J

Jadis – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le passé, autrefois, avant

Jalonner – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Matérialiser un parcours, un alignement

Jalousie – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’envie, la convoitise, les rivalités

Dominante dissonante MARSVENUS, SATURNEVENUS, MARSSATURNE, probablement MARSPLUTON, surtout si l’une de ces planètes est maître de l’AS. VENUS puissante et affligée par les Maléfiques. MA entre MARS et JUPITER si l’un ou l’autre est en relation avec la V. Signe du TAUREAU important. En général plusieurs astres mal disposées en V ou maître de V très affligé.

Jambe – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les cuisses, les hanches

(Douleurs, accidents aux -). – Consulter les quatre derniers signes du zodiaque, principalement le SAGITTAIRE, et les Maisons correspondantes. Les MA de MARS, URANUS, SATURNE, PLUTON situées dans ces signes ou Maisons avec l’AS ou les astres en I paraissent les plus dangereux. SATURNE fait surtout penser à des douleurs rhumatismales.

Jaquette – Maison : 7 , BALANCE

  • VII = V de la III La jaquette d’un livre, la chemise de protection d’un ouvrage.
  • VII = Le vêtement décontracté.

Jardin public – Maison : 5, LION

  • V = Les parcs, les espaces verts, les grands jardins

Jardinière – Maison : 4, CANCER

  • IV = La maternité, la pédiatrie
  • IX = V de la V = Les jardins d’enfants
  • IX = Un bac contenant des pots de fleurs et des plantes vertes

Jaune – Maison : 5, LION

  • V = La couleur chatoyante et rayonnante, la lumière

Javelot – Maison: 9, SAGITTAIRE

  • IX = La perche, l’arc, les flèches, la lance

Jetée Maison : 8, SCORPION

  • VIII = V de la IV = Une installation portuaire, le prolongement du port
  • IV = Le port, la rade

Jeux – Maison = 5, LION

  • V = Les enfantillages, les plaisirs, les amusements
  • V = Les jeux de société, les distractions, les loisirs, la détente, les amusements des enfants.
  • V = III de la III = Le langage des images, les jeux de cartes
  • VI = V de la Il = les jeux de construction
  • I = V de la IX = les jeux du stade, les jeux olympiques, les jeux sportifs.
  • XI = Les jeux vidéos.
  • VIII = V de la IV = Les jeux d’EAU, les toboggans aquatiques, la natation
  • VII = V de la III = Le volley et le handball, les jeux et les mains

Jeu (chance au). – Dominante JUPITERVENUS, JUPITERSOLEIL, JUPITERLUNE, JUPITERMERCURE, VENUSLUNE et VENUSMERCURE; en plus Maison V très bien influencée. Voir aussi loterie.

Jeu (passion du)

SOLEIL dans le TAUREAU; SOLEIL puissant et dissonant; signe du LION important et affligé, surtout s’il est en Ve Maison ou en I; MARS puissant et placé en Maison V, JUPITER affligé, SATURNE faible.

Jeudi – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = JUPITER EN DOMICILE, le jour de JUPITER

Jeûner – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les régimes, la diète, les cures alimentaires

Jeunesse – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’adolescence, la capacité de s’enthousiasmer, l’élan irréfléchi

Joaillier – Maison : 5, LION

  • V = L’art de mettre en valeur des pierres précieuses

Jockey – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les chevaux, les lads, les champs de course

Joie – Maison : 11 , VERSEAU

  • XI = X de la II = La sérénité, le sourire

Joie (planète en)

On dit d’une planète qu’elle est en joie, quand elle occupe un signe en affinité avec elle. Le SOLEIL est en joie dans les signes de FEU; la LUNE dans le CANCER, NEPTUNE dans les POISSONS; URANUS dans, la BALANCE et le SCORPION; JUPITER dans le CANCER, POISSONS. BALANCE, VERSEAU, SAGITTAIRE, MARS dans les signes de FEU et SCORPION; VENUS, CANCER et POISSONS; MERCURE, GEMEAUX, VIERGE, BALANCE, VERSEAU (à titre documentaire).

Joker – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = La carte libre et active, qui a beaucoup de possibilités, le mat du tarot

Joli – Maison : 7 , BALANCE

  • VII = La beauté, l’esthétique, l’art, l’harmonie, l’équilibre

Jonc – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le roseau, le bambou

Jouet – Maison : 5, LION

  • V = Les amusements, les divertissements, la récréation

Jouissance – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = La libération d’un plaisir
  • XII = V de la VIII = Le FEU sexuel, un plaisir intense

Jour (moyen)

A cause de la marche irrégulière du SOLEIL à travers le Zodiaque, la durée du jour vrai est variable, de sorte que, pour la commodité des horaires, on a adopté un Jour moyen d’une durée immuable. V. à heure. La différence entre le jour moyen et le jour vrai n’excède pas quelques minutes.

Jour astronomique

Espace de 24 heures Solaires moyennes, comptées d’un midi à l’autre.

Jour sidéral

Le temps que met la TERRE pour effectuer un tour complet sur elle-même. La durée du jour sidéral est immuable, il est plus court que le jour moyen de 3′ 56″.

Jour (Vrai)

Temps écoulé entre deux passages du SOLEIL au méridien; la moyenne des jours vrais donne la valeur du jour moyen.

Journal – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La dépêche, la feuille de chou, les informations
  • I = III de la XI = Le journal associatif
  • Il = III de la XII = Une revue sur la mer
  • IV = III de la II = Le journal boursier
  • V = III de la III = Les journaux pour les adolescents.
  • VI = III de la IV = Une revue immobilière
  • VII = III de la V = L’actualité théâtrale
  • VIII = III de la VI = Une revue de gestion
  • IX = III de la VII = Une revue sur la danse
  • X = III de la VIII = Un journal sur la psychanalyse
  • XI = III de la IX = Le journal paroissial
  • XII = III de la X = Le journal politique

Journalisme – Maison , 3, GEMEAUX

  • III = L’intelligence vive, la mobilité, la curiosité et l’adaptation

Bonnes qualifications intellectuelles, mais MERCURE, MARS et le signe des GEMEAUX doivent jouer un rôle important.,

Joute – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Un combat courtois

Jovialité – Maison : 9 , SAGITTAIRE

  • lX = V de la V = La gaieté, une humeur agréable

Dominante Jupitérienne ou Vénusienne. SATURNE sans afflictions avec les significateurs du caractère; ces derniers en BA avec les Luminaires ou les Bénéfiques.

Judiciaire (Astrologie)

Tout ce livre lui est consacré. On appelle ainsi l’Astrologie basée sur les positions planétaires réelles, dont on tire des jugements, d’où son nom de judiciaire.

Juge – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • lX = La justice, la régularisation
  • VII = Le sens de l’égalité, la fonction d’arbitre, l’impartialité

Jugement (bon)

MERCURE et JUPITER en BA. Forte influence des signes des GEMEAUX, LION et BALANCE. SATURNE puissant.

Jumeau – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La dualité, les choses doubles, l’effet miroir

Jumelles – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le télescope, les lunettes astronomiques

Jupe – Maison : 5, LION

  • V = Les vêtements
  • XI = V de la VII = Les vêtements de femmes

Jupon – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les sous-vêtements

JUPITER (La Planète)

Juré – Maison : 7 , BALANCE

  • VII = La justice

Jurer – Maison : 5, LION

  • V = S’engager sur l’honneur, promettre, donner sa parole

Juron – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = III de la VIII = Les mots injurieux et gestes obscènes

Jus de fruits – Maison : 7 , BALANCE

  • VII = VI de la II = Presser les fruits, les réduire en liquide
  • II = Les fruits

Justaucorps – Maison : 3, GEMEAUX

  • XI = V de la VII = Les vêtements féminins, utilisés pour la danse et la gymnastique

Justice – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le tribunal

Tout ce qui concerne les affaires légales est principalement du domaine de la Maison VII et de JUPITER. Les Dissonances des Maléfiques tombant en VII font souvent craindre des procès onéreux. Si les aspects sont au contraire harmoniques le sujet a des chances de gagner. Le signe de la BALANCE à l’AS, avec de bonnes planètes et un ciel sans grandes Dissonances, signifie souvent un profond amour de la justice, une mentalité de redresseur de torts si MARS intervient aussi par de BA.

JustificationMaison : 7, BALANCE

  • VII = III de la V = Montrer son innocence, les preuves et les témoins

I

Ibis – Maison : 5, LION

  • V = L’oiseau solaire

Iceberg – Maison : 7, BALANCE

  • VII = X de la X = Une montagne de glace.
  • X = La montagne, le froid, le gel, le glaçon, la neige

Ici – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le lieu de référence, le lieu d’habitation, là où nous sommes.

Icône – Maison : 5, LION

  • I = IX de la V = Un espace de lumière
  • I = V de la IX = Une peinture religieuse

Idéal – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le modèle, le guide, l’étalon

Idéalisme

Maison IX importante, surtout occupée par un Luminaire ou NEPTUNE, MERCURE ou URANUS. Ensemble du thème harmonique avec de bons aspects sur la LUNE et MERCURE et NEPTUNE. VENUS dans le SAGITTAIRE.

Idée – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’intelligence

Identité – Maison : 4, CANCER

  • IV = La famille, le nom de famille, la filiation
  • V = L’individu, la personne à part entière

Idiot – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VII de la VI = Le manque de réflexion, les imbécillités

Idole – Maison : 5, LION

  • V = L’artiste idolâtré, les héros, les personnages divinisés

Igloo – Maison : 1 , BÉLIER

  • I = IV de la X = La Maison de glace, le château des glaces

Igné – Maison : 5, LION

  • V = La lumière, la chaleur, le FEU fixe

Ignoble – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = IV de la V = Les bassesses écœurantes, les manières sordides

Ignorance – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VII de la VI = Manque de savoir, d’instruction

Ile – Maison : 4, CANCER

  • IV = VIII de la IX = Le fantasme du voyageur, le mythe du paradis

Illégitime – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Hors-la-loi, un acte qui n’est pas justifié, les choses cachées
  • XII = VIII de la V = L’amour caché, un enfant illégitime, les plaisirs secrets

Illogisme

Dissonances entre MERCURE, JUPITER, LUNE, AS. JUPITER fortement affligé d’autre part.

Illumination – Maison : 11   VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = l’éveil intérieur, l’initiation en soi

Illusion – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les visions, les apparitions, les égarements

Illusionniste – Maison : 12. POISSONS

  • XII = Les marionnettistes, la prestidigitation, les manipulations mystérieuses

Illustré – Maison : 5, LION

  • V = III de la III = Un journal avec des images

Image – Maison : 5, LION

  • V = Les illustrations colorées, les couleurs

Imagination – Maison : 4, CANCER

  • IV = La rêverie, le voyage intérieur

SOLEIL dans le VERSEAU. AS dans le CANCER ou décans Lunaires. LUNE dans le BELIER : imagination vive ardente, capricieuse, mais qui peut donner du génie poétique. Dans le TAUREAU, tendances artistiques marquées. Dans les GEMEAUX : prédominance de l’esprit rationnel. Dans le CANCER : beaucoup d’imagination avec tendance à la poésie et au fantastique. Dans la BALANCE : imagination artistique. Dans le SAGITTAIRE : sens du beau et de l’harmonie. LUNE dans son domicile, en aspect avec MERCURE, MERCURE dans ses domiciles ou dans les POISSONS. LUNE et MERCURE en aspect réciproque et dans des Maisons cardinales. LUNE en aspect avec URANUS, NEPTUNE ou JUPITER.

Imam – Maison : 9. SAGITTAIRE

  • IX = Le prêtre, le rabbin, le druide, le pasteur, le brahmane

Imitation – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La production et la reproduction

Pas d’imagination. Prédominance des Maisons cadentes et des signes mutables, et malgré cela des tendance à l’activité intellectuelle indiquée par des aspects de MERCURE.

Immatriculer – Maison : 6. VIERGE

  • VI = Le matricule, inscrire un numéro sur un registre

Immense – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’océan, ce qui est vaste et sans fin

Immeuble – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le lieu d’habitation, la Maison, la propriété

Voir propriétés.

Immigration – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les pays étrangers, les étrangers

Immortalité – Maison : 5, LION

  • V = L’éternité, l’unité première

Immoralité

JUPITER et SATURNE très faibles et très dissonants; (voir conscience morale).

Immunité – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La résistance naturelle d’un organisme vivant, les défenses immunitaires

Impact – Maison : 1 , BÉLIER

  • I = Les chocs, les heurts

Impartialité – Maison : 7, BALANCE

  • VII = L’équité, la justice
  • AS ou SOLEIL dans le CAPRICORNE, la BALANCE ou le SAGITTAIRE.

Impasse – Maison: 8, SCORPION

  • VIII = VI de la III = Le blocage d’une rue, un cul de sac, le barrage routier
  • VIII = Être dans l’impasse, être mal à l’aise
  • III = Les rues, les allées

Impatience – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’envie pressante, la révolte et la colère : MARS et PLUTON EN DOMICILE.

SOLEIL ou AS dans le CANCER ou le SAGITTAIRE. Signes cardinaux dominants; SATURNE faible, quelques Dissonances entre MARS, les Luminaires et MERCURE.

Impressionnabilité

  • SOLEIL ou AS dans les Signes mutables; SOLEIL ou NEPTUNE dans le CANCER.

Imprévisible – Maison 11 VERSEAU

  • XI = L’inattendu

Imprimerie – Maison : 1 0, CAPRICORNE

  • X = VIII de la III = La fin de l’écriture, perte de pouvoir de la main au profit de l’imprimé

Voir Maison III, GEMEAUX, MERCURE et SATURNE (plomb) pour tout ce qui concerne l’imprimerie.

Imprudence – Maison : 1 , BÉLIER

  • I = L’audace, le sang froid, l’action et la réaction
  • MARS et JUPITER ou URANUS en MA; indices d’impulsion.

Impulsion

  • Dominante Martienne, avec des Dissonances sérieuses. MARS et URANUS en MA

Impuissance – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = La perte de puissance, la déconfiture
  • VIII = La virilité et son contraire, la frigidité

Inattendu – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’imprévu, la spontanéité

Inauguration – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le commencement, la première pierre, le début
  • V = Les cérémonies sociales

Incapable – Maison : 1 2, POISSONS

  • XII = IV de la IX = La fin de toutes les possibilités, la confusion, l’incapacité
  • XII = Le nul, l’idiot, l’imbécile, le niais, l’inconscient

Incendie – Maison : 1, BÉLIER

  • I = IX de la V = L’embrasement, le déploiement du FEU

Incompatibles (planètes)

Ce sont celles dont la nature est opposée comme, par exemple, MARS et la LUNE, SATURNE et le SOLEIL. Il y a également incompatibilité entre les planètes et les signes, comme, par exemple, MARS dans un signe d’EAU, SATURNE dans un signe de FEU, etc. Il est utile de tenir compte de ce qui précède dans l’interprétation. Voir amitié.

Inconscience – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = Un évanouissement, une perte de conscience
  • XII = VIII de la V = Fermez les yeux , refuser de voir la réalité face

Inconstant (en amour)

Dominante Vénusienne maléficié; MA LUNEVENUS; MERCURE.-VENUS; SATURNEVENUS; Maisons I ou V en signes doubles. – Forte influence du signe du TAUREAU ou CAPRICORNE d’après Certains auteurs.

Incontestable – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La logique, les preuves

Indécision

LUNE dominante; JUPITER et MARS mal aspectés; importance des Maisons cadentes et des signes mutables, sauf la VIERGE.

Indemnité – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’allocation chômage, dédommagements

Indépendance – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’autonomie, la liberté
  • XI = VIII de la IV = sortir cocon familial, sortir d’un conditionnement social

Index – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VII de la III = Celui qui montre le chemin

Indicateur – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = L’indicateur, le guide

Indic – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’indicateur de police, les détectives, la police secrète

Indifférence – Maison : 4, CANCER

  • IV = La passivité, la mollesse, la neutralité, l’impersonnalité, la fadeur

Indigo – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le violet, le mauve

Individualité – Maison : 5, LION

  • V = II de la IV = La densification d’une personnalité, la structuration intérieure
  • V = S’affirmer, prendre sa place

Le SOLEIL représente l’individualité et la LUNE la personnalité. L’individualité le moi, l’ego qui conserve un caractère immuable à travers les réincarnations successives; en somme l’individu en sa plus haute expression mentale et morale. La personnalité, au contraire, correspond aux traits personnels du caractère exprimés par l’émotion, le sentiment et la sensation. C’est la position du SOLEIL dans le Zodiaque qui renseigne sur l’individualité.

Indépendance

SOLEIL dans le VERSEAU ou le SCORPION. BELIER à l’AS, MARS puissant, en aspect avec Luminaires ou AS; nombreuses planètes en signe de FEU, thème bien étoffé dans son ensemble, URANUS angulaire.

Indocile

Dominante MARSMERCURE, MARSSATURNE, MARSJUPITER avec quelques Dissonances; MA entre Luminaires, MERCURE et MARSURANUS.

Indolence

  • Dominante lunaire; SOLEIL ou AS dans le CANCER ou les POISSONS.

Industrie Maison : 1, BÉLIER

  • I = Le fer, l’industrialisation
  • VIII = Les industrie polluantes, les saletés, les déchets, les restes encombrants

Inertie – Maison : 12, POISSONS

  • XII = IV de la IX = La nonchalance, la mollesse, l’inconscience

SOLEIL dans le TAUREAU ou dans le SCORPION.

Infection Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le pus, la pourriture, les corps qui se décomposent

Inférieur – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le sens du service, les subordonnés, les personnes corvéables

Infidélité – Maison : 6, VIERGE

  • VI = VIII de la XI = Renier son engagement
  • V = VII de la XI = La séduction, l’envie d’aimer et d’être aimer, les difficultés d’être fidèle

VENUS faible et en XII, VENUS MA avec JUPITER, SATURNE, LUNE ou URANUS; VENUS ou maître de V dans CANCER, POISSONS, GEMEAUX. Dominante LUNEVENUS, VENUSMERCURE. AS ou SOLEIL dans le SAGITTAIRE.

Infini – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le grand large, la dissolution
  • XII = L’astronomie, le télescope
  • VI = Les détails, les miniatures, les petites choses

Infirmerie – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les cliniques, les hôpitaux, les dispensaires, les Maisons de repos, les lieux de soins
  • VI = Les médecins, les infirmières, l’ensemble du personnel soignant

Infirmité – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les handicaps du corps, les maladies aiguës

Inflexibilité

Forte influence des signes fixes, surtout LION et TAUREAU. Dominante SATURNEMARS, SATURNESOLEIL, SATURNEPLUTON ?

Influence

Pour étudier l’influence d’un astre il faut avoir soin de considérer son état Céleste et son état Terrestre, et voir s’il y a harmonie entre la planète et le signe, entre la planète et la Maison. Par exemple il y aura harmonie entre JUPITER et la Maison II, entre VENUS et la Maison V, entre la LUNE et la Maison VII, etc. Avoir soin d’examiner si l’influence particulière de la planète envisagée peut s’harmoniser avec la Dominante et si elle ne se trouve pas contrariée par d’autres indices. Voir interprétation.

Influence personnelle

Dominante MARS, SOLEILMERCURE, SOLEILVENUS, SOLEILLUNE, SOLEILJUPITER, SOLEIL assez harmonieuse; signes de FEU importants, de nombreuses planètes dans les signes positifs. BA entre les planètes précitées, entre SOLEIL et AS; SOLEIL en I.

Influx (planétaire)

Synonyme d’influence.

Information – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les nouvelles du jour, le journal, communiquer
  • I = III de la XI = Les informations politiques à la télévision
  • IV = III de la IV = Les informations radiophoniques

Informatique – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La technique, les mathématiques, l’organisation efficace
  • VI = III de la IV = La mise en mémoire, le stockage des informations

Infortune

SATURNE est appelé la «Grande Infortune» et MARS la «Petite». Infortune imprévue indiquée par MARS en III d’après certains.

Infusion – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les tisanes, les remèdes de campagne, les plantes, les herbes, la médecine homéopathique

Ingénieur Maison : 3, GEMEAUX

  • III = X de la VI = La pleine maturité de l’intelligence analytique, les techniciens les cadres techniques

Les signes d’TERRE sont très favorables surtout le VERSEAU, ainsi que la VIERGE et le SCORPION; bonnes aptitudes intellectuelles; MERCURE en BA avec l’AS, MARS ou URANUS.

Ingéniosité – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’habileté, l’astuce, l’adaptation et l’intelligence concrète

Dominante MERCUREMARS, MERCURELUNE, MERCURESATURNE, plutôt harmonique. BA entre les planètes précitées et l’AS. De préférence la VIERGE, le SAGITTAIRE ou le VERSEAU à l’AS. MERCURE en Maisons II ou III.

Ingratitude

  • JUPITER opposé à VENUS.

Inharmonique, inharmonieux

S’emploie indifféremment en astrologie pour désigner un aspect, une combinaison, un ensemble qui doit donner de mauvais résultats, pour désigner un aspect ou un ensemble d’influences Maléfiques. Dominante inharmonieuse quand les planètes qui la composent sont en MA réciproques ou très affligées par les Maléfiques.

Inhibition – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’arrêt, le blocage, le ralentissement d’un processus psychologique
  • I = VI de la VIII = L’arrêt de la sexualité, le stérilet, l’inhibition sexuelle.

Initiale – Maison : 5, LION

  • V = Ill de la III = Une signature sobre
  • V = Qui est au commencement

Initiation – Maison : 8, SCORPION

  • IV et VIII : La connaissance de l’invisible

Initiative – Maison 1, BÉLIER

  • I = L’audace, le passage à l’acte

MARS et MERCURE bien disposés et puissants, surtout en aspect avec l’Horoscope. Pas d’aspects contrariants d’autre part. Le LION, signes cardinaux et Maisons angulaires importants.

Injection – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les piqûres, ce qui pique, ce qui pénètre, ce qui fait mal
  • VIII et XII = Les ronces, les épines, les chardons

Injure – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = III de la VIII = les gestes vulgaires
  • VIII = La vulgarité

Injuste – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = IV de la VII = Le début et la fin de la justice, ce qui est arbitraire, l’injustice
  • II = VIII de la VII = La perte de l’égalité, la partialité.

Innocence – Maison : 4, CANCER

  • IV = L’enfance, la tendresse l’affection, douceur et tranquillité

Innovation

SOLEIL dans le VERSEAU. Bonnes qualifications intellectuelles, de l’ingéniosité, mais URANUS angulaire ou BELIER à l’AS.

Inondation – Maison : 4, CANCER

  • IV = La montée des eaux, l’irrigation, les rizières

Inquiétude – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les ambiances étranges, les agressions, les provocations, le danger, l’angoisse

AS, 1er décan du CAPRICORNE, Dominante dissonante SATURNELUNE, SATURNEMERCURE, SATURNEMARS, MA entre SATURNE, LUNE, AS.

Insecte – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les petits animaux, les acariens, etc

Insécurité – Maison : 8, SCORPION

  • PLUTON en signe et en Maison représente l’angoisse, le dragon dans les contes de fées

Insensibilité

Dominante SATURNEMERCURE, SATURNESOLEIL, MERCURESOLEIL dissonante. Prédominance du cérébral sur l’émotivité. Peu ou pas de planètes en signes d’EAU; LUNE, VENUS affligées.

Insidieux (aspect)

Mauvais aspect, aspect qui réserve des surprises désagréables. On pourrait désigner ainsi les Dissonances de NEPTUNE et d’URANUS, en particulier.

Insociable

Signes d’indépendance et d’originalité et SATURNE puissant.

Insomnie – Maison : 5, LION

  • V = VI de la XII = Les problèmes de sommeil, la peur de s’endormir
  • IX = VI de la IV = Les difficultés de se détendre, de s’oublier, de se laisser aller
  • XII = Le sommeil
  • IV = Un autre sommeil, le rêve éveillé

Insouciance

Tous les aspects entre SOLEIL, MARS, JUPITER tendent à la provoquer. Également l’influence des signes de FEU et des signes d’TERRE.

Insoumis – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les rebelles, les révoltés, résistants

Inspecteur – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les contrôleurs. les examinateurs

Inspiration – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = La spontanéité, la promptitude, l’immédiateté
  • XII = VENUS en EXALTATION : Le chant intérieur
  • NEPTUNE dans le SCORPION. Dominante LUNENEPTUNE, MERCURENEPTUNE.

Instable – Maison : 4, CANCER

  • IV = L’humeur changeante, être lunatique, l’impersonnalité
  • AS dans les GEMEAUX, LUNE dans le VERSEAU. Instabilité sexuelle ou sentimentale VENUSNEPTUNE en MA.

Installation – Maison : 4, CANCER

  • IV = Commencer quelque chose. le début de toute chose

Instinctif – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La bestialité, les bas instincts, l’esprit grégaire

SATURNE et MERCURE faibles. MARS, LUNE, puissants ainsi que les signes d’EAU et de TERRE. Thème très faible dans l’ensemble. Carence des signes d’TERRE et Maisons IX et III peu importantes.

Instituteur – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La scolarité, l’école primaire
  • V = L’école, la pédagogie

Instruction – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’intelligence pratique, les méthodes pour lire, écrire et comprendre
  • VI = La laïcité

Instrument – Maison = 6, VIERGE

  • VI = Les outils, les ustensiles, les appareils
  • VI = Les instruments aratoires, le travail de la TERRE
  • I = VI de la VIII = Les instruments de chirurgie, le bistouris
  • VII = VI de la II = Les instruments de musique, le matériel d’un musicien, les partitions musicales

Insulte – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = III de la VIII = Les mots et les gestes obscènes
  • VIII = La vulgarité

Intégrisme religieux – Maison : 6, VIERGE

  • VI = X de la IX = Le formalisme, la rigidité, la pétrification religieuse
  • II = VI de la IX = La sécheresse spirituelle.

Intellect

Les signes favorables à l’intellect sont : BA entre LUNE et MERCURE; les mêmes dans leurs domiciles ou en Maisons angulaires; SOLEIL ou AS dans un signe d’AIR. ou VIERGE ou SCORPION; LUNEMERCURE en aspect avec l’AS ou URANUS; MERCURE rapide. Pas trop d’afflictions dans l’ensemble. Certains auteurs disent que le voisinage SOLEILMERCURE ne favorise pas l’envergure intellectuelle. C’est une règle sujette à caution.

Intellectuel – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les journalistes, les auteurs, les critiques littéraires, les romanciers, les philosophes, les commentateurs
  • III = Les personnes qui cherchent la vérité

Intelligence – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La capacité de mettre en mots, en signes, en gestes sa sensibilité
  • V = l’intelligence brillante, les génies, les ouvrages extraordinaires
  • IV = l’intelligence imaginative, les belles histoires d’amour, le romantisme
  • XI = L’intelligence intuitive, la synchronicité, le mot inspiré
  • VI = L’intelligence pratique, analyser, classer, expliquer, démontrer, prouver, comprendre
  • X = L’intelligence profonde, le savant, l’archiviste
  • VIII = L’intelligence scrutatrice, le expérimenter pour comprendre

Intercepté

Se dit d’un signe zodiacal entièrement enfermé dans une Maison. Sous nos LG c’est presque toujours le cas si l’AS est dans le VERSEAU, les POISSONS ou la seconde partie du BELIER. Par ex. dans le Ciel du cardinal Maglione le BELIER est intercepté en Maison I..

Interception

Lorsque les Maisons sont calculées et reportées sur le cercle zodiacal, certaines peuvent n’avoir que quelques degrés de longitude, tandis que d’autres occupent 2 signes et plus. Les signes qui ne comportent pas de pointes de Maisons sont dits «interceptés».

Dans le thème natal pour Paris, à 6h 30, le 8 août 1984 (chapitre 4), le Fond du ciel, ou pointe de la Maison 4, se trouve à 28° de la BALANCE, et la pointe de la Maison 5 se trouve au 7e degré du SAGITTAIRE. Le signe du SCORPION, qui ne comporte pas de pointe de Maison, est dit intercepté, ainsi que les plan tes contenues dans ce signe, à savoir SATURNE et MARS.

Lorsqu’un signe est intercepté dans une Maison, le signe opposé l’est aussi, nous trouvons donc le TAUREAU intercepté en Maison 11.

Lorsqu’une planète est placée dans un signe intercepté, son influence est suspendue, latente, jusqu’au moment où, par suite de sa progression, elle sera sortie du signe intercepté. Cette situation de relative faiblesse peu être modifiée quelque peu par un aspect puissant ou plusieurs aspects mineurs, mais, en tout cas, une planète dans un signe intercepté ne se manifeste pas avec autant de force dans la vie quotidienne qu’une autre planète. Par contre, elle pourra être ressentie tout aussi intensément au niveau de la vie intérieure (en rapport avec les signes).

Les interceptions sont fonction de la latitude du lieu de naissance. Plus la latitude est élevée, et plus les interceptions sont fréquentes. Ceci est dû au report des douze Maisons sur l’écliptique (le plan des douze signes).

Intérêt – Maison 2, TAUREAU

  • II = L’argent
  • VI = V de la II = Le rapport d’un placement, et, tirer des bénéfices d’une épargne

Intérieur – Maison : 4, CANCER

  • IV = Dedans, dans la Maison

Intermédiaire – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le courtier, celui qui met en contact les différents partenaires, l’arbitre, le juge
  • III La capacité de négocier

Internat – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le pensionnat, la caserne

International – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les étrangers et les pays étrangers

Internement – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’enfermement, un placement volontaire, l’emprisonnement, une attraction intérieure

Interpolation

Si l’on représente graphiquement le déplacement d’une planète en fonction du temps, en portant en abscisse la date et en ordonnée la longitude correspondante, on obtient des courbes

Interprétation

Interpréter un thème consiste traduire en langage clair, le langage sibyllin des différents corps célestes. C’est toujours une opération délicate, et même les praticiens, qui interprètent des cartes tous les jours, sont souvent saisis de longues hésitations en face d’un thème nouveau et totalement inconnu. Généralement on ne sait pas par où commencer, puis peu à peu le thème paraît s’éclaircir, le langage du ciel devient déchiffrable et généralement la seconde phase de l’interprétation est toujours plus aisée que le début. Si pour bien faire ressortir qu’il ne faut pas, dans l’interprétation d’un thème, ménager ni son temps, ni sa peine. Souvent on ne parvient à une déduction solide – dans un domaine déterminé – qu’après de longues heures de réflexion. Ce qui précède a également pour but de faire ressortir l’importance de l’expérimentation. Pour progresser dans cette voie on doit lire de nombreux thèmes, et lire tous les thèmes qui se présentent, afin de ne pas être tenté d’écarter les plus difficiles. On peut critiquer l’astrologie professionnel, on peut l’accuser de ceci ou de cela, il n’en demeure pas moins vrai qu’il se trouve à la bonne école, car il est obligé de s’astreindre aux études les plus difficiles, il est obligé d’examiner les questions les plus inattendues, il est obligé de ne pas trop faire d’erreurs tout en restant suffisamment clair et précis et il se trouve ainsi, par la force même des choses, obligé d’envisager tous les problèmes sous des angles les plus divers. Si je devais donner un conseil pour apprendre l’astrologie je dirais, nettement : interprétez des thèmes pour les autres et efforcez-vous de contrôler vos déductions.

Ceci dit, comment procéder pour interpréter un thème ? Comme règles générales on peut formuler :

1) Après avoir fait le thème, relever dans le présent livre les principales indications fournies par la dominante, par les divers significateurs et les inscrire, sans les commenter pour le moment

2) Suivant le temps dont on dispose, réfléchir sur le thème et les notes prises, pendant quelques jours, de temps en temps.

3) Au bout de ce temps on pourra commencer à faire une première rédaction en ayant soin de combiner les diverses influences, de supputer les diverses réactions, etc. Au cours de cette rédaction il faudra s’efforcer de préciser le point sur lequel se portera l’influence de telle ou telle planète. En effet chaque significateur possède de multiples possibilités entre lesquelles il faut choisir. Pour mieux nous faire comprendre prenons un exemple. C’est ainsi que SATURNE en XII, mal disposé, comporte des possibilités diverses, comme par exemple. Cénobitisme par résignation à la suite des expériences cruelles de la vie; internement ou réclusion volontaire; internement moins volontaire; inimitiés sournoises qui peuvent aboutir au retranchement violent de la liberté du sujet, voire à son emprisonnement; ou tout simplement une vie condamnée à l’irrémédiable obscurité. On comprend de suite qu’il y à la toute une gamme d’effets différenciant les valeurs successives de la position planétaire considérée. On comprendra de même que MARS en III puisse signifier suivant le cas : un sens critique aiguisé, des petits incidents au cours des déplacements journaliers ou encore la catastrophe sur la grande route. Pour choisir entre toutes ces significations, des recoupements demeurent possibles au moyen des autres éléments du thème (Dominante, signe correspondant à la Maison, rôle des Bénéfiques, etc.) qui interviendront latéralement, soit en mode positif, soit en mode négatif. Ici l’expérience vous sera d’un très grand secours.

Les Luminaires, MERCURE, VENUS et MARS contiennent la vitalité, la biologie et la psychologie de la personne individuelle, tandis que les planètes lourdes et lentes JUPITER, SATURNE, URANUS, NEPTUNE et PLUTON comprennent l’importance collective à laquelle chaque être humain est subordonné pendant sa vie entière.

Dans le domaine psychologique le SOLEIL représente la volonté autoritaire et l’individualité; la LUNE l’inconscient, les facteurs d’âme refoulés et les qualités héréditaires. MERCURE est l’intellect analysant d’une rationalité plutôt inférieure. VENUS renferme la sensualité érotique, mais plutôt de la partie féminine; elle symbolise la superficie, la couleur et le ton; sur le plan inférieur c’est l’impulsion sexuelle; sur, le plan supérieur elle domine les sentiments, l’esthétique et les talents artistes, surtout la musique, la peinture et la comédie. MARS comprend les désirs, l’énergie, la tendance rapide à atteindre son but ou ses visées, la poussée spontanée et la capacité de venir à bout de n’importe quoi. La tendance du principe de JUPITER s’étend sur la totalité et sur l’égalisation ou l’accommodement. De là viennent le sens de justice et les aspirations religieuses. JUPITER renferme un raisonnement productif mais doué d’imagination fructueuse. De plus, il a une application concrète d’élévation de sentiments et de vouloir édifier. SATURNE détermine la tendance de concentration et de fermeté. Il s’appuie sur l’expérience. Le sens et la continuité du temps ainsi que les événements qui marquent dans la vie, appartiennent au principe saturnien. URANUS cause les grandes impressions de l’âme avec une tendance d’inconstance ou d’instabilité. Contrairement au principe mercurien, il tend à faire la tactique des grands sauts intellectuels, un phénomène de l’intuition qui traverse l’esprit comme un éclair. Mais ces sensations ne se rapportent qu’aux relations objectives et conformes aux lois. Il en résulte qu’il est du domaine de la science, de la technique, de la psychologie et de l’occultisme. Le principe de NEPTUNE s’attache à l’inspiration et au pressentiment. Il est en relation avec la médiumnité et la mystique. L’objectivité lui fait défaut; le sentiment personnel et individuel est prépondérant.

Les Angles (sens d’aspects) : Il n’existe pas d’angles harmonieux ou inharmonieux. Les angles bénéfiques ne sont pas toujours favorables et doués de puissance active qui opère productivement. Par contre, les quadratures, etc; soi-disant Maléfiques ou défavorables développent souvent des puissances propices à activer les aptitudes innées; cependant elle déploient des forces qui se heurtent réciproquement, s’entravent et altèrent une coopération. On pourrait néanmoins formuler la règle suivante : l’influence des angles inharmonieux entre des planètes bénéfiques est analogue à celle d’angles harmonieux entre des planètes Maléfiques.

Le Zodiaque : En ce qui concerne les signes du Zodiaque, les signes mobiles, fixes et communs symbolisent la dynamique, la stabilité et l’instabilité et impliquent dans la volonté, dans les sentiment et le raisonnement.

On ne devrait pas exagérer en attribuant aux planètes des puissances différentes sur les signes zodiacaux. Il démontre que l’on peut s’en dispenser. Par exemple, la position du SOLEIL en CONJONCTION avec VENUS dans la BALANCE donne une note artiste tandis que la position du SOLEIL en CONJONCTION avec MARS dans le SCORPION dispose à la sculpture. De plus les signes du BELIER au SCORPION inclus qu’on coordonne aux planètes rapides caractérisent les formes individuelles des événements dans la vie, par contre les signes du SCORPION jusqu’aux POISSONS qu’on attribue aux planètes lentes s’accordent aux influences cosmiques.

D’autre part, la façon de diviser les signes en décans ne lui convient aucunement, aussi réprouve-t-il la doctrine des débilités essentielles d’une planète. Même dans l’exil il y a des tendances de forte et bonne réalisation; il en est de même dans la chute. Par contre l’expérience a démontré que l’EXALTATION d’une planète n’est aucunement fondé.

Les Maisons astrologiques : Les Maisons diurnes (de VII à XII) marquent une tendance vers l’impulsion et la volonté extériorisées. Les Maisons nocturnes (de I à VI inclus) portent le né à rentrer en lui-même (vers l’introspection). Le premier quadrant, Maisons XII, XI, X, est attribué à la jeunesse et à l’Âge moyen; le deuxième quadrant (Maisons IX, VIII, VII) représente l’Âge mûr; le troisième quadrant (Maisons VI, V, IV) est au tournant de l’Age avancé et le quatrième quadrant (Maisons III, II, I) dénote la vieillesse.

De plus, l’horizon concorde avec le facteur personnel, le méridien se rapporte au destin matériel. L’ASCENDANT représente le «moi» tandis que le descendant symbolise l’ambiance de l’autre pôle, le «toi». Le pôle inférieur, le FC indique les facteurs du destin qui sont lié à l’entourage, à la famille, etc; tandis que le pôle supérieur, le MC renferme les facteurs sociaux qui devront être surmontés et réalisés. Les Maisons diurnes et les secteurs de l’Est ont plus de puissance que les Maisons nocturnes et les secteurs de l’Ouest. La puissance due aux Maisons se règle dans l’ordre d’intensité décroissante : X, I, VII, IV, XI, XII, VIII, II, III, VI, V.

Les méthodes d’interprétation : Les principes (ou les influences) attribués aux signes du Zodiaque, aux planètes, aux constellations ne suffisent pas pour faire une interprétation si l’on se contente d’ajouter les divers facteurs les uns aux autres. L’essentiel consiste à rechercher un synthèse et à ne pas s’étendre sur des facteurs isolés. Dans l’analyse des influences planétaires et zodiacales il se présentera des éléments de contradiction qu’on ne devra pas considérer comme valeur négative. Il faut que l’interprétation soit aussi contradictoire que la vie même. Il arrivera souvent qu’un thème révélera à la fois une puissance d’énergie et une tendance aux douces rêveries. Dans ce cas, on ne prendra pas une moyenne comme résultat de l’interprétation. Au contraire, on laissera toutes ces qualités subsister car elles alterneront dans la vie. En somme, l’établissement d’une interprétation consiste à réduire à un minimum les complexités des facteurs astrologiques.

C’est pourquoi, au début, on examinera le thème sans descendre dans les détails, sans considérer les Maisons intermédiaires, mais seulement l’horizon, le méridien, le zodiaque et les planètes. On fixera ensuite son attention sur la position des planètes dans le zodiaque avec leurs aspects réciproques et leurs positions dans les Maisons. Finalement on éclaircira la question de la «Domination».

La structure générale comprend surtout les qualités du caractère. Touchant le zodiaque, on distingue des types printaniers et d’été avec la tendance dirigée vers l’extérieur, et des types d’automne et d’hiver, avec la tendance dirigée vers l’intérieur. Ces tendances se rapportent surtout au psychisme, aux sentiments et aux qualités intellectuelles. On observera les signes mobiles, fixes et communs par rapport à la volonté, aux sentiments et au raisonnement, et ensuite on distinguera les quatre triplicités par rapport aux quatre éléments et aux quatre tempéraments.

Au domaine de la structure générale appartiennent, en outre, les aspects réciproques des planètes et des aspects aux pointes angulaires. Il s’ensuit des conjonctions, des oppositions et des quadratures, des trigones et sextils. Si les oppositions prédominent le caractère accuse une tendance aux crises et aux conflits à nu. Quand les quadratures prévalent, il souffrira plutôt de dépressions et de pressions qui le paralysent, tandis que les trigones et sextils donnent une plus grande faculté d’adaptation à la vie, étant donné que les puissances astrales agissent ensemble harmonieusement. Mais, les types inharmonieux tendent à créer des productions très précieuses. Par contre, les trigones et les sextiles faibles rendent souvent négligent et indolent, et les oppositions faibles donnent lieu à des impulsions inharmonieuses.

Les structures individuelle :

  1. a) Le type diurne (prédominance de la moitié supérieure de l’horoscope) tend à la forme de volonté extérieure, c’est-à-dire à une combinaison active avec les événements dans la vie sociale extérieure;
  2. b) Le type nocturne (prédominance de la moitié inférieure du thème) démontre, avec sa forme de volonté intérieure. un penchant à s’approfondir, à mener une vie plus calme et parfois donnant une prédisposition au psychisme et au spirituel;
  3. c) Le type de l’Est, avec une constellation prépondérante de la moitié Est, renferme une plus grande activité et une disposition d’agir que le type de l’Ouest avec son penchant à la méditation et ses habitude des réservées.

Naturellement il faut, pour que le type soit pur, qu’il y ait concordance entre les Maisons et les signes, car le type de l’Est perd beaucoup de sa force énergique matérielle par une occupation des signes d’automne et d’hiver, par contre; le type de l’Ouest perd beaucoup de sa réserve avec des signes de printemps et d’été.

De plus, il faut consulter la dynamique des Maisons cardinales, succédantes et cadentes.

Dans la superposition des signes et des Maisons, les combinaisons peuvent être très variées, mais on peut formuler les règles générales suivantes : les signes de printemps et d’été s’harmonisent mieux avec la moitié supérieure de l’horoscope (partie au-dessus de l’horizon) tandis que les signes d’automne et d’hiver s’harmonisent mieux avec les six premières Maisons (partie sous l’horizon du thème).

L’unité de l’univers, renfermant les mêmes forces dynamiques et les mêmes connexions causales qui règnent non seulement dans l’espace infini, mais aussi dans le cercle restreint de la TERRE, est un axiome incontesté dans le domaine philosophique’ et astrologique. C’est pourquoi je cite l’astrologue Erich Winkel qui démontre dans son oeuvre «Sciences physiques et naturelles de l’astrologie» le privilège, pour l’astrologie, de représenter un facteur remarquable dans la complexité cosmique. Il y précise que l’astrologie enregistre des émissions de nature analogue à celles que font naître les influences géophysiques du magnétisme terrestre en corrélation avec le SOLEIL. Il s’ensuit que pour pouvoir mettre de l’ordre dans les phénomènes de la réalité le même droit doit être attribué à toutes les manières de considérer les choses, soit la causalité purement et simplement, les forces rythmiques et le symbolisme.

En ce qui concerne le cercle de l’écliptique astrologique, son état substantiel diffère de celui de l’écliptique astronomique solaire. Les forces dynamiques de ces secteurs astrologiques, des soi-disant signes zodiacaux, ont reçu leurs nom symboliques des constellations d’étoiles qui, anciennement étaient placées derrière eux. Donc les secteurs de l’écliptique astrologique correspondaient aux signes zodiacaux et c’est pourquoi l’an attribuait aux deux notions les mêmes effets caractéristiques. De là proviennent les noms symboliques donnés aux douze secteurs solaires. Aussi l’astronomie n’est elle pas la mère, mais la fille de l’Astrologie.

Winkel prétend que la ceinture d’émission d’influences cosmiques est fixe par rapport au point équinoxial du zodiaque qui rétrograde d’environ 50 secondes par an, phénomène qu’on appelle en astronomie «la précession des Équinoxes». Cela veut dire que les influences astrales ou cosmiques de chacun des groupes d’étoiles fixes ne correspondent plus à chacun des signes du zodiaque.

Malgré le déplacement des constellations l’influence particulière à chacun des signes ne varie point. Les douze types symboliques ou originaux qui émanent de leurs influences dynamiques existent réellement dans l’ordre des signes, en partant du point vernal où se coupent l’équateur et l’écliptique.

De même l’EXALTATION attribuée aux planètes dans un certain degré d’un signe zodiacal résulte d’un phénomène analogue. On est porté à croire – et un calcul astronomique l’a démontré – que jadis des étoiles fixes de première grandeur se trouvaient placées dans les degrés d’EXALTATION que la tradition nous a indiqués. Ce degré spécial ne représente rien de plus qu’une CONJONCTION avec n’importe quelle planète. Naturellement il en résultait un effet accentué. Par suite de la précession et du déplacement des étoiles fixes, les déterminations concernant les degrés d’EXALTATION n’existent aucunement aujourd’hui.

Winkel incline à attribuer aux lieux des équinoxes où le SOLEIL et la TERRE sont en quadrature réciproque, un rôle influent; mais cela est vraiment le cas quand le SOLEIL a passé les lieux des solstices et parcourt les signes du CANCER et du CAPRICORNE. L’intensité maximum d’énergie est remarquée au début du mois de janvier, par contre l’intensité maximum d’inertie est observée au début du mois de juillet.

En outre, les observations expérimentales ont démontré que les nativités qui figurent dans le secteur du CANCER au CAPRICORNE (où le SOLEIL se rapproche de la TERRE) font ressortir une tendance dirigée vers l’intérieur de la personne, tandis que dans l’autre secteur (où le SOLEIL s’éloigne de la TERRE) il y a une tendance marquée vers l’extérieur de la Vie.

En ce qui concerne la rétrogradation à laquelle on attribue une influence plus intense ou bien une irritation inharmonieuse, elle est la suite logique du déplacement planétaire dans la partie la plus rapprochée de la TERRE, la marche rétrograde n’étant pas réelle, mais apparente.

Les douze parties de l’espace céleste ou Maisons sont fondées sur un phénomène absolument naturel. Les planètes parcourent dans leur mouvement journalier un endroit terrestre quelconque. En passant aux quatre places angulaires du méridien et de l’horizon, elles atteignent le maximum d’intensité. Ce sont les pointes des Maisons cardinales; après avoir passé une de ces pointes, l’influence décline, mais en approchant de la prochaine pointe, l’influence se renforce. Il en résulte une courbe qui est non seulement simple mais aussi accentuée de deux élévations de rythme moins intense. Les parties intermédiaires forment les pointes des Maisons succédantes et cadentes. Le tout n’est que le résultat du parcours relatif d’une planète pendant une rotation journalière de la TERRE.

De même les influx soi-disant harmonieux et inharmonieux des angles ou des aspects des Luminaires et des planètes sont dus aux émissions de la ceinture électromagnétique de la TERRE. On a constaté que les influences réciproques du SOLEIL et de la LUNE résultaient des perturbations dans le magnétisme terrestre. Il se produisait des minima dans les quadratures entre le SOLEIL et la LUNE et des maxima dans leurs conjonctions et leurs oppositions. De plus, l’influence du SOLEIL par rapport au magnétisme terrestre atteint son maximum d’intensité quand JUPITER et VENUS sont en opposition.

C’est pourquoi Winkel fait ressortir que le domaine de l’astrologie est fondé en droit, étant donné que cette science englobe les mêmes influences et rythmes cosmiques que le domaine de la géophysique,

L’astrologue Schwab démontre dans son oeuvre «l’influence des astres et l’être humain, – d’une manière fort ingénieuse – comment les douze Maisons du Zodiaque ont pris naissance par suite d’un procédé qui prend comme base les quatre points de l’écliptique coupé par le méridien et l’horizon.

L’axe horizontal représente l’espace, l’axe vertical, le temps. Son point de départ est l’ASCENDANT qu’il dénomme le moi, ou l’individualité, son opposition, la pointe de la Maison VII, est l’être objectif, le non-moi ou autrui. Le fond du Ciel, Maison IV représente l’origine, l’hérédité et le passé. Son opposition, Maison X est l’avenir et les conditions d’existence. Ces quatre points dépendent les uns des autres et forment le système coordonnant du destin. Le moi prend contact avec autrui par suite du sentiment, Maison V en passant par le FC, mais aussi par suite du raisonnement, Maison IX en passant par le MC. Par contre l’ambiance de l’objectif, Maison VII, se met en relation avec le monde individuel en arrivant chez la parenté frères et soeurs, Maison III, ensuite cherchant un rapprochement chez des amis et des associés, Maison XI.

C’est ainsi que nous voyons naître de la croix des quatre points cardinaux le cachet de Salomon qui symbolise le rapport du microcosme au macrocosme.

Le second point de départ est la pointe de la Maison IV du passé qui coordonne avec l’avenir, son opposition, Maison X. Pour réaliser l’avenir du côté de l’ambiance, il faut bien que surviennent la mort, la séparation et les legs, Maison VIII. Du côté de l’individualité il y à la rupture, la désunion et l’isolement, Maison XII.

Par contre l’avenir, du côté de l’individu travaille pour ce qui demeurera dans le passé en accumulant des biens et des épargnes dans la Maison II, le dépôt de faits et gestes. Du côté de l’ambiance il y a tout ce qui est nécessaire pour prendre contact avec l’entourage; ce sont les domestiques et les employés, ainsi que les ateliers du travail journalier, Maison VI.

Toutes ces pointes coordonnantes contribuent à produire la figure circulaire avec les douze Maisons astrologiques.

Conseils pour débutants :

Règle n° 1. – De toutes les données traditionnelles, de tous les aphorismes contenus dans les traités anciens ou modernes, ne retenir, pour débuter, que les données les plus courantes, celles qui sont identiques chez tous les auteurs. (Par exemple tous les auteurs sont d’accord sur la nature de JUPITER ou VENUS, mais au sujet de la part de fortune, des points sensibles, de l’effet des aspects mineurs, etc; les divergences sont très nombreuses.)

Règle n° 2. – Il est indispensable de bien apprendre à manier à interpréter, tous les symboles planétaire, le aspects et positions, etc; avant de se livrer à de contrôles rigoureux (dans la vie pratique).

Règle n° 3. – Nous avons depuis longtemps l’impression très nette que neuf astrologues sur dix attachent une trop grande importance aux aspects et pas assez aux positions terrestres, surtout aux positions angulaires. Pour les aspects nous sommes partisans des orbes courts (5° – 7°). Notez aussi que les statistiques tendent à démontrer que certains trigones sont moins bénéfiques que d’autres (il est question ici d’aspects droits et d’aspects gauches) et certains carrés moins Maléfiques que d’autres. Dans l’interprétation des directions il faut attacher la plus grande importance aux aspects radicaux. Par exemple : SOLEIL carré à MARS dans le radix; vers 30 ans le trigone de ces deux planètes pourra atténuer les ennuis du carré radical, mais il n’y aura probablement pas de conséquences bénéfiques.

Règle n° 4. – Pour étudier un thème avec profit, il faut être certain de l’heure, au moins à 15, 30 minutes près, et connaître quelque peu le milieu dans lequel le sujet évolue; c’est pour cela que les astrologues sérieux demandent, en général, au sujet sa profession et s’il est marié ou non.

Règle n° 5. – Dans l’analyse d’une influence particulière, ne jamais perdre de vue les déductions fondamentales inspirées par la dominante, voyez si les influences se complètent ou se contrarient avant de conclure. L’horoscope est un tout, il ne faut pas se laisser distraire par un détail infime.

Règle n° 6. – Ne pas demander à un thème ce qu’il ne peut donner (ici on ne peut cependant pas fixer des limites rigides, car tout dépend du thème, de l’interprétateur, etc.), ne pas chercher à préciser un petit détail inutile, se limiter au début aux déductions synthétiques, aux grandes livres, retenir surtout ce qui est indiqué par plusieurs influences concordantes. Ne jamais formuler de prévisions tragiques à coup sûr, car rappelez-vous toujours que : Les astres inclinent mais n’exigent pas..

Interprète – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les traductions, les immigrés étrangers, les langues étrangères

Interrogation – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les analyses, les statistiques, les examens
  • XII = Le passage à tabac, l’interrogatoire, l’aveu, les confessions

Interruption – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Rompre, arrêter, couper, trancher
  • Intersection

Lieu où deux lignes (ou bien deux plans) se coupent. C’est l’intersection du plan de l’écliptique avec le plan de l’équateur céleste ou terrestre, qui indique le point d’origine des longitudes et AR. Ce point est appelé point vernal, point gamma, 0° du BELIER, équinoxe de printemps, etc. L’intersection de l’orbite lunaire avec l’écliptique indique la position des Noeuds de la LUNE. L’intersection des orbites des autres planètes avec l’écliptique indique également la position des Noeuds de chaque planète. Voir : noeuds.

Intestins – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La panse, le ventre

Cette partie du corps est sous l’influence de la VIERGE, de MERCURE et de la Maison VI. Très souvent le fonctionnement de l’intestin laisse à désirer, quand SATURNE, le SOLEIL ou l’AS sont dans la VIERGE (voir aussi maladies)

Intimité – Maison : 4, CANCER

  • IV = La vie chez soi, au cheminée, être en famille

Intrigue – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les manigances, les fraudes, les mystères, les ambiguïtés, les ambiances équivoques et angoissantes

Intoxication (intestinale)

Quand le signe de la VIERGE est mal influencé surtout par SATURNE (voir également la Maison VI et les POISSONS signe opposé à la VIERGE). MA de JUPITER maître de I ou de VI.

Intrépidité

  • Forte influence du BELIER ou de MARSSOLEIL.

Intrigant

Des indices d’ingéniosité, mais plutôt dissonants et MERCURE en Maison XII; Dissonances entre MERCURE, SATURNE et NEPTUNE.

Introspection – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = V de la IV = Regarder dedans
  • XII = L’intériorisation, la contemplation, la prière
  • IV = L’intime

Intuition – Maison : 11, VERSEAU

XI = VI de la VI = La compréhension spontanée, la synchronicité

Intuition

Puissants aspects entre NEPTUNE, URANUS et les Luminaires (surtout avec la LUNE); bons aspects entre MERCURE, LUNE et NEPTUNE; LUNE et NEPTUNE en Maisons angulaires ou en III ou IX. LUNE et SOLEIL dans le VERSEAU. AS dans le CANCER, les GEMEAUX ou dans un décan Mercurien.

Inventeur – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = IX de la III = La philosophie de l’astuce
  • XI = VI de la VI = Le système D, le super technicien

De très bons indices intellectuels. Le signe du VERSEAU, URANUS et MERCURE doivent être importants. SOLEIL en aspect avec les planètes précitées. URANUS dans les GEMEAUX. MERCURE trigone à la LUNE.

Investigation – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les spéculations mentales, la philosophie, l’intelligence de synthèse

Invisible – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les sciences occultes, la magie, les actions a distance

Invoquer – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La prière, demander de l’aide, l’invocation

Iris – Maison : 9 , SAGITTAIRE

  • IX = la messagère divine porteuse de bonnes nouvelles, qui chevauche un arc en ciel
  • IX = V de la V = Au cœur de l’œil.

Ironie – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’humour noir, le rire, les mots piquants, la provocation.

Irrigation – Maison : 4, CANCER

  • IV = L’Eau, la fertilité, la TERRE profonde

Irritation – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La colère, la violence, l’impatience

SOLEIL dans le VERSEAU ou le SCORPION. MA entre MARS, AS, URANUS, MERCURE.

Irruption – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les volcans, la lave

Isolé – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La solitude, les ambiances silencieuses

Isolée (planète)

Quand elle se trouve seule dans une Maison ou dans un signe, sans aucun aspect appréciable avec les autres éléments du thème. Au point de vue interprétation, une planète isolée dans une Maison, signifie quelque chose d’exceptionnel se rattachant à cette Maison. Il est assez rare qu’une planète remplisse ces conditions.

Isolement – Maison : 12, POISSONS,

  • XII = L’exil, l’enfermement

Ivresse Maison : 1 2, POISSONS

  • XII = L’alcool, la cuite, l’ivrognerie : NEPTUNE et JUPITER EN DOMICILE.

H

Habileté – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’adresse, l’adaptation, l’agilité
  • VI = Le savoir faire, le bricolage

(habiletés multiples). – SATURNE dans le SCORPION, MARS et MERCURE en BA, AS mercurien ou Marsien.

Habit – Maison : 5, LION

  • V = Les vêtements, les costumes

Habitation – Maison : 4, CANCER

  • IV = La Maison, l’appartement, demeure

Voir la Maison IV, son gouverneur, les planètes qui s’y trouvent, etc; le 6e, le 15e degrés et les degrés 20 à 25 de la Maison IV influencent particulièrement les propriétés (et probablement, par extension, l’habitation)

Habitude – Maison : 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Manière acquise par la répétition, une même d’agir.
  • IV = La mémoire, le sens du passé, la tradition

Hâbleur – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les menteurs
  • V = III de la III = Le fanfaron.

Hache – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = La croix, le labris, la double hache

Haie – Maison -. 6, VIERGE

  • VI = Les limitations végétales, une clôture faite d’arbres, les protections naturelles, les enclos

Haine – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La vengeance, l’envie, la convoitise, la méchanceté

Haleine – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La respiration, le souffle
  • VIII = VI de la III = L’haleine fétide, perdre haleine

Hall – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Une salle de grande dimension
  • XI = Les aéroports, les grandes foires, les expositions de peinture nationales
  • I = XI de la III = un hall de gare, les salles d’attente de la gare, l’ambiance sur les quais

Hallucination – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les apparitions. les visions, les voyants, les médiums, les phénomènes parapsychologiques
  • AS dans le 3e décan du VERSEAU, d’après Julevno. NEPTUNE et LUNE puissantes et mal disposées.

Halte – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le moment d’arrêt pendant un déplacement
  • II = VI de la IX = L’arrêt du voyage, une avarie en voyage

Haltérophilie – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le balancier, le sens de l’équilibre

Hanche – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le bassin, les jambes

Handicap – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les difficultés sociales, la santé, les infirmités, les empêchements

Hangar – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les grands bâtiments, les entre

Hanté – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les fantômes, les revenants, les apparitions

Hara-kiri – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le suicide, la mort, la catastrophe

Haras – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les chevaux. les champs de course

Hardiesse – Maison : 1, BELIER

  • I = L’audace, oser, prendre des initiatives
  • Forte influence du BELIER, de MARS ou des signes de FEU.

Harem – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les couvents de femmes, les pensionnats de jeunes filles, le voile de la virginité, les enclos sacrés

Harmonie – Maison 7, BALANCE

VII = L’équilibre, les accords de couleurs

On dit d’un thème qu’il est harmonieux, quand les divers éléments ne sont pas gênés dans leur action par des influences adverses et que les divers significateurs se soutiennent, se complètent les uns les autres. Les aspects bénéfiques doivent être beaucoup plus nombreux que les Dissonances. Aspect harmonieux est synonyme de bon aspect, influence harmonieuse synonyme d’influence Bénéfique. La dominante est harmonieuse lorsque les planètes qui la forment sont en bon aspect mutuel ou tout au moins sans Dissonances graves.

Hasard – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’intelligence analytique, la rationalisation

Haut fonctionnaire – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les juges, les préfets, les prélats

Haute-couture – Maison : 5, LION

  • V = La mode, les modèles, les mannequins, les grands couturiers

Hauteur – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le saut en hauteur, le saut à la perche

Hauteur (polaire)

Angle formé par l’horizon avec le pôle de la sphère céleste, toujours égal à la latitude géographique. Elle sert à calculer la différence ascensionnelle. Par exemple : la hauteur polaire de Paris est à l’Élysée de 48° 52′, approximativement.

Hébergement – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le logement, la Maison, l’hôtel, le gîte d’étape, le gîte rural, la chambre d’hôte

Hélice – Maison : 4, CANCER

  • IV = VI de la XI = Les hélices d’un avion.
  • IV = La spirale
  • IV = Les coquillages

Hélicoptère – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’avion, les objets volants, les objets volants non identifiés

Héliocentrique

Se dit de ce qui a le centre du SOLEIL comme point de départ. Longitude héliocentrique : position sur l’écliptique que nous donnerions à un astre si nous l’observions du SOLEIL. Mouvement héliocentrique : translation des planètes autour du SOLEIL. Coordonnées héliocentriques : se rapportent au centre du SOLEIL, par opposition aux coordonnées géocentriques qui sont rapportées au centre de la TERRE.

La différence entre une long. héliocentrique avec la long. géocentrique est faible pour les planètes supérieures, à partir de MARS; elle est sensible pour VENUS et MERCURE. C’est probablement pour cela que certains astrologues, notamment Boulainvilliers (vers 1700) ont préconisé l’utilisation de ces données.

Héliocentrique (Astrologie)

Un Horoscope – serait établi comme si nous étions nés sur le SOLEIL.

Hémisphère

La moitié de la sphère terrestre ou céleste, séparée de l’autre moitié, par l’équateur céleste ou terrestre. Les signes de l’hémisphère nord sont les six premiers (BELIER à VIERGE) ceux de l’hémisphère sud sont les six derniers (BALANCE à POISSONS). Voir au mot «carte du ciel, comment on dresse un thème pour l’hémisphère sud.

Hémorragie – Maison : 12, POISSONS

  • XII = IV de la IX = Perte de sang.

Hémorroïde – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les varices des veines de l’anus

Herbier – Maison. 6, VIERGE

  • VI = La botanique, les plantes médicinales

Hérédité Maison -, 4, CANCER

  • IV = Le passé, les ancêtres, la transmission génétique

Pour interpréter convenablement un horoscope, il importerait toujours de recueillir quelques renseignements précis sur l’hérédité, qui modifie certainement, plus ou moins, les influences astrales. Dans l’horoscope, on consulte la Maison IV et la Maison X qui représentent respectivement le père et la mère pour avoir quelques indications sur l’ascendance, mais il ne faut cependant pas s’attendre de ce côté à des déductions très précises. Considérer aussi les rapports éventuels entre les significateurs par analogie du père (SOLEILSATURNE) et de la mère (LUNEVENUS).

Héritage – Maison : 8, SCORPION

  1. VIII = Le testament

Traditionnellement. on attribue les héritages à la Maison VIII et à la Maison IV. La Maison IV représenterait plutôt les biens immobiliers laissés au consultant, tandis que la Maison VIII indiquerait les héritages en général. Dans la pratique c’est une question qui n’est certainement pas au point et il y a lieu de se prononcer avec prudence quand on porte un jugement sur cette question. La meilleure manière de procéder nous paraît être la suivante :

1) voir si la Maison IV indique des biens familiaux;

2) voir si la Maison VIII est favorablement influencée dans son ensemble.

3) voir s’il y a de bons rapports entre la Maison II et la Maison VIII et entre l’AS (ou planète gouvernante, ou planètes ASCENDANTe) et les significateurs de VIII. Le 11e degré de la Maison VIII représenterait les héritages des morts, le 26e l’héritage du côté de la femme ou du mari (à noter que les 11e et 12e de la Maison V influenceraient les propriétés du père et que les degrés 7-10 de la Maison IV renseigneraient sur la condition des parents, les degrés 1 à 5 de la Maison II indiquent également l’argent hérité, d’après E. Picardl. Quand les maîtres de IV sont très mal disposés les parents risquent de dilapider leurs biens, qui pouvaient être importants au moment de la naissance.

Hermétisme – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’alchimie

Héroïsme

  • SOLEIL dans le BELIER, MARS puissant en BA avec SOLEIL.

Héron – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les échassiers

Héros – Maison: 5, LION

  • V = Les AS, les premiers, les personnages importants
  • V = Le héros solaire : Hercule, les demi-dieu, les grands hommes divinisés

Hésitation – Maison : 7, BALANCE

  • VII = V de la III = La démultiplication des possibilités, l’argumentation sans borne.
  • III = L’intelligence qui permet de distinguer les différentes facettes d’une chose, l’intelligence uniquement spéculative
  • VI = Le doute

Dominante lunaire; AS et SOLEIL en signes d’EAU ou en signes doubles; MARS faible; MERCURE et NEPTUNE en aspect.

Heure – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les divisions du temps. les minutes, les secondes, les semaines, les mois, le calendrier

Tout le monde sait que l’heure est la 24e partie du jour, mais il en existe plusieurs sortes qu’il faut énumérer :

Heure astronomique

C’est la 24e partie du jour moyen, mais elle se compte de midi à midi (au lieu de partir de minuit). Dans les Horoscopes des XV-XVI-XVIIe siècles (par exemple ceux de Morin, de Boulainvilliers, de Villon) c’est cette heure astronomique qui est indiquée.

Heure d’été

C’est une heure conventionnelle «inventée» pendant la guerre 1914-1918 dans le but de réaliser des économies. Elle avance de 60 minutes sur l’heure habituelle du pays. Elle ne peut intéresser que les régions ayant une Latitude géographique (LG) assez élevée comme l’Europe par exemple. Voir un peu plus loin les indications la concernant.

Heure inégale ou planétaire

La 12e partie du temps mis par un astre pour parcourir son arc diurne ou nocturne. Plus simplement, pour le SOLEIL, c’est la 12e partie du jour ou de la nuit. A Paris la valeur de l’heure inégale peut varier (environ) de 40 à 80 minutes. Il existe un calendrier des heures planétaires aux Éditions du Chariot (dans les librairies spécialisées).

Heures planétaires

Les planètes régissent les 7 jours de la semaine, représentant les 7 jours de la Création (Périodes).

Les planètes n’ont pas seulement une influence sur les jours de la semaine, mais aussi sur les heures du jour. Le système fondamental concernant l’ordre et le rapport existant entre la domination des jours et celle des heures devient logique lorsque nous remarquons que la première planète qui gouverne l’heure du lever du SOLEIL est aussi celle qui gouverne le jour.

Chacune des planètes suivante gouverne un jour de la semaine, du lever du SOLEIL jusqu’au lever du SOLEIL suivant (et non pas de 0 heure au 0 heure suivant).

Jour de la semaine Gouverneur

du jour

Période
Samedi SATURNE de SATURNE
Dimanche SOLEIL du SOLEIL
Lundi LUNE de la LUNE
Mardi MARS de la TERRE (1ere moitié)
Mercredi MERCURE de la TERRE (2e moitié)
Jeudi JUPITER de JUPITER
Vendredi VENUS de VENUS

 

L’heure du lever du SOLEIL, le dimanche, est gouvernée par le SOLEIL, le lundi par la LUNE, le mardi par MARS le mercredi par MERCURE, le jeudi par JUPITER, le vendredi par VENUS et le samedi par SATURNE.

Les cycles de 24 heures voient alors les gouverneurs des heures se succéder dans l’ordre suivant : SOLEIL, Venus, MERCURE, LUNE, SATURNE, JUPITER, MARS, SOLEIL. Cette succession, qui commence le dimanche au lever du SOLEIL par le SOLEIL comme gouverneur horaire, ne s’interrompt jamais puisque MARS gouverne la dernière heure du jour de SATURNE.

Gouverneurs des heures et des jours

Ceci montre de quelle façon la méthode de dénomination des jours, d’après les Esprits planétaires qui les gouvernent, se combine avec celle des heures planétaires, l’une et l’autre ayant la science ésotérique pour fondement.

Par heures planétaires, nous devons entendre, non pas des heures de soixante minutes, mais d’une durée variant avec les époques de l’année et le lieu de résidence. A l’Équateur, cette différence est nulle, elle augmente à mesure que nous allons vers les Pôles, car une heure planétaire est la douzième partie du temps qui s’écoule entre le lever et le coucher du SOLEIL ou la douzième partie du temps qui s’écoule entre le coucher du SOLEIL et le lever suivant – voir le deuxième schéma du paragraphe «Tables des Maisons».

Aux équinoxes, lorsque les jours et les nuits sont d’égale longueur, les heures planétaires ont soixante minutes chacune, mais, au mois de juin, à 50° de latitude nord, par exemple, où le SOLEIL se lève à 4 heures du matin pour se coucher à 20 heures – donnant ainsi une journée de 16 heures et une nuit de 8 heures seulement -, les heures planétaires sont de 80 minutes le jour et de 40 minutes seulement la nuit. En décembre, au contraire, alors que, à la latitude 50° N, le SOLEIL ne se lève pas avant 8h pour se coucher vers 16h, les heures planétaires du jour sont de 40 minutes et les heures de la nuit de 80 minutes.

Utilisation des Tables des heures planétaires

Pour pouvoir utiliser les six tables situées en fin de volume, il faut connaître l’heure locale du lieu où l’on se trouve. L’astrologie des heures planétaires fait partie de l’Astrologie horaire et celle-ci doit tenir compte du lieu et de l’instant, et non pas du temps légal que nous utilisons tous les jours, ni de l’heure du Temps Universel.

Nous obtenons le Temps local en retranchant au Temps Universel la valeur de la longitude du lieu considéré (en heures et minutes) si celle-ci est à l’Ouest de Greenwich, ou en l’ajoutant si elle est à l’Est.

Temps local = Temps Universel + longitude en heures +- (-si Ouest, + si Est)

Les six tables servent chacune pendant deux mois de l’année pour les latitudes comprises entre 55° Nord et 55° Sud (par tranches de 10° de latitude). Elles sont perpétuelles et peuvent servir toute la vie.

Planète gouvernant une heure donnée

Lorsque vous voulez connaître par quelle planète est gouvernée une certaine heure, transformez cette heure en temps local, qui servira à la consultation de la table. «Descendez» du doigt la colonne correspondant à la latitude qui vous intéresse jusqu’à ce que vous trouviez un nombre indiquant une heure plus avancée que celle que vous cherchez, remontez alors d’une ligne : le nombre donné indique le moment où l’influence de la planète régnante commence à se faire sentir, la ligne à laquelle vous vous étiez arrêté en premier indique l’heure à laquelle cette influence cesse. Le gouverneur de l’heure se trouve à l’intersection de la ligne qui contient l’heure à laquelle il commence à régner et la colonne propre au jour de la semaine.

Par exemple, si nous désirons trouver la planète qui règne vers midi et demi le 8 août 84 à Paris (49° N, 0h 9m E), relevons dans les éphémérides :

1) que la journée du 8 août est un mercredi, le mercredi est indiqué par un «W, (de l’anglais Wednesday)».

2) Nous trouvons un Temps Universel de 10h 30m d’après les règles énoncées au chapitre 3

3) nous calculons alors le Temps local d’après les règles exposées précédemment. Nous trouvons ainsi :

Heure Locale 10h 30m + 9m = 10h 39m.

4) Dans la table qui donne les heures planétaires du mois d’août, nous descendons la colonne 45°-55° (latitudes Nord) jusqu’à trouver 10h 53, qui est le premier nombre dépassant l’heure locale. Nous remontons d’une ligne, à 9h 42, et nous reculons vers la gauche jusqu’à la colonne du mercredi. Là, nous trouvons le symbole de MARS ã, et nous en concluons que MARS gouverne le moment cherché.

Plus généralement, pour un lieu donné et un horaire (d’hiver ou d’été) donné, comment connaître les :

Heures gouvernées par une planète

Nous allons chercher quelles sont les heures gouvernées par le SOLEIL à les jeudis d’août à Los Angeles (34° N, 7h 52m W). Pour ce lieu,

1) nous allons établir le décalage horaire entre l’heure de la montre (qui est le Temps Légal) et le Temps Local, puis

2) nous additionnerons cette valeur aux heures relevées sur les tables des heures planétaires.

Pour les longitudes Ouest, la règle suivante :

Temps Universel = Temps Légal – heure d’été + fuseau horaire et dans ce paragraphe, nous avons :

Temps Local (ou heure lue sur les tables) = Temps Universel – longitude

«-» car nous retranchons les longitudes si celles-ci sont Ouest (w).

Nous obtenons avec ces deux règles :

Heure lue sur les tables = Heure de la montre – heure d’été + fuseau horaire – longitude

Nous en tirons la règle générale suivante :

Heure de la montre = Heure lue sur les tables + heure d’été +- fuseau horaire +- longitude en heures

– Le fuseau horaire est soustrait s’il est Ouest, additionné s’il est Est.

– La longitude est additionnée si elle est Ouest, soustraite si elle est Est.

– L’heure de la montre est le Temps Légal.

Dans notre exemple, nous avons donc :

Heure de la montre = Heure lue sur les tables + 1 h – 8h + 7h52 (l’heure d’été est ajoutée, le fuseau horaire Ouest est soustrait, et la longitude Ouest ajoutée).

Donc :

Heure de la montre = Heure lue sur les tables + 0h 52m.

Les heures gouvernées par le SOLEIL, les jeudi d’août à Los Angeles, 34° Nord, sont donc :

– de 7h 43 + 0h 52m à 8h 48 + 0h 52,

– de 15h 21 + 0h 52m à 16h 26 + 0h 52,

– de 22h 15 + 0h 52m à 23h 10 + 0h 52.

Cette constante de 0h 52 est la valeur qu’il faut donc ajouter pour obtenir une table utilisable à Los Angeles durant l’usage de l’heure d’été. En hiver, cette constante sera de -0h 08.

Pour Paris (0h 9m Est), il faut rajouter + 1 h 51 à l’heure locale en été, et seulement 0h 51 durant les périodes d’hiver. En effet, en hiver :

Heure de la montre = Heure lue sur les tables + 1 h – 0h 9m en été

Heure de la montre = Heure lue sur les tables + 1 h + 1 h – 0h 9m

Celui qui a étudié la nature de l’influence des planètes sur les événements divers de la vie pourra facilement comprendre l’importance des heures planétaires. L’expérience et l’observation permettront bientôt de connaître le moyen de choisir le moment le plus propice pour commencer une chose désirée. Beaucoup utilisent ces connaissances à des fins égoïstes et s’efforcent ainsi d’en obtenir un avantage indu, mais les étudiants ne doivent pas s’attendre à trouver ici des avis concernant des intentions de ce genre. Nous n’avons pas étudié la question sous cet angle, et quand bien même nous la connaîtrions, nous ne voudrions pas l’enseigner à d’autres. Mais, dans certaines occasions, les heures planétaires peuvent être employées à bon escient et avantageusement aussi allons-nous indiquer la manière de les utiliser.

Supposons que nous désirions aider un ami, et que nous connaissions un emploi qu’il pourrait avantageusement remplir. Nous nous rappelons que le SOLEIL est le significateur des chefs, des supérieurs : l’utilisation des heures gouvernées par le SOLEIL est tout indiquée pour traiter l’affaire avec une telle personne, et une faveur aura le plus de chance d’être accordée à ce moment.

Il est important de se rappeler que la planète qui gouverne la première heure de la journée possède une influence prédominante sur toute la journée, que les autres gouverneurs ne sont que d’importance secondaire, et sont fortifiés ou affaiblis proportionnellement à l’accord ou au désaccord de leur nature avec celle du gouverneur du jour. Ainsi, si l’on choisit une heure solaire un samedi, jour teinté de l’influence obstructive de SATURNE, la chance est loin d’être aussi grande que si l’on prend une heure solaire un jeudi, jour teinté des rayons bienfaisants de JUPITER, gouverneur de ce jour.

Si vous devez discuter avec une personne irritable que vous savez capable de s’offenser promptement, voire de dire ou de faire des choses que vous aimeriez tous deux éviter, employez l’heure du froid et calme SATURNE, un samedi si possible, afin de réprimer, d’éteindre l’esprit fougueux de MARS. Le danger d’une rupture sera alors réduit à son minimum, et, plus tard, en y réfléchissant, vous serez tous deux agréablement surpris de la façon dont l’affaire aura été conclue.

Ou encore, s’il s’agissait d’encourager quelqu’un dont les habitudes d’oisiveté sont une source de souffrance pour son entourage, s’il fallait, en quelque sorte, un FEU ardent pour le ranimer, il conviendrait de choisir pour lui parler le jour (mardi) et l’heure de MARS, quand les énergies de cette planète sont à leur apogée. Alors, il vous écoutera, si toutefois il est possible de le faire agir.

En utilisant cette connaissance dans un but désintéressé, vous ferez descendre des bénédictions sur les autres, tout en amassant dans le ciel des trésors «que les vers ou la rouille ne peuvent corrompre». Il est bon de se rappeler à ce sujet que tous les biens matériels : puissance, position, richesse et toutes possessions concernant ce monde, doivent être abandonnés lorsque la mort nous appelle, et que seules nos bonnes actions nous restent à cette heure-là. N’abusez donc jamais de ces connaissances : si vous voulez employer les influences stellaires, faites-le en vue d’acquérir des valeurs éternelles, non pour un gain temporaire.

Heure légale : La 24e partie du jour moyen. C’est celle qui est officiellement adoptée dans le pays, l’heure des gares, des mairies, de votre montre. A partir du 15 MARS 1891, l’heure du méridien de Paris est devenue légale et obligatoire dans toute la France, jusqu’au 11 MARS 1911, 0 h; date à laquelle ce fut l’heure de Greenwich qui devint légale et obligatoire. Par rapport à Paris, Greenwich se trouve 9 mn. 21 sec. à l’Ouest.

Heure locale : L’heure légale n’es t exacte que pour les régions situées sur le méridien de base, toutes Les autres régions n’ont qu’une heure approximative. Or l’astrologue pour ses «domifications» a besoin de l’heure locale qui est celle du lieu de naissance. On l’obtient en ajoutant ou en retranchant la longitude du lieu de l’heure légale. S’il est 5 h. à Gr; à Paris il sera 5 h. + 9 mn. 21 sec.

Pour les pays étrangers, il est indispensable de savoir quel est le méridien de base. Pour l’Europe centrale c’est le 15° Est; pour New York, c’est le 75° Ouest, etc; etc. (voir exemples au mot Carte du Ciel).

Heure sidérale

La 24e partie du jour sidéral, tandis que l’heure moyenne est la 24e partie du jour moyen, La différence est minime, soit 9,85 sec. en moins pour l’H.S. qui est indiquée dans les éphémérides pour chaque jour à midi ou 0 heure. Elle est indispensable à l’astrologue pour déterminer le Temps sidéral de Naissance (TSN). Voir Carte du Ciel.

Heure vraie

Ce serait la 24e partie du jour vrai correspondant à deux passages successifs du SOLEIL au méridien. Mais comme le mouvement du SOLEIL sur l’écliptique varie de 57′ 12″ à 61′ 10″ il en découle que la durée du jour vrai est variable et l’heure qui en découle ne peut être utilisée dans la vie courante, car il faudrait régler les montres chaque jour (ou à peu près).

Heureux – Maison : 5, LION

  • V = La joie, la fête, les plaisirs et les divertissements

Hibou – Maison : 8, SCORPION

Hideux – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La laideur extérieure, l’horreur repoussante

Hiérarchie sociale – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les grades, les échelons

Hiérarchie (Sens de la)

C’est une tendance essentiellement jupitérienne. II semble indispensable que JUPITER fasse partie de la dominante et qu’il soit sans MA avec SOLEIL, MARS, URANUS ou AS. Un BA entre JUPITER et SATURNE est aussi un bon indice. D’après certains : AS dans le TAUREAU, SOLEIL dans le CANCER, JUPITER angulaire ou dans le CANCER.

Hippocampe – Maison : 12, POISSONS

  • XII = IX de la IV = Le cheval de mer

Hippodrome – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le cheval, le haras, le lad, l’équitation

Hirondelle – Maison : 3, GEMEAUX

Hisser – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = S’élever, dresser, le sommet, l’ascension

Histoire – Maison : 4, CANCER

  • IV = La sociologie, l’histoire des peuples, le passé
  • IX = Les contes de fées, la mythologie, les géants, les personnages fantastiques

Hiver – Maison : 10, CAPRICORNE

  • L’entrée du SOLEIL, dans le signe du CAPRICORNE, le solstice d’hiver.

Homéopathie – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les plantes médicinales, les herbiers

Homme – Maison : 1, BELIER

  • I = La virilité, la masculinité

Homonyme – Maison : 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = la répétition des sonorités, les mots qui présentent la même forme phonique
  • II = Les sons

Homosexuel – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’inversion, les relations sexuelles sans implication amoureuse

Honnêteté. – Voir conscience morale.

Honneur – Maison : 5, LION

  • V = La reconnaissance sociale

On peut se reporter aux indices de célébrité, mais ici il faut surtout une forte influence de JUPITER qui doit être angulaire ou en très bon aspect avec SOLEIL, LUNE, AS ou MC. Désir des honneurs, d’après certains : forte influence du TAUREAU ou du SCORPION. On peut ajouter SATURNE puissant, surtout en X.

Honorabilité

Dominante Jupitérienne. BA entre JUPITER et SOLEIL, SATURNE, LUNE, AS ou MC, Pas de Dissonances graves de SATURNE, MARS, URANUS, PLUTON.

Honte – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La lâcheté. l’humiliation, la mise en quarantaine

Hôpital – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La clinique, la Maison de repos
  • III = IV de la XII = Entrer et sortir d’un hôpital, les sous sols et les caves d’une clinique

Horaire (Angle)

Correspond à la distance méridienne de l’astre.

Cercle horaire : Un grand cercle de la sphère céleste passant par les pôles et qui en arrivant au méridien du lieu marque les heures du temps vrai.

Fuseau horaire : La TERRE est divisée en 24 fuseaux horaires ayant chacun 15° de longitude et marquant chacun une heure différente. Théoriquement, tous les pays compris dans un même fuseau horaire doivent avoir la même heure légale, et il en est ainsi actuellement du moins dans presque tous les pays. Le premier fuseau a pour méridien central celui de Greenwich, le fuseau n° 1 s’étend donc sur 7° 30′ de chaque côté de ce méridien. Le deuxième fuseau horaire possède son méridien central à 15° de longitude Est, et ainsi de suite. Ce second fuseau est appelé fuseau de l’Europe centrale et l’heure légale avance de 60 minutes sur l’heure française.

Mouvement horaire : Variation d’un astre en une heure.

Horizon – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le coucher de SOLEIL, le bout du monde.
  • VII = Le lit, être couché, être allongé, l’horizontalité.

Voir cosmographie pour définition technique. Dans le langage astrologique, on dit souvent JUPITER à l’horizon oriental; le SOLEIL à l’horizon oriental, etc; pour dire JUPITER en Maison I, SOLEIL en Maison I, etc. ou bien pour dire JUPITERSOLEIL en CONJONCTION avec l’AS– La différence entre l’horizon et l’AS réside dans le fait que le premier est un plan limité par un grand cercle, tandis que le second est un simple point.

Sur le thème, l’ASCENDANT et son opposé, le Descendant, marquent la ligne d’Horizon.

L’horizon objectif est le cercle qui arrête notre vue, là où le ciel et la TERRE semblent se rejoindre.

L’horizon céleste (rationnel) est un plan parallèle à l’horizon objectif, passant par le centre de la TERRE.

Horloge – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La montre, la pendule, la précision, la ponctualité, les heures, minutes et les secondes

Horoscope

Voir les trois signification de ce mot à AS.

Dresser un horoscope, c’est établir la Carte du Ciel et l’interpréter.

Tout ce livre est consacré à cette question. On appelle généralement Horoscope Natal les calculs et l’interprétation qui se rapportent au Ciel de naissance. Horoscope annuel, des calculs et prévisions pour une année déterminée. Horoscope de Révolution Solaire, une carte du Ciel et interprétation établies pour le moment où le SOLEIL revient à sa place radicale chaque année vers l’anniversaire de naissance, à un jour près.

Horreur – Maison 8, SCORPION

  • VIII Les choses horribles, repoussantes EN DOMICILE.

Hors-la-loi – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Les voleurs, les assassins, les bandits

Horticulture – Maison : 2, TAUREAU

  • II = X de la V = La floraison, le moment où s’épanouissent les fleurs
  • II et V = Les horticulteurs, les jardiniers, les fleuristes.

(goût de l’). – Forte influence du TAUREAU et de la VIERGE. BA entre SATURNE et VENUS.

Hospitalité – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La charité, le don de soi

De nombreuses planètes dans les POISSONS ou la Maison XII; AS dans les POISSONS, Luminaires dans les POISSONS. Pas de Dissonances sérieuses entre les Maléfiques et les significateurs du caractère.

Hostilité – Maison : 7, BALANCE

  • VII = La guerre, ouvrir les hostilités, les ennemis visibles

Hôtel et Restaurant – Maison : 4, CANCER

  • IV = Minuit, le lieu du sommeil, la nuitée
  • IV = Les lieux de restauration, les gîtes ruraux, la chambre d’hôte.

Hôtesse – Maison : 7 BALANCE,

  • VII = V de la III = La grande disponibilité, l’accueil, les démonstrations commerciales

Houille

Tout ce qui la concerne et ce qui touche aux mines, aux souterrains, peut se rattacher à SATURNE et au CAPRICORNE.

Huile – Maison : 12, POISSONS

  • XII = X de la III = L’efficacité d’un moulin
  • NEPTUNE : Les huiles, les matières oléagineuses, les graisses.

Huissier – Maison, 7, BALANCE

  • VII = Les actes de justice.

Huit heures – Maison : 12, POISSONS

  • De six à huit heures du matin

Huître – Maison : 4, CANCER

  • IV = La mer, les coquillages, les crustacées

Humanitaire – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les associations d’entraide, l’altruisme, les aides

Humains (signes)

Les GEMEAUX, la VIERGE, le VERSEAU, la BALANCE et le SAGITTAIRE (première moitié) – Ces signes favorisent l’intelligence mais prédisposent aux accidents, d’après certains

Humanitaire (sentiment)

AS POISSONS ou VIERGE, JUPITER dans le VERSEAU ou en très bon aspect avec les Luminaires et les planètes transcendantes (URANUS, NEPTUNE) importantes

Humeur (bonne ou égale)

  • Forte influence de la BALANCE. Dominante vénusienne harmonique

Humidité Maison : 4, CANCER

  • IV = L’Eau, la nuit

Humilité – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La simplicité, la discrétion, rester à sa place

Humour noir – Maison -, 8, SCORPION

  • VIII – VI de la III = L’ironie, jouer sur les mots

Hurluberlu – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = X de la XII = Le fou, le mât du tarot, l’errant, l’homme libre

Hydraulique (travaux)

MARS dans les signes d’EAU et gouvernant la Maison X ou la Maison VI; le même en BA avec l’AS et les Luminaires, également en signes d’EAU

Hypocrisie

MERCURESATURNE en MA et surtout en Maison XII. JUPITER faible ou mal placé, MARS également faible- signes de FEU peu importants

Hypothétiques (planètes)

Il s’agit de corps célestes que certains astrologues (probablement dépourvus de tout sens critique) prétendent avoir découverts par la simple observation d’un certain nombre d’horoscopes ou bien par le calcul- Compte tenu de la perfection des instruments actuels, je crois qu’il s’agit là de pures illusions sur lesquelles il est inutile de s’attarder- Dans le même ordre d’idées on pourrait aussi classer comme facteurs d’interprétation hypothétiques la LUNE Noire qui était utilisée jusqu’en 1935 et dont le mouvement uniforme était de 3° par jour, comme s’il existait un astre susceptible de se déplacer avec une telle régularité. Depuis les années 1935-l937 nous avons une autre LUNE Noire plus conforme aux régies astronomiques, mais dont l’utilité n’a jamais été démontrée à ma connaissance. C’est un facteur qui ne paraît reposer sur aucune donnée traditionnelle et qui semble avoir été mis en circulation à la suite d’une intuition ou de quelque raisonnement analogique tout simplement, comme tant d’autres hypothèses. Quelques recherches sont en cours pour voir si ce facteur mérite réellement d’être pris en considération. (Voir Lunes Noires.)

G

Gabarit – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = V de la V = L’étalon, le modèle, le guide, les dimensions réglementaires, la norme

Gâchis – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le gaspillage

Gadget – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les appareils, les machines, les ustensiles, les objets

Gaffe – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les maladresses, les écarts langage, faire l’idiot, être gauche

Gage – Maison : 7, BALANCE

  • VII = II de la VI = Les salaire d’un domestique
  • VII = VIII de la XII = paiement d’une dette.
  • VII = XI de la IX = Un gage bonne foi

Gagner – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Gagner sa vie, le salaire
  • V = Le gros lot, la chance extraordinaire,

Gaine – Maison : 4, CANCER

  • IV = La poche protectrice, l’étui, le sac

Gaieté – Maison : 5, LION

  • V = La joie de vivre, les couleurs vives

GAINS. – Voir finances.

Gaité

Forte influence du SAGITTAIRE. SATURNE faible. MERCURE et VENUS en BA avec la LUNE ou l’AS. D’après Choisnard : Aspects dissonants de VENUS et surtout de JUPITER avec les significateurs du caractère, ceux-ci ayant une résultante harmonique.

Gala – Maison : 5, LION

  • V = Une grande fête officielle, les grandes manifestations théâtrales

Galaxie – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = La voûte céleste, les galaxies, les constellations, les univers

Galbe – Maison : 5, LION

  • V = Le contour, le profil harmonieux d’une statue

Galerie d’art – Maison : 5, LION

  • V = L’art, le beau, le noble, le sublime : SOLEIL EN DOMICILE.
  • VII = L’harmonie, la beauté, l’esthétique

Galerie marchande – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les marchés, les galeries artisanales
  • VI = III de la IV = Les rues de la ville

Galet – Maison 4, CANCER

  • IV = La plage, le sable et les galets
  • X = Les pierres, les cailloux

Galon – Maison 5, LION

  • V = Les ornements d’un vêtement
  • V = Prendre du galon, monter en grade

Gamma (point)

Il marque l’intersection de l’écliptique avec l’équateur céleste et sert de point de départ pour mesurer les AR et les longitudes. Il correspond au 0° du BELIER. On dit aussi point vernal.

Gamelle – Maison 4, CANCER

  • IV = L’auge, le chaudron, le vase, la marmite

Gangrène – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La pourriture, le pus, l’infection

Gant – Maison 7, BALANCE

  • VII = V de la III = Le vêtement de la main

Garage – Maison 11, VERSEAU

  • XI = Les garagistes, les moteurs, les voitures
  • IX = XI de la XI = Le parking de la voiture, une aire de stationnement

Garantie – Maison 11, VERSEAU

  • XI = Les aides, les appuis, les scrutins, l’espérance, les protections, les personnes qui se portent garantes, la caution

Garce – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La méchante femme, la chipie

Garçonnière – Maison 4, CANCER

  • IV = L’appartement, la demeure
  • X = IV de la VII = L’appartement du célibataire
  • IX = IV de la VI = L’appartement de fonction

Garde forestier – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La forêt, les bois
  • II = VI de la IX = Les employés de la forêt, le bois utilitaire. l’entretien des bois

Garde-manger – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les placards, les réserves alimentaires

Garde-robe – Maison 6, VIERGE

  • VI = Le placards
  • X = VI de la V = L’armoire où l’on range les vêtements.

Garder – Maison 2, TAUREAU

  • II = Accumuler, thésauriser
  • IV = Le passé, le conservatisme, la mémoire, la tradition

Garderie – Maison 4, CANCER

  • IV = La crèche

Gardien – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = V de la VI = la surveillance, le contrôle, la vérification
  • X = Les vigiles, les surveillants
  • II = SATURNE en TAUREAU. Celui qui surveille les boeufs, les Taureaux, le gardien de vaches
  • IV = SATURNE en CANCER : Les trou peaux de porcs : le gardien de cochons, mais aussi le gardien d’immeuble, le veilleur de nuit, le gardien de cimetière.
  • V = SATURNE en LION : Le vigile d’un établissement bancaire, le gardien de musée et de parcs municipaux.
  • VI = SATURNE en VIERGE. Le gardien d’usine, les policiers : les gardiens de la paix.
  • VII = SATURNE en BALANCE : L’arbitre, le juge, les gardiens de la loi.
  • VIII = SATURNE en SCORPION: Le garde fou, l’éclusier, le gardien du cimetière.
  • IX = SATURNE en SAGITTAIRE : Le gardien de chevaux, les gardiens de lieux religieux : les bedeaux.
  • XII = SATURNE en POISSONS : Les gardiens de prison.

Gare – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Les rails, le mouvement permanent des trains, l’activité soutenue dans les gares
  • XI = Le train

Garnir – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Farcir, fourrer

Garnison – Maison 6, VIERGE

  • VI = La caserne, le service militaire

Garniture – Maison 5, LION

  • V = Embellir, orner, décorer

Gas-oil – Maison 12, POISSONS

  • XII = Les combustibles, le pétrole, le gaz, l’essence, le fioul

Gaspillage – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Le désordre, le gâchis.
  • VIII = VII de la II = Dépenser avec profusion

Voir dépenses.

Gastralgie

(et autres malaises inflammatoires de l’estomac). – Affliction MARSLUNE et d’un des deux en XII, VI, I ou IV, ou, encore, dans le CANCER.

Gastronomie – Maison 2, TAUREAU

  • II = La bonne chair, les meilleurs vins

Gâteau – Maison 2, TAUREAU

  • II = Les sucreries, les desserts, les glaces, les pâtisseries, les bonnes choses

Gâterie – Maison 2, TAUREAU

  • II = Friandises, sucreries et bonbons

Gauche (aspect)

Celui qui se forme dans l’ordre des signes du Zodiaque. Par exemple, le SOLEIL à 20° du BELIER a son trigone gauche à 20° du LION et son trigone droit à 20° du SAGITTAIRE. Les auteurs ne semblent cependant pas toujours d’accord au sujet de cette définition. Pratiquement, les données ne sont pas suffisantes pour que l’on puisse faire une distinction certaine entre les effets des aspects droits et ceux des aspects gauches, ces derniers sont cependant réputés comme étant plus puissants. Il serait de loin préférable d’adopter la terminologie aspects positifs ou négatifs. Les premiers sont mesurés dans l’ordre des signes, c’est ainsi que le SOLEIL ci-dessus est en aspect positif avec JUPITER à 20° du LION et il enverrait un trigone négatif à 20° du SAGITTAIRE. Seulement il n’est pas certain qu’on puisse réellement faire une différence entre les deux aspects, car si le SOLEIL forme un aspect positif, JUPITER en forme un négatif avec le SOLEIL, à moins d’accorder la prépondérance à l’une des deux planètes, par ex. le SOLEIL,

Gay – Maison 8, SCORPION

Gaz – Maison 12, POISSONS

  • XII = Le pétrole, l’essence, le gaz oïl, les carburants

Gazelle – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’agilité, la rapidité, l’élégance, la vivacité

Géant – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La mythologie, les contes de fées, les rêves

Gel – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = Le froid, la neige, la réfrigération, la gelée, le verglas

Gémir – Maison 2, TAUREAU

  • II = III de la XII = Exprimer sa souffrance, se plaindre
  • XII = Les souffrances, la douleur, les moments accablants, les épreuves

Gémeaux (signe)

Générosité

Dominante harmonieuse SOLEILMARS, SOLEILJUPITER, SOLEILVENUS, MARSJUPITER, MARSVENUS et VENUSJUPITER, AS ou SOLEIL en signes de FEU. AS dans les décans solaires. BA entre les planètes indiquées ci-dessus.

Gendarme – Maison 6, VIERGE

  • VI = Le service militaire, le besoin d’uniforme, la caserne, la garnison
  • VI = Les militaires chargés d’assurer l’ordre public

Gène – Maison 6, VIERGE

  • VI = Être mal à l’aise, une impression désagréable, ne pas trouver sa place

Généalogie – Maison 4, CANCER

  • IV = Les racines, la souche, les origines
  • IV = Les ancêtres
  • IV = JUPITER en EXALTATION : l’arbre généalogique

Générique – Maison 3, GEMEAUX

  • III = IV de la XII = La partie d’un film où sont indiqués les noms de ceux qui ont collaboré a sa réalisation.
  • IV = Le début et la fin d’un chose

Générosité – Maison 5, LION

  • V = La grandeur d’âme, le don, l’amour, la démesure en toute chose

Génétique – Maison 4, CANCER

  • IV et VIII = L’hérédité

Génie – Maison 5, LION

  • V = IX de la IX = Les bons génies dans les contes de fées
  • V = X de la VIII = Aptitude à créer des choses d’une qualité extraordinaire.

Nous estimons que les remarques formulées au sujet de la célébrité, sont entièrement valables pour le génie. Voici les indices de Choisnard : «Nombreux aspects surtout trigones, AS en triplicité d’TERRE. MERCURE, la LUNE et URANUS reliés entre eux, et d’une certaine intensité. D’une façon générale : étoffe, intensité et harmonie puissantes pour l’ensemble» (Dict. de Psych.).

Une forte influence Solaire, une forte influence neptunienne sont aussi des indices propices.

Genou – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Les os, les articulations et l’ensemble du squelette, la rotule
  • VIII = XI de la X = Les genouillères.
  • I = IV de la X = Le genou droit, celui de l’obéissance
  • VII = X de la X = Le genou gauche, celui de l’humilité.

Géocentrique

Ce qui à la TERRE pour centre. Longitude géocentrique : celle que nous utilisons pour poser les planètes sur une Carte du Ciel. Notre Astrologie est géocentrique, les éphémérides usuelles fournissent des données géocentriques qui représentent la position des astres tels qu’ils sont vus de la TERRE, ou exactement du centre de la TERRE. Certains auteurs préconisent de considérer dans certains cas la position héliocentrique (c’est-à-dire vue du SOLEIL) pour MERCUREVENUS. MARS parce qu’elle pourrait fournir des indications supplémentaires pour l’interprétateur. Je crois que c’est une erreur, parce que ce qui compte c’est ce que nous voyons de la TERRE et non ce qui est vu du SOLEIL. (Voir Héliocentrique.),

Géographie – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les pays étrangers

Géographie (astrologique)

Les Anciens ont placé chacun des principales régions de la TERRE sous l’influence d’un signe du Zodiaque. Les modernes se sont parfois efforcés de compléter ces indications par l’expérience. C’est ainsi que certains astrologues disent que Paris possède son AS à 14° ou 29° de la VIERGE, suivant les auteurs; que Londres est gouvernée également par la VIERGE, etc. Voici les principales correspondances les plus courantes entre les signes du Zodiaque et les nations ou villes les plus importantes:

  • BELIER : Angleterre, Allemagne, France, Berlin, Marseille
  • TAUREAU : Italie, Irlande, Pologne, Russie, Nantes
  • GEMEAUX : États-Unis, Belgique, Londres, Metz, San-Francisco, Versailles
  • CANCER : Chine, Écosse, Pays-Bas, Alger, Amsterdam, Berne, Istanbul, Milan, New York, Tunis
  • LION : Autriche, France, Italie (d’après divers auteurs), Bombay, Chicago, Rome
  • VIERGE : Brésil, Grèce, Suisse, Turquie, Berlin, Paris, Lyon, Nice, Strasbourg, Toulouse
  • BALANCE : République Argentine, Autriche (d’après divers auteurs), Chine (idem), Japon (idem), Anvers, Vienne
  • SCORPION : Algérie, Brésil, Maroc, Syrie, Alger, Liverpool
  • SAGITTAIRE : Australie, Espagne, Madagascar, Cologne, Calcutta, Pékin
  • CAPRICORNE : Bulgarie, Grèce, Mexique, Bruxelles, Tokyo
  • VERSEAU : Russie, Hambourg, Sydney, Trente
  • POISSONS : Portugal, Alexandrie, Séville.

Géomètre – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le mathématicien, la précision et le calcul

Géométrie (aptitudes pour la)

Mélange bien proportionné entre signes d’TERRE et signes de TERRE. Dominante SATURNEMERCURE, JUPITERMERCURE, URANUSMERCURE; Maison III bien influencée ou aspectée, SATURNE en III ou en I avec de BA.

Gériatrie – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IX de la X = la médecine de la vieillesse.
  • X = Les personnes âgées

Germe – Maison : 5, LION

  • V = L’enfant, le bourgeon, la pousse

Gestation – Maison : 4, CANCER

  • IV = La mère, la maternité, la fécondité

Geste – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les doigts, les mains, les bras, les épaules, les mouvements, les déplacements
  • II = III de la XII = Le geste fatal, le réflexe malheureux, la manifestation de l’incohérence.
  • IV = III de la II = Un geste doux, le câlin.
  • V = III de la III = Les mouvements de mains, des épaules, les bras, des doigts
  • VII = III de la V = Les gestes amoureux, les mouvements esthétiques, une belle allure.
  • XII = III de la X = Un geste autoritaire, un signe de commandement

Geste (brusque, cassant)

Forte influence du BELIER, du CAPRICORNE ou de MARS, notamment si ce dernier est en MA avec SATURNE, URANUS ou le SOLEIL. MARS en Maison I et affligé; AS ou SOLEIL en SCORPION avec dissonance; rôle effacé des signes d’EAU ainsi que de VENUS et LUNE.

Gestion – Maison : 2, TAUREAU

II = Administrer, gérer, les biens immobiliers, l’argent, les actions boursières

(aptitudes pour la – des biens et capitaux). – Les signes de TERRE et tout spécialement le TAUREAU doivent tenir une place prépondérante dans le radix. En outre il est nécessaire que JUPITER soit bien disposé ainsi que SATURNE. Les dominantes JUPITERSATURNE, JUPITERMERCURE; JUPITERLUNE; JUPITERNEPTUNE sont à retenir. NEPTUNE, LUNE, MERCURE bien aspectés conviennent surtout pour la gestion des capitaux. L’ensemble du Ciel doit comporter des indices de Droiture.

Ghetto – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = Un quartier, un lieu où une minorité vit séparée du reste de la société, une sorte d’exclusion.
  • IV = La ville

Gifle – Maison : 1, BELIER

  • I = La claque, la baffe, la violence

Girouette – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = XII de la IV = La mobilité, le sens du vent, l’extrême sensibilité à l’environnement

Glace – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = X de la II = Le froid et la gourmandise, les crèmes glacées, le lait froid, les desserts froids
  • Glace Maison : 4, CANCER
  • IV = Les reflets, les miroitements à la surface de l’Eau, la LUNE au fond du puits

Glacier – Maison : 7, BALANCE

  • VII = X de la X = Les neiges éternelles, les névés, les espaces blancs
  • X = La montagne, le pic, la crête :

Glaçon – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le froid, la neige, la coagulation
  • III = VI de la X = Un morceau de glace

Gland – Maison : 1, BELIER

  • I = V de la IX = Le fruit du chêne
  • IX = Le chêne

Glauque – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Une ambiance sinistre, louche et sordide

Glisser – Maison : 12, POISSONS

  • XII = III de la X = Marcher sur la glace, dans la neige, les sports de glisse : le ski, le patinage
  • VI = III de la IV = Le ski nautique, le surf, la planche à voile

Globe – Maison : 5, LION

  • V = La sphère, le ballon, la bille
  • V = La globalité, le tout

Gloire – Maison : 5, LION

  • V = La réputation, la renommée

(grande célébrité, très grand succès). – Selon certains auteurs le concours de certaines étoiles fixes serait indispensable, mais il faudrait probablement ajouter que ces étoiles doivent affecter le MC ou l’AS, car, en ce qui concerne les planètes cela n’est nullement évident d’après certaines statistiques. On dirait cependant que certaines étoiles situées près de l’écliptique justifient ce point de vue. Dans le domaine planétaire il faudra surtout rechercher les dominantes harmoniques SOLEILJUPITER, SOLEILLUNE, SOLEILSATURNE, SOLEILMERCURE. On trouve souvent SATURNE en Maison X, mais avec risque de revers par la suite. Ptolémée signale également que la « doriphorie » ou escorte solaire est un excellent indice d’élévation. On appelle doriphorie la réunion de toutes les planètes autour du SOLEIL à 30° près, ce qui ne doit pas se réaliser souvent, même en ne considérant que 7 planètes. On pourrait probablement extrapoler la définition et dire que la doriphorie peut être prise en considération lorsque plusieurs planètes encadrent le SOLEIL, surtout s’il est en X ou dans son domicile. Julevno admet que des bons aspects tombant dans le voisinage du SOLEIL dans les mêmes limites peuvent avoir le même effet, cela serait à vérifier.

Glossaire – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le dictionnaire alphabétique, un lexique, l’ordonnancement
  • VI = La grande quantité d’information

Gnose – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les doctrines religieuses et ésotériques

Gobelet – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Boire, les bouteilles, les verres et les godets

Golf – Maison : 5, LION

  • V = Les jeux, les sports mondains

Gond – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Une cheville
  • XI = XI de la I = Le soutien de la porte

Gonfler – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’enflure, enfler

Gong – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les cloches, les instruments utilisés dans les rituels religieux

Gorge – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Le cou, les cordes vocales, la nuque

(maux de -) VENUS, le TAUREAU et les planètes en II par analogie sont à considérer, mais se méfier surtout des MA entre VENUS et SATURNE ou VENUS et MARS ou les Luminaires lorsqu’ils influencent la VI ou l’AS.

Gouffre – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les trous, les gorges profondes, la spéléologie

Gourde – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les bouteilles, les verres

Gourmand – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Apprécier les bonnes choses, le sucre.
  • II = IX de la VI = La philosophie et la nourriture, l’alimentation idéale, les épicuriens

Dominante VENUSLUNE, VENUSJUPITER, LUNEJUPITER, VENUSNEPTUNE. AS dans le TAUREAU ou le CANCERDissonances entre les planètes dominantes ou bien avec l’AS ou son Maître. Signes d’EAU prédominants.

Gourmette – Maison : 5, LION

  • V = Les bijoux : SOLEIL EN DOMICILE.
  • VIII = VI de la III = Le bracelet.

Goût (manque de)

MA entre VENUSLUNENEPTUNEURANUS; SATURNE important mais MA; Signes de TERRE prédominants; signes d’TERRE faibles. Goûts raffinés : forte influence de la BALANCE, de VENUS, du SOLEIL, ou des signes d’TERRE.

Gouvernail – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La roue
  • X = La roue de la fortune, la destinée.

Gouvernement – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le pouvoir en place, l’autorité politique, le parti majoritaire

Gouverneur d’une nativité

Le maître de l’ASCENDANT est le gouverneur de la nativité.

Si par exemple, une personne est ASCENDANT BELIER, MARS, qui est maître du BELIER, sera le gouverneur du thème.

Cependant, si une autre planète est plus forte, soit à cause de son élévation, de sa dignité, de son EXALTATION, de sa position dans un angle ou par ses aspects, elle peut être considérée comme «co-gouverneur».

Pour cela, il faut que les aspects, harmoniques ou dissonants, soient rapprochés et puissants.

Dans notre exemple, si la LUNE était conjointe au Milieu du Ciel et aspectée par d’autres planètes, elle pourrait être considérée comme co-gouverneur du thème avec MARS.

Gouverneur d’une Maison

Le gouverneur du signe se trouvant sur la pointe d’une Maison en est le gouverneur. Il donne la tonique de celle-ci.

Vous êtes Bélier ? Votre planète est Mars !

Mars vit dans l’instant, il expérimente ! Il adore la confrontation avec le monde, il se cogne souvent contre un mur, une chaise, ses gestes sont rapides, brusques, emportés. C’est un être direct, spontané qui n’a pas sa langue dans sa poche. Il sait très vite ce qu’il veut et il démarre au quart de tour, quitte à piquer une grosse colère si on se frotte à lui d’un peu trop près.

Vous êtes Taureau ou Balance ? Votre planète est Vénus !

Vénus est douée pour les relations, elle aime faire plaisir, elle est la collaboratrice idéale. Elle est enjouée quand elle se sent aimée mais c’est une catastrophe si on la repousse ! Ses réactions sont toujours affectives. Elle est toujours à la recherche de la beauté et de l’harmonie.

Vous êtes Gémeaux ou Vierge ? Votre planète est Mercure !

Mercure est cérébral, il analyse et prend du recul avec les émotions, les sentiments dont il se méfie. Mais il adore blaguer et a plus d’un tour dans son sac. Même quand il est plus timide, il cherche à établir le contact… C’est un grand curieux, souvent habile. Il sait se faire pardonner quitte à changer son fusil d’épaule !

Vous êtes Cancer ? Votre planète est la Lune !

La Lune est astre de douceur et de féminité ! Elle materne les autres, elle aime se montrer protectrice. Mais c’est aussi une planète « d’humeur » et parfois, c’est elle qui fait des caprices, en enfant immature. Quel paradoxe ! C’est une hypersensible qui réagit sur l’émotion, sans grand sang-froid.

Vous êtes Lion ? Votre planète est le Soleil !

Le Soleilne passe jamais inaperçu. Il fait tout pour attirer l’attention, il parle haut et fort, il gesticule, il veut briller. S’il soigne tant son image, s’il contrôle chacune de ses paroles, ce n’est pas par pur narcissisme. En fait, il est très sensible au regard d’autrui et il recherche constamment l’estime de son entourage.

Vous êtes Scorpion ? Vos planètes sont Mars et Pluton !

Personne complexe et très subtile, Pluton est charismatique. Pourtant il a souvent un côté autodestructeur. Il n’a pas peur de la différence ni des tabous. Il sait se mettre dans la peau des autres, il a un côté psy ou comédien. Absolutiste, il attend beaucoup de la vie !

Vous êtes Sagittaire ? Votre planète maîtresse est Jupiter !

Jupitera l’art de fonctionner en groupe, il joue sur la complémentarité, il forme des équipes, il distribue des rôles. Il possède un grand sens pratique et il sait tirer parti de tout. On le dit opportuniste mais c’est surtout quelqu’un qui aime être efficace. Optimiste, il prend la vie du bon côté !

Vous êtes Capricorne ? Votre planète maîtresse est Saturne !

Saturne est rigoureux, il ne laisse rien au hasard, il est courageux et son travail est soigné. Sans être introverti, il éprouve intérieurement une certaine méfiance envers autrui et s’isole pour se ressourcer. Honnête et parfois exclusif, il déteste les « je t’aime » gratuits. Pour lui, les mots sont lourds de sens, il les emploie avec précision et sincérité. 

Vous êtes Verseau ? Votre planète maîtresse est Uranus !

Il connaît impeccablement son domaine, c’est un pionnier qui peut offrir au monde de belles inventions. En tout cas, il veut toujours faire avancer les choses et progresser. Individualiste, il ne s’encombre pas de personnes qui pourraient lui faire perdre du temps.

Vous êtes Poissons ? Votre planète maîtresse est Neptune !

Très adaptable, Neptune évolue, se transforme, il est très réceptif aux courants collectifs. L’inspiration et l’imagination sont deux de ses plus belles qualités. Il se sent éloigné des préoccupations matérielles et rationnelles. Il est plus intuitif qu’intellectuel. Dans ses relations il recherche un état fusionnel.

Gouverneur du jour, de l’heure

Voir à Heures planétaires.

Graal – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le chaudron, la coupe

Grâce – Maison : 5, LION

  • V = Dieu, la divinité, la lumière, l’unique

Grade – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les degrés, les échelons d’une hiérarchie

Gradin – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les marches d’un escalier

Graffiti – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = III de la VIII = L’écriture ésotérique, les lettres codées.
  • X = VIII de la III = Les lettres anonymes.

Graine – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les céréales, la botanique, l’herbier, l’alimentation, le travail de la TERRE

Graisse – Maison : 12, POISSONS

  • XII = III de la X = Les liquides onctueux, l’huile, les lubrifiants

Grammaire – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = A l’origine du langage, l’étymologie

Gramme – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Une unité de masse, la quantité, la mesure

Grand – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les géants, les échasses, le gigantisme
  • VI = Les petits, les nains

Grand déplacement – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les pays étrangers, les voyages, le dépaysement

Grandir – Maison : 5, LION

  • V = La croissance

Grand animal – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La baleine

Grand magasin – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = V de la VI = Les grandes surfaces commerciales
  • VI = Les galeries artisanales, les inventaires, les stocks de marchandises

Grand oiseau – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les oiseaux
  • VIII = X de la XI = Les charognards

Grand-père, Grand-mère – Maison : 1, BELIER

  • I = X de la IV = Le de la mère en thème féminin.
  • I = X de la IV = La mère du père en thème masculin

Grand-père, Grand-mère – Maison 7, BALANCE

  • VII = IV de la IV = La mère de la mère en thème féminin.
  • VII = IV de la IV = Le père du père en thème masculin.

Grand véhicule – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les camions, les engins de chantier, les grands véhicules encombrant
  • XI = Les véhicules

Grange – Maison :1, BELIER

  • I = IV de la X = La Maison à la montagne, le chalet, le refuge.

Granit – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Les pierres dures

Graphologie – Maison = 11, VERSEAU

  • XI = IX de la III = Interpréter, commenter, donner du sens à la façon de dessiner les lettres.
  • VIII = VI de la III = Les techniques et les méthodes de l’interprétation de l’écriture.

Gras – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Grasse, huileuse, baveuse, sale, tachée, salie, douteuse
  • XII = Les huiles, les oléagineux

Gratification – Maison : 5, LION

  • V = Les améliorations, la chance

Gratin – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VIII de la II = Le fromage cuit.
  • VIII = Cuire, rôtir, chauffer

Gratte-ciel – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = Une autre dimension, une autre conception de l’habitat
  • XI = Les immeubles

Gratter – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = VI de la X = Les irritations de la peau, les démangeaisons.

Gratuit – Maison. 5, LION

  • V = La générosité, le don, la gratuité, gratis

Gravats – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les ordures, les dépotoirs, les déchets, les décharges, les poubelles

Grave – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Ce qui est grave, important et sérieux

Gravir – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Monter, escalader, grimper
  • X = La montagne, les étages d’un immeuble.

Gravité

Forte influence du CAPRICORNE, SATURNE puissant, VENUS et MERCURE plutôt faibles. Dominante SATURNEJUPITER, SATURNESOLEIL.

Grincheux

Forte influence du CAPRICORNE ou de SATURNE MA surtout avec MERCURE.

Grossier

SATURNE dominant, mal disposé et en Ma avec MARS ou URANUS. SOLEIL, VENUS, MERCURE, JUPITER plutôt mal placés.

Greffe – Maison. 8, SCORPION

  • VIII = La régénération, la chirurgie, les amputations

Grêle – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La glace, la neige, le gel, le froid

Grenier – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le premier étage, le pallier, la chambre sous les toits, sous les combles

Grenouille – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les animaux à sang froid, les serpents, les crapauds

Greenwich Mean Time (G.M.T.)

Temps moyen à Greenwich, voir à «Temps solaire Moyen» ou à «Temps Universel».

L’adoption du méridien de Greenwich comme méridien international date de 1884 à Washington. Les pays ont adopté progressivement cette référence. Pour les dates d’application de celle-ci, il est donc nécessaire de consulter un livre spécialisé sur les heures dans le monde.

Grève – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le travail, le chômage, l’activité professionnelle en général
  • I = VI de la VIII = La grève des éboueurs, des agents du fisc.
  • XI = VI de la VI = La grève des commerçants et des artisans.
  • II = VI de la IX = La grève des professeurs
  • X = VI de la II = La grève des banquiers.

Gri-gri – Maison : 2, TAUREAU

  • II = VI de 13 IX = Les objets de culte, les amulettes, les talismans.
  • II et IX = Les superstitions.
  • IX = Les cultes religieux, la foi, les croyances

Griffe – Maison : 1, BELIER

  • I = Les ongles, les armes des doigts

Grille de fer – Maison : 1, BELIER

  • I = Le fer, le fer forgé, le rideau de fer

Grimace – Maison : 5, LION

  • V = Le maquillage, le masque, les travestissements, le carnaval, les jeux publics

Grimper – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Monter, escalader, gravir
  • X = Les montagnes, la crête.

Grincheux – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le mauvais caractère, le taciturne, l’aigri, le pessimiste, rouspéter

Griot Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les poètes, les musiciens, les conteurs africains

Gros – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = La bonhomie, la corpulence
  • VIII = Les enflures

Grotte – Maison : 4, CANCER

  • IV = VII de la X = Au fond de montagne, au creux de la montagne
  • VIII = La caverne

Groupe de personnes – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les associations sportives et politiques

Gué – Maison : 12, POISSONS

  • XII = IX de la IV = Un traverser une rivière à pied.
  • IV = Le torrent, la rivière, la source

Guenille – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = Des lambeaux de vêtements, les vêtements déchirés
  • VIII = Les fripiers, la vente des vêtements usagés

Guêpe – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’ensemble des insectes

Guêpier – Maison : 1 2, POISSONS

  • XII = Tomber dans un piège, une situation dangereuse, les embuscades, les traquenards

Guérison – Maison : 1, BELIER

  • I = VIII de la VI = La fin maladie, la mort des microbes, la maladie, la mort des microbes, la fin de la cure
  • VI = Les maladies, les ennuis de santé, les soins

Guerre – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Les désaccords, les combats, les rivalités, les batailles

Gueule – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les animaux carnassiers, la voracité, l’instinct animal
  • VIII = Les loups, les chiens, les hyènes, les tigres.

Guide – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Celui qui rassure, qui explique, qui témoigne, qui motive
  • VI = IX de la X = Le guide de montagne.
  • I = IX de la V = Être guide dans un musée

Guignol – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les marionnettes, les mains cachées, les illusionnistes, le théâtre d’ombre
  • XII = VIII de la V = Les rires des enfants

Guirlande – Maison : 5, LION

  • V = La fête, les défilés cotillons, les masques
  • V = Les fêtes collectives, les démonstrations populaires

Guitare classique – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les formes évocatrices du violon et de la guitare
  • XI = X de la II = La guitare électrique.

Guru – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le guide, l’initiateur, l’éveillé, l’enseignant, celui qui ouvre le chemin
  • IX = Le prêtre, l’imam, le pasteur, le lama, le druide, les théologiens de toutes les religions
  • VII = X de la X = Le maître intérieur, la personne qui a du poids.

Gymnastique – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La gymnastique, la marche, la randonnée
  • VII = V de la III = Les mouvements gracieux, le gymnase, la danse

Gynécologie – Maison : 4, CANCER

  • IV = La fécondité, la génétique

F

Fable – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les mythologies, les fées, les légendes, les nains

Fabrique – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les usines, les laboratoires, la production d’objets en grand nombre
  • VIII = L’atelier de réparation

Façade – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le vis-à-vis, le visage de l’autre, la Maison d’en face

Face-à-face – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le vis-à-vis, la concurrence, le sosie
  • VII = Le partenaire, l’autre soi même

Facile – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = IX de la VII = L’aisance, aptitude à faire les choses sans peine, la mobilité,

Faconde – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = L’éloquence, les bavards, les commères, les discussions, les conversations. Les orateurs.

Facteur – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le bureau de poste, le courrier.
  • III = La bicyclette, les petits déplacements, l’amabilité, la disponibilité

Facture – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Une note détaillée

Faculté – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les universités, les études supérieures, les professeurs, les séminaires
  • IX = Les possibilités intellectuelles, les diplômes, les aptitudes, les capacités.

Fadeur – Maison. 4, CANCER

  • IV = La blancheur, la pâleur, l’insipidité

Faible – Maison : 4, CANCER

  • IV = Sans volonté, la passivité, les rêves
  • XI = SOLEIL EN EXIL = peu de vitalité

FAIBLESSE OU FORCE DES PLANÈTES. – (voir dominante)

Faïence – Maison : 5, LION

  • V = IV de la II = La TERRE cuite, la céramique

Faille – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Un trou, une brèche, un point de rupture

Faillite – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = VII de la II = Les luttes financières, les obstructions bancaires, les dépôts de bilan, être ruiné

Fainéant – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Passif, mou, paresseux et nonchalant

Faire – Maison : 1, BELIER

  • I = L’action, l’initiative, l’audace, la réaction, être combatif.

Faire l’amour – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La sexualité, les organes sexuels.

Faire la vaisselle Maison : 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = La propreté des assiettes et des couverts.
  • II = La vaisselle

Faire-part – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les lettres, le courrier, une annonce
  • VI = III de la IV = Faire-part de naissance.
  • IX = III de la VII = Faire part de mariage.
  • X = III de la VIII = Faire-part de décès.

Faîte – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le sommet, le pic, la partie la plus haute d’un toit, la cime d’un arbre

Falaise – Maison. 10, CAPRICORNE

  • X = La montagne, le rocher, la pierre
  • IV = La plage, la mer.

Falsifier – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les faux papiers, la double identité, la tromperie, une façon de perdre conscience

Famille – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le pays, la ville, le village, le clan
  • XII = IV de la IX = La famille spirituelle.
  • IX = IV de la VI = Un nid de fourmis

Selon la tradition elle est représentée par la Maison IV, par les planètes qui s’y trouvent ou la gouvernent. Par analogie, le SOLEIL et SATURNE représentent le père, la LUNE et VENUS la mère. Amour de la famille : Signe du CANCER très important et recevant de bons aspects

Famine – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VI de la IV = Les problèmes de nutrition, l’alimentation d’un nourrisson.
  • IX = IV de la VI = Le manque d’aliment.

Fanatisme – Maison : 1, BELIER

  • I = L’emportement, la réaction, les actions suicidaires, le manque de réflexion
  • I = SATURNE EN CHUTE, en BELIER, le besoin de rigidité, obéir aux ordres.

Indices d’entêtement. Plusieurs planètes dans les signes du BELIER ou SCORPION; MA entre MARSSATURNEURANUSNEPTUNE; MERCURE et JUPITER faibles ou fortement affligés.

Faner – Maison :8, SCORPION

  • VIII = IV de la V = La fin d’une fleur, les feuille sèches, perdre son éclat, sa fraîcheur

Fanfare – Maison : 5, LION

  • V = Les défilés dans les rues, les fêtes

Fanfaron – Maison : 5, LION

V = Les vantardises, les hâbleurs, les prétentieux

Fange – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les bains de boue.
  • XII = V de la VIII = Une vie de débauche

Fanion – Maison : 5, LION

  • V = Le drapeau, l’étendard, l’emblème

Fantaisie – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’originalité, la différence, la marginalité, les mises en situation spontanée

Forte influence du VERSEAU ou d’URANUS, ce dernier en aspect avec NEPTUNE ou LUNE. ou MERCURE ou AS. SATURNE et JUPITER faibles. URANUS ou NEPTUNE en I ou en III.

Fantasme Maison : 8, SCORPION

  • VIII = IX de la XII = Les débordements imaginaires, voyager dans et par ses émotions, rêver les yeux ouverts

Fantôme – Maison. 12, POISSONS

XII = Les revenants, les apparitions, les médiums, les voyants et les visions

  • Farce Maison : 8, SCORPION
  • VIII = L’ironie, le rire, la plaisanterie, la blague, la provocation verbale
  • VIII = Le hachis à l’intérieur d’un aliment

Fard – Maison : 5, LION

  • V = Le maquillage, le déguisement

Farine – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les céréales, les graines, le blé, la semoule, le pain
  • VI = La poudre.

Fascicule – Maison : 7, BALANCE

  • VII = V de la III = Le petit livre, les carnets, les livres de poche, la petite image.

Fascination – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = Un éclat, un aveuglement, un éblouissement, une brillance

Faste

(Amour, goût du) Forte influence des signes de FEU, dominante SOLEILJUPITER plutôt inharmonique, JUPITERURANUS, JUPITERNEPTUNE, SATURNE et LUNE sans grand relief. Le SOLEIL en X ou un amas dans le LION semblent les signes les plus évidents, même si les MA sont assez nombreux.

Fatalisme

AS ou SOLEIL dans le TAUREAU ou premier décan du CAPRICORNE; SATURNE en III.

Fatalité – Maison : 1 0, CAPRICORNE

  • X = Le destin, le caractère inéluctable des événements, la roue de la destinée

Fatalité (zone de la)

Un auteur anglais, Alec Stuart, appelle ainsi une zone de 60° et s’étendant de 30° de chaque côté de la ligne MC-FC. Toutes les planètes se trouvant à moins de 30° du MC au FC sont donc dans cette zone; alors que les 30° de chaque côté de l’axe ASOCC constituent la zone du libre arbitre. La fatalité, dans son sens vulgaire, est représentée principalement par SATURNE, c’est lui qui cause, généralement, les revers totalement indépendants des actions du sujet, alors que MARS provoque plutôt des revers engendrés par des imprudences.

Fatigue – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La lassitude, l’épuisement
  • XI = SOLEIL EN EXIL : La faiblesse.

tendance à la fatigue musculaire) Quand MARS est faible et sans aspects avec les significateurs de la vie et du caractère. Tendance à la fatigue cérébrale : MERCURE faible et affligé. Maison III mal influencée.

Faubourg – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = La banlieue
  • IV = La ville
  • V = Le centre ville
  • XI = VIII de la IV = Hors de la ville, les quartiers périphériques au-delà de l’enceinte.
  • VI = IV de la III = Les quartiers.

Faucher – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = III de la VI = Les moissons, faucher les blés, couper l’herbe, tondre.
  • VIII = VII de la II = Ne pas avoir d’argent

Faucille – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La faux
  • II = V de la X = La petite faux

Faune – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’ensemble des espèces animales.
  • VIII = V de la IV = Des gens particuliers qui fréquentent le même lieu

Faussaire – Maison : 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = L’imitation de billet de banque

Fausse couche

URANUS dans le SCORPION

Fausse dent – Maison : 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = Le dentier, le bridge et les appareils dentaires.
  • II = La mâchoire

Fausseté – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = L’hypocrisie, le manque de franchise, l’incapacité de témoigner de ce qui est vrai

Faute – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Une erreur, un oubli

Fauteuil – Maison : 4, CANCER

  • IV = Les sièges, les chaises, les tabourets

Fauve – Maison : 5, LION

  • V = Le LION, les félins, les parcs animaliers, le cirque, la ménagerie
  • XII = Les grands animaux, la grandeur effrayante, les images de l’inconscient.

Faux – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La roue du destin, la faux de la destinée

Faux papiers – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VIII de la V = La fausse identité, le faux nom, les faux en écriture

Faveur – Maison : 5, LION

  • V = La préférence, l’avantage, la reconnaissance, le favori

Faveur (des femmes)

Dominante harmonieuse VENUSMARS, VENUSJUPITER, VENUSSOLEIL. Forte influence du CANCER ou de la BALANCE. AS dans un décan Lunaire; BA VENUSAS.

Fax – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le téléphone, le courrier, le télex, le télégramme, toutes les communications

Fayoté – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le mouchard, le lâche, celui qui fait du zèle, les traîtres, les délateurs

Fébrilité – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Le manque de vitalité, la faiblesse
  • VIII = L’état de fièvre, les suées.
  • XII = L’épuisement.

Fécond (signes et planètes)

Les signes du zodiaque et les planètes dits «féconds» sont : CANCER, SCORPION, Poisson, LUNE, VENUS; sont féconds, mais à un moindre degré : TAUREAU, CAPRICORNE, JUPITER. Quand ces éléments sont en Maison V ou I, ou VII, ils présagent une nombreuse progéniture.

Fécondité – Maison : 4, CANCER

  • IV = La maternité, la femme, le vagin, la matrice

Fée – Maison : 2, TAUREAU

  • II = XI de la IV = Bonne mère, la marraine, l’image mythique de la maman, les déesses mères

Feinte – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La dissimulation, la ruse, la duperie, l’esquive, la fuite, l’escroquerie, les actes cachés, les mystifications religieuses

Félicitations – Maison : 5, LION

  • V = Les honneurs, la reconnaissance publique, les compliments, les décorations, les médailles

Félin – Maison 5, LION V = Le Roi des animaux : le LION

  • II = X de la V = Le chat, le félin domestique, plein de souplesse et de grâce.

Féminité – Maison : 4, CANCER

IV = L’Eau, la nuit, la douceur, la profondeur, l’intimité. Vesta, Hestia, les gardiennes du FEU intérieur.

Féminins (Signes)

Signes : TAUREAU, CANCER, VIERGE; SCORPION, CAPRICORNE; POISSONS

Planètes féminines : VENUS, LUNE, NEPTUNE (et TERRE, JUPITER, d’après Caslant).

Féminin (sexe)

Dans un thème masculin, on est partiellement renseigné sur les relations du sujet avec les femmes, en envisageant la position de la LUNE et, secondairement, celle de VENUS.

Femme – Maison : 7, BALANCE

  • VII = La compagne, la partenaire, la complicité
  • III = IX de la VII = La femme idéale.

Femme de ménage – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La personne qui nettoie, celle qui assume toutes les corvées

Fenêtre Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les ouvertures dans la Maison, l’aération.
  • III = XI de la V = Les portes fenêtres, les baies vitrées, les cloisons coulissantes

Fente – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Couper, trancher, fendre

Fer – Maison 1, BELIER

  • I = Le minerai de fer, le fer forgé

Férale (planète)

  • Une planète est dite « férale » quand elle n’a pas d’aspect majeur.
  • Certes, elle doit également n’avoir aucune dignité (quelle qu’elle soit) dans le lieu ou elle se trouve. Sinon, elle est simplement dite solitaire.

Ferme – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les exploitations agricoles, les viticulteurs, les paysans, les éleveurs, les troupeaux, les pâturages

Fermentation – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le compost, l’Eau stagnante, la décomposition, la fermentation.
  • VIII = L’aérophagie, les pets

Fermer – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La fermeture.
  • XII = VIII de la V = Fermer les yeux, ne plus voir, les aveugles, les malvoyants.

Fermeté – Maison : 1 0, CAPRICORNE

  • X = L’autorité, l’affiliation autorisée, la sagesse

Prédominance des signes fixes, surtout SOLEIL??? dans le TAUREAU; de bons aspects entre SATURNE et les Luminaires, dominante harmonique SATURNEJUPITER, SATURNEMARS.

Fermeture – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La cessation, la ruine, la faillite, la fin d’une activité, la fermeture d’un commerce, les heures de fermeture d’un bureau

Ferrailleur – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les fers usés, hors d’usage
  • VIII = Le fer rouillé

Ferronnerie – Maison : 1, BELIER

  • I = L’industrie, le travail du fer, le fer forgé, le portail, la grille, les barreaux de fenêtre, les clôtures, les objets en fer

Fertilité – Maison : 4, CANCER

  • IV = La maternité, la fécondité

Fertilité (le cycle de fertilité lunaire)

Il est possible de calculer la période maximale de fertilité influé par la LUNE dans le cycle de la femme. …videmment, cela doit être un cycle naturel et non un cycle établi par la pilule contraceptive.

Lorsque le cycle menstruel régulier est établi, une femme est fertile pendant le cycle naturel d’ovulation déterminant ainsi 30% des grossesses. Mais une femme expérience aussi une fertilité maximale chaque mois au moment de sa phase lunaire natale (Nouvelle LUNE, deuxième quartier, Pleine LUNE et quatrième quartier). Sa période de fertilité débute trois jours avant ce moment.

La phase lunaire natale d’une femme peut être déterminée en regardant un éphéméride et ainsi déterminer la lunaison la plus rapprochée. Par exemple, ma date de naissance du 17 février 1957 dénote une LUNE en BALANCE, soit trois jours après la Pleine LUNE. Ainsi ma fête lunaire (ou phase lunaire natale) sera toujours trois jours après la Pleine LUNE. Ma période de fertilité est donc toujours à la Pleine LUNE.

En général, si vous désirez devenir enceinte, vous avez une bonne chance de le faire pendant votre phase lunaire natale. Cette mesure cyclique marque l’affirmation de nos racines psychiques, sans parler les capacités sociales de la personne d’avoir une relation personnelle, dont le sexe est la conséquence. Le subconscient de la femme la pousse à reproduire en accord avec ce cycle. La LUNE est en fait, le facteur cosmique de la genèse humaine.

Fesses – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La sexualité, le pénis, la vulve

Fête – Maison : 5, LION

  • V = Les amusements, le bal, les loisirs, la fête foraine, le cirque, la fanfare, les spectacles, le carnaval
  • II = V de la X = Les grandes fêtes nationales, le 14 juillet.
  • II = X de la V = La foire du trône.

Fétichisme – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = La religion, l’animisme, les religions traditionnelles africaines
  • II = VI de la IX = Des objets de culte, un grand attachement à des objets de culte.

FEU – Maison : 1, BELIER

  • I = FEU cardinale, la capacité d’agir.
  • Le FEU qui flambe, qui brûle, qui détruit, qui se maîtrise

FEU mutable – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = FEU mutable, la capacité de mettre en lumière. Le FEU qui éclaire, qui guide, qui libère

FEU fixe – Maison : 5, LION

  • V = FEU fixe, la capacité de cristalliser. La brillance sociale, le FEU attractif

FEU d’artifice – Maison : 5, LION

  • V = La fête, le carnaval, les spectacles pompeux, le faste éphémère

Feuillage – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les branches, les feuilles de l’arbre
  • IX = L’arbre

Feuille de paie – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’argent que l’on gagne, le salaire
  • IV = III de la II = Les discussions salariales.

Feuille de papier – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le cahier, le papier, le livre, le carnet, la page blanche

Fiançailles – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le contrat, l’accord, l’entente mutuelle, l’union, l’association, le mariage

Fichier – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les répertoires, les listes, les fiches, les alignements, la mise en ordre, le rangement, le cadrage

Fidélité – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = V de la VII = L’amour de l’autre, respecter l’autre, jouer avec l’autre.
  • XI = Être fidèle à soi-même

VENUS en signe fixe, de préférence LION ou TAUREAU; VENUS en décan saturnien; SATURNE en V ou en bon aspect avec VENUS, le maître de V en bon aspect avec SATURNE.

Fiel – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le poison, le venin
  • VIII = L’amertume, la méchanceté

Fierté – Maison : 5, LION

  • V = Frimer, le besoin d’être important, être imbu de soi-même

Fièvre – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La sueur, la transpiration

Figue – Maison : 2, TAUREAU

  • II = X de la V = Le fruit mûr

Figurant – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le cinéma, la figuration
  • V = VI de la XII = Les techniciens du cinéma, l’ensemble du personnel

Figure – Maison : 1, BELIER

  • I = La tête, le front, la boite crânienne

Fil – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les bobines de fil, les pelotes de laine, la ficelle

Filature – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le textile, le fil, la laine
  • V = VI de la XII = Le travail quotidien d’un détective, suivre quelqu’un.
  • V = XII de la VI = L’usine textile, l’industrie du filage des matières textiles.

File – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La file d’attente, les uns derrière les autres

Filet – Maison. 6, VIERGE

  • VI = Les rats, la toile d’araignée, les filtres, les passoires et tous les objets qui retiennent

Filiation – Maison : 4 CANCER

  • IV = Les racines familiales
  • XII = IV de la IX = La lignée spirituelle

Fille, Fils – Maison : 5, LION

  • V = Les enfants, la progéniture
  • V = Le premier enfant.
  • VII = Le deuxième enfant, et ainsi de suite, la IX : le 3e, la XI, la I, etc…

Film – Maison. 12, POISSONS

  • XII = Le cinéma.
  • XII = VIII de la V = La fin de la réalité visible, le passage sur une autre dimension de conscience, une autre vision du monde
  • XII = Les stars, les vedettes qui font rêver, les déesses et les dieux du monde moderne.
  • XII = La salle dans la nuit, le grand public anonyme, un spectacle collectif.
  • XI = La télévision, les films vus en famille, avec des amis privilégiés, dans un contexte plus intime.

Filon – Maison : 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Un gisement

Filtre – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le crible, le tamis, la passoire

Fin – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le début et la fin des choses, toutes les origines
  • II = IV de la XI = La fin d’un projet
  • X = IV de la VII = La fin d’un accord commercial
  • VII = IV de la IV = La destruction d’une Maison.

Fin de vie – Maison. 4, CANCER

  • IV = Les personnes âgées, le passé

Finance – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’argent, la bourse, les actions, la gestion de biens immobiliers.
  • Les significateurs financiers sont les suivants :
  • 1) Considérer la dominante du thème
  • 2) La Maison II, maîtres et occupants, et signe sur la pointe (pour l’argent gagné)
  • 3) JUPITER dans tous les thèmes est le significateur par analogie;
  • 4) La Maison V renseigne sur les spéculations, jeux, loteries
  • 5) La Maison VIII renseigne sur les héritages.

Antoine de Vilion mentionne les significateurs suivants : Maison II, maître de II planètes en Maison II, JUPITER, Part de Fortune, étoiles fixes, Maison IV et les grandes dignités (de cour, de noblesse, de haute bourgeoisie, à cette époque).

Commentaires. – Comme pour toutes les autres questions, la dominante, nous fournira des indications générales et fondamentales. Elle nous dira si le sujet est prédisposé par son tempérament ou par sa chance à devenir riche ou bien à rester dans une situation quelconque. Une dominante jupitérienne ou solaire indiquera toujours plus de richesses qu’une dominante saturnienne ou lunaire, si, d’autre part, les significateurs de II sont de force égale. La dominante amplifie ou restreint les possibilités annoncées par les autres significateurs de l’argent c’est pour cela qu’il faut d’abord la consulter. Ensuite on peut continuer l’étude du thème en commençant par diviser les richesses en deux catégories bien distinctes :

1) Les gains personnels dus à l’initiative de l’individu

2) Les richesses apportées par le sort.

Dans le thème, on attribue des significateurs différents à chacun de ces groupes. La Maison II indique ce que le natif acquiert par ses propres efforts.

La Maison VIII n’a de rapport avec l’acquisition des biens que comme sens dérivé, elle indique les reVénus provenant de la Maison VII (association, mariage, etc.). De même, par extension, les héritages dans le sens d’acquisition provenant de l’extérieur. La Maison V indique les gains provenant de spéculations, jeux, loteries, etc. En ce qui concerne les gains personnels, il convient de ne pas consulter seulement la Maison II, mais aussi le trigone partant de cette Maison, c’est-à-dire, outre la Maison II, la Maison VI (le travail) et la Maison X (situation). Les traités astrologiques sont pleins d’aphorismes divers pour évaluer les chances de richesse. Nous n’avons aucunement l’intention de les énumérer et nous préférons simplifier le problème. Évaluer la prospérité du natif revient donc à mesurer lequel des deux courants (appelons le premier courant de richesse et le second courant de la pauvreté) sera le plus fort.

Le premier courant est constitué principalement par :

  • 1) L’influence des bénéfiques
  • 2) Les bonnes influences se rattachant à la Maison II
  • 3) La bonne position des Luminaires et leurs bons aspects.
  • Par contre le courant de la pauvreté est représenté par :
  • 1) L’influence des Maléfiques, surtout de SATURNE (sauf s’il est puissant)
  • 2) Les mauvaises influences se rattachant à la Maison II
  • 3) Les mauvaises influences se rattachant aux Luminaires ou à JUPITER.
  • D’après ce qui précède, on peut dire que les meilleurs indices de prospérité sont les suivants :
  • 1) JUPITER en Maison II ou gouvernant la Maison II
  • 2) VENUS en Maison II ou gouvernant la Maison II
  • 3) SOLEIL en Maison II ou gouvernant la Maison II
  • 4) MERCURE en Maison II ou gouvernant la Maison II
  • 5) De bons aspects entre les Luminaires, JUPITER, VENUS, MERCURE
    6) De bons aspects entre le gouverneur de la II et les bénéfiques ou les Luminaires
  • 7) Bons aspects entre SATURNE et JUPITER et SATURNEVENUS
  • 8) La majorité des planètes au-dessus de la TERRE
  • 9) JUPITERLUNESOLEIL dans le MC
  • 10) CONJONCTION des significateurs financiers (maître de la II ou planète qui s’y trouve) ou bien de JUPITERSOLEILLUNE avec une des étoiles fixes suivantes : la Lyre, Régulus, l’Épaule droite d’Orion, Arcturus, l’Epi de la VIERGE.

Au sujet des signes du Zodiaque, la hiérarchie suivante peut être proposée : Les signes de TERRE sont les plus propices à l’acquisition; viennent ensuite les signes de FEU, les signes d’EAU et enfin les signes d’TERRE. Nous croyons que l’on pourrait classer les signes de la manière suivante : TAUREAU, VIERGE, SAGITTAIRE, CAPRICORNE, POISSONS, BALANCE, LION, BELIER, CANCER, SCORPION, GEMEAUX et VERSEAU. A noter qu’il s’agit simplement là d’une opinion personnelle.

Les positions les plus hostiles aux richesses sont les suivantes.

  • 1) SATURNE principal significateur et mal disposé
  • 2) LUNE principal significateur et mal disposée
  • 3) MARS principal significateur et mal disposé
  • 4) Dissonances entre SATURNE et la LUNE, SATURNE et le SOLEIL, SATURNE et JUPITER (sauf la CONJONCTION qui est plutôt favorable), entre LUNE et SOLEIL (toujours très important) entre LUNE et JUPITER et entre JUPITER et SOLEIL;
  • 5) Nombreuses Dissonances de JUPITER (quelle que soit sa position)
  • 6) Nombreuses Dissonances des Maléfiques
  • 7) Nombreuses Dissonances du Maître de II;
  • 8) La CONJONCTION des Luminaires ou des significateurs avec les fixes : Tête de Méduse, les Pléiades, l’Oeil du TAUREAU, Antarès.

Voici, pour terminer, quelques mots sur chaque type planétaire au point de vue financier, à utiliser pour interpréter la dominante.

SOLEIL. – En général favorable à une brillante situation, la richesse est en quelque sorte la conséquence de l’élévation. Le Solaire dépense largement, surtout s’il y a des afflictions. Sa situation comporte en général une élévation progressive, pouvant être suivie d’un affaissement qui ne sera pas surmonté. En un mot, le destin financier du Solaire présente une phase très brillante.

MERCURE. – Les gains sont sans grande envergure mais fréquents et faciles à cause de la souplesse et du savoir-faire. Un Mercurien se tire toujours d’affaire, il retombe toujours sur ses pieds. Si MERCURE est mal aspecté, le sujet éprouve de la difficulté à mettre en valeur ce qu’il fait ou cherche à réaliser des gains par des moyens répréhensibles.

VENUS. – Procure la chance, les revenus faciles, sans gros efforts, très souvent aide d’amis (surtout pour le sexe féminin). Le sujet parvient aisément a se faire apprécier a sa valeur, parfois même il gagne plus qu’il ne mérite. VENUS mal aspectée, présage dépenses à cause de femmes, dilapidation de fortune, abus de confiance, etc.

MARS. – Indique acquisition par le travail, par l’initiative par la lutte. S’il est mal aspecté, prodigalité, dépenses impulsives, insouciance. Ne pas perdre de vue que même les bons aspects entre MARS et JUPITER produisent la prodigalité (il en est de même du SOLEIL en II).

JUPITER. – C’est le grand dispensateur et il ne faut jamais porter un jugement sans envisager sa position. JUPITER puissant, angulaire, indique souvent les belles situations. D’une manière générale, le Jupitérien acquiert aisément à cause de sa chance et de ses aptitudes organisatrices. Il y a souvent une combinaison harmonieuse entre les actes du natif et les circonstances. JUPITER mal disposé engendre : insouciance, pertes par procès, générosité extravagante.

SATURNE. – Puissant, il favorise l’accumulation lente et laborieuse, surtout dans les entreprises se rattachant aux terres, immeubles, mines et besognes patientes. Les gains ne sont pas très importants, mais réguliers et tout bien acquis est, en général, conservé, car SATURNE est synonyme de prudence, économie et prévoyance. Mal disposé, SATURNE présage des difficultés sans nombre, parfois la misère.

LUNE. – Les gains du Lunaire sont surtout caractérisés par les fluctuations et par les irrégularités. Les oscillations peuvent se produire à des intervalles rapprochés, par exemple quelques mois, ou à intervalles plus grands, par exemple plusieurs années. La LUNE en bon aspect avec le SOLEIL constitue cependant un facteur important de prospérité. La LUNE mal disposée, surtout par rapport à SATURNE, présage de grandes difficultés.

Les anciens astrologues attachaient une grande importance à la part de fortune, qui constitue pour eux un significateur important.

Un grand nombre de contemporains sont plus sceptiques à ce sujet, mais le problème de la part de fortune est loin d’être résolu et nous sommes obligés de le laisser en suspens. Pour ceux qui veulent l’étudier, il faut considérer ce point comme ayant une influence se rapprochant de celle de JUPITER (voir aussi part de fortune).

Finesse – Maison : 7, BALANCE

VII = La délicatesse, le charme, la légèreté, l’équilibre

Finition – Maison : 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Terminer en s’appliquant, finir soigneusement.
  • VI = Le savoir-faire

Fioul – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’essence, le pétrole, le gas-oil, le gaz

Fiscalité – Maison : 8, SCORPION

VIII = La fraude, le fisc, le percepteur, l’argent au noir, les dessous de table

Fixation Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = L’immobilité, la coagulation, la cristallisation

FIXE (signes)

Mot-clé «Stabilité»
Les signes fixes sont le Taureau, le Lion, le Scorpion et le Verseau. Trois symboles de ces signes sont de nature animalesque, violente et même malfaisante: le Taureau, le Lion et le Scorpion. La figure humaine du Verseau marque l’idéal que les trois premiers doivent s’efforcer d’atteindre. Au lieu de lutter, de dévorer ou de combattre les autres dans la lutte pour l’existence, ils doivent apprendre à devenir humains, à être les amis non les ennemis de tous.
L’influence des signes fixes éveille la nature-désir donnant la vitalité et la persistance dans l’action.

Lorsque les signes fixes sont sur les angles-première, quatrième, septième et dixième maison-ils exercent sur l’individu une force presque irrésistible, l’incitant dans un certain sens. Celui-ci peut être lent, avancer avec peine, mais il est sûrement persévérant dans tout ce qu’il entreprend; et, quelle que soit la nature d’un talent qu’il possède, il le fera valoir dans toute la mesure du possible. Une épreuve, qui découragerait une personne aux signes cardinaux, n’effraie pas le sujet au signes fixes sur les angles; celui-ci ne connaît pas la défaite. C’est pourquoi il atteint généralement son but à la longue et parfait le succès par la concentration sur un point donné, par la persistance à suivre la voie choisie.

Les personnes de ce type sont conservatrices au dernier degré: elles peuvent se rendre compte d’un progrès à réaliser et le désirer, mais elles sont excessivement lentes à adopter des mesures nouvelles en vue d’atteindre le but souhaité, et elles ne le font jamais sans s’être parfaitement assurées que la méthode employée sera satisfaisante à tout point de vue. En d’autres termes, on peut dire des personnes qui ont les signes fixes sur les angles « qu’elles regardent avant de sauter »… et longtemps et très, très soigneusement.

Par contre, lorsqu’une fois elles sont conquises à une certaine cause, elles y demeurent fidèles jusqu’à la mort; elles en sont les défenseurs les plus ardents et leur zèle est presque fanatique. Aussi les personnes avec les signes fixes aux angles de leur horoscope sont celles sur lesquelles on peut le plus compter soit pour le bien, soit pour le mal.

Flacon – Maison : 6, VIERGE

VI = V de la II = Une petite bouteille, les petites doses, les échantillons, un extrait, les

Flagrant délit – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = Un acte constaté par tous
  • VI = Les preuves évidentes, ce qui n’est pas contestable.

Flambeau – Maison : S, LION

  • V = Le chandelier, les cierges

Flamme – Maison : S, LION

  • V = Le FEU, la transcendance, la lumière

Flatterie – Maison : 5, LION

  • V = La séduction, courtiser

Fleuret – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = L’escrime, l’épée, le sabre

Fleurs – Maison : 5, LION

  • V = Les parfums, la beauté, l’élégance.
  • II = Les fleurs
  • II = X de la V = Les parfumeurs, les parfumeries
  • V = II de la IV = Les fleurs des cimetières
  • II = Les fleurs d’intérieur, les bouquets, les plantes vertes

Fleuve – Maison 4, CANCER

  • IV = Les sources, les rivières et les torrents

Flirt – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = XI de la V = Les rendez-vous amoureux, l’importance des jardins public

Il faut évidemment que VENUS fasse partie de la dominante et qu’elle soit plutôt mal aspectée par les Planètes sérieuses (SATURNE, JUPITER). Les signes doubles, les Maisons cadentes peuvent accentuer la tendance en provoquant des hésitations. Les Dissonances de MERCURE, d’URANUS et de NEPTUNE avec VENUS sont aussi à considérer surtout si ces astres sont en relation avec la Maison V.

Floraison – Maison : 2, TAUREAU

  • II = X de la V = La pleine maturité fleurs, l’épanouissement

Flore – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La botanique, l’ensemble des espèces végétales

Flotter – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les épaves, les objets flottants

Fluctuations (sociales et financières)

MERCURE, la LUNE, NEPTUNE ou URANUS, le CANCER ou les POISSONS occupant le MC ou la Maison I révèlent une forte tendance aux fluctuations. Il en est de même si la majorité des planètes est en Maisons cadentes ou, encore, en signes mutables. Les signes fixes passent au second plan.

Flûte – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le souffle
  • II = La musique

Foi – Maison : 5, LION

  • V = L’absolu, le sublime, l’indicible
  • IX = Les religions

Foie – Maison : 9, SAGITTAIRE

Gouverné par JUPITER (voir maladies).

Foire – Maison : 7, BALANCE

  • VII = V de la III = Les salons, les grandes manifestations commerciales

Folie – Maison : 12 POISSONS

  • XII = L’instabilité mentale, la psychiatrie, la psychanalyse

Il faut remarquer le rôle exceptionnel des bénéfiques : JUPITER, VENUS, MERCURE dont les trigones paraissent nettement jouer un rôle protecteur (tout simplement parce que leur nombre est largement inférieur aux carrés).

Il est par contre des astres dont les BA. ne paraissent guère efficients, c’est le cas pour la LUNE, pour NEPTUNE et pour URANUS, trois astres qui paraissent habituellement en relation avec les illusions et qui peuvent rendre le sujet très sensible aux influences ambiantes (aux influences héréditaires ?).

Il est regrettable que toute la documentation de base ayant permis ce lent travail ait été détruite par la guerre 1939-40, sans quoi, en entrant dans les détails, on ferait probablement encore des constatations surprenantes.

Folklore – Maison : 4, CANCER

  • IV = Les traditions anciennes, le passé

Fonction – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = L’activité professionnelle, fonction publique
  • X = La vocation, la réalisation ultime :

Fonctionnaire – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Une activité dans les administrations, les employés

Fond – Maison : 4, CANCER

  • IV = La partie la plus basse d’une chose, un endroit creux, au fond du puits
  • III = IV de la XII = Au fond de l’Eau.

Fond du Ciel

Degré de l’écliptique opposé au Milieu du Ciel, il correspond à la pointe de la Maison 4. Il indique la direction «Nord» dans l’hémisphère Nord et le «Sud» dans l’hémisphère Sud pour les lieux de latitude terrestre supérieure à 24°. Pour les latitudes intermédiaires (de 24°N à 24°S), il indique tantôt la direction Nord, tantôt la direction Sud. C’est pour ces dernières latitudes qu’il se trouve le plus proche du Nadir .

Fondre – Maison : V, LION

  • V = VIII de la X = La fonte des neige, le dégel, la fin du froid, la chaleur

Fontaine – Maison : 4, CANCER

  • IV = L’Eau courante, la fontaine ou le puits au centre du jardin, le lieu magique

Football – Maison : 5, LION

  • V = Le ballon rond
  • IV = V de la XII = Le plaisir du pied, la balle au pied.

Forage – Maison : 2, TAUREAU

  • II = XI de la IV = Le forage d’un puits.
  • II = III de la XII = Chercher du pétrole

Force Maison : 1, BELIER

I = La force physique, la combativité

Force (des Planètes).

Voir explications au mot Faiblesse.

Forme (du Corps)

Voir «aspect physique» à la fin de chaque rubrique consacrée aux différentes planètes.

Forêt – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le bois, les parcs arborés, la forêt domaniale
  • XII = La présence des esprits, les lieux merveilleux : la forêt magique.
  • V = La clairière, le forêt profonde.

Forge – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le FEU du monde souterrain, le pays de PLUTON, dieu des forges et du FEU souterrain.

Formalité – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les démarches administratives, les obligations sociales

Former – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les usines, les ateliers de fabrication

Formule – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les équations mathématiques, les théorèmes

Forteresse – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = V de la IV = Les villes fortifiées, les lieux imprenables, les château forts, les remparts

Forts (signes)

Les signes fixes (d’après Sépharial).

Fortune – Maison : 5, LION

  • V = La chance, les spéculations

Fortune (part de)

Voir part.

Fortune (sens de richesse)

Voir finances

Fossé – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les trous, les bas côtés de la route, la fosse à purin, la fosse d’aisance, la fosse commune

Fou – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le vagabond, l’errant, les itinérants, la quête de la liberté, la recherche du sens de la vie, les spéculations philosophiques
  • XII = La folie

Foudre – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le FEU du ciel, l’écriture divine

Fouet – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La flagellation, la torture

Fougue – Maison : 1, BELIER

  • I = L’enthousiasme, le dynamisme, l’élan, l’envie de faire, le désir d’entreprendre, l’activité, la combativité

Voir enthousiasme, ardeur.

Fouille – Maison : 4, CANCER

  • IV = Creuser le sol, explorer, chercher, les tunnels, les passages souterrains.
  • IV = Les poches, en argot
  • IV = L’archéologie
  • II = Les forages

Foulard – Maison : 5, LION

  • V = V de la I = Autour de la tête

Foule – Maison : 4, CANCER

  • IV = Les assemblées, le public

Four – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le fourneau, la préparation de la cuisine

Fourchette – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les couverts, les couteaux, les cuillères, les petites cuillères
  • II = La ménagère.

Fourgon – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’automobile

Fourmi – Maison : 6, VIERGE

  • VI = L’ensemble des insectes

Fourneau – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le four, la cuisinière, la cuisson

Fourrière – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X= XII de la XI = Les voitures gênantes, un lieu de stockage de vieilles voitures.
  • XI = Les automobiles

Fourrure – Maison : 5, LION

  • V = Les vêtements de qualité, les habits de luxe
  • V = X de la VIII = La peau de certains mammifères.

Foyer – Maison : 4, CANCER

  • IV = La Maison, la famille, le centre d’intérêt affectif.
  • IV = Le foyer de la cheminée

Fraction – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les morcellements, les lotissements, les parts, les fragments

Fracture – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les cassures, les ruptures

Fraise – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les petits fruits rouges

Franchir – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le passage, le pont, la passerelle

Franchise – Maison : 5, LION

  • V = Dire la vérité, l’authenticité, la droiture

Bons indices de conscience morale, AS dans BELIER ou dans la BALANCE. VENUS dans le VERSEAU ou le SCORPION.

Frange – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Une bordure, une limite

Frankland (Point de)

Il s’agit là d’une méthode directionnelle qui ne repose sur aucune base astronomique et qui, à mon avis, devrait être rangée parmi les méthodes divinatoires et non pas introduite dans la technique astrologique. Elle comporte deux variantes :

1) On fait progresser le point vernal (0° BELIER) à la vitesse d’1° par an en longitude;

2) Ou bien on change ce rythme et on le porte à 4,2827° (ou 4° 17′ 9″).

Dans les articles que j’ai eu l’occasion de lire on parle surtout du rôle de ce point au moment de la mort, mais il ne faut pas perdre de vue qu’en considérant seulement les Dissonances des 12 facteurs principaux d’un Ciel (dix Planètes et deux Angles) et en considérant les aspects à 1° près, soit une zone de 2° on couvre déjà 96° du zodiaque et une fois sur 4 on doit tomber sur une dissonance. Je crois que ce sont ces coïncidences qui ont fait croire aux utilisateurs que ce point avait une valeur. Je crois qu’on peut faire le même raisonnement pour les procédés qui préconisent de déplacer le point vernal de 6° par an en direct ou en converse.

Fraternité – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les frères et les sœurs.
  • XI = Les autres, les associations humanitaires, les groupes culturels

Fraude – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le fisc, l’argent au noir, les dessous de table

Frayeur – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La peur, l’épreuve, être désemparé
  • VIII = L’inquiétude

Frère – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les copains, les voisins, les camarades
  • III = La fraternité, la fratrie.
  • XI = La fraternité, la fratrie.

Frère aîné – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le premier frère, la première sœur
  • V = Le deuxième frère ou sœur
  • VII = Le troisième frère ou sœur
  • IX = le 4e, XI = le 5e, I = le 6e

Frère de lait – Maison : 2, TAUREAU

  • II = V de la X = Le frère de lait, en thème masculin, le fils de la mère
  • VIII = V de la IV = Le frère de lait, en thème féminin, le fils de la mère.
  • V de la IV ou V de la X = Les enfants du père selon une nativité masculine ou féminine.

Friandise – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les bonbons, les préparations sucrées ou salées 

Frigidité – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La sexualité et la perte de sensibilité sexuelle

Friperie – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les vêtements usagés
  • XII = VIII de la V = Les vêtements usés, la communauté d’Emmaüs

Frivolité – Maison : 2, TAUREAU

  • II = La légèreté, la gaieté, la fraîcheur

VENUS et URANUS en aspect. Dominante VENUSMERCURE; VENUSLUNE.

Froid – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La congélation, les réfrigérateurs, la coagulation, la cristallisation

Froideur – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Les comportements distants

SATURNE puissant, LUNE, VENUS, JUPITER, plutôt faibles; prédominance des signes d’TERRE. AS dans le CAPRICORNE.

Fromage – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les laitages, les yaourts, les crèmes

Front – Maison : 1, BELIER

  • I = La tête, la boite crânienne

Frontière – Maison : 7, BALANCE

  • VII = XI de la IX = La forêt, la ligne qui sépare deux limite

Froussard – Maison. 12, POISSONS

  • XII = La peur, le poltron, la lâcheté

Frugalité

SOLEIL ou AS dans le CAPRICORNE. LUNESATURNE en BA. Faiblesse des signes de FEU ou d’EAU; JUPITER, VENUS, MARS plutôt faibles.

Fruit – Maison : 5, LION

  • V = Les fleurs et les fruits
  • II = X de la V = L’importance du SOLEIL
  • X = VI de la V = Les fruits secs, la stérilisation des fruits, la nourriture énergique.
  • X = La nourriture essentielle, une alimentation sobre

Les fruits sont gouvernés par JUPITER et les fleurs par VENUS.

Fuite – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La disparition
  • XI = La fuite en avant, le futur, l’avenir, s’investir dans un projet, l’espérance

Fumée – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le tabac, la cigarette, fumer

Fumier – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le compost, la décomposition, la fermentation, la putréfaction

Funambule – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Équilibriste, jongleur et acrobate

Fuseau – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Une petite bobine de fil.
  • VI = IX de la X = Le pantalon de ski.
  • VI = Les divisions du temps, les fuseaux horaires

Fuseau horaire

Parfois appelé «Temps Standard». La TERRE est divisée en 24 fuseaux horaires. Celui qui a pour centre le méridien de Greenwich (près de Londres) sert de référence, et est noté fuseau «0 h» (voir tableau ci-dessous).

Les fuseaux horaires sont généralement comptés en heures à l’Ouest ou à l’Est de Greenwich. Comme une heure correspond à 15 degrés de longitude, on peut également diviser la TERRE en 24 méridiens horaires espacés de 15 degrés.

Enfin, les fuseaux horaires sont également référencés par une lettre alphabétique.

 

Fuseau

horaire

Méridien

horaire

Lettre

Nom

 

12h W

180° W

Y

Séparation de date

 

11h W

165° W

X

 

 

10h W

150° W

W

Alaska-Hawaï

 

9h W

135° W

V

Yukon

 

8h W

120° W

U

Pacifique

 

7h W

105° W

T

Montagnes

 

6h W

90° W

S

Centrales

 

5h W

75° W

R

Est (américain)

 

4h W

60° W

Q

Atlantique

 

3h W

45° W

P

Brésil zone 2

 

2h W

30° W

O

Açores

 

1h W

15° W

N

Afrique de l’Ouest

 

0h

Z

Temps Universel

 

1h E

15° E

A

Europe Centrale

 

2h E

30° E

B

Europe de l’Est

 

3h E

45° E

C

Bagdad

 

4h E

60° E

D

URSS zone 3

 

5h E

75° E

E

URSS zone 4

 

6h E

90° E

F

URSS zone 5

 

7h E

105° E

G

Sumatra Sud

 

8h E

120° E

H

Côte chinoise

 

9h E

135° E

I

Japon

 

10h E

150° E

K

Guam

 

11h E

165° E

L

 

 

12h E

180° E

M

Séparation de date

Les fuseaux horaires sont en rapport avec la géographie et la politique des États. Aussi, chaque pays est libre d’adopter l’heure du fuseau horaire qui lui convient le mieux. En cas de doute, l’étudiant pourra consulter un ouvrage spécialisé ou encore les autorités locales.

Fusée – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les avions et les engins spatiaux, l’aéronautique, les ballons
  • XI = Le ciel, l’atmosphère, l’immensité céleste, les étoiles et les constellations

Fusil – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le tir, la chasse, l’arc, l’arbalète

Futur – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = La fin du passé, le début du présent, l’avenir immédiat

 

E

EAU – Maison : 4, CANCER

L’Eau cardinale, la capacité d’imaginer.

  • IV = Les torrents, les rivières, les fleuves, les sources L’Eau mutable, la capacité de se dilater.
  • XII = L’océan, l’immensité, l’infini

EAU – Maison : 8, SCORPION

  • L’Eau fixe, la capacité de se transformer.
  • VIII = Le marécage, le canal

EAU chaude – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le chauffage central, la chaudière.
  • XII = V de la VIII = L’Eau bouillante.
  • IV = L’Eau courante, l’Eau qui ruisselle, l’Eau des torrents, la source fraîche, la fontaine
  • IV = L’Eau envahissante, les inondations, les crues des rivières, les terres inondables, les marées.
  • XII = L’Eau profonde, les fonds océaniques
  • XII = L’Eau sacrée, l’Eau médicinale, la déesse des sources
  • VI = L’Eau sale, les filtres, les stations dépuration, le nettoyage, les eaux usées
  • IV = Les eaux souterraines, les ces, l’Eau courante
  • VIII = Les eaux stagnantes, les égouts, les marécages, les flaques d’EAU, les eaux fangeuses, le canal
  • VIII = L’Eau qui inquiète

EAU (élément)

L’un des quatre éléments (voir ce mot). Dans le zodiaque il existe trois signes : le CANCER, le SCORPION et les POISSONS qui sont appelés signes d’EAU. Attraction vers l’Eau : Forte influence du CANCER, des POISSONS, de la LUNE ou de NEPTUNE, nombreux aspects de NEPTUNE, prédominance de l’un des signes d’EAU.

Ébéniste – Maison : 2, TAUREAU

  • II = VI de la IX = Les artisans travaillant le bois, les menuisiers, les charpentiers

Éblouir – Maison : 5, LION

  • V = La lumière, le SOLEIL, briller et rayonner au point de troubler les autres

Éboueur – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La boue, les ordures ménagères, les déchets, tout ce qui est rejeté
  • I = VI de la VIII = Les employés de la nuit, s’occuper des ordures.

Échafaudage – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Les échelles, les élévateurs, l’ascenseur, le monte-charge

Échanger – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Discuter, argumenter, le troc, le commerce, le marchandage
  • III = VII de la VII = L’échangeur routier, le raccordement entre plusieurs routes.

Échantillon – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Petite quantité de marchandise, une mesure, un extrait

Échapper (s’) – Maison : 12, POISSONS

  • XII = S’évader, s’enfuir, mettre de la distance entre soi et les autres.
  • XII = VI de la VII = Se faire la belle

Écharpe – Maison : 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = Le vêtement qui protège le cou.

Échasses – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les jambes de bois, la perche, les longs bâtons, les crayons, les stylos, le porte-plume, les pinceaux.
  • IX = Les échassiers, les grandes pattes

Échéance – Maison : 5, LION

  • V = VI de la XII = L’obligation de payer ce que l’on doit, la date limite du paiement d’une dette.

Échec – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La déprime, faire une erreur, prendre la fuite, raté quelque chose.

Échelle – Maison : 1 0, CAPRICORNE

  • X = Monter, gravir, escalader, grimper.
  • X = L’estrade, l’escabeau, un promontoire

Échelon – Maison. 6, VIERGE

  • VI = Les marches, les degrés, les niveaux, les graduations, les différentes étapes avant d’atteindre un but

Écho – Maison : 4, CANCER

  • IV = La glace, le miroir, le reflet, l’image à la surface de l’Eau.
  • V = IV de la II = Le reflet sonore, la répétition d’un son sans âme.

Échouer – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’échec, la perdition, rater, louper

Éclair – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La foudre, le tonnerre, l’orage, la météorologie

Éclairage – Maison 11, VERSEAU

  • XI = VII de la V = L’électricité, les différents éclairages, l’importance des nuances
  • XI = ampoules, les lampadaires, les lampes électriques, les de la
  • IV = VI de la XI = Le matériel électrique.
  • V = L’ensoleillement écrasant, brûlant, la luminosité

Éclater – Maison: 1, BÉLIER

  • I = L’explosion printanière, le jaillissement de force et de vitalité qui bouscule tout sur son passage, c’est le temps de l’éclosion

Éclipse

L’éclipse de SOLEIL se produit quand la nouvelle LUNE s’effectue sur l’écliptique, c’est-à-dire lorsque la LUNE possède une latitude céleste nulle ou faible, inférieure à 1°. Il y a éclipse de LUNE si la pleine LUNE s’effectue également sur l’écliptique, la TERRE se trouvant dans ce cas interposée entre le SOLEIL et la LUNE. Au point de vue interprétation on trouve très rarement une éclipse dans un thème, mais lorsque cela arrive on doit la considérer comme néfaste pour la santé et spécialement pour la vue.

Si une éclipse (surtout de SOLEIL) se produit en un point sensible du thème radical, il en résulte toujours des ennuis en rapport avec le point touché. Exemple : l’éclipse de SOLEIL, du 30 juin 1935, se fait à 8° du CANCER, elle risque de troubler la santé de toutes les personnes ayant, dans leur thème natal, le SOLEIL, la LUNE ou l’AS dans le voisinage de 8° du CANCER. ou encore en opposition ou quadrature avec ce point. Les ennuis provoqués par les éclipses paraissent se réaliser pendant le mois qui suit le phénomène. Leur effet est surtout sensible si les directions sont mauvaises. En Astrologie mondiale, elles prennent une grande importance et on leur attribue une influence pouvant s’étendre à deux ans ou davantage.

Quand la LUNE nous cache une planète, comme par exemple MARS ou JUPITER, on ne dit pas qu’il y a éclipse, mais occultation. L’effet de ce phénomène, assez rare, n’est pas connu exactement, mais on peut supposer que l’influence de la planète occultée disparaît à peu près complètement et se trouve absorbée, transformée par la LUNE.

Écliptique

C’est le cercle décrit par le SOLEIL dans sa révolution annuelle apparente; c’est en somme l’orbite réelle de la TERRE, mais supposée circulaire. C’est sur l’écliptique que se mesure la longitude des signes du Zodiaque.

Éclore – Maison 1, BÉLIER

  • I = X de la IV = Naître, apparaître, bourgeonner, casser la coquille

Écluse – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Le canal, l’Eau fixe, l’Eau régulée

Écoeurement – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Vomir, rejeter, éliminer
  • XII = VIII de la V = Qui soulève le dégoût, la nausée.
  • II = VI de la IX = Le mal de mer.

École – Maison 5, LION

  • V = L’enseignement, les maîtres d’école, l’éducation nationale
  • III = La scolarité, les études, les instituteurs
  • I = IX de la V = l’école buissonnière, partir de l’école, quitter la classe, fuir l’école
  • VII = V de la III = L’école de journalisme.
  • X = V de la VI = L’école des arts et métiers, les artisans d’art, les enseignements techniques, un apprentissage auprès d’un compagnon.
  • VI = V de la II = L’école des banques, apprendre à gérer l’argent des autres
  • IX = V de la V = L’école des beaux arts, les cours de dessin, de peinture, de sculpture.
  • VIII = V de la IV = L’école hôtelière, apprendre à accueillir, offrir le gîte et le couvert.
  • IV = La crèche, le jardin d’enfant
  • X = V de VI = L’école de gendarmerie, l’école militaire.
  • I = V de la IX = L’école navale, navire école.
  • IX = V de la V = L’école privée, les cours particuliers.
  • I = V de la IX = L’école privée, l’enseignement théologique, la catéchèse, les établissements privés.

Écologie – Maison 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = Le fondement des relations entre les personnes et le milieu
  • VI = IV de la III = Le papier recyclé.
  • VI = La propreté, la santé, la netteté, se laver, nettoyer, l’hygiène

Économie – Maison 2, TAUREAU

  • II = L’argent, les biens.
  • II = La prudence, l’accumulation de l’argent, la prévoyance

Le sujet économe aura sa Maison II influencée par un signe de TERRE ou par SATURNE; le SOLEIL sera, de préférence, dans un signe de TERRE et en aspect avec SATURNE, Le maître de II sera en bon aspect avec SATURNE. Dominante saturnienne harmonique; SATURNE dans le CANCER.

Écrevisse

Nom donné au signe du CANCER et qu’il faudrait adopter définitivement parce que plus séduisant que celui dont on se sert le plus souvent.

Écorce – Maison 1, BÉLIER

  • I = V de la IX = L’écorce des arbres, l’aubier

Écoute – Maison 2, TAUREAU

  • II = XII de la III = Écouter, entendre, être réceptif, l’esprit des mots.

Écran – Maison 5, LION

  • V = La scène, le théâtre, le spectacle.
  • V = Les draps blancs

Écraser – Maison 6, VIERGE

  • VI = Moudre, compresser, aplanir

Écrits. – Voir Documents.

Écrivain

Forte influence des GEMEAUX, Dominante SOLEILMERCURE et MERCURESATURNE (Voir Littérature).

Éducation

Elle est influencée principalement par la Maison III et l’on juge des faveurs ou empêchements du destin vis-à-vis de l’éducation en considérant cette Maison d’après le procédé habituel d’interprétation.

Efféminé

Dans un thème masculin, prédominance des planètes féminines, et MARSSATURNE très faibles. Pas de relation entre MARS et les significateurs du caractère. AS ou SOLEIL dans le CANCER.

Efficacité – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = Les actes, la pleine maîtrise, la responsabilité, la maturité

Effort – Maison 1, BÉLIER

  • I = L’audace, la force physique, l’envie, le désir, la volonté

Effrayer – Maison 12, POISSONS

  • XII = La peur, la frayeur, la terreur, l’épouvante

Effronterie – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La provocation, l’impudence, l’insolence

Effusion – Maison 5, LION

  • V = Répandre, rayonner, les démonstrations, les personnes expansives

Égalité – Maison 7, BALANCE

  • VII = La voie du milieu, le sens de l’équilibre, la justice, l’esthétique, l’art, l’harmonie
  • VII = Le juge, l’arbitre.

Égarement – Maison 12, POISSONS

  • XII = Être perdu, l’enlisement, le flou, la confusion, avoir perdu le nord

Église – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Toutes les religions, tous les lieux culte, la foi.
  • IX = X de la XII = La cristallisation du sacré, le lieu du spirituel.
  • IX = V de la V = Un centre lumière.

Égoïsme – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = La dureté, être renfermé, taciturne, silencieux et solitaire

Défaut d’harmonie de JUPITER et de VENUS sur les significateurs du caractère, surtout sur la LUNE; JUPITER en aspect dissonant avec SATURNE. Dissonances diverses sur MERCURE et la LUNE. Dominante Saturnienne dissonante ou peu harmonieuse; SATURNE et SOLEIL en MA; AS ou SOLEIL dans le CAPRICORNE (et MERCURE en Maison II, d’après certains).

Égout – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les décharges municipales, les eaux usées, l’Eau stagnante, l’Eau immobile d’un canal, l’Eau fangeuse, la flaque

Égouttoir – Maison 6, VIERGE

  • VI = La passoire, le crible, la sélection, le tamis, le crible la sélection, le tri

Éjaculation – Maison 12, POISSONS

  • XII = V de la VIII = La conséquence de l’acte sexuel, le sperme, le coït, l’orgasme.

Éjecter – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Projeter avec violence, lancer
  • VIII = V de la IV = Le siège éjectable

Élaboration – Maison 2, TAUREAU

  • II = Construire, bâtir, réaliser, entretenir, persévérer, être constant

Élan – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le cerf, le daim, l’original

Élastique – Maison 12, POISSONS

  • XII = La matière plastique, le caoutchouc, les matières molles

Élection – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = V de la VI = Aimer voter
  • VI = IX de la X = Les droits du citoyen, le sens du devoir

Faire une élection c’est rechercher à l’avance un moment astrologique propice à une action ou démarche par exemple, lorsqu’il s’agit de partir en voyage, signer un contrat, se marier, etc. Les directives a ne pas perdre de vue sont les suivantes : d’une manières générale, on peut conseiller de rechercher dans le thème d’élection une grande harmonie par rapport au thème natal (en superposant les deux thèmes); de plus le thème d’élection doit comporter par lui-même de bons significateurs quant à la question envisagée.
Par exemple, pour un mariage, il faudra rechercher un thème d’élection harmonieux par comparaison avec le thème natal et, en même temps, très bien influencé en ce qui concerne la Maison VII et tous les significateurs du mariage (de ce thème d’élection). Il faudra, si possible, que le maître de VII du thème d’élection soit en trigone ou sextil avec le maître de VII du thème radical.
Procéder d’une manière analogue pour les questions d’argent, voyages, etc. Bien entendu, pour les choses particulièrement importantes il conviendrait de s’assurer avant tout des directions annuelles du thème natal. Il est très difficile de trouver un thème d’élection parfait, car il y a toujours plus ou moins de MA, mais, dans cc cas, on cherche a faire porter les Dissonances sur les questions étrangères a l’élection.

Pour en revenir a l’exemple du mariage, si nous avons, dans le Ciel actuel, (Le Ciel tel qu’il est a l’époque de l’élection) (transit) un carré NEPTUNESATURNE qui se prolonge plusieurs années, nous ne pourrons pas l’éviter, mais nous aurons soin, au moment du mariage, que les planètes précitées ne soient pas en relation avec la Maison VII. (On fera en sorte que les deux planètes soient par exemple en IV, en II, en XI, en XII, etc. mais non en VII ou V. Procéder de même dans tous les autres cas. Attacher une importance particulière à la LUNE, très importante en astrologie horaire. Dans les thèmes d’élection, veiller a ce qu’elle soit bien placée, surtout dans les Maisons.

Électricité – Maison 11, VERSEAU

  • XI = Les ondes, l’éclairage, les lampadaires, les ampoules, les lampes, les douilles

On attribue a URANUS une influence sur l’électricité et, quand il se trouve au MC ou en VI, il y a tendance, pour le sujet, a s’occuper d’électricité, T.S.F; etc. Certains auteurs divisent les planètes en électriques (JUPITER, MARS, SOLEIL), et magnétiques (VENUS, LUNE SATURNE). URANUS est électromagnétique et MERCURE tantôt électrique, tantôt magnétique suivant sa condition et son aspect au moment de la naissance. Les signes du Zodiaque masculins sont également électriques, les signes féminins sont magnétiques. Quand la LUNE et l’AS sont dans des signes de même nature, il y a vibration harmonique au point de vue santé. Dans le cas contraire (AS électrique et LUNE en signe magnétique), il y a une nature double. On peut juger de même pour les autres planètes.

Élégance – Maison 7, BALANCE

  • VII = III de la V = Avoir du goût
  • VII = V de la III = L’élégance des mots et des gestes, avoir de la grâce.
  • VII = III de la V = Les mouvements agréables, les gestes démonstratifs.

Indices de distinction, BALANCE à l’AS, VENUS en I ou X en BA avec l’AS.

Éléments

Les Anciens disaient que tous les corps existants étaient composés par la combinaison de quatre éléments simples : FEU (matière radiante); TERRE (matière solide); AIR (matière gazeuse); EAU (matière liquide).

L’adaptation de cette doctrine à la médecine, a donné naissance à la théorie des quatre humeurs constituant l’organisme humain (toujours au dire des Ancien) : Bile, Atrabile, Sang et Lymphe étaient les appellations de ces quatre humeurs, qui continuent d’ailleurs à être admises par maints médecins, sous réserve d’une modernisation.

L’association des quatre éléments cités plus haut, donne la diversité des corps et des êtres, répartis dans les quatre règnes. D’une manière analogue, le mélange des quatre humeurs, dans l’organisme humain, constitue le tempérament physiologique.

Chaque élément, d’après la même théorie, est lui-même la manifestation de la combinaison de deux modes de l’énergie. Inversement la désintégration de chaque élément libère et manifeste les deux modalités énergétiques qui le constituent. La correspondance entre les éléments et les modes de l’énergie est la suivante :

L’élément FEU est une combinaison de chaud et de sec, TERRE sec et froid, TERRE humide et chaud, EAU froid et humide.

Dans chaque combinaison la proportion est de 5 à 4 dans l’ordre (par exemple pour le FEU : Chaud 5 et sec 4).

Un élément domine, dans un thème de nativité (et par conséquent dans le tempérament du sujet), lorsque la majorité des planètes occupe les signes du zodiaque appartenant au dit élément (par exemple si 6 planètes sur 9 sont dans les signes du BELIER, du LION et du SAGITTAIRE, c’est l’élément FEU qui prédomine nettement et le tempérament sera bilieux).

L’élément qui prédomine, nous renseigne :

1) En physiologie : sur la dominante humorale, soit : FEU = Bile; TERRE = sang; TERRE = atrabile ???? ; EAU = lymphe.
2) En biologie : sur la prédominance d’un mode d’énergie, soit : FEU = force; TERRE = mouvement; TERRE = résistance réalisatrice; EAU = passivité, réceptivité, repos.
3) En psychologie, les correspondances sont les suivantes : FEU = volonté, action, expansion; TERRE = imagination, intelligence, souplesse; TERRE = réalisme, sens pratique, persévérance; EAU = mémoire, avidité, sensibilité.
4) En destinée, les relations sont : FEU = lutte, effort, direction; TERRE = instabilité, changement; TERRE = stabilité, durée; EAU = soumission, imitation, panurgisme.

Pour déterminer l’importance de chaque élément on peut procéder de la manière suivante et accorder un certain nombre de points aux différents facteurs de l’Horoscope :

Au SOLEIL, à la LUNE et au signe à l’AS 3 points
A MERCURE, VENUS, MARS, JUPITER et SATURNE 2 points
A URANUS, NEPTUNE, PLUTON 1 point
Au Maître du MC et de l’AS, en supplément 1 point
Au signe placé au MC 1 point

Éléments (l’interprétation)

Lorsqu’un élément prédomine dans un Horoscope on peut d’emblée en tirer quelques déductions concernant la physiologie, la psychologie et le destin. En voici une interprétation sommaire :

ÉLÉMENT FEU

(comprenant les signes du BELIER, du LION et du SAGITTAIRE)

Anatomie et physiologie. – Les appareils et organes qui contribuent à la genèse, à, la circulation, à l’utilisation, à la régulation de l’énergie physiologique, soit : système musculo-neuro-moteur, appareil cardio-circulatoire et centre sympathique, le système organo-végétatif, les trois étapes actives des métabolismes nutritifs : mécanique, circulatoire, dynamogène (transformation en énergie). Tout ceci schématisé par les Anciens : la tête, cœur, muscles.

Tendances pathologiques. – Les états d’hyper, d’hypo ou dystonie concernant les appareils ci-dessus. Les troubles liés à la dominance bilieuse et aux états hyper ou hypo-sympathicotonique.

Plan animique. – Le dynamisme biologique instinctif et subconscient, qui anime les trois degrés de l’être par l’intermédiaire de l’éther individuel. Son potentiel, son équilibre, sa récupération, son accumulation. Les états actifs du domaine subconscient qui assurent l’activité de l’individu : tendances innées et impulsives, tendances progressives, tendances extériorisantes. Les qualités correspondant à cet élément sont donc : volonté, énergie, activité, domination, commandement, combativité ardeur, initiative, fierté, confiance en soi, assurance, audace, ambition, générosité, indépendance, justice, franchise, spontanéité, etc. Les défauts de cet élément sont principalement : exagération, témérité, suractivité, arrivisme, despotisme ou insubordination, agressivité, impulsion, imprévoyance, arrogance, orgueil, partialité, absolutisme, précipitation, colère, impatience, esprit d’aventure.

Professions. – Celles qui requièrent de l’activité physique, de l’énergie, ou la mise en oeuvre du mental actif : les rôles actifs (dans un sens très large), les rôles dirigeants et éducateurs, le pouvoir exécutif, les professions intéressant le FEU, l’énergie, la force (pompiers, chauffeurs, électriciens, carrière militaire, médecine énergétique, électricité, radiations diverses, pharmocodynamie, homéopathie moderne notamment, sympathicothérapie, réflexothérapie, magnétisme, psychothérapie, suggestion, télépsychie, médecine cosmique active).

ÉLÉMENT TERRE

(TAUREAU, VIERGE, CAPRICORNE)

Anatomie et physiologie. – Les cellules et tissus dans leur ensemble; leur état quantitatif et qualitatif, leur proportion; les appareils et organes qui interviennent plus particulièrement dans leur formation, entretien, renouvellement. Glandes endocrines (thymus et thyroïde notamment), sympathique cervical, intestin; système nerveux sensitivomoteur, appareil locomoteur (système ostéo-articulaire notamment). Schéma des Anciens : cou et nuque, intestin et abdomen, genoux.

Tendances pathologiques. – Les états d’hypertrophie, atrophie ou dystrophie, de l’ensemble des tissus de l’organisme et plus particulièrement des tissus, appareils et organes précités. La tendance arthritique, tuberculose, accidents tertiaires de la syphilis, hérédo-syphilis. Altération de l’élément nerveux (ou atrabilaire) du tempérament des Anciens. Neurotonie intriquée, asthénie nerveuse.

Psychologie. – La richesse du subconscient, ou plutôt du corps éthéré individuel en clichés objectifs. L’activité réalisatrice expérimentale. Les états de conscience qui se lient aux acquisitions psychologiques concrètes et objectives. Principales qualités : attention observatrice ou exécutrice, analyse concrète, application, adaptation pratique, persévérance, ténacité, patience, abstraction, prudence, fixité des opinions, concentration mentale, raisonnement, réflexion, analyse. Les défauts : opiniâtreté, inquiétude, inflexibilité, rigorisme, fanatisme, rancune, égoïsme pessimisme, matérialisme, scepticisme.

Profession. – Toutes les professions vulgaires et manuelles, toutes les professions cantonnées dans des vues entièrement contingentes, ou dans lesquelles la réalisation tient le premier plan; les occupations subalternes : celles qui touchent à la TERRE, au sous-sol, à la gestion des biens fonciers; les affaires matérielles de tous genres, les commerces de produits indispensables à la vie. Sur le plan intellectuel : la médecine anatomique, la médecine pharmaceutique à doses massives (allopathie) et à doses impondérables (bio-chimie, homéopathie, colloïthérapie); l’ostéopathie : massothérapie, chirothérapie; les recherches scientifiques orientées uniquement vers un but utilitaire ou touchant la matière; littérature sans idéal.

ÉLÉMENT AIR

(signes des GEMEAUX, BALANCE et VERSEAU)

Anatomie et physiologie. – Les éléments circulants et mutables de l’organisme : gaz, oxygène, acide carbonique, spécificité sanguines, hormones, animateurs chimiques, globules, anticorps, infiniment petits, etc.; leur quantité; qualité, proportion; les tissus et les localisations anatomiques qui les symbolisent; les appareils et organes qui contribuent à leurs échanges, renouvellement, circulation; appareil respiratoire, émonctoires, leurs annexes et régulateurs : centres réflexes, centres sympathiques. Représentation schématique des Anciens : poitrine et poumons, lombes et reins, jambes et veines.

Tendances pathologiques.- Les troubles et lésions touchant a ces organes, appareils et systèmes organiques. Les déséquilibres de la formule sanguine. L’altération de l’élément sanguin du tempérament humoral des Anciens.

Psychologie. – La fréquence vibratoire de l’Éther individuel de quoi résulte sa longueur d’onde et par conséquent son émotivité : c’est-à-dire l’aptitude du subconscient à être impressionné par les sources extérieures les plus diverses et les plus rapprochées. Les qualités de cet élément sont : mobilité, souplesse, adaptation, sentimentalité, finesse, adresse, subtilité, diplomatie, intuition, invention, sens artistique, bienveillance, affabilité, ingéniosité, enthousiasme. Les principaux défauts sont : versatilité, inconstance, tendance utopiste, passion, apathie, exubérance, volubilité.

Professions. – Les professions qui nécessitent de la mobilité physique, de l’adaptation animique, et de l’activité intellectuelle. Celles qui exigent de l’initiative mentale : commerce, artisanat, emplois de bureau, transports, aviation, communications, P.T.T; T.S.F; professions libérales et intellectuelles, la presse, Médecine moderne (bactériologie, vaccinothérapie, vaccination préventive, opothérapie; thérapeutiques par chocs ou injections), suggestion émotionnelle et imaginative.

ÉLÉMENT EAU

CANCER, SCORPION, POISSONS)

Anatomie et physiologie. – Les humeurs et liquides de l’organisme : sécrétions externes, tissu conjonctif et adipeux, sécrétions internes, sérosités, synovie. Les organes et appareils qui contribuent à leur formation, circulation, transformation et renouvellement : système digestif, glandes, séreuses, muqueuses, endocrines, appareil génital, système lymphatique (ganglions, tissus lymphoïdes, vaisseaux et espaces lymphatiques). Les 3 états successifs de la matière nutritive non différenciée : chyme, chyle, plasmas circulants. Représentation schématique des Anciens : épigastre et estomac, génitoires, pieds.

Tendances pathologiques. – Excès, insuffisance ou violation des plasmas et appareils désignés ci-dessus, c’est-à-dire de l’élément lymphatique du tempérament. État vagotonique ou hypo-vagotonique.

Psychologie, – Les états passifs et réceptifs conditionnés par l’état de repos de l’Ether individuel, d’où : sensibilité, auto-contrôle, calme, repos, auto-analyse, douceur, tact, méditation, mémoire. Les principaux défauts de cet élément sont : inertie, apathie, mollesse, paresse, rêverie, suggestibilité, sensualité, émotivité excessive.

Professions. – Les professions qui nécessitent de la passivité corporelle, du calme émotivo-animique, ou qui mettent en oeuvre primordialement la sensibilité et le mental passif de l’individu (intelligence, discernement, intuition). Professions sédentaires, rôles subalternes, exécution mécanique, service des eaux, métiers de l’alimentation, professions intéressant l’Eau, génie maritime, psychologie, emplois exigeant de la patience, de la régularité, de la soumission à des chefs ou à la tradition :fonctionnaires, guichetiers, vendeurs. Médecine traditionnelle des humeurs, médecine naturiste, médecine cosmique passive, médecine hermétique.

Élémentaire – Maison : 5, LION

  • V = L’essentiel, la simplicité, ce qui est fondamental

Éléphant – Maison : 10, CAPRICORNE

Élève – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les étudiants, les études scolaires

Élimination – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Éliminer, uriner, suer, vomir

Élevage – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les bestiaux, la vache, le boeuf

Élévation

Une planète est élevée par rapport à une autre quand elle est plus près du MC. On attribue aux planètes élevées une influence beaucoup plus importante qu’aux planètes sous la TERRE. Par exemple : une dissonance SATURNESOLEIL sera particulièrement redoutable si le premier se trouve au-dessus de la TERRE et le SOLEIL au-dessous. Par contre, si le SOLEIL était plus rapproché que SATURNE du MC cette même dissonance aurait des effets beaucoup moins redoutables.
Pour un lieu donné, le Milieu du Ciel est le point le plus élevé de l’écliptique par rapport a l’horizon.
Plus une planète est proche du Milieu du Ciel, plus elle est élevée. Ainsi, une planète en Maison 11 est plus élevée qu’une planète en Maison 12, une planète placée en Maison 10 ou 9 est au-dessus de toutes les autres.
L’élévation d’une planète est très importante car elle renforce son influence.
Si MARS, planète de l’action dynamique, est en élévation et dans son propre signe, le BELIER, elle dote la personne d’un fond d’énergie presque inépuisable et d’un courage indomptable qui lui ferait défaut si MARS était placé dans un signe et une Maison qui lui conviennent moins, comme le signe de la VIERGE et la Maison 6 par exemple.
L’élévation est très importante car elle augmente considérablement l’influence d’une planète en bien ou en mal. Si Mars, planète de l’énergie dynamique, est en élévation et dans son propre signe, le Bélier, il dote la personne d’un fond d’énergie presque inépuisable et d’un courage indomptable qui lui feront défaut si Mars est placé dans un signe et une position faibles, tels que la Vierge et la Sixième Maison. Il en est de même des autres signes et planètes.

Élimination – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Éliminer, uriner, suer, vomir

Les éliminations sont suffisantes quand le thème est bien équilibré : au point de VIIe de la répartition des planètes dans les signes élémentaires (FEU, TERRE, etc); lorsque JUPITER et VENUS sont bien disposés et puissants ainsi que MERCURE; MARS et SATURNE doivent être faibles et favorables, Les signes de la VIERGE, BALANCE et POISSONS ne doivent pas être trop maléficiés.

Élite – Maison : 5, LION

  • V = Les meilleurs, les AS, les champions

Ellipse

Toutes les planètes décrivent autour du SOLEIL une orbite de forme elliptique mais se rapprochant très sensiblement de la circonférence. C’est à cause de la forme de son orbite que la marche de la TERRE autour du SOLEIL n’est pas tout à fait régulière et varie de 57′ 12″ à 61′ 10″. La variation du pas de la LUNE depuis 11° 50′ jusqu’à 15° 20′ est due également en grande partie à la forme elliptique de son orbite.

Élocution (facilité d’)

De bons indices intellectuels, MERCURE en bon aspect avec la LUNE et avec MARS; des aspects entre les trois planètes précitées et l’AS. AS dans le CANCER ou dans les décans de MERCURE.

Éloge – Maison : 5, LION

  • V = La reconnaissance, les honneurs.
  • V = III de la III = Les éloges écrits

Éloignement Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le large, l’océan, la navigation
  • XII = Disparaître, l’exil, partir, se cacher.

Élongation

C’est la distance angulaire entre un astre et le SOLEIL, mesurée de la TERRE. L’élongation maximum est de 28° pour MERCURE et de 48° pour VENUS. C’est à cause de leur faible élongation que ces deux planètes ne peuvent se trouver ni en carré, ni en trigone, ni en opposition avec le SOLEIL.
La distance maximum qui peut exister entre VENUS et MERCURE est de 76°. L’élongation des autres planètes peut atteindre 180°. Il découle de ce qui précède que le voisinage de VENUS et de MERCURE avec le SOLEIL ne présente pas, dans l’interprétation, la même importance que le voisinage d’une autre planète, car il faut remarquer qu’il se produit dans le courant d’une année plusieurs conjonctions SOLEILMERCURE ou SOLEILVENUS alors que la CONJONCTION du SOLEIL avec les planètes supérieures ne se produit qu’au bout d’un an ou plus. Par exemple : la CONJONCTION du SOLEIL et de MARS ne se produit qu’une fois tous les 26, 27 mois environ.

Éloquence – Maison : 2, TAUREAU

  • III = L’art de bien dire, de convaincre, de séduire

Éloquence

AS ou SOLEIL dans la VIERGE ou le BELIER. MERCURE en Maison I. Bons significateurs intellectuels.

Élucider – Maison. 6, VIERGE

  • VI = Rendre clair, expliquer, démontrer, prouver
  • VI = VII de la XII = Éclaircir un problème, sortir de la confusion.

Émancipation – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = Affranchi de toutes les contraintes sociales, l’autonomie, la liberté, l’indépendance

Emballage – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le sac, la poche, l’étui, le sachet, le panier
  • VI = IV de la III = Le sac en papier, l’enveloppe d’une lettre, le carton d’emballage, le colis postal.

Embarquement – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les grands voyages, le départ, les bateaux, partir

Embarras – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les difficultés, l’empêchement de réaliser quelque chose

Embaucher – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le travail, l’activité professionnelle et sociale
  • XII = VII de la VI = Le contrat de travail

Embellir Maison 5, LION

  • V = Le maquillage, la coiffure, enjoliver, agrémenter, embellir

Emblème – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les figures symboliques, la force des symboles
  • V = Les blasons

Embonpoint – Maison : 4, CANCER

  • IV = Les formes sympathiques, les rôdeurs, les grosseurs

Dominante JUPITERLUNE; JUPITERMARSLUNE; forte vitalité, mais quelques Dissonances entre les planètes ci-dessus et l’AS; ce dernier dans le TAUREAU ou les POISSONS de préférence.

Embrasser – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les câlins, les bizous, la tendresse, les lèvres

Embrouiller – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Mettre en désordre, les situations confuses, les complications inextricables

Embrun – Maison : 12 POISSONS

  • XII = La pluie fine, le brouillard, le crachin, la bruine, l’humidité pénétrante

Embuscade – Maison : 12, POISSONS

  • XII = IV de la IX = Les pièges
  • VIII Les attaques par surprise, être sournois

Émeraude – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Le vert, la verdure

Émerveiller – Maison : 5, LION

  • V = L’extraordinaire
  • XII = VIII de la V = L’éblouissement, l’éclat, la fascination

Émeute – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = La révolte, les mouvements spontanés des foules
  • VIII = Les rebelles, les révolutionnaires

Émigration – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les pays étrangers, les étrangers.
  • IX = VI de la IV = Les déracinés, les émigrés, le mal du pays.

MC ou AS dans les GEMEAUX ou le SAGITTAIRE; Luminaires et planète gouvernante dans ces deux signes; les mêmes dans la Maison IX. Des indices de voyages. Maître de IV en IX. JUPITER opposé LUNE.

Éminence grise (rôle d’)

Très bonnes qualifications intellectuelles, notamment avec un MERCURE puissant et de préférence en Maison XII ou en aspect avec SATURNE; SOLEIL en XII, AS dans les POISSONS ou le CAPRICORNE; planètes en Maison XI en BA avec le Maître du MC ou de l’AS. Le signe du SCORPION peut aussi jouer un rôle dans le Thème. Très souvent dominante SATURNE. MERCURE avec un SOLEIL en CAPRICORNE.

Émissaire – Maison : 5, LION

  • V = Les ambassadeurs, les personnes chargées d’une mission, les délégations

Émotivité – Maison : 4, CANCER

  • IV = L’imagination, la rêverie, la sensibilité, l’envahissement émotionnel

Elle relève des signes d’EAU et de la LUNE, dépendant plus ou moins de l’importance de ces deux éléments. AS ou SOLEIL dans les POISSONS, le SCORPION; VENUS en aspect avec NEPTUNE.

Empêchement – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les freins, les difficultés, les obstacles, les contrôles, les examens

Empêchement (aspects)

Dans l’analyse des aspects, il y a empêchement quand une influence se trouve contrariée par une autre. Par exemple : une CONJONCTION JUPITERVENUS (mettons à 5° de distance) verra son action empêchée si, entre ces deux planètes, il se trouve un Maléfique.

Emploi – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les ouvriers, les artisans, les commerçants, les techniciens, les employés, les activités professionnelles.
  • VI = Les fonctionnaires, les employés municipaux, le travail régulier et sécurisant

Employé – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les ouvriers, les manœuvres, les apprentis, les employés sans qualification
  • I = VI de la VIII = Les employés des pompes funèbres et des services fiscaux.
  • VIII = VI de la III = L’employé des postes, d’un journal ou d’une carterie.
  • XI = VI de la VI = L’apprenti d’un artisan, les agents sanitaires.

Empoisonner – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les poisons, les venins, le pus
  • VIII = LUNE EN CHUTE : l’Eau insalubre, les eaux usées, les eaux stagnantes dangereuses.

Emportement

Dominante Martienne dissonante; MA de MARS avec les Luminaires, l’AS ou la planète gouvernante. Pas de relations harmonieuses entre MARS et SATURNE.

Empreinte digitale – Maison : 3, GEMEAUX

  • X = VIII de la III = Les traces de doigts, la saleté des mains

Emprisonner – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le cachot, la prison, les oubliettes, l’enfermement mental, les troubles psychiques, la Maison de repos

Emprunt – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Le salaire, l’argent que l’on gagne
  • XII = XI de la II = Les amis de l’argent, les aides financières, les sommes prêtées, les crédits et les dettes.

Émulation – Maison : 7, BALANCE

  • VII = La concurrence, la stimulation

Encadrement – Maison : 5, LION

  • V = Le cadre d’un tableau, d’un miroir
  • IV = Le cadre familial, les murs de la Maison
  • VI = Le cadrage social, les limites, les clôtures

Enceinte – Maison : 4, CANCER

  • IV = La maternité, la grossesse, la gestation

Encens – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les parfums utilisés dans les rituels religieux

Enchère – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = VI de la III = La vente au plus offrant, les faillites, les dépôts de bilan
  • VIII = VI de la III = L’obligation de vendre, les contraintes commerciales

Enclos – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Un abris, un lieu qui est a l’abri des regards, un espace protégé
  • VI = Le pensionnat, la caserne, un enfermement accepté et recherché
  • XII = La prison

Enclume – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La forge, le travail du fer

Encourager – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les appuis, les aides, la solidarité

Encyclopédie – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le savoir, les connaissances techniques, l’intelligence analytique

Endormir – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le sommeil, la perte de conscience, l’évanouissement

Endurance – Maison : 2, TAUREAU

  • II = La patience, l’économie, la pondération

SATURNE dans le BELIER. Indices de robustesse. Dominante harmonieuse MARSSATURNE, MARSJUPITER, MARSSOLEIL, AS en BA à SOLEILMARSSATURNE.

Énergie – Maison : 1, BELIER

  • I = La vitalité, la force physique
  • VIII = La régénération rapide

Qualité qui appartient à MARS et aux signes de FEU, elle est proportionnée à l’importance de la planète et des signes mentionnés. Les bons aspects entre MARS et les Luminaires et MARSSATURNE sont les meilleurs. URANUS semble également favorable.

Énergie de la parole – Maison : 2, TAUREAU

  • II = XII de la III = L’esprit des mots
  • II = La musique, le son primordial, le murmure, le chuchotement

Énergie nucléaire – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = L’énergie invisible et polluante
  • VIII = Les déchets, les décharges

Énervement – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les nerfs, les maladies nerveuses :

Enfance – Maison : 4, CANCER

  • IV = La maternité, la petite enfance, le foyer parental
  • V = L’enfant

Enfant – Maison : 5, LION

  • V = L’amour, la générosité
  • V = L’enfant de l’amour, l’enfant désiré, l’enfant légitime.
  • I = V de la IX = Les enfants de chœur.
  • X = V de la VI = L’enfant de l’assistance publique, l’enfant adopté.
  • I = V de la IX = Les enfants étrangers, les enfants des émigrés, départements d’outre-mer.
  • III = V de la XI = L’enfant de mon ami.
  • XI = V de la VII femme.
  • VII = V de la III = La sœur.

Consulter la Maison V, le signe qu’elle occupe, les planètes qui s’y trouvent et la dominante de l’horoscope. Évaluer les indices pour et les indices contre. La Maison V, son maître, la LUNE et VENUS, dans des signes stériles, sont contraires aux enfants, ainsi que la présence de SATURNE, MARS, SOLEIL (planètes stérile) en V surtout avec une dominante SATURNEMERCURE, SATURNESOLEIL, SOLEILMERCURE, etc. Les positions suivantes : Maison V, VENUS, LUNE, maître de V dans les signes féconds. de bons aspects entre les Bénéfiques et les significateurs et entre les Bénéfiques et la LUNE sont propices à la progéniture de même que les dominantes MARSVENUS; MARSLUNE; VENUSJUPITER; MARSJUPITER.

Enfer – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = IV de la V = Perte de la présence de Dieu
  • VIII = Le néant, l’ombre, le chaos, la mort.

Enfermement – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La prison, le monastère, la Maison de repos, l’hôpital, l’atelier l’artiste.

Enflure – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les infections, le pus, les poisons
  • VIII = les gonflements, les grossesses nerveuses

Enfreindre – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les transgressions, les hors-la-loi, les agressions, les attaques inquiétante

Enfumé – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le tabac, les cigarettes, fumoir

Engrais – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le compost, la fermentation, la décomposition végétale

Engranger – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le temps des récolte, la moisson

Enjeu – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = II de la VIII = L’argent que l’on risque dans une partie de jeu, les spéculations financières occultes

Enlisement Maison. 12, POISSONS

  • XII = Les situations compliquées, la perte de conscience.
  • XII = Le sable, les déserts

Enluminures – Maison : 1, BELIER

  • I = V de la IX = La reliure des livres, les images décorées dans les livres religieux.

Ennemis (déclaré) – Maison : 7 BALANCE

  • VII = Le danger visible, le contact frontal, les voleurs et les combats
  • VII = Les assassins

Consulter la Maison VII, en adoptant la méthode habituelle. D’après les théories hindoues, la partie de la Maison VII qui renseigne plus particulièrement sur les ennemis s’étend de 20 à 24°. Les ennemis cachés se rattachent plutôt à la Maison XII. Juger comme précédemment, en attachant une importance particulière aux 7 premiers degrés de la Maison. JUPITER en III affaiblit les ennemis, procure la paix, MARS en III : grave accusation de la part d’ennemis.

Ennemi caché – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Le danger invisible, les traîtres, les criminels
  • II = XII de la III = Les ennemis du frère ou de la soeur.
  • VIII = XII de la IX = Les anticléricaux, les détracteurs de la religion.

Ennui – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La lassitude, les difficultés, les soucis, les contraintes sociales, les obligations militaires, la participation sociale obligatoire

Énorme – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La démesure, l’infini, ce qui est vaste

Enregistrer – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le microsillon, la cassette, le disque, l’enregistrement
  • VI = La technique, les techniciens.

Enrichir – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’argent, le bien immobilier, l’enrichissement

Enseignant – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le professeur, tous les enseignements
  • III = La pédagogie, les instituteurs

Enseignement – Maison : 5, LION

  • V = La pédagogie, les enfants, l’école
  • III = Les études primaires et secondaires.
  • I = IX de la V = L’enseignement artistique, l’apprentissage du dessin, le professeur de peinture, les cours de théâtre.
  • II = IX de la VI = L’enseignement technique, l’enseignement professionnel, la philosophie du compagnonnage.

Enseignement (aptitudes pour l’)

La meilleure combinaison serait un MC en GEMEAUX et un AS en VIERGE, avec une dominante MERCUREJUPITER, MERCURELUNE, MERCURESATURNE (harmonique). Le SOLEIL et MERCURE en VIERGE et en Maison III sont aussi propices. Quelques indices de dévouement indiqués par les POISSONS ou une Maison XII bien disposée sont aussi de très bon augure.

Ensemble – Maison 7, BALANCE

  • VII = Le couple, les collaborateurs, les associés, la complicité

Entaille – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les cicatrices, les balafres, couper, trancher, se couper

Entendre – Maison 2, TAUREAU

  • II = Le son, la musique, l’écoute

Entente – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Les accords, les alliances, les complicités, les traités, les collaborations
  • II = VII de la VIII = Les ententes secrètes, les accords tacites.

Entêtement – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’intelligence concentrée, la lenteur, la patience

Ce défaut est principalement indiqué par une prédominance des signes fixes, notamment par l’AS, le SOLEIL ou bien un amas planétaire dans le TAUREAU, surtout si l’amas est en dissonance avec quelque significateur du caractère. Les MA entre le TAUREAU et le LION font craindre des entêtements dictés uniquement par des soucis de prestige (le sujet ne voulant pas admettre qu’il s’est trompé).

Enthousiasme -Maison : 5, LION

  • V = L’élan, la générosité

Ici ce sont habituellement les signes de FEU qui prédominent, notamment le BELIER et le SAGITTAIRE. Dominantes : MARSJUPITER; MARSMERCURE; MARSSOLEIL; MARSLUNE (cette combinaison étant de nature à provoquer des emballements imaginatifs souvent suivis de déceptions). Souvent SATURNE est plutôt faible ou dépourvu de mauvais aspects. L’élément TERRE doit passer au second plan.

Entier – Maison : 5, LION

  • V = La totalité, l’absolu, l’intégralité

Entorses (Prédisposition aux)

Dominante saturnienne plutôt dissonante, avec des MA concernant les signes du VERSEAU ou des POISSONS. La plupart des Dissonances de SATURNE avec l’AS ou les Luminaires ou la Planète gouvernante peut y prédisposer. Des afflictions affectant fortement la Maison XI sont aussi dangereuses. Si le maître de cette dernière est un Maléfique en dissonance avec l’AS il y a danger d’entorses ou même de fractures.

Entourage – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le voisinage, les copains qui habitent la même rue, la même cité
  • XI = Les alentours, la banlieue, la périphérie.

Entraîneur sportif – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le guide, celui qui motive les autres

Entraîneuse – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VI de la IV = La serveuse.
  • VIII = La prostituée, les femmes de petite vertu, les quartiers chauds, la courtisane

Entrepôt – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les grands hangars, les bâtiments, les dépôts, le stockage

Entreprenant

Les signes de FEU jouent en général un grand rôle. Dominante MARSJUPITER; MARSSOLEIL; MARSMERCURE; AS, MARS ou SOLEIL dans le BELIER; BA entre les planètes ci-dessus en y ajoutant URANUS; il est préférable que SATURNE n’afflige pas les significateurs du caractère ou du destin.

Entreprise – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = L’acte, la capacité de commander, prendre des responsabilités
  • III = X de la VI = Une entreprise de nettoyage.

(aptitudes pour la direction des). – Une dominante à prépondérance jupiterienne ou solaire semble indispensable. Une forte influence de MARS peut aussi convenir, mais s’il est mal aspecté on peut craindre des imprudences et emballements nuisibles à une bonne gestion. Il faut aussi un minimum de chance d’où des combinaisons harmoniques : JUPITERSOLEIL, JUPITERMERCURE, JUPITERVENUS, JUPITERLUNE. SATURNE ne doit pas maléficier le MC ou l’AS sans quoi risques de revers, surtout s’il est en IV.

Entrer – Maison : 1, BELIER

  • I = Le commencement, l’entrée de la Maison

Entretien – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les discussions, les conversations, les échanges, la communication

Énumération – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les additions, les différentes possibilités de faire des choses

Enveloppe – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = Une poche en papier, un sac d’emballage.

Envie – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La jalousie, la comparaison malsaine, la compétition maladive, les rivalité angoissante

Dominante dissonante SATURNEMERCURE, SATURNELUNE, SATURNEJUPITER; MA entre SATURNE et les Bénéfiques ou les Luminaires; AS ou SOLEIL dans le CAPRICORNE; MERCURE en Maison I maléficié; MARS en Maison III d’après certains.

Environs – Maison : 6, VIERGE

  • III = Le voisinage, les alentours
  • VI = IV de la III = Le quartier.

Envoi postal – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le courrier, les déplacements de marchandises

Envol – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les avions, l’hélicoptère; l’oiseau
  • I = III de la XI = Les ailes, le décollage.

Envoûtement – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La sorcellerie, les apparitions, la clairvoyance
  • VIII = La magie, l’occultisme

Les cas d’envoûtement sont très rares, il est même des sceptiques qui affirment que cela n’existe pas. Ce que rencontre un astrologue dans l’exercice de sa profession ce sont des consultants qui se croient envoûtés. En raisonnant par analogie cela doit surtout se produire lorsque NEPTUNE, URANUS ou SATURNE se trouvent en Maison XII et sont très mal aspectés, surtout avec la LUNE (imagination). L’AS ou le SOLEIL en POISSONS. Nombreuses Dissonances entre LUNENEPTUNE, MERCURE, SATURNE. MARS et le SOLEIL sans rôle évident. Manque de sens critique. Quant aux cas de vrai envoûtement je n’ai pas eu l’occasion de m’en occuper.

Épanouir – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Refléter le bien-être, rendre heureux

Épargner – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’argent, les économies, un capital, accumuler de l’argent
  • VI = V de la II = La croissance de son capital, le fruit de l’argent.

Éparpiller – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La diffusion, la ventilation, l’aération

Épaule – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les bras, les mains, les doigts.
  • VII = V de la III = Les épaulettes.

Épave – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les objets flottants

Épée – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le sabre, l’escrime

Éphémérides

Les éphémérides donnent la longitude et la déclinaison géocentriques des corps célestes pour chaque jour de l’année. Pour établir le thème de naissance d’une personne, nous devons avoir les éphémérides de son année de naissance, car les planètes tournent autour du SOLEIL à des vitesses différentes, et leurs positions relatives changent a tout instant.
Il existe des éphémérides calculées pour 0 h a Greenwich – les plus courantes – et d’autres pour 12 h (midi).

Épi – Maison : 1, BELIER

  • I = Les cheveux hirsutes, l’épi, la crête, la banane
  • X = Le casque à pointe

Épice – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Le poivre, le sel, la moutarde

Épicier – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les petits commerçants, les détaillants

Épicurien

Très forte dominante vénusienne ou jupitérienne plutôt dissonante; AS, SOLEIL ou VENUS dans le TAUREAU ou la BALANCE. VENUS angulaire.

Epicycle

Petit cercle qui se déplace et dont le centre décrit, au cours de ce déplacement un cercle plus grand. Les épicycles furent imaginés par les Anciens pour expliquer les rétrogradations et certaines variations constatées dans la marche apparente des planètes, surtout pour MERCURE. E. Caslant définit les épicycles : «Les boucles apparentes décrites par les planètes» et dans ses éphémérides perpétuelles il indique la manière de les calculer. A son point de vue; les épicycles sont susceptibles d’être utilisés dans l’interprétation mais nous ne croyons pas que cet auteur ait publié sa technique.

Épidémie – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les bruits qui courent, les rumeurs, les maladies longues et pénibles
  • VIII = Les maladies contagieuses

Les influences de MARS et du SCORPION situés en VI ou XII, sont celles qui paraissent prédisposer le plus aux affections épidémiques.

Épier – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les espions, la police secrète, les indics
  • XII = Le voyeur, les délateurs, les mouchards

Épine – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les aiguilles, les piqûres, les piquants

Éplucher – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = IV de la V = Peler, écorcher, changer de peau, la mue du serpent

Éponge – Maison : 2, TAUREAU

  • II = L’absorption, les substances spongieuses, la serviette de bain

Époque prénatale

Le thème de la conception occuperait dans l’ancienne tradition une place très importante. La règle de Hermès (trutina Hermeti) était préconisée et conçue en ces termes : «L’ASCENDANT ou le Descendant dans la nativité était la position de la LUNE au moment de la conception par contre la position de la LUNE dans la nativité était l’ASCENDANT ou le Descendant au moment de la conception.»

La règle d’Hermès ne s’occupe pas que de l’enfant en supposant que celui-ci soit facteur essentiel au moment de la conception et en supprimant complètement le rôle de la mère qui, logiquement, devrait contribuer au destin de son fruit. L’influence de la LUNE sur les règles de fécondation dans la nature, soit sur l’être humain, soit sur les animaux ou les plantes, est connue. On sait aussi que la menstruation est en rapport avec le parcours de la LUNE. En réalité ce phénomène devrait coïncider avec la nouvelle LUNE.

Ne perdant point de vue l’importance de la LUNE sur les organes maternels, Glahn fit ses expériences en fixant d’abord les dates de naissance de la mère et de l’enfant, ensuite la date et l’heure de la procréation et enfin la date du père. En effet, le résultat expérimental aboutissait à la relation du parcours de la LUNE avec la nativité de la mère. Dans ce cas aussi le passage de l’horizon par la LUNE entre en considération, mais uniquement dans la nativité de la mère. «Dans tous les cas qui m’ont été remis, dit Glahn, la LUNE passait l’AS ou le Descendant de la nativité maternelle dans un espace de quatre jours». Ces jours marquent à peu près la période de vitalité de l’ovule féminin qui est supposée de cinq jours. On était tenté de conclure que le moment du passage était aussi le moment de la conception. Cette supposition se confirmait par suite de nombreux rapports entre le moment exact du passage de la LUNE et les nativités des parents et des nés. Dans la plupart des cas observés la LUNE passait l’horizon du côté de l’Est.

Le rapport de la menstruation avec le parcours de la LUNE dans la nativité maternelle et de la connexion de la menstruation avec la conception sont incontestables.

Strictement parlant, la nouvelle LUNE devrait avoir sa position à environ cinquante degrés de l’horizon quand a lieu la procréation, afin qu’il reste à la LUNE juste le temps de passer l’horizon. Mais si la menstruation ne se fait pas à la nouvelle LUNE, alors la fécondation se réalisera chaque fois dans l’espace de 28 jours. C’est pourquoi l’Astrologie ne peut pas constater le moment de la conception par la nativité de l’enfant, mais uniquement par la nativité de la mère.

Le calcul pour déterminer le moment de conception est fort simple. A partir du jour de naissance on compte 273 jours de grossesse à rebours et l’on cherche le transit le plus proche de la LUNE passant l’horizon de la mère. Le passage exact indique le moment sur lequel repose la figure de la conception.

Épouser – Maison. 7, BALANCE

  • VII = Le mariage

Épouvante – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La peur, la frayeur, la terreur
  • VIII = L’angoisse, l’inquiétude

Épreuve – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VII de la VI = L’épreuve et les preuves, rencontrer la dure réalité
  • III = VI de la X = L’épreuve du temps.

Traditionnellement les Maisons XII et VI ainsi que le signe des POISSONS seraient des significateurs d’épreuves en cas de très graves Dissonances. D’après les recherches récentes il semblerait qu’il faille éliminer la Maison XII pour les motifs exposés au mot Dominante. Toutefois si cette Maison XII semble plutôt propice au succès il n’est pas certain qu’elle préserve des épreuves et il en est de même du signe des POISSONS. En général il faudra craindre des épreuves sérieuses lorsque SATURNE, MARS ou URANUS (peut-être aussi PLUTON) se trouveront en forte dissonance avec la X ou les significateurs de destinée en général, secondairement avec l’AS ou le Gouverneur. SATURNE présagera des retards, des obstacles ou même des empêchements dus à la fatalité et qu’il sera à peu près impossible de surmonter; MARS annoncera des épreuves résultant en partie des témérités ou imprudences du sujet; le SOLEIL mal aspecté peut signifier un revers irréparable après une période de grand succès; URANUS, NEPTUNE et PLUTON peuvent annoncer des épreuves en relation avec la situation mondiale; par exemple crises économiques, renversements de régimes, changements de mode, etc. L’époque des épreuves correspondra presque toujours à un train de directions très Maléfiques (en général une seule ne suffit pas) soutenues par des transits des lentes. Considérer surtout les afflictions intéressant le MC, les astres qui s’y trouvent ou qui dominent la Maison X.

Épuiser – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La grande fatigue, la lassitude

Équateur

Grand cercle imaginaire tracé à égale distance des pôles et qui partage la TERRE en deux hémisphères égaux. Il en est de même pour l’équateur céleste qui partage la sphère céleste également en deux parties égales. L’intersection de l’équateur avec l’écliptique marque l’origine des Ascensions droites (AR) qui constitue la première coordonnée équatoriale, la seconde étant la déclinaison (Déc.) ou distance qui sépare un astre de l’équateur, mesurée sur un méridien passant par le centre de l’astre (voir aussi Cosmographie).

Équateur céleste

Imaginons une aiguille infiniment longue traversant la TERRE par son centre et un point quelconque de l’Équateur terrestre. De par la rotation de la TERRE sur son axe, l’extrémité de l’aiguille décrirait un cercle dans le firmament, la Sphère Céleste. Ce cercle imaginaire situé dans le même plan que l’équateur terrestre est appelé Équateur céleste ou équinoxial. Ce dernier nom lui est donné parce que, lorsque le SOLEIL à arrive au point où l’écliptique (trajet du SOLEIL) croise l’Équateur céleste, les équinoxes ont lieu : le jour et la nuit ont la même durée.

Équateur terrestre

L’équateur terrestre est imaginaire, perpendiculaire à l’axe de la TERRE, et à mi-chemin entre le Pôle Nord et le Pôle Sud. Il divise la TERRE en deux hémisphères : Nord (boréal) et austral).

Équation du temps

On sait que la marche du SOLEIL sur l’écliptique n’est pas tout à fait régulière puisqu’elle varie de 57′ 12″ à 61′ 10″ environ. De ce fait le midi vrai ne correspond pas toujours au midi moyen qui est utilisé dans nos montres. La différence s’appelle – Elle varie tout au long de l’année : elle est de + 4 minutes au la’ Janvier, elle atteint + 14 mn. vers le 11 Février, elle s’annule vers le 16 avril et devient négative pour atteindre 4 minutes (environ) vers le 14 Mai, devient nulle vers le 14 Juin, atteint + 6 mn. vers le 26 Juillet, redevient nulle le 1er Septembre pour atteindre – 16 mn. vers le 3 Novembre et redevient nulle le 24 Décembre.

Équation ou conversion des arcs de direction

C’est la transformation en années mois et même jours de la valeur d’un arc de direction trouvé en degrés et minutes ou bien en Temps Sidéral (T.S.). Il existe trois solutions principales très voisines les unes des autres. La première que l’on peut appeler symbolique fait correspondre un degré (ou bien 4 m. de T.S.) à une année exactement. Ici 1 heure fait 15 ans juste. La seconde méthode que l’on peut qualifier de mathématique établit une équivalence entre le mouvement moyen du SOLEIL (59′ 08″) et une année de vie.
Enfin, le troisième que l’on peut considérer comme astronomique fait varier la conversion selon la date de naissance et fait correspondre le pas du SOLEIL le jour de la venue au monde à une année. De ce fait pour les naissances vers le solstice d’été 57′ 12″ valent une année et si la naissance se place vers le solstice d’hiver c’est 61′ 10″ qui correspondent à une année.
Le calcul dans chaque cas serait un peu compliqué, mais on le simplifie par l’utilisation d’une table comparable à celle de la page suivante. Si on désire une conversion très précise des arcs de direction on peut utiliser le tableau suivant qui, en raison de la précision des chiffres, permet toutes les interpolations qui peuvent se révéler nécessaires. Le tableau donne la valeur en Jours et fractions décimales des trois facteurs de base : 1° la minute d’arc; 2° la minute de T.S.. 3° le degré d’arc ou 4 m de T.S.,

L’écart étant assez restreint entre ces trois modes de conversion il n’a, pas encore été possible de trancher définitivement d’une manière certaine. Tout ce que je puis dire c’est que c’est la troisième solution qui m’a donné les concordances les plus nombreuses au cours des recherches de ces dernières années. Ce serait logique puisqu’il s’agit d’une base astronomique qui individualise davantage les Horoscopes.

Équidistance

Ou points focaux ou mi-points. – Dans l’étude des directions, on considère parfois les équidistance entre deux astres. Par exemple, si le SOLEIL est à 0° du BELIER et VENUS à 0° du TAUREAU, un événement peut se produire quand une planète passera par direction ou transit à 15° du BELIER, point qui est équidistant des deux planètes. Nous n’avons pas d’opinion sur la valeur de cette théorie de l’astrologue anglais Bailey, ne l’ayant pas encore expérimentée. Les «BALANCE-points» sont au contraire des équidistance par rapport aux angles, exemple, si le SOLEIL est à 20° du MC du côté Ouest, son point BALANCE sera à 20° du MC du côté Est, etc.

Équilibre – Maison : 7, BALANCE

  • VII = L’haltérophilie, la danse.
  • VII = La BALANCE de la Justice.
  • VII = L’équilibre du jour et de la nuit

La BALANCE est le signe qui représente le mieux cette qualité. Il y aura donc tendance à l’équilibre chaque fois que ce signe sera bien influencé et important. D’après les théories du colonel Caslant, les différents corps planétaires s’équilibrent lorsqu’ils se trouvent placés en face les uns des autres, c’est-à-dire en opposition, mais avec un orbe très large – un signe environ. Il faut surtout considérer la répartition des planètes massives : SOLEIL, JUPITER, SATURNE, URANUS et NEPTUNE.

Équinoxes

Ils ont lieu vers le 21 MARS, lorsque le SOLEIL entre dans le BELIER, et vers le 23 septembre, lorsqu’il entre dans la BALANCE. A ces deux époques, le jour et la nuit ont la même durée sur toute la TERRE. La déclinaison du SOLEIL est nulle à ces deux moments de l’année.

Équinoxe d’automne – Maison : 7, BALANCE

  • VII = L’entrée du SOLEIL dans le signe de la BALANCE Le SOLEIL couchant

Équinoxe de printemps – Maison : 1, BELIER

  • I = L’entrée du SOLEIL dans le signe du BELIER; Le lever du SOLEIL

Équinoxes (Ligne des)

  • 0° du BELIER, 0° de la BALANCE. Voir cosmographie.

Équipage – Maison : 2, TAUREAU

  • II = VI de la IX = Le personnel navigant, les marins a bord d’un bateau.

Équipe – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = VII de la V = Un groupe de joueurs, une bande d’amis

Équitation : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les chevaux, les jockeys, les lads, les champs de course, les hippodromes

Équité – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le sens de la justice, de l’égalité, de l’équilibre, l’arbitre, le juge

BALANCE ou SAGITTAIRE à l’AS, JUPITER très puissant et en bon aspect avec les Luminaires et MARS. Forte influence des GEMEAUX. Voir aussi conscience morale.

Ermite – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = La solitude, l’isolement, la maturité, la maîtrise de soi

Érotisme – Maison : 5, LION

  • V = L’amour
  • V = XI de la VII = L’esthétique, les amoureux du beau.

Errance – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le pèlerin, le vagabond

Erreur – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les déviations, les faux en tout genre, les faussaires, les illusions

Érudit – Maison : 1 0, CAPRICORNE

  • X = Le savoir, une accumulation de connaissance, les savants, les sommités du savoir, les références scientifiques

Escabeau – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = L’échelle, l’ascenseur, l’estrade

Escalade – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Monter, faire une ascension, gravir

Escalier – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le pont, la passerelle, le passage, l’arc en ciel

Escargot – Maison : 4, CANCER

  • IV = Le corps de l’animal, la bave. La coquille.

Esclave – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les personnes corvéables, soumises et dépendantes

Escrime – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = L’épée, le sabre

Escroc – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les faux en écriture, les déviations

Ésotérisme – Maison. 9, SAGITTAIRE

  • IX = La divination, le symbolisme, la métaphysique, les spéculations intellectuelles

Ésotérique (Astrologie)

(du grec ésotérikos : intérieur). Comme toutes les subdivisions de la Haute Science de l’Antiquité, l’astrologie avait sa partie secrète dont l’enseignement était réservé aux seuls initiés. Cette partie de l’astrologie permettait de capter et utiliser activement le dynamisme des divers facteurs qui entrent en jeu dans la radioactivité cosmique : Magie et Médecine astrologique.

Comme ce dynamisme pouvait être mis en oeuvre pour le Bien comme pour le Mal, pour causer la maladie tout autant que la guérison, il était nécessaire de ne pas mettre un tel instrument à la portée du plus grand nombre. Seule l’élite capable de discerner constamment la voie de l’équité pouvait en être instruite.

Cette partie de la cosmo-dynamique (la plus intéressante sans doute) est d’ailleurs toujours d’actualité pour ceux qui ne craignent pas de sonder toujours plus avant l’inconnu, et qui, au lieu de se faire une opinion subjective et préconçue, consentent à étendre leurs expérimentations hors des sentiers battus par a science officielle.

L’astrologie, grâce à la merveilleuse loi d’analogie est un ensemble de principes qui permet d’aborder l’étude de toute branche du savoir, de toute évolution depuis son origine : la cause première, jusqu’à son ultime finalité : cette même cause première, pour en faire une analyse complète dans le temps et dans l’espace, pour en faire une synthèse équilibrée ensuite.

Tout ce qui concerne l’homme individuel : anatomie, physiologie, biologie, psychologie, médecine; tout ce qui concerne l’homme collectif : androgynie, anthropologie, ontogénie, phylogénie, tout ce qui concerne l’Univers : cosmogonie, cosmologie, théogonie, théodicée, théologie, etc.

Toutes ces connaissances s’y trouvent résumées. Il ne s’agit que d’interpréter en apprenant à lire «L’écriture de la Nature», comme toutes les autres synthèses traditionnelles. Ce subtil fil d’Ariane permet à toute science expérimentale de classer ses faits d’une manière naturelle qui évite tout tâtonnement et tout fourvoiement dans ses repères principaux. Ceux qui dédaignent ce fil conducteur ne soupçonnent certainement pas combien il pourrait faciliter leurs recherches d’un ordre quelconque en y ayant recours.

Par contre tous ceux qui y puisent des directives précieuses et toujours exactes ne le disent pas à quiconque. Seuls les initiés voient transparaître à travers l’oeuvre, la souche sur laquelle elle se base.

Disons encore que cette synthèse, à laquelle toutes les traditions de tous les temps et de tous les lieux ont demandé des lumières, est toujours sur nos têtes aussi jeune pour guider le philosophe, et le chercheur. C’est donc une réalité bien positive, il suffit de la voir. Trop visible elle aveugle, en effet, le commun des mortels qui cherche toujours dans la complication lointaine et artificielle ce qui s’offre à ses yeux d’une manière simple et naturelle (H. C. Diacqueno)

Espace – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les étoiles, les constellations, la voûte céleste, l’atmosphère, le ciel

Espace arboré – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = La forêt, les bois, les arbres, les parcs et les domaines

Espérance – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Les projets, la foi, les associations humanitaires, vivre avec les autres de façon éclairée, inspirée et stimulante.

Espionnage – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La police secrète, la dissimulation, les détectives

Espoir – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = Espoirs, souhaits

Essai – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Essayer, peser, réfléchir, faire l’apprentissage, produire et reproduire

Essaim – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La ruche, les abeilles, une organisme communautaire, tous les insectes

Essence – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les carburants, le gaz oïl, le pétrole, le gaz

Essence de fleurs – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’âme des choses, les élixirs floraux, l’encens, les parfums subtils

Essentiel – Maison : 5, LION

  • V = Le meilleur, la quintessence, l’important

Essor – Maison : 5, LION

  • V = La croissance, l’expansion, le développement

Essuyer – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La propreté, le nettoyage, les appareils ménagers

Esthétique – Maison : 7, BALANCE

  • VII = V de la III = L’équilibre des formes, des mouvements et des couleurs

Estime – Maison : 5, LION

  • V = La réputation, les honneurs, la reconnaissance sociale

Estivant – Maison : 5, LION

  • V = Les vacanciers, les loisirs, la détente, les congés annuels

Estomac – Maison : 4, CANCER

  • IV = La digestion, la nourriture

Est régi par la LUNE et le CANCER, son fonctionnement dépendant en grande partie des planètes placées dans le signe ci-dessus, de la position et des aspects de la LUNE. L’AS ou le SOLEIL étant dans le CANCER, il y a prédisposition aux malaises de l’estomac, même si les Dissonances sont superficielles.

Estrade – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le pallier, le premier étage, le grenier, les promontoires, les élévateurs, les ascenseurs

Étable – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Les vaches, les bœufs, les troupeaux, les bêtes à cornes
  • II = Les près, les pâturages, les prairies, les plaines

Étage – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Le pallier, le grenier, le plafond.
  • X = L’estrade, l’échelle

Étain – Maison : 9, SAGITTAIRE

Étalage – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = IX de la III = Le commerce en plein TERRE, l’exposition de marchandises offertes à la vente.

Étang – Maison : 4, CANCER

  • IV = Les terres inondées, les bassins, les plages
  • XI = Le lac, les voies fluviales.

État céleste (d’une planète)

Il dépend du signe qu’elle occupe, des aspects qu’elle reçoit et de l’état de son maître (d’après Morin). Une planète sera donc en bon état céleste si elle est dans son domicile ou dans son EXALTATION, ou encore dans le domicile d’un Bénéfique, et si elle est bien aspectée. Son état céleste sera mauvais si elle est EN CHUTE, EN EXIL, mal aspectée, sous la domination d’un Maléfique.

L’État terrestre dépend au contraire de sa position dans telle ou telle Maison astrologique. L’état terrestre sera bon si la planète est dans les angles ou les autres Maisons heureuses. Il sera mauvais si la planète est dans une Maison malheureuse (soit XII, VI, VIII). Toujours d’après Morin l’état céleste règle la qualité des effets et l’état terrestre décide de leur catégorie.

Une planète est «bien disposée», si ses états terrestres sont bons. Elle est mal disposée si les deux états sont mauvais. Entre les deux extrêmes il y a place pour un très grand nombre de nuances.

Étoiles fixes

On tient généralement compte dans l’interprétation d’un thème des étoiles fixes les plus importantes. Voici la liste des étoiles de première et deuxième grandeur, ainsi que leur nature, d’après Robson.

En ce qui concerne leurs effets, il est certain que cette question n’est pas au point, car Robson qui se base sur les données de Ptolémée. Alvidas, Wilson, Simmonite, etc; indique presque toujours et pour chaque étoile importante de grandes satisfactions et de formidables déboires. Par exemple : pour Algenib : notoriété, déshonneur, violence. – Bellatrix : grand honneur civil et militaire, renom, richesses, amis éminents mais danger de déshonneur, possibilité d’accident, etc. – Betelgeuse avec le SOLEIL : honneur, avancement finissant en ruine; maladies aiguës. Et ainsi de suite. Il y a presque toujours à côté de l’influence Bénéfique de l’étoile, une influence catastrophique, de sorte que dans l’interprétation il y a lieu d’être très prudent et nous préférons nous en tenir à la directive générale suivante : Les Étoiles fixes semblent indiquer les faits exceptionnels du destin, ou plutôt elles paraissent être une des conditions «sine qua non» des destinées remarquables en bien ou en mal.
Exemple : le thème d’Hindenburg ne présente rien de saillant à première vue, mais en examinant les étoiles fixes, on en compte trois en CONJONCTION avec JUPITER, deux avec la LUNE, une avec le SOLEIL, une avec VENUS, une avec le MC, une avec SATURNE, soit 9 conjonctions remarquables et nous n’avons tenu compte que des principales. A noter qu’à Hindenburg les Étoiles paraissent avoir tout donné et ne lui avoir rien enlevé, donc leur action n’a pas toujours, comme contrepartie, un revers. Les étoiles fournissent encore une explication plausible à la gloire tardive d’un Foch, etc…

A titre documentaire nous allons résumer ici deux ou trois pages du livre de Robson sur l’influence des étoiles fixes !

«L’influence des étoiles fixes diffère de celles des planètes en ce qu’elle est beaucoup plus dramatique, soudaine et violente… Alors que les planètes agissent pour ainsi dire doucement, les fixes manifestent le plus fort de leur influence par un éclat soudain, rude et violent… Après avoir élevé les grands, elles leur apportent subitement une série de désastres… Les étoiles peuvent élever de la pauvreté au plus haut sommet de la fortune et vice-versa, alors que les planètes ne peuvent le faire…
Règle générale les étoiles n’opèrent pas seules, sauf en angle peut-être, leur principal effet est transmis par les planètes… Quand une étoile tombe sur une planète celle-ci prend une importance nullement indiquée par sa position dans le thème… Souvent il faut chercher dans la CONJONCTION avec une fixe l’explication de ses effets inattendus. Les effets des étoiles dépendent de 1° leur grandeur apparente; 2° leur position céleste; 3° la nature de la planète à travers laquelle l’étoile opère; 4° l’état général de l’horoscope.

Été – Maison : 4, CANCER

L’entrée du SOLEIL dans le signe du CANCER, le solstice.

Éteindre – Maison : 2, TAUREAU

  • II = IV de la XI = Allumer et éteindre la lumière.
  • XI = L’électricité

Éternité – Maison : 5, LION

  • VI = Le temps arrêté
  • VII = X de la X = Le temps hors du temps

Éther – Maison : 12, POISSONS

  • XII = Les médicaments, les senteurs de produits pharmaceutiques, les cliniques

Étiquette – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le papier, les lettres, le courrier toutes les affaires de bureau.
  • III = XI de la V = L’image de marque, le look social

Étoffe décorative – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Le tissage, les dessus de lit, les panneaux décoratifs

Étoile – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Le ciel étoilé
  • XI = Les constellations.

Étouffer – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Mourir par asphyxie, la noyade
  • VIII = VI de la III = Un empêchement respiratoire.

Étranger – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VI de la IV = Les voyageurs, les déracinés, les émigrés, les coopérants

Voir émigration.

Étrangler – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VIII de la II = Les ennuis de gorge, le torticolis, la nuque raide, le coup du père François.

Être couché – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Le lit, l’horizontalité, le coucher de SOLEIL

Être dégoûtant – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La provocation, les comportements écœurants, les ambiances malsaines

Être sur la paille – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = La ruine, la faillite, le dépôt de bilan, l’écroulement

Étreindre – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = VII de la III = Enlacer, serrer fortement dans ses bras.

Étrennes – Maison : 5, LION

  • V = Les cadeaux, les primes, les gratifications, les offrandes, les dons

Étroitesse – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La petitesse, l’infiniment petit, le microscopique

Études scolaires – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Les écoliers, apprendre à lire et à écrire, étudier

Études techniques – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le savoir faire, l’analyse scientifique, les mathématiques
  • IX = Les études universitaires, la faculté, les études supérieures

Étudiant – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = Le temps de l’adolescence Studieuse

Étui – Maison : 4, CANCER

  • IV = La poche, la matrice, la boite, l’enveloppe, le sac, le cercueil

Étymologie – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = L’origine des mots
  • III = L’intelligence analytique, la parole et l’écriture

Évasion – Maison : 12, POISSONS

  • XII = La prison, la détention, le retrait.
  • VII = VIII de la XII = Sortir de prison, la prise de conscience d’un enfermement, s’évader

Éveil – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les métamorphoses, les transformations psychologiques, les mutations

Événement

Les directions et transits importants doivent être consultés pour évaluer la date approximative des principaux événements. Pour le mariage par exemple, on tient compte surtout des aspects qui mettent en cause l’AS et le Gouverneur, le maître de VII, VENUS, LUNE, SOLEIL, MARS (suivant le cas); pour la santé, on considère surtout les directions entre l’AS, les Luminaires et les Maléfiques; pour les questions honorifiques les directions de JUPITER, du MC et du SOLEIL et ainsi de suite.

Évidence – Maison : 6, VIERGE

  • VI = IV de la III = Le fondement d’une pensée, la source de l’intelligence.

Évier – Maison : 4, CANCER

IV = La bassine, les réservoirs d’EAU, la baignoire

Évolution

(de é : hor de, et du latin volvere : rouler). – Les planètes transcendantes nous renseignent sur l’évolution générale du sujet.

PLUTON : tendances impulsives (par impulsives nous entendons tendances innées et instinctives, d’où incitation active au Bien, au Beau, au Vrai)

NEPTUNE : avidité attractive, ardeur désirante, d’où réceptivité au Bien, au Beau, au Vrai

URANUS : émotivité propulsive, animatrice, individualisatrice d’où création du Bien, du Beau, du Vrai

Gea (la TERRE) : Impressionnabilité réceptive et réactive, expérimentation, d’où réalisation du Bien, du Beau, du Vrai

SATURNE est à consulter pour l’évolution rationnelle, médiatrice

JUPITER pour l’évolution éthique et traditionaliste.

L’évolution est objective quand il y a accumulation de planètes dans le premier tiers du zodiaque et des Maisons; ou en signes et Maisons cardinaux; ou en signes et Maisons de FEU et de TERRE.

L’évolution est subjective quand les planètes sont accumulées dans le 2e tiers du zodiaque et des Maisons ou dans les signes et Maisons d’TERRE et d’EAU. La répartition équilibrée des planètes dans les 4 éléments, l’accumulation des planètes en le 3e tiers du cercle, pronostiquent une évolution équilibrée tendant à ramener l’individu à la notion de l’universalité de la vie, c’est-à-dire à la norme.

L’évolution est active, volontaire, positive (volontairement progressive) quand le libre arbitre est important; soit : Forte étoffe de l’ASCENDANT, des Maisons angulaires, des quarts 1 et 3, des Maisons et signes masculins (de rang impair). L’évolution est, au contraire passive, subie, renonciatrice (ou encore négative, si le thème indique amoralité, immoralité, perversion morale) quand la fatalité est importante, soit : Prédominance des influences touchant au MC (nombreuses planètes près de l’axe X, IV); importance des quartes 2 et 4, des signes féminins et Maisons correspondantes (de rang pair). Sont favorables à l’évolution les planètes rétrogrades, et tous les mauvais éléments du thème chez les individus bien étoffés moralement, sont défavorables à l’évolution les importantes influences bénéfiques chez les individus dont l’étoffe psychologique est viciée.

Exactitude – Maison : 6, VIERGE

  • VI = La précision, la minutie

SATURNE dans les GEMEAUX ou la VIERGE, surtout s’il fait partie de la dominante; BA entre SATURNE et MERCURE, SATURNE et MARS; SATURNE et l’AS. Une Maison VI bien influencée est aussi une bonne indication. La LUNE et VENUS ne doivent pas jouer un rôle prépondérant.

Exagération

Dissonances entre JUPITER, AS, MERCURE, LUNE; la LUNE puissante, mais affligée par NEPTUNE ou URANUS, AS dans le BELIER, le LION ou le SAGITTAIRE.

EXALTATION – Maison : 5, LION

  • V = Le rayonnement du SOLEIL, la domination naturelle
  • V = La lumière divine

EXALTATION (planètes)

Les planètes se trouvent exaltées, lorsqu’elle occupent certaines zones du Zodiaque. Le SOLEIL possède son EXALTATION à 19° du BELIER, et, par extension, on le considère comme exalté dans tout le signe du BELIER. La LUNE est exaltée a 3° du TAUREAU et on la considère également comme exaltée dans tout le signe. SATURNE est exalté a 21° BALANCE, JUPITER a 15° CANCER, MARS à 28° CAPRICORNE, VENUS a 27° des POISSONS et MERCURE a 15° de la VIERGE (même remarque en ce qui concerne l’étendue de l’EXALTATION au signe entier). Une planète en EXALTATION acquiert une plus grande puissance, mais sa nature ne se trouve pas changée pour cela, tout dépend de la Maison, aspects, etc; et de sa nature propre.

La signification d’une planète est toujours nuancée par le signe dans lequel elle se trouve. D’une manière générale, cette nuance renforce ou entrave la manifestation de l’énergie planétaire.

Une planète se trouvant dans un signe de nature compatible avec la sienne y est renforcée ou «dignifiée».

Si une autre planète, de même nature que la première, entre dans ce signe, elle combine sa nature avec celle du gouverneur et celle du signe, et devient ainsi exaltée, ou puissamment renforcée, car il y a alors combinaison de trois natures semblables.

Par exemple, le SOLEIL, source de chaleur et de vie, est en affinité avec le BELIER, signe cardinal-FEU, et son gouverneur MARS (énergie dynamique). Il est donc exalté dans ce signe.

Le signe du SCORPION, bien qu’étant aussi le domicile de MARS, est moins en harmonie avec le SOLEIL, car c’est un signe d’EAU, fixe. Aucun autre signe que le BELIER ne permet une expression aussi forte des attributs solaires (excepté le LION, bien sûr, qui est déjà gouverné par le SOLEIL).

La stabilité des conditions matérielles, la sécurité offerte par le signe du TAUREAU (TERRE, fixe), alliée à Venus, qui unit deux êtres d’un amour exclusif, est, sans conteste, un canal propice à l’expression des forces lunaires de fécondation.

Aussi la LUNE est-elle exaltée en TAUREAU. Notons que, sur le plan de l’imagination et de la réceptivité, qui sont aussi des qualités lunaires, l’affinité de la LUNE avec le signe des POISSONS Ë est également forte, mais pas autant que pour le TAUREAU.

L’amour de VENUS dont nous parlions plus haut est, en fait, bien égoïste et par là même, source de déception et de chagrins si l’être aimé ne répond pas à nos sentiments comme nous le souhaiterions. Par la douleur ressentie, l’amour «terrestre» est transmué en altruisme (amour désintéressé), car la volonté de notre Père n’est pas que nous souffrions au-delà de ce que nous pouvons supporter. A chaque tentation, chaque épreuve, nous disposons de la force nécessaire pour la surmonter et croître spirituellement. La dépersonnalisation, l’abnégation du signe des POISSONS et les incitations bénéfiques de JUPITER (bienveillance) sont en parfait accord avec cette transmutation. VENUS est donc considérée comme exaltée en POISSONS.

L’énergie dynamique de MARS peut particulièrement s’exprimer dans le climat d’organisation réaliste du CAPRICORNE, signe cardinal gouverné par la persistance et la stabilité de SATURNE. MARS est donc exalté en CAPRICORNE.

VENUS et MARS sont notamment les planètes de l’attirance sexuelle, de la relation entre deux personnes. Comme tout ce qui est terrestre doit un jour disparaître, laissant la place à d’autres manifestations (sinon l’évolution serait impossible!), il nous devient possible de comprendre la nécessité du travail de SATURNE (le moissonneur, le faucheur de la mort), qui consiste à spécifier les énergies de MARS et de Venus. C’est dans ce sens que mérite d’être exalté en BALANCE – le domicile de Venus, ce SATURNE qui peut alors nous apparaître comme le haut fonctionnaire» chargé de faire respecter les grandes Lois de l’équilibre de la nature basées sur la sagesse, l’intégrité profonde, le sens de la juste mesure en toutes choses, lesquels nous évitent tout excès dégénérescent, et qui doivent susciter en chacun le sens des responsabilités.

Si SATURNE, en EXALTATION dans la BALANCE, se trouve justement opposé au grand vitaliseur qui est le SOLEIL, lui-même exalté en BELIER, ce n’est certainement pas par hasard mais bien comme un frein éventuel, comme pour nous rappeler l’aphorisme de Bossuet (Ecrivain français du XVIIe siècle) : «Qui vit selon la règle, vit en Dieu».

Dans l’ancien zodiaque des Égyptiens, le CANCER était représenté par un scarabée – leur symbole de l’âme – et c’est une vérité ésotérique que toutes les âmes entrent dans la vie terrestre par la sphère de la LUNE, le CANCER. La conception dépend de la position de la LUNE et de l’angle de ses rayons.

Le SAGITTAIRE, ou Centaure, signe double, à la fois animal et humain, est le symbole de l’homme qui parvient à se dégager de ses pulsions inférieures, et aspire aux régions éthériques et divines vers lesquelles pointe la flèche de son arc. Ce signe est gouverné par le bienveillant JUPITER, planète qui est d’ores et déjà le terrain où se prépare notre future évolution.

Puisque, d’une part, les forces solaires réfléchies par la LUNE et le signe qu’elle gouverne (le CANCER) permettent la génération sur le plan physique, et que, d’autre part, les incitations spirituel les du SOLEIL, focalisées par JUPITER, se manifestent dans le CANCER par une puissance régénératrice qui élève la qualité de notre âme et renforce notre nature psychique, nous pouvons dire que JUPITER ä est exalté dans le CANCER.

MERCURE est une planète de nature variable : il prend les couleurs et les caractéristiques de tout signe et planète avec lesquels il est en configuration. En conséquence, il n’a d’affinité particulière qu’avec les GEMEAUX et la VIERGE qu’il gouverne. La VIERGE, donnant à MERCURE un environnement plus stable (signe de TERRE), permet au natif de focaliser ses énergies vers des réalisations plus concrètes, à travers lesquelles il peut s’analyser, mieux se connaître et s’améliorer (qualités mercuriennes). MERCURE est donc exalté dans la VIERGE.

En ce qui concerne URANUS, son côté inattendu, rénovateur, non conformiste, ingénieux, est en harmonie avec MARS, PLUTON et le SCORPION (où il est exalté).

La Connaissance spirituelle de NEPTUNE, qui inspire et produit l’épigenèse, est particulièrement favorisée par la réceptivité, la sensibilité et l’imagination créatrice de la LUNE et du CANCER, où il est exalté.

Quant à PLUTON, le Pouvoir spirituel acquis par la transmutation des énergies mal utilisées, il amène l’individu à maîtriser l’Univers en se gouvernant lui-même. Son Énergie désintègre tout ce qui est entrave à l’évolution, et «couve» les germes du Futur. Nous pouvons considérer PLUTON exalté en BELIER (certains pensent qu’il l’est en CAPRICORNE , ce qui peut également se justifier).

Nous retiendrons, en conclusion, qu’une planète s’exprime avec plus de puissance dans son signe d’EXALTATION. Une méditation sur ce qui précède donnera des éléments de supplémentaires.

Examen – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les épreuves professionnelles, les examens médicaux, les contraintes sociales

Il serait Préférable de le passer quand MERCURE traverse la Maison III, ou bien un signe d’TERRE, quand les directions et transits des significateurs intellectuels sont harmonieux.

Examiner – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Ausculter, diagnostiquer

Excentrique – Maison : 11, VERSEAU

  • XI = L’originalité, l’indépendance de vue

C’est un défaut que l’on attribue principalement a URANUS mal placé en MA avec la LUNE et en influence sur les significateurs du caractère.

Exception – Maison : 5, LION

  • V = L’unique, le meilleur, ce qui est hors de la règle commune

Excès – Maison. 9, SAGITTAIRE

(tendance aux). – Dominante plutôt dissonante JUPITERLUNE, JUPITERVENUS, JUPITERMARS; élément EAU très important; Dissonances entre JUPITER et AS, VENUS, SOLEIL, MARS ou NEPTUNE. CONJONCTION SOLEILJUPITER. Excès de table; LUNEJUPITER dans le TAUREAU.

Excréments – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les déchets, l’urine, les égouts, les décharges municipales, la sueur : LUNE EN CHUTE, PLUTON domicile

Excursion – Maison : 3, GEMEAUX

  • III = La randonnée pédestre, marcher, visiter, explorer

Exécuter – Maison : 10, CAPRICORNE

  • X = Réaliser, concrétiser, accomplir, un projet

Exécution – Maison : 12, POISSONS

  • XII = VI de la VII = L’application d’un jugement.

Une Maison VI importante qualifie davantage pour l’exécution que pour la direction ou le commandement. Il en est de même de la majorité des planètes en signes mutables ou Maisons cadentes. MARS, JUPITER, SOLEIL plutôt faibles.

Exercice – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Le devoir

Exhibition – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Arborer, montrer, parader, de manière ostentatoire
  • IX = VII de la III = S’afficher.

Exil – Maison : 12, POISSONS

  • XII = L’exclusion sociale, la prison, le monastère

Exil (planètes)

Les planètes sont EN EXIL quand elles occupent le signe opposé a leur domicile. Leur influence s’en trouve affaiblie et quelque peu viciée.

Soleil : Verseau
Lune : Capricorne
Mercure : Sagittaire – Poissons
Vénus : Scorpion – Bélier
Mars : Taureau – Balance
Jupiter : Gémeaux – Vierge
Saturne : Cancer
Uranus : Lion
Neptune : Vierge
Pluton : Taureau

Existence

(durée de 1′), – Voir vie.

Exotique – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les pays étrangers

Expansion – Maison : 5, LION

  • V = L’EXALTATION, le rayonnement, la toute puissance

Semble symbolisée par le SOLEIL et JUPITER. Les Maisons occupées par ces deux planètes tendant a prendre une importance particulière. Manque d’expansion : SOLEIL ou AS dans les GEMEAUX.

Expérience – Maison : 5, LION

V = La conséquence, le résultat

  • II = V de la X = L’expérience de la solitude.
  • IX = V de la V = L’expérience amoureuse ou artistique.
  • III = V de la XI = Les fruits d’un engagement politique. Expérimentation
  • VIII = III de la VI = Les tests scientifiques, les expériences sur les petits animaux.

Expert – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les contrôleurs, les techniciens, les connaisseurs, les examinateurs

Expier – Maison. 12, POISSONS

  • XII = Se repentir, réparer ses fautes.

Explication – Maison : 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Les mots pour tout le monde, se rendre accessible à tous

Exploit – Maison : 5, LION

  • V = Les héros, les AS, les meilleurs
  • V = L’incroyable, le merveilleux

Exploration – Maison : 9, SAGITTAIRE

IX = Les grands voyages, les aventuriers, les spéculations intellectuelles

  • AS ou SOLEIL dans le SAGITTAIRE, Maison IX importante, MARS dans la dominante.

Explosif – Maison : 1, BELIER

  • I = Les armes, les bombes

(dans le sens psychologique comme dans le sens matériel). – Prédominance de l’élément FEU. MARSURANUS en MA.

Extravagance

URANUS en MA avec le SOLEIL. URANUS angulaire et en aspect avec AS ou LUNE. NEPTUNE très mal aspecté notamment avec l’AS. JUPITER faible ou mal placé, ainsi que SATURNE.

Extrémisme

Prédominance des signes de FEU contenant des astres très dissonants; plus spécialement MARSURANUSPLUTON; SOLEIL ou AS dans le SCORPION; MARS ou URANUS faisant partie d’une dominante dissonante. JUPITER mal aspecté.

Exportation – Maison : 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les voyages de les pays étrangers

Exposition – Maison : 7, BALANCE

  • VII = Les salons, les manifestations culturelles, les grandes foires
  • V = Les galeries de peinture.

Expulsion – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Vider, retirer quelque chose ou quelqu’un d’un endroit, les éliminations

Exquis – Maison : 2, TAUREAU

  • II = Bon, délicieux, délicat

Extériorité – Maison. 7, BALANCE

  • VII = Être hors de soi, dehors

Extinction de voix – Maison : 2, TAUREAU

  • II = La voix, les cordes vocales
  • I = XII de la II = Les infections de la gorge, être aphone.

Extrait – Maison : 6, VIERGE

  • VI = Les échantillons de parfum, les miniatures

Extraordinaire – Maison : 5, LION

  • V = Merveilleux, l’émerveillement.
  • XII = VIII de la V = La traversée du miroir, au-delà du visible, l’amour extraordinaire

Extrêmes – Maison : 8, SCORPION

  • VIII = Les aventures suicidaires, aller le plus loin possible, jouer avec les limites, dépasser les limites

Extrémité – Maison : 4, CANCER

  • VI = Le début et la fin des choses

D

Dactylographie (aptitude à la)

Le meilleur indice doit être un bon aspect entre MERCURE et MARS (y compris la CONJONCTION) parce que c’est un signe de rapidité et d’adresse. On peut ajouter une dominante MERCUREMARS, MERCURELUNE (propice pour la mémoire), MERCUREJUPITER (ordre, organisation), probablement MERCUREURANUS. Une Maison III (les bras, les main) bien influencée et le MC ou l’AS en (GEMEAUXVIERGE).

Dactylo – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Écrire, taper à la machine, les emplois de bureau
  • VIII = VI de la III = La machine à écrire, les ustensiles de bureau.

Danse (aptitudes pour la)

Dominante MERCUREVENUS, MERCURE MERCURESOLEIL. Le MC ou l’AS dans des signes vénusiens ou ????dans la BALANCE ou le LION. J’ai connu un confrère qui prétendait que le signe des POISSONS pouvait avoir une influence sur cette orientation ? Le danseur Serge Lifar (2-4-1905 vers le milieu de l’après-midi à Kiew) dont je ne puis cependant garantir le Thème aurait : l’AS au milieu de la VIERGE en trigone exact ? à VENUS au milieu du TAUREAU; MERCURE en étroite CONJONCTION à JUPITER dans le TAUREAU au trigone pratiquement exact d’URANUS (Cap.); la LUNE serait vers le milieu des POISSONS au sextil presque exact de VENUS.

Dancing – Maison 7, BALANCE

  • VII = V de la III = La danse
  • V = XI de la VII = La salle de danse, la salle des fêtes.

Danger – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La violence, l’instinct, les agressions, les impulsions irrésistibles

Danse – Maison 7, BALANCE

  • VII = V de la III = L’harmonie des gestes et des mouvements, l’élégance, la grâce

Date – Maison 6, VIERGE

  • VI = L’heure, le jour, le lieu

Date de Lecture des Progressions (DLP)

Pour simplifier le calcul des progressions d’un thème, il est pratique d’utiliser la «Date de Lecture des Progressions». Celle-ci permet de lire la position des planètes progressées directement dans les éphémérides, sans avoir à faire de calculs supplémentaires.

Comme l’heure de naissance ne coïncide pratiquement jamais avec l’heure de référence des éphémérides (0 heure ou midi), la Date de Lecture des Progressions ne correspond presque jamais au jour et mois de l’anniversaire.

Rappelons le principe des progressions : lorsqu’un être est mis en contact pour la première fois, à sa première inspiration, avec les vibrations stellaires, il en reçoit une empreinte pour toute la vie. Mais, les jours suivants, l’enfant sera encore très sensible aux influences planétaires et l’évolution des planètes, à partir de leurs positions «natales» respectives, laisse présager de la direction que prendront les événements au cours des années qui suivent la naissance.

Cette évolution des planètes est appelée «progression». Cette méthode de progression est fondée sur la correspondance entre les jours suivant la naissance et les années de vie de la personne, en analogie avec la correspondance entre la rotation de la TERRE sur elle-même en un jour, et la rotation de la TERRE autour du SOLEIL à en un an (voir Progressions»).

Pour calculer les progressions d’un thème nous avons le choix entre plusieurs méthodes :

Calcul complet sans DLP

Il peut recalculer les positions planétaires et les pointes de Maisons pour la même heure,

  • – 1 jour après la naissance pour les progressions à 1 an,
  • – 2 jours après la naissance pour les progressions à 2 ans,
  • – 21 jours après la naissance pour les progressions à 21 ans, et ainsi de suite.

Par exemple, pour connaître les progressions a l’âge de 21 ans d’une naissance a 6 h15, UT, le 8 août 1984, nous ajouterons 21 jours au 8 août. Nous ferons donc les calculs des positions planétaires et des Maisons pour le 29 août 1984 à 6h15 UT. Les positions trouvées correspondront aux progressions pour la date du 21e anniversaire.

Cependant, cette méthode devient vite fastidieuse si nous voulons établir les progressions sur plusieurs années car il faut, pour chaque année, calculer la position exacte des planètes progressées.

Il est possible d’éviter ces longs calculs en déterminant la Date de lecture des progressions.

Méthode approximative basée sur le Temps Universel

Les éphémérides donnent les positions des planètes toutes les 24 heures. Nous avons vu que ces 24h correspondaient, en progression, à un an d’existence du natif.

Nous pouvons en déduire que :

  • 12 heures correspondent à 6 mois,
  • 6 heures correspondent à 3 mois,
  • 2 heures correspondent à 1 mois.

Ainsi les positions planétaires calculées pour 2 h avant l’heure de naissance correspondront aux progressions des planètes 1 mois avant l’anniversaire.

Celles calculées pour 4 h avant l’heure de naissance correspondront aux progressions 2 mois avant l’anniversaire.

Ainsi le nombre d’heures (et minutes) compris entre l’heure UT de naissance et 0 h UT (ou 12 h) correspond à un certain nombre de mois (et jours) avant l’anniversaire.

Pour les progressions de cette époque, il n’y a plus de calculs à faire puisqu’il suffit de relever les positions des planètes à 1 h (ou 12 h) dans les éphémérides.

Toutefois cette méthode est approximative.

Méthode précise fondée sur le Temps Sidéral

Nous allons voir une méthode simplifiée et rapide pour connaître d’une manière plus précise la Date de Lecture des Progressions (DLP). Cette méthode tient compte du fait que, dans les éphémérides, le Temps Sidéral augmente de 24 heures environ en un an (4 min. environ par jour). Par son intermédiaire, nous pouvons ainsi mettre en correspondance des heures (et minutes) avec une date précise de l’année.

Méthode de calcul de la Date de Lecture des Progressions (DLP)

ÉPHÉMÉRIDES POUR 0 h ÉPHÉMÉRIDES POUR MIDI
La date et l’heure de naissance utilisées ci-dessous, sont la date et l’heure du Temps Universel (UT) de naissance. La date et l’heure de naissance utilisées ci-dessous, sont la date et l’heure du Temps Moyen (MT) de naissance.
1. Relever, à la date de naissance, le Temps Sidéral à 0h (ST 0h). 1. Relever, à la date de naissance, le Temps Sidéral à midi (ST 12h).
2. Retrancher l’heure UT de naissance (ajouter éventuellement 24h au TS en 1. pour permettre la soustraction) 2. Retrancher l’heure MT de naissance (ajouter éventuellement 24h au TS en 1. pour permettre la soustraction)
3. Nous obtenons un temps sidéral. 3. Nous obtenons un temps sidéral.
4. Chercher dans les éphémérides le jour et le mois qui correspondent au Temps sidéral le plus proche de celui trouvé en 3 4. Chercher dans les éphémérides le jour et le mois qui correspondent au Temps sidéral le plus proche de celui trouvé en 3
Cette date sera la DLP (0h) cherchée. Cette date sera la DLP (12h) cherchée.

En résumé:

DLP (0 h) = Date du temps sidéral le plus proche de (ST 0 h – UT).

DLP (12 h) = Date du temps sidéral le plus proche de (ST 12 h – MT)

Comme la première année de la personne correspond à l’intervalle de temps compris entre l’heure de naissance et 24 heures après celle-ci, les positions lues le jour suivant la naissance, à 0 h (ou 12 h), correspondront aux progressions pour une date comprise dans sa première année.

Les positions relevées le 2e jour à 0 h (ou 12 h), correspondront à une date comprise dans sa deuxième année, etc.

La DLP est toujours avant la date anniversaire.

La DLP ne dépend pas du lieu car tous les calculs sont faits pour la longitude de Greenwich.

Dans notre exemple, le Temps Universel est de 6 h 15 (environ 3 x 2h). Lire les positions planétaires a «0 h», c’est donc lire les progressions pour une date précédant d’environ 3 mois la date anniversaire.

Toutefois cette méthode est approximative.

Prenons un exemple : naissance le 8 août 1984 à 6h 15. Temps Universel:

ÉPHÉMÉRIDES POUR 0 HEURES

1. ST 0h du 8 août 1984 21h 06m 44s
2. moins le Temps Universel -h 15m
3. Temps Sidéral de « DLP » =14h 51m 44s
  1. Dans les éphémérides, ce temps sidéral correspond au 5 mai.

Cette date est celle dont le temps sidéral est le plus proche de 14h 51m 44s

La Date de Lecture des progressions du natif sera donc, pour ces éphémérides, le 5 mai.

ÉPHÉMÉRIDES POUR MIDI

Si cela n’est déjà fait, nous calculons :

MT = UT – 1 2h, soit pour

UT le 8 août 1984 6h 15m le 8/8/84
– 12 heures -12h
Temps Moyen et date =18h 15m le 7/8/84
1. ST 12h du 7 août 1984 9h 4m 46s
2. moins le Temps Moyen 18h 15m
3. Temps Sidéral « DLP » =14h 49m 46s
  1. Dans les éphémérides, ce temps sidéral correspond au 3 novembre.

Cette date est celle dont le temps sidéral est le plus proche de 14h 49m 46s La Date de Lecture des progressions du natif sera donc, pour ces éphémérides, le 3 novembre

Remarquons que :

6h 15 UT, soit 1/4 de jour environ, correspond à 3 mois environ (1/4 d’année), intervalle que nous trouvons effectivement entre le 5 mai et le 8 août, date anniversaire.

Les positions planétaires du 29 août 1984 à 0h correspondront donc pour le natif au 5 mai précédant son 21e anniversaire.

18h 15 MT, soit 3/4 de jour environ, correspond à 9 mois environ (3/4 d’année), intervalle que nous trouvons effectivement entre le 3 novembre et le 8 août.

Les positions planétaires du 28 août 1984 à midi correspondront donc pour le natif au 3 novembre précédant son 21e anniversaire.

Il est normal de trouver une différence de 6 mois entre une DLP pour 0h et une DLP pour midi, puisque 12 heures correspondent à 6 mois environ.

Note : l’année pour laquelle on lira la date correspondant au Temps Sidéral trouvé en 3. a peu d’importance. En effet, chaque jour, pour une heure déterminée, l’augmentation du Temps Sidéral est régulière (environ 4 minutes par jour). Au bout d’une année, le Temps Sidéral reprend à peu prés la valeur qu’il avait 365 jours auparavant.

Avec un peu de pratique, ces calculs se font rapidement. Il est conseillé toutefois d’utiliser la méthode fondée sur le Temps Sidéral, et non la relation «2 heures pour 1 mois», car les mois sont inégaux (de 28 à 31 jours).

Dauphin – Maison 2, TAUREAU

  • II = V de la X = Le fils du Roi
  • II = Les petits oiseaux, les tourterelles, les colombes, les pigeons, l’ensemble des animaux doux et inoffensifs

Dé – Maison 6, VIERGE

  • VI = Le dé en métal protecteur du doigt
  • VI = Petit cube à six faces

Débarras Maison 6, VIERGE

  • VI = L’atelier, l’appentis, l’abri de jardin, le bricolage, les placards dans la Maison

Débilité des planètes

Chaque signe astrologique possède des caractéristiques proches d’une planète, il est donc en analogie avec elle. Ainsi tous les signes sont gouvernés ou maîtrisés par une planète.

Par ailleurs, un signe peut être quelque peu compatible avec une autre planète sans que celle-ci le gouverne, et inversement, une planète peut avoir des valeurs éloignées d’un signe et son action devient plutôt négative ou peu présente si elle se trouve dans ce signe. En fonction de l’état de la planète, on dira ainsi qu’une planète se trouve en état de dignité ou de débilité. Six états sont possibles : le domicile (lorsque la planète se trouve dans le ou les signes qu’elle maîtrise), l’exil, l’exaltation, la chute et la trigonocratie. Le sixième état est dit pérégrin : une planète est pérégrine lorsqu’elle ne se trouve dans aucun signe particulier, c’est-à-dire sans être dans une des cinq situations précédentes. En dernier lieu, il faut savoir que les astrologues modernes ne s’accordent pas tous entre eux pour accorder une grande importance à ces dignités et débilités planétaires : il convient d’être prudent.

Domicile

Une planète placée dans le signe qu’elle maîtrise lors de la naissance du sujet sera dite en domicile ou en trône. Elle pourra donc exercer pleinement son rôle dans le thème et son action sera très positive.

Exil

En revanche, lorsqu’elle est dans le signe opposé de celui qu’elle gouverne, on dira qu’elle est en exil. Ainsi, son action deviendra négative, mal employée ou encore presque inexistante, affaiblie.

Exaltation

Une planète qui occupe un signe dont elle se sent proche bien qu’elle ne le maîtrise pas s’y trouvera en exaltation. Elle y puise de la force, de l’énergie et sera donc positive.

Chute

Si elle se situe dans le signe opposé, elle sera dite en chute. Donc à l’inverse de l’exaltation, son action perdra de la puissance, de l’importance.

Trigonocratie

Si elle se situe dans un signe de même élément que son domicile (sauf cas particulier), la planète est dite en trigonocratie : ses effets en sont légèrement renforcés et positif. Il s’agit d’une dignité mineure. La trigonocratie est parfois appelée « joie ».

Lorsque qu’une planète n’est dans aucun de ces quatre états (au sens strict, ou cinq en tenant compte de la trigonocratie), elle est dans un état dit pérégrin, c’est une planète pérégrine.

Dans deux cas sur trois (au sens strict), les planètes sont pérégrines, cela signifie que les aspects qu’elles effectuent avec les autres planètes ou angles du thème sont encore plus déterminants.

Une remarque importante convient d’être soulignée ici : de plus en plus, l’Astrologie moderne restreint l’influence de ces maîtrises pour accorder davantage d’importance aux aspects.

Les observations statistiques et la pratique montrent qu’une planète même en exil ou en chute pourra souvent parfaitement jouer un rôle sympathique si elle est bien aspectée.

La prudence est donc nécessaire lors de l’apprentissage de ces quatre ou cinq notions néanmoins importantes.

Voici la répartition de ces maîtrises :

Le Soleil : domicile en Lion, exaltation en Bélier, exil en Verseau, chute en Balance, trigonocratie en Sagittaire.

La Lune : domicile en Cancer, exaltation en Taureau, exil en Capricorne, chute en Scorpion, trigonocratie en Poissons.

Mercure : domicile en Gémeaux et en Vierge (également exaltation pour la Vierge), exil en Sagittaire et en Poissons (ainsi que chute pour les Poissons), trigonocratie en Balance et en Verseau.

Vénus : domicile en Taureau et en Balance, exaltation en Poissons, exil en Scorpion et en Bélier, chute en Vierge, trigonocratie en Gémeaux et en Verseau.

Mars : domicile en Bélier et en Scorpion, exaltation en Capricorne, exil en Balance et en Taureau, chute en Cancer, trigonocratie en Lion et Sagittaire.

Jupiter : domicile en Sagittaire et en Poissons, exaltation en Cancer, exil en Gémeaux et en Vierge, chute en Capricorne, trigonocratie en Bélier, Lion et Scorpion.

Saturne : domicile en Capricorne et en Verseau, exaltation en Balance, exil en Cancer et en Lion, chute en Bélier, trigonocratie en Taureau, Vierge et Gémeaux.

Uranus : domicile en Verseau, exaltation en Scorpion, exil en Lion, chute en Taureau, trigonocratie en Gémeaux et Balance.

Neptune : domicile en Poissons, exaltation en Lion (en Cancer selon les auteurs, parfois Sagittaire), exil en Vierge, chute en Verseau (en Capricorne, selon les auteurs, parfois en Scorpion), trigonocratie en Cancer et Scorpion.

Pluton : domicile en Scorpion, exaltation en Bélier (en Poissons selon les auteurs, parfois en Lion), exil en Taureau, chute en Balance (en Vierge, selon les auteurs, parfois en Verseau), trigonocratie en Cancer et Poissons.

Réception mutuelle
Quand une planète est dans le domicile d’une seconde planète, et que cette dernière est également dans le domicile de la première, on dit que les deux planètes sont en réception mutuelle. Par exemple un Soleil en Bélier et un Mars en Lion, ou une Vénus en Cancer et une Lune en Taureau etc. Cette configuration permet aux deux planètes, lorsque qu’elles sont en aspect favorable, de donner le meilleur d’elles-mêmes avec force.

Déboires – Maison 12, POISSONS

  • XII = les malheurs, les épreuves et les humiliations, les vexations.

Debout – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = L’acte, la droiture, la verticalité, l’immobilité

Début et fin  Maison 4, CANCER

  • IV = L’origine et la solution de toutes questions, le début de la vie

Débrouillard

Dominante Mercurienne, avec une teinte de MARS ou d’URANUS; BELIER, GEMEAUX, VIERGE ou VERSEAU à l’AS; MERCURE bien aspecté; significateurs intellectuels assez étoffés.

Début (d’une entreprise)

Selon les théories de l’Astrologie horaire on peut dresser un Horoscope de départ et faire en sorte que les significateurs en rapport avec la réalisation soient très bien placés et aspectés. Par exemple pour une initiative financière on placera JUPITER en II ou au MC ou à l’AS et on tiendra compte de la position de MERCURE qui est aussi un facteur de chance. Autant que possible il faudra que ce thème horaire soit en harmonie avec le Ciel natal.

Mais on ne sait pas encore au juste quelle est l’importance d’un tel Horoscope impersonnel et, sur le plan pratique, il est plus prudent de rechercher surtout des bonnes influences touchant le Thème personnel et comme les transits seuls ne paraissent pas suffisants pour provoquer de grands changements s’il s’agit d’une modification de la situation il faudrait rechercher à la fois une bonne direction et un bon transit en relation avec le changement ou l’initiative envisagée (Planètes en II pour les finances, ou dans le MC s’il s’agit de situation, en III ou IX pour les grands voyages etc; etc.). On considère également qu’une affaire qui débute sous la LUNE croissante aboutit mieux et plus rapidement.

Décan

Chaque signe astrologique est divisé en trois parties et chaque partie est appelé un décan. Le mot « décan » vient du grec « dekanoi » signifiant « séparé de dix jours ». Les grecs ont emprunté le mot des égyptiens, qui divisaient leur année en 360 jours. L’année égyptienne avait douze mois de trente jours chacun, et chaque mois était divisé en trois sections de 10 jours chacune. C’était ces sections de dix jours que les grecs appelaient dekanoi.

L’astrologie divise toujours le zodiaque en décan. Il y a douze signes dans le zodiaque et chacun des signes est divisé en trois décans. Vous pouvez vous imaginer chaque décan comme une chambre. Vous êtes né dans un certain signe, par exemple, le VERSEAU, qui consiste en trois chambres (décans). Dans quel chambre du VERSEAU êtes-vous né?

Le décan d’un signe ne change pas les caractéristiques de base de ce signe, mais cela raffine et individualise les caractéristiques générales du signe. Par exemple, si vous êtes nés dans le troisième décan du VERSEAU, cela ne change rien au fait que vous êtes un VERSEAU. Mais cela indique que vous êtes quelque peu différent et des caractéristiques spéciales de ceux qui sont VERSEAU du premier ou deuxième décan.

Les 360° du Zodiaque se divisent en 36 zones égales ayant chacune 10° et appelées «décans». Chaque décan est placé sous l’influence d’une planète et du signe dans lequel il se trouve. Par exemple, le 1er décan du BELIER est dominé par MARS, le 2e par le SOLEIL, le 3e par VENUS. Lorsqu’une planète se trouve par exemple dans le 3e décan, elle reste influencée par le BELIER, mais prend également une sous-influence vénusienne, puisque VENUS gouverne ce 3e décan. Le graphique zodiacal qui figure au mot carte du ciel indique la disposition des 36 décans et aussi la disposition des «faces» ou «termes» qui sont d’autres divisions encore plus petites que le décan. Les «termes» ont une étendue irrégulière, les uns valent 3°, les autres 8°. Par exemple, les 6 premiers degrés du BELIER sont le «terme de JUPITER», les 8 suivants sont le «terme de VENUS», les 7 suivants le «terme de MERCURE» et ainsi de suite. Quand une planète se trouve dans son «décan» ou dans son «terme» Son action en est renforcée. Voici quelques données interprétatives sur chaque décan.

BELIER

1er Décan : Enthousiasme, ardeur, impulsion. Parfois vengeance. Décan de l’activité.

2e Décan : Magnanimité, amour du pouvoir, influence personnelle, aptitude au commandement. C’est le décan de l’EXALTATION.

3e Décan : Les énergies sont souvent orientées dans une direction religieuse ou philosophique. Spiritualisme, décan de la propagande.

TAUREAU

1er Décan : Timidité, souvent trop de souci des richesses, tendances médiumniques, peut acquérir des pouvoirs magiques. Décan de la détermination.

2e Décan : Fixité dans les objectifs, semble favorable à la production littéraire et artistique. Possibilité de succès en politique. Décan de la lutte.

3e Décan : Semble conférer de remarquables aptitudes au point de vue évolution, initiation, si le sujet triomphe des limitations physiques. Ce serait le décan de la maîtrise.

GEMEAUX

1er Décan : Il semble favoriser les géants intellectuels, particulièrement favorable à l’assimilation, les déductions sont faciles. Décan de l’intuition.

2e Décan : Fidélité envers les hommes et envers l’idéal. Obéissance à la voix de la conscience.

3e Décan : Grande intelligence mais tendance à l’égocentrisme si le sujet ne cultive pas l’idéalisme. Décan de la raison.

CANCER

1er Décan : Émotion, intrigue. En raison de la sensibilité conférée par ce décan : aptitudes poétiques et dramatiques. C’est le décan des caprices.

2e Décan : De l’énergie, de la ressource, de l’émotion, ce qui peut conduire à des réalisations remarquables, aptitudes médiumniques. Décan de la révélation.

3e Décan : Inquiétude, mécontentement, amour du foyer, curiosité, amour de la nature et de ses secrets. Décan de la recherche.

LION

1er Décan : Décan de la fougue aimante qui, convenablement canalisée, peut faciliter le succès. Tendance à passer d’un extrême à l’autre. Décan du commandement.

2e Décan : Fait ressortir les tendances philosophiques et religieuses. Courage des opinions, don pour discerner la faiblesse des courants politiques ou religieux. Le sujet trouve facilement des partisans grâce à l’aptitude à convaincre. Décan de la réforme.

3e Décan : Amour du pouvoir combiné avec les qualités de meneur d’hommes. Aptitudes à rendre de grands services. Décan de l’ambition.

VIERGE

1er Décan : L’assimilation portée au suprême degré; esprit en perpétuelle activité. Décan de l’achèvement.

2e Décan : Aptitudes pour entreprendre des travaux gigantesques surtout au point de vue expérimental. Aptitudes diplomatiques. Le décan de l’expérience.

3e Décan : semble surtout prédisposer au travail pour autrui. Décan de la renonciation.

BALANCE

1er Décan : Énergie créatrice de pionniers, dans le domaine de l’association humaine. Les sujets influencés par ce décan ne doivent jamais rechercher la retraite. Décan de la politique.

2e Décan : De nombreuses oppositions que les sujets doivent surmonter. Liberté de pensée et d’action, révolte contre la contrainte. Militants de mouvements sociaux. Décan de l’indépendance.

3e Décan : Encore des tendances aux contacts avec le monde extérieur. Aptitudes littéraires et artistiques. C’est cependant un décan dangereux parce qu’il se trouve dans le voisinage du signe de la mort. C’est le décan de l’expiation.

SCORPION

1er Décan : Les fortes impulsions sexuelles. énergie créatrice, abondant magnétisme vital d’où aptitudes naturelles à guérir. Décan de l’abondance des ressources.

2e Décan : Ordinairement de forts caractères soit en bien, soit en mal. Passions vivaces, mais vient un temps où les sujets sont appelés à sacrifier la partie animale d’eux-mêmes. Décan de la responsabilité.

3e Décan : Il révèle la puissance sexuelle et quand celle-ci est sublimée elle porte l’âme au plus haut sommet de la perfection physique et mentale; émotions intenses et idéalisme. C’est le décan du talent.

SAGITTAIRE

1er Décan : Porte à la perfection religieuse et peut permettre d’atteindre à la «conscience cosmique». La religiosité n’a pas besoin d’être empreinte d’orthodoxie, mais peut s’exprimer par l’amour pour toutes les créatures vivantes. C’est le décan de la piété.

2e Décan : Instinct migrateur, instinct de pionnier. Esprit toujours prêt au nouveau, amour des recherches physiques, mentales, spirituelles, grande activité. C’est le décan de l’exploration.

3e Décan : Haute intellectualité quand les tendances sportives ont subi une transmutation. Aptitudes synthétiques, aptitudes à communiquer à autrui les connaissances. Le plus haut état de la conscience dans l’humanité incarnée. C’est le décan de l’illumination.

CAPRICORNE

1er Décan : Annonciateur, précurseur de meilleures conditions. Aptitudes organisatrices et réalisatrices de systèmes, que ce soit en affaires, que ce soit dans la politique. Décan de l’organisation.

2e Décan : Les sujets de ce décan sont des travailleurs infatigables s’ils fixent leur esprit sur un but précis. Ils savent tirer parti de l’ambiance. Ils sont persistants et parfois capables de se sacrifier dans l’intérêt de l’évolution universelle. C’est le décan du martyre.

3e Décan : Aptitude à saisir l’idéal et à l’exprimer en forme concrète. Imagination puissante, labeur intense. Décan de l’idéalisme.

VERSEAU

1er Décan : Le sujet a tendance à suivre ses propres idées, il est exceptionnel par sa plénitude de connaissances, par ses aptitudes inventives. Tendances à progresser. Décan de l’originalité.

2e Décan : Aptitudes à quitter le corps matériel et à voyager sous forme astrale dans le monde hyperphysique, d’où aptitudes naturelles à obtenir des informations provenant de source invisible. Ressources inépuisables de l’imagination. Décan de l’inspiration.

3e Décan : Symbolise la tendance à contracter mariage pour d’autres motifs que ceux de pur sentiment ou bien tendance à renoncer tout à fait à l’amour, mais dans ce cas le sujet risque d’être consumé par son énergie dirigée en sens inverse. Ces sujets doivent rechercher une association harmonieuse avec une âme sœur de l’autre sexe. C’est le décan de la répression des désirs.

POISSONS

1er Décan : Tendance au mysticisme, facultés psychiques; souvent aptitude à la voyance et à l’interprétation ésotérique de tous les phénomènes. C’est le décan de la vérité.

2e Décan : Vie pleine de restrictions et de limitations souvent assumés volontairement. Les sujets sont impressionnés par les choses spirituelles, souvent appelés à remplir sur TERRE une importante mission spirituelle. Cherchent à alléger les maux physiques et moraux des autres. Décan du sacrifice de soi.

3e Décan : Multiplicité des carrières. Ce décan semble en quelque sorte une récapitulation des autres. Les sujets sont adaptables à l’extrême; atteignent leur plus grande valeur dans les recherches psychiques. C’est le décan des vicissitudes.

Ces indications seront à prendre en considération lorsque le décan sera occupé par le SOLEIL, par l’AS ou la LUNE. (Il y aura donc trois décans à étudier dans chaque thème, celui du SOLEIL, de la LUNE et de l’AS).

Chaque décan a une constellation dans le ciel qui la représente. Ces constellations ont des significations mystiques spéciales qui ajoute une qualité unique de votre décan.

Finalement, chaque décan a une régent planétaire bien spécifique, parfois appelé un sous régent car il ne supplante pas le régent du signe. Le sous régent peut seulement améliorer ou ajouter des caractéristiques bien distinctes à ce décan. Par exemple, le signe du VERSEAU est régit par URANUS, mais le troisième décan est sous régit par VENUS. L’influence de VENUS, le sous régent, combinée à l’autorité générale d’URANUS transforme ainsi le troisième décan du VERSEAU différemment de tous les autres décans du zodiaque.

Signes astrologiques Décan Dates Mot-clé Sous-régent
BELIER 1er 21/03 – 31/03 Inspiration MARS
BELIER 2e 01/04 – 10/04 Innovation SOLEIL
BELIER 3e 11/04 – 19/04 Prévision JUPITER
TAUREAU 1er 20/04 – 30/04 Acquisition VENUS
TAUREAU 2e 01/05 – 10/05 …valuation MERCURE
TAUREAU 3e 11/05 – 20/05 Détermination SATURNE
GEMEAUX 1er 21/05 – 31/05 Ingénuité MERCURE
GEMEAUX 2e 01/06 – 10/06 Union VENUS
GEMEAUX 3e 11/06 – 20/06 Raison URANUS
CANCER 1er 21/06 – 30/06 Réceptivité LUNE
CANCER 2e 01/07 – 11/07 Intensité PLUTON
CANCER 3e 12/07 – 22/07 Empathie NEPTUNE
LION 1er 23/07 – 01/08 Expression personnelle SOLEIL
LION 2e 02/08 – 12/08 Expansion JUPITER
LION 3e 13/08 – 22/08 Créativité MARS
VIERGE 1er 23/08 – 01/09 Analyse MERCURE
VIERGE 2e 02/09 – 12/09 Efficacité SATURNE
VIERGE 3e 13/09 – 22/09 Discrimination VENUS
BALANCE 1er 23/09 – 02/10 Magnétisme VENUS
BALANCE 2e 03/10 – 13/10 Endurance URANUS
BALANCE 3e 14/10 – 22/10 Ordre MERCURE
SCORPION 1er 23/10 – 01/11 Intégrité PLUTON
SCORPION 2e 02/11 – 11/11 Régénération NEPTUNE
SCORPION 3e 12/11 – 21/11 Clarification LUNE
SAGITTAIRE 1er 22/11 – 01/12 Honnêteté JUPITER
SAGITTAIRE 2e 02/12 – 11/12 Courage MARS
SAGITTAIRE 3e 12/12 – 21/12 Intuition SOLEIL
CAPRICORNE 1er 22/12 – 31/12 Responsabilité SATURNE
CAPRICORNE 2e 01/01 – 10/01 Justesse VENUS
CAPRICORNE 3e 11/01 – 19/01 Honneur MERCURE
VERSEAU 1er 20/01 – 29/01 Connaissance URANUS
VERSEAU 2e 30/01 – 08/02 Franchise MERCURE
VERSEAU 3e 09/02 – 18/02 Association VENUS
POISSONS 1er 19/02 – 29/02 Imagination NEPTUNE
POISSONS 2e 01/03 – 10/03 Compassion LUNE
POISSONS 3e 11/03 – 20/03 Action PLUTON

Décès – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La mort, les héritages
    XII = Les morts mystérieuses, la disparition de personnes, la mort énigmatique

Décence

Luminaires en bon aspect avec JUPITER et VENUS;

MARS relativement faible et sans Dissonances avec les Bénéfiques ou les Luminaires.

Décision

JUPITER et MARS bien aspectés, AS dans un signe de FEU. Significateurs intellectuels assez puissants. MARS dans le TAUREAU.

Décharge – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les ordures, la poubelle, le dépotoir, le vide ordure.
  • VIII = La décharge végétale, le compost, le fumier, la décomposition

Déchéance – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’oubli de soi, la perte de conscience, les régressions, les envahissements émotionnels, la perdition, les troubles mentaux, la marginalité

Déchet – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les excréments, l’urine, sueur, les ordures ménagères, les éliminations, les évacuations

Déchirer – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Mordre, dévorer, trancher, les déchirures, la destruction

Décision – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = L’agir, le passage à l’acte, la responsabilité
  • X = Le décideur, le P.D.G; d’entreprise

Déclin – Maison 4, CANCER

  • IV = La fin des choses, déclin, perdre ses forces, le début et la fin des choses
  • IX = IV de la VI = La fin d’une activité.
  • X = IV de la VII = La fin d’un contrat.
  • III = IV de la XII = La fin d’un film.
  • VI = IV de la III = La fin d’un roman

Déclin (d’une Destinée ou d’une entreprise)

Il se plus souvent quand le MC se trouve, par directions et transits, ment affligé par les Luminaires ou les Maléfiques. Également, quand le maître du MC entre par directions en Maison XII et, par extension, dans les autres Maisons cadentes.

Déclinaison

C’est la distance Nord ou Sud d’une planète par rapport au plan de l’équateur céleste. La déclinaison ressemble donc à la latitude céleste, mais se mesure depuis l’équateur et non depuis l’écliptique. La déclinaison se trouve indiquée dans les éphémérides; elle pourrait cependant se calculer en connaissant la longitude et la latitude d’un astre, mais pratiquement on n’effectue presque jamais un tel calcul. La déclinaison sert à déterminer les aspects appelés «parallèles de déclinaison» qui se produisent quand deux astres ont la même déclinaison, Nord ou Sud, à 1 ou 2° près. Les degrés du Zodiaque possèdent aussi leur déclinaison et des tables spéciales l’indiquent pour chaque degré de longitude. Voir au mot AR. Les six premiers signes du Zodiaque ont une déclinaison Nord, les six autres une Dec. Sud. La latitude des planètes augmente ou diminue leur Dec. par rapport à la Dec. du degré de l’écliptique qu’elles occupent.

Décomposer – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La fermentation, les transformations, le terreau

Décontracter – Maison 5, LION

  • V = Les loisirs, la récréation, la fête, le spectacle, la décontraction, les vacances

Décor – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Le voisinage
  • III = IV de la XII = Les lieux tournage d’un film

Décoration – Maison 5, LION

  • V = L’aménagement intérieur, les œuvres d’art
  • V = Les honneurs, l’estime, la réputation, les médailles, la reconnaissance

Il y a possibilité de décorations ou de distinctions honorifiques lorsque JUPITER ou le SOLEIL sont bien disposés par rapport au MC. Dominante harmonieuse : SOLEILJUPITER, SOLEILLUNE, LUNEJUPITER. Cette distinction échoit généralement quand JUPITER passe sur le MC par transits ou directions.

Découragement – Maison 12, POISSONS

  • XII = La tristesse, baisser les bras, l’abandon

(Pessimisme). – Dominante Maléfique LUNESATURNE; SATURNEMERCURE; mauvais aspects entre ces mêmes planètes, MARS très faible et affligeant l’AS ou les planètes précitées; SATURNE formant également de mauvais aspects.

Découvrir – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Mettre en lumière, partir en voyage
  • IX = Les découvreurs, les aventuriers, les navigateurs, les pionniers

Décroissance. – Voir Croissante.

Décrypter – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les traductions, le déchiffrage, le décodage, les langues étrangères, les langues mortes

Dédale – Maison 6, VIERGE

  • VI = La ficelle, la corde, le fil d’Ariane
  • VI = Le labyrinthe

Dedans – Maison 4, CANCER

  • IV = XII de la V = A l’abri de la lumière, dans la Maison, à l’intérieur, chez soi, la vie intime.
  • IV = La vacuité, le vide, l’intériorité, le silence nocturne

Déduction – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les conséquences tirées d’un raisonnement, l’intelligence rationnelle, la compréhension méthodique

Déduction. – Conséquence tirée d’un raisonnement. L’astrologue procède presque toujours par déduction ou par analogie, en ce sens qu’il se base sur certaines positions planétaires et en suppute les conséquences probables. Dans la pratique, et surtout pour les astrologues ayant de l’expérience, ce travail de déduction se trouve souvent facilité par une sorte d’intuition consciente ou inconsciente. On doit faire preuve de sens critique dans les déductions et avoir soin de ne pas s’écarter des données qui servent de point de départ. Si, par exemple, on doit juger des effets probables d’un mauvais aspect entre deux planètes, il faut avoir soin de rattacher cet effet à la nature des deux planètes en cause et à celle des Maisons d’où partent les aspects. Par exemple, une quadrature entre la LUNE et le SOLEIL, entre la I et la IV, provoquera des ennuis se rapportant aux choses signifiées par la LUNE ou le SOLEIL :santé surtout, famille, à cause de la Maison IV, mais il ne faudra pas conclure qu’un tel aspect indique, par exemple, veuvage, sous prétexte que la LUNE représente l’épouse par analogie. Pour qu’un tel aspect affecte le mariage, il faudrait que la LUNE ou le SOLEIL fût en Maison VII, ou maître de VII. Il faut surtout faire preuve de sens critique dans les déductions concernant les directions et éviter d’attribuer un événement néfaste à n’importe quel mauvais aspect. L’événement annoncé doit toujours rester en harmonie avec la nature même de l’aspect et avec son importance. Il serait téméraire d’attribuer un accident à une dissonance se produisant entre le maître de II et le maître de XI, entre le maître de IV et le maître de X, etc; alors qu’on peut l’attribuer à une dissonance entre les significateurs de la vie et les Maléfiques.

Déduire – Maison 6, VIERGE

  • VI = La soustraction, la division, ôter, les diminutions

Défaut

Dans l’horoscope, les défauts sont indiqués par les Dissonances qui affectent l’AS, et les planètes ASCENDANTes ou gouvernantes, on doit cependant tenir compte également des principaux aspects Maléfiques du thème quelle que soit leur position (voir l’interprétation des aspects). Les défauts de chaque Planète dans la rubrique qui lui est consacrée.

Défense – Maison 7, BALANCE

  • VII = Le combat, la défense du territoire, la légitime défense
  • VII = V de la III = Défendre sa cause, se défendre.
  • IX = Les avocats, les hommes de loi.

Défiant

AS ou SOLEIL dans le TAUREAU, le CANCER, le ou le SCORPION.

Défilé de mode – Maison 5, LION

  • V = Le carnaval, la retraite aux flambeaux, les salons de mode

Défilé – Maison 5, LION

  • V = III de la III = Un couloir étroit, un passage impressionnant et dangereux.

Définition – Maison 6, VIERGE

  • VI = Décrire un phénomène, le déploiement de l’intelligence analytique

Dégât – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les dommages occasionnés par une cause violente, la destruction

Degré – Maison 6, VIERGE

  • VI = Le sens de la hiérarchie, les échelons, les progressions méthodiques, les marches, les grades, les étapes

Voici les degrés les plus intéressants de chaque Maison Ne pas confondre ces degrés (30° partie de la Maison) avec les degrés de longitude.

Maison I. – 1° personnalité; 4° cerveau; 7° mémoire; 10° fortune ou revers; 13° profession; 22° mariage et ses conditions; 28° marques sur le corps ou la figure; 29° accidents ou blessures.

Maison II. – 5 premiers degrés : argent hérité; 7° perte générale par la faute du sujet; 8° gain par mariage ou association; du 10 au 15° prospérité ou adversité en général; 22° maladies du cou et des épaules.

Maison III. – 7° petits voyages des hommes; 13° accidents ou sûreté dans les petits voyages; 15 à 20° tracasserie des parents.

Maison IV. – 1 à 4° le père ou la mère; 14° la fin de toute entreprise; du 20 au 25° ville, résidence de naissance. 28° condition de la vie après 50 ans.

Maison V. – Du 13 au 19° enfants, spéculations, plaisir qu’on prend, paris; 20° condition du coeur, du dos et des poumons; 21° enfants; 22° accidents en cherchant le plaisir. 27-28° si on aura ou non des enfants.

Maison VI. – 1 à 5° maladies et leur genre; 17 à 20° accidents graves.

Maison VII. – 1 à 10° le conjoint; 11° l’entente; 12° condition du conjoint; 20 à 24° ennemis publics; 26 à 30° entreprises en associations, le bon et le mauvais qu’on en tire.

Maison VIII. – 8 à 10° conditions de la mort; 19 à 24° génitale, rectum, matrice, vessie; 25° testament.

Maison IX. – 1 à 4° longs voyages et sûreté; 5° de même, mais sans Sûreté. 11 à 15° livres, science, inclination à être honnête ou non.

Maison XI. – 16° qualité et genre d’amis; 17° description des amis. 25° richesses des amis.

Maison XII. – 1 à 7° la misère, les ennemis publics et la sédition; 8 à 10° les prisons, noyades; 26° tendances du sujet; 28° sorcier ou sorcière.

Degré (°)

C’est la 360e partie d’un cercle. Il est subdivisé en 60 minutes d’arc (‘) et une minute d’arc est elle-même subdivisée en 60 secondes d’arc (« ). Le degré mesure les angles.

Chaque année, dans son mouvement apparent, le SOLEIL à parcourt les 12 signes du zodiaque (de trente degrés chacun), son chemin est appelé écliptique. La longitude donne (en degrés et a partir du point vernal) la position des planètes sur l’écliptique.

Vues de la TERRE, les planètes zigzaguent le long de l’écliptique, elles dévient parfois un peu au Nord, parfois un peu au Sud. La distance Nord ou Sud d’une planète par rapport a l’écliptique se nomme latitude.

La position des planètes peut être donnée par rapport a l’Équateur céleste. Leurs coordonnées sont alors appelées Déclinaison et Ascension droite. Seule la déclinaison est donnée en degrés, l’Ascension droite est généralement exprimée en heures.

En géographie, on se sert des degrés pour déterminer la position exacte d’une ville ou d’un lieu à la surface de la TERRE. La latitude est calculée a partir de l’Équateur terrestre jusqu’aux Pôles, dont la latitude est de 90 degrés Nord ou Sud.

La longitude, qui est mesurée le long de l’Équateur terrestre a partir du méridien de Greenwich, est donnée soit en degrés et minutes d’arc, soit en heures et minutes.

Degrés critiques

La LUNE met environ 27 jours 1/2 pour parcourir le zodiaque (360°), soit environ 13° par jour. Les degrés critiques marquent la position de cette avance journalière de la LUNE é a partir du point vernal (0° BELIER) et représentent aussi la division des 28 Maisons lunaires, vestige de l’Astrologie lunaire des Anciens. Ainsi, en commençant au degré zéro du BELIER, sa course finira au 13e degré à la fin du premier jour, au 26e degré le deuxième jour, et ainsi de suite. Il en résulte que les degrés critiques sont.

  • Signes cardinaux : 0°, 13°, 26°

BELIER, CANCER, BALANCE, CAPRICORNE

  • Signes fixes : 9° et 21°

TAUREAU, LION, SCORPION, VERSEAU

  • Signes mutables : 4° et 17°

Gemmaux, VIERGE, SAGITTAIRE, Poisson

Comme il a été mentionné au chapitre 6, une planète à 2 ou 3 degrés de l’un de ces points influence plus qu’ordinaire. Cette influence tend à augmenter la force d’une EXALTATION et à accentuer la faiblesse d’une chute ou d’un exil. Elle accroît aussi la force des aspects de cette planète.

Déguisement – Maison 5, LION

V = Les maquillages, les spectacles, les vêtements

Dégustation – Maison 2, TAUREAU

  • II = La bouche, les papilles gustatives, le palais.
  • II = Goûter les bonnes choses, la cuisine du terroir, les bons vins, les restaurants gastronomiques

Dehors – Maison 7, BALANCE

  • VII = VII de la I = Devant la porte, hors de chez soi, à la limite de ses possibilités

Délation – Maison 1 2, POISSONS

  • XII = La lâcheté, la fuite, les actions anonymes

Délicatesse – Maison 7, BALANCE

  • VII = V de la III = L’élégance des mouvements, les belles manières, le raffinement, la politesse, la noblesse, la grâce

Dominante VENUSLUNE; LUNEJUPITER ou VENUSJUPITER. Pas de Dissonances sérieuses sur les significateurs du caractère, bons aspects entre les Bénéfiques et les Luminaires. NEPTUNE trigone au SOLEIL.

Délire – Maison 12, POISSONS

  • XII = La folle, l’agitation émotionnelle, les Maisons de repos, la psychanalyse

Délivrance – Maison 3, GEMEAUX

  • III = IV de la XII = La fin d’un enfermement, la sortie de prison.

Démangeaisons

MARS dans le CAPRICORNE

Démarche

Il faut effectuer une démarche importante quand le significateur s’y rapportant est bien placé. C’est ainsi que les démarches pour obtenir des protections influentes, ou des protections amicales, devront être faites sous de bons aspects du maître XI avec JUPITER ou les Luminaires. Il est également conseillé de choisir de préférence la LUNE croissante. Quand il s’agit d’une démarche exceptionnelle, on peut dresser un thème complet et le comparer avec le thème radical, en modifiant successivement le jour et l’heure jusqu’à ce que la comparaison se révèle harmonieuse; on fait dans ce cas une «élection» (VCM).

Déménager – Maison 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Le changement d’adresse, une Maison en mouvement

Déménagement

Il a lieu souvent lorsqu’une planète importante passe sur la pointe de la Maison IV, par transit ou direction, ou bien, quand une planète importante aspecte le maître de IV ou tout astre corporellement présent dans cette Maison. Si nous avons affaire à un aspect harmonique, et si la Maison IV radicale est bien disposée, le déménagement sera agréable ou avantageux. Le contraire si nous sommes en présence de Dissonances. Il y a tendance à changer fréquemment de résidence si la Maison IV est dans le CANCER, ou dans un signe mutable et que la LUNE se place parmi les planètes dominantes. SATURNE doit être faible et sans rapport précis avec la IV.

Démence – Voir Folie

Démocratie – Maison 4, CANCER

  • IV = La foule, le plus grand nombre, la loi du plus grand nombre, l’assemblée

Démocratiques (tendances)

Les signes d’autorité doivent être absents et JUPITER relativement faible et en relation avec la LUNE très puissante; Le SOLEIL peu puissant; AS dans les signes de la VIERGE, des POISSONS ou de la BALANCE

Démolir – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La destruction, casser, abattre, saccager

Denier du culte – Maison 2, TAUREAU

  • X = II de la IX = Le denier du culte

Dénoncer – Maison 12, POISSONS

  • XII = V de la VIII = La délation, les traîtres et les actes malfaisants

Dénouement

Pour être renseigné sur le dénouement, le résultat d’une entreprise quelconque, il faut consulter la Maison IV et évaluer les indices favorables et les indices contraires d’après la méthode d’interprétation préconisée plus loin, une affaire commencée par exemple avec JUPITER en IV se dénouera heureusement si c’est MERCURE et la LUNE, rapidement, et si c’est SATURNE, après de nombreux retards et avec des déboires, etc. Il est évident que le thème du point de départ est indispensable.

Dense – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = Épais, massif, compact, consistant, dur, résistant

Dents – Maison 2, TAUREAU

  • II = La mastication, la mâchoire, la rumination
  • SATURNE EN CHUTE dans le BELIER = mauvais dents

Voir Carie.

  • SATURNE dans le TAUREAU, carie des dents de la mâchoire inférieure.
  • SATURNE par action réflexe dans la BALANCE
  • SATURNE dans le BELIER, carie tartre

Dentier – Maison 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = L’imitation de dent, les fausses dents.
  • II = Les dents, la dentition, mastiquer, les mâchoires

Dentiste

Aptitudes médicales, mais en plus des aspects entre MARS et MERCURE pour conférer l’adresse.

Départ

On peut donner, au sujet d’un départ, les mêmes conseils que pour une démarche. Choisir de bons aspects entre les significateurs des voyages et les Bénéfiques ou Luminaires

Dépendant – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les subordonnés

Dépense (tendance à la)

AS dans le BELIERSOLEIL ou MARS ou JUPITER en Maison II, quels que soient leurs aspects; les mêmes gouvernant la II, surtout s’ils sont mal aspectés. La nature des dépenses peut se déduire d’après la nature des planètes et des aspects, par exemple, le SOLEIL indiquera des dépenses se rapportant à des objets de luxe, à un genre de vie au-dessus de ses moyens; JUPITER indiquera des dépenses dues à des déceptions légales, ou bien ayant pour but la conquête de distinctions honorifiques, la recherche de la gloriole; MARS des dépenses impulsives se rapportant surtout, de nos jours, aux spéculations ou achats d’engins mécaniques; VENUS dans un thème masculin, des dépenses à cause de femmes, etc

Dépenser – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Payer, régler les factures, gaspiller son argent

Déplacements – Maison 3, GEMEAUX

  • III = les déplacements, les petits voyages.

Dépotoir – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Les ordures, la poubelle, les décharges, le vide-ordures

Dépouiller – Maison 12, POISSONS

  • XII = La nudité, les sans domicile fixe, les abandonnés

Dépression – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La mort psychologique, les difficultés psychiques, la déprime, le perte des repères
  • JUPITER par action réflexe dans le BELIER

Député – Maison 11, VERSEAU

  • XI = Les parlementaires, les ministres, les élus

Dérision – Maison 8, SCORPION

  • VIII = L’humour noir, l’ironie, les mots vexants
  • VIII = Les humoristes.

Dérisoire – Maison 12, POISSONS

  • XII = Les petits riens, une bagatelle.

Descendant

Parfois on appelle ainsi la Maison VII; on dit par exemple : JUPITER placé au descendant indique.

Descendant

Opposé de l’ASCENDANT. C’est le point du zodiaque qui se couche à l’horizon Ouest. Il est ainsi appelé parce que c’est à partir de ce point que les corps célestes commencent leur descente vers le Fond du Ciel. Le descendant correspond à la pointe de la Maison 7.

Descendre – Maison 4, CANCER

  • IV = Aller en bas, la cave, le souterrain, le tunnel
  • IV = La tombe, la sépulture, le cimetière

Déséquilibre

MARSURANUS en MA, les mêmes en affliction avec JUPITER, – dominante inharmonieuse – prédominance trop accentuée d’une planète, d’un signe ou d’un «élément» (FEU, TERRE, etc.)

Désert – Maison 12, POISSONS

  • XII = Le pays des ermites et des nomades, l’exil, la retraite
  • V = La forte chaleur, le plein SOLEIL, le désert brûlant

Désespoir – Maison 6, VIERGE

  • VI = VIII de la XI = Perdre espoir, le scepticisme, le doute, la perte de complicité.
  • XII = La tristesse, le spleen, la mélancolie

Pour qu’il soit possible, il faut que l’imagination soit très puissante et qu’elle soit viciée par le découragement et le pessimisme (Dissonances LUNESATURNE, dominante LUNESATURNE); de plus MARS et le SOLEIL doivent être faibles et mal disposés.

Déshonneur – Maison 8, SCORPION

  • VIII = IV de la V = Perte sa dignité, la mauvaise réputation, la honte

Désintéressement

Prédominance des signes d’TERRE, SATURNE n’intervenant pas au point de vue financier, et la Maison II ne se trouvant pas dans un signe de TERRE. Bons aspects de MARS avec les Bénéfiques ou Luminaires; AS dans un signe de FEU.

Désir – Maison 1, BÉLIER

  • I = L’envie de faire, de jouir de tous les possibles, vivre sa vie

Désordre – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Le manque d’organisation, le fouillis, l’agitation

Quand JUPITER et SATURNE et URANUS sont fortement affligés et faibles. MARS et LUNE assez puissants.

Despote – Maison 5, LION

  • V = Les tyrans, le pouvoir absolu et arbitraire, les dictateurs, la prise de pouvoir par la violence

Dessert – Maison 2, TAUREAU

  • II = Les pâtisseries, les crèmes, les gâteries sucrées, les laitages

Dessin – Maison 3, GEMEAUX

  • III = L’habileté, le graphisme, les affiches et les poster

Dessous – Maison 4, CANCER

  • IV = En bas, la cave

Dessous de table – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La fraude, l’argent au noir, les détournements d’argent

Dessus – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = En haut, au premier étage

Destinée – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = La roue de la vie, le destin

Elle est influencée principalement par le MC et les planètes qui s’y trouvent, ou qui l’influencent. Dans le langage astrologique on dit parfois par destinée régie par JUPITER, destinée régie par VENUS, etc.,, quand le MC occupe le domicile de ces planètes. Il ne faut cependant pas se contenter de l’étude du MC pour porter un jugement sur le destin d’une personne, il faut faire la synthèse du thème.

En adoptant la méthode de la dominante, que nous préconisons dans ce livre, on parvient le plus souvent à se faire une idée assez exacte du destin du né. Dans les très grandes lignes on peut dire que le destin est favorable si les Bénéfiques dominent, et s’il existe de bons rapports entre les Luminaires ou les Bénéfiques et les angles du thème. La destinée est plutôt malheureuse quand les Maléfiques régissent les Maisons principales et sont mal disposés. Nous donnons plus loin l’influence de chaque planète et de chaque signe au point de vue destin. Il faut remarquer que SATURNE en Maison X n’empêche pas toujours l’essor du destin, et on pourrait citer de nombreux exemples, mais l’élévation est généralement suivie d’une chute verticale et fatale.

Quand les quatre planètes massives : SOLEIL, JUPITER, SATURNE, URANUS sont réparties de manière à former à peu près une croix, elles constituent un indice de solidité, de durée, car elles s’équilibrent parfaitement. Par contre, d’après le même auteur, le destin est souvent précaire quand toutes ces planètes sont rassemblées d’un même côté de la carte.

Destruction – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La mort, la violence, les impulsions instinctives
  • VIII = La ruine, la faillite, les écroulements.

Détachement – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La lucidité, la vengeance froide, l’intelligence qui scrute et qui dénonce, la perte d’identité

Détail – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les petites choses, les habitudes, la routine insignifiante

Détective – Maison 12, POISSONS

  • XII = La police secrète, les espions

Signes du SCORPION et des POISSONS très importants. MERCURE dans le TAUREAU (selon certains). Maison XII avec de bons aspects; MERCURE en bon aspect avec les Luminaires, VENUS ou JUPITER. significateurs intellectuels très brillants du point de vue raisonnement et imagination.

Détente – Maison 5, LION

  • V = Les loisirs, la décontraction, la fête, se relâcher

Détenu – Maison. 12, POISSONS

  • XII = Les prisons, les détentions

Déterminer – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = L’autorité, la persévérance, l’esprit de décision

Détresse – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’appel au secours, le désarroi, le sentiment d’abandon

Dettes – Maison 12, POISSONS

  • XII = La confusion, la perte des repères
  • I = XII de la II = Les dettes d’argent, les rumeurs d’endettement.
  • III = XII de la IV = L’endettement de la famille.

C’est la Maison XII qu’il faut consulter pour être renseigné à leur sujet. On se prononce d’après la nature des signes, planètes et aspects se reliant à cette Maison.

Deuil – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La mort, les héritages

Les deuils familiaux surviennent très souvent quand les Maléfiques parviennent, par direction, en MA avec les maîtres de X ou de IV ou, encore, avec les significateurs par analogie des parents (SOLEIL et SATURNE pour le père, LUNE et VENUS pour la mère), enfin lorsqu’une planète, passant en Maison IV, afflige par directions les significateurs précités. La Maison IV influence principalement le père, la Maison X la mère, mais, les auteurs ne sont pas complètement d’accord à ce sujet.

Pratiquement on constate fréquemment la mort du père quand le maître de X ou de IV, indifféremment, est affligé. De même pour la mère.

Deux heures du matin-  Maison 3, GEMEAUX

  • III = De minuit à deux heures du matin

Deux roues – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Les bicyclettes, les motocyclettes, les scooters, les vélos

Devant – Maison 11, VERSEAU

  • XI = L’avenir, le futur, ce qui est devant nous

Devoir – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les devoirs scolaires, les obligations sociales

Le né aura le sentiment du devoir quand JUPITER sera puissant et en aspect avec les significateurs du caractère.

Dévorer – Maison 8, SCORPION

  • VIII = Mordre, manger avec avidité, les ogres et les ogresses

Dévot – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La religion, les religieux, les croyants

Dévouement – Maison 5, LION

  • V = Le don de soi, la générosité, avoir le cœur sur la main

AS dans la VIERGE, les POISSONS, le SCORPION ou le LION; dominante LUNEJUPITER, VENUSJUPITER. planète gouvernante en Maison XII; nombreuses planètes en XII. VENUS dans la VIERGE ou en Maison I.

Dextérité

  • MERCURE-MARS en BA. (Voir Adresse)

Dextrogyre

Le mouvement dextrogyre est celui qui s’effectue vers la droite, dans le sens des aiguilles d’une montre. Quand on analyse un thème d’après la méthode du colonel Caslant, on doit parcourir le cercle dans le sens destrogyre et dans le sens contraire senestrogyre.

http://www.astroariana.com/Ptolemee-et-l-erreur-des-Maisons.html

Diabète : JUPITER

  • JUPITER par action réflexe dans la BALANCE
  • JUPITER dans le BELIER

Dialecte – Maison 6, VIERGE

  • VI = III de la IV = Le langage d’une région, d’un village.
  • III = Le langage, les mots, la phonétique

Dialogue – Maison 3, GEMEAUX

  • III = La communication, entrer en relation

Diamant – Maison 7, BALANCE

  • VII = III de la V = Le commerce du précieux et du noble, les diamantaires

Diaporama – Maison 12, POISSONS

  • XII = La photographie, les pellicules, les clichés, les laboratoires, les diapositives, le cinéma

Diarrhée – Maison 8, SCORPION

  • VIII = III de la VI = Les transits intestinaux, les excréments
  • MARS dans la VIERGE
  • MARS par action réflexe dans les POISSONS

Diaspora – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = L’errant, le nomade, le vagabond, l’errance spirituelle, le pèlerin

Dictateur Maison 5, LION

  • V = Les despotes, les tyrans, le pouvoir

Diction

Bonnes aptitudes intellectuelles et surtout de bons aspects entre MERCURE et la LUNE. VENUS bien influencée; pas d’affliction dans le signe du TAUREAU.

Dictionnaire – Maison 6, VIERGE

  • VI = encyclopédies, le savoir

Diète Maison 6, VIERGE

  • VI = Les régimes, les cures

Dieu – Maison 5, LION

  • V = La lumière, l’unique, l’amour

Différence – Maison 5, LION

  • V = L’individualité
  • V = Les signes particuliers, ce par quoi les êtres et les choses ne sont pas semblables.

Différence ascensionnelle

C’est le temps mis par un astre en plus ou en moins de 6 heures pour parcourir, sur son semi-arc, l’espace qui sépare l’horizon du MC. La DA dépend de la déclinaison et de la latitude géographique. On peut la trouver à l’aide de tables ou de graphiques appropriés ou en appliquant une formule trigonométrique. La DA se mesure sur l’équateur céleste. Voir Cosmographie et Formulaire.

Difficulté – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les contraintes
  • XII = L’épreuve

Difformité – Maison 6, VIERGE

  • VI = Les handicaps physiques, les béquilles

Selon la tradition certains signes du Zodiaque prédisposeraient à des difformités : ce sont le TAUREAU, les GEMEAUX et le CAPRICORNE (quand ils sont à l’AS). Il s’agit évidemment d’une règle qu’il ne faut pas appliquer à la lettre, on peut même se demander si elle est foncièrement correcte ? dans tous les cas il faut certainement que les Maléfiques interviennent en mode dissonant, notamment SATURNE en M.A. avec l’AS ou MARSSOLEILLUNE.

Diffusion – Maison 3, GEMEAUX

  • III = La mobilité, la communication, les journaux, le livre

La diffusion des idées ou des écrits est plus aisée si les signes d’AIR prédominent, si MERCURE est en Maison III et bien aspecté ou si la dominante est : MERCURELUNE, MERCURESOLEIL, MERCUREJUPITER. Les bénéfiques en III sont aussi un excellent indice.

Digestion CAPRICORNE

  • IV = L’estomac

Troubles de digestion, CAPRICORNE par action réflexe dans le CANCER

  • JUPITER par action réflexe dans le CANCER
  • LUNE par action réflexe dans le CANCER

Dignité – Maison 5, LION

  • V = La noblesse, le sens de l’honneur, la prestance

Dignités (des planètes)

Un astre se trouve dans ses dignités essentielles s’il se trouve dans son domicile, dans son signe d’EXALTATION, de joie ou de trigonocratie, ou encore, dans son terme ou son décan. Cette théorie traditionnelle paraît grandement exagérée, expérimentalement il n’est guère possible de faire une différence entre ces diverses positions. La dignité accidentelle serait à prendre en considération lorsqu’une Planète est bien aspectée, sans afflictions, rapide, directe, dans une bonne Maison et « élevée » par rapport aux autres (c’est-à-dire plus près du méridien). Plus une Planète possède de dignités, plus elles est bien « disposée ». Ici aussi l’expérience ne confirme plus entièrement la tradition et il est plus juste de dire que ce sont les Maison IX et XII qui paraissent conférer le maximum de puissance à une Planète, on peut y ajouter le voisinage avec un angle surtout le MC et l’AS jusqu’à une distance de 10-15° environ. On peut avoir une idée de la force d’un astre en se reportant à la figure qui représente la position de VENUS en Maisons chez les artistes. On trouve à peu près la même répartition pour MARS chez les militaires; pour la LUNE chez les hommes politiques; pour MERCURE chez les littérateurs, etc. avec de légères variantes.

Dignité

Une planète est dite «en dignité» ou «régnante» ou «maîtresse» lorsqu’elle est située dans un signe qui s’accorde avec sa nature intrinsèque, car alors les particularités du signe et de la planète se combinent harmonieusement. L’influence de la planète s’en trouve fortifiée. Inversement, une planète est dans son détriment ou «EN EXIL» lorsqu’elle se trouve dans le signe opposé à celui où elle est dignifiée, parce que la nature du signe et celle de la planète sont incompatibles. L’influence de la planète s’en trouve donc affaiblie ou contrariée.

Le SOLEIL à est le centre de notre système solaire. Il est le dispensateur de la vie et de la chaleur. Le LION étant un signe masculin et de FEU, il est en parfaite concordance avec la nature du SOLEIL à et, par conséquent, en renforce l’influence.

La LUNE est la collectrice et la réflectrice des rayons vitalisants du SOLEIL à, en ce qui concerne notre TERRE. Les effets de la LUNE é, féminine, sur les marées, montrent son affinité inhérente pour l’Eau, ce qui la met en accord parfait avec le signe d’EAU et féminin du CANCER. Pour cette raison, le CANCER est le signe où elle est la plus forte et la plus «dignifiée».

Le mot-clé du SOLEIL à est «Vie», celui de la LUNE, «Fécondité». Le germe de la vie qui vient du SOLEIL à est semé et «arrosé» par la LUNE, qui règle la période de gestation et préside à la naissance de toutes choses se manifeste comme la planète désagrégation, c’est le moissonneur à la faux qui coupe la vie donnée par le SOLEIL et nourrie par la LUNE, au moment où son sablier indique que les fruits de l’expérience de la vie sont mûrs pour la moisson. SATURNE symbolise alors la mort. Il se meut dans une orbite éloignée du SOLEIL à, à la frontière du Chaos où toutes choses sont dissoutes et transmuées par une alchimie spirituelle en matière de plus en plus ténue. Par conséquent, SATURNE est essentiellement en harmonie avec le CAPRICORNE et le VERSEAU, signes opposés au CANCER et au LION. Lorsqu’il se trouve dans ces signes, il se fait sentir avec une force puissante qui peut étouffer le plaisir et la joie, mais peut aussi donner la sagesse.

Dignité accidentelle

Cette expression s’emploie pour désigner une planète se trouvant dans une Maison angulaire. La force des planètes est plus grande en Maisons 10, 1, 7 et 4 (respectivement) que dans les autres Maisons (cadentes et succédantes). Les planètes sont alors accidentellement dignifiées.

Dignité essentielle

Une planète est en dignité essentielle, ou plus simplement en dignité (ou encore EN DOMICILE, en trône ou maîtresse), lorsque sa nature intrinsèque est essentiellement en accord avec celle du signe où elle se trouve.

Dilettantisme

Forte dominance vénusienne, pas forcément harmonique; aspects entre VENUS, la LUNE et NEPTUNE; SOLEIL ou AS en BALANCE; LUNE puissante et MARS et SATURNE plutôt faibles.

Dilatation – Maison 5, LION

  • V = L’expansion, la croissance

Dimanche – Maison. 5, LION

  • V = SOLEIL EN DOMICILE, le jour du SOLEIL, le jour du seigneur pour les chrétiens.

Diminution – Maison 6, VIERGE

  • VI = La petitesse, la réduction, rabaisser, diminuer, dévaloriser.
  • VI = Le tricot, les mailles

Diplomatie – Maison 5, LION

  • V = Les ambassadeurs

Forte influence de MERCURE et de VENUS, ces deux Planètes devant être bien disposées; AS dans un signe mercurien; SOLEIL dans les GEMEAUX. JUPITER Maître de I ou de X; le même en bon aspect à MERCURE.

Diplôme – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Être apte, être capable, l’université, les études supérieures

Direct

Sur le zodiaque, le sens « direct » est le sens inverse des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire BELIER, TAUREAU, Gemmaux, CANCER, etc. Voir le mouvement contraire à « Rétrogradation ».

Directeur – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = Le chef, le P.D.G; le leader, le responsable d’une entreprise

(Aptitudes pour diriger, organiser). – Dans la plupart des cas il faut un bon mélange des influences de JUPITERSOLEIL et MARS et secondairement de SATURNE. On retiendra donc les dominantes JUPITERMARS, JUPITERSOLEIL, JUPITERSATURNE et, secondairement : JUPITERMERCURE; MERCUREMARS. De nombreuses planètes en signes cardinaux ou en Maisons cardinales (ou près des angles du Ciel). URANUS peut apporter une note d’originalité. Si l’Horoscope natal comporte un certain nombre de mauvais aspects, cela n’est pas un obstacle très sérieux à condition qu’il existe d’autre part de fortes positions et aussi quelques indices de chance (car si cette dernière n’intervient pas on ne peut guère parvenir aux premiers rangs).

Directions

C’est un terme couramment utilisé en il est synonyme de «périodes d’influences, bonnes, ou mauvaises et les directions sont à la base de toutes les prévisions importantes formulées par les astrologues sérieux. Déterminer une direction revient à mesurer une distance séparant deux astres ou deux points du Ciel. Cette mesure peut se faire soit en degrés, soit en temps et les procédés sont variables selon la méthode qui est adoptée. Par exemple dans les directions dites symboliques les astres avancent tous les ans d’un degré exactement. Une distance de 36° sépare le SOLEIL de la LUNE; 54°  JUPITER d’URANUS et 67° séparent JUPITER de l’AS ou Horizon. On pourrait donc énoncer les directions symboliques, suivantes :

1) LUNE CONJONCTION SOLEIL à 36 ans environ.

2) JUPITER CONJONCTION URANUS vers 54 ans;

3) JUPITER CONJONCTION MC vers 67 ans (si l’heure est à peu près juste), etc.

Le calcul de ces directions est très simple, il se fait à vue d’œil, et c’est certainement pour cela qu’il est très utilisé, alors que son efficacité laisse souvent à désirer. D’ailleurs il faut remarquer que les astrologues modernes sont désavantagés par rapport aux astrologues de l’époque de Morin de Villefranche (1600 env.). En ce temps-là il n’existait qu’une seule méthode de directions, il s’agissait de ce qu’on appelle maintenant les «directions primaires», alors que présentement le débutant se trouve en présence d’au moins une dizaine de procédés généralement sans aucune base sérieuse – et il ne sait plus quel procédé choisir. Dans le domaine des directions, par la faute «d’inventeurs» dépourvus de sens critique ou manquant d’expérience «pratique» on peut dire que le progrès s’est effectué à reculons… et il est urgent de redresser la situation si on veut sauver l’Astrologie prédictive.

A côté des directions symboliques déjà mentionnées il existe un autre procédé universellement connu et utilisé et qui ne soulève aucune objection du point de vue astronomique, il s’agit des directions secondaires ou progressives dans lesquelles un jour après la naissance = une année, 30 jours = 30 ans et ainsi de suite. On détermine ces directions en suivant la marche des astres dans l’éphéméride de l’année de naissance. Par exemple pour reprendre l’Horoscope d’Enzo Ferrari on peut constater que le SOLEIL du 14 MARS 1898 se trouve à 23° 1/2 des POISSONS, soit au sextil de la LUNE à 23° CAPRICORNE. Or entre le 18 Février (jour de naissance) et le 14 MARS, 24 jours se sont écoulés. On peut donc énoncer : SOLEIL sextil LUNE à l’âge de 24 ans : 1922.

Si on poursuit la marche du SOLEIL on constate que le 24 MARS il parvient au trigone d’URANUS à 3° BELIER, puis lorsqu’il atteint le 11° du BELIER il sera trigone à SATURNE et alors 41 jours se seront écoulés, puis !lorsque le SOLEIL passe à 16° BELIER il est au trigone de l’AS et 47 ans se sont écoulés. On peut donc énoncer les directions suivantes :

  • SOLEIL progressé trigone URANUS vers 34 ans;
  • SOLEIL progressé trigone à SATURNE vers 41 ans;
  • SOLEIL progressé trigone à l’AS vers 47 ans.

On peut faire la même opération pour MERCUREVENUS et MARS. Pour les autres planètes leur marche est trop lente et ne peut guère servir de base à un pronostic précis. Et nous touchons ici au point faible des directions secondaires : elle ne sont pas assez nombreuses pour expliquer les événements d’une vie mouvementée et, en second lieu, ces directions sont identiques – à peu de choses près – pour toutes les personnes nées le même jour. Elles ne sont donc pas assez individualisées.

DIRECTIONS LUNAIRES PROGRESSÉES

La LUNE parcourt le zodiaque à la vitesse moyenne de douze à treize degrés par jour; et comme le jour; en matière de progression; est pris comme une mesure de temps équivalant à une année; nous pouvons donc dire que la LUNE; par progression; de la naissance à la mort; voyage au rythme de douze à treize degrés par an; ou d’un degré environ par mois. Par conséquent; en vingt-huit années environ; elle parcourt le thème astrologique tout entier et forme tous les aspects possibles avec les différentes planètes qu’il renferme. Elle peut donc en parcourir deux ou trois fois le cercle pendant une vie de durée moyenne. C’est son passage autour du thème qui rend la vie féconde en événements; car les aspects des planètes elles-mêmes; qui indiquent l’année où une certaine influence est prête à agir; sous forme de destinée mûre; et à se traduire en événements dans la vie; ne produisent par eux. mêmes aucun effet bon ou mauvais; tant qu’un aspect de la LUNE progressée ou une lunaison ne concentre pas cette influence en marquant le mois où l’événement aura lieu. Il arrive donc parfois que des aspects; même puissants; entre le SOLEIL et les planètes ou entre les planètes elles-mêmes n’amènent aucun résultat; lorsqu’ils ne sont pas fortifiés par un aspect lunaire progressé ou par une lunaison de même tonalité que les aspects.

Les aspects lunaires; de leur côté; n’ont point d’influence qui leur soit propre; ou; du moins; celle-ci ne se fait sentir que lorsqu’ils sont en concordance avec la direction primaire alors en force.

Ce sont là des points importants que l’astrologue doit toujours avoir présents à l’esprit. Il faut observer aussi que les aspects de la LUNE progressée par rapport aux planètes également progressées produisent peu ou point d’effet, et que les influences citées ci-dessous se rapportent aux planètes natales.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, sextile ou trigone au SOLEIL natal.

Ces aspects indiquent une période plutôt prospère, apportant d’importants changements vers une amélioration. Fréquemment, il en résulte un mariage à la fois prospère et heureux, un grand développement dans les affaires, si la personne est un patron, une augmentation de salaire si elle est employée, car à ce moment-là, les supérieurs et ceux qui sont enclins à accorder des faveurs sont d’humeur généreuse et prêts à apprécier tout ce qu’il y a de bon en elle.

La LUNE progressée en carré ou en opposition au SOLEIL natal.

Ces aspects indiquent une période de soucis et de pertes. Il y a tendance à des difficultés avec les patrons ou les clients qui amèneront la perte de l’emploi ou des affaires. L’esprit est irrésolu, de sorte que la personne est incapable d’aucune décision, et ainsi sujette à perdre des occasions qui pourraient lui procurer des gains et ne sont pour elle qu’une source de pertes. Elle aura des ennuis avec le sexe opposé, spécialement avec son conjoint si elle est mariée. Ces aspects présagent altération de la santé et aggravation dans toutes les affaires de la vie.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, sextile ou trigone à VENUS natale.

Si VENUS est forte et Bien aspectée dans le thème natal, cette période amènera à la fois plaisir et gains, car la personne formera de nouvelles amitiés et aura des occasions d’avancer, financièrement et socialement. Ces aspects indiquent aussi fréquemment fiançailles ou mariage dans un thème masculin. Ils apportent la bonne santé, une heureuse disposition d’esprit qui fait que le monde entier semble baigner dans un rayon de SOLEIL: en un mot, c’est une période de succès général et de bonheur.

La LUNE progressée en carré ou en opposition à VENUS NATALE.

Si VENUS est dissonante à la naissance, ces aspects marqueront une période de nombreux soucis et de désappointements. Des fiançailles pourront être rompues ou un mariage dissous par séparation; les finances pourront souffrir ainsi que la santé. On pourra s’attendre à recevoir des rebuffades, à être tenu à l’écart dans les relations mondaines. La personne devra donc être particulièrement prudente dans ses rapports avec le sexe opposé, car tant que cet aspect durera, de graves troubles pourront surgir de cette source. Connaissant la nature et la durée de cette influence, elle devra essayer de gouverner ses astres en gardant un état d’esprit aussi optimiste que possible, et en s’astreignant à agir sagement dans les domaines où son thème natal marque des points dangereux.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, sextile, trigone à MERCURE natal.

Si MERCURE est en bons aspects à la naissance, ces directions épanouiront les facultés mentales. C’est donc un temps favorable pour toute étude vers laquelle le natif se sentira attiré. S’il avait en vue quelque changement important, ce serait le moment d’agir, car, sous ces directions, le succès est plus sûr que sous des influences moins propices. S’il a quelque affaire a régler avec ses frères et soeurs ou avec ses voisins, il arrivera à une conclusion favorable bien plus rapidement qu’à aucun autre moment.

La LUNE progressée en carré ou en opposition à MERCURE natal.

Si MERCURE est dissonant à la naissance, le natif devra être très circonspect pendant la période d’activité de ces influences planétaires, car il aura tendance à tenir des propos indiscrets et inconsidérés qui l’exposeront à être accusé de diffamation ou de calomnie. Il est également probable que si, pendant ce temps, des actes ou des papiers légaux étaient signés, ce serait à son détriment et qu’il aurait à le regretter plus tard. Il devra aussi faire très attention aux termes employés dans sa correspondance, s’il est homme de lettres, il devra redoubler de prudence, car ses écrits seront presque certainement la cause d’ennuis sérieux pour lui ou pour d’autres. Son mental sera très ébranlé et il ne devra ni voyager, ni faire aucun changement pendant la durée de ces directions, mais se tenir aussi tranquille que possible.

La LUNE progressée en parallèle ou en CONJONCTION à SATURNE natal.

Si SATURNE est dissonant dans le thème natal, cette période sera très critique. Dans un thème féminin, ces aspects indiquent mauvaise santé, ennuis, soucis; dans un masculin, si le natif est marié, difficultés domestiques ou mauvaise santé de sa femme. Des contrariétés, des délais, des désappointements dans tous les domaines de la vie sont à redouter. il y a tendance à voir tout en noir et à devenir mélancolique et morbide.

La LUNE progressée en carré ou en opposition à SATURNE natal.

Si SATURNE est dissonant à la naissance, ces aspects marqueront une très mauvaise période, spécialement en ce qui concerne. la santé et les conditions au foyer. Ils pourront provoquer un trouble passager dans le mental, irritabilité, préoccupation et tendance au pessimisme. et au désespoir. Les affaires financières souffriront également; il faudra se bien garder de ne faire aucun changement ou aucun placement de fonds à ce moment-là. Le seul remède est de s’efforcer de conserver une attitude aussi philosophique que possible, de voir le bon côté des choses et s’efforcer d’apprendre les leçons que cette période doit enseigner.

La LUNE progressée en sextile ou en trigone à SATURNE natal.

Si SATURNE, à la naissance, est Bien aspecté, cette période marquera pour le sujet une époque de bonheur et de prospérité, où ses capacités seront reconnues dans sa sphère d’action. Il sera alors capable d’assumer de nouvelles responsabilités et de répondre à la confiance qu’on aura mise en lui. S’il avait en vue quelques placements en Maisons, terres ou mines, ce moment serait très favorable. Ce temps fera époque dans sa vie; une fondation nouvelle, solide et stable, favorable à ses affaires sera établie, sur laquelle il pourra édifier une vie réussie.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, sextile ou trigone à JUPITER natal.

Si JUPITER reçoit de bons aspects à la naissance, ces directions indiqueront une période de succès et de bonne fortune; une santé excellente et, en cas de maladie, une amélioration marquée. La disposition d’esprit du sujet sera des plus heureuses, il jouira pleinement de tous les plaisirs de la vie, ce sera pour lui un temps particulièrement favorable aux voyages, car il recevra partout un cordial accueil. Sa fortune s’accroîtra s’il profite des directions présentes pour opérer des placements ou si ses affaires sont poussées au mieux de ses capacités. C’est le moment où les choses prendront une tournure bien définie vers le mieux; et s’il tire avantage des occasions qui lui seront alors offertes, il en ressentira longtemps les heureux résultats.

La LUNE progressée en carré ou en opposition à JUPITER natal.

Si JUPITER est dissonant à la naissance, la personne devra apporter beaucoup d’attention à son régime pendant la durée de ces aspects, car il y a tendance à des excès qui donneront lieu à des maladies occasionnées par un sang intoxiqué. Les accès de colère devront être soigneusement évités, car si le thème natal révèle quelque danger d’apoplexie, il est presque certain que la manifestation de cette crise aura plutôt lieu sous ces influences stellaires qu’à tout autre moment. Il est donc de toute nécessité de garder son sang-froid, et d’éviter toute nourriture excitante, toute boisson alcoolique. N’entreprendre de spéculations à aucun prix pendant la durée de ces directions, car l’insuccès est certain; il y a danger d’être trompé et lésé. Ces aspects présagent aussi ennuis domestiques, pertes par suite de procès ou d’affaires analogues. Les allures hautaines, présomptueuses, autoritaires du sujet terniront sa réputation: qu’il s’efforce donc d’être circonspect, modéré en tout et de se contenir.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, carré ou Opposition à MARS natal.

Si MARS est dissonant à la naissance, ces aspects marqueront une période très mauvaise. Dans un thème féminin, ils indiquent, entre autres choses, une santé précaire, dans un thème masculin, de violentes querelles de ménage. Il y a tendance aux disputes, à l’emportement, à la témérité, d’où pourraient résulter accidents et blessures; à l’abandon aux plus vils plaisirs des sens, Ce qui pourra amener bien des conséquences fâcheuses. Le sujet devra user de prudence dans ses relations avec l’autre sexe, faute de quoi, calomnies et discrédit social surviendront certainement. Ces directions rendent le sujet très imprudent, prodigue en matière de finances, porté à formuler des jugements hâtifs et erronés: aussi s’il signe des papiers d’affaires pendant ce laps de temps, un désastre en sera très probablement la conséquence. Ces directions sont parmi les mieux fondées, on y échappe rarement sans souffrir perte ou dommage de quelque sorte, aussi le sujet devra-t-il apporter la plus grande attention à sa conduite pendant cette période.

La LUNE progressée en sextile ou en trigone à MARS natal.

Si, à la naissance, MARS est bien aspecté, ces direction marqueront une période d’activité considérable dont le sujet tirera de grands avantages. Elles signifient une somme d’énergie vitale accumulée, et comme cette force dynamique doit trouver une voie d’écoulement, c’est une période favorable à l’expansion des affaires, à la mise à exécution de nouveaux projets; la réussite est certaine, si la personne n’est pas trop précipitée dans ses efforts, mais au contraire met un peu de prudence dans la dépense de cette grande énergie. Ces aspects sont particulièrement actifs chez ceux qui travaillent avec les éléments de MARS, le fer et le FEU, tels que soldats, chirurgiens, mécaniciens. ils leur apportent honneur et avancement.

La LUNE progresséE en parallèle, CONJONCTION, carré, opposition à URANUS natal.

Si URANUS est dissonant à la naissance, ces aspects marqueront une période très critique où la personne risque de faire un changement soudain, imprévu, qui aura sur sa vie un effet préjudiciable. Elle devra donc se garder contre une telle éventualité. Il y a aussi le danger d’une liaison clandestine qui apportera soucis et chagrins. Le natif devra éviter toute association avec le sexe opposé, et si elle est inévitable, être très circonspect dans sa tenue et sa conduite, car sous l’influence de ces directions, on sera porté à le juger sévèrement pour la moindre apparence de mal. Il y a tendance à une irritabilité et à une cruauté dans l’expression qui peuvent causer malheur conjugal et perte d’amis qu’on regrettera vivement plus tard. On devra donc s’efforcer de se contenir et même, on serait sage d’éviter ses amis autant que possible pendant cette période critique.

La LUNE progressée en sextile ou en trigone à URANUS natal.

Ce sont là d’excellents aspects pour ceux qui sont assez avancés pour y répondre. Si, lors de la naissance, URANUS reçoit de bons aspects, les facultés originales, intuitives et inventives du sujet trouveront à ce moment une expression très heureuse pour lui. S’il s’intéresse à l’étude de la pensée abstraite ou de l’occultisme, c’est un temps particulièrement bon pour la poursuivre. Sous ces directions, une expansion de la conscience peut plus aisément se réaliser, des amitiés se former avec des personnes avancées, au grand bénéfice du natif; des changements ou des déplacements avantageux avoir lieu. Ces aspects indiquent donc une époque dans la vie qui vraisemblablement laissera sa marque permanente pour le plus grand bien.

La LUNE progressée en parallèle, CONJONCTION, carré ou opposition à NEPTUNE natal.

Si NEPTUNE est dissonant dans le thème natal, ces directions indiqueront une période d’étranges et fâcheuses circonstances; la personne est vraisemblablement en danger de subir l’influence. de l’hypnotisme ou de la médiumnité, à avoir des visions ou à commencer à entendre des voix, toutes choses de caractère indésirable, et dont il lui faudra, autant que possible, se garder. Elle serait donc bien mal avisée de participer, sous ces directions, à une séance spirite, dont l’ambiance favorise ces dispositions. De plus, si ces aspects sont formés dans les signes d’EAU, le CANCER, le SCORPION et les POISSONS, ils la pousseront à boire, à prendre des drogues, ce qui lui amènera des ennuis et des chagrins pour le reste de la vie. Comme ces aspects produisent une lassitude physique et mentale, la personne est négative, ses forces vitales sont amoindries, et ces influences indésirables sont plus enclines à prendre pied. Il y a aussi danger d’intrigues de la part d’ennemis secrets qui plongeront dans les ennuis et le discrédit le sujet, provoqueront même emprisonnement ou séjour dans un hôpital pour raison de santé, car NEPTUNE gouverne les prisons, les hôpitaux, les asiles d’aliénés et autres lieux du même genre. Une grand prudence devra donc être observée dans tous les rapports avec les autres.

La LUNE progressée en sextile ou en trigone à NEPTUNE natal.

Si NEPTUNE a de bons aspects à la naissance, ces aspects peuvent apporter un léger développement de la conscience, et si, en même temps, les aspects solaires avec NEPTUNE sont agissants, on peut prévoir une initiation pour ceux qui sont suffisamment avancés pour répondre à cette influence; mais pour la grande majorité des personnes, ces aspects indiquent seulement une période agréable, fête musicale ou quelque autre plaisir de ce genre.

La LUNE progressée en parallèle ou en­ CONJONCTION avec L’ASCENDANT ou le M.C. natal.

Ces aspects apportent des changements dans la vie qui seront bons ou mauvais suivant les autres influences qui s’exercent dans le thème à ce moment.

La LUNE progressée en sextile ou ­­en trigone avec le MC natal.

Si les autres influences le permettent, ce moment représente un temps de changements avantageux, promotion ou honneurs, et succès général dans les divers domaines de la vie.

La LUNE progressée en carré ou en opposition au MC natal.

Ces aspects marquent perte de prestige, troubles, anxiété, pertes financières, spécialement si l’on traite avec les femmes. C’est une période mauvaise pour voyager et faire des changements.

La LUNE progressée en sextile ou en trigone à L’ASCENDANT natal.

Ces aspects apportent des changements avantageux, une prospérité financière, et généralement la bonne fortune.

La LUNE progressée en carré ou en opposition à L’ASCENDANT natal.

Ces aspects marquent une période d’ennuis. Il faut s’attendre à une mauvaise santé, et si quelques changements ou déplacements ont lieu, ils désavantageront le sujet.

DIRECTIONS PLANÉTAIRES MUTUELLES

Les aspects entre deux planètes progressées n’ont que peu ou point de force. mais lorsqu’une planète par progression arrive en aspect avec une planète natale, elle agit soit en bien, soit en mal, selon sa propre nature et la puissance de la planète natale dans le thème astrologique.

Il importe peu que VENUS, par exemple, progresse vers un bon aspect de SATURNE natal, ou que SATURNE progresse vers un bon aspect de VENUS natale: les effets sont tels que les indique le premier paragraphe ci-dessous, et ainsi de suite pour les autres aspects.

VENUS et SATURNE en bon aspect par progression

Indiquent une période de gains, d’augmentation de prestige social, d’EXALTATION sentimentale; ils marquent un réveil de la nature religieuse, dévotionnelle du sujet.

VENUS et SATURNE en mauvais aspect par progression

Indiquent une période de chagrins et de soucis. La santé et la réputation souffriront; délais, pertes, désappointements seront fréquents. On cherchera à en imposer au sujet. La mort d’êtres aimés ou une séparation d’avec eux, et autres événements fâcheux sont à prévoir. L’esprit sera morose et enclin à l’angoisse.

MERCURE et SATURNE en bon aspect par progression

Marquent une bonne période pour assumer de nouvelles responsabilités, faire des placements en immeubles, mines, terres, etc., de même que pour entreprendre une étude ou des travaux de recherches de nature difficile, pour signer des contrats importants, sources de gains durables. C’est un bon moment pour traiter avec des agents et des personnes âgées ou pour entreprendre des voyages dans un but sérieux.

MERCURE et SATURNE en mauvais aspect par progression

Indiquent une époque de retards, de désappointements, avec une tendance à ne voir que le mauvais côté des choses. C’est un mauvais moment pour prendre de nouvelles responsabilités, pour traiter avec des gens âgés et pour signer des papiers légaux. La personne est menacée d’être calomniée et de perdre sa réputation.

MARS et SATURNE en bon aspect par progression

Marquent une période pendant laquelle la personne sera très entreprenante, mais cependant pleine de tact et de diplomatie, courageuse sans témérité, forte et digne; plus capable que jamais d’assumer les responsabilités de la vie. Si elle fait un usage convenable de ces qualités, ces directions lui apporteront prospérité, honneur et respect parmi ses associés.

MARS et SATURNE en mauvais aspect par progression

Rendront le sujet très téméraire et impulsif, d’où menace d’accidents. Quelquefois, lorsque le thème astrologique indique la violence, il y a tendance à crime et à effusion de sang, d’où pourrait résulter un emprisonnement. Tous les vices latents du caractère paraissent vouloir se mettre en évidence, et la colère n’en est pas le moindre. Il faudra apporter le plus grand soin à brider la nature impulsive et à réprimer vigoureusement tout écart indésirable du caractère.

VENUS et JUPITER en bon aspect par progression

Procurent gains, accroissement de l’estime publique, élévation de la position sociale; ils rendent le sujet plus aimable, plus sympathique, plus prévenant, et par là augmentent sa popularité. C’est pour lui le moment de faire des voyages et de jouir de la vie. Les placements de fonds, faits sous cette influence, sont généralement heureux; la santé reste excellente, ou bien, si la personne vient d’être malade, cette époque marque une période de convalescence, de récupération des forces, où la vie prend une teinte plus rose.

VENUS et JUPITER en mauvais aspect par progression

Indiquent une période de soucis domestiques, plutôt bénins, de légères pertes d’argent, une tendance à la prodigalité, des difficultés pécuniaires et des possibilités de procès. Il en résultera aussi amoindrissement de prestige dans le cercle social de la personne ou dans son entourage immédiat.

MERCURE et JUPITER en bon aspect par progression

Indiquent une période très prospère. La personne voyagera probablement, avec profit et plaisir, sa bonne santé et sa belle humeur lui feront voir la vie couleur de rose. Il y a des indications de gains, dus à de bons placements, et de prospérité dans l’ensemble des affaires: c’est un bon moment pour conclure des contrats, spécialement pour un travail littéraire.

MERCURE et JUPITER en mauvais aspect par progression

Marquent une époque fâcheuse pendant laquelle la personne est sujette à être entraînée dans des procès et, de ce fait, à subir des pertes. Elle devra se garder de signer aucun papier légal ou de contracter aucun accord, car il en résulterait des malentendus entraînant des pertes d’argent; si elle prête de l’argent, ses débiteurs chercheront à lui en imposer et à la léser. Il faudra éviter tout rapport avec des hommes d’affaires ou des agents commerciaux.

MARS et JUPITER en bon aspect par progression

Marquent une période où l’esprit conservateur de JUPITER s’allie à l’enthousiasme débordant de MARS, où le sujet deviendra plus entreprenant, enclin à étendre le rayon de ses affaires et réussira, par là, à augmenter ses revenus. Il devra, cependant, avoir soin de se souvenir du proverbe «qui trop embrasse mal étreint». Ces aspects agissent sur la nature dévotionnelle et peuvent parfois s’exprimer par l’enthousiasme religieux: la personne pourra tourner une nouvelle page du livre de sa vie et s’améliorer.

MARS et JUPITER en mauvais aspect par progression

Indiquent un point dangereux dans la vie, pendant lequel la personne est capable de ruiner son avenir tout entier, soit en commettant des actes nettement criminels, soit en perdant son argent par un étalage fastueux, et par sa prodigalité; elle peut aussi se laisser entraîner dans des projets louches d’exploitations minières ou des spéculations de bourse, de façon si imprudente que toute sa fortune risque d’être engloutie. La santé souffrira probablement aussi sous ces directions. L’impureté du sang pourra causer des excroissances morbides: tumeur, furoncles ou autre affection du même genre. En somme, c’est une période très mauvaise à passer, et la personne devra se garder soigneusement de céder à n’importe laquelle de ces influences.

VENUS et MARS en bon aspect par progression

Marquent une période de plaisir et de jouissance pendant laquelle un attachement durable, couronné par d’heureuses fiançailles, pourra se former. Ces aspects indiquent aussi gains et accroissement de popularité.

VENUS et MARS en mauvais aspect par progression

Marquent une période d’irréflexion et d’imprudence pendant laquelle la personne est capable d’agir de la façon la plus imprévoyante, ce qui pourra lui susciter de grands ennuis si elle est mariée, quelque infortune conjugale pourrait survenir, pertes d’argent, discrédit sont également indiqués. La personne devra donc se maîtriser, et éviter toute tentation qui pourra surgir sur son chemin.

MERCURE et MARS en bon aspect par progression

Marquent un temps de prospérité générale dans toutes les affaires de la vie, spécialement dans celles où les facultés mentales sont mises en jeu: ces aspects indiquent finesse, pénétration, promptitude à saisir un point pour en tirer avantage: de là présage de gains. Ce temps est propice à la publicité, à l’extension des affaires, aussi bien qu’aux contrats, aux rapports d’intérêt, aux affaires avec agents commerciaux. C’est également une période bonne pour des travaux littéraires et pour les voyages. Cette direction apporte bonne santé, joyeuse humeur, optimisme.

MERCURE et MARS en mauvais aspect par progression

Pronostiquent une période critique où la personne est capable d’agir impulsivement, de parler et d’agir étourdiment, sans réflexion et sans prévoir que des manœuvres dolosives d’autrui peuvent entraîner ennuis et pertes d’argent. Elle devra donc être très prudente et ne signer ni accord, ni contrat à la légère. Il y a aussi indication d’accident ou d’ennui en voyage. C’est un temps contre-indiqué pour tout changement ou extension d’affaires.

MARS et URANUS en bon aspect par progression

Indiquent une période favorable pour perfectionner des inventions ou lancer de nouvelles entreprises. Sous cette direction, il arrive souvent que des amitiés de nature Bénéfique se nouent, et il n’est pas rare qu’un éveil psychique se produise par suite d’association avec des personnes ou des groupes de personnes de nature uranienne.

MARS et URANUS en mauvais aspect par progression

Marquent une période très dangereuse. Cette direction annonce accidents de nature peu commune, altération de conditions, éloignement d’amis qui exposeront la personne à se trouver seule au monde. Quelquefois, il se produit un éveil psychique, mais toujours d’une nature indésirable.

MARS et NEPTUNE en bon aspect par progression

Marquent une période d’activité mystique et d’enthousiasme pour les âmes avancées; mais la grande majorité ne sent pas cette influence.

MARS et NEPTUNE en mauvais aspect par progression

Produisent une dépression nerveuse chez ceux qui répondent à cette influence. Il y a danger d’être trompé ou victime dans des circonstances inexplicables.

VENUS et URANUS en bon aspect par progression

Annoncent une probabilité de gains; la personne aura vraisemblablement ce qu’on appelle un bon temps où elle pourra ébaucher une amourette qui laissera probablement une blessure. Cette direction assure, pendant qu’elle dure, aide de la part d’amis et accroissement de popularité.

VENUS et URANUS en mauvais aspect par progression

Sont une cause féconde de malheurs domestiques: séparation, divorce. Cette direction est susceptible d’amener scandale par suite de conduite immorale. Il y a aussi de procès, de pertes d’argent. La agir de la façon la plus fantasque.

VENUS et NEPTUNE en bon aspect par progression

Indiquent une période de succès en matière sociale, et jouissance de la vie pour ceux qui peuvent répondre à cette direction. La personne est particulièrement portée à se complaire à la construction de châteaux en Espagne, à des rêvasseries à l’Eau de rose qui ne mènent à rien, mais rendent cette période tout à fait agréable.

VENUS et NEPTUNE en mauvais aspect par progression

Présagent un événement psychique de nature désagréable, ayant rapport à l’hypnotisme et à la médiumnité. Il y a tendance à la sensualité, à l’immoralité et, quelquefois, au goût pour la boisson et les drogues, d’où chagrins et ennuis.

MERCURE et URANUS en bon aspect par progression

Rendent la personne mentalement active, lui apportent des plaisirs inattendus, l’incitent aux travaux de l’esprit et lui donnent un penchant vers les études occultes. Beaucoup de personnes, sous cet aspect, sont attirées vers des travaux d’ordre altruiste, humanitaire et y restent intéressées.

MERCURE et URANUS en mauvais aspect par progression.

Cette direction rend le natif non-conformiste, fantasque, agité; elle lui donne un état d’esprit nerveux, capricieux et peut amener des procès imprévus.

MERCURE et NEPTUNE en bon aspect par progression.

L’esprit est extrêmement actif, enclin à l’étude de l’astrologie et du mysticisme. Le natif est susceptible de voyager sur mer et d’éprouver de notables changements. Seuls, ceux qui sont avancés au point de vue spirituel ressentent l’effet de l’influence de NEPTUNE.

MERCURE et NEPTUNE en mauvais aspect par progression.

Les personnes sous cette influence devraient se garder de faire des placements dans des sociétés commerciales. Le mental est troublé par de viles pensées de malchance, et les mœurs peuvent se relâcher si cette tendance est indiquée dans le thème natal.

SATURNE, JUPITER, URANUS et NEPTUNE

Forment rarement des aspects par progression à cause de la lenteur avec laquelle ils se meuvent..

DIRECTIONS ÉVOLUTIVES

C’est un ingénieur des Mines qui signait Dom Néroman qui inventa ces directions vers 1936. La base est constituée par une rotation à vitesse très variable du MC dans le sens converse, vitesse qui correspond aux variations de la valeur d’une ligne trigonométrique. Par exemple le premier tour du zodiaque est effectué en 2 ans environ, le second en 7 ans et le troisième en 28 ans, mais le 4e en 108 ans! Si on tient compte, rien qu’en considérant les aspects majeurs, que le MC formera 80 aspects avec les planètes radicales et l’AS tout autant, on aboutit à 160 aspects au cours d’une période de 28 ans qui correspond au troisième tour. Dans ces conditions il sera aisé de trouver une justification à n’importe quel événement, mais si on veut formuler une prévision il sera apparemment impossible de faire la synthèse de toutes les possibilités qui peuvent se présenter. Et si, comme dans les directions primaires, on suppose que le Méridien entraîne tous les astres on aboutira à plus de mille aspects au cours d’une vie, d’où un fouillis inextricable. Mais ce n’est pas le plus grave, ce qui me fait ranger ce procédé simplement dans les méthodes divinatoires c’est le fait qu’il ne peut pas se rattacher a un mouvement astronomique quelconque, ce n’est donc pas de l’Astrologie planétaire’ la seule qui est prise en considération dans ce dictionnaire.

DIRECTIONS PLANÉTAIRES MUTUELLES

Les aspects entre deux planètes progressées n’ont que peu ou point de force; mais lorsqu’une planète par progression arrive en aspect avec une planète radicale, elle agit soit en bien, soit en mal, selon sa propre nature et la puissance de la planète radicale dans le thème astrologique.

Dans les paragraphes suivants, nous avons établi ces tendances. Il importe peu que Vénus par exemple, progresse vers un bon aspect de Saturne radical, ou que Saturne progresse vers un bon aspect de Vénus radicale: les effets sont tels que les établit le premier paragraphe, et ainsi de suite pour les autres aspects.

Vénus et Saturne en bons aspects par progression indiquent une période de gains, d’augmentation de prestige social, d’exaltation sentimentale; ils marquent un réveil de la nature religieuse, dévotionnelle du sujet.

Vénus et Saturne en mauvais aspects par progression indiquent une période de chagrins et de soucis. La santé et la réputation souffriront; délais, pertes, désappointements seront fréquents. On cherchera à en imposer au sujet. La mort d’êtres aimés ou une séparation d’avec eux, et autres événement fâcheux sont à prévoir. L’esprit sera morose et enclin à l’angoisse.

Mercure et Saturne en bons aspects par progression marquent une bonne période pour assumer de nouvelles responsabilités, faire des placements en immeubles, mines, terres, etc., de même que pour entreprendre une étude ou des travaux de recherches de nature difficile, pour signer des contrats importants, sources de gains durables. C’est un bon moment pour traiter avec des agents et des personnes arrivés ou pour entreprendre des voyages dans un but sérieux.

Mercure et Saturne en mauvais aspects par progression indiquent une époque de retards, de désappointements, avec une tendance à ne voir que le mauvais côté des choses. C’est un mauvais moment pour prendre de nouvelles responsabilités, pour traiter avec des gens sérieux et pour signer des papiers légaux. La personne est menacée d’être calomniée et de perdre sa réputation.

Mars et Saturne en bons aspects par progression marquent une période pendant laquelle la personne sera très entreprenante, mais cependant pleine de tact et de diplomatie, courageuse sans témérité, forte et digne; plus capable que jamais d’assumer les responsabilités de la vie. Si elle fait un usage convenable de ces qualités, ces directions lui apporteront prospérité, honneur et respect parmi ses associés.

Mars et Saturne en mauvais aspects par progression rendront le sujet très téméraire et impulsif, d’où menace d’accidents. Quelquefois, lorsque le thème astrologique indique la violence, il y a tendance à crime et à effusion de sang d’où pourrait résulter emprisonnement. Tous les vices latents du caractère paraissent vouloir se mettre en évidence, et la colère n’en est pas le moindre. Il faudra apporter le plus grand soin à brider la nature impulsive et à réprimer vigoureusement tout écart indésirable du caractère.

Vénus et Jupiter en bons aspects par progression procurent gains, accroissement de l’estime publique, élévation de la position sociale; ils rendent le sujet plus aimable, plus sympathique, plus discret et par là augmentent sa popularité. C’est pour lui le moment de faire des voyages et de jouir de la vie. Les placements de fonds, faits sous cette influence, sont généralement heureux; la santé reste excellente, ou bien, si la personne vient d’être malade, cette époque marque une période de convalescence, de récupération des forces, où la vie prend une teinte plus rose.

Vénus et Jupiter s’affligeant l’un l’autre, par progression indiquent une période de soucis domestiques, plutôt bénins, de légères pertes d’argent, une tendance à la prodigalité, des difficultés pécuniaires et des possibilités de procès. Il en résultera aussi amoindrissement de prestige dans le cercle social de la personne ou dans son entourage immédiat.

Mercure et Jupiter en bon aspect par progression indiquent une période très prospère. La personne voyagera probablement, avec profit et plaisir; sa bonne santé et sa belle humeur lui feront voir la vie couleur de rose. Il y a des indications de gains, dûs à de bons placements, et de prospérité dans l’ensemble des affaires: c’est un bon moment pour faire des contrats, spécialement pour un travail littéraire.

Mercure et Jupiter affligés par progression marquent une époque fâcheuse pendant laquelle la personne est sujette à être entraînée dans des procès et, de ce fait, à subir des pertes, elle devra se garder de signer aucun papier légal ou de contracter aucun accord, car il en résulterait des malentendus entraînant des pertes d’argent; si elle prête de l’argent, ses débiteurs chercheront à lui en imposer et à la frustrer. Il faudra éviter tout rapport avec des hommes d’affaires ou des agents commerciaux.

Mars et Jupiter en bons aspects par progression marquent une période où l’esprit conservateur de Jupiter s’allie à l’enthousiasme débordant de Mars: d’où le sujet deviendra plus entreprenant, enclin à étendre le rayon de ses affaires et réussira, par là, à augmenter ses revenus. Il devra, cependant, avoir soin de se souvenir du proverbe qui trop embrasse mal étreint. Ces aspects agissent aussi sur la nature dévotionnelle et peuvent parfois s’exprimer par l’enthousiasme religieux: la personne pourra tourner une nouvelle page du livre de sa vie et devenir un meilleur homme, une meilleure femme.

Mars et Jupiter en mauvais aspects par progression indiquent un point dangereux dans la vie, pendant lequel la personne est capable de ruiner son avenir tout entier, soit en commettant des actes nettement criminels, soit en perdant son argent par un étalage fastueux, et de folles extravagances; elle peut aussi se laisser entraîner dans des projets insensés d’exploitations minières ou des spéculations de Bourse, de façon si imprudente que toute sa fortune y soit engloutie. La santé souffrira probablement aussi sous ces directions. L’impureté du sang pourra causer des excroissances morbides: tumeur, furoncles ou autre affection du même genre. En somme, c’est une période très mauvaise à passer, et la personne devra se garder soigneusement de céder à quelqu’une de ses influences.

Vénus et Mars en bons aspects par progression marquent une période de plaisir et de jouissance pendant laquelle un attachement durable, couronné par d’heureuses fiançailles, pourra se former. Ces aspects indiquent aussi gains et accroissement de popularité.

Vénus et Mars en mauvais aspect par progression marquent une période d’impulsion et d’imprudence pendant laquelle la personne est capable d’agir de la façon la plus irréfléchie, ce qui pourra lui susciter de grands ennuis: si elle est mariée, quelque infortune conjugale pourrait survenir; pertes d’argent, discrédit sont également indiqués. La personne devra donc se maîtriser, et éviter toute tentation qui pourra surgir sur son chemin.

Mercure et Mars en bons aspects par progression marquent un temps de prospérité générale dans toutes les affaires de la vie, spécialement dans celles où les facultés mentales sont mises en jeu: ces aspects indiquent finesse, pénétration, promptitude à saisir un point pour en tirer avantage: de là présage de gains. Ce temps est propice à la réclame, à l’extension des affaires, aussi bien qu’aux contrats, aux rapports d’intérêt, aux affaires avec agents commerciaux. C’est également une période bonne pour des travaux littéraires et pour les voyages. Cette direction gratifie bonne santé, joyeuse humeur, optimisme.

Mercure et Mars en mauvais aspects par progression pronostiquent une période critique où la personne est capable d’agir impulsivement, de parler et d’agir étourdiment, sans réflexion et sans prévision de la probabilité d’ennuis et de pertes d’argent, par suite des manoeuvres dolosives d’autrui. Elle devra donc être très prudente et ne signer ni accord, ni contrat à la légère. Il y a aussi indication d’accident ou d’ennui en voyage.

C’est un temps contre indiqué pour tout changement ou extension d’affaires.

Mars et Uranus en bons aspects par progression indiquent une période favorable pour perfectionner des inventions ou lancer de nouvelles entreprises. Sous cette direction, il arrive souvent que des amitiés de nature bénéfique se nouent, et il n’est pas rare qu’un éveil psychique se produise par suite d’association avec des personnes ou des groupes de personnes de nature uranienne.

Mars et Uranus en mauvais aspect par progression marquent une période très dangereuse. Cette direction annonce accidents de nature extraordinaire, bouleversement de condition, éloignement d’amis qui exposeront la personne à se trouver seule au monde. Quelquefois, il se produit un éveil psychique, mais toujours d’une nature indésirable.

Mars et Neptune en bons aspects par progression marquent une période d’activité mystique et d’enthousiasme pour les âmes avancées; mais la grande majorité ne sent pas cette influence.

Mars et Neptune en mauvais aspects par progression produisent une dépression nerveuse chez ceux qui répondent à cette influence. Il y a danger d’être trompé ou victime dans des circonstances inexplicables.

Vénus et Uranus en bons aspects par progression annoncent une probabilité de gains; la personne aura vraisemblablement ce qu’on appelle un bon temps où elle pourra ébaucher une amourette qui laissera probablement une blessure. Cette direction assure, pendant qu’elle dure, aide de la part d’amis et accroissement de popularité.

Vénus et Uranus en mauvais aspects par progression sont une cause féconde de malheurs domestiques: séparation, divorce. Cette direction est susceptible d’amener un scandale par suite de conduite immorale. Il y a aussi danger de procès, de pertes d’argent. La personne paraît devoir agir de la façon la plus excentrique.

Vénus et Neptune en bons aspects par progression indiquent une période de succès en matière sociale, bonheur et jouissance de la vie pour ceux qui peuvent répondre à cette direction. La personne est particulièrement apte à se complaire à la construction de châteaux en Espagne, des rêvasseries à l’eau de rose qui ne mènent à rien, mais rendent cette période tout à fait agréable.

Vénus et Neptune en mauvais aspects par progression présagent un événement psychique de nature désagréable, ayant rapport à l’hypnotisme et à la médiumnité. Il y a tendance à la sensualité, à l’immoralité et, quelquefois au goût pour la boisson et les drogues, d’où chagrins et ennuis.

Mercure et Uranus en bons aspects par progression rendent la personne mentalement active, lui apportent des plaisirs inattendus, l’incitent aux travaux de l’esprit et lui donnent un penchant vers les études occultes. Beaucoup de personnes, sous cet aspect, sont attirées vers des travaux d’ordre altruiste, humanitaire et y restent intéressées.

Mercure et Uranus s’affligeant l’un l’autre par progression. Cette direction rend le natif excentrique, ennemi des conventions, turbulent; elle lui donne un état d’esprit nerveux, instable et peut amener des procès imprévus.

Mercure et Neptune en bons aspects par progression. L’esprit est extrêmement actif, enclin à l’étude de l’astrologie et du mysticisme. Le natif est susceptible de voyager sur mer et d’éprouver de notables changements. Seuls, ceux qui sont avancés au point de vue spirituel ressentent l’effet de l’influence de Neptune.

Mercure et Neptune en mauvais aspects par progression. Les personnes sous cette influence devraient se garder de faire des placements dans des sociétés commerciales. Le mental est troublé par des pensées de malchance, et le moral peut se relâcher si cette tendance est indiquée dans le thème natal.

Saturne, Jupiter, Uranus et Neptune forment rarement des aspects par progression à cause de la lenteur avec laquelle ils se meuvent.

DIRECTIONS TERTIAIRES

Il s’agit d’une méthode apparemment d’origine allemande qui consiste à prendre comme base calculs :

Un jour après la naissance équivaut à un mois ce mois

ce mois étant déterminé par la révolution tropique de la LUNE, soit 27 jours environ. Si le natif est a l’âge de 60 ans il a donc vécu 21.900 jours (sans compter les années bissextile) et pour savoir où sont les directions tertiaires a cet âge il faut : 21.900 : 27,32 = environ 802 jours après la naissance et on monte une carte du Ciel pour ce jour-là en conservant l’heure natale (sauf erreur).

On remarquera que le procédé n’est guère réalisable dans la pratique, il faudrait faire 12 cartes du Ciel pour chaque Thème annuel, et puis tout cela semble tellement invraisemblable qu’il est inutile d’insister. Ce qui est extraordinaire c’est qu’on se soit contenté de fournir

DIRECTIONS (équation ou conversion des arcs de) —. Voir Équation.

DISCERNEMENT

Dominante Mercure-Jupiter, Mercure-Saturne, Mercure-Uranus en BA ; Jupiter ou AS en Vierge ; indices similaires à ceux de bon jugement.

DISCRETION

Dominante Saturne-Lune ; Saturne-Mercure, Saturne-Vénus ou tout au moins Saturne bien placé et en BA avec Mars ou AS ou les Luminaires. Prédominance de l’intellect sur la sensibilité ; AS dans le Scorpion, Soleil dans le Cancer, des indice de timidité peuvent accentuer la tendance.

DISCRIMINATION

Soleil ou AS dans le Verseau. Indices à peu près similaires à ceux de discernement.

DISCUSSION (penchant pour la)

Dominante de Mars avec Mercure ou Saturne ou Uranus ou le Soleil ou même Pluton, avec MA. Dissonance entre Mars-AS-Uranus-Mercure ou Pluton ; AS ou Soleil en signe martien ; Mercure dans le Bélier ou le Scorpion en Maison IIIMA sur les astres en III.

DISPERSION

Les signes doubles des Gémeaux et Poissons sont les principaux significateurs lorsqu’ils sont occupés par l’AS, le Soleil, la Lune ou Mercure. Il faut ajouter toutes les dissonances de Neptune sur les significateurs intellectuels, notamment ses MA avec Saturne, Uranus ou Mercure.

DISSIMULATION

Dominante Saturne-Mercure, Saturne-Lune, Saturne-Neptune, Saturne-Mars. Mais les astres constituant la dominante sont plutôt dissonants. Le signe des Poissons ou bien la Maison XII et secondairement la Maison VIII sont généralement occupés par les Luminaires ou des astres importants (Maître de I par ex.). Mauvais aspects des Luminaires avec les significateurs du caractère.

DISSONANCE

Synonyme de mauvais aspect. Deux planètes sont en dissonance lorsque leurs influences se mélangent pour agir maléfiquement, que ce soit en psychologie, que ce soit en destinée. La dissonance la plus grave — toutes autres choses égales — est la quadrature ou la conjonction entre Maléfiques ou entre un Maléfique et un Luminaire. Nous disons que la dominante est « dissonante » quand les planètes qui la composent s’aspectent mal l’une l’autre. Par extension, thème dissonant, significateurs de destinée ou du mariage, etc., dissonants, signifie que les MA prédominent, soit pour l’ensemble du thème, soit pour l’ensemble des significateurs particuliers.

Discerner – Maison 6, VIERGE

  • VI = La réflexion, la cogitation, l’intelligence pratique, l’analyse, le contrôle, la vérification.

Disciple – Maison 5, LION = L’enfant, l’élève

  • I = V de la IX = L’enfant de chœur, le meilleur du maître, le fruit d’un enseignement.
  • V et IX = Le maître, le professeur, le philosophie

Discipline – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = La maîtrise, le pouvoir sur soi

Discorde – Maison 7, BALANCE

  • VII = La guerre, les combats, la concurrence, les procès

Discours – Maison 7, BALANCE

  • VII = V de la III = Le plaisir des mots, une allocution, parler en public, les conférences

Discrétion – Maison 11, VERSEAU

  • XI = La légèreté, la disponibilité, la présence dans le groupe

Discussion – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Argumenter, parler, communiquer

Disparité – Maison 12, POISSONS

  • XII = VI de la VII = Le manque d’égalité, le manque d’égalité, le manque d’harmonie.

Disparition – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’éloignement, l’oubli, la perte, la fuite

Dispensaire – Maison 12, POISSONS

  • XII = Les hôpitaux, les cliniques, les Maisons de retraite, les Maisons repos

Dispersion – Maison 3, GEMEAUX

  • III = La curiosité, la mobilité mentale

Disponible – Maison 11, VERSEAU

  • XI = VI de la VI = La capacité rendre service, être à l’écoute

Disque – Maison 6, VIERGE

  • VI = V de la II = Le petit sillon, le microsillon, le C.D.
  • II = La musique

Dissimuler – Maison 12, POISSONS

  • XII = Le secret, le mensonge, la lâcheté, la dissimulation

Dissipation – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La vie de débauche, dépenser sans compter

Dissolution – Maison 12, POISSONS

  • XII = Fondre, disparaître, dissimuler, se dissoudre

Dissonant

Se dit d’un aspect qui propose des efforts à l’individu en vue de rétablir l’harmonie. Les aspects dissonants sont vécus comme « défavorables » dans la mesure où le sujet n’est pas conscient des leçons qu’ils apportent, ou les refuse.

Distance – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = S’éloigner, partir de chez soi, les voyages

Distance Angulaire

De deux astres ou points du Ciel). – Angle formé par les rayons visuels allant de l’œil de l’observateur au centre des astres. Plus simplement nombre de degrés séparant deux points de l’Horoscope. Deux astres sont en trigone lorsque la – est de 120° à 7 ou 8° près.

Distance cuspidaire

Distance qui sépare une planète de la cuspide ou pointe de la Maison dans laquelle elle se trouve. La distance cuspidaire se mesure généralement sur le semi-arc. On peut dans certains cas prendre la distance cuspidaire en degrés Zodiacaux, c’est ce que nous préconisons de faire pour évaluer très approximativement le pôle d’une planète et calculer les directions. Voir ce mot.

Distance horaire

Synonyme de longitude terrestre.

Distance horizontale

(ou arc horizontal). – Distance qui sépare une planète de l’horizon (AS ou Occident). Se mesure sur le Semi-arc (SA – DM = DH). La distance horizontale et la distance cuspidaires utilisées pour le calcul des directions «dans le Monde», paraissent totalement délaissées à l’heure actuelle.

Distance méridienne

(DM). – Différence entre l’ascension droite d’une planète et l’AR du MC ou FC. Voir formulaire. La DM sert à calculer les directions primaires.

Distillerie – Maison 8, SCORPION

  • VIII = La fermentation.

Distingué – Maison 5, LION

  • V = Les honneurs, les personnalités remarquables

Distinction

Dominante SOLEILVENUS; SOLEILJUPITER; SOLEILLUNE; LION, BALANCE ou SAGITTAIRE à l’AS. Pas de rayons dissonants des Maléfiques sur les significateurs du caractère; Maison IV et III très bien influencées.

Distraction

Dominante Lunaire ou Mercurienne, mais plutôt dissonante; la LUNE en aspect avec NEPTUNE ou URANUS; SATURNE faible, le SOLEIL aussi.

Distraire – Maison 5, LION

  • V = Jouer, se détendre, les loisirs, les amusements

Distributeur de billets Maison 7, BALANCE

  • VII = VI de la II = Les machines à sou.
  • II = Les banques, les organismes financiers, l’argent, les billets et la monnaie, les chéquiers, les cartes de crédit

Diurne – Maison 10, CAPRICORNE

  • X = Midi, le milieu de la journée

Diurne (mouvement)

C’est le mouvement apparent des astres qui se lèvent, culminent et se couchent; mouvement qui s’effectue, si l’on s’en rapporte à une carte du Ciel, dans le sens converse, et qui correspond à la rotation réelle de la TERRE, laquelle s’effectue dans le sens «direct». Les directions primaires sont basées sur le mouvement diurne. On appelle arc ou semi-arc, la portion de cercle qu’une planète parcourt au-dessus de l’horizon, arc ou semi-arc nocturne, celle qu’elle parcourt pendant son passage sous l’horizon. Le semi-arc est la moitié de l’arc. Il sert à calculer les directions primaires. Les Maisons diurnes sont celles qui sont au-dessus de l’horizon (de VII à XII); les Maisons nocturnes celles qui sont au-dessous, de I à VI. Une nativité est dite diurne quand le SOLEIL est au-dessus de l’horizon, et, nocturne, quand il est au-dessous : c’est-à-dire dans l’une des six premières Maisons du thème.

Divertir – Maison 5, LION

  • V = La fête, les divertissements, le théâtre et les spectacles

Divination – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Toutes les techniques occultes, les superstitions

Division – Maison 6, VIERGE

  • VI = Retrancher, ôter, diminutions

Divorce – Maison 7, BALANCE

  • VII = La séparation, les ruptures de contrat

Maisons VII occupée ou influencée par un ou plusieurs Maléfiques (dans ces derniers il faut comprendre URANUS dont l’action est particulièrement pernicieuse en fait de mariage); plusieurs Dissonances entre les Maléfiques et JUPITER. plusieurs Dissonances entre les Maléfiques et les Luminaires ou les occupants ou le maître de la Maison VII. Viennent ensuite : la CONJONCTION MARSVENUS; les MA VENUSURANUS pour les deux sexes, ceux d’URANUS et du SOLEIL pour les femmes, ceux d’URANUSLUNE pour les hommes.

D’une manière générale, les indices qui précèdent doivent s’interpréter comme signifiant mésentente en ménage, séparation prématurée, mariage malheureux.

Dix heures du matin – Maison 11, VERSEAU

  • XI = De huit à dix heures.

Dix huit heures – Maison 7, BALANCE

  • VII = De seize à dix huit heures.

Docilité – Maison 4, CANCER

  • IV = La passivité, la douceur, réceptivité

Docker – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = VI de la IV = Les employés du port, la gendarmerie portuaire.

Docteur – Maison 6, VIERGE

  • VI = La santé, le les médecins

Doctrine – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La philosophie, les croyances et les opinions religieuses
  • III = Les papiers, le livre, l’intelligence pratique

Documents

Ils sont gouvernés par la Maison III et par MERCURE. D’après l’Astrologie Judiciaire, de Picard, le 8° de la Maison III indique les gains ou pertes par écrits, le 12° ce qui a rapport au bureau et ce qu’il renferme, le 23° et 24° : lettres et messages. Les ennuis ‘au sujet de documents se produisent généralement par affliction de SATURNE à MERCURE.

Dodecatémories

Il s’agit d’une division de chaque signe du zodiaque en 12 parties égales de 2° 30′ chacune. La première division du BELIER (par ex.) appartient au BELIER. la seconde entre 2° 30′ et 5° appartient au signe suivant le TAUREAU; la troisième jusqu’à 7° 30′ aux GEMEAUX et ainsi de suite jusqu’à la douzième division qui appartient aux POISSONS. Pour les autres signes le procédé est identique, par ex. TAUREAU, GEMEAUX, CANCER, etc.; GEMEAUX, CANCER, LION, etc. Une table des – figure dans le livre de Manilius  » Les Astrologiques ou la Science sacrée du Ciel» (Planète Denoël).

Doigt – Maison 3, GEMEAUX

  • III = La VIII = VI de la III = Les phalanges.

Dolmen – Maison 1, BÉLIER

  • I = IV de la X = La pierre couchée
  • I = X de la IV = La première table

Dôme – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La voûte céleste, le ciel étoilé

Domestique – Maison 6, VIERGE

  • VI = Le personnel de service, la servante, les employés de Maison, la bonne

Domicile – Maison 4, CANCER

  • IV = Le foyer, l’appartement, la Maison, le lieu de vie

Domicile (planètes)

Chaque planète possède son « domicile Zodiacal », qui est le signe où elle se trouve le mieux placée au point de vue de ses effets. On distingue généralement le domicile diurne et le domicile nocturne. Voici la liste des domiciles :

  • Le SOLEIL possède un seul domicile : le LION
  • la LUNE a son domicile dans le CANCER
  • MARS a son domicile diurne dans le BELIER et son domicile nocturne dans le SCORPION
  • VENUS a son domicile diurne dans la BALANCE et son domicile nocturne dans le TAUREAU
  • MERCURE a son domicile diurne dans les GEMEAUX et son domicile nocturne dans la VIERGE
  • JUPITER a son domicile diurne dans le SAGITTAIRE et son domicile nocturne dans les POISSONS
  • SATURNE a son domicile diurne dans le VERSEAU et nocturne dans le CAPRICORNE
  • URANUS et NEPTUNE, on attribue au premier, le signe du VERSEAU, et, au second, le signe des POISSONS.

Dans l’interprétation, on peut admettre que le domicile diurne est plus favorable que le domicile nocturne, mais il ne faut pas exagérer cette règle car tous les auteurs ne sont pas d’accord sur les domiciles diurnes et nocturnes. Certains astrologues occultistes attribuent même à chaque signe une planète différente et font entrer en ligne de compte des astres non encore découverts.

Le lieu opposé au domicile s’appelle l’exil.

Domification

La domification consiste à calculer et à délimiter les Maisons .

Dominante (Théorie de la)

On appelle «dominante» l’ensemble constitué par deux ou trois influences astrales différentes, qui forment en somme un alliage, dans lequel chaque composante conserve ses propriétés, mais se trouve néanmoins modifiée par les réactions réciproques d’une influence sur l’autre. Si, dans une carte du Ciel, nous remarquons que JUPITER est l’astre le plus puissant du thème, si en second lieu, dans l’ordre de puissance, nous trouvons VENUS, et puis MERCURE, nous dirons que la Dominante du sujet sera : JUPITERVENUS MERCURE. Si, à la place de VENUS, nous avions trouvé MARS, comme astre le plus puissant après JUPITER, nous aurions dit : dominante JUPITERMARSMERCURE. Ce qui précède ne veut pas dire que les autres planètes sont sans influence, mais toutes les influences secondaires du thème se soumettent aux influences de la dominante et elles ne se manifestent que si cette dominante le permet. On s’aperçoit donc de l’importance de la théorie qui est proposée ici. En effet, la tradition nous dit : si vous voulez être renseigné sur les finances du sujet, consultez la Maison II, si vous voulez être renseigné sur son mariage, consultez la Maison VII, si vous voulez être renseigné sur sa mort, consultez la Maison VIII. A cela on peut substituer la théorie suivante : si vous voulez être renseigné sur les finances, les amours, le mariage, etc; consultez d’abord la dominante et ensuite, la Maison II, la V. la Maison VII, etc. Dans le fond, cette théorie n’est aucunement subversive au point de vue de la tradition, seulement elle n’a jamais été clairement formulée.

Il existe trois sortes de dominantes dont on peut faire état dans l’interprétation du thème :

  • 1) La Dominante Élémentaire
  • 2) La Dominante Zodiacale
  • 3) La Dominante Planétaire

Cette dernière étant la plus importante des trois, et aussi la plus difficile à déterminer.

La recherche de la dominante élémentaire est une chose aisée, il suffit, en s’inspirant des directives données au mot «éléments», de déterminer s’il y a dans le thème prédominance de l’élément FEU, de l’élément TERRE, TERRE ou EAU. Lorsque deux éléments réunissent un nombre à peu près égal de points, la dominante élémentaire s’énoncera ainsi : FEUTERRE, ou FEUTERRE, ou TERREEAU, etc.

La dominante zodiacale est constituée par les deux signes les plus importants ou les plus puissants, de la carte du ciel. Sauf de rares exceptions, la dominante zodiacale comprend toujours deux signes : celui qui se lève et celui qui est occupé par le SOLEIL.

Toutefois tout signe qui serait occupé par trois planètes ou davantage ferait automatiquement partie de la dominante zodiacale. Il pourrait même prendre la place du signe AS ou du signe solaire selon la faiblesse de l’un ou de l’autre. Voici maintenant un exemple de calcul de la dominante élémentaire dans le Ciel de Maurice Chevalier d’après les valorisations préconisées au mot Éléments :

FEU TERRE TERRE EAU
LUNE, SAGITTAIRE, AS au LION 6
JUPITER, MARS, SAGITTAIRE 4
SATURNE au LION 2
SOLEIL en VIERGE 3
MERCURE, VENUS en BALANCE 4
URANUS, BALANCE 1
NEPTUNE, PLUTON, GEMEAUX 2
MC au BELIER 1

Sans hésitation possible c’est une dominante FEU et TERRE, ce qui correspond bien à la très brillante carrière.

Pour la dominante zodiacale, compte tenu que le SAGITTAIRE est un signe de FEU comme le LION, on pourra prendre : LIONBALANCE.

Essai de valorisation des planètes pour déterminer la «dominante»

Points
Planète en Maison XII ou en CONJONCTION à l’AS à 5° près 12
Planète en Maison IX ou en CONJONCTION au MC à 5° près 10
Planète en CONJONCTION au FC ou DS à 10° près 6
Planète en Maison X ou I au-delà des 5 premiers degrés 5
Planète en Maisons III IV VII hors CONJONCTION 4
Planète dans les Maisons en déclinaison Nord 1
Planète dans son domicile ou son EXALTATION 2
Planète aspectée par le SOLEIL, la LUNE, l’AS ou le MC à 7° maximum 3
Planète maîtresse de l’AS ou du MC 3
Planète maîtresse du SOLEIL, de la LUNE ou du «gouverneur» 2
Planète recevant plusieurs aspects (BA ou MA), par aspect 2
Si MERCURE se trouve dans les six derniers signes 2
Si la LUNE se trouve dans les six premiers signes 2
Si la LUNE se trouve dans le CAPRICORNE 2
Si JUPITER se trouve dans la BALANCE ou le VERSEAU 2
Planètes pérégrines 1
Planètes EN EXIL ou chute 0
Planètes en VI loin du DS (10°) ou en VIII 0
Planète maîtresse de plusieurs autres, par planète 1
Planète aspectant le maître de l’AS (ou gouverneur) 3

Pour simplifier je n’ai mis aucun indice négatif. Comme indiqué déjà on pourra se servir de ce barème lorsque ce sera difficile de parvenir à Une conclusion par un simple raisonnement.

Domination

Ce terme s’emploie pour dire que telle Planète est maîtresse de tel signe ou de telle Maison, c’est en quelque sorte un synonyme de domicile. On peut dire aussi qu’une Planète en domine une autre lorsque la seconde est dans le domicile de la première. Par exemple MERCURE en SAGITTAIRE sera sous la domination de JUPITER. Enfin le terme peut avoir une signification astronomique : un astre en dominera un autre lorsqu’il sera plus élevé sur la TERRE; plus près du Méridien.

Domination (esprit de)

Très forte influence solaire, martienne ou jupitérienne. AS ou SOLEIL dans le BELIER, le LION, le SAGITTAIRE; signes de FEU importants. LUNE dans le BELIER, indices d’ambition, MA entre SOLEIL, MARS, JUPITER.

Donner – Maison 5, LION

  • V = La générosité, les dons, les récompenses

Dons – Maison 5, LION

  • V = Les talents artistiques, la créativité

Dopage – Maison 12, POISSONS

  • XII = Les médicaments, les drogues et les stimulants

Doré – Maison 5, LION

V = Les couleurs flamboyantes, l’or, les objets précieux

Doriphorie

Ce terme que Julevno attribue à Ptolémée signifie escorte, mais la définition qu’il en donne est très compliquée et peu claire. En gros il semble désigner un «encadrement, rapproché des Luminaires (surtout du SOLEIL) par des astres bien disposés. Il faut, en outre, que le SOLEIL soit en Maison X ou en Maison I. On peut aussi tenir compte des aspects tombant dans le voisinage du SOLEIL. Ce serait une configuration de grand succès dans la vie.

Dormir – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’anesthésie, le sommeil
  • IV = La nuit, rêver, entrer dans le sommeil

Dortoir – Maison 12, POISSONS

  • XII = Le sommeil
  • VI = VII de la XII = Le pensionnat, la caserne, l’internat, l’accueil de groupe.

Dos – Maison 5, LION

  • V = La colonne vertébrale, le dossier

Dossier – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Les livres, les cahiers, les carnets.
  • V = III de la III = Un ensemble de documents sur un sujet précis.

Dot – Maison 8, SCORPION

  • VIII = II de la VII = L’argent de la mariée, le pécule du partenaire, la sécurisation du conjoint

Douane – Maison 7, BALANCE

  • VII = IX de la XI = Le passage d’une limite, la frontière

Double – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Le deux, la dualité, les jumeaux

Doublure – Maison 3, GEMEAUX

  • III = XI de la V = La protection du vêtement, la doublure d’un comédien.

Douceur – Maison 2, TAUREAU

  • II = La chair, la sensualité, le câlin, le bisou

Dominante vénusienne ou lunaire. AS ou SOLEIL en TAUREAU, VIERGE, BALANCE, SAGITTAIRE; LUNE dans le CANCER, le TAUREAU ou la BALANCE; BA entre LUNE, VENUS, AS; MARS, SATURNE et le SOLEIL plutôt faibles.

Douche – Maison 11, VERSEAU

  • XI = VIII de la IV = Les jets d’EAU, les chutes d’EAU, les tuyaux d’arrosage

Douleur – Maison 12, POISSONS

  • XII = La souffrance, pleurer, les larmes, la peine

Doute – Maison 6, VIERGE

  • VI = VII de la XII = Avoir besoin de preuve pour croire, la raison face à la foi

Dragée – Maison 2, TAUREAU

  • II = Les desserts, les sucreries, les glaces, les pâtisseries

Dragon (Tête et Queue du)

La Tête et la Queue du Dragon correspondent aux Nœuds ASCENDANT et descendant de la LUNE (Voir à «Noeuds lunaires» pour les explications astronomiques).

La tête du Dragon est plus couramment appelé Nœuds Nord et, Nœuds Sud.

 

Pour l’interprétation d’un thème, nous ne tenons compte de ces points que lorsqu’ils se trouvent en CONJONCTION avec une planète ou avec l’ASCENDANT.

Lorsque le SOLEIL passe sur son Noeud ASCENDANT (le point vernal), il entre en conquérant dans le signe martien du BELIER, c’est l’équinoxe de printemps et toute la nature s’éveille à la vie. Par analogie, le point où la LUNE passe sur son Noeud ASCENDANT a une influence comparable au zéro degré du BELIER À. Par conséquent, on considère que la Tête du Dragon a une influence favorable et vivifiante .

La LUNE, représentée par le croissant, exerce une influence fécondante sur la matière (symbolisée par la croix +). Lorsqu’elle passe «au-dessus» de l’écliptique (par son Noeud ASCENDANT), le croissant se trouve également au-dessus de la croix et nous retrouvons le symbole de JUPITER.

Lorsqu’elle passe «au-dessous» de l’écliptique (par son Noeud descendant), son influence se fait sentir à la manière de celle de SATURNE.

Ainsi, la Tête du Dragon favorise-t-elle et protège toute affaire d’une façon jupitérienne, comme le montrent également l’EXALTATION du SOLEIL dans le signe du BELIER et l’EXALTATION de JUPITER dans le signe lunaire du CANCER .

A l’opposé, la Queue du Dragon est considérée comme ayant une influence saturnienne, ainsi que le suggèrent l’EXALTATION de SATURNE dans le signe où le SOLEIL passe sur son Noeud descendant, et la maîtrise de SATURNE dans le signe où la LUNE est EN EXIL.

Comme dernière observation, nous pouvons noter que le mouvement des Noeuds de la LUNE autour du zodiaque en 18 ans 1/2, place celui-ci entre le mouvement de JUPITER (12 ans), et celui de SATURNE (29 ans 1 /2).

Drap – Maison 5, LION

  • V = L’étoffe VIERGE et blanche
  • V = II de la IV = Serviette de plage le drap de bain.

Drapeau – Maison 5, LION

  • V = Les repères nationaux, l’identité nationale

Drogue – Maison 12, POISSONS

  • XII = L’oubli de soi, les produits qui soulagent, les médicaments, l’alcool

Droit – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = La loi, la justice, la législation, les avocats, le tribunal

Droit d’auteur – Maison 3, GEMEAUX

  • III = Les romanciers
  • IV = II de la III = L’argent d’un écrivain.

Droiture

Dominante jupitérienne surtout avec MARS ou SOLEIL; AS ou SOLEIL en BALANCE; SOLEIL en BA à JUPITER ou MARS. MARS bien placé surtout en BA à l’AS.

Druide – Maison 9, SAGITTAIRE

  • IX = Les traditions religieuses, les celtes, le druidisme

Dualité

Est en relation avec les signes doubles, notamment POISSONS et GEMEAUX. Elle peut se constater dans le caractère, dans l’intellect, dans le destin. Par exemple les natifs des GEMEAUX ont tendance à entreprendre deux réalisations à la fois ou bien leur destinée comporte deux phases bien distinctes. Il en est de même pour les enfants du SAGITTAIRE mais avec une fréquence moindre.

Duplicité

NEPTUNE dissonant avec les significateurs du caractère; JUPITER ou MARS en MA avec les Luminaires. SOLEIL ou AS en POISSONS. Moralité faible.

Dune – Maison 12, POISSONS

  • XII = Le sable, le marchand de sable, le porteur de sommeil.
  • XII = La poudre d’or dans la mythologie

Duperie – Maison 1 2, POISSONS

  • XII = Les tromperies, les divagations mentales, les mystifications

Dur – Maison 1 0, CAPRICORNE

  • X = La pierre, la cristallisation, la coagulation, le froid, la glace, les glaçons

Durée – Maison 1 0, CAPRICORNE

  • X = Le sens du temps, le vieillissement, la patience, la persévérance

Duvet – Maison 1 2, POISSONS

  • XII = XI de la II = Les couvertures, la couette, l’édredon

Dynamite – Maison; 8, SCORPION

  • VIII = Les explosifs, les bombes

Dynamo – Maison; 8, SCORPION

  • VIII = La batterie
  • XI = Les piles, l’électricité

Capricorne

Le Signe du Capricorne

22 Décembre – 21 Janvier

par

Joëlle de Gravelain

Introduction

« Le Capricorne symbolise la Terre, son poids, ses secrets, sa fatalité. Le comportement de la chèvre est de « monter toujours en broutant ». Elle gagne les hauteurs les yeux fixés au sol.

Qualités : constance, obstination, profondeur. Défauts : orgueil, froideur, avarice.

Nature terrestre ayant le goût du mystère et de la contemplation. Ils sont graves, taciturnes, renfermés. Ils sont tristes et pesants. Ils naissent vieux. Ils existent davantage au-dedans qu’au-dehors.

Ils sont davantage attirés par la mort que par la vie. Ils voient le mal avant le bien. Le point faible en toute chose leur saute immédiatement aux yeux.

Avarice, méfiance, inquiétude. Ils sont pessimistes et timorés. Ils ont la crainte perpétuelle de ne pas réussir. Ambitieux et soupçonneux, ils usent l’obstacle par la concentration de leur volonté et à force de patience. Echecs, retards, surprises. Ils n’ont pas de chance; leurs entreprises avortent. Pénitence, regrets, remords continuels. Ils gardent la mémoire des injures.

Ils sont difficiles à mettre en colère mais, après, n’en sortent plus.

Ils ne rient jamais ou très peu; dans ce cas, le rire est toujours sardonique.

Analystes puissants. Pénétration remarquable, mais ils approfondissent les choses en les détériorant, en les décomposant, en leur enlevant leur suc, leur vie.

Prosaïsme. Esprit profond mais lourd. Éclore péniblement. Ils sont entêtés et persévérants. Travailleurs infatigables. Ils profitent de toute occasion pour amasser ou progresser.

Insatiables dans la connaissance. Les travaux de longue haleine; l’étude des choses compliquées et abstraites. Amateurs de quintessence. La recherche des causes. Goût pour la restauration des ruines.

Ils s’attachent lentement. Ils ont plusieurs plans de vie et plusieurs pensées à la fois. Ils n’éclairent que des abîmes.

La femme du Capricorne est secrète, comme sa voisine du Sagittaire, mais repliée sur elle-même. C’est Vesta, la mystérieuse, Vesta, la souterraine, dont le Grand-Prêtre seulement connaît le feu secret. Elle est souvent d’une beauté impassible, un peu fatale et ne se livre que très difficilement, sauf à elle-même. Son intelligence calculatrice est grande et l’incline vers la méditation.

Maladies physiques : maladies des profondeurs. Scléroses, cancer, tumeurs, arthritisme; maladies des os, des oreilles. La lèpre. Les humeurs crasses. Troubles trophiques du système nerveux. Dermatoses.

Maladies morales : idées fixes. Persécution. Hypocondrie. Corruption par sécheresse et par froid. Mort latente.

Gestes étroits et tremblants. Ils marchent voûtés, les pieds en dedans. Maigres; peau très brune, terreuse, facilement ridée. Cheveux noirs, souvent noirs dur ou roux. Joues creuses, pommettes saillantes. Yeux noirs, tristes, obscurs (le regard du mineur qui sort de la mine). Lèvres minces. Nez mince, busqué et pointu (le nez de Dante). Pomme d’Adam très distincte.

Gros os. Poitrine étroite, velue. Épaules médiocrement développées, très hautes. Dos voûté. Mains noueuses et maigres, médius spatulé. Veines des pieds très apparentes. Sujets à la surdité. Diction vibrant en dessous, tremblante, un peu grave. Prononciation parfois embarrassée. Au fond de la voix, notes un peu gutturales, rêches. Début d’élocution lent, brouillé et confus. Leur force est dans la profondeur.

Le Livre d’Arcandam dit :

 » Il sera incrédule, mélancolique et terrestre.
Il ne croira dans les autres et on ne croira en lui.
Il sera mépriseur de tous et pensant beaucoup de soi.
Il sera luxurieux et amateur de toutes femmes.
Bonne fortune en toute oeuvre de terre faite avec pesant et grand labeur.
Il sera plus sain au labeur qu’en oisiveté.
La fin sera meilleure que le commencement. »

Premier décan : du 21 décembre au 31 décembre. Cancer, Jupiter, Capricorne.

Très patients et tenaces. Capables de tout pour arriver. Ils parviennent à force de persévérance mais échelon par échelon. Esprit politique mais d’une politique subtile et non élevée. Tendance à exagérer l’importance de la vie terrestre. Avarice de soi-même. Constants dans les affections et dans les haines. Haute idée d’eux-mêmes.

Deuxième décan : du 31 décembre au 11 janvier. Lion, Mars, Capricorne.

Besoin d’action perpétuellement combattu. Nature foncièrement positive. Incapacité d’abstraction. Toutes les velléités, mais les semelles en plomb. Ennuis domestiques fréquents.

Troisième décan : du 11 janvier au 21 janvier.

La passion d’observer; regard pénétrant et rapide, d’une acuité extrême (Sainte-Beuve, Cézanne, Poe, Saint-Simon, Molière, Buffon, Kipling, Champollion).

 » Maître Jacques.  » Toujours en opposition avec eux-mêmes.

Ils vivent à l’état de passion intérieure, c’est leur qualité et c’est l’origine de leurs défauts.

Les événements se présentent généralement mal, mais les fins sont heureuses. Ils terminent mieux qu’ils ne commencent.

Subtilité dans la différenciation des détails mais la vue de l’ensemble et sa construction leur échappent le plus souvent.

Vie nombreuse et incohérente. Moral débraillé. Aucune économie d’eux-mêmes; ils se gâchent et s’épuisent en feux d »‘ artifices « . Ils ont le tourment de la perfection.

De la difficulté à se condenser, à se limiter, puis à prendre parti.

Toujours aimables et peu aimés. Le désir de plaire aux hommes avec une raideur qui les éloigne. Maladroits, mais de la grâce dans les maladresses. Une lutte entre le plaisir et le devoir. Des timidités et de l’audace. Incertitude des choses. Inconstance dans les entreprises, irrésolution. Sympathiques à tout le monde mais peu d’amis. »

Ce texte a été écrit par Claude Valence, pseudonyme de Conrad Moriquand, Capricorne de son état.

Où l’on verra que le premier des traits de caractère propres au Capricorne n’est pas dans la complaisance.

Cette tendance à s’auto-dévaloriser, on la retrouvera chez d’autres Capricorne bon teint, tels Paul Léautaud ou Johann Kepler.

Sans prétendre à tant d’allègre férocité, je m’efforcerai de faire de mon mieux, sachant que les Capricorne sauront en rire et que leurs ennemis ne manqueront pas d’exploiter contre eux ces quelques armes que je leur livre…

Si je suis astrologue, c’est que j’admets un postulat : nous portons en nous les structures de personnalité propres au signe qui nous a vu naître. En tant qu’astrologues, nous pratiquons une astrologie définie et influencée par ce signe même. D’où, pour toute personne curieuse, l’intérêt qu’il y a à soumettre son thème astral à l’interprétation d’astrologues différents, chacun proposant son coup de projecteur personnel, la conception même qu’il a de son art.

Il me faudra donc tenter, puisque je suis Capricorne, de définir en quoi ma vision de l’astrologie est non seulement subjective, mais aussi représentative de mon signe spécifique, conforme à mon propre thème et à la trajectoire de mon destin. Certaines questions surgissent. Pourquoi fait-on de l’astrologie quand on est Capricorne – et pourquoi, d’ailleurs, bon nombre de natifs de ce signe la pratiquent-ils? Comment exerce-t-on, quelles difficultés rencontre-t-on, comment nous rejoint-elle?

Ces questions – et les réponses qu’on peut en attendre – vont, par la force des choses, nous contraindre à parler de nous-même, à mettre en évidence certains traits de caractère propres au Capricorne, qui seront ensuite repris et développés, nous conduisant ainsi à des répétitions inévitables et à entreprendre un récit autobiographique, toujours un peu malaisé pour toute « chèvre » bon teint.

Pourtant, née un 12 janvier, Saturne – le maître du Capricorne – occupant la première Maison de mon thème natal qui colore le « Moi », je ne peux renier mon appartenance à ce signe hivernal, en dépit d’un Ascendant en Sagittaire qui me rend la vie un peu plus gaie!

Je n’avais pourtant pas la moindre intention d’être astrologue. J’ai pris conscience, tard il est vrai, de ce que je considérais comme une vocation au moment où la vie m’imposait, très prosaïquement, de lui faire face. J’aurais voulu être archéologue. Lorsque j’ai étudié l’astrologie, j’ai compris que ce choix de jeunesse était parfaitement conforme à ma nature saturnienne. L’histoire ne m’avait jamais intéressée, mais la préhistoire me passionnait. Le retour aux origines, les sources du langage, les balbutiements de l’humanité, cette vie de l’homme perdue dans la nuit des temps – dans la nuit du Temps —, en revanche me fascinaient. Découlait tout naturellement de cette fascination mon intérêt pour la mythologie, pour une histoire façonnée par l’évolution des mythes. Peu à peu, je plongeai dans l’abondante littérature consacrée à l’Atlantide, puis dans l’histoire des religions, et enfin dans l’océan de l’inconscient collectif et de ses symboles partout reconnus, partout répétés comme un langage mille fois plus évocateur que celui de nos pauvres mots conventionnels.

Les origines

L’avenir ne parvenait pas à me provoquer mais le passé me tirait en arrière, multipliant pour moi des questions sans fin.

La fascination des origines… J’ai compris plus tard qu’elle était tout entière contenue dans la nature saturnienne du Capricorne. Car la grande angoisse du signe me paraît d’abord être liée, de façon essentielle, à son refus de la mort, à son rejet absolu d’un monde qui va lui survivre. Alors, il cherche dans ses racines de bonnes raisons de croire qu’il est éternel. C’est en elles qu’il cherche ses certitudes. L’avenir ne peut être que point d’interrogation, insécurité, doute, menace. Pourtant, en voulant survivre à tout, le Capricorne ne peut éviter de se projeter dans un futur intemporel. Dans un avenir qui n’apparaît pas comme prolongement du passé mais plutôt éternisation du présent, un temps étiré dans une continuité sans rupture.

Le Capricorne porte en lui cette nature minérale, monolithique, de la pierre enracinée dans le passé, défiant l’avenir, posée hors du temps comme la forteresse inca de Sacsahuamân, les sites fantômes de Machupicchu – la vieille montagne – ou la pyramide de Chéops.

L’astrologie, ce langage des astres, devait me proposer très exactement la synthèse de tout ce qui m’attirait, une voie d’accès à un univers dont la richesse m’apparut très vite propre à satisfaire presque toutes mes aspirations. Tout d’abord, l’astrologie me renvoyait au passé, à cette première interrogation de l’homme sur ses origines. Nul aujourd’hui ne conteste le fait qu’elle a précédé l’astronomie, qu’elle répond à la première formulation par l’homme d’une structure et d’une ordonnance du monde qui le délivre du hasard, qu’elle met en place, sur l’échiquier de l’univers, les fous, les rois, les reines et les pions déplacés par une main invisible selon un projet concerté, rigoureux, implacable, obéissant à une nécessité que nous tentons en vain, jour après jour, de déchiffrer.

Je suis toujours surprise par l’effarement de ceux qui découvrent à travers l’astrologie de quelle façon leur destin semble déterminé, scellé d’avance dans l’argile du temps. Comme s’ils étaient contraints par quelque force obscure à avancer ou à reculer contre leur gré. Ils oublient que leur volonté de refus ou d’adhésion est, elle aussi, quelque part, inscrite.

Une psychanalyste qui m’avait demandé de lui parler de son « thème » me fit toucher du doigt à quel point, pour certains, il est difficile d’admettre ce déterminisme.

Je lui parlai d’un manque, clairement lisible, qui avait dû marquer ses rapports avec son père, sans doute à cause de la mort prématurée de ce dernier. Elle se récria aussitôt : « Lorsque vous me parlez de mon caractère, de ma personnalité, je puis accepter ce que vous me dites, mais lorsque vous prétendez lire ici que mon père m’a manqué, il s’agit là de quelque chose d’historique dans ma vie, alors je ne comprends plus. » Son père était bien mort quand elle était enfant. Elle ne le nia pas. Mais elle ne pouvait accepter que ce fût « écrit ». Pourtant, sa propre psychanalyse lui avait bien fait explorer cette absence et ses conséquences sur sa propre évolution affective.

Une autre liberté

L’astrologie propose de la liberté une définition toute différente de celle qu’on imagine. Ni révolte, ni fuite mais au contraire adéquation, adaptation, adhésion à ce qui nous est proposé, exploitation dynamique de ce qui est inscrit en nous. Avec l’astrologie, on retrouve le concept Zen de la nécessité d’être à sa « vraie » place, conforme à sa vraie nature, et de l’assumer. La liberté commence avec la conscience de ce que l’on est. Notion que l’on retrouvera en psychanalyse, celle-ci ne prétendant pas changer les êtres mais les aider à accepter ce qu’ils sont. Pour un Capricorne saturnien, cette idée de fatum – qui signifie à la fois destin et fatalité – ne manque pas de séduction. Il conserve ainsi le sentiment d’être responsable vis-à-vis de lui-même, ce qui plaît à sa conscience pointilleuse. Mais il parvient aussi à mieux accepter les frustrations que la vie lui impose et qui lui feraient horreur s’il ne s’en sentait comptable.

Ainsi l’astrologie, au-delà d’un code moral conforme à ma nature, me permettait de satisfaire d’autres exigences.

Née frustrée, comme tous les natifs de mon signe, je trouvai dans le rapport avec l’autre un prétexte à dialogue privilégié. Étudier le thème astral de quelqu’un, c’est établir d’emblée le contact au niveau le plus essentiel, balayer les approches superficielles, les propos mondains, se trouver très vite au cœur d’une rencontre où tout peut être dit, où tout peut être entendu. Avec un peu de chance, une amitié naîtra, un courant chaleureux passera. Il ne m’en faut pas plus, puis-je l’avouer, pour me trouver des raisons de vivre.

Illusion, certes, que de se croire indispensable ou même utile. Mais le Capricorne en a plus qu’un autre besoin, lui qui supporte si mal la menace du vide, du néant, la « béance de la mort ». L’illusion qui se sait illusion, ou baume, n’est plus tout à fait coupable…

Au-delà du rapport affectif, l’astrologie ouvre la porte à toutes sortes de recherches, à d’infinies explorations qui comblent aussi la longue patience saturnienne. « Médecin raté », l’astrologue peut chercher à établir des corrélations entre des malades atteints d’un même mal. Psychologue par vocation, il peut découvrir motivations cachées et explications aux phénomènes d’identification et de répétition si déterminants dans les comportements humains. Son avidité n’est jamais assouvie.

Carl Jung, qui s’est beaucoup intéressé à l’astrologie, reconnaissait que l’astrologie et la psychologie des profondeurs avaient beaucoup à apprendre l’une de l’autre, car elles sont l’une et l’autre le lieu de rencontre de tous les mythes, de tout ce que l’inconscient collectif charrie en chacun de nous. Elle est en quelque sorte une archéologie de l’âme et, en cela, de nature à satisfaire le plus exigeant des Capricorne.

Ainsi le destin a mis sur ma route l’astrologie, contre ma volonté. J’aurais souhaité être archéologue, étudier la préhistoire, la linguistique, être médecin, psychologue ou psychanalyste, historien des religions. Pas astrologue. Et pourtant l’astrologie m’a permis d’aborder un peu tout cela, d’explorer chaque jour de nouveaux champs de recherche.

Comment y suis-je venue? Par hasard.

Ou par ce qui en avait l’apparence.

Très jeune, je me suis retrouvée seule et c’est bien là une caractéristique du destin saturnien. Marquée très tôt par la mort d’une mère aimée et, plus tôt encore, par l’abandon d’un père lucidement jugé mais que je ne me résignais pas à condamner, je fus confrontée à la nécessité toute prosaïque de gagner mon pain. Pas question de prolonger mes études au-delà des deux « bacs ». Fille de journalistes et d’écrivains, j’étais tentée de poursuivre dans cette voie. Mais quand on ne sait rien faire, rares sont ceux qui vous ouvrent leur porte. Successivement, je travaillai pour un organisme spécialisé dans le textile où je fis un secrétariat ennuyeux ponctué de quelques comptes rendus sur les collections. Cela me permit de vérifier mon absence d’intérêt pour la mode, car je jugeais, en jeune Capricorne austère, ces préoccupations scandaleusement futiles. On ne tarda pas à me le reprocher.

Je trouvai alors un emploi dans une agence de presse chinoise, grâce à l’attaché culturel de l’ambassade de Chine que j’avais prié, avec l’audace de mes dix-sept ans, de m’instruire sur la musique de son pays; je projetai de réaliser une émission sur ce qui était alors Paris-Inter, dans laquelle j’avais l’ambition de démontrer qu’un pays possède une musique, des instruments, conformes aux tendances psychologiques nationales qui lui sont propres! Mon aimable attaché culturel fit non seulement preuve d’indulgence et de courtoisie à mon endroit mais il me fit entrer dans cette agence de presse tenue par un de ses amis. J’étais supposée y traduire, du français vers l’anglais, tous les articles qui paraissaient dans la presse française sur l’avance de Mao Tsé-Tung. Je l’ai rencontré en Mandchourie et le retrouvai, trois mois plus tard, devant Formose. J’avais du mal à suivre ses pas de géant.

Heureusement pour mon aimable patron qui devait, bien qu’impassible devant moi, s’arracher les cheveux devant mes traductions folkloriques. Sans doute avait-il la certitude de la précarité de sa propre situation. Sinon j’aurais certainement perdu mon emploi au bout de trois jours. Si j’ai fait de l’astrologie, « c’est la faute à Mao »… un Capricorne, comme par hasard.

Je me retrouvai donc à nouveau au chômage, situation mal vécue par un saturnien qu’angoissent l’inaction et l’insécurité du lendemain. Mais, à l’époque, on n’était pas surprotégé par une société castratrice. On aurait fait n’importe quoi pour survivre. Pour moi, n’importe quoi, ce fut l’astrologie.

Je fis par hasard – toujours ce hasard qui nous fait rejoindre ce qui nous révèle un jour – la connaissance d’un ami de mon père. Il me fit part de son désir de former une assistante qui ferait son travail à sa place, écrirait ses articles à sa place, pendant qu’il satisferait à sa passion Sagittarienne du voyage. Une condition m’était imposée : je devrais m’exiler pour un temps indéterminé dans un de ces brumeux pays du Nord qui n’avait pas encore été touché, en 1949, par la révolution hippie. Il s’agissait d’apprendre à « monter des thèmes », à rédiger des rubriques astrologiques, à assimiler un certain nombre de notions d’astrologie. J’acceptai, non sans appréhension. Je ne croyais pas à cette pseudo-science sur laquelle j’avais les pires préjugés. J’y étais hostile pour la raison simple que mon père s’y était intéressé. J’avais le sentiment, fondé d’ailleurs, qu’il s’était fait berner par bon nombre de charlatans et qu’il avait nourri sa crédulité de prédictions fumeuses et manipulatrices.

J’étais donc embarquée dans une galère dont je souhaitais m’évader le plus vite possible. Pendant des semaines, je me débattis avec des chiffres compliqués. Et pour une « nulle en math » comme moi… C’est à coup de chocolats récompensant mes progrès que je parvins enfin à additionner les minutes et les secondes. Lorsque des gens admiratifs me disent : « Vous faites de l’astrologie? Ça doit exiger des calculs compliqués! », je les rassure en toute hâte. Un enfant de cinq ans peut apprendre à calculer un thème astral. Certains esprits chagrins contestent aux astrologues le droit de pratiquer leur art s’ils ne sont pas en même temps de savants astronomes. Nous ne sommes plus au temps de Kepler ou de Galilée. Nous utilisons leurs travaux et ceux de leurs descendants avec gratitude. Il ne nous est plus nécessaire, Dieu merci!, de nous coller le nez devant une lunette télescopique… Ce que nous apprenons de l’astronomie nous permet toutefois de comprendre pourquoi nous ne parlons pas du même ciel, pourquoi nous nous accrochons à une vision géocentrique et topocentrique de la Terre – d’un point de la Terre – et non héliocentrique. Le jour où l’on naîtra dans l’espace, les astrologues calculeront leurs thèmes pour ce point précis de l’espace. Demain, peut-être…

Bon an mal an, j’apprenais, tout en continuant à résister. Certaines coïncidences me troublaient. La caractérologie proposée par l’astrologie m’étonnait par les constantes retrouvées chez les natifs d’un même signe : gestes, expressions, traits physiques, goûts communs.

Peu à peu, le piège se refermait sur moi. L’ennui et la solitude aidant, je me jetai dans le travail. Je dressai des centaines de thèmes. Je commençai à avoir envie de comprendre ce que je faisais jusque-là comme un robot. Un jour, je découvris dans les fichiers tenus par mon patron-astrologue-voyageur les dates de naissance de près de mille malades atteints de tuberculose pulmonaire. Je décidai d’en avoir le cœur net. Sans l’aide, qui m’eût été précieuse alors, d’un ordinateur, je montai tous les thèmes de naissance. Si l’astrologie avait un sens, je devais trouver entre tous ces thèmes des analogies, des structures communes, des corrélations. Elles existaient. Cette fois, il me fallait aller plus loin. Sur ma lancée, je dressai un nombre presque égal de thèmes correspondant à des naissances de paralysés. A nouveau, les points communs, les structures identiques apparaissaient, différentes cependant de celles qui caractérisaient les tuberculeux. Il ne pouvait pas être question de coïncidences. J’avais plongé le bras dans l’engrenage et ne devais plus l’en arracher.

Car le Capricorne a aussi pour caractéristique d’être têtu comme une mule et persévérant comme personne. J’étais sur des rails, et le paysage que je voyais défiler promettait de ne pas être monotone. Pourquoi aurais-je quitté cette voie?

Je rentrai à Paris un peu plus tard et voulus connaître des astrologues engagés dans une recherche personnelle. La chance me fit rencontrer Jean Carteret. Il disait : « Dans la vie, on ne fait pas de rencontres, on n’a que des rendez-vous. » C’est à lui que je dois d’avoir compris quelles portes l’astrologie pouvait ouvrir. Carteret est un personnage chaleureux, génial, tragique, fabuleusement intuitif, branché sur un univers métaphysique auquel il est difficile d’accéder parce que sa logique, insolite et paradoxale, bouscule notre conformisme intellectuel. Je me souviens d’une histoire qu’il aimait raconter en préambule, au début de ses conférences, et qui commençait ainsi : le général chinois a perdu la bataille parce qu’il était mal enterré… Personnage à la Antonin Artaud, Carteret apparaît comme un poète maudit, lui aussi, mais ceux qui ont eu la chance d’assister à l’éclosion de ses trouvailles fulgurantes, d’être touchés par l’acuité de ses intuitions, savent que cette rencontre – pardon, ce rendez-vous – les a marqués pour toujours, leur a ouvert l’esprit à « autre chose », a bousculé leurs habitudes de pensée. Travailler avec lui était ingrat parce que ce Bélier porté par un mouvement impétueux vers l’avant, partant sans cesse à la découverte, était incapable de revenir en arrière, de vérifier, de contrôler. Il avait l’habitude de dire: « Qu’un homme ait du génie, c’est la moindre des choses ! » C’est-à-dire que la vie ne peut être qu’un perpétuel engendrement, sinon l’homme est condamné à mourir. Même la mort était perçue par lui comme un acte créateur : « Il faut mourir en état de désir, il faut épouser la mort… » Que l’homme, dans sa prodigalité, engendre parfois des monstres ou des créatures inachevées était sans importance à ses yeux.

Avec Carteret, je découvrais surtout en l’astrologie un langage poétique. D’aucuns contestent son approche, lui dénient le droit d’inventer le ciel, d’inclure dans sa logique à lui des planètes hypothétiques, nées cependant d’une « intuition rigoureuse ». Car, chez Jean Carteret, l’intuition – déduction accélérée qui n’a pas le temps d’être prise en charge par le conscient – suit néanmoins une trajectoire, un enchaînement logique. Et c’est ce qui m’a séduite : cette liberté, ce don poétique qui fait de lui parfois un authentique visionnaire, ce jaillissement verbal intarissable (ô ces nuits de travail, fécondes et épuisantes; même moi, pauvre chèvre diurne, je suivais, passionnée, ce « hibou »!).

Il fallait, certes, faire le tri. Jean Carteret me disait : « Tu es une bonne accoucheuse. » Je crois qu’il aimait travailler avec moi et pourtant nos rythmes se contredisaient de façon irrémédiable. Capricorne tout empêtré de secondarité, je contraignais ce Bélier primaire, précédant l’instant, à revenir en arrière. Il le supportait très mal mais admettait que cela seul lui aurait permis de conserver quelque chose de ce qu’il pensait puisqu’il ne pouvait pas écrire. L’écriture étant, par définition, inscription dans la durée.

Notre collaboration a duré deux ans, stimulante, enrichissante pour moi. Lui, il avait surtout besoin d’un auditeur qui voulût bien le suivre dans son aventure verbale du moment. Carteret avait – a encore – le génie des formules surprenantes; sa dialectique me paraissait parfois abusive, mais l’astrologie dont il parlait n’appartenait pas au musée, ne sentait pas la poussière des grimoires. Elle était vivante et, à ce titre au moins, elle était dynamisante et provoquait tous ceux qui l’écoutaient.

C’est à lui que je dois de m’être passionnée pour la Lune Noire, d’en avoir fait un champ de recherche personnel, d’avoir, avec lui et entraînée par lui, senti des valeurs symboliques qui jusque-là étaient restées lettre morte pour moi.

Peut-être aussi est-ce à lui que je dois d’avoir appris à laisser parler mon intuition. Comme il l’affirmait parfois : « On ne fait pas assez confiance à son ignorance. » Et c’est vrai; en astrologie surtout. Parce que, pour interpréter un thème, on dispose d’un nombre limité de symboles susceptibles de recouvrir une réalité infinie. Il faut opérer un choix en fonction de paramètres multiples et l’intuition intervient ici tout autant que la déduction consciente. Rien à voir avec la voyance. Il s’agit d’être à l’écoute de l’autre, de mobiliser en même temps une énergie intellectuelle, affective, psychique, qui permettra à la machine de se mettre en marche. On ne peut se contenter d’appliquer des recettes, de réciter ses leçons. Ceux qui ne comprennent pas cela seront toujours déçus par l’astrologie. Il faut aussi devenir l’autre, voir avec ses yeux, entendre avec ses oreilles. Et c’est pourquoi, pour ma part, je ne peux pas interpréter le thème de quelqu’un que je n’aime pas. Seul l’investissement affectif me permet de mobiliser cette énergie. Il faut que j’aie « envie » de connaître celui que je rencontre, d’aller vers lui. Ce n’est pas toujours facile et certaines expériences me laissent un souvenir étrange. Une amie m’avoua un jour qu’elle avait parlé de moi à un de ses cousins atteint d’un cancer déjà très avancé. Il souhaitait que j’aille le voir et lui dise quelques mots sur son thème. Elle me proposait de m’emmener à la clinique où il se trouvait. Je refusai d’abord. Parler de son avenir à un mourant m’apparaissait comme une plaisanterie macabre. Marquée par le souvenir de ma mère morte, elle aussi, d’un cancer, je n’avais pas la moindre envie de m’imposer ce traumatisme. L’amie en question insista tant que je finis par céder. J’arrivai avec elle à la clinique, pleine d’appréhension, me répétant sans cesse : que vais-je lui dire? Je me trouvai en face d’un homme qui n’avait plus d’apparence humaine. Prisonnier d’une minerve qui lui enserrait toute la tête, les paupières cousues, les dents arrachées, je défaillis en le regardant. J’étais muette sous le choc. Et puis je me dis que j’étais là pour lui parler, lui apporter je ne sais quel réconfort, répondre à son attente. Alors, je me jetai à l’eau, me disant : si quelque chose en moi peut trouver les mots, alors que « ça » parle, parce que moi je ne sais rien. Pendant une heure, je lui parlai de lui, de sa vie, de ses peurs, presque dans un état second. Je me souviens seulement de l’avoir mis en garde contre un certain jour d’octobre, le mois qui suivait. Il est mort ce jour-là. En sortant, l’amie qui m’avait entraînée dans cette aventure me dit à ma grande surprise : vous avez été formidable! Je ne me souvenais vraiment pas d’un mot, d’une phrase prononcés; je savais seulement que j’avais tenté de suivre les conseils de Carteret, de ne rien interposer entre ce que je pressentais et ma volonté d’interpréter. Depuis, dans les cas difficiles, c’est toujours ce que je tente de faire.

Peut-être aussi le fait d’être Capricorne m’a-t-il aidé en pareille circonstance : la peur d’avoir peur, la peur d’être lâche donnent-t-elles parfois le courage de plonger dans l’horreur?

En quoi l’astrologie pratiquée par un Capricorne est-elle différente de celle d’un Taureau, d’un Sagittaire ou d’un autre?

Le goût du tête-à-tête

Je pense qu’il faut voir dans les manques du signe une motivation positive. Le Capricorne, nous y reviendrons longuement, est né frustré. Il a besoin d’être aimé, besoin de chaleur. Alors il s’intéresse aux autres, faute de s’aimer lui-même suffisamment, sans doute, et surtout dans l’espoir qu’au passage il glanera sinon un peu de gratitude, du moins un peu de sympathie. Ce misanthrope ne l’est que par amour des rapports humains non truqués, que par goût d’une sincérité, d’une vérité essentielles. Tout le reste l’ennuie et c’est pour cela qu’il n’est jamais un animal de salon mais toujours un fervent du tête-à-tête, il ne sait ni jouer, ni « faire la fête ».

Alors, l’astrologie lui donne un prétexte idéal pour entrer en contact, découvrir l’autre là où il est sans masque. Mais il n’y a pas dialogue sans passage d’un courant affectif de l’un à l’autre; ni même sans que les découvertes que l’on fait sur l’autre, pour lui, ne nous enseignent quelque chose sur nous-mêmes.

Le Capricorne découvre ainsi qu’il a besoin des autres pour se trouver des motivations de vivre, pour nourrir sa force. Un jour quelqu’un me dit : « Ça doit vous fatiguer, tant de gens suspendus à vos branches » et, spontanément, sans réfléchir, je lui répondis : « Plus on se suspend à mes branches et plus mes racines poussent! » Et je pris alors conscience de façon plus aiguë de ce besoin de donner qui est aussi une aliénation, une faiblesse, l’aveu d’une vulnérabilité extrême. Car le jour où les autres ne sont plus là pour qu’on les nourrisse, on en crève. C’est ainsi que dans ces dialogues, toujours vécus dans la spontanéité de l’instant, on découvre autant sur soi que sur l’autre. Parfois on s’entend dire un mot, on tente de formuler quelque chose de subtil mais ressenti comme une évidence, et, au passage, on se dit : mais, tiens, cela aussi, je pourrais me le dire à moi-même. Par ailleurs, le fait de cerner très vite une réaction instinctive lui donne souvent un pouvoir catharctique.

Ce mot savant qui évoque une « purge de l’âme » me ramène vers un autre aspect de l’activité astrologique que je ne peux passer sous silence et qui répond à un goût, une curiosité et un besoin spécifiquement capricorniens; je veux parler de l’aspect psychologique et thérapeutique de l’astrologie.

Si je n’avais pas été astrologue, je serais sans doute devenue psychanalyste. Mais la psychanalyse, pour celui qui l’exerce, est beaucoup plus frustrante que l’astrologie. La psychanalyse, c’est le monologue de l’autre et l’attention flottante du thérapeute. En astrologie, c’est l’inverse qui se produit. Une amie psychanalyste me disait un jour : « Tu as de la chance, toi, si quelqu’un qui vient te voir t’est sympathique, tu peux nouer avec lui une amitié, l’inviter à dîner, sortir avec lui. Nous, quand une analyse se termine bien, nous devons nous réjouir si l’analysant part en claquant la porte! »

Une certaine connaissance théorique de la psychanalyse et de la psychologie des profondeurs m’a beaucoup apporté dans ma pratique et dans mon approche de l’astrologie. Dirigeant par ailleurs chez un éditeur parisien une collection d’ouvrages traitant surtout de sciences humaines, j’ai l’occasion de lire de nombreux manuscrits traitant de psychologie; je me tiens au courant de la recherche dans ce domaine, en France et à l’étranger, je rencontre des psychanalystes de toutes tendances. A partir de ces matériaux hétéroclites, j’ai opéré une synthèse personnelle, tenté de voir ce que je pourrais en tirer pour une meilleure exploration psychologique des thèmes astraux. J’ai même travaillé – et travaille encore – avec des psychiatres, des médecins, des analystes à l’esprit assez ouvert pour s’intéresser aux informations que je pouvais leur fournir sur leurs patients, parfois sur eux-mêmes, ou pour aider certains de leurs analysants victimes d’un blocage prolongé à un moment donné de leur cure. Parfois même, je suis tentée d’orienter certaines personnes vers une psychanalyse; le thème me dit si le moment est bien choisi et quel type de thérapie on peut suggérer.

Certaines structures de thème incitent immédiatement à indiquer une cure analytique freudienne classique, ou lacanienne. Pour d’autres, au contraire, on perçoit des affinités avec l’analyse jungienne, d’autres avec le « rêve éveillé dirigé », d’autres, enfin, avec le psychodrame ou les groupes de rencontre, le « primal » ou des techniques plus « corporelles », comme les pratiques reichiennes, ou d’autres encore.

Mais ces affinités de structure existent aussi pour les analystes eux-mêmes. Un jour, un psychanalyste et psychiatre lyonnais est venu me voir pour que je lui parle de son thème. A un moment, je ne pus m’empêcher de lui dire : « Avec votre Lune Noire au Milieu-du-Ciel, vous êtes sûrement un excellent analyste mais vous devez être mal à l’aise dans les groupes. » Il m’interrompit, ravi : « Je déteste le groupe, j’ai horreur du groupe, c’est vrai, et ma femme qui est aussi analyste ne jure que par lui; elle veut m’y entraîner. Mais si vous me dites que je ne suis pas fait pour ça, j’y renonce… », et il ajouta, après un silence : « Au fond, votre truc, ça vaut une séance de contrôle; je reviendrai vous voir. »

D’autres thérapeutes, plus réticents, craignent qu’en intervenant de façon intempestive ou en informant le sujet des causes profondes de ses problèmes, l’astrologue ne pratique une forme de psychanalyse sauvage. Le reproche n’est pas dénué de fondement. Mais l’astrologue dispose d’informations, dès le premier instant, que l’analyste n’acquiert que bien plus tard. L’astrologue sait, grâce au thème, ce que l’autre pourra ou ne pourra pas supporter d’entendre, s’il est prêt ou non à découvrir une vérité sur lui-même, ou près de le faire. Selon le cas, l’astrologue nuancera son discours. Il est d’ailleurs toujours beaucoup plus satisfaisant d’avoir affaire à des personnes en analyse, ou ayant été analysées, parce qu’elles comprennent beaucoup mieux, beaucoup plus vite. A celles-là, l’astrologie ne révélera que peu de choses, mais elle confirmera ce qui est de l’ordre de l’essentiel. Parfois des « analysés » me disent : « C’est drôle, j’ai l’impression de revivre mon analyse en raccourci. » D’autres, non initiés à la pensée freudienne, d’instinct me disent : « Je mets ça dans un coin de ma tête et quand je le rencontrerai, si je le rencontre, je pense que je le reconnaîtrai plus vite; cela m’évitera peut-être de tourner en rond, de perdre du temps. » C’est souvent vrai.

Un jour, une femme aveugle, très intelligente et pleine de talent, vint me trouver. Je l’interrogeai sur l’âge où sa cécité s’était produite, pour vérifier une hypothèse. Cela lui était arrivé à vingt ans. Et je lui demandai à brûle-pourpoint : « Pourquoi avez-vous décidé d’être aveugle ? » Elle rit et me dit : « Bonne question… » Sa réponse fut parfaitement honnête et lucide. Racontant cette anecdote devant des psychologues, je vis que mes propos les scandalisaient. « Comment avez-vous pu! », s’indignaient-ils. Simplement, je savais que cette question brutale pouvait être posée parce que le thème astral de cette femme m’en informait avec évidence. J’avais même la certitude qu’elle pourrait en tirer quelque chose.

Mais peut-être aussi est-il dans la nature du Capricorne d’être brutal. C’est vrai. A la fois diplomate et brutal, et passant assez brusquement du fleuret moucheté au coup de massue. Et on ne peut pratiquer que l’astrologie que l’on est. Si on a le goût de la vérité, de la réduction à l’essentiel, on a tendance à écarter les faux-fuyants, les fioritures… ou à se taire.

On pensera peut-être : quelle prétention! Qui peut croire qu’il détient la vérité sur l’autre? Certes. Il n’est jamais question d’affirmer, d’être péremptoire. Mais de faire naître en l’autre « la bonne question », l’amener à formuler lui-même sa réponse. Le travail de l’astrologue, me semble-t-il, devrait avant tout se fonder sur une approche maïeutique. Et si l’on propose une interprétation, qu’elle soit seulement suggérée afin que l’autre l’intègre, la rejette si le moment n’est pas venu pour lui de l’entendre ou s’il la refuse pour des raisons psychologiques qui lui sont propres. Ou si on s’est trompé.

Une amie de province m’avait ainsi envoyé un jour une femme dont les difficultés familiales lui étaient connues. Celle-ci m’expose son problème : malheureuse en ménage, gagnant elle-même le pain de ses enfants et le sien, trompée… J’écoutai la liste de ses griefs. Puis je l’interrogeai perfidement : « Je suppose, madame, que vous avez des convictions religieuses? » Non, me répondit-elle, étonnée, ne voyant pas où je voulais en venir. « Parce que, lui dis-je, je ne vois que des convictions religieuses qui puissent vous interdire de divorcer. On a le droit d’être  » cocu et battu  » sans mot dire, mais si on est, de surcroît, content, il faut le savoir. » Autrement dit, je voulais l’amener à prendre conscience des « bénéfices secondaires », pour parler comme les psychanalystes, que l’on retire de situations apparemment intolérables. Mon intervention, j’en conviens volontiers, était « sauvage ». Le soir même, elle téléphonait à mon amie de province, sérieusement secouée. J’avais agi de la sorte parce que je savais qu’elle n’irait jamais voir un psychologue, que je ne la reverrais pas et que le seul service que je pouvais lui rendre, c’était de lui assener un grand coup dont, avec un peu de chance, elle émergerait avec une plus claire conscience de son vrai désir. N’est-ce pas ce que nous demandons nous-mêmes à nos amis, à nos proches, à ceux qui nous aiment vraiment? Le Capricorne, là encore, laisse pointer le bout de l’oreille… parce que les natifs du signe ont l’amitié exigeante, qu’ils rejettent les mensonges compatissants, se sentent coupables de toute forme d’hypocrisie.

L’astrologie, pour quoi faire?

Et puis, il faut se consoler en se disant qu’il y a tous ceux, plus nombreux qu’on ne croit, qui viennent chercher une information sur eux-mêmes, dépouillée de toute complaisance. Ceux-là reviennent, pour tenter d’aller plus loin. Ceux-là vous font chaud au cœur en vous assurant que vous les avez aidés à voir plus clair, que grâce à vous ils ont changé ou qu’ils ont mieux compris leur mari, leur femme, leurs enfants. Alors, on se dit qu’on n’a pas perdu son temps, ni son énergie, ni son amour.

Il m’est arrivé que quelques personnes, hommes ou femmes, reviennent me voir tous les quinze jours, ou tous les mois, pendant plus d’un an. Des gens qui ne voulaient en aucun cas aller voir un analyste et qui avaient besoin d’aide.

Très vite, ils apportent leurs rêves, tout un matériel symbolique qu’on se met à interpréter avec aisance parce qu’on les connaît bien. On peut alors presque parler de psychothérapie de soutien. Et le plus miraculeux, c’est qu’on les voit changer, prendre des décisions qui vont modifier leur vie.

Un garçon qui venait me voir dans cet esprit depuis six mois me demanda un jour : « Je reconnais que j’ai changé. Mes amis me le disent, je le sens bien moi-même; mais j’aimerais que vous me disiez quelle est votre grille... » J’éclatai de rire : « Ma grille? C’est celle du vivant, de l’instant, de l’instinct, de l’intuition, de l’humour, que sais-je ? L’important, n’est-ce pas que vous vous sentiez libre de tout me dire et qu’au passage vous ayez le sentiment d’avancer?« 

Certes, parmi les reproches adressés à l’astrologie, j’ai souvent entendu mentionner un de ceux qu’on adresse aussi à la psychologie : « Vous détenez un pouvoir sur l’autre et le pouvoir est dangereux. » Je le crois plus néfaste à l’astrologue qu’au « consultant« . Surtout si l’astrologue est une femme Bien peu d’hommes supportent le sentiment qu’on détient un savoir sur eux. Ils s’imaginent toujours qu’on en sait plus qu’on ne veut bien le dire et cela leur fait peur.

Mais celui qui vient vers l’astrologue ou vers le psychanalyste est motivé. Il vient avec une demande. Il désire recevoir une réponse. Pourquoi refuser? Libre à lui de faire ce qu’il veut de l’information reçue. Parfois, il suffit de savoir écouter. Certains entreprennent cette démarche parce qu’ils se trouvent devant un choix difficile. Demandez-leur d’exposer leur problème, de préciser entre quelles propositions ils hésitent. Bien souvent, vous êtes amenés à leur répondre que leur choix est déjà fait mais qu’ils ne le savent pas, qu’il suffit d’entendre avec quels mots, quelles intonations ils en parlent pour savoir où vont leurs préférences. Presque toujours, le thème permet de confirmer ce choix, parce que c’est celui qui va dans le sens de leur désir profond. Sauf, bien sûr, si ce choix est fondé sur l’illusion, sur une vérité qu’ils ne veulent pas voir ou sur un manque de confiance en eux. L’astrologie permet toujours d’entrer dans cette complexité de l’être.

Là encore, il n’est pas question de jouer les démiurges.

Je pense que tous les astrologues éprouvent, lorsqu’ils ont le sentiment d’avoir débrouillé un écheveau compliqué, un plaisir extrême. La joie de comprendre me paraît infiniment plus gratifiante que celle qui pourrait être donnée par une manipulation perverse de l’autre.

Du moins, en tout cas en est-il ainsi pour moi. Pour l’astrologue Capricorne, je suis convaincue que le plaisir de comprendre et l’espoir d’aider – aussi illusoires soient-ils – déterminent l’essentiel de sa motivation. Il pratique l’astrologie parce qu’il aime ce rapport intime et profond. Peut-être derrière tout cela, et de façon plus obscure, trouverait-on, en effet, le sentiment d’avoir un pouvoir sur l’autre, non pour le contrôler mais pour exister à ses yeux. Le Capricorne a le sens des responsabilités – de façon presque pathologique – et un rien éveille en lui un pesant sentiment de culpabilité. S’il agissait mal, d’une façon intéressée, malhonnête, dangereuse, il en serait, je crois, immédiatement alerté. Car le Capricorne est, malgré lui, un moraliste, un « parpaillot ». Ce n’est pas là le moindre de ses défauts. Certes, celui qui est culpabilisable est aussi culpabilisant. Son regard peut paralyser l’autre, lui interdire, même par le silence, de commettre quelque action qu’il réprouve. Nul ne peut jamais prétendre être objectif ou impartial. L’essentiel étant de savoir – et de laisser deviner – de quelle éthique on se chauffe.

Ainsi, j’avoue ne pas supporter la vénalité. Je ne parviens pas à la considérer avec indulgence. Un jour, une femme prit rendez-vous avec moi. En montant son thème – puisque telle est la formule consacrée —, je sus tout de suite qu’elle était vénale… et que je ne parviendrais pas à la trouver sympathique.

A peine assise en face de moi, elle me demandait si son mari, étranger et fortuné, cardiaque de surcroît, mourrait bientôt, car, me dit-elle, son argent lui serait fort utile !

J’avoue que je ne pus m’empêcher de rire : « Je m’attendais à vous trouver intéressée mais votre cynisme m’impressionne! Au moins, on ne peut pas vous reprocher d’être hypocrite! » Et je me contentai de refuser de répondre à sa question.

Parce que le Capricorne s’intéresse plus aux origines qu’à l’avenir et parce qu’à partir de son moralisme il souhaite que les autres assument leurs actes en toute conscience, il peut fréquemment rejeter la prédiction. Il faut en outre bien admettre que la prédiction est hasardeuse. On peut parfois proposer une hypothèse, formuler une mise en garde, donner un espoir, supposer une évolution. Jamais l’imposer. De plus, je pense qu’il y a un risque psychologique à prédire, ne serait-ce qu’en induisant certains comportements.

On ne tient jamais assez compte, c’est vrai, du pouvoir de la parole. S’il ne recherche pas le pouvoir, l’astrologue, comme le médecin, en est investi, pour peu qu’on aille à lui avec confiance. Et je crois qu’on ne pèse jamais assez les mots. Il est difficile, par ailleurs, de les contrôler de façon rigoureuse et de laisser parler en même temps une spontanéité qui, seule, permet de faire passer le flot de l’intuition. Il faut aussi prendre garde aux risques de « projections »… On n’est jamais assez prudent avec son inconscient!

Lorsqu’un Capricorne vient me consulter, je m’amuse beaucoup. Une complicité immédiate s’établit. Mais je préviens aussitôt que je ne résisterai peut-être pas, au passage, à la tentation de me « projeter », peut-être même de me raconter, ne serait-ce que pour vérifier mes propres hypothèses, comparer, m’assurer qu’en effet le fond commun à tous les Capricorniens existe bien sous la forme que je lui vois et que la Tradition, de surcroît, nous a léguée.

Ce n’est sans doute pas un hasard si les Capricorne sont ceux que je reconnais le moins bien dans une soirée… Comme si j’avais peur d’être taxée de narcissisme. Il y a là aussi, d’ailleurs, un élément qui peut pousser les natifs de ce signe à faire de l’astrologie. Nous sommes tellement moins coupables si nous nous intéressons aux autres plutôt qu’à nous-mêmes! Et on a tellement moins de problèmes si on se penche sur ceux des autres plutôt que de se vautrer dans les siens. Plus qu’on ne peut l’imaginer, l’astrologie est, pour celui qui la pratique, un remède, un moyen de distanciation avec ses propres angoisses. Plus encore que grâce à la lecture de son propre thème, c’est en déchiffrant celui des autres qu’il apprend, qu’il progresse.

Au fond, j’ai toujours un peu le sentiment de commettre une escroquerie quand les gens me remercient et me disent que je les ai aidés. Moi aussi, ils m’ont aidée. Et je ne les en remercie jamais assez.

Le goût de la recherche

Une autre dimension de l’activité astrologique m’apparaît enfin comme fondamentale pour le Capricorne – même si elle est abordée par des astrologues d’autres signes —, c’est celle de la recherche.

Là où le Gémeaux sera tenté de s’orienter vers l’enseignement ou l’écriture, où le Taureau élaborera d’autres systèmes de pensée, d’autres théories, où le Bélier découvrira spontanément, le Capricorne, lui, cherchera. Avec patience. Il aime ce travail solitaire et qu’il accomplit à son rythme. Il accumulera des informations, opérera des comparaisons, en tirera des hypothèses, utilisera parfois les idées des autres pour vérifier qu’elles cadrent bien avec la réalité. Le Verseau qui, lui aussi, est amateur de recherche, y mettra sans doute plus d’invention, plus de créativité pure. Mais le Capricorne, qui a l’éternité devant lui, mènera avec rigueur son projet jusqu’au bout. Jusqu’à ce qu’il rencontre une certitude.

La recherche, de surcroît, lui fournit un fantastique prétexte à immobiliser le temps, à travailler. Car, en astrologie, tout peut devenir recherche, tout peut stimuler l’imagination. Le philosophe l’utilisera pour construire une métaphysique, le médecin tentera de l’exploiter pour favoriser une prévention, étudier des terrains biologiques, vérifier des hypothèses, le psychologue se verra offrir un champ illimité d’investigations dans le domaine du symbole, et le poète, l’artiste, le peintre, y puiseront bien souvent leur inspiration. Car l’astrologie, selon le mot de Raymond Abellio, est à la fois une science, un art et une sagesse. Le Capricorne a le goût de la science parce qu’elle élargit la connaissance et qu’elle est utile de façon pragmatique; il aime l’art parce que celui-ci est vivant, qu’il révèle toujours une vérité de l’être, qu’il est éternel. Il aime la sagesse parce qu’il y aspire, parce qu’il souhaiterait atteindre au détachement et à la sérénité, lui qui a tant de mal à se guérir de son avidité à vivre…

L’astrologue peut tomber dans le puits, comme disait La Fontaine, mais ne dit-on pas aussi que la vérité en sort toute nue?

La Symbolique du Signe

La tête dans les nuages et la moitié du corps dans l’eau. Tel est figuré le signe par la Tradition astrologique. « Le Capricorne et sa formidable queue de bouc marin« , écrivait le poète Léon-Paul Fargue.

Le Capricorne, comme son nom l’indique, appartient à la race des caprins. Rien à voir avec le coléoptère rongeur de charpentes et dont on nous dit qu’il a une odeur de rose. Il s’agit du bouquetin, bouc des rochers, chèvre des montagnes aux cornes énormes et noueuses.

La Tradition mythologique l’associe à la chèvre Amalthée, celle qui nourrit Zeus lorsque sa mère Rhéa réussit à soustraire son dernier fils à l’avidité dévoratrice de son père Cronos. Surprise par le dieu Typhon, Amalthée, terrifiée, tenta de se cacher dans une rivière mais ne put immerger que la partie inférieure de son corps et celui-ci se transforma aussitôt en queue de sirène. D’où ce dessin tout en boucles qui représente le signe, où cornes de bouc et queue de poisson s’entremêlent 1.

Le Capricorne constitue, avec le Bélier et le Taureau, le bestiaire cornu du Zodiaque. Il semble bien que la Tradition ait voulu ainsi désigner les signes « forts », ceux qui sont investis à la fois d’une puissance d’affrontement, d’une combativité et d’un entêtement à aller de l’avant dont les autres ne jouissent pas. Avec plus de puissance dynamique, agressive et mâle chez le Bélier, celui qui marche au-devant du troupeau avec ses cornes verticales et entrecroisées, plus ‘de force brute chez le Taureau, avec ses cornes horizontales (le Taureau est en réalité génisse porteuse dans ses flancs des promesses de la vie et, dans ses cornes, de l’abondance offerte par la nature. Le Taureau, c’est une toile d’Arcimboldo…), et plus de forces contradictoires, peut-être, chez le Capricorne, qui évoque la chèvre de Monsieur Seguin se battant toute la nuit contre le loup, voulant se convaincre du pouvoir de ses cornes, têtue, courageuse, absurde…

Pourtant, si on se réfère à la mythologie, la corne de la chèvre Amalthée était dotée d’un pouvoir particulier. Né en Crète, ou en Arcadie, puis conduit en Crète, Zeus fut caché dans une cave sur le mont Dicté pour échapper à son père. Là, il fut nourri par Amalthée, tandis que les Courètes, demi-dieux amicaux, noyèrent les cris du jeune dieu en frappant leurs armes de cuivre contre leurs boucliers. Amalthée, dit-on, possédait une corne qui se remplissait à volonté de tous les breuvages et de toutes les nourritures qu’on désirait. Les Latins appelaient cette corne : cornucopia, la corne pleine. Ainsi donc cette corne du Capricorne serait intarissable.

Mais il ne faut pas oublier la queue de sirène qui transforma l’animal du signe en une bête bien plus complexe que ses frères Bélier et Taureau.

Si l’on admet que tout symbole aquatique est rattaché à l’inconscient, on voit que la chèvre Amalthée, en plongeant ses pattes dans l’eau, en voulant jouer les Gribouilles, subit une métamorphose; elle devient alors plus fabuleuse, ambiguë, mythique. En elle s’opère une alchimie mystérieuse. C’est la peur qui la contraint à cette plongée, la peur qui est à l’origine de sa transformation et lui permet d’accéder, par la contrainte, au règne de l’inconscient. Car chaque détail, aussi infime soit-il, qui survit dans une légende, a son importance et sa portée symbolique. On verra plus loin que Saturne, maître du Capricorne, vit une aventure parallèle.

Pourquoi une chèvre, plutôt qu’un autre animal nourricier – vache ou louve —, comme on en trouve dans la légende de notre Histoire ancienne? Sans doute parce qu’il fallait que Zeus, futur maître de l’Olympe, vécût son enfance dans une montagne. Ou parce que, dans son intuition miraculeuse, l’inconscient collectif, créateur des grandes structures sacrées (on les retrouvera dans le Tarot, dans le I King, ailleurs encore), devait nous proposer un animal conforme par sa nature au caractère du Capricorne. On se récriera peut-être : abus anthropomorphique, imagination délirante! Alors, amusons-nous à interroger autour de nous, à déchiffrer les associations inspirées par la chèvre.

L’un privilégiera l’aspect brouteur et capricieux qui arrache à son chemin tout ce qui lui paraît bon à manger, l’autre mettra en avant l’aspect sautillant et joueur de la chèvre (qui, dans sa jeunesse, n’a pas joué à se faire pousser à petits coups de tête précis et taquins par quelque chèvre campagnarde ?). D’autres encore parleront de l’animal montagnard amoureux des cimes, sautant de pierre en pierre avec agilité – et que seul un bon berger peut suivre —, plus apte à grimper qu’à redescendre. D’autres diront l’odeur, le poil, l’œil oblique, les cornes, le bondissement.

Ces associations de mots et d’idées, ces évocations, éveilleront nécessairement un écho dans la mémoire de chacun parce que la chèvre, comme les autres animaux du bestiaire zodiacal, appartient à notre patrimoine culturel le plus archaïque, que notre mémoire collective est toute nourrie de sacrifices animaux et de devins lisant dans leurs entrailles, de troupeaux qui faisaient la richesse ou la pauvreté d’un peuple, de complicités et d’attachements, de liens créés avec ces cornucopiae qui donnaient le lait, le fromage, la viande et la peau.

Jean-Paul Clébert, dans son Dictionnaire du symbolisme animal (Albin Michel), situe pour nous l’image associée à la chèvre, dans la mythologie comme dans le folklore : « La femme du bouc est un animal curieux qui allie la douce familiarité de l’animal domestique à la fière indépendance de son mode de vie sauvage. » Et, plus loin : « Elle participe donc à la fois de la nature souterraine, celle des grottes, et de la nature aérienne, celle des cimes. De là à lui donner un caractère prophétique, il n’y avait qu’un pas. Le sanctuaire de Delphes lui doit sa fondation. »

On voit là, à nouveau, ce symbolisme du Capricorne au corps divisé, tête aérienne et arrière train caché dans l’eau, dans la grotte, dans le souterrain et entouré de mystère. Jean-Paul Clébert poursuit : « La nature monstrueuse de la chèvre Amalthée se retrouve dans l’usage que fit Zeus de sa peau après sa mort, c’est une véritable armure dont il fit son bouclier sur lequel la déesse Pallas attacha la tête de Méduse, et qui prit le nom d’Égide, devenue le sYmbole de la protection.« 

La chèvre aurait-elle la réputation d’avoir la « peau dure », le cuir endurci? N’oublions pas que si elle acquiert ce pouvoir, c’est pour servir de bouclier aux autres. Elle protège mieux les autres, en effet, qu’elle ne se protège elle-même.

Mais la chèvre n’a pas une réputation sans tache. Jean-Paul Clébert nous apprend en effet que « dans l’Europe médiévale, la chèvre continua de supporter la réputation monstrueuse de son ancêtre Amalthée. C’est qu’à vrai dire elle restait la femelle du bouc, à la réputation pendable. Elle fut la compagne favorite des sorcières (voyez dans Hugo le rôle qu’elle joua auprès d’Esmeralda) ».

Il est vrai que le bouc est un animal étrange, fascinant, avec ses cornes verticales presque aussi hautes que son corps, ses pupilles obliques, son regard doré et cette formidable impression de puissance, cette lubricité têtue et insatiable qui l’investit d’une sorte de pouvoir magique. Rien d’étonnant, non plus, à ce que la chèvre soit liée aux sorcières, ces dernières descendantes de la déesse mère, de Cybèle, d’Hécate – la Lune Noire —, et même de Méduse, toutes irradiées de la force de Lilith, maudite, chassée du Paradis de par sa propre exigence et de par son propre orgueil, condamnée à hanter l’imagination des faibles, incarnant une menace parce qu’elle est le désir et la soif, et l’absolu.

Mais il y a aussi la « chèvre d’or », gardienne de trésors souterrains. Jean-Paul Clébert affirme que de nombreuses légendes l’attestent : « Elle règne en général sur les ruines des châteaux ou des monuments romains, ou prétendus tels. »

Il me semble qu’il faut voir là le lien de la chèvre Capricorne avec les ruines, les vieilles pierres du passé. Sensible à tout ce qui émane de la terre, du sous-sol, qu’il s’agisse d’un trésor enfoui ou des richesses qui vont surgir tout naturellement du sol ensemencé, la chèvre apparaît comme un animal exceptionnellement réceptif, perceptif, intelligent et nerveux, mais aussi imprévisible et compliqué.

Pour voir si le fantasme et la réalité se rejoignaient, j’ai interrogé un couple qui, dans le Limousin, possède un troupeau de chèvres. Je leur ai demandé ce qui, à leurs yeux, caractérisaient le comportement de l’animal. Voici le fruit de leurs observations. Même les enfants du couple, ravis, ont participé à l’interview…

« C’est vraiment la bête la plus capricieuse… Elle a un formidable esprit de contradiction. Les chèvres sont des individualistes. Dans tous les troupeaux, il y en a toujours une qui sème la pagaille, qui entraîne les autres. Il y a aussi des chèvres méchantes. Elles ont besoin de beaucoup d’espace et, quand elles sont trop serrées, elles se battent. Quand on leur a retiré leur chevreau de bonne heure, elles vous traitent comme si vous étiez un de leurs petits. Si, par exemple, un chien arrive, un peu menaçant, elles viennent vous en protéger. Celles qu’on élève, au début, ne nous quittent pas; vite, elles viennent vers nous. Si elles se battent entre elles, ou avec les chiens, jamais elles n’attaquent les humains; les chèvres méchantes, ce sont celles qui ont été élevées toutes seules, ou qui sont seules.

« Nous avons eu une chèvre que nous avons appelée Érotique. Elle se laissait téter par n’importe qui, se frottait tout le temps aux autres. Elle a « pris » le bouc trois fois avant d’être satisfaite ! Ce sont des gourmandes, capricieuses certes, mais surtout gourmandes. Elles sont drôles aussi; si vous prenez un soin particulier de l’une d’elles, elle se prendra pour la reine du troupeau. Il y en a qui ne supportent pas de faire leurs petits toutes seules; elles réclameront notre présence, feront les douillettes… Il y en a vraiment de comédiennes! Elles ont tendance à vouloir la compagnie des hommes, pour moins souffrir. Mais elles sont très jalouses; si vous en caressez une, l’autre arrivera pour déloger la première. La chèvre attaque facilement. Elle fait face et attaque tout de suite, les chiens, par exemple. A coups de corne, bien sûr, mais elles arrivent aussi à mordre. Elles pincent leurs petits par la peau du cou pour les envoyer promener… Entre elles, elles se mangent les oreilles.

« Du racisme aussi. Une blanche dans un troupeau de marrons aura des difficultés à se faire accepter… Elle deviendra la bête noire! Il y a des bagarres; elles s’attaquent à celle qui est fragile ou malade. Certaines fuient, évitent les autres, s’écartent. D’autres s’associent deux par deux. Quand on les entrave pour manger, elles se groupent toujours par deux – dans le même ordre. Ce sont des bêtes à habitudes. Certaines sont très amicales, d’autres ne se laissent pas caresser. Que puis-je vous dire encore ? Qu’elles sont très attentives à la voix et qu’elles reconnaissent la main qui les trait.

« Très gourmandes, elles recherchent toujours le meilleur; elles courent partout, alors même qu’elles ont très faim, pour chercher quelque chose qui leur semblerait encore meilleur. Elles aiment les jeunes pousses, les glands, les châtaignes et cherchent toujours à grimper. A l’automne, elles mangent les écorces; elles vous pèlent un arbre du bas jusqu’en haut en moins de deux ! Elles mangent des plantes toxiques, mais en petite quantité, même de la grande ciguë ou de la renoncule… Ça doit être difficile d’empoisonner une chèvre. Quand elles sont malades, elles connaissent et sélectionnent des plantes dont elles ont besoin, en variant les quantités selon leur état; elles savent choisir les plantes médicinales; quand elles mangent de la bruyère, ou du serpolet, c’est un besoin. Une chèvre, c’est dévastateur… On croirait parfois qu’on a mis le feu aux buissons, ça nettoie tout, les fleurs, les genêts, les feuilles de cerisier, les noisetiers…

« Elles sautent très haut, incroyablement haut quand elles veulent attraper quelque chose, et elles sont terriblement curieuses. Si elles vivent longtemps ? Oui, très longtemps, quinze, seize ans. »

En écoutant cette jeune femme, j’avais sincèrement le sentiment qu’il n’était pas absurde d’opérer un rapprochement entre le caractère du Capricorne et celui de l’animal…

« Capricieuse »… Si le caprice est bien une volonté subite et irréfléchie, une « fantaisie d’imagination », un goût soudain et passager, le Capricorne, en effet, sous ses dehors impassibles, peut avoir de tels comportements. Je dois bien admettre que le Capricorne est têtu et n’en fait qu’à sa tête, qu’il a parfois des idées fantasques. Individualiste ? Impénitent. Doté d’un fort esprit de contradiction ? Assurément. Affectueuses et maternelles, agressives quand elles sont seules, méchantes quand on leur prend leur bien, ce n’est pas exclu. Raciste ? En tant que conservateur né, ayant du mal à accepter la différence de l’autre… peut-être bien. Érotiques, insatiables? Sans commentaire. Intelligentes, gourmandes, oui… Jalouses ? Sans aucun doute. Animal à habitudes ? Hélas! Ayant besoin de présence humaine : qui le nierait ? Elle fait face, la chèvre, comme celle de Monsieur Seguin, mais elle peut aussi fuir, s’écarter, refuser l’affrontement. Le Capricorne aussi. Sensible à la voix, à la main qui la caresse… Je laisse aux Capricorne le soin d’en décider, par pudeur ! Dévastatrice, curieuse, ne pouvant réfréner son appétit. Avide. Comme une vraie Saturnienne !

A vrai dire, le symbole ne me paraît pas mal choisi du tout…

La Mythologie du Signe

Pour comprendre le Capricorne, il est essentiel de comprendre la nature de Saturne. Pour comprendre Saturne, il faut remonter au Déluge. Tout au moins aux Titans.

L’histoire de la mythologie grecque commence avec les divinités les plus anciennes : Uranus et Gaïa, le ciel et la terre. Nous sommes aux origines de la création. Uranus était à la fois le fils et le mari de Gaïa, ce qui fait d’elle une déesse-mère de l’époque matriarcale. Les plus célèbres de leurs enfants furent les Titans, au nombre de douze. Comme les douze signes du Zodiaque, les douze tribus d’Israël, les douze apôtres… On sait que ce nombre, dans la symbolique, est universel.

Parmi ces enfants, citons les trois Cyclopes, les trois Hécatonchires… Trois par trois, là encore, comme les triplicités élémentaires du Zodiaque.

A la tête de la dynastie des Titans, on trouve Cronos et Rhéa, puis Oceanus et Téthys, la nourrice, Coeus et Phoebe, lumières de la fin du jour; Creus, une puissance de la mer, Iapetus, celui qui serait à l’origine de l’humanité et dont, pourtant, on ne fait guère de cas. On parle davantage de Thémys qui apporte la justice et la loi, et, enfin, de Mnémosyne, la mémoire.

Uranus n’aimait ni les Cyclopes ni les Hécatonchires. Dès qu’ils virent le jour, il les renvoya dans les ténèbres! Autrement dit, il les précipita dans le Tartare, lieu de destination des méchants, des pécheurs ou de ceux qui avaient offensé les dieux. A dire vrai, Uranus avait des excuses. Ces monstres dotés d’un œil unique et ces géants aux cent mains ne lui apparaissaient sans doute pas comme des fils dont il eût pu être fier. Pourtant, la mère, elle, dans ces cas-là, n’est jamais du même avis. Et Gaïa devait se révolter contre les mauvais traitements infligés par ce père indigne à ses enfants les plus mal venus. Elle dressa donc ses fils Titans contre Uranus. Tous, à l’exception d’Oceanus, se joignirent à la conspiration.

C’est alors que Cronos, le plus jeune des Titans, guetta son père et le châtra avec une faucille de fer que lui avait fournie Gaïa. Cette castration du père par le fils, cette rivalité et ce meurtre symbolique du père prennent tout leur sens à la lumière de la psychanalyse. Plus tard, c’est Cronos, devenu père à son tour, qui cherchera à se débarrasser de son fils rival. Ce thème de la castration et de la rivalité, on le voit, apparaît avec une force exceptionnelle à travers le mythe saturnien.

Des gouttes de sang qui tombèrent sur terre de la blessure d’Uranus naquirent les Furies, les Erinyes (Alecto, celle qui ne se repose jamais; Mégare, la jalouse; Tisiphone, la vengeresse). Voila les créatures redoutables, avec leurs serpents enroulés autour du corps, engendrées par l’acte criminel du fils! Puis naquirent les géants, qui avaient pour pieds des serpents et n’étaient qu’à demi humains. On dit aussi que de la semence perdue d’Uranus tombée dans la mer naquit Aphrodite, née de l’écume.

Les Titans libérèrent leurs frères emprisonnés dans le Tartare et détrônèrent Uranus. Cronos, l’habile, accéda alors à la position suprême. Il n’en fallut pas plus, une fois en possession du pouvoir, pour que Cronos renvoie aux Enfers ses frères disgracieux, les malchanceux Cyclopes et Hécatonchires.

Gaïa, entre-temps, continuait à faire des enfants avec ses fils innombrables. De Pontus, elle avait eu les dieux marins Nerus, Thaumas et Phorcys, les déesses de la mer Céto et Eurybia. Elle fut aussi la mère de trois géants et, par son fils Tartare, de Typhon, dont on se souviendra qu’il avait, en tant que sbire de Cronos, effrayé la chèvre Amalthée.

Mais Cronos demeurait le roi du monde. On en fait parfois le dieu du temps, par un abus étymologique, mais Chronos n’était pas Cronos, bien que cette confusion se justifie précisément, on le verra plus loin, par l’importance, dans le symbolisme saturnien, de la durée et du temps.

Cronos eut de sa sœur et épouse Rhéa, Zeus et Héra, qui prendront plus tard leur place. Il engendra aussi Poséidon, Hadès, Déméter et Hestia, tous dieux de l’Olympe.

De ce passage des divinités de la Terre aux divinités de l’Olympe, on verra qu’il y a, historiquement, quelques interprétations intéressantes à proposer.

Selon une prophétie faite à ses parents, Cronos devait être détrôné par un fils plus grand que lui. Pour prévenir la chose, Cronos prit l’habitude d’avaler ses enfants dès leur naissance. Rhéa supporta cela aussi longtemps qu’elle le put, mais comme Gaïa, elle perdit patience, surtout après qu’il eut avalé cinq de ses enfants. Avant de donner naissance au sixième, elle se rendit à Lyctos, en Crète, où elle accoucha de Zeus. Pour tromper Cronos, elle lui présenta, en guise de nouveau-né, une pierre enveloppée de langes. Nul ne saurait dire si Cronos engloutit la pierre par excès de confiance et de crédulité, ou par habitude. Mais Zeus était sauvé. Et par son avènement, toute une civilisation allait changer.

Des années plus tard, lorsque Zeus eut atteint l’âge adulte, il donna à Cronos une potion qui lui fit vomir non seulement la pierre mais aussi les frères et sœurs nés avant Zeus.

Zeus et ses frères occupèrent alors le mont Olympe, en Thessalie, tandis que Cronos et les Titans s’installaient de leur côté sur le mont Othrys, jusqu’à ce qu’il fût vaincu par la foudre et les éclairs de Zeus.

Il existe plusieurs versions de la défaite de Cronos et de ce qui s’ensuivit. Pour certains, il fut à son tour précipité dans le Tartare. D’autres auteurs réconcilient le père et le fils, laissant à Cronos le loisir de continuer à régner, avec Rhadamante, fils d’Europe, dans les îles Bienheureuses.

Un autre récit nous conte que Cronos, exilé, atteignit enfin l’Italie et qu’il y fut accueilli amicalement par le roi du pays, Janus. Il y reçut le nom de Saturne.

En tant que Saturne, Cronos fut l’un des grands dieux des Romains. D’ailleurs, pour les Grecs eux-mêmes, Cronos avait bien fui son fils triomphant et s’était installé dans un pays de l’ouest qu’il est aisé de reconnaître comme l’Italie des Romains. Cette version ne manque pas d’évoquer un événement historique, comme nous le verrons.

Saturne enseigna au peuple l’art et l’agriculture. Il fut respecté comme un roi. On associe son règne à l’Age d’or et son pays à une terre d’abondance.

Les saturnales étaient célébrées entre le 17 et le 23 décembre. Autrement dit, à l’apparition du solstice d’hiver, au moment de l’entrée du Soleil dans le signe du Capricorne. Aujourd’hui le Soleil pénètre dans cette portion du Zodiaque entre le 21 et le 23 décembre et ne fête-t-on pas Noël, qui n’est autre chose que la célébration du vieux culte saturnien de l’hiver, le 24 décembre ? Chacun sait d’ailleurs que Jésus n’est pas né en décembre mais sans doute pendant le mois de Tsiri, quelques années avant sa naissance « officielle ».

Le père Noël et Saturne se ressemblent comme des frères. Les saturnales se déroulaient dans un climat de joie, avec de grandes festivités; on échangeait des présents, on illuminait tout avec des chandelles… Il ne manquait que le sapin!

Pendant ces fêtes, les tribunaux cessaient de fonctionner. Ceux qui violaient la loi n’étaient pas punis; les esclaves prenaient la place de leurs maîtres et ceux-ci les servaient.. Aucun acte de guerre ne pouvait être commis pendant sept jours sans passer pour une insulte aux dieux.

CronosSaturne était représenté sous l’apparence d’un vieillard dont la tête était couverte d’une écharpe. Dans sa main, une faucille, traditionnelle représentation du temps mais peut-être aussi rappel de l’outil qui servit à castrer Uranus, ou, simplement, instrument aratoire.

Rhéa, la femme de Cronos, est une déesse de la fertilité et des fruits. Elle était identifiée à Cybèle, la plus grande des Déesses-mères, la principale déesse des Lydiens et des Phrygiens. Nous verrons plus loin que la Lune Noire représente, entre autres symboles, l’une de ces Déesses-Terre. Elle a des affinités profondes avec Saturne – en tant qu’épouse – et avec le Capricorne, puisque Saturne le gouverne.

« Le récit de ces légendes grossières, écrit W.K.C. Guthriel, aura du moins été utile s’il a servi à nous faire comprendre que nous sommes là dans un climat religieux bien différent de celui du panthéon homérique. »

Zeus détrônant Cronos, c’est une religion du ciel détrônant une religion de la terre. Guthrie précise : « La religion de la terre se traduisait par le culte de la fertilité et par des pratiques magiques qui devaient amener cette fertilité; la religion du ciel, c’était le culte d’un dieu suprême, maître des éléments, qui pouvait lancer les éclairs et la foudre sur ceux qui le mécontentaient. » maître des éléments, qui pouvait lancer les éclairs et la foudre sur ceux qui le mécontentaient. »

Historiquement, cela correspondait à une invasion. Les envahisseurs appartenaient à un peuple nomade, maniant l’épée plutôt que la charrue. Guthrie ajoute : « Les Titans étaient dits fils de Gaïa, c’est-à-dire de la Terre, et cela peut expliquer qu’on en fait les premiers dieux du pays, dieux qui furent supplantés par Zeus. Les rares vestiges du vrai culte de Cronos, père de Zeus, confirment cette théorie en laissant supposer que Cronos fut honoré comme dieu des récoltes.« 

  1. Kern, dans Die Religion der Griechen, affirme l’idée d’un conflit historique et non purement mythique.

On sait que des fragments de l’épopée de Koumarbi ont été découverts dans la bibliothèque hittite retrouvée à Bogaz-Kay. D’origine hurrite et babylonienne, cette épopée présente de nombreux points communs avec l’histoire que nous avons héritée d’Hésiode et qui retrace le conflit entre Zeus et Cronos. Entre autres détails intéressants, ces récits relatent la mutilation de Koumarbi et la substitution d’une pierre à l’enfant.

Je crois, pour ma part, que les mythes traduisent toujours une évolution historico-religieuse, le passage d’une religion à une autre sous l’influence d’un nouvel envahisseur, un fait historique ou géologique, l’évolution d’un type de civilisation vers un autre. Nombreux, par exemple, sont les mythes qui illustrent le passage d’une civilisation matriarcale au patriarcat.

L’astrologie va d’ailleurs confirmer cette actualisation du mythe en faisant de Saturne le maître d’un signe appartenant à l’élément Terre, alors que Jupiter est maître d’un signe de Feu.

Mais au-delà du contenu historique, il importe de se pencher sur le contenu symbolique de toutes ces valeurs, de tous ces mythes, féconds eux aussi, comme la terre.

Le signe du Capricorne est un signe de Terre. Saturne, dieu de la terre, en est le maître.

Pour parler de la Terre, il n’est pas possible de résister à la tentation d’évoquer et de citer Gaston Bachelard, qui a su trouver, pour parler de la Terre et des rêveries de la volonté’ les accents les plus justes.

Tout natif d’un signe de Terre ne peut renier en lui cette appartenance. Il sait qu’il lui doit une lenteur, une pesanteur, qui parfois lui donnent le sentiment qu’il ne pourra jamais s’en voler, comme les natifs des signes d’Air (Gémeaux, Balance, Verseau), ni se consumer de passion comme les signes de Feu (Bélier, Lion, Sagittaire), ni entrer dans les subtilités mouvantes de l’Eau (Cancer, Scorpion, Poissons). Ils sont là, ces terriens (Taureau, Vierge, Capricorne), solides et stables comme l’éternité, prisonniers des rites et des jours, toujours frustrés par une attente, toujours soutenus par un espoir, voulant à tout prix construire pour que durent les choses, inscrire leur trace quelque part dans le monde, accomplir une tâche, un devoir, assumer leur rôle nourricier. Qu’il s’agisse du blé que la Vierge engrange pour les autres, de la vigne qu’elle presse, c’est aux autres qu’elle pense, sachant qu’après cette abondance offerte, cette sécurité assurée, elle devra affronter à nouveau la stérilité, le dépouillement, l’attente, la recherche éperdue de Koré, sa fille prisonnière des Enfers… tandis qu’autour d’elle, pauvre Déméter affolée, meurt la végétation.

Le Taureau, lui, plénitude printanière, lyrisme charnel de la terre, sensualité des odeurs, gourmandise d’une matière épanouie, caresse chaude des parfums, éclatement du désir, du fond de son oralité avide, ne peut renoncer à rien. Il veut tout, et que la fête s’éternise. Alors l’angoisse de mort n’est pas loin pour celui qui symbolise la puissance de l’Eros : Thanatos, en face, au Scorpion, rappelle à chaque instant qu’après la grande ivresse bachique, après les folies du dieu Pan, après les débauches et la jouissance, c’est encore Hadès-Pluton qui gagnera.

La terre du Capricorne, elle, est hivernale : celle de Saturne. Ni début d’automne, ni fin du printemps, mais cœur de l’hiver. L’attente de la Vierge n’était pas de même nature. L’espoir du Capricorne, sa foi, du fond de son dépouillement, sont peut-être plus tenaces. Petite graine protégée par la neige, elle a la certitude de son éclosion. La Vierge doit attendre un réensemencement, tout un long cycle de végétation, avant de réaliser ces nouvelles promesses. La terre du Capricorne a froid mais elle ne doute pas du printemps à venir. Demain. Bientôt. Même si l’attente est longue, frustrante, glacée surtout, terriblement glacée et solitaire.

Les trois signes de Terre ont en commun quelque chose qui est de l’ordre d’un rythme, d’une pulsation, d’un accord profond avec des forces telluriques qu’ils portent en eux. En eux, tout se transforme, évolue avec lenteur mais ne cesse de changer, même s’ils offrent toutes les apparences d’une permanence sans rides.

« Volonté. Rêveries de la volonté« , disait Bachelard. Oui, il faut bien distinguer la volonté de la terre, qui est patience, avec la volonté du feu, qui est projection dynamique dans l’action, projet, entreprise, lutte ouverte. La volonté de la terre est une volonté féminine, celle-là même qui assure la continuité de la vie. La volonté du feu, masculine, est colère, violence, agressivité.

La terre est conservatrice et le feu peut être civilisateur, parce qu’il introduit le changement et le risque. La terre ne se révolte pas contre la répétition, contre le recommencement des jours et des nuits. Elle aime le rythme de la vie, de la nature. De tous les éléments, c’est la terre qui est le plus proche de la « mère nature« .

La terre est bien d’essence maternelle, et maternelle encore, et maternante, qui met au monde, nourrit, reprend ses enfants, les digère et les absorbe à nouveau. La terre est toujours, dans son essence, écho en nous de la grande déesse, fertilité et mort, amour et carnage, donneuse de vie et conservatrice de morts, grand serpent digérant passivement ses enfants, bien au chaud dans ses entrailles, toujours à accoucher, à faire naître, à dévorer, toujours, simultanément, déesse de vie et déesse de mort. Kali. J’en reparlerai à propos de la Lune Noire, encore une fois, mais je ne puis dissocier ces visions de la symbolique terrienne de celles de la déesse des montagnes, des fauves, des animaux, Déesse-Mère, Déesse-Terre.

Un Terrien. Qu’est-ce que le mot évoque ? Tout de suite, un habitant de la Terre. Par opposition à la galaxie, aux autres univers qui nous entourent. C’est la première idée qui surgit. Un habitant. Quelqu’un qui est posé là, qui vit là, qui s’est fait là son trou, son monde, ses habitudes. Habitant, habitude : même racine. Racines… Là aussi, on réagit au mot. La terre, c’est toute la force de l’enracinement. L’enracinement, c’est à la fois la sécurité, la stabilité, un bon ancrage dans le réel. Quelque chose qui vous retient. Peut-être aussi qui vous emprisonne, comme les serpents-racines des arbres. Un rêve à rebours se perdant et se dissolvant dans la semence, en attente d’une vie à venir.

Terrien. J’imagine un homme avec des pieds. Bien posés, solidement, sur le sol. Presque planté comme un arbre. Image rassurante. J’allais écrire : racinante. Le mot me plaît. On n’échappe pas à l’emprise des mots Terre, tellurique (le dictionnaire dit : influence du sol d’une contrée sur les habitants). On pense mariage entre le sol et l’habitant. Tellurique. Quelle force dans ces lettres assemblées! Keyserling l’utilisait superbement lorsqu’il déplorait « cette grande carence de femmes telluriques » dans notre monde. D’un seul coup, terre, tellurique, font surgir une image de grande force calme, paisible, mais capable de soulever des montagnes, de faire surgir des océans, de modeler, de sculpter des formes.

Terre, glaise qui colle aux doigts. Matière, d’abord matière. Compacte, prosaïque, concrète. La terre, on peut la toucher; le plancher des vaches. Elle ne se dérobe pas. Enfant, je n’arrivais pas à comprendre ce que signifiait les mots « abstrait« , « abstraction« . Je n’ai toujours pas compris. Je ne m’abstrais pas. Je suis trop « dedans« . L’abstraction m’angoisse, comme le nombre. Comme l’algèbre. Triomphante, j’avais en revanche tout de suite compris le mot « concret« . J’avais dit, toute gonflée de certitude : le concret, c’est une pomme de terre! Ça m’est resté. Longtemps, pour ma famille, je suis restée, à leur grand dam, une « pomme de terre« . Moi, j’aimais bien. J’aime bien les pommes de terre qui ont sauvé les hommes de la famine. Se faire traiter de nourriture universelle, c’est plutôt flatteur. Je veux bien être nourrissante…

Rêvons avec le dictionnaire. Au mot Terre, on lit : planète habitée par l’homme. Ma première intuition était donc bonne.

La rotation de la Terre. J’avais oublié qu’elle tournait. Terre mensongère qui fait semblant d’être immobile, car par les sens on la perçoit comme telle, et qui tourne comme une folle à la fois sur elle-même et autour du Soleil, comme une coquette qui ferait la belle devant son galant.

Biens terrestres. Voilà la possession. Elle apparaît très vite. Terre exclusive, jalouse et possessive. Elle ne peut pas faire autrement. Elle prend en elle, comme la femme. C’est la femme qui prend l’homme, qui l’absorbe et c’est bien cela qui fait peur au mâle. Peur d’être dévoré, de retourner à l’intérieur du giron maternel, de s’y perdre, d’y être englouti.

Se détacher de la terre. On peut couper le cordon ombilical.

Se coucher sur terre. On peut aussi la posséder, vouloir la pénétrer, dormir sur elle, contre elle. Terre-Femme-Mère, indissociables.

Partie solide de la surface terrestre par opposition à la mer. Par opposition à l’eau trouble, fuyante, inquiétante, séduisante, hystérique, qui fascine toujours en se dérobant, en se refusant, en surprenant. La terre, elle, est sans surprise. C’est sa faiblesse si elle veut séduire. Ses surprises sont à attendre ailleurs, ailleurs qu’à la surface, tout au fond de ses entrailles. C’est Moriquand qui disait à propos de la femme du Capricorne : « C’est Héra, la grande prêtresse, dont seul le grand prêtre connaît le feu secret.« 

Toute la Terre a frémi d’horreur. Participation, solidarité, transmission de cellule à cellule, de plante à plante, d’homme à homme, des grandes peurs, des grandes horreurs dont elle a été le théâtre depuis des millénaires et des millénaires. Terre vieille, terre sans âge, porteuse de toutes les expériences du monde, de toutes les mutations secrètes. Sans mystère, la Terre? Allons donc! Mais elle garde jalousement ses secrets. Il faut les lui arracher un à un. Les hommes, comme des termites insatiables, s’y emploient.

Étendue de pays considérable. Espace, terre-espace; accueillante. Jolie Terre bleue vue de la Lune. Nous l’avons tous aimée lorsque nous l’avons regardée avec les yeux des premiers cosmonautes. Pour l’aimer, faut-il toujours la voir de loin, comme une femme que l’homme ne désire que si elle est inaccessible?

Acheter une terre. Le paysan aime sa terre. N’est-elle aimée que de celui qui la possède? Il l’aime parce qu’il la connaît, qu’elle le rassure et le nourrit, qu’elle le fait vivre, qu’il y a ses habitudes. Elle a, à ses yeux, de la beauté, parce qu’elle est à lui. Possédée et familière.

Porter en terre. Au chaud dans ce ventre maternel. Etre enterré. On pourrait presque dire être « enmaterné« .

Mais terre à terre, voilà qui est bien au ras du sol, sans vision grandiose, sans envolée noble, sans hauteur. Il faut, évidemment, tenter de décoller du sol.

La terre ferme, pour le navigateur, est rassurante. Port d’attache, espoir enfin comblé; sécurité.

Être sur terre. Cela suffit à nous faire exister. J’en éprouve, d’un seul coup, de la joie. Et si l’on remue ciel et terre, il se peut qu’il en résulte quelque chose. Tant d’efforts véritablement titanesques! Nous voilà revenus à nos dieux Titans. Ils remuaient peut-être plus la terre que le ciel; ça n’a pas suffi.

Terre cuite. Quand on la fait cuire, elle devient encore nourricière. Elle permet de conserver, de déposer, de présenter la nourriture; de manger; elle devient belle si l’artiste la transforme.

Terre promise, éternelle promesse de paradis impossibles, de havres et de refuges, de lait et de miel. Toujours promise, jamais acquise.

Terre Sainte, sacrée, sainte terre, bénie, bénite, réceptacle de Dieu. Terre qui fait verser le sang quand elle est sainte. Dieu qui fait verser le sang.

En caractères gras, d’un seul coup, le dictionnaire devient moralisateur. Un proverbe. Je ne le connaissais pas : « Qui terre a, guerre a. » J’en viens, de la guerre sainte… Il est vrai que la possession entraîne la convoitise de celui qui n’a rien. Mais chacun veut avoir. Qui veut être? Avec la terre, on est dans l’avoir. Ne pas s’en vanter.

Et puis nous entrons dans « la troisième des planètes dans l’ordre des distances croissantes au Soleil. 6 371 000 mètres de rayon. Petite bille, petite bulle dans la galaxie. Énorme boule pour la fourmi.

J’aime ce qu’on nous dit de sa constitution interne : « noyau central en état de fusion et dont la couche superficielle est seule solidifiée mais encore soumise à des contractions qui produisent le soulèvement des montagnes et même des fractures à travers lesquelles réapparaît la masse en ignition (volcan)« . Image de parturiente en perpétuel travail. Gestation, accouchement, douleur; feu caché, secret, emprisonné et qui parfois soulève des montagnes, comme la foi. Foi aveugle, foi du charbonnier, de celle qui ne peut s’empêcher d’engendrer encore et toujours, que la vie pousse en elle, malgré elle, bouscule, lui arrachant de grands pans de tripes, de grands cris de violence, comme la colère, la protestation d’un volcan. Le volcan prévient. Il gronde s’il est de bonne composition. Ou il surprend comme une grande explosion qu’on n’a pas entendu venir parce que nul n’a été attentif. Ainsi sommes-nous, créatures de terre.

Pourtant, elle est « entourée d’une atmosphère qui rend possible la vie organisée, et de mers d’une superficie trois fois supérieure à celle des terres« … Sans l’air extérieur, sans le feu intérieur, sans l’eau partout répandue, pas de vie organisée possible. Le monde est bien fait. Tous les éléments sont nécessaires à la vie – et l’astrologie, c’est-à-dire l’imagination des hommes – a su très tôt codifier cette harmonie dans sa sagesse intemporelle.

Le Symbolisme saturnien

Cette rêverie sur la terre m’a entraînée loin du Capricorne. Apparemment, du moins, car tous ces mots pétrissent la symbolique du signe. Et Saturne, son maître 1, lui ajoutera une dimension psychologique plus subtile, de complexes nuances.

Saturne. Croix prolongée par la faucille. Croix de rigueur, queue de sirène. Mélange de trait dur et de trait souple. On retrouve dans la représentation de la planète un graphisme de même nature que celui du Capricorne.

Nous avons rencontré SaturneCronos dans sa forme mythologique. Nous allons maintenant tenter de décrypter le mythe, de voir, sans craindre jamais la démarche anthropomorphique et syncrétique propre à l’astrologie, en quoi Saturne fait partie de notre patrimoine inconscient.

Nous avons vu ce personnage, jeune Titan qui deviendra roi puissant, se livrer à bon nombre d’actions que la morale jugerait répréhensibles. Tout d’abord, à l’instigation de sa mère, il castre son père (mais Uranus n’est pas lui-même un père exemplaire) et le détrône. Il prend sa place, parce qu’il est le plus astucieux et qu’il prend le plus de risques. Cela se faisait jadis dans les meilleures familles royales et l’histoire est pleine du sang des rois versés par leurs frères ou leurs fils impatients.

Puis il dévore ses enfants. Sous prétexte de ne pas être détrôné à son tour.

Cronos est le plus jeune des Titans et c’est pourtant à lui qu’on va donner le pouvoir. Sans doute parce qu’il se situe à l’articulation de deux civilisations. C’est lui qui a le courage « d’attendre son père, de le guetter, et de le castrer« , qui obéit le plus aveuglément à sa mère, gardienne de la civilisation ancienne; lui qui entre le plus dans le désir de vengeance de Gaia.

Rien, pourtant, ne nous dit qu’initialement il voulait le pouvoir pour lui. Il obéit à sa mère et l’aide à réaliser son dessein. Il ne tue pas son père, mais se contente de le castrer, afin qu’il n’engendre plus. Pas plus d’ailleurs qu’il ne tuera ses enfants, puisque ceux-ci survivront après l’intervention de JupiterZeus. Il les « immobilise » en lui.

Certes, il ne refuse pas le pouvoir qu’on lui confie. Il se sent capable de l’assumer. Il se sent astucieux, ingénieux, doué. Ce n’est pas de la présomption. Mais il est néanmoins certain qu’il prend goût au pouvoir, au gouvernement du monde, puisqu’il ne supporte pas l’idée d’être détrôné à son tour « par un fils plus grand que lui« . Orgueilleux Saturne, humilié à l’idée d’être dépassé par son fils.

Pourtant, je crois qu’il faut ici mettre en avant que, par cette « dévoration » symbolique, Saturne introjecte, s’approprie la durée d’existence de ses enfants. Il veut abréger le règne de son père, réduire à néant celui de son fils, lui dérober un temps de vie aussi long que possible, n’hésitant pas à vivre à sa place. Le moment venu, il faudra bien qu’il se résigne à l’exil ou à la mort, mais tant qu’il peut dévorer, prendre, absorber, il le fait. Coupable, sans doute, mais incapable de surmonter la hantise qui l’habite. Cronos n’est pas cannibale. Mais il refuse qu’on lui survive. Là se trouve son avidité première.

De quoi Saturne va-t-il devenir porteur dans l’imagerie astrologique?

Tout d’abord, de la frustration. Saturne, c’est d’abord et avant tout la marque de la frustration, du manque, de l’abandon. La solitude aussi. Tout cela étant mal supporté. Si un trait de caractère permet, en apparence, de maîtriser le manque, ce ne peut être que l’orgueil, qui tente de se faire croire à soi-même que la solitude est aimée. Non pas mensonge, mais illusion passagère, car la lucidité n’est pas loin. Il y a presque toujours échec dans cette douloureuse tentative pour transcender la solitude. Le Saturnien n’y parvient qu’en se précipitant dans une activité incessante pour masquer le vide insupportable.

Saturne déteste la sublimation. Il y voit un piège, un leurre, un pis-aller. Pis, un gaspillage. Il ne peut sublimer que sous la contrainte. Il n’a pas le moindre désir de transcendance. La quintessence le mobilise, non la transcendance. Vers cette dernière, Pluton va tout droit, Saturne ne la rejoint qu’à reculons.

Saturne est fier. Il ne veut pas perdre sa belle image de marque. Il ne veut pas être détrôné. C’est, curieusement pourtant, dans l’exil qu’il devient un bon roi. Lorsqu’il est enfin forcé au renoncement. L’astrologie ne connaît pas Cronos, mais Saturne. Les dieux romains, non les grecs. Et Saturne est, au bout du compte, un roi avisé, sage, réfléchi, bon gestionnaire des biens du peuple et de la terre fertile. Pendant la célébration de son culte, pendant les saturnales, les esclaves prennent la place des maîtres; ainsi les exilés deviennent rois.

Ce schéma me paraît très important pour comprendre toute la symbolique de Saturne, du Capricorne, et de la Terre elle-même.

C’est le manque, d’abord refusé, qui devient moteur. Saturne, c’est, j’en suis convaincue, la peur d’avoir peur, bien plus forte que la peur du mal. L’appréhension. Le côté phobique. La peur de n’être pas à la hauteur de l’aventure à vivre, du déchirement à supporter, de l’abandon inévitable, des sevrages successifs, de la douleur et de la frustration.

Saturne est associé au Surmoi, et ainsi il est, dans l’être, sa propre conscience morale forgée par les parents, héritée, renforcée par sa propre exigence. Sa conviction, c’est bien qu’il faut surmonter tout ce qui lui est imposé. Mais il a peur de ce qu’il ressent en lui comme lâcheté, parce qu’il a – et à l’avance —, une conscience aiguë de la souffrance.

Devant la peur, devant la frustration, que fait-il ?

Je lui connais, jusqu’à présent, trois types de comportement possibles. Nous les retrouverons, approfondis, lorsque nous parlerons du Capricorne.

Il peut pratiquer la « politique de Job ». Celle qu’on pourrait sans risque appeler la politique du pire. Job, riche et puissant, s’installe sur son tas de fumier. Nul doute qu’il y pousse un soupir de soulagement. Le voilà enfin délivré de la peur. Installé dans le manque, le dépouillement, le renoncement absolu, il n’a, enfin, plus rien à perdre. On verra plus loin comment le Capricorne peut adapter ce comportement à sa vie affective, matérielle, physique, etc.

C’est celui qui, ne supportant plus l’angoisse de vivre avec une épée de Damoclès se balançant au-dessus de sa tête, préfère couper la corde qui la retient plutôt que d’attendre qu’elle tombe.

Autre comportement possible – plus recherché par les hommes : la conquête du pouvoir. Ce que les manuels d’astrologie traditionnels appellent l’ambition du Capricorne, sans chercher à savoir si l’on prend l’effet pour la cause ou la cause pour l’effet. Etre ambitieux, c’est « rechercher ardemment« . Recherche passionnée, brûlante, pour fuir son propre statisme. S’obstiner à avancer dans une direction dès qu’on est parvenu à en déterminer une, parce que s’arrêter c’est mourir. Car le Saturnien, c’est cela et encore cela : le refus de mourir qui peut, dans le premier comportement, faire préférer la mort à cette peur incessante. Le Capricorne ambitieux, lui, avance. Il marcherait jusqu’à épuisement. La phrase célèbre de Guillaume d’Orange, ce Saturnien pur : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », me paraît être un remarquable concentré d’esprit saturnien. Le pouvoir peut donc devenir un but en soi. Parce que la cible est haute, lointaine et qu’il faudra marcher longtemps pour l’atteindre. Il est curieux de voir que ceux qui deviennent présidents de la République, ou accèdent à un pouvoir temporel, bénéficient très souvent d’un transit (ou passage) de la planète Saturne, au Milieu-du-Ciel (secteur analogique du Capricorne) dans leur thème de naissance. Curieux aussi de voir combien d’hommes d’État, d’hommes politiques, appartiennent au signe du Capricorne ou sont fortement marqués par Saturne : de Staline à Mao Tsé-Tung, de Nixon à Nasser, Sadate, d’Adenauer à Pinay, Mollet, Mendès France, Herzog, Missoffe, et tant d’autres, pour ne parler que de ceux que nous connaissons le mieux.

Le pouvoir – royauté de SaturneCronos —, détenir le pouvoir, c’est aussi avoir les moyens d’empêcher les autres de vous arracher ce à quoi vous tenez le plus, ce à quoi vous ne voulez pas renoncer. Le contraire, exactement, de la « politique de Job« . L’autre face du même manque.

Le pouvoir permet aussi l’exploitation de vertus typiquement saturniennes. Puisqu’il n’y a pas de revers sans avers. Sens de la responsabilité, goût de la puissance, efficacité dans l’action, fantastique capacité de travail, conscience de ses actes, de leurs conséquences, désir d’imposer aux autres son sens de la vertu, son éthique moralisante, tentation de plier les autres à sa volonté avec diplomatie. Derrière tout cela, un fantasme majeur : être indispensable; que les autres, surtout, ne puissent pas se passer de lui. C’est derrière cette peur du rejet, encore une fois, que se cache le besoin de pouvoir chez le Capricornien. Ce qui peut même l’amener à faire de grandes choses.

Ajoutons-y cet orgueil profond – bien caché —, qui lui donne la certitude de sa compétence. Il vérifie tout, ne sait pas déléguer. Au fond de lui-même, il est convaincu qu’il fait les choses mieux que les autres parce qu’il connaît aussi la puissance de sa motivation secrète.

Saturne a le temps puisqu’il a l’éternité devant lui. Les Saturniens commencent souvent leur carrière à un âge avancé. Ils ont raison : s’ils réussissent trop tôt, c’est la chute.

Saturne et le temps. Il ne se hâte pas. Il réfléchit, planifie. Il a l’esprit d’escalier. Réagit à retardement.

On verra chez le Capricorne cette étonnante constante qui marque sa relation au temps, à la lenteur psychique.

Le Saturnien, enfin, s’il ne choisit ni la politique du pire ni la politique tout court, peut enfin opter pour la troisième voie. Celle qui sera la plus efficace, la plus gratifiante, la plus proche de l’aspect « sage » de sa nature. C’est la voie altruiste. Celle du « bon roi Saturne » de l’Age d’or mobilisant son énergie pour les autres et non plus pour lui-même, et qui, seule, va le libérer de son angoisse du manque. S’il donne, il n’a plus à craindre qu’on lui prenne. Comme Job qui abandonne tout, renonce à tout, mais sans la dimension masochiste et négative de ce comportement extrême, suicidaire. Il agit cette fois pour les autres et, dans ce choix, il gagne beaucoup : amour, reconnaissance, gratitude, bonne conscience surtout, acceptation de lui par l’autre, oubli de soi – donc aussi de ses fantômes persécuteurs. Il y retrouve le sentiment d’être utile – toujours ce besoin d’être indispensable —, et une image de soi purifiée, pardonnée, régénérée, délivrée enfin de la culpabilité saturnienne.

La légende ne dit pas si Saturne se sent coupable d’avoir castré son père et d’avoir dévoré ses enfants. Il nous est permis de le supposer quand on sait que les Erinyes – déesses du remords – sont nées de la semence et du sang d’Uranus castré par Saturne. Ces furies ne sont-elles pas persécutrices des âmes en souffrance, persécutrice d’Oreste, le matricide?

La Tradition astrologique accorde très largement à Saturne le droit à la culpabilité, parce qu’il n’échappe pas, en tout cas, à la conscience, à la responsabilité de ses actes, à la réflexion et à la lucidité. Saturne n’est jamais associé à l’impulsivité, ni à l’acte gratuit. Il n’a pas même cette issue. Avant un acte qu’il sait lui-même douteux, il tentera parfois de se donner bonne conscience, de justifier cet acte au nom d’une « raison supérieure » (celle de l’État). Mais les Erynnies ne tardent jamais à venir le tourmenter. C’est Pluton qui expie, permet l’expiation. Non Saturne. A Saturne il reste la mémoire, l’enfermement, l’exil, le silence, la solitude et la tristesse. Il lui reste la « mélancholie« , la bile noire. Et quand il ne supporte plus tout cela, il lui reste l’ascèse, le renoncement. Et, tout au bout, au-delà de l’amer renoncement, l’acceptation, le dépassement, la sagesse enfin. La sérénité.

Le Capricorne dans la Vie

Au Milieu-du-Ciel

De par sa position, le Capricorne offre une analogie avec la Maison X dans le thème de naissance, celle qui est déterminée par ce qu’on appelle le Milieu-du-Ciel, l’un des grands axes du thème avec l’Ascendant. L’Ascendant, analogue du Bélier, représente le point où le Soleil se lève sur l’horizon, le commencement, alors que le Milieu-du-Ciel représente le zénith, le point où le Soleil est au plus haut dans le ciel, le plus « élevé ». L’un se lève, l’autre est élevé; on voit d’emblée se dessiner la symbolique qui fait du BélierAscendant le premier élan, le pro-jet, et du CapricorneMilieu-du-Ciel, la réalisation, la concrétisation, l’ambition atteinte. Au Bélier, il y a un avenir, une attente; au Capricorne, il y a une durée, une inscription dans le temps qui va du passé au présent et de là à l’avenir.

On voit donc la force du Capricorne associée aussitôt au « sommet de la montagne » et au « désir ardent » de l’atteindre, de grimper toujours plus haut, d’assumer sa verticalité. Pas nécessairement ambition du succès mais ambition de l’élévation, de la montée. Je crois qu’il y a plus d’orgueil que d’ambition pure dans le signe, que celle-ci n’est qu’une conséquence et non un moteur.

La Maison X, toutefois, c’est traditionnellement la carrière, les aspirations et les réalisations par le travail. C’est là qu’on trouvera, lorsqu’on interprétera les jeux planétaires et leurs interactions, ce qui permettra de juger de la vie professionnelle du sujet. C’est dire aussi que le premier domaine auquel le Capricorne se trouve lié dans l’horoscope, c’est le travail.

Un autre fait important se trouve attaché à sa position de signe cardinal. Mot noble que ce terme de cardinal. On est presque tenté d’y associer la pourpre et les hautes fonctions religieuses. Cela sied assez bien à notre Saturne, noble vieillard à la tête couverte. Pourtant, le signe cardinal ne doit son nom qu’au point cardinal qu’il représente, honneur qu’il partage avec le Bélier, le Cancer et la Balance. En effet, le Bélier et la Balance coïncident sur l’écliptique avec les équinoxes de printemps et d’automne, tandis que le Cancer et le Capricorne coïncident avec les solstices d’été et d’hiver.

Un signe cardinal

Non pas, donc, l’un des soixante-dix prélats qui composent le Sacré Collège mais le point cardinal, du latin cardo, qui signifie gond. Ainsi le point cardinal est-il avant tout articulation, charnière, qui permettra un passage.

Le solstice, moment où le Soleil s’arrête, où le Soleil est à son plus grand éloignement de l’équateur. Et la Tradition a, bien sûr, différencié les signes cardinaux des autres signes, les a privilégiés, leur a concédé une importance particulière.

Dans son jeu du trois et du quatre (trois triplicités de Feu, de Terre, d’Air et d’Eau, quatre signes cardinaux, fixes et mutables), l’astrologie permet de subtiles combinaisons qui aboutissent à une structure parfaite qui intègre aussi bien le sénaire que le septénaire, la ternarité que la quaternarité, le binaire et tout ce que les esprits épris de quintessence ont pu chercher depuis des millénaires dans les nombres. Les signes cardinaux s’opposent, pour leur part, aux fixes (Taureau, Lion, Scorpion, Verseau), les quatre évangélistes, piliers de l’Église, et aux mutables (Gémeaux, Vierge, Sagittaire, Poissons), signes de changement, signes doubles, mobiles, en ce que, précisément, ils marquent des valeurs essentielles. Ils sont dans l’absolu. On pourrait dire que le cardinal est lié à l’Etre, le fixe au Faire et le mutable à l’Avoir. Disons plutôt que les signes cardinaux sont associés aux Grands Principes et Vertus qui sont au nombre de quatre : Justice, Prudence, Tempérance et Force (on serait tenté d’attribuer la justice à la Balance, la force au Bélier, la tempérance au Cancer et la prudence au Capricorne).

Solstice. Le « moment où le Soleil s’arrête« . Halte. Comme si le Soleil, par son éloignement de la Terre à ce moment de sa course, marquait un temps de réflexion. Equinoxe : égalité des nuits et des jours, temps d’équilibre. Dans un cas comme dans l’autre, on a le sentiment de quelque chose de suspendu dans l’horlogerie du monde, d’un rythme qui va changer. Temps fort.

Ce sont les quatre âges de la vie : l’enfance au Cancer, la jeunesse au Bélier, l’âge mûr à la Balance, la vieillesse au Capricorne.

Le chaos et le néant

Dans l’espace métaphysique du Zodiaque on peut parler d’une dialectique CancerCapricorne. Carteret y voyait une dialectique du chaos et du néant. Le Cancer serait cet abîme, cette confusion aquatique de la matière et des éléments, ce bouillonnement d’avant la création, d’avant la gestation, qui permettra l’imagination. Dans la confusion et le désordre, mais dans la projection aussi, de tous les possibles présents. Alors que le Capricorne serait le retour au néant, au rien, à ce qui n’existe pas, au vide silencieux, au froid et à l’immobile.

Au Cancer nous avons en effet traditionnellement la chaleur humide de l’été, au Capricorne le froid de l’hiver, la glace, l’eau emprisonnée, la « neige sexangulaire« , comme dirait Képler. Au Cancer encore, l’imagination créatrice, débordante, au Capricorne la réflexion, l’intériorité. A l’un l’innocence de l’enfant, à l’autre la prudence du vieillard.

Et au-delà, on retrouvera dans le Cancer toutes les images de la gestation et de l’allaitement (ô chèvre Amalthée) et au Capricorne celles du sevrage et de la séparation (ô Saturne), étroitement liées les unes aux autres, inséparables et nécessaires l’une à l’autre.

Car, dans tout signe zodiacal, il faut toujours tenir compte de celui qui constitue sa « nuit« . Tout Capricorne porte en lui un peu du Cancer de son enfance chaude et protégée. Il en a la nostalgie, le regret.

L’enfant et le vieillard

Tout Cancer aspire à naître un jour, à trouver dans la nuit de son Capricorne la force de couper son « câble » ombilical. On assiste parfois avec surprise, à des interférences, des passages soudains, chez le Capricorne, du monde cancérien et de ses infantilismes, de ses immaturités, de ses peurs. Et inversement. Comme l’Eros du Taureau ne peut oublier le Thanatos du Scorpion, ou comme la Vierge sage ne peut cesser de rêver de l’irrationnalité totale des Poissons

Et, parfois, on voit l’austère Capricorne, à l’incompréhension (pour ne pas dire la répréhension) générale, faire le clown… ce petit pitre Cancer qui vient le dérider et le libérer. Comme on voit le tendre Cancer, soudain, céder à la dépression, au découragement, à la tristesse saturnienne ou tenir des discours moralisateurs inspirés par son voisin d’en face.

Mais ils ont besoin l’un de l’autre. Et c’est pourquoi, sans doute, on parle si souvent de ces contraires qui s’attirent. Au fond, je crois que ce ne sont pas des contradictions mais des nostalgies. Le Capricorne, solitaire et fort, rêve parfois de poser le fardeau, de retrouver la chaleur du giron maternel, de glaner un sourire enfantin. Le Cancer, si désireux d’être pris en charge, si doué pour l’émerveillement de l’enfance, rêve parfois d’être un adulte capable d’assumer sa vie.

De la même manière, quand un Capricorne fait le fou, le pitre, cela inquiète ceux qui, autour de lui, ne perçoivent que sa force calme, son air de paysan raisonnable. Parce que c’est cette force tranquille et rassurante qu’on exige de lui. Alors, s’il laisse parler sa violence, ou sa folie, ou son désir de démesure, il sème la panique, il soulève l’angoisse. Cela le condamne trop souvent à être sage. Il le paie cher, ce « passionné à froid », comme le dit justement André Barbault.

Il n’a qu’un droit : être le roc sur lequel les autres peuvent s’appuyer, qui résiste à la tempête, mais se retrouve seul, là-haut sur sa montagne ou perdu dans la mer et battu par les vagues, lentement usé, si lentement érodé que nul ne s’en aperçoit.

Il est perçu ainsi essentiellement parce que c’est ce que les autres projettent sur lui et attendent de lui, mais aussi, bien sûr, parce que c’est l’image de lui-même qu’il propose. Il tient à ce qu’on le croie fort. C’est de cette conviction qu’il tire sa force même. Alors, avec l’habitude, il le devient. Et, après tout, sans doute aussi l’est-il « quelque part« , dans sa brutalité, dans sa lenteur même, dans sa résistance, sa puissance de travail, son flegme, sa stabilité, son immobilité, son « monolithisme ». Sinon, il ne pourrait pas le devenir.

Serait-ce trahir le Capricorne que de reconnaître que sa force tient presque tout entière à son système de défense?

Ne soyons pas trop injuste; elle est ailleurs aussi : dans sa conscience aiguë, son sens de la responsabilité, son honnêteté. Disons sa rigueur. Et tant pis si cela ressemble aussi à un système de défense, tout pétri de Surmoi, de culpabilité, de peur de faillir, de déchoir. Orgueil du Capricorne. Orgueil de l’ascète ou de l’ermite qui cache son avidité dans la feinte acceptation du manque ou qui se protège contre l’agression des autres en jouant les nobles solitaires.

Il se protège, bien sûr, d’abord, contre ses frustrations, et sa lenteur l’y aide.

Un vrai secondaire

La première question que je pose à un Capricorne est toujours la même : avez-vous conscience d’avoir un rapport particulier avec le temps? D’être dominé par votre secondarité?

La réponse est toujours positive. Je crois qu’il s’agit là d’un facteur essentiel parce que tout en lui le renforce; à la fois son appartenance au plus secondaire des éléments : la terre, et à la plus secondaire des planètes : Saturne.

Conrad Moriquand, dans son Miroir d’astrologie, écrit à propos du Capricorne : « Il est né vieux. » Mais il ne dit pas – ce que je crois pourtant – qu’au bout de sa longue route il meurt enfin jeune. Ce qui permet à Simone de Beauvoir, à soixante-dix ans, de dire : « Je ne me ressens pas comme vieille », et de citer le mot de Cocteau : « Le pire quand on vieillit, c’est qu’on reste jeune. »

La secondarité, c’est avant tout un mécanisme à retardement. Le Capricorne donne souvent l’impression qu’il est impassible (insensible ou olympien, selon qu’on lui veut du mal ou du bien), ou que les événements ne le touchent pas. En fait, c’est l’inverse qui se produit. Mais il lui faut plus de temps qu’à quiconque pour prendre conscience, dans sa tête et dans sa chair, de ce qui lui arrive. Sur le coup, il ne bronche pas. Quelle maîtrise! se dit-on devant son sang-froid. Il renverse quelqu’un avec sa voiture? Il en sort, très calme, règle le problème, fait ce qu’il faut. C’est le soir, chez lui, ou le lendemain, qu’il se mettra à trembler en réalisant le drame qu’il aurait pu provoquer. Il reçoit une gifle? Il ne la rend pas. Comme s’il ne l’avait pas reçue. Mais, le lendemain, il se frottera la joue, quinze jours plus tard il sera furieux, dix ans après il en parlera encore et quinze ans plus tard, s’il le peut, il s’en vengera. J’exagère? A peine. Il vit un deuil? Sur l’instant, on pourra presque croire qu’il a le cœur sec et n’éprouve aucun chagrin. Mais cinq ans, dix ans plus tard, la douleur d’un seul coup lui paraîtra intolérable… quand personne n’y pense plus, quand pour les autres la page est tournée. Lente mémoire, très lente mémoire du Capricorne.

Les choses se passent comme lorsqu’on jette une pierre dans l’eau. L’impact premier n’est pas perçu. Le Capricorne ne réagit que lorsque le dernier cercle concentrique touche la berge. Ou bien comme l’eau qui traverse des couches de sable, qu’on ne voit plus « du dehors » et qui finit par rejoindre une rivière souterraine qu’elle va grossir et qui va bouillonner en secret, pour ressortir beaucoup plus loin, sous une autre forme.

Le champion du système de défense

On peut y voir l’un des principaux systèmes de défense du Capricorne. Car, pendant ce long travail obscur, il peut tenter de prendre de la distance, se protéger, se fortifier. Connaissant ce mécanisme – que la vie lui fait découvrir —, il parviendra parfois à se préparer à la douleur, à s’efforcer de l’apprivoiser, à se trouver des arguments pour l’accepter.

Sa force n’est pas ailleurs. Il a le temps de se préparer à la vieillesse, à la mort, à la destruction. Mis au pied du mur, bousculé par l’événement, le voilà tout pétrifié, ou affolé. Avec le temps, il s’en tire toujours.

Et, comme il a peur du vide, de ce retour au néant, son domaine, il entreprend, il grimpe – chèvre têtue qui monte vers les sommets. C’est alors l’ambition qu’on lui prête avec tant d’obstination et qui n’est sans doute que fuite en avant, besoin de faire, de réussir, de laisser sa marque pour ne pas disparaître tout à fait de la mémoire des hommes. Comme Anouar al-Sadate, qui identifie son propre destin à celui de son pays, et se confère ainsi une sorte d’éternité et des racines millénaires.

Ce goût de l’ascension sociale – même si le Capricorne le nie parfois – n’est que ce défi à lui-même lancé pour le contraindre à progresser. C’est aussi grâce à son affinité avec le dixième Secteur du thème que le Capricorne terrien montre son sens du réel et son efficacité. Il entreprend sans hâte, sans impatience, regardant à chaque pas où il pose le pied. Tortue tranquille, il sait qu’il l’emportera sur le lièvre de la fable. Il s’impose le plus souvent sans coup d’éclat, jusqu’à ce que les autres, surpris, constatent qu’il a conquis sa place au soleil, qu’il s’est enraciné là où il le voulait. Là, il « croche et tient » pour longtemps. Il prépare avec soin, longtemps à l’avance, ce qu’il veut entreprendre. On le dit homme des entreprises de longue haleine. Comme Mao Tsé-Tung traitant sa longue marche comme une partie de go sur l’immense échiquier chinois. Il ne part pas à l’aventure, tête baissée, comme le Bélier. Il use l’obstacle ou le contourne, il ne le renverse pas. Il a la prudence du serpent et l’entêtement de la mule, pour peu qu’il soit sûr de ce qu’il désire.

Parfois même, il semble presque inconscient de ce long projet; il fait confiance à son instinct qui oeuvre en secret.

Intelligent? Oui. D’une intelligence constructive. Il ne cherche pas à briller. Stratège, il organise son action. Tacticien, il sait où placer ses pions. Il réfléchit. Le Capricorne, c’est « la spontanéité de la réflexion« . Il met de la force dans sa concentration. La lenteur encore, mais qui évite erreurs et illusions. Il mobilise bien ses troupes. Il sait que rien ne mûrit vite et qu’il ne sert à rien de courir. Il ne bouscule pas la réalité; il en tient compte, avec réalisme. Plus que tout peut-être, il a le sens de l’essentiel. La lucidité est sa première vertu.

Solide? Oui. On peut compter sur lui. Il ne promet pas plus qu’il ne peut tenir, sauf si, là encore, on lui extorque des promesses « à chaud » et qu’il n’a pas le temps de réaliser où on l’entraîne. Mais il se sent engagé par ses promesses. Ce responsable a tôt fait de se sentir coupable. Il déteste les affrontements dès lors qu’il sait n’avoir pas pu s’y préparer. Il manquera d’esprit de répartie, ne saura pas, dans le feu de la bataille, contre-attaquer. Mais il fait face, le plus souvent, dans la nécessité. Comme Joffre à Verdun.

Prudent, par conséquent. Il ne fait pas trop confiance au hasard. Ni aux autres. On le dit méfiant. C’est vrai et c’est faux. Méfiant quand il a été blessé, confiant quand il est sûr de lui.

Patient. Très patient et endurant : toujours ce sentiment que le temps est son allié. On le dit pessimiste. Rien ne me paraît plus faux. Car il faut avoir une bonne dose d’optimisme pour débuter une carrière à soixante ans, pour entreprendre à l’âge où les autres ne songent qu’à la retraite. Lui, il sait que l’oisiveté le tuerait. Tout ce qu’il veut bien s’accorder, l’âge venu, c’est un peu plus de repos. Simone de Beauvoir a dit : « Quand j’avais trente ans, dès que j’ouvrais l’œil, j’étais dehors, à courir, à travailler, à faire des choses, Maintenant, j’aime bien m’attarder un peu, me reposer […]. Maintenant, j’ai l’impression de ne plus avoir tellement de choses à faire. En un sens, cela me plaît. Cela me donne des loisirs, une certaine liberté. Je peux vivre davantage, je ne dirais pas selon mon caprice, mais suivant l’agrément de l’heure. » Mais je pense aussi à cette femme, Capricorne de soixante-seize ans, qui venait de s’inscrire en faculté pour faire une licence d’anglais (l’anecdote avait paru naguère dans Noir et Blanc). Pessimiste, cette vieille dame indigne? Certes pas.

De la vertu à revendre

Honnête aussi, le Capricorne. Par sens moral, sûrement. Par besoin de vertu. Il interdit aux autres les mauvaises actions, mais rendons-lui justice, à quelques exceptions près (Petiot, Mesrine, Violette Nozière, en sont de bien lourdes), il se les interdit le plus souvent à lui-même.

Pourtant, si on lui fait un reproche, si on le critique, son premier réflexe, le plus souvent, sera de « planter les quatre pattes », de résister, de nier, de se défendre ou de protester. Il aime avoir raison. Ça le rassure sur lui-même. Si on le prend en flagrant délit d’erreur, il se cabre (se cabrer à la même racine que chèvre, encore). Mais le lendemain ou le surlendemain, il réfléchit; il accepte de s’interroger, se remet en question. Et il reconnaîtra ses torts. Mais il est bien rare qu’il le fasse du premier coup. Dans la jeunesse, cela lui vaut souvent l’étiquette infamante de « mauvaise foi ». Ou on lui reproche d’être raisonneur. Enfant, j’ai été ravie de me trouver un allié en Napoléon qui disait : « Quand on a tort, il faut aller jusqu’au bout, on finira bien par avoir raison… »

L’âge améliore le Capricorne, comme le bon vin. Il devient moins sévère. Il rajeunit.

Mais ses faiblesses et ses défauts sont grands. L’orgueil est à double tranchant et, souvent, à force de se draper dans sa dignité, il s’y pétrifie comme la statue du Commandeur.

La peur d’avoir peur le paralyse ou le pousse à des actes extrêmes. La prudence le retient d’agir, le castre de son désir d’aventure, l’empêche d’aller vers le risque. C’est peut-être sa plus grande faiblesse.

Refus du jeu ou refus du je

Son refus du jeu le raidit, le rend parfois intolérant, lui retire de la souplesse dans ses rapports avec les autres. A force de refuser l’artifice, de sacraliser l’authenticité, il passe pour ennuyeux comme Caton l’Ancien.

A onze ans, mon livre de chevet n’était autre que les Pensées de Marc-Aurèle, suivies d’Epictète. Les stoïciens. Vieux rêve capricornien de perfection et de maîtrise de soi. Mes goûts littéraires, à l’époque, ne me rendaient pas très fréquentable…

Frustré, frustré et encore frustré. Né frustré et mort frustré. Quel aveu d’avidité que le « J’ai été flouée » de Simone de Beauvoir. Toujours à l’affût d’un geste affectueux, d’une marque d’attention, toujours affolé à l’idée qu’il pourrait être rejeté; qu’on pourrait ne pas l’aimer. Alors, soit il s’enferme dans sa coquille et joue les Alceste, préférant encore qu’on ne l’aime pas, soit il en fait tant pour les autres qu’il se débrouille pour devenir indispensable… ou que ceux qui l’entourent et bénéficient de ses bienfaits finissent par crier grâce!

De là aussi ce que Barbault appelle joliment son « complexe de Cendrillon ». Le Capricorne a tant de mal à se croire aimé, à se croire aimable! Il est prompt à douter au moindre manquement, si disposé à croire qu’on se moque de lui, de ses sentiments, si vite bafoué dans sa sincérité, si prêt à se rejeter lui-même, puisqu’il sait bien qu’il n’atteindra jamais à la perfection de l’image désirée. Ou alors il s’en moque, quand il a de la sagesse. « Je n’ai jamais été très narcissique et je n’ai jamais eu beaucoup de complaisance pour mon corps. Alors évidemment peut-être en ai-je encore moins aujourd’hui« , dit encore Simone de Beauvoir.

Le Capricorne doute de lui, doute surtout d’autrui. D’où cette certitude étrange qu’il a de faire mieux que les autres, d’être mieux que les autres, et son désespoir parce que les autres ne le reconnaisssent pas et qu’il ne peut être accepté. C’est lui qui doute puisqu’il sait bien que nul ne peut être tout pour l’autre.

De la jeunesse à la vieillesse, pourtant, le Capricorne change beaucoup. Grâce à Dieu. Et un peu à lui-même. Là encore, je suis tentée de donner la parole à Simone de Beauvoir qui a écrit sur la vieillesse et qui en parle bien : « L’âge, c’est un passage de l’infini au fini. On n’a plus d’avenir, et c’est le pire. » Mais, en même temps, elle fait toujours des projets, et quand on fait des projets, la vie est encore devant soi, on a encore « un avenir« .

Le Capricorne et l’Amour

Engagements prudents

L’amour. Zone fragile. Là, nous allons rencontrer des comportements différents chez les hommes et les femmes du signe. L’homme va cacher très souvent sa frustration derrière une certaine froideur, une grande prudence. Ou derrière le devoir. Il se marie, d’une certaine façon, pour régler le problème. Et il s’accrochera à sa « construction », à ses responsabilités, pour ne pas avoir à y penser de nouveau. Ou bien il ne parviendra jamais à s’engager. Parfois très tard, quand il ose enfin affronter le risque. Ou bien encore il tentera de se débarrasser de son affectivité en se cachant derrière l’écran du travail, du labeur acharné, de l’ambition.

La femme, elle, va devoir toute sa vie organiser sa défense contre ce qu’elle ressent partout et toujours comme une frustration destructrice. Parfois, elle choisira, elle aussi, le célibat – toujours en fonction d’une politique du pire —, même si une part essentielle d’elle-même assume mal la solitude qu’elle s’impose de vivre.

Parfois elle aimera – ne pas oublier le côté passionné à froid, le feu secret – et consacrera toute sa vie à l’autre pour se fuir elle-même, n’avoir pas à affronter sa propre réalité, engloutir son narcissisme douloureux dans une relation où elle sera forcément celle qui aime le plus, celle qui donne le plus, cherchant avec obstination à se rendre indispensable, dans sa grande peur du rejet et de l’abandon, dans sa certitude que, de toute façon, même si elle a le sentiment de demander peu, elle n’en recevra jamais le millième.

Pourtant, même si elle croit rarement à son charme, à sa séduction, il arrive qu’elle se fasse aimer.

Jamais, ou presque jamais, le Capricorne – qu’il soit homme ou femme – ne provoque de coups de foudre, d’emballements instantanés. C’est sur un long parcours qu’on l’apprécie, qu’on s’y attache, qu’on a, finalement, du mal à le quitter.

Mais souvent, dans sa peur, il met en place le dispositif destructeur. Il prend la fuite. Ou, dans son angoisse de perte, d’abandon, il provoque la rupture horrible et libératrice. Toujours et encore la technique de Job. Avec un soulagement sincère le jour où le ciel lui tombe sur la tête. Toujours cette épée de Damoclès, cette attente intolérable de l’instant où elle va lui traverser le cœur. Alors, autant couper la ficelle, autant décider soi-même de l’intervention chirurgicale, puisqu’il lui faut du temps pour apprivoiser l’événement! Paradoxe affectif que tous les Capricorne connaissent bien et qui est lié à cette intolérable peur d’avoir peur.

L’admiration difficile

Un Capricorne cherche rarement à séduire. Tout d’abord parce qu’il doute profondément des moyens qu’il en aurait. Ensuite, parce qu’il entend plaire sans artifice, par son naturel et sa vérité. Il considérerait comme dégradant de jouer la comédie. Alors, il va droit au but, en posant des questions essentielles, pour tenter de connaître l’autre. Ou bien il écoute et se tait. Il a parfois raison, parce que c’est effectivement par son naturel et sa sincérité qu’il rassure. Par eux aussi qu’il fait peur. Il ne joue pas un jeu, en tout cas, ne se livre pas à de subtiles escarmouches. D’emblée, il a sa dimension. Il dit ce qu’il pense et réfléchit avant de le dire. Pas de frivolité, pas de légèreté. Pas assez, hélas! Du sérieux; ce qui n’empêche pas l’humour, juste pour montrer qu’on ne se prend pas au tragique; mais aussi, parfois, on l’utilise, cette dérision, contre soi. Avec un goût très vif et destructeur de la contre-publicité. L’erreur, c’est aussi de faire croire à l’autre qu’il ne le prend pas au sérieux. Le Capricorne n’a pas l’admiration facile. Trop honnête pour cela. Et les femmes du signe savent ce qu’il leur en coûte – et l’apprennent alors à leurs dépens – de ne vouloir jouer qu’au jeu de la vérité. Pourtant les hommes, pratiquement tous les hommes, ont éperdument besoin qu’on leur balance sous le nez de grands coups d’encensoir… ne serait-ce que pour être rassurés. Pour le Capricorne, ce serait mépriser l’autre. Il s’y refuse.

Parfois, des êtres viennent à lui, dans le désir sincère de trouver quelqu’un qui leur tende un miroir sans complaisance. Là, le Capricorne, trop content de l’aubaine, répondra : présent! C’est presque toujours un piège et le « demandeur de vérité » n’est pas conscient du fait qu’il voulait bien en savoir un peu, mais pas trop. Comme le malade qui prétend vouloir la vérité mais qui s’effondre quand le médecin annonce le verdict. On est rarement au clair – personne – avec ce qu’on veut apprendre de soi. Les psychanalystes le savent bien, cela prend du temps et il vaut mieux découvrir par soi-même, au juste moment.

Le Capricorne, lui, en dit souvent trop d’un seul coup, emporté par son élan, tout content d’avoir compris quelque chose, de mettre à nu un mécanisme gros comme une ficelle. Il apprendra avec le temps à distiller ses propos avec plus de doigté, peut-être lorsqu’il comprendra lui-même qu’il ne supporte pas toutes les vérités, en dépit de ce qu’il s’imaginait.

Parfois, le Capricorne attire par sa force, son calme, le sentiment de sécurité et de stabilité qu’il inspire. C’est aussi à cause de sa force qu’on le quitte. Forcément, lui, il croit qu’il le supportera. Ce sont les autres, les faibles, les fragiles, ceux qui pleurent et qui gémissent qu’on protège, parce que tous les êtres fuient la culpabilité qui les écrase. Mais il y a parfois – souvent même chez le Capricorne trop malmené – une fissure, une faille, une fracture profonde, qui le poussera d’instinct, à l’avenir, à ne plus s’exposer.

Paradoxe encore du Capricorne plus « brut » que les autres et en même temps si facilement culpabilisable. Ni les hommes ni les femmes du signe n’y échappent et cela alourdit leur comportement, entrave leur spontanéité, retient leurs élans et leurs gestes. Il y a tant de force dans ce qu’ils ont envie de donner, de crier, qu’il leur faut bien retenir tout cela, emprisonner leur cœur et le faire taire.

Sur le qui-vive

La femme, sans doute plus que l’homme, passe sa vie amoureuse en état de vigilance; sentinelle toujours sur le qui-vive, à l’affût du moindre regard, du moindre geste, de la moindre intention et toujours prête à interpréter le comportement de l’autre comme révélateur d’une fuite, d’un rejet, d’un refroidissement, d’une lassitude ou d’un ennui, d’une pensée qui vole vers une autre. Impossible Capricorne! Mais il est rare qu’elle parle, contrairement à la femme du Cancer qui, elle, n’hésitera pas à faire des scènes. Le Capricorne rentre dans sa coquille de silence, tentant de panser ses blessures; il boude avec dignité, se replie sur ses positions et se prépare déjà à la catastrophe. Parfois même, l’autre ignore tout du film qui s’est déroulé dans cette tête inquiète. Le mutisme du Capricorne s’accompagne alors de paralysie. Il voudrait bien, mais il ne peut pas aller vers l’autre. Un geste tendre, un sourire affectueux, et tout peut recommencer. Mais si l’autre, ne comprenant rien, boude aussi, se replie aussi, ça peut durer une éternité.

Des femmes Capricorne m’ont dit parfois : si je me découvrais une rivale, je me défendrais bec et ongles, j’irais peut-être jusqu’à tuer. A l’heure de la vérité, je me demande si elles ouvriraient seulement la bouche, ou si elles n’iraient pas silencieusement faire la valise du monsieur, pour simplifier les choses. Ou si elles n’opteraient pas pour une contre-attaque plus subtile. Un mot, juste un mot bien placé, avec toutes les apparences de la remarque objective. Souvent juste, de surcroît. Et la rivale de perdre son auréole. Il n’en faut parfois pas plus, parce que l’on fait confiance à l’honnêteté du Capricorne, à sa sincérité, à son savoir, pour que la contre-offensive réussisse.

Le plus dur reste à faire. Non pas pardonner, mais oublier. Le Capricorne possède une mémoire d’éléphant dès lors qu’il est blessé dans sa sensibilité, dans son orgueil, dans sa confiance.

Et il est vrai aussi qu’il est exclusif, possessif, jaloux; comme la chèvre du troupeau qui veut toutes les caresses pour elle seule. Comportement infantile et irréaliste ? Sûrement. Mais il faut beaucoup de temps, beaucoup de travail sur soi, pour dépasser cela sans pour autant sombrer dans l’auto-rejet et la négation de soi-même.

Jean Carteret me disait parfois : « Tu ne t’en sortiras pas tant que tu n’auras pas apprivoisé le relatif. » Mais comme c’est difficile de renoncer à l’exigence, à l’absolu, à la tentation de l’amour fusionnel, à l’illusion qu’on peut suffire à l’autre – puisque l’autre, lui, nous suffit —, au désir toujours plus fort de faire progresser l’autre vers lui-même et de progresser soi-même par l’autre ou d’accepter son aide, de susciter aussi sa rigueur et son intransigeance!

Nous aimons qu’on ne nous pardonne rien, qu’on ne nous laisse rien passer – même si, sur l’instant, le réflexe est de protestation – parce que nous percevons comme un acte d’amour véritable cette exigence de l’autre envers nous. Illusion, bien souvent, de croire que l’autre nous aime avec rigueur…

L’essentiel, difficile à dire

Il paraît que vivre avec un Capricorne est difficile, à cause même de tout ce qui n’est pas dit et passe par le regard. Il y a une pudeur à dire. Une peur de n’être pas ressenti, sinon compris et surtout que les paroles prononcées pèsent contre soi…

Peut-être plus encore faut-il voir dans les silences du Capricorne la conséquence de son esprit d’escalier, de sa lenteur. Vulnérable à tout ce qui lui est dit – ou décoché —, il lui faut du temps pour assimiler, connaître l’effet réellement produit. Pourquoi dire avant de savoir, d’être sûr? Sans compter le manque de répartie et le temps nécessaire à la restructuration du noyau qui a explosé à son insu, sous l’impact du coup.

Le Capricorne doit lutter, en amour, contre des comportements subtilement défaitistes et contre cette tendance à se dénigrer lui-même, qui est de mauvais aloi. Se critiquer, sous prétexte qu’on n’est jamais bien servi que par soi-même et qu’on est seul à savoir jusqu’où on peut le supporter, n’a jamais été constructif au niveau de la relation. La lucidité, parfois, tue l’amour plus sûrement que l’illusion. Ou l’abandon, avant même qu’on connaisse ses risques d’échec (je parle ici de l’abandon au sens où le sportif abandonne…).

Le Capricorne qui réussit en amour a compris cela assez tôt et a misé sur sa longue patience – corollaire paradoxal de sa certitude ambiguë de l’échec.

Pas assez déconcertant…

S’il est aimé parfois, c’est bien pour sa fidélité et sa profondeur, pour la sécurité affective qu’il offre à celui qui veut bien lui faire confiance. S’il est rejeté souvent, c’est aussi parce qu’il est sans surprise. Ou du moins que l’autre est parvenu à le croire.

Une dimension doit être ici précisée, qui tient à la violence de ce passionné à froid. La tempête se lève rarement mais, lorsqu’elle éclate, il est vrai qu’elle révèle tout un univers de forces tumultueuses trop longtemps réprimées. Lorsqu’elle explose enfin, le Capricorne éprouve quelque chose qui est de l’ordre de la jouissance; le plaisir intense d’avoir brisé ses chaînes, d’avoir rompu le silence castrateur, de revendiquer enfin le droit d’exister et d’être reconnu avec la dimension de force et d’intensité qui est la sienne, de se libérer de la peur d’être rejeté, méprisé; heureux d’avoir pu enfin « dire », quelle que soit la conséquence de son cri. Et il découvre parfois que c’est précisément dans cette vérité-là que l’autre l’accepte, devient enfin capable de le voir et de l’entendre.

L’avidité première du Capricorne resurgit au premier prétexte. Parfois, bien sûr, elle fait peur. Il y a dans le Capricorne une incapacité à accéder à la satiété – sa dimension hystérique sans doute. Cela terrifierait n’importe qui.

…et trop avide

Très tôt, le Capricorne découvre que personne ne peut apaiser sa faim, sa soif d’amour. Alors commence pour lui une longue négociation avec sa frustration. C’est le moment, comme dirait Mélanie Klein, de dépasser sa « position dépressive« . Mais, le plus souvent, cette négociation le condamne à des compromissions, à des concessions (« Les concessions ? Ces points de vue sur un cimetière », disait Sacha Guitry) qu’il ne peut vivre sans révolte et sans cris de rage. Il n’a pas le choix. Sauf à préférer la solitude, sauf à opter pour le froid et la glace. Ou, bien sûr, à grandir.

Mais il sait que le renoncement à l’essentiel est plus près pour lui de la mort que de la sagesse.

Le Capricorne doit aussi apprendre à se lester de ses souvenirs, surtout s’ils sont heureux. Il a tendance à s’y complaire, à les évoquer, les ressasser, à les comparer à l’horreur du présent, à se raccrocher à eux au lieu d’exploiter sa disponibilité à un nouveau bonheur possible. Les présents du moment n’aiment pas les présents du passé. Surtout s’ils ressentent ce qu’il y a de regrets et de nostalgie dans ces souvenirs. Il faut faire place nette.

Les Capricorne, à partir d’un certain âge – disons d’un âge certain – commencent à s’accepter, à être conscients de leur force, jouent volontiers les Pygmalion. Pas tout à fait à la façon du Sagittaire qui cherche à changer l’autre, à le réformer. Plutôt à la façon de l’accoucheur qui veut aider l’autre à s’accomplir, à se révéler. Il peut y trouver sa justification. Même si on peut voir se profiler au loin l’un des pièges de la technique de Job. Vouloir mettre l’autre au monde, c’est être assuré que, lorsque le sevrage deviendra nécessaire, il faudra se faire harakiri (jigaki, pour les dames), faire jouer la Lune Noire et son couteau du sacrifice.

Sans doute m’est-il difficile de dissocier ce qui en moi est de l’ordre de Saturne, du Capricorne et de la Lune Noire, ces aimables personnages s’imbriquant tous dans mon propre thème de façon particulière et privilégiée… O douteux privilège! Mais je crois que d’une manière générale il y a chez le Capricorne une volonté de construire l’autre (arrogante présomption!), avec la conscience de tous les risques inhérents à pareil projet.

Une force vulnérable

Au fond, l’ennemi du Capricorne en amour, c’est sa force.

Et, partant, son immense vulnérabilité. Il a dressé un mur contre cette dernière, il a placé des sentinelles partout. Il apparaît comme une place forte, comme une citadelle capable de résister à tous les sièges, à toutes les attaques. Même si cette force se construit sur un système de protection qui n’est qu’un aveu de faiblesse à peine masqué.

Souvent il intimide; il « en impose« . On le prend pour un monsieur sérieux avec qui on ne batifole pas. On la prend pour une dame respectable qu’on ne carambole pas.

Pourtant, dans ses fantasmes, que de désirs inavouables! Et, quand la « bête » est lâchée, que de surprises! Cela étonne d’autant plus qu’on a cru avoir devant soi un stoïcien, un moraliste, un juge rigoureux. Alors qu’on découvre un être assoiffé de tendresse, de plaisir, de violence, puissamment vital et capable de beaucoup de passion. Ce que j’appelle le côté faux jeton du Capricorne.

Il n’a généralement pas une sexualité très compliquée – sauf s’il a été très réprimé dans sa jeunesse ou très culpabilisé à ce niveau. Mais il a horreur de la pornographie, de ce qu’il appelle le vice. Il aime le plaisir plus que l’érotisme.

Fidèle à lui-même

Ajoutons que le Capricorne est fidèle, tant qu’il aime. Fidèle à lui-même plutôt qu’à l’autre. Il se sent lié par l’investissement affectif auquel il s’est livré. Il n’a pas vraiment le sentiment d’avoir des comptes à rendre à l’autre.

Et puis, animal à habitude, lent à s’adapter, il n’apprécie pas tellement le changement. Il lui est si difficile de s’engager qu’il ne peut se déprendre sans mal. Sauf s’il est déçu, par trop blessé, par trop rejeté. Alors il se révolte et rejette à son tour. Et c’est sans appel. Il ne replâtrera pas. Ou bien alors il n’a pas cessé d’aimer – et dans ce domaine sa patience a de quoi étonner. Il se demande parfois lui-même ce qui lui permet d’ « avaler autant de couleuvres« , de supporter autant de mauvais traitements – qu’il juge tels —, d’avoir, en fait, un comportement assez masochiste.

Je crois que c’est pure patience, pur espoir que « ça change ». Il réussit parfois. Ou bien il renonce, d’un seul coup, à son impossible entreprise. Et tombe la guillotine, libératrice, au bout du compte!

S’il est aimé, il en est heureux. Jamais tout à fait rassuré, sauf au bout d’un très long temps. Jamais tout à fait sûr de l’avenir. Mais il apprend à jouir du moment et sait mieux être heureux à cinquante ans qu’à vingt. Il ne tient pas au mariage dont il se défie et dont il sait qu’il ne constitue pas une assurance sur le bonheur. Mais s’il épouse, et si cela ne se passe pas trop mal, il se conforme, fait des efforts, se bonifie avec le temps, respecte son conjoint, l’aide dans la mesure de ses moyens. On ne s’amuse pas toujours avec lui, parce qu’il manque d’imagination et de goût pour le jeu, mais on sait pouvoir compter sur lui. On ne se défait pas d’un chien fidèle. Cela n’est pas dit dans un sens péjoratif, avec une intention méprisante. Plutôt un constat objectif. Douloureux. Et parfois le chien fidèle mord ou aboie, sans qu’on comprenne pourquoi.

Pourtant le Capricorne n’est pas « difficile à vivre ». Il s’efface souvent devant la volonté de l’autre, le désir de l’autre.

Tout pour ne pas déplaire. Avec, de temps en temps, des reproches silencieux et des regards éloquents. Et en sachant, précisément, que cela déplaît. Il se plaint – parfois en silence, de l’ingratitude, du manque d’attention, de la légèreté de l’autre, de tous ces gestes-rejets si douloureux. Il éclate quand il y a trop de frustrations empilées, compressées, entassées. Mais il « encaisse« , comme les bons boxeurs, de façon exceptionnelle. Trop. Trop souvent. La femme du signe surtout. L’homme, lui, se réfugie plus souvent dans son travail qui dévore ses journées, puis ses soirées, puis ses week-ends… puis ses vacances. Pour ne pas courir le risque de parler, de se plaindre, d’avouer qu’il se sent mal aimé.

Aimable et mal aimé

Le voilà, le mot lâché. C’est vrai, le Capricorne est un mal-aimé. Comment ne pas en éprouver un sentiment d’injustice et de tristesse? Mais comment ne pas être mal aimé quand on a conscience d’en désirer trop et de ne pas même oser le dire ?

Né frustré, il mourra frustré. Mais, en général, en sachant pourquoi. C’est quand même l’essentiel.

Il s’en tire, plutôt mal que bien, en étant spectateur, un peu désabusé, de son propre spectacle. On pourrait croire, à lire cela, qu’il n’y a pas de Capricorne heureux. Je crois pourtant que le Capricorne est capable de se donner au bonheur, dans l’instant, avec une force, une intensité, une joie incomparables, d’autant plus violentes qu’il en connaît la précarité. Et c’est aussi pourquoi il pardonne mal à l’autre d’avoir peur, de se « garder« , de tricher, de ne pas jeter toutes ses forces dans la bataille, de le laisser à la porte… Les femmes surtout jouent le jeu, sans doute parce que leur besoin de tendresse est trop dévorant et qu’elles s’en délivrent en en faisant don à l’autre, sans retenue. Les hommes, eux, comme il est fréquent, se bardent de prudence. Et les Capricorne sans doute plus encore que les autres.

Les autres aspects affectifs de la vie du Capricorne seront colorés par ces mêmes tendances.

Par rapport à sa propre famille, il cherchera assez tôt à prendre de la distance. Il sait que la tentation ne serait que trop forte d’aller puiser auprès des siens un peu de tendresse inconditionnelle et de chaleur. Il sait qu’il doit s’éloigner, sous peine de régresser à la manière du Cancer. Alors il s’écarte, gentiment mais fermement. Quand ce n’est pas le destin qui se charge de lui faire vivre prématurément deuils et sevrages, de lui faire connaître tôt la perte de l’objet aimé. Plus tard, il pourra aider les autres à réussir leur sevrage, car ils sauront eux-mêmes comment s’y prendre et quelles « grandes eaux l’homme noble doit traverser », pour parler comme le I King.

Tout cela, bien sûr, dans les meilleurs des cas. Car on trouvera aussi des Capricorne célibataires, attachés jusqu’à un âge avancé à leurs parents. Ou des parents Capricorne dévorant leurs enfants jusqu’à un âge avancé…

Il est évident que le Capricorne sera plus qu’un autre marqué par l’amour reçu en partage dans son enfance. Rassuré sur lui-même – si c’est possible – par un amour maternel sans faille, ses élans vitaux se manifesteront dans toute leur avidité; il croira presque à son droit au bonheur.

Mal aimé ou rejeté par une mère frustrante, il doutera plus encore de lui-même, de son avenir, de tout, et vivra dans la dépression, le découragement ou le renoncement. Sa force sera décuplée par l’amour reçu, pervertie et anéantie dans le cas inverse, sauf si, par réaction vitale suffisamment puissante, un vrai défi est jeté à l’existence. Comme on voit certains orphelins plus aptes que d’autres à l’amour et à la confiance.

Besoin de tendresse

L’enfant du Capricorne a souvent tout de la « petite brute tendre » qui demande énormément d’affection mais ne manque ni de gaîté ni d’entrain. Parfois, très tôt, l’aspect saturnien peut se manifester et faire un enfant taciturne, secret, renfermé et soupçonneux. C’est heureusement rare. Mais ces traits de caractère surgissent lorsqu’un deuil ou une catastrophe vient fracturer sa jeunesse ou son adolescence.

Devenu parent à son tour, le Capricorne s’efforcera d’élever et d’aimer son enfant avec vigilance. Pour peu qu’il soit conscient de sa tentation captatrice, de ce que l’enfant peut représenter pour lui comme substitut affectif dans une vie sans bonheur, de son désir de faire tout – c’est-à-dire trop —, et d’être surprotecteur – surprotectrice surtout —, il parviendra à maîtriser son propre besoin, à laisser l’enfant s’épanouir, s’éloigner de lui le moment venu, le sevrer, même si ça lui arrache le cœur. Il sait que c’est important. Il sait aussi qu’il doit lutter contre tout ce qui spontanément l’incite à être culpabilisant. Et les mères surtout, en exigeant beaucoup de leur enfant, en incarnant un Surmoi pesant, en imposant une éthique trop rigoriste, donc brimante. Les pères Capricorne, de leur côté, se voient souvent reprocher d’être trop inaccessibles, distants, lointains ou froids. La communication, avec eux, reste souvent difficile et le travail les absorbe trop.

Parents Capricorne : trop ou pas assez

Le père est trop loin, la mère est trop près. Elle voudrait que, même adulte, son enfant ait encore un peu besoin d’elle; elle l’aide parfois malgré lui. Mais elle doit apprendre à accepter de n’être pas indispensable. C’est, le jour où elle l’admet, l’occasion d’une révision déchirante! Mais la mère Capricorne est dans l’ensemble une bonne mère, une bonne éducatrice, le solide pilier de la famille. Le père, lui, constitue un modèle honorable, honnête, respectacle. Un peu trop peut-être, mais ne nous en plaignons pas. La mère constitue un modèle « irréprochable », donc difficile à « tuer ». Mais elle inculque des valeurs solides, le sens de la qualité, l’exigence, qui ne sont pas rigueur étriquée. Elle doit apprendre à mettre ses faiblesses en avant, prouver qu’elle n’est pas parfaitement autonome, être elle-même et non pas une mère idéale.

Le père, lui, devra s’efforcer d’être plus présent, plus attentif, plus disponible et de mettre un peu de souplesse dans ses principes, de chercher à s’adapter aux temps présents, sans toujours déplorer les vertus du passé. Et l’enfant du Capricorne, dans tout cela? Il demande à assouvir sa jeune avidité. Il lui faut beaucoup de tendresse.

Et apprendre, peu à peu, à passer par l’inévitable frustration, à surmonter le manque, à combler le vide laissé par cette séparation d’avec le nirvana de l’amour maternel.

Le Capricorne et l’Amitié

Des amitiés intemporelles

En amitié, le Capricorne a souvent un comportement contradictoire. Il est essentiellement fidèle, mais hors des contraintes du temps. Il n’a pas besoin de voir ses amis tous les jours et peut les retrouver après une séparation de quinze ans comme si un seul jour s’était écoulé. Ses amis doivent aussi « venir le chercher », lui téléphoner. Lui, il a toujours un peu le sentiment d’être « en trop », de déranger. Alors, il faut le rassurer. Et puis il est vrai qu’il travaille beaucoup, souvent plus qu’un autre. Il est présent à sa manière, un peu lointaine, mais en se « retranchant » instantanément sur l’ami qu’il retrouve.

On le dit pourtant difficile dans ses amitiés, en ce sens qu’il exige une grande qualité de rapport avec ceux qu’il estime. Beaucoup plus intransigeant avec ses amis qu’avec les indifférents qui l’entourent, il relèvera la moindre de leurs faiblesses; il dira avec une franchise parfois brutale ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Et il demande la même sincérité en retour. Pas de rapports mondains, de surface, truqués, ni de compromissions. Rien que des rapports vrais, même si cela doit faire mal. Cela lui vaut souvent une réputation de « Misanthrope » :

« Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié, Ce commerce honteux de semblants d’amitié. Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments Ne se masquent jamais sous de vains compliments. »

Pourtant, ceux qui le connaissent bien l’estiment et le respectent, savent qu’il a toujours une oreille pour entendre celui qui a besoin de parler et qu’il est attentif à la peine d’autrui. Peu importe si lui-même ne se livre que difficilement. S’il est très en confiance, pourtant, il se racontera volontiers. S’il sait pouvoir être entendu et avec l’espoir d’être compris…

Avec les autres signes

Il aime du Bélier la franchise, la spontanéité, le courage. Parfois même il l’admire et envie un peu son impulsivité. Mais le Bélier vit à un autre rythme que lui et, dans le quotidien, il se sent souvent bousculé par cette vitalité bouillonnante.

En revanche, il peut vivre près du Taureau qui, comme lui, est un secondaire, un lent, un « ruminant« . Ils se comprennent ou se devinent. Leurs natures sont proches, mais avec une nature plus artiste, plus sensuelle chez le Taureau, plus égoïste aussi, que le Capricorne lui reprochera parfois. Et le Taureau trouvera près du Capricorne une sécurité affective équilibrante. Mais ils ont tous deux tendance à se replier sur eux-mêmes, à bouder, à s’enfermer, et ni l’un ni l’autre ne peut faire le geste qui mettrait un terme à leur bouderie, pas plus qu’ils ne peuvent oublier l’insulte ou la souffrance imposée par l’autre.

Le Capricorne trouve dans le Gémeaux la jeunesse, la légèreté, la nature ludique et gaie qui, bien souvent, lui fait défaut à lui-même. Il goûte aussi l’intelligence du signe, différente de la sienne, plus vive, plus rapide, plus taquine. Parfois, il est un peu tourneboulé par ces vérités successives et contradictoires qui traversent le Gémeaux à une rapidité inconcevable pour lui. En acceptant leurs différences, ils peuvent s’entendre. Et se compléter, le Capricorne offrant aux Gémeaux les racines qui leur manquent.

Capricorne et Cancer. Deux signes qui s’opposent, mais la nuit de chacun se retrouve chez l’autre. Quelque part, dans une zone secrète de leur être, ils se rejoignent et se devinent, ils se perçoivent et ont besoin l’un de l’autre. L’Eau estivale du Cancer vient nourrir la Terre froide du Capricorne, son sens de l’intimité abolit les distances et fait fondre les barrières imposées par le Capricorne, sa tendresse le réchauffe. Et le Capricorne, lui, apporte au Cancer sa force, sa stabilité, sa fidélité profonde, sa maturité.

Le Capricorne et le Lion s’attirent rarement. Le premier est vite irrité par le narcissisme du second; le second est irrité à son tour par la sévérité et l’exigence du premier. Le Capricorne n’admire pas assez le Lion. Mais un lien d’amitié existe parfois, qui peut naître dans l’estime mutuelle, lorsque le Capricorne possède assez de générosité et le Lion assez d’humilité.

Capricorne et Vierge ont des points communs, des angoisses communes, la même insécurité, la même peur de manquer, le même besoin affectif difficilement formulé. Les démonstrations extérieures, pourtant, se feront rares. Ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. Dans les coups durs, ils se trouvent toujours. Quand tout va bien, ils s’éloignent un peu l’un de l’autre. Cette « relation en miroir » les irrite ou les déprime parfois. Mais ils apprécient mutuellement leur intelligence et peuvent échanger beaucoup sur le plan des idées.

Le Capricorne et la Balance ont du mal à se comprendre. Le premier reproche à l’autre de faire trop facilement des concessions, de vouloir régler ses problèmes en faisant du charme, peut-être aussi de plaire sans effort… Le Capricorne pourrait bien être un peu jaloux de la grâce, de la « vénusté » de la Balance, de son aisance. Philinte doit bien être un peu Balance. La Balance trouvera au Capricorne trop de raideur; elle ne devinera pas toujours la sensibilité d’écorché vif de ce mauvais coucheur. Bref, ils ont de bonnes chances de passer l’un à côté de l’autre sans se voir.

Capricorne et Scorpion ont entre eux de puissantes affinités, des exigences communes, le sens de l’absolu, de grands desseins, un certain sens du tragique et des angoisses métaphysiques. Le Capricorne étant plutôt masochiste et le Scorpion plutôt sadique (ou auto-sadique, il est vrai), ils ne tardent pas à nouer de secrets et subtils liens de complicité. Dans l’amitié, dans l’amour, le lien n’est jamais banal et le Scorpion parvient mieux qu’un autre à provoquer le Capricorne, à le faire sortir de lui-même, sans pour autant, d’ailleurs, se dévoiler tout à fait à son tour.

Du Sagittaire, le Capricorne aime la noblesse de cœur, la générosité, l’humanité, les élu ns enthousiastes et les émotions profondes. Ils s’aiment bien, s’estiment, se respectent et ont de l’affection l’un pour l’autre. Pourtant, cette union-là est rare, en dépit des intérêts communs, d’une bonne entente intellectuelle. Quelque chose gêne le rapport… Le Jupiter du Sagittaire aurait-il toujours peur de se faire dévorer par le Saturne du Capricorne?

Comment les choses se passent-elles entre deux Capricorne? Bien, en général, dans l’amitié. Il est bien agréable de se sentir compris par quelqu’un qui a les mêmes difficultés à vivre, les mêmes problèmes; de rire des mêmes choses, de se découvrir des goûts communs, des tics communs. D’un seul coup, on se met à avoir un peu d’indulgence pour soi-même, grâce au regard qu’on porte sur l’autre. Mais on peut aussi être irrité de retrouver dans ce miroir tendu des défauts qu’on se connaît et qu’on a déjà du mal à supporter chez soi. Comme si l’autre nous présentait de nous-même une caricature intolérable. Le plus souvent, on se promène ainsi de la complicité souriante à l’agacement agressif. Avec des allers et retours. Il semble bien que cela rende l’amour impossible.

Verseau et Capricorne, en revanche, sont des frères amis, très proches; ils s’intéressent tous deux à mille choses, peuvent échanger toutes sortes de réflexions, d’opinions, se compléter dans le travail, se rejoindre en empruntant des routes différentes. La complicité est certaine; ils ne s’encombrent pas, se comprennent, s’aiment bien. Sans doute à cause de l’échange des maîtrises diurne et nocturne de Saturne et d’Uranus.

Et les Poissons? Rapport étrange, assez mystérieux, fait à la fois d’attirance et de méfiance. Le Poissons insécurise beaucoup trop, affectivement, le Capricorne qui a besoin de se savoir aimé dans la certitude. Le Capricorne ne parvient pas à prendre le Poissons au sérieux. Pourtant, il existe entre eux une communication tacite, un lien qui ne répond généralement même pas à ce qu’ils disent devant témoins l’un de l’autre. C’est leur secret.

Le Capricorne et son Éducation

Une enfance à vide

Dans l’enfance, comment se vit le Capricorne?

Là encore, nous retrouvons nos deux types, chèvre et saturnien, paysan et aristocrate. Je crois néanmoins que l’enfant Capricorne – celui que n’incarne pas le petit taciturne à l’œil sombre, replié sur lui-même et qui, finalement, est rare – est un enfant solide, heureux de vivre mais qui manifeste de bonne heure une sensibilité aiguë, un inextinguible besoin d’affection et de tendresse, et qui réagit par de grands désespoirs dès qu’il se sent frustré. Plus tôt encore, on trouve l’avidité. Les Capricorne de la petite enfance l’expriment alors sans complexe. Quand j’avais faim, avant même de savoir parler, je frappais sur ma table de bébé en criant : « Marmangi, marmangi! » sur l’air des lampions et avec la dernière énergie. On savait que le petit monstre que j’étais allait hurler, jusqu’à ce que « ça vienne », ce mot barbare à relents gargantuesques. Encore le mythe de l’ogre à odeur saturnienne…

Peut-être aussi l’enfant du Capricorne est-il encore très « mêlé » à l’enfant Cancer. Par la gourmandise, le côté pitre. Mais les interférences sont très complexes, difficiles à cerner, très variables aussi. Je connais des petites filles Capricorne rêveuses et délicates comme de jeunes chèvres, j’en connais d’autres, dures et silencieuses, comme de jeunes Saturniennes, et d’autres, enfin, gaies et vivantes, solides et brutales. Celles d’avant la frustration, d’avant le deuil et la souffrance. Mais toutes – et le schéma est le même pour les garçons – ont peur d’être rejetées, d’être mal aimées. Et là, bien sûr, le contexte familial fera toute la différence.

Il est fréquent pourtant (sans doute parce qu’il nous arrive ce qui nous concerne – que les jeunes Capricorne rencontrent précisément de bonne heure des frustrations mal vécues : séparation des parents, manque de tendresse, deuils familiaux, éloignement, pension-prison. Bref, qu’ils rencontrent tôt, d’une manière ou d’une autre, le manque affectif. Cela bouleversera leur vie, unifiera leurs comportements souvent variés et différents au départ. C’est la rencontre du manque qui leur donnera presque toujours leurs traits communs.

Le deuil

J’ai souvent été frappée, par exemple, par le nombre de Capricorne qui ont perdu prématurément un, au moins, de leurs parents. Comme s’ils étaient condamnés à revivre ensuite perpétuellement ce deuil. Pas à la façon du Scorpion, lui aussi concerné par la mort des autres, qui voit mourir autour de lui alors qu’il est adulte (je pense à André Malraux, ce Scorpion Ascendant Capricorne). Le Capricorne, lui, doit surtout vivre cette frustration initiale qui inscrira en lui la culpabilité, puisque tous les psychanalystes savent bien qu’un enfant se sent toujours coupable de la mort de ses parents. Freud prétend que c’est à cause du désir de mort inconscient que l’enfant projette sur ses parents à l’âge oedipien. On peut se demander s’il n’est pas plutôt coupable de leur en vouloir de cet abandon et coupable d’être vivant et d’en jouir alors même que ceux qu’il aime ne le sont plus. Tout cela mêlé, sans doute, dans sa jeune conscience informe. Je n’ai pas échappé à la règle. Bon nombre de mes amis Capricorne non plus.

Je crois, en effet, pour l’avoir vécu et vu vivre, qu’un parent mort constitue un Surmoi écrasant. Il n’est pas possible de trahir ou de décevoir un mort qui nous a aimé. L’exigence peut naître de là. Bien entendu, tous les Capricorne – et c’est heureux – ne sont pas des orphelins en puissance. Mais il est presque sûr qu’ils rencontreront le manque autrement. Et s’ils ne le rencontrent pas, ils l’inventeront!

Une défense de plus : l’humour

A l’adolescence apparaissent presque toujours les problèmes qui font du Capricorne un Saturnien. Il devient exigeant dans la qualité de ses rapports avec les autres. Il se sent plus à l’aise avec les adultes qu’avec ses copains qu’il juge puérils. Il prend conscience de ce qui le différencie des autres et commence à jouer les moralistes, à l’âge où les jeunes Bélier jouent les Zorro. Car l’adolescent Capricorne a, sur le plan psychologique sinon affectif, une maturité précoce qui va activer son sens – et son goût – des responsabilités. Très tôt, il va être porté à prendre en charge son entourage.

Il commence, prématurément, à devenir vieux. Il se choque devant la vulgarité des gestes ou des pensées; il admire la vertu, refuse de participer à des jeux qui lui paraissent stupides. Il devient protestant, janséniste, stoïcien, avec une conscience morale envahissante. Alors, bien sûr, il devient aussi celui vers qui les autres se tournent lorsqu’ils ont besoin d’un conseil. Ils comptent sur son honnêteté et sur ce qu’ils perçoivent comme une forme de sagesse, disons d’une certaine conscience des choses. La mélancolie se fait jour. Il devient lucide et, donc, désespéré. Mais le jeune Capricorne, heureusement, se crée à travers, et grâce, à son sens de l’humour, qui est son premier et plus solide système de défense. Il vaut encore mieux en rire qu’en pleurer… On veut bien prendre la vie au tragique mais surtout pas au sérieux… Les paradoxes fleurissent. L’humour, pour le Capricorne, est vital, avant tout contre-feu, distanciation. Distance encore, qui va peu à peu pousser le Capricorne à s’installer sur Sirius pour tenter de voir les choses de loin, sans passion, sans parti pris. Défense encore.

C’est aussi l’humour qui permet de dire en riant ce qu’on n’oserait pas dire sérieusement. Pour le faire passer, le faire accepter. Non par ironie ou causticité mais par dérision. Non par raillerie ou taquinerie (tout cela est bon pour le Mercurien de la Vierge ou des Gémeaux) mais par quelque chose s’apparentant davantage à l’humour britannique, comme une aristocratie morale, qui passerait par l’absurde. Et plus encore par la distance.

L’adolescent Capricorne ne partage pas la passion du jeune Bélier, par exemple, qu’il juge trop fanatique ou trop sectaire. Trop engagé. Depuis Sirius, on s’engage difficilement. Il y faut au moins la motivation d’une grande vertu, d’un Absolu avec un grand A. Sans perdre la lucidité, qui fait prendre conscience de l’absurde.

Le sentiment, aussi, de n’être pas entendu. Le vox clamavit in deserto très aigu chez tous les adolescents, certes, l’est mais plus encore, me semble-t-il, chez les jeunes Saturniens.

Sentiment précoce de solitude, difficulté de communication, difficulté à dire l’essentiel – cet essentiel pourtant très bien cerné en soi – et qui sera longtemps présente, toute la vie peut-être.

Et puis le « complexe de Cendrillon » déjà évoqué va se consolider. Manque de confiance dans son charme, sentiment d’être mal aimé, qu’on retrouvera tout à l’heure, au moment d’aborder la vie sentimentale du Capricorne.

A l’âge adulte, donc, tous ces traits subsistent. Mais la confiance en soi, née d’une réussite sociale ou d’une certaine reconnaissance par autrui, va décrisper peu à peu le Capricorne. C’est une longue conquête. Les frustrations sont toujours là. Plus aiguës encore. Pas mieux acceptées. La lucidité s’accentue. La complaisance envers soi ne s’accroît guère. On ne s’aime pas et de là naît un certain masochisme, mais avec une conscience de plus en plus claire de ses causes. Le désir s’installe de tenter avant toute chose de « ne pas mourir idiot », comme dirait Wolinski. Enfin, le moins idiot possible…

Le Capricorne et son Travail

« Cent fois sur le métier… »

Le Capricorne ignore la paresse. S’acagnarder, s’attarder au lit le matin, bayer aux corneilles impliquerait sans doute trop de culpabilité, de mauvaise conscience, de peur du vide. Par ailleurs, c’est dans le travail que le Capricorne sait risquer le moins d’échecs. Il se fie certes moins à lui-même lorsqu’il s’agit de sa vie affective. Mais, au labeur, il fait confiance à son jugement, à sa persévérance, à son désir de se prouver à lui-même de quoi il est capable, à sa puissance de travail et de concentration dans l’effort. Ainsi donc, il travaille, trop heureux de remplir son temps, car cet obsessionnel supporte mal l’oisiveté. Le repos, c’est autre chose; c’est la détente nécessaire après l’action, la récupération des énergies. L’oisiveté, c’est la vacuité, l’écoulement stérile des énergies vers l’extérieur… Et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles le Capricorne, très souvent, voit arriver les vacances (encore un mot qui contient du vide) avec un peu – ou beaucoup – d’angoisse. Et, s’il est seul, au lieu de s’organiser à l’avance pour combler cette solitude à venir et faire des projets, bien souvent il se refuse à prévoir, pour se retrouver contraint, à la dernière minute, de se réfugier à nouveau dans le travail. Ou bien alors il se programme à l’avance des activités, des travaux qu’il n’a pas eu le temps d’aborder dans la tempête du labeur quotidien. Son rêve? Organiser chez lui, dans sa maison (car ce lieu-refuge lui est important) de vrais « séminaires » où ses amis viendraient travailler ensemble ou à tour de rôle. Car il aime l’ambiance du travail, le sentiment que chacun, à son étage, accomplit une tâche, remplit son temps sans cet horrible sentiment de gaspillage, intolérable à tout bon terrien. « Névrose de travail » ? Sûrement très répandue chez le Capricorne. Mais il sait bien, et lucidement, ce que l’activité lui permet de fuir, quelles angoisses elle lui évitera.

Ce qu’on apprécie en lui quand on l’emploie? Sa conscience professionnelle, son exactitude, son sérieux, son goût pour le travail qui le pousseront éventuellement à faire des heures supplémentaires. Ce côté besogneux que d’aucuns lui reprochent. Il est appliqué à la tâche, c’est vrai, persévérant et, par-dessus tout, il a le sens des responsabilités. Plus on lui en confie, mieux il les assume. Toujours présent à ce qu’il fait. On le dit ambitieux. J’en ai déjà dit un mot. L’ambition c’est ce qui le porte, c’est d’abord un besoin, plus qu’un but; une compensation au manque. Le besoin de « désirer ardemment », d’être porté par quelque chose, une idée ou une évidence. Si cela le fait avancer, pourquoi s’en plaindre? Car comme il est exigeant avec lui-même, cela le porte tout naturellement vers le succès. Arriviste? Parfois. Mais il faut y voir alors une réponse au goût du pouvoir qui, seul, permet de conserver entre ses mains ce que d’autres lui prendraient volontiers. Détenir le pouvoir, pour le Capricorne, c’est bien souvent se protéger contre les agressions d’autrui. Ajoutons-y le désir d’être indispensable, la conscience de savoir mieux que d’autres. Du moins en est-il ainsi dans les cas extrêmes. Mais il faut bien admettre que la terre est encombrée de Capricorne aux ambitions politiques redoutables, que le signe a donné un Staline ou un Mao Tsé-Tung, un Nixon et bien d’autres, et que ce n’est pas un hasard. Tous ne sont pas, comme Anouar al-Sadate, inspirés par Dieu…

Nous rencontrons là l’une des ambivalences du Capricorne qui le mène d’un orgueil démesuré – cet orgueil qui lui fait assumer la solitude et le rejet – à un sincère sentiment d’infériorité qui réintroduit toujours le doute (d’où aussi sa tendance à se cabrer devant la critique). Mais je crois que derrière ce complexe et ce doute il y a toujours l’ambition d’être au-dessus, de valoir mieux, de faire mieux, même si ce n’est ni avoué par lui, ni reconnu par les autres. Car, en même temps, ce doute est profondément vrai, sincère, réel. Par rapport à cette barre placée si haut, bien sûr, le sentiment d’impuissance est toujours aigu. On peut ici, je crois, parler de position aristocratique. Au sens étymologique du terme.

C’est là aussi qu’on trouve le perfectionnisme. Lorsque le Capricorne prend conscience qu’il s’agit d’abord d’orgueil, il finit par accepter le risque de laisser voir, de montrer, de livrer le fruit de son travail. Mais les pièges que lui tend son perfectionnisme sont subtils et il subsiste toujours une zone interdite, fascinante, désirée et toujours reculée, dans laquelle le Capricorne bon teint ne s’autorise pas à entrer.

Le scandale du « gaspillage »…

Une autre force le pousse au travail, nous l’avons vu : l’horreur du gaspillage, vertu terrienne, défaut terrien, comme vous voudrez. Rien n’irrite plus, ne désespère plus un Capricorne que le gaspillage de talents, d’énergies, de temps, d’argent, de tout. On retrouvera cela même en amour. (Et même à des niveaux fantastiquement prosaïques; quel Capricorne est capable de jeter délibérément quoi que ce soit qui puisse encore servir ?). Mais le Capricorne n’aime pas perdre. La perte, c’est pire que le manque. C’est un manque qu’on aurait laissé survenir, dont on serait responsable. Perdre, c’est laisser échapper, voir des forces échapper à son contrôle. Et cela, il le supporte mal. Je crois d’ailleurs qu’il serait plus exact de dire que le Capricorne cherche toujours à contrôler, à maîtriser, à se contrôler, plutôt qu’il ne cherche véritablement le pouvoir. Cela présuppose, chez lui qui doute sans cesse, un fond de certitudes inaliénables. Sans doute un aspect moraliste à partir duquel il se permet parfois de juger tout en prétendant – honnêtement – se l’interdire…

Ainsi donc, l’horreur du gaspillage l’aidera à accoucher le talent des autres, ou à consigner leurs faits et gestes, tel Saint-Simon – car le Capricorne a le goût des mémoires; c’est un témoin passionné et objectif à la fois, qui refuse la destruction de ce qui est, de ce qui a été et qui, de ce fait, en témoigne (c’est aussi Max Gallo 1 écrivant : « Mais que sont les siècles pour la mer? »). Le Capricorne est un conservateur obstiné, un bibliothécaire heureux, régnant sur la masse des souvenirs humains; il fouine dans le passé, avec passion. Et c’est aussi ce qui fait l’historien. Tout cela est sûrement en rapport avec son horreur de la perte et du manque.

De même, le Capricorne jette rarement l’argent par la fenêtre. On le dit avare. Tous ne sont pas « regardants » ou économes, mais s’ils dépensent c’est presque par réaction culpabilisante devant la tentation d’accumuler pour assurer leur sécurité et ces vieux jours auxquels ils sont si fortement tentés de croire. La peur de manquer existe. Et si parfois ils donnent avec générosité et désintéressement, si parfois ils défendent mal leurs droits matériels, c’est presque toujours par peur d’être taxés d’avarice et de cupidité. Ceux qui ont dépassé ce complexe, reconnaissons-le, s’en tirent très bien…

Il y a d’ailleurs dans ce rapport à l’argent bien des choses qui mériteraient analyse. Etre coupable d’en avoir, d’en demander, de réclamer son dû ou de récupérer celui qu’on a prêté, c’est risquer une condamnation ou un rejet. Le comportement reste lié à l’affectivité. Difficulté à demander de l’argent à ceux qu’on aime, facilité à leur en donner. Et derrière cela, peut-être, désir obscur d’acheter l’affection de l’autre ou de l’aliéner… Horreur des dettes, vécues comme humiliantes.

On retrouve ce même comportement devant le temps : horreur de faire attendre; l’exactitude comme point d’honneur et politesse des rois. Respect des autres, certes, mais aussi souci et désir de faire aux autres ce que l’on souhaiterait qu’ils nous fissent. Et, là encore, refus de gâcher et de gaspiller.

Pourtant, les Capricorne se débrouillent dans la vie. Ils travaillent tant qu’ils finissent forcément par thésauriser, puisque, de surcroît, ils ont peu de besoins et que ce ne sont pas des « bêtes de luxe », contrairement aux natifs du Lion, par exemple. Mais l’argent gagné à la force du poignet, à la sueur du front, n’est plus culpabilisé.

Intolérable oisiveté

Leur problème consiste donc à savoir refuser du travail, à apprendre à dire non. Le chômage pour le Capricorne, c’est la pire déchéance, le pire supplice. Ou bien alors il se hâtera de le mettre à profit pour se livrer à une tâche ambitieuse et personnelle. Mais si on veut torturer un Capricorne, qu’on le condamne donc à l’oisiveté!

Sa réussite, il la doit en général à lui-même, à son travail et à ses mérites. Ses échecs, il les doit à son perfectionnisme ou à des moments de découragement, à de brèves pulsions de mort et de destruction qui lui font renoncer parfois à ce qui lui tient le plus à cœur. Toujours la « technique de Job ». Le plus souvent, il est accrocheur, presque malgré lui, collé à son rocher comme l’anatife, persévérant dans une voie presque par inertie, parce que son tropisme personnel l’oriente ainsi. Il avance et, comme dirait Devos : « J’avance le pied gauche, le droit suit, et moi, comme un imbécile, je marche… »

Dans la vie, je ressens souvent, de façon très profonde, cette « inertie dynamique », si j’ose pareille image. Et je pense que mes frères et sœurs du Capricorne me comprendront. C’est de l’ordre de la nature terrienne et minérale du signe, de l’ordre de ces « rêveries de la volonté » chères à Bachelard.

L’impression aussi, parfois, que si rien ne venait de l’extérieur me mettre en mouvement, je prendrais racine là où je suis. Ce que j’appelle le côté indien du Capricorne, ou son côté pierre. Et c’est sans doute à ce trait de caractère qu’on doit d’accueillir avec reconnaissance – voire de susciter – tout ce qui nous pousse en avant, nous contraint à l’action. Voyons maintenant vers quels métiers, vers quelles actions, le Capricorne est naturellement porté, ceux qui sont le plus conformes à sa nature profonde et qui parfois se dessinent déjà dès l’enfance.

Métiers du passé, du pouvoir, de l’altruisme

Citons d’abord les métiers saturniens, c’est-à-dire ceux qui se rattachent au passé, aux origines : l’archéologie, qui a à la fois les attraits d’une recherche sur la trace laissée par l’homme dans la préhistoire et ceux de la découverte, de la fouille : extraire du sol, violer la terre-mère pour qu’elle livre ses trésors qui, à leur tour, interrogeront, questionneront. Un peu aussi, disons-le, le côté éboueur, brocanteur intellectuel… En fait, des métiers faits pour des hommes sans imagination. Même si c’est par elle qu’une compréhension, une appréhension du passé devient possible. Mais le Capricorne se perçoit comme non imaginatif; il a besoin d’un point de départ concret, d’un objet bien réel qui, ensuite, peut-être et avec un peu de chance, mettra en route un processus de recréation.

Même fascination pour la paléontologie, pour l’anthropologie, l’ethnologie, l’histoire, la linguistique, les « langues o ». Tout ce qui exige de comprendre en ajustant patiemment les pièces du puzzle et aboutit parfois à un résultat apparemment infime mais à partir duquel se construiront des théories, se rétabliront des maillons manquants. On y rejoindra également les géologues ainsi que les spéléologues, ceux qui explorent l’intérieur de la terre, ses entrailles secrètes (Michel Siffre est bien Capricorne).

Pour l’esprit, ce sera le goût de la philosophie, de la « quinte essence », de l’essai moraliste ou de la maîtrise stoïcienne. Que l’exploit soit sportif ou qu’il soit intellectuel, la démarche, en fin de compte, est la même.

Parmi les métiers où l’on rencontre de nombreux Capricorne, il faut citer la médecine et les domaines qui en sont proches : psychologie, psychanalyse, biologie, toujours en fonction des techniques de « défrustration-déculpabilisation » déjà évoquées. Être médecin, c’est faire un métier qui paraît reposer sur une « bonne » motivation, une motivation morale : soigner son prochain. Mais on sait aussi ce que l’on y gagne (et je ne pensais pas en terme d’argent) en gratitude, en dépendance de l’autre (eh! oui, qui avouera ce désir secret de voir l’autre dépendre de nous afin qu’il ait besoin de nous, que nous existions dans son regard?) – avec ce que cela a de pesant parfois (et nous permet de nous plaindre, de grogner un peu : « C’est moi ici qui fais tout, personne ne m’aide… « ) —, et en considération, en satisfactions morales et professionnelles, intellectuelles aussi. Un « bon métier », comme on disait autrefois, et qui devient de plus en plus difficile à assumer quand on commence à s’interroger sur tout ce qui constitue les « bons sentiments », les nobles motivations, les intentions généreuses. Mais à tout prendre, qui tiendrait rigueur à Pasteur d’avoir, comme une vraie tête de mule, poursuivi contre vents et marées sa tenace recherche. Il cherchait. Et très probablement il s’abstenait de s’interroger sur ce qui le faisait courir.

Dans les métiers de science, le Capricorne est à l’aise parce qu’il aime la recherche qui se donne un but à long terme et dévore du temps, poursuit sa route sans impatience et surmonte les découragements.

S’il est ingénieur, le Capricorne se préférera agronome ou se lancera dans une recherche dont la technicité ne lui paraîtra pas trop inhumaine, trop « machinique ». Mais, où qu’il soit, on ne tardera pas à lui faire confiance, à lui donner des responsabilités. C’est ainsi, on l’a vu, qu’il gravit les échelons.

Dans le domaine scientifique, le Capricorne a donné de grands noms, tels Benjamin Franklin ou Newton…

Dans les métiers d’argent, il apparaît habituellement comme un bon gestionnaire, honnête et de bon conseil – conseiller juridique, syndic de faillite, expert, banquier ayant bon jugement, saine et réaliste perception des problèmes.

On l’a vu, dans la politique, il fait merveille. Il aime ce jeu, parce que c’est un jeu sérieux, qui engage ; on ne joue pas aux billes ni avec des haricots ! On s’engage dans une lutte, on est tacticien, stratège, général d’armée. Diplomate surtout, économiste, habile négociateur, le Capricorne sait imposer ses vues sans passer pour un dictateur (il y a certes des exceptions, et je pense à Staline). Il met un point d’honneur, dans la politique, à être honnête (il sera souvent un grand fonctionnaire de l’État, à réputation d’intégrité et de rigueur) et construit sa réputation sur une carrière souvent longue. Son image de marque est excellente. Il a à peine besoin de la soigner (Mendès France, Pinay) ; ou bien il passe pour un défenseur de la vertu et de la fidélité (Michel Debré). Si son honneur est attaqué (pauvre Nixon !), le plus souvent il ne sait pas vraiment comment cela est arrivé et il ne s’en remet pas. En général, l’activité politique lui convient à plus d’un titre : on a compris pourquoi.

Dans les arts, et je pense tout d’abord à la peinture, il s’illustrera rarement comme coloriste, mais il s’attachera aux jeux d’ombre et de lumière. Ou alors il s’attachera à la perfection de la reproduction, de l’interprétation du réel, ou encore à la mise en évidence d’un certain tragique de la réalité. (Murillo, Ribera.) Il sera le graveur patient (Gustave Doré) ou le maître du clair-obscur (Fantin-Latour, Eugène Carrière). Ses oeuvres seront rarement des oeuvres d’imagination. Il aimera les effets de forme et de matière. L’architecture surtout correspondra à ses exigences et à son désir d’éternité.

Il se sentira aussi plus à l’aise dans la sculpture, parce qu’elle est de l’ordre du concret, du durable, là encore, de la transformation d’une matière brute (César).

L’art du solitaire

L’écriture, toutefois, constitue le mode d’expression qui lui permet la meilleure exploitation de ses qualités, parce que l’écriture est un travail solitaire, lent, qui va à un rythme qu’il peut imposer lui-même, qu’elle permet la réflexion, l’approfondissement, la sincérité, le jugement ; qu’elle s’appuie sur la distance. Les écrivains du signe ont tous quelque chose en commun – de Montesquieu à Simone de Beauvoir en passant par Léautaud, Saint-Simon, Sainte-Beuve, Strinberg, Tchekov, Henry Miller, Cesbron, Dutourd ou bien d’autres -, c’est que l’imagination n’y est jamais première mais bien plus l’observation, l’analyse, l’introspection et disons aussi, chacun à sa manière, un certain moralisme.

Le Capricorne aimera tenir un journal, noter au fil des jours, observer les « mouvements de son âme » : un des aspects de son narcissisme secret et refoulé…

Parmi les professions capricorniennes, on peut aussi citer l’artisanat. Profession simple, honnête, qui exige une vie paisible, des rapports vrais avec le monde, avec des matériaux nobles, qu’il s’agisse de poterie, de bois travaillé, de tissage ou d’autres activités. Il n’est pas rare que, chez le Capricorne, ce choix s’accompagne d’un « retour à la terre », qu’il ne rate pas toujours… Il aime la vie lente, répétitive, naturelle. Il s’y adapte bien en général; sa décision est mûrie et non le fruit d’un coup de tête romantique.

Le Capricorne n’est pas à l’aise dans l’action pure, même s’il existe dans le signe des hommes d’entreprise (Filippachi). Car il n’a pas, sans correctif important d’autres valeurs planétaires ou zodiacales, le goût du risque. S’il est entreprenant, c’est en créant d’abord une affaire modeste que sa persévérance et sa gestion avisée lui permettra de développer. Il se préférera dans le rôle de conseil. Mais il fait généralement face aux événements et aux circonstances, et, plus encore, aux responsabilités qu’on lui confie.

Il goûtera tous les métiers où on peut faire appel à son jugement et, avec l’âge, il acquiert cette confiance en soi nécessaire à sa réussite. On peut la lui souhaiter tardive car, alors, elle est solide et durable. Ne dit-on pas de celui qui a Saturne au Milieu-du-Ciel ou en Maison X qu’il a intérêt à accéder au succès avec lenteur. Si son succès est trop rapide ou trop précoce, la chute est à craindre. Il a alors intérêt à se reconvertir dans l’un des métiers pour lesquels il est fait, loin des mondanités, de la foule et du bruit.

Les femmes du signe sont sans complexes devant les métiers du Capricorne. Elles estiment avoir des chances égales et sont sûres de pouvoir s’imposer là où elles font leurs preuves, à condition de savoir qu’on leur fait confiance. La carrière est essentielle pour elles, et compense bien souvent leurs échecs affectifs. Elles iront volontiers vers la médecine, la psychologie, l’enseignement, l’artisanat, le droit. A dire vrai, il est peu de métiers où les Capricorne, hommes ou femmes, ne puissent réussir, si l’on excepte ceux qui exigent une grande rapidité de mouvement, de décision et d’exécution, un certain exhibitionnisme ou un narcissisme affiché ou bien encore une agressivité déclarée. Ils n’aiment pas les métiers où l’on vous bouscule, où il faut avoir une idée par jour (laissons cela aux Verseau), beaucoup de mobilité ou être toujours par monts et par vaux. Les Capricorne sont heureux quand ils travaillent dans le silence – ce qui ne signifie pas la solitude —, le calme, la stabilité, la sécurité, avec la possibilité de choisir leur moment pour agir, pour bouger, pour tenter telle ou telle démarche. Heureux après l’effort de confronter leurs idées avec leurs interlocuteurs préférés.

Le travail occupe, dans la vie des Capricorne, hommes et femmes, une place de premier plan. Ce n’est pas par hasard, encore une fois, si le signe est le dixième du Zodiaque, s’il coïncide avec la dixième Maison, celle des réalisations, de la carrière, de la vie professionnelle. Seul terrain à peu près sûr sous leurs pieds. Le travail mobilisera l’essentiel de leur temps et de leur énergie. Car pour ce qui est du reste, de l’amour surtout, le Capricorne doit se préparer à rencontrer des épreuves, à subir des échecs, à assumer des frustrations, dans l’attente parfois d’un bonheur et d’une jeunesse qui « vient si tard ».

Le Capricorne et son Apparence

Comment perçoit-on le Capricorne ?

Physiquement, il existe deux types de Capricorne, deux « races » morphologiquement distinctes et qui tranchent sur d’autres sous-types.

Car tous les astrologues savent que le Zodiaque constitue une typologie avec des tendances morphologiques précises autant qu’une caractérologie d’une richesse exceptionnelle.

Le premier type capricornien évoque la chèvre. Visage long et mince, front « dur », pommettes hautes, grands yeux obliques, nez fin et court. Peut-on rêver chevrette plus représentative que Françoise Hardy? Dans ce type, le visage est sensible, très mobile, parfois le sujet penche la tête sur le côté, ce qui lui donne un air rêveur, mais on le sent en même temps très vigilant, très attentif.

Le second type de Capricorne, c’est celui que domine la coloration saturnienne. Je pense à Pierre Mendès France. L’œil est triste, tombant; tous les traits sont « descendants ». Le nez est long, parfois très long, et contribue à donner de la sévérité au visage. Par-dessus tout peut-être, c’est au « pli d’amertume » creusé de chaque côté du nez et descendant vers les commissures des lèvres qu’on reconnaît le mieux le Capricorne saturnien, ou sourire de « quaker ».

Là aussi le front est haut, la bouche plutôt mince.

Un air de vieillard même dans un visage jeune, qui surprend parfois chez l’enfant du signe, comme s’il traînait déjà un air d’orphelin.

Certains Capricorne sont physiquement forts, charpentés, un peu massifs. Là, c’est l’aspect terrien qui prime, comme chez Charles Péguy, par exemple. Ils avancent comme s’ils avaient du mal à décoller leurs pieds du sol; ils se sentent maladroits dans leurs corps, encombrés de leurs grandes mains, raides. Ils plient difficilement le genou, au physique comme au moral. Manque de souplesse, gaucherie. Mais ils sont costauds et résistants et parfois même fiers de leur force brute à défaut de posséder de l’aisance. Face à ce paysan du Danube, il y a les autres’ : minces, plus mobiles, plus souples ou agiles comme la chèvre grimpeuse. On leur trouve souvent alors de la classe, un air de distinction : le côté aristocrate du signe (Alexandra de Kent, Simone de Beauvoir).

On le lui reproche souvent d’ailleurs, car cette « classe » est ressentie comme une froideur. Ce qui n’est le plus souvent que timidité ou gaucherie est pris pour distance, hauteur, mépris. Le Capricorne, souvent, met mal à l’aise ou intimide. Peut-être parce que d’emblée on a peur d’être jugé par lui. Son regard se fait sévère malgré lui, parce qu’il est naturellement attentif et scrutateur. Pas à la manière fascinante du Scorpion par exemple, mais par une « manière de distance ». Le Capricorne n’aime pas qu’on le bouscule, qu’on l’envahisse. Il n’aime ni la liesse populaire ni les bains de foule, ni la fête. Il aime qu’on « se tienne bien ». La décence.

La réserve. Ni les grands éclats de voix, ni la vulgarité. Il respecte le territoire des autres et entend qu’on respecte le sien. Je pense à ces chevrettes qui deviennent méchantes quand elles manquent d’espace… Pas faites pour le HLM, ni pour les tours, enfin pour les I.G.M… car la tour, celle qui « prend garde de se laisser abattre », « la tour d’ivoire », la tour de guet… celle-là ne lui déplaît pas.

La voix. La voix du Capricorne est particulière. « Vibrante en dessous », dit Conrad Moriquand. Facilement enrouée; un peu cassée, un peu voilée ou sourde (Humphrey Bogart, Louis Jouvet). Elle a son charme. Plutôt une voix blessée, et touchante. Parfois, le Capricorne met en parlant un doigt devant sa bouche, comme s’il avait peur de tout dire, de laisser échapper un secret. Peur et désir de briser sa loi du silence. Peur et désir d’être entendu.

Ainsi le Capricorne est-il souvent perçu par ceux qui le voient pour la première fois comme un personnage un peu en retrait, d’accès difficile, sinon rébarbatif. Pourtant, on le verra plus loin, c’est sans doute l’un de ceux qui a le plus de naturel, le plus de simplicité réelle dans son comportement, une fois dépassées sa timidité et sa réserve premières.

Le refus du maquillage

Le Capricorne en effet n’est pas comédien. Puisqu’il a horreur du jeu, de l’artifice. Il ne demande qu’une chose : pouvoir être lui-même, en toute spontanéité. Il n’apprécie pas les ronds de jambe, les jeux de la séduction, le maquillage. Il a horreur du déguisement – alors que le jeune Cancer, par exemple, placera le déguisement au centre de ses jeux.

Je me souviens à ce propos de mes conflits avec ma sœur, qui est Cancer; enfant, elle passait ses journées à vider les malles et à s’affubler d’oripeaux qui faisaient d’elle une princesse ou une reine… et moi, je râlais tant et plus, suivant le cortège et clamant à voix haute que j’en avais marre d’être toujours « infirmière ou bénévole », alors que je n’avais qu’une envie : jouer tranquillement dans le jardin, toute seule, avec mes escargots bien-aimés.

Le maquillage, pour le Capricorne, est un masque et il déteste qu’on lui oppose un visage à déchiffrer, une vérité qui se dérobe. Dans tous les sens du terme, il a horreur d’être trompé.

Un ami me disait un jour : « la persona, c’est le masque. Si tu refuses le masque, si tu le retires, tu n’es même pas une personne! » Ça dérange, j’en ai bien conscience.

C’est, là aussi, je crois, qu’il faut voir le côté brutal du Capricorne. Brut. Brutal. Dans ses gestes même, parfois, le Capricorne est maladroit. Malgré moi, j’en conviens (et je sais que je partage ce besoin avec bon nombre de mes frères et sœurs du signe), j’ai souvent envie de dépenser mon énergie avec brutalité, de me battre – pour rire – pour défouler ces forces et des agressivités réprimées. Peut-être aussi pour dire à l’autre de cette façon-là qu’on existe et qu’on souhaiterait qu’il s’en souvienne, parce que les mots, c’est bien plus difficile à manier.

Le Capricorne et sa Santé

Le Capricorne n’est habituellement pas très à l’aise dans son corps, comme tous les êtres qui ont du mal à s’accepter, à s’aimer. Mais il y a évidemment des exceptions, en particulier chez tous ceux qui décident d’asservir leur corps à leur volonté. On aura alors, face au sédentaire obstiné et « encrassé », le sportif décidé à relever les défis qu’il se lance à lui-même, à exiger de lui le maximum, à s’imposer les plus durs efforts. Et cela devient aussi une ascèse (on pense à Mimoun, à Anquetil).

D’autres motivations à se soigner et à entretenir son corps naissent de la peur de la maladie et de la mort. Il faut conserver le plus longtemps possible un organisme en bonne santé. Il faut durer dans les meilleures conditions possibles.

L’autruche hypocondriaque

Le Capricorne n’oublie jamais la présence de la mort et il est intéressant de voir en quoi et comment il fait partie, avec le Scorpion et le Cancer, des signes les plus hypocondriaques du Zodiaque. Chez le Scorpion, il s’agit essentiellement d’un rapport direct à la mort, de la fascination qu’elle exerce sur lui et en même temps de la nécessité d’apprivoiser les tendances autodestructrices qui se font jour dans ce signe. Mais, dans la dialectique CancerCapricorne, on rencontre une hypocondrie qui se manifeste sur un tout autre mode. Chez le Cancer, on découvre tout un théâtralisme de la maladie.

Le Cancer a mal partout, s’inquiète, cherche à se rassurer, à être rassuré, en consultant vingt médecins. Il souffre de façon spectaculaire et utilise son art de « somatiser » – c’est-à-dire de traduire ses conflits au niveau du corps – pour exercer sur son entourage un chantage souvent efficace. Car il attendrit. C’est l’enfant qui a besoin d’être pris en charge, rassuré par des images parentales dotées du pouvoir d’exorciser le mal.

Chez le Capricorne, il s’agit d’une hypocondrie inverse. C’est celle du vieillard cette fois. De celui qui préfère ne consulter personne tant il a peur qu’on lui annonce qu’il a bien « quelque chose », ce quelque chose ne pouvant être que tragiquement menaçant. D’une certaine façon, plus défaitiste que le Cancer, il se croit condamné avant même de savoir s’il est vraiment malade. Alors, il opte pour la politique de l’autruche. Ce qui l’aide aussi à nier la maladie et parfois même à dépasser ses troubles pathologiques. De là également, sa propension au stoïcisme, son refus de « s’écouter », de se coucher, de se « voir » malade. Car s’il le sait vraiment, s’il ne peut plus se le cacher, il n’échappe pas à la peur du pire. En refusant le mal, il tire de ses ressources vives le maximum. Alors, il se retranche derrière la certitude apaisante que le Capricorne est fait pour vivre vieux et qu’il enterrera tout le monde.

Cette certitude n’est pas totalement injustifiée puisque nous avons vu qu’il avait tendance à rajeunir en vieillissant et qu’il se porte habituellement mieux adulte que jeune.

Mais il doit tenir compte de certaines faiblesses constitutionnelles, d’un terrain qui n’est pas exempt de défauts.

Le Capricorne, en tant que saturnien essentiellement, est sujet à tous les troubles nés d’un ralentissement des échanges, d’un encrassement général. Cela aboutit assez rapidement au terrain arthritique – dont les médecins vous diront qu’il est le plus favorable à la longévité – et aux rhumatismes. Si on arrive loin, on se demande parfois dans quel état!

En effet, le Capricorne est sujet à la sclérose, voire à l’artériosclérose, aux vieilles douleurs, au durcissement des artères, à la déformation du squelette, à l’arthrose… Le voilà tout perclus, mais il a néanmoins « bon pied bon œil », en général, jusqu’à un âge avancé. Un peu voûté, un peu tassé, mais encore vaillant et l’esprit bien vert.

Avant d’en arriver au rhumatisme, il se contente habituellement d’être raide.

Raide comme un bout de bois

Je me souviens, enfant, de professeurs de danse qui avaient eu la folle prétention de me faire faire le pont. Je devais avoir cinq ou six ans. J’avais été si terrifiée que j’avais hurlé de toutes mes forces : au secours! on me casse les os! J’en ai gardé une durable aversion pour la gymnastique et pour tous ces mouvements qui m’apparaissent toujours comme profondément contre nature!

Parmi les troubles « classiques » du Capricorne, il importe de mentionner les troubles digestifs – le plus souvent psychosomatiques – et habituellement situés au niveau du gros intestin ou du côlon. Ce sont les fameuses colites qui vous plient brusquement en deux de douleur, lorsque, comme par hasard, quelque chose ne va pas sur le plan moral. Mais il est fréquent que ces troubles digestifs s’atténuent avec l’âge.

Le Capricorne – comme le Cancer – se situe sur un axe allergique, avec une prédisposition marquée pour les « humeurs crasses », les eczémas, herpès, démangeaisons de la peau, alors que le Cancer aura plus fréquemment de l’urticaire ou du psoriasis.

Une de mes amies, Capricorne dotée d’un Ascendant Capricorne, a connu, dans sa jeunesse, toutes les formes d’eczéma possibles et imaginables. Dans sa famille, seuls son père et une de ses nièces, également Capricorne, ont eu aussi de l’eczéma. C’est là où on peut assurer que connaître l’hérédité astrale d’un individu aide à mieux définir son terrain biologique et ses prédispositions.

Les allergies à soi-même

Jean Carteret prétend que l’allergie est une « maladie de l’essence » par opposition aux « maladies de l’existence ». Je crois surtout que les allergiques appartiennent à une race d’individus qui refoulent leur agressivité ou la contrôlent de façon excessive. Ce qui ne sort pas en parole, ou en geste, sort en plaie ou en démangeaison. Le docteur Barbara Brown, dans un remarquable ouvrage : New Mind, New Body, évoque ce qu’elle appelle le « langage de la peau ». Celle-ci serait un lieu d’échange privilégié qui traduirait ou reproduirait toutes les émotions, contrariétés, les agacements trop bien maîtrisés. Il faut bien que la colère passe quelque part; alors la peau exprime par une rougeur ou une ulcération tout ce qui ne parvient pas à être dit.

Je me souviens d’une plaque d’eczéma dans ma main droite – exclusivement – qui disparut quand je réalisai que j’avais réprimé un violent désir de gifler quelqu’un de mon proche entourage. Ce que je n’avais évidemment pas fait. La main m’avait « démangé » et la démangeaison, faute d’exutoire, y était restée.

On assiste d’ailleurs souvent à des déplacements de la maladie, bien connus des médecins. Mais l’astrologie permet de savoir en quel lieu du corps peut s’opérer le déplacement. Ainsi, le fait d’éviter ou de guérir l’allergie provoquera souvent des maladies digestives. C’est pourquoi des psychosomaticiens avertis s’efforcent parfois de conserver une petite zone d’eczéma sur le corps, véritable « poubelle » qui permettra de se libérer d’un certain nombre de toxines physiques et psychiques.

On se souvient de l’ouvrage d’Henry Miller – ce Capricorne —, exécutant dans Un diable au paradis son ex-ami Conrad Moriquand, Capricorne lui aussi et astrologue, qui souffrait d’une gale tenace aux jambes qui empoisonna toute la fin de son existence.

Mal à genoux

On se souvient aussi de Kepler et de la cohorte de ses maux.

La tradition astrologique qui attribue à chaque signe du Zodiaque une zone précise du corps réserve au Capricorne le genou. Entre la cuisse-hanche du Sagittaire et la jambe-cheville du Verseau, avant d’atteindre le pied des Poissons. Pourquoi le genou (le je-nous, dirait le psychanalyste Serge Leclaire)? Point d’articulation toujours douloureux chez l’orgueilleux. S’agenouiller, plier le genou, reconnaître l’autorité et la puissance d’un autre, supplier – « Que ne sommes-nous tombés ensemble à genoux? », dira le poète Jules Laforgue, – toutes choses auxquelles le Capricorne a le plus grand mal à consentir. Cette raideur du genou est une raideur de l’âme, un refus de servitude, le choix d’être debout. Jusqu’à l’absurde.

J’ai été par ailleurs – est-ce un hasard? – frappée de constater sur les boucs une zone dénudée, usée, écailleuse, juste localisée au genou. Point faible du bouc? Pourquoi pas? Puisqu’on en fait l’incarnation du Diable, il est assez facile d’imaginer qu’il n’est point fait pour prier à genoux…

Une autre faiblesse classique du Saturnien est traditionnellement attachée à la mâchoire supérieure, celle qui ne bouge pas et qui désignera d’ailleurs Saturne dans le codex astrologique aztèque : une belle mâchoire supérieure blanche, dénudée jusqu’à l’os, symbole de durée, d’immobilité et de réduction à l’essentiel.

Dans les faits, il y aura parfois chez le Capricorne des douleurs dentaires, des caries, des déchaussements…

ou des dents surnuméraires, mais ne poussant que dans la mâchoire supérieure.

Un bon marcheur

Pour mieux se porter, il est évident que le Capricorne a intérêt à éviter par tous les moyens la sclérose et l’intoxication. Il devra donc, même s’il n’aime pas le sport, faire au moins de la marche à pied. Cette activité physique se déroule à un rythme qu’il choisit, qui lui convient et qui lui plaît.

Il aimera aussi le cheval, les sports qui lui permettent de garder un contact avec la nature. Lorsqu’il a beaucoup de courage et qu’il est plus « philobate » qu’ « ocnophile », selon les jolis termes inventés par M. Balint dans les Voies de la régression (éd. Payot), il peut se lancer dans l’escalade, la varape, l’alpinisme. La montagne, en activant ses échanges respiratoires et autres, l’aide à se « décrasser ».

En outre, l’activité physique lui permet de lutter contre sa très grande frilosité (morale aussi bien que physique!). Au lieu de vivre à l’intérieur de sa cheminée, rêvant du poêle de Descartes et jouant les salamandres, il a intérêt à activer sa circulation sanguine, habituellement déficiente.

Il doit aussi éviter, sur le plan alimentaire, les abus auxquels il aurait parfois tendance à. Il doit aussi éviter, sur le plan alimentaire, les abus auxquels il aurait parfois tendance à se livrer pour compenser ses frustrations affectives ou sexuelles… tant qu’il n’a pas atteint les dimensions de l’ascète, bien entendu! Mais il en va ainsi avec lui : ou bien il n’a pas le courage de renoncer à quoi que ce soit, ou bien, frustré pour frustré, il passe à l’extrême et décide de se passer de tout!

Il ne doit pas boire trop d’alcool, ni consommer trop de sucre et d’hydrates de carbone, ni absorber trop de viandes chargées de toxines. De fait, il peut très vite s’habituer à une nourriture spartiate, faite de laitages, de fromages et de crudités. Il aime aussi les céréales, le céleri, les fruits cuits – notamment les pommes – et préfère les plats simples aux mets trop raffinés.

Le lent carbonique

En médecine homéopathique il répond au type carbonique, ainsi décrit par Léon Vannier’ : « Le carbonique se caractérise par sa rigidité, sa raideur. Dans ses mouvements, il est lent; sa démarche est lourde, régulière, toujours égale. » Il pourra prolonger un effort musculaire pendant des heures mais ne supporte pas qu’on l’arrête. « Intelligent ou obtus le carbonique est toujours lent dans la compréhension. » Sa dynamique se caractérise par l’endurance, la résistance et sa capacité de se régler, de se discipliner. Sa raideur indique qu’il a besoin d’exercices physiques quotidiens à condition qu’ils soient réguliers (natation, marche à pied, aviron).

« C’est un opiniâtre. On retrouve la rigidité dans le caractère, avec une grande patience, une obstination, le sens de la discipline et de l’ordre, le besoin de sécurité et le désir de construire, d’organiser. C’est un être qui surprend par la violence de ses réactions à des situations qui ne correspondent pas à ses prévisions et à ses certitudes. Sa froideur, sa franchise brutale, sa dureté l’isolent des autres, même si ces traits extérieurs peuvent s’accompagner d’une grande sensibilité affective. Mais, là encore, la volonté domine : il réprime ses sentiments, ne supporte pas d’être consolé et refoule ses émotions, peines ou joies. »

Certains médicaments homéopathiques répondent plus spécifiquement au tempérament saturnien, notamment lycopodium et calcarea carbonica. En ce qui concerne lycopodium, voici dans ses grandes lignes les traits qu’il recouvre : esprit pénétrant mais indécis et manquant de confiance en soi. Entreprend avec appréhension, fatigable; s’attache à de petits détails. Sommeil agité, troué de sursauts. Idéation vive mais en vieillissant il y a engourdissement cérébral, psychasthénie, perte du goût de l’action. Souvent il sourit sans être gai. N’a aucune confiance en soi et s’exagère les responsabilités. Hypersensible; la femme surtout; pleure à la moindre émotion. Susceptible; irritable; tendance à la colère mais « rentrée », alors que l’éclat le soulage. Assez dépourvu d’autocritique et supporte mal la contradiction. Parfois tyrannique. Bien que taciturne et ayant « horreur des gens », craint la solitude et aime sentir une présence auprès de lui. Timide. Perd ses moyens en public ou a conscience d’une difficulté d’expression mais violence verbale. Peur, anxiété. Hypersensible au bruit, aux odeurs, aux températures extrêmes, au toucher. Mal disposé au réveil : la mise en route améliore son état. Aggravé en fin d’après-midi, à l’ « heure du foie ». Bien que frileux, aggravé par la chaleur. Désir de sucre, de sucreries. Faim vorace mais vite rassasié. Amélioré par les boissons et les aliments chauds, par le mouvement lent et modéré.

Le psychisme est influencé par les colères, les vexations, les déceptions d’ordre affectif, la peur ou la sensation d’insécurité matérielle. Les causes des troubles sont souvent liées au surmenage mental, aux erreurs alimentaires, à la psore et au tuberculinisme.

Cela dit, le Capricorne carbonique et lycopodium a tout de même de la résistance et s’il conserve une activité régulière, nécessaire à son équilibre psychique, il peut très bien faire de vieux os encore assez verts.

Psychologiquement, le Capricorne doit toutefois apprendre à ne pas présumer de ses forces. Il a tendance à en faire trop, à, ne pas « savoir » d’emblée qu’il en fait plus qu’il ne peut, à ne pas vouloir s’arrêter alors qu’un simple état de fatigue, justifié par le surmenage, éveille très vite en lui une angoisse morbide.

Le Capricorne, si on doit lui attribuer comme à tout un chacun une structure névrotique privilégiée, appartiendrait plutôt au type obsessionnel, parfois phobique, plus rarement hystérique, paranoïaque ou schizophrénique.

La peur de l’abandon

Souvent, il souffre d’un syndrome d’abandon ou névrose d’abandon, terme dont diront J. Laplanche et J.-B. Pontalis dans le Vocabulaire de la psychanalyse (PUF) : « introduit par des psychanalystes suisses pour désigner un tableau clinique où prédominent l’angoisse de l’abandon et le besoin de sécurité. Il s’agit d’une névrose dont l’étiologie serait précedipienne. Elle ne correspondrait pas nécessairement à un abandon subi dans l’enfance ». L’insécurité affective serait fondamentale, liée à la recherche d’une sécurité perdue qui renvoie à la fusion primitive avec la mère, à une gloutonnerie affective et une intolérance particulièrement aiguë aux frustrations. Les symptômes d’angoisse, d’agressivité, de masochisme et de sentiment de non-valeur dominent le tableau.

Quant à la névrose obsessionnelle, toujours selon Laplanche et Pontalis : « Le conflit psychique s’exprime par des symptômes dits compulsionnels : idées obsédantes, compulsion à accomplir des actes indésirables, lutte contre ces pensées et ces tendances, rites conjuratoires, etc., et par un mode de pensée que caractérisent notamment la rumination mentale, le doute, les scrupules et qui aboutit à des inhibitions de la pensée et de l’action. » L’obsessionnel souffre d’un Surmoi particulièrement cruel et tyrannique. Pour les lacaniens, on ne peut définir l’obsessionnel sans le rattacher à la mort, à la menace que celle-ci constitue.

Le trou de la mort

Être obsessionnel, c’est vivre avec la hantise du « trou de la mort », de cette béance dans laquelle le sujet s’annihile, retourne au néant. Alors, il lui faut boucher ce trou par tous les moyens. L’hyperactivité en constitue un, et l’un des plus efficaces. C’est le côté besogneux, laborieuse bête de somme, qui ne sait pas déléguer, éprouve le besoin de vérifier le travail accompli par les autres – auxquels il ne fait pas vraiment confiance. Parfois aussi on trouve l’avarice, puisque si le temps c’est de l’argent, on peut plus sûrement encore dire que l’argent, c’est du temps. Celui qui a de la fortune jouit de la possibilité de vivre davantage, de ne pas s’enfermer dans une existence étriquée, amenuisante. Et puis, l’argent n’est-il pas avant tout la sécurité, celle-là même qui assure une survie, une durée, un prolongement d’existence organisé et prévisible, donc rassurant.

Molière – qui était Capricorne – a mieux qu’un autre décrit les affres d’Harpagon. Enfin, on trouve chez l’obsessionnel – un homme le plus souvent – l’immobilisme, la peur de ce qui bouge, car ce qui bouge évolue vers l’entropie et vers la mort, et entraîne une tendance à l’ordre, à l’organisation minutieuse qu’on retrouvera à l’excès chez les Vierge, ces autres obsessionnels. L’ordre, c’est aussi l’immobilité. Léon-Paul Fargue l’avait bien compris, lui qui, dans son Apologie du désordre disait : « L’ordre est une arrivée, le désordre est un départ… »

La manie vérificatrice – les clés dont on s’assure trois fois qu’on les a bien emportées —, fait également partie de ce besoin de sécurité, de cette peur de voir le monde devenir menaçant et hostile, de se perdre, d’être à la rue, de ne pas retrouver sa route.

Mais, chez les femmes du signe, c’est souvent la phobie qui l’emportera, phobie de la maladie ou autres phobies, la peur irraisonnée qui devient obsédante, contre laquelle la raison ne peut lutter et qui est de la nature de l’angoisse. Parfois on trouvera trace chez le Capricorne « malade » d’une tendance à la persécution (on se moque de moi, on dit du mal de moi, etc.).

Le Capricorne n’est à l’abri ni du pessimisme ni du découragement, ni de la dépression, ni de la mélancolie. Il ne s’agit jamais alors de dépression « agitée », maniaque, mais, au contraire de pétrification, d’immobilisation, d’aboulie, d’enfermement. La solitude, alors, est à rejeter, d’autant plus violemment qu’elle est désirée (je préfère m’enfermer, rentrer dans mon trou, m’installer au fond de ma coquille).

Un faux solitaire

Une tenace légende fait des Capricorne des solitaires heureux de l’être. Rien de plus faux. Le Capricorne n’est un solitaire que par orgueil. Ou par défi. Il peut prendre sur lui, par souci de dignité, parce qu’il ne sera pas dit qu’il appellera au secours, pour faire « comme si ». Mais il a trop besoin de se sentir utile, d’avoir quelque chose à faire pour les autres, il est trop frustrable, pour aimer avec honnêteté la solitude. Il a besoin – et c’est différent – de silence et de calme pour recharger ses batteries, parce qu’il est vrai que le bruit l’épuise et que, de temps en temps, il doit être seul pour faire le point. Mais ce n’est pas un ermite à long terme.

Tout au plus peut-il choisir la « technique de Job » déjà mentionnée à propos de Saturne, par désespoir et renoncement, mais jamais sans un arrière-fond d’amertume, quoi qu’il en dise.

Il est vrai que, lorsqu’il va mal, le Capricorne a tendance à se replier sur lui-même, à faire le vide autour de lui, pour ne pas imposer aux autres un spectacle qui l’humilie et lui fait horreur – et qui, à ses yeux, le conduirait rapidement à être rejeté davantage.

Disons que le Capricorne souffre de dépression passive – si passive qu’il n’en a parfois même pas conscience – et qu’il connaît la rigidité et les blocages qui interviennent dans sa communication avec les autres, aussi ardemment désirée soit-elle.

Car, là encore, on ne peut échapper à l’ambivalence d’une attitude devant la mort. Abhorrée, refusée, repoussante à ses yeux, promesse d’anéantissement, de froid, de destruction, la mort peut être si présente dans l’esprit du Capricorne qu’elle mobilisera une grande part de son énergie. Il sait qu’il ne peut y échapper, alors il tentera de toutes ses forces de l’apprivoiser, de l’accepter, de devenir capable de l’accueillir avec dignité. Et parfois encore, toujours en fonction de la technique de Job, d’aller au-devant d’elle, de céder à des pulsions de mort pour cesser d’avoir peur et de rejoindre le seul absolu acceptable.

Mais, dans l’ensemble, les sujets du Capricorne ne sont pas suicidaires. Et la pulsion vitale, l’enfant Espérance, chère à Charles Péguy, cet autre Capricorne, demeure presque toujours la plus forte. Le désir de durer l’emporte.

La vieillesse devient parfois pour le natif un moyen de se réconcilier avec la mort, de dépasser la déchéance, de s’accepter lui-même. Paradoxalement, il y est aidé parce qu’il ne peut plus exiger l’impossible.

Et puis Saturne, maître du signe, n’est-il pas représenté sous les traits d’un vieillard plein de sagesse, n’est-il pas, en astrologie – et lorsqu’il est bien soutenu – la plus belle promesse de longévité? Alors, tant qu’à faire, autant bien occuper sa vieillesse et s’installer avec optimisme dans l’éternité!

Le Capricorne peut devenir philosophe, sage, ermite, mais il recourt rarement au mysticisme ou à la foi du charbonnier. Alors, avec le temps, il apprend à tirer de son grand âge les quelques avantages qu’il peut lui offrir et un peu de ce détachement dont il n’a cessé d’avoir la nostalgie.

Les Astromariages de la Femme Capricorne

Femme Capricorne et homme Bélier

C’est assez difficile de les unir. Mêmes remarques que pour l’homme Capricorne et la femme Bélier. Il y a d’un côté la sagesse, le sens profond et enraciné du devoir, des responsabilités, de l’autre une nature piaffante, instinctive et souvent limitée au présent, à l’instant même. Peu de points communs.

Femme Capricorne et homme Taureau

Là, c’est du solide, du tangible, du palpable. La femme Capricorne organise et contrôle le confort de son homme Taureau. Elle gère et administre la maison qu’il décore et aménage à son goût (Vénus), elle range et classe les disques qu’il écoute avec délices, elle sait lui choisir les livres qu’il use et corne avec jouissance, elle lui prépare les mets dont il se régale et auxquels elle ne touche pas. Il y a de bonnes bases dans ces deux signes de Terre, malgré la restriction générale que s’impose notre dame Capricorne.

Femme Capricorne et homme Gémeaux

Ils s’attirent parfois, s’unissent rarement et ne durent qu’exceptionnellement L’homme Gémeaux a encore moins d’interdits que la femme du signe, ce qui le rend instable affectivement, folâtre, extrêmement peu fiable. Il aime le flirt et a besoin de changement en amour. Elle qui recherche tellement le roc, le seul amour, celui qui dure toute la vie, elle risque d’être fort malheureuse avec lui, sauf si un Ascendant « Terre » ou des aspects forts dans son thème le retiennent au sol.

Femme Capricorne et homme Cancer

Elle est à son opposé : pure et dure, intransigeante, froide, persévérante, alors que lui, sensible, imaginatif et parfois changeant, ne sait jamais très bien ce qu’il veut. Pourtant, ces deux êtres s’attirent, en vertu du principe que les extrêmes se touchent : elle est confondue par sa vulnérabilité juvénile, par ses caprices, par ses humeurs légèrement versatiles, il est fasciné par sa solidité à toute épreuve, son endurance, son ambition froide et sa raison. C’est un astromariage de qualité (voir « Homme Capricorne et femme Cancer« ).

Femme Capricorne et homme Lion

Voilà deux êtres qui ont une certaine ambition sociale et qui peuvent s’unir pour une carrière commune. Leur vie privée est loin d’être intimiste, elle n’aimant que la solitude et lui recherchant le monde, les relations, voire les mondanités. Elle fait un effort pour recevoir chez elle des gens qui serviront la carrière de son mari ou la sienne. Mais il ne faut pas lui en demander plus. Dans la vie à deux, ils ne vivent guère les mêmes sentiments, ni le même amour. Ce sont des parallèles affectifs.

Femme Capricorne et homme Vierge

Deux signes de Terre ensemble, c’est toujours bon. On peut être sûr, déjà, de la similitude de leurs buts et de leurs motivations. Tous deux recherchent des relations qui durent, des situations stables, des sentiments profonds. Elle risque d’avoir plus d’ambition que lui ou plus d’envergure, plus d’assurance dans le choix de sa carrière, ce qui, alors, peut augmenter le sentiment d’infériorité de notre homme Vierge. Mais il n’ y a pas de vrais problèmes entre eux.

Femme Capricorne et homme Balance

Elle peut être fascinée par la grâce, l’habileté tendre et artiste de l’homme Balance. Elle peut être tentée, avec ses gestes et ses mots un peu maladroits, de lui déclarer son amour. Il se laisse choisir et « programmer » par elle avec une certaine reconnaissance. Parfois, il lui échappe pour une petite aventure, sans lendemain, ou pour un caprice, ou parce qu’elle est vraiment trop possessive et qu’il étouffe. Mais il revient toujours : sa constance et sa ténacité le surprennent tellement!

Femme Capricorne et homme Scorpion

Il y a des points communs : un certain goût des belles choses, lui pour en jouir, elle parce que les belles choses durent. La possessivité, aussi; un peu froide et inhibée d’un côté, passionnelle et tyrannique de l’autre. Mais il a une sensualité souvent assez exigeante, alors qu’elle est de nature plutôt austère, quand elle ne se prive pas volontairement de tout ce qui peut lui faire plaisir. D’où certains conflits sourds ou… plus apparents.

Femme Capricorne et homme Sagittaire

La femme Capricorne a tendance à accepter davantage les frasques et les aventures de son Sagittaire que l’homme Capricorne celles de sa femme Sagittaire. Elle est profondément fixe, fixée à son toit, à ses meubles, à ce qui lui appartient, ce qui ne va pas tellement avec le Sagittaire, mais du moment qu’il revient toujours… Cela dit, ce n’est pas le couple idéal : ils n’ont pas les mêmes objectifs, ils ne cherchent pas la même existence, et la complicité se révèle entre eux presque impossible puisqu’ils ne parlent pas le même langage.

Femme Capricorne et homme Capricorne

Comme pour tous les signes qui s’assemblent entre eux, il s’agit d’une union par affinité plus que par complémentarité. Ils ont les mêmes qualités d’ordre, de mesure, de réserve, d’ambition calme, d’exclusivité affective, de stabilité, d’austérité morale. Ils s’apprécient mutuellement pour les mêmes raisons. La route est calme et sans véritables embûches.

Femme Capricorne et homme Verseau

C’est un mariage possible si le métier de l’homme Verseau le fait souvent bouger, vers d’autres horizons, de nouveaux visages et si elle n’est pas obligée de le suivre. Tous deux « fixes », ils peuvent alors se retrouver avec bonheur, car c’est un effort pour elle que de rencontrer des personnes inconnues, de s’exposer à de nouvelles situations ou de nouvelles contrées, tandis que, pour lui, c’est un besoin, plus fort parfois, que le besoin d’amour. L’union est vraiment réussie si les sentiments se transforment en amitié.

Femme Capricorne et homme Poissons

Que d’attirance, toujours, entre les signes de Terre et les signes d’Eau! Surtout ces deux-là. Il faut reconnaître qu’ils se complètent tellement bien : l’une apporte à l’autre sa méthode, son sens de l’ordre en toutes choses, sa volonté, sa persévérance, son obstination ambitieuse; l’autre lui donne en retour son imagination un peu folle, sa sensibilité, ses dons artistiques, sa fécondité et sa richesse spirituelle. Il y aurait beaucoup à dire sur la fascination qu’ils exercent l’un sur l’autre…

Les Astromariages de l’Homme Capricorne

Homme Capricorne et femme Bélier

C’est comme essayer de rassembler la terre et le feu : ils sont fondamentalement de nature différente. Ils ne perçoivent, l’un de l’autre, que les défauts : parcimonie, austérité, réserve, et sens des projets à long terme pour l’un; impulsivité, passkua, rapidité, chaleur humaine et action dans l’instant pour l’autre. 11 vaut mieux tenter, s’il naît une sympathie entre eux, de la transformer en amitié.

Homme Capricorne et femme Taureau

Voilà deux signes de Terre, qui ont en commun le goût des murs solides, d’un territoire bien à eux; ils sont tous deux possessifs et jaloux. La différence réside dans la façon de goûter aux choses : le Capricorne a besoin de posséder pour être rassuré, pour ne pas risquer que tout lui soit enlevé, alors que le Taureau possède les êtres et les choses pour en jouir pleinement. Et peut-on jouir pleinement de quelque chose qui ne vous appartient pas ?

Homme Capricorne et femme Gémeaux

C’est l’alliage de la vieille âme et du jeune farfadet, de la sagesse posée et de l’inconscience légère, de la gravité et d’une certaine indifférence. L’homme Capricorne peut être attiré par cette antithèse de lui-même, par l’humour joueur et facétieux de la dame Gémeaux, par son astuce, son sens de la répartie, sa désinvolture et, disons-le, sa grâce en toutes choses. Mais des difficultés relationnelles risquent d’apparaître à cause de la disparité des caractères.

Homme Capricorne et femme Cancer

Ces deux-là se marient souvent et ils n’ont pas tort : l’eau arrose la terre, la rend féconde, l’enrichit. Tous deux aiment la sécurité, qu’elle soit affective (pour la dame Cancer), matérielle (pour l’homme Capricorne) et professionnelle (pour les deux). Elle lui donne quelque chose qu’il ne sait pas demander : la tendresse. Il lui apporte quelque chose dont elle ne peut se passer : la stabilité. Ils sont fidèles l’un à l’autre, et forment un vrai couple durable.

Homme Capricorne et femme Lion

A nouveau la terre et le feu se rencontrent. Ou ne se rencontrent pas. Car il n’y a guère de points communs entre la réserve raisonnable et raisonneuse du Capricorne et l’expansivité un peu « star » du Lion. Le Capricorne risque de se sentir mal à l’aise et traqué dans la maison de la Lionne, ouverte à tous. En outre, elle a besoin d’être sous les projecteurs, le point de mire d’une assemblée, quitte à former un attroupement dans la rue, ou au cinéma, ou ailleurs. Et lui a plutôt besoin de discrétion; bien qu’il soit fort ambitieux, il agit avec une grande économie de moyens. Alors?…

Homme Capricorne et femme Vierge

Excellente combinaison : deux signes de Terre, deux signes graves, deux signes de devoir. Ils ont la même conception : un seul amour, fidèle, durable, dépourvu des folies intempestives de la passion aveugle. Ils s’aimeront calmement, peut-être sans fantaisie, mais avec le même goût des objets en matières brutes, des maisons aux murs solides, de la terre à cultiver, à jardiner, à potager. L’ambition du Capricorne est, en outre, admirablement servie par le désir inquiet qu’a notre Vierge de se rendre utile, de participer, dans l’ombre, à l’ascension de son mari.

Homme Capricorne et femme Balance

Il est stable dans son affection, absolument pas démonstratif, peu tolérant et extrêmement exigeant. La Balance, elle, a besoin de preuves constantes et manifestes de l’amour, de la tendresse qu’on lui porte; elle est follement tolérante – à la limite, peut-être, de la compromission —, elle respecte l’autre dans son intégrité sans chercher à le changer. Ils apparaissent donc comme étrangers, en quelque sorte, l’un à l’autre. Mais il se voit des couples de ce genre, qui vivent en parallèle, qui cherchent à se rejoindre et qui, un jour, y parviennent.

Homme Capricorne et femme Scorpion

La femme Scorpion est une passionnée, tenace, sensuelle et volontaire. Si elle tombe amoureuse d’un Capricorne, elle sait quoi faire pour que leur couple réussisse, malgré sa froideur à lui, son peu d’expansivité. Ils se ressemblent dans la possessivité; l’une est une possessivité jalouse et amoureuse, l’autre est absolument implacable, sans merci. Lui, ambitieux qui aime le pouvoir, elle qui a besoin d’un homme fort, en lui apportant une note de fantaisie – ou de folie —, ils peuvent faire un bon couple. Mais, alors, que de bagarres en perspective!

Homme Capricorne et femme Sagittaire

La femme Sagittaire est une aventurière de grande envergure : elle aime le nouveau, le singulier, l’étranger, les voyages, elle a besoin de changement et d’inattendu. L’homme Capricorne recherche la stabilité avec ce qu’elle peut avoir de quotidien, de repérable, d’un peu contraignant.

C’est une association qui peut être enrichissante sur le plan social et professionnel, car tous deux ont besoin d’affirmation extérieure, mais ils ont des difficultés à s’entendre dans le train-train domestique. Combinaison meilleure dans le travail.

Homme Capricorne et femme Capricorne

Comme pour tous les signes qui s’assemblent entre eux, il s’agit d’une union par affinité plus que par complémentarité. Ils ont les mêmes qualités d’ordre, de mesure, de réserve, d’ambition calme, d’exclusivité affective, de stabilité, d’austérité morale. Ils s’apprécient mutuellement pour les mêmes raisons. La route est calme et sans véritables embûches.

Homme Capricorne et femme Verseau

La terre et l’air n’ont jamais fait bon ménage. Dans ce cas, il y aurait, de la part de la dame Verseau, des tiraillements : c’est une personne originale dans sa façon d’être et de penser, aux conceptions très libres, à l’existence fort autonome, au mode de vie volontiers bohème. Toutes caractéristiques qui ne plaisent guère à notre Capricorne. Il deviendrait, face à elle, facilement moralisateur et critique, empêcheur d’être heureux et d’y voir clair, contraignant, pesant, en un mot ennuyeux. Hélas, hélas. L’amitié entre eux serait infiniment plus gratifiante.

Homme Capricorne et femme Poissons

Elle est un peu son opposé, mais avec souplesse, tendresse, générosité, ce qui peut faire beaucoup de bien à notre forteresse imprenable de Capricorne. Elle sait l’envelopper d’attentions, de prévenances, de manifestations d’amour, de présence à la fois caressante et oblative. Il se sent bien en sa compagnie, même si, parfois, l’eau des Poissons s’infiltre un peu partout et gêne légèrement ses mouvements.

Combinaison du Signe avec les Ascendants

La grande et la petite aiguille

Selon l’heure à laquelle on naît, on se retrouve doté d’un Ascendant différent. Le Soleil, lui, entre le 22 décembre et le 21 janvier, en moyenne, occupe la portion du Zodiaque qu’on a baptisée du nom du Capricorne.

Le point ascendant représente cette zone de l’écliptique où se lève le Soleil, par rapport au point que celui-ci occupe dans le ciel. Ainsi, celui qui naît, en janvier, à l’heure où le Soleil se lève à l’horizon, sera à la fois Capricorne par son signe solaire et Capricorne par son signe ascendant. S’il naît au moment où le Soleil se couche, l’Ascendant occupera le signe opposé, c’est-à-dire le Cancer, etc.

Grande aiguille de la pendule, l’Ascendant s’oppose au Soleil, petite aiguille qui indique l’heure « en gros », sans la nuance des minutes.

Ainsi l’Ascendant va permettre de jouer avec les combinaisons des douze signes du Zodiaque et du Soleil en Capricorne. Nous aurons donc douze Capricorne différents, douze Capricorne issus d’une race unique mais métissés par les autres signes.

Aussi importants l’un que l’autre, le signe solaire doublé du signe ascendant permettront, ensemble, de définir un peu plus subtilement le caractère du natif. Bien entendu, les planètes qui jouxtent l’Ascendant ou occupent la première Maison de l’horoscope modifieront encore le paysage intérieur. Certains disent qu’on est, en vieillissant, plus proche de son signe ascendant; d’autres soutiennent l’inverse. Pour ma part, je penche davantage pour l’hypothèse du signe solaire qu’on rejoint de plus en plus. Mais il n’y a pas de loi fixe. Comme chez un métis, on verra parfois dominer l’origine maternelle et chez un autre les traits du père. Il semble aussi que certains, d’emblée, vivent intensément leur signe solaire et d’autres leur signe ascendant, que certains évoluent de l’un vers l’autre et d’autres non.

Pour interpréter, c’est affaire de doigté, d’intuition, et d’expérience.

Capricorne Ascendant Bélier

Peut-on imaginer deux natures plus contraires, deux rythmes plus opposés? D’un côté, la secondarité la plus extrême, de l’autre la primarité la plus absolue. On perçoit ici cependant des complicités plus subtiles, au-delà des oppositions, car ces deux signes ont en commun d’appartenir au- règne des « cardinaux », (la force et la prudence), c’est-à-dire des signes marqués par un rapport à l’exigence, à l’essentiel, à la spontanéité, à la franchise. Ici s’allient la spontanéité de la volonté – ou de l’action – à celle de la réflexion, du naturel, de l’authenticité.

Le CapricorneBélier avance sur deux tempos différents. A l’extérieur, le Bélier change vite, évolue, manifeste sa violence et sans doute permet-il au Capricorne d’extérioriser davantage ses passions, de les réchauffer, d’agir plus vite, de bousculer davantage et de se bousculer lui-même. En revanche, le Capricorne met dans la tête du Bélier les grains d’ellébore qui lui sont fort utiles, tout en favorisant une prise de distance, une analyse plus fine des sentiments eux-mêmes, au point parfois de provoquer, de déranger, de bousculer les autres. Car les points de rencontre des deux signes se font sur la franchise, le goût de la vérité, les défis. Plus de brutalité, sans doute, et moins de misanthropie.

Pour l’action, cette combinaison peut être des plus heureuses, le Bélier poussant le Capricorne, le Capricorne canalisant l’énergie du Bélier. L’un décide vite, l’autre mène à bien. L’un commence, l’autre achève. La force, ici, ne manque pas. Ni la force de caractère, ni la force tout court. Moins prudent que le pur Capricorne, le CapricorneBélier sait quand même calculer ses risques. Ici, le Capricorne retient un peu la fougue du Bélier. Le « vieillard » saturnien peut se régénérer auprès du juvénile Bélier. Mais il ne faut pas l’oublier, le maître du Bélier, Mars, est en « exaltation » dans le Capricorne et on peut deviner dans cette association une authentique puissance.

En amour, la passion refoulée et maîtrisée du Capricorne peut se vivre dans un plus facile dévoilement, un plus grand mépris des conventions. La revendication du bonheur sera moins culpabilisée. Disons qu’il y a moins de haine de soi…

La force de s’opposer aux obstacles, aux contraintes, le courage de se battre en brandissant sa grande épée, sont là. En évidence. Mais si le CapricorneBélier cède moins volontiers qu’un autre à la tentation « alcestueuse », il aura parfois des jugements à l’emporte-pièce, des condamnations sans appel, au nom d’une vérité et d’une conviction que l’un et l’autre veulent absolues. Disons aussi que le CapricorneBélier doutera moins qu’un autre. Le Capricorne retiendra-t-il les élans du Bélier? Rien n’est moins sûr, car il sera trop heureux de trouver en lui-même ce moteur dynamique qui accélère son rythme propre et renforce sa confiance. Je dirais que, dans cette association, le Capricorne gagne en courage, en jeunesse, en générosité « active », en dévouement et qu’il perd en diplomatie, en sagesse et en tempérance.

Physiquement, on assistera souvent à de violents et brusques épuisements et à des remontées spectaculaires. Avec une tendance à en faire trop, à dépasser parfois les limites de ses forces.

Capricorne Ascendant Taureau

Deux signes de Terre, deux signes lents, conscients de leur pesanteur mais harmoniques dans leur interrelation, complices dans les zones les plus profondes, entremêlant leurs racines. Le Taureau, ici, par ses valeurs vénusiennes, égaie le Capricorne, accentue son charme, son aspect calme et posé. Sa force aussi. Car cette combinaison terrienne possède en elle-même une grande puissance, une sorte de foi païenne qui donne le pouvoir de soulever des montagnes.

L’intériorité est grande. Aimable, mais ne se livrant pas, il ne va pas au-devant des confidences et pourtant les attire, parce qu’il rassure. On lui fait confiance. On lui fait crédit. S’il prétend savoir, on le croit.

Parfois, l’association jouera dans le sens des valeurs terriennes, jusqu’à l’excès : possessivité, thésaurisation, méfiance, extrême prudence, tout cela pouvant d’ailleurs favoriser la lente élaboration de la fortune. Si certaines valeurs du thème sont mises en relief, on aura affaire à un avare dévoré d’égoïsme, ne croyant qu’aux investissements terriens, gérant son bien, son cœur et son énergie avec le même esprit d’économie, s’enfermant, avec l’âge, dans une retraite campagnarde très confortable mais sans beaucoup de contacts, sans beaucoup de joies, si ce n’est celles, réelles et profondes, d’un authentique accord avec la nature. Si les valeurs altruistes l’emportent, on a affaire à un sage, gérant ses biens de façon avisée, consacrant sa vie au labeur, à la science, confiant en sa stabilité, en son honnêteté, en sa conscience professionnelle qui lui vaut l’estime de tous. On lui demande beaucoup et il donne à bon escient.

En amour, sa vie est rarement très heureuse. Sauf s’il se marie jeune avec quelqu’un qu’il connaît bien et qu’il estime plus encore qu’il ne l’aime, qu’il construise avec lui, mette toute sa patience et sa ténacité dans la construction de cet édifice quotidien qu’il voudra solide et durable, avec une famille, des enfants, de la terre. Ou bien, il se laisse – elle, surtout – épuiser par ceux qui lui prennent plus qu’ils ne donnent. Elle deviendra une image de mère nourricière, mère-infirmière, mère-enseignante. Le jour venu, cela lui vaudra beaucoup de solitude. Lui, peut se laisser dévorer par le travail au détriment du reste et ne pas savoir exprimer sa frustration. A ces CapricorneTaureau, il faut une nourriture sensuelle riche et renouvelée. Ce sont deux signes d’avidité, deux signes d’oralité, à peu près insatiables, ce qui les expose perpétuellement à des frustrations, le Capricorne empêchant le Taureau, de par son exigence, de n’en faire qu’à sa tête… ou qu’à son corps. Le mélange, somme toute, est fidèle, pour peu que le temps lui manque et qu’il tienne à l’autre.

Physiquement, la combinaison est solide, robuste, avec une tendance à ignorer que le surmenage a des limites.

Capricorne Ascendant Gémeaux

L’association tend ici à cérébraliser le Capricorne mais elle est difficile. L’un se refuse à toute attitude ludique, l’autre ne survit que par le jeu. L’un s’accroche à une forte identité qu’il construit patiemment en tendant vers un but unique, l’autre court après une identité morcelée, dispersée, instable et qu’il se refuse précisément à figer ou à enfermer. Bien vécue, toutefois, l’association est très complémentaire. Le vieillard capricornien est ici rajeuni, rafraîchi par l’adolescent Gémeaux. L’un pense de façon forte, construite et structurée, l’autre pense vite et plusieurs choses à la fois. La souplesse du Gémeaux, sa mobilité, vont contraindre le Capricorne à bouger. Le Capricorne donne du sérieux, de la gravité, de la conscience au Gémeaux qui cultiverait volontiers l’irresponsabilité, le cynisme et l’opportunisme. Ils peuvent, certes, se brouiller de temps en temps l’un avec l’autre mais leur alliance va dans le sens de l’intelligence et de la lucidité. Je ne puis m’empêcher ici de penser à Kepler – dont nous reparlerons plus longuement —, et à sa définition de lui-même : « Il y avait dans cet homme deux tendances contraires : toujours regretter le temps perdu et le perdre toujours volontiers. Car Mercure incline aux amusements, jeux et autres menus plaisirs […]. Comme sa prudence en matière d’argent le tenait éloigné du jeu, il jouait souvent tout seul. » Voilà bien la contradiction CapricorneGémeaux, le refus du gaspillage et la tentation de la gratuité, la prudence saturnienne qui ramène le jeu à une équation solitaire.

Il ne faut pas s’attendre à ce que le CapricorneGémeaux fasse beaucoup de « cadeaux » à ceux qui l’entourent. Il y a là une certaine franchise provocatrice, voire un peu sadique, où on ne s’épargne pas soi-même. La lucidité peut même devenir ici coquetterie intellectuelle. Parfois, plus simplement, les deux signes peuvent s’allier pour accroître le sens de l’observation, le talent d’écriture, l’acuité du jugement. Association du brio et de la profondeur, de la logique rigoureuse et de la réflexion intuitive.

En amour, le Capricorne gagnera ici du confort affectif en y perdant un peu de passion. Trop lucide pour se faire l’ombre d’une illusion mais prêt à jouer l’instant… en le faisant durer, finalement, plus qu’il ne s’en serait cru capable. Mais il peut aussi vivre la contradiction réunissant dans le même cœur Alceste et Célimène. Cela peut déboucher sur des compromis, des zones de longue fidélité entrecoupées d’incartades sans lendemain.

Le Capricorne l’emporte quand même ici, car il est simplement plus lucide sur l’aspect absurde de ses besoins et de ses manques, prêt à se fâcher contre lui-même mais aussi plus adaptable, moins « tragique », plus sensible au dérisoire et plus riche en humour. Avec, cependant, plus de fragilité nerveuse, un moins bon contrôle de ses émotions ou de ses réactions.

Physiquement, le CapricorneGémeaux risque de s’épuiser plus vite qu’un autre. Il lui faut plus de changements, de mobilité… et mieux connaître ses propres limites. On trouve souvent ici des rhumatismes au niveau des membres supérieurs, parfois de l’asthme ou des allergies respiratoires.

Avec une bonne hygiène de vie et pas trop d’agitation noctambule, le CapricorneGémeaux doit bien se porter. S’il y a maladie, il faut s’interroger sur son origine psychosomatique.

Capricorne Ascendant Cancer

Deux signes opposés. Mais aussi deux signes complémentaires. Chacun représentant la « nuit » de l’autre. Le Cancer apporte au Capricorne une tendresse plus spontanée, moins 134 Combinaison du Signe avec les Ascendants contrôlée. Si les deux signes se vivent bien ensemble, ils vont produire une harmonie, un équilibre entre ce qu’il y a de responsable et d’adulte chez le Capricorne et ce qu’il y a d’innocent, d’enfantin chez le Cancer, plein de poésie et de fraîcheur d’âme. On y trouve aussi plus d’imagination et de liberté d’expression. Mais s’ils se vivent dans la contradiction, on assistera à des passages de l’un à l’autre, aussi imprévisibles que déconcertants, à des accès de tendresse et de passion suivis de brusques replis sur soi et de mouvements de pudeur. On y verra des gestes maternels mais avec un désir évident de contrôler l’autre. Parfois le CapricorneCancer fera l’aveu d’un besoin de protection, d’un désir de prise en charge puis, soudain, il prendra la situation en main et assumera toutes les responsabilités. Il voudra se rendre indispensable et aura parfois envie de se décharger de tout sur les autres. L’ensemble donnera beaucoup d’attachement à la maison, au cadre de vie, renforcera l’aspect nourricier, le plaisir d’accueillir, de mettre à l’aise (alors même que le côté Capricorne sera parfois ressenti comme distant). Parfois le « don d’intimité » du Cancer l’emportera sur la froideur apparente du Capricorne.

Beaucoup de franchise et peu de diplomatie, dans la mesure où le besoin de vérité se fait intensément sentir. Une tendance à régenter, à organiser la vie des autres. Parfois aussi on rencontrera – mais plus subtilement que chez le pur cancérien – la tendance au chantage affectif.

Les deux signes appartiennent à un axe d’hypocondrie avec ce que cela suppose de dépendance et de masochisme. Bien vécus, on verra le sujet s’intéresser à la santé des autres, à leur équilibre physique et psychique. Mal vécus, ces deux signes réuniront toutes les craintes de la mort, de la maladie et toutes les formes de la régression.

Car c’est là la tentation fondamentale du Cancer : revenir dans le giron maternel, se faire prendre en charge, alors que le Capricorne condamnera cette attitude, marquera sa volonté d’un passage à l’état adulte. Sauf en cas de dépression. Plus qu’ailleurs, on verra ici s’amoindrir l’angoisse en s’occupant des autres pour échapper au désir d’être protégé. Le Cancer accepte sa faiblesse, ses besoins affectifs. Le Capricorne souhaite les dépasser, sinon les éliminer. La passion se vivra alors tour à tour sur le mode masochiste, avec de brusques distances, des éclairs de lucidité qui d’un seul coup cassent le miracle fusionnel tant désiré.

Beaucoup de nostalgie, un fond de tristesse. Toujours le rêve d’un paradis perdu, de cette sécurité maternelle perpétuellement regrettée (on retrouvera cela chez le CapricorneAscendant Capricorne avec plus de lucidité et de plus efficaces systèmes d’auto-sabotage). La répression cancérienne s’ajoutant à la frustration capricornienne peut parfois aboutir ici à la mélancolie.

Capricorne Ascendant Lion

Là encore, étrange et déconcertante alliance. Le narcissisme du Lion aidera sans doute le Capricorne à mieux s’accepter. A tenter, du moins, d’affirmer sa supériorité sur les autres. Alliance de deux orgueils d’essence différente, qui rendent l’échec intolérable. La « barre » est haut placée, presque impossible à franchir, au risque de ne rien tenter du tout ou de se leurrer sur ses vrais désirs : l’orgueil du Capricorne, s’asphyxiant dans l’air raréfié des cimes; l’orgueil du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au sur ses vrais désirs : l’orgueil du Capricorne, s’asphyxiant dans l’air raréfié des cimes; l’orgueil du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au sommet, le Capricorne, pourtant, ne peut s’empêcher de douter qu’il soit bien, lui, l’objet de tant d’honneurs et de tant d’attentions. Il se rassurera en affirmant que tout est bien ainsi et que c’est à son seul mérite qu’il doit l’admiration qu’on lui témoigne : à la fois plus conscient qu’un autre de ses vertus et plus prompt à les nier, ne serait-ce que pour mieux entendre le doux bruit de la louange. L’humour ne perd pas ses droits; on peut quand même rire sous cape.

Comme il est honnête, il « travaille comme un fou » pour être à la hauteur de sa réputation. Il ne cachera pas son ambition dévorante. Il affirmera bien haut qu’il vaut mieux s’attaquer à la Neuvième Symphonie qu’au dernier « tube » de l’été. Il ne redoutera pas la gloire, mais supportera fort mal de tomber de son piédestal et aura alors tendance à ressasser ses souvenirs, à évoquer sans cesse le temps heureux de ses lauriers.

Son éthique est rigoureuse.

On peut compter sur sa parole, sur son engagement. S’il est plus narcissique qu’un autre Capricorne, il l’est néanmoins beaucoup moins qu’un Lion et le besoin qu’il a d’une image de soi supérieure le conduira à tout faire pour mériter l’estime et la confiance des autres. Il travaillera d’arrache-pied, avec une puissance peu commune. Il assumera les des autres. Il travaillera d’arrache-pied, avec une puissance peu commune. Il assumera les responsabilités et la gloire à laquelle il accède parfois, lorsqu’il a atteint le pouvoir recherché, car il en a le goût. Il sait que nul autre que lui ne peut mener à bien la tâche qu’il s’est assignée. car il en a le goût. Il sait que nul autre que lui ne peut mener à bien la tâche qu’il s’est assignée.

S’il rencontre un jour l’échec, le CapricorneLion donnera le navrant spectacle de celui qui continue à nourrir chimères et regrets; il refusera souvent de prendre conscience de ses erreurs et s’abritera derrière un bouc émissaire, qu’il lui donne un nom et un visage ou qu’il s’en prenne à la fatalité. Il refuse aussi, souvent, d’admettre qu’on ne peut à la fois être et avoir été. C’est lui, sans doute, qui a le plus de mal à renoncer. Mais si son courage et son énergie demeurent intacts, il est capable de remonter toutes les pentes.

Il peut aussi conserver et faire partager une image de lui-même que le temps ne flétrit pas – je pense à Marlène Dietrich —, ou poser les fondations de son oeuvre de telle sorte que celle-ci lui survive – ce sera peut-être le cas de Maurice Béjart.

En amour, la lutte est âpre entre la culpabilité qu’il ressent à revendiquer une attention permanente de l’autre et le besoin d’être reconnu là où, profondément, il croit mériter l’estime, l’affection, le dévouement. Ces deux signes ensemble promettent force, énergie, courage, vitalité.

Le système cardio-vasculaire exige cependant une surveillance, à cause de la prédisposition naturelle du Lion aux troubles cardiaques et de la tendance du Capricorne à l’artériosclérose.

Capricorne Ascendant Vierge

Deux signes qui font alliance dans le sens de l’intériorisation, du doute de soi, du besoin de sécurité affective aussi bien que matérielle, et de l’intelligence analytique. Mais aussi deux signes capables de transcender leurs besoins, de se dépouiller des oripeaux de l’artifice. Ils peuvent se vivre sur, deux modes radicalement différents, à partir de la même composante : ou bien l’être s’enferme, se replie sur lui-même, se rétrécit, se cache, ne surmonte pas ses inhibitions, s’englue dans la peur et se surprotège contre le risque. Il s’enlise alors dans l’égoïsme, sans rien pouvoir donner aux autres tant il redoute qu’on lui prenne quoi que ce soit. Ou bien alors il prend de bonne heure conscience de cette menace qui peut l’enfermer à jamais et il tend la main vers les autres, il prend la parole, tente de se faire entendre et reconnaître, passe à l’altruisme et au dévouement le plus remarquable.

Deux signes consciencieux, soucieux de l’opinion des autres mais plus sévères encore envers eux-mêmes qu’avec autrui. Plus misanthropes aussi (les hommes surtout), plus sceptiques et vulnérables à la fois, partagés entre le désir de se constituer un univers immuable et sûr et celui d’échapper à leur prison, éventuellement en se mettant eux-mêmes en péril. Comme si cette alliance des deux signes les plus raisonnables, les plus sages du Zodiaque, incitait – pour pouvoir au moins s’entendre exister – à courir au-devant de quelques folies, à frôler la démesure, à se mettre en danger. Mais, en amour, rares seront ceux qui se sentiront compris, qu’on aidera à sortir de leur coquille, qu’on violera, selon leur désir et leur terreur. Pourtant, quelle reconnaissance à l’égard de ceux qui sauront deviner leur secrète aspiration : qu’on les aide à sortir d’eux-mêmes, qu’on aille au-devant d’eux alors qu’eux-mêmes ne peuvent faire un pas, qu’on les fasse rire, qu’on les délivre!

Parfois, ce misanthrope choisira le couvent ou l’exil. Ou encore le plus réel désintéressement, le plus vigilant altruisme. Excellente structure, par exemple, pour le médecin qui passera ses nuits au chevet de ses malades, tentant de se réconcilier un peu avec cette image de lui-même qui lui déplaît grâce au sentiment d’être utile. Ou bien encore, sa nature Vierge se mettra efficacement au service de l’ambition capricornienne, en lui apportant toutes ses qualités de conscience, voire de perfectionnisme, de rigueur, de précision, d’ordre, d’honnêteté. Il ne sera jamais très indulgent pour les faiblesses humaines. Pas plus pour les siennes que celles des autres. Il ne sera jamais complaisant envers personne. S’il a du génie, si quelque Neptune visionnaire le visite, il dénoncera la « comédie humaine », jouant du scalpel avec la précision du chirurgien qui ne laisse rien au hasard. Plus que d’un autre Capricorne, on peut dire de lui qu’il lutte toute sa vie pour se trouver une foi qui l’aide à survivre, lui qui jamais ne parvient à se faire d’illusions. Mais plus qu’un autre aussi, il devra lutter contre des blocages essentiels. Il ne peut y parvenir que par l’intelligence et la lucidité.

Ses faiblesses physiologiques sont d’ordre digestif mais il a de la discipline et apprend généralement à se bien nourrir et sait éviter les excès.

Capricorne Ascendant Balance

Le voilà bien, le plus écorché vif de tous, le plus vulnérable, le moins cuirassé. Lucide par le Capricorne mais romantique par la Balance, il ne se résignera jamais à être un mal aimé. Ses frustrations resurgissent à chaque instant, devant le moindre rejet, le moindre abandon. Lâche devant les affrontements qu’il supporte mal, il se punira sans cesse de ses hésitations et de ses atermoiements. Il a si peur de déplaire qu’il se surprend sans cesse en flagrant délit de compromissions, lui qui les condamne volontiers. Afin d’être aimé, il se mettra en quatre pour les autres, ne saura jamais dire « non », mais souffrira de ne jamais recevoir ce qu’il attend : c’est-à-dire d’être reconnu là où il sait exister, avec cette sensibilité vibrante qui est la sienne. Il possède plus qu’un autre cette nature hypersensible et passionnée qui tente de se contrôler, qui fait appel à l’orgueil pour le protéger contre ses propres faiblesses.

Les deux signes appartiennent pourtant au règne des cardinaux. Ils se rejoignent dans une intransigeance qui surprend. Un souci de justice, un attachement à l’équité les rendront exigeants pour ceux qu’ils aiment, bien plus que pour le « troupeau » des indifférents. Comme si cela aidait à exiger de soi-même davantage, comme si cela protégeait un peu contre ses propres manques.

Souvent, il a des dons artistiques; la sensibilité alors s’épanouit et le Moi s’affermit, permettant parfois de manifester beaucoup de force dans l’adversité. Mais on peut trouver aussi dans cette structure le courtisan, le diplomate, celui qui met son savoir-faire et son doigté au service de sa vie sociale, parfois même de ses affaires.

S’il a du mal à se faire reconnaître dans ses aspirations sentimentales, au moins il sera soutenu dans ses ambitions et admis dans la société dont il a accepté les règles du jeu. Mais il est rare qu’il se défende bien lorsqu’il est attaqué de front. Il n’y parviendra qu’en louvoyant, en gagnant du temps, en usant de son charme, recherchant des alliances et les exploitant.

Bien des choses vont dépendre des événements qui marqueront sa jeunesse. Protégé, il apprendra facilement à « tirer les ficelles », à manipuler les autres pour satisfaire son confort. Traumatisé, blessé dans ses affections premières, il mobilisera plus souvent son énergie pour colmater les brèches tant bien que mal.

Dans l’ensemble, les CapricorneBalance passent pour avoir beaucoup de charme; l’un cherchera surtout à séduire, l’autre à se faire aimer. Ils touchent par ce mélange de pudeur et de passion, de lucidité et d’aspiration à l’amour absolu. Si on les apprivoise, si on les devine, si on les comprend, on ne tarde pas à les aimer. Mais on ne le leur dira jamais assez, peut-être parce qu’ils interdiront le mot d’un regard, par peur de l’émotion dévastatrice que l’on risque alors de soulever en eux. Ils minimiseront toujours un peu ce qu’ils ressentent, de crainte de se prendre eux-mêmes au sérieux.

Sur le plan pathologique, attention aux calculs rénaux, aux coliques néphrétiques, aux lithiases rénales et aux ennuis de vessie.

Capricorne Ascendant Scorpion

L’une des plus intéressantes structures, comme son inverse (ScorpionCapricorne), parce qu’elle permet au Capricorne d’extérioriser sa violence, d’exprimer son intensité, de laisser parler le feu du volcan, d’aller jusqu’au bout de ce qui le mène : la passion de la vérité et de l’absolu, le besoin de se dépasser soi-même. Le CapricorneScorpion a plus de courage que les autres pour dire, pour faire face, pour endurer. Il est plus intransigeant encore que les autres. Son caractère ne passe jamais pour facile. Il s’acharne parfois contre ses ennemis au-delà de ce qu’ils méritent. Il ne craint pas de les « tuer » par la dérision ou le ridicule (Léautaud). Il a moins que d’autres besoin de séduire et de plaire. Il ira même au-devant de l’inimitié, trouvant dans l’hostilité des autres une secrète nourriture à son orgueil, une jouissance auto-sadique très subtile. Sans complaisance envers lui-même, il se reconnaît néanmoins une vertu : celle qui le pousse à contraindre les hommes à se voir tels qu’ils sont. Il dénonce les illusions et les faiblesses des autres, mais n’a aucune indulgence pour les siennes. Il ne supporte aucun mensonge, sauf si cela sert son besoin de pouvoir et s’il assume un certain machiavélisme. Il ricane parfois, caustique, ironique. S’il y a derrière tout cela la souffrance et l’obsédante présence de la mort et de la destruction, la conscience aiguillonnante du néant à venir (Edgar Poe), jamais il ne geint. C’est la révolte ou le mépris, plus souvent encore la solitude des orgueilleux, le sens du tragique, l’auto-sadisme. Jamais satisfait de lui-même, il est capable, comme Cézanne, de détruire ses propres oeuvres parce qu’il a le sentiment de ne jamais atteindre à ce qu’il veut avec tant de volonté et de patience. C’est un acharné. S’il cesse de se battre, il sait bien que c’est la mort. Il possède une réserve d’énergie extraordinaire. Énergie psychique, énergie physique. Énergie qui s’alimente de sa propre insatisfaction. Ne jamais se contenter de l’acquis, ne jamais rien accepter, se révolter et savoir que cette révolte ne sert à rien, tel est le combat de cet Alceste plus véhément ou plus sauvage que les autres.

Désabusé? Blasé? Je ne le pense pas. Car c’est un lutteur qui n’abandonne jamais le combat même s’il sait que la mort en est l’issue. Et il a de la patience; il se donne du temps. Ce qui lui importe c’est le cri, la protestation qu’il lance contre le ciel parce qu’il se sait condamné – ou damné —, ou floué dès le départ.

On ne l’aime guère. Même si parfois il séduit ou fascine, il inquiète et dérange. On le craint parce qu’il a la dent dure et le regard aigu. On ne peut l’acheter et il se moque de déplaire. Du moins a-t-il un jour décidé de s’offrir ce luxe. Trop verts, les raisins? Peut-être bien; mais certains êtres n’ont pas l’échine souple.

En amour, bien sûr, on voit mal comment le bonheur pourrait aisément pousser sur ce terrain aride, et qui pourrait supporter cette hautaine exigence. Il peut alors choisir d’être seul, d’aimer les chats plus que les humains ou de tromper ses frustrations avec des passions moins humaines : l’art, la religion, la philosophie… Ou choisir le chemin inverse et plonger dans le mal. Derrière tout cela, certes, on retrouve le même aveu de faiblesse, avec la blessure que rien ne peut refermer – jamais. La force, précisément, consiste à la transcender, à l’utiliser à bon escient.

Le CapricorneScorpion est solide comme un roc, malgré toute l’énergie qu’il peut mettre à flirter avec la mort et la destruction. Lorsqu’il s’en approche (car parfois il va très loin dans la somatisation), un puissant instinct de conservation le remet debout. Qu’il le veuille ou non.

Capricorne Ascendant Sagittaire

Peut-être celui de tous qui a la plus puissante revendication vitale (sauf, comme chez Drieu La Rochelle, si d’autres valeurs viennent tout faire exploser). Un côté brut dans la parole comme dans le geste, mais sans agressivité réelle. Un besoin, d’abord, de laisser la force s’exprimer, sortir de soi; la tendresse, on l’exprime souvent comme ça, à travers des élans très physiques, par pudeur et aussi par impudeur parce qu’il y a une force qui sort du plus profond de soi-même.

Gérard Depardieu, CapricorneSagittaire, a confessé dans Match cette violence de « fauve ». Il ne se vante pas des coups qu’il a faits, de sa jeunesse tumultueuse. Il s’exprime avec sincérité, presque avec objectivité : « J’ai été réformé à l’armée pour hyperémotivité pathologique. Parce que je ne parlais pas. Pas du tout. Je beuglais. » La sentimentalité est derrière, à peine cachée, juste un peu, par l’humour et la distance. Il parle d’un copain qui s’est tué en bagnole : « J’ai été secoué mais j’ai pas pleuré. Je pleure rarement. Des fois, j’ai pleuré sur moi, au temps du stop, quand j’étais sur la route tout seul ! La fièvre, la solitude, l’ennui quand arrive le soir, la nuit, entre chien et loup. Là, on se dit : « Tiens, merde, encore une nuit et il commence à pleuvoir. » Alors je pleurais un coup. Ça fait du bien… Se prendre un moment pour Cendrillon. »

Peut-être le CapricorneSagittaire supporte-t-il plus mal que les autres les frustrations auxquelles il se heurte parce qu’il a plus qu’un autre sinon le goût du moins un certain instinct du bonheur, de la vie, du plaisir, de la jouissance, et que son émotivité est très intense, parfois dévastatrice. Il a horreur de la tiédeur des sentiments pasteurisés qu’on lui propose. Alors, il a envie de « cogner ». C’est son réflexe le plus sain. S’il se contrôle trop bien, il ne peut pas « cogner » sur les autres, et alors la tentation de cogner sur lui-même déferle sur lui comme une pluie d’orage. C’est un passionné séduit par l’anarchie, avec la vision romanesque qu’il en a.

Le feu Sagittarien qui réchauffe le Capricorne ne peut être entretenu que par des bûches affectives et c’est là sa faiblesse.

Habituellement plus chaleureux que le Capricorne pur, il inspire confiance et on va vers lui. On s’en remet à lui. Alors, il prend en charge, trop heureux d’exister pour quelqu’un. La dualité est forte entre le Sagittaire mobile, aventureux, voyageur, répétant le « on n’est bien qu’ailleurs » du Sagittaire Paul Éluard, et le Capricorne enraciné, monolithique, prudent et pétrifié. Si on l’entraîne, il suit, trop heureux d’avoir été délogé de sa tanière. Mais si personne ne vient le chercher, il a du mal à bouger. Parfois, si le Sagittaire s’emballe, se sent prêt à faire le grand saut, à commettre enfin la folie libératrice, le Capricorne lui impose de rester tranquillement au chaud et lui déconseille tant d’agitation.

Cette dualité, je la ressens très fort. Je me plains de l’émotivité que m’a donnée le Sagittaire et de la lenteur de mon Capricorne à la maîtriser. Le sentiment, toujours, que les blessures s’accumulent, que les cicatrices se rouvrent toutes ensemble, et même les plus anciennes, chaque fois qu’un nouveau coup nous transperce. Et cette horreur de la vulnérabilité qu’il faut alors admettre. Et la joie de savoir à travers cette souffrance qu’on est un être vivant. C’est la passion, et elle seule, qui maintient en vie. Mais comme le renoncement, alors, est difficile! Il faut donc se résigner à trouver des raisons de vivre dans la création, le coup de poing, l’aventure, hors de soi. Longue conquête pour qui a envie d’exiger le bonheur comme un dû. O nostalgie des Tarzan, des Zorba, des grands pumas sauvages qui accueilleraient tous les élans, qui délivreraient des chaînes de la raison!

Le Capricorne Ascendant Sagittaire a quelque chose d’un Pygmalion (ou d’une Pygmalionne) : aider son prochain, satisfaire son côté missionnaire, être aimé à tout prix, fût-ce à celui que dans son orgueil on trouve bien trop élevé. Ou viser plus haut, au-delà de soi-même, quand le Capricorne ne retient pas trop le bras de l’archer-Centaure prêt à lancer sa flèche. Difficulté à se trouver des motivations pour aller de l’avant si la foi disparaît. Il y faut une force supérieure qui vous tire. Ainsi Jeanne d’Arc, à laquelle on peut imaginer un Ascendant Bélier ou Sagittaire.

Pour certains encore, ce sera l’ambition, ou un but qui fait croire à une contribution quelconque au bien commun.

Le Sagittaire compense-t-il les frustrations du Capricorne? Dans la mesure où il le rend moins misanthrope, plus optimiste, plus confiant, sans doute. Mais l’émotivité est là, toujours, comme un piège tendu. Et si la vie se refuse, si la confiance en l’avenir disparaît, reste-t-il quelque chose?

Capricorne Ascendant Capricorne

Quintessence de Capricorne. Presque une caricature. Des angoisses bien contrôlées, bien dissimulées sous le masque de la dignité. Mais comment se fait-il qu’on y « somatise » plus qu’ailleurs, qu’on s’y maltraite plus qu’ailleurs dans le secret de son corps, qu’on s’y alcoolise parfois, qu’on fuie la solitude dans la solitude et le manque dans le manque, qu’on y soit rarement aimé sans que l’abandon soit au bout, provoqué ou non, qu’on y soit, plus qu’ailleurs, célibataire ou mal accompagné?

Pourtant, vu de l’extérieur, on a le spectacle de la plus parfaite maîtrise de soi. Tout a l’air d’être en ordre. Le regard sur les autres est aigu, peu indulgent. Tout de suite, le défaut de la cuirasse – de l’autre – est perçu. Sans doute parce que le Capricorne Ascendant Capricorne sait bien où se faufilent toutes les failles. Car elles sont déjà en lui, bien sûr.

A lire ce portrait, on aurait vite mauvaise opinion de cet « éclaireur d’abîmes ». Mais s’il a l’esprit critique c’est qu’il l’a exercé contre lui-même depuis belle lurette et qu’il est volontiers sa propre cible. Il donne volontiers dans le stoïcisme, mais sait ce qu’il lui en coûte. Il semble mépriser facilement; on le croit hautain, on le juge distant et froid. Il ne faut pas s’y tromper : la vérité est qu’il ne s’aime pas et qu’il se construit tant bien que mal des systèmes de défense.

Lorsqu’on le connaît bien, qu’on a accès à son être secret, on découvre sa vigilance, son besoin de tendresse, sa passion, son honnêteté, sa rigueur morale et cette autocensure qui si souvent le paralyse. Son courage aussi. Tout ce qu’il voudrait vivre et qui lui est refusé parce qu’on ne l’entend pas. Par sa faute, parce que son cri a été étouffé de sa propre main.

Certes, la structure est « dure à vivre ». Elle enferme dans une tour, d’où l’on voit loin mais où personne ne peut pénétrer. Mais si le Capricorne au carré ne s’enferme pas trop dans son bon droit, sa bonne conscience, s’il accepte de se remettre en question, s’il ne se met pas à l’abri dans son corset janséniste – ou parpaillot —, alors il peut se dépasser lui-même et donner sa mesure. Souvent dans la science où sa persévérance sera sans limite, dans un travail altruiste qui seul le délivrera de ses frustrations, dans un travail d’étude et de réflexion, dans une activité politique où il se révélera parfois remarquable. Ou bien encore dans un travail solitaire, comme Pasteur, conscient d’avoir l’éternité devant lui et la résistance de la pierre; aucune adversité n’a prise sur lui et n’entrave son action.

C’est là, sans doute, à sa formidable puissance de travail, à son incomparable persévérance, que se reconnaît le pur Capricorne. S’il trouve un but à sa mesure, il se découvre des trésors d’énergie; il peut « soulever des montagnes », user tous les obstacles, décourager l’adversité.

Pathologiquement, on trouve en lui toutes les prédispositions du signe : allergies cutanées, « humeurs crasses », troubles digestifs, rhumatismes, auto-intoxications diverses… et, au bout du compte, une belle longévité.

Capricorne Ascendant Verseau

La complicité entre les deux signes est très positive puisque Saturne est le maître nocturne du Verseau et Uranus le maître nocturne du Capricorne (inversant ainsi leurs maîtrises diurnes).

Dans cette structure, ce qui dans le Capricorne est le plus novateur, révolutionnaire, passionné de connaissance (et qu’on retrouve chez des Capricorne tels que Newton, Franklin, Kepler, Pasteur…) se trouve plus facilement mis au jour par la présence du Verseau. L’un puise aux sources de la Tradition, l’autre ne craint ni d’innover, ni d’inventer, de découvrir ou d’expérimenter. La cohabitation peut donc être des plus fructueuses.

Bien sûr, il peut y avoir contradiction intime entre le goût de l’aventure et la prudence, entre, surtout, deux rythmes profondément distincts : l’un s’inscrivant dans une durée saturnienne purement continue, sans rupture, l’autre dans un discontinu, comme le pointillé qui s’opposerait au trait.

Le destin peut en être bousculé, subir des alternances de stabilité et d’errance, de sédentarité et de nomadisme. La pensée elle-même opère des retours en arrière, comme si elle prenait son élan dans les profondeurs saturniennes pour mieux se lancer à l’aventure et assumer le risque.

Les rapports aux autres y semblent plus faciles grâce au don d’amitié du Verseau, que la fidélité capricornienne fait apprécier mieux encore. Il semble aussi que ce signe aérien, indépendant, se libère plus facilement des frustrations du Capricorne, en soit moins atteint ou se montre capable de les sublimer plus aisément, dans la création, la recherche, la connaissance et, parfois, l’action. Il ne s’enferme jamais dans une voie étroite. Prudent dans sa façon de chercher, patient dans la conduite de son travail. Il aime le secret.

Discret, généreux et sympathique, il s’efface volontiers devant les autres mais apprécie qu’on reconnaisse ses mérites, qu’on l’encourage, qu’on le soutienne dans sa quête. Des aspects naïfs. De l’humour et de la gentillesse. Moins grinçant, moins amer que d’autres mais plus intellectuel et moins vital. Il rit volontiers. Très sérieux dans son travail, il supporte mal qu’on doute de lui, qu’on ne lui fasse pas confiance, car il manque d’assurance.

Affectivement, il se tricote parfois une vie compliquée, ayant à la fois besoin de protéger son indépendance et d’être totalement sûr de l’autre. Il peut faire preuve du plus grand altruisme envers ceux qu’il aime. On ne fait pas appel en vain à son sens de l’amitié et des responsabilités. Mais il a besoin de liberté et se plie difficilement aux contraintes (celles du mariage, par exemple). L’engagement pris, cependant, est durable.

Il se porte bien à partir du moment où il fait ce qu’il voulait faire, où il a trouvé sa voie. On peut craindre des ennuis de circulation, de mauvaises vertèbres, parfois des troubles cardio-vasculaires et des problèmes affectant les membres inférieurs.

Capricorne Ascendant Poissons

Contradiction entre une nature « froide », contrôlée, rationnelle, raisonnable, et une nature « folle », irrationnelle, sentimentale. La réflexion philosophique peut s’allier au tempérament mystique, avec les conflits intérieurs que cela suppose.

Le Capricorne réfléchit, le Poissons devine. L’un analyse, l’autre se laisse guider par une intuition innée. L’association peut être productive, avec une bonne utilisation de ces deux outils, somme toute complémentaires.

Plus affectif qu’il ne veut l’avouer, plus sensible qu’il ne veut le laisser paraître, il se défend parfois avec brusquerie des élans de tendresse qui le poussent vers les autres. Il est déçu, – trop souvent; parce qu’il fait parfois crédit sans discernement, par besoin de faire confiance, de croire en l’être humain. Il défend ce qu’il appelle le droit ou la justice, avec naïveté. Il y laisse des plumes.

Il est à la fois très conscient de ce qu’il fait et soudain indifférent, de façon déroutante, à ce qui peut blesser l’autre. La douche écossaise. Plus à l’aise dans l’amitié que dans l’amour, à cause des blessures tôt reçues, il cache souvent ses vrais sentiments. On le croit plus froid et moins sensuel qu’il n’est.

Moraliste, mais avec ses propres critères de jugement, s’opposant volontiers aux idées à la mode, aux systèmes de pensée en vogue, il défend les idées simples, un certain humanisme. Au fond, c’est un idéaliste qui n’accepte pas toujours de le reconnaître. Il ennuie parfois son entourage par sa façon de lui faire la morale ; un rien prêcheur, et pas mécontent de culpabiliser un peu son monde. Il rit doucement, si on se moque de lui sans méchanceté.

Le Capricorne ne tient jamais rigueur de la franchise. Cela fait partie de son système moral. Au fond, il voudrait bien que tout le monde soit « beau et gentil » et souffre qu’il n’en soit rien Il ne s’y résigne jamais tout à fait. Parfois pourtant, il commet des actions qu’il se reproche… parce qu’il s’est arrangé, sur le mode Poissons, avec sa conscience, et que le Capricorne le contraindra à s’avouer sa faute et à battre sa coulpe. Un peu masochiste, il en arrive même à se punir lui-même.

Côté cœur, il arrive qu’il fasse le choix d’une vie simple, avec un être judicieusement élu. S’il rencontre des tentations, il y résistera; non sans mérite. Là encore le Capricorne empêchera le Poissons de « pêcher en rond ». S’il est célibataire ou libre, il n’aura de cesse que quelqu’un l’aime mais ne croira jamais que cela soit vraiment possible. Il en a pourtant un besoin dévastateur. Il est prêt à donner beaucoup; trop parfois. Il pressent qu’il sera mal aimé et déçu, car il sait aussi qu’il fait souvent le mauvais choix et qu’il donne à qui ne le mérite pas. Parfois maladroit dans son rapport avec les autres, et le sachant. Furieux contre lui-même de son besoin d’amour qu’il sent démesuré, régressif, parce qu’il ne l’envisage que fusionnel. Il aspire au bonheur tout en sachant qu’il le vit comme un désir infantile. Alors, parfois, il renonce à tout. Et c’est la tentation mystique ou spirituelle, moins décevante, en tant qu’aventure, que toute union humaine.

Pourtant, il ne se débarrasse jamais d’un fond de scepticisme, non pour jouer les esprits forts, mais parce que le doute est en lui. Il connaît des états dépressifs mais les surmonte presque toujours.

Il réunit en lui les secrets de la chèvre Amalthée et de sa métamorphose en moitié de sirène. Alchimie mystérieuse qui donne ici, au Capricorne, l’accès aux voies de l’inconscient.

Comment interpréter Saturne dans les Signes

Saturne, dernière des planètes visibles à l’œil nu, était connu des Anciens. L’observation qui en a été faite remonte donc très loin dans le temps.

Maître diurne du Capricorne, il se colorera de nuances diverses selon le signe qu’il occupera dans un thème de naissance, c’est-à-dire un horoscope établi à partir de la date, de l’heure et du lieu de naissance d’un individu donné.

Saturne possède un cycle de vingt-neuf ans. Tous les vingt-neuf ans il reviendra sur le point de l’écliptique qu’il occupait au moment de la naissance.

Saturne en Capricorne

Voici le vrai misanthrope, lucide sur le monde et sur lui-même (Léautaud), qui s’interdit tout mensonge et sanctionne tout manquement à la vérité. Refus de l’artifice, du jeu, du maquillage. Une sorte de Capricorne au carré. Il peut dissimuler ses frustrations infinies derrière un ricanement sceptique ou l’attitude souveraine de l’ermite replié dans sa tour d’ivoire; cet orgueilleux est d’abord un grand blessé de l’âme qui ne s’est jamais remis des rejets dont il a été l’objet. Il n’a jamais fait sa cour à personne, il n’a jamais cherché à plaire, il a dit et exprimé sa vérité du moment – qu’il a eu le temps de penser et de formuler avec soin. Il a découvert avec dépit que les hommes ne supportaient pas sa franchise et que sa sincérité passait pour du sadisme. Parce qu’on ne voit de lui que sa force et non sa vulnérabilité, on ne comprend pas l’effort qu’il accomplit pour rester au plus près de la vérité. Avec l’âge, il prend conscience de son erreur. Il devient plus diplomate… ou, au contraire, plus solitaire.

Saturne en Verseau

Position intéressante car extrêmement complémentaire, un peu à la façon d’une structure Capricorne Ascendant Verseau ou inversement. Autrement dit, il y a là alliance du passé et de l’avenir, de la tradition et de l’innovation, de la réflexion et de l’invention. Au fond, peut-être une des meilleures positions de Saturne, surtout pour celui qui, par exemple, consacrera son effort à la recherche (A. Schweitzer), à la science. Saturne en Verseau peut allier la tête politique et le sens de la responsabilité à l’esprit de réforme. Peut-être ceux qui sont nés avec Saturne en Verseau, 1988-1989, comme ce fut le cas de la génération de 1959-1960, dont on verra dans peu de temps ce qu’ils deviendront, nous aideront-ils à résoudre le problème de la responsabilité du savant, et cela à une période où le monde risque de connaître de grands bouleversements.

Saturne en Poissons

Saturne et sa rigueur morale, Saturne, le Surmoi exigeant, vient fort à propos responsabiliser un peu les Poissons. Grâce à lui, les Poissons ne peuvent plus tout à fait se réfugier derrière leur innocence qui, bien souvent, ressemble surtout à de l’inconscience. Si le natif des Poissons agit mal, avec Saturne il ne peut plus ignorer qu’il le fait. Saturne joue aussi le rôle d’un régulateur utile aux Poissons dans la mesure où il permet d’analyser de façon structurée et rigoureuse ce qui émerge d’un inconscient tout nourri d’irrationalité. Ce serait en quelque sorte le télépathe qui chercherait à analyser son propre mécanisme, à l’étudier, à tenter de le comprendre. Peut-être aussi peut-on craindre le phénomène inverse : que Saturne ne fasse intervenir une résistance, ou un contrôle, qui bloque l’épanouissement de dons exceptionnels. Cette position semble renforcer l’aptitude à se dévouer aux autres pour échapper à ses propres manques.

La sensibilité est grande, à fleur de peau, à fleur d’âme, facile à blesser. Le côté Poissons qui ne serait plus protégé par ses écailles. Peut-être aussi la possibilité de passer du laxisme « poissonneux » à la rigueur saturnienne. Contradiction ou complémentarité? Tout dépend de la façon dont le sujet choisit de vivre son thème astral (Simone de Beauvoir)!

Saturne en Bélier

Apparaît comme une contradiction fondamentale. Saturne, image du vieillard, de la lenteur, dans ce signe vif et printanier, est d’ailleurs « en chute », selon la terminologie traditionnelle. Il n’y est pas à sa place. Il freine les élans du Bélier, brime sa spontanéité, le fait avancer par à-coups, accélération et freinage se succédant parfois de façon imprévisible. Mais, en revanche, Saturne donne au Bélier du sérieux, ajoute de la continuité à son action, le rend capable de mener à bien une tâche entreprise. Il apporte un élément de secondarité à ce signe primaire et, à cet égard, il joue un rôle correctif ou compensateur.

Saturne en Taureau

Les affinités sont ici plus évidentes. Saturne, maître d’un signe de Terre se retrouve ici dans un autre signe de Terre. Il y a communauté de rythme et donc harmonie. Saturne va ici renforcer la capacité de travail du Taureau, accentuer sa patience, sa ténacité. Mais aussi, sans doute, sa lenteur, sa densité et le rendre très conscient de sa propre pesanteur. On imagine là assez bien l’homme des entreprises de longue haleine, l’homme des vastes constructions. Car ce Saturne en Taureau m’apparaît plus qu’un autre susceptible de bâtir sa vie avec la perspective de l’architecte qui veut que sa maison tienne debout, qui examinera avec soin chacune des pierres qu’il posera, qui pensera sa construction en termes de durée et de solidité. Il n’a pas la sévérité d’un Saturne en Vierge ou en Capricorne ni la dureté envers soi d’un Saturne en Scorpion. La nature vénusienne du Taureau le rend capable d’une détente, d’un sourire. Et sans doute aussi de fidélité (Saturne est en Taureau dans le thème de Benjamin Franklin).

Saturne en Gémeaux

Si une alliance est possible entre ces deux valeurs, c’est au niveau de l’activité intellectuelle, car le Gémeaux accélère le processus mental du Saturnien et ce dernier apportera une plus grande capacité de concentration, plus de profondeur d’esprit. Ce sera le jeu avec les idées sérieuses… S’il s’agit d’un sujet Gémeaux, on verra à quel point la présence de Saturne dans ce signe corrige son instabilité, le rend plus apte à travailler de façon suivie, continue, lui interdit de se transformer en girouette ou, s’il possède quelque talent, lui permet d’apporter patience et minutie, qualité d’attention à son oeuvre. Ce sera, par exemple, le cas de Dürer. Mais, en même temps, cette position de Saturne en Gémeaux peut être difficile à vivre (Maurice Utrillo). Elle accentue la lucidité; de cynique, le Gémeaux devient désabusé; il veut bien jouer mais c’est sans illusion. Le sens critique y prend plus de poids, les dons d’observation y deviennent féroces. Tout dépend, bien sûr, de la globalité de la structure du thème : ce Saturne en Gémeaux peut faire un caricaturiste impitoyable ou un mathématicien brillant, un philosophe ou… un beatnik.

Saturne en Cancer

Saturne est ici en « exil ».

Il pose problème.

La contradiction est profonde et douloureuse.

Saturne en Cancer met l’accent sur la tentation régressive, la sensibilité à l’abandon, à toutes les épreuves qui ont pu marquer l’enfance, à tous les manques et à des vagues de dépression et de découragement très intenses.

C’est l’enfant qui se sent démuni et auquel on demande tout le temps de se conduire en adulte; il n’a qu’un désir, c’est d’être cajolé, dorloté, et il lui faut sans cesse prouver qu’il est autonome.

Hypersensibilité de cette position, parce que Saturne en Cancer ne cuirasse personne, bien au contraire.

Le manque devient seulement plus conscient ou plus perceptible.

Si l’intelligence s’oppose au mécanisme régressif ou d peu favoriser des paliers vers un stade adulte, un mûrissement, mais toujours à travers une souffrance Tendance à l’hypocondrie, à la dépression, à la culbabilisation.

Saturne en Lion

Il a deux aspects bien distincts. Positif dans la mesure où il peut accroître la puissance de travail (côté bourreau de travail) et mobiliser des énergies considérables; douloureux dans la mesure où Saturne gêne ici le glorieux confort narcissique du Lion. Saturne rend plus lucide sur soi, empêche de se « gonfler la tête », interdit une trop grande complaisance envers soi-même. En fait, on ne saurait le déplorer, mais certains Lion « visités » inopinément par Saturne peuvent se demander pourquoi d’un seul coup le bel édifice, la belle image de soi qu’ils ont construits, se trouvent d’un seul coup remis en question, pourquoi le doute les traverse. Doute générateur de progrès, certes, mais tous les Lion ne le vivent pas bien dans l’instant, surtout s’ils refusent de s’en prendre à eux-mêmes et préfèrent se trouver un bouc émissaire. Bien vécu, Saturne en Lion est la compensation idéale au narcissisme léonin; il met en face de soi, pousse à assumer ses responsabilités. Il donne souvent une tête politique, de l’ambition, de grands projets, l’art d’assumer le pouvoir.

Saturne en Vierge

Il va renforcer l’angoisse du lendemain, la peur de manquer, le sentiment d’être perpétuellement en état d’insécurité. Il va aussi accroître l’esprit d’analyse, le souci du détail, entraîner à ne rien laisser au hasard. Il favorisera le travail minutieux, la prudence, la prévoyance. Rencontre d’un signe de Terre avec une planète de Terre : Saturne n’est pas ici facteur de contradiction, mais plutôt facteur de renforcement entre un signe et une planète qui ont sans aucun doute des affinités sur le plan de l’insécurité intérieure, du doute de soi, de la crainte d’être mal aimé, du repli sur soi, de l’inhibition et de l’autocritique; mais aussi des affinités dans le domaine de la conscience morale, du scrupule, de l’honnêteté, de l’intelligence pratique, du réalisme. Le risque, à l’intérieur de cette association, c’est le rétrécissement, l’enfermement, l’avarice; l’aspect positif, c’est l’efficacité, l’intelligence tactique, la vigilance.

Saturne en Balance

Saturne est en exaltation dans le signe de la Balance. Il y est donc moins mal loti qu’on serait tenté de le croire. Que renforce-t-il donc ici? Sûrement l’aspect rigoureux, le « fléau » qui se cache entre les deux plateaux de la Balance, l’aspect « cardinal » du signe, qui fait partie de ses dualités. C’est la rigueur du juge, du magistrat, son intégrité. Saturne en Balance ne cédera pas au favoritisme; il cherchera en toutes circonstances à se montrer équitable. Il tiendra compte de l’autre. Mais, en même temps, cette position renforce l’exigence qualitative de la relation à l’autre. Elle peut aussi favoriser un déplacement altruiste, faire en sorte que les problèmes des autres mobilisent l’énergie et atténuent les siens propres. Il semble aussi que Saturne en Balance accentue le caractère esthétique de la philosophie propre au sujet. Le besoin d’harmonie est là, l’emportant sur d’autres traits de caractère. En même temps, on peut se demander si Saturne en Balance n’aggrave pas les frustrations affectives, notamment au niveau du couple (Jean Malaurie).

Saturne en Scorpion

Il nous conduit, comme chez Johannes Kepler, à une autocritique sauvage; pas question de s’épargner soi-même; l’intransigeance ici est surtout dirigée vers soi, ce qui n’exclut pas le coup de patte à son prochain, avec plus ou moins de causticité. L’honnêteté devient férocité; au fond, tout le monde peut en faire les frais, même et surtout le sujet lui-même. Comme si le besoin perpétuel de se dépasser, de relever les défis qu’on se jette, de ne jamais relâcher sa vigilance, entraînait vers une certaine autodestruction. Il faut toujours se méfier, avec pareille structure, des mécanismes autopunitifs : c’est bien la confluence de la culpabilité et de l’expiation. Certains la vivront au niveau de somatisations diverses; d’autres plongeront sur le « tas de fumier de Job » avec plus d’allégresse que d’autres.

Pourtant, c’est aussi une remarquable structure d’énergie psychique, si l’occasion de transcender ses manques est saisie. Orgueil de l’aigle solitaire planant dans un ciel vide; les médiocres sont écartés, tous les efforts sont accomplis pour atteindre le but qu’on s’est fixé. Il n’y a pas d’indulgence, pas de complaisance. Si, quelque part, le regard sur le monde est critique, c’est bien là (Montesquieu).

Saturne en Sagittaire

C’est le cas d’Edgar Allan Poe, de Paul Cézanne et de Robert Hossein. Il me semble que le jeu est ici très ambigu. Le Sagittaire permet un accès à un certain optimisme, en tout cas au goût de la vie, au besoin de chaleur humaine, à l’amitié et, en même temps, Saturne empoisonne toujours un peu cette joie; l’instant le plus heureux est gâché par Saturne, soit qu’il conduise à comparer avec un moment du passé retenu comme heureux, soit qu’il projette sur l’avenir la frustration qui ne manquera pas de surgir. Un peu comme si être heureux faisait peur, parce qu’on a tellement envie que ça dure qu’il serait intolérable de se laisser piéger par l’espoir. Cette attitude, parallèlement, permet de faire la plus totale confiance à l’avenir quand tout va mal. On peut aussi voir dans la position de Saturne en Sagittaire un désir de s’intéresser aux autres, de donner quelque chose aux autres. Peut-être une position de don pédagogique, de « pygmalionisme ». Et aussi le côté Voyage autour de ma chambre qui privilégie le voyage intérieur.

Comment interpréter les aspects de Saturne avec les autres Planètes

Il est difficile de juger d’un aspect « dans l’absolu ». Selon qu’il reçoit d’autres soutiens ou d’autres attaques, il faudra bien entendu nuancer le jugement. Par ailleurs, il n’existe pas de bons et de mauvais aspects mais des aspects de détente ou de tension. Un aspect dit bénéfique engendre parfois la passivité et le laisser-aller alors qu’un aspect dit maléfique aura parfois l’effet salutaire d’une prise de conscience – fût-elle douloureuse – ou d’un énergique coup de pied dans le derrière, susceptible de nous faire avancer.

Les aspects de Saturne sont néanmoins des aspects forts et souvent difficiles, qu’il s’agisse de transits (ou passages sur une planète du thème de naissance) ou d’un aspect fixé à la naissance. Comme toutes les planètes lentes (Saturne revient tous les vingt-neuf ans sur sa position de naissance), il a le temps de fixer des événements, de leur donner une durée. Il ne faut pas oublier qu’il est traditionnellement associé au destin, au fatum. On l’appelait jadis le « Grand Maléfique » mais c’était ne pas tenir compte de sa fonction constructive, de sa nature de grand architecte. Sans lui, rien ne durerait, rien ne prendrait racine dans le temps.

La conjonction est faste mais ambivalente. Le carré dur mais dynamique. Le sextile dynamisant et heureux, le trigone protecteur mais passif, le quinconce évolutif et éprouvant. L’opposition impose un choix, c’est un aspect de corrélation.

Saturne-Soleil

Conjonction : Si le Soleil est pris dans sa symbolique paternelle, on voit qu’ici l’image, la fonction paternelle sera marquée par un vide, un manque, une frustration. Le père peut avoir disparu prématurément; il peut avoir refusé toute communication, il peut avoir été simplement silencieux et distant; de toute façon, il manque. Et, par conséquent, la quête de l’identité, pour celui qui est porteur de cet aspect, sera lente, difficile et problématique. Si on prend le Soleil dans sa relation au noyau d’énergie, cette conjonction de Saturne se traduira souvent par des coups de fatigue violents, profonds; mais, en général, la résistance s’améliore avec l’âge et elle peut être excellente dans la vieillesse.

Dans un signe « léger », la conjonction SoleilSaturne jouera l’effet d’un heureux contrepoids. En Gémeaux, par exemple : c’est le cas de Dürer, chez qui on peut voir le rôle de ce Saturne en Gémeaux, mettant une vision exigeante et tragique du monde au service d’un graphisme précis et efficace. Il donnera aussi la patience dans le travail, la rigueur, là où elle ne se trouve pas nécessairement par le signe occupé par le Soleil.

Dans un signe « lourd », en Scorpion ou en Capricorne par exemple, l’aspect misanthropique et solitaire se trouvera inexorablement renforcé.

En sextile et trigone, SaturneSoleil marque l’attachement au père, les vertus solides.

En carré et en opposition, l’épreuve subsiste, le destin est « marqué ».

Saturne-Lune

Conjonction : On voit là l’enfance triste, le manque affectif lié à la mère – parfois la substitution de l’image grand-maternelle à celle de la mère manquante —, le tempérament mélancolique ou dépressif; la psyché « Lune » est ici douloureusement marquée par Saturne et souvent de façon très inconsciente; c’est pourquoi il est plus difficile de lutter contre ce courant neurasthénique qu’elle implique. C’est parfois le deuil dans l’enfance, la perte de la mère, la mère non affectueuse ou si malheureuse et si triste qu’elle installera à jamais le doute devant le bonheur. Mère seule, abandonnée ou refusant sa tendresse; de toute façon, la trace laissée par cette conjonction sera toujours profonde, sans doute même indélébile. Celui qui la porte échappera difficilement au complexe d’abandon. Il aura lui-même du mal à se donner, la peur étant là, inscrite au plus profond de son âme.

En sextile et trigone : Attachement à la mère, richesse psychique, profondeur.

En carré et opposition : Le manque, les tendances dépressives subsistent.

Saturne-Mercure

Conjonction ambivalente qui peut favoriser la concentration d’esprit, la réflexion, la pensée abstraite, la profondeur du jugement. Mercure est avant tout l’outil de communication, l’instrument de l’intelligence. L’association de Mercure à Saturne peut ici approfondir et donner du poids à la réflexion. Mais, parfois, Mercure étant aussi l’outil de la parole, la conjonction de Mercure à Saturne pourra entraver l’aisance verbale, intérioriser le discours. Ce seront les sujets « bons à l’écrit, mauvais à l’oral ». Parce qu’il leur faut du temps pour réfléchir et qu’ils refusent toute superficialité à leur propos. L’association sera plus favorable à l’étude des sciences exactes qu’à la poésie, à l’ « esprit de géométrie » plutôt qu’à « esprit de finesse ». La rigueur est reine. Le brio n’est pas recherché mais l’efficacité.

En sextile et trigone : Belles qualités d’intelligence, profondeur d’esprit.

En carré et opposition : Risque de blocage dans un secteur intellectuel.

Saturne-Vénus

Ce n’est pas un aspect heureux. Il y a pourtant un moyen de l’utiliser d’une façon positive.

La conjonction SaturneVénus ne peut que servir des rapports affectifs fondés sur une importante différence d’âge. C’est l’expérience du jeune homme avec une maîtresse plus âgée qui lui révélera l’essentiel sur lui-même. Ou les amours de la jeune femme avec un homme-père qui lui assurera une longue sécurité affective. Mais ce n’est jamais un rapport « fou », un rapport d’éclatement et d’explosion passionnée. Le plus souvent, la conjonction de Saturne à Vénus marquera la prédisposition à la frustration affective, une certaine solitude morale, la difficulté à nouer des contacts. Parfois aussi une difficulté à extérioriser ses sentiments, à s’abandonner, à se laisser aller à ses élans. La sexualité est ici refroidie par Saturne. Mais là encore, il importe que d’autres éléments viennent confirmer un tel diagnostic! Chez l’artiste, ce sera la marque d’une rigueur et une impossibilité à donner dans le goût du jour et la mode qui règne. Il suivra sa voie aride, solitaire et refusera toute concession. Matériellement, rien ne sera jamais facile à celui qui possède cette conjonction mais il sait se contenter de peu.

En sextile et trigone : Fidélité, stabilité affective.

En carré et opposition : Épreuves dans la vie sentimentale, crises dans la vie affective ou mauvais choix.

Saturne-Mars

Aspect essentiellement contradictoire. Mars, primaire, rapide, impulsif, est ici acoquiné à Saturne, lent, réfléchi, secondaire. Parfois la conjonction permettra une régulation du rythme, freinera les impulsions martiennes, activera les lenteurs saturniennes. Mais il y a tout de même dissociation du rythme profond. Dans des secteurs pathologiques du thème (Maison VI, VIII, XII), cette conjonction fait souvent apparaître des ennuis de santé. Mars fera naître l’inflammation, la fièvre, l’irritation, la blessure, et Saturne en « chronicisera » les effets. En Cancer, on voit ainsi se former des ulcères de l’estomac à répétition.

Bien soutenue, cette conjonction peut offrir une grande résistance morale, beaucoup de courage, la force d’affronter les épreuves. Mal soutenue, bousculée par Uranus, aggravée par Pluton ou dissoute par Neptune, elle peut exposer à de pénibles expériences.

En harmonie, SaturneMars soutiennent la volonté, la force de caractère.

En opposition, choix difficile entre la diplomatie et l’action directe.

Saturne-Jupiter

Il me semble là qu’un équilibre est possible. Le pessimisme saturnien est ici corrigé par l’optimisme jupitérien. L’introversion saturnienne est ici compensée par l’extraversion jupitérienne. J’ai souvent trouvé cette conjonction chez des êtres qui réussissaient bien, sur le plan social et professionnel, lorsqu’ils atteignent la maturité, car cette conjonction prend toute sa force vers la cinquantaine. Il y a certes quelques contradictions à résoudre mais le temps permet cette évolution positive. On pourra d’ailleurs donner ce même sens au sextile ou au trigone entre Saturne et Jupiter.

Il semble que ces deux planètes ensemble favorisent tout travail d’organisation, d’administration, de gestion. Elles permettent solidité et progression, structuration et expansion. En dissonance, ces deux planètes accentuent les contradictions.

Saturne-Uranus

La contradiction ici est bien plus forte encore. Au mieux, la conjonction des deux planètes favorisera la synthèse entre des valeurs traditionnelles, passées, stables et constructives et des valeurs révolutionnaires, novatrices, tournées vers l’avenir et le risque. Le résultat peut être génial. En première Maison, il donnera une ouverture exceptionnelle et un désir irrépressible d’aller vers toutes les expériences, vers tous les types de connaissance. Mais l’aspect marque aussi un risque et dans des secteurs plus dangereux, attaqué par d’autres planètes, il peut exposer à des épreuves très douloureuses et très bouleversantes. Certains destins sont ainsi chahutés de façon irrésistible, explosés, bousculés, sans qu’on puisse rien y faire, si ce n’est tenter de s’adapter au changement, aussi violemment imposé soit-il. On retrouvera cette marque du destin dans le carré SaturneUranus ou dans l’opposition. L’hiver et le printemps de 1977 qui ont vu le carré de Saturne en Lion à Uranus en Scorpion, pendant près de cinq mois, ont marqué de façon indélébile bien des gens dont le thème était déjà porteur d’une dissonance entre le Lion et le Scorpion.

Saturne-Neptune

Il y a là encore contradiction entre une planète hyperstructurante et une planète dissolvante. Saturne peut se mettre au service de Neptune, peut exploiter l’intuition de façon constructive, corriger les aspects trop irrationnels de la pensée. Mais il peut aussi bloquer le flot intuitif, interdire l’utilisation de cette « science inconsciente », de cette ignorance inspirée. Si Saturne corrige le laxisme neptunien, l’association est bonne; s’il entrave une dimension psychique de l’être, elle devient négative. Dans la conjonction, le jeu est ambivalent; dans le carré, le conflit est clair; dans le sextile et le trigone, l’exploitation des deux dimensions de pensée devient efficace.

Saturne-Pluton

Deux planètes chargées de fatalité, d’épreuves. Deux planètes lourdes qui, si elles pèsent ensemble, deviennent menaçantes, surtout si elles se retrouvent dans un secteur d’épreuve, de maladie. Mais de quelle force ne disposent-elles pas si elles jouent par le biais du sextile ou du trigone! Quelle énergie, quelle force de caractère, quelle puissance! A celui qui le possède, rien ne résistera; aucune ambition ne pourra être entravée; il n’y aura jamais d’abdication. L’angoisse, la peur, le manque, deviendront autant de moteurs pour progresser, pour dépasser l’obstacle; aspect dur, certes, et sans tendresse aucune. Mais il signe les forts et les puissants. En quadrature, la dureté s’aggrave, le caractère est autoritaire, le besoin de puissance est pathologique. Parfois, simplement, les épreuves ne manquent pas.

Saturne-Lune Noire

Ensemble, ces valeurs accentuent le sentiment du sacrifice, de la solitude, du silence, de l’isolement artistocratique. En opposition, il y a toujours dans la destinée un moment où intervient une coupure profonde. L’absolu désiré ne peut jamais être atteint; la frustration est permanente. En trigone ou en sextile, le caractère est tout entier assoiffé d’absolu et de vérité. Il rencontre, à cet égard, des fortunes diverses… En quadrature, il y a toujours une épreuve, un manque à surmonter. En transit, j’ai vu Saturne passant sur la Lune Noire, ou la Lune Noire passant sur Saturne, entraîner de soudaines dépressions, des tentatives de suicide parfois, toujours une crise morale très dure mais aussi porteuse des plus remarquables prises de conscience. C’est le sacrifice qui, accepté, permet l’évolution.

 

 

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Les Planètes dans le Capricorne

Soleil en Capricorne

Il renforce toutes les caractéristiques du Capricorne. Le noyau profond de l’être est donc marqué avant tout par ce signe dont on a déjà pu apprécier les défauts et les qualités.

Lune en Capricorne

Marque souvent une enfance un peu triste ou une mère sévère, rigide, « moralisante », une mère qui en a fait trop pour son enfant, au risque d’installer en lui une culpabilité permanente. Bien soutenue, la Lune en Capricorne donne des qualités de sérieux; elle fait les enfants réfléchis, qui observent les adultes avec un regard sans complaisance et semblent comprendre plus de choses qu’il ne conviendrait. Parfois aussi cela tient à un certain isolement dans le jeune âge ou à des expériences précocement maturantes. Un fond mélancolique est toujours à craindre.

Mercure en Capricorne

L’intelligence est profonde, le désir de comprendre et de savoir insondable; avec beaucoup d’orgueil dans ce désir d’éloigner les frontières de sa propre ignorance. L’esprit est lent, structuré, apte aux analyses comme aux synthèses. C’est l’intelligence du philosophe plutôt que du poète. Mercure en Capricorne rend studieux, amateur de lectures difficiles; l’esprit n’est pas rebuté par l’effort. Ce peut être la passion des idées, la passion de la réflexion. Mal soutenu, il peut y avoir blocage devant certaines matières d’étude, à cause d’événements ayant marqué la jeunesse, ou complexe d’infériorité, peur de l’échec. L’élocution, parfois, est lente ou embarrassée. L’expression manque de brio.

Vénus en Capricorne

Cette Vénus est possessive, obstinée, très rigoriste. Elle retire de la passion à la relation amoureuse – la raison, le scepticisme du signe interdisant les grands élans —, et lui attribue en compensation de la solidité, de l’endurance, de la ténacité : cette Vénus se contente de peu (à la limite, elle vit d’amour platonique) ou alors, mais c’est plus rare, elle multiplie les expériences « utilitaires ».

Mars en Capricorne

En Capricorne, Mars est en exaltation. Position privilégiée de la planète qui dynamise ainsi le signe. Ce Mars appartient aux bâtisseurs, à ceux que nul obstacle ne rebute, aux bourreaux de travail, aux tenaces, aux énergiques. Bien soutenu, il permet d’espérer de belles réussites fondées sur le travail et la persévérance. Mal soutenu, les efforts peuvent s’appliquer de façon inadéquate, portés vers des entreprises négatives.

Jupiter en Capricorne

Jupiter introduit ici un sourire dans ce signe un peu sombre… il permet d’espérer en dépit des obstacles; il rend plus sociable, moins misanthrope, plus indulgent aux erreurs humaines, plus compréhensif aussi. Selon le secteur occupé, il peut prendre des significations diverses : ouvrir la personnalité, en Maison I, favoriser la réussite matérielle, accroître les dons de gestion, en Maison II, marquer la chance dans les études, en Maison III, assurer une sécurité dans la vie familiale, en Maison IV, etc. Même mal soutenu, il ne peut ici entraîner de vraies épreuves.

Uranus en Capricorne

Permet de faire bouger ce signe trop statique, favorise une pensée réformatrice et novatrice. Uranus est le maître nocturne du Capricorne et permet ainsi de dégager toutes les forces de changement qui s’y trouvent; l’ouverture d’esprit y est accrue. Mais Uranus met quatre-vingtquatre ans pour faire le tour du Zodiaque. Il est actuellement en Scorpion… Il faudra donc attendre plus de quinze ans avant qu’il revienne en Capricorne.

Neptune en Capricorne

Plus lent encore, Neptune nous renvoie à un passé déjà lointain. Personne de vivant aujourd’hui n’a Neptune en Capricorne. Il apporte au signe une dimension intuitive, peut donner un caractère visionnaire à l’homme politique qui l’a eu dans le passé et l’aura dans un lointain avenir. Les forces de l’inconscient peuvent enrichir cet être trop contrôlé. Ou le rendre fou.

Pluton en Capricorne

Cette fois, Pluton en Capricorne se perd dans la nuit des temps. Il n’apparaîtra pas en Capricorne… avant cinquante ans. Il était dans le signe opposé il y a cinquante ans. Soit plus de deux cents ans pour faire le tour du Zodiaque. Il fera des caractères durs et forts. Peut-être des tyrans. Le pouvoir exercera sur eux une fascination terrifiante. Ou bien on y verra les plus grandes énergies mises au service du travail, des constructions les plus ambitieuses. Nous avons encore le temps de méditer sur cette association qui peut faire supposer les plus grandes épreuves et les plus grands courages.

Lune Noire en Capricorne

Elle est ici plus licorne que partout ailleurs. Une place de choix lui sera faite un peu plus loin car la Lune Noire est un peu ma valeur symbolique d’élection. Maîtresse du Lion et du Capricorne, elle évoque d’un côté la Force du Tarot, représentant une femme ouvrant la gueule d’un lion de ses mains nues et portant sur sa tête le chapeau en forme d’infini; de l’autre, elle évoque la licorne, « l’unicorne » blanche, celle qui, captive, « meurt de soif au bord de la fontaine », porteuse de tous les désirs d’absolu et de tous les renoncements.

 

Comment interpréter les Signes dans les Maisons

Le Capricorne dans les Maisons

Capricorne en Maison I

Durcit la personnalité dans ses rapports avec les autres, donne une ambition forte, des possibilités de travail et de concentration exceptionnelles, de l’entêtement et une force de caractère qui confine à l’ascétisme.

Capricorne en Maison II

L’attitude du sujet envers les biens matériels, l’argent et son « territoire » est à la fois accapareuse et culpabilisée. Il ferme ses clôtures. Ce qui est à lui ne peut, en aucun cas, être prêté. C’est un épargnant-né. Souvent, des difficultés se présentent à lui dès qu’il cherche à faire fructifier ses acquis.

Capricorne en Maison III

Les contacts faciles et superficiels sont totalement rejetés. Grande exigence sur la qualité des relations. Rigueur morale, sévérité de jugement, réserve et laconisme dans tout ce qui concerne les rapports avec l’entourage proche, les frères, les sœurs, les cousins.

Capricorne en Maison IV

Les rapports du sujet avec sa famille sont froids, distants, réservés. Le détachement d’avec le foyer se fait très jeune, parfois dans l’enfance. Le caractère économe, austère et répressif du Capricorne donne à sa Maison les mêmes caractéristiques : un peu monacales.

Capricorne en Maison V

Les plaisirs sont dirigés vers une recherche méticuleuse dans un domaine choisi : la concentration de l’énergie vers un but austère pousse le sujet à l’érudition, aux durs travaux intellectuels réalisés dans les temps de loisir; peu de complaisance à l’égard des « distractions » : le sujet fait du labeur son vrai plaisir.

Capricorne en Maison VI

Rapports durs, utilitaristes avec les subordonnés, les collaborateurs, les employés. Pas la moindre tendresse pour les animaux, les plantes, tout ce qui dépend du sujet. Comportement très égal, discipliné, dans le travail quotidien. La répression saturnienne apparaît dès que s’immisce à l’intérieur de tâches régulières la moindre fantaisie.

Capricorne en Maison VII

Les associations, les contrats, le mariage sont suspects : traités avec froideur, appréhension, distance, méfiance. De ce fait, grande est la difficulté du natif à s’engager. S’il s’y décide, c’est tard dans la vie. A ce moment-là il reste fidèle à la parole donnée (et dûment signée) quoi qu’il lui en coûte.

Capricorne en Maison VIII

La mort et la sexualité qui s’y rattachent sont traitées sur un mode cynique et glacé, dans une observation méticuleuse, précise, des phénomènes physiques, chimiques et biologiques. Angoisse métaphysique du néant.

Capricorne en Maison IX

Les voyages ont toujours un but pratique et servent généralement l’ambition sociale et professionnelle du sujet. Lorsqu’ils revêtent un caractère gratuit, par exemple de vacances, ils sont malgré tout accomplis sous le signe d a devoir : il faut voir tel musée ou tel vestige, etc. Avant tout le « voyage intérieur », philosophique.

Capricorne en Maison X

Très bonne combinaison : ambition tenace et réussite obtenue par persévérance, concentration, travail personnel de longue haleine. Le Capricorne donne une très belle carrière dans ce secteur, quoique tardive. Mais elle n’en a que plus de poids, de valeur et de pérennité.

Capricorne en Maison XI

La Maison de l’amitié est certes très gelée par le Capricorne qui n’a rien d’expansif ni de démonstratif dans ses attachements. Sait-on même s’ils existent? En réalité, l’amitié est rare dans ce signe (rarement donnée, rarement reçue), mais lorsqu’elle a pris racine dans l’individu, elle a les qualités capricorniennes de stabilité profonde, de présence durable même si elle semble froide et plus que discrète. C’est quelqu’un sur qui l’on peut toujours compter.

Capricorne en Maison XII

Dans la Maison des épreuves et des grands obstacles, le Capricorne se trouve en pays connu : il les a, de toute éternité, prévus et « assumés ». Son détachement naturel, le frein systématique qu’il a mis à ses impulsions, lui donnent, face à l’adversité de l’existence, beaucoup de philosophie, de sang-froid et de maîtrise.

 

Cancer

Le Signe du Cancer

22 Juin – 22 Juillet

par

Sara Sand

La Symbolique du Signe

Le jour le plus long

Le 22 juin, le Soleil entre glorieusement dans l’été, illuminant de toute sa tendresse le signe du Cancer. C’est le solstice de juin, le jour le plus long de l’année ; le Soleil ne se couche qu’à regret, pour une courte nuit, pressé qu’il est de réapparaître à l’aurore. Dans les pays nordiques, il réussit même à ne pas se coucher du tout, et ce sont les fantastiques « nuits blanches » de l’été boréal.

Le 24 juin, on allume les feux de la Saint-Jean autour desquels danseront toute la nuit les amoureux.

Le Cancer n’est plus aujourd’hui dans le Cancer : la constellation ainsi nommée n’est plus dans la section zodiacale que traverse le Soleil entre le 22 juin et le 22 juillet. Au temps des Romains, le signe et la constellation coïncidaient. Mais Rome n’est plus dans Rome ! Aussi pardonnera-t-on au Cancer d’avoir quelque peu gambadé hors de son casier natal !

Ce glissement des constellations, dû à la précession des équinoxes, ne change rien à la valeur de l’astrologie. Car les Anciens, plus intelligents qu’on ne le croit, avaient lié le signe à une époque de l’année et à un animal : ainsi, la disparition de la constellation hors du champ zodiacal, à cette période, ne gêne personne.

Le symbolisme du signe reste donc toujours exact, comme l’est sa place dans le déroulement des saisons. Le Cancer est lié à une certaine qualité de la lumière, à la fraîcheur du début de l’été, à l’épanouissement des fleurs, à la saison des amours… Plus qu’une constellation, c’est un moment des rythmes cosmiques annuels. Le Soleil du Cancer n’est pas encore le feu ardent et écrasant qui brûlera la Terre au mois d’août. Ce n’est pas encore la canicule du Lion : c’est la promesse de l’aube, la joie du premier être créé dans le jardin d’Eden, l’innocence de la première aurore…

Tendre est la nuit

Rien n’est simpliste, en astrologie : le Cancer, qui débute avec le solstice d’été, n’en est pas moins un signe de nuit !

La nuit, il se passe des choses… des choses qu’on ne s’explique plus très bien au grand jour. La nuit, c’est le territoire des sorcières, des farfadets et des fantômes. Le monde invisible reprend ses droits. La nuit est le domaine de la Lune, du rêve, de l’irrationnel. Le Cancer y barbote avec délices ! Avez-vous remarqué comme les Cancériens détestent se coucher tôt ? Ils sont comme les enfants, qui ne veulent jamais aller au lit parce qu’ils ont le sentiment que c’est justement après le dîner que ça devient intéressant…

Sur le cercle du Zodiaque, le Cancer est analogique de la Maison IV : celle-ci, sous la ligne d’horizon AscendantDescendant, et sur le Fond-du-Ciel, est au cœur de la nuit. « A minuit, y a les voleurs, à minuit, y a les souris », chantaient les comptines d’autrefois.

Le Cancer vit à l’ombre, au fond de notre ciel. Animal secret, il se cache sous un rocher, dans le noir, au creux d’un trou. Il fréquente l’ombre océanique des fonds sous-marins, et fuit le grand soleil qui le déshydrate !

La Maison IV et le Cancer symbolisent le foyer et la vie domestique. Celle-ci se vit discrètement entre les murs d’une maison, par opposition à la vie publique, laquelle se vit au grand jour. Opposée à la Maison IV est la Maison X, celle des honneurs, de la carrière, de la réussite professionnelle en pleine lumière, qui est l’affaire du Capricorne (ce grand ambitieux qui ne sera content que lorsqu’il sera Mao, Staline ou Adenauer !). Bien entendu, les valeurs opposées sur la ligne du Zodiaque se mêlent et s’échangent : le Capricorne, signe d’hiver – et d’ambition -, veut réussir mais s’y emploie secrètement. Le Cancer, signe d’été – et d’ambition -, veut également réussir et que sa valeur soit reconnue au grand jour.

Les valeurs cancériennes attachées à la Maison IV ont toutes un rapport avec la nuit, l’ombre et le secret : elles renseignent sur la résidence du natif ou celle de ses parents, les héritages et les biens de famille, la vie familiale, la sépulture, la fin de la vie… Le mot clé du Cancer est : « intimité ».

Le premier-né des signes d’eau

La trilogie des signes d’eau commence avec le Cancer : la fécondation de l’oeuf ne peut se faire que dans un milieu humide. L’eau du Cancer est l’Eau-Mère, le liquide amniotique, l’eau originelle d’où est venue toute vie.

« Au commencement, dit la Genèse, la Terre était vague et vide… et l’esprit de Dieu planait sur les eaux »… C’est clair : toute vie a commencé dans l’eau !

Ensuite, au stade du Scorpion, l’être est un mutant : il doit se transformer, passer par les portes de la mort pour aller vers la plénitude de son destin. Pour terminer le cycle, à la troisième et dernière étape, celle des Poissons, l’être enfin accompli est capable d’atteindre l’amour absolu en se donnant totalement.

L’eau du Cancer, c’est la lagune, le rivage hospitalier, tandis que l’eau du Scorpion est le marais, et l’eau des Poissons, le vaste océan. Ces différents domaines ont varié suivant les époques et les pays : certaines traditions ont attribué la mer au Cancer et les rivières aux Poissons. Ceux-ci étant doubles, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’ils aient deux territoires (car ces pauvres chéris ont besoin de place !). Cependant, le crabe est parfaitement adapté au littoral : il peut respirer hors de l’eau, il est amphibie. Certaines espèces tropicales s’enfouissent même dans la Terre pour y retrouver de l’humidité. Le crabe me paraît donc très bien établi sur la lagune et la côte, dans les eaux adoucies par la présence des rivières, eaux bercées par la Lune des marées et grouillantes de vie. Les vivants ont besoin de lumière, c’est pourquoi la plus importante partie de la faune marine habite dans les cent premiers mètres au-dessus de la surface de la mer, souvent près du rivage. Les très grands fonds obscurs sont quasi déserts… L’océanographie donne raison à la tradition astrologique : le Cancer a besoin de l’ombre des rivages, mais il aime aussi la lumière… En résumé :.

  • Le Cancer est l’Eau génératrice de vie.
  • Le Scorpion est l’Eau purificatrice de la mort.
  • Les Poissons sont l’Eau mystique de la survie.

Intense est la vie émotionnelle des signes d’eau. L’eau symbole de fertilité et de tendresse, fluide et mobile, reçoit toutes les ondes qui la traversent. Les Cancers ont un sonar intérieur, sous leur carapace, qui leur permet de capter les échos les plus lointains.

Ils portent en eux des rêves infinis qui viennent d’autres mondes, ils ne sont pas encore tout à fait incarnés sur cette terre ; ils entretiennent encore des conversations avec les êtres éthérés qui peuplent l’astral.

L’eau du Cancer n’est pas sans analogie avec celle du baptême, par laquelle, selon la tradition chrétienne, l’enfant naît à la vie spirituelle. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’on fête Jean-Baptiste justement le 24 juin !

Le Cancer, signe fertile

Si le Bélier est le signe de la naissance, de l’éclatement des bourgeons au début de l’année (zodiacale), le Cancer, lui, se place neuf mois auparavant : bébé Bélier a été conçu fin juin de l’année précédente ! Aussi le Cancer est-il le signe de la fécondation.

Dans le sens Bélier Taureau Gémeaux -> Cancer, la progression se fait ainsi :

  • le Bélier est le principe masculin,
  • le Taureau, le principe féminin,
  • les Gémeaux, l’union des deux, mâle et femelle,
  • le Cancer, le commencement d’un nouvel être, à l’instant où le spermatozoïde féconde l’oeuf (ou l’ovule) femelle.

Cher petit Cancer, tendre et secret, comme votre symbole vous ressemble : voyez ce dessin

Deux foetus dormant face à face dans le sein de leur mère. Ou encore deux coquillages roses et dorés étroitement enlacés. Ce joli hiéroglyphe suggère un monde clos, abrité, tranquille, un jardin secret où travaille mystérieusement l’alchimie de la vie.

Comme le dit Marcelle Sénard : « L’hiéroglyphe du Cancer est bien l’image du processus de gestation préparant la naissance, celle de la vie dans l’oeuf : deux éléments- germes qu’on peut supposer de polarité opposée, tournant l’un autour de l’autre, s’attirent et finissent par s’absorber pour engendrer les organes de plus en plus différenciés d’un individu. Ces deux germes peuvent se comparer aux principes séminaux, spermatozoïde et ovule, aux rudiments d’une nébuleuse, d’un atome, d’une cellule vivante, ou enfin aux éléments matière-esprit de l’âme humaine. Il s’agit toujours de deux centres primordiaux d’énergie tourbillonnaire qui, par leur action électromagnétique réciproque, s’attirent, s’unissent, se différencient, se multiplient, et finissent par élaborer une entité complète. »

On ne saurait mieux dire !

Dans l’interprétation astrologique d’un thème, la tradition considère que le Cancer sur la Maison V est un indice de fécondité, éventuellement propice aux familles nombreuses (s’il est bien habité, naturellement !).

Le crabe n’est pas seulement fertile en astrologie : l’animal vivant est d’une ahurissante fécondité : il produit des millions d’oeufs qui éclosent sous forme de larves microscopiques dans le vaste océan. Très peu d’entre elles deviendront un jour des crabes à part entière. Du gâchis. Mais la méthode semble avoir une redoutable efficacité, puisque les crabes ont colonisé toutes les mers depuis le Jurassique (où ils étaient relativement peu nombreux).

Aujourd’hui encore, les pêcheurs du littoral ne savent plus comment lutter contre l’invasion du crabe chinois !

Le symbolisme de l’animal : les secrets du tourteau…

Peu importe que certaines étoiles fixes aient flippé hors de leur signe… L’intuition de

génie, c’est d’avoir identifié le Cancer-signe à l’animal-Crabe. A travers les siècles, tous les

natifs du Cancer continuent à se comporter comme l’animal. Cancers, si vous saviez…

Mais voyez plutôt :

Le Crabe est un fossile

Les ancêtres du crabe existaient déjà à l’ère primaire : les premiers crustacés font leur apparition au Cambrien (ce sont, à vrai dire, des « pseudo-crustacés »), il y a de cela cinq cents millions d’années. L’écrevisse, cousine germaine de notre crabe, barbotait voici cent cinquante millions d’années dans les lagunes du Jurassique, quelque part entre la butte Montmartre et la montagne Sainte-Geneviève, et le crabe, tel que nous le connaissons, est apparu peu après.

Ne vous étonnez donc pas qu’il ait une telle mémoire, qu’il adore l’histoire, la généalogie, les vieilles traditions. Nous autres, animaux des signes d’eau, avons assisté en spectateurs émerveillés aux premiers jours du monde, dans les Eaux-Mères de la Téthys, l’océan primordial. Aussi, pour nous, le temps ne compte-t-il pas : nous n’oublions jamais rien, et le passé continue à vivre intact à l’intérieur de nous-mêmes. Nous sommes de jeunes vieillards, ou d’éternels nouveau-nés…

Mais poursuivons en détail le portrait du crabe animal qui symbolise si bien son frère du Zodiaque.

La carapace

C’est la peur d’affronter la dure réalité. Foetus en cours de gestation, petit Cancer se sait vulnérable : il n’est pas mûr pour courir le vaste monde. il se terre sous son trou de roche en attendant d’être grand !

Les pattes

Quatre paires en général, plus les pinces (c’est pour cela que les crabes sont baptisés « décapodes »). Mais avouez que la quantité ne remplace pas la qualité ! Le Crabe ne galope pas bien loin, le pauvre, et son énorme carapace doit lui peser mille tonnes. Vous comprendrez maintenant la passivité et l’immobilité du crustacé zodiacal, son attachement fidèle à sa grotte natale tapissée d’anémones de mer et d’éponges… Le crabe marche en biais, il n’attaque pas de front, voilà pourquoi Mars est en chute dans le signe. Notre Cancer déteste attaquer, il préfère contourner l’obstacle, et il n’agit qu’à l’intérieur de son territoire.

Les pinces

Par contre, quand un bigorneau étourdi vous tombe sous la pince, aïe ! Vous lui faites sa fête, n’est-ce pas, mon crabe ? Ce que vous saisissez, vous ne le lâchez jamais. La persévérance des crustacés est, depuis des millénaires, un sujet de conversation au fond des lagunes…

Les antennes

Oui, mon crabe, vous devinez tout ! Vos antennes symbolisent votre fine intuition et vos dons de médium.

Enfin, vous avez toujours eu une vie bien réglée : au rythme des marées. L’onde lunaire amène le flot et ramène le jusant, et les crabes attendent que ça passe. Ils sortent à marée haute et dorment à marée basse, quand leur trou est à sec. Comprenez, bonnes gens, que votre crabe préféré est entièrement soumis à l’influence de la Lune, c’est ce qui explique son comportement un peu bizarre parfois. Laissez-le vivre à sa fantaisie…

Enfin, ce crabe, il est tout ce qu’il y a de comestible : la chair est tendre et fine sous sa carapace. Quelle sensibilité ! il est habillé de beauté : les demoiselles (ou étrilles) sont bicolores, bleues et orange, chatironnées de noir, avec des cils sur les pattes. Les tourteaux ont d’exquises nuances roses et brunes, et que dire des crabes verts, des crabes-gants, des crabes violonistes, des crabes chinois ?

Infiniment sensitive, tendre, artiste, telle est notre bête-totem, au fond sans défense. Voilà pourquoi elle se retrouve un jour dans nos marmites… Le Cancer est habituellement représenté par un crabe, mais aussi, parfois, par une écrevisse et, dans l’antique Zodiaque égyptien, par un scarabée. (On reste, de toute façon, dans les bêtes à carapace!)

L’oeuf du Cancer

L’idéogramme du signe 9 comme l’explique Marcelle Sénard (ci-dessus) suggère un espace clos, un lieu intérieur où germe la vie : un oeuf ! Objet fragile, infiniment précieux, qui a besoin de chaleur maternelle et de protection pour mener à bien sa métamorphose… Tel est aussi notre Cancer.

Cependant, l’ambivalence fondamentale d’un tel symbole n’a pas échappé à certains : si l’oeuf est le berceau de la vie, il est aussi, dans la tradition alchimiste, une prison hermétiquement fermée, puisque les éléments contenus à l’intérieur ne peuvent en sortir, sinon par une mutation profonde. L’oeuf peut pourrir… Il est essentiellement dépendant, il a besoin d’une source d’énergie extérieure pour évoluer. (C’est ainsi que je m’explique l’attirance des Cancers pour les Lions, les Béliers, les Capricornes, et surtout les Scorpions : le feu martien est cette énergie dont ils ont besoin… au risque de s’y brûler !).

Cette énergie extérieure, chaleur indispensable, provoque à l’intérieur de l’oeuf des

réactions chimiques d’une extrême intensité. Ainsi, l’oeuf est à la fois passif extérieurement et actif intérieurement. L’espace clos entre les pinces de l’idéogramme est le creuset des alchimistes, le cercle magique à l’intérieur duquel naît une nouvelle matière. Un grand mystère…

Étymologie du mot Cancer

En latin, cancer signifie écrevisse, que l’on nomme en grec karkinos. Ces vocables sont proches du sanscrit karkatah qui désigne la cuirasse (mais aussi l’écrevisse).

Le signe du Cancer est karkatakam en sanscrit, qui est également le nom du serpent, symbole de ce qui est caché, de « l’obscurité indispensable à la gestation » (M. Sénard, op. cit.), symbole de mort et de vie éternelle.

Nombreuses sont les correspondances que l’on retrouve dans d’autres cultures : par exemple, selon M. Sénard, « la quatrième lettre de l’alphabet runique est os, qui signifie sein maternel, ou bouche. En allemand, la bouche se dit mund, et la Lune, mond…

Comment ne pas penser au « stade oral » des psychanalystes, stade du nourrisson où les

échanges avec le monde extérieur se font surtout par la bouche ?

Signe féminin et signe négatif

Pour être franche, cela m’ennuie que les signes féminins soient dits par la tradition « négatifs ». Cet adjectif n’est pas sympathique, il évoque une vieille misogynie émergeant du fond de la poussière des siècles. Que le Cancer soit un signe féminin ne pose pas de problème, c’est dans sa logique même : signe d’eau, signe de vie, signe lunaire, tout cela est bien dans le génie féminin.

Mais « signe négatif » ? La tradition entend par là indiquer une certaine passivité attribuée à l’élément féminin : de fait, au moment de la conception, l’ovule est passif et le spermatozoïde actif.

Le Cancer est donc un signe récepteur, sensible aux influences. Il emmagasine ses impressions, il reçoit, il accueille. Les valeurs d’accueil sont bien celles dont nous manquons aujourd’hui, dans une civilisation occidentale qui a privilégié jusqu’ici l’agressivité masculine. (Le jeune loup cadre supérieur, « young executive » aux dents longues, est-il vraiment le seul modèle masculin que nous puissions imaginer ?). Il faudrait réhabiliter les valeurs féminines « négatives », éliminer le préjugé défavorable qui s’y rattache, et repenser le monde dans l’optique chinoise : sur la roue du Tao, alternent les deux symboles antagonistes et complémentaires, le yang, énergie masculine « positive », et le yin, énergie féminine « négative ». Aucune des deux n’a la supériorité sur l’autre, aucune des deux ne peut se passer de l’autre. Et Dieu lui-même est yang et yin à la fois.

Dans la symbolique chinoise, le yang culmine au solstice d’été tandis que le yin culmine au solstice d’hiver : le pôle masculin est lumière, et le pôle féminin, ombre. Le Cancer est yin, puisque c’est un signe nocturne, signe d’eau, signe d’ombre, signe féminin ; mais il porte en lui un élément yang, puisqu’il correspond au solstice d’été. On ne peut pas ne pas évoquer la théorie de Jung, selon laquelle nous sommes tous animus et anima, chacun de nous portant en lui les deux principes mâle et femelle, aucun de nous n’étant exclusivement tout l’un ou tout l’autre. Le Cancer est anima, mais son subconscient est animus. Il est d’abord sous la maîtrise de la Lune, féminine, mais Jupiter, astre masculin, est chez lui en exaltation.

Pour en revenir à notre Cancer, signe féminin et négatif, la tradition lui a donc attribué un lot de défauts et de qualités : inertie, obstination, apathie, indolence, crainte, inactivité (nous avons vu que c’était une inactivité « extérieure » seulement). Mais aussi : magnétisme, bonté, intuition, prescience des lois secrètes de la vie. Le Cancer sait des choses que les autres ignorent. Le Cancer a la sagesse des vieux et la lucidité des jeunes. « Ces choses sont cachées aux savants et aux puissants, mais sont révélées aux petits ! »

Petit Cancer, sourcier du Zodiaque, vous serrez entre vos pinces la clé des songes. Mais n’est-ce pas vous aussi qui avez ramassé au fond de la mer la clé perdue de la ville d’Ys ?

La pourpre cardinalice

Oui, le tourteau est cardinal. Vous avez vu sa cappa magna du plus beau rouge ?

Un signe cardinal est un signe-charnière (du latin cardo : gond ou pivot), un signe qui ferme une saison pour en ouvrir une autre. Quelles sont les caractéristiques des signes cardinaux ? Mouvement, activité, énergie, action rapide, ambition, impatience, changement brusque de buts, anxiété, désir d’attirer l’attention du public. Ces traits de caractère considérés comme masculins, correspondant en tout cas à l’énergie yang, sont tout à fait opposés à ceux des signes féminins ou négatifs décrits plus haut.

Comment peut-on être à la fois passif et actif, inerte et porté à l’action rapide ?

Et l’on voit ici combien la tradition astrologique est intelligente, comme l’inconscient collectif des peuples anciens a su traduire la réalité de la vie, complexe, contradictoire, ondoyante et diverse.

Si le Cancer est sous une dominante lunaire féminine, la notion de signe cardinal vient nous rappeler qu’il ne faudrait pas pour autant occulter la composante masculine du signe. Elle est symbolisée par Jupiter, roi des dieux et personnage tellement masculin qu’il en est presque caricatural dans la mythologie, avec ses colères théâtrales, sa vanité, son activité, son donjuanisme olympien. L’énergie du signe cardinal jupitérien se manifeste assez visiblement chez certains Cancers dont l’activité et l’ambition débordantes justifieraient la pourpre cardinalice… Voyez Mazarin : un modèle du genre !

Signe muet, signe de faible constitution, signe de difformité

La tradition classe notre petit décapode dans les « Signes muets ». Ce n’est pas sans raison : le Cancer n’est bavard qu’à ses heures, seulement quand il trouve une oreille accueillante (Scorpionne ou Poissonne de préférence). Sinon, il passe beaucoup de temps « dans la Lune« , à rêver le nez en l’air, à faire des bulles (offrez-lui des bandes dessinées…).

Il aurait tant de choses à dire ! Mais il ne peut en extérioriser qu’une faible partie : les langues humaines sont si pauvres en mots pour traduire les intuitions, les rêves, la vision des autres mondes auxquels accède le Cancer. S’il s’exprime, c’est dans la meilleure tradition des icebergs : le volume émergé n’est guère qu’un dixième du volume total. Il ne peut d’ailleurs émerger sans risquer de fondre…

« Signe de faible constitution » : c’est le cas aussi des deux autres signes d’Eau. Notre Cancer est facilement geignard et dolent. Cela agace les signes de Feu. Il est si émotif que la moindre angoisse ou contrariété se matérialise en maladie diffuse, impossible parfois à diagnostiquer avec précision (souvent dans la région ‘de l’estomac). Mais si Jupiter est puissant chez un individu, l’optimisme qu’il lui prête contribue à le faire vivre finalement aussi bien qu’un autre… en lui permettant de surmonter les dépressions nerveuses qui sont souvent le lot des signes d’Eau.

« Signe de difformité » : les Anciens assuraient que les signes « à visage humain » (Gémeaux, Vierge, Sagittaire, Verseau) prêtaient au natif des traits réguliers ; c’étaient, avec la Balance, des « signes de beauté ». Le pauvre Cancer, lui, était carrément classé dans les « signes de difformité », autant dire dans les signes de laideur !

Certes, le Jupitérien a tendance à être gros et rougeaud, et le Lunarien trop arrondi pour les canons esthétiques de notre siècle. Cependant le Cancer porte toujours en lui quelque chose de l’enfance, qui lui donne du charme.

La Mythologie du signe

En Egypte

Sur le Zodiaque égyptien connu sous le nom de « Zodiaque du second Hermès » et étudié par le père Kircher au XVIIe siècle, le Cancer est occupé par Hermanubis-Thot, divinité à tête d’Ibis, que les Grecs ont appelé Hermès.

Thot est un dieu lunaire, auquel est attribué le calendrier, avec la division du temps en jours, mois, saisons ; il est le dieu des nombres, celui de la science, et c’est lui qui aurait inventé l’écriture. Dans cet antique Zodiaque égyptien, Thot est accompagné par le crocodile « dont le nom en sanskrit, makara, est celui du signe du Capricorne, complémentaire du Cancer« .

« Dans le Zodiaque représentant les constellations australes (toujours d’après le même père Kircher) Thot est représenté dans le Cancer par sa tête d’Ibis, mais c’est le dieu Anubis à tête de chacal qui occupe la place principale. Il tient une lance avec laquelle il transperce un chien qui représente sans doute Seth, le principe des ténèbres. Or Anubis était l’ensevelisseur d’Osiris, le Soleil mort, (…) qui devait renaître sous le nom d’Horus. Osiris était non seulement le Soleil disparu, mais chaque homme qui doit retourner en la sombre demeure d’Anubis pour recouvrer les forces nécessaires à une vie ultérieure (…) Anubis symbolise donc l’énergie de conservation de la vie (…) antérieure à une nouvelle période de manifestation. (C’est) la vie cachée, la gestation préparatoire à la naissance, ou à la renaissance.

« Enfin, dans le Zodiaque des constellations boréales selon Kircher, c’est Horus (…) à tête d’épervier, le Soleil renaissant, qui occupe le Cancer, avec Osiris, le Soleil mort (…). Horus à tête d’épervier est le dieu vengeur de son père Osiris tué par Seth, dieu des ténèbres qu’il chasse et détruit ; comme tel, il est le dieu de la lumière renaissante, et est représenté sous la figure d’un enfanta. »

Que le lecteur me pardonne cette longue citation de Marcelle Sénard, avec cette histoire un peu embrouillée. Elle permet, malgré la complexité des personnages, de comprendre quelle idée les Egyptiens se faisaient du signe du Cancer. Ils voyaient la vie comme une trajectoire vers l’éternité, rythmée par une série d’étapes successives où la mort n’était qu’un passage entre deux vies, et toute naissance, en fait, une re-naissance. Pour les Egyptiens, tout vivant parcourt un cycle à deux temps : vie, mort, renaissance, mort, etc. Le Cancer était déjà, il y a des millénaires, la nuit qui prépare le lever du jour, l’obscure gestation qui précède la vie.

Conception un peu différente de la nôtre, puisque, dans notre tradition occidentale, l’idée de la réincarnation n’est pas explicite. Aussi avons-nous l’habitude de penser qu’une naissance se produit à partir du néant.

Dans la tradition égyptienne, le Cancer est plus un re-commencement qu’un commencement, et la génération spontanée n’existe pas.

D’autre part, sur les bords du Nil, l’énergie cancérienne a souvent été représentée par le scarabée. « Dans le Zodiaque de Dendérah, l’animal représentatif du Cancer n’est pas le crabe ou l’écrevisse, mais le scarabée, vénéré en Egypte (…) et assimilé au Soleil levant’. »

Dans la tradition astrologique hindoue

Le quatrième signe symbolise les quatre états de Brâhma le Créateur. Il est :

  1. Le seigneur suprême : Ishwara, et le bienfaisant Sadashiva.
  2. La causalité suprême : Prajnâ ou Maheswara.
  3. Celui qui est la vraie réalité au milieu de la diversité de l’univers : Brâhma.
  4. Celui qui illumine et fait vivre toutes choses : Vishnou.

Le quatrième signe symbolise encore les quatre états par lesquels passe la conscience, ainsi que les étapes de la Création : connaissance directe et sensorielle, état de réceptivité précédant les phénomènes de perception (ou conscience de veille), perception extra- sensorielle, et enfin l’objet même de la perception.

La constellation dans la tradition gréco-arabe

Le Cancer, représenté dans l’Antiquité par ‘une écrevisse ou un crabe, est une constellation boréale qui comprend 83 étoiles, assez petites. La plus brillante, aujourd’hui dans le signe du Lion, est Acubens, dans laquelle les Arabes voyaient les pinces du Crabe, lieu secret où l’on peut se cacher, où l’on est protégé (El Zubanah : les pinces).

Au centre de la constellation, se trouve un amas d’étoiles appelé la « crèche » (Proesoepe), ou la « Ruche », parce que, selon la tradition antique, les âmes progressaient sous forme d’abeilles sur la Voie lactée pour arriver au « portail » du Cancer (toujours cette idée, attachée au signe, d’entrée dans une nouvelle vie). La constellation du Cancer est encore appelée, en latin, Ardens : la borne de la course du ciel.

Dans cette constellation (mais actuellement dans le Lion), se trouvent aussi les Anons : Anon nord – ou boréal – et Anon sud – ou austral (qui, d’ailleurs, est réputé être une ânesse !). Quant à l’amas Proesoepe, il s’appelle en arabe Al-Malaf : le sac à avoine que l’on suspend au cou des chevaux et des ânes… Cette histoire de crèche et d’âne ne vous dit rien ?

Pour les chrétiens, c’est Noël. La Nativité, c’est-à-dire la naissance du Christ. Étrange coincidence des vieux mythes autour de la Méditerranée.

Hercule/Héraclès et l’Hydre de Lerne

Vous pouvez toujours dire à vos amis Cancer que le mythe d’Hercule a quelque chose à voir avec leur signe : cela leur fera plaisir ! Hercule a une assez bonne réputation depuis l’Antiquité, c’était le Superman des Grecs...

On sait qu’Hercule (en grec, Héraclès) dut, pour réparer les crimes qu’il avait commis dans un instant de folie, accomplir douze travaux au service d’Eurysthée, roi d’Argos.

Le deuxième de ces travaux, la victoire sur l’hydre de Lerne, fait intervenir un crabe très cancérien… Voici l’histoire.

L’Hydre était une sale bête, une espèce de pieuvre à corps de chien, de forme in- définissable – certains disent qu’elle avait sept têtes, d’autres cinquante, ou même cent… Quoi qu’il en soit, cette horreur habitait au fond d’un marécage dans le lac de Lerne, « lieu-dit » situé en Grèce dans la province d’Argolide, près de la mer. L’endroit, sinistre à souhait, était, croyait-on, une entrée des Enfers. (Notez bien l’élément souterrain qui se rattache toujours aux mythes cancériens : le Cancer est signe de nuit et de secret !

Notez aussi que l’hydre, comme l’indique son nom en grec, est une bête aquatique et amphibie, comme notre cher vieux crabe !).

Selon la tradition antique, le lac de Lerne était sans fond. L’empereur Néron, qui fit procéder à des sondages, ne réussit pas plus que ses prédécesseurs à atteindre le fond.

D’innombrables voyageurs imprudents s’enlisaient dans les marais autour du lac, dont les chenaux mouvants se modifiaient à chaque crue des rivières souterraines.

Bref, dans cet endroit maléfique, le monstre à têtes multiples attirait ses victimes en provoquant des mirages. Ainsi, les troupeaux de bovins croyaient-ils apercevoir au loin de verts pâturages, genre irlandais ; humant déjà l’herbe savoureuse, les pauvres bêtes se précipitaient dans le marais où elles s’enlisaient alors dans la vase putride. Les voyageurs – ou les boeufs – qui échappaient aux vases mouvantes n’avaient aucune chance de sur- vivre, car ils étaient bientôt asphyxiés par les vapeurs pestilentielles émanant du marais… l’haleine empoisonnée de la bête !

Héraclès, pressenti pour délivrer la Grèce de cet hôte indésirable, arriva à Lerne devant le repaire de l’hydre, accompagné de son neveu Iolaos. Pour obliger le monstre à sortir, il lui lança des flèches enflammées – en respirant le moins possible pour ne pas être asphyxié ! La pieuvre géante sortit et enroula ses tentacules autour des jambes du héros pour l’immobiliser. Héraclès frappait, frappait, avec sa célèbre massue en bois d’olivier, pourtant magique… mais chaque fois qu’il avait réussi à écraser une tête, elle repoussait immédiate- ment ! C’était désespérant…

Puis la situation s’aggrava : un crabe géant sortit du marécage pour attaquer le héros, qu’il mordit méchamment au pied. Héraclès, rendu furieux par la douleur, sentit ses forces décupler sous l’effet de la colère : il écrasa vigoureusement le crabe, puis appela Iolaos à la rescousse. Celui-ci alluma un incendie dans le bois de Lerne, qui borde le lac. En effet, pour éviter que les têtes de l’hydre ne repoussent aussitôt, il fallait brûler la chair à l’endroit où elles avaient été coupées. C’est ce que fit Iolaos avec des branches enflammées.

Ensuite Héraclès s’arma d’une faucille d’or (en forme de croissant, symbole lunaire !) et décapita la tête centrale de l’hydre (laquelle était, dit-on, en partie du même métal).

Il enterra cette tête encore vivante, secouée d’épouvantables soubresauts et sifflant toujours, sous un amas de rochers près de Lerne. Il préleva la poche à venin dans les entrailles de l’hydre et y trempa la. pointe de ses flèches : ainsi « curarisées », elles devenaient mortelles à la moindre égratignure 1.

Héra, c’est-à-dire Junon, femme de Jupiter, qui détestait Héraclès et avait provoqué l’apparition du crabe, voulut récompenser cet allié malheureux : elle le transforma en constellation pour l’éternité, en lui assignant une place parmi les douze signes du Zodiaque. Quant à Eurysthée, il estima qu’Hercule n’avait pas vraiment fait son travail, puisqu’il n’aurait jamais réussi sans l’aide d’Iolaos.

Ce mythe, très intéressant à étudier, appelle plusieurs commentaires. Il y a d’abord une menace de l’invasion des eaux : selon certains auteurs antiques, l’hydre aurait été la source de rivières souterraines dont le débordement inondait dramatiquement la région, noyant gens et troupeaux. Voilà pourquoi Héraclès devait assécher le terrain par le feu et drainer (ou obstruer) les canaux, probablement symbolisés par les tentacules de la pieuvre. Certains historiens pensent que les sept têtes de l’hydre correspondent aux sept chenaux de l’embouchure du fleuve Amymoné, qui se jette dans la mer près de Lerne.

Quoi qu’il en soit, nous pataugeons ici dans un monde amphibie, dans les eaux grouillantes de vie qui précèdent la naissance du monde. Mais la naissance ne peut se faire qu’au prix d’un grand effort : il faut arracher la Terre aux Eaux-Mères, arracher le Cancer à ses eaux maternelles pour l’amener à devenir un être autonome.

Si les eaux stagnent, elles deviennent putrides, l’oeuf pourrit, l’enfant ne peut naître.

Héraclès/Hercule représente l’énergie extérieure qui permet à la vie d’éclore. Il arrache le pays de Lerne à sa nuit marécageuse et lui permet de vivre enfin. Le Cancer a besoin de l’énergie solaire, et c’est ici que le mythe de l’hydre de Lerne est vraiment très cancérien, et la personnalité même d’Héraclès très significative. Fils de Jupiter, maître des dieux (exalté dans le signe du Cancer !), Héraclès apporte donc l’énergie jupitérienne pour drainer le marécage. On sait que Jupiter est un astre « de feu », un « soleil en petit », bénéfique et lumineux.

La nature jupitérienne d’Héraclès est indiquée assez clairement par le feu : les flèches embrasées qu’il lance d’abord sur l’hydre pour l’obliger à sortir de son trou, et ensuite l’incendie qu’il allume avec l’aide d’Iolaos pour brûler les blessures de la bête. Le dynamisme jupitérien est indispensable au Cancer : ce feu l’aide à sortir du marécage intérieur, dans lequel il croupit passivement.

L’hydre à multiples têtes, qui évoque une pieuvre, laisse penser que la légende est d’origine crétoise ou, du moins, qu’il y aurait eu à Lerne (et certains indices le confirment) à une époque reculée, des « prêtresses de l’eau » qui rendaient un culte sacré à cet élément et à la pieuvre. L’eau ici est maléfique/bénéfique, ombre et lumière, toujours cette dialectique du jour et de la nuit, du solstice d’été brillant au-dessus de l’eau primordiale.

Vie et mort d’Héraclès

Le venin de l’hydre finit par causer la mort du héros. Celui-ci, d’après la prédiction de Zeus, « ne pourra jamais être tué par aucun homme vivant. Seul un ennemi déjà mort pourra le faire périr ».

Or Déjanire, femme d’Héraclès, souffrait des infidélités de son mari. Cherchant un philtre d’amour pour s’assurer l’attachement éternel de celui-ci, elle eut l’idée d’utiliser le venin de l’hydre, enfermé par Hercule dans un vase scellé. A vrai dire, elle n’avait pas une idée bien précise de ce que c’était… Elle imprégna de venin une chemise de cérémonie neuve (en pure laine vierge) qu’elle fit porter à son époux, lequel devait célébrer les fêtes du solstice en grande tenue. Héraclès la mit sans méfiance. Mais au cours de la cérémonie, il commença à ressentir d’intolérables brûlures sur tout le corps et comprit qu’il allait en mourir. Il se fit porter sur un bûcher pour abréger ses souffrances (toujours le feu, lié à ce personnage jupitérien), pardonna à Déjanire qui avait été plus bête que méchante, et mourut avec dignité.

Son père Zeus/Jupiter l’accueillit triomphalement parmi les immortels de l’Olympe, et lui attribua les fonctions de « Portier du Ciel », parce que sa mort avait eu lieu au solstice d’été.

Pour, les Anciens, l’année était une porte de bois de chêne tournant sur un gond (en latin, cardo, d’où les signes cardinaux, comme le Cancer, qui ouvrent une saison). Au solstice d’été, le 21 juin, cette porte est ouverte au maximum. Ensuite, au fur et à mesure que les jours raccourcissent et que l’année s’avance, la porte se referme peu à peu, jusqu’au solstice d’hiver en Capricorne.

Remarquons aussi qu’Héraclès fut, durant sa vie terrestre, le protégé d’Athéna/Minerve.

Elle lui avait indiqué où trouver le repaire de l’hydre. Or Athéna est la déesse de la sagesse, des sciences, des arts, des lettres, des mathématiques. Ceci rappelle les attributs du dieu Thot, lequel règne sur le Cancer dans le Zodiaque égyptien dont nous avons parlé plus haut. Le Cancer est signe de sagesse, il sait ce qui est caché à d’autres. Voilà pourquoi le natif marqué par ce signe manifeste une si vive curiosité de tout ; il est souvent cultivé, voire extrêmement érudit.

Bien d’autres éléments de la légende d’Hercule en font le « saint patron » du Cancer. Par exemple, sa célèbre massue en bois d’olivier sauvage, lequel était l’arbre de l’année nouvelle, symbole de renaissance et de renouveau.

L’enfance d’Héraclès est semée d’allusions cancériennes. Par exemple, l’origine de la Voie lactée : Alcmène, mère de notre héros, le cache dans un buisson aux environs de Thèbes, parce qu’elle craint la jalousie de Héra/Junon (femme légitime de Zeus). Justement, voilà Héra qui passe par là. En voyant ce bel enfant affamé, elle ne peut s’empêcher de lui donner le sein ; mais l’enfant se jette dessus avec tant de vigueur qu’il lui fait mal. Héra, de douleur, laisse tomber le jeune glouton, et le lait répandu deviendra la Voie lactée… Rappel du thème cancérien de l’allaitement, de la difficulté du servage. Et la Voie lactée est le chemin qu’empruntent les âmes pour arriver à la Porte du Cancer. Cette légende de la Voie lactée rend un son très « oedipien », au sens qu’a donné Freud à ce mot. J’en parlerai plus loin.

Il y a aussi l’épisode des serpents : on se souvient qu’Héra/Junon, toujours folle de jalousie, avait une nuit envoyé deux serpents « à raies bleues et au venin mortel » dans la chambre où le petit Héraclès dormait avec son frère jumeau. Mais Jupiter/Zeus, averti de la chose, illumina la chambre, ce qui réveilla les enfants et permit à notre héros d’étrangler purement et simplement les deux serpents, manifestant pour la première fois cette force « herculéenne » qui sera la sienne. On peut voir dans cette histoire un thème très cancérien : la victoire de la lumière solaire et jupitérienne sur la nuit et la mort.

Œdipe et son complexe

Enfin, on ne saurait survoler les mythes grecs rattachés au Cancer sans parler d’Œdipe.

Pour ceux qui l’ont oublié, voici le récit de ses malheurs, avant Freud :

Un oracle avait prédit à Laïus et à Jocaste, parents d’Œdipe, que leur fils tuerait son père et épouserait sa mère. Laïus et Jocaste, affolés, « exposent » le nouveau-né, c’est-à-dire l’abandonnent dans la nature pour qu’il y soit la proie des bêtes sauvages. Un berger passe par là, recueille l’enfant, et vient l’apporter à Polybe, roi de Corinthe, qui l’adopte et le fait élever princièrement.

Or, voilà qu’Œdipe, ayant atteint l’âge adulte, apprend l’oracle fatal, tout en croyant que Polybe est son vrai père. Pour ne pas risquer de lui nuire, il s’éloigne du palais, et s’en va à l’aventure sur les chemins creux de la Grèce antique. Un jour, il rencontre un inconnu avec lequel il se prend de querelle : ils se battent, et Œdipe le tue…

C’était Laïus, mais Œdipe ne se doute pas de la chose ! Puis il arrive devant la ville de Thèbes, très assombrie par la présence du Sphinx : Œdipe devine l’énigme que lui propose le monstre qui, par dépit d’avoir trouvé un humain plus malin que lui, se jette dans la mer toute proche. Les Thébains font un triomphe à l’inconnu qui les a débarrassés de la sale bête. Ils proclament Œdipe roi, et lui font épouser la reine Jocaste… toujours sans savoir qui il est réellement !

Pendant longtemps, Œdipe ignore la vérité et profite de son bonheur avec innocence.

De ce mariage incestueux naissent même quatre enfants. Puis un jour, il apprend tout.

De désespoir, il se crève les yeux, cherche plus ou moins à se suicider, et se cache au fond de son palais dont ses fils le chasseront.

Freud a longuement parlé de ce mythe qui éclaire le « stade oedipien » de l’enfance : tout jeune garçon éprouve, un jour ou l’autre, le désir « d’épouser sa mère » et de se débarrasser- de son gêneur de père ! La légende grecque évoque le cas douloureux d’un homme qui n’a pas pu « tuer son père » fictivement alors qu’il était enfant, ce qui l’amène à le tuer réellement une fois adulte, pour ensuite épouser sa propre mère (dont il n’a pu se détacher affectivement).

On retrouve ici le problème fondamental de tout cancérien : l’attachement à la mère, la rivalité avec le père s’il s’agit d’un garçon. Dans le cas du Cancer, le respect filial empêche l’enfant de s’opposer à son père pour affirmer son autonomie, tandis qu’une trop forte influence lunaire l’empêche de se détacher de sa mère. Le Cancer dépasse difficilement, ou tardivement, le stade oedipien. Tout a été dit sur ce sujet par les élèves de Freud, et les autres, mais on a omis de remarquer quelques détails, sous une lumière « astrologique » :

Œdipe résout l’énigme du Sphinx, car il devine tout – il sait ce que les autres ignorent, – sauf en ce qui le concerne : le Cancer, extraordinairement sagace pour ce qui regarde autrui, est aveugle sur son propre destin (d’ailleurs, Œdipe se crève les yeux !) Cependant, il passe brillamment l’examen du Sphinx : quelle étrange combinaison, dans un même être, de maturité intellectuelle et de flagrante immaturité affective ! Voilà bien un vrai Cancer, enfant attardé, mais cependant d’une si grande curiosité qu’il emmagasine un vaste savoir.

Œdipe devient roi : cela est tout à fait dans la nature jupitérienne du crabe, chanceux et ambitieux. On n’en attendait pas moins de lui !

Œdipe finit misérablement, en s’auto-punissant, en se culpabilisant totalement : c’est aussi dans la ligne du Cancer, lequel a très souvent tendance à retourner son agressivité contre lui-même. Il est, plus qu’un autre signe, accessible à la dépression nerveuse. Il se tourmente, se torture même, des mois durant et des années, en se culpabilisant vis-à-vis de ses parents. S’il s’en sort, la dépression nerveuse lui permet de mûrir. Sinon, il se noie. Ainsi Œdipe devient-il une épave…

Le Cancer est un signe d’eau prolifique : ainsi, Œdipe a quatre enfants de Jocaste, ce qui est beaucoup, vu la différence d’âge entre sa mère et lui ! Il vit longtemps heureux en famille, ce qui est bien dans son génie du bonheur intime et familial. Il est extrêmement populaire dans Thèbes : la Lune, maîtresse du signe, est symbole de la foule, et de la popularité.

La Lune étant, dans un thème masculin, symbole à la fois de la mère et de la femme, le mythe oedipien illustre de façon frappante cette confusion, « noeud » de la condition Cancérienne.

Le Symbolisme lunaire

Les valeurs lunaires et cancériennes coïncident si bien qu’il est difficile de les différencier les unes des autres. On peut dire que l’action lunaire actualise les virtualités cancériennes.

Ce qui frappe d’abord l’observateur, dans le rythme lunaire, c’est la rapidité de son évolution. La lune, « planète » la plus rapide, symbolise la mobilité, la fluidité, les états d’âme changeants. C’est pourquoi, elle préside aux activités quotidiennes humaines.

Par exemple, toute la vie agricole depuis la préhistoire a utilisé les phases de la Lune.

De nombreux textes anciens en parlent, et notamment le poète grec Hésiode, dans les Travaux et les Jours (VIIIe siècle avant Jésus-Christ), ou le poète latin Virgile, contemporain d’Auguste, dans les Géorgiques :

« La Lune elle-même a rangé les différents jours favorables aux différents travaux.

Evite le cinquième : les Euménides naquirent ce jour-là;(…). Le dix-septième jour est favorable à la plantation de la vigne, au dressage des boeufs capturés et au travail des lisses qu’on attache au métier ; le neuvième est plus propice aux évasions, contraire aux larcins. » (Géorgiques, Livre I.)

Pendant la première moitié du XXe siècle, on s’est moqué de ce souci qu’avaient les paysans d’antan de faire coïncider le calendrier agricole avec le calendrier lunaire : la Lune régnait alors sur des civilisations à prédominance paysanne et nul ne songeait à discuter son influence. Or, on s’aperçoit aujourd’hui, à la faveur de récentes expériences en laboratoire, que ces traditions avaient un fondement et que les rythmes lunaires semblent agir réellement sur l’évolution des êtres vivants. C’est peut-être par ce biais, d’ailleurs, que la recherche scientifique redécouvrira l’astrologie : si l’influence de la Lune entre dans le cadre des « certitudes scientifiques », pourquoi ne pas admettre, de façon générale, l’influence des autres astres ? Selon Henri Gouchon, la Lune symbolise « la fécondation, l’absorption, la passivité, le reflet, la nuit, l’humidité, les liquides, le caprice, le changement, la fantaisie, la périodicité, l’imagination, la rêverie, le sexe féminin, l’épouse, la mère, la foule, la vie intime ».

La Lune, symbole féminin

La Lune est symbole féminin, et il est vrai qu’à la regarder, on a l’impression de voir un oeuf, tout rond, tout lisse et tout blanc, ou un ventre maternel, gonflé et tendu par une promesse de vie.

Dans un thème féminin, la Lune revêt une grande importance, peut-être même plus grande que le Soleil, symbole masculin. Elle est d’abord symbole de la mère du sujet, et l’on peut tracer un portrait assez précis de celle-ci en analysant l’état de la Lune dans le thème du natif. Elle donne, soit le portrait objectif de la mère, soit le portrait subjectif, c’est-à-dire la façon dont le natif la perçoit et vit sa relation avec elle.

Pour un homme, la Lune est aussi l’épouse. Et l’on n’a pas attendu la psychanalyse pour apprendre que l’homme recherchait inconsciemment une image de sa mère dans la femme choisie (ou subie). Ainsi, par exemple, un homme dont la Lune est en signe double.

L’interprétation, selon l’état du thème, pourra en être : ce natif a eu deux mères (légales ou affectives, peut-être une mère et une belle-mère, ou une mère et une grand-mère) et il risque aussi d’avoir deux femmes (épouse et maîtresse, ou deux épouses légitimes successives, puisque la polygamie n’est pas admise en Occident).

La Lune serait l’anima de tout homme et correspondrait à son inconscient féminin.

Cette remarque peut aller très loin : les relations que tout homme entretient d’abord avec sa mère, puis avec la femme aimée, sont à l’image des relations qu’il entretient avec Dieu lui-même. Il y a là un mystère très profond. Pour Jean Guitton, l’amour humain « est une initiation à l’amour divin… Les flammes de l’amour, comme dit l’épouse du Cantique des Cantiques, sont les flammes de Yahvé ».

Teilhard de Chardin a écrit : « Le féminin est le Christ transposé dans la Vierge« , et un mystique russe, Merejkovski : « La pudeur cache le sexe, mais le sexe cache Dieu. »

Tout homme, inconsciemment, vit ses relations avec la divinité sur le mode de ses relations avec la femme.

Mais que ceux qui ont une Lune mal aspectée ne se désespèrent pas, une Vénus en très bon état permet de dépasser les obstacles intérieurs. Il ne faudrait jamais oublier que la femme est le dernier être vivant créé, le chef-d’oeuvre final (après que Yahvé-Dieu se soit exercé sur les plantes, les animaux et l’homme). La femme est donc la dépositaire d’un certain nombre de secrets divins (c’est ce qui a motivé la révolte de Lucifer, jaloux des pouvoirs de la femme). La qualité et l’état de la Lune dans un thème indiquent les possibilités spirituelles d’un homme.

A la Lune ont donc été attribuées toutes les qualités ou dispositions que l’inconscient collectif désignait comme « féminines » : l’inspiration, l’intuition, l’imagination, la mémoire, le rêve, la poésie. Mais la Lune maléficiée disposerait au caprice infantile, à l’anxiété, au repli sur soi, à la passivité, à « l’hystérie » (personne ne sait très bien ce que c’est…mais c’est très grave !).

La Lune symbolise la foule, la popularité. On a toujours su que « la foule était femme », et c’est bien ainsi que l’entendent les dictateurs… On parle du « viol des foules » tant il est vrai qu’une assemblée d’hommes (et de femmes) ressemble à la mer, avec ses vagues mouvantes, ses réactions imprévues, sa mobilité… comme la Lune ! Celle-ci indique donc dans un thème la popularité du natif, ses possibilités de contact avec le public, ses talents éventuels de « passer » à la radio ou à la télé, de se faire connaître. Les êtres marqués par une grande impopularité (telle Marie-Antoinette) ont souvent dans leur thème une Lune exilée, dissonante, ou isolée.

Conformément à l’image que se fait l’inconscient populaire de la féminité, la Lune est passive et n’a pas d’agressivité. Amour du changement et mobilité, plasticité, suggestibilité, mais, comme nous l’avons dit dans la symbolique du signe, la Lune n’a pas en elle un véritable dynamisme, elle a besoin de celui de Mars pour la tirer hors de sa passivité. La Lune n’est pas autonome. Image bien conforme d’ailleurs à la réalité astronomique, puisque l’astre est notre satellite, il gravite autour de la Terre, à laquelle il est attaché par les lois de l’attraction universelle.

La Lune, symbole de vie, symbole de mort

Le symbolisme lunaire « colle » parfaitement à celui du Cancer, avec sa passivité et, en même temps, son ambivalence mort/vie.

Il existe toute une tradition sur les relations que les vivants peuvent avoir avec les morts dans les différentes sphères de l' »astral ». Les religions anciennes, et plus près de nous, les spirites, avaient très bien perçu un fait curieux : le contact avec les disparus s’établit mieux par les nuits de pleine lune. D’ailleurs, ces nuits-là, toute personne un peu sensible se sent dans un état second, inconfortable ou euphorique, mais on perçoit très bien qu’il se passe quelque chose à un niveau inconscient. Les meilleurs médiums sont en majorité des femmes et tout lunarien a des pouvoirs parapsychologiques latents, des rêves prémonitoires, une faculté de se relier à l’Invisible, qui déconcerte les rationalistes. La Lune est la planète de l’irrationnel.

La Lune est un astre mort, ce qu’ont confirmé les différentes expéditions lunaires.

Notre petit satellite n’est qu’un caillou sec et nu, d’où la vie telle que nous la connaissons est totalement absente. Mais (et c’est là que nous retrouvons l’ambivalence cancérienne, la Lune, vue d’en bas, d’un point de vue de terrien, préside au cycle de vie : la fécondation, les marées, les biorythmes féminins et ceux que l’on commence seulement à découvrir, les rythmes circadiens…), le développement des bourgeons et des fleurs, la pousse des cheveux. Bref, la Lune régit nos cycles biochimiques.

Astre de vie/astre de mort, la Lune, comme le Cancer, est une porte entre deux mondes. Symbole de la femme qui, elle aussi, est perçue comme donatrice de vie et dispensatrice de mort (histoire de la chute du Paradis terrestre, mythologies orientales et moyen-orientales). La Lune est Eve, mère des vivants ; elle est aussi Lilith (symbolisée par la Lune Noire), créature déviée et porteuse de mort pour les vivants.

La Lune serait un miroir : de même qu’elle nous renvoie la lumière du soleil, elle réfléchirait également sur nous des ondes invisibles venues d’ailleurs, des présences appartenant à d’autres mondes…

Petit « guide bleu » de la Lune

Il me paraît urgent de donner ici au lecteur quelques notions succinctes de la géographie lunaire. On ne sait jamais : si d’aventure on vous propose un voyage sur la Lune, il faut absolument que vous ayez une idée de sa topographie, sinon vous allez vous perdre ! Les « mers » lunaires sont des espaces plus ou moins plats que les astronomes ont baptisés :.mer du Nectar, mer de la Fécondité, mer de la Tranquillité, mer des Crises, mer de la Sérénité, mer du Froid, mer des Pluies, mer des Humeurs, mer des Vapeurs…

N’est-ce pas joli ? Ma préférée est la mer des Nuages.

Il y a aussi l’océan des Tempêtes, et puis quelques petites criques où s’abriter, tout de même : baie des Arc-en-Ciel, baie du Milieu (l’imagination des astronomes, ici, était un peu à sec… probablement à cause du golfe Torride, tout proche). La baie de la Rosée m’enchante, et que dire du lac des Songes ? Quelques autres mers ont des noms plus ennuyeux, pieusement donnés en souvenir de savants illustres (mer de Humboldt, mer de Smyth ou, platement, par manque d’imagination, mer Australe, mer Marginale).

Les volcans éteints, ramonés périodiquement par le Petit Prince (enfant symbole du Cancer !) portent aussi beaucoup de noms illustres : le plus beau est le cratère de Copernic, mais rien ne vous empêche de faire du tourisme lunaire dans les cratères de Platon, Aristote, Képler, Ptolémée, Piccolomini, Condorcet, Firmicus, Joliot-Curie, Edison, Maxwell, Jules Verne (à tout seigneur, tout honneur : ce dernier avait la Lune en Scorpion, extrêmement puissante dans son thème ; il a dû l’exorciser en écrivant : De la Terre à la Lune), etc. Je ne vais tout de même pas vous nommer tous les petits et grands cratères ; à la rigueur encore celui de Tsu-Chun-Chii, parce qu’il est chinois, pays lunaire par excellence (la Chine, pays des ancêtres et Empire du Milieu, est Cancer ascendant Balance).

Il faut que vous sachiez qu’il y a aussi des montagnes sur la Lune : Apennins, monts du Caucase, montagnes du Jura, monts Leibnitz, monts des Soviets, monts Altaï, etc. Pas beaucoup de fantaisie dans ces appellations tout ce qu’il y a de plagiaires : c’est clair, la Lune n’a rien à voir avec la symbolique des montagnes (air, froid sec… alors qu’elle est eau et humidité). Visiblement, les astronomes ont été plus inspirés quand il s’est agi de baptiser des mers. Quoi d’étonnant ? Leur nomenclature est un catalogue des symboles lunaires !

Bon voyage sur la Lune, chers amis lecteurs !

Les marées

Elles nous intéressent à double titre : influence de la Lune et analogie avec le signe du Cancer, signe d’eau amphibie. Une connaissance du phénomène de la marée éclaire beaucoup nos connaissances astrologiques.

Toutes les mers du monde connaissent ces mouvements périodiques. On les remarque particulièrement dans la Manche, mais n’allez pas croire pour autant qu’il n’y a jamais de marée en Méditerranée : à Venise, elle est très sensible, et en Tunisie, au fond du golfe des Syrtes, elle peut atteindre deux mètres d’amplitude. Ainsi, l’influence lunaire règne sur les eaux de toute la Terre, et nulle partie du monde ne lui échappe.

Sur les côtes françaises de la Manche, par exemple, la mer monte durant six heures environ, c’est le flux ou flot. Elle reste quelques minutes au même niveau, on dit alors que la mer est étale. Puis elle se retire peu à peu, c’est ce qu’on appelle le reflux ou jusant qui dure également six heures. Arrivée au point le plus bas, la mer est étale quelques minutes puis recommence à grimper.

Dans notre pays, la mer met un peu plus de douze heures à monter, puis à redescendre : c’est une marée semi-diurne, c’est-à-dire qu’en vingt-quatre heures, on compte deux flots et deux jusants. On voit aussi à quel point la Lune est un astre mobile. Tous les pays du monde, d’ailleurs, n’ont pas une telle mobilité dans leur marée : certains ont des marées diurnes, avec seulement une basse mer et une haute mer par jour (golfe du Mexique). Un troisième type de marées est la marée mixte : deux hautes mers et deux basses mers par jour, mais tantôt ce sont les basses mers qui ont des durées inégales, tantôt les hautes mers, tantôt les unes et les autres. La fantaisie et le caprice lunaires règnent ici, avec une régularité faite de rythmes irréguliers…

A cette pulsation quotidienne, s’en superpose une autre, qui correspond au mois lunaire. Lorsque le Soleil et la Lune sont en conjonction (sizygie), ou en opposition, leurs influences s’additionnent pour donner de très forts déplacements des eaux : on a ainsi les grandes marées tous les quatorze jours environ (ou marées de vive eau). Entre ces grandes marées, se placent les marées de morte eau, où le marnage, c’est-à-dire l’écart entre le niveau des hautes mers et celui des basses mers, est très faible.

A vrai dire, si ce phénomène est connu depuis toujours, on ne l’a jamais complètement expliqué. Il semble que, non seulement l’influence lunaire soit en jeu, mais encore l’onde solaire. La marée est donc due à la combinaison des ondes lunaires, solaires et luni-solaires. Cela nous replonge tout à fait dans le symbolisme cancérien, signe lunaire au solstice lumineux de l’été, signe où le jour et la nuit jouent sans arrêt à cache-cache, où la lune tire la langue au Soleil, signe-charnière entre les deux…

La théorie des marées, due à Newton, comporte beaucoup de points d’interrogation et

d’exceptions inexplicables. En particulier, on se demande toujours pourquoi certaines côtes ont un marnage de quatorze mètres (un vrai mur d’eau) et d’autres de seulement quelques centimètres. Mystères de la Lune, « caprices » de celle-ci, c’est-à-dire influences biophysiques inexplicables pour notre science trop rationnelle.

Le résultat de l’attraction de la Lune se manifeste, lorsque l’astre passe au zénith, par la formation d’un « bourrelet d’eau » (haute mer), qui se déplace avec l’astre. A l’opposé, les eaux sont déprimées en « creux », et ce « creux » (basse mer) se déplace symétriquement.

La Lune et le Soleil ne sont peut-être pas les seuls astres à influer sur la marée, celle-ci est probablement le résultat d’une série d’ondes très complexes. Peut-être d’autres planètes ont-elles leur mot à dire là-dedans… On ne sait.

Les marées provoquent des courants violents, parfois irrésistibles, et qui changent de sens brusquement avec le « renversement de la marée ». Ainsi, l’influence lunaire sur un être est-elle souvent irrésistible, comme la vie même ; c’est un courant qui l’emporte, et le Lunarien passif ne peut que se laisser flotter au fil de l’eau. La Lune est symbole d’instinct, instinct sauvage et puissant qui anime l’homme comme l’animal ou la plante.

Les marées construisent ou démolissent le profil des côtes. Elles déterminent parfois des « marées de vent », et règlent la vie de tout le petit monde des rivages, celui où habite notre crabe préféré. Il n’est pas très facile pour une plante ou un animal côtier (en océanographie, on dit : benthique) de s’adapter à ces perpétuels changements du niveau de l’eau.

Les êtres marins que nous découvrons à marée basse doivent affronter un dramatique problème de survie. Lorsque la marée se retire, grand est le risque d’être désséché par le Soleil : voilà pourquoi le crabe a une carapace, et pourquoi il se cache au fond d’un trou humide de rocher ; il est dans sa nature même d’être secret, d’aimer l’ombre. La vie présente une succession de conjonctures sèches ou humides, comme la marée, et la carapace du crabe lui assure la survie. Crabes, coquillages, algues, poissons, etc. ne peuvent plus respirer à marée basse comme à marée haute. Aussi s’enfouissent-ils dans le sable, ou bien ont-ils un système respiratoire adapté (comme le crabe) à cette double vie : ils se ferment hermétiquement pour retenir leur eau et leur oxygène. C’est ainsi que s’explique la mémoire extraordinaire du Cancer, mais aussi de tous les Lunariens. Voilà pourquoi la Lune est aussi symbole d’adaptation, de souplesse plastique, symbole à la fois de la vie quotidienne et de l’imagination. Lorsqu’on observe ces êtres vivants du rivage, on est émerveillé de découvrir leur richesse d’invention pour survivre dans leur vie quotidienne.

La révolution synodique, ou lunaison, à l’intérieur de laquelle se situent les phases lunaires, s’accomplit en 29,5 jours. On peut en suivre les phases sur les éphémérides, les annuaires de la marée et aussi sur le calendrier des P. et T.

La néoménie ou nouvelle lune correspond à la conjonction des luminaires. C’est le moment où l’astre est invisible. Passant au méridien, en même temps que le Soleil, la Lune ne peut en réfléchir la lumière. Puis, au fur et à mesure qu’elle s’en éloigne, le croissant lumineux apparaît, se précise et croît, jusqu’au premier quartier, 7 jours après la néoménie. Cela correspond, dans le thème natal, au premier carré des luminaires.

La croissance se poursuit jusqu’à la phase d’opposition avec le Soleil, ou pleine lune.

L’opposition des luminaires se situe les 14e et 15e jours après la néoménie. La phase décroissante commence avec le dépassement de l’opposition, jusqu’à la nouvelle lune suivante.

Quelques précisions

Symboliquement, la Lune décroissante faciliterait l’assimilation de tout ce qui a été acquis pendant la Lune croissante. A la Lune décroissante, on abattait autrefois les arbres dont on voulait travailler le bois, afin qu’il ne joue pas, ne se déforme pas. On cueillait, on moissonnait, on engrangeait…

Actuellement, les disciples de Rudolf Steiner éditent un « calendrier planétaire » à l’usage des agriculteurs dans lequel sont indiqués les travaux qu’il convient de faire selon les phases de la lune.

La Lune et le corps humain

La Lune est symbole de l’instinct, de la vie végétative, de tout ce qu’il y a en nous de plus végétal et animal. Certains astrologues disent que la Lune représente le « schéma corporel », c’est-à-dire notre corps physique.

L’influence de la Lune se fait plus marquante pendant la petite enfance (remarquez le visage « lunaire » des enfants, avec de grands yeux et des joues rondes, peu de traits anguleux, et un aspect « humide »).

La Lune régit d’abord l’estomac, l’appareil digestif en général, et ce n’est pas sans relation avec le « stade oral » des psychanalystes, l’enfant étant sous une bien plus grande dépendance de la nourriture que l’adulte. La Lune gouverne aussi la lymphe, le grand sympathique, la vision (mais plus particulièrement l’œil gauche !). Bien entendu, elle préside au fonctionnement de l’appareil génital féminin, à la grossesse, à la naissance.

Le cervelet, la vessie, les tissus adipeux et séreux paraissent dépendre de cette planète, ainsi que, d’après certains, les voies respiratoires.

La Lune mal aspectée rend vulnérable aux maladies de l’appareil digestif : et l’on sait qu’une diarrhée peut être mortelle chez un bébé (alors que chez l’adulte, elle n’entraîne pas la mort). Indigestion, gastralgie, dyspepsie, aérophagie, empoisonnement ou infection d’origine alimentaire proviennent de la Lune et d’ailleurs affectent plus particulièrement la région du corps désignée par le signe dans lequel habite la Lune (par exemple la Lune en Vierge affecte l’appareil digestif au niveau des intestins).

Les troubles de la vue relèvent aussi d’une Lune mal aspectée.

L’influence lunaire se conjugue avec celle de Jupiter pour provoquer l’obésité, la cellulite, les maladies d’engorgement et de pléthore.

Enfin, comme nous l’avons dit plus haut, le Lunarien ayant peu d’agressivité, il risque, sous une influence extérieure sadique, de tourner sa faible agressivité contre lui-même : aussi est-il extrêmement vulnérable aux dépressions nerveuses, aux troubles mentaux, à tout ce que les siècles passés appelaient la « mélancolie ». L’imagination se transforme en folle du logis chez le Lunarien dissonant, et le mysticisme peu éclairé en obsessions plus étranges les unes que les autres ! On ne peut s’empêcher de penser à Guy Trébert, « l’assassin de la pleine lune » et à tant d’autres que la folie reprend en synchronisation avec le cycle lunaire.

La Mythologie lunaire

Chez les peuples du « Croissant fertile », l’ancienne Mésopotamie, le cycle lunaire représentait symboliquement la puissance de la vie : conception naissance –> maturité – dégénérescence mort.

D’après la tradition babylonienne, la création de l’homme eut lieu à la nouvelle Lune.

Celle-ci était identifiée à la force de régénération perpétuelle du principe de vie. Si la nouvelle Lune termine un cycle, elle annonce aussi le cycle suivant, dont elle amorce la gestation : nous rejoignons le symbole cancérien de l’éternel recommencement : le Cancer, origine, mais aussi fin de toutes choses.

Dans le domaine spirituel, la Lune était significatrice de l’âme humaine en route sur le chemin de son destin. L’âme devait progresser à travers la répétition inlassable du cycle lunaire, qui s’ouvre ainsi sur l’idée d’éternité.

La Lune chez les Sumériens

L’histoire commence à Sumer, tel est le titre du célèbre ouvrage de l’archéologue S. Kramer. L’astrologie aussi, vraisemblablement, puisque l’idéogramme désignant la Lune apparaît à Sumer dès 2600 avant notre ère, avec des significations religieuses, astronomiques et déjà astrologiques.

Chez les Sumériens, le dieu-Lune est familièrement appelé « la Barque ». C’est l’image qu’évoque le croissant lunaire qui, à cette latitude, se présente presque horizontalement.

Cette barque céleste transporte les dieux d’un bord à l’autre du ciel, sous les yeux émerveillés des habitants d’Ur, grands observateurs des astres. Pourquoi les dieux éprouvent-ils le besoin de naviguer ainsi ? C’est pour se préserver du contact impur de la Terre, qui les souillerait. Référence aussi à la géographie du pays mésopotamien, « pays d’entre les fleuves », où l’on se déplace en barque, de marais en marais, dans les innombrables chenaux entre le Tigre et l’Euphrate.

Sin, le dieu lunaire protecteur d’Ur, habite son temple, appelé « Maison de lumière ».

C’est de là qu’il prend le départ pour sa croisière céleste. Ce temple est une « ziggourat », c’est-à-dire une pyramide à étage comme le fut peut-être la Tour de Babel ! Le dernier étage, accessible seulement aux prêtres, est surmonté d’un petit temple d’une blancheur argentée : là est la demeure du dieu Sin. Les officiants, les prêtres, le peuple entonnent avec ferveur les hymnes au dieu-Lune :

« Navire sacré du ciel, grandeur qui s’est faite elle-même, Père dieu-Lune, seigneur de la ville d’Ur,

….Quand tu navigues,

Quand tu grandis, ô navire qui navigues vers le sanctuaire saint, Père dieu-Lune, quand tu navigues comme une barque sur les pleines eaux,

…Quand tu voyages vers Ur dans ton navire sacré,

O seigneur, qui te dépasse ? Qui même t’égale ?…

Que ton nom s’étende sur la mer, et la mer a peur….

Que ton nom s’étende sur les marais, et ils gémissent

Et les pleines eaux, jour et nuit, se calment.

Alors la nef lunaire, « le Grand coureur blanc », vient accoster

A l’embarcadère céleste, et le dieu prend place à bord… »

Ce beau mythe sumérien est le plus ancien mythe lunaire qui soit parvenu jusqu’à nous. Tous les grands thèmes lunaires, ceux du rapport entre la Lune et l’eau, y sont déjà. Mais le thème de la navigation céleste est propre à Sumer et on ne le retrouve guère ailleurs, si ce n’est en Egypte. Sin est à Sumer le dieu de la Sagesse, créatrice du monde (et la syllabe « ur », d’après Marcelle Sénard, est toujours associée à l’idée d’origine).

Ce n’est que tardivement que Mardouk, dieu solaire, évincera l’antique dieu Sin.

La Lune en Egypte : l’œil d’Horus

Dès les premières dynasties, vers 2800 avant Jésus-Christ, Horus est le dieu du ciel.

Il règne sur le ciel et les astres. Le Soleil est son œil droit, la Lune son œil gauche. On le représente sous l’apparence du faucon, oiseau royal dont la larme caractéristique ne sera ajoutée que plus tard, sous le Nouvel Empire.

Horus est le protecteur du pharaon, protection qui s’étend plus spécialement sur le nord du royaume, tandis que le sud est placé sous le patronage de son divin rival, Seth (affreux personnage, à vrai dire, comme vous allez le voir par la suite).

Sous le Nouvel Empire, une refonte des mythes anciens intégrera les nouvelles valeurs représentées par le dieu Osiris. Le pharaon, dès son couronnement, sera identifié à Horus, comme par le passé, mais il est censé succéder à son père Osiris. « C’est Horus incarné, il succède à son père Osiris », dit-on lors de son couronnement.

Horus est donc doté d’une famille : fils d’Osiris et d’Isis, neveu de Seth, il a quelques démêlés avec ce dernier (Seth est le meurtrier de son propre frère, Osiris).

Après le meurtre d’Osiris, la déesse Isis, symbole de la maternité, conçoit miraculeusement, de son époux assassiné, un enfant qui doit venger son père. Pour dérober l’espoir du monde, qu’elle porte dans son sein, à la jalousie meurtrière de Seth, Isis se cache dans un marais pour accoucher. Ainsi, Horus passera sa première enfance dans la clandestinité (référence aux périodes où la Lune est invisible).

Adolescent, Horus sort de son refuge et, avec sa mère, vient prendre sa place parmi les autres dieux. Seth, toujours animé des mêmes mauvais sentiments, ne cesse de tendre à son neveu des pièges pour le faire mourir ou le déshonorer.

Un jour, en se battant avec lui, Seth lance par traîtrise des ordures dans l’œil gauche d’Horus (l’œil symbole de Lune !). L’œil est perdu et s’écoule hors de son orbite : comme la Lune, cet œil du ciel se réduit peu à peu après la pleine Lune, jusqu’à la disparition totale avant la nouvelle Lune. C’est le dieu Thot, dieu des Nombres et du Temps, lié au signe du Cancer, que le tribunal des dieux charge de rechercher l’œil d’Horus. D’après certaines versions, l’œil fut retrouvé dans un filet de pêche (oublié par quelque pêcheur de lune à marée basse...). Selon d’autres sources, quinze dieux s’engagent à reconstituer l’œil sous la surveillance très stricte de Thot : chacun doit ajouter à son tour un produit végétal ou animal relevant de sa compétence divine particulière. Ces quinze dieux, vous l’avez compris, correspondent aux quinze jours qui vont de la néoménie à la pleine lune, après quoi l’œil blessé est complètement reconstitué.

Drame divin de la lutte d’Horus contre Seth, que les Egyptiens voyaient quotidiennement se dérouler sous leurs yeux sur la scène céleste. La phase décroissante de la Lune correspond à la victoire des forces du mal qu’incarne Seth. Elle est la fatalité contre laquelle on ne peut rien (toujours cette idée de fatalité attachée à la Lune). Aussi, aucun rituel particulier n’accompagnait-il cette « descente aux enfers ».

Mais la nécessité de rétablir l’harmonie universelle donnait lieu à la célébration de rites destinés à aider la restauration de l’œil céleste, pendant la phase ascendante de la Lune.

A Edfou, une représentation d’époque tardive (ptolémaïque) montre un escalier de quatorze marches menant à une terrasse sur laquelle une barque en forme de croissant lunaire porte le disque entier, c’est-à-dire l’œil sain. Toute l’opération se déroule sous la houlette du dieu Thot, lequel est associé à la Lune, astre régulateur du temps, donc des nombres, donc des sciences… donc de l’écriture !

Le quinzième jour de la Lune, le grand jour de la pleine Lune, correspond au triomphe d’Horus sur l’abominable Seth ; aussi était-ce le « jour de la fête d’Horus », quelque chose comme un dimanche.

Quant au célèbre « œil Oudjat », c’est l’autre œil d’Horus, celui qui est resté sain !

Il est fardé et marqué de cette larme caractéristique, au coin de la paupière de l’oiseau.

La faveur de cette amulette s’est toujours maintenue au cours des siècles, et on la trouve encore aujourd’hui comme bijou porte-bonheur.

Si en Babylonie, le dieu Sin était solaire, l’Horus égyptien est luni-solaire. En Egypte, contrairement à ce qui se passait à Babylone, la Lune est une divinité souterraine, nocturne.

A Sumer comme en Egypte, la Lune est une divinité masculine, et c’est le cas aussi chez certains peuples d’Amérique centrale. Isis, divinité essentiellement féMinine et maternelle, n’est liée à la Lune qu’indirectement.

La Lune dans la Perse ancienne

Elle était médiatrice entre le monde humain et le monde divin, et, par son intermédiaire, s’établissait la communication entre les sphères célestes et la Terre. Selon les Litanies à la Lune, qui nous viennent de la Perse ancienne (avant l’Islam) :

« Pendant quinze jours, la Lune reçoit des êtres terrestres leurs bonnes actions, et des êtres célestes la récompense [phase croissante]. Pendant les quinze jours suivants [phase décroissante], elle transmet, au contraire, aux êtres célestes, les bonnes actions, et aux êtres terrestres, la récompense... »

Plus tardivement, un poème intitulé les Satisfactions de la Lune reprendra le même thème : « Quand tu croîs, tu fais croître le monde entier créé par Ohrmuzd : de façon la plus visible, l’eau des mers et des lacs, des fleuves et des canaux, et les plantes les plus vertes de nombreuses espèces. La bonne création tout entière jouit d’un bonheur plus grand, tandis que toutes les actions sont mieux accomplies. Car en croissant, tu reçois des divinités célestes la grâce, et en décroissant, tu la distribues à la création d’Ohrmuzd, sur cette terre créée par lui. »

Dans l’Iran ancien (ainsi que chez certains gnostiques de l’ère chrétienne qui ont repris la tradition), la Lune servait de relais à la transmigration des âmes. On croyait que celles-ci migraient dans les sphères célestes après un séjour plus ou moins long dans la mer ; leur purification s’opérait au rythme lunaire du flux et du reflux des marées.

La Lune dans la tradition indienne

Les Upanishad de la tradition védique indienne croient à la métempsycose : les hommes justes, qui n’ont pu échapper au cycle des réincarnations et intégrer le monde du brahmane, dans le Soleil, doivent revenir se réincarner sur la Terre, afin de pouvoir progresser. C’est par l’intermédiaire de la Lune, le dieu Soma, qu’ils pourront le faire. Après la mort, la fumée des bûchers funéraires porte leur âme vers la Lune décroissante, période sombre du cycle lunaire. Puis, après le solstice d’été (0° Cancer), alors que les jours solaires eux-mêmes décroissent, les âmes atteignent le monde des Mânes. De là, elles seront conduites dans la Lune, où elles se fondront dans le dieu Soma en devenant la nourriture de ce dernier. L’appétit du dieu Soma règle la croissance et la décroissance de la Lune.

Ensuite, les âmes redescendent sur la Terre, par l’intermédiaire de la pluie, la mousson surtout, la divine mousson qui vient féconder l’argile et permettre à la vie de renaître.

La pluie donne la sève aux plantes qui nourrissent les animaux, lesquels nourriront les humains (encore qu’en Inde, on soit plutôt végétarien !).

En communiquant sa force à l’homme et à la femme, le végétal animera leur ardeur créatrice et procréatrice et la vie pourra s’incarner de nouveau. Tandis qu’un maillon de la chaîne des transmigrations se ferme, un autre s’ouvre avec l’annonce d’une nouvelle vie. (C’est pourquoi la contraception semble tout à fait aberrante aux croyants indiens : la mort est si peu importante !).

La Lune dans la roue du Tao

Nous en avons précédemment parlé, à propos de l’alternance jour/nuit dans le signe du Cancer. Les rapports de la Lune et du Soleil en cours de lunaison rentrent, bien entendu, dans le cycle chinois de la roue du Tao.

Le Soleil est le yang, le Feu, le Roi.

La Lune est le yin, l’Eau, la Reine.

Au cours de la lunaison, le Roi reçoit, la nuit, un nombre croissant de concubines (au fur et à mesure que croît la Lune). La quinzième nuit, celle de la pleine Lune, est un grand moment.

Cette nuit-là, le roi ne reçoit que la Reine, et leur union symbolise l’accord parfait du yin et du yang. Chacun d’eux trouve cette nuit-là sa parfaite expression, et réalise le Tout. Ensuite, le Roi reçoit de nouveau ses concubines, mais en nombre décroissant durant la phase descendante, jusqu’à la nouvelle Lune.

Personnellement, je trouve ce mythe odieux, parce qu’il dévalorise la Reine et peut laisser croire que le yin est inférieur au yang, la femme à l’homme, etc.

La Lune dans la mythologie gréco-romaine

Chez les Grecs, la Lune n’était pas exactement personnifiée par une seule déesse, mais elle avait trois visages : Séléné, Lune pleine et lumineuse ; Artémis, Lune croissante ou décroissante ; Hécate, enfin, Lune sombre, obscure, absente, qui est là, mais qu’on ne voit pas, la Lune maléfique.

La pleine Lune, la très belle Séléné

Elle représente une plénitude, l’accomplissement de la réalité spirituelle de l’être.

A Séléné sont rattachés le nom propre et le personnage d’Hélène, idée de femme parfaitement belle et lumineuse mais changeante ! « Phaetusa la rayonnante », ou « Euryphaesa, celle qui brille au loin », dit Homère dans l’Iliade. Cependant, Hélène-Séléné, la pleine Lune brillante, est un miracle fragile et de faible durée. Demain sera le premier jour sur la voie du déclin, vers l’obscurité de la nouvelle Lune.

La Lune-Séléné n’occupe qu’une place secondaire parmi les grands dieux de la mythologie grecque, mais plusieurs dieux importants ont des résonances lunaires.

Séléné dérive de sélas, signifiant lumière. Soeur d’Hélios/Apollon, le Soleil, elle est la sage déesse des nuits calmes. Elle parcourt le ciel dans un char attelé de boeufs blancs placides, ou de deux chevaux blancs. (Tandis que son frère Hélios a droit, lui, à quatre fringants coursiers ! Décidément, la misogynie des Grecs était sans bornes !)

Aussi sage et régulière que sa course céleste, l’histoire de Séléné compte cependant quelques aventures amoureuses. Homère rapporte que son charme aurait séduit le roi des dieux, Jupiter/Zeus (ces deux-là, naturellement, étaient faits pour s’entendre, dans la mythologie, comme dans le signe du Cancer !). Le maître de l’Olympe ira même jusqu’à épouser Séléné, par lassitude, sans doute des scènes de jalousie de Junon/Héra. Séléné lui aurait donné une fille : Pandia, la « toute claire ».

Par contre, la passion que Séléné inspira à Pan, dieu barbu, cornu et pattu, fourchu comme un bouc, est assez mouvementée. Comme son nom l’indique, Pan (« tous »), s’était attiré la faveur de tous les habitants de l’Olympe, tous… sauf Séléné. Il était vraiment trop laid, trop -noir. A ses déclarations enflammées, la belle opposait la plus totale indifférence. Mais rien ne pouvait arrêter Pan, qui n’était pas pour rien le fils de l’astucieux Hermès. Couvert de peaux de moutons blancs (ce qui faisait tout de même plus propre), il réussit à s’approcher de Séléné qui ne fit pas, cette fois, la difficile : elle se laissa enlever au fond des bois d’Arcadie.

Ce n’est pas la seule aventure de la calme Séléné, par ailleurs modèle de fidélité.

Du temps où les rois étaient bergers, un simple mortel pouvait épouser une déesse.

C’est ce que fit Endymion, roi d’Elide. La légende ne dit pas si c’est le souvenir de la toison dont s’était revêtu Pan pour la séduire qui décida Séléné à suivre ce charmant berger. Sa mission céleste remplie chaque matin, Séléné retournait dans la grotte derrière le mont Latmos, pour retrouver son bien-aimé Endymion endormi, qui n’attendait qu’elle pour s’éveiller. Il est certain qu’ils ne jouèrent pas seulement à compter les moutons, puisqu’ils eurent cinquante filles, pas moins… Ce mythe attire notre attention sur la fertilité de la Lune et ce n’est pas un hasard si Séléné est déesse de la pleine Lune, donc du milieu du cycle lunaire. Chacun sait, depuis les travaux d’Ogino, que l’ovulation chez les femmes, moment fertile, se produit vers le quatorzième jour du cycle. Prescience des Grecs... Notez que Séléné et Endymion abritent leurs amours dans une caverne : le Cancer aime l’ombre ; la gestation et la naissance se font en secret.

Le sommeil du roi-berger, présenté par certains comme une faveur spéciale de Zeus/ Jupiter, serait, dans d’autres versions, un cadeau de Séléné elle-même, qui y trouve bien son compte : dès qu’elle s’absente, Endymion plonge dans le sommeil, pour ne se réveiller qu’à son retour ; ainsi, pas de tromperie possible avec d’autres femmes… Ce mythe met l’accent sur un certain type de maternité abusive, qui étouffe l’être aimé et le prive de toute autonomie. Endymion, prisonnier de cette possessivité maternelle, vit à travers celle-ci, par procuration, sans jamais pouvoir parvenir à l’état adulte. Thème extrêmement cancérien, illustré de façon frappante par Marcel Proust. Endymion, d’ailleurs, n’était pas un quelconque petit roi-berger de l’époque des pasteurs : il était tout de même fils de Zeus/Jupiter et d’une nymphe, donc à moitié jupitérien (toujours les affinités de cette planète avec la Lune).

Endymion passait pour très beau, et l’idée de vieillir lui était insupportable. Refus de la vie exprimé par le mythe de son sommeil, refus d’entrer dans le monde des adultes, qui enlaidit. Endymion est l’enfant qui ne veut pas grandir, l’éternel Petit Prince d’un monde de rêves où il se réfugie, à l’abri des murs de sa grotte. Il ne se réveille jamais, évitant ainsi la mort.

Certains mythologues pensent que ses cinquante filles perpétuent le souvenir des cinquante « prêtresses de l’eau », vouées à un culte des sources anciennement pratiqué en Elide.

Artémis/Diane :

la Lune croissante et décroissante, belle et froide divinité

Ses attributs ordinaires sont le fameux croissant lunaire qui orne sa chevelure, l’arc de chasseresse et les chiens qui l’accompagnent.

Comme le chasseur-centaure du Sagittaire, l’Artémis de la Lune croissante est en quête d’un idéal, d’un dépassement de sa condition terrestre par le désir. Correspondance, ici encore, entre l’astrologie et la mythologie : le Sagittaire est le signe de Jupiter, exalté en Cancer. Jupiter, personnage à la fois matérialiste, adonné aux jouissances terrestres, mais aussi personnage idéaliste, épris de foi, de bonté, d’idéal.

Dans sa phase descendante, Artémis traduit la tristesse de l’âme qui n’a pas pu se maintenir sur les sommets divins et qui retombe dans sa destinée mortelle.

Artémis (comme tout Lunarien) possède de redoutables pouvoirs occultes : elle sait déclencher les épidémies, et fait mourir qui lui déplaît avec une de ses flèches acérées qui ne manquent jamais leur but.

Ici, la Lune est clairement ambivalente ; symbole de mort autant que de vie : Artémis est chasseresse, et la chasse est oeuvre de mort. Mais elle protège les petits des animaux et les jeunes enfants : ainsi, elle favorise la vie. Comme la mère d’Artémis, Léto, avait accouché sans douleur, les jeunes femmes grecques invoquaient la mère et la fille pendant leur grossesse.

Un jour, dans l’Olympe, assise sur les genoux de son père Zeus/Jupiter, la petite Artémis lui demanda toute une liste de faveurs, parmi lesquelles : une « éternelle virginité », un arc et des flèches, une suite de nymphettes pour la servir, des chiens… Ainsi, la mythologie grecque exprime-t-elle clairement que la Lune n’est pas une planète érotique.

De la tendresse, ô combien ! Mais de la passion physique, non ! Ce sont Vénus et Mars qui incarnent les feux de l’amour. Les Lunariens ne sont pas portés vers les grandes passions brûlantes. Et s’ils le sont, c’est que Mars, Vénus, Jupiter, Pluton, parlent haut dans leur thème.

Artémis, la jeune fille à l’arc d’argent, méprise l’amour et se place d’emblée sur un pied d’égalité avec son frère Apollon, symbole solaire. Son personnage de femme sportive et virile rappelle que certains peuples de l’Antiquité ont perçu la Lune comme masculine (le dieu-Lune des Sumériens, et le dieu luni-solaire des Egyptiens, lesquels étaient sans conteste masculins). En fait, Artémis/Apollon forment un tout luni-solaire, où la Lune affirme son importance égale à celle du Soleil.

L’arc d’argent représente la nouvelle Lune. L’âge des fidèles nymphettes qui suivent Artémis est symbolique : neuf ans. Lo, Lola, Lolita...! Mais neuf ans, c’est 3 fois 9 = 27 jours, durée approximative du cycle lunaire.

Notre déesse exigeait des nymphes de sa cour une chasteté absolue. Et quand j’y repense, je me dis que, vraiment, le Cancer lunaire n’est pas un signe de grands amoureux.

De grands rêveurs, de grands tendres, certes, mais ils ne comprennent rien à ce feu dévorant des passions physiques!

Un jour, l’une des nymphes, la pauvre Callisto, se trouva enceinte. Fureur d’Artémis, qui n’hésite pas et la change sur l’heure en ourse pour la livrer à la meute hurlante de ses chiens. Mais Zeus, pris de pitié, sauva Callisto et la mit au nombre des constellations.

C’est elle que vous voyez brilley là-haut dans les ciels clairs d’été, et que vous appelez « la Grande Ourse » !

Artémis, belle et fidèle comme l’eau, n’était pas tendre non plus avec ses prétendants.

Un jour, Actéon l’aperçut, tout à fait par hasard, en train de se baigner nue dans un étang. Fasciné, il restait là à regarder la déesse qui avait, bien sûr, une réputation de grande beauté. Mal lui en prit : l’impitoyable chasseresse le changea en cerf qu’elle fit courir par ses chiens : il fut dévoré (pour un si mince péché !).

La mythologie raconte encore une autre histoire significative à propos d’Artémis/Diane. Héphaïstos/Vulcain, le dieu forgeron, qui habitait sous les îles Lipari, avait invité notre déesse à visiter sa forge. Tout fier, il lui montra l’oeuvre à laquelle il travaillait : un abreuvoir pour les chevaux marins de Neptune. Artémis fut moyennement enchantée de la visite ; ses nymphettes avaient peur, et puis tous ces Cyclopes étaient si laids, avec leur œil unique sur le front ! Cette caverne noire était si terrifiante que les relations en restèrent là.

Cependant, le mythe souligne ici l’entente, la parenté (on dit aussi la « trigonocratie ») des signes d’Eau. Neptune règne sur les poissons et l’océan, et Vulcain travaille pour lui. Artémis, la Lune, règne sur les rivages (son père, Zeus, l’a nommée gardienne de tous les ports). Quant à Vulcain, établi dans un lieu sombre et secret, à résonance plutonienne, il est lié aux mythes lunaires et certains de ses attributs rappellent ceux du Scorpion (volcan = feu central = Mars, origine érotique rattachée aux mystères des forgerons, domaine à la fois aquatique et souterrain).

Hécate, divinité infernale de la Lune obscure

La nouvelle Lune est assimilée à Hécate, « la lointaine », sombre divinité que l’on représente rôdant la nuit dans le Tartare, accompagnée de chiens hurlants. D’après certaines traditions, elle est la maîtresse de l’affreux chien Cerbère, concierge des Enfers. Elle-même, surnommée « la chienne », ou « la louve », est parfois représentée avec trois corps (ou trois têtes) de chien, de lion, de jument, d’où son nom, Hécate au triple visage. Amie du couple qui règne sur les Enfers, Hadès/Pluton et Proserpine/Perséphone, elle se sent parfaitement à l’aise dans ces lieux sinistres !

Il semble qu’autrefois, chez les tribus préhelléniques, Hécate et Perséphone, liées indissolublement entre elles, aient figuré la mort et la renaissance. De très anciens récits, comme ceux d’Hésiode, tout à fait archaïques, suggèrent qu’Hécate était primitivement honorée comme souveraine suprême du Ciel, de la Terre, des Enfers : d’où sa « maléficiée« .

A une époque reculée, elle n’était donc pas uniquement maléfique. Plus tard, les Hellènes mirent l’accent sur son pouvoir destructeur, et l’on oublia ses attributs créateurs. Peu à peu, Hécate ne fut plus invoquée que la nuit, par les magiciennes de Thessalie ou de Thrace, au cours de séances de magie noire 1. Elle présidait aussi aux rites sanglants des Ménades de Dionysos, et l’on célébrait son culte aux carrefours à trois voies.

La mythologie grecque dit que Zeus avait laissé à Hécate son pouvoir d’accorder à tout mortel la réalisation de son désir. Echo de l’ancien culte de la triple déesse, et du pouvoir redoutable des sorcières de Thessalie. Cette « maléficiée » d’Hécate est peut-être aussi une survivance de l’époque très lointaine où l’année se divisait en trois parties, dont l’une aurait été placée sous l’étoile de Sirius, dans la constellation du Grand Chien.

Toutes les traditions antiques assignent à cette phase de la Lune une réputation maléfique et la réservent aux opérations de sorcellerie, à l’évocation des démons. Il est vrai que cette Lune sombre, invisible, qui est là et que l’on ne voit pas vraiment, dégage une impression de malaise (contrairement à la pleine Lune, qui met bien des gens dans un état d’euphorie). Mais l’aspect démoniaque d’Hécate semble s’être aujourd’hui reporté sur la Lune Noire, qui concentre sur elle tous les aspects négatifs de la Lune.

Les cultes anciens de la déesse-mère

Dans l’Europe préhellénique, les dieux de l’Olympe tels que nous les connaissons étaient inconnus : ils furent importés plus tard, avec les conquérants hellènes.

Avant leur arrivée, le culte le plus répandu était celui de la « Grande-Mère », symbolisée par la Lune, déesse de la fertilité et de la vie végétative. Elle était vénérée autour de la Méditerranée par des sociétés matrilinéaires où régnait le matriarcat.

Les invasions hellènes, en particulier celles des Achéens au mie siècle avant Jésus-Christ, portèrent un coup fatal à cette société matrilinéaire. La Déesse-Mère dut céder peu à peu la place aux dieux grecs, et l’importance de la Lune dans la mythologie régressa.

A l’époque préhellénique, « les trois phases de la Lune – nouvelle, pleine et vieille – rappelaient les trois âges du matriarcat : celui de la jeune fille, de la nymphe (la femme nubile) et de la vieille femme. Ainsi, comme la marche du Soleil au cours de l’année évoquait l’accroissement puis le déclin des forces physiques, jeune fille au printemps, nymphe en été, vieille femme en hiver, la déesse s’identifia aux transformations, selon les saisons, de la vie végétale et animale ; et donc aussi avec la Terre-Mère qui, au début de l’année dans le monde végétal, ne donne que des feuilles et des bourgeons, puis des fleurs et des fruits, et enfin, cesse de produire. Elle fut d’ailleurs plus tard conçue sous forme d’une autre triade : la jeune fille de la sphère de l’air supérieur, la nymphe de la sphère de la terre ou de la mer, la vieille femme du monde souterrain, personnifiées respectivement par Séléné, Aphrodite et Hécate. Ces analogies mystiques renforcèrent le caractère sacré du nombre trois 1″, et la déesse-Lune était toujours adorée sous forme triplice (trois ou multiple de trois).

II semble que les épisodes innombrables de la mythologie grecque, où un dieu de l’Olympe s’unit à une mortelle, traduiraient le souvenir de mariages mixtes entre les envahisseurs, c’est-à-dire les chefs hellènes, et les prêtresses indigènes des cultes lunaires. Les grands dieux de l’Olympe, Junon/Héra en particulier, n’approuvent guère ce métissage, ou ces « amours ancillaires », ce qui traduirait aussi la désapprobation sociale entraînée par de tels mariages entre conquérants et populations locales.

La famille patrilinéaire (celle que nous connaissons encore) gagna peu à peu du, terrain en Grèce, et l’importance de la Lune disparut avec l’ancienne société matrilinéaire.

Comme le dit Robert Graves : « Ainsi, la monarchie mâle gagnait du terrain ; mais bien que le Soleil fût devenu un symbole de fertilité mâle dès le moment où la vie du roi eut été identifiée avec son voyage à travers les saisons, il demeura encore sous la dépendance de la reine, du moins théoriquement, longtemps après que le stade matriarcal eut été dépassé. Ainsi les sorcières de Thessalie, région où l’on était conservateur, avaient coutume de menacer le Soleil, au nom de la Lune, d’être englouti dans la nuit éternelle »

La préhistoire a relevé de nombreuses traces, dans cette période, de la suprématie religieuse des femmes. Des chefs mâles étaient choisis pour la guerre, mais toujours en fonction des règles de la matriarchie : l’oncle maternel de la reine, ou son fils, ou son frère ou encore le fils de sa tante maternelle. Dans une société matrilinéaire, c’est la famille de la femme qui a priorité en matière de succession, de droit, de nom, etc. (Dans notre société, patrilinéaire, c’est le contraire : la lignée mâle prend le pas sur la famille de la mère.)

Cependant, peu à peu, l’aristocratie mâle prit le pas sur la théocratie féminine, et le roi devint le représentant de Zeus sur terre, favorisant le culte solaire.

Les préhistoriens et ethnologues qui se penchent sur l’évolution des sociétés, tant anciennes qu’actuelles, ont relevé de nombreux exemples similaires. L’antique Sumer, qui adorait le dieu-Lune Sin, vivait également sous une société matrilinéaire. Plus tard, Sin s’effaça au profit de Mardouk, dieu solaire. L’ancienne Egypte, à l’époque archaïque, avait connu également des dynasties matrilinéaires. Les Carthaginois adoraient la déesse Tanit, certainement lunaire. Et le Sahara primitif, où la tradition matrilinéaire est restée vivace, rendait un culte à la Lune, déesse-mère. La société targuie (les Touaregs), au moment où les Européens l’ont découverte, avait conservé ce matriarcat qui remonte à la nuit des temps, et grand fut l’étonnement des militaires français de découvrir une société où les femmes participaient de façon si officielle aux décisions importantes.

Le calendrier lunaire

La disparition des cultes lunaires est liée à l’évolution du calendrier. Répandu autrefois dans toute l’Europe préhistorique, le calendrier lunaire comptait 13 mois de 28 jours (c’est-à-dire la durée d’une révolution lunaire). L’année était tripartite, par analogie avec les trois phases de la Lune, dont nous venons de parler. Le calcul du temps selon les rythmes lunaires était certainement plus facile pour les peuples primitifs. La fertilité de la terre et des troupeaux était plus immédiatement, plus visiblement liée aux phases de la Lune, plus tangibles que celle du Soleil.

Dans le calendrier lunaire, la durée du mois, coïncidant avec la durée du cycle féminin, repose sur une identification étroite de la femme avec la Lune. Résumé de l’équation : Lune = Femme = Fécondité = Vie = Terre = Eau...

L’année de 364 jours se divise exactement par 28 : c’était donc un calendrier très pratique, où les fêtes populaires s’articulaient très bien avec la pleine Lune. Un jour supplémentaire, gagné par la Terre en tournant autour du Soleil, était ajouté à la fin du troisième mois (c’est peut-être l’origine de la Chandeleur). Ce jour était consacré à une grande fête, au cours de laquelle la prêtresse de la Lune choisissait un roi, ou un chef militaire, pour l’année qui commençait.

Le grand problème fut longtemps de faire coïncider le calendrier lunaire avec le calendrier solaire (12 mois et 4 saisons). Il semble que l’on y soit parvenu vendant le premier millénaire avant Jésus-Christ.

Pendant des siècles, bien après la généralisation officielle du calendrier julien (solaire), les paysans des régions isolées continuèrent à compter l’année en mois de 28 jours, et en 13 mois… On en trouve encore des échos dans l’Angleterre du mie siècle !

Les trois Parques

Les trois Parques en robe blanche, chantées par Orphée, sont appelées aussi « Moires » chez les Grecs. Elles sont filles de Nyx, la nuit, et devant elles, tous les vivants sont saisis d’une terreur sacrée. Elles représentent les puissantes forces naturelles devant lesquelles l’homme est complètement désarmé, et la fatalité du destin.

Les trois Parques, ou Moires (moira : quartier ou phase) symboles lunaires, correspondent aux trois phases de la Lune. Il s’agit là certainement d’un mythe très ancien, datant de l’époque préhellénique.

La première Parque est Clotho, « la fileuse ». C’est la Lune croissante, la jeune Parque qui tisse les événements de la vie. C’est aussi la moins terrible des trois sœurs.

La seconde, Lachésis, « la dispensatrice », celle qui mesure le fil, est l’image de la pleine Lune. C’est elle qui, en détournant la tête, tire au sort le lot de hasard et de chance qui reviendra à tout humain. Cette « part de fortune » est inaliénable, il peut en jouir en toute sécurité ! Mais malheur au mortel qui essaie d’obtenir plus qu’il ne lui a été dévolu par le sort, car il empiète sur les prérogatives des dieux ! Il se désigne ainsi à la vindicte des Parques. Ce thème sera l’un des ressorts-clés de la tragédie grecque antique.

Nous avons été programmés pour un destin, nous ne devons pas chercher à lui échapper, telle est la morale qui se dégage du mythe des Parques. (Le nom « Lachésis » a été donné à un serpent sud-américain très venimeux, dont la morsure donne la mort. « Lachesis mutus », c’est-à-dire la dilution de ce venin, est un remède très utilisé en homéopathie !) La troisième Parque, Atropos, l’ « inévitable », celle à qui l’on ne peut échapper, est la plus puissante et la plus redoutée des trois sœurs. C’est la plus petite et la plus méchante.

Elle correspond à la phase descendante de la Lune, qui s’obscurcit peu à peu jusqu’à la néoménie, et que nous avons déjà vue personnifiée par la terrible Hécate. A l’heure de la naissance, Atropos grave sur une pierre l’heure de la mort. L’échéance arrivée, elle tranche inexorablement le fil de la vie, et nul ne peut la faire fléchir. (Mais il y a des exceptions, voir plus loin !)

Les trois sœurs habitent dans une caverne (symbole de nuit et d’obscurité), auprès d’un étang (la Lune liée à l’eau) dont le trop-plein s’écoule par l’ouverture de la grotte. On re- connaît là l’image de la clarté lunaire filtrant entre les nuages, dans la description poétique qu’en firent Orphée et ses disciples. A cette clarté lunaire se réfère aussi la blancheur de la robe des trois sœurs.

Le passage de la société matriarcale, préhellénique et adoratrice de la Lune, à une société grecque patriarcale, se marque dans les relations entre Zeus et les Parques. Le mythe hésite visiblement, et l’enjeu est important : il s’agit de savoir qui, de Zeus ou des Parques, détient le pouvoir suprême, celui de décider de la vie et de la mort.

Dans les versions les plus anciennes, les Parques ont un pouvoir absolu sur la vie des hommes. Dans les versions plus récentes, coïncidant avec la conquête hellène et l’effacement du culte lunaire, Zeus domine les Parques. Il les informe de ses décisions, certes, mais il a aussi le pouvoir de les obliger à changer d’avis ; il intervient pour leur imposer ses décisions.

Si les versions anciennes disent que Zeus lui-même tremble devant les Parques, il est dit ailleurs que les Parques s’inclinent devant lui. Zeus s’appelle parfois « le maître des Parques », puisqu’il prétend au pouvoir suprême sur les destinées humaines.

Une autre légende concernant les Parques est très significative. Il s’agit de l’épisode d’Apollon, venu rendre visite aux trois sœurs dans leur caverne. Il veut obtenir la grâce de son bienfaiteur et ami, le roi Admète, qui a eu la révélation de sa fin prochaine.

On sent qu’il s’agit d’un duel Soleil (Apollon) – Lune (les Parques) que la mythologie règle au profit du premier. Ce qui rappelle tout ce dont nous avons parlé plus haut, à propos de l’effacement des cultes lunaires de la Grande-Mère au profit d’un culte solaire. Face aux intraitables sœurs, Apollon a recours à la ruse : il leur fait boire du vin.

L’ivresse aidant, elles acceptent de retarder un peu le coup de ciseaux fatal qui doit trancher le fil de la vie d’Admète. Elles y mettent toutefois une condition : que l’un des proches du roi accepte de se substituer à lui, car la mort réclame son tribut.

Bien entendu, personne ne veut se sacrifier. Seule Alceste, l’épouse d’Admète, s’offre par amour, à le remplacer. Après avoir fait des adieux touchants à sa famille, à son mari, à la lumière du jour, Alceste avale un poison et s’abandonne à la mort. Mais aussitôt qu’elle a rendu le dernier souffle, Admète regrette d’avoir accepté son sacrifice. Car sans une telle épouse, la vie a perdu tout goût et toute couleur, et ne vaut plus la peine d’être vécue.

Perséphone, reine des Enfers, très choquée (dans son féminisme) qu’une femme se sacrifie à la place de son mari, renvoie Alceste vers la lumière du jour.

Dans d’autres versions du mythe, Admète fait appel à un ami, Héraclès/Hercule.

Toujours prêt à en découdre pour la bonne cause – et bon prince puisque c’est un jupitérien – le héros se fait le champion d’Admète. Le jour où Hadès vient chercher Alceste, c’est-à-dire le jour des funérailles, Héraclès survient avec sa célèbre massue (en bois d’olivier sauvage : détail important puisque l’olivier est sacré). Il s’attaque à Hadès en combat singulier et finit par en triompher, arrachant Alceste à la mort, et du même coup, Admète.

Notez l’intervention d’Héraclès, personnage très cancérien, comme nous l’avions vu plus haut. Les cycles lunaires et cancériens sont si étroitement imbriqués les uns dans les autres qu’ils ne sont pas facilement dissociables.

Les versions successives du mythe trahissent, ici encore, l’évolution de la société : dans la version ancienne, Perséphone refuse le courageux sacrifice d’Alceste. Nous sommes encore dans une société matriarcale où Perséphone, comme la Grande Prêtresse, a tous les pouvoirs.

Dans une version plus tardive, intervient Héraclès, qui incarne la volonté de Zeus; Héraclès est un symbole jupitérien, et nous sommes cette fois dans une société patriarcale où règne Jupiter/Zeus/le Soleil, tandis que la Grande-Mère lunaire est tombée dans l’oubli.

Je dois dire que ces histoires très pittoresques de dieux et de déesses sont infiniment plus amusantes que les mythes de la Déesse-Mère, dont les statues retrouvées ici et là ne sont guère affriolantes avec leur gros ventre et leurs multiples seins…

Il semble que, dans les mythologies, tout ce qui est triple (ou multiple de trois) se rattache à cette période des cultes lunaires. Triple Hécate, trois Parques, neuf têtes de l’hydre de Lerne, etc., en référence aux trois phases de la Lune.

Le culte lunaire de la Déesse-Mère, symbole de fertilité et de vie végétative, correspond à un stade culturel « primitif » de l’humanité. Si les peuples évoluent ensuite, les uns après les autres, vers un culte solaire et une société patriarcale, c’est tout à fait dans la logique de l’astrologie : le mois du Cancer, signe de la Lune et de la gestation, précède le mois du Lion, signe du Soleil et de la maturité 1. Tout se passe comme s’il existait un ordre naturel et astrologique des choses, auquel les individus, tout comme les sociétés, ne peuvent échapper. On ne peut s’attarder éternellement au stade du Cancer : il est fait pour être dépassé, et chacun doit parvenir à la pleine lumière solaire, à l’autonomie, à l’affirmation de soi.

La Lune et la Bible

La Lune apparaît dès les premières pages de la Genèse, comme l’un des deux luminaires qui « servent de signes pour compter tant les fêtes que les jours et les années ». L’éclipse de Lune est interprétée comme une manifestation de la colère divine, et sera l’un des signes du Jugement dernier. Plusieurs passages des Ecritures parlent de la Lune qui perdra « le tiers » de sa clarté, et se transformera en sang. La Lune est donc associée ici aussi, comme dans le signe du Cancer, à la fin de toutes choses.

Selon Isaïe, lorsque Jérusalem sera rétablie, la Lune sera aussi brillante que le Soleil, mais aucun des deux luminaires ne sera vraiment nécessaire pour éclairer la Jérusalem éternelle, puisque la lumière de l’Agneau divin y suffira.

L’Ancien Testament interdit les cultes lunaires (Deutéronome, IV/19 et XVII/3), considérés comme une épouvantable idôlatrie.

Encore actuellement, la date de Pâques dépend de la première pleine Lune de printemps, et l’on pense que cette fête chrétienne majeure a pris le relais d’une fête lunaire bien plus ancienne.

Pour les catholiques et orthodoxes d’aujourd’hui, la Vierge Marie, Mère de Dieu, résume en elle tous les symboles antiques ayant trait à la Grande-Mère et à la Déesse-Lune.

Dans les litanies, elle est appelée « Etoile du matin » et « Porte du Ciel ». Nous avons vu plus haut que c’était également l’une des significations du signe du Cancer. Un très grand nombre de sanctuaires mariaux actuels, tel celui de Chartres, ont pris le relais d’anciens sanctuaires consacrés à la Déesse-Mère lunaire, ainsi que l’attestent d’innombrables fouilles.

La Vierge-Mère, comme l’ont souligné les exégètes, réunit en elle les trois visages de la Lune : la brillance de Séléné, la virginité d’Artémis, les pouvoirs mystérieux d’Hécate sur le monde invisible (mais de cette figure n’est retenue que l’aspect bénéfique et positif).

La prière des chrétiens Ave Maria se réfère explicitement à ce pouvoir de Marie sur l’Hadès : « Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort… »

Mais les textes les plus frappants à cet égard sont certainement ceux de l’Apocalypse de Jean.

Au chapitre mi : « Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une femme ! Le Soleil l’enveloppe, la Lune est sous ses pieds, et douze étoiles couronnent sa tête. »

Devant la Femme apparaît un énorme Dragon rouge feu, à dix cornes (symbole lunaire très classique, attribut de toutes les divinités lunaires anciennes, attribut également du Taureau où la Lune est exaltée… Cette mention des cornes revient plusieurs fois dans l’Apocalypse). La queue du Dragon « balaie le tiers des étoiles » (notez la référence au chiffre trois). Suit un duel fantastique entre la Femme et le Dragon, la Femme symbole de vie, qui enfante, et le Dragon, symbole de mort, qui cherche à dévorer l’enfant nouveau-né.

Le Dragon transmet ensuite son pouvoir à la Bête, qui a deux cornes. Dragon et Bête ont visiblement repris l’héritage de la terrible Hécate. D’après Jean, la Bête et le Dragon sévissent au bord de la mer, et le récit est rempli de références à l’eau, tant mer que rivières et fleuves, élément lunaire et cancérien. On peut le voir aussi comme un gigantesque combat entre les éléments, entre le Feu et l’Eau… Les deux monstres fabuleux sont porteurs d’un feu maléfique, qui détruit l’ordonnance de la Création en perturbant dramatiquement l’équilibre des eaux, en brûlant tout sur leur passage – car leur domaine d’origine est l' »abîme n, r « étang de soufre et de feu ».

De la gueule du Dragon et de celle de la Bête surgissent trois esprits démoniaques : on pense aux Parques.

Vient ensuite la frappante description de la ruine de Babylone : « Babylone la Grande, la Mère des prostituées, portée par la Bête à cornes… »

Je résume : il semble que la Femme, image de Marie, Mère de Dieu, concentre en elle toutes les puissances bénéfiques de la Déesse-Mère lunaire et du signe du Cancer (gestation, naissance, vie éternelle) tandis que la Bête et le Dragon héritent de toutes les puissances maléfiques d’Hécate, de Lilith, des Parques.

Dans la théologie chrétienne, trèsoptimiste, la Vierge-Mère abattra définitivement le Dragon : « La Mort et l’Hadés sero,t jetés dans l’étang de Feu pour les siècles des siècles ». Tandis que « la mer rendra les morts qu’elle gardait, ainsi que l’Hadès ». (XX,13).

Caractérologie générale du Signe

Clair de Lune

« Il y a un peu de la folie de la Lune dans tout Cancérien« , a dit Linda Goodman, remarquable astrologue anglaise. Sans doute est-ce par là qu’il faut commencer, pour parler de ce personnage controversé qu’est le natif du Cancer. Le coup de Lune. S’est-il trop longtemps exposé, originellement, aux clairs étranges de cet astre, troué de cratères noirs ? Porte-t-il un peu du déchirement que l’on ressent au moment où explose l’été, lorsque l’automne est si proche, avec ses retombées de lumières ? La contradiction du signe apparaît aussitôt : signe d’été, mais de nuit. Signe de chaleur, de lumière, de rayonnement, mais enfermé sous sa carapace, protégé et limité par ses énormes pinces qui entravent son mouvement, vivant dans l’ombre des rochers ou des océans : il en existe même qui sont aveugles, dans les grands fonds abyssaux. J’ai souvenir d’une petite fille hurlant de terreur devant un crabe impressionnant qui s’était caché dans sa chaussure (il a honte de lui-même, le crabe, il essaie de ne pas se montrer) ; lorsque j’ai extrait de sa cachette, à l’aide d’une petite branche, cette bête aux pinces énormes, à l’allure réellement effrayante, elle s’est arrêtée courageusement devant ma branche, qui la titillait sadiquement, et a fait quelques mouvements pathétiques, pitoyables et sans aucune efficacité, pour défendre sa peau. Toute la psychologie du Cancérien est résumée là : en permanence sur la défensive, mais totalement démuni et désarmé face à l’attaque directe de l’adversaire. Outre que le pauvre crabe n’attaque lui-même jamais que par malentendu : il avait cru trouver un abri sûr dans la chaussure de la petite fille !

Seule victoire : l’échappée

Mais revenons à la Lune qui gouverne, dit-on, notre Cancer. Il est probable que, comme cet astre à l’éclat inquiétant, le Cancérien ait une face cachée qui n’apparaît jamais en même temps que la face visible. J’irai même au-delà de cette image : plus il fait briller sa face visible, plus il cache l’autre. C’est pourquoi les êtres du Cancer apparaissent comme des gens imprévisibles, aux actes et aux réactions inattendus, voire surprenants. Leur seule défense est de se soustraire à la compréhension et au regard d’autrui. N’oubliez pas que l’attaque leur est inconnue. Leur personnalité, entièrement construite sur un mode défensif, se trouve affaiblie par la protection même dont ils s’entourent : comment aller de l’avant avec toutes ces entraves ? De fait, ils ne vont pas de l’avant. Ils vont de biais. Ils ne connaissent que les transversales pour se rendre d’un point à un autre. D’où l’impression qu’ils donnent d’échapper. C’est leur force, leur seule arme, et leur salut dans bien des cas : l’échappée. La fuite de côté. La disparition vers le rêve, le sommeil, la création, l’enfantement, l’autre monde, en quelque sorte. Ce n’est pas, comme on l’a dit, un refus du réel : c’est la seule défense du Cancer attaqué. Le Scorpion agressé va élaborer une stratégie raffinée, complexe, quasi perverse, qui utilise les armes de l’agresseur plus son intelligence et son intuition supranaturelle pour répondre à l’agression. Le Cancer, en revanche, est démuni devant une offensive. Il ne sait pas comment répliquer, il ne sait même pas qu’il peut répliquer. Il cherche seulement à se protéger des coups, puis à éviter que les coups ne se reproduisent. Or, comment mieux se protéger des coups, éviter de les voir se reproduire, qu’en disparaissant, corps et biens ? Sur ce terrain, le Cancérien est à l’aise. Il connaît toutes les gammes de la non-présence, il en joue avec virtuosité, il fait même preuve d’une invention et d’une ingéniosité rares en ce domaine car il ne disparaîtra jamais deux fois de la même façon, il ne se dérobera jamais par les mêmes sorties, il ne fuira jamais aux mêmes moments. Il y a la fuite classique dans le sommeil. Le Cancérien, qui dort beaucoup, se défend ainsi des agressions du jour (chauffards en voiture, mauvais caractère du patron, collègues désagréables, etc.). Il y a la dérobade par l’oubli. Le « Ah ! j’ai oublié », caractéristique du Cancer, représente une vigoureuse protestation, sachez-le. Et sachez découvrir contre quoi, car il ne vous le dira jamais, lui.

Il y a l’absence présente. Je suis là mais je ne vous vois ni ne vous entends, semble dire le Cancérien lorsqu’il est contraint, mais vraiment contraint, d’assister à un -dîner qui l’ennuie, par exemple. « Il est dans la lune », commentent ses proches. Et rien n’est plus faux. Il est là, bien là, mais il refuse par tous ses pores d’y être. C’est le champion de la résistance passive. Et s’il ne veut vraiment pas faire quelque chose, rien au monde ne le fera changer d’avis. Il échappe à toute manipulation avec une obstination que je qualifierais de sereine. Mais il sait vouloir – et obtenir – avec la même obstination. Sereine. Tenace.

Tout ce qu’on invente est vrai

(Flaubert)

Revenons aux fuites du Cancer. Le sommeil, le rêve, l’absence sont ses fuites de tous les jours, ses petits écarts de langage à lui. Mais sa grande force, son véritable pouvoir, son atout majeur dans l’existence résident dans sa faculté de créer. Connaissez-vous de plus belles échappées que celles de l’imagination ? Il crée – ou recrée – tout ce qui l’environne.

Par la parole, d’abord. Ce qu’il raconte avoir vu, entendu, correspond peu ou mal avec ce que le vulgum pecus aura vu et entendu au même moment. Le Cancer exagère toujours, avec foi. « Exagérer, disait d’ailleurs un poète, c’est commencer d’inventer. » Il invente par la parole, donc. Mais aussi par le geste, (pour remplacer simplement un objet dans un tiroir, il peut avoir des mouvements totalement farfelus), par le regard (il voit toujours, dans un dessin, sur une photo ou dans le noir, des figures d’une richesse et d’une complication rares, ce qui est extrêmement frustrant pour le non-Cancérien se trouvant à proximité), par l’écoute (au cours d’un dîner où un charmant écrivain projetait de donner « une ou deux petites conférences en province, peut-être dans une grande librairie », une jeune voisine, à l’ouïe parfaite au demeurant, répondit avec une réelle ferveur : « Une ou deux conférences dans une grande prairie, c’est une bonne idée, mais au printemps, alors ? » Elle était bien née sous le signe du Cancer…)

Qu’ils soient employés de bureau, femmes au foyer ou conducteurs d’autobus, nos Cancériens sont profondément, fondamentalement créatifs. Vous ne vous en rendez pas nécessairement compte sur-le-champ, mais observez-les un moment et vous comprendrez ce que je veux dire. L’employé de bureau va s’installer, un beau matin, dans le fauteuil réservé au visiteur, parce que « ça lui donne l’impression de ne pas être •là », la femme au foyer vous servira une salade de concombres à la crème car « elle n’avait pas assez de fromage pour faire un soufflé » (inutile de chercher le rapport de cause à effet) ; quant au conducteur d’autobus, vous ne me croirez pas, mais il changeait ses itinéraires en fonction des nécessités de ses usagers ! « Alors que la majorité des humains redoute le chaos, le désordre d’un monde intérieur écroulé, sans repères, le créatif supporte cet état de choses insécurisant entre tous… Il choisit le doute, il choisit le défi… La traversée du désordre ressemble souvent à une traversée du désert. »

Ferme les yeux, et tu verras

(Joubert, « Pensées »)

On a trop parlé de la rigidité défensive du Cancer, on ne parle pas assez de la richesse de son univers intérieur, richesse inversement proportionnelle à la « pauvreté » de sa présence. S’il parle peu et mal en société, s’il a l’esprit d’escalier, s’il apparaît souvent comme quelqu’un de « doux et transparent », c’est que toute son énergie est utilisée, intérieurement, à élaborer son monde personnel. On dit aisément qu’il refuse le réel.

Or il s’agit, beaucoup plus souvent, d’une orientation de l’intelligence : la sienne choisit de créer plutôt que d’administrer. Dans une certaine mesure, le réel est chose acquise, sûre, stable, pour le Cancérien. Il a, plus vite qu’un autre, décelé les tendances psychologiques fondamentales de son entourage ; mais une paresse naturelle l’incline à ne pas en faire état. Il sait mais ne laisse pas apparaître qu’il sait. Curieux d’autrui, attentif à toute singularité, il semble glisser d’un air bonhomme et distrait sur les êtres et les choses.

La boutade délicieuse de Woody Allen : « La réponse est oui. Mais rappelez-moi donc la question ? » paraît avoir été spécialement inventée pour éclairer la psychologie du Cancer. Affable et apparemment absent, il gagne du temps dans le dialogue pour observer, comprendre, définir la personne qui lui parle. D’où sa rapidité à saisir ce qui l’intéresse de la réalité. Pour pouvoir, bien sûr, s’échapper à nouveau. Comprenez-le : il y a tant de secrets à déchiffrer, tant d’inconnu à saisir, à maîtriser, à absorber dans l’occulte, la nuit, la face cachée de toute chose vivante ! « Il serait très imprudent d’assimiler sa fuite devant les mondanités à l’introversion du misanthrope ou à celle de certains névrosés. Ses relations et ses échanges avec le réel sont tout à fait excellents et actifs lorsqu’il s’agit d’y rencontrer quelque chose de piquant pour l’esprit, d’en recevoir des messages susceptibles d’alimenter une recherche. »

Comme le Sagittaire est un aventurier de la terre, comme le Verseau est un aventurier de l’espace, le Cancer est un aventurier de l’esprit. « Pas de vision privilégiée, pas de certitude enclose, de murs définitifs, mais une forme d’accueil, d’ouverture qui va accorder un droit d’entrée à ce qui peut devenir perturbant.' » Ce droit d’entrée à ce qui dérange explique en grande partie le succès qu’ont rencontré les « Radioscopies » de Jacques Chancel (forte signature cancérienne avec le Soleil, Lune et Mercure en Cancer) : ne s’est- il pas appliqué à rechercher, à détecter, à transmettre l’aspect inattendu, singulier, fragile d’une image publique, jusque-là figée sous son aura ? N’a-t-il pas inventé un nouveau journalisme par ses questions fouillées, intimistes et foncièrement originales ? En un mot, n’a-t-il pas dérangé l’ordre établi, dans son métier ? Car personne, avant lui, n’avait songé à « déplacer » un invité, à le sortir des conventionnels pourquoi, à solliciter l’envers de la médaille.

Cette notion de dérangement psychique est capitale, chez le Cancer. Comme il accepte que « son système de pensée se fissure, se délabre, s’effondre », comme il est prêt à remettre en cause toutes ses convictions intellectuelles, ses certitudes mentales – d’où l’impression de flottement qu’il donne souvent – si une nouvelle information vient détruire son organisation cérébrale, il compense cette extraordinaire disponibilité psychologique par des barrières physiques notoires. Très sélectif affectivement, il se refuse aux « relations », aux contacts superficiels et ne fait aucun effort de concession aux exigences sociales. Là se retrouve la notion de fermeture souvent mentionnée à son endroit : il s’économise, il réserve ses forces vives à ce qui l’intéresse, lui.

Car il s’est constitué sa propre échelle de valeurs, hautement définie, avec ce qui mérite son attention, son temps, son énergie, et qui ne le mérite pas. Il préfère être seul qu’avec « des gens » indifférenciés, interchangeables. Cette sélectivité fait qu’il est très aimé de ses amis et très critiqué de tous les autres. S’il était vrai que le Cancer soit si avide de sécurité, comme l’affirme l’astrologie traditionnelle, je doute qu’il ait aussi fortement ancrée en lui cette capacité d’exclusion. Car exclure, c’est directement s’exposer à être abandonné.

Or, sous des apparences douces, accortes, c’est la personne la plus sauvagement individualiste du Zodiaque. C’est dans cet isolement que notre natif récupère ses forces vives. En effet, comme il se dépense beaucoup plus qu’un autre dans l’absorption de toutes les informations insolites que lui prodigue sa journée, ou qu’il sollicite lui-même avec insistance, il est littéralement épuisé, la nuit venue. Et la digestion spirituelle de ce qu’il a stocké, pour sa re-création, son alchimie inventive, se fait dans le sommeil. « Rêver et révéler, disait Queneau, c’est à peu près le même mot. » Ah ! le sommeil du Cancérien. C’est un puits sans fond, des dizaines et des dizaines d’heures, perdues pour les autres, gagnées pour lui.

Car le sommeil est porteur de rêve, aliment précieux entre tous, denrée complexe, richissime, sève des jours : le rêve est sa preuve qu’il existe un autre monde, un autre temps qui ne connaît ni montres ni réveils, un autre espace, bien plus grand, bien plus fou. « [Dans le rêve], le territoire d’exploration n’a plus de haies, il devient aussi libre qu’un continent sauvage sans frontières. Le chercheur balaie ainsi un champ de mémoire infiniment plus étendu que celui qu’il parcourt à l’état de veille.] » La folie ou ses confins, l’immensité étrange et pleine d’ombres du champ de conscience, l’existence pressentie d’une vraie image derrière les apparences des apparences, tout cela porte le natif du Cancer à voyager de plus en plus loin dans sa nuit, de plus en plus profond dans ses fantasmagories.

On peut expliquer la fascination qu’exerce sur lui l’univers de l’inconscient par la sensation qu’il a d’approcher, ainsi, la mort. Car la mort suscite en lui une obsédante angoisse qui pourrait bien expliquer, d’ailleurs, son éternel besoin de créer. En créant, peut-être annulera-t-il les siècles, donc la mort de l’âme ? C’est une hypothèse. N’oublions pas qu’à l’origine, ce signe était considéré comme le plus fécond du Zodiaque, et pour les femmes, il symbolise la maternité. Or, qu’est-ce que la fécondité, sinon le refus de la mort ? Quant au passé, que l’on attribue de façon privilégiée au Cancer, je crois, comme l’a dit Jean-Paul Sartre, que « c’est un luxe de propriétaire » : peu de natifs du Cancer se l’offrent pour la simple raison que l’aventure, même si ce n’est qu’une aventure de l’esprit, ne s’accommode guère du mouvement rétrograde que demande le souvenir.

A la recherche du temps échappé

Or je me permettrai de citer ici, dans le désordre, un certain nombre d’affirmations qui me choquent, moi, native du Cancer : « Intellectuellement, l’inhibition blocage suggère la mémoire comme faculté dominante du signe. » (J.P. Nicola, La Condition solaire.). « L’émotivité encourage la subjectivité, fait naître dans le cœur inquiet des poussées anti-intellectualistes, des croyances-refuges, des vérités qui n’aboutissent à rien. » (André Barbault, Cancer.) « Sa personnalité se développe dans un monde d’imagination, de rêves, de souvenirs qui parviennent à dénaturer la réalité objective. » (Paul Colombet, Initiation à l’astrologie.) Etc.

Cette façon de limiter mon fantasque signe du Cancer au souvenir, au passé, à la mémoire me choque, disais-je, et voici pourquoi : si le passé peut l’intéresser, et cela arrive beaucoup moins qu’on ne le dit, c’est seulement dans la mesure où il lui échappe. Tout ce qui échappe au Cancer requiert son attention particulière. Le passé en général ou son passé à lui, dans ce qu’ils ont de définitivement incompréhensible, inexplicable, inclassable (il faudrait remonter le temps pour comprendre les mécanismes de l’histoire, et qui peut y parvenir ?) l’attirent : parce que la clé de l’énigme ne lui sera jamais fournie.

Le Cancérien est un grand interrogateur. A la différence des Gémeaux qui questionnent sur la surface des choses, le Cancer interroge et s’interroge en profondeur. D’apparence indifférente, c’est un être passionnément curieux qui, au lieu de demander pourquoi, cherchera comment. Tout se passe souvent à l’intérieur de lui-même jusqu’à ce qu’il trouve seul des réponses aux problèmes qu’il se pose. Son instinct le pousse à ne retenir des autres que ce qu’ils ne disent pas, à n’enregistrer que leurs silences, à ne tenir compte que de leurs actes et non de leurs intentions. (« Il n’y a pas d’amour, disait le Cancer Cocteau, il n’y a que des preuves d’amour. ») Tout cela fait une personne aux relations difficiles, qui manque de complaisance, et qui est souvent maladroite. Le vrai Cancer ne sait pas parler, parle peu et de travers, utilisant juste les mots qu’il ne faut pas utiliser. C’est pourquoi il écrit si bien. Il compense cette réelle impuissance relationnelle par une très forte attirance pour l’écriture. Le papier ne le regarde pas dans les yeux, ne le trouble pas, ne lui parle pas, et surtout, le papier a tout son temps, ce qui n’est pas toujours vrai des gens qui l’entourent. Et notre pauvre Cancer est un lent. Un curieux, profond mais lent. Trop lent pour les dialogues, les échanges oraux, les reparties fusantes. Le temps de comprendre le deuxième, le troisième et le quatrième sens de ce qu’on vient de lui dire, l’autre est reparti pour Saint-Petersbourg.

Avoir, être ou paraître ?

Si l’on appliquait les deux modes d’existence proposés par Erich Fromm : Avoir ou Etre ? 1 aux douze signes du Zodiaque, on découvrirait que quatre signes seulement peuvent entrer dans le mode du pur être : le Bélier, par action, le Cancer, par intériorisation, le Verseau par projection et les Poissons par oblation. Les huit autres signes participent soit du mode avoir : Taureau, Vierge, Scorpion, Capricorne, soit d’un dérivé de l’être que j’appellerais le paraître : Gémeaux, Balance, Lion, Sagittaire (or, pour paraître, il faut tout de même avoir).

Le Cancer donc, après le Bélier, cherche à exister. Il ne possède rien et posséder ne l’intéresse d’ailleurs pas. Un vrai Cancérien ne gagne pas beaucoup d’argent et n’en dépense pas non plus. Ses rapports avec ce qu’il est convenu d’appeler les biens matériels sont à base d’indifférence notoire. Vous ne verrez que des objets utiles ou affectifs dans l’environnement du Cancérien, et s’il arrive qu’ils aient de la valeur, c’est un hasard.

De surcroît, il l’ignorait. Le Cancer vit souvent dans le désordre – n’oubliez pas que pour lui, le paraître n’existe pas – ou bien, l’univers dans lequel il vit est aménagé pour les autres, sa famille ou ses amis, mais pas pour lui. Le Cancer pur n’investit jamais vraiment un lieu, ni un pays, ni une maison, ni des choses. Son territoire intérieur est trop immense pour lui permettre de voir l’accessoire, c’est-à-dire l’extérieur. Il vit une maison, il n’y vit pas. Autrement dit, la maison ne lui apparaît pas en tant que maison (avec des portes, des couloirs, des murs, que sais-je ?) mais en tant que réceptacle de ses pensées, de ses impressions, de son affectivité. S’il n’a pas la sensation psychique d’être reçu, enveloppé, conforté, inconditionnellement accepté par le lieu qu’il occupe, il ne s’y trouve déjà plus.

Et c’est irrémédiable, car il peut rester des années à l’endroit où il ne se trouve pas en y étant. Sans l’habiter. Cette sensation horrible que donne le Cancérien d’être absent du lieu même qu’il occupe, je ne souhaite à personne de la vivre : dans ce domaine comme dans bien d’autres, il est impossible d’entamer son être profond. Il est le plus fort puisqu’il ne cherche pas à l’être. C’est lui qui a le plus, du fait qu’il ne cherche pas à avoir.

Le pur Cancérien s’adapte à toutes les transformations, adversités de l’existence sans dommage réel du moment que son univers affectif n’est pas menacé. Comme la tortue ou l’escargot, il transporte avec lui l’essentiel de son monde. Les hommes du Cancer, souvent mal habillés (refus du paraître) ont des poches bourrées, mais bourrées d’ingrédients indispensables à leur autonomie morale : stylos, petits carnets, pinceaux, tubes de gouache, pipes, cure-pipes, épingles de nourrice, crayons de couleur, cartouches d’encre, lettres d’amour, vis rouillées, poignées de portes et boulons de voiture sont les plus courants.

Leur point commun : la création artistique qu’ils vont autoriser. Car si le Cancérien n’aime pas jeter les choses, mêmes vieilles, même usées, c’est qu’il voit, lui, comment il va retransformer quelque chose d’ordinaire en quelque chose de beau. C’est le spécialiste des collages spectaculaires, des montages insolites, des vieilles boîtes métamorphosées en vases de fleurs, en sucriers, en lampes de chevet, des bouts de chiffon et de laine devenus poupées, des rogatons de jouets arrangés en porte-manteaux, des patchworks, mélis-mélos pleins d’invention, d’esprit et de surréalisme. Les objets acquièrent alors une toute petite valeur : celle d’être passés par leurs mains et de s’être laissés recomposer selon leur fantaisie.

La vie est un progrès de désir en désir et non de jouissance en jouissance

(Samuel Johnson)

Cette incapacité simultanée d’avoir et de paraître donne aux signes de l’être, par compensation, une beaucoup plus grande faculté de désir. C’est par le désir qu’ils alimentent l’être. Le désir se rapproche de l’attente et de l’espoir, mais il les limite dans le temps et les rend plus impératifs. Le désir du Cancérien se porte principalement sur autrui : c’est le désir de connaître, de comprendre, d’intégrer sa différence. C’est le désir de déchiffrer ce qui est, en tout être, étranger à lui-même. D’en pénétrer le secret. On pourrait assimiler ce désir à l’intérêt glacé de l’entomologiste, s’il n’y entrait pas une intime adhésion à l’autre, une vraie chaleur qu’il ne sait d’ailleurs pas exprimer. Là est tout son drame : ce désir un peu fou, extrême et sélectif d’autrui, qui porte en lui d’une certaine manière, la chaleur, la brûlure de l’été proche, le blesse constamment parce qu’il est impuissant à l’extérioriser. A la différence du Bélier, qui embrasse trop, trop vite, trop fort (et parfois mal étreint), le Cancer bride le geste, le mot de son désir. Il se croit alors incompris quand il n’est que mal entendu. Il arrive que, le barrage sautant, les eaux du désir Cancérien noient dans un tourbillon de vagues folles les êtres qui l’avaient suscité. C’est une expérience très dure pour notre crabe. Car le désespoir est plus intensément, plus silencieusement destructeur pour lui – qui ne sait pas dire – que pour un signe de l’avoir ou du paraître, qui trouvent des dérivatifs puissants à leur détresse.

Là où vibrent des ondes aux longueurs non répertoriées…

De la même façon, le désir du Cancer à l’égard de ce qu’il ne saisit pas dans l’être humain présente toujours quelque chose de délirant ; mais il faut découvrir l’indice du délire, qui n’est ni verbal, ni gestuel. Lorsqu’il veut savoir pourquoi ou comment se passe quelque chose qu’il ignore chez une personne qui l’intéresse, sa quête de l’explication, de la cause authentique – autrement dit la vérité – peut se manifester par un comportement inhabituel, fébrile, absolument excessif : il en perd l’appétit, le sommeil, le rêve même.

C’est pourquoi je suis amenée à penser qu’il y a, dans tout Cancer et à tout moment de sa vie, une violence faite d’exclusivité, de condensation de la volonté, d’action ou de non- action perturbatrices, qui peut prendre soudain la place de sa raison. Cette violence dérailleuse, qui déboule sans crier gare dans la vie calme et apparemment sans heurts du Cancérien, est amoureuse. On trouve ainsi du désordre et des bouleversements passionnels dans toute relation du Cancer, dans tout intérêt qu’il porte à quelqu’un d’autre. Ami, professeur, frère ou sœur, relation de travail, père ou mère, compagnon de sport (ou de danse ou de yoga), partenaire d’échecs, peu importent le lieu, les circonstances de la rencontre. Elle s’est faite. Et le travail en souterrain a commencé. Passion sans éclat, comme l’eau qui dort. Rarement, cette passion se voit, rarement elle s’exprime, mais elle existe et se perçoit, en partie. Le Cancer ne montre pas ce qu’il ressent, comme on sait, mais il peut irradier, diffuser, transmettre par ondes vibratoires, par transfusion de chaleur, des bribes de son émotion. Ce sensoriel arrive à faire passer par le corps, en langage codé, empreint de maladresse et d’extrême attention, le trouble qui l’a touché. (Cf. article de Matthieu Galey sur Nathalie Sarraute.)

Cela dit, seuls les signes du mode être sont aptes à vraiment recevoir et exalter la fébrilité passionnée du Cancer. Je ne parle pas ici de l’amour et de ses prolongements, mais de la compréhension immédiate, instinctive, de ce que l’autre vit à un moment donné. Le Bélier, le Verseau et les Poissons saisissent sur-le-champ – sans l’intervention du raisonnement – l’émotion du Cancer. C’est simplement parce que ces signes sont plus attentifs aux messages de l’intérieur qu’à ceux de l’apparence, et qu’ils savent mieux y répondre. Tout se trouve encore dans le domaine du non-dit, non-agi : n’oublions pas que ces quatre signes privilégient l’existence en faveur de l’acquisition ou de l’apparence. Il est donc logique qu’ils aient un langage à eux, comme savent se parler d’emblée un Taureau et un Capricorne, un Lion et une Balance.

Ce n’est pas un hasard si nos quatre signes de l’être vivent plus douloureusement une relation déçue ou déchue. Le désespoir s’infiltre à la mesure de l’espoir, du désir. Mais ceux-là n’ont pas de relais ni de transfuges possibles. Quand c’est l’être profond qui s’est exposé au désir (d’une relation nouvelle, productive, prospective), c’est lui qui prend tous les coups. Il ne peut pas les partager avec son double, son apparence (comme les Gémeaux ou le Sagittaire), ni avec les amis qu’il aurait s’il était Taureau, ni avec le pouvoir qu’il garderait, envers et contre tous, s’il était né sous le signe du Scorpion.

Fascination pour l’aisance, mépris pour la complaisance

Le titre même d’un roman écrit par une jeune fille du Cancer, il y a quelques années (et qui avait eu un certain succès), révèle son signe et une de ses préoccupations essentielles : L’Homme facile 1. Il s’agissait non pas seulement de l’homme facile à prendre et à laisser, mais aussi de l’homme aux relations faciles, à la séduction facile, l’homme facile à aborder. Cette facilité, cette aisance sans valeur et galvaudée, le Cancer l’admire en même temps qu’il la méprise : c’est la complaisance qu’il n’aura jamais, puisqu’elle est portée par une profonde indifférence.

Le Cancer est habituellement reconnu comme un être hypersensible, maladivement susceptible et subjectif. Mais je n’ai jamais vu nulle part qu’on ait livré ses bases profondes : c’est un être excessivement passionné. II y a toujours quelque chose d’extravagant dans un attachement cancérien. Je veux dire qu’il extravague dans l’amour qu’il porte à un ami, à une sœur, à un professeur, comme s’il délirait de fièvre. « Sa grâce, comme dirait Saint- John Perse, est dans la combustion. » Ce sauvage protégé, enfermé dans ses espaces intérieurs, d’abord difficile et distant, perd le sens commun lorsqu’une personne le touche.

A la différence de la plupart des êtres « qui ont davantage peur de devenir des hors-la-loi que de mourir 2 », les Cancériens peuvent mourir de ne pas exprimer leurs sentiments hors-la-loi. A ce titre, ils sont purs. Aucun intérêt, aucun calcul, aucune considération sociale ne se mêlera aux sentiments profondément violents qui les habitent. Mais que de difficultés ils se préparent dès qu’il faut que les choses durent ! Car plus un sentiment s’étale dans le temps, plus il s’expose à y être dilué, amoindri. Et notre Cancer ne supporte que les changements évolutifs, productifs, dynamisants, il ne veut pas de l’usure des choses.

Son exigence ne faiblit pas avec le temps, elle s’aiguise. Comme pour le Bélier. Comme le Verseau et le Poissons. Il lui faut alors anesthésier sa blessure et c’est dans la création qu’il s’enivre. Sa solitude initiale est revenue. Plus à vif, plus immunisée que jamais. On imagine qu’elle lui est naturelle, alors qu’elle est acquise comme une sauvegarde contre la souffrance. Le Cancer est un solitaire par défaut et non par goût. Il s’isole, paradoxalement, parce qu’il attend trop des quelques rares personnes qui ont suscité son désir, et qu’il ne s’adapte pas à leur approximative qualité. A la différence du Bélier qui veut tout, tout de suite, le Cancer veut tout, mais pas tout de suite (c’est suspect) : il prend le temps de tout vouloir. « Ne perds pas de temps à te hâter », la devise de Lanza del Vasto pourrait être celle du Cancer. Et il donne à l’autre, reconnaissons-le, le temps de devenir « parfait », c’est-à-dire présent. Son exigence se porte exclusivement sur la qualité des sentiments et sur la volonté que l’on a de les enrichir, de les réchauffer, de les mûrir. Mais alors, quelle exigence !

L’avancée du crabe

De cette demande affective, combinée à un manque réel de confiance en soi, naît ce que j’appellerai l’avancée du crabe. Ce n’est pas une marche, ni une course, ni un cheminement, ni une flânerie : le crabe sait où il va, jusqu’à la fin, même s’il n’en a pas du tout l’air, et il s’y dirige avec obstination. Mais il avance de biais en biais, semblant s’éloigner de son objectif, puis s’en rapprocher, puis s’en éloigner à nouveau. Il faut lui reconnaître un certain sens de l’orientation, car n’importe qui à sa place se perdrait dans les zigzags. Lui, non. Il retrouve son but initial avec une sûreté instinctive étonnante. Mais observez la rapidité inquiète, sur le qui-vive, de ce crustacé lorsqu’il s’est mis en route vers sa dernière découverte (une miette de pain, par exemple) ; notez la culpabilité foncière qu’il porte dans sa démarche, où qu’il aille, quoi qu’il médite d’entreprendre. Il se dépêche d’avancer – ce faisant, il ressemble à un objet déplacé sur un territoire inadéquat, comme les gros bateaux aéro-glisseurs – et si on l’arrête dans sa trajectoire, il stoppe ses moteurs et rien ne le fera bouger d’où il est tant qu’il sentira l’ennemi proche.

J.-P. Nicola remarquait avec finesse cet aspect fondamental de la psychologie des Cancériens : « Les natifs du Cancer, en dépit de leurs incessants retours sur eux-mêmes, sont tenaces par nature. Ils changent la forme de leurs projets plus que le fond et n’abandonnent que pour revenir à la charge ».

Inutile de préciser que les retours sur eux-mêmes sont provoqués par la peur d’autrui.

Les Cancériens protègent, finalement, tout ce qui leur tient à cœur, comme ils protégeraient leur enfant. Leurs projets d’ensemble sont rarement dévoilés. On ne voit d’eux, on ne sait d’eux que des anecdotes, des fibrilles, des billevesées. Là, attention au contresens : ils font semblant de s’intéresser aux petites choses pour mener, dans le secret, leurs grands desseins à terme. Ils savent pertinemment dévier la conversation vers le fait divers, attirer l’attention sur un détail pour éviter de rendre compte de leur vérité : c’est qu’ils refusent sauvagement l’idée qu’on puisse, étant informé de ce qu’ils trament, les empêcher d’atteindre leur but.

D’ailleurs, informer, mettre au courant, prévenir, rapporter, sont des activités anti-Cancériennes par excellence. Secrets ils sont, secrets ils restent. Ne comptez pas sur eux pour divulguer une nouvelle, bonne ou mauvaise. Ni pour répandre un bruit, quel qu’il soit. Si le Cancer enregistre tout avec minutie, il ne restitue rien. Sciemment. Les informations qu’il absorbe lui servent, à lui personnellement, et à personne d’autre. Il emmagasine, comme un pélican, cette nourriture cérébrale, mais il pousse la grâce jusqu’à laisser ignorer même qu’il sait. Il apparaît comme quelqu’un d’un peu débonnaire et ignorant, alors qu’il est un abîme d’observation silencieuse, un puits de renseignements inemployés – et pour cause : utiliser une information vis-à-vis d’autrui, c’est chercher à paraître, ou à gagner quelque chose, pouvoir, argent, etc. Cette attitude, volontairement verrouillée, le met à l’abri de toute indiscrétion, de tout mensonge, du moindre cancan, dont il a horreur. On le dit cachottier, il est seulement honnête. On le dit aussi hypocrite, or il se défie des mots. Il déteste qu’on parle à tort et à travers, qu’on dise n’importe quoi pour converser en société, qu’on émette un avis sur quelqu’un ou quelque chose d’imparfaitement appréhendé. L’à-peu-près, en paroles comme en actes, le révulse. Il réserve son jugement par probité, par souci d’authenticité. La plupart des gens jettent le caillou qu’on leur lance, lui il le regarde, le tourne dans tous les sens, le tâte, l’ausculte, le gratte et finit par découvrir que c’est une pièce très ancienne.

On ne peut, hélas, ignorer les défauts de ces qualités. Manque de souplesse et d’aisance (ou alors, aisance feinte, clinquante, affichée, pour masquer l’excès de scrupule intérieur), rigidité morale, sinon affective, incapacité à se mouvoir et surtout à s’exprimer en société – l’attitude est soit silencieuse et empruntée, avec tentatives pour se cacher, soit maladroitement interventionniste, du style : « Non, il ne fait pas beau du tout, il y a des nuages qui s’amoncellent et la météo prévoit des giboulées terribles. Où est-ce que vous avez eu du soleil, vous, aujourd’hui ? » Il sème la perturbation et le silence autour de lui, ce qui le rend positivement malade car, à l’inverse du Bélier chez qui il entre une part de provocation, le Cancer aimerait non pas plaire, ni charmer, ni séduire, mais être agréé, s’il le pouvait. Et cela ne marche jamais, dans une assemblée. On le rejette, on l’exclut aussi naturellement et instinctivement qu’on adopte et qu’on entoure une Balance – construite autour de la justesse, qui sait dire le mot juste au moment juste.

Le Cancer, enfin, devant l’adversité, se comporte avec courage. Contrairement à ce que laisserait supposer son attitude relativement inquiète et toujours défensive, dans la vie il fait promptement face au malheur. S’il est vulnérable aux petites misères et embûches de la vie quotidienne, il résiste de toutes ses forces à une grande disgrâce : il y répond, il s’y oppose, il y survit la plupart du temps. L’énergie du désespoir s’en mêle, c’est-à-dire, au fond, le refus de se résigner, d’accepter une fatalité, de subir un sort. Sa maison cassée, il récupère tous les matériaux pour en faire un train à hélices, ou un hangar à bateaux (même s’il n’a pas de bateau), ou un grand cadran lunaire… L’objet détruit, dans un univers cancérien, n’est jamais reconstruit de la même manière : Sisyphe, le Cancer ignore.

Je me permettrai de citer l’Encyclopedia Universalis sur la capacité étonnante du crabe à évoluer avec son milieu : « Les araignées de mer, elles, déguisent littéralement leur carapace avec des algues, des cailloux, des morceaux de coquilles. Si on les débarrasse de leur revêtement, elles s’en recouvrent aussitôt. Le crabe saisit l’éponge ou l’algue, la porte à sa bouche, non pour la manger mais pour y déposer un liquide agglutinant, et à l’aide de ses longues pattes, l’accroche sur son dos […] Mais le fait le plus remarquable chez ces crabes [.. 1, c’est qu’ils sont capables de changer de déguisement lorsque leur camouflage ne correspond plus à la couleur du milieu […] Et, encore à propos de leur habitat et de leur mode de vie : « Présents dans toutes les mers, ils sont adaptés à tous les modes de vie. »

Souvent, le Cancer force les événements par sa résistance aux influx négatifs, aux fortunes contraires. Il est « réactif » plutôt qu’actif, car sa tendance fondamentale de comportement est faite de neutralité bienveillante et de serviabilité. Poussé dans ses derniers retranchements par une conjoncture inopinée, il se révolte et devient Bélier, toutes pinces dehors. La vie et les circonstances ne doivent pas ignorer jusqu’où elles peuvent « aller trop loin », avec un Cancer. Car il se rebiffe contre ce qu’il est convenu d’appeler la destinée lorsqu’elle lui paraît injuste, et il refuse la maladie, les graves ennuis affectifs, matériels, professionnels, avec une force insoupçonnée. Il sait alors dire non. Sans fioritures.

Vous ne verrez pas un Cancer rester longtemps au chômage, ni prolonger une maladie quand il peut en guérir vite, ni traîner un retard d’impôts deux années de suite. Il se met en règle avec lui-même, avec son désir de paix intérieure, le plus vite possible. Sous ses dehors enveloppés, nonchalants, voire désinvoltes, le Cancérien cache un esprit de décision tout à fait énergique, une ferme détermination et, pourquoi ne pas le mentionner, une certaine volonté. Il la dirige principalement sur lui-même, (« Imposer sa volonté aux autres, c’est force ; se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure ». Lao-Tseu) pour s’améliorer, se parfaire, se perfectionner. Gommer ses défauts. Accentuer ses qualités. Cela dit, il est très délicat de signaler à un Cancérien ses insuffisances – qui sont nombreuses – car il bloque alors tous ses mécanismes progressifs. Il faut l’amener à les découvrir de lui- même. Là, il se modifiera en profondeur, calmement.

On peut l’amener à devenir un maniaque de l’ordre, s’il vivait dans la pagaille la plus absolue, en lui démontrant qu’il perd du temps ou des papiers importants, dans son désordre, mais pas en lui disant que c’est un monstrueux défaut. On peut l’amener à prendre des douches glacées, lui qui n’aime que les bains chauds, par simple évocation du bien-être qu’il éprouverait, ce faisant, et non en soulignant la nocivité de ses pratiques. On peut lui faire descendre une piste à quatre-vingts à l’heure, à skis, alors qu’il déteste la montagne, en lui décrivant l’ivresse qu’il éprouvera.

C’est l’être qui abrite en lui les plus forts contraires. La grâce et la maladresse. La sensibilité et l’interdit. L’élan et la froideur. Le silence et le volubile. Le courage et le repli.

La douceur et la détermination. L’enfance et la sagesse. Il est facile à approcher, à protéger, à envelopper, et très difficile à apprivoiser. Il donne beaucoup et pourtant il se réserve fondamentalement. Il ne dit que la vérité, mais il occulte constamment une partie de lui-même. Comment sa pudeur, son extrême retenue s’accommodent-elles du besoin qu’il a d’être reconnu, célébré par un vrai public ? Et comment fait-il pour graviter autour des êtres qu’il aime sans vraiment les entourer, sans vraiment les contenir ? On ne le saura jamais.

La Femme Cancer

C’est la personne la plus douce, la plus flexible, la plus exquisement féminine du Zodiaque : c’est la féminité pure, sans accessoires, sans véritable artifice, qui se dégage du fond et non des apparences. Elle tend un charme ténu comme d’autres tendent un piège. C’est une musique enveloppante, toujours un peu précieuse par la manière dont elle échappe. Je voudrais pouvoir vous la décrire, mais elle n’a jamais de caractéristiques vraiment définies. Elle peut se présenter tour à tour comme une femme fatale ou une toute petite fille, une maman fragile, attentive, inquiète ou une vieille âme sage, silencieuse, observatrice.

On dit que sa caractéristique fondamentale est d’aimer et de fabriquer des petits d’homme mais ce peut être exactement le contraire : c’est elle-même, alors, l’enfant qu’elle choie.

Si elle est mère, c’est une mère divine, délicate, délicieuse ; la mère idéale pour un enfant. Protectrice et tolérante. Si elle est enfant, elle arrange pour vous faire participer inconditionnellement à l’amour qu’elle se porte. C’est quelqu’un de désarmant : elle n’a pas d’armes. Plus exactement, elle ignore les armes classiques que suggère « la vraie femme » érotisée : super-maquillage, super-coiffure, talons-aiguilles, taille de guêpe, ongles vernis, que sais-je ? En somme rien d’érotique, en elle, aucun message à l’instinct, aucune provocation sensuelle. En revanche, une extrême sensibilité à tout ce qui l’environne – le Cancer est un sensoriel exacerbé, à l’acuité olfactive, tactile, auditive exceptionnelle -, une réceptivité psychique importante (qui alimente en priorité son sens créateur), une curiosité secrète et presque animale, une intelligence intériorisée, une intuition scrutatrice la rendent fée.

Mais c’est une fée mal dans son corps, qui se protège des regards. Vous reconnaîtrez souvent une femme du Cancer à la manière asociale dont elle s’habille : le débraillé quatre fois trop grand, le style vagabond – clochard ou romano – c’est elle. Le but essentiel est de cacher son corps. Souvent son hyper-féminité s’abrite derrière des allures complètement garçonnières. Vous voyez alors un visage plein de charme, attentif, enveloppant ou délicatement ciselé se dégager d’un vieux costume militaire ou d’un sac de bure dont ne voudraient même pas des pommes de terre.

Il semble d’ailleurs qu’il y ait un effet recherché dans ces contrastes car, Isabelle Adjani, par exemple, au joli visage typiquement cancérien, est souvent vêtue, pour les besoins de ses films, en jeune homme : dans Violette et François elle se marie en smoking, dans l’histoire des Soeurs Brontë elle se promène à travers les landes en costume de garçon. Plus récemment, on l’a vue porter avec bonheur pour Dior des tenues inspirées du plus pur dandysme lorsqu’elle présidait le Cinquantième Festival de Cannes. Mais quelle que soit sa vêture, qu’elle soit Reine Margot ou Camille Claudel, qu’elle hante les couloirs de Subway ou les âmes de Toxic Affair, qu’elle joue les garces dans L’Été meurtrier et les épouses vénéneuses dans Les Diaboliques, elle incarne l’angélisme cancérien : ambigu et plein de secret. Est-ce un hasard si elle porte si souvent des lunettes de soleil ? Est-ce pour protéger ses beaux yeux bleus ou pour se protéger elle-même, se dissimuler derrière cette sorte de « masque » bien utile à une Cancérienne pour qui le regard a tant d’importance… Elle ne pense pas poursuivre une carrière cinématographique toute sa vie, rêve de se consacrer à de grandes causes (et à ses deux enfants). L’ombre – qu’elle recherche souvent – convient bien à sa nature typiquement Cancer.

Car il y a tout de même deux choses qui distinguent une femme Cancer des autres femmes du Zodiaque. La première, c’est le regard. Non pas les yeux : le regard. C’est un regard qui sollicite toujours son interlocuteur par une expression à la fois interrogatrice et insistante. C’est un regard d’incitation informulée, un regard éveilleur : il déclenche souvent des réactions d’intérêt ou d’hostilité car notre Cancérienne n’a pas vraiment conscience de sa portée « émettrice ». Elle qui contrôle tout ce qu’elle ressent, elle qui réserve le moindre de ses gestes, le moindre mot, la moindre exclamation, elle laisse échapper par le regard l’intensité de ses émotions, son trouble, son inclination affective. D’où les passions profondes qu’elle suscite sans avoir prononcé une parole (ou les haines profondes d’ailleurs).

La deuxième chose qui distingue la femme Cancer, c’est son sac. Elle y met, en résumé et en miniature, toute sa maison. Sa nature inquiète, qu’on ne remarque pas autrement, apparaît dans le volume de cet accessoire ; à ce stade, on ne peut même plus parler de sac.

Elle porte souvent, pour aller à la droguerie du coin de la rue, un véritable fourre-tout, rempli d’objets et de papiers parfaitement inutiles. Quelquefois, elle prend même une valise, sous le prétexte de transporter ses livres ou ses dossiers. Ne vous méprenez pas : c’est dans la mesure même où elle a peur d’être abandonnée qu’elle est toujours prête à partir. Ce « sac » dont elle se charge en permanence représente la certitude symbolique qu’elle peut partir. Car le drame de la Cancérienne est de se sentir ancrée dans son port affectif, lourdement attachée à ceux qu’elle aime, sans modulation possible. Si on ne la secouait pas, elle ne sortirait jamais, elle ne rencontrerait jamais personne, elle ne s’aventurerait dans aucun nouveau paysage. A cause de l’excès qui caractérise tout Cancer, elle pourrait, à la limite, faire le tour du monde en bateau sans sortir de sa cabine, comme Raymond Roussel (qui, lui, écrivit Impressions d’Afrique sans ouvrir une seule fois les rideaux de sa cabine : signature Cancer sûrement importante). Et au fond, la grande, la seule aventure de Proust, sa recherche du temps perdu (de tout ce qui lui a échappé), ne s’est-elle pas faite à l’ombre de persiennes toujours closes ?

Pour la femme Cancer, cette condensation psychique en un seul point du globe – c’est- à-dire en un seul être, ou presque – peut devenir maladive. Si la maternité, par l’obligation de stabilité qu’elle impose, ne l’a pas équilibrée, c’est une personne facilement angoissée, en état de siège affectif et très solitaire. Sa mère, comme modèle mais aussi comme amie, comme symbole de pérennité dans l’existence, compte infiniment pour la femme Cancer.

J’ai été frappée de constater, par parenthèse, qu’une grande proportion de femmes nées sous ce signe reconnu fertile refuse totalement l’expérience de la maternité. S’il est vrai que « le contraire porte l’empreinte indélébile de ce qu’il nie », comme le dit Ferenczi, il faut alors admettre qu’il y a, dans ce rejet déterminé, définitif et têtu d’enfanter, une caractéristique Cancérienne tout aussi remarquable que son besoin inné d’engendrer les bébés. Mais pourquoi ce refus, chez un signe traditionnellement marqué par le cycle lunaire et considéré comme très fécond ? La seule explication que je puisse tenter ici est d’ordre général. Une femme du Cancer porte, plus longtemps qu’une autre, la petite fille qu’elle a été parce que, née fragile, son enfance représente un passage protégé dans l’existence. Elle peut en déduire, alors, que, si elle n’a pas d’enfant, elle ne devient pas adulte, et que si elle ne devient pas adulte, elle reste protégée. C’est une hypothèse.

Quoi qu’il en soit, adulte ou pas, elle demeure fragile. C’est d’ailleurs un adjectif qui convient totalement à la femme de ce signe : c’est une femme fragile du dedans, sous des dehors parfois rudes, solides, volontaires. (Voir l’article de Matthieu Galey sur Nathalie Sarraute – Cancer – et noter que la pièce montée par Anny Duperrey – Cancer – et Bernard Giraudeau au théâtre Saint-Georges, est intitulée : Attention, fragile !)

A force d’être vulnérable, à force d’être blessée et de laisser ouvrir les mêmes blessures, elle peut apprendre à prévenir lés coups en attaquant ; c’est rare, mais j’ai vu des femmes Cancer provocatrices. De vraies guerrières, rageuses, courageuses, violentes. Cela passe en trente secondes et, l’offensive neutralisée, on trouve le plus souvent une terreur d’enfant : la crainte de n’être plus aimée. Alors, elle prévient la crise d’angoisse par un assaut militaire avec artillerie et chars blindés. Il faut le savoir : ce signe dit passif est capable de manifester des crises d’agressivité d’autant plus fortes qu’elles sont imprévisibles.

Comment elle se nourrit

Reste un point délicat de la personnalité cancérienne que je n’ose aborder : la façon dont elle s’alimente. Les comportements paraissent, à cet endroit, tellement contradictoires, excentriques et déraisonnables qu’il est difficile de trancher.

Reconnaissons deux catégories de femmes Cancer : la première a plutôt tendance à être ronde. Elle est gourmande de tout, mange n’importe quoi pour le plaisir de manger, et ne supporte absolument pas la restriction. Psychologiquement, il se peut que ce besoin oral (ce besoin d’être nourrie) soit relié à la nécessité pour la mère en puissance de nourrir son enfant. Mieux elle se nourrit, mieux elle nourrira son bébé. Car ce type « plein » de Cancérien est, en effet, une mère en puissance : souvent, elle aime et désire procréer ; souvent aussi, elle fait très bien la cuisine et y passe beaucoup de temps. Cette Cancérienne aime nourrir son monde.

Mais pour la deuxième catégorie de femmes Cancer – longilignes et, fait étrange, rarement maigres – admirablement représentées par les portraits de Modigliani, la relation à l’aliment est aussi très anormale : elles ne mangent que le strict nécessaire – pour survivre et sans le moindre plaisir -, elles ignorent absolument toute notion de gastronomie et, précision délicate, considèrent que « faire à manger » est une activité dégradante, inutile et démodée.

Ce blocage ne ressemble en rien à la sélectivité dégoûtée du Scorpion gourmet ; il prend ses racines dans une protestation qui, chez le Cancer, comme on sait, ne s’exprime jamais par voies directes ; peut-être l’a-t-on simplement forcée à manger quand elle était petite ? Parfois, les deux attitudes (mangeuse et rejeteuse) alternent dans la même femme ; cela donne des passages d’intense famine : elle oublie de manger, et d’insolente abondance : comme l’autruche, elle avale tout ce qui lui passe sous les yeux.

« Le comportement de ce crustacé (le crabe) est révélateur : dès qu’une proie passe à sa portée, il s’en saisit et aucune puissance au monde ne le déciderait à relâcher sa pince. Ce n’est pas, pourtant, l’avidité qui le détermine, mais plutôt l’inquiétude du lendemain »… écrit Jean-Louis Brau. Inutile de dire que je n’adhère pas à cette explication. Je pense qu’il y a toujours danger, chez les gens du crabe, dès qu’ils approchent un aliment : danger de boulimie ou danger d’anorexie. Mais ce danger réside dans le report symbolique d’une demande affective très importante, ou d’une violente interdiction de cette demande. « Le comportement ascétique, dit Erich Fromm, […] peut n’être que la négation de puissants désirs ».

En fait, il est essentiel de ne jamais intervenir dans l’alimentation d’un Cancer, femme ou homme. On touche là des rouages trop à vif, des frustrations exacerbées, des refoulements de l’enfance.

Si elle se sent aimée, la Cancérienne s’auto-régulera d’elle-même.

Comment elle vit

Elle se crée un univers où tout a préalablement été habité par elle. Elle est personnelle dans ce qui l’environne et personnalise ce qui l’entoure. Un parfum bien à elle imprègne l’atmosphère, les murs ont ses couleurs, les meubles ont été décorés par elle, ses livres sont annotés de son écriture ; ses neveux, nièces, cousins, oncles, frères ont été découpés, sur les photos, suivant sa fantaisie et recollés sur un immense panneau, en une composition artistique notoire. La dame du Cancer se comporte de manière très autonome à l’intérieur d’une réelle dépendance à son milieu affectif. Comment vit-elle cette contradiction ?

Mystère. Il faut tout de même remarquer que, lorsqu’elle perd ses bases affectives, tout son harmonieux équilibre s’écroule. Or elle vivait jusque-là comme une femme libre, indépendante, paraissant presque se suffire à elle-même. Fausse impression : elle arrivait à être autonome, à s’aimer et à se plaire dans des activités à elle, mais seulement parce que l’autre l’aimait (son mari ou son amant, sa mère ou sa sœur). Dès lors que son amour fait défaut ou meurt, elle ne s’aime plus, à nouveau.

Voilà pourquoi la Cancérienne a une grande autonomie, mais très précaire : cette indépendance est tributaire de l’amour qu’on lui porte.

Si vous aimez une femme de ce signe, sachez que sa liberté, son équilibre dans la solitude, son invention, son attitude désinvolte, sereine, libérale, toutes ses qualités d’indépendance psychologique s’effritent devant la plus petite menace à ses certitudes affectives. Peut-être à cause de sa très grande réceptivité intellectuelle, de sa capacité à bouleverser ses idées reçues, peut-être à cause de sa disponibilité cérébrale aussi, qui lui permet d’accepter toute modification psychique et de s’y adapter, elle est, physiquement, de nature sédentaire. Son corps étant le reflet de son affectivité, elle s’y sent bien si on l’aime, et le martyrise si l’on cesse de l’aimer.

Quelques particularités de l’Homme Cancer

Le Cancer au masculin mérite une mention spéciale. Vous allez tout de suite comprendre pourquoi : qu’une femme soit sous l’influence de la Lune, symbole féminin, quoi de plus normal ? Mais un homme… C’est plus dur à porter.

Notre crabe-monsieur est à la fois :

  • dans un signe d’eau et féminin,
  • sous l’influence d’une planète féminine.

Et Mars, planète de la virilité, est en chute dans le Cancer !

De plus, les parties du corps humain régies par le signe sont l’estomac… et la poitrine (laquelle ne se présente pas sous le même aspect selon qu’il s’agit d’un monsieur ou d’une dame). Il est donc naturel que le Cancer au masculin diffère tant soit peu du Cancer au féminin.

Cher Cancer, petit crabe si douillettement installé sous sa carapace au fond de sa mare tapissée d’algues roses et de rêves, nous vous connaissons bien : nous savons que vous regrettez désespérément le sein maternel, le vert paradis des baisers au lait tiède de votre nourrice. Vous vous y raccrochez de toutes vos forces, retardant le plus possible l’entrée dans cette vie des grandes personnes qui vous terrifie.

Œdipe-tourteau

Monsieur Freud (Sigmund) n’a pas exactement inventé le complexe qu’il a baptisé d' »Œdipe » : les Grecs, mais aussi les astrologues, l’avaient découvert avant lui. Le Cancer, c’est le petit garçon chéri de sa maman, c’est le foetus bien au chaud dans le sein maternel et qui n’a pas la moindre envie d’en sortir. Après trente ans, cela étonne toujours un peu… Tous les Cancers masculins ne deviennent pas Marcel Proust, mais ils gardent, même adultes, une attitude étrangement crustacée à l’égard des femmes. Ils se comportent vis-à- vis d’elles comme un charmant petit garçon, séduisant, capricieux, tyrannique. Quand on est fâchée contre lui, le voilà qui arrive vous faire un câlin désarmant, avec son œil humide et tout ce rêve de marées vertes qu’il porte en lui. Alors comment résister ?

L’homme

Cancer adore les femmes et cherche toujours à les transformer en nourrices bénévoles. Il attend tout d’elles, comme il a tout attendu (un peu trop longtemps) de sa mère. L’image de celle-ci le hantera toute la vie. Elle sera trop souvent son unique amour féminin, les autres n’étant que de pâles ersatz, des photocopies mal cadrées. Mais il attend aussi et redoute très fort la femme-femme qui l’arrachera à sa coquille.

La pauvre chérie s’y usera…

Si vous épousez un homme Cancer, très Cancer, vous devez savoir, naïves ingénues, que vous n’aurez jamais que la deuxième place dans son cœur, (et encore !). Vos autres rivales sont la belle-famille, dont votre Cancer ne se séparera jamais, et la mère (ou son image).

Enfin, la rivale la plus redoutable est peut-être l’ambition professionnelle (voir plus loin). Il m’a semblé que les hommes Cancer étaient plus attachés encore à leur clocher, leur tribu d’origine, leur famille et leur milieu que les femmes du même signe. Ou peut-être seulement cet attachement très visible surprend-il chez un homme. Le Cancer n’a pas la fibre révolutionnaire en matière familiale et sociale. Il ‘respecte la hiérarchie établie et baise la main des vieilles dames avec une bonne grâce qui lui vaudra sûrement une mention dans leur testament.

Cancer infidèle… mais fidèle !

Cependant, tout en conservant religieusement les mœurs et coutumes de sa tribu d’origine, le Cancer n’est pas un mari fidèle. S’il vous assure que oui, faites semblant de le croire, c’est plus simple et cela évite les scènes. De toute façon rien ne l’empêchera jamais de vagabonder au gré de la Lune. Il est officiellement pour la monogamie, mais la sienne est aménageable. Jupiter, en exaltation dans le signe, donne aux hommes qu’il marque une idée très personnelle de leurs devoirs de fidélité conjugale. Dans la mythologie, déjà, la pauvre Junon ne cessait de poursuivre ses rivales de sa jalousie, trop justifiée…

Les hommes des signes d’eau sont de grands rêveurs, et l’eau coule dans l’infini. Ils emboîtent facilement le pas à la première sirène venue (n’est-ce pas, messieurs Scorpion et Poissons ?). Bien entendu, c’est selon les individus, il ne faudrait pas généraliser hâtivement. De toute façon, notre roi des crabes reste attaché à son foyer légal, à son épouse légitime, à ses enfants. Il ne divorce qu’à la dernière extrémité, contraint et forcé.

Mais pour le crocheter hors de son trou, c’est du sport ! Avis aux jeunes crevettes !

La fidélité/infidélité du Cancer vient aussi du peu d’estime qu’il accorde, profondément,

aux femmes : la seule, la vraie, vous l’avez compris, c’était sa mère. Il a tendance à traiter

les autres comme des objets, du mobilier domestique dont on aime qu’il soit fonctionnel (et

rembourré). Mais il le fait avec tant de charme que l' »objet » ne se rend pas très bien

compte à quel point il s’est laissé « chosifier » !

Le Cancer masculin attache plus de prix à l’amitié qu’à l’amour : il est prêt à faire de grands sacrifices pour ses amis, pas vraiment pour ses amours. Le seul moyen de se faire aimer durablement d’un homme Cancer, c’est d’être pour lui une amie et une collaboratrice.

Enfin, comme Jupiter est puissant dans le signe, l’ambition prend vite la première place, car le goût du pouvoir n’est pas moins vif chez l’homme que chez la femme du signe.

Notre ambitieux tourteau a alors tendance à délaisser sa femme, tout en la rassurant avec quelques mots tendres entre deux dîners d’affaires.

Sur le chapitre de la fidélité, la femme Cancer est bien différente : toutes celles que je connais ne rêvent que d’un grand amour unique auquel se dévouer corps et âmes. Et beaucoup, l’ayant trouvé, sont vraiment des modèles de fidélité (et de possessivité !). Elles n’ont pas un naturel aussi papillonneur que leur frère Cancer (à moins qu’un autre signe dans leur thème ne leur donne des ailes…).

Jaloux, oui, possessif, oui, notre crabe Cancer amoureux : il prend avec ses longues pinces à dents (vous avez remarqué ?). Et il entend bien garder. Prédateur, il prend beaucoup et donne peu. Mais n’est-ce pas dans la logique du petit enfant qui reçoit tout de sa maman ? L’homme Cancer atteint difficilement et tardivement sa maturité affective, celle où il serait enfin en mesure de donner.

Et quel genre d’amant est-il ?

Le Cancer n’a pas la virilité agressive : il ne mêle pas la violence à l’amour, il préfère parler plutôt que passer aux actes…

L’une ou l’autre d’entre vous se récriera : « Mais je connais un Cancer qui se défend très bien sur ce chapitre ! » Allez donc voir de près si votre Cancer est vraiment un pur Cancer ascendant Cancer, Lune en Cancer, Mars en Cancer, etc. S’il se défend, c’est qu’une autre bête lui a prêté sa virilité.

Le Cancer type adore se blottir au creux d’un sein confortable pour lui raconter sa vie.

Quand cet introverti a trouvé une bonne épaule accueillante, il est inépuisable. Il parle, il parle, des heures durant. Comme il se souvient de tout (et pas seulement des madeleines) c’est un brillant causeur. Et comme il est très psychologue, très intuitif, très fin, c’est bien agréable de se sentir comprise. L’homme Cancer est un romancier-né, un spéléologue du moi. Quelle bonne surprise de rencontrer un homme qui entende le langage des sentiments, des pressentiments, des intuitions, des rêves… Plus doué pour l’amitié que pour l’amour, le Cancer est le parfait amant de cœur, celui qui peut vous consoler pendant des Lunes et des Lunes, avec sa fidèle tendresse et sa compréhension. Un troubadour de l’amour courtois (et platonique), complètement égaré dans notre siècle phallomane…

Cependant, certaines trouvent qu’à la longue le Cancer pleurniche beaucoup. Les nanas se lassent de jouer les nounous : elles voudraient voir leur petit crustacé s’aventurer avec plus de dynamisme vers le grand large…

Le Cancer et l’Amour

Comme pour les trois autres signes du mode être (Bélier, Verseau, Poissons), le Cancer a intérieurement formulé son désir avant de le rencontrer. Pour lui, il n’y a pas de hasard : « Tout est signe et tout signe est message », disait Proust, Cancérien bien connu.

Il a attendu l’être qu’il allait rencontrer et souvent il savait les circonstances dans lesquelles la rencontre allait se faire ; il en pressentait la date, le lieu. Rien d’étonnant à cela : il a une sorte d’autonomie de conception qui lui permet de se concentrer sur les messages qu’il s’expédie en permanence à lui-même et de dessiner en pointillé ce qu’il recherche.

Pour cette raison, on lui attribue souvent des dons de voyance, de prémonition, de télépathie. Je crois qu’il s’agit plutôt de cette condensation de la personnalité dans l’existence pure (son énergie ne s’occupe ni d’apparaître ni d’avoir mais de comprendre en soi et en autrui, ne l’oublions pas) qui lui permet de projeter dans le réel une esquisse de ce qu’il attend, désire, ou poursuit farouchement.

Toujours est-il qu’il acquiert ainsi une faculté exceptionnelle de reconnaissance. Un Taureau ou un Sagittaire peuvent travailler trois ans aux côtés d’une femme avant de s’apercevoir que c’est la femme de leur vie. Cela n’arrivera jamais à un Cancer, ni à un Bélier, ni à un Verseau : ils reconnaissent tout de suite ceux de leur monde et ceux qui en sont, pour toujours, exclus.

Dans reconnaître, il y a connaître, qui est un mot fort. Connaître veut dire avoir pénétré le secret d’une chose. Or le Scorpion Malraux, très opposé à l’être cancérien puisque le Scorpion est avoir (par pouvoir), disait cette phrase désespérée : « On ne connaît jamais un être mais on cesse, parfois, de sentir qu’on l’ignore. » Le Cancer, lui, va bien au-delà : au lieu de connaître, ce qui est une entreprise presque vaine, compte tenu des apparences successives qu’il faut déchirer, au lieu de connaître, il reconnaît. Autrement dit, il sait d’avance. Pour les êtres qui comptent, au moins. Sait-il la vie d’avance ? C’est une question qui résoudrait en partie l’énigme de ce signe car elle expliquerait la raison pour laquelle le Cancer ne bouge pas. Pourquoi irait-il jusqu’en Allemagne puisqu’il sait comment vivait Mozart, puisqu’il sait que le prochain génie de la musique naîtra en l’an 2050 à Sydney, en Australie ? (par exemple).

Il n’est pas exclu que la concentration intériorisée de la personnalité crabe lui donne l’expérience par identification systématique d’un code. Exemple : je me suis cassé la cheville en sautant à la corde : expérience. Tout ce qui comporte un saut comporte un risque de cassure. Pas seulement de la cheville mais du corps entier : code. Donc, je ne sauterai désormais que si je suis prêt à me casser une nouvelle fois quelque chose : identification.

Ainsi, le Cancer retrouve. Le Bélier agit avant de savoir, le Verseau devine, le Poissons induit la profondeur. Le Cancer sait. Le voilà en prise directe avec la vérité de l’autre ; il a sauté une étape, celle des mensonges, des détours, des faux-semblants, comme s’il l’avait décodée. En réalité, il ignore que cette étape existe. Ainsi que le dit un proverbe égyptien : « Il n’y a qu’une manière de dire oui. Toutes les autres veulent dire non. » Il se prépare, simplement à re-connaître une personne qu’il connaît déjà. Un Bélier, un Verseau, un Poissons comprendront tout de suite ce que sait le Cancer. Ils devineront, dans la seconde qui suit la rencontre, ce qu’est appelée à devenir leur relation. Même si de puissants interdits s’en mêlent, même si elle s’avère impossible, la relation s’inscrira dans leur mémoire par la certitude qu’elle devait s’établir.

Mais comment parler ce non-langage à d’autres signes que ceux de l’être ? Le magnifique défi de Goethe : « Je t’aime. Ça te regarde ? » provoque avec violence la personne même qu’il prétend ignorer.

Voilà donc, d’emblée stigmatisé, le décalage Cancérien : il est en avance de plusieurs mois, de plusieurs années, de plusieurs siècles quelquefois, sur son interlocuteur. Et l’on s’étonne de son impérieuse impatience.

En amour, le Cancer donne. Parfois même, il se distribue. Compte tenu de la réserve inhérente à ce signe, cette générosité surprend. En réalité, il s’agit plus d’une canalisation exclusive de ses sentiments à l’égard d’un seul être, d’une intense, douloureuse cristallisation sur lui, que du besoin de donner. On le dit possessif. Mais il ignore la possession.

Je parlerais plutôt de cette façon tourmentée, passionnément inquiète, de vivre un amour, qui le rend inadapté : comme il vit une relation exclusive, fervente et absolue avec l’être choisi, il en attend la même rigueur quasi mystique et se brise très vite de ne jamais la rencontrer. Attention à l’amour extraordinairement attentif et sans habitudes de ce crabe-là : il s’étonne tous les jours, il remarque tout, il admire le moindre détail, il adhère chaque fois à une nouvelle partie de vous-même. Et puis, soudain, il prend la porte (côté cour ou côté jardin, de préférence) et disparaît de votre vie : c’est qu’il a senti que vous alliez peut-être l’aimer moins, peut-être le trahir un tout petit peu, peut-être vous écarter quelques jours. Au lieu de se battre, de jouer un jeu ou un autre, d’affronter le désamour (insupportable pour lui), il part. C’est sa grande faiblesse, son vrai défaut, sa faille : il ne supporte pas d’être un peu moins aimé, critiqué d’un regard, rejeté d’une demi-semelle. Il lui faut l’adhésion inconditionnelle de son amour, ou il se brise. Le problème du Cancer qui aime réside dans la certitude qu’il donne de cet amour.

Comme c’est quelqu’un d’entier, de jusqu’au-boutiste, il montre qu’il aime – s’il se sent en confiance – et peu de gens supportent longtemps d’être aimés avec cet excès, cette douloureuse ferveur, cette douce obstination. Ne sachant pas filtrer, ni modérer, ni dévier ses élans de tendresse, il se trouve souvent confronté à un refroidissement de la part de l’être qu’il aime (car il faut déjà s’aimer beaucoup soi-même pour supporter la passion qu’autrui vous porte, autrement elle vous rend coupable : vous n’avez pas l’impression de la mériter). Alors, sa machine à pressentir la souffrance s’emballe et il quitte son amour pour ne pas en être abandonné.

Deux solutions à ce « mal en amour » Cancérien : la première est de renoncer à l’amour fou en faisant un mariage d’estime, d’arrangement ou de raison : beaucoup d’hommes du Cancer adoptent cette solution autour de trente-cinq ou quarante ans. Traduisez : « J’ai trop peur d’avoir mal, laissez-moi mourir tranquille, délivré de la passion. » En vérité, il arrive souvent que ces hommes-là, vers cinquante ans, voient débouler dans leur vie un nouvel amour violent et destructeur. C’est que leur mariage de raison qui les rendait si forts occultait une partie importante de la personnalité Cancérienne : sa sensualité.

La vibration sensorielle. N’oublions pas que ce signe d’eau est sensible aux ondes, aux courants, aux marées, aux égarements fluides du corps, aux bouleversements secrets, mouvants de l’attrait physique. Il y a toujours quelque chose d’insaisissable, de fou, d’aquatique dans l’emprise charnelle d’un Cancer. Son impétuosité se révèle parfois brutale mais elle se cache totalement : plus il paraît indifférent, plus la passion se concentre en lui, avec la précision et la démesure caractéristiques du signe.

Par parenthèse, on retrouve la même particularité en ce qui concerne la jalousie : si vous cherchez à rendre jaloux un Cancer, vous aurez l’impression de glisser sur un sol verni avec.des patins de cachemire. Il ne répond pas à la ‘provocation. Sa pudeur convulsive, son extraordinaire réserve l’empêchent, ici comme ailleurs, de laisser apparaître ses réactions. Mais la tempête fait rage dans ses méandres intestins. C’est la guerre. Entre lui et lui-même ; car céder à la jalousie insensée qui le traverse, ce serait déchoir, abandonner une partie secrète et noire de sa personnalité au jugement de l’autre. Et on sait que le Cancer réprime tout ce qu’il considère comme des tendances mauvaises, moralement sales ou instinctuelles, par nature, par auto-censure, par besoin de mater le premier mouvement, par goût d’élévation spirituelle. Mais il vous la fera payer, la jalousie qu’il a éprouvée, en se punissant de l’avoir éprouvée. Son humilité cache un orgueil, un amour- propre sauvages.

La deuxième solution que le Cancer peut adopter en amour est de trouver un dérivé à son angoisse dans la création. Il a besoin de créer. De plus, il est particulièrement doué pour la sublimation de ses pulsions ; tous ses instincts – et ils sont puissants dans ce signe – sont, à proprement parler, retravaillés dans une perspective d’embellissement, d’affinement, de synthèse esthétique ou morale. Comme Baudelaire qui « de la boue [faisait] de l’or », le Cancérien pourrait s’assimiler à l’huître qui, de vase et de sable, fait une perle. Le comportement du Cancer a d’ailleurs beaucoup de parenté avec ce coquillage. Il ne s’ouvre vraiment qu’isolé de toute âme qui vive et, comme ce coquillage, il arrive à transformer un amour de sable, médiocre, en conte de fées, des débris de pierres en perle rare. D’une valeur qu’il ignore, d’ailleurs, puisque son talent n’est pas dans l’expertise mais dans le façonnage.

Sa création peut être d’enfanter, simplement. Ou bien d’exalter par le rêve, comme Don Quichotte, une vie trop dure et trop triste. (Don Quichotte et Sancho Pança ne figurent-ils pas les deux faces du Cancer, l’un irréel, immense et cassable comme du cristal, l’autre matériel, rond et résistant comme du chêne ?). Ils peuvent encore, nos Cancériens, ils peuvent surtout produire en sublimant. Ce sont des producteurs nés. Une absence, un malentendu, une peine se transforment aisément en oeuvre d’art. Là se trouve en tout cas leur salut. Il faut relire Un amour de Swann pour saisir l’inadaptation originelle de ce signe en amour. Swann rencontre une jeune femme « qui n’est même pas son genre » et en tombe passionnément amoureux parce qu’elle ne s’intéresse pas vraiment à lui, parce qu’elle lui échappe. Cette folle, cette insensée construction de l’esprit autour d’un être finalement banal, qui lui mange plusieurs années de sa vie, est l’oeuvre d’un écrivain que l’échec Cancérien a poursuivi jusqu’à sa mort : Proust.

C’est l’être du détail, des petites choses tissées dans l’attente et qui deviennent grandes parce qu’il attend beaucoup, longtemps. Si « l’on est toujours l’étranger de quelqu’un », comme le chante Pauline Julien, le Cancer, lui, risque d’être l’étranger des signes qui cumulent l’avoir et le paraître. Un Capricorne Ascendant Lion, par exemple, sera tellement à l’opposé d’un pur Cancérien qu’ils peuvent se fasciner mutuellement par leurs différences, mais jamais se combler profondément.

Contrairement à l’usage, je crois que le Cancer a plus de chances de s’entendre avec les signes de l’être parce qu’ils parlent le même langage et que leurs objectifs profonds sont semblables : il s’agit pour eux d’exister. La passion d’être sous-tend le Bélier, le Verseau et les Poissons. Qu’avec le Cancer ils aient un certain code d’intelligence et une orientation de vie commune, cela ne fait pas de doute. Reste à établir les modalités et la pérennité de cet accord : entre le Bélier, qui existe par impulsion et action permanentes, et le Cancer, qui existe par intégration et ingestion continues de son monde sensoriel, il est capital de respecter la chronologie ; laissez agir le Bélier d’abord, suivez ensuite les prolongements excentriques que donne le Cancer à l’action du Bélier.

Ils peuvent mutuellement se valoriser avec bonheur car ils se surprennent toujours l’un l’autre. L’action et la non-action se complètent admirablement lorsqu’elles ont le même but„ Leur lien de base réside dans la vive sensualité qui les occupe, les remplit parfois. Ils aiment effleurer, renifler, sentir, entendre, voir, goûter, avec la même acuité, jusqu’aux confins de l’expérience. Pour l’un, la sensation enfièvre et s’évanouit. Pour l’autre, elle s’inscrit dans la chair et se prolonge en création. Ce couple vif-argent coïncide pour le commencement des choses et se scinde pour leur réalisation. Même enthousiasme, mêmes désirs, même fantaisie : mais il importe que l’argent suive le vif, pour que l’élan continue, pour que dure l’ascension.

Un Verseau partage avec le Cancer une originalité foncière. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui vivent un petit événement, tel que la patte cassée du bébé-crocodile adopté, comme une épopée de dimension européenne, et qui voient leur maison brûler avec une impatience légèrement intriguée, en se demandant s’ils vont retrouver leur jeu d’échecs. Ils traversent l’existence sans acquérir le moindre conformisme, dans des changements de toutes sortes qu’ils provoquent : c’est un défi mutuel incessant. Ils voyagent beaucoup, se hasardent dans des contrées inexplorées de l’Aventure (physique, géographique, sociale, morale et surtout intellectuelle), se font toujours remarquer par un comportement déconcertant, des découvertes exceptionnelles et authentiques, des bagarres autour d’une soupe aux ailerons de requin, et des allures définitivement excentriques.

Ils ont en commun un goût instinctif pour la progression (« de désir en désir et non de jouissance en jouissance ») un comportement enthousiaste et libre, une grande, une immense complicité. Attention, tout de même, à l’humanité généreuse et dispendieuse du Verseau qui grince avec l’individualiste Cancer. Reste le Poissons. « Forcément adapté au déluge, il se réalise dans l’inextricable, passe au travers des difficultés et, tandis qu’on le donne perdant, gagne de plusieurs longueurs sur l’adversité », écrit Jean-Pierre Nicola. En fait, devant la générosité absolue du Poissons, et son indifférence primitive, intègre, à toute hiérarchie sociale (qui le rend, comme le Bélier, comme le Cancer et le Verseau, adaptable à tous les milieux), le Cancer désapprend toutes ses inquiétudes et ses difficultés d’être : il reçoit enfin, par osmose, par symbiose aquatique, plus d’amour qu’il n’en demandait.

L’illusion océanique, intemporelle du Poissons, sa cohabitation millénaire avec les sirènes, son désir d’éternité, le rendent familier du rêve cancérien : il l’enveloppe, l’exalte, le magnifie dans une communion parfaite. Ils vont explorer ensemble les fonds sous-marins, cueillir au même moment des fleurs ou des coraux, tendre le même filet à la même faune.

Le danger de ce couple idéal qui parle le même silence mélodieux, qui entend la même musique, traverse au fond des océans les mêmes passions bleutées, sans pesanteur, le danger, disais-je, se trouve dans l’absence de mouvement. Sans tourment, sans blessure qui lui fasse mal, sans absence, sans frustration qui le pousse à l’isolement créateur, le Cancer peut-il vivre ?

En général, les mariages durables se font par l’équilibre des dosages. Trop de sens créateur (Bélier et Cancer, par exemple) engendre une lacune du côté de la responsabilité et un manque total de mise en valeur : ils s’habillent n’importe comment, arrangent leur appartement au gré des choses, présentent mal leurs maquettes, leurs projets ou leurs plans.

Le Cancer et l’Amitié

Comme en amour, le Cancer a quelque chose d’exclusivement passionné et captateur en amitié. C’est une valeur à laquelle il croit beaucoup, mais très différemment du Lion, par exemple : le Lion s’entoure plus de relations à caractère social, professionnel, ou d’auxiliaires pouvant l’aider dans sa carrière. Le Cancer, en revanche, ne se préoccupe guère de l’intérêt qu’il peut trouver en tel de ses amis, du temps précieux qu’il perd avec tel autre, de « l’investissement » affectif qu’il fait sans être « payé » de retour : il trouve normal et naturel de donner tout ce qu’il a, en amitié, aussi bien que de recevoir. Dans ce domaine, tout lui est dû et il doit tout. Autrement dit, ses amis sont rares mais d’immense qualité. En outre, s’il en a plusieurs – ce qui est déjà étonnant pour un natif du Cancer – il ne les voit jamais ensemble, les protège jalousement de l’extérieur, ne les fera jamais se rencontrer. Il veut ses amis pour lui, et pour lui seul ; son goût naturel du secret, voire de l’occulte, fait qu’il ne laisse jamais filtrer la moindre information entre les uns et les autres, malgré sa loyauté parfaite envers eux. Le Cancer est un ami possessif et jaloux comme un(e) aMant(e) et il doit se faire violence pour ne pas reprocher à son ami ses autres amis. En tout cas, il supporte très mal ces infidélités et préfère éviter de savoir qu’elles existent.

Cela posé, son amitié est d’or. Il se passionne presque plus pour ce qui vous arrive que pour ce qui lui arrive, à lui ; ses conseils sont précieux. Il se dévoue corps et âme à la moindre alerte de santé, la plus infime adversité dans votre existence est totalement prise en charge par lui. Sa fidélité, son sens des responsabilités, son dévouement confinent au mysticisme : il vous aime d’un amour quasi religieux. Il n’oublie jamais un anniversaire, vous fait des cadeaux au moindre prétexte, remarque immédiatement, même si vous cherchez de toutes vos forces à le cacher, que quelque chose ne va pas. L’attention, la réceptivité, le sens prémonitoire sont à leur comble chez un Cancer en amitié. Même s’il ne l’exprime pas, rien ne lui échappe.

Mais de la même façon qu’il vous est inconditionnellement acquis, il attend de vous une adhésion totale. La plus petite critique le blesse mortellement. S’il a des défauts, qui les lui pardonnera si ce n’est pas un ami ? Donc, ne jamais tenter le moindre commentaire négatif sur un ami Cancer. Lui suggérer plutôt qu’il pourrait agir différemment la prochaine fois. Marcher sur des oeufs dès qu’il s’agit d’une de ses imperfections. Il lui est intolérable, à cause de son manque d’assurance, de n’être pas chaudement conforté dans ses actes, admis sans réserve et globalement dans son comportement.

N’oubliez pas que son extrême humilité est à la mesure de son immense orgueil.

L’Éducation du Cancer

L’enfance du petit Cancer va déterminer, plus que pour tout autre, sa vie entière. Cet enfant dépend énormément de sa famille, de sa mère surtout, pour la formation harmonieuse de sa personnalité. L’exemple de Proust, qui a vécu dans l’ombre adorée de sa mère, est fort connu. Mais il existe d’autres cas remarquables de fixation à la mère. René-Victor Pilhes (Prix Goncourt 1974 avec l’Imprécateur) avait publié en 1969, aux éditions du Seuil, Le Loum, véritable « épopée psychanalytique, selon son éditeur, tentative effrénée, chez un fils, pour posséder, détruire, liquider sa mère ».

Liquider sa mère : voilà le problème de l’enfant Cancérien. Le petit garçon de ce signe étant de nature particulièrement solitaire, exclusive affectivement et d’abord difficile, voire impossible – il recule devant toute ingérence dans l’univers très personnel qu’il s’est constitué -, il s’attache d’autant plus fort à ceux qui se sont, par miracle, fait une place dans son espace intérieur : les parents, le père ou la sœur (un seul frère, une seule sœur compte pour le petit Cancer, même s’il en a plusieurs). Il vit en vase clos. Protégé du monde extérieur par un rempart de rêves, d’images, d’histoires inventées, où l’inquiétude vient très tôt semer ses ombres, ses morceaux de cauchemars, ses bouts d’insomnie, l’enfant du Cancer se rapproche, psychologiquement, de l’autisme : refus de voir et d’entendre. Il n’est pas rare qu’on le retire de l’école pour le laisser faire une partie de ses études seul ou avec ses proches parents. Sa fragilité extrêmement vulnérable, qu’un rien peut atteindre et bouleverser, le rend, au début de la vie, inapte à toute intégration sociale.

Souvent, on le croit lent ou retardé alors qu’il a compris plus vite que les autres : c’est sa manière à lui de s’abriter, derrière une incompréhension feinte. C’est pourquoi il est absolument capital de favoriser dès sa petite enfance toute velléité artistique, tout désir de communication par intermédiaires, toute recherche d’expression mystique, philosophique, artisanale, etc. C’est son seul levier vers l’adaptation socioprofessionnelle ; c’est souvent son salut, car ses relations à l’autre, maladivement exclusives, exigeantes jusqu’à l’exagération parfois, se subliment ainsi dans une oeuvre de talent, magnifiquement inspirée, qui porte en elle la douleur de n’avoir pas su dire.

Capital : ne jamais forcer son silence, son tempérament secret, et lui apprendre une

discipline, faute de quoi ses dons s’éparpillent, se dispersent et n’aboutissent jamais. Essentiel : l’encourager. Même comme bébé, il n’a pas confiance en lui, il ne s’aime pas, ne se respecte pas, il ne veut pas de lui-même. Il faut donc arriver à ce qu’il acquière un minimum d’estime pour lui, même si cela doit passer par une phase où il affiche une grande assurance : chez un petit Cancer, elle est toujours feinte. Il cherche simplement à convaincre les autres de qualités auxquelles lui ne croit guère : il espère que, par ricochet, ses proches l’aideront à s’aimer ; que de traversées de déserts il se prépare ! Que de solitude par incapacité à exprimer son désespoir, sa détresse, son angoisse : du moment qu’il se rejette lui-même, pourquoi les autres l’accepteraient-ils ?

Dans sa scolarité, il faut compter sur des maîtres et des professeurs qui deviennent, s’ils ont compris et admis l’enfant difficile qu’est le petit Cancer, un modèle de mère ou de père : rencontre importante car elle marque souvent dans la vie de l’enfant des étapes notoires. Son évolution se fait alors à une vitesse étonnante, sa maturité dépasse très vite la moyenne, son goût pour toute amélioration de sa propre personnalité s’extériorise et rayonne. L’enfant difficile et fermé devient alors un adulte responsable, créateur, fervent.

Le Cancer au travail

Le Cancer au travail est un être incompris. Il n’a pas d’ambition au sens où l’entendent les autres. Flegmatique et curieux, il semble ne jamais faire attention à ce dont il est chargé, ne pas prendre garde aux responsabilités qu’il a, et son activité présente toujours quelque chose de nonchalant, de flou, de calme, qui le rend peu crédible. Pourtant, les choses avancent, et comme il est assez méticuleux, elles avancent bien. Mais l’injustice fait que, comme il n’a pas l’air de travailler, on ne croit pas que c’est grâce à lui qu’elles avancent.

Il est inquiet, nerveux, précis jusqu’au détail. Mais il ne le montre pas : son introversion, sa réserve naturelle, son incapacité bien connue à se faire valoir, lui créent des difficultés. Il met beaucoup de temps à se faire accepter. Il a le sens des responsabilités, assume jusqu’au bout ses erreurs – non sans colère intérieure -, affronte les difficultés avec courage et endurance… en souriant et sans faire d’éclat. Ce peut être un entraîneur formidable au travail car son fond de pédagogie l’amène à apprendre ce qu’il sait aux autres en ayAnt l’air de ne pas savoir. Cette attitude : « Comment va-t-on faire maintenant ? » suscite en son disciple le désir de trouver la solution. Parfois, le Cancer manque d’autorité naturelle extérieure, mais il acquiert celle que donnent la compétence, l’expérience, le savoir. Et elle est plus durable, plus authentique que l’autre.

Ne nous attendons pas à un champion des horaires ni de la discipline. Sa fantaisie prime tout. S’il lui faut absolument arriver à la même heure tous les matins, il s’y astreindra, mais il récupérera par d’autres biais sont temps de liberté. Enlevez possibilité d’évasion à un Cancer et tout son génie se retire, comme une marée basse. Il doit se sentir libre, à l’intérieur des structures de son entreprise, pour créer. Sinon, son sens créateur se bloque, il végète intellectuellement, son invention s’étiole au milieu des paperasseries et des contingences administratives.

Au travail, le Cancer est capable du meilleur comme du pire, suivant les possibilités qui lui sont offertes. Dans les professions qui demandent de l’invention, un esprit curieux et susciteur, comme par exemple la vente, l’artisanat, ou encore dans tout ce qui touche au domaine sensoriel, à son intelligence, à sa curiosité d’autrui, comme la photo, la peinture, la musique, le cinéma, voire le parfum, notre crabe est précieux. C’est souvent aussi un grand gastronome, mais qui préfère réserver ses créations culinaires à sa famille. En revanche, il n’est pas à sa place dans les professions qui exigent une régularité monotone et paisible.

Son tempérament inventif l’amène à avoir besoin de changer de place, de modifier légèrement la façon dont il procède pour arranger des flacons dans une vitrine, pour examiner l’état des stocks, recevoir quelqu’un dans son bureau ou téléphoner à un client. Observez- le : il est rare qu’il se répète, rare qu’il agisse plusieurs fois de la même manière.

Un Cancer n’a pas de vraies méthodes de travail. A l’intérieur d’une structure qu’il respecte, il agit suivant l’inspiration du moment : là, sa subjectivité entre puissamment en jeu car il accordera une importance prioritaire à ce qui sera considéré comme secondaire par les autres. A l’inverse, ce qui paraîtra urgent à ses collègues de travail lui semblera, à lui, superfétatoire. Inutile de le heurter : c’est à prendre ou à laisser. Il ne comprend pas la logique des autres, il ne connaît pas d’autre manière de progresser que la sienne. Et dans la mesure où, par ses chemins personnels, il arrive au même but, et aussi vite la plupart du temps, pourquoi le contrer ? Le Cancer prouve toujours, où qu’il soit, quoi qu’il fasse, qu’il existe deux façons, et non pas une seule, de réussir quelque chose. En outre, son recul par rapport aux événements, son flair extraordinaire lui donnent une force particulière dont il serait dommage de se priver. C’est, très souvent, un conseiller occulte de premier ordre, un « patron » caché, aux pouvoirs secrets, qui manipule; dans l’ombre et la modestie, les puissants « visibles » (Lions ou Sagittaires).

Car il réussit. Si réussir veut dire mener à bien ce que l’on entreprend, le Cancer réussit. Sa carrière peut être ascendante et paisible si le caprice lunaire a été maîtrisé, toute tracée s’il a su s’adapter à son milieu professionnel par une auto-discipline de base ; ou bien pleine de rebondissements et de grands écarts s’il suit sa nature fantasque. Il peut tout envoyer promener en une seconde si on l’attaque injustement dans son travail : la critique le rend véritablement fou. Son agressivité, jusque-là bridée, peut alors faire des ravages. Il y a toujours quelque chose de définitif dans ses colères. Si on l’a amené à sortir de ses gonds, lui qui évite avec beaucoup de soin tout accroc, il faut savoir qu’on n’esquivera pas ses coups. Il frappe avec violence, casse, détruit tout ce qui lui tombe sous la main : colère physique, et non verbale comme chez le Scorpion, car le crabe bafouille toujours un peu s’il sort du silence.

C’est l’être des démissions inattendues, des engagements-surprises, des augmentations – ou diminutions – totalement imprévisibles. Cette tendance est d’ailleurs plus forte chez les hommes gouvernés par la Lune que chez les femmes qui, elles, savent faire accepter leur fantaisie de détail, leur irrégularité d’apparence, leur goût du changement avec plus de diplomatie.

Enfin, il est rare que le Cancer rapporte beaucoup d’argent. Ou alors il ne l’a vraiment pas fait exprès. L’argent n’est pas sa motivation dans le travail, ce qui expliquerait la raison pour laquelle il peut tout laisser tomber sur un coup de tête : ses motivations sont d’ordre affectif et moral. En réalité, il est très ambitieux, mais pas au sens où on l’entend généralement. Son ambition porte sur la qualité – qui confine souvent à une certaine originalité – du travail qu’il accomplit et sur la manière dont il le présentera pour qu’on le comprenne le mieux possible. La Lune – gouvernant le Cancer – étant le symbole du peuple, de la foule et par extension de la popularité, elle donne un goût pour des activités qui mettent notre sujet en contact avec le plus de gens possible. D’où les métiers de vulgarisation, au sens noble du terme, qu’exercent souvent les natifs du Cancer ; la vulgarisation étant ici le moyen de faire comprendre, ou de rendre accessible au maximum de gens, un objet, une idée, une image. Ce besoin inné du Cancer allié à son ennemie numéro un, la sauvagerie, le met en contradiction avec lui-même. C’est pourquoi il trouve souvent des intermédiaires entre sa créativité et le monde : tous ceux qui s’emploient à diffuser l’information, à faire valoir le talent, à mettre en valeur une oeuvre d’art, sont en relation directe avec les métiers du Cancer. Autrement dit, il faut des Mercuriens et des Solaires pour accompagner un Lunarien au travail, sinon son talent se voit méconnu, inconnu ou méjugé. La plupart du temps, les tendances originelles du signe sont dominées, chez un Cancer équilibré. Il prévient son entourage des changements qu’il désire accomplir, il maîtrise ou dévie ses accès de colère, d’indignation et d’enthousiasme, il canalise son originalité dans des activités extra-professionnelles : en un mot, il s’adapte admirablement à son milieu.

Mais il faut savoir que ces tendances existent et qu’à la faveur de circonstances exceptionnelles, et purement affectives, elles peuvent soudain exploser. Là, le Cancer se détruit plutôt que de détruire ce qui l’a blessé. Il se fait du mal à lui-même, comme s’il se punissait d’être aussi vulnérable. De fait, c’est sa seule véritable faiblesse : la demande affective qu’il mêle à tout.

Son travail y gagne par une extraordinaire puissance et y perd par une émotivité qui, parfois, peut noyer l’énergie.

Les métiers du Cancer

Principalement artistiques :

  • Écrivain ou scénariste (la communication par écrit).
  • Peintre, dessinateur, illustrateur, maquettiste, etc. (communication par l’image).
  • Architecte (maison, foyer).
  • Créateur dans la joaillerie, les parfums, la musique, la photographie : tous les métiers qui le mettent en relation avec les gens.
  • Metteur en scène, réalisateur (changements d’images).
  • Comédien.

Dans le commerce :

Tous les métiers qui ne le mettent pas en contact direct avec l’argent. La réalité économique et financière ne l’intéresse qu’au deuxième ou au troisième degré. Ce qui compte pour lui, c’est plutôt l’enrichissement intellectuel, psychologique, moral ; c’est l’apprentissage plus que le gain.

Dans l’entreprise :

Les responsabilités d’ordre relationnel et psychologique : la négociation, la promotion, la diffusion, la manipulation, l’action indirecte. Tout ce qui, dans la communication, doit se faire seul.

Le Cancer et l’argent

Il suffit de regarder le crabe voler une miette de pain pour comprendre le comportement du Cancer face à l’argent : comme il en a peur, il réduit ses exigences. C’est typiquement le signe qui se limite à ce qu’il a, sans en souffrir et sans pour cela sacrifier à ses désirs esthétiques. Il sait merveilleusement se débrouiller avec trois sous et peut, au contraire, se sentir anxieux devant un héritage inopiné que faire de l’argent ? Comme il n’est guère démonstratif, il ne saura pas, comme le Lion ou le Sagittaire, offrir de somptueux cadeaux ; alors, il cherchera à placer ses sous pour ne pas les perdre. C’est rarement un bon gestionnaire, et comme il tient absolument à son individualité, il s’occupe, lui- même, de ses placements, ce qui entraîne toutes sortes d’ennuis. Ses biens ne fructifient guère : il faut s’estimer heureux qu’il ne perde pas tout dans des spéculations originales, ce qui est souvent le lot des Cancériens (certaines valeurs boursières lui plaisent parce qu’elles évoquent pour lui des pays exotiques ou des noms pleins de poésie !).

Ne laissez pas un Cancérien aux prises avec des sommes d’argent importantes : s’il n’est pas homme d’affaires – ils sont rares mais ils existent et présentent généralement des qualités exceptionnelles en ce qui concerne l’investissement et la gestion de patrimoine – s’il n’est pas homme d’affaires, disais-je, il est forcément un peu poète. Il fait tomber des billets de ses poches sans s’en rendre compte ou dépense ses revenus à des babioles, bricoles, petits pots, boîtes diverses et confettis. Sa vieille âme de Pierrot lunaire réapparaît devant le moindre cotillon, la plus petite enluminure de fête, car il aime l’idée de la fête, surtout quand il est tout seul.

Attention, enfin, à la poudre d’or : les dames et les sieurs du Cancer sont fascinés par ce matériau précieux qui leur rappelle les contes de fées !

L’apparence, l’aspect physique, la présentation

Ce Cancer, étant très sensible à la beauté, des êtres d’abord, des choses ensuite, est particulièrement porté à aimer les beaux tissus, les beaux matériaux, les belles coupes, le classicisme et la tradition dans la vêture, en somme. Mais, comme je l’ai souligné plusieurs fois, il ne s’aime pas.

C’est pourquoi il ne s’estimera pas digne de porter de beaux vêtements. On croit qu’il garde dans son placard ses belles robes ou ses beaux costumes pour les économiser, en réalité, c’est parce qu’il aurait l’impression de les dégrader en les portant, d’en abîmer la beauté, d’en dévaloriser, par la « laideur » de son corps, la qualité. Mais il les acquiert pour la fascination esthétique qu’ils exercent sur lui. Aussi, se présente-t-il souvent comme quelqu’un de « couvert » (il est aussi très frileux) pour se cacher et non pour se mettre en valeur. Il s’emmitoufle, il se camoufle (comme le crabe qui adopte la couleur des rochers où il a élu domicile), il se recouvre plutôt qu’il ne s’habille. Souvent, il donne l’impression d’être déguisé, non par goût profond de l’apparence insolite mais parce qu’il ne se rend pas compte de l’image qu’il donne : il choisit un vêtement d’abord pour ses qualités de protection qu’il présente contre son entourage. Il a tellement à protéger, notre Cancer !

Son intimité, ses secrets, son corps. Des regards d’autrui, mais aussi de sa perspicacité, de ses intuitions, de ses possibilités de découvrir un aspect tenu caché de sa personnalité, et même, et même… de l’approche physique d’autrui. De son toucher. Le Cancer est sauvage.

Il ne se laisse pas manipuler par n’importe qui. Il n’aime pas beaucoup les coiffeurs, les « soigneurs » divers (masseurs, esthéticiens, manucures, etc.) et les évite complètement s’il le peut : c’est pourquoi, les femmes du Cancer se font souvent elles-mêmes leurs coiffures ou leurs « décoiffures » ! En revanche, il aime, lui, toucher (les animaux, les plantes, ou les êtres qu’il choisit). Tout cela donne deux catégories de types qui présentent soit une apparence monacale (la plus discrète et la plus sobre possible, par désir actif et conscient de ne pas être remarqué physiquement) soit une apparence singulière où l’individualisme, l’anti-conformisme de sa personnalité transparaît sans qu’il en ait vraiment conscience. Il porte alors une chemise de bure avec un foulard de soie, simplement parce qu’il est attiré par ces deux matériaux, ou une veste de grosse laine sur un corsage en paillettes ; en somme il suit purement et simplement ses goûts instinctifs, sa subjectivité absolue qui crée des rapports tout à fait personnels entre les couleurs, les formes, la consistance des vêtements.

Il choisit alors son habillement comme une oeuvre d’art, détachée de lui-même. Il ne se voit pas, il voit l’objet.

Qu’il soit mince ou plus enveloppé, il se reconnaît donc à l’une ou l’autre de ces caractéristiques. Parfois, il combine les deux : sobre et excessivement modeste dans sa tenue, il sera original dans sa coiffure ou son maquillage (pour les couleurs, par exemple).

En société, notre crabe est d’une discrétion maladive. Son maintien distant, par timidité, son comportement farouche et excessivement réservé, pudique, le font paraître froid, parfois dur (aucune concession, rappelez-vous, aux échanges de pure forme), voire indifférent.

Mais n’est-ce pas lui qui a raison ? Comme le disait une jeune femme écrivain du Cancer « Je n’ai de temps que pour ceux que j’aime : c’est ce que je peux leur donner de plus rare. »

Le Cancer et sa santé

Voilà un sujet qu’il faut aborder avec précaution : le Cancer est un être maladif mais jamais vraiment malade. Il souffre de maux divers et diffus : migraines, spasmes, douleurs dans le dos, dans les jambes, dans le ventre, que les médecins qualifient généralement de nerveux. On pourrait croire que, parce que c’est nerveux, ce n’est pas grave. En fait, c’est une donnée importante de la personnalité Cancérienne.

Voici pourquoi : le Cancer étant extrêmement renfermé, réservé, secret, tous ses chocs émotionnels, la moindre tension dans une situation à laquelle- il ne peut échapper, la moindre contrariété, les soucis de tous les jours se répercutent à l’intérieur de lui-même : il prend tout le temps sur lui pour ne pas extérioriser sa mauvaise humeur, ou son inquiétude, ou sa peur (il n’extériorise d’ailleurs pas non plus son bonheur, sa confiance, son amour).

Ces émotions, qui existent donc très fort, vont se diriger non pas vers le dehors, comme chez un Scorpion ou un Bélier, mais vers le dedans. Les nerfs et le système nerveux sont par conséquent particulièrement exposés. Toutes les maladies qualifiées de « psychosomatiques » prennent en Cancer une valeur plus grande : les ulcères à l’estomac y sont fréquents (le Cancer est relié au ventre, en général), les petites maladies de l’intestin se trouvent chez presque tous les Cancériens, les spasmes abdominaux, la vésicule biliaire que l’angoisse Cancérienne ravage ! Comme ces natifs sont impressionnables, ces petits maux les affolent littéralement, ce qui ne fait qu’augmenter leurs problèmes nerveux. Les maux de tête (par faiblesse hépatique, souvent) viennent ajouter à ce tableau-type une coloration plus féminine ; en effet, les femmes du Cancer en souffrent davantage que les hommes.

Il faut connaître ses points faibles : tout ce qui est lié à la fonction digestive est fragile chez le Cancer. A l’étranger, en voyage, il sera le premier à avoir une indigestion si un aliment n’était pas parfait, le premier à avoir « mal au cœur », le premier aussi à abriter amibes et autres parasites. Donc, on ne saurait trop recommander la prudence en matière alimentaire. Attention, aussi, aux fruits et aux plantes inconnus ; une jeune dame de mes relations, née sous le signe du Cancer, s’est un jour retrouvée sous perfusion dans une île lointaine et sans grand secours médical pour avoir absorbé des « petites pommes délicieuses », en l’occurrence bourrées de poison.

Quand on dit Cancer, on pense toujours aussi à la maladie. Qu’en est-il de cette assimilation ? Voici un passage intéressant relevé dans un article de Pierre Desprauges sur ce sujet. « Si vous avez conservé votre vieux Gaffiot et si vous l’ouvrez au mot « Cancer« , vous lirez : Cancer, cancri (m) : cancre, crabe, écrevisse. […] Qui a eu, le premier, l’idée de cette comparaison entre une maladie redoutable – et jusqu’alors sans nom – et cet animal peu amène ? Est-ce Hippocrate lui-même ou ses disciples ? […] Toujours est-il que cette image maudite du crabe a traversé les siècles et y a fait autant de ravages dans les esprits que le mal lui-même dans les corps. Le grand chirurgien français du XVIe siècle, Ambroise Paré, traduit assez bien les connotations imaginaires qui lui font écho, de son temps : « Cet animal, quand il est attaché de ses pieds contre quelque chose, adhère à elle si fort qu’à peine on le peut arracher, principalement de ses deux pieds de devant, qui sont en manière de tenailles et pincettes : ainsi en est-il de cette tumeur. »

Le rapport entre la maladie et l’animal s’est donc fait sur la nature tenace, obstinée, têtue de ce crustacé. Voilà qui est apaisant pour l’esprit. En fait, le Cancérien subit moins qu’un autre de vraies maladies parce qu’il est obligé de se surveiller tout le temps ; ne pouvant jamais dépasser ses limites énergétiques et nerveuses, il sait faire reposer sa mécanique. Pour cette raison, on le dit paresseux. Mais si un Bélier ou un Scorpion se comportaient comme lui, avec cette sagesse, que d’ennuis graves ils éviteraient !

Pour conclure, donc, sur la santé du Cancer, il faut retenir que :

  • il n’a pas une constitution de base très solide ;
  • il est particulièrement vulnérable nerveusement (Proust est un exemple bien connu, mais Kafka, Cocteau, Modigliani sont également représentatifs de cette nature) ;
  • tout ce qui concerne la fonction alimentaire doit être surveillé : attention à la boulimie comme aux crises d’anorexie (très fréquentes dans ce signe, contrairement à. ce que l’on pourrait croire) ;
  • pour les femmes, les seins sont plus fragiles que chez un autre signe ;
  • enfin, les crises d’angoisse qui se manifestent soit par un sentiment d’étouffement, soit par de l’asthme, soit par de la tachycardie, doivent être prises en considération : c’est souvent parce qu’il a l’impression – sans pouvoir l’exprimer – qu’on ne s’occupe plus de lui, ou qu’on ne l’aime plus, ou qu’on l’exclut, que le Cancer « perd les pédales ».

Les astromariages de l’Homme Cancer

Homme Cancer et femme Bélier

Marier l’eau et le feu, c’est toujours risqué… Pourtant, le Cancer est fasciné par cette chaleur solaire, ce rayonnement, cette gaieté. Bondissant des quatre sabots, notre alerte chevrette va le tirer, ce pauvre crabe, hors de sa carapace. Avec elle, il osera enfin aborder des rivages où il hésitait jusque-là à risquer la pince. L’audace de la femme Bélier lui devient indispensable. Et elle-même, qui ne brille pas par la persévérance, a besoin de la stabilité du Cancer. Fin psychologue, calme, il devine derrière l’agressivité de cette biquette batailleuse, toute une féminité fragile qui ne demande qu’à se soumettre. Mais attention aux coups de cornes : le Cancer déteste qu’on perturbe les eaux de sa mare intérieure. Un peu de cinéma, il veut bien, pour le distraire de sa morosité. Mais si cela tourne à la vraie bagarre, aux cris, il s’enfuira car il a les scènes de ménage en horreur.

Homme Cancer et femme Taureau

Comment le Cancer ne serait-il pas séduit par la féminité accueillante de la femme Taureau ? Il se cherchait une mère : la voilà !

Sentimentaux et tendres, rêveurs, artistes, aimant leur foyer, leur maison et leurs enfants, ils sont tous les deux sous la maîtrise de la Lune et pourraient faire un couple heureux et calme.

Pourtant le Cancer, avec ses airs tout doux, peut être, sans en avoir l’air, assez tyrannique et autoritaire. Il risque de trouver que sa Taureau manque de souplesse. Quant à elle, il se peut qu’elle se lasse un jour de la passivité de son crabe. Elle souhaiterait quelqu’un de plus dynamique, un Sagittaire, par exemple.

Homme Cancer et femme Gémeaux

Ce feu follet toujours en mouvement, cet être léger qui réagit à la moindre brise, ce vif-argent étincelant, fait un tel contraste avec le pauvre Cancer, si lourd dans sa cuirasse !

Tandis qu’elle virevolte sous ses pinces, il en a le tournis ; il veut essayer de l’attraper, mais elle lui file comme un courant d’air entre les antennes ! Il croyait la saisir : pffft ! elle a disparu, puis réapparaît, mutine et taquine, pour se moquer de lui. Rien de plus excitant.

S’ils se marient, cependant, elle risque de perdre la partie : le jour où le tourteau l’aura coincée avec ses grosses pinces et ses principes conservateurs, la pauvrette s’étiolera. La fantaisie et l’indépendance lui sont aussi indispensables que l’air pur. Elle risque la grande déprime, devant ce mur d’immobilisme. Peut-on marier la brise du matin et le crustacé fossile ? C’est risqué.

Homme Cancer et femme Cancer

Alors là, non. Non et re-non !

Les Jupitériens font mauvais ménage ensemble : tout le monde veut commander tout le temps et partout, et c’est la bagarre. D’ailleurs, en général, ils ne s’attirent même pas. Et si vous rencontrez un jour un ménage Cancer + Cancer qui vous affirme vivre la pleine lune de miel suave depuis vingt ans, soyez assuré que l’un des deux est un faux Cancer : c’est-à-dire un Cancer qui n’a que le Soleil en Cancer dans son thème, toutes les autres planètes et angles du ciel étant dans un signe différent (on sait que le signe solaire n’est pas toujours dominant).

Homme Cancer et femme Lion

On en rencontre beaucoup, sous le soleil… probablement pour justifier la loi qui veut que les contraires s’attirent : le jour ne pense qu’à la nuit, le Soleil à la Lune, la lumière à l’ombre. La formule donne le plus souvent de semi-bons ménages, pas assez mauvais pour divorcer (l’homme Cancer y répugne d’ailleurs), et pas assez bons pour être vraiment réussis.

La superbe Lionne éclatante et sûre d’elle-même attire le timide crustacé, lui qui cherche toujours à s’abriter sous l’autorité maternelle d’une forte femme. Il espère qu’elle lui fera un écran contre les duretés de la vie, mais le calcul n’est pas très bon.

La femme Lion (je parle d’une vraie Lionne à part entière) s’extériorise entièrement dans de multiples activités professionnelles ou sociales, ou l’éducation de ses enfants ; c’est une femme pratique avant tout, et une femme d’affaires. Elle n’a que faire des rêvasseries brumeuses du Cancer.

Elle essaiera de le manoeuvrer, comme elle le fait avec tous les autres hommes : hélas, elle s’illusionne beaucoup sur la douceur apparente de son crabe préféré ! Il a le génie de la résistance passive, de la fuite et du secret. A cent lieues d’imaginer cet univers de brumes infinies qu’il porte en lui, la Lionne fait tout en pleine lumière et avec autorité : elle expliquera au Cancer qu’il a tort, et qu’elle a raison. Il se culpabilisera et s’enfoncera un peu plus dans sa passivité, laquelle agace tant la Lionne. La superbe bête rugira et bousculera son pauvre crabe. Là, elle risquera de tomber sur un os – sur une pince, pardon ! – le Cancer peut réagir violemment, et c’est peut-être la seule femme du Zodiaque avec laquelle il soit capable d’être brutal. S’il s’agit d’une Lionne douce, il réagira par la fuite discrète, déguisée en voyages d’affaires !

Même une très gentille Lionne et un super-brave Cancer auront de grandes difficultés à s’harmoniser. Certains y arrivent… ou presque. Mais le Cancer aurait mieux fait de chercher une Verseau ou une Scorpionne !

Homme Cancer et femme Vierge

La Vierge calcule son coup. Elle agit méthodiquement, avec persévérance, en présentant d’elle-même une image de marque raisonnable et ordonnée qui rassure l’éternel masculin. C’est ainsi qu’elle « hameçonne » le Cancer, qui mord et l’épouse, persuadé d’avoir pincé la perle du foyer.

Puis, puis… on s’aperçoit que la Vierge est terriblement possessive, et jalouse. Elle a cru épouser, la pauvre, un bon père tranquille, mais le Cancer ne supporte pas qu’on essaye de le ranger, soigneusement ficelé, dans un casier avec une étiquette : « Père de famille extra-dry ». Il commencera à rêver d’évasion. La Vierge n’a pas mesuré les abîmes insondables du Cancer. Il a besoin d’aventures, rêvées ou vécues, et la Vierge trop sage, trop raisonnable, l’ennuie à périr. Il s’évadera discrètement chaque fois qu’elle aura le dos tourné. Elle finira par s’en douter, et ruminera sa jalousie. Pauvre Vierge, toujours attirée par le mystère des signes d’eau, et si désarmée en face d’eux : Cancer, Scorpion et Poissons lui échappent, en partie du moins, et elle ne comprend pas pourquoi !

Homme Cancer et femme Balance

Un pas en avant et deux en arrière : c’est la femme Balance, comme le mot l’indique bien. Sous la double influence contradictoire de Vénus et de Saturne, elle séduit le Cancer, qui apprécie les femmes très féminines. Puis, au moment où il croit l’affaire conclue, elle se dérobe. Le Cancer mord au jeu, se passionne pour ce jeu de cache-Balance, et fait même, contrairement à son habitude, un grand pas en avant pour la saisir. Les natives du signe sont de douces indépendantes : elles font marcher le Cancer, se laissent même épouser, mais s’arrangent pour préserver leur indépendance avec beaucoup d’esprit et d’efficacité tranquille.

Peut-être même sont-elles les seules à pouvoir s’assurer la fidélité du Cancer. Beaucoup de points communs les rapprochent : l’amour d’une vie familiale paisible, l’amour des arts, des enfants… Ce sont deux êtres sensibles et fins qui s’accordent assez bien.

Homme Cancer et femme Scorpion

Mille et une nuits ne leur suffiront pas pour se raconter leur vie, leurs émotions et leurs rêves. A des kilomètres en dessous du niveau des océans, ils sont seuls au monde dans l’obscurité des grands fonds. Ils pénètrent dans les canyons sous-marins dont les parois tapissées de gorgones abritent d’insondables mystères ; de temps en temps, ils frôlent les tentacules d’une gigantesque pieuvre, dernière survivante des grands monstres du paléozoïque… Dans les forêts de coraux géants, la Scorpionne se fraye un chemin, tenant le Cancer par une pince, à deux pas derrière (il n’est pas aussi audacieux qu’elle). Ils débouchent sur d’immenses savanes sous-marines, les fameux herbiers de posidonies qui s’étendent à perte de vue sous l’Océan Indien…

Dans le silence des abîmes océaniques, le moindre battement de cœur s’entend. Et aucun sentiment de l’un n’échappe à la perception de l’autre ; même séparés par des continents, ils sentent la même chose, à la même minute, et le, disent avec les mêmes mots. Ils se possèdent réciproquement au point que leurs âmes se touchent. Jalousement possessifs tous les deux, ils s’enferment dans un univers de passion et de tendresse. Mais, peu à peu, la Scorpionne trouvera que ce huis-clos sent le renfermé. Elle a besoin d’air, de mouvement, d’espaces illimités.

Le Cancer, douillettement installé, niché dans cette étroite intimité étouffante, est très content. Il n’a aucune envie d’ouvrir les fenêtres.

Et puis la Scorpionne, un beau jour, en aura assez de le tirer, de le secouer, d’être toujours celle qui paye de sa personne, qui prend tous les risques et toutes les initiatives. Le Cancer, lui, se contente de recevoir. C’est un ventre glouton, passif, massif, aussi lourd à remuer qu’un éléphant. Il ne lève pas le petit doigt pour bouger. Réactionnaire attaché au passé, il ne comprend pas l’intuition prophétique de la Scorpionne. Finalement, excédée, elle l’abandonnera à son coin de rocher, auquel il est obstinément fixé, et partira vers le grand large. Il la regrettera toute sa vie… et recommencera les mêmes bêtises avec la suivante.

Homme Cancer et femme Sagittaire

Très peu conseillé. D’habitude, ils ne s’apprécient guère et ne se recherchent pas. Il est assez rare de les trouver en couple.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, les Jupitériens font mauvais ménage entre eux et, de plus, la formule Eau + Feu est toujours difficile (voir les malheurs du couple homme Cancer – femme Lion !).

Belle Sagittaire, grande chasseresse devant l’Eternel, allez lancer vos flèches ailleurs ! Homme Cancer et femme Capricorne

Ceux-là, chers amis lecteurs, mériteraient qu’on leur consacre cinq cents pages à eux tous seuls…

La femme Capricorne est fascinée par les signes d’eau qui extériorisent leur tendresse, ce qu’elle fait elle-même très difficilement ou pas du tout. Cancer et Capricorne sont sur le même axe zodiacal : ils ont ensemble le goût du passé, le goût du pouvoir, l’ambition, un grand sérieux.

C’est l’énergie de la femme Capricorne qui séduit le Cancer. Elle traite ses soupirants avec beaucoup de hauteur, une distance qui les impressionne et la valorise. La distance est propice aux rêves : voilà notre crustacé de vase amoureux d’une étoile. Cependant, •dans la vie quotidienne, il sera blessé par les humeurs capricantes de cette très haute et puissante dame de ses pensées. Agressive, assez froide, elle n’a pas toujours le génie d’être douce et maternelle, comme le rêvait le crabe (qui pensait la désarmer). La Capricorne, femme consciencieuse, pas tendre mais cependant passionnée, est capable d’investir toutes ses forces, son temps, son énergie, dans la survie de ce couple : parfois, elle gagne brillamment la partie, et voilà un ménage excellent… même si le Cancer est quelque peu tenté par de mini-fuites en douce !

Homme Cancer et femme Verseau

Oui, sans hésiter !

Le Cancer accorde plus de prix à l’amitié qu’à l’amour : et bien, voilà une amie pour lui ! Le Verseau est le signe même de l’amitié !

Ils aiment tous les deux la vie en société, l’évasion, l’art, la lecture, parfois le luxe, la lecture, les rêves… La Verseau saturnienne est bourgeoise, et la Verseau Uranienne bohème : l’une comme l’autre plaisent au Cancer parce qu’elles gardent un côté léger, aérien : la Verseau bourgeoise n’est jamais pesante, c’est une femme qui sait s’adapter. Quant à la Verseau artiste, elle répond au besoin de fantaisie du Cancer.

Elle n’est pas trop possessive, elle ne fait pas constamment des scènes de jalousie, elle est plus amie qu’amoureuse : tout ce qu’elle demande, c’est qu’on lui laisse une relative indépendance. Le Cancer, fin psychologue dans ce cas, le comprend assez vite, pourvu qu’il trouve ses pantoufles chaudes en rentrant. La dame Verseau, fine mouche, a compris elle aussi ; elle dit : « Oui, oui, mon chéri », et n’en fait qu’à sa fantaisie. Elle a senti qu’en s’abritant derrière la douceur et une apparente soumission, on peut très bien contourner le Cancer. Il n’est pas vraiment dupe, mais du moment qu’il a la paix et qu’on est gentil avec lui…

Homme Cancer et femme Poissons

Il aime les garces. Je trouve cela un peu triste, mais c’est ainsi… Avec Madame Poissons il ne souffrira pas assez, et finira frustré. Elle le pêche tout d’abord dans ses filets, cette sirène, parce qu’elle sait écouter, pleurer avec lui sur ses malheurs (à lui) pendant des heures au clair de lune ; elle le devine à demi-mot. Ils sont tous les deux doués de grands pouvoirs médiumniques.

Mais elle le couve trop. Comme la Vierge, elle le dorlote, le pouponne, le cajole ; au début, il est ravi. Ensuite, il devient évident qu’elle ne l’aide guère à sortir de lui-même, à mûrir. Très possessive, elle a tendance à l’étouffer sous sa tendresse abusive. Elle l’étrangle avec ses filets trop serrés… Et le crabe se débat pour en sortir.

Attention, petite sirène… La Vierge avait un balai de bonne ménagère, d’autres ont des balais de sorcière, et c’est justement ce qui tente le crabe : il vous échappera pour aller se jeter tout cru dans le chaudron d’une Mélusine !

A qui marier la Femme Cancer ?

Femme Cancer et homme Bélier

Quatre sabots et dix paires de pattes, c’est tout de même trop pour un véhicule, même amphibie. L’ennui est que certaines pattes ont toujours tendance à vouloir marcher en biais…

On connaît quelques couples qui ont tenu le coup, mais si peu… Peut-être un Bélier ascendant Taureau et une Cancer ascendant Balance ? Cette dernière est plus particulièrement vulnérable aux charmes du brillant Bélier.

Les inconvénients sont ici ceux, classiques, de la combinaison Eau + Feu : l’homme des signes de feu ne comprend pas les zones d’ombre de la femme des signes d’eau. La combinaison inverse (femme Bélier – homme Cancer) marche mieux que celle-ci.

L’homme Bélier est charmant, mais autoritaire et impulsif. Il exige trop de soumission de la femme Cancer. Celle-ci se rebiffe : c’est une personne très autonome, qui aime assez commander, et ne se laisse pas marcher sur les pinces. Si c’est elle qui tient le gouvernail, elle essaiera d’enfermer le Bélier dans un univers bien clos et bien douillet, pour mieux• se le garder. Et le Bélier n’aura qu’un rêve s’échapper tous azimuts. Si, au contraire, croyant bien faire, elle se soumet totalement au Bélier pour lui faire plaisir, cela n’ira pas non plus : il ne la sécurise guère, parce qu’il ne comprend pas sa nature sentimentale. Parfois même, il devient sadique, et elle s’enfonce alors dans un masochisme dépressif.

Il faut vraiment que les ascendants de l’une et de l’autre soient semblables ou complémentaires, et les planètes réciproquement bien aspectées, pour que la combinaison ait quelque chance de durer.

Femme Cancer et homme Taureau

En principe, c’est bon : Lune + Lune + Vénus + Jupiter, c’est positif. Ils feront un couple heureux et pacifique.

L’homme Taureau, toujours intéressé par les questions de travail, encouragera sa femme Cancer à poursuivre une carrière professionnelle, où elle pourra employer à fond son énergie et son goût de l’autorité. Elle rentrera toute douce à la maison, avec un salaire intéressant qui contribuera à leur faire une vie agréable.

Les écueils de cette combinaison ? L’insatiable fringale sexuelle du Taureau à laquelle, surtout dans la jeunesse, dame Cancer ne répond qu’à moitié, car elle est souvent plus sentimentale que sensuelle.

L’entêtement de chacun : le Taureau obstiné, voire buté, ne renonce jamais. La Cancer, forte en pinces, non plus. Que se passe-t-il lorsqu’un boulet irrésistible heurte un mur infranchissable ? Je leur souhaite de ne pas en arriver là. Que notre Cancer, plus souple, contourne en finesse son bovidé massif…

On peut aussi se poser des questions sur les motivations matrimoniales du Taureau : il aime l’argent. A-t-il épousé cette Cancer pour ses charmes aquatiques ? Ou pour sa fortune familiale ? Et dans ce cas, avait-il quelque attachement inoubliable qu’il a poursuivi après son mariage ? Le talon d’Achille des Taureaux, c’est l’argent, et c’est aussi leur incapacité d’oublier.

Femme Cancer et homme Gémeaux

On peut se marier pour mille raisons qui n’ont rien à voir avec l’entente profonde et la compatibilité d’humeur. C’est ce qui arrive ici. Une Cancer ascendant Sagittaire peut être attirée par un homme Gémeaux, mais ce n’est pas à conseiller en général.

Certes, le Gémeaux séduit tout le monde par son humour, son habileté, son optimisme et ses brillantes relations. Mais les pinces d’une dame Cancer ne sont pas assez longues pour coincer cet éternel courant d’air qui ne cesse de jouer à cache-cache avec lui-même (et avec tout le monde).

De son côté, il ne peut comprendre à quel point sa Cancer a besoin de stabilité et de tendresse… à moins d’être GémeauxPoissons (mais dans ce cas, encore plus insaisissable), ou GémeauxCancer (et là encore, peu d’espoir de bonne entente : voir la double combinaison Cancer + Cancer page 110).

Femme Cancer et homme Cancer

Le Cancer au carré ? pas bon du tout. Alors là, non. Non et re-non !

Les Jupitériens font mauvais ménage ensemble : tout le monde veut commander tout le temps et partout, et c’est la bagarre. D’ailleurs, en général, ils ne s’attirent même pas. Et si vous rencontrez un jour un ménage Cancer + Cancer qui vous affirme vivre la pleine lune de miel suave depuis vingt ans, soyez assuré que l’un des deux est un faux Cancer : c’est-à-dire un Cancer qui n’a que le Soleil en Cancer dans son thème, toutes les autres planètes et angles du ciel étant dans un signe différent (on sait que le signe solaire n’est pas toujours dominant).

Femme Cancer et homme Lion

J’ai déjà parlé de la formule inverse (page 110) en termes peu encourageants.

Ici, c’est l’échec quasiment garanti. A moins que le Lion ne soit par exemple ascendant Vierge, et elle ascendant Gémeaux. Ou encore un LionPoissons avec une CancerBélier. Mais toutes ces formules boitent des cornes ou des nageoires…

Le vrai Lion, Lion des savanes, roi de la forêt, n’a que faire du petit crabe accroché aux poils de sa crinière. Il est extraverti et joue sa vie en pleine lumière, comme un grand acteur qu’il est, le Lion superstar ! Elle, au contraire, aime l’ombre humide, la discrétion, la tendresse infinie. Il ramène tout à son ego assez voyant, et cela, une Jupitérienne ne saurait le tolérer.

Il méprise souverainement les intuitions, les rêves, les pressentiments de sa compagne ; il ignore les abîmes sous-marins qu’elle habite. La femme Cancer et l’homme Lion, c’est la petite sirène d’Andersen amoureuse du Prince charmant : ils ne vivent pas dans le même univers, et si elle veut le suivre, c’est au prix d’une douloureuse mutilation d’elle-même.

Est-ce que cela en vaut la peine ?

Femme Cancer et homme Vierge

Le bon jeune homme Vierge est une proie facile pour la femme Cancer. Maternelle et tendre, elle le défend avec une énergie qu’il admire : elle le protège et le réchauffe. Ils ont bien des goûts communs : fins, sensibles, pacifiques, ils aiment les enfants, la famille. Ils bien des goûts communs : fins, sensibles, pacifiques, ils aiment les enfants, la famille. Ils sont extrêmement consciencieux dans tout ce qu’ils font : ce sont des gens sur qui on peut compter, car ils respectent leurs engagements. Ce sont aussi des gens lents, qui ont le temps avec eux…

…Mais ici, le temps jouera contre leur couple. Un jour – assez tard, peut-être -, le bon petit garçon deviendra un homme, un vrai ! Et ce jour-là, il en aura assez de se faire materner par la bonne Cancer. Il fera sur elle la crise d’opposition qu’un adolescent fait normalement sur ses parents. Et ce sera dur pour la pauvre écrevisse. Elle-même, d’ailleurs, peut se lasser avant lui de jouer à la maman et au bébé avec son jeune mari. Passe un pirate à l’horizon, et voilà ma Cancer embarquée pour toujours.

Femme Cancer et homme Balance

Sous la double maîtrise de Vénus et de Saturne, on rencontre deux types d’hommes Balance : le très vénusien, très charmant et très sensuel, grand amoureux, qui ne résiste pas à l’appel du moindre jupon. Et le très saturnien, homme plutôt austère et réservé, très peu porté sur les plaisirs de Vénus.

L’un comme l’autre sont de doux misogynes, émettant volontiers, dans les salons, des propos peu amènes sur les femmes en général, ce qui ne les empêche pas d’être assez bons princes dans la vie privée avec leur épouse. La femme Cancer se moque éperdument de leur misogynie. Du moment qu’on est tendre et gentil…

Le succès de ce couple dépend beaucoup de son entente physique. L’homme Balance à fidélités multiples provoquera sans nul doute la jalousie féroce de son écrevisse. Mais l’homme Balance saturnien ne lui offrira guère les « joies de l’oreiller partagé », comme disent les Chinois. Au début, cela ne lui manquera peut-être pas beaucoup, tout occupée qu’elle sera par les enfants et la maison. Mais à la longue, le problème risque d’être plus aigu.

Femme Cancer et homme Scorpion

A la première bulle, ils se jetteront dans les pinces l’un de l’autre : comme ils ont tous les deux le fameux sonar des signes d’eau, ils se parlent en crustacé, c’est merveilleux !

La femme Cancer, romantique et passionnée, est fascinée par le Scorpion. Elle se donne à lui totalement, et même se soumet à lui, ce qui est rare chez elle.

Si c’est un Scorpion bon prince, un ScorpionVierge par exemple, cela peut aller. Sinon, la pauvre écrevisse est bien mal protégée par sa carapace : le Scorpion la pique au défaut de la cuirasse, il sait toujours où ! Et le venin, se répandant dans la chair tendre, la paralyse complètement. Passive, sans défense, elle ne peut qu’exciter le sadisme du Scorpion.

Complètement transformée en « Crabmeat surgelé », elle se laisse consommer par ce requin des mers sans avoir les moyens de se faire respecter.

Pour échapper à ce forban, il lui faudrait beaucoup d’énergie martienne dans son thème, beaucoup de feu, beaucoup d’air aussi, sur lequel le Scorpion a peu de prise. Sinon, sa carapace rose portera toute la vie d’ineffaçables cicatrices.

Femme Cancer et homme Sagittaire

Absolument déconseillé.

Ce serait condamner notre pauvre écrevisse à une jalousie chronique : tout le monde sait que le cavalier Sagittaire est fidèle en gros… mais pour le détail, mieux vaut ne pas y regarder de près.

Il vit dans l’instant immédiat, et la femme Cancer dans le temps étalé sur des siècles. Il oublie l’instant d’après, tandis qu’elle n’oublie jamais rien. Elle est consciencieuse, obsédée de perfection, anxieuse de bien faire : lui, navigue avec le plus grand bonheur dans l’à- peu-près rapide. Il a les qualités de ses défauts : il n’est pas mesquin. Mais les histoires, les scènes, les pleurnicheries, les brumes du Cancer l’ennuient.

Et puis, c’est un Jupitérien : donc à ne jamais marier avec une Jupitérienne. Résultat garanti négatif!

Femme Cancer et homme Capricorne

Ils s’attirent toujours, ces deux-là, car ils se ressemblent et se font vis-à-vis sur le même axe : solstice d’été – solstice d’hiver.

La femme Cancer sera-t-elle capable d’arracher le Capricorne à son orgueil de béton ?

Pourra-t-elle le délivrer de sa carapace de glace ? Lui apprendre à devenir humain, à sortir de sa prison intérieure pour se pencher avec tendresse sur les problèmes d’autrui ?

Très difficilement, car elle a presque les mêmes problèmes. Elle aussi est enfermée dans un monde intérieur, et elle aurait besoin d’un homme qui l’aide à s’extérioriser. Le Capricorne n’en fera rien ; au contraire, il la blessera par sa maladresse (il est nul en diplomatie amoureuse) et elle ne fera que se replier davantage sur ses rêves.

Ils se ressemblent par leur susceptibilité, leur orgueil et le goût du pouvoir. Malgré son exquise féminité, la femme Cancer n’est qu’apparemment souple, elle a de grandes difficultés à se donner totalement. Quant au Capricorne, c’est un bloc d’acier massif. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils s’attirent si souvent : le malentendu est évident. Ce qui ne va pas, c’est qu’ils ont chacun un « ego » envahissant, assorti d’un goût du pouvoir très net, et que personne ne voudra céder. Ils ont tendance à s’enfermer chacun dans sa carapace et sa dignité offensée en refusant tout dialogue. Dans un tel contexte, la seule chance de succès est d’avoir le courage de s’expliquer avec humilité et franchise. Si seulement l’un des deux a ce courage, la partie est gagnée.

Femme Cancer et homme Verseau

Bon vent, bonne brise : l’air frais du Verseau est bénéfique aux petits crabes ! Ces deux-là ont de fortes chances d’être heureux, à condition que le Verseau ne soit ni violent ni trop aventurier. Quant à elle, ses chances sont meilleures encore si elle est Cancer ascendant Lion.

Notre grand vent de février apporte une certaine fantaisie à la trop consciencieuse et traditionnelle Cancer. Il saura s’assurer le dévouement absolu de sa femme, qui ne demande que ça. Dévouement qui, tout de même, peut se changer en un doux esclavage. Mais le Verseau est un irréductible indépendant, que personne n’a jamais réussi à verser dans une boîte fermée : il s’en échappe toujours, conformément au symbolisme du signe !

Il ne s’échappe d’ailleurs qu’à moitié, puisque c’est un signe fixe. Et il est assez content de se trouver un port d’attache dans la stabilité de sa-bonne Cancer, tendre et sérieuse. Elle- même préfère les hommes jeunes : or le Verseau garde toute la vie une allure d’adolescent, qui manifeste la jeunesse éternelle de ses rêves. Le Verseau, tourné vers l’avenir, n’est jamais « vieux », et s’accorde bien avec la Cancer tournée plus facilement vers le passé : cette complémentarité du temps les séduit réciproquement. Le Verseau sera l’éternel grand enfant chéri de la maternelle Cancer, il ne sera jamais un vieux monsieur. (Mozart et Jules Verne, gloires des Verseau, ont-ils pris une seule ride ?).

Femme Cancer et homme Poissons

Don Juan ne fera qu’une bouchée de la pauvrette.

Ils parlent, bien sûr, le même langage. Se sentant enfin comprise par un homme, jusque dans les plus profonds replis de sa carapace, elle jette sa réserve par-dessus bord et se livre à lui toutes pinces et pattes liées. C’est le seul homme (avec le Scorpion) pour lequel elle est prête à tout donner.

Las ! Le Poissons est un grand prédateur, contre lequel la pauvre étrille est sans recours et sans protection. Il nage trop vite et trop loin pour elle ; il la trompe tant qu’il peut, se moque de son dévouement de plus en plus maso, et la plante là pour un voyage au long cours. Pleurniche-t-elle ? Lui fait-elle des scènes ? Il la méprise encore plus et n’a cure de ses larmes salées.

Chères sœurs du Cancer, fuyez, fuyez l’abominable Poissons.

Combinaison du signe avec les Ascendants

On rencontre dans la vie toutes sortes de Cancers chez lesquels on a bien du mal à retrouver de prime abord les caractéristiques lunaires du signe.

Si le Cancer type est passif, introverti et statique, un Ascendant Feu, par exemple, peut le rendre extrêmement actif, entreprenant, voire audacieux. Qui aurait pu croire que Jules César était natif du Cancer ? Mais il était Ascendant Sagittaire.

Chez tous, cependant, on relève un attachement exceptionnel à la mère (et la mère- patrie), à la famille. César lui-même, est-ce un hasard ? serait né par « césarienne » : l’enfant, physiquement, ne pouvait sortir de sa mère.

Tous les Cancers ont enfin en commun une très fine intuition, quel que soit l’Ascendant : passionnés de psychologie, réfléchis, capables de sentir à distance, ils sont bien placés pour l’actuel développement des sciences parapsychologiques !

Le Cancer Ascendant Bélier

Il a des problèmes : le Soleil en Cancer est en quadrature avec l’Ascendant ! Le natif est livré tantôt aux irrésistibles impulsions du Bélier, tantôt aux inhibitions du Cancer. Il fonce tête baissée dans une entreprise hasardeuse, puis son enthousiasme faiblit et il laisse tomber avant d’avoir atteint l’objectif. Par contre, il est capable de s’entêter dans une erreur, envers et contre tout. Quand le crabe est en prise, il ne desserre pas facilement ses pinces ! Il devra apprendre à harmoniser l’impulsivité du Bélier et la persévérance cancérienne : ce n’est pas facile.

Dans cette combinaison, le Cancer se trouve en Maison IV, celle qui lui correspond, celle du foyer : le natif sera donc très particulièrement attaché à sa famille, ses enfants, sa maison. Dans le cas de Marcel Proust, Cancer Ascendant Bélier, l’attachement à la mère et au foyer fut tel qu’il ne put jamais s’en défaire pour fonder un foyer à lui.

Mais c’est un cas extrême, et le plus souvent, le Cancer Ascendant Bélier sera assez heureux en ménage : la Balance, signe de chance et de bonheur conjugal, est sur sa Maison VII. Il se trouvera une jolie fille, douce et accommodante, avec laquelle il vivra longtemps. (Voir les astromariages de l’homme Cancer avec la femme Balance.) Autre personnage célèbre dans cette formule : Jean Anouilh, dont les répliques fines et percutantes tiennent à la fois du Bélier et du Cancer.

Le Cancer Ascendant Taureau

Lune + Lune

Artiste, sensible, rêveur, sensuel, c’est un être exquis dont la famille et les amis apprécient infiniment le talent et le charme, la gentillesse et la fantaisie.

Le CancerTaureau vit pour la beauté. Il n’est presque pas de ce monde ! Jean Cocteau était CancerTaureau, et André Barbault pense que Proust l’était peut-être aussi (dans le cas d’une erreur d’état civil sur l’heure précise de naissance). La formule inverse (mais voisine), est illustrée par Salvador Dali : Taureau Ascendant Cancer.

Ce sensitif, ce tendre, cet émotif, se défend mal contre la violence et la brutalité du monde ; il tourne facilement contre lui-même son agressivité, faute de pouvoir l’extérioriser. Il est ainsi plus vulnérable qu’un autre à la dépression nerveuse, et son masochisme latent attire les bourreaux, partenaires sadiques qui prennent plaisir à le tourmenter.

Ce n’est pas le Taureau qui aidera le Cancer à sortir de son trou : le Taureau est trop passif, trop stable lui-même. A eux deux, cependant, ils ont une grande persévérance dans le travail, et c’est ainsi qu’arrive un jour la réussite. Cela d’autant plus que la Lune, symbolisant la foule, apporte la notoriété au créateur si elle est bien aspectée.

Le Cancer Ascendant,Gémeaux

Petit Poucet deviendra-t-il un jour une grande personne ? Le Cancer trop attaché à sa mère ne brille jamais par sa précocité, et les Gémeaux feux follets ne sont pas pressés non plus d’entrer dans le monde des adultes.

Au féminin comme au masculin, ils ont souvent une allure ambiguë : ni homme ni femme, mais lutin attendrissant et charmant. Des tendances homosexuelles latentes peuvent se faire jour.

Un roi de France, Charles VIII, était CancerGémeaux : les historiens soulignent son manque de maturité, et je vois les guerres d’Italie comme un rêve de boy-scout avant la lettre ! (Lequel boy-scout, étant roi, avait évidemment des moyens de nuire que les patrouilles de quartier n’ont pas…)

Dans d’autres cas, le Cancer semble masquer le Gémeaux, mais l’immaturité de la combinaison se traduit autrement, par un besoin quasi névrotique de déplacements et de voyages, ou par un attachement hors saison aux traditions de l’adolescence. Je connais un CancerGémeaux qui a l’air d’un monsieur très posé, mais qui n’a qu’un regret dans la vie : avoir dépassé la limite d’âge pour être intégré dans une troupe de boy-scouts. Heureusement, il a des fils…

Imaginatif, souvent créatif, le CancerGémeaux peut être fort agile d’esprit et de mains, il a plus d’un tour dans sa besace. Ainsi Pirandello, brillant homme de théâtre et Muriel Cerf, inoubliable auteur de l’Anti-voyage, qui raconte ses aventures avec la brillante verve du GémeauxCancer.

Cancer Ascendant Cancer

J’en ai trouvé deux, grâce à André Barbault 1, un vrai Cancer, avec non seulement l’Ascendant dans le signe, mais encore la Lune et Mars !

C’est un roi de France encore, Louis XII. Ce n’est pas un hasard s’il fut appelé le « Père du peuple » : le Cancer, bon prince, gouverne avec sensibilité et humanité.

Un autre roi de France naquit sous le double Cancer : Charles IX. Moins heureux, cet éternel petit garçon vécut, selon Barbault, toute sa vie dans un monde imaginaire, sans jamais atteindre la réalité du pouvoir autrement qu’à la chasse.

Cancer Ascendant Lion

Tout dépend de la force du Lion : si celui-ci est puissant dans le thème, vous l’entendrez rugir, et le Cancer sera complètement dévoré. Qu’en restera-t-il ? Un certain charme tendre parfois, un attachement très fort à la mère et à la famille… Mais le Soleil du Lion arrache le Cancer à ses brumes nocturnes, et le pousse vers l’action ouverte. Le natif ne trouve son équilibre que dans une grande activité : il est doué pour les affaires, où il entend bien être patron. La combinaison Cancer + Lion donne fréquemment des gens extrêmement autoritaires, main de fer sous un gant de velours (il y a bien des crabes poilus…). En tout cas, ils sont dévorés d’ambition professionnelle ou sociale.

Le Soleil se trouve ici en Maison XII : le natif a généralement un grave problème avec son père, souvent la perte de celui-ci (mort ou séparation). Il cherche toute sa vie à imiter et à surpasser ce père. Si le Soleil se trouve en Maison XI, au contraire, le père est un ami, et son influence détermine les amitiés et les relations du natif.

Le Cancer Ascendant Lion a aussi la Vierge sur la Maison II : vous ne vous étonnerez pas qu’il ait certaines difficultés à être généreux financièrement. Tout dépend évidemment des planètes qui habitent cette Maison II, mais on peut prévoir qu’il sera généreux avec calcul : il préférera les dépenses qui rehaussent son image de marque, dépenses somptuaires qui améliorent son prestige et son standing. Pour vous faire entretenir par un CancerLion, flattez son goût du luxe et son ambition. Une maîtresse discrète et effacée, en « back- street », n’a aucune chance d’obtenir le moindre sou pour l’aider à vivre. Je connais quelques hommes CancerLion parmi des hommes d’affaires très importants. Citons également, dans un autre domaine, le psychologue René Le Senne, connu pour avoir établi une typologie des caractères, toujours en usage.

Cancer Ascendant Vierge

A priori, deux bêtes assez calmes. On s’étonne d’y trouver des amateurs de sensations fortes : le commandant Charcot, Antoine de Saint-Exupéry. C’est qu’avec l’Ascendant Vierge, le Cancer vient en Milieu-du-Ciel : ainsi s’explique l’amour de la mer chez Charcot, l’amour fou des voyages chez Saint-Exupéry. Mais, comme chaque fois qu’il y a Vierge sous roche, on trouve des écrivains : Georges Duhamel, Gaston Bachelard (L’eau et les rêves, quel joli titre pour un CancerVierge !). Un peintre, aussi : Modigliani.

Cancer et Vierge, en sextile sur la roue du Zodiaque, s’harmonisent assez bien ensemble. La Vierge apporte sa précision au flou artistique du Cancer, et lui apprend à s’organiser avec plus de rigueur. C’est très sensible chez Modigliani, par exemple, dont l’art est marqué d’une évidente sobriété classique : il est très loin des divagations de ses contemporains, et ses portraits dénotent des dons d’analyse psychologique très Virginiens.

Quant à Saint-Exupéry, il n’est pas si étonnant de le trouver à la fois parmi les écrivains et parmi les aviateurs : l’aviation privilégiait, surtout à l’époque des pionniers, les aptitudes pour la mécanique. Il fallait savoir démonter, puis remonter son moteur, flairer le bruit suspect, trouver le boulon vadrouilleur : talent typiquement Vierge, le signe marquant très nettement les thèmes d’aviateurs de l’époque héroïque. Et le « Petit Prince », c’est notre enfant Cancer… Toute l’oeuvre baigne dans sa tendresse aquatique, il habite dans sa planète à lui, qui n’est pas la nôtre, mais serait plutôt cousine germaine de la Lune.

Beaucoup d’animaux traversent le Petit Prince : un mouton immatériel, un petit renard mystique, un vol d’oies sauvages omnibus, un serpent de mort… On sait que la Vierge aime les animaux !

Le Cancer en Milieu-du-Ciel dissipe beaucoup les brouillards nocturnes du signe. Le natif parvient plus facilement à traduire ses rêves dans la réalité et à accoucher de lui-même. La Vierge pratique, signe de Terre, est un signe réalisateur et méthodique : elle tient le Cancer par la main et le contraint à travailler… Mais le Cancer lui apporte un souffle d’inspiration, l’imagination dont manquait cette personne trop raisonnable.

Cancer Ascendant Balance

En voilà un (une) qui trompe son monde !

Que de charme, de douceur, de diplomatie, d’élégance… La Balance hésitante et douce semble affaiblir le Cancer : c’est ce qui se passe parfois, certes. Mais le plus souvent, il n’en est rien (surtout chez les femmes) et j’ai trouvé de fortes personnalités sous cette combinaison astrale. Tel, par exemple, Ernest Hemingway, qu’on ne s’attendrait pas à croiser dans ces parages !

La Balance, c’est Vénus tendre et artiste, certes, mais c’est aussi Saturne, astre dur et masculin, le « grand maléfique », comme l’appelaient les Anciens. En fait, la Balance, comme la Vierge, oblige le Cancer à être plus pratique, à s’ouvrir à autrui, à réaliser ses potentialités. Au départ, cette combinaison apporte une certaine instabilité, puisque l’air et l’eau ne sont pas compatibles. Les tensions se résolvent en activité créatrice, de caractère artistique ou social. Le mariage des deux signes, Cancer féminin et Balance masculine, peut être extrêmement positif si la Balance est bien soutenue dans le thème.

On est toujours surpris de la persévérance du CancerBalance. Telle cette petite fille qui me répétait tous les matins : « Tu n’oublies pas de m’apporter une petite machine à coudre pour enfants, dis ? » A la fin, bien sûr, je l’ai apportée : que faire devant une telle insistance, douce (…mais inexorable !), étirée sur des semaines et des semaines ?

Le CancerBalance est adroit de ses mains, plus ou moins artiste, et très diplomate.

L’optimisme des Jupitériens du Cancer est soutenu par ce sens de l’équilibre propre à la Balance, qui est un facteur de chance.

Cancer et Balance aiment les enfants et savent instinctivement s’en faire apprécier, organiser des jeux et comprendre leurs problèmes pratiques (la Balance est une personne très bien organisée).

Pour en revenir à Hemingway, en se penchant sur son thème, on voit son Cancer, signe d’eau, en Maison X : pas étonnant qu’il ait aimé la mer ! Il aurait toujours été tenté par un métier en relation avec l’eau et les voyages… Méditez ce merveilleux titre : Le Vieil homme et la mer. (Le Cancer adore les vieilles gens, et la tradition qu’elles portent en elles fascine son goût du passé.) Un autre joli titre : « The Sun Also Rises (Le Soleil se lève aussi)… Oui, il finira par se lever au zénith, milieu du ciel, ce Soleil natal, mais il émerge d’un signe d’eau nocturne, tandis que la Lune, éclatante, est en Lion et en Maison XI (Ça, c’est la « Fiesta » 1 ! Et aussi la gloire !)

Cancer Ascendant Scorpion

Porteur d’un océan de rêves, le CancerScorpion a presque toujours des dons fantastiques de médium. Émotif, anxieux, il pressent et devine ce que les autres ne comprennent pas encore. Trop fin psychologue pour être abusé, on ne peut rien lui cacher, c’en est gênant. Il flaire immédiatement les motivations secrètes de ses interlocuteurs ; il n’agit que téléguidé par son instinct. Aussi les autres gens le trouvent-ils « irrationnel », « illogique », « dingue » dans sa façon de vivre. Mais il ne prend pas la peine de s’en expliquer. Il émane de lui un charme subtil, qui ne tient pas à sa beauté physique (laquelle est irrégulière). Il vous emporte sur sa longueur d’onde, et vous voilà séduit. Si vous n’êtes pas un peu médium vous-même, vous ne le comprendrez jamais.

Les combinaisons sont variables suivant les individus. Si le Scorpion prend le dessus, c’est un homme d’action et un fin politique, tel le roi Louis XI. Le Scorpion aiguise le courage et l’énergie, mais l’être reste bon et accessible à tous ses intimes (comme c’est le cas de Louis XI auquel une récente biographie vient de rendre justice).

Si l’eau du Cancer noie l’agressivité du Scorpion, le natif, pacifique et introverti, extrêmement sensible, limite ses conquêtes à la maîtrise d’un art : Rembrandt, dont les clairs-obscurs reflètent bien l’âme subtile et secrète.

Le Soleil, dans cette association de signes, se trouve souvent placé en Maison VIII, Maison de la mort. Cela indique, sinon une faible longévité, du moins une faible vitalité : le natif se fatigue vite et économise instinctivement sa force vitale.

Cancer Ascendant Sagittaire

Curieuse formule que celle-là : le Sagittaire, malgré, Jupiter, est fait d’un tout autre bois que le Cancer. Tandis que ce dernier est la lenteur même, le Sagittaire est vif comme ses flèches. Il ne rêve que de voyages et conquêtes, alors que le Cancer, casanier et pacifique, préfère régner sous son rocher natal.

Le Sagittaire pourrait « dynamiser » le Cancer, mais il risque aussi de le brutaliser. Le natif est sûrement un royaume divisé en deux personnages étrangers l’un à l’autre. L’action et la conquête lui permettront de surmonter cette dissonance intérieure. C’est peut-être la raison profonde pour laquelle César (CancerSagittaire) s’est cru obligé de conquérir les Gaules… Il voulait voir la mer du Nord !

Ces natifs ont généralement le Milieu-du-Ciel en Lion, ce qui ne les encourage pas à rester passivement chez eux. Ils ont aussi le Scorpion en Maison XII, celle des épreuves, qui leur amène des ennemis acharnés et violents : Tu quoque mi fili, s’écrie César devant son fils adoptif sur le point de l’assassiner. « Toi aussi, mon fils, [tu es au nombre de mes ennemis !]… » Avec l’Ascendant Sagittaire, le Soleil peut se trouver en Maison VII, celle des associations, amenant une vie sociale brillante et la notoriété. Mais les Gémeaux étant sur le Descendant, cela laisse présager une vie éphémère pour ces associations (on pense aux triumvirats), ainsi qu’au moins deux mariages (si l’ensemble du thème se précise).

Je ne sais où Valéry est allé chercher son inspiration lorsqu’il a écrit : « César, calme César »… A mon avis, le SagittaireCancer est un volcan intérieur, bouillant d’impatience d’agir, toujours sur le pied de guerre. Il ne fait pas bon se moquer de lui : ne pas oublier que Cancer + Sagittaire, c’est Jupiter + Jupiter, le roi des dieux, s’il vous plaît ! Ses colères olympiques ne passent pas inaperçues!

Cancer Ascendant Capricorne

Voilà un animal redoutable, le plus opérationnel de tous, le vrai bulldozer à qui nul ne résiste. Tout gentil, tout doux en apparence ; mais les dents longues, longues, longues…

Un exemple, pour vous faire comprendre ce que c’est qu’un CancerCapricorne : Giulio Mazzarini, vous connaissez ? dit Mazarin pour les manuels d’histoire. Un petit Italien de rien du tout ; un macaroni de la péninsule, et même pas prince à une époque où tout le monde l’était (ou presque). Il avait comme devise : « Le temps et moi. » Une vraie devise de Capricorne… renforcé encore par le Cancer.

Extraordinairement tenace, jamais abattu, tramant ses intrigues dans l’ombre (on dit même « ourdissant », ce qui est bien plus joli), gravissant étape par étape les degrés du pouvoir, ce modeste italien réussit à devenir cardinal, ministre, confident du roi, amant (?), en tout cas ami de la reine, et finalement le maître de ce pays auquel il était étranger.

Tous les CancerCapricorne n’ont pas le génie ascensionnel de Mazarin, mais le mot clé de leur existence est : ambition. Ils veulent leur morceau, et ils l’auront, non pas emporté d’assaut, mais grignoté petit à petit sur la faiblesse et la bêtise de l’adversaire.

L’alliance de Mars et Saturne du Capricorne avec Jupiter du Cancer est une machine de guerre irrésistible (à condition d’avoir un Mercure bien aspecté et valorisé, qui permet de choisir les bons objectifs). Le temps ne compte pas pour ces gens-là, et, à force de s’accrocher, ils survivent à tous les naufrages, surmontent tous les obstacles.

Moi-même, je les déteste parfois… mais je finis à la longue par leur accorder ce qu’ils demandent, pour avoir la paix !

Cependant, ce ne sont pas des révolutionnaires : partisans de l’ordre, de la famille et de la patrie, ils n’ont rien de nihiliste. Ils veulent la puissance pour eux, mais leurs conceptions philosophiques sont extrêmement conservatrices (même s’ils ont l’habileté de ne pas le laisser voir). Ils cachent leurs dents longues et leur faim de pouvoir derrière un sourire bon enfant, des façons paternelles, un optimisme enjoué Oui rassurent ceux qui vont se faire croquer. Vous avez compris : le Loup du Petit Chaperon Rouge était CancerCapricorne

Cancer Ascendant Verseau

Grand romantique écartelé entre le passé et l’avenir, il risque fort de mener une vie en zig- zags et en montagnes russes…

Si le Cancer aime l’histoire, la famille et l’immobilisme, je vous jure que ce n’est pas le cas du Verseau. Aux orties, les traditions de papa ; et vive la Révolution ! Le Verseau ne se sent à l’aise que dans les idées d’après-demain et les techniques d’avant-garde. Le Cancer est intimiste, tandis que le Verseau sacrifie ses amours à ses amitiés. Ouvrant son foyer à tous les copains, il le transforme en courant d’air, et le malheureux Cancer ne peut plus s’y réchauffer : mais le Verseau n’en a cure, c’est un signe d’hiver, blindé contre les vents froids !

Comment concilier ces deux extrêmes en un seul être ? Les CancerVerseau, ce sont des

gens qui voudraient bien être d’avant-garde, et ils font tout pour s’en donner l’air. Mais,

dès qu’on gratte un peu, on déterre un vieux fond conservateur, voire réactionnaire… Le

Cancer n’est pas doué pour la révolution. Le CancerVerseau, éternellement déchiré entre le désir d’innover et celui de conserver, est un révolutionnaire en peau de balle, un tigre de papier. Il n’applique pas ses théories sociales dans la vie quotidienne. Il est fasciné par le Scorpion qui synthétise dans son venin à la fois la révolution Uranienne et le rêve aquatique des marécages…

Mais foin de toutes ces méchancetés : parlons plutôt des atouts du CancerVerseau : un très bon contact avec les jeunes, qu’il comprend et dont il est capable de partager les activités en excellent animateur. Le génie de l’amitié (sinon celui de l’amour). Fidélité et loyauté dans ce domaine lui apportent beaucoup d’amis avec lesquels il passe le plus clair de ses loisirs (surtout si le Soleil est en Maison V : les distractions prennent alors une place prépondérante dans la vie du natif ; et si le Soleil est en Maison VI, il s’arrange pour travailler au milieu d’une équipe de copains !)

Enfin, le CancerVerseau a pas mal de suite dans les idées puisque le Verseau est un signe fixe : on peut lui reconnaître une grande persévérance dans ses entreprises. Qui était CancerVerseau ? George Sand, et sa vie est bien un mélange d’aventures, de.rêves sentimentaux, d’idées sociales généreuses (Verseau, ça !).

Voyez encore Lord Byron, dont l’Ascendant Cancer justifie que nous parlions de lui ici : le romantisme cancérien et la générosité du Soleil en Verseau l’ont envoyé en Grèce au service des patriotes opprimés. Sa vie est une suite de romans contradictoires enfilés bout à bout : une bonne illustration des incohérences du CancerVerseau.

Cancer Ascendant Poissons

Animal mystérieux, complètement étranger à la logique officielle, il aurait bien besoin d’un conjoint pratique et réaliste. C’est ce qu’il cherchera probablement puisqu’il a la Vierge en Maison VII. Plus souvent, malheureusement, il ne se mariera pas du tout, parce qu’il est incapable de faire le minimum de ce qu’il faudrait pour cela. Émerge-t-il jamais de ses rêves ? C’est un peu La Fontaine, qui s’est ainsi défini dans une de ses fables : Un lièvre en, son gîte songeait. (On ignore son Ascendant exact mais on sait qu’il avait le Soleil en Cancer et la Lune en Poissons.) Et c’est aussi Montaigne, « être ondoyant et divers » (Soleil en Poissons et Ascendant Cancer). Optimiste, humaniste et philosophe, mais peu apte à se défendre dans le monde des affaires, tels sont les Cancers à écailles.

Tout à fait médiums, bien sûr, portant en eux-mêmes leur boule de cristal… Joëlle de Gravelaine a étudié ainsi le cas de Guy Trébert (Cancer Ascendant Poissons), dit « assassin de la nouvelle Lune » i. A vrai dire ce pauvre malheureux ne semble pas tellement responsable de ses crimes, du dédoublement de sa personnalité. Le CancerPoissons échappe à lui-même, file entre ses propres pinces, sans pouvoir maîtriser le déroulement de sa vie. Il ne peut que suivre le fil du courant : on ne maîtrise pas le Gulf Stream.

Comment interpréter les Planètes dans les signes

Les Planètes dans le Cancer

Soleil en Cancer

Donne des indications sur la personnalité extérieure du sujet grande sensibilité, à l’écoute du non-dit, du non-visible, beaucoup d’intuition : cette intuition se fait parfois devineresse, pressent des événements et des situations à venir. Les rêves prémonitoires sont fréquents chez le Cancer hyper-réceptif. « Idéalisation du passé, attachement à la tradition, qui sert de point d’appui contre l’insécurité du futur […] Manque d’initiative, défaut d’agressivité et d’esprit compétitif […] compensés par la souplesse intuitive de l’intelligence. L’équilibre ainsi créé permet d’atteindre avec autant d’efficacité l’objectif recherché ».

Lune en Cancer

Accentue toutes les tendances extérieures du signe en leur donnant quelquefois une exaltation excessive : douceur extrême, intense réceptivité qui peut aller jusqu’à la médiumnité. La voyance, la précognition, les phénomènes extra-sensoriels sont tout à fait courants avec la Lune dans ce signe. Elle donne également des dons artistiques réels que la timidité du Cancer ne sait pas toujours faire valoir. Besoin immense de tendresse, de protection.

Forte sensualité réceptive.

Mercure en Cancer

La planète de l’intelligence se teinte ici de finesse analytique, de sensitivité, d’irrationnel. L’intuition s’affine, se laisse diriger par une perception subjective des problèmes, et les résout grâce au « flair », au doigté, à l’instinct beaucoup plus que par raisonnement. Mercure en Cancer fait des êtres qui écoutent plus qu’ils ne parlent, qui enregistrent et mémorisent les moindres faits et gestes pour s’en servir plus tard dans des circonstances appropriées. L’esprit, à la démarche lente et sûre, donne du poids aux synthèses. C’est un esprit qui allie des qualités inventives aux déductions logiques.

Vénus en Cancer

La planète de l’amour et de l’art se trouve en affinité avec le signe d’eau. Vénus en Cancer s’intériorise, gagne en pudeur et en réserve ce qu’elle perdait en extraversion, elle devient plus artiste, plus profonde et plus douce. Sa recherche de l’amour sensuel se transforme en quête de tendresse, de protection, de sécurité affective. C’est une Vénus mouvante mais fidèle, capricieuse mais sage. Sensualité « sensorielle ».

Mars en Cancer

L’activité impatiente, brusque, agressive, de Mars s’émousse en Cancer. L’action devient plus mesurée, plus flottante, plus fragile extérieurement. Mais elle se concentre, grâce à la profondeur que lui donne le signe, elle acquiert une plus longue portée. Elle devient plus durable, plus obstinée, moins spectaculaire mais peut-être plus efficace, en s’exerçant sur des registres qui lui conviennent, soutenus par l’intuition que confère le signe : l’art, le commerce sont ses terrains d’élection. Le dynamisme, l’énergie vitale, n’apparaissent pas : il faut se rappeler que le Cancer n’est pas un signe de grande santé. En revanche, la sagesse, l’économie de moyens dans l’objectif à atteindre, l’instinct très puissant remplacent avantageusement une extériorisation chaleureuse de la personnalité.

Jupiter en Cancer

Jupiter, qui aime tant son confort, ses aises, le luxe en toute chose, exalte la sensualité du Cancer, la matérialise. La philosophie d’un Jupiter en Cancer est dans la jouissance pure et le confort personnel. La réussite professionnelle se fait dans le respect de la tradition des lois hiérarchiques, dans le culte de la famille et des ancêtres. Que de bienveillances, que de concessions, que de souplesse dans cet alliage ! Rien ne doit freiner ou entraver le désir qu’a le natif de jouir de la vie par tous ses pores. S’il gagne facilement de l’argent, il le dépense encore plus facilement, pour le plaisir de dépenser. Il a besoin d’abondance et de richesse, de beaux objets, de bijoux, de fourrures, de luxueuses voitures. Cet être est, en général, extrêmement séduisant.

Saturne en Cancer

C’est la logique, le raisonnement, la rigueur froide et calculatrice de Saturne dans l’univers fantasque, imaginatif et sensuel du Cancer. Résultat : ou bien Saturne canalise la fantaisie du Cancer et lui donne du poids, de la mesure, de l’ambition et de la discipline, auquel cas le sujet perd beaucoup des caractéristiques lunaires (réactions imprévisibles, tempérament secret et changeant, parfois un peu versatile), ou bien Saturne broie le Cancer. A ce moment-là, il crée toutes sortes de frustrations dans les domaines régis par la Lune : la créativité est freinée, l’élan vital s’amenuise, l’affectivité n’est jamais comblée, la sensibilité reste à vif sans parvenir à s’épanouir dans une activité inventive et riche.

Uranus en Cancer

Le goût d’Uranus pour les bouleversements, les changements radicaux, les décisions rapides et irrévocables se trouve singulièrement étouffé par le Cancer. En effet, le Cancer est le signe des petits changements, des petites modifications, mais pas des hautes tensions familières à Uranus. D’où affaiblissement des valeurs proprement uraniennes dans ce signe : individualisme moyen, esprit de décision plus flou, activité créatrice moins volontaire et ambitieuse. La vitalité Uranienne devient un peu aquatique, c’est la foudre dans l’eau.

En revanche, le Cancer accentue la réceptivité d’Uranus, d’où une réelle générosité à l’égard d’autrui, la volonté d’emporter une certaine adhésion de son entourage.

Neptune en Cancer

La planète double son inspiration intuitive dans le Cancer, elle devient très fortement

sensible à toute vibration sensorielle. Elle capte les moindres ondes de son entourage et

plonge dans les eaux sans fond de la sensation, du délire artistique (musical, visuel, auditif)

avec un goût prononcé pour tout ce qui a trait à l’eau, à l’élément liquide.

Pluton en Cancer

Les forces souterraines et créatives de Pluton prennent de la sensibilité et de la fragilité cancériennes. Elles deviennent moins ambitieuses sans retirer d’invention, ni de profondeur. Mais le sujet risque de se sentir limité dans sa créativité par son respect des valeurs familiales, traditionnelles, parfois même conservatrices.

Comment interpréter les signes dans les Maisons

Le Cancer dans les Maisons

Cancer en Maison I

« Cette maison est un point de départ […] mais aussi d’arrivée. Elle peut représenter un retour éternel de phénomènes fondamentaux à répétition » (Lisa Morpurgo) 1. Elle indique traditionnellement le lieu où s’expriment les composantes de la personnalité – et non du caractère – avec leur possibilité d’évolution.

En I, le Cancer donne une tendance à l’introspection, à la fragilité psychologique, avec inquiétudes, peur d’autrui, curiosité pour l’irrationnel, l’inconnu, l’occulte.

Cancer en Maison II

En II, le Cancer donne un comportement de refus total ou partiel à l’égard des biens matériels. La carapace du crabe le protège, ici, de la dépendance « économique », de la recherche du confort, du « standing », etc. En revanche, il peut donner de l’imagination dans ce domaine, si bien qu’on verra des intérieurs ou des objets marqués par la fantaisie lunaire.

Cancer en Maison III

En III, le Cancer n’établit pas facilement de relations avec son entourage proche : frères et sœurs, camarades d’école, de lycée ou de faculté, et plus tard, voisins de palier ! Donne un blocage sur tout rapport facile et superficiel, sur les relations légères ou mondaines. Les informations par radio ou télévision sont honnies : on leur préfère la presse écrite.

Cancer en Maison IV

Le Cancer est ici dans ce qu’il est convenu d’appeler sa Maison. Celle de la famille, des enfants, du loyer, des bases à la fois parentales et filiales du sujet. C’est le lieu de sa personnalité intime, privée, et du lien très fort qui l’attache à ses origines. C’est une bonne maison pour le signe, il s’y sent à l’aise, en sécurité, protégé du monde extérieur. Le sujet éprouve un goût profond pour la vie et les réunions de famille, sans étrangers.

Cancer en Maison V

La Maison V étant la maison des plaisirs, des distractions, du trop-plein de vie, elle se limite en Cancer – qui n’est pas, rappelons-le, un signe de santé, ni de grande résistance physique – à des joies simples : mots croisés après le travail, ou jeux de société paisibles, ou petits travaux d’artisanat. La distraction sociale, les sorties du soir sont considérées la plupart du temps en Cancer comme superflues, voire ennuyeuses. En revanche, le sujet privilégiera la distraction personnelle, qui fait intervenir l’imagination.

Cancer en Maison VI

C’est la maison du quotidien, des petits travaux journaliers, des choses et des êtres qui dépendent du natif : la maison (pour la ranger, par exemple), le bureau, le lieu de travail (pour les affaires courantes, le classement, le fonctionnel et le routinier). On mesure, dans cette maison, la capacité. du natif à recommencer tous les jours les mêmes petites corvées, à s’occuper régulièrement des mêmes petites tâches. En Cancer, signe de fantaisie, de petits changements permanents (à l’inverse du Verseau qui bouleverse tout), cette maison VI est mal servie. Aucune discipline dans la hiérarchie des problèmes à régler, aucune méthode.

Cancer en Maison VII

La Maison VII représentant tout ce qui concerne les alliances et les associations, elle acquiert, en Cancer, des caractéristiques lunaires : sous-estimation de sa valeur propre, surestimation de la valeur des autres. Besoin d’être protégé, choyé, conforté, un peu comme un enfant, dans le mariage. Apporte, dans une association, un élément de création très fort, d’imagination et de renouvellement, mais participe de loin, sans vraiment se sentir impliqué (même s’il prend toujours ses responsabilités). Fondamentalement solitaire, intériorisé.

Cancer en Maison VIII

La Maison VIII étant celle de la mort (physique ou psychologique) et de la résurrection, elle a des affinités avec le Cancer : d’abord parce que le Cancer représente la fécondité, l’enfantement, donc la vie après la mort, ensuite parce que c’est un signe fort du point de vue de l’imagination créatrice.

D’où possibilité, pour la Maison VIII en Cancer, de recréer ou de reconstituer ce qui est

mort. Au premier degré, le sujet fait revivre en imagination un parent mort. Au deuxième

degré, il utilise, il recompose sa souffrance en créant.

Cancer en Maison IX

C’est la maison de la quête spirituelle, philosophique ou géographique. Les limites cancériennes éclatent, le signe se laisse attirer par les grands espaces que suggère la maison, les interrogations métaphysiques, métapsychiques, archéologiques ou ethnologiques.

Mais le Cancer, inhibé, fragile, qui doit toujours transporter sa coquille avec lui, peut freiner, surtout à partir de quarante-cinq ans, les grands voyages que propose le secteur IX : le nouveau, l’inconnu. Alors, les explorations se font en imagination, et l’invention cancérienne remplace son défaut d’énergie.

Cancer en Maison X

Cette maison, à laquelle est attribuée la vocation d’un individu, son expression professionnelle dans ce qu’elle peut avoir de rayonnant, de remarquable, de volontaire, cette maison, disais-je, n’est pas particulièrement à son aise en Cancer. Il existe une contradiction fondamentale entre la réserve timide et maladroite du signe et l’assurance, la confiance dynamique, l’autorité qu’appelle le secteur X.

En réalité, la contradiction est neutralisée si le sujet se réalise dans une profession nettement cancérienne où la création, l’invention, l’inattendu, l’étrange, le nouveau ont la meilleure part. Il faut éviter les carrières administratives, et d’une manière générale, toutes celles qui excluent l’interprétation subjective, les initiatives personnelles, les décisions individuelles et autonomes.

Cancer en Maison XI

Lisa Morpurgo attribue à cette maison une force toute particulière : « Elle est, en un certain sens, la section d’or du thème zodiacal. Elle indique la possibilité de parvenir à un examen objectif de soi-même et des circonstances, de s’adapter à ces dernières et au caractère d’autrui, en jugeant avec objectivité mais aussi indulgence, les besoins, les faiblesses, et les qualités des autres. […I La Maison XI est celle de la tolérance, des idées larges, d’une volonté accommodante et compréhensive. »

En Cancer, les idées larges s’évadent dans l’imaginaire – souvent aux dépens du réel -, l’amitié acquiert malgré tout quelque chose de passionnel, d’exclusif, d’enveloppant, mais le sujet s’adapte particulièrement bien au milieu social dans lequel il a choisi d’évoluer après une dure sélection intérieure.

Cancer en Maison XII

On l’appelle la maison du destin, de la fatalité. Je préfère dire que c’est la maison des événements sur lesquels la volonté humaine ne peut agir, « les grandes épreuves de la vie », comme le dit encore Lisa Morpurgo. C’est le lieu où le natif s’isole, prend de la distance pour se préparer à la mort. Le Cancer, en ce secteur, donne la faculté de s’abstraire totalement du réel, l’imaginaire empiète alors complètement sur la vie et si une planète lourde comme Saturne ne vient pas peser sur ce secteur, il donne une créativité inépuisable, un besoin de nier la fin des choses par une prolifération magique d’oeuvres d’art, une production ininterrompue dans la solitude et l’isolement.

La Lune Noire

La Lune Noire n’est pas une planète, c’est un point vide dans l’espace, le deuxième foyer de l’orbite lunaire.

En effet, la Lune ne décrit pas « un cercle rond » autour de la Terre, mais une ellipse allongée. Cette ellipse a donc deux foyers, ou centres, dont l’un est la Terre, et l’autre un point vide dans l’espace. C’est celui-ci que l’on appelle la Lune Noire.

Quelle importance peut-on lui accorder en astrologie ? L’unanimité ne s’est pas encore faite chez les astrologues. Certains pensent que la Lune Noire est inutile, que l’on peut très bien interpréter un thème correctement sans aller chercher ce point mystérieux, qui n’est même pas une planète. D’autres prétendent que la Lune Noire donne des indications tellement précieuses qu’il est impossible de s’en passer.

J’ai remarqué personnellement que l’étude de la Lune Noire suggère immédiatement, dans un thème, le problème de fond du natif. Bien entendu, ce problème est indiqué par ailleurs dans tout le reste du ciel natal, mais la Lune Noire met l’accent dessus avec une intensité frappante parfois. C’est une grande aide dans le travail d’analyse.

La Lune Noire est donc un vide, et un vide douloureux (puisque « la Nature a horreur du vide »). Elle symbolise une épreuve, une traversée du désert, à l’issue de laquelle le natif trouvera enfin sa voie.

L’adjectif « noire » fait mieux comprendre qu’il s’agit de forces souterraines, invisibles, à la racine même de l’être.

Les positions de la Lune Noire ne sont pas faciles à calculer, et les « tables » que l’on vend ne sont pas toujours fiables. On peut se référer au Dictionnaire astrologique d’Henri Gouchon (p. 375) qui donne une table de correction de la Lune Noire, d’après les élèves de Don Nèroman et Louis Milliat. Les erreurs ne sont jamais supérieures à cinq degrés. Pour les encadrements de la Lune Noire (voir plus loin) les erreurs ont moins d’importance : l’encadrement « fonctionne » quelle que soit la distance entre les planètes.

Lune Noire en Cancer

Elle indique un problème concernant les parents, une épreuve sur le foyer natal. Perte des parents (mort physique ou disparition, rupture traumatisante). Le natif ne pourra progresser dans la vie que lorsqu’il aura surmonté la perturbation d’origine concernant le ou les parents perdus.

Bien regarder dans le thème l’état du Soleil et de Saturne (significateurs du père) et de la Lune (significatrice de la mère). La Lune Noire conjointe à l’un de ces luminaires indique souvent la perte de l’un des parents, ayant déterminé chez le natif un sentiment de frustration profond. Si le parent est mort, le natif peut récupérer sa sérénité en entrant en contact avec lui (par la prière et l’affection).

Lune Noire en Maison IV

Dans cette Maison, analogique du Cancer, la Lune Noire peut être interprétée comme ci- dessus, selon les aspects (problème grave au niveau des parents). Ou encore : le natif est doué d’un magnétisme certain, qui joue sur le groupe dans lequel il vit ou travaille – et dont il doit se méfier. Rejet du natif par ses parents (ou l’inverse). Refus de fonder un foyer à soi…

Lune Noire en aspect à la Lune

Les bons aspects indiquent que le natif trouvera une collectivité qui lui permettra de mûrir (la Lune étant symbole de la foule). Les mauvais aspects indiquent que cette collectivité peut être dangereuse pour lui.

Cependant, l’interprétation ne doit pas perdre de vue que la Lune est d’abord symbole de la mère (et aussi de la femme s’il s’agit d’un natif masculin). Tout aspect de la Lune avec la Lune Noire donne donc une indication sur les relations du sujet avec sa mère (ou sa femme) mère castratrice, rejet de celle-ci, refus d’une identification à sa mère (pour une fille), etc. Selon Joëlle de Gravelaine, « Un carré à la Lune peut représenter une imagination morbide. On trouve fréquemment de mauvais aspects (avec les luminaires) chez les assassins… ».

La Lune Noire mal aspectée peut être un indice d’homosexualité masculine ou de frigidité féminine.

Les encadrements de la Lune Noire, en relation avec la Lune

La Lune Noire entre Soleil et Lune : obstacle à l’unité du couple, adultère ou problème secret entre un homme et une femme.

Lune Noire entre Lune et Mercure : d’après Hadès, « facteur de trouble dans la vie imaginative », « souvent la vérité est difficile à démêler de la fiction… Sévères conditions familiales dans l’enfance ou l’adolescence. Possibilité de véhiculer dans son entourage ou dans le public une vision particulière et dramatique de l’existence, ainsi que dans les écrits ».

Lune Noire entre Lune et Vénus : Névrose, obsession, complexe sexuel. « Fréquent dans les thèmes d’artistes chez qui l’oeuvre revêt des tonalités noires ».

La Lune Noire entre Lune et Mars : « Divorce entre l’inconscient (Lune), et la réalité quotidienne, l’être étant déchiré entre ses instincts et ses possibilités actives ».

La Lune Noire entre Lune et Jupiter : « Inconscient fécond ; position de conflits familiaux ou communautaires, liquidés de façon facile. Peut marquer un don, une prédisposition héréditaire particulière. Tendance à trouver une vérité enfouie dans l’inconscient ».

La Lune Noire entre Lune et Saturne : Conflit avec les parents, le natif se rebelle contre eux et choisit une autre voie. Frigidité. Cet encadrement amènerait des échecs sociaux, inconsciemment provoqués par le natif.

La Lune Noire entre Lune et Uranus : Divorce, éclatement du foyer familial. Quel que soit le groupe dans lequel vit le natif, il ne peut s’empêcher de provoquer des drames. Il vit souvent à contre-courant des idées reçues et des mœurs ambiantes.

La Lune Noire entre Lune et Neptune : Mysticisme et idéal militant. Fuite de la mère ou de la femme hors du foyer, ou disparition de celle-ci dans des conditions plus ou moins mystérieuses. Risque de maladie chronique difficile à diagnostiquer avec précision. Le natif a tendance à s’évader (en bateau, ou par le boisson, la drogue, etc.).

La Lune Noire entre Lune et Pluton : Mort de la famille, problèmes sexuels avec la femme (pour un natif), dérivant d’un problème avec la mère. Grand magnétisme.

Le Signe du Cancer

22 Juin – 22 Juillet

par

Sara Sand

La Symbolique du Signe

Le jour le plus long

Le 22 juin, le Soleil entre glorieusement dans l’été, illuminant de toute sa tendresse le signe du Cancer. C’est le solstice de juin, le jour le plus long de l’année ; le Soleil ne se couche qu’à regret, pour une courte nuit, pressé qu’il est de réapparaître à l’aurore. Dans les pays nordiques, il réussit même à ne pas se coucher du tout, et ce sont les fantastiques « nuits blanches » de l’été boréal.

Le 24 juin, on allume les feux de la Saint-Jean autour desquels danseront toute la nuit les amoureux.

Le Cancer n’est plus aujourd’hui dans le Cancer : la constellation ainsi nommée n’est plus dans la section zodiacale que traverse le Soleil entre le 22 juin et le 22 juillet. Au temps des Romains, le signe et la constellation coïncidaient. Mais Rome n’est plus dans Rome ! Aussi pardonnera-t-on au Cancer d’avoir quelque peu gambadé hors de son casier natal !

Ce glissement des constellations, dû à la précession des équinoxes, ne change rien à la valeur de l’astrologie. Car les Anciens, plus intelligents qu’on ne le croit, avaient lié le signe à une époque de l’année et à un animal : ainsi, la disparition de la constellation hors du champ zodiacal, à cette période, ne gêne personne.

Le symbolisme du signe reste donc toujours exact, comme l’est sa place dans le déroulement des saisons. Le Cancer est lié à une certaine qualité de la lumière, à la fraîcheur du début de l’été, à l’épanouissement des fleurs, à la saison des amours… Plus qu’une constellation, c’est un moment des rythmes cosmiques annuels. Le Soleil du Cancer n’est pas encore le feu ardent et écrasant qui brûlera la Terre au mois d’août. Ce n’est pas encore la canicule du Lion : c’est la promesse de l’aube, la joie du premier être créé dans le jardin d’Eden, l’innocence de la première aurore…

Tendre est la nuit

Rien n’est simpliste, en astrologie : le Cancer, qui débute avec le solstice d’été, n’en est pas moins un signe de nuit !

La nuit, il se passe des choses… des choses qu’on ne s’explique plus très bien au grand jour. La nuit, c’est le territoire des sorcières, des farfadets et des fantômes. Le monde invisible reprend ses droits. La nuit est le domaine de la Lune, du rêve, de l’irrationnel. Le Cancer y barbote avec délices ! Avez-vous remarqué comme les Cancériens détestent se coucher tôt ? Ils sont comme les enfants, qui ne veulent jamais aller au lit parce qu’ils ont le sentiment que c’est justement après le dîner que ça devient intéressant…

Sur le cercle du Zodiaque, le Cancer est analogique de la Maison IV : celle-ci, sous la ligne d’horizon AscendantDescendant, et sur le Fond-du-Ciel, est au cœur de la nuit. « A minuit, y a les voleurs, à minuit, y a les souris », chantaient les comptines d’autrefois.

Le Cancer vit à l’ombre, au fond de notre ciel. Animal secret, il se cache sous un rocher, dans le noir, au creux d’un trou. Il fréquente l’ombre océanique des fonds sous-marins, et fuit le grand soleil qui le déshydrate !

La Maison IV et le Cancer symbolisent le foyer et la vie domestique. Celle-ci se vit discrètement entre les murs d’une maison, par opposition à la vie publique, laquelle se vit au grand jour. Opposée à la Maison IV est la Maison X, celle des honneurs, de la carrière, de la réussite professionnelle en pleine lumière, qui est l’affaire du Capricorne (ce grand ambitieux qui ne sera content que lorsqu’il sera Mao, Staline ou Adenauer !). Bien entendu, les valeurs opposées sur la ligne du Zodiaque se mêlent et s’échangent : le Capricorne, signe d’hiver – et d’ambition -, veut réussir mais s’y emploie secrètement. Le Cancer, signe d’été – et d’ambition -, veut également réussir et que sa valeur soit reconnue au grand jour.

Les valeurs cancériennes attachées à la Maison IV ont toutes un rapport avec la nuit, l’ombre et le secret : elles renseignent sur la résidence du natif ou celle de ses parents, les héritages et les biens de famille, la vie familiale, la sépulture, la fin de la vie… Le mot clé du Cancer est : « intimité ».

Le premier-né des signes d’eau

La trilogie des signes d’eau commence avec le Cancer : la fécondation de l’oeuf ne peut se faire que dans un milieu humide. L’eau du Cancer est l’Eau-Mère, le liquide amniotique, l’eau originelle d’où est venue toute vie.

« Au commencement, dit la Genèse, la Terre était vague et vide… et l’esprit de Dieu planait sur les eaux »… C’est clair : toute vie a commencé dans l’eau !

Ensuite, au stade du Scorpion, l’être est un mutant : il doit se transformer, passer par les portes de la mort pour aller vers la plénitude de son destin. Pour terminer le cycle, à la troisième et dernière étape, celle des Poissons, l’être enfin accompli est capable d’atteindre l’amour absolu en se donnant totalement.

L’eau du Cancer, c’est la lagune, le rivage hospitalier, tandis que l’eau du Scorpion est le marais, et l’eau des Poissons, le vaste océan. Ces différents domaines ont varié suivant les époques et les pays : certaines traditions ont attribué la mer au Cancer et les rivières aux Poissons. Ceux-ci étant doubles, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’ils aient deux territoires (car ces pauvres chéris ont besoin de place !). Cependant, le crabe est parfaitement adapté au littoral : il peut respirer hors de l’eau, il est amphibie. Certaines espèces tropicales s’enfouissent même dans la Terre pour y retrouver de l’humidité. Le crabe me paraît donc très bien établi sur la lagune et la côte, dans les eaux adoucies par la présence des rivières, eaux bercées par la Lune des marées et grouillantes de vie. Les vivants ont besoin de lumière, c’est pourquoi la plus importante partie de la faune marine habite dans les cent premiers mètres au-dessus de la surface de la mer, souvent près du rivage. Les très grands fonds obscurs sont quasi déserts… L’océanographie donne raison à la tradition astrologique : le Cancer a besoin de l’ombre des rivages, mais il aime aussi la lumière… En résumé :.

  • Le Cancer est l’Eau génératrice de vie.
  • Le Scorpion est l’Eau purificatrice de la mort.
  • Les Poissons sont l’Eau mystique de la survie.

Intense est la vie émotionnelle des signes d’eau. L’eau symbole de fertilité et de tendresse, fluide et mobile, reçoit toutes les ondes qui la traversent. Les Cancers ont un sonar intérieur, sous leur carapace, qui leur permet de capter les échos les plus lointains.

Ils portent en eux des rêves infinis qui viennent d’autres mondes, ils ne sont pas encore tout à fait incarnés sur cette terre ; ils entretiennent encore des conversations avec les êtres éthérés qui peuplent l’astral.

L’eau du Cancer n’est pas sans analogie avec celle du baptême, par laquelle, selon la tradition chrétienne, l’enfant naît à la vie spirituelle. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’on fête Jean-Baptiste justement le 24 juin !

Le Cancer, signe fertile

Si le Bélier est le signe de la naissance, de l’éclatement des bourgeons au début de l’année (zodiacale), le Cancer, lui, se place neuf mois auparavant : bébé Bélier a été conçu fin juin de l’année précédente ! Aussi le Cancer est-il le signe de la fécondation.

Dans le sens Bélier Taureau Gémeaux -> Cancer, la progression se fait ainsi :

  • le Bélier est le principe masculin,
  • le Taureau, le principe féminin,
  • les Gémeaux, l’union des deux, mâle et femelle,
  • le Cancer, le commencement d’un nouvel être, à l’instant où le spermatozoïde féconde l’oeuf (ou l’ovule) femelle.

Cher petit Cancer, tendre et secret, comme votre symbole vous ressemble : voyez ce dessin

Deux foetus dormant face à face dans le sein de leur mère. Ou encore deux coquillages roses et dorés étroitement enlacés. Ce joli hiéroglyphe suggère un monde clos, abrité, tranquille, un jardin secret où travaille mystérieusement l’alchimie de la vie.

Comme le dit Marcelle Sénard : « L’hiéroglyphe du Cancer est bien l’image du processus de gestation préparant la naissance, celle de la vie dans l’oeuf : deux éléments- germes qu’on peut supposer de polarité opposée, tournant l’un autour de l’autre, s’attirent et finissent par s’absorber pour engendrer les organes de plus en plus différenciés d’un individu. Ces deux germes peuvent se comparer aux principes séminaux, spermatozoïde et ovule, aux rudiments d’une nébuleuse, d’un atome, d’une cellule vivante, ou enfin aux éléments matière-esprit de l’âme humaine. Il s’agit toujours de deux centres primordiaux d’énergie tourbillonnaire qui, par leur action électromagnétique réciproque, s’attirent, s’unissent, se différencient, se multiplient, et finissent par élaborer une entité complète. »

On ne saurait mieux dire !

Dans l’interprétation astrologique d’un thème, la tradition considère que le Cancer sur la Maison V est un indice de fécondité, éventuellement propice aux familles nombreuses (s’il est bien habité, naturellement !).

Le crabe n’est pas seulement fertile en astrologie : l’animal vivant est d’une ahurissante fécondité : il produit des millions d’oeufs qui éclosent sous forme de larves microscopiques dans le vaste océan. Très peu d’entre elles deviendront un jour des crabes à part entière. Du gâchis. Mais la méthode semble avoir une redoutable efficacité, puisque les crabes ont colonisé toutes les mers depuis le Jurassique (où ils étaient relativement peu nombreux).

Aujourd’hui encore, les pêcheurs du littoral ne savent plus comment lutter contre l’invasion du crabe chinois !

Le symbolisme de l’animal : les secrets du tourteau…

Peu importe que certaines étoiles fixes aient flippé hors de leur signe… L’intuition de

génie, c’est d’avoir identifié le Cancer-signe à l’animal-Crabe. A travers les siècles, tous les

natifs du Cancer continuent à se comporter comme l’animal. Cancers, si vous saviez…

Mais voyez plutôt :

Le Crabe est un fossile

Les ancêtres du crabe existaient déjà à l’ère primaire : les premiers crustacés font leur apparition au Cambrien (ce sont, à vrai dire, des « pseudo-crustacés »), il y a de cela cinq cents millions d’années. L’écrevisse, cousine germaine de notre crabe, barbotait voici cent cinquante millions d’années dans les lagunes du Jurassique, quelque part entre la butte Montmartre et la montagne Sainte-Geneviève, et le crabe, tel que nous le connaissons, est apparu peu après.

Ne vous étonnez donc pas qu’il ait une telle mémoire, qu’il adore l’histoire, la généalogie, les vieilles traditions. Nous autres, animaux des signes d’eau, avons assisté en spectateurs émerveillés aux premiers jours du monde, dans les Eaux-Mères de la Téthys, l’océan primordial. Aussi, pour nous, le temps ne compte-t-il pas : nous n’oublions jamais rien, et le passé continue à vivre intact à l’intérieur de nous-mêmes. Nous sommes de jeunes vieillards, ou d’éternels nouveau-nés…

Mais poursuivons en détail le portrait du crabe animal qui symbolise si bien son frère du Zodiaque.

La carapace

C’est la peur d’affronter la dure réalité. Foetus en cours de gestation, petit Cancer se sait vulnérable : il n’est pas mûr pour courir le vaste monde. il se terre sous son trou de roche en attendant d’être grand !

Les pattes

Quatre paires en général, plus les pinces (c’est pour cela que les crabes sont baptisés « décapodes »). Mais avouez que la quantité ne remplace pas la qualité ! Le Crabe ne galope pas bien loin, le pauvre, et son énorme carapace doit lui peser mille tonnes. Vous comprendrez maintenant la passivité et l’immobilité du crustacé zodiacal, son attachement fidèle à sa grotte natale tapissée d’anémones de mer et d’éponges… Le crabe marche en biais, il n’attaque pas de front, voilà pourquoi Mars est en chute dans le signe. Notre Cancer déteste attaquer, il préfère contourner l’obstacle, et il n’agit qu’à l’intérieur de son territoire.

Les pinces

Par contre, quand un bigorneau étourdi vous tombe sous la pince, aïe ! Vous lui faites sa fête, n’est-ce pas, mon crabe ? Ce que vous saisissez, vous ne le lâchez jamais. La persévérance des crustacés est, depuis des millénaires, un sujet de conversation au fond des lagunes…

Les antennes

Oui, mon crabe, vous devinez tout ! Vos antennes symbolisent votre fine intuition et vos dons de médium.

Enfin, vous avez toujours eu une vie bien réglée : au rythme des marées. L’onde lunaire amène le flot et ramène le jusant, et les crabes attendent que ça passe. Ils sortent à marée haute et dorment à marée basse, quand leur trou est à sec. Comprenez, bonnes gens, que votre crabe préféré est entièrement soumis à l’influence de la Lune, c’est ce qui explique son comportement un peu bizarre parfois. Laissez-le vivre à sa fantaisie…

Enfin, ce crabe, il est tout ce qu’il y a de comestible : la chair est tendre et fine sous sa carapace. Quelle sensibilité ! il est habillé de beauté : les demoiselles (ou étrilles) sont bicolores, bleues et orange, chatironnées de noir, avec des cils sur les pattes. Les tourteaux ont d’exquises nuances roses et brunes, et que dire des crabes verts, des crabes-gants, des crabes violonistes, des crabes chinois ?

Infiniment sensitive, tendre, artiste, telle est notre bête-totem, au fond sans défense. Voilà pourquoi elle se retrouve un jour dans nos marmites… Le Cancer est habituellement représenté par un crabe, mais aussi, parfois, par une écrevisse et, dans l’antique Zodiaque égyptien, par un scarabée. (On reste, de toute façon, dans les bêtes à carapace!)

L’oeuf du Cancer

L’idéogramme du signe 9 comme l’explique Marcelle Sénard (ci-dessus) suggère un espace clos, un lieu intérieur où germe la vie : un oeuf ! Objet fragile, infiniment précieux, qui a besoin de chaleur maternelle et de protection pour mener à bien sa métamorphose… Tel est aussi notre Cancer.

Cependant, l’ambivalence fondamentale d’un tel symbole n’a pas échappé à certains : si l’oeuf est le berceau de la vie, il est aussi, dans la tradition alchimiste, une prison hermétiquement fermée, puisque les éléments contenus à l’intérieur ne peuvent en sortir, sinon par une mutation profonde. L’oeuf peut pourrir… Il est essentiellement dépendant, il a besoin d’une source d’énergie extérieure pour évoluer. (C’est ainsi que je m’explique l’attirance des Cancers pour les Lions, les Béliers, les Capricornes, et surtout les Scorpions : le feu martien est cette énergie dont ils ont besoin… au risque de s’y brûler !).

Cette énergie extérieure, chaleur indispensable, provoque à l’intérieur de l’oeuf des

réactions chimiques d’une extrême intensité. Ainsi, l’oeuf est à la fois passif extérieurement et actif intérieurement. L’espace clos entre les pinces de l’idéogramme est le creuset des alchimistes, le cercle magique à l’intérieur duquel naît une nouvelle matière. Un grand mystère…

Étymologie du mot Cancer

En latin, cancer signifie écrevisse, que l’on nomme en grec karkinos. Ces vocables sont proches du sanscrit karkatah qui désigne la cuirasse (mais aussi l’écrevisse).

Le signe du Cancer est karkatakam en sanscrit, qui est également le nom du serpent, symbole de ce qui est caché, de « l’obscurité indispensable à la gestation » (M. Sénard, op. cit.), symbole de mort et de vie éternelle.

Nombreuses sont les correspondances que l’on retrouve dans d’autres cultures : par exemple, selon M. Sénard, « la quatrième lettre de l’alphabet runique est os, qui signifie sein maternel, ou bouche. En allemand, la bouche se dit mund, et la Lune, mond…

Comment ne pas penser au « stade oral » des psychanalystes, stade du nourrisson où les

échanges avec le monde extérieur se font surtout par la bouche ?

Signe féminin et signe négatif

Pour être franche, cela m’ennuie que les signes féminins soient dits par la tradition « négatifs ». Cet adjectif n’est pas sympathique, il évoque une vieille misogynie émergeant du fond de la poussière des siècles. Que le Cancer soit un signe féminin ne pose pas de problème, c’est dans sa logique même : signe d’eau, signe de vie, signe lunaire, tout cela est bien dans le génie féminin.

Mais « signe négatif » ? La tradition entend par là indiquer une certaine passivité attribuée à l’élément féminin : de fait, au moment de la conception, l’ovule est passif et le spermatozoïde actif.

Le Cancer est donc un signe récepteur, sensible aux influences. Il emmagasine ses impressions, il reçoit, il accueille. Les valeurs d’accueil sont bien celles dont nous manquons aujourd’hui, dans une civilisation occidentale qui a privilégié jusqu’ici l’agressivité masculine. (Le jeune loup cadre supérieur, « young executive » aux dents longues, est-il vraiment le seul modèle masculin que nous puissions imaginer ?). Il faudrait réhabiliter les valeurs féminines « négatives », éliminer le préjugé défavorable qui s’y rattache, et repenser le monde dans l’optique chinoise : sur la roue du Tao, alternent les deux symboles antagonistes et complémentaires, le yang, énergie masculine « positive », et le yin, énergie féminine « négative ». Aucune des deux n’a la supériorité sur l’autre, aucune des deux ne peut se passer de l’autre. Et Dieu lui-même est yang et yin à la fois.

Dans la symbolique chinoise, le yang culmine au solstice d’été tandis que le yin culmine au solstice d’hiver : le pôle masculin est lumière, et le pôle féminin, ombre. Le Cancer est yin, puisque c’est un signe nocturne, signe d’eau, signe d’ombre, signe féminin ; mais il porte en lui un élément yang, puisqu’il correspond au solstice d’été. On ne peut pas ne pas évoquer la théorie de Jung, selon laquelle nous sommes tous animus et anima, chacun de nous portant en lui les deux principes mâle et femelle, aucun de nous n’étant exclusivement tout l’un ou tout l’autre. Le Cancer est anima, mais son subconscient est animus. Il est d’abord sous la maîtrise de la Lune, féminine, mais Jupiter, astre masculin, est chez lui en exaltation.

Pour en revenir à notre Cancer, signe féminin et négatif, la tradition lui a donc attribué un lot de défauts et de qualités : inertie, obstination, apathie, indolence, crainte, inactivité (nous avons vu que c’était une inactivité « extérieure » seulement). Mais aussi : magnétisme, bonté, intuition, prescience des lois secrètes de la vie. Le Cancer sait des choses que les autres ignorent. Le Cancer a la sagesse des vieux et la lucidité des jeunes. « Ces choses sont cachées aux savants et aux puissants, mais sont révélées aux petits ! »

Petit Cancer, sourcier du Zodiaque, vous serrez entre vos pinces la clé des songes. Mais n’est-ce pas vous aussi qui avez ramassé au fond de la mer la clé perdue de la ville d’Ys ?

La pourpre cardinalice

Oui, le tourteau est cardinal. Vous avez vu sa cappa magna du plus beau rouge ?

Un signe cardinal est un signe-charnière (du latin cardo : gond ou pivot), un signe qui ferme une saison pour en ouvrir une autre. Quelles sont les caractéristiques des signes cardinaux ? Mouvement, activité, énergie, action rapide, ambition, impatience, changement brusque de buts, anxiété, désir d’attirer l’attention du public. Ces traits de caractère considérés comme masculins, correspondant en tout cas à l’énergie yang, sont tout à fait opposés à ceux des signes féminins ou négatifs décrits plus haut.

Comment peut-on être à la fois passif et actif, inerte et porté à l’action rapide ?

Et l’on voit ici combien la tradition astrologique est intelligente, comme l’inconscient collectif des peuples anciens a su traduire la réalité de la vie, complexe, contradictoire, ondoyante et diverse.

Si le Cancer est sous une dominante lunaire féminine, la notion de signe cardinal vient nous rappeler qu’il ne faudrait pas pour autant occulter la composante masculine du signe. Elle est symbolisée par Jupiter, roi des dieux et personnage tellement masculin qu’il en est presque caricatural dans la mythologie, avec ses colères théâtrales, sa vanité, son activité, son donjuanisme olympien. L’énergie du signe cardinal jupitérien se manifeste assez visiblement chez certains Cancers dont l’activité et l’ambition débordantes justifieraient la pourpre cardinalice… Voyez Mazarin : un modèle du genre !

Signe muet, signe de faible constitution, signe de difformité

La tradition classe notre petit décapode dans les « Signes muets ». Ce n’est pas sans raison : le Cancer n’est bavard qu’à ses heures, seulement quand il trouve une oreille accueillante (Scorpionne ou Poissonne de préférence). Sinon, il passe beaucoup de temps « dans la Lune« , à rêver le nez en l’air, à faire des bulles (offrez-lui des bandes dessinées…).

Il aurait tant de choses à dire ! Mais il ne peut en extérioriser qu’une faible partie : les langues humaines sont si pauvres en mots pour traduire les intuitions, les rêves, la vision des autres mondes auxquels accède le Cancer. S’il s’exprime, c’est dans la meilleure tradition des icebergs : le volume émergé n’est guère qu’un dixième du volume total. Il ne peut d’ailleurs émerger sans risquer de fondre…

« Signe de faible constitution » : c’est le cas aussi des deux autres signes d’Eau. Notre Cancer est facilement geignard et dolent. Cela agace les signes de Feu. Il est si émotif que la moindre angoisse ou contrariété se matérialise en maladie diffuse, impossible parfois à diagnostiquer avec précision (souvent dans la région ‘de l’estomac). Mais si Jupiter est puissant chez un individu, l’optimisme qu’il lui prête contribue à le faire vivre finalement aussi bien qu’un autre… en lui permettant de surmonter les dépressions nerveuses qui sont souvent le lot des signes d’Eau.

« Signe de difformité » : les Anciens assuraient que les signes « à visage humain » (Gémeaux, Vierge, Sagittaire, Verseau) prêtaient au natif des traits réguliers ; c’étaient, avec la Balance, des « signes de beauté ». Le pauvre Cancer, lui, était carrément classé dans les « signes de difformité », autant dire dans les signes de laideur !

Certes, le Jupitérien a tendance à être gros et rougeaud, et le Lunarien trop arrondi pour les canons esthétiques de notre siècle. Cependant le Cancer porte toujours en lui quelque chose de l’enfance, qui lui donne du charme.

La Mythologie du signe

En Egypte

Sur le Zodiaque égyptien connu sous le nom de « Zodiaque du second Hermès » et étudié par le père Kircher au XVIIe siècle, le Cancer est occupé par Hermanubis-Thot, divinité à tête d’Ibis, que les Grecs ont appelé Hermès.

Thot est un dieu lunaire, auquel est attribué le calendrier, avec la division du temps en jours, mois, saisons ; il est le dieu des nombres, celui de la science, et c’est lui qui aurait inventé l’écriture. Dans cet antique Zodiaque égyptien, Thot est accompagné par le crocodile « dont le nom en sanskrit, makara, est celui du signe du Capricorne, complémentaire du Cancer« .

« Dans le Zodiaque représentant les constellations australes (toujours d’après le même père Kircher) Thot est représenté dans le Cancer par sa tête d’Ibis, mais c’est le dieu Anubis à tête de chacal qui occupe la place principale. Il tient une lance avec laquelle il transperce un chien qui représente sans doute Seth, le principe des ténèbres. Or Anubis était l’ensevelisseur d’Osiris, le Soleil mort, (…) qui devait renaître sous le nom d’Horus. Osiris était non seulement le Soleil disparu, mais chaque homme qui doit retourner en la sombre demeure d’Anubis pour recouvrer les forces nécessaires à une vie ultérieure (…) Anubis symbolise donc l’énergie de conservation de la vie (…) antérieure à une nouvelle période de manifestation. (C’est) la vie cachée, la gestation préparatoire à la naissance, ou à la renaissance.

« Enfin, dans le Zodiaque des constellations boréales selon Kircher, c’est Horus (…) à tête d’épervier, le Soleil renaissant, qui occupe le Cancer, avec Osiris, le Soleil mort (…). Horus à tête d’épervier est le dieu vengeur de son père Osiris tué par Seth, dieu des ténèbres qu’il chasse et détruit ; comme tel, il est le dieu de la lumière renaissante, et est représenté sous la figure d’un enfanta. »

Que le lecteur me pardonne cette longue citation de Marcelle Sénard, avec cette histoire un peu embrouillée. Elle permet, malgré la complexité des personnages, de comprendre quelle idée les Egyptiens se faisaient du signe du Cancer. Ils voyaient la vie comme une trajectoire vers l’éternité, rythmée par une série d’étapes successives où la mort n’était qu’un passage entre deux vies, et toute naissance, en fait, une re-naissance. Pour les Egyptiens, tout vivant parcourt un cycle à deux temps : vie, mort, renaissance, mort, etc. Le Cancer était déjà, il y a des millénaires, la nuit qui prépare le lever du jour, l’obscure gestation qui précède la vie.

Conception un peu différente de la nôtre, puisque, dans notre tradition occidentale, l’idée de la réincarnation n’est pas explicite. Aussi avons-nous l’habitude de penser qu’une naissance se produit à partir du néant.

Dans la tradition égyptienne, le Cancer est plus un re-commencement qu’un commencement, et la génération spontanée n’existe pas.

D’autre part, sur les bords du Nil, l’énergie cancérienne a souvent été représentée par le scarabée. « Dans le Zodiaque de Dendérah, l’animal représentatif du Cancer n’est pas le crabe ou l’écrevisse, mais le scarabée, vénéré en Egypte (…) et assimilé au Soleil levant’. »

Dans la tradition astrologique hindoue

Le quatrième signe symbolise les quatre états de Brâhma le Créateur. Il est :

  1. Le seigneur suprême : Ishwara, et le bienfaisant Sadashiva.
  2. La causalité suprême : Prajnâ ou Maheswara.
  3. Celui qui est la vraie réalité au milieu de la diversité de l’univers : Brâhma.
  4. Celui qui illumine et fait vivre toutes choses : Vishnou.

Le quatrième signe symbolise encore les quatre états par lesquels passe la conscience, ainsi que les étapes de la Création : connaissance directe et sensorielle, état de réceptivité précédant les phénomènes de perception (ou conscience de veille), perception extra- sensorielle, et enfin l’objet même de la perception.

La constellation dans la tradition gréco-arabe

Le Cancer, représenté dans l’Antiquité par ‘une écrevisse ou un crabe, est une constellation boréale qui comprend 83 étoiles, assez petites. La plus brillante, aujourd’hui dans le signe du Lion, est Acubens, dans laquelle les Arabes voyaient les pinces du Crabe, lieu secret où l’on peut se cacher, où l’on est protégé (El Zubanah : les pinces).

Au centre de la constellation, se trouve un amas d’étoiles appelé la « crèche » (Proesoepe), ou la « Ruche », parce que, selon la tradition antique, les âmes progressaient sous forme d’abeilles sur la Voie lactée pour arriver au « portail » du Cancer (toujours cette idée, attachée au signe, d’entrée dans une nouvelle vie). La constellation du Cancer est encore appelée, en latin, Ardens : la borne de la course du ciel.

Dans cette constellation (mais actuellement dans le Lion), se trouvent aussi les Anons : Anon nord – ou boréal – et Anon sud – ou austral (qui, d’ailleurs, est réputé être une ânesse !). Quant à l’amas Proesoepe, il s’appelle en arabe Al-Malaf : le sac à avoine que l’on suspend au cou des chevaux et des ânes… Cette histoire de crèche et d’âne ne vous dit rien ?

Pour les chrétiens, c’est Noël. La Nativité, c’est-à-dire la naissance du Christ. Étrange coincidence des vieux mythes autour de la Méditerranée.

Hercule/Héraclès et l’Hydre de Lerne

Vous pouvez toujours dire à vos amis Cancer que le mythe d’Hercule a quelque chose à voir avec leur signe : cela leur fera plaisir ! Hercule a une assez bonne réputation depuis l’Antiquité, c’était le Superman des Grecs...

On sait qu’Hercule (en grec, Héraclès) dut, pour réparer les crimes qu’il avait commis dans un instant de folie, accomplir douze travaux au service d’Eurysthée, roi d’Argos.

Le deuxième de ces travaux, la victoire sur l’hydre de Lerne, fait intervenir un crabe très cancérien… Voici l’histoire.

L’Hydre était une sale bête, une espèce de pieuvre à corps de chien, de forme in- définissable – certains disent qu’elle avait sept têtes, d’autres cinquante, ou même cent… Quoi qu’il en soit, cette horreur habitait au fond d’un marécage dans le lac de Lerne, « lieu-dit » situé en Grèce dans la province d’Argolide, près de la mer. L’endroit, sinistre à souhait, était, croyait-on, une entrée des Enfers. (Notez bien l’élément souterrain qui se rattache toujours aux mythes cancériens : le Cancer est signe de nuit et de secret !

Notez aussi que l’hydre, comme l’indique son nom en grec, est une bête aquatique et amphibie, comme notre cher vieux crabe !).

Selon la tradition antique, le lac de Lerne était sans fond. L’empereur Néron, qui fit procéder à des sondages, ne réussit pas plus que ses prédécesseurs à atteindre le fond.

D’innombrables voyageurs imprudents s’enlisaient dans les marais autour du lac, dont les chenaux mouvants se modifiaient à chaque crue des rivières souterraines.

Bref, dans cet endroit maléfique, le monstre à têtes multiples attirait ses victimes en provoquant des mirages. Ainsi, les troupeaux de bovins croyaient-ils apercevoir au loin de verts pâturages, genre irlandais ; humant déjà l’herbe savoureuse, les pauvres bêtes se précipitaient dans le marais où elles s’enlisaient alors dans la vase putride. Les voyageurs – ou les boeufs – qui échappaient aux vases mouvantes n’avaient aucune chance de sur- vivre, car ils étaient bientôt asphyxiés par les vapeurs pestilentielles émanant du marais… l’haleine empoisonnée de la bête !

Héraclès, pressenti pour délivrer la Grèce de cet hôte indésirable, arriva à Lerne devant le repaire de l’hydre, accompagné de son neveu Iolaos. Pour obliger le monstre à sortir, il lui lança des flèches enflammées – en respirant le moins possible pour ne pas être asphyxié ! La pieuvre géante sortit et enroula ses tentacules autour des jambes du héros pour l’immobiliser. Héraclès frappait, frappait, avec sa célèbre massue en bois d’olivier, pourtant magique… mais chaque fois qu’il avait réussi à écraser une tête, elle repoussait immédiate- ment ! C’était désespérant…

Puis la situation s’aggrava : un crabe géant sortit du marécage pour attaquer le héros, qu’il mordit méchamment au pied. Héraclès, rendu furieux par la douleur, sentit ses forces décupler sous l’effet de la colère : il écrasa vigoureusement le crabe, puis appela Iolaos à la rescousse. Celui-ci alluma un incendie dans le bois de Lerne, qui borde le lac. En effet, pour éviter que les têtes de l’hydre ne repoussent aussitôt, il fallait brûler la chair à l’endroit où elles avaient été coupées. C’est ce que fit Iolaos avec des branches enflammées.

Ensuite Héraclès s’arma d’une faucille d’or (en forme de croissant, symbole lunaire !) et décapita la tête centrale de l’hydre (laquelle était, dit-on, en partie du même métal).

Il enterra cette tête encore vivante, secouée d’épouvantables soubresauts et sifflant toujours, sous un amas de rochers près de Lerne. Il préleva la poche à venin dans les entrailles de l’hydre et y trempa la. pointe de ses flèches : ainsi « curarisées », elles devenaient mortelles à la moindre égratignure 1.

Héra, c’est-à-dire Junon, femme de Jupiter, qui détestait Héraclès et avait provoqué l’apparition du crabe, voulut récompenser cet allié malheureux : elle le transforma en constellation pour l’éternité, en lui assignant une place parmi les douze signes du Zodiaque. Quant à Eurysthée, il estima qu’Hercule n’avait pas vraiment fait son travail, puisqu’il n’aurait jamais réussi sans l’aide d’Iolaos.

Ce mythe, très intéressant à étudier, appelle plusieurs commentaires. Il y a d’abord une menace de l’invasion des eaux : selon certains auteurs antiques, l’hydre aurait été la source de rivières souterraines dont le débordement inondait dramatiquement la région, noyant gens et troupeaux. Voilà pourquoi Héraclès devait assécher le terrain par le feu et drainer (ou obstruer) les canaux, probablement symbolisés par les tentacules de la pieuvre. Certains historiens pensent que les sept têtes de l’hydre correspondent aux sept chenaux de l’embouchure du fleuve Amymoné, qui se jette dans la mer près de Lerne.

Quoi qu’il en soit, nous pataugeons ici dans un monde amphibie, dans les eaux grouillantes de vie qui précèdent la naissance du monde. Mais la naissance ne peut se faire qu’au prix d’un grand effort : il faut arracher la Terre aux Eaux-Mères, arracher le Cancer à ses eaux maternelles pour l’amener à devenir un être autonome.

Si les eaux stagnent, elles deviennent putrides, l’oeuf pourrit, l’enfant ne peut naître.

Héraclès/Hercule représente l’énergie extérieure qui permet à la vie d’éclore. Il arrache le pays de Lerne à sa nuit marécageuse et lui permet de vivre enfin. Le Cancer a besoin de l’énergie solaire, et c’est ici que le mythe de l’hydre de Lerne est vraiment très cancérien, et la personnalité même d’Héraclès très significative. Fils de Jupiter, maître des dieux (exalté dans le signe du Cancer !), Héraclès apporte donc l’énergie jupitérienne pour drainer le marécage. On sait que Jupiter est un astre « de feu », un « soleil en petit », bénéfique et lumineux.

La nature jupitérienne d’Héraclès est indiquée assez clairement par le feu : les flèches embrasées qu’il lance d’abord sur l’hydre pour l’obliger à sortir de son trou, et ensuite l’incendie qu’il allume avec l’aide d’Iolaos pour brûler les blessures de la bête. Le dynamisme jupitérien est indispensable au Cancer : ce feu l’aide à sortir du marécage intérieur, dans lequel il croupit passivement.

L’hydre à multiples têtes, qui évoque une pieuvre, laisse penser que la légende est d’origine crétoise ou, du moins, qu’il y aurait eu à Lerne (et certains indices le confirment) à une époque reculée, des « prêtresses de l’eau » qui rendaient un culte sacré à cet élément et à la pieuvre. L’eau ici est maléfique/bénéfique, ombre et lumière, toujours cette dialectique du jour et de la nuit, du solstice d’été brillant au-dessus de l’eau primordiale.

Vie et mort d’Héraclès

Le venin de l’hydre finit par causer la mort du héros. Celui-ci, d’après la prédiction de Zeus, « ne pourra jamais être tué par aucun homme vivant. Seul un ennemi déjà mort pourra le faire périr ».

Or Déjanire, femme d’Héraclès, souffrait des infidélités de son mari. Cherchant un philtre d’amour pour s’assurer l’attachement éternel de celui-ci, elle eut l’idée d’utiliser le venin de l’hydre, enfermé par Hercule dans un vase scellé. A vrai dire, elle n’avait pas une idée bien précise de ce que c’était… Elle imprégna de venin une chemise de cérémonie neuve (en pure laine vierge) qu’elle fit porter à son époux, lequel devait célébrer les fêtes du solstice en grande tenue. Héraclès la mit sans méfiance. Mais au cours de la cérémonie, il commença à ressentir d’intolérables brûlures sur tout le corps et comprit qu’il allait en mourir. Il se fit porter sur un bûcher pour abréger ses souffrances (toujours le feu, lié à ce personnage jupitérien), pardonna à Déjanire qui avait été plus bête que méchante, et mourut avec dignité.

Son père Zeus/Jupiter l’accueillit triomphalement parmi les immortels de l’Olympe, et lui attribua les fonctions de « Portier du Ciel », parce que sa mort avait eu lieu au solstice d’été.

Pour, les Anciens, l’année était une porte de bois de chêne tournant sur un gond (en latin, cardo, d’où les signes cardinaux, comme le Cancer, qui ouvrent une saison). Au solstice d’été, le 21 juin, cette porte est ouverte au maximum. Ensuite, au fur et à mesure que les jours raccourcissent et que l’année s’avance, la porte se referme peu à peu, jusqu’au solstice d’hiver en Capricorne.

Remarquons aussi qu’Héraclès fut, durant sa vie terrestre, le protégé d’Athéna/Minerve.

Elle lui avait indiqué où trouver le repaire de l’hydre. Or Athéna est la déesse de la sagesse, des sciences, des arts, des lettres, des mathématiques. Ceci rappelle les attributs du dieu Thot, lequel règne sur le Cancer dans le Zodiaque égyptien dont nous avons parlé plus haut. Le Cancer est signe de sagesse, il sait ce qui est caché à d’autres. Voilà pourquoi le natif marqué par ce signe manifeste une si vive curiosité de tout ; il est souvent cultivé, voire extrêmement érudit.

Bien d’autres éléments de la légende d’Hercule en font le « saint patron » du Cancer. Par exemple, sa célèbre massue en bois d’olivier sauvage, lequel était l’arbre de l’année nouvelle, symbole de renaissance et de renouveau.

L’enfance d’Héraclès est semée d’allusions cancériennes. Par exemple, l’origine de la Voie lactée : Alcmène, mère de notre héros, le cache dans un buisson aux environs de Thèbes, parce qu’elle craint la jalousie de Héra/Junon (femme légitime de Zeus). Justement, voilà Héra qui passe par là. En voyant ce bel enfant affamé, elle ne peut s’empêcher de lui donner le sein ; mais l’enfant se jette dessus avec tant de vigueur qu’il lui fait mal. Héra, de douleur, laisse tomber le jeune glouton, et le lait répandu deviendra la Voie lactée… Rappel du thème cancérien de l’allaitement, de la difficulté du servage. Et la Voie lactée est le chemin qu’empruntent les âmes pour arriver à la Porte du Cancer. Cette légende de la Voie lactée rend un son très « oedipien », au sens qu’a donné Freud à ce mot. J’en parlerai plus loin.

Il y a aussi l’épisode des serpents : on se souvient qu’Héra/Junon, toujours folle de jalousie, avait une nuit envoyé deux serpents « à raies bleues et au venin mortel » dans la chambre où le petit Héraclès dormait avec son frère jumeau. Mais Jupiter/Zeus, averti de la chose, illumina la chambre, ce qui réveilla les enfants et permit à notre héros d’étrangler purement et simplement les deux serpents, manifestant pour la première fois cette force « herculéenne » qui sera la sienne. On peut voir dans cette histoire un thème très cancérien : la victoire de la lumière solaire et jupitérienne sur la nuit et la mort.

Œdipe et son complexe

Enfin, on ne saurait survoler les mythes grecs rattachés au Cancer sans parler d’Œdipe.

Pour ceux qui l’ont oublié, voici le récit de ses malheurs, avant Freud :

Un oracle avait prédit à Laïus et à Jocaste, parents d’Œdipe, que leur fils tuerait son père et épouserait sa mère. Laïus et Jocaste, affolés, « exposent » le nouveau-né, c’est-à-dire l’abandonnent dans la nature pour qu’il y soit la proie des bêtes sauvages. Un berger passe par là, recueille l’enfant, et vient l’apporter à Polybe, roi de Corinthe, qui l’adopte et le fait élever princièrement.

Or, voilà qu’Œdipe, ayant atteint l’âge adulte, apprend l’oracle fatal, tout en croyant que Polybe est son vrai père. Pour ne pas risquer de lui nuire, il s’éloigne du palais, et s’en va à l’aventure sur les chemins creux de la Grèce antique. Un jour, il rencontre un inconnu avec lequel il se prend de querelle : ils se battent, et Œdipe le tue…

C’était Laïus, mais Œdipe ne se doute pas de la chose ! Puis il arrive devant la ville de Thèbes, très assombrie par la présence du Sphinx : Œdipe devine l’énigme que lui propose le monstre qui, par dépit d’avoir trouvé un humain plus malin que lui, se jette dans la mer toute proche. Les Thébains font un triomphe à l’inconnu qui les a débarrassés de la sale bête. Ils proclament Œdipe roi, et lui font épouser la reine Jocaste… toujours sans savoir qui il est réellement !

Pendant longtemps, Œdipe ignore la vérité et profite de son bonheur avec innocence.

De ce mariage incestueux naissent même quatre enfants. Puis un jour, il apprend tout.

De désespoir, il se crève les yeux, cherche plus ou moins à se suicider, et se cache au fond de son palais dont ses fils le chasseront.

Freud a longuement parlé de ce mythe qui éclaire le « stade oedipien » de l’enfance : tout jeune garçon éprouve, un jour ou l’autre, le désir « d’épouser sa mère » et de se débarrasser- de son gêneur de père ! La légende grecque évoque le cas douloureux d’un homme qui n’a pas pu « tuer son père » fictivement alors qu’il était enfant, ce qui l’amène à le tuer réellement une fois adulte, pour ensuite épouser sa propre mère (dont il n’a pu se détacher affectivement).

On retrouve ici le problème fondamental de tout cancérien : l’attachement à la mère, la rivalité avec le père s’il s’agit d’un garçon. Dans le cas du Cancer, le respect filial empêche l’enfant de s’opposer à son père pour affirmer son autonomie, tandis qu’une trop forte influence lunaire l’empêche de se détacher de sa mère. Le Cancer dépasse difficilement, ou tardivement, le stade oedipien. Tout a été dit sur ce sujet par les élèves de Freud, et les autres, mais on a omis de remarquer quelques détails, sous une lumière « astrologique » :

Œdipe résout l’énigme du Sphinx, car il devine tout – il sait ce que les autres ignorent, – sauf en ce qui le concerne : le Cancer, extraordinairement sagace pour ce qui regarde autrui, est aveugle sur son propre destin (d’ailleurs, Œdipe se crève les yeux !) Cependant, il passe brillamment l’examen du Sphinx : quelle étrange combinaison, dans un même être, de maturité intellectuelle et de flagrante immaturité affective ! Voilà bien un vrai Cancer, enfant attardé, mais cependant d’une si grande curiosité qu’il emmagasine un vaste savoir.

Œdipe devient roi : cela est tout à fait dans la nature jupitérienne du crabe, chanceux et ambitieux. On n’en attendait pas moins de lui !

Œdipe finit misérablement, en s’auto-punissant, en se culpabilisant totalement : c’est aussi dans la ligne du Cancer, lequel a très souvent tendance à retourner son agressivité contre lui-même. Il est, plus qu’un autre signe, accessible à la dépression nerveuse. Il se tourmente, se torture même, des mois durant et des années, en se culpabilisant vis-à-vis de ses parents. S’il s’en sort, la dépression nerveuse lui permet de mûrir. Sinon, il se noie. Ainsi Œdipe devient-il une épave…

Le Cancer est un signe d’eau prolifique : ainsi, Œdipe a quatre enfants de Jocaste, ce qui est beaucoup, vu la différence d’âge entre sa mère et lui ! Il vit longtemps heureux en famille, ce qui est bien dans son génie du bonheur intime et familial. Il est extrêmement populaire dans Thèbes : la Lune, maîtresse du signe, est symbole de la foule, et de la popularité.

La Lune étant, dans un thème masculin, symbole à la fois de la mère et de la femme, le mythe oedipien illustre de façon frappante cette confusion, « noeud » de la condition Cancérienne.

Le Symbolisme lunaire

Les valeurs lunaires et cancériennes coïncident si bien qu’il est difficile de les différencier les unes des autres. On peut dire que l’action lunaire actualise les virtualités cancériennes.

Ce qui frappe d’abord l’observateur, dans le rythme lunaire, c’est la rapidité de son évolution. La lune, « planète » la plus rapide, symbolise la mobilité, la fluidité, les états d’âme changeants. C’est pourquoi, elle préside aux activités quotidiennes humaines.

Par exemple, toute la vie agricole depuis la préhistoire a utilisé les phases de la Lune.

De nombreux textes anciens en parlent, et notamment le poète grec Hésiode, dans les Travaux et les Jours (VIIIe siècle avant Jésus-Christ), ou le poète latin Virgile, contemporain d’Auguste, dans les Géorgiques :

« La Lune elle-même a rangé les différents jours favorables aux différents travaux.

Evite le cinquième : les Euménides naquirent ce jour-là;(…). Le dix-septième jour est favorable à la plantation de la vigne, au dressage des boeufs capturés et au travail des lisses qu’on attache au métier ; le neuvième est plus propice aux évasions, contraire aux larcins. » (Géorgiques, Livre I.)

Pendant la première moitié du XXe siècle, on s’est moqué de ce souci qu’avaient les paysans d’antan de faire coïncider le calendrier agricole avec le calendrier lunaire : la Lune régnait alors sur des civilisations à prédominance paysanne et nul ne songeait à discuter son influence. Or, on s’aperçoit aujourd’hui, à la faveur de récentes expériences en laboratoire, que ces traditions avaient un fondement et que les rythmes lunaires semblent agir réellement sur l’évolution des êtres vivants. C’est peut-être par ce biais, d’ailleurs, que la recherche scientifique redécouvrira l’astrologie : si l’influence de la Lune entre dans le cadre des « certitudes scientifiques », pourquoi ne pas admettre, de façon générale, l’influence des autres astres ? Selon Henri Gouchon, la Lune symbolise « la fécondation, l’absorption, la passivité, le reflet, la nuit, l’humidité, les liquides, le caprice, le changement, la fantaisie, la périodicité, l’imagination, la rêverie, le sexe féminin, l’épouse, la mère, la foule, la vie intime ».

La Lune, symbole féminin

La Lune est symbole féminin, et il est vrai qu’à la regarder, on a l’impression de voir un oeuf, tout rond, tout lisse et tout blanc, ou un ventre maternel, gonflé et tendu par une promesse de vie.

Dans un thème féminin, la Lune revêt une grande importance, peut-être même plus grande que le Soleil, symbole masculin. Elle est d’abord symbole de la mère du sujet, et l’on peut tracer un portrait assez précis de celle-ci en analysant l’état de la Lune dans le thème du natif. Elle donne, soit le portrait objectif de la mère, soit le portrait subjectif, c’est-à-dire la façon dont le natif la perçoit et vit sa relation avec elle.

Pour un homme, la Lune est aussi l’épouse. Et l’on n’a pas attendu la psychanalyse pour apprendre que l’homme recherchait inconsciemment une image de sa mère dans la femme choisie (ou subie). Ainsi, par exemple, un homme dont la Lune est en signe double.

L’interprétation, selon l’état du thème, pourra en être : ce natif a eu deux mères (légales ou affectives, peut-être une mère et une belle-mère, ou une mère et une grand-mère) et il risque aussi d’avoir deux femmes (épouse et maîtresse, ou deux épouses légitimes successives, puisque la polygamie n’est pas admise en Occident).

La Lune serait l’anima de tout homme et correspondrait à son inconscient féminin.

Cette remarque peut aller très loin : les relations que tout homme entretient d’abord avec sa mère, puis avec la femme aimée, sont à l’image des relations qu’il entretient avec Dieu lui-même. Il y a là un mystère très profond. Pour Jean Guitton, l’amour humain « est une initiation à l’amour divin… Les flammes de l’amour, comme dit l’épouse du Cantique des Cantiques, sont les flammes de Yahvé ».

Teilhard de Chardin a écrit : « Le féminin est le Christ transposé dans la Vierge« , et un mystique russe, Merejkovski : « La pudeur cache le sexe, mais le sexe cache Dieu. »

Tout homme, inconsciemment, vit ses relations avec la divinité sur le mode de ses relations avec la femme.

Mais que ceux qui ont une Lune mal aspectée ne se désespèrent pas, une Vénus en très bon état permet de dépasser les obstacles intérieurs. Il ne faudrait jamais oublier que la femme est le dernier être vivant créé, le chef-d’oeuvre final (après que Yahvé-Dieu se soit exercé sur les plantes, les animaux et l’homme). La femme est donc la dépositaire d’un certain nombre de secrets divins (c’est ce qui a motivé la révolte de Lucifer, jaloux des pouvoirs de la femme). La qualité et l’état de la Lune dans un thème indiquent les possibilités spirituelles d’un homme.

A la Lune ont donc été attribuées toutes les qualités ou dispositions que l’inconscient collectif désignait comme « féminines » : l’inspiration, l’intuition, l’imagination, la mémoire, le rêve, la poésie. Mais la Lune maléficiée disposerait au caprice infantile, à l’anxiété, au repli sur soi, à la passivité, à « l’hystérie » (personne ne sait très bien ce que c’est…mais c’est très grave !).

La Lune symbolise la foule, la popularité. On a toujours su que « la foule était femme », et c’est bien ainsi que l’entendent les dictateurs… On parle du « viol des foules » tant il est vrai qu’une assemblée d’hommes (et de femmes) ressemble à la mer, avec ses vagues mouvantes, ses réactions imprévues, sa mobilité… comme la Lune ! Celle-ci indique donc dans un thème la popularité du natif, ses possibilités de contact avec le public, ses talents éventuels de « passer » à la radio ou à la télé, de se faire connaître. Les êtres marqués par une grande impopularité (telle Marie-Antoinette) ont souvent dans leur thème une Lune exilée, dissonante, ou isolée.

Conformément à l’image que se fait l’inconscient populaire de la féminité, la Lune est passive et n’a pas d’agressivité. Amour du changement et mobilité, plasticité, suggestibilité, mais, comme nous l’avons dit dans la symbolique du signe, la Lune n’a pas en elle un véritable dynamisme, elle a besoin de celui de Mars pour la tirer hors de sa passivité. La Lune n’est pas autonome. Image bien conforme d’ailleurs à la réalité astronomique, puisque l’astre est notre satellite, il gravite autour de la Terre, à laquelle il est attaché par les lois de l’attraction universelle.

La Lune, symbole de vie, symbole de mort

Le symbolisme lunaire « colle » parfaitement à celui du Cancer, avec sa passivité et, en même temps, son ambivalence mort/vie.

Il existe toute une tradition sur les relations que les vivants peuvent avoir avec les morts dans les différentes sphères de l' »astral ». Les religions anciennes, et plus près de nous, les spirites, avaient très bien perçu un fait curieux : le contact avec les disparus s’établit mieux par les nuits de pleine lune. D’ailleurs, ces nuits-là, toute personne un peu sensible se sent dans un état second, inconfortable ou euphorique, mais on perçoit très bien qu’il se passe quelque chose à un niveau inconscient. Les meilleurs médiums sont en majorité des femmes et tout lunarien a des pouvoirs parapsychologiques latents, des rêves prémonitoires, une faculté de se relier à l’Invisible, qui déconcerte les rationalistes. La Lune est la planète de l’irrationnel.

La Lune est un astre mort, ce qu’ont confirmé les différentes expéditions lunaires.

Notre petit satellite n’est qu’un caillou sec et nu, d’où la vie telle que nous la connaissons est totalement absente. Mais (et c’est là que nous retrouvons l’ambivalence cancérienne, la Lune, vue d’en bas, d’un point de vue de terrien, préside au cycle de vie : la fécondation, les marées, les biorythmes féminins et ceux que l’on commence seulement à découvrir, les rythmes circadiens…), le développement des bourgeons et des fleurs, la pousse des cheveux. Bref, la Lune régit nos cycles biochimiques.

Astre de vie/astre de mort, la Lune, comme le Cancer, est une porte entre deux mondes. Symbole de la femme qui, elle aussi, est perçue comme donatrice de vie et dispensatrice de mort (histoire de la chute du Paradis terrestre, mythologies orientales et moyen-orientales). La Lune est Eve, mère des vivants ; elle est aussi Lilith (symbolisée par la Lune Noire), créature déviée et porteuse de mort pour les vivants.

La Lune serait un miroir : de même qu’elle nous renvoie la lumière du soleil, elle réfléchirait également sur nous des ondes invisibles venues d’ailleurs, des présences appartenant à d’autres mondes…

Petit « guide bleu » de la Lune

Il me paraît urgent de donner ici au lecteur quelques notions succinctes de la géographie lunaire. On ne sait jamais : si d’aventure on vous propose un voyage sur la Lune, il faut absolument que vous ayez une idée de sa topographie, sinon vous allez vous perdre ! Les « mers » lunaires sont des espaces plus ou moins plats que les astronomes ont baptisés :.mer du Nectar, mer de la Fécondité, mer de la Tranquillité, mer des Crises, mer de la Sérénité, mer du Froid, mer des Pluies, mer des Humeurs, mer des Vapeurs…

N’est-ce pas joli ? Ma préférée est la mer des Nuages.

Il y a aussi l’océan des Tempêtes, et puis quelques petites criques où s’abriter, tout de même : baie des Arc-en-Ciel, baie du Milieu (l’imagination des astronomes, ici, était un peu à sec… probablement à cause du golfe Torride, tout proche). La baie de la Rosée m’enchante, et que dire du lac des Songes ? Quelques autres mers ont des noms plus ennuyeux, pieusement donnés en souvenir de savants illustres (mer de Humboldt, mer de Smyth ou, platement, par manque d’imagination, mer Australe, mer Marginale).

Les volcans éteints, ramonés périodiquement par le Petit Prince (enfant symbole du Cancer !) portent aussi beaucoup de noms illustres : le plus beau est le cratère de Copernic, mais rien ne vous empêche de faire du tourisme lunaire dans les cratères de Platon, Aristote, Képler, Ptolémée, Piccolomini, Condorcet, Firmicus, Joliot-Curie, Edison, Maxwell, Jules Verne (à tout seigneur, tout honneur : ce dernier avait la Lune en Scorpion, extrêmement puissante dans son thème ; il a dû l’exorciser en écrivant : De la Terre à la Lune), etc. Je ne vais tout de même pas vous nommer tous les petits et grands cratères ; à la rigueur encore celui de Tsu-Chun-Chii, parce qu’il est chinois, pays lunaire par excellence (la Chine, pays des ancêtres et Empire du Milieu, est Cancer ascendant Balance).

Il faut que vous sachiez qu’il y a aussi des montagnes sur la Lune : Apennins, monts du Caucase, montagnes du Jura, monts Leibnitz, monts des Soviets, monts Altaï, etc. Pas beaucoup de fantaisie dans ces appellations tout ce qu’il y a de plagiaires : c’est clair, la Lune n’a rien à voir avec la symbolique des montagnes (air, froid sec… alors qu’elle est eau et humidité). Visiblement, les astronomes ont été plus inspirés quand il s’est agi de baptiser des mers. Quoi d’étonnant ? Leur nomenclature est un catalogue des symboles lunaires !

Bon voyage sur la Lune, chers amis lecteurs !

Les marées

Elles nous intéressent à double titre : influence de la Lune et analogie avec le signe du Cancer, signe d’eau amphibie. Une connaissance du phénomène de la marée éclaire beaucoup nos connaissances astrologiques.

Toutes les mers du monde connaissent ces mouvements périodiques. On les remarque particulièrement dans la Manche, mais n’allez pas croire pour autant qu’il n’y a jamais de marée en Méditerranée : à Venise, elle est très sensible, et en Tunisie, au fond du golfe des Syrtes, elle peut atteindre deux mètres d’amplitude. Ainsi, l’influence lunaire règne sur les eaux de toute la Terre, et nulle partie du monde ne lui échappe.

Sur les côtes françaises de la Manche, par exemple, la mer monte durant six heures environ, c’est le flux ou flot. Elle reste quelques minutes au même niveau, on dit alors que la mer est étale. Puis elle se retire peu à peu, c’est ce qu’on appelle le reflux ou jusant qui dure également six heures. Arrivée au point le plus bas, la mer est étale quelques minutes puis recommence à grimper.

Dans notre pays, la mer met un peu plus de douze heures à monter, puis à redescendre : c’est une marée semi-diurne, c’est-à-dire qu’en vingt-quatre heures, on compte deux flots et deux jusants. On voit aussi à quel point la Lune est un astre mobile. Tous les pays du monde, d’ailleurs, n’ont pas une telle mobilité dans leur marée : certains ont des marées diurnes, avec seulement une basse mer et une haute mer par jour (golfe du Mexique). Un troisième type de marées est la marée mixte : deux hautes mers et deux basses mers par jour, mais tantôt ce sont les basses mers qui ont des durées inégales, tantôt les hautes mers, tantôt les unes et les autres. La fantaisie et le caprice lunaires règnent ici, avec une régularité faite de rythmes irréguliers…

A cette pulsation quotidienne, s’en superpose une autre, qui correspond au mois lunaire. Lorsque le Soleil et la Lune sont en conjonction (sizygie), ou en opposition, leurs influences s’additionnent pour donner de très forts déplacements des eaux : on a ainsi les grandes marées tous les quatorze jours environ (ou marées de vive eau). Entre ces grandes marées, se placent les marées de morte eau, où le marnage, c’est-à-dire l’écart entre le niveau des hautes mers et celui des basses mers, est très faible.

A vrai dire, si ce phénomène est connu depuis toujours, on ne l’a jamais complètement expliqué. Il semble que, non seulement l’influence lunaire soit en jeu, mais encore l’onde solaire. La marée est donc due à la combinaison des ondes lunaires, solaires et luni-solaires. Cela nous replonge tout à fait dans le symbolisme cancérien, signe lunaire au solstice lumineux de l’été, signe où le jour et la nuit jouent sans arrêt à cache-cache, où la lune tire la langue au Soleil, signe-charnière entre les deux…

La théorie des marées, due à Newton, comporte beaucoup de points d’interrogation et

d’exceptions inexplicables. En particulier, on se demande toujours pourquoi certaines côtes ont un marnage de quatorze mètres (un vrai mur d’eau) et d’autres de seulement quelques centimètres. Mystères de la Lune, « caprices » de celle-ci, c’est-à-dire influences biophysiques inexplicables pour notre science trop rationnelle.

Le résultat de l’attraction de la Lune se manifeste, lorsque l’astre passe au zénith, par la formation d’un « bourrelet d’eau » (haute mer), qui se déplace avec l’astre. A l’opposé, les eaux sont déprimées en « creux », et ce « creux » (basse mer) se déplace symétriquement.

La Lune et le Soleil ne sont peut-être pas les seuls astres à influer sur la marée, celle-ci est probablement le résultat d’une série d’ondes très complexes. Peut-être d’autres planètes ont-elles leur mot à dire là-dedans… On ne sait.

Les marées provoquent des courants violents, parfois irrésistibles, et qui changent de sens brusquement avec le « renversement de la marée ». Ainsi, l’influence lunaire sur un être est-elle souvent irrésistible, comme la vie même ; c’est un courant qui l’emporte, et le Lunarien passif ne peut que se laisser flotter au fil de l’eau. La Lune est symbole d’instinct, instinct sauvage et puissant qui anime l’homme comme l’animal ou la plante.

Les marées construisent ou démolissent le profil des côtes. Elles déterminent parfois des « marées de vent », et règlent la vie de tout le petit monde des rivages, celui où habite notre crabe préféré. Il n’est pas très facile pour une plante ou un animal côtier (en océanographie, on dit : benthique) de s’adapter à ces perpétuels changements du niveau de l’eau.

Les êtres marins que nous découvrons à marée basse doivent affronter un dramatique problème de survie. Lorsque la marée se retire, grand est le risque d’être désséché par le Soleil : voilà pourquoi le crabe a une carapace, et pourquoi il se cache au fond d’un trou humide de rocher ; il est dans sa nature même d’être secret, d’aimer l’ombre. La vie présente une succession de conjonctures sèches ou humides, comme la marée, et la carapace du crabe lui assure la survie. Crabes, coquillages, algues, poissons, etc. ne peuvent plus respirer à marée basse comme à marée haute. Aussi s’enfouissent-ils dans le sable, ou bien ont-ils un système respiratoire adapté (comme le crabe) à cette double vie : ils se ferment hermétiquement pour retenir leur eau et leur oxygène. C’est ainsi que s’explique la mémoire extraordinaire du Cancer, mais aussi de tous les Lunariens. Voilà pourquoi la Lune est aussi symbole d’adaptation, de souplesse plastique, symbole à la fois de la vie quotidienne et de l’imagination. Lorsqu’on observe ces êtres vivants du rivage, on est émerveillé de découvrir leur richesse d’invention pour survivre dans leur vie quotidienne.

La révolution synodique, ou lunaison, à l’intérieur de laquelle se situent les phases lunaires, s’accomplit en 29,5 jours. On peut en suivre les phases sur les éphémérides, les annuaires de la marée et aussi sur le calendrier des P. et T.

La néoménie ou nouvelle lune correspond à la conjonction des luminaires. C’est le moment où l’astre est invisible. Passant au méridien, en même temps que le Soleil, la Lune ne peut en réfléchir la lumière. Puis, au fur et à mesure qu’elle s’en éloigne, le croissant lumineux apparaît, se précise et croît, jusqu’au premier quartier, 7 jours après la néoménie. Cela correspond, dans le thème natal, au premier carré des luminaires.

La croissance se poursuit jusqu’à la phase d’opposition avec le Soleil, ou pleine lune.

L’opposition des luminaires se situe les 14e et 15e jours après la néoménie. La phase décroissante commence avec le dépassement de l’opposition, jusqu’à la nouvelle lune suivante.

Quelques précisions

Symboliquement, la Lune décroissante faciliterait l’assimilation de tout ce qui a été acquis pendant la Lune croissante. A la Lune décroissante, on abattait autrefois les arbres dont on voulait travailler le bois, afin qu’il ne joue pas, ne se déforme pas. On cueillait, on moissonnait, on engrangeait…

Actuellement, les disciples de Rudolf Steiner éditent un « calendrier planétaire » à l’usage des agriculteurs dans lequel sont indiqués les travaux qu’il convient de faire selon les phases de la lune.

La Lune et le corps humain

La Lune est symbole de l’instinct, de la vie végétative, de tout ce qu’il y a en nous de plus végétal et animal. Certains astrologues disent que la Lune représente le « schéma corporel », c’est-à-dire notre corps physique.

L’influence de la Lune se fait plus marquante pendant la petite enfance (remarquez le visage « lunaire » des enfants, avec de grands yeux et des joues rondes, peu de traits anguleux, et un aspect « humide »).

La Lune régit d’abord l’estomac, l’appareil digestif en général, et ce n’est pas sans relation avec le « stade oral » des psychanalystes, l’enfant étant sous une bien plus grande dépendance de la nourriture que l’adulte. La Lune gouverne aussi la lymphe, le grand sympathique, la vision (mais plus particulièrement l’œil gauche !). Bien entendu, elle préside au fonctionnement de l’appareil génital féminin, à la grossesse, à la naissance.

Le cervelet, la vessie, les tissus adipeux et séreux paraissent dépendre de cette planète, ainsi que, d’après certains, les voies respiratoires.

La Lune mal aspectée rend vulnérable aux maladies de l’appareil digestif : et l’on sait qu’une diarrhée peut être mortelle chez un bébé (alors que chez l’adulte, elle n’entraîne pas la mort). Indigestion, gastralgie, dyspepsie, aérophagie, empoisonnement ou infection d’origine alimentaire proviennent de la Lune et d’ailleurs affectent plus particulièrement la région du corps désignée par le signe dans lequel habite la Lune (par exemple la Lune en Vierge affecte l’appareil digestif au niveau des intestins).

Les troubles de la vue relèvent aussi d’une Lune mal aspectée.

L’influence lunaire se conjugue avec celle de Jupiter pour provoquer l’obésité, la cellulite, les maladies d’engorgement et de pléthore.

Enfin, comme nous l’avons dit plus haut, le Lunarien ayant peu d’agressivité, il risque, sous une influence extérieure sadique, de tourner sa faible agressivité contre lui-même : aussi est-il extrêmement vulnérable aux dépressions nerveuses, aux troubles mentaux, à tout ce que les siècles passés appelaient la « mélancolie ». L’imagination se transforme en folle du logis chez le Lunarien dissonant, et le mysticisme peu éclairé en obsessions plus étranges les unes que les autres ! On ne peut s’empêcher de penser à Guy Trébert, « l’assassin de la pleine lune » et à tant d’autres que la folie reprend en synchronisation avec le cycle lunaire.

La Mythologie lunaire

Chez les peuples du « Croissant fertile », l’ancienne Mésopotamie, le cycle lunaire représentait symboliquement la puissance de la vie : conception naissance –> maturité – dégénérescence mort.

D’après la tradition babylonienne, la création de l’homme eut lieu à la nouvelle Lune.

Celle-ci était identifiée à la force de régénération perpétuelle du principe de vie. Si la nouvelle Lune termine un cycle, elle annonce aussi le cycle suivant, dont elle amorce la gestation : nous rejoignons le symbole cancérien de l’éternel recommencement : le Cancer, origine, mais aussi fin de toutes choses.

Dans le domaine spirituel, la Lune était significatrice de l’âme humaine en route sur le chemin de son destin. L’âme devait progresser à travers la répétition inlassable du cycle lunaire, qui s’ouvre ainsi sur l’idée d’éternité.

La Lune chez les Sumériens

L’histoire commence à Sumer, tel est le titre du célèbre ouvrage de l’archéologue S. Kramer. L’astrologie aussi, vraisemblablement, puisque l’idéogramme désignant la Lune apparaît à Sumer dès 2600 avant notre ère, avec des significations religieuses, astronomiques et déjà astrologiques.

Chez les Sumériens, le dieu-Lune est familièrement appelé « la Barque ». C’est l’image qu’évoque le croissant lunaire qui, à cette latitude, se présente presque horizontalement.

Cette barque céleste transporte les dieux d’un bord à l’autre du ciel, sous les yeux émerveillés des habitants d’Ur, grands observateurs des astres. Pourquoi les dieux éprouvent-ils le besoin de naviguer ainsi ? C’est pour se préserver du contact impur de la Terre, qui les souillerait. Référence aussi à la géographie du pays mésopotamien, « pays d’entre les fleuves », où l’on se déplace en barque, de marais en marais, dans les innombrables chenaux entre le Tigre et l’Euphrate.

Sin, le dieu lunaire protecteur d’Ur, habite son temple, appelé « Maison de lumière ».

C’est de là qu’il prend le départ pour sa croisière céleste. Ce temple est une « ziggourat », c’est-à-dire une pyramide à étage comme le fut peut-être la Tour de Babel ! Le dernier étage, accessible seulement aux prêtres, est surmonté d’un petit temple d’une blancheur argentée : là est la demeure du dieu Sin. Les officiants, les prêtres, le peuple entonnent avec ferveur les hymnes au dieu-Lune :

« Navire sacré du ciel, grandeur qui s’est faite elle-même, Père dieu-Lune, seigneur de la ville d’Ur,

….Quand tu navigues,

Quand tu grandis, ô navire qui navigues vers le sanctuaire saint, Père dieu-Lune, quand tu navigues comme une barque sur les pleines eaux,

…Quand tu voyages vers Ur dans ton navire sacré,

O seigneur, qui te dépasse ? Qui même t’égale ?…

Que ton nom s’étende sur la mer, et la mer a peur….

Que ton nom s’étende sur les marais, et ils gémissent

Et les pleines eaux, jour et nuit, se calment.

Alors la nef lunaire, « le Grand coureur blanc », vient accoster

A l’embarcadère céleste, et le dieu prend place à bord… »

Ce beau mythe sumérien est le plus ancien mythe lunaire qui soit parvenu jusqu’à nous. Tous les grands thèmes lunaires, ceux du rapport entre la Lune et l’eau, y sont déjà. Mais le thème de la navigation céleste est propre à Sumer et on ne le retrouve guère ailleurs, si ce n’est en Egypte. Sin est à Sumer le dieu de la Sagesse, créatrice du monde (et la syllabe « ur », d’après Marcelle Sénard, est toujours associée à l’idée d’origine).

Ce n’est que tardivement que Mardouk, dieu solaire, évincera l’antique dieu Sin.

La Lune en Egypte : l’œil d’Horus

Dès les premières dynasties, vers 2800 avant Jésus-Christ, Horus est le dieu du ciel.

Il règne sur le ciel et les astres. Le Soleil est son œil droit, la Lune son œil gauche. On le représente sous l’apparence du faucon, oiseau royal dont la larme caractéristique ne sera ajoutée que plus tard, sous le Nouvel Empire.

Horus est le protecteur du pharaon, protection qui s’étend plus spécialement sur le nord du royaume, tandis que le sud est placé sous le patronage de son divin rival, Seth (affreux personnage, à vrai dire, comme vous allez le voir par la suite).

Sous le Nouvel Empire, une refonte des mythes anciens intégrera les nouvelles valeurs représentées par le dieu Osiris. Le pharaon, dès son couronnement, sera identifié à Horus, comme par le passé, mais il est censé succéder à son père Osiris. « C’est Horus incarné, il succède à son père Osiris », dit-on lors de son couronnement.

Horus est donc doté d’une famille : fils d’Osiris et d’Isis, neveu de Seth, il a quelques démêlés avec ce dernier (Seth est le meurtrier de son propre frère, Osiris).

Après le meurtre d’Osiris, la déesse Isis, symbole de la maternité, conçoit miraculeusement, de son époux assassiné, un enfant qui doit venger son père. Pour dérober l’espoir du monde, qu’elle porte dans son sein, à la jalousie meurtrière de Seth, Isis se cache dans un marais pour accoucher. Ainsi, Horus passera sa première enfance dans la clandestinité (référence aux périodes où la Lune est invisible).

Adolescent, Horus sort de son refuge et, avec sa mère, vient prendre sa place parmi les autres dieux. Seth, toujours animé des mêmes mauvais sentiments, ne cesse de tendre à son neveu des pièges pour le faire mourir ou le déshonorer.

Un jour, en se battant avec lui, Seth lance par traîtrise des ordures dans l’œil gauche d’Horus (l’œil symbole de Lune !). L’œil est perdu et s’écoule hors de son orbite : comme la Lune, cet œil du ciel se réduit peu à peu après la pleine Lune, jusqu’à la disparition totale avant la nouvelle Lune. C’est le dieu Thot, dieu des Nombres et du Temps, lié au signe du Cancer, que le tribunal des dieux charge de rechercher l’œil d’Horus. D’après certaines versions, l’œil fut retrouvé dans un filet de pêche (oublié par quelque pêcheur de lune à marée basse...). Selon d’autres sources, quinze dieux s’engagent à reconstituer l’œil sous la surveillance très stricte de Thot : chacun doit ajouter à son tour un produit végétal ou animal relevant de sa compétence divine particulière. Ces quinze dieux, vous l’avez compris, correspondent aux quinze jours qui vont de la néoménie à la pleine lune, après quoi l’œil blessé est complètement reconstitué.

Drame divin de la lutte d’Horus contre Seth, que les Egyptiens voyaient quotidiennement se dérouler sous leurs yeux sur la scène céleste. La phase décroissante de la Lune correspond à la victoire des forces du mal qu’incarne Seth. Elle est la fatalité contre laquelle on ne peut rien (toujours cette idée de fatalité attachée à la Lune). Aussi, aucun rituel particulier n’accompagnait-il cette « descente aux enfers ».

Mais la nécessité de rétablir l’harmonie universelle donnait lieu à la célébration de rites destinés à aider la restauration de l’œil céleste, pendant la phase ascendante de la Lune.

A Edfou, une représentation d’époque tardive (ptolémaïque) montre un escalier de quatorze marches menant à une terrasse sur laquelle une barque en forme de croissant lunaire porte le disque entier, c’est-à-dire l’œil sain. Toute l’opération se déroule sous la houlette du dieu Thot, lequel est associé à la Lune, astre régulateur du temps, donc des nombres, donc des sciences… donc de l’écriture !

Le quinzième jour de la Lune, le grand jour de la pleine Lune, correspond au triomphe d’Horus sur l’abominable Seth ; aussi était-ce le « jour de la fête d’Horus », quelque chose comme un dimanche.

Quant au célèbre « œil Oudjat », c’est l’autre œil d’Horus, celui qui est resté sain !

Il est fardé et marqué de cette larme caractéristique, au coin de la paupière de l’oiseau.

La faveur de cette amulette s’est toujours maintenue au cours des siècles, et on la trouve encore aujourd’hui comme bijou porte-bonheur.

Si en Babylonie, le dieu Sin était solaire, l’Horus égyptien est luni-solaire. En Egypte, contrairement à ce qui se passait à Babylone, la Lune est une divinité souterraine, nocturne.

A Sumer comme en Egypte, la Lune est une divinité masculine, et c’est le cas aussi chez certains peuples d’Amérique centrale. Isis, divinité essentiellement féMinine et maternelle, n’est liée à la Lune qu’indirectement.

La Lune dans la Perse ancienne

Elle était médiatrice entre le monde humain et le monde divin, et, par son intermédiaire, s’établissait la communication entre les sphères célestes et la Terre. Selon les Litanies à la Lune, qui nous viennent de la Perse ancienne (avant l’Islam) :

« Pendant quinze jours, la Lune reçoit des êtres terrestres leurs bonnes actions, et des êtres célestes la récompense [phase croissante]. Pendant les quinze jours suivants [phase décroissante], elle transmet, au contraire, aux êtres célestes, les bonnes actions, et aux êtres terrestres, la récompense... »

Plus tardivement, un poème intitulé les Satisfactions de la Lune reprendra le même thème : « Quand tu croîs, tu fais croître le monde entier créé par Ohrmuzd : de façon la plus visible, l’eau des mers et des lacs, des fleuves et des canaux, et les plantes les plus vertes de nombreuses espèces. La bonne création tout entière jouit d’un bonheur plus grand, tandis que toutes les actions sont mieux accomplies. Car en croissant, tu reçois des divinités célestes la grâce, et en décroissant, tu la distribues à la création d’Ohrmuzd, sur cette terre créée par lui. »

Dans l’Iran ancien (ainsi que chez certains gnostiques de l’ère chrétienne qui ont repris la tradition), la Lune servait de relais à la transmigration des âmes. On croyait que celles-ci migraient dans les sphères célestes après un séjour plus ou moins long dans la mer ; leur purification s’opérait au rythme lunaire du flux et du reflux des marées.

La Lune dans la tradition indienne

Les Upanishad de la tradition védique indienne croient à la métempsycose : les hommes justes, qui n’ont pu échapper au cycle des réincarnations et intégrer le monde du brahmane, dans le Soleil, doivent revenir se réincarner sur la Terre, afin de pouvoir progresser. C’est par l’intermédiaire de la Lune, le dieu Soma, qu’ils pourront le faire. Après la mort, la fumée des bûchers funéraires porte leur âme vers la Lune décroissante, période sombre du cycle lunaire. Puis, après le solstice d’été (0° Cancer), alors que les jours solaires eux-mêmes décroissent, les âmes atteignent le monde des Mânes. De là, elles seront conduites dans la Lune, où elles se fondront dans le dieu Soma en devenant la nourriture de ce dernier. L’appétit du dieu Soma règle la croissance et la décroissance de la Lune.

Ensuite, les âmes redescendent sur la Terre, par l’intermédiaire de la pluie, la mousson surtout, la divine mousson qui vient féconder l’argile et permettre à la vie de renaître.

La pluie donne la sève aux plantes qui nourrissent les animaux, lesquels nourriront les humains (encore qu’en Inde, on soit plutôt végétarien !).

En communiquant sa force à l’homme et à la femme, le végétal animera leur ardeur créatrice et procréatrice et la vie pourra s’incarner de nouveau. Tandis qu’un maillon de la chaîne des transmigrations se ferme, un autre s’ouvre avec l’annonce d’une nouvelle vie. (C’est pourquoi la contraception semble tout à fait aberrante aux croyants indiens : la mort est si peu importante !).

La Lune dans la roue du Tao

Nous en avons précédemment parlé, à propos de l’alternance jour/nuit dans le signe du Cancer. Les rapports de la Lune et du Soleil en cours de lunaison rentrent, bien entendu, dans le cycle chinois de la roue du Tao.

Le Soleil est le yang, le Feu, le Roi.

La Lune est le yin, l’Eau, la Reine.

Au cours de la lunaison, le Roi reçoit, la nuit, un nombre croissant de concubines (au fur et à mesure que croît la Lune). La quinzième nuit, celle de la pleine Lune, est un grand moment.

Cette nuit-là, le roi ne reçoit que la Reine, et leur union symbolise l’accord parfait du yin et du yang. Chacun d’eux trouve cette nuit-là sa parfaite expression, et réalise le Tout. Ensuite, le Roi reçoit de nouveau ses concubines, mais en nombre décroissant durant la phase descendante, jusqu’à la nouvelle Lune.

Personnellement, je trouve ce mythe odieux, parce qu’il dévalorise la Reine et peut laisser croire que le yin est inférieur au yang, la femme à l’homme, etc.

La Lune dans la mythologie gréco-romaine

Chez les Grecs, la Lune n’était pas exactement personnifiée par une seule déesse, mais elle avait trois visages : Séléné, Lune pleine et lumineuse ; Artémis, Lune croissante ou décroissante ; Hécate, enfin, Lune sombre, obscure, absente, qui est là, mais qu’on ne voit pas, la Lune maléfique.

La pleine Lune, la très belle Séléné

Elle représente une plénitude, l’accomplissement de la réalité spirituelle de l’être.

A Séléné sont rattachés le nom propre et le personnage d’Hélène, idée de femme parfaitement belle et lumineuse mais changeante ! « Phaetusa la rayonnante », ou « Euryphaesa, celle qui brille au loin », dit Homère dans l’Iliade. Cependant, Hélène-Séléné, la pleine Lune brillante, est un miracle fragile et de faible durée. Demain sera le premier jour sur la voie du déclin, vers l’obscurité de la nouvelle Lune.

La Lune-Séléné n’occupe qu’une place secondaire parmi les grands dieux de la mythologie grecque, mais plusieurs dieux importants ont des résonances lunaires.

Séléné dérive de sélas, signifiant lumière. Soeur d’Hélios/Apollon, le Soleil, elle est la sage déesse des nuits calmes. Elle parcourt le ciel dans un char attelé de boeufs blancs placides, ou de deux chevaux blancs. (Tandis que son frère Hélios a droit, lui, à quatre fringants coursiers ! Décidément, la misogynie des Grecs était sans bornes !)

Aussi sage et régulière que sa course céleste, l’histoire de Séléné compte cependant quelques aventures amoureuses. Homère rapporte que son charme aurait séduit le roi des dieux, Jupiter/Zeus (ces deux-là, naturellement, étaient faits pour s’entendre, dans la mythologie, comme dans le signe du Cancer !). Le maître de l’Olympe ira même jusqu’à épouser Séléné, par lassitude, sans doute des scènes de jalousie de Junon/Héra. Séléné lui aurait donné une fille : Pandia, la « toute claire ».

Par contre, la passion que Séléné inspira à Pan, dieu barbu, cornu et pattu, fourchu comme un bouc, est assez mouvementée. Comme son nom l’indique, Pan (« tous »), s’était attiré la faveur de tous les habitants de l’Olympe, tous… sauf Séléné. Il était vraiment trop laid, trop -noir. A ses déclarations enflammées, la belle opposait la plus totale indifférence. Mais rien ne pouvait arrêter Pan, qui n’était pas pour rien le fils de l’astucieux Hermès. Couvert de peaux de moutons blancs (ce qui faisait tout de même plus propre), il réussit à s’approcher de Séléné qui ne fit pas, cette fois, la difficile : elle se laissa enlever au fond des bois d’Arcadie.

Ce n’est pas la seule aventure de la calme Séléné, par ailleurs modèle de fidélité.

Du temps où les rois étaient bergers, un simple mortel pouvait épouser une déesse.

C’est ce que fit Endymion, roi d’Elide. La légende ne dit pas si c’est le souvenir de la toison dont s’était revêtu Pan pour la séduire qui décida Séléné à suivre ce charmant berger. Sa mission céleste remplie chaque matin, Séléné retournait dans la grotte derrière le mont Latmos, pour retrouver son bien-aimé Endymion endormi, qui n’attendait qu’elle pour s’éveiller. Il est certain qu’ils ne jouèrent pas seulement à compter les moutons, puisqu’ils eurent cinquante filles, pas moins… Ce mythe attire notre attention sur la fertilité de la Lune et ce n’est pas un hasard si Séléné est déesse de la pleine Lune, donc du milieu du cycle lunaire. Chacun sait, depuis les travaux d’Ogino, que l’ovulation chez les femmes, moment fertile, se produit vers le quatorzième jour du cycle. Prescience des Grecs... Notez que Séléné et Endymion abritent leurs amours dans une caverne : le Cancer aime l’ombre ; la gestation et la naissance se font en secret.

Le sommeil du roi-berger, présenté par certains comme une faveur spéciale de Zeus/ Jupiter, serait, dans d’autres versions, un cadeau de Séléné elle-même, qui y trouve bien son compte : dès qu’elle s’absente, Endymion plonge dans le sommeil, pour ne se réveiller qu’à son retour ; ainsi, pas de tromperie possible avec d’autres femmes… Ce mythe met l’accent sur un certain type de maternité abusive, qui étouffe l’être aimé et le prive de toute autonomie. Endymion, prisonnier de cette possessivité maternelle, vit à travers celle-ci, par procuration, sans jamais pouvoir parvenir à l’état adulte. Thème extrêmement cancérien, illustré de façon frappante par Marcel Proust. Endymion, d’ailleurs, n’était pas un quelconque petit roi-berger de l’époque des pasteurs : il était tout de même fils de Zeus/Jupiter et d’une nymphe, donc à moitié jupitérien (toujours les affinités de cette planète avec la Lune).

Endymion passait pour très beau, et l’idée de vieillir lui était insupportable. Refus de la vie exprimé par le mythe de son sommeil, refus d’entrer dans le monde des adultes, qui enlaidit. Endymion est l’enfant qui ne veut pas grandir, l’éternel Petit Prince d’un monde de rêves où il se réfugie, à l’abri des murs de sa grotte. Il ne se réveille jamais, évitant ainsi la mort.

Certains mythologues pensent que ses cinquante filles perpétuent le souvenir des cinquante « prêtresses de l’eau », vouées à un culte des sources anciennement pratiqué en Elide.

Artémis/Diane :

la Lune croissante et décroissante, belle et froide divinité

Ses attributs ordinaires sont le fameux croissant lunaire qui orne sa chevelure, l’arc de chasseresse et les chiens qui l’accompagnent.

Comme le chasseur-centaure du Sagittaire, l’Artémis de la Lune croissante est en quête d’un idéal, d’un dépassement de sa condition terrestre par le désir. Correspondance, ici encore, entre l’astrologie et la mythologie : le Sagittaire est le signe de Jupiter, exalté en Cancer. Jupiter, personnage à la fois matérialiste, adonné aux jouissances terrestres, mais aussi personnage idéaliste, épris de foi, de bonté, d’idéal.

Dans sa phase descendante, Artémis traduit la tristesse de l’âme qui n’a pas pu se maintenir sur les sommets divins et qui retombe dans sa destinée mortelle.

Artémis (comme tout Lunarien) possède de redoutables pouvoirs occultes : elle sait déclencher les épidémies, et fait mourir qui lui déplaît avec une de ses flèches acérées qui ne manquent jamais leur but.

Ici, la Lune est clairement ambivalente ; symbole de mort autant que de vie : Artémis est chasseresse, et la chasse est oeuvre de mort. Mais elle protège les petits des animaux et les jeunes enfants : ainsi, elle favorise la vie. Comme la mère d’Artémis, Léto, avait accouché sans douleur, les jeunes femmes grecques invoquaient la mère et la fille pendant leur grossesse.

Un jour, dans l’Olympe, assise sur les genoux de son père Zeus/Jupiter, la petite Artémis lui demanda toute une liste de faveurs, parmi lesquelles : une « éternelle virginité », un arc et des flèches, une suite de nymphettes pour la servir, des chiens… Ainsi, la mythologie grecque exprime-t-elle clairement que la Lune n’est pas une planète érotique.

De la tendresse, ô combien ! Mais de la passion physique, non ! Ce sont Vénus et Mars qui incarnent les feux de l’amour. Les Lunariens ne sont pas portés vers les grandes passions brûlantes. Et s’ils le sont, c’est que Mars, Vénus, Jupiter, Pluton, parlent haut dans leur thème.

Artémis, la jeune fille à l’arc d’argent, méprise l’amour et se place d’emblée sur un pied d’égalité avec son frère Apollon, symbole solaire. Son personnage de femme sportive et virile rappelle que certains peuples de l’Antiquité ont perçu la Lune comme masculine (le dieu-Lune des Sumériens, et le dieu luni-solaire des Egyptiens, lesquels étaient sans conteste masculins). En fait, Artémis/Apollon forment un tout luni-solaire, où la Lune affirme son importance égale à celle du Soleil.

L’arc d’argent représente la nouvelle Lune. L’âge des fidèles nymphettes qui suivent Artémis est symbolique : neuf ans. Lo, Lola, Lolita...! Mais neuf ans, c’est 3 fois 9 = 27 jours, durée approximative du cycle lunaire.

Notre déesse exigeait des nymphes de sa cour une chasteté absolue. Et quand j’y repense, je me dis que, vraiment, le Cancer lunaire n’est pas un signe de grands amoureux.

De grands rêveurs, de grands tendres, certes, mais ils ne comprennent rien à ce feu dévorant des passions physiques!

Un jour, l’une des nymphes, la pauvre Callisto, se trouva enceinte. Fureur d’Artémis, qui n’hésite pas et la change sur l’heure en ourse pour la livrer à la meute hurlante de ses chiens. Mais Zeus, pris de pitié, sauva Callisto et la mit au nombre des constellations.

C’est elle que vous voyez brilley là-haut dans les ciels clairs d’été, et que vous appelez « la Grande Ourse » !

Artémis, belle et fidèle comme l’eau, n’était pas tendre non plus avec ses prétendants.

Un jour, Actéon l’aperçut, tout à fait par hasard, en train de se baigner nue dans un étang. Fasciné, il restait là à regarder la déesse qui avait, bien sûr, une réputation de grande beauté. Mal lui en prit : l’impitoyable chasseresse le changea en cerf qu’elle fit courir par ses chiens : il fut dévoré (pour un si mince péché !).

La mythologie raconte encore une autre histoire significative à propos d’Artémis/Diane. Héphaïstos/Vulcain, le dieu forgeron, qui habitait sous les îles Lipari, avait invité notre déesse à visiter sa forge. Tout fier, il lui montra l’oeuvre à laquelle il travaillait : un abreuvoir pour les chevaux marins de Neptune. Artémis fut moyennement enchantée de la visite ; ses nymphettes avaient peur, et puis tous ces Cyclopes étaient si laids, avec leur œil unique sur le front ! Cette caverne noire était si terrifiante que les relations en restèrent là.

Cependant, le mythe souligne ici l’entente, la parenté (on dit aussi la « trigonocratie ») des signes d’Eau. Neptune règne sur les poissons et l’océan, et Vulcain travaille pour lui. Artémis, la Lune, règne sur les rivages (son père, Zeus, l’a nommée gardienne de tous les ports). Quant à Vulcain, établi dans un lieu sombre et secret, à résonance plutonienne, il est lié aux mythes lunaires et certains de ses attributs rappellent ceux du Scorpion (volcan = feu central = Mars, origine érotique rattachée aux mystères des forgerons, domaine à la fois aquatique et souterrain).

Hécate, divinité infernale de la Lune obscure

La nouvelle Lune est assimilée à Hécate, « la lointaine », sombre divinité que l’on représente rôdant la nuit dans le Tartare, accompagnée de chiens hurlants. D’après certaines traditions, elle est la maîtresse de l’affreux chien Cerbère, concierge des Enfers. Elle-même, surnommée « la chienne », ou « la louve », est parfois représentée avec trois corps (ou trois têtes) de chien, de lion, de jument, d’où son nom, Hécate au triple visage. Amie du couple qui règne sur les Enfers, Hadès/Pluton et Proserpine/Perséphone, elle se sent parfaitement à l’aise dans ces lieux sinistres !

Il semble qu’autrefois, chez les tribus préhelléniques, Hécate et Perséphone, liées indissolublement entre elles, aient figuré la mort et la renaissance. De très anciens récits, comme ceux d’Hésiode, tout à fait archaïques, suggèrent qu’Hécate était primitivement honorée comme souveraine suprême du Ciel, de la Terre, des Enfers : d’où sa « maléficiée« .

A une époque reculée, elle n’était donc pas uniquement maléfique. Plus tard, les Hellènes mirent l’accent sur son pouvoir destructeur, et l’on oublia ses attributs créateurs. Peu à peu, Hécate ne fut plus invoquée que la nuit, par les magiciennes de Thessalie ou de Thrace, au cours de séances de magie noire 1. Elle présidait aussi aux rites sanglants des Ménades de Dionysos, et l’on célébrait son culte aux carrefours à trois voies.

La mythologie grecque dit que Zeus avait laissé à Hécate son pouvoir d’accorder à tout mortel la réalisation de son désir. Echo de l’ancien culte de la triple déesse, et du pouvoir redoutable des sorcières de Thessalie. Cette « maléficiée » d’Hécate est peut-être aussi une survivance de l’époque très lointaine où l’année se divisait en trois parties, dont l’une aurait été placée sous l’étoile de Sirius, dans la constellation du Grand Chien.

Toutes les traditions antiques assignent à cette phase de la Lune une réputation maléfique et la réservent aux opérations de sorcellerie, à l’évocation des démons. Il est vrai que cette Lune sombre, invisible, qui est là et que l’on ne voit pas vraiment, dégage une impression de malaise (contrairement à la pleine Lune, qui met bien des gens dans un état d’euphorie). Mais l’aspect démoniaque d’Hécate semble s’être aujourd’hui reporté sur la Lune Noire, qui concentre sur elle tous les aspects négatifs de la Lune.

Les cultes anciens de la déesse-mère

Dans l’Europe préhellénique, les dieux de l’Olympe tels que nous les connaissons étaient inconnus : ils furent importés plus tard, avec les conquérants hellènes.

Avant leur arrivée, le culte le plus répandu était celui de la « Grande-Mère », symbolisée par la Lune, déesse de la fertilité et de la vie végétative. Elle était vénérée autour de la Méditerranée par des sociétés matrilinéaires où régnait le matriarcat.

Les invasions hellènes, en particulier celles des Achéens au mie siècle avant Jésus-Christ, portèrent un coup fatal à cette société matrilinéaire. La Déesse-Mère dut céder peu à peu la place aux dieux grecs, et l’importance de la Lune dans la mythologie régressa.

A l’époque préhellénique, « les trois phases de la Lune – nouvelle, pleine et vieille – rappelaient les trois âges du matriarcat : celui de la jeune fille, de la nymphe (la femme nubile) et de la vieille femme. Ainsi, comme la marche du Soleil au cours de l’année évoquait l’accroissement puis le déclin des forces physiques, jeune fille au printemps, nymphe en été, vieille femme en hiver, la déesse s’identifia aux transformations, selon les saisons, de la vie végétale et animale ; et donc aussi avec la Terre-Mère qui, au début de l’année dans le monde végétal, ne donne que des feuilles et des bourgeons, puis des fleurs et des fruits, et enfin, cesse de produire. Elle fut d’ailleurs plus tard conçue sous forme d’une autre triade : la jeune fille de la sphère de l’air supérieur, la nymphe de la sphère de la terre ou de la mer, la vieille femme du monde souterrain, personnifiées respectivement par Séléné, Aphrodite et Hécate. Ces analogies mystiques renforcèrent le caractère sacré du nombre trois 1″, et la déesse-Lune était toujours adorée sous forme triplice (trois ou multiple de trois).

II semble que les épisodes innombrables de la mythologie grecque, où un dieu de l’Olympe s’unit à une mortelle, traduiraient le souvenir de mariages mixtes entre les envahisseurs, c’est-à-dire les chefs hellènes, et les prêtresses indigènes des cultes lunaires. Les grands dieux de l’Olympe, Junon/Héra en particulier, n’approuvent guère ce métissage, ou ces « amours ancillaires », ce qui traduirait aussi la désapprobation sociale entraînée par de tels mariages entre conquérants et populations locales.

La famille patrilinéaire (celle que nous connaissons encore) gagna peu à peu du, terrain en Grèce, et l’importance de la Lune disparut avec l’ancienne société matrilinéaire.

Comme le dit Robert Graves : « Ainsi, la monarchie mâle gagnait du terrain ; mais bien que le Soleil fût devenu un symbole de fertilité mâle dès le moment où la vie du roi eut été identifiée avec son voyage à travers les saisons, il demeura encore sous la dépendance de la reine, du moins théoriquement, longtemps après que le stade matriarcal eut été dépassé. Ainsi les sorcières de Thessalie, région où l’on était conservateur, avaient coutume de menacer le Soleil, au nom de la Lune, d’être englouti dans la nuit éternelle »

La préhistoire a relevé de nombreuses traces, dans cette période, de la suprématie religieuse des femmes. Des chefs mâles étaient choisis pour la guerre, mais toujours en fonction des règles de la matriarchie : l’oncle maternel de la reine, ou son fils, ou son frère ou encore le fils de sa tante maternelle. Dans une société matrilinéaire, c’est la famille de la femme qui a priorité en matière de succession, de droit, de nom, etc. (Dans notre société, patrilinéaire, c’est le contraire : la lignée mâle prend le pas sur la famille de la mère.)

Cependant, peu à peu, l’aristocratie mâle prit le pas sur la théocratie féminine, et le roi devint le représentant de Zeus sur terre, favorisant le culte solaire.

Les préhistoriens et ethnologues qui se penchent sur l’évolution des sociétés, tant anciennes qu’actuelles, ont relevé de nombreux exemples similaires. L’antique Sumer, qui adorait le dieu-Lune Sin, vivait également sous une société matrilinéaire. Plus tard, Sin s’effaça au profit de Mardouk, dieu solaire. L’ancienne Egypte, à l’époque archaïque, avait connu également des dynasties matrilinéaires. Les Carthaginois adoraient la déesse Tanit, certainement lunaire. Et le Sahara primitif, où la tradition matrilinéaire est restée vivace, rendait un culte à la Lune, déesse-mère. La société targuie (les Touaregs), au moment où les Européens l’ont découverte, avait conservé ce matriarcat qui remonte à la nuit des temps, et grand fut l’étonnement des militaires français de découvrir une société où les femmes participaient de façon si officielle aux décisions importantes.

Le calendrier lunaire

La disparition des cultes lunaires est liée à l’évolution du calendrier. Répandu autrefois dans toute l’Europe préhistorique, le calendrier lunaire comptait 13 mois de 28 jours (c’est-à-dire la durée d’une révolution lunaire). L’année était tripartite, par analogie avec les trois phases de la Lune, dont nous venons de parler. Le calcul du temps selon les rythmes lunaires était certainement plus facile pour les peuples primitifs. La fertilité de la terre et des troupeaux était plus immédiatement, plus visiblement liée aux phases de la Lune, plus tangibles que celle du Soleil.

Dans le calendrier lunaire, la durée du mois, coïncidant avec la durée du cycle féminin, repose sur une identification étroite de la femme avec la Lune. Résumé de l’équation : Lune = Femme = Fécondité = Vie = Terre = Eau...

L’année de 364 jours se divise exactement par 28 : c’était donc un calendrier très pratique, où les fêtes populaires s’articulaient très bien avec la pleine Lune. Un jour supplémentaire, gagné par la Terre en tournant autour du Soleil, était ajouté à la fin du troisième mois (c’est peut-être l’origine de la Chandeleur). Ce jour était consacré à une grande fête, au cours de laquelle la prêtresse de la Lune choisissait un roi, ou un chef militaire, pour l’année qui commençait.

Le grand problème fut longtemps de faire coïncider le calendrier lunaire avec le calendrier solaire (12 mois et 4 saisons). Il semble que l’on y soit parvenu vendant le premier millénaire avant Jésus-Christ.

Pendant des siècles, bien après la généralisation officielle du calendrier julien (solaire), les paysans des régions isolées continuèrent à compter l’année en mois de 28 jours, et en 13 mois… On en trouve encore des échos dans l’Angleterre du mie siècle !

Les trois Parques

Les trois Parques en robe blanche, chantées par Orphée, sont appelées aussi « Moires » chez les Grecs. Elles sont filles de Nyx, la nuit, et devant elles, tous les vivants sont saisis d’une terreur sacrée. Elles représentent les puissantes forces naturelles devant lesquelles l’homme est complètement désarmé, et la fatalité du destin.

Les trois Parques, ou Moires (moira : quartier ou phase) symboles lunaires, correspondent aux trois phases de la Lune. Il s’agit là certainement d’un mythe très ancien, datant de l’époque préhellénique.

La première Parque est Clotho, « la fileuse ». C’est la Lune croissante, la jeune Parque qui tisse les événements de la vie. C’est aussi la moins terrible des trois sœurs.

La seconde, Lachésis, « la dispensatrice », celle qui mesure le fil, est l’image de la pleine Lune. C’est elle qui, en détournant la tête, tire au sort le lot de hasard et de chance qui reviendra à tout humain. Cette « part de fortune » est inaliénable, il peut en jouir en toute sécurité ! Mais malheur au mortel qui essaie d’obtenir plus qu’il ne lui a été dévolu par le sort, car il empiète sur les prérogatives des dieux ! Il se désigne ainsi à la vindicte des Parques. Ce thème sera l’un des ressorts-clés de la tragédie grecque antique.

Nous avons été programmés pour un destin, nous ne devons pas chercher à lui échapper, telle est la morale qui se dégage du mythe des Parques. (Le nom « Lachésis » a été donné à un serpent sud-américain très venimeux, dont la morsure donne la mort. « Lachesis mutus », c’est-à-dire la dilution de ce venin, est un remède très utilisé en homéopathie !) La troisième Parque, Atropos, l’ « inévitable », celle à qui l’on ne peut échapper, est la plus puissante et la plus redoutée des trois sœurs. C’est la plus petite et la plus méchante.

Elle correspond à la phase descendante de la Lune, qui s’obscurcit peu à peu jusqu’à la néoménie, et que nous avons déjà vue personnifiée par la terrible Hécate. A l’heure de la naissance, Atropos grave sur une pierre l’heure de la mort. L’échéance arrivée, elle tranche inexorablement le fil de la vie, et nul ne peut la faire fléchir. (Mais il y a des exceptions, voir plus loin !)

Les trois sœurs habitent dans une caverne (symbole de nuit et d’obscurité), auprès d’un étang (la Lune liée à l’eau) dont le trop-plein s’écoule par l’ouverture de la grotte. On re- connaît là l’image de la clarté lunaire filtrant entre les nuages, dans la description poétique qu’en firent Orphée et ses disciples. A cette clarté lunaire se réfère aussi la blancheur de la robe des trois sœurs.

Le passage de la société matriarcale, préhellénique et adoratrice de la Lune, à une société grecque patriarcale, se marque dans les relations entre Zeus et les Parques. Le mythe hésite visiblement, et l’enjeu est important : il s’agit de savoir qui, de Zeus ou des Parques, détient le pouvoir suprême, celui de décider de la vie et de la mort.

Dans les versions les plus anciennes, les Parques ont un pouvoir absolu sur la vie des hommes. Dans les versions plus récentes, coïncidant avec la conquête hellène et l’effacement du culte lunaire, Zeus domine les Parques. Il les informe de ses décisions, certes, mais il a aussi le pouvoir de les obliger à changer d’avis ; il intervient pour leur imposer ses décisions.

Si les versions anciennes disent que Zeus lui-même tremble devant les Parques, il est dit ailleurs que les Parques s’inclinent devant lui. Zeus s’appelle parfois « le maître des Parques », puisqu’il prétend au pouvoir suprême sur les destinées humaines.

Une autre légende concernant les Parques est très significative. Il s’agit de l’épisode d’Apollon, venu rendre visite aux trois sœurs dans leur caverne. Il veut obtenir la grâce de son bienfaiteur et ami, le roi Admète, qui a eu la révélation de sa fin prochaine.

On sent qu’il s’agit d’un duel Soleil (Apollon) – Lune (les Parques) que la mythologie règle au profit du premier. Ce qui rappelle tout ce dont nous avons parlé plus haut, à propos de l’effacement des cultes lunaires de la Grande-Mère au profit d’un culte solaire. Face aux intraitables sœurs, Apollon a recours à la ruse : il leur fait boire du vin.

L’ivresse aidant, elles acceptent de retarder un peu le coup de ciseaux fatal qui doit trancher le fil de la vie d’Admète. Elles y mettent toutefois une condition : que l’un des proches du roi accepte de se substituer à lui, car la mort réclame son tribut.

Bien entendu, personne ne veut se sacrifier. Seule Alceste, l’épouse d’Admète, s’offre par amour, à le remplacer. Après avoir fait des adieux touchants à sa famille, à son mari, à la lumière du jour, Alceste avale un poison et s’abandonne à la mort. Mais aussitôt qu’elle a rendu le dernier souffle, Admète regrette d’avoir accepté son sacrifice. Car sans une telle épouse, la vie a perdu tout goût et toute couleur, et ne vaut plus la peine d’être vécue.

Perséphone, reine des Enfers, très choquée (dans son féminisme) qu’une femme se sacrifie à la place de son mari, renvoie Alceste vers la lumière du jour.

Dans d’autres versions du mythe, Admète fait appel à un ami, Héraclès/Hercule.

Toujours prêt à en découdre pour la bonne cause – et bon prince puisque c’est un jupitérien – le héros se fait le champion d’Admète. Le jour où Hadès vient chercher Alceste, c’est-à-dire le jour des funérailles, Héraclès survient avec sa célèbre massue (en bois d’olivier sauvage : détail important puisque l’olivier est sacré). Il s’attaque à Hadès en combat singulier et finit par en triompher, arrachant Alceste à la mort, et du même coup, Admète.

Notez l’intervention d’Héraclès, personnage très cancérien, comme nous l’avions vu plus haut. Les cycles lunaires et cancériens sont si étroitement imbriqués les uns dans les autres qu’ils ne sont pas facilement dissociables.

Les versions successives du mythe trahissent, ici encore, l’évolution de la société : dans la version ancienne, Perséphone refuse le courageux sacrifice d’Alceste. Nous sommes encore dans une société matriarcale où Perséphone, comme la Grande Prêtresse, a tous les pouvoirs.

Dans une version plus tardive, intervient Héraclès, qui incarne la volonté de Zeus; Héraclès est un symbole jupitérien, et nous sommes cette fois dans une société patriarcale où règne Jupiter/Zeus/le Soleil, tandis que la Grande-Mère lunaire est tombée dans l’oubli.

Je dois dire que ces histoires très pittoresques de dieux et de déesses sont infiniment plus amusantes que les mythes de la Déesse-Mère, dont les statues retrouvées ici et là ne sont guère affriolantes avec leur gros ventre et leurs multiples seins…

Il semble que, dans les mythologies, tout ce qui est triple (ou multiple de trois) se rattache à cette période des cultes lunaires. Triple Hécate, trois Parques, neuf têtes de l’hydre de Lerne, etc., en référence aux trois phases de la Lune.

Le culte lunaire de la Déesse-Mère, symbole de fertilité et de vie végétative, correspond à un stade culturel « primitif » de l’humanité. Si les peuples évoluent ensuite, les uns après les autres, vers un culte solaire et une société patriarcale, c’est tout à fait dans la logique de l’astrologie : le mois du Cancer, signe de la Lune et de la gestation, précède le mois du Lion, signe du Soleil et de la maturité 1. Tout se passe comme s’il existait un ordre naturel et astrologique des choses, auquel les individus, tout comme les sociétés, ne peuvent échapper. On ne peut s’attarder éternellement au stade du Cancer : il est fait pour être dépassé, et chacun doit parvenir à la pleine lumière solaire, à l’autonomie, à l’affirmation de soi.

La Lune et la Bible

La Lune apparaît dès les premières pages de la Genèse, comme l’un des deux luminaires qui « servent de signes pour compter tant les fêtes que les jours et les années ». L’éclipse de Lune est interprétée comme une manifestation de la colère divine, et sera l’un des signes du Jugement dernier. Plusieurs passages des Ecritures parlent de la Lune qui perdra « le tiers » de sa clarté, et se transformera en sang. La Lune est donc associée ici aussi, comme dans le signe du Cancer, à la fin de toutes choses.

Selon Isaïe, lorsque Jérusalem sera rétablie, la Lune sera aussi brillante que le Soleil, mais aucun des deux luminaires ne sera vraiment nécessaire pour éclairer la Jérusalem éternelle, puisque la lumière de l’Agneau divin y suffira.

L’Ancien Testament interdit les cultes lunaires (Deutéronome, IV/19 et XVII/3), considérés comme une épouvantable idôlatrie.

Encore actuellement, la date de Pâques dépend de la première pleine Lune de printemps, et l’on pense que cette fête chrétienne majeure a pris le relais d’une fête lunaire bien plus ancienne.

Pour les catholiques et orthodoxes d’aujourd’hui, la Vierge Marie, Mère de Dieu, résume en elle tous les symboles antiques ayant trait à la Grande-Mère et à la Déesse-Lune.

Dans les litanies, elle est appelée « Etoile du matin » et « Porte du Ciel ». Nous avons vu plus haut que c’était également l’une des significations du signe du Cancer. Un très grand nombre de sanctuaires mariaux actuels, tel celui de Chartres, ont pris le relais d’anciens sanctuaires consacrés à la Déesse-Mère lunaire, ainsi que l’attestent d’innombrables fouilles.

La Vierge-Mère, comme l’ont souligné les exégètes, réunit en elle les trois visages de la Lune : la brillance de Séléné, la virginité d’Artémis, les pouvoirs mystérieux d’Hécate sur le monde invisible (mais de cette figure n’est retenue que l’aspect bénéfique et positif).

La prière des chrétiens Ave Maria se réfère explicitement à ce pouvoir de Marie sur l’Hadès : « Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort… »

Mais les textes les plus frappants à cet égard sont certainement ceux de l’Apocalypse de Jean.

Au chapitre mi : « Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une femme ! Le Soleil l’enveloppe, la Lune est sous ses pieds, et douze étoiles couronnent sa tête. »

Devant la Femme apparaît un énorme Dragon rouge feu, à dix cornes (symbole lunaire très classique, attribut de toutes les divinités lunaires anciennes, attribut également du Taureau où la Lune est exaltée… Cette mention des cornes revient plusieurs fois dans l’Apocalypse). La queue du Dragon « balaie le tiers des étoiles » (notez la référence au chiffre trois). Suit un duel fantastique entre la Femme et le Dragon, la Femme symbole de vie, qui enfante, et le Dragon, symbole de mort, qui cherche à dévorer l’enfant nouveau-né.

Le Dragon transmet ensuite son pouvoir à la Bête, qui a deux cornes. Dragon et Bête ont visiblement repris l’héritage de la terrible Hécate. D’après Jean, la Bête et le Dragon sévissent au bord de la mer, et le récit est rempli de références à l’eau, tant mer que rivières et fleuves, élément lunaire et cancérien. On peut le voir aussi comme un gigantesque combat entre les éléments, entre le Feu et l’Eau… Les deux monstres fabuleux sont porteurs d’un feu maléfique, qui détruit l’ordonnance de la Création en perturbant dramatiquement l’équilibre des eaux, en brûlant tout sur leur passage – car leur domaine d’origine est l' »abîme n, r « étang de soufre et de feu ».

De la gueule du Dragon et de celle de la Bête surgissent trois esprits démoniaques : on pense aux Parques.

Vient ensuite la frappante description de la ruine de Babylone : « Babylone la Grande, la Mère des prostituées, portée par la Bête à cornes… »

Je résume : il semble que la Femme, image de Marie, Mère de Dieu, concentre en elle toutes les puissances bénéfiques de la Déesse-Mère lunaire et du signe du Cancer (gestation, naissance, vie éternelle) tandis que la Bête et le Dragon héritent de toutes les puissances maléfiques d’Hécate, de Lilith, des Parques.

Dans la théologie chrétienne, trèsoptimiste, la Vierge-Mère abattra définitivement le Dragon : « La Mort et l’Hadés sero,t jetés dans l’étang de Feu pour les siècles des siècles ». Tandis que « la mer rendra les morts qu’elle gardait, ainsi que l’Hadès ». (XX,13).

Caractérologie générale du Signe

Clair de Lune

« Il y a un peu de la folie de la Lune dans tout Cancérien« , a dit Linda Goodman, remarquable astrologue anglaise. Sans doute est-ce par là qu’il faut commencer, pour parler de ce personnage controversé qu’est le natif du Cancer. Le coup de Lune. S’est-il trop longtemps exposé, originellement, aux clairs étranges de cet astre, troué de cratères noirs ? Porte-t-il un peu du déchirement que l’on ressent au moment où explose l’été, lorsque l’automne est si proche, avec ses retombées de lumières ? La contradiction du signe apparaît aussitôt : signe d’été, mais de nuit. Signe de chaleur, de lumière, de rayonnement, mais enfermé sous sa carapace, protégé et limité par ses énormes pinces qui entravent son mouvement, vivant dans l’ombre des rochers ou des océans : il en existe même qui sont aveugles, dans les grands fonds abyssaux. J’ai souvenir d’une petite fille hurlant de terreur devant un crabe impressionnant qui s’était caché dans sa chaussure (il a honte de lui-même, le crabe, il essaie de ne pas se montrer) ; lorsque j’ai extrait de sa cachette, à l’aide d’une petite branche, cette bête aux pinces énormes, à l’allure réellement effrayante, elle s’est arrêtée courageusement devant ma branche, qui la titillait sadiquement, et a fait quelques mouvements pathétiques, pitoyables et sans aucune efficacité, pour défendre sa peau. Toute la psychologie du Cancérien est résumée là : en permanence sur la défensive, mais totalement démuni et désarmé face à l’attaque directe de l’adversaire. Outre que le pauvre crabe n’attaque lui-même jamais que par malentendu : il avait cru trouver un abri sûr dans la chaussure de la petite fille !

Seule victoire : l’échappée

Mais revenons à la Lune qui gouverne, dit-on, notre Cancer. Il est probable que, comme cet astre à l’éclat inquiétant, le Cancérien ait une face cachée qui n’apparaît jamais en même temps que la face visible. J’irai même au-delà de cette image : plus il fait briller sa face visible, plus il cache l’autre. C’est pourquoi les êtres du Cancer apparaissent comme des gens imprévisibles, aux actes et aux réactions inattendus, voire surprenants. Leur seule défense est de se soustraire à la compréhension et au regard d’autrui. N’oubliez pas que l’attaque leur est inconnue. Leur personnalité, entièrement construite sur un mode défensif, se trouve affaiblie par la protection même dont ils s’entourent : comment aller de l’avant avec toutes ces entraves ? De fait, ils ne vont pas de l’avant. Ils vont de biais. Ils ne connaissent que les transversales pour se rendre d’un point à un autre. D’où l’impression qu’ils donnent d’échapper. C’est leur force, leur seule arme, et leur salut dans bien des cas : l’échappée. La fuite de côté. La disparition vers le rêve, le sommeil, la création, l’enfantement, l’autre monde, en quelque sorte. Ce n’est pas, comme on l’a dit, un refus du réel : c’est la seule défense du Cancer attaqué. Le Scorpion agressé va élaborer une stratégie raffinée, complexe, quasi perverse, qui utilise les armes de l’agresseur plus son intelligence et son intuition supranaturelle pour répondre à l’agression. Le Cancer, en revanche, est démuni devant une offensive. Il ne sait pas comment répliquer, il ne sait même pas qu’il peut répliquer. Il cherche seulement à se protéger des coups, puis à éviter que les coups ne se reproduisent. Or, comment mieux se protéger des coups, éviter de les voir se reproduire, qu’en disparaissant, corps et biens ? Sur ce terrain, le Cancérien est à l’aise. Il connaît toutes les gammes de la non-présence, il en joue avec virtuosité, il fait même preuve d’une invention et d’une ingéniosité rares en ce domaine car il ne disparaîtra jamais deux fois de la même façon, il ne se dérobera jamais par les mêmes sorties, il ne fuira jamais aux mêmes moments. Il y a la fuite classique dans le sommeil. Le Cancérien, qui dort beaucoup, se défend ainsi des agressions du jour (chauffards en voiture, mauvais caractère du patron, collègues désagréables, etc.). Il y a la dérobade par l’oubli. Le « Ah ! j’ai oublié », caractéristique du Cancer, représente une vigoureuse protestation, sachez-le. Et sachez découvrir contre quoi, car il ne vous le dira jamais, lui.

Il y a l’absence présente. Je suis là mais je ne vous vois ni ne vous entends, semble dire le Cancérien lorsqu’il est contraint, mais vraiment contraint, d’assister à un -dîner qui l’ennuie, par exemple. « Il est dans la lune », commentent ses proches. Et rien n’est plus faux. Il est là, bien là, mais il refuse par tous ses pores d’y être. C’est le champion de la résistance passive. Et s’il ne veut vraiment pas faire quelque chose, rien au monde ne le fera changer d’avis. Il échappe à toute manipulation avec une obstination que je qualifierais de sereine. Mais il sait vouloir – et obtenir – avec la même obstination. Sereine. Tenace.

Tout ce qu’on invente est vrai

(Flaubert)

Revenons aux fuites du Cancer. Le sommeil, le rêve, l’absence sont ses fuites de tous les jours, ses petits écarts de langage à lui. Mais sa grande force, son véritable pouvoir, son atout majeur dans l’existence résident dans sa faculté de créer. Connaissez-vous de plus belles échappées que celles de l’imagination ? Il crée – ou recrée – tout ce qui l’environne.

Par la parole, d’abord. Ce qu’il raconte avoir vu, entendu, correspond peu ou mal avec ce que le vulgum pecus aura vu et entendu au même moment. Le Cancer exagère toujours, avec foi. « Exagérer, disait d’ailleurs un poète, c’est commencer d’inventer. » Il invente par la parole, donc. Mais aussi par le geste, (pour remplacer simplement un objet dans un tiroir, il peut avoir des mouvements totalement farfelus), par le regard (il voit toujours, dans un dessin, sur une photo ou dans le noir, des figures d’une richesse et d’une complication rares, ce qui est extrêmement frustrant pour le non-Cancérien se trouvant à proximité), par l’écoute (au cours d’un dîner où un charmant écrivain projetait de donner « une ou deux petites conférences en province, peut-être dans une grande librairie », une jeune voisine, à l’ouïe parfaite au demeurant, répondit avec une réelle ferveur : « Une ou deux conférences dans une grande prairie, c’est une bonne idée, mais au printemps, alors ? » Elle était bien née sous le signe du Cancer…)

Qu’ils soient employés de bureau, femmes au foyer ou conducteurs d’autobus, nos Cancériens sont profondément, fondamentalement créatifs. Vous ne vous en rendez pas nécessairement compte sur-le-champ, mais observez-les un moment et vous comprendrez ce que je veux dire. L’employé de bureau va s’installer, un beau matin, dans le fauteuil réservé au visiteur, parce que « ça lui donne l’impression de ne pas être •là », la femme au foyer vous servira une salade de concombres à la crème car « elle n’avait pas assez de fromage pour faire un soufflé » (inutile de chercher le rapport de cause à effet) ; quant au conducteur d’autobus, vous ne me croirez pas, mais il changeait ses itinéraires en fonction des nécessités de ses usagers ! « Alors que la majorité des humains redoute le chaos, le désordre d’un monde intérieur écroulé, sans repères, le créatif supporte cet état de choses insécurisant entre tous… Il choisit le doute, il choisit le défi… La traversée du désordre ressemble souvent à une traversée du désert. »

Ferme les yeux, et tu verras

(Joubert, « Pensées »)

On a trop parlé de la rigidité défensive du Cancer, on ne parle pas assez de la richesse de son univers intérieur, richesse inversement proportionnelle à la « pauvreté » de sa présence. S’il parle peu et mal en société, s’il a l’esprit d’escalier, s’il apparaît souvent comme quelqu’un de « doux et transparent », c’est que toute son énergie est utilisée, intérieurement, à élaborer son monde personnel. On dit aisément qu’il refuse le réel.

Or il s’agit, beaucoup plus souvent, d’une orientation de l’intelligence : la sienne choisit de créer plutôt que d’administrer. Dans une certaine mesure, le réel est chose acquise, sûre, stable, pour le Cancérien. Il a, plus vite qu’un autre, décelé les tendances psychologiques fondamentales de son entourage ; mais une paresse naturelle l’incline à ne pas en faire état. Il sait mais ne laisse pas apparaître qu’il sait. Curieux d’autrui, attentif à toute singularité, il semble glisser d’un air bonhomme et distrait sur les êtres et les choses.

La boutade délicieuse de Woody Allen : « La réponse est oui. Mais rappelez-moi donc la question ? » paraît avoir été spécialement inventée pour éclairer la psychologie du Cancer. Affable et apparemment absent, il gagne du temps dans le dialogue pour observer, comprendre, définir la personne qui lui parle. D’où sa rapidité à saisir ce qui l’intéresse de la réalité. Pour pouvoir, bien sûr, s’échapper à nouveau. Comprenez-le : il y a tant de secrets à déchiffrer, tant d’inconnu à saisir, à maîtriser, à absorber dans l’occulte, la nuit, la face cachée de toute chose vivante ! « Il serait très imprudent d’assimiler sa fuite devant les mondanités à l’introversion du misanthrope ou à celle de certains névrosés. Ses relations et ses échanges avec le réel sont tout à fait excellents et actifs lorsqu’il s’agit d’y rencontrer quelque chose de piquant pour l’esprit, d’en recevoir des messages susceptibles d’alimenter une recherche. »

Comme le Sagittaire est un aventurier de la terre, comme le Verseau est un aventurier de l’espace, le Cancer est un aventurier de l’esprit. « Pas de vision privilégiée, pas de certitude enclose, de murs définitifs, mais une forme d’accueil, d’ouverture qui va accorder un droit d’entrée à ce qui peut devenir perturbant.' » Ce droit d’entrée à ce qui dérange explique en grande partie le succès qu’ont rencontré les « Radioscopies » de Jacques Chancel (forte signature cancérienne avec le Soleil, Lune et Mercure en Cancer) : ne s’est- il pas appliqué à rechercher, à détecter, à transmettre l’aspect inattendu, singulier, fragile d’une image publique, jusque-là figée sous son aura ? N’a-t-il pas inventé un nouveau journalisme par ses questions fouillées, intimistes et foncièrement originales ? En un mot, n’a-t-il pas dérangé l’ordre établi, dans son métier ? Car personne, avant lui, n’avait songé à « déplacer » un invité, à le sortir des conventionnels pourquoi, à solliciter l’envers de la médaille.

Cette notion de dérangement psychique est capitale, chez le Cancer. Comme il accepte que « son système de pensée se fissure, se délabre, s’effondre », comme il est prêt à remettre en cause toutes ses convictions intellectuelles, ses certitudes mentales – d’où l’impression de flottement qu’il donne souvent – si une nouvelle information vient détruire son organisation cérébrale, il compense cette extraordinaire disponibilité psychologique par des barrières physiques notoires. Très sélectif affectivement, il se refuse aux « relations », aux contacts superficiels et ne fait aucun effort de concession aux exigences sociales. Là se retrouve la notion de fermeture souvent mentionnée à son endroit : il s’économise, il réserve ses forces vives à ce qui l’intéresse, lui.

Car il s’est constitué sa propre échelle de valeurs, hautement définie, avec ce qui mérite son attention, son temps, son énergie, et qui ne le mérite pas. Il préfère être seul qu’avec « des gens » indifférenciés, interchangeables. Cette sélectivité fait qu’il est très aimé de ses amis et très critiqué de tous les autres. S’il était vrai que le Cancer soit si avide de sécurité, comme l’affirme l’astrologie traditionnelle, je doute qu’il ait aussi fortement ancrée en lui cette capacité d’exclusion. Car exclure, c’est directement s’exposer à être abandonné.

Or, sous des apparences douces, accortes, c’est la personne la plus sauvagement individualiste du Zodiaque. C’est dans cet isolement que notre natif récupère ses forces vives. En effet, comme il se dépense beaucoup plus qu’un autre dans l’absorption de toutes les informations insolites que lui prodigue sa journée, ou qu’il sollicite lui-même avec insistance, il est littéralement épuisé, la nuit venue. Et la digestion spirituelle de ce qu’il a stocké, pour sa re-création, son alchimie inventive, se fait dans le sommeil. « Rêver et révéler, disait Queneau, c’est à peu près le même mot. » Ah ! le sommeil du Cancérien. C’est un puits sans fond, des dizaines et des dizaines d’heures, perdues pour les autres, gagnées pour lui.

Car le sommeil est porteur de rêve, aliment précieux entre tous, denrée complexe, richissime, sève des jours : le rêve est sa preuve qu’il existe un autre monde, un autre temps qui ne connaît ni montres ni réveils, un autre espace, bien plus grand, bien plus fou. « [Dans le rêve], le territoire d’exploration n’a plus de haies, il devient aussi libre qu’un continent sauvage sans frontières. Le chercheur balaie ainsi un champ de mémoire infiniment plus étendu que celui qu’il parcourt à l’état de veille.] » La folie ou ses confins, l’immensité étrange et pleine d’ombres du champ de conscience, l’existence pressentie d’une vraie image derrière les apparences des apparences, tout cela porte le natif du Cancer à voyager de plus en plus loin dans sa nuit, de plus en plus profond dans ses fantasmagories.

On peut expliquer la fascination qu’exerce sur lui l’univers de l’inconscient par la sensation qu’il a d’approcher, ainsi, la mort. Car la mort suscite en lui une obsédante angoisse qui pourrait bien expliquer, d’ailleurs, son éternel besoin de créer. En créant, peut-être annulera-t-il les siècles, donc la mort de l’âme ? C’est une hypothèse. N’oublions pas qu’à l’origine, ce signe était considéré comme le plus fécond du Zodiaque, et pour les femmes, il symbolise la maternité. Or, qu’est-ce que la fécondité, sinon le refus de la mort ? Quant au passé, que l’on attribue de façon privilégiée au Cancer, je crois, comme l’a dit Jean-Paul Sartre, que « c’est un luxe de propriétaire » : peu de natifs du Cancer se l’offrent pour la simple raison que l’aventure, même si ce n’est qu’une aventure de l’esprit, ne s’accommode guère du mouvement rétrograde que demande le souvenir.

A la recherche du temps échappé

Or je me permettrai de citer ici, dans le désordre, un certain nombre d’affirmations qui me choquent, moi, native du Cancer : « Intellectuellement, l’inhibition blocage suggère la mémoire comme faculté dominante du signe. » (J.P. Nicola, La Condition solaire.). « L’émotivité encourage la subjectivité, fait naître dans le cœur inquiet des poussées anti-intellectualistes, des croyances-refuges, des vérités qui n’aboutissent à rien. » (André Barbault, Cancer.) « Sa personnalité se développe dans un monde d’imagination, de rêves, de souvenirs qui parviennent à dénaturer la réalité objective. » (Paul Colombet, Initiation à l’astrologie.) Etc.

Cette façon de limiter mon fantasque signe du Cancer au souvenir, au passé, à la mémoire me choque, disais-je, et voici pourquoi : si le passé peut l’intéresser, et cela arrive beaucoup moins qu’on ne le dit, c’est seulement dans la mesure où il lui échappe. Tout ce qui échappe au Cancer requiert son attention particulière. Le passé en général ou son passé à lui, dans ce qu’ils ont de définitivement incompréhensible, inexplicable, inclassable (il faudrait remonter le temps pour comprendre les mécanismes de l’histoire, et qui peut y parvenir ?) l’attirent : parce que la clé de l’énigme ne lui sera jamais fournie.

Le Cancérien est un grand interrogateur. A la différence des Gémeaux qui questionnent sur la surface des choses, le Cancer interroge et s’interroge en profondeur. D’apparence indifférente, c’est un être passionnément curieux qui, au lieu de demander pourquoi, cherchera comment. Tout se passe souvent à l’intérieur de lui-même jusqu’à ce qu’il trouve seul des réponses aux problèmes qu’il se pose. Son instinct le pousse à ne retenir des autres que ce qu’ils ne disent pas, à n’enregistrer que leurs silences, à ne tenir compte que de leurs actes et non de leurs intentions. (« Il n’y a pas d’amour, disait le Cancer Cocteau, il n’y a que des preuves d’amour. ») Tout cela fait une personne aux relations difficiles, qui manque de complaisance, et qui est souvent maladroite. Le vrai Cancer ne sait pas parler, parle peu et de travers, utilisant juste les mots qu’il ne faut pas utiliser. C’est pourquoi il écrit si bien. Il compense cette réelle impuissance relationnelle par une très forte attirance pour l’écriture. Le papier ne le regarde pas dans les yeux, ne le trouble pas, ne lui parle pas, et surtout, le papier a tout son temps, ce qui n’est pas toujours vrai des gens qui l’entourent. Et notre pauvre Cancer est un lent. Un curieux, profond mais lent. Trop lent pour les dialogues, les échanges oraux, les reparties fusantes. Le temps de comprendre le deuxième, le troisième et le quatrième sens de ce qu’on vient de lui dire, l’autre est reparti pour Saint-Petersbourg.

Avoir, être ou paraître ?

Si l’on appliquait les deux modes d’existence proposés par Erich Fromm : Avoir ou Etre ? 1 aux douze signes du Zodiaque, on découvrirait que quatre signes seulement peuvent entrer dans le mode du pur être : le Bélier, par action, le Cancer, par intériorisation, le Verseau par projection et les Poissons par oblation. Les huit autres signes participent soit du mode avoir : Taureau, Vierge, Scorpion, Capricorne, soit d’un dérivé de l’être que j’appellerais le paraître : Gémeaux, Balance, Lion, Sagittaire (or, pour paraître, il faut tout de même avoir).

Le Cancer donc, après le Bélier, cherche à exister. Il ne possède rien et posséder ne l’intéresse d’ailleurs pas. Un vrai Cancérien ne gagne pas beaucoup d’argent et n’en dépense pas non plus. Ses rapports avec ce qu’il est convenu d’appeler les biens matériels sont à base d’indifférence notoire. Vous ne verrez que des objets utiles ou affectifs dans l’environnement du Cancérien, et s’il arrive qu’ils aient de la valeur, c’est un hasard.

De surcroît, il l’ignorait. Le Cancer vit souvent dans le désordre – n’oubliez pas que pour lui, le paraître n’existe pas – ou bien, l’univers dans lequel il vit est aménagé pour les autres, sa famille ou ses amis, mais pas pour lui. Le Cancer pur n’investit jamais vraiment un lieu, ni un pays, ni une maison, ni des choses. Son territoire intérieur est trop immense pour lui permettre de voir l’accessoire, c’est-à-dire l’extérieur. Il vit une maison, il n’y vit pas. Autrement dit, la maison ne lui apparaît pas en tant que maison (avec des portes, des couloirs, des murs, que sais-je ?) mais en tant que réceptacle de ses pensées, de ses impressions, de son affectivité. S’il n’a pas la sensation psychique d’être reçu, enveloppé, conforté, inconditionnellement accepté par le lieu qu’il occupe, il ne s’y trouve déjà plus.

Et c’est irrémédiable, car il peut rester des années à l’endroit où il ne se trouve pas en y étant. Sans l’habiter. Cette sensation horrible que donne le Cancérien d’être absent du lieu même qu’il occupe, je ne souhaite à personne de la vivre : dans ce domaine comme dans bien d’autres, il est impossible d’entamer son être profond. Il est le plus fort puisqu’il ne cherche pas à l’être. C’est lui qui a le plus, du fait qu’il ne cherche pas à avoir.

Le pur Cancérien s’adapte à toutes les transformations, adversités de l’existence sans dommage réel du moment que son univers affectif n’est pas menacé. Comme la tortue ou l’escargot, il transporte avec lui l’essentiel de son monde. Les hommes du Cancer, souvent mal habillés (refus du paraître) ont des poches bourrées, mais bourrées d’ingrédients indispensables à leur autonomie morale : stylos, petits carnets, pinceaux, tubes de gouache, pipes, cure-pipes, épingles de nourrice, crayons de couleur, cartouches d’encre, lettres d’amour, vis rouillées, poignées de portes et boulons de voiture sont les plus courants.

Leur point commun : la création artistique qu’ils vont autoriser. Car si le Cancérien n’aime pas jeter les choses, mêmes vieilles, même usées, c’est qu’il voit, lui, comment il va retransformer quelque chose d’ordinaire en quelque chose de beau. C’est le spécialiste des collages spectaculaires, des montages insolites, des vieilles boîtes métamorphosées en vases de fleurs, en sucriers, en lampes de chevet, des bouts de chiffon et de laine devenus poupées, des rogatons de jouets arrangés en porte-manteaux, des patchworks, mélis-mélos pleins d’invention, d’esprit et de surréalisme. Les objets acquièrent alors une toute petite valeur : celle d’être passés par leurs mains et de s’être laissés recomposer selon leur fantaisie.

La vie est un progrès de désir en désir et non de jouissance en jouissance

(Samuel Johnson)

Cette incapacité simultanée d’avoir et de paraître donne aux signes de l’être, par compensation, une beaucoup plus grande faculté de désir. C’est par le désir qu’ils alimentent l’être. Le désir se rapproche de l’attente et de l’espoir, mais il les limite dans le temps et les rend plus impératifs. Le désir du Cancérien se porte principalement sur autrui : c’est le désir de connaître, de comprendre, d’intégrer sa différence. C’est le désir de déchiffrer ce qui est, en tout être, étranger à lui-même. D’en pénétrer le secret. On pourrait assimiler ce désir à l’intérêt glacé de l’entomologiste, s’il n’y entrait pas une intime adhésion à l’autre, une vraie chaleur qu’il ne sait d’ailleurs pas exprimer. Là est tout son drame : ce désir un peu fou, extrême et sélectif d’autrui, qui porte en lui d’une certaine manière, la chaleur, la brûlure de l’été proche, le blesse constamment parce qu’il est impuissant à l’extérioriser. A la différence du Bélier, qui embrasse trop, trop vite, trop fort (et parfois mal étreint), le Cancer bride le geste, le mot de son désir. Il se croit alors incompris quand il n’est que mal entendu. Il arrive que, le barrage sautant, les eaux du désir Cancérien noient dans un tourbillon de vagues folles les êtres qui l’avaient suscité. C’est une expérience très dure pour notre crabe. Car le désespoir est plus intensément, plus silencieusement destructeur pour lui – qui ne sait pas dire – que pour un signe de l’avoir ou du paraître, qui trouvent des dérivatifs puissants à leur détresse.

Là où vibrent des ondes aux longueurs non répertoriées…

De la même façon, le désir du Cancer à l’égard de ce qu’il ne saisit pas dans l’être humain présente toujours quelque chose de délirant ; mais il faut découvrir l’indice du délire, qui n’est ni verbal, ni gestuel. Lorsqu’il veut savoir pourquoi ou comment se passe quelque chose qu’il ignore chez une personne qui l’intéresse, sa quête de l’explication, de la cause authentique – autrement dit la vérité – peut se manifester par un comportement inhabituel, fébrile, absolument excessif : il en perd l’appétit, le sommeil, le rêve même.

C’est pourquoi je suis amenée à penser qu’il y a, dans tout Cancer et à tout moment de sa vie, une violence faite d’exclusivité, de condensation de la volonté, d’action ou de non- action perturbatrices, qui peut prendre soudain la place de sa raison. Cette violence dérailleuse, qui déboule sans crier gare dans la vie calme et apparemment sans heurts du Cancérien, est amoureuse. On trouve ainsi du désordre et des bouleversements passionnels dans toute relation du Cancer, dans tout intérêt qu’il porte à quelqu’un d’autre. Ami, professeur, frère ou sœur, relation de travail, père ou mère, compagnon de sport (ou de danse ou de yoga), partenaire d’échecs, peu importent le lieu, les circonstances de la rencontre. Elle s’est faite. Et le travail en souterrain a commencé. Passion sans éclat, comme l’eau qui dort. Rarement, cette passion se voit, rarement elle s’exprime, mais elle existe et se perçoit, en partie. Le Cancer ne montre pas ce qu’il ressent, comme on sait, mais il peut irradier, diffuser, transmettre par ondes vibratoires, par transfusion de chaleur, des bribes de son émotion. Ce sensoriel arrive à faire passer par le corps, en langage codé, empreint de maladresse et d’extrême attention, le trouble qui l’a touché. (Cf. article de Matthieu Galey sur Nathalie Sarraute.)

Cela dit, seuls les signes du mode être sont aptes à vraiment recevoir et exalter la fébrilité passionnée du Cancer. Je ne parle pas ici de l’amour et de ses prolongements, mais de la compréhension immédiate, instinctive, de ce que l’autre vit à un moment donné. Le Bélier, le Verseau et les Poissons saisissent sur-le-champ – sans l’intervention du raisonnement – l’émotion du Cancer. C’est simplement parce que ces signes sont plus attentifs aux messages de l’intérieur qu’à ceux de l’apparence, et qu’ils savent mieux y répondre. Tout se trouve encore dans le domaine du non-dit, non-agi : n’oublions pas que ces quatre signes privilégient l’existence en faveur de l’acquisition ou de l’apparence. Il est donc logique qu’ils aient un langage à eux, comme savent se parler d’emblée un Taureau et un Capricorne, un Lion et une Balance.

Ce n’est pas un hasard si nos quatre signes de l’être vivent plus douloureusement une relation déçue ou déchue. Le désespoir s’infiltre à la mesure de l’espoir, du désir. Mais ceux-là n’ont pas de relais ni de transfuges possibles. Quand c’est l’être profond qui s’est exposé au désir (d’une relation nouvelle, productive, prospective), c’est lui qui prend tous les coups. Il ne peut pas les partager avec son double, son apparence (comme les Gémeaux ou le Sagittaire), ni avec les amis qu’il aurait s’il était Taureau, ni avec le pouvoir qu’il garderait, envers et contre tous, s’il était né sous le signe du Scorpion.

Fascination pour l’aisance, mépris pour la complaisance

Le titre même d’un roman écrit par une jeune fille du Cancer, il y a quelques années (et qui avait eu un certain succès), révèle son signe et une de ses préoccupations essentielles : L’Homme facile 1. Il s’agissait non pas seulement de l’homme facile à prendre et à laisser, mais aussi de l’homme aux relations faciles, à la séduction facile, l’homme facile à aborder. Cette facilité, cette aisance sans valeur et galvaudée, le Cancer l’admire en même temps qu’il la méprise : c’est la complaisance qu’il n’aura jamais, puisqu’elle est portée par une profonde indifférence.

Le Cancer est habituellement reconnu comme un être hypersensible, maladivement susceptible et subjectif. Mais je n’ai jamais vu nulle part qu’on ait livré ses bases profondes : c’est un être excessivement passionné. II y a toujours quelque chose d’extravagant dans un attachement cancérien. Je veux dire qu’il extravague dans l’amour qu’il porte à un ami, à une sœur, à un professeur, comme s’il délirait de fièvre. « Sa grâce, comme dirait Saint- John Perse, est dans la combustion. » Ce sauvage protégé, enfermé dans ses espaces intérieurs, d’abord difficile et distant, perd le sens commun lorsqu’une personne le touche.

A la différence de la plupart des êtres « qui ont davantage peur de devenir des hors-la-loi que de mourir 2 », les Cancériens peuvent mourir de ne pas exprimer leurs sentiments hors-la-loi. A ce titre, ils sont purs. Aucun intérêt, aucun calcul, aucune considération sociale ne se mêlera aux sentiments profondément violents qui les habitent. Mais que de difficultés ils se préparent dès qu’il faut que les choses durent ! Car plus un sentiment s’étale dans le temps, plus il s’expose à y être dilué, amoindri. Et notre Cancer ne supporte que les changements évolutifs, productifs, dynamisants, il ne veut pas de l’usure des choses.

Son exigence ne faiblit pas avec le temps, elle s’aiguise. Comme pour le Bélier. Comme le Verseau et le Poissons. Il lui faut alors anesthésier sa blessure et c’est dans la création qu’il s’enivre. Sa solitude initiale est revenue. Plus à vif, plus immunisée que jamais. On imagine qu’elle lui est naturelle, alors qu’elle est acquise comme une sauvegarde contre la souffrance. Le Cancer est un solitaire par défaut et non par goût. Il s’isole, paradoxalement, parce qu’il attend trop des quelques rares personnes qui ont suscité son désir, et qu’il ne s’adapte pas à leur approximative qualité. A la différence du Bélier qui veut tout, tout de suite, le Cancer veut tout, mais pas tout de suite (c’est suspect) : il prend le temps de tout vouloir. « Ne perds pas de temps à te hâter », la devise de Lanza del Vasto pourrait être celle du Cancer. Et il donne à l’autre, reconnaissons-le, le temps de devenir « parfait », c’est-à-dire présent. Son exigence se porte exclusivement sur la qualité des sentiments et sur la volonté que l’on a de les enrichir, de les réchauffer, de les mûrir. Mais alors, quelle exigence !

L’avancée du crabe

De cette demande affective, combinée à un manque réel de confiance en soi, naît ce que j’appellerai l’avancée du crabe. Ce n’est pas une marche, ni une course, ni un cheminement, ni une flânerie : le crabe sait où il va, jusqu’à la fin, même s’il n’en a pas du tout l’air, et il s’y dirige avec obstination. Mais il avance de biais en biais, semblant s’éloigner de son objectif, puis s’en rapprocher, puis s’en éloigner à nouveau. Il faut lui reconnaître un certain sens de l’orientation, car n’importe qui à sa place se perdrait dans les zigzags. Lui, non. Il retrouve son but initial avec une sûreté instinctive étonnante. Mais observez la rapidité inquiète, sur le qui-vive, de ce crustacé lorsqu’il s’est mis en route vers sa dernière découverte (une miette de pain, par exemple) ; notez la culpabilité foncière qu’il porte dans sa démarche, où qu’il aille, quoi qu’il médite d’entreprendre. Il se dépêche d’avancer – ce faisant, il ressemble à un objet déplacé sur un territoire inadéquat, comme les gros bateaux aéro-glisseurs – et si on l’arrête dans sa trajectoire, il stoppe ses moteurs et rien ne le fera bouger d’où il est tant qu’il sentira l’ennemi proche.

J.-P. Nicola remarquait avec finesse cet aspect fondamental de la psychologie des Cancériens : « Les natifs du Cancer, en dépit de leurs incessants retours sur eux-mêmes, sont tenaces par nature. Ils changent la forme de leurs projets plus que le fond et n’abandonnent que pour revenir à la charge ».

Inutile de préciser que les retours sur eux-mêmes sont provoqués par la peur d’autrui.

Les Cancériens protègent, finalement, tout ce qui leur tient à cœur, comme ils protégeraient leur enfant. Leurs projets d’ensemble sont rarement dévoilés. On ne voit d’eux, on ne sait d’eux que des anecdotes, des fibrilles, des billevesées. Là, attention au contresens : ils font semblant de s’intéresser aux petites choses pour mener, dans le secret, leurs grands desseins à terme. Ils savent pertinemment dévier la conversation vers le fait divers, attirer l’attention sur un détail pour éviter de rendre compte de leur vérité : c’est qu’ils refusent sauvagement l’idée qu’on puisse, étant informé de ce qu’ils trament, les empêcher d’atteindre leur but.

D’ailleurs, informer, mettre au courant, prévenir, rapporter, sont des activités anti-Cancériennes par excellence. Secrets ils sont, secrets ils restent. Ne comptez pas sur eux pour divulguer une nouvelle, bonne ou mauvaise. Ni pour répandre un bruit, quel qu’il soit. Si le Cancer enregistre tout avec minutie, il ne restitue rien. Sciemment. Les informations qu’il absorbe lui servent, à lui personnellement, et à personne d’autre. Il emmagasine, comme un pélican, cette nourriture cérébrale, mais il pousse la grâce jusqu’à laisser ignorer même qu’il sait. Il apparaît comme quelqu’un d’un peu débonnaire et ignorant, alors qu’il est un abîme d’observation silencieuse, un puits de renseignements inemployés – et pour cause : utiliser une information vis-à-vis d’autrui, c’est chercher à paraître, ou à gagner quelque chose, pouvoir, argent, etc. Cette attitude, volontairement verrouillée, le met à l’abri de toute indiscrétion, de tout mensonge, du moindre cancan, dont il a horreur. On le dit cachottier, il est seulement honnête. On le dit aussi hypocrite, or il se défie des mots. Il déteste qu’on parle à tort et à travers, qu’on dise n’importe quoi pour converser en société, qu’on émette un avis sur quelqu’un ou quelque chose d’imparfaitement appréhendé. L’à-peu-près, en paroles comme en actes, le révulse. Il réserve son jugement par probité, par souci d’authenticité. La plupart des gens jettent le caillou qu’on leur lance, lui il le regarde, le tourne dans tous les sens, le tâte, l’ausculte, le gratte et finit par découvrir que c’est une pièce très ancienne.

On ne peut, hélas, ignorer les défauts de ces qualités. Manque de souplesse et d’aisance (ou alors, aisance feinte, clinquante, affichée, pour masquer l’excès de scrupule intérieur), rigidité morale, sinon affective, incapacité à se mouvoir et surtout à s’exprimer en société – l’attitude est soit silencieuse et empruntée, avec tentatives pour se cacher, soit maladroitement interventionniste, du style : « Non, il ne fait pas beau du tout, il y a des nuages qui s’amoncellent et la météo prévoit des giboulées terribles. Où est-ce que vous avez eu du soleil, vous, aujourd’hui ? » Il sème la perturbation et le silence autour de lui, ce qui le rend positivement malade car, à l’inverse du Bélier chez qui il entre une part de provocation, le Cancer aimerait non pas plaire, ni charmer, ni séduire, mais être agréé, s’il le pouvait. Et cela ne marche jamais, dans une assemblée. On le rejette, on l’exclut aussi naturellement et instinctivement qu’on adopte et qu’on entoure une Balance – construite autour de la justesse, qui sait dire le mot juste au moment juste.

Le Cancer, enfin, devant l’adversité, se comporte avec courage. Contrairement à ce que laisserait supposer son attitude relativement inquiète et toujours défensive, dans la vie il fait promptement face au malheur. S’il est vulnérable aux petites misères et embûches de la vie quotidienne, il résiste de toutes ses forces à une grande disgrâce : il y répond, il s’y oppose, il y survit la plupart du temps. L’énergie du désespoir s’en mêle, c’est-à-dire, au fond, le refus de se résigner, d’accepter une fatalité, de subir un sort. Sa maison cassée, il récupère tous les matériaux pour en faire un train à hélices, ou un hangar à bateaux (même s’il n’a pas de bateau), ou un grand cadran lunaire… L’objet détruit, dans un univers cancérien, n’est jamais reconstruit de la même manière : Sisyphe, le Cancer ignore.

Je me permettrai de citer l’Encyclopedia Universalis sur la capacité étonnante du crabe à évoluer avec son milieu : « Les araignées de mer, elles, déguisent littéralement leur carapace avec des algues, des cailloux, des morceaux de coquilles. Si on les débarrasse de leur revêtement, elles s’en recouvrent aussitôt. Le crabe saisit l’éponge ou l’algue, la porte à sa bouche, non pour la manger mais pour y déposer un liquide agglutinant, et à l’aide de ses longues pattes, l’accroche sur son dos […] Mais le fait le plus remarquable chez ces crabes [.. 1, c’est qu’ils sont capables de changer de déguisement lorsque leur camouflage ne correspond plus à la couleur du milieu […] Et, encore à propos de leur habitat et de leur mode de vie : « Présents dans toutes les mers, ils sont adaptés à tous les modes de vie. »

Souvent, le Cancer force les événements par sa résistance aux influx négatifs, aux fortunes contraires. Il est « réactif » plutôt qu’actif, car sa tendance fondamentale de comportement est faite de neutralité bienveillante et de serviabilité. Poussé dans ses derniers retranchements par une conjoncture inopinée, il se révolte et devient Bélier, toutes pinces dehors. La vie et les circonstances ne doivent pas ignorer jusqu’où elles peuvent « aller trop loin », avec un Cancer. Car il se rebiffe contre ce qu’il est convenu d’appeler la destinée lorsqu’elle lui paraît injuste, et il refuse la maladie, les graves ennuis affectifs, matériels, professionnels, avec une force insoupçonnée. Il sait alors dire non. Sans fioritures.

Vous ne verrez pas un Cancer rester longtemps au chômage, ni prolonger une maladie quand il peut en guérir vite, ni traîner un retard d’impôts deux années de suite. Il se met en règle avec lui-même, avec son désir de paix intérieure, le plus vite possible. Sous ses dehors enveloppés, nonchalants, voire désinvoltes, le Cancérien cache un esprit de décision tout à fait énergique, une ferme détermination et, pourquoi ne pas le mentionner, une certaine volonté. Il la dirige principalement sur lui-même, (« Imposer sa volonté aux autres, c’est force ; se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure ». Lao-Tseu) pour s’améliorer, se parfaire, se perfectionner. Gommer ses défauts. Accentuer ses qualités. Cela dit, il est très délicat de signaler à un Cancérien ses insuffisances – qui sont nombreuses – car il bloque alors tous ses mécanismes progressifs. Il faut l’amener à les découvrir de lui- même. Là, il se modifiera en profondeur, calmement.

On peut l’amener à devenir un maniaque de l’ordre, s’il vivait dans la pagaille la plus absolue, en lui démontrant qu’il perd du temps ou des papiers importants, dans son désordre, mais pas en lui disant que c’est un monstrueux défaut. On peut l’amener à prendre des douches glacées, lui qui n’aime que les bains chauds, par simple évocation du bien-être qu’il éprouverait, ce faisant, et non en soulignant la nocivité de ses pratiques. On peut lui faire descendre une piste à quatre-vingts à l’heure, à skis, alors qu’il déteste la montagne, en lui décrivant l’ivresse qu’il éprouvera.

C’est l’être qui abrite en lui les plus forts contraires. La grâce et la maladresse. La sensibilité et l’interdit. L’élan et la froideur. Le silence et le volubile. Le courage et le repli.

La douceur et la détermination. L’enfance et la sagesse. Il est facile à approcher, à protéger, à envelopper, et très difficile à apprivoiser. Il donne beaucoup et pourtant il se réserve fondamentalement. Il ne dit que la vérité, mais il occulte constamment une partie de lui-même. Comment sa pudeur, son extrême retenue s’accommodent-elles du besoin qu’il a d’être reconnu, célébré par un vrai public ? Et comment fait-il pour graviter autour des êtres qu’il aime sans vraiment les entourer, sans vraiment les contenir ? On ne le saura jamais.

La Femme Cancer

C’est la personne la plus douce, la plus flexible, la plus exquisement féminine du Zodiaque : c’est la féminité pure, sans accessoires, sans véritable artifice, qui se dégage du fond et non des apparences. Elle tend un charme ténu comme d’autres tendent un piège. C’est une musique enveloppante, toujours un peu précieuse par la manière dont elle échappe. Je voudrais pouvoir vous la décrire, mais elle n’a jamais de caractéristiques vraiment définies. Elle peut se présenter tour à tour comme une femme fatale ou une toute petite fille, une maman fragile, attentive, inquiète ou une vieille âme sage, silencieuse, observatrice.

On dit que sa caractéristique fondamentale est d’aimer et de fabriquer des petits d’homme mais ce peut être exactement le contraire : c’est elle-même, alors, l’enfant qu’elle choie.

Si elle est mère, c’est une mère divine, délicate, délicieuse ; la mère idéale pour un enfant. Protectrice et tolérante. Si elle est enfant, elle arrange pour vous faire participer inconditionnellement à l’amour qu’elle se porte. C’est quelqu’un de désarmant : elle n’a pas d’armes. Plus exactement, elle ignore les armes classiques que suggère « la vraie femme » érotisée : super-maquillage, super-coiffure, talons-aiguilles, taille de guêpe, ongles vernis, que sais-je ? En somme rien d’érotique, en elle, aucun message à l’instinct, aucune provocation sensuelle. En revanche, une extrême sensibilité à tout ce qui l’environne – le Cancer est un sensoriel exacerbé, à l’acuité olfactive, tactile, auditive exceptionnelle -, une réceptivité psychique importante (qui alimente en priorité son sens créateur), une curiosité secrète et presque animale, une intelligence intériorisée, une intuition scrutatrice la rendent fée.

Mais c’est une fée mal dans son corps, qui se protège des regards. Vous reconnaîtrez souvent une femme du Cancer à la manière asociale dont elle s’habille : le débraillé quatre fois trop grand, le style vagabond – clochard ou romano – c’est elle. Le but essentiel est de cacher son corps. Souvent son hyper-féminité s’abrite derrière des allures complètement garçonnières. Vous voyez alors un visage plein de charme, attentif, enveloppant ou délicatement ciselé se dégager d’un vieux costume militaire ou d’un sac de bure dont ne voudraient même pas des pommes de terre.

Il semble d’ailleurs qu’il y ait un effet recherché dans ces contrastes car, Isabelle Adjani, par exemple, au joli visage typiquement cancérien, est souvent vêtue, pour les besoins de ses films, en jeune homme : dans Violette et François elle se marie en smoking, dans l’histoire des Soeurs Brontë elle se promène à travers les landes en costume de garçon. Plus récemment, on l’a vue porter avec bonheur pour Dior des tenues inspirées du plus pur dandysme lorsqu’elle présidait le Cinquantième Festival de Cannes. Mais quelle que soit sa vêture, qu’elle soit Reine Margot ou Camille Claudel, qu’elle hante les couloirs de Subway ou les âmes de Toxic Affair, qu’elle joue les garces dans L’Été meurtrier et les épouses vénéneuses dans Les Diaboliques, elle incarne l’angélisme cancérien : ambigu et plein de secret. Est-ce un hasard si elle porte si souvent des lunettes de soleil ? Est-ce pour protéger ses beaux yeux bleus ou pour se protéger elle-même, se dissimuler derrière cette sorte de « masque » bien utile à une Cancérienne pour qui le regard a tant d’importance… Elle ne pense pas poursuivre une carrière cinématographique toute sa vie, rêve de se consacrer à de grandes causes (et à ses deux enfants). L’ombre – qu’elle recherche souvent – convient bien à sa nature typiquement Cancer.

Car il y a tout de même deux choses qui distinguent une femme Cancer des autres femmes du Zodiaque. La première, c’est le regard. Non pas les yeux : le regard. C’est un regard qui sollicite toujours son interlocuteur par une expression à la fois interrogatrice et insistante. C’est un regard d’incitation informulée, un regard éveilleur : il déclenche souvent des réactions d’intérêt ou d’hostilité car notre Cancérienne n’a pas vraiment conscience de sa portée « émettrice ». Elle qui contrôle tout ce qu’elle ressent, elle qui réserve le moindre de ses gestes, le moindre mot, la moindre exclamation, elle laisse échapper par le regard l’intensité de ses émotions, son trouble, son inclination affective. D’où les passions profondes qu’elle suscite sans avoir prononcé une parole (ou les haines profondes d’ailleurs).

La deuxième chose qui distingue la femme Cancer, c’est son sac. Elle y met, en résumé et en miniature, toute sa maison. Sa nature inquiète, qu’on ne remarque pas autrement, apparaît dans le volume de cet accessoire ; à ce stade, on ne peut même plus parler de sac.

Elle porte souvent, pour aller à la droguerie du coin de la rue, un véritable fourre-tout, rempli d’objets et de papiers parfaitement inutiles. Quelquefois, elle prend même une valise, sous le prétexte de transporter ses livres ou ses dossiers. Ne vous méprenez pas : c’est dans la mesure même où elle a peur d’être abandonnée qu’elle est toujours prête à partir. Ce « sac » dont elle se charge en permanence représente la certitude symbolique qu’elle peut partir. Car le drame de la Cancérienne est de se sentir ancrée dans son port affectif, lourdement attachée à ceux qu’elle aime, sans modulation possible. Si on ne la secouait pas, elle ne sortirait jamais, elle ne rencontrerait jamais personne, elle ne s’aventurerait dans aucun nouveau paysage. A cause de l’excès qui caractérise tout Cancer, elle pourrait, à la limite, faire le tour du monde en bateau sans sortir de sa cabine, comme Raymond Roussel (qui, lui, écrivit Impressions d’Afrique sans ouvrir une seule fois les rideaux de sa cabine : signature Cancer sûrement importante). Et au fond, la grande, la seule aventure de Proust, sa recherche du temps perdu (de tout ce qui lui a échappé), ne s’est-elle pas faite à l’ombre de persiennes toujours closes ?

Pour la femme Cancer, cette condensation psychique en un seul point du globe – c’est- à-dire en un seul être, ou presque – peut devenir maladive. Si la maternité, par l’obligation de stabilité qu’elle impose, ne l’a pas équilibrée, c’est une personne facilement angoissée, en état de siège affectif et très solitaire. Sa mère, comme modèle mais aussi comme amie, comme symbole de pérennité dans l’existence, compte infiniment pour la femme Cancer.

J’ai été frappée de constater, par parenthèse, qu’une grande proportion de femmes nées sous ce signe reconnu fertile refuse totalement l’expérience de la maternité. S’il est vrai que « le contraire porte l’empreinte indélébile de ce qu’il nie », comme le dit Ferenczi, il faut alors admettre qu’il y a, dans ce rejet déterminé, définitif et têtu d’enfanter, une caractéristique Cancérienne tout aussi remarquable que son besoin inné d’engendrer les bébés. Mais pourquoi ce refus, chez un signe traditionnellement marqué par le cycle lunaire et considéré comme très fécond ? La seule explication que je puisse tenter ici est d’ordre général. Une femme du Cancer porte, plus longtemps qu’une autre, la petite fille qu’elle a été parce que, née fragile, son enfance représente un passage protégé dans l’existence. Elle peut en déduire, alors, que, si elle n’a pas d’enfant, elle ne devient pas adulte, et que si elle ne devient pas adulte, elle reste protégée. C’est une hypothèse.

Quoi qu’il en soit, adulte ou pas, elle demeure fragile. C’est d’ailleurs un adjectif qui convient totalement à la femme de ce signe : c’est une femme fragile du dedans, sous des dehors parfois rudes, solides, volontaires. (Voir l’article de Matthieu Galey sur Nathalie Sarraute – Cancer – et noter que la pièce montée par Anny Duperrey – Cancer – et Bernard Giraudeau au théâtre Saint-Georges, est intitulée : Attention, fragile !)

A force d’être vulnérable, à force d’être blessée et de laisser ouvrir les mêmes blessures, elle peut apprendre à prévenir lés coups en attaquant ; c’est rare, mais j’ai vu des femmes Cancer provocatrices. De vraies guerrières, rageuses, courageuses, violentes. Cela passe en trente secondes et, l’offensive neutralisée, on trouve le plus souvent une terreur d’enfant : la crainte de n’être plus aimée. Alors, elle prévient la crise d’angoisse par un assaut militaire avec artillerie et chars blindés. Il faut le savoir : ce signe dit passif est capable de manifester des crises d’agressivité d’autant plus fortes qu’elles sont imprévisibles.

Comment elle se nourrit

Reste un point délicat de la personnalité cancérienne que je n’ose aborder : la façon dont elle s’alimente. Les comportements paraissent, à cet endroit, tellement contradictoires, excentriques et déraisonnables qu’il est difficile de trancher.

Reconnaissons deux catégories de femmes Cancer : la première a plutôt tendance à être ronde. Elle est gourmande de tout, mange n’importe quoi pour le plaisir de manger, et ne supporte absolument pas la restriction. Psychologiquement, il se peut que ce besoin oral (ce besoin d’être nourrie) soit relié à la nécessité pour la mère en puissance de nourrir son enfant. Mieux elle se nourrit, mieux elle nourrira son bébé. Car ce type « plein » de Cancérien est, en effet, une mère en puissance : souvent, elle aime et désire procréer ; souvent aussi, elle fait très bien la cuisine et y passe beaucoup de temps. Cette Cancérienne aime nourrir son monde.

Mais pour la deuxième catégorie de femmes Cancer – longilignes et, fait étrange, rarement maigres – admirablement représentées par les portraits de Modigliani, la relation à l’aliment est aussi très anormale : elles ne mangent que le strict nécessaire – pour survivre et sans le moindre plaisir -, elles ignorent absolument toute notion de gastronomie et, précision délicate, considèrent que « faire à manger » est une activité dégradante, inutile et démodée.

Ce blocage ne ressemble en rien à la sélectivité dégoûtée du Scorpion gourmet ; il prend ses racines dans une protestation qui, chez le Cancer, comme on sait, ne s’exprime jamais par voies directes ; peut-être l’a-t-on simplement forcée à manger quand elle était petite ? Parfois, les deux attitudes (mangeuse et rejeteuse) alternent dans la même femme ; cela donne des passages d’intense famine : elle oublie de manger, et d’insolente abondance : comme l’autruche, elle avale tout ce qui lui passe sous les yeux.

« Le comportement de ce crustacé (le crabe) est révélateur : dès qu’une proie passe à sa portée, il s’en saisit et aucune puissance au monde ne le déciderait à relâcher sa pince. Ce n’est pas, pourtant, l’avidité qui le détermine, mais plutôt l’inquiétude du lendemain »… écrit Jean-Louis Brau. Inutile de dire que je n’adhère pas à cette explication. Je pense qu’il y a toujours danger, chez les gens du crabe, dès qu’ils approchent un aliment : danger de boulimie ou danger d’anorexie. Mais ce danger réside dans le report symbolique d’une demande affective très importante, ou d’une violente interdiction de cette demande. « Le comportement ascétique, dit Erich Fromm, […] peut n’être que la négation de puissants désirs ».

En fait, il est essentiel de ne jamais intervenir dans l’alimentation d’un Cancer, femme ou homme. On touche là des rouages trop à vif, des frustrations exacerbées, des refoulements de l’enfance.

Si elle se sent aimée, la Cancérienne s’auto-régulera d’elle-même.

Comment elle vit

Elle se crée un univers où tout a préalablement été habité par elle. Elle est personnelle dans ce qui l’environne et personnalise ce qui l’entoure. Un parfum bien à elle imprègne l’atmosphère, les murs ont ses couleurs, les meubles ont été décorés par elle, ses livres sont annotés de son écriture ; ses neveux, nièces, cousins, oncles, frères ont été découpés, sur les photos, suivant sa fantaisie et recollés sur un immense panneau, en une composition artistique notoire. La dame du Cancer se comporte de manière très autonome à l’intérieur d’une réelle dépendance à son milieu affectif. Comment vit-elle cette contradiction ?

Mystère. Il faut tout de même remarquer que, lorsqu’elle perd ses bases affectives, tout son harmonieux équilibre s’écroule. Or elle vivait jusque-là comme une femme libre, indépendante, paraissant presque se suffire à elle-même. Fausse impression : elle arrivait à être autonome, à s’aimer et à se plaire dans des activités à elle, mais seulement parce que l’autre l’aimait (son mari ou son amant, sa mère ou sa sœur). Dès lors que son amour fait défaut ou meurt, elle ne s’aime plus, à nouveau.

Voilà pourquoi la Cancérienne a une grande autonomie, mais très précaire : cette indépendance est tributaire de l’amour qu’on lui porte.

Si vous aimez une femme de ce signe, sachez que sa liberté, son équilibre dans la solitude, son invention, son attitude désinvolte, sereine, libérale, toutes ses qualités d’indépendance psychologique s’effritent devant la plus petite menace à ses certitudes affectives. Peut-être à cause de sa très grande réceptivité intellectuelle, de sa capacité à bouleverser ses idées reçues, peut-être à cause de sa disponibilité cérébrale aussi, qui lui permet d’accepter toute modification psychique et de s’y adapter, elle est, physiquement, de nature sédentaire. Son corps étant le reflet de son affectivité, elle s’y sent bien si on l’aime, et le martyrise si l’on cesse de l’aimer.

Quelques particularités de l’Homme Cancer

Le Cancer au masculin mérite une mention spéciale. Vous allez tout de suite comprendre pourquoi : qu’une femme soit sous l’influence de la Lune, symbole féminin, quoi de plus normal ? Mais un homme… C’est plus dur à porter.

Notre crabe-monsieur est à la fois :

  • dans un signe d’eau et féminin,
  • sous l’influence d’une planète féminine.

Et Mars, planète de la virilité, est en chute dans le Cancer !

De plus, les parties du corps humain régies par le signe sont l’estomac… et la poitrine (laquelle ne se présente pas sous le même aspect selon qu’il s’agit d’un monsieur ou d’une dame). Il est donc naturel que le Cancer au masculin diffère tant soit peu du Cancer au féminin.

Cher Cancer, petit crabe si douillettement installé sous sa carapace au fond de sa mare tapissée d’algues roses et de rêves, nous vous connaissons bien : nous savons que vous regrettez désespérément le sein maternel, le vert paradis des baisers au lait tiède de votre nourrice. Vous vous y raccrochez de toutes vos forces, retardant le plus possible l’entrée dans cette vie des grandes personnes qui vous terrifie.

Œdipe-tourteau

Monsieur Freud (Sigmund) n’a pas exactement inventé le complexe qu’il a baptisé d' »Œdipe » : les Grecs, mais aussi les astrologues, l’avaient découvert avant lui. Le Cancer, c’est le petit garçon chéri de sa maman, c’est le foetus bien au chaud dans le sein maternel et qui n’a pas la moindre envie d’en sortir. Après trente ans, cela étonne toujours un peu… Tous les Cancers masculins ne deviennent pas Marcel Proust, mais ils gardent, même adultes, une attitude étrangement crustacée à l’égard des femmes. Ils se comportent vis-à- vis d’elles comme un charmant petit garçon, séduisant, capricieux, tyrannique. Quand on est fâchée contre lui, le voilà qui arrive vous faire un câlin désarmant, avec son œil humide et tout ce rêve de marées vertes qu’il porte en lui. Alors comment résister ?

L’homme

Cancer adore les femmes et cherche toujours à les transformer en nourrices bénévoles. Il attend tout d’elles, comme il a tout attendu (un peu trop longtemps) de sa mère. L’image de celle-ci le hantera toute la vie. Elle sera trop souvent son unique amour féminin, les autres n’étant que de pâles ersatz, des photocopies mal cadrées. Mais il attend aussi et redoute très fort la femme-femme qui l’arrachera à sa coquille.

La pauvre chérie s’y usera…

Si vous épousez un homme Cancer, très Cancer, vous devez savoir, naïves ingénues, que vous n’aurez jamais que la deuxième place dans son cœur, (et encore !). Vos autres rivales sont la belle-famille, dont votre Cancer ne se séparera jamais, et la mère (ou son image).

Enfin, la rivale la plus redoutable est peut-être l’ambition professionnelle (voir plus loin). Il m’a semblé que les hommes Cancer étaient plus attachés encore à leur clocher, leur tribu d’origine, leur famille et leur milieu que les femmes du même signe. Ou peut-être seulement cet attachement très visible surprend-il chez un homme. Le Cancer n’a pas la fibre révolutionnaire en matière familiale et sociale. Il ‘respecte la hiérarchie établie et baise la main des vieilles dames avec une bonne grâce qui lui vaudra sûrement une mention dans leur testament.

Cancer infidèle… mais fidèle !

Cependant, tout en conservant religieusement les mœurs et coutumes de sa tribu d’origine, le Cancer n’est pas un mari fidèle. S’il vous assure que oui, faites semblant de le croire, c’est plus simple et cela évite les scènes. De toute façon rien ne l’empêchera jamais de vagabonder au gré de la Lune. Il est officiellement pour la monogamie, mais la sienne est aménageable. Jupiter, en exaltation dans le signe, donne aux hommes qu’il marque une idée très personnelle de leurs devoirs de fidélité conjugale. Dans la mythologie, déjà, la pauvre Junon ne cessait de poursuivre ses rivales de sa jalousie, trop justifiée…

Les hommes des signes d’eau sont de grands rêveurs, et l’eau coule dans l’infini. Ils emboîtent facilement le pas à la première sirène venue (n’est-ce pas, messieurs Scorpion et Poissons ?). Bien entendu, c’est selon les individus, il ne faudrait pas généraliser hâtivement. De toute façon, notre roi des crabes reste attaché à son foyer légal, à son épouse légitime, à ses enfants. Il ne divorce qu’à la dernière extrémité, contraint et forcé.

Mais pour le crocheter hors de son trou, c’est du sport ! Avis aux jeunes crevettes !

La fidélité/infidélité du Cancer vient aussi du peu d’estime qu’il accorde, profondément,

aux femmes : la seule, la vraie, vous l’avez compris, c’était sa mère. Il a tendance à traiter

les autres comme des objets, du mobilier domestique dont on aime qu’il soit fonctionnel (et

rembourré). Mais il le fait avec tant de charme que l' »objet » ne se rend pas très bien

compte à quel point il s’est laissé « chosifier » !

Le Cancer masculin attache plus de prix à l’amitié qu’à l’amour : il est prêt à faire de grands sacrifices pour ses amis, pas vraiment pour ses amours. Le seul moyen de se faire aimer durablement d’un homme Cancer, c’est d’être pour lui une amie et une collaboratrice.

Enfin, comme Jupiter est puissant dans le signe, l’ambition prend vite la première place, car le goût du pouvoir n’est pas moins vif chez l’homme que chez la femme du signe.

Notre ambitieux tourteau a alors tendance à délaisser sa femme, tout en la rassurant avec quelques mots tendres entre deux dîners d’affaires.

Sur le chapitre de la fidélité, la femme Cancer est bien différente : toutes celles que je connais ne rêvent que d’un grand amour unique auquel se dévouer corps et âmes. Et beaucoup, l’ayant trouvé, sont vraiment des modèles de fidélité (et de possessivité !). Elles n’ont pas un naturel aussi papillonneur que leur frère Cancer (à moins qu’un autre signe dans leur thème ne leur donne des ailes…).

Jaloux, oui, possessif, oui, notre crabe Cancer amoureux : il prend avec ses longues pinces à dents (vous avez remarqué ?). Et il entend bien garder. Prédateur, il prend beaucoup et donne peu. Mais n’est-ce pas dans la logique du petit enfant qui reçoit tout de sa maman ? L’homme Cancer atteint difficilement et tardivement sa maturité affective, celle où il serait enfin en mesure de donner.

Et quel genre d’amant est-il ?

Le Cancer n’a pas la virilité agressive : il ne mêle pas la violence à l’amour, il préfère parler plutôt que passer aux actes…

L’une ou l’autre d’entre vous se récriera : « Mais je connais un Cancer qui se défend très bien sur ce chapitre ! » Allez donc voir de près si votre Cancer est vraiment un pur Cancer ascendant Cancer, Lune en Cancer, Mars en Cancer, etc. S’il se défend, c’est qu’une autre bête lui a prêté sa virilité.

Le Cancer type adore se blottir au creux d’un sein confortable pour lui raconter sa vie.

Quand cet introverti a trouvé une bonne épaule accueillante, il est inépuisable. Il parle, il parle, des heures durant. Comme il se souvient de tout (et pas seulement des madeleines) c’est un brillant causeur. Et comme il est très psychologue, très intuitif, très fin, c’est bien agréable de se sentir comprise. L’homme Cancer est un romancier-né, un spéléologue du moi. Quelle bonne surprise de rencontrer un homme qui entende le langage des sentiments, des pressentiments, des intuitions, des rêves… Plus doué pour l’amitié que pour l’amour, le Cancer est le parfait amant de cœur, celui qui peut vous consoler pendant des Lunes et des Lunes, avec sa fidèle tendresse et sa compréhension. Un troubadour de l’amour courtois (et platonique), complètement égaré dans notre siècle phallomane…

Cependant, certaines trouvent qu’à la longue le Cancer pleurniche beaucoup. Les nanas se lassent de jouer les nounous : elles voudraient voir leur petit crustacé s’aventurer avec plus de dynamisme vers le grand large…

Le Cancer et l’Amour

Comme pour les trois autres signes du mode être (Bélier, Verseau, Poissons), le Cancer a intérieurement formulé son désir avant de le rencontrer. Pour lui, il n’y a pas de hasard : « Tout est signe et tout signe est message », disait Proust, Cancérien bien connu.

Il a attendu l’être qu’il allait rencontrer et souvent il savait les circonstances dans lesquelles la rencontre allait se faire ; il en pressentait la date, le lieu. Rien d’étonnant à cela : il a une sorte d’autonomie de conception qui lui permet de se concentrer sur les messages qu’il s’expédie en permanence à lui-même et de dessiner en pointillé ce qu’il recherche.

Pour cette raison, on lui attribue souvent des dons de voyance, de prémonition, de télépathie. Je crois qu’il s’agit plutôt de cette condensation de la personnalité dans l’existence pure (son énergie ne s’occupe ni d’apparaître ni d’avoir mais de comprendre en soi et en autrui, ne l’oublions pas) qui lui permet de projeter dans le réel une esquisse de ce qu’il attend, désire, ou poursuit farouchement.

Toujours est-il qu’il acquiert ainsi une faculté exceptionnelle de reconnaissance. Un Taureau ou un Sagittaire peuvent travailler trois ans aux côtés d’une femme avant de s’apercevoir que c’est la femme de leur vie. Cela n’arrivera jamais à un Cancer, ni à un Bélier, ni à un Verseau : ils reconnaissent tout de suite ceux de leur monde et ceux qui en sont, pour toujours, exclus.

Dans reconnaître, il y a connaître, qui est un mot fort. Connaître veut dire avoir pénétré le secret d’une chose. Or le Scorpion Malraux, très opposé à l’être cancérien puisque le Scorpion est avoir (par pouvoir), disait cette phrase désespérée : « On ne connaît jamais un être mais on cesse, parfois, de sentir qu’on l’ignore. » Le Cancer, lui, va bien au-delà : au lieu de connaître, ce qui est une entreprise presque vaine, compte tenu des apparences successives qu’il faut déchirer, au lieu de connaître, il reconnaît. Autrement dit, il sait d’avance. Pour les êtres qui comptent, au moins. Sait-il la vie d’avance ? C’est une question qui résoudrait en partie l’énigme de ce signe car elle expliquerait la raison pour laquelle le Cancer ne bouge pas. Pourquoi irait-il jusqu’en Allemagne puisqu’il sait comment vivait Mozart, puisqu’il sait que le prochain génie de la musique naîtra en l’an 2050 à Sydney, en Australie ? (par exemple).

Il n’est pas exclu que la concentration intériorisée de la personnalité crabe lui donne l’expérience par identification systématique d’un code. Exemple : je me suis cassé la cheville en sautant à la corde : expérience. Tout ce qui comporte un saut comporte un risque de cassure. Pas seulement de la cheville mais du corps entier : code. Donc, je ne sauterai désormais que si je suis prêt à me casser une nouvelle fois quelque chose : identification.

Ainsi, le Cancer retrouve. Le Bélier agit avant de savoir, le Verseau devine, le Poissons induit la profondeur. Le Cancer sait. Le voilà en prise directe avec la vérité de l’autre ; il a sauté une étape, celle des mensonges, des détours, des faux-semblants, comme s’il l’avait décodée. En réalité, il ignore que cette étape existe. Ainsi que le dit un proverbe égyptien : « Il n’y a qu’une manière de dire oui. Toutes les autres veulent dire non. » Il se prépare, simplement à re-connaître une personne qu’il connaît déjà. Un Bélier, un Verseau, un Poissons comprendront tout de suite ce que sait le Cancer. Ils devineront, dans la seconde qui suit la rencontre, ce qu’est appelée à devenir leur relation. Même si de puissants interdits s’en mêlent, même si elle s’avère impossible, la relation s’inscrira dans leur mémoire par la certitude qu’elle devait s’établir.

Mais comment parler ce non-langage à d’autres signes que ceux de l’être ? Le magnifique défi de Goethe : « Je t’aime. Ça te regarde ? » provoque avec violence la personne même qu’il prétend ignorer.

Voilà donc, d’emblée stigmatisé, le décalage Cancérien : il est en avance de plusieurs mois, de plusieurs années, de plusieurs siècles quelquefois, sur son interlocuteur. Et l’on s’étonne de son impérieuse impatience.

En amour, le Cancer donne. Parfois même, il se distribue. Compte tenu de la réserve inhérente à ce signe, cette générosité surprend. En réalité, il s’agit plus d’une canalisation exclusive de ses sentiments à l’égard d’un seul être, d’une intense, douloureuse cristallisation sur lui, que du besoin de donner. On le dit possessif. Mais il ignore la possession.

Je parlerais plutôt de cette façon tourmentée, passionnément inquiète, de vivre un amour, qui le rend inadapté : comme il vit une relation exclusive, fervente et absolue avec l’être choisi, il en attend la même rigueur quasi mystique et se brise très vite de ne jamais la rencontrer. Attention à l’amour extraordinairement attentif et sans habitudes de ce crabe-là : il s’étonne tous les jours, il remarque tout, il admire le moindre détail, il adhère chaque fois à une nouvelle partie de vous-même. Et puis, soudain, il prend la porte (côté cour ou côté jardin, de préférence) et disparaît de votre vie : c’est qu’il a senti que vous alliez peut-être l’aimer moins, peut-être le trahir un tout petit peu, peut-être vous écarter quelques jours. Au lieu de se battre, de jouer un jeu ou un autre, d’affronter le désamour (insupportable pour lui), il part. C’est sa grande faiblesse, son vrai défaut, sa faille : il ne supporte pas d’être un peu moins aimé, critiqué d’un regard, rejeté d’une demi-semelle. Il lui faut l’adhésion inconditionnelle de son amour, ou il se brise. Le problème du Cancer qui aime réside dans la certitude qu’il donne de cet amour.

Comme c’est quelqu’un d’entier, de jusqu’au-boutiste, il montre qu’il aime – s’il se sent en confiance – et peu de gens supportent longtemps d’être aimés avec cet excès, cette douloureuse ferveur, cette douce obstination. Ne sachant pas filtrer, ni modérer, ni dévier ses élans de tendresse, il se trouve souvent confronté à un refroidissement de la part de l’être qu’il aime (car il faut déjà s’aimer beaucoup soi-même pour supporter la passion qu’autrui vous porte, autrement elle vous rend coupable : vous n’avez pas l’impression de la mériter). Alors, sa machine à pressentir la souffrance s’emballe et il quitte son amour pour ne pas en être abandonné.

Deux solutions à ce « mal en amour » Cancérien : la première est de renoncer à l’amour fou en faisant un mariage d’estime, d’arrangement ou de raison : beaucoup d’hommes du Cancer adoptent cette solution autour de trente-cinq ou quarante ans. Traduisez : « J’ai trop peur d’avoir mal, laissez-moi mourir tranquille, délivré de la passion. » En vérité, il arrive souvent que ces hommes-là, vers cinquante ans, voient débouler dans leur vie un nouvel amour violent et destructeur. C’est que leur mariage de raison qui les rendait si forts occultait une partie importante de la personnalité Cancérienne : sa sensualité.

La vibration sensorielle. N’oublions pas que ce signe d’eau est sensible aux ondes, aux courants, aux marées, aux égarements fluides du corps, aux bouleversements secrets, mouvants de l’attrait physique. Il y a toujours quelque chose d’insaisissable, de fou, d’aquatique dans l’emprise charnelle d’un Cancer. Son impétuosité se révèle parfois brutale mais elle se cache totalement : plus il paraît indifférent, plus la passion se concentre en lui, avec la précision et la démesure caractéristiques du signe.

Par parenthèse, on retrouve la même particularité en ce qui concerne la jalousie : si vous cherchez à rendre jaloux un Cancer, vous aurez l’impression de glisser sur un sol verni avec.des patins de cachemire. Il ne répond pas à la ‘provocation. Sa pudeur convulsive, son extraordinaire réserve l’empêchent, ici comme ailleurs, de laisser apparaître ses réactions. Mais la tempête fait rage dans ses méandres intestins. C’est la guerre. Entre lui et lui-même ; car céder à la jalousie insensée qui le traverse, ce serait déchoir, abandonner une partie secrète et noire de sa personnalité au jugement de l’autre. Et on sait que le Cancer réprime tout ce qu’il considère comme des tendances mauvaises, moralement sales ou instinctuelles, par nature, par auto-censure, par besoin de mater le premier mouvement, par goût d’élévation spirituelle. Mais il vous la fera payer, la jalousie qu’il a éprouvée, en se punissant de l’avoir éprouvée. Son humilité cache un orgueil, un amour- propre sauvages.

La deuxième solution que le Cancer peut adopter en amour est de trouver un dérivé à son angoisse dans la création. Il a besoin de créer. De plus, il est particulièrement doué pour la sublimation de ses pulsions ; tous ses instincts – et ils sont puissants dans ce signe – sont, à proprement parler, retravaillés dans une perspective d’embellissement, d’affinement, de synthèse esthétique ou morale. Comme Baudelaire qui « de la boue [faisait] de l’or », le Cancérien pourrait s’assimiler à l’huître qui, de vase et de sable, fait une perle. Le comportement du Cancer a d’ailleurs beaucoup de parenté avec ce coquillage. Il ne s’ouvre vraiment qu’isolé de toute âme qui vive et, comme ce coquillage, il arrive à transformer un amour de sable, médiocre, en conte de fées, des débris de pierres en perle rare. D’une valeur qu’il ignore, d’ailleurs, puisque son talent n’est pas dans l’expertise mais dans le façonnage.

Sa création peut être d’enfanter, simplement. Ou bien d’exalter par le rêve, comme Don Quichotte, une vie trop dure et trop triste. (Don Quichotte et Sancho Pança ne figurent-ils pas les deux faces du Cancer, l’un irréel, immense et cassable comme du cristal, l’autre matériel, rond et résistant comme du chêne ?). Ils peuvent encore, nos Cancériens, ils peuvent surtout produire en sublimant. Ce sont des producteurs nés. Une absence, un malentendu, une peine se transforment aisément en oeuvre d’art. Là se trouve en tout cas leur salut. Il faut relire Un amour de Swann pour saisir l’inadaptation originelle de ce signe en amour. Swann rencontre une jeune femme « qui n’est même pas son genre » et en tombe passionnément amoureux parce qu’elle ne s’intéresse pas vraiment à lui, parce qu’elle lui échappe. Cette folle, cette insensée construction de l’esprit autour d’un être finalement banal, qui lui mange plusieurs années de sa vie, est l’oeuvre d’un écrivain que l’échec Cancérien a poursuivi jusqu’à sa mort : Proust.

C’est l’être du détail, des petites choses tissées dans l’attente et qui deviennent grandes parce qu’il attend beaucoup, longtemps. Si « l’on est toujours l’étranger de quelqu’un », comme le chante Pauline Julien, le Cancer, lui, risque d’être l’étranger des signes qui cumulent l’avoir et le paraître. Un Capricorne Ascendant Lion, par exemple, sera tellement à l’opposé d’un pur Cancérien qu’ils peuvent se fasciner mutuellement par leurs différences, mais jamais se combler profondément.

Contrairement à l’usage, je crois que le Cancer a plus de chances de s’entendre avec les signes de l’être parce qu’ils parlent le même langage et que leurs objectifs profonds sont semblables : il s’agit pour eux d’exister. La passion d’être sous-tend le Bélier, le Verseau et les Poissons. Qu’avec le Cancer ils aient un certain code d’intelligence et une orientation de vie commune, cela ne fait pas de doute. Reste à établir les modalités et la pérennité de cet accord : entre le Bélier, qui existe par impulsion et action permanentes, et le Cancer, qui existe par intégration et ingestion continues de son monde sensoriel, il est capital de respecter la chronologie ; laissez agir le Bélier d’abord, suivez ensuite les prolongements excentriques que donne le Cancer à l’action du Bélier.

Ils peuvent mutuellement se valoriser avec bonheur car ils se surprennent toujours l’un l’autre. L’action et la non-action se complètent admirablement lorsqu’elles ont le même but„ Leur lien de base réside dans la vive sensualité qui les occupe, les remplit parfois. Ils aiment effleurer, renifler, sentir, entendre, voir, goûter, avec la même acuité, jusqu’aux confins de l’expérience. Pour l’un, la sensation enfièvre et s’évanouit. Pour l’autre, elle s’inscrit dans la chair et se prolonge en création. Ce couple vif-argent coïncide pour le commencement des choses et se scinde pour leur réalisation. Même enthousiasme, mêmes désirs, même fantaisie : mais il importe que l’argent suive le vif, pour que l’élan continue, pour que dure l’ascension.

Un Verseau partage avec le Cancer une originalité foncière. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui vivent un petit événement, tel que la patte cassée du bébé-crocodile adopté, comme une épopée de dimension européenne, et qui voient leur maison brûler avec une impatience légèrement intriguée, en se demandant s’ils vont retrouver leur jeu d’échecs. Ils traversent l’existence sans acquérir le moindre conformisme, dans des changements de toutes sortes qu’ils provoquent : c’est un défi mutuel incessant. Ils voyagent beaucoup, se hasardent dans des contrées inexplorées de l’Aventure (physique, géographique, sociale, morale et surtout intellectuelle), se font toujours remarquer par un comportement déconcertant, des découvertes exceptionnelles et authentiques, des bagarres autour d’une soupe aux ailerons de requin, et des allures définitivement excentriques.

Ils ont en commun un goût instinctif pour la progression (« de désir en désir et non de jouissance en jouissance ») un comportement enthousiaste et libre, une grande, une immense complicité. Attention, tout de même, à l’humanité généreuse et dispendieuse du Verseau qui grince avec l’individualiste Cancer. Reste le Poissons. « Forcément adapté au déluge, il se réalise dans l’inextricable, passe au travers des difficultés et, tandis qu’on le donne perdant, gagne de plusieurs longueurs sur l’adversité », écrit Jean-Pierre Nicola. En fait, devant la générosité absolue du Poissons, et son indifférence primitive, intègre, à toute hiérarchie sociale (qui le rend, comme le Bélier, comme le Cancer et le Verseau, adaptable à tous les milieux), le Cancer désapprend toutes ses inquiétudes et ses difficultés d’être : il reçoit enfin, par osmose, par symbiose aquatique, plus d’amour qu’il n’en demandait.

L’illusion océanique, intemporelle du Poissons, sa cohabitation millénaire avec les sirènes, son désir d’éternité, le rendent familier du rêve cancérien : il l’enveloppe, l’exalte, le magnifie dans une communion parfaite. Ils vont explorer ensemble les fonds sous-marins, cueillir au même moment des fleurs ou des coraux, tendre le même filet à la même faune.

Le danger de ce couple idéal qui parle le même silence mélodieux, qui entend la même musique, traverse au fond des océans les mêmes passions bleutées, sans pesanteur, le danger, disais-je, se trouve dans l’absence de mouvement. Sans tourment, sans blessure qui lui fasse mal, sans absence, sans frustration qui le pousse à l’isolement créateur, le Cancer peut-il vivre ?

En général, les mariages durables se font par l’équilibre des dosages. Trop de sens créateur (Bélier et Cancer, par exemple) engendre une lacune du côté de la responsabilité et un manque total de mise en valeur : ils s’habillent n’importe comment, arrangent leur appartement au gré des choses, présentent mal leurs maquettes, leurs projets ou leurs plans.

Le Cancer et l’Amitié

Comme en amour, le Cancer a quelque chose d’exclusivement passionné et captateur en amitié. C’est une valeur à laquelle il croit beaucoup, mais très différemment du Lion, par exemple : le Lion s’entoure plus de relations à caractère social, professionnel, ou d’auxiliaires pouvant l’aider dans sa carrière. Le Cancer, en revanche, ne se préoccupe guère de l’intérêt qu’il peut trouver en tel de ses amis, du temps précieux qu’il perd avec tel autre, de « l’investissement » affectif qu’il fait sans être « payé » de retour : il trouve normal et naturel de donner tout ce qu’il a, en amitié, aussi bien que de recevoir. Dans ce domaine, tout lui est dû et il doit tout. Autrement dit, ses amis sont rares mais d’immense qualité. En outre, s’il en a plusieurs – ce qui est déjà étonnant pour un natif du Cancer – il ne les voit jamais ensemble, les protège jalousement de l’extérieur, ne les fera jamais se rencontrer. Il veut ses amis pour lui, et pour lui seul ; son goût naturel du secret, voire de l’occulte, fait qu’il ne laisse jamais filtrer la moindre information entre les uns et les autres, malgré sa loyauté parfaite envers eux. Le Cancer est un ami possessif et jaloux comme un(e) aMant(e) et il doit se faire violence pour ne pas reprocher à son ami ses autres amis. En tout cas, il supporte très mal ces infidélités et préfère éviter de savoir qu’elles existent.

Cela posé, son amitié est d’or. Il se passionne presque plus pour ce qui vous arrive que pour ce qui lui arrive, à lui ; ses conseils sont précieux. Il se dévoue corps et âme à la moindre alerte de santé, la plus infime adversité dans votre existence est totalement prise en charge par lui. Sa fidélité, son sens des responsabilités, son dévouement confinent au mysticisme : il vous aime d’un amour quasi religieux. Il n’oublie jamais un anniversaire, vous fait des cadeaux au moindre prétexte, remarque immédiatement, même si vous cherchez de toutes vos forces à le cacher, que quelque chose ne va pas. L’attention, la réceptivité, le sens prémonitoire sont à leur comble chez un Cancer en amitié. Même s’il ne l’exprime pas, rien ne lui échappe.

Mais de la même façon qu’il vous est inconditionnellement acquis, il attend de vous une adhésion totale. La plus petite critique le blesse mortellement. S’il a des défauts, qui les lui pardonnera si ce n’est pas un ami ? Donc, ne jamais tenter le moindre commentaire négatif sur un ami Cancer. Lui suggérer plutôt qu’il pourrait agir différemment la prochaine fois. Marcher sur des oeufs dès qu’il s’agit d’une de ses imperfections. Il lui est intolérable, à cause de son manque d’assurance, de n’être pas chaudement conforté dans ses actes, admis sans réserve et globalement dans son comportement.

N’oubliez pas que son extrême humilité est à la mesure de son immense orgueil.

L’Éducation du Cancer

L’enfance du petit Cancer va déterminer, plus que pour tout autre, sa vie entière. Cet enfant dépend énormément de sa famille, de sa mère surtout, pour la formation harmonieuse de sa personnalité. L’exemple de Proust, qui a vécu dans l’ombre adorée de sa mère, est fort connu. Mais il existe d’autres cas remarquables de fixation à la mère. René-Victor Pilhes (Prix Goncourt 1974 avec l’Imprécateur) avait publié en 1969, aux éditions du Seuil, Le Loum, véritable « épopée psychanalytique, selon son éditeur, tentative effrénée, chez un fils, pour posséder, détruire, liquider sa mère ».

Liquider sa mère : voilà le problème de l’enfant Cancérien. Le petit garçon de ce signe étant de nature particulièrement solitaire, exclusive affectivement et d’abord difficile, voire impossible – il recule devant toute ingérence dans l’univers très personnel qu’il s’est constitué -, il s’attache d’autant plus fort à ceux qui se sont, par miracle, fait une place dans son espace intérieur : les parents, le père ou la sœur (un seul frère, une seule sœur compte pour le petit Cancer, même s’il en a plusieurs). Il vit en vase clos. Protégé du monde extérieur par un rempart de rêves, d’images, d’histoires inventées, où l’inquiétude vient très tôt semer ses ombres, ses morceaux de cauchemars, ses bouts d’insomnie, l’enfant du Cancer se rapproche, psychologiquement, de l’autisme : refus de voir et d’entendre. Il n’est pas rare qu’on le retire de l’école pour le laisser faire une partie de ses études seul ou avec ses proches parents. Sa fragilité extrêmement vulnérable, qu’un rien peut atteindre et bouleverser, le rend, au début de la vie, inapte à toute intégration sociale.

Souvent, on le croit lent ou retardé alors qu’il a compris plus vite que les autres : c’est sa manière à lui de s’abriter, derrière une incompréhension feinte. C’est pourquoi il est absolument capital de favoriser dès sa petite enfance toute velléité artistique, tout désir de communication par intermédiaires, toute recherche d’expression mystique, philosophique, artisanale, etc. C’est son seul levier vers l’adaptation socioprofessionnelle ; c’est souvent son salut, car ses relations à l’autre, maladivement exclusives, exigeantes jusqu’à l’exagération parfois, se subliment ainsi dans une oeuvre de talent, magnifiquement inspirée, qui porte en elle la douleur de n’avoir pas su dire.

Capital : ne jamais forcer son silence, son tempérament secret, et lui apprendre une

discipline, faute de quoi ses dons s’éparpillent, se dispersent et n’aboutissent jamais. Essentiel : l’encourager. Même comme bébé, il n’a pas confiance en lui, il ne s’aime pas, ne se respecte pas, il ne veut pas de lui-même. Il faut donc arriver à ce qu’il acquière un minimum d’estime pour lui, même si cela doit passer par une phase où il affiche une grande assurance : chez un petit Cancer, elle est toujours feinte. Il cherche simplement à convaincre les autres de qualités auxquelles lui ne croit guère : il espère que, par ricochet, ses proches l’aideront à s’aimer ; que de traversées de déserts il se prépare ! Que de solitude par incapacité à exprimer son désespoir, sa détresse, son angoisse : du moment qu’il se rejette lui-même, pourquoi les autres l’accepteraient-ils ?

Dans sa scolarité, il faut compter sur des maîtres et des professeurs qui deviennent, s’ils ont compris et admis l’enfant difficile qu’est le petit Cancer, un modèle de mère ou de père : rencontre importante car elle marque souvent dans la vie de l’enfant des étapes notoires. Son évolution se fait alors à une vitesse étonnante, sa maturité dépasse très vite la moyenne, son goût pour toute amélioration de sa propre personnalité s’extériorise et rayonne. L’enfant difficile et fermé devient alors un adulte responsable, créateur, fervent.

Le Cancer au travail

Le Cancer au travail est un être incompris. Il n’a pas d’ambition au sens où l’entendent les autres. Flegmatique et curieux, il semble ne jamais faire attention à ce dont il est chargé, ne pas prendre garde aux responsabilités qu’il a, et son activité présente toujours quelque chose de nonchalant, de flou, de calme, qui le rend peu crédible. Pourtant, les choses avancent, et comme il est assez méticuleux, elles avancent bien. Mais l’injustice fait que, comme il n’a pas l’air de travailler, on ne croit pas que c’est grâce à lui qu’elles avancent.

Il est inquiet, nerveux, précis jusqu’au détail. Mais il ne le montre pas : son introversion, sa réserve naturelle, son incapacité bien connue à se faire valoir, lui créent des difficultés. Il met beaucoup de temps à se faire accepter. Il a le sens des responsabilités, assume jusqu’au bout ses erreurs – non sans colère intérieure -, affronte les difficultés avec courage et endurance… en souriant et sans faire d’éclat. Ce peut être un entraîneur formidable au travail car son fond de pédagogie l’amène à apprendre ce qu’il sait aux autres en ayAnt l’air de ne pas savoir. Cette attitude : « Comment va-t-on faire maintenant ? » suscite en son disciple le désir de trouver la solution. Parfois, le Cancer manque d’autorité naturelle extérieure, mais il acquiert celle que donnent la compétence, l’expérience, le savoir. Et elle est plus durable, plus authentique que l’autre.

Ne nous attendons pas à un champion des horaires ni de la discipline. Sa fantaisie prime tout. S’il lui faut absolument arriver à la même heure tous les matins, il s’y astreindra, mais il récupérera par d’autres biais sont temps de liberté. Enlevez possibilité d’évasion à un Cancer et tout son génie se retire, comme une marée basse. Il doit se sentir libre, à l’intérieur des structures de son entreprise, pour créer. Sinon, son sens créateur se bloque, il végète intellectuellement, son invention s’étiole au milieu des paperasseries et des contingences administratives.

Au travail, le Cancer est capable du meilleur comme du pire, suivant les possibilités qui lui sont offertes. Dans les professions qui demandent de l’invention, un esprit curieux et susciteur, comme par exemple la vente, l’artisanat, ou encore dans tout ce qui touche au domaine sensoriel, à son intelligence, à sa curiosité d’autrui, comme la photo, la peinture, la musique, le cinéma, voire le parfum, notre crabe est précieux. C’est souvent aussi un grand gastronome, mais qui préfère réserver ses créations culinaires à sa famille. En revanche, il n’est pas à sa place dans les professions qui exigent une régularité monotone et paisible.

Son tempérament inventif l’amène à avoir besoin de changer de place, de modifier légèrement la façon dont il procède pour arranger des flacons dans une vitrine, pour examiner l’état des stocks, recevoir quelqu’un dans son bureau ou téléphoner à un client. Observez- le : il est rare qu’il se répète, rare qu’il agisse plusieurs fois de la même manière.

Un Cancer n’a pas de vraies méthodes de travail. A l’intérieur d’une structure qu’il respecte, il agit suivant l’inspiration du moment : là, sa subjectivité entre puissamment en jeu car il accordera une importance prioritaire à ce qui sera considéré comme secondaire par les autres. A l’inverse, ce qui paraîtra urgent à ses collègues de travail lui semblera, à lui, superfétatoire. Inutile de le heurter : c’est à prendre ou à laisser. Il ne comprend pas la logique des autres, il ne connaît pas d’autre manière de progresser que la sienne. Et dans la mesure où, par ses chemins personnels, il arrive au même but, et aussi vite la plupart du temps, pourquoi le contrer ? Le Cancer prouve toujours, où qu’il soit, quoi qu’il fasse, qu’il existe deux façons, et non pas une seule, de réussir quelque chose. En outre, son recul par rapport aux événements, son flair extraordinaire lui donnent une force particulière dont il serait dommage de se priver. C’est, très souvent, un conseiller occulte de premier ordre, un « patron » caché, aux pouvoirs secrets, qui manipule; dans l’ombre et la modestie, les puissants « visibles » (Lions ou Sagittaires).

Car il réussit. Si réussir veut dire mener à bien ce que l’on entreprend, le Cancer réussit. Sa carrière peut être ascendante et paisible si le caprice lunaire a été maîtrisé, toute tracée s’il a su s’adapter à son milieu professionnel par une auto-discipline de base ; ou bien pleine de rebondissements et de grands écarts s’il suit sa nature fantasque. Il peut tout envoyer promener en une seconde si on l’attaque injustement dans son travail : la critique le rend véritablement fou. Son agressivité, jusque-là bridée, peut alors faire des ravages. Il y a toujours quelque chose de définitif dans ses colères. Si on l’a amené à sortir de ses gonds, lui qui évite avec beaucoup de soin tout accroc, il faut savoir qu’on n’esquivera pas ses coups. Il frappe avec violence, casse, détruit tout ce qui lui tombe sous la main : colère physique, et non verbale comme chez le Scorpion, car le crabe bafouille toujours un peu s’il sort du silence.

C’est l’être des démissions inattendues, des engagements-surprises, des augmentations – ou diminutions – totalement imprévisibles. Cette tendance est d’ailleurs plus forte chez les hommes gouvernés par la Lune que chez les femmes qui, elles, savent faire accepter leur fantaisie de détail, leur irrégularité d’apparence, leur goût du changement avec plus de diplomatie.

Enfin, il est rare que le Cancer rapporte beaucoup d’argent. Ou alors il ne l’a vraiment pas fait exprès. L’argent n’est pas sa motivation dans le travail, ce qui expliquerait la raison pour laquelle il peut tout laisser tomber sur un coup de tête : ses motivations sont d’ordre affectif et moral. En réalité, il est très ambitieux, mais pas au sens où on l’entend généralement. Son ambition porte sur la qualité – qui confine souvent à une certaine originalité – du travail qu’il accomplit et sur la manière dont il le présentera pour qu’on le comprenne le mieux possible. La Lune – gouvernant le Cancer – étant le symbole du peuple, de la foule et par extension de la popularité, elle donne un goût pour des activités qui mettent notre sujet en contact avec le plus de gens possible. D’où les métiers de vulgarisation, au sens noble du terme, qu’exercent souvent les natifs du Cancer ; la vulgarisation étant ici le moyen de faire comprendre, ou de rendre accessible au maximum de gens, un objet, une idée, une image. Ce besoin inné du Cancer allié à son ennemie numéro un, la sauvagerie, le met en contradiction avec lui-même. C’est pourquoi il trouve souvent des intermédiaires entre sa créativité et le monde : tous ceux qui s’emploient à diffuser l’information, à faire valoir le talent, à mettre en valeur une oeuvre d’art, sont en relation directe avec les métiers du Cancer. Autrement dit, il faut des Mercuriens et des Solaires pour accompagner un Lunarien au travail, sinon son talent se voit méconnu, inconnu ou méjugé. La plupart du temps, les tendances originelles du signe sont dominées, chez un Cancer équilibré. Il prévient son entourage des changements qu’il désire accomplir, il maîtrise ou dévie ses accès de colère, d’indignation et d’enthousiasme, il canalise son originalité dans des activités extra-professionnelles : en un mot, il s’adapte admirablement à son milieu.

Mais il faut savoir que ces tendances existent et qu’à la faveur de circonstances exceptionnelles, et purement affectives, elles peuvent soudain exploser. Là, le Cancer se détruit plutôt que de détruire ce qui l’a blessé. Il se fait du mal à lui-même, comme s’il se punissait d’être aussi vulnérable. De fait, c’est sa seule véritable faiblesse : la demande affective qu’il mêle à tout.

Son travail y gagne par une extraordinaire puissance et y perd par une émotivité qui, parfois, peut noyer l’énergie.

Les métiers du Cancer

Principalement artistiques :

  • Écrivain ou scénariste (la communication par écrit).
  • Peintre, dessinateur, illustrateur, maquettiste, etc. (communication par l’image).
  • Architecte (maison, foyer).
  • Créateur dans la joaillerie, les parfums, la musique, la photographie : tous les métiers qui le mettent en relation avec les gens.
  • Metteur en scène, réalisateur (changements d’images).
  • Comédien.

Dans le commerce :

Tous les métiers qui ne le mettent pas en contact direct avec l’argent. La réalité économique et financière ne l’intéresse qu’au deuxième ou au troisième degré. Ce qui compte pour lui, c’est plutôt l’enrichissement intellectuel, psychologique, moral ; c’est l’apprentissage plus que le gain.

Dans l’entreprise :

Les responsabilités d’ordre relationnel et psychologique : la négociation, la promotion, la diffusion, la manipulation, l’action indirecte. Tout ce qui, dans la communication, doit se faire seul.

Le Cancer et l’argent

Il suffit de regarder le crabe voler une miette de pain pour comprendre le comportement du Cancer face à l’argent : comme il en a peur, il réduit ses exigences. C’est typiquement le signe qui se limite à ce qu’il a, sans en souffrir et sans pour cela sacrifier à ses désirs esthétiques. Il sait merveilleusement se débrouiller avec trois sous et peut, au contraire, se sentir anxieux devant un héritage inopiné que faire de l’argent ? Comme il n’est guère démonstratif, il ne saura pas, comme le Lion ou le Sagittaire, offrir de somptueux cadeaux ; alors, il cherchera à placer ses sous pour ne pas les perdre. C’est rarement un bon gestionnaire, et comme il tient absolument à son individualité, il s’occupe, lui- même, de ses placements, ce qui entraîne toutes sortes d’ennuis. Ses biens ne fructifient guère : il faut s’estimer heureux qu’il ne perde pas tout dans des spéculations originales, ce qui est souvent le lot des Cancériens (certaines valeurs boursières lui plaisent parce qu’elles évoquent pour lui des pays exotiques ou des noms pleins de poésie !).

Ne laissez pas un Cancérien aux prises avec des sommes d’argent importantes : s’il n’est pas homme d’affaires – ils sont rares mais ils existent et présentent généralement des qualités exceptionnelles en ce qui concerne l’investissement et la gestion de patrimoine – s’il n’est pas homme d’affaires, disais-je, il est forcément un peu poète. Il fait tomber des billets de ses poches sans s’en rendre compte ou dépense ses revenus à des babioles, bricoles, petits pots, boîtes diverses et confettis. Sa vieille âme de Pierrot lunaire réapparaît devant le moindre cotillon, la plus petite enluminure de fête, car il aime l’idée de la fête, surtout quand il est tout seul.

Attention, enfin, à la poudre d’or : les dames et les sieurs du Cancer sont fascinés par ce matériau précieux qui leur rappelle les contes de fées !

L’apparence, l’aspect physique, la présentation

Ce Cancer, étant très sensible à la beauté, des êtres d’abord, des choses ensuite, est particulièrement porté à aimer les beaux tissus, les beaux matériaux, les belles coupes, le classicisme et la tradition dans la vêture, en somme. Mais, comme je l’ai souligné plusieurs fois, il ne s’aime pas.

C’est pourquoi il ne s’estimera pas digne de porter de beaux vêtements. On croit qu’il garde dans son placard ses belles robes ou ses beaux costumes pour les économiser, en réalité, c’est parce qu’il aurait l’impression de les dégrader en les portant, d’en abîmer la beauté, d’en dévaloriser, par la « laideur » de son corps, la qualité. Mais il les acquiert pour la fascination esthétique qu’ils exercent sur lui. Aussi, se présente-t-il souvent comme quelqu’un de « couvert » (il est aussi très frileux) pour se cacher et non pour se mettre en valeur. Il s’emmitoufle, il se camoufle (comme le crabe qui adopte la couleur des rochers où il a élu domicile), il se recouvre plutôt qu’il ne s’habille. Souvent, il donne l’impression d’être déguisé, non par goût profond de l’apparence insolite mais parce qu’il ne se rend pas compte de l’image qu’il donne : il choisit un vêtement d’abord pour ses qualités de protection qu’il présente contre son entourage. Il a tellement à protéger, notre Cancer !

Son intimité, ses secrets, son corps. Des regards d’autrui, mais aussi de sa perspicacité, de ses intuitions, de ses possibilités de découvrir un aspect tenu caché de sa personnalité, et même, et même… de l’approche physique d’autrui. De son toucher. Le Cancer est sauvage.

Il ne se laisse pas manipuler par n’importe qui. Il n’aime pas beaucoup les coiffeurs, les « soigneurs » divers (masseurs, esthéticiens, manucures, etc.) et les évite complètement s’il le peut : c’est pourquoi, les femmes du Cancer se font souvent elles-mêmes leurs coiffures ou leurs « décoiffures » ! En revanche, il aime, lui, toucher (les animaux, les plantes, ou les êtres qu’il choisit). Tout cela donne deux catégories de types qui présentent soit une apparence monacale (la plus discrète et la plus sobre possible, par désir actif et conscient de ne pas être remarqué physiquement) soit une apparence singulière où l’individualisme, l’anti-conformisme de sa personnalité transparaît sans qu’il en ait vraiment conscience. Il porte alors une chemise de bure avec un foulard de soie, simplement parce qu’il est attiré par ces deux matériaux, ou une veste de grosse laine sur un corsage en paillettes ; en somme il suit purement et simplement ses goûts instinctifs, sa subjectivité absolue qui crée des rapports tout à fait personnels entre les couleurs, les formes, la consistance des vêtements.

Il choisit alors son habillement comme une oeuvre d’art, détachée de lui-même. Il ne se voit pas, il voit l’objet.

Qu’il soit mince ou plus enveloppé, il se reconnaît donc à l’une ou l’autre de ces caractéristiques. Parfois, il combine les deux : sobre et excessivement modeste dans sa tenue, il sera original dans sa coiffure ou son maquillage (pour les couleurs, par exemple).

En société, notre crabe est d’une discrétion maladive. Son maintien distant, par timidité, son comportement farouche et excessivement réservé, pudique, le font paraître froid, parfois dur (aucune concession, rappelez-vous, aux échanges de pure forme), voire indifférent.

Mais n’est-ce pas lui qui a raison ? Comme le disait une jeune femme écrivain du Cancer « Je n’ai de temps que pour ceux que j’aime : c’est ce que je peux leur donner de plus rare. »

Le Cancer et sa santé

Voilà un sujet qu’il faut aborder avec précaution : le Cancer est un être maladif mais jamais vraiment malade. Il souffre de maux divers et diffus : migraines, spasmes, douleurs dans le dos, dans les jambes, dans le ventre, que les médecins qualifient généralement de nerveux. On pourrait croire que, parce que c’est nerveux, ce n’est pas grave. En fait, c’est une donnée importante de la personnalité Cancérienne.

Voici pourquoi : le Cancer étant extrêmement renfermé, réservé, secret, tous ses chocs émotionnels, la moindre tension dans une situation à laquelle- il ne peut échapper, la moindre contrariété, les soucis de tous les jours se répercutent à l’intérieur de lui-même : il prend tout le temps sur lui pour ne pas extérioriser sa mauvaise humeur, ou son inquiétude, ou sa peur (il n’extériorise d’ailleurs pas non plus son bonheur, sa confiance, son amour).

Ces émotions, qui existent donc très fort, vont se diriger non pas vers le dehors, comme chez un Scorpion ou un Bélier, mais vers le dedans. Les nerfs et le système nerveux sont par conséquent particulièrement exposés. Toutes les maladies qualifiées de « psychosomatiques » prennent en Cancer une valeur plus grande : les ulcères à l’estomac y sont fréquents (le Cancer est relié au ventre, en général), les petites maladies de l’intestin se trouvent chez presque tous les Cancériens, les spasmes abdominaux, la vésicule biliaire que l’angoisse Cancérienne ravage ! Comme ces natifs sont impressionnables, ces petits maux les affolent littéralement, ce qui ne fait qu’augmenter leurs problèmes nerveux. Les maux de tête (par faiblesse hépatique, souvent) viennent ajouter à ce tableau-type une coloration plus féminine ; en effet, les femmes du Cancer en souffrent davantage que les hommes.

Il faut connaître ses points faibles : tout ce qui est lié à la fonction digestive est fragile chez le Cancer. A l’étranger, en voyage, il sera le premier à avoir une indigestion si un aliment n’était pas parfait, le premier à avoir « mal au cœur », le premier aussi à abriter amibes et autres parasites. Donc, on ne saurait trop recommander la prudence en matière alimentaire. Attention, aussi, aux fruits et aux plantes inconnus ; une jeune dame de mes relations, née sous le signe du Cancer, s’est un jour retrouvée sous perfusion dans une île lointaine et sans grand secours médical pour avoir absorbé des « petites pommes délicieuses », en l’occurrence bourrées de poison.

Quand on dit Cancer, on pense toujours aussi à la maladie. Qu’en est-il de cette assimilation ? Voici un passage intéressant relevé dans un article de Pierre Desprauges sur ce sujet. « Si vous avez conservé votre vieux Gaffiot et si vous l’ouvrez au mot « Cancer« , vous lirez : Cancer, cancri (m) : cancre, crabe, écrevisse. […] Qui a eu, le premier, l’idée de cette comparaison entre une maladie redoutable – et jusqu’alors sans nom – et cet animal peu amène ? Est-ce Hippocrate lui-même ou ses disciples ? […] Toujours est-il que cette image maudite du crabe a traversé les siècles et y a fait autant de ravages dans les esprits que le mal lui-même dans les corps. Le grand chirurgien français du XVIe siècle, Ambroise Paré, traduit assez bien les connotations imaginaires qui lui font écho, de son temps : « Cet animal, quand il est attaché de ses pieds contre quelque chose, adhère à elle si fort qu’à peine on le peut arracher, principalement de ses deux pieds de devant, qui sont en manière de tenailles et pincettes : ainsi en est-il de cette tumeur. »

Le rapport entre la maladie et l’animal s’est donc fait sur la nature tenace, obstinée, têtue de ce crustacé. Voilà qui est apaisant pour l’esprit. En fait, le Cancérien subit moins qu’un autre de vraies maladies parce qu’il est obligé de se surveiller tout le temps ; ne pouvant jamais dépasser ses limites énergétiques et nerveuses, il sait faire reposer sa mécanique. Pour cette raison, on le dit paresseux. Mais si un Bélier ou un Scorpion se comportaient comme lui, avec cette sagesse, que d’ennuis graves ils éviteraient !

Pour conclure, donc, sur la santé du Cancer, il faut retenir que :

  • il n’a pas une constitution de base très solide ;
  • il est particulièrement vulnérable nerveusement (Proust est un exemple bien connu, mais Kafka, Cocteau, Modigliani sont également représentatifs de cette nature) ;
  • tout ce qui concerne la fonction alimentaire doit être surveillé : attention à la boulimie comme aux crises d’anorexie (très fréquentes dans ce signe, contrairement à. ce que l’on pourrait croire) ;
  • pour les femmes, les seins sont plus fragiles que chez un autre signe ;
  • enfin, les crises d’angoisse qui se manifestent soit par un sentiment d’étouffement, soit par de l’asthme, soit par de la tachycardie, doivent être prises en considération : c’est souvent parce qu’il a l’impression – sans pouvoir l’exprimer – qu’on ne s’occupe plus de lui, ou qu’on ne l’aime plus, ou qu’on l’exclut, que le Cancer « perd les pédales ».

Les astromariages de l’Homme Cancer

Homme Cancer et femme Bélier

Marier l’eau et le feu, c’est toujours risqué… Pourtant, le Cancer est fasciné par cette chaleur solaire, ce rayonnement, cette gaieté. Bondissant des quatre sabots, notre alerte chevrette va le tirer, ce pauvre crabe, hors de sa carapace. Avec elle, il osera enfin aborder des rivages où il hésitait jusque-là à risquer la pince. L’audace de la femme Bélier lui devient indispensable. Et elle-même, qui ne brille pas par la persévérance, a besoin de la stabilité du Cancer. Fin psychologue, calme, il devine derrière l’agressivité de cette biquette batailleuse, toute une féminité fragile qui ne demande qu’à se soumettre. Mais attention aux coups de cornes : le Cancer déteste qu’on perturbe les eaux de sa mare intérieure. Un peu de cinéma, il veut bien, pour le distraire de sa morosité. Mais si cela tourne à la vraie bagarre, aux cris, il s’enfuira car il a les scènes de ménage en horreur.

Homme Cancer et femme Taureau

Comment le Cancer ne serait-il pas séduit par la féminité accueillante de la femme Taureau ? Il se cherchait une mère : la voilà !

Sentimentaux et tendres, rêveurs, artistes, aimant leur foyer, leur maison et leurs enfants, ils sont tous les deux sous la maîtrise de la Lune et pourraient faire un couple heureux et calme.

Pourtant le Cancer, avec ses airs tout doux, peut être, sans en avoir l’air, assez tyrannique et autoritaire. Il risque de trouver que sa Taureau manque de souplesse. Quant à elle, il se peut qu’elle se lasse un jour de la passivité de son crabe. Elle souhaiterait quelqu’un de plus dynamique, un Sagittaire, par exemple.

Homme Cancer et femme Gémeaux

Ce feu follet toujours en mouvement, cet être léger qui réagit à la moindre brise, ce vif-argent étincelant, fait un tel contraste avec le pauvre Cancer, si lourd dans sa cuirasse !

Tandis qu’elle virevolte sous ses pinces, il en a le tournis ; il veut essayer de l’attraper, mais elle lui file comme un courant d’air entre les antennes ! Il croyait la saisir : pffft ! elle a disparu, puis réapparaît, mutine et taquine, pour se moquer de lui. Rien de plus excitant.

S’ils se marient, cependant, elle risque de perdre la partie : le jour où le tourteau l’aura coincée avec ses grosses pinces et ses principes conservateurs, la pauvrette s’étiolera. La fantaisie et l’indépendance lui sont aussi indispensables que l’air pur. Elle risque la grande déprime, devant ce mur d’immobilisme. Peut-on marier la brise du matin et le crustacé fossile ? C’est risqué.

Homme Cancer et femme Cancer

Alors là, non. Non et re-non !

Les Jupitériens font mauvais ménage ensemble : tout le monde veut commander tout le temps et partout, et c’est la bagarre. D’ailleurs, en général, ils ne s’attirent même pas. Et si vous rencontrez un jour un ménage Cancer + Cancer qui vous affirme vivre la pleine lune de miel suave depuis vingt ans, soyez assuré que l’un des deux est un faux Cancer : c’est-à-dire un Cancer qui n’a que le Soleil en Cancer dans son thème, toutes les autres planètes et angles du ciel étant dans un signe différent (on sait que le signe solaire n’est pas toujours dominant).

Homme Cancer et femme Lion

On en rencontre beaucoup, sous le soleil… probablement pour justifier la loi qui veut que les contraires s’attirent : le jour ne pense qu’à la nuit, le Soleil à la Lune, la lumière à l’ombre. La formule donne le plus souvent de semi-bons ménages, pas assez mauvais pour divorcer (l’homme Cancer y répugne d’ailleurs), et pas assez bons pour être vraiment réussis.

La superbe Lionne éclatante et sûre d’elle-même attire le timide crustacé, lui qui cherche toujours à s’abriter sous l’autorité maternelle d’une forte femme. Il espère qu’elle lui fera un écran contre les duretés de la vie, mais le calcul n’est pas très bon.

La femme Lion (je parle d’une vraie Lionne à part entière) s’extériorise entièrement dans de multiples activités professionnelles ou sociales, ou l’éducation de ses enfants ; c’est une femme pratique avant tout, et une femme d’affaires. Elle n’a que faire des rêvasseries brumeuses du Cancer.

Elle essaiera de le manoeuvrer, comme elle le fait avec tous les autres hommes : hélas, elle s’illusionne beaucoup sur la douceur apparente de son crabe préféré ! Il a le génie de la résistance passive, de la fuite et du secret. A cent lieues d’imaginer cet univers de brumes infinies qu’il porte en lui, la Lionne fait tout en pleine lumière et avec autorité : elle expliquera au Cancer qu’il a tort, et qu’elle a raison. Il se culpabilisera et s’enfoncera un peu plus dans sa passivité, laquelle agace tant la Lionne. La superbe bête rugira et bousculera son pauvre crabe. Là, elle risquera de tomber sur un os – sur une pince, pardon ! – le Cancer peut réagir violemment, et c’est peut-être la seule femme du Zodiaque avec laquelle il soit capable d’être brutal. S’il s’agit d’une Lionne douce, il réagira par la fuite discrète, déguisée en voyages d’affaires !

Même une très gentille Lionne et un super-brave Cancer auront de grandes difficultés à s’harmoniser. Certains y arrivent… ou presque. Mais le Cancer aurait mieux fait de chercher une Verseau ou une Scorpionne !

Homme Cancer et femme Vierge

La Vierge calcule son coup. Elle agit méthodiquement, avec persévérance, en présentant d’elle-même une image de marque raisonnable et ordonnée qui rassure l’éternel masculin. C’est ainsi qu’elle « hameçonne » le Cancer, qui mord et l’épouse, persuadé d’avoir pincé la perle du foyer.

Puis, puis… on s’aperçoit que la Vierge est terriblement possessive, et jalouse. Elle a cru épouser, la pauvre, un bon père tranquille, mais le Cancer ne supporte pas qu’on essaye de le ranger, soigneusement ficelé, dans un casier avec une étiquette : « Père de famille extra-dry ». Il commencera à rêver d’évasion. La Vierge n’a pas mesuré les abîmes insondables du Cancer. Il a besoin d’aventures, rêvées ou vécues, et la Vierge trop sage, trop raisonnable, l’ennuie à périr. Il s’évadera discrètement chaque fois qu’elle aura le dos tourné. Elle finira par s’en douter, et ruminera sa jalousie. Pauvre Vierge, toujours attirée par le mystère des signes d’eau, et si désarmée en face d’eux : Cancer, Scorpion et Poissons lui échappent, en partie du moins, et elle ne comprend pas pourquoi !

Homme Cancer et femme Balance

Un pas en avant et deux en arrière : c’est la femme Balance, comme le mot l’indique bien. Sous la double influence contradictoire de Vénus et de Saturne, elle séduit le Cancer, qui apprécie les femmes très féminines. Puis, au moment où il croit l’affaire conclue, elle se dérobe. Le Cancer mord au jeu, se passionne pour ce jeu de cache-Balance, et fait même, contrairement à son habitude, un grand pas en avant pour la saisir. Les natives du signe sont de douces indépendantes : elles font marcher le Cancer, se laissent même épouser, mais s’arrangent pour préserver leur indépendance avec beaucoup d’esprit et d’efficacité tranquille.

Peut-être même sont-elles les seules à pouvoir s’assurer la fidélité du Cancer. Beaucoup de points communs les rapprochent : l’amour d’une vie familiale paisible, l’amour des arts, des enfants… Ce sont deux êtres sensibles et fins qui s’accordent assez bien.

Homme Cancer et femme Scorpion

Mille et une nuits ne leur suffiront pas pour se raconter leur vie, leurs émotions et leurs rêves. A des kilomètres en dessous du niveau des océans, ils sont seuls au monde dans l’obscurité des grands fonds. Ils pénètrent dans les canyons sous-marins dont les parois tapissées de gorgones abritent d’insondables mystères ; de temps en temps, ils frôlent les tentacules d’une gigantesque pieuvre, dernière survivante des grands monstres du paléozoïque… Dans les forêts de coraux géants, la Scorpionne se fraye un chemin, tenant le Cancer par une pince, à deux pas derrière (il n’est pas aussi audacieux qu’elle). Ils débouchent sur d’immenses savanes sous-marines, les fameux herbiers de posidonies qui s’étendent à perte de vue sous l’Océan Indien…

Dans le silence des abîmes océaniques, le moindre battement de cœur s’entend. Et aucun sentiment de l’un n’échappe à la perception de l’autre ; même séparés par des continents, ils sentent la même chose, à la même minute, et le, disent avec les mêmes mots. Ils se possèdent réciproquement au point que leurs âmes se touchent. Jalousement possessifs tous les deux, ils s’enferment dans un univers de passion et de tendresse. Mais, peu à peu, la Scorpionne trouvera que ce huis-clos sent le renfermé. Elle a besoin d’air, de mouvement, d’espaces illimités.

Le Cancer, douillettement installé, niché dans cette étroite intimité étouffante, est très content. Il n’a aucune envie d’ouvrir les fenêtres.

Et puis la Scorpionne, un beau jour, en aura assez de le tirer, de le secouer, d’être toujours celle qui paye de sa personne, qui prend tous les risques et toutes les initiatives. Le Cancer, lui, se contente de recevoir. C’est un ventre glouton, passif, massif, aussi lourd à remuer qu’un éléphant. Il ne lève pas le petit doigt pour bouger. Réactionnaire attaché au passé, il ne comprend pas l’intuition prophétique de la Scorpionne. Finalement, excédée, elle l’abandonnera à son coin de rocher, auquel il est obstinément fixé, et partira vers le grand large. Il la regrettera toute sa vie… et recommencera les mêmes bêtises avec la suivante.

Homme Cancer et femme Sagittaire

Très peu conseillé. D’habitude, ils ne s’apprécient guère et ne se recherchent pas. Il est assez rare de les trouver en couple.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, les Jupitériens font mauvais ménage entre eux et, de plus, la formule Eau + Feu est toujours difficile (voir les malheurs du couple homme Cancer – femme Lion !).

Belle Sagittaire, grande chasseresse devant l’Eternel, allez lancer vos flèches ailleurs ! Homme Cancer et femme Capricorne

Ceux-là, chers amis lecteurs, mériteraient qu’on leur consacre cinq cents pages à eux tous seuls…

La femme Capricorne est fascinée par les signes d’eau qui extériorisent leur tendresse, ce qu’elle fait elle-même très difficilement ou pas du tout. Cancer et Capricorne sont sur le même axe zodiacal : ils ont ensemble le goût du passé, le goût du pouvoir, l’ambition, un grand sérieux.

C’est l’énergie de la femme Capricorne qui séduit le Cancer. Elle traite ses soupirants avec beaucoup de hauteur, une distance qui les impressionne et la valorise. La distance est propice aux rêves : voilà notre crustacé de vase amoureux d’une étoile. Cependant, •dans la vie quotidienne, il sera blessé par les humeurs capricantes de cette très haute et puissante dame de ses pensées. Agressive, assez froide, elle n’a pas toujours le génie d’être douce et maternelle, comme le rêvait le crabe (qui pensait la désarmer). La Capricorne, femme consciencieuse, pas tendre mais cependant passionnée, est capable d’investir toutes ses forces, son temps, son énergie, dans la survie de ce couple : parfois, elle gagne brillamment la partie, et voilà un ménage excellent… même si le Cancer est quelque peu tenté par de mini-fuites en douce !

Homme Cancer et femme Verseau

Oui, sans hésiter !

Le Cancer accorde plus de prix à l’amitié qu’à l’amour : et bien, voilà une amie pour lui ! Le Verseau est le signe même de l’amitié !

Ils aiment tous les deux la vie en société, l’évasion, l’art, la lecture, parfois le luxe, la lecture, les rêves… La Verseau saturnienne est bourgeoise, et la Verseau Uranienne bohème : l’une comme l’autre plaisent au Cancer parce qu’elles gardent un côté léger, aérien : la Verseau bourgeoise n’est jamais pesante, c’est une femme qui sait s’adapter. Quant à la Verseau artiste, elle répond au besoin de fantaisie du Cancer.

Elle n’est pas trop possessive, elle ne fait pas constamment des scènes de jalousie, elle est plus amie qu’amoureuse : tout ce qu’elle demande, c’est qu’on lui laisse une relative indépendance. Le Cancer, fin psychologue dans ce cas, le comprend assez vite, pourvu qu’il trouve ses pantoufles chaudes en rentrant. La dame Verseau, fine mouche, a compris elle aussi ; elle dit : « Oui, oui, mon chéri », et n’en fait qu’à sa fantaisie. Elle a senti qu’en s’abritant derrière la douceur et une apparente soumission, on peut très bien contourner le Cancer. Il n’est pas vraiment dupe, mais du moment qu’il a la paix et qu’on est gentil avec lui…

Homme Cancer et femme Poissons

Il aime les garces. Je trouve cela un peu triste, mais c’est ainsi… Avec Madame Poissons il ne souffrira pas assez, et finira frustré. Elle le pêche tout d’abord dans ses filets, cette sirène, parce qu’elle sait écouter, pleurer avec lui sur ses malheurs (à lui) pendant des heures au clair de lune ; elle le devine à demi-mot. Ils sont tous les deux doués de grands pouvoirs médiumniques.

Mais elle le couve trop. Comme la Vierge, elle le dorlote, le pouponne, le cajole ; au début, il est ravi. Ensuite, il devient évident qu’elle ne l’aide guère à sortir de lui-même, à mûrir. Très possessive, elle a tendance à l’étouffer sous sa tendresse abusive. Elle l’étrangle avec ses filets trop serrés… Et le crabe se débat pour en sortir.

Attention, petite sirène… La Vierge avait un balai de bonne ménagère, d’autres ont des balais de sorcière, et c’est justement ce qui tente le crabe : il vous échappera pour aller se jeter tout cru dans le chaudron d’une Mélusine !

A qui marier la Femme Cancer ?

Femme Cancer et homme Bélier

Quatre sabots et dix paires de pattes, c’est tout de même trop pour un véhicule, même amphibie. L’ennui est que certaines pattes ont toujours tendance à vouloir marcher en biais…

On connaît quelques couples qui ont tenu le coup, mais si peu… Peut-être un Bélier ascendant Taureau et une Cancer ascendant Balance ? Cette dernière est plus particulièrement vulnérable aux charmes du brillant Bélier.

Les inconvénients sont ici ceux, classiques, de la combinaison Eau + Feu : l’homme des signes de feu ne comprend pas les zones d’ombre de la femme des signes d’eau. La combinaison inverse (femme Bélier – homme Cancer) marche mieux que celle-ci.

L’homme Bélier est charmant, mais autoritaire et impulsif. Il exige trop de soumission de la femme Cancer. Celle-ci se rebiffe : c’est une personne très autonome, qui aime assez commander, et ne se laisse pas marcher sur les pinces. Si c’est elle qui tient le gouvernail, elle essaiera d’enfermer le Bélier dans un univers bien clos et bien douillet, pour mieux• se le garder. Et le Bélier n’aura qu’un rêve s’échapper tous azimuts. Si, au contraire, croyant bien faire, elle se soumet totalement au Bélier pour lui faire plaisir, cela n’ira pas non plus : il ne la sécurise guère, parce qu’il ne comprend pas sa nature sentimentale. Parfois même, il devient sadique, et elle s’enfonce alors dans un masochisme dépressif.

Il faut vraiment que les ascendants de l’une et de l’autre soient semblables ou complémentaires, et les planètes réciproquement bien aspectées, pour que la combinaison ait quelque chance de durer.

Femme Cancer et homme Taureau

En principe, c’est bon : Lune + Lune + Vénus + Jupiter, c’est positif. Ils feront un couple heureux et pacifique.

L’homme Taureau, toujours intéressé par les questions de travail, encouragera sa femme Cancer à poursuivre une carrière professionnelle, où elle pourra employer à fond son énergie et son goût de l’autorité. Elle rentrera toute douce à la maison, avec un salaire intéressant qui contribuera à leur faire une vie agréable.

Les écueils de cette combinaison ? L’insatiable fringale sexuelle du Taureau à laquelle, surtout dans la jeunesse, dame Cancer ne répond qu’à moitié, car elle est souvent plus sentimentale que sensuelle.

L’entêtement de chacun : le Taureau obstiné, voire buté, ne renonce jamais. La Cancer, forte en pinces, non plus. Que se passe-t-il lorsqu’un boulet irrésistible heurte un mur infranchissable ? Je leur souhaite de ne pas en arriver là. Que notre Cancer, plus souple, contourne en finesse son bovidé massif…

On peut aussi se poser des questions sur les motivations matrimoniales du Taureau : il aime l’argent. A-t-il épousé cette Cancer pour ses charmes aquatiques ? Ou pour sa fortune familiale ? Et dans ce cas, avait-il quelque attachement inoubliable qu’il a poursuivi après son mariage ? Le talon d’Achille des Taureaux, c’est l’argent, et c’est aussi leur incapacité d’oublier.

Femme Cancer et homme Gémeaux

On peut se marier pour mille raisons qui n’ont rien à voir avec l’entente profonde et la compatibilité d’humeur. C’est ce qui arrive ici. Une Cancer ascendant Sagittaire peut être attirée par un homme Gémeaux, mais ce n’est pas à conseiller en général.

Certes, le Gémeaux séduit tout le monde par son humour, son habileté, son optimisme et ses brillantes relations. Mais les pinces d’une dame Cancer ne sont pas assez longues pour coincer cet éternel courant d’air qui ne cesse de jouer à cache-cache avec lui-même (et avec tout le monde).

De son côté, il ne peut comprendre à quel point sa Cancer a besoin de stabilité et de tendresse… à moins d’être GémeauxPoissons (mais dans ce cas, encore plus insaisissable), ou GémeauxCancer (et là encore, peu d’espoir de bonne entente : voir la double combinaison Cancer + Cancer page 110).

Femme Cancer et homme Cancer

Le Cancer au carré ? pas bon du tout. Alors là, non. Non et re-non !

Les Jupitériens font mauvais ménage ensemble : tout le monde veut commander tout le temps et partout, et c’est la bagarre. D’ailleurs, en général, ils ne s’attirent même pas. Et si vous rencontrez un jour un ménage Cancer + Cancer qui vous affirme vivre la pleine lune de miel suave depuis vingt ans, soyez assuré que l’un des deux est un faux Cancer : c’est-à-dire un Cancer qui n’a que le Soleil en Cancer dans son thème, toutes les autres planètes et angles du ciel étant dans un signe différent (on sait que le signe solaire n’est pas toujours dominant).

Femme Cancer et homme Lion

J’ai déjà parlé de la formule inverse (page 110) en termes peu encourageants.

Ici, c’est l’échec quasiment garanti. A moins que le Lion ne soit par exemple ascendant Vierge, et elle ascendant Gémeaux. Ou encore un LionPoissons avec une CancerBélier. Mais toutes ces formules boitent des cornes ou des nageoires…

Le vrai Lion, Lion des savanes, roi de la forêt, n’a que faire du petit crabe accroché aux poils de sa crinière. Il est extraverti et joue sa vie en pleine lumière, comme un grand acteur qu’il est, le Lion superstar ! Elle, au contraire, aime l’ombre humide, la discrétion, la tendresse infinie. Il ramène tout à son ego assez voyant, et cela, une Jupitérienne ne saurait le tolérer.

Il méprise souverainement les intuitions, les rêves, les pressentiments de sa compagne ; il ignore les abîmes sous-marins qu’elle habite. La femme Cancer et l’homme Lion, c’est la petite sirène d’Andersen amoureuse du Prince charmant : ils ne vivent pas dans le même univers, et si elle veut le suivre, c’est au prix d’une douloureuse mutilation d’elle-même.

Est-ce que cela en vaut la peine ?

Femme Cancer et homme Vierge

Le bon jeune homme Vierge est une proie facile pour la femme Cancer. Maternelle et tendre, elle le défend avec une énergie qu’il admire : elle le protège et le réchauffe. Ils ont bien des goûts communs : fins, sensibles, pacifiques, ils aiment les enfants, la famille. Ils bien des goûts communs : fins, sensibles, pacifiques, ils aiment les enfants, la famille. Ils sont extrêmement consciencieux dans tout ce qu’ils font : ce sont des gens sur qui on peut compter, car ils respectent leurs engagements. Ce sont aussi des gens lents, qui ont le temps avec eux…

…Mais ici, le temps jouera contre leur couple. Un jour – assez tard, peut-être -, le bon petit garçon deviendra un homme, un vrai ! Et ce jour-là, il en aura assez de se faire materner par la bonne Cancer. Il fera sur elle la crise d’opposition qu’un adolescent fait normalement sur ses parents. Et ce sera dur pour la pauvre écrevisse. Elle-même, d’ailleurs, peut se lasser avant lui de jouer à la maman et au bébé avec son jeune mari. Passe un pirate à l’horizon, et voilà ma Cancer embarquée pour toujours.

Femme Cancer et homme Balance

Sous la double maîtrise de Vénus et de Saturne, on rencontre deux types d’hommes Balance : le très vénusien, très charmant et très sensuel, grand amoureux, qui ne résiste pas à l’appel du moindre jupon. Et le très saturnien, homme plutôt austère et réservé, très peu porté sur les plaisirs de Vénus.

L’un comme l’autre sont de doux misogynes, émettant volontiers, dans les salons, des propos peu amènes sur les femmes en général, ce qui ne les empêche pas d’être assez bons princes dans la vie privée avec leur épouse. La femme Cancer se moque éperdument de leur misogynie. Du moment qu’on est tendre et gentil…

Le succès de ce couple dépend beaucoup de son entente physique. L’homme Balance à fidélités multiples provoquera sans nul doute la jalousie féroce de son écrevisse. Mais l’homme Balance saturnien ne lui offrira guère les « joies de l’oreiller partagé », comme disent les Chinois. Au début, cela ne lui manquera peut-être pas beaucoup, tout occupée qu’elle sera par les enfants et la maison. Mais à la longue, le problème risque d’être plus aigu.

Femme Cancer et homme Scorpion

A la première bulle, ils se jetteront dans les pinces l’un de l’autre : comme ils ont tous les deux le fameux sonar des signes d’eau, ils se parlent en crustacé, c’est merveilleux !

La femme Cancer, romantique et passionnée, est fascinée par le Scorpion. Elle se donne à lui totalement, et même se soumet à lui, ce qui est rare chez elle.

Si c’est un Scorpion bon prince, un ScorpionVierge par exemple, cela peut aller. Sinon, la pauvre écrevisse est bien mal protégée par sa carapace : le Scorpion la pique au défaut de la cuirasse, il sait toujours où ! Et le venin, se répandant dans la chair tendre, la paralyse complètement. Passive, sans défense, elle ne peut qu’exciter le sadisme du Scorpion.

Complètement transformée en « Crabmeat surgelé », elle se laisse consommer par ce requin des mers sans avoir les moyens de se faire respecter.

Pour échapper à ce forban, il lui faudrait beaucoup d’énergie martienne dans son thème, beaucoup de feu, beaucoup d’air aussi, sur lequel le Scorpion a peu de prise. Sinon, sa carapace rose portera toute la vie d’ineffaçables cicatrices.

Femme Cancer et homme Sagittaire

Absolument déconseillé.

Ce serait condamner notre pauvre écrevisse à une jalousie chronique : tout le monde sait que le cavalier Sagittaire est fidèle en gros… mais pour le détail, mieux vaut ne pas y regarder de près.

Il vit dans l’instant immédiat, et la femme Cancer dans le temps étalé sur des siècles. Il oublie l’instant d’après, tandis qu’elle n’oublie jamais rien. Elle est consciencieuse, obsédée de perfection, anxieuse de bien faire : lui, navigue avec le plus grand bonheur dans l’à- peu-près rapide. Il a les qualités de ses défauts : il n’est pas mesquin. Mais les histoires, les scènes, les pleurnicheries, les brumes du Cancer l’ennuient.

Et puis, c’est un Jupitérien : donc à ne jamais marier avec une Jupitérienne. Résultat garanti négatif!

Femme Cancer et homme Capricorne

Ils s’attirent toujours, ces deux-là, car ils se ressemblent et se font vis-à-vis sur le même axe : solstice d’été – solstice d’hiver.

La femme Cancer sera-t-elle capable d’arracher le Capricorne à son orgueil de béton ?

Pourra-t-elle le délivrer de sa carapace de glace ? Lui apprendre à devenir humain, à sortir de sa prison intérieure pour se pencher avec tendresse sur les problèmes d’autrui ?

Très difficilement, car elle a presque les mêmes problèmes. Elle aussi est enfermée dans un monde intérieur, et elle aurait besoin d’un homme qui l’aide à s’extérioriser. Le Capricorne n’en fera rien ; au contraire, il la blessera par sa maladresse (il est nul en diplomatie amoureuse) et elle ne fera que se replier davantage sur ses rêves.

Ils se ressemblent par leur susceptibilité, leur orgueil et le goût du pouvoir. Malgré son exquise féminité, la femme Cancer n’est qu’apparemment souple, elle a de grandes difficultés à se donner totalement. Quant au Capricorne, c’est un bloc d’acier massif. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils s’attirent si souvent : le malentendu est évident. Ce qui ne va pas, c’est qu’ils ont chacun un « ego » envahissant, assorti d’un goût du pouvoir très net, et que personne ne voudra céder. Ils ont tendance à s’enfermer chacun dans sa carapace et sa dignité offensée en refusant tout dialogue. Dans un tel contexte, la seule chance de succès est d’avoir le courage de s’expliquer avec humilité et franchise. Si seulement l’un des deux a ce courage, la partie est gagnée.

Femme Cancer et homme Verseau

Bon vent, bonne brise : l’air frais du Verseau est bénéfique aux petits crabes ! Ces deux-là ont de fortes chances d’être heureux, à condition que le Verseau ne soit ni violent ni trop aventurier. Quant à elle, ses chances sont meilleures encore si elle est Cancer ascendant Lion.

Notre grand vent de février apporte une certaine fantaisie à la trop consciencieuse et traditionnelle Cancer. Il saura s’assurer le dévouement absolu de sa femme, qui ne demande que ça. Dévouement qui, tout de même, peut se changer en un doux esclavage. Mais le Verseau est un irréductible indépendant, que personne n’a jamais réussi à verser dans une boîte fermée : il s’en échappe toujours, conformément au symbolisme du signe !

Il ne s’échappe d’ailleurs qu’à moitié, puisque c’est un signe fixe. Et il est assez content de se trouver un port d’attache dans la stabilité de sa-bonne Cancer, tendre et sérieuse. Elle- même préfère les hommes jeunes : or le Verseau garde toute la vie une allure d’adolescent, qui manifeste la jeunesse éternelle de ses rêves. Le Verseau, tourné vers l’avenir, n’est jamais « vieux », et s’accorde bien avec la Cancer tournée plus facilement vers le passé : cette complémentarité du temps les séduit réciproquement. Le Verseau sera l’éternel grand enfant chéri de la maternelle Cancer, il ne sera jamais un vieux monsieur. (Mozart et Jules Verne, gloires des Verseau, ont-ils pris une seule ride ?).

Femme Cancer et homme Poissons

Don Juan ne fera qu’une bouchée de la pauvrette.

Ils parlent, bien sûr, le même langage. Se sentant enfin comprise par un homme, jusque dans les plus profonds replis de sa carapace, elle jette sa réserve par-dessus bord et se livre à lui toutes pinces et pattes liées. C’est le seul homme (avec le Scorpion) pour lequel elle est prête à tout donner.

Las ! Le Poissons est un grand prédateur, contre lequel la pauvre étrille est sans recours et sans protection. Il nage trop vite et trop loin pour elle ; il la trompe tant qu’il peut, se moque de son dévouement de plus en plus maso, et la plante là pour un voyage au long cours. Pleurniche-t-elle ? Lui fait-elle des scènes ? Il la méprise encore plus et n’a cure de ses larmes salées.

Chères sœurs du Cancer, fuyez, fuyez l’abominable Poissons.

Combinaison du signe avec les Ascendants

On rencontre dans la vie toutes sortes de Cancers chez lesquels on a bien du mal à retrouver de prime abord les caractéristiques lunaires du signe.

Si le Cancer type est passif, introverti et statique, un Ascendant Feu, par exemple, peut le rendre extrêmement actif, entreprenant, voire audacieux. Qui aurait pu croire que Jules César était natif du Cancer ? Mais il était Ascendant Sagittaire.

Chez tous, cependant, on relève un attachement exceptionnel à la mère (et la mère- patrie), à la famille. César lui-même, est-ce un hasard ? serait né par « césarienne » : l’enfant, physiquement, ne pouvait sortir de sa mère.

Tous les Cancers ont enfin en commun une très fine intuition, quel que soit l’Ascendant : passionnés de psychologie, réfléchis, capables de sentir à distance, ils sont bien placés pour l’actuel développement des sciences parapsychologiques !

Le Cancer Ascendant Bélier

Il a des problèmes : le Soleil en Cancer est en quadrature avec l’Ascendant ! Le natif est livré tantôt aux irrésistibles impulsions du Bélier, tantôt aux inhibitions du Cancer. Il fonce tête baissée dans une entreprise hasardeuse, puis son enthousiasme faiblit et il laisse tomber avant d’avoir atteint l’objectif. Par contre, il est capable de s’entêter dans une erreur, envers et contre tout. Quand le crabe est en prise, il ne desserre pas facilement ses pinces ! Il devra apprendre à harmoniser l’impulsivité du Bélier et la persévérance cancérienne : ce n’est pas facile.

Dans cette combinaison, le Cancer se trouve en Maison IV, celle qui lui correspond, celle du foyer : le natif sera donc très particulièrement attaché à sa famille, ses enfants, sa maison. Dans le cas de Marcel Proust, Cancer Ascendant Bélier, l’attachement à la mère et au foyer fut tel qu’il ne put jamais s’en défaire pour fonder un foyer à lui.

Mais c’est un cas extrême, et le plus souvent, le Cancer Ascendant Bélier sera assez heureux en ménage : la Balance, signe de chance et de bonheur conjugal, est sur sa Maison VII. Il se trouvera une jolie fille, douce et accommodante, avec laquelle il vivra longtemps. (Voir les astromariages de l’homme Cancer avec la femme Balance.) Autre personnage célèbre dans cette formule : Jean Anouilh, dont les répliques fines et percutantes tiennent à la fois du Bélier et du Cancer.

Le Cancer Ascendant Taureau

Lune + Lune

Artiste, sensible, rêveur, sensuel, c’est un être exquis dont la famille et les amis apprécient infiniment le talent et le charme, la gentillesse et la fantaisie.

Le CancerTaureau vit pour la beauté. Il n’est presque pas de ce monde ! Jean Cocteau était CancerTaureau, et André Barbault pense que Proust l’était peut-être aussi (dans le cas d’une erreur d’état civil sur l’heure précise de naissance). La formule inverse (mais voisine), est illustrée par Salvador Dali : Taureau Ascendant Cancer.

Ce sensitif, ce tendre, cet émotif, se défend mal contre la violence et la brutalité du monde ; il tourne facilement contre lui-même son agressivité, faute de pouvoir l’extérioriser. Il est ainsi plus vulnérable qu’un autre à la dépression nerveuse, et son masochisme latent attire les bourreaux, partenaires sadiques qui prennent plaisir à le tourmenter.

Ce n’est pas le Taureau qui aidera le Cancer à sortir de son trou : le Taureau est trop passif, trop stable lui-même. A eux deux, cependant, ils ont une grande persévérance dans le travail, et c’est ainsi qu’arrive un jour la réussite. Cela d’autant plus que la Lune, symbolisant la foule, apporte la notoriété au créateur si elle est bien aspectée.

Le Cancer Ascendant,Gémeaux

Petit Poucet deviendra-t-il un jour une grande personne ? Le Cancer trop attaché à sa mère ne brille jamais par sa précocité, et les Gémeaux feux follets ne sont pas pressés non plus d’entrer dans le monde des adultes.

Au féminin comme au masculin, ils ont souvent une allure ambiguë : ni homme ni femme, mais lutin attendrissant et charmant. Des tendances homosexuelles latentes peuvent se faire jour.

Un roi de France, Charles VIII, était CancerGémeaux : les historiens soulignent son manque de maturité, et je vois les guerres d’Italie comme un rêve de boy-scout avant la lettre ! (Lequel boy-scout, étant roi, avait évidemment des moyens de nuire que les patrouilles de quartier n’ont pas…)

Dans d’autres cas, le Cancer semble masquer le Gémeaux, mais l’immaturité de la combinaison se traduit autrement, par un besoin quasi névrotique de déplacements et de voyages, ou par un attachement hors saison aux traditions de l’adolescence. Je connais un CancerGémeaux qui a l’air d’un monsieur très posé, mais qui n’a qu’un regret dans la vie : avoir dépassé la limite d’âge pour être intégré dans une troupe de boy-scouts. Heureusement, il a des fils…

Imaginatif, souvent créatif, le CancerGémeaux peut être fort agile d’esprit et de mains, il a plus d’un tour dans sa besace. Ainsi Pirandello, brillant homme de théâtre et Muriel Cerf, inoubliable auteur de l’Anti-voyage, qui raconte ses aventures avec la brillante verve du GémeauxCancer.

Cancer Ascendant Cancer

J’en ai trouvé deux, grâce à André Barbault 1, un vrai Cancer, avec non seulement l’Ascendant dans le signe, mais encore la Lune et Mars !

C’est un roi de France encore, Louis XII. Ce n’est pas un hasard s’il fut appelé le « Père du peuple » : le Cancer, bon prince, gouverne avec sensibilité et humanité.

Un autre roi de France naquit sous le double Cancer : Charles IX. Moins heureux, cet éternel petit garçon vécut, selon Barbault, toute sa vie dans un monde imaginaire, sans jamais atteindre la réalité du pouvoir autrement qu’à la chasse.

Cancer Ascendant Lion

Tout dépend de la force du Lion : si celui-ci est puissant dans le thème, vous l’entendrez rugir, et le Cancer sera complètement dévoré. Qu’en restera-t-il ? Un certain charme tendre parfois, un attachement très fort à la mère et à la famille… Mais le Soleil du Lion arrache le Cancer à ses brumes nocturnes, et le pousse vers l’action ouverte. Le natif ne trouve son équilibre que dans une grande activité : il est doué pour les affaires, où il entend bien être patron. La combinaison Cancer + Lion donne fréquemment des gens extrêmement autoritaires, main de fer sous un gant de velours (il y a bien des crabes poilus…). En tout cas, ils sont dévorés d’ambition professionnelle ou sociale.

Le Soleil se trouve ici en Maison XII : le natif a généralement un grave problème avec son père, souvent la perte de celui-ci (mort ou séparation). Il cherche toute sa vie à imiter et à surpasser ce père. Si le Soleil se trouve en Maison XI, au contraire, le père est un ami, et son influence détermine les amitiés et les relations du natif.

Le Cancer Ascendant Lion a aussi la Vierge sur la Maison II : vous ne vous étonnerez pas qu’il ait certaines difficultés à être généreux financièrement. Tout dépend évidemment des planètes qui habitent cette Maison II, mais on peut prévoir qu’il sera généreux avec calcul : il préférera les dépenses qui rehaussent son image de marque, dépenses somptuaires qui améliorent son prestige et son standing. Pour vous faire entretenir par un CancerLion, flattez son goût du luxe et son ambition. Une maîtresse discrète et effacée, en « back- street », n’a aucune chance d’obtenir le moindre sou pour l’aider à vivre. Je connais quelques hommes CancerLion parmi des hommes d’affaires très importants. Citons également, dans un autre domaine, le psychologue René Le Senne, connu pour avoir établi une typologie des caractères, toujours en usage.

Cancer Ascendant Vierge

A priori, deux bêtes assez calmes. On s’étonne d’y trouver des amateurs de sensations fortes : le commandant Charcot, Antoine de Saint-Exupéry. C’est qu’avec l’Ascendant Vierge, le Cancer vient en Milieu-du-Ciel : ainsi s’explique l’amour de la mer chez Charcot, l’amour fou des voyages chez Saint-Exupéry. Mais, comme chaque fois qu’il y a Vierge sous roche, on trouve des écrivains : Georges Duhamel, Gaston Bachelard (L’eau et les rêves, quel joli titre pour un CancerVierge !). Un peintre, aussi : Modigliani.

Cancer et Vierge, en sextile sur la roue du Zodiaque, s’harmonisent assez bien ensemble. La Vierge apporte sa précision au flou artistique du Cancer, et lui apprend à s’organiser avec plus de rigueur. C’est très sensible chez Modigliani, par exemple, dont l’art est marqué d’une évidente sobriété classique : il est très loin des divagations de ses contemporains, et ses portraits dénotent des dons d’analyse psychologique très Virginiens.

Quant à Saint-Exupéry, il n’est pas si étonnant de le trouver à la fois parmi les écrivains et parmi les aviateurs : l’aviation privilégiait, surtout à l’époque des pionniers, les aptitudes pour la mécanique. Il fallait savoir démonter, puis remonter son moteur, flairer le bruit suspect, trouver le boulon vadrouilleur : talent typiquement Vierge, le signe marquant très nettement les thèmes d’aviateurs de l’époque héroïque. Et le « Petit Prince », c’est notre enfant Cancer… Toute l’oeuvre baigne dans sa tendresse aquatique, il habite dans sa planète à lui, qui n’est pas la nôtre, mais serait plutôt cousine germaine de la Lune.

Beaucoup d’animaux traversent le Petit Prince : un mouton immatériel, un petit renard mystique, un vol d’oies sauvages omnibus, un serpent de mort… On sait que la Vierge aime les animaux !

Le Cancer en Milieu-du-Ciel dissipe beaucoup les brouillards nocturnes du signe. Le natif parvient plus facilement à traduire ses rêves dans la réalité et à accoucher de lui-même. La Vierge pratique, signe de Terre, est un signe réalisateur et méthodique : elle tient le Cancer par la main et le contraint à travailler… Mais le Cancer lui apporte un souffle d’inspiration, l’imagination dont manquait cette personne trop raisonnable.

Cancer Ascendant Balance

En voilà un (une) qui trompe son monde !

Que de charme, de douceur, de diplomatie, d’élégance… La Balance hésitante et douce semble affaiblir le Cancer : c’est ce qui se passe parfois, certes. Mais le plus souvent, il n’en est rien (surtout chez les femmes) et j’ai trouvé de fortes personnalités sous cette combinaison astrale. Tel, par exemple, Ernest Hemingway, qu’on ne s’attendrait pas à croiser dans ces parages !

La Balance, c’est Vénus tendre et artiste, certes, mais c’est aussi Saturne, astre dur et masculin, le « grand maléfique », comme l’appelaient les Anciens. En fait, la Balance, comme la Vierge, oblige le Cancer à être plus pratique, à s’ouvrir à autrui, à réaliser ses potentialités. Au départ, cette combinaison apporte une certaine instabilité, puisque l’air et l’eau ne sont pas compatibles. Les tensions se résolvent en activité créatrice, de caractère artistique ou social. Le mariage des deux signes, Cancer féminin et Balance masculine, peut être extrêmement positif si la Balance est bien soutenue dans le thème.

On est toujours surpris de la persévérance du CancerBalance. Telle cette petite fille qui me répétait tous les matins : « Tu n’oublies pas de m’apporter une petite machine à coudre pour enfants, dis ? » A la fin, bien sûr, je l’ai apportée : que faire devant une telle insistance, douce (…mais inexorable !), étirée sur des semaines et des semaines ?

Le CancerBalance est adroit de ses mains, plus ou moins artiste, et très diplomate.

L’optimisme des Jupitériens du Cancer est soutenu par ce sens de l’équilibre propre à la Balance, qui est un facteur de chance.

Cancer et Balance aiment les enfants et savent instinctivement s’en faire apprécier, organiser des jeux et comprendre leurs problèmes pratiques (la Balance est une personne très bien organisée).

Pour en revenir à Hemingway, en se penchant sur son thème, on voit son Cancer, signe d’eau, en Maison X : pas étonnant qu’il ait aimé la mer ! Il aurait toujours été tenté par un métier en relation avec l’eau et les voyages… Méditez ce merveilleux titre : Le Vieil homme et la mer. (Le Cancer adore les vieilles gens, et la tradition qu’elles portent en elles fascine son goût du passé.) Un autre joli titre : « The Sun Also Rises (Le Soleil se lève aussi)… Oui, il finira par se lever au zénith, milieu du ciel, ce Soleil natal, mais il émerge d’un signe d’eau nocturne, tandis que la Lune, éclatante, est en Lion et en Maison XI (Ça, c’est la « Fiesta » 1 ! Et aussi la gloire !)

Cancer Ascendant Scorpion

Porteur d’un océan de rêves, le CancerScorpion a presque toujours des dons fantastiques de médium. Émotif, anxieux, il pressent et devine ce que les autres ne comprennent pas encore. Trop fin psychologue pour être abusé, on ne peut rien lui cacher, c’en est gênant. Il flaire immédiatement les motivations secrètes de ses interlocuteurs ; il n’agit que téléguidé par son instinct. Aussi les autres gens le trouvent-ils « irrationnel », « illogique », « dingue » dans sa façon de vivre. Mais il ne prend pas la peine de s’en expliquer. Il émane de lui un charme subtil, qui ne tient pas à sa beauté physique (laquelle est irrégulière). Il vous emporte sur sa longueur d’onde, et vous voilà séduit. Si vous n’êtes pas un peu médium vous-même, vous ne le comprendrez jamais.

Les combinaisons sont variables suivant les individus. Si le Scorpion prend le dessus, c’est un homme d’action et un fin politique, tel le roi Louis XI. Le Scorpion aiguise le courage et l’énergie, mais l’être reste bon et accessible à tous ses intimes (comme c’est le cas de Louis XI auquel une récente biographie vient de rendre justice).

Si l’eau du Cancer noie l’agressivité du Scorpion, le natif, pacifique et introverti, extrêmement sensible, limite ses conquêtes à la maîtrise d’un art : Rembrandt, dont les clairs-obscurs reflètent bien l’âme subtile et secrète.

Le Soleil, dans cette association de signes, se trouve souvent placé en Maison VIII, Maison de la mort. Cela indique, sinon une faible longévité, du moins une faible vitalité : le natif se fatigue vite et économise instinctivement sa force vitale.

Cancer Ascendant Sagittaire

Curieuse formule que celle-là : le Sagittaire, malgré, Jupiter, est fait d’un tout autre bois que le Cancer. Tandis que ce dernier est la lenteur même, le Sagittaire est vif comme ses flèches. Il ne rêve que de voyages et conquêtes, alors que le Cancer, casanier et pacifique, préfère régner sous son rocher natal.

Le Sagittaire pourrait « dynamiser » le Cancer, mais il risque aussi de le brutaliser. Le natif est sûrement un royaume divisé en deux personnages étrangers l’un à l’autre. L’action et la conquête lui permettront de surmonter cette dissonance intérieure. C’est peut-être la raison profonde pour laquelle César (CancerSagittaire) s’est cru obligé de conquérir les Gaules… Il voulait voir la mer du Nord !

Ces natifs ont généralement le Milieu-du-Ciel en Lion, ce qui ne les encourage pas à rester passivement chez eux. Ils ont aussi le Scorpion en Maison XII, celle des épreuves, qui leur amène des ennemis acharnés et violents : Tu quoque mi fili, s’écrie César devant son fils adoptif sur le point de l’assassiner. « Toi aussi, mon fils, [tu es au nombre de mes ennemis !]… » Avec l’Ascendant Sagittaire, le Soleil peut se trouver en Maison VII, celle des associations, amenant une vie sociale brillante et la notoriété. Mais les Gémeaux étant sur le Descendant, cela laisse présager une vie éphémère pour ces associations (on pense aux triumvirats), ainsi qu’au moins deux mariages (si l’ensemble du thème se précise).

Je ne sais où Valéry est allé chercher son inspiration lorsqu’il a écrit : « César, calme César »… A mon avis, le SagittaireCancer est un volcan intérieur, bouillant d’impatience d’agir, toujours sur le pied de guerre. Il ne fait pas bon se moquer de lui : ne pas oublier que Cancer + Sagittaire, c’est Jupiter + Jupiter, le roi des dieux, s’il vous plaît ! Ses colères olympiques ne passent pas inaperçues!

Cancer Ascendant Capricorne

Voilà un animal redoutable, le plus opérationnel de tous, le vrai bulldozer à qui nul ne résiste. Tout gentil, tout doux en apparence ; mais les dents longues, longues, longues…

Un exemple, pour vous faire comprendre ce que c’est qu’un CancerCapricorne : Giulio Mazzarini, vous connaissez ? dit Mazarin pour les manuels d’histoire. Un petit Italien de rien du tout ; un macaroni de la péninsule, et même pas prince à une époque où tout le monde l’était (ou presque). Il avait comme devise : « Le temps et moi. » Une vraie devise de Capricorne… renforcé encore par le Cancer.

Extraordinairement tenace, jamais abattu, tramant ses intrigues dans l’ombre (on dit même « ourdissant », ce qui est bien plus joli), gravissant étape par étape les degrés du pouvoir, ce modeste italien réussit à devenir cardinal, ministre, confident du roi, amant (?), en tout cas ami de la reine, et finalement le maître de ce pays auquel il était étranger.

Tous les CancerCapricorne n’ont pas le génie ascensionnel de Mazarin, mais le mot clé de leur existence est : ambition. Ils veulent leur morceau, et ils l’auront, non pas emporté d’assaut, mais grignoté petit à petit sur la faiblesse et la bêtise de l’adversaire.

L’alliance de Mars et Saturne du Capricorne avec Jupiter du Cancer est une machine de guerre irrésistible (à condition d’avoir un Mercure bien aspecté et valorisé, qui permet de choisir les bons objectifs). Le temps ne compte pas pour ces gens-là, et, à force de s’accrocher, ils survivent à tous les naufrages, surmontent tous les obstacles.

Moi-même, je les déteste parfois… mais je finis à la longue par leur accorder ce qu’ils demandent, pour avoir la paix !

Cependant, ce ne sont pas des révolutionnaires : partisans de l’ordre, de la famille et de la patrie, ils n’ont rien de nihiliste. Ils veulent la puissance pour eux, mais leurs conceptions philosophiques sont extrêmement conservatrices (même s’ils ont l’habileté de ne pas le laisser voir). Ils cachent leurs dents longues et leur faim de pouvoir derrière un sourire bon enfant, des façons paternelles, un optimisme enjoué Oui rassurent ceux qui vont se faire croquer. Vous avez compris : le Loup du Petit Chaperon Rouge était CancerCapricorne

Cancer Ascendant Verseau

Grand romantique écartelé entre le passé et l’avenir, il risque fort de mener une vie en zig- zags et en montagnes russes…

Si le Cancer aime l’histoire, la famille et l’immobilisme, je vous jure que ce n’est pas le cas du Verseau. Aux orties, les traditions de papa ; et vive la Révolution ! Le Verseau ne se sent à l’aise que dans les idées d’après-demain et les techniques d’avant-garde. Le Cancer est intimiste, tandis que le Verseau sacrifie ses amours à ses amitiés. Ouvrant son foyer à tous les copains, il le transforme en courant d’air, et le malheureux Cancer ne peut plus s’y réchauffer : mais le Verseau n’en a cure, c’est un signe d’hiver, blindé contre les vents froids !

Comment concilier ces deux extrêmes en un seul être ? Les CancerVerseau, ce sont des

gens qui voudraient bien être d’avant-garde, et ils font tout pour s’en donner l’air. Mais,

dès qu’on gratte un peu, on déterre un vieux fond conservateur, voire réactionnaire… Le

Cancer n’est pas doué pour la révolution. Le CancerVerseau, éternellement déchiré entre le désir d’innover et celui de conserver, est un révolutionnaire en peau de balle, un tigre de papier. Il n’applique pas ses théories sociales dans la vie quotidienne. Il est fasciné par le Scorpion qui synthétise dans son venin à la fois la révolution Uranienne et le rêve aquatique des marécages…

Mais foin de toutes ces méchancetés : parlons plutôt des atouts du CancerVerseau : un très bon contact avec les jeunes, qu’il comprend et dont il est capable de partager les activités en excellent animateur. Le génie de l’amitié (sinon celui de l’amour). Fidélité et loyauté dans ce domaine lui apportent beaucoup d’amis avec lesquels il passe le plus clair de ses loisirs (surtout si le Soleil est en Maison V : les distractions prennent alors une place prépondérante dans la vie du natif ; et si le Soleil est en Maison VI, il s’arrange pour travailler au milieu d’une équipe de copains !)

Enfin, le CancerVerseau a pas mal de suite dans les idées puisque le Verseau est un signe fixe : on peut lui reconnaître une grande persévérance dans ses entreprises. Qui était CancerVerseau ? George Sand, et sa vie est bien un mélange d’aventures, de.rêves sentimentaux, d’idées sociales généreuses (Verseau, ça !).

Voyez encore Lord Byron, dont l’Ascendant Cancer justifie que nous parlions de lui ici : le romantisme cancérien et la générosité du Soleil en Verseau l’ont envoyé en Grèce au service des patriotes opprimés. Sa vie est une suite de romans contradictoires enfilés bout à bout : une bonne illustration des incohérences du CancerVerseau.

Cancer Ascendant Poissons

Animal mystérieux, complètement étranger à la logique officielle, il aurait bien besoin d’un conjoint pratique et réaliste. C’est ce qu’il cherchera probablement puisqu’il a la Vierge en Maison VII. Plus souvent, malheureusement, il ne se mariera pas du tout, parce qu’il est incapable de faire le minimum de ce qu’il faudrait pour cela. Émerge-t-il jamais de ses rêves ? C’est un peu La Fontaine, qui s’est ainsi défini dans une de ses fables : Un lièvre en, son gîte songeait. (On ignore son Ascendant exact mais on sait qu’il avait le Soleil en Cancer et la Lune en Poissons.) Et c’est aussi Montaigne, « être ondoyant et divers » (Soleil en Poissons et Ascendant Cancer). Optimiste, humaniste et philosophe, mais peu apte à se défendre dans le monde des affaires, tels sont les Cancers à écailles.

Tout à fait médiums, bien sûr, portant en eux-mêmes leur boule de cristal… Joëlle de Gravelaine a étudié ainsi le cas de Guy Trébert (Cancer Ascendant Poissons), dit « assassin de la nouvelle Lune » i. A vrai dire ce pauvre malheureux ne semble pas tellement responsable de ses crimes, du dédoublement de sa personnalité. Le CancerPoissons échappe à lui-même, file entre ses propres pinces, sans pouvoir maîtriser le déroulement de sa vie. Il ne peut que suivre le fil du courant : on ne maîtrise pas le Gulf Stream.

Comment interpréter les Planètes dans les signes

Les Planètes dans le Cancer

Soleil en Cancer

Donne des indications sur la personnalité extérieure du sujet grande sensibilité, à l’écoute du non-dit, du non-visible, beaucoup d’intuition : cette intuition se fait parfois devineresse, pressent des événements et des situations à venir. Les rêves prémonitoires sont fréquents chez le Cancer hyper-réceptif. « Idéalisation du passé, attachement à la tradition, qui sert de point d’appui contre l’insécurité du futur […] Manque d’initiative, défaut d’agressivité et d’esprit compétitif […] compensés par la souplesse intuitive de l’intelligence. L’équilibre ainsi créé permet d’atteindre avec autant d’efficacité l’objectif recherché ».

Lune en Cancer

Accentue toutes les tendances extérieures du signe en leur donnant quelquefois une exaltation excessive : douceur extrême, intense réceptivité qui peut aller jusqu’à la médiumnité. La voyance, la précognition, les phénomènes extra-sensoriels sont tout à fait courants avec la Lune dans ce signe. Elle donne également des dons artistiques réels que la timidité du Cancer ne sait pas toujours faire valoir. Besoin immense de tendresse, de protection.

Forte sensualité réceptive.

Mercure en Cancer

La planète de l’intelligence se teinte ici de finesse analytique, de sensitivité, d’irrationnel. L’intuition s’affine, se laisse diriger par une perception subjective des problèmes, et les résout grâce au « flair », au doigté, à l’instinct beaucoup plus que par raisonnement. Mercure en Cancer fait des êtres qui écoutent plus qu’ils ne parlent, qui enregistrent et mémorisent les moindres faits et gestes pour s’en servir plus tard dans des circonstances appropriées. L’esprit, à la démarche lente et sûre, donne du poids aux synthèses. C’est un esprit qui allie des qualités inventives aux déductions logiques.

Vénus en Cancer

La planète de l’amour et de l’art se trouve en affinité avec le signe d’eau. Vénus en Cancer s’intériorise, gagne en pudeur et en réserve ce qu’elle perdait en extraversion, elle devient plus artiste, plus profonde et plus douce. Sa recherche de l’amour sensuel se transforme en quête de tendresse, de protection, de sécurité affective. C’est une Vénus mouvante mais fidèle, capricieuse mais sage. Sensualité « sensorielle ».

Mars en Cancer

L’activité impatiente, brusque, agressive, de Mars s’émousse en Cancer. L’action devient plus mesurée, plus flottante, plus fragile extérieurement. Mais elle se concentre, grâce à la profondeur que lui donne le signe, elle acquiert une plus longue portée. Elle devient plus durable, plus obstinée, moins spectaculaire mais peut-être plus efficace, en s’exerçant sur des registres qui lui conviennent, soutenus par l’intuition que confère le signe : l’art, le commerce sont ses terrains d’élection. Le dynamisme, l’énergie vitale, n’apparaissent pas : il faut se rappeler que le Cancer n’est pas un signe de grande santé. En revanche, la sagesse, l’économie de moyens dans l’objectif à atteindre, l’instinct très puissant remplacent avantageusement une extériorisation chaleureuse de la personnalité.

Jupiter en Cancer

Jupiter, qui aime tant son confort, ses aises, le luxe en toute chose, exalte la sensualité du Cancer, la matérialise. La philosophie d’un Jupiter en Cancer est dans la jouissance pure et le confort personnel. La réussite professionnelle se fait dans le respect de la tradition des lois hiérarchiques, dans le culte de la famille et des ancêtres. Que de bienveillances, que de concessions, que de souplesse dans cet alliage ! Rien ne doit freiner ou entraver le désir qu’a le natif de jouir de la vie par tous ses pores. S’il gagne facilement de l’argent, il le dépense encore plus facilement, pour le plaisir de dépenser. Il a besoin d’abondance et de richesse, de beaux objets, de bijoux, de fourrures, de luxueuses voitures. Cet être est, en général, extrêmement séduisant.

Saturne en Cancer

C’est la logique, le raisonnement, la rigueur froide et calculatrice de Saturne dans l’univers fantasque, imaginatif et sensuel du Cancer. Résultat : ou bien Saturne canalise la fantaisie du Cancer et lui donne du poids, de la mesure, de l’ambition et de la discipline, auquel cas le sujet perd beaucoup des caractéristiques lunaires (réactions imprévisibles, tempérament secret et changeant, parfois un peu versatile), ou bien Saturne broie le Cancer. A ce moment-là, il crée toutes sortes de frustrations dans les domaines régis par la Lune : la créativité est freinée, l’élan vital s’amenuise, l’affectivité n’est jamais comblée, la sensibilité reste à vif sans parvenir à s’épanouir dans une activité inventive et riche.

Uranus en Cancer

Le goût d’Uranus pour les bouleversements, les changements radicaux, les décisions rapides et irrévocables se trouve singulièrement étouffé par le Cancer. En effet, le Cancer est le signe des petits changements, des petites modifications, mais pas des hautes tensions familières à Uranus. D’où affaiblissement des valeurs proprement uraniennes dans ce signe : individualisme moyen, esprit de décision plus flou, activité créatrice moins volontaire et ambitieuse. La vitalité Uranienne devient un peu aquatique, c’est la foudre dans l’eau.

En revanche, le Cancer accentue la réceptivité d’Uranus, d’où une réelle générosité à l’égard d’autrui, la volonté d’emporter une certaine adhésion de son entourage.

Neptune en Cancer

La planète double son inspiration intuitive dans le Cancer, elle devient très fortement

sensible à toute vibration sensorielle. Elle capte les moindres ondes de son entourage et

plonge dans les eaux sans fond de la sensation, du délire artistique (musical, visuel, auditif)

avec un goût prononcé pour tout ce qui a trait à l’eau, à l’élément liquide.

Pluton en Cancer

Les forces souterraines et créatives de Pluton prennent de la sensibilité et de la fragilité cancériennes. Elles deviennent moins ambitieuses sans retirer d’invention, ni de profondeur. Mais le sujet risque de se sentir limité dans sa créativité par son respect des valeurs familiales, traditionnelles, parfois même conservatrices.

Comment interpréter les signes dans les Maisons

Le Cancer dans les Maisons

Cancer en Maison I

« Cette maison est un point de départ […] mais aussi d’arrivée. Elle peut représenter un retour éternel de phénomènes fondamentaux à répétition » (Lisa Morpurgo) 1. Elle indique traditionnellement le lieu où s’expriment les composantes de la personnalité – et non du caractère – avec leur possibilité d’évolution.

En I, le Cancer donne une tendance à l’introspection, à la fragilité psychologique, avec inquiétudes, peur d’autrui, curiosité pour l’irrationnel, l’inconnu, l’occulte.

Cancer en Maison II

En II, le Cancer donne un comportement de refus total ou partiel à l’égard des biens matériels. La carapace du crabe le protège, ici, de la dépendance « économique », de la recherche du confort, du « standing », etc. En revanche, il peut donner de l’imagination dans ce domaine, si bien qu’on verra des intérieurs ou des objets marqués par la fantaisie lunaire.

Cancer en Maison III

En III, le Cancer n’établit pas facilement de relations avec son entourage proche : frères et sœurs, camarades d’école, de lycée ou de faculté, et plus tard, voisins de palier ! Donne un blocage sur tout rapport facile et superficiel, sur les relations légères ou mondaines. Les informations par radio ou télévision sont honnies : on leur préfère la presse écrite.

Cancer en Maison IV

Le Cancer est ici dans ce qu’il est convenu d’appeler sa Maison. Celle de la famille, des enfants, du loyer, des bases à la fois parentales et filiales du sujet. C’est le lieu de sa personnalité intime, privée, et du lien très fort qui l’attache à ses origines. C’est une bonne maison pour le signe, il s’y sent à l’aise, en sécurité, protégé du monde extérieur. Le sujet éprouve un goût profond pour la vie et les réunions de famille, sans étrangers.

Cancer en Maison V

La Maison V étant la maison des plaisirs, des distractions, du trop-plein de vie, elle se limite en Cancer – qui n’est pas, rappelons-le, un signe de santé, ni de grande résistance physique – à des joies simples : mots croisés après le travail, ou jeux de société paisibles, ou petits travaux d’artisanat. La distraction sociale, les sorties du soir sont considérées la plupart du temps en Cancer comme superflues, voire ennuyeuses. En revanche, le sujet privilégiera la distraction personnelle, qui fait intervenir l’imagination.

Cancer en Maison VI

C’est la maison du quotidien, des petits travaux journaliers, des choses et des êtres qui dépendent du natif : la maison (pour la ranger, par exemple), le bureau, le lieu de travail (pour les affaires courantes, le classement, le fonctionnel et le routinier). On mesure, dans cette maison, la capacité. du natif à recommencer tous les jours les mêmes petites corvées, à s’occuper régulièrement des mêmes petites tâches. En Cancer, signe de fantaisie, de petits changements permanents (à l’inverse du Verseau qui bouleverse tout), cette maison VI est mal servie. Aucune discipline dans la hiérarchie des problèmes à régler, aucune méthode.

Cancer en Maison VII

La Maison VII représentant tout ce qui concerne les alliances et les associations, elle acquiert, en Cancer, des caractéristiques lunaires : sous-estimation de sa valeur propre, surestimation de la valeur des autres. Besoin d’être protégé, choyé, conforté, un peu comme un enfant, dans le mariage. Apporte, dans une association, un élément de création très fort, d’imagination et de renouvellement, mais participe de loin, sans vraiment se sentir impliqué (même s’il prend toujours ses responsabilités). Fondamentalement solitaire, intériorisé.

Cancer en Maison VIII

La Maison VIII étant celle de la mort (physique ou psychologique) et de la résurrection, elle a des affinités avec le Cancer : d’abord parce que le Cancer représente la fécondité, l’enfantement, donc la vie après la mort, ensuite parce que c’est un signe fort du point de vue de l’imagination créatrice.

D’où possibilité, pour la Maison VIII en Cancer, de recréer ou de reconstituer ce qui est

mort. Au premier degré, le sujet fait revivre en imagination un parent mort. Au deuxième

degré, il utilise, il recompose sa souffrance en créant.

Cancer en Maison IX

C’est la maison de la quête spirituelle, philosophique ou géographique. Les limites cancériennes éclatent, le signe se laisse attirer par les grands espaces que suggère la maison, les interrogations métaphysiques, métapsychiques, archéologiques ou ethnologiques.

Mais le Cancer, inhibé, fragile, qui doit toujours transporter sa coquille avec lui, peut freiner, surtout à partir de quarante-cinq ans, les grands voyages que propose le secteur IX : le nouveau, l’inconnu. Alors, les explorations se font en imagination, et l’invention cancérienne remplace son défaut d’énergie.

Cancer en Maison X

Cette maison, à laquelle est attribuée la vocation d’un individu, son expression professionnelle dans ce qu’elle peut avoir de rayonnant, de remarquable, de volontaire, cette maison, disais-je, n’est pas particulièrement à son aise en Cancer. Il existe une contradiction fondamentale entre la réserve timide et maladroite du signe et l’assurance, la confiance dynamique, l’autorité qu’appelle le secteur X.

En réalité, la contradiction est neutralisée si le sujet se réalise dans une profession nettement cancérienne où la création, l’invention, l’inattendu, l’étrange, le nouveau ont la meilleure part. Il faut éviter les carrières administratives, et d’une manière générale, toutes celles qui excluent l’interprétation subjective, les initiatives personnelles, les décisions individuelles et autonomes.

Cancer en Maison XI

Lisa Morpurgo attribue à cette maison une force toute particulière : « Elle est, en un certain sens, la section d’or du thème zodiacal. Elle indique la possibilité de parvenir à un examen objectif de soi-même et des circonstances, de s’adapter à ces dernières et au caractère d’autrui, en jugeant avec objectivité mais aussi indulgence, les besoins, les faiblesses, et les qualités des autres. […I La Maison XI est celle de la tolérance, des idées larges, d’une volonté accommodante et compréhensive. »

En Cancer, les idées larges s’évadent dans l’imaginaire – souvent aux dépens du réel -, l’amitié acquiert malgré tout quelque chose de passionnel, d’exclusif, d’enveloppant, mais le sujet s’adapte particulièrement bien au milieu social dans lequel il a choisi d’évoluer après une dure sélection intérieure.

Cancer en Maison XII

On l’appelle la maison du destin, de la fatalité. Je préfère dire que c’est la maison des événements sur lesquels la volonté humaine ne peut agir, « les grandes épreuves de la vie », comme le dit encore Lisa Morpurgo. C’est le lieu où le natif s’isole, prend de la distance pour se préparer à la mort. Le Cancer, en ce secteur, donne la faculté de s’abstraire totalement du réel, l’imaginaire empiète alors complètement sur la vie et si une planète lourde comme Saturne ne vient pas peser sur ce secteur, il donne une créativité inépuisable, un besoin de nier la fin des choses par une prolifération magique d’oeuvres d’art, une production ininterrompue dans la solitude et l’isolement.

La Lune Noire

La Lune Noire n’est pas une planète, c’est un point vide dans l’espace, le deuxième foyer de l’orbite lunaire.

En effet, la Lune ne décrit pas « un cercle rond » autour de la Terre, mais une ellipse allongée. Cette ellipse a donc deux foyers, ou centres, dont l’un est la Terre, et l’autre un point vide dans l’espace. C’est celui-ci que l’on appelle la Lune Noire.

Quelle importance peut-on lui accorder en astrologie ? L’unanimité ne s’est pas encore faite chez les astrologues. Certains pensent que la Lune Noire est inutile, que l’on peut très bien interpréter un thème correctement sans aller chercher ce point mystérieux, qui n’est même pas une planète. D’autres prétendent que la Lune Noire donne des indications tellement précieuses qu’il est impossible de s’en passer.

J’ai remarqué personnellement que l’étude de la Lune Noire suggère immédiatement, dans un thème, le problème de fond du natif. Bien entendu, ce problème est indiqué par ailleurs dans tout le reste du ciel natal, mais la Lune Noire met l’accent dessus avec une intensité frappante parfois. C’est une grande aide dans le travail d’analyse.

La Lune Noire est donc un vide, et un vide douloureux (puisque « la Nature a horreur du vide »). Elle symbolise une épreuve, une traversée du désert, à l’issue de laquelle le natif trouvera enfin sa voie.

L’adjectif « noire » fait mieux comprendre qu’il s’agit de forces souterraines, invisibles, à la racine même de l’être.

Les positions de la Lune Noire ne sont pas faciles à calculer, et les « tables » que l’on vend ne sont pas toujours fiables. On peut se référer au Dictionnaire astrologique d’Henri Gouchon (p. 375) qui donne une table de correction de la Lune Noire, d’après les élèves de Don Nèroman et Louis Milliat. Les erreurs ne sont jamais supérieures à cinq degrés. Pour les encadrements de la Lune Noire (voir plus loin) les erreurs ont moins d’importance : l’encadrement « fonctionne » quelle que soit la distance entre les planètes.

Lune Noire en Cancer

Elle indique un problème concernant les parents, une épreuve sur le foyer natal. Perte des parents (mort physique ou disparition, rupture traumatisante). Le natif ne pourra progresser dans la vie que lorsqu’il aura surmonté la perturbation d’origine concernant le ou les parents perdus.

Bien regarder dans le thème l’état du Soleil et de Saturne (significateurs du père) et de la Lune (significatrice de la mère). La Lune Noire conjointe à l’un de ces luminaires indique souvent la perte de l’un des parents, ayant déterminé chez le natif un sentiment de frustration profond. Si le parent est mort, le natif peut récupérer sa sérénité en entrant en contact avec lui (par la prière et l’affection).

Lune Noire en Maison IV

Dans cette Maison, analogique du Cancer, la Lune Noire peut être interprétée comme ci- dessus, selon les aspects (problème grave au niveau des parents). Ou encore : le natif est doué d’un magnétisme certain, qui joue sur le groupe dans lequel il vit ou travaille – et dont il doit se méfier. Rejet du natif par ses parents (ou l’inverse). Refus de fonder un foyer à soi…

Lune Noire en aspect à la Lune

Les bons aspects indiquent que le natif trouvera une collectivité qui lui permettra de mûrir (la Lune étant symbole de la foule). Les mauvais aspects indiquent que cette collectivité peut être dangereuse pour lui.

Cependant, l’interprétation ne doit pas perdre de vue que la Lune est d’abord symbole de la mère (et aussi de la femme s’il s’agit d’un natif masculin). Tout aspect de la Lune avec la Lune Noire donne donc une indication sur les relations du sujet avec sa mère (ou sa femme) mère castratrice, rejet de celle-ci, refus d’une identification à sa mère (pour une fille), etc. Selon Joëlle de Gravelaine, « Un carré à la Lune peut représenter une imagination morbide. On trouve fréquemment de mauvais aspects (avec les luminaires) chez les assassins… ».

La Lune Noire mal aspectée peut être un indice d’homosexualité masculine ou de frigidité féminine.

Les encadrements de la Lune Noire, en relation avec la Lune

La Lune Noire entre Soleil et Lune : obstacle à l’unité du couple, adultère ou problème secret entre un homme et une femme.

Lune Noire entre Lune et Mercure : d’après Hadès, « facteur de trouble dans la vie imaginative », « souvent la vérité est difficile à démêler de la fiction… Sévères conditions familiales dans l’enfance ou l’adolescence. Possibilité de véhiculer dans son entourage ou dans le public une vision particulière et dramatique de l’existence, ainsi que dans les écrits ».

Lune Noire entre Lune et Vénus : Névrose, obsession, complexe sexuel. « Fréquent dans les thèmes d’artistes chez qui l’oeuvre revêt des tonalités noires ».

La Lune Noire entre Lune et Mars : « Divorce entre l’inconscient (Lune), et la réalité quotidienne, l’être étant déchiré entre ses instincts et ses possibilités actives ».

La Lune Noire entre Lune et Jupiter : « Inconscient fécond ; position de conflits familiaux ou communautaires, liquidés de façon facile. Peut marquer un don, une prédisposition héréditaire particulière. Tendance à trouver une vérité enfouie dans l’inconscient ».

La Lune Noire entre Lune et Saturne : Conflit avec les parents, le natif se rebelle contre eux et choisit une autre voie. Frigidité. Cet encadrement amènerait des échecs sociaux, inconsciemment provoqués par le natif.

La Lune Noire entre Lune et Uranus : Divorce, éclatement du foyer familial. Quel que soit le groupe dans lequel vit le natif, il ne peut s’empêcher de provoquer des drames. Il vit souvent à contre-courant des idées reçues et des mœurs ambiantes.

La Lune Noire entre Lune et Neptune : Mysticisme et idéal militant. Fuite de la mère ou de la femme hors du foyer, ou disparition de celle-ci dans des conditions plus ou moins mystérieuses. Risque de maladie chronique difficile à diagnostiquer avec précision. Le natif a tendance à s’évader (en bateau, ou par le boisson, la drogue, etc.).

La Lune Noire entre Lune et Pluton : Mort de la famille, problèmes sexuels avec la femme (pour un natif), dérivant d’un problème avec la mère. Grand magnétisme.

 

Bélier

Le Signe du Bélier

20 Mars – 21 Avril

par

Arnold Waldstein


La Symbolique du Signe

L’hiéroglyphe du Bélier

Le symbole zodiacal du Bélier esquisse très bien les caractéristiques du signe : il représente des cornes entées sur une tête, et la forme générale du dessin donne une idée d’extraversion, d’agressivité virile. C’est la tête du troupeau, celui qui se bat pour les autres.

En même temps, l’hiéroglyphe du Bélier, schématisé à l’extrême, symbolise le visage humain du signe : on y voit l’axe du nez, vertical, se prolongeant en deux volutes qui représentent les arcades sourcilières : celles-ci sont souvent très marquées chez les Bélier, le nez est, la plupart du temps, fortement charpenté et un peu busqué (en astrologie, il est en analogie avec le signe du Scorpion, lié au Bélier par la planète Pluton, second maître du signe); enfin, le front est souvent bien développé, très haut (Soleil en exaltation dans le signe).

L’impression dominante qui émane de l’hiéroglyphe du signe est celle de force, de noblesse. De plus, ce symbole fait face à la personne qui le regarde. En magie et en occultisme, c’est la tête du bouc, souvent représentée dans un cercle ou un pentagramme.

La planète qui règne sur le signe du Bélier est Mars. Selon l’astrologie traditionnelle, Mars serait aussi le maître du Scorpion. Le point commun aux deux signes est la force et l’agressivité, mais celle du Scorpion est plus cachée, et d’autant plus redoutable. Aussi, depuis la découverte de Pluton, planète des métamorphoses et de l’invisible, tous les astrologues sont d’accord pour la considérer comme le véritable maître du Scorpion (le second maître en étant Mars, alors que Pluton est le second maître du Bélier). Voilà pourquoi les rapports du Bélier et du Scorpion ne sont pas de tout repos, ce dernier, huitième signe par rapport au premier, symbolisant la sexualité, la mort, la transformation (exemple : Lénine et Trotski).

Le Bélier est donc un martien, c’est-à-dire un extra-terrestre ! En société, il a toujours quelque chose de marginal : il sème, il impose, il détruit, il n’adhère pas. Même s’il embrasse une cause très conformiste, il y a toujours chez lui un excès et une violence qui inquiètent et le démarquent de son entourage. Quelque part, toujours, le Bélier n’est « pas d’accord » (l’accord, c’est l’harmonie du signe opposé : la Balance). Le Bélier évolué dépasse les choses d’une tête, il a sa ligne d’horizon au-dessus de la moyenne. Aussi le résultat de ses actions lui importe-t-il peu. C’est l’action elle-même qui compte. « Fais ce qui doit être fait, sans regarder ni au succès ni à l’insuccès, le plus impersonnellement possible » (julius Evola, Mars en Bélier).

La symbolique martienne

Mars, planète du Bélier, est en analogie avec tout un univers, selon la loi hermétique des correspondances entre le microcosme et le macrocosme. Les doctrines hermétiques. rappelons-le, comprennent trois sciences traditionnelles dont les symboles sont identiques : l’astrologie, l’alchimie et la magie.

Le Fer

« Orages et mots de fer dans les orgues » (Stefano Karolyi). Dans le symbolisme alchimique, le fer correspond à Mars, planète rouge. Certains reliefs volcaniques contiennent de grandes quantités de fer et la terre y est ocre. Ce peut être aussi l’acier : Staline, « l’homme d’acier », (acier _Stahl en allemand) avait Saturne en Bélier. Quant à Bismarck, il avait pour surnom « le chancelier de fer ».

On parle également d’une « volonté d’acier », ce qui symbolise la dureté, la résistance aux attaques. Dans le mouvement national-socialiste (marqué en astrologie par Uranus et Pluton, deux planètes apparentées au Bélier; de plus, l’Allemagne est du signe du Bélier), il y a une étonnante inflation des mots fer et acier, et de tout ce qui incarne la force et la dureté en général : Stahlhelm (casques d’acier), Panzerdivisionen (divisions blindées), etc. J’aurai l’occasion de revenir sur les composantes Bélier de cette période sanglante.

Rappelons aussi que nous sommes actuellement à l’extrême fin de l’âge de fer (Kâli-Yuga), âge de Kâli la Noire selon la tradition hindoue. La description de cet âge nous entraînerait trop loin. Du point de vue qui nous intéresse, il est caractérisé par l’inversion des valeurs et par la domination des masses, de même que par l’oubli des Traditions, ce qui mène à des troubles cosmiques extrêmement graves : dégénérescence de l’homme, guerres planétaires, occultation de la sagesse et de l’Axe du Monde.

Le fer, métal maudit (Pluton second maître du Bélier), dont le travail est réservé à la caste des forgerons (rejetés en dehors des villes) devient prédominant avec ses vibrations dangereuses. Dans les civilisations traditionnelles, ce métal est soumis à certains rituels et il est proscrit des plus importants d’entre eux (la méditation, par exemple).

A notre époque, le fer triomphe. Le meilleur exemple en est la tour Eiffel, séduisante aberration, hymne au progrès. Paris sera-t-il détruit avant qu’elle ne soit rouillée ? Laissons répondre les innombrables commentateurs de Nostradamus.

Mais le fer n’a pas que des aspects négatifs. C’est aussi le métal qui permet les guerres – et si elles sont toutes injustes, elles ne sont pas toutes inutiles. Elles peuvent rétablir un équilibre gravement compromis : c’est le thème islamique de la guerre sainte (djihâd).

C’est parce que Mars est maître du signe (avec Pluton : guerre larvée, occulte, souterraine) que tout Bélier mène une guerre. La plus haute, nous apprend la Tradition, est la guerre contre soi-même mais, évidemment, elle peut avoir lieu à travers les autres, puisque « Je est un autre ».

Ce qui est idéalement guerre sainte peut donc dégénérer, chez le Bélier dit inférieur, en agressivité mesquine : c’est « celui qui cherche la bagarre ». Mars, ici, n’est plus le dieu de la guerre, mais le canif qu’un blouson noir brandit dans un bistrot de banlieue (Verlaine, Miller, Cendrars).

Derrière ces actes apparemment absurdes, l’astrologie nous permet toujours de discerner une transcendance (rapport microcosme-macrocosme).

Voici ce que dit à ce sujet René Guénon : « Il faut se souvenir que les métaux, en raison de leurs correspondances astrales, sont en quelque sorte les « planètes du monde inférieur »; ils doivent donc naturellement avoir, comme les planètes elles-mêmes dont ils reçoivent et condensent pour ainsi dire les influences dans le milieu terrestre, un aspect « bénéfique » et un aspect « maléfique ».

De plus, puisqu’il s’agit en quelque sorte d’un reflet inférieur, ce que représente nettement la situation même des mines métalliques à l’intérieur de la terre, le côté « maléfique » doit finalement devenir prédominant; il ne faut pas oublier que, du point de vue de la Tradition, les métaux et la métallurgie sont en relation directe avec le « feu souterrain », dont l’idée s’associe sous bien des rapports à celle du « monde infernal ».

Bien entendu, les influences métalliques, si on les prend par le côté « bénéfique » en les utilisant d’une façon vraiment « rituelle » au sens le plus complet de ce mot, sont susceptibles d’être « transmuées » et « sublimées »; et elles peuvent même d’autant mieux devenir alors un « support » spirituel que ce qui est au niveau le plus bas correspond, par analogie inverse, à ce qui est au niveau le plus élevé; tout le symbolisme minéral de l’alchimie est en définitive fondé là-dessus, aussi bien que celui des anciennes initiations kabiriques… »

Si le fer, métal de Mars, est dangereux, c’est parce qu’il représente une énergie cosmique solidifiée. En alchimie, le fer est en rapport avec l’opération dite « au rouge » (le feu et le sang). Et n’oublions pas que pour chauffer le fer, on le porte « au rouge ». Lénine. très marqué var le signe du Bélier, engloutit le tsarisme décadent sous un fleuve de sang (le fils du tsar était hémophile !) et de drapeaux rouges. Toute révolution, toute guerre se lavent dans le sang.

Le fer dans son aspect matérialisé, c’est donc la violence, l’arme blanche. le fil de l’épée : chez les samouraïs, « l’épée de vérité » doit trancher les attaches avec le monde. L’anneau qui relie le poignard ou la dague à la ceinture s’appelle, dans le langage des armuriers, la bélière…

Les lieux de Mars

Tout d’abord, la planète Mars (habitée par des « Martiens », bien entendu délégués par les organismes touristiques de la planète Terre). Puis les lieux déserts, brûlés par le Soleil (le Désert de la Mort aux États-Unis), les mines abandonnées, les forges, les champs de bataille où règnent le cliquetis des armes ou leur spectre (Waterloo, le film OK. Corral). Les lieux d’affrontements impitoyables en général (la planète Terre, par exemple).

Selon Hadès : « Les arsenaux (l’Arsenal de Venise en particulier, antre infernal de Pluton et de Mars, note de l’auteur), les fonderies, les usines, les fours (cf. Landru, note de l’auteur), les forges, les ateliers de mécanique, les casernes, les boucheries, les armureries, les chaudronneries, les coutelleries, les toits (Mars : la tête, un lieu élevé), les ateliers de carrosserie, les quincailleries, les lieux de tir et de chasse, les terrains d’exercice, les entrepôts de matériel militaire, de lutte contre l’incendie... » En bref, tous les lieux où s’opère une transmutation du relatif à l’absolu (Agni, le feu sacré qui « brûle tout »). Le Bélier est le signe du primordial, de la pureté, son feu réduit tout à néant (Hiroshima et Dresde en 1945).

Les animaux régis par Mars

Les fauves en général. Ceux qui sont sans pitié, mais non sans tendresse. Les personnages Bélier aiment toujours les animaux (exemple : Michel Simon). Le Bélier, bien sûr. Le mouflon, celui qui saute de rocher en rocher, qui a la tête au-dessus de la ligne d’horizon. Celui qui risque d’être abattu un jour par « ceux-venus-d’en-bas » (les petits-malins-des-onze-autres-signes).

Mais surtout, le loup; selon la Tradition, il est sous la domination de Mars et Saturne. Animal hyperboréen, il incarne la lumière primordiale, originelle; on le retrouve au centre de toutes les traditions nordiques. C’est une louve qui nourrit Romulus et Remus, fondateurs de Rome, ville placée sous le signe de Mars et du Bélier (civilisation guerrière).

Auparavant, le loup avait incarné un dieu guerrier du panthéon égyptien, Ophoïs, appelé aussi Ouapouaitou ou Aphérou, qui guide en terre ennemie les guerriers de sa tribu. Ce dieu Ophoïs, qui représente la cruauté, la combativité, est même représenté à la Basse-Époque sous des habits militaires, en officier à tête de chacal (Anubis).

Dans de nombreuses peuplades (notamment les Yacoutes de Sibérie), le loup représente la fécondité (Mars, le phallus). Mais le dieu-loup Ophoïs pilote aussi la barque du Soleil durant son voyage nocturne (Pluton, version nocturne de Mars). Le loup est l’animal qui voit la nuit : chez les Nordiques et les Grecs, il est attribué à Belen ou Apollon lycien. Pour les Mongols, il est l’ancêtre du conquérant Gengis Khan (Timour-Tamerlan était du signe du Bélier).

Enfin, Adolf Hitler se faisait appeler « Wolff » (le Loup) avant son accession au pouvoir; l’un de ses principaux Q.G. avait pour nom « Wolffschanze » (« ,Tanière du loup ») et ses animaux favoris étaient deux chiens-loups, ou « bergers (Bélier) – allemands (Bélier) ». Rappelons que l’Allemagne est du signe du Bélier et qu’Hitler avait Mars, dispositeur de Mercure en Bélier, conjoint à Vénus.

D’autres animaux martiens : le sanglier (très marqué par Saturne), l’ours, etc. Les couleurs, végétaux, minéraux, les talismans Les couleurs de Mars sont le rouge, l’orangé, le jaune cru (cf. la palette de Van Gogh ou de Vlaminck).

Les végétaux : La bergamote, la cannelle, le citron, la citronnelle, la verveine, le bois sous forme de braise.

Là aussi, les avis divergent suivant les auteurs, mais il y a consensus sur certains d’entre eux : houx, arnica, chardon, olivier, chicorée, bruyère, chiendent, cresson, genêt, persil, gui, houblon, romarin, thym, ail, menthe.

Le sel biologique de Mars est le phosphate de potassium ou Kalium Phos en homéopathie. Il dynamise, renforce les possibilités mentales et soigne la tête.

Les minéraux : Fer, pyrite, acier, lave en fusion.

Mars signe non seulement les armes blanches (arts martiaux), mais aussi la chirurgie (bistouri, scalpel) et le crime :

les mauvais aspects de Mars (carré à Pluton ou Uranus) se retrouvent aussi bien dans les thèmes de criminels que de chirurgiens (Barnard ou Landru, au choix), ce qui nous en apprend autant sur la profondeur métaphysique de l’astrologie que sur la relativité des actions humaines. Un chef de guerre comme César (Mars au Milieu-du-Ciel en Balance) n’a-t-il pas tué, indirectement, des milliers de gens ? Et combien de chirurgiens, en revanche, amputent de bonne foi, alors qu’il ne sont que le produit, comme leurs victimes, d’un « système » aberrant… Les pierres de Mars : Les météorites (ce qui tombe du ciel, mythe de Lucifer). Le silex (qui sert à faire du feu). L’améthyste, le rubis, la cornaline. Mais surtout et sans conteste, le diamant (« pur et dur »).

Les talismans : Un talisman de Mars n’est pas forcément adapté à un Bélier, car il rendra un Bélier « martien » très agressif. C’est pourquoi il faut se méfier des simplifications outrancières.

Certains Bélier auront besoin d’être dynamisés (à cause d’un Saturne trop fort, par exemple), d’autres, trop marqués par Mars, auront au contraire besoin de valeurs opposées (Cancer. Balance) : couleur bleue, environnement harmonieux, tisane, musique douce, etc. Les talismans de Mars sont plus faits pour les actions martiennes (entreprises, combats, emprise sexuelle) que pour les Bélier en général.


La Mythologie du Signe

La mythologie nous en apprendra beaucoup plus sur Mars et sur le Bélier. N’oublions pas qu’elle est le témoignage d’une connaissance supérieure – comme l’astrologie – et que le nom même de notre continent – Europe – est issu de cette mythologie grecque si riche d’enseignements. Tradition signifie pourtant source, mais en s’éloignant trop de la source les Européens se sont éloignés de la vie…

Chez les Romains, Mars était le premier des dieux. Rome et la civilisation romaine étaient régies par le signe du Bélier : civilisation guerrière, de conquête, mais aussi très marquée par l’agriculture. Mars était aussi un dieu agricole, le dieu du printemps, de la végétation.

En anglais et en allemand, la racine Spring signifie sauter, jaillir, et le même mot signifie aussi printemps en anglais. Dans les civilisations traditionnelles non chrétiennes, le véritable nouvel an correspondait à l’entrée du Soleil dans le signe du Bélier, c’est-à-dire à l’équinoxe de printemps.

On y célébrait des rites agraires et sexuels. Le dieu Pan, dieu phallique et de fécondité, est évidemment en rapport avec Mars.

En Thrace, Mars était adoré sous la forme d’une épée rouillée fichée en terre; chez les Sabins et à Rome sous la forme d’une lance; chez les Gaulois c’était une épée nue, placée sur l’autel.

Chez les Grecs, Mars s’appelle Arès, dieu qui est à l’origine de la naissance du monde. On peut mettre ce nom en rapport avec le mot hindou Arya, qui désigne la race hyperboréenne, celle qui vient du Nord, qui est pure et porte la connaissance primordiale.

La Mythologie grecque est à la mentalité moderne ce que la racine est à la plante (ce qui n’empêche pas les feuilles d’être frappées d’amnésie).

Selon Hésiode, Mars – ou Arès – était fils de Jupiter et de Junon, c’est-à-dire de Zeus et d’Héra. Mars fut formé aux arts de la guerre et apprit les danses des Corybantes, qui marchaient en sautant au son des tambours et des flûtes, en une sorte de délire sacré; il s’apparente ainsi au dieu Pan, dieu ithyphallique. Il est donc permis de penser que le dieu Mars est un « phallocrate », c’est-à-dire un homme qui détient son pouvoir d’un phallus…

Ici, laissons la parole à Maurice Privat : « Le dieu Mars aime la bataille et, souvent vaincu, il se relève pour d’autres rencontres. (…) Il est aussi l’orage écumant. (…) Il est querelleur, sans doute, autant que brave, mais il sait commander, former des troupes, les armer, se montre aussi sage au conseil que résolu au combat. Il impose la discipline par le rythme bien scandé et les vertus de l’enthousiasme lui sont familières. (…) Il a une intelligence pratique, lucide. Il excelle à détruire et sait bâtir, multiplier les forts, creuser les tranchées, susciter ou utiliser les moyens d’action. Il forge dans les cœurs la notion du devoir. Il est aussi très sensible, dans sa chair plus que dans son cœur… Il ne faut pas oublier que si la guerre est un fléau, elle a, quelquefois, aidé la civilisation à s’épanouir. Comment les hommes accepteraient-ils de s’unir sans la menace d’un péril ? Ce mal est un organisateur tyrannique.

A propos de la guerre, rappelons que Gurdjieff aussi bien que Krishnamurti en avaient fait un « mal » absolument nécessaire, pour des raisons d’ailleurs entièrement différentes : la guerre serait une réaction violente salutaire contre une maladie, qu’il s’agisse d’un organisme vivant ou d’une communauté tout entière; Mars symboliserait alors les anticorps qui incarnent une salutaire réaction.

La guerre extérieure, nous enseignent les maîtres spirituels, n’est jamais que le reflet d’une guerre intérieure : c’est la guerre sainte (djihâd) de l’Islam. Ainsi, Mars ne serait que celui qui porte dans les ténèbres la lumière tranchante d’une dure vérité (combat, crime, guerre, opération, caste des kshatrva), tranchante comme la lame d’un sabre.

Dans la bataille, Mars était environné d’un terrible fracas et Homère le montre retournant vers l’Olympe « semblable à une nuée sombre, un nuage orageux, qui obscurcit le ciel au moment où s’élève le souffle furieux du vent ». Dans l’Iliade, Jupiter lui reproche de « se plaire à la discorde, aux guerres et aux combats ».

Ce guerrier géant qui aimait fréquenter les champs de bataille (précédant Pluton, dieu de la mort), incitait les guerriers au carnage. Emporté par sa force, il fut souvent victime de son impulsivité. Pourtant il devint l’amant d’Aphrodite, et eut avec elle un enfant nommé Harmonie, « celle qui unit » : ne trouve-t-on pas dans ce mythe le symbole de l’union du Bélier avec son contraire, la Balance (Mars et Vénus) ? Le mari d’Aphrodite était Héphaïstos (Vulcain), dieu-forgeron, considéré par les astrologues modernes comme le second maître de la Vierge.

Mars, c’est aussi le dieu Thor de la tradition nordique, c’est le dieu qui symbolise l’impulsion originelle, le cerveau, la tête (avec, dans le yoga, les correspondances qui s’imposent : la fontanelle. l’ouverture vers le haut : le prophète, l’inspiré). En psychologie, cela signifie : impulsion, aube, élan, puissance d’action, conquête, sang, blessure, fer, rouge, couteau, feu, danger, guerre.

Même de nos jours, le Champ-de-Mars n’est-il pas, à Paris, le terrain où s’élève la tour Eiffel, monument qui caractérise notre âge (Kali-Yuga, « âge de fer »).

Le mythe de la Toison d’or

« Le soleil pastoral qui lave dans la mer la Toison d’or des étoiles » (Paul Claudel). Bien plus que Mars (qui peut se trouver dans douze signes différents, même si le Soleil est toujours en Bélier), c’est le mythe de la Toison d’or qui nous donne la clef du Bélier : la Toison l’or, c’est le paradis inaccessible. A sa place, le Bélier découvrira souvent l’enfer (Pluton, second maître du signe). Mais la Table d’émeraude ne nous enseigne-t-elle pas que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (Pluton, octave supérieure de Mars) ?

Dans la mythologie grecque, le Bélier s’appelle Chryzomalone; animal fabuleux, il est capable de parler (le Bélier est l’incarnation du Verbe, le prophète qui parle sans avoir appris, la connaissance avant le savoir) et de voler avec sa toison dorée. C’est la reine Néphélé qui l’avait léguée en courant à ses deux enfants, Phryxos et Hellé. La seconde épouse du roi n’aimait pas ces enfants et voulut les tuer. Ceux-ci s’enfuirent alors, montés sur le Bélier qui dégageait une telle chaleur (le Feu primordial, Agni) que la jeune fille ne put la supporter et tomba dans la mer en un lieu nommé depuis Hellespont, dans le détroit des Dardanelles.

Très justement, André Barbault commente ici : « Voici donc, chez « le bouclé », l’image de la facilité à lâcher la proie pour l’ombre, le bonheur déjà atteint et laissé pour un autre, entrevu en songe; on voit aussi l’énergie totalement tendue, à laquelle peut succéder l’abandon complet. »

Ce Bélier merveilleux était né d’une tornade, provoquée par magie. Phryxos reçut ensuite asile en Colchide et, sur la propre demande du Bélier, il l’immola à Zeus-Jupiter. Il fit cadeau de la Toison d’or au roi du pays qui la suspendit à un chêne consacré à Mars (Bismarck avait-il conscience de ce mythe lorsque, pour se « recharger », il restait plusieurs minutes en méditation, enlacé à un arbre ?). Cette toison resta sous la garde d’un dragon. Par la suite, pour la conquérir, Jason monta une expédition avec ses compagnons, les Argonautes. Médée, fille du roi, lui donna un breuvage magique pour endormir le dragon et Jason put enfin conquérir la Toison d’or.

Outre qu’il montre bien le caractère solaire du Bélier, ce mythe illustre surtout la vocation sacrificielle du signe : renoncement aux illusions, énergie incandescente, recherche d’une guerre juste. Le Bélier idéal est celui qui vend sa peau pour rien. Il est généreux par nature, non par calcul. Il donne parce ce qu’il est, non parce qu’il a. Nous sommes bien sûr au niveau des valeurs métaphysiques; dans la réalité « sâmsarique », on aura des Bélier mercenaires, brutes épaisses, jouisseurs dionysiaques. Mais quel que soit le niveau, on trouvera toujours chez le natif de ce signe, qui brûle la vie par les deux bouts, une étincelle d’éternité rougeoyant derrière les cendres. Cette primarité du Bélier, l’astrologue Cyrille Wilezkowski l’a très bien décrite :

C’est une âme enfantine qui ne connaît pas les dédoublements et les complications d’une âme adulte, une âme d’une seule pièce, se donnant totalement, réagissant totalement en présence de tout phénomène extérieur, obéissant totalement à toute impulsion intérieure. Comme chez l’enfant, la marge entre le désir et l’action sera, chez lui, quasi inexistante et le rêve se confondra souvent avec la réalité. Il sera incapable de calcul et de ruse. Ses actes seront empreints de franchise et de spontanéité. Le sentiment le plus généreux et le caprice le plus naïf constitueront, au même titre, des impératifs inconditionnels…

Comme l’enfant, il ne connaîtra d’autre passé qu’un passé immédiat. Il vivra orienté vers l’avenir, dont il ne sera pas capable de mesurer les menaces. Il distinguera mal entre le possible et l’impossible. Il n’aura pas le sens des proportions et de la relativité. Le malaise présent prendra chez lui un caractère exagéré et insupportable… Il s’effraiera d’une ombre et ne comprendra pas les dangers réels. Pour fuir l’angoisse imprécise de l’instant, il s’élancera dans l’aventure la plus folle, car c’est le futur qu’il va parer d’un prestige merveilleux et le dynamisme inépuisable de son âme éternellement jeune le projettera constamment vers la conquête de l’inconnu. »

Astrologie traditionnelle et astrologie orientale Les chakras sont des centres d’énergie et de force se trouvant au long de la colonne vertébrale et de son prolongement, chacun de ces centres étant en rapport avec un organe subtil ou plexus. Ces chakras correspondent aux localisations classiques des douze signes solaires, allant du Bélier aux Poissons.


Caractérologie générale du Signe

Le Bélier dans la Vie

Le premier signe – celui qui émerge du chaos originel – est sous la domination de la planète Mars, qui correspond, en hermétisme, au fer. Le Bélier peut être défini comme un ferrailleur; c’est l’homme des duels; gageons que plus d’un représentant de ce signe regrette la suppression de cette honorable institution : de nos jours, il se contente de la vivre sur d’autres plans.

Les mots clés du Bélier sont lutte, combat, bataille, guerre. S’il n’a pas d’adversaire à sa disposition, il peut devenir très malheureux. La réputation de fonceur du Bélier est juste, mais à double tranchant, comme le fil d’une épée. Le nom de cet animal peu commode et robuste a été attribué à un accessoire de la panoplie médiévale permettant d’enfoncer les portes les plus solides. En principe, cette analogie peut également valoir sur le plan sexuel : le Bélier défonce toutes les portes, même si elles sont déjà ouvertes. Mais il a une nette préférence pour les portes fermées. Il arrive évidemment que le héros soit fatigué. Excessif en tout, il est alors capable de descendre au-dessous de tous les autres signes, avant de reprendre sa place, la première.

Si le Bélier n’a ni porte ni adversaire à sa disposition, il fonce dans le mur. Plus le mur est dur, plus sa tête le deviendra : il s’exerce.

A cause de cela, on lui a fait une réputation d’entêtement, voire de stupidité. C’est une erreur : signe du Feu primordial, de l’instinct à l’état pur, le Bélier est doté d’une forte intuition et d’une remarquable subtilité. Il déborde de vitalité, son problème étant de lui trouver une application.

Son impulsivité est à la fois sa faiblesse et sa force : si elle peut le pousser à des actions regrettables, elle est aussi un facteur de rapidité qui déroute ses adversaires.

La voie du Bélier est la violence. Il s’y sent à l’aise : le tout est de la maîtriser, comme dans le bouddhisme Zen ou les arts martiaux, disciplines qui relèvent incontestablement du premier signe. Lorsque le Bélier ne domine pas sa violence, il devient un pur destructeur, qui casse et brûle tout sur son passage. Apparaît alors le Feu indifférencié, sacrificiel (Agni), qui purifie et détruit; il est symbolisé par la planète Pluton, second maître du signe.

Ces deux aspects coexistent dans le rôle joué au XXe siècle par l’Allemagne et le Japon, pays Bélier. Dans le monde actuel, régi par les masses (signes du Cancer et de la Balance), les valeurs Bélier, de hiérarchie et de force, sont minoritaires. Le mot « chef » ne s’emploie plus guère, excepté sur un mode de dérision. Peut-être le Bélier se sent-il moins épanoui que d’autres signes dans un environnement « égalitariste ». Mais d’une manière ou d’une autre, ses qualités finissent toujours par s’imposer, qu’il soit concierge ou chef d’orchestre. Sinon, le Bélier détruira ou se détruira – en bon kamikaze qui n’admet pas qu’on mette en doute les valeurs pour lesquelles il se bat.

Il y a toujours chez le Bélier un côté frondeur, voire destructeur. Il est représenté à merveille par un acteur de cinéma comme Marlon Brando : qu’on pense, par exemple, à cette scène extraordinaire d’Un tramway nommé Désir (l’auteur Tennessee Williams est également du Bélier) où Brando démolit le décor avec une violence indescriptible. Lorsqu’un Bélier est en colère (ce qui lui arrive souvent), il vaut mieux qu’il s’en prenne aux meubles qu’aux gens !

En dehors de son profil souvent caractéristique, il existe un bon moyen de reconnaître un Bélier homme ou femme : il a presque toujours une cicatrice à la tête. C’est, pour ainsi dire, sa signature.

Premier signe du Zodiaque, le Bélier est par là même le signe le plus incompris : le chef du troupeau, ne l’oublions pas, tourne le dos à ceux qui le suivent… ou ne le suivent pas. Il ouvre le chemin que d’autres parcoureront. Ce n’est pas le résultat qui l’intéresse, c’est l’action elle-même, l’instant de la découverte, de la conquête : joie primitive et pure de l’étincelle. Étincelle (Iskra) – tel était justement le titre de la revue fondée par Lénine, qui avait trois planètes (Mercure, Mars et Neptune) dans le signe du Bélier.

Quant à l’ascension foudroyante de Hitler, elle est due en grande partie a son Mercure dans le signe du Bélier (signe de l’Allemagne), soutenu par un puissant Uranus à l’Ascendant.

Comme il est le premier, le Bélier doit voir vite et loin. Il n’a pas le temps de s’attacher aux détails – ce sera le rôle des signes qui le suivent. Toujours en mouvement, il avance, il ouvre la route, il découvre, il brise. Le Lion, lui, second signe de Feu, incarne la flamme déjà domestiquée : il s’assied sur le trône, il s’installe.

Le Bélier, au contraire, traverse le social sans y adhérer. Il sème à tous vents, se souciant peu de réaliser. D’autres récolteront, accompliront, amasseront.

C’est aussi un provocateur, un maître du paradoxe; encore un mot clef : affronter. Baudelaire, Verlaine, Van Gogh, tous trois calcinés par leur propre feu intérieur, incompréhensibles pour une société qui, à leurs yeux, n’est plus qu’une conspiration de banalités. Qu’on lise, à ce sujet, Fusées, de Baudelaire, un titre bien Bélier

Aussi le Bélier sera-t-il le champion des causes perdues d’avance, les seules qui vaillent la peine d’être défendues : amour des valeurs authentiquement aristocratiques, d’une hiérarchie immémoriale. Éthique du combattant solitaire, du samouraï. C’est le baron Ungern von Sternberg. attaquant avec une poignée de cavaliers mongols une armée entière de communistes chinois.

La force suprême du premier signe est peut-être dans le paradoxe, qui lui permet de dépasser le déchirement intérieur provoqué par un idéal, un rêve inaccessible. « L’action est la mère de tous les vices », dit Cioran, un écrivain Bélier particulièrement lucide. Le Bélier est donc le père de tous les vices…

L’univers du Bélier

« Celui qui meurt d’un coup d’épée en combattant, en accomplissant son devoir de kshatriya, accomplit, dans l’acte même, le sacrifice le plus méritoire et sa purification a lieu à l’instant » (Mânavadharmacâstra, V,98).

La mythologie nous confirme cette pénétrante définition : en sanskrit, le Bélier a pour synonyme Aja, qui signifie « celui qui n’a pas de naissance ». C’est la source primordiale, Tradition originelle, qui est à la base de toute manifestation. C’est le Feu-Ether des Grecs, la fournaise d’où sort l’Œuf du monde.

De même, dans l’ordre naturel, c’est le printemps, qui correspond à la montée de la sève, à la renaissance cosmique.

Ainsi, les onze signes qui suivent le Bélier apparaissent marqués du sceau du relatif par rapport à l’étincelle primordiale, mystérieuse, issue du chaos originel, symbolisée par le premier signe : du même coup, ils apparaissent plus humains, plus adaptables, moins excessifs, mais aussi moins purs.

L’enfer, pour le Bélier, c’est justement ce qui est représenté par les autres signes : l’adaptation au monde, la plongée dans le relatif, la nécessité de composer. Pour le Bélier plus que pour n’importe quel autre signe, la vie est avant tout un voyage, une aventure : au terme de ce voyage, on revient au point de départ, pour ne plus rien reconnaître.

En ce sens, l’existence du Bélier est souvent placée, comme celle du Poissons – mais pour une raison opposée – sous le signe du sacrifice : sacrifice d’un idéal trop grandiose pour être humain, renoncement aux illusions d’une âme souvent enfantine, rêvant de trésors cachés et d’aventures merveilleuses. Par rapport à ses rêves d’enfance – symbolisés par le signe du Cancer (Maison IV solaire) -, le Bélier devra faire l’apprentissage des aspects les plus obscurs du monde incarné : la haine, la mesquinerie, le mensonge, contre lesquels il partira en guerre, tel un inlassable don Quichotte.

« Plonger au fond du gouffre. Enfer ou ciel qu’importe ? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau » (Baudelaire); et : « Aucune force n’est supérieure à la force » (Nietzsche), voilà deux maximes qui illustrent à merveille l’univers du Bélier (même si Nietzsche n’avait pas le Soleil dans ce signe). On reprochera donc aux Bélier d’être violents, querelleurs, agressifs, « tout-engueule », dévastateurs, mais on ne connaît pas de Bélier sournois, paresseux, hypocrites, dissimulateurs : ces qualificatifs ne peuvent être apportés que par d’autres signes.

Bien entendu, il conviendra de se rappeler au cours de cet ouvrage qu’en traitant du signe du Bélier, je ne parle pas seulement de natifs ayant le Soleil dans ce signe, mais aussi de ceux qui sont fortement marqués par lui, même s’ils ont le Soleil dans un autre signe. (Il est capital de rappeler cette nuance pour ceux qui persistent à méconnaître l’importance de la véritable astrologie – laquelle n’est pas uniquement fondée sur le signe solaire).

L’homme du Bélier, donc, sera toujours l’homme d’un combat. Combat contre quelque chose, contre un obstacle. Débordant d’énergie, il aura parfois beaucoup de mal à lui trouver un terrain d’application. La société n’a pas été faite pour des héros, et les valeurs qui y dominent sont bien souvent celles de la compromission. Plus d’un Bélier s’y cassera la tête et les dents, mais il aura la satisfaction d’y avoir laissé quelques traces !

Dans la tradition hindoue, le Bélier correspond assez bien à la caste des guerriers (Kshatryia), parfois massacrés jusqu’au dernier pour une cause suprême. C’est le thème du sacrifice, si important pour ce signe.

A cause de son caractère absolu et excessif, le Bélier ne s’installe pas dans la société, il se contente de la traverser, y apportant ses innovations, renversant quelques murs lézardés, semant à tous vents ses idées et ses idéaux. Sa joie est dans l’action, non dans le fruit : c’est bien là qu’il incarne malgré lui une forme de sagesse sacrificielle contenue dans l’étincelle primordiale. Peu lui importe d’être compris; il peut même trouver une certaine jouissance à lire la stupéfaction ou la peur sur le visage de son entourage. Il n’ignore pas que le monde des apparences est aux mains d’hommes prêts à toutes les concessions et que c’est ailleurs qu’ont lieu les véritables combats.

Enfin, il sait que destruction et création sont liées, de même que le Yin et le Yang; comme la déesse Kâli, il danse sur des charniers, une épée dans chaque main : avec le Scorpion, le Bélier est sans nul doute le signe qui ignore le plus la peur.

Bien entendu, il y a loin de la mythologie à la réalité, et tout le monde connaît des Bélier qui sont une piètre illustration des qualités du signe. En particulier, ce qu’on pourrait appeler le « complexe du héros », ou encore le « complexe de Zorro » (le vengeur masque : MarsPluton), peut jouer des tours mémorables aux Bélier qui manquent d’humour. C’est l’aspect négatif de don Quichotte, mais n’oublions pas que, dans l’univers, tout a une double face et qu' »il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre » (aphorisme qu’il faudrait d’ailleurs à son tour relativiser dans la mesure où il émane d’une société de type « bourgeois »).

Il est impossible de parler du Bélier, premier signe – signe du Kshatryia, signe de la guerre, signe de là force, signe des « armes blanches », sans parler de ‘l’époque actuelle. La Bible ne dit-elle pas que « les premiers seront les derniers » ? De même, les valeurs Bélier sont aujourd’hui bafouées partout dans le monde, à cause de l’inversion des valeurs qui caractérise la fin de notre âge noir, ou âge de Kali (Kali-Yuga), ou encore « âge de fer ». Les symboles du chef, de la tête, de la vérité, de celui qui sait, sont éclipsés. Dominent, à l’heure actuelle, des idéologies et des modes de vie fluctuants qui n’ont pas la faveur de notre Bélier absolutiste et intègre.

S’il n’est pas chef de guerre, le Bélier n’a plus alors qu’à livrer un combat de franc-tireur contre les valeurs officielles ou les personnages en place. A notre époque, le Bélier risque d’être souvent à contre-courant, puisqu’il y a chez lui la nostalgie d’une élite. A la fin des temps, nous disent les écritures sacrées de l’Inde, « la caste prédominante sera celle des esclaves… seuls les biens conféreront le rang… le seul lien entre les sexes sera le plaisir, l’unique moyen de compétition la fausseté… Le type de vie sera uniforme, au sein d’une promiscuité générale… n’importe qui s’imaginera être l’égal d’un brahmane… » (Rig-Veda).

En principe, le Bélier sera plutôt un homme d’action, nous l’avons vu. Mais quelle que soit la forme de cette action, il cherchera toujours à être le premier, le meneur, le leader : encore des mots Bélier. Le tempérament élitiste et aristocratique du Bélier (aristocratique au sens où l’aristocrate est nécessairement un homme seul) est en contradiction avec toute société, et singulièrement la société moderne. Voilà pourquoi les mots clés du Bélier sont non seulement lutte, combat, aventure, épopée, mais du même coup blessures (de l’âme et du corps), trahison, incompréhension de la part des autres. Le pionnier se moque d’être suivi ou non : il avance, il marche vers un lieu connu de lui seul. Comme s’il venait d’un pays qui n’existait pas encore.

Ces lignes, peut-être excessives, sont écrites par un représentant de ce signe si incompris, et caricaturé par les astrologues (signe tout d’une pièce, fonceur, jovial, plein de vitalité, etc.). Comme si l’action ne pouvait pas être un remède à l’angoisse. Comme si la fuite en avant n’était pas une course contre le temps. N’oublions pas que le second maître du signe est la planète Pluton, planète de la subtilité, du mystère, de la destruction. Le Bélier est donc très rarement un rugbyman amateur de steacks saignants, de voitures de sport, et de toute la panoplie connue : on trouve des créatures de ce genre dans tous les signes du Zodiaque.

En revanche, il suffit de citer quelques-uns des plus grands poètes du monde moderne : Baudelaire, Verlaine, Lautréamont, ou des chefs d’orchestre puissants et raffines comme Toscanini, pour détruire les clichés habituels.

Le seul mot qui nous semble pouvoir caractériser le Bélier en général, sans pour autant tomber dans la caricature outrancière, est le mot premier. Quelque part, le Bélier est toujours le premier, serait-ce dans la catastrophe. Les plus grands personnages du signe illustrent ce jaillissement extraordinaire, sauvage, inédit, cette fulgurance inouïe, cette incandescence qui effraie, surgis comme le printemps, du chaos, du froid, de la mort. Personne n’a écrit comme Baudelaire ou Lautréamont avant eux, personne ne joue comme Michel Simon, rien n’est survenu, dans l’Histoire, d’aussi violent que le national-socialisme ou le communisme. Fait troublant, le Japon a été le premier pays et le seul, jusqu’à présent, à connaître les ravages meurtriers de la bombe atomique.

Or, c’est un pays que les astrologues ont placé sous le signe du Bélier. Venons-en plus précisément à l’univers du signe, maintenant que j’en ai fini avec les banalités d’usage qui veulent que le Bélier ne soit qu’un primaire fort-en-gueule, faisant beaucoup de bruit pour rien. La légende dément cette vision issue d’une astrologie simpliste : en réalité, le Bélier est, avec les Poissons, le signe du sacrifice, celui qui donne le plus de lui-même. C’est le signe correspondant à la Tradition primordiale (le préfixe Ur en allemand), celui qui sait sans le savoir, qui est porteur du jaillissement originel.

On souligne toujours le côté « enfant » du Bélier, comme si c’était un défaut. C’est que souvent sont confondus infantilisme et innocence. Freud et consorts ne sont pas pour rien dans ce tour de passe-passe. Le Bélier n’est pas infantile, mais « enfant », au sens de pureté originelle, de source primordiale. N’est-ce pas Nietzsche qui avait dit : « Il faut avoir dépassé la jeunesse pour redevenir enfant » ?

En ce sens, le Bélier est enfant comme le poète : il porte en lui les vérités originelles, qu’il révèle comme malgré lui, sans même l’avoir prémédité; il n’a rien appris, mais il est celui qui sait, celui qui est branché, par sa constitution même, aux sources de la vie… et donc de la mort. Comme saint François d’Assise, comme Henry Miller (Ascendant Bélier), comme Joseph Delteil, il vit les choses avant de les exprimer. Il est le printemps, il ne parle pas sur le printemps. Il est le témoignage avant d’être le témoin. Il explose, il jaillit. D’autres arriveront, métronomes et traités en main, pour donner à cette émanation de l’âme primitive un visage humain, trop humain…

Le Bélier c’est l’étincelle, c’est la foudre, la déflagration. On n’en parle pas, on la vit. « Viendront d’horribles travailleurs », disait Hoelderlin…


Le Bélier et l’Amour

Dans la manière de conjuguer le verbe aimer, le mot même de Bélier évoque pour les non avertis des images de virilité, de jaillissement et de sexualité violente. L’animal du même nom a une réputation de reproducteur et de fécondateur qu’on retrouve aussi sur le plan de la mythologie. Le Bélier, c’est celui qui sème.

En amour, le Bélier pur sera donc sujet au coup de foudre, au désir ardent, au besoin de conquérir l’homme ou la femme de ses rêves. La tension érotique le fera délirer (Baudelaire, Verlaine) mais, une fois ses sens repus, le Bélier aura souvent tendance à chercher une autre forteresse à conquérir. Ce n’est pas la forteresse qui l’intéresse, c’est la conquête.

On dit souvent que le Bélier a une tendance à l’acte bref, mais les composantes de l’amour dans un thème ne dépendent pas que du signe solaire; d’autre part, chaque acte amoureux, de même que chaque femme, est unique, et il n’y a pas plus d’éjaculateur précoce en soi (sauf maladie) que de femme frigide en soi.

L’homme Bélier

Ce qui est plus évident c’est la violence du désir et l’intensité passionnelle, la force de la sensualité chez le premier signe de Feu.

Le Bélier type ne s’embarrasse pas beaucoup de compliments et de « cour »; il va droit au but et cherche avant tout la réalisation de l’acte. Dans les lieux ou dans les époques où le viol était considéré comme l’un des beaux-arts, il est possible que ce signe ait été en bonne position sur les rangs des candidats.

Là encore il ne faut pas caricaturer et prétendre que le Bélier est toujours un « rapide » qui fait l’amour « à la hussarde ». N’oublions pas que le signe de la Balance qui lui est opposé correspond en tous points à ses aspirations érotiques et sentimentales : beauté, raffinement, formes pleines, douceur des sentiments, goût de la « mise en scène » et recherche de la perfection. Les mauvais esprits disent qu’une femme possédant toutes ces qualités peut transformer le Bélier en mouton… l’espace d’un temps. Car le Bélier ne supporte pas la domination et, par l’entremise de Mars, l’amour peut devenir haine (Goya, Verlaine, Tennessee Williams). Apparaît alors le second maître du signe, Pluton, qui peut métamorphoser le couple en enfer. C’est Zola, Bélier particulièrement agressif mais peu chanceux en amour, qui a écrit un mémorable éloge de la haine. J’ai recueilli les confidences d’un remarquable personnage du signe, éjaculateur précoce fier de l’être pour qui l’amour « contrarié » était beaucoup plus exaltant que l’amour banal et « idyllique ».

En effet. le Bélier est toujours l’être d’un combat, et très souvent les aventures faciles ne l’intéressent pas; il a besoin de mystère et d’obstacles pour avoir l’impression de vaincre. Gageons que la prétendue « libération sexuelle » qui est, en fait, un nivellement par le bas et un effacement des caractéristiques de chaque sexe, n’est pas du goût de tous les Bélier. Qui parle encore de « conquérir » aujourd’hui ? Mais heureusement la nature a des ressources infinies et la conquête peut prendre d’autres formes.

Le Bélier a toujours un « complexe du chevalier » et il aime jouer les hommes virils, protecteurs, qui montrent la voie à la « faible femme ». La plus grande erreur de la femme d’un Bélier est de lui tenir tête, de chercher à être son égale. Celui-ci aime être admiré, suivi, il tient à être le découvreur du merveilleux dans l’amour.

Quelque part, le Bélier aime faire figure de héros, ne serait-ce que dans la manière magistrale dont il pousse le chariot dans les grands magasins. Les valeurs Bélier, nous l’avons dit, ne sont pas des valeurs modernes…

L’homme Bélier devant l’amour

En technique érotique, le Bélier est loin d’être le dernier signe du Zodiaque et il n’a aucun préjugé dans ce domaine. Son hyper-sexualité peut même occasionnellement le mener dans des chemins de traverse. Sa réputation de virilité et de sensualité est, en général, méritée; peut-être lui reprochera-t-on de manquer parfois de raffinement, mais pas d’imagination. Comme Vénus est en exil au Bélier, il peut facilement jurer l’amour éternel alors qu’il ne s’agit que d’un caprice. Au moment où le Bélier le dit, il le croit : c’est la fable de la cigale et de la fourmi.

Ce que le Bélier ne supporte pas en amour, c’est l’indifférence. En effet, Vénus chez un Bélier peut se trouver en Poissons, en Bélier ou en Taureau, trois positions qui n’ont rien de froid ni de pudibond, et où l’amour de la chair est intense. Ses qualités sont la passion et une grande tendresse; lorsque le Bélier aime, ce n’est pas à moitié.

Le revers de la médaille réside dans sa trop grande agressivité, son manque de mesure. Le Bélier est rarement facile à vivre; il aime dominer, cherche facilement la bagarre. Si l’amour s’attiédit, il peut tenter de le raviver par la haine ou la querelle. Sa passion et son emportement peuvent le pousser à des extrémités qu’il regrette dès que l’orage est passé.

Ce sont la force et l’intensité passionnelle qui émanent de sa personnalité qui font le charme du Bélier (Marlon Brando). Mais ce peut-être aussi la composante d’un tempérament bellâtre, hâbleur : le « héros aux yeux de braise ».

Souvent le Bélier brûle la vie par les deux bouts et se retrouve calciné à cinquante ans. Le Bélier, d’ailleurs, brûle tout. Exemple : un des plus grands séducteurs de l’histoire (on l’oublie souvent) fut Henri-Désiré Landru. Les natifs de ce signe sont, en tout cas, rarement banals ou pusillanimes.

La femme Bélier

La femme Bélier est aussi une conquérante. Il n’est pas question de la conquérir, c’est elle qui décide. Elle peut avoir des bouffées de passion impérieuses, dévastatrices. Ce signe hyper-masculin donne des femmes singulières – subtil mélange de dureté, de violence et de féminité impavide -, mais l’ensemble des planètes peut compenser la tendance virile et donner de superbes femmes : Ninon de Lenclos, Claudia Cardinale, Jayne Mansfield. La Lune dans le Bélier est beaucoup plus marquante pour une femme : elle donne des personnalités puissantes (Simone de Beauvoir, George Sand), ou bien une tendance à l’homosexualité. Il existe souvent chez la femme Bélier un complexe de l’allumeuse : elle brûle l’homme et le consume ainsi sans l’avoir touché, suprême pouvoir.

Une amazone. Audacieuse. Partant très jeune pour l’aventure plutôt risquée, la découverte des sensations inconnues, amateur de sports violents. Motocross, delta-planning, saut en parachute sont ses hobbies favoris. La compétition l’attire également : tout ce qui la confronte avec elle même, un record à améliorer, une personnalité à égaler, voire à dépasser. De prime abord, elle ne se présente pas comme la femme traditionnelle. Vêtue de pantalons ou combinaisons, ou encore de cuir et de peau, elle ne cherche pas, dans une conversation, à intervenir ni à participer. Elle est ostensiblement absente. En revanche, son corps parle, il se déplace avec souplesse grâce à ses muscles entraînés.

La femme Bélier s’élance vers les choses et les êtres avec enthousiasme et imprudence, parfois. C’est souvent elle qui « se casse le nez », s’abîme le front, a les yeux qui pleurent pour avoir trop longtemps regardé le soleil, ou souffre de migraines. Tout ce qui a trait au visage et à la tête la concerne. Elle peut être tentée par la chirurgie esthétique si ses traits ne lui plaisent pas, mais le plus souvent les cicatrices que vous voyez sur sa face sont dues à quelque accident de parcours : la dernière chose qu’elle songe à protéger, c’est elle-même. C’est pourquoi vous lui trouvez quelque chose d’indifférent à la vie comme à la mort. En vérité, c’est son intrépide inconscience qui vous donne l’impression d’avoir à faire à une martienne.

Mais sortez-la de ses dangers incessants, du feu avec lequel elle joue, des défis aux lois physiques qu’elle lance. Trouvez-lui une cause à défendre ou un être pour lequel il faut prendre parti contre la terre entière : elle devient la passionaria, la prêtresse des causes perdues, courant au-devant de la mort, ou la précédant. Elle a besoin de s’engager, de se battre, de conquérir.

Quand une raison sociale, religieuse ou métaphysique ne requiert pas son énergie de militante, elle peut être la défenderesse d’un exilé, d’un homme aux abois, d’un aventurier magnifique, prête à risquer sa vie pour le protéger. Sa nature passionnée, sectaire et inconditionnelle, en fait une femme insoumise mais esclave de l’homme ou du parti qu’elle a choisi de défendre. C’est pourquoi cette louve guerrière a parfois le comportement d’un félin dompté : qu’elle aime, elle aime à la folie, elle se dévoue corps et âme, elle est prête à mourir plutôt que de renoncer à l’objet de sa passion.

Elle est de celles qui deviendront aveugles pour ne pas voir une infidélité ou qui entreront dans les ordres si l’on déçoit leur amour. L’intransigeance, qui est le défaut principal du signe, peut très facilement glisser vers l’inadaptation, le rejet amer de la vie : rien n’est vraiment pur, rien n’est assez vrai, le monde n’est qu’un immense compromis, plein d’arrangements médiocres. Et la femme Bélier s’enferme alors dans un univers solitaire où personne ne peut plus la trahir. Le plus souvent, sa nature excessive et violente est adoucie par la maternité. Elle reporte alors sur l’enfant son besoin d’amour. Sa demande affective presque agressive, sa possessivité jalouse, exclusive, intempérante qu’un homme – humain, trop humain – n’a pu supporter longtemps, elle va les reporter sur le fruit de ses entrailles, renonçant à tout pour l’élever, le protéger et, aussi, le posséder. Cet enfant-salut, en lui offrant l’occasion de se sacrifier, lui permettra de trouver son équilibre.

Son comportement amoureux

Conquérir, plus particulièrement ce qui est difficile ou impossible à conquérir, voilà sa devise.

Plus les obstacles à sa conquête sont importants et plus elle se sent stimulée. Avec elle, il ne faut jamais s’abandonner, elle déteste qu’on ne la défie pas, qu’on ne lui fasse pas peur, qu’on ne la bouscule pas dans ses sentiments. Tout ce qui est facile la révulse. A plus forte raison les hommes faciles. Il est bon, si l’on veut l’intéresser, de lui résister un long moment, de la laisser faire sa cour sans céder et de ne jamais lui donner à penser que ce bien est acquis. Elle n’attache de prix qu’à ce qui réveille son instinct de compétition. La tendresse, les habitudes, tout ce qui transforme l’amour-passion en amitié ou en estime la fait fuir. Il lui faut des manifestations violentes et physiques des sentiments, ou rien.

Comme elle recherche davantage l’action que la communication, son amour se nourrit principalement de preuves matérielles (par opposition à la Balance, par exemple, qui ne peut aimer sans une communion intense avec l’être cher, sans une fusion à la fois intellectuelle, affective et de sensations avec lui), la femme Bélier ressent l’amour comme un combat où il y a nécessairement un gagnant et un perdant. Il faut tour à tour la laisser gagner et la faire perdre, si l’on veut la garder.

Chez les deux sexes, on peut discerner une tendance au donjuanisme, mais c’est une valeur qui me paraît plutôt relever du signe des Poissons.

Peut-être nombre de Bélier hyper-virilisés ont-ils tendance à rejeter leur propre composante féminine et à verser dans la misogynie. Mais ce sont des exceptions. Le Bélier en général est sensuel et a grand besoin de la femme. (Henry Miller, Ascendant Bélier, Joseph Delteil).

L’influence vénusienne

Vénus en Bélier

« Je voulais m’enivrer de l’énorme catin Dont le charme infernal me rajeunit sans cesse » (Baudelaire).

Daris le signe de Mars, Vénus est en exil. Passions dévorantes, coups de foudre. On ne réfléchit pas aux conséquences des aventures. Ruptures brutales, sur un coup de tête. Infidélités et instabilité. Sensualité violente mais sans raffinement. « Perversions » possibles, par excès d’avidité. Chez une femme, attitude virile en amour ou lesbianisme. (Baudelaire, Jean-Paul Belmondo, Javne Mansfield).

Vénus en Poissons

C’est une position qui « adoucit » le Bélier (sauf si elle est conjointe à Mars, comme chez Van Gogh). Emotivité intense, amour mystique, naïf, avec une tendance au sacrifice ou à l’aveuglement. Sensualité trouble : amour platonique ou dépravation sans frein. Mais le rêve amoureux risque d’être en décalage atroce avec la réalité. Cela peut aller de la sainte jusqu’a la femme hyper-séductrice. (Van Gogh, Zola, Napoléon III, Claudia Cardinale).

Vénus en Taureau

En principe, c’est la position la plus favorable. Sensualité forte mais saine, proche de la nature. L’amour dans les foins avec la bergère bien en chair. Tendance possessive et conservatrice, familiale. Fidélité, générosité, stabilité affective. Amour des fleurs, des animaux, de la beauté artistique. C’est une position typique chez les chanteurs (Caruso, Fischer-Dieskau). C’est l’amour d’opéra ou… d’opérette. L’amour 1930, les films de Gabin. Pour notre époque, ça manque un peu de piment. (Jean Giono, Jean Richard, Simone Signoret).


Le Bélier et l’Amitié

La Maison XI solaire du Bélier étant le Verseau, le Bélier est donc un excellent ami. Il est même souvent plus heureux en amitié qu’en amour, puisque Venus est en exil dans son signe.

D’un point de vue « archétypique », il y a chez le Bélier un goût pour la femme considérée comme le « repos du guerrier ». De nos jours, ces notions font sourire. Il n’y a plus de guerrier au sens traditionnel du terme (sauf ceux qui « se sont retirés sur une ligne de bataille purement intérieure »), il n’y a donc plus de repos du guerrier. Espérons qu’il y a encore des femmes !

Le Bélier recherchant chez la femme la jouissance fulgurante et rapide, il peut y avoir chez lui une tendance à « l’amitié virile ». C’est, par excellence, le signe qui « lait feu de tout bois ».

Sujet au coup de foudre en amour, le Bélier est certainement plus fidèle en amitié. Néanmoins. son caractère impulsif et agressif peut lui valoir, là aussi, des revers. De même que sa naïveté : les signes de Feu ayant une propension à vivre une dimension supra-humaine, ils sont les plus faciles à trahir. Le Bélier ne s’en étonnera jamais : premier des signes, il a toujours un fond solitaire. Il sait que les autres viennent après lui.

Ses goûts spartiates, son naturel plutôt « chef de bande » et son amour du sport en font l’homme idéal pour dynamiser une équipe sportive, animer une expédition en montagne ou en mer, créer de nouveaux records. Il n’aime ses amis que s’il peut se mesurer à eux, déployer tous ses efforts pour les égaler et un jour les surpasser en talent, en rapidité, en performance. Hors compétition, le Bélier est un ami précieux, chaleureux, démonstratif, attentionné, toujours prêt à voler au secours de ses proches s’il les croit en danger.

II a volontiers l’esprit « les copains d’abord » qui l’entraîne à partir en week-end entre garçons, à dîner plusieurs fois par semaine en dehors de son foyer, avec l’amicale des anciens footballeurs de son école ou des groupements de ce genre: simplement parce que, dans cet environnement, il peut manifester son tempérament de meneur, de chef, de dirigeant sans être contesté, avec la chaleur enthousiaste et inconditionnelle des admirateurs adhérents.

Le Bélier est un excellent ami. Les femmes « féminines » lui paraissant étrangères, il se sent rassuré par ses semblables. Il n’éprouve pas le besoin de s’opposer à eux comme il s’oppose au sexe dit faible et communique beaucoup plus aisément ses émotions. ses sentiments. ses états d’âme, à ses amis qu’à un amour.

Il se montre généralement très généreux avec les gens qu’il aime, capable de réels sacrifices, de dévouement et de fidélité. Il faut évidemment s’attendre à de brusques revirements de comportements, dus à des réactions irréfléchies face à telle ou telle contrariété, mais ces sautes d’humeur ne durent pas.

Il faut se montrer patient et impavide devant l’ami Bélier, malgré les jugements blessants qu’il peut porter sur vous, ou les injures qu’il vous adresse car tout est exprimé sous l’emprise de la colère, avec impulsivité, mais n’a aucune valeur profonde. Ne vous formalisez donc pas. Outre que le Bélier type a peu de discernement, il formule des jugements à l’emporte-pièce : pour exprimer son agressivité momentanée plus que pour vous communiquer des reproches longuement mûris et pensés (technique Scorpion).

L’amitié qu’il vous témoigne est inconditionnelle. Elle est courageuse, dans la mesure ou elle est capable de défier l’opinion publique, protectrice et peu influençable. En revanche, il ne faut jamais rester trop longtemps éloigné d’un ami – ou d’un amour – Bélier car, vivant dans le présent et soumis à toutes les impressions du moment, il vous oublie, aussi complètement et aussi simplement qu’il vous a intégré dans sa vie.


Le Bélier et son Education

Le Bélier a une âme d’éducateur mais constitue certainement l’une des bêtes noires des éducateurs. C’est un enfant remuant, vif, curieux, bagarreur. Sa vitalité et ses facéties amusent son entourage; il est curieux de tout, abreuve ses parents de questions, tire la queue du chat, se brûle la main sur le poêle, descend l’escalier les quatre fers en l’air. Il n’est pas méchant mais espiègle.

Dynamique et enthousiaste, l’enfant Bélier veut tout découvrir; c’est sur cette capacité d’ouverture que devra jouer l’éducation. Aucun obstacle ne l’arrête, les défis et les compétitions l’attirent. Sa témérité sera bien souvent source de soucis pour ses parents : combien de fois le verront-ils revenir de l’école ou d’une équipée quelconque en haillons, couvert de bleus ou de sang. En aucun cas il ne faut l’enfermer ou le punir, il faut simplement le contrôler, le suivre, aussi fatigant que ce soit ! C’est en favorisant son goût de l' »héroïsme », ses qualités de chef, son amour de la petite guerre, qu’on épanouira un enfant Bélier. En le prenant de front, on ne fera que le braquer et augmenter son agressivité. Son point faible : la tendresse. Le signe du Cancer (douceur, rêve, sentiment) est « la nuit du Bélier« .

Enfant terrible, insoumis, bagarreur et surtout inconscient du danger, telles sont les caractéristiques du petit Bélier. Très difficile à dompter, il peut être épuisant dans sa recherche permanente du risque. A surveiller sans interruption, nuit et jour. Il suffit de lui recommander quelque chose pour qu’il fasse le contraire. Ne lui montrez pas l’armoire à pharmacie deux mètres au-dessus de lui en lui disant qu’il peut mourir s’il y touche, parce que ce qu’il aura de plus pressé à faire dès que vous aurez tourné les talons, c’est d’atteindre et d’ouvrir ce petit meuble délicieusement interdit. Il adopte dès sa naissance les conduites les plus hors-la-loi, la transgression des interdits et la recherche des sensations fortes. Il veut tout vérifier : comment les crocs des chiens mordent, si on peut brancher ses doigts dans la prise électrique, et s’allumer, jusqu’où peut aller l’eau dans la maison quand elle a débordé de la baignoire, etc.

Le mieux, pour un parent de Bélier, est d’être hypotendu et philosophe. Car rien n’y fait; ni les conseils, ni les menaces, ni l’indifférence (feinte). Il faut concentrer tous ses efforts sur les moyens de survivre à l’inquiétude permanente que génère l’enfant Bélier (« Qu’est-ce qu’il va encore trouver ? »), et dès que possible tenter de canaliser sa nature trompe-la-mort dans un sport ou une activité qui absorbe son énergie physique.

L’école n’est pas souvent son fort. Comme il a beaucoup de mal à se concentrer, les études sont un supplice pour lui, et, en général, un supplice inutile car il n’a pas de mémoire. Autant le guider très vite vers des activités qui lui conviennent : tous les sports de compétition, mais aussi les divertissements de groupe où ses qualités de meneur peuvent être mises en valeur; scoutisme, jeux d’équipes, animation (théâtre, mime, cinéma) ou participation à une activité artistique : danse en groupe, chant ou instrument dans un orchestre, judo, karaté, etc. Il faut tenter dans la mesure du possible de l’éloigner des sports dangereux qui l’attirent comme un aimant : course automobile, à moto, à skis, en bateau, etc. Encourager ses connaissances pratiques par les voyages et les jeux divers car il est réfractaire à l’étude_ Et faire confiance à sa bonne étoile. car il en a une !


Le Bélier et son Travail

Le Bélier est un ouvreur de chemins. Dans le domaine professionnel, il sera volontiers à la ointe de quelque chose, se dévouant pour un idéal d’ailleurs inaccessible et que les autres adapteront ou transformeront pour le rendre réalisable.

Il y a toujours. chez le Bélier, la recherche du merveilleux, de terres nouvelles, du paradis perdu; par rapport à cet univers peut-être plus réel que la réalité apparente (Van Gogh : « L’art st plus vrai que la réalité »), le monde social apparaît au Bélier comme un sinistre bouillon de culture qu’il s’agit de transformer en or : c’est son « complexe de don Quichotte ».

La panoplie des métiers correspondant au Bélier est bien sûr très vaste; il tend à exprimer son agressivité prophétique ou pathologique (suivant le degré d’évolution spirituelle de la personne) ans les professions dites « martiennes ».

Ce qui demeure constant dans l’attitude sociale du signe c’est qu’il n’adhère pas à la société comme les signes du Cancer (la masse, la démagogie), de la Balance (le charme, la diplomatie) du Capricorne (l’ambition, l’arrivisme), opposés ou en carré avec lui. Le Bélier traverse le social telle la flèche de Mars, illuminant (philosophe ou poète), irradiant, incendiant (révolutionnaire, pompier ou pyromane), attaquant, détruisant (polémiste, homme de guerre), semant ses idées neuves avec générosité ou aveuglement.

C’est un individualiste qui préfère travailler seul; sauf planètes contraires, il ne doute pas de lui et là collaboration sur un plan d’égalité lui répugne; il préfère commander, diriger, organiser. Il supporte mal les contraintes et les conseils; au négatif, sa foi en lui-même peut devenir despotisme, fanatisme ou aveuglement obtus. On pense à ce général qui disait : « Il n’y a plus de soldats ? Ça ne fait rien; chargez quand même ! » Toutefois, ce genre d’entêtement peut aussi être un témoignage d’humour noir ou d’héroïsme sublime. Tout dépend du contexte et du point de vue…

Le prétendu optimisme du Bélier est une légende, du moins chez le type évolué (celui que Julius vola appelait justement « l’homme différencié ») : chez celui-ci, la gaieté est toujours un peu teintée d’amertume, et elle jongle avec l’humour noir, car il a une douloureuse conscience du décalage entre son idéal embrasé et la froide et monotone réalité. C’est pourquoi le signe le plus dynamique est sujet à des crises d’abattement aussi violentes que le sont ses sommets (tempérament bilieux, Mars et Pluton). Personne n’a su exprimer comme Charles Baudelaire ce dégoût ‘une société de petits malins où « les affaires marchent »; mais on trouve aussi cette amertume sociale chez Tennessee Williams, Michel de Ghelderode, Verlaine, Cioran (natif du Bélier) auteur es Syllogismes de l’amertume : « L’action est la mère de tous les vices ».

A cause des vibrations discontinues de Mars, le Bélier est l’homme des « coups durs » plutôt que des actions à longue échéance. Il sera capable de faire mieux et en moins de temps que les autres le travail qu’on lui confie, à condition de lui laisser les mains libres. Mais, pour la même raison. il sera rarement un « coureur de fond ».

Comme pour tous les signes, il s’agit moins d’une sélection des « métiers possibles » que d’une manière d’agir commune à tous les natifs du signe. Pourtant, il existe quelques professions typiquement martiennes où le Bélier excelle, avec son « collègue » le Scorpion : métallurgiste, chef de guerre, sportif. boucher, chirurgien, héros, criminel, chef politique ou religieux, pompier, pyromane, révolutionnaire, polémiste…

Le mot qui convient le mieux pour définir son comportement est peut-être pionnier; c’est une caractéristique que le Bélier partage avec le Verseau, dont le maître Uranus a parfois été attribué au premier signe.

Un exemple contemporain typique : Wernher von Braun, créateur des VI et des V2 pour l’Allemagne, racheté par l’Amérique, pour la recherche spatiale.

Dans le domaine de la forge, du Feu sacré, de la chirurgie (illégale) et d’un héroïsme particulier, il serait difficile de ne pas citer l’inévitable Landru.


Le Bélier et l’Argent

« Je donnerais cher pour être riche », pourrait-on dire en manière de boutade. Car le Bélier n’est pas un signe d’argent.

Il y a donc peu à dire sur les rapports du signe avec l’argent : contrairement au Taureau, l’argent est pour lui un moyen et non une fin. Le Bélier est un signe de désir, non de but. Par conséquent, lorsqu’il gagne des sommes importantes grâce à un de ces accès de rage panique ou d’intuition fulgurante dont il est coutumier, le Bélier les dépense avec la même innocence dionysiaque. Il est alors très généreux, voire prodigue : il inondera ses amis et ses femmes de cadeaux, « jouira sans entraves » tant que ses moyens le lui permettront. En général, le Bélier n’épargne ni son énergie, ni ses sous. C’est pourquoi il meurt généralement vieux.

On a va beaucoup de Bélier finir sur la paille, on n’en a jamais vu se suicider pour cela. Il semblerait donc que la bêtise du Bélier soit inférieure à son énergie. Il faut s’en féliciter. Le Bélier est le signe du Zodiaque qui possède le plus d’énergie, mais seulement par intermittence (celle-ci est discontinue). Il ne s’agit pas de freiner cette énergie, mais de la canaliser. Cette loi est valable dans tous les domaines (notamment celui de la sexualité et de l’argent, Maison VIII).

Ce signe recherchant les manifestations extérieures du pouvoir – de la domination, de l’autorité -, il n’est pas rare de voir un Bélier sacrifier ses revenus matériels à une position hiérarchique « supérieure » ou de commandement. Contrairement au Scorpion pour qui n’importe quel être ou objectif a un prix, et qui est toujours plus disposé à payer qu’à obtenir gracieusement, le Bélier déborde et transcende l’argent. Il y a une certaine noblesse dans son attitude, faite de naïveté et de confiance en soi. En tout cas, le Bélier se passe royalement de ce matériau et conquiert la gloire, la renommée, les hauts lieux du pouvoir, sans acquérir quoi que ce soit. C’est l’incorruptible caractérisé, que personne ne peut acheter. Il se montre d’ailleurs souvent réfractaire à toute possession. Il hante les appartements meublés ou les hôtels, pour ne pas être propriétaire de murs, de meubles ou d’objets; il est le champion de la location (smoking, télévision ou voiture), et s’il lui arrive de dépenser beaucoup d’argent, c’est plus pour les autres que pour lui – mis à part ses voyages et ses hobbies. En tout cas, le Bélier se distingue par son absence de territoire, de possessions matérielles et son horreur des acquisitions.


Le Bélier et sa Santé

Le Bélier est caractérisé par une hyperactivité des glandes hypophisaires et surrénales, d’où hyper-cérébralité et tendance aux maladies touchant la tête.

La médecine traditionnelle (« tout médecin qui n’est pas astrologue est un fou », disait Hippocrate) nous apprend que tout est dans tout et que le chakra de la tête (Ajnâchakra) est en correspondance directe avec le Muladhâra-Chakra (le sexe). Effectivement, le Scorpion est le huitième signe (sexualité et mort) par rapport au Bélier. Par l’intermédiaire de la colonne vertébrale, les maux de la tête se répercutent dans tout l’organisme et aboutissent à l’abdomen et au système génital.

Le Bélier est un hyper-génital, il sera donc touché sur ce point en cas de troubles. Selon la médecine taoïste, le point le plus fort peut devenir – par excès – le point le plus faible. Ainsi, Lénine et Baudelaire devinrent hémiplégiques, par excès de la fonction cérébrale : ils vécurent à fond leur pathologie potentielle. De nos jours, l’astrologie médicale permet de minimiser celle-ci.

Malgré les « coups durs » au cours desquels il est capable de s’effondrer totalement, le Bélier est doté d’une vitalité au-dessus de la moyenne : n’est-il pas le premier signe ? Selon un traité d’astrologie médicale, le Bélier est « chaud, sec, vital, stérile, violent, énergique, colérique, masculin, diurne. Il gouverne la tête, les os du crâne et de la face à l’exception du nez, placé sous la domination du Scorpion, les dents de la mâchoire supérieure, le cerveau, les yeux, la musculature motrice, tous les sens en général, la vue en particulier ».

Il faut d’ailleurs préciser que la réalité morphologique peut être beaucoup plus subtile que cela : le front est « sous la domination du Soleil« , les yeux sous celle de Mercure, la bouche sous celle de la Lune, etc.

La pathologie potentielle du Bélier en découle : lésions cérébrales, migraines, névralgies, maux de dents, vertiges, insomnies, méningites, encéphalites, congestions cérébrales, fièvres, inflammations (le Feu), blessures, cicatrices et opérations à la tête.

Le Bélier, tempérament bilieux, souffre d’une surestimation de ses possibilités et abuse facilement de ses ressources physiques et intellectuelles. Il n’est pas de Bélier digne de ce nom qui ne se souvienne de chutes de vélo, de bagarres homériques, d’accidents sportifs en général. Le Bélier aime les coups, qu’il en soit distributeur ou bénéficiaire; il est fait pour se battre.

Il n’existe pas (ou presque) de Bélier sans cicatrice à la tête. De même, au moral, il n’existe pas de Bélier sans blessure, c’est-à-dire sans amertume (la bile)…

Il doit donc faire attention en maniant des outils, des armes ou des instruments tranchants. Empédocle, qui oublia ses sandales sur les bords d’un volcan avant de s’y jeter, devait être du signe du Bélier.

Au négatif, il a une tendance à l’apoplexie, aux otites, à la dyspepsie nerveuse, à l’humeur irritable, et aux accès brusques de fièvre et de fatigue accablante. Mais le Bélier « brûle des déchets » aussi rapidement que toutes choses, et se relève plus fort que jamais après un violent accès de fièvre qui lui a permis d’éliminer ses toxines (physiques ou psychiques). A moins qu’il ne s’en relève pas (dans ce cas, il brûlera dans l’autre monde).

Cette faculté de brûler, si elle ne le conduit pas au bûcher, est régénératrice : le Bélier se relève aussi vite qu’il s’est effondré (ce qui, d’ailleurs, limite sa mémoire, faculté réservée au signe du Cancer, en carré avec le sien).

Avec le Scorpion – auquel il est lié par Pluton et même par Mars selon l’astrologie traditionnelle – le Bélier est le signe le plus solide physiquement : il a une santé de fer ! Mars et Pluton étant les deux maîtres du signe, la mort du Bélier est souvent tragique, ce qui n’est pas pour lui déplaire : Lénine et Baudelaire sont frappés d’hémiplégie, devenant aussi stupides qu’ils avaient été géniaux (Baudelaire ne s’était-il pas senti frôlé par « l’aile de l’imbécillité » ?), Gambetta et Tamerlan perdent un œil (ce dernier se venge en coupant des têtes), Van Gogh se tire une balle dans le cœur, Murat et Brasillach sont fusillés, Landru est guillotiné (Ascendant Taureau), Paul Doumer est assassiné, Jayne Mansfield est décapitée dans un accident de voiture, Henry de Montherlant se suicide d’une balle dans la bouche, Jacques Brel meurt d’une embolie pulmonaire.

Les Bélier ont une préférence pour la mort brutale : congestion cérébrale, incendie, asphyxie, assassinat, accident par machine, meurtre, explosion.


Le mode de vie Bélier

« Les adeptes disent qu’ils tirent leur acier du ventre d’Ariès, et ils appellent aussi cet acier leur aimant » (Fulcanelli).

Je me limiterai ici au Soleil en Bélier, étant entendu que, pour juger réellement la pathologie d’un thème, il faut tenir compte de multiples autres facteurs (maître de l’Ascendant, Maison VI, Maison XII, etc.).

La médecine astrologique, répétons-le, a pour tâche d’éviter tout recours aux médicaments et à la chirurgie – sauf en cas d’accident grave. Son rôle doit être préventif, puisque l’étude d’un thème permet de discerner les points forts et faibles d’un sujet dès sa naissance.

Voici donc les règles de vie qu’on peut conseiller à un Bélier : Tout d’abord, refuser les vaccinations (règle valable pour tous les signes) qui affaiblissent le terrain (cette règle dépasse l’astrologie, et on pourrait dire que, dans tous les domaines, on a de bonnes chances d’être dans la bonne voie en faisant le contraire des slogans officiels!).

Le Bélier souffrant d’une surestimation de ses possibilités, il faudra le « freiner » autant que possible. Ce signe déborde d’énergie, mais il la canalise mal et par conséquent il la gaspille. Il ne s’agit pas de supprimer son agressivité, mais de la transmuter : alors, il peut atteindre au sublime et au génie (dans les cas supérieurs) ou tout au moins à une extraordinaire maîtrise de son Feu vital. Qu’il devienne un nouveau Baudelaire ou un champion de karaté, il a gagné; sinon, il sera un énervé, une brute, un provocateur, un suicidaire’ par sa violence incontrôlée.

En tout premier lieu, le Bélier doit cultiver la maîtrise de soi et la concentration. Plus que tous les autres signes, il a besoin de se dépenser : les sports violents et les arts martiaux lui conviennent, mais il lui faudra toujours penser à protéger sa tête.

Le Bélier supporte mal les contraintes et est peu enclin à suivre une discipline (il préfère de beaucoup en imposer une aux autres), néanmoins il a tout intérêt à respecter certains principes de base sans lesquels il vivra tôt ou tard la pathologie propre à son signe.

Il lui faut, entre autres, freiner sa tendance à l’excès. Dans son alimentation, il doit éviter les piments, les plats en sauce, les excès de vin et d’alcool qui accroissent dangereusement son irritabilité – ce qui peut se traduire aussi bien par des crises de rage que par des éruptions cutanées.

Il est aussi sujet aux maux de dents, aux névralgies, aux encéphalites, aux fièvres brutales – qui lui permettent d’éliminer les poisons – aux vertiges,. aux épuisements nerveux.

Le Bélier a intérêt à connaître le sel de Schuessler qui lui correspond : Kalium phosphoricum (phosphate de potassium) sous forme de poudre homéopathique. Celui-ci reconstitue les tissus nerveux. Il le trouvera sous sa forme naturelle dans les fruits et légumes suivants : betterave, céleri, laitue, chou-fleur, épinard, cresson, oignon, moutarde, radis, concombre, carotte, datte, pomme, noix, citron.

Les herbes et plantes du Bélier sont : armoise, chardon, olivier, aloès, basilic, laurier, câpre, menthe poivrée, radis noir, persil, thym, chicorée, chiendent…

D’autres auteurs attribuent au Bélier le genêt, la menthe, le raifort, l’ail, l’arnica, la belladone, la cannelle. En définitive, c’est l’attirance personnelle pour un fruit, un légume, une plante ou un parfum qui doit trancher.

La teinture d’arnica, ainsi que les feuilles d’acanthe, sont des remèdes souverains contre les plaies et bosses qui constituent le « blason » du signe.

Les grandes chaleurs attirent le Bélier mais ne lui conviennent pas. Il a une tendance aux insolations et aux engorgements cérébraux; il lui faut donc porter un chapeau ou se mettre dans l’eau jusqu’aux genoux s’il est au bord d’un lac ou de la mer.

Les massages du cuir chevelu, les exercices de gymnastique la tête en bas sont excellents pour lui. Lorsque le Bélier est trop irrité – ce qui lui arrive plus souvent qu’à son tour -, un régime strict qui désengorge le foie et les reins sera le meilleur remède : bouillon, crudités, jus de fruits, un peu de viande rouge, beaucoup d’ail et d’oignon.

S’il peut le supporter, l’exercice du neti, que pratiquent les yogis, lui permettra de se nettoyer la cavité nasale et buccale – zone particulièrement sensible chez le Bélier -, de purifier l’hypophyse et d’activer le cerveau : il s’agit d’un double cordon qu’on introduit par le nez et qu’on fait sortir par la bouche, en « limant » le plus possible. Exercice peu « ragoûtant », mais l’abondance des matières extirpées en dit long sur son efficacité ! C’est aussi un palliatif radical du rhume et de la sinusite.

Enfin, les exercices respiratoires et tout ce qui contribue à irriguer le cerveau sont particulièrement conseillés au Bélier. L’aïkido, art martial moins brutal que le judo, peut lui apporter la souplesse et la maîtrise de soi qu’il ne possède pas toujours.

L’ennemi principal du Bélier est la monotonie. « Enfer ou ciel qu’importe… » La vie sédentaire le tuera plus vite que le danger, qu’il recherche. Ses meilleurs stimulants sont le risque, l’aventure, la marche vers l’inconnu. Le reste est littérature, car personne ne pourra jamais imposer une discipline à un Bélier : il n’a pas peur de mourir jeune, pourvu qu’il ait vécu intensément, qu’il ait brûlé ses énergies au feu de la passion.


Le Bélier et son Apparence

Il est très difficile de définir une apparence en fonction du signe solaire – en l’occurrence le Bélier -. car il est rare que l’on soit « pur » astrologiquement parlant, c’est-à-dire sans influences différentes ou opposées.

Le pur Bélier serait reconnaissable à son visage : ossature très marquée et saillante, nez anguleux, front assez court (correspondant à une imagination faible et a des dispositions cérébrales peu spéculatives), et étage maxillaire important : goût de l’entreprise, de l’action, courage, volonté. Son corps est musclé, mince mais pas forcément grand. En général, il marche courbé en avant, parfois sa démarche est seulement progressive, élancée vers son but, un peu comme si la tête et le tronc voulaient y arriver avant les jambes.

Il s’habille mal, ou plutôt il ne s’habille pas : il cherche son confort et une efficacité maximale donc des vêtements adaptés à son activité et pas forcément seyants. Lorsqu’il fait un effort de présentation. c’est souvent une catastrophe car il se sent si mal dans ses vêtements anti-naturels que tout son comportement s’en trouve emprunté. Il aime les « deuxièmes peaux », les tenues vraiment sport dans lesquelles son tempérament de cascadeur(euse) peut s’exprimer en toute liberté.

La femme Bélier, a priori, se présente de manière très garçonne. Cheveux courts, sans maquillage. talons plats, sportive et dénuée de tout artifice. Pourtant, le lendemain, la voilà bouclée, fardée, vêtue d’une robe fendue, moulante, perchée sur de hauts talons et évoluant dans cette tenue avec autant d’aisance que la veille dans sa panoplie de grande fille simple. Aucune autre femme du Zodiaque n’est capable d’une telle métamorphose. Voici pourquoi : l’effort de féminisation qu’elle est incapable de faire pour elle-même (elle n’en a aucune envie), elle le-fait pour quelqu’un d’autre pour conquérir l’homme qu’elle aime. Pour céder à ses désirs. Ou pour vaincre une rivale. Par esprit de compétition, la femme du Bélier peut adopter un style vamp, jeune fille en fleurs ou madone hiératique avec un talent de grande comédienne : puisque son homme ou les circonstances l’exigent. Mais son vrai penchant est le naturel à la Diane chasseresse.


L’Entente du Bélier avec les autres Signes

Comment vous accordez-vous avec les autres Signes

Il est possible d’explorer vos affinités et vos incompatibilités d’humeur avec les autres en autant des caractéristiques de votre signe solaire.

Ce signe exerce en effet une action particulièrement puissante sur vos goûts et sur vos buts ans la vie.

Dans ce qui suit, vous découvrirez sous la forme de plusieurs mots clés la manière dont chaque signe zodiacal perçoit les onze autres signes, en termes d’accord, de conflit ou d’indifférence.

Votre personnalité est certes plus vaste que votre seul signe solaire, c’est pourquoi, pour en explorer un autre aspect, vous pouvez utiliser le même tableau mais en partant cette fois de votre signe Ascendant.

Votre Ascendant influence en effet directement votre comportement social spontané.

Si cette deuxième exploration recoupe la première, vous possédez une personnalité dont les affinités et les antipathies sont nettement tranchées; si, en revanche, les deux résultats sont différents, votre capacité de contacts constructifs est très large.

Bélier et Bélier

Imaginez la rencontre de ces deux animaux du même nom !… Eh bien, le résultat est à peu près le même avec deux Bélier astrologiques : un choc, des étincelles, une lutte sans merci. C’est Mars qui rencontre Mars : il n’y a pas Complémentarité mais affrontement. Du moins ne peut-on dire que cette confrontation est ennuyeuse, comme ce pourrait être le cas avec deux Balance. Mon expérience personnelle me confirme que s’il y a parfois une certaine complicité et même de la sympathie entre les natifs, le conflit n’en éclate pas moins tôt ou tard, l’enthousiasme et l’ardeur étant communs mais pas les buts. Or, aucun Bélier ne changera d’avis : si l’un préfère la mer et l’autre la montagne, il vaut mieux qu’ils s’en aillent chacun de leur côté.

Les étincelles risquent d’être encore plus brillantes si les deux Bélier sont de sexe différent : un Bélier masculin supportera toujours mal de trouver les mêmes excès que les siens dans le tempérament d’une femme, et une femme Bélier, souvent masculine et passionnée. ne supportera pas plus le besoin de dominer, d’être l' »homme fort », le guide, qui anime l’homme du Bélier.

Aussi l’union amoureuse de deux Bélier (Caroline et Joachim Murat, la Castiglione et Napoléon III) sera-t-elle plutôt fondée sur la complicité et sur l’amitié. Les croisements de fer et les scènes sanglantes ne manqueront pas, et généralement c’est la femme qui partira la première. ce qui est sans doute une forme de victoire…

Bélier et Taureau

Un moyen très simple pour saisir la relation de base entre deux signes consiste à reporter le système des Maisons astrologiques sur eux : ainsi, le Taureau est le second signe par rapport au Bélier, on le définit donc comme la Maison II du Bélier (biens, affaires, argent). Ce qui différencie fondamentalement les deux signes, c’est la différence de vitesse : le Bélier est un rapide, un enthousiaste, le Taureau est lent, sceptique. Ils semblent donc s’opposer au premier abord (ne serait-ce que par l’élocution : le Taureau est encore en train de méditer ses prochaines paroles quand le Bélier a déjà fini son discours), mais en dehors de ces différences fondamentales de rythme, ils peuvent s’aider par leurs qualités complémentaires. Le Bélier apporte au Taureau son dynamisme, son sens de l’instant, ses idées novatrices, sa rapidité d’esprit et d’exécution; le Taureau apporte au Bélier son réalisme, sa prudence, sa modération, et éventuellement… son argent.

En amour, les deux signes ont en commun une forte sensualité, plus « douillette » et parfois plus exigeante chez le Taureau. Si le Bélier ne papillonne pas trop, cela peut donner une union très charnelle, dionysiaque.

Mais attention ! Les deux signes sont jaloux, le Taureau encore plus que le Bélier. L’argent risque aussi d’être une pomme de discorde, le Taureau étant thésaurisateur alors que le Bélier aime le jeter par les fenêtres dans une flambée de plaisirs.

En résumé, c’est dans le domaine de l’amour et des biens matériels que les deux signes communieront; en commun, aussi, leur amour de la campagne et des plaisirs sains. Le Bélier risque parfois de s’ennuyer aux côtés du Taureau attaché à ses habitudes, à son confort. Mais c’est au lit que la réconciliation se fera.

C’est une excellente combinaison, surtout si c’est l’homme qui est Bélier (planète maîtresse : Mars) et la femme Taureau (planète maîtresse : Vénus). Le cas contraire sera sans doute plus problématique, encore qu’à notre époque, les valeurs d’usage tendent à s’inverser ouvertement. Wagner ne parlait-il pas, déjà, de la « féminité dans l’homme »?

Bélier et Gémeaux

Le Gémeaux est la Maison III du Bélier : il représente pour lui la communication, les écrits, les petits voyages. Ses échanges avec lui seront donc féconds, animés, mais l’inconstance, la nervosité et’ la dispersion du Gémeaux risquent de déconcerter le premier signe.

Tous deux ont en commun le goût du mouvement, l’amour de la jeunesse et de l’aventure. Le Bélier aime dominer et le Gémeaux est un feu follet.- C’est un peu David et Goliath… Mais cette association est placée sous le signe de la gaieté et de l’humour. Le Gémeaux apportera au Bélier son habileté parfois diabolique, son sens des doubles, et le Bélier pourra parfois relancer le dynamisme défaillant du Gémeaux, qui fait beaucoup de projets mais en réalise peu.

En amour, le Gémeaux est plus cérébral que le Bélier, mais il possède parfois des ressources insoupçonnées, de plus, il est sujet à des accès redoutables de réalisation de ses fantasmes. Les amis et les voyages joueront un rôle essentiel dans un tel couple, dont le foyer réside plus dans les hôtels, les trains et les avions, que dans une vie de famille (le Cancer est en carré avec le Bélier, il est la Maison II du Gémeaux).

Deux signes aventureux, indépendants, jeunes; leur association, que ce soit en amour ou en affaires, se résume en un mot : la fantaisie (et, au négatif, l’inconstance).

Bélier et Cancer

Le Feu et l’Eau, l’avenir et le passé, la fougue et le rêve silencieux, l’aventure et le repli sur soi-même, tels sont les deux pôles de cette paradoxale association.

En principe, c’est l’union des contraires, ce qui est source de soucis. Le Bélier ne comprend pas la timidité, les détours, les rêves de l’âme cancérienne (ou, du moins, il feint de ne pas les comprendre, car ces éléments existent dans son inconscient); de son côté, le Cancer est choqué, bousculé par les outrances, les frasques du Bélier, comète intempestive qui sème le trouble dans son univers fermé.

En amour, c’est le même malentendu : le Bélier est tantôt séduit, tantôt exaspéré par la magie narcissique et les caprices de la femme Cancer, tour à tour féminine, douce, aimante, puis harpie déchaînée, démon du foyer. C’est le conflit entre l’extraversion du Bélier et l’introversion du Cancer, qui s’accomplit dans son « nid », au sein du cercle étroit de sa famille. Or, le Bélier n’est ni un signe familial (carré BélierCancer), ni de mariage d’ailleurs (opposition BélierBalance).

C’est un signe solitaire, indépendant.

Le matin, au lever, le Bélier saute du lit, ouvre la fenêtre, fait sa culture physique ou dévore en vitesse un petit déjeuner, puis se précipite au-dehors. Le (ou la) Cancer s’étire, reste allongé, rideaux fermés, s’attarde au lit, adore paresser, se plonger dans un album de photos, des vieilles lettres; etc. Il n’est pas exagéré de dire que le Bélier et le Cancer, c’est « le jour et la nuit ».

La femme Cancer pourra retenir l’homme Bélier par sa féminité maternelle, sa douceur, sa sensualité; mais elle risque bien des fois de l’irriter et de lui donner une sensation d’étouffement. Un Bélier regarde toujours en direction de la porte…

Quant à l’alliance inverse (homme Cancer-femme Bélier), on pourrait presque parler de couple contre.nature ! Il suffit d’imaginer un instant le couple qu’auraient formés Marcel Proust et George Sand !

Bélier et Lion

Deux signes de Feu qui s’attirent comme des aimants, qui regardent ensemble vers un même horizon. Fougue, générosité, idéalisme, dynamisme et rayonnement sont l’apanage de l’un et de l’autre. Comme le Bélier est l’étincelle primordiale et le Lion la flamme, le second réalisera bien souvent ce que le premier a conçu; il le fera avec brio, inspiration et magnanimité. Mais là s’arrête l’analogie. Car entre ces deux signes, il existe aussi une rivalité : il ne s’agit pas du même Feu.

Le Bélier ouvre le chemin, le découvre; le Lion l’emprunte et, au bout du chemin, s’assoit sur un trône. Telles sont les fonctions des deux signes, qui communient dans l’ardeur mais pas dans les méthodes.

Le Bélier conçoit, le Lion réalise. D’un côté, l’illumination, de l’autre l’apparat. D’où, très souvent, une espèce de rancœur bien compréhensible du Bélier envers le côté protecteur et vaniteux du Lion : ce dernier s’emparera d’une idée Bélier et la réalisera en se l’attribuant. La tendance dominatrice du Lion est encore plus forte que celle du Bélier, qui est capable, en cas d’échec, de se tourner vers une autre cible en tirant un trait sur le passé. Le Lion, lui, ne pardonne, ou ne se pardonne, jamais un échec.

Il faut donc distinguer entre la fougue juvénile, vécue dans l’instant, du Bélier (signe cardinal : action) et la fougue maîtrisée, teintée de calcul, du Lion (signe fixe : réalisation, prudence). Cela donnera toujours des rapports paradoxaux entre les deux signes, le Lion cherchant à construire sa statue alors que le Bélier agit avant de penser, et accorde peu d’importance à ce qu’on dit et pense de lui.

En amour, on retrouvera la même différence d’attitude, le Lion s’attachant plus à l’apparence (sortir avec une jolie femme) que le Bélier, plus authentique (rentrer avec une jolie femme). Le Bélier vit les choses, le Lion les met en scène.

Quant à savoir s’il est préférable que l’homme soit du Bélier ou bien la femme dans cette combinaison de Feu, c’est plutôt une question de poésie…

Bélier et Vierge

Ce n’est plus le jour et la nuit, c’est le fauve et la puce !

Au point de vue professionnel, c’est une alliance qui peut être très efficace. Le Bélier s’occupe du gros oeuvre, la Vierge règle les détails : c’est le rapport classique patron-secrétaire. Le Bélier apporte son audace et sa vitalité, la Vierge sa minutie et son efficacité. Déjà à ce niveau, il est préférable que le Bélier dirige et non le contraire, sinon la catastrophe est en vue : le Bélier ne supportera jamais le « coupage des cheveux en quatre » qui est caractéristique de la Vierge. Celle-ci est la, Maison VI du premier signe, autant dire : servitudes, petits travaux, ennuis divers, notamment de santé. C’est, par exemple, une excellente alliance si le Bélier est dentiste et la Vierge son assistante; dans le cas contraire, on ne sait lequel est le plus à plaindre !

En amour, ce n’est évidemment pas la combinaison idéale. La Vierge porte bien son nom, sauf lorsqu’elle est folle… et encore ! Raisonnable, peu sensuelle, réservée, la femme Vierge incarnerait plutôt l’archétype du bas-bleu qui constitue la bête noire du Bélier. De même, le Bélier est un peu, pour la Vierge, la brute irrationnelle qui incarne toutes ses frayeurs, à moins que ce ne soit ses fantasmes secrets.

On ne peut, une fois encore, prononcer une sentence définitive à propos de données aussi vagues, mais il est certain que l’un et l’autre auront de sérieuses concessions à faire pour s’entendre. Il faudra que le Bélier mette de l’eau dans son vin, et la Vierge du vin dans son eau.

Quant à la femme Bélier et à l’homme Vierge, voilà un couple hypothétique qui devrait inspirer les féministes.

Bélier et Balance

C’est l’attirance des contraires, Mars et Vénus. Face à ce signe réputé faible et hésitant. le Bélier perd souvent tous ses moyens.

Le sens de la diplomatie, la finesse psychologique, le raffinement esthétique de la Balance, ses atermoiements continuels contrastent avec la rudesse, l’agressivité directe du Bélier. La Balance est le septième signe du Bélier, donc le signe du mariage et des alliances : il représente pour lui un excellent atout, aussi bien en affaires qu’en amour.

Le Bélier éprouve le besoin de dominer, d’imposer, la Balance de charmer : à eux deux, ils peuvent former un ensemble ou un couple parfait, oeuvrant par des voies radicalement opposées mais complémentaires.

Dans le cas de ces signes cardinaux, la position respective des planètes Vénus et Mars dans les deux thèmes est capitale pour juger des chances d’entente, les mauvais aspects entre ces planètes étant particulièrement graves.

De l’harmonie à la rupture ou du conflit à l’harmonie, les rapports entre le premier et le septième signe sont subtils et peuvent englober toute la gamme des sentiments; ils incarnent au fond les images archétypiques de l’homme et de la femme, du conquérant et de la séductrice.

Amoureuse-née, ambiguë, charmeuse avec tout le monde, la femme de la Balance fera souffrir mille morts au Bélier, impatient, jaloux, dominateur. S’il manque de recul ou d’humour, elle le transformera en girouette et le tournera en dérision. Avec le Scorpion, la Balance est certainement le signe le plus susceptible de défaire l' »héroïsme » un peu rigide du premier signe.

Les mêmes rapports vécus avec les sexes inversés (femme Bélier – homme Balance) doivent être encore plus curieux : à la limite, les partenaires pourraient échanger leurs vêtements !

Bélier et Scorpion

On a parfois dit que c’était Tristan et Isolde; on pourrait rajouter Orphée et Eurydice, Roméo et Juliette, et bien d’autres encore.

Le Scorpion est le huitième signe par rapport au Bélier. Eros et Thanatos, sexualité, mort et transfiguration. De plus, il y a échange des planètes maîtresses : Mars et Pluton chez le Bélier, Pluton et Mars chez le Scorpion. La planète en domicile diurne chez l’un est en domicile nocturne chez l’autre, et inversement. Le jour est l’empire du Bélier, la nuit celui du Scorpion.

Chez les deux signes dominent la force et la volonté de puissance, mais, chez le Scorpion, celle-ci est cachée, souterraine. Les méthodes d’approche de l’objet à conquérir ou à détruire sont radicalement différentes. Néanmoins, ces deux signes plutoniens peuvent communier dans la violence et dans le risque.

Les rapports amoureux entre Bélier et Scorpion sont, en théorie, exceptionnels physiquement (Maison VIII), mais terribles affectivement, et dans bien des cas c’est le Bélier qui risque d’avoir le dessous, car il est plus vulnérable, plus sentimental que le Scorpion.

Tous deux ont des appétits sexuels au-dessus de la moyenne, mais la Maison VIII représente aussi la mort, et la femme Scorpion risque d’entraîner l’homme Bélier dans la voie de la passion et du drame. Le même phénomène est possible si c’est l’homme qui est Scorpion et la femme Bélier, encore que ce soit moins pathétique.

Le Bélier veut dominer et le Scorpion veut faire souffrir : autant dire que la combinaison de ces deux signes, en dehors de remarquables performances physiques, reste l’une des plus précieuses pour la une des journaux à sensation et pour les romans noirs. Pour résumer : James Bond et Mata-Hari.

Bélier et Sagittaire

Voici une tout aussi excellente, mais moins inquiétante, rencontre. Elle nous semble surtout meilleure que la confrontation BélierLion, qui nous fait toujours penser a celle de Hitler et Mussolini chez le coiffeur dans le film le Dictateur de Charlie Chaplin !

Le Bélier et le Sagittaire sont les deux signes de la chevalerie, ils ont en commun la recherche d’un absolu, un certain « donquichottisme ». Mais le Sagittaire est plus conventionnel, plus conformiste, ses idées sont souvent mieux acceptées par la société : son Feu est domestiqué, alors que celui du Bélier fait peur. La collaboration des deux signes est donc placée sous d’excellents auspices, pourvu que le Bélier sache discipliner sa fougue et le Sagittaire réfréner sa tendance moralisatrice et professorale, le Bélier étant peu friand de conseils. Une aventure commune peut mener les représentants de ces deux signes à des découvertes exaltantes et grandioses, avec souvent une dimension spirituelle.

En amour, le couple BélierSagittaire sera très dynamique, un peu superficiel : c’est la chevauchée’ à deux, les voyages et les sports en commun, la joie` de vivre, les éclats de rire. Ce qui risque de manquer : l’intimité, et un certain raffinement qui n’appartient qu’aux signes d’Eau et d’Air.

Bélier et Capricorne

Le printemps et l’hiver, le brasier et la glace. Cela ne signifie pas que le Capricorne fondra; en fait, c’est la pierre qui le représente. Au premier contact, le Bélier risque d’exploser, mais le Capricorne n’en a cure : il a le temps pour lui, alors que le premier signe vit dans l’instant présent. Bien que les deux signes soient « en carré« , la confrontation est moins néfaste qu’avec le Cancer, signe opposé au Capricorne.

C’est qu’ils ont en commun une haute idée d’eux-mêmes, une grande ambition, un certain mépris de la masse, et peu de goût pour les joies de ‘a famille. Pour le reste, le Capricorne gravit lentement la montagne, alors que le Bélier bondit de rocher en rocher, au risque de se rompre les os, qu’il a solides.

Au-delà d’un premier contact souvent difficile (le Bélier étant « refroidi » par le Capricorne), la collaboration risque donc d’être féconde, le dixième signe apportant sa patience, son sérieux, et parfois son machiavélisme, à la fougue juvénile du Bélier. Commun aux deux signes aussi : l’humour, froid chez l’un, brûlant chez l’autre, mais se rejoignant dans le noir.

Le Bélier aura du mal à accepter les conseils un peu systématiques du Capricorne, pourtant ceux-ci sont souvent profonds et durables.

Les deux signes regardent vers le lointain, mais l’un dans l’idéal et l’autre dans le réel. Trop souvent, c’est le Capricorne qu’on retrouvera vingt ans plus tard ministre des Armées, et le Bélier caporal en première ligne… sautant sur une mine !

En amour, même incompréhension, sur un fond de fidélité et de mélancolie : le Capricorne refoule ses sentiments, refrène ses instincts (sauf explosions momentanées, typiques du signe), le Bélier ayant, en principe, les tendances opposées. Les exigences sexuelles de l’un et de l’autre peuvent se rejoindre pour quelque temps, puis chacun des partenaires reprendra des vies parallèles : une excellente combinaison, au fond, pour un « mariage moderne ». Mais pas question de vie en commun pour ces deux signes si différents. Plutôt une association à long terme, sur des bases intéressées (Maison X du Bélier).

Bélier et Verseau

Les deux signes ont en commun le goût de la liberté, de l’aventure, des grands espaces. Le Verseau est plus souple, et son sens de la fraternité, son ouverture au monde, peut faire merveille dans ses rapports avec le Bélier. L’un et l’autre croient en des lendemains meilleurs, à une aube radieuse qui ouvrirait une ère de grandeur et d’universalisme. Leur force et leur faiblesse à la fois : l’utopie. Ils ont aussi en commun la dimension Uranienne, prométhéenne, qui aspire à tout briser pour tout reconstruire. Mais la seconde partie du programme risque d’être problématique…

En amour, les liens BélierVerseau seront profonds mais sujets à la cyclothymie, aux crises périodiques (vibrations discontinues de Mars et d’Uranus) : le tout est qu’ils ne s’effondrent pas au même moment, et que l’un soutienne l’autre dans ses moments difficiles. Malgré cette instabilité, ce peut être l’un des couples les plus heureux du Zodiaque, parce que chacun respecte la liberté de l’autre. Nous parlons de couple (Maisons V et VIII) et non de mariage (Maison VII).

Le Verseau est d’ailleurs le onzième signe pour le Bélier, il incarne pour lui les valeurs d’amitié, de fraternité, de projection dans le monde. La sexualité pourrait être reléguée au second plan, ce qui est un problème plus pour le Bélier que pour le Verseau. Ce point risque d’être le point faible, car si les rêves du Verseau sont éthérés, ceux du Bélier sont charnels. Aussi est-ce souvent le couple de l' »amour libre »; sinon, ce sera tôt ou tard la rupture, les appétits du Bélier étant beaucoup plus impérieux, alors que le Verseau passe aisément du déchaînement a l’ascétisme.

Bélier et Poissons

Ce sont les signes les plus éloignés et les plus proches en même temps, tout dépend du sens dans lequel on suit le Zodiaque. « Les abîmes les plus étroits sont les plus profonds », disait Nietzsche.

Tous deux ont en commun, quelque part, d’être en dehors du social, de viser un impossible absolu. Tous deux ont dans le regard quelque chose qui dépasse le visible, qui atteint à une dimension transcendante. Mais pour le reste, ils sont évidemment très différents : le Bélier archétypique fonce droit au but, le Poissons louvoie, file entre deux eaux, se perd dans les brumes. Pourtant, ils se rejoignent quelque part, dans le dépassement de l’homme, dans un curieux mélange d’hypersensibilité et d’insensibilité totale.

C’est que le Poissons correspond à la Maison XII du Bélier, il incarne pour lui le mystère, l’incompréhensible, l’insaisissable. L’intuition cosmique, le goût du sacrifice, l’inspiration supra-humaine sont communs aux deux signes (exemple frappant : Van Gogh).

Dans la réalité, les rapports seront souvent douloureux, l’agressivité du Bélier se perdant dans l’océan du Poissons : ce dernier risque de jouer pour lui – consciemment ou non – le rôle du naufrageur. Lolita devait être du signe des Poissons et sa victime du Bélier. Par les temps qui courent, cette situation est devenue banale : l’homme qui a « réussi » renonce à ses acquis pour une jeune créature inconsistante, le douzième signe incarnant l’image de la sirène pour le premier.

Ainsi le Zodiaque boucle sa boucle, le premier signe rejoignant le dernier pour le meilleur et pour le pire.


Les Astro-mariages de la Femme Bélier

Femme Bélier et homme Bélier

Ils se ressemblent. Ils ont la même audace intrépide, la même vitalité explosive, le même besoin d’action. Mais à la longue, si l’un des deux ne modifie pas complètement son comportement, il y a collision de personnalités (voir homme Bélier et femme Bélier).

Femme Bélier et homme Taureau

Mars et Vénus s’unissent. Formule un peu moins bonne que l’inverse (homme Bélier et femme Taureau) parce que le Vénusien du Taureau est obsédé par la propriété, les acquisitions, l’argent, et qu’il se démène pour obtenir un train de vie élevé pour assurer un haut « standing » à sa femme et qu’elle, Bélier, se moque un peu de tout cela. Elle préfère les risques, les voyages et l’aventure à cet univers plein de sécurité. En outre, le côté casanier, très terrien du Taureau l’irrite sans l’émouvoir. Elle a du mal à se priver d’une course en moto ou d’une escalade en haute montagne pour s’occuper de son mari et de ses enfants à la maison. Comme il est très possessif… il y a des tensions dans l’air !

Femme Bélier et homme Gémeaux

Là encore, l’Air (Gémeaux) attise le Feu (Bélier). Une entente spontanée et inattendue fait de ces êtres au fond très différents des complices. Meilleure combinaison que l’inverse (homme Bélier et femme Gémeaux) dans la mesure où la femme Bélier est plus souple, plus adaptable que l’homme du signe.

Elle possède des qualités qui font défaut à l’homme des Gémeaux : l’esprit de décision, l’obstination, l’endurance et une certaine façon d’aller jusqu’au bout de ses actes. Elle peut le dynamiser et prendre en mains ses projets qui, sans elle, resteraient à l’état de projets. Son petit désir d’évasion, ses velléités, elle peut les transformer en grande aventure, tout en sachant respecter son besoin d’indépendance. Formule excellente pour un couple qui a des intérêts en commun ou qui fait le même métier.

Femme Bélier et homme Cancer

Marier l’Eau et le Feu, c’est toujours risqué… Pourtant, le Cancer est fasciné par cette chaleur solaire, ce rayonnement, cette gaieté. Bondissant des quatre sabots, notre alerte chevrette va le tirer, ce pauvre crabe, hors de sa carapace. Avec elle, il osera enfin aborder des rivages où il hésitait jusque-là à risquer la pince. L’audace de la femme Bélier lui devient indispensable. Et elle-même, qui ne brille pas par la persévérance, a besoin de la stabilité du Cancer.

Fin psychologue, calme, il devine, derrière l’agressivité de cette biquette batailleuse, toute une féminité fragile qui ne demande qu’à se soumettre. Mais attention aux coups de corne : le Cancer déteste qu’on perturbe les eaux de sa mare intérieure. Un peu de cinéma, il veut bien, pour le distraire de sa morosité. Mais si cela tourne à la vraie bagarre, aux cris, il s’enfuira car il a les scènes de ménage en horreur.

Femme Bélier et homme Lion

Sautez bien haut, jolie dame, sautez de joie, voilà votre homme ! Feu plus Feu, Soleil et Mars, c’est l’incendie, un grand feu de joie qui éclairera toute votre vie.

Le Lion sera stimulé par l’irrésistible dynamisme de cette biquette entreprenante, enthousiaste, passionnée, généreuse. Elle trouvera en lui la stabilité dont elle a besoin (car le Lion est un signe fixe). Elle ne cesse de l’asticoter, elle le taquine, elle le flatte, elle le provoque : et comme c’est, en amour, une très grande actrice, il est enchanté ! Tant de démonstrations l’amusent et confortent son amour-propre. Ils se ressemblent, vivent sur le même mode de sensibilité extravertie et chaleureuse. Un même besoin intense d’activité les pousse à se dépenser à la fois physiquement et affectivement, à entreprendre, à créer, à monter sans cesse de nouvelles affaires…

Ils adorent les enfants tous les deux; ils aiment les fêtes brillantes et les amis, ils sont sportifs, ils sont dans le vent…

Pourtant, attention aux coups de corne, chère biquette… Votre Lion est susceptible, et son ego assez développé ne supporte ni la rébellion ouverte, ni la concurrence : ne vous amusez pas à le rendre jaloux. Vous aimez la bagarre plus que lui : ne provoquez pas trop souvent ses colères ravageuses…

Femme Bélier et homme Vierge

Il est prudent, avisé, économe, raisonnable. Elle est téméraire, trompe-la-mort, tête brûlée, instinctive. Il est froid et plutôt critique. Elle est chaleureuse et enthousiaste. Comment faire pour qu’ils se rejoignent ? Ils n’aimeront ni vivre ensemble, ni voyager ensemble, ni travailler ensemble. Est-il bien nécessaire d’insister ?

Femme Bélier et homme Balance

C’est elle, tout d’abord, qui recherche sa compagnie. Lui, il hésite toujours un peu à choisir parmi les femmes celle qui doit devenir son épouse. Il les trouve toutes séduisantes, gracieuses, intelligentes ou il leur trouve de beaux yeux, un sourire fondant, des gestes doux. Difficile de décider un Homme Balance à choisir, mais la Dame Bélier est décidée pour deux. Et leur couple est fort sympathique.

Femme Bélier et homme Scorpion

Cela ne peut marcher qu’avec beaucoup de « si » : Si le Feu du Bélier est calmé par un peu d’Eau, BélierPoissons, par exemple. Ou bien si le Scorpion a un édulcorant dans son venin : ScorpionVierge, ScorpionBalance, ou n’importe quel Ascendant qui s’accorde avec le Bélier, ou, parfois, même Ascendant. Ou encore si la dame Bélier réussit brillamment, professionnellement ou socialement : le Scorpion respecte alors la réussite.

Si, enfin, ayant fait chacun de leur côté pas mal de bêtises, ils se rencontrent tard dans la vie, comme André Malraux et Louise de Vilmorin.

Qu’ont-ils de commun, cette biquette et ce grand méchant loup ? La planète Mars. Mais, chez le Bélier, c’est un Mars printanier éclairé par le Soleil, un Mars de jour fleur au fusil… Tandis que chez le Scorpion, c’est un Mars de nuit, assombri par les Enfers de Pluton, c’est la guerre d’extermination !

La chevrette, avec son clin d’œil à étincelles, allume facilement le Scorpion, qu’elle amuse par ses cabrioles.

Fonçant droit devant elle, toutes cornes dehors, elle ne se laisse pas si volontiers que ça marcher sur ses sabots. Elle donnera du poil à retordre au Scorpion; si c’est un bon Scorpion, il n’essaiera pas de l’attacher au piquet de son pré. Si c’est un mauvais Scorpion, il se fâchera : la bergerie se transformera en tragédie… et le petit mouton deviendra enragé !

Femme Bélier et homme Sagittaire

Comme tous les signes de Feu entre eux, l’homme Sagittaire s’entend bien avec la femme du Bélier. Ce sont deux enthousiastes, aventuriers, entreprenants, deux constructeurs : il leur faudra peut-être des Ascendants Terre pour les stabiliser car ils se projettent trop dans l’avenir. C’est, en tout cas, un bon accord par affinités.

Femme Bélier et homme Capricorne

C’est comme essayer de rassembler la terre et le feu : ils sont fondamentalement de nature différente. Ils ne perçoivent, l’un de l’autre, que les défauts : parcimonie, austérité, réserve, et sens des projets à long terme pour l’un; impulsivité, passion, rapidité, chaleur humaine et action dans l’instant pour l’autre. Il vaut mieux tenter, s’il naît une sympathie entre eux, de la transformer en amitié.

Femme Bélier et homme Verseau

Il est, d’emblée, subjugué par cette boule de feu, piaffante, impétueuse et trompe-la-mort. Ensuite, il s’aperçoit qu’elle est constructive, courageuse, enthousiaste, prête à faire toutes les folies à ses côtés, gaie, vivante, combative, vigilante, et le coup de foudre se mue en grand amour. C’est une association très heureuse : ils se stimulent et se dynamisent l’un l’autre.

Femme Bélier et homme Poissons

C’est un couple que l’on rencontre fréquemment, comme l’inverse. La nature fougueuse, passionnée et, en même temps, inconditionnelle de la dame Bélier convient à l’idéaliste homme des Poissons qui recherche une communion très profonde, presque mystique avec la femme qu’il aime. Mystérieusement, l’Eau des Poissons et le Feu du Bélier s’accordent ici dans un échange dynamisant, peut-être parce que la femme du Bélier, conquérante et séductrice, est à la fois soumise, violente et peut être l’esclave de l’homme qu’elle aime s’il répond à son enthousiasme.

Leurs rapports sont romanesques souvent, intenses toujours… et peuvent durer. Ce fut le cas de la liaison de Victor Hugo (Poissons) avec Juliette Drouet (Bélier, Vénus en Poissons). Une rencontre amoureuse exceptionnelle, de toute façon.


Les Astromariages de l’Homme Bélier

Homme Bélier et femme Bélier

Alliage classique du Feu avec le Feu. On se retrouve en l’autre. L’homme du Bélier, plus narcissique que la femme du signe, aime à retrouver ses défauts en elle, ses penchants et cette fascinante combativité. Mais au bout de quelques mois tout se complique : ils foncent tous les deux sans réfléchir, ils prennent les mêmes colères ravageuses, ils aiment trop l’aventure et pas forcément ensemble. Couple pas facile à maintenir sauf si l’un des deux renonce aux tendances du signe ou plutôt adopte la tendance contraire : on voit des Bélier devenir Balance, chercher à devenir l’opposé de ce qu’ils sont, alors l’union réussit.

Homme Bélier et femme Taureau

Là, les complémentarités sont grandes. Elle est vénusienne, c’est-à-dire conciliante, douce, harmonieuse et sensuelle. Lui, martien, fait dans l’impulsion irréfléchie, les sports violents et la compétition tous azimuts. Il a vraiment besoin pour le conforter. l’entourer et l’assagir, d’une bienveillante muse et conseillère comme elle, d’autant plus que leur érotisme (surtout si Vénus dans les thèmes sont conjointes ou proches) vibre au même diapason. Des problèmes peuvent se poser à long terme, s’il ne calme pas sa nature conquérante, car la dame Taureau est extrêmement possessives, exclusive et jalouse. A bon entendeur…

Homme Bélier et femme Gémeaux

Une étrange alchimie se produit entre les deux compères. L’homme Bélier qui a, en principe, horreur des femmes compliquées, un rien doubles et allumeuses, se laisse littéralement envoûter par cette créature gaie, vivante, joueuse, hyper-douée. Il n’a rien de commun avec elle, ni le goût du sport, ni celui du danger mais elle le stimule. Son enthousiasme, sa légèreté, sa façon de prendre la vie au comique le subjuguent. En outre, sa faconde de femme souvent cultivée et toujours informée, son immense savoir-faire social, professionnel et privé, achèvent d’amadouer notre play-boy, plutôt maladroit dans les salons. Mais attention : couple fragile. Ne résiste guère aux intempéries de la vie à deux. Parce qu’elle déteste ne pas se sentir indépendante. Et qu’il déteste la laisser libre.

Homme Bélier et femme Cancer

Quatre sabots et dix paires de pattes, c’est tout de même trop pour un véhicule, même amphibie. L’ennui est que certaines pattes ont toujours tendance à vouloir marcher en biais… On connaît quelques couples qui ont tenu le coup, mais si peu… Peut-être un Bélier Ascendant Taureau et une Cancer Ascendant Balance ? Cette dernière est plus particulièrement vulnérable aux charmes du brillant Bélier.

Les inconvénients sont ici ceux, classiques, de la combinaison Eau + Feu : l’homme des signes de Feu ne comprend pas les zones d’ombre de la femme des signes d’Eau. La combinaison inverse (femme Bélier – homme Cancer) marche mieux que celle-ci.

L’homme Bélier est charmant, mais autoritaire et impulsif. Il exige trop de soumission de la femme Cancer. Celle-ci se rebiffe : c’est une personne très autonome, qui aime assez commander, et ne se laisse pas marcher sur les pinces. Si c’est elle qui tient le gouvernail, elle essaiera d’enfermer le Bélier dans un univers bien clos et bien douillet, pour mieux se le garder. Et le Bélier n’aura qu’un rêve : s’échapper tous azimuts. Si, au contraire, croyant bien faire, elle se soumet totalement au Bélier pour lui faire plaisir, cela n’ira pas non plus : il ne la sécurise guère, parce qu’il ne comprend pas sa nature sentimentale. Parfois même, il devient sadique, et elle s’enfonce alors dans un masochisme dépressif.

Il faut vraiment que les Ascendants de l’une et de l’autre soient semblables ou complémentaires. et les planètes réciproquement bien aspectées, pour que la combinaison ait quelque chance de durer.

Homme Bélier et femme Lion

Une Lionne ne passe jamais inaperçue : charme, élégance, autorité… Le cher Bélier, toujours prêt à se précipiter cornes baissées dans tout ce qui brille, prend feu immédiatement et passe à l’attaque. Hardi, petit. Et le voilà, tout feu tout flammes, faisant le siège de cette citadelle étoilée… On ne s’ennuie jamais avec ce couple gai, ouvert, actif. Le train-train, la grisaille, la soupe aux herbes, ce n’est pas leur genre. Mais le Bélier s’apercevra très vite que la Lionne est une patronne.

Quelques coups de griffe le tiendront en respect… Comme ils adorent commander tous les deux, et que personne ne veut céder, ça risque de flamber… Le Bélier finira par baisser les cornes; elle est beaucoup plus forte que lui; surtout elle mijote ses coups en catimini, et le pauvre garçon, naïf, se fera avoir jusqu’à la racine du poil !

Homme Bélier et femme Vierge

Ils ne parlent pas la même langue. Ils ne vont pas dans la même direction. Ils n’ont aucun objectif en commun. L’homme Bélier est un impulsif, frondeur audacieux, presque irréfléchi, tellement il a besoin d’agir. Elle, la tendre Vierge, hésite à faire le moindre geste de peur de perturber, même infiniment, l’ordre, l’ordonnance des choses. En outre, il aime conquérir : il accumule les passions brèves et les envolées d’un soir alors qu’elle est une amoureuse exclusive, fidèle, jalouse, bien qu’elle garde ses sentiments bien enfermés à double tour dans son for intérieur.

Homme Bélier et femme Balance

Deux opposés qui s’attirent irrésistiblement. Elle attise le feu du Bélier, et le Bélier lui fait un peu brûler son indécision. Le Bélier sera particulièrement séduit par la Balance, laquelle cache son énergie sous une grande douceur apparente. Avec celle-là, il peut être heureux, elle le fera marcher en grande douceur et petite vitesse, sans qu’il s’en doute le moins du monde !

L’alliage de la douceur extrême avec la violence, de l’hésitation avec l’extrémisme, de la tolérance avec l’exclusivité absolue, cet alliage-là, disais-je, donne des couples heureux.

Homme Bélier et femme Scorpion

Exquis et séduisant, ce Bélier, mais il fait rarement l’affaire de la Scorpionne (sauf si leurs Ascendants sont complémentaires). Il ne la rassure pas, parce qu’il ne la comprend pas : tout en impulsivité, extraverti, actif et sans complications, il est à mille bonds de soupçonner le monde secret de sa partenaire. Les motivations de celle-ci lui échappent complètement. Il ne respecte pas son intuition et s’il essaie de faire acte d’autorité, il la braque. Il vit dans l’instant présent, tout entier immergé dans l’immédiat – tandis qu’elle vit à la fois dans les projets d’avenir lointains, et dans la conscience permanente du passé. Il n’y a pas de langage profond entre eux, entre le Feu du Bélier et l’Eau du Scorpion. Ils peuvent s’entendre en amitié, dans le feu de l’action. Mais pas en amour, et à long terme, à moins que le Bélier n’ait beaucoup d’Eau dans son Feu.

Homme Bélier et femme Sagittaire

Il y a un certain respect l’un pour l’autre mêlé d’inquiétude latente : la femme du Sagittaire étant quelqu’un d’enthousiaste mais de stable, elle se méfie toujours un peu des impulsions irraisonnées de monsieur Bélier. Leur dénominateur commun dans l’existence est fait de courage, d’élan vers l’avenir, de passion dans leurs activités, d’insatiable curiosité et de nombreuses relations amicales. Mais il faut peut-être qu’il soit plus âgé qu’elle pour calmer un peu ses folies impulsives…

Homme Bélier et femme Capricorne

C’est assez difficile de les unir. Mêmes remarques que pour l’homme Capricorne et la femme Bélier. Il y a d’un côté la sagesse, le sens profond et enraciné du devoir, des responsabilités, de l’autre une nature piaffante, instinctive et souvent limitée au présent, à l’instant même. Peu de points communs.

Homme Bélier et femme Verseau

Un point commun, mais de taille : la bougeotte. Ce sont deux actifs. Ils se rejoignent pour l’aventure, le risque, les grands voyages, l’imprévu. Ils s’enthousiasment souvent, ensemble, et pour les mêmes choses. Ils brûlent les vaisseaux, les étapes, la chandelle par les deux bouts. C’est à qui étonnera l’autre, le défiera le plus. Mais elle est une cérébrale, réfléchie tout de même, qui contrôle toujours ses dérapages, alors que lui fonce tête baissée vers le danger… Peut-on vraiment l’assagir ?

Homme Bélier et femme Poissons

Voilà l’extrême féminité, l’infinie douceur de la dame Poissons pliant devant l’impulsivité dominatrice et fougueuse du Bélier : comment vont-ils s’accorder ? Très bien. Encore le mystère des extrêmes qui se touchent… Bien que l’Eau soit réputée ne pas convenir au Feu, notre actif et impatient Bélier trouve son équilibre dans le climat enveloppant et passionnel de cette sirène. Mais elle ? Qu’il n’oublie jamais, cet homme sportif et combatif, que la femme Poissons est une femme romanesque. Si l’ennui se glisse dans ce couple, elle s’enfuira. Rien ne la retiendra. La liaison fracassante de la belle Ursula Andress (Poissons) avec Jean-Paul Belmondo (Bélier), et leur rupture qui la fut tout autant, signale à ce couple passionné les écueils à éviter !


Combinaison des Signes avec les Ascendants

La combinaison du signe solaire et du signe ascendant constitue la charpente, l’ossature du thème natal : le Soleil en Bélier signifiant l’être profond de la personne et l’Ascendant sa manière de le vivre. Cette structure de base est capitale : rien n’est plus différent d’un Bélier Ascendant Bélier qu’un Bélier Ascendant Cancer… Dans le premier cas, la guerre sera extérieure (chef d’armée, révolutionnaire), dans le second cas elle sera intérieure (polémiste, artiste « martien »).

Bélier Ascendant Bélier

C’est évidemment le Bélier à l’état pur, MarsMars et Feu-Feu. Cette configuration accentue l’agressivité, l’impulsivité, le dynamisme. Si elle n’est pas freinée par d’autres aspects du thème, elle peut devenir dangereuse pour le sujet ou pour son entourage. C’est le thème du guerrier, du combattant. Il faut que ce type de Bélier apprenne la retenue, la modération, sinon il court à la catastrophe, au meurtre, à l’accident mortel.

Ici, Mars est maître du Soleil et de l’Ascendant, sa position est donc capitale. Il peut être plus problématique encore s’il est situé dans un signe où il n’est pas à l’aise, car l’agressivité du sujet risque alors de se retourner contre lui-même.

L’affirmation de soi est sans scrupules, mais, paradoxalement, l’hésitation peut surgir tout à coup, l’attirance pour le signe opposé (la Balance) étant très puissante. Néanmoins on ne peut pas demander au « double Bélier » de se transformer en Balance et, si elle est bien vécue, cette combinaison donnera un « punch » extraordinaire, un homme d’action imbattable, un aventurier génial, un combattant héroïque. Exemple : Murat, grand général de l’épopée napoléonienne, qui paya de sa vie ses erreurs.

Bélier Ascendant Taureau

C’est un curieux alliage, celui de l’avion à réaction et du tank. D’une part le Taureau apporte un peu de calme et de pondération à la fièvre du Bélier, de l’autre il augmente son amour de la nature et des couleurs, sa sensualité. Le côté têtu et opiniâtre devient aveugle et terrifiant, c’est le rouleau compresseur (Hitler : Mercure en Bélier, Vénus et Mars en Taureau). La personnalité est vigoureuse, féconde, constructive, jouisseuse. La possessivité est redoutable. Un point commun aux deux signes : une certaine naïveté printanière, qui peut les rendre vulnérables aux signes plus froids, plus intellectualisés. Le conservatisme du Taureau et son scepticisme s’allient à la fougue et au prophétisme du Bélier : cette structure permet aux idées hardies et neuves de se réaliser, de se matérialiser. Amour profond de la vie, endurance, capacité de travail écrasante. Tempérament joyeux, dionysiaque, amour des fêtes. Le raffinement et la subtilité sont limités. C’est l’amour de la vie qui domine.

Exemples : Giono, Vlaminck, Thorez (ainsi que de nombreux leaders soviétiques et théoriciens matérialistes).

Bélier Ascendant Gémeaux

La vivacité et l’impulsivité se trouvent accentuées par cette combinaison. L’alliance de Mars et Mercure donne intelligence, rapidité, sens de la polémique, mais aussi dispersion. Le Gémeaux apporte sa subtilité au côté un peu « fort en gueule » du Bélier, ce qui met l’accent sur le charme et l’humour. Mots clés : le feu follet, la séduction. L’aspect cyclothymique, capricieux, enfantin, imprévisible, peut être dominant. Le don d’éloquence et de persuasion s’en trouve renforcé, aux dépens de la stabilité : le Bélier Ascendant Gémeaux est l’être de l’instant par excellence, celui qui jongle, qui joue, qui persuade ou qui égare.

Mais la superficialité n’est qu’apparente : Pluton, second maître du Soleil, approfondit « l’alliage » du Feu et de l’Air (le personnage du dieu Loge dans la Tétralogie de Wagner). Bavardage, grimaces, interjections, pirouettes, derrière lesquelles se cache un sens profond de la vérité. Le mensonge brillant (le Bélier au service du Gémeaux) ou la vérité percutante (le Gémeaux au service du Bélier). Le manque de concentration peut devenir lassant. Risque d’hypernervosité et d’effondrements cyclothymiques. Le grand air, la décontraction et les exercices respiratoires sont indispensables. L’ironie est considérable mais le charme est tel que les amis pardonnent tout, puisque tout se passe dans l’instant. Il faut cultiver la persévérance, sous peine de succomber à la fable de la Cigale et la Fourmi.

Exemples : Jean-Paul Belmondo, Henri Il, Alain Poher, Wernher von Braun, Rémy de Gourmont.

Bélier Ascendant Cancer

C’est une combinaison problématique au premier abord, puisque les deux signes sont en carré. Maîtres : Mars et la Lune, l’agressivité et l’imagination, l’action et le repli sur soi-même. Selon le reste du thème, il y aura un rêve d’action ou ce rêve réalisé. Caprices, sautes d’humeur, tempêtes. Rapports difficiles avec le sexe opposé. La masculinité ou la féminité intérieure sont en conflit, ce qui se répercute dans l’existence.

Attachement au foyer, à la famille. L’aventure peut rester sur le plan du rêve. Contradiction entre l’esprit révolutionnaire et le conservatisme. Cette structure peut donner un tempérament démoniaque (MarsLune). Nervosité et lymphatisme à la fois. Intérêt pour la magie, sous toutes ses formes.

La faiblesse réside dans l’utopie, mais la force dans le mystère (le Cancer est le domicile nocturne du Bélier). Goût de l’envoûtement, de l’abîme. Forte sensibilité et prospection des gouffres humains. C’est une combinaison qui a donné des créateurs géniaux et profonds, mais souvent névrosés. La générosité et l’amertume se complètent. Exemples : Goya, Proust, Michel de Ghelderode, Louis Armstrong, Van Gogh.

Bélier Ascendant Lion

Que de Feu ! Combinaison SoleilSoleil. La tête et le cœur rayonnent. Magnanimité, goût du faste, haine de la médiocrité. Beaucoup d’orgueil, de panache ; goût de la croisade. Le natif Bélier Ascendant Lion ne doute pas de lui, au contraire ; dans son aventure démesurée, il risque de pêcher par excès. S’il n’est pas génial, visionnaire ou dictateur, il sera mégalomane, vantard, donquichottesque.

C’est une combinaison très fougueuse, très virile, qui n’admet pas la discussion. Chez une femme, complexe de la « pasionarian ». Mots clés : la grandeur, le faste, l’empire. Les grands voyages peuvent être vécus intérieurement, on aura alors un tempérament mystique, brûlé par un Feu sublime.

La vie est placée sous le signe de la réussite : actions d’éclat, demeures somptueuses, amour du théâtre, des fêtes. Générosité à condition de se plier aux exigences tyranniques du sujet. La création est placée sous d’excellents auspices (le Lion, signe V par rapport au Bélier) : enfants, spectacle, théâtre, amour. Tempérament royal, avec un fort penchant à l’égocentrisme tyrannique. Besoin d’être flatté, courtisé.

Exemples : Bolivar, Lannes, Claudel, Guillaume 1er, Thiers.

Bélier Ascendant Vierge

C’est une position problématique : le volcan du Bélier est passé au crible, comprimé par l’Ascendant Vierge. Le côté pusillanime et torturé de la Vierge contraste avec la force étincelante, sans retenue, du premier signe, d’où une dualité fort douloureuse. Il existe une contradiction entre le besoin d’aventures et de sécurité : c’est le poète génial, Baudelaire, bourré de hantises et de névroses, terrorisé à l’idée d’entrer seul dans un café, et qui fut l’un des plus grands aventuriers de l’esprit au XIXe siècle !

La cérébralité, l’esprit critique sont importants (Mars et Mercure). Tempérament de polémistes, d’analyste impitoyable ; un certain sadisme mental, celui de l’entomologiste qui épingle ses victimes.

Ce n’,est pas une bonne position pour l’amour, l’agressivité étant freinée par le rationalisme, voire la ratiocination. Les meilleurs amis de Baudelaire ont prétendu qu’il était mort vierge…

Au positif, le réalisme de la Vierge peut permettre au Bélier d’incarner ses idéaux, non sans tergiversations, hésitations, remords et culpabilité. L’érudition est particulièrement favorisée. Exemples : leur dualité est particulièrement instructive ; d’une part, Descartes, un des principaux responsables de la mort de l’imagination en Occident ; de l’autre, Baudelaire, le poète des poètes, à l’esprit affiné comme une lame de rasoir…

Bélier Ascendant Balance

Voilà une dualité qui n’est pas forcément néfaste : le signe opposé est toujours à la fois celui d’une fascination et d’un refus. Ici, le Bélier devient particulièrement sensible : l’axe BélierBalance n’est-il pas celui de la justice ? La lutte se teinte de pessimisme. Recherche des combats perdus d’avance. Le tempérament oscille entre le fanatisme et la conciliation. Torture mentale, conflits intérieurs terribles (Drieu La Rochelle). La tendance à la critique du monde extérieur peut devenir pathologique ; tendance « masochiste », car ce balancement prédispose à un rôle de bouc émissaire. Ou l’on joue les forts, ou l’on joue les faibles ; mais si on joue les deux en même temps… Il y a un risque de sacrifice, de don de sa personne à une cause extérieure : l’agressivité du Bélier se projette dans la recherche d’une entente impossible (Balance). Le besoin de charmer et de concilier des extrêmes tourne à l’obsession, le don-quichottisme devient délirant.

Le Bélier n’hésite jamais, et la Balance toujours. Douloureuse alchimie, qui s’est soldée, pour Drieu La Rochelle, par une mort de désespoir. Exemples : Rimbaud, Gogol, Lamartine.

Bélier Ascendant Scorpion

Remarquable alliage (MarsPluton, PlutonMars) : seconds maîtres, comme à la tête d’un vaisseau infernal. La puissance d’action et l’efficacité sont redoutables : c’est le capitaine Nemo. La personnalité est hyper-agressive, la violence est lucide, maîtrisée, parfois méchante. Chirurgien ou criminel…

Si cette révolte féroce n’est pas extériorisée, elle peut donner un tempérament suicidaire, « somatisant » ses problèmes à travers une agressivité pathologique. Intolérance, fanatisme, goût des sectes, des petits groupes bourrés de dynamite. C’est le terrorisme, d’une manière ou d’une autre. Le comportement est implacable.

C’est le chef (Bélier) d’un réseau souterrain (Scorpion) détruisant sans pitié un monde qu’il méprise… Le docteur Mabuse aurait pu avoir cette structure dans son thème hypothétique.

Les qualités du Bélier et du Scorpion mêlées forment un des plus durs et explosifs alliages du Zodiaque. Les défauts aussi… Exemple : Gambetta, Henri Becque.

Bélier Ascendant Sagittaire

C’est la combinaison la plus sublime. Ici, Zorro-Don Quichotte mobilise toutes ses armées pour monter à l’assaut d’une forteresse imaginaire. Autre traduction : « Votre élan et votre vitalité se joignent, de façon fort heureuse pour votre avenir et votre destin, à un optimisme et une chance dépassant la moyenne. »

Le héros sublime, enflammé, ou le vulgum pecus paranoïaque. La confiance en soi est excessive, et n’est intéressante qu’au niveau spirituel. Tempérament plein de foi, naïf, enthousiaste : le boy-scout. Donneur de conseils, très serviable, plein de fougue, toujours « à côté de la plaque », à moins qu’il ne soit génial.

Au positif, orgueil sublime, recherche de la grandeur, de l’héroïsme. Gandhi ou Bleustein-Blanchet (qui ne sont ni l’un ni l’autre Bélier) ont l’Ascendant Sagittaire.

La chance est remarquable et les amours protégées. C’est aussi une combinaison qui a donné de nombreux sportifs.

Quelle que soit la manière dont est vécue cette alliance, une chose demeure : un Soleil et un Ascendant en signe de Feu n’ont jamais donné une nature très subtile. Que de Feu ! Exemples : Zola, Ladoumègue, Bismarck.

Bélier Ascendant Capricorne

Combinaison très intéressante, mais difficile. La dureté et l’ambition dominent, les deux signes sont en carré. Le Mars du Bélier et le Mars du Capricorne, tous deux en dignité, sont antinomiques : l’un agresse dans l’instant, l’autre vise à longue échéance. Mais les deux peuvent finir par se rejoindre.

Néanmoins. il existe une contradiction entre le côté « jeune » et « vieux ». Le Soleil pousse vers le mouvement. l’Ascendant vers la stagnation. D’un côte, le Feu dévorant, de l’autre l’immobilité glacée. La fusion. si elle est réussie. peut donner un « feu de glace », une passion froide. lucide. maîtrisée.

Il y aura toujours une hésitation entre l’action et le renoncement. J’ai remarqué qu’elle peut être surmontée par la création artistique, ayant connu deux grands poètes marqués par cette structure. Dans la « réalité », c’est une combinaison qui se révèle forcément douloureuse.

Une orientation vers la politique (qui peut se définir comme un « ratage réussi ») peut servir de soupape. Le tempérament est sincère, mais absolu : le Bélier recherche la force, le Capricorne le pouvoir. Exemples : Napoléon III, Tamerlan.

Bélier Ascendant Verseau

Mélange explosif et harmonieux à la fois, où la foudre a son mot à dire. Les deux signes vont vers l’avenir, par des voies différentes mais proches. Le Bélier Ascendant Verseau est indépendant, novateur il ne supporte aucune contrainte. Il fait exploser les structures autour de lui. Il a le sens de l’amitié et il est parfaitement désintéressé. Ce curieux animal ne dédaigne pas de se libérer dans le scandale et il forme à lui seul un couple anticonformiste. Il peut s’égarer dans les mirages et dans l’utopie, mais, en général, le talent ne lui manquera pas. Il sait s’attirer les sympathies et les affections.

Sa faiblesse peut résider dans l’ingénuité, le militantisme un peu obtus, le manque de réalisme. Sa force sera dans la physique ou dans la métaphysique ; dans la politique, il sera surtout un utopiste. Mars et Uranus « ne sont pas de ce monde ». Cette combinaison peut donner un « complexe de Prométhée », avec, en négatif, une manie de la persécution.

Rien de médiocre, en tout cas, dans cet alliage qui désigne le natif. presque touJours. a la vindicte de ses contemporains. Souvent, un côté mystique. Exemples : Gassendi. Jules Ferry. sainte Thérèse d’Avila.

Bélier Ascendant Poissons

Une épée rougie plongée dans l’océan : bouillonnement chaotique, effervescence incontrôlée. Intuition cosmique, goût du mystère, sacrifice à une cause obscure : le Poissons n’est-il pas le douzième signe (Maison XII) par rapport au Bélier ?

L’émotivité, la sensibilité sont considérables. Mars étant au service de Neptune, il n’y a de salut que dans le don de soi et la mystique, sinon ce pourra être l’alcoolisme, la drogue et toutes les errances : le Bélier Ascendant Poissons est « le moins Bélier » de tous les Bélier. Le plus grand doute côtoie la plus grande certitude, l’épée voisine avec le mollusque, la force brutale avec la passivité. Grande leçon taoïste, ou naufrage complet. L’Eau devient ignée, le Feu aquatique. Plus personne ne s’y retrouvera, surtout pas le natif. Le mieux est de devenir génial dans le rôle ou les fonctions choisies ; autrement le biais est peut-être dans le charme, l’humour. la drôlerie, la bonté, la générosité. Aucune méchanceté dans cet alliage, où le dieu de la mer noie complètement le Feu de Mars. Exception : celle où Mars parviendrait à transformer la mer en une mer de feu. La contradiction n’est-elle pas l’équation du génie ? Exemples : Gorki, Vigny.


Comment interpréter les aspects de Mars avec les autres Planètes

Mars-Soleil

La conjonction de deux planètes « viriles » est évidemment meilleure dans un thème masculin que dans un thème féminin. Il suffira de citer Néron, Goebbels et Berlioz pour se faire une idée de l' »archétype » de cette conjonction : personnalités agressives, passionnées, tyranniques, voire sadiques ou autodestructrices. Le mécontentement perpétuel est en tout cas une des composantes de cet aspect, même s’il ne donne pas toujours des Néron et des Goebbels.

Chez une femme, ce sera toujours et inévitablement une tendance virile, castratrice, exhibitionniste, voire un lesbianisme exclusif. C’est un aspect qui donne presque toujours, en thème féminin, des problèmes thyroïdiens ou hormonaux. Seule une activité extérieure très prenante pourra servir d’exutoire : affairisme, militantisme, etc. Le mouvement féministe doit comporter un fort contingent de dames marquées par Mars.

Mes propres observations m’ont permis de remarquer que les femmes qui ont une conjonction SoleilMars éprouvent de brusques passions, qui retombent aussitôt. Elles passent d’un enthousiasme à un autre avec une rapidité et une inconstance effrayantes, d’autant plus que cet enthousiasme est susceptible de s’appliquer à n’importe quoi, les OVNI, le Bus Palladium, les travestis…

En un mot, le symbolisme masculin du Soleil et de Mars ne s’accorde pas toujours harmonieusement avec la « féminité » que recherche, par exemple, l’homme du Bélier. Une position de la Lune dans un signe féminin peut donner un très curieux mélange…

Retenons le mécontentement perpétuel, l’agressivité constante, aussi bien en thème masculin que féminin, avec recherche de compensations : un sport considéré comme viril, une lutte pour un idéal, ou alors, sur un mode morbide, le crime et la perversion (Néron, Elisabeth Bathory, dite « la comtesse sanglante »).

Les vibrations de Mars étant discontinues, il y aura toujours une alternance d’enthousiasme et d’effondrement, à moins que la conjonction ne soit soutenue par des aspects « bénéfiques » (et, même dans ce cas, il faut tenir compte des transits dangereux).

Dans certains cas exceptionnels, cette conjonction peut être vécue sur un mode grandiose, surhumain (Néron, Héliogabale, Charles Lindbergh). Cela peut aussi donner un représentant de commerce particulièrement dynamique, ou un champion sportif.

Sextile et trigone. Au rebours de la conjonction, ce sont des aspects beaucoup plus faciles à vivre. Le besoin de briller et de s’imposer, d’être (Soleil), est soutenu par l’activité, sans tomber dans les excès d’euphorie puis d’abattement propres à la Conjonction. Joie de vivre, harmonie avec l’entourage et faculté de saisir les occasions propices caractérisent ces aspects du dieu Soleil avec le dieu de la guerre et de la victoire. Les risques sont évalués avec lucidité et l’esprit d’initiative collabore avec la prudence. Chez une femme, il peut y avoir une tendance viriloïde, mais ce peut être simplement un signe de volonté et de force intérieure. Ce sont aussi d’excellents aspects pour la vie sexuelle.

Carré et opposition. Les réserves que nous avons émises – surtout en thème féminin – sur la conjonction, se trouvent ici renforcées. Bien qu’il soit à la mode de déclarer qu’il n’y a pas d’aspect positif ou négatif, il est difficile de vivre harmonieusement ces deux aspects, qui sont parmi les plus problématiques. La volonté (Soleil) et l’agressivité (Mars) s’affrontent, se court-circuitant sans cesse. Il en résulte une attitude souvent infantile, les tentatives violentes d’affirmation de soi alternant avec la passivité autodestructrice. C’est aussi un signe d’hypernervosité, de troubles caractériels, voire de masochisme, l’agressivité étant ennemie de l’être du sujet. Ce conflit peut être dépassé par une révolte contre le père ou contre l’autorité, le choix d’une carrière dangereuse, l’amour du risque en général. Exemple : le cinéaste Clouzot, qui a transposé sa violence intérieure au cinéma.

Mars-Lune

Conjonction. C’est l’alliance de l’eau et du feu : chacun risque d’y perdre de sa force. La Lune modère l’agressivité martienne, tandis que Mars trouble la passivité lunaire : le résultat pourrait être comparé à de l’eau en ébullition, puisqu’il n’y a pas de feu mouillé. L’agressivité se teinte de passion, l’action se mélange avec des éléments affectifs et sensibles. Cela donne un tempérament hypersensible, une révolte liée à une communauté (Mars : l’action, la Lune : la masse). Souvent, la violence est intériorisée et « passe » dans une oeuvre d’art. C’est un aspect toujours dangereux pour une action extérieure, la Lune apportant son inconstance et sa versatilité à la projection de Mars. Peut donner aussi un tempérament de don Juan, des rapports aigres – doux avec l’élément féminin. Dans un thème masculin, la mère, ou la femme, sera fortement marquée par Mars. Dans un thème féminin, tendance passionnée, rapports agressifs ou lesbiens avec les autres femmes.

Mars blesse la Lune et la Lune engloutit Mars : c’est un excellent aspect pour la poésie, et la mystique, mais pas pour l’action. Exemple : Louis-Ferdinand Céline, un mystique qui s’ignore.

Sextile et trigone. La sensibilité et l’agressivité sont en accord. Le tempérament est vif mais la confiance en soi peut être outrée et donner une tendance au cabotinage ou au bluff. C’est un bon aspect pour les rapports avec l’autre sexe, ainsi que pour la création artistique.

Carré et opposition. Toutes les réserves faites à propos de la conjonction prennent ici un relief particulier : la sensibilité et le besoin d’action sont en conflit, chacun contredisant l’autre. D’où des tiraillements, des hésitations suivies d’actes impulsifs qui manquent leur but, une composante quelque peu caractérielle. Les rapports avec les femmes sont placés sous le signe de l’agressivité, avec une tendance à la dispute. La nervosité et la tension sont excessives, c’est un aspect d’agitation stérile. Souvent, on trouve une tendance à faire plusieurs choses en même temps, sans en terminer aucune.

Il est évident qu’un tel aspect ayant lieu entre deux planètes rapides,, il apparaît aussi très fréquemment en astrologie mondiale ainsi que par transit dans un thème natal qui ne le comporte pas. Il signe donc plutôt un « climat », et peut être vécu sur des modes très différents. Quels qu’ils soient, les aspects de Mars peuvent toujours être vécus positivement par un dépassement de soi-même, en particulier dans le domaine physique (sport, compétition). C’est le côté « prométhéen » et « luciférien » de la planète maîtresse du Bélier.

Mars-Mercure

Cet aspect entre planètes rapides est lui aussi très courant, il ne faut donc pas grossir sa valeur, mais plutôt l’insérer dans l’ensemble d’un thème, en dosant les poids des deux planètes suivant les Maisons où elles se trouvent, les Maisons dont elles sont « maîtresses », etc. Comme les aspects MarsLune et MarsVénus, ceux que nous traitons maintenant brièvement sont donc à relativiser.

Conjonction. Il serait illusoire d’y voir un aspect uniquement positif, sous prétexte que c’est une conjonction et non un carré ou une opposition ! En effet, selon la Tradition, un aspect, quel qu’il soit, avec une planète dite « maléfique » (ce qui est le cas de Mars) est par là même pernicieux.

L’astrologie contemporaine a permis de dépasser ces jugements dualistes et on peut dire simplement qu’une conjonction MarsMercure n’est pas forcément néfaste, à condition qu’elle forme des aspects harmoniques et qu’elle ait lieu dans des signes propices. Le développement de tous ces éléments nous entraînerait beaucoup trop loin. Bornons-nous à dire – puisque le sujet de ce livre est le signe du Bélier et non l’astrologie en général – que cette conjonction est en général prometteuse d’un comportement agressif, porté vers l’action, la polémique ou la provocation.

Essentiellement, tout dépend du signe où elle a lieu : par exemple, en Bélier elle donnera, a coup sûr, un tempérament emporté, un esprit incisif, porté à la critique et à la révolte. Mais la même conjonction en Taureau donnera une avidité matérielle, une précipitation fanatique et bornée qui n’est pas de très bon augure. Il faut donc voir avant tout le signe où a lieu cette conjoncture et, pour cela, se reporter au chapitre : « Comment interpréter Mars dans les Signes ».

Sextile et trigone. En principe, c’est un meilleur aspect que la Conjonction. Il confère dynamisme, présence et rapidité d’esprit, précision et un certain « tranchant ». Ce qui favorisera aussi bien les dons de l’esprit (polémiste, avocat) que les dons manuels (artisanat, ferronnerie, sculpture, chirurgie), ainsi que la rapidité physique (course à pied, arts martiaux, chasse et tir).

Carré et opposition. Il sera difficile de vivre harmonieusement un mauvais aspect de Mars avec Mercure : précipitation et nervosité extrêmes, d’où un manque de maîtrise de soi et les ennuis divers qui en découlent. Mauvais esprit et goût du mensonge dans certains cas. J’ai pu observer que ces aspects prédisposent à l’erreur et entraînent facilement autrui en terrain miné, par manque de discernement. Les risques d’accidents sont grands et les ennemis ne manqueront pas.

Mars-Vénus

Ces aspects sont particulièrement importants, puisque ces deux planètes régissent la sexualité et la vie amoureuse. Rappelons que si Mars est maître du Bélier, Vénus est maîtresse de la Balance, signe opposé – ce qui n’est pas un hasard. Les rapports entre Vénus et Mars, les signes et les Maisons où ils se trouvent respectivement, sont les éléments essentiels que scrutent les astrologues pour juger de la manière dont une personne conjugue le verbe aimer. Les combinaisons sont infinies (on sait qu’il n’existe pas deux thèmes identiques au monde) mais, ici encore, il faudra se reporter avant tout à l’étude de Mars dans les Signes. Une étude complète de la question devrait aussi considérer les positions de Vénus dans les douze signes ainsi que les différents aspects qu’elle peut former avec Mars, mais en l’occurrence nous nous limiterons à ces derniers. Rappelons simplement que si Mars incarne le désir et l’agressivité masculine, Vénus symbolise la disponibilité féminine, le charme et les atouts charnels : une Vénus en Balance ou en Taureau est aussi radicalement différente d’une Vénus en Capricorne qu’un Mars en Bélier d’un Mars en Cancer. Nous sommes donc réduits ici à schématiser, car même le meilleur traité d’astrologie ne peut intégrer toutes les possibilités contenues dans un thème.

Conjonction. L’agressivité et l’affectivité sont complices. C’est un élément puissant de sensualité et d' »incarnation », où l’aspect physique de l’amour est prédominant. Le comportement sentimental peut être teinté de donjuanisme facile, de charme à la Luis Mariano, un peu sucré et avec un fond d’opérette. Mais, s’il n’y a pas de mauvais aspects, c’est une bonne base pour une vie amoureuse épanouie, quoique sans grande finesse. Chez l’homme, un côté « hussard », chez la femme un côté « Carmen ». Les grosses ficelles, mais cela fait toujours recette…

Vénus étant significateur de la voix, sa conjonction avec Mars donnera toujours un grand magnétisme, des dons pour l’opéra, des dons d’orateur. Dons artistiques aussi, amour de la couleur et de la matière. On voit que l’aspect un peu « gros » de cette conjonction peut être sublimé sur un plan artistique (exemple : Van Gogh).

Sextile et trigone. Charme, succès mondains, chance en société. Comme pour la conjonction, il y a un élément de facilité un peu ennuyeuse : désinvolture, normalité, charme de surface. L’audace est mesurée et les réflexes excellents, ce qui constitue un atout pour la réussite sociale ainsi que pour la vie conjugale. C’est le théâtre de boulevard bien plus que le romantisme. Cet aspect nous rappelle que, d’un certain point de vue, les « bons aspects » sont d’excellents facteurs de médiocrité et d’endormissement.

Carré, opposition. Le conflit entre le désir et sa réalisation est à son maximum, et peut aboutir à toutes sortes de formes compensatoires : viol, crime, sadomasochisme, etc. Mais la plupart du temps, cette tension entre la chair et le désir est sublimée et donne des dons artistiques, une création érotique, une tendance au voyeurisme, etc. Entre ces deux extrêmes, on aura simplement une tendance aux aventures illégitimes, nombreuses et souvent décevantes, des risques de divorce, une humeur` instable dans le domaine amoureux. Ce n’est pas un aspect « de tout repos ».

Mars-Jupiter

Nous arrivons maintenant aux aspects entre Mars, maître du Bélier, et les planètes lentes ou « lourdes », qu’il faut voir différemment parce que ces dernières se déplacent beaucoup moins rapidement. Un tel aspect ne sera valorisé que si la planète lourde occupe une position clé dans le thème, ou si c’est le cas de Mars lui-même. Sinon, il s’agit d’un aspect qui s’étend parfois sur plusieurs semaines et peut donc caractériser des millions de naissances dans le monde…

Conjonction. Mars étant la planète de l’agressivité et Jupiter celle de la chance (ou encore de la foudre, qui elle aussi surgit sans prévenir), cette conjonction est souvent très heureuse : Mars galvanise la sérénité jupitérienne, tandis que Jupiter tempère l’impulsivité martienne. La chance protège donc les entreprises et Jupiter arrondit les angles tout en amplifiant l’efficacité parfois trop impulsive de Mars. C’est une configuration typique des grands généraux et des grands hommes d’affaires, excellente, par exemple, pour lancer une offensive armée. Là encore, il faut voir dans quel signe elle a lieu, car sous un tel aspect on peut lancer des tanks aussi bien que des voitures de la Croix-Rouge – à moins qu’on ne lance les deux en même temps, ce qui a dû arriver souvent.

Il y a aussi dans cette conjonction une connotation paternaliste, autoritariste et conservatrice : c’est le triomphe de la Tradition ou, à un niveau inférieur, des coutumes et des bonnes manières. Ce peut donc être aussi un élément de formalisme niais et stérile, avec un grand contentement de soi. C’est Ubu ou Gengis Khan : tout dépend du niveau où pet aspect est vécu. Exemples : de Gaulle (conjonction MarsJupiter en Verseau, signe altruiste) ; le président Paul Doumer (conjonction MarsJupiterUranus en Bélier).

Sextile et trigone. L’autorité, la confiance en soi peuvent se transformer en arrogance, mais les entreprises restent protégées par la chance. Opportunisme, audace mesurée, protection contre les accidents. Goût des choses officielles, des récompenses et médailles, respect de la hiérarchie, santé et vitalité excellentes. Tendance conformiste et grand contentement de soi.

Carré et opposition. Tension entre l’agressivité et l’intégration optimiste a l’existence. Conflit entre la légitimité et la légalité. Un optimisme illusoire, avec des phases d’activité desordonnée, alterne avec des périodes de découragement. Insécurité permanente, l’esprit de provocation tendant à compenser l’insatisfaction intérieure. On provoque pour se faire accepter. C’est souvent un aspect d’affrontement avec la loi, de coups de tête, de gaffes. Il faut choisir définitivement entre Mars et Jupiter, faute de quoi on ratera les deux. Tout dépend des signes où ces planètes se trouvent.

Sur le plan de la santé, les excès risquent de nuire au foie. Danger d’opération. C’est la composante d’un caractère frondeur et téméraire, avec risques de retour de choc. Exemple : Daniel Cohn-Bendit.

Mars-Saturne

Conjonction. Il y a contradiction entre l’agressivité et l’attente, la rapidité et le freinage, l’élan et la rigueur. Le résultat est toujours paradoxal, mais pas forcément mauvais. Néanmoins le chaud et le froid se neutralisent réciproquement, ce qui donne une attitude raide, sans concessions, une dureté, voire quelque méchanceté. Tendance autoritaire, professorale, goût des sermons et des pieux conseils. Aspect « jésuitique ». Mais c’est aussi un aspect de tension, de force, de résistance et d’ambition. Ici, le signe où se trouve cette conjonction particulièrement problématique est capital : en Capricorne, les deux planètes en domicile et exaltation atteindront les plus hauts sommets à travers une attitude implacable, mais, dans d’autres signes, ce sera parfois de la dureté, de la cruauté, de la fourberie inhumaine.

Au point de vue physique, il y aura toujours des tendances aux fractures et aux chutes, les os étant particulièrement menacés. Mais, là encore, tout dépend du signe (en Poissons, risque de tuberculose ou d’anémie, etc.)

Sextile et trigone. L’action (Mars) est complice du temps (Saturne) et s’allie avec lui ; elle est à la fois mesurée et efficace, avec un élément de froide détermination (Mars : chaud, Saturne : froid). Ce n’est jamais un élément d’action spectaculaire, puisque Saturne freine Mars, mais la dureté de la conjonction se trouve adoucie. Néanmoins une certaine composante « maléfique » demeure : excellent aspect pour « trancher dans le vif » sans pour autant tomber dans la criminalité déclarée (exemple : la chirurgie).

Carré et opposition. Ce sont les plus mauvais aspects de Mars, avec ceux de MarsPluton. Action et résignation, jeunesse et vieillesse, fougue et renoncement s’affrontent en un ballet sans fin. L’une et l’autre risquent fort de manquer leur but, avec pour paravent la méchanceté, la mauvaise foi, et pour compensation des décisions erronées, des actes osés mais inutiles, ou des renoncements douloureux et aigris, avec une forte teinte d’amertume. « Être revenu de tout sans être allé nulle part. » La vieillesse risque d’être marquée par de dures épreuves.

Mars-Uranus

Conjonction. Les valeurs de ces deux planètes étant proches (l’action), cet aspect qui associe la force de Mars et le rayonnement souvent explosif d’Uranus sera toujours la composante d’un tempérament peu banal. Il indique aussi un rapport avec la technique moderne et l’invention : pilote, hôtesse de l’air, publiciste, cinéaste, caméraman, inventeur, etc. Le dynamisme est considérable mais le manque de souplesse aussi : Mars et Uranus sont les planètes du coup de foudre mais ni du mariage ni de la vie de famille ! Tendance à brûler la vie par les deux bouts, goût de la vitesse. Le sujet vit comme un avion à réaction, dans un dépassement continuel de soi-même. Au négatif, risques de ruptures et accidents.

Sextile et trigone. Comme pour toutes les combinaisons de planètes « dangereuses », le sextile et le trigone sont plus confortables, permettant de vivre l’aspect avec aisance, sans les risques de la Conjonction. Ici, la surcharge en dynamisme explosif se détend et donne à l’action sa dimension de réalisation concrète et originale. Les initiatives sont hardies et les actes, rapides comme l’éclair, se déploient et irradient. L’agressivité et la raison collaborent harmonieusement. C’est aussi un signe d’action (Mars) dans l’espace (Uranus) que ce soit le parachutisme ou la conquête spatiale. Lutte au sein d’un groupe ou dans des organismes internationaux. Excellent aspect pour la pratique d’un art martial.

Carré et opposition. Il existe une très forte tension entre la volonté de s’affirmer et la force de décision, d’où des décisions brusques, des actes inconsidérés, une agressivité incohérente. Très souvent, l’action manque son but ou est avortée. Ce peut être aussi une tendance à encaisser les coups sans pouvoir les rendre ; ou alors, les actions violentes font boomerang et se retournent contre le sujet. C’est le terroriste qui saute avec sa bombe. L’esprit d’indépendance est excessif et aboutit à des épreuves. Tempérament souvent violent, avec une note « paranoïaque » : le sujet ne supporte aucune contrainte et rue constamment dans les brancards. Nombreuses ruptures, conflits avec le point de vue officiel. Anticonformisme militant, avec une tendance fanatique. Sur le plan physique, risque d’accidents de circulation et d’avion. Les mots « rupture » et « circulation » sont valables, par analogie, sous leur aspect médical. La tension nerveuse permanente et l’excentricité finissent par retentir sur l’organisme.

Mars-Neptune

Alors que les aspects MarsUranus indiquaient les rapports entre action et raison, ici c’est un peu le contraire : il s’agit des rapports entre l’agressivité et la fantaisie, entre l’action rationnelle et le rêve. C’est dire combien nous avons à faire à des valeurs foncièrement antinomiques, quel que soit l’aspect. De plus, Neptune correspondant à des valeurs floues, insaisissables, nous sommes contraints d’être très vagues, en l’absence de l’insertion des aspects dans un thème précis.

Conjonction. L’agressivité prend une teinte neptunienne, c’est-à-dire qu’elle est mêlée à l’intuition et emprunte des voies détournées, ou nébuleuses. Cet aspect est courant chez les poètes et les mystiques, ceux qui combattent pour un idéal de masse (Lénine, conjonction MarsNeptune en Bélier) ; on peut le trouver aussi chez les espions et tous ceux qui sont à l’écoute du mystère. L’imagination et l’inspiration sont développées, avec souvent une forte composante utopiste.

Parfois, il y a irritabilité, susceptibilité ombrageuse, ou imagination délirante, recherche de la drogue. L’éventail des possibilités est très large, il va du scaphandrier au prophète !

Sextile et trigone. Mêmes tendances, mais l’élément d’illusion et d’utopie est moins fort. Combat pour un idéal mystique, révolutionnaire ou artistique. Sous un aspect matériel, ce peut être un travail en rapport avec le gaz, la drogue, le pétrole ou les médicaments, tous éléments relevant de Neptune.

Le tempérament est fantasque, imaginatif, étrange. Le goût du mystère ou de la mystification est associé à l’action.

Carré et opposition. L’agressivité et l’intuition s’opposent, ce qui donne une hésitation, ou des actions anarchiques, qui n’atteignent pas leur but. Le résultat le plus courant est la confusion mentale, avec des tendances au déséquilibre. Le mot clé est fuite : dans la drogue, dans l’alcool, dans une pseudo-mystique, dans le mensonge. C’est un aspect qu’on trouve chez les médiums, les illusionnistes, les spirites, les drogués ou les trafiquants de drogue et, à l’extrême bout de la désagrégation, chez les malades mentaux.

Bien que très problématique, il peut être sublimé par des dons occultes réels ou encore par le théâtre ou une création hautement inspirée, mais qui risque d’être toujours mal comprise.

Mars-Pluton

Pluton étant la planète la plus lente, ce sont les aspects les plus rares, et heureusement, car tout en étant extraordinaires, ils sont souvent dangereux. Celui qui a inventé le Zodiaque était décidément bien inspiré !

Conjonction. N’oublions pas que si Mars est maître du signe du Bélier, Pluton en est le second maître, ou maître nocturne. La conjonction de ces deux forces, l’une agressive, toute tendue vers un but, l’autre cachée, souterraine, poussant vers la destruction et la désagrégation, mais aussi vers la régénération, est extrêmement dynamisante. Elle tend vers une révolte, une action souterraine ; il y a un surcroît de forces viriles, une volonté de puissance considérable. Mais, bien sûr, le signe où a lieu cet aspect est capital : il n’y a pas grand-chose de commun entre MarsPluton en Bélier et en Poissons !

Professionnellement, on trouve cette conjonction chez des chirurgiens, des savants atomistes, des homéopathes, des sexologues, tous ceux dont l’action a lieu dans l’ombre, et s’attache aux plus profonds mystères de la vie.

Sextile et trigone. Ces aspects gardent la puissance de la conjonction en éliminant sa surcharge : faculté d’imposer sa volonté, action dynamique avec quelque chose d’implacable, bon équilibre sexuel ; capacité de renaissance, de transformation, que ce soit sur soi-même, sur autrui ou sur un domaine d’application quelconque : redressement de situations désespérées, « le Phénix qui renaît de ses cendres ».

Carré et opposition. Sans tomber dans les schémas primaires de l' »astrologie de papa », qui distingue les « bons » et les « mauvais » aspects, il faut bien dire que ces carré et opposition de Mars avec Pluton sont les plus inquiétants qui existent en astrologie. Le conflit entre deux formes de puissance et d’agressivité court-circuite la vitalité et La faculté d’agir. Il peut en résulter des tendances compensatoires : bluff, mensonge, cabotinage, esprit pervers tentant de masquer son vide profond. C’est un aspect de blocage névrotique, d’impuissance physique ou mentale. La création est impossible ou elle prend des formes morbides, cauchemardesques. C’est un mauvais aspect pour la santé, avec risques de dérèglement glandulaire.

Au point de vue de la vie affective, tendance à la destruction de l’amour et au « sadomasochisme ». Cet aspect peut être sublimé en rébellion et en révolte, il peut constituer un « détonateur ».

Mais c’est réellement l’un des plus difficiles à vivre. On le trouve chez tous ceux qui mènent des combats désespérés, qui descendent aux enfers (Gandhi). Au pire, le carré ou l’opposition MarsPluton est classique chez les criminels sadiques (Petiot, Landru), dont la violence est cachée derrière des masques respectables et multiples.


Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Les Planètes dans le Bélier

·        Soleil en Bélier

La position du Soleil est celle qui détermine le signe. Le signe du Bélier peut donc hériter d’un penchant à l’action irréfléchie et immédiate, au tempérament impulsif et intransigeant, à une certaine volonté de domination. Mais la position de l’Ascendant et des autres planètes est déterminante dans l’appréhension d’une personnalité.

·        Lune en Bélier

C’est une Lune violente et combative. « Elle peut s’enflammer dans la sublimation de situations ou de personnes » écrit Lisa Morpurgo. En effet, cette position de la Lune en Bélier prédispose l’individu à l’engagement politique, social ou religieux et au militantisme un peu fanatique. Chez une femme, tendance à l’accentuation d’un comportement un peu viril, chez un homme, accentuation du caractère « macho ».

·        Mercure en Bélier

Sens de la répartie cinglante. Rapidité dans la compréhension pratique des rapports de force. Tendance à la polémique systématique. « L’intelligence…, tend à se déplacer sans cesse vers de nouveaux centres d’intérêts avec la même curiosité et le même enthousiasme… sans approfondissement »`. Les facultés mentales sont très vivement sollicitées, toujours en éveil et créatives. Beaucoup d’humour, parfois décapant.

·        Vénus en Bélier

C’est une Vénus conquérante et instable, a priori. L’amour, en tant que relation de communication privilégiée n’existe guère. C’est plutôt, en Bélier, l’amour-passion avec ce qu’il a. d’agressif et de passager. La volonté de puissance (parfois ignorée) est très forte dans la relation amoureuse. On peut accaparer l’être aimé, le soumettre totalement et, souvent, le broyer.

Jupiter en Bélier

Donne au sujet un côté protecteur et paternel ainsi qu’une très grande confiance en soi. Le comportement dans l’existence est de nature enthousiaste, fonceuse, avec le goût du risque propre au Bélier, mais du risque calculé grâce à Jupiter. De grandes chances avec des revers inattendus. Le seul vrai problème de l’individu est dans ses certitudes immuables que rien, pas même le bon sens, ne semble pouvoir ébranler.

Saturne en Bélier

La planète de l’ambition dans le signe du jaillissement donne un heureux alliage de ténacité et de créativité. L’action du Bélier est soutenue ici par Saturne et ce dernier lui confère une finalité avouée : la « réussite ». On peut même, avec cette fonction de Saturne, se montrer un peu arriviste – renoncer à ses propres valeurs si l’entourage ou la société l’exige – afin de parvenir plus rapidement à ses buts. C’est en tout cas un élément d’équilibre dans la personnalité.

·        Uranus en Bélier

Beaucoup d’opportunisme, une façon rapide et juste d’appréhender ses chances dans l’existence, un esprit de décision très au point : telles sont les caractéristiques d’Uranus en Bélier. Une certaine difficulté est à craindre, cependant, dans l’esprit de suite, la persévérance et la durée de l’activité : le dynamisme impulsif du sujet ne rayonne pas longtemps, il est soumis à des bais- ses de régime.

·        Neptune en Bélier

La sensibilité hyper-féminine de Neptune s’adapte mal à l’activité débridée du Bélier. D’où une expression des émotions manquant de subtilité et de finesse, des crises de lyrisme suivies d’accès de réalisme. Favorise la créativité du Bélier.

·        Pluton en Bélier

Cette planète extrêmement puissante donne de l’ampleur et de la profondeur à l’action Bélier. Œuvres de longue haleine, fouillées, beaucoup d’inspiration au service d’une ambition tenace et parfois agressive.

Comment interpréter Mars dans les Maisons

Je donne cet élément d’interprétation sous toute réserve, car il est fort vague, et ne prend tout son sens que combiné avec le signe où Mars se trouve, ainsi qu’avec les aspects qu’il forme éventuellement avec d’autres planètes (il faudrait aussi, pour être complet, considérer la Maison dont il est le maître).

Mars en Maison I

En bon aspect. La personnalité est dynamique, entreprenante. La constitution est robuste, le physique de type « martien » (martial, musclé et athlétique). Le sujet ignore l’hésitation, c’est un « fonceur ».

En mauvais aspect. Agressivité, témérité, manque de souplesse. Tendance a chercher querelle, à se blesser ou à blesser. Amour des armes.

Mars en Maison II

En bon aspect. C’est dans le domaine financier que l’agressivité se déploie, avec une tendance dépensière. L’argent est très mobile et le sujet en gagne aussi facilement qu’il en dépense. Aspect du « chevalier d’industrie ».

En mauvais aspect. Ici, la prodigalité devient excessive et risque de mener à la faillite. Le sujet est prêt à tout pour gagner de l’argent. Avidité et âpreté au gain.

Mars en Maison III

En bon aspect. Esprit vif, ingénieux, don de la répartie. Nombreux petits voyages d’affaires.

Excellent pour un critique ou un polémiste.

En mauvais aspect. Risque d’accident en voyage. Disputes avec les frères et sœurs ou les voisins. Tendance à chercher querelle. Lettres d’injures.

Mars en Maison IV

En bon aspect. Dynamisme et chance de longévité. La famille est marquée par Mars (militaires, bouchers, chirurgiens, etc).

En mauvais aspect. Disputes familiales ou au foyer, mauvais rapports avec le père. Risques d’incendie au domicile. La fin de la vie est très troublée.

Mars en Maison V

En bon aspect. Tempérament passionné, forte sexualité. Nombreux enfants et créativité fort intense. Amour des jeux.

En mauvais aspect. Excès amoureux, drames de la jalousie. Dilapidation d’argent au jeu.

Ennuis avec les enfants et problèmes sexuels possibles.

Mars en Maison VI

En bon aspect. Métier en rapport avec la santé. Infirmier, sage-femme, etc. Tendance à la fièvre et aux infections.

En mauvais aspect. Ennuis avec les subalternes, emplois ingrats. Accidents de travail, ennuis aigus de santé, opérations risquées.

Mars en Maison VII

En bon aspect. La volonté de se marier est impérieuse, avec risque d’impulsivité dans ce domaine..Nombreuses alliances ou contrats dans la vie. Les ennemis sont virulents.

En mauvais aspect. Foyer infernal, querelles de ménage. Risque de perte subite du partenaire.

Ennemis violents.

Mars en Maison VIII

En bon aspect. Sexualité impérieuse, agressivité dans le domaine de l’argent. Héritages subits, avec nombreuses contestations.

En mauvais aspect. Danger d’accident mortel ou de mort violente. Possibilité de crime ou de viol. Dilapidation d’un héritage. Inconscient agressif, tendance au suicide.

Mars en Maison IX

En bon aspect. Tempérament de pionnier, goût pour les grands voyages et le sport. Recherche de l’aventure spirituelle.

En mauvais aspect. Fanatisme ou intolérance. Risques d’accidents ou ennuis lors de grands voyages.

Mars en Maison X

En bon aspect. Position clé, celle du « self-made-man », du militaire ou du dictateur. La carrière est marquée par Mars : réussite à la force du poignet, chevalier d’industrie. L’ambition est grande et manque souvent de mesure. Le succès est critiqué et oblige le sujet à lutter sans cesse. Métier en rapport avec le métal.

En mauvais aspect. La carrière est contrecarrée. Manque de scrupules, ennemis décidés.

Risques d’effondrement dans la carrière.

Mars en Maison XI

En bon aspect. Amis énergiques, protections solides, confiance en soi et projets ambitieux, mais impulsifs.

En mauvais aspect. Agressivité dans les rapports amicaux. Querelles, projets irréalisables par manque de mesure ou de diplomatie.

Mars en Maison XII

En bon aspect. Actions cachées, dissimulation. Activités dangereuses (espion. agent secret).

Ennemis cachés.

En mauvais aspect. L’agressivité du sujet se retourne.contre lui-même. Danger de suicide ou crime, d’accidents, de « bains de sang ».

Le Bélier dans les Maisons

Bélier en Maison I

A l’Ascendant, le Bélier confère au sujet la plupart des caractéristiques du Soleil en Bélier (voir « Caractérologie générale du Signe »).

Bélier en Maison II

Les rapports aux acquis sont soumis à l’impulsivité du signe, avec de brusques besoins d’argent suivis de périodes ascétiques. Comportement « panier percé », dépenses inconsidérées, tendance à dilapider.

Bélier en Maison III

L’humeur changeante et impulsive du signe s’applique au domaine de la communication.

Recherche de l’amitié sur un mode viril, besoin d’affirmer son autorité dans un environnement inconditionnel et soumis. Les groupements, associations et amicales sont appréciés.

Bélier en Maison IV

Dans ses relations avec la famille, le signe du Bélier impose toutes ses caractéristiques :

rapports passionnels, ruptures et réconciliations impulsives, car il y a un certain respect des traditions.

Bélier en Maison V

C’est dans les loisirs, les jeux, les distractions, que la nature irréfléchie du signe s’épanche.

Liaisons inconsidérées, dépenses et dettes de jeu, incapacité à « suivre » ses actes qui sont soumis à l’impulsion ludique du signe. L’amour pour les enfants est généreux quoique légèrement irresponsable.

Bélier en Maison VI

Difficultés en perspective dans le travail quotidien. Le sujet a des comportements abrupts avec ses collègues, un manque de souplesse et de diplomatie dans l’organisation de son travail, des hauts et des bas dans son activité.

Bélier en Maison VII

Coups de tête permanents dans les associations et le mariage, notamment. On se décide trop vite et l’on rompt aussi brutalement. On passe de phases d’enthousiasme à des phases d’abattement dans la façon de percevoir les associés… ou les conjoints.

Bélier en Maison VIII

« Risques de perte de patrimoine sur des coups de tête ou des malversations. » Les héritages sont soumis aux actes impulsifs du Bélier. La mort et la sexualité sont vécues avec une intrépidité téméraire voire provocatrice. L’affrontement plein de dérision cynique du danger de mort est suivi de périodes de repli, de négation totale du phénomène. Attitude violente face à la sexualité.

Bélier en Maison IX

Départs impromptus vers de longues destinations, voyages irréfléchis et non préparés. Le Bélier, dont la dynamique est superficielle, enlève à cette Maison ses propriétés : la philosophie, la réflexion, la méditation.

Bélier en Maison X

La volonté de réussir, de s’affirmer dans le domaine social n’est pas suffisamment persévérante pour permettre de longues carrières. C’est souvent des coups d’éclat que réussit le sujet, de brillantes grimpées vers la gloire suivies d’éclipses du fait que l’activité n’est pas soutenue.

Bélier en Maison XI

Les relations amicales du sujet sont brouillées par le mode passionnel de l’affectivité Bélier. Il s’agit tantôt de manifester son enthousiasme, sa confiance optimiste en un « ami » inconnu la veille, tantôt de le fuir pour quelque obscure déception.

Bélier en Maison XII

Les maladies, épreuves, grands tournants du destin sont abordés avec la vitalité un peu inconsciente du signe qui vit intensément les drames mais les oublie très vite. Tendance à jouer avec le feu, à provoquer l’aggravation d’une maladie par simple provocation. Une grande foi en ses propres forces mêlée à des crises d’abattement.


La Lune Noire

La notion de Lune Noire vient de l’époque chaldéenne. En effet, les astrologues prenaient en considération, dans l’étude d’un thème astrologique, un deuxième satellite de la Terre, dénommé Lilith « démon femelle de la tradition hébraïque, première femme d’Adam, qu’elle aurait abandonné pour suivre Samaël, l’ange déchu ».

Les astrologues actuels ne sont pas tous d’accord sur le rôle de ce reflet virtuel de la Lune. Mais ceux qui en tiennent compte lui attribuent une signification importante dans la personnalité : elle désigne, selon eux, l’endroit où le sujet est soumis à une sorte de fatalité, c’est-à-dire le lieu du sacrifice qu’il devra opérer dans l’existence pour obtenir ce qu’il désire. Autrement dit, l’épreuve par laquelle tout individu doit passer pour accéder au plan supérieur, à la « sublimation ».

Par exemple, une Lune Noire en Maison V signifierait des épreuves d’ordre sacrificiel dans la création ou avec les enfants, la même Lune en Maison VII, le sacrifice du partenaire, symbolique ou réel, etc. Elle représente la face cachée de la Lune, c’est-à-dire le lieu où la personnalité profonde de l’individu s’exprime ou s’opprime. Elle représenterait une sorte d’héritage karmique, léger ou au contraire pesant suivant le signe où elle se trouve, la Maison dans laquelle elle opère. Nombre d’astrologues estiment que la Maison XII dans un thème, ainsi que la position de Pluton (astre de la fatalité) renseignent aussi bien sur cette face cachée de l’être et son « potentiel » d’épreuves.

La Lune Noire en Bélier suggère des sacrifices faits aveuglément, avec impulsivité, violence, sans réflexion. Si Lilith quitte Adam pour Samaél, elle le fait brutalement sans épargner sa souffrance.

La Lune Noire en Maison I accentue les caractéristiques du Bélier citées plus haut puisqu’elle en est le domicile.

La Lune Noire en Maison II porte sur l’argent et les acquis d’une manière générale. Tendance à brûler l’argent (peut-être parce qu’on y tient ?), à détruire toute source de revenus.

La Lune Noire en Maison III fait le sacrifice des relations avec les frères et sœurs. Ne semble pas jouer ici un grand rôle.

La Lune Noire en Maison IV suggère des épreuves avec la famille et dans la fin de la vie.

La Lune Noire en Maison V touche à tout ce qui concerne les créations, les enfants, les loisirs.

La Lune Noire en Maison VI crée des rapports conflictuels et « dramatisés » avec les subordonnés.

La Lune Noire en Maison VII atteint le conjoint, les associés : un sort plus ou moins fatal pèserait sur les relations du sujet avec ses partenaires privilégiés.

La Lune Noire en Maison VIII les héritages et peut-être la sexualité du natif sont sujets à sacrifices.

La Lune Noire en Maison IX concernerait les grands voyages, l’étranger et la philosophie : tout ce qui est lointain, spirituellement ou géographiquement, constitue une épreuve.

La Lune Noire en Maison X marquerait la carrière et la réussite sociale du sujet. Des empêchements venus d’un refus inconscient de « réussir ».

La Lune Noire en Maison XI frappe les amitiés et les protections.

La Lune Noire en Maison XII signifie l’épreuve dans les épreuves et, par là même, l’épreuve acceptée et dépassée, puisque la Maison XII est celle des grands sacrifices de l’existence.