
Le Signe de la Vierge
23 Août – 22 Septembre
par
Béatrice Guérin et Françoise Hardy
La Symbolique du Signe
Dernier des six premiers signes du Zodiaque, situé au plus bas du cercle zodiacal – représentant ainsi le terme de l’involution de l’esprit dans la matière -, le signe de la Vierge marque à la fois un aboutissement et un départ.
Aboutissement du cycle végétal, d’abord, puisque la fin de l’été amène l’époque de la moisson : l’épi mûr est prêt à être fauché ; puis ce sera la rentrée des récoltes et l’engrangement. La terre, en produisant, a épuisé toutes ses ressources. Elle est maintenant stérile. Mais elle est également une terre vierge, prête à recevoir une nouvelle semence.
Cette ambiguïté, ou du moins cette dualité, se retrouve au niveau de la symbolique du signe et des mythes qui s’y rattachent. Le symbole figuratif du signe est une jeune fille vierge, ailée, portant un épi de blé. De même, les cultes mentionnés à propos de la Vierge sont généralement des cultes agraires de fécondité. D’ailleurs Mercure (Hermès), planète directrice du signe, était à l’origine, dans la mythologie, une divinité agraire, protectrice des bergers. Le mythe d’Isis (égyptien) et celui de Déméter (grec) illustrent également ce principe d’alternance entre fertilité et stérilité.
Transposé sur le plan du développement de la conscience de l’individu, le signe de la Vierge constitue le « passage de la courbe involutive à la courbe évolutive, c’est-à-dire la transition entre le quadrant de l’individuation et de la conscience distinctive du Moi et du Non-Moi, et celui de la conscience intuitive de l’unité cosmique ».
Dans le signe du Lion, précédant celui de la Vierge, la conscience du Moi, l’égocentrisme sont poussés à leur paroxysme. Et pourtant l’individu est loin de se sentir comblé. Arrivé au terme de la recherche de son identité (réalisée à travers les cinq premiers signes), il aspire maintenant à autre chose. La Vierge est justement un signe charnière en ce qu’elle amorce le passage à cette « conscience de l’unité cosmique », conscience qui atteindra le stade de la sublimation dans le signe des Poissons, situé à l’opposé de celui de la Vierge sur le cercle zodiacal. Preuve des rapports particulièrement étroits qui existent entre la Vierge (signe de Terre) et son signe complémentaire, les Poissons ( signe d’Eau), l’eau (purificatrice – régénératrice) tient une place essentielle dans les mythologies et les symboles en rapport avec la Vierge. Les déesses des moissons étaient, à l’origine, des divinités des eaux. Plus près de nous, dans la religion chrétienne, le nom de la Vierge Marie vient du latin mare (eau).
Mythe d’Isis et Osiris
Dans le Zodiaque égyptien, c’est Isis qui occupe le sixième signe. Elle est la plus illustre des déesses égyptiennes. Elle fut adorée comme la déesse suprême et universelle, dans tout le bassin méditerranéen. Mais il semble qu’elle ait d’abord symbolisé, par sa fidélité et son dévouement, la déesse du foyer.
La légende d’Isis et Osiris est contée en détail dans l’oeuvre de Plutarque. Fille Seb, dieu de la Terre, et de Nout, déesse du Ciel (correspondant dans la mythologie grecque à Cronos et Rhéa), Isis épousa son frère aîné Osiris (principe du Bien). Durant leur règne, l’Egypte connut les bienfaits de la civilisation et du savoir.
Le frère d’Osiris, Seth (principe du Mal) – époux de sa sœur Néphtys, déesse de la Mort -, dévoré de jalousie, réussit à enfermer Osiris dans un coffre qu’il jeta dans le Nil. Atterrée à l’annonce de cette nouvelle, Isis partit à la recherche de son époux (cette quête est à rapprocher de celle de Déméter, recherchant sa fille Coré). Enceinte, Isis donna naissance, dans le delta du Nil, à un fils, Horus – symbole du Soleil qui renaît à l’aube.
Pendant ce temps, le coffre contenant le corps d’Osiris était emporté par les eaux jusqu’à la ville de Byblos en Phénicie. Là, il s’encastra dans un tronc d’arbre qui fut, peu après, abattu pour édifier un pilier dans le palais du roi.
Mise au courant, Isis supplia le roi de lui rendre le coffre. Elle n’obtint satisfaction qu’après avoir subi un temps d’épreuve (période nécessaire d’humilité) durant lequel elle s’occupa de l’éducation du fils du roi. Elle fut alors autorisée à libérer le coffre encastré dans le pilier et le déposa dans un bateau, afin de l’emporter avec elle. Mais Seth le découvrit ; profitant d’une absence d’Isis, il s’empara du corps de son frère, le découpa en morceaux et le dispersa aux quatre coins de l’espace.
Isis se met de nouveau en quête. Accompagnée de son fils, Horus, elle finit par retrouver tous les membres d’Osiris, sauf le phallus. Avec l’aide de Néphtys (sa sœur et l’épouse de Seth) et de Thot (dieu de la Sagesse, assimilé plus tard à Hermès-Mercure), Isis embaume le corps et procède au rituel funéraire. Il est raconté, dans certains mythes, que des ailes auraient alors poussé dans le dos d’Isis et que le souffle produit par leur battement, ainsi que l’ampleur des paroles incantatoires, auraient aidé à ressusciter le dieu mort.
La légende d’Isis symbolise la conscience émergeant de la confusion, et la naissance de l’intelligence, « énergie d’analyse, de sélection et de réceptivité intuitive' ». Au moment où elle veille le corps de son époux, de son maître, Isis a atteint le fond de la douleur. Malgré les épreuves victorieuses traversées, malgré les renoncements consentis, les cérémonies funéraires marquent l’adieu définitif à celui qui fut, pour Isis, l’amour, la lumière. Mais la puissance qui jusqu’alors veillait en elle, mal connue, mal définie, surgit brusquement, glorieuse. Les ailes poussées mystérieusement indiquent qu’Isis est maintenant capable de s’élever au-dessus d’elle-même. Ayant atteint le même plan de conscience que le dieu, elle est devenue son égale.
Mythe de Déméter et Coré
Fille de Cronos et de Rhéa, Déméter (en latin Cérès) était la déesse de la terre cultivée ; elle présidait aux moissons et aux travaux agricoles. Sous l’aspect d’un taureau, Zeus la rendit mère d’une fille, Coré (ce qui signifie la jeune vierge). La double figure
Déméter-Coré représente la symbolique de l’élément Terre (les trois signes de Terre sont le Taureau, la Vierge, le Capricorne). Elle indique le passage de la terre plantureuse du Taureau à la terre moissonnée de la Vierge.
Un jour qu’elle cueillait des fleurs dans une prairie, Coré fut enlevée par Hadès (Pluton), le dieu des Enfers, qui l’entraîna vers son royaume sur un char tiré par quatre chevaux noirs (les quatre directions de l’espace).
Déméter n’avait pas assisté à l’enlèvement. Dès qu’elle apprend la disparition de sa fille, elle s’élance dans une course angoissée, mais seul l’écho des monts et des vallées répond à ses appels. Depuis, un rocher de la région de Megara porte le nom d' »Analkethra » (la héleuse).
L’échec des premières recherches était peut-être inconsciemment souhaité par Déméter qui, détestant Hadès et le redoutant, orientait sans doute ses pas vers des chemins détournés. Il a été donné une explication initiatique à cette quête « volontairement » infructueuse : tant que l’être n’est pas prêt à recevoir l’initiation nécessaire aux mystères de la Vie, il ne trouve pas, parce qu’au tréfonds de lui-même il ne veut pas trouver. Il est bien dans le caractère du natif de la Vierge d’éprouver un double sentiment de crainte et de haine envers ce qu’il convoite ardemment.
Selon certains textes, Poséidon aurait profité du désarroi de Déméter pour la poursuivre de ses assiduités. La déesse tenta de lui échapper en se transformant en cavale. Avec un remarquable sens de l’à-propos, Poséidon (Neptune) prit la forme d’un étalon pour saillir la belle jument.
Après s’être réfugiée dans une grotte pour se remettre de ses émotions, Déméter reprit sa quête, longue, dure, épuisante. Mais les conséquences en sont catastrophiques, car les semences se dessèchent, la terre devient stérile, la végétation s’amenuise. Emue par le désespoir de Déméter, Hécate, déesse des morts, lui conseille d’avoir recours à Hélios (le dieu Soleil) qui lui révèle la vérité.
Déméter décide alors de parcourir la terre sous les traits d’une vieille femme. Un après-midi, elle s’arrête dans une chaumière où vit un couple de paysans. Elle est accueillie par le fils de la maison, mais celui-ci se permet un geste qui choque la prude Déméter (la pudeur confinant à la pruderie est un signe distinctif du Virginien). Aussitôt, elle le change en lézard. Cependant, la vieille paysanne tente encore de dérider la déesse ; elle en vient même à soulever ses jupes devant elle. Et voici que Déméter, libérée, éclate de rire.
L’attitude de la déesse peut s’interpréter comme un effort pour ne pas se laisser aller à l’abattement, et un rappel de la fertilité qui finit par triompher de la stérilité (symbolisée par la vieillesse de la femme qui fait le geste). Sur le plan initiatique, on peut également avancer que l’initiation de Déméter par Hélios a été facilitée à la suite de cette aventure. Une évolution intérieure s’opère chez Déméter qui est désormais prête à accepter les rythmes de la Vie, symbolisés par le jugement que Zeus va rendre pour clore le différend opposant son frère (Hadès) à sa sœur (Déméter).
En effet, à la suite de la requête de Déméter auprès d’Hélios, celui-ci a chargé Hermès (Mercure) d’aller chercher la jeune captive. Mais Coré (devenue Perséphone) a commis l’erreur d’accepter un grain de grenade offert par son époux. Elle a rompu la loi formelle des Enfers, le jeûne, et ne peut plus retourner sur terre (le grain de grenade est le symbole de la faute et du plaisir qui la retiennent aux Enfers). Le jugement de Zeus indique qu’il y a un rythme de la nature et de la vie à respecter : pendant l’époque du sommeil des forces végétatives, Perséphone demeurera aux Enfers, au côté de son époux, et elle retournera sur l’Olympe, auprès de sa mère, à l’époque de la floraison et de la maturation.
Initiations – Mystères
Le mythe de Déméter-Coré symbolise les alternances de la vie et de la mort, qui rythment le cycle de la végétation et de toute existence. Ce concept est à la base de tous les cultes, de toutes les religions à mystères.
C’est en effet à Déméter et à Coré, les « vénérables ou grandes maîtresses », que sont consacrés les mystères d’Eleusis. Ils célèbrent le cycle de naissance et de mort, suivi de la renaissance sacrée de l' »initié », celui qui a reçu l’illumination divine.
Au cours de ses longues recherches pour retrouver son enfant, Déméter, sous l’apparence d’une vieille femme, s’arrêta un jour au pays d’Eleusis. Les filles du roi la découvrirent et elle fut accueillie par la reine Métancie. Chargée de s’occuper du jeune Démophon, fils de ses hôtes, Déméter le plongea dans les flammes pour le rendre immortel. Mais la reine, surprenant la déesse, prit peur et arracha l’enfant du feu avant que le prodige ne fût accompli.
Déméter révéla alors son identité. Elle gratifia Triptolème, fils aîné du roi Céleus, du premier grain de blé et le chargea d’aller répandre parmi les hommes les bienfaits de l’agriculture. Un temple fut alors élevé à Eleusis pour célébrer le culte de la déesse.
Signalons ici l’interprétation analytique très intéressante de Paul Diehl : « Déméter, qui a donné aux hommes le pain, symbole de la nourriture spirituelle, leur donnera le sens véridique de la vie ; la sublimation-spiritualisation du désir terrestre ; c’est-à-dire la libération à l’égard de toute exaltation, comme de tout refoulement. Déméter devient le symbole des désirs terrestres justifiés, trouvant satisfaction grâce à l’effort ingénieux de l’intellect-serviteur, lequel, tout en cultivant la terre, demeure accessible à l’appel de l’esprit. » C’est le natif de la Vierge, réaliste, capable de résoudre les problèmes concrets de la vie, mais dont la cérébralité le porte à apprécier à leur juste valeur les nourritures de l’esprit.
Selon Diehl, la signification cachée des mystères d’Eleusis consisterait en la « descente dans le subconscient en vue de libérer le désir refoulé » (en vue de chercher la vérité à l’égard de soi-même, ce qui peut être l’accomplissement le plus sublime).
Si des symboles sexuels interviennent au cours de l’initiation aux mystères d’Eleusis, il apparaît, en effet, que c’est moins pour évoquer la fécondité de l’union sexuelle que pour garantir à l’initié la seconde et véritable naissance.
Les similitudes entre la légende d’Isis et celle de Déméter ne manquent pas. La déesse égyptienne et la déesse grecque subissent, au cours de leur quête, de dures épreuves. L’une comme l’autre sont soumises à une période de servage qui contraint à l’humilité (Isis chez le roi de Byblos, Déméter chez Céleus, roi d’Eleusis). Toutes deux échouent dans leur tentative de rendre immortel l’enfant d’un simple mortel : l’immortalité de l’âme ne s’obtient pas si facilement ! Une dure initiation est nécessaire afin d’y parvenir.
La difficulté de s’ouvrir à l’intelligence et d’accéder à la compréhension des lois de la création est suggérée par la présence attentive d’Hermès-Mercure auprès de Déméter, et de Thot (la divinité égyptienne qui lui correspond) auprès d’Isis. Mercure-Thot est la personnification de la raison, de l’intelligence, et de la sagesse des dieux. Lors des rites funéraires, lorsque Isis croit son époux Osiris à jamais perdu pour elle, Thot est à ses côtés, à la fois guide et soutien. De même, alors que Déméter est sur le point de céder au désespoir, Hermès-Mercure intercède en sa faveur auprès d’Hadès.
On retrouvera à maintes reprises dans la caractérologie du signe l’illustration de cette idée. Pour la Vierge, signe besogneux, laborieux, qui se méfie considérablement de la facilité, tout s’acquiert au prix d’un effort soutenu et d’une discipline de tous les instants. Mais l’intelligence, arme maîtresse du Virginien, lui permet de triompher des épreuves et de vaincre les obstacles.
Athéna
Le symbole majeur de l’intelligence et de la raison, c’est naturellement Athéna (Minerve), autre figure mythologique rattachée au signe de la Vierge.
Selon la légende, Athéna (à son nom est accolée l’épithète Pallas, la jeune fille), fille de Zeus, sortit tout armée du crâne de son père, qu’Héphaïstos (Vulcain) avait fendu d’un habile coup de hache. A l’origine, elle paraît représenter l’éclair qui sort du nuage. Mais cette figure mythologique a subi une évolution considérable dans l’Antiquité (tour à tour guerrière, déesse de la fécondité et de la sagesse, vierge protectrice des enfants, inspiratrice des arts et des travaux de la paix), celle-ci se faisant constamment dans le sens d’une spiritualisation.
Sur le plan moral, Athéna représente le combat de l’intelligence et de la raison contre les forces de l’obscurantisme. Déesse guerrière, elle n’évoque pas la joyeuse liberté des camps mais le devoir, l’austérité, la discipline militaires. Si elle n’enfante pas de héros, elle les protège. Elle veille sur Hercule, conseille Ulysse, et c’est grâce au bouclier qu’elle prête à Persée que celui-ci vient à bout de la Gorgone.
Aussi Athéna est-elle la déesse victorieuse par la sagesse, l’ingéniosité, la vérité. Nous verrons que, dans les moments très graves de l’existence, le natif de la Vierge force l’admiration par son esprit de décision, son sang-froid, son intelligence des situations. A l’instar du mythe d’Isis et du mythe de Déméter, le mythe d’Athéna montre que la déesse n’a atteint cette perfection qu’au terme d’une longue évolution – celle-ci reflétant l’évolution de la conscience humaine.
L’emblème d’Athéna est la chouette. Sans doute cet animal symbolise-t-il la sagesse parce que ses yeux étranges, implacables, percent la nuit, les mensonges, les faux-semblants. La lucidité Virginienne est parfois ressentie par le natif comme un fardeau lourd à porter, mais elle lui évite bien des erreurs.
La Symbolique du Signe
Liens entre les deux Signes complémentaires : Vierge-Poissons
Comme nous l’avons évoqué précédemment, l’importance de l’élément Eau dans les mythologies se rattachant à la Vierge s’explique par les liens de ce signe avec son signe complémentaire et opposé, les Poissons.
Selon certaines interprétations, l’hiéroglyphe de la Vierge, représenterait un M, symbole de l’eau. En hébreu, le M signifie mère. La finale de l’hiéroglyphe serait un caractère phénicien signifiant poisson (or, en hébreu, poisson, noun, veut dire fils). Selon Marcelle Sénard, ce motif serait donc la contraction des lettres symbolisant la Mère et le Fils.
Dans le mythe égyptien, les trois initiations majeures d’Isis sont en rapport avec l’eau (le corps d’Osiris est emporté par le Nil ; Isis donne naissance à son fils Horus dans le delta du Nil ; lorsqu’elle a retrouvé le corps de son époux, elle le confie au Nil).
Dans l’histoire de la Vierge Marie, les « sources miraculeuses » et les eaux baptismales tiennent aussi une place importante. Et, bien sûr, c’est au contact de l’eau purificatrice que les malades cherchent la guérison, à Lourdes.
« C’est parce que l’eau est le premier véhicule du germe de l’Esprit qu’elle peut féconder la substance Terre. De même, la Vierge (intelligence) porte en elle ce germe de l’Esprit (verbe) qui lui permet de se féconder elle-même. »
Le désir, parfois obsessionnel, de pureté est très marqué chez l’homme ou la femme de la Vierge. Mais il faut aussi prendre ce terme dans son sens le plus précis. Dire qu’une eau est pure c’est indiquer qu’elle est exempte de sédiments, ou d’autres impuretés comme des substances organiques (microbes). De même, le natif de la Vierge s’efforce de se débarrasser des « impuretés » – ingérences extérieures ou éléments étrangers à sa nature individuelle vraie – qui sont sources de conflits et de tensions et menacent la réalisation de ce qu’il porte en lui, en accord avec son être profond.
La Symbolique et la Mythologie mercuriennes
Mercure, maître planétaire de la Vierge
Du point de vue astrologique, la planète Mercure gouverne deux signes : les Gémeaux et la Vierge.
Si le Mercure des Gémeaux évoque surtout le petit fripon qui vola les boeufs de son frère Apollon – incarnation de la ruse, de l’adresse, de la souplesse des mains et de l’esprit, de l’amoralité – le Mercure de la Vierge a plutôt le caractère du Mercure romain, dieu des finances, du commerce, protecteur des marchands (on retrouve dans son nom la racine du mot merx, marchandise).
Il est aussi le messager de Zeus-Jupiter. Nous avons vu qu’il fut chargé de la délicate mission d’arracher Coré des bras de Hadès, son ravisseur devenu son époux.
Ainsi, Mercure établit par la pensée, la parole, des rapports sur le plan sensible ou des liens entre les facultés rationnelles de l’homme. Il représente l’intellect, la logique.
Par son rôle de messager des dieux, Hermès-Mercure symbolise également les moyens d’échange entre le Ciel et la Terre. Il est comme un médiateur entre les divinités et les hommes. D’ailleurs, il occupe la fonction de guide des âmes dans le séjour des Morts. D’où son nom d’Hermès Psychopompe : l’accompagnateur d’âmes.
Ici, Mercure représente le lien entre l’intellect et l’Esprit. Dans la mythologie égyptienne, c’est Thot, le dieu « mesureur de toutes choses », à l' »intonation juste », à la parole magique, qui aide Isis à ressusciter Osiris. Dans la religion chrétienne, on peut l’assimiler à l’Ange annonciateur à Marie. Sur le plan psychique, le rôle de Mercure consiste, à ce stade, à « faire sortir la conscience subjective (la logique, la raison) de l’inconscient. »
L’emblème d’Hermès est le caducée. Tout en gardant les troupeaux qu’il avait volés à son frère Apollon, Hermès inventa la flûte. Apollon (à qui Hermès, pour se faire pardonner son larcin, avait déjà fait don de la lyre, sa première invention) voulut obtenir ce nouvel instrument de musique. En échange, il donna à Hermès des leçons de magie divinatoire et lui offrit la houlette d’or qu’il utilisait pour garder les troupeaux d’Admète, roi de Phères en Thessalie. Voilà pourquoi le caducée (verge d’or) figure parmi les attributs d’Hermès. C’est une baguette autour de laquelle s’enroulent en sens inverse deux serpents (à partir de l’époque grecque, des ailes ont surmonté les serpents).
Le caducée évoque « l’équilibre dynamique de forces opposées, qui s’harmonisent pour constituer une force statique et une structure active plus hautes et plus fortes. La dualité des serpents et des ailes montre ce suprême état de force, et de maîtrise de soi qui peut être achevé sur le plan des instincts (serpents) aussi bien qu’au niveau de l’esprit (ailes) ».
L’un des comportements typiques du natif de la Vierge consiste, d’ailleurs, à s’acharner à maîtriser ses instincts et à opposer au débordement des émotions le contrôle de la raison.
Le serpent présente un double aspect symbolique, l’un bénéfique, l’autre maléfique. Dans son aspect maléfique, il incarne la démesure des forces naturelles insurgées contre l’esprit.
Sur le plan bénéfique, il est le « vivificateur-inspirateur » (le caducée est désormais l’emblème de la science médicale).
Une nouvelle fois l’on remarque, par caducée interposé, les liens qui unissent Mercure aux figures mythologiques symbolisant la Vierge. En effet, toutes les déesses de la nature, déesses-mères, ont le serpent pour attribut :
Isis : son front est orné du cobra royal, symbole de souveraineté et de connaissance ;
Déméter : c’est sur un char traîné par des serpents que la déesse des moissons fit monter
Triptolème lorsqu’elle l’envoya enseigner l’agriculture dans tout l’univers ;
Athéna : lors des fêtes en l’honneur de la déesse, l’on offrait des gâteaux en forme de
serpent et de phallus, symboles de fertilité et de fécondité.
Mais la Vierge Marie, mère du Christ, écrasera la tête du serpent au lieu de l’écouter.
Notons que certains alchimistes ont assimilé Mercure à la Vierge Marie : « C’est pourquoi Mercure est, non sans raison, comparable à la divine et glorieuse Vierge Marie (…). Car Mercure est Vierge, parce qu’il n’a jamais multiplié aucun corps métallique dans le sein de la Terre, et qu’il a cependant engendré pour nous la Pierre par la solution du « Ciel ». »
De fait, la Pierre philosophale est parfois appelée « le lait de la Vierge« .
En résumé, Mercure est un principe de liaison et d’échanges avec le milieu (Hermès, messager des dieux). Il est le symbole de la synthèse des contraires, esprit et matière – le caducée représente l’antagonisme et l’équilibre, par polarisation (séparation) de ces tendances. Il faut voir dans cette dualité l’étape initiale du développement de l’intelligence : un mouvement de distanciation par rapport aux choses est nécessaire pour ne plus se confondre avec elles et pouvoir les analyser objectivement.
La Vierge dans la Vie
Vocation : être humain. Ainsi pourrait se présenter un homme, ou une femme, né entre un 24 août et un 23 septembre. Il n’y a guère de signes plus humanisés, plus humanistes, plus humains que la Vierge. Le premier privilège de l’homme est d’être doué de raison. Par cette faculté, qui le distingue de la bête, il peut connaître et juger. On retrouve chez le Virginien cette impérieuse exigence de comprendre chaque phénomène visible en le rattachant à d’autres phénomènes. N’avez-vous pas remarqué que, dans une conversation, le mot « pourquoi » revient fréquemment dans sa bouche ? Qu’il ait dix ans ou quarante ans, le natif de la Vierge veut savoir le pourquoi et le comment des choses.
Dans sa quête inlassable de connaissance, de « préhension » du réel, il met à plat les mécanismes régissant les êtres et le monde. Il veut les démonter comme on démonte une montre, afin d’avoir sous les yeux chaque pièce, chaque rouage. Car il est le champion de l’esprit d’analyse. L’approche synthétique d’un problème lui est étrangère. Il dissocie les éléments d’un tout puis les analyse l’un après l’autre, en vue de trouver le fil conducteur qui les relie, la clef de voûte qui soutient l’ensemble. Satisfait, il peut alors reconstituer le puzzle, en usant d’un raisonnement logique. Il n’ignore pas les dangers d’un tel morcellement, mais seule cette méthode convient à sa forme d’esprit.
Pourquoi ce besoin vital de tout expliquer rationnellement ? Parce que rien n’est plus sécurisant. La Vierge n’aime pas travailler « sans filet ». Elle a peur de ce qui échappe à son champ de conscience. L’inconnu, c’est le gouffre, l’abîme insondable où l’on risque de perdre son identité. L’univers des constructions logiques, dans lequel la même cause entraîne invariablement le même effet, est infiniment plus rassurant.
Rassurant aussi est le savoir, qui comble les vides, fait reculer les limites de l’angoisse, en transformant l’inconnu en connu. Consciente de ses manques, la Vierge sait, pour son plus grand malheur, que sa difficulté à ouvrir les vannes de son imagination et de son intuition lui rend quasi inaccessible le chemin de la création pure. Alors, à la pensée créatrice, elle substitue l’accumulation de connaissances.
L’érudition est un luxe que peut s’offrir tout natif de la Vierge. Une vie entière lui suffit à peine pour remplir les petits tiroirs de son cerveau. Curieux, observateur, il engrange et se nourrit de faits, d’informations glanées au hasard de ses rencontres. Par-delà les ennuis, les soucis de la vie quotidienne, il est heureux lorsqu’à la fin d’une journée il est conscient d’avoir appris quelque chose.
La richesse intellectuelle débouche sur l’humanisme, acte de foi dans la nature humaine.
L’humanisme, c’est aussi, pour reprendre la formule d’André Gide, la conviction qu' »il n’y a d’art qu’à l’échelle de l’homme ». L’espace d’un instant, faisons un bond dans le passé pour mieux saisir l’importance de cette tradition chez le signe de la Vierge. Qui, au XVIe siècle, coordonna les élans culturels enthousiastes de ses contemporains et favorisa l’éclosion d’une nouvelle forme d’expression artistique ? C’est un roi nommé François 1″ (Soleil, Jupiter en Vierge). Le rôle qu’il a joué pour la Renaissance française, Louis XIV (Soleil, Mercure, Milieu-du-Ciel en Vierge) le jouera pour le classicisme.
Peut-on croire aussi fort en l’homme et en ses réalisations, et se méfier de lui ? Le Virginien réussit ce paradoxe (étant entendu que le type Vierge « inférieur » ou dissonant aura des comportements beaucoup plus rigides, figés et intransigeants). Sa méfiance vis-à-vis de ses semblables, parfois outrée au point de déboucher sur la misanthropie, n’est qu’un effet de sa lucidité. Il ne s’illusionne pas sur les êtres et ne leur demande pas plus qu’ils ne peuvent donner. Il connaît bien leurs défauts, la lâcheté, l’égoïsme, l’avidité… mais les accepte puisqu’ils sont le lot de tout homme. On ne change pas la nature humaine. On s’en accommode ou on la fuit ! S’il ne fuit pas la compagnie de ses congénères, le natif de la Vierge est capable de faire preuve d’une profonde humanité. Il se sent surtout proche des petits, des humbles, qu’il sera prêt à défendre contre les puissants, les nantis.
Exclusivement à l’aise dans un monde à la mesure de l’homme, le Virginien ressent pourtant cruellement l’inaptitude ou la tragique difficulté à accéder à l’univers de la foi religieuse. Admettre l’existence d’un dieu invisible, intangible, est tâche bien ardue pour lui le réaliste, le sceptique, qui ne croit que ce qu’il voit. Il n’en éprouve pas moins le besoin impératif de se soumettre à une « force supérieure ». Ce mécanisme le conduit fréquemment à se choisir un « maître », modèle de référence, point d’attache. Il l’élève presque au rang d’idole, reporte sur lui toute sa capacité d’admiration et aspire à lui ressembler, poussant parfois très loin le phénomène d’identification.
Un choix aussi délibéré de dépendance (d’ordre intellectuel, principalement) trouve son explication dans le sentiment d’infériorité dont la Vierge est affligée. Sa tendance à se sous-estimer la conduit à surestimer les êtres qui l’entourent.
Mais nous aurons l’occasion de revenir à maintes reprises sur ce complexe, vécu sous différentes formes.
La Vierge et l’Amour
Ceux pour qui l’amour est un don de soi, total et passionné, pourront s’étonner, voire s’indigner, du comportement amoureux du Virginien. Cet être pétri de pudeur et de timidité possède, de surcroît, une méfiance innée à l’égard des impulsions, des élans, des débordements affectifs. Ce cérébral contrôle en permanence ses émotions et n’extériorise ses sentiments qu’après les avoir soigneusement passés au filtre de sa raison.
Un tel personnage ne semble certes pas taillé pour vivre un amour fou. Il est beaucoup trop raisonnable pour cela ! Trop lucide aussi. Cette lucidité implacable l’empêche d’enjoliver la réalité ou de se mentir à lui-même. Il sait que tôt ou tard l’amour meurt ou s’enlise dans l’habitude, que les couples les plus unis se défont. Du moins, son objectivité l’oblige à le penser. L' »amour heureux », il voudrait bien y croire, mais il a si peur d’être déçu qu’il préfère opter pour le scepticisme. A tout prendre, mieux vaut avoir une bonne surprise !
Aussi, pour se préserver des blessures, met-il au point un système d’autoprotection excessivement perfectionné, dont la forme supérieure est la pudeur. Pudique, donc, le natif de la Vierge n’est pas d’un abord aisé. Par sa réserve, par son apparente froideur, il peut décourager l’amoureux le plus empressé. D’ailleurs, il ne s’en laisse pas facilement conter.
Rien ne lui fait plus peur que d' »être dupe », que de se laisser prendre au piège d’un sentiment simulé. Chez lui, la conscience est toujours en éveil. Au moindre signe de fléchissement, elle le rappelle à l’ordre. S’abandonner serait déjà se perdre. Sa susceptibilité exacerbée lui donne un sens aigu du ridicule. Lâcher la bride à son affectivité, laisser transparaître l’intensité de ses désirs équivaudrait pour lui à faire tomber ses barrières de protection. Privé de sa carapace de contrôle et de raison, devenu excessivement vulnérable, il serait en danger d’être ridiculisé par un partenaire quelque peu caustique. D’une telle expérience il ressortirait doublement inhibé et meurtri. A aucun prix il ne veut courir un tel risque.
Il dispose de tout un arsenal d’astucieux procédés de dissuasion, parmi lesquels il accorde une préférence marquée à l’humour. La forme d’humour « façon Vierge » a de quoi dérouter (c’est le but 0. Elle mêle l’ironie, l’autocritique, la dérision. C’est une arme de défense ou de contre-attaque, bien utile pour se sortir d’une situation qui risque de mal tourner.
Parfois, quand le Virginien se sent embarqué, à son insu, dans une aventure sentimentale qu’il ne contrôle pas, il prend peur et manie alors les mots comme un fleuret, pour décourager l’audacieux d’approcher trop près. Il ne déteste pas mettre entre les autres et lui la distance d’un mot d’esprit, plus fréquemment reçu, au demeurant, comme un sarcasme.
Le plus souvent, il prévient les critiques en se moquant de lui-même le premier. Faire rire à ses dépens, pourquoi pas, à condition que ce soit lui qui mène le jeu.
Mais il arrive que le rire se fige, que l’humour bascule. Le mur d’incommunicabilité se dresse, plus menaçant que jamais. Le Virginien s’estime pourtant sauvé puisqu’il a réussi à décourager les avances trop pressantes. Pour l’amener à se montrer parfaitement naturel et à se débarrasser de sa panoplie « anti-accostage », il faut une bonne dose de patience, beaucoup de diplomatie, et infiniment de subtilité.
Déjà peu enclin à se laisser aller dans l’intimité, il est encore beaucoup plus « corseté » en public. Même s’il éprouve un tendre penchant, il ne le montre pas, jugeant qu’il n’est pas convenable de se donner ainsi en spectacle. Quant aux rares témoins de sa vie privée, ils devront avoir l’œil bien exercé pour déceler, à d’infimes détails, qu’il est fortement épris.
Le Virginien considère l’amour comme une chose sérieuse, qui ne souffre ni le jeu, ni la frivolité. Encore moins l’inconscience ! C’est une affaire d’adultes capables d’assumer leurs responsabilités en toute connaissance de cause. Voilà sans doute pourquoi il est extrêmement rare que des natifs de la Vierge aient accès au vert paradis des amours enfantines. Ils auraient plutôt tendance à juger d’un œil critique ces « gosses, qui croient s’aimer ». Sait-on seulement ce qu’est l’amour quand on est adolescent ?
La perspective d’une brève aventure n’excite aucunement le Virginien. Ce besoin d’un engagement absolu, définitif, le porte, du même coup, à hésiter longuement avant de lier son destin à celui d’un autre être. L’angoisse de se tromper, de faire fausse route, le paralyse.
Il s’interroge sans fin, tente de discerner la nature exacte de ce qu’il ressent. Eprouve-t-il une attirance purement instinctive – qu’il rejetterait aussitôt – ou est-il sérieusement, profondément amoureux ? Il n’a de cesse d’avoir analysé, dépecé, disséqué ses sentiments, cherchant désespérément à prendre du recul pour juger objectivement la situation, comme s’il était possible de faire intervenir la logique dans le mystérieux domaine de l’amour.
L’autre, le partenaire, il le jaugera, le soumettra à des tests subtils, pour déterminer s’il est digne d’être aimé. Il y a en effet chez la Vierge un étonnant mélange d’orgueil et d’humilité, qui lui donne une personnalité complexe, difficile à cerner. L’amour ne fait qu’accentuer son anxiété latente et décupler ses complexes d’infériorité. Mais en même temps, il se montre terriblement exigeant dans le choix d’un partenaire. Cet élitiste pourvu d’un redoutable sens critique ne va tout de même pas se contenter de « n’importe qui » !
On ne s’étonnera pas, dès lors, que le signe de la Vierge fournisse un fort contingent de célibataires. A force d’hésiter, de tergiverser, de se poser mille questions, le Virginien peut passer à côté de l’amour de sa vie, parce qu’il n’aura pas pu, ou pas su, se décider à temps.
Ou bien, faute d’avoir trouvé l’être parfait, il préférera rester seul plutôt que de vivre un bonheur médiocre.
Pourtant, et ce n’est pas le moindre paradoxe de cette personnalité contradictoire, la Vierge n’est pas à l’abri d’un mariage de raison, passé la trentaine, lorsque, somme toute, la solitude devient trop dure à supporter. Mais l’on peut craindre qu’il ne s’agisse que d’un ersatz d’amour, d’un mariage de célibataires, où l’on vit côte à côte sans vraiment se rencontrer.
Le plus souvent, néanmoins, lorsque ni la pudeur, ni la raison, ni l’ironie – maniée contre soi-même et contre le partenaire – n’ont pu le garantir contre les dangers de l’amour, le Virginien se laisse prendre au tendre piège.
Lui qui aime à se considérer comme un aristocrate de l’esprit est très attiré par l’intelligence. C’est même son « talon d’Achille ». Bien qu’il ait le sarcasme facile, il pardonne beaucoup à quelqu’un qui a su le séduire par ses facultés intellectuelles.
A l’inverse, toute forme de grossièreté et de vulgarité, physique, morale ou, pis encore, sexuelle, le choque profondément. N’est-ce pas une nouvelle manifestation de ces instincts répugnants qui ramènent l’homme au rang de bête ?
Son goût de l’absolu, son sens des vraies valeurs le portent à choisir un être sérieux, sincère, et authentique comme il l’est lui-même. Car il refuse le bluff et les faux-semblants, et s’attache plus aux qualités morales qu’à la séduction physique.
Avide de sécurité affective, il recherche un compagnon sûr, solide, capable de le conforter et de le rassurer dans les fréquents moments de doute. Lui-même est un partenaire digne de confiance. Une fois qu’il a vaincu ses craintes et ses réticences, et qu’il s’est fait à l’idée que quelqu’un puisse venir troubler sa quiétude, il s’attache très profondément. Il demeure fidèle, à la fois par intégrité, probité morale et sens des convenances.
Le respect des conventions l’incite à juger assez sévèrement l’union libre. Pour la Vierge, le mariage, loin d’être une simple formalité, constitue bel et bien un acte lourd de signification. En revanche, elle n’est pas du tout hostile, bien au contraire, à une période de probation, au cours de laquelle chacun apprendra à mieux connaître l’autre. Le Virginien ne se marie pas les yeux fermés ! Si la vie commune semble se dérouler sans accrocs, il ressent la nécessité de légaliser son union (au bout d’un, deux, ou trois ans, parfois).
Il organise alors sa vie conjugale de façon à en exclure totalement le côté aventureux et bohème qui lui inspire une peur panique.
Son attachement ne se traduit pas par des débordements de tendresse, des serments pathétiques ou des effusions chaleureuses. A des démonstrations intempestives, il préfère un clin d’œil complice, un mot de connivence. Bien qu’il ait, généralement beaucoup de mal à communiquer, il en éprouve le douloureux besoin.
C’est encore sa cérébralité qui fait de lui un sensualiste plutôt qu’un sensuel. Une grande partie de son plaisir naît de l’analyse des sensations qu’il ressent. Mais, pour son plus grand déchirement, l’instinct sexuel est puissant chez lui comme chez tous les signes de Terre.
Bardé de tabous et d’interdits, aspirant de tout son être à la pureté, il est animé d’un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’acte charnel. Sentiment qui le bloque, parfois même l’inhibe complètement.
Ce type Vierge « classique », chez lequel la puissance d’inhibition prend le pas sur les pulsions instinctives, est le plus répandu. Si, dans le thème individuel, des planètes comme Mars ou Pluton dominent, les rapports s’inversent. Ces fameux instincts que la Vierge s’efforce avec tant de soin – et au prix d’une angoisse latente – de maîtriser, prennent le dessus. Le type Vierge s’apparente alors au type Scorpion. Le cas est suffisamment fréquent pour qu’il mérite d’être signalé.
Dans le domaine de l’amour, l’image « Vierge sage », « Vierge folle », est particulièrement suggestive. A la réserve, au conformisme, à la pudeur, voire la pruderie de la Vierge sage, s’opposent la fantaisie, l’impudeur, la démesure de la Vierge folle. L’une s’attache à conserver en tout une juste mesure. L’autre s’attaque aux valeurs traditionnelles et cherche à faire éclater le carcan des usages et des convenances.
Il arrive souvent que ces deux tendances cohabitent chez le Virginien, provoquant une alternance entre l’inhibition et l’instinct, entre le contrôle et le relâchement.
La femme du signe, on l’aura deviné, n’est pas une amoureuse passionnée, impulsive, apte à se laisser entraîner par le tourbillon de ses sentiments et de ses sens.
Dotée, très jeune, d’une étonnante maturité psychologique, habituée à raisonner, à réfléchir, à poser un œil observateur et critique sur ce qui l’entoure, elle est souvent attirée par des hommes plus âgés qu’elle, qui sont séduits par sa conversation intelligente, sa simplicité, son naturel.
Elle-même pense pouvoir trouver auprès d’un homme mûr la sécurité matérielle et affective indispensable à son équilibre. Elle ne veut pas d’un « inconscient », incapable d’assumer les lourdes responsabilités de l’existence, mais d’un homme qu’elle estime et qu’elle admire. Elle aspire à un amour stable, sans caprices, sans remous, sans pénibles sautes d’humeur. Celui qui lui fera la cour devra s’armer de patience. Ce n’est qu’après de longs travaux d’approche que, mise en confiance, elle consentira enfin à convoler.
Une fois qu’elle a accordé son amour, elle ne le reprend plus. Sa rigidité, sa loyauté sentimentale en font une femme fidèle. Au point de considérer comme une trahison envers celui qu’elle aime le simple fait de penser à un autre homme.
Kiraz, natif de la Vierge, a su créer les célèbres « Parisiennes », longues tiges dégingandées, qui mêlent une extrême féminité à d’involontaires maladresses : elles portent bien la signature astrologique de leur créateur.
Fidèle en actes comme en pensées, elle souhaite naturellement la réciproque. Mais elle ne se fait pas suffisamment d’illusions sur les êtres pour oser espérer que son partenaire ne commette jamais d’incartade. Elle gardera pourtant, au plus profond d’elle-même, une blessure secrète qui ne se refermera jamais complètement si l’homme aimé ne répond plus à ses sentiments. Trahie une fois, elle aura beaucoup de mal à reconstruire sa vie privée.
Mariée, la native de la Vierge est une parfaite maîtresse de maison. Attentive, dévouée, sérieuse et économe, elle seconde efficacement son mari, tout en ayant l’intelligence de s’effacer devant lui.
Elle est de celles dont on dit : « Quelle épouse modèle ! » Sa discrétion, sa compréhension, son abnégation vous tirent du cœur de grandes exclamations d’admiration. Qu’elle se garde, toutefois, de tomber dans le piège de la routine. Sans aller jusqu’à donner à la vie commune un ton d’improvisation permanente – ce qu’elle serait bien en peine de faire -, elle doit apprendre à « casser » ses habitudes et à faire passer, de temps en temps, le plaisir avant le devoir. Sinon, son mari finirait par s’ennuyer auprès d’elle. La perfection à temps complet et à horaires fixes est chose si lassante !
Il serait sage, aussi, qu’elle mette un frein à son esprit critique. Lorsqu’elle ne se surveille pas – généralement dans les périodes d’intense fatigue et de surmenage – elle a tendance à critiquer tout et n’importe quoi, à ne faire grâce d’aucune faiblesse, d’aucune imperfection. Sans doute ne se rend-elle pas compte qu’un homme peut être tenté de divorcer pour bien moins que cela !
La Vierge folle met plus de passion dans ses relations amoureuses que la Vierge sage. Toutes proportions gardées, évidemment. Car elle ne perd jamais la tête au point de commettre ce qu’elle jugerait être une folie irréparable. Elle est capable d’éviter les « naissances non désirées » et autres impondérables de l’existence. Ce qui ne l’empêche pas, surtout dans sa jeunesse, de collectionner les aventures. Ce n’est pas par goût réel du plaisir ou du changement, mais parce qu’elle est en quête d’un amour absolu, parfait, quasi impossible à découvrir en ce bas monde. Ses frasques ne sont qu’une manifestation d’angoisse, de frustration. Si elle a la chance de rencontrer un homme qu’elle aime assez pour avoir envie de l’épouser, avec quel soulagement, alors, va-t-elle se débarrasser de ce personnage de femme facile qui lui collait à la peau mais l’étouffait. Libérée, elle se sentira de nouveau en plein accord avec sa nature profonde, faite pour la sagesse et la fidélité.
L’homme de la Vierge est encore moins souple dans ses comportements que la femme du signe. Adolescent, il souffre souvent d’un grave complexe d’infériorité, accentuant sa gaucherie et sa timidité envers les femmes. Sa difficulté à communiquer, son manque d’aisance sont autant d’obstacles à un épanouissement affectif précoce. Il éprouve, vis-à-vis de la sexualité, un mélange d’attirance et de répulsion. Entre la vie et la vertu, entre la décence et l’indécence, il ne sait pas toujours à quel saint se vouer. Sa cérébralité excessive, ses principes moraux, sa tentative de répression des instincts, créent un carcan d’inhibitions lourd à porter, dont il ne réussit à se débarrasser qu’avec peine. Parfois, ses blocages le paralysent au seuil d’une aventure. Il est capable de sublimer ses sentiments et de se contenter longtemps de relations platoniques. En tout cas, sa première expérience amoureuse aura pesé lourd sur sa vie sexuelle d’adulte. Hélas, tous les adolescents mal dans leur peau n’ont pas la chance de trouver sur leur route une femme plus âgée qu’eux, douce et compréhensive, une initiatrice apte à leur apprendre combien l’amour peut être simple, pur et beau.
Par sa réserve, par sa retenue, l’homme de la Vierge attire et déconcerte. Quand il fait la cour à une femme, c’est avec un mélange de hardiesse, de fierté farouche et de total manque d’assurance. Mais il n’a rien du « dragueur », n’ayant, en outre, aucun goût pour les conquêtes faciles. Il faut, quelquefois, un bon coup de pouce du destin ou un heureux concours de circonstances pour qu’il se résolve à aborder une fille qui lui plaît. Par conséquent, il est généralement l’homme d’un seul (grand) amour.
Il est attiré par une femme sérieuse, réfléchie, dotée d’une certaine noblesse de sentiments. Doit-elle être belle ? Pas au sens classique du terme. Il est indispensable, en revanche, qu’elle ait de la classe, de l’allure, qu’elle soit sobre mais soignée. Le Virginien déteste les fofolles, les aguicheuses et les coquettes. Il veut une femme capable de s’assumer à part entière.
De tous les hommes du Zodiaque, il est l’un des plus portés à défendre (et à pratiquer) l’égalité entre hommes et femmes.
Bien que… bien que… son authentique respect de la liberté de l’autre se heurte parfois à
un conformisme contraignant. Bref, point trop n’en faut. Que sa femme ne s’avise pas de vouloir bousculer impunément les convenances ! S’il a l’impression qu’elle le ridiculise, il ne le lui pardonnera jamais.
Et puis, dans son for intérieur, il estime que la règle du jeu traditionnelle – femme au foyer, homme au travail – n’est pas si mauvaise. Mais si son épouse lui fournit des arguments logiques et convaincants, si elle insiste pour exercer un métier, il ne fera pas opposition. Il n’aime pas imposer sa volonté, forcer quelqu’un contre son gré.
Ses rapports de couple gagneront en chaleur et en intensité s’il consent à se confier plus volontiers à sa femme. D’autant plus qu’il est le premier à aimer être soutenu moralement. Le simple fait de parler d’un problème qui. l’angoisse le soulagera… même si ensuite il ne tient pas compte du conseil !
La Vierge et l’Amitié
L’individu marqué par le signe de la Vierge est d’abord subjugué par l’intelligence ; les qualités de cœur ne suffisent pas. Pour qu’il se lie d’amitié, il lui faut donc avoir reconnu la supériorité de l’intelligence chez l’autre dans certains domaines. Pour lui, l’amitié, comme le reste, doit être féconde, productive, c’est-à-dire débouchant sur autre chose que le simple plaisir d’être ensemble, de boire un verre, d’admirer le paysage ou d’échanger des propos anodins. Sa cérébralité dominante l’incitera donc à ne se porter qu’au devant des fortes personnalités, celles ayant quelque chose à dire, quelque chose à lui apprendre, mais sa retenue, souvent excessive, due à un complexe d’infériorité latent, gênera, bloquera même, son initiative : il ne va pas aux autres, il attend sans grand espoir – sans vraiment attendre, en fait, que les autres aillent à lui.
Ses qualités sont si discrètes, il est vrai, qu’il est souvent le dernier à en prendre conscience : il s’étonnera par conséquent qu’on vienne à lui, alors qu’il est le plus attentif, le plus loyal, et naturellement le plus discret des amis.
Evidemment, par son attitude de retrait – qui n’est guère encourageante, quand elle ne le fait pas passer complètement inaperçu -, il faudra des circonstances particulièrement favorables pour que des liens se nouent : et comme les circonstances sont généralement l’aboutissement d’un choix et non le résultat d’un comportement que nous avons, de facteurs extérieurs plus ou moins fortuits, le Virginien aura finalement peu d’amis. C’est d’ailleurs ce qu’il souhaite : son temps et ses propres capacités d’échange sont trop limités, mesurés, pour que l’amitié occupe une place très grande dans sa vie. Il considère l’amitié comme une chose précieuse, mais pour lui, le précieux va avec le rare, et on ne doit pas en abuser, au risque de voir se dégrader les relations : on ne peut pas avoir toujours quelque chose d’intéressant à se dire, et mieux vaut ne pas se voir que se voir pour rien, sans la possibilité d’un apport, d’un échange intellectuel le plus souvent.
Le paradoxe du Virginien est de se trouver parfaitement à l’aise dans le « quotidien », et d’en appréhender les dangers au niveau de l’émoussement, de l’usure et en fin de compte du retournement des sentiments d’intérêt que l’on porte -à autrui ou que l’on suscite.
Conservateur et fidèle, il pratique la politique parcimonieuse du compte-gouttes : peu de fois, un petit peu à chaque fois.. pour que ça dure longtemps.
Le cercle vicieux de ses amitiés se résume donc à l’obligation pour la relation d’échapper au quotidien, afin de rester dans le domaine d’un « exceptionnel » où il ne se sent pourtant pas à l’aise.
La correspondance lui permet de faire d’une pierre deux coups : en effet, sécurisé par sa solitude et son cadre habituels, il lui est possible d’exprimer sur le papier les beaux et bons sentiments, les vérités profondes, qui autrement viennent buter contre les murs d’une timidité, d’une pudeur bloquantes, ou d’une réalité fade et propre au ridicule. Sans compter que Mercure lui confère l’amour du langage, du mot juste, que l’expression écrite – sur laquelle il peut revenir autant de fois qu’il lui plaît – lui permet de satisfaire bien plus que l’expression orale qui exige des qualités d’improvisation dont il n’est pas doté a priori.
Le Virginien pense d’ailleurs souvent que l’on connaît mieux quelqu’un par ses écrits que par son comportement. Cela revient à dire qu’il accorde plus d’importance aux intentions qu’aux actes, et peut-être n’a-t-il pas tout à fait tort, les intentions étant des points de départ, et les actes des aboutissements qui ont dû subir en chemin des détournements non souhaités. Seulement, combien de gens ont-ils des intentions aussi honnêtes que celles des Virginiens ? Ayant du mal, avant de l’avoir vérifié concrètement, à supposer chez les autres les défauts qu’il n’a pas, c’est avec ses écrivains préférés qu’il entretiendra les plus parfaits liens d’amitié -amitiés platoniques-, dont l’autre partie, et pour cause, ne saura jamais rien. Et c’est dommage, car peu de gens ont un jugement aussi sûr que les Virginiens.
Si vous avez un ami du signe de la Vierge, il est probable que c’est d’abord vous qui êtes allé vers lui. Et c’est seulement quand votre relation aura suffisamment évolué, répondu à des critères bien précis, qu’il sera rassuré sur la qualité de votre amitié. De toute façon, vous lui donnerez plus souvent de vos nouvelles que lui.
Un détail utile en passant : vous le mettrez particulièrement à l’aise en le tutoyant assez vite, car même s’il en éprouve l’envie et le besoin, il n’osera jamais être le premier à le faire, pouvant aller jusqu’à se casser la tête, pour trouver des tournures de phrases qui évitent l’emploi de la deuxième personne.
Ce n’est pas lui qui vous téléphonera au milieu de la nuit pour vous faire part de son vague à l’âme. En revanche, il admettra la réciproque, tout au moins au début, et si, encouragé par son aptitude à vous écouter, vous n’abusez pas de cette liberté.
Peut-être vous plaindrez-vous qu’il ne vous appelle jamais, et vous aurez raison dans un sens, car il n’a pas un besoin vital de vous voir ou de vous entendre, mais, d’un autre côté, vous aurez tort, car vous auriez dû vous rendre compte que son mélange d’inhibition et de correction lui fait toujours craindre d’appeler au mauvais moment, de déranger, de s’imposer et qu’il préfère attendre que vous l’appeliez vous-même.
Ce n’est pas avec lui non plus que vous pourrez faire la fête toute la nuit, d’ailleurs ça ne vous serait sans doute pas venu à l’esprit, tant il a l’air sobre… et l’œil fixé sur sa montre. Et pourtant, il aimerait sûrement, comme ça, une fois tous les dix ans, le temps de s’en remettre, que vous le forciez à sortir de sa discipline et de son train-train.
S’il a des problèmes, il y a de fortes chances pour qu’il ne vous en parle qu’une fois le plus dur déjà passé. Il n’aime pas parler de lui, mais à partir d’un certain degré d’amitié, il le fera cependant très ouvertement, davantage parce qu’il croira qu’il le doit à votre légitime curiosité (lui-même appréciant beaucoup les confidences des autres, tout en sachant mieux que personne les garder pour lui), que parce qu’il en éprouvera un réel besoin.
Il n’est en amitié ni exclusif ni jaloux. Il sera tout disposé à estimer vos autres amis et sera ravi que vous appréciez les siens. Il acceptera même parfaitement que naisse et se développe, entre vous et quelqu’un qu’il vous aura présenté, une relation apparemment plus intense que celle qui vous lie. Egalement capable d’admettre que vous puissiez avoir des affinités avec des gens qui lui déplaisent, ou, à l’inverse, être allergique à ses propres amis, malgré tout, il ne pourra s’empêcher d’être perturbé et de se poser des questions.
Ne sachant pas se mettre en valeur, il sera facilement porté à essayer de se justifier, et voudra donner à tout prix, l’impression qu’il se situe à mi-chemin entre l’orgueil et la fausse modestie. Si vous le complimentez, il se minimisera instinctivement soit en vous signalant les petits revers de médaille que vous n’auriez pas perçus, ou par-dessus lesquels vous vouliez justement passer, soit en utilisant une de ses formules habituelles : « n’exagérons rien », ou « je n’y suis pour rien », etc… Et s’ensuivra un échange ennuyeux de « mais non », « mais si », où vous serez obligé de renchérir dans un sens, et lui dans un autre. Ainsi, alors que vous vouliez simplement lui rendre une banale politesse, son honnêteté, le poussant à vouloir se faire passer strictement pour ce qu’il croit être ou ne pas être, va du même coup le mettre au centre d’un fastidieux désintérêt.
Vous apprécierez pourtant la qualité de son amitié : une amitié fondée sur l’estime, jamais superficielle, toujours très bien élevée, un tact rare grâce auquel il sera souvent le seul à comprendre certaines choses, à être présent ou absent exactement quand il le faut : une présence qui n’envahit jamais, une absence qui ne s’offense pas, n’oublie pas. Vous admirerez son désintéressement : le premier à rendre un service, il sera aussi le dernier à vous en demander. Enfin, sa sincérité vous sera précieuse : il ne vous dira jamais à votre sujet que ce qu’il pense, enrobé bien sûr de gentillesse et des réserves sur sa non-infaillibilité. Il a cette méritoire objectivité de voir à la fois ce qui va chez ses ennemis et ce qui ne va pas chez ses amis sans pour autant s’en servir pour indisposer tout le monde.
Des ennemis, il en a lui aussi, mais sans le savoir vraiment, ou tout au moins sans s’en soucier : aucune tendance paranoïaque chez lui, et sa compréhension assez fine et subtile des êtres, ainsi que la conscience de ses défauts, lui permettent d’accepter tout à fait bien qu’on ne l’aime pas ; il a presque envie de dire : « comme vous avez raison », et à ceux qui l’aiment : « comme vous avez tort ». Il se trouve ennuyeux, trop sérieux, trop raisonnable, terre-à-terre, besogneux, rigide, et il éprouve profondément la nostalgie du « non-soi », en l’occurence du signe opposé et complémentaire, celui des Poissons : ah ! pouvoir une fois ne pas être à l’heure, ne pas venir à un rendez-vous embêtant, jeter l’argent par les fenêtres, laisser tomber les cendres sur la moquette (car il est, c’est connu, exact, responsable, économe, ordonné). Surtout, pouvoir porter en soi ce mystère qui l’attire d’autant plus irrésistiblement et douloureusement qu’il en est totalement dépourvu, bien qu’assez lucide pour tabler un tout petit peu sur le fait que l’on est toujours mystérieux pour qui ne vous connaît pas, et principalement pour qui est le contraire de vous ; mais il lui semble que ses mécanismes sont les moins compliqués de tous, qu’il est possible de les démonter très vite, et de s’en désintéresser aussi vite : ce n’est que ça ? rien de drôle, rien d’inattendu, rien de fou ?
Et voilà encore une autre façon d’expliquer pourquoi il espace les contacts : il n’a pas envie, au fond, de lire dans vos yeux ce qu’il pense de lui-même, qu’une relation plus suivie ne manquerait pas de vous révéler.
Il a aussi ses antipathies, ses bêtes noires, et il a beau détester ses défauts, ou du moins ce qu’il juge comme tels, il tient à certaines de ses qualités et éprouvera une allergie instantanée envers les personnes à qui elles manqueront trop à son goût : il n’aimera pas a priori les bavards futiles et vaniteux, les arrivistes, les despotes, les indiscrets. Même s’il est tout à fait capable de mettre en doute ses premières impressions, ou d’envisager derrière d’insupportables défauts les inévitables qualités compensatrices, il ne poussera pas la bonne volonté jusqu’à chercher à les découvrir ; il n’aura pas à le faire, aidé en cela par la distance qu’il met instinctivement entre lui et les autres, et que les autres franchissent d’autant moins qu’ils sentent la réprobation culpabilisante que ce signe sait si bien faire peser sur autrui.
Cette dernière caractéristique vous dérange aussi : c’est vrai que, parallèlement à son infinie délicatesse, il a un œil critique auquel rien ne semble échapper, et un jugement d’une paralysante vérité, quand il n’est pas déformé par un moralisme exagéré : même s’il doit être le dernier à vous en parler, il sera le premier à détecter votre plus petite faille. Sous son regard, vous vous sentirez parfois comme en pleine lumière, devant une caméra à laquelle vous ne pourriez rien cacher, et vous vous surprendrez à vous demander s’il s’agit là d’attention et d’observation bienveillantes, ou de froides dissections.
D’un point de vue négatif, son excès de sens critique envers les autres empêche les confidences, tout comme l’excès de sens critique envers lui-même freine les personne – constituent d’infranchissables, et par là-même, d’agaçantes barrières ; la spontanéité étouffée par les scrupules, la prévisibilité des répliques, le besoin de tout comprendre et de tout expliquer, arrivent à fatiguer l’interlocuteur et à tuer la conversation, qui est pourtant son terrain de prédilection.
En outre, quand elle est le résultat d’inhibitions excessives, la retenue aboutit dans les rapports humains à une timidité, une maladresse qui finissent – et le Virginien en est conscient – par embarrasser les mieux intentionnés ou les plus décontractés, ce qui n’arrange rien.
Pour la plupart des gens, un ami, c’est justement la personne avec laquelle on peut se laisser aller, à qui l’on peut tout dire ou tout demander. Mais avec un ami Virginien, vous sentez confusément qu’il y a une limite à ne pas dépasser et, là encore, vous vous posez par moments la question de savoir si cette limite est due à sa correction ou à son égoïsme : s’il a si peur de vous déranger, n’est-ce pas au fond parce que lui-même a horreur qu’on le dérange ?
Il évoque l’Angleterre, pays qu’il aime généralement, pays où l’on dit you à tout le monde, et où chacun attache tant de prix à sa petite paix personnelle qu’on y fait le plus grand cas de celle de ses voisins.
Nul n’est parfait : chez la Vierge, les qualités comme les défauts procèdent de l’instinct de conservation. Alors, bien sûr, l’économie, la retenue, la prudence, l’observation, la raison peuvent virer à l’avarice, la mesquinerie, le pointillisme, la chicanerie et l’égoïsme ; il arrive que derrière la serviabilité on trouve souvent un sens du devoir rigide, et finalement un manque de chaleur vraie, ou encore la recherche de sa propre justification au lieu de l’élan naturel vers l’autre ; et derrière la modestie, une véritable impuissance à cesser de s’analyser et à sortir de soi.
Il y a cependant de fortes chances pour que, si vous avez choisi un ami du signe de la Vierge, vous préfériez son égoïsme, qui ne lui fait jamais faire aux autres ce qu’il n’a pas envie qu’on lui fasse, à un altruisme dépourvu de discernement.
Sachez en outre que ce signe est le plus perfectible de tous : si, malgré ses fréquentes introspections, il n’a pas suffisamment pris conscience de l’un de ses défauts, c’est un service que vous lui rendrez en l’y aidant : loin de s’en offusquer, le choc difficile de la révélation passé, il vous en sera reconnaissant, car, derrière son souci permanent de bien faire, il n’y a rien d’autre que le désir de faire toujours mieux.
La Vierge et son Education
L’enfant né sous une forte influence du signe de la Vierge est calme, obéissant et souvent prêt à rendre service. Il semble facile à élever, c’est le type même de l’enfant déclaré « sans problème » par ses parents, qui tomberaient probablement des nues s’ils savaient les angoisses que recouvre cette prétendue facilité car, avec le petit Cancer, le petit Vierge est l’enfant qui a le plus grand besoin de sécurisation et le plus grand mal à acquérir une dose suffisante de confiance en soi.
Affectivement parlant, il vous faudra être attentif, pour savoir reconnaître ses discrètes sollicitations, afin d’y répondre le plus souvent et le mieux possible ; mais mieux vaut éviter, comme le font certaines mamans, de se jeter sur lui et de l’étouffer de caresses et de baisers ; tout excès, même quand il est bébé, ne peut que l’indisposer. Ce n’est pas un enfant exigeant, un enfant à caprices, et s’il vous réclame au milieu de la nuit, soyez sûrs que ce n’est pas sans raison, et qu’il a un réel besoin de votre présence. Il porte en lui un sentiment latent d’inquiétude, et le meilleur comportement serait, dès sa naissance, de parler avec lui, de lui exposer les choses normalement, comme à un enfant plus âgé. Gardez-vous de trahir sa confiance ; par exemple, si vous devez vous absenter, ne le faites jamais par surprise, prévenez-le, donnez-lui vos raisons. C’est, plus qu’un autre, un enfant qui a besoin de comprendre, et qui est tout prêt à recevoir vos explications : ne les lui refusez pas, plus vite vous le traiterez d’égal à égal, meilleure sera votre relation avec lui.
L’enfant Vierge est avant tout un cérébral. Il bénéficie d’une compréhension précoce des êtres et des situations, et saura s’exprimer de bonne heure : à vous de favoriser ce dernier don (qu’il a en commun avec les petits Gémeaux), en lui parlant le plus tôt et le plus souvent possible un langage adulte, et en lui lisant ou lui racontant des histoires, ce qui est pour lui d’un bien plus grand intérêt que le jeu.
Sur le plan pratique, il peut être très adroit, mais n’est pas à l’abri non plus d’une certaine gaucherie ; quoi qu’il en soit, ne lui montrez pas d’impatience, ne vous précipitez pas non plus à son secours pour faire les choses à sa place : son complexe d’infériorité, dû à la conscience prématurée qu’il a de ses insuffisances, ne demanderait que cela pour se développer. C’est un enfant avec lequel il faut particulièrement surveiller les reproches, et même les éviter, car il est rempli de bonne volonté, mais aussi plein de doutes quant à ses capacités, trouvant toujours qu’il ne fait pas assez bien, et donc touché à l’extrême si on le gronde pour une maladresse ou un échec.
La meilleure attitude à avoir est donc de le laisser faire sans s’occuper de lui : d’une part il est prudent, ni casse-cou, ni casse-tout, d’autre part tout regard, même et peut-être surtout bienveillant, risque de le paralyser en partie, en augmentant son désir de réussir, et parallèlement sa peur d’échouer. S’il réussit, vous le féliciterez normalement : l’enfant Vierge est très sensible à l’exagération, tout compliment excessif sonnerait faux à son oreille, et serait perçu négativement.
Si vous êtes une mère et un père extravertis, expansifs et bruyants, vos attitudes risqueront d’embarrasser et, par la suite, d’exaspérer votre enfant, dont la réserve, la timidité, l’excès de sensibilité vous agaceront de la même façon : il possède à un degré élevé le sens de la nuance, et c’est une qualité que vous avez intérêt à ménager, que vous devriez même essayer d’acquérir si vous désirez éviter qu’il vous fuie peu à peu et de plus en plus.
De même, des parents à la personnalité forte risquent, à leur insu, d’être un problème pour l’enfant Virginien qui, de par sa propension à s’estimer inférieur à ce qu’il est en réalité, a également tendance à mettre sur un piédestal très, ou trop élevé les êtres qu’il admire. L’un ou l’autre parent qu’un tel enfant poserait en modèle inaccessible et écrasant pourrait donc involontairement être la source d’un comportement négatif. Plusieurs solutions se présentent selon le style de personnalité des parents ; mais, en tout cas, savoir se mettre à l’écoute et à la portée de l’enfant, s’humaniser en se montrant parfois sous un éclairage inverse de celui sous lequel il vous voit le plus souvent, lui montrer par exemple ses faiblesses et ses hésitations, tout cela réduira la distance, et contribuera à créer ce climat de confiance sans lequel le Virginien est incapable de s’épanouir.
Dans un même ordre d’idées, la présence de frères et sœurs plus brillants, plus doués ou plus gâtés physiquement que lui, peut tourner à la catastrophe si vous ne savez pas y faire : les comparaisons (toujours peu recommandables, car de toute façon stupides et dangereuses), si elles ne sont pas à son avantage, le blesseront sans aucun doute profondément, et le feront se déprécier lui-même. Il est de ceux que la compétition, loin de stimuler, abat. Vous l’aiderez en lui faisant subtilement prendre conscience de ses propres qualités, en lui montrant que si d’autres ont des qualités qu’il n’a pas, lui a des qualités que les autres ne possèdent pas, et, surtout, en lui apprenant que la question n’est pas d’être mieux ou moins bien qu’un autre, mais qu’il s’agit d’être soi-même, au faîte de ses possibilités personnelles : il est parfaitement capable de comprendre, et aussi de mettre en pratique, ce dernier point.
Vous pouvez déjà voir comme l’éducation d’un enfant de ce type n’est pas aussi simple qu’il y paraît de prime abord : il convient en effet de faire acquérir à cet être la confiance en lui qui lui manque, par des encouragements bienvenus, ni trop rares ni trop fréquents, ni trop superficiels ni trop appuyés, ce qui exige de la part des parents de rares qualités de disponibilité, de psychologie, de finesse et d’intelligence. Des parents un peu lourds, ou ne serait-ce qu’inattentifs, entraveraient sans le savoir le développement de cet enfant sensible et délicat, qui souffre en silence des malentendus et que le moindre signe de grossièreté, de vulgarité, choque et révolte terriblement.
Si le contexte familial n’a pas permis à l’enfant Vierge d’acquérir un minimum d’assurance (avec lui il ne pourra jamais s’agir que d’un minimum), l’entrée à l’école se présentera comme une épreuve d’autant plus redoutable.
Oh ! bien sûr, cet enfant a tout pour être dans les bonnes grâces des professeurs : studieux, sage, poli, timide, l’élève idéal, en somme. Mais ce modèle de « chouchou » aura bien du mal à être populaire auprès de ses petits camarades, indisciplinés, insolents, brutaux, cruels, toujours prêts à le mettre en boîte, et plus portés à la bagarre, aux sports et aux jeux, qu’à l’étude.
Premier en littérature, mais dernier en gymnastique, sachant bien ses leçons, mais tout rouge dès qu’il les lui faut réciter devant toute la classe, incapable d’improviser une réponse à une question qu’il n’aura pas préparée, incapable de « flan », d’esbroufe, il préférera lire tout seul dans un coin quand les autres joueront au ballon, et lorsque les autres chahuteront, feront des blagues, il sera emprunté, culpabilisé, ne se sentant ni du côté des élèves, ni du côté des professeurs, mal à l’aise avec tout le monde et avec lui-même.
A moins qu’il n’y ait dans sa classe quelques autres élèves du même signe que lui, ou quelques Saturniens ou Neptuniens avec lesquels il aurait plus de possibilités de trouver un terrain d’entente, il se trouvera donc forcément confronté à des problèmes de communication qui, la plupart du temps, rendront sa scolarité malheureuse, et accentueront sa tendance à se replier sur lui-même.
Il serait évidemment préférable, que, dans la mesure du possible, la vie à la maison ne se passe pas trop en vase clos : une atmosphère familiale gaie et détendue, avec un va-et-vient d’amis qui traitent l’enfant à la fois avec chaleur et désinvolture, l’aiderait à s’épanouir.
Devant les difficultés d’adaptation de leur enfant, le voyant empêtré de son corps, maigre et contracté, recevant des coups mais incapable de les rendre, beaucoup de parents auront l’idée de lui faire pratiquer un sport individuel (judo, karaté, boxe, ou autre, éventuellement la danse), susceptible de lui faire rattraper ou compenser ses insuffisances et son manque d’assurance physique. S’ils réussissent à convaincre l’enfant, bravo ! Sinon, ils auraient tort, dans l’intérêt même de leur enfant, de forcer un refus, motivé davantage par un réel manque d’intérêt que par un entêtement borné. Dans ce dernier cas, que les parents se contentent de l’encourager habilement, c’est-à-dire sans insister pesamment, à aller plus loin dans ce qui l’intéresse vraiment. Après tout, il ne sera jamais un athlète, et il n’est ni meilleur ni pire de vous retrouver plus tard avec un intellectuel frileux certes, mais capable de se défendre avec sa matière grise et sa plume, à défaut de ses muscles.
Il vous faudra malgré tout lutter contre sa tendance à rester enfermé et à refuser systématiquement ou à rechigner devant toute forme d’activité physique : l’oxygénation, c’est-à-dire le grand air, et un minimum d’exercice physique, car ils sont indispensables à tout enfant.
Bien qu’ayant tendance à fuir ses problèmes dans les livres et à devenir un bûcheur obstiné pour compenser sa solitude et sa timidité par un savoir encyclopédique, c’est sur le plan des études qu’il posera le moins de problèmes. Il sera pourtant toujours plein d’appréhension à l’approche des examens, exagérant immanquablement à plaisir la difficultés des épreuves à subir, et minimisant de la même façon ses compétences et ses chances de réussite.
Retenez que c’est un enfant intellectuellement curieux, désireux d’apprendre et de savoir : la littérature, les langues, l’histoire, les sciences naturelles, plus tard la philosophie, seront ses sujets de prédilection. Favorisez ses penchants en lui constituant une bibliothèque fournie ou en l’inscrivant à celle de la municipalité, en l’abonnant à des revues dignes d’intérêt, en sachant orienter ses sorties, et choisir ses programmes de radio et de télévision, en attendant qu’il puisse le faire lui-même.
Interrogez-le de temps à autre sur ses lectures : pour peu que vous y preniez intérêt, ses connaissances vous surprendront, et il en sera extraordinairement stimulé (à condition toujours que vos manifestations d’intérêt et d’admiration restent dans un certain ton de justesse et de discrétion ; sachez aussi que vous le rendriez malheureux en vantant de façon outrancière ses qualités en public).
Ajoutons, pour finir, que le petit Virginien est raisonneur, au mauvais, comme au bon sens du terme : par exemple, il ne rendra pas service pour le plaisir de rendre service, mais parce qu’il se sera trouvé suffisamment de bonnes raisons pour cela ou, encore, plus simplement, parce qu’il se sera une fois pour toutes rendu compte qu’il est plus justifié de rendre service que de ne pas le faire.
D’où un manque de spontanéité parfois irritant pour son entourage, qui lui reprochera d’être calculateur, mesquin, égoïste. On ne peut pas dire, en effet, que ce soit un enfant généreux : il ne prête pas volontiers. Il n’est pas avide, il n’aura pas envie de posséder beaucoup et se contentera de peu, mais il tiendra très fort à ce qui sera à lui, en prendra le plus grand soin, et le conservera, très longtemps. Il serait inutile de l’inciter à se départir de l’un de ses jouets, sous le seul prétexte qu’il faut savoir donner (c’est d’ailleurs une mauvaise politique avec tout enfant possessif). Pourtant, avec son caractère raisonneur et raisonnable, le petit Virginien est très accessible au sens moral, à ce qui est bien, à ce qui est mal, aux « je dois », « je devrais », « j’aurais dû »… dont il a, répétons-le, une compréhension réfléchie plus qu’intuitive. Lui faire valoir qu’il y a des petits enfants comme lui, qui n’ont rien, dérangera son confort, mais ne le laissera pas indifférent, et constitue peut-être une bonne méthode pour ouvrir un cœur qui, trop préoccupé par ses problèmes personnels, n’est pas naturellement disposé à se pencher sur ceux des autres. En ce qui concerne les problèmes personnels, cet enfant introverti a tendance, si tout l’y pousse, à véritablement s’y enfermer, pouvant aboutir ainsi à une sorte de prison d’égocentrisme asocial ; on a tout intérêt, non seulement à essayer avec son concours de détourner adroitement son attention de lui-même vers les autres – car c’est un enfant capable de dévouement, même s’il est d’un abord réservé, en tout cas efficace -, mais encore à lui inculper l’humour, ce qui n’est évidemment possible que si l’on n’en est pas complètement dépourvu. Son sens aigu du ridicule peut le prédisposer à se moquer intelligemment des autres et de lui-même.
Altruisme et humour sont des voies salvatrices ; en raison de ses blocages, l’enfant Vierge s’y orientera rarement tout de suite de lui-même, mais il pourra y exceller si l’on sait l’y diriger.
La Vierge et son Travail
« Travaillons donc ! Plutôt s’user que se rouiller. » Exhortation bien dans le style de la Vierge, et lancée par Diderot, fortement marqué par ce signe malgré son Soleil natal en Balance.
C’est un fait reconnu, la Vierge produit nombre de travailleurs modèles, dont le sérieux, la conscience professionnelle, l’efficacité ne sont pas les moindres vertus. L’on n’a pas fini de louer ce signe pour ses qualités, de discrétion, d’application dans les tâches entreprises, de prudence et de prévoyance. Pour ces mêmes raisons, précisément, on lui colle invariablement l’étiquette de « brillant second » ou, à la rigueur, d' »excellent coéquipier ».
Sous prétexte qu’il maîtrise ses instincts de puissance, il est taxé de médiocrité, d’insignifiance. En vérité, ses mécanismes de défense le conduisent à demeurer en deçà de ses possibilités réelles plutôt que d’aller au-delà de ses limites, tout en se réservant de donner la pleine mesure de lui-même au moment opportun. Visant un but inférieur à ses capacités, il n’a pas à douter du succès : il lui est dû.
Il n’en reste pas moins vrai que la Vierge, souvent modeste et effacée, préfère demeurer en retrait et travailler dans l’ombre qu’affronter les feux de la rampe. Mais, dans les limites qu’il s’est volontairement imposées, le natif du signe est d’une rare efficience.
Le type Vierge croit avant tout aux vertus du travail bien fait. Rien ne vaut, à ses yeux, la compétence professionnelle. Le métier s’acquiert à force de discipline, au prix d’une rigueur et d’une patience de tous les instants.
Excessivement perfectionniste, il ne cesse d’améliorer ses techniques et ses méthodes de travail. Fallait-il que la Vierge fût puissamment valorisée dans le thème de Boileau pour que le champion de l’Art poétique conseillât : « Hâtez-vous lentement et, sans perdre courage, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ! »
Le Virginien a un incroyable souci du détail. Il ajoute, retranche, fignole, jusqu’à ce qu’il s’estime parfaitement satisfait du résultat. Ce sens du détail est une conséquence de son esprit d’analyse poussé au maximum. Il voit rarement un problème sous l’angle de la globalité, mais plutôt comme une accumulation d’éléments dissociés, de « corps simples », qu’il faut traiter les uns après les autres et qui ont tous leur importance.
L’autre grand fleuron de la Vierge est son fameux sens de l’organisation. Il lui permet de prévoir, de calculer, de programmer, d’anticiper. Ajoutons à cela un esprit méthodique, un goût de l’ordre et de la précision, et l’on comprendra qu’elle soit plus volontiers assimilée à l’industrieuse fourmi qu’à l’inconséquente cigale.
Elle est donc tout naturellement portée vers les métiers où il faut compter, préparer, classer, vérifier, contrôler. Métiers dans lesquels peuvent s’exprimer pleinement ses qualités de patience, d’exactitude, d’ingéniosité, et de discernement. Du bibliothécaire, archiviste ou documentaliste au statisticien, comptable, contrôleur, la liste est longue.
Un autre aspect de la personnalité du signe le guide vers les métiers « de service ». Il a besoin de se dévouer pour les autres et, plus encore, d’avoir le sentiment d’être utile. C’est une manière de donner un sens à sa vie. Selon les cas, il choisira de servir les hommes, et s’orientera soit vers des professions médicales ou para-médicales, soit vers tous les métiers liés aux prestations de service, ou bien il sera enclin à servir l’Etat. A tous les échelons il fait un parfait fonctionnaire. Michel Jobert et Alain Peyrefitte ne sont que deux exemples, parmi les plus illustres, d’hommes politiques ayant fait leurs classes à l’E.N.A.
L’habileté manuelle de la Vierge ajoute encore d’autres cordes à son arc, et lui offre un choix de métiers diversifiés, de l’artisanat à l’industrie de précision (horloger-opticien-ajusteur, etc.), en passant naturellement par les spécialisations médicales telles que la kinésithérapie ou la médecine physique.
L’éventail des orientations professionnelles est varié, mais la façon de concevoir le travail, et les méthodes employées sont quasiment identiques.
La Vierge n’entreprend jamais une tâche sans s’être auparavant longuement documentée pour connaître à fond son affaire. La superficialité et la facilité sont toujours rejetées au profit d’un travail en profondeur, exhaustif.
Le sens pratique, extrêmement développé, est une conséquence de l’intelligence aiguillée en permanence vers le besoin d’activité. Chez le type supérieur, en effet, la pensée et l’action sont étroitement liées. D’où le besoin de transformer l’idée initiale en réalisation concrète. Sans quoi, le Virginien aurait l’impression de « tourner à vide », de faire fonctionner sa matière grise inutilement. Il lui faut un résultat tangible pour être satisfait.
Bien qu’il ait suffisamment le sens de l’organisation rationnelle du travail pour avoir un rendement productif en équipe, il préfère, par goût, travailler isolément. Et cela, encore une fois, par besoin d’autoprotection, et parce qu’il tend éternellement vers le même but : ne compter que sur soi.
Si, professionnellement, il s’oriente vers la spécialisation, c’est également pour s’assurer que personne ne viendra s’immiscer dans ses affaires et tenter, éventuellement, d’émettre des réserves quant à la qualité de son travail. Encore qu’il accepte assez volontiers la « critique constructive », s’inscrivant dans la ligne d’une amélioration, d’un perfectionnement. Même dans ce cas, il faudra faire preuve de doigté et formuler la remarque en termes choisis, afin d’éviter de froisser sa susceptibilité à fleur de peau. Il a trop le sentiment de « faire pour le mieux » pour supporter les jugements désobligeants.
Au sein d’une entreprise, le travailleur de la Vierge entretient cependant d’assez bonnes relations avec son entourage. Dévoué, il est presque toujours prêt à rendre service, à s’acquitter d’une tâche fastidieuse à la place d’un collègue moins assidu que lui. Et puis, il n’est pas de ceux qui inquiètent par leur arrivisme forcené, par leur aptitude à écarter systématiquement de leur passage tout ce qui entrave leur réussite personnelle. Au nom des grands principes, il refuse d’admettre que la fin justifie les moyens. S’il aspire à ce que ses mérites soient reconnus à leur juste valeur, il ne cherche jamais à écraser des collaborateurs susceptibles de lui faire de l’ombre ou de le supplanter. On lui reprocherait plutôt de ne pas avoir les dents assez longues. Il ne fait pas partie de la race des « jeunes loups ».
Sa patience, son obstination à aller au bout de ce qu’il a entrepris le conduisent cependant à s’imposer professionnellement. Lentement mais sûrement. Sans esbroufe, presque sans que l’on s’en aperçoive. Et lorsqu’il a pris racine, il devient difficile de l’évincer.
Est-ce parce qu’il s’accroche de toutes ses forces à la sécurité de son emploi ? Pas uniquement.
Mais lui qui sait très bien que personne n’est indispensable, le devient aux yeux de ses supérieurs, trop heureux de conserver cette perle rare : un employé sérieux, compétent, consciencieux, et suffisamment peu ambitieux pour ne gêner personne. Il faudrait être stupide pour s’en séparer..!
Alors, ce « coureur de fond régulier », comme aime à se décrire Françoise Giroud, finit par rattraper puis dépasser ceux qui ont pris un départ foudroyant, mais ont finalement chuté au premier obstacle important. Lui, au contraire, se révèle dans les moments graves, dans les périodes de crise. C’est précisément lorsque la panique devient générale qu’il fait preuve d’un sang-froid et d’un esprit d’initiative confondants.
Hélas ! – mais ce n’est pas la Vierge, dont le réalisme confine parfois au fatalisme, qui s’en étonnera – toute médaille à son revers. Poussées à l’extrême, bien des qualités professionnelles du signe tendent à se transformer en valeurs négatives.
A force de fignoler son travail, le type Vierge dissonant s’englue dans les détails. Il finit par perdre complètement de vue le but ultime qu’il s’est fixé. Son esprit d’analyse devient morcellement de la pensée.
Son perfectionnisme est aussi une arme à double tranchant. Utilisé sans parcimonie, il devient un terrible handicap, car il paralyse dans l’action. Obsédé par l’idée de « faire encore mieux », le Virginien se bloque, et court le risque de ne plus rien faire du tout ! La plus légère imperfection lui saute aux yeux, il fixe toute son attention sur ce détail, s’acharne à recommencer plusieurs fois, s’exaspère, se décourage. Lorsqu’il pense avoir enfin maîtrisé la difficulté et qu’il est satisfait du résultat, il a perdu un temps précieux. Le comble, c’est qu’il est généralement le seul à remarquer la différence.
L’autre mal funeste dont souffre le natif de la Vierge est un complexe d’infériorité tenace, quasiment inguérissable puisque ni la réussite, ni même la célébrité ne parviennent à le supprimer complètement. Tout travail nouveau, toute responsabilité supplémentaire provoquent chez le Virginien une réaction initiale de panique. « En serai-je capable ? » est l’une des phrases clefs de son monologue intérieur. Cette crainte viscérale est progressivement maîtrisée et il met alors à profit son sens pratique et son esprit de ressource pour s’acquitter de la tâche.
Mais le doute demeure en lui. Telle une douleur lancinante, il empêche repos et satisfaction. Jamais le Virginien ne s’endort sur ses lauriers. Comment le pourrait-il puisque, pour lui, « tout est toujours à recommencer » ? Pas un instant il ne perd de vue que l’on est jugé « sur ce que l’on fera le lendemain ». Cette remise en question permanente tend à développer une psychose de l’échec chez le type Vierge « faible ». Il ne cesse de rétrécir son champ d’action, redoute de prendre des initiatives personnelles, et se contente d’exécuter scrupuleusement les « ordres venus d’en haut ».
Le type Vierge « fort », au contraire, se sent stimulé à demeurer toujours sur le qui-vive. Mais au prix de quelle fatigue nerveuse ! Ce n’est pas pour autant qu’il nourrit des ambitions surhumaines. Il sait bien où mènent les rêves de grandeur. La consécration sociale n’excite pas sa convoitise. Les honneurs ? Il les sait trop fragiles ou tributaires de trop de compromissions pour leur trouver une saveur agréable. Sa lucidité décapante ne lui permet pas de voir les choses comme il voudrait qu’elles soient. Le souhaiterait-il qu’il ne pourrait « arranger » la réalité.
Et même si le hasard, les circonstances (et surtout d’autres dominantes de son thème !) le conduisent au faîte de la célébrité, il demeure spectateur de sa réussite. Jamais elle ne l’aveugle. D’ailleurs le Virginien hait par-dessus tout les gens prétentieux, bouffis de fatuité, qui se gonflent d’importance sans avoir le moins du monde conscience de la relativité des choses en général, et de leurs propres limites en particulier.
Au fond, le drame de ce signe est d’être mal adapté à la vie actuelle. Dans un monde où l’on sacrifie au Veau d’or, il a le sens des vraies valeurs. Dans une société où le rendement prime la qualité du travail, il a l’âme d’un artisan et ne conçoit pas de travailler à la va-vite. L’efficacité, oui. La productivité à tout prix, non.
Il fallait que le cinéaste Jean Renoir soit du signe de la Vierge pour continuer à réaliser des chefs-d’oeuvre « avec des collaborateurs bénévoles et des bouts de ficelle' », dans une profession où le piège du « commercial » vous guette à chaque pas.
Finalement, au-delà des inquiétudes qui l’assaillent, des scrupules qui l’étouffent, le Virginien a une riche compensation : quel que soit le métier qu’il exerce, quelle que soit la tâche qu’il accomplisse, il y trouve de l’intérêt puisqu’il s’efforce constamment d’améliorer sa technique, de perfectionner son travail. Et cela non pas, comme on pourrait le croire, pour être bien vu de ses chefs (on a toujours au moins une personne au-dessus de soi), mais par rapport aux critères de qualité qu’il s’est lui-même fixés. Car il est, de loin, son juge le plus sévère.
La Vierge et l’Argent
Le spectre de l’insécurité matérielle hante jour après jour l’esprit inquiet du natif de la Vierge. L’angoisse qui en découle se manifeste par un besoin quasi maladif de thésauriser, d’économiser, « au cas où… ».
Voilà bien le domaine idéal dans lequel la prudence et la prévoyance, traits constitutifs du signe, peuvent s’exprimer pleinement. Notre Virginien possède la parfaite mentalité de l’épargnant. Quels que soient ses revenus, il s’arrange pour mettre, chaque mois, une certaine somme d’argent de côté. Pourquoi tant de précautions ? Parce qu’à la seule idée de se débattre dans des difficultés financières, il a des sueurs froides. Pour éviter un semblable supplice, il adapte ses besoins à ses possibilités. Il ne sait pas ce que signifie « vivre au-dessus de ses moyens ».
Modérée, frugale, sobre, la Vierge n’a pas, loin s’en faut, la folie des grandeurs. Son attitude a de quoi surprendre à notre époque de gaspillage et de culte du clinquant. Les publicitaires, dont la fonction essentielle consiste à créer constamment de nouveaux besoins chez les consommateurs, pourraient légitimement maudire ce signe, tant il est difficile d’avoir prise sur lui dans ce domaine. « Un bifteck, un verre de vin, un matelas, et il est heureux…. », dit Madeleine Renaud de Jean-Louis Barrault.
Les motivations agissant comme un aiguillon chez toute personne « normalement constituée » sont sans effet sur le natif de la Vierge. Il n’éprouve aucunement le désir d’épater son entourage ou ses amis par l’étalage d’un luxe tapageur. Son souci des apparences n’est pas suffisamment développé pour l’y inciter. Il méprise et condamne le pouvoir que procure la richesse… sans parler de l’usage abusif qui en est fait. Sa probité, son honnêteté, ses scrupules le placent au-dessus des sordides « combines » financières.
Ses objectifs n’ont rien d’inaccessible. Il n’aspire qu’à s’organiser une petite vie tranquille et (oui, tout de même !) relativement confortable. Aussi élimine-t-il, au départ, les sources les plus évidentes de soucis et de complications. Il a pour principe de ne jamais faire de dettes. Comment pourrait-il s’y résoudre, lui qui ne veut être redevable de personne ? La pensée de devoir de l’argent, ne serait-ce qu’à un ami intime, le hanterait et décuplerait son angoisse.
Cette disposition l’empêche parfois de réaliser des affaires intéressantes. Tant pis ! Il préférera renoncer à acheter un appartement qui le tente, plutôt que de faire un emprunt. Le mécanisme du crédit ne l’attire guère non plus. Reste l’alternative de se contenter d’un logement plus modeste ou d’attendre d’avoir suffisamment d’économies pour payer « cash »…
Il organise son budget avec soin et sagesse, prévoit en tout premier lieu une réserve mensuelle pour les factures et les charges qui tombent régulièrement. Il n’est tranquille que lorsqu’il est « en règle » avec son propriétaire, son percepteur ou son agent d’assurances… Dans son cas, la liste des traites de tous genres est longue : son besoin de sécurité l’incline à cotiser à de multiples organismes, caisses de secours et autres mutuelles, en vue de parer à d’éventuelles catastrophes et de s’assurer une vieillesse à l’abri du besoin.
Cet état d’esprit a pour corollaire une horreur viscérale des entreprises aventureuses. Prendre des risques ? Jamais ! A moins qu’ils ne soient (oh, combien !) soigneusement calculés. Au point que la marge de risque en est diminuée d’autant. La situation de salarié convient donc à merveille à la Vierge. Quoi de plus rassurant, en effet, qu’un chèque régulièrement versé à la fin de chaque mois ?
Autre préoccupation majeure du Virginien : faire des placements sûrs. Un épargnant modèle comme lui se doit d’étudier cette question de très près. Pour lui, le placement n’est que l’une des formes de lutte contre le gaspillage, auquel il fait une guerre impitoyable. Puisqu’il se voit offrir une possibilité de faire fructifier son argent, au lieu de le laisser « dormir » inutilement, pourquoi s’en priver ?
En revanche, les jeux de hasard ne le tentent pas. Il est trop pessimiste pour penser que le hasard lui sera favorable. C’est même avec une dureté implacable que la Vierge juge les joueurs invétérés, ceux que leur passion égare au point de se ruiner ou de rendre la vie infernale à leur entourage. Ils sont incapables de se retenir ! Péché capital aux yeux du Virginien.
Lui-même considère que les biens acquis par le travail sont la seule source d’enrichissement noble, et donc acceptable. Bien qu’il ne recherche pas a priori les emplois les plus lucratifs (nous avons vu sa lenteur et sa difficulté à se faire une place au soleil), il estime normal d’être rémunéré en fonction de sa valeur et des tâches dont il s’acquitte. « Tout travail mérite salaire » est une devise qui correspond à son sens de la justice.
N’en étant pas à un paradoxe près, il peut tout aussi bien offrir ses services gratuitement, dans certaines circonstances, car il y a chez lui un côté bénévole et désintéressé. Inutile, alors, de lui proposer une rétribution. Il la refuserait obstinément.
Pourtant, il est souvent perçu comme un matérialiste. C’est une méprise. Il se trouve simplement que la Vierge, signe de Terre, connaît la valeur et le prix de l’argent. Elle se targue d’avoir ce qu’elle appelle le sens des priorités. Est prioritaire, par exemple, la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille. Il est de son devoir de lui fournir le nécessaire : logement convenable, nourriture, vêtements. La conscience aiguë qu’il a de ses responsabilités lui interdit de s’abstraire des contingences matérielles. Mais comme il souhaiterait, parfois, pouvoir s’élever au-dessus de ces considérations ! Il accorde tellement plus d’importance aux nourritures de l’esprit qu’aux nourritures terrestres. Il le souhaiterait, mais il ne le peut pas. Son réalisme l’empêche de fermer les yeux sur ce qui l’entoure. Gagner de l’argent pour vivre est une nécessité trop évidente pour qu’il soit en mesure de l’ignorer.
Le Virginien ressent de façon impérieuse le besoin d’acquérir rapidement et de conserver son autonomie financière. C’est un signe de fierté. C’est aussi une nouvelle manifestation de l’inhibition protectrice. Il se garde des infiltrations étrangères en apprenant précocement à ne rien attendre des autres… ou le moins possible. L’adolescent ou l’adolescente du signe est content de pouvoir s’affranchir sans délai de la tutelle financière de ses parents. Il verra beaucoup moins d’inconvénients à demeurer sous leur dépendance affective, en admettant que ce terme recouvre une réalité significative pour lui. Disons plutôt qu’il accueillera favorablement leur soutien moral aussi longtemps qu’ils voudront bien le lui accorder.
A l’âge où l’inconscience et l’irresponsabilité sont encore tolérées, le jeune Virginien fait déjà la distinction entre l’utile et le superflu. Au lieu de dilapider son argent de poche en babioles et en futilités, il est capable de faire des économies pour s’offrir un livre de collection, un électrophone de bonne qualité, ou tout autre objet de valeur. A l’âge adulte, naturellement, ces tendances ne font que s’accentuer.
Tout comme « la nature a horreur du vide », la Vierge a horreur de ce qui lui semble inutile. Encore faut-il s’entendre sur ce terme et déterminer où se situe exactement la frontière entre l’utile et l’inutile. Question difficile à trancher parce qu’éminemment subjective. La femme Lion jugera utile, voire indispensable, d’avoir trois manteaux de fourrure dans sa garde-robe. Prestige oblige.
Devant un tel déploiement de luxe, la native de la Vierge s’offusquera et son jugement sera aussi rapide que définitif : « Mauvais goût de parvenue ! ». II est vrai qu’elle est peut-être la femme qui échappe le plus facilement à la réputation toute faite de prodigalité et de goût pervers du luxe, dont le « sexe faible » a paraît-il l’exclusivité. On n’achète pas une femme de la Vierge avec des bijoux ou des fourrures.
Elle préfère toujours la qualité à la quantité. Son budget vêtements est néanmoins très raisonnable. Elle a généralement la chance d’avoir de l’allure et de porter bien la toilette. Classique dans ses goûts, elle sait rehausser l’élégance un peu stricte d’une robe ou d’un tailleur par un détail original.
Dans l’ensemble, le Virginien renouvelle peu fréquemment sa garde-robe. Il déteste changer et plus encore jeter ! En période dépressive, il est enclin à négliger sa façon de s’habiller. On le verra sans cesse avec les mêmes vêtements parce qu’il se « sent bien dedans ».
Et puis, il n’accorde qu’une importance très relative aux apparences. La valeur de quelqu’un ne se juge pas à sa mise. Il convient d’être net et soigné. Un point c’est tout. Dans ses achats, le Virginien porte ses choix sur des articles fonctionnels, rationnels et pratiques. Malgré son amour du beau, il fait passer au second plan les critères d’ordre purement esthétique. Il recherche d’abord la qualité et la solidité. Etre d’habitudes, il se sent sécurisé dans un cadre familier et parmi des objets qui ont fait un bout de chemin avec lui. Il les connaît bien, leur a attribué une place immuable, et ne s’en séparera que contraint et forcé (si son grenier ou ses placards sont déjà pleins à craquer).
La Vierge consent à investir des sommes importantes dans des appareils électroménagers, à condition qu’ils soient de première utilité. Les gadgets ne la séduisent pas. Même les cadeaux qu’elle fait à ses amis ou à son entourage sont utilitaires. Elle ne voit pas l’intérêt de dépenser de l’argent pour un objet dont personne ne se servira jamais.
Dans un supermarché, le Virginien est heureux comme un roi, ravi d’obtenir un escompte par-ci,’une petite réduction par-là. Parfois même, il se laisse prendre au mirage des grandes surfaces et fait des dépenses supérieures à ses prévisions. Mais il se donne bonne conscience en déclarant qu’il vaut mieux stocker qu’être pris au dépourvu. Au bout du compte, il reste persuadé d’avoir « fait une affaire », puisqu’il a acheté à des prix défiant toute concurrence.
Au demeurant, c’est un consommateur avisé, exigeant. Il s’indigne souvent devant les variations de prix d’un même produit d’un magasin à l’autre. Pour une différence de quelques dizaines de centimes, vous le verrez perdre son sang-froid. Ce n’est plus une question d’argent, mais de principe. Il a l’impression d’avoir été floué, volontairement dupé. On a cherché à se moquer de lui. Il suffit que ce doute s’infiltre inconsciemment dans son esprit pour que son attitude se transforme instantanément, rendant souvent ses réactions incompréhensibles, même à ses proches. Lui qui répugne à traverser une salle de restaurant par gêne d’être dévisagé, il est capable de faire un esclandre propre à ameuter toutes les tables voisines si l’addition qui lui est présentée lui semble indûment élevée.
Au fond, dès que ses principes, ou son intégrité, sont bousculés, il exige réparation, sur le plan moral ou financier, selon les cas. Qu’un voisin maladroit érafle la peinture de son portail avec sa voiture, et il exigera sur-le-champ, une compensation pécuniaire. Cette particularité fait aussi de lui le locataire le plus discret… ou le plus rouspéteur. S’il constate une légère tache d’humidité sur un plafond ou une fine lézarde sur son mur, il exigera qu’une enquête soit ouverte afin de déterminer la responsabilité de ses voisins, et que, le cas échéant, des dommages et intérêts lui soient versés sans délai.
Beaucoup verront là la marque indiscutable d’un esprit économe, peu porté à l’excès de consommation. Il est exact que le natif de la Vierge y est prédisposé. Tapie au fond de lui, la peur obscure des lendemains lui inspire une attitude réflexe vis-à-vis de l’argent. Il ne lâche pas volontiers ce qu’il a accumulé avec tant de soin et de patience. L’impulsivité ou les coups de tête n’étant pas de son ressort, il apparaît évidemment comme un affreux calculateur. Avant d’engager les moindres frais, il prend effectivement le temps de la réflexion… le temps d’évaluer l’impact de la dépense en question sur l’état général de ses finances. S’il n’y a pas péril en la demeure, il s’octroie le feu vert. Ce comportement ne laisse pas de place à une générosité débridée !
Et pourtant le sens de l’économie du Virginien s’exerce suivant un rythme souvent inexplicable. Parfois, le voici qui dépense d’un seul coup la réserve qu’il a scrupuleusement amassée sou après sou ! C’est la manifestation du mécanisme d’ambivalence, déjà mentionnée, mais là n’est pas l’unique raison. Toujours prêt à pratiquer une introspection poussée, l’homme ou la femme du signe s’analyse sans complaisance. Il sait bien de quels défauts il est affligé. De temps à autre, sa tendance à la mesquinerie le révolte. Délibérément, il fait sauter les verrous de sécurité et dépense sans compter, ne serait-ce que pour se prouver à lui-même qu’il est capable de largesse. Ensuite, il se sent à la fois coupable… et très soulagé.
La Vierge et sa Santé
La Vierge a hautement conscience de ses carences, de sa fragilité, et cela explique son caractère craintif, son recul instinctif devant la vie, devant les menaces de l’inconnu. Pour s’en préserver, elle édifie tout un système de défense constitué principalement par un réseau d’habitudes, que l’imprévu a bien du mal à traverser ; dans le pire des cas, elle risque d’en devenir complètement prisonnière.
Mais, de même que dans le travail, angoissée par sa lenteur, elle mettra les bouchées doubles et finira, telle la tortue de la fable, par faire souvent plus vite et mieux que d’autres plus rapides, plus doués (donc plus insouciants), de même, gênée très tôt par les divers inconvénients dus à sa constitution physique, elle se mettra en quelque sorte à l’écoute de son corps, elle l’étudiera, afin de l’entourer de mesures hygiéniques et prophylactiques appropriées, tant et si bien qu’elle finira, sur la longueur, par mieux tenir le coup que des natures plus robustes. Triomphe modeste, car durement acquis et mérité. Si ce signe est si prodigue de petits soins envers sa personne, c’est finalement pour pouvoir en tirer le maximum, et éviter que les troubles chroniques prennent un caractère aigu et plus irrémédiable.
Le tempérament est nerveux. Les principales caractéristiques en sont évidemment la prédominance du développement du système nerveux et la prédominance de la fonction d’excrétion, qui entraîne le ralentissement des autres fonctions : d’abord celui de la capacité respiratoire, correspondant à l’étroitesse de la cage thoracique, puis des sécrétions qui sont diminuées, des liquides réduits, des sels retenus. Ce tempérament va également de pair avec une tendance sclérosante, une production de chaleur faible, une tendance à l’auto-intoxication liée à une élimination que l’excès de cérébralité rend difficile. Les maladies typiques du signe sont principalement les troubles intestinaux et hépatiques, les maladies de peau, la neurasthénie, l’insomnie, l’arthritisme, l’artériosclérose, le diabète, l’impuissance ou la frigidité.
La pauvreté constitutionnelle du tempérament nerveux oblige l’être à donner la primauté à l’instinct de conservation sur celui d’expansion, ce qui, morphologiquement, donne des rétractés au cadre étroit. (Nous considérons ici le type Vierge pur, étant bien entendu que, selon le thème, d’autres facteurs sont susceptibles de faire prédominer la dilatation sur la rétraction, ou d’amalgamer davantage l’une et l’autre.)
L’étroitesse du cadre (contours du visage) indique bien l’énergie limitée ; les récepteurs abrités ou fermés (yeux petits et légèrement enfoncés dans les orbites, narines plus ou moins pincées et cachées sous le lobule du nez, lèvres serrées) et le front redressé marquant la défensive, le recul, le contrôle, c’est-à-dire l’économie de cette énergie et plus généralement la secondarité. La finesse des mêmes récepteurs correspond à la sensibilité, la délicatesse, la sélectivité.
A la lumière de ces données, il est plus aisé de comprendre pourquoi le type Vierge s’entoure de tant de précautions : sa fatigabilité l’oblige à mener une vie calme, sédentaire, l’empêche de se dépenser sans compter : par exemple, il prolongera rarement une soirée, s’apprêtant à la quitter au moment précis où d’autres estimeront qu’elle va réellement commencer. C’est également pour cette raison qu’il préfèrera les techniques de relaxation, telles que le yoga, la sophrologie, aux sports violents, pour lesquels il est forcément peu doué et qui ne l’intéressent pas. Sa frilosité lui fera craindre et éviter le plus possible les écarts de température : s’il vient du froid en entrant chez vous, il ne consentira à se défaire de son précieux manteau qu’une fois réchauffé, ce qui lui prend parfois le temps de sa visite.
Quant à la fragilité de son appareil digestif, et aux troubles désagréables tels qu’entérite, colite, constipation, dyspepsie, etc., qu’elle entraîne (l’Astrologie traditionnelle attribue à la Vierge les intestins, le pancréas et le foie), elle le conduit tôt ou tard à se préoccuper de son alimentation.
On dit qu’il est fanatique des régimes : c’est vrai que bien des personnes du signe les auront étudiés et expérimentés soigneusement, par nécessité, pour réduire leurs troubles chroniques, jusqu’à ce qu’elles aient trouvé le régime leur convenant.
Le sens de l’utile est tellement développé chez ce signe, qu’à l’extrême il finira par s’en tenir strictement aux aliments susceptibles de lui fournir ce qu’il recherche – bien-être, relative énergie – et se détachera facilement du reste. Pour lui, l’agréable est indissociable de l’utile, et un aliment jugé nuisible (comme certaines charcuteries), ou simplement inutile (certaines sucreries), lui sera désagréable, même si ses goûts, ou plutôt le conditionnement de ses goûts, l’y portaient originellement.
Un bon aliment devra lui apporter une autre satisfaction que celle de ses papilles gustatives : facilités d’assimilation et d’élimination, apports caloriques, vitaminiques et minéraux, apports en protéines, graisses, sucres. Dosant savamment, s’interdisant bon nombre de mets, évitant certains mélanges particulièrement courants (viande et pommes de terre, viande et céréales), dont il aura appris, d’abord à ses dépens, ensuite dans les ouvrages spécialisés, la nocivité, il sera forcément l’invité le plus difficile qui soit. Pour ne pas l’indisposer, c’est-à-dire pour ne pas le mettre dans la très pénible obligation – pour lui si bien élevé – soit de vous refuser le plat que vous aurez longuement mijoté, soit d’en prendre du bout des lèvres quelques bouchées d’autant plus difficilement avalées qu’il sait par expérience qu’elles vont le rendre malade, contentez-vous de lui préparer un repas simple : des légumes verts ou une salade, une viande grillée ou rôtie, un fromage et un vin léger le combleront d’aise et vous vaudront des compliments que vous trouverez sans doute exagérés, puisque c’est là ce qu’il y a de plus facile à cuisiner.
Toujours limité par un corps qu’il lui faut ménager, dont il est toujours obligé de tenir compte, le type Vierge redoute la maladie et l’impuissance, ou plutôt l’improductivité, à laquelle elle le condamne. Il la redoute, et en même temps il la refuse : rationnel, logique, il pense au fond qu’une certaine intelligence du corps et de ses besoins, telle qu’il croit l’avoir et essaie de la cultiver, est une arme toute-puissante contre la maladie. Il est assez lucide pour ne pas négliger l’importance de son équilibre psychique sur la bonne marche de sa machine, et c’est encore une des raisons pour lesquelles, plus ou moins conscient de la précarité chez lui de cet équilibre (type nerveux, émotif), il protègera autant sa vie psychique que sa vie physiologique.
Seulement, c’est là que se situe une impasse difficile à éviter : car l’excès de protection aboutit inévitablement au déséquilibre, soit en sensibilisant et fragilisant outre mesure aux événements extérieurs qui parviendront à forcer le barrage, soit en créant chez l’être une carapace d’indifférence qui le mènera droit à l’asphyxie. Et c’est naturellement au bout de cette impasse que l’attend la maladie, pressée d’annihiler d’un seul coup des années d’efforts préventifs, qui avaient presque fini par faire croire au natif qu’il était devenu invulnérable.
La maladie l’affecte profondément en resserrant les limitations physiques qui l’ont entravé toute sa vie, mais ne l’abat pas, toujours persuadé qu’il est que les désordres du corps peuvent être guéris par la suprématie de l’esprit, à savoir la volonté, l’intelligence et la science, ou, autrement dit, le désir de guérir, la remise en question de certaines règles de vie, le choix du bon médecin, donc du bon remède.
Les médicaments dont l’ingestion trouble souvent les fonctions digestives et les troubles physiologiques qui lui sont propres, auront été de bonne heure pour le natif un sujet d’approfondissement et d’étude. Grâce à ses qualités d’observation et de perspicacité, il aura là, qui suppriment provisoirement un effet, sans s’attaquer à la cause latente des diverses manifestations possibles. Par conséquent, il sera le premier à laisser tomber la thérapeutique allopathique aux effets agressifs et provisoires, et à se tourner vers des médecines plus acceptables à la fois pour sa réflexion et sa fragilité : les médecines dites naturelles ou parallèles. et particulièrement l’homéopathie, médecine globale et individualisée, préventive et curative, non toxique.
Quant à la personne du médecin, là aussi il aura vite compris qu’il en est des rapports médecin-malade, comme des amitiés et des amours : celui qui fera des merveilles sur l’un, peut être catastrophique pour l’autre ; les affinités importent autant que la compétence. Le type Vierge recherchera donc d’abord un médecin doté de la même forme d’intelligence que lui, plus soucieux du long que du court terme, de la maladie que du symptôme, du malade que de la maladie, et possédant pour deux cette chaleur humaine qui lui fait personnellement défaut, mais dont il a besoin pour surmonter ses inquiétudes et ses pudeurs.
Ce sera donc un malade idéal, c’est-à-dire intelligent et discipliné, du jour où il sera tombé sur « son » médecin (ce qui risque de prendre du temps). Autrement, il sera insupportable, soulevant des questions fastidieuses et embarrassantes qui vont transformer la consultation en cours de médecine ; se méfiant des prescriptions à tel point qu’il les suivra rarement jusqu’au bout, ayant constaté ou imaginé que leur application lui faisait plus de mal que de bien ; souhaitant être considéré comme un cas très particulier, alors que la plupart des médecins n’ont pas la possibilité matérielle de faire autre chose que du général et du superficiel ; bref, le casse-pieds dans toute sa splendeur, parce que sa réserve habituelle, qui l’empêche normalement d’attirer l’attention sur lui, aura cédé le pas à la crainte, mêlée d’intérêt, que suscite en lui la maladie.
Et voilà encore l’un de ses paradoxes : alors qu’il est si plein d’égards et de respect pour les autres, il peut, en même temps, surtout pour ses proches, être un redoutable casse-pieds, assorti d’un étonnant maniaque : maniaque de l’hygiène, donc de l’ordre et de la propreté, tombant facilement dans le ridicule ; par exemple, il évitera autant que possible le métro, la foule, les toilettes publiques, il aura horreur d’utiliser un verre ou des couverts ayant déjà servi, etc., en partie par peur du microbe, de la contamination, et en partie, aussi, par dégoût de la vie, des odeurs, de la saleté, du « brut », du « cru », dont il ne sait voir que la laideur. Ses éclairages sont tamisés et, à la limite, son monde idéal est aseptisé, programmé…, et il ne s’y passe rien.
Comme le prouvent son armoire à pharmacie, toujours pleine de médicaments non toxiques et de tisanes, ainsi que sa bibliothèque, où vous trouverez au moins un dictionnaire, sinon plusieurs ouvrages de médecine, il est aux aguets de ses moindres malaises, mais répugnera en principe à en parler.
Si c’est vous qui êtes souffrant, peut-être ne serez-vous pas sans noter, bien qu’il cherche à la masquer de son mieux, la légère réticence qu’il éprouvera à vous approcher. (Du reste, il a malgré lui cette réticence instinctive pour tout ce qui est physique, et se raidira même devant un baiser ou, pire, une simple poignée de main à donner ou recevoir, si vous ne faites pas partie de ses rares intimes.) Pourtant, le récit que vous lui ferez de vos maux l’intéressera toujours, et l’amènera parfois, à la lumière de ses connaissances souvent supérieures à la moyenne, à vous conseiller avec à-propos : rien de ce qui est médical ne le laisse indifférent, et il a un certain art de relier les effets aux causes. C’est que, répétons-le, ce signe a une cérébralité dominante qui, au positif, lui donne une intelligence analytique, logique, pratique, une curiosité intellectuelle toujours en éveil, une forte sensibilité, mais, au négatif, pousse les facultés d’analyse si loin qu’il en résulte une paralysante division intérieure entre le spectateur et l’acteur, entre la pensée et l’action, entre le monde des idées et celui des faits, entre la représentation de la maladie (connaissances livresques) et son existence (chair et sang).
La Vierge et la Mort
Pour la Vierge, comme pour le Taureau et le Capricorne que la terre rend réalistes, la mort n’est pas une source d’angoisse métaphysique. Les notions de néant, de non-être, lui sont sinon étrangères, du moins indifférentes. Au « qui suis-je ? », elle oppose le « je suis », à l’éternité le présent, à l’au-delà le « là ».
Elle considère la mort comme l’échéance normale du processus d’usure qu’est la vie, et l’accepte à condition qu’elle survienne normalement.
Au fond d’elle-même, la Vierge a le respect de toute forme de vie, et le sentiment que du moment que cette vie lui a été donnée ou plus exactement qu’elle l’a prise, elle lui doit, elle se doit de la gâcher le moins possible et de s’acquitter au mieux de ses responsabilités personnelles et des nécessités quotidiennes.
Elle sera donc aussi consternée par l’interruption prématurée d’une existence quelle qu’elle soit, que par une marée noire, ou l’avarie d’une récolte. Travailleuse consciencieuse, elle s’inquiétera de sa propre mort dans la mesure où celle-ci l’empêcherait de finir une tâche importante.
Mais l’idée de sa mort ne commencera à l’angoisser profondément qu’à partir du moment où, malgré sa modestie, elle se croira indispensable à certains êtres : un enfant, un malade ou même un animal.
La peur de manquer, de perdre, qui est à la base du psychisme du signe, est naturellement exacerbée à partir du moment où la Vierge s’attache. Car elle s’attache d’autant plus fortement qu’elle s’attache difficilement. Elle a toujours présent à l’esprit le fait que la mort peut frapper n’importe qui à n’importe quel moment. Il est difficile de dire si son sentiment d’insécurité vient de là, ou si c’est son sentiment d’insécurité qui lui donne cette conscience.
La crainte de la mort des personnes aimées risque par conséquent de devenir une réelle source d’angoisse, au point de toujours faire envisager le pire à certains natifs du signe, dès que des faits anormaux, aussi minimes que retards ou maladies bénignes, surviennent dans la vie de celles-ci.
Bien que réaliste et respectueuse de la vie, la Vierge nourrit son complexe d’infériorité par ses admirations masochistes pour des personnalités qu’elle envie. Elle peut être suicidaire dans la mesure où le décalage entre ses aspirations et ses capacités serait trop fort. Mais elle envisagera surtout le suicide du jour où elle se sentira devenir une charge inutile et gênante pour les autres.
Il s’ensuit évidemment qu’elle n’est pas d’avis de laisser vivre des bébés handicapés (ce qui reviendrait à gâcher plusieurs vies, et l’on sait son horreur du gâchis), ni de prolonger jusqu’à la dernière limite la vie des malades condamnés et qui souffrent. Elle considère la souffrance physique comme inutile et dégradante. La redoutant terriblement, elle souhaite l’éviter à tout prix pour elle-même autant que pour les autres. D’ailleurs, plus que la mort, c’est le « mourir », comme disait Montaigne, qui l’effraie. Car le « mourir », c’est la maladie ou l’accident avec la souffrance physique que cela implique. C’est l’anarchie, la souillure, la mutilation, l’horreur d’un corps qu’elle n’aura toujours accepté que pur, propre, intact, sain, pas seulement parce qu’elle veut s’en servir, mais aussi parce qu’il la dégoûte secrètement. Et c’est dans le « mourir » (un peu comme dans le « naître », mais qui s’en souvient ?), au moment précis où elle va en être débarrassée, que ce corps va se manifester le plus, dans ce qu’il a de plus pesant, contraignant, limitant et humiliant, atteignant pour elle et pour les autres son ultime degré de répulsion.
La position du signe vis-à-vis de la peine de mort n’est pas tranchée.
D’un côté, la Vierge réprouve absolument la violence. Dans son respect de la vie, il y a une attitude fondamentale de respect de l’autre, de sa vie, de son temps, qui débouche sur le principe essentiel de sa relation avec lui : ne pas faire à l’autre ce qu’on n’a pas envie qu’il vous fasse. Tuer, c’est rompre ce contrat tacite, c’est aussi défaire un ordre auquel elle tient plus que quiconque. Alors, même si la suppression du perturbateur ne ressuscite pas sa victime, elle est malgré tout une manière de rappeler à l’ordre, une sorte de protection.
De l’autre côté, elle est capable d’imaginer l’enfer du criminel, et de s’apitoyer sur lui. On peut dire que, lorsque la Vierge veut bien se donner la peine de se mettre à la place des autres, elle leur trouve finalement plus d’excuses qu’à elle-même.
Alors, pour ou contre la peine de mort ? La politique Virginienne du donnant-donnant : tout travail mérite salaire, toute faute doit être punie, pencherait en faveur de l’application de la peine de mort en particulier en cas de terrorisme. Mais, plus généralement, on peut dire que le type Vierge inférieur, rigide et à principes, aura tendance à condamner d’emblée, alors que le type supérieur, plus subtil et plus humaniste, se prononcera rarement pour des solutions radicales.
Rationnelle, logique, sceptique, la Vierge n’est pas portée vers la religion, vers la foi en un dieu-fiction anthropomorphe, produit d’une pensée primitive.
Elle n’est cependant pas hostile à Dieu en tant que concept, mais s’en tiendra dans ce domaine à une prudente réserve. Elle sait que son approche du réel, c’est-à-dire du palpable, du visible, de l’audible, etc., est tributaire des limitations de ses sens et de la durée de sa vie. Sa position concernant Dieu rejoint la pensée de Krishnamurti (Soleil Taureau) lorsqu’il dit : « Comment ce qui est le produit du temps peut-il connaître l’intemporel ? Penser à la vérité, penser à Dieu est encore une forme d’évasion : car Dieu, la vérité, ne peut pas être saisi par la pensée… Etant le résultat du temps, du passé, étant un produit de la mémoire, comment la pensée peut-elle trouver ce qui est éternel, intemporel, non mesurable ? » La prédominance de la fonction pensée, et la carence des fonctions imaginatives et intuitives ne permettent pas à la Vierge d’appréhender Dieu autrement que comme une idée inappréhendable.
,Cela ne l’empêche pas d’être excessivement morale et d’avoir un sens du devoir exigeant que l’on peut résumer selon ces trois règles : essayer de ne pas nuire à autrui, d’assumer ses responsabilités, d’accomplir son travail au mieux.
Les Astromariages de la Femme Vierge
Femme Vierge et homme Bélier
Ils ne parlent pas la même langue. Ils ne vont pas dans la même direction. Ils n’ont aucun objectif en commun. L’homme Bélier est un impulsif, frondeur audacieux, presque irréfléchi, tellement il a besoin d’agir. Elle, la tendre Vierge, hésite à faire le moindre geste de peur de perturber, même infiniment, l’ordre, l’ordonnance des choses. En outre, il aime conquérir : il accumule les passions brèves et les envolées d’un soir alors qu’elle est une amoureuse exclusive, fidèle, jalouse, bien qu’elle garde ses sentiments bien enfermés à double tour dans son for intérieur.
Femme Vierge et homme Taureau
Très bonne combinaison. Terre, Terre. Lui, dominé par Vénus, risque d’être l’élément charmeur et gracieux du couple. Tandis qu’elle, mercurienne, compensera par son intelligence et sa cérébralité sans faille ce qui lui manque en souplesse dans ses contacts humains, en extériorisation affective. Ils ont, en commun, le goût de la stabilité, du calme conjugal, des plaisirs frugaux et bien terriens.
Femme Vierge et homme Gémeaux
Très difficile. La Vierge pudique, à l’affectivité profonde, authentique et grave, que voulez-vous qu’elle devienne devant un feu follet dilettante et léger, qui galvaude ses sentiments avec une facilité déconcertante ? (Il aime bien tout le monde.) Rien ne va dans ce petit ménage aux pieds ailés, excepté l’entente intellectuelle : complémentaires dans leur façon d’analyser une situation, un être ou un problème. Cela suffit-il à faire un bon couple ? Il leur manque une complicité affective et sensuelle.
Femme Vierge et homme Cancer
Ce n’est vraiment pas mal. Ils aiment l’intérieur des maisons, les chats et la solitude à deux. Lui est plus bohème qu’elle mais comme il est, en même temps, très casanier, tout s’arrange. Ils aiment de la même manière, passionnément et pudiquement. La même réserve les habite ; ils sont tous deux sensuels (Terre et Eau), mais d’une sensualité intériorisée et maîtrisée. Il lui apporte son sens artistique, sa sensibilité à l’environnement, son extrême sensorialité. Elle lui donne de la rigueur et de la persévérance.
Femme Vierge et homme Lion
Douloureuse alliance. Le Feu du Lion l’entraîne vers l’avenir, les autres, la passion, l’enthousiasme, l’affirmation. La Terre de la Vierge la retient à ses racines, à son jardin, à son espace affectif et familial bien sélectionné. Il a peut-être besoin d’une femme comme elle pour se mettre en valeur, lui ; mais elle ne s’épanouira pas aux côtés d’un Lion. Sauf si son Ascendant est en signe de Feu.
Femme Vierge et homme Vierge
C’est le mariage par totale affinité. Bien plus solide qu’on ne l’imagine. Ils pensent la même chose au même moment, ils font les mêmes choses et ils aiment, en même temps, avec le sérieux et la stabilité qu’on leur connaît. Bien sûr, ils ont aussi les mêmes défauts. Mais ils s’en accommodent, tous deux, très bien.
Femme Vierge et homme Balance
Elle peut être séduite par ce prince désinvolte et charmeur, doux et délicat. Mais la fragile Vierge se prépare de durs moments. Lui n’aime que séduire, envelopper autrui dans un nuage vaporeux de projets, de merveilleux, de parfums et de lumières. Elle a besoin de sécurité affective et d’une relation exclusive avec son mari pour être rassurée sur sa valeur, car elle se sous-estime en permanence. Elle risque de souffrir de l’aisance virevoltante de sa Balance de mari. Quant à lui, il ne supportera pas longtemps sa sagesse, sa gravité, son manque de confiance en elle.
Femme Vierge et homme Scorpion
Evidemment, lui, homme Scorpion au pouvoir étrange et fascinant, l’attire : c’est sa faculté de pénétrer viscéralement le secret de l’autre qui l’étonne et la surprend, notre femme Vierge tellement sur ses gardes. Mais elle se méfie de la sensualité sauvage du Scorpion qui lui fait peur. Alors… Attraction ou répulsion, mais pas de demi-mesures, dans ce couple-là.
Femme Vierge et homme Sagittaire
Terre et Feu. Espaces délimités, contrôlés, aux contours bien nets, contre les grandes contrées sauvages à découvrir et à ausculter. Qui va gagner ? La femme Vierge restreint l’univers sans limites du Sagittaire. C’est un mariage difficile, bien que notre douce Vierge soit de nature docile. Il lui faudrait un peu de folie ou un peu de Lion pour suivre son aventurier de mari dans ses randonnées aux confins du désert ou des pôles… A moins qu’il ne soit lui-même un peu terrien (Ascendant Taureau ou Capricorne).
Femme Vierge et homme Capricorne
Excellente combinaison : deux signes de Terre, deux signes graves, deux signes de devoir. Ils ont la même conception : un seul amour, fidèle, durable, dépourvu des folies intempestives de la passion aveugle. Ils s’aimeront calmement, peut-être sans fantaisie, mais avec le même goût des objets en matières brutes, des maisons aux murs solides, de la terre à cultiver, à jardiner, à potager. L’ambition du Capricorne est, en outre, admirablement servie par le désir inquiet qu’a notre Vierge de se rendre utile, de participer, dans l’ombre, à l’ascension de son mari.
Femme Vierge et homme Verseau
A priori, ils n’ont rien de commun. La Terre et l’Air ne se rencontrent pas. Tout au plus peuvent-ils se frôler. Elle qui a tant besoin de rendre service ou de se rendre utile, lui qui aime s’occuper des autres, du monde et des étoiles, ils se croiseront dans un hôpital, dans un 1 lycée, ou… pendant une mission délicate à l’étranger. Ils s’étonneront l’un l’autre. La femme Vierge est précise, méticuleuse. L’homme Verseau a les gestes larges et embrasse grand. Mais comment tournera cette drôle d’association dans la vie quotidienne ?
Femme Vierge et homme Poissons
Ils sont à l’opposé. La femme Vierge se crée des limites à l’intérieur desquelles elle se sent protégée, elle transforme, méticuleusement, l’inconnu en connu. L’homme Poissons, au contraire, aime l’infini, l’indiscernable, l’illimité. Il cherche toujours à agrandir son champ s de conscience, ses expériences, ses espaces extérieurs et intérieurs. Difficile de les faire cohabiter. Pourtant, c’est un couple que l’on rencontre souvent : les contraires s’attirent plus qu’il n’y paraît. Elle lui permet de canaliser sa quête tous azimuts vers un seul objectif, lui l’aide à marcher vers ce qui lui fait peur : le nouveau. Et puis, la Terre a toujours besoin de l’Eau.
Les Astromariages de l’Homme Vierge
Homme Vierge et femme Bélier
Il est prudent, avisé, économe, raisonnable. Elle est téméraire, trompe-la-mort, tête
brûlée, instinctive. Il est froid et plutôt critique. Elle est chaleureuse et enthousiaste. Comment faire pour qu’ils se rejoignent ? Ils n’aimeront ni vivre ensemble, ni voyager ensemble, ni travailler ensemble. Est-il bien nécessaire d’insister ?
Homme Vierge et femme Taureau
Elle est calme la femme Taureau, stable dans ses attachements, séduisante et les pieds sur terre. Notre homme Vierge, plutôt méfiant, est tout de suite ému, sans se l’avouer, par son charme et sa réserve, sa présence bien terrienne, son apparence luxueuse et soignée. Elle donnera un peu de lyrisme à ses dépenses : leur maison sera remplie de beaux meubles en bois massif, de beaux objets, en cuivre ou en pierre, bien lourds. Si elle consent à ne pas trop aguicher les autres hommes – ce qu’elle aime faire, cette belle vénusienne -, il sera très heureux avec elle.
Homme Vierge et femme Gémeaux
Lui, mercurien méthodique et concis, à la cérébralité pure et dure, face au Mercure brillant et virevoltant de la femme Gémeaux, il peut être ébloui, disons-le. Sa vivacité intellectuelle, son don de répartie humoristique, sa virtuosité d’élocution laissent notre homme Vierge pantois d’admiration. Mais qu’il se méfie : si elle n’a pas un Ascendant en signe de Terre, elle lui échappera toujours par une pirouette et ne prendra pas au sérieux son insécurité affective.
Homme Vierge et femme Cancer
C’est un alliage heureux : la terre et l’eau sont inséparables. Elle est un peu plus fantasque et poète que lui, il est plus conscient des réalités matérielles qu’elle. Mais comme ils aiment tous deux la nature, la solitude et la lecture intensive, que demander de plus ? C’est un ménage durable et sans histoires.
Homme Vierge et femme Lion
Ça peut marcher si elle a un métier absorbant et qu’il l’aide dans son ambition. La femme Lion a d’abord besoin d’être admirée et ensuite besoin d’admirer. Si notre homme Vierge admire sa femme Lion, elle l’aimera pour l’image flatteuse d’elle-même qu’il lui renvoie. Mais qu’il ne s’avise pas de déclencher sa somptueuse mécanique de critique intolérante : tous ses défauts Virginiens lui sembleront, soudain, insupportables et elle le quittera car elle est, de toute façon, la plus forte.
Homme Vierge et femme Vierge
Ils se ressemblent et s’assemblent. Ils sont sages, économes, timides, modestes et purs. Peut-être seront-ils, l’un ou l’autre, tentés par une grande aventure, un grand voyage ? De toute façon, aucun des deux ne cèdera à la tentation : ils se doivent l’un à l’autre, pour la vie.
Homme Vierge et femme Balance
Elle a un charme et une douceur auxquels il est difficile de résister. Mais il se méfie de cette aisance élégante et aristocratique : pour lui, tout ce qui n’est pas acquis par un travail acharné, par une volonté de tous les instants, est suspect. De toute façon, le fait qu’elle séduise tout le monde est déjà méprisable. Son amour à lui est tellement sélectif, tellement exclusivement concentré sur un seul être qu’on ne voit pas comment ils pourraient même engager une conversation, ces deux-là.
Homme Vierge et femme Scorpion
Elle l’attire par son secret, par ce qui est, en elle, mystérieusement tenu caché. L’homme Vierge aime pouvoir découvrir chez la femme Scorpion ce qu’elle dissimule aux autres. Son goût pour la difficulté et son besoin d’exclusivité amoureuse se trouvent, dans les premiers temps, exaltés par la quête -très cérébrale- de ce qui, en elle, lui échappe. Mais très vite, la sensualité farouche et brûlante de sa Scorpionne le fait reculer car il estime que le corps et ses instincts doivent être maîtrisés. Son désir de pureté -ou de purification- risque de l’emporter sur la fascination qu’elle exerce à son endroit.
Homme Vierge et femme Sagittaire
Ils auront du mal à vivre ensemble même si l’énergie dynamique et aventurière de la femme Sagittaire tente notre homme Vierge, de nature plutôt sédentaire. Elle est trop extravertie pour lui, trop tournée vers le monde et la vie en société, trop accorte et liante pour un homme aussi sauvage. Il souffrira de sa générosité, de son entrain, de tout ce qui fait le fond de sa personnalité. Dans ces cas-là, il vaut mieux renoncer.
Homme Vierge et femme Capricorne
Deux signes de Terre ensemble, c’est toujours bon. On peut être sûr déjà, de la similitude de leurs buts et de leurs motivations. Tous deux recherchent des relations qui durent, des situations stables, des sentiments profonds. Elle risque d’avoir plus d’ambition que lui, ou plus d’envergure et d’assurance dans le choix de sa carrière, ce qui, dans ce cas, peut augmenter le sentiment d’infériorité de notre homme Vierge. Mais il n’y a pas de vrais problèmes entre eux.
Homme Vierge et femme Verseau
Elle est tellement brillante, pétillante de dynamisme et d’intelligence qu’il peut être attiré par elle comme on est attiré par le danger. Mais, attention, il risque de se faire mal. Pour elle, la vie est une grande aventure qui demande une disponibilité de tous les instants, une ouverture d’esprit à tout ce qui est nouveau. Pour lui, au contraire, il s’agit de faire des choix et de s’y tenir, de classer les événements par ordre d’importance et de refuser ceux qui n’entrent pas dans sa classification. Il faut, à ces deux-là, des Ascendants qui soutiennent le signe solaire.
Homme Vierge et femme Poissons
La femme Poissons est, en quelque sorte, la nuit de l’homme Vierge : il peut être profondément séduit par elle comme il peut, au contraire, refuser obstinément de la connaître ; tout dépend de la manière dont il perçoit et accepte les contraires. Et elle est tellement le contraire de lui ! Les limites qu’il s’impartit, dans son métier, dans ses loisirs, dans sa vie quotidienne, ce sont, précisément, les lieux de son existence qui n’ont pas de frontières, pour elle. Tout est toujours possible, à ses côtés. Alors ? C’est cependant un couple que l’on rencontre fréquemment. Preuve que les extrêmes se rejoignent et s’accordent bien.
Combinaison du Signe avec les Ascendants
Le point précis où une planète s’élève au-dessus de l’horizon (se « lève ») est l’Ascendant : c’est le point d’intersection du Zodiaque et de l’horizon oriental. En face : le Descendant, où les planètes, passant au-dessous de l’horizon, se couchent. Il est cependant fort difficile de dissocier les caractéristiques psychologiques du signe solaire de celles du signe Ascendant, ainsi que du signe lunaire, ou d’autres signes valorisés du thème.
En quoi, par exemple, un Vierge Ascendant Bélier va-t-il se sentir plus Vierge que Bélier, plus Bélier que Vierge ? Il sera la plupart du temps incapable de le discerner – tant il est vrai que l’homme est global, à la fois riche ou pauvre de ses multiples contradictions, selon qu’il est capable ou non de les assumer.
Plusieurs astrologues, cependant, ont tenté d’intéressantes explications concernant la différence entre signe Ascendant et signe solaire. Citons deux points de vue modernes. Pour Claire Santagostini, « le Moi est représenté dans sa nature profonde par le signe Ascendant« , alors que le signe solaire fait « connaître le plus grand intérêt objectif de l’être qui sera attiré surtout par les objets signifiés par lui »… Ainsi Teilhard de Chardin, Gémeaux par son Ascendant, s’est passionné pour tout ce qui touche à l’incarnation terrestre : il a le Soleil en Taureau, et il en est résulté une oeuvre littéraire (nature Gémeaux).
J.-P.Nicola, lui, insiste sur la globalité de l’individu qu’il est rarement possible de réduire à sa seule formule signe solaire Ascendant, même si celle-ci contient d’ores et déjà, de précieuses indications.
Tout ceci reste valable pour l’aspect physique : il convient d’examiner le thème dans son ensemble, afin d’en déduire la ou, plus souvent, les dominantes. Si le thème comporte une dominante nette, il est évident que la personne aura le physique correspondant à sa dominante : on ne verra jamais un pur Saturnien dilaté, ni un pur Jupitérien rétracté. Mais, généralement, le thème comporte plusieurs dominantes de nature différente, et il semble impossible de dire à l’avance si, comme c’est fréquemment le cas, l’une de ces dominantes va davantage déterminer la morphologie que les autres.
En fait, au lieu de partir du thème pour déterminer la morphologie, il paraîtrait plus justifié de partir de la morphologie pour préciser le thème, grâce à l’établissement des correspondances entre ce qui « est », c’est-à-dire le vécu donné par la morphologie, et les potentialités contenues dans le thème. Les potentialités sont rarement toutes utilisées ; en tout cas, elles le sont à des degrés divers : les correspondances ne sont pas toujours évidentes. Leur étude permet de savoir lesquelles sont actualisées, elle permet éventuellement d’insister sur certains points du thème qui prennent importance et réalité s’ils sont « incarnés » morphologiquement.
Citons le cas d’un Verseau Ascendant Verseau : l’acteur Jacques Villeret avec la Lune angulaire à l’Ascendant et Uranus en Cancer : le fait qu’il soft physiquement très dilaté, le visage rond, pâle et bouffi, avec des yeux globuleux, des paupières tombantes, un petit nez et une bouche molle entrouverte, permet d’orienter l’interprétation en direction de la caractérologie lunaire, bien plus que la caractérologie Uranienne.
Venons-en maintenant à l’assertion couramment répandue selon laquelle on aurait davantage le physique de son signe Ascendant que de son signe solaire. Sans statistiques à l’appui – et encore, dans ce domaine, les statistiques sont-elles particulièrement aléatoires – on en est réduit aux observations personnelles et aux hypothèses. Remarquons toutefois que le signe solaire a un côté arbitraire, dans la mesure où il résulte du choix ou du non-choix de la date de conception. On ne peut pas en dire autant du signe Ascendant : au risque de scandaliser certains esprits, je suis tentée de croire, en effet, que l’enfant ne naît pas à n’importe quel moment, mais à l’instant précis où la disposition zodiacale correspond le plus à son acquis génétique. Il naîtra donc à un moment où le point Ascendant tombera à un certain degré d’un signe X, pour deux raisons possibles : soit parce que le signe en question est effectivement le plus conforme à son héritage génétique, soit parce que la situation du point Ascendant dans un signe X valorisera certaines planètes, ou plus simplement dit, orientera le thème dans une direction correspondant à l’héritage génétique.
Ainsi pour le Verseau cité plus haut : son héritage génétique étant un tempérament en majeure partie lymphatique, et ne correspondant pas du tout au tempérament nerveux de son signe solaire, il est né à l’heure qui mettait le plus la Lune en valeur.
Evidemment, tout cela n’exclut pas que le signe solaire corresponde à l’héritage génétique, mais explique, par exemple, pourquoi bien des individus se « sentent » être davantage leur signe Ascendant que leur signe solaire, ou bien ne se sentent ni l’un ni l’autre, dans l’éventualité où ils auraient finalement plus d’affinités avec une autre composante de leur thème.
Vierge Ascendant Bélier
Signes a priori difficiles à concilier. Le Bélier est tout en force et vitesse d’excitation, la Vierge en force d’inhibition et lenteur d’excitation : l’un est tout élan, audace, action, impulsivité ; l’autre, défense, timidité, réflexion, retenue. Le premier, instinctif et rapide, souffre d’un manque de recul, le second, cérébral et posé, d’un excès de recul.
Les deux signes ont en commun le sens du réel donné par Mars au Bélier, et par la Terre à la Vierge. Seulement, le réel Bélier est un réel brut, de sensation, d’expérimentation directes, de confrontation pure à l’événement, l’intérêt se situant dans cette confrontation elle-même, c’est-à-dire dans le mouvement qu’elle nécessite, sans souci des conséquences possibles. Le réel Virginien est davantage un réalisme, un sens des valeurs : ce n’est pas l’expérience qui compte, mais le profit susceptible d’en découler, et les leçons pouvant en être tirées. Le but à atteindre commande l’acte, alors que pour le Bélier l’acte constitue le but. Le sens du temps n’est pas le même : l’un vit, voit au présent, il y est impliqué ; l’autre prévoit et détermine le présent en fonction du passé et de l’avenir, et garde toujours une marge de distance.
On aura donc véritablement affaire à un impulsif inhibé, ou à un inhibé impulsif, c’est-à-dire à un déconcertant mélange de primarité et de secondarité, d’extra et d’introversion. On peut parler aussi d’un type sensation-pensée, où la pensée peut nuancer la sensation et la sensation muscler la pensée.
Si la cérébralité Virginienne parvient à canaliser le bouillonnement du Bélier dans des directions constructives, la combinaison peut se révéler d’une grande richesse : la Vierge apportant au Bélier la réflexion, la sélectivité qui lui font défaut, et le Bélier permettant à la réflexion Virginienne de venir à bout de ses hésitations et de se concrétiser dans le passage à l’acte. La synthèse positive aboutirait ainsi à un réalisateur avisé, ou à un penseur actif, calculant les risques, risquant les calculs, ouvrant ou fermant les vannes de ses passions et de ses enthousiasmes au moment opportun, prêt à partir et capable de s’arrêter, personnalité séduisante car audacieuse et délicate à la fois, sage doublé d’un fou.
Morphologie
L’association Vierge–Bélier va dans le sens de la rétraction Mercure et Mars signant respectivement les tempéraments nerveux et bilieux, qui ont en commun la pauvreté des liquides : la silhouette sera donc mince.
Quant au visage, a priori deux combinaisons évidentes : on pourrait trouver, par exemple, un front vertical correspondant aux qualités d’observation, de réflexion, d’adaptation élective au milieu, chez la Vierge, et un étage inférieur (mâchoires et menton) développé, correspondant à la force instinctive martienne. Il serait beaucoup plus négatif, mais tout aussi justifié, de trouver un front martien, à savoir oblique, indiquant les tendances propulsives de l’être et son manque de sensibilité défensive, et un étage inférieur Virginien, dont l’insuffisance témoignerait des carences instinctives ou réalisatrices. La première combinaison indiquerait d’emblée le réalisateur réfléchi, le cérébral instinctif, la deuxième appartiendrait à des êtres impulsifs et hésitants, ayant du mal à positiver leurs impulsions, ou du moins à aller jusqu’au bout de celles-ci, par manque de ténacité.
Ajoutons que cette combinaison, où se heurtent deux forces contraires d’excitation et d’inhibition, donne souvent ce que Corman a appelé un modelé rétracté-bossué, c’est-à-dire un alliage de parties en relief et de parties en creux, révélatrices des hésitations conflictuelles de l’être entre ses besoins de conquête, ses élans, et ses pudeurs, ses retenues. L’issue du conflit peut se déduire d’une étude approfondie des proportions ou disproportions des diverses parties du visage.
Vierge Ascendant Taureau
Ici, nous avons la réunion de deux forces d’inhibition : les deux signes sont compatibles.
Le sujet portant cette double signature sera très introverti ou secondarisé : fermé a priori à toutes les incitations nouvelles, essentiellement concentré, patient, pourvu à la fois de la constructivité taurine et du sens de l’utile inhérent à la Vierge, il est le travailleur type, capable de travaux de longue haleine. La tenacité de l’une alliée à l’application de l’autre en font un être responsable, sur lequel on peut compter : du moment qu’il accepte un engagement, une entreprise (ce qu’il ne fait jamais à la légère), cela signifie que, quoi qu’il arrive, il s’en acquittera au mieux. Il s’agit en fait de la combinaison la plus réaliste, la plus « pratique », de tout le Zodiaque : c’est l’association entre un producteur et un distributeur, et chacun sait à quel point le rendement a de l’importance dans ces deux catégories ; il en a tellement, d’ailleurs, qu’il risque souvent d’éclipser le reste, pour devenir une fin en soi : la jouissance normale des biens tourne alors à la possessivité mesquine, l’organisation matérielle au matérialisme organisé.
Evidemment, la finesse et l’intellectualisme de la Vierge atténuent la lourdeur terre-à-terre du Taureau ; mais la peur de manquer de la première trouve une telle possibilité de sécurisation dans l’âpreté au gain du second, qu’elle risque le plus souvent de le rejoindre sur ce plan.
Précisons que l’importance accordée au confort domestique, ainsi que les exigences en quantité comme en qualité des appétits, sont souvent à la base d’une certaine avidité. On aime le travail pour lui-même donc, mais l’obtention des avantages matériels indispensables à la satisfaction des besoins est indissociable de ce goût pour le labeur.
Conscient plus que quiconque de la nécessité de l’effort et de ses capacités professionnelles, le type Vierge–Taureau compte plus sur lui-même que sur les autres. En outre, sa secondarité lui fait voir un intrus dans tout nouveau venu : il commencera toujours par percevoir la source d’éventuels dangers et problèmes que l’autre représente pour lui : l’objectivité Virginienne peut tempérer la mauvaise foi taurine, mais son sens critique plus aiguisé est, en même temps, tout aussi susceptible de l’alimenter.
Ce type n’a pas l’enthousiasme facile et ne sait pas manifester ses contentements spontanément : il s’irritera de l’emballement chez les autres, et se méfiera de l’exaltation sous toutes ses formes. Type prosaïque, têtu, égoïste, possessif, mais calme, simple, vrai, honnête, efficace, stable, jusqu’au-boutiste dans ses sentiments comme dans ses actes. Quand à l’intelligence, elle est capable de dépasser le domaine du concret pour aborder celui des idées, sans toutefois jamais se laisser submerger par celles-ci : le discours, étayé par le sens des valeurs, ne peut se contenter de la théorie.
Morphologie
Physiquement, il est à souhaiter que l’être ait la stature taurine et les traits Virginiens : la largeur de la carrure impliquant l’énergie, et la finesse des traits la sensibilité.
Une combinaison inverse révèlerait la coexistence des caractéristiques négatives des deux signes : imaginons une silhouette et un cadre étroits, et nous aurions la fragilité, le manque de puissance vitale de la Vierge ; des traits épais, et ce serait la lourdeur psychique du Taureau.
Vierge Ascendant Gémeaux
L’Astrologie attribue à Mercure le gouvernement de la Vierge et des Gémeaux : cette planète serait donc un facteur de rapprochement des deux signes, mais les éléments les séparent : on conçoit que la légèreté, la transparence de l’air s’accordent mal avec la densité, la compacité terrestres. La tradition attribue l’intelligence analytique au Mercure de la Vierge (dans la symbolique des saisons, il revient à ce signe de séparer le bon grain de l’ivraie, de faire le tri, de dissocier), alors que l’Air des Gémeaux confère à cette même planète des qualités de communication et de diffusion instantanées, qui exigent implicitement une synthèse, une simplification de la chose à communiquer.
Vierge et Gémeaux se rejoignent sur le plan de la cérébralité, de la curiosité intellectuelle, du langage qui sert à véhiculer la pensée : la fonction pensée est prépondérante chez l’un comme l’autre, mais on aurait affaire à une pensée de type intuitif avec les Gémeaux : rapide, souple, virevoltante, bien que facilement superficielle ; à une pensée de type déductif avec la Vierge, plus réfléchie, logique, mais facilement linéaire et rigide.
De même qu’au niveau de l’action, c’est l’acte même qui constitue un but en soi pour le Bélier, alors que pour la Vierge l’acte n’est qu’un moyen d’arriver à un but prémédité, de même au niveau du langage, les Gémeaux ont tendance à manipuler le mot pour le mot, à jouer avec lui, à se griser de beau langage, de belles idées, de représentations abstraites. La Vierge, elle, subordonnera toujours le mot à son sens, la forme au fond ; elle parlera pour dire quelque chose de précis, elle « utilisera » le langage, fascinée par la magie du verbe, elle essaiera de l’amener à elle, en le maniant cependant toujours avec prudence, respect, amour déférent. Les Gémeaux, eux, parleront pour parler, parfois même pour ne rien dire, en magiciens du verbe : ils seront capables de se laisser emporter par lui, vers des fantaisies colorées, éblouissantes et kaléidoscopiques.
C’est que, ici encore, coexistent deux tempéraments fondamentalement différents : comment la primarité du dernier signe du printemps va-t-elle s’arranger de la secondarité du dernier signe d’été ? Aurons-nous à faire à un être de rêve, à la fois drôle et grave, brillant et profond ? Ou alors balloté entre une agitation ou un immobilisme également stériles et insatisfaisants : papillon en proie au vertige, fourmi aux aspirations de cigale, cigale aux ambiguïtés de fourmi, mais dans tous les cas, créature tout en finesse et en fragilité, d’un verre qui tiendrait à la fois du cristal et de l’opaline.
Morphologie
La combinaison Vierge–Gémeaux donne le tempérament nerveux pur : la silhouette très menue, le cadre du visage étroit témoignent de la faiblesse vitale ; l’extrême finesse des traits indique l’émotivité, la sensibilité prépondérante. Sensibilité qui dominera et handicapera si les récepteurs sont trop ouverts (manque de sélectivité), si le front, partie la plus importante de ce visage est trop plat et pas assez redressé (primauté de la primarité sur la secondarité, de l’impulsion sur la réflexion et la maîtrise), et enfin si l’étage mandibulaire n’est pas assez développé, (comme c’est malheureusement souvent le cas, les pulsions d’instinct et d’affrontement, permettant de concrétiser d’une façon ou d’une autre l’impression, étant faibles, chez les deux signes).
Vierge Ascendant Cancer
La même force d’inhibition, une inhibition d’autoprotection, domine chez la Vierge et le Cancer, fermant instinctivement au monde extérieur l’être porteur de cette cosignature, le repliant doublement sur lui-même.
Combinaison d’abord fragile, où dynamisme et agressivité font fâcheusement défaut : la peur du réel, ou la peur de soi-même face au réel, se solde souvent par une tendance exagérée au découragement, une timidité paralysante, et par un comportement de fuite devant les monstres à vaincre, les démons à exorciser, quelque forme que ce comportement puisse prendre : du désir de prise en charge jusqu’à la schizophrénie.
Qui n’a pas entendu parler du « monde clos » du Cancer ? Ce signe correspond, dans le cycle de la vie humaine, à la gestation, au cours de laquelle le foetus se développe à l’intérieur du ventre maternel : le monde clos cancérien est un monde passif, où l’être se nourrit de ce qui, filtré par son enveloppe protectrice, lui parvient de l’extérieur.
Le monde Virginien – clos, lui aussi, par les barrières auto-défensives destinées à laisser le temps à l’imprévu, devant lequel on est sans arme, de s’inverser, de se transformer en prévisible – est organisé en fonction de l’utilisation et de la distribution parcimonieuse du capital limité qui lui a été imparti.
L’idéal de douceur et de bonté du Cancer se marie fort bien avec l’idéal de calme et de pureté de la Vierge, et l’on conçoit à quel point il peut être facilement blessé, amenant l’être à se recroqueviller, à faire le dos rond, pour éviter les coups.
Celui qui refuse la lutte, la laideur et la malhonnêteté, se trouve fatalement isolé, mais cet isolement, s’il ne devient pas une passivité culpabilisante, une susceptibilité maladive, ou une nymphomanie hypocondriaque coupée de lucidité défaitiste, peut lui permettre de traverser la vie en conservant intactes une candeur déroutante, une gentillesse à toute épreuve.
Une sensibilité cérébrale, c’est-à-dire une objectivité réaliste qui dissèque, minimise l’émotion, afin de mieux la connaître et la dominer, coexiste avec une sensibilité plus subjective, une imagination onirique qui amplifie et magnifie l’émotion pour mieux se laisser bercer, submergée par elle. Il est donc nécessaire de canaliser le flot des impressions sans l’assécher. A ce prix, le type Vierge–Cancer sera souvent un fin psychologue, un détecteur subtil des états affectifs qui agitent l’âme humaine.
Morphologie
Il serait évidemment souhaitable de retrouver la Vierge dans la finesse et la relative fermeture des récepteurs (yeux, narines, bouche), et le Cancer dans le développement de la partie haute du front : ce serait l’indication d’un heureux alliage de la sensibilité sélective et de l’imagination. En revanche, si l’on ne retrouvait la Vierge que dans l’étroitesse et la longueur du cadre, le Cancer se manifestant par une mollesse plus ou moins accusée des chairs, on serait alors en présence d’un être sans beaucoup de caractère, timide et paresseux, et doté, pour peu que les récepteurs soient ouverts et atones comme il est fréquent chez le Cancer, d’un excès d’influençabilité le prédisposant à se faire ballotter au gré de ses humeurs et des ambiances, et à s’épuiser rapidement.
En principe, la combinaison Vierge–Cancer favorise le front par rapport au nez et au menton, ce dernier étant généralement la partie la plus défavorisée du visage, ce qui souligne immédiatement un décalage problématique entre le monde idéal (idées, imagination) et la faiblesse d’action. Le même décalage chez la combinaison Vierge–Gémeaux de type purement nerveux favoriserait la dispersion, la fuite en avant, alors qu’ici, avec un tempérament lymphatico-nerveux, beaucoup plus calme et rentré, il débouche sur l’évasion intérieure, la fuite en arrière.
Vierge Ascendant Lion
Association paradoxale que celle du Lion et de la Vierge, l’un superbe et généreux, selon la formule consacrée, l’autre effacée et parcimonieuse. Comment concilier une âme de chef avec une âme de second : l’un toujours en représentation, ambitieux, sûr de lui, distribuant les ordres ; l’autre dans le sillage, modeste, timide, multipliant les services. L’un, se tenant en pleine lumière, voit grand et aurait tendance à se faire passer pour plus qu’il n’est ; l’autre préférant la pénombre, voit petit, se minimise. Le premier bombe le torse, le second a la poitrine creuse : c’est le mariage de l’exhibitionniste et du voyeur.
Le complexe de supériorité va-t-il corriger, en l’atténuant, le complexe d’infériorité chez le Vierge–Lion ? Les extrêmes vont-ils se compenser, ou au contraire déchirer l’être dans un conflit permanent ? A moins que l’un ne trouve en l’autre une lucidité et une humilité qui vont lui maintenir les pieds sur terre, en lui évitant les pièges de l’apparence et de la démesure ; et l’autre en l’un une envergure, une assurance, une créativité qui, alliées à sa persévérance et ses aptitudes au travail, vont porter le dynamisme réalisateur à son maximum.
Si la destinée est plus Virginienne que léonine, c’est-à-dire, obscure, ingrate, l’être risque de souffrir de la non-reconnaissance de sa valeur, étayée par des efforts souvent plus considérables que ceux de personnalités apparemment plus appréciées. Envieux, il sera porté à les critiquer et à les rabaisser méchamment, étalant ainsi ses désirs de grandeur déçus ou refoulés, dévoilant l’orgueil derrière la modestie, les appétits derrière la frugalité. Si cette destinée est au contraire éclatante, il semble, que, grâce à la Vierge, l’être, sans aller jusqu’à dénigrer un succès qui le gêne, sache le maintenir en gardant la tête froide et en poursuivant calmement le travail qui en aura été la base.
Qu’elle soit positive ou négative, selon que l’individu aura réussi ou non à harmoniser ses tendances, l’équation Vierge–Lion met de toute façon l’accent sur l’importance des valeurs du « Moi » et d' »Idéal du Moi » par rapport aux valeurs du « Ça ». La libido est plus axée sur la volonté de puissance que sur l’éros, l’être est volontaire, ambitieux, perfectionniste, son sens moral est développé, il a des principes, que ceux-ci lui donnent le sens de l’honneur, du devoir, de la hiérarchie, ou, au négatif, rigidité et intolérance. Il ne se départira pas facilement du masque qu’il aura jugé bon d’adopter.
Morphologie
L’alliage Soleil–Mercure est susceptible de fournir d’assez beaux spécimens humains : le tempérament est nervo-bilieux, et la silhouette est par conséquent mince et bien proportionnée. Les traits, forcément délicats, témoignent du raffinement de la sensibilité (un Vierge–Lion n’est jamais grossier). Dans le meilleur des cas, l’apport solaire contribuera à un certain élargissement des contours du visage et au développement des étages frontal et mandibulaire, amenant à la Vierge l’ampleur de vues et le dynamisme qui lui font habituellement défaut.
Mais si le conflit entre la force d’inhibition de la Vierge et la force d’excitation du Lion était trop violent, on pourrait alors avoir, comme dans la combinaison Vierge–Bélier, un modelé rétracté-bossué, trahissant le freinage des passions et des poussées affirmatives du Moi par la retenue et le contrôle.
Vierge Ascendant Vierge
Avoir le Soleil et l’Ascendant dans le même signe valorise non seulement le signe en question, mais aussi le Soleil, qui se trouve forcément angulaire à l’Ascendant. La valorisation solaire ajoute aux qualités et défauts du signe : volonté, activité, autorité, ambition, orgueil, égocentrisme. Cette valorisation indique également, d’emblée, l’importance du rôle social et le danger pour le sujet de tomber dans le piège de la persona, autrement dit, de se subordonner ou de s’identifier à tel point à sa fonction ou à son devoir social, qu’il pourrait finir par y perdre sa propre identité.
Dans le cas de la Vierge, si elle a opté pour les valeurs Virginiennes plus que pour les valeurs solaires, cela donnera des collaborateurs parfaits, des épouses ou des mères irréprochables (si tels sont les rôles échus), mais au bout du compte des êtres ayant refoulé les tendances ne leur paraissant pas conformes aux principes adoptés, complètement prévisibles et malheureusement, d’autant moins susceptible d’évolution qu’Ascendant et Soleil dans le même signe prédisposent à une certaine uniformité.
Mais, si les valeurs solaires vont plus loin que le maintien d’un rôle cadrant avec les qualités d’autodéfense, d’effacement et le désir d’être utile de la Vierge, on retombera plus ou moins dans la formule précédente. L’être, tout en étant d’une sélectivité plus forte que celle de la formule Vierge–Lion, tout en ayant un système de valeurs plus strict, s’axera sur une réussite sociale qu’il facilitera par sa ténacité, mais défavorisera par son intransigeance, son refus des concessions, un perfectionnisme à la limite de l’utopie ; toutes caractéristiques qui l’irriteront contre ses semblables, incapables de répondre à ses exigences. Il se fermera à eux, et son engagement dans des voies étroites et difficiles, dicté par son idéal de qualité et de progrès, les fermera à lui, limitant, finalement, son désir plus ou moins avoué d’être apprécié et reconnu.
La destinée aura tendance à être linéaire. Il est souhaitable que -le sujet au fond très soucieux de s’améliorer et de parvenir à un dialogue, lutte contre la rigidité de ses principes, et surtout prenne conscience des refus commodes de ses propres ombres, des refoulements confortables mais stériles, qui se trouvent souvent derrière ses attitudes raisonnables et raisonneuses de renoncement et de droiture morale, ainsi que du vide auquel finissent par aboutir les silences dictés par la discrétion ou la peur du malentendu. Si l’être ne réussit pas de temps à autre à se remettre en question, à se cabrer, à défoncer les barrières qu’il s’est imposées, à prendre et dépasser le risque de se choquer et de s’effrayer lui-même, il tournera sans fin dans le cercle de ses inhibitions et de ses rites, prisonnier figé de lui-même.
Vierge Ascendant Balance
Là où la Vierge se laisse arrêter par les différences, les incompatibilités, la Balance trouve les affinités, les points communs ; là où la première se retranche derrière un énigmatique quant-à-soi, la seconde est tout sourire ; là où l’une hésite longuement avant de dire oui, l’autre passe du oui au non avec désinvolture.
Il s’agit en vérité davantage de complémentarités possibles, que d’oppositions réelles. Les caractéristiques spécifiques des deux signes semblent devoir se nuancer réciproquement, et concourir à un type délicat, subtil, raffiné. Ainsi, certains défauts tels que concessionnisme, opportunisme facile, séduction excessive de la Balance, et scrupules étouffants, pudeurs effarouchées de la Vierge, peuvent s’annuler dans une sociabilité idéale, où la distance ne souffre jamais d’être trop courte ni trop longue, où la critique reste diplomate, l’élégance sobre, grâce à un heureux mariage du charme et de l’intelligence. Quant aux qualités, plaisons-nous à penser que la discrétion peaufine l’amabilité, que l’ordre se plie à l’harmonie, et que travail et amour se stimulent l’un l’autre, se justifient réciproquement.
Les qualités de coopérativité, de courtoisie, de douceur, qui font la force de l’être, font aussi sa faiblesse : incapable d’agressivité, il est également incapable de tenir tête, et supportera très mal les attaques. Entre le refus du risque et le pacifisme, l’affirmation de soi est d’autant moins aisée que la forme d’intelligence, en faisant apparaître les deux faces de la médaille, en faisant peser le pour et le contre, provoque une hésitation chronique.
La Vierge–Balance ne sera pas manifestement envahissante, mais, si l’on y regarde de plus près, grandes seront ses exigences intérieures, même si elle ne les extériorise pas, et, par conséquent, grandes ses possibilités de frustration, sa vulnérabilité vis-à-vis de l’élu (e). Excessivement sélective, la personnalité ne se commettra jamais avec un être de qualité inférieure. Cependant, pour que l’être choisi soit indépendant et secret, pour peu que les échanges ne s’étendent pas à tous les plans d’existence, elle se sentira, sentimentalement, cruellement dépossédée. Mais, grâce à ses facultés exceptionnelles de compréhension, elle sera capable de se mettre à la place de l’autre, prête à accepter intellectuellement une situation provoquée par ce qu’elle sait n’être, au fond, qu’une façon d’aimer différente de la sienne.
Morphologie
Assez généralement, on peut dire que tout concourt à la finesse des lignes et à la délicatesse des traits, correspondant à la sensibilité sélective. Si l’on part de la Vierge, l’apport vénusien est susceptible d’atténuer la sécheresse mercurienne. Par exemple, en remplissant les joues, en enveloppant légèrement la silhouette, en élargissant le cadre qui sera ovale (Vénus, planète humide, dilate, alors que Mercure, planète sèche, rétracte).
Grâce à cet apport, les lèvres peuvent être plus charnues, indiquant un contrôle moins sévère de la sensualité que chez le Virginien pur, des appétits moins restreints. Quant aux autres récepteurs, a priori fermés, ou tout au moins abrités par la secondarité Virginienne, ils peuvent être plus agrandis, plus ouverts par la primarité, la réceptivité vénusiennes. Le nez, où l’étage affectif, risque de dominer le visage. La déficience du menton paraît devoir se rencontrer fréquemment, étant donné les difficultés des deux signes à agresser, à s’affronter aux autres.
Vierge Ascendant Scorpion
La réunion au sein du même être de deux signes aux antipodes l’un de l’autre semble devoir porter en germe plus de contradictions que toutes les combinaisons déjà étudiées, et contribuer à un tempérament d’une complexité difficile à saisir. Imaginons Eve séduite par le serpent, imaginons un être se sentant, tantôt ou à la fois, ange et démon, en proie à la double et vertigineuse tentation du bien et du mal, et nous aurons une approche des paradis infernaux ou des enfers paradisiaques qui sont susceptibles de tourmenter le type Vierge–Scorpion.
Ici, on est capable de tout risquer et de tout perdre, on méprise le danger en même temps qu’on est attiré par lui. L’inconnu aimante irrésistiblement.
Là, toute la politique consiste à prévoir, détourner, fuir le danger, dont l’inconnu est la plus grande forme.
Et quoi de plus inconnu, de plus attirant, de plus effrayant aussi que l’autre, que le sexe opposé en particulier, et la sexualité en général.
Les obsessions et les fantasmes vont-ils emprunter la voie de l’ascétisme ou celle de la perversion ? La fragilité extérieure va-t-elle dissimuler une force, une irréductibilité, une agressivité redoutables, ou bien découvrirons-nous, derrière l’allure farouche, une vulnérabilité, une inquiétude latentes ?
Une telle personnalité, à la fois toujours sur la défensive et toujours prête à attaquer, est de toute façon difficile à cerner. L’inhibition protectrice et l’inhibition différentielle se liguent pour décourager l’approche et renforcer le secret : l’être est impénétrable et pénétrant. Il ne se laisse pas facilement influencer, car il détecte mieux que personne ce qui se cache derrière les mots, derrière les apparences, et le dénonce sans pitié. Dans le meilleur des cas, les facultés d’observation et de discrimination, bénéficiant de la confrontation avec le réel, font le démystificateur auquel on n’en remontre pas, car ce dont il consent à parler est chargé du double poids de la réflexion et du vécu. La synthèse positive peut donner une personnalité forte, qui féconde ses instincts de la lucidité de ses doutes, et sa pensée de la richesse de ses passions, dans une maîtrise résolue, jusqu’au-boutisme sans oeillères. Une personnalité étonnamment évolutive, malgré l’angoisse et le fatalisme métaphysiques, puisque soucieuse à la fois de perfectionnisme et de remise en question.
Morphologie
Les forces d’inhibition des deux signes concourent à la rétraction. On a envie d’imaginer des yeux enfoncés dans les orbites, des narines abritées, des lèvres serrées et un front redressé, indiquant la secondarité, dans un visage plus ramassé grâce à Mars, dont on retrouverait la combativité et la vitalité, par exemple dans la saillie des pommettes et du menton bien développé, dans l’angulosité des mâchoires et la tonicité générale des traits. Un visage trop heurté, avec un excès de creux et de bosses, indiquerait le caractère conflictuel de la combinaison étudiée. Quoi qu’il en soit, c’est l’intensité du regard qui risque d’impressionner le plus, un regard d’une acuité extraordinaire, résultant de l’addition des facultés d’observation de la Vierge, et de discrimination du Scorpion.
Vierge Ascendant Sagittaire
Encore une combinaison a priori incompatible : l’extraversion optimiste et paternaliste du Sagittaire contraste singulièrement avec l’introversion pessimiste de la Vierge ; l’un, très à l’aise, se répand, claironne, rit, s’exhibe ; l’autre, toujours gêné, se recroqueville, chuchote se cache.
Chez les types que l’Astrologie traditionnelle distingue dans le Sagittaire – type « expansif », intégré au monde extérieur, dont il assure la continuité des traditions, et type « intensif » intégré à la recherche d’un ordre nouveau – existent, dans des proportions variables, un besoin d’ordre et de dépassement, qu’il se manifeste dans l’ambition socioprofessionnelle (premier type), ou l’idéalisme actif (second type).
Or, les notions d’ordre et de dépassement constituent une recherche de base commune aux deux signes considérés, bien qu’essentiellement différente, c’est-à-dire inséparable du contexte social dans le cas du Sagittaire, alors que beaucoup plus strictement individuelle chez la Vierge. Par exemple, le dépassement sagittairien fera du bruit, sera spectaculaire.
Qu’il s’agisse d’un exploit sportif ou d’une idéologie, il reposera toujours sur l’effort de l’être au sein de, ou contre, son groupe. En revanche, nous aurons chez la Vierge un perfectionnisme lent et silencieux, dont elle demeurera le plus souvent le seul témoin et juge.
Si la Vierge introvertie le Sagittaire, nous pouvons nous trouver en présence d’un être passionné de connaissances politiques, philosophiques ou religieuses, nourrissant par ses études livresques à la fois la boulimie de culture de la Vierge et l’idéalisme exalté du Sagittaire. A condition que lesdites études débouchent sur l’universel et le spirituel, à condition que l’être ait l’opportunité d’en vivre la synthèse exhaustive, et de la propager. Par contre, si le Sagittaire extravertissait la Vierge, on aurait une personnalité plus tournée vers les activités socioprofessionnelles et physiques, dont l’emphase serait simplifiée et le simplisme complexifié, les appétits disciplinés et les déplacements d’air orientés dans des directions plus strictement pratiques ou utilitaires ; une personnalité sachant évaluer à l’avance le prix de l’aventure, et fidèle à la ligne droite, malgré les détours.
Notons que le souci d’ordre, commun aux signes, peut déboucher soit sur un conventionnalisme atterrant si la personnalité est médiocre, soit sur un humour particulier, échappatoire salutaire au conflit qui oppose l’excès de critique à une certaine tendance à la fatuité et à la facilité. Le Vierge–Sagittaire porte en lui un juge sévère, qui s’obstine à vouloir lui prouver l’inanité de ses penchants les plus naturels : l’humour réconcilie les deux parties.
Abordons, pour finir, une autre différence essentielle qui sépare les deux signes. Le Sagittaire a la faculté de relier, coordonner, rassembler, réunir, il a une vue globale des êtres et des choses ; la Vierge sépare, dissocie, analyse et perçoit plus facilement le détail que l’ensemble. Un autre problème de cette combinaison consistera donc à accorder les deux types d’intelligence, pour voir au-delà de l’associationnisme, subordonner l’idéal social à une éthique au lieu de l’y identifier, savoir distinguer le moyen du long terme, et les relier pour les diriger vers un but qui les contente tous deux : l’être mettant son opportunisme et son savoir-faire au service de sa réflexion.
Morphologie
Il est possible d’imaginer un cadre et un modelé dilaté (tendance jupitérienne à l’expansion) et des récepteurs fins et fermés (tendance Virginienne à la rétraction). La disposition inverse est tout aussi envisageable ; la dilatation jupitérienne s’exprimant alors dans les traits du visage, et la rétraction Virginienne dans ses contours et ses chairs : cette fois, ce serait la dépense énergétique qui dépasserait les réserves, on aurait donc l’indication d’une déperdition, d’une mauvaise économie de l’énergie.
Un amalgame plus harmonieux, où dilatation et rétraction s’équilibreraient, n’est pas exclu : imaginons un cadre relativement large, des traits suffisamment fins pour que la sensibilité oriente l’énergie dans des directions imposées par sa sélectivité, et suffisamment ouverts pour que la dépense de cette énergie s’effectue normalement. D’un tel visage émaneraient une gravité souriante, une douceur ferme, une bienveillance attentive, témoignant de l’association heureuse entre les tendances positives des deux signes.
Vierge Ascendant Capricorne
Nombre de qualités et de défauts, que l’on attribue habituellement à la Vierge, sont également imputables au Capricorne. Ce sont de tout le Zodiaque, les deux signes qui présentent le plus de points communs. Cette combinaison concourt à une créature monolithique avançant avec une lenteur raide, qui l’oblige à regarder où elle va, et lui donne donc le sens du but à atteindre. Mais elle ne favorise ni les changements de direction, ni la détente. Ceci vaut également pour la combinaison Vierge–Taureau, mais le but a atteindre est lié à l’avoir, à des acquisitions matérielles, alors qu’ici l’objectif est plus orienté vers l’être et le renoncement à l’avoir. La première combinaison est orientée vers la satisfaction des besoins, la seconde vers la réduction des mêmes besoins.
La réunion de l’inhibition-blocage de la Vierge, et de l’inhibition extinctive du Capricorne fait l’être très introverti, en perpétuelle attitude de défense, vis-à-vis des autres et de lui-même. Cela le prédispose d’autant plus à la solitude que, ayant par la Vierge tendance à se déprécier, et étant par le Capricorne peu enclin à se faire de cadeaux, il se trouve ainsi coincé entre sa propre part de médiocrité, qu’il exagère, et la médiocrité, qu’il ne supporte pas chez autrui ; entre la conscience douloureuse de sa petitesse et de son inadaptabilité, et son perfectionnisme intransigeant. L’idéal de pureté de la Vierge, allié au désir d’absolu du Capricorne, ne facilite ni l’estime de soi, ni l’estime des autres.
Son comportement extérieur paraîtra d’une froideur, d’une taciturnité rebutantes, masquant sa gaucherie ou son indifférence ennuyée, ou les deux si le Capricorne l’emporte. Si la Vierge domine, l’abord sera d’une gentillesse distante et timide, mais non à l’abri des gaffes intempestives : en effet, si la Vierge « sait se tenir », le Capricorne, obnubilé par le fond, ignore la forme, les formalités, les formules ; involontairement spécialiste des « pieds dans le plat », il arrive que sa sincérité brute devance la courtoisie Virginienne, plongeant l’être, après coup, dans un embarras parfois secrètement jubilateur.
L’intérêt du Vierge–Capricorne pour la vérité et l’au-delà des apparences est inné. Il a besoin de trouver ce qui ne bouge pas dans le mouvant, il a besoin de découvrir l’essence des êtres, des choses et de lui-même, afin de compenser l’insécurité des fluctuations atmosphériques et de l’ignorance humaine par des certitudes sur lesquelles il puisse s’appuyer. La recherche de l’essentiel est laborieuse, austère, et risque de devenir obsessionnelle, mais elle implique la profondeur, le sens des valeurs, la gravité et l’intégrité, et se manifeste presque toujours par le goût inné pour toutes les sciences qui tentent une explication fondamentale de l’homme et de son environnement.
Morphologie
La rétraction domine évidemment la morphologie. La pauvreté du tempérament nerveux, légèrement lymphatique, est indiquée par l’étroitesse et la longueur de la silhouette et du visage. La fermeture des récepteurs : yeux enfoncés et petits, lèvres minces et serrées, narines abritées, correspond à la secondarité et à la sélectivité, leur plus ou moins grande finesse renseigne sur le degré de sensibilité, une sensibilité très contrôlée. Il est à souhaiter que les récepteurs soient esthéniques (coins droits ou relevés), indiquant des possibilités dynamiques, et non atones (coins tombants), révélant la fatigabilité et une certaine passivité.
Vierge Ascendant Verseau
La combinaison Vierge–Verseau cérébralise à l’excès. L’Astrologie traditionnelle dit d’Uranus qu’il est l’octave supérieure de Mercure, rejoignant en cela l’Astrologie conditionnelle. Celle-ci, en effet, attribue aux planètes des formules inverses. Ainsi, la formule de Mercure RT, fait partir la planète du plan des Représentations R, pour arriver au plan T de Transcendance, alors que celle d’Uranus TR, situe cette dernière au plan de Transcendance, pour la faire aboutir à celui des Représentations. Autrement dit, Mercure part des signaux simples (mots, images) pour aboutir à la complexité (idées) alors qu’Uranus réduit la complexité en signaux simples ; les deux opérations s’effectuant par le biais du langage, expression de la pensée. On peut envisager que la précision Virginienne acquière grâce au Verseau une intuition, une rapidité qui donnent à la pensée et à la phrase, une concision exceptionnelle, une portée inhabituelle.
L’individualisme est puissant, bien que, curieusement, l’être se sente à la fois comme tout le monde et comme personne, on pourrait dire, aussi, inférieur et supérieur à ses semblables. A la fois proche et lointain, il se sentira aussi étranger aux autres dans la foule, que proche d’eux sur scène : grand parmi les petits, petit parmi les grands, c’est un orgueilleux modeste, un timide audacieux. Il méprise le matérialisme grossier, tout comme l’intellectualisme gratuit ; il éprouve, pourtant, une fascination secrète pour la puissance de l’argent et celle du verbe, et leurs spéculations respectives. Il n’est sûr de rien, étonne ou indispose par son ton tranchant et péremptoire ; il ne veut pas attirer l’attention, mais, quoi qu’il fasse, ne sait jamais passer totalement inaperçu.
Sensible et sec, doutant et affirmant, révolutionnaire et casanier, humaniste doublé d’un rigoriste, cet être paradoxal, écartelé entre la Terre et le Ciel, a besoin de se fixer un but qui lui permette de concilier ses idées d’avant-garde, de grandeur, ses ambitions, avec son souci du quotidien, sa prudence et son humilité. Comme pour la combinaison Vierge–Lion, il s’agit d’éviter que le Verseau surcompense la Vierge, ou que la Vierge rapetisse le Verseau. L’inadaptation de la signature Vierge–Verseau consisterait à être toujours à contretemps ou en porte-à-faux ; à rêver d’exceptionnel dans le cadre du quotidien, et à aspirer au quotidien dans les moments exceptionnels ; à ne se satisfaire de rien, ceci étant toujours trop bien, cela ne l’étant jamais assez ; à exercer son autoritarisme, sa volonté de puissance sur ses proches, tandis qu’il se laisserait écraser par l’entourage socioprofessionnel. Le déséquilibre se traduirait alors par des alternances de tolérance et d’intransigeance, de docilité et d’explosivité, de dépressivité et d’exaltation.
Morphologie
Le tempérament est nerveux, la rétraction domine : la cérébralité est indiquée par l’étage frontal plus développé que les deux autres ; son redressement correspond à l’individualisme et à l’objectivité. Les traits sont fins et abrités, révélant la sélectivité et le contrôle. Les yeux sont rapprochés, signifiant étroitesse du champ de conscience et concentration. Le modelé est souvent rétracté-bossué, car il y a heurt entre la force d’inhibition de la Vierge et la force d’excitation du Verseau. La faiblesse des instincts, commune aux deux signes, se retrouve à des déficiences plus ou moins prononcées de l’étage inférieur du visage.
Dans tous les cas, l’être sera svelte, fin, racé et dégagera une impression et de force de fragilité en même temps.
Vierge Ascendant Poissons
De la réunion des contraires peut résulter la pire confusion ou la plus féconde complémentarité. Ce sont non seulement l’ensemble du thème, mais encore la somme des conditionnements, qui feront pencher la balance d’un côté plus que d’un autre, et influeront de manière décisive sur la réussite ou l’échec d’une combinaison, surtout lorsqu’elle est paradoxale comme celle-ci.
Eminemment réceptif, l’être signé Poissons n’émerge qu’à grand peine de son immersion dans un milieu avec lequel il fait corps. Difficile de savoir qui l’on est précisément, quand on se sent confusément être un peu tout à la fois, et comment se trouver quand on aime tant se perdre, comment cerner sa personnalité, quand c’est dans la dépersonnalisation qu’on se sent justement le plus soi-même.
A l’inverse, la cérébralité dominante de la Vierge l’oblige à se dédoubler, à prendre conscience des autres, d’elle-même, de ses moindres états d’âme, et l’empêche de se perdre, à défaut de se trouver. Si elle ne sait pas forcément qui elle est, elle sait parfaitement qui elle n’est pas : la connaissance de ses limites est également le début de celle de son individualité. Pour le sujet Poissons, l’objet n’est pas grand-chose, par rapport au pouvoir d’évocation qu’il est susceptible d’y trouver. Mensonge et vérité se fondent et ne se séparent jamais tout à fait. Parler, écrire, exprimer avec des mots, revient à réduire arbitrairement une complexité informulable.
Quant à la Vierge, même si elle est assez intelligente pour soupçonner que chaque vérité contient son mensonge, et chaque mensonge la vérité, son sens aigu du réel coupe les ailes de l’imagination : l’objet n’est en définitive qu’un objet, elle ne « l’incorpore » pas (comment le pourrait-elle alors qu’elle a tant de mal à « s’incorporer » elle-même). Comme le moi du toi, le vrai à un certain moment se distingue du faux, et le choix du mot juste est très important car il permet de délimiter les frontières, de cerner l’exprimable.
La combinaison Vierge–Poissons peut aboutir à une complémentarité positive, incroyablement riche et féconde sur le plan de l’intelligence et de la sensibilité et, en particulier, donner d’intéressantes dispositions artistiques. Mais elle restera toujours critique sur le plan dynamique, les deux signes ayant besoin d’être mis sur leurs rails : la réceptivité passive des Poissons, leur gentillesse vélléitaire vont dans le même sens que les complexes d’infériorité, les doutes de la Vierge.
En dehors de la sublimation artistique, le meilleur moyen pour l’être de dépasser ses inhibitions serait probablement de trouver une voie où puissent s’exercer la compassion innée des Poissons et le besoin de servir de la Vierge, dans un altruisme authentiquement généreux et efficace.
Morphologie
Le cadre, en principe étroit, et le visage atone indiquent la faiblesse vitale et une certaine passivité ou apathie, confirmées par la déficience du menton et des mâchoires. Si la Vierge seule est dominée par la rétraction, les Poissons apportent souvent un ou plusieurs éléments de dilatation, que ce soit au niveau des chairs du visage, plus ou moins molles, ou au niveau des récepteurs (œil plus ou moins globuleux, narines épaisses, lèvres ouvertes évoquant la carpe), ce qui correspond à sa grande réceptivité. Il « absorbe » le milieu, alors que la Vierge aux récepteurs plus fins, plus fermés, le filtre soigneusement.
Le front devrait être redressé, marquant la secondarité commune aux deux signes, et plus développée dans sa partie supérieure qu’avec le seul apport Virginien, grâce à l’intuition et l’imagination neptuniennes.
Comment interpréter Mercure dans les Signes
Mercure en Vierge
Nous accordons une place à part à Mercure. Maître planétaire de la Vierge, en Domicile diurne dans ce signe, il y exerce une influence privilégiée. Il convient d’abord de préciser la signification de la planète avant d’étudier ses relations avec le signe.
La définition proposée par Claire Santagostini nous semble à la fois la plus complète et la plus proche d’une synthèse heureuse des différents courants astrologiques : « Force de liaison entre les poussées de l’intérieur (richesse instinctuelle) et les « pressions de l’extérieur » par établissement de rapports entre les uns et les autres. »
Il revient donc à Mercure de permettre les liaisons entre l’homme et le monde, les échanges avec le milieu. Pour comprendre ce qu’il reçoit du monde, l’individu doit établir des rapports entre cet acquis et lui-même. D’où une distanciation, une répression de la vie sensible au profit d’une cérébralisation, d’une perception intellectuelle à travers la connaissance lucide. Cela suppose l’aptitude à analyser et à évaluer les divers éléments en jeu.
A la base du principe de Mercure, purement intellectuel, sont la création et la manipulation de la pensée. Par extension, son utilisation pratique et objective. Valeur dégagée de toute pulsion émotionnelle. Par conséquent, Mercure renseigne sur la forme de pensée d’un individu, sa forme d’intelligence, tout autant que sur son aptitude à extérioriser ses pensées en parole ou par écrit, et à se faire – ou non – comprendre d’autrui. Le langage incluant également les gestes, mimiques ou danses.
Mercure donne une insatiable curiosité, vierge de tout a-priori, libre de toute entrave. Le monde est un passionnant champ d’investigation pour le Mercurien, qui engage un dialogue permanent avec son entourage. C’est un libre penseur, toujours prêt à jeter un regard neuf sur les êtres et les choses, d’autant qu’il a l’art de changer les angles de vues.
Mercure exerce une influence bien différente dans son Domicile nocturne (Gémeaux) et dans son Domicile diurne (Vierge). Ici, point de joutes verbales, de jeux d’esprit « pour le plaisir ». Le sujet répugne autant à l’acte (intellectuel) gratuit qu’aux concepts purement abstraits. Dans un cas comme dans l’autre, il éprouverait un pénible sentiment de frustration. Il utilise son intelligence comme un outil forgé pour l’aider à résoudre des problèmes concrets. Aussi est-il plus préoccupé de capter et d’analyser les multiples détails de la vie quotidienne que d’échafauder de séduisantes théories, dont la seule faille est d’être quasiment irréalisables en pratique.
Mercure en Vierge souligne les qualités de mémoire et d’observation. Le sujet excelle dans les domaines où il faut fidèlement retranscrire une réalité plutôt que l’interpréter ou l’intellectualiser.
Mais l’on devine aisément les dangers d’un esprit aussi enraciné dans le réel. Si le reste du thème ne présente pas de solides valeurs d’imagination (valorisation des signes d’Eau–Cancer, Scorpion, Poissons-dominante lunaire) ou de créativité (planètes de transcendance-Neptune, Pluton), le sujet risque de s’enliser dans le prosaïsme. La pensée manque alors par trop d’élévation. Le souci d’ordre, de précision, d’exactitude est poussé à l’excès, donnant un caractère tatillon, mesquin, étroit d’esprit. On peut craindre une propension à se perdre dans les détails, à buter sur des points secondaires, à se complaire dans les complications et, finalement, à perdre de vue l’aspect général d’un problème. C’est le tribut que doit payer une intelligence excessivement analytique.
L’autre danger, c’est de s’enfermer dans une logique trop personnelle et de soigner ses particularismes, sous une apparence de rigueur et de respect de la réalité. Le sujet est alors enclin à servir des vérités trop étriquées, à bâtir de grandes démonstrations sur de minces arguments, gâchant ainsi son riche potentiel intellectuel.
Quoi qu’il en soit, Mercure en Vierge stimule considérablement l’activité mentale. Il confère un amour du langage et des mots, qui peut conduire le sujet à s’orienter vers une carrière littéraire ou, du moins, à utiliser sous une forme ou sous une autre ce don.
Chez les écrivains dont le thème présente cette configuration, le style est net, concis, rigoureux. On ne se permet aucune facilité. La quête du « mot juste » se révèle parfois fastidieuse ou frustrante, mais elle est toujours ressentie comme une nécessité absolue. La phrase coule, limpide, claire, bien structurée. Naturellement, l’effort fourni pour obtenir cette forme élégante et sobre ne doit, à aucun moment, transparaître. Le manque de fantaisie de ce style peut être considéré, par certains, comme un défaut (Alain Peyrefitte, Michel Rocard, Régis Debray, Félicien Marceau).
Mercure en Balance
La pensée est juste et le jugement sûr. C’est une pensée qui pèse volontiers le pour et le contre car elle s’efforce d’être impartiale. Elle est tout en nuances et se veut conciliante.
Loin de jeter de l’huile sur le feu, le sujet cherche à apaiser les esprits et à réconcilier les points de vue. Il est doué pour jouer les intermédiaires ou les arbitres.
Mercure et la Balance se rapportent à tout ce qui est lié à la communication, y compris les moyens de communication. Voilà pourquoi le sujet, toujours dans la Maison V, se lie volontiers à des artistes, que ce soient des gens du spectacle, des écrivains, des peintres ou des musiciens.
Mercure en Scorpion
L’intuition est non seulement très fine dans ses relations avec autrui, mais encore elle porte le natif jusqu’à des vues cosmiques, des visions prophétiques ou mystiques. Doué pour la divination, perspicace, incisif, ne craignant ni Dieu ni Diable dans sa quête de la connaissance, le Mercurien du Scorpion s’aventure aux frontières des enfers. Son intelligence est attirée par les interdits à violer : elle veut tout savoir, tout connaître, quoi qu’il en coûte. C’est Eve devant l’arbre défendu qui lui ouvrait la connaissance du bien et du mal. Mercure en Scorpion est plus puissant encore lorsqu’il est en aspect harmonique avec Pluton. Il donne au sujet une grande discrétion, un grand discernement, une prudence qui lui évitent de tomber dans bien des pièges.
Mercure en Sagittaire
Celui qui craint d’être dépassé par les événements prend la peine de tout prévoir, de fixer dans les moindres détails le calendrier et l’ordre du jour. Le Sagittaire, lui, n’a pas besoin de se reposer sur un Mercure très actif et minutieux. Il se fie à ses dons d’improvisateur qui fait flèche de tout bois. Il compte sur sa chance pour achever ce qu’il n’a qu’esquissé. Il se méfie des plans dressés sur la comète et des pronostics toujours bafoués par la réalité.
Mercure en Capricorne
Extraordinaire position pour cet astre. L’intelligence est profonde, pénétrante, sûre. Le sens du détail, de l’analyse, est assorti d’un esprit de synthèse fulgurant. Excellente mémoire. Discernement, jugement presque infaillible, sens du temps. L’être est mesuré, peu expansif, mais son ambition se révèle imperturbablement tenace.
Mercure en Verseau
Mercure en Verseau signe une intelligence intuitive mais rigoureuse, à condition que le sujet soit motivé. Sinon, il se laisse plutôt envahir passivement par les informations qu’il emmagasine et qui resteront latentes, en attendant de ressortir un jour sous forme créative. Au Verseau, Mercure est souvent distrait. Il n’établit le contact avec autrui que si l’ambiance est mobilisatrice, l’interlocuteur plaisant, ou si la discussion porte sur ses convictions.
Mercure en Poissons
Cette planète est en exil dans les Poissons. Dans ce signe d’eau, elle donne un fort potentiel de sensibilité intuitive. Elle représente, en effet, le filtre intellectuel à travers lequel vous vous exprimez en tant que Poissons. Ce n’est pas seulement votre forme d’intelligence mais aussi la direction qu’elle va prendre. C’est votre faculté d’adaptation qu’elle définit, et vos relations avec l’entourage. Cette direction sera, dans le sens de Neptune, infinie. La perception des choses sera beaucoup plus intuitive, immédiate que déductive. C’est une perception sans détail. Rien de précis, mais une vision « globale » instantanée. La compréhension est « affective ».
Mercure en Bélier
La planète Mercure représentant le mental, celui-ci se trouve ici sous la domination de Mars ou Pluton : fougue, intuition foudroyante, certitude d’avoir raison. Les choses sont vécues dans l’instant, avec l’ivresse de la découverte. Cette position laisse peu de place au doute, à l’hésitation. L’intellect est très actif, avec une tendance à la polémique (Mars) et au sarcasme (Pluton).
La franchise est brutale, tranchante comme un scalpel. La diplomatie et la douceur ne sont pas le fort de Mercure en Bélier ! C’est la position des polémistes, des « fonceurs ». Le passage de la pensée à l’acte est immédiat : c’est un peu la conjonction Mercure–Mars, avec son don de persuasion, sa rapidité redoutable.
Mercure en Taureau
L’effet du Taureau sur Mercure limite la disponibilité intellectuelle et sociale. Il n’y a pas d’affinité évidente entre l’astre de l’ouverture, des réponses réflexes aux sollicitations ambiantes, et le signe du contrôle, de la première réaction de défense contre les incitations extérieures. L’astro-psychologie insiste donc sur la spécialisation des facultés mentales plutôt que sur la diversité d’aptitudes.
Les dons d’observation, l’application travailleuse, la continuité des idées, pallient les lenteurs de l’intelligence et ses réticences (non insurmontables) devant les abstractions.
Cependant, l’esprit progresse fort loin si la matière se prête à une saisie logique, méthodique, et à une démarche analytique raisonnée du concret à l’abstrait. La curiosité serait plus vive et l’intelligence plus habile dans la détection des sources de plaisirs, profits et possessions.
Mercure en Gémeaux
La souplesse d’esprit, le besoin de connaître, celui de transmettre le message dont on est porteur s’allient à une exceptionnelle facilité d’assimilation de toutes les données que l’esprit doit intégrer. A cela s’ajoute l’association des idées, tout aussi rapide, qui permet d’élaborer très vite des ensembles d’où sortira la résolution des problèmes posés. Par contre, si la compréhension ne s’effectue pas dans l’instant même, il est fréquent que l’on doive s’y atteler à nouveau au prix d’efforts inhabituels et fastidieux. Il va sans dire qu’un tel Mercure est un atout important dans les thèmes des avocats, des hommes politiques, des représentants. Parfois s’y joint le sens de l’humour, de l’ironie, de la répartie. Le sujet est apprécié pour ses dons de causeur. Il lui est assez difficile de se spécialiser, car il veut tout savoir, tout apprendre, mais se contente trop souvent d’un survol rapide. Il sait s’insérer dans les conversations pour les orienter selon son gré.
Mercure en Cancer
La planète de l’intelligence se teinte ici de finesse analytique, de sensitivité, d’irrationnel. L’intuition s’affine, se laisse diriger par une perception subjective des problèmes, et les résout grâce au « flair », au doigté, à l’instinct beaucoup plus que par raisonnement. Mercure en Cancer fait des êtres qui écoutent plus qu’ils ne parlent, qui enregistrent et mémorisent les moindres faits et gestes pour s’en servir plus tard dans des circonstances appropriées. L’esprit, à la démarche lente et sûre, donne du poids aux synthèses. C’est un esprit qui allie les qualités inventives aux déductions logiques.
Mercure en Lion
Vous pouvez par exemple connaître la sensation grisante de pouvoir venir à bout de toutes les énigmes, d’affronter, comme en vous en jouant, les problèmes filandreux où s’entortillent les esprits moins alertes. Pour vous, les discours choc, les idées fortes et les images frappantes, pour peu qu’on les répande suffisamment, recèlent une efficacité redoutable, un pouvoir libérateur hors pair. Nulle muraille ne s’avise de résister à un trompettiste assez constant et malicieux, tous les rescapés de Jéricho vous le diront.
Comment interpréter les aspects de Mercure avec les autres Planètes
Comme nous le préciserons pour la disposition des planètes dans les signes, l’analyse des aspects ne doit pas être prise « au pied de la lettre », mais replacée dans le contexte global du thème. Sans quoi elle pourrait donner lieu à des interprétations erronées.
Le terme « aspect » indique un écart angulaire entre deux planètes.
On distingue :
les aspects majeurs harmoniques :
- le trigone (écart de 120° jusqu’à 8° en plus ou en moins),
- le sextile (écart de 60° jusqu’à 5° en plus ou en moins sauf pour les planètes lentes) ;
les aspects majeurs dissonants :
- l’opposition (écart de 180° jusqu’à 13° en plus ou en moins),
- le carré (écart de 90° jusqu’à 7° en plus ou en moins).
Quant à la conjonction (deux ou plusieurs planètes situées au même degré du même signe du Zodiaque, avec 13° d’écart en plus ou en moins), elle peut être harmonique ou dissonante. Elle est harmonique si les planètes en cause sont de nature compatible (Vénus et Jupiter, par exemple). Elle est dissonante si les planètes en cause sont de nature incompatible (Vénus et Saturne).
Mais il serait beaucoup trop simple, et souvent faux, de penser que les aspects harmoniques sont forcément « bons » et les aspects dissonants forcément « mauvais ». En fait, la notion d’harmonique indique que les forces signifiées par les planètes reliées l’une à l’autre sont en accord. La dissonance indique un conflit (carré) ou une opposition (aspect d’opposition) entre les forces signifiées par les planètes.
Si les aspects dissonants représentent, dans certains cas, des problèmes plus ou moins difficiles à résoudre, ils peuvent également avoir un effet positif, en tout cas stimulant, dans la mesure où ils empêchent le sujet de s’endormir dans une béatitude improductive. C’est ce qui explique que les thèmes de personnalités célèbres soient souvent très dissonés. Il est bien connu que les luttes et les conflits forgent une personnalité et parfois même lui permettent de se révéler. Là encore, chaque cas est unique et l’interprétation des aspects harmoniques et dissonants se fait en fonction de l’ensemble du thème.
Mercure-Soleil
Dans le cas d’un aspect entre le Soleil et Mercure, seule la conjonction existe, la distance entre ces deux planètes n’étant jamais supérieure à 28°. Cet aspect se retrouve fréquemment dans un thème. Il n’exerce pas une influence déterminante sur la formation de la personnalité.
Si elle ne reçoit pas d’aspect majeur dissonant, la conjonction, est considérée comme harmonique. Vu sous l’angle de l’Astrologie conditionnelle, le Soleil n’est pas uniquement la conscience de soi, mais également l’image représentative de soi, le masque social, l’auto-représentation, le besoin de jouer un rôle, Mercure est facteur de multiplicité, de complexité.
Le sujet marqué par Soleil–Mercure ne peut donc se contenter d’un rôle unique, plus ou moins imposé de l’extérieur, et dont il aurait vite fait le tour. Il lui faut multiplier les personnages, dans un besoin vital d’exprimer la multiplicité de son être profond.
Cette nécessité se traduit aussi dans l’expression de la pensée, qui prend diverses formes. Le sujet peut jouer sur différents claviers et adopter plusieurs styles. Il a l’art des rapprochements inattendus, et sa liberté de langage contraste parfois avec sa soumission aux modèles sociaux.
Lorsque la conjonction Soleil–Mercure reçoit des aspects dissonants, elle est elle-même considérée comme dissonante. Instabilité, nervosité, irritabilité résultant de l’incompatibilité entre une forme d’esprit fluide, perpétuellement en mouvement, et la rigidité des modèles de comportement imposés de l’extérieur.
Si les valeurs mercuriennes l’emportent sur les valeurs solaires dans le thème, le sujet a de fortes chances de se dégager des contraintes sociales et de prendre ses distances par rapport aux convenances. Il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit et use du pouvoir libérateur de l’humour.
Mercure-Lune
Aspect harmonique (conjonction – trigone – sextile) : C’est l’indice d’une liaison harmonieuse entre le plan du mental et le plan de l’instinct, d’une aptitude à concilier, sans trop de difficulté, objectivité et subjectivité. La personne marquée par cet aspect peut aussi, plie facilement qu’une autre, exprimer par des mots les messages transmis par son inconscient.
Le champ clos de l’univers intérieur est matière à exploration, à investigation. L’intelligence puise directement dans le grand réservoir de formes, de symboles, qu’est l’inconscient.
L’apport de la Lune au niveau de l’intellect (mémoire, imagination, symboles) est fortement mis en valeur.
Du fait de la « primarité » des deux planètes en cause, l’aspect Mercure–Lune donne également une intelligence mobile, vive, souple. L’extrême adaptabilité permet au sujet de varier ses comportements et d’aimer « se frotter » à des mentalités différant totalement de la sienne. Lui-même dénigre farouchement l’esprit de caste et se veut dégagé de toute appartenance à un groupe, un clan, ou toute autre forme de monde clos sur lui-même.
Aspect dissonant (opposition – carré) : La dissonance accentue la mobilité et la disponibilité d’esprit, d’où un risque d’instabilité et une nette tendance à la dispersion. Le sujet a du mal à se concentrer. Dans une conversation, il passe facilement « du coq à l’âne », fait des digressions, revient à son point de départ pour sauter sur une nouvelle idée qui lui est brusquement venue à l’esprit. Il est difficile de suivre les méandres de cette pensée bondissante qui refuse de se laisser enfermer dans des cadres ou des structures étroites. Le refus de s’intégrer à un groupe est naturellement accentué en cas de dissonance.
Mercure-Vénus
Il existe de nombreux points, communs entre ces deux planètes qui ne peuvent, en outre, être reliées l’une à l’autre que par des aspects harmoniques (conjonction – sextile). Toutes deux représentent le niveau des mots, des images, des formes. Mais si Mercure tend vers l’abstraction, Vénus donne aux signes « l’apparence sensible du réel ».
Avec Mercure–Vénus, les idées ne sont pas abstraites ou désincarnées. Le sujet est capable de leur donner épaisseur et consistance quasi charnelle, il sait exprimer les concepts les plus ardus sous forme plaisante, aisément compréhensible par tous.
L’art du verbe, qu’il possède au plus haut degré, est l’un de ses principaux atouts de séduction. Il manie les mots pour plaire et charmer (pouvoir dont il usera à bon escient si Mercure est en Vierge, et dont il abusera facilement si Mercure est en Gémeaux). Cet aspect est un élément de cérébralisation de la sensualité, dans la mesure où le désir physique naît de l’excitation, de la stimulation intellectuelles, (à moins que Vénus ne soit aspectée à des planètes d’instinct, comme Mars ou Pluton, auquel cas la composante cérébrale serait atténuée).
D’une façon générale, le sujet trouve, par le biais de la communication, un terrain d’entente avec son entourage.
Mais si l’une des deux planètes en cause est par ailleurs mal aspectée, il risque d’y avoir une distorsion entre le plan formel (Vénus) et le plan abstrait (Mercure).
Mercure-Mars
Aspect harmonique (conjonction bien aspectée – trigone – sextile) : Mars représente le monde des faits, ainsi que la volonté d’affirmation de l’être par confrontation avec la réalité concrète.
Avec Mercure–Mars, l’intelligence est donc branchée directement sur le réel. Le langage se concrétise, la pensée se transforme aussitôt en acte. La forme d’expression reflète ce besoin et ce désir d’efficacité, au détriment, le plus souvent, du sens des nuances. Cet aspect ne prédispose pas à « tourner autour du pot ». Le sujet appelle les choses par leur nom. Il exprime son opinion avec une franchise sans détour, parfois même avec brusquerie. Il a la répartie vive, la riposte acérée, se défendant âprement quand on l’attaque. Ses assauts sont tout aussi cinglants.
La promptitude de la réaction cérébrale à une stimulation, et la parfaite coordination entre « le muscle et la pensée » donnent une grande rapidité d’action.
Le sujet se met en valeur dans toutes les situations où une prise de décision immédiate s’impose.
Aspect dissonant (conjonction mal aspectée – carré – opposition) : Avec la dissonance, le manque de compatibilité entre le réel (Mars) et le mental (Mercure) est fortement accentué.
Si le sujet a du mal à résoudre les contradictions qui en découlent, son comportement s’en ressent : il est nerveux, tendu, agacé que les projets qu’il a conçus si prestement ne puissent être exécutés aussi vite. Son impatience, sa fébrilité peuvent le conduire à prendre des décisions imprudentes, irréfléchies.
Il se montre souvent emporté, ses paroles dépassant généralement sa pensée. Son esprit mordant lui attire plus d’inimitiés que d’amitiés, d’autant qu’il a le goût de la lutte et qu’il est souvent le premier à provoquer les querelles.
Mais si le reste du thème permet de maîtriser les tensions engendrées par la dissonance, cette personne se distinguera dans les situations où il faut être constamment « sous pression » et prêt à agir très vite.
Mercure-Jupiter
Aspect harmonique (conjonction – trigone – sextile) : Mercure–Jupiter signe une intelligence pratique, axée sur le court terme, sur l’intérêt immédiat. Le souci de représentativité inspiré par Jupiter est admirablement servi par le liant, la souplesse propres au Mercurien.
L’individu marqué par cet aspect a le sens de l’opportunité, et une intelligence aiguë des rapports. Ainsi pourvu, il est capable de tirer le meilleur parti des occasions qui se présentent. Le cas échéant, d’ailleurs, il sait « créer l’occasion », pour l’exploiter ensuite à fond. Mais il ne se nourrit pas d’ambitions impossibles. Ses objectifs demeurent très concrets.
L’adaptation sociale est également favorisée par la facilité d’expression, le goût des contacts. Le sujet n’est pas confronté au problème de l’incommunicabilité. Il a au contraire l’art d’établir facilement le dialogue avec son entourage. Extraverti, expansif, il réussit à créer une ambiance chaleureuse, bon enfant. Voilà quelqu’un qui sait cultiver les relations utiles pour servir ses intérêts.
Aspect dissonant (carré – opposition) : La dissonance met l’accent sur le manque de rigueur et de profondeur de la pensée. Le sens de l’opportunité devient facilement opportunisme. Pour parvenir à ses fins, le sujet n’est pas très exigeant quant au choix des moyens employés. Il n’a pas grand mal à faire taire ses scrupules.
Sa sphère d’activité se limite à notre bas monde et, plutôt que de poursuivre un idéal supérieur, il préfère de loin utiliser ses qualités d’astuce, d’ingéniosité, de sens pratique pour être reconnu socialement et jouir du confort que procure l’aisance matérielle.
Le sujet est enclin à se vanter de ses mérites et de ses exploits avec une prolixité qui n’a rien à envier à celle de Tartarin de Tarascon.
Cependant, si le thème comporté une dominante saturnienne ou plutonienne (facteurs d’intransigeance, de refus des compromissions), ou si les planètes de représentativité autres que Jupiter (Soleil–Uranus) sont elles-mêmes très dissonées, cet aspect pourra au contraire constituer un obstacle au développement aisé de la vie sociale. Dans ce cas, le sujet ne saura pas saisir les opportunités, encore moins les exploiter. Il manquera de diplomatie, et aura du mal à s’adapter à un quelconque groupe social.
Mercure-Saturne
Aspect harmonique (conjonction bien aspectée – trigone – sextile) : Mercure–Saturne est exactement l’opposé de Mercure–Jupiter. Si Jupiter est un facteur d’expansion, de pléthore, Saturne est un facteur de réduction, de rétraction.
L’alliance entre Mercure et Saturne confère rigueur de pensée, puissance de réflexion, objectivité.
Le sujet rejette l’intuition au profit d’un raisonnement logique, fondé sur l’expérimentation. Il veut trouver une explication rationnelle à chaque phénomène et exige des preuves, qu’il dissèque et analyse dûment avant d’en tirer des conclusions.
Mais, s’il part de l’expérience concrète et d’une analyse rigoureuse des faits, il ne s’arrête pas là et cherche à savoir ce que les faits cachent de plus important derrière les apparences premières. Avec l’apport de Saturne, la curiosité mercurienne gagne en profondeur ce qu’elle perd en souplesse. Le sujet n’adhère pas volontiers aux idées nouvelles, surtout si elles ne sont que le reflet d’une mode. Pas plus qu’il ne s’ouvre facilement aux opinions d’autrui, ce qui rend les contacts, les échanges, assez laborieux.
Aspect dissonant (conjonction mal aspectée – carré – opposition) : Cette tendance est très nettement renforcée dans le cas de la dissonance. L’élocution est souvent difficile, le sujet réfléchissant longuement avant de parler, tant il veut que ses paroles correspondent à sa pensée (celle-ci devant elle-même s’appuyer sur la réalité des faits). Il en résulte une réelle difficulté de communication, qui peut engendrer un sérieux complexe d’infériorité.
Si Mercure est particulièrement dissonant ou si une composante marxienne apporte un facteur d’impulsivité, le sujet peut au contraire se perdre en bavardages spécieux ou en spéculations intellectuelles coupées du réel. Ses raisonnements risquent alors d’être de mauvaise foi, et il peut se bloquer dans l’intransigeance, l’intolérance.
En revanche, en fonction des capacités du sujet, et des autres configurations de son thème, le handicap que constitue la dissonance peut donner lieu à une surcompensation, la personne acquérant une maîtrise remarquable dans sa spécialité.
Mercure-Uranus
Aspect harmonique (conjonction – trigone – sextile) : Tout l’impact de cette forme d’esprit réside dans sa capacité à réduire les idées à l’essentiel, d’où une efficacité et une force de conviction accrues. Les schémas de pensée se caractérisent par un souci de clarté.
La démarche intellectuelle est rigoureuse, fondée sur un travail astreignant d’unification, le but étant de tout ramener à une idée fondamentale. Il en découle une forme de synthèse qui n’exclut cependant pas la schématisation et la simplification
Pourtant, le sujet est convaincu que ses idées ont valeur de vérités universelles. Il n’a pas
son pareil pour démontrer à coup d’arguments percutants que ce qu’il avance est exact. Il ne se fonde pas sur l’expérience concrète (comme avec Mercure–Saturne), mais sur des suppositions diverses, qu’il mûrit et affine longuement. Au moment opportun, comme mû par un déclic interne, il en ressort la quintessence, et son jugement tombe alors comme un couperet.
Mercure–Uranus dénote une extrême indépendance d’esprit et le besoin farouche de se démarquer, d’affirmer son individualité, son originalité. Ce qui conduit le sujet à éviter très soigneusement les sentiers battus.
Aspect dissonant (opposition – carré) : La dissonance n’empêche nullement la possibilité de s’imposer par des créations originales, voire d’atteindre une certaine notoriété.
Mais le besoin de se démarquer tourne facilement à la provocation. L’esprit de contradiction est poussé à l’excès. Le sujet, qui s’estime libéré de tout préjugé et ouvert d’esprit, finit par faire preuve d’intolérance et d’intransigeance. Il ne se rend pas toujours compte, en effet, que ses propres principes peuvent être aussi restrictifs et limitatifs que les règles et les conventions sociales qu’il dénonce violemment. Seulement, son système de valeurs lui est personnel et il ne doit rien (ou le moins possible) aux courants de pensée du moment. C’est l’essentiel à ses yeux.
Le piège à éviter c’est de nuire à la liberté de pensée des autres à force de vouloir faire respecter la sienne.
Mercure-Neptune
Aspect harmonique (conjonction bien aspectée – trigone– sextile) : Mercure–Saturne bridait l’imagination, Mercure–Neptune la libère. A l’intelligence entendue comme la compréhension objective de la réalité, cette combinaison répond par l’intelligence du cœur.
Le réel n’a guère de prise sur le sujet, qui se meut très à l’aise dans le monde du rêve et de l’imaginaire et ne comprend que le langage de la subjectivité. On entrevoit déjà toutes les formidables potentialités et tous les dangers d’une telle forme d’esprit. La personne influencée par cet aspect ne raisonne pas, elle ressent. Persuadée que son intuition ne la trompe jamais, elle se livre à des interprétations très personnelles qui n’ont parfois qu’un lointain rapport avec la vérité. Néanmoins, son approche purement intuitive des êtres et des situations donne de temps en temps des résultats époustouflants, car elle est effectivement capable d’avoir des intuitions géniales.
Aspect dissonant (conjonction mal aspectée – carré – opposition) : En dissonance, les tendances mercuriennes à l’abstraction et à l’objectivité sont « court-circuitées » par les tendances neptuniennes qui portent à tout « subjectiver ».
Ainsi écartelée, la pensée ne va pas au bout de sa course, ou bien elle s’égare dans des digressions n’ayant aucun rapport avec le sujet. Les idées sont vagues, les raisonnements confus. La personne influencée par cet aspect n’a jamais de jugement tranché. Elle oscille entre plusieurs points de vue si bien qu’elle donne l’impression de ne pas avoir d’avis personnel. Ce « flou » perpétuel l’entoure d’une aura de mystère.
Incapable de s’en tenir à une observation impersonnelle des faits, elle transforme la réalité et se voit souvent accusée de mensonge ou de duperie. Ces termes sont impropres dans la mesure où il ne s’agit pas de tromperie volontaire, délibérée. Il est vrai, cependant, que son attitude ambiguë a de quoi troubler.
Si, dans le thème, la composante mercurienne domine et que les facteurs d’extraversion sont valorisés, l’expression est surabondante, mais le contenu manque de profondeur réelle. Au royaume de Mercure–Neptune dissonant, l’illusion est reine. Elle risque trop souvent de déboucher sur les désillusions.
Mercure-Pluton
Aspect harmonique (conjonction bien aspectée – trigone – sextile) : Avec Mercure–Pluton, la pensée est avant tout évolutive.
Par son aptitude à changer les données d’un problème et à l’étudier sous des angles insolites, inattendus, le sujet possède un riche potentiel créatif. Il est hostile aux idées toutes faites et aux a-priori. Il peut être amené à modifier ses points de vue sans pour autant se considérer comme traître à ses idées ou renégat, car il sait que rien ne demeure jamais fixe ou immuable, et que rien n’est plus relatif que la vérité.
Si Mercure–Uranus incline à la schématisation, à la simplification, l’aspect Mercure–Pluton est au contraire un facteur de complexité du mental. Cette faculté de complexifier des données simples renforce la richesse intellectuelle du sujet, celui-ci entrevoyant des possibilités jusque-là ignorées. Il recule aussi loin qu’il le peut les limites de son champ de conscience, expérimente les pouvoirs de ses facultés mentales, aidé en cela par une intelligence pénétrante, scrutatrice, investigatrice.
Il va bien au-delà des apparences, cherche à traquer les vérités cachées que chaque être porte en lui sans en avoir toujours conscience. Il ne cesse de tout analyser, de tout approfondir, de tout remettre en question. Il fouille les recoins les plus sombres des âmes et perce les mobiles secrets. Sa lucidité doublée de clairvoyance est redoutable et redoutée. Aspect dissonant (conjonction mal aspectée – carré – opposition) : En dissonance, Mercure–Pluton pose le problème de la communication entre les êtres. Mais celui-ci trouve rarement de solution et aboutit bien souvent à l’incommunicabilité.
Le sujet est confronté au plus délicat problème qui soit : comment traduire l’intraduisible ? Le langage le trahit, il ne réussit ni à formuler clairement ses pensées, ni à exprimer ce qui lui semble une évidence mais que les autres ne saisissent pas. Il a tendance à compliquer ce qui est simple et à se mouvoir à l’aise dans la complexité. Il s’ensuit un véritable dialogue de sourds, avec risques de quiproquos et de malentendus. Le fossé se creuse autour de lui, l’enferme dans la solitude.
Cependant, en dissonance comme en aspect harmonique, Mercure–Pluton découple l’imagination inventive, fait fleurir l’insolite, l’inattendu, donne accès aux sources profondes, inconscientes de l’être. C’est aussi, par excellence, un aspect de désacralisation, de démystification.
Comment interpréter les Planètes dans les Signes
Si l’on comparait un thème natal à une pièce de théâtre, la scène serait le Zodiaque, le décor correspondrait aux Maisons, les acteurs aux planètes et le texte aux aspects. La précision de l’interprétation exige de tenir compte des interactions et interférences entre ces différents facteurs astrologiques, car il faut toujours considérer le thème dans sa globalité.
La même pièce, jouée sur la scène du Théâtre de l’Est parisien ou à la Comédie-Française, présente de notables différences. Il n’en va pas autrement en Astrologie. Tout en gardant ses propriétés spécifiques, une planète n’exerce pas la même influence quand elle est située en Gémeaux ou en Capricorne. Par un jeu d’interférences, la planète est tonalisée par les valeurs du signe, tandis que le signe prend la coloration de la planète. Selon la formule employée par Claire Santagostini, le signe est un mode d’être de l’individu et la planète est la force qui exprime (facilement ou difficilement) ce mode d’être.
Il existe entre signes et planètes des affinités que la Tradition a codifiées en plaçant chaque signe sous la tutelle de la planète qui semblait le mieux lui correspondre. Le Domicile, c’est le signe zodiacal où un corps céleste manifeste le plus clairement et le plus librement sa nature.
La maîtrise des planètes sur les signes obéit à un ordre général fixé à partir du Soleil et de la Lune. Les deux Luminaires ont un seul Domicile, dans les signes correspondant aux mois les plus chauds, l’un à gauche, l’autre à droite du solstice d’été. On a attribué aux autres planètes (au nombre de cinq dans l’Antiquité) deux Domiciles, l’un à droite de la Lune (Domicile nocturne), l’autre à gauche du Soleil (Domicile diurne), suivant l’ordre croissant de leur distance au Soleil.
Pour les planètes lentes, découvertes plus récemment, une répartition analogue se fait, mais dans le sens inverse, en revenant vers les signes des Luminaires, bien que l’unanimité ne soit pas faite à ce sujet.
La distinction entre Domicile diurne et Domicile nocturne est importante. Dans le Domicile nocturne, la planète exerce son action sur les zones les plus intimes de la personnalité et du comportement. Dans le Domicile diurne, elle manifeste ses tendances sur le plan pratique et cherche à leur trouver une application concrète. L’exemple de Mercure, qui gouverne la Vierge et les Gémeaux, est particulièrement frappant. Dans son Domicile nocturne, les Gémeaux, Mercure exprime l’intelligence à l’état pur, le génie gratuit. Le sujet jongle avec les idées par goût de la spéculation intellectuelle, sans chercher forcément à les concrétiser. Dans son Domicile diurne, la Vierge, Mercure (comme nous le verrons en détail plus loin) s’installe dans la réalité quotidienne. L’intelligence s’appuie sur le contrôle de l’observation, les idées sont traduites en pratique.
Dans le signe opposé à son Domicile, la planète est dite en exil. Son activité y est entravée, contrariée, ses tendances voilées, modifiées ou émoussées. Un deuxième axe de valeurs fait intervenir le signe dans lequel les tendances de la planète sont épanouies, magnifiées (exaltation), et son signe opposé, où la planète perd de la puissance, s’affaiblit (chute). Ici, la planète est située à l’intérieur d’un champ qui lui est étranger et ne lui convient pas. Ainsi la Lune, dans son Domicile en Cancer, est en exil en Capricorne, en exaltation en Taureau et en chute en Scorpion.
Chaque planète située en Vierge exerce donc une influence spécifique, selon qu’elle est en affinité ou en désaccord avec le signe. Encore une fois, les éléments fournis ici ne sont que des indications de tendances qu’il est indispensable de replacer dans le contexte global du thème natal, de façon à les « moduler » par rapport aux autres facteurs astrologiques. En outre, seule une vision d’ensemble du thème permet de déterminer sur quel plan d’existence se manifestent ces tendances, et de savoir si elles exercent une influence marquante dans la formation de la personnalité.
Ayant lu comment s’interprète la position de Saturne en Vierge, vous pourrez par exemple vous étonner de savoir que cette configuration se trouve dans le thème d’Henry Miller (natif du Capricorne de surcroît). La puissance d’inhibition, la répression des instincts ne sont pas, a priori,, ce qui semble caractériser la destinée et l’oeuvre de cet écrivain. Mais tout s’éclaire lorsqu’on sait qu’il est né avec une conjonction Lune– Mars–Uranus en Scorpion. Toutefois, l’apport de Saturne en Vierge est loin d’être négligeable. Il donne à l’écrivain sa puissance intellectuelle, sa constructivité. Il paraît beaucoup moins surprenant de découvrir cette même configuration dans le thème de Michel Jobert. C’est uniquement parce qu’elle est renforcée par d’autres facteurs du thème : valorisation du signe de la Vierge occupé par une triple conjonction Soleil–Saturne–Jupiter, Ascendant Capricorne, et Saturne puissant par son trigone à l’Ascendant.
Les Planètes dans la Vierge
Soleil en Vierge
La sensibilité se durcit. Elle s’insère difficilement dans le flot des sensations changeantes (Lune) et se concentre plutôt sur d’infimes détails pratiques (Vierge). Le sujet s’impose (Lune) et se concentre plutôt sur d’infimes détails pratiques (Vierge). Le sujet s’impose une « discipline émotionnelle » et refuse toute sensiblerie.
Si, dans un thème natal, la dominante lunaire est renforcée par d’autres facteurs inclinant à la passivité ou au fatalisme (Neptune–Vénus), le « télescopage » qui se produit avec les valeurs Virginiennes de conscience professionnelle et de goût pour le travail peut conduire à l’immobilisme ou à la paresse.
Objectivité ou subjectivité se livrent une guerre sans merci au sein de la personnalité, et provoquent un pénible conflit, quasiment insoluble.
En cas d’aspects harmoniques de la Lune, le risque de refoulement s’atténue au profit
d’une exploitation de l’inconscient. Cette position du Luminaire est alors composante de
bon sens, de soins attentifs au (K quotidien », d’ordre et d’organisation. Le don d’analyse et l’esprit d’observation se substituent aux tendances, souvent obsessionnelles, à l’introspection. La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont
l’esprit d’observation se substituent aux tendances, souvent obsessionnelles, à l’introspection. La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont
La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont accentuées dans le cas d’un thème féminin, et prennent une importance accrue (Jane Birkin, Danielle Darrieux, Serge Gainsbourg, Régis Debray).
Vénus en Vierge
Dire que vous êtes natif de la Vierge signifie qu’à votre naissance le Soleil occupait ce signe. Dans ce cas, la planète ne fait donc que souligner les valeurs du signe, décrites en détail dans le chapitre consacré à la caractérologie. En Vierge, en effet, le Soleil est dit pérégrin, c’est-à-dire neutre, son Domicile étant en Lion et son lieu d’exaltation en Bélier.
Lune en Vierge
Les valeurs lunaires de sensibilité, d’émotivité, de réceptivité, sont brimées et ne trouvent guère de possibilité d’épanouissement. La Lune, symbole de l’inconscient (le Ça en terme psychanalytique), n’est certes pas à son aise dans un signe répressif, qui s’acharne à contrôler les pulsions instinctives. Il en résulte un risque de refoulement, surtout en cas de dissonance de la Lune (avec Saturne ou Uranus notamment).
La difficulté d’extériorisation entraîne un malaise, un sentiment diffus de culpabilité qui se traduit par une attitude déroutante, déconcertante, même pour les proches. Inquiet, souvent affligé d’un complexe d’infériorité, le sujet se livre à une introspection poussée qui ne fait qu’aggraver ses problèmes.
La sensibilité se durcit. Elle s’insère difficilement dans le flot des sensations changeantes (Lune) et se concentre plutôt sur d’infimes détails pratiques (Vierge). Le sujet s’impose (Lune) et se concentre plutôt sur d’infimes détails pratiques (Vierge). Le sujet s’impose une « discipline émotionnelle » et refuse toute sensiblerie.
Si, dans un thème natal, la dominante lunaire est renforcée par d’autres facteurs inclinant à la passivité ou au fatalisme (Neptune–Vénus), le « télescopage » qui se produit avec les valeurs Virginiennes de conscience professionnelle et de goût pour le travail peut conduire à l’immobilisme ou à la paresse.
Objectivité ou subjectivité se livrent une guerre sans merci au sein de la personnalité, et provoquent un pénible conflit, quasiment insoluble.
En cas d’aspects harmoniques de la Lune, le risque de refoulement s’atténue au profit d’une exploitation de l’inconscient. Cette position du Luminaire est alors composante de bon sens, de soins attentifs au (K quotidien », d’ordre et d’organisation. Le don d’analyse et l’esprit d’observation se substituent aux tendances, souvent obsessionnelles, à l’introspection. La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont l’esprit d’observation se substituent aux tendances, souvent obsessionnelles, à l’introspection. La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont
La Lune représentant la femme, les tendances positives ou négatives indiquées ici sont accentuées dans le cas d’un thème féminin, et prennent une importance accrue (Jane Birkin, Danielle Darrieux, Serge Gainsbourg, Régis Debray).
Vénus en Vierge
Vénus est en chute, c’est-à-dire en affliction dans le signe de la Vierge. L’astre qui symbolise, au premier chef, l’amour, n’a aucune affinité avec ce signe tout de maîtrise et de réserve. Comment Vénus – la sensualité, le plaisir – pourrait-elle se plaire dans un signe obsédé par la pureté et, plus encore, par la purification ?
Vénus s’adresse au cœur. La Vierge (associée en mythologie à Athéna, déesse de l’intelligence) n’écoute que la raison.
Cette problématique peut se vivre de différentes façons. Il est certain, en tout cas, que la position de Vénus dans ce signe donne souvent au sujet un comportement amoureux comparable à celui du Virginien. On retrouve le même refus de perdre la tête, de se laisser aller. La passion est tenue en bride, dissimulée sous un masque d’ironie, de scepticisme, de froideur.
Les instincts amoureux ne sont pas nécessairement inhibés, mais leur expression est freinée, sans cesse contrôlée. Parfois, cependant, les sentiments sont tièdes, les effusions rares, les unions raisonnables.
La pudeur des sentiments est extrême. Le sujet ne laisse rien transparaître de ce qu’il ressent. Surtout, il ne consent pratiquement jamais à parler de sa vie privée. Il s’accuserait aussitôt d’exhibitionnisme. Il demeure sur son quant-à-soi, pour ne pas dire sur la défensive, lorsqu’on le questionne sur ses relations sentimentales. Voilà quelqu’un qui n’égaiera pas aussitôt d’exhibitionnisme. Il demeure sur son quant-à-soi, pour ne pas dire sur la défensive, lorsqu’on le questionne sur ses relations sentimentales. Voilà quelqu’un qui n’égaiera pas lorsqu’on le questionne sur ses relations sentimentales. Voilà quelqu’un qui n’égaiera pas une soirée entre amis par le récit circonstancié de ses exploits amoureux. Mieux vaut ne pas le pousser dans ses derniers retranchements. Dans ce domaine, il ne comprend pas la plaisanterie.
En cas d’aspect de Vénus avec Mars, Jupiter ou Pluton, les instincts sont plus débridés (Brigitte Bardot, Soleil en Balance, Vénus en Vierge, conjointe à Neptune au sextile de Pluton). Si, en même temps, la Vierge ou le Capricorne sont très valorisés dans le thème, le sens du secret demeure puissant, mais le comportement du sujet change du tout au tout selon qu’il est en public ou dans l’intimité. Pudeur et impudeur forment un mélange qui ne manque pas d’attrait.
Vénus dans se signe accroît considérablement la sélectivité dans les choix affectifs (amour ou amitié). Au cours d’une interview, Catherine Deneuve (Soleil en Balance, Vénus en Vierge, dominantes Soleil, Saturne, Mars) expliquait en ces termes la raison de sa réputation de froideur : « …Parce que, dans ce métier, tout le monde aime tout le monde. Les gens qui aiment tout le monde et qui m’aiment aussi, ça ne m’intéresse pas ! » (Ingrid Bergman, Félix Leclerc, François Mitterrand, Marcel Proust.)
Mars en Vierge
Pour qui se contente de voir en Mars la manifestation des instincts agressifs, la position de cette planète dans le signe de la Vierge présente plus d’inconvénients que d’avantages. La violence, l’agressivité étant rentrées, elles se retournent contre le sujet et aboutissent à une lente autodestruction. Ou bien ses forces s’extériorisent par poussées brutales.
Selon un mécanisme que nous vous avons expliqué précédemment, les pulsions instinctives triomphent et la tendance Vierge se transforme en tendance Scorpion. La force combative s’affirme soit de façon anarchique et désordonnée, soit de manière lucide, disciplinée, avec un sens stratégique aigu (Indira Gandhi, Soleil en Scorpion, Mars en Vierge). Une remarque faite récemment par un journaliste politique à propos de Jacques Chirac (conjonction Mars–Neptune–Jupiter en Vierge, Soleil en Sagittaire) illustre bien l’interaction entre le signe et la planète : « L’intelligence de Jacques Chirac lui dicte d’alterner les raids et les périodes de soumission. »
Mais, au regard de l’Astrologie conditionnelles, Mars représente la prise sur le réel, le monde des faits, l’aptitude à se faire une place au soleil en devenant compétitif. Mars pousse à la confrontation directe avec le concret et tend à faire de l’individu un réaliste.
Concret, réaliste… voilà des termes qui s’accordent bien avec les caractéristiques de la Vierge. Cette configuration (surtout si Mars est harmonieusement aspecté) donne une grande puissance de travail (Jean-Louis Barrault, conjonction Soleil–Mars en Vierge). Le sujet est un perfectionniste qui « fignole » sa tâche dans les moindres détails.
La planète « dynamise » le signe, le pousse à l’action, décuple son efficacité en coupant court à ses hésitations. Quant au signe, il modère l’impulsivité conférée par la planète, évite certaines erreurs (Alain Peyrefitte, Maurice Druon, Jean-Paul Belmondo).
Jupiter en Vierge
Les relations entre la planète et le signe sont assez complexes. Selon la Tradition, Jupiter est en exil en Vierge. La définition suivante permet de comprendre pourquoi : « Jupiter est une force de développement de l’être humain, par assimilation de ce qui lui vient du monde extérieur. »
Au principe d’expansion, d’ampleur, de Jupiter, s’oppose le principe de rétraction de la Vierge. La planète s’ouvre et s’intègre au monde. Le signe s’entoure d’une écorce imperméable aux suggestions extérieures. Cette antinomie, loin de faciliter l’osmose, provoque des « tiraillements » intérieurs éprouvants.
Le problème est particulièrement épineux si les facteurs d’affirmation du Moi sont très puissants dans le thème, si Jupiter est valorisé (conjonction Soleil–Jupiter, par exemple), ou si la Vierge occupe la Maison I (personnalité profonde). Car c’est toute la puissance vitale du sujet qui est contrainte, étouffée dans les limites strictes imposées par le signe.
L’extraversion jupitérienne se heurte à l’introversion Virginienne. La tentative de résolution du conflit prend diverses formes, en fonction des autres éléments du thème. Alfred Jarry (Ascendant, Soleil, Mercure, Jupiter en Vierge, dominante Mars au Fond-du-Ciel) a, quant à lui, choisi l’humour « hénaurme », dévastateur, pour faire éclater le carcan et empêcher l’aliénation de son Moi.
Au contraire, si les valeurs d’autodiscipline, de maîtrise, de rétraction dominent, le sujet réussit à se « tenir en main ». Il fait en sorte que ses contradictions internes cohabitent sans s’affronter.
Les points d’accord entre Jupiter et la Vierge peuvent être alors être mis en valeur. En tant que personne intégrée à son environnement social, le Jupitérien se conforme, sans les remettre en question, aux valeurs établies par la société. Il pratique le respect de l’ordre. La Vierge n’engendre pas, elle non plus, les contestataires. Le signe est souvent conservateur, par souci d’ordre immuable et par peur du changement. Aussi, avec Jupiter en Vierge dans son thème, le sujet est apte à se plier sans mal aux règles que lui impose son groupe social. Il a le sens des convenances, une rigueur morale sans faille et le respect de l’autorité. Si Jupiter est harmonieusement aspecté, les qualités d’organisation, la précision, la méthode sont les points forts du sujet (Jacques Chirac, Michel Jobert, André Cayatte). Saturne en Vierge
Il y a convergence très nette entre la signification de la planète et celle du signe. Saturne, maître planétaire du Capricorne, signe de Terre, a de nombreuses affinités avec la Vierge, autre signe de Terre. Les valeurs de réalisme, de prudence, de circonspection, voire de méfiance, sont renforcées.
La tenacité de la planète s’appuie sur les qualités d’organisation du signe. Le sujet s’attache à résoudre avec efficacité les problèmes concrets. L’alliance raison-intelligence cherche ici des voies pratiques, réclame des faits et l’application stricte d’une méthode. Saturne en Vierge donne, par excellence, l' »esprit scientifique ». Comme on élague les branches d’un arbre, le sujet élimine le secondaire insuffisant et conserve l’essentiel, recherchant le « principe constant », la « structure ». Improvisation et fantaisie sont systématiquement rejetées au profit d’une démarche rigoureuse (Descartes, Lavoisier, Condorcet, Bach).
Si elle accroît la puissance intellectuelle et favorise la résolution des questions pratiques, cette position de Saturne est plutôt critique dans le domaine de la vie affective. La planète et le signe se renforcent dans leur tendance à l’inhibition et à l’introversion, entraînant une répression impitoyable des instincts.
Sous le coup de frein de Saturne, les risques de refoulement sont accentués. Par son attitude constamment « en retrait », le sujet se coupe des autres. Il méprise les relations sociales, trop superficielles à son gré. Le goût de la solitude devient facilement de la misanthropie. Il n’y a aucune fantaisie dans cette vie réglée, ordonnée, programmée. Toutes les précautions sont prises contre un déferlement de l’imprévu dans l’existence.
En cas de dissonance (avec Uranus ou Pluton, notamment), l’intransigeance, l’inflexibilité peuvent conduire à un ascétisme qui confine au fanatisme (Georges Marchais, Arthur Conte, Simone Signoret, Charles de Gaulle).
Avec Uranus, Neptune et Pluton, nous arrivons aux planètes très lentes. A cause de la longueur de leur temps de révolution sidérale (temps mis par chaque planète pour faire le tour complet de son orbite), ces planètes restent plusieurs années dans un signe : Uranus, sept ans ; Neptune, quatorze ans ; Pluton, une vingtaine d’années. De ce fait, on les appelle des « planètes de génération », et leur action, surtout importante au niveau collectif, est faible sur un destin individuel. A moins, bien sûr, qu’elles ne soient angulaires (à l’Ascendant, au Milieu-du-Ciel, au Descendant ou au Fond-du-Ciel), ou qu’elles ne soient valorisées par des aspects au Soleil ou à la Lune, par exemple.
C’est dans ce cas, uniquement, que les relations entre la planète et le signe qu’elle occupe pourront avoir une incidence sur la personnalité. D’ailleurs, avec Uranus, Neptune et Pluton, il n’est possible de dégager qu’un rapprochement de tendances.
Uranus en Vierge
Comme Saturne, Uranus conduit le sujet à adopter une attitude de rigueur, de discipline, de dépouillement. La planète et le signe sont tous deux marqués par l’étroitesse du champ de conscience. L’Uranien tend à « l’unité de l’être ». Il se veut essentiellement lui-même, affranchi des idées en usage, des coutumes. La Vierge, de son côté, cherche à ne compter que sur soi. Aussi le sujet risque-t-il, d’une façon ou d’une autre, de « faire le vide » autour de lui. D’autant plus qu’il a besoin, sur le plan professionnel notamment, de liberté et d’indépendance.
Uranus en Vierge peut aussi donner la solitude du créateur, souvent révolutionnaire, et difficilement compris de son entourage. Cette configuration se retrouve dans les thèmes de Picasso, de Modigliani (Uranus puissant par sa conjonction à Mars, lui-même conjoint à l’ Ascendant), de Coco Chanel (Uranus conjoint à Mercure opposé à la Lune, sextile à Jupiter).
Neptune en Vierge
Neptune, maître des Poissons, est en exil dans le signe opposé, la Vierge. Tout, en effet, oppose le signe et la planète. Neptune est caractérisé par l’extrême ampleur du champ de conscience. D’où une très forte intuition, une façon d’appréhender les choses et les situations sans passer par le canal de la logique, de la raison. Quel décalage avec la Vierge dont les mécanismes de pensée s’appuient précisément sur ces deux facultés !
De ce perpétuel affrontement entre rêve et réalité, entre plasticité psychique et rigidité mentale, entre désordre et ordre, naît une sorte d’inadaptation permanente. Neptune en Vierge risque de perturber la vie quotidienne, mais le sujet conserve néanmoins une dimension imaginative, une « inspiration » très favorables sur le plan artistique.
Cette position peut aussi accentuer l’idéalisme politique et le dévouement à une cause humanitaire. Prenons comme exemple « durable » Arlette Laguiller qui n’a cessé, depuis de très nombreuses années, de se battre pour améliorer le sort des ouvriers. Elle a Neptune conjoint à l’Ascendant en Vierge, opposé à la conjonction Soleil–Mercure en Poissons. Toutefois, l’incompatibilité entre le signe et la planète rend plus critiques encore les transits neptuniens qui réveillent les dissonances d’un thème. On peut prendre l’exemple de la princesse Margaret d’Angleterre (Neptune en Vierge, valorisé par sa conjonction avec le Soleil à 280 Lion, lui-même conjoint au Descendant). Le couple Margaret-Tony Amstrong-Jones, signé par Neptune, a commencé à se détériorier dans les années 1967-1968, durant le transit de Neptune en Scorpion, au carré du Soleil natal de la princesse.
Pluton en Vierge
Pluton a été découvert en 1930 seulement par les astronomes. C’est pourquoi les indications astrologiques sur cette planète diffèrent encore sensiblement. Il est prématuré de donner des indications détaillées sur l’influence de Pluton en Vierge. En revanche, il est intéressant de connaître le « climat général » qui a prévalu durant son transit dans le signe, de novembre 1956 à septembre 1971. C’est, par exemple, pendant cette période que s’est produite la révolte de la jeunesse contre les modèles reçus et les principes inculqués par les parents et les éducateurs, révolte ayant abouti, en France, aux événements de mai 1968.
La maîtrise du Scorpion a été attribuée à Pluton. Sa position en Vierge donne donc, comme pour Mars, des tendances Scorpion au sujet.
Comment interpréter les Signes dans les Maisons
Alors que les douze signes du Zodiaque représentent le « découpage » annuel, en douze mois, de la course apparente du Soleil, le découpage en Maisons astrologiques est réalisé à partir du mouvement diurne de la Terre – c’est-à-dire la rotation de la Terre autour d’elle-même en vingt-quatre heures.
Comme nous l’avons expliqué précédemment, le plan Horizon coupe le cercle de l’Ecliptique en deux points : l’un est l’Ascendant (ascension du Soleil), l’autre le Descendant (coucher du Soleil).
Le plan qui prolonge le méridien du lieu de naissance coupe également l’Ecliptique en
deux points, le Milieu-du-Ciel (culmination du Soleil) et le Fond-du-Ciel (à l’opposé).
Ainsi, dans le thème d’une personne née à l’aube, le Soleil sera proche de l’Ascendant ; un sujet né vers midi aura le Soleil près du Milieu-du-Ciel ; vers 18 heures, près du Descendant, et vers minuit près du Fond-du-Ciel.
A partir de ces quatre points cruciaux, appelés « Angles » (AS – DS – MC – FC), on obtient donc le découpage du Ciel en quatre quadrants. Chacun de ces quadrants a été partagé en trois parties, ce qui donne les douze Maisons astrologiques (de 30 degrés chacune à l’équateur, elles deviennent d’inégale grandeur sous nos latitudes).
Les Maisons indiquent la façon dont les structures profondes, abstraites de l’être, s’incarnent dans l’existence concrète. Chacune représente en effet un secteur particulier de notre vie.
Cependant, il ne faut pas oublier que le cycle des Maisons s’établit en fonction de l’alternance jour-nuit. C’est pour cette raison qu’il y a des axes de Maisons qui se correspondent en s’opposant. Aussi convient-il de toujours étudier une Maison par rapport à celle qui lui est opposée, chaque axe formant un tout. Voici les six axes de Maisons : Maison I – Maison VII ; Maison II – Maison VIII ; Maison III – Maison IX ; Maison IV – Maison X ; Maison V – Maison XI ; Maison VI – Maison XII.
Il est indispensable, naturellement, d’accorder une importance primordiale aux deux grands axes qui forment la structure de base d’un thème :
L’Ascendant marque le début de la Maison I : le Moi, la personnalité profonde du sujet, ses tendances, ses potentialités, mais aussi son aspect physique.
Le Descendant marque le début de la Maison VII : les autres, le sujet en contact avec les autres, les réactions des autres vis-à-vis de lui. La Maison VII concerne donc les mariages, les associations, les contrats, les ruptures, divorces, procès.
Le Méridien ou Axe des réalisations du Moi.
Le Fond-du-Ciel marque le début de la Maison IV : la souche, le foyer familial, les rapports du sujet avec sa famille et ses parents ; par extension, la patrie. Le Milieu-du-Ciel marque le début de la Maison X : les réalisations sociales, la lutte pour la réussite, l’ambition, les honneurs, la carrière.
Les autres axes se présentent ainsi :
Axe de la possession.
Maison II : Acquisition des biens matériels ; état de satisfaction ou de non-satisfaction du sujet vis-à-vis de ses possessions.
Maison VIII : Arrachement aux biens matériels (mort) ; perte des biens matériels ; sexualité (en tant que dépossession de soi par le don de son corps).
Axe de la pensée.
Maison III : Expression écrite et orale ; intelligence pratique ; contacts avec l’entourage ; petits déplacements. Il s’agit ici de la pensée tournée vers les réalisations pratiques et concrètes.
Maison IX : Etudes supérieures, philosophie, religion, idéal ; grands voyages ou voyages à
l’étranger. C’est la pensée désintéressée, mise au service d’un idéal, ou qui conduit à une
élévation morale.
Axe de la détente et des affections.
Maison XI : Les amis, les compagnons, les préférences, les projets.
Maison V : Les amours, les plaisirs, les distractions, les jeux, les créations, les enfants.
Axe de la formation du Moi.
Situées de part et d’autre de l’Ascendant et du Descendant, ces deux Maisons font équilibre aux Maisons I et VII.
Maison XII (au-dessus de l’Ascendant) : Les épreuves, les dangers à courir, les sacrifices à accepter, les maladies à supporter ; les choses cachées.
Maison VI (au-dessous du Descendant) : Préparation à la vie, le travail, les servitudes de la vie quotidienne, les ennuis domestiques, les petites maladies ou les maladies chroniques. Il est à noter que la Maison VI correspond au signe de la Vierge, sixième signe du Zodiaque. Elle met l’accent sur le travail méticuleux, les tâches de routine, la vie domestique.
La Vierge dans les Maisons
Vierge en Maison I
La pointe de la Maison I étant délimitée par l’Ascendant, le sujet a donc l’Ascendant en Vierge, ce qui lui confère les principaux traits de caractère décrits au cours du chapitre consacré à la caractérologie. Il convient, bien sûr, de faire la synthèse entre les caractéristiques du signe Ascendant et celles du signe de naissance.
En outre, si l’Ascendant se trouve dans les derniers degrés d’un signe, la Maison I repose presque totalement sur le signe suivant. Dans ce cas, l’influence de ce signe prend une importance accrue, dont il faut tenir compte dans l’interprétation.
Vierge en Maison II
Cette position indique une attitude parcimonieuse vis-à-vis des biens matériels. Une certaine avarice est probable, mais limitée aux petites choses. Toutefois, le sujet n’ayant pas de besoins très importants, il doit réussir à s’accommoder d’une existence un peu chiche. La prudence naturelle du signe interdit les spéculations hasardeuses ou les risques excessifs. Le sujet gère son budget avec sagesse.
Vierge en Maison III
La timidité inhérente au signe freine quelque peu les contacts avec le milieu social. Le sujet demeure sur la défensive, et met un certain temps avant de se sentir détendu, en confiance, avec de nouvelles connaissances. S’il ne fait pas un usage immodéré du téléphone, il se livre plus facilement par lettre. Sa correspondance sera soigneuse, méthodique et, dans l’ensemble, assez fournie.
Le sujet est plutôt sédentaire, il renonce souvent aux possibilités de petits voyages. En revanche, l’intelligence pratique est très développée. Les réalisations à court terme sont favorisées, les occasions sont exploitées habilement. Goût pour les études et grande curiosité intellectuelle.
Vierge en Maison IV
Le sujet se satisfait dans un cercle familial étroit. Peu attiré par les mondanités, il ne se sent bien qu’en petit comité. Sédentaire, il aime ses habitudes et peut se montrer excessivement tatillon, au risque d’incommoder les membres de sa famille.
Le foyer domestique est surtout considéré sous l’angle le plus utilitaire. Le sujet aimera vivre dans un décor simple, avec un mobilier solide et fonctionnel. Il fera passer au second plan les critères d’ordre esthétique.
Les rapports avec les parents ne sont pas très chaleureux, mais ils sont plutôt fondés sur le respect et la déférence. Cependant, du fait d’un grand attachement aux traditions, les vertus « travail – famille – patrie » sont exaltées.
Vierge en Maison V
Le besoin de sécurité affective est important. Toutefois, le sujet ne fait sans doute pas passer sa vie sentimentale au premier plan (à moins, bien sûr, que des planètes d’affectivité ou de sensualité n’occupent ce secteur).
La pudeur freine la sensualité. Le sujet n’apprécie pas les aventures sans lendemain. Il préfère une liaison stable, durable, mais pas trop envahissante. Il ne sait pas vraiment se détendre ou se distraire, encore moins perdre du temps. Quoi qu’il en soit, le sujet préfère les plaisirs calmes (lectures, jeux de cartes) aux loisirs de groupe ou aux sports exigeant une grande dépense physique.
L’amour pour les enfants ne se traduit pas par des démonstrations débordantes, mais plutôt par un soin très attentif porté à leur hygiène, à la propreté de leurs vêtements.
Vierge en Maison VI
Il existe de grandes affinités entre le secteur et le signe. Le sujet est très consciencieux, très méticuleux dans son travail. Il accomplit à la perfection les tâches de routine. Ses principales qualités : l’ordre, la méthode, le sens de l’organisation.
En revanche, il risque de manquer d’envergure et de se contenter de postes subalternes sans réel rapport avec ses capacités. Il a facilement une mentalité de « rond-de-cuir ». Les rapports avec les collaborateurs sont généralement satisfaisants. Le sujet sait se montrer serviable et dévoué.
Les tendances hypocondriaques du signe sont renforcées dans ce secteur qui concerne également la santé.
Les servitudes de la vie quotidienne sont bien acceptées, et les corvées domestiques accomplies avec diligence et efficacité.
Vierge en Maison VII
D’une façon générale, les rapports avec les autres sont fondés sur la sélectivité. Le sujet ne se lance pas à l’aveuglette dans le mariage ou dans toute autre forme d’association. Il n’apprécie pas à proprement parler la solitude, mais choisira cette solution plutôt que de consentir à une union mal assortie.
Une autre tendance du signe (qui devra être renforcée par d’autres configurations du thème) inclinera au contraire le sujet à faire un mariage de raison ou d’intérêt, surtout si, à force de tergiverser, il a raté les bonnes occasions ».
Le sujet peut choisir l’union libre (à condition qu’il n’y ait pas d’enfant). Mais s’il décide d’être uni à son partenaire par les liens du mariage, il s’opposera alors farouchement à un éventuel divorce.
Les associations peuvent être assez fructueuses, encore que le sujet n’apprécie guère d’avoir des « comptes à rendre ». Pour éviter les risques de dissensions, il s’efforcera de choisir ses associés sur la base de ses affinités.
Vierge en Maison VIII
L’idée de la mort n’est pas une source d’angoisse insoutenable dans la mesure où le sujet accepte, au départ, son caractère inéluctable et implacable. Mais sa prévoyance et son réalisme l’incitent à prendre des dispositions d’ordre purement pratique et à s’assurer que sa famille ne manquera de rien après sa disparition.
Le sujet peut faire preuve d’exigences tatillonnes en ce qui concerne les problèmes d’héritage. S’il se sent (à tort ou à raison) floué, il peut révéler certaines tendances mesquines.
L’attitude vis-à-vis de la sexualité est assez ambiguë. Le sujet, dans son exigence de « pureté », s’accommode mal d’avoir des besoins sexuels importants. D’où des risques de complexes, d’inhibitions débouchant sur des frustrations.
Vierge en Maison IX
La prudence restrictive du signe freine l’incitation au voyage. Cependant, la curiosité intellectuelle du sujet peut avoir raison de ses hésitations. Mais cette personne a besoin d’organiser méthodiquement ses longs déplacements. Il ne laisse jamais rien au hasard. Ce n’est pas lui qui partira « le nez au vent », à l’aventure.
La prédominance de la fonction pensée chez la Vierge met toutefois l’accent sur le développement des connaissances. Le sujet est très soucieux d’élargir constamment son horizon intellectuel. Il a de grandes aptitudes pour les études, d’autant qu’il a un goût marqué pour les diplômes. L’acquisition des connaissances se fait « dans les règles ». Le sujet, très attentif et appliqué, aime s’entourer de professeurs susceptibles de le conseiller utilement. Quel que soit le domaine concerné, il aime prendre des leçons et se révèle un élève assidu.
Le sujet peut également, dans certains cas, se dévouer totalement à une cause qu’il estime juste, voire se sacrifier au nom d’un idéal.
Vierge en Maison X
La Maison X exprime les tendances à la lutte pour la réussite sociale, et le degré d’ambition. Or, le signe de la Vierge pêcherait plutôt par excès de modestie. Loin de rechercher les honneurs, il s’en méfie. A tout prendre, il préfère servir que commander, et choisit la coulisse, abandonnant volontiers le devant de la scène aux ambitieux.
Le sujet peut avoir tendance à se sous-estimer, et l’essor de sa carrière risque de s’en ressentir. Néanmoins, dans les limites qu’il s’impose, il tient à réussir, et sa conscience professionnelle, son sens de l’organisation sont ses plus précieux atouts.
La conquête d’une position sociale élevée peut, en revanche, devenir un objectif majeur en cas d’angularité (au Milieu-du-Ciel), notamment, d’une planète de représentativité : Soleil, Jupiter ou Uranus. Dans ce cas, le professionnalisme et la compétence, caractéristiques du signe, deviendront des facteurs déterminants de réussite, en particulier dans les carrières administratives et publiques.
Vierge en Maison XI
Le sujet choisit ses amis en fonction de ses affinités. Il en a très peu, mais ceux-là sont triés sur le volet. Il cherche surtout à s’entourer d’êtres intelligents ou très cultivés. Comme il fait rarement les premiers pas, ce sont les autres qui doivent venir à lui. Mais une fois qu’il a accordé son amitié, c’est généralement pour la vie. Cependant, il peut arriver qu’une amitié de plusieurs années soit rompue brusquement du fait de la sévérité morale excessive du sujet. Celui-ci ne supporte pas d’être déçu.
Cette personne fuit les mondanités, préférant les ambiances intimes, tranquilles. Par extension, elle se refuse à cultiver les relations utiles » et choisit, délibérément, de ne pas exploiter certaines occasions.
Vierge en Maison XII
Les grandes épreuves de la vie sont généralement acceptées avec fatalisme. Elles peuvent également être l’occasion, pour le sujet, de révéler sa grandeur d’âme ou son abnégation.
Cependant les risques de renoncement a priori ne sont pas exclus, d’autant plus que la lucidité se double de pessimisme. C’est la déchéance physique ou intellectuelle que le sujet aura le plus de mal à assumer.
Il arrive que le détachement des objets matériels soit plus difficile à réaliser que le détachement moral de soi-même.
La Lune Noire
Nous savons que la Lune décrit une ellipse autour de la Terre. Une ellipse, à la différence d’un cercle, a deux centres ou foyers. La Terre est évidemment l’un de ces foyers. Le point correspondant à l’autre foyer est vide : nul corps physique ne s’y trouve. C’est ce point qui a été baptisé Lune Noire par l’astrologue français Dom Néroman, aux alentours des années 30.
Certains astrologues tiennent compte de la situation de la Lune Noire dans les thèmes, du signe qu’elle occupe, et des aspects qu’elle forme avec les planètes. Mais, comme il semble tout de même assez hasardeux d’accorder à un point fictif une quelconque forme d’influence, beaucoup d’autres ne s’en soucient pas.
La Lune Noire correspondrait au personnage de Lilith, au sujet de laquelle légendes et mythes diffèrent, tout en se recoupant plus ou moins. Retenons-en que Lilith est l’anti-Eve, c’est-à-dire la femme autonome par rapport à la femme épouse et mère soumise que symbolise Eve, C’est pourquoi elle représente pour l’homme la castratrice, car, ne lui étant pas assujettie, elle dispose de ce fait d’un dangereux pouvoir sur lui : pouvoir de fascination, pouvoir de donner ou refuser la vie.
Elle représente également la soif d’absolu : l’autonomie passe par le refus de tout ce qui peut assujettir l’homme, autrement dit par la maîtrise du désir dont la satisfaction entraîne un nouveau désir qui exige une nouvelle satisfaction. L’autonomie passe par la prépondérance accordée aux valeurs être », sur celles de « paraître » ou d' »avoir ». Ainsi, Lilith préfèrera « mourir de soif auprès de la fontaine », plutôt que boire une eau douteuse. Il se devait, de par le mythe, que la Lune Noire soit mise à la mode par une femme, et ce, à l’époque où le mouvement de libération de la femme allait prendre l’ampleur qu’on signalons pourtant que Joëlle de Gravelaine, femme d’une intelligence connaît : remarquable et astrologue de premier plan, qui a été initiée à la Lune Noire par le légendaire Jean Carteret et en est devenue la grande spécialiste, a, dans son thème, une conjonction Lune–Pluton.
Il semble, en effet, que le symbolisme de la Lune Noire s’apparente de façon troublante à celui des relations Lune–Pluton et de Pluton tout court. D’après Joëlle de Gravelaine, il s’agirait « avec Lilith d’un plan inconscient, le plan obscur, inquiétant, l’être d’ombre qui coexiste avec l’être de lumière… » : voilà qui ressemble mot pour mot aux définitions traditionnelles du symbolisme de Pluton. De même, 1′ »absolu » qui, selon cette même astrologue, se rattache à la Lune Noire, est également symbolisé par Pluton, planète de l’au-delà des représentations et de l’expérience, planète de transcendance pure. Joëlle de Gravelaine cite fréquemment l’exemple de Paul Valéry, dont toute la poésie illustrerait étonnamment la Lune Noire, qui occupe une position clef de son thème. Or, Paul Valéry a également la Lune conjointe à l’Ascendant et à Pluton, à l’opposition de Mars. En outre, Mercure, maître d’Ascendant, et le Soleil sont conjoints dans le signe du Scorpion à l’opposition de Pluton.
On voit donc que, dans ce cas précis, les valeurs de refus, d’absolu, de lucidité, etc., peuvent être justifiables de Pluton, corps physique, sans recourir obligatoirement au point fictif qu’est la Lune Noire.
La position de la Lune Noire dans les signes donnerait des indications sur l’animus de la femme, ou l’anima de l’homme.
Dans un thème masculin, par exemple, la Lune Noire en Vierge indiquerait que le type de femme par lequel l’homme est inconsciemment hanté est un type fragile, pur, virginal…
Pour notre part, nous avons constaté que le type de femme par lequel un homme est, consciemment ou non, attiré, est très souvent donné par le Signe où se trouve la Lune (éventuellement Vénus) et par les planètes avec lesquelles elle est en aspect.
D’après Hadès, autre astrologue qui en tient compte, la Lune Noire représenterait une épreuve à vaincre, un « karma ». Elle symboliserait également la sexualité : une sexualité trouble et néfaste, contrairement à la sexualité plus créatrice de Pluton.
Ainsi, la Lune Noire en Vierge pourrait révéler un refoulement de la sexualité ou, au contraire, donner lieu à 1′ »expression froide, lucide et perverse de la sensualité ».
Notons toutefois la profonde parenté qui existe entre le mythe de Lilith, qui préfère la virginité à la compromission, et le signe de la Vierge, symbole de purification. La réunion du point fictif et du signe serait donc susceptible d’aller dans le sens de la solitude, de la stérilité physique, de l’austérité, de la discipline et de la sagesse.
