts faciles et l’amour de la vie, elle faisait dire à Sacha Guitry, Poissons jupitérien : « Fuyez les vieilles barbes et les cerveaux fumeux et adorez la vie, si vous voulez m’en croire, en dépit des méchants, des jaloux, et des sots qui sont plus redoutables encore que la vermine » (Théâtre je t’adore). Elle a donné à Pagnol un amour de la vie qu’il chante tout au long de son oeuvre. Mais, contradiction Poissons, cette planète n’en favorise pas moins un désir de « respectabilité ». C’est elle qui poussa sans aucun doute le même Sacha Guitry à régulariser successivement ses différentes liaisons. Et c’est ainsi que toute une série de divorces suivis de remariages dans la foulée ponctuèrent sa vie : en 1904, il épouse une actrice, Charlotte Lisès, il divorce ; il épouse sa seconde femme en 1919, Yvonne Printemps, il divorce ; il rencontre Jacqueline Delubac en 1935, il l’épouse, le mariage ne dure pas ; il épouse Geneviève de Sérévile à la veille de la guerre en 1939. Pendant la guerre, il propose à Arletty de l’épouser, elle refuse. Après la guerre, il est seul, il a quelques ennuis, on l’accuse de collaboration, il épouse Lana Marconi. C’est elle qui sera sa veuve en 1957… N’est-ce pas là la conception domestique et bourgeoise de Jupiter en Poissons qui se plie aux exigences et aux fantaisies plus ou moins passagères et à l’instabilité de Neptune ?

Jupiter en Maison XII (Maison que l’on relie symboliquement aux Poissons) protège, selon la Tradition, des épreuves. En tout cas, il les atténue. Souvent, cet aspect favorise une activité dans le monde de l’occulte. Et même s’il est dissonant, il donne une certaine « défense » à l’être, lui permet de se tirer d’affaire in extremis. Le Jupitérien possède, d’ailleurs, le don de s’en sortir, en toutes circonstances.

N’oublions pas, comme l’a fait remarquer Swami Kriyananda, que, planète d’expansion, Jupiter peut « aider l’homme à épanouir son éveil vers la conscience cosmique ». C’est sur ce plan très élevé que vécut Savonarole, orateur sacré que Marcel Brion appelle le « héraut de Dieu ». Il avait Jupiter aux Poissons, et tout le thème était orienté dans ce sens… Le plus souvent, Jupiter donne un optimisme facile et fait d’ailleurs opter le Poissons pour les solutions de facilité. Mais l’être garde néanmoins un certain humour désinvolte. Pour mémoire, citons encore Sacha Guitry : « Les honnêtes femmes sont inconsolables des fautes qu’elles n’ont pas commises » (Elles et Toi)…

Jupiter en Bélier

Le dieu de la foudre dans le signe du Feu primordial. Ce n’est pas un gage de modération, mais Jupiter canalise et rend efficace l’agressivité en dents de scie du Bélier. C’est donc un facteur de chance, de rayonnement, d’optimisme et de générosité. Le goût des plaisirs s’a trouve augmenté, ainsi que le contentement de soi. Cette combinaison comparable à MarsJupiter peut donner un tempérament quelque peu exhibitionniste, un excès de confiance en soi, une faconde envahissante et vaniteuse.

Mais le caractère est puissant et l’optimisme communicatif. La maturité coïncide avec l’affirmation de la personnalité, bien que la réussite soit souvent précoce. Exemples : Claudia Cardinale, Dali, Chopin, Goering.

Jupiter en Taureau

L’apport de Jupiter au Taureau ne peut être que chaud. L’astre et le signe se revigorent. Sur ce point, l’astro-psychologie souligne avec à-propos l’afflux des besoins sexuels et sensuels, l’entrain et la santé de la tendance dionysiaque festoyante. Les réactions auto-compensatrices défensives préviennent ce tempérament contre ses propres excès, mais rien ne peut être plus mutilant et contristant qu’un régime sans sel, sans- rires, vignes, muses et flonflons.

Jupiter favorise l’extraversion du signe, les turbulences de l’excitation qui l’habite, et concentre l’excitabilité en passions dévorantes, avidités diverses, en amour, argent ou domination, selon le plan d’intérêt.

Jupiter en Gémeaux

Dans les Gémeaux, la bonhomie et l’équilibre accompagné d’auto-satisfaction de Jupiter se heurtent à la nervosité un peu fébrile de ce signe. Un peu dérouté, Jupiter n’utilise pas ses atouts habituels avec autant d’efficacité. Droiture et loyauté, avec la mise en valeur des qualités intellectuelles. Barbault dit, avec humour, que l’autorité et la puissance de l’astre sont affectées comme celles d’un pontife dans un milieu d’adolescents irrespectueux, mais que cette position est heureuse dans l’ordre de la diplomatie et de l’habileté manoeuvrière.

Jupiter en Cancer

Jupiter, qui aime tant son confort, ses aises, le luxe en toute chose, exalte la sensualité du Cancer, la matérialise. La philosophie d’un Jupiter en Cancer est dans la jouissance pure et le confort personnel. La réussite professionnelle se fait dans le respect de la tradition et des lois hiérarchiques, dans le culte de la famille et des ancêtres. Que de bienveillance, que de concessions, que de souplesse dans cet alliage ! Rien ne doit freiner ou entraver le désir qu’a le natif de jouir de la vie par tous ses pores. S’il gagne facilement de l’argent, il le dépense encore plus facilement, pour le plaisir de dépenser. Il a besoin d’abondance et de richesse, de beaux objets, de bijoux, de fourrures, de luxueuses voitures. Cet être est, en général, extrêmement séduisant.

Jupiter en Lion

Voilà encore une rencontre qui a eu de tout temps fort bonne réputation.

Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement ? Aux yeux de la tradition, l’alliance du signe royal par excellence et de l’astre qualifié de Grand Bénéfique ne saurait enfanter qu’une avalanche de bienfaits: honneurs, célébrité, succès, triomphe et autorité indiscutée vous sont octroyés sans lésiner par les célestes cornes d’abondance.

Quant aux seuls inconvénients évoqués, ils découlent des risques de démesure et de surabondance. L’astro-psychologie descriptive, tout en étant moins catégorique sur les événements promis, ne dément pas la tonalité générale du tableau. L’astre et le signe se rejoignent par leur côté extraverti, optimiste, théâtral et ambitieux, le tout saupoudré de ce paternalisme pontifiant qui est, paraît-il, l’apanage enviable de la maturité bien assise.

Jupiter en Vierge

Les relations entre la planète et le signe sont assez complexes. Selon la tradition, Jupiter est en exil en Vierge. La définition suivante permet de comprendre pourquoi : « Jupiter est une force de développement de l’être humain, par assimilation de ce qui lui vient du monde extérieur. »

Au principe d’expansion, d’ampleur de Jupiter, s’oppose le principe de rétraction de la Vierge. La planète s’ouvre et s’intègre au monde. Le signe s’entoure d’une écorce imperméable aux suggestions extérieures. Cette antinomie, loin de faciliter l’osmose, provoque des « tiraillements » intérieurs éprouvants.

Le problème est particulièrement épineux si les facteurs d’affirmation du Moi sont très puissants dans le thème, si Jupiter est valorisé (conjonction Soleil-Jupiter, par exemple), ou si la Vierge occupe la Maison I (personnalité profonde). Car c’est toute la puissance vitale du sujet qui est contrainte, étouffée dans les limites strictes imposées par le signe. L’extraversion jupitérienne se heurte à l’introversion virginienne.

Jupiter en Balance

Le sujet rayonne la sympathie (Jupiter représente le principe de l’énergie centrifuge en expansion permanente). Il a donc des contacts faciles et heureux avec les autres, que ce soit dans son mariage, ses associations ou ses relations. Les qualités de la planète et du signe se renforcent mutuellement, et les conditions semblent réunies pour que le sujet trouve le bonheur, en particulier dans le mariage, car il a l’esprit large et il est tout prêt à faire des concessions au nom de l’harmonie. Non seulement il peut faire un mariage heureux, mais ce mariage peut être pour lui l’occasion de trouver le bonheur. Le bonheur et parfois l’élévation sociale et un accroissement de fortune.

Jupiter en Scorpion

Nature courageuse, puissante, très intuitive et inventive. Confiance en soi, aptitudes réalisatrices : Jupiter, pratique, organise les forces bouillonnantes du Scorpion. Dans la lutte pour la vie, le Jupitérien du Scorpion est bien armé. Il a de l’autorité, du bon sens, le sens stratégique aussi. Il ne lâche jamais son morceau. Parfois, ses entreprises semblent d’une audace insensée, marquées au coin d’un optimisme délirant. Eh bien, à la surprise générale, il ne se casse pas la figure, il réussit. Son fabuleux optimisme attire la chance. Tout seul, perdu au milieu des tempêtes de la vie, les yeux fixés sur sa bonne étoile, il ne voit qu’elle…

Jupiter en Sagittaire

C’est une position qui annonce une capacité certaine à organiser, à rassembler. Non pas tant à étudier une affaire dans tous ses détails qu’à faire se rencontrer des gens, à leur donner le sentiment d’un destin commun. C’est ainsi que se forment les sociétés humaines, autour de ces chefs qui, à partir d’une situation confuse et disparate, parviennent à instituer un ordre, à faire apparaître des horizons, à cimenter des réseaux encore fragiles. Celui qui a cette indication dans son thème laissera souvent le souvenir de quelqu’un qui a modifié sensiblement le paysage social et humain, « là où son cheval est passé ».

Jupiter en Capricorne

Mêmes effets que le Soleil dans ce signe, légèrement atténués. Les valeurs protectrices, chaleureuses, bienfaitrices de Jupiter se sentent fort diminuées, amoindries par le signe concentré et réservé du Capricorne. La réussite professionnelle est pourtant certaine grâce à l’ambition tenace du signe.

Jupiter en Verseau

A condition que ces tendances soient convenablement mûries, vous pouvez vous faire apprécier par des sentiments humanitaires ou par de larges conceptions sociales. Il s’agit de « mettre la main à la pâte », de « relever vos manches » pour que le monde, le pays, votre groupe professionnel ou votre famille sortent de leur enlisement, de leurs difficultés ou de leurs routines. Vous comptez bien que l’on vous en saura gré et vous vous y employez utilement. Comment vous préférez donner qu’accumuler, l’état de vos finances risque de souffrir de générosités au-dessus de vos moyens ou de l’oubli des contingences matérielles.

Neptune dans les Signes

Neptune en Poissons

Neptune donne aux natifs du signe intuition, sensibilité et perception des choses invisibles. Egalement des aspirations, plus ou moins confuses, à une communion avec le Grand Tout, d’où des tendances mystiques fréquentes. Parfois vécues… Comme l’a définit Frédéric Lionel : « L’expérience mystique est une aventure vécue de la conscience, laquelle résonne à l’impact d’énergies subtiles auxquelles elle est accordée. »

Représentant différentes formes de pensée, les éléments sont, il faut le rappeler, associés à des plans d’évolution différents. La Terre est liée à la vie matérielle. L’Air à la pensée : on lui rattache la philosophie. Le Feu, dans toutes les traditions, est un symbole d’initiation, et l’Eau est symbole de l’âme et non plus de l’esprit : on lui rattache la religion.

Le Neptunien entre en communion avec l’invisible, parce qu’il fait corps avec lui. Il est plus à l’aise dans ce monde-là que dans celui du commun des mortels, disons que dans celui de la plupart d’entre nous. C’est un dialogue avec l’invisible qui lui fait « capter la musique des sphères ». Il vit dans un monde sans frontières (le « Citoyen du Monde » : Camille Flammarion). Antenne captatrice, Neptune ouvre les portes à la perception de l’infini. Le monde inconscient, du mystère, prend le pas sur la logique cartésienne : c’est le monde de la clairvoyance et de la télépathie. On touchera alors à la métapsychique, au spiritisme, etc., notamment si le Secteur XII est important.

Avec Neptune s’ouvre tout un monde secret : nous sommes aux portes de l’invisible. Au niveau le plus simple, dans la vie de chaque jour, Neptune crée un climat, une atmosphère : la vraie spiritualité, la sainteté, se cachent, souvent, dans la vie la plus simple. Le Neptunien des Poissons attachera plus d’importance à ce qui ne se voit pas qu’au monde des apparences. « L’essentiel est invisible pour les yeux » (Antoine de Saint-Exupéry, Cancer ; mais avec le Soleil proche de Neptune qui fait de lui un neptunien).

Avec Neptune, nous pénétrons de toute façon dans un univers teinté de magie et d’envoûtement. « Quelle merveilleuse impression, dira la Neptunienne Anaïs Nin, de ne pas se sentir isolé. Et l’on peut enfin faire vivre sa nature universelle. On est en contact avec le monde entier… Et j’ai le sentiment d’être en rapport avec le monde entier. » Avec Neptune, nous avons toutes les idéologies « communistes », au sens le plus vrai du terme ; nous avons les aventuriers spirituels et ceux qui partent sur les mers à la poursuite de leurs rêves ou de leurs chimères. Selon Lisa Morpugo, cela vient du fait que c’est Neptune, dieu des mers et de l’infini, qui insuffle aux êtres vivants l’inquiétude nécessaire pour les faire « bouger ». Dans cette perspective, disons que Neptune les pousse vers ce que l’on appelle l’aventure, sous toutes ses formes, parce que c’est Neptune, dieu de la mer symbolisant l’inconscient collectif, qui leur insuffle une inquiétude fondamentale. Cette inquiétude peut les amener sur les chemins de l’évolution. Mais elle peut devenir névrotique si le thème est dissonant, si le Moi est mal structuré. Neptune entraîne alors l’âme vers de terribles naufrages dont elle ne revient pas. Lorsque Neptune est dissonant, il y a toujours, à un moment de la vie, une perte de contact avec le réel. L’être voit son destin s’enfoncer, sombrer avec ses rêves, et sa vie peut devenir incohérente s’il ne se ressaisit pas très vite. Les événements prennent des allures irréelles ; le rêve lui paraît réel : mirages de l’âme et de la vie…

Si l’être perd pied, Neptune l’entraînera sur les chemins de la déchéance. Neptune, dieu des tempêtes, engloutit le vaisseau des espérances… Et, nous avons là tous les naufrages des Poissons qui sombrent au rivage de leur Maison XII.

Fusion féconde avec l’infini, ou dissolution de l’âme tandis que l’être retourne au chaos. Telle est bien la dualité des flux ou reflux de la vague ; double visage de ce signe qui peut être signe de fécondité ou de dissolution (pouvant aller jusqu’à la folie).

Neptune, dans un ciel Poissons, représentera aussi bien l’homme ramenant au port, à travers la tempête, des trésors insoupçonnés, que celui qui se laisse dévorer par les monstres marins et emporter au fond des mers. Il est certain qu’avec Neptune il y a souvent une part de mirages, d’illusions… Ajoutons qu’il faut, de toute façon, toujours se méfier de cette insidieuse planète sur le plan matériel.

Neptune en Bélier

Dans le signe de Mars, Neptune amplifie l’agressivité ou le rêve. Là encore, tout dépend des aspects, en particulier des positions respectives de ces deux planètes. Ou bien c’est Mars qui domine (l’action) ou bien c’est Neptune (l’idéal, le rêve). Les deux sont le plus souvent en conflit mais il peut arriver qu’ils coïncident : on a alors une action révolutionnaire qui réalise le rêve (Lénine, conjonction MarsNeptune). Mais le tsar qu’il renversa avait aussi Neptune en Bélier, non loin du Soleil ! C’est alors l’illusion, la chimère. Avec cette position, on peut aussi avoir une tendance au scandale ou au mysticisme (Cervantes).

Neptune en Taureau

L’efficacité opère dans le plan irrationnel de la vie affective et spirituelle, plutôt que dans celui de la raison sociale. Neptune en Taureau a des chances de vibrer aux chansons des bois et forêts, et autres présences universelles, sensibles et indicibles. La cohésion du signe sera dans le désir d’union sensuelle, ce qui peut rendre la mystique difficile, sauf si elle est panthéiste, païenne, en prise sur le folklore. Autre chose, enfin, que l’ascèse et le dogme. En négatif, le pôle dionysiaque du Taureau prendra avec Neptune des voies de perdition, la quête d’extase mystique, le besoin de participation cosmique, dégénérant en sensualité chaotique.

Neptune en Gémeaux

Il semble y avoir plus de théorie que de constatations effectives dans ce que l’on peut en dire. Selon André Barbault, l’émotivité Géminienne serait intensifiée et la sensibilité de l’astre en serait intensifiée, dans un échange courtois de bons procédés. D’autres astrologues affirment que l’intuition devient plus lucide, que l’action neptunienne devient plus créatrice, se cantonnant surtout dans l’immédiat, le quotidien. On y voit aussi des dons de clairvoyance, surtout dans les affaires, et les femmes seraient peu fidèles. Certains décèlent des tendances hystériques, des états d’âme chaotiques.

Neptune en Cancer

La planète double son inspiration intuitive dans le Cancer : elle devient très fortement sensible à toute vibration sensorielle. Elle capte les moindres ondes de son entourage et plonge dans les eaux sans fond de la sensation, du délire artistique (musical, visuel, auditif) avec un goût prononcé pour tout ce qui a trait à l’eau, à l’élément liquide.

Neptune en Lion

Énigmatique et problématique alliage. Les affinités entre la planète et le signe sont nettement moins évidentes que dans le cas d’Uranus ou de Jupiter, et la coopération ne sera vraiment effective que si Neptune reçoit par ailleurs de forts aspects dynamisants. Dans le cas contraire, les fonctions dominantes du Lion sont passablement altérées. Les manuels traditionnels parlent d’exaltation lyrique, idéaliste, mystique ou romanesque, de sens esthétique noble et raffiné, avec forte tendance aux illusions et déceptions sentimentales, si Neptune est très dissoné.

Neptune en Vierge

Neptune, maître des Poissons, est en exil dans le signe opposé, la Vierge. Tout, en effet, oppose le signe et la planète. Neptune est caractérisé par l’extrême ampleur du champ de conscience, d’où une très forte intuition, une façon d’appréhender les choses et les situations sans passer par le canal de la logique, de la raison. Quel décalage avec la Vierge, dont les mécanismes de pensée s’appuient précisément sur ces deux facultés ! De ce perpétuel affrontement entre être et réalité, entre plasticité psychique et rigidité mentale, entre désordre et ordre, naît une sorte d’inadaptation permanente. Neptune en Vierge risque de perturber la vie quotidienne, mais le sujet conserve néanmoins une dimension imaginative, une « inspiration » très favorable sur le plan artistique. Cette position peut aussi accentuer l’idéalisme et le dévouement à une cause humanitaire (Arlette Laguiller, Neptune conjoint à l’Ascendant en Vierge, opposé à la conjonction Soleil-Mercure en Poissons).

Neptune en Balance

Le sujet qui a Neptune dans la Balance se fait de la justice une idée très élevée. Il est même près de croire à l’existence d’une justice immanente. La sensibilité, la tendresse, la douceur neptuniennes transforment l’amour de la Balance en un sentiment idéal qui se porte naturellement sur le conjoint ou les partenaires, puisque la Balance est le signe des associations. Le mariage lui-même peut évoluer vers une union platonique qui trouvera sa finalité dans une recherche commune des valeurs spirituelles. Son art, raffiné, est marqué par le flou et la légèreté neptuniens qui lui donnent quelque chose d’irréel. La musique, le cinéma, la poésie sont des supports particulièrement bien adaptés à cette inspiration.

Neptune en Scorpion

Affinités entre cette planète de rêve et d’imagination, et notre Scorpion naturellement attiré par l’étrange, le fantastique, le mystère. Les Neptuniens du Scorpion sont médiums, clairvoyants, ils ont des dons occultes, s’intéressent aux problèmes de l’au-delà. Mystiques, artistes, sensibles, intelligents, ils devinent tout ce qu’on leur cache. Ils travaillent dans le secret, s’enfermant à double tour dans leur chambre ou leur bureau. Les forces invisibles se mettent au service de la création.

Neptune en Sagittaire

Le Sagittaire a le sens de l’idéologie ! Il sait que pour entraîner le grand nombre, il convient de lancer un certain nombre de slogans, de proposer des modèles d’explication, à la façon dont on parle de la lutte des classes, par exemple. Cette position de Neptune est donc favorable, elle révèle quelqu’un qui saisit les vagues de fond, qui prophétise les grands bouleversements mais qui ne sait pas toujours faire les choix qui s’imposent s’il est trop entraîné par la politique politicienne.

Neptune en Capricorne

La planète de la sensibilité artistique, de la douceur, de la souplesse et de la mobilité psychique n’est pas spécialement confortée par le Capricorne qui lui interdit les vraies intuitions ou les soumet au crible d’une raison moralisatrice très refroidissante. La sensibilité et la rigueur de la pensée se trouvent en contradiction.

Neptune en Verseau

Si vous êtes Neptunien, vous vous dégagez facilement des conditionnements sociaux pour tenter de vivre votre réalité intérieure. Vous êtes intuitif, généreux et crédule, parfois naïf. Vous projetez souvent vos impressions et présentez parfois des vérités que vous avez du mal à formuler. Si vous transformez la réalité, c’est qu’un fait brutal vous émeut et que vous désirez prendre des distances pour amortir le choc.

Comment interpréter les aspects de Jupiter et Neptune avec les autres Planètes

La théorie astro-psychanalytique a fait progresser de façon considérable le portrait psychologique à travers le thème. Ce portrait ne se contente plus de faire une description caractérologique pure. Il devient l’étude de la psyché tout entière, en plongeant dans les racines mêmes de l’inconscient. « Les planètes sont les dieux symboles des puissances de l’inconscient. L’horoscope correspond à un certain moment de l’entretien mutuel des dieux, c’est-à-dire des archétypes psychiques » (Jung).

Tout ce qu’un être projette se transforme en action et se met à vivre. « Cherchez et vous trouverez. Mais chercher nous conduit à trouver si nous cherchons ce qui est en nous. Chercher ne sert à rien, si nous cherchons ce que notre être intérieur ne contient pas » (Confucius).

Selon Jacques Berthon, les événements ne sont qu’une « fioriture du destin ». Le choc, le complexe, la dissonance, le lien entre les planètes, en un mot les aspects, sont la source du drame. L’aspect est l’angle formé par deux planètes. Source de conflit, souvent interne, c’est une brisure qui peut s’agrandir. Il ne s’agit pas de l’ignorer. Il s’agit de « faire avec », de vivre avec… La destinée se bâtit peu à peu sur cette déchirure qu’est notre incarnation. Notre existence est en fait une « guerre civile » intérieure. Il n’y a pas le choix : ou bien l’être va s’enfoncer de plus en plus, ou bien il va « renverser » l’aspect. Il faut donc donner les grandes lignes de l’effort nécessaire pour vaincre la dissonance, ou pour utiliser le bon aspect.

Lorsqu’on a compris son thème, on ne peut plus tricher. Il s’agit seulement de tirer le meilleur parti de ses configurations natales, qu’elles soient « bonnes » ou « mauvaises »… L’aspect évolue au cours d’une vie. Saturne « frustre » plus à vingt ans qu’à l’âge de la retraite. Le tout est de savoir l’utiliser. Il n’y a pas de bon aspect et de mauvais aspect. Tous les aspects sont, selon ce que l’on en fait, bons ou mauvais. Les bons aspects peuvent incliner à chercher des solutions de facilité, à se laisser vivre. C’est alors un piège que la vie nous tend en nous offrant un bon fauteuil. On n’en bougera plus. On peut se scléroser avec un thème harmonique.

Les mauvais aspects, en revanche, nous donnent un « coup de pied aux fesses ». Ce n’est pas très agréable, mais c’est le meilleur moyen de ne pas s’endormir. Avec une dissonance, nous sommes vite rappelés à l’ordre ! Il est certain que si le thème est très dissonant, notre vie au jour le jour sera moins facile. C’est là où il y a dissonance que devront porter nos efforts. Mais n’oublions pas que les plus belles réalisations sortent justement des dissonances. Méfions-nous d’un ciel où tout va dans le même sens. La vie est harmonie mais pas uniformité. « Le trop de quelque chose est un manque de quelque chose », selon la sagesse arabe. L’angle sous lequel nous recevons les choses, l’aspect, est un ensemble d’influences que la conjonction illustre parfaitement : les deux planètes sont à la même longitude (degré), mais elle peut être positive ou non selon les cas et les planètes en jeu.

Aspects harmoniques : le trigone est d’essence harmonique. Il s’appuie sur le chiffre 3 : Essence, Substance, Conscience, et facilite les choses. Triangle, il sépare deux signes d’un même élément. L’aspect joue alors dans le même sens. Il y a donc facilité, aisance. Le sextile relie deux éléments dissemblables mais qui s’harmonisent : l’Eau et la Terre, par exemple. Il y a donc échange. L’aspect est dynamisant.

Aspects dissonants : ils sont dits « maléfiques ». Ne nous y trompons pas. Le carré (90 degrés) est un affrontement, une tension à résoudre. « Le carré, a dit F. Lionel, est l’image d’un monde limité, d’un monde soumis à l’espace et au temps. » Il met l’être en croix : c’est la porte étroite… L’opposition (180 degrés) est un pont à franchir, une contradiction intérieure qu’il nous faudra surmonter, dépasser, afin qu’elle ne nous enlise pas. Dans l’opposition, il peut y avoir un véritable jeu de bascule d’un pôle à l’autre. Dans la conjonction d’ailleurs aussi, quand les deux planètes sont en contradiction. « La vie est de la couleur du verre à travers laquelle nous la regardons », disait Lope de Vega. « Vous ne pouvez empêcher les oiseaux du malheur de voler au-dessus de vos têtes, dit un vieux proverbe chinois, mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux. »

Il suffit de peu de choses pour transformer un mauvais aspect, pour le sublimer en le faisant jouer sur un autre plan. « A partir du Dieu Suprême jusqu’à la lie la plus vile, tout s’unit et s’enchaîne par des liens mutuels à jamais indissolubles », disait Maître Eckhart. Perversion, névrose et sublimation sont, dira l’astrologie moderne, les trois produits d’une même constellation. Avant d’aller plus avant une remarque s’impose : aucun aspect ne doit être séparé du contexte d’ensemble. De même que la vie est constituée de peines et de joies qui forment un tout, l’analyse d’un ciel astral ne peut être faite de manière analytique. Il faut pouvoir opérer une synthèse.

Les aspects de Jupiter

Avec Jupiter aux Poissons, l’extraversion, l’expansion, et la croissance sont facilitées quand l’aspect est harmonique ; une certaine difficulté à réaliser cette expansion apparaît quand le thème présente une dissonance. Les difficultés sur le plan matériel et sur le plan de la réalisation personnelle seront quasi constantes.

Jupiter – Soleil

Affirmation de soi et expansion, extraversion des qualités ou des défauts solaires. Avec Jupiter, il y a extraversion de la volonté dans une réalisation. On s’intègre à la vie de façon euphorique. La vie est vécue « harmoniquement ». L’idéal du Moi et l’affirmation de soi s’accordent pour faire de l’individu un créateur qui réalise ses projets.

En dissonance, il y a entre l’ambition et la réalisation de l’individu un certain hyatus. On veut être en vedette à tout prix, mais on n’y arrive pas. On s’intègre difficilement dans un contexte familial. L’opposition peut devenir écartèlement. On s’arrête devant un seuil qu’on ne sait comment franchir. Avec le carré, le cap est plus difficile encore à passer. On gaspille ses forces inutilement, par manque de lucidité. L’aspect ne nuit pas à la réussite (opposition SoleilJupiter dans le ciel de Sacha Guitry, par exemple), mais n’empêchera pas les difficultés financières ou matérielles.

Jupiter-Lune

Extraversion des qualités ou des défauts lunaires (aisance ou difficultés dans la vie ou dans les rapports avec les femmes, selon les cas). C’est un aspect toujours plus facile à vivre dans le thème d’une femme que dans celui d’un homme. Il y a harmonie au niveau de la sensibilité et des contacts avec les autres. Réussite de la vie de femme dans un thème féminin, et dans un thème masculin, bons rapports avec les femmes, relations facilitées. La personnalité ne manque pas de magnétisme, mais elle est parfois vulnérable. La sociabilité est extrême, mais l’être est influençable. En cas de dissonance, la vie peut être incohérente. L’insouciance est grande, et le natif manque de sens pratique. Ou alors prodigalité plus ou moins ostentatoire. On devra voir le « sens de l’aspect » et quelle planète l’emporte de la Lune ou de Jupiter (interprétation différente).

Jupiter-Vénus

En aspect harmonique aux Poissons, amour de la vie tranquille. L’extraversion amoureuse est facile. On rêve de légaliser un amour, mais des difficultés peuvent alors surgir (analogie avec le Secteur XII). La réalisation artistique est à envisager, si le thème s’y prête. Elles est plus difficile avec une dissonance, mais on trouve souvent un thème plus créatif, à moins que le conflit n’entraîne une tendance au doute, au découragement. On trouve alors difficilement son équilibre. On manque de sérénité intérieure. Il y a même une certaine insatisfaction, notamment dans le domaine sentimental. Et l’on peut se lancer dans des transactions ou des investissements imprudents dans un sens plus matériel. L’excès d’extraversion amoureuse conduit à une vie de « débordements ».

Jupiter-Mercure

Extériorisation facile des contacts avec l’entourage et de la pensée. Le sens pratique est assez important. On agit avec sagacité, on s’exprime avec aisance, quand l’aspect est harmonique. En cas de dissonance, il y a beaucoup moins de bienveillance. L’être est souvent sujet à des craintes injustifiées, il peut même ressentir un sentiment d’infériorité (notamment à l’égard des frères et sœurs). Les recherches de contacts sont trop nombreuses : on se disperse ; à moins qu’elles ne soient difficiles. On manque de sens critique. On vit avec un sentiment d’insécurité latente. Le jugement est insuffisant, le raisonnement tortueux. On agit avec une légère emphase. C’est ce que Jacques Berthon appelle le « complexe de Tartarin ».

Jupiter-Mars

C’est un aspect qui donne une bonhomie complaisante. L’extraversion de l’action est facile si le thème est harmonique. Elle est plus ou moins compliquée si le thème est dissonant. Il y a alors un risque d’exhibitionnisme. On est imprudent, on se lance dans des entreprises audacieuses avec une trop grande confiance en soi ou trop d’agressivité, avec « crânerie ». C’est un peu le « complexe du Père Ubu » (Jacques Berthon).

Jupiter-Uranus

Extraversion des qualités et des défauts d’Uranus. C’est un aspect un peu extrémiste. Dans le thème d’un Jupitérien des Poissons, il peut se produire des variations brusques de l’existence. Il y a souvent extraversion dans un domaine original, des innovations plus ou moins inattendues. Quand le thème est dissonant, les virages de l’existence ne se font pas en douceur… On agit avec brutalité, précipitation, puis on est brusquement désarçonné. L’emballement prime, mais est souvent suivi de découragement. On risque avec cet aspect de laisser passer pas mal de chances. Optimisme un peu irréfléchi, ardeur mal canalisée. C’est un aspect que l’on pourrait appeler celui des « occasions perdues ». N’oublions pas que, avec le recul, une occasion manquée peut apparaître comme une chance… (association qui ne se fait pas et qui eût été la ruine, etc.).

Jupiter-Saturne

Conflit, ou alternance, entre les périodes d’extraversion et d’introversion. La tendance dominante l’emportera. Il y a tiraillement entre deux contraires, oscillation entre deux contradictions. L’être va-t-il chercher la réussite existentielle ou la réussite matérielle ? La rigidité saturnienne pourra freiner l’expansion jupitérienne. Jupiter pourra également donner un certain dynamisme à Saturne. Cette balance agira jusqu’à ce que l’un des deux pôles l’emporte quand il y a conjonction. En harmonie, l’existence sera tranquille, le succès assuré. C’est une existence concrète qui ne s’en oriente pas moins vers une vie intérieure, en profondeur. Quand l’aspect est dissonant, il y a une sorte d’inaptitude au bonheur. On passe de moments d’euphorie à des moments de désespoir. On agit avec imprudence, autoritarisme, et les crises sont fréquentes. Il y a des risques de pertes sur le plan matériel. La vie peut osciller entre deux grandes tendances : Avoir et Etre.

Jupiter-Neptune

C’est un aspect tout à fait Poissons. L’intégration à l’existence et l’extraversion des qualités neptuniennes se font de façon parfois confuse. Mais s’il y a un certain désordre dans cet aspect, c’est tout de même un aspect chanceux lorsqu’il y a harmonie entre les deux planètes. Les changements sont généralement bénéfiques. L’aspect joue dans le domaine de la vie privée ou de la carrière selon le thème.

Lorsqu’il y a dissonance, l’inadaptation n’est pas rare. Le discernement fait défaut, souvent paralysé par des préjugés. On s’adonne aux excès de toutes sortes. On gère mal ses finances. On est plus ou moins malchanceux ; en général, trop sensible, on teinte la vie de mélancolie. Le natif s’adapte en tout cas extrêmement difficilement aux circonstances, cherche des compensations. Tous les excès relèvent de cette dissonance JupiterNeptune qui donne un Poissons mou, un peu veule, qui se laisse aller. C’est le Poissons qui incontestablement, se laissant porter par la vague, est entraîné par les courants vers les « bas-fonds ». Les chances sont gaspillées : des opérations frauduleuses sont tentées, qui peuvent entraîner le natif dans des scandales ! On perd incontestablement pied avec le réel. En voulant le saisir à pleine main, on étreint le vide.

Si l’aspect est vécu sur le plan spirituel, il n’a plus évidemment les mêmes conséquences matérielles (expansion harmonique en union avec le monde).

Jupiter-Pluton

Il y a extraversion des qualités de Pluton, c’est-à-dire sens des affaires, sens de l’argent, sens des changements, sens des métamorphoses. Voilà une conjoncture pleine de diplomatie. Opportuniste également. La réussite matérielle n’est pas rare, surtout quand les aspects sont harmoniques ; elle est alors facilitée. En cas de dissonance, la réussite survient également mais elle est plus ou moins loyale. C’est là ce que Jacques Berthon appelle le « complexe de la maffia ». On veut réussir à tout prix. L’honnêteté est quelque peu douteuse, surtout si la Maison XII est importante. On risque de se lancer dans des affaires frauduleuses, et on frôle parfois la mégalomanie. C’est un aspect un peu « louche ». Selon Lisa Morpurgo, c’est un aspect de cabotinage et de mensonge pour le plaisir. Ce n’est pas, en tout cas, une configuration très sincère… Le Poissons marqué par cet aspect, dissonant ou non, s’en tirera peut-être, mais pas toujours de façon très honnête…

Les aspects de Neptune

Avec Neptune, les rapports sont d’un tout autre ordre.

On entre dans le domaine de l’illimité, de l’infini. Mais il peut y avoir des rapports un peu « fuyants ». L’être se fuit souvent lui-même. Le thème est souvent plus « introverti ».

Neptune-Soleil

Association ou dissociation entre les aspirations à l’infini, propres à Neptune, et la symbolique mise au service de l’idéal. L’être s’affirme dans une union avec le monde, une communion (positif), soit il fuit cette communion ou ne peut la réaliser : fuite d’un idéal, aspect qui rend la communion possible mais au prix de difficultés. Aspirations infinies et désir de communion avec le monde dans les deux cas. Sur fond harmonique, ou bien intégré (Moi et Idéal du Moi réunis, par exemple), les réalisations seront effectives, sur le plan spirituel, notamment. Sur le plan pratique, cet aspect apporte un succès dû à des facultés d’intuition particulièrement brillantes.

En cas de dissonance, l’aspect donne un sentiment d’inachèvement. On se disperse dans les tentations. La vie est soumise à certains dérèglements. C’est un complexe de fuite devant le réel. Les inquiétudes seront larvées, les mélancolies fréquentes. On est souvent (selon Lisa Morpurgo) arraché à un lieu ou à des personnes chères. C’est un aspect d’exil. Nous avons trouvé cette configuration dans le thème de nombreux pieds-noirs lorsqu’ils ont quitté leur pays et ont été arrachés à leur terre natale. Fuite des choses, et parfois aussi éloignement du père (il « disparaît »).

Neptune-Lune

Avec cet aspect NeptuneLune, nous avons une composante PoissonsCancer valorisée. C’est un aspect de grande tendresse, d’intuition et de sensibilité qui jouent surtout dans les rapports humains. Grandes qualités psychiques, mais il y a risque de « vertige de l’anima ». La malléabilité du Poissons est extrême mais la capacité de récupération est importante si le thème est harmonique. Cet aspect peut entraîner certains désordres moraux, des faiblesses de toutes sortes, une certaine passivité allant jusqu’à de la paresse.

Quand le thème est dissonant, on note des insatisfactions et des changements plus ou moins douloureux. Il y a dissolution de la vie pratique et manque de sens du réel. C’est un aspect très négatif sur le plan matériel, et, notamment, sur le plan financier. Il est rare que le natif puisse éviter de grands bouleversements dans sa vie, et sur le plan du psychisme ils seront fréquents. Si le thème est harmonique, il offre une protection contre les souffrances intérieures, permet de prendre des décisions positives après les épreuves. Si le thème est vraiment dissonant, les traumas peuvent être plus ou moins profonds, la santé est parfois précaire, et un déséquilibre psychique peut s’installer (dispersion de l’énergie et des facultés intellectuelles). En thème masculin, mauvaise approche de la femme ; en thème féminin, manque de rigueur logique. Mais l’intuition, dans les deux cas, est extrêmement grande. Souvent, le comportement est un peu ambivalent. Il y a toujours hyper-réceptivité, active ou passive, selon les cas (aspect fréquent chez les poètes).

Neptune-Vénus

Association ou dissociation entre les aspirations à l’infini propres à Neptune et la symbolique vénusienne de l’amour. C’est un aspect de vertige amoureux. Quand le thème est harmonique, l’être vit bien cet aspect mais ne le vit pas toujours concrètement. Il communie avec l’autre sans avoir besoin ni de le toucher, ni de le voir. Les réalisations concrètes ne sont pas évidentes. Il peut y avoir un côté un peu platonique dans les amours. Les chimères ne font pas souffrir. On est à l’aise dans un univers un peu irréel.

Quand l’aspect est dissonant, on recherchera beaucoup plus dans l’expérience multiple et diverse cet amour idéal, sorte de mirage après lequel on court. L’amour sera vécu sous forme de liaisons innombrables. Les amours seront illégales, changeantes, la sensualité débridée. A noter que le carré crée sur le plan sensuel un conflit ; l’opposition, elle, est un tiraillement entre l’idéal du pôle neptunien et le pôle vénusien, beaucoup plus sensuel. On peut passer alternativement d’une attitude à l’autre. Avec un aspect harmonique, la chance sourit sur le plan matériel. Avec une dissonance, les appuis financiers sont beaucoup moins évidents mais, généralement, on s’en sort. L’inquiétude et l’insatisfaction sont souvent les causes d’un malaise. Cet aspect crée fréquemment des bouleversements douloureux sur le plan de la vie sentimentale, dans la mesure où il est extrêmement difficile de la stabiliser. Sur le plan de la création, c’est un aspect de grande sensibilité. En dissonance comme en harmonie, on côtoie le monde artistique, si l’on n’est pas artiste soi-même, surtout quand Vénus est dominante. Le choix entre la chair (Vénus) et l’idéal (Neptune), se pose tôt ou tard…

Neptune-Mercure

Compréhension, contact et communion sont associés ou se brouillent mutuellement. Avec cette configuration, l’intuition est mise au service de l’intelligence. Quand le thème est harmonique, la lucidité est grande et l’ouverture d’esprit permet de s’intéresser à tous les problèmes. Lorsque l’aspect est dissonant, il y a un manque de rigueur qui devient alors un peu inquiétant. L’esprit s’engage dans des domaines peut-être trop vastes. La sensibilité, diffuse, globale, est, dans les deux cas, extrême.

L’imagination peut être délirante. Les facultés extra-sensorielles, dans les deux cas, sont fréquentes, et parfois la voyance. Mais les troubles psychiques sont toujours un peu latents. Le comportement est capricieux. Si l’on considère Mercure comme réglant les rapports avec l’entourage, ceux-ci sont étranges et bizarres. On est mêlé à des secousses politiques ; nous avons souvent constaté cet aspect dans les thèmes d’immigrés. Quand le thème est extrêmement dissonant, il y a risque de confusion mentale. On ne parvient pas à dominer les forces obscures de cet inconscient qui submerge l’âme. L’être perd son sens critique. Les changements de comportement au cours de la vie sont fréquents. Le mental est souvent instable, et l’attitude difficilement prévisible. Cela ne facilite pas, on s’en doute, les rapports avec l’entourage et rend les contacts avec le milieu ambiant souvent douloureux. L’être se sent un peu à part, incompris, il tend à fuir hors du réel une vie qui le blesse par trop.

Le natif peut manquer de sens pratique, être inorganisé mais cet aspect ne nuit, en aucun cas, à l’ouverture d’esprit. C’est un aspect d' »intuition illogique ». C’est un aspect qui ne fait pas de l’être un « spécialiste » ; il y a dans cet aspect un certain éclectisme : on s’intéresse à tout.

Neptune-Mars

Association entre l’action et l’idéal, ou brouillage de l’action rendue irréalisable. Mais il y a dans cet aspect des qualités beaucoup plus irrationnelles que dans l’aspect JupiterMars. Il y a là mise en action d’un idéal ou d’une chimère… On veut partir à la conquête de l’infini, et on peut se perdre dans l’illusoire. L’imagination est extrêmement dynamique, la création insolite, l’inspiration pousse à agir. Quand le thème est dissonant, il y a instabilité émotionnelle et anxiété. On agit sans réfléchir, mais l’activité n’est pas continue. C’est le type de Poissons qui reculent quand la décision doit être prise. Il y a une certaine fuite de l’action et une agressivité qui peut être mal canalisée. Cet aspect peut donner un Poissons totalement velléitaire qui, finalement, ne prend jamais de décisions. Il faut, pour que l’aspect soit vécu dans l’action, une perspective claire, voire un soutien, bref, le coup de pouce…

Neptune-Jupiter

Se reporter au passage concernant JupiterNeptune, dans « les aspects de Jupiter« ,

Neptune-Uranus

Cette conjonction, très lente, ne se reproduit pas souvent : elle a eu lieu entre 1818 et 1826, et se reforme en février 98, en Verseau. Lorsque le thème est marqué par ces aspects, ils n’ont d’importance que s’ils sont valorisés par des planètes rapides. Il faudrait évoquer ici le carré des années 1952 à 1956, qui a correspondu dans le monde à une période de crise : la mort de Staline… Sur le plan personnel, cette configuration peut frustrer intérieurement, entraîner un choix erroné des moyens et des fins. Cet aspect peut être tour à tour rigide et dissolu. Nous avons trouvé cet aspect chez bon nombre de natifs de la génération 1952 à 1956 (entre le Cancer et la Balance) : dans les thèmes de jeunes drogués, ou de jeunes qui s’adonnaient à des mystiques plus ou moins étranges, adhéraient à un idéal parfois brumeux, ou se perdaient dans des agissements bizarres. Ils ne savaient pas très bien comment conduire leur vie, et, tour à tour, passaient d’une attitude totalement rigide à une attitude opportuniste. La personnalité se cristallise parfois dans un comportement négatif ; avec des aspects harmoniques de ces deux planètes, on peut trouver des gens qui se cristallisent dans une passion et mettent toute leur audace spirituelle au service d’une idée qu’ils poursuivent dans un certain fanatisme. Mais c’est un aspect qui demande à être analysé avec recul dans la mesure où il s’agit, répétons-le, de deux planètes extrêmement lentes qui concernent plus une génération qu’un thème individuel.

Neptune-Saturne

Surmoi et idéal se conjuguent ou s’affrontent. Voilà un aspect qui peut associer ou dissocier, suivant les cas, logique et intuition. Il y a parfois blocage de l’idéal, en cas de dissonance, mais si l’aspect est harmonique ou s’il est bien utilisé, l’être peut canaliser son idéal dans une construction positive. En harmonie, cette composante est un élément modérateur, un élément de volonté et d’épanouissement de la sensibilité qui s’oriente dans un sens philosophique. Il y a accord avec soi-même, et acharnement dans la quête que l’on poursuit. Personnalité intéressante, résistante, qui agit avec une grande force d’âme.

Lorsque l’aspect est dissonant, l’austérité saturnienne bloque et paralyse l’idéal neptunien. Le frein n’est plus salutaire mais aride. L’inquiétude naît, la tension intérieure grandit. On est tenté par l’infini, et on se réprime. Dans l’opposition, les risques de névrose sont accrus. Selon Lisa Morpurgo, la tentation du péché est aussi forte que le désir de la réprimer. Tempérament « calviniste », bourrelé de remords, mais qui ne peut résister aux tentations. Le jugement peut être nébuleux, les décisions sont mal prises. Il y a parfois un entêtement irrationnel dans une situation pourtant absurde. Cette conjonction joue sur le plan international : elle a accompagné des circonstances dramatiques dans l’histoire, et fut notamment l’un des éléments qui ont provoqué la guerre civile espagnole en 1936 et 1937.

Neptune-Pluton

Voilà deux forces extrêmement différentes qui s’amalgament de façon étrange, et qui sont aussi des aspects lents. Il y a eu cette conjonction en Gémeaux au cœur du Moyen Age, et une autre à l’aube du XIXe siècle. C’est dire que ce sont là des aspects d’ordre mondial. Ils traduisent en général dans un thème personnel une crise de l’évolution intérieure. Lorsque cette conjonction joue dans un thème individuel, elle permet une communion avec l’au-delà, une sublimation de la vie sexuelle, ou au contraire une emprise de la sexualité.

Cet aspect comporte un risque de folie parfois meurtrière (Eichmann). C’est un aspect dans lequel il ne peut pas y avoir de demi-mesure. Il conduit l’être à sa perte s’il s’inscrit dans le Moi : l’être est sous l’emprise de ses pulsions agressives que Neptune surmultiplie jusqu’à la folie. C’est un aspect qui peut être créatif, mais qui est souvent vécu douloureusement.

Disons que lorsqu’on trouve un Neptune dominant et un Pluton valorisé dans un thème, les valeurs de métamorphose et de prolifération sont importantes. Elles peuvent entraîner l’être aussi bien à sa perte qu’à la plus sublime des réalisations. Rappelons ici le thème d’Edgard Cayce, le célèbre voyant, et celui de Victor Hugo, également marqué par cette double valorisation NeptunePluton.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Une lumière nouvelle a permis de relier la plus ancienne des connaissances aux sciences humaines les plus récentes. La psychanalyse a « modernisé » la plus ancienne science du monde, sans renier le passé.

En effet, on a découvert peu à peu l’identité profonde qu’il y avait entre ce que révèle une investigation psychanalytique et ce que dévoile l’analyse d’un thème. Le langage qu’emploie le psychanalyste quand il démonte les structures psychiques est le même que celui qu’utilise l’astrologue quand il déchiffre la topographie des tendances qu’est la carte du ciel.

La représentation du « fait psychique » donne une véritable image de la réalité intérieure, qui du même coup est revalorisée. Ce que Paracelse affirmait voilà plusieurs siècles – toute vie est d’abord intérieure – a repris une vie nouvelle.

La vie, en réalité, ne dépend pas autant des circonstances extérieures qu’on le croit. Nous choisissons parmi les occasions qui se présentent à nous celles qui sont conformes à notre nature.

Inéluctable, la destinée ne l’est que dans la mesure où il n’est pas possible d’échapper à soi-même. La destinée s’accomplit sur un modèle que nous portons en nous ; non pas en dépit de nos efforts, mais plutôt « à cause de nos aspirations ». Et, à la lumière du symbole, apparaît le processus psychique fondamental qui permet de déchiffrer toutes les manifestations du psychisme humain. « Le symbolisme apparaît comme la langue fondamentale de la vie psychique. »

De même que dans l’apparent désordre des événements d’une vie se profilent les tendances profondes d’un être, de même dans un ciel un certain climat peut être défini. A travers ce labyrinthe de l’âme, nous découvrons les influences mystérieuses qui nous poussent à agir, la profondeur cachée des colères et des doutes, de nos craintes et de nos besoins. Le thème est l’expression concrète d’un drame psychique.

Les archétypes que sont les planètes vont éclairer ce paysage intérieur ; symboles vivants, tels nos rêves, ce sont eux qui nous mettent en diapason avec l’univers… « Chacun de nous possède un diapason individuel accordé plus particulièrement à une fréquence spécifique du rythme universel » (F. Lionel). Cette fréquence est notre dominante planétaire.

« Ce n’est pas dans le firmament étoilé que se voit dans toute sa perfection la révélation de l’infini. C’est dans l’âme de l’homme », disait Radinbranath Tagore. La carte du ciel, par les planètes, définit la structure de l’âme. Par les aspects, elle en donne, en quelque sorte, l’équation. Par les Maisons, ou Secteurs, elle définit le cadre général du destin. Mais c’est la planète qui en donne le ton. A noter que les planètes ont, selon la Tradition, une correspondance avec les notes de musique. Les sept notes et les sept planètes traditionnelles sont en effet liées « harmoniquement » : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne soit : ré, la, mi, si, sol, do, fa. »Tout l’art de l’astrologue est précisément de saisir la symphonie de la vie » (A. Barbault).

Les Planètes dans les Poissons

Lune en Poissons

Si le soleil est l’animus, partie volontaire, active, masculine qui est en chacun de nous, principe « yang », la Lune est le reflet de notre anima: partie réceptive, passive; féminine, « yin », en chacun de nous. C’est la face inconsciente de notre personnalité. C’est le rêve, l’imaginaire, la sensibilité.

Selon l’astrologue italienne Lisa Morpurgo, la Lune est en « exaltation » dans le signe des Poissons. Il est certain que, dans ce signe féminin, la Lune représente une anima très forte. Aussi donne-t-elle une imagination délirante. L’être vit littéralement dans un univers « magique », chatoyant, plein de rêves et de rites, de mystères. Souvent, fortes aspirations artistiques. Fréquemment, la vie tend vers une recherche dans ce domaine imaginatif. Il peut, si le thème va dans ce sens, et si la Lune est valorisée, y avoir même création imaginaire, artistique, littéraire.

Souvent, on aura également des tendances narcissiques, et une grande vulnérabilité. En fait, cette planète donne une sorte d’irréalité à cet être « lunaire » des Poissons. Il a du mal à s’intégrer dans la vie réelle. En effet, toutes les qualités et les défauts d’expansion et d’inflation envahissantes, propres aux Poissons, sont exacerbés. Le potentiel imaginatif est fabuleux, donnant une véritable vision fantasmagorique des choses ; mais aussi des fantasmes, et grand est le risque de dissolution morbide sous les vagues de l’inconscient qui tend à submerger l’être. Le côté mystique, assoiffé de sacrifices et de vie spirituelle, est amplifié. Il y a une certaine démesure dans le rêve. Par ailleurs, des facultés parapsychiques, paranormales, peuvent être développées.

On peut citer le grand poète et philosophe allemand, Goethe, l’écrivain Gilbert Cesbron, le poète Ronsard, Pétrarque qui ne cessa de chanter son amour pour Laure. Plus près de nous, le poète Edgar Poe et le philosophe René Guénon, qui se convertit à la religion musulmane et finit ses jours en Egypte où il fut enterré, selon le rite islamique, le visage tourné vers La Mecque, le corps à même le sable, sous le nom d’Abdel Wahed-Yahia. Des peintres : Cézanne, Léonard de Vinci ; des saints, des mystiques : saint Vincent de Paul, sainte Thérèse de Lisieux.

Si la Lune est dissonante, ou si elle est en Maison XII, elle représente alors une anima mal contrôlée. L’être est désemparé devant les événements. Il se réfugie dans ses souvenirs ; il se berce carrément d’aspirations imaginaires et s’évade dans l’irréel. La fécondité et le rêve deviennent délire et chimères. L’être peut perdre totalement pied avec le réel… Dans la vie d’une femme, cet aspect peut nuire à son épanouissement intime. Mais dans la vie d’un homme, le problème se pose d’une façon très différente. L’homosexualité est d’ordinaire caractérisée par une identité avec l’anima. « Le jeune homme qui grandit doit pouvoir se libérer de la fascination de l’anima exercée par la mère », dit Jung. Il s’agit de s’en libérer, non de l’écraser, car « sa perte durable, notamment une fois passé le midi de l’existence, consiste en un engourdissement précoce quand ce n’est pas une sclérose ». « Retrouver la liaison avec la sphère des expériences archétypes », c’est retrouver son équilibre. Mais cette Lune instinctive et imaginative, si elle est mal aspectée, donne une adaptation difficile à la vie d’homme. Dès l’enfance, les difficultés auront été marquantes. Cet aspect peut nuire également à la santé psychique de l’être. Il donne vague à l’âme, mélancolie ; un côté un peu enfantin, voire infantile ; fabulation, illusion. On ne doit jamais négliger l’aspect positif, même d’une dissonance : création artistique, développement de la sensibilité, maternité en thème féminin. Certes, « lorsque l’anima est constellée dans une proportion assez grande, elle amollit le’ caractère de l’homme qu’elle rend susceptible, excitable, sujet à des sautes d’humeur, inadapté » (Jung). Une Lune en Poissons ou Secteur XII, ce qui revient au même, est toujours synonyme de grande sensibilité, d’une forte anima. Elle peut être aussi en analogie avec le septennaire et les sept péchés capitaux, symboles de paresse, de laisser-aller, de passivité, pour le moins… Il faut tenir compte des aspects que reçoit la planète, et de l’ensemble du thème.

Vénus en Poissons

Aux Poissons, l’amour est communion avec le monde. Il prend des dimensions d’infini et d’éternité. L’imagination entretient le rêve. L’amour « magique » est un mirage…

Avec Vénus aux Poissons, le partenaire est idéalisé, l’amour est vécu comme un rêve. On peut reprendre ici l’expression de Gaston Bachelard dans l’Eau et les rêves : « Le fait imaginé est plus important que le fait réel. » Vénus est exaltée dans le signe des Poissons : l’amour y prend une ampleur lyrique. L’affectivité est débordante. Toutes les motivations sensorielles et affectives se manifestent, en effet, sur un mode Poissons, c’est-à-dire sans mesure et sans caractère logique… Les amours sont sans frontières. Amours souvent impossibles, chimériques, utopiques, dans lesquelles on se jette à corps perdu. L’élu est mis sur un piédestal. Si le rêve s’effondre, le « château de sable » est emporté par la vague… Les chimères évanouies, il ne reste plus rien. Mais un nouveau rêve emportera tôt ou tard le Poissons vers ce nouvel amour qu’une vague apporte à son tour. L’être, alors, retrouve sa capacité d’émerveillement intacte, et s’embarque à nouveau pour Cythère. L’amour est bien pour le Poissons un véritable « état de grâce ».

Amour qui est prêt à tous les sacrifices. Le côté dévouement, le côté « saint-bernard » du Poissons, lui donnent, parfois, un goût du sacrifice poussé jusqu’au masochisme : c’est aussi son côté « bonne poire » ! Il se laisse faire, par gentillesse peut-être, par masochisme souvent. Qu’il soit ou non vécu charnellement, l’amour est toujours essentiel dans ce signe ; et il est « idéalisé » aussi, car il prend une tonalité neptunienne (eau : sensibilité, émotivité). Rappelons que Vénus, selon les mythes, est sortie de l’onde écumeuse et qu’il se rattache à cette naissance tout un symbolisme sexuel, d’une part, mais aussi, comme le montre la vision botticellienne de Vénus sortant d’une coquille, celui de la fécondité. Cette coquille est le symbole de la fécondité mais elle est capable de renfermer la perle, objet précieux, née dans le mystère de ses profondeurs, telle la vie.

Planète de la sensorialité, mais d’une sensorialité mystérieuse, « aquatique » par cette eau des Poissons dans laquelle elle baigne, Vénus est, dans ce signe, une Vénus érotique et féconde. Fécondité sur tous les plans, mais en premier lieu sur le plan de la vie : la femme vénusienne des Poissons se réalise souvent dans la maternité, parfois sacrifiant même sa vie de femme pour son enfant. Elle a d’ailleurs souvent plusieurs enfants… C’est une extraordinaire « fécondité » qui valut à Jean-Sébastien Bach vingt et un enfants. Fécondité également sur le plan de sa musique qui est celle du « dialogue amoureux » de l’âme avec son créateur afin, dit-il lui-même, que « le tout donne une harmonie agréable en l’honneur de Dieu et pour la réjouissance légitime de l’âme ». Planète de la Beauté, de l’harmonie, Vénus est liée à la création artistique. On notera d’ailleurs ici que « l’astrologie peut devenir un critère d’authenticité en matière de critique d’art parce que, chez l’artiste véritable, il ne peut y avoir de rupture entre son intuition, son inconscient et sa création », comme l’a dit Joëlle de Gravelaine. Fécondité, abondance, mais aussi magie et poésie : c’est pourquoi toute oeuvre Poissons baigne dans un univers de perceptions et de sensations magiques qui nous invitent à la communion. Et ce mot est sans doute la clé de la compréhension du Poissons.

Lorsque Vénus est très dissonante en Poissons et qu’elle est en outre en Secteur XII, on a, selon la Tradition, les amours cachées, les intrigues mystérieuses, les amours imaginaires et les liaisons secrètes, les amours clandestines, l’adultère et le back-street. Les intrigues amoureuses, le donquichottisme en ce domaine, tous les désordres affectifs et les déceptions sentimentales qui s’ensuivent, voire les épreuves, relèvent de cet aspect.

Toutefois, dans ce Secteur XII, Vénus (planète de la Petite Chance, Jupiter étant le Grand Bénéfique pour les Anciens) apparaît souvent comme un signe de protection. Les choses vont mal, tout empire et, pourtant, on s’en sort quasi miraculeusement.

Mercure en Poissons

Cette planète est en exil dans les Poissons. Dams ce signe d’Eau, elle donne un fort potentiel de sensibilité intuitive. Elle représente, en effet, le filtre intellectuel à travers lequel vous vous exprimez, en tant que Poissons. Ce n’est pas seulement votre forme d’intelligence, mais la direction qu’elle va prendre, votre faculté d’adaptation qu’elle définit. Et vos relations avec l’entourage. Cette direction sera, dans le sens de Neptune, infinie. La perception des choses sera beaucoup plus intuitive, immédiate, que déductive. C’est une perception sans détail. Rien de précis. Mais une vision « globale », instantanée. La compréhension est « affective ». Elle n’est pas logique. Le climat émotionnel est ressenti intensément immédiatement. Mais les mots, pour le traduire, sont vagues, imprécis.

Ce Mercure en Poissons n’est pas un Mercure dialectique. C’est un Mercure qui « ressent », perçoit, voit l’ensemble, mais est démuni face aux problèmes quotidiens. Il n’est pas rationnel. Si les idées sont floues, vagues, imprécises et difficiles à préciser pour un Mercure des Poissons, c’est qu’il lui faut vaincre et traverser, pour arriver à l’expression, les brumes neptuniennes. L’analyse est, certes, difficile. La concentration demande un effort très grand. La mémoire n’est pas excellente. On se souvient d’une ambiance beaucoup plus que d’un décor précis. La mémoire est visuelle ; elle est sensorielle.

Mais l’on décrit difficilement les choses, ce qui est normal puisqu’on ne les voit pas : on les sent.

« Nommer un objet, c’est supprimer trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve » (Stéphane Mallarmé).

Ce Mercure en Poissons donne l’inspiration, l’intuition.

Voici quelques exemples de Mercure en Poissons dans le domaine de la peinture.

Peinture impressionniste qu’illustre Renoir, peinture surréaliste et fantastique, venue tout droit de l’inconscient, telle que nous la présente Félix Labisse.

Peinture plus abstraite du PoissonsVerseau Piet Mondrian, fondateur de l’un des groupes les plus illustres de l’art moderne, qui voulait traduire l’intériorité de l’hotpme, à travers les lignes et les couleurs les plus pures.

Avec ce Mercure en Poissons, un souffle mystérieux transfigure le monde, chasse les préoccupations bassement matérialistes de l’esprit.

L’âme tente de s’élever jusqu’à la lumière…Lorsque en 1909 Piet Mondrian, d’origine calviniste, adhère à la Société théosophique, c’est parce qu’elle correspondait alors pour lui à l’idéal de fusion entre les différentes religions auquel aspire le Poissons, parce que cette société représentait pour lui un monde spirituel sans frontières.

Mais, incontestablement, au niveau de la vie, le sens pratique fait défaut. On ne voit pas le détail, mais l’essentiel qui ne « se voit pas ». Vision sensitive, globale, sans précision. L’essentiel est la communion avec le monde. Il peut y avoir une perception hors du commun. L’être a des « antennes ».

Chez les écrivains, Victor Hugo avait cette planète en Poissons. D’où ses visions grandioses et fantastiques des choses chargées de symboles. Il transfigure le Monde. Il voit « au-delà ». A ce degré de communion, le poète est devenu un « mage ».

Mercure en Poissons est donc souvent un Mercure « visionnaire ». Mercure, planète du Moi et de notre lucidité ou de notre tentative de lucidité, lorsqu’il est dissonant pèse lourdement sur notre mental. Mercure Poissons dissonant en Secteur XII et mal aspecté peut causer, selon la Tradition, des inimitiés qui peuvent venir « des frères et des sœurs, des collègues et des proches ». Il peut créer des ennuis, tels que des calomnies, des médisances. Il indique également des risques de vol. Il donne une tendance à la mythomanie. Il porte à se mentir à soi-même, pour s’auto-illusionner. Refus du réel qui peut prendre des proportions plus graves. Il y a « démission » de la logique et de la précision : vision nébuleuse des choses, de la vie, pour le moins. Mais, il ne faut jamais oublier que Mercure est surtout notre logique, notre raison ; dissonant, il peut conduire, s’il est en liaison avec l’Ascendant, à une perte de conscience de son propre Moi, allant jusqu’à la schizophrénie. Ce fut le cas du danseur Nijinski et de Heilderlin qui sombrèrent dans la folie.

Mars en Poissons

La planète Mars accomplit sa révolution autour du Zodiaque en deux ans ; c’est la dernière des planètes rapides. Mars indique la qualité de l’énergie avec laquelle vous allez vous affirmer, votre combativité, votre élan.

Dans le signe des Poissons, l’action, diffuse, se perd dans l’immensité des désirs qui restent inassouvis. Si cette action est souvent incapable de viser droit au but immédiat, l’énergie n’en est pas moins mordante. Mais elle demeure souvent intermittente.

Il faut toutefois se méfier de « l’eau qui dort ». L’on songe à ces tempêtes qui se lèvent sous les tropiques, dans cet océan que d’aucuns avaient nommé Pacifique ! La fureur de la vague peut être mortelle. La tempête est soudaine, elle n’en est que plus violente. L’action de Mars en Poissons est souvent illogique. On agit par à-coups. Elle manque, en tout cas, d’organisation. On fonce au moment où il ne le faut pas. Et l’on se fatigue inutilement. Cette position rend capable de colères furieuses. En général, on se met en colère pour des problèmes affectifs ou sentimentaux. L’agressivité est passionnelle. La belle actrice Elisabeth Taylor, dont les sautes d’humeur ne sont un secret pour personne, a une conjonction SoleilMars en Poissons.

Une telle position nuira-t-elle aux réalisations ? Souvent, il faut le reconnaître, ce n’est pas un aspect très constructif (divorces répétés de Liz Taylor, heurts avec l’entourage, etc.). Ce peut être l’image de « coups d’épée dans l’eau » que l’on donne mal à propos, et qui attirent des inimitiés, des difficultés. On s’enlise dans une situation au lieu de s’en sortir. C’est le sable mouvant. Energie souvent mal dirigée. Mais ne généralisons pas. Cet aspect peut mettre en lumière des tractations secrètes. A moins qu’on ne soit prisonnier de luttes cachées.

L’aspect correspondant à une composante MarsNeptune pourra être vécu dans une action exaltante, voire dans la mise en action d’un idéal. Si le thème est mal aspecté on peut déceler une action brouillonne. Si le thème est très dissonant, Mars agira dans un sens plus nettement destructeur. Pour peu qu’intervienne la Maison VIII, il pourra même y avoir carrément des tendances autodestructrices. Vincent Van Gogh finira ainsi par se tirer une balle en plein cœur (mais dans ce cas précis, notons que Mars s’identifiant au Moi, il y avait là une tendance très nette à l’autodestruction).

L’aspect peut être vécu, dans un ciel Poissons, comme un combat contre la souffrance, la misère. Témoin, Maxime Gorki, qui passa sa vie à se battre, par ses écrits, pour défendre le peuple russe, notamment les paysans opprimés…

Notons donc que l’action pure, dans le sens que l’on donne à ce mot (Mars était le dieu de la Guerre) n’est pas, en fait, du domaine Poissons. Anaïs Nin, femme Poissons, n’a-t-elle pas écrit : « Je n’ai jamais cru à l’action, je n’ai cru qu’à l’accomplissement poétique de la vie », et pour résister « aux pressions extérieures, je crois, ajoute-t-elle, à l’importance de la foi et à la grande importance du développement de la vie intérieure ».

Aux Poissons, il est plus juste de parler de réalisation que d’action. On a pu remarquer d’ailleurs qu’un tempérament aussi poétique, mystique et diffus que celui des Poissons se trouve évidemment beaucoup plus à l’aise dans le domaine de la création artistique et des mondes parallèles de l’amour divin et humain – voire érotique —, dans ceux du théâtre, ou d’une quête, que dans le monde de l’efficacité pragmatique et du pouvoir.

Uranus en Poissons

Avec Uranus, l’être va dans une seule direction. Cette planète s’accorde mal avec la sensibilité et l’émotivité vibrante du Poissons. Le refus des contraintes donne dans ce ciel une certaine incapacité à dominer les problèmes de la vie quotidienne. Le Poissons uranien s’individualise. Il s’affirme avec originalité. Il va dans une direction, et s’y tient. Contradiction profonde de l’être entre ce côté « ultra » et les perspectives neptuniennes. Uranus évolue mal dans le monde de la subtilité et des nuances, dans le monde de l’évasif, de l’imprécis, de l’indécis. En Secteur XII, il emprisonne l’être dans un sectarisme extrême, excessif. Rien ne peut plus l’arrêter. Allant jusqu’au bout de ses actes, aussi insensés soient-ils, l’être est prisonnier de lui-même. Il va jusqu’au bout. Et Uranus revient en Poissons de mars 2003 à mars 2011.

Uranus dans un ciel Poissons donne au thème une note originale, « à part ». La présence d’Uranus en Poissons de 1920 à 1927 a marqué la génération existentialiste. Entre 1962 et 1969, elle a vu naître Mai 1968: faut-il voir dans cet aspect l’utopie généreuse du Poissons et l’extrémisme, au plein sens du terme, de ce « révolutionnaire » en puissance qu’est l’Uranien ? Ici, nous donnerons deux exemples. Le premier est tragique, c’est celui de l’abbé Desnoyers dit « le curé d’Uruffe ». Épris d’une de ses jeunes paroissiennes, s’étant laissé prendre à son charme, il lui fit un enfant. Affolé par son geste, ne sachant que faire, il la tua mais, avant, il l’accoucha du foetus qu’il baptisa avant de l’assassiner à son tour. L’horreur est totale, la confusion mentale atroce. Pour conserver peut-être une certaine image de lui-même, par peur du qu’en-dira-t’on, il alla jusqu’au bout de l’horreur. Uranus en Maison XII a marqué ce Poissons malheureux qui fut sans doute victime d’une vie ascétique pour laquelle il n’était pas fait. On peut songer ici à cette phrase d’Aldous Huxley qui évoque « la responsabilité terrible de ces directeurs de conscience ignorants […] qui imposent aux âmes dont ils ont la charge un dharma religieux totalement inadapté à leur nature avec des résultats que des auteurs, tel saint Jean de la Croix, décrivent comme complètement pernicieux ».

Exemple plus harmonique, plus souriant, celui d’un homme politique célèbre, LuneUranus aux Poissons : Georges Clemenceau. Il fut l’organisateur, le père de la victoire. C’est lui qui négocia, on s’en souvient, le traité de Versailles en 1919. Voilà un homme qui allait lui aussi jusqu’au bout et qui sut ne pas faiblir.

Enfin, le grand mystique hindou Ramakrishna, déjà cité, avait lui aussi Uranus conjoint au Soleil en Maison XII en Poissons. Nous avons là, vraiment, le thème d’une vie centrée dans une direction, et qui s’y tient. Un thème et un destin « à part » aussi, c’est certain…

Saturne en Poissons

Bien vécue, cette planète représente une tentative pour concentrer, contracter les forces du thème astral ; elle affecte la capacité de l’individu à rassembler les choses pour les concentrer. Elle indique une autodiscipline. Elle est la conscience morale dans ce qu’elle a parfois de rigide. L’être se construit un système de défense. Mal vécue, cette planète isole : l’être s’enferme. Il perd ses qualités d’adaptation. Il ne sait plus se rendre aussi ouvert. Il ne cherche pas la sympathie. Il se laisse gagner par le découragement. C’est le Saturnien découragé, renfermé, qui refuse de s’adapter à la vie, n’accepte pas ses règles dont il subit toutes les entraves : Poissons de la Maison XII dans laquelle il se replie ; véritable filet dont il est prisonnier, voire victime.

Le refus de s’adapter est un problème régressif. Au sens du « vécu » non pathologique, c’est une inadaptation à la vie qui est la source de bien des souffrances… On s’arrête en chemin, on n’avance plus sur la route de la vie. Les Anciens évoquaient l’alchimie de l’âme. Les psychanalystes parlent de « sublimation » (l’origine du mot est d’ailleurs alchimique). On peut parler, plus simplement, de transformation ou mieux d’adaptation, afin de ne plus « subir » l’aspect comme un effondrement de ses rêves, comme une sorte de fatalité. Dans un thème où cet aspect est vécu de façon positive, on a une alliance de l’intuition et de la raison. Le résultat peut être génial. Saturne ouvre les portes à des domaines habituellement inexplorés par Neptune. Mais cette planète nuit à l’hédonisme du signe. Elle entrave les joies, donne des tendances sadomasochistes, conduit à un certain pessimisme découragé et décourageant. C’est ainsi qu’au négatif on pourra avoir refus de vivre, solitude, isolement, voire une misanthropie plus ou poins névrotique. Source de toutes les inhibitions, Saturne limitera l’expansion du Poissons. Il la bloquera, il la freinera, il créera un sentiment de frustration, sur le plan affectif ou social ; en l’empêchant d’agir, en l’empêchant de prendre une décision, il participe à un refus de vivre et provoque la maladie de la persécution. Les emprisonnements, les exils sont dus à cette position de Saturne en Poissons, d’après la Tradition.

Régression ou sublimation dépendront de cette planète. Si le Moi est fort, l’aspect sera vécu comme une ascèse. Que la vie de Schopenhauer, qui avait SoleilMercureVénus en Poissons conjoints à Saturne, ait été créative, c’est certain. Mais elle n’a pas été très gaie. En s’affranchissant du désir, en levant le voile de Maya, n’a-t-il pas éteint en lui la volonté de vivre ? Son goût de l’anéantissement, du repos suprême l’ont plongé dans un univers, celui du sacrifice et de l’expiation. Philosophe solitaire, il a voué sa vie à la souffrance, source fatale de tous les maux innombrables en cette vie. C’est sur le plan de la réflexion qu’il s’est réalisé.

Sur le plan quotidien, Saturne demandera une adaptation à la réalité, qu’il faudra « accepter » : ce qui sera parfois difficile. La romancière Violette Leduc avait une conjonction MercureSaturne aux Poissons. Sa vie fut un combat pour s’adapter à une réalité cruelle. Saturne dans le thème est notre maturité, ou notre refus de mûrir. L’occultiste Joris-Karl Huysmans, qui se grisa de surnaturel et n’eut peut-être qu’un seul véritable ami, son chat Mouche, avait également Saturne aux Poissons, très valorisé (LuneNeptune également dans le signe : conjonction Lune, fin Verseau à Neptune, à 0 degré des Poissons). Mais cette vie étrange n’était-elle pas « sa » vie justement. Et, en l’assumant, il s’est réalisé. La frustration n’existe que dans le refus. Si on l’accepte, le processus évolue et permet des réalisations : dessèchement de la vie ou diminution de la vie physique mais puissance de réalisation par retrait du monde extérieur. Telles sont les deux facettes de cette planète. Tout l’art de la vie est de savoir utiliser son ciel, pour progresser. Tout arrêt prolongé est statique, et la vie est mouvement en avant.

A l’être qui sait l’utiliser, Saturne apportera de grandes richesses. Et cela, plus il avancera dans la vie (Saturne se mettant alors en parfaite harmonie avec la vie, devenue plus intériorisée par la force des choses).

Pluton en Poissons

Cette planète, découverte en 1930, représente, selon Jean Berthon, une clé. Et c’est bien d’une clé qu’il s’agit effectivement, car cette planète, qui est celle du dieu des Enfers, du feu des entrailles de la Terre, peut être aussi bien la planète de la destruction que celle des transformations. Inexorable, investie d’un pouvoir qui peut être mortel, elle détruit pour faire renaître. Dans un ouvrage consacré à Pluton et au Scorpion, Jacques Berthon définit Pluton comme l’anti-Jupiter. Alors que Jupiter est clarté céleste du visible et joie de vivre, euphorie, Pluton, son frère ombrageux qui règne sur l’invisible, est angoisse de vivre, tourment d’aimer. Avec Jupiter, la lumière est mise sur le visible. Avec Pluton, elle le sera sur l’invisible. Nuit de la matière, mort de la vie mais vie dans la mort, c’est le festival du mystère, du caché, de l’eau-delà. Impitoyable juge, ordonnateur de l’invisible, il révèle les vraies richesses (Ploutos veut dire « riche »), dégagées de la gangue visible du corps.

Pluton refuse de s’arrêter à l’apparence des choses : s’il s’y arrête, c’est la mort… Nous pourrions évoquer ici la graine qui va pourrir, apparemment, en terre pour que renaissent, en fait, les moissons. « Seule la transformation intérieure conduit à la libération. Il n’est aucun destin qui échappe à cette règle. Il n’y a pas d’événements extérieurs, il n’est que des fatalités intérieures. Il ne nous arrive que ce que nous sommes » (Jacques Berthon). Vaincre Pluton c’est surmonter cette angoisse viscérale qui paralyse et détruit tout espoir, toute vie.

Le natif des Poissons marqué par Pluton – planète d’angoisse qui peut empoisonner notre bonheur, dramatiser notre vie, nous confronter à notre propre enfer – va vivre cet aspect soit de façon morbide, soit, au contraire, de façon sublimée. C’est Pluton qui marqua le thème de Victor Hugo (conjonction SoleilVénusPluton en Poissons) de son empreinte. La puissance de son aspiration, la profondeur de sa sensibilité, la diversité des sujets qu’il traita, c’est, sans doute, à cette double valorisation neptunienne et plutonienne qu’il les doit. Son besoin de se vouer à une cause, idée bien Poissons, et sa vie passionnée, attitude bien Scorpion, lui firent côtoyer la souffrance, la grandeur et la misère de l’âme humaine. Il a peint dans les Misérables les parias, les forçats, les prostituées. Il s’est penché sur les faibles et les déshérités, restituant à l’homme sa vraie dignité, offrant à l’ancien forçat une nouvelle vie. Derrière la gangue visible, transparaît l’âme…

Pluton ne reviendra pas avant longtemps dans le signe des Poissons. Par contre, sa présence en Maison XII, Maison analogue au signe des Poissons, donne certaines indications. Il est certain qu’il y a là des pulsions de mort contre lesquelles l’être devra lutter. Il lui faudra un Moi bien structuré pour surmonter les crises, les épreuves souvent cachées, que cette planète lui réserve. Mais une vie sans crises est-elle une vie ? La vie est métamorphose, sans cesse et adaptation… Disons également que si Pluton est important dans votre thème, s’il est, par exemple, à l’Ascendant, s’il est angulaire, ou s’il a maîtrise sur votre Ascendant Scorpion, il entre dans votre dominante et il se conjugue avec Neptune pour marquer votre vie. Tôt ou tard, l’être marqué par Pluton rencontrera son Dragon intérieur et devra se battre « viscéralement » avec lui.

Pluton est un ferment idéologique et philosophique qui s’affirme avec violence. Cette planète crée une confusion : elle détruit pour reconstruire. Mais ce n’est pas toujours le cas : elle peut s’arrêter au premier stade. Elle déconcerte. Elle intensifie la sensibilité Poissons. Mais elle porte ce potentiel d’idéal à des excès dangereux. Elle fait vivre dans un climat érotique très fort.

Pour le Poissons plutonisé, on peut voir tout ce qui est dit sur la Maison VIII. Il a parfois des dons de voyance ou de perception extra-sensorielle. Pluton confronte l’être à ses angoisses, il peut entraîner un revirement, un changement radical de l’existence (voir les phases et les cycles).

Si Neptune donne l’expérience mystique (état de béatitude qu’aucune émotivité n’entache, vision comparable à une pensée musicale, ressentie comme une résonance qui pénètre les tréfonds de l’être), l’occulte, du domaine plutonien, comprend, en revanche, le monde des désincarnés et la panoplie des moyens employés pour communiquer avec eux…

Comment interpréter les Signes dans les Maisons

Les Poissons dans les Maisons

Poissons en Maison I

Le caractère Poissons est renforcé, l’apparence physique est, elle aussi, influencée par le signe. Si Neptune est en Maison I, la perception du monde est inquiète et peut conduire à une remise en question permanente, ou une vie souvent confuse… La réalité matérielle, la vie concrète est moins bien appréhendée que l’invisible. En cas de dissonances, les tendances neurasthéniques, l’indécision, et la fuite autodestructrice sont à craindre. Il peut y avoir « coupure du réel », tendances schizophréniques.

Si Jupiter est en Maison I, en Poissons, cette position donne le sens des réalités. Les réalisations sont pourtant inégales (voir le type neptunien et le type jupitérien des Poissons).

Poissons en Maison II

Le grenier sera plutôt spirituel. Il y aura une certaine indifférence aux problèmes matériels si le thème va dans ce sens. S’il y a besoin de possession, le désir d’avoir et d’acquérir sera vague. On voudra beaucoup, mais on ne saura pas comment s’organiser pour y parvenir. La vie matérielle sera généralement instable. Le hasard jouera un rôle important.

Avec Neptune en Maison II, dans un thème Poissons, il y a un certain manque de bon sens. On peut faire fortune et tout perdre sur un simple coup de dés. Là non plus on ne sait pas comment s’y prendre. On change souvent de route, et d’idée.

Si Jupiter marque le thème ou s’il est en Poissons en Secteur II, la réussite sera spectaculaire (Claude François). Elle n’en restera pas moins, souvent, extrêmement fragile.

Poissons en Maison III

Les rapports avec les proches sont intuitifs, mais les échanges souvent confus. Les études ne sont pas rationnelles ; on change d’ailleurs plusieurs fois de centre d’intérêt. Avec Neptune, les déplacements sont souvent fréquents. Ils ont des motifs étranges. Il y a un goût marqué pour le mystère qui influence le mental. On aime aller au bord de la mer souvent et régulièrement au même endroit. Les études occultes et le contact avec le monde occulte sont souvent fréquents.

Avec Jupiter en Maison III, les contacts sont euphoriques. Mais on n’évalue pas toujours avec exactitude les situations, d’où certains échecs…

Alors qu’avec Neptune en Maison III, les rapports avec les proches, et notamment avec les frères et les sœurs, sont souvent troubles et confus, avec Jupiter les rapports sont francs, ouverts, optimistes. Cette position de Jupiter favorise souvent une réussite matérielle : sens des contacts et des relations humaines, bonhomie.

Poissons en Maison IV

La Maison IV, sous l’horizon, est le Secteur de nos racines. Il est ce qui nous est donné au départ. Là sont nos origines. C’est la partie la plus secrète du thème, c’est son pilier. Les Poissons dans ce Secteur donnent un sens patriotique profond. Il y a là une sorte d’amour « romantique » pour la patrie. La cellule familiale est un refuge. On s’y sent protégé, à l’abri des difficultés du monde extérieur.

Neptune en Secteur IV dans un thème Poissons crée une certaine inquiétude. Il concernera les « racines ». Le détachement de la famille s’effectue comme une fuite. Les origines demeurent souvent mystérieuses : nous avons trouvé cette position notamment dans les thèmes de personnes qui avaient eu des parents dits « naturels » dont les « racines » étaient mal cernables, dans les thèmes d’enfants adoptés.

Avec Jupiter, la vie familiale est protégée. Les racines sont solides. Le foyer est cossu.

Poissons en Maison V

Le signe fécond des Poissons donne des appétits intenses mais imprécis. On adopte malheureusement parfois une attitude « gémissante » à l’égard des joies que la vie ne manque pas de nous apporter. Nombreuse progéniture. La sensualité est souvent trouble. Dans ce Secteur, il est important de voir les planètes et la Lune Noire.

Neptune en Maison V donne des amours mystérieuses, multiples, compliquées ! Le dévouement aux enfants est très grand.

Jupiter en Poissons en Maison V apporte la sensualité chaleureuse. Les amours revêtent une grande importance. Les liaisons sont généralement heureuses. Avec une note de respectabilité. On s’attache à des personnes de rang élevé. On « s’embourgeoise » avec l’âge. Souvent, avec cet aspect, il y a chance au jeu, sauf si le thème est dissonant. Les enfants sont choyés, la progéniture nombreuse et accueillie avec joie…

Poissons en Maison VI

Il y a dans la vie un manque total de sens pratique. On manque de méthode dans son travail, d’où de nombreuses complications. Les problèmes domestiques limitent l’existence. On a tendance à se noyer pour un rien. En analogie avec le signe de la Vierge, cette Maison peut donner des problèmes intestinaux, des problèmes d’assimilation, des problèmes nerveux ou respiratoires.

Neptune en Maison VI apporte une sensibilité extrême, voire névrotique. On s’enfonce dans les menus problèmes. La vie quotidienne est vague, imprécise, sans aucune organisation.

Jupiter en Maison VI donne une adaptation souple dans la vie de chaque jour. On se contente d’une vie modeste si elle procure un certain confort. Les professions subalternes ne sont pas rares. On se laisse vivre, mais on vit agréablement au jour le jour.

Poissons en Maison VII

Cette Maison met en relation avec les autres (affrontement ou complémentarité). La sociabilité sera très grande mais les échanges agréables n’aboutiront pas toujours à des résultats concrets. Les associations, les unions, se feront sur un mode intuitif. Les affinités seront très fortes, irraisonnées, illogiques. On se bercera parfois d’illusions sur les autres, d’où les confusions, les erreurs de jugement, les déboires, les déceptions venant des autres ; où, de l’autre : ce Secteur est, en effet, celui du conjoint.

Dans un thème Poissons, Neptune dans ce Secteur jouera dans un sens très proche. Il entraînera une vie au niveau des associations comme des unions assez « mouvante ». Il y aura souvent plusieurs unions.

Avec Jupiter en Poissons en Maison VII, les formules « associatives » sont assurées de succès. Mais elles dépendront de l’autre. L’optimisme pourra noyer l’objectivité. Le conjoint apportera une expansion peut-être illusoire.

Poissons en Maison VIII

Selon Liza Morpugo, dans ce Secteur on « s’éloigne » de son habitat naturel, on coupe le cordon avec ses origines. Disons plutôt qu’on « renaît » en coupant court avec une forme de vie… C’est la Maison de la mort et de la résurrection, ou des morts et des renaissances successives, que nous imposera la vie. Le changement résultera d’une situation douloureuse. A la suite d’une crise, on s’évadera ailleurs. Ce pourra être une fuite hors du milieu d’origine ou hors du pays natal. Avec cet aspect, on s’intéressera aux problèmes occultes, au spiritisme, à l’au-delà.

Avec Neptune, les expériences psychiques seront intenses. On côtoiera les mondes occultes. On s’intéressera aux vies antérieures. La voyance n’est pas exclue (Edgar Cayce, le célèbre voyant).

Avec Jupiter, les héritages pourront changer la vie, ou permettre un redémarrage. L’angoisse est fréquente dans tous les cas. Avec une Maison VIII en Poissons, en cas de dissonances graves, il peut y avoir des tendances suicidaires. Ou de véritables « noyades » psychiques…

Poissons en Maison IX

Dans ce Secteur, le signe des Poissons donnera l’amour des grands voyages. On ira souvent au-delà des mers. La vie spirituelle sera intense. Parfois, il y aura des dons de perception extrasensorielle, notamment avec Neptune. Les brumes neptuniennes pourront donner le goût des spéculations philosophiques un peu nébuleuses. L’idéalisme, néanmoins, ne sera jamais absent… A noter que l’étude des religions, voire une vie religieuse intense, relèvent de l’axe Maison III – Maison IX Poissons. En Maison IX, l’attirance sera très grande pour des religions « exotiques » : orientalisme, par exemple. Mais aussi hindouisme, bouddhisme, zen, etc.

Poissons en Maison X

C’est lé Secteur de l’affirmation sociale. C’est l’envol dans la vie active. Il est vécu aux Poissons sur un mode étrange. Les aspirations sont élevées mais embrouillées. Les occupations souvent mystérieuses. La vie manque généralement d’organisation…

Neptune en Maison X peut vouer la vie à des changements mystérieux. La réussite peut être spectaculaire, mais elle restera toujours hasardeuse. Elle sera rarement durable. On s’orientera vers une recherche spirituelle à un moment donné de l’existence. Les vocations médicales, paramédicales, sont fréquentes. Sens du mystère et sens du mysticisme très amplifiés, qui se concrétisent au niveau de l’existence.

Jupiter en Maison X est un indice de renommée ou tout du moins de réussite et de célébrité, mais en accord avec la tradition, parfois même dans un cadre « fonctionnarisé ». Les ambitions sont réelles. La réussite peut être soudaine. Le désir de paraître est grand, mais il reste souvent un peu vague. Le Poissons réussira sur son mode à lui, qui ne sera pas sans surprendre son entourage. La part de la chance ne sera pas négligeable.

Poissons en Maison XI

Les projets sont abondants, mais les espérances confuses… Les aspirations élevées peuvent rester vagues. On est souvent insatisfait.

Avec Neptune en Maison XI, les amitiés sont changeantes. Les projets manquent totalement de coordination. Mais une grande chance n’est pas exclue dans ce domaine. Personnalités étranges, mystérieuses, que l’on ne manque pas de côtoyer au cours de sa vie, et qui vous ouvrent• de nouveaux horizons.

Jupiter en Maison XI apporte la protection de gens plus puissants ou influents, le soutien d’amis haut placés et leur coopération efficace qui permettront des réalisations quasi inespérées. Mais, si le thème est dissonant, se méfier de certaines personnes perfides : on aura de « faux amis ».

Poissons en Maison XII

Les grandes épreuves de la vie sont surmontées avec courage. La vie peut être axée sur des investigations plus ou moins secrètes. Les rapports avec le monde occulte sont fréquents, les dons de voyance également. On s’intéresse à la psychologie, mais aussi à la parapsychologie. En général, on mènera une vie assez retirée.

Neptune en Maison XII donne le même sens au thème. Généralement, il y a un isolement fécond où la sensibilité s’exalte. Si le thème est dissonant, Neptune sera la prison de l’âme : obsessions, déceptions, trahisons. La vie pourra être mêlée à des affaires mystérieuses. On a souvent des contacts avec les polices parallèles, les services secrets chez les Neptuniens de ce Secteur.

Jupiter en Maison XII apporte une solitude bien vécue. Cette position jupitérienne préserve des épreuves dans ce Secteur douloureux. Elle donne une vie simple mais sereine. En cas de dissonance, il y a misanthropie un peu égoïste ou égocentrique, également paresse, en tout cas laisser-aller. On refuse l’action, par principe, dit-on. Dans tous les cas, la santé est vulnérable.

Lune Noire

La Lune Noire n’est pas une planète. C’est un champ de forces, un point fictif ; on ne doit pas le confondre avec l’axe du Dragon, aussi appelé axe des Noeuds de la Lune, axe du libre choix auquel nous nous trouvons confrontés dans notre vie : c’est le point de rencontre de la trajectoire du Soleil et de celle de la Lune, porte qu’il nous faudra pousser, seuil qu’il nous faudra franchir. N’oublions pas que le Dragon chinois garde le seuil du temple.

La Lune Noire, elle, est tout autre chose. C’est un point qui correspond au second foyer de l’orbite lunaire, la Terre étant l’autre foyer. C’est une sorte d' »anti-astre ». C’est un point, mais un point magnétique.

L’anti-Lune

« La Lune représente la source précise, la régulation des mécanismes de la vie, de la physiologie, des fonctions organiques, aussi bien que, psychologiquement, de l’inspiration. Elle se voit opposée à la Lune Noire – ou Lilith —, source de dérèglements physiologiques, source de dégradations sensuelles, œil de la nuit de Seth » (Millat). La Lune Noire est aussi nécessaire au système orbital que l’est, par exemple, le pôle sud d’un barreau aimanté à l’existence du pôle nord : « comme les deux pôles de l’aimant, les deux foyers de l’orbite coexistent nécessairement », a dit Don Néroman.

Face cachée de la Lune, aspect ambivalent, elle représente cette déesse du destin, cette Parque dont nous parle Jung dans Racines de la Conscience : c’est « l’aspect néfaste » de la Lune, « la sorcière et le Dragon, tout animal qui engloutit et enlace, comme le grand poisson et le grand serpent ; la tombe, le sarcophage, la profondeur des eaux, la mort, le cauchemar et l’épouvante des enfants ». Elle s’oppose à la Lune ; face noire de la Lune, elle est l’autre face de notre vie intérieure – celle qu’on ne s’avoue pas toujours —, la face obscure.

Toutes les traditions évoquent les déesses vierges, initiatrices, symbolisant non plus le reflet féminin du dieu masculin, l’épouse soumise, mais au contraire femmes redoutables, indomptables, indomptées.

On peut évoquer ici la Licorne, altière et fière, qui échappe au chasseur la poursuivant en vain. Il n’y a rien en elle de la vierge candide et pure. Elle n’est pas Seléné, reflet de la lumière créatrice que Marcelle Sénard apparente à la Lune croissante, mais la Lune « sous son aspect obscur », vénérée en Grèce sous le nom d’Hécate, qui régnait sur l’Hadès avec ses fantômes et ses démons qu’elle déchaînait sur terre. On l’associait à la magie et à l’amour sexuel ; son culte était célébré « du quinzième au dernier jour du mois, période décroissante de la Lune allant vers sa phase obscure » (Marcelle Sénard).

Le graphisme de la Lune Noire n’est-il pas, d’ailleurs, un poignard ? Celui-là même d’Hécate. Il rappelle que l’on devait sacrifier cent boeufs à cette terrible déesse. Mais s’il évoque les rites des sacrifices antiques, il est aussi le couperet meurtrier. Dans la tradition hébraïque apparaît nettement le visage de cette créature redoutable à laquelle a été donné le nom de Lilith. « Entité féminine » – car bien entendu il ne s’agit pas d’une femme de chair ! —, son immatérialité lui donne une grande puissance ésotérique. Selon la légende rabbinique, cette « femme », créée en même temps qu’Adam, réclama l’égalité, qui lui fut refusée. Elle s’enfuit alors et commença sa « carrière démoniaque ».

Aux Poissons, la Lune Noire prend l’apparence de la sirène ; elle a le visage de Lorelei. Elle est l’anima inaccessible qui hante le cœur de l’homme. Appel magique, rêves de l’inconscient, elle n’en est pas moins inquiétante.

La Lune Noire dans les Maisons

Lune Noire en Maison I

*Destin mystérieux, sujet à des revirements. Personnalité inquiétante. Elle marque la personnalité et donne une certaine dureté. On refuse les concessions. On agit de façon marginale. L’homosexualité peut être latente ou vécue, si le thème va dans ce sens. Chez une femme, c’est un indice de solitude. Mais la réussite est certaine, au prix de renoncements. La féminité est le plus souvent mal vécue. Le Moi est touché. On s’intègre à la vie de façon peu conventionnelle.

Lune Noire en Maison II

L’argent est valorisé, sur-valorisé. Parfois même c’est là un indice de vénalité. La réussite matérielle est certaine si le thème est bien aspecté, mais toujours étrange. Prostitution parfois (si le thème va dans ce sens : tel celui de Casque d’Or).

Lune Noire en Maison III

Les sentiments sont troubles, notamment pour les frères et les sœurs (voire inceste). Les relations avec l’entourage sont difficiles : on castre les autres inconsciemment. On se refuse à des contacts. On refuse aussi parfois les études. On se castre mentalement.

Lune Noire en Maison IV

Elle marque la fin de la vie de même que les origines (nos racines). On fuit parfois le pays natal. C’est un aspect qui « insécurise » chez soi. On n’est pas bien dans sa maison. On se fuit peut-être soi-même ?

Lune Noire en Maison V

Cet aspect dans un thème féminin est celui d’une stérilité par refus inconscient d’être mère ou par ablation d’un organe par opération. Il indique également des avortements, des fausses couches. Personnellement, nous avons trouvé cet aspect (fréquemment) dans le thème de sages femmes et de femmes gynécologues. Enfin cet aspect maléficie les jeux et les spéculations qui seront troubles (prostitution notamment, ou femmes entretenues si le Secteur II ou l’axe II-VIII sont marquants et si le thème va dans ce sens).

Lune Noire en Maison VI

Elle marque la santé. Elle peut créer une névrose d’échec, être à l’origine d’un sentiment de culpabilité. On se brime soi-même, on se limite : cette Maison est celle des contraintes, où l’on s’enferme, où l’on s’emprisonne soi-même. Problèmes psychosomatiques avec cet aspect : asthme, allergies notamment. Vocation médicale ou para-médicale (E. Cayce, Poissons, Lune Noire en Maison VI).

Lune Noire en Maison VII

Les contrats, les associations et, par suite, le mariage, sont difficiles. On a le sentiment que les autres vous refusent. En fait, vous refusez aussi les autres. C’est un affrontement cruel, dans l’axe de la personnalité (axe I-VII). Les rapports avec les autres seront « marginaux ».

Lune Noire en Maison VIII

Les tendances autodestructrices sont très nettes. Elles peuvent conduire aux actes suicidaires, voire au suicide. La mort d’un être proche marque la vie, et l’évolution du natif. On est hanté par le problème de la survie, de « la vie après la vie ». On s’intéresse à la magie, à la sorcellerie, à l’occultisme, aux mystères, aux rites, etc. (Huysmans : LuneNeptune aux Poissons, Lune Noire en Maison VIII opposée à Uranus maître de l’Ascendant et du Soleil).

Lune Noire en Maison IX

L’être est tiraillé entre le désir d’évoluer et le refus inconscient d’évoluer : il se paralyse. Si le thème est dissonant, il se « bloque ». Cet aspect le fait régresser, et le castre. Les voyages seront brusquement stoppés. Ils seront, néanmoins, souvent marquants dans l’évolution du Poissons.

Lune Noire en Maison X

Elle est à l’origine de coïncidences « bizarres », de faux « hasards »… Elle marque la destinée. Avec cet aspect, l’existence est peu commune. On sort des sentiers battus. On vit dans un milieu occulte. La réussite se fait dans un domaine psychologique, psychanalytique ou parapsychologique. Dons étranges que l’on utilisera, plus ou moins, dans la vie. Elle est en croix avec l’axe de la personnalité. Mal intégrée, elle détruit la vie (abbé Desnoyers).

Lune Noire en Maison XI

Les amitiés sont mystérieuses. Les relations amicales aussi. Parfois on a des amitiés dites « particulières »… Les projets sont tortueux… ou géniaux ! (Le Poissons Einstein : Lune Noire en Bélier en Maison XI).

Lune Noire en Maison XII

Dans le thème est renforcé le côté trouble, mystérieux, étrange et « paranormal » de cette Lune Noire inquiétante. On peut subir cet aspect (destinée paralysée brutalement de façon inexplicable), ou le transcender : on va vers une découverte de soi, dans un sens évolutif, mais dans un univers clos. C’est un symbole d’ascèse, de sacrifices consentis et de sublimation, une fois franchi un cap de frustrations. S’il y a refoulement, perte de contact avec le réel, l’être peut devenir la proie ou la victime de ses propres fantasmes. Cette position favorise les dons de voyance. Les expériences touchant au monde parallèle sont fréquentes ; occultisme également. On s’intéresse à la parapsychologie. Vocation médicale ou para-médicale. Dons de guérisseur. Si le thème n’est pas sublimé, la Lune Noire peut jouer un rôle pénible dans ce Secteur qui est celui de la prison morale ou physique (Eichmann, sinistre Poissons, donna à cet aspect sa plus atroce expression).

Les aspects de la Lune Noire avec les Planètes

La Lune Noire renforce le goût du signe pour toutes les fuites. Avec une Lune Noire valorisée par une planète affective, il y aura ainsi fuite de l’amour ou fuite devant l’amour : par peur de souffrir peut-être ? Par peur que le vécu ne corresponde pas aux rêves ? C’est toujours là l’auto-privation, l’auto-castration de Lilith. L’aspect le plus fort est la conjonction. Bien entendu, pour conclure il faut étudier tout le thème.

Lune Noire-Soleil et Lune

Les aspects accentuent les problèmes liés à la bonne intégration du conscient (le Soleil) et de l’inconscient (la Lune). La vie affective risque d’être perverse ou confuse, voire inexistante, selon que l’aspect sadique ou masochiste l’emporte dans votre thème. Il peut y avoir frustration, ou absence de père dans une conjonction Lune NoireSoleil ; frustration ou absence de mère dans une conjonction LuneLune Noire. Les problèmes d’affirmation de soi se poseront toujours. Il y aura parfois inversion même : hommes féminisés, femmes viriles. De toute façon, le conflit Animus-Anima sera très important. Insatisfaction ou mauvaise adaptation à la vie seront fréquentes. Refus de vivre plus ou moins conscient, ou de lutter.

Lune Noire-Mercure

Avec Mercure, planète d’échange, de communication, planète « mentale » également, les mécanismes de l’intelligence peuvent être faussés. On trouve, en cas de dissonances majeures, des déviations mentales, des blocages intellectuels, parfois un mental pervers. Mais, en bon aspect, cette association Lune NoireMercure donnera beaucoup de lucidité, un sens critique aiguisé, et le refus de se prendre au sérieux. Cet aspect prédisposera à l’introspection : la Lune Noire symbolisera alors tout ce qui éveille la conscience à la connaissance.

Lune Noire-Vénus et Mars

Avec Vénus et Mars, symboles de la tendresse et du désir, les problèmes sexuels se préciseront. La Lune Noire révèle en fait, dans un thème Poissons, une « dérobade ». Elle est révélatrice des blocages de l’inconscient. On se masque souvent plus ou moins inconsciemment les problèmes.

Dans les anomalies sexuelles et les refus des amours normales, la Lune Noire intervient toujours de façon déterminante. Dans une composante Poissons très féminine, elle donne une image paternelle déficiente. Emotivité très riche, mais mal structurée.

Dans un thème féminin, elle indique un blocage au niveau de la vie de femme ; quand ce n’est pas purement et simplement le refus des amours dites normales, elle est refus d’assumer sa féminité, d’assumer le rôle « traditionnel » de la femme. Ce qui peut aller jusqu’à la négation, plus ou moins consciente, de la maternité. Il y aura difficulté à être mère : au moment de l’accouchement, notamment. S’il y a stérilité, il semble qu’il faille parler dans ce cas d’une stérilité d’ordre psychologique. On notera qu’il peut y avoir aussi un indice de frigidité. Nous avons trouvé ces aspects dans le thème de femmes médecins spécialisées en gynécologie et obstétrique, de même pour la position en Secteur V (spécialistes de la stérilité).

Il y a refus d’aimer, autocastration plus ou moins douloureuse. Les frustrations affectives vénusiennes ou érotiques « martiennes » sont du ressort de cet aspect (voir aussi Saturne). Avec la Lune Noire, il y aura souvent « surcompensation » : on repart sans fin vers de nouvelles conquêtes pour se retrouver en fin de compte aussi seul. C’est un aspect de frustration féminine (la femme souffre dans sa féminité). La Lune Noire indique également le « refus de l’homme ». Elle se révèle importante dans les thèmes de lesbiennes. Dans les cas d’inceste, on trouve fréquemment la Lune Noire en Maison III – ou en Gémeaux. Le Gémeaux est le signe de l’adolescence qui s’éternise parfois bien au-delà de sa période normale. La planète des Gémeaux, Mercure, est dite hermaphrodite. L’aspect est particulièrement difficile dans un thème Poissons car le Gémeaux est en croix, dans ce cas, avec le signe solaire. Les valeurs lunaires (Cancer) ou mercuriennes (Gémeaux) interviennent toujours si l’homosexualité est vécue.

Composante « amorale », elle se conjuguera aux aspects VénusNeptune pour donner des tendances « nymphomaniaques » avec un fond de passivité, de soumission masochiste. Avec une Maison II importante (celle de l’argent) et avec de fortes valeurs neptuniennes de « brouillage », nous aurons le « back-street »… Mais la femme Poissons sera plutôt une femme entretenue qu’une prostituée ; elle sera faible, peut-être paresseuse, mais restera une « amoureuse ».

Dans un thème masculin, le comportement sexuel sera équivoque. L’homosexualité n’est pas forcément évidente. Mais elle est souvent latente. L’angoisse de castration apparaît généralement. La mère est d’ailleurs elle-même perçue comme castratrice. A noter qu’avec la Lune et Vénus, il peut y avoir là un indice de misogynie. Avec Mars, il y aura risque d’impuissance. Associée à Mercure elle donne des fantasmes.

Lune Noire-Jupiter

Ils sont pour le moins incertains. En cas de dissonances – et dans la conjonction, la Lune Noire brise les aspects positifs de Jupiter. L’expansion se désagrège dès le départ. Elle ne peut se faire, en tout cas, harmonieusement. Elle peut être carrément « déviée ». Aspect très disharmonieux dans les transits notamment, qu’elle « maléficie »… En bon aspect : la chance peut être mystérieuse.

Lune Noire-Saturne

En cas de dissonance, les tendances à l’introversion, aux frustrations, les problèmes de culpabilité sont amplifiés. En bon aspect, on a une volonté de puissance accrue, une puissance de concentration considérable. Cet aspect donne des Poissons plus autoritaires et plus dominateurs que ne le sont généralement les natifs de ce signe.

Lune Noire-Uranus

En bon aspect, la vie sera – comme l’être lui-même – anticonformiste. En cas de dissonance, les explosions uraniennes sont redoutables, terrifiantes, imprévisibles. On a là, les drames, les accidents les plus « stupides » qui soient.

Lune Noire-Neptune

Les déséquilibres sont amplifiés. La fuite des réalités est courante. On peut avoir tous les phénomènes de schizoïdie ou de schizophrénie. Les valeurs inconscientes peuvent être canalisées si le thème est harmonieux. Fréquemment, on aura des dons médiumniques.

Lune Noire-Pluton

L’être est obsédé par ses pulsions sexuelles. Les perversions sont fréquentes. Inconsciemment, les pulsions agressives refusées vont amener l’être à rechercher une certaine domination. Il y a alors une sorte de compensation par la réussite, par l’argent. A tout prix ! A n’importe quel prix… Il ne faut jamais perdre de vue qu’avec la Lune Noire apparaît ce double visage de la Licorne, à la fois douce et terrible : on trouve en elle vice et vertu. Elle est toujours dans un ciel une sorte de sphinx inquiétant.

 

Lion

Le Signe du Lion

23 Juillet – 22 Août

par

Jean-Pierre Vezien

La Symbolique du Signe

Du fait de la précession des équinoxes, le signe du Lion est actuellement décalé par rapport à la constellation Léo dont il tient son nom. Nous verrons plus loin que le terme « Lion » est né de l’observation terrestre du phénomène des saisons. Contentons-nous, pour l’instant, de remarquer que le zodiaque des signes est différent de celui des constellations pour encore environ vingt mille ans. Bien que Régulus, étoile Royale et’ très bénéfique du cœur de Léo soit celle qui traditionnellement – lorsqu’elle se situe sur un élément important d’un thème de naissance comme l’Ascendant ou le Soleil – accorde richesses et honneurs, nous nous devons de parler du signe du Lion, c’est-à-dire de la portion du ciel qui chaque année, au milieu de l’été, est traversée par le Soleil pendant trente ou trente et un jours.

Le Zodiaque des signes, du Bélier aux Poissons, correspond on ne peut mieux à l’évolution de l’Homme – évolution tant physique que spirituelle. Il est fondé sur le mouvement annuel apparent du Soleil par rapport à la Terre, mouvement qui détermine nos saisons.

Il est logique de penser que si le signe du Bélier représente la Naissance et correspond au début du printemps, et que le signe des Poissons symbolise l’Accomplissement et correspond à la fin de l’hiver en préparant un nouveau printemps, le signe du Lion sera pour nous celui du plein été, celui de la maturité de l’Homme.

L’idéogramme du Lion

L’idéogramme du Lion est formé d’un cercle à partir duquel s’éloigne une vaste courbe. Comme on le voit, il contient deux parties distinctes liées l’une à l’autre. Le cercle, en schématisant, symbolise la vie, la permanence, l’absolu (notons que le Soleil, planète maîtresse et en analogie avec le Lion, comporte également le cercle dans son idéogramme).

La courbe représente la queue du lion-animal sous une forme stylisée. Si, comme le graphologue Max Pulver 1, nous cherchons à analyser le symbolisme des mouvements d’après leur direction et leur orientation, on remarque d’abord, face à cet idéogramme, que la courbe constitue la partie la plus importante : elle couvre la surface la plus grande. Cette courbe nous suggère le mouvement, le dynamisme qui part d’un centre (le cercle) pour s’étaler avec grandeur et dignité, pour rayonner. En approfondissant l’étude de ce symbole graphique, nous nous apercevons qu’en lui-même il contient déjà clairement l’image propre aux léoniens, d’une existence de type expansif, en constante recherche de la perfection et de l’absolu.

Nous savons que la constellation et le signe tiennent leur nom de l’apparence et du caractère du roi des animaux. Il nous faut reconnaître que la constitution de ce dernier s’accorde parfaitement avec le luxe et la majesté de la nature, au milieu de l’été.

De couleur jaune fauve (nous verrons d’ailleurs que la couleur en analogie avec le Lion est le jaune ou l’orange), ce carnassier nous en impose depuis la nuit des temps par son attitude empreinte de dignité, de souplesse et de grandeur. Le plus souvent, sa tête couronnée par une luxueuse crinière nous apparaît rigoureusement droite. Calme et décontracté, cet élégant félin semble toujours très sûr de lui. Connaissant sa puissance, il n’éprouve sans doute guère le besoin de la démontrer, car il passe le plus clair de son temps à sommeiller.

Comme chez tous les félins, la démarche du lion est particulièrement agile, mais on distingue surtout la puissance musculaire et la noblesse du maintien : l’attitude aristocratique. Généralement, le lion se couche sur le ventre à la manière du Sphinx ; il arrive aussi, comme le représentent si fréquemment les statuaires, qu’il s’asseye tout simplement ; il conserve ainsi toute sa tranquille majesté. Mais dans la nature, nous nous devons de constater que le lion est très souvent allongé sur le dos, partie de son corps qu’il adore frotter sur le sol. Dans cette posture, le lion manifeste son bonheur et l’étendue de sa sérénité. Nous savons par ailleurs combien est sensible la colonne vertébrale des félins, et ce n’est sans doute pas le fait du hasard si cette partie du corps correspond symboliquement au signe du Lion.

En sculpture, on rencontre de très nombreuses figures léoniennes : le Lion de Belfort de Bartholdi, devenu « l’étendard », symbole de puissance et de solidité d’une célèbre marque d’automobiles, le Lion en marche de la colonne de Juillet de Barye, ou encore les Lions de la capitale de l’Argolie (Mycènes) qui ornent la fameuse Porte. Mais ce sont surtout les armoiries et les blasons qui nous offrent la plus grande diversité de lions : ils y foisonnent littéralement. Le lion est alors symbole de puissance et de noblesse, et on le rencontre naturellement beaucoup en chevalerie.

Nous n’en finirions pas de citer des exemples d’armoiries nationales où figurent des lions, des Philippines au Canada, à l’Ethiopie, en passant par l’Afrique du Nord, la Tchécoslovaquie, le Togo, la Finlande, le Kenya, le Maroc, la Norvège, l’Inde, la Grande-Bretagne, le Sénégal, la Suède, la Tunisie, l’Espagne, l’Iran… Une telle diversité géographique nous confirme que le lion incarne réellement la pleine affirmation de la volonté, de la puissance consciente : l’autorité et la souveraineté.

Le Lion dans le cours des saisons

Chaque année, vers juillet-août, le Soleil traverse la même partie de l’espace céleste qui délimite le signe du Lion. En juin-juillet, l’astre du jour occupe le signe du Cancer, c’est alors le commencement de la saison chaude : l’été. Le Lion, quant à lui, marque le milieu de cette saison, car en août-septembre le Soleil passe dans le signe de la Vierge, déclenchant ainsi la fin des grandes chaleurs.

Le milieu de l’été correspond à l’époque où, pour les gens de la terre, les récoltes vont se parfaire sous le feu le plus intense de l’année. La sève que contenaient auparavant les tiges verdoyantes va pratiquement cuire sous l’effet de la chaleur et de la sécheresse. Par le mûrissement solaire, il se produit une véritable concentration de cette énergie à l’intérieur des fruits. C’est seulement à cette période que la végétation atteint son apogée : les céréales comme les fruits arrivent à leur maturité. Tout resplendit dans la nature, les couleurs éclatent sous la dorure dont le Soleil les gratifie.

L’été est à son summum. Il peut paraître intéressant d’effectuer une triple analogie Journée-Année-Vie humaine ; c’est ainsi qu’au Bélier, premier signe du Zodiaque (à l’équinoxe de printemps), correspondent le matin, le lever du jour, le début du printemps et la naissance. Avec le Cancer débutent le milieu de la journée, l’été et la maturité ; à la Balance correspond le commencement de l’hémicycle de décroissance, le soir, l’automne, l’âge mûr. Au Capricorne enfin, en décembre-janvier, c’est le début de la nuit, de l’hiver, de la vieillesse, mais aussi de la Sagesse. Dans cet ordonnancement, le Lion se situe juste après le Cancer, il représente donc le plein midi, le plein été et ce que l’on a coutume d’appeler la force de l’âge.

Le Verseau, signe opposé au Lion dans le Zodiaque, est d’ailleurs bien en rapport avec la nuit totale et le milieu de la vieillesse. Après la force pure et si vive du Bélier – l’élan printanier -, la plénitude de cette force en Taureau, sa mutation en adolescence chez les Gémeaux et le début de l’état adulte en Cancer, vient la maturité, l’âge où l’homme se trouve en pleine possession de ses moyens apparents, tant sur le plan physique que sur le plan spirituel. Il lui reste cependant beaucoup de chemin à parcourir avant d’en arriver à l’Evolution ultime, symbolisée par le signe des Poissons.

Feux de paille et brûlures

Plus loin, dans l’étude symbolique du Soleil, la planète maîtresse du Lion, nous verrons que ce luminaire est quelquefois synonyme de hantise, car ses rayons grillent tout et n’épargnent rien. Il est vrai que la verdure de la végétation fin juin – début juillet, va se trouver réduite en paille et totalement asséchée. Le Soleil, lorsqu’il atteint le zénith, est cruel comme le Lion : pas la moindre trace d’ombre. Le signe du Lion nous montre les choses telles qu’elles sont, sans les farder ou les escamoter, ne serait-ce qu’en partie. Cette lumière « d’en-haut », permet à l’homme d’atteindre et de connaître l’objectivité, la raison pure et, par là, de faire preuve de lucidité. Aucune imperfection ne peut échapper aux rayons solaires du midi léonien.

Une autre conséquence de l’écrasante chaleur du plein été est la venue de l’orage. Après avoir longuement accumulé l’électricité Uranienne (Uranus est la planète nouvellement maîtresse du Verseau), l’orage éclate brutalement. Ce déchaînement aussi rapide qu’inattendu des éléments peut être mis en rapport direct avec la colère de l’animal lion qui brusquement rugit et bondit sur sa proie ou sur son adversaire. Tout comme l’être humain entrera subitement dans de terribles colères pour, quelques minutes après, reprendre sa sérénité originelle.

Comme nous l’avons vu, le Lion correspond parfaitement à l’âge de la maturité, l’âge où les réalisations de l’homme sont les plus efficaces, l’âge des constructions bien assises. Pour être efficient, comme le Soleil de midi en plein été, il ne faut pas hésiter à être cruel, il ne faut pas ménager son énergie et son courage. Si nous reprenons l’exemple de la végétation, et en particulier celui du blé, nous pouvons, comme Oswald Wirth, penser que le grain figure la vérité la plus objective, la plus claire, et que la sève est en rapport avec le rêve imaginatif. Le Soleil du Lion qui dessèche cette Sève-Subjectivité-Imagination, pour la transformer en Grain-Objectivité-Vérité, symbolise le fait que le signe, comme l’animal, ne goûte guère la poésie, le vague : « Il veut saisir entre ses griffes et sa mâchoire une proie solidement substantielle ». Une fois encore, on rencontre ici le goût de la clarté parfaite, le désir de lucidité propre au Lion.

Après l’analogie Journée-Saison analysée par l’intermédiaire des signes marquant le début des saisons, les signes qui en astrologie sont appelés « cardinaux » (Bélier, Cancer, Balance et Capricorne), il nous faut dire un mot des signes fixes, ceux qui caractérisent le milieu de chaque saison. En effet, chaque saison est définie par un commencement, une culmination et une fin ; comme le jour et comme la vie. Le Lion, pour sa part, marque le milieu de l’été.

C’est la période où, pendant une trentaine de jours, l’été se stabilise ; tout comme l’être humain, une fois sa croissance terminée, devient vraiment efficace socialement et se fixe pendant un certain nombre d’années dans cette condition. Au Taureau, correspond le milieu du printemps, l’enfance ; au Scorpion, le plein automne, soir de l’existence et au Verseau, l’hiver installé, la vieillesse. Les quatre signes fixes sont comme les quatre colonnes qui soutiennent le temple, ils permettent à l’homme de se stabiliser. Stabilité sans laquelle il est impossible à l’être humain de s’intégrer au monde du réel. Notons au passage que saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, les quatre évangélistes, ont toujours été représentés par les signes fixes, Marc en particulier par le Lion.

Le Lion dans le contexte zodiacal

L’ensemble du cycle zodiacal peut être divisé en deux parties, débutant chacune aux équinoxes. On obtient alors deux hémicycles : du Bélier (équinoxe de printemps) à la Vierge correspond le premier hémicycle. Dans la nature, c’est la phase de croissance, et dans l’évolution humaine, la première partie de l’existence. Le second hémicycle, de la Balance (équinoxe d’automne) aux Poissons, caractérise la décroissance. La nature, après le sommet qu’elle a atteint en été, va progressivement s’endormir en automne, pour arriver finalement aux frimas stériles de l’hiver. L’homme entame alors la seconde partie de sa vie, du « certain âge » à la sénilité. Mais l’on peut encore partager chacun des deux hémicycles en deux portions, la division s’opérant aux solstices. Nous obtenons ainsi quatre morceaux qui, soit dit en passant, sont à la base de la naissance des angles 3 dans le morcellement de la sphère locale 4 (l’Ascendant correspondant à l’équinoxe de printemps et le Milieu-du-Ciel au Solstice d’hiver).

La première portion, du Bélier aux Gémeaux, caractérise la phase de croissance la plus rapide. Dans la nature il y a d’abord le semis, puis la naissance et l’essor ; on sait avec quelle rapidité les petits se développent et progressent, chacun bien sûr selon le rythme et l’espérance de vie propres à son espèce. Au solstice d’été (du Cancer à la Vierge), c’est l’âge adulte, la seconde partie de la croissance qui, partant de la puberté, aboutit à l’être humain quadragénaire.

Le signe du Lion se situe à la cime de cette période. De l’équinoxe d’automne au solstice d’hiver (Balance, Scorpion et Sagittaire) commence la décroissance, son sommet étant marqué par la ménopause en Capricorne (signe opposé au Cancer : la puberté). A partir de cette époque, la vieillesse s’établit, et le Verseau, en opposition au Lion, est en haut de cette courbe descendante. Alors que le Lion correspondait à la culmination de la force et des moyens personnels de l’homme – à l’époque où le « je » prenait toute son importance et permettait à la volonté de s’exercer à plein, mais d’une manière égocentrique, – au Verseau (contraire polaire) on arrive au dépassement du Moi. L’évolution réalisée jusqu’ici permet d’agir par autrui et de s’affirmer dans l’allocentrisme, dans le respect de la liberté ou mieux, dans le « vous ».

L’âge du corps

Le développement du corps lui-même suit bien le cycle zodiacal. De zéro à environ onze-treize ans, c’est la croissance enfantine (Bélier aux Gémeaux) qui se transforme subitement en adolescence à l’âge de la puberté, pour arriver à l’âge adulte – la pleine force physique – (Cancer à Vierge). Puis le déclin des forces commence lentement mais inexorablement de la Balance au Sagittaire : les premiers cheveux blancs apparaissent, en même temps que les premières fatigues. Au solstice d’hiver arrive le déclenchement d’une étape importante, la ménopause, le début de la sénilité (on rejoint la théorie suivant laquelle il existerait une forme de « ménopause » masculine) : du Capricorne aux Poissons, le corps se courbe sous le poids des ans et les rhumatismes commencent à se faire douloureusement sentir…

En reprenant le premier hémicycle zodiacal où se situe le Lion et en partant naturellement du Bélier, source de vie, on peut considérer que ce signe hyper-mâle représente le spermatozoïde alors que le signe du Taureau, hyper-femelle, symbolise l’ovule.

En Gémeaux, l’union de ces deux cellules foncièrement différentes se réalise, le corps n’a pas encore pris forme. C’est seulement en Cancer que s’effectue la gestation et enfin, en Lion, que l’autonomie du nouvel être commence, la naissance proprement dite, du moins la naissance au grand jour, l’indépendance, car le Bélier correspond plutôt à la naissance intra-utérine, à la conception. Le même processus est applicable aux plantes : le Bélier est alors en rapport avec la graine, le Taureau avec la terre, les Gémeaux représentent leur rapprochement, le Cancer la poussée sous terre, et le Lion l’apparition tangible de la plante au-dessus du sol.

Par ce raisonnement analogique, on comprend le pourquoi du Lion (signe social et signe de la naissance), mais aussi le pourquoi du Lion signe du « je », de l’indépendance et de l’autonomie. La naissance d’une plante, comme celle d’un individu, ne peut devenir un fait social qu’au signe du Lion ; auparavant, la croissance s’effectue de manière cachée et l’être vivant n’existe pas en tant qu’élément autonome. C’est en prenant sa première inspiration et en poussant son premier cri que l’enfant se manifeste ouvertement sur le plan social.

Cette nouvelle forme de vie demande bien un effort personnel par rapport à la période précédente. Il faut s’affirmer et l’enfant, comme la plante, commence, en Lion, à se nourrir de la substance extérieure, de l’air, de l’eau ; il lui faut aussi lutter contre les changements de température, il n’est plus si bien protégé, la mère ou la terre ne l’entoure plus comme auparavant. C’est en venant au jour que l’enfant, en particulier, commence sa prise de conscience.

Le Feu du Lion

La doctrine des anciens philosophes grecs selon laquelle toutes choses se forment à partir de quatre éléments (le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau) est présente dans le Zodiaque depuis son application par Ptolémée, au IIè siècle de notre ère. Claude Ptolémée était un grand érudit, astronome et géographe ; il fut surtout le codificateur de l’astrologie. La théorie des quatre éléments est fondée sur l’observation et sur le bon sens, elle n’a rien d’irrationnel comme le pensent certains.

C’est en partant du mouvement du Soleil, créateur des saisons, qui jouait un rôle particulièrement important pour les peuples – constitués principalement d’agriculteurs -, que cette théorie a été mise sur pied. Le Feu, par exemple, correspond au mouvement ascendant du Soleil, de l’équinoxe de printemps au solstice d’été. On retrouve cette conviction chez Aristote et chez Empédocle ; Platon l’exposa aussi dans le Timée. Galien a appliqué ces données à la médecine, en formulant la théorie des humeurs (bile, atrabile, sang et lymphe).

Hippocrate, quant à lui, esquissa une typologie tempéramentale à partir des quatre éléments ; cette typologie a été récemment redécouverte, et par conséquent confirmée, par des travaux qui utilisent des moyens modernes. Les plus connus sont ceux de Corman, d’Allendy et de Sigaud. C’est ainsi que le type bilieux d’Hippocrate est devenu pour Sigaud le type musculaire (élément Feu) ; le nerveux s’est appelé cérébral (élément Terre) ; le « sanguin » correspond au « respiratoire » (élément Air) et le « lymphatique » s’est transformé en « digestif » (élément Eau).

Cependant, la typologie d’Hippocrate est toujours utilisée, en particulier sur le plan tempéramental que l’on rapproche des comportements psychologiques. Pour en revenir à Ptolémée, le véritable fondateur de l’astrologie telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est lui qui a attribué trois signes du Zodiaque à chaque élément.

Au Feu, correspondent le Bélier, le Lion et le Sagittaire, ces trois signes représentant trois états particuliers du même élément. Le Feu Cardinal du Bélier est considéré comme le Feu originel, à l’état pur. C’est le principe même du Feu, feu spontané, celui qui crépite et ne dure qu’un court instant : l’étincelle, le feu de paille. C’est le jour naissant, la lumière qui bouscule l’obscurité, la construction rapide mais pas définitive. Le Feu Mutable du Sagittaire, dernier état de l’élément, est celui qui couve lentement sous les cendres.

C’est aussi celui qui se transforme pour rejoindre la terre : la lumière, en rapport avec la contemplation, propre au soir de l’existence, la chaleur douce et calme qui diminue sans se hâter. Le Feu Fixe du Lion, qui nous intéresse, se situe entre ces deux extrêmes, il montre l’élément à son sommet. C’est le Feu installé, permanent, éclatant, entretenu, maîtrisé, la lumière efficace qui illumine l’esprit, la flamme amadouée, domestiquée, la chaleur émettrice et régulière. On rencontre le symbolisme des trois signes de Feu dans les fenêtres du temple qui permettent à la lumière divine d’y pénétrer de diverses manières : la fenêtre du Lion étant le moment où la perception concrète des choses peut se faire parfaitement, la plénitude du jour.

Le Feu a longtemps été un objet d’adoration, mais bien souvent, il faut le reconnaître, à cause de la crainte qu’il a suscitée. En Inde, on respecte Agni, le dieu du Feu, mais nous allons voir que Simha (le Lion, depuis la fin du Zodiaqbe lunaire que connaissait ce pays auparavant), n’est pas sans rapport avec la crainte qu’inspire cette divinité. Le Feu et sa manifestation première la plus visible – le Soleil – ne sont pas par hasard les synonymes symboliques de crainte et de respect. En effet, on interdit strictement aux enfants de toucher au feu, il leur faut garder une certaine distance vis-à-vis de lui ; et s’ils s’aventurent à désobéir aux recommandations des adultes, ils constatent rapidement leur erreur : ils se brûlent.

De là naît le principe selon lequel le père transmet l’interdit et affirme ainsi sa toute-puissance aux yeux de l’enfant. Dans le jeune esprit, désobéissance au père est égale à brûlure. Le père comme le dieu est naturellement considéré comme détenteur de la Force et de la Vérité, et il se produit un « déplacement analogique » : FeuSoleil-Père. Prométhée, symboliquement en rapport étroit avec le Verseau, manifestera son antagonisme avec le Lion en dérobant le Feu à Zeus (le Père). La punition suit : Zeus le fait enchaîner par Héphaïstos.

Mais le Feu est aussi passion et enthousiasme, il est à la source de la vie et de l’action, de la victoire et de la gloire. La coutume, qui fait coiffer le vainqueur d’une couronne de lauriers, est bien proche du symbolisme léonien ; dans son Harmonie céleste, Fayol nous le laisse entrevoir : « Les branches de cet arbre que l’Antiquité a dédié au Soleil pour couronner tous les conquérants de la Terre, choquées ensemble, font du feu, comme les os de lion. »

Ce passage mérite une explication : à l’origine, le feu était obtenu en frottant deux morceaux de bois l’un contre l’autre ; il n’est pas surprenant de retrouver une analogie symbolique FeuSoleilLionGloire lorsque l’on considère, de la terre, l’éclat sans pareil et la magnificence de l’astre du jour au moment où il traverse le signe du Lion.

Les plaisirs et les fêtes

Le cinquième signe est aussi en relation avec le cinquième secteur astrologique, celui qui renseigne sur les plaisirs, les fêtes et les récréations. Nous savons déjà que si ce secteur, cette « Maison », informe sur les créations (les enfants par extension), c’est sans doute dû à la signification du Lion dans le Zodiaque, rapport que nous avons examiné précédemment (le Lion est naissance, venue au jour). Mais dans sa Psychanalyse du Feu, Gaston Bachelard I nous apprend que, de manière quasi universelle, dans les peuplades primitives, la fête est toujours associée à la production de la flamme ; et de citer Chateaubriand qui décrit par le menu la fête du Feu Nouveau chez les Natchez : La veille, on a laissé éteindre le feu qui brûlait depuis un an. Avant l’aube, le prêtre frotte lentement l’un contre l’autre deux morceaux de bois sec en prononçant à voix basse des paroles magiques. Quand le soleil paraît, le prêtre accélère le mouvement. » A l’instant le Grand Prêtre pousse l’oah sacré, le feu jaillit du bois échauffé par le frottement, la mèche soufrée s’allume (…) le jongleur communique le feu aux cercles de roseau : la flamme serpente en suivant leur spirale. Les écorces de chêne sont allumées sur l’autel, et ce feu nouveau donne ensuite une nouvelle semence aux foyers éteints du village. »

Sans approfondir les significations symboliques des feux de la Saint-Jean et des nombreux exemples que Frazer nous donne au sujet des feux de joie, nous pensons, comme Bachelard, qu’il existe un rapport étroit entre le plaisir que l’on peut obtenir en fabriquant du feu par le frottement de deux morceaux de matière (de nature d’ailleurs souvent différente) et celui obtenu naturellement dans l’accouplement. Nous comprenons ainsi pourquoi le Lion, en analogie avec le cinquième secteur astrologique, symbolise aussi les plaisirs et en particulier, les relations amoureuses. Une autre façon de concevoir les relations sentimentales est celle qui est empreinte de pureté, lorsque l’Amour rejoint l’Idéal. Pour Novalis, le poète, la lumière n’est pas seulement un symbole, mais un agent de pureté. Rilke considère, lui, qu’être aimé veut dire se consumer dans la flamme : « Aimer c’est luire d’une lumière inépuisable. » A ce stade nous sommes en droit de nous demander comment le Feu, qu’il soit solaire ou léonien, est devenu un symbole de pureté ? Bachelard pense que la désodorisation est une des preuves les plus directes de la purification ; citons-le : ( L’odeur est une qualité primitive, impérieuse, qui s’impose par la présence la plus hypocrite ou la plus importune.

Le feu purifie tout parce qu’il supprime les odeurs nauséabondes. » Point de vue intéressant lorsqu’on sait que le Soleil, maître du Lion, lumière divine éclairant la terre, s’accompagne de pitié et de sacrifice, second aspect de la divinité symbolisé par Neptune (Planète exaltée en Lion 4). Ce sacrifice est représenté, dans de nombreuses religions, par le fils de l’Homme. Or, précisément, Neptune symbolise les odeurs, les émanations, les gaz ; lorsque cette planète domine dans un thème natal et ne reçoit que de mauvais aspects, on n’hésite pas à qualifier le porteur du thème d’être impur, hypocrite ou vicieux. Tout se passe donc comme si le Soleil, astre de feu, venait, dans le signe du Lion, purifier les travers symboliques neptuniens. N’oublions pas que le feu brûle dans l’Olympe, mais qu’il est également présent aux enfers. Les incendies ou les feux volontaires allumés par les agriculteurs constituent une autre explication de la purification apportée par le Feu du Lion. Ici le feu nettoie, il détruit les mauvaises herbes, éclaircit la végétation et enrichit la terre de ses cendres.

Les analogies symboliques du Lion

Les astrologues helléniques concevaient l’univers comme un organisme vivant gigantesque dont toutes les parties étaient solidaires les unes des autres. Pour eux, il existait une interaction entre le Ciel et les éléments qui constituent la Terre ou qui se trouvent sur elle. La question de la distance entre les corps n’entrait pas le moins du monde en ligne compte, seule la nature des éléments avait une importance. L’être humain lui-même, faisant partie intégrante de la Terre et étant constitué par la même matière que les autres corps (matière agencée différemment), était donc en rapport avec le reste de l’univers ; il en était de même pour les végétaux, les minéraux, etc. Tous les corps terrestres, affirmaient les Grecs, sont en correspondance, en sympathie avec le reste de l’univers et les astres en particulier. Cette croyance qui va jusqu’à l’hypothèse d’un homme cosmique est certainement issue de l’Orient. Mais sans doute a-t-on inventé l’Homme aux Signes du Zodiaque à partir des dieux astraux dont parle le Timée. En effet, sept dieux sont en rapport avec diverses parties du corps humain dans le mythe d’Héphaïstos : Zeus gouverne la tête, Mars le cœur, Mercure la langue, Vénus le foie, Poséidon la poitrine, Athéna les mains et Eros les lèvres. Cependant, la répartition des organes du corps par rapport aux signes du Zodiaque, telle que nous la connaissons aujourd’hui, remonte à l’Astronomicon de Manilius (environ 80 ans avant J.-C.). Les organes du corps, en correspondance directe avec le signe du Lion sont, depuis cette époque, le dos, la colonne vertébrale, les vertèbres, la moelle épinière, les centres vitaux, le plexus solaire, le cœur.

Au-delà du corps physique, les symboles généraux du Lion sont en rapport avec la nature de l’animal et avec les effets du Soleil sur la végétation, en été ; ils sont chaleur, sécheresse, feu, mais aussi hauts personnages, souverains ou objets de luxe.

Du temps de Ptolémée, chaque partie du monde, chaque pays, chaque ville et même chaque région étaient gouvernés par un signe. Aujourd’hui, seuls quelques astrologues traditionalistes ont conservé ces données ancestrales et, en astrologie mondiale, si l’on est capable de prévoir divers événements comme les périodes de conflits ou d’accalmies, on se heurte à leur localisation géographique. Ce ne sont malheureusement pas ces données traditionnelles qui apportent une solution dans ce domaine. Les spécialistes se réfèrent davantage aux cycles planétaires ou aux thèmes dressés pour l’instant de la constitution des pays ; le plus facile étant sans conteste l’étude du ou des thèmes personnels des dirigeants gouvernementaux. Donnons, à toutes fins utiles, la liste des pays, villes et régions attribués, traditionnellement, au signe du Lion : le midi, les pays chauds en général, l’Autriche, la Bohême (partie occidentale de la Thécoslovaquie), la Chaldée (basse Mésopotamie), la France, l’Italie, la Roumanie du Nord, la Sicile ; Bombay, Bristol, Chicago, Damas, Philadelphie, Portsmouth, Prague, Rome.

Tout comme les signes correspondent à diverses parties du monde, ils sont en rapport avec certains lieux privilégiés et le symbolisme du Lion se trouve très présent dans l’énumération suivante : les beaux quartiers, les châteaux, les palais, les aires de jeu, les places publiques, les assemblées, les églises, les écoles, les théâtres.

Le dogme grec de la correspondance entre tous les constituants de l’univers permet de comprendre pourquoi certains métaux sont en rapport avec les signes du Zodiaque. C’est l’or qui correspond symboliquement au Lion et au Soleil. On peut supposer la raison pour laquelle l’or, métal précieux de la couleur du Soleil, est en rapport avec le signe du Lion, mais existe-t-il réellement une « connivence », un accord invisible mais vrai entre l’or et le Soleil, un rapport concrètement, pour ne pas dire scientifiquement, démontrable ? Le 29 juin 1927, pendant une éclipse du Soleil, la doctoresse Kolisko de l’Institut biologique du « Goetheanum », dans son laboratoire de Dornach, tentait une expérience. Dans 100 cm’ d’eau distillée, elle plaçait 1 gramme de chlorure d’or. Elle avait toujours obtenu, auparavant, la même tache, lorsqu’elle plongeait une bande de papier filtrant dans cette solution ; là il ne se passa rien. L’image qui apparaissait habituellement ne se forma pas, comme si l’or, sous l’effet de l’occultation du Soleil, n’avait plus le même effet, était affaibli. En revanche, douze heures après la fin de l’éclipse, l’image apparut comme dans les expérimentations antérieures. La doctoresse venait de constater et de démontrer, sans pour autant l’expliquer, la relation or-Soleil des Anciens.

Les scientifiques ne peuvent cependant pas admettre aussi simplement les travaux originaux de cette chercheuse, car divers facteurs extérieurs peuvent venir modifier les résultats de ce genre d’expérience : pression de l’air, température ambiante, manipulation, etc. Sans parler du fait qu’aucune mesure objective, tant en dimension qu’en forme ou en coloration, n’intervient dans l’appréciation des taches sur les papiers filtrants. Finalement, tout ce travail ne constitue pas une « preuve scientifique » et il ne permet pas de tirer une règle absolue de ce genre de rapports. Les astrologues, par la pratique, ont heureusement d’autres raisons de croire aux rapports analogiques.

Les animaux symboliquement en correspondance avec le signe du Lion sont les fauves en général, le lion en particulier, mais on rencontre également la panthère et aussi le faucon, l’aigle, le coq et l’abeille. Comme nous l’avons vu, la couleur symbolique du signe est le jaune, le jaune d’or ou encore l’orange, la couleur du feu et de la lumière solaire. Cette dernière est d’ailleurs plutôt blanche, elle nous offre la décomposition du spectre des couleurs dans le phénomène de l’arc-en-ciel, toujours visible à l’opposé du Soleil. Ce phénomène résulte de la dispersion de la lumière solaire au travers des gouttes d’eau de pluie. On constate ainsi que la lumière solaire, de couleur blanc-jaune, est, en fait, composée de plusieurs teintes : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Comme le Soleil est au centre du système qui porte son nom, les couleurs sont centralisées dans l’astre de Feu. D’ailleurs, en électronique comme dans l’arc-en-ciel, on considère le blanc comme la couleur la plus complète puisqu’elle renferme plusieurs teintes en elle-même. Le jaune solaire semble donc bien être la couleur léonienne par excellence.

Les plantes n’échappent pas à la correspondance universelle. Les végétaux que l’on peut attribuer au Lion sont constitués par toutes les plantes exotiques, les aromates et aussi, bien entendu, par l’héliotrope qu’on appelle plus communément « soleil », car il suit l’astre du jour dans son mouvement semi-circulaire.

Voici la liste des plantes traditionnellement léoniennes : palmier, caféier, romarin, blé, arnica, alchemille, renouée, muscade, oranger, pivoine, grenadier. Les mets végétaux, à ne pas confondre avec les plantes du Lion, sont les agrumes, le riz, le pissenlit, les noix, la centaurée, l’angélique, la pimprenelle ou sanguisorbe, la cannelle, le safran, le laurier, le tournesol. Les parfums attribués au signe sont la lavande, l’héliotrope et l’origan ou marjolaine.

Depuis le XVIIe siècle, on rencontre le symbolisme du Lion dans la onzième lame du tarot (la Force), parfois avec la huitième (la Justice). Sur la onzième lame, figure une femme qui dompte un lion en maintenant ses mâchoires sans paraître avoir à fournir un gros effort… Cette lame qui, dans un tirage, signifie la force sur autrui et sur les événements, contient une image de sexualité et de procréation. Le personnage dispose de la puissance divine, de l’énergie spirituelle qui lui permettent de braver et de maîtriser la force brutale, la force instinctive. Ce Lion ressemble étrangement au Lion de Némée qui, pour Héraclès, ne fut pas aussi indomptable qu’il le paraissait. Toutefois, la ressemblance est limitée par le fait que, sur la onzième lame du tarot, le personnage n’a pas besoin de tuer l’animal ; au contraire, il se contente de le maîtriser ; il discipline la Force, tout comme le souverain ne s’impose pas par la violence, mais obtient la soumission de ses sujets par la raison. On trouve également ce symbolisme au Louvre, où deux splendides statues assyriennes représentent Gilgamesh serrant sur son cœur un lion qu’il vient d’assommer avec une arme qui n’est autre qu’une peau remplie de sable.

Pour en revenir aux correspondances analogiques du signe, il ne faut pas omettre de parler du symbolisme numéral qu’ont adopté les cabalistes et qui, bien avant dans le temps, était pratiqué par Platon, Macrose et Philon le Juif. D’après ce symbolisme numéral, les nombres bénéfiques du Lion sont le 1, le 81 et le 91. Ces nombres sont donnés sous toute réserve quant à leur efficacité dans les loteries ! Il en est de même du dimanche, qui bien que traditionnellement jour faste pour le Lion, n’est pas forcément le jour pour jouer et gagner, comme le laisseraient volontiers entendre certains hebdomadaires. En fait, chaque jour de la semaine s’est vu attribuer une planète ; le dimanche à l’origine était le jour du Soleil, devenu par la suite le jour du Seigneur, après la naissance de la religion chrétienne. Dans ce contexte, le samedi peut être considéré comme le jour néfaste pour le Lion ; c’est en effet le jour de Saturne (planète traditionnellement maîtresse du Verseau, signe adverse).

Citons, enfin, les minéraux léoniens. Leur association avec les signes nous vient d’une tradition hébraïque qui s’appuyait sur les douze pierres de fondation de la Nouvelle Jérusalem. Les minéraux léoniens sont toujours relativement précieux : chrysolithe, escarboucle, hyacinthe, rubis, sardoine, péridot ou olivine, topaze.

Le Symbolisme solaire

Physiquement, le Soleil est l’astre le plus chaud du système (sa température atteint environ 6 000° C à sa surface), il est naturellement bien placé dans le signe du Lion qui, dans le cours des saisons, correspond à la période de chaleur la plus intense. C’est sans doute en partie pour cette raison que le Soleil est considéré comme la planète maîtresse du signe ; on dit aussi qu’elle gouverne ou régit le signe ou encore qu’elle s’y trouve en domicile. Pour les pays chauds, l’été est une période qui n’est pas particulièrement facile à vivre, c’est une époque d’épreuves car le Soleil grille tout, et les hommes se retirent volontiers à l’ombre (le Verseau, face au Lion, a pour planète maîtresse traditionnelle Saturne, planète froide qui symbolise le retrait, la nuit, la mort, à l’opposé des représentations solaires qui sont jour, éclat, chaleur, rayonnement, vie).

Sur le plan astronomique, le Soleil apparaît véritablement comme le cœur du système : toutes les planètes, de Mercure à Pluton, gravitent autour de lui (hormis la Lune, notre satellite). L’astre central, d’un diamètre égal à cinquante-cinq fois celui de la Terre, a un volume équivalant à plus d’un million de fois le volume de notre planète, et sa masse est égale à environ trois cent mille fois la masse terrestre. Il semble naturel que le Soleil, directeur et souverain du système à qui il a donné son nom, soit en analogie avec le Lion, le roi des animaux. C’est, ne l’oublions pas, pendant la période léonienne de fin juillet à la fin août que les effets du Soleil sur notre globe sont les plus remarquables.

Chaque année, autour du 8 août, lorsque le Soleil est en plein milieu du signe du Lion, la chaleur et l’éclat de l’astre atteignent leur intensité maximum. En tant que luminaire, avec la Lune, le Soleil est une des deux planètes qui éclairent la Terre. Alors que la Lune est chargée de la nuit, le Soleil exalte les valeurs de jour, d’éclat et de lumière. L’apparente supériorité attachée au Soleil est très relative et surtout spectaculaire. La nuit, on voit briller dans le ciel des milliers et même des millions de soleils. Le danger est justement de considérer l’écrasante présence de cet astre comme une source de lumière unique dans l’univers, à cause de son intensité. En réalité, le Soleil est simplement l’un des deux pôles fondamentaux qui, avec la Lune, amènent la vie et régissent le monde terrestre. Alors que la Lune est l’expression du Yin, de l’anima – le pôle « passif » – le Soleil correspond au Yang, à l’animus – le pôle « actif ». Ce n’est qu’un des deux principes complémentaires et indispensables à la Vie.

L’idéogramme solaire

On découvre déjà l’idéogramme du Soleil dans les anciens hiéroglyphes égyptiens. Le cercle correspond à la permanence, au ciel, à la raison, au macrocosme. C’est la ligne fermée, le symbole de la perfection. Au centre du cercle se trouve un point qui représente l’homme, le feu intérieur, le centre, le microcosme. La planète maîtresse du Lion correspond au commencement de la vie, à la manifestation visible de la création. Pi, le rapport constant du périmètre du cercle à son diamètre, exprime l’idée de la circonférence constituée par un nombre infini d’êtres spirituels en relation les uns avec les autres d’une manière totalement indissociable. Cette relation de voisinage forme un équilibre stable, car à chaque être spirituel correspond un double diamétralement opposé. L’ensemble de la circonférence symbolise donc l’être spirituel dans sa plus complète perfection. L’espace vide délimité par cette circonférence symbolise la matière à l’état pur. L’union équilibrée de l’être spirituel avec la matière pure va constituer la source de l’activité, l’harmonie complète de l’absolu. Cependant, cet état est statique car l’être spirituel et la matière pure sont en eux-mêmes indépendants. Le point au centre du cercle représente justement le dynamisme, il procure le changement indispensable à l’activité qui permet d’atteindre finalement l’harmonie. Ce point central, pour les chrétiens, est l’amour divin. C’est aussi le monothéisme, la venue de l’unité. Pour l’homme, le point signifie, avec le cercle, l’union consciente de l’esprit et de la matière en tant qu’harmonie parfaite. L’idéogramme montre finalement l’homme rejoignant la divinité.

Représentations et effets physiques

En Grèce, Hélios, personnification de la lumière, est représenté par un éphèbe qui parcourt le ciel dans un char tiré par quatre chevaux ; il porte sur la tête une couronne rayonnante comme le Soleil. Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, figure avec une couronne de lierre ; il est en compagnie d’une panthère et de deux satyres. Apollon, dieu grec de la lumière, des arts et de la divination, ne se sépare que bien rarement de sa lyre ; il est jeune, fort et beau. Sarapis, qui devint un dieu suprême (il était assimilé à Zeus chez les Romains) est représenté avec un sceptre, un globe terrestre et les clefs du monde souterrain ; c’est la figuration-type du souverain. En Egypte, le Soleil est un disque ailé, c’est le grand Lion, le Taureau céleste, l’Epervier sacré, le Phénix panaché. Il prend fréquemment la forme d’un scarabée : comme l’astre central qui provoque la naissance et crée la prospérité, cet insecte sacré se nourrit de bouse et enferme sa semence dans une boulette de fiente. Mithra, divinité persane, génie des éléments et juge des morts, apparaît comme un solide tueur de taureaux ; à ses côtés, figurent les douze signes du Zodiaque et le symbole de la force génitale.

Grâce. à ces descriptions, on s’aperçoit que, depuis fort longtemps, dans les parties civilisées du monde, le Soleil était considéré comme le symbole du souverain, image en rapport avec l’astre du feu autour duquel gravitent les planètes de notre système. En Inde et dans les philosophies qui suivirent, le Soleil est dieu en tant que source des idées ; c’est le principe spirituel supérieur qui définit l’individualité de l’homme. Au Moyen Age, le Soleil est souvent représenté comme un souverain splendide qui porte un sceptre, parfois aussi par deux spadassins qui combattent ; il symbolise alors la force vitale difficile à maîtriser. Sans doute que l’influence exercée par le Soleil, non seulement sur la végétation, mais également sur l’ensemble des êtres vivants de la terre est pour beaucoup dans ces représentations, toujours orientées de la même manière, c’est-à-dire vers l’éclat, la grandeur et la vie. Sans la chaleur et sans la lumière dont le Soleil gratifie notre planète, il n’est pas de vie possible. Sans l’emplacement relatif du Soleil dans l’espace par rapport à la Terre, et sans l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de son orbite, il n’y aurait pas de saisons, donc aucune espèce d’entretien de cette vie, plus aucun rythme existentiel.

Le climat de l’ensemble de la planète provoquerait pour les hommes une existence restreinte et végétative qui ressemblerait fort à ce qui se passe aux pôles. Ce qu’on nomme, habituellement, l’activité solaire, provoque d’énormes perturbations dans le rayonnement énergétique de l’étoile de feu. Les taches solaires, visibles de la terre, sont la manifestation d’un ensemble de tourmentes et d’explosions monumentales qui secouent la surface du Soleil et interfèrent considérablement avec le magnétisme terrestre.

Michel et Françoise Gauquelin qui ont démontré, par la statistique, une loi d’hérédité astrale, se sont aperçus que les naissances se produisant pendant les périodes d’agitation magnétique importante étaient davantage soumises à cette loi. Les mêmes planètes que les parents se levaient ou culminaient plus souvent dans le thème des enfants lorsque le magnétisme terrestre était très agité. On comprend ici toute l’importance de l’activité solaire sur la vie humaine ; certains auteurs, à tort ou à raison, vont même jusqu’à établir un rapport direct entre cette activité et les grandes catastrophes naturelles, les épidémies, les suicides, les crimes, les révolutions ou les guerres. Les crises cardiaques seraient, paraît-il, plus fréquentes pendant les périodes de perturbations importantes ; le Soleil, en effet, comme le Lion, régit l’organe vital chargé de la circulation du sang. Sans accorder une foi aveugle à toutes ces hypothèses – certaines restent à démontrer – nous devons, tout de même, constater qu’il existe divers effets terrestres de l’activité solaire qui sont parfaitement contrôlables.

Ainsi connaissons-nous les aurores australes qui, dans les régions polaires, se manifestent par des espèces d’arcs d’où fusent des jets de lumière. On sait maintenant que ce phénomène est dû à des particules électrisées, issues du Soleil, qui sont déviées par le champ magnétique des pôles et qui illuminent la haute atmosphère en la rendant luminescente. Les orages magnétiques qui troublent les transmissions radiophoniques sont encore partiellement mystérieux. On sait que certains troubles dépendent des taches solaires, qui, elles-mêmes, perturbent le magnétisme terrestre, mais la qualité de la propagation des ondes courtes suivant les conditions atmosphériques reste encore un point d’interrogation. (Les ondes radio étant symboliquement sous la férule d’Uranus, il semble presque normal que l’activité du Soleil vienne troubler les éléments analogiques de la planète maîtresse du Verseau, le signe opposé au Lion). L’importance des effets physiques du Soleil sur la vie terrestre que nous venons de survoler doit bien nous persuader que cet astre n’est pas synonyme de vie et de souveraineté par le simple fait d’une rêverie primitive.

Si le Soleil est le symbole de la vie, l’astre de feu est aussi le symbole de l’amour, et il n’est pas inutile d’établir un parallèle entre la conception du feu et la conception de l’homme qui naît de l’amour. Comme le dit Gaston Bachelard : « Si l’on veut bien systématiser les indications d’une psychanalyse spéciale des impressions calorigènes, on va se convaincre que l’essai objectif de produire le feu par le frottement est suggéré par des expériences tout à fait intimes ».

En effet, comment peut-on expliquer autrement que par cette expérience primitive des sensations, la manière dont l’homme en est venu à créer le feu par le frottement ? C’est bien par suite de l’impression de chaleur ressentie lors de ses rapports intimes que l’homme des cavernes a pu faire le rapprochement frottement-chaleur qui traduit parfaitement le symbolisme SoleilFeu-Amour-Naissance. Les esprits rationalistes diront qu’en été, les incendies de forêt se déclenchent d’eux-mêmes par le frottement des branchages. Mais comment l’individu non civilisé a-t-il eu l’idée d’entrechoquer pendant de longues minutes deux morceaux de bois pour obtenir une flamme ? Face au feu, la majorité des animaux non domestiqués s’enfuient, totalement terrorisés. Pourquoi l’homme primitif, habitué au froid et de surcroît coutumier des aliments crus, a-t-il éprouvé le besoin de fabriquer du feu, et surtout de cette manière ?

L’homme a sans doute reconnu dans le feu, comme dans l’astre, la puissance de l’élément sur les choses et en particulier, sur les être vivants, les animaux qui l’entouraient. Posséder le feu et surtout le maîtriser, est devenu un moyen, sinon le moyen, de se démarquer pour diriger, pour être le chef, pour être celui qui domine la nature et dispose de la force qui inspire la peur. L’homme se rapprochait ainsi de la divinité ; on retrouve le symbolisme Soleil – Souverain-Chef. Les symboles Vie-Amour-Naissance et Souveraineté attribués au Soleil ne sont donc pas si éloignés qu’ils pourraient le paraître a priori. L’astre du jour est aussi la planète du social et du ( Sur-moi ». Si la Lune en tant que luminaire représente la vie privée, la famille, le Soleil correspond dans un thème à la vie sociale et par extension à la vie professionnelle – la vie à l’extérieur -, celle qui se caractérise par l’action visible sur la matière et sur le cours des choses.

Sur le plan psychologique, le Soleil correspond au « Sur-moi ». D’après Freud, le Sur-moi naîtrait de l’identification de l’enfant aux parents idéalisés ou à leurs substituts. Cette formation inconsciente (ensemble des interdits moraux) exercerait une fonction d’autorité et de censure morale obligeant le Moi à lutter contre les instincts. Nous allons voir que Soleil et Feu sont si intimement mêlés que le symbolisme du « Sur-moi » et celui du social attribués à l’astre du jour sont réellement indissociables dans l’éducation. Que le Soleil, astre de la clarté et des valeurs brillantes soit en rapport avec la vie extérieure, la plus visible, ne nous étonnera pas, puisque la Lune, astre de la nuit, est synonyme d’ombre, de vie intérieure, d’intimité, de famille, de chez soi. Mais un autre aspect de la sociabilité du Soleil nous vient des interdictions reçues dans l’enfance. On ne respecte pas le feu naturellement, à la rigueur peut-on le craindre après s’être brûlé, mais en réalité, comme le dit Bachelard : « L’expérience naturelle ne vient qu’en second lieu pour apporter une preuve matérielle inopinée, donc trop obscure pour fonder une connaissance objective ». Au départ il y a effectivement l’éducation sociale avec l’interdit du feu. « L’interdiction sociale est notre première connaissance générale sur le feu » conclut l’auteur. Il apparaît nettement que le réflexe de respect est inculqué, ce n’est donc plus un réflexe au sens strict du terme, il s’y combine une éducation sociale. Généralement, c’est le père qui fait office d’intermédiaire dans cette éducation ; il est la première force de formation du Sur-Moi. En face de ce raisonnement, on ne s’étonnera pas si le Soleil représente à la fois le Sur-moi, le père, le monde social et l’éducation en général. Par ailleurs, le Lion, signe régi par le Soleil, est, avec le cinquième secteur astrologique, le significateur principal de l’éducation et par extension, des études. On trouve, de fait, les écoles, les lycées et les collèges dans la liste des lieux privilégiés attribués au signe du Lion. Si le Soleil symbolise le Sur-moi, il est également le principal représentant astrologique du Moi, de la conscience et de l’affirmation. Vers l’âge de trois ans, pour le seul plaisir d’affirmer sa personnalité, bébé commence la longue série des « non », des (je », des « moi » ! Un an plus tôt, il n’était pas encore conscient de sa propre existence ; lorsqu’il se regardait dans une glace, il ne se rendait pas compte du fait que l’image reflétée était celle de sa petite personne. Après la découverte du monde environnant et de son propre corps par le toucher (période GémeauxMercure), après le sevrage (période CancerLune), débute l’affirmation de la personnalité (LionSoleil). Par la suite, le Moi continuera à s’élaborer sous l’influence de l’éducation et selon les conditions socio-culturelles. Le Soleil montre par conséquent le pôle de l’affirmation de l’être, son rapport avec la société en tant qu’individu. C’est aussi la planète représentative de l’ensemble des motivations et des actes individuels qui conditionnent l’adaptation à la réalité en résolvant les conflits par la volonté. La volonté est raison consciente, elle met en branle divers développements intellectuels pour contrebalancer l’ensemble des processus qui agissent sur la conduite, mais échappent à la conscience. Dans un thème de naissance, un Soleil mal configuré indique généralement que le Moi est plus ou moins déséquilibré. L’individualité est sujette aux névroses et parfois même aux psychoses.

Le symbolisme du Soleil se superpose tout à fait à celui du Lion : la planète du feu, de l’éclat, de la direction et de la souveraineté forme une paire idéale avec le signe du milieu de l’été représenté par le roi des animaux. De ce fait, il n’est pas surprenant de retrouver pour la planète, les mêmes analogies symboliques que pour le signe (en particulier en ce qui concerne les métaux, les minéraux, les végétaux, etc.). Nous avons vu que, dans les civilisations passées du monde entier, le Soleil était adoré comme un dieu. L’astre divinisé est donc représentatif de la part de Dieu en chacun de nous, c’est le symbole de la spiritualité et de l’idéal. Il correspond aussi à la volonté de puissance, à la recherche de la gloire, à l’affirmation orgueilleuse, à l’égocentrisme et à la conscience de soi la plus aiguë.

C’est l’astre de la lucidité, de l’autorité et de la hiérarchie. Planète du conscient, du Moi, elle symbolise également la réussite extérieure, la réussite sociale : c’est en effet la planète du succès éclatant. Du fait de sa correspondance avec le Sur-Moi, nous avons noté que dans un thème, le Soleil représente le père. Par extension, il symbolise aussi le frère aîné, l’oncle, les chefs, les guides, les patrons, les entraîneurs ou autres meneurs d’hommes. C’est le principe masculin dans sa généralité qui s’exprime à travers lui. Dans un ciel de naissance féminin, il correspondra naturellement à l’époux. Sur le plan social, le Soleil occupe une place particulièrement importante, il représente l’Etat, les pouvoirs publics, les institutions légales et l’aristocratie. Par ailleurs, l’astre du jour préside aux spectacles, en particulier au théâtre ; le solaire ou le léonien aime toujours plus ou moins dramatiser et il adore se manifester par des attitudes empreintes de lyrisme. Sur le plan artistique, le Soleil symbolise naturellement les drames, le grandiose, les films à « grand spectacle »,,le genre héroïque, etc.

L’astre de la plus grande lumière correspond, bien entendu, aux objets de luxe, aux bijoux ou autres somptueux bibelots, qui demeurent inabordables pour le commun des mortels. Le rapport or-Soleil ne doit pas nous faire perdre de vue que les questions financières, et en particulier spéculatives, sont en correspondance avec l’astre comme avec le signe. Sur le plan physique, les organes du corps régis par le Soleil sont identiques à ceux que régit le signe du Lion (le cœur en particulier), mais on peut y ajouter les artères, le cerveau et la vue (traditionnellement l’œil droit chez l’homme et l’œil gauche chez la femme). Comme le Lion, le Soleil correspond à l’âge de la maturité, celui des réalisations effectives, de la pleine affirmation de la puissance vitale. L’astre de la volonté est en rapport avec l’éducation par la prise de conscience, par le rejet de l’émotivité et par la maîtrise du rêve et des attitudes suggestives. Le Soleil, planète du « social » et de la culture, est également en rapport avec l’ambition, que cette dernière soit simplement matérielle ou hautement spirituelle. C’est lui qui, parmi toutes les planètes de notre système, représente le mieux le désir et les moyens de s’insérer dans la société par la création et les entreprises de tous ordres. Mais le Soleil reste surtout le symbole de la noblesse et de l’élévation d’esprit, de la générosité consentie volontairement, presque comme un sacrifice.

Il montre l’homme qui se détache de la multitude par son indépendance et qui manifeste son aptitude à modeler autrui par l’exemple. Cependant, le respect et l’autorité obtenus par la raison et par la démonstration ne sont que le fait d’un Soleil harmonieux. Il arrive, dans les cas de dissonances accentuées, que le despotisme, la tyrannie et l’autoritarisme l’emportent sur les comportements magnanimes. C’est alors le triomphe de l’égocentrisme et de la vanité, au prix, parfois, d’une véritable « folie des grandeurs ». Le Soleil, en effet, peut traduire tous les processus en « hyper » : hyperactivité ou hypervitalité, hyper-extériorisation (tendances à processus en « hyper » : hyperactivité ou hypervitalité, hyper-extériorisation (tendances à l’exhibitionnisme) en passant par l’hypercérébralité (mépris, froideur, attitudes hautaines).

La Mythologie du Signe

Un peu d’histoire

A Doupliaya (Belgrade) a été découvert un char datant de l’époque des grandes migrations, qui eurent lieu en Egée vers 1 100 avant notre ère. « Le char d’argile de Doupliaya a trois roues. De chaque côté de la roue avant se trouve un oiseau, qui doit représenter un cygne et qui tire le véhicule. Un oiseau semblable émerge de la banne ronde, placée entre les roues arrière. On peut se demander s’il représente le cocher ou si cette forme d’oiseau et la banne ne veulent pas représenter ensemble un cygne stylisé, entre les ailes duquel se tient le personnage qui couronne le char. C’est un personnage masculin, comme le montre le modelage de « ce qui est sous la robe flottant très haut ». Sprockhoff essaie d’interpréter ce char à partir des textes grecs. Il cite un passage d’Alcée (\Tir siècle avant J.-C.) : « A la naissance d’Apollon, Zeus le munit d’un bandeau d’or et de sa lyre et lui donna un char à conduire, qui était constitué par des cygnes, puis il l’envoya à Delphes », et il ajoute : « il ne paraît pas possible de donner une description plus exacte du char de Doupliaya ».

L’astre du jour et le signe du Lion sont masculins, comme Apollon, le dieu solaire, depuis que les Indo-européens les reconnurent ainsi, à l’époque approximative où la planète Mars parut dans le ciel comme une planète virile. Les Indo-européens transportèrent le culte du dieu solaire en Grèce et dans l’Asie ancienne. On qualifiait alors le Soleil d’astre « chaud et sec », ce qui fait partie des qualités attribuées par Aristote à Mars et à l’homme. Nous avons vu que, dans un thème, le Soleil représente le père ; il semble donc que le monde masculin soit de caractère patriarcal. Comme dans la famille, le gouvernement terrestre est aussi patriarcal, les princes sont les « pères du peuple ». Le Soleil apparaît, par conséquent, comme un astre principal, royal : ses « enfants » sont les rois, les prêtres, les hauts fonctionnaires et les nobles. Sur le plan psychologique, le Soleil confère la sagesse, la noblesse et la magnanimité : aussi les animaux majestueux comme l’Aigle, le Lion ou le Vautour lui sont-ils attribués. L’huile et le vin, autrement dit ce que l’homme antique considérait comme le meilleur, lui appartiennent également. De même lui est consacré l’arbre d’où sortait l’arme royale, le frêne ; de son bois, les Anciens tiraient leurs épieux.

L’orge – la céréale du Lion – fut la première produite par les paysans indo-européens et, de ce fait, a toujours conservé un caractère sacré. Chez les Romains, à l’époque impériale, l’orge était la céréale sacrificielle. En Suède, la bière tirée de la fermentation de l’orge était brassée pour la fête devenue, plus tard, Noël.

Dans les pays méditerranéens, le Soleil est souvent considéré comme désagréable, mais en Asie Mineure et en Egypte, on le tenait pour une planète féroce. Les peuples méditerranéens ainsi que les Sémites du sud et de l’ouest considéraient la Lune comme une planète amie, mais le Soleil qui brûlait les prairies et desséchait les champs n’était guère apprécié. D’ailleurs, les préhistoriens n’ont trouvé aucune représentation du Soleil dans le sud de l’Europe pendant toute la période qui s’étend de 12 000 à 2 500 ans avant Jésus-Christ, alors que la Lune et même Vénus sont souvent présentes. Par contre, dans le nord et dans le centre de l’Europe, les images du Soleil sont fréquentes : il était alors représenté par une roue. Sans doute était-il symbolisé de cette manière parce qu’il paraît rond et qu’il semble rouler de l’est à l’ouest.

On retrouve une coutume moyenâgeuse qui consistait à faire descendre, en roulant d’une montagne, une roue enflammée qui représentait le Soleil. Sans que cela puisse être une certitude, certains spécialistes ont pensé que cette coutume remontait à la préhistoire. Il est vrai que d’assez nombreux documents antiques traitent de la « roue solaire ». Les Védas en particulier, attribués à la révélation de Brahma, nous fournissent des vers intéressants. Le dixième yasht, hymne de l’Avesta I, composé pour le seizième mois, est explicite : « Nous adorons Mithra aux vastes pâturages, dont la parole est vraie, le disert, le beau, qui possède mille oreilles et dix mille yeux, le héros qui voit très loin, le vigilant, dont les chevaux blancs tirent le char à l’unique roue d’or. » Il ne s’agit naturellement pas d’un char à une seule roue, car dans les vers qui précèdent, on apprend qu’il transporte mille arcs, mille flèches, mille épieux, la massue de Mithra, etc. La roue d’or fait donc, en quelque sorte, partie du chargement.

Citons aussi les vers du Rig-Véda qui concernent le mythe de Susna : « Indra arracha la roue du Soleil. » En 1902, dans l’île de Fünen en Scandinavie, on a découvert près de Nykobing des morceaux d’un objet bizarre. Il s’agissait d’une trouvaille préhistorique, un disque de bronze recouvert en partie d’or. Il était habituellement porté sur un char à six roues tiré par un cheval. Ce disque était constitué de deux plaques tenues par un solide anneau extérieur. Les plaques étaient bombées et portaient des ornements en spirales. Cette décoration était d’ailleurs habituelle à l’époque, elle était pratiquée à l’aide d’un poinçon. L’anneau extérieur qui dépassait des deux côtés possédait une rainure ; il est donc permis de penser qu’il existait une plaque d’or sur la face postérieure. Le disque devait être posé sur le char et tiré par le cheval à l’aide d’une corde. Mais le disque se contentait de glisser, il ne pouvait pas rouler, car il n’y aurait pas eu d’anneau pour fixer la corde.

Ce disque corrobore parfaitement les textes cités qui sont d’ailleurs de la même époque (entre 1 300 et 1 200 avant notre ère). En Iran comme en’ Germanie, vers 1 200, on « pensait » le Soleil sous la forme d’un disque traîné à travers le ciel. Si l’on admet, ce qui est très vraisemblable, que ce char constituait une offrande, on peut en conclure que l’image du Soleil était nécessaire aux besoins d’un culte. Ce disque montre une évidente influence orientale. Nous savons que le nombre 28 était familier aux peuples de l’Inde, de la Chine et de la Mésopotamie ; or, le disque en question portait vingt-huit petits cercles, correspondant aux vingt-huit « stations lunaires » courantes chez les Orientaux. Ou bien ce char provient d’une région où ce chiffre était en honneur, ou bien il démontre l’existence d’une communauté indo-européenne ancienne. Nous pencherons volontiers pour cette seconde hypothèse car, dans la pensée indo-européenne, le Soleil était tiré à travers le ciel. Un cheval tirait le char et le disque suivait derrière.

Vers 1 200 avant Jésus-Christ, il se produisit une migration en Grèce qui eut d’assez sérieuses conséquences en Europe, en particulier sur le plan spirituel. Ce n’était plus un cheval qui tirait le Soleil et son char, mais un oiseau, souvent un cygne. Cela montre qu’à cette époque, l’imagination devenait plus « terre-à-terre ». On rencontre souvent le terme patanga (oiseau) pour dénommer le Soleil dans les Védas, ou encore pansa (cygne).

L’origine du signe du Lion est bien difficile à établir avec certitude. Nous savons que les constellations ont, sans nul doute, été baptisées d’après les saisons de l’année et il semble que les premiers zodiaques établis par diverses cultures antiques démontrent une connaissance datant d’environ 26 000 ans avant Jésus-Christ ; époque à laquelle signes et constellations se superposaient. Les signes du Zodiaque et les constellations du même nom sont deux éléments très distincts. Les signes du Zodiaque ne font qu’établir un rapport terrestre entre l’année solaire, les équinoxes et les solstices. Il est pratiquement certain et couramment admis que les astronomes-astrologues sumériens dont le but était d’établir une limite concrète des différentes zones des signes, leur ont donné les noms des constellations visibles, à l’époque, dans la même partie du ciel. Quelle que soit la constellation présente derrière le signe du Lion, il commence tous les ans le 23 juillet. Le zodiaque babylonien était fixe, toutes les recherches vont dans ce sens et garantissent cette idée.

La connaissance du Lion et l’apparition de l’astrologie seraient donc antérieures à l’écriture. Certains auteurs supposent que la division de la bande Zodiacale, donc l’apparition du Lion, remonte à cinq siècles avant notre ère (la bande elle-même daterait de huit siècles). Le tout premier document astrologique semble dater de 2 300 avant Jésus-Christ, il est dû aux Suméro-Babyloniens. Nous savons aussi que les sites mégalithiques, les alignements de Carnac ou de Stonehenge, sont orientés suivant diverses directions solaires (lever en particulier), mais cela n’est pas significatif quant à la connaissance du Lion proprement dite. On pense généralement qu’une tradition orale plus ancienne est possible. Le Zodiaque utilisé par les Sumériens n’est pas tout à fait semblable à celui que nous connaissons’ actuellement, cependant les ressemblances sont nombreuses. Bouché-Leclercq, historien, écrit : « S’il n’y a pas de constellation du Lion, on trouve le dieu solaire Nergal, qualifié de Lion« .

Les images tracées dans le firmament constituent les témoignages célestes et les manifestations secondaires d’une très ancienne croyance. Si l’on peut attribuer aux pêcheurs de l’Euphrate le nom de la constellation des Poissons, le terme de « Lion« , n’a pas une origine liée de façon aussi évidente à un intérêt dominant. Les pasteurs et paysans indo-européens n’ont malheureusement laissé aucun témoignage écrit qui expliquerait pourquoi le Lion paraît, dans les vieilles frises babyloniennes, extrêmement « démonisé », comme le Sphinx, cette forme féminine qui possède des qualités léoniennes et dont le sourire exprime à la fois l’angoisse et la cruauté. Sans doute se manifeste ici la connaissance de la sagesse orientale que les Ioniens commencèrent alors à découvrir. L’origine babylonienne du signe du Lion reste en tout cas discutable. Cependant, pour les Sémites du nord, le Lion était déjà un animal royal, il tirait le char de la « Grande Mère » et symbolisait les souverains despotiques de la Mésopotamie et ceux qui construisirent la Porte de Mycènes, ceux de la grande Babel. Leurs armes étaient des faux sur des chariots et leur sceptre un fouet, ils gouvernaient le monde.

Le signe du Lion, tel qu’il est représenté, avec Régulus, l’étoile royale sur la poitrine, symbolisait les tyrans et les despotes. Il réclamait les droits de sa classe, en particulier la chasse, aussi Rudbeck introduit-il ici le Chien et nomme-t-il ce signe « Lion » ou « Chien », d’après l’animal chasseur le plus caractéristique 1. Mais la légende concernant l’origine du Lion et surtout celle de la science astrale ne manque pas d’exagération quant aux dates de ses sources premières.

Simplicius affirme que les observations astronomiques des Egyptiens remontent à 630 000 ans. Mac Kay, plus modeste, parle de 90 000 ans, mais il pense que les Hindous ont observé les étoiles pendant plus de 250 000 ans. Hérodote tiendrait des prêtres égyptiens que leurs observations couvriraient environ 45 000 ans. Des inscriptions relevées sur des monuments assyriens de l’époque d’Assurbanipal font état d’une tradition, qui selon Epigène, remonterait à 720 000 ans ; Diodore, Pline et Cicéron parlent de 500 000 ans. Ce ne sont là, à notre sens, que considérations invraisemblables ou hypothèses invérifiables. Nous allons tenter de voir avec davantage de précision quand il est possible de situer la véritable origine du Zodiaque et surtout, celle du Lion.

Chaldéens ou Egyptiens ?

C’est aux Egyptiens que l’on doit la division de la bande zodiacale en décans ; il semble même que, dans ce pays, elle précéda la division en signes. Trente-six étoiles avaient été cataloguées par les Egyptiens, chacune d’entre elles régissait un décan de l’année, qui comptait 360 jours et qui débutait au moment où Sothis, notre Sirius, se levait à l’horizon en même temps que le Soleil. Les prêtres égyptiens pensaient que les personnes nées dans un décan donné étaient sous l’influence de l’étoile qui gouvernait celui-ci. Déjà, vers 1 500 avant Jésus-Christ, les Egyptiens établissaient des prédictions, mais ces dernières n’étaient pas vraiment « astrologiques ». Ils disposaient en fait d’un calendrier des jours fastes et des jours néfastes : chaque jour et même chaque heure étaient sous la dépendance d’un dieu qui, pour les Egyptiens, déterminait pour une large part la forme de l’existence des hommes.

C’est ainsi qu’une naissance intervenant le 10 du mois de Choiak ou le 4 du mois d’Athyr laissait présager une mort violente. Parmi les astres, les prêtres avaient établi un classement en deux groupes particulièrement importants ; il y avait « Ikhemou-sek », les astres toujours visibles, les « indestructibles » et « Ikhemou-ourz », les astres errants, les « infatigables » ou « astres qui ignorent le repos », qui n’étaient autres que les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les Egyptiens connaissaient également certaines constellations, citons Orion, la Grande Ourse ou Cassiopée, mais rien ne nous prouve qu’ils avaient déjà attribué un nom aux constellations zodiacales, donc à celle du Lion. A partir de 715 et jusque vers 332 avant Jésus-Christ (à la Basse Epoque), le commerce avec le Moyen-Orient prit des proportions plus importantes et, avec lui, vinrent des Chaldéens qui s’installèrent définitivement dans certaines villes égyptiennes.

D’après plusieurs auteurs traditionnels, c’est l’un d’eux, Manéthon, un prêtre originaire de Sebennytos dans le Delta, un contemporain de Ptolémée II, qui propagea l’astrologie mésopotamienne. C.F. Dupuis, dans son ouvrage Origine de tous les cultes, en 1794, affirmait que l’astrologie avait trouvé naissance aussi bien chez les Egyptiens que chez les Chaldéens. Il pensait que la science des astres égyptienne datait des premières dynasties, et cette idée fut suivie avec enthousiasme par d’assez nombreux égyptologues. Pour Dupuis, les zodiaques retrouvés dans les monuments de l’ancienne Egypte remontaient à plusieurs milliers d’années et celui de Dendérah 1, issu du temple de la déesse Hator et découvert en 1798 par le général Desaix, n’échappa pas à cette estimation.

Avec raison et logique, les archéologues qui se penchèrent par la suite sur la question du zodiaque de Dendérah eurent recours à l’astronomie. La datation n’était pas très difficile à effectuer puisque ces divers zodiaques correspondent à l’état du ciel au moment de la naissance – ou du décès – des momies qu’ils accompagnent dans leur sarcophage. Il est donc possible de calculer la date précise où un tel ciel a existé, grâce à un simple calcul astronomique de positions planétaires. C’est de cette façon que l’on s’est aperçu que le zodiaque de Dendérah n’avait pas plusieurs milliers d’années, mais datait précisément du 17 avril de l’an 17 de notre ère ! Parmi les découvertes archéologiques, un seul zodiaque égyptien date d’avant l’ère chrétienne, il s’agit de celui qui figure en peinture sur un des plafonds du temple d’Esnech ; il est cependant loin d’être aussi ancien qu’aurait pu le penser Dupuy, car il a été réalisé sous le règne de Ptolémée III (246-221).

Pour bien montrer l’erreur des partisans d’une origine millénaire des zodiaques égyptiens, je ne résiste pas à citer un autre exemple encore plus récent, puisqu’il remonte seulement au début du siècle dernier. Un explorateur dénommé Caillaud rapporta de Thèbes un sarcophage à l’intérieur duquel reposait une momie, et où était peint un zodiaque. Après examen, les spécialistes de l’époque (qui penchaient, comme Dupuy, pour l’idée d’une origine hautement ancienne des zodiaques égyptiens) pensèrent que le sarcophage, la momie et le zodiaque dataient de plus d’un millénaire avant Jésus-Christ. Quelle ne fut pas leur déconvenue lorsqu’ils découvrirent, au beau milieu des hiéroglyphes qui se trouvaient sous le sarcophage, les traces d’une inscription grecque. Ces traces signifiaient que la personne momifiée était morte au ter siècle de notre ère, sous le règne de Trajan ! Tout laisse penser qu’en réalité, les zodiaques égyptiens existent grâce au prêtre-astrologue chaldéen Bérose qui, installé dans son école de Kos, enseigna non seulement aux Egyptiens, mais aussi, comme nous le verrons, aux Grecs.

Cela n’enlève en aucune manière aux Egyptiens les importantes connaissances astronomiques qu’ils possédaient. A peu de détails près, ils ont institué le calendrier que nous utilisons encore de nos jours (douze mois dans l’année, vingt-quatre heures dans un jour). Le calendrier sothiaque dont ils disposaient auparavant remonte sans doute à environ 4 000 ans avant notre ère. Par ailleurs, les décans sont incontestablement de source égyptienne.

Notons qu’aujourd’hui, ils ne sont pratiquement plus retenus. Actuellement, pour le Lion, on attribue le plus couramment la planète Saturne au premier décan (de 1 à 10° du signe) 2, Jupiter au second et Pluton au troisième, mais on rencontre parfois, aux mêmes lieux et places, Mars, le Soleil et Jupiter, ce qui n’accrédite guère l’influence de ces décans. Le zodiaque de Dendérah nous montre, lui aussi, plusieurs connaissances astronomiques égyptiennes qui sont fort anciennes : l’épervier symbolise l’équateur, le singe cynocéphale correspond aux équinoxes et l’ibis à l’écliptique. Les personnages et les animaux représentés sur ce fameux zodiaque regardent tous vers l’Occident qui, pour les Egyptiens, correspondait à l’Au-delà (à la nuit), en opposition à l’Orient, là où naît la lumière. Si, malgré l’évidence des faits, les Egyptiens connaissaient la constellation du Lion, ils ne la nommaient certainement pas ainsi. En effet, les autres constellations, dont les noms nous sont maintenant familiers et qui sont arrivés jusqu’à nous en passant par les cultures grecques et romaines, remontent aux Babyloniens. Elles portaient des appellations très différentes en Egypte : la Grande Ourse, par exemple, est appelée la jambe de boeuf et Orion l’homme courant regardant par-dessus son épaule, alors que le Cygne n’est autre que l’homme aux bras tendus.

C’est beaucoup plus tard que les peuple, correspondait à l’Au-delà. Egyptiens ont attribué un dieu, qui leur était plus ou moins propre, à chacune des constellations zodiacales.

L’origine chaldéenne du Zodiaque est beaucoup plus probable. Les Romains eux-mêmes appelaient « Chaldéens » tous les astrologues, même si ces derniers venaient d’une autre région que de celle de Sumer ou de la partie inférieure de la Mésopotamie. C’est sans doute à tous les peuples qui vivaient entre le Tigre et l’Euphrate, y compris les Assyriens, qu’il faut attribuer la naissance de la science conjecturale et du Zodiaque. Les premières observations assyriennes semblent remonter à plus de 6 000 ans avant notre ère, alors que les Chaldéens établirent leurs connaissances de base proprement dites vers 2 500. René Berthelot, dans la Pensée de l’Asie et l’astrobiologie, nous apprend qu' »une tablette ninivite du XIe siècle avant Jésus-Christ signale déjà la marche errante des planètes, leurs stations et leurs rétrogradations afin de les situer dans le Zodiaque ». De nombreux fragments de Zodiaque ont été retrouvés dans les ruines de la capitale de l’Assyrie. Les signes du Zodiaque étaient déjà présents.

Les Chaldéens croyaient que le démiurge Bel, avec son épée, avait fendu l’océan primitif qui recouvrait ciel et terre, en deux parties, deux voûtes superposées, la coupole céleste et l’arche surbaissée de la terre. Dans le ciel, certaines étoiles suivent une voie toute tracée, elles sont conduites par les dieux (ce sont les étoiles fixes). D’autres astres voie toute tracée, elles sont conduites par les dieux (ce sont les étoiles fixes). D’autres astres suivent au contraire une trajectoire particulière, soumise non plus à Bel, mais à Anou, considéré comme le père universel. Les astres « mouvants » sont les cinq planètes traditionnelles : Mercure (Moustabarou) sous l’influence du dieu Nabou, Vénus (Kilbat) dirigée par Ishtar, Mars (Bibbou) par Nergal, Jupiter (Dapirou) par Mardouk et Saturne (Kaimanou) par Ninib.

A ces cinq astres s’ajoutent le Soleil (Shamash) et la Lune (Sin), nos deux luminaires. Selon Diodore, l’historien grec qui examina la civilisation chaldéenne, pour les mages de ce pays « les sept astres soumis à Anou annoncent les événements futurs et interprètent aux hommes les desseins bienveillants des dieux ».

L’observation nocturne de la partie du ciel où se situait le Soleil pendant la journée a amené les Chaldéens à constater que l’astre de feu traversait, pendant trente jours, un groupement d’étoiles fixes. De là naquirent les douze constellations mésopotamiennes du Zodiaque, avec A-ru, le Lion, en rapport avec l’étoile Régulus qui apparaissait seulement lorsque le Soleil était aussi violent que le roi des animaux, Beaucoup plus tard, les Grecs ont donné d’autres noms à ces constellations, des noms mieux adaptés à leur propre mythologie.

Le Zodiaque chaldéen peut être daté grâce au phénomène de précession des équinoxes : puisque les Chaldéens ont fait commencer leur zodiaque au signe du Bélier et que 2 400 ans avant Jésus-Christ l’équinoxe de printemps se produisait dans la constellation du Taureau, c’est que leur zodiaque remonte bien avant cette époque. Il faut plus de vingt mille ans pour que signes et constellations se superposent à nouveau. Les Egyptiens passent nettement au second plan, par rapport aux Chaldéens, quant à l’effort monumental effectué pour déterminer de véritables longitudes et latitudes célestes. Ce sont les astronomes-astrologues chaldéens (les deux sciences étaient alors confondues) qui ont opéré la division sexagésimale du temps et celle du cercle, et qui les ont liées l’une à l’autre. Nous devons également aux Chaldéens la division de l’heure et du jour sur la base du nombre 60. C’est grâce à Bérose, qui naquit à Babylone au III’ siècle avant Jésus-Christ, que les connaissances astrologiques chaldéennes ont gagné l’Egypte et la Grèce. Bérose écrivit une histoire de son pays où il expliquait, avec maints détails, l’astrologie pratiquée en Chaldée. Il partit ensuite dans la patrie d’Hippocrate, à l’île de Kos, pour enseigner l’astrologie aux nombreux étudiants en médecine qui venaient dans cette région. Bérose était un véritable savant, aussi bien mathématicien qu’historien, et ses prédictions astrologiques étaient si exactes que, d’après Pline, les Athéniens lui érigèrent une statue avec une langue dorée.

Avant les Chaldéens

La traduction des tablettes cunéiformes de la bibliothèque d’Assurbanipal nous permet de douter quelque peu de l’origine seulement chaldéenne du Zodiaque. De plus, lorsqu’on déchiffre les tablettes sumériennes découvertes à Ninive, on y rencontre fréquemment la mention : « d’après une tablette aujourd’hui perdue », qui nous laisse penser qu’à l’époque du roi Sargon l’Ancien (vers 2 600 ans avant Jésus-Christ), l’astrologie était une science résiduelle. E. Babelon dans son Histoire ancienne des peuples de l’Orieilt rapporte une tradition qui était chère à Bérose et qui démontre clairement que la science astrale et le Zodiaque ne sont pas du tout une invention sumérienne, ils ont été révélés lors d’un contact du peuple de Sumer avec une race étrangère : « Les Chaldéens disaient que l’astronomie leur avait été enseignée par le dieu Oannès qui sortit un jour de la mer Erythrée (mer Rouge, océan Indien et golfe Persique) sous la forme d’un homme à queue de poisson. Quelques critiques, égarés par cette donnée fabuleuse, ont cherché à expliquer cette prétendue révélation divine par une importation étrangère.

Ils ont supposé que le golfe Persique fut la route suivie par les savants qui, d’Egypte, seraient venus implanter la science des astres sur les bords du Tigre et de l’Euphrate. Il n’en est rien. L’astronomie était une science essentiellement indigène à Babylone. » Nous avons vu que les zodiaques chaldéens sont, sans nul doute, antérieurs à leurs frères égyptiens, mais nous sommes loin d’être certains, comme le pense cet auteur du siècle dernier, que l’astrologie soit née en Chaldée. Dans son ouvrage : Les influences astrales, publié en 1942, l’abbé Moreux, astronome, arrive aux conclusions suivantes : « Dès le III’ siècle avant l’ère chrétienne, les Grecs s’étaient appropriés la science astronomique des Chaldéens, qui datait d’environ 4 000 ans avant Jésus-Christ. Astronomie et astrologie doivent cependant être plus anciennes et c’est ce qui ressort des études du professeur Epping.

Ce savant a fait remarquer les noms mêmes de beaucoup de constellations : ces noms nous amènent à conclure que les astérismes (groupements des étoiles fixes formant les constellations) qui nous sont familiers ne sont pas d’origine chaldéenne, ils proviennent d’un peuple qui vivait dans une région plus septentrionale que Babylone, vers la mer Caspienne (au-dessus du quarantième parallèle Nord), très probablement. Les noms des constellations zodiacales, en particulier, déjà fixés au Ie millénaire avant Jésus-Christ, seraient passés de là aux Chaldéens. Et ce qui le prouve surabondamment, c’est que les poèmes chaldéens relatifs à ces constellations zodiacales, supposent un zodiaque antérieur à l’époque de l’ancienne Chaldée. Ainsi, l’origine de l’astronomie et de l’astrologie, sciences qui se confondaient au début, se perd dans la nuit des temps historiques. Si l’on en croit les traces de dessins relevés sur des pierres qu’étudient les préhistoriens, représentant les alignements proches de nos constellations comme la Grande Ourse, il faudrait presque reporter jusqu’à l’apparition de l’homme sur la Terre la naissance des sciences d’Uranie. Bailly, un autre astronome, dans son Histoire de l’astronomie, va dans le même sens et indique : « Quand on considère avec attention l’état de l’astronomie de la Chaldée, de l’Inde et de la Chine, on y trouve plutôt les débris que les éléments d’une science. Elle est l’ouvrage d’un peuple antérieur… qui a été détruit par une grande révolution. Quelques-unes de ses découvertes, de ses méthodes, des périodes qu’il avait inventées, sont conservées dans la mémoire des individus dispersés. Mais elles se sont maintenues par des notions vagues et confuses, par une connaissance des usages plus que des principes. »

Si l’on part, avec logique, de la précession des équinoxes et si l’on estime, avec raison, que la science conjecturale a vu le jour à l’époque où les signes coïncidaient avec les constellations, on aboutit à environ 28 000 ans en arrière. C’est vers cette période qu’un peuple, dont nous ignorons aujourd’hui jusqu’au nom, aurait établi le Zodiaque. Il semble que les connaissances scientifiques officielles se contredisent entre elles : d’une part, elles admettent le fait que la création du Zodiaque doit remonter à l’époque où signes et constellations se superposaient – elles acceptent une origine présumérienne de la science astrale -, d’autre part, elles nous apprennent que vraisemblablement, aucun être vivant n’était en mesure de posséder une intelligence inventive, il y a 28 000 ans, qui lui eût permis de créer la science des astres (l’homme de Cro-Magnon devait vivre seulement 12 000 ans avant notre ère). Il y a là une antinomie fort embarrassante qui, nous l’espérons, sera éclaircie par quelque découverte future.

Les Grecs

Bouché-Leclercq remarque que « l’astrologie est une religion orientale, qui, transplantée en Grèce, un pays de physiciens et de raisonneurs, y a pris l’allure d’une science ». En fait, c’est au HI’ siècle avant Jésus-Christ que Bérose, installé à Kos, enseigna son art prévisionnel aux Grecs.

Bérose et ses nombreux élèves adaptèrent le zodiaque chaldéen aux divinités grecques. Ils attribuèrent aux constellations et aux planètes les noms des dieux et des déesses propres à la mythologie hellénique. Comme le solstice d’été, au début du Cancer, marquait le début de l’année grecque, on fit commencer le zodiaque à partir de ce signe. C’est grâce à l’astronome Hipparque, qui avait retrouvé, vers 128 avant notre ère, le phénomène de la précession des équinoxes, que l’on revint plus tard à l’année chaldéenne. A ce moment-là, le Zodiaque débuta de nouveau à l’équinoxe de printemps, sous le signe du Bélier. Au deuxième siècle, Claude Ptolémée sépara les deux zodiaques : le zodiaque des constellations, qui se déplace, du zodiaque des signes qui lui, est fixe. Par ailleurs, Ptolémée a traité le problème de la maîtrise des planètes sur les signes. Dans son Quadripartium, il écrit : « Les corps célestes qui ont reçu le nom de planètes ont également certaines familiarités avec différentes parties du zodiaque, qui sont désignées sous les noms de Maison’, de maléficiée, d’exaltation et de terme. La nature de leur familiarité par Maison est ainsi définie : le Cancer et le Lion, étant les signes du zodiaque placés le plus au nord, se trouvent plus rapprochés de notre zénith que les autres signes et, pour cette raison, ils élèvent la température et causent la chaleur, ils conviennent donc comme Maison aux deux grands luminaires, c’est-à-dire aux deux planètes principales : le Lion, pour le Soleil, comme étant masculin, et le Cancer, pour la Lune, qui est féminine. » Cette explication du grand codificateur de l’astrologie ne nous satisfait toutefois pas entièrement ; car, si le commentaire concernant la position du Cancer et du Lion par rapport à notre Zénith est très pertinent, on voit mal pourquoi, dans cet extrait de texte, la Lune devrait correspondre avec le signe du Cancer qui « élève la température », alors que ce luminaire n’est pas particulièrement une planète à réputation de « chaleur ». Il existe heureusement d’autres raisons pour attribuer la maîtrise de la Lune au signe du Cancer.

Les noms des astres, des constellations et des signes qui sont arrivés jusqu’à nous par l’intermédiaire des Romains, viennent des Grecs, mais il semble que les astronomes-astrologues helléniques devaient certaines de leurs connaissances non pas uniquement aux Chaldéens, mais aussi aux Egyptiens. En effet, outre la sphère céleste que nous connaissons toujours actuellement, les astrologues grecs en utilisaient une autre qu’ils nommaient « sphère barbare ». Sous la forme de constellations, on y rencontre d’anciennes divinités tribales sémitiques et les déités traditionnelles des provinces égyptiennes. Cette « sphère barbare » est peuplée de personnages et d’animaux encore plus étranges que ceux qui occupent la sphère céleste.

Dans sa quatrième Ennéade, Plotin, pour organiser sa théorie de l’univers, reprend le vieux texte hermétique de la Table d’Emeraude : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »… Les Grecs concevaient effectivement le monde comme un être unique d’une taille gigantesque et, pour eux, la terre et le ciel étaient confondus, le destin de l’homme et les corps célestes subissaient les mêmes lois. Hipparque aurait d’ailleurs déclaré à Pline « qu’il croyait à la parenté des astres avec l’homme et que nos âmes sont une partie du ciel ». Le phildsophe néo-platonicien Plotin demeure en tout cas le véritable précurseur de la pensée analogique en astrologie : « Des choses semblables qui ne sont pas attenantes, mais qui sont séparées par un intervalle, sympathisent en vertu de leurs ressemblances. Sans être en contact, les choses agissent et ont nécessairement une action à distance. Comme l’univers est un animal qui arrive à l’unité, aucune de ses parties n’est en un lieu si éloigné qu’elle ne lui soit proche, à cause de la tendance à la sympathie qui existe entre toutes les parties d’un animal unique. » Et : « Chaque être ne peut pas vivre comme s’il était seul ; puisqu’il est une partie de l’univers, il n’a pas sa fin en lui-même, mais dans le tout dont il est une partie. »

Les Romains

C’est au contact des colonies grecques de l’Italie du Sud que l’astrologie doit son entrée à Rome au IIe siècle avant notre ère. Avec la science astrale coexistaient, tant bien que mal, de multiples procédés divinatoires. Sous l’Empire, l’astrologie atteignit cependant son apogée. La constellation du Lion porta le nom de « Léo » et les Stoïciens, pour qui la sympathie des éléments de l’univers était une chose admise, devinrent les plus fidèles défenseurs de l’art conjectural. César, Pompée, Auguste, Claude et Néron eurent tous recours à ce moyen ; de profondes transformations se manifestèrent dans le domaine religieux. On ne croyait plus avec la même conviction dans les anciens dieux ; il s’établit une espèce de lassitude à leur encontre, mais comme actuellement, où les nouvelles sectes se multiplient, les Romains recoururent à de nouvelles divinités. La plupart du temps, ces dernières furent empruntées aux Perses et aux Egyptiens.

Progressivement, les Calendes de janvier remplacèrent les Saturnales du 17 décembre. L’importance que prirent les fonctionnaires et l’accroissement du pouvoir des citadins reléguèrent l’année, essentiellement paysanne auparavant (elle débutait le le’ mars), au second plan. On attendit, pour consulter l’oracle, le 1″ janvier, jour d’entrée en fonction des consuls (au lieu du 1″ mars). A partir de 153 avant Jésus-Christ, une seconde période de festivité, le 1″ janvier, s’ajouta donc aux Saturnales, qui persistèrent encore quelque temps. Au Iii’ siècle, Aurélien (270-276) décida de mettre un peu d’ordre dans la multitude des divinités étrangères qui envahissaient les esprits romains. Il érigea, alors, en religion d’Etat le culte du Soleil, lequel devint un dieu unique pendant plus d’un siècle. Le 21 décembre (jour du solstice d’hiver) était alors considéré comme le « jour de naissance » du Soleil, car c’est pendant cette période de l’année que l’astre du jour commence à reprendre de la force. Il est probable qu’une influence iranienne a marqué l’adoption de ce culte solaire, car les Perses honoraient déjà, et depuis fort longtemps, l’astre royal qu’ils considéraient comme très bénéfique.

L’empereur Constantin le Grand (306-337) fit dresser un obélisque à Constantinople (la nouvelle Rome) où le dieu solaire Hélios trônait dans toute sa splendeur.

les Arabes

Ce sont les Chaldéens qui, au départ, introduisirent la science astrale chez les Arabes. Plus tard, ces derniers se convertirent à l’astrologie grecque qu’enseignait Claude Ptolémée. Lorsque eut lieu la grande expansion de l’Islam (VIII’ et IX’ siècles), les arabes diffusèrent leurs connaissances dans les Balkans, en passant par la Turquie et en Espagne, par le Maghreb. Déjà à cette époque, l’astrologie islamique se distinguait de la science chaldéenne en ce qu’elle accordait aux planètes un rôle conforme au Coran et à l’Ancien Testament, sur le plan symbolique. Le Soleil, pour les Arabes, était personnifié par Idûs (Enoch), le fils d’Adam.

Les Mayas

A l’époque précolombienne, les habitants de l’Amérique avaient déjà examiné le ciel ; on parle même assez couramment d’observations remontant à près de 8 000 ans avant Jésus-Christ. Le temple de Mexico comportait trois escaliers de 120 degrés chacun. Le chiffre 3 correspond au ternaire et si l’on multiplie 120° par 3, on obtient les 360° du Zodiaque. Les documents anciens sur les pratiques astrologiques des Mayas sont malheureusement extrêmement rares. Certains conquérants n’hésitèrent pas à tout saccager sur leur passage et certains missionnaires un peu trop zélés mirent le feu aux documents culturels qui les embarrassaient. C’est ainsi que le père Landa incendia la bibliothèque maya du Yucatan. Grâce à Joseph d’Acosta, qui vécut au XVIe siècle, nous disposons tout de même de quelques renseignements sur les zodiaques mayas. On se persuade très vite que l’astrologie des Mayas était avant tout d’essence religieuse. Un zodiaque paraissant très ancien, reposant sur l’année sacrée, semblait fort répandu. Alors que l’année civile comptait dix-huit mois de vingt jours, soit trois cent soixante jours, auxquels s’ajoutaient cinq jours dits « inutiles », ce qui faisait un total de trois cent soixante-cinq jours, l’année sacrée comprenait vingt mois de treize jours, soit deux cent soixante jours.

Ces vingt mois déterminaient vingt signes zodiacaux (de l’Espadon au Lapin). Ce zodiaque était attribué au dieu de l’Air et de l’Eau Quetzalcoatl. D’après A. Volguine, seul astrologue français ayant publié une étude consacrée à ce zodiaque, plus que le signe lui-même, c’était le jour de la naissance, à l’intérieur du signe, qui était significatif. Il n’existe aucune trace du « Lion » dans ce zodiaque, et il est toujours impossible de calculer précisément les limites de chaque signe. Les travaux de Bernadico de Sahogun (moine espagnol qui vécut au Mexique) pour essayer de déterminer le début et la fin des signes de ce zodiaque, n’ont pas abouti. Les Mayas adoptèrent plus tard un zodiaque qui comportait douze signes comme le nôtre ; à la place du signe du Lion, on y rencontre le retour de la lance du lion caché et rampant.

Les Indiens

Les empereurs de la dynastie des Achéménides n’omettaient jamais de consulter leur astrologue avant d’entamer toute action importante. Ces derniers pratiquaient l’astrologie chaldéenne qu’ils avaient sensiblement modifiée et adaptée.

Les Perses anciens adoptèrent très tôt les connaissances astrologiques de la Chaldée et il n’existe aucune preuve démontrant l’existence d’une astrologie purement indienne antérieure. Selon Alexandre Volguine « l’Inde n’a pas inventé l’astrologie, mais l’a repensée à sa manière ; elle en a fait un système à part, aussi différent du système chinois que du système mésopotamien ». Lorsque Alexandre le Grand prit la place de Darius III et continua ses conquêtes en direction des plaines de l’Indus, la science des astres gagna le nord de l’Inde, d’où elle se propagea. Ce n’est que vers le VIe siècle que les théories babyloniennes furent enseignées par les siddhânta et c’est seulement au Xe siècle, lorsque les Turcs dominèrent le Pendjab et créèrent la dynastie des Rhaznévides, qui devait durer plus de 300 ans, que des voyageurs arabes modifièrent l’astrologie indienne en lui enlevant son côté « magique », auquel elle était attachée auparavant.

Les Indiens utilisent abondamment les cycles, ce qui confère à leur pratique un côté métaphysique que ne connaît pas l’astrologie chaldéenne. Ils utilisent le même zodiaque que nous, mais celui-ci commence au signe de la Balance, signe non-violent par excellence, qui devient ainsi le symbole de l’est (en fait, tout le zodiaque indien est inversé par rapport au nôtre ; le dernier signe est la Vierge, ce qui paraît normal, puisque l’Inde est située dans l’hémisphère sud). Il est intéressant de constater que le signe du pacifisme (la Balance), occupe, pour les Indiens, la place du signe de la guerre et des conflits (le Bélier), propre aux Mésopotamiens. Une autre différence importante est à noter. Le zodiaque indien se déplace légèrement, comme les étoiles « fixes », d’environ cinquante minutes d’arc par an, dans le sens zodiacal lui-même. A une époque indéterminée, mais qui semble très ancienne, les Indiens ont adopté la théorie des cinq éléments chinois (en rapport avec les cinq planètes traditionnelles de Mercure à Saturne), mais ils l’ont adaptée à leur philosophie.

Le premier zodiaque en usage aux Indes comprenait vingt-huit parties distinctes en rapport avec les constellations « nakshatras ». Ces vingt-huit portions divisaient l’année, qui comptait alors trois cent vingt-quatre jours et qui débutait lorsque le Soleil entrait dans les Poissons. Ces parties correspondaient aux vingt-huit journées qui forment une lunaison. Après plusieurs centaines d’années, le nombre des nakshatras fut ramené à vingt-sept ; puis, un zodiaque de douze signes, comme celui que nous utilisons, fit son apparition. Le Lion fut appelé Simha. Les signes ou « rasis » ne pouvaient pas correspondre avec les nakshatras d’une manière très précise, car vingt-sept n’est pas divisible par douze. Les Indiens inventèrent alors les « padas » : de simples quartiers à l’intérieur des nakshatras. Il y a quatre padas par nakshatra, ce qui fait un total de cent huit padas. On peut ainsi attribuer neuf padas par rasi. C’est de cette façon que Masha (le Bélier), comporte les quatre padas de la constellation d’Aswini, auxquels s’ajoutent les quatre de Bharani et un seul de Krithika. Les trois padas restants de cette dernière constellation sont naturellement attribués au rasi du Taureau. Encore actuellement, les astrologues indiens utilisent ce dernier zodiaque où notre « Lion » comporte neuf padas.

Les Chinois

En Chine, toutes les sciences sont liées au taoïsme, ensemble de doctrines dues au philosophe du VIe siècle avant notre ère, Lao-Tseu. Qu’il s’agisse de mathématiques, de physique ou d’astrologie, toutes les connaissances font partie du Tao ; le même terme « tch’eou » désigne d’ailleurs aussi bien les astrologues que les astronomes ou les savants. C’est l’empereur Houang-Ti, au troisième millénaire avant Jésus-Christ, qui aurait instauré le calendrier astrologique chinois. Ce dernier est fondé sur deux séries d’années ; l’une correspond aux cinq éléments dont nous avons déjà parlé au sujet des Indiens : le Bois régi par Jupiter, le Feu par Mars, la Terre par Saturne, le Métal par Vénus et l’Eau par Mercure. L’autre série est en rapport avec douze animaux, symbolisant chacun une année.

Une vieille légende raconte que Bouddha, un jour du nouvel an, convia à sa cour tous les animaux de la création. Parmi ceux-ci, douze furent plus ponctuels que les autres et Bouddha, pour les récompenser, donna leur nom à une année, dans l’ordre de leur arrivée. Tous les douze ans, il se produit donc un nouveau cycle. Ces signes ne peuvent pas être comparés à ceux de notre zodiaque, car ils ne sont pas du tout liés au passage du Soleil dans la bande qui entoure l’écliptique.

L’année chinoise débute en février et non pas le 1er janvier. Ce cycle se renouvelle tous les soixante ans (douze fois cinq), s’accordant ainsi avec le rythme de « l’Eternel Retour » qui fut adopté en 2637 avant notre ère. Le zodiaque chinois demeure très différent du nôtre : il n’est pas fondé sur le mouvement apparent du Soleil, mais sur vingt demeures lunaires. Les signes ne correspondent pas à un mois solaire, mais à une année lunaire. Cette prédominance de l’astre de la nuit sur l’astre du jour explique sans doute pourquoi les significations des signes chinois sont totalement inversées par rapport à celles qu’on attribue aux signes de notre zodiaque.

Tout se passe comme si les Chinois avaient uniquement tenu compte des valeurs cachées ou « nocturnes » des signes. En prenant l’exemple du Bélier, réputé pour nous courageux et franc, on s’aperçoit que l’animal qui lui correspond dans le zodiaque chinois est le Lièvre (en particulier au Japon) ou le Chat ; animaux considérés chez nous, il faut le reconnaître, le premier comme un fuyard ou un poltron, le second comme un hypocrite. Notre signe du Lion devient le Mouton ou la Chèvre. La chèvre est considérée comme particulièrement douce ; il est rare que les personnes nées sous ce signe réussissent socialement de manière éclatante car elles sont sans grande volonté et sans esprit d’initiative ; elles préfèrent rester dans l’ombre. C’est un signe considéré comme très féminin, ce qui fait que ses natifs manquent de virilité. C’est bien là, rassemblées, toutes les valeurs antinomiques du « Lion« . Le mouton lui-même a été reconnu comme un animal particulièrement doux et dépendant ; à tel point que Rabelais en a tiré un fameux récit anecdotique dans son Pantagruel, récit auquel l’on doit l’expression populaire : « mouton de Panurge ». L’astrologie des Chinois est aussi intimement liée à Feng Souei, c’est-à-dire à « Vent et Eau« . Sorte de géomancie, proche du Yi-King, datant du XIIe siècle, elle fut l’oeuvre de plusieurs maîtres dont le plus célèbre est appelé Tchou-hi.

La Mythologie solaire

Pour Robert Aron, ce qui surprend le primitif « ce n’est pas que les enchaînements des phénomènes naturels soient rompus à certains moments par des cataclysmes inhabituels, c’est qu’ils existent, c’est qu’ils agissent ». L’homme primitif est beaucoup moins étonné par la foudre, par une éclipse, que par le déroulement régulier des saisons ou la succession perpétuelle du jour et de la nuit. Les mythes naquirent davantage d’un désir de comprendre le cours ordinaire de la nature que d’un besoin d’expliquer les phénomènes insolites ou exceptionnels. Le primitif cherche donc des responsables aux événements habituels de la nature, car il ne connaît pas la science, et ne peut pas trouver d’explication rationnelle. Peu à peu, il en vient à peupler le monde d’êtres surnaturels, à son image, mais tout de même supérieurs à lui par leur puissance. Il est admis que l’évolution des mythes s’est déroulée de manière uniforme dans l’ensemble de l’espèce humaine et selon trois étapes principales. Au départ, l’être humain ne peut pas établir de séparation entre l’esprit et la matière.

D’après les sociologues, à l’origine de cette confusion se trouve la conception d’une mystérieuse puissance, répartie sur l’ensemble de la planète, dans les êtres comme dans les objets ; C’est le mana. Par la suite, la pensée religieuse évoluant, le mana s’applique plus précisément dans des éléments différenciés, minéraux, végétaux ou animaux. C’est alors que le primitif honore les phénomènes naturels comme la mer, les rivières, les vents ou les astres. On admet que certains humains, mages, sorciers ou devins, peuvent communiquer avec les êtres surnaturels qui se cachent dans les fleuves ou dans les étoiles. La troisième étape de l’évolution spirituelle se caractérise par une anthropomorphisation. L’homme considère que les êtres surnaturels possèdent des qualités semblables aux siennes. C’est ainsi qu’à Babylone les dieux ont, pendant longtemps, revêtu un aspect mi-animal, mi-humain et, en Egypte, la zoolâtrie a été fort prisée.

On peut tout de même se demander quelle était la conception de l’homme pour les Anciens. Les Hellènes considéraient que l’humain n’était qu’un moindre degré du divin. Tout comme les hommes, Zeus devait s’incliner devant la Moira (le destin). La condition humaine et la condition divine participaient de la même nature. ‘Il existait d’ailleurs un stade intermédiaire, celui du Héros, cet individu mi-humain, mi-divin, enfant d’un dieu et d’une mortelle, ou mortel ayant gagné l’amitié des dieux : Héraclès.

Le symbolisme astrologique n’a rien d’arbitraire, comme on pourrait le penser a priori ; ce sont des noms de divinités qui furent attribués aux planètes ; on doit remarquer que ce symbolisme est étroitement en rapport avec la mythologie. Ainsi, en Egypte, le mythe d’Isis qui erre à la recherche du corps d’Osiris, son frère et époux, correspond parfaitement au mouvement de la Lune. Certains peuples anciens ont considéré le ciel comme un être vivant autonome. Les Egyptiens en ont fait une déesse, Nout, représentée sous la forme anthropomorphisée d’une femme à cornes de vache. Les Sumériens en firent un dieu, Anum, l’époux de la déesse Antum. Cependant, d’autres peuples n’ont pas assimilé le ciel à une personne, ils n’y ont vu que le champ des étoiles, celles-ci étant personnalisées à leur tour. Il existe des étoiles « maléfiques », mais aussi des « bénéfiques », comme celle du matin qui, pour les Egyptiens, n’était autre que l’œil de Rê, le dieu solaire. Mais sur tous les continents, le ciel est considéré comme le domaine de deux divinités suprêmes : le Soleil et la Lune. Pour les Indiens d’Amérique du Nord, par exemple, les luminaires sont frère et sœur, mais poussés par un désir mutuel, ils se sont unis l’un à l’autre ; puis s’étant aperçus de leur parenté, ils se sont enfuis et n’ont plus voulu se rencontrer. Cependant, de très nombreuses mythologies font du Soleil le maître du Lion, le souverain du ciel et du monde.

En Egypte, la théologie d’Héliopolis finit par faire d’Horus, dieu-faucon, le dieu solaire et conçoit la révolution journalière du Soleil soit comme la traversée de l’océan du ciel par la barque de Rê, soit comme un cycle ininterrompu de transformations : chaque soir, le Soleil était « avalé par Nout, pour être enfanté de nouveau pendant la nuit, et renaître au petit matin ». A Babylone, le dieu-Soleil (Shamash) était suivi de toute une cour et de tout un appareil judiciaire, comme un roi. Au Japon, la déesse-Soleil devint une divinité suprême chez les tribus de Yamato, installées dans la région de Kyoto et d’Osaka. Son culte eut son centre aux sanctuaires impériaux d’Isé, près de l’actuelle Nagoya. Dans le Pérou précolombien, le mythe du Soleil-roi a connu une utilisation temporelle : on a voulu faire de l’Inca le fils du Soleil. Les quatre grands dieux du panthéon aztèque ne sont que les images du Soleil à un moment donné de son trajet sur l’horizon. Pour les Grecs, le Soleil fut Hélios, mais le char d’Apollon n’est pas sans rappeler la barque de Rê. Chaque année, le Soleil revient sur son char que traînent deux cygnes au vol infatigable. Tous les produits de la terre sont soumis à son action, bienfaisante ou fatale : s’il fait germer et mûrir, c’est lui aussi qui dessèche et qui brûle. D’ailleurs, la parenté du culte du Soleil et du culte du Feu se rencontre chez plusieurs peuples, et particulièrement, en Asie centrale, chez ceux qui ont fait des emprunts à la mythologie iranienne, et ont fini par assimiler Mithra au Soleil, après l’y avoir associé. Tous les Slaves ont donné la place centrale de leur mythologie à Svarozic, à la fois dieu du Soleil et du Feu.

Mircea Eliade, a remarqué que le culte du Soleil se relève dans un nombre limité de religions : « Ce n’est guère qu’en Egypte, en Asie et dans l’Europe archaïque, que ce qu’on a appelé le « culte du Soleil » a joui d’une faveur pouvant devenir à l’occasion, en Egypte par exemple, une véritable prépondérance. » Mircea Eliade remarque que le culte du Soleil a été le propre des pays qui n’étaient pas stagnants ou sclérosés en matière de civilisation, mais au contraire, de ceux dans lesquels on sentait le mouvement de « l’Histoire en marche ». Dans certaines îles polynésiennes, on appelle la côte occidentale (où le Soleil se couche) « la porte où sautent les âmes ». Ça tient à la propriété du Soleil de disparaître chaque soir pour reparaître chaque matin. Diverses peuplades en ont conclu que le Soleil était tout désigné pour s’occuper des défunts. Descendant chaque soir dans le royaume des morts, il en revient chaque matin, il est donc chargé de les accompagner. Chez les Suméro-Babyloniens, le Soleil était le fils ou le serviteur de Sin, le dieu lunaire, d’où l’opposition entre Yahvé qu’adoraient les Juifs et Baal, le dieu solaire qu’honoraient les Cananéens. En Chaldée, Mardouk devint le Tout-Puissant, créateur, maître de la végétation et gardien de la justice : il gouvernait même la planète Jupiter.

En Egypte, selon la doctrine des prêtres d’Héliopolis (IVe millénaire), Atoum sortit de l’eau primitive et engendra quatre dyades qui formèrent avec lui la grande Ennéade Héliopolitaine. Par la suite, le dieu solaire Atoum fut réuni à Amoun-Rê, Ptah et Osiris.

Dès le début de son règne, le pharaon Aménophis IV prôna le dieu solaire toujours appelé Rê-Harekhi puis A ton, terme qui désigne plus spécialement le disque solaire rayonnant. Aton renouvelait « journellement le potentiel de vie de tous les êtres ».

La tentative plutôt malheureuse de ce pharaon fut l’aboutissement de toute une évolution vers le syncrétisme. Pour les Egyptiens, le cours du Soleil dans les signes du Zodiaque est souvent considéré comme l’aventure d’un héros ; exemple : les douze tableaux de l’épopée du héros assyrien Gilgamesh, les douze travaux d’Héraclès, devenu Hercule chez les Romains.

Le retour régulier du jour et de la nuit s’exprime dans le mythe d’Osiris qui traverse le ciel sur sa barque solaire ; ensuite, elle voyage dans la nuit sur sa barque nocturne que tirent, d’ouest en est, les démons du monde souterrain. Le jour était déjà divisé en 24 heures et Osiris se devait de remplir certaines cérémonies dans chacune des douze stations diurnes où résidait une divinité. Les Egyptiens pensaient que les mouvements annuel et journalier de l’astre central correspondaient au cours de la vie humaine. Il y eut donc quatre formes de dieu solaire suivant les heures de la journée : Hor-pouchroud (Horus l’enfant) le matin, Râ (l’homme barbu) à midi, Atoum (un vieillard avec un bâton) le soir et Knoum (corps cadavérique) à minuit. En analogie, le matin correspondait à la première saison du calendrier égyptien (naissance du dieu solaire). Une fête était célébrée en cette occasion au solstice d’hiver, alors situé le 25 décembre. A cette date, les Romains fêtaient la naissance de Sol Invictus et c’est pourquoi, plus tard, cette journée devint Noël pour les Chrétiens.

Chez les Grecs, Zeus, le père des dieux, supplantait le dieu solaire et, en tant que maître de l’Olympe, il lui commandait d’éclairer le monde, aussi bien sur le plan physique que sur le plan spirituel. A Rhodes, à Corinthe et dans le Péloponèse, le dieu solaire était considéré comme l’œil de Zeus, Hélios.

Les Grecs appelaient Hélios « le vengeur des crimes » et comme il était censé apporter la lumière et mettre au clair le mensonge et l’iniquité, les Hellènes n’hésitaient pas à jurer par lui. Dans d’autres régions de la Grèce, Apollon, le dieu de la sagesse, le devin, le dieu guérisseur, conducteur des Muses, était le représentant de la force et de la beauté virile ; on trouvait d’ailleurs la statue de cet éphèbe dans tous les gymnases. Dionysos quant à lui, fait jaillir le vin enivrant avec son thyrse ; il devint le Bacchus des Romains. Pour Nietzsche, Dionysos correspond à la fuite dans l’illimité, à l’enivrement, à la musique, alors qu’Apollon représente au contraire les limitations, la mesure, les choses claires, l’objectivité. Cette conception des deux dieux solaires rejoint précisément la nature symbolique des deux planètes dignifiées dans le signe du Lion : avec Neptune (planète exaltée) nous avons l’incommensurable, le global, l’insaisissable et avec le Soleil (planète maîtresse) le rationnel, le réel.

A Rome, c’est seulement au temps d’Auguste, l’héritier de Jules César (27 avant Jésus-Christ), que le dieu solaire Sol fut placé au rang de Phébus-Apollon. Alors que les dieux de l’Olympe devenaient de plus en plus des divinités astrales, le dieu solaire atteignit le niveau du Père des dieux ; ainsi, il devenait le maître des dieux planétaires. Baal dont l’image visible était le Soleil arriva de Syrie et il fut adoré comme Jupiter-Summus, « le plus élevé » (Hypsistos). Aurélien (270 à 275) fut le seul empereur divinisé de son vivant ; il transforma le culte de Mithra en un culte solaire qui devint la religion officielle. Le Soleil fut alors considéré comme le maître du ciel, le protecteur de l’empire et de son souverain. Auparavant, Pline avait rejeté toutes les autres divinités ; et il n’acceptait plus que la puissance divine solaire. Cicéron considéra le Soleil comme « le prince et le conducteur des autres astres », comme « le Directeur du monde ».

En Inde, Surya, le Soleil, était appelé « l’œil de Mithra », mais on pensait également qu’il était la personnification du dieu céleste Vamma. Vischnou lui-même honorait le dieu solaire.

Dans l’empire des Incas, le souverain se nommait « Fils du Soleil » et le tiers des terres cultivées s’appelait « le pays du Soleil » car ses produits étaient utilisés pour les services du culte. Au Mexique, à l’instar de l’Orient et de l’Egypte, Huitzilopochtlé, le dieu solaire, est considéré comme un roi ; il est représenté assis sur un trône.

En guise de conclusion, on peut dire que l’ensemble des mythes solaires s’orientent selon deux grandes tendances : celle du monarque qui détient le pouvoir et la puissance, et celle du héros qui conduit son char comme un guerrier et réalise d’innombrables exploits ; tous deux sont des êtres privilégiés que l’on place sur un véritable piédestal.

La plus ancienne légende de la Grèce antique qui concerne le dieu du Soleil est celle d’Hélios. Poursuivi tout jeune par les fils d’Ouranos et de Gala, les Titans, Hélios fut précipité dans le fleuve Eridan. Son père, qui le cherchait en vain, fit un rêve : il eut la révélation qu’Hélios avait été admis chez les dieux et qu’il résiderait désormais dans « le feu sacré brillant dans le ciel ». De son union avec la nymphe Rhodos (d’où nous vient le nom de l’île de Rhodes), Hélios eut un fils dénommé Phaéton. Ce dernier était fort présomptueux et il se vantait sans cesse de ses origines, qu’il considérait comme supérieures à celles des autres. Il demanda et obtint de son père – qui pourtant n’était pas tout à fait d’accord – de conduire le char du Soleil pour une journée. Ce char de feu parcourait habituellement le Zodiaque tiré par quatre chevaux. Lorsque Phaéton eut pris les rênes, les chevaux, dont la fougue n’était plus maîtrisée par la main sûre d’Hélios, s’emballèrent et se dirigèrent à toute allure vers les étoiles. Ils finirent leur course folle en se précipitant sur la terre, desséchant les fleuves et grillant la végétation. Jupiter, appelé de toute urgence par Géa, la Terre, foudroya Phaéton pour arrêter le cataclysme. Depuis cet épisode, Hélios a repris son trajet régulier dans les signes du Zodiaque sur son char de feu. Cette légende mythique attire l’attention sur le danger que représentent la présomption et l’orgueil démesurés (valeurs aussi bien solaires que léoniennes), mais aussi sur le risque encouru par celui qui attache trop d’importance à l’idéal surhumain, et qui poursuit la perfection avec une ardeur excessive.

Une autre légende significative est celle d’Apollon. Il naquit de l’union de Zeus (Jupiter) et de Lêtô (Latone) ; il a, lui aussi, des origines très particulières. Junon, jalouse de Latone à qui Jupiter avait donné un enfant, excita et braqua le Python, serpent monstrueux, contre cette dernière ; de plus, elle interdit à la Terre de lui donner asile. Latone ne put que se réfugier sur la mer et Neptune le frère de Jupiter, fit émerger l’île de Délos pour la recevoir. Lorsque Apollon eut vu le jour, Latone fut dans l’impossibilité de l’allaiter ; Thémis, la déesse de la justice, se chargea de le nourrir. Elle ne lui donna que des mets divins : le nectar et l’ambroisie, cette substance neuf fois plus douce que le miel, qui est censée donner l’immortalité. Quand Apollon eut grandi, il décida de se venger du Python, responsable des mauvaises conditions de sa naissance. Il mit donc un terme à la vie du serpent et plaça sa peau sur le trépied du temple où la Pythie prophétisait à Delphes. Apollon, qui en tant que dieu de la lumière, aimait bien comprendre le pourquoi et le comment de ce qui l’entourait, voulut découvrir pourquoi le dieu de l’amour, Cupidon, utilisait des flèches de nature différente.

Celui-ci, en effet, disposait de la passion et de la répulsion, qu’il pouvait inculquer suivant les flèches qu’il lançait. Comme Apollon, pour en savoir plus, se moquait de Cupidon, ce dernier lui décocha une flèche inspirant la passion, alors qu’il frappait simultanément une admirable nymphe dénommée Daphnée d’une flèche de répulsion. Si bien que le dieu solaire s’éprit instantanément de la jolie nymphe alors qu’elle s’enfuyait devant lui pour rejoindre son père, le fleuve Pénée, à qui elle demandait de la sauver, quitte à y perdre sa beauté.

Son père exauça son voeu et la transforma en un bosquet de laurier. Apollon dut se contenter de fabriquer une petite couronne avec le laurier, qu’il plaça sur sa lyre. C’est, paraît-il, depuis ce temps que les lauriers sont utilisés pour couronner les vainqueurs. Par cet épisode mythologique s’exprime le danger d’une curiosité trop grande. On ne doit pas percer les secrets des dieux (et ceux de la nature) ; notion tout à fait présente dans la dialectique de l’axe LionVerseau.

Zeus prit un jour les traits d’Amphitryon pour séduire Alcmène, épouse de celui-ci. De cette union naquit Héraclès ; nous allons voir que sa légende est directement en rapport avec le symbolisme du Lion. Pour expier le meurtre de son épouse Mégara, Héraclès dut exécuter les douze célèbres travaux que lui imposa Eurysthée, le roi de Tirynthe. Il remplit cette tâche extraordinaire et surhumaine avec un succès prodigieux. Il commença par étouffer le lion de Némée, qui terrorisait toute la vallée de l’Argolide et qui était réputé invincible. Héraclès demanda à un paysan au service de Dionysos, un dénommé Molorchos, de préparer un animal pour le sacrifice. Il fut entendu que si Héraclès revenait vainqueur avant le délai de 30 jours (le temps mis par le Soleil pour traverser un signe du Zodiaque), cet animal serait offert à Zeus. Si Héraclès devait ne pas revenir, il résiderait alors parmi les dieux et le sacrifice serait accompli en son honneur. Lorsque le héros se trouva face au terrible lion, et que le combat s’engagea, il l’attaqua avec son arc et ses flèches, mais ces dernières s’épointèrent les unes après les autres contre la peau indestructible de l’animal.

Héraclès pensa qu’il aurait sans doute davantage de chance en employant sa grosse massue ; mais l’arme se brisa au moment où il s’en servait sur le lion. N’ayant plus aucun moyen de défense, Héraclès décida courageusement de rentrer dans l’antre du lion et de l’affronter à mains nues. Il le saisit dans ses bras puissants, musclés, et l’étouffa avec son genou, qu’il appliqua fortement sur le plexus solaire de l’animal.

Le fait qu’un délai précis de trente jours ait été donné à un simple mortel, Molorchos, nous montre que nous sommes dans le domaine du réel et non plus dans celui du rêve. Si dans le signe qui précède chronologiquement le Lion, le Cancer, le danger est dans l’imaginaire ou la nébulosité, au Lion, il réside dans le désir orgueilleux de réaliser concrètement le rêve cancérien, au risque d’y perdre son équilibre psychique. Le lion de Némée représente aussi les instincts qu’il est nécessaire de maîtriser pour connaître consciemment sa voie. Héraclès atteint l’individualité en s’affirmant par la seule volonté (il arrive à vaincre le lion sans armes ni artifices). Il aurait pu devenir le frère et l’égal des dieux en renonçant à cette victoire du réel et du jour sur le rêve et la nuit. La différence est marquante avec le mythe apollinien qui, au contraire, est en rapport avec l’idéal surhumain. Notons, de plus, que notre héros, afin de protéger sa force de vie, s’est emparé de la dépouille du lion qu’il a pu revêtir comme une véritable cuirasse. Il faut remarquer que cette carapace protectrice symbolise parfaitement le « masque social », si souvent présenté par les natifs du signe. Héraclès demeure en tout cas dans la lignée des plus grands héros ; ses innombrables exploits sont là pour le prouver. Il ne faut pas oublier qu’après avoir éliminé le lion de Némée, il tua l’hydre de Lerne. Ensuite, il prit vivant le redoutable sanglier d’Erymanthe. Il atteignit, à la course, la biche aux pieds d’airain de Cérynie. Il tua à coups de flèches les oiseaux du lac Stymphale qui se nourrissaient de chair humaine. Il dompta le taureau de l’île de Crète, envoyé par Poséidon (Neptune) contre Minos. Il mit fin au règne de Diomède, le cruel souverain de Thrace, en le faisant dévorer par ses propres chevaux. Il vainquit les Amazones en la personne d’Hippolyte, leur reine. Il nettoya les immenses écuries d’Augias, le roi d’Elide, en y faisant couler le fleuve Alphée. Il combattit et tua Géryon, le géant à trois têtes et à trois troncs, auquel il enleva ses troupeaux.

Il réussit à ravir les pommes d’or du jardin des Hespérides, qui étaient réputées donner l’immortalité. Il délivra des Enfers le roi d’Athènes, fils d’Egée, Thésée. Après avoir réalisé encore beaucoup d’autres exploits, Héraclès mourut dans des circonstances peu ordinaires : un centaure, appelé Nessos, qui voulait enlever Déjanire, l’épouse du héros, fut atteint par une flèche que ce dernier avait trempée dans le sang de l’hydre de Lerne. Alors qu’il agonisait, Nessos confia sa tunique à Déjanire en guise de talisman, pour la protéger contre l’éventuelle infidélité de son époux.

Le manque de confiance de Déjanire envers Héraclès et la trahison de Nessos devaient être fatals à notre héros. Lorsqu’il eut revêtu la tunique du centaure, il fut dévoré par la souffrance ; ses douleurs furent telles qu’il alla se brûler sur le Mont Œta, en Thessalie. En Inde, le signe du Lion est mis en correspondance avec le Jivatna ; lequel, à l’origine, était l’enfant de l’Etre Suprême, celui qui a été consacré par lui, un peu à la manière dont Jésus-Christ le fut par Dieu le Père, pour les chrétiens. La pensée traditionnelle des Indiens stipule ‘que l’homme se trouve lié seulement à cinq plans du Cosmos, parmi les sept existant. Le cinquième signe du Zodiaque regroupe les cinq premières émanations de la création (Brahmas). Le Lion représente un signe parfaitement « intermédiaire » ; il correspond, en même temps, à l’aboutissement d’une manifestation spirituelle (le Jivatna), et au commencement d’une nouvelle. Comme à l’intérieur des signes du Bélier et du Sagittaire, le Feu provoque chez le Lion une attitude créatrice et une réelle force dynamique. Cependant, le cinquième signe est aussi à considérer comme un facteur de fixité ; il est, par suite, le seul dans le ternaire « Feu » à pouvoir emmagasiner en lui-même certains éléments qui se manifesteront plus tard, lorsque le Soleil traversera les autres signes, au cours des mois suivants. Ces quelques conceptions religio-zodiacales, propres à l’Inde, nous permettent d’être persuadés que ce pays a été, depuis des temps très reculés, un pays hautement civilisé. Lorsqu’un peuple primitif ne possède encore aucune notion abstraite ou organisée, on a constaté qu’il n’a ni Zodiaque, ni dieu solaire. Tout juste dispose-t-il d’un « Etre Suprême », une espèce d’entité très supérieure qui domine tous les êtres, toutes les choses, et qui est censée avoir tout créé. Retenons que cet Etre Suprême demeure soit inabordable, tellement sa puissance est grande, soit simplement indifférent.

Chez les primitifs, quand la civilisation progresse, la religion devient toujours plus complexe. Diverses divinités font leur apparition et viennent s’interposer entre l’Etre Suprême et l’homme. C’est bien souvent un dieu qui joue ce rôle « d’intermédiaire ». Comme de nombreuses peuplades primitives, les premiers hindous ont estimé que le Soleil (en analogie avec le Lion) était le fils de l’Etre Suprême, mais dans certaines tribus extra-indiennes, le Soleil a été considéré comme le Père, le Grand Créateur, comme l’Etre Suprême en personne. Ces tribus primitives ont d’ailleurs le même mot pour exprimer ces trois pensées a priori si différentes les unes des autres. En Afrique, et plus précisément près du Kilimandjaro, par exemple, les Dschagga ont complètement assimilé l’Etre Suprême au Soleil. Au Bengale, les Mundas honorent principalement « Sing-Song » (le Soleil) qu’ils considèrent comme l’époux de la Lune.

Nous savons que le Soleil, considéré quasiment dans toutes les mythologies comme le Grand Créateur et fréquemment comme le Père, a, pour symbole graphique, un point au centre d’un cercle. Or, il existe une ressemblance frappante entre cet idéogramme et le symbole de l’atome d’hydrogène, constitué, comme chacun sait, par un unique électron qui gravite autour du noyau. De fait, des millions d’étoiles comme le Soleil contiennent, pour leur plus grande part, de l’hydrogène (le Soleil en comprend approximativement 93 %).

Dans l’espace, on rencontre environ mille fois plus souvent de l’hydrogène que tous les autres corps simples réunis. Dans son ouvrage La nature de l’univers, le physicien anglais Hoyle estime que la nature est créée perpétuellement à partir des atomes d’hydrogène et que les autres éléments n’existent qu’en qualité de dérivés de cet atome.

Dans notre système planétaire physique, le Soleil est l’unique source d’énergie, il semble donc logique et raisonnable de penser que, symboliquement, l’astre du jour représente la création. Par ailleurs, toutes les planètes sont placées sous l’ordonnancement du Soleil, l’astre central, (hormis la Lune qui gravite autour de la Terre). Ce mécanisme physique exprime l’existence du principe d’organisation et de direction, pour ne pas dire de domination ; aussi n’est-il pas surprenant de retrouver l’astre central comme représentant de l’Etat ou de la souveraineté. Sur le plan symbolique, Jupiter est sans doute la seule planète qui possède autant de similitude avec le Soleil. Comme lui, Jupiter est synonyme de grandeur, de puissance, d’autorité et d’épanouissement, mais il ne possède pas la fameuse capacité créatrice ni l’éclat propres à l’astre du jour. Cette lumineuse clarté solaire est à mettre en correspondance avec l’esprit, la conscience et le divin. Toutefois, il importe de ne pas confondre divin et « mystique », car les rayons lumineux du Soleil tendent précisément à rejeter, d’emblée, toutes les formes de mysticisme et surtout toute nébulosité : là où brille le Soleil, l’ombre et le rêve ne peuvent trouver une place, si petite soit-elle. La chaleur, qui se manifeste aussi bien par le rayonnement de l’astre de feu que par la saison placée sous le signe du Lion, est, elle aussi, un symbole de vie. Tout centre rayonnant et directeur dispense de la chaleur qui, d’ailleurs, demeure aussi inséparable du jour et de la lumière que le froid est indissociable de la nuit et de l’ombre.

Le Lion dans la vie

Lever de rideau

Et maintenant, mesdames et messieurs, voici le moment que vous attendiez tous : le moment où sa Majesté léonine s’avance -avec un rien de trac, mais ne le dites pas sur la scène du Grand Théâtre Caractérologique. Vous pouvez applaudir. Notre félin multiplie les courbettes sous les feux croisés des projecteurs multicolores. Une surabondance de projecteurs, d’ailleurs : projecteur Hippocrate, projecteur Le Senne, projecteurs Jung, Sheldon, Kretschmer… N’en jetez plus, n’en jetez plus ! Notre pauvre Lion tout ébloui chancelle sur ses pattes, et le bon public n’y voit que du bleu. Machiniste, un par un, les projecteurs, s’il vous plaît. Que nous puissions contempler à l’aise notre acteur favori sous toutes ses coutures sans risquer la cécité.

Vous avez du feu ?

Tiens, cette question ! Bien sûr qu’il en a, du feu. Tous vos bons classiques vous le diront.

Quand on est un fier animal des contrées torrides et qu’on règne sans partage sur les fournaises de thermidor, comment ne pas avoir la voix chaude et le regard brûlant, comment ne pas bouillir à tout propos, comment ne pas se sentir plein d’ardeur et toujours prêt à jeter des étincelles ? Indiscutablement, notre zodiacale bête de scène brûle les planchés, du moins dans ses incarnations les plus accomplies. Il ne faut pas plus que ces quelques locutions imagées pour la marquer au fer rouge de l’élément Feu, avec brûlures au cinquième degré pour le moins. Bien sûr, on peut se demander au passage pourquoi son voisin d’à côté, le timide Cancer, se trouve placé, pour sa part, sous la coupe de l’élément Eau. On saisit mal le rapport avec le caniculaire Soleil de juillet. A moins que l’eau en question ne soit celle dont on étend le pastis à la buvette des piscines surpeuplées. Si vous voulez mon avis, ces analogies saisonnières, c’est un peu tiré par les cheveux. On ne peut pourtant nier que bon nombre de traits de la psychologie du Lion fort recoupent assez bien le portrait du bilieux d’Hippocrate, couplé traditionnellement avec l’élément feu dans la vieille caractérologie. Mais que les amateurs de fumeuses analogies pseudo-poétiques ne plastronnent pas trop : il est des explications plus intéressantes de cette coïncidence, et nous les découvrirons ensemble un peu plus loin.

En attendant, monsieur Hippocrate, parlez-moi donc de ce bilieux qui, paraît-il, me ressemble. Eh bien, nous disons donc… Une nette prédominance du dynamisme mental et de la volonté (vous êtes trop bon…), une ambition forcenée (n’exagérons rien) et, bien entendu, l’esprit de domination (bof !). Impérieux besoin de s’affirmer, d’avoir des responsabilités (très peu pour moi, monsieur Hippocrate). C’est un orgueilleux, un susceptible, (ne dites pas ça, je me vexe pour un rien). Capable de colère et d’accès de violence (vous aimez qu’on vous marche sur les pattes, vous ?), il déteste qu’on lui résiste et se montre très tenace. Il agit selon un rythme puissant et continu (pouf, pouf, laissez-moi souffler deux secondes) et sait s’organiser pour accomplir de rudes tâches de longue haleine (c’est vrai que ce bouquin sur le Lion…)

Gageons que, parmi vous, chers lecteurs léoniens célèbres ou inconnus, il en est tout de même quelques-uns qui se seront trouvé quelque ressemblance avec ce bref croquis du Bilieux. Sur l’un des ouvrages de référence -pas astrologiques pour deux sous- que j’ai consultés, le visage du Bilieux croqué par l’artiste de service ressemble à s’y méprendre à celui d’Eric Tabarly, qui est comme par hasard un Lion très caractérisé. Il n’empêche que, même si j’ai, comme lui, l’Ascendant en Vierge, faudrait être rudement miro pour nous confondre tous les deux. Et d’ailleurs, je déteste qu’on me mène en bateau.

N’éteignons pas le projecteur Hippocrate sans noter que la plupart des astrologues ont discerné, chez le Lion « fort », bon nombre de traits de comportement d’un autre type hippocratique : le type Sanguin. A savoir, en vrac : un grand dynamisme vital, le besoin de contacts sociaux, la vanité de briller, le goût des honneurs, la générosité, l’optimisme, l’entrain, les colères soudaines… Là encore, il faut bien reconnaître que cela correspond assez à la fiche signalétique de pas mal de natifs du cinquième signe. Mais comment diable nos astrologues lyrico-fantaisistes vont-ils pouvoir justifier ce jumelage analogique avec l’élément Air, conjointement au précédent jumelage avec le Feu ? Oh, on peut leur faire confiance pour dénicher de nouvelles comparaisons ou de nouveaux lieux communs providentiels : ils vous raconteront sûrement qu’un bon gros rougeaud de Lion Bilio-Sanguin, ça brasse beaucoup d’air, ça se donne de grands airs, et ça ne manque pas d’air. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ce genre d’explication de mon petit caractère par images d’Epinal interposées, ça me laisse un peu sur ma faim. D’autant plus que moi, je ne suis ni Bilieux ni Sanguin, je me contente d’être un grand Nerveux longiligne.

Un peu, beaucoup, passionnément

Et si on essayait quelque chose de plus moderne’? Allez, monsieur Le Senne, envoyez-nous votre projecteur. Qu’avez-vous de beau à nous proposer ? Ah, oui : votre célèbre petit jeu de pile ou face : émotif ou non-émotif, actif ou non-actif, primaire ou secondaire. Que choisissez-vous pour commencer, Votre Majesté ? Eh bien, pour commencer, Sa Majesté choisira l’émotivité. C’est émotif, un Lion, vous savez ! Ça s’enthousiasme, ça vocifère, ça rugit de joie ou de colère, mais, en général, l’indifférence n’est pas son fort. Même s’il affecte protocolairement un flegme aristocratique, le Lion prend facilement la mouche à propos du moindre moucheron qui importune son altière sérénité. Si sa dominante planétaire le porte à l’extériorisation, notre natif sera coutumier des outrances théâtrales, des situations superlatives, des débordements verbaux ou autres. S’il penche plutôt vers l’intériorisation, son émotivité sera moins apparente, mais tout aussi intense : elle se traduira par des phobies, des angoisses, la hantise de l’échec, la peur perpétuelle de ne pas être à la hauteur. Pour la Tradition, chaque signe était censé régir un ou plusieurs organes du corps humain, et le Lion s’est vu, tout naturellement, attribuer le cœur, siège symbolique de tous nos émois et palpitations. De fait, notre Lion prend énormément à cœur tout ce qui le concerne et tout ce qu’il entreprend.

Seconde alternative : activité ou non-activité ? Pour le Lion-type de la Tradition, pas de problème. C’est un actif, et plutôt deux fois qu’une. L’indice qui ne trompe pas, c’est que l’obstacle, loin de le rebuter, le stimule et l’incite à redoubler d’efforts. On ne se lasse pas de vanter son audace, son esprit d’entreprise et son mordant. On note, avec un respect mêlé d’admiration, que ce dominateur ne craint pas de s’abaisser pour mettre la main à la pâte, et qu’il est du genre à tuer tout le monde à la tâche. Evidemment, il y a des exceptions : moi qui vous -parle, par exemple, je n’ai rien, mais vraiment rien d’un bourreau de travail, et gageons que je ne suis pas le seul Lion dans ce cas. Mais je vous rappelle que, dans cette introduction, nous passons surtout en revue les poncifs sur le grand Lion royal classique.

Nous retoucherons quelque peu ces clichés trop flatteurs par la suite, faites-moi confiance. Au petit jeu de Le Senne, le Lion s’apprête à jeter une dernière fois sa pièce. Pile ou face, primaire ou secondaire ? Difficile de choisir. Il a bien envie de répondre « sur la tranche ». Finalement, suivant le conseil insidieux d’un astrologue en renom, il se décide pour « secondaire ». Mais qu’est-ce que ça veut dire ? ? Eh bien, ça veut dire que notre léonien a des réactions plutôt étalées dans le temps, qu’il persévère dans ses tâches comme dans ses sentiments, qu’il préfère l’organisation à l’improvisation, qu’il est porté à bâtir des plans, à élaborer des systèmes. En son for intérieur, notre Lion pourra trouver ce portrait exact, mais il se sait également capable d’improvisation, de brio, de réflexes-éclairs, d’intérêt pour l’immédiat, sans pour autant négliger des visées à plus long terme. D’où son hésitation de tout à l’heure entre « primaire » et « secondaire ».

Enfin, le sort en est jeté. Voici donc notre héros sacré Emotif-Actif, Secondaire. Comme par hasard, cette combinaison a pour résultante le caractère dit Passionné, caractère « à la plus haute puissance », comme ne manque pas de le souligner, en se pâmant d’aise, certain auteur astrologue, fasciné par le vedettariat, déjà évoqué plus haut. Evidemment, pour qui veut passer le Lion au tamis de la caractérologie classique, le Passionné est une trop bonne aubaine. Nous retrouvons, là encore, notre ambitieux tenace, orgueilleux, susceptible et entêté. Un ambitieux qui fait de son ambition le centre du monde, avide de commander et de dominer partout. Fût-ce en passant sur le dos des moins arrivistes. Un orgueilleux convaincu de la grandeur de ses entreprises, du bien-fondé de ses raisonnements et de la noblesse de ses aspirations. Un obstiné qui voue sa vie à une idée-force et que rien ne saura détourner de sa route. Un travailleur acharné, organisé, réfléchi, responsable et sérieux comme un pape, souvent déplorablement dénué du plus petit sens de l’humour.

Heureusement qu’on n’est pas tous comme ça, nous, les Lions. Bien sûr, nous avons Napoléon 1″, Mussolini et Louis XIV, fortement signés du Lion et reconnus officiellement comme passionnés par les caractérologues bien-pensants. Mais, de toute évidence, la famille des passionnés est loin de faire de notre signe son unique fief : le Bélier Zola, le Gémeaux Dante, le Vierge Turenne et le Capricorne Staline sont là pour nous le prouver.

Concédons au Lion, à l’extrême rigueur, le droit d’être Emotif-Actif-Primaire, c’est-à-dire exubérant, enthousiaste, affairé, téméraire, débordant de vie et d’énergie. Concédons-lui, en un mot, le droit d’être catalogué Colérique. Nous aurons certes la joie de découvrir dans cette famille les Lions Mirabeau, Danton et Dumas père, mais nous ramènerons aussi dans nos filets le Cancer George Sand et le Poissons Hugo. Décidément, monsieur Le Senne, votre projecteur ne me semble pas très centré sur le sujet qui nous préoccupe. Vous me répondrez qu’en ce qui vous concerne, pour élaborer votre système, vous vous êtes soucié du zodiaque comme de votre première chemise à rabat. Et comme, de leur côté, les astrologues qui vous ont annexé, se soucient de mécanique céleste autant que de leur premier chapeau étoilé, on ne saurait s’attendre à des miracles de clarté dans leurs recherches éperdues de corrélations scientifiques. Enfin, merci quand même, monsieur Le Senne. Peut-être aurons-nous davantage de chance avec vos collègues…

Dynamisme vital, autoritarisme, générosité, aplomb, goût de l’action… Aucun doute, cet animal-là, c’est un Somatotonique des plus typiques, nous dit l’ami Sheldon, qui tient absolument à mettre son grain de sel. Possible, mais il ne doit pas être bien difficile de découvrir de gros Lions placides tout ce qu’il y a de Viscérotoniques, et encore moins difficile de dénicher de grands flandrins de Lions Cérébrotoniques, vous n’avez qu’à me regarder. Et puis d’ailleurs, trois tempéraments seulement pour se partager douze signes, ça risque d’aboutir à des analyses assez peu rigoureuses. Pas très fin, ce projecteur-là. Et par-dessus le marché, on n’en finit pas de tourner en rond, de sans cesse rebrasser les mêmes adjectifs bateaux qui n’expliquent rien. J’ai horreur qu’on me mène en adjectifs bateaux, ne vous l’ai-je pas déjà dit… ? Ah, c’est vous, monsieur Kretschmer ? Faites vite, je suis pressé.

Qu’est-ce que vous racontez ? Que je suis un Schizothyme athlétique ? Dites donc, soyez poli. Et si c’est pour me resservir encore les mêmes adjectifs que les autres, ça n’est vraiment pas la peine.

Grand « Je » et petits jeux

Sur la scène, le pauvre Lion commence à être un peu fatigué de tous ces zigotos qui lui donnent le tournis et lui envoient de la lumière dans Il tombe comme une masse sur un divan, opportunément placé là par le machiniste, et se lamente, d’une voix entrecoupée de sanglots. Ah ! que soudain lui pèsent tous ces regards appuyés sur lui… Mais une fois ces regards éteints, existe-t-il toujours vraiment ? Ne vit-il que parce qu’on le couvre de vivats ? Ne respire-t-il que parce qu’on l’encense ? Son cœur pourrait bien arrêter de battre si les bravos ne battaient plus la mesure ! Une fois déchirée l’affiche, une fois décollée l’étiquette sur la porte de la loge, une fois les accoutrements remisés au grenier, reste-t-il quelqu’un derrière tout cela ? Ah, si les gens savaient combien le Lion est triste, le soir, au fond de ses déboires domestiques… Triste et malade, faible et dolent, pelote de nerfs sursautant au moindre bruit ; il n’est plus que l’ombre de lui-même, le fantôme pâlichon de sa splendeur déchue.

C’est alors qu’attiré par le divan et par les lamentations, l’astrologue en renom, fasciné par le vedettariat, revient à la charge. S’il n’avait pas oublié son masque de Freud, il aurait pu dégoiser à gogo sur le narcissisme et sur l’exhibitionnisme d’un felin névrosé, demeuré au stade phallique, qui masque un sentiment inconscient de moindre valeur et de défaillance sous des dehors de fierté, d’arrogance, d’étalement impudent et de prétention à l’omnipotence. Un félin obnubilé par la préservation de son image de marque, obsédé par un constant besoin d’affirmation qui n’est, en fait, que l’éclatant bouclier d’un petit guerrier fragile et souffreteux.

Grâce au ciel, acte manqué ou pas, ce jour-là, notre astrologue en renom, fasciné par le vedettariat, a donc oublié son masque de Freud à la maison, nous épargnant ainsi les peu reluisantes turpitudes d’un phallus en débandade. Il préfère nous dire peu ou prou la même chose en arborant le masque de Jung, et en nous entretenant, avec des accents wagnériens, de la dramatique tyrannie de la personne refoulant un inconscient qui se rebiffe. Voilà une allure tout de même plus présentable : vedettariat zodiacal oblige. Enchaînons sur l’individualisme égoïste, fort mal vu au seuil de cette ère fraternelle du Verseau, et qui doit céder le pas à une « individuation » autrement plus recommandable. Pas question de s’abstenir de jouer un rôle éminemment personnel, vous n’y pensez pas, ce serait la mort des vedettes. Le tout est de demeurer malgré tout en excellente harmonie avec le reste de l’orchestre humain. C’est très beau, on en pleurerait presque. Une musique céleste enrubanne la scène de ses divins arpèges. Notre Lion affalé sur son divan daigne entrouvrir une oreille. Qu’est-ce qu’il raconte, lui ? Il dit que le ciel est en nous, que l’astrologie doit chercher sa mesure dans les fonds de l’être humain ? Si l’on peut tout expliquer par les avatars de notre petite enfance, c’est que les planètes et les signes, finalement, comptent pour du beurre. On se demande vraiment pourquoi il dresse encore des thèmes, cet astrologue-là. Mais l’astrologue en renom, fasciné par le vedettariat, reste sourd à ces récriminations et continue bravement sur sa lancée. Après avoir évoqué la gracieuse image d’Hercule filant aux pieds d’Omphale, il ôte son masque de Jung et ne garde finalement que son masque favori : celui de l’astrologue en renom fasciné par le vedettariat. Et dans l’élan irrésistible de ses évocations mythologiques, le voilà qui nous fait part, tout fiérot, de sa grande découverte personnelle : il y a deux grands types de Lions. Le Lion herculéen et le Lion apollinien. Le Lion herculéen, patronné par Hercule, évidemment, dominé par Mars et Jupiter, planétairement parlant, est un héros viril et combatif, par lequel la raison du plus fort est toujours la meilleure. Il accède théoriquement à la « grandeur terrestre ». Exemples édifiants : Garibaldi et Bolivar, mais aussi Mussolini… Le Lion apollinien, dominé par les planètes Soleil, Saturne ou Uranus, se réserve la grandeur purement spirituelle, comme Liszt, Pétrarque, et, paraît-il, Claudel. Comme l’on voit, de toute façon, tous les chemins mythologiques mènent à la grandeur. Et d’ailleurs, vous pouvez être à la fois Hercule et Apollon, c’est ça qui est pratique.

Le Lion, tout à fait réveillé, fronce les sourcils d’un air courroucé. Comment ! Voilà un type qui me parle de mon masque social, des images qui m’emprisonnent, et qui ne trouve rien de mieux que de me coller sur le dos de nouvelles étiquettes piquées dans le Who’s Who de la mythologie ! Elle est bien bonne… Des étiquettes comme ça, mais j’en trouve tous les matins ! Tiens donc, pourquoi pas le Lion phaétonien, remarquable par son outrecuidance et son imprévoyance gaffeuse ? Pourquoi pas aussi le Lion edgarfaurien, célèbre par son sens de la magouille avantageuse ? Sans parler du Lion ménigrégoirien, qui vous catapulte sur une scène, en avant-garde éclairée, la pauvre psychanalyse tout hébétée… Monsieur l’astrologue en renom fasciné par le vedettariat n’est pas Lion, mais cela ne l’empêche point d’être ménigrégoirien.

Finita la commedia

Si vous le permettez, occupons-nous d’abord de ce fichu signe céleste, et faisons plus ample connaissance avec lui. Ne nous attardons pas, je vous prie, à cette constellation de vingt-cinq étoiles visibles à l’œil nu qui a l’insigne honneur de ressembler, avec beaucoup de bonne volonté, à la silhouette de notre animal-totem. Les anti-astrologues notoires et autres astronomes ne manquent de nous faire remarquer que, entre le 23 Juillet et le 22 Août, du fait d’un phénomène appelé précession des équinoxes, le Soleil ne transite plus cette fameuse constellation du Lion, mais sa voisine immédiate, celle du Cancer. Ils en déduisent, un peu hâtivement, et avec mauvaise foi, que l’astrologie ne vaut désormais plus rien, si tant est qu’elle ait jamais valu quelque chose. Mettons-leur, une bonne fois pour toutes, le point sur le « i » du mot cosmographie.

La position du Soleil, de la Lune ou des planètes en tel ou tel signe n’est nullement définie par rapport aux très lointaines étoiles des constellations. Les limites des signes sont déterminées en prenant pour origine le point vernal (point où passe le Soleil à l’équinoxe de printemps) et en divisant le cercle écliptique (trajectoire annuelle apparente du Soleil) en douze secteurs, de trente degrés d’angle chacun, à partir de ce fameux point vernal. Il est vrai que, du fait de la précession des équinoxes (découverte d’ailleurs, il y a vingt et un siècles, par un astrologue), le point d’origine se déplace avec une extrême lenteur par rapport à la toile de fond du ciel étoilé. Comme les constellations ont gardé le nom du secteur qu’elles occupaient aux temps lointains des débuts de l’astrologie, il s’ensuit une confusion possible, soigneusement entretenue par les adversaires de l’astrologie, entre signe et constellation. Ainsi, le signe du Bélier (premier des douze secteurs définis plus haut, le seul qui intéresse l’astrologue) ne contient plus depuis belle lurette la constellation du Bélier (groupe d’étoiles dont l’astrologue n’a pas à se préoccuper). En ce qui concerne notre signe à nous, c’est le cinquième secteur à partir du point vernal, voilà tout.

Nos adversaires, naturellement, ne se privent pas de ricaner encore plus fort : qu’est-ce que c’est que ces secteurs baladeurs, ces fenêtres vagabondes qui ne montrent jamais le même paysage stellaire ? C’est finalement encore plus improbable que le zodiaque des constellations ! Nos chers symbolistes, tout fiérots, s’empressent de leur clouer le bec. Comme ils comptent bien, ils ont remarqué que chaque saison correspond au parcours de trois signes par le Soleil, et que notre Lion, par exemple, coïncide précisément avec le deuxième tiers de l’été. Pour eux, tout en découle lumineusement, par la grâce ineffable de correspondances saisonnières qu’ils s’efforcent de ne jamais manquer. Mais faites-leur remarquer que la Lune (pour ne prendre qu’elle) faisant pour sa part, le tour du Zodiaque en un mois, peut fort bien se trouver en Lion à n’importe quelle saison, au temps des giboulées comme au temps des frimas. Si vous leur demandez de vous expliquer par quel tour de passe-passe une Lune en Lion au mois de février peut rester aussi ardente dans ses effets qu’un chaud Soleil en L’ion au mois d’août, vous les verrez s’empêtrer dans de filandreuses justifications qui les rendront un peu moins fiérots que tout à l’heure. La clé du problème est manifestement ailleurs que dans les analogies saisonnières, grossières approches, un tantinet romancées, de certains effets d’un seul cycle, celui du Soleil.

Du fait de la rotation de la Terre sur elle-même, chaque astre, Soleil, Lune ou planète, décrit, de son lever à son coucher, un arc au-dessus de l’horizon, dit « arc diurne » (« jour » dans le cas du Soleil) avec, pour complémentaire, un arc au-dessous de l’horizon, dit « arc nocturne » (« nuit » pour le Soleil). Or, la durée respective de ces arcs diurne et nocturne, pour un astre donné, varie selon sa position par rapport au pont vernal ; donc selon sa position en tel ou tel signe. Dire qu’un astre est en Bélier, par exemple, est une manière commode de signifier que la durée de son arc diurne, dépassant de peu celle de l’arc nocturne, est en train de croître au fil des jours. Un astre dont la durée de l’arc nocturne tendra vers son maximum sera en Sagittaire, et ainsi de suite. Le Lion, pour sa part, est défini par une durée d’arc diurne dominante, mais décroissante, avec un écart moyen entre les durées des arcs diurne et nocturne. On voit donc que les signes n’existent pas « en eux-mêmes », mais que leur définition astronomique découle d’un phénomène concret parfaitement mesurable.

Tout ça, c’est bien joli, dit le lecteur Lion qui commence à s’impatienter, mais je trouve qu’on parle un peu trop de mon signe, et pas assez de ma modeste personne, si attachante au demeurant. Nous y arrivons, cher frère zodiacal, nous y arrivons. Je vous demanderai tout de même encore un rien d’effort attentif. Nous venons donc de définir objectivement les caractéristiques de l’émetteur planétaire. Reste à en faire autant du côté du récepteur humain, ce qui à première vue n’est pas si facile. Il nous faut, en effet, éviter au départ tout jugement moral et tout parti-pris affectif, autant que faire se peut. Le mieux est de partir à la racine même de tous nos comportements, des plus instinctifs aux plus élaborés ; à savoir l’arsenal de base du vocabulaire neuro-physiologique : les réactions d’excitation et d’inhibition, leurs diverses modalités, leur mobilité ou leur lenteur, leur équilibre respectif.

Reste à mettre en relation cohérente les signaux de l’émetteur céleste et les réactions du récepteur humain. C’est ce qu’a fait le chercheur astrologue Jean-Pierre Nicola. Mettant l’arc diurne en rapport avec l’excitation, l’arc nocturne en rapport avec l’inhibition, leur croissance ou leur décroissance en rapport avec la rapidité ou la lenteur de la réponse, il a dégagé la « structure naturelle » des comportements traditionnels. C’est ainsi qu’en termes techniques, notre cher signe adopte de préférence les comportements suivants : force d’excitation, excitation débloquante, lenteur d’excitation, inhibition concentrée, induction positive, sens des combinaisons. Ses carences relatives découlent d’un manque d’inhibition différentielle, d’une inhibition trop mobile de la phase paradoxale.

Vous m’en direz tant, réplique avec un peu d’inquiétude le cher lecteur Lion, qui a la vague impression de tomber du Charybde d’un galimatias pseudopoétique dans le Scylla d’un prétentieux jargon technique. Rassurons-le tout de suite : je ne vais pas me lancer dans de longues et savantes dissertations pour justifier ces corrélations en apparence bien hermétiques. Pour les lecteurs curieux, il existe des ouvrages remarquables qui traitent la question en profondeur. Je me contenterai de développer ici, en termes que j’espère suffisamment clairs et explicites, les données de base que j’estime être les plus cohérentes et les plus solides pour expliquer notre signe. Je dis bien : expliquer et non simplement décrire, comme nous venons de le faire avec la caractérologie classique.

Quelques ultimes précisions avant de nous lancer. Tout Lion qu’il soit, Napoléon aurait certainement eu du mal à devenir empereur, s’il était né au quatorzième siècle sur un îlot perdu des Petites Antilles… Ceci montre que, parmi l’éventail de possibilités que lui donne théoriquement son signe, le natif retiendra, en priorité, celles que lui permettront sa constitution physique, son bagage héréditaire, celles que lui offriront l’environnement, les préoccupations majeures de son époque et de son milieu familial et social. Et ces données-là ne peuvent se déduire d’un thème astral, contrairement à ce que prétendent les charlatans. Notons aussi que la dominance planétaire et l’influence conjuguée d’un autre signe peuvent accentuer ou altérer les comportements de base, avec plus ou moins d’intensité. Nous le verrons en détail au sujet des Ascendants et des Planètes.

Valse à trois temps

Pour les manuels d’astrologie classique, les signes apparentés ne sont jamais voisins immédiats. Le Lion doit se résigner à n’avoir pour acolytes que les deux autres signes de Feu, à savoir le Bélier et le Sagittaire. Le Cancer et La Vierge ? Vous n’y pensez pas, voyons. Comment notre félin prestigieux pourrait-il se commettre sans déchoir avec l’incertain crustacé et la mesquine oie blanche qui se trouvent logés de part et d’autre de Sa Grandeur ?

On peut se laisser tenter par des métaphores agricoles : fructification au Cancer, maturité au Lion, récolte à la Vierge… Ou bien encore, en plus sophistiqué : gestation cancérienne, naissance léonienne, raison Virginienne. A partir de là, il est évidemment possible d’extrapoler, avec plus ou moins d’à-propos, et de lâcher la bride à une imagination qui se veut poétique. Mais Pégase a besoin de bases plus solides et plus fécondes. Il semble que ce soient les fonctions neuro-physiologiques de base qui nous montreront le mieux la logique interne du trio estival.

Dans cette optique, le Cancer a pour rôle principal de crier pouce à un excès d’ouverture au monde, de mettre le holà au gaspillage d’énergie désordonné et fort éprouvant qui en résulte. Le cancérien, par la force des choses, reconnaît les bornes de son pouvoir et de ses forces. Il cantonne sa capacité d’action dans des limites raisonnables. Il édifie des barrages protecteurs autour de son fief. Il espère, à l’instar de la Fontaine, « loin du monde et du bruit, goûter l’ombre et le frais ». Vu la conjoncture, il est urgent d’attendre. De cultiver nonchalamment la prospérité de sa petite famille au cœur de son jardin clos ; d’organiser sans hâte son bric-à-brac intime, de quêter rêveusement l’idéal reflet de son Moi dans les mille miroirs dont s’adorne le vaste grenier de sa mémoire. Mais le Lion, lui, ne l’entend pas de cette oreille ! Il reprend bien vite du poil de la bête. Il réagit avec vigueur contre ce repli résigné, cet enlisement ouaté, cette vie enfouie dans du sable douillet. Défier effrontément le Soleil du regard, déployer librement ses forces et sa crinière, faire sauter les insolents verrous d’un coup de patte rageur, rompre les chaînes, les lisières et les entraves en un magistral sursaut, tel est le programme essentiel de notre signe, sa fonction primordiale, celle qui rend compte de la plupart des adjectifs alignés à la queue-leu-leu par les astrologues traditionnels. En termes savants – et néanmoins évocateurs, une fois n’est pas coutume – nous pouvons avancer que l’atout principal du Lion réside dans sa force d’excitation débloquante. Au stade zodiacal suivant, le signe de la Vierge va riposter par un repli contracté, par un frileux souci de protection hermétique, un dénigrement systématique des excès jugés pernicieux et une vigilante défiance vis-à-vis des risque-tout hâbleurs.

Nous voyons donc que les trois signes dits estivaux, en dépit de leur dissemblance apparente, sont tous préoccupés par des problèmes similaires : problèmes des limites de leur forces, de leur pouvoir, de leur champ d’action, que chacun résout à sa manière. Mais revenons sans plus tarder, à la vitesse grand V, au seul Lion avec un grand L.

Les mille et une façons de débloquer

De nos jours, même dans un cirque, on risque assez peu d’avoir à occire l’hydre de Lerne ou à purifier les écuries d’Augias. D’ailleurs, la plupart des lions sont bien loin d’avoir la carrure et le punch herculéens. Et, dans le quotidien, à moins d’être candidats aux Olympiades ou à la traversée de l’Atlantique, ils devront se rabattre sur la bouteille récalcitrante à déboucher, la fenêtre à décoincer, la porte à défoncer ou la valise à hisser dans le filet, toutes besognes -si modestes soient-elles- qui stimulent leur besoin inné de se colleter aux obstacles et de les vaincre. Naturellement, cela s’applique aussi à des tâches moins terre à terre, et nul, plus que le Lion, n’est susceptible de dénouer les situations paralysantes grâce à son esprit de décision et à sa force de volonté. A cœur vaillant, rien d’impossible, comme le proclame un proverbe qu’on dirait inventé exprès pour lui. Ce refus de renoncer devant la difficulté, de se laisser arrêter par les apparences les plus impressionnantes et les réalités les plus récalcitrantes, voilà qui explique et justifie amplement la renommée de courage attribuée au Lion fort. Comme le vociférait un célèbre léonien, tribun à ses heures : de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !

Rompre les limites, cela revient aussi à se répandre et à rayonner, à déborder de toutes parts, à refuser de passer inaperçu, recroquevillé dans la pénombre. Nous aurons ici la galerie des Lions m’as-tu-vu, théâtraux, paradants, dont le principal souci est de se faire mousser et d’en mettre plein la vue, style « L’ai-je bien descendu ? » de Cécile Sorel, « Dix Commandements » de Cécil B. de Mille, et autres rodomontades de paons faisant la roue. On voit, maintenant, comment rattacher le lion et le symbolisme du feu. Le feu, ça rayonne, ça s’étend.et ça se propage à partir d’un foyer glorieux. Le feu s’approprie l’espace, irrésistiblement ; mais, pour s’étendre, il a besoin que tout se consume d’admiration pour lui. Et le feu, comme le Lion, peut mourir d’être étouffé, cloîtré, empêché de briller et de brûler par les pompiers et les vilains envieux. Nous retrouvons, là encore, la notion d’étendue à conquérir et de barrières à réduire en cendres. Décidément, nous tenons le bon bout pour comprendre notre Lion.

Pour vivre heureux, pas question, par conséquent, de vivre caché, ni de vivre à l’étroit. Et pour atteindre cet objectif, certains Lions ne reculent pas devant les manières les moins charitables de dépasser les bornes : ce sera l’outrecuidant qui s’arroge la si bien nommée part du Lion, ce sera le sans-gêne spécialiste de l' »ôte-toi-de-là-que-je-m’y-mette », celui qui joue des coudes et roule des épaules, le malotru qui étale ses valises sur toute la banquette pour en demeurer le seigneur et le maître. Nous n’aurons garde d’oublier dans la liste les envahisseurs pour qui les frontières des Etats ne sont que rideaux de papier : Alexandre le Grand, Napoléon et Mussolini. Et, si l’on est Lion et cosmonaute, on ne se contentera pas, comme le Poissons Gagarine, de prendre des petits airs détachés vis-à-vis de l’attraction terrestre. On posera fièrement sa patte sur le sol vierge de la Lune pour l’avoir à sa botte, le premier, comme l’a fait notre frère zodiacal Neil Armstrong, né le 5 août 1930.

Si vous étiez Cancer, vous vous laisseriez volontiers dorloter par le groupe, vous vous complairiez à vous sentir bien arrimé au train-train quotidien par la trame solide des coutumes et des règles morales. La soumission et l’obéissance à des règles abstraites vous dispenseraient de toute dépense d’énergie inutile et seraient les garantes de votre sécurité béate. Mais, si vous êtes un Lion typique, vous ne sauriez certes vous satisfaire de cette situation. S’il est une chose qui déplaît à un Lion, c’est bien de se sentir englué dans son groupe ou sa famille comme dans un plat de spaghettis, aussi peu libre de ses mouvements qu’un bébé au maillot ! Face à tous ceux qui obéissent, il va donc riposter par une attitude frondeuse ou autoritaire. Face aux timorés, il entendra donner l’exemple de l’assurance et de la hardiesse. Quoi d’étonnant, dans ces conditions, à ce qu’il aspire bien souvent à jouer un rôle de leader ? Pour lui, dominer autrui, c’est en quelque sorte se sentir autonome, avoir rompu ses amarres, avoir brisé les limites que prétendaient lui imposer ses pairs au nom de leur sacro-sainte tranquillité et de la sienne.

Se démarquer du groupe ? Les connaisseurs en astrologie ne manqueront pas de signaler que c’est également le fait du Scorpion, contestataire né. Mais il importe de bien saisir la nuance. Si le Scorpion se démarque, c’est pour dénoncer les accointances trop faciles, et pour nouer des liens étroits et exigeants avec quelques rares élus en se moquant du reste du monde : c’est finalement une attitude de repli. Le Lion, lui, se déployant vers un extérieur plus vaste, se démarque en se faisant remarquer, en quêtant l’admiration un rien envieuse de ceux qui n’ont pas osé. S’il y a coupure, c’est surtout la coupure du ruban inaugural d’un chemin qu’il espère triomphal. Vous me direz qu’on a beau être Lion, on n’est pas magicien, et qu’il est quelquefois bien ardu d’émerger de la foule. Mais, où qu’il se trouve, par sa force de déblocage, et par sa volonté de dépassement, le Lion n’a pas son pareil pour développer en lui la plus petite aptitude ou la moindre caractéristique qui le distinguera flatteusement du commun des mortels.

Le refus des limites et des entraves explique un autre trait assez constant du léonien : son indépendance forcenée. Il déteste qu’on le couve, qu’on brime ses initiatives, que l’on fasse obstacle à ses projets. Plus que quiconque, il refuse d’être le jouet docile et l’esclave soumis de quelqu’un. Il a également une sainte horreur des « pots de colle », de tous ceux qui vous accaparent et vous empêtrent sous couleur d’amour ou d’amitié. S’il a le sens du collectif, il sera fréquemment un chaud partisan de l’indépendance active de son clan, de sa classe sociale, de sa patrie… et même, en certains cas, de l’humanité toute entière. Dans son optique, chacun doit disposer pleinement de lui-même et jouir sans restrictions de la plus complète autonomie. Cette fonction débloquante fut certainement le moteur principal de l’action politique d’un Bolivar, d’un Garibaldi, d’un Boumediène ou d’un Fidel Castro, pour ne citer que ces quatre Lions.

Toujours grâce à sa force de déblocage, le Lion est très doué pour démolir les ghettos et les prisons, que ce soit sur le plan physique ou mental. Tout ce qui est restrictif le hérisse, tous ceux qui prétendent limiter le pouvoir ou le champ d’action de quoi que ce soit le révoltent. Goscinny s’est glorifié, à juste titre, d’avoir libéré la bande dessinée de sa réputation d’infantilisme. Stockhausen laisse le champ libre aux sons, rompant avec la tyrannie des instruments et des partitions figées. Coco Chanel dit non aux corsets barbares et redonne aux vêtements souplesse et ampleur. Béjart, Ascendant Lion, considère la danse comme un phénomène solaire, ouvert, expansif et social, qui atteint à la perfection en débloquant le corps au maximum. Le dessinateur Gébé (LuneNeptune en Lion) est l’auteur visionnaire de l’utopique « An 01 », révolution douce et radicale, gigantesque rupture collective des mille et une chaînes qui nous aliènent. Et c’est tout naturellement à un Lion Ascendant Lion nommé Bartholdi que fut confié le soin de statufier la Liberté rayonnante…

Si les Lions ne supportent pas d’être prisonniers des autres ou de forces qui les dépassent, ils ne tolèrent pas davantage d’être prisonniers d’eux-mêmes, de stagner et de s’embourber dans des marais sans issue par un comportement inadéquat. Ils sont donc tentés de sans cesse se surpasser, de se rapprocher le plus possible d’une idéale perfection, théoriquement garante de liberté absolue. Selon les conceptions morales et les préoccupations du sujet, cela peut se traduire par la conquête jamais terminée d’une autorité indiscutée, d’une compétence hors pair, d’une irréprochabilité jamais prise en défaut, ou d’une force physique propre à éliminer, sur-le-champ, tous les rivaux gênants.

Je vois d’ici plus d’un lecteur Lion se pâmer d’aise, et se dire que, décidément, cette fonction débloquante est le « sésame ouvre-toi » universel, la potion magique insurpassable devant laquelle le monde entier n’a qu’à bien se tenir… Hélas, la perfection n’est pas de ce monde, et le déblocage intensif et immodéré peut occasionner bien des désagréments. A entasser exploits sur exploits, pour atteindre, coûte que coûte, le faîte de la gloire, il vient un moment où l’équilibre est fort précaire et l’acrobate fort vacillant. Comme dirait Monsieur de la Palisse, plus haute sera la pile, plus douloureuse sera la chute. Fort heureusement, dans beaucoup de cas, les garde-fous octroyés par le reste du thème sont suffisamment solides pour éviter cette pénible extrémité.

Il sera, certainement, quelques lecteurs du Lion pour trouver que c’est assez peu dire, et que, personnellement, ils ne se sentent guère concernés par le mécanisme de déblocage ci-dessus évoqué. Rétorquons-leur que les effets dudit mécanisme seront surtout patents et éclatants sous une dominance des planètes Mars, Jupiter et Uranus, avec risque d’emballements irrépressibles en cas de dissonance. Mais si l’on se trouve, en revanche, devant une dominance de planètes plus intériorisées comme Saturne, Neptune ou Pluton, le déblocage peut fort bien n’être vécu que sur le plan des conceptions, des idées et des fantasmes, se prêtant assez peu en l’occurrence à des manifestations colorées, tapageuses et spectaculaires.

Inattaquable, on vous dit

Il va bien se trouver aussi des Lions critiques pour s’étonner du subit passage de la couveuse cancérienne à l’éclatement léonien. Par quel tour de passe-passe un besoin timoré de sécurité peut-il se muer en outrecuidance avantageuse ? Eh bien, disons que, dans notre optique neuro-physiologique, les signes centraux de chaque saison concentrent le processus dominant du signe précédent sur un point précis, pour mieux développer le processus contraire. Dans le cas du Lion, ce sont les mécanismes de protection qui vont se ramasser sur eux-mêmes. Usons d’une image pour mieux nous faire comprendre. Dans le jardin cancérien, vaste mais cependant limité, le natif cherche son Moi à l’abri d’incertaines et mouvantes clôtures. Si le Lion de son côté démolit les clôtures en question, c’est parce que, en fait, il les a réduites et consolidées aux dimensions de sa personne, qu’il a transformé les frêles barrières tremblant au vent en impénétrables murailles de béton armé. Devenu lui-même une sorte de forteresse imprenable, il peut se permettre de se promener impunément dans toutes les contrées qu’il lui plaît de fouler du talon. Véritable place forte ambulante, il use à sa guise du territoire illimité qui l’environne. Le dessinateur Gébé, déjà évoqué, résume à merveille la situation lorsqu’il proclame : « Les frontières naturelles c’est le contour des individus. » et qu’il refuse d’abandonner la moindre parcelle de son pouvoir d’action et de décision à « ces anormaux qui se prennent pour des Etats » ; entendez, par là, politiciens et partis de tout poil.

L’on peut déduire de tout cela que le Lion est le premier signe à prendre pleinement conscience de son Moi en tant qu’individualité autonome. Les mécanismes de protection, hyper-concentrés, vont rendre ce Moi imperturbablement sûr de son bon droit, et de son impunité, très peu perméable aux suggestions d’autrui, si ce n’est pour s’en proclamer l’auteur, admettant difficilement qu’il puisse perdre ou se tromper.

Ainsi centré sur un Moi devenu le nombril du monde et le pivot de l’univers – pour peu que sa dominance planétaire l’incite à la recherche du pouvoir personnel, au dédain des valeurs collectives – le Lion pourra être taxé, à juste titre, d’égoïsme forcené. Pour lui, rien ne comptera plus, alors, que sa réussite, aux dépens d’autrui ; il ne reculera devant aucune extrémité pour satisfaire ses appétits, ne craignant pas de dépouiller son voisin du nécessaire, pour arrondir son superflu. Une attitude aussi outrée est naturellement un cas extrême ; pour le Lion modèle courant, il est même inexact de parler d’égoïsme pur et simple. Le terme conviendrait davantage au Cancer et à la Vierge : le premier est trop occupé à se chercher lui-même pour se tourner vraiment vers les autres, et la seconde est ségrégationniste, voire protectionniste à l’excès. Pour notre cher signe à nous, parlons plutôt d’égocentrisme : délivré de l’inquiétude d’avoir à chercher son Moi, le Lion a le champ libre pour laisser rayonner autour de lui son intérêt pour le monde. Certes, ce sera toujours un individualiste ramenant tout à son étalon. Mais il se trouve mieux que personne en position de force pour user généreusement de ses tendances les plus positives. Les bonnes choses ne me lassant pas, je me permettrai d’illustrer mes propos par une nouvelle maxime neptuno-léonienne de l’ami Gébé : « Vivre pour soi à pleins bords, c’est enrichir la vie de tous. » Qu’on se le dise.

Si la protection concentrée trouve son achèvement dans l’immunisation du Moi, on aurait grand tort d’y voir sa seule et unique manifestation. D’une manière générale, tout ce qui implique la sauvegarde forcenée d’un point particulier, jugé essentiel, peut être considéré comme un comportement léonien. Citons en exemple le cas de ce personnage du dessinateur Sempé (SoleilMercure en Lion) qui intente un interminable procès à son voisin, prétextant l’insolente enclave d’un seul petit chou de rien du tout qui a l’audace d’empiéter sur son immense champ de choux à lui. Mais le point particulier en question n’est pas toujours réduit au territoire d’un modeste légume. Ce peut être, par exemple, le minimum pécuniaire nécessaire pour se comporter en mécène généreux sans craindre soi-même la disette… Mentionnons également le détail physique ou vestimentaire, jugé indispensable et suffisant pour se sentir parfaitement à l’aise en toutes circonstances, la spécialité unique sur laquelle on bâtit toute une réputation flatteuse, ou encore l’éternel argument imparable que l’on ressort à tout propos pour se tirer d’affaire. Il va de soi que la tirelire de sécurité est intouchable, que le détail vestimentaire est l’objet de soins attentifs, que l’argument est défendu avec la dernière énergie, et que la spécialité est un domaine réservé sur lequel il est déconseillé de s’aventurer.

Voilà qui est bel et bon ; mais l’invulnérabilité absolue n’est qu’un idéal mythique ; le panier dans lequel on met tous ses oeufs n’a pas forcément la résistance à toute épreuve d’une armoire blindée. Il faut toujours compter avec les failles sournoises, les lézardes imperceptibles, les sinistres petits craquements annonciateurs d’effondrements calamiteux et d’omelettes-surprises.

Pourvu que ça dure !

Eh oui : toute fascinée qu’elle fût par la fulgurante ascension de son célèbre Lion de fils, maman Laetitia Bonaparte s’inquiétait tout de même un peu. C’est bien joli de grimper, mais le plus dur, c’est de tenir longtemps sans retomber. Maman Laetitia avait grand tort de s’en faire. Pour durer, on peut dire que ça a duré… Les méchantes langues diront même que ça a été interminable ; l’on a toujours pas fini de dégoiser dans les chaumières sur la longue liste des méfaits et gestes de l’illustre fiston. Mais quelle fut donc sa mirifique recette pour débloquer avec tant de persévérance ? Eh bien, dans le jargon des neuro-physiologues, la recette a pour nom lenteur d’excitation. Elle se trouve être l’apanage commun du trio CancerLionVierge, dont nous avons déjà souligné les relations d’étroit parentage.

Persistance obsessionnelle des impressions reçues et de l’énergie dépensée : tel est le dénominateur commun des trois signes précités, bien que vécu de façon différente et diversement nuancée. Chez le Cancer, cela va nous donner cette obstination passive et cet immobilisme tenace que l’on se plaît à symboliser par une solide paire de pinces refusant de se desserrer. Chez la Vierge, ce sera l’application minutieuse et la fidélité sans défaillance à la consigne. Chez les deux signes, soumission aux habitudes et mémoire encyclopédique nous confirment l’indélébilité des impressions. Et le Lion, solidaire de ses deux acolytes, se montre lui aussi tenace, obstiné, peu enclin à oublier quoi que ce soit qui puisse lui servir. Mais avec le mécanisme du déblocage, ces traits de caractère vont prendre une coloration bien particulière.

Chaque fois qu’un Lion brise ses limites, chaque fois qu’il a ce sursaut de volonté ou d’audace, ce pourrait n’être qu’un simple éclat, sans lien avec ceux qui l’ont précédé ; sa vie ne serait alors qu’une suite d’explosions discordantes et peu constructives. Quand on a un long tunnel à percer à travers la roche compacte de l’immobilisme ambiant, ce n’est peut-être pas la meilleure méthode pour progresser. Il est recommandé, au contraire, de ne pas placer ses cartouches de dynamite au petit bonheur, de planifier, d’organiser, de prévoir, de ne pas se laisser décourager par les aléas d’une problématique avance. En deux mots, la lenteur d’excitation est plus que jamais nécessaire si l’on veut atteindre avec panache la sortie lumineuse du tunnel. Tunnel ou pas, le lion n’aura de cesse qu’il n’ait atteint la pleine clarté, la toute-puissance ou le champ le plus libre possible, en y consacrant le temps et l’énergie qu’il faudra. Avec sa conscience de soi poussée à l’extrême, il fait du but visé une affaire personnelle, dans laquelle il s’implique totalement, avec toute la force de son ambition ou de son enthousiasme. C’est le signe des vocations précoces, impérieuses et durables, des passions uniques qui remplissent toute une vie, des grands chevaux de bataille enfourchés sans faiblir jusqu’au dernier souffle. N’en déplaise à nos amis Sagittaires, déçus de n’avoir plus l’apanage des comparaisons équestres.

Le revers de la médaille des brillantes idées fixes, c’est évidemment le risque de se faire traiter de monomane et de vilain rabâcheur. J’ai nettement, moi-même, l’impression d’être considéré par beaucoup d’amis et de connaissances comme un type exclusivement polarisé sur les hautes vertus de l’astrologie et de la bande dessinée. Et je dois dire que ces amis et connaissances n’ont pas tout à fait tort. Quelles que soient les circonstances, je ne peux absolument pas résister à la tentation d’y aller de ma petite allusion astrologique ou de mon petit croquis satirique. Comme, pour un monomane, une seule manie vaut mieux que deux, je n’ai pas trouvé mieux que de créer des B.D. astrologiques et de collectionner les thèmes astraux de caricaturistes. Incorrigible, n’est-ce pas ?

Nous touchons ici du doigt les dangers de la lenteur d’excitation trop insistante, couplée avec une surestimation du moi. Un seul but est pris en considération : le sien ; une seule méthode est satisfaisante : la sienne ; une seule opinion est valable : celle que l’on professe. Les autres font tout de travers : on est donc conduit, peu à peu, à prendre le monde en charge, au risque de se faire écraser, tôt ou tard, par le fardeau sans cesse accru des responsabilités. Dans les cas pathologiques, nous confinons à la paranoïa pure et simple.

Contrairement à ce que m’a écrit un jour un lecteur bien intentionné, je ne crois tout même pas en être arrivé là… ! Disposant à la fois de l’irrésistible élan du déblocage et du frein savamment dosé de la lenteur d’excitation, notre Lion a, théoriquement, tous les atouts pour mener à bien sa lente marche triomphale sur le tapis rouge de l’existence. Mais, en pratique, les deux processus sont rarement équilibrés dans leurs effets. Que du fait des planètes dominantes, la force débloquante prévaille, nous aurons l’éternel aventurier, l’insatiable ambitieux aux dents longues, l’infatigable sportif ou l’irréductible révolté, tous peu soucieux de ralentir leur rythme et de se stabiliser. En revanche, si la lenteur d’excitation domine (et bien souvent, elle gagne du terrain avec l’âge) notre Lion sera surtout préoccupé de la stabilité de son piédestal, écrasant sans pitié les doigts des jeunots qui prétendent s’y hisser.

Il lui importera, au premier chef, de consolider les avantages acquis, de gérer le butin de guerre, de renforcer une position chèrement gagnée. Pour le Lion d’un naturel placide, ce sera le temps béni du repos sur les lauriers. « Non, moi je ne rêve plus d’être mousquetaire. Et si le choix m’en était donné, je choisirais sûrement d’être l’aubergiste à qui l’on jette avec mépris une bourse pleine de doublons.. » Le LionAscendant Lion Goscinny qui écrivait ces lignes, a certainement ressenti avec acuité, mais sans excessive angoisse, l’embourgeoisement un peu couard du Lion repu et mûrissant qui commence à s’essouffler.

Bien combiné

De la durée égale des arcs diurne et nocturne, une astrologie physique peut déduire, chez le natif concerné, un fort sens des contraires ; c’est-à-dire la faculté aiguë de distinguer clairement toute valeur de son opposé. Dans le trio dit estival, la Vierge est dans ce cas : elle est bien connue pour son purisme, son horreur des mélanges de torchons et de serviettes, son souci obsédant de préserver ses particularismes et de ne pas se lier au petit bonheur. Avec la prédominance écrasante de l’arc diurne, le Cancer va se montrer en revanche très peu soucieux de séparer les choses, et les positions tranchées ne sont pas le fort de ce signe ambigu, qui aura, par ailleurs, beaucoup de mal à se désengluer de son milieu d’élection. Au stade intermédiaire – objet de toute notre attention puisqu’il s’agit du Lion le natif sera doté à la fois de la faculté de sauvegarder son individualité ( il ne manquerait plus que ça !) et de la faculté de se mêler à l’ambiance, de lui faire des concessions, de composer avec elle.

Quand cette double aptitude est bien vécue, il en résulte de précieuses facultés d’adaptation. Le Lion connaît plus qu’un autre l’art de bâtir sa réussite personnelle en usant de deux conduites opposées, qu’il fait alterner avec opportunité.

Nous aurons, par exemple, un type de Lion mondain et salonnard, beau parleur et complaisant, habile à vous entortiller dans des paroles charmeuses, mais qui garde tout de même, en réserve, la dent dure et la griffe acérée : dans la jungle surpeuplée de l’arrivisme, il est bon d’avoir plusieurs cordes à son arc si l’on veut se frayer un chemin. Assez proche est le Lion politicard « magouilleur », prétextant son indépendance, sa lucidité et sa largeur de vue pour manger à tous les râteliers : son discours libéral et humaniste masque mal un culte du’ Moi qui prime tout le reste. Les vilains médisants ajouteront aussi à la liste le Lion généreux à seule fin de bien se faire voir, le Lion qui ne tombe amoureux que de partenaires susceptibles de redorer son blason, le Lion farouche aventurier qui hante les cocktails à la mode pour fêter la publication du récit de ses exploits…

Mais ne nous cantonnons pas dans ce registre un peu déprimant, il est d’autres façons plus sympathiques de vivre cette précieuse combinaison de mondanité et d’individualisme.

Ainsi, tout en sachant bien quel est son camp, et sans renoncer à la moindre parcelle de ses convictions, un Lion digne de ce nom ne pensera pas déchoir en se montrant magnanime avec l’adversaire, ou compatissant avec l’ennemi. D’où la réputation de fair-play dont nous pouvons prétendre nous auréoler, à l’occasion. En société, le Lion peut se montrer affable, sociable, ouvert et disert sans pour autant tomber dans la familiarité excessive et le débraillé. Certes, il a un besoin quasi vital de l’approbation des autres et de leur admiration, mais il perd rarement sa dignité pour les conquérir. Il sait garder en lui ce soupçon de distance et ce rien de réserve aristocratique qui imposent le respect.

Ce tableau idyllique se vérifiera surtout en cas de dominance jupitérienne, fortement soutenue par un Saturne harmonique. Un Jupiter affligé, privé de ce contrepoids modérateur, nous renverra plutôt à la gamme des grosses compromissions signalées un peu plus haut.

Pas de détail !

A ma gauche, le noeud Gordien, entrelacs indescriptible que nul n’est encore parvenu à démêler. A ma droite, un Lion nommé Alexandre le Grand, qui relève crânement le défi, comme il se doit. Alexandre n’y va pas par quatre chemins : il te vous lève son glaive, on entend un grand « tchac ! » comme dans une aventure d’Astérix, et l’adversaire se trouve défait en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Mon papa à moi est aussi un Lion. Il ne s’appelle pas Alexandre, il s’appelle Pierre, et sa taille est tout ce qu’il y a de modeste. Il ne s’est jamais trouvé face à face avec le noeud Gordien, mais il aime bien taquiner le goujon de temps en temps. Et quand sa ligne s’emberlificote un tantinet, que croyez-vous qu’il fait ? Egarer ses doigts dans les subtiles contorsions du fil facétieux, très peu pour lui… un bon « tchac » de couteau de poche précipite, à chaque fois, le dénouement. Et tant pis si la ligne est fichue.

Dans le coup d’épée d’Alexandre comme dans le coup de canif de mon papa, le lecteur sagace aura reconnu sans peine – du moins je l’espère – le sursaut salvateur du déblocage, par lequel on s’affranchit d’une situation paralysante. Mais comment ne s’apercevrait-il pas, aussi, du revers de la médaille ? La poussée d’énergie libératrice s’assortit ici d’une incapacité à décortiquer avec minutie les éléments du problème, d’une inaptitude à trier, distinguer, choisir entre tous les méandres du sac de noeuds. En termes techniques, nous dirons que l’une des carences relatives du Lion, c’est le manque d’inhibition différentielle, ou faiblesse du pouvoir de discrimination. Si, dans votre thème, la Lune, Neptune, Saturne ou Pluton sont dominantes et fortement dissonantes entre elles, vous serez particulièrement concerné par ladite carence et par ses pittoresques effets.

Supposons que, par ailleurs, votre excitation débloquante ait suffisamment de punch : vous serez tenté de l’assener comme une grosse masse sur l’obstacle qui vous gêne, sans vous préoccuper de formalités préliminaires, et sans perdre votre temps à faire une analyse objective et détaillée de la situation. Selon les dispositions d’autrui à votre égard, vous serez loué pour votre folle bravoure et votre superbe inconscience, ou vitupéré pour votre culot phénoménal et vos insoutenables prétentions. Demandez, par exemple, à Jules César, ce qu’il pense de la force de frappe d’Obélix : vous comprendrez ce que je veux dire… Le célébrissime livreur de menhirs, créé par le LionAscendant Lion Goscinny, est assez représentatif, à maints égards, des menus et gros travaux de notre signe en carence d’inhibition différencielle : la subtilité n’est certes pas son fort, et sa vision du monde est passablement sommaire. Comme il se doit, quand on possède un chien Idéfix, Obélix n’a que deux passions : les baffes et les sangliers. Et, bien qu’il ait affirmé un jour qu’il aimait mieux savoir pourquoi il se battait, toute sa stratégie se réduit à « On fonce, par Toutatis ! » et toute sa doctrine politique se résume au désormais proverbial « Ils sont fous ces Romains ! ».

Malheureusement, tous les Lions ne sont pas des personnages de bande dessinée. Il ne manque pas, dans le monde, de grosses brutes, infiniment plus palpables, spécialistes des matraquages en tout genre. Le C.R.S. qui ne se pose pas de questions, le publicitaire accoucheur de slogans-massues travaillent de concert à estourbir la lucidité et l’esprit critique, ces ennemis mortels des pouvoirs à poigne. Lesdits pouvoirs, coutumiers des discours ineptes mais tonitruants, des prises de position brutalement simplistes et des mises en scène éléphantesques, ont tout pour séduire une certaine catégorie de Lions obtus au cœur en forme de grosse caisse. A en juger par le succès persistant des défilés militaires, l’espèce ne me semble guère en voie d’extinction…

Mais n’ayons garde de tomber nous-même dans la caricature grossière : tous les Lions en carence d’inhibition différentielle ne sont pas, automatiquement, des êtres bornés, bêtes et méchants. Souvent, pour peu que la dominance planétaire s’y prête, la difficulté d’analyse méthodique des situations va de pair avec une hypertrophie de la fonction sentiment : tout est ressenti uniquement sur le mode du plaisir ou du déplaisir, du « j’aime » ou du « je n’aime pas » ; de préférence dans un style théâtral et spectaculaire : ce seront les emballements naïfs, les colères soupe au lait, les rires homériques et les pathétiques sanglots de ceux qui « parlent du cœur ».

Abstraction faite de tout jugement sur leur bien-fondé très relatif, on conviendra que les règles de la politesse, du bon goût et du bon ton nécessitent, à tout le moins, une faculté de discrimination particulièrement poussée. Il importe de savoir infailliblement trier entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, entre ce qui se dit et ce qui ne se dit pas, le tout variant subtilement selon le lieu, le moment et l’interlocuteur. Quand on est un Lion-fait-tout- d’une-pièce, la tentation est grande d’envoyer promener au fin fond de la Mongolie extérieure les chinoiseries d’un tel casse-tête. Si vous êtes dans ce cas, vous n’avez guère le souci de tourner sept fois votre langue et de bien mastiquer vos mots. Vous estimez que tout est bon à dire et que chacun devrait vider son sac sur-le-champ. Dans le meilleur des cas, vous serez admiré pour votre franchise et votre profond mépris à l’égard des hypocrites. La plupart du temps, il faut bien le dire, vous vous ferez surtout une réputation d’incorrigible gaffeur. Appliqué aux canons de la mode, si vous êtes du genre Lion m’as-tu-vu, votre manque de sélectivité vous fera aisément tomber dans le mauvais goût criard, enfantin et tapageur.

D’une manière générale, vous supporterez difficilement les contraintes codifiées d’une société de plus en plus obsédée par le planning et les labyrinthes d’une administration étouffante. Vous n’avez pas une souplesse suffisante pour courber l’échine sur commande, obéir aux flèches au doigt et à être toujours disponible quand la minuterie vous sonne, remplir sans faute et sans omission les mille et une paperasses qui vous pleuvent dessus sans répit. Vous êtes un peu la réincarnation de l’Ingénu de Voltaire, ce Huron confiant, naïf et maladroit, égaré dans un monde de fous, redouté pour ses saintes fureurs d’animal libre mis en cage. Si l’humour et l’ironie reprennent le dessus, peut-être prendrez-vous votre plus belle plume pour muer le monde de fous en meilleur des mondes, comme le fit un certain Aldous Huxley né le 26 juillet 1894… C’est ici l’occasion de souligner que les faiblesses relatives d’un signe, si elles sont une source d’inadaptation plus ou moins grande sur le plan social, ne doivent, en aucun cas, être considérées comme foncièrement et irrémédiablement négatives. A l’actif de la carence d’inhibition différentielle du Lion, nous pouvons mettre en avant l’horreur des magouillages, des embrouillamini, et des intrigues venimeuses, ainsi que le goût pour les idées simples, claires et fortes qui finiront bien par dissiper la purée de pois ambiante où se complaisent les truqueurs et faussaires de tout poil.

Peurs de Lion

Comme nous venons de le voir, la faculté de trier, choisir et distinguer avec subtilité (faculté dont pas mal de Lions sont dépourvus) est un atout fondamental pour ne jamais se trouver pris de court, quelles que soient les circonstances de la vie en société. En termes de neurologie, nous parlerions de la vitesse d’inhibition, c’est-à-dire de rapidité des réactions de défense. L’on conçoit qu’une telle fonction, lorsqu’elle suffisamment maîtrisée, permette de dominer pleinement sa peur et ses réactions de panique. C’est le rôle qu’elle joue avec brio chez les trois signes d’automne. Elle permet au Balance Gandhi d’inventer la non-violence, rude école de sang-froid et de contrôle personnel, s’il en est. C’est elle, encore, qui permet à maint Scorpion de jouer en virtuose avec les petites et grandes peurs d’autrui. C’est elle, enfin, qui permet au Sagittaire Lucky Luke de tirer plus vite que son ombre et de faire mouche à tout coup. En revanche, dans le cas où elle est faible et mal contrôlée, cette vitesse d’inhibition va se traduire par des angoisses, des phobies, des appréhensions de toute sorte : de pénibles sensations de désarroi vont naître d’une impuissance à riposter avec opportunité à l’imprévu qui se présente. Et quels sont donc les signes gratifiés de cette vitesse d’inhibition cafouilleuse ? Je vous le donne en mille : notre désormais inséparable trio, CancerLionVierge.

A d’autres, vont me rétorquer les astrologues amateurs à qui on ne la fait (pas. Que le Cancer fragile soit facilement sujet aux phobies, ça, on veut bien le croire : le pauvre chérubin tremble sans cesse d’être exilé loin des chaudes ailes de maman poule et ses rêveries tiennent plus souvent qu’à leur tour du cauchemar un peu morbide. Pour la Vierge, pas d’objection non plus : cette éternelle inquiète s’alarme de la moindre impureté baladeuse, et se met dans tous ses états rien qu’à la pensée d’être sevrée de sa miette de pain quotidienne. Mais le Lion ! Que ce prestigieux seigneur du Zodiaque soit, à l’occasion, un froussard fébrile, sujet aux terreurs nocturnes, vous n’allez tout de même pas nous faire avaler ça… Eh bien si, pourtant. C’est écrit en toutes lettres sur le menu de l’hostellerie du Lion d’Or, et je suis assez bien placé pour le savoir.

Mais direz-vous, quelle peut bien être la source d’inquiétude essentielle pour un Lion digne de ce nom ? Le souci prioritaire de tous les instants, c’est bien entendu l’invulnérabilité du Cher Moi, une invulnérabilité à conquérir et à consolider sans cesse, face aux vents et marées de l’adversité. D’ailleurs, rappelez-vous, lorsque nous avons évoqué le possible effondrement du panier dans lequel on met tous ses oeufs, nous avons déjà pressenti chez notre sujet d’imperceptibles tressaillements qui ne trompent pas sur sa fragilité latente.

Dans ses moments de relative faiblesse, le Lion est un pauvre animal surmené, perpétuellement sur le qui-vive, subodorant partout des chausse-trappes et des entraves à sa capacité d’affirmation. Le moindre incident fortuit risque de prendre des allures de complot universel ; la plus insignifiante souris se voit accusée de vouloir saper les murailles de la forteresse. Les jaloux et les envieux en veulent à ses titres, à sa position, à sa fortune. On ne peut être sûr de personne. Les subordonnés sabotent sciemment leur travail pour mettre en faillite sa sublime entreprise. Les bons conseils des amis les plus chers deviennent d’insidieuses peaux de banane pour l’envoyer au tapis… Bref, ce genre de Lion, dans les cas pathologiques, risque fort de sombrer dans un délire de persécution de la plus belle eau.

Sans tomber dans cette pénible extrémité, le Lion modèle courant, de toute manière, est un grand susceptible qui passe le plus clair de son temps à supputer sa cote d’estime ou d’amour, quêtant sans relâche l’approbation admirative d’autrui, doutant sans cesse de l’effet produit sur le cœur inconstant des foules. Selon les niveaux de préoccupation, tel se braquera pour une remarque désobligeante sur son physique, tel autre prendra la mouche si l’on émet quelques réserves sur le bien-fondé de son raisonnement ou de sa technique, tel autre enfin se vexera si l’on reste indifférent à ce qu’il considère comme une prouesse ou comme un acte digne d’éloge. Sans parler de ceux qui s’alarmeront pour tout ça à la fois…

Son Moi étant le centre de gravité de l’Univers, notre Lion se sent immanquablement concerné par tout ce que les autres font, comme par tout ce qu’ils ne font pas, interprétant et amplifiant le geste le plus anodin de ses vis-à-vis dans le sens de sa gloire, de son mérite, de sa disgrâce ou de sa déchéance, au gré des hauts et des bas de sa houleuse émotivité. Il peut ainsi devenir, dans les mains de flatteurs intéressés ou de manoeuvriers dénués de scrupules, une marionnette d’autant plus docile qu’elle a l’impression de tirer les ficelles des cœurs du monde entier.

Du fait de la dominance planétaire conjuguée à l’influence du milieu, il ne manque pas de Lions idéalistes et contemplatifs, moins âprement tournés vers les podiums à grand spectacle de notre société plutôt arriviste. Leur situation n’est pas plus sereine pour autant : sans cesse tracassés par la hantise du mieux, par un irrépressible élan qui les pousse vers un modèle de sagesse, considéré comme parfait, ils auront toujours peur d’être inférieurs à la belle image qui scintille dans leur ciel intérieur. Ils seront tentés de se culpabiliser pour des manquements, somme toute mineurs, mais, qui, à leurs yeux, les éloignent de cette irréprochabilité absolue, tant souhaitée. Si l’on combine ce genre d’angoisse au manque d’inhibition discriminatrice, il en sort un type de Lion tout à fait opposé aux reluisantes enluminures des manuels classiques : à savoir un Lion timoré, très peu dégourdi, mal à l’aise en société, dérouté par la complexité des rapports humains, se dérobant gauchement face aux formalités un peu trop subtiles et aux responsabilités nécessitant un minimum d’entregent. Je n’ai guère besoin d’imagination pour brosser ce portrait-là : il me reste suffisamment d’encombrants vestiges d’une proche adolescence pour travailler d’après nature…

Les mêmes anti-astrologues, qui nous reprochent le simplisme et le formalisme des portraits traditionnels, vont sans doute nous dire, cette fois-ci, que nos signes zodiacaux tiennent de l’auberge espagnole, et qu’avec cette débauche de fonctions qui s’entrelacent dans un même signe, on peut justifier n’importe quel comportement. Le temps, malheureusement, me manque pour leur expliquer par le menu les comportements des onze autres signes ; ils verraient qu’ils ne sont nullement interchangeables, en dépit de leur complexité respective. Complexité que nous cherchons d’autant moins à nier qu’elle reflète parfaitement la richesse et la luxuriance du vivant. J’estime que cette petite parenthèse était nécessaire avant de vous offrir mon ultime cocktail : le cas du Lion à la fois phobique et débloquant.

Les astrologues traditionnels eux-mêmes vous le diront : il est bien évident que les audaces à la mode Bélier et les audaces à la mode Lion se vivent assez différemment. On insistera volontiers sur le côté casse-cou du premier, sur cet irrépressible élan qui lui fait brûler son énergie jusqu’à l’épuisement prostré, jusqu’à ce qu’il s’affale, à bout de souffle… C’est que les systèmes de défense du Bélier sont très difficiles à mettre en branle. Pour le Lion, le problème est inverse : les brusques dérapages sur la pente savonneuse de l’évitement demandent sans cesse à être maîtrisés. Il connaît rarement l’abandon grisant et l’ivresse aveugle. Au plus fort de son exploit, il reste facilement tendu et crispé, il serre les mâchoires et raidit son sourire. Comme le dit le parfait petit dictionnaire des lieux communs -finalement pas si bêtes- le véritable héros, en définitive, c’est celui qui tient sa frousse en laisse, qui sait juguler ses tendances obsédantes à la fuite éperdue. Or, pour peu que la force de déblocage fasse défaut, chez notre Lion, nous compterons un bon nombre de poltrons et de dégonflards dans nos rangs, contrairement à la réputation flatteuse du fier animal qui nous sert de totem. Avec une excitation suffisamment forte, ces tendances ne sont étouffées qu’en apparence. Il est bien rare qu’un Lion, si intrépide soit-il, ne se ménage pas, malgré tout, une porte de sortie, une échappatoire salvatrice, une possibilité de prompte retraite ; souvent, d’ailleurs, il le fait de façon instinctive et inconsciente. Dès que baisse l’excitation, l’on assiste à de brusques replis après les fanfaronnades, à de piteuses reculades succédant aux étalages d’orgueil, voire de vantardise.

Pas très reluisant, tout ça, se lamente le lecteur Lion qui s’attendait tout de même à une conclusion un peu plus élogieuse. Allons. Le portrait d’ensemble, après tout, n’est pas si noir que ça. C’est vrai qu’il n’est pas non plus d’une blancheur immaculée. Mais il faut bien, lorsqu’on s’intéresse à l’astrologie, se défaire de tout complexe de supériorité ou d’infériorité en ce qui concerne son signe : ni pire ni meilleur qu’un autre ; il se contente de vivre ses fonctions selon la mesure de ses possibilités et son degré de conscience. J’espère, par conséquent, que le lecteur Lion aura compris qu’une analyse astrologique sérieuse n’est pas un simple jeu de miroirs, et que sa validité ne se mesure pas au nombre de « Ah ! c’est bien moi ! » proférés par un consultant enthousiaste. La réalité quotidienne a souvent bien peu de rapport avec les idées préconçues que l’on s’en fait : vérité qu’il n’est pas mauvais de rappeler, de temps à autres, aux natifs du cinquième signe. Et puisque nous parlons de réalité quotidienne, nous allons avoir maintenant l’honneur et l’avantage d’observer de plus près notre félin fétiche aux prises avec les préoccupations les plus inéluctables de son existence d’homo sapiens.

Le Lion et l’Amour

Forte parole d’un bellâtre avantageux au comptoir du bistrot de mon quartier : « Moi, je suis Lion. Et le Lion, c’est le meilleur signe pour un homme ! ». Ben voyons. Quand on connaît les penchants dominateurs de bon nombre de léoniens et le poids des idées reçues sur la nécessaire suprématie masculine dans le couple, une telle remarque, hélas, n’a rien de surprenant. En tout cas, pour ce qui est de la prétentieuse bêtise, elle ne le cède en rien à la prose racoleuse de certains mensuels dits astrologiques, parce que ça fait vendre. Pour notre part, pas question d’exciter davantage un déplorable esprit de compétition en conviant les douze signes au hit-parade de la prouesse sexuelle et du plus beau roman d’amour. Cupidon merci ; dans le zodiaque, et même au sein d’un seul signe, si l’on sait bien chercher il y en a pour tous les goûts et pour tous les appétits. D’ailleurs, insistons bien sur le fait qu’une vie sexuelle épanouie ou une expérience de couple enrichissante sont bien loin d’être tributaires de la seule carte du ciel. Il faut, aussi, énormément compter avec le poids de l’hérédité, les multiples pressions sociales et la pesanteur des coutumes, ainsi qu’avec l’aptitude du natif à la prise de conscience lucide de toutes ces interférences. Ne demandons pas à notre horoscope plus qu’il ne peut nous donner…

Cela dit, l’on conçoit aisément qu’en amour, comme dans les autres domaines, les léoniens et les léoniennes – déblocage oblige – ne supporteront guère tout ce qui peut ressembler à une entrave. Cela peut, bien sûr, se traduire de diverses façons, selon le niveau des préoccupations du sujet. Nous aurons, par exemple, surtout chez les lions fortement extravertis, des tombeurs et des tombeuses qui multiplient les conquêtes, simplement pour étendre leur territoire amoureux, pour se rassurer sans cesse sur la verdeur de leur tempérament, pour asseoir davantage une réputation flatteuse, parfaire, enfin, leur empire sur les corps, sinon sur les cœurs.

De façon générale, jamais une passion de Lion ne souffre de demi-mesure et de restrictions à son accomplissement. Ce n’est pas l’être des liaisons tièdes, fades et superficielles. Il lui faut de l’entier, de l’éclatant, du massif, de l’inaltérable. Il ne souffre pas les dérobades, les serments velléitaires, les promesses évasives. Le Lion aime pleinement, d’un seul bloc, sans équivoque, et il prétend être aimé de même. Inutile de dire qu’il est facilement déçu. Il ne comprend guère que l’autre s’enferme dans des refus polis et circonstanciés ou dans un dédain qu’il juge, un peu vite, insultant. Il considère, facilement, les prudentes réticences et les aimables réserves comme autant d’infamantes fins de non-recevoir. Si sa dominante planétaire le pousse à s’extérioriser et à se démener, notre Lion va tout faire pour forcer le barrage du cœur de l’être aimé : il se lancera dans une cour enflammée, fera théâtralement miroiter ses avantages ou ses appas, accumulera les générosités voyantes et les somptueux petits cadeaux, étourdira le partenaire dans une ambiance de faste et de fête.

Les Lions moins démonstratifs et plus introvertis n’en sont pas moins exigeants. L’idéal amoureux est placé très haut sur un piédestal ; c’est une image pure, une magnifique statue de Prince Charmant ou de Princesse Parfaite. Ces lions-là rêvent d’un amour total, sans mesquineries ni basses contingences, le couple doit irradier son bonheur à l’infini, comme un soleil sans tache et sans éclipse. Mais de telles perfections surhumaines ne se trouvent pas sous le premier pétale de marguerite venu. Et, de peur d’ébrécher la statue ou de ternir le soleil, le Lion idéaliste est bien souvent tenté de se détourner dédaigneusement d’une si pauvre chère pour sa fringale d’absolu. Va-t-il sublimer ses déconvenues dans une activité artistique ou littéraire ? Va-t-il se rabattre sur la presse du cœur à l’eau rose et sur les prestigieuses idylles des grands de ce monde ? Ce n’est pas son thème, seul, qui nous le dira.

Comme nous le savons, le perpétuel centre de gravité du Lion, c’est sa propre personne, avec ses ambitions impérieuses, ses grandes marottes et ses idées fixes, plus solides que du béton armé. Le fait de vivre en couple ne modifiant en rien ces dispositions foncières – et notre Lion s’implique tout entier dans son attachement – il risque, à la limite, de considérer le partenaire comme un simple miroir flatteur qui se doit de lui renvoyer l’image de lui-même la plus impeccable et la plus resplendissante possible. Bon nombre de Lions vont vivre leur soif d’ascension sociale et de hausse de standing par conjoint interposé, par exemple. S’ils n’ont pas la possibilité d’émerger par leurs propres moyens, ils choisiront un partenaire de condition flatteuse ou feront tout pour favoriser sa percée. Dans le cas d’une réussite personnelle, le conjoint se devra d’être une vivante preuve de ladite réussite, tant par sa belle apparence et son élégance que par son comportement raffiné.

On comprend, ainsi, pourquoi le Lion se montre si souvent exigeant et même tyrannique pour l’être qu’il a choisi d’aimer. Il se sent perpétuellement et personnellement concerné par le moindre des actes ou la plus minime parole de l’autre. Il suffit, pense-t-il, d’un impair anodin du partenaire pour entacher sa propre réputation. Si l’autre n’agit pas selon son bon plaisir, il imagine, aussitôt, ses propres plans contrecarrés, ses objectifs compromis, ses convictions tenues pour quantité négligeable. C’est une nouvelle illustration de ses tendances phobiques : il a perpétuellement besoin de se savoir admiré, encouragé, soutenu. Nous n’irons certes pas jusqu’à conseiller d’user à sofa égard de compliments outrés et de serviles flatteries. Il suffira de ne pas trop garder pour soi les choses agréables qu’on a sincèrement envie de lui dire. Il risquerait, dans le cas contraire, de prendre votre mutisme pour une indifférence qu’il jugerait aussi blessante qu’inexplicable.

Parmi les Lions plus introvertis et moins entreprenants, nous n’aurons aucune peine à trouver des sujets encore plus centrés sur eux-mêmes, avec tous les problèmes que cela implique. L’amour, dans ce qu’il a de plus quotidien, peut leur sembler un danger pour l’intégrité de leur Cher Moi, une menace pour leur sacro-sainte indépendance ; il risque de désagréger leur cuirasse de certitudes patiemment construite et consolidée. Ils ne veulent surtout pas s’abandonner, délaisser leur forteresse de conscience et de lucidité, pour se fondre et se diluer dans un amour un peu trop fou. En fait, ils sont surtout amoureux de leur propre personne et de leurs propres ambitions. Ambitions forcément nobles, morales et irréprochables. Cet état d’esprit n’excluant pas la force des appétits physiques, le partenaire, dans les cas extrêmes, risque d’être considéré un peu comme un jouet futile, un objet charmant mais un rien encombrant, une source de servitude qui appelle un certain mépris condescendant. A moins qu’il ne se trouve être la vivante incarnation du sublime Idéal précité ou qu’il ne partage, viscéralement, les mêmes nobles ambitions. Mais, à ce genre de loterie, on s’en doute, il n’est pas aisé de gagner tous les matins.

Nous avons déjà pu constater que la subtilité n’est pas toujours le fort du lion. Il risque d’être maladroit à démêler l’écheveau des mobiles profonds de l’autre ; il risque de se comporter en balourd et en butor, de fouler aux pieds les tourments secrets et les raffinements de la sensibilité qu’il a tendance à considérer comme un tantinet morbides. S’il veut éviter que la relation ne se dégrade, on ne saurait trop lui conseiller de délaisser un peu les dorures de la façade et de verser, de temps en temps, quelques larmes d’eau dans le vase de fleurs discrètes qui embaume le nid d’amour. Lui faire remarquer à temps que, si les yeux de l’être aimé brillent de tant de feux, ce n’est peut-être pas simplement parce que s’y reflète la lumineuse enseigne d’une prestigieuse raison sociale. Une fois émoussé l’aiguillon des piqûres d’amour-propre, une fois les superficialités de l’ambition sociale remises à leur juste place, la relation a des chances de repartir du bon pied. Une relation claire, nette, loyale et forte, sans hypocrisie ni fausse pudeur. Une passion dont l’inaliénable certitude sait pourfendre victorieusement toutes les noirceurs de l’existence. Les empêcheurs d’aimer en rond n’ont plus qu’à bien se tenir.

Le Lion et l’Amitié

Comme l’on s’en doute, il faudrait une dominance planétaire bien défavorable pour que notre Lion soit un revêche et un misanthrope intégral fuyant systématiquement la société de ses frères humains. Tourné, la plupart du temps, vers le monde extérieur, le flux rayonnant de son énergie expansive en fait un être sociable et chaleureux, dont on recherche volontiers la tonifiante compagnie. Au sein des réunions amicales, il est particulièrement doué pour rompre la glace, décrisper l’atmosphère, dégeler ces soirées où chacun reste figé craintivement dans un quant-à-soi paralysant. Il envoie royalement promener d’un revers de patte les sourds griefs et les sombres intrigues, les confidences geignardes et les discussions assommantes. Le Soleil dissipe les nuées menaçantes. Place à la bonne humeur, à la détente et aux jeux. Place à la joie des retrouvailles qui vous réchauffe tous les cœurs. Que l’humble et le timide ne restent pas dans l’ombre, que chacun s’ébatte et donne libre cours à son allégresse. Le Lion brille pour tout le monde, ce serait lui faire injure de ne point fêter sa présence. A savourer ainsi le spectacle du bonheur qu’il sait répandre, il s’aime lui-même encore davantage. Ceux qui ne l’aiment pas diront qu’il est horripilant, qu’on ne voit que lui, qu’on n’entend que lui, qu’on a les oreilles rebattues de ses hâbleries et de ses anecdotes prétendument désopilantes. Ceux-là peuvent toujours courir pour qu’on les invite la prochaine fois.

Etre l’ami d’un Lion, on le voit, ça n’est pas toujours aussi facile que ça en a l’air. Ses qualités, on les devine : il est d’une fidélité à toute épreuve, il n’a pas son pareil pour vous remonter le moral, et il se mettrait en quatre pour vous tirer d’embarras. En contre-partie, il fait montre de redoutables exigences à votre égard. Vous vous devrez d’être l’ami parfait, impeccable sous tous rapports. Comme il est franc et honnête envers vous, il ne tolérera pas la plus petite cachotterie, le plus infime mensonge. Si vous faites un coup par en dessous et qu’il ait le malheur de s’en apercevoir, ne comptez guère poursuivre de sereines relations avec lui, il ne vous le pardonnera jamais. Comme il ne veut que votre bien, les conseils dont il vous abreuvera sont autant de consignes qu’il vaut mieux suivre sans murmures. Un refus d’optempérer, même circonstancié, serait, à ses yeux, la preuve que vous n’avez pas confiance en lui ou que vous doutez de ses capacités, ce qui est encore un impair difficilement pardonnable. Si vous vous conformez à ses directives éclairées, tâchez de l’imiter de votre mieux, il adore jouer les Pygmalion et les pédagogues éveilleurs de conscience. Mais prenez garde de ne pas pousser le zèle jusqu’à surclasser votre modèle, il serait capable d’en être profondément vexé. Vous trouverez sans doute que votre ami Lion se mêle un peu trop de ce qui ne le regarde pas, et vous serez plus d’une fois tenté de lui en faire la remarque. Mais si vous tenez à son amitié, paradoxalement, ce sera à vous de mettre les formes et d’user d’adroites circonlocutions pour ménager sa vanité et son amour-propre.

Chez le Lion moins ouvert et moins entreprenant, les exigences ne sont pas moindres, et la susceptibilité est encore plus exacerbée. Il se montre fort élitaire en matière d’amitié. Il veut pouvoir être fier de ses amis, il veut que ses amis le comprennent et l’estiment à sa juste valeur. Il s’alarme du moindre signe de disgrâce, de tout ce qui peut lui faire croire que les autres l’apprécient moins, boudent sa compagnie, ou se désintéressent de ce qu’il fait. Il tend à s’attacher à quelques rares élus, à ceux qu’il juge dignes de lui servir de modèles, à ceux qui savent lui présenter le fidèle miroir de ce qu’il aimerait devenir. Il est capable de se montrer d’une extrême virulence vis-à-vis de ceux qui prétendent ternir ou briser ledit miroir. Les calomniateurs, les faussaires et les persécuteurs qui en veulent à ses amis n’ont qu’à bien se tenir. Quant aux amis, eux aussi n’ont qu’à bien se tenir. Et à bien tenir le miroir : autrement, l’amitié risquerait de tomber de haut.

Le Lion et son Education

Il est né, votre bébé Lion, elle est là, votre mini-Lionne… Sans hautbois ni musettes, mais le cœur tout gonflé des poncifs élogieux de la presse astrologique, vous entonnez le cantique habituel des parents fiers et attendris : votre enfant sera le plus beau, le plus fort, et le plus intelligent des enfants. N’en déplaise aux détracteurs un peu hâtifs, les astrologues honnêtes sont bien loin d’être aussi bêtement catégoriques. Prenons l’intelligence, par exemple. Au vu du thème de naissance, on ne saurait aucunement préjuger de son niveau, ni des facteurs sociaux et des événements qui favoriseront ou entraveront son épanouissement. Tout ce que l’on peut appréhender – après avoir constaté que votre bambin est fortement marqué par le signe du Lion – c’est la structure de son intelligence, son mode de raisonnement préféré, avec les atouts majeurs et les inévitables points faibles qui peuvent en découler.

Signe en force d’excitation, le Lion est manifestement intéressé par le monde qui l’environne, mais cet intérêt pour l’extérieur est toujours lié aux intérêts personnels, à la volonté de puissance et à la recherche de l’invulnérabilité du Moi. L’intelligence léonienne haïra les ombres. Elles se veut claire, lucide, sans raisonnements équivoques. Elle exalte la conscience de soi et du monde. Elle balaie l’univers qui l’entoure de son brillant faisceau lumineux pour saisir l’ensemble de la situation et agir en conséquence, au mieux des intérêts personnels évoqués ci-dessus. Le jeune lion assimile, en priorité, ce qui est susceptible de lui apporter un surcroît d’efficacité, un regain de prestige, une consolidation de l’autonomie déjà acquise. Il a horreur qu’on lui apprenne telle ou telle matière « parce que c’est comme ça ».

Les mots vides, non branchés sur sa vie réelle, ne sauraient l’accrocher. Les élucubrations fumeuses et les théories tarabiscotées lui répugnent. Il a horreur des explications contournées qui vont chercher midi à quatorze heures et se perdent dans des digressions oiseuses. Il a besoin d’idées nettes, claires, fortes, d’une solidité à toute épreuve, sur lesquelles il puisse asseoir fermement son assurance et son aplomb. Le revers de la médaille, c’est, évidemment, la propension aux jugements par trop sommaires et aux analyses simplistes. Une fois qu’il a fait sienne une opinion, il la défend contre vents et marées, il s’applique à la fortifier dans son esprit, à l’assener à grands coups de massue dans la tête de ses contradicteurs. Il ne tient plus compte de l’évolution subtile du contexte et des légitimes points de vue particuliers des interlocuteurs. A la longue, son idée acquiert le poids d’une expérience concrète, ce qui la rend d’autant plus indiscutable, à ses yeux. Il convient d’apprendre très tôt aux Lions à se défier de leur tendance à se croire infaillibles.

Les inciter à remettre sans cesse leur savoir à l’épreuve du réel ne peut que leur être salutaire. L’amour-propre, on l’a compris, est déjà très vif chez le petit Lion. Il déteste déchoir aux yeux des autres et fera tout pour acquérir et conserver leur estime et leur admiration. En prenant bien garde de ne pas sombrer dans la louange outrancière, faites en sorte de témoigner à son égard une fierté non équivoque lorsqu’il agit d’une façon que vous jugez positive. Ce sera pour lui un puissant stimulant qui l’encouragera à persévérer dans cette bonne voie.

L’enfant du Lion prend très au sérieux tout ce qu’il fait. Ne tentez pas de le dissuader par l’ironie et la moquerie : il réagit très mal aux plaisanteries que l’on fait dans son dos, même si elles ont pour but une amélioration de sa conduite. Mieux vaut faire appel à ses facultés de jugement et le traiter de bonne heure en être raisonnable et responsable qui sait pourquoi il agit. Donnez-lui, le plus souvent possible, l’occasion de constater que vous lui faites confiance, que vous le jugez capable de se débrouiller par lui-même et de s’organiser de son mieux. Ceci, bien entendu, en prenant soin d’adapter les tâches aux responsabilités effectives de son âge. Votre enfant aura très vite envie de mettre son grain de sel dans les conversations, d’émettre des opinions catégoriques et définitives, parfois peu opportunes.

Lui rabattre violemment le caquet en lui laissant entendre que son avis compte pour du beurre n’est pas nécessairement la meilleure solution : il ne serait que trop tenté, par la suite, d’agir de même avec des interlocuteurs moins assurés que lui. Acceptez d’écouter ses arguments, répondez-lui clairement, franchement et posément. Fournissez-lui des explications simples et des preuves palpables, vous lui apprendrez ainsi le sang-froid et la tolérance intellectuelle, qualités qui risqueraient, sans vous, de n’être pas son fort.

Nous savons que le Lion n’a que trop tendance à vouloir tout régenter, à dominer ses semblables, à faire de toute relation humaine un problème de préséance dont il doit sortir vainqueur. Atténuer une telle poussée instinctive n’est pas facile. Il faut, dès que possible, lui faire constater que les aspirations des autres peuvent être aussi légitimes que les siennes, et qu’elles ne nuisent pas forcément à ses ambitieux desseins. Lui donner constamment l’exemple d’une juste répartition des tâches au sein de la famille ou des groupes qu’il sera amené à fréquenter ; lui monter qu’une organisation efficace des activités n’implique pas automatiquement l’écrasement ou le mépris de tel ou tel participant. Sa force de déblocage, il doit la ressentir surtout comme une constante disponibilité pour aider les autres, les tirer d’embarras, les stimuler et les réconforter. Il tient à vous de lui offrir toutes les occasions de la canaliser dans ce sens à la fois altruiste et auto-valorisant. Comme il se montre volontiers exclusif et jaloux vis-à-vis de frères ou de sœurs qu’il juge mieux aimés que lui, une telle orientation de déblocage pourra également apaiser les heurts dans ce domaine. Le tout est de lui apprendre à être bienveillant sans jouer au protecteur tout-puissant, à être un exemple entraînant sans se montrer tyrannique.

Pour les Lions plus intériorisés – et surtout s’ils sont enfants uniques – il importera de favoriser au maximum les contacts avec d’autres jeunes, si l’on veut éviter que leur égocentrisme natif ne se mue en égoïsme pur et simple, en suffisance ronchonneuse de gosse trop gâté. Cette ouverture au monde, en les confrontant à d’autres volontés et à d’autres points de vue que les leurs, sera un excellent remède à leur subjectivité orgueilleuse. Ce genre de Lion, nous le savons, est facilement sujet aux phobies et aux angoisses. Là encore, les explications claires et simples, la franchise naturelle, le développement de l’esprit d’analyse et l’éducation du sens de l’observation s’avéreront les procédés les plus bénéfiques. Evitez si possible de placer de tels enfants en situation d’échec. Ne formulez pas d’exigences abusives. S’il leur arrive, malgré tout, de ne pas réussir un travail ou de manquer à ce que vous considérez comme un devoir, ne dramatisez surtout pas : ils n’ont que trop tendance à le faire eux-mêmes. Ramenez les choses à leurs justes proportions. Montrez-leur que votre confiance demeure intacte. Cherchez calmement avec eux les moyens de mieux faire la prochaine fois.

En jeu ou en sport, le jeune Lion – et même le Lion adulte – ne joue pas tellement pour se détendre et s’amuser. Il s’agit avant tout de gagner, de surclasser un adversaire, de se surpasser pour se prouver sa valeur et la prouver aux autres. Comme on le devine, nette tendance à se montrer mauvais perdant. Même intégré à une équipe, il reste un individualiste au jeu personnel ; mais il sait se rendre indispensable quand il s’agit de diriger et d’organiser. Sa préférence va souvent aux sports de plein air permettant d’amples évolutions et de grands déploiements d’énergie. Avec son goût du « paraître », il ne dédaignera pas les activités physiques à caractère esthétique, mettant le corps en valeur : gymnastique, culturisme, danse, patinage artistique. Pour les Lions moindrement adaptés, toutes les activités visant à la parfaite maîtrise du corps, de ses mouvements et de ses attitudes sont à conseiller.

Pour ce qui est de l’orientation professionnelle, je me garderai bien d’être péremptoire. Le choix final d’un métier dépend de bien des facteurs qu’on ne saurait déduire d’un horoscope. Plutôt que des professions spécifiques, énumérons les goûts et les besoins fondamentaux du Lion. Il incline à diriger, à organiser, à se mettre en vedette, à se montrer, à se donner en exemple. Il aspire à l’indépendance, à la liberté de manoeuvre. Goût pour les beaux objets, intérêt pour la personne humaine, son aspect physique, la façon dont se construisent et s’affirment les personnalités ; intérêt également pour la vie publique, la société dans son ensemble, les problèmes de pouvoir, l’éducation, la publicité, la civilisation de l’image… Il est bien rare qu’un Lion ne se sente pas attiré très tôt par l’un ou l’autre de ces domaines : on sait que sa vocation est précoce. Les parents devront tout de même veiller à ce qu’il ne surestime pas trop ses capacités et qu’il n’entreprenne pas d’études manifestement au-dessus de ses forces.

Le Lion et son Travail

Pour ce qui est du choix de la profession, on peut l’affirmer sans ambages, en dépit du paradoxe zoologique, le Lion fait très tôt sa tête de cochon. Tout enfant, à ce qu’on raconte, Eric Tabarly se fabriquait déjà de bringuebalants esquifs de fortune pour courir l’aventure, au grand dam de ses parents qui avaient toutes les peines du monde à faire garder les pieds sur terre à leur garnement. Quant à Goscinny, selon ses propres dires, il n’a eu, dès son plus jeune âge, qu’une seule ambition : faire rire les autres avec les moyens du bord. Pourtant, on n’arrêtait pas de lui seriner, sur tous les tons, que ça n’était pas sérieux de vouloir gagner sa croûte en faisant pouffer ses semblables. Etonnez-vous, après ça, que, sous la léonine crinière d’un Marcel Bleustein – Blanchet, grand fauve publicitaire de son état, il ait pu germer cette idée d’une Fondation de la Vocation…

Eh oui, il faut bien que sa famille s’y fasse : les visées professionnelles d’un Lion sont d’autant plus constantes et inamovibles qu’elles font, pour ainsi dire, corps avec les forces vives de son être. Plus que quiconque, le Lion a donc un besoin vital d’une profession qui le passionne et l’enthousiasme. Si, comme il arrive tout de même quelquefois, toutes les facettes de son activité lui agréent, son rendement sera considérable, son efficacité remarquable, et son zèle indéfectible. Il connaîtra alors la sensation exaltante de s’épanouir sans contrainte ; il rayonnera de joie de vivre, d’entrain et de dynamisme. Si son activité ne l’attire puissamment que par certains aspects, il sera tenté de se donner à fond dans les seuls domaines où il se sent inattaquable. Les tâches jugées subalternes vont se trouver, par la force des choses, subordonnées aux grandes marottes. Le travail, dans son ensemble, va se trouver infléchi dans une direction particulière, souvent remarquable et spectaculaire. Le résultat pourra n’avoir qu’un lointain rapport avec l’image de marque de la profession concernée. On parlera de style éminemment personnel, ou, comme il sied mieux à un Lion, de griffe inimitable.

Cependant, même un Lion peut se heurter à des réalités sociales et économiques plus têtues que son bon plaisir. Il peut se trouver attelé à une tâche pour laquelle il n’éprouve aucune attirance particulière, ce qui lui est infiniment pénible. Mais tout cela est bien déprimant. Revenons vite au Lion qui trouve matière à s’accomplir, et voyons un peu comment il s’acquitte de sa tâche exaltante. On s’en serait douté : il la prend énormément à cœur. Il entend se donner à fond, et vise à la perfection dans les modalités d’exécution. Il va chercher, là aussi, à triompher de tout ce qui peut entraver de tels desseins. S’il peut choisir ses collaborateurs, il sera fort intransigeant sur leur qualification et leur compétence.

Quant au matériel et aux outils, tout se devra d’être irréprochable et d’excellente qualité, sous peine de déchaîner de grosses colères, ponctuées de projections d’objets divers. Bien entendu, il ne s’agit pas de travailler n’importe comment, au hasard de la fantaisie et de l’inspiration… Si notre Lion en tient pour une méthode qu’il juge plus efficace et de meilleur rendement que celle de ses collègues, il ne faut guère espérer l’en faire démordre. Au contraire, il sera plutôt enclin à en faire mousser les avantages et à l’imposer à tout prix aux dits collègues, parfois un peu agacés. Mais que ceux-ci, en revanche, ne se mêlent pas trop ouvertement de lui donner des conseils et de s’immiscer dans ses petites affaires.

Il aime être seul responsable de ses actes, et toute ingérence est ressentie comme une intolérable atteinte à sa liberté de manoeuvre et à son autonomie. Avec des critiques trop brutales, on le braque sans beaucoup d’espoir de retour. Il est préférable de se débrouiller pour qu’il ait l’impression d’avoir trouvé de lui-même ce qui clochait : tout seul, comme un grand. Bien sûr, son plan de travail peut sembler parfois sommaire. En fait, la plupart du temps il est solidement charpenté, sans complications inutiles ni formalisme stérile.

Le Lion et l’Argent

Même si vous êtes né avec Soleil et Lune en Lion sous une dominance jupitérienne, ne vous bercez pas trop d’illusions dorées : il y a bien peu de chances pour que vous deveniez un nouveau John Rockefeller. D’ailleurs, par ces temps de pollution galopante, je me demande si c’est un but bien propre que de briguer le titre de roi du pétrole… N’empêche que l’argent, liquide ou non, ne saurait laisser indifférents les Lions les plus adaptés à notre société mercantile : il constitue, pour eux, le moyen rêvé d’asseoir leur domination et d’étendre leur puissance. A condition d’en disposer suffisamment, l’argent, c’est bien connu, vous ouvre toutes les portes, vous octroie tous les passe-droits, recule à l’infini les limites de vos plaisirs et de vos désirs. Grand nombre de Lions aux dents longues n’ont trouvé que ce moyen de vivre leur excitation débloquante, briseuse de contraintes. Il est vrai que l’imagination n’est pas encore au pouvoir : c’est toujours Sa Majesté Financière qui tient le haut du pavé…

Tous les degrés sont évidemment possibles dans l’intensité de ce déploiement offensif de papier-monnaie ; bien des lecteurs Lions vont sans doute juger le portrait un peu outré. Cependant, même en ramenant le problème au niveau du nécessaire gagne-pain quotidien, nous retrouverons chez tous les Lions adaptés modèle courant un schéma de comportement identique : il s’agit, en priorité, de gagner toujours davantage pour vivre toujours plus largement. N’en déplaise aux dénigreurs de notre mirifique société de surconsommation.

Gagner davantage, on peut essayer d’y arriver en travaillant d’arrache-pied. Nous avons vu dans le chapitre précédent quelles peuvent être les dispositions du Lion « fort », en ce domaine, surtout s’il est un peu arriviste. Quoi qu’il en soit, il n’entend pas s’échiner pour des prunes, et ne se gênera pas pour revendiquer avec force le réajustement de son salaire à ses besoins personnels. Besoins personnels qu’il ne saurait être question de restreindre, cela va sans dire : les ceintures à crans sont priées d’aller se faire vendre ailleurs. Quant aux Lions maîtres d’eux-mêmes et de leurs entreprises, ils savent mieux que personne faire d’une transaction réussie un tremplin pour lancer une autre opération encore plus fructueuse.

Nouvelle illustration de la force de déblocage du signe, conjuguée à son inflexible persévérance. Reconnaissons, tout de même, que bon nombre de financiers et de brasseurs de capitaux du Lion gardent le souci de se montrer (autant que faire se peut, dans un tel milieu) généreux, nets et loyaux en affaires. Cependant, ils ne résistent pas toujours à la tentation d’écraser le concurrent plus faible et moins déterminé, d’un vigoureux coup de patte. Si vous les sommez de se justifier, ils arriveront presque à vous convaincre que la loi de la jungle, finalement, c’est la loi la plus morale qui soit. Du moment qu’ils en sont les heureux bénéficiaires…

Mais la fonction primordiale du Lion, nous le savons, n’est pas de thésauriser et d’amasser, comme se plaisent à le faire le Taureau et le Cancer. Avec lui, l’argent a bien peu de chances de dormir en paix. Il lui arrivera même, assez fréquemment, d’être jeté par les fenêtres. Pour le Lion, l’argent ne saurait tenir son rôle dominateur s’il reste inemployé, enfoui dans les plus sombres recoins des coffres ou des bas de laine. L’argent du Lion est fait pour être vu, pour que chacun puisse en constater la déferlante abondance. Et pour cela, il importe de le répandre autour de soi avec le maximum de panache, de le dépenser de la plus voyante façon possible. En ne s’achetant que le quelconque, le strict nécessaire, on n’a que bien peu de chances de se faire remarquer du voisin. Vive donc le superflu, le clinquant, le tape-à-l’œil et les goûts fastueux ! Ce qui compte, finalement, c’est la force de l’impact sur la rétine d’autrui. On peut déduire que ce genre de Lion un peu esbroufeur sera très doué pour tirer le maximum d’effets du minimum de moyens. Ne pas perdre la face et paraître toujours au sommet de sa forme financière : voilà la préoccupation essentielle. Et c’est un art plus difficile qu’il n’y paraît, surtout quand se profilent à l’horizon de squelettiques fins de mois.

Le Lion, nous l’avons déjà précisé, est un égocentrique ; mais ce n’est pas un égoïste. Son argent, il en fera profiter les autres autant, sinon plus, que sa propre personne. Du moment que l’on remarque sa largesse, qu’il peut prouver aux autres et se prouver à lui-même l’étendue illimitée de son bienfaisant pouvoir, le reste importe peu. Il rayonne, donc il est. Il est le mécène, le généreux donateur, la providence des tapeurs qui savent le flatter. Mais que ces derniers ne s’avisent pas de blesser son amour-propre ou d’abuser de sa candide bonne foi : les vannes de la corne d’abondance se verrouilleraient sans plus tarder. Notons aussi que, mis à part des cas d’irréflexion extrême, le Lion ne pousse jamais ses libéralités jusqu’à mettre en péril son minimum vital. C’est tout de même son intérêt personnel bien compris qui a le dernier mot.

Avec l’âge, comme dans les autres domaines, la lenteur d’excitation tend à supplanter peu à peu la force de déblocage ; tout au moins, à se mêler à elle en proportion non négligeable. Il y a même des Lions qui, du fait de la structure de leur thème natal, sont en permanence aussi « excités lents » que « débloquants ». Ce sera la galerie des Lions qui savent tout à la fois gagner, dépenser et gérer leur avoir, dosant opportunément les coups de poker et les placements solides, la vie à grandes guides et la ferme tenue des cordons de la bourse. Je leur souhaite beaucoup de bonheur et des tas de petits zéros dans leur compte en banque.

Vous avez deviné que je me sens assez peu concerné par la course à la fortune, et que les harmonieux accords de la grande symphonie en Fric majeur ne me tirent jamais de longs sanglots émus de mélomane averti. S’il est un Lion qui n’a pas la tête financière, c’est bien moi. Pauvres Lions inadaptés, mes sœurs, mes frères, penchons-nous avec sollicitude sur notre cas si attachant. Notons d’abord que notre manque de sélectivité et de subtilité nous donne peu de goût pour les comptes précis, les budgets détaillés, les savantes opérations bancaires, les cheminements tortueux et complexes des économistes distingués. Nous flairons partout des possibilités de traquenards, de sordides combines, des entourloupes peu charitables. Ce qui ne nous empêche pas de tomber dans le panneau crinière la première, nous muant ainsi en pigeons plumés ou en dindons de la farce. Ainsi vécu, l’argent saurait difficilement jouer le rôle de débloqueur de contraintes comme il le fait pour les Lions adaptés. En l’occurrence, il nous apparaît plutôt comme une source d’embarras et de complications. Nous ne le manions qu’avec réticence, infinie méfiance, et n’en usons qu’en cas d’extrême nécessité. En général plus intériorisés et plus détachés du profit immédiat que les Lions adaptés, nous tendons à donner la primauté aux valeurs de l’Etre sur celles de l’Avoir. Cela ne veut pas dire que nous refusons d’assumer notre signe. Bien au contraire, nous nous sentons en permanence riches de nous-mêmes, de cette liberté intérieure dont nul filou de la Finance ne saura nous dépouiller.

Le Lion et sa Santé

Tomber malade, ça n’amuse pas grand monde ; le Lion encore moins que quiconque : il ressent la maladie comme une intolérable atteinte à ses capacités d’affirmation, comme une insupportable entrave à la réalisation de ses projets. Et s’il ne va pas à son travail, qu’est-ce qu’ils vont tous faire sans lui ? Tous ces remplaçants et intérimaires n’y connaissent rien, ça va être encore un beau gâchis. Non, vraiment, étant donné la conjoncture, il est tout à fait impensable de tomber malade… Le plus fort, c’est que, la plupart du temps, notre félin réussit à tenir la gageure : il se démènera comme quatre, serrera les dents, redoublera d’ardeur à la tâche, mais ne tombera pas malade. La maladie, ça n’arrive qu’à ceux qui se laissent aller, qui n’ont plus de ressort, qui abdiquent devant l’adversité. Ça n’arrête que ceux qui le veulent bien. Et comme chacun sait, l’obstacle qui l’arrêtera n’est pas encore né. S’il est des timorés qui s’écoutent, ce n’est certes pas son cas. A plus forte raison, n’écoute-t-il pas les conseils de modération et de prudence des autres. De quoi se mêlent-ils, ceux-là ? Qu’est-ce que ça peut leur faire s’il travaille trop, s’il veille trop, s’il ne se couvre pas assez ou s’il se nourrit à tort et à travers ? Après tout, pour sa santé, comme pour le reste, il est seul maître des décisions à prendre et des conduites à adopter. Et comme il affiche une confiance illimitée dans ses forces, dans sa capacité de résistance et dans son pouvoir de récupération, il décidera, immanquablement, de laisser son organisme se débrouiller seul le plus longtemps possible. Si son état de santé finit, à la longue, par lui inspirer des inquiétudes, son premier réflexe ne sera pas de consulter son médecin, tant lui déplaît l’intrusion d’une volonté étrangère dans la conduite de sa vie. Il préférera essayer d’abord un traitement ou un remède à sa façon : un traitement de cheval ou un remède-choc, par conséquent. Pas de médecines compliquées, pas de subtils dosages. Il attaque le mal à ses racines essentielles par des moyens nets, simples et radicaux. Dire que le gros pavé qu’il assène sur la maladie fait mouche à tout coup serait exagéré : passé un certain stade de complexité, ce n’est pas un analyste remarquable. Et à ce stade-là, il a beau plastronner pour la galerie, il finit, au fond de lui-même, par redouter le pire. Voilà pourquoi, un beau matin, nous retrouvons notre héros dans la salle d’attente du cabinet de consultation, la gorge oppressée par tout l’orgueil qu’il a dû ravaler d’un coup.

Pourtant, si l’on en croit l’astrologie traditionnelle, ce n’est probablement pas sa gorge qu’il vient faire soigner. Il y a plus de chances -si l’on peut dire !- qu’il soit tracassé par son cœur, son dos ou sa vue. Le cœur, en particulier, semble se tailler la part du Lion dans la pathologie du cinquième signe. Des recherches modernes, notamment celles de la psychosomaticienne Helen Flanders Dunbar, tendent, effectivement, à déceler de troublantes ressemblances entre le profil de personnalité du cardiaque-type et le style de comportement habituel du léonien. Pour justifier ces corrélations, la Tradition, selon son habitude, se contente de raisonner par analogie. Le Lion, signe du cœur de l’été, centre de la saison chaude, se doit de régir l’organe royal qui distribue généreusement, sous forme de sang vermeil, l’ardeur et la vitalité au corps tout entier. Le Soleil étant l’œil du ciel qui voit tout, l’œil étant un symbole de lucidité et de conscience, cela suffit, paraît-il, à expliquer pourquoi les natifs du signe ont souvent besoin de lunettes. Quant aux problèmes avec le dos, ils résulteraient de la mainmise du roi des signes sur la colonne vertébrale, cette poutre maîtresse de notre charpente osseuse.

Une astrologie moderne ne saurait se contenter de telles pseudo-explications. Mais l’on se doit de reconnaître, honnêtement, que les recherches sérieuses en astrologie médicale n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements, et que tout est encore bien loin d’être clair et net. Il est cependant assez évident que les ennuis cardiaques et circulatoires du Lion découlent de sa propension à se donner à fond, à atteindre l’extrême limite de ses forces, à surestimer sa résistance à l’usure. Tableau surtout exact pour le Lion hyperactif et entreprenant, genre P.-D.-G. surmené. Chez une tel être, la constante dépense d’énergie réclame une irrigation sanguine permanente et abondante. Notons, au passage, que la régulation de l’appareil circulatoire est assurée par la moelle épinière et par les ganglions sympathiques, localisés dans la région dorsale, chère aux traditionalistes. Du fait du mécanisme de déblocage appliqué aux processus circulatoires, l’irrigation susmentionnée a tendance à se faire par brusques afflux envahissants, dont la manifestation la plus visible est la tendance aux rougeurs et aux congestions de l’épiderme. Le frêle réseau des capillaires de la rétine ne résiste pas toujours à la poussée, et les mini-hémorragies internes qui en résultent expliquent bon nombre de troubles visuels. Si l’on y ajoute les phénomènes d’hypertension, les brusques ruptures de vaisseaux durcis par l’âge et les obstructions fatales par d’inamovibles caillots, force nous sera de reconnaître que, pour sa santé comme pour le reste, les problèmes essentiels du Lion découlent des barrières et des obstacles qu’il brise avec plus ou moins de bonheur.

Le rythme des maladies, lui aussi, dépend bien évidemment des fonctions neurologiques dominantes. Les atteintes sont en général brusques et fortes, avec accroissement subit de la température pour la phase de déblocage. La lenteur d’excitation prenant le relais, il y a consolidation et persistance du nouvel état morbide jusqu’à la prochaine attaque. Ceci, évidemment, dans le cas où l’organisme a été durement touché. Dans le cas d’une affection légère ne laissant pas de séquelles, la bonne santé persistante reprend bien vite tous ses droits. Le Lion sera donc un « jamais malade » à l’existence ponctuée de brèves indispositions sans gravité, ou un « malade chronique » atteint très tôt d’une maladie majeure qui évolue, soudain, par paliers imprévus.

Pour ce qui est du genre de remèdes à conseiller au Lion, l’on peut faire confiance à Louis Millat, orfèvre en astrologie médicale, chimiste, biologiste et pharmacien dans le civil. Les fruits mûris au soleil, les essences de thym, de menthe et de romarin, ainsi que l’olivier, l’ail et le gui, sont des médications naturelles à recommander à nos malades. Souhaitons-leur bonne chance, espérons qu’ils réussiront à trouver de belles oranges juteuses sans diphényle ni mercure. On peut aussi leur suggérer de modifier leur rythme de vie souvent éprouvant, mais ça n’est pas toujours facile par les temps qui courent (et même qui galopent). Le vrai remède à la plupart des problèmes de santé, si l’on y réfléchit bien, ne réside sans doute pas dans ces mille et un replâtrages individuels. Non, le vrai remède, ce serait sans doute une remise en cause globale et sans douleur d’un style de société qui mutile et altère les individus.

Le Lion et son Apparence

Et après ça, de quoi j’ai l’air ?

Telle est la légitime question que vous pourriez vous poser au terme de ce chapitre. La tradition n’accorde-t-elle pas au signe Ascendant une importance au moins égale à celle du signe solaire, en ce qui concerne l’aspect physique ? A dire vrai, tout n’est pas si simple, et les planètes fortement dominantes sont également à considérer. Remarquons aussi que les astres ne sont pas la clé de tout et qu’ils ne sauraient supprimer les particularités anatomiques découlant de la race, de l’hérédité ou des conditions d’existence. On a rarement vu un martien rougeaud du côté de Tokyo, et les petits Biaffrais jupitériens n’ont guère de chances de devenir dodus. Le plus honnête, en la matière, est de s’en tenir aux expressions et aux mimiques, révélatrices de notre mode préférentiel de relation avec l’environnement, donc, de nos fonctions neurologiques dominantes.

Occupons-nous d’abord, c’est bien naturel, du cas où le Lion est réellement votre signe prépondérant. Si l’on en croit un auteur connu, vous pouvez être : soit un Lion herculéen ; soit un Lion apollinien. Dans la première éventualité, vous êtes massif, trapu, un peu rude et grossier dans vos manières, et votre faciès a quelque chose d’animal. C’est le genre Dumas père ou Tabarly. Dans la seconde éventualité, vous êtes svelte, élancé, d’une allure noble et distinguée. C’est le genre Bolivar ou Stockhausen. Reconnaissons qu’il est de nombreux Lions difficilement classables dans l’une ou l’autre de ces catégories : voyez Bourvil, par exemple. Cela dit, de solides gaillards baraqués et de grandes asperges longilignes, on en trouve un peu dans tous les signes…

Si vous êtes un Lion chez qui domine l’excitation débloquante sur un mode extraverti -prépondérance de JupiterMars, notamment- votre physionomie exprime, la plupart du temps, l’assurance enthousiaste, voire une certaine hâblerie. Vous ne cachez pas facilement vos émotions. La joie, la colère ou le chagrin se peignent aussitôt sur vos traits avec une intensité qui ne saurait passer inaperçue. Vous avez besoin d’espace. Vos gestes sont francs et décidés, souvent un peu théâtraux dans leur ampleur. Quand un problème vous préoccupe, vous ne pouvez vous empêcher d’arpenter de long en large le local où vous vous trouvez, comme pour y découvrir une sortie libératrice. Vous marchez volontiers à grands pas, prenant ainsi possession, dans votre irrésistible foulée, du territoire à conquérir qui s’offre devant vous. Votre voix est forte, votre rire bruyant, et la discrétion n’est pas votre qualité dominante. Vous affectionnez les teintes vives et franches, les parures brillantes, les vêtements plutôt amples. Vous adoptez la tenue qui vous permet de vous sentir le plus à l’aise tout en mettant, au maximum, votre personne en valeur. Une co-dominance d’Uranus accentuera votre côté abrupt et tranchant, assortira votre extériorisation d’une certaine raideur. En revanche, une co-dominance de Vénus, Lune ou Neptune enrobera votre fougue d’une rondeur avenante, d’une amabilité chaleureuse ou d’une bienveillance rassurante.

Si la lenteur d’excitation prévaut dans vos comportements -signes d’été et d’automne fortement occupés, Saturne dominant et harmonique- votre physionomie exprime plutôt la puissance contenue et l’inflexibilité. Pour être plus lents et mesurés, vos gestes n’en témoignent pas moins de votre force ou de votre efficacité. Le masque est plus volontiers impassible, avec un rien de crispation. Vos sentiments, tout aussi intenses, se dévoilent furtivement par de subtiles modifications de votre physionomie. Dans le cas d’une vitesse d’inhibition prépondérante – forte occupation des signes d’été et d’automne, dominance dissonante de Saturne, Neptune ou Pluton– c’est votre fébrilité sans cesse aux aguets qui risque d’être la plus apparente, combinée avec le souci de paraître maître de soi et plein d’assurance. Votre regard mobile semble s’enquérir, sans trêve, de l’opinion des autres à votre égard. Comme vous vous sentez plus ou moins écartelé entre le besoin de faire preuve de votre maîtrise et la crainte d’essuyer un échec, vos gestes sont souvent mal coordonnés, d’une précipitation peu adaptée à la tâche ou d’une gaucherie quelque peu angoissée. Sur cette toile de fond dissonante, une co-dominante solaire, malgré sa flatteuse réputation, ne peut qu’accentuer vos problèmes concernant votre posture, votre apparence et votre maintien. Quel problème de paraître toujours digne et irréprochable…

Passons succinctement en revue la nuance susceptible d’être apportée par votre signe Ascendant. Le Bélier accentue votre fougue, votre brusquerie, votre côté cassant. Le Taureau vous calme, du moins en apparence ; vous donnez une impression de solidité, de force massive, de puissance tranquille : vous pouvez vous replier brusquement dans la bouderie ronchonneuse et têtue. Les Gémeaux accentuent votre souplesse, votre agilité, votre mobilité faciale et corporelle. Le Cancer peut tout aussi bien vous donner une extériorité rêveuse et nonchalante qu’une apparence de stabilité indéracinable. La Vierge a de fortes chances d’atténuer votre côté m’as-tu-vu, de vous rendre plus pudique : elle accentue la vitesse d’inhibition. La Balance affine et humanise vos attitudes, vous permet de mieux maîtriser vos gestes, d’en émousser le côté brutal et instinctif. Le Scorpion risque d’accentuer un côté tendu et crispé, autoritaire, tranchant : vous pouvez joindre, aux évidentes démonstrations d’autorité du Lion, de plus subtiles mimiques pour subjuguer vos interlocuteurs. Le Sagittaire, théoriquement, devrait rehausser votre allant, votre panache, votre abord chaleureux, en développant vos tendances mondaines et votre aisance en société ; il peut aussi vous porter à exagérer l’ampleur de vos gestes ou la profusion de vos parures. Le Capricorne, en revanche, vous incite à la sobriété de mise, à une certaine froideur un peu intimidante, au dédain des minauderies comme des manifestations tapageuses. Le Verseau peut vous rendre plus original et plus imprévisible dans vos façons de vous extérioriser : votre rythme peut être plus saccadé ; selon votre dominance planétaire, envisageons aussi l’hypothèse de l’abandon des grands airs arrogants au profit d’une sérénité avenante. Les Poissons émoussent quelque peu votre mordant apparent et votre souci d’une extériorité flatteuse : vous aurez peut-être l’air candide, insignifiant, tout innocent, mais il ne fera pas toujours bon s’y fier…

Comment vous accordez-vous avec les autres Signes

Il est possible d’explorer vos affinités et vos incompatibilités d’humeur avec les autres en partant des caractéristiques de votre signe solaire.

Ce signe exerce en effet une action particulièrement puissante sur vos goûts et sur vos buts dans la vie.

Dans le tableau qui suit, vous découvrirez sous la forme de plusieurs mots-clé la manière dont chaque signe zodiacal perçoit les onze autres signes, en termes d’accord, de conflit ou d’indifférence.

Votre personnalité est certes plus vaste que votre seul signe solaire, c’est pourquoi, pour en explorer un autre aspect, vous pouvez utiliser le même tableau mais en partant cette fois de votre signe Ascendant.

Votre Ascendant influence en effet directement votre comportement social spontané. Si cette deuxième exploration recoupe la première, vous possédez une personnalité dont les affinités et les antipathies sont nettement tranchées ; si, par contre, les deux résultats sont différents, votre capacité de contacts constructifs est très large.

Les Astromariages de la Femme Lion

Femme Lion et homme Bélier

Une Lionne ne passe jamais inaperçue : charme, élégance, autorité… Le cher Bélier, toujours prêt à se précipiter cornes baissées dans tout ce qui brille, prend feu immédiatement et passe à l’attaque. Hardi, petit. Et le voilà, tout feu tout flammes, faisant le siège de cette citadelle étoilée… On ne s’ennuie jamais avec ce couple gai, ouvert, actif. Le train-train, la grisaille, la soupe aux herbes, ce n’est pas leur genre. Mais le Bélier s’apercevra très vite que la Lionne est une patronne. Quelques coups de griffe le tiendront en respect… Comme ils adorent commander tous les deux, et que personne ne veut céder, ça risque de flamber… Le Bélier finira pas baisser les cornes ; elle est beaucoup plus forte que lui ; surtout elle mijote ses coups en catimini, et le pauvre garçon, naïf, se fera avoir jusqu’à la racine du poil !

Le Bélier sera particulièrement séduit par la Balance, laquelle cache son énergie sous une grande douceur apparente. Avec celle-là, il peut être heureux, elle le fera marcher en grande douceur et petite vitesse, sans qu’il s’en doute le moins du monde !

Femme Lion et homme Taureau

C’est un couple que l’on rencontre rarement sur le marché : ils n’ont pas grand-chose à se dire ! Le Taureau, brave bête, amoureux de sa prairie normande, cède rarement au vertige de l’exotisme africain. Si, d’aventure, les savanes brûlées du Lion lui tournent les cornes, il comprendra bien vite qu’il s’y est égaré. Le safari, très peu pour lui…

La Lionne essaie de le faire marcher, sport qu’elle pratique avec brio depuis sa plus tendre enfance. Malheureusement pour elle, le Taureau, signe fixe, les quatre pattes sur l’élément Terre, n’est pas facile à remuer. Les artifices de la Lionne n’éblouissent guère cet animal épris d’authenticité. Elle aime le faste, et lui, au contraire, déteste qu’on jette l’argent par les fenêtres pour épater le voisin…

Et puis, elle ne répond que rarement aux ardeurs amoureuses du Taureau : elle est trop cérébrale pour cette bonne bête chaude ! L’incompréhension réciproque entre deux signes fixes rendra leur union malheureuse : aucun des deux n’a la souplesse nécessaire pour s’adapter à l’autre. Laissez tomber !

Femme Lion et homme Gémeaux

En principe, le Feu et l’Air s’entendent bien, les deux Soleils étant ici en sextile (à 60°), et tout devrait aller pour le mieux. Pourtant, trop souvent, Mercure des Gémeaux ne fait pas le poids devant l’éclat écrasant du Soleil léonien.

Bien entendu, la Lionne, énergique et entreprenante, s’efforcera de coincer les deux jumeaux pour les obliger à marcher droit : travailler, gagner de l’argent, faire des affaires, bref, rentrer dans le système… Le but étant de lui offrir, à elle, le somptueux train de vie dont elle ne pourrait se passer. Et sans être aussi méchant, on peut dire que la Lionne n’apprécie pas tellement la bohème des Gémeaux, leur non-conformisme…

Mais si nos jumeaux souhaitent être fermement pris en main, surtout quand ils sont jeunes, cela ne saurait durer éternellement. Comme tous les signes d’air, leur fantaisie se nourrit de liberté… A vouloir enfermer le vent dans une boîte, on l’anéantit, on stérilise sa créativité… Attention, Lionne ! Votre poigne trop dure risque de détruire les deux brillants petits Gémeaux dont le charme vous amusait tant : vos exigences risquent de bloquer leur vivacité, leur génie inventif, leur vitalité à mille facettes. Le Gémeaux qu’on veut coincer réagit très mal : par la violence, par la dépression… ou encore par la fuite. Laissez-les vivre…

Femme Lion et homme Cancer

Pourquoi ces deux-là se marient-ils si souvent alors qu’ils n’ont rien de commun entre eux ? C’est peut-être en vertu du vieux principe chinois qui veut qu’on marie une grande mince avec un petit pot à tabac, un tendron avec un barbon, un intellectuel avec une cuisinière, etc… Systématiquement les contraires !

Le feu n’a pas de langage commun avec l’eau, surtout avec cette eau cancérienne si passive. Le Soleil et la Lune ne règnent pas sur la même partie de la journée, ils n’ont pas la même sensibilité. La Lionne, rapide, pratique, active, extravertie, s’agacera des zones d’ombre qu’abrite, en contrebande, le Cancer. Il lui échappe… elle n’est pas invitée au festival intérieur de rêveries qu’il s’offre en permanence, abrité sous sa carapace… Lui, le malheureux, espérait que cette éblouissante lumière, cette énergie solaire, le tirerait de son marécage intérieur. Nous avons remarqué à quel point le Cancer est fasciné par les Martiens : il se précipite vers les Béliers, les Scorpions, les Capricornes… Mars est exalté en Lion, certes, d’où l’attrait que ressent le Cancer pour la superbe Lionne. Mais là, il s’est trompé d’adresse. S’il a besoin d’une énergie extérieure pour l’aider à mûrir son oeuf, à sortir de sa coquille, peu de Lionnes y parviendront. Beaucoup se lasseront en cours de route, rebutées par la passivité du crabe. C’est qu’il n’est pas facile à manier, notre tourteau : attaché à ses habitudes, très peu mobile, secret, et avec ça, plus indépendant qu’on ne le croirait…

Nous avons rencontré bien des couples Lionne-Crabe la plupart marchent de travers ! Leurs relations deviennent souvent sado-masochistes, au point de les conduire au divorce… ou bien le Cancer se compense discrètement par quelque liaison. (Impardonnable crime de lèse-Lionne !). Les couples qui survivent, malgré tout, sont ceux qui bénéficient d’Ascendants « correctifs » : par exemple, LionneBalance et CancerBélier, ou LionneScorpionne et CancerPoissons

Femme Lion et homme Lion

C’est possible… A Soleil égal, c’est elle la plus forte ! Elle l’encouragera à réussir en affaires, à conquérir le monde. Elle recevra pour son mari, l’entourera d’un cadre brillant et flatteur, qu’il apprécie au plus haut point puisque cela le met en vedette : les Lions aiment le faste !

Cependant, si le Lion est en chômage, s’il rate lamentablement son coup, et s’il ne peut lui offrir les rivières de diamants qu’elle estime mériter, elle l’enverra paître dans une réserve puis s’arrangera pour se trouver un brillant mécène. La vache enragée est fatale aux amours des Lions

Femme Lion et homme Vierge

Aïe… La seule possibilité de réussite dans cette combinaison est la suivante : le Monsieur Vierge doit être un barbon et la demoiselle un tendron : il faut au moins vingt ans de différence… Dans ce cas, la vivacité d’une Lolita amuse au plus haut point le Monsieur Vierge qui en a vu d’autres, se laisse gentiment taquiner et mener en bateau – mais pas plus qu’il n’est nécessaire. Le feu du Lion ragaillardit sa maturité, et tout le monde est enchanté.

Dans l’autre sens, c’est la catastrophe garantie : la Lionne est, en amour, extraordinairement précoce. Tandis que le jeune homme Vierge, le malheureux, garde sa virginité et ses illusions plus longtemps que de raison. C’est tellement facile de le faire marcher que la Lionne en abuse.

Elle qui n’apprécie que les rapports de force, comment estimerait-elle à leur juste valeur la délicatesse, la tendresse et l’amitié du pauvre jeune homme Vierge ?

Femme Lion et homme Balance

Là encore, très facile, trop facile, pour notre experte amie Lionne, de manipuler le pauvre Balance, assoiffé de voluptés… Elle règne sur lui sans aucune difficulté. Elle n’a pas les mêmes exigences physiques que lui, elle s’offre ou se refuse selon ce qu’elle a envie de négocier, en gardant la tête froide… Plus cérébrale que sensuelle, elle s’adapte aussi à ses exigences physiques, en gardant très bien le contrôle de leurs relations… Elle lui apporte ce qu’il demande : la beauté, l’élégance, le luxe, une maison ouverte à tant d’amis riches, artistes connus…

Elle peut fermer les yeux sur ses infidélités, lorqu’elle comprend que c’est plus fort que lui, et que c’est la façon dont il exprime son besoin d’indépendance. Elle s’en agace un peu, certes mais elle est si sûre de le tenir bien en main… L’association peut être particulièrement bonne dans le domaine artistique à condition qu’ils ne soient pas, tous les deux, en concurrence dans le même domaine. La Lionne se fera volontiers l’imprésario et la protectrice d’un artiste Balance de génie, qu’elle saura lancer.

Femme Lion et homme Scorpion

Deux redoutables signes fixes en quadrature : si, vraiment, vous voulez vous marier, faites étudier soigneusement vos deux thèmes par un astrologue très sérieux… Et écoutez ses avis !

Femme Lion et homme Sagittaire

Excellente association, aussi bonne que l’inverse (homme Lion et femme Sagittaire), ce qui n’est pas toujours le cas. Ici, les mêmes raisons de succès jouent dans les deux sens.

Femme Lion et homme Capricorne

L’exemple classique d’Onassis et de Jackie Kennedy donne à réfléchir… Le Capricorne, ambitieux et avide de pouvoir, s’élève parfois très haut dans la réussite sociale et professionnelle. Ce qui lui permet de se payer toutes les femmes qu’il veut, en particulier des Lionnes, attirées par son argent comme des papillons de nuit par les phares d’une Rolls-Royce… Le Capricorne prend la Lionne comme le plus beau fleuron de sa collection d’objets d’art : elle couronne sa réussite.

Cependant, peu à peu, il s’en lasse ; il se met à détester les manigances, les flatteries, le chantage, les intrigues de la Lionne, et surtout sa disposition à tout calculer. Car il aime le naturel, et la spontanéité du cœur (dont il manque tant lui-même). Même une Lionne gentille, pas trop intéressée, (cela existe) ne saurait lui apporter la chaleur et la tendresse dont il a besoin.

Femme Lion et homme Verseau

Très, très bon. Le Verseau lui-même, plus doué pour l’amitié que pour l’amour, est assez sec et cérébral. La Lionne le fait marcher, s’impose par ses flatteries, ses bouderies, ses prétentions. Ils ont, au fond, la même inaptitude sensuelle profonde, et les mêmes goûts de luxe… Grande sera, pour eux, l’importance de la vie sociale, des amis, des voyages, des réceptions… L’homme Verseau est une marionnette entre les mains expertes de la Lionne, mais puisqu’il est profondément heureux comme ça, laissons-les ensemble… (Et surtout, n’allez pas lui dire la vérité… D’ailleurs, il ne vous croirait pas.)

Femme Lion et homme Poissons

La noyade. Chers, très chers et très aimés petits Poissons, ne vous embarquez pas dans cette galère où vous mourrez de sécheresse, d’asphyxie… La lumière du Soleil vous brûlera jusqu’aux arêtes… Restez dans votre Gulf Stream, n’en sortez jamais pour vous confier à une Lionne d’Afrique : vous en mourrez !

Les Astromariages de l’Homme Lion

Homme Lion et femme Bélier

Sautez bien haut, jolie dame, sautez de joie, voilà votre homme ! Feu plus Feu, Soleil et Mars, c’est l’incendie, un grand feu de joie qui éclairera toute votre vie.

Le Lion sera stimulé par l’irrésistible dynamisme de cette biquette entreprenante, enthousiaste, passionnée, généreuse. Elle trouvera en lui la stabilité dont elle a besoin (car le Lion est un signe fixe). Elle ne cesse de l’asticoter, elle le taquine, elle le flatte, elle le provoque : et comme c’est, en amour, une très grande actrice, il est enchanté ! Tant de démonstrations l’amusent et confortent son amour-propre. Ils se ressemblent, vivent sur le même mode de sensibilité extravertie et chaleureuse. Un même besoin intense d’activité les pousse à se dépenser à la fois physiquement et affectivement, à entreprendre, à créer, à monter sans cesse de nouvelles affaires…

Ils adorent les enfants tous les deux ; ils aiment les fêtes brillantes et les amis, ils sont sportifs, ils sont dans le vent…

Pourtant, attention aux coups de corne, chère Biquette… Votre Lion est susceptible, et son ego assez développé ne supporte ni la rébellion ouverte, ni la concurrence : ne vous amusez pas à le rendre jaloux. Vous aimez la bagarre plus que lui : ne provoquez pas trop souvent ses colères ravageuses…

Homme Lion et femme Taureau

A déconseiller absolument. Le Lion croit naïvement que toutes les femmes s’achètent : qu’il suffit d’y mettre le prix…

Peut-être, s’il est très riche, se laissera-t-elle intéresser. Mais cette grande sentimentale a un cœur… Que le Lion n’a pas les moyens de conquérir. Toujours un peu phallocrate, il pense qu’en la couvrant de bijoux et de fourrures, elle sera contente et l’aimera…

Or, la femme Taureau, signe de Terre, ne confond pas le cœur et les visons blancs : elle est contente, certes, qu’on déroule à ses pieds un tapis d’orchidées… Mais elle aimerait qu’on soit tendre, qu’on lui consacre du temps, qu’on lui parle, qu’on la caresse longuement, bref, qu’on la traite comme un être humain plutôt que comme un objet de luxe. Lente à s’émouvoir, comme les signes de Terre, profondément sensible et romantique, le Feu du Lion la déçoit : trop sec, trop cérébral, pas assez sensuel, il brûle l’humidité de la Terre. Vraiment non, n’insistez pas !

Homme Lion et femme Gémeaux

Vive, enjouée, folâtre, un vrai petit lutin, cette Gémeaux… Elle gardera toute la vie une allure d’adolescente. Sa démarche sautillante, ses réparties vives séduisent le Lion qui n’a pas cette légèreté. Lui qui adore le théâtre, le voilà servi ! Les Gémeaux sont des prestidigitateurs de premier ordre : adroits comme des singes, ils savent tout faire, ils vous sortent en un clin d’œil un lapin d’un chapeau de roues et une citronnade d’une pomme d’escalier…

Là, le Lion est bluffé : il en redemande… Les rois s’ennuient, ils ont toujours eu besoin de baladins pour les distraire, et la petite Gémeaux, fine mouche, a vite compris comment on séduit le Roi des Savanes…

Elle a l’échine souple : elle ne se laissera, pas écraser sous la grosse patte du fauve ; elle le contourne, joue à cache-crinière avec lui, et finalement, n’en fait qu’à sa tête, avec un tel brio que le Lion, sidéré, laisse faire… En flattant sa barbiche, on peut tout obtenir

Homme Lion et femme Cancer

Pas fameux… Et pourtant, nombreux sont les couples qui s’embarquent à vie dans cette combinaison…

Le Soleil uni à la Lune, le Jour à La Nuit, l’Eau au Feu : ce devrait être la combinaison idéale, l’accord parfait du Yin et du Yang, de la lumière et de l’ombre…

Eh bien, non, détrompez-vous : en pratique, les résultats ne sont pas brillants. L’entente physique n’est pas bonne ; Le Lion avait cru que cette tendre et douce écrevisse était une grande sensuelle. Le plus souvent, il n’en est rien : elle a le plus grand mal à s’exprimer physiquement. Et si elle se libère de ses inhibitions, ce ne sera pas grâce au Lion… On pourrait croire qu’une certaine frigidité cancérienne dégèlerait sous l’effet de la chaleur solaire… Ce n’est pas vrai la plupart du temps. Le Lion a trop d’angoisse sur sa propre virilité (une minute de défaillance est un drame pour son amour-propre). Aussi compense-t-il cette angoisse par des démonstrations extérieures d’autorité et de prestiges… Mais incapable de comprendre les abîmes secrets des signes d’eau, il ne peut rassurer la pauvre étrille. Celle-ci ne fera totalement confiance qu’à un autre signe d’eau (ou à un signe de Terre), dont la nature profonde ressemble à la sienne. Ici, le feu pulvérise l’eau, qui se venge en l’éteignant ! Les animaux marins craignent au plus haut point les ardeurs de l’été, et se dessèchent lorsqu’on les expose au Soleil à marée basse. C’est vraiment un couple très, très difficile à bien mener…

Homme Lion et femme Lion

C’est possible… A Soleil égal, c’est elle la plus forte ! Elle l’encouragera à réussir en affaires, à conquérir le monde. Elle recevra pour son mari, l’entourera d’un cadre brillant et flatteur, qu’il apprécie au plus haut point puisque cela le met en vedette : les Lions aiment le faste !

Cependant, si le Lion est en chômage, s’il rate lamentablement son coup, et s’il ne peut lui offrir les rivières de diamants qu’elle estime mériter, elle l’enverra paître dans une réserve puis s’arrangera pour se trouver un brillant mécène. La vache enragée est fatale aux amours des Lions

Homme Lion et femme Vierge

Jeune personne tout à fait convenable, la Vierge ne rêve que de se dévouer.

Voyez comme ça tombe bien : le Lion cherchait justement une admiratrice, une collaboratrice compétente, discrète et fidèle, un « faire-valoir » qui lui répète tous les jours combien il est admirable… combien il est admirable…

Ce n’est pas la Vierge qui irait se moquer de lui ou contester son autorité… Bien au contraire, elle lui lissera le poil dans le sens qu’il faut, et aussi longtemps qu’il le voudra…

Mais la Vierge, signe double, est plus subtile que ne l’imagine le Lion : fine mouche, très possessive et très jalouse, elle s’ingéniera à l’enserrer dans les filets de son dévouement quotidien. Peu à peu, au fil des années, le Roi des Afriques se retrouvera complètement ligoté, ficelé, coincé par cette bourgeoise personne qui sait si bien le rassurer. Et comme il est lui-même un signe fixe, aucunement souple, ni volatile, il sera si bien pris au piège, cette grosse bête, qu’on finira par se demander qui est l’esclave et qui est le dompteur… Ne le grosse bête, qu’on finira par se demander qui est l’esclave et qui est le dompteur… Ne le plaignez pas, c’est bien fait pour lui !

Homme Lion et femme Balance

Il se méprend complètement sur la nature aérienne de la Balance… Aimable, sociable, conciliante, le Lion voit en elle la femme idéale (quelque chose du genre : « sois belle et tais-toi »). Mais la Balance n’est soumise qu’en apparence : sa désinvolture provoque le Lion, le séduit, l’inquiète. Il a bien raison d’être inquiet ! Il cherche à assurer son pouvoir en couvrant notre Balance de diamants, de cadeaux et de bons restaurants… Elle accepte en souriant. Mais alors qu’il touchait presque le but, la voilà qui dit non. Il ne comprend pas, lui. Expliquez-lui que le rythme de la Balance, c’est un pas en arrière, deux en avant, trois en arrière… Et on recommence. Elle est capable de le ridiculiser devant toute la galerie, de lui renvoyer ses bijoux à la tête, de se moquer de lui… Car elle aime avant tout son indépendance, et son indépendance de jugement, aussi, fort critique, très peu tolérante, elle roi des animaux n’est jamais qu’une grosse bête un peu simpliste… Malheureusement, trop occupé de lui-même, méprisant, au fond, les femmes, incapable d’accepter leur différence, il ne se donne pas la peine de comprendre les subtilités de sa partenaire. Elle lui rendra mépris pour mépris, et pour que ça marche, entre eux, il faudrait que le Lion soit croisé d’autres bestioles…

Homme Lion et femme Scorpion

Dramatique. Oui, un désastre. (Bien entendu, entre un vrai Lion et une vraie Scorpionne). Cette combinaison n’est viable qu’avec un Lion Ascendant Poissons et une Scorpionne Ascendant Balance ou Verseau… Autrement dit un Lion d’eau et une Scorpionne d’air, par exemple.

Sinon, impossible. Le Lion, le malheureux, est tombé sur une femme qu’il ne réussit pas à épater, qui est trop perspicace et trop intelligente pour lui, et qui refuse de le flatter bêtement… Impossible de la manoeuvrer, de l’acheter, de la dominer, de la manipuler, de la tenir à sa merci, en un mot. Qu’il se sauve, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux à faire !

Homme Lion et femme Sagittaire

Très heureuse association d’un grand prédateur et d’une superbe chasseresse devant l’Eternel… On peut détester la chasse, mais ces deux-là sont faits pour sonner l’hallali ensemble ! Ils feront des affaires à l’étranger, ils gagneront des fortunes qu’ils risqueront entièrement, avec un bel optimiste, dans de nouvelles affaires… Une chance insolente amènera la fortune à leurs pattes ! Redoutable et efficace association… Pourquoi diable les Lions vont-ils courir les signes d’eau, impossible Cancer et Scorpion insoumis, alors qu’il existe des Sagittaire faites exprès pour eux ? Dites-le leur, ils n’ont pas l’air de le savoir… Homme Lion et femme Capricorne

A ne pas encourager… L’ambition politique peut les réunir un moment, mais ils sont bien trop orgueilleux tous les deux pour qu’on les attèle ensemble ! le Lion réussit mal auprès des signes de Terre, qu’il essaie d’éblouir avec ses feux d’artifice. Mais il ne s’attire que leur mépris. (Et le mépris capricornien, c’est quelque chose…). Comme ils tirent chacun à soi la couverture, il est normal qu’elle se déchire un jour par le milieu… A moins que les Ascendants ou les signes lunaires n’y mettent un peu d’élasticité : LionVierge, par exemple, et CapricornePoissons

Homme Lion et femme Verseau

La voilà, l’âme sœur, la jumelle idéale et complémentaire que cherchait désespérément notre pauvre Lion ! Opposés, mais aussi unis sur le même axe zodiacal, ils se ressemblent et sont faits pour s’entendre ! Si le Lion cherchait une ombre pour faire valoir sa lumière, ce n’était pas le CancerLune, c’était le VerseauSaturne, signe nocturne, qui lui était destiné… Qu’on se le dise !

Homme Lion et femme Poissons

A conseiller plutôt avec un Lion de mer, c’est-à-dire très humidifié par un signe d’eau à l’Ascendant… La petite sirène rêvait d’un Prince charmant, beau, riche, brillant : le voilà ! Elle l’enserre dans ses filets d’eau, et l’attire dans ses cavernes marines : il est cuit, le pauvre Lion ! Mais il est si heureux d’être adoré qu’il devient tendre et chevaleresque, protégeant sa sirène contre les monstres marins qui hantent ses nuits… Attention, la sirène est jalouse : elle ne tolérera pas la moindre infidélité !

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Pour ce qui est de l’interprétation du couple signe solaire – signe Ascendant, il me paraît dommage de se contenter d’un vague mixage des qualités et des défauts des deux signes en présence. Dommage, aussi, de réserver les tendances du signe solaire à la vie publique et celles du signe Ascendant à la vie privée : il ne manque pas d’exemples illustres infirmant nettement cette hypothèse de travail. Si l’on s’en réfère aux définitions astronomiques des deux signes, il semble plus logique de considérer le signe Ascendant comme un facteur d’individualisation progressive. C’est par l’expérience acquise en vivant les fonctions du signe solaire que le natif acquiert peu à peu la conscience des fonctions de son signe Ascendant ; qu’il s’efforce de les vivre de la façon la plus adaptée à son cas personnel et à sa situation particulière. Quand on dispose d’une bonne définition des signes en termes fonctionnels, on analyse naturellement la dynamique de l’évolution d’un signe à l’autre avec plus de précision. C’est ce que je vais tâcher de faire dans les pages suivantes. En transposant un peu, des portraits peuvent également s’appliquer sans mal à la description du genre de relations qu’un Lion très typé peut espérer nouer avec des natifs d’autres signes. Je vous laisse le soin de faire travailler vous-même vos facultés déductives.

Lion Ascendant Bélier

Devant cette association de deux signes de Feu, les manuels classiques n’ont pas assez d’exclamations superlatives pour vanter votre énergie, votre combativité et votre audace.

Vous êtes décrit comme un entraîneur enthousiaste, un lutteur passionné et l’on évoque complaisamment les idéaux en principe généreux qui vous incitent à l’action brusque et turbulente, aux coups d’éclat plus ou moins héroïques, aux exploits un peu fous. On vous reconnaît, aussi, une franchise sans calcul, une indépendance forcenée et une autorité tranchante qui ne s’embarrasse pas de finasseries.

Un peu moins poétiquement, l’astrologie moderne vous dira que vous êtes marqué, en priorité, par des processus d’excitation qui vous poussent à réagir activement au monde extérieur sur un mode d’affrontement résolu et de percutante affirmation de soi. Cette force d’excitation sera des plus patentes si votre thème est dominé par Soleil, Jupiter, Mars et Uranus, de préférence en aspects harmoniques réciproques. Vous ne vous endormirez guère sur vos lauriers, vous ne vous figerez pas aisément dans un rôle de pontife bien assis sur son trône. L’expérience vous a appris les dangers de l’encroûtement et de la routine. Pour maintenir à l’état neuf ses capacités d’affirmation, rien ne vaut l’action-éclair, l’initiative audacieuse et improvisée. Vous êtes le champion toujours prêt à remettre son titre en jeu ; mais, comme vous n’avez pas craint l’affrontement immédiat avec tous ses aléas, vous sortez de chaque victoire, renforcé et raffermi, plus sûr encore de votre indiscutable supériorité. Si le Soleil, Jupiter, Mars et Uranus forment, entre eux, des dissonances majeures, les processus de base sont analogues, mais vous avez plus de mal à en tirer profit. Vous risquez de gâcher une flatteuse réputation par des actions irréfléchies et inopportunes. Vos lubies soudaines, vos fracas malencontreux, tout cela risque, à la longue, de saper votre prestige et votre autorité. Les avantages acquis à force de travail enthousiaste et opiniâtre menacent de se réduire en fumée. Mais vous êtes un optimiste indécrottable, et vous repartez bien vite vers de nouvelles aventures, comme disent les héros de vos bandes dessinées favorites.

Vous savez adopter une ligne de conduite claire et non équivoque, l’un de vos atouts majeurs est votre faculté d’éliminer les affres du doute et de la tergiversation inquiète au moment d’agir. Avec vous, on ne risque pas de se morfondre dans les longues ruminations stériles. Le revers de la médaille, ce sont les simplifications abusives, les prises de position violemment partiales, et d’autres jugements aussi hâtifs que catégoriques. Vous qui êtes si sensible aux thèmes d’indépendance et de liberté, vous risquez de vouloir asséner aux autres vos solutions-miracles avec une paradoxale et virulente intolérance. Si, dans votre ciel, dominent des dissonances de Lune, Neptune, Saturne ou Pluton, vous vivrez vos tendances sur un mode plus intériorisé : théories d’autant plus audacieuses et radicales qu’elles ne risquent guère d’avoir à affronter l’épreuve de la mise en pratique, oeuvres violentes pleines de panache, de bruit et de fureur, qui n’égratignent que la toile et le papier ou ne risquent d’écorcher que les oreilles délicates.

Lion Ascendant Taureau

Deux signes fixes, deux signes forts, deux animaux imposants… Il n’en faut pas plus pour que la tradition vous attribue un caractère entier. Extrêmement têtu, opiniâtre, sujet aux passions profondes et durables. Vos instincts sont puissants, vos convictions inébranlables. Vous êtes doté, en principe, d’une volonté de fer et d’une ambition à toute épreuve, mais aussi, assez souvent, d’une bonne dose de susceptibilité et d’égoïsme. Si, dans votre thème, la prépondérance des deux signes s’assortit d’une nette dominance d’Uranus, de Jupiter et de Saturne, vous avez de fortes chances de vous reconnaître sans ambiguïté dans ce portrait traditionnel. Il convient cependant d’être plus analytique.

En vérité, même si les deux signes se rejoignent effectivement par leur côté systématique, jusqu’au-boutiste et obsessionnel, leur dynamique de base est bien différente, pour ne pas dire opposée. Le Lion entend atteindre ses buts en s’ouvrant au monde, en s’extériorisant, en s’affrontant activement à tout ce qui gêne sa progression. Le Taureau préfère réaliser ses ambitions en se fermant aux remous et tourbillons de la vie sociale, en opposant sa force d’inertie à tout ce qui menace sa tranquillité foncière et l’empêche de mener à bien son programme. Loin des agitations futiles et de la course au vedettariat, il préfère cultiver son jardin, s’enraciner, jouir pleinement d’une vie simple et saine en bûchant avec application ses centres d’intérêt de prédilection. On conçoit que vous puissiez ressentir de pénibles tiraillements entre votre goût du spectaculaire et vos aspirations au calme et au confort, entre vos ambitions plus ou moins mondaines et vos besoins instinctifs, entre les impératifs d’une ascension sociale active et la nécessité non moins pressante de souffler un peu. A supposer que vous parveniez à coordonner vos tendances au fil des ans, vous tendrez à mettre votre force d’affirmation, votre esprit d’entreprise et vos ambitions sociales au service de vos aises, de votre bien-être élémentaire, d’une vie paisible à l’abri du besoin. A quoi bon, pensez-vous, acquérir puissance et renommée si c’est pour y perdre la santé ?

Vous vous défiez de toute audace qui ne déboucherait pas sur des avantages en nature. Vous ne vous démènerez et vous ne remuerez ciel et terre que si vous pressentez du solide, du palpable et du concret au bout de vos efforts tenaces. Vous déserterez les chemins de la gloire qui ne mènent pas à la maison de campagne. Et, pour arriver à vos fins, vous savez mieux que personne enrober votre détermination massive d’une diplomatie de salon qui n’exclut pas une astuce de commerçant avisé.

L’une de vos faiblesses majeures – car vous en avez, malgré tout – c’est le risque de vous murer dans vos certitudes sommaires, d’en tirer prétexte pour vous enferrer dans la routine en refusant le renouvellement de vos conceptions. D’aucuns pourront trouver dommage que les colères et révoltes du Lion qui est en vous ne se mobilisent pour de plus hautes causes que la défense de vos intérêts de propriétaire. Il n’est pas exclu, cependant, qu’un Neptune particulièrement fort dans votre thème, ne vous permette de vivre vos tendances foncières sur un mode plus idéaliste, plus poétique, davantage axé sur la puissance obsédante des rêves, des fantasmes et des violents sursauts du cœur. C’est le cas, par exemple, de l’écrivain canadien Anne Hébert.

Lion Ascendant Gémeaux

Lion et Gémeaux, un félin et deux bambins, ça vous fait un sacré trio qui s’entend très bien : tous les astrologues – ou peu s’en faut – sont, pour une fois, d’accord là-dessus. Dans cette heureuse alliance, en effet, les deux signes s’épaulent et se rehaussent mutuellement. On vous dit à la fois fort et souple, ferme et mobile, persévérant et plein d’à-propos, volontaire et plein d’entregent. Le Lion se fait moins abrupt, le Gémeaux se fait moins futile. Une dominance harmonique des planètes Mercure, Mars, Jupiter et Soleil devrait faciliter la réalisation de ce beau programme. Voyons cependant les choses de plus près.

Il est plusieurs possibilités d’évolution de vos tendances. Sur le mode accompli, par exemple, vous pouvez, à mesure que vous mûrissez, refuser la spécialisation et l’étroitesse de vue. Pour vous, la véritable force doit être polyvalente, jouir d’une entière liberté de manoeuvre et ne pas craindre les contradictions possibles entre les façons dont elle s’exerce.

Il ne sert à rien, pensez-vous, de rompre les obstacles pour s’affirmer si vous devez vous retrouver, à chaque fois, dans une nouvelle cage. Vous serez donc tenté de diversifier vos moyens d’affirmation, ou de travaux, à partir d’une compétence indiscutable dans un domaine précis, matière à de multiples variations, pirouettes, facéties et jeux d’esprit. Mais que vous ayez plusieurs cordes à votre arc n’atténue pas pour autant la force et la détermination de chacune des flèches que vous décochez.

Une autre façon de vivre positivement vos tendances consiste à vous dégager, peu à peu, des oeillères d’un Moi trop imbu de son nombril ; à exorciser, par l’humour, votre désir foncier d’être le plus fort, le plus beau, le plus riche où le plus célèbre. Peut-être, aussi, vous montrerez-vous suprêment habile à masquer vos appétits ambitieux sous des dehors légers et primesautiers. Plus d’un adversaire, distrait par vos virevoltes aimables de papillon, ne s’apercevra que trop tard de la force de vos mâchoires. Sur un plan plus élevé, vous êtes, en principe, fort doué pour donner une diffusion maximale à vos idées fortes comme à vos sursauts d’indépendance. Vous saurez les répandre dans un vaste public, en montrer la valeur universelle par le biais de stylisations hardies, non exemptes d’esthétique.

Si Saturne, Lune, Neptune, Mercure ou Pluton dominent en dissonance votre thème, vous êtes plutôt un LionGémeaux du genre inadapté. La tendance à la dispersion des Gémeaux ne risque guère d’atténuer vos phobies léoniennes. Vous qui auriez besoin d’analyser en profondeur pour moins perdre votre sang-froid, commettre moins d’impairs, vous voilà irrésistiblement attiré, tel un papillon de nuit égaré chez un éclairagiste, par les mille sollicitations contradictoires du monde qui vous environne. Vous qui êtes soucieux de perfection, à la recherche d’un droit chemin et d’une claire devise sur votre fier drapeau ; vous vous culpabilisez de vos errements et incertitudes, qui ne font que croître, au fil du temps. La maîtrise d’une bonne technique de relaxation vous ferait certainement le plus grand bien.

Je suis plutôt content, pour finir, de pouvoir vous livrer trois exemples typiques de LionAscendant Gémeaux qui me semblent assez bien illustrer mes propos : le grimaçant Louis de Funès, le Jean-Christophe Averty qui en vaut deux, et le dessinateur Sempé, alerte croqueur à belle plume de nos dérisoires prétentions.

Lion Ascendant Cancer

Comme pour la combinaison précédente, les astrologues font chorus, mais cette fois pour souligner les profondes divergences des deux signes en cause. A entendre les plus catégoriques, vous portez en vous l’irréductible dualité du jour et de la nuit, du clair et du ténébreux, de la maturité et de l’infantilisme ; on va même jusqu’à dire – pour ceux qui sont un peu phallocrates sur les bords – la masculinité triomphante et la féminité soumise. En nuançant davantage, on peut effectivement admettre, en gros, que vous arborez un double visage : une face conquérante, spectaculaire, active, ambitieuse et mondaine côtoie une autre face toute de repli, de rêverie, de goût pour l’intimité douillette et les secrets émois du cœur. Cependant, ne citer, du Lion, que ses facultés adaptatives et ne retenir du Cancer que les faiblesses des types inadaptés, ne me semble pas très équitable : nous avons déjà fait connaissance avec les faiblesses du Lion, et il existe aussi des Cancers forts.

Si le Soleil, la Lune, Jupiter et Uranus dominent harmoniquement votre thème, vous avez des chances d’appartenir à cette dernière catégorie.

Réussissant alors votre évolution du Lion au Cancer, vos conquêtes et vos audaces, loin de vous inciter à faire cavalier seul, ne vous donneront que plus d’assurance pour consolider la cohésion du groupe auquel vous appartenez : que ce soit votre famille, une communauté quelconque, ou un clan cimenté par les mêmes intérêts. Vous userez de vos certitudes et de votre aplomb pour renforcer l’implantation dudit groupe, pour en perpétuer les traditions et lui épargner le déracinement. Vous le nourrirez de votre énergie rayonnante, n’ayant de cesse qu’il n’ait atteint sa pleine efficacité dans les limites de son champ d’action. Vous savez vous montrer, pour parvenir à vos fins, particulièrement tenace et persévérant, faisant preuve de hautes aptitudes d’organisateur ou de gestionnaire. Mais vous êtes tenté d’ériger vos maximes percutantes et vos arguments massues en règles morales et moralisatrices à l’usage des brebis dont vous estimez être le tout-puissant berger. Ce qui, à mon sens, est certainement l’un de vos travers les plus agaçants.

Pour le cas où vous rateriez plus ou moins votre évolution du Lion au Cancer, la liste des divergences fondamentales évoquées plus haut permet déjà de se faire une petite idée de vos avatars probables. Repentant retour au bercail après des frasques d’enfant prodigue : renoncement à une autonomie quasiment acquise, par peur, refus des responsabilités, ressenties comme écrasantes, repli dans le rêve et l’imaginaire, tentatives de passions totales et de liberté inconditionnelle se soldant par un refuge dans le romanesque platonique…

L’on n’en finirait pas, apparemment, d’égrener la litanie des piteux échecs qui vous menacent. Mais, vous rejeter, illico, dans la poubelle réservée aux minables, comme le ferait plus d’un astrologue bien-pensant, ce serait méconnaître les avantages féconds de l’inadaptation, en tant que remise en cause des valeurs en cours. Et vous, LionCancer inadapté, face à l’agressivité arriviste qu’il est de bon ton d’afficher en notre siècle de fer, vous êtes très bien placé pour dresser, comme un bouclier salutaire, la pacifique innocence du jardin d’Eden.

Lion Ascendant Lion

A l’entrée de mon recueil d’horoscopes, force m’est de constater que les célébrités LionAscendantLion se bousculent au portillon. De Claudel à Dumas père en passant par Bartholdi, de Noël-Noël à Goscinny en passant par Edgar Faure, sans même parler de Laurent le Magnifique, de Debussy et de quelques autres, la pléthore est à l’ordre du jour.

Choeur des lecteurs qui se laissent aller à leur tempérament triomphaliste habituel : c’est normal, on est les plus forts ! Surtout quand on est des Lions à la puissance deux ! Minute, petits Lions. Au risque de me faire traiter de faux frère par mes frères zodiacaux, je considère qu’une telle surabondance n’a rien à voir avec une éventuelle supériorité de leur signe, mais qu’elle découle, tout bonnement, statistique en main, de la montée en flèche du nombre de naissances au lever du jour, ce qui se vérifie pour n’importe quel signe. Ne supposez pas que la présence simultanée de l’Ascendant et du Soleil dans le Lion, multiplie automatiquement par deux la qualité des performances de l’animal: Il est plus juste de parler d’une meilleure continuité de comportement, chaque nouvelle expérience vous confortant dans vos orientations primitives et vos mobiles originels.

Ainsi, les sursauts successifs de votre force débloquante sont autant de paliers qui rehaussent votre confiance en vous-même et vous confirment vos hautes aptitudes pour la voie que vous vous êtes choisie. Plus encore qu’un autre Lion, vous avez horreur des impasses de l’échec. Vous vous efforcez de ne faire déboucher vos audaces que sur des situations qui vous laisseront le champ libre pour un nouveau bond en avant. De tels exploits, naturellement, sous-entendent une conscience aiguë de vous-même et une parfaite lucidité quant à vos dons et compétences. Cette perpétuelle reconduction de vos certitudes mobilise plus que jamais votre persévérance, votre obstination, votre ténacité. Vous vous sentez obligé d’être perpétuellement sur la brèche. Vous ne sauriez résister à la tentation de vous jeter dans la mêlée, dès qu’une compétition, pour peu qu’elle soit dans vos cordes, s’annonce à l’horizon. Le processus n’a pas que des avantages, en particulier pour les risques de surmenage et de tension qu’il implique. Vous prenez trop à cœur le maintien d’une réputation, lourde à soutenir sans faiblir. L’image déjà évoquée du Lion équilibriste vacillant tout en haut de sa pyramide d’exploits, sans cesse à deux doigts de la dégringolade, devrait vous faire réfléchir sur les dangers des forcings trop ambitieux. Si vous êtes un Lion plutôt inadapté du genre maladroit et gaffeur, vos déconvenues ne vous conduisent pas à pousser plus avant votre réflexion analytique. Elles vous maintiennent au contraire dans vos jugements sommaires et péremptoires. A une saine recherche d’explication cohérente, vous substituez, de plus en plus, une susceptibilité maladive constamment à l’affût des supposés saboteurs de votre gloire éclatante.

Lion Ascendant Vierge

Si l’on se réfère aux portraits classiques, voilà encore un couple passablement contrasté, proche parent du couple LionCancer. On sera tenté d’opposer ici les fanfaronnades à la modestie; la générosité sans calcul à la mesquinerie intéressée, l’aplomb phénoménal aux pudeurs outrées, le goût du grandiose fastueux à la simplicité de la violette, et le reste à l’avenant. Mais nous n’expliquerons pas ce caractère en le figeant dans ses contradictions. Essayons plutôt d’en saisir la dynamique interne, à savoir le passage d’un déblocage briseur de limites à un blocage étroitement auto-protecteur.

A première vue, et surtout si, dans votre ciel, dominent des dissonances majeures de Lune, Saturne, Neptune ou Pluton, ce n’est pas un passage très facile. Toutes vos entreprises audacieuses, en effet, tendent à se solder, chez vous, par une conscience aiguë de leur démesure et de leur caractère irraisonnable. Du moins les jugerez-vous démesurées et irraisonnables, eu égard à vos besoins minimes, et aux modestes capacités que vous avez tendance à vous attribuer. On comprend qu’à la longue, cela puisse émousser votre mordant, vous conduire au fatalisme résigné, vous *inciter aux replis craintifs devant les vastes horizons qui ne demanderaient qu’à s’ouvrir. L’amélioration de votre sens analytique ne se manifeste guère que par des coupures inquiètes de cheveux en quatre. Vos dissections vétilleuses ne sont qu’un prétexte à éviter l’affrontement d’un échec supposé inéluctable.

Autre avatar possible : la maladresse gaffeuse dont vous faites preuve dans vos rapports sociaux de Lion fragile peut vous conduire à limiter lesdits rapports au maximum. Vous vous réfugiez, peu à peu, dans une insociabilité bourrue, hérissant vos manies et vos particularismes comme autant d’écueils pour décourager l’accostage. Mais, du fond de votre retraite, peut-être serez-vous le premier à vous lamenter sur la solitude des grands hommes à qui l’on n’a pas donné leur chance.

Vous pouvez vivre votre inadaptation de façon un peu plus positive en usant d’un humour grinçant et d’une ironie désabusée pour dénoncer les m’as-tu-vu, les bluffeurs, les outrecuidants et les puissants de cette terre, sans qui tout serait tellement plus clair, plus vrai, plus simple. Vous avez plus fortement conscience que d’autres de l’inanité de leurs prétentions et de leur inaptitude foncière à rendre le quotidien plus habitable en modelant le cadre de vie à la mesure de l’être humain.

Si vous êtes d’un genre plus adapté, sans doute viserez-vous avant tout, par vos exploits et sursauts héroïques, à consolider un individualisme discret, tenace et orgueilleux. Toute initiative est bonne qui, au bout du compte, vous permet de vous suffire, d’affirmer votre autonomie sans vous encombrer, jusqu’au bout, de mondanités paradantes. Vous avez soin de ne vous colleter qu’à des tâches à votre mesure. Vous organisez, vous prévoyez, vous pesez soigneusement les risques. Vous rectifiez votre puissance instinctive en la passant par le fil d’une logique acérée qui sait faire la part entre les bravades futiles et les efforts utiles.

Comme on le voit, Soleil LionAscendant Vierge, ça peut donner aussi bien Tabarly que Louis XVI. Ça donne aussi des types dans mon genre. Mais, comme je suis modeste, je n’en dirai pas plus long.

Lion Ascendant Balance

De l’avis général des augures classiques, sur la route en pente douce qui mène du Lion à la Balance, tout glisse à merveille. La volonté de puissance met de l’eau dans son vin ; la griffe redoutable se gante de velours ; le rugissement impérieux se mue en dialogue roucoulant. Notre fauve se pare et se pomponne au goût du jour pour mieux gagner les faveurs des salons. Au risque d’altérer un peu la belle harmonie du tableau, une analyse plus fine et plus objective devrait nous permettre d’en retrouver les traits essentiels, mais en nuançant davantage nos appréciations élogieuses.

Du Lion à la Balance, nous passons de l’excitation débloquante à l’excitation associative. Permanence, par conséquent, de l’ouverture au monde et de l’attrait pour la vie extérieure. Mais, si l’expansion se fait au départ sur le mode de l’affirmation personnelle, de la brusque rupture audacieuse vis-à-vis des habitudes paralysantes de votre milieu, tout cela ne doit pas vous couper de la société ou faire obstacle à votre intégration. Vous serez ravi, au contraire, de pouvoir contribuer, par vos salutaires sursauts, à une plus grande souplesse des rapports humains, à une meilleure entente, au dénouement des conflits. Mais, en même temps, vous espérez bien bénéficier, par ricochet, d’un regain d’estime, d’une réputation de conciliateur magnanime qui rehausse votre propre image.

L’un des atouts majeurs que vous octroie la Balance, c’est la maîtrise de vos phobies secrètes, un affinement opportun de vos facultés d’analyse, de votre subtilité, de votre sens des discriminations savamment dosées. Flairant ce qui est dans le vent, prompt à saisir les plus minimes modifications dans l’équilibre des forces, vous avez l’art de choisir le bon moment pour vous mettre en avant. Et quand vous le faites, vous savez employer les mots qu’il faut et adopter l’attitude adéquate pour maintenir vos avantages ou persuader autrui du bien-fondé de ce que vous leur imposez. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que l’on puisse vous trouver aimable, avenant, poli et pondéré. A vous regarder d’un œil plus critique, on vous jugera peut-être comme un habile manipulateur, qui ne songe, en fin de compte, qu’à satisfaire ses ambitions, reniant sans vergogne ses risettes et ronds de jambe dès lors qu’ils ne servent plus ses desseins.

Si votre dominance planétaire vous porte à l’idéalisme contemplatif, vous serez davantage porté à renier vos racines léoniennes en prêchant la fraternité contre l’égoïsme, la compréhension d’autrui contre les certitudes arrogantes, la douceur et la justice contre l’arbitraire du fort, du bête et du méchant. Il se trouvera forcément des gens bien intentionnés pour vous taxer de songe-creux irréaliste et inefficace, de naïf un peu trop porté à sous-estimer les appétits de domination de ses semblables. Mais vous persisterez, envers et contre tous, dans vos rêves flambants de liberté généreuse.

Quelques célébrités LionBalance pour conclure : Michel Rocard, Bourvil, Minou Drouet… et le dessinateur Saint-Ogan, qui vous fait un petit signe d’amitié de la part d’Alfred le pingouin.

Lion Ascendant Scorpion

Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous n’avez pas la réputation d’être particulièrement commode. Si vous êtes fidèle à vos deux signes, tels qu’ils sont habituellement décrits, vous faites effectivement preuve d’un sacré caractère : farouchement individualiste, extrêmement volontaire, entier, combatif, exclusif, passionné, jaloux et susceptible… Par-dessus le marché, la tradition astrologique vous gratifie d’une autorité magnétique irrésistible. Vos animaux-symboles, certes, ont de quoi impressionner tous ceux qui ne demandent qu’à l’être. Vous ne vous privez guère d’user et d’abuser des diverses façons d’en imposer aux autres. Mais ne nous en laissons pas conter…

Un peu comme dans le cas du LionAscendant Taureau, vous réunissez, dans votre formule, deux signes obsessionnels, systématiques et inflexibles, dont les moyens respectifs d’affirmation ne se ressemblent guère. Vous êtes, en conséquence, porté à des comportements contrastés, dont vous pouvez plus ou moins bien maîtriser l’alternance.

Une forte dominance harmonique de Soleil, Jupiter, Uranus et Mars devrait vous permettre de jouer sur le double tableau LionScorpion au mieux de vos intérêts. Vous saurez, dans ce cas, user tour à tour de la vertu des proclamations spectaculaires, des actions fracassantes, puis de celle des cabales, intrigues, pièges plus ou moins sournois et lents travaux de sape. Vous serez simultanément habile aux manoeuvres souterraines et à la bataille au grand jour. Le Scorpion apporte au Lion ce qui lui manque souvent : la finesse, la ruse, la subtilité, l’art de jouer au chat et à la souris, de tirer les ficelles des empoignades les plus confuses, de frapper juste et net au point capital, au moment crucial. Vous savez affiner vos initiatives ambitieuses, parfaire leur efficacité par une meilleure analyse ou par une maîtrise consommée de la propagande insinuante. Vous serez peut-être tenté de consacrer votre énergie débordante au renforcement d’un clan étroit ou de quelque subversion secrète ; ou bien, de spécialiser vos audaces dans des domaines considérés comme tabous, choquants, ou, tout au moins, dérangeants pour le confort intellectuel de vos semblables. Même dans ces cas-là, vous comptez bien recueillir en retour une hausse de prestige et remonter dans votre propre estime.

Lorsqu’une mauvaise coordination entre vos deux signes apparaît, la claironnante prise à rebrousse poil des usages vous vaudra plus sûrement la réprobation publique que les lauriers attendus. Vous vous exposez ainsi à vous aliéner les purs et durs de votre camp, qui ne manqueront pas de vous reprocher le côté un peu théâtral de vos révoltes. Vous risquez, enfin, d’empêtrer vos fougueux élans dans l’inextricable réseau de vos propres machinations, de vous retrouver prisonnier de la Bastille que vous comptiez démolir. Sans doute serez-vous tenté de vous imaginer grandi et renforcé par les persécutions dont vous vous croyez l’objet. Or, si vous retiriez de vos expériences le sens critique qui vous manque peut-être en partie, vous seriez redoutable pour démasquer les hypocrisies des puissants.

Quelques illustres, illustrant bien votre cas : Napoléon I », Mussolini, Gilbert Trigano, et l’éditrice Régine Deforges.

Lion Ascendant Sagittaire

Devant un tel duo de signes de Feu, la Tradition, bien évidemment, ne peut manquer d’exalter votre ardeur, votre enthousiasme, votre esprit aventureux, votre énergie généreusement déployée. On vous reproche, parfois, d’être un peu envahissant dans vos exubérances ; mais l’on vous dit, aussi, bon compagnon, honnête, loyal, courageux et compatissant, le tout pimenté de la noblesse chevaleresque, seyant à un Lion mâtiné de Centaure. En somme, à en croire vos augures, au hit-parade du parfait héros de bonne compagnie, vous avez de fortes chances de bien vous placer sur le podium.

Une dominante harmonique de Soleil, Uranus, Mars et Jupiter, planètes d’affirmation active, ne peut qu’accentuer votre ressemblance avec ce portrait flatteur. Un portrait que tous les conformistes pleinement adaptés ne manqueront sans doute pas d’apprécier, mais qui montre bien vite sa relativité et ses insuffisances. D’une manière plus abstraite, on peut dire qu’en évoluant du Lion au Sagittaire, votre volonté de puissance tend à élargir au maximum son champ d’action, à diversifier le plus possible ses points d’impact. Non pas, à la manière des Gémeaux, en dilettante papillonnant et superficiel, mais en reliant constamment entre elles vos nouvelles conquêtes, qu’elles soient d’ordre matériel ou intellectuel, d’ordre humain ou affectif. Vous ne vous contentez plus de briser les clôtures pour vous ébattre comme un cabri ; vous explorez à fond la campagne environnante et vous liez connaissance avec tous les habitants. Vous vous mouvez dans un réseau d’expériences variées, d’accointances multiformes, de connaissances éclectiques, tissant, dans leur ensemble, la parfaite image du système de pensée de votre époque, le fidèle reflet des coutumes dominantes de votre milieu. Vous n’êtes plus un fauve sauvage, mais un animal civilisé. Toujours dynamique, autoritaire et impulsif ; mais vous savez y mettre les formes, vous plier aux modes, vous conformer aux lois. Vous mobilisez vos énergies surabondantes pour défendre, en preux baladin, les valeurs et les idéaux de votre temps. Votre punch peut faire merveille quand il s’agit d’organiser, de fédérer, de coordonner, de faciliter les échanges et les rapprochements à l’échelle la plus vaste possible. Vous savez surmonter tous les obstacles.

En cas de dissonances ou de dominantes planétaires contraires, vous risquez plusieurs écueils : ainsi, en brassant trop d’affaires, vous diluez vos forces dans mille projets qui se mêlent, s’entremêlent et se contrarient mutuellement. D’aucuns pourront vous soupçonner de philanthropie intéressée, vos bons offices et vos louables initiatives n’étant destinés qu’à rehausser votre prestige personnel. Si vous êtes d’une trempe contestataire, prenez garde, plus qu’un autre, au risque de récupération de vos audaces par les bien-pensants.

Défiez-vous, enfin, de vos tendances à la mythomanie et à la folie des grandeurs, ainsi que des accidents stupides qui brisent net l’élan des risque-tout trop confiants en leur étoile. Parmi les LionSagittaire assez représentatifs pour avoir accédé à la notoriété, je me permets de vous annoncer : Maurice Barrès, John Rockefeller et Coco Chanel.

Lion Ascendant Capricorne

L’alliance d’un Lion bourru et d’une Chèvre revêche incitant beaucoup moins aux envolées lyriques, les manuels ne font pas de vous un portrait aussi chatoyant que celui du LionSagittaire. Vous ne passez pas spécialement pour aimable, mondain et primesautier. On aurait plutôt tendance à vous reprocher votre sérieux, votre froideur impérieuse. Votre mépris hautain pour ceux qui traversent la vie en flânant, sans se fixer de buts et sans vouloir lutter. La quasi-unanimité des astrologues se fait à votre endroit : l’on s’accorde à vous reconnaître une extrême ténacité, une volonté de fer, un esprit réfléchi et planificateur ; enfin, et surtout, une ambition effrénée, superposant les froids calculs aux ardents combats.

Votre conformité avec ces images d’Epinal est, comme d’habitude, fortement subordonnée à vos dominantes. Dans le cas présent, une prépondérance harmonique de Saturne et du célèbre quatuor SoleilJupiterUranusMars devrait favoriser une coopération optimale de vos deux signes. La valeur de l’expérience, pour vous, n’est pas un vain mot.

Plus le temps passe, et plus vous savez juger et jauger la portée réelle de vos succès, vous détacher des emballements et griseries du triomphe, parcourir de haut en bas et de bas en haut, d’un regard froid, le monumental escalier qui mène au sommet de la pyramide. Le Lion vous permet de surmonter avec panache les difficultés de l’ascension, de vous hisser toujours plus haut de marche en marche. Le Capricorne vous aide à éliminer les futilités qui risqueraient de vous détourner de votre but ou de vous faire faire une chute malencontreuse : il vous rend sourd au chant troublant des sirènes, il vous rend aveugle à la fleur tentatrice qui pousse à côté.

Dans les cas extrêmes, notamment en cas de dissonances des planètes susnommées, votre détachement vis-à-vis de ce que vous considérez comme accessoire peut être tel, que vous ne craignez pas d’éteindre tout sentiment humain, allant jusqu’à sacrifier père, mère, amours et amis sur l’autel de votre réussite.

Si, dans votre thème, dominent harmoniquement des planètes comme Saturne, Neptune, ou Pluton, vous serez plutôt enclin à prendre peu à peu du champ par rapport aux ambitions agressives et aux appétits matériels gloutons. Les luttes de préséance, le fracas des tournois pour le pouvoir, tout cela vous sera prétexte à de hautes méditations sur la vanité de la course aux lauriers, à l’élaboration de théories profondes sur l’ordre immanent à l’âme ou aux cosmos. Bien plus important, à vos yeux, que l’ordre factice imposé par d’éphémères fantoches. On vous reprochera de vous murer dans votre tour d’ivoire, de jouer les intouchables supérieurs pour masquer votre impuissance à faire avancer vraiment les choses. Mais vous connaissez mieux que quiconque l’inutilité des efforts pour contenter tout le monde et son père.

Il peut arriver, aussi, que vos planètes dominantes vous écartèlent entre l’affirmation et l’effacement ; auquel cas, vous ressentirez durement les divergences de vos deux signes. Vos succès les plus éclatants auront toujours un arrière-goût de cendre. Vos ascèses les plus sévères se ressentiront un peu d’une arrogance catégorique qui les rendra finalement peu convaincantes.

Quatre exemples de LionCapricorne : le psychiatre Jung, le président Raymond Poincaré, le metteur en scène Marcel Carné, et Ménie Grégoire.

Lion Ascendant Verseau

Deux signes diamétralement opposés sur le cercle zodiacal : voilà qui laisse présager des interprétations traditionnelles tout en contrastes, conflits et tiraillements. Luttes les plus couramment évoquées : l’orgueilleux dominé par ses passions contre le doux sage, acquis à la sérénité ; l’égocentriste à tout crin contre le fraternel universaliste ; le monarque absolu contre le démocrate libéral ; le fauve vorace contre l’ange désintéressé. Dans cette histoire, vous n’êtes pas sans remarquer qu’à l’inverse du grand méchant Lion, le gentil Verseau fait un peu figure de chouchou. Sans doute, certains astrologues s’imaginent-ils se concilier ses bonnes grâces, au seuil de l’ère aussi mirobolante qu’incertaine qui porte son nom.

En vérité, une fois définis de façon naturelle, vos deux signes ne manquent pas de points communs pour réussir leur alliance. Sauf dominante planétaire franchement contrariante, vous êtes porté à vous extérioriser, à agir, à vous plonger dans le monde qui vous entoure pour le modifier. Vous avez horreur de la résignation sous toutes ses formes. Vous savez, mieux que d’autres, mobiliser vos énergies pour faire évoluer les situations, par un sursaut libérateur. A vos yeux, rien n’est impossible, tout vaut la peine d’être tenté. Cette liberté sur tous les fronts s’appuie, au départ, uniquement sur la quête de l’invulnérabilité d’un Moi, qui cherche à étendre ses pouvoirs, son espace vital, son autorité personnelle. Fermement campé sur votre aplomb et vos certitudes, vous prendrez peu à peu conscience d’une forme de liberté d’un ordre plus général, plus collectif ou plus abstrait : celle qui consiste à réinventer les usages, à donner un sens neuf aux rapports sociaux, à remettre en question les préjugés intellectuels ou moraux, à savoir déceler tout ce qu’il peut y avoir de prometteur et de positif dans ce qui laisse les autres indifférents, ou dans ce qui semble voué à l’échec.

Bien vécu, le processus peut avoir l’avantage de mobiliser votre dynamisme mordant et instinctif pour des causes généreuses ou des tâches rénovatrices. Il vous permettra peut-être d’échapper à l’auto-suffisance du Lion pur en libérant votre personnage de ses oeillères. Mais sachez qu’en cas de dissonance Uranienne, martienne ou jupitérienne, votre volonté de puissance initiale risque d’opérer des retours de flamme aussi subits qu’offensifs. Quand vous parlerez d’imagination au pouvoir, on finira par vous suspecter de ne vous servir de la première que pour conquérir le second. Et quand vous vous mêlerez d’éclairer les autres de vos sages conseils, peut-être verront-ils se profiler, derrière vous, comme une ombre de despote.

Si vos planètes dominantes vous portent davantage vers la tendresse active que vers l’arrivisme, votre générosité ne connaîtra pas de bornes, votre naïveté non plus. Vous accorderez un crédit illimité à autrui, parfois aux dépens de votre sécurité personnelle et de votre santé. Votre confiance irréfléchie en vos propres forces vous conduit ici à faire fi des instincts de conservation, à gaspiller votre énergie par brusques saccades, jusqu’à épuisement prostré. Si vous êtes intériorisé, peut-être vous muerez-vous en philosophe indulgent et compatissant, la tête pleine d’intuitions radieuses ou de solutions miracles, contemplant rêveusement les furieuses empoignades pour le pouvoir, toujours un peu fasciné, malgré tout, par ce que vous aurez su dépasser.

Lion Ascendant Poissons

Le Lion n’a rien d’un lapin, le Poissons n’est pas forcément une carpe, mais le mariage des deux signes, de l’avis général, n’en est pas moins l’un des plus incongrus du Zodiaque. Pensez donc : il s’agit d’unir la fanfare des rugissements sonores avec le mystérieux monde du silence, les coups de griffes et de crocs avec la fuite glissante entre les doigts, le soleil aveuglant de midi avec les ténèbres des abysses, le trône inamovible en or massif avec les amples déferlements de l’univers océanique… Devant cette somme de problèmes apparemment insolubles, quelques-uns vous conseillent de résoudre vos dilemmes en faisant carrément deux parts dans votre existence : la première, toute d’ambition énergique, consacrée à la vie mondaine, extérieure, spectaculaire ; la seconde, toute de suave renoncement, vouée à la culture de vos jardins secrets, à la méditation extatique, ou à quelque tâche humanitaire dont vous ne tirez ni gloire ni puissance. Certains, supposant la synthèse réussie, se hasardent poétiquement à vous dépeindre comme un prince munificent venu d’un ailleurs indéfinissable, comme une impérieuse reine tout embrumée d’irréel, ou comme un saint ermite rayonnant d’on ne sait quelle irrésistible et bienveillante autorité.

Traduite en termes un peu plus prosaïques, l’évolution possible de vos comportements n’est pas sans rappeler, par certains côtés, celle du LionCapricorne. Là aussi, vous tendez à vous détacher des vanités superficielles, des glorioles puériles, des limites d’une domination uniquement fondée sur les vertus des discours tonitruants et des grands coups d’épaule dans les portes. Cela ne veut pas forcément dire que vous renonciez à ladite domination, comme pourraient le faire croire les portraits traditionnels. Vous pouvez, au contraire, par le biais des Poissons, lui donner des formes autrement plus subtiles et redoutables. En fait, vous savez très bien, dans votre for intérieur, où vous voulez en venir. Mais délaissant les méthodes voyantes archiconnues, vous excellez à employer des procédés inhabituels et des cheminements imprévus qui endorment la vigilance de vos adversaires éventuels.

Peut-être vivrez-vous ces tendances foncières sur un plan plus général ou plus élevé que celui des rapports de concurrence. La force irrésistible et tenace du Lion vous soutiendra dans votre quête d’absolu. Vous saurez vous confronter sans faiblir aux vérités essentielles du monde, vous les éprouverez dans la plénitude de leur poésie, en sachant faire fi de toute idée préconçue. Sondant ainsi les abîmes du mystère universel, vous prendrez fortement conscience de l’inanité des petits orgueils individuels, de la fragilité des ambitions les plus arrogantes, face à l’infini et à l’éternité qui ont, infailliblement, le dernier mot.

En cas de dissonances majeures de Neptune, Lune, Saturne et Pluton, ce cheminement peut étouffer en vous toute velléité d’affirmation, transformer peu à peu votre phobie de l’échec en immobilisme impénétrable. Vous courez le risque de vous murer dans de chatoyantes rêveries de monarque perpétuellement en exil, de diluer vos plus nobles idéaux dans la mer étale de votre indolente indifférence. Espérons que vous aurez su, tout de même, cultiver quelque moyen d’expression permettant la mise en valeur de vos richesses intérieures.

Comment interpréter les aspects du Soleil avec les autres Planètes

Je vous suppose amateur d’astrologie suffisamment éclairé pour savoir ce que l’on entend par « aspects planétaires » : il s’agit de distances angulaires privilégiées entre deux planètes ; ou encore, entre une planète et un axe du thème. La Tradition en utilisait un grand nombre. A la lumière de recherches modernes, il semblerait qu’il faille retenir en priorité les six aspects suivants, par ordre d’importance : la conjonction (écart angulaire de 0°) l’opposition (1801, le trigone (120°) et le carré (90°), le sextile (60°) et le semi-carré (45″),. Quant aux aspects avec le Soleil – les seuls que nous étudierons dans le présent volume – on tolère une marge de 15° en plus ou en moins pour la conjonction et l’opposition, de 8° en plus ou en moins pour le trigone et le carré, de 4° en plus ou en moins pour le sextile et le semi-carré.

Le trigone et le sextile sont dits harmoniques ; le carré, l’opposition et le semi-carré sont réputés dissonants. En vérité, les affinités ou les non-affinités entre les fonctions des planètes en cause sont plus importantes que la nature de l’aspect qui les relie. Dans les analyses qui vont suivre, l’interprétation « aspect harmonique » décrit, en fait, l’éventualité d’une bonne coopération des tendances en cause, et l’interprétation « dissonance » met l’accent sur la problématique essentielle de ladite coopération.

Soleil-Lune

Harmonie SoleilLune. Votre monde intérieur peut être hétéroclite comme un terrain vague et luxuriant comme une forêt vierge, vous savez ne jamais vous y perdre. En dépit de la multitude de vos caprices, de la diversité de vos humeurs, du bouillonnement de vos instincts, vous gardez suffisamment de logique, de lucidité et de rigueur pour ne pas perdre le fil de vos ambitions sociales. Il faut dire que vous avez soin de vous choisir des buts en accord avec vos instincts profonds : vous ne sauriez être heureux dans une activité qui vous contraindrait à brimer votre fantaisie ou à faire taire votre sensibilité. Assumer dans la vie une fonction précise, c’est bien, mais vous n’entendez pas sacrifier, pour cela, vos moments précieux de farniente, votre petit confort ou la quiétude de votre vie privée.

Réciproquement, vos moments de nonchalance et de rêverie savent se faire suffisamment discrets pour ne pas nuire à votre réputation et ne pas vous détourner de vos buts privilégiés.

Votre mémoire est classificatrice et efficace. Vous savez toujours retrouver au bon moment les données qui sont nécessaires à vos objectifs. Vous puisez avec opportunité dans le riche bric-à-brac de vos souvenirs engrangés. Vous concevez d’ailleurs l’univers comme un ensemble foisonnant et divers – mais ordonné – dans lequel chaque élément a son rôle précis et concourt à la bonne marche de la totalité. Si vous inclinez vers.la poésie, vous saurez exprimer en termes clairs, simples et frappants les frémissements de votre sensibilité, vous donnerez une voix aux forces muettes de la nature.

Dans la vie en commun, vous parvenez sans peine à définir le rôle qui vous mettra le plus en valeur, qui sera, simultanément, en accord avec votre tempérament et avec les intérêts de la collectivité. Cela peut vous conduire à devenir le porte-parole officiel de votre groupe, de votre communauté, de votre classe ou de votre parti. Quelques exemples historiques : Louis XI, Jean-Jacques Rousseau, Willy Brandt et Karl Marx.

Dissonance SoleilLune : Dans ce cas, et surtout si dans votre thème la Lune est plus puissante que le Soleil, vous aurez beaucoup de mal à ne pas vous égarer dans la jungle de vos instincts, de vos appétits et de vos passions. Vous risquez de ne savoir quelle direction précise donner à votre vie, de compromettre votre image de marque par des exigences d’enfant gâté, des incohérences et des paresses, des distractions et des emballements chimériques.

Vous ne vous résignez pas à choisir, par peur de perdre votre douce irresponsabilité d’enfant sans souci. Vous êtes enclin à exalter l’ivresse face à la lucidité, le naturel face aux simagrées mondaines, la fantaisie face à la rigueur et au sérieux, selon les signes en cause et les autres planètes participant à l’aspect. Vous détestez vous spécialiser. signes en cause et les autres planètes participant à l’aspect. Vous détestez vous spécialiser.

Vous agissez en dilettante, au gré du vagabondage de vos humeurs et au détriment de votre fil stabilité. Si, en revanche, le Soleil l’emporte sur la Lune, vous serez enclin à sacrifier vos appétits les plus naturels à votre réussite sociale, à détruire votre intimité au nom de votre vie publique, à compromettre votre bonne santé animale par une ambition forcenée qui vous surmène. La conquête d’une haute compétence dans un domaine particulier peut vous fermer tragiquement aux autres dimensions de la vie, à l’ambiance chaleureuse d’une vie quotidienne simple et sans prétention.

Si le Soleil et la Lune sont de force à peu près égale dans votre ciel, vous oscillerez entre ces deux attitudes ou vous tâcherez d’en opérer la difficile synthèse. De toute manière, sensible aux contradictions entre instinct et logique, émotivité et raison, nature et civilisation, vie intime et vie sociale, vous êtes plus fortement motivé que d’autres pour la recherche de solutions originales à ce type de problèmes.

Les écartèlements intérieurs de Musset, Goethe, Baudelaire, Malraux et Soljénitsyne témoignent, chacun à sa manière, des effets de cette dissonance peu confortable.

Soleil-Mercure

Conjonction SoleilMercure bien aspectée : Vous êtes au fait de toutes les règles de la

bienséance, du bon ton, du savoir-vivre et de la politesse. Vous connaissez les formules à

utiliser, vous savez quelle posture avantageuse ou quelle attitude flatteuse adopter pour vous

ménager l’estime et l’admiration d’autrui. Vous pouvez ainsi acquérir une position enviable,

remplir une fonction honorifique, jouir d’une image très favorable dans la spécialité que

vous avez faite vôtre. Mais vous avez la précieuse ressource d’être bien moins que d’autres

prisonnier de ce rôle officiel. Par exemple, il vous plaira d’adopter une carrière où vous

aurez à montrer votre facilité d’improvisation, votre goût de la diversité et du changement,

votre aptitude à jouer de multiples rôles dans lesquels chacun pourra cependant reconnaître

votre griffe, sans ambiguïté.

Sans forcément devenir comédien ou homme-orchestre, vous pouvez être celui qui apprend aux autres à se libérer de leurs oeillères, à accepter le changement des méthodes, à se recycler en maintenant sans cesse leur curiosité en éveil, tout cela sans perdre de vue la direction à suivre et le but qu’il faut atteindre. Vous pouvez montrer que le classicisme et la tradition n’ont pas dit leur dernier mot, et qu’ils ont encore plus d’un tour dans leur sac.

Une autre solution consiste à vous bâtir une réputation d’homme ou de femme d’esprit qui sait tourner aimablement en dérision les tics et travers de notre société. Votre persiflage à l’adresse des menues manies de votre époque vous est d’autant plus aisé que vous-même, vous reconnaissez n’être pas à l’abri desdites manies. Vous avez ainsi le beau rôle de celui qui déride les autres en se moquant de ses propres travers. Votre type d’humour est essentiellement basé sur l’exploration d’une idée simple que vous montrez sous mille faces toutes plus cocasses les unes que les autres. Vous vous montrez virtuose dans l’art des infinies variations sur un thème unique qui paraissait, au départ, donner peu de prise à l’invention.

Trois exemples assez typiques : René Goscinny, Sempé et Jean Effel, inépuisables producteurs de gags.

Conjonction SoleilMercure mal aspectée : Le côté persifleur et moqueur est porté à l’extrême, mais sur un mode nerveux, instable et angoissé, surtout si des planètes comme Saturne ou Pluton s’en mêlent. Vous avez le plus grand mal à définir clairement vos buts et vos idées, vous ne parvenez pas à vous accrocher à une ligne de conduite solide. Ou si vous y parvenez, c’est pour couper le fil aussitôt et vous échapper en faisant des pieds de nez. Dès que vous vous hissez sur un piédestal, vous ne pouvez résister à l’envie de vous tordre de rire, et c’est bientôt la douloureuse dégringolade.

Vous n’êtes d’ailleurs jamais bien sûr de donner aux autres une image conforme à votre vérité profonde. En fait, votre vérité profonde, elle-même, vous paraît multiforme et insaisissable ; vous finissez, bien souvent, par renoncer à toute prétention à la sincérité. Ce que l’on appelle « l’objectivité » est un mot qui vous fait doucement sourire. Naturellement, vous vous exposez à vous faire traiter de caméléon, de petit rigolo, de fumiste cynique, de libertaire impénitent, de puéril jongleur de mots. Mais, finalement, vous vous amusez beaucoup moins que vous pouvez en donner l’impression à des observateurs superficiels.

Le philosophe Sartre, le dessinateur Gotlib et le chanteur Guy Béart, tous trois gratifiés d’une conjonction SoleilMercure dissonée par Pluton, chantent chacun dans son registre un « Qui suis-je ? » demeuré sans réponse qui illustre bien cet aspect.

Soleil-Vénus

Conjonction SoleilVénus bien aspectée : Durant vos premières années, vos parents vous ont abreuvé des mille et un conseils simples et de bon goût censés vous aider à devenir, dans la vie, quelqu’un de comme il faut. Quelqu’un de bien sous tous rapports qui saura faire son chemin et peut-être même – qui sait – trouver en même temps le bonheur. Peu à peu se sont ainsi imprimés en vous le texte de votre rôle social et l’image idéale vers laquelle vous deviez tendre. Vous n’avez pas ressenti cela comme une odieuse robotisation. Les maximes et conseils ont su toucher votre cœur, se relier sans problème à votre besoin de chaleur humaine et de contacts sans heurts avec autrui. Vous vous efforcez d’incarner, le plus aimablement possible, les vertus que l’on vous a inculquées. Quoi d’étonnant que l’on vous juge si plaisant à vivre, si poli, si avenant, si séduisant, même ? Pour vous, les règles et les principes n’ont rien d’une froide mécanique. Vous savez toujours les adoucir et les tempérer par quelque biais, en montrer les côtés les plus agréables, les applications les plus heureuses au niveau de la vie quotidienne. En somme, vous êtes particulièrement doué pour montrer aux autres que le bonheur existe, qu’il ne s’agit pas simplement d’un mot qui se morfond dans les livres, et que chacun peut s’en fabriquer tous les jours, quoique en petite quantité.

Par ailleurs, vous prenez bien soin de n’adopter que les conduites qui vous attirent la sympathie bienveillante des autres, ladite sympathie vous étant un moyen permanent de vérifier l’heureuse continuité d’un comportement théoriquement exemplaire. Vous ne concevez pas votre rôle social comme un rôle étriqué de spécialiste sans ouverture sur la vie, vous voyez toujours les prolongements humains des fonctions les plus abstraites. Que ce soit sur le plan de la passion amoureuse ou de la création artistique, par-delà votre éventuelle exubérance ou vos charmantes fantaisies ornementales, on discernera toujours, en filigrane, une grande idée simple ou un idéal unique, auxquels vous resterez obstinément fidèle.

Trois exemples connus, quoique dans des domaines assez différents : l’acteur Jean-Paul Belmondo, le compositeur Franz Liszt et le président John Kennedy.

Dissonance SoleilVénus : De ce qui précède, l’on déduit aisément que, dans votre cas, si les préceptes de vos parents et éducateurs ont également touché votre cœur, c’est par le sentiment de leur insuffisance et de leur inaptitude à combler vos besoins affectifs que vous vous êtes surtout senti remué. Si Vénus est la plus forte, vous transgressez avec charme les sacro-saints bons principes, vous vous laissez aller à votre naturel, à vos inclinations et à vos bons mouvements, sans trop vous soucier du qu’en-dira-t-on (non sans une pointe de secret orgueil). Si le Soleil étouffe Vénus, vous en êtes réduit à ne chercher le plaisir que dans le culte de héros factices, l’imitation de modèles fort séduisants mais totalement décalés par rapport à votre vie quotidienne et à vos relations courantes. On trouve cet aspect, avec prédominance de Vénus, chez le poète Robert Desnos et la couturière Coco Chanel, pour ne citer que ces deux cas.

Soleil-Mars

Harmonie SoleilMars : Il est des inconséquents qui conçoivent l’existence comme un lit de roses, un doux lit où il suffit de s’endormir la bouche ouverte sous les grands vols d’alouettes toutes rôties. Vous ne mangez certes pas de ces oiseaux-là. Vous vous êtes, très vite, rendu compte que le plus sûr moyen d’avoir du pain, c’est encore de mettre soi-même la main à la pâte. Vous avez acquis la conviction que l’autonomie personnelle ne s’acquiert qu’au prix d’une activité perpétuelle, d’une lutte constante, d’un affrontement fécond avec les êtres et les choses. Vous avez, d’ailleurs, un besoin irrépressible de vous démener, de vous dépenser, d’explorer, de manipuler, de fabriquer, de vous colleter avec vigueur au réel, d’en ressentir intensément les caresses comme les morsures. C’est le seul moyen, pensez-vous, de retenir des leçons qui valent d’être érigées en règles de vie. Tout le reste n’est que savoir livresque et pédantisme desséché. En somme, vous n’acceptez, comme conseillers de votre conduite, que les pulsions de votre dynamisme vital, les exigences de vos appétits naturels et les témoignages bruts de vos sensations. Vous parvenez à les dégager de leur animalité première, à en faire des modèles idéaux à imiter. Etonnez-vous, après cela, que l’on vous attribue de hautes qualités d’initiative et le pouvoir de susciter une active émulation. Quant à la franchise qu’on vous prête, elle réside, en priorité, dans cette faculté de faire coïncider vos actes et vos discours, votre masque social et votre tempérament instinctif. Ce que vous dites, vous le faites, et la contenance que vous jugez bon d’adopter est le fidèle reflet de vos pulsions naturelles.

Que l’on déplore ou non votre conformisme, on est souvent obligé de reconnaître vos talents d’animateur et d’organisateur. Vous prenez, d’instinct, les initiatives les plus aptes à canaliser les énergies de votre groupe vers l’idéal commun le plus souhaitable – et le plus souhaité – ce qui a, naturellement, pour effet de rehausser votre prestige aux yeux de vos pairs. Vous ne sauriez, d’ailleurs, rester en retrait. Vous avez besoin d’être aux premières loges. Et si vous pouvez occuper activement le devant de la scène, vous vous estimerez tout à fait comblé. L’une de vos grandes forces est de savoir dépeindre le monde en termes peut-être pas très originaux, mais suffisamment évocateurs pour retenir l’attention du plus grand nombre. Ce faisant, vous êtes facilement porté vers l’emphase. Vous donnez aux êtres et aux événements un coloris et un lustre qu’ils n’ont pas toujours : vous inclinez davantage vers la louange que vers le dénigrement. Il vous plaira, notamment, de glorifier l’être de chair et les plaisirs physiques, d’ennoblir la personne humaine dans ce qu’elle a de plus concret.

Vos faiblesses résident surtout dans votre refus des réalités gênantes qui pourraient vous compliquer la vie. Vous ne voulez souvent voir que le bon côté des choses : celui qui vous arrange. Vous risquez de donner une importance démesurée aux apparences, à la façade, à ce chatoyant manteau d’images et de paroles dont il vous plaît de revêtir la vérité toute nue.

Quelques exemples parmi les notoriétés : François I », Auguste Rodin, Enrico Macias, Edgar Faure, Chaban-Delmas. Le Soleil, nous venons de le voir, tend à socialiser les tendances martiennes. Votre réalisme, votre énergie et votre combativité s’exerceront, de préférence, dans le cadre d’une fonction officielle, impliquant la transmission de certaines normes socio-culturelles, comme, par exemple, l’éducation et l’information. De son côté, Mars sera l’aiguillon critique qui vous permettra d’échapper à l’auto-suffisance, de rester en prise constante sur les réalités. Sur un plan philosophique, on devine que votre morale est avant tout pratique. A moins d’aspects neptuniens, plutoniens ou uraniens, vous n’avez guère la tête métaphysique. Vous vous fiez aux vertus du gros bon sens et des évidences premières.

Vous n’avez que dédain pour les élucubrations purement intellectuelles et les exercices de style. A votre avis, l’expérimentation directe est la source la plus sûre du savoir. En fait – et c’est là une de vos relatives faiblesses – vous risquez d’être un accoucheur de recettes pratiques qui n’ont de poids que dans le cadre étroit de telle ou telle institution : vous ne remettrez pas fondamentalement en cause la finalité de ladite institution.

On trouve un trigone SoleilMars dominant dans le thème de Célestin Freinet, papa de la célèbre méthode d’éducation active qui porte son nom.

Dissonance SoleilMars : Vos dispositions foncières sont les mêmes que dans le cas de l’aspect harmonique. Seulement, vous avez beaucoup plus de mal à utiliser votre expérience vécue pour élaborer des règles de conduite personnelle ne portant pas ombrage à votre insertion sociale. Ce que vos affrontements vous ont concrètement appris, vous semble incompatible avec ce que les convenances vous demandent de paraître. Votre réputation de rebelle vient essentiellement de là. Les nécessités de la lutte pour la vie vous soulignent, chaque jour davantage, la ridicule inefficacité des directives, des leçons et des idées reçues qu’on a voulu vous enfoncer dans le crâne. Face aux tranches de vie saignante, à la crudité de nos instincts, et aux rapports de force dans ce qu’ils ont de plus implacable, les discours édifiants de tous les beaux donneurs d’exemple vous apparaissent comme le summum de l’hypocrisie. Vous mettez bas le masque des loups déguisés en bergers, vous arrachez la feuille de vigne de ceux qui voudraient se faire passer pour d’olympiennes statues de marbre blanc.

Sur le plan professionnel, on le devine, une telle attitude n’est guère propice à la stabilité de l’emploi et aux rapports détendus avec les supérieurs. On vous voit mal dans la peau d’un petit employé bien sage qui n’a qu’à dire amen. Si l’occasion vous en est donnée, embrassez plutôt une carrière de critique, de polémiste, de satiriste virulent ou de justicier sans complaisance. Vous êtes particulièrement apte aux recyclages courageux, aux renouvellements risqués des méthodes, aux entreprises aventureuses où vous pouvez agir en franc-tireur. Le tableau qui précède est surtout vérifié en cas de nette prépondérance des valeurs martiennes dans votre thème. Si le Soleil prédomine, vous serez facilement obsédé par l’ordre, la netteté et la simplicité des choix, la constance remarquable des ambitions.

Vous vous efforcerez d’arborer, en toute circonstance, un visage digne, une certaine noblesse de maintien, non exempte de raideur. Mais il vous sera bien difficile de dissimuler longtemps que vous bouillez sous le masque ; le loup, évoqué un peu plus haut, montrera, plus d’une fois, le bout de son oreille ou la pointe de ses crocs. Vos objectifs avoués se parent volontiers d’honorabilité, mais ils risquent souvent de paraître en porte-à-faux avec les méthodes brutales et les déclarations à l’emporte-pièce auxquelles vous ne sauriez renoncer, quand l’occasion s’en présente. Les astrologues n’ont que l’embarras du choix pour illustrer d’éloquente façon cette dissonance haute en couleur. Je me contenterai de citer, pêle-mêle, Antonin Artaud et Marcel Aymé, Jacques Brel, Maximilien de Robespierre, Henri-Georges Clouzot et Luis Bunuel. Sans oublier un Jacques Chirac, peu enclin, semble-t-il, à traverser l’Histoire sur la pointe des pieds.

Soleil-Jupiter

Harmonie SoleilJupiter : A l’état pur, nous le savons, la fonction solaire sensibilise au simple, au clair, à l’unique, à l’évident, à ce qui est reconnu sans équivoque par le plus grand nombre. Par là même, elle incite à se conformer aux modèles officiels pour se faire remarquer en bonne part. Avec l’apport de Jupiter, ladite fonction est renforcée : plus que jamais, vous êtes soucieux de faire une impression flatteuse, de vous conformer aux principes communément admis, de quêter un pouvoir ou une fonction précise dans le cadre des institutions en vigueur. Vous tenterez de parvenir à vos fins par des oeuvres jugées méritoires, par des actes considérés comme des exploits, ou par l’acquisition de biens qui témoigneront, à leur façon, de votre entière adhésion à l’idéologie dominante. Inutile de vous dire que ce dernier procédé est de loin le plus répandu. D’une manière générale, votre vécu quotidien et vos expériences tendent à vous intégrer toujours davantage à votre milieu, à vous confirmer que vos buts sont louables et que vos opinions sont les plus convenables du monde. Il vous serait donc bien difficile de n’être pas pleinement satisfait de ce que la vie vous donne.

Dissonance SoleilJupiter : Vous êtes sensibilisé aux mêmes données et vous quêtez les mêmes buts que dans le cas de l’aspect harmonique, mais, cette fois-ci, vous risquez d’avoir du mal à guider, d’une main ferme, votre excitabilité galopante. Dès que vous subodorez une occasion de vous mettre en vedette, vous vous précipitez, sans plus attendre, sous la lumière des projecteurs, ne craignant pas de bousculer un peu cavalièrement, au passage, la foule des flâneurs et des indifférents. Le désir pressant d’attirer l’attention à tout prix ne vous laisse pas toujours le loisir d’être particulièrement raffiné dans le choix de vos moyens. Si le reste de votre thème ne vous octroie pas une suffisante force d’inhibition, vous serez hélas, trois fois hélas, coutumier des tartarinades impudentes, des audacieuses mises de pieds dans le plat, des cabotinages téméraires. Vos buts précis tendent à se muer en chevaux de bataille obsessionnels, vos dons oratoires dégénèrent en goût du pathos. La dévotion que vous portez aux lieux communs – pas si bêtes que ça, d’ailleurs – peut vous rendre injuste vis-à-vis de ceux qui n’ont pas la chance d’être présentables en société. Vous risquez de tenir pour morbides et chimériques les êtres qui se posent des questions ou qui émettent des idées non conventionnelles.

Si le reste de votre thème vous permet de prendre un certain recul, les effets de la dissonance ne seront peut-être pas aussi voyants. Il est probable que votre ambition demeurera, mais elle pourra se teinter d’idéal : elle consistera, surtout, en désir de perfection. L’interférence jupitérienne jouera dans le sens d’une perpétuelle insatisfaction quant aux lauriers que vous récoltez. Une bonne réputation qui s’éternise devient, à vos yeux, bien fade. Les titres honorifiques et les situations confortables ne doivent pas devenir des voies de garage qui vous empêcheraient de courir à nouveau après la chance. C’est pourquoi vous êtes toujours prêt à vous lancer dans de nouvelles entreprises, à tenter de nouveaux exploits, à vous livrer à de nouvelles expériences, espérant bien chaque fois dénicher la pierre philosophale, le sésame universel ou la poule aux oeufs d’or. Citons à titre d’illustration les noms de Victor Hugo, Napoléon I », Mata-Hari, Louis de Funès, et le dessinateur Gotlib.

Soleil-Saturne

Harmonie SoleilSaturne : Dans votre milieu d’élection, il est des principes, des règles, des coutumes et des convenances évidents, bien définis, admis tacitement par la majorité ; ils sont transmis, de génération en génération, par les parents, les éducateurs et les moyens officiels d’information. On ne peut pas vraiment dire que vous êtes frondeur à l’égard desdites règles. On ne peut pas dire non plus que vous allez crier leurs mérites sur les toits. Il semble bien qu’elles n’aient pas le pouvoir de vous exalter ou de vous échauffer la bile. Ce calme imperturbable vous donne de sérieuses dispositions pour exécuter les consignes et observer l’étiquette avec une extrême rigueur. Vous persévérez dans vos desseins sans vous laisser troubler par les circonstances, sans vous laisser apitoyer par des pleurs ni soudoyer par des risettes.

Si vous vous sentez si peu concerné, c’est que Saturne vous a appris que l’essentiel était ailleurs. Par vos expériences, vos luttes, vos actions en tout genre, vous avez pris, peu à peu, conscience de la complexité des choses, de cet ordre abstrait qui préside aux phénomènes et qui n’a rien à voir avec les rites superficiels d’une société donnée. Vous vous êtes également rendu compte de vos ressources profondes, de vos vérités les plus secrètement personnelles. Inlassable, vous creusez le temps qui passe, à la recherche de nouveaux trésors intérieurs.

Dans ces conditions, demandez-vous pourquoi vous persistez à sacrifier aux rites dont vous avez mesuré toute la vanité. Mais votre démarche n’est paradoxale qu’en apparence : l’expérience vous a appris que se conformer aux usages, c’était encore le meilleur moyen de ne pas perdre son temps, de vivre tranquille sans gaspiller son énergie en conflits incessants avec ses semblables. Votre sécurité assurée de ce côté-là, vous n’en êtes que plus libre pour continuer votre quête spirituelle ou scientifique dans le calme de votre retraite. Considéré isolément, Saturne n’est pas très apte à communiquer et à s’extérioriser : il se confine en un sombre mutisme, dans un silence lourd de sous-entendus. Avec l’apport solaire, dans le meilleur des cas, vous réussirez à trouver les mots précis les plus compréhensibles pour décrire avec un maximum d’objectivité les phénomènes compliqués ou les arcanes des mondes intérieurs. Mais on vous reprochera peut-être, quelquefois, d’être aussi peu chaleureux dans vos propos qu’un annuaire téléphonique ou une horloge parlante.

Quelques exemples connus : Charles X le Sage, Pasteur, le peintre David, Paul Valéry, Lénine, Michel Rocard.

Dissonance SoleilSaturne : Comme l’on vient de voir avec l’aspect harmonique, les fonctions solaire et saturnienne ont bien du mal à trouver un terrain d’entente. Et, quand elles y parviennent, c’est un peu comme deux voisines qui se tolèrent de loin, se rendent à l’occasion quelques menus services, mais ne se fréquentent pas. Dans le cas de la dissonance, l’incompatibilité devient criante. Chacune tend à se raidir sur ses positions et à exacerber ses incompatibilités avec l’autre, au grand dam du natif qui n’en peut mais.

Si, dans votre thème, les valeurs solaires dominent, vous êtes tenté de vous figer sur des principes étroits, des règles formelles et des artifices de façade censés vous prémunir contre les innombrables complications de l’existence. Vous êtes perpétuellement sur le qui-vive.

Quand il vous faut passer aux actes en vous confrontant avec les dures réalités, vous appréhendez d’emblée toutes les difficultés possibles et imaginables qui ne manqueront pas de s’ensuivre. En fait, vous ne redoutez pas tant les difficultés en elles-mêmes que l’éventualité de n’être pas à la hauteur de ce qu’on attend de vous. Vous êtes obsédé par le risque de déchoir à vos propres yeux et à ceux des autres. L’engrenage des événements, vous le pressentez, peut vous contraindre à transgresser les modèles de conduite qu’on vous a inculqués ou à remettre en cause l’image flatteuse que vous vous faisiez de vous-même, ce à quoi vous ne sauriez vous résoudre. Pour arrêter la mécanique et dominer la situation, vous ne trouvez pas mieux que de redoubler de zèle dans l’observance rigoureuse de vos conventions morales habituelles. Mais ce luxe de précautions stéréotypées s’avère parfaitement inadapté aux circonstances, ce qui ne manque pas, à la longue, de vous attirer les ennuis que vous prétendiez contourner.

Si Saturne domine sur le Soleil, vous vous êtes rendu compte, très tôt, de l’inanité des leçons livresques et des belles recettes toutes faites, face à la grouillante cohorte de tous les embarras de l’existence. Vous avez appris à vous défier des beaux parleurs et des coquets. Votre recherche des vérités profondes, privée du rempart sécurisant des conformismes, est loin d’être une sinécure. Vous risquez d’être ballotté de rebuffades en déconvenues, de chausse-trappes en guet-apens, à la merci des pièges à loup et des sables mouvants, placés sous les pas de ceux qui s’aventurent sans guide en pays inconnu. Vous avez beau être soutenu par l’espoir de découvrir les plus authentiques joyaux de la connaissance, il est des moments où vous vous sentez bien seul, bien démuni, et, pour tout dire, plutôt dépressif.

Dans ces moments-là, il vous vient des nostalgies de soleil éclatant qui vous montrerait le chemin sans que vous ayez à peiner ou à réfléchir. Pour résoudre vos problèmes, il vous faut apprendre à forger, peu à peu, votre propre soleil, un nouvel idéal axé sur des valeurs plus fondamentales et plus personnelles que les poncifs d’une époque. Cela prendra peut-être des allures de renoncement, d’ascèse, de dégringolade au bas de l’échelle sociale. Votre comportement énigmatique desservira votre cote auprès de tous ceux qui se cramponnent à de fausses évidences, tellement plus confortables ; mais vous n’en aurez cure. Dès que vous sentirez votre démarche se figer dans un système, vous ne craindrez pas, sans égards pour votre tranquillité d’esprit, de vous replonger dans les réalités déplaisantes et de gagner votre « essentiel », à la sueur de votre front.

Pour illustrer cet aspect, on peut citer Picasso, Baudelaire, Léon Blum, Staline, Boris Vian, Marcel Proust, Agnès Varda, Claude Chabrol et la dessinatrice Claire Bretécher. Du démantèlement des modèles picturaux jusqu’au désenchantement des frustrés du Nouvel-Obs…, je m’en voudrais d’oublier, pour finir, l’ineffable Schatzman, grand croqueur d’astrologues.

Soleil-Uranus

Harmonie SoleilUranus : Comme Jupiter, Uranus converge vers le simple, l’unique, la représentation, la quête du pouvoir. Il magnifie donc, lui aussi, les valeurs solaires ; mais, comme il part du multiple le plus foisonnant pour aboutir à l’unité la plus concentrée, le processus a quelque chose d’abrupt et de radical, de remarquablement intense dans ses manifestations. Votre lucidité devient hyper-conscience, refus virulent de tout ce qui assoupit l’esprit, de tout ce qui endort la vigilance de la raison. Aucun opium ne trouve grâce à vos yeux. C’est pourquoi vous vous gardez de tomber dans le piège de l’apitoiement, de vous engluer dans les guimauveries du sentimentalisme de bazar. Vous vous impliquez toujours à fond dans vos opinions et vos entreprises : vous n’avez que mépris hautain pour les irresponsables, les inconscients, les lâches, les incertains. Vous avez horreur du flou, du doute, de l’équivoque. Votre monde est un monde d’arêtes vives et de lumière crue, un monde peu confortable pour les amateurs de douces langueurs et de pénombre ouatée.

Vous êtes un être à principes. Vos conceptions morales refusent les accommodements faciles. Vous vous montrez aussi exigeant pour vous-même que pour les autres. Vos règles de conduite ne sont pas de simples imitations de modèles. Vous avez eu, très tôt, conscience de votre tempérament profond, de vos pulsions fondamentales, de tout ce qui fait que vous êtes vous-même et non un autre. Si, dans votre enfance, on a pu vous reprocher de n’en faire qu’à votre tête, c’est que vous obéissiez seulement aux maximes en affinité avec vos vérités profondes. Ces vérités profondes, pour vous, sont représentatives de l’espèce humaine en général : dans ce qu’elle a de plus inaliénable, par-delà les mœurs différentes, les siècles et les frontières. Avant de vous considérer comme un fils modèle, une épouse modèle ou un employé modèle, vous voulez paraître, à vos propres yeux aussi bien qu’à ceux des autres, comme un homo sapiens exemplaire. Une sacrée responsabilité qui n’incite guère à se laisser aller. Vous aimez l’ordre et l’organisation, vous êtes ennemi du chaos. Mais, pour vous, le pouvoir ne saurait s’appuyer sur des traditions devenues vides de sens ou sur la puissance purement matérielle. Seules doivent être prises en compte les aspirations collectives les plus essentielles. C’est l’élite, ayant le plus pleinement conscience desdites aspirations, qui se trouve toute désignée pour assumer un rôle de guide. Vous êtes peut-être révolutionnaire à l’occasion, mais vous n’êtes en aucun cas décentralisateur. Avec vous, la hiérarchie n’est pas près d’être assouplie ou abolie.

Vous avez le goût des systèmes, des formules concises, des slogans percutants et des expressions ramassées sur elles-mêmes qui résument, en termes décisifs, les réalités les plus vastes ou les moins immédiatement perceptibles, de l’infiniment grand à l’infiniment petit – en passant par l’infiniment caché. Si vous embrassez la carrière scientifique, ces hautes aptitudes à la codification pourront, par exemple, s’appliquer aux secrets des atomes, aux mystères des étoiles ou aux ténèbres de l’inconscient, que vous fouillerez sans relâche avec le redoutable rayon laser de votre raison.

Quelques exemples : Saint-Just, Mermoz, Teilhard de Chardin, Barbara, Jean-Christophe Averty, Jean-Louis Bory, Pasteur, et les célèbres psycho-duettistes Freud et Jung.

Dissonance SoleilUranus : Comme dans la dissonance SoleilJupiter, on peut d’abord parler d’une hyper-excitabilité mal contrôlée. La fonction simplificatrice et réductrice commune aux deux astres tend à jouer avec excès. Le besoin de dissiper les ombres devient obsessionnel, votre souci de clarté s’assortit d’exigences peu communes, et bien rares sont les interlocuteurs dont vous jugez le raisonnement parfaitement inattaquable dans sa rigueur. La confusion et l’ambivalence vous étant particulièrement insupportables, vous décelez tout de suite les illogismes, les incohérences, les contradictions et compromissions de la démarche d’autrui. Vous-même n’êtes pas nécessairement exempt de ces travers que vous reprochez à vos vis-à-vis. Comme vous avez une conception étroitement unitaire dé votre personnalité, votre tentation est grande de vous élaguer de tous les traits de caractère qui vous déplaisent en les attribuant à vos proches, qui auront plus d’une fois l’occasion de faire les frais de votre humeur tranchante. On vous jugera fréquemment rigide, exagérément puriste, imbu de votre supériorité, corseté dans des certitudes que vous considérez définitivement inattaquables. Les faiblesses communes au Soleil et à Uranus ne manquent de ressortir avec une criante évidence. Vous ne vous sentez guère à l’aise que dans le maniement des concepts et des abstractions. Vous vous mouvez comme un poisson dans l’eau parmi les grandes théories. Vous ne daignez vous intéresser qu’à des sujets de taille, peu accessibles au commun des mortels. En revanche, à moins d’une dominance planétaire ou zodiacale nettement contraire, vous êtes mal à l’aise dans le quotidien, vous vous acquittez avec difficulté des menues tâches concrètes, et la dimension purement affective des événements a tendance à vous échapper.

Si le Soleil l’emporte sur Uranus, vous vous accrochez à vos opinions et à vos règles de conduite avec une extrême rigidité. Toute revendication différente des vôtres vous paraît puérilement provocatrice, arrogante, et complètement déplacée. Vous refusez de reconnaître l’expression des motivations profondes par trop étrangères à votre propre tempérament.

Vous taxez les autres d’arbitraire : en fait, le seul tort de ce prétendu arbitraire, c’est de n’être pas conforme à votre arbitraire à vous. Les accidents, brusques ruptures et « tuiles » en tout genre, promises par la Tradition, ne sont pas l’oeuvre d’une maligne fatalité, mais résultent de l’affirmation brutale des forces naturelles, des idéaux collectifs ou des tempéraments humains que vous vous obstinez à tenir pour quantité négligeable.

Si Uranus est prépondérant, vous ne sauriez vous retenir de courir sus aux conformismes, aux manières bien sages de s’exprimer, aux apparences banales, à tous les pouvoirs en titre. Vous passez toutes ces baudruches à l’épée de vos implacables certitudes. Selon votre conception de la transcendance, vous pouvez leur reprocher d’être dénuées de toute dimension spirituelle, de méconnaître les forces réelles qui animent la collectivité, ou encore – et c’est le cas le plus fréquent – de brimer la libre éclosion des plus riches potentialités de chacun. Si ces dernières vous font un peu défaut, vous risquez de ne laisser apparaître de vous qu’une folle excentricité. Mais si vous avez du fonds, vous pourrez peut-être devenir un créateur puissamment original ou un éveilleur de conscience hors pair.

Avec Soleil et Uranus sensiblement égaux en force, vous serez sujet à des revirements spectaculaires, à des conversions abruptes, à d’impérieux caprice., d’autant plus exaspérants que vous les présentez à chaque fois comme d’immuables évidences. Mais ceci n’est que l’expression superficielle d’un problème plus fondamental : l’impossibilité de vous accrocher à un modèle idéal et de vous y tenir sans avoir envie de vous rebeller contre lui pour en forger un autre. Lequel autre, bien entendu, décevra, lui aussi, tôt ou tard, votre soif de perfection.

Parmi les personnalités fortement signées par cet aspect turbulent, on peut citer George Sand, Colette, Jean Cocteau, Méliès, André Breton, le dessinateur Gébé, et dans un registre infiniment moins intellectuel, les inséparables Dassault et Bigeard, le plus beau couple de l’ère pacifique du Verseau.

Soleil-Neptune

Harmonie SoleilNeptune : Comme tout le monde, vous construisez votre moi social à partir des modèles proposés par vos éducateurs et vos parents, qui souhaitent tous, bien sûr, vous voir réussir dans la vie (c’est-à-dire, vous voir les imiter point par point). Prises à la lettre, leurs maximes sont simples et nettes, ne laissant guère de place au doute : tiens-toi droit, mange ta soupe, sois sage, copie ce proverbe, répète ce que je viens de dire, et dis bonjour à la dame. Les héros qu’ils proposent à votre admiration imitative ne sont plus des êtres de chair et de sang, mais des étiquettes où s’inscrivent en lettres calligraphiées les Vertus Exemplaires ; Turenne le Brave, Colbert le Travailleur, Saint-Louis le Pieux et le Bon Roi Henri IV vous indiquent d’un doigt impératif la seule route à suivre. Ces autres conseillères, les insidieuses publicités, donnent toujours elles aussi dans le schématique et résolvent tous les problèmes d’un seul mot décisif : Aspri pour le mal de tête, Blanblan pour le linge sale et Glou-glou pour la soif.

De toute façon, le thon c’est bon, et avec une orange, tout s’arrange… Or, vous avez senti, depuis longtemps, que la vérité est beaucoup moins simple. Neptune vous permet en effet de percevoir les impondérables, de ressentir sur le mode émotionnel les plus anodines manifestations de la complexité des événements et des personnes. Ainsi, vous n’êtes pas radicalement hostile aux règles et aux principes, mais vous ne craignez pas de les assouplir, de les adapter aussi souvent que nécessaire aux circonstances fluctuantes et aux tempéraments divers. Il y a mille manières de dire bonjour à la dame, qui dépendent de votre humeur, de l’ambiance, de la couleur des yeux de la dame en question, et de bien d’autres choses encore.

En somme, vous vous défiez des prises de position trop rigides, de ceux qui observent mécaniquement les modes d’emploi et les formulaires, de ceux qui professent des opinions invariables sans se soucier des réalités humaines. Pour vous, il n’est pas de recette immuable ; si vous donnez, parfois, l’impression de contourner habilement les problèmes, c’est que vous préférez atteindre votre but en flânant en-dehors des chemins dûment balisés. Quant à ceux qui vous traitent d’opportuniste toujours à l’affût d’un doux vent favorable, ce sont, à vos yeux, des sectaires au cœur sec.

Pour vous, ce qui importe dans la fonction sociale, c’est la façon profonde dont on la vit, les forces émotives dont elle se nourrit. Derrière l’apparence, la contenance, les paroles stéréotypées, vous ne sauriez oublier qu’il y a toujours un être vivant plus ou moins bien dans sa peau, sans cesse à la merci de pulsions inconscientes, détendu ou déprimé selon l’atmosphère euphorique ou oppressante, galvanisé ou manoeuvré, à son insu, par des forces qui le dépassent. Considéré isolément, Neptune, comme Saturne, n’est pas très doué pour la communication claire. La fonction solaire qui s’y adjoint, dans votre cas, peut vous permettre de faire passer la rampe à vos états d’âme les plus subtils, à vos impressions les plus diffuses, à vos rêves les plus secrets. Vous trouverez les attitudes, les gestes, les mots simples et compréhensibles qui sauront le mieux se faire les interprètes de votre cœur.

A l’inverse, – et ce n’est un paradoxe qu’en apparence – vous vous sentez d’autant plus sûr de votre voie que vous éprouvez, en vous, une exaltation et un enthousiasme dont l’origine échappe à votre conscience raisonnante. La moindre de vos fibres s’émeut de la présence agissante d’une entité qui vous dépasse, que vous l’appeliez Dieu, la nature, le cosmos ou l’humanité. C’est dans ces moments-là que tout coule de source dans votre esprit ; vous arpentez, plus hardiment que jamais, votre route lumineuse. Parmi les célébrités marquées par cet aspect, il n’est guère étonnant de trouver Jean-Jacques Rousseau, Célestin Freinet. Romain Rolland, Aristide Briand et Bertolt Brecht. Nombre d’artistes de la chanson, semble-t-il, ont également su trouver la voie de leur cœur. Il me suffira de citer Charles Trenet, Moustaki, Yves Montand, Jean Ferrat, Julien Clerc, Françoise Hardy, Gérard Lenorman, Maxime Le Forestier, Leny Escudero, Mort Shuman et Elvis Presley…

Dissonance SoleilNeptune : On peut comparer le couple SoleilNeptune au couple SoleilSaturne : dans les deux cas, les fonctions des planètes en cause n’ont aucun point commun, et une dissonance éventuelle fait ressortir en priorité les incompatibilités et les divergences. Si, dans votre thème, le Soleil domine, vous jouerez la carte de la raison contre celle de la foi, la carte de la logique contre celle de l’affectivité, la carte de la réussite sociale contre celle de l’abandon grisant aux émotions. Tout ce qui ressortit de la sensibilité vous paraît compromettre vos chances d’atteindre votre but. Vous ne pressentez que trop la puissance insidieuse des rêves et des désirs informulés qui vous habitent. Si vous vous laissiez aller, qui sait dans quel brouillard ou quel mirage vous iriez vous perdre ? Il est vraiment trop dangereux de laisser sa fantaisie infléchir le droit chemin qui mène à la considération de ses semblables. Vous rejetez, d’emblée, toute règle approximative, toute explication incertaine, tout ce qui fait la part trop belle à l’irrationnel, au magique, au merveilleux. Ce n’est pas sans déchirement que vous refermez le livre de contes bleus pour vous plonger dans la grammaire austère et le fastidieux traité de savoir-vivre. Mais comme vous voulez garder bonne contenance, toujours bien faire ce qui est à faire et ne jamais dire d’âneries, vous n’avez pas le choix. Vous apprendrez, tôt ou tard, et peut-être à vos dépens, qu’il est des situations confuses et des événements imprévisibles. Ils vous dérouteront d’autant plus que vous vous serez persuadé, à la longue, de l’universelle infaillibilité de vos idées reçues.

Si Neptune l’emporte sur le Soleil, vous serez tenté de jouer vos cartes à l’inverse de la partie précédente. Tout ce qui est règle précise, code convenu, ferme ligne directrice vous semble desséchant, mutilateur et mesquin comparé à l’univers foisonnant qui vous habite et à l’intarissable ruissellement de vos émois. Vous ne vous sentez guère à l’aise quand les circonstances vous contraignent d’assumer un rôle, d’exercer des responsabilités officielles, d’arborer un maintien digne qui vous pose et qui vous classe. La perception oppressante de l’incroyable multiplicité des facteurs humains qui entrent en jeu tend à brouiller vos plans, à vous faire perdre votre contenance et le fil de vos beaux discours. De toute manière, vous pressentez, instinctivement, que la vérité du monde est ailleurs que sur les scènes et les tréteaux ; qu’avant de se préoccuper des apparences, il importe de vivre au sens plein du terme, tour à tour bercé par les vaguelettes et brassé par les houles de l’océan du monde. Mais votre poème intérieur, couvert par le fracas des vagues mugissantes, aura sans doute bien du mal à trouver les mots qu’il faut pour se faire entendre clairement. Et au creux de vos désarrois, il vous viendra souvent des nostalgies de phares victorieux dissipant les brumes.

Avec Soleil et Neptune à égalité de puissance, vous paraîtrez volontiers ambigu et déroutant. En vous se mêleront d’étranges cocktails : l’arrivisme le plus plat et l’idéalisme le plus désintéressé. Vos professions de foi, vos règles de conduite explicites, les propos que vous formulez habituellement peuvent être tout à fait conformes à ce que les autres attendent de vous eu égard à votre position sociale. Mais tout ce qui est nié, minimisé, mis aux oubliettes par vos discours officiels ne manque pas de refaire capricieusement surface de temps en temps, au mépris de toutes les convenances et de votre réputation, laquelle ne ressort pas toujours immaculée de l’aventure. Une statue de la Liberté qui prétend éclairer le monde, mais patauge piteusement dans le sombre mazout des pétroliers qu’elle laisse divaguer sans contrainte : telle est l’image audacieuse que suggère cet aspect.

Les politiciens professionnels de toute obédience semblent s’en accommoder, si j’en juge par le nombre impressionnant de SoleilNeptune dissonants dans leurs rangs : Nixon, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Giscard, de Gaulle, Robespierre, Michel Debré, Jacques Chirac, Léon Blum, Royer, Roosevelt, Mendès-France, François Mitterrand, Trotski, et j’en oublie certainement. On relève aussi, parmi les titulaires célèbres de cet aspect, les noms de Cervantès, Lanza del Vasto, Charles de Foucauld, Schubert, Mozart, le docteur Schweitzer.

Soleil-Pluton

Harmonie SoleilPluton : Cet aspect est un peu cousin de l’aspect harmonique SoleilSaturne : il vous permet, lui aussi, de prendre vos distances vis-à-vis des modèles, tout en vous y conformant. Là encore, vous êtes fort capable de vous montrer parfaitement bien élevé, respectueux des coutumes, exécuteur scrupuleux des consignes, applicateur attentif des règles en vigueur. Mais la plupart de ceux qui vous côtoient sont à mille lieues de se douter combien tout cela vous est indifférent, de façon beaucoup plus radicale, encore, que dans le cas de l’aspect SoleilSaturne. Avec ce dernier, vous avez eu, malgré tout, besoin de vous confronter un certain temps au monde concret, le temps d’acquérir l’expérience de la vanité des apparences et des principes superficiels. Avec Pluton, vous n’avez même pas eu cette peine : c’est comme si vous aviez toujours vu le caractère parfaitement dérisoire de nos petites pantomimes, à l’échelle de l’univers et de l’éternité. Une sorte d’énorme évidence indicible qui saisit la vérité d’un monde dont chaque grain de poussière a la prétention d’être le centre.

Comme vous ne vous sentez réellement impliqué dans aucune de vos paroles, de vos attitudes ou de vos conduites, vous n’en êtes que plus libre pour vous mettre parfaitement dans la peau de tel ou tel personnage extrêmement bien défini. Vous serez même capable de remplir votre rôle avec une vérité si criante et une telle apparence de conviction qu’on ne saura plus si vous jouez, si vous êtes sincère, ou même si vous jouez à être sincère. C’est dans la mesure où vous posez votre vrai Moi comme parfaitement réfractaire, irréductible et inaliénable que vous pouvez vous permettre ce genre d’exercice : quelle que soit l’intensité de votre prestation, vous savez qu’elle n’a pas d’importance et que votre for intérieur ne risque rien. Le plus amusant dans l’histoire, c’est le désarroi de vos interlocuteurs qui croyaient vous avoir compris et qui pensaient que tout était simple… Ils vous voient soudain changer de masque et aperçoivent, le temps d’un éclair, toute l’étrangeté indéchiffrable qui peut se cacher derrière le texte le plus clair et la conduite la plus banale. Si vous êtes virtuose dans l’art d’évoquer les pièges du discours, l’inanité des mots, l’extrême relativité des points de vue, vous savez aussi réduire en formules frappantes les réalités les moins familières, ou encore montrer l’unité de tout ce qui semble disparate, décousu, inextricable.

Vous rassemblez, d’un seul coup, les pièces du puzzle énigmatique, vous recollez tous vos éclats d’intuition pour en faire une certitude lucide et parfaitement raisonnée. Si cet aspect domine vraiment votre ciel, vous ne passerez guère pour un cœur tendre facile à émouvoir, ni pour un être d’un abord avenant et plein de rondeur. On vous jugera volontiers distant, hautain, aristocratiquement impénétrable, éloigné des préoccupations terre-à-terre et subalternes d’un entourage aux prises avec le nécessaire labeur quotidien. On trouve un important aspect harmonique SoleilPluton dans les thèmes de Léo Ferré, Georges Simenon, Albert Einstein, Hervé Bazin, François Mitterrand, ainsi que dans ceux du cosmonaute Gagarine et du poète Supervielle.

Dissonance SoleilPluton : Comme indiqué dans l’introduction, nous avons ici la rencontre, sur un mode conflictuel, des fonctions planétaires les plus antagonistes qui soient. Les processus en cause, de part et d’autre, menacent donc de se manifester avec une tension extrême qui peut être fort éprouvante pour l’équilibre du sujet. Si le Soleil domine nettement, vous refusez avec violence et parti-pris tout ce qui relève de Pluton, en le considérant sous un angle résolument négatif. Autrement dit, tout ce qui est différent de votre étroite conception des normes, vous le jugez automatiquement dangereux, nuisible, indésirable, et même un peu diabolique sur les bords. L’étranger est ressenti comme hostile, le marginal est vécu comme un voyou en puissance, le laideron et le clochard sont considérés comme d’affreuses taches sur la blancheur immaculée de la nature et de la société. Vous recevez tout discours novateur comme un innommable charabia, et la moindre vérité que vous ne trouvez pas bonne à dire se mue en redoutable bombe qui menace de démolir vos splendides châteaux de cartes. Dans ces conditions, l’on comprend que vous puissiez avoir, à l’occasion, quelque vocation de censeur impitoyable, de rééducateur de choc, de justicier répressif donnant dans l’épuration radicale et la domestication du chaos.

En cas de nette dominance plutonienne, le tableau se renverse complètement, et ce sont les valeurs solaires qui sont passées à la moulinette : les cadres fixes et les règles précises sont ressentis comme d’odieuses atteintes à l’authenticité primordiale des êtres, les mots trop clairs sont des traîtres à la vérité du monde. Toute coutume est mesquine, toute convenance hypocrite. Le silence est préférable à la moindre compromission. Mieux vaut susciter la réprobation générale et déclencher les plus irréparables des scandales que de renoncer à une once de sa féconde complexité. Tout ce qui est déprécié, honni, montré du doigt par les bien-pensants éclipse, de loin, le plus petit modèle conventionnel. Vous êtes un irréductible rebelle ; vous vivez sous le régime d’une perpétuelle remise en question des manières simplistes d’appréhender le monde et de se conduire en société.

Avec Pluton et Soleil de force sensiblement égale, vous risquez de passer d’un extrême à l’autre, de tomber du sommet au fond du gouffre puis de remonter, d’osciller du fanatisme au nihilisme, éperdu devant l’insondable mystère de l’Univers. Mystère dont vous êtes tenté de rejeter l’explication dès le moment où vous la formulez.

Parmi les célèbres dissonés solaro-plutoniens, citons Nietzsche, Rimbaud, Mata-Hari, de Gaulle, Jean Yanne, Edith Piaf, les dessinateurs Gébé, Cabu, Bosc et Gotlib…

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Au cours de notre exploration de la psychologie léonienne, j’ai eu, plus d’une fois, l’occasion de souligner l’importance décisive de la force et de la position des planètes pour l’interprétation d’un thème. On a déjà vu à quel point telle ou telle dominance pouvait infléchir le comportement-type du signe. Il est des règles précises pour déterminer les planètes prépondérantes d’un ciel de naissance. Pour une planète donnée, les situations les plus en vue sont les suivantes : être proche de l’Ascendant ou du Milieu-du-Ciel, se coucher, être proche du Fond-du-Ciel, être conjointe ou opposée à la Lune ou au Soleil. On conçoit qu’une planète se trouvant simultanément dans plusieurs situations valorisantes a de grandes chances de figurer au palmarès. Si vous désirez savoir à quoi vous en tenir dans votre cas personnel et juger du bien-fondé ou de l’inanité de mes analyses, je ne peux que vous renvoyer aux pages techniques de ce livre, qui vous permettent de découvrir votre Ascendant, ainsi que la position de vos planètes, sans aucun calcul.

Les Planètes dans le Lion

Soleil en Lion

Comme vous le savez, la seule présence de l’astre du jour dans un signe quelconque suffit à vous définir comme étant un natif du signe en question. C’est pourquoi, dans le cas d’un Soleil en Lion, les astrologues se contentent généralement d’annoncer que le signe du Lion est valorisé. Ils embrayent illico sur les traits de caractère classiquement attribués à ce dernier, insistant sur les qualités en cas d’aspect harmonique, mettant l’accent sur les défauts si des dissonances interviennent, et passez muscade. Vous voilà donc fier, ambitieux, magnanime, plein d’autorité, ou bien au contraire despotique, méprisant et cruel, avec, en prime,’ une affection cardiaque pour vous punir d’être si vilain. Il est certain que les fonctions solaires présentent bon nombre d’affinités avec les fonctions léoniennes, à tel point que la Tradition a fait du Soleil le maître du Lion. Cependant, n’assimilons pas totalement l’astre au signe, même si l’emblème des drugstores Publicis est un superbe Phébus à crinière…

En vérité, dans votre cas, la fonction solaire, qui sensibilise aux modèles culturels en usage, vous a fait percevoir avec une acuité particulière tout ce qui, dans ces modèles, participe des fonctions de base du Lion. Vous avez retenu, en priorité, les leçons et les principes qui mettaient l’accent sur l’autonomie personnelle, la volonté de surpassement, l’extension de la puissance. Vos premiers héros favoris, vous les avez choisis spontanément parmi ceux qui incarnaient le mieux ces facultés. Non pas que vous suiviez ces exemples-là en permanence : comme nous nous en sommes déjà rendu compte au chapitre des Ascendants, nous verrons, à la rubrique des Aspects planétaires, que les premières et fortes impressions qui ont marqué votre esprit peuvent subir bien des avatars. L’on peut affirmer pourtant que tous ces grands dadas léoniens demeureront vos points de référence essentiels.

Sujets de vos discours, thèmes de vos oeuvres, mobiles de vos actes, objets de vos recherches, motifs de vos craintes ou cibles de vos sarcasmes, ils seront les plus fermes pivots de votre conscience lucide. Tout ceci, d’ailleurs, va dans le même sens que votre prédilection pour les grandes idées-forces qui orientent toute une existence dans une direction privilégiée.

La dominance solaire renforce également les penchants léoniens à l’organisation stricte, au refus de la concurrence et des contradicteurs, à l’hyper-susceptibilité quant à son crédit personnel et à l’effet produit sur les autres, sans parler d’une tendance accrue à tout centrer sur sa petite personne, à tout faire graviter autour de sa volonté souveraine. Dans les cas les plus positifs, vos outils favoris pour résoudre les problèmes et vaincre les difficultés sont les mots clairs, les images nettes et les attitudes franches. A moins d’aspects planétaires nettement contraires, vous êtes un idéaliste, épris de perfection, animé du désir de se conformer le mieux possible à ce que son entourage attend de lui. Le reproche vous sera souvent fait de vous cantonner à un plan formel, de n’être pas très efficace concrètement ou de refuser d’approfondir ce que vous posez comme évident. Mais vous avez, pour vous, l’honnêteté, la clarté des choix, la sainte horreur des magouillages. Parmi les solariens du Lion assez purs, on peut citer Pétrarque, Laurent le Magnifique, Napoléon le’, Claudel.

Lune en Lion

Les interprétations classiques insistent sur l’effervescence des instincts, leur générosité, leur noblesse et leur panache. On vous accorde, en outre, une imagination tournée vers le grandiose, le prestigieux, le magnifique, et la faveur publique vous est, paraît-il, acquise, si vous abordez la carrière artistique. Parmi les travers qui vous sont le plus souvent reprochés, on note une certaine fatuité, un côté snob épris de luxe, un penchant aux caprices voyants et à la paresse dorée.

En vérité, tout n’est pas si simple ; plus encore que pour toute autre planète, les aspects reçus ont, ici, une importance primordiale. La fonction lunaire est en rapport avec nos potentialités, nos virtualités, la globalité indifférenciée de nos tendances foncières. A partir de ce noyau initial, la gamme des évolutions possibles est évidemment fort vaste. Les interprétations qui vont suivre concernent vos dispositions instinctives fondamentales. A vous de les nuancer en considérant la planète qui forme l’aspect le plus fort avec votre Lune.

Si vous êtes un pur lunaire du Lion, vous n’admettez guère d’entraves à vos caprices, à vos envies, à la satisfaction gloutonne de vos appétits. Mais vous n’avez pas tellement envie de vous démener en conséquence : c’est bien trop fatigant. C’est pourquoi, vous attendez de tous ceux qui gravitent autour de votre précieuse personne qu’ils soient aux petits soins pour vous. Votre tendance léonienne à vous croire le nombril du monde est singulièrement renforcée ; mais, sans le secours d’aspects dynamisants, tout cela risque fort de demeurer au stade des velléités. De toute manière, vous risquez de connaître bien des tiraillements entre votre aspiration à l’autonomie et votre dépendance constante vis-à-vis de votre milieu.

Si vous en restez à un stade élémentaire d’évolution, vous serez tenté d’exiger de votre famille ou de votre groupe d’élection les vertus surhumaines des fées et des enchanteurs, qui, d’un coup de baguette magique, aplanissent tous les obstacles et réalisent tous les souhaits. Peut-être avez-vous la chance d’être né en pays de Cocagne ; auquel cas, vous vous installerez sans problèmes majeurs dans votre rôle d’impérial enfant gâté. Mais, la plupart du temps, le réel n’est pas si généreux. Vous pouvez alors dévier vers une certaine forme de mythomanie, à moins que vous n’opériez, carrément, une sublimation artistique. Vous concevrez alors les fantasmes, les rêveries et les caprices de la sensibilité comme le plus sûr moyen de dominer toutes les fatalités oppressantes, de se délivrer des tyrannies, de faire voler en éclats les chaînes et les carcans. La puissance créatrice de l’imagination constitue, à vos yeux, la part la plus durable et la plus inaliénable de votre individu, celle qui vous permet de tenir le coup par-delà toutes les vicissitudes.

Vécue sur un mode moins passif et moins éthéré, la fonction lunaire, associée au déblocage léonien, mobilise vos audaces pour la consolidation triomphante des communautés d’intérêt dont vous vous sentez solidaire. Cela peut être réduit à vos intérêts personnels bien compris, comme cela peut s’étendre à ceux de votre couple, de votre famille, de votre corporation, de votre classe sociale, ou même à ceux d’un peuple tout entier. Quel que soit le groupe ou la globalité concerné, vous mettrez l’accent sur la force irrésistible qui résulte de sa cohésion, sur son expansion que nul n’est en droit de restreindre, sur son infinie capacité d’assimilation, sur la richesse inépuisable de ses multiples ressources. Au nom du droit imprescriptible de suivre vos penchants les plus naturels, vous vous asseyez, sans façon, sur les critiques mesquines, les analyses pâlichonnes et les mises en garde timorées de vos adversaires et contradicteurs.

Quelques Lune-en-Lion assez connus : Louis XIV, Churchill, Trotski, Mao, Rocard, Rosa Luxembourg, Willy Brandt… Parmi les poètes citons Verlaine, Jules Laforgue, Charles Cros et Schiller. N’oublions pas non plus le commandant Cousteau, Fernand Raynaud, Raimu, Sophie Desmarets, Claude Villers, les dessinateurs Gotlib et Gébé, André Malraux, John Rockefeller. Comme on le voit, la diversité lunaire n’est pas un vain mot. Ne nous laissons pas tromper par les apparences hétéroclites, cette liste a plus d’unité qu’il n’y paraît.

Mercure en Lion

De la position de Mercure en signe, les astrologues s’accordent en général à déduire les dispositions de base de votre intelligence. En première approximation, l’on peut trouver juste leur démarche. Encore convient-il de ne pas se laisser aller à la paresse, en se contentant de plaquer bêtement les symbolismes léonien et solaire sur le concept d’intelligence, comme le font d’illustres confrères qui se croient sans doute très profonds.

Cela donne des perles, du genre « prix littéraires, honneurs intellectuels » ou encore « intelligence occupée par l’or ». Une analyse astro-psychologique est tout de même plus pénétrante. Nous l’avons déjà évoquée, à peine retouchée par de brèves notations neuro-physiologiques, au début du chapitre consacré à l’éducation.

Cependant l’on ne peut identifier Mercure à la seule intelligence. Si l’on fait entrer cette dernière dans les attributions mercuriennes, c’est que la fonction de la planète, d’une façon plus générale, sensibilise aux combinaisons complexes qui découlent des données simples de la conscience. Cela peut se traduire par une prise de distance vis-à-vis des évidences, par la découverte de nouveaux rapports à partir du connu, mais aussi par des processus de diffusion, de multiplication, de dispersion, à partir d’un centre quelconque. Le tout va interférer de façon plus ou moins heureuse avec les fonctions léoniennes.

Vous pouvez, par exemple, connaître la sensation grisante de pouvoir venir à bout de toutes les énigmes, d’affronter comme en vous jouant les problèmes filandreux où s’entortillent les esprits moins alertes. Pour vous, les discours-chocs, les idées fortes et les images frappantes, pour peu qu’on les répande suffisamment, recèlent une efficacité redoutable, un pouvoir libérateur hors pair. Nulle muraille ne s’avise de résister à un trompettiste suffisamment constant et malicieux ; tous les rescapés de Jéricho vous le diront.

Si vous vivez bien votre Mercure, vous serez moins prisonnier de votre monomanie que d’autres Lions ; moins imbu de votre personne, moins dupe des apparences. Cela ne veut pas dire que vous renoncerez à vous affirmer. Mais vous saurez faire preuve d’infiniment plus de souplesse, mettre opportunément votre intransigeance en veilleuse ou lui donner des formes subtiles et complexes. Vous excellerez à déployer, en éventail superbe, les mille facettes de vos talents éventuels, à multiplier les applications de vos maximes percutantes et de vos recettes infaillibles.

Mercure en Lion, vécu sur un mode inadapté, vous sensibilise, en revanche, à la fragilité de votre image de marque, à l’extrême relativité de l’effet produit, aux fluctuations constantes du jugement d’autrui. Il en résulte une fébrilité d’autant plus désorientée qu’elle omet de prendre en considération les données objectives qui vous permettraient de redresser la barre. Il peut y avoir une fuite compensatoire dans un verbiage outré, avec prédilection pour les galéjades énormes et les tartarinades effrénées. Brasser du vent, c’est un moyen comme un autre de se faire remarquer. L’essentiel n’est pas d’être efficace, mais d’éviter l’insupportable éteignoir de l’anonymat. Les Lions inadaptés d’un genre plus introverti gagneront à exorciser leur dilemme par le biais de l’humour, un humour dont les cibles favorites seront les puissants, les vaniteux, les matamores plastronnants, les héros prétendument sans peur et sans reproche.

On trouve un Mercure en Lion important chez Napoléon I », Jean Piaget, René Goscinny, Jean-Christophe Averty, le dessinateur Sempé, les poètes Robert Desnos et Guillaume Apollinaire.

Vénus en Lion

Mythologie oblige : quand les astrologues interprètent Vénus dans un thème, ils évoquent, en priorité, la vie affective et amoureuse du sujet. Comme l’association Mercure-intelligence, le rapprochement Vénus-sentiment n’est guère sujet à controverse ; encore que, pour le domaine évoqué, il faille aussi tenir compte de la Lune, de Neptune et des planètes dominantes. Plus précisément, disons que la position et les aspects de Vénus permettent de déterminer à quel type d’images le natif est émotionnellement sensible, sur quel mode il s’efforce d’incarner les modèles valorisants qu’on lui a inculqués. Les attachements passionnels privilégiés entrent, évidemment, dans le cadre de ces fonctions plus générales. Dans le cas du Lion, au chapitre consacré à l’amour avec un grand A, nous avons déjà évoqué la topographie de la Carte du Tendre de notre félin bien-aimé. Voyons les autres aspects de votre personnalité vénusienne.

Vous savez jouer au maximum de l’efficacité des apparences, de l’impact affectif des paroles. Votre Moi en représentation s’affirme par le canal de l’émotion ainsi produite sur les autres. Vous vous efforcez de susciter la sympathie admirative par les moyens les plus extérieurs – d’aucuns diraient les plus superficiels – tels que la beauté physique, le vêtement, la parure, le maintien, la qualité du langage et le respect de l’étiquette. Selon votre orientation générale extravertie ou introvertie, vous viserez, par ces biais, à donner une impression de force, d’aisance souveraine, de liberté superbe, ou bien de noblesse, de générosité, d’élégance morale.

Dans le cas où les modèles proposés par votre milieu ne vous satisfont pas, vous pouvez faire montre d’audace dans vos choix sentimentaux et dans vos goûts esthétiques. Vous serez peut-être de ceux qui dressent avec éclat les raisons du cœur contre celles de la tête, les inclinations des sens contre la rigidité des coutumes. La mesure et le sens des nuances n’étant pas le fort du Lion, la profondeur de réflexion n’étant guère le fait de Vénus, gardez-vous de dévier vers la coquetterie voyante, le maniérisme pompier ou l’aveuglement passionnel.

Si les modèles socio-culturels ont l’heur de vous agréer pleinement, une Vénus dissonante en Lion peut vous conduire à ne vivre vos aspirations léoniennes à la puissance ou à la perfection que sur un plan formel. Les héros de films et de romans proposés à votre adoration vous suffiront : ils acquièrent, pour vous, une telle matérialité qu’il vous paraît inutile de vivre réellement leurs exploits pour en tirer jouissance.

Vénus en Lion est fortement valorisée chez la couturière Coco Chanel, le cinéaste Hitchcock, Louis XIV, François I », Pompidou, George Sand, le peintre Rubens, les écrivains Claude Roy, Jean Daniel et Roger Peyrefitte. J’allais oublier de citer Cécile Sorel (qui n’a pourtant pas fait grand-chose pour tenter de passer inaperçue).

Mars en Lion

De l’avis général, être né avec un Mars dans son Lion s’avère largement aussi payant que mettre un tigre dans son moteur. Les interprétations classiques insistent avec raison sur la force réalisatrice et la puissance d’action, sans éluder quelques menus travers, tels que les grosses colères et la brutalité sans scrupules, si l’occasion s’en présente. Il faut dire que la planète rouge trouve, dans notre signe, un terrain de choix pour développer ses talents divers. A moins d’un aspect important de Saturne pour y mettre le holà, ses exploits ont des chances d’être plutôt fracassants.

La force d’excitation débloquante, en effet, joue ici sur le mode d’une confrontation directe et immédiate avec le monde environnant. Elle n’a rien d’un fantasme, d’une simple spéculation théorique ou d’une évocation évanescente. Elle acquiert une présence telle qu’il est impossible à autrui de l’ignorer ou de n’en point constater les effets percutants. Dans le combat quotidien pour la survie personnelle, vous refusez absolument toute entrave à vos initiatives. Vous ne vous préoccupez guère des implications philosophiques de vos actes ou de ce que l’on va penser de vous : l’essentiel est de vaincre l’obstacle par les moyens les plus rapides et les plus indiscutablement efficaces. Vous n’êtes pas une personne à vous décourager facilement. Non pas que vous fassiez preuve d’une patience obstinée, mais surtout parce que vous savez surmonter vos fatigues, recharger à bloc vos batteries au moment où l’on vous croit épuisé. Vos sursauts de volonté, dans les situations les plus éprouvantes, ont de quoi étonner les plus blasés. Vous êtes moins tenté que d’autres Lions par les politesses mondaines. Vous n’avez cure de mettre les formes dans vos propos. La diplomatie n’est pas votre qualité dominante. Vous vous rattrapez sur la franchise ; une franchise qui confine, bien souvent, au cynisme le plus cru. Vous ne sauriez garder longtemps quelque chose sur le cœur : il faut que ça sorte, de manière explosive et violente de préférence. Vous joignez facilement le geste à la parole : vos contradicteurs l’apprennent souvent à leurs dépens. Dans les cas extrêmes, on vous accusera de ne reconnaître que la loi du plus fort, on vous jugera comme un aventurier sans morale ou un casse-cou hâbleur.

Un de vos problèmes essentiels consiste à réussir la coordination de votre lenteur d’excitation léonienne avec les processus martiens. Vos aptitudes à organiser, à gérer, à mûrir longuement vos plans opiniâtres peuvent pâtir de vos impatiences, de vos soudains emballements instinctifs. Mieux maîtrisé, votre Mars devrait vous permettre de régénérer perpétuellement vos certitudes au contact des situations réelles toujours nouvelles, de réajuster vos objectifs à long terme en fonction des rapports de force du moment. Vous pouvez ainsi vous libérer des oeillères de certains préjugés illusoires. Il ne faudrait pas, pour autant, que vous vous embourbiez dans l’ornière d’un prosaïsme étroit dépourvu de toute dimension spirituelle ou collective.

Parmi les célébrités nanties d’un Mars en Lion assez fort, on peut citer Robespierre, l’empereur Hiro-Hito, Bleustein-Blanchet, Landru, Pierre Messmer, Raimu, le général Bigeard, Henry Ford, Edith Piaf.

Jupiter en Lion

Voilà encore une rencontre qui a eu, de tout temps, fort bonne réputation. Comment pourrait-il en être autrement ? Aux yeux de la Tradition, l’alliance du signe royal par excellence et de l’astre qualifié de Grand Bénéfique ne saurait enfanter qu’une avalanche de bienfaits : honneurs, célébrité, succès, triomphe et autorité indiscutée vous sont octroyés, sans lésiner, par les célestes cornes d’abondance.

Quant aux seuls inconvénients évoqués, ils découlent des risques de démesure et de surabondance. L’astro-psychologie descriptive, tout en étant moins catégorique sur les événements promis, ne dément pas la tonalité générale du tableau. L’astre et le signe se rejoignent par leur côté extraverti, optimiste, théâtral et ambitieux, le tout saupoudré de ce paternalisme pontifiant qui est, paraît-il, l’apanage enviable de la maturité bien assise. Jupiter et le Lion, c’est l’expansion sur tous les fronts. Mais ne nous en laissons pas imposer par ces images de puissance, et selon notre bonne habitude, voyons de plus près les mécanismes en cause.

A l’instar du Lion martien, vous ne vivez guère dans les nues. Vos domaines de prédilection, ce sont les choses telles qu’elles sont, la vie comme elle va, les gens comme ils viennent. En bon natif adapté du cinquième signe, pas question de rester passif et résigné devant ces réalités-là. N’en déduisez pas, un peu hâtivement, que vous avez une âme de révolutionnaire. Certes, vous ne rechignez pas à retrousser vos manches ; vous vous démenez, vous savez dépasser les situations contraignantes. Mais, ce faisant, à la différence du martien pur, vous vous souciez beaucoup plus de la dimension sociale de vos actes. Jupiter renforce nettement le besoin léonien d’être approuvé, admiré, louangé par autrui.

Pour audacieuses qu’elles soient, vos entreprises tendent à s’insérer dans un cadre officiel, à respecter les normes communément admises par votre milieu. Fermement campé sur la vie quotidienne dans ce qu’elle a de plus palpable, vous canalisez vos efforts vers des directions privilégiées : celles qui sauront le mieux rehausser votre image de marque. Cette aptitude à ordonner les rapports de force et à clarifier les confrontations vous vaut des talents d’organisateur dynamique, de stratège entraînant capable d’unir efficacement ses troupes en vue de la victoire. Vous pensez que l’un des meilleurs moyens de dominer les situations consiste à savoir les décrire et à les formuler sans ambiguité.

Si vous êtes attiré par les sciences, peut-être vous distinguerez-vous par vos hautes compétences en matière de classification et de nomenclature. Plus littéraire, vous serez doué pour des descriptions puissantes et colorées. La plupart du temps, vous vous contentez d’asseoir votre supériorité par le travail, la force physique, la conquête d’avantages matériels. Persuadé que ce que vous faites est forcément bien fait – puisque fait selon les règles – vous êtes rarement assailli par le doute. Vous avez donc tout ce qu’il faut pour être un Lion bon teint.

Si Jupiter est dissonant, sa fonction simplificatrice risque de s’emballer, mettant ainsi en relief les travers léoniens les plus voyants. Votre souci d’insertion sociale active dégénère en arrivisme boulimique. Vos menues concessions pour gagner la faveur publique tournent à la démagogie éhontée. Votre formulation des faits devient éminemment partiale, arrogante, sentencieuse et caricaturale. Bien que vous preniez plus d’une liberté avec les réalités immédiates, ces dernières demeurent le point de référence exclusif de vos affirmations.

Vous rejetez l’impalpable, le subtil, le nuancé, tout ce qui fleure l’inhabituel, l’insolite, l’imprévu, le marginal. La finesse d’analyse des situations complexes est moins que jamais votre fort. Inutile de vous dire que vos adversaires éventuels ne se feront pas faute de tirer parti d’un si providentiel talon d’Achille.

On trouve un Jupiter en Lion notable dans les thèmes de Wagner, Louis XVI, Vincent Auriol, Lindon Johnson, Georges Marchais, Raimu, André Breton, Michèle Morgan, Eric Tabarly, Gilbert Trigano, Arthur Conte, Jean Piaget. L’olympienne planète se trouve également dans votre signe si vous êtes un Lion d’une des années suivantes : 1896, 1908, 1920, 1931, 1932 (jusqu’au 10 août), 1943, 1944 (les 23-24-25 juillet), 1955, 1967, 1979, d’août 1990 à août 1991.

Saturne en Lion

Là, ce n’est pas tellement la fête. De toute manière, dès que Saturne est en cause, les astrologues traditionnels éteignent leur beau sourire commercial et vous prennent des airs gravement consternés. Comme, par-dessus le marché, ils considèrent le Lion comme le lieu d’exil de la planète – c’est-à-dire le signe avec lequel elle présente le moins d’affinités – vous voyez d’ici le tableau engageant. Dans le meilleur des cas, ils évoquent une autorité froide, une implacable ambition, des buts politiques à long terme, le sens de l’organisation.

Il est surtout question de despotisme, d’avidité insatiable, d’orgueil égocentrique et misanthrope, de dureté, de cruauté, de lâcheté. Certains vont même jusqu’à parler de déchéance et de malédiction si le Moi ne consent pas à se sacrifier. Charmant programme !

Il faut dire que, parmi les célébrités marquées par ce signe, on trouve toute une brochette de personnages peu sympathiques. Mais la réalité est tout de même plus nuancée. Certes, les fonctions du signe et de la planète paraissent bien peu compatibles, de prime abord. Ce n’est pas une raison pour faire de l’anti-saturnisme primaire. La vérité n’est pas toujours du côté des évidences trop éclatantes.

La fonction débloquante, la plus caractéristique du Lion, implique une hausse d’excitation, un surcroît soudain d’énergie. Hélas, trois fois hélas, le processus saturnien se traduit, au contraire, par une baisse d’énergie, une chute de l’excitation. Il travaille donc à l’encontre des tendances à s’extérioriser, à se mettre en vedette, à exercer sa force avec éclat.

Notre cher signe va-t-il être contraint d’abdiquer ? Ce serait bien mal le connaître, avec son art d’exploiter à fond les atouts les plus minimes. Avec Saturne, comme lorsqu’il est accompagné de Mars ou de Jupiter – sous réserve que la planète soit suffisamment soutenue par de bons aspects -, il peut saisir l’occasion d’être réaliste. Avec, en prime, la profondeur, la prudence et la réflexion, qualités dont le Lion-type est rarement coutumier.

Dans l’hypothèse la plus positive, le natif sait davantage percevoir le fin fond des choses, les conséquences ultimes des actes, le mécanisme secret des phénomènes. Toutes ces données, on le conçoit, peuvent fort bien être utilisées pour la réussite personnelle, l’acquisition d’une compétence indiscutée, le renforcement de l’immunité du Moi. Ces conquêtes léoniennes ne se font pas sur le mode spectaculaire et soudain qu’on lui connaît. Pour une fois, c’est le Lion qui se conduit comme le rat de la fable. Pour briser ses entraves, patience et longueur de temps font plus que force ou que rage… L’accent est donc mis sur la lenteur d’excitation, sur les qualités de ténacité, de constance et d’organisation qui en découlent.

Les libertés que vous quêtez sont essentielles, durables, décapées du vernis des convenances et de la morale à courte vue. A emprunter ainsi les voies obscures, à dédaigner les gros effets faciles, à ne pas se laisser fléchir par l’accidentel et le superficiel, on s’attire immanquablement, de la part des chantres de la réussite éclatante, quelques qualificatifs bien sentis. Vous vous exposez à être longtemps considéré comme un incapable, un besogneux, un être falot, peu représentatif de votre signe. On peut vous reprocher aussi, à l’occasion, votre froideur calculatrice, votre orgueil rentré, votre dédain de la sentimentalité. Les plus hargneux vous traiteront d’égoïste hypocrite et sournois. Ils n’ont pas nécessairement tort, mais, la plupart du temps, ils sont tentés de forcer un peu la dose, par simple refus d’approfondir leur analyse.

Si vous ne parvenez pas à utiliser positivement les fonctions saturniennes, elles menacent de se transformer en encombrant fardeau. Votre perception des complexités de l’existence, loin de vous aider à déjouer les embûches, vous donne une grave impression d’insécurité.

Vos pressentiments tournent autour de tout ce qui pourrait altérer vos capacités d’affirmation léoniennes. Vous voyez partout des traquenards, des embarras, des risques de perte, de spoliation, d’abandon. Vous avez donc tendance à vous montrer exagérément soupçonneux, possessif et susceptible. Mais vous êtes foncièrement ambivalent : cette complexité qui vous fait peur, vous ne pouvez vous empêcher de soupirer après les trésors d’absolu que vous y devinez, malgré tout. Vous voilà donc écartelé entre vos craintes et vos désirs, assoiffé de perfection morale, de suprême connaissance ou d’indéfectible passion, mais n’osant les quérir vraiment par crainte de vous y abîmer. A l’encontre de ce que prétend la Tradition, vous n’êtes pas un Lion vieillard, mais un Lion traînant après soi une adolescence qui n’en finit pas de mourir.

On trouve un fort Saturne en Lion dans les thèmes de Guillaume II, César Borgia, Hitler, Ravachol, Michel Sardou, Mitterrand, ainsi que dans ceux de Maurice Chevalier, Charlie Chaplin, Bourvil, Henri Salvador, Jules Laforgue, Jean-Roger Caussimon. Saturne est également dans votre signe si vous êtes un Lion des années suivantes : 1918, 1919 (jusqu’au 11 août), 1946 (à partir du 3 août), 1947, 1948, 1976, 1977, 1978 (les 24-25-26 juillet).

Uranus en Lion

Chose curieuse, les astrologues classiques ne semblent guère s’attarder sur le fait que, selon leur système, Uranus se trouve, tout autant que Saturne, en exil dans notre signe. On comprend bien pourquoi : les affinités entre les fonctions léoniennes et uraniennes sautent tellement aux yeux qu’ils se ridiculiseraient en prétendant le contraire. Les interprétations qui insistent sur la détermination, la puissance de caractère, la forte ambition, l’audace et les risques de déviation vers la paranoïa, sont certainement plus proches de la vérité. Encore méritent-elles quelques petites explications.

Le point commun fondamental entre Uranus et le Lion, c’est un processus de concentration, de réduction extrême à un pôle unique, dans un but d’efficacité maximale.

Dans le chapitre consacré à la Caractérologie du signe, nous avons déjà étudié tout ce que cela implique : imposer son point de vue aux autres, se sentir invulnérable, être sûr de son bon droit, ne pas concéder la moindre miette de son pouvoir et de son autorité. Uranus exacerbe ces tendances, les radicalise, les assortit d’un impact, d’un tranchant tels qu’elles ont bien peu de chances de passer inaperçues. Vous visez toujours les sommets : qu’il s’agisse de ceux du pouvoir, de l’intensité d’expression de votre personnalité, de l’acuité de votre conscience lucide ou de la rigueur concise de vos formulations. Vous dissipez le brouillard à coups d’éclairs soudains, vous focalisez les lueurs éparses en faisceau aveuglant, vous rassemblez les forces les plus diluées en un seul et invincible fer de lance. Vos irruptions sur le devant de la scène sont souvent plus provocantes que celles du Lion jupitérien. Vous ne prenez pas, comme lui, votre élan à partir de données familières, de réalités que chacun peut voir et palper. Vous vous appuyez sur vos pulsions les plus intimes, vos tendances les plus inaliénables, ou encore sur de vastes entités collectives, des sujets d’étude passablement complexes, fort difficilement perceptibles du fait de leur nature ou de leurs dimensions. Les motivations de vos exigences et les sources de vos déductions fulgurantes s’enveloppant ainsi de mystère, vos attitudes abruptes sont souvent ressenties comme parfaitement arbitraires et violemment partiales. Vous surprenez, vous choquez à l’occasion, mais vous ne laissez personne indifférent.

L’un des dangers majeurs qui vous guettent réside dans les polarisations trop exclusives, les manies forcenées dévoreuses d’énergie, la surtension constante pour vous maintenir à l’altitude de votre personnage. Les tristes déboires du Lion qui met tous ses oeufs dans le même panier vous concernent particulièrement. Pour tout ce qui est en-dehors de vos spécialisations les plus valorisantes, vous risquez de porter des oeillères d’une opacité à toute épreuve. A moins d’une dominance planétaire compensatrice, les dimensions émotionnelles des situations, tout leur côté « humain trop humain » vous échappent totalement. L’œil braqué sur votre but, vous foulez aux pieds les tendres, les gentils, les affables et les doux meurs sans leur prêter la moindre attention. Le manque de discrimination léonien, dans ce cas particulier, ne fait pas de vous un gaffeur soupe-au-lait, somme toute bien sympathique, mais plutôt, dans les cas les plus graves, le parfait butor arriviste qui s’est fait greffer un ordinateur à la place du cœur. Soucieux, avant tout, de faire un effet boeuf par vos bluffs, vous sautez à pieds joints par-dessus les menues tâches pratiques de tous les jours, par-dessus les mille petits faits qui tissent la trame la plus consistante de la vie. Si vous êtes un uranien dissonant de cette trempe, regardez tout de même de temps en temps où vous marchez : vous êtes peut-être un génie, mais les peaux de bananes sont aussi glissantes pour vous que pour les autres.

En raison de sa lenteur, Uranus n’est pas très souvent dans notre signe : il y revient tous les 84 ans pour une période de 7 ans en moyenne. Parmi les Lions du XXe siècle, seuls sont concernés les natifs de 1956 à 1962 inclus (et encore, jusqu’au 9 août seulement pour ceux de la dernière année). Lors de son passage précédent, Uranus en Lion s’est notamment fait remarquer dans les thèmes de Churchill, Colette, Ravel, Jung et Mata-Hari.

Neptune en Lion

Enigmatique et problématique alliage. Les affinités entre la planète et le signe sont nettement moins évidentes que dans le cas d’Uranus ou de Jupiter, et la coopération ne sera vraiment effective que si Neptune reçoit, par ailleurs, de forts aspects dynamisants. Dans le cas contraire, les fonctions dominantes du Lion sont passablement altérées. Les manuels traditionnels parlent d’exaltation lyrique, idéaliste, mystique ou romanesque, de sens esthétique noble et raffiné, avec forte propension aux illusions et déceptions sentimentales, dans l’hypothèse d’un Neptune très dissoné. Le portrait s’avère assez ressemblant pour l’essentiel, mais quelques touches supplémentaires ne lui nuiront pas, je l’espère.

Par la fonction neptunienne, émergent en vous des émotions et des sensations dont les sources échappent à votre conscience claire parce que trop subtiles, trop complexes ou trop inhabituelles. Vous avez l’impression d’être habité par quelque chose de plus vaste que vous même, d’être fondu dans un grand tout avec lequel vous vibrez à l’unisson. Vous agissez au flair, animé par les impondérables, témoignant, à votre manière, de valeurs collectives ou d’un ordre invisible que chacun nomme à sa façon, selon ses propres convictions. Pour vous, ce que l’homme a de plus humain, ce sont les battements de son cœur, ses enthousiasmes, ses chagrins, les échos frémissants de la symphonie universelle qu’il sent palpiter en lui. Vous n’avez vraiment rien d’un sec ordinateur uranien. Avec l’apport du Lion, dans les cas les plus positifs, la façon dont vous manifestez ces émotions et sensations peut acquérir une force de conviction peu commune. La liberté, telle que vous la concevez, c’est le refus des barrières formelles de la raison raisonnante, le pouvoir que nous avons de nous délivrer des mortelles scléroses en vivant pleinement, selon nos intuitions les plus folles, en nous laissant soulever par notre foi, par les aspirations de tout un peuple, ou par la puissance irrésistible de la Vie avec un grand V. L’alliance LionNeptune peut également prendre la forme d’un rayonnement personnel, fondé sur un sens profond de l’humain ou sur la générosité inconditionnelle. A l’occasion, vous pouvez aussi exceller à enrober vos appétits dominateurs de considérations universalistes et philanthropiques.

Mais Neptune, comme je vous le laisse entendre plus haut, ne manque pas de bâtons à nous mettre dans les pattes. Ainsi, en prise directe perpétuelle avec ce qu’il y a de plus mouvant et de plus incertain, il ne facilite guère l’immunisation du Moi par concentration des mécanismes protecteurs. L’Invincible Armada de vos tendances aura bien du mal à ne pas se disperser dans les tempêtes ou à ne pas s’enliser dans quelque mer des Sargasses. Autre difficulté : Neptune néglige tout ce qui est mise en vedette, représentation extérieure, recherche du prestige et de l’autorité. Si vous persistez à vouloir vivre ces tendances léoniennes, vous aurez la sensation d’un perpétuel inachèvement, vous vous sentirez plus ou moins « raté », riche d’infinies virtualités que vous êtes impuissant à utiliser pour votre valorisation personnelle. Vous déplacerez vos désirs de conquête, de toute-puissance et de liberté souveraine sur le plan de l’utopie, du rêve, du fantasme, avec réalisation possible dans le domaine artistique ou littéraire. Signalons, enfin, qu’un NeptuneLion dissonant risque d’affaiblir encore les facultés discriminatrices du signe. Il ne s’agit pas d’une carence de flair et d’intuition, mais d’une grande maladresse dans les rapports officiels. Si fort qu’en soit votre désir, vous ne maîtrisez pas les subtilités de l’étiquette, le savoir-vivre et le savoir-parler dans ce qu’ils ont de plus étroitement formaliste. Vous agissez en priorité selon vos humeurs, vos sentiments, vos impressions fugaces, suivant les inclinations naturelles de vos indignations ou de vos enthousiasmes, sans y mettre les formes auxquelles les autres s’attendent. Au lieu de vous en culpabiliser, considérez-vous plutôt comme l’involontaire et naïf messager d’un monde plus vrai et plus libre que cet univers de mots creux et de décors en carton-pâte où se complaisent tant de gens prétendument raisonnables.

La visite de Neptune à notre signe est particulièrement rare, puisqu’elle ne se produit que tous les 184 ans. Il est vrai qu’en raison de son mouvement très lent, la planète y demeure durant plusieurs années, marquant ainsi toute une génération de son empreinte. En ce qui concerne notre siècle, les Lions marqués par sa présence sont ceux des années 1915 à 1929 incluses (le 23 juillet seulement, pour les natifs de cette dernière année). Neptune en Lion est important dans les thèmes de Mozart, Robespierre, John Kennedy, Kissinger, Michèle Morgan, Bourvil, Theodorakis, Arthur Conte, Claude Roy, Fernand Raynaud, Raymond Devos, Robert Sabatier, Gébé, Goscinny, Lagoya, Jean Daniel, Trigano, Stockhausen.

Pluton en Lion

Pluton a beau être la petite dernière, on ne peut pas dire qu’aux yeux des astrologues, elle soit la préférée de la famille. Certains ne lui reconnaissent même pas le droit de figurer dans les thèmes, c’est vous dire. Bon nombre de ceux qui se hasardent à l’interpréter ne la manient qu’avec des pincettes, prétextant que sa découverte est encore trop récente pour qu’on puisse en dire quelque chose de sensé. Les symbolistes, éloquemment inspirés par le sombre parrainage du dieu des Enfers, lui attribuent l’ambivalence extrême des mondes souterrains, qui sont aussi bien le lieu de la damnation éternelle que celui des plus riches trésors. En général, cependant, ils insistent sur le mauvais côté. Destruction, crise, révolte sauvage et sans cause, perversité, angoisse, absurdité, instinct de mort n’en finissent pas de défiler lugubrement. Il faut dire que les fonctions naturelles de Pluton, dégagées par l’astrologie moderne, impliquent des affinités avec l’essence des choses, la vérité en soi par-delà les jugements de valeur, la transcendance absolue. D’où la suspicion naturelle qu’elle inspire…

A priori, la cohabitation avec le Lion s’annonce plutôt malaisée. Le désir de surclasser les autres et le goût de la parade tonitruante, notamment, en prennent un sacré coup. Un Lion plutonien bon teint, vu de l’extérieur, a fort peu de chances de cadrer avec le portrait-robot du signe. Avec Pluton, l’on aurait cependant bien tort de se fier aux apparences, l’essentiel se passant au niveau de votre inaliénable for intérieur. En fait, Pluton, tout comme le Lion, refuse les limites. Il les refuse même de la façon la plus radicale qui soit. Le temps et l’espace n’ont pas de bornes, l’éternel et l’infini sont ses domaines. Il n’a de compte à rendre à personne, il ne se soumet à aucune autorité humaine. Il engendre lui-même sa propre loi et sa propre vérité. C’est un réfractaire, un irréductible, un pur, un authentique. On pourrait croire que Pluton, éloigné de tout personnalisme, désintègre le narcissisme du Lion. En fait, il remplace un narcissisme superficiel par un narcissisme beaucoup plus profond : la contemplation inexprimable, intégrale et perpétuelle des rouages les plus secrets de votre Moi ; la traque de vos mobiles les plus intimes. Vous vous retrouvez seul avec vous-même pour assumer l’angoissante étendue des possibles qui vous habitent. Si votre Pluton est bien soutenu par des aspects harmoniques ou bien épaulé par d’autres dominantes, vous pouvez vous imposer dans un rôle d’accusateur, de démystificateur, d’opposant ou de personnalité marginale, conquérant ainsi, au moins sur un certain plan, une petite part de la liberté absolue que vous rêvez d’atteindre.

Même dans les cas les plus favorables, de quelque signe que l’on soit, l’on ne saurait attendre de Pluton qu’il nous facilite la vie : il n’est que des différences de degrés dans une inintégration foncière que l’on accepte plus ou moins bien. Avec Pluton en Lion, l’inadaptation peut se traduire par l’écroulement total des barrières de prudence et de raison. Vous êtes irrésistiblement entraîné vers les situations les plus dangereuses pour votre équilibre psychique ou corporel, animé par une sorte d’orgueil métaphysique. Vous faites de vous-même votre propre dieu : un dieu dont vous éprouvez, sans relâche, l’étendue des pouvoirs, un dieu que vous remettez en question, sans jamais trouver de réponse définitive.

Les tendances phobiques du signe atteignent une intensité à la mesure de l’intransigeance de vos refus. Savoir que toute immunisation de votre Moi est, d’avance, vouée à l’échec : n’est-ce pas ce qu’il y a de plus insécurisant au monde ? Ne pouvoir s’empêcher de saboter l’estime qu’on vous porte tout en la quêtant éperdument : qu’existe-t-il de plus éprouvant ? Peut-être aurez-vous la ressource de socialiser vos angoisses par le biais d’un humour corrosif, mettant en épingle le caractère définitivement dérisoire des prétentions léoniennes ; vous résoudrez peut-être, ainsi, la distorsion entre votre refus des conventions et votre besoin d’un public admiratif.

Pluton est entré en Lion en août 1938 pour n’en ressortir qu’en août 1957. Si vous êtes un léonien né entre ces deux dates, la ténébreuse planète a de fortes chances de jouer un rôle non négligeable dans votre horoscope. Aucun natif de cette période n’a encore eu le temps de devenir un vénérable vieillard, mais, parmi ceux dont le Pluton en Lion important n’a pas fait obstacle à la notoriété, on peut déjà citer les chanteurs Michel Sardou, Mort Shuman, Maxime Le Forestier, Antoine, ainsi que Claude Lelouch, Jacques Attali, Patrick Modiano, Claude Villers, Anne Gaillard, et la dessinatrice Claire Bretécher.

Comment interpréter les Signes dans les Maisons

Votre heure de naissance, nous l’avons vu, permet de déterminer votre signe Ascendant.

Elle permet aussi de calculer le degré zodiacal traversé par le plan méridien du lieu concerné. A partir de ces deux repères, et par des procédés que je ne juge pas utile de développer ici, il est possible de diviser la sphère céleste en douze secteurs pas nécessairement égaux. Chacun de ces secteurs est numéroté et appelé Maison I, Maison II, Maison III… jusqu’à Maison XII. Un peu au fait de l’astrologie, vous savez sans doute que lesdites Maisons sont censées nous renseigner sur la façon dont nous vivons tel ou tel domaine bien délimité de notre existence : carrière, famille, santé, amours, voyages…

Au risque de faire bondir bon nombre d’astrologues vétérans, je vous avouerai que je suis assez sceptique quant à la réalité de leur influence, du moins dans les limites définies par la Tradition. Elles ne me semblent pas nécessaires, de toute façon, pour une saine interprétation d’un thème. Les dominances planétaires et zodiacale, les aspects majeurs et les renseignements fournis par le consultant suffisent amplement à faire prendre une claire conscience de la structure d’une personnalité. On ne répétera jamais assez qu’il est vain de vouloir trouver dans un thème tous les détails d’une vie. Cela dit, si vous disposez de votre carte du ciel, je ne vous empêche pas de vérifier vous-même le bien-fondé ou l’inanité des sentences traditionnelles. En avant, donc, pour la visite des douze Maisons.

Le Lion dans les Maisons

Lion en Maison I

Cette Maison a trait au sujet dans ce qu’il a de plus représentatif et de plus évident. Elle concerne votre extériorité physique et la conscience que vous acquérez, peu à peu, de vous-même. Une Maison I fortement chargée signale un natif préoccupé avant tout de sa personne et faisant de celle-ci son principal centre d’intérêt : on voit ce que ça peut donner dans le cas du Lion. Je crois bon, par ailleurs, de vous rappeler que la pointe de la Maison I s’appelle l’Ascendant. Il vous faut donc vous reporter au passage consacré au LionAscendant Lion, ainsi qu’aux passages relatifs aux gestes et aux mimiques dont notre signe est coutumier : vous serez suffisamment éclairé. Je me permets de préciser que toute planète située à proximité de l’Ascendant a de fortes chances d’être l’une des dominantes de votre thème. S’il en est une dans ce cas, reportez-vous au paragraphe qui la concerne.

Lion en Maison II

Cette Maison est censée renseigner sur votre attitude face à l’argent, sur vos aléas financiers, sur la nature de vos gains. J’ai déjà traité assez longuement du comportement léonien en matière pécuniaire. Pour juger sainement de la question, d’ailleurs, l’astrologue peut bien se contenter de considérer vos planètes dominantes, ainsi que les aspects lunaires, jupitériens et vénusiens. Si, conformément à la Tradition, l’argent occupe une place prépondérante dans votre existence, cherchez plutôt dans cette Maison-là et regardez aussi où se trouve votre Ascendant : il est peut-être dans le signe thésauriseur et engrangeur du Cancer. Pour l’astrologue qui s’obstine à déceler dans le thème des événements et des faits précis, une Maison II en Lion est un indice de fortune et de réussite financière, quoique certains auteurs vous jugent suprêmement désintéressés et attirés par des métiers plus honorifiques que lucratifs. Pour ce qui est de la source des gains, on mentionne habituellement l’enseignement, le spectacle et les commerces de luxe.

Lion en Maison III

Les attributions classiques de cette Maison sont multiples : rapports avec frères et sœurs, cousins et voisins, petits déplacements, correspondance, publications littéraires, intelligence pratique, enseignement primaire. Nous avons déjà évoqué la forme d’intelligence du Lion et ses rapports possibles avec ses frères et sœurs à la rubrique Education. Quant aux autres domaines, ils me semblent par trop anecdotiques ou purement événementiels pour que je puisse les traiter sérieusement ici. Les compilateurs classiques parlent de prix littéraires, de frères haut placés, de déplacements profitables, se cantonnant surtout aux réunions mondaines et aux spectacles. Si vous avez vraiment la bougeotte et si vous êtes pris d’une frénésie de communication et d’échange, voyez plutôt la force de votre Mercure, de votre Mars et de votre Lune. Quant à votre Ascendant, il pourrait bien se situer dans les derniers degrés des Gémeaux, ce qui expliquerait bien des choses.

Lion en Maison IV

En analogie avec sa position au Fond-du-Ciel, la Tradition associe à cette Maison tout ce qui constitue la souche, les bases, les racines profondes. Elle concerne donc l’atavisme, l’hérédité, le terroir, le domicile, la famille. Pour faire bonne mesure, on y rajoute aussi la fin des choses, les trésors cachés, la sépulture et l’héritage de propriétés. Du Lion en Maison IV, nos rêveurs à chapeau étoilé s’accordent à déduire une prestigieuse galerie d’ancêtres, ou, tout au moins, des parents haut placés. Ce qui ne laisse pas de rendre perplexe si l’on songe que les frères et sœurs d’une même famille ont très rarement la Maison IV dans le même signe. Mais il en faudrait bien davantage pour démonter de tels astrologues. Ils embrayent aussitôt sur le terme de votre existence, vous assurant qu’il sera comblé de succès et de plaisirs en tout genre. Vous serez bien aise d’apprendre, également, que vous êtes autoritaire avec ceux qui partagent votre toit, que vous avez des talents de décorateur d’intérieur et du goût pour les ambiances luxueuses. Je crois que c’est à peu près tout… Si vous désirez des renseignements moins sommaires sur la façon dont vous ressentez votre foyer, le climat familial, l’appartenance à, une communauté quelconque, référez-vous à la position et aux aspects de votre Lune. Relisez, en particulier, le passage consacré à la Lune en Lion, vous avez quelque chance de vous y reconnaître.

Lion en Maison V

Cette Maison concerne vos amours, votre progéniture, vos oeuvres, vos amusements et vos spéculations. Dans la logique de l’astrologie traditionnelle, avec l’apport du Lion, vos amours ne sauraient être qu’ardents et dignes, votre progéniture remarquable, vos oeuvres brillantes, vos amusements fastueux et vos spéculations fructueuses. Si ça n’est pas tout à fait le cas, cherchez l’explication du côté de vos planètes et signes dominants ; tenez compte de la position et des aspects de la Lune, de Vénus, Neptune et Jupiter : les déductions sont nettement plus sûres. Je me permets aussi de vous renvoyer aux rubriques Amour, Argent, Education et Amitié. Je crois y avoir déjà détaillé les jeux et les ris de notre félin.

Lion en Maison VI

Cette Maison met l’accent sur vos problèmes de santé, sur votre travail dans son côté terre à terre et astreignant, sur vos relations avec les subordonnés, les petites gens, les °tic. et tantes, les petits animaux domestiques. Vous devriez trouver dans les rubriques Travail et Santé de quoi satisfaire votre curiosité quant aux interférences du Lion avec ce sixième secteur.

Lion en Maison VII

Une chose au moins est sûre : comme dans le cas de la Maison I et de la Maison IV, les planètes de votre thème, situées à proximité du début de cette Maison, sont valorisées. Elles ont de fortes chances de figurer parmi vos dominantes. La Maison VII concerne vos relations avec autrui dans ce qu’elles ont de plus officiel et de plus sélectif. La Tradition la met en rapport avec le mariage, les contrats, les associations, les ennemis déclarés, les procès. Assaisonnez avec du Lion et mélangez bien le tout. Vous obtenez immanquablement un conjoint noble, élégant, superbe et généreux, un associé sincère et magnanime, des ennemis très fair-play, des procès victorieux, et – ça va de soi – des contrats léonins. En fait, comme vous le savez, votre horoscope ne saurait vous renseigner sur la réalité objective d’une autre personne, mais seulement sur la façon dont vous êtes tenté de percevoir cette personne. Logiquement, le Lion en Maison VII devrait donc vous conduire, plus que jamais, à percevoir le conjoint, le partenaire, l’adversaire ou l’associé à votre propre image. Selon votre dominance planétaire, votre nature vous incite à modeler vos proches, à les rendre conformes à l’image que vous avez d’eux ; ou bien vous v.)us contentez de vivre vos aspirations léoniennes par délégation, par le biais d’un complémentaire en qui vous avez décelé de prometteuses potentialités. J’ai d’ailleurs déjà fait mention de ce processus dans les passages consacrés à l’Amour et à l’Amitié. Voyez les portraits du LionAscendant Capricorne et du LionAscendant Verseau. Si vous êtes un Lion de la Maison VII, un des deux vous concerne nécessairement.

Lion en Maison VIII

Si l’on en croit la Tradition, avec une Maison VIII fortement occupée, votre existence, d’une manière ou d’une autre, sera marquée par la mort et par ses conséquences. Les deuils, testaments, héritages sont censés prendre une importance toute particulière. Ou alors, vous vous contentez de brasser des idées morbides et suicidaires, de mettre la mort au centre de toutes vos théories. Moins macabrement, cette Maison est également en rapport avec l’argent du conjoint et des associés. L’astropsychologie, d’une façon générale, en fait la Maison des crises, des transformations, des régénérations et de la sexualité. L’on devine ce que peut donner, dans l’optique du traditionaliste, le Lion en Maison VIII : la mort par accident cardiaque, le grandiose héritage, les honneurs posthumes et autres joyeusetés.

A mon sens, pour juger plus sainement des rapports de notre signe avec les crises de transformation en général et avec la mort en particulier, il vaut mieux considérer la force et les aspects de Saturne, Neptune et Pluton dans le thème. Reportez-vous donc aux passages concernant la présence de ces planètes dans notre signe et les aspects de ces mêmes planètes au Soleil. Saturne va surtout concerner la mort en tant que perte, disparition de la personne et du corps physique : sur le plan évolutif, il aura trait, notamment, à la prise de distance vis-à-vis du charnel et de l’émotionnel, à la quête de la profondeur des êtres et des choses.

Neptune concernera plutôt les rapports de la mort et de la vie, le passage de l’une à l’autre dans les deux sens, leurs interférences et leurs imbrications, la faculté de se représenter, concrètement, un au-delà éventuel et d’en ressentir déjà la présence. Quant à Pluton, c’est la mort considérée comme un absolu, comme le point de non-retour, avec ce que cela peut comporter d’exaltant ou de terrifiant selon votre propre conception de l’autre monde. Nos rapports avec la mort et les transformations, de toute manière, sont ceux que nous entretenons avec l’inconnu et la complexité. Il en est souvent question dans ce livre, et pas seulement dans les passages mentionnés à l’instant. Voyez par exemple, au rayon caractérologie, le passage intitulé « Peurs de Lion« . Je vous laisse le soin de faire les transpositions nécessaires…

Lion en Maison IX

Pour la Tradition, c’est la Maison des grands élans vers le lointain et vers le spirituel : elle concerne aussi bien les longs voyages et les rapports avec l’étranger que l’intelligence spéculative, la religion, la philosophie, l’enseignement supérieur. L’interférence avec le Lion est censée apporter générosité et noblesse de pensée, hautes fonctions universitaires, diplomatiques ou ecclésiastiques, attrait pour les longs périples honorifiques et représentatifs. Pour vérifier ces assertions, reportons-nous à la position de Mars, Jupiter, Saturne et Neptune (en dominance harmonique). Mars met l’accent sur le goût de l’action, de l’entreprise et de l’aventure. Jupiter insiste sur le côté officiel et pontifiant. Saturne favorise la réflexion, la méditation et le détachement, tandis que Neptune sensibilise à l’inconnu, au collectif, à l’universel et à toute autre transcendance qu’il vous plaît d’imaginer. Notons pour finir qu’une planète située dans les quinze derniers degrés de cette Maison peut être considérée comme conjointe au Milieu-du-Ciel, et qu’elle a, par conséquent, de sérieuses chances de figurer parmi les dominantes de votre thème.

Lion en Maison X

Cette Maison importante, qui valorise les planètes qui s’y trouvent, concerne la façon dont vous vivez votre carrière, votre engagement socio-professionnel, dans ce qu’il a de plus officiel et de plus formel. Pour les astrologues qui interprètent un thème en y cherchant des événements, elle renseigne sur les chances de succès, la célébrité éventuelle, les honneurs, le pouvoir que vous pouvez acquérir, et naturellement, sur les éventualités contraires : les risques d’échec, de déshonneur, de chute. Comme on s’en doute, pour les manuels classiques, la présence du Lion dans ce secteur est éminemment prometteuse : autorité, vedettariat, brillante ascension, réussite magistrale dans les domaines de l’art, de l’éducation, de la politique, de la mode, de la joaillerie ou du théâtre, j’en oublie certainement. Pour que les promesses aient quelque chance d’être tenues, il vaut mieux avoir, par ailleurs, une bonne vieille dominance de Mars, Jupiter, Soleil et Uranus. Mais encore une fois, dites-vous bien que, pour atteindre des sommets, il ne suffit pas du conditionnement de son horoscope, aussi excellent soit-il. Quant au comportement léonien dans le cadre des attributions de ce secteur, il est abondamment décrit à la rubrique Travail et à la fin de la partie Education.

Lion en Maison XI

Cette sympathique Maison a trait aux amitiés, aux espérances et aux projets. Selon l’interprétation la plus traditionnelle, le Lion dans ce secteur devrait vous valoir des amis brillants, fidèles, enthousiastes et quelque peu dominateurs, des relations puissantes et des protections en haut lieu. Vos projets, enfin, ne sauraient qu’être empreints de grandeur, de noblesse ou d’outrecuidance. En fait, pour que votre vie amicale soit euphorique, détendue et sans problèmes, il suffit bien d’une dominance harmonique des planètes Jupiter, Vénus, Mercure et Lune. Prière, aussi, de vous reporter à la partie Amitié du présent ouvrage.

Lion en Maison XII

Comme le chanterait Brassens, dans les thèmes, sans prétention, elle n’a pas bonne réputation, cette Maison XII… On lui attribue, en effet, les épreuves majeures et les grands chagrins. Maladies chroniques, hospitalisations, exils, emprisonnements sont de son triste ressort. Elle passe pour prédisposer à une existence marquée par le secret, les choses cachées, la vie occulte. Les ennemis sournois et les complots y élisent également domicile, en bonne compagnie avec les vices et les tendances au suicide. Comme on le voit, même s’il n’est guère reluisant, le choix est fort vaste. Le mariage avec des tendances léoniennes, en tout cas, s’annonce plutôt malaisé : la fonction primordiale du Lion n’est-elle pas de se délivrer des embûches ? On peut chercher du côté des très gros ennuis cardiaques, des ennemis puissants, des risques de disgrâce fracassante. Loisible, aussi, d’évoquer le pauvre Lion en cage qui n’a pas su se réaliser, le pauvre Lion prisonnier à perpétuité des barreaux de ses inhibitions. A ce propos, remarquons, tout de même, que le Lion en Maison XII correspond presque immanquablement à un Ascendant Vierge, ce qui peut expliquer bien des choses : relisez le portrait relatif à ce dernier signe au chapitre des Ascendants.

Examinez aussi les grandes dissonances de votre thème, en particulier celles de Neptune, Saturne et Pluton. Pour finir, je ne peux résister au plaisir de jeter le trouble dans l’esprit de la Tradition. Cette dernière considère les planètes situées en Maison XII comme étant particulièrement affaiblies. Or, des travaux modernes ont mis en évidence une forte zone de valorisation à la fin de ce secteur : tout astre situé dans les quinze derniers degrés pouvant même être considéré comme conjoint à l’Ascendant

La Lune Noire

Après l’évocation des images-degrés et des étoiles fixes, comment pourrais-je passer sous silence le dernier outil sophistiqué de nos travailleurs à chapeau étoilé ? N’allez pas croire qu’il s’agisse d’un satellite artificiel barbouillé à l’encre de Chine ; sa définition est tout ce qu’il y d’astronomique, ce qui devrait a priori nous rassurer. Je vous la livre dans toute sa lumineuse simplicité. La Lune décrit une orbite elliptique autour de la Terre, cette dernière occupant l’un des deux foyers de l’ellipse, conformément aux lois de la mécanique céleste.

La Lune noire, c’est tout bonnement le deuxième foyer, inoccupé celui-là, de l’orbite de notre sœur lunaire. Quant à l’apogée de ladite orbite, c’est-à-dire le point le plus éloigné de la Terre, il a reçu le petit nom charmant de Lilith.

Ça vous chiffonne qu’il s’agisse de deux lieux vides ? Vous n’êtes pas le seul. D’aucuns n’ont pas manqué de faire remarquer aux adeptes de la Lune noire que l’influence de points immatériels semble, pour le moins, problématique. Ils ne se sont pas démontés pour si peu : la Lune noire, disent-ils, n’est pas un point fictif, mais un point virtuel. Elle n’est pas inexistante, elle est immanente. Ce qui change évidemment tout quant à l’efficacité de son influence. Don Néroman, l’astrologue qui l’a remise au goût du jour, parle d’ailleurs de son « action théorique évidente ». Reconnaissons tout de même que l’évidence d’une action réelle serait éminemment préférable. Et, dès lors, pourquoi ne prendrait-on pas en compte les autres foyers vides des orbites planétaires ? Un Jupiter noir, un Saturne noir, un Mars noir ; plus on a de points noirs, plus on rit de se voir si beau en ce miroir…

Pour ce qui est de l’influence de notre espiègle Lilith, je crois préférable de vous épargner la dialectique méandreuse de ses fans et de vous exposer tout de suite leurs conclusions. La Lune noire, c’est l’inaccessible, la transcendance de l’interne, la dérision, l’opposition à la représentation extérieure, la neutralisation et l’inversion. C’est la pureté du silence, la quête de l’être, la destruction des tabous, la solitude aiguë afin de garder la conscience de soi, la justice intérieure absolue. Elle jouerait un rôle décisif dans le thème des personnalités sortant de l’ordinaire, dans les cas d’homosexualité, de crimes et de suicides. Elle symbolise la femme castratrice, ou, tout au moins, la femme émancipée qui refuse soumission, dépendance et servage.

Si l’on considère tous ces attributs, le double emploi avec les fonctions de Pluton ne fait pas de doute. Et, de fait, comme par miracle, on trouve dans la quasi-totalité des thèmes signés Lune noire une très forte position de Pluton, souvent associé à Saturne qui présente bien des affinités avec lui. L’explication du thème par la position d’un point virtuel s’avère superflue. Les astrologues féministes qui en font leur cheval de bataille ont investi ce symbole de toute la puissance de leurs rancoeurs, en réaction à une nomenclature traditionnelle imbue de phallocratisme. Face à Lune et Vénus, symboles de la femme-mère et de la femme-femme, elles dressent la corne de Licorne et de la Lune noire, symbole de la femme refusant les modèles, de la femme absolue. Au lieu de remettre en cause le symbolisme des planètes, de le dépasser par la recherche des fonctions qui le sous-tendent, elles le figent dans une sorte de réplique céleste de stéréotypes culturels posés comme immuables. Et quand, sur Terre, vient au jour la contestation spécifique desdits stéréotypes, il leur faut absolument trouver au ciel un élément nouveau qui en sera l’incarnation. Avec ce système de raisonnement, le firmament va bientôt se trouver bondé !

Cela dit, chers natifs du Lion, qu’est censée vous apporter la Lune noire dans votre signe ? Eh bien, vous manquez des qualités léoniennes : ou vous les possédez seulement en miniature, ou vous les incarnez sur un mode caricatural et dérisoire. Il paraît aussi que vous êtes fascinés par un type de femme royale, dominatrice, puissante et autoritaire. Les natifs concernés sont ceux des années 1899, 1908, 1917, 1934, 1943, 1952, 1961, 1970, 1979, 1987, 1996, 2005 et 2014. Avant de vous dire que ça colle vraiment très bien, regardez plutôt deux fois qu’une la force et la position de votre Pluton et de votre Saturne.

 

Gémeaux

Le Signe des Gémeaux

20 Mai – 22 Juin

par

Paul Colombet

La Symbolique du Signe

C’est autour de quelques concepts fondamentaux très simples que s’est construite la symbolique du signe des Gémeaux.

Ce sont : l’élément Air, exprimant lui-même l’idée de mobilité ; la qualité de signe double ou mutable, signifiant la dualité profonde de l’être ; l’analogie saisonnière qui lui confère les caractéristiques du printemps.

L’idéogramme du signe est simplement la géométrisation du dessin représentant deux gamins ou deux adolescents, deux jumeaux, schématisés souvent par deux traits verticaux reliés par deux traits horizontaux. Le thème des deux jumeaux se retrouve dans diverses civilisations : nous le développerons plus amplement.

Dans de très anciens Zodiaques égyptiens, le signe des Gémeaux était figuré par deux feuilles de lotus, affirmant déjà l’idée de dualité.

On a Cherché à dégager de l’idéogramme des Gémeaux des contenus ésotériques. Les deux lignes verticales représenteraient les deux signes qui précèdent les Gémeaux, c’est-à-dire les énergies primitives indifférenciées. Celle du Bélier jouant sur un mode positif et celle du Taureau sur un mode réceptif. De leur interaction surgirait une énergie nouvelle, celle des Gémeaux, exprimant, selon Sénard, une loi primordiale : la vie émane de l’union des contraires. De ces deux forces antagonistes émanerait donc un troisième mode d’énergie, formant le premier terme de l’individuation et de la prise de conscience.

L’Air des Gémeaux

La symbolique des douze signes a pour base essentielle l’antique théorie des quatre éléments : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau.

Le lecteur, soucieux de son équilibre intellectuel d’homme moderne et rationnel, se demande si cette théorie, fondée elle même sur l’interpénétration des quatre principes, le Chaud, le Froid, le Sec et l’Humide, conserve encore quelque validité en cette fin du XX siècle. Est-il indispensable d’exiger qu’elle cadre complètement avec les données actuelles sur la constitution de la matière ?

Nous ne le pensons pas, car la science est en évolution permanente et, périodiquement, de nouvelles théories renversent les précédentes sans s’imposer durablement. En fait, la tradition – qui, sur ce point, remonte au moins à Platon – nous apporte une conception symbolique du monde et de l’homme, dans laquelle les composants dynamiques du macrocosme et du microcosme sont considérés comme des principes que l’on retrouve dans chaque manifestation de la vie universelle. Il ne faut donc pas les prendre au pied de la lettre et croire que l’élément Eau ne représente que la formule H20, alors qu’il est le symbole de l’état matériel liquide. C’est ici que l’antique principe de l’analogie prend toute sa valeur, car, grâce à lui, tout s’éclaire et devient accessible à notre entendement.

Formé par l’action du Chaud et de l’Humide, l’élément Air a pour traits caractéristiques la légèreté, la mobilité, la fluidité. Son état impalpable lui permet d’être comprimé, ce qui lui donne alors une force très puissante. Indispensable à la vie sur la Terre, il entoure celle-ci d’une sorte de placenta invisible. Il est le souffle vital et se trouve à la base du phénomène respiratoire.

Psychologiquement, l’Air, en perpétuel état de liberté et de disponibilité, développe la sensibilité, le besoin de contacts, rend influençable tout en donnant le désir de se sentir libre. Sur le plan humain intérieur, il est, par analogie, la plasticité féconde, la sensibilité impressionnable. Avec lui, les émotions, les réactions sont rapides, peu fortes et peu durables, la spontanéité, le besoin d’initiative sont marquants. La subtilité, l’esprit d’invention, l’adresse sont contrariés par le manque de patience et d’attention. L’opportunisme est fréquent.

Cette cuiller à parfum égyptienne, à la forme élancée, semble porteuse du souffle léger et doux du printemps finissant.

Le philosophe Gaston Bachelard (1884-1962) a étudié la psychanalyse des quatre éléments. Dans son livre l’Air et les Songes, il insiste sur l’existence d’une psychologie ascensionnelle : le sujet qui en est animé prend conscience d’un allégement, d’une allégresse, d’une légèreté… L’air naturel est l’air libre, dit-il. Pour un esprit « aérien », tout s’assemble, tout s’enrichit en montant, et il explique les rêves où le sujet vole ou se déplace en flèche. Un esprit « terrestre », en revanche – mais ce n’est pas notre rôle d’en traiter longuement -, se disperse et se perd en quittant la terre. La conséquence pratique est qu’un individu né sous un signe d’Air n’atteint son plein épanouissement que dans la mesure où il se donne l’aération la plus complète, mais aussi en vivant pleinement toute la symbolique de l’air, c’est-à-dire en atteignant la liberté d’expression la plus complète et en fuyant la solitude.

Le mot « air », qui paraît simple, recouvre en fait bien des concepts et, en premier lieu, celui du vent. Les Grecs et les Romains reconnaissaient un dieu des vents, Éole, qui a donné son nom aux îles Éoliennes et à l’instrument qui permet de capter la force des vents. De nombreuses divinités secondaires personnifiaient les vents agréables avec Zéphyr, le brutal vent du Nord avec Borée, et bien d’autres. On retrouve le rôle important des vents dans l’Odyssée, où Homère a décrit sous les traits d’Ulysse un Mercurien des Gémeaux, à l’esprit aventureux, débrouillard, subtil, poussé vers l’aventure par les vents brutaux, symbole des passions humaines, mais qui retrouvera finalement son foyer lorsque les vents favorables le ramèneront au port.

C’est un autre aspect du symbolisme de l’air que nous retrouvons avec la notion de « souffle ». La Genèse nous dit que Dieu, après avoir modelé l’homme, souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. Aux Indes, l’air (en sanscrit vayou) est considéré comme un agent fluidique, mobile, et serait en rapport avec la force nerveuse. C’est également, dans les diverses écoles de yoga, le prana ou souffle de vie, élément très subtil véhiculé par l’air. Ce souffle de vie est en rapport avec l’âme, l’anima des Grecs et des Romains, qui entre mystérieusement en contact avec l’âme du monde. Si le souffle est l’agent qui fait mouvoir les « soufflets » que sont les poumons, il est symboliquement l’agent qui relie tous les êtres, il est ce qui permet à l’imagination de devenir créatrice et active. Matériellement, c’est l’air qui est à la base de la fécondité végétale, puisque c’est lui qui transporte la graine et la dépose parfois loin de son origine. Mais il transporte aussi la parole, puisque celle-ci est une vibration qui ébranle l’air et c’est elle, la parole, qui a permis l’évolution de l’homme par la communication verbale, la plus efficace, la plus vivante, la plus secrète aussi.

L’air devenu son est aussi à la base de la musique, qui est le plus prodigieux moyen de transmettre les émotions et les sentiments, le plus sûr aussi d’élever l’être vers son maximum de puissance ascensionnelle, qui correspond si bien à la fière parole : « Suis ta pente, pourvu que ce soit en montant ! »

L’apogée du printemps

C’est à partir du 21 mai que le printemps atteint son épanouissement. La végétation, bien fournie, les fleurs, les feuillages amples agités par un vent doux et léger, tout concourt à donner une impression d’équilibre correspondant à la satisfaction et à la plénitude intérieures des natifs des Gémeaux dans cette période qui leur convient si parfaitement. Mais on perçoit déjà une transformation se manifestant peu à peu : la chaleur, en général, s’accentue, les premiers fruits apparaissent, une impression de maturité émane de toutes choses. L’été tout proche fait pressentir de nouvelles transformations. Il s’agit donc d’une saison intermédiaire, qui est à la fois, dans son début, la fin du printemps, et, dans sa seconde partie, l’entrée triomphale de l’été.

On retrouve l’idée du rôle d’intermédiaire attribué aux Gémeaux et à Mercure, à ces êtres qui ne sont plus tout à fait des enfants sans être encore des adultes accomplis.

Ce que les astrologues nomment l’analogie saisonnière peut cependant choquer les esprits pour qui la rationalité compte avant tout. N’est-il pas vrai, en effet, que cette analogie entre la saison et la période du signe est loin de s’appliquer à la totalité de notre globe terrestre ? On sait que dans nombre de contrées, on ne distingue en fait que deux grandes saisons : la saison sèche et la saison humide. Dans d’autres, l’hiver ne laisse qu’une faible place à un été de pacotille. Comment concilier les constatations de l’expérience avec les données traditionnelles ?

Certes, l’argument est de poids. C’est lorsque le Soleil entre dans la Balance que survient le printemps dans la zone tempérée australe. Mais on sait aussi que l’astrologie, comme toute la culture occidentale, est née et s’est développée dans la zone tempérée boréale, principalement dans le bassin méditerranéen. Cela conduit à la conception d’une astrologie plus symbolique que physique, qui n’exclut pas, d’ailleurs, le côté influent du Soleil et de la Lune, en attendant la découverte et l’identification d’autres rayonnements issus des planètes.

Il convient de dire, à l’intention de ceux qui voudraient approfondir ces questions d’ordre cosmographique, que le phénomène des saisons ne serait pas dû au passage du Soleil dans chacun des douze signes. C’est la déclinaison du Soleil, c’est-à-dire son passage au-dessus ou au-dessous de l’équateur, qui en est cause, cette déclinaison provenant de l’obliquité de l’axe de la Terre.

Les astrologues d’Amérique du Sud, d’Afrique du Sud et d’Australie, qui ont maintenant une longue expérience, sont d’ailleurs unanimes à conserver les significations de l’hémisphère Nord. Cette donnée expérimentale tend donc à prouver que les significations des signes, en tant qu’elles paraissent se rapporter aux quatre saisons traditionnelles, relèvent de données plus symboliques que matérielles. N’a-t-on pas dit, il y a longtemps, que l’astrologie est avant tout l’art subtil des correspondances ?

Ce que le lecteur curieux d’astrologie devra surtout retenir de la répartition, c’est que les signes dits cardinaux (Bélier, Cancer, Balance et Capricorne) sont ceux où une saison s’installe ; les signes fixes (Taureau, Lion, Scorpion et Verseau) ceux où la saison correspondante atteint son maximum d’intensité, et, enfin, les signes mutables (Gémeaux, Vierge, Sagittaire et Poissons) ceux pendant lesquels une mutation s’opère et où la saison suivante fait sentir son approche.

On constatera qu’il existe un net rapprochement entre le psychisme de chacun des signes compris dans une même catégorie ou, en termes techniques, dans une même quadruplicité. Les signes mutables sont souvent marqués par l’indécision, un esprit mobile et subtil, la nervosité, le flottement. Cette appartenance aux signes mutables est modulée par le fait que chacun de ces quatre signes est en outre caractérisé par un « élément » différent : c’est ainsi que l’indécision du Sagittaire se dissimule sous l’apparence dynamique qui lui est conférée par le Feu. Il met donc fin à ses hésitations par de brusques poussées d’enthousiasme. La Vierge, signe de Terre, y mettra fin par une réflexion plus poussée, une concentration maximale.

Quant aux Poissons, signe d’Eau, hypersensibles, ils s’en remettront à l’inspiration qu’ils trouveront dans la nuit de leur inconscient.

Les Gémeaux, signe d’Air, éprouvent plus de difficultés à surmonter leurs doutes et leurs hésitations : le remède est dans ce que leur apporte leur élément aérien, c’est-à-dire un courant nouveau, un flux d’autres idées, qui de la thèse et de l’antithèse feront jaillir la synthèse.

Le Symbolisme mercurien

La planète Mercure

A chaque signe la tradition astrologique attribue un astre, une planète, dont le symbolisme est en étroite affinité avec celui de ce signe.

Il existe, cependant, une différence profonde entre le signe et sa planète « maîtresse » et il convient de ne pas les confondre. La planète est un facteur dynamique, un corps céleste que l’on voit évoluer dans le ciel et qui est susceptible d’avoir une action propre sur les autres éléments du système solaire, bien que cette action ne soit pas encore scientifiquement reconnue : le signe, au contraire, n’a pas d’existence propre. C’est un compartiment du Zodiaque, que l’on a plus ou moins arbitrairement mis en rapport avec les constellations, ces lointains groupes d’étoiles qui sont hors de notre système solaire.

Aux Gémeaux correspond Mercure, qui est la planète la plus rapide après la Lune. Il met en effet quatre-vingt-huit jours seulement pour accomplir sa révolution tropique. Comme Vénus, qui est souvent très proche de lui dans le ciel, il ne s’écarte jamais beaucoup du Soleil, la distance angulaire qui le sépare de celui-ci n’excédant pas 28 degrés. De ce fait, Mercure est difficilement visible à nos yeux, perdu qu’il est dans l’éclat de la lumière solaire. Pratiquement, Mercure ne peut donc guère se trouver que dans le signe solaire natal, dans le signe précédent ou dans le signe suivant.

Le dieu Mercure

Les représentations antiques du dieu Mercure donnent l’image d’un jeune athlète aux muscles fins dont l’attitude exprime toujours le mouvement, Il est chaussé de sandales munies chacune de deux petites ailes, et son couvre-chef est aussi équipé de petites ailes. Tout dans cette image exprime la jeunesse, l’élan, la mobilité, et non la force brutale comme les images de Mars, ni la puissance majestueuse qui caractérise Jupiter.

Cet être, à peine sorti de l’adolescence, semble taillé plus pour l’adresse que pour la lutte. Son visage triangulaire, la pointe en bas, son regard malicieux, parfois rusé, expriment nettement l’agilité sous son double aspect, corporel et mental.

Les astrologues de jadis considéraient Mercure comme une planète neutre ou « convertible », c’est-à-dire qu’il n’émettait par lui-même aucune influence, aucune force particulière, mais que son action était colorée ou modulée par les rapports qu’il pouvait avoir – en termes techniques, par ses aspects – avec d’autres planètes aux influences plus typées. Symboliquement, car il faut toujours essayer de comprendre le langage de la Tradition en le considérant comme un ensemble de symboles, c’est la traduction du titre de « Messager des dieux » qui lui était attribué. Les dieux- planètes doivent être compris comme la représentation imagée et vivante des grandes forces cosmiques qui agissent à l’intérieur de notre système solaire, le macrocosme, et se retrouvent dans l’âme aussi bien que dans le corps de l’homme, le microcosme. On a pu dire, dans un langage plus courant, que par rapport au Soleil, figure centrale de notre cosmos limité, Mercure jouait le rôle du secrétaire par rapport au patron, de l’émissaire par rapport au chef, dont il retransmet les directives.

Dans l’ancienne Grèce, Mercure était connu sous le nom d’Hermès. Plus anciennement encore, c’est une divinité analogue que les Babyloniens honoraient sous le nom de Nebo ou Nabou, et les Égyptiens sous le nom de Thot.

Mais c’est toute une gamme de significations assez surprenantes dans leurs contrastes qu’évoque le personnage mythologique de Mercure. Sa légende nous le montre d’abord comme un gamin malicieux, adroit et peu scrupuleux, qui vola le troupeau de son frère Apollon et sut se faire pardonner par ses arguments, mais lui offrit en dédommagement la lyre qu’il venait d’inventer. Nous reconnaissons là le type inférieur mercurien, celui de l’être rusé, fraudeur, beau parleur, aux arguments convaincants. Le Mercure adulte, c’est l’intermédiaire-né, le dieu du commerce, celui qui sait chiffrer à son avantage mais qui préside aux échanges et fait circuler la production.

Parallèlement, il est aussi le scribe, celui qui enregistre les faits et les actes sur ses tablettes. Son rôle sur le plan de l’intellect grandit : il répand la connaissance à la fois par la voie orale et par l’écriture, il préside à la formation des idées. Il a reçu la faculté du raisonnement logique qui lui permet de développer ses propres connaissances.

Enfin, à un stade supérieur, Mercure devient Hermès Trismégiste (trois fois le plus grand), maître des connaissances cachées, porteur du caducée, la baguette aux deux serpents enroulés, symbole du pouvoir magique, de la force nerveuse et de l’art de guérir. Il peut être aussi Hermès Psychopompe, celui qui guide les âmes vers le séjour des morts.

Comment les astrologues modernes peuvent-ils intégrer les données anciennes pour parvenir à une interprétation adaptée aux connaissances de notre temps ?

La dualité mercurienne

Tout d’abord, il ressort à l’évidence que Mercure, au contraire des planètes considérées comme instinctives, et qui entrent dans les catégories du Ça freudien – c’est-à-dire surtout la Lune, Mars, Vénus, Neptune, Pluton – n’est absolument pas en rapport avec nos pulsions, nos besoins charnels, nos élans affectifs. La sphère d’activité qui lui est dévolue dans notre psychisme est essentiellement cérébrale. C’est par le cerveau et le système nerveux cérébro-spinal que Mercure agit ; il ne met pas en jeu nos appétits, mais bien notre capacité de raisonner en fonction de la logique et sur un plan purement conscient.

Mais il n’est pas l’intelligence, cette fée qui répartit si inégalement ses dons, et qui entre si difficilement dans le cadre d’une définition précise. Mercure est l’instrument dont l’intelligence se sert pour manifester son existence : Mercure, planète de l’expression, dispose de l’expression corporelle, l’expression verbale et l’expression écrite. S’il n’est pas notre intellect, il est du moins l’équivalent astral de notre mental, de notre cérébralité. Le métal auquel on a donné son nom, le mercure, appelé naguère le vif-argent, étrange corps où le métal devient à demi liquide, est un équivalent de la planète dans sa propriété d’être ambivalente, de revêtir des formes contraires, d’être « protéiforme », d’incarner à la fois le Bien et le Mal.

Cette dualité est l’une des caractéristiques essentielles de Mercure, dualité qui est aussi fondamentale dans la structure des Gémeaux, telle qu’elle a été analysée plus haut. Comme le dit André Barbault, Mercure représente un « processus de différenciation des contraires, terre-ciel, ténèbres-lumière, masculin-féminin […]. Se séparer des choses pour ne plus se confondre avec elles… » Ce n’est pas pour rien que, traditionnellement, l’âge mercurien, dans la série du développement de l’individu, est celui du début de l’adolescence, l’âge où le gamin commence à peser le pour et le contre, se dégageant du stade confus d’une enfance lunaire pour exprimer les premiers balbutiements d’un raisonnement déjà logique, où la curiosité devient exigeante et les questions embarrassantes.

Rapide, mobile, double, ces qualificatifs précisent le comportement que Mercure confère à ceux qu’il influence particulièrement.

Il en résulte une grande facilité d’adaptation, se traduisant par un comportement souple, élastique même, dans le sens favorable du terme. Mercure, tout mouvement, va au-devant des contacts, et ne peut supporter l’isolement, car le dialogue est la condition même de son existence.

Le besoin de comprendre le pourquoi des choses, aussi bien que le mobile des autres êtres, met sans cesse sa curiosité en éveil. Si le contact pose un problème, ce n’est donc pas par la force ou par une longue patience qu’il voudra le résoudre, mais par la compréhension exacte de la situation, l’évaluation juste des atouts du partenaire ou de l’adversaire. Les arguments ne lui manquent pas et surgissent à point nommé, l’esprit d’à-propos les rend percutants, parfois drôles. Les arguments spécieux, mais bien présentés, lui donnent l’avantage de la bonne foi. La diplomatie est l’arme préférée, mais elle peut faire place à un combat verbal, qui n’est pas sans danger pour peu qu’une influence annexe de Mars vienne s’y mêler. Arguties, paradoxes, sophismes, ironie (cette arme si mal comprise…) lui permettent de mener discussions et négociations de main de maître. Les situations les plus contradictoires ne le gênent pas, puisqu’il est capable de présenter successivement les arguments les plus opposés, ne craignant même pas de se déjuger. C’est son côté un peu trop « débrouillard », qui lui permet de dire que la fin justifie les moyens.

Le rôle joué par Mercure est considérable, partout dans le monde. Que l’on ne me fasse pas dire que je voue un culte à un dieu-planète, que ce soit Mercure ou un autre. Mais après tout, qui sait ?

Divaguons un peu, au risque de succomber sous les anathèmes les plus variés. Qui sait, après tout, si toutes ces petites sphères qui tournent bien sagement autour de leur patron céleste ne sont pas chargées par une puissance tutélaire de quelque mission, même s’il ne s’agissait que de perpétuer dans le système solaire un équilibre permettant le maintien de la vie, qui doit bien exister ailleurs qu’ici-bas ? « L’astrologue Gémeaux devient fou », me direz-vous. Non, il voudrait seulement que Mercure diffuse à notre intention un peu plus de raison, de compréhension, de communication entre les êtres, son sens de la fraternité.

Pour chaque individu, Mercure représente le domaine de la cérébralité, des études, des échanges intellectuels, la plus ou moins grande facilité à s’adapter logiquement et raisonnablement aux situations et aux êtres, sans être détourné par la passion. Il indique aussi de préférence les rapports avec les proches, frères, sœurs, cousins, les voisins, les collaborateurs, les êtres jeunes, les étudiants.

Planète dite « neutre » ou « convertible », il convient de le rappeler, Mercure voit ses significations se colorer selon les aspects qu’il forme avec les autres planètes, aspects que nous étudierons plus en détail. Dès maintenant, on retiendra que ses aspects avec Mars activent le sens critique, une certaine contestation ; avec Vénus, le goût, la sensibilité, l’accueil ; avec Jupiter, la cohésion, l’organisation ; avec Saturne, l’avidité et la rigueur intellectuelles, l’abstraction ; avec Neptune, l’intuition ou l’utopie ; avec Uranus, l’esprit novateur ou systématique ; avec Pluton, l’inquiétude ou la révolte.

Mais Mercure, comme d’ailleurs les autres planètes, a aussi des significations sur ce que les astrologues appellent le « plan mondial », c’est-à-dire, en dehors du domaine individuel, celui des grandes activités terrestres. On notera donc ses rapports avec le commerce, surtout de détail, l’édition, les écrits, les études, la presse, les moyens de communication et de transmission, le courrier, la poste, le téléphone, la radio, les lieux d’échange, marchés, bourses, les écoles, les facultés, les contrats, les déplacements d’affaires. Ce sont, au fond, les significations psychologiques de base qui, par voie d’analogie, sont transposées sur un autre plan.

La Mythologie du Signe

C’est autour de l’image fondamentale des Gémeaux que se retrouvent les diverses traditions mythologiques puisque leur élément commun est le duo de deux enfants mâles (ou de deux éphèbes) se tenant par le bras. Ce n’est que dans des dessins contemporains plus ou moins fantaisistes que l’on voit parfois un couple homme-femme, mais cela n’a plus rien à voir avec la Tradition. En revanche, nul ne s’est encore hasardé à représenter un couple de deux jeunes filles. L’origine de ce symbole est certainement commune à l’humanité entière, puisqu’il se rencontre dans diverses civilisations primitives, notamment en Amérique du Sud. Dans les civilisations d’Europe et d’Asie, l’évocation la plus ancienne est représentée par les Ashvins. C’étaient des dieux jumeaux, l’un représentant le ciel, le jour, et l’autre la terre, la nuit. Ils possédaient des dons de guérisseurs, notamment celui de rendre la jeunesse. Toujours à cheval, ils apparaissent en Inde, à l’époque védique, vers 1500 avant notre ère environ. Ils sont sans doute une image idéalisée des peuplades nomades, de race indo-européenne, qui parcouraient à cheval les steppes de l’Asie centrale et qui envahirent à diverses époques l’Inde, l’Iran et même l’Égypte.

Le mythe des Dioscures

Le même couple symbolique se retrouve en Grèce, avec les Cabires, également divinités guérisseuses, et surtout avec les Dioscures. On trouve à leur sujet un récit détaillé, qui éclaire singulièrement le contenu psychique du troisième signe. La version la plus claire, car il en existe plusieurs, affirme que Léda, épouse du roi Tyndare, aurait donné le jour à deux jumeaux, dont l’un, Pollux, avait été conçu par Jupiter : il était donc d’essence divine et, par conséquent, immortel. Le second, Castor, avait pour père le roi Tyndare ; il était d’essence humaine, donc mortel. Les deux frères passaient un jour au royaume des ombres et le jour suivant au séjour des dieux, allusion au besoin de changement alterné, si fréquent chez les natifs du signe. Dieux guérisseurs comme les Ashvins, ils étaient capables de rétablir l’harmonie des courants fluidiques du corps.

Le symbole est clair : Pollux, fils de Jupiter (Zeus), en raison de son essence divine, représente la partie évoluée, spirituelle, de chaque Gémeaux, et Castor, fils d’un simple mortel, fût-il roi, est la partie matérielle, animale, corporelle de l’individu. Castor ne peut résister aux tentations sans l’intervention de son frère. C’est l’image de l’être humain qui, dans son état le plus primitif, ne songe qu’à la satisfaction de ses instincts vitaux, sans en envisager les suites possibles. Mais, plus il évolue, plus l’étincelle spirituelle qui est en lui – disons sa petite parcelle divine – le met en garde contre la totale soumission aux sens, et le fait aspirer à quelque chose d’inexprimable qui le guide dans son évolution.

Tout être humain, quel que soit son signe, est ainsi constitué selon les antiques doctrines. Mais le natif des Gémeaux est plus particulièrement apte, sur le plan psychique, à ressentir avec force cette sorte de partition. Nous ne dirons évidemment pas que son cerveau est différent de celui des natifs des autres signes, mais ce qui se passe dans le domaine de la psyché n’a pas nécessairement un support matériel testable et mesurable. Les conséquences de cette dualité Géminienne dans la psychologie et le comportement des natifs seront envisagées plus loin.

Le mythe des Dioscures exprime une réalité tellement vivante qu’on en retrouve une résurgence dans le Moyen Age chrétien, avec la création des divers ordres de chevalerie, et en particulier de l’ordre du Temple. Le sceau de cet ordre ne montre-t-il pas un couple de cavaliers chevauchant la même monture ? Sans doute bien des symboles encore mal expliqués pourraient-ils se préciser en approfondissant cette comparaison.

La légende grecque des Dioscures se poursuit par une sorte de fait divers. Les deux frères ayant ravi deux jeunes filles à leurs fiancés, une bagarre s’ensuivit, au cours de laquelle Castor fut tué, et Pollux dut son salut à l’intervention de son père Jupiter. Le sens caché de ce récit est qu’il est périlleux pour les Gémeaux de se laisser aller aux débordements passionnels et de ne pas contrôler leurs impulsions parfois trop fougueuses. C’est pourquoi Castor, trop avide et manquant de réflexion, succombe, alors que Pollux, plus subtil et maître de lui, prend le temps de la réflexion et reçoit l’aide des puissances supérieures.

Le mythe des Dioscures permet de mieux comprendre cette dualité qui est peut-être le point le plus caractéristique, le plus typique du signe. Si on l’ajoute à la dualité de Mercure, cet astre qui n’accepte de se montrer aux yeux des Terriens qu’à l’aube ou au coucher du Soleil, on se trouve en présence d’une alternance rythmique – celle de l’ombre et de la lumière -, qui exprime, en termes de psychologie, le manque d’unité de ce signe, sa trop grande perméabilité aux excitants externes bu internes, ce que Jean-Pierre Nicola décrit dans son Astrologie conditionnelle comme force d’excitation et faiblesse d’inhibition.

La vie du natif se trouve donc constituée par une succession ininterrompue d’instants brefs, de clichés intérieurs auxquels il réagit avec une vitesse d’adaptation étonnante. Ce sont des clignotements signalant un rythme plutôt saccadé, le Gémeaux ne présentant qu’un côté de lui- même en même temps, afin de coller instantanément au moment présent, à l’appel que le destin lui fait, quitte à rejeter cet appel un peu plus tard, lorsque les deux instances intérieures symbolisées par Castor et Pollux auront délibéré et trouvé une solution au problème.

La dualité Géminienne suggère aussi une analogie avec le Yin-Yang, l’antique principe chinois. Des rapports très subtils existent entre ces deux données, susceptibles de se transformer de l’une en l’autre indéfiniment ; cela n’est pas sans rappeler le passage qui, dans les Gémeaux, fait évoluer l’être de Castor, principe lunaire, passif, à Pollux, principe actif solaire, si bien qu’aucun des deux ne peut être pensé sans son frère, et que le Gémeaux oscille constamment entre ces deux pôles opposés mais indéfectiblement liés. Dans l’image du signe, les deux jumeaux se tiennent enlacés, mais, dans la vie, il leur arrive de se tirer la langue ou de se pincer discrètement. Telle est la loi de la dualité, manifestation d’ambivalence, cette curieuse tendance de l’affectivité qui pousse à aimer et à détester la même personne, mais qui n’est pas une exclusivité Géminienne.

Caractérologie du Signe

Le Gémeaux dans la Vie

Le tempérament attribué aux Gémeaux est le tempérament sanguin, qui régit la fonction respiratoire. Mais les Gémeaux nous réservent une surprise. Ce signe double, illustré par Castor et Pollux, il fallait bien qu’il dispose aussi de deux tempéraments ! Signe d’Air, de printemps, la respiration est à la fois son point faible et sa fonction de base. Mais sa morphologie n’est en général pas dilatée, ses formes sont le plus souvent minces, peu musclées et peu enveloppées, alors que le tempérament sanguin, qui concerne également la Balance et le Verseau, ainsi que les planètes Vénus et Jupiter, donne plutôt des formes épanouies, parfois même massives. Il semble donc assuré qu’en ce qui concerne les Gémeaux, seul signe dont il y a lieu de se préoccuper ici, les effets du tempérament sanguin, qui est traditionnellement chaud et humide, se manifestent plus visiblement sur le plan psychologique. Assez rares, en effet, sont les Gémeaux au teint clair, et comme on disait jadis, vermeil ; plus nombreux sont ceux aux traits rétractés, aux formes minces, au teint plus pâle que coloré, et ceux-ci appartiennent au tempérament nerveux ; en d’autres termes, ils sont plus directement sous l’influence de Mercure, dont ils reproduisent la sveltesse, l’allure nerveuse et précipitée, la nature excitable, et cependant réfléchie.

Tout cela peut paraître un peu trop subtil au néophyte, mais il n’a jamais été dit que l’astrologie était un jeu d’enfant, même au stade des douze signes. Tout, d’ailleurs, dans la nature, est à la fois plus simple et plus complexe que l’on se l’imagine. Une explication subtile, mais véridique et acceptable à qui s’efforce de manier les symboles, nous est donnée par l’astrologue André Barbault, qui explique ainsi l’interpénétration du signe des Gémeaux et de son régent planétaire, Mercure :

Le signe d’Air, du fait qu’il est, comme nous l’avons vu, mobile, exprime le déplacement de l’air, sous sa forme de vent. Mercure, quant à lui, est l’astre le plus sec. Or, son élément, la terre, sous l’action du vent s’émiette et s’éparpille, et l’on retrouve ainsi la nature Géminienne, mobile, instable, flottante… C’est ainsi que l’on peut expliquer la fusion de la cérébralité mercurienne avec l’adaptation plus souple et plus naturelle du signe lui-même.

L’extraversion Géminienne

La deuxième typologie étudiée pour ce signe est celle donnée par la dialectique extraversion- introversion établie par C.G. Jung, ou type d’attitude.

On sait qu’il s’agit d’une attitude générale de l’être à l’égard de ses rapports profonds avec le monde extérieur. L’extraverti se tourne vers le monde et établit avec lui un contact aisé qui lui est indispensable. L’introverti, au contraire, se renferme dans sa subjectivité par crainte de se perdre dans le monde extérieur. L’homme d’action est plutôt extraverti, le philosophe introverti. Jupiter et Mars sont typiques du premier cas, Saturne et, souvent, la Lune, du second. Sur le plan du Zodiaque, les signes du Capricorne, du Cancer, du Verseau, des Poissons et de la Vierge sont nettement introvertis. Au contraire, le Lion, le Bélier, le Taureau et les Gémeaux sont considérés comme extravertis.

Quant aux autres, Balance, Scorpion et Sagittaire, ils sont ambivalents sur ce point. D’ailleurs, pour établir le bilan de l’introversion et de l’extraversion pour chaque cas, il convient d’ajouter à la tendance de base du signe solaire celle exprimée par les planètes dominantes du thème natal. Pour préciser cette notion, on peut dire que l’extraverti va joyeusement au-devant des autres, et que l’introverti, sans être timide, est plutôt réfractaire à l’emprise du milieu extérieur.

Le natif des Gémeaux est donc nettement extraverti. Une note d’introversion s’établirait cependant si à sa naissance Mercure se trouvait dans le signe introverti du Cancer. Cette note s’étofferait davantage si Saturne, planète type de l’introversion, se trouvait dans le signe à la naissance. Ce cas s’est produit de mai 1942 à juin 1944 et de juillet 1971 à août 1973. Il se reproduit d’avril 2001 à juin 2003 puis de juin 2030 à juillet 2032.

Au fond, ces deux notions sont à la base de l’explication psychologique de la tendance Gémeaux à aller au-devant du monde, à rechercher le contact, à participer à toutes les manifestations de la vie sociale, dans la mesure où ils sont, en majorité, beaucoup plus extravertis qu’introvertis. Mais un correctif s’impose : c’est que nul n’est totalement introverti ou totalement extraverti, sinon quelques cas relevant de la psychiatrie. Le Gémeaux est donc nettement plus extraverti qu’introverti.

De l’émotivité à la distanciation

Une autre méthode d’étude typologique est la caractérologie, répandue en France par les travaux de Le Senne et de Gaston Berger.

Cette méthode se fonde sur les trois propriétés fondamentales du caractère :

– L’émotivité, qui est l’intensité de notre réaction psychologique, aussi bien dans l’action que dans la connaissance. On peut d’ailleurs être émotif dans certains domaines de l’existence, et non émotif dans d’autres.

– L’activité, qui n’est pas l’activité apparente et momentanée, mais bien la disposition d’un être vivant pour l’action. Cette fonction est stimulée par l’obstacle, l’inactif, au contraire, étant découragé par l’obstacle.

– Le retentissement des représentations engendre deux catégories d’êtres. Celui qui vit surtout dans l’instant présent manifeste des réactions très vives, mais qui sont promptement oubliées. On le dit marqué par la fonction de primarité. Au contraire, la fonction de secondarité rend les impressions quasi ineffaçables, mais permet, en revanche, une continuité de vue et d’action.

D’autres propriétés viennent s’ajouter aux précédentes, parmi lesquelles, en premier lieu, l’ampleur ou l’étroitesse du champ de conscience, propriété qui rend sensible à un plus ou moins grand nombre de représentations mentales, facilitant ou non la concentration de l’esprit.

Si l’on applique ces données au signe des Gémeaux, on constate qu’il est essentiellement caractérisé par la primarité et l’ampleur du champ de conscience. Cette affirmation est en accord avec les significations fondamentales du signe, telles que la Tradition les a transmises. La primarité est, au fond, une synthèse moderne de ce que l’astrologie rassemble sous les désignations de signe mobile, signe mutable et signe d’Air. Négativement, ce sont bien les défauts reprochés aux Gémeaux : manque d’attention, dispersion, superficialité, inconstance, tableau peu flatteur que l’on s’acharne à brandir sous nos yeux dès qu’il est question de notre signe, mais qui renferme une part de vérité. Soyons beaux joueurs, nous avons bien d’autres cordes à notre arc et notre bonne volonté est si grande ! D’autres sont rigides ; nous, nous plions, mais ne rompons pas.

Revenons à la caractérologie de Le Senne. Le premier est l’émotif non actif primaire, que Le Senne a dénommé nerveux, et caractérise ainsi : il change avec les instants puisque sa primarité se trouve exaltée par son émotivité. Son humeur est inégale et ses sympathies peu constantes. Il peut souffrir vivement, mais se console assez vite. Le besoin d’émotions nouvelles lui est essentiel, il aime le changement et les divertissements. Tout ce qu’il fait a pour but de le singulariser aux yeux d’autrui. Ne croirait-on pas lire un portrait simplifié mais réel du Gémeaux tel qu’il se dégage des textes astrologiques ?

Le second type est le non émotif actif primaire désigné comme tempérament sanguin par les caractérologues lesenniens. C’est donc l’absence, ou la moindre présence, de l’émotivité qui le distingue du précédent. Il est ainsi défini : « Il est assidu au travail, froid, objectif, décidé, et net dans sa façon de parler. Il a du bon sens et fait preuve de sens pratique dans ses observations. Il aime le sport et l’activité physique. Continuellement occupé, il a une grande rapidité de conception et cherche à obtenir des résultats immédiats dans ses activités. »

C’est une autre variété de Gémeaux qui surgit de cette brève description, et il est vrai qu’elle est aussi répandue que la première. C’est le Gémeaux qui se maîtrise, se contrôle, en vue de réalisations concrètes. Il ne se perd pas dans des rêveries fantaisistes, des gamineries, des activités de touche-à-tout. Il n’est plus esclave d’une émotivité excessive, ce qui lui permet de rassembler ses énergies. Sa primarité le fait sans doute trop vivre dans l’instant présent, mais l’empêche d’être trop influencé par les regrets et les déceptions du passé. Fait pour l’action, il correspond assez bien au Gémeaux sportif, à celui qui est en prise sur un réel dont il ne cherche pas à s’évader, car il y trouve le plaisir d’être lui-même.

Quant au sanguin de Le Senne, beaucoup plus maître de lui et de ses ressorts grâce à sa faible émotivité (ou à son absence), s’il est tout aussi vivant et vivace, il sait prendre un certain recul.

C’est cette recherche de la maîtrise de ses impulsions, surtout, qui établit le rapprochement avec Pollux. Les références à la mythologie nous ont montré que ce dernier exprimait surtout le dégagement de la matérialité, le dépassement des pulsions charnelles. Ce sont là des préoccupations spirituelles échappant aux classifications de la psychologie moderne, qui ignore le mot âme et s’attache au concret. Le Pollux légendaire a donc une dimension supplémentaire par rapport au type sanguin. C’est un exemple entre mille de la plus grande richesse des contenus astrologiques par rapport aux analyses scientifiques contemporaines. Il n’est pas aisé, en présence d’un Gémeaux, de déterminer le type dont il dépend, sauf, bien entendu, si son comportement est suffisamment caractéristique de l’un ou de l’autre des deux types. Seule l’analyse du thème individuel permet de le faire. Toujours selon Barbault, la plus grande importance de la Lune au moment de la naissance fait pencher la balance en faveur du type nerveux, celui de Castor. Si la Lune elle-même est présente dans le signe, il n’y a aucun doute, comme on le verra dans les pages consacrées aux planètes situées dans les Gémeaux.

Le mythe du double

Tout, dans les Gémeaux, exprime la dualité, qu’il s’agisse du tempérament, du signe qui n’est déjà plus le printemps mais pas encore l’été, de cette éternelle adolescence qui n’est plus l’enfance.

Un autre trait caractéristique des Gémeaux est l’instinct ludique. Ce terme désigne l’activité spontanée de jeu, celui-ci n’ayant d’autre utilité pratique que le plaisir de celui qui s’y adonne, selon la définition du Dictionnaire de la psychologie. Il répond à un besoin aussi authentique que les besoins physiologiques ou sociaux ; il n’a rien d’artificiel, puisqu’il existe de façon innée chez les jeunes animaux. (Rien ne m’a jamais semblé aussi réjouissant que le spectacle de petits lapins s’ébattant dans la rosée.) L’instinct ludique est le premier moyen d’expression du petit enfant et le jeu devient ensuite un apprentissage de la vie sociale quand l’enfant imite l’adulte.

Cet instinct relève certainement de Mercure, mais il trouve un terrain d’élection chez les Gémeaux, déjà disposés à la fantaisie, alors qu’on le rencontre beaucoup moins chez la Vierge, pourtant signe mercurien. Il persiste chez la plupart des Gémeaux adultes, qui excellent dans les jeux d’adresse ou d’esprit ; le plaisir du déguisement exprime leur désir fréquent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, souvent par instinct de provocation. Un autre plaisir très voisin est celui de manipuler les gadgets, les appareils à l’aspect compliqué qui inquiètent le profane. L’instinct d’imitation est très lié à l’instinct ludique, et la tendance MercureGémeaux cherche ainsi à revêtir l’apparence d’une supériorité qui n’est pas réelle, mais qui pourrait l’être. C’est donc aussi la manifestation d’une certaine ambiguïté, due peut-être à un désaccord entre Castor et Pollux. A l’extrême, nous rencontrerions l’affabulation, un mélange de candeur et de ruse, mais qui a peine à atteindre les rivages de l’état adulte.

Si, dans la psychologie de Jung, l’homme est double, puisqu’il traîne avec lui son ombre, qui n’est en fait que ses propres pulsions refusées et projetées, le Gémeaux ne semble pas faire mauvais ménage avec son double. Castor ne refuse pas Pollux, et vice versa. Au contraire, il l’écoute, lui répond, et mène avec lui un perpétuel dialogue. Ce n’est sans doute qu’exceptionnellement que l’un des Dioscures tyrannise et ligote son frère. Si sa voix s’élève avec plus de force, elle n’en laisse pas moins celle de l’Autre s’exprimer, même si ce n’est qu’en sourdine.

Un Gémeaux célèbre, Jean-Paul Sartre, qui, croyons-nous, n’éprouvait pas de sympathie pour l’astrologie, a pourtant parlé complaisamment de sa dualité, dans les Mots :

« Et puis je me dédoublai. L’année précédente, quand je faisais du cinéma, je jouais mon propre rôle, je me jetais à corps perdu dans l’imaginaire et j’ai pensé plus d’une fois m’y engouffrer tout entier. Auteur, le héros c’était encore moi, je projetais en lui mes rêves épiques. Nous étions deux, pourtant ; il ne portait pas mon nom et je ne parlais de lui qu’à la troisième personne. Au lieu de lui prêter mes gestes, je lui façonnais par des mots un corps que je prétendis voir. Cette distanciation soudaine aurait pu m’effrayer ; elle me charma ; je me réjouis d’être lui sans qu’il fût tout à fait moi. C’était ma poupée, je le pliais à mes caprices… »

Les Gémeaux, Mercure et la Maison III

Sous cette triple égide s’étend le domaine de l’intelligence.

C’est l’alliance de la planète régissant l’intellect et ses mécanismes, de son signe de prédilection et de la Maison astrologique qui, entre les douze, est en affinité avec le troisième signe, son homologue, en somme.

Cette Maison régit la pensée sur un plan pratique et plutôt rationnel, la relation de cause à effet, le travail cérébral, le champ opératoire du mental, l’expression par la parole, par l’écrit et par le geste. Par extension, entrent dans son domaine les contacts immédiats, l’adaptation au milieu ambiant, les rapports avec les frères, sœurs, cousins. Sur un plan général, tout ce qui a trait aux communications, publications, déplacements, démarches, etc.

On conçoit qu’un thème où l’on trouverait Mercure en Gémeaux et en Maison III, de préférence en aspect harmonique avec d’autres planètes telles qu’Uranus ou Saturne, exprimerait à un haut niveau d’excellentes possibilités intellectuelles.

Mais il ne faut pas entrer en astrologie avec des idées préconçues. L’intelligence est un facteur tellement complexe qu’il semble bien que les psychologues les plus récents aient renoncé à en donner une définition nette. En dernière analyse, ils la considèrent plutôt comme une faculté d’adaptation à toutes les situations nouvelles : c’est au fond ce qui différencierait l’être humain des animaux, lesquels agissent suivant un code génétique bien précis. Mercure accorde aux Gémeaux une rapidité d’adaptation qui est quasi intuitive tout en restant logique. Dans le second signe gouverné par Mercure, la Vierge, le mécanisme mental est moins libre, plus analytique encore, plus réservé, trop raisonnable peut-être.

Les relations subtiles existant entre les Gémeaux et le signe qui lui fait face dans le Zodiaque, le Sagittaire, signe de Jupiter, éclaireront ces complications intellectuelles. Regrettons, en tant que Gémeaux, que notre signe n’ait pas aussi reçu en partage les flatteuses attributions du Sagittaire, lequel peut se targuer d’aller au-delà du connu afin d’opérer des synthèses plus vastes et de se dépasser ; cela lui adjoint la Maison IX, domaine des grands voyages, mais aussi des facultés supérieures, de la foi au sens le plus élevé du terme, et de la sagesse. L’inspiration Gémeaux se transforme au Sagittaire en une intuition globale.

Plus modeste dans ses envolées, le signe des Gémeaux se contente d’explorer un univers moins lointain. Point n’est besoin d’aller à Katmandou lorsque les ruines des châteaux cathares cachent encore bien des mystères. Les tuyauteries bariolées de Beaubourg dissimulent de riches bibliothèques où il fait bon se plonger, tout en jetant un œil sur les baladins du trottoir. Rassurés sur nos possibilités intellectuelles, nous allons démêler leurs intrications.

Cet intellectuel type qu’est le Gémeaux est à l’opposé du rat de bibliothèque et du coupeur de cheveux en quatre. Son intelligence est en oscillation perpétuelle, comme si elle était à l’affût de ce qui pourrait soudain capter et retenir une attention, qui se lasse, il faut bien l’avouer, assez rapidement. On retrouve les côtés mobiles, nerveux, spontanés décrits précédemment. Par l’air, la rapidité de la pensée lui fait survoler les questions au lieu de s’y accrocher. La dualité introduit le doute et l’esprit de contradiction.

Comprenant très vite l’ensemble, l’essentiel, il n’éprouve pas tellement la nécessité de se fatiguer pour entrer très avant dans les détails, contrairement à la Vierge, qui n’apprécie que les détails.

C’est pourquoi on le taxe de superficialité, à son grand dépit. C’est pourquoi aussi on ne trouve guère de savants et de mathématiciens parmi les célébrités du signe : une exception, mais de taille, Pascal. Les idées ne surviennent pas à jet continu, mais plutôt par brèves pulsions. Il lui est difficile de retrouver une remarque, une idée qui n’a pu être notée sur le moment. La source semble alors tarie, jusqu’à un nouveau jaillissement dont on ne peut prévoir ni la venue ni la durée. C’est pourquoi les intellectuels Gémeaux ont souvent plusieurs dossiers ou projets en cours, qu’ils reprennent lorsque le premier ne les inspire plus pour un temps.

Quelques lignes de Sartre sur son désir d’écrire dès l’âge de sept ans éclairent ce mélange de fantaisie, de jeu, d’imitation, bien Géminien : « Tous les enfants ont du génie… En 1912 ils en avaient tous, sauf moi : j’écrivais par singerie, par cérémonie, pour faire la grande personne ; j’écrivais surtout parce que j’étais le petit-fils de Charles Schweitzer (professeur d’allemand)… J’essayais d’arracher les images de ma tête et de les réaliser hors de moi, entre de vrais meubles et de vrais murs… Vainement ; je ne pouvais plus ignorer ma double imposture ; je feignais d’être un acteur feignant d’être un héros. »

Parmi les dons que peut utiliser le Gémeaux figure une capacité de synthèse assez remarquable, qui va de pair avec sa facilité à survoler les questions. Certes, les détails d’application sont trop souvent négligés ou abandonnés à l’intuition du moment, mais du moins saisit-il l’essentiel, sans se perdre dans l’accessoire et les doutes paralysants. D’ailleurs, il trouve souvent des solutions astucieuses à tous les problèmes.

Dans les discussions de tous ordres, sa présence d’esprit et ses réparties incisives sont des armes efficaces. Mais il arrive que l’excès même de sa rapidité verbale conduise à des maladresses, voire à des gaffes qui auraient pu être évitées avec un léger temps de recul. Très conscient de ses pouvoirs d’utilisation d’un mental suractivé, il en joue avec complaisance, sachant embarrasser l’adversaire et l’amener à dévoiler ses batteries. Il jouit de cet avantage, qui lui permet de se rehausser à ses propres yeux, et de compenser l’infériorité où il se sent placé du fait de son allure parfois bien jeune malgré les années. Il ne peut admettre, et il a raison, qu’on le juge sur son apparence et qu’on le traite en gamin. Cette mésaventure survint à dix-huit ans et à plus de quarante à l’auteur de ces lignes, qui fit mine d’ignorer qu’on l’interpellait.

Qu’il soit artiste, écrivain ou simplement qu’il ait à s’exprimer de quelque manière, le Gémeaux manifeste dans tout mode d’expression son désir d’être précis et d’être concis. A l’extrême, on peut lui reprocher une certaine sécheresse, un dépouillement excessif, surtout si Saturne vient dire son mot. Chez les peintres, on constatera souvent la prédominance du trait sur la couleur. Exceptions : Courbet, qui n’est pas tellement Gémeaux ; Dufy, qui, bien que coloriste, se montre très Gémeaux par le mouvement, l’instantanéité quasi cinématographique et son trait simplifié ; Dürer plus dessinateur que coloriste ; la musique de Stravinski atteint un maximum de dépouillement ; Poussin, dont on a pu dire que son trait est nerveux et qu’en lui l’intelligence et la pensée contrôlaient les élans du cœur.

Chez les écrivains du troisième signe, il faut noter l’extrême virtuosité dans le maniement d’une langue à la fois élégante et précise. Céline en est un exemple. Son style a bouleversé la littérature et influencé un grand nombre de jeunes auteurs. A un degré moindre, Pierre Daninos, Gémeaux également, écrit avec un humour parfois acide et joue avec les mots comme un équilibriste.

L’observation lucide n’hésite pas à utiliser une certaine agressivité qui se veut cependant sans méchanceté et relève plutôt de la malice, de la vivacité de l’esprit critique. L’humour, visible ou sous-jacent, utilise souvent la parodie.

Trois types principaux

Classe 1. C’est un peu la caricature du Gémeaux type. Manquant d’une certaine solidité intérieure, il oublie ses craintes en s’éparpillant dans une superficialité excessive. Selon Jean-Pierre Nicola, il est instable par manque de fermeture aux excitants externes ou internes (suggestibilité plus agitation). Sa curiosité, banale, n’est éveillée que par le quotidien, la presse à sensation. L’autodéfense porte au mensonge et à la ruse, armes favorites de Mercure dans son aspect déplaisant, mais qui sont au fond une compensation mentale. C’est dans la même catégorie que Marcelle Sénard (le Zodiaque) situe les hâbleurs, les roublards, les filous de toutes catégories, exploitant la crédulité publique par la persuasion, l’emploi abusif de leurs dons d’expression et de leur verbalisme. S’y trouvent aussi les mythomanes, faux médiums, etc.

Classe 2. Ce type moyen est évidemment celui que l’on rencontre le plus souvent. A des degrés divers, il vit et exprime les tendances qui ont été étudiées. L’astrologue Sementovski-Kurilo (Par les astres vers l’humain) affirme que seuls ceux qui savent donner une direction à leur dynamisme parviennent à une activité réellement productive ; les autres, plus nombreux, à la recherche continuelle de nouveaux champs d’étude ou d’action, ressemblent à l’écureuil captif qui, en faisant tourner sa roue, croit accomplir les bonds qu’il ferait naturellement en liberté. L’esprit de découverte s’est dilué en curiosité, celui d’innovation en ingéniosité, dit Jean-Pierre Nicola.

Ce Gémeaux de bonne volonté, très sociable, n’est heureux qu’en compagnie et se sent partout à l’aise, mais plutôt superficiellement, dans un demi-épanouissement qui attend autre chose. Il aime rendre service et donner des encouragements. Poli, plein de tact avec son entourage, il désire pouvoir s’exprimer librement sans être remis en place. En revanche, un certain manque de puissance vitale le fait renâcler devant les travaux trop longs ou trop pénibles, devenant vite monotones et fastidieux. Mais il a l’air d’être toujours très occupé. Il a souvent beaucoup de dons qu’il ne sait pas bien exploiter. S’il trouve un appui qui lui donne confiance, il peut faire des merveilles car il mettra en oeuvre toutes ses capacités.

Classe 3. Cette quintessence de l’esprit Gémeaux n’a aucun rapport avec le niveau social, c’est un état qualitatif qui exprime les valeurs essentielles du signe. Ici, la curiosité devient un désir d’approfondissement des connaissances, qu’il s’agisse de mieux connaître les êtres ou le monde. Le besoin de changement s’affine en amour de la variété, qui risque toutefois de déboucher sur le dilettantisme. L’individu possède le sens de l’humain. La façon dont il se comporte, à la fois simple et « gentleman like » sans affectation, lui attire la sympathie et souvent la considération. Il a horreur de toute violence, ne pouvant lui-même supporter d’être contraint. Il est compréhensif parce qu’il a assimilé des connaissances très diverses, ce qui lui fait mieux sentir la diversité des choses et lui fait détester encore plus tous les totalitarismes. Son désir secret est de trouver une synthèse unificatrice qui lui permettrait de comprendre l’univers.

Deux lignes de conduite

L’angoisse devant la vie n’épargne pas les Gémeaux. Le problème qui se posera toujours à chaque être est évoqué par Philippe Metman à qui nous emprunterons quelques idées particulières au troisième signe.

Une double échappée s’offre au Gémeaux : celle des plaisirs du monde extérieur, et celle, plus subtile, du sentiment et de l’intellect, de l’intuition et de la sensation. Si certains signes se dévorent eux-mêmes en dévorant la vie, les Gémeaux, au contraire, risquent de se flétrir en se refusant à la vie dans un comportement de prudence, et en ignorant volontairement leurs propres possibilités.

Leur manque de confiance en eux-mêmes s’accentue en raison directe de la méfiance que leur témoignent des êtres à l’esprit moins délié, mais détenteurs des puissances de ce monde. Le type Gémeaux qui sait harmoniser ses instances intérieures, c’est-à-dire ses pulsions inconscientes, est guidé par un désir de pureté qui le tient sans peine à l’écart de toute vulgarité.

Tout d’abord, le Gémeaux de cette fin de siècle devrait prendre conscience qu’il ne dispose pas, à l’inverse d’autres signes, d’une puissance agressive lui permettant de se comporter en conquérant. Mais cette constatation qu’il ne peut façonner la réalité ne doit pas faire place à un pessimisme de renoncement. C’est en lui-même, plus précisément au Pollux qui est en lui, qu’il doit demander aide et c’est grâce à lui qu’il parviendra à exorciser les démons de l’angoisse que la vie actuelle dresse sans cesse sur son chemin. Mais l’homme actuel a perdu Dieu et trouvé la bombe atomique.

Ce n’est qu’en mettant ses forces instinctives au service de sa moitié immortelle qu’il donnera vie à toutes ses possibilités d’expression.

Le Gémeaux et l’Amour

La vie affective est une expression commode pour rassembler tout ce qui, dans la vie d’un être, a trait à sa façon d’aimer, à celle dont il voudrait lui-même être aimé, à son idéal en somme, et aux péripéties qui rempliront vraisemblablement ses expériences, sans oublier le choix de l’objet d’amour et le comportement possessif ou oblatif.

La seule étude du signe natal, reconnaissons-le d’emblée, est insuffisante pour établir le diagnostic et le pronostic d’une vie amoureuse. C’est là le domaine d’Aphrodite, dont nous préférons le nom plus suggestif de Vénus, cette Vénus qui s’entend si bien, selon le Gémeaux Offenbach, « à faire cascader la vertu » ! Pour un natif des Gémeaux, nous savons qu’à sa naissance Vénus ne pouvait se situer que dans le troisième signe, ou bien en Taureau ou en Cancer, et, dans certains cas, la deuxième moitié du Bélier ou la première moitié du Lion, puisqu’elle ne peut jamais se situer à plus de 45 degrés de la position du Soleil. Le symbolisme zodiacal est suffisamment riche et fécond pour donner des lignes de force dont on ne peut que reconnaître la réalité.

La capacité d’aimer me semble être la source même du sens de la vie. L’attraction magnétique, le désir et la répulsion, le don de soi, la possession esclavagiste, l’égoïsme buté, toutes ces orientations sont plus fréquentes que la fusion harmonieuse qui aboutit à la souriante vieillesse de Philémon et Baucis. Mais mieux vaut encore aimer maladroitement que vivre dans le dessèchement du cœur, la haine ou l’auto-dénigrement ce qui, la consultation quotidienne le prouve, est moins rare qu’on ne le croirait. L’affectivité est le terreau où grandissent toutes nos puissances du dedans : privé de cet humus, l’être se dévalorise à ses propres yeux.

Signe de dialogue

Si l’on a quelque connaissance du symbolisme zodiacal, on constate que chaque signe a une façon bien caractéristique de rechercher et de vivre l’amour. La passion exigeante et totalitaire se dégage des signes de Feu, l’attachement possessif des signes de Terre, la sensibilité trop tôt blessée des signes d’Eau, si l’on excepte cet inclassable Scorpion… Quant aux signes d’Air, c’est surtout la formation et la survivance du couple, la durée du dialogue amoureux et du dialogue tout court qui forment leur problème. L’air, c’est la vie libre, et ce mot de liberté vient au premier rang des motivations affectives des Gémeaux. On pourrait peut-être placer avant tout le besoin de contacts et d’échanges, l’attente curieuse de ce que demain peut apporter. Il faut toujours songer à Mercure, qui entrelace ses significations et ses tendances à celles des Gémeaux, et nous savons bien que Mercure, ce grand voyageur, même s’il ne voyage qu’en esprit, apporte aux autres un renouveau constant mais veut en recevoir au moins une stimulation.

Ce besoin inné d’établir une relation avec l’Autre, qui est peut-être le point à la fois le plus typique et le plus profond du personnage Gémeaux, se manifeste dès l’enfance dans la relation qui s’établit avec le frère ou la sœur. C’est d’ailleurs pour lui une déception et un malaise durable s’il existe une différence d’âge notable entre lui et ses frères et sœurs, différence qui supprime le principe d’égalité auquel le Gémeaux tient essentiellement. Le Gémeaux est toujours jeune, ou, du moins, le paraît, ou croit l’être, si bien que son cadet est pour lui un bambin et son aîné un vieillard. Cela lui vaudra d’ailleurs bien des déconvenues, lorsque, mûrissant, il portera encore intérêt « aux jeunesses ». Tout ce qui est dit ici est fait d’expérience et s’applique, bien entendu, aussi bien aux Géminiennes qu’aux Géminiens (épithète agréable évitant l’incessante répétition du mot Gémeaux).

Certes, la relation entre frères et sœurs n’est pas particulière au troisième signe, mais elle est chez lui une constante beaucoup plus marquante. Sur le plan parental, il peut trébucher sur le complexe oedipien, mais il s’agit là d’un rapport planétaire totalement indépendant du signe.

La comédie amoureuse

C’est une fois arrivé au stade de l’adolescence que le Gémeaux se différencie nettement de ses camarades des onze autres signes et ce chapitre devrait être intitulé « les Amours de l’adolescence ». On sait qu’en général les attachements sentimentaux des adolescents sont passionnés et exclusifs, mais ne durent que peu de temps. Cela est également vrai pour les Gémeaux, mais leur période d’adolescence tendant à se prolonger, sinon à s’éterniser, leur inconstance de passagère peut devenir un trait bien affirmé.

Il est moins aisé qu’on ne le croirait de trouver des raisons logiques à ce comportement, mais il est non moins irritant, lorsque l’on est Gémeaux et que la conversation roule agréablement sur l’amour, de se faire taxer de légèreté, d’infidélité permanente, de papillonnage – il est vrai que nos anciens ont eu l’idée d’insérer le papillon parmi les animaux affectés à ce signe. L’astrologue est pourtant bien placé pour savoir que l’infidélité n’est pas un symptôme uniquement Géminien. La statistique, si elle était possible, renverserait bien des idées reçues. Et d’abord, pourquoi est-on infidèle ? Par incompatibilité d’humeur, de goûts, d’opinions, par inadaptation sexuelle, toutes raisons fort valables en soi. Et le – ou la – Gémeaux serait infidèle comme cela, parce que son secteur zodiacal l’y pousserait insidieusement ? Permettez à un Gémeaux de défendre ses frères et ses sœurs diffamés, de justifier leur comportement si critiqué.

Avant d’être un amoureux, le jeune Gémeaux est d’abord et, plus qu’un autre, un camarade, un ami, qui recherche le dialogue, l’échange, parce que c’est là que se trouve sa vraie nature. Or, le dialogue, l’échange, si naturels pour lui, le sont beaucoup moins pour d’autres. Il se réduit trop souvent au monologue de celui qui a quelque chose à dire, donc du Gémeaux, qui se sent alors isolé et abandonne cette relation à sens unique. Parallèlement, peut survenir l’ennui, monstre absolument insupportable au Géminien, et qui est un motif valable de décrochage.

Pendant quelques années, l’adolescent des Gémeaux limite ses investigations sentimentales au domaine de la camaraderie et de l’amitié amoureuse. C’est là, en effet, qu’il peut donner libre cours à son goût du jeu, à une façon légère, spontanée, détendue de jouer la comédie de l’amour tout en reculant l’échéance, qu’il redoute confusément, de la passion authentique, avec ses tumultes et ses orages. Devant la tragi-comédie de l’amour, il s’entraîne, pour ses débuts, à ne jouer que des saynètes de collégiens. Son goût de la comédie le pousse à multiplier les répétitions de ce qui sera plus tard la véritable pièce. Il croit aimer et souffrir intensément, alors qu’il n’est qu’un acteur qui, souvent, s’amuse à s’observer lui-même dans son rôle de séducteur.

L’instinct du jeu aboutit à une comédie légère, on aurait dit naguère à un marivaudage. Le Gémeaux croit bon de se comporter en dilettante de l’amour, il se montre trop gai, trop léger, trop fantaisiste (que l’on songe à la Lune en Gémeaux de Brigitte Bardot). Travestissant sa vérité profonde en jouant le bel indifférent, il risque alors de ne trouver que des passades, des amours de peu de durée. Le pire serait alors qu’il se marie par lassitude.

Sincérité et égoïsme

Les deux types de Gémeaux ne jouent pas sur le même registre. Castor et Pollux montrent dans les jeux de l’amour une tonalité assez différente.

Castor, le lunaire, le bohème, le tendre, est celui qui risque le plus de souffrir d’amour, car il est sincère et ses émotions ne sont pas feintes. Qu’il y ait une part de comédie en lui, comme dans son compère Pollux, est une évidence. Mais elle n’est qu’accessoire et c’est la sincérité qui l’emporte.

L’ennui est que cette sincérité n’est que passagère, et dure le temps de faire vibrer notre amoureux capricieux. Sa charge émotive est telle qu’elle ne peut durer, son enthousiasme est en réalité une projection sur l’être désiré, qu’il pare de tous les charmes et dont il attend beaucoup trop. Telle un soufflé, l’ardeur retombe et Castor, considéré alors comme un instable, part vers une nouvelle rencontre. Mais la faute peut en incomber au (ou à la) partenaire qui n’a pas su discerner que ce Gémeaux, sous ses airs légers, désirait en réalité une grande passion. Responsabilité partagée tout de même puisque Castor, dans ses mirages, ne veut pas s’avouer le but inconscient de sa recherche, l’amour total, et non des fragments d’amour.

Pollux est le Gémeaux plus sûr de lui, chez qui la logique, la lucidité, une certaine distanciation à l’égard des autres freinent et même suppriment l’élan du cœur. Il rationalise ses amours afin d’en tirer le meilleur profit, car il est assez égoïste. Il n’est pas question de l’entraîner là où il ne veut pas aller. Volontiers persifleur, son esprit ironique n’est guère favorable à un épanouissement complet dans une passion partagée. Il se console aisément en cas de déconvenue, on peut même penser qu’à part un amour-propre chatouilleux, ses échecs ne l’atteignent pas. C’est un type de don Juan, ou, plus simplement, de play-boy qui n’est pas sans séduction mais n’est pas recommandé aux cœurs sensibles. Son amour de la liberté le maintient le plus tard possible dans un agréable célibat. Si Castor peut éprouver l’amour fou, Pollux l’évitera adroitement de crainte de s’y perdre.

Mais ces deux catégories dans lesquelles l’astrologue s’obstine à vouloir enfermer les Gémeaux ne sont pas irréductibles l’une à l’autre. Une secrète osmose peut faire circuler du Castor dans le Pollux et inversement, selon les périodes et les circonstances. Cela explique le comportement souvent contradictoire des Gémeaux, si déroutant pour ceux qui les entourent, car ils sont imprévisibles, mais attachants en raison même du renouvellement perpétuel qui est leur marque de fabrique. Tendre un jour, détaché le lendemain, copain ensuite, puis enthousiaste, le Géminien ne peut être comparé à un feu de paille, car sa passion, de toute façon, est rarement brûlante, mais ne manque pas d’agrément pour autant.

La sexualité n’est pas son terrain d’élection, elle est rarement obsédante. A l’image de la personnalité totale, dont elle n’est qu’une facette, elle n’est pas exempte de caprices et de fantaisies.

Son désir s’amplifie avec les jeux érotiques, la variété dans les postures, le décor même et l’éclairage. Lié au rythme vital, dont on verra plus loin les variations parfois surprenantes, l’amour physique ne peut tolérer d’être réglementé dans ses horaires, ses lieux. Brillant un jour, il pense à autre chose le lendemain. Avec lui, le désir s’éteint vite s’il ne peut être satisfait dans l’instant même. Cela vaut, bien entendu, pour les deux sexes. Il faut donc considérer le menu type de l’amour Gémeaux comme une suite de petits plats raffinés et non comme une choucroute monumentale, et donner l’importance qui convient aux préliminaires. Il arrive que la nervosité complique le jeu et cause la brièveté de l’acte. Là aussi les techniques de décontraction seront un utile recours sur le plan de la réalisation afin de désarmer l’impatience ou la crainte de l’échec. Les complications morbides de sadomasochisme n’entrent pas dans les vues du Gémeaux, bien que le divin marquis de Sade figure parmi les célébrités du signe. A mon avis, il n’a de Gémeaux que l’étiquette et sans doute son Ascendant modifie-t-il le tableau, mais son heure de naissance reste ignorée en dépit de toutes les recherches.

La femme Gémeaux

Que peut-elle avoir qui la distingue de son frère zodiacal ? Rien, en vérité, si ce n’est qu’elle est une femme, et que, pour elle, il faudrait tenir compte de la situation de la Lune au moment de sa naissance, ce qui nous fait retomber dans le thème individuel. Cela dit, il y a aussi des femmes Castor et des femmes Pollux, bien qu’une désignation plus féminine aurait clarifié les choses.

Nerveuse, mobile, la Géminienne exprime par son regard malicieux le rythme ultra-rapide de sa pensée et de ses réactions. Vivant dans l’instant présent, détestant toute discipline, elle connaît ses limites et craint de ne pas être à la hauteur d’une grande passion qui risquerait d’aliéner son indépendance. Mais elle voudrait bien savoir ce qu’elle éprouverait si elle était réellement et profondément amoureuse. Habile à jouer s’il le faut le jeu sentimental, elle est capable, le plus souvent, d’incarner toutes les sortes d’amoureuses dont son partenaire peut rêver, mais elle s’en dégage au moment où il commence à y croire. Cette adaptation facile lui permet de rebâtir plusieurs fois s’il le faut sa vie de femme et de persuader son compagnon que lui seul compte parmi ses expériences.

Elle a souvent, physiquement, un côté assez « garçonnier », elle aime faire de l’esprit, et ne se prive pas de lancer des flèches bien aiguës sur les hommes qui l’entourent, désarçonnés par sa rosserie. Un peu trop rapide dans ses jugements sans appel, capricieuse et changeante dans ses humeurs, elle ignore les suites que son inconséquence peut provoquer, aussi bien dans ses relations que dans sa vie de travail. Plus portée aux coups de tête que l’homme de son signe, elle est fréquemment moins expansive et moins concernée par le sexe. Meilleure mère qu’épouse, elle élève ses enfants avec la simplicité d’une grande sœur et ne cherche pas à aliéner leur liberté, consciente qu’elle est de ce que ce mot représente.

On ne connaîtra jamais à fond le caractère de la Géminienne, car c’est un jeu de miroirs peuplé de silhouettes différentes. Sa vérité n’est jamais la même, car elle vit peut-être encore plus dans l’instant présent que son frère zodiacal, et entreprend mille constructions contradictoires de son avenir. Bien sûr, c’est la mille et unième qu’elle choisira.

Toute discipline l’écrase. Il lui faut du nouveau, des détails qui changent tout, dans sa toilette comme dans ses relations. Curieuse, elle sait questionner les autres, mais on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’elle affirme, suivant l’expression de Sacha Guitry.

Il ne faut surtout pas exiger d’elle un amour éternel, se montrer trop strict sur sa ponctualité, incapable de meubler intelligemment les creux de dialogue, ou lui reprocher son usage intensif du téléphone.

Ce portrait, excessif jusqu’à la caricature, ne doit pas nous faire oublier que la Géminienne, lorsque des aspects stabilisants marquent sa naissance, est capable d’un amour profond et durable, telle la reine Victoria d’Angleterre, qui adora son époux pendant vingt-trois ans, puis, devenue veuve, retrouva un nouvel amour, secret, mais qui devait aussi durer longtemps.

Comment vivre avec un Gémeaux

La vie avec un Gémeaux n’est pas monotone, mais, pour la partager, il est souhaitable d’aimer l’imprévu, les nouveautés, les sorties, et surtout d’accepter que la porte reste ouverte à tous les amis et copains. Deux Gémeaux ensemble, c’est le mouvement perpétuel, la conversation qui surmonte sans peine les bavardages de la radio et de la télévision. Mais si l’épouse ou la compagne est du style tricot et robe de chambre, le pauvre Gémeaux va s’ennuyer à mourir. Pourtant, et c’est là une de ses contradictions, certains astrologues prétendent que ce Gémeaux si mobile préfère s’unir à des femmes absolument à l’opposé, donc stables et régulières. Cette loi des contraires s’expliquerait par le désir de trouver un équilibre plus assuré avec une compagne attentive et gardienne du foyer. Mais une certaine tolérance, une grande indulgence doit être la règle d’or de la compagne, qui ne peut enchaîner, même symboliquement, un être pour qui la liberté est le plus précieux de tous les biens. Il convient aussi de respecter ses « hobbies » qui sont parfois son principal motif d’intérêt.

L’art de la conversation devient une nécessité : si le Gémeaux parle, et il aime parler, il veut aussi être écouté. Plus encore, il demande le dialogue, et il convient qu’on lui réponde et qu’on discute, même avec passion mais sans animosité. Il estime qu’on peut tout dire et tout envisager en parole sans emportement ni irritation. Il faut savoir s’intéresser à ses sujets de prédilection, discuter un spectacle, un livre, une émission avec un esprit critique qui fasse une petite place à l’humour. Il a besoin de rire, comme le gamin qu’il est resté, aussi est-il nécessaire d’éviter à tout prix que le foyer soit pour lui un lieu d’ennui et de monotonie.

Comment vivre avec une Géminienne

Il faut encore plus de doigté et de patience qu’avec le Géminien. On risque d’être dépassé par cet être fantaisiste, remuant, bavard, suspendu au téléphone, submergé de journaux et de magazines, n’appréciant pas du tout les anecdotes du passé, ironisant si le compagnon n’est pas très au courant de ce qui se dit ou de ce qui se fait, toujours prête à sauter en voiture ou en avion.

En contrepartie, il trouvera en elle une femme à l’esprit toujours en éveil, prête à s’intéresser aux problèmes sérieux, à remuer ses relations pour l’aider et le dépanner. Mais il ne faut pas lui imposer les joies du devoir conjugal si elle n’y est pas disposée : si elle simule l’enthousiasme, se sera par gentillesse et l’on ne s’y trompera pas. Mais on appréciera ses facultés d’adaptation, son acceptation des goûts et des désirs de son mari. Elle risque parfois de perdre cette personnalité si particulière, qui fait son charme, dans ce phénomène de mimétisme qui la fait se modeler trop complètement à l’homme de sa vie. C’est elle qui surmontera le plus aisément les différences raciales, religieuses, culturelles formant obstacle à l’harmonie du couple.

Le Gémeaux et l’Amour

Du duo au trio

Le Gémeaux est un être double, on le répète à satiété. A lui seul, il forme déjà un duo dans son dialogue intérieur. Puis la vie veut qu’il crée un couple au sein duquel doit naître le vrai et salubre dialogue. Mais il est souvent conditionné par une situation qui s’est créée à l’adolescence, époque des premiers émois. Les psychanalystes ont remarqué le curieux rapport qui peut se créer entre deux amis, ou amies du même sexe, à l’égard d’un troisième partenaire, unis par une curieuse et inconsciente complicité. Il advient que, quelques années plus tard, une pareille situation se renouvelle et perturbe la vie du couple. On s’aperçoit que des femmes tombent amoureuses uniquement des maris de leurs amies, ou inversement. La relation à deux ne peut alors être satisfaisante et l’équilibre s’établit par l’intervention d’une tierce personne amie du couple. André Barbault cite le cas de Jean-Jacques Rousseau, qui ne fut vraiment heureux dans sa liaison avec Mme de Warens que lorsqu’un jeune intendant vint y occuper la troisième place. Cette situation triangulaire n’est pas particulière aux Gémeaux, mais elle n’est pas sans rapport avec le psychisme affectif du troisième signe.

Le psychanalyste Georg Groddeck, né un 13 octobre, donc Balance, avec la Lune et Vénus, les deux planètes affectives en Sagittaire, signe opposé aux Gémeaux mais qui lui est lié symboliquement, s’exprime ainsi sur la « situation triangulaire » :

« Quand je médite sur ce qu’a été ma vie sentimentale, je m’aperçois que si souvent que parlât mon cœur, je suis toujours arrivé en troisième entre deux êtres unis par un certain penchant, que j’ai chaque fois séparé de son partenaire la personne qui excitait ma passion, et que mes propres sentiments refroidissaient sitôt que j’y étais parvenu. Je me souviens même que, pour rendre un peu de vie à mon inclination défaillante, j’attirais à nouveau un troisième larron, pour l’évincer ensuite. »

Le mieux pour que le Gémeaux n’échoue pas dans un tel imbroglio est qu’il s’efforce d’éliminer le risque du troisième larron. Pour cela, il peut enrichir la relation affective en se montrant tout à la fois amant et ami (ou maîtresse et amie). Il peut dérouler comme un tapis magique l’attrait d’une communion intellectuelle, élargissant l’horizon en insistant sur une communauté de goûts et d’intérêts – non matériels. Ainsi l’ami, l’alter ego, relaiera l’amant, remplaçant la morne cigarette d’après l’amour par un dialogue vivant.

Le risque sera donc exclu de voir un familier ou une amie du couple y conquérir peu à peu une place bien spéciale, aboutissant à plus ou moins brève échéance à un conflit, avec pour conclusion la désagrégation du couple ou la formation du ménage à trois cher aux vaudevillistes de la Belle Époque.

Le troisième signe et les onze autres

Rapports entre les Gémeaux et le Bélier. Il existe beaucoup de points communs entre ces deux signes, le premier étant, sur le plan psychologique, ce besoin de vivre dans l’instant présent le plus intensément possible. C’est aussi le besoin de mouvement, l’esprit alerte et souvent le sens de l’humour, l’irrésistible envie de rire des choses, peut-être pour ne pas en pleurer. Car il y a un optimisme solide, grâce auquel on avance d’un même pas en chantant. C’est un air vif qui balaie les soucis, le Feu réchauffe l’Air, celui-ci attise le Feu. C’est tout d’abord une complicité, une compréhension spontanée et immédiate, qui rapidement devient chaleureuse, et entraîne loin des esprits chagrins et moroses.

Ce bain de Jouvence s’accroît rapidement dans l’intensité de la vie amoureuse. On vibre sur la même fréquence, et, le jour pénible où la haute fidélité présente des grincements, on revit en souriant un passé qui ne sera jamais complètement mort. L’un et l’autre, dans le cours de leur entente, n’ont que peu d’efforts à faire pour donner le meilleur d’eux-mêmes, le Gémeaux se faisant moins ironique et le Bélier retenant son impulsivité, sa rosserie et son impulsivité, son désir d’être le plus fort. Il y a tellement d’heureux souvenirs à préserver que chacun se retient pour ne pas les ternir.

Une telle force d’amour ne peut résister à l’usure du temps, mais cette rencontre reste pour le Gémeaux, très certainement, son maximum de joie affective. Il y gagnera sans doute plus de stabilité. Dans les collaborations de travail et d’affaires, il faudrait l’aide d’un tiers, moins dynamique mais plus apte à une gestion solide.

Rapports entre les Gémeaux et le Taureau. Il y a peu de partenaires aussi différents dans leur essence et dans leur extériorisation. Cet attelage du lent et du rapide ne pourra avancer que précautionneusement. Il n’est que de comparer la musique de Brahms et celle d’Offenbach pour saisir la différence.

Le Taureau n’accepte le changement qu’après beaucoup de réflexion, sa réticence devant les nouveautés ne cède que bien lentement. Le Gémeaux, en revanche, c’est l’évolution permanente.

Dans une association, c’est lui qui devrait se charger des relations extérieures et de la stimulation du personnel, l’autre se délectant au contraire des problèmes de technique et d’organisation.

Les chances de durée d’une telle association sont peu évidentes. Il vaut mieux se limiter à des relations courtoises sans engagement véritable. Les contacts quotidiens donneraient trop d’occasions au Gémeaux d’exercer son ironie pirouettante et au Taureau d’asséner des répliques définitives. Toutefois, s’il est certain qu’une secrétaire Gémeaux ne pourrait supporter sans crise nerveuse un patron Taureau, à l’inverse, une secrétaire Taureau serait follement utile à un directeur Gémeaux, mais à l’unique condition qu’il consacre le plus clair de son temps à voyager. S’ils s’aiment, le robuste appétit taurien pourra-t-il se contenter du grignotage fréquent mais léger du capricieux Géminien ? Il y a là un problème qui ne peut être réglé qu’avec l’intervention de puissants rapports entre les planètes particulières au thème de chacun des intéressés.

Rapports entre les Gémeaux et le Cancer. En dépit de la bienveillante opinion de certains astrologues, il ne paraît pas acquis que les relations affectives entre ces deux signes ouvrent la « porte du bonheur » selon le langage de la presse du cœur.

Le point faible est la difficulté que chacun d’eux éprouve à atteindre une maturité affective suffisante. Si l’on admet que le Gémeaux justifie sa réputation d’éternel adolescent, et qu’il n’est pas rare de rencontrer un Cancérien empêtré dans un attachement familial un peu trop infantile, la vie d’un pareil couple risquera fort de multiplier par deux des problèmes affectifs qu’aucun d’eux n’osera aborder en face. Dans une hypothèse moins poussée, la vie quotidienne sera tiraillée entre deux modes de vie opposés. Le Gémeaux ne peut supporter à forte dose l’ennui, la monotonie, et veut un dialogue. Le Cancérien, dans sa béatitude rêveuse, se satisfait de longs silences qu’il croit partagés. Sa mémoire indestructible, dans les mauvais moments, exhumera de très anciens griefs depuis longtemps oubliés par le Gémeaux. Comment aussi concilier la paisible solitude à deux si appréciée par l’un avec l’entourage parfois trop animé d’amis plus ou moins superficiels, mal supportés par l’autre qui voit sa paix perturbée ? C’est un tableau bien sombre, dira-t-on, mais il comporte aussi des zones lumineuses.

L’amour commun des voyages, la découverte d’antiques monuments, le côté culturel peuvent apporter un trait d’union. Le Gémeaux, par la vie de ses commentaires et de ses aperçus, éveillera l’intérêt de son partenaire. D’ailleurs, il existe des Canter « réactionnels » qui n’attendent qu’une stimulation pour participer très activement aux discussions intellectuelles ou autres. A ce moment-là, le contact sera vivifiant.

Rapports entre les Gémeaux et le Lion. Si la sympathie s’établit vite, c’est tout aussi rapidement que des grincements perturberont le duo. Le Gémeaux ne tardera pas à prendre sa revanche, lorsqu’il constatera que le Lion, confiant en sa supériorité incontestable, ne daigne pas tenir compte de ses idées et suggestions. Il faudrait donc que chacun d’eux ait pu se libérer d’un égocentrisme excessif, et accepte de reconnaître la personnalité de l’autre et ses qualités propres.

C’est donc surtout au sein d’une collaboration que l’on peut tirer le meilleur de cette entente. Il serait alors nécessaire qu’aucun lien de subordination n’existât, car chacun est très conscient des atouts qu’il apporte, et ne pourrait se sentir minimisé. Le Gémeaux aurait cependant avantage à ne projeter aucune ombre sur son sourcilleux associé, tout en jouant l’inspirateur discret de celui qui compte avant tout sur son prestige.

C’est le même scénario qui se joue dans les relations sentimentales. Une passion très vive peut exister de part et d’autre, mais on ne peut parier gros sur sa durée. Le Gémeaux, homme ou femme, se lassera vite du grand air de la jalousie : le Lion ne supportera aucune piqûre d’amour- propre, mais trouvera naturel de prendre ses ébats amoureux quand bon lui semblera. L’amour entre ces deux êtres prend des airs de comédie, mais entre gens de noble compagnie, dont le dialogue est fertile en discours orageux et réconciliations palpitantes.

Rapport entre les Gémeaux et la Vierge. L’ambiance un peu stricte et concentrée que le Virginien crée autour de lui ne peut vraiment pas convenir au Géminien du type indépendant. Ce n’est que si ce Géminien est animé par des motivations pratiques qu’il peut aliéner une partie de sa liberté.

Gémeaux et Vierge sont tous deux gouvernés par Mercure, et c’est là la clé de leurs rapports. Il va de soi qu’il y a un accord, tout au moins une compréhension au niveau intellectuel, tous deux étant en principe bien équipés sur ce plan, sauf dissonances du thème individuel. Mais la Vierge est un signe de Terre, intériorisé, scrutateur, exigeant, et surtout d’une patience infinie devant les tâches à remplir. Les Gémeaux, nous l’avons assez répété, n’apprécient vraiment que leur propre indépendance et ne pourraient, sauf exception remarquable, se plier constamment au rigoureux esprit d’analyse de la Vierge, qui ne veut absolument pas laisser la moindre part à l’imprévu et à l’inspiration du moment, arme absolue pour le Géminien. Ce dernier est ainsi privé de son esprit d’initiative et de sa spontanéité. Si l’on envisage le meilleur cas, le Virginien se détendra et l’autre tiendra davantage compte des impitoyables réalités. Il peut alors se produire une collaboration fructueuse, par exemple dans un travail de documentation.

L’entente amoureuse est beaucoup plus problématique. La nervosité et la cérébralité qui leur sont communes n’aident guère à l’épanouissement affectif. Cette combinaison astrale est plutôt déconseillée, si elle vise à autre chose qu’à une alliance à but lucratif. Les discussions intellectuelles ne suffisent pas à provoquer la fusion du couple, à moins qu’une extrême tolérance ne permette à chacun d’évoluer librement.

Rapports entre les Gémeaux et la Balance. Astrologiquement, ce pourrait être l’accord parfait.

Rien ne semble le contrarier : il se produit dès l’abord un échange subtil, une entente qui va au-delà des mots, ce sont deux hirondelles qui volent dans un rayon de soleil. Le Gémeaux se sent pleinement rassuré et compris, grâce à l’esprit conciliant et à la séduction souriante de la Balance.

Qu’il s’agisse de relations de travail, d’amitié du même sexe ou d’un amour naissant, aucune difficulté ne s’inscrit à l’horizon. Chacun se dit avec ravissement : « Je me sens compris, apprécié, tout se passera sans conflits ! » Mais les conflits viennent de l’extérieur, de tiers qui s’interposent et dont on ne peut se délivrer. Les beaux projets, conçus sans souci des réalités, arrivent difficilement à se bâtir, car l’un et l’autre se font mutuellement confiance et ne jugent pas nécessaire de faire d’efforts.

L’amour a bien du charme, entremêlé de beaux discours, de prévenance, de petits cadeaux, de sorties. Le Gémeaux s’aperçoit bientôt que de nombreux amis bénéficient d’un traitement aussi agréable et son bonheur n’est plus aussi vif. Pourtant, l’intimité s’installe, la Balance trouve son équilibre, satisfaite d’être traitée avec ménagement. De longues conversations peuplent la détente, le décor est gracieux et l’avenir est préparé, en paroles euphorisantes, en projets toujours remaniés. Rapports entre les Gémeaux et le Scorpion. S’il y a un• point commun entre ces deux signes si différents, c’est leur esprit volontiers critique, le regard qui juge instantanément l’autre. Le Géminien, qui cherche à échapper à tout et se veut insaisissable, réagira par des plaisanteries et des remarques ironiques très mal reçues par le Scorpion, qui n’est que trop porté à des réactions sadomasochistes. Une attitude plus ou moins hostile se dégagera vite d’un dialogue parsemé de remarques cinglantes. S’ils ont l’un et l’autre la bonne idée de surmonter ces faiblesses d’amour- propre, ils sont capables d’agir en associés actifs et pleins d’astuce, surtout si leurs attributions ne se chevauchent pas et laissent à chacun une certaine autonomie.

Sur le plan d’une collaboration intellectuelle très spécialisée, chacun se réservant un secteur bien déterminé, de très bons résultats peuvent être espérés. Les rapports ne devront jamais impliquer une dépendance marquée.

Les problèmes ne manqueront pas dans les relations affectives. Comment le Gémeaux, être nerveux aux appétits charnels capricieux, pourrait-il vivre harmonieusement avec un Scorpion, érotique en diable, imposant son joug à son (ou à sa) partenaire ? L’union fondée sur des rapports de force plus que sur un dialogue permanent est insupportable au Gémeaux, qui prendra la fuite, ne pouvant admettre la jalousie inquisitoriale du Scorpion. Il faudrait qu’il y ait plus de simplicité et de bonne volonté dans ces rapports.

Rapports entre les Gémeaux et le Sagittaire. Différents et proches à la fois, ces deux signes vivent sur des données assez voisines. La mobilité, le désir des voyages, l’indépendance de corps et d’esprit sont des points communs que le Sagittaire ressent, certes, avec une plus grande intensité, qui se manifestera par le désir lancinant des horizons lointains, des voyages dans l’autre hémisphère, le Gémeaux pouvant se satisfaire à moindres frais dans ses évasions où l’Alpe d’Huez peut faire figure d’Himâlaya. Il n’y a que rarement, chez le Gémeaux, le désir d’imposer ses idées pour rebâtir le monde, alors que, tout au moins chez un certain type de Sagittaire, l’idéologie en rébellion imprègne toutes les actions. Le Gémeaux veut bien faire partie d’une équipe où il formera vite un duo avec un camarade ; le Sagittaire, quant à lui, voudra diriger le groupe comme un grand frère.

Certes, ces différences ne sont pas irréductibles, mais contribuent à créer des frictions, dans les équipes sportives comme à l’atelier ou au bureau. Il faut admettre que le Gémeaux ne se laissera imposer aucune idéologie, aucune ligne de conduite s’il n’y est pas contraint et suivra sa pente comme il le pourra.

Dans la vie du couple, les ardeurs amoureuses du Sagittaire, souvent pleines de fougue, lassent le Gémeaux qui apprécie les prémices plus que le plat de résistance. Les divergences se retrouvent dans les loisirs. Le Sagittaire, plus athlétique, aimera les longues randonnées, l’équitation, alors que le Gémeaux perdra vite souffle, les Eddy Merckx étant des exceptions. Quant au Sagittaire du type « embourgeoisé », c’est son respect excessif des usages et de la forme qui ne conviendra pas au Gémeaux.

Rapport entre les Gémeaux et le Capricorne. Ce n’est pas une sympathie spontanée qui surgit entre ces deux signes. Le Géminien est très capable d’éblouir le Capricorne par son esprit vif, sa conversation, tout ce qui fait souvent défaut à ce dernier, mais il perdra vite son entrain en face d’un être dont il ne parvient pas à attiédir la froideur apparente. L’accord bute sur le problème de savoir ce qui est sérieux dans la vie, ce qui l’est trop ou ce qui ne l’est pas du tout. Être à principes très stricts, le Capricorne ne voit pas ce qu’il peut faire avec ce jeune excité.

Pourtant, si l’étincelle jaillit, il peut en résulter une excellente collaboration dans le domaine des affaires ou de l’intelligence, sur une base d’estime réciproque. Mais il faudrait prendre cela comme un rapport frère aîné-frère cadet, l’aîné devant admettre que son cadet n’est plus un galopin.

En amour, si la femme est Capricorne, elle devra avoir beaucoup de tact pour ne pas rebuter son époux Gémeaux, et se montrer conciliante sur son emploi du temps. Dans le cas inverse, l’épouse Gémeaux pourrait bien mener son mari tambour battant sans qu’il s’en rende bien compte. Les difficultés sont plus grandes dans les rapports amoureux. Le rythme personnel des deux partenaires est très différent, et il faut meubler les instants d’épanchement. C’est surtout une solide affection à base d’estime et de compréhension qui peut cimenter cette union, à défaut d’élans passionnés qui semblent plus délibérément voulus que venus du fond de l’être. La maxime du moraliste : « Il est de bons mariages, il n’en est point de délicieux » semble faite pour l’union GémeauxCapricorne.

Rapports entre les Gémeaux et le Verseau. Assez semblables aux relations entre les Gémeaux et la Balance, celles qui s’établissent entre les Gémeaux et le Verseau sont fondées sur un idéal de liberté et d’échanges. C’est pourquoi il faut les choisir surtout au niveau des idées, des projets, d’une communauté d’engagement ou de croyance. En cas de divergences – et elles ne manqueront pas entre deux êtres également cérébralisés et manieurs de projets -, les routes se séparent. A intelligence et capacités égales, le Géminien peut se trouver infériorisé à l’égard du Verseau, dont les certitudes apparentes et les affirmations souvent tranchantes lui en imposent. L’entourage s’émerveille devant les propos imprévus, subtils, pleins d’humour ou de paradoxe, les rapports d’idées enrichissants qui peuvent faire d’un dialogue GémeauxVerseau un festival verbal.

Cette complicité peut être profitable à l’amour, mais celui-ci peut manquer de la vraie passion et se teinter d’un intellectualisme d’autant plus crispant que le Verseau n’est généralement pas un tendre. L’amour, peu ardent, ne survit que grâce à une tolérance mutuelle. Jeu dangereux, alimenté par les équipes d’amis et de copains qui abondent autour du couple. Rien, pourtant, n’est perdu si l’affection non passionnée est assez grande et que les deux partenaires ne jouent pas malignement à se faire souffrir. C’est, au fond, l’amitié amoureuse qui est reine dans ce duo : ce sentiment peut durer toute une vie et se montrer irremplaçable, s’il sait ignorer les passades qui ne signifient rien.

Rapports entre les Gémeaux et les Poissons. L’un s’envole, l’autre nage, comment trouveraient- ils un terrain d’entente ? Il y a plus qu’une différence de rythme, il y a aussi une différence de tempérament, d’appétit, de conception de la vie. S’il y a deux types de Gémeaux, il y a aussi deux types de Poissons, celui qui vit en retrait, celui qui vit en expansion, celui qui se sacrifie et celui qui veut sa large part des plaisirs matériels.

Beaucoup de flou et peu de clarté dans ces rapports, au grand dam du Gémeaux, qui aspire à plus de logique et de précision. S’il s’agit de rapports d’affaires, le Poissons voit plus grand, trop parfois, et il n’est pas mauvais que le Gémeaux éclaire sa route et écarte ses fantasmes. Dans les affaires, l’intervention d’un troisième homme peut se justifier par la nécessité d’une plus grande rigueur dans l’organisation, les comptes, les formalités, toutes choses peu appréciées par l’alliance GémeauxPoissons. Mais il faut être bien d’accord sur les mots, qui n’ont pas toujours le même sens pour chacun des deux.

Dans la vie du couple, les amours étranges ne manquent pas. Le Gémeaux reste envoûté, bien qu’il s’étonne parfois de l’appétit sexuel des Poissons, et la vie à deux ne sera pas sans problèmes à tous les niveaux. La durée de l’union, légale ou non, est incertaine. Il y a cependant bien des charmes indicibles dans cet amour, ne serait-ce que ses incertitudes et le plaisir de jongler avec l’univers.

Le Gémeaux et l’Amitié

Les Gémeaux, signe de la communication et des échanges, sont aussi celui de la camaraderie. Mais celle-ci n’est pas l’amitié, ou du moins, n’est-elle que la surface de l’amitié, la mince pellicule émotive qui laisse passer les ondes de l’attraction. Elle peut en être le début et faire place à cette relation qui n’est pas l’amour, mais joue aussi entre les sexes.

C’est à un autre signe d’Air, le Verseau, que l’on attribue les meilleures dispositions pour éprouver ce don si rare, l’amitié, et rencontrer toujours de nouveaux amis. Dans le thème individuel, c’est la Maison XI, analogue au onzième signe, le Verseau, que l’on consulte pour analyser les chances du sujet sur ce plan. Pour un Gémeaux dont on ignore l’heure de naissance, la Maison XI tombe en Bélier. Il y a donc un rapport privilégié entre ces deux signes. Il est fréquent que l’on constate une bonne entente entre eux, ce qui s’explique car ils ont en commun un caractère jeune et dynamique ; de plus, la stimulation qu’ils exercent l’un sur l’autre, leur permet de se conduire dans la vie avec optimisme et entrain.

Si l’on se reporte à la dualité du signe, à l’image des Dioscures, les deux cavaliers évoquent l’idée d’une camaraderie fraternelle, à la fois sportive et un peu militaire : c’est bien cette tendance qui caractérise le troisième signe. Dans son besoin irrésistible de contacts humains, le Gémeaux est volontaire pour la recherche de la camaraderie, celle qui naît spontanément à l’école, au club sportif, à l’armée et qui souvent s’imprime pour la vie. Marquée essentiellement par les moments de gaieté, les fredaines, les blagues faites ensemble, c’est celle qui préside aux dîners d’anciens élèves, où l’on est heureux de se retrouver, mais où l’on peut aussi attendre sans la moindre impatience les prochaines retrouvailles. Tout passe dans, la spontanéité des souvenirs et des rires, mais l’émotion profonde, le souci que l’on n’avoue pas, la partie cachée, celle des échecs et des regrets, n’est pas de la fête.

Amitiés renouvelées sans cesse

Le Gémeaux serait-il peu doué pour l’amitié ? Certes non, il peut éprouver une amitié profonde, comme il peut vivre un grand amour. Mais l’amitié est une chose rare, qui exige beaucoup de patience, d’indulgence, de compréhension. Il faut pouvoir supporter les défauts de l’ami, comme ceux de la personne aimée. Or, le Gémeaux n’est guère patient, on le répète sans cesse. Il a besoin de voir les gens et les choses se renouveler, et s’il peut éprouver une profonde amitié, il peut aussi bien éprouver trop rapidement des moments de lassitude, où le contact amical devient ennuyeux, fastidieux même. Les amis et les amies des Gémeaux devraient éviter les histoires sans cesse répétées et vidées de leur intérêt. Il est surtout souhaitable d’avoir des idées communes, de partager des goûts afin de pouvoir en parler souvent. C’est souvent par le truchement d’une discussion sur un sujet plus ou moins bizarre, la musique mongole ou l’harmonie des couleurs, que, les liens se créent, car il y aura de longs échanges de vues qui inciteront à multiplier les rencontres.

Lorsqu’une relation amicale devient fastidieuse au Gémeaux, l’intervention d’autres amis prend le relais, et l’ami initial retrouve son attrait grâce à l’apport de nouveaux visages dont il devient le pourvoyeur. Ses chances augmentent encore s’il parvient à introduire le Gémeaux dans des endroits ou des milieux jusque-là inconnus, surtout s’il a une chance d’y briller.

Le Gémeaux prend volontiers ses amis pour cible de ses bons mots : s’ils sont un peu caustiques, ils ne sont jamais blessants et lui servent de prétexte pour justifier et maintenir sa réputation d’homme d’esprit. Il convient donc de les accepter avec le sourire.

Si étonnant que cela paraisse, le Gémeaux est d’ordinaire plus fidèle dans ses amitiés que dans ses amours. L’amitié lui donne davantage un sentiment de sécurité, et c’est pour ce motif qu’il accepte de lui sacrifier une partie de sa chère indépendance.

Certes, son image de l’ami est celle d’un frère idéal, capable de comprendre ses problèmes et de suivre son rythme. A défaut d’un être aussi rare, il aura autour de lui des camarades, agréables et nombreux, ou de simples relations avec qui il établira un mode d’échanges décontractés, un dialogue sans arrière-pensée. L’importance du milieu où il vit est capitale pour lui. Suivant la parole de Sartre, « il a besoin de la galerie pour se sentir exister ». Sur un autre plan, il ne faut pas essayer de le battre sur ses terrains de prédilection : une certaine élégance, de la fantaisie, des mots d’esprit ; l’ami prendrait alors figure de rival, cible de choix pour ses sarcasmes et ce serait la fin de leur relation.

Le Gémeaux et son Éducation

En règle générale, l’enfant né pendant la période des Gémeaux est considéré très vite comme un enfant éveillé et intelligent. Il s’intéresse à ce qui l’entoure, se montre curieux de tout. Il parle précocement et son vocabulaire s’enrichit très vite. Il abandonne rapidement son langage de bébé et veut connaître le nom des gens et des choses.

On s’apercevra vite qu’il est bavard. Cette tendance sera cependant très diminuée si, dans son thème individuel, on trouve une influence dissonante de Saturne. La tendance au silence serait un signal d’alarme, dans la mesure où elle exprimerait une intériorisation qui serait comme un corps étranger dans la structure affective et mentale du jeune Gémeaux, le mutisme n’étant vraiment pas dans sa nature, surtout portée à l’extériorisation.

Par comparaison avec les autres enfants, son vocabulaire et son élocution dépasseront nettement en quantité comme en qualité leur niveau de loquacité. Mais on ne négligera pas d’étudier son signe ascendant qui peut introduire un élément de variabilité modifiant quelquefois les tendances générales du signe solaire.

Jeu et boulimie intellectuelle

Que l’enfant Gémeaux n’exprime pas un grand amour pour la discipline n’étonnera nullement. Ce n’est pas qu’il se comporte en contestataire, en révolté, mais son besoin de remuer, de bouger, de circuler fait qu’il ne peut rester longtemps en place. De bonne heure, on lui accordera la liberté de mouvement qui lui est nécessaire, en songeant qu’avec un système nerveux capricieux, et même survolté, il ne lui est pas physiquement possible de conserver une immobilité telle qu’on l’exigeait naguère dans les familles comme dans les écoles.

Il est souvent taquin et son instinct d’imitation le pousse à jouer la comédie. Il adore se déguiser, jouer des rôles, surtout en parodiant, parfois avec humour, les personnages qu’il voit à la télévision. Vers l’âge de dix ans, il sera bon de vérifier si cet amour du déguisement n’aboutit pas au travestissement sexuel. De même le besoin de raconter sans cesse des histoires extraordinaires ne devra pas se révéler comme cachant trop souvent des mensonges, des affabulations qui seraient alors l’indicateur de tendances mythomaniaques. On devrait alors consulter un psychologue.

La solitude est mauvaise pour tous les enfants, et c’est particulièrement vrai pour le petit Géminien. On veillera à ne pas le laisser seul trop longtemps. Pour lui, ce risque de solitude est fortement diminué depuis quelques années, où la scolarisation se fait de très bonne heure. Si la pureté de son langage en souffre, l’apprentissage plus précoce de la vie en société est un élément qui ne manque pas de valeur formative.

L’enseignement moderne, par la large place qu’il fait à l’image, à l’audio-visuel, est apprécié par l’enfant Gémeaux auquel il facilite les raccourcis, les synthèses qu’il affectionne. Mais la chose écrite est pour lui irremplaçable ; seule elle peut fournir à sa boulimie intellectuelle un aliment suffisamment riche. Il ne faut donc pas croire que la lecture doit être sacrifiée, au contraire, elle doit être encouragée, à un moment où notre culture donne la priorité à l’image, et où les jeunes, et même beaucoup d’adultes, n’ont pour aliment intellectuel que la bande dessinée. Je ne dédaigne pas ce moyen d’expression, utilisé par des dessinateurs dont la virtuosité est prodigieuse, mais je dis qu’il ne peut apporter qu’une culture superficielle. N’oublions pas que le Géminien, plus qu’un autre, est fait pour tous les modes d’expression, écrite, verbale, par l’image, mais que son royaume est celui du verbe, de la parole, et qu’il ne pourra donc y exceller que s’il dispose d’un vocabulaire suffisant. La pauvreté du vocabulaire de la jeunesse contemporaine est un sujet d’affliction qui ne semble pas près de disparaître.

L’activité cérébrale, sous quelque forme qu’elle se présente, doit d’ailleurs s’équilibrer par l’alternance avec des exercices physiques légers, notamment la danse et, pourquoi pas, dès l’enfance, les postures apaisantes et décontractantes du yoga. Il est en particulier nécessaire d’échapper au déversement ininterrompu de la radio et de la télévision qui dans trop de familles constitue un fond sonore au moins dix heures sur vingt-quatre.

Une exigence de variété

Il convient d’ajouter quelques compléments aux remarques qui précèdent.

Depuis quelques années, les enfants sont persuadés d’avoir atteint l’état adulte au moins dès onze ou douze ans, et veulent, en conséquence, être traités comme tels. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les petits Gémeaux, déjà précoces par nature.

Le petit Gémeaux franchit plutôt facilement les premières étapes de la connaissance : parler, lire, écrire, compter, ce qui provoque bien entendu l’admiration de l’entourage. Cet enthousiasme faiblira par la suite devant l’insatiable curiosité de l’enfant, et la nécessité de répondre rapidement à d’incessantes questions qui exigeront la possession d’une bonne encyclopédie. Un dictionnaire assez complet est d’ailleurs un cadeau toujours bien reçu par l’enfant. Il serait maladroit d’esquiver toutes ses questions et il faut l’aider à trouver lui-même les réponses. On ne craindra pas qu’il s’encombre l’esprit de notions et de faits dont l’utilité n’est pas évidente, mais qui contribueront à la formation du type particulier d’esprit qui est le sien.

Parmi ses exigences figure au premier plan la variété. La monotonie, l’uniformité en toutes choses provoquent en lui un phénomène de rejet. On ne le taxera pas d’instabilité intellectuelle si son intérêt se porte successivement sur les vieilles automobiles, les voyages interplanétaires ou sur les sujets les plus divers. Cette variété dans les intérêts personnels satisfait sa curiosité qui a sans cesse besoin d’éléments nouveaux, aussi ne faut-il pas la juger du seul point de vue du temps perdu.

Elle le sauve, en tout cas, de l’ennui, cette plaie mortelle pour un Gémeaux, qui ne peut absolument pas rester inactif, qu’il s’agisse du corps ou de l’esprit. D’ailleurs, la multiplicité d’intérêts le détend et le repose, c’est au contraire la concentration trop poussée qui est source de fatigue et stérilise sa réflexion. Le problème, car c’en est un, consiste à le faire profiter de cette variété indispensable tout en évitant la dispersion excessive. Aucun progrès intellectuel ne peut s’accomplir sans un minimum de concentration, et c’est là que le jeune Gémeaux risque de buter, au moment où l’ardeur de l’adolescence l’attire vers la voie extérieure, alors que les programmes du lycée se compliquent et exigent une attention plus soutenue. Bien des échecs n’ont d’autre cause que le manque d’intérêt pour certaines matières et le manque de volonté nécessaire pour fournir un effort régulier.

Si l’enfant Gémeaux est plus bavard qu’on ne le souhaiterait, il existe un bon moyen de lui faire admettre qu’il doit canaliser ce flot verbal. On lui fera enregistrer une conversation sur un petit magnétophone : à l’audition, il sera certainement effrayé de son propre verbiage et fera de son mieux afin de le canaliser. Il arrive que la curiosité alliée au bavardage aboutisse à l’indiscrétion.

On évitera alors de parler devant lui de problèmes trop personnels qu’il pourrait répéter à l’extérieur. Dans son désir d’être pris au sérieux, il se mêle trop volontiers à la conversation des adultes, mais il serait contre-indiqué de le rabrouer trop sévèrement. En raison de sa curiosité et de son goût de l’aventure, il peut lui arriver de se trouver dans une situation délicate, compromettante même, avant qu’il ait pu s’en rendre compte.

En ce qui concerne le développement harmonieux de l’enfant Gémeaux dans son milieu familial, il ne peut s’effectuer que si les rapports avec les parents sont effectivement libres et détendus. Au contraire d’autres signes, comme le Cancer qui accepte la dépendance parce qu’elle lui assure chaleur et protection, le Gémeaux ne peut s’épanouir que si on lui concède une certaine autonomie. Tout excès d’autorité, qu’il émane du père ou de la mère, est refusé et rejette l’enfant vers le milieu extérieur, moins contraignant. Il faut également qu’il puisse vivre dans la gaieté et la spontanéité.

Il apprécie beaucoup le petit monde formé par les frères et sœurs, les cousins et cousines, avec qui il est tout de suite de plain-pied. Il y acquiert le sens des rapports humains et, plus tard, c’est surtout dans l’entourage proche, le voisinage, qu’il établira les relations les plus libres. On a remarqué la fréquence des situations Géminiennes marquées par le rôle important, même à l’âge adulte, non seulement des frères, sœurs et très proches parents, mais aussi des amis de ces derniers, comme si le cercle s’agrandissait de proche en proche. Cette constatation vaut aussi sous l’angle de la vie sentimentale.

Interrogé sur le choix d’un métier, il est rare qu’un jeune Gémeaux réponde avec netteté et désigne une profession, un type d’activité bien précis. Ce n’est pas qu’il soit rebuté par le travail quotidien, ce mal nécessaire, mais peut-on imaginer que cet être aérien puisse se cantonner dans l’étroit secteur d’un métier qu’il devrait exercer chaque jour jusqu’à la lointaine retraite ? Il s’inquiète surtout, sans pouvoir l’avouer, de ce que deviendra sa précieuse liberté. A quelles obligations sera-t-il astreint ? Il se voit forçat en col blanc, sous la férule d’un directeur rébarbatif, vieillissant peu à peu sans avoir connu d’aventures, alors qu’il y a tant de possibilités de par le vaste monde.

Ennemis de la routine

Les activités rêvées, c’est-à-dire avant tout sans horaires fixes, sans parcours répétitifs, sans tâches fastidieuses, ne sont pas d’un accès facile. Il s’aperçoit vite que les débouchés sont restreints s’il envisage le journalisme, ou des activités du même ordre qui l’attirent généralement.

Les vocations, ces attirances irrésistibles, ne sont en vérité que des cas d’exception, fortement individualisés et qui peuvent s’opposer totalement aux tendances fondamentales d’un signe. Ce sont donc des tendances, prises à leur niveau le plus simple, qui sont susceptibles de constituer les lignes de force d’une orientation générale acceptable pour l’ensemble des sujets d’un signe donné.

Il faut tenir compte également de « l’air du temps » dont l’influence oriente certains vers des professions brusquement mises en valeur et appréciées l’espace d’une génération (comme l’informatique et la sociologie il y a quelques années) dont l’engouement s’estompe peu à peu, dès que les inconvénients de ces métiers sont mieux connus.

Parmi les dix catégories de motivations sélectionnées dans un ouvrage sur l’orientation professionnelle ‘, trois s’adaptent parfaitement au caractère Gémeaux. Ce sont : « Je voudrais voyager, voir du pays » ; « Je voudrais être indépendant » ; « Je voudrais avoir des contacts ».

Cela confirme les mots clés choisis par André Barbault pour ce signe, c’est-à-dire : « Besoin de mouvement, de contacts, d’échanges. Voir, entendre, comprendre, parler, s’exprimer, bouger. Traduire, transmettre, échanger, circuler, déplacer, vendre, adapter. »

Certes, plusieurs de ces éléments de base concernent aussi d’autres signes, mais leur regroupement est très significatif, et représentatif de la tendance générale des Gémeaux. Ce ne sont pas les mouvements fondés sur la volonté de puissance, le dévouement ou la possession qui se placeront au premier rang, bien qu’ils puissent accessoirement être valables pour plus d’un Gémeaux. Ils s’effaceront devant la satisfaction que le Gémeaux éprouve à se mouvoir dans un univers de contacts et d’échanges, où son rôle est surtout de persuader les autres tout en réfutant leurs arguments.

La variété est grande des métiers et professions susceptibles de s’adapter aux mots clés du signe. La liste n’est pas limitative.

Des métiers de contacts et d’échanges

Tout d’abord, on trouve le bonimenteur de foire, l’as du porte-à-porte, l’intermédiaire que rien ne rebute, le baladin expert en tours de passe-passe, les métiers de la rue en somme, avec en plus la persuasion, une certaine psychologie innée et affinée par l’expérience humaine. Je n’oserai y ajouter le joueur de bonneteau, espèce quasi disparue, le bookmaker preneur de paris clandestins, l’as des tripots, toutes activités un peu marginales exigeant sinon une base Gémeaux, du moins un Mercure important et peu scrupuleux. Le chauffeur de taxi, de car (mais non le routier).

Apparaissent ensuite le secrétaire, l’interprète, l’enseignant aux méthodes personnelles, le journaliste, le traducteur multilingue, l’animateur de groupes variés, l’organisateur d’expositions, de circuits. La radio et la télévision offrent nombre de postes, mais il est évident que les seuls Gémeaux n’en ont pas le monopole. Il faut comprendre ces indications comme des activités pouvant plus particulièrement convenir aux Gémeaux. La politique pourrait être un débouché valable, mais on trouve relativement peu de Gémeaux parmi les politiciens. Si les qualités pratiques l’emportent, le commerce, la représentation, le « marketing » offrent un champ d’action favorable à tous les niveaux, partout où il faut convaincre le public par une élocution qui ne soit jamais à court d’arguments. Nous allions oublier les relations publiques, convenant d’ailleurs à tous les signes d’Air.

En revanche, les activités exigeant une grosse dépense physique, une force musculaire disponible, sont absolument contre-indiquées. Il en est de même des activités monotones, répétitives, ou totalement sédentaires, comme la comptabilité, les statistiques. Le Gémeaux apprécie beaucoup les horaires à la carte qui se répandent actuellement dans nombre d’entreprises, de même que la possibilité, s’il est sédentaire, de pouvoir de temps à autre faire quelques déplacements qui le remettent au contact de la vie extérieure. Il apprécie également de pouvoir s’exprimer sans entraves, de varier ses centres d’intérêt et ses tâches quotidiennes.

Le problème de l’adaptation du rythme personnel à celui du poste de travail occupé est sans doute un des plus importants que le Gémeaux est appelé à résoudre au cours de sa vie de travail. A la fois le plus individualiste et le plus sociable des douze signes, le Gémeaux est toujours plein de bonne volonté lorsqu’il prend un nouvel emploi. Mais, au bout de quelques jours, son rythme personnel d’activité a refait surface et, comme l’on s’en doute, il se trouve totalement désaccordé avec celui de ses collègues. En fait, il est enclin à travailler par décharges successives, si l’on peut ainsi s’exprimer. Après un instant de travail intensif, sous une haute tension nerveuse, où il ne tolère pas d’être interrompu, fût-ce par son directeur, le retour au calme s’impose. C’est alors qu’il distraira l’équipe appliquée qui l’entoure par ses plaisanteries et ses calembours, ou bien il monopolisera le téléphone, mais là il faut dire qu’il n’est pas le seul.

Un autre trait bien Gémeaux consiste à dédoubler ses occupations. Il aura plusieurs travaux en chantier, les mènera de front, courant le risque qu’aucun d’eux ne soit prêt en temps voulu. S’il est astrologue, ou avocat, il se détendra de l’étude d’un dossier en se plongeant dans un autre, pour reprendre le premier un peu plus tard, se fiant à un cerveau qui aime les équilibres instables. La pile des dossiers en cours restera donc assez haute, celle des dossiers réglés ne progressant guère. Seul un directeur vraiment indulgent tolérerait cette méthode de travail dans une administration.

On notera aussi l’intérêt que le Gémeaux porte aux gadgets de bureau, aux stylos, crayons, feutres multicolores, aux super-carnets de rendez-vous qu’il remplace bientôt par un bout de papier, aux machines à écrire aux caractères multiples, aux cadrans téléphoniques et répondeurs perfectionnés, son plus grand plaisir étant de répondre alternativement à deux ou trois récepteurs pour faire preuve de sa dextérité manuelle, intellectuelle et verbale.

Tout cela est souvent vrai et a été constaté. Mais qui n’a pas ses défauts mignons ? Le côté volontiers spectaculaire, parfois quasi exhibitionniste du Gémeaux au travail, est un effet voulu de son goût pour l’humour et la comédie. Le travail doit, selon lui, s’effectuer dans la bonne humeur, ce qui n’exclut pas le rendement et le succès final.

Comment l’entourage de travail d’un Gémeaux, et surtout ceux qui le dirigent, le considèrent-ils en fonction de son comportement et de sa façon bien personnelle de travailler ? Seuls ceux qui ont l’esprit large et s’attachant plus au résultat final qu’à l’attitude parfois trop libre et indifférente au code du parfait petit travailleur considèrent sans irritation cet être vraiment dégagé de toute entrave qu’est le vrai Gémeaux. Mais l’air du temps qui souffle peu à peu dans les entreprises est bien une brise Géminienne : c’est un souffle de libéralisation. Le port ou l’absence de cravate, le complet strict ou la tenue « sportwear », la longueur de la chevelure, tout cela n’est encore un problème que dans quelques grandes sociétés surtout américaines. Un peu partout, la libéralisation s’accompagne même d’un certain relâchement. C’est peut-être dans certaines administrations de l’État, toujours conservatrices, que le comportement du personnel reste encore assez figé et parfaitement artificiel. Le vent Géminien finira bien par y pénétrer aussi.

Par sa sensibilité nerveuse, le Gémeaux peut être très perturbé s’il doit travailler dans une ambiance hostile, ou simplement manquant de compréhension à son égard. En effet, il ne faudrait tout de même pas prendre les natifs de ce signe pour des farfelus, et ils sont très capables de remplir leurs tâches aussi bien que d’autres, mais à leur façon ; on conçoit donc qu’ils soient facilement blessés de se sentir considérés comme d’aimables plaisantins incapables de s’attacher aux choses sérieuses. Cette mésestimation les atteint au plus profond d’eux-mêmes et les dévalorise à leurs propres yeux, accentuant l’insuffisance de confiance en soi qui est l’un de leurs pires défauts.

Inversement, la moindre marque d’estime, le plus petit compliment les réjouissent et les stimulent. Si l’astrologie était mieux connue, les chefs d’entreprise et les directeurs de personnel devraient savoir comment – sans les exploiter – tirer psychologiquement le meilleur parti des capacités de leurs subordonnés en fonction, sinon de leur thème complet, du moins de leur signe de naissance.

La discipline rigide qu’acceptera un Capricorne ou un Virginien signifierait pour un Gémeaux l’étouffement de ses qualités principales, toutes à base de spontanéité et d’aisance ; cependant, il admettra parfaitement qu’un minimum de discipline assure l’ordre nécessaire dans un bureau ou un magasin.

La tendance de l’astrologie populaire et des bavardages de salon sur les douze signes est de dresser un portrait caricatural du Gémeaux en insistant pesamment sur sa prétendue légèreté et son incapacité à faire preuve de sérieux : il s’agit là d’une déviation malsaine de l’astrologie. On pourrait l’étendre aux onze autres signes avec un mélange égal de vérité et d’exagération. En présence de ces déformations outrancières, l’astrologue se hérisse. Il est fréquent qu’un consultant l’aborde ainsi : « Je suis Gémeaux [ou Vierge ou Poissons], c’est un mauvais signe, n’est-ce pas ? » Et il n’est pas simple de déraciner cette idée fausse et nocive, de convaincre le sujet inquiet qu’il n’y a ni bons ni mauvais signes, qu’il en est de même avec les planètes, et que l’être humain est perfectible, ce qui est à mon sens la grande leçon de l’astrologie.

Le Gémeaux est donc très capable de tenir honorablement sa place à son échelon professionnel, place qu’il lui est possible d’améliorer s’il accepte de faire des efforts pour cela. Ses atouts, ses qualités particulières, ne manquent pas ; avec, en premier lieu, sa vivacité d’esprit, sa rapidité de compréhension et d’analyse face à un problème.

Le Gémeaux et l’Argent

L’argent, le mystère des banques suisses, la ploutocratie, les coups de bourse, le Veau d’or, et, plus modestement, l’épargne, la thésaurisation, comment toute cette imagerie peuple-t-elle les rêves des Gémeaux, ou s’agit-il d’un domaine qui leur est complètement étranger ?

L’obsession d’amasser, la croyance que tout s’achète, cette avidité permanente familière aux psychanalystes, n’ont rien de commun avec le troisième signe, qui est la zone zodiacale du libre échange des idées, des biens et des personnes, où l’argent n’est pas ignoré, mais ne peut accéder au rôle de tyran bien-aimé. C’est surtout dans l’axe TaureauScorpion, analogue à l’axe Maison IIMaison VIII, que l’on peut rencontrer les zélateurs du capital. Il est maintenant bien connu qu’un lien secret existe entre l’or et les déjections sous le signe de l’analité, base d’un psychisme tyrannique et tyrannisé qui n’a rien à voir avec le psychisme aérien des Gémeaux.

Ce signe est donc dégagé de tout arrière-plan obsessionnel, prémice d’un sadomasochisme extrêmement rare chez le Géminien, si l’on excepte le cas monumental du marquis de Sade, né un 2 juin, mais dont le thème est doté de configurations qui ne se produisent que rarement dans la ronde cyclique des planètes et forment un véritable corps étranger lorsqu’il s’agit des Gémeaux. L’attitude de ces derniers envers le dieu Argent est donc très nettement saine, en ce qu’il n’y a pas de dépendance psychique envers Mammon, la divinité syrienne des richesses injustement acquises flétrie par les Écritures. Il va sans dire que si dans le thème individuel d’un Géminien l’axe des Maisons II et VIII contient des planètes significatrices d’un besoin puissant de possession et d’acquisition, le sujet de ce thème se trouvera confronté constamment à ce désir et modifiera son optique• fondamentale de Gémeaux. Il deviendra alors un,serviteur du dieu Mammon mais y perdra, sinon son âme, du moins ce climat intérieur de liberté qui est l’apanage du Gémeaux pur de toute avidité déraisonnable.

Dégagé d’une sujétion excessive à l’argent, le Gémeaux n’en est que plus à l’aise pour conduire sa vie matérielle au gré de son humeur. Il n’est pas l’homme des plans d’épargne laborieusement constitués au détriment de ce superflu qui, seul, lui permet de varier la monotonie de l’existence en satisfaisant quelques caprices.

Il lui importe avant tout de couvrir sans trop de difficultés les charges essentielles, de façon à vivre intensément d’une façon indépendante, soucieux de s’attacher à ses préoccupations du moment, de satisfaire sa curiosité toujours éveillée, et cela sans attaches trop lourdes. Pour peu que le natif ait une activité d’allure intellectuelle qui lui donne l’impression de ne pas être tout à fait l’homme de la rue, il s’attache moins à l’argent qu’à l’existence sans contrainte que celui-ci autorise.

On ne trouve guère de Gémeaux avares, puisque le besoin de posséder et d’entasser ne les détermine pas profondément. Ils ne sont pas non plus de grands prodigues, bien qu’ils soient souvent entraînés à dépenser plus qu’il ne faudrait pour satisfaire quelques caprices, que les esprits critiques trouveront futiles. Une bonne part peut aller aux dépenses vestimentaires, car le Gémeaux est coquet. Même s’il porte volontiers la tenue de l’année qui, depuis quelques années, est peu onéreuse avec la mode des jeans et des baskets, il veut la personnaliser, chercher des harmonies assez subtiles de couleurs. Il faut dire qu’il a bien souvent l’âme d’un dandy, il essaie toutes les lotions après-rasage et eaux de toilette tant le soin de son image le préoccupe.

Cependant, le désir de se faire prendre au sérieux l’incite parfois à grossir le rang des propriétaires d’appartements ou de résidences secondaires. Il joue alors avec le plus grand naturel le rôle du propriétaire heureux de faire les honneurs de sa résidence ou de ses terres. Il s’est si souvent fait considérer comme un fantaisiste qu’il éprouve une très réelle satisfaction à prouver qu’il est, quoi que l’on en pense, un homme pratique et qui a du bien au soleil. Il joue avec naturel le rôle du propriétaire affairé à l’entretien de sa maison et de son jardin. Mais, au fond, les servitudes et les corvées que cela comporte l’ennuient profondément.

La prévoyance n’est pas un trait dominant de son caractère et il ne commence à s’en soucier qu’au moment où l’âge vient tirer le signal d’alarme. L’imprévoyance, le gaspillage, l’oubli de quelques précautions ou formalités élémentaires ne sont pas rares.

Dans la vie quotidienne, le Gémeaux du type intellectuel est particulièrement mal à l’aise en face des questions d’argent. Il se fait rouler par des gens sûrs d’eux qui lui en imposent et le traitent en petit garçon ou le flattent outrageusement ; il est donc une proie facile pour les spécialistes de la vente à domicile, surtout les marchands de livres, d’encyclopédies et de reproductions de tableaux.

Les autres Gémeaux, plus matérialistes, se croyant plus habiles qu’ils ne le sont, se laissent aller à la facilité. Experts en arguments spécieux, en publicité outrancière, il est fréquent qu’ils côtoient les limites de la fraude, prêts à faire marche arrière si le client montre les dents. Certes, il n’y a pas que des Gémeaux dans cette foule de vendeurs rusés, véritables maquignons, mais ils excellent à dissimuler les tares de leur camelote et à rédiger des publicités mensongères.

Ses dons de persuasion, son habileté verbale peuvent aussi faire de lui un excellent vendeur, dont les gains sont sans limites tant il est capable de subjuguer le client avec beaucoup d’amitié apparente. Il est rare que le Gémeaux devienne un grand brasseur d’affaires, un magnat, car il faut pour cela une structure psychique plus dure. Mais ses dons sont productifs dans la mesure où il n’endosse pas la responsabilité d’une grosse entreprise.

Le Gémeaux et sa Santé

La constitution physique des Gémeaux n’est pas caractérisée par une forte musculature. Leur morphologie longiligne affine les muscles, qui ne manquent cependant pas de robustesse, et l’on peut trouver parmi les natifs de ce signe des champions sportifs réputés, tels jadis Suzanne Lenglen et plus récemment Eddy Merckx et Michel Jazy. La vérité oblige à dire qu’on rencontre parfois des Gémeaux aux formes enveloppées : ces exceptions sont dues à des conjonctions de planètes telles que la Lune, Vénus, Jupiter et Neptune occupant une position particulière à la naissance. Selon d’anciens ouvrages, les natifs de la première moitié du signe seraient plutôt petits et d’apparence frêle, les autres étant plus grands et plus robustes. D’autres ouvrages parlent de la grande taille des Gémeaux, de leur silhouette filiforme, évoquant en particulier l’image de Philippe II d’Espagne, reproduite dans la plupart des dictionnaires. Le Gémeaux moyen, le plus souvent rencontré, correspond assez bien à l’image de Mercure, cet être jeune aux formes minces et assez élégantes, qui accorde à ceux qu’il gouverne le privilège de conserver très tard une certaine jeunesse du corps et de l’esprit.

Cette interpénétration, cette fusion qui s’opère chez les Gémeaux entre le tempérament du signe, qui est sanguin, et celui de la planète Mercure, qui est nerveux, s’explique malaisément mais c’est un fait d’expérience.

Le tempérament sanguin exprime la priorité de la fonction respiratoire associée à la circulation sanguine. Le tempérament nerveux marque la réceptivité au monde extérieur et tend à cérébraliser toutes les fonctions, au détriment de l’instinct et en privilégiant le mental.

Les Conséquences de cette dualité tempéramentale sont très nettes : la fonction respiratoire est moins ample et moins libre que chez les deux autres signes d’Air, Balance et Verseau. Elle se trouve pratiquement sous le contrôle d’un système nerveux qui finalement conquiert la direction de tout l’organisme dont il restreint le libre jeu. La respiration se voit donc ralentie ou déréglée par un blocage nerveux dû lui-même aux « stress » de la vie quotidienne.

Dans l’antique conception de l’homme-zodiaque, chaque signe se voit attribuer la maîtrise d’une partie du corps bien déterminée. C’est ainsi que le Bélier gouverne la tête, le Taureau le cou et la gorge, pour finir aux Poissons qui régissent les pieds. Les Gémeaux ont pour localisation corporelle les bronches et les poumons, ainsi que les épaules, les bras et les mains. L’appareil respiratoire se trouve donc gouverné par le Taureau dans sa partie pharynx et larynx, et par les Gémeaux pour les bronches et les poumons.

Les Gémeaux sont exposés aux maladies affectant ces organes : bronchites, pneumonies, pleurésies, emphysèmes. Ils doivent être très prudents en ce qui concerne les risques de refroidissement, particulièrement les vents violents et glacés, les bourrasques, et se protéger suffisamment la poitrine dès les premiers froids. La tuberculose, naguère maladie courante chez les Géminiens, ainsi que les Sagittaire et les Poissons qui ont Mercure très dissonant, disparaît aujourd’hui, mais l’accoutumance des microbes aux antibiotiques peut faire craindre un jour sa réapparition.

En raison de leur sensibilité nerveuse, les Gémeaux s’exposent à des réactions allergiques très sérieuses lorsqu’ils sont soumis à des traitements de choc, comportant des antibiotiques ou les divers produits de la chimiothérapie. C’est pourquoi, afin d’éviter ce type de réaction très pénible, ils ont intérêt à se soigner, sinon préventivement, du moins dès le tout début des troubles respiratoires, où un traitement plus doux, de préférence homéopathique, peut enrayer rapidement la maladie. Ces risques d’allergie sont accrus du fait qu’ils ont souvent une insuffisance hépatique qui ne facilite pas l’élimination des toxines, naturelles ou consécutives à un traitement dur.

Les bras et les mains sont exposés à des névrites, et le manque de contrôle des mouvements trop rapides provoque souvent des blessures et de petits accidents.

L’interconnexion du plan respiratoire et du plan nerveux est sans doute un phénomène général. Sa fréquence et son importance sont beaucoup plus considérables chez les Gémeaux, dont on peut affirmer que l’existence est très fortement conditionnée par cette relation. Ils sont donc davantage prédisposés aux maladies psychosomatiques, le facteur nerveux risquant d’aggraver les troubles purement somatiques. C’est peut-être chez les Gémeaux qu’apparaît le plus nettement l’intrication du plan physique et du plan mental, la conséquence heureuse étant que bien des troubles peuvent disparaître aussi brusquement qu’ils étaient venus.

La priorité revendiquée par le système nerveux confère à chaque Géminien un rythme bien personnel, en général irrégulier et plutôt rapide, dont les difficultés d’adaptation à la vie actuelle sont bien souvent à l’origine de troubles neuro-végétatifs, des périodes dépressives, de l’anxiété. Il peut en résulter un dérèglement des fonctions respiratoires aboutissant à des crises d’asthme. Il ne s’agit pas toujours d’asthme authentique : on retrouve ici le phénomène de simulation inconsciente qui se manifeste sur un autre plan par le désir de passer pour un autre, d’adopter un pseudonyme, de jouer un rôle. Les activités de l’inconscient sont parfois surprenantes, les douleurs simulant une attaque cardiaque ou coronarienne peuvent se produire par des contractions musculaires, elles- mêmes d’origine nerveuse.

Dans le processus de guérison, il faut souligner l’importance du facteur psychique. Le malade doit retrouver des motifs d’intérêt, afin d’éviter la rumination mentale, où les idées tournent en rond sans déboucher sur une quelconque décision. La monotonie et l’ennui sont les pires ennemis psychologiques des Gémeaux comme le froid et la bise glacée sur le plan physique. Mais lorsque Saturne est important et « mal aspecté« , il est plus difficile d’échapper à la mélancolie, aux obsessions déprimantes. Il existe une possibilité tout à fait contraire : c’est celle où Mercure, dissonant à la naissance, augmente la nervosité dans le sens d’un équilibre chancelant, toujours remis en question. Le mécanisme mental, déjà très délicat dans sa finesse et, pourrait-on dire, dans sa sophistication, se grippe et produit des crispations contraires à toute activité régulière.

L’agitation, le manque de contrôle sont alors le lot de chaque journée. Les cas extrêmes seraient la tendance à la mythomanie, dérèglement essentiellement mercurien, mélange singulier de suggestibilité et d’affabulation.

Conseils aux Gémeaux

Le parfait fonctionnement de l’appareil respiratoire est la clé d’une vie équilibrée. Il importe d’assurer l’oxygénation tout d’abord par l’apport constant d’un air non pollué, condition impossible à réaliser dans la vie des grandes cités. Il faut donc que le Géminien fréquente dès qu’il le peut les parcs et jardins de sa ville, en fuyant les lieux enfumés, le tabagisme, les rues à circulation automobile intense où s’accumulent parfois de véritables nappes de brouillards toxiques. Une activité physique régulière est également nécessaire, à condition qu’elle n’exige pas d’efforts violents et trop soutenus. La marche quotidienne est indispensable. La bicyclette, le tennis, le ping-pong sont utiles surtout si l’on évite l’essoufflement.

La qualité de l’air doit s’accompagner de sa quantité. Il convient donc de pratiquer le plus souvent possible des exercices respiratoires, en particulier au lever et au coucher, devant la fenêtre à condition qu’un vent trop vif ne saisisse pas. Le rythme de ces exercices est important : il doit être lent, régulier, et non pas trop rapide ou saccadé. On doit marquer les trois temps : aspiration, rétention, expiration, comme cela est enseigné dans le hatha-yoga. Cependant, si l’on opère sans professeur, il faut absolument éviter d’augmenter excessivement la période de rétention du souffle, car il pourrait en résulter par la suite des troubles cardiaques. Le yoga révèle des forces explosives qu’il ne faut pas manier à tort et à travers. On doit rapidement trouver son rythme personnel qui, au bout de quelques mois, devrait devenir quasi automatique et aider beaucoup à la régulation des deux fonctions de base, respiratoire et nerveuse. Bien entendu, ces exercices peuvent se combiner aux postures ou « asanas » du yoga, mais, là aussi, le contrôle d’un spécialiste averti est indispensable. Des hernies sont parfois dues à des efforts exagérés pour réaliser ces postures.

Si le Géminien veut se retremper passagèrement dans la nature, il a intérêt à aller à la campagne ou en moyenne montagne, en évitant les altitudes trop élevées dont l’air ne lui convient plus. Les bords de mer ne sont pas toujours recommandés, car ce climat n’apporte pas la relaxation souhaitable, surtout aux sujets à tendance asthmatique. Bien entendu, il est bon que ces séjours comportent une partie distrayante, avec des contacts stimulants, car, à tout âge et en tous lieux, le Gémeaux doit chasser l’ennui et la monotonie. Mais les voyages organisés et les séjours en groupe ne sont pas toujours souhaitables.

En ce qui concerne l’alimentation, sans entrer dans des régimes trop stricts et parfois nocifs dans leur rigueur même, il est bon d’observer quelques règles. Tout d’abord, l’alcool et le tabac sont à proscrire, surtout dans la mesure où leur usage devient automatique. Fort heureusement, le Gémeaux est peu attiré par les plats lourds, trop épicés, qui ne lui conviennent pas du tout. Son goût pour les nourritures variées et légères permet d’inclure dans les menus beaucoup de légumes et de fruits. Le Gémeaux est « omnivore », il n’est pas fait pour un végétarisme exclusif mais devrait réserver la viande pour le repas de midi. Son appétit est capricieux, à l’image de sa personnalité, et il n’est pas fait pour les grands repas à l’ancienne, les surcharges alimentaires qui le mettent hors jeu pendant deux jours. Mais tout en s’efforçant à une certaine régularité dans ses horaires, le Géminien ne doit pas négliger ses petites fringales, qui l’incitent à grignoter, à picorer à plusieurs reprises dans la journée. Il notera également que le lait, les corps gras, la charcuterie, les sauces, les viandes lourdes, les ragoûts, les poissons gras, les abats, les légumes secs ne doivent figurer qu’épisodiquement dans ses menus. Une orange pressée chaque matin sera la meilleure mise en train pour une journée dynamique. Il n’est pas question de café le soir.

Parmi les plantes, heureusement de nouveau à la mode, le thym et le romarin devraient souvent accompagner les aliments, le romarin se prenant également en infusion le soir. On trouvera d’autres recettes simples et utiles dans les ouvrages d’Olenka de Veer et d’Eric Bontemps. La subtilité est une qualité bien Gémeaux. C’est en l’appliquant quotidiennement, en déjouant les pièges des configurations astrales selon les recettes confirmées par des siècles d’expérience, en dehors bien sûr de tout recours à de dangereuses pratiques de sorcellerie des campagnes, que le

Géminien maintiendra son équilibre et sa joie de vivre.

Quelques remarques encore dont les Gémeaux pourront tirer un parti profitable.

Un clou qu’il faut enfoncer sans cesse, même si cette répétition voulue paraît fastidieuse, c’est la primauté de la respiration. Bien des troubles viennent en définitive de la hâte excessive qui fait respirer superficiellement. Il est bon de s’arrêter parfois dans ce que l’on fait pour reprendre haleine et donner un cours plus lent et plus profond à la respiration. En même temps, on pensera que l’on assimile les forces cosmiques positives en inspirant, et que l’on se débarrasse des toxines du corps et de l’esprit par l’expiration.

On évitera les bains de mer si l’eau semble froide, car une réaction brutale serait nocive. Dans les grignotages quotidiens, on fera une large place aux fruits secs, dattes, raisins, figues. Le vieux remède du cataplasme sinapisé est souvent suffisant pour enrayer un refroidissement, si on l’utilise à temps.

Le Gémeaux est facilement fatigué : il doit s’accorder sans hésitation quelques temps de repos. En cas de fatigue mentale, il peut bricoler pour récupérer. Ne supportant pas les excès et les tours de force, il doit se tenir dans un juste milieu. En cas de maladie, il ne faut pas le contraindre à rester assis ou couché sans bouger. Les natifs constateront qu’une petite pluie fine et tiède apaise leurs nerfs. Trop souvent, le Gémeaux n’aime pas se soigner, espérant que ses ennuis de santé se régleront tout seuls, ce qui n’est pas toujours le cas. Il n’a pas la patience d’aller jusqu’au bout de ses traitements, et s’impatiente devant les horaires, les dosages, les traitements réguliers (ces conseils pratiques sont dus à l’astrologue néerlandaise Mellie Uylder). Ajoutons que dès que l’esprit retrouve un sujet d’intérêt, la santé s’améliore.

Les Astromariages de la Femme Gémeaux

Femme Gémeaux et homme Bélier

Une étrange alchimie se produit entre les deux compères. L’homme Bélier qui a, en principe, horreur des femmes compliquées, un rien doubles et allumeuses, se laisse littéralement envoûter par cette créature gaie, vivante, joueuse, hyperdouée. Il n’a rien de commun avec elle, ni le goût du sport ni celui du danger, mais elle le stimule. Son enthousiasme, sa légèreté, sa façon de prendre la vie au comique le subjuguent. En outre, sa faconde de femme souvent cultivée et toujours informée, son immense savoir-faire social, professionnel et privé, achèvent d’amadouer notre play-boy, plutôt maladroit dans les salons. Mais attention : couple fragile. Ne résiste guère aux intempéries de la vie à deux. Parce qu’elle déteste ne pas se sentir indépendante. Et qu’il déteste la laisser libre.

Femme Gémeaux et homme Taureau

C’est la Terre, pleine de sensualité, de désir de posséder, alliée à l’Air désinvolte des Gémeaux : elle est peut-être trop cérébrale, pour lui, trop légère, ne prenant rien au sérieux, ni les attachements du Taurien ni son goût de la propriété. De plus, ils n’ont pas les mêmes désirs : lui recherche la jouissance matérielle, elle veut jouer et toute sa fantaisie est au service de ses instincts ludiques. Que faire ? Se rejoindre à travers d’autres intérêts, les enfants, un métier commun ou simplement des loisirs bien orchestrés.

Femme Gémeaux et homme Gémeaux

Voilà un alliage brillant, spirituel, léger comme des bulles de champagne : tout à fait grisant. Mais, Mercure et Mercure font-ils longtemps bon ménage ? Le flirt, la camaraderie, les jeux intellectuels lient ce couple davantage que l’amour à proprement parler. Les Gémeaux, qui ont toujours un problème d’identité et d’adaptation, ont besoin, à leurs côtés, d’une personne solide qui leur donne accès à la réalité. S’ils sont deux Gémeaux, cela multiplie les difficultés. Mais si l’un des deux veut vraiment (ah ! la volonté : que de Mercuriens en manquent !) réussir ce couple, il doit consentir à se poser sur terre. Auquel cas, c’est un mariage gai, divertissant, plein de fantaisie.

Femme Gémeaux et homme Cancer

Ce feu follet toujours en mouvement, cet être léger qui réagit à la moindre brise, ce vif-argent étincelant, fait un tel contraste avec le pauvre Cancer, si lourd dans sa cuirasse ! Tandis qu’elle virevolte sous ses pinces, il en a le tournis ; il veut essayer de l’attraper, mais elle lui file comme un courant d’air entre les antennes ! Il croyait la saisir : pffft ! elle a disparu, puis réapparaît, mutine et taquine, pour se moquer de lui. Rien de plus excitant. S’ils se marient, cependant, elle risque de perdre la partie : le jour où le tourteau l’aura coincée avec ses grosses pinces et ses principes conservateurs, la pauvrette s’étiolera. La fantaisie et l’indépendance lui sont aussi indispensables que l’air pur. Elle risque la grande déprime, devant ce mur d’immobilisme. Peut-on marier la brise du matin et le crustacé fossile ? C’est risqué.

Femme Gémeaux et homme Lion

Vive, enjouée, folâtre, un vrai petit lutin, cette Gémeaux… Elle gardera toute la vie une allure d’adolescente. Sa démarche sautillante, ses réparties vives séduisent le Lion qui n’a pas cette légèreté. Lui qui adore le théâtre, le voilà servi ! Les Gémeaux sont des prestidigitateurs de premier ordre : adroits comme des singes, ils savent tout faire, ils vous sortent en un clin d’œil un lapin d’un chapeau de roue, et une citronnade d’une pomme d’escalier…

Là, le Lion est bluffé : il en redemande… Les rois s’ennuient, ils ont toujours eu besoin de baladins pour les distraire, et la petite Gémeaux, fine mouche, a vite compris comment on séduit le Roi des Savanes…

Elle a l’échine souple : elle ne se laissera pas écraser sous la grosse patte du fauve ; elle le contourne, joue à cache-crinière avec lui, et, finalement, n’en fait qu’à sa tête, avec un tel brio que le Lion, sidéré, laisse faire… En flattant sa barbiche, on peut tout obtenir !

Femme Gémeaux et homme Vierge

Lui, Mercurien méthodique et concis, à la cérébralité pure et dure, face au Mercure brillant et virevoltant de la femme Gémeaux, il peut être ébloui, disons-le. Sa vivacité intellectuelle, son don de repartie humoristique, sa virtuosité d’élocution laissent notre homme Vierge pantois d’admiration. Mais qu’il se méfie : si elle n’a pas un Ascendant en signe de Terre, elle lui échappera toujours par une pirouette et ne prendra pas au sérieux son insécurité affective. Femme Gémeaux et homme Balance

L’Air devrait s’entendre avec l’Air. C’est à qui échappera le mieux à l’autre, à qui jouera le plus au chat et à la souris. Merveilleux couple intellectuel et affectif, sans base solide et terrienne : pour l’un comme pour l’autre, le principe de réalité existe à peine. Ils peuvent rire la vie ensemble, sans devenir adultes.

Femme Gémeaux et homme Scorpion

Rien n’amuse tant ces lutins de Gémeaux que de jouer avec le feu. Voyez cette petite vif-argent,

qui taquine le Scorpion, virevolte devant lui avec son tablier rouge, et lui pique des banderilles plein la carapace. Il a beau allonger les pinces, il n’arrive jamais à la saisir complètement : il n’agrippe qu’une « Gémelle » à la fois !

L’autre lui file entre les pinces, comme un vrai courant d’air. Coucou ! C’est moi ! Et la voilà qui réapparaît là où il ne l’attendait pas. Elle rit, ne prend rien au tragique. Fine mouche, elle contourne la forteresse qu’est le Scorpion et s’adapte à lui avec inventivité.

Pourtant, si le Scorpion est mauvais, c’est elle qui souffrira le plus : l’agressivité et l’esprit critique de ce redoutable imprécateur peuvent lui faire beaucoup de mal. Si le Scorpion a l’impression qu’elle se moque de lui, ou le trompe, il sera terrible.

En revanche, un Scorpion Ascendant Vierge, moins agressif, peut être un élément de stabilité et de sécurité pour une femme Gémeaux. Possible, encore, un ScorpionSagittaire (comme le général de Gaulle dont l’épouse était Gémeaux).

Femme Gémeaux et homme Sagittaire

Dans le zodiaque, ils se trouvent à l’opposé l’un de l’autre. D’où une certaine attirance qui n’est pas toujours bénéfique : tous les deux volages, ils ne parviendront jamais à modifier leur nature. L’homme Sagittaire étant plus possessif que la femme Gémeaux, c’est elle qui aura le dernier mot et notre homme de Feu souffrira bien inutilement.

Femme Gémeaux et homme Capricorne

C’est l’alliage de la vieille âme et du jeune farfadet, de la sagesse posée et de l’inconscience légère, de la gravité et d’une certaine indifférence. L’homme Capricorne peut être attiré par cette antithèse de lui-même, par l’humour joueur et facétieux de la dame Gémeaux, par son astuce, son sens de la repartie, sa désinvolture et, disons-le, sa grâce en toutes choses. Mais des difficultés relationnelles risquent d’apparaître à cause de la disparité des caractères.

Femme Gémeaux et homme Verseau

Là, il y a incontestablement attirance : l’Air fait vibrer l’Air, la grâce fuyante et aguicheuse de la dame des Gémeaux intéresse au plus haut point notre monsieur Verseau, et lui, par sa nonchalante désinvolture, son intelligence incisive, son discernement, la surprend. Cela dit, il comprend vite ses jeux, ses fugues et ses frasques. Si une solide intelligence et une vraie culture ne soutiennent pas cette personnalité aux multiples facettes, il s’en désintéressera.

Femme Gémeaux et homme Poissons

C’est un amour un peu difficile car le Poissons et le Gémeaux sont sur deux longueurs d’ondes différentes. L’un trouve l’autre un peu ridicule : leurs sensibilités se heurtent. S’ils n’ont pas un rapport de complicité très grand, leur couple sera des plus fragiles. Le Gémeaux n’est pas toujours compris par le Poissons qui est beaucoup moins cérébral. L’un et l’autre risquent très vite de s’ennuyer… L’un adore le bruit, l’autre préfère le silence. Il est certain que l’intimité, dans un tel couple, n’est pas toujours très réussie.

L’homme Poissons qui rencontre une femme Gémeaux peut avoir la tête qui tourne rapidement car, plutôt réservé, il se trouve en face d’une femme qui le fascine. Mais le couple ne s’équilibrera pas pour autant facilement ; à moins qu’ils ne parviennent à faire régner entre eux un climat d’amitié qui satisfera peut-être dame Gémeaux mais pas pour autant Monsieur Poissons… Vie trépidante, vie intérieure, voilà vraiment deux univers difficiles à unir. L’aventure matrimoniale de Françoise Sagan, Gémeaux, avec Bob Westloff, natif des Poissons, illustre les difficultés de ce couple qui joue souvent un peu à « cache-cache ».

Les Astromariages de l’Homme Gémeaux

Homme Gémeaux et femme Bélier

Là encore, l’Air (Gémeaux) attise le Feu (Bélier). Une entente spontanée et inattendue fait de ces êtres au fond très différents des complices. Meilleure combinaison que l’inverse (homme Bélier et femme Gémeaux) dans la mesure où la femme Bélier est plus souple, plus adaptable que l’homme du signe. Elle possède des qualités qui font défaut à l’homme des Gémeaux : l’esprit de décision, l’obstination, l’endurance et une certaine façon d’aller jusqu’au bout de ses actes. Elle peut le dynamiser et prendre en main ses projets qui, sans elle, resteraient à l’état de projets. Son petit désir d’évasion, ses velléités, elle peut les transformer en grande aventure, tout en sachant respecter son besoin d’indépendance. Formule excellente pour un couple qui a des intérêts en commun ou qui fait le même métier.

Homme Gémeaux et femme Taureau

Ici, c’est la femme qui est possessive, sensuelle, terrienne et l’homme qui est fuyant comme du mercure. Elle a besoin d’assurance, d’équilibre, et d’un mari dont elle soit l’unique propriétaire malgré ses apparences de grande séductrice. Or, l’inconstance et l’instabilité de Monsieur Gémeaux n’est plus à prouver. Il adore batifoler, comme un éternel adolescent, plaire au plus grand nombre d’êtres humains, et plus particulièrement aux dames, sans se soucier beaucoup du confort matériel de sa compagne ni accorder grande importance à ses scènes de jalousie. Autant le savoir, ce couple est fragile s’il privilégie l’intimité du foyer ; en revanche, s’il développe une vie sociale et culturelle, il se donne de bonnes conditions d’épanouissement.

Homme Gémeaux et femme Gémeaux

Voilà un alliage brillant, spirituel, léger comme des bulles de champagne : tout à fait grisant. Mais, Mercure et Mercure font-ils longtemps bon ménage ? Le flirt, la camaraderie, les jeux intellectuels lient ce couple davantage que l’amour à proprement parler. Les Gémeaux, qui ont toujours un problème d’identité et d’adaptation, ont besoin, à leurs côtés, d’une personne solide qui leur donne accès à la réalité. S’ils sont deux Gémeaux, cela multiplie les difficultés. Mais si l’un des deux veut vraiment (ah ! la volonté : que de Mercuriens en manquent !) réussir ce couple, il doit consentir à se poser sur terre. Auquel cas, c’est un mariage gai, divertissant, plein de fantaisie.

Homme Gémeaux et femme Cancer

On peut se marier pour mille raisons qui n’ont rien à voir avec l’entente profonde et la compatibilité d’humeur. C’est ce qui arrive ici. Une Cancer Ascendant Sagittaire peut être attirée par un homme Gémeaux, mais ce n’est pas à conseiller en général.

Certes, le Gémeaux séduit tout le monde par son humour, son habileté, son optimisme et ses brillantes relations. Mais les pinces d’une dame Cancer ne sont pas assez longues pour coincer cet éternel courant d’air qui ne cesse de jouer à cache-cache avec lui-même (et avec tout le monde). De son côté, il ne peut comprendre à quel point sa Cancer a besoin de stabilité et de tendresse… à moins d’être GémeauxPoissons (mais dans ce cas, encore plus insaisissable), ou GémeauxCancer, et là encore, peu d’espoir de bonne entente…

Homme Gémeaux et femme Lion

En principe, le Feu et l’Air s’entendent bien, les deux Soleils étant ici en sextile (à 60 degrés), et tout devrait aller pour le mieux. Pourtant, trop souvent, Mercure des Gémeaux ne fait pas le poids devant l’éclat écrasant du Soleil léonien.

Bien entendu, la Lionne, énergique et entreprenante, s’efforcera de coincer les deux jumeaux pour les obliger à marcher droit : travailler, gagner de l’argent, faire des affaires, bref, rentrer dans le système… Le but étant de lui offrir, à elle, le somptueux train de vie dont elle ne pourrait se passer. Et sans être aussi méchant, on peut dire que la Lionne n’apprécie pas tellement la bohème des Gémeaux, leur non-conformisme…

Mais si nos jumeaux souhaitent être fermement pris en main, surtout quand ils sont jeunes, cela ne saurait durer éternellement. Comme tous les signes d’Air, leur fantaisie se nourrit de liberté… A vouloir enfermer le vent dans une boîte, on l’anéantit, on stérilise sa créativité… Attention, Lionne ! Votre poigne trop dure risque de détruire les deux brillants petits Gémeaux dont le charme vous amusait tant : vos exigences risquent de bloquer leur vivacité, leur génie inventif, leur vitalité à mille facettes. Le Gémeaux qu’on veut coincer réagit très mal : par la violence, par la dépression… ou encore par la fuite. Laissez-les vivre !

Homme Gémeaux et femme Vierge

Très difficile. La Vierge pudique, à l’affectivité profonde, authentique et grave, que voulez-vous qu’elle devienne devant un feu follet dilettante et léger, qui galvaude ses sentiments avec une facilité déconcertante ? (Il aime bien tout le monde.) Rien ne va dans ce petit ménage aux pieds ailés, excepté l’entente intellectuelle : ils sont très complémentaires dans leur façon d’analyser une situation, un être ou un problème. Cela suffit-il à faire un bon couple ? Il leur manque une complicité affective et sensuelle.

Homme Gémeaux et femme Balance

Ce sont plus de grands amis que de grands amoureux. Bien sûr, ils peuvent avoir une inclination amoureuse l’un pour l’autre, mais c’est léger, printanier, délivré de la passion. Ils cohabitent avec la plus grande aisance et font un couple uni par la complicité intellectuelle, les relations communes et la vie sociale.

Homme Gémeaux et femme Scorpion

D’aucunes se plaignent vivement des Gémeaux : insaisissables, légers, farceurs, brillants voire malhonnêtes, misogynes, homosexuels…

Avec la Scorpionne, ils ne pourront plus jouer à cache-cache. Inutile de faire les malins avec elle : elle les voit venir ! Elle en coince un dans chaque pince et le tour est joué. La complexité des Gémeaux affole peut-être bien des gens, mais sûrement pas une Scorpionne, qui en a vu d’autres… Et qui, de toute façon, devine tout. Elle s’agacera de l’irrégularité de l’homme Gémeaux, génie de l’improvisation, roi du système D, qui retourne sa veste et change d’humeur comme le vent. Il passera par des hauts et des bas, oscillant sans cesse entre l’amour fou et le ras-le-bol hurlant.

Si elle tient bon, elle le stabilisera ; c’est elle le « signe fixe » ! Ce serait plus facile si elle était ScorpionVierge, et lui GémeauxCancer, par exemple. L’humour, l’intelligence, la gaieté des Gémeaux l’aideront à ne pas s’enliser dans le tragique quotidien, tentation permanente du signe.

Ils ne vieilliront pas : l’éternelle jeunesse des Gémeaux stimule la Scorpionne dans la lutte sans merci qu’elle mène toujours contre la vieillesse et la décrépitude. Le couple sera meilleur encore au fil des années.

Homme Gémeaux et femme Sagittaire

Voilà un couple que l’on voit souvent et qui semble admirablement s’accorder : l’homme Gémeaux, plus dépendant qu’il n’y paraît, lorsqu’on ne va pas lui chercher noise sur son emploi du temps, se trouve très à l’aise dans l’univers de la dame Sagittaire qui ne s’intéresse pas aux détails de la vie quotidienne. En outre, elle sait l’entraîner dans les aventures qui le tiennent en haleine, des voyages pleins de rebondissements, des fêtes entre amis…

Homme Gémeaux et femme Capricorne

Ils s’attirent parfois, s’unissent rarement et ne durent qu’exceptionnellement. L’homme Gémeaux a encore moins d’interdits que la femme du signe, ce qui le rend instable affectivement, folâtre, extrêmement peu fiable. Il aime le flirt et a besoin de changement en amour. Elle, qui recherche tellement le roc, le seul amour, celui qui dure toute la vie, elle risque d’être fort malheureuse avec lui, sauf si un Ascendant « Terre » ou des aspects forts dans son thème le retiennent au sol.

Homme Gémeaux et femme Verseau

Voici deux voltigeurs. Tous deux enfants des airs et des nuages, tous deux légers, optimistes, volatiles. Elle, plus sérieuse que lui : ses responsabilités, son travail, sa famille, ses amis requièrent toute son attention. Lui, l’homme Gémeaux, est parfaitement insouciant. Seul le moment qu’il vit l’intéresse. Ce qui doit arriver un peu plus tard ou le lendemain l’ennuie vraiment. Son incapacité à se projeter dans le futur, même immédiat, est viscérale. Il y a entre eux une grande complicité intellectuelle faite d’humour, de reparties caustiques, de compréhension et de vivacité. Mais aucun être un peu profond n’a de prise sur un Gémeaux : et s’il était, comme on le dit souvent, indifférent ?

Homme Gémeaux et femme Poissons

La femme Poissons est une énigme pour Monsieur Gémeaux. Leurs sensibilités se heurtent, l’un et l’autre s’égratignent mutuellement. L’humeur changeante des Gémeaux parvient-elle à saisir l’ambiance mystérieuse, floue, incertaine, dans laquelle vit la femme Poissons ? Ce n’est pas certain : et tout cela peut conduire le couple à une désagrégation, d’autant plus que la tendresse du Poissons est débordante, envahissante, alors que celle du Gémeaux est toujours réservée, retenue, pudique, et qu’il livre difficilement son cœur. On voit que ce sont là, vraiment, deux univers très difficiles à concilier… Il faudra pour ce faire beaucoup d’amour et de patience… à tous deux !

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Gémeaux Ascendant Bélier

Cette combinaison zodiacale est simple, elle réunit l’Air et le Feu. La combustion qui en résulte est donc essentiellement dynamique. Elle accentue le caractère spontané, indépendant. Le sujet ainsi marqué ne voit guère les obstacles, ou, s’il les pressent, il compte sur son adaptation à l’instant présent pour éviter les dangers.

Le côté Bélier s’efforce de réaliser les idées qui viennent des Gémeaux. C’est donc une combinaison essentiellement pratique, qui ne se contente pas de parler, mais exige des réalisations effectives, et non pas seulement de beaux projets.

On constate chez les Gémeaux Ascendant Bélier beaucoup de jeunesse, d’allant, de brio. Leur caractère est le plus souvent gai, entraînant, et exprime une joie de vivre qui est en fait l’expression de la grande vitalité du Bélier. Le natif s’exprime avec facilité, il est plein d’humour, et ce côté sympathique l’aide à faire passer quelques rosseries ; on note parfois une certaine agressivité mentale, due à l’influence conjointe de Mercure et de Mars, les deux planètes qui gouvernent les signes en question. Les variations de l’humeur sont fréquentes, passant brusquement du rose au noir, produisant des alternances de dynamisme et de baisse de tension.

La hardiesse et l’impulsivité sont des traits dominants et facilitent les prises de contact, les relations de tous ordres. Le sujet trouve toujours un auditoire qui l’écoute avec plaisir et se laisse persuader par son côté vif et passionné. Il ne s’encombre pas trop de principes et s’adapte rapidement, modifiant s’il le juge bon ses idées et ses projets en fonction des circonstances. La nervosité, le danger de dispersion des efforts dus au côté Gémeaux peuvent être surmontés dans une activité réalisatrice et rapidement mise sur pied.

Gémeaux Ascendant Taureau

La rencontre du premier signe de Terre avec le premier signe d’Air détermine une nature en partie prudente, réaliste, réfléchie, ramassée, mais aussi indépendante et volontiers fantaisiste. Il en résulte un manque de certitude intérieure rendant le caractère plutôt ambivalent, et porté à suivre des influences contradictoires. Le Taureau apporte ses qualités essentiellement pratiques, son sens du concret, et le Gémeaux son habileté mentale, son opportunisme. Mais l’alliage est difficile, le Taureau reprochant au Gémeaux son impatience, sa futilité, et ce dernier ne comprenant pas l’opiniâtreté et une certaine pesanteur bien tauriennes.

Mais si l’harmonie s’établit, l’habileté, la facilité de contacts apportent au Taureau une façon plus rentable d’utiliser ses évidentes qualités et l’aident à se mettre en valeur avec une certaine astuce. Intellectuellement, l’esprit s’assouplit et se fait plus nuancé, il exige moins de preuves tangibles avant de comprendre, et se fait plus intuitif.

En cas de tendances artistiques, on constatera en peinture une alliance féconde du dessin et de la couleur.

Il s’agit généralement de grands travailleurs, de ceux qui suivent obstinément la voie qu’ils se sont tracée, tout en sachant prendre à temps les raccourcis que le destin ouvre parfois à leur intention. Il faudrait de fortes dissonances pour qu’une belle réussite ne soit pas obtenue. Il advient qu’il émane d’eux un don de séduction, un magnétisme qui n’est pas sans effets tangibles sur leur carrière. Parfois aussi, l’influence vénusienne sécrétée par le Taureau les prédispose à une vie amoureuse marquée par de forts entraînements sexuels, auxquels il leur est difficile de résister.

Le cas de Richard Wagner est typique. Gémeaux, il l’est par le Soleil, mais il n’a pu être possible de préciser si l’Ascendant se situe à la fin du Taureau ou en Gémeaux. Les valeurs Taureau sont de toute façon importantes, par la présence de Vénus, qui a joué aussi bien affectivement que dans la création musicale.

C’est un tout autre personnage que nous révèle le thème de Georges Marchais. Ce Gémeaux malicieux et retors, ne pouvant renier sa souche paysanne normande, est solidement campé sur un fond Taureau, et les deux signes ont collaboré pour l’élever au premier plan de la scène politique, le Taureau et son magnétisme ayant permis d’estomper les imprudences que sa nature Gémeaux l’entraîne à multiplier.

Gémeaux Ascendant Gémeaux

C’est le cas de tous les Gémeaux qui sont nés au lever du Soleil. Cette « géminitude » poussée au maximum fait donc d’eux l’incarnation parfaite de ce type zodiacal, renforcée encore si Mercure et la Lune se trouvent dans ce signe.

Comment établir le portrait du double Gémeaux, sinon en répétant tout ce qui a été dit sur la caractérologie et les tendances générales ? Les traits de caractère, les qualités et défauts, la dualité, la mobilité, la curiosité, tout cela s’intensifie et, à la limite, on pourrait craindre qu’un pareil sujet soit vraiment trop typé et présente même quelque chose d’un peu caricatural.

On pourrait craindre qu’une telle nature présente un excès de fantaisie et de superficialité. Il n’en est rien, car la présence d’une planète donnant, si l’on peut dire, du poids à une personnalité trop aérienne, rétablit un équilibre satisfaisant. C’est le cas du chanteur Main Souchon : la présence de Saturne à l’Ascendant en fin Gémeaux détermine en lui l’amour du passé et une certaine mélancolie. D’autres cas prouvent qu’il faut se garder de diagnostics trop simplistes, car nous trouvons parmi les « doubles Gémeaux » Pierre Brossolette, héros de la Résistance, et le président Soekarno qui gouverna la Malaisie pendant plusieurs années. Un autre cas tout différent est celui du criminel Yves Monpetit, évadé et repris au début de 1978 : mais on trouve dans son thème des structures agressives qu’il n’a pu sublimer.

Sur le plan de l’apparence corporelle, de la morphologie, il serait intéressant de vérifier si les doubles Gémeaux présentent bien les traits que la Tradition attribue à leur signe : c’est bien là un trait de ce secteur fantaisiste, qui, lorsqu’il est seulement signe solaire, donne à ses natifs une taille plutôt petite, une stature fine et déliée, en bref, une silhouette très mercurienne. Mais en Ascendant, les Gémeaux seraient plutôt de grande taille, l’exemple type étant le célèbre portrait du roi Philippe II d’Espagne. Quoi qu’il en soit, les traits et la corpulence dépendent plus nettement de la planète qui domine le thème, un compromis pouvant s’établir entre la minceur de base des Gémeaux et la plénitude apportée par la présence de la Lune, de Vénus ou de Jupiter près de l’Ascendant Gémeaux, la musculature étant surtout du domaine de Mars. Le plus bel exemple de Gémeaux Ascendant Gémeaux est sans contredit Henry Kissinger, diplomate célèbre, grand voyageur, homme énergique s’il en fut, grâce à son Mars ascendant.

Gémeaux Ascendant Cancer

L’accord n’est pas des plus aisés entre l’Air, qui se veut libre, et l’Eau, paisible et ensommeillée dans son lit. Mercure, le vagabond à la recherche de contacts nouveaux, n’apprécie pas l’apparition de la Lune, planète des songes, qui régit le Cancer.

Comment réaliser cette vie d’adulte, à laquelle le Gémeaux aspire, si des rêves, des chimères enfantés par la Lune viennent troubler l’esprit clair et lucide du Mercurien ? L’indépendance disparaît, liée par l’attachement cancérien à la cellule familiale, par une sensibilité extrême, et l’énergie, déjà capricieuse avec le côté Gémeaux, risque de s’effilocher en vagues projets. Le goût du risque s’atténue pour faire place à un envahissant désir de sécurité, aussi bien matérielle qu’affective.

Il n’est pas aisé de s’évader de liens que l’on trouve paralysants, mais que l’on chérit quand même. Les décisions sont constamment repoussées, le sujet attend que les choses se règlent d’elles- mêmes. Il ne peut accomplir seul les efforts nécessaires à son évolution. Le Feu fait défaut dans cette combinaison zodiacale trop fluide, et le recours à des appuis extérieurs est souvent indispensable pour se risquer à l’action personnelle.

Il n’est pas rare que l’insatisfaction qui en résulte soit à la base de sérieuses crises intérieures à tendances dépressives.

Gémeaux Ascendant Lion

C’est la deuxième rencontre de l’Air des Gémeaux avec le Feu, la première ayant eu lieu avec le Bélier. Il s’agit donc d’une combinaison dynamique, passionnée même, mais elle s’orne du côté souvent triomphal qu’exprime le Lion. L’art des contacts et de la suggestion verbale joint à l’art inné de se mettre en valeur peut donner des êtres sûrs d’eux-mêmes et du pouvoir qu’ils exercent facilement sur un entourage heureux de les écouter. Du vendeur de haut niveau au politicien prestigieux, la gamme est large de ceux qui savent utiliser la parole avec une telle conviction qu’il n’est guère possible de ne pas se laisser entraîner.

Si persuadé qu’il soit de sa supériorité, un tel sujet ne peut cependant dissimuler la petite dose de fantaisie, voire de gaminerie que lui instille sa base Gémeaux. Ainsi en est-il du prince Philipp, époux d’Elizabeth d’Angleterre, dont on a souvent cité les facéties au cours de ses nombreuses croisières. Mais il se montre aussi Gémeaux dans l’intérêt qu’il porte à l’éducation des jeunes. La simplicité et le côté non conventionnel des Gémeaux font bon ménage avec la respectabilité décorative du Lion.

Le tandem GémeauxLion, si simple soit-il dans son besoin de contacts humains, ne s’abaissera cependant jamais à la fréquentation de gens dont il ne peut admettre la vulgarité ou la bassesse de sentiments. La fierté et la susceptibilité, même si elles restent secrètes, peuvent se manifester par de brusques colères. Le maintien d’un certain prestige restera toujours une exigence rigoureuse. Mais les succès, sentimentaux aussi bien que mondains, ne manquent pas. La vie est généralement agréable, elle s’oriente souvent vers des carrières de prestige telles que les carrières du spectacle, la représentation de grandes firmes, la presse, le barreau. C’est la vedette qui n’a pas l’air de se prendre au sérieux, mais qui sait imposer le respect.

Sincères dans leurs amitiés et leurs affections, les Gémeaux Ascendant Lion savent cependant se dégager de situations difficiles avec beaucoup d’art et de simplicité et ne sont jamais à court d’arguments. Capables de prendre du recul, d’établir des programmes d’action, ils savent ne pas céder aux sollicitations immédiates et leur spontanéité n’est pas totale. Telle est l’action de la secondarité, facteur caractérologique existant chez le Lion, et de sa qualité de signe fixe, capable de stabiliser la mobilité parfois excessive du Gémeaux. L’extrême combativité que l’on trouve dans le thème du.général Salan, ex-chef de l’OAS, s’explique par son Mars en Ascendant Lion en aspect avec quatre planètes, configuration guerrière et passionnée.

Gémeaux Ascendant Vierge

Placée sous la double influence de Mercure, cette combinaison est donc tout à la fois intellectuelle et pratique. Cette cérébralisation risque d’être excessive. Si tout est mis sous le contrôle de la rationalité, de la logique, la place disponible pour le sentiment et la passion se trouve bien réduite. Il n’est pas toujours bon de freiner les élans de l’enthousiasme, ou de chercher à se prémunir contre tous les risques.

Le natif possédant cette combinaison peut étouffer sa sensibilité en privilégiant outrancièrement

une vision des choses ordonnée, presque mécanique. Mais l’esprit libre des Gémeaux regimbe parfois contre le cadre rigide et un peu artificiel exigé par la Vierge. C’est la lutte entre l’esprit de finesse et l’esprit de système. Sans vouloir minimiser le rôle des nombres dans l’architecture de l’univers, il semble que ce serait une erreur de géométriser à l’excès, de voir les mots et d’ignorer les choses. Dans le cas présent, il serait bon qu’un aspect planétaire vienne donner un peu plus de sang à un ensemble trop axé sur le système nerveux central.

Le thème de Françoise Sagan montre bien la lutte entre la tendance au contrôle exercée par un Moi hyper-mercurien et la puissance d’un Ça freudien engendrant l’anarchie. Conduire pieds nus pour mieux éprouver l’ivresse de la vitesse, risquer sa fortune au jeu pour finalement se soumettre à la raison mercurienne en se faisant volontairement interdire l’entrée dans les casinos, voilà un exemple des luttes intérieures qui se produisent lorsqu’une tendance empiète par trop dans l’espace psychique.

Bien qu’ayant la structure inverse, c’est-à-dire Soleil en Vierge et Ascendant Gémeaux, Châteaubriand est un autre exemple de ces tensions.

Gémeaux Ascendant Balance

Une certaine analogie avec la combinaison Gémeaux Ascendant Taureau semble s’exprimer.

C’est, en effet, sur le plan planétaire, un accord MercureVénus. Mais une très nette différence surgit d’emblée, car la Balance, signe vénusien, certes, est également un signe d’Air, fondamentalement plus proche des Gémeaux que le Taureau, signe de Terre et de réflexion.

C’est donc surtout le point commun signifié par l’Air qui va caractériser ce type zodiacal. C’est la communication, les échanges, le désir profond de sociabilité, les rapports avec l’Autre. Le problème des relations prime donc tous les autres, aucun de ces deux signes ne pouvant supporter la solitude. Mais il faut aussi tenir compte de l’extrême sensibilité de la Balance : il ne s’agit donc pas de n’importe quels contacts, encore que pour elle un contact difficile vaille mieux que l’absence de contacts. Intervient la liberté, commune à ces deux signes, et qui veut que tout se passe dans une ambiance sans contraintes. Pour y parvenir, le Gémeaux reçoit l’apport vénusien de la Balance, sous la forme d’un accueil ouvert, tolérant, encourageant même. Le sourire devient une vertu, et il n’est pas uniquement un piège, il signifie bonne volonté.

L’intellectualisation Gémeaux se lie volontiers aux goûts très souvent artistiques latents chez la plupart des Balance. Si l’esprit créateur est assez puissant pour entraîner vers une activité où l’art et l’esprit s’allient, il se rencontre souvent des aptitudes pour le spectacle, la danse en particulier, la photographie, la mise en scène, la critique d’art. La compréhension sur le plan humain peut attirer vers la psychologie, mais il faut l’intervention de planètes plus fortes pour en faire une profession.

Le charme est tel que les appuis utiles à la réussite se produisent d’eux-mêmes. D’une distinction souvent raffinée et subtile, ces natifs font impression sur les autres, leur compagnie est plaisante, agréable, et leurs interlocuteurs ont l’impression d’être plus intelligents qu’ils ne le croyaient au début de la conversation.

Une tendance parfois romanesque fait considérer l’amour comme une fête du cœur et du corps : le goût d’une ambiance agréable donne le sens du décor qui convient à l’amour. Il advient que tout ne soit pas facile, la constance n’étant pas leur fort, et certaines volte-face imprévisibles ne garantissent pas la pérennité des sentiments les plus beaux en apparence.

On citera la chanteuse Barbara, dont l’hyper-sensibilité est bien connue, et le voyant Belline.

Gémeaux Ascendant Scorpion

Cette combinaison est certainement la plus complexe de toutes celles qui englobent les Gémeaux.

Les sujets qui la possèdent sont souvent considérés comme un peu mystérieux et dotés d’un comportement imprévisible.

Le doute et l’inquiétude, fréquents chez les Scorpion, se traduisent dans cette combinaison par un certain recul, une réticence qui diminue fortement la spontanéité inhérente aux Gémeaux. Le caractère plus ferme, plus dur, plus apte à dire « non » alors que le Gémeaux tend à dire « peut- être », a en revanche l’avantage de permettre une très nette concentration mentale, et constitue donc un indiscutable apport de force mentale au Gémeaux. L’esprit très critique à la mode scorpionne se fait plus vif, plus incisif, avec parfois une tendance à l’humour noir que l’entourage n’apprécie pas tellement.

Toujours sur le plan mental, l’analyse se fait plus profonde, plus impitoyable, l’intelligence est portée à la déduction. Le goût plutonien d’aller au fond et même au tréfonds des choses, surtout s’il s’y cache un certain danger, donne à l’esprit une plus vaste dimension, et on ne peut en aucun cas accuser ce type de Gémeaux d’être superficiel. Le risque est l’apparition toujours possible d’une tendance obsessionnelle qui accentue l’inquiétude. On peut donc rencontrer le désir de jouer avec le mystère, de chercher les secrets comme un enfant joue à cache-cache. L’envers des choses, représenté par Pluton, le dieu à double face, doit être amené au grand jour, qu’il s’agisse des secrets de notre inconscient, des trésors cachés. Mais, pour cela, il ne faut pas craindre de remuer la boue, sans pour autant céder à l’attrait morbide des bas-fonds. Préoccupé par maints problèmes, dont le plus obsédant est celui de la mort, le sujet s’expose à une angoisse métaphysique permanente, qu’il s’efforce d’apaiser par l’étude de l’ésotérisme et des phénomènes occultes. Le besoin de comprendre devient lui aussi obsessionnel.

La vie affective est le plus souvent difficile, imprégnée d’érotisme. La nervosité ne facilite pas l’épanouissement, surtout lorsque s’y ajoutent des tendances sadomasochistes plus ou moins conscientes. Un contact très primitif et presque animal avec la nature est souvent source d’apaisement et de régénération. La vie du couple ne peut être durable que si le sujet prend conscience de son esprit trop critique, fait preuve d’une grande bonne volonté à l’égard du ou de la partenaire.

L’adaptation sociale n’est pas toujours facile, l’activité peut être marginale. Suivant le niveau et les aptitudes, des ouvertures sont possibles avec la biologie, la psychanalyse, la psychiatrie ; à un niveau différent, les services secrets, la procédure, les organismes de sondage, etc.

Ce natif n’oublie rien, sauf ses projets de vengeance. Il trouvera son équilibre s’il peut exprimer ce qui est en lui par une création personnelle, qu’elle soit littéraire ou artistique, dans une action d’ordre social, la politique pouvant être dangereuse. Sa cérébralité complexe exorcisera ainsi des démons intérieurs.

On citera comme exemples l’écrivain Raymond Radiguet, le dernier roi de Grèce Constantin II, le philosophe allemand Oswald Spengler… et l’auteur de ces lignes.

Gémeaux Ascendant Sagittaire

Cette opposition entre l’Air des Gémeaux et le Feu du Sagittaire ne risque-t-elle pas de provoquer un embrasement ? Et le Sagittaire, type adulte accompli, ne va-t-il pas étouffer le Gémeaux adolescent ? Il n’en est rien, car celui-ci aspire aisément l’apport de force et de dynamisme émanant du Sagittaire. Il en résulte pour ce type, contradictoire en apparence, une bonne dose d’enthousiasme, multipliant les projets, les initiatives, sans trop se soucier des difficultés. Le plaisir de l’action emporte tout, mais cet enthousiasme manque de consistance et retombe sans que les problèmes aient été résolus. C’est pourquoi la capacité de réflexion Géminienne doit absolument précéder le passage à l’acte voulu par le Sagittaire. Ces chutes d’enthousiasme inattendues sont mal acceptées par le natif, qui ne s’en juge pas responsable.

Toutefois, ce type est fortement marqué d’ambivalence, l’une des deux tendances l’emportant alternativement, ce qui est dû à l’aspect d’opposition entre ces deux signes. Tous deux considérés comme mutables, c’est-à-dire enclins au changement et à l’alternance, ils ne peuvent vivre que dans une sorte d’instabilité, qui a au moins le mérite de n’être pas monotone, bien qu’un tel comportement soit en général peu apprécié. Du charme, de la séduction, certes, mais des caprices et des variations bien exaspérantes, avec des remises en cause perpétuelles.

En revanche, une certaine générosité, un esprit plutôt brillant, talonné par le désir de ne pas rester noyé dans la masse, de montrer qu’il n’est pas conformiste, sont là des traits très apparents.

L’alliance des Dioscures et de Jupiter se fait en faveur d’une justice égale pour tous. Si l’on peut critiquer un certain esprit de provocation – celui d’un étudiant contestataire qui ne vieillirait pas -, on ne peut lui reprocher aucune tendance à la méchanceté ou à la duperie volontaire. S’il déçoit, c’est parce qu’il se prend lui-même à la flamme de ses illusions. Sa fantaisie, son besoin de surprendre et d’étonner ne manquent pas de séduction. Le Gémeaux Ascendant Sagittaire aime à produire la surprise et l’étonnement, car il se sent rassuré et oublie alors ses propres contradictions, persuadé qu’il est de sa propre importance et anxieux de gagner la confiance des autres. L’intérêt pour la médecine, mais une médecine liée aux connaissances naturelles souvent oubliées, n’est pas rare dans cette configuration. Quant aux voyages et déplacements, ils sont très souvent une note dominante de l’existence.

Un exemple typique se trouve dans le thème de Gérard de Nerval, « le prince d’Aquitaine à la tour abolie », où bien d’autres éléments entrent en jeu, mais où la dualité va jusqu’à la dissociation d’une personnalité envahie par le rêve, parcourant l’Orient à la recherche d’un fantôme.

Gémeaux Ascendant Capricorne

La dualité GémeauxCapricorne met en présence une nouvelle fois l’Air et la Terre. La fusion de leurs tendances respectives est beaucoup plus malaisée qu’avec le Taureau, premier signe de Terre mais de nature vénusienne. La nature saturnienne du Capricorne exprime une stabilité un peu pesante, s’extériorisant difficilement, d’une patience à toute épreuve. C’est vraiment l’antithèse de la nature mercurienne, toute de spontanéité et d’expression verbale et gestuelle. Il est donc à craindre que le natif des Gémeaux se trouve contraint de réprimer, sinon de refouler, ses tendances à la liberté en tous domaines et à la mobilité.

C’est un peu, a-t-on pu remarquer, la coexistence entre l’adolescent fantaisiste, voire frondeur, et le vieux sage se référant sans cesse à une expérience déjà ancienne, et craignant le changement. Certes, tout n’est pas négatif, et, dans bien des cas, il faut admettre que le Gémeaux y gagne plus de pondération, plus de concentration intellectuelle s’il y perd en humour et en élan. Les études d’un jeune Gémeaux Ascendant Capricorne se dérouleront régulièrement, avec plus de réflexion, de coordination ; leur objectif final gagnera en précision.

Dans les meilleurs cas, l’adolescent fera preuve de ténacité, et son travail soutenu lui permettra de se lancer dans des entreprises de longue haleine quel que soit le temps nécessaire.

L’aspect concret de l’existence devient prioritaire, la vision des choses est lucide, parfois même assez dure. Le Capricorne apporte son ambition persistante : l’alliance bien équilibrée entre les deux partenaires donne la certitude d’un succès social et professionnel, parfois relativement tardif, atteignant un niveau de sécurité où aucune crise ne sera à redouter. On fait souvent mention d’activité dans les carrières juridiques, la médecine, les sciences, mais le succès peut être ailleurs. Ainsi en témoigne l’irrésistible réussite de Charles Aznavour, très Gémeaux par sa mobilité, son sens du rythme, ses voyages incessants et ses multiples domiciles. Saturne le rend insatisfait et avide, éternellement frustré et pessimiste. Mais il est aussi, par le Capricorne, un homme d’affaires avisé, rusé et prévoyant.

Si l’Ascendant Capricorne se révèle plus puissant que le côté Gémeaux, le sujet risque le surmenage, de brusques problèmes de santé sous forme de troubles respiratoires et rhumatismaux.

De toute façon, la réussite ne doit pas se construire au détriment du côté Gémeaux, qui n’est pas toujours capable de fournir les efforts exigés par le côté Capricorne, et se culpabilise s’il ne se sent pas capable de réaliser la tâche entreprise. Il serait souhaitable que le natif s’accorde toujours la somme de détente et de loisirs variés qui constituent le sel de son existence.

Gémeaux Ascendant Verseau

L’Air sous sa double appartenance à un signe mutable et à un signe fixe se laisse malaisément définir. Libre dans sa spontanéité Géminienne, comprimé sous sa forme Verseau, il enregistre les moindres réactions environnantes et les répercute en les transformant à son gré. La cérébralité s’amplifie : le côté Gémeaux y gagne dans la mesure où il aurait trop tendance à évoluer au niveau du quotidien et où, sa vision des choses s’élargissant, il peut s’attaquer à des problèmes plus vastes. Tout en conservant son individualité, à laquelle il tient farouchement, il peut prendre conscience de l’utilité d’un travail collectif.

Quant au côté Verseau, souvent plus nerveux et tendu que le Gémeaux, il peut alors se décrisper, et humaniser sa tendance à voir les choses sous un aspect trop technique, trop idéologique.

Le couple MercureUranus, qui gouverne ces deux signes donne une intelligence subtile, aimant les idées peu communes, les nouveautés. Les arguments sont exposés sous une forme paradoxale propre à couper net toute réplique. Les us et coutumes, les traditions sont allègre- ment bousculées au profit de tout ce qui est surprenant et inattendu. L’allure peut se faire volontiers provocante, mais cela se trouve maintenant dépassé et rien ne peut plus choquer au troisième millénaire. L’effet de surprise du Verseau a maintenant perdu toute son efficacité à moins d’atteindre un niveau, un paroxysme même, qui ne puisse donner l’impression du déjà vu.

Le Gémeaux Ascendant Verseau donne en définitive l’image d’un être de bonne volonté, fortement intellectualisé, éprouvant le besoin indispensable de dialoguer, multipliant les contacts humains, recherchant les possibilités d’expression de lui-même, de préférence dans un environnement compréhensif. Il évolue avec aisance au milieu des idées, des théories, des programmes, sans pour autant négliger l’application pratique de ce foisonnement d’idées. Il tend à se projeter dans un avenir reconstruit, mieux organisé et même planifié. Il a besoin sans cesse d’inédit pour créer une idée d’un monde nouveau, un peu trop proche peut-être de la science- fiction. Certains trouveront une évasion dans le domaine de la musique, d’autres dans l’enseignement, le journalisme technique. Ils sont aptes à diriger des séminaires, des stages de formation, des groupes de recherche.

A un niveau plus modeste, on trouve des sujets moins aptes à mettre leurs idées personnelles en pratique, mais capables d’occuper des emplois spécialisés, techniques.

Gémeaux Ascendant Poissons

Rien n’est simple dans cette combinaison zodiacale, moins encore qu’avec l’Ascendant Scorpion, autre exemple de l’union difficile de l’Air et de l’Eau.

La logique et le besoin de clarté des Gémeaux se bloquent devant l’extrême irrationalité et la nébulosité des Poissons. Un tel sujet éprouve une grande insécurité sur ce terrain mouvant et s’efforce de trouver une base solide à sa personnalité, recherche chimérique qui a besoin de forts appuis planétaires pour aboutir.

L’Air et l’Eau sont cependant tous deux assez fluctuants au gré des circonstances, mais il faut tenir compte ici des complications dues à Neptune, planète maîtresse des Poissons, astre qui est plus à l’aise dans l’imaginaire et l’évasion que dans le concret, trop terre-à-terre. Mais les Poissons sont soumis à deux maîtres planétaires, le second étant Jupiter, astre beaucoup plus axé sur les réalités et le bon sens que Neptune. Tout dépendra alors de l’étude du thème individuel, qui seul peut montrer le vrai maître du jeu : Jupiter, indice d’épanouissement dans la légalité, ou Neptune, facteur d’idéal souvent peu compatible avec les nécessités quotidiennes.

Il en résultera deux possibilités. Si Neptune domine, ce peut être le cas d’un intellectuel ou d’un artiste, recherchant l’expression subtile et poétique de ses visions intérieures. Si Jupiter domine, ce sera plutôt un être habile, apte à tirer parti des circonstances avec une chance appréciable.

L’intuition Poissons s’oriente donc vers deux champs d’action opposés.

L’un des problèmes psychologiques soulevés dans le duo GémeauxPoissons est la difficulté que ressent le côté Gémeaux à s’exprimer avec son aisance habituelle, tant il risque de se perdre dans les nuées des Poissons : il éprouve alors la pénible impression d’être contraint au mutisme ou de ne pas posséder la clarté intellectuelle qui caractérise son signe.

A un certain niveau d’évolution, on peut trouver des savants, des psychologues, des astronomes, des diplomates. Le type peu évolué se contentera d’une existence apparemment paisible, livrée à la routine, avec des aspirations assez vagues, se réalisant chaque année dans des vacances qui le feront pénétrer dans un univers différent. Certains animent de petits groupes amicaux centrés sur une communauté de goûts et d’idées, comme l’écologie, l’hindouisme, le naturisme, la macrobiotique.

Comment interpréter les aspects de Mercure avec les autres Planètes

Les planètes évoluant dans le Zodiaque à des vitesses différentes, l’observation a prouvé qu’à certains moments de leur course il se crée entre elles un rapport, évalué en degrés de longitude. A ces moments, les planètes en question semblent s’activer mutuellement, d’une manière que les humains ressentent de façon agréable ou désagréable, favorable ou contrariante.

L’exemple classique est celui des phases de la Lune : au moment de la nouvelle Lune, le Soleil et la Lune se retrouvent au même degré zodiacal par rapport à la Terre ; ils sont en conjonction. A la pleine Lune, ils sont placés à des degrés se faisant face, ils sont en opposition. Au premier et au second quartier, ils sont séparés par 90 degrés, et l’aspect prend alors le nom de quadrature ou carré.

Jusqu’à la moitié de ce siècle, on classait les aspects en maléfiques, bénéfiques ou neutres. Puis on a dit favorables et défavorables. Enfin, les expressions harmoniques et dissonantes, ou aspects de détente et aspects de tension, ont prévalu, les anciennes expressions provoquant trop souvent une inquiétude excessive dans l’esprit des consultants.

Quel est l’effet général des aspects ?

Avec la conjonction, les planètes en cause, séparées par une distance de 0 à 10 degrés, semblent unifier leurs effets, opérer une sorte de fusion. Avec l’opposition, chacune d’elle s’efforce de jouer son rôle au détriment de l’autre : c’est donc un aspect de séparation, d’hostilité, de compétition.

Le carré crée une sorte de tension, parfois très stimulante, mais qui risque de susciter des obstacles continuels ou des hostilités permanentes. Quant aux aspects harmoniques, le trigone, valant 120 degrés avec un orbe de 8 degrés, et le sextile (60 degrés) avec une approximation de 5 degrés, ils créent des situations de facilité et d’optimisme. Il existe enfin des aspects mineurs, dont le rôle, en dépit de certaines affirmations, ne doit pas être négligé : ce sont le semisextile (30 degrés), le semi-carré (45 degrés), le sexqui-carré (135 degrés) et le quinconce (150 degrés) ; ils n’admettent que 1 degré d’orbe.

Le rôle des aspects est extrêmement important en astrologie : ce sont eux qui, par leurs rapports amicaux ou hostiles, modifient parfois presque totalement l’apport d’une planète. Kepler, qui fut astronome et astrologue au XVIIe siècle, disait poétiquement que les aspects sont la musique des sphères célestes. Il disait aussi que s’il lui fallait abandonner une partie des affirmations de l’astrologie, il conserverait avant tout les aspects.

Il ne faut pas, cependant, dramatiser les significations des aspects, les prendre totalement au pied de la lettre. L’interprétation d’un thème doit être globale : les débutants ne doivent pas croire qu’elle consiste à additionner toutes les significations données dans les manuels, comme une accumulation de pièces détachées. Chacune ne prend sa signification réelle que par rapport à l’ensemble du thème, et c’est là tout l’art de l’astrologue.

Seuls les aspects de Mercure seront étudiés ici, c’est-à-dire les aspects qu’il forme avec les neuf autres planètes.

Mercure-Soleil

Seule la conjonction peut exister, ces deux astres ne pouvant être séparés de plus de 28 degrés.

On distingue la conjonction supérieure, avec Mercure en sens direct et placé avant le Soleil dans l’ordre normal des douze signes, qui stimulerait alors les besoins d’enrichissement de l’esprit. Avec la conjonction inférieure, Mercure étant rétrograde et placé à 1 degré plus haut que le Soleil ou dans le signe suivant, la capacité du mental n’est pas atteinte, mais le sujet peut manquer de prévoyance, se livrer à l’improvisation, etc.

En pratique, et dans son ensemble, la conjonction MercureSoleil accentue les possibilités d’adaptation (sauf intervention d’un aspect contrariant d’une troisième planète), développe la facilité d’expression sur tous les plans. Ainsi se forme une sorte de centre des valeurs rationnelles et conscientes.

Selon la Tradition, une conjonction trop rapprochée de ces deux astres, dite « combuste » serait nocive, produisant une sorte de cerveau brûlé, manquant de logique et de raison. Mais cette affirmation mérite d’être vérifiée.

Mercure-Lune

Ces deux astres très rapides mettent en jeu l’intuition et la logique, l’imagination et l’observation, augmentent la rapidité des réflexes.

Aspects harmoniques (y compris la conjonction). La liaison entre le sensible et le mental crée un équilibre harmonieux, développe la mémoire, facilite la vie pratique aussi bien que les facultés intellectuelles. Parfois, un peu de paresse. Grandes facilités de contact sur le plan social.

Aspects dissonants. La logique est absente, l’intelligence et la sensibilité se heurtent. Le sujet peut être léger, futile, instable, tête de linotte, versatile. Trop limité par le quotidien, il peut à l’inverse faire une grande place à la fantaisie. Le défaut de concentration, la mémoire capricieuse, l’esprit de contradiction, tout cela joue défavorablement dans les rapports avec l’entourage proche, surtout les frères et sœurs, et gêne le cours des études, sauf intervention d’une tierce planète rééquilibrante.

Mercure-Vénus

Seuls peuvent exister la conjonction, le semi-carré et le sextile.

Dans l’ensemble, ces aspects n’ont que peu d’importance sur le plan intellectuel. Le côté un peu sec exprimé par Mercure se trouve ici adouci, tenant mieux compte de la sensibilité d’autrui. C’est un élément très positif dans les relations amicales et sociales où le charme peut jouer un rôle, le côté humain devenant prioritaire. Il subsiste cependant la lucidité un peu critique de Mercure qui n’est pas dupe, mais qui, de son côté, sait allier l’adresse et la séduction. Tendances artistiques assez fréquentes. Le semi-carré diminue ces traits positifs et provoque souvent des erreurs du comportement amoureux, allant de l’impatience à la légèreté, à la dissimulation, à la maladresse.

Parfois, reconstruction de la vie affective entre quarante-deux et quarante-cinq ans, après bien des intrigues.

Mercure-Mars

Aspects harmoniques. On trouve une grande activité mentale, Mars apportant le dynamisme et parfois l’agressivité. Le sens critique ne manque pas, mais l’adresse, la dextérité même, à la fois cérébrale et corporelle, est un atout important. Les débouchés professionnels exigeant de l’action ne manqueront pas, à n’importe quel niveau. Souvent, décisions imprévisibles, soudaines mais pouvant être modifiées après réflexion.

La conjonction est à la limite de la dissonance, car elle incite à l’action immédiate sans réflexion suffisante. Le sens de l’humour, l’esprit volontiers caustique font des polémistes : déjà en germe dans les bons aspects, ces traits s’accentuent ici, tout en conservant l’enthousiasme, l’audace qui permettent de s’imposer, les qualités pratiques et constructives. L’amour de la discussion et de la dialectique reste dans des limites acceptables.

Aspects dissonants. Avec le carré et l’opposition, les notations précédentes sont portées à un niveau de contestation, d’irritabilité ne supportant pas la contradiction, ni même la simple discussion. Caustique, sarcastique, chicanier même, le sujet ne peut se contrôler en raison de son agitation. On lui attribue bien des points négatifs qui, naturellement, ne sont pas tous à prendre en même temps, mais contribuent à noircir la situation. Le lecteur dont le thème comporte cette dissonance en admettra tout de même quelques-uns, ne serait-ce que l’impatience et l’imprudence génératrices d’accidents corporels.

L’effet de la conjonction est intermédiaire entre l’harmonique et le dissonant. De toute façon, les aspects MercureMars font un sujet en perpétuel mouvement, ayant du mal à trouver le calme et le repos, qui, du reste, l’ennuient. Sa façon de discuter sans cesse tout en ne craignant pas de heurter ses interlocuteurs lui vaudra plus d’ennemis que d’amis véritables. Au fond, l’agressivité martienne perturbe plus ou moins les qualités mercuriennes.

Mercure-Jupiter

Aspects harmoniques. La conjonction figure parmi les aspects harmoniques. L’intellect gagne en largeur de vue sans négliger pour autant les nécessités pratiques et sociales. Le jugement est sûr et sain, et s’efforce de trouver ce qu’il peut y avoir de meilleur dans chaque être ou dans chaque situation. L’esprit de conciliation permet de s’intégrer avec optimisme à l’existence en atténuant ou résolvant pacifiquement les conflits, mais l’optimisme est parfois excessif. Le côté matériel n’est pas négligé, mais l’avidité et l’excès de jouissance sont écartés, car on en connaît les inconvénients.

Au fond, cet aspect développe un côté habile mais juste et bienveillant, sachant tirer le meilleur emploi de ses capacités, aussi bien dans une activité intellectuelle que dans les affaires, comme par exemple l’édition. Cet aspect peut constituer un élément de philosophie sage et compréhensive.

Aspects dissonants. Les dissonances font ressortir le côté négatif de chacun des deux astres. Des exigences matérialistes égoïstes se manifesteront au détriment de la cohésion et de l’équilibre.

L’habileté intellectuelle de Mercure se tournera uniquement vers la satisfaction des intérêts personnels par l’usage du mensonge et de la ruse, qui deviendront des armes habituelles. L’égoïsme conduira à l’imprudence, à une estimation erronée des atouts personnels aussi bien que de ceux des partenaires et des adversaires. La même tendance entraînera des erreurs matérielles, par exemple dans les achats, les transactions commerciales et financières, la fixation des prix de vente, etc. La lucidité naturelle cède devant l’esprit jouisseur d’un Jupiter dissonant. On peut également agir à la limite extrême de la légalité, par la connaissance pratique des textes légaux et juridiques. Parfois, un sentiment d’infériorité intellectuelle veut se compenser par une supériorité matérielle. Il faut qu’il existe d’autres aspects puissants et favorables dans le thème individuel pour que cette dissonance ne soit pas source de sérieuses difficultés.

Mercure-Saturne

Les aspects MercureSaturne, de par la nature propre de ces deux astres, accentuent la cérébralité, le côté sec et un peu froid, ils apportent un frein à la liberté divagatrice de Mercure, avec une certaine dose de gravité et d’intériorisation.

Aspects harmoniques. C’est sur le plan intellectuel surtout que ces forces joueront au mieux car le raisonnement logique et déductif atteint son maximum, il est rigoureux et la pensée veut aboutir à un résultat effectif. La concentration de l’esprit facilite l’aboutissement philosophique ou la tendance à l’abstraction. Méthode, rigueur, profondeur, sérieux, continuité, persévérance même, rationalité jusqu’au-boutiste, telles sont les armes qui aboutissent à la certitude. En somme, c’est l’esprit cartésien. Cela exclut toute fantaisie, toute donnée intuitive. Pratiquement, le sujet a le sens de ses responsabilités et est fortement attaché à ses idées, qui deviennent des principes. Se croyant très objectif, il lui arrive de ne pas l’être. Professionnellement, c’est un atout pour un expert-comptable, un contrôleur de gestion, un directeur financier.

La conjonction relève des aspects harmoniques, mais il s’en faut parfois de peu pour que, l’âge aidant, elle atteigne la dissonance.

Aspects dissonants. La cérébralité peut tourner à l’introversion, à la rumination mentale.

Parfois, risque de retards dans le développement intellectuel, difficultés d’expression comme le bégaiement. Une certaine dureté se fait jour, rendant les contacts humains difficiles, sans ouverture, car le sujet se montre soupçonneux, calculateur, trop intéressé, routinier, sceptique, sans idéal, sectaire dans ses idées. Peu confiant en lui-même, il manque de courage physique et tombe parfois dans l’apathie, le renoncement à l’effort. Il voit avant tout l’avantage qu’il peut tirer. Sa froideur décourage les amitiés, il ne comprend pas les actes désintéressés, il est plus souvent amer et déçu qu’heureux et épanoui. Ce triste tableau peut s’éclaircir par l’effet d’aspects compensateurs venant de Jupiter ou de Neptune.

Mercure-Uranus

Les aspects MercureUranus donnent naissance à un type d’intelligence assez remarquable qui peut rendre le sujet constamment orienté vers la nouveauté, l’originalité, le perfectionnement. Ce côté novateur, détaché des chaînes du déjà vu, d’une tradition vermoulue et obsédante, s’exprime avec une grande finesse. L’intelligence saisit d’emblée le point crucial, l’essentiel d’une théorie, d’un problème, d’une mise en pratique. Le jugement est à la fois intuitif et fondé sur des faits irréfutables. Autant dire que le sujet est capable de s’inscrire à la pointe d’une spécialisation, qu’elle soit intellectuelle, technique ou autre. Il apporte des vues nouvelles ou jusque-là ignorées : sans nier le passé, il le dépoussière et le remodèle. C’est l’intelligence libérée de toute contrainte et prenant son envol vers l’avenir. Capable de synthèses audacieuses et en général confirmées par l’expérience, le sujet est doué pour l’expression sincère et convaincante de ses idées. Sa faculté d’adaptation aux êtres facilite son insertion sociale, de préférence dans des activités et des techniques de pointe. Son arme intellectuelle de choc est une extrême rapidité dans l’association des idées, grâce à la finesse de son système nerveux. Tout cela implique une forte tension nerveuse, qui s’amplifie dans la conjonction et devient excessive et contrariante dans les aspects dissonants.

L’habileté dialectique peut être fascinante pour des esprits moins dynamisés. Aspects dissonants. Comme dans les conjonctions de Mercure avec Mars ou avec Saturne, la conjonction peut se trouver à la limite de la dissonance, tout en astrologie étant question de dosages nuancés.

Les dissonances font ressortir l’accentuation de l’esprit novateur en esprit d’aventure aussi bien qu’en esprit de système se bloquant lui-même par sa propre crispation. Le sujet, en effet, de nerveux devient crispé, instable, manquant d’efficacité et de précision, incapable de cette adaptation facile qui fait la valeur des aspects favorables, la souplesse devenant raideur. La dialectique devient mauvaise foi, contradiction permanente et systématique. La marche en avant devient entêtement, la logique est celle de l’absurde, l’originalité est excentricité. Mercure et Uranus sont en conflit au lieu de coopérer. Si la perspicacité diminue, il n’en reste pas moins que l’intellect reste à un bon niveau de compréhension.

Mercure-Neptune

Les aspects MercureNeptune mettent en rapport le mental et l’intuition provenant du psychisme inconscient. L’intelligence rationnelle de Mercure s’imprègne d’une sensibilité, d’une réceptivité venant par vagues. Il en résulte une sorte de flair qui ne trompe pas, si des aspects harmoniques venant d’autres planètes s’y incorporent, sinon la réceptivité neptunienne laisse la porte ouverte aux fantasmes. Il est essentiel que Mercure puisse continuer à faire jouer son esprit critique afin de ne pas se perdre dans les nuées de l’irrationnel.

Aspects harmoniques. L’intelligence, fécondée par ces aspects, est susceptible de réaliser ses dons d’une façon surprenante, et la sensibilité devient créatrice. Les esprits scientifiques peuvent alors trouver des solutions imprévues dans leurs recherches. C’est l’intuition créatrice de Bergson. Ce mélange de rêverie et de pensée logique peut aussi se traduire par un idéalisme un peu vague, qui détache le natif des exigences quotidiennes pour lui faire atteindre l’évasion par l’art ou le sentiment poétique, au détriment de la vie pratique. On trouve parfois la connaissance par une sorte de sens visionnaire, médiumnique même.

Aspects dissonants. Plus l’aspect dissonant est fort, moins on trouve de capacité de concentration mentale, et plus le mental risque de voguer vers le flou, de perdre tout contact avec la vie matérielle. Le caractère est porté à prendre ses désirs pour des réalités et à négliger les contingences extérieures. Sa grande sensibilité le rend vulnérable, il est contre toute décision énergique, virile, et vit trop souvent dans un climat irréel, confus, où la chimère côtoie le mensonge. Quoi d’étonnant à ce que la vérité s’estompe, que l’on se fasse aisément duper, et, si l’on est sans principes solides, qu’on trouve plaisir à tromper les autres !

Mercure-Pluton

On entre ici dans un domaine où la connaissance est encore incertaine, en raison de la proximité de la découverte de Pluton (1930). Pluton est considéré comme constructif ou au contraire comme un élément destructeur, et détermine ainsi l’impact des aspects.

Aspects harmoniques. L’intelligence n’est nullement diminuée ou bloquée par l’action de Pluton. Celle-ci se traduit par une accentuation de la perspicacité, par le désir de découvrir tout ce qui est caché et de l’amener au grand jour. Le sens critique est acéré, il se met au service de la volonté de puissance plutonienne. Les bons aspects permettent de dominer les terribles forces souterraines symbolisées par Pluton et de ne les utiliser qu’à bon escient, tout au moins en sachant ce que l’on fait. Ils aident à prendre conscience de ce terrible capital de puissance instinctive. Dans les meilleurs cas, cet aspect stimule un inextinguible besoin de création personnelle qui, même réalisé, laisse insatisfait, mais provoque chez autrui une sorte de fascination. La lutte pour la puissance peut prendre la forme d’une conquête de l’argent considéré comme le moteur du monde.

Aspects dissonants. Les tendances étudiées se maintiennent, mais en tenant compte d’une accentuation dangereuse de l’inquiétude psychique, engendrant une vie tourmentée. L’ambition devient dévorante, le sujet est en proie à une surévaluation de ses idées et de ses capacités.

L’intellect ne maîtrise plus les forces profondes, mais est sous leur coupe et produit un comportement révolté ou destructeur. Cette outrance, alliée au désir de domination, se traduit par des intrigues répétées, des complications, des inimitiés irréductibles. Il faut ajouter une sorte de cabotinage de mauvais aloi qui pousse le sujet à travestir ses idées et ses intentions, rappelant ainsi que Pluton, chez les Latins, était un dieu à deux faces.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Dans leur course incessante autour du Zodiaque, les dix planètes, chacune à sa vitesse propre, traversent successivement chacun des douze signes. Il arrive qu’une planète donnée semble s’épanouir dans un ou deux signes, et au contraire s’étioler dans un ou deux autres, son action étant normale dans les huit restants. De même qu’une graine prospérera ou non selon le terrain où elle a été semée, de même l’action d’une planète sera amplifiée ou contrariée selon le signe qu’elle traverse. S’il y a harmonie, on dit que la planète est en domicile dans ce signe, qu’elle est maîtresse de ce signe ou qu’elle le gouverne ou le régit. Si l’affinité est particulièrement intense, la planète est dite en exaltation. Dans le cas contraire, elle est dite en exil ou, plus encore, en chute.

Il faut savoir que la présence d’une planète dans un signe quelconque ne transforme pas la signification fondamentale de la planète, mais donne une certaine coloration à son action. C’est ainsi que Mars, astre du dynamisme et de l’agressivité, ne jouera pas de la même façon selon qu’il se trouvera dans le Bélier, avec lequel il est en affinité particulière, ou dans le Cancer, signe d’Eau qui le rend plus réagissant que spontanément actif.

De même, on ne peut tirer aucune signification spéciale de la présence d’une planète dans un signe. Aucun type d’événement ne peut en résulter. L’action d’une planète sur le destin d’un individu peut se marquer par sa position dans l’une ou l’autre des douze Maisons, mais non par sa position en signe, qui est beaucoup plus générale.

Les Planètes dans les Gémeaux

Soleil en Gémeaux

Le Soleil est l’archétype du père, du chef, du héros, psychologiquement l’idéal du Moi. Il a surtout pour effet de valoriser les diverses significations du signe dans lequel il est placé ; on se reportera donc aux chapitres précédents. Sa force peut être modifiée, positivement ou négativement, en fonction des rapports angulaires ou aspects qu’il peut former avec d’autres planètes.

Lune en Gémeaux

En revanche, on pourrait être intarissable lorsqu’il s’agit de la Lune. Si les significations fondamentales du Soleil sont relativement simples, celles attribuées à la lune sont presque illimitées.

La part de la Lune en astrologie, c’est ce que le Soleil lui a laissé. L’astre du jour symbolise notre action personnelle et profonde pour réaliser un certain idéal social et professionnel, notre volonté de puissance, il a trait au côté conscient et objectif de notre vie. La Lune, elle, a pour domaine l’inconscient, ses automatismes qui règlent notre vie végétative, ininterrompue pendant le sommeil. Elle concerne aussi l’imagination, le rêve, la mémoire, la faculté d’adaptation inconsciente à la vie.

Si le Soleil est rayonnant, émetteur, positif, la Lune est réceptive, absorbante, négative. C’est pourquoi le Soleil est considéré comme l’élément mâle, viril, et la Lune comme l’élément féminin ; il est la masculinité, elle est la féminité ; il est réfléchi et entier, elle est impulsive et adaptable. Le Soleil est l’autorité, elle est la dépendance.

Cette différenciation nous permet de mieux envisager le très vaste éventail de significations que recouvre l’enseigne lunaire. Il convient d’ajouter que, chez la femme, la Lune représente globalement sa féminité, la façon dont elle vit sa condition féminine. Chez l’homme, en dehors du côté inconscient, la Lune représente l’image de la femme, de la mère, de l’épouse. C’est enfin sa vie intime, son épanouissement, l’enfant qui subsiste en lui, son psychisme primitif, archaïque.

La position de la Lune dans les Gémeaux doit donc présenter une gamme de significations intimement liées au symbolisme de ce signe.

C’est surtout la parfaite adaptation entre la planète et le signe, puisqu’il s’agit d’un astre symbolisant le changement constant, le plus rapide de tous, et d’un signe tout aussi réputé pour sa mobilité, exemple même de la primarité psychologique. C’est l’instant présent qui est privilégié, instant dont la fugacité est celle de l’hirondelle.

Le monde de l’inconscient est ici constamment agité par les fluctuations de l’environnement, le changement incessant des circonstances et des contacts, mais il ne s’agit là que d’une agitation de surface, celle de la brise qui fait naître des vaguelettes. Les racines de l’être ne semblent pas en être ébranlées. Extérieurement, l’humeur est vagabonde, elle varie selon les émotions du moment et ne peut être saisie. Elle s’est déjà transformée lorsque l’interlocuteur l’a saisie au vol. Pour mieux dire, c’est la Lune natale de Brigitte Bardot, astre cinématographique qui a suffisamment occupé la chronique pour que l’on sache de quoi il retourne. Un prompt emballement, vite tombé dans l’oubli, aussi vite remplacé par une passion non moins vive ; et il ne s’agit pas seulement de l’affectivité, mais aussi de l’humeur, qui ne peut être autre que capricieuse et frissonnante. Sur le fond mercurien, en perpétuelle vibration, la Lune multiplie les variations de ses phases, même si sa face cachée reste obstinément ignorée.

L’homme aussi, bien entendu, peut avoir la Lune en Gémeaux ; il n’en est pas féminisé pour autant, mais l’agrément et la légèreté de sa conduite forment un trait marquant, contrastant parfois curieusement avec le restant du thème. On ne sera pas surpris de la trouver chez Gilbert Bécaud, où elle allège son Scorpion natal. Elle représente le côté infantile qui peut persister chez les non-Gémeaux, elle est en même temps facteur de variabilité dans le comportement, témoin Talleyrand. La Lune en Gémeaux de Mussolini, natif du Cancer, lui a inspiré son attitude de simili sportif entraînant ses ministres épuisés dans des exhibitions : course, natation, etc. Cette Lune est aussi capable d’apporter un supplément d’inspiration, peu profonde, mais rapide et vivante, aux écrivains en panne.

Mais c’est sur le plan de l’affectivité que les significations sont les plus accentuées. André Barbault insiste sur le rapport indiqué par la Lune en Gémeaux tel qu’il est vécu dans l’enfance avec la sœur, la cousine, la petite camarade (et inversement avec le frère, le cousin, le camarade).

Ce rapport influera sur les relations affectives de l’adulte, lequel tendra inconsciemment à se placer dans des situations triangulaires, où le duo amoureux se déforme en trio avec l’intervention d’un troisième larron, plus ou moins accepté dans le couple. Parmi les nombreux cas cités par Barbault, on détachera Chateaubriand, très marqué par son affection pour sa sœur Amélie ; le grand Condé, amoureux de sa sœur Anne ; le trio formé par Louis-Philippe, sa femme et sa sœur Madame Adélaïde. De tels cas ne vont pas forcément jusqu’à l’inceste, mais indiquent un attachement excessif dépassant le cadre fraternel. Citons encore Marguerite de Valois et ses trois frères Charles IX, Henri III et le duc d’Anjou, dont les liens sont bien connus.

En dehors de cet aspect bien particulier, il en est d’autres. On peut avoir une Lune en Gémeaux à la naissance, et n’avoir ni frère ni sœur, le rapport se formant sur la petite amie d’enfance, toujours présente intérieurement.

En tant que représentation astrologique de l’anima, la Lune est l’image du type féminin auquel l’homme est sensibilisé et qu’il recherche toujours au long des années. Ce type, ou plutôt cet archétype, se modèle selon la nature du signe et aussi selon les aspects reçus d’autres planètes. Mais cela nous entraînerait un peu trop loin. Sous le seul angle de la Lune en Gémeaux, l’homme, quel que soit son signe et son ascendant, tend à intellectualiser cette image féminine et se sent de préférence attiré par les femmes intelligentes et spirituelles. Le dialogue et la conversation peuvent prendre le pas sur l’attraction sexuelle. En fait, il a besoin d’une compagne peu encombrante, d’une amie tendre, et surtout extravertie, spontanée, sans arrière-pensées. Il ne comprend pas tellement les désirs plus concrets d’une femme à la Lune en Taureau ou en Scorpion, il veut être sur un pied d’égalité. C’est presque la mode unisexe.

Sur le plan affectif, la Lune en Gémeaux chez une femme apporte un besoin de discuter, de raisonner, en un mot de rationaliser presque tout ce qui a trait aux relations sentimentales. Selon l’astrologue américaine Julienne Sturm, il y aurait un besoin de « verbaliser » les émotions, de les disséquer, de les cataloguer. Un certain langage pseudo-intellectuel en vogue, imprégné de sociologie, se prête admirablement à ces exercices de style coupés de la vie. Une certaine froideur, bien mercurienne, se cache sous les mots, le contact étant plus superficiel qu’intime et chaleureux.

Comme le dit excellemment Barbault, cette Lune est l’archétype de la féminité « à fleur de peau », qui n’engage pas en profondeur et contrarie donc les grandes et authentiques passions, celles qui marquent un destin. Mais l’agréable contrepartie est que la femme Gémeaux, et plus encore la femme avec la Lune en Gémeaux, dispose d’une grande aisance d’adaptation, qui lui permet de se modeler sur l’homme qu’elle aime, quels que soient son milieu, ses goûts, ses idées, sa profession. En fait, cette disponibilité traduit une incertitude, celle de la juste estimation de soi. Le manque de racines profondes – sauf toutefois si une configuration planétaire importante intervient – rend trop sensible aux conflits et aux crises, la personnalité ayant du mal à s’arc-bouter. La solution de facilité, c’est la fuite.

La vie quotidienne, ses incidents, ses fluctuations sont aussi du domaine lunaire. Avec la Lune en Gémeaux se manifeste un climat de changement, d’inconstance dans les projets quotidiens, dans les études, les motifs d’intérêt. Beaucoup de sociabilité, certes, une grande facilité d’adaptation quasi immédiate aux problèmes pratiques. Une certaine négligence se remarque parfois dans la tenue de la maison, où règne un désordre très intellectuel, où livres et magazines tiennent une grande place, le confort passant au second plan. La vivacité de l’esprit est un atout dans des activités telles que le journalisme, apprécié aussi par ses possibilités de voyages et déplacements. La productivité du travail est gênée, deux préoccupations simultanées pouvant se présenter à l’esprit. Certains affirment que des changements considérables d’existence ne sont pas rares dans l’enfance ou la jeunesse. Bien du temps est gaspillé en discussions et bavardages. La facilité presque trop grande de l’élocution n’est pas toujours un atout.

Vénus en Gémeaux

Certes, Vénus n’est pas mal placée dans les Gémeaux, mais elle s’y trouve un peu comme Mercure dans le Taureau. L’affinité planète-signe n’est pas totale.

Le désir de plaire, et surtout, a-t-on pu dire, de ne pas déplaire, est grand, ce qui lui vaut beaucoup d’amis et d’admirateurs. Elle risque de gagner ici un certain goût de l’intrigue, qui lui permet de jouer les coquettes, les Célimène au bel esprit ou, tout au moins, de sembler dans le vent.

Le goût du flirt, de la comédie amoureuse, est fréquent, celui du changement ne l’est pas moins.

Ces deux tendances aboutissent à de nombreuses relations affectives, le flirt plus ou moins poussé surpassant la passion authentique. Au pire, ce serait l’image du papillon. Le choix est difficile, aussi ne le fait-on pas.

Pour ne pas se perdre dans tout cela, il faut ne pas provoquer de drames, conserver un certain sang-froid, une lucidité raisonnable, sous une apparence d’amitié courtoise où chacun croit discerner un amour partagé. La sensualité n’est pas un élément dominant, bien qu’elle ne soit pas exempte de raffinements. La vie sentimentale peut donc être assez compliquée, mais l’adresse permet d’éviter les crises trop périlleuses. Les déceptions, en général, ne durent pas, tant il est facile de trouver de nouveaux partenaires.

Mars en Gémeaux

L’un des Dioscures serait-il Caïn ? Certes pas, car ce signe est pacifique. Mais il aime les joutes oratoires, les combats d’idées, les épithètes qui font mal. L’agressivité représentée par Mars le belliqueux prend donc, surtout en Gémeaux, une forme verbale. On s’accorde à donner à cette position une propension à la polémique, voire à la chicane pour peu qu’une dissonance de Mercure s’y mêle. Certes, il y a un côté positif : ceux qui pratiquent l’art oratoire ne seront jamais à court de souffle ni d’argument avec ce Mars, qui sait conquérir sa liberté d’expression, et même en abuser, car il risque d’ignorer le sens des nuances, et ses reparties sont souvent brutales.

C’est, en tout cas, un important facteur d’activité, pas seulement mentale, qui peut entraîner un certain esprit sportif, la sincérité dans l’action. Mais l’amour-propre réagit par la susceptibilité : les caprices, les colères sont difficilement dominés. Tout cela est un peu remuant, turbulent, avec des vagues d’agressivité inattendues, au moindre prétexte. Il faut dire que les réflexes musculaires sont rapides, le passage à l’acte ne traîne pas, tout au moins le passage à la parole qui vaut un acte.

De bonne foi, il promet plus qu’il ne peut tenir. Il s’efforce de convaincre avec passion. Dans les cas extrêmes, il aboutit au sadisme mental, à une certaine agitation. Avec Mars dans son signe, le Géminien est plus sûr de lui et moins hésitant.

Jupiter en Gémeaux

Opposé à son signe de prédilection, le Sagittaire, Jupiter se trouve en exil dans les Gémeaux, qu’il trouve trop légers pour sa pompe et trop libres pour son autorité paternaliste. Jupiter est considéré comme la planète de l’expansion. On l’appelle le Grand Bénéfique, bien qu’on soit amené à réduire quelque peu le coefficient de chance qu’il représente suivant la Tradition. Mais il indique les possibilités d’expansion du sujet, liées à son esprit social respectueux de l’ordre établi, à son équité et à sa bienveillance. C’est donc une planète favorable à l’intégration heureuse dans la vie. Il donne une propension au bonheur, il permet de réussir socialement et matériellement grâce à son optimisme, à un certain bon sens, il apporte succès et abondance, facilité d’accession à des emplois représentatifs. Bien entendu, s’il forme des aspects dissonants avec d’autres planètes, les possibilités seront moins réjouissantes.

Dans les Gémeaux, la bonhomie et l’équilibre accompagnés d’autosatisfaction de Jupiter se heurtent à la nervosité un peu fébrile de ce signe. Un peu dérouté, Jupiter n’utilise pas ses atouts habituels avec autant d’efficacité. Les avis des astrologues sur cette position sont, il faut le dire, quelque peu divergents. Certains y voient la prépondérance des relations humaines sur l’argent, d’autres des aptitudes aux mathématiques et au commerce. Droiture et loyauté pour les uns, avec la mise en valeur des qualités intellectuelles. Pour d’autres, paresse physique, atténuation de l’éparpillement mental, dualité des sources de revenus. Tout cela est plutôt imprécis. Barbault dit avec humour que l’autorité et la puissance de l’astre sont affectées comme celle d’un pontife dans un milieu d’adolescents irrespectueux, mais que cette position est heureuse dans l’ordre de la diplomatie et de l’habileté manoeuvrière.

Il semble finalement que le séjour de Jupiter en Gémeaux soit légèrement restrictif et qu’il ne puisse y développer l’essentiel de ses qualités. Pour un natif des Gémeaux, la position de son Jupiter natal serait plus bénéfique s’il était placé en Bélier, en Lion, en Balance ou en Verseau.

Saturne en Gémeaux

Saturne, symbole du temps et de la durée, mais aussi de l’effort patient, se montre possessif et conservateur. C’est l’astre qui nous impose des limites en toutes choses. Sa prudence peut se muer en peur, sa crainte de l’avenir en avarice. Il pousse à la réflexion, à l’introversion, à l’abstraction, il ne s’extériorise guère par peur du ridicule et devient facilement mélancolique et dépressif. C’est lui qui accentue nos inhibitions, nos tabous, provoque nos échecs et nos épreuves affectives. Mais celui qui sait dominer ce côté négatif parvient à la sagesse philosophique, au détachement, à la ténacité qui aboutissent à la sécurité morale et matérielle.

On admettra qu’un astre aussi sec et peu enclin à une certaine joie de vivre comme à une

animation turbulente ne se sentira guère à l’aise dans le signe jeune et perpétuellement en mouvement des Gémeaux. Cette fois-ci, c’est le vieux monsieur strict chez les joueurs de ping-pong. Sa logique excessive tue la fantaisie, et l’humour devient de l’humour noir. Certes, il peut y avoir un acquis pour le signe, dans la mesure où Saturne peut donner un apport de circonspection, de sagesse, de concentration, de résistance morale devant les épreuves, de minutie, de discrétion, le sens des responsabilités, ce dernier parfois excessif. Mais il peut aussi, par réserve ou inhibition, éteindre le côté brillant des Gémeaux, le sens de la repartie devient l’esprit d’escalier, ou se fait trop lourd. C’est un Saturne qui veut se rajeunir, un Gémeaux qui veut être trop sage au risque d’étouffer sa spontanéité. Il est un fait que bien des Gémeaux nés dans une période où Saturne traversait leur signe ne correspondent plus au portrait habituel de leur signe et sont fortement saturnisés. On objectera que Johnny Halliday est un Gémeaux trépidant et survolté, en dépit de – car l’astrologie dans son interprétation est un dosage subtil – Saturne. La réponse est qu’Uranus était également dans son signe et venait fortement modifier la tendance saturnienne.

Uranus en Gémeaux

Uranus, qui gouvernait le chaos, est considéré comme l’astre de l’individualisme le plus poussé, qui veut à tout prix se démarquer du milieu ambiant. Hyperrationnel, peu sentimental, maître du Verseau, il a quelques analogies avec Mercure, mais poussées à un niveau plus brutal ; il est systématique, intolérant, il tend à entraîner vers un avenir robotisé, froid, excluant les faibles et les cœurs sensibles. Il crée l’imprévu, les destins en dents de scie, impose des techniques toujours nouvelles.

Avec lui, comme avec Neptune et Pluton, il est difficile d’indiquer des tendances de caractère se rapportant à la vie quotidienne.

Uranus met sept ans pour parcourir un signe. Ce n’est donc que tous les quatre-vingt-quatre ans qu’il se retrouve dans le même secteur zodiacal. Il s’est trouvé dans les Gémeaux de 1942 à 1948, et l’on a pu constater l’accord entre le côté nerveux et remuant du signe, et l’effet électrisant de la planète, ainsi que le facteur commun que constitue le côté intellectuel et cérébral de leur nature.

Uranus, très à son aise en Gémeaux, y agit comme s’il induisait un courant électrique susceptible de galvaniser les Gémeaux et de leur donner un sens plus aigu de leur Moi et d’atténuer leur tendance dispersive.

Leurs diverses capacités gagnent en intensité, mais, en contrepartie, le côté nerveux risque de s’accentuer fortement. Pour les gens calmes, un tel Gémeaux est une pile électrique qu’il est pénible de supporter longtemps, en raison de son manque de patience et parfois de son agitation permanente.

Sur le plan intellectuel, en revanche, l’audace des idées, la stimulation permanente, le besoin de nouveauté et une sorte de dépassement permanent marquent l’empreinte Uranienne. C’est pendant la période 1942-1948 que la technique permettant les vols interplanétaires a pris naissance avec la production des engins destructeurs V1 et V2. C’est aussi la période d’incubation de la bande dessinée, technique très Gémeaux. Uranus a apporté dans ce signe son processus de fuite en avant et la multiplication des techniques d’avant-garde. Il est curieux de noter que lors du séjour d’Uranus dans la Vierge, autre signe mercurien très cérébralisé, se sont développées les techniques de miniaturisation qui entraînèrent l’essor foudroyant de l’électronique appliquée. Pendant le passage en Scorpion (1974-1981), on a pu remarquer le début d’application de l’énergie solaire et, sur un plan très scorpionique, la révélation intensive au public des techniques sexuelles.

Neptune en Gémeaux

Neptune, prince de l’élément liquide, perd-il sa sensibilité dans un signe qui le dessèche ? Ou lui transmet-il un peu de sa grande sensibilité ? Son dernier passage dans ce signe s’est produit de 1889 à 1901, mais il est difficile de préciser l’influence qu’il y a exercée, car en même temps, une autre planète lente s’y trouvait – Pluton – dont on ignorait alors l’existence.

Il semble donc y avoir plus de théorie que de constatations effectives dans ce que l’on peut en dire. Selon André Barbault, l’émotivité Géminienne serait intensifiée et la sensibilité de l’astre le serait aussi, dans un échange courtois de bons procédés. D’autres astrologues affirment que l’intuition devient plus lucide, que l’action neptunienne devient plus créatrice, se cantonnant surtout sur l’immédiat, le quotidien. On y voit aussi des dons de clairvoyance, surtout dans les affaires, et les femmes seraient peu fidèles. Certains décèlent des tendances hystériques, des états d’âme chaotiques.

On remarquera que dans la période 1889-1901, le développement de l’instruction publique était devenu une véritable mystique laïque. Il faudra attendre le milieu du XXIe siècle pour faire de nouvelles observations sur le tas, si j’ose dire.

Pluton en Gémeaux

On se souviendra que Pluton n’est apparu devant les télescopes qu’en 1930. Comme pour

Uranus et Neptune, le champ d’observation se limite donc rétroactivement à la période 1883-1914.

Selon Lisa Morpurgo, Pluton a alors influencé le comportement d’une génération intellectuellement éveillée. Et il est vrai que l’on ne s’était jamais posé autant de questions qu’à cette période, qui était à la fois la fin d’un siècle et le commencement d’un autre, tant il est vrai que Pluton, comme Janus, est à double face. Cette génération était lucidement critique envers les idéologies et les éthiques des époques antérieures. Mais elle a aussi été attirée par le culte de la personnalité. André Barbault a exprimé une opinion à peu près semblable en disant que Pluton en Gémeaux se mue généralement en sadisme mental, ou apporte une inquiétude intérieure qui fertilise la recherche de l’esprit. Négativement, Lisa Morpurgo indique une tendance à la corruption et à l’escroquerie, et il est vrai que les premiers grands scandales financiers d’envergure internationale eurent lieu à cette époque, témoin l’affaire du canal de Panama.

Si l’on envisage son côté négatif, le passage plutonien en Gémeaux, signe de la respiration et des poumons, a correspondu au maximum d’intensité des ravages de la tuberculose pulmonaire et à la construction d’immenses sanatoriums aujourd’hui abandonnés.

Il est assez difficile de définir Pluton, qui ne peut être considéré ni comme un épouvantail ni comme un porte-bonheur. Selon la mythologie, il était le dieu des enfers, mais l’enfer des Grecs est très différent de l’enfer judéo-chrétien. Il n’était pas seulement un lieu de tourments mais surtout le séjour des morts, qui se répartissaient en bienheureux ou en punis. Pluton, souverain de ces lieux souterrains, distribuait à la fois les punitions et les récompenses.

Il fut également considéré comme le dieu des richesses, d’où le terme « ploutocratie » pour désigner les super-capitalistes en tant que classe dirigeante. L’influence de Pluton échappe à toute caractérologie bien tranchée. S’il occupe une place importante dans un thème, il signifie ambition tenace, capacité de s’imposer par la force. En aspect dissonant, surtout avec Saturne, il crée l’angoisse, le pessimisme, le goût du néant, entraîne dans l’existence des traversées du désert. Mais s’il est positif, il apporte des facultés de régénération, de mutation même, et ouvre à l’être des possibilités infinies. Mal relié à Mars, il devient un facteur de sadisme et parfois d’auto- destruction. Ses analogies avec le Scorpion sont évidentes, et l’on pourrait dire que dans ses passages à travers les signes, il dépose quelques ferments scorpioniques.

Comment interpréter Mercure dans les Maisons

En sa qualité de planète « maîtresse » du signe des Gémeaux, Mercure doit être étudié successivement dans chacune des douze Maisons. Pour la facilité de l’exposé, il ne sera pas tenu compte du signe dans lequel se trouvent à la fois Mercure et la Maison considérée, car de telles indications ne peuvent se trouver que dans un manuel complet d’astrologie, et ne peuvent prendre leur pleine signification que si l’on fait entrer en ligne les aspects possibles avec les autres planètes.

Mercure en Maison I

Le rôle de Mercure sera amplifié dans la mesure où il sera placé plus près de l’Ascendant ou début de la Maison I, devenant ainsi planète dominante de la personnalité.

Si les aspects reçus sont propices (sextile ou trigone, la conjonction étant ambivalente), Mercure ainsi placé témoigne d’appréciables capacités intellectuelles, notamment dans l’adaptation aisée et souple, et dans l’aptitude au raisonnement logique.

L’ingéniosité, une sorte de virtuosité mentale, la faculté d’expression et même d’improvisation, tout cela forme d’excellents atouts- en vue d’une réussite conforme aux désirs du sujet. Il lui est assez facile de changer d’orientation s’il n’a pu réussir dans la voie d’abord choisie. Le désir avide de connaître et de comprendre favorise l’assimilation de nombreuses connaissances, non seulement sur le plan de la théorie, mais aussi dans leur utilisation pratique.

Le sujet est donc nettement un intellectuel, qui cherche à s’assurer le maximum d’indépendance grâce à ses capacités. Vif, entreprenant, il peut être écrivain, journaliste, commerçant habile. Plus intuitif qu’imaginatif, il excelle dans l’art d’utiliser tout ce qui lui paraît valable. Son habileté et son sens de l’adaptation lui font toujours trouver des solutions avantageuses, il sait lâcher du lest en cas de litige, car, s’il est parfois assez polémique, il n’aime pas les procès, surtout s’il n’est pas très sûr de son bon droit.

En cas de dissonance avec une ou plusieurs autres planètes et Mercure en Maison I, on trouve une adaptation beaucoup moins facile, risquant justement de provoquer conflits et procédures. L’habileté excessive se transforme en mensonge, en dissimulation, en discussions inutiles, rendant la personnalité envahissante et irritante. Suivant l’ensemble du thème, il peut s’agir d’un intrigant que l’on ne doit pas croire, ou d’un individu adroit mais peu scrupuleux dans l’art de mener ses affaires. En somme, c’est un maladroit ou un tricheur.

Mercure en Maison II

Le sujet se tourne d’instinct vers les gains et l’acquisition des biens matériels. Il se plaît à effectuer des transactions où son habileté lui permettra de multiplifier et de développer ses sources de revenus. Ses activités seront toujours rentables d’une manière ou d’une autre. Il n’est pas nécessaire qu’il soit commerçant, car quelle que soit sa profession il saura la rendre rémunératrice.

En dehors de sa profession, il manoeuvrera avec profit lorsqu’il aura à acheter ou à revendre des terrains, maisons, voitures, objets de valeur ou collections, etc. Il s’introduira habilement dans les combinaisons financières, tout cela pouvant être réalisé avec la plus grande honnêteté.

Lorsque Mercure est dissonant, le sujet devient âpre au gain, combinard, obsédé par l’idée de se procurer de l’argent, fût-ce par des moyens peu orthodoxes, car il espère que son habileté l’aidera à ne pas trop s’exposer aux rigueurs de la loi. C’est l’homme qui sait jouer avec les chèques et les traites pour « faire » ses échéances en tirant un peu. Sa maxime devient : « Qui veut la fin veut les moyens », mais l’excès de situations scabreuses finit par lui valoir plus d’ennuis que de succès.

Parfois, c’est simplement le jugement de Mercure qui n’atteint pas le niveau voulu pour se risquer dans de grandes affaires. Au pire, c’est la mauvaise foi voulue, l’escroquerie, le recours délibéré aux fausses factures, à ce que l’on appelait naguère la « carambouille ».

Mercure en Maison III

C’est l’une des meilleures positions pour Mercure, puisque nous savons qu’il y a un rapport d’analogie entre le signe des Gémeaux, lieu de prédilection de Mercure, troisième signe du Zodiaque, et la troisième Maison d’un thème individuel. Le summum serait bien entendu Mercure en Gémeaux en Maison III !

Jointe à une capacité d’observation aiguë et à une grande perspicacité, l’intelligence, rapide et précise à la fois, s’exerce dans le domaine des choses concrètes, immédiates. La curiosité intellectuelle, très vive, nourrit une élocution et une plume également faciles et permet de se constituer une véritable « banque de données » en beaucoup de matières. D’aucuns affirment que les capacités intellectuelles ne peuvent atteindre certains domaines, trop complexes et trop ardus.

Le désir de culture ne serait pas toujours réalisable : il est vrai qu’un tel personnage excelle surtout à saisir les opportunités du moment, les nouveautés, l’actualité. Il faudrait un peu de Saturne pour pénétrer plus au fond des choses.

Cependant, il ne faut pas dénigrer les qualités de cette position. Ce n’est pas si mal que de comprendre vite et bien, d’avoir de la sagacité, de la perspicacité, de savoir s’exprimer, de trouver des débouchés conformes à ce que l’on aime dans la presse, l’édition, de savoir transmettre aux autres ce que l’on sait à l’occasion de cours, de séminaires, de n’avoir aucun problème de communication avec autrui, de sillonner un pays dans des tournées de conférences, bref, d’être parfaitement à l’aise dans tout cela.

Mais si Mercure est dissoné, le désir de se réaliser dans l’une ou l’autre des activités ci-dessus se heurtera à une certaine instabilité de l’esprit, une indécision provoquant des désaccords avec l’entourage sans raisons valables, une mobilité excessive se traduisant par un besoin quasi pathologique de se déplacer sans motifs sérieux, par le risque de rencontrer des désagréments dans ces activités intinérantes. C’est alors que la communication devient un réel problème et que des difficultés apparaissent dans l’entourage proche, en particulier avec les frères ou sœurs, le cas échéant. Le côté ambulatoire devient un complexe d’errance, les rapports fraternels sont vécus sous le signe de l’hostilité.

Mercure en Maison IV

Cette position n’est pas parfaite pour le besoin qu’éprouve Mercure de se déplacer, d’être toujours par monts et par vaux, de contacter les autres. C’est plutôt contraire à la stabilité familiale, à sa sécurité. L’adaptation au milieu familial ne peut se faire que s’il est possible de prendre des initiatives, d’apporter des changements selon ses propres idées, de secouer un peu les usages et les traditions. Cependant l’habileté mercurienne est capable d’arrondir les angles. Au positif, on verra qu’un bon Mercure est capable de développer le patrimoine, de faire fructifier les biens venant du père. Il aura du goût à se créer un habitat confortable et bohème à la fois. Il pourra même exceller dans les transactions immobilières, faire fructifier les terrains et les propriétés bâties. L’intérieur sera moderne, doté des équipements les plus perfectionnés, de façon à laisser l’esprit libre des servitudes ménagères. Selon la Tradition, les changements de résidence peuvent être assez fréquents, ou alors transformations et rénovations assez nombreuses.

C’est un climat jeune et gai qui règne au foyer, et l’entente sera bonne avec les beaux-parents (en principe).

Mais si Mercure reçoit des aspects contrariants, les problèmes matériels ne sont pas rares dans la famille. On devra se préoccuper assez tôt des ressources pour le troisième âge, car ce Mercure est imprévoyant ou préoccupé par des nécessités plus immédiates. L’entente ne règne pas toujours avec les membres de la famille.

Mercure en Maison V

En raison des diverses significations de la Maison V, plusieurs possibilités se présentent ici.

La plupart des astrologues estiment que les plaisirs amoureux et les intrigues sont vécus plus cérébralement que sentimentalement. Parfois, recherche de complications sur le plan de l’érotisme ; l’esprit risque d’être obsédé par le désir de flirts ou d’amours intenses mais de peu de durée, avec une tendance à la recherche de partenaires plus jeunes. L’amour devient un jeu, les aventures se produisent dans un cercle de camarades des deux sexes. Dans certains cas, le goût du jeu peut prendre un caractère professionnel, bien qu’à mon avis l’intervention de Jupiter soit de règle dans les thèmes de joueurs (dans le cas de jeux d’argent, bien entendu). Très diplomate, plein de savoir-faire et d’adresse, le sujet a de nombreuses relations de toute nature. Il peut rester bon camarade lorsque ses liaisons sont terminées. Dans la sphère professionnelle, on trouve l’enseignement, l’éducation, et, sur un autre plan, l’organisation de spectacles et de divertissements.

Lorsque Mercure est dissonant, il se produit une tendance aux excès, ceux-ci agissant défavorablement sur l’équilibre nerveux. Les questions d’intérêt risquent de se mêler aux affaires d’amour, parfois même il peut être question d’amours vénales. Tendance aux dépenses pour les plaisirs, grande inconstance dans les sentiments, qui n’engagent pas profondément.

Mercure en Maison VI

L’activité intellectuelle du sujet se tourne surtout vers les questions pratiques. Il cherche à organiser au mieux sa vie quotidienne, surtout en ce qui concerne son travail, servi en cela par de grandes facilités d’adaptation, par un esprit inventif, quelque peu bricoleur, ayant le souci du détail. Il trouve les meilleurs débouchés dans une vie professionnelle exigeant beaucoup de savoir- faire et de précision, telle que secrétariat, comptabilité, traduction, petit commerce, hygiène, diététique, et comportant presque toujours une certaine dépendance à l’égard d’un supérieur. Les rapports avec les collègues, comme avec les subordonnés, comptent beaucoup dans le déroulement quotidien. On a pu dire que cette position fait de meilleurs employés que de bons patrons, en raison de l’adaptation facile aux nécessités du travail et de la difficulté à se dégager des problèmes de chaque jour pour réaliser une expansion importante qui n’est pas tellement souhaitée. Parfois, intérêt pour la médecine et ses activités annexes.

En dissonance, Mercure est l’indice d’un système nerveux assez fragile exigeant une vie calme et équilibrée. Il suscite aussi des ennuis tels que médisance, intrigues, diffamation, surtout dans le travail et avec les subordonnés. Parfois risques d’exploiter ou d’être exploité, petites malversations, fraudes.

Mercure en Maison VII

Esprit coopératif, bonne volonté qui s’affirment dans toutes les relations. Le mariage est souvent réalisé dans la jeunesse, ou avec un conjoint plus jeune. Il se peut qu’une grande lucidité jointe à l’esprit pratique fasse intervenir des questions d’intérêt dans l’union légale. Cela n’empêche pas, d’ailleurs, une grande compréhension dans la vie du couple. Il sait utiliser des relations personnelles pour promouvoir ses intérêts ; c’est une bonne position pour envisager des collaborations intéressantes. Il se montre très adroit dans les discussions d’affaires, ainsi que dans les procédures et litiges divers. Il peut jouer le rôle d’un médiateur avisé et de bon conseil et parvient même à neutraliser ses adversaires, sinon à s’en faire des alliés.

C’est donc un élément excellent pour la vie sociale et professionnelle.

Cependant, avec des aspects dissonants, on court le risque de tomber dans les pièges de gens fourbes et sournois, tout ce qui relève du domaine associatif pouvant devenir une source de déceptions ou de contestations. Les querelles d’intérêt viennent perturber les associations comme le mariage. On se méfiera des relations peu sûres, avec qui il vaut mieux éviter les ruses et les atermoiements. C’est, en somme, le renversement complet des indications du premier paragraphe.

Mercure en Maison VIII

Cette position donne ordinairement un esprit studieux et sérieux, attiré par les problèmes difficiles, surtout s’ils sont en relation avec le mystère, l’ésotérisme, l’insolite. Le goût du secret incite parfois à exercer plusieurs activités dans des milieux différents. L’esprit sait prendre le temps de la réflexion. Selon la Tradition, avantages appréciables du fait d’héritages, successions, biens venant par mariage. Recherche de combinaisons financières avantageuses, par placements, ou investissements peu courants.

Recherche de l’aventure non sentimentale mais plutôt intellectuelle. Dans ce domaine, goût possible de complications érotiques. Mercure est favorable aux recherches de disparus, de trésors, de mystères historiques. Il fait profiter de la chance ou des biens des autres.

Si Mercure est très dissonant, on peut avoir affaire à une nature inquiète, tourmentée par les problèmes liés à la mort, à l’au-delà. Le pessimisme est parfois contagieux. Dans les questions de successions et de finances, les contestations, déceptions, spoliations même, ne sont pas rares, donnant lieu à des idées fixes, souvent accentuées si l’on porte trop d’intérêt à l’occultisme, au spiritisme, sujets d’une curiosité morbide.

Mercure en Maison IX

L’idéologie se fait persuasive, l’activité mentale se braque sur de grandes idées que l’on veut communiquer. Toute sa vie, le sujet cherchera à améliorer sa culture générale, tant par la lecture, les conférences, le travail d’autodidacte que par les contacts avec les pays étrangers. Mercure doit être épaulé par Uranus ou Neptune pour atteindre un niveau supérieur sur le plan de la connaissance, mais, au niveau courant, Mercure manifeste ici des efforts louables qui méritent encouragement. La finesse d’esprit du sujet le gardera de l’écueil qui consisterait à emmagasiner pour le plaisir des notions sans but aucun.

Un autre écueil serait la perte du sens des réalités. Sur un plan plus concret, cette position mercurienne facilite les rapports d’affaires avec l’étranger, l’exportation, la représentation, la publicité à l’étranger. Les voyages, en principe nombreux, sont à but lucratif ou culturel.

Au négatif, on peut craindre des conflits idéologiques, des difficultés d’adaptation pratique aux mœurs des pays lointains, des complications administratives à l’étranger, pertes et déceptions financières avec les autres pays ou avec des personnes étrangères. On trouve une forte instabilité dans les opinions, les croyances, les motivations d’études ou de voyages. Les polémiques et discussions sont une source d’ennuis ou de brouilles.

Mercure en Maison X

C’est une excellente position, aussi bien sur le plan du travail dans les affaires ou l’administration que pour le succès dans une activité intellectuelle, la littérature de préférence. Le sujet ne sera pas un chef, un dirigeant de choc, mais aura une position en vue : secrétariat général, poste diplomatique, dirigeant universitaire, etc., les professions libérales étant également un bon choix professionnel.

Les facteurs de réussite sont la facilité des contacts, de l’expression, des relations. Souvent la carrière va dans le sens d’une idée que l’on suivra toujours. Le sujet veut avoir le maximum de liberté dans l’exercice de son activité, liberté de mouvement et liberté de parole. Généralement, les gains sont appréciables et la réussite matérielle assurée.

Dans les cas de dissonances, on s’attendra à des difficultés par imprudence, excès d’ambition, manque d’organisation et de continuité, dispersion dans les projets et entreprises. Le sujet n’est pas apte à être son propre patron lorsqu’il veut mener une carrière indépendante, Mercure étant défavorablement aspecté.

Mercure en Maison XI

C’est surtout dans le domaine de l’amitié que cette position de Mercure prend toute sa valeur. Les qualités d’habileté, de camaraderie, apportent un grand nombre de relations, souvent datant de la période des études. Ces relations sont plutôt empreintes de cordialité, ou parfois sont fondées sur un intérêt plus ou moins avoué, mais il est rare qu’elles aient un caractère de profonde amitié et leur chaleur n’est souvent qu’apparente, avec tapes dans le dos et bonnes plaisanteries du type « anciens élèves ».

Le sujet sait profiter de ses nombreuses relations, surtout lorsqu’elles se font dans son milieu professionnel, telles que le professorat, le journalisme, etc.

Les projets, également régis par la Maison XI, sont nombreux et habiles.

Avec un Mercure dissonant, les relations amicales ne durent pas et prennent l’allure d’un défilé.

Le sujet rencontre souvent des amitiés intéressées, des concours qui veulent une contrepartie ou s’éclipsent. Il évitera d’accorder une trop grande confiance à ceux qui se disent ses amis ; de même, il ne devra pas se montrer excessivement calculateur dans le jeu de la camaraderie et de l’amitié. Son inconstance nuit à sa bonne réputation auprès de ses vrais amis. La jeunesse de caractère et la vivacité d’esprit sont appréciées dans le choix des amitiés.

Mercure en Maison XII

Dans ce secteur qui représente la captivité, l’exil ou les grandes épreuves, Mercure manque de liberté d’expression et de mouvement, et ne peut donc se sentir à l’aise. Il y perd son habileté coutumière, son adresse en toutes situations ; au mieux, c’est dans une activité secrète qu’il pourrait les faire jouer. L’éveil de la personnalité peut être tardif et ne vient qu’après quelques échecs. L’esprit travaille dans le secret ou l’isolement, mais la gamme peut être très large, de l’infirmier au chef de clinique, de la laborantine à l’agent secret. Parfois, le sujet est attiré par la recherche, la parapsychologie, la psychiatrie. Ingénieux, subtil, il risque cependant de s’égarer dans les détails infimes.

Il n’est pas très bien armé devant les combines des affairistes, le mensonge, l’escroquerie. Mais les épreuves, en général, ne sont pas de longue durée. Il doit donc lui-même faire preuve de prudence à l’égard de relations douteuses, et ne pas céder à la tentation d’utiliser les armes de ses adversaires : la trop grande habileté, la ruse, la perfidie, la corruption. S’il s’intéresse aux sciences secrètes, à l’occultisme, et surtout au spiritisme, il devra faire preuve d’une grande réserve et ne pas se livrer à des expérimentations dangereuses. Les relations avec le « milieu », la contrebande, les bas-fonds sont à proscrire totalement.

Les Gémeaux dans les Maisons

Gémeaux en Maison I

Ce sont les significations générales du signe, telles qu’elles ont été exposées dans la première partie, qui se manifesteront lorsqu’il y a identité entre le signe solaire et le signe ascendant. Deux cas sont à considérer :

S’il est né au début du jour, le Gémeaux a donc le Soleil à l’Ascendant. On voudra bien se reporter au paragraphe « Gémeaux Ascendant Gémeaux« , dans le chapitre consacré aux douze Ascendants possibles de ce signe.

Le second cas est celui du natif de l’un des douze signes dont l’Ascendant tombe en Gémeaux. Il se présente alors une sorte de complémentarité entre les tendances du signe solaire de naissance et celles de l’Ascendant Gémeaux. Dans la pratique, il faut reconnaître qu’il est délicat d’opérer une distinction entre ce qui revient à chacun d’eux, une assez longue expérience étant le seul moyen effectif pour y parvenir.

En soi, et à l’exclusion de tout autre élément du thème, les Gémeaux en première Maison accentuent le côté mental et cérébral du sujet, la vivacité de son esprit, l’importance qu’il donne à sa propre éducation, à un besoin de se cultiver, d’être au courant des choses, le désir des contacts humains et de la participation active à une vie sociale animée et intéressante. Le pôle affectif de l’être n’est guère concerné par cette position. Le besoin de se sentir libre est l’une des constantes de l’existence.

Gémeaux en Maison II

Si dans ce cas l’Ascendant se trouve dans le Taureau, les préoccupations matérielles, le besoin d’assurer une sécurité financière seront singulièrement amplifiées. Il n’est pas rare de voir le sujet exercer deux activités différentes en même temps, ou réaliser des gains provenant de deux sources, comme le ferait le peintre du dimanche parvenant à vendre ses tableaux. En général, le natif montre beaucoup d’habileté à se procurer des moyens d’existence suffisants, il sait utiliser les ressources de son esprit délié pour tirer un profit substantiel à l’occasion de circonstances fortuites.

La désinvolture qu’il sait manifester à l’égard de l’argent, dont il n’est jamais l’esclave, l’aide justement à exercer une attraction sur celui-ci. Dans certains cas, on a remarqué des avantages provenant des frères et sœurs.

Gémeaux en Maison III

Cette position constitue un véritable atout pour tout ce qui a trait aux problèmes d’éducation, au développement de l’intellect, plus sur un plan pratique que sur le plan du maniement des grandes idées ou de la philosophie.

Le sujet s’épanouit dans son proche entourage, les frères, sœurs, cousins, amis d’enfance forment corps avec lui. Ses facultés d’adaptation sont rapides, immédiates même, et il ne lui faut pas longtemps pour créer de bonnes relations avec les nouveaux collègues, voisins, rencontres. Il se trouve heureux de bouger, d’accomplir des déplacements courts, mais répétés fréquemment, et si possible dans des lieux différents. Sa facilité d’expression est son arme pour créer ces contacts qu’il apprécie tant. Il aime écrire, ou rester en relation, surtout téléphonique, avec des amis ou de simples connaissances. Mais il faut qu’il y trouve un net intérêt, non pas un intérêt matériel, mais disons plutôt le plaisir de maintenir ces liens.

Toujours au courant de ce qui se dit, se fait ou se prépare, le sujet tire gloire, et parfois même avantage, d’être, ou de croire être, à la page, dans le vent. C’est une sorte de parisianisme qui n’a pas besoin d’être parisien. Il aime surprendre par ses traits d’esprit, ses jeux de mots, ses anecdotes. En somme, il crée de l’animation autour de lui.

Gémeaux en Maison IV

C’est dans le cadre de la vie familiale que le sujet trouve une certaine joie, un épanouissement, grâce à une sorte de complicité qu’il parvient à établir entre les membres de la famille, jeunes et vieux. Les facultés, les qualités pratiques demeurent vivaces tard dans la vie. On trouve de l’intérêt à tout. C’est donc un élément favorable à une vive activité, maintenue par une ambiance jeune, gaie. L’âge de la retraite peut s’écouler dans une région très différente du lieu d’origine. Le désir de se déplacer, parfois un mode de vie plutôt itinérant, pourrait faire préférer la caravane à la maison de campagne.

Gémeaux en Maison V

Le goût des divertissements et des plaisirs, s’il n’est pas trop accentué par l’action d’une planète, constitue un élément stimulant et vivifiant dans l’existence. Les flirts et aventures amoureuses, en revanche, se multiplient peut-être à l’excès. Une certaine dose de cérébralité risque de s’introduire dans les amours, qui se compliquent et restent plus en surface qu’animées par une passion authentique. Les aventures, les liaisons durent peu mais se compliquent. S’il y a des enfants, il s’établit avec eux une sorte de camaraderie, le père se comportant comme un grand frère, mais l’autorité pouvant y perdre.

Au sujet des jeux et spéculations, il existe certainement un goût du risque, qui influera diversement selon les autres éléments du thème personnel.

Gémeaux en Maison VI

Exprimant tout d’abord les contacts du natif avec les éléments de la vie quotidienne, avec les objets, les subalternes, la Maison VI placée dans les Gémeaux ne pose pas de problèmes particuliers, sauf que toutes ces questions semblent ennuyer prodigieusement beaucoup de Géminiens, qui n’aiment guère la routine du quotidien, s’ils ne peuvent y apporter un peu d’imprévu. Dans son aspect « nécessité d’un travail pour vivre », la Maison VI peut offrir des débouchés dans les professions médicales et paramédicales, le diagnostic pouvant être fin et même subtil. Si la Lune est présente, on peut songer à la pédiatrie. Pour préciser ces diverses questions, il sera bon d’étudier la position particulière de Mercure et ses aspects.

Gémeaux en Maison VII

Il advient qu’une certaine fantaisie, un peu inconsciente, intervienne pour choisir le ou la partenaire, conjoint ou associé, sans trop se préoccuper de la suite des événements. C’est surtout dans cette maison qu’il y a lieu de réfléchir profondément avant d’effectuer un choix qui entraîne un engagement durable. Le mot durée prend le sens d’éternité pour les Gémeaux, qui préfèrent le bannir de leur vocabulaire, sauf toutefois si Saturne est présent dans le signe.

Traditionnellement, se présente la possibilité de deux ou plusieurs unions, ou d’une union légale et d’une union libre aussi importante. Les inimitiés déclarées, également régies par la Maison VII, ne sont généralement pas très graves, prenant surtout l’allure de polémiques et de désaccords par écrit.

Gémeaux en Maison VIII

L’indication classique de perte de frères ou sœurs dans l’enfance n’est heureusement pas toujours constatée. De même les héritages ou biens venant à l’occasion d’une mort doivent être confirmés par d’autres indications, surtout par les planètes.

Le problème de la mort peut revêtir une importance excessive, en raison du fait que si le Soleil est dans la Maison VIII en Gémeaux, l’Ascendant se trouve en Scorpion, dont les tendances fondamentales s’apparentent aux significations de la Maison VIII. Dans certains cas, ces tendances sont transcendées et donnent un fort penchant pour l’étude de l’ésotérisme et des sciences secrètes.

Sur le plan de l’érotisme, celui-ci se mêle de théories liées à l’ésotérisme mais, contrairement à ce que l’on pourrait supposer, il peut manquer de spontanéité en voulant se référer aux doctrines orientales ou à cause d’un aspect scientifique moderne. Attiré par le principe de la réincarnation, le Gémeaux de la huitième Maison ne peut y adhérer totalement, en raison de son esprit critique qui a du mal à se libérer du rationnel. Quant au problème de la durée de la vie, il n’a jamais pu trouver de solution satisfaisante par l’astrologie, et les calculs que certains obstinés continuent à faire n’aboutissent qu’à de fausses indications. Il est à croire qu’il y aurait là un interdit que seuls de rares êtres très évolués seraient peut-être en mesure de franchir.

Gémeaux en Maison IX

Les données de plusieurs astrologues de valeur sont un peu blessantes pour les Gémeaux qui s’efforcent d’évoluer spirituellement. C’est ainsi que l’on a écrit que cette position amoindrit les significations de la Maison IX, les réduisant à des buts trop personnels et pas toujours d’une rectitude irréprochable. Il peut y avoir de grandes capacités intellectuelles, malheureusement employées dans de mauvais buts : écrits corrupteurs, calomniateurs ou de chantage. Un autre astrologue, plus indulgent, affirme que le sujet ne sera peut-être pas très idéaliste, mais que des échappées vers la religion, la philosophie, l’idéal, sont possibles lorsque les soucis matériels ne sont pas trop absorbants.

Voilà comment on fait les bonnes réputations ! Je m’insurge contre une représentation aussi partiale et injuste des Gémeaux, car il serait facile à un esprit un peu mordant d’établir des portraits aussi négatifs en appuyant sur l’ironie et l’acidité. Cela dit, il est vrai que les Gémeaux sont portés vers les jeux de l’intelligence proprement dite plutôt que vers les aspirations dans le domaine spirituel. Mais cependant, si des configurations liées à Neptune, par exemple, sont présentes dans un thème, l’esprit critique et le doute inhérents aux Gémeaux s’effaceront devant le désir d’une envolée vers les béatitudes célestes. Quant au côté concret de la Maison IX, il est évident que les Gémeaux aiment les voyages, petits ou grands.

Gémeaux en Maison X

Les grandes facultés d’adaptation trouveront leur emploi dans cette position consacrée à l’intégration heureuse dans la vie sociale et professionnelle, à la consécration des efforts.

Le degré d’adresse, d’habileté manoeuvrière dans les contacts, d’ingéniosité dans la présentation des arguments, tout cela constitue l’essentiel des chances, en dehors des connaissances indispensables à l’activité choisie, connaissances d’ailleurs assez rapidement assimilées par les Géminiens. L’un des principaux obstacles à franchir est la difficulté assez fréquente de se faire prendre au sérieux par les employeurs, les subordonnés ou les clients, obstacle facilement surmonté si le sujet parvient à éduquer sa nervosité, à rendre son activité plus efficace, et à soigner sa présentation, parfois trop fantaisiste pour certains emplois.

Des changements d’activité ou de lieux de travail ne sont pas rares avec cette position qui a beaucoup de similitudes avec celles de Mercure en Maison X.

Gémeaux en Maison XI

Des relations amicales s’établissent facilement avec les proches, les collègues, et de petits groupes liés par une certaine camaraderie. Les amis d’enfance ne se perdent pas de vue. Avec cette position, la solitude n’existe pas et l’on fréquente assidûment des réunions, cercles et associations. La personnalité du sujet trouve à s’affirmer dans ces réunions. On prendra garde, cependant, à éviter des amitiés trop intéressées ou simplement inutiles et superficielles.

Gémeaux en Maison XII

L’insouciance, fréquente dans ce signe, porte à une attitude de légèreté dans les épreuves de l’existence. Celles-ci sont donc plus facilement supportées, mais, en revanche, auraient pu être évitées ou atténuées par plus de prévoyance et de prudence. Les inimitiés, sous forme de médisance surtout, ou de mensonges volontaires, proviennent souvent de l’entourage ou de faux ou anciens amis. Faites de bouche à oreille, ces attaques restent longtemps ignorées et ne peuvent être parées.

La Lune Noire

Ce nom étrange évoque de mystérieux rites nocturnes proches de la sorcellerie. En fait, il s’agit simplement d’un facteur cosmographique, qui n’a rien de matériel : c’est le foyer vide de l’orbite elliptique que la Lune parcourt autour de notre Terre.

Les astrologues très classiques refusent de la prendre en considération, du fait de sa non- existence matérielle. D’autres, en revanche, lui accordent la plus grande importance en tant que symbole permettant de comprendre bien des secrets de notre vie affective et sexuelle. Il serait facile de répondre aux premiers que ni l’Ascendant ni les onze autres Maisons n’ont d’existence matérielle, au contraire des planètes. Les signes eux-mêmes ne sont après tout que des sortes de champs magnétiques, des zones d’influence à la réalité encore mal définie. Dans ces conditions, pourquoi se refuser systématiquement à l’étude de la Lune Noire ?

Celle-ci, que l’on nomme également Lilith, se pare du reflet légendaire de ce nom, celui de la première compagne d’Adam. C’était, dit-on, une créature perverse qui devint si odieuse que Jéhovah la chassa, et lui substitua notre mère Ève, extirpée directement des côtes d’Adam.

Avec une pareille hérédité, la Lune Noire pourrait-elle être autre chose qu’un élément de perturbation dans notre psyché ? Nous dirons simplement qu’elle rend difficile la communication entre les êtres, qu’elle représente l’aspiration à l’inaccessible, le désir provocant qui se refuse et interdit tout accomplissement dans la normalité des choses. En aspect dissonant avec la Lune, elle crée des problèmes avec l’image de la mère : mère refusante ou refusée et surtout mère castratrice. En somme, c’est un facteur d’ascèse et d’initiation qui complique beaucoup la vie affective, mais elle peut créer chez les poètes et les artistes des situations insoutenables qui les aident à se dépasser dans la douleur, par leurs oeuvres.

Si l’on examine le thème de Gérard de Nerval, qui consuma sa vie à la recherche de la mère inconnue et cependant toujours présente en lui, on aura une idée des complications que son rôle peut entraîner dans l’étude d’une personne et de son thème. C’est pourquoi, en dépit des hésitations que l’on peut éprouver dans son interprétation, j’estime qu’elle constitue un facteur essentiel que l’on doit toujours placer dans une carte du ciel, en fonction de la date de naissance.

Lune Noire en Gémeaux

La plus belle illustration se trouve dans le thème de Paul Valéry, où elle est fichée sur l’Ascendant et en aspect à presque toutes les planètes du thème.

A cet égard, elle est l’image du double androgyne, animus et anima, Narcisse et la Jeune Parque, qui se fascine lui-même.

Dans les Gémeaux, il y a forcément un inceste ou une androgynie. La Lune Noire représente l’inceste perpétuel avec le propre frère ou la propre sœur que le Gémeaux porte en lui.

Homosexualité, soit avec lui-même (homme objet), soit avec l’autre : c’est un rapport avec son double immortel ou mortel.

Un des deux est nécessairement condamné à mort.

ASPECTS MERCURE PLUTON

Association de deux planètes analytiques et obsessionnelles.

LA CONJONCTION MERCURE PLUTON

Grande curiosité d’esprit doublée d’une perspicacité redoutable. Le sujet possède un sens critique aiguisé lui permettant d’analyser finement les êtres, les choses ainsi que les événements, donc d’exceller dans les activités d’investigation. L’esprit est attiré voire fasciné par tout ce qui touche aux mystères, aux choses cachées, aux tabous, ou, d’une manière générale par ce qui l’angoisse. On peut parler ici d’esprit analytique voire obsessionnel; le sujet est facilement en proie à des idées fixes ou à des peurs, celles, notamment en rapport avec la maladie ou la mort.

Selon le niveau de conscience et d’évolution, cet aspect se retrouvera, chez des personnes négatives, cancanières et médisantes, ou chez dès sujets doués de sens psychologique aigu et aptes à percer les mystères ou les énigmes. C’est la tendance analytique qui caractérise cet aspect, permettant de juger, trancher ou décrypter… le sujet possède des facultés pour percevoir les «non dits», trouver la lumière dans l’ombre (esprit du détective ou du psychologue).

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN BELIER

La présence d’un signe marsien renforce l’acuité et la pénétration de la critique. Possible esprit révolté voire révolutionnaire, aimant choquer ou éveiller les esprits.

CONJONCTION MERCURE PLUTON TAUREAU

Les conceptions sont enracinées ce qui rend les changements d’optique difficiles et portent à l’entêtement ou aux idées fixes.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN GEMEAUX

Esprit vif, curieux et d’une rare perspicacité. Forte angoisse existentielle et côté obsessionnel s’exprimant intelligemment dans les activités d’investigation (mots croisés, psychologie, astrologie. .. ) ou négativement dans la contradiction systématique.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN CANCER

Esprit intuitif qui «sent» les choses et se montre doué pour les sciences humaines. Les mystères fascinent d’où de fréquents intérêts pour la parapsychologie ou la science fiction.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN LION

Esprit d’investigation enclin à manipuler et à dominer, acceptant mal d’avoir tort ce qui peut donner de la mauvaise foi.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN VIERGE

Le côté obsessionnel et critique est encore plus développé dans ce signe qui décortique et «coupe les cheveux en quatre». L’angoisse, forte, peut se traduire par de l’insomnie ou autres somatisations ou phobies. L’esprit est d’une lucidité à toute épreuve, ses déductions sont redoutables mais peuvent tourner à la médisance. L’humour est une des meilleures solutions, conjuratrice de l’inquiétude chronique.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN BALANCE

Dans ce signe qui tend à l’équilibre et l’harmonie, l’esprit est moins partisan et excelle en matière de justice.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN SCORPION

Esprit machiavélique, enclin à la manipulation, doué pour critiquer, choquer, s’opposer, persuader et convaincre. Grand intérêt pour les mystères ou les tabous (la mort, l’au delà, la religion, l’ésotérisme, la sexualité, la criminalité…) et aptitudes à les décrypter. L’humour noir est une arme redoutable, finement distillée, à des fins agressives sinon thérapeutiques.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN SAGITTAIRE

Esprit passionné et curieux, attiré par ce qui se trouve de l’autre côté des frontières. Intérêt possible pour l’ethnologie et goût pour défricher les territoires inconnus.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN CAPRICORNE

Esprit d’investigation sachant rester dans l’ombre et attendre son moment : intérêt ou aptitude pour la politique, la recherche… possibles activités souterraines au sens propre (spéléologie, travail dans les égouts, dans les pétroles…) comme au sens figuré (besoin de sonder, d’investiguer, de creuser..).

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN VERSEAU

Esprit ouvert attiré par l’avant garde et aimant «bousculer» les mentalités voire choquer par des idées révolutionnaires, anticonformistes ou émancipatrices. Aptitudes aux sciences humaines et possible intérêt pour l’astrologie.

CONJONCTION MERCURE PLUTON EN POISSONS

Esprit brouillon, manquant d’organisation et très subjectif. Flair psychologique, forte intuition et possibles capacités extra sensorielles, sinon préoccupations mystiques ou métaphysiques.

ASPECTS MERCURE PLUTON HARMONIQUES

(Voir conjonction.)

DANS LES SIGNES DE FEU (Bélier – Lion – Sagittaire)

Esprit fort ayant tendance à se passionner pour des sujets nécessitant du flair, de la psychologie ou de l’investigation.

DANS LES SIGNES DE TERRE (Taureau – Vierge – Capricorne)

Forte détermination et conceptions définitivement enracinées.

DANS LES SIGNES D’AIR (Gémeaux – Balance – Verseau)

Curiosité intellectuelle et souplesse d’esprit propice aux études (surtout GEMEAUXVERSEAU); les convictions évoluent plus facilement.

DANS LES SIGNES D’EAU (Cancer – Scorpion – Poissons)

Intuition, perspicacité et sens psychologiques. Possibles intérêts pour l’art ou l’irrationnel. Esprit angoissé, surtout avec l’une des deux planètes en SCORPION.

ASPECTS MERCURE PLUTON DYSHARMONIQUES

Esprit tortueux et destructeur en proie à l’angoisse et souvent enclin à ne voir que le mauvais côté des choses. Possible tendance à la révolte et au cynisme qui porte à critiquer pour critiquer. Si l’évolution du sujet est importante et si le thème est constructif, cet aspect peut néanmoins se vivre en curiosité intellectuelle exacerbée, propice aux découvertes de tous ordres.

Dans le cas contraire, il incline à l’obsession, aux tourments; le sujet est hanté par le noi!, le morbide, le macabre… cela peut aller jusqu’à l’insomnie ou la névrose (névrose obsessionnelle, névrose d’angoisse ou phobie). L’humour noir, souvent grinçant, à tendance scatologique en est une forme d’expression (fixations au stade anal).

Parfois, il peut exister une dichotomie entre MERCURE (pôle rationnel) et PLUTON (pôle irrationnel et pulsionnel), le premier occultant le second.

En SIGNES CARDINAUX   (Bélier – Cancer – Balance – Capricorne)

Le sujet peut changer radicalement de conceptions et passer d’une tranche de vie matérialiste à une autre plus spiritualiste par exemple.

EN SIGNES FIXES (Taureau – Lion – Scorpion – Verseau)

Obstination, mauvaise foi et idées fixes notamment avec MERCURE en TAUREAU SCORPION et PLUTON en LION. Tendance à l’esprit critique et besoin de choquer avec MERCURE en VERSEAU.

EN SIGNES MUTABLES (Gémeaux – Vierge – Sagittaire – Poissons)

Les conceptions changent souvent et l’angoisse se traduit par de la mobilité ou de l’instabilité. Inquiétude chronique dont l’humour est un remède (MERCURE en GEMEAUXVIERGE). Avec MERCURE en SAGITTAIRE et PLUTON en VIERGE, la curiosité est une seconde nature. Avec MERCURE en POISSONS et PLUTON en VIERGE, l’intérêt pour les mystères est au premier plan.

TRANSITS

Les transits positifs sur la conjonction peuvent apporter des phases d’intuition et de perceptions particulièrement fines et favoriser les prises de consciences ou une nouvelle orientation des conceptions. La maison transitée sera aussi le terrain propice aux transformations.

Dans le cas de transits sur des dissonances, c’est l’angoisse et ses conséquences qui surgissent ou des problèmes relationnels du fait d’une mauvaise communication. Il est intéressant de noter, au carré de PLUTON à lui-même des modifications complètes au niveau idéologique, passage d’un athéisme à un credo, par exemple.

Par extension, MERCURE ayant trait aux frères, des crises peuvent survenir dans ce domaine.

SANTE

C’est au niveau psychopathologique que l’on note des difficultés : insomnie, névrose, phobie. Cette anxiété peut déboucher sur des problèmes de la sphère intestinale ou anale.

MERCURE, en analogie avec les bras, mains et poumons peut, par son lien avec PLUTON, fragiliser ces différentes parties du corps.

ASPECTS MERCURE – NEPTUNE

Association de deux planètes antinomiques, une, objective, en liaison avec le détail, l’autre, subjective, en rapport avec le global.

LA CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE

MERCURENEPTUNE c’est la rencontre de «L’esprit de géométrie» et de «l’esprit de finesse»; ce mélange du rationnel et de l’irrationnel peut s’avérer riche et conférer une fine compréhension des êtres et des choses, un esprit subtil et particulièrement sensible.

L’être ne s’appuie pas sur les démarches de son jugement ou sur des idées longuement élaborées, mais il procède plutôt par intuition et imprégnation de l’ambiance environnante.

Son humeur et son feeling le gouvernent, ce qui peut lui permettre d’appréhender globalement et immédiatement des situations complexes, mais, peut. aussi rendre confus, hésitant et nébuleux.

Lorsque l’aspect, dans le thème, est bien relié et domine, on note de l’inspiration, de la clairvoyance et parfois même de la médiumnité. Dans le cas contraire, certains états émotionnels intenses peuvent, momentanément, paralyser ou perturber le mental (obnubilation mentale passagère) et troubler considérablement le jugement. L’esprit aime vagabonder et se montre attiré par ce qui le fait rêver : les mystères, l’irrationnel, la poésie, la religion, l’évasion… sinon il est attiré par le collectif dans un sens idéaliste (syndicalisme) ou mystique (sectes…).

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN BELIER

Le besoin d’évasion et d’idéal porte à l’idéologie communautaire, mystique, ou utopique.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN TAUREAU

L’esprit est sensitif et peut s’orienter vers des intérêts artistiques ou esthétiques (photographie, peinture…).

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN GEMEAUX

C’est MERCURE, en domicile, qui donne le ton : la grande vivacité d’esprit jointe à la sensibilité de NEPTUNE donne beaucoup de finesse et de subtilité.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN CANCER

L’intuition, prémonitions rendent l’esprit particulièrement sensible. Grand intérêt pour les mystères et l’irrationnel et tendance à bâtir de châteaux en Espagne.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN LION

Idéaux de grandeur, dans lesquels intérêts personnels et intérêts collectifs s’unissent au profit d’un domaine social ou artistique.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN VIERGE

NEPTUNE, en exil est bridé dans ce signe mercurien; il y a contradiction entre besoin de lucidité ou de limpidité et besoin de rêve ou d’idéal. Il en résulte souvent de l’hésitation et de la confusion. Au mieux, les intérêts communs des deux planètes peuvent s’investir dans le domaine de la santé et des soins.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN BALANCE

Beaucoup de finesse, de tact et de diplomatie ainsi qu’un idéal d’amour et de justice. Esprit esthète en quête d’harmonie et intéressé par le social.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN SCORPION

Forte intuition ou grand flair psychologique et aspirations au merveilleux, au fantastique et à l’irrationnel : l’esprit peut aussi demeurer au stade de la pensée magique et se perdre dans sa subjectivité.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN SAGITTAIRE

Aspirations universalistes ou spiritualistes. Idéal communautaire ou besoin d’évasion.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN CAPRICORNE

Esprit plus pragmatique dans ce signe rationnel, dépouillé et concentré où NEPTUNE n’est pas véritablement à l’aise. Intérêts possibles dans le domaine de l’astronomie ou de l’astrologie.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN VERSEAU

Tendance spiritualiste et intérêt pour l’humain. Esprit utopiste et chimérique tendant à la naïveté, mais aussi très intuitif.

CONJONCTION MERCURE – NEPTUNE EN POISSONS

Avec MERCURE en exil c’est le règne de NEPTUNE (en domicile) : idéal mystique et besoin de se fondre dans une collectivité, esprit chimérique, irrationnel porté à croire au merveilleux, au magique. Intérêt possible pour les voyages nautiques et soif d’évasion.

ASPECTS MERCURE – NEPTUNE HARMONIQUES

(Voir conjonction.)

Intérêt pour le merveilleux, l’étrange, l’irrationnel, la spiritualité, le magique, le social, la marine… et besoin d’une foi.

Psychologie : La mobilité, la fluidité de l’esprit sont frappantes; aptitudes linguistiques et intuition très originale. Quelquefois des facultés supranormales. Excellent indice pour l’étude de l’occultisme et probablement aussi pour la pratique du magnétisme curatif.

Destin : Ne semble avoir de l’importance que si le sujet embrasse une carrière intellectuelle. Aspect propice en général. Quelques déplacements sur eau au cours de la vie. Le sens pratique est souvent faible, de sorte que cet aspect ne semble pas constituer un indice de prospérité financière

DANS LES SIGNES DE FEU (Bélier – Lion – Sagittaire)

Des idéaux dans le domaine du social et beaucoup de finesse, de subtilité et de persuasion.

DANS LES SIGNES DE TERRE (Taureau – Vierge – Capricorne)

Possibles aptitudes artistiques (TAUREAU) et intérêt pour le monde des voyages, de la marine ou de l’astronomie (CAPRICORNE).

DANS LES SIGNES D’AIR (Gémeaux – Balance – Verseau)

Vivacité d’esprit et facilités d’adaptation qui fait l’excellent comédien capable de se mettre facilement dans la peau des autres.

DANS LES SIGNES D’EAU (Cancer – Scorpion – Poissons)

Très forte intuition et perméabilité aux ambiances qui s’expriment parfaitement aux travers d’intérêts artistiques, d’attraits pour l’évasion, la mer, ou de dons pour l’occultisme.

ASPECTS MERCURE – NEPTUNE DYSHARMONIQUES

Esprit confus et chimérique enclin à mêler réalité et imaginaire et manquant totalement de bon sens. Même si l’intuition est forte, le manque de réalisme, et la naïveté perturbent le jugement et conduisent à des visions subjectives.

La forte émotivité, l’attirance irrésistible pour l’irrationnel et le merveilleux en font une proie facile pour toutes les illusions et désillusions. L’aspect donne souvent des manques de concentration, de l’étourderie, mais peut aussi, lors de conversations ennuyeuses donner la possibilité de «débrancher

Il peut arriver, notamment avec le carré, que le sujet vive cette dissociation entre la logique (MERCURE) et la sensation (NEPTUNE) en privilégiant l’une des tendances, pour découvrir et développer l’autre, plus tard, lors d’un transit.

Lorsque le thème manque de structure et que le mental est faible voire pathologique (comme lorsqu’il existe des liens entre maître de la MAISON III et le maître de la MAISON VI ou XII…) l’aspect peut indiquer des états d’obnubilation mentale, de la mythomanie voire des états délirants Enfin, MERCURE, par son analogie avec le frère, peut, dans sa dissonance à NEPTUNE entraîner des dissensions, malentendus et troubles dans la relation fraternelle (éloignement de l’un d’eux).

Psychologie : Le jugement est peu sûr, il se fonde sur des impressions parfois fausses plus que sur un véritable raisonnement. Beaucoup de confusion et une certaine incapacité à fixer l’attention. Incline également à l’occultisme mais peut provoquer trop d’emballements, voire trop de fanatisme. Dans les cas graves, ces aspects peuvent aussi faciliter le déséquilibre mental. Idées extravagantes.

Destin : Le choix d’une profession est toujours difficile et le hasard veut souvent que l’on s’arrête à un genre d’activité ne correspondant nullement aux capacités, ou, tout au moins, les goûts pèsent davantage sur la décision qu’une saine appréciation des aptitudes réelles.

En SIGNES CARDINAUX   (Bélier – Cancer – Balance – Capricorne)

De grands idéaux ou convictions susceptibles d’évolution, notamment avec le BELIER ou le CAPRICORNE.

EN SIGNES FIXES (Taureau – Lion – Scorpion – Verseau)

Les incertitudes peuvent être compensées de l’obstination, de la mauvaise foi (surtout avec l’axe TAUREAU- SCORPION). Il est difficile de changer ses convictions qui s’inscrivent en profondeur.

EN SIGNES MUTABLES (Gémeaux – Vierge – Sagittaire – Poissons)

Le côté nébuleux et confus est souvent plus accentué dans ces signes fragiles, surtout lorsque MERCURE est en POISSONS et NEPTUNE en VIERGE ou GEMEAUX..

TRANSITS

Des modifications de conceptions ou d’idéaux peuvent surgir lors des transits des très lentes (URANUS, NEPTUNE, PLUTON). Il peut arriver par exemple qu’un sujet athée et rationaliste dans la première partie de vie la rencontre la foi ou un autre credo lorsque NEPTUNE, à la quarantaine, transite MERCURE.

La réactivation de la dissonance peut amener les mêmes effets mais aussi des phases de perte de repères, d’étourderie, d’actes manqués… l’être étant ailleurs. Des troubles dans la fratrie ou dans la santé peuvent aussi surgir.

SANTE

C’est le plan «psychique» qui est fragilisé dans cet aspect de conjonction ou de dissonance. La tendance à user de drogues ou de toxiques est fréquente. Le plan pulmonaire peut aussi être touché.