Poissons

Le Signe des Poissons

19 Février – 20 Mars

par

Annie Lachéroy

La Mythologie du Signe

Mythes et légendes de l’eau et des poissons

« Connaître les mythes, c’est apprendre l’origine des choses », dit Mircea Eliade. Dans toutes les mythologies, la symbolique des poissons est double, et le poisson est le symbole de l’évolution de l’âme humaine qui prend de plus en plus d’importance au cours de son développement. Il est associé à la naissance ou à la restauration cyclique aussi bien dans la mythologie hindoue que dans les mythologies occidentales.

Dans la mythologie hindoue, Manou vit un jour un petit poisson qui frétillait au bord du rivage. Il le saisit. Celui-ci le pria de lui laisser la vie. Il le mit dans un vase mais le poisson grandit dans la nuit. Il dut le porter dans un lac, mais le poisson grandit encore. Alors Manou le rejeta dans la mer. Ce poisson, qui était en fait l’avatar de Vichnou, dieu de la Lumière, offrit un bateau à Manou. C’est ainsi que celui-ci put sauver, lors du Déluge, toutes les sortes d’espèces vivantes de la Terre. Manou, dont le nom signifie homme, engendra par la suite toute l’humanité. Vichnou lui remit les Védas et il devint le grand législateur du nouveau cycle, le fondateur de l’ordre social et moral. Nous voyons là le symbole du poisson sauveur qui, après des épreuves, rachète l’humanité. Le poisson est aussi, en effet, le symbole de l’épreuve que l’homme doit traverser (tel Jonas dans la ventre de la baleine) pour passer de la contingence corporelle à l’éternité spirituelle ; et il est, bien entendu, le symbole du rachat.

Dans la légende hindoue, le poisson, seul survivant dans l’eau, apparut à Manou tout en or avec une corne ; et si l’or évoque le Soleil dans sa royauté diurne, la corne fait songer à la licorne, cet animal étrange que l’on voit sur les tapisseries du Moyen Age, accompagnant la Vierge. La Vierge, signe opposé et complémentaire des Poissons, est donc en étroite relation avec ce signe. Il faut noter l’importance qu’a eue dans la religion chrétienne le culte de Marie, mère du Christ, vierge et mère ; là encore, nous retrouvons l’opposition ViergePoissons, le Christ étant, lui, Dieu Sauveur, (ichtus, en grec) avec le poisson comme symbole. Dans les légendes grecques, les dauphins transportaient également les morts dans les îles de la vie éternelle et on peut noter que deux dauphins accompagnent Poséidon, le dieu de la Mer, symboles de la dualité existentielle et des deux pôles de la manifestation. Le mot dauphin comporte d’ailleurs la racine grecque delph qui signifie utérus, matrice, et cela nous rappelle la relation entre le poisson et l’eau, matrice du monde. Dans l’Ancien Régime, le dauphin était le roi en puissance, le futur souverain…

En Egypte, en Phénicie, où il s’appelle le Dagon, en Mésopotamie, où il porte le nom d’Oannes, le symbole est le même.

En effet, selon Oswald Wirth, les poissons sont les enfants d’Oannes qui avait pris la forme d’un dieu poisson pour instruire les premiers habitants de la Babylonie. Bérose, qui, au Ille siècle avant notre ère, révéla aux Grecs les légendes babyloniennes, montre cette divinité surgissant de l’onde, au lever du jour, pour converser avec les hommes jusqu’au coucher du Soleil, « leur enseignant la pratique des lettres, des sciences et des arts, les règles concernant la fondation des villes et la construction des temples, enfin les principes des lois et jusqu’à la géométrie, sans oublier les préceptes relatifs à la culture de la terre, semailles, moissons, etc. ».

On le voit, dans toutes ces légendes mythiques c’est un poisson qui apporte la Révélation, quel que soit le nom qu’il porte. Comme l’a dit Jung, le poisson est vraiment « le premier grand sacrificateur et le premier prêtre ». Ne retrouve-t-on pas d’ailleurs, dans toute la Grèce, le mythe du dauphin sauveur, ce dauphin qui est aussi l’animal familier des légendes grecques ? On ne peut pas ne pas évoquer ici la fameuse légende d’Antion, menacé par des marins prêts à le tuer. Plutarque nous raconte que, devant un tel danger, Antion s’était jeté à la mer : « Les vagues le précipitèrent, le soulevèrent, l’emplissant d’inquiétude et d’effroi. » C’est alors qu’apparurent les dauphins qui sauvèrent Antion et l’escortèrent jusqu’au rivage. Le passage de l’excitation et des terreurs de l’imaginaire à la sérénité, grâce à la médiation de la bonté, est là encore un symbole Poissons. Grâce à l’intervention de l’amour et du dévouement, Antion va survivre : c’est un mythe Poissons par excellence.

Associé au culte du dauphin, qui va donner son nom à Delphes, le poisson, dans l’iconographie des peuples indo-européens, est un symbole de sagesse, un symbole de bonté et de fécondité. En sanscrit, le dieu de l’Amour ne se nomme-t-il pas « Celui qui a le poisson pour symbole » ?

Le Christ a été souvent représenté sous la forme d’un dauphin. Ne nous en étonnons pas : il fut celui qui aima les hommes au point de se sacrifier pour eux sur la croix. Il t’ut celui qui prêcha l’amour du prochain. L’amour au sens d’agapê, mot que nous avons bien appauvri en le traduisant par caritas dont nous avons fait charité. Ce terme, qui évoque plutôt une sorte d’aumône. n’a plus grand-chose à voir avec l’agapê de saint Paul (Epitre aux Corinthiens): beaucoup plus près du terme sanscrit, il faisait du Christ ce Dieu d’Amour dont le symbole est le poisson. Ainsi commença réellement l’ère des Poissons.

Des dieux et des planètes

Sur l’univers marin des Poissons régnait autrefois Jupiter, le maître des dieux ; sortie de l’onde, Vénus, la déesse de la Beauté et de l’Amour, avait sa place chez les Poissons ; quant à Neptune, il était tout indiqué comme vrai maître du signe : n’avait-il pas reçu en partage de son frère Jupiter le vaste empire de la mer ? Ces trois divinités ont donné leur nom aux trois planètes que la Tradition attribuait au signe des Poissons.

Jupiter

Dieu architecte de l’Univers, Jupiter est le fils de Cronos. Débonnaire, généreux, paternel et jovial, entouré de ses vingt-trois maîtresses… et de son épouse, Jupiter réunit tous les éléments de dilatation, de pléthore et d’abondance, ainsi que le sentiment de l’immensité, de l’infini et une certaine démesure qui caractérisent bien le signe des Poissons. Jusqu’à la découverte de Neptune en 1948 par Le Verrier, la planète Jupiter détenait la maîtrise du signe des Poissons, qu’elle partage aujourd’hui avec Neptune.

Le symbole de Jupiter, comme tous les graphismes planétaires, part du cercle et de la croix.

Le cercle représente l’esprit qui plane au-dessus des eaux, le serpent : l’Ouroboros. C’est le symbole du Tout, de l’Univers. La croix symbolise l’incarnation qui s’est faite dans le temps et l’espace (verticalité et horizontalité). Ouvert, le cercle ne représente plus la totalité de l’Univers, et c’est le cas dans le symbole de hipiter : le demi-cercle forme alors une coupe reliée à l’axe horizontal de la croix qui est l’espace. Nous voyons donc ici Jupiter se dilatant dans l’espace et s’ouvrant au monde. Ce Jupiter est fécond, abondant, c’est un Jupiter qui s’impose, s’étend, se répand et, en cela, il correspond bien au signe des Poissons qui est un signe de dilatation et d’expansion.

Il ne fait aucun doute que Jupiter est une planète existentielle, mais il est intéressant de signaler que les écritures hindoues parlent du progrès spirituel, en rapport avec des cycles de douze années. Or, c’est le laps de temps nécessaire à Jupiter pour accomplir sa révolution complète autour du Zodiaque et, par conséquent, dans l’horoscope individuel à travers les douze signes et les douze Maisons du thème. Notons enfin que cette influence expansive de Jupiter, dieu suprême qui règne sur l’Olympe, peut, en effet, intervenir sur le plan matériel et sur le plan spirituel : n’est-ce pas lui qui, seul, enfanta Minerve – la Sagesse – sortie tout armée de son cerveau ? Si, dans les légendes transmises par les Anciens, on trouve le récit de ses débordements amoureux, il n’en apparaît pas moins comme le maître qui préside au destin de l’Univers… N’oublions pas qu’il pardonna d’abord à son père (qui voulait tout de même le dévorer ! ) avant de le chasser de l’Olympe – générosité qui lui attira bien des ennuis et qui ne l’empêcha pas, plus tard, de se garder le ciel et la terre comme empire (donnant néanmoins à ses frères la mer et les enfers). Dieu tout-puissant, il utilisa son pouvoir pour satisfaire ses instincts, se métamorphosant de mille manières pour arriver à ses fins. Ainsi, pour séduire Danae, il prit la forme d’une pluie d’or ; pour conquérir Leda, il choisit le cygne ! et pour enlever Europe, il prit l’apparence d’un taureau ! Epoux de Junon, sa sœur, il n’en eut pas moins quantité de maîtresses : Io-Sémélé (mère de Bacchus), Cérès (mère de Proserpine), Mnémosyne (mère des Muses), Latone (mère d’Apollon et de Diane), Maia (mère de Mercure), Alcmène (mère d’Hercule).

Mais Jupiter était aussi le dieu qui lançait la foudre. Selon Swami Kriyananda, « l’expansion de la conscience est l’essence même du développement » ; mais « la plupart des écrivains occidentaux, évidemment ignorants de cette vérité, associent Jupiter à la seule expansion de l’ego : acquisition de richesses, de pouvoir et de bonheurs terrestres. C’est là une explication très restreinte de l’influence de Jupiter. »

Voici l’interprétation de Swani Kriyananda : « Dans la Tradition, Jupiter est avant tout la planète du développement spirituel. Dans l’astrologie indienne, le nom de cette planète est Guru. Un vrai Guru est beaucoup plus qu’un enseignant… Il est plutôt celui qui, par l’influence subtile de sa conscience libérée, élève ses disciples réceptifs hors de l’illusion… ».

De toute façon, Jupiter, ancien gouverneur des Poissons, devait effectivement posséder ces deux sens. La réaction à l’influence expansive de Jupiter sera différente selon le thème individuel, la sensibilité, le pouvoir d’accueil et la réceptivité du natif : et là, Neptune interviendra…

Vénus

La planète Vénus est « exaltée » dans le signe des Poissons.

Vénus, déesse de la Beauté d’origine orientale, célébrée dans de nombreux sanctuaires grecs et principalement à Cythère, incarne l’Amour sous sa forme physique la plus violente, le désir passionné et le plaisir des sens.

Ouranos, dieu du Ciel, fut châtré par son fils Cronos ; il perdit son sang dans la mer et de cette union naquit Vénus, au creux d’une vague. D’où son nom grec : Aphrodite, celle qui est « née de l’écume ». On la représente nue, jeune, souriante, belle, debout sur les flots ou sur une conque marine, parfois sur une tortue de mer.

Elle épousa le boiteux Vulcain, le plus laid des dieux. On ne peut donner la liste complète de ses amants, tant ses infidélités furent nombreuses : Jupiter, bien entendu, Bacchus, Mars, Apollon, Adonis, Mercure, Hermès, Anchise, Arès… Sa descendance fut évidemment importante : Eros, Harmonie, Hermaphrodite, Enée, Priape…

La légende de Vénus et d’Adonis illustre la renaissance par l’amour. Vénus s’éprit d’Adonis alors qu’il chassait sur les pentes boisées du mont Liban. Mars, jaloux, se métamorphosa en sanglier, s’élança sur Adonis et le blessa mortellement. Accourue trop tard, Vénus embauma le corps de son bien-aimé, mais du sang de la blessure jaillit un rosier. Notons que dans les anciens zodiaques le sanglier figure parfois à la place aujourd’hui occupée par le signe des Poissons. Adonis portait en lui le germe du renouveau : sa mort, grâce à l’éclosion du rosier, symbolise la résurrection triomphante du printemps qui fait suite à l’hiver. Ainsi, l’amour est source de toutes les renaissances ; c’est l’amour de Vénus qui permit de vaincre le désespoir et la mort.

En hébreu, Adonaï signifie « mon Seigneur » ; venu de Chypre (cyprin : poisson), on surnomma Adonis « Adonis-Piscis ». Les analogies entre le Christ oint par les saintes femmes et Adonis embaumé par Vénus ont été soulignées par certains ésotéristes.

La constellation des Poissons nous rappelle que Vénus et Eros furent sauvés grâce à deux poissons envoyés par Neptune. Surpris par Typhon, génie du Mal, et prince des Ténèbres, ils avaient plongé dans l’Euphrate, fleuve dont le nom signifie « splendeur. flux de la lumière céleste et originelle ». Vénus, en se jetant dans le fleuve avec Eros et sacrifiant ainsi la manifestation sensible de l’amour, pouvait être sauvée par la « sublimation de son amour dans la lumière ». Aux Poissons, l’amour est sacrifice et rédemption. Fils du désir, Éros vécut auprès de Vénus l’amour-passion, puis l’amour héroïque ; ce sera grâce à son union avec elle dans la lumière originelle que son amour passera du limité à l’illimité, ne sera plus désir pur et avide mais amour sauveur. C’est « l’intuition amoureuse » née de la lumière céleste (le feu d’Uranus) qui retourne à la lumière (l’Euphrate, cette « eau de lumière »). « L’intuition de l’amour vient de la Lumière et guide vers la Lumière » (Marcelle Sénard). Aux Poissons, l’amour sera toujours une possibilité de salut.

Platon, dans le Banquet, a exposé l’évolution du « principe vénusien » : le désir se transmue en amour en même temps qu’en intelligence et en beauté pure. « La vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage soi-même ou qu’on s’y laisse conduire, c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté naturelle en passant comme par échelon d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science absolue et pour connaître enfin le Beau tel qu’il est en soi. » Le Beau et le Bien – notions que nous avons relativement perdues – étaient une seule et même chose pour les Grecs et pour Platon, notamment.

Quel que soit son degré d’évolution, quel que soit le niveau auquel un Poissons vit l’amour, c’est presque toujours l’essentiel de sa vie (cela sur des modes évidemment très différents selon les thèmes et ce que l’on peut appeler le « niveau d’incarnation »). Mais c’est la porte ouverte vers l’évolution de l’être – surtout, bien entendu, si Vénus est importante dans son ciel. L’amour n’est-il pas source de toutes les évolutions ?

Neptune

Quant à la planète Neptune, si elle fut découverte à la suite de calculs très rationnels, son baptême ne le fut pas du tout ! Le Verrier voulait qu’on donne son nom à la planète qu’il avait découverte, mais il fit un rêve : un savant lui proposait de baptiser la planète Neptune et cela le rendait furieux… Néanmoins, il lança lui-même le nom… qui fut retenu! Et c’est ainsi que la planète porte aujourd’hui (par un hasard qui n’en est peut-être pas un) le nom du dieu de la Mer.

Mais qui était donc Neptune-Poséidon ? Il était le frère de Jupiter-Zeus, et de Pluton-Hadès. Les trois frères s’étant partagé l’Univers, c’est lui qui avait reçu le vaste empire de la mer. Il eut de nombreuses querelles avec les déesses pour agrandir son empire et c’est ainsi que sa rivalité avec Minerve-Athéna, la déesse Vierge, est devenue légendaire. On peut remarquer encore une fois que l’on retrouve ici l’opposition ViergePoissons.

Neptune était l’époux d’Amphitrite, une néréide qu’il avait enlevée à l’aide d’un dauphin, mais il ne fut pas (lui non plus ! ) un mari des plus fidèles. Pour séduire les nymphes, il adoptait généralement la forme d’un cheval ; c’est ainsi qu’il poursuivit Déméter, transformée en cavale, et conçut avec elle le cheval Arion ; celui-ci, doué de parole, est un autre symbole de l’âme humaine provisoirement enfermée dans une enveloppe animale. Neptune avait offert aux Athéniens le cheval qu’il avait fait naître d’un coup de trident dans l’océan et qui avait jailli des flots ; mais Minerve leur avait offert l’olivier de la paix et c’est elle qui l’emporta dans la rivalité qui l’opposait à Neptune… Le cheval est l’animal de prédilection de Neptune et c’est encore sous cette forme qu’il séduira sa vieille ennemie, Méduse, et cela devant l’autel de Minerve ! Celle-ci, pour se venger, fit tuer Méduse par Persée ; mais Neptune n’en continua pas moins à séduire toutes les nymphes et les jeunes femmes de son entourage. Toujours sous la forme d’un cheval, il réussit à être aimé de Cérès. Quant à la belle Théophane, dont le nom signifie « d’apparence divine », et fort justement réputée pour sa beauté, il l’enleva dans l’île de Crinissa. Comme les soupirants de la jeune femme, jaloux, se lançaient à sa poursuite, Neptune, pour leur échapper, prit la forme d’un Bélier et, comme il se doit, transforma Théophane en brebis. Ce Bélier, symbolisant l’achèvement de l’épreuve et de la quête humaine, réapparaîtra dans le mythe de la Toison d’or au signe suivant, celui du Bélier. Et pour séduire Cybèle qui le fuyait, métamorphosée en cavale, il se fit, bien entendu, étalon. Neptune eut plusieurs fois l’occasion de s’affronter à Typhon, ennemi héréditaire des dieux, qui eut de son union avec Echidna des monstres épouvantables : Cerbère, le Sphinx, la Chimère, l’Hydre de Lerne, le Lion de Némée… Ces monstres représentent toutes les aberrations de l’inconscient et sont autant de combats que l’être doit livrer pour se dégager de son enveloppe humaine et libérer son âme.

Neptune, armé de son trident, est représenté sur un char en forme de conque que traînent des chevaux marins, entourés de tritons et de nymphes. Nombreux sont les monstres dans la descendance de Neptune. Les animaux qui l’entourent symbolisent toutes ces formes obscures et intérieures que la psychanalyse tente aujourd’hui de maîtriser en cherchant à dénouer les noeuds psychiques de l’inconscient dont ces animaux monstrueux symbolisaient déjà dans l’Antiquité l’affrontement et les difficultés. C’est la face inquiétante du monde neptunien. L’autre face apparaît dans une histoire plus souriante : celle qui raconte comment Aphrodite et Eros, alors qu’ils étaient poursuivis par Typhon, se sauvèrent dans les eaux où ils rencontrèrent deux dauphins envoyés par Neptune à leur secours. Là encore, nous voyons s’affronter le Bien et le Mal. Typhon est le symbole du Mal ; les deux dauphins symbolisent la sagesse, la prudence mais aussi la bonté et l’amour universel, permettant à l’homme d’échapper aux excès de la violence aveugle : autre symbole bien Poissons.

La légende de Derceto est édifiante pour les natifs des Poissons. Derceto était une jeune femme qui, enceinte, se jeta à la mer pour dissimuler sa grossesse ; Neptune la métamorphosa en sirène, moitié poisson, moitié femme. Les Poissons n’oublient-ils pas souvent que la fuite devant les responsabilités peut les amener à se « noyer », et que la survie exige parfois certains sacrifices ? C’est Neptune qui permet à l’être de sentir les choses et de se fondre au milieu ambiant, dans ce domaine sans frontières où il fait percevoir les vibrations venant de l’infini.

C’est pourquoi on peut dire que Neptune capte la musique des sphères (et nous verrons qu’il accorde, en général, lorsqu’il est bien aspecté dans le thème, des dons pour la musique, notamment). Parce qu’il fait pénétrer dans l’infini, parce qu’il transforme le réel et fait plonger l’être dans l’inconscient et dans l’invisible. Neptune, en tant qu’antenne captatrice du monde, peut aussi entraîner l’être aux pires noyades. Et nous verrons que si le Moi n’est pas très structuré, il peut être entraîné dans ce dialogue avec l’invisible au risque de se perdre. Ce fut le cas du danseur Vatslav Nijinski, pour donner un exemple d’un thème Poissons « neptunisé », submergé par les forces de l’inconscient. Si le Poissons est tout d’abord un signe réceptif, avec Neptune, le natif, qui capte l’environnement au maximum, devient plus influençable. Il adhère au milieu, l’embrasse mais risque aussi de se laisser envahir par lui. Il sera comme entraîné au rythme de la vague, au sommet puis au creux de son destin, sans possibilité de réaction. Il pourra alors sombrer dans un monde de chimères, qui n’aura plus aucun lien avec le réel s’il se laisse envahir par les vagues de l’inconscient contre lesquelles il ne lutte plus. Prisme déformant, captant certes tout, mais captant parfois trop. Neptune est capable aussi bien d’ouvrir aux plus grandes extases mystiques que de faire sombrer l’être dans l’illusion et l’entraîner vers les rivages des épreuves de sa Maison XII. L’être peut se laisser aller aux plus terribles confusions comme il peut accéder à la plus haute préhension du monde.

Que le visage du natif des Poissons soit donc celui de Jupiter, planète plutôt existentielle, et que sa vie prenne alors une note plus matérialiste, ou que ce soit Neptune qui l’emporte dans le thème et l’amène à vivre au-delà des portes de l’infini, le grand problème du Poissons sera de ne pas rester dans l’informe et dans l’incréé mais de s’assumer, de « s’accepter » et… de vivre cette évolution intérieure quelle que soit la mise à l’épreuve de sa vie. Mais sera-t-il la victime ou prendra-t-il son destin en main ? C’est là tout le dilemme du Poissons !

La Symbolique du Signe

Avec le signe des Poissons, douzième et dernier signe du Zodiaque, notre champ de vision s’élargit.

Nous entrons dans l’univers aquatique, immense, profond, mystérieux, des océans, où tout se fond et se confond, se mêle sans fin : le connu et l’inconnu, le fini et l’infini semblent ne plus faire qu’un, tandis qu’à l’horizon ciel et mer se rejoignent ; notre vision n’est plus seulement humaine. C’est à une vision plus vaste, à une véritable vision cosmique que nous parvenons. Il semble que, dans ce murmure incessant des vagues et des marées au rythme sans fin, l’homme prend conscience d’une ordonnance rythmique et musicale de l’univers. En même temps, il prend conscience de l’infini devant le grand étalement de l’océan…

Dans ce flux et ce reflux perpétuel de la vague, sorte de « lente respiration de la mer », nous sommes face à un monde sans frontière, un monde sans limite apparente. C’est un univers multiforme que les légendes et les récits mythiques évoquent ; monde que les récits anciens peuplent de divinités étranges tour à tour généreuses et terrifiantes. Reflet de cette dualité étrange, celle-là même qui a frappé depuis toujours l’homme et qui s’est inscrite dans l’inconscient collectif : l’Eau des Poissons est celle de l’océan des origines.

Avant tout, la mer est la plus grande matrice du monde d’où toute vie surgit. Et, pour cette raison, elle est le symbole de toute création en germe.

L’Eau des Poissons

Cette eau océane qu’est l’Eau des Poissons dans le triangle zodiacal de cet élément (CancerScorpionPoissons) n’est ni l’eau claire des fontaines (l’eau du Cancer), ni l’eau glauque des étangs (celle du Scorpion). C’est vraiment la Materia Prima, l' »eau primordiale », la « matrice cosmique », l’océan qui contient donc tous les germes de la vie. Ce n’est d’ailleurs pas l’eau de la pluie mais l’eau salée (le sel associé au principe même de la vie et participant, notamment dans le rite du baptême, à la symbolique de purification qui, elle aussi, appartient aux Poissons). C’est l’eau qui contient tous les éléments pour que renaisse la vie, éléments dissous, encore non manifestés. Ce sont les eaux « au-dessus desquelles se penche l’esprit de Dieu » selon le deuxième verset de la Genèse…

« Cette eau, écrit Jacob Boehme dans Aurore naissante, dans cet état […] est bleue comme le ciel, mais quand la lumière de l’éclair s’y allume, elle ressemble à du jaspe précieux ou, pour parler mon langage, à un océan de verre, serein et clair, où brille le Soleil. » Maldoror lui fait écho : « Vieil Océan, quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes flegmatiques […], tu déroules, au milieu d’un sombre mystère, sur toute ta surface sublime tes vagues incomparables, avec le sentiment calme de ta puissance éternelle […]. Tu es plus beau que la nuit. Répond moi, Océan, veux-tu être mon frère ? »

Ce retour à la communion totale, dans l’éternité, par l’élément liquide, Novalis l’exprime plus intensément encore dans le cinquième Hymne à la Nuit : « L’amour est libéré. Plus de séparation. La vie, dans sa plénitude, roule les flots d’une mer infinie. »

En véritable matrice cosmique, l’eau dont il est question est en rapport avec « les puissances

élémentaires antérieures à la forme ‘ » : c’est le « principe féminin » par excellence. Il faut entendre par là que cette Eau primordiale est, en quelque sorte, le « pur Yin » – pour reprendre l’expression du Yi king —, c’est-à-dire « la substance de la féminité absolue »…

Dans le Yi king, texte fondamental de toute la tradition chinoise, ce grand principe des deux pôles de l’univers – le pôle positif, actif, masculin, et le pôle réceptif, passif, féminin – est présenté comme la clé de toutes les situations essentielles que la réalité peut présenter. « Tous les phénomènes, les formes, les êtres et les changements sont considérés à l’échelle de rencontres et de combinaisons variées du Yang et du Yin. » Le Yang est le principe masculin. Le Yin est le principe féminin. Dans ce sens, le signe des Poissons, signe réceptif et féminin, est un signe Yin. La tradition chinoise voit dans le jeu pluriforme du Yang et du Yin unis l’origine de toutes choses.

Dans la tradition hindoue, le thème fondamental est le même. C’est l’étreinte amoureuse de Çiva (principe mâle primordial, pure lumière véritable, noûs hellénique, purusha hindou) avec Çakti (énergie primordiale, substance primordiale de tout devenir et de toute vie, de tout mouvement, prakti, que provient le monde. En fécondant la substance primordiale prakti, il rompt l’équilibre des puissances (gunas) et donne lieu au monde manifesté. Mais en fait, Çiva ne fait qu’éveiller Çakti et « ce n’est que cette dernière qui agit véritablement, qui se meut et enfante » : là encore nous retrouvons le jeu, la combinaison variée des deux grandes énergies, des deux grands principes d’où naît la vie.

Nous reviendrons sur ces mythes de la création du monde.

Mais, d’ores et déjà, dans cette double polarité du monde exprimée dans toutes les traditions, nous retrouvons la double polarité du Zodiaque : chaque signe est actif ou « masculin », réceptif ou « féminin ». Par l’eau, élément féminin, source de toute vie, les Poissons sont un signe essentiellement réceptif, fécond, féminin.

Comme l’a dit le poète : « Tout est né de l’eau, Tout est conservé par l’eau, Océan, prête-nous ton éternelle action… C’est de toi que découle la fraîcheur de la vie. »

Origine du terme Poissons

« Nomen est mumen » avaient coutume de dire les Latins : le nom est un signe. A plus forte raison, si ce nom est un symbole…

C’est dans le sanscrit, langue sacrée de l’Inde, source de tous les alphabets et de toutes les langues indo-européennes, qu’il faut chercher le sens profond du terme Poissons. Disons tout d’abord que, bien qu’à une époque il y ait eu coïncidence de la constellation et du signe des Poissons, il convient de les distinguer. En 1881, l’astrologue et occultiste hindou Subba Rao s’était expliqué clairement à ce sujet : ce n’est pas dans les constellations qu’il faut chercher une explication, mais dans l’origine du mot lui-même ; il faut trouver dans le sanscrit la signification profonde. En effet, chaque mot avait alors une valeur numérique et symbolique. L’équivalent numérique du mot Mima (les poissons) est 5. Il vise évidemment à exprimer on ne peut plus clairement une notion essentielle : celle de ce cinquième élément qui est la matrice du monde. L’eau dont il va s’agir n’est pas l’eau ordinaire. Elle est le « solvant universel », celle que les Anciens vont appeler l’Akasha, c’est-à-dire. l’eau « primordiale », l’eau « première » : c’est une eau de vie, une eau alchimique, l’élément « alchimique » par excellence qui va permettre à la vie de naître, ce « cinquième élément » constituant la vie elle-même. Cette Eau des Poissons est la matrice des origines, l’océan d’où est née toute vie…

Nous le verrons, le graphisme des Poissons dans le Zodiaque circulaire de Denterah (Zodiaque égyptien très ancien provenant du temple de Hathor, déesse du Ciel, actuellement au Louvre) est différent du graphisme traditionnel mais évoque les mêmes symboles, à savoir ceux de l’eau matricielle d’où va renaître la vie…

C’est là le vrai sens du mot, son origine profonde, ce qui explique sa remarquable fécondité comme l’étonnante multiplicité de ces facettes mouvantes, mobiles, fuyantes, insaisissables comme la mer. Les sens symboliques du terme Poissons sont bien, en effet, dualité, fécondité, immensité, multiplicité.

L’eau dont jaillit toute vie

« A l’époque de l’âge d’or, nous vivions comme des vagues ; au sein de nuages diasprès [ces mers flottantes, sources primitives de toute vie sur Terre] s’aimaient et s’engendraient les générations humaines en des lieux éternels. Elles furent visitées par les enfants du Ciel, et ce n’est que lors de ce grand événement, que les saintes légendes appellent le Déluge, que ce monde florissant fut englouti. » Novalis, qui transcenda l’enseignement de son maître Werner et exprima une mystique de l’eau, nous offre ici une vision « neptuniste » : l’Eau-Mère est le noyau et le cœur de toutes choses. Rien n’existe qui ne soit issu de l’eau : l’animal comme le végétal et le minéral. Ce poète allemand du XVIHe siècle fait baigner toute son oeuvre dans la magie des eaux qu’il faut, dit-il, « vénérer comme quelque chose de divin ».

Cette notion d’eau primordiale, océan des origines, est quasi-universelle et apparaît dans toutes les cosmogonies. C’est en effet de ces eaux, berceau du monde, qu’émergea l’humanité.

En Grèce, Thalès, s’il fut le premier philosophe à affirmer que tout avait pris naissance dans la mer, ne faisait en fait que répéter ce qu’avait dit Homère lui-même, qui voyait dans Okeanos l’origine de l’univers (Iliade, XIV). Anaximandre, un peu plus tard, écrivit : « L’eau donna origine à la terre et à toute une série d’êtres vivants semblables aux poissons. Ces animaux contenaient des hommes qui restèrent dans cette position jusqu’à leur puberté. A ce moment-là seulement, les poissons s’ouvrirent en laissant sortir les hommes qui étaient capables de se nourrir. » Mais des cosmogonies très anciennes le disaient aussi.

Dans la cosmogonie babylonienne (sources orientales), il est dit qu’au commencement – alors qu’il n’y avait encore ni ciel ni terre – seule une matière indifférenciée s’étendait de toute éternité : les « eaux primordiales ». De leurs masses légères se dégagèrent les deux principes élémentaires, Apsou et Tiamat. Apsou, le principe masculin ; Tiamat, le principe féminin : la mer, cette eau salée d’où vont sortir toutes les créatures. Nous retrouvons bien là l’esprit (principe masculin) fécondant les eaux (l’éternel féminin : la Grande-Mère cosmique)…

La même image apparaît dans la mythologie égyptienne où la vie émerge des eaux sous la forme d’une crête de limon. De l’univers encore incréé – en gestation —, de cette eau océane, la vie tout entière va naître.

Cette notion d' »eau primordiale » se retrouve également en Chine. Pour les Chinois, l’eau est Wou ki, c’est-à-dire, encore une fois, le « chaos » : l’indistinction première…

Ainsi, dans toutes les mythologies, cette eau qui, pensait-on, entourait le monde, était vraiment le grand réservoir des forces : la « matrice universelle » contenant tous les germes de la vie à venir.

Et, de Boehm à Paracelse, la même mystique de l’eau s’exprime…

L’Aquaster est, selon Paracelse, l’eau du « plan astral », matrice de toute créature. « L’eau forme, disait-il, le manteau brut des corps sans rendre compte de leur spécificité » (dans l’Aurore naissante). Aujourd’hui, la connaissance scientifique rejoint l’intuition primordiale : c’est de la mer que la vie est née. Nous sortons de cette matrice océane qu’est le ventre de la « mer » qui fut notre « mère » à tous. Ajoutons que sans la mer nous n’existerions probablement pas : notre histoire ne peut se concevoir sans elle, dans la direction qu’elle a prise du moins ; et l’océan, enfin, origine de notre vie, ne contient-il pas aussi les trésors de l’avenir ?

Calmes ou agitées, les étendues océanes ont toujours évoqué des visions fantastiques ; dans cet univers aux limites imprécises, rêves et réalité se confondent… Il existe des liens mystérieux entre la mer et les profondeurs insoupçonnables de notre Moi. Dans ce monde jamais vraiment immobile, la peur est née sans doute de ce sentiment d’impuissance que ressent l’homme au cœur de la tourmente. Le Déluge relate la terrible montée des eaux engloutissant toute vie.

La mer et ses fureurs

« Les événements sont l’écume des choses ; c’est la mer qui m’intéresse. » (Paul Valéry.) La mer, les uns s’y noient, les autres la franchissent…

Traverser la mer, c’est surmonter un certain nombre de difficultés qu’il va falloir affronter pour parvenir au but que l’on s’est fixé. Les vagues, soulevées par la tempête, symbolisent l’irruption soudaine des forces de l’inconscient qui succèdent à l’inertie trompeuse (au calme qui précède la tempête)… L’immensité mouvante de la mer peut engloutir l’âme comme elle engloutit les vaisseaux qui font naufrage, ne rejetant sur la grève que des carcasses disloquées et éventrées.

« La vraie conscience est la connaissance de l’inconscient. » (Richard Wagner.) Aux Poissons, signe d’Eau, cette richesse de l’inconscient est ouverture sur l’infini ; abandon à ces forces inconscientes qui vont nous entraîner vers cette destruction mortelle ; autodestruction que représente un désir chimérique, fondé non pas sur une action réalisable mais sur un rêve insensé qui n’appartient qu’à l’imaginaire…

Mouvant, capable de changer de forme et de couleur à l’infini, le monde des vagues correspond de très près à cet univers fluide, impalpable, de l’imagination où les visions se superposent l’une à l’autre dans un mouvement continuel… Les images mythiques et les légendes sont innombrables.

De même que Mélusine, personnage mythique des « gesta » celtiques, règne sur le domaine des eaux et plonge ainsi dans l’inconscient abyssal (moitié poisson, moitié femme), de même les sirènes symbolisent les profondeurs de l’inconscient et sont des symboles « Poissons« .

Les eaux légendaires

Mirage des illusions dans les légendes grecques, les « Néréides » petites filles de l’Océan, personnifiaient les vagues innombrables de la mer. Elles étaient d’une grande beauté et nageaient avec les dauphins en laissant flotter leur chevelure. Les Néréides ne jouent d’ailleurs aucun rôle actif dans la mythologie, mais, telles les vagues, elles symbolisent l’attitude passive de l’être qui se laisse porter au gré des flots ; leur passivité étant aussi dangereuse que l’action incontrôlée, elles représentent en quelque sorte la puissance de l’inertie. Lorsque les vagues se soulèvent avec la tempête, on les compare au «dragon des profondeurs » et elles symbolisent alors, avec l’irruption soudaine des forces de l’inconscient, toutes les pulsions instinctives qui se lancent à l’assaut de l’esprit et peuvent le submerger.

Monstres de la mère, à tête et poitrine de femme dont le corps était celui d’un oiseau, puis, dans les légendes plus tardives, celui d’un poisson, elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, et les entraînaient dans la mort. On sait qu’Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leurs appels. Les sirènes figurent dans le voyage, symbole de la vie, les embûches nées du désir et des passions. Engendrées par un élément indéterminé, ce sont des créations de l’inconscient, des rêves fascinants et terrifiants où se dessinent les pulsions les plus primitives et les plus obscures de l’homme. Elles symbolisent « l’autodestruction du désir quand il n’est qu’un rêve insensé ». Il faut alors, comme Ulysse, « s’accrocher » à la dure réalité du mât qui est le centre du navire (axe vital de l’esprit), pour fuir des illusions mortelles…

Comme Ulysse, le natif des Poissons devra parfois, lui aussi, s’accrocher à la dure réalité pour ne pas succomber à ses propres illusions…

Les mythes et légendes relatant le Déluge évoquent l’arche naviguant sur les eaux et contenant tous les germes nécessaires au recommencement. Il est évident que ce symbole de l’arche participe lui aussi à cette grande symbolique de la renaissance du monde après l’invasion des eaux ; le Déluge reste l’une des grandes énigmes de l’univers bien qu’il soit un fait géologique et historique reconnu.

La semence a été enfermée dans l’urne du Verseau. L’Eau des Poissons – qui est la « matrice universelle » – la conservera et la protégera jusqu’à l’aurore du nouveau cycle symbolisé par le Bélier.

Le christianisme et le symbolisme des Poissons

Enfin, c’est aux Poissons que l’eau va fertiliser la terre et permettre à la vie de renaître…

La terre, qui s’est cristallisée au Capricorne et durcie pendant l’hiver, se liquéfie aux Poissons. Dans ce processus de transformation de la matière (que chercheront à découvrir ensuite les alchimistes) se trouve la clé de la transformation vitale. Dans cette conception « sacrée » de l’univers s’insère le rite du baptême (rite très ancien repris par les premiers chrétiens) qui symbolise également la purification par l’eau, nécessaire pour accéder à la régénération. En cela le baptême chrétien se rattache à tous les anciens rites de purification. Lors des cérémonies d’Eleusis, les initiés de baignaient en effet dans la mer. C’est un bain purificateur qui nous ramène donc au cœur des rites magiques nés de cet élément. En devenant symbole de rédemption, de rachat, de ralliement au Christ, le baptême prend alors pour Paul (épître aux Colossiens), et pour les premiers chrétiens, un véritable sens de résurrection « mystique ». La plongée dans l’eau et la sortie de l’eau sont la réalisation sacramentelle de la mort et de la résurrection du Christ qui est à la base de toute la pensée chrétienne. Faut-il ajouter ici que le poisson fut d’ailleurs l’emblème des premiers chrétiens ? Le mot icthus, signifiant en grec poisson, est formé par les initiales de la phrase lesou Christos Theou Uos Sauter : Jésus-Christ Fils de Dieu, Sauveur. Il était le signe de ralliement et de reconnaissance des premiers chrétiens. On a retrouvé ces figures symboliques dans les catacombes et dans de nombreux monuments funéraires datant des premiers siècles de la chrétienté. Ainsi fut marquée dans la pierre la naissance d’une ère nouvelle.

L’ère des Poissons

Il nous faut évoquer ici le phénomène de la précession des équinoxes, c’est-à-dire de l’avance de l’équinoxe de printemps. L’axe de la Terre tourne très lentement « à reculons » dans le ciel, et ainsi, suivant le mouvement de l’étoile polaire, il change de signe tous les deux mille ans environ. Ce mouvement, extérieur à notre système solaire de par ses rapports avec les constellations, concerne l’humanité tout entière : c’est en quelque sorte l’Ascendant de l’humanité.

L’ère du Taureau (époque babylonienne) a vu lui succéder celle du Bélier (Moïse luttant contre le culte du Veau d’or) ; puis ce fut l’avènement des Poissons, dont le Christ est l’élément principal. Les premiers chrétiens célébraient la résurrection de Jésus au moment de l’équinoxe de printemps, le quatorzième jour de la Lune de mars ; cette célébration avait donc lieu sous le signe des Poissons. C’est seulement au Ive siècle que l’Église la fixa le premier dimanche après la pleine Lune suivant le 20 mars, c’est-à-dire dans le signe du Bélier. Jusqu’à nos jours, le poisson est resté l’aliment consacré du vendredi, jour de la mort du Christ.

La période du signe des Poissons correspond donc pour nous au mois du Carême ; c’est le signe du renoncement, du dépouillement. Mais si, le jour des Cendres, l’homme doit se rappeler que « poussière, poussière il retournera », il ne faut pas oublier que sous la cendre couve la braise c’est d’elle que renaîtra la flamme, comme renaît le cycle des saisons.

Aujourd’hui s’annonce une ère nouvelle, celle du Verseau. Il s’agira peut-être d’une ère de sagesse et d’harmonie si l’homme n’est pas atteint par la « démesure » ; en effet, le signe du Verseau est sous la maîtrise de Saturne et d’Uranus et cette dernière planète se rattache au mythe de Prométhée qui « ravit le feu des dieux » pour devenir leur égal. Sa fin est le symbole du risque que court l’humanité à l’aube de l’ère du Verseau : aube d’un monde nouveau au prix d’un difficile « passage ». C’est bien là le sens profond du signe des Poissons et de l’ère qui s’achève.

La Maison XII : Maison symbolique du signe

Douzième signe du Zodiaque, le signe des Poissons est en analogie avec la douzième Maison du thème.

Douze est le nombre qui symbolise le déroulement spatio-temporel de l’Univers. Il est le produit des quatre éléments (Terre, Air, Feu, Eau) par les trois phases de leur évolutions (les trois « guna »). Mais c’est surtout dans la mesure où il apparaît comme le nombre des épreuves que l’homme doit affronter pour se libérer qu’il se rattache vraiment au signe des Poissons. Douze est le nombre des travaux que dut entreprendre Hercule pour accéder à la divinité. C’est donc le nombre des épreuves que l’homme devra surmonter pour accéder à sa propre réalisation. Notons l’analogie entre le signe christique des Poissons, douzième signe, avec les douze apôtres. C’est dans cette perspective que les mystiques du Moyen Age ont porté à douze les degrés de l’échelle qui symbolise la montée vers les béatitudes. Saint Benoît les cite dans le chapitre VII de sa règle. On pourrait évoquer également les stations du chemin de la Croix. Cette échelle n’équivaut-elle pas, d’ailleurs, à une sorte de pèlerinage semé d’écueils : à une lente montée semée d’embûches, symbole de la montée que l’homme doit entreprendre avant de parvenir au royaume de Dieu ? Telle est notamment la perspective chrétienne médiévale qui rejoint la symbolique de la Maison VII : celle des épreuves par lesquelles l’homme doit passer pour renaître ; renaissance contenue tout entière dans la purification que représente le baptême qui donne l’étincelle divine de la grâce que le chrétien devra développer ensuite au cours de sa vie : lumière d’espérance…

Lame XII du tarot : le Pendu, lame Poissons

Dans cette antique sagesse qui nous a été transmise à travers le brassage des civilisations par les imagiers du Moyen Age, la douzième lame du tarot – qui bien plus qu’un simple jeu, comme certains le croient, est un véritable traité de philosophie caché derrière ses figures naïves – est en relation avec la symbolique du signe des Poissons.

La lame représente un homme pendu par les pieds. Nous retrouvons le même symbole d’impuissance ou de défaite apparente – qui n’est, en fait, qu’un renversement des valeurs nécessaire pour accéder à la sagesse. Le pendu, attaché par le pied gauche, tourne néanmoins ses regards vers le ciel. Telle est bien la position yogi qui, par cette attitude, manifeste le désir d’entrer en rapport avec le divin. Selon Oswald Wirth, la douzième lame est le passage de la voie active (maîtrise du monde extérieur) à la voie passive (réceptivité au divin). Ainsi le Pendu opère en lui une transmutation : celle, en langage « alchimique », de la materia prima en or.

La lame XII autrefois appelée également « le Sacrifice », est bien celle du renoncement et du dévouement : expiation et rachat, selon Ely Star. L’aphorisme de cette carte est : « Le dévouement n’est pas un suicide, c’est l’apothéose sublime d’une volonté qui voit le monde, non à l’envers, mais les yeux tournés vers le ciel. » On peut noter que le Pendu, qui perd ses deniers, montre ainsi qu’il ne s’intéresse plus aux biens matériels. Cette façon d’agir le fait souvent passer pour « fou » aux yeux du monde ! Il marche sur la tête, dira-t-on. Cela tend à prouver, comme l’a exprimé avec humour Kierkegaard, que si l’on n’est pas un homme qui s’intéresse à l’argent, « on n’est pas un homme sérieux ». Mais voici la citation intégrale qui introduit le premier chapitre de les Yeux d’Ezechiel sont ouverts de Raymond Abellio :

« L’apôtre Paul avait-il un emploi officiel ? – Paul n’avait pas un emploi officiel.

– Avait-il une autre manière de gagner beaucoup d’argent ?

– Non, il ne gagnait en aucune manière de l’argent.

– Était-il au moins marié ?

– Non, il n’était pas marié.

– Mais alors Paul n’était pas un homme sérieux ?

– Eh non, Paul n’était pas un homme sérieux… »

Oui, le sage est bien souvent incompris. Il n’est pas passif au sens courant du terme. C’est un homme qui a renoncé et qui, par ce renoncement, accède à la sagesse (tel le moine bouddhiste, qui tente d’échapper à la toute-puissance de la maya, à l’illusion morale)…

Quant au pied par lequel le pendu est sacrifié, il rappelle l’importance du pied dans la symbolique du signe des Poissons. Tourné vers le ciel, il est ici le symbole du contact entre l’homme et le divin. On peut dire que le Pendu a, en quelque sorte, un pied dans « l’éternité du firmament ». Faut-il rappeler que, lorsque Dieu créa Adam, c’est par les pieds qu’il lui insuffla la vie ? Cette correspondance physique du pied avec le signe des Poissons apparaît également dans l’Adam, Kadmon (homme initial, archétype du premier homme), modèle et reflet du cosmos (prototype céleste de la création humaine et synthèse de cette création figurant dans la tradition juive cabalistique). Cette tradition attribue à chaque partie du corps humain un signe qui va de la tête (Bélier) aux pieds (Poissons).

Dans la théosophie juive, chaque membre correspond à un Sephiroth, dans l’arbre de la cabale : les trois grandes divisions de l’arbre se font autour de Keter (couronne, transcendance, tête : Bélier), Malcouth (royauté, immanence, qui correspond aux pieds, et donc au signe des Poissons), et Téphireth (cœur, beauté : signe du Lion, qui en assure l’équilibre). Notons également que le lavement des pieds, geste symbolique de Marie-Madeleine dans les Évangiles, est celui de l’humilité et de l’expiation qui amènent le pardon… Notons enfin que dans certaines fresques, particulièrement les fresques romanes du He siècle après Jésus-Christ, le dieu de la mer, Neptune, gouverneur des Poissons, est représenté la tête couronnée d’algues, semblant ainsi évoquer le rayonnement d’un soleil divin.

Pour Papus, la lame XIX du tarot, celle du Soleil, correspondrait en fait au signe des Poissons. Cette carte qui figure dans les tarots un Soleil (illumination) représente également un couple et, rappelle, selon Delcamp (Tarot initiatique) que « la vie initiatique ne peut être entière que pour un couple, tel celui que nous montre l’arcane XIX ; la grande leçon du Soleil étant bien que la totalité de l’initiation, la perfection de l’initiation n’est possible que pour le couple ». Ici on peut évoquer le couple alchimiste (car chaque alchimiste doit avoir sa compagne) et l’on trouve là toute la symbolique de l’animus et de l’anima complémentaires, sans lequel le Grand Œuvre ne peut être accompli. Peut-on dire qu’il y a là une « explication de la quête amoureuse » sans fin du Poissons ? La Tradition, qui attribue à ce signe l’exaltation de Vénus, ne va-t-elle pas dans ce sens, à savoir qu’il n’y a d’accomplissement que dans l’amour et que, à travers la Vénus charnelle ou la Vénus spirituelle, la quête du Poissons sera la même ; aspirations vécues différemment selon le niveau d’incarnation de l’être, mais qui traduiront toujours la recherche de la fusion amoureuse avec le grand tout et l’infini.

Le monde des épreuves

Nous voyons donc que l’accession à cette libération intérieure passera nécessairement par une phase de renoncement toujours difficile à vivre. « Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure », disait Lao Tseu.

Oui, par sa Maison XII, l’homme est livré aux embûches, aux échecs et aux difficultés de toutes sortes. « Maison occulte par excellence, c’est le test de l’homme », dit Jacques Berton. Mais c’est la Maison où le Soleil se lève ; et après la nuit de l’inconscient, la lumière ne demande qu’à émerger. Le monde s’ouvre à qui sait surmonter les épreuves ; à qui sait que le bonheur est un apprentissage difficile et qu’il ne se trouve pas, comme on le croit souvent, à l’extérieur mais à l’intérieur de chacun de nous.

La Maison XII est le tremplin de notre évolution. Elle permet d’accéder à une véritable nouvelle « vision du monde » ; à ce stade, les frontières sont abolies, l’univers éclate ; c’est, comme l’a dit Jean Carteret, « l’invisible qui se répand dans le visible et le visible qui se résorbe au sein de l’invisible, c’est la révélation, celle du Verbe, et c’est l’illumination ».

Bien peu de gens, c’est certain, savent utiliser leur Maison XII ; et beaucoup voient en elle une Maison d’empêchements et d’échecs. Mais « ce n’est pas la Maison XII qu’il faut accuser, c’est ce que l’homme fait de sa Maison XII« , a écrit Jacques Berthon. Vivre sa Maison XII, c’est utiliser les forces obscures intérieures que chacun ressent au fond de soi et les canaliser dans une construction « positive » : plus question, ici, de mater ou de discipliner ses forces instinctives. Il s’agit là d’une véritable évolution dans le sens de la verticalité.

Yogananda disait : « La malchance n’existe pas. Il n’y a que des occasions manquées. » Occasions de se réaliser, évolution difficile ; l’épreuve, comme beaucoup de sages l’ont dit, n’est-elle pas le chemin de l’évolution ? La Maison XII est une Maison difficile. Mais écoutons ce qu’en dit Jacques Berthon : « Ce peut être aussi bien la descente aux Enfers que la montée aux cimes ; si l’on s’obstine à considérer la Maison XII comme une prison, disons que le natif a le choix : il peut être le détenu ou le geôlier. Ce n’est qu’une affaire de clé… Et l’astrologie – à laquelle revient le Secteur XII – qu’est-ce sinon une affaire de clé ? » Quand il disait : « La malchance n’existe pas, il n’y a que des occasions manquées », Yogananda évoquait ainsi les occasions qui n’ont pu se concrétiser… L’épreuve, bien des philosophes l’ont expliqué, est le chemin de la réalisation, de l’évolution. Mais, cette évolution est difficile. La Maison XII nous en raconte les détours.

Comme l’a dit le poète : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert… »

Dans Nuit d’octobre, Musset exprime ainsi sa lassitude et explique sa philosophie. Faut-il dire que Musset avait une cicatrice Poissons profonde en son thème ? Pluton, planète des crises et des métamorphoses était dans ce signe. Et Vénus, planète de l’amour – et qui mieux que lui pouvait peindre ce sentiment ? —, planète de la chair, du désir, était en Secteur XII, Secteur qui le laissa meurtri et fit son génie.

S’il existe un « yoga de la connaissance », aux Poissons apparaît ce qu’on a appelé le « yoga des larmes ».

Cette initiation dispensée par les larmes n’a aucun cachet d’aristocratie. Elle n’appartient pas comme certains types de yoga (indiens) à une élite intellectuelle. Elle s’offrira une fois au moins dans la vie de chacun. Ainsi le quotidien est-il le tremplin de notre existence. C’est pourquoi finalement, comme l’a dit J. Ribière, « il arrive en fait à un homme non ce qu’il mérite, mais ce qui lui ressemble ».

Par-delà mythes et symboles, nous commençons à entrevoir « l’univers des Poissons« , difficile à circonscrire (mais peut-on circonscrire l’infini ?), univers teinté de magie et d’envoûtement, univers irrationnel, surréel, qui va donner un être aux ressources inépuisables mais aux contours parfois flous, imprécis, mystérieux, dont la vie paraîtra baigner dans une atmosphère d’irréalité. C’est un monde fluidique, aux frontières indéterminées : le monde des Poissons.

Le graphisme du signe

Les deux hyperboles représentent les deux Poissons du signe. Celui de droite symbolise la vie involutive, l’esprit qui descend dans la matière telle qu’elle s’est manifestée dans la première partie du Zodiaque ; celui de gauche symbolise la vie évolutive, c’est-à-dire l’homme se dépouillant peu à peu de son enveloppe pour réintégrer le cosmos.

Selon Madame Mertens-Stienon, ce gaphisme représente, dans sa courbe de droite, le monde ancien désagrégé et, dans sa courbe de gauche, le monde nouveau ; le lien unissant les deux Poissons est le symbole du pont reliant ces deux mondes.

On doit aussi remarquer que les deux Poissons sont placés en sens inverse : c’est le symbole du choix que le natif devra effectuer. Ira-t-il vers la lumière ou s’enfoncera-t-il dans les ténèbres ? Le lien horizontal symbolise alors la possibilité pour tout homme de parvenir à l’harmonie, « harmonie en laquelle s’accomplit la fusion des deux pôles ‘ ».

Le Poissons dans la Vie

Depuis l’origine des temps, les hommes ont tenté de se connaître car il leur est apparu qu’ils détiendraient ainsi non seulement la clé de toute évolution personnelle mais aussi celle de la compréhension des autres et de l’Univers. De nombreux systèmes pour définir le caractère existent, mais l’astrologie est sans conteste le plus ancien. Partant du ciel, l’astrologie mène à la connaissance psychologique de l’individu. Les grands comportements de chaque être, reflets des symboles éternels, sont inscrits dans la « carte du ciel ». Ce sont ces conduites psychologiques qui justifient certaines de nos attitudes face aux événements et, en fin de compte, les déterminent.

Un signe double

Le signe des Poissons est un signe double et, pour cette raison, il est difficile à comprendre. Il semble qu’il « glisse entre les doigts », qu’il disparaisse au moment même où on va le saisir. Est-il possible de le cerner vraiment ? Cet écartèlement, ces aspirations contradictoires, diffuses, qui tirent le Poissons « à hue et à dia », nous allons les retrouver chez tous les natifs du signe. Dans le graphisme du signe, les deux poissons nagent toujours en sens inverse l’un par rapport à l’autre, mais sont placés soit horizontalement, soit verticalement. Dans le premier cas, l’un va de l’avant, l’autre nage vers l’arrière : audace et recul ; dans le second cas, l’un monte, l’autre descend : remontée vers la lumière et abandon, inachèvement. Ces deux représentations graphiques manifestent l’extrême cyclothymie du natif, toujours tiré dans un sens puis dans un autre.

A la charnière de deux saisons

Cette particularité du signe correspond à sa place dans l’année, au moment où l’hiver va devenir le printemps. Saison intermédiaire, saison charnière. Tout fond, se dilue et se noie dans cette attente du renouveau printanier. Il y a donc dans le signe une ambiance d’attente et d’espérance ; mais le recul, l’intériorisation, le retrait propres aux signes d’hiver subsistent encore. Nous retrouvons là les notions d’introversion et d’extraversion face à la vie définies par Jung. Les forces du jour qui, depuis le solstice d’hiver, se sont mises à croître et vont finalement l’emporter sur les forces de la nuit, traduisent ce conflit de l’âme du natif partagée entre les forces de son subconscient et celles de son Moi conscient.

L’astrologue J. Berthon a insisté sur l’opposition entre l’apparente dissolution des choses et la fécondation qui se prépare : dissolution et fécondation, retrait et élan, fin et recommencement, telles sont les alternatives qui vont se poser aux natifs des Poissons. Ne soyons donc pas étonnés qu’entre des solutions aussi contradictoires le Poissons hésite, reste indécis, car son désarroi profond se reflète dans sa vie.

Signe d’Eau féminin

Dans la tradition alchimique, l’eau appartient aux quatre éléments qui constituent le monde (terre, air, feu, eau). C’est l’élément féminin par excellence et, en cela, les Poissons sont un signe de réceptivité (principe Yin). Réceptivité extrême qui ne peut que rendre la sélection plus difficile entre la multitude de sollicitations que le natif reçoit grâce au « radar » de Neptune.

Dans un principe féminin tel que l’eau en perpétuel mouvement, apparaissent les notions d’instabilité et de changement, de fertilité et de fécondité. C’est un principe « non agissant » mais qui représente la « puissance antérieure à la forme ». La force Yin représente l’élément fluide de la vie. Elle s’oppose à la force Yang (masculine) « aux formes précises et lumineuses, apolliniennes – mais souvent arides – du nous et du logos, c’est-à-dire du principe intellectuel masculin » (Julius Evola). La contrepartie de cette plasticité et de cette fluidité est que ce type d’être « pratique le mensonge au point d’en faire une vérité », d’une façon « simple et naturelle et sans affectation », pour reprendre l’expression de Barbey d’Aurevilly à propos de l’une de ses héroïnes, très Poissons en cela. Le natif des Poissons ne perçoit d’ailleurs pas le mensonge comme une faute, mais comme un accommodement.

Peut-être est-ce du fait de cette féminité extrême, de ce côté fluide et par conséquent insaisissable, de cette réceptivité – autant force que faiblesse —, de cette grande perméabilité qui confine parfois à la versatilité, du manque de rigueur « logique », que le signe des Poissons est mal compris et mal accepté ? Il semble que le signe soit mieux vécu par une femme que par un homme, sans doute plus à l’aise que dans un signe « masculin », cela hors de toute considération « moderniste » et d’un point de vue purement métaphysique. L’affirmation courante – qui laisse souvent le natif désemparé, ne sachant que répondre, se défendant comme il peut – est que le signe des Poissons est un « mauvais signe ». C’est oublier, comme le dit un proverbe hindou, qu' »on ne conduit pas tout le monde avec le même bâton ». Les êtres, et par conséquent les natifs de signes différents, ne réagissent pas de la même façon ; les points forts d’un signe ne sont pas ceux d’un autre signe. Un « rêveur » ne demande pas à la vie ce qui sera essentiel à un « bon vivant » plongé de plain-pied dans le concret et le quotidien. Il s’agit donc pour les natifs de chaque signe de rechercher leur propre formule de vie, de savoir tirer le meilleur parti de ce qui leur est donné au départ, afin de ne pas passer à côté de leur vraie voie. Et, dans cette optique, les natifs des Poissons sont sur un pied d’égalité avec ceux des autres signes car, comme l’a dit Camus : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? »

Un tempérament lymphatique

Ici apparaît une notion fondamentale : celle de tempérament. Notre tempérament est la toile de fond de notre vie, il nous imprime sa marque, c’est en fonction de lui que nous aurons telle ou telle personnalité et donc telle ou telle destinée. Nous pouvons laisser inexploitées nos possibilités ou, au contraire, les développer et nous épanouir dans la ligne fixée par notre tempérament ; mais nous ne pouvons pas le renier car il s’agit là de notre constitution physiologique de base.

Si l’on se réfère à la notion de tempérament définie par Hippocrate, le signe des Poissons correspond au tempérament lymphatique. On en distingue trois types principaux selon la dominante planétaire.

Dominante de Neptune. C’est alors un lymphatique aux réactions lentes qui paraît souvent apathique. Indolent, il règne passivement sur les choses. Ce n’est ni un impulsif ni un violent, mais un calme et un pacifiste ; pour qu’il réagisse, il faut qu’il soit profondément motivé.

Le natif ne paraît pas être concerné par le quotidien, il vit sur un mode bien à lui, dans un monde à part. Il peut adhérer à un idéal, accéder à une révélation spirituelle ou vivre simplement de mirages et d’illusions. Sa réussite sera surtout intérieure, il essayera d’acquérir une sagesse personnelle, sans ambition sociale ou professionnelle.

Dans ce type de Poissons, on rencontre des rêveurs, des bohêmes (Jean-Paul Clébert), des sages, des mystiques (Ramakrisna), des idéalistes parfois peu réalistes mais profondément sincères (Aristide Briand), des poètes, des artistes de génie que la vie risque de blesser (Nijinski, Ho1derlin). Einstein faisait bien partie de ces Poissons neptuniens lorsqu’il disait : « Je me sens tellement une partie de tout ce qui vit que je ne suis pas du tout concerné par le commencement ou la fin de l’existence de qui que ce soit, dans ce flux éternel. »

Dominante de Jupiter. Il s’agit là d’un Poissons de type lymphatique sanguin. Par rapport au Neptunien des Poissons, c’est un être aux réactions plus vives, au rythme de vie plus rapide. D’une nature expansive, chaleureuse, il plonge bien plus allègrement dans la vie. Souriant, plein de vitalité, jouisseur, raffiné, optimiste et généreux, il cultive un certain art de vivre. C’est un être en symbiose avec son milieu, dans lequel il s’intègre parfaitement. Selon la planète qui l’emporte, il mettra l’accent sur la vie affective (note vénusienne importante) ou sur une réussite matérielle plus effective (note jupitérienne). Citons Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Rossini, Emile Coué, Alain.

Dominante de Saturne et de la Maison XII. C’est un lymphatique nerveux, très intériorisé, qui n’a aucun sens des réalités quotidiennes. Il orientera sa vie vers le dépouillement, s’isolera, s’enfermera dans son mal de vivre. D’un naturel inquiet, il oscillera entre l’hypersensibilité (Chopin) et une insensibilité plus apparente que profonde (Schopenhauer, Mallarmé) pouvant l’entraîner vers le désespoir. L’univers de sa Maison XII sera alors sa retraite volontaire ou sa prison, mais, toujours, manifestera un certain repli.

Nous voyons ainsi que si le tempérament lymphatique est un trait commun à tous les natifs des Poissons, il sera modulé selon les dominantes planétaires de chaque thème. Et surtout, il ne faut jamais oublier que Vénus brille dans le ciel des Poissons d’un éclat particulier, procurant à chaque natif une source infinie de richesse : c’est toute la symbolique amoureuse du signe dont nous reparlerons en abordant l’attitude du natif face à l’amour.

Signe de perception

Le natif des Poissons a souvent une réputation de passivité car il n’affronte pas les problèmes de face mais les contourne. Très réceptif, il capte tout, il reçoit tout ; il « sent » les choses plus qu’il ne les analyse. Il vibre intensément, en profondeur, mais réagit rarement sur l’instant. Sollicité de toutes parts, il court le risque de voir son centre d’intérêt se déplacer et de ne pas achever ce qu’il avait entrepris. Si vous êtes sur un radeau perdu au milieu de l’océan, votre seul repère ne sera-t-il pas l’horizon ? Il vous sera alors difficile de vous maintenir en ligne droite. Ainsi va le raisonnement du Poissons, qui, les yeux tournés vers le lointain, l’infini, ne voit pas toujours la ligne directrice à suivre pour l’atteindre. L’idéal est pour lui de se mettre en « état de grâce » afin de recevoir tous les messages du monde et d’être toujours disponible. Il y a perpétuellement en lui, à un degré plus ou moins important, cette sorte de « volupté de l’anéantissement » qui l’entraînera vers toutes les évasions. Et ce Poissons de l’errance, ce Poissons vagabond, aurait du mal à dire ce qu’il va chercher là-bas : il ne le sait pas très bien lui-même.

Il ne sera pas rare qu’au cours de sa vie le Poissons change complètement d’existence, de travail, de pays. Ces aspirations l’emporteront constamment vers de nouveaux horizons, des centres d’intérêt inconnus, des personnes étrangères, et lui donneront un grand pouvoir de communication par une sorte d’osmose avec son entourage. Doué de « sympathie universelle », il exercé son influence sur les autres et, en retour, a grand besoin de contacts humains. Il vivra ce don de communication de deux façons différentes : soit il l’utilisera pour gagner la sympathie d’autrui, soit il se laissera envahir par les autres. Mais, s’il doit y avoir affrontement, il préférera s’éloigner par peur de peiner, par refus de se disculper ou par crainte de discuter.

Les Poissons comprennent les choses par « une profonde affection, jamais par une puissante analyse », comme l’a dit Kriyananda. Ils n’ont pas toujours une conscience claire de leurs motivations profondes et ressentent souvent « les deux côtés » des événements (Marcelle Sénard). D’où leurs réactions parfois surprenantes et une aptitude à passer brusquement d’une attitude joyeuse à un abattement total, et cela sans raison apparente… En fait, cela s’explique parce que les Poissons sentent les liens mystérieux entre les choses ; ils arrivent ainsi à une sorte de « perception via-inconsciente à partir d’une foule de perceptions minimes qui ont cheminé en eux presque à leur insu et qui atteignent ainsi la sphère du conscient » (Carl Jung).

On peut dire qu’ils possèdent un sixième sens qu’ils utilisent fréquemment pour se tirer de situations complexes dans lesquelles, par crédulité, ils se sont laissé entraîner. Grâce à leurs intuitions, ils retombent presque toujours sur leurs pieds. Mais si jamais ces intuitions leur font momentanément défaut ou s’ils se laissent trop emporter par elles, les Poissons sombrent alors dans une attitude confuse et brouillonne.

Le natif a du mal à hiérarchiser les événements, à les insérer dans une quelconque échelle de valeurs, et ainsi il considérera comme essentiel un fait sans importance et comme primordial un événement banal, ce qui risque de lui jouer des tours.

Crédule, confiant, naïf même, il court souvent après une chimère ; il peut s’illusionner, que ce soit dans la vie affective (s’il est vénusien), dans la vie matérielle (s’il est jupitérien) ou sur le plan des aspirations mystiques ou religieuses (s’il est neptunien). Et, d’ailleurs, il se complaît dans ce halo d’imprécision ; n’est-ce pas sa façon d’être libre ? A chaque instant sur le point d’être submergé par le flot de ses émotions, il peut se réfugier dans le monde de l’irréel et du rêve, là où n’existe aucun risque de désillusion. Ou alors il s’enfermera dans un mutisme complet, attendant que « l’autre » agisse et le tire de son inaction. Il trouvera parfois une solution en menant une existence double : double vie, existence parallèle, recherche du surnaturel. Le Poissons Einstein a bien situé cette attirance : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie. »

Le signe et la Maison XII Le Poissons n’est pas très bien armé dans la lutte pour la vie ; le quotidien l’ennuie, il ne peut l’affronter. Mais Jupiter, le « Grand Bénéfique » dans la Tradition, veille et lui apportera sa part de chance. Saura-t-il l’utiliser ? Il risque, au faîte de la réussite, de tout abandonner. Mais alors, en pleine adversité, le Poissons saura faire preuve d’un courage extraordinaire et parviendra grâce à lui à se sortir d’épreuves que d’aucuns jugeaient insurmontables.

C’est là que la Maison XII (correspondant au douzième signe, donc aux Poissons) apparaît finalement comme le « grand révélateur » de la puissance du Poissons.

Traditionnellement, la Maison XII est celle des épreuves, de la souffrance, du monde clos des monastères, des prisons. Et c’est dans ce monde que le Poissons choisira souvent d’exercer son dévouement qu’il érigera alors en vocation. Le goût du sacrifice est le propre du Poissons et si, souvent, cela semble une option quelque peu masochiste, c’est pourtant en se dévouant, en se sacrifiant, que le Poissons sera vraiment lui-même. Pour cette raison, il aura besoin de se donner à une cause qui le dépasse ou de consacrer toute son existence à un être auquel il s’est attaché.

Symbole des monstres de l’inconscient qui menacent la lucidité de l’être, la Maison XII peut être vécue de façon différente. Le natif risque alors d’être happé, entraîné vers des profondeurs insondables dont il ne pourra plus remonter. La planète Neptune, qui donne des pressentiments mais aussi des obsessions, ouvrira les portes de ce monde mystérieux auquel il est parfois difficile d’échapper. Le Poissons sera à l’aise dans cet étrange royaume de la nuit et, s’il n’y prend garde, il pourra, guidé par ses aspirations vers l’infini, plonger dans l’univers des paradis artificiels au risque de s’y perdre. Mais n’oublions pas que le natif peut changer de route à chaque instant et, au moment voulu, Vénus et Jupiter – les planètes bénéfiques – seront là pour lui tendre la main.

Mysticisme ou dissolution

Deux grandes tendances se distinguent donc dans la vie du natif des Poissons. La première est celle qui redescend le courant et l’entraîne dans une « grande dissolution ». C’est alors le naufrage de l’âme, avec Neptune, celui de l’existence, avec Jupiter, ou l’échec affectif, avec Vénus. Influençable, l’être court le risque de se laisser aller aux plus sombres aventures (avec Neptune : drogue, alcool, prostitution…), par crédulité ou faiblesse. Les amours sont inconsistantes, frisent parfois la débauche. Mais à travers toutes les épreuves de sa Maison XII, le Poissons pourra se révéler et commencer à remonter le courant. C’est la seconde tendance du signe, qui permet au natif de regagner la lumière. Le Poissons qui choisit cette voie devra affronter les tempêtes, mais finalement atteindra une plus grande cohésion, une harmonie plus profonde dans sa vie, selon ses aspirations. Quelle que soit la voie choisie, il faudra que le Poissons ait trouvé une « raison supérieure » qui le pousse à agir.

Dans tous les cas, c’est l’amour qui donnera aux Poissons sa vraie dimension, le poussant à se dévouer, à s’oublier totalement. Ainsi en fut-il de Juliette Drouet, la maîtresse de Victor Hugo, qui toute sa vie vécut dans l’ombre et se sacrifia pour l’être aimé. Ce peut être aussi la mère, tout entière tournée vers ses enfants et ne vivant que pour eux, le médecin de campagne se consacrant à ses malades, le prêtre tout à son sacerdoce…

C’est à travers ses multiples expériences que le natif des Poissons trouvera sa voie et non par le raisonnement. Au fil de ses divagations, de son intuition, il découvrira la force qui le fait vivre et qui le mènera à sa vocation propre.

Les ambiances Poissons

Le Poissons a le sens de l’hospitalité. Il a l’art de créer autour de lui une ambiance agréable. Son appartement est souvent en désordre, mais il y règne une atmosphère sympathique. Il y vit entouré d’animaux, de chats notamment, qui sont ses amis. Il reçoit avec générosité et spontanéité ceux et celles qui frappent à sa porte. Il le fait sans façon. Vous rencontrerez chez lui des êtres étranges qui vivent un peu à la frontière de l’invisible. Ne vous étonnez pas si, au dessert, la maîtresse de maison Poissons se lève pour faire tourner les tables, ou pour vous tirer les cartes. Rien de plus naturel que cet univers marginal dans lequel le Poissons est à l’aise « comme un poisson dans l’eau »…

« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent », a écrit le poète Baudelaire, qui avait deux planètes en Poissons.

Le Poissons est l’un des signes les plus sensibles aux parfums. Il aimera les parfums frais, naturels. Colette, qui avait Vénus aux Poissons, adorait l’odeur des citrons. La menthe, la mirthe et le réséda sont aussi des parfums Poissons. Le Poissons adore marcher lentement au bord de la mer et le parfum des aiguilles de pin lui convient.• L’iris, fleur bleue, le bleu étant une couleur Poissons, fleur de printemps, est un porte-bonheur pour les natifs. On a souvent évoqué le langage des fleurs. Il est certain qu’un bouquet composé avec ses fleurs de prédilection ne laissera pas insensible la femme Poissons. Comme l’a dit Valentin Bresle : « Un bouquet ordonné, en plus de sa valeur symbolique et de sa valeur esthétique visuelle, possède par l’odeur un potentiel magique et sensuel réel. » Le Poissons se parfume abondamment. Il y a là un geste rituel magique (neptunien) et un besoin de confort ; un désir pléthorique de jouissances, un besoin d’abondance (jupitérien).

La symbolique des pierres et des couleurs, qui nous paraît aujourd’hui étrange, est fort ancienne. Pour les Anciens, une correspondance existait entre la pierre, le métal, la planète et l’homme. Telle était la conception de l’alchimiste Ramon Lull : c’est en partant du métal et du minéral que l’homme peut s’élever jusqu’à Dieu.

Avec le bleu, la plus profonde des couleurs, on évoque l’eau de mer. Transparente comme l’azur lointain qui se dérobe à nos yeux, c’est la couleur de l’inaccessible, de l’infini. Promesse de bonheur spirituel, promesse d’amour, et couleur d’amour. Elle est aussi la couleur de la Vierge Marie. Poétique et irréel, le bleu est signe d’illusion. Lorsqu’on aime, on est un peu « fleur bleue ». Bleu des rêves, bleu de la sagesse, c’est bien la couleur des Poissons.

Symbole de l’éternel retour des cycles de la nature, le vert est une couleur neptunienne. C’est la couleur de la vie, de l’espérance. C’est sur une pierre verte que fut gravée la Table d’Émeraude. Verte est la matière philosophale. « Vertes sont les eaux primordiales d’où tout est issu, verte est la jeunesse, verts sont les pâturages au Paradis des Élus » (Frédéric Lionel). Transparente et régénératrice, cette couleur de Neptune était utilisée dans l’Antiquité pour peindre les Néréides et les Nymphés. Comme l’a fait remarquer Winkermann dans le Dictionnaire des symboles, « tout ce qui avait rapport aux dieux marins, jusqu’aux animaux qu’on leur sacrifiait, portait des bandelettes d’un vert de mer ». Union du bleu, couleur de l’amour et du bonheur spirituel, et du jaune, couleur solaire, le vert est chargé d’une signification occulte. Il évoque comment « au-delà de la vie et de la mort physique, luit la lumière de l’Esprit qui a fécondé, au début des temps, les eaux primordiales jusque-là enveloppées de ténèbres », et rappelle aussi que « la lumière connaissance ne peut percevoir que par le cœur, non par la raison' ».

Les pierres Poissons sont donc vertes et bleues : émeraude et turquoise. L’aigue-marine – dont le nom provençal aiga-marina signifie eau de mer – est en analogie évidente avec le signe des Poissons. Le corail, selon la légende, est né des gouttes de sang de la tête de Méduse, tranchée par Persée, et qui se pétrifièrent en tombant dans la mer ; c’est donc une matière mystérieuse qui participe à la fois des trois règnes, minéral, animal et végétal, et correspond ainsi à l’univers informe des Poissons.

Le Poissons et l’Amour

A travers les douze signes du Zodiaque, le cœur conjugue de douze façons différentes le verbe aimer. La multiplicité des réactions amoureuses échappe bien sûr à tout classement. Mais pourtant, à travers les galeries d’amoureux et d’amoureuses que la littérature, l’art et l’histoire nous révèlent, on peut voir un grand fil conducteur, une trame générale, un canevas grossier qui se renouvelle. L’âme humaine est riche, la psyché mal définissable, ses contours sont imprécis mais, cependant, un certain nombre d’influences se mêlent pour donner à ces amoureux et amoureuses des traits communs.

Il y a entre les natifs d’un même signe un petit air de famille qui ne trompe pas. Réactions amoureuses totalement différentes au Bélier où l’amour est conquête ; au Taureau où il est aventure voluptueuse et charnelle ; aux Gémeaux où il est un jeu instable et éphémère ; au Cancer où il est la quête de l’âme-sœur et la recherche d’une seconde mère ; au Lion où il est aspiration amoureuse, passion élevée, totale et rayonnante ; à la Vierge où c’est l’amour fidèle qui triomphe dans le bonheur domestique ; à la Balance où il est hésitation, raffinement, tolérance et retenue ; au Scorpion où il est fureur, passions brûlantes et impérieuses, érotisme débridé ; au Sagittaire où l’amour-rébellion, vécu comme une aventure sportive, apporte une émancipation de l’être ; au Capricorne où il est discipliné, sage, stable ; au Verseau où il est auréolé de merveilleux et s’achève souvent dans une union libre quand il n’aboutit pas tout simplement à une grande amitié amoureuse qui durera, fondée sur une communion d’idées et un échange intellectuel profond.

Une communion infinie de deux âmes

Aux Poissons, l’amour va prendre une valeur d’infini et d’éternité. C’est un don frémissant de l’être qui se « fond » dans l’autre. C’est un amour sans fin et sans limites où l’âme et le corps se donnent totalement ; et c’est alors une véritable communion amoureuse qui peut entraîner l’être jusqu’à l’extase à travers le don de soi, l’amour étant alors une éblouissante révélation, rêve sans fin qui, prenant une dimension mystérieuse, a valeur d’envoûtement. Par l’amour, le Poissons, une fois de plus, entre en communion avec le monde. A travers l’être qu’il aime, il découvre une autre dimension à la vie. L’être se fond dans son partenaire ; l’âme épouse l’âme, elle se donne, s’abandonne, s’oublie, voire se sacrifie ! C’est une véritable mystique de l’amour que l’on découvre avec l’amour des Poissons.

Le destin affectif d’un être marqué par ce signe passe toujours par des circonstances mystérieuses et commence par une relation ambiguë qui va peu à peu s’édifier dans un univers insolite, dans une attirance invincible, dans une sympathie étrange et mystérieuse comme si tout à coup les deux êtres étaient aimantés, attirés l’un par l’autre, comme s’il s’agissait alors d’un destin fatal. Aux Poissons, toute l’existence amoureuse repose sur ces bases irrationnelles. C’est un amour en quelque sorte prédestiné auquel l’être ne va plus échapper. Et toute la vie amoureuse du Poissons s’édifie autour de cette foi qu’il a dans la vie affective et de cette certitude qu’il peut atteindre, par là, à cette communion vers laquelle il tend. Dans cet univers incréé où chaque instant il se recrée, il échappe à la médiocrité d’une vie qui ne peut jamais lui donner tout à fait satisfaction parce qu’il aspire à l’invisible, parce qu’il aspire à l’infini. Aussi, il n’est pas de situation qui fasse peur au Poissons ; il n’est pas de circonstance qui lui paraisse insurmontable ; il n’est pas de sacrifice qui soit trop grand pour lui. L’amour est un acte salvateur : il va lui permettre de s’épurer, et de toute façon, quelles que soient les épreuves à traverser, il le grandira. Enigme pour l’entourage que cet amour qui ne pose aucun problème au natif mais que les autres ne comprennent pas toujours !

Amour fatal et prédestiné

Pourquoi Van Gogh (conjonction VénusMars en Poissons) s’éprit-il d’une prostituée qui était alors enceinte ? Pourquoi l’emmena-t-il avec lui et lui donna-t-il pendant deux ans tout l’amour dont est capable un homme ? Comment Edgar Poe (conjonction LuneVénusJupiter en Poissons) put-il s’éprendre de Virginia, atteinte de phtisie à une époque où cette maladie était inguérissable ? Pourquoi Victor Hugo resta-t-il toujours l’amant de Juliette Drouet, cette femme que d’aucuns disaient égarée, couverte de dettes ? Autant d’énigmes pour ceux qui ne comprennent pas qu’en amour il n’est pas de loi et que, pour un Poissons, l’amour est rédemption, élévation vers le sublime. L’amour qui pénètre en secret le cœur du Poissons, le gagne insidieusement sans qu’il en ait parfois conscience, auquel il se donne et qui ensuite l’emporte dans son halo de mystère, est un amour impalpable, enivrant, indéfinissable : difficile de résister au pouvoir de contagion d’un tel amour. Il n’est, en effet, pas toujours compris, car se repliant sur lui-même lorsqu’il est blessé, il reste dans une sorte de silence douloureux ; il s’évade de la réalité ; il entre alors dans le monde de l’illusion, des rêves insensés. L’amour des Poissons doit toujours rester poétique, un peu mystérieux.

Amour inaccessible, imaginaire ou impossible

La réalité n’est pas toujours si belle, mais l’on peut craindre qu’aux Poissons l’objet idéalisé devienne inaccessible et que l’être se contente d’un rêve. C’est alors ces amours à distance, ces amours « au loin » qui enchaînent le cœur et où l’être n’étreint plus que le vide. C’est le sable mouvant des amours chimériques et l’être s’enfonce dans cette erreur d’appréciation, construisant sur ses illusions des châteaux de cartes qui s’effondrent. Vivant dans un dédale de tromperies et d’illusions, le Poissons s’abandonne alors aux sortilèges de la passion, se livre avec une indolence passive à tous les excès d’une sensualité incontrôlée ; passions déraisonnables qui correspondent chez lui à une sorte de fuite. Il cherche dans l’érotisme ce que d’autres Poissons chercheront dans les paradis artificiels. Pour échapper à ce désordre, à ce chaos, pour mettre un terme à ces aventures sans consistance, il faudra parfois au Poissons une grande épreuve, qui soudain le confrontera à lui-même, le remettra en question et pourra dissiper les brouillards du rêve et le ramener vers une réalité qu’il n’acceptera peut-être pas, mais à laquelle du moins il se heurtera: il dépendra alors de lui que sa vie, par l’amour, devienne un enfer ou un paradis…

Que ce soit un Poissons, en l’occurrence Ovide, qui ait défini dans l’Antiquité l’art d’aimer, que ce soit à la Renaissance un Ronsard (conjonction LuneNeptuneSaturne aux Poissons) qui ait célébré l’amour à Cassandre et à Hélène, n’est pas pour nous étonner. De même, quoi de plus naturel que l’amour soit intimiste dans les poèmes de Paul Géraldy (Soleil, Mercure, Vénus, Mars en Poissons), l’auteur de Toi et Moi ; que de nombreux poètes aient une note Poissons dans leur thème : Baudelaire (Mercure en Poissons), Mallarmé, natif des Poissons, Tirso de Molina, auteur dramatique madrilène qui le premier raconta la vie de Don Juan, Don Juan qui cherchait peut-être dans l’amour une évasion, Sacha Guitry, Victor Hugo, natifs des Poissons, la liste serait longue. Mais il est normal aussi que l’on trouve aux Poissons des amours n’ayant plus rien à voir avec l’amour humain, des amours qui sont une évasion mystique vers le ciel, une communion avec le divin.

Don de soi, amour mystique et rédempteur

De sainte Thérèse de Lisieux (Lune en Poissons) à sainte Thérèse d’Avila (Vénus en Poissons), en passant par saint Vincent de Paul (Lune en Poissons), saint François de Sales (Lune en Poissons), la démarche est la même. Et c’est ce même désir de se fondre avec l’infini, c’est-à-dire avec le divin, comme de se noyer dans cette communion avec l’humanité tout entière et de se pencher sur la misère des autres. Communion mystique, fusion avec le monde, c’est toujours la même démarche ; et c’est l’amour, source de sainteté, don de soi au sens le plus parfait du terme, qui faisait dire à sainte Thérèse de Lisieux, reprenant les paroles de saint Jean de la Croix : « Qu’elle est douce la voix de l’amour !  » Le sacrifice de l’être qui s’offre en holocauste à l’amour miséricordieux et divin n’est plus masochiste : c’est un amour rédempteur, sans mesure ; c’est un amour qui pénètre et qui environne l’âme : « Avec l’amour non seulement j’avance mais je vole. Sans l’amour, toutes les oeuvres ne sont que néant » (sainte Thérèse de Lisieux).

On le voit, il y a vraiment place pour toutes les concrétisations sentimentales dans une nature aussi riche que celle du Poissons. Tous les Poissons ne peuvent pas accéder à ce haut niveau de sublimation, pour reprendre un terme psychanalytique. Les aventures multiples ne sont pas rares, de même que les changements, car dans le signe deux poissons nagent à contre-courant, ne l’oublions pas, et le destin de l’être peut être souvent double. De l’amour masochiste à l’amour oblatif, de l’amour morbide à l’amour rédempteur, il n’y a souvent qu’un pas, et il suffit de très peu de choses pour que le Poissons le franchisse et change ainsi de vie.

Destin à deux faces, deux directions

Destin double, mobile, mouvant, sujet à des revirements. Mais destin qui s’enlise aussi parfois dans d’inaccessibles chimères… Telle est bien « la lutte, caractéristique chez le natif du signe, entre une nature infiniment sensuelle, faible devant les tentations, et une nature mystique, assoiffée de sacrifices et de vie spirituelle ». C’est dans sa façon de vivre que le Poissons incarnera le plus souvent, de la façon la plus authentique et la plus vraie, son destin.

Et, pour l’illustrer, une anecdote : les ermites avaient l’habitude de raconter à ceux qui venaient les voir des histoires concrètes qui s’offraient à la méditation de leurs interlocuteurs, à la façon des récits présentés par les yogis de l’Inde ou par les moines bouddhistes du Zen.

Avant de quitter un ancien, le disciple ou le passant venu le voir lui demandait une parole de salut. Certaines de ces paroles, exprimées sous la forme de brèves sentences, ont été recueillies et nous sont parvenues. Conservées dans les Apophtegmes, elles étaient une réponse brève, parfois une clé. Celle de ce vieillard disant à un novice : « Si tu as du cœur, tu peux être sauvé » pourrait être celle qu’il convient de donner aux natifs des Poissons.

L’amour n’est pas seulement pour le Poissons une planche de salut. C’est vraiment dans l’amour, et par les sacrifices qu’il s’impose en son nom, qu’il faut chercher la source de toutes ses évolutions.

L’amour Poissons au féminin et au masculin

Il nous faut noter tout d’abord qu’on ne peut pas avoir les mêmes réactions amoureuses et, donc, le même destin dans un thème masculin et dans un thème féminin. En effet, le Soleil représente l’animus : il incarnera dans le thème d’une femme l’homme qu’elle recherche, ‘alors que dans le thème d’un homme, il est l’incarnation de son être profond, c’est-à-dire de ce qu’il « est » vraiment en tant qu’homme.

Dans le thème d’une femme, c’est la Lune qui prendra plus d’importance puisqu’elle est le symbole de son anima (alors que pour l’homme, la Lune sera justement cette anima qu’il recherche à travers la femme ou les femmes qu’il va aimer). Ainsi donc, il faut distinguer le thème d’un homme Poissons et le thème d’une femme Poissons si l’on veut examiner leurs réactions face à l’amour…

Aux Poissons, il y a dans l’univers amoureux, chez l’homme comme chez la femme, la recherche d’une communion amoureuse intense et profonde : une « quête » au sens antique, presque mystique du terme. Aimer, pour un Poissons, c’est entrer dans un univers magique, aspirer à la relation fusionnelle. Rêves sans fin et sans limite quand le cœur jette l’amarre. Irrésistiblement envahi par un flot d’émotions multiples, le Poissons s’abandonne tout entier à son amour. Mais le risque que court le Poissons est de se laisser emporter par son rêve et de construire son amour sur le sable : la première vague l’emporte. Et l’être reste seul avec ses chimères. Amours illusoires, imaginaires, qui sont autant de châteaux de cartes qui s’effondrent soudain et dont il ne reste plus rien.

Il refuse aussi, bien souvent, de trancher sur le vif. Il ne répondra pas, par exemple, à ce qu’il considérera comme un « interrogatoire ». Et, souvent, il vit à la limite de la rupture, sans pour autant rompre vraiment. De même qu’il s’éprend et se déprend, pourrait-on dire, avec une égale facilité, sans jamais songer à se justifier ; « noyant en quelque sorte le poisson », souvent d’ailleurs tout simplement par peur de faire de la peine…

Mais alors que la femme Poissons va s’abandonner avec tout son être aux élans de son amour, que l’amour sera, en quelque sorte, son état naturel, celui dans lequel elle baignera, celui qui la fera vivre dans un rêve enchanteur, et qu’il n’y aura de sa part ni retenue, ni barrière d’aucune sorte, ni d’obstacle insurmontable, en revanche, dans le thème d’un homme Poissons, il y aura cette espèce de hantise d’être pris au piège : « Il y a des hommes, écrivait Sacha Guitry, qui n’ont que ce qu’ils méritent. Les autres sont célibataires. » Sacha Guitry était, bien entendu, avec tout son charme et son amour de la femme, et sa crainte qu’on lui mette un fil à la patte, un homme Poissons. Conception et approche de l’amour très différentes, on le voit.

Comment se comporte donc une femme Poissons amoureuse ? La femme Poissons cherche à s’amarrer dans un port : elle espère trouver auprès de l’homme tendresse, douceur et compréhension. Si elle ne trouve pas cet homme (qui doit la combler aussi bien affectivement que sensuellement, car c’est une grande sensuelle), elle va d’errance en errance, d’amour en amour, courant de bras en bras, cherchant toujours l’amour parfait. Si elle parvient à trouver son équilibre près d’un homme, c’est une épouse dévouée, fidèle, compréhensive, qui adore son mari, qu’elle idéalise et qu’elle pare de toutes les qualités, dévouée à son foyer et à ses enfants. C’est la femme ne vivant que pour sa famille.

Mais si elle est malheureuse, alors elle s’enferme dans l’univers clos de la Maison XII. C’est alors la liaison parallèle qui peut durer des années (et que d’ailleurs souvent l’entourage ignore) : c’est son jardin secret… Car il ne faut pas s’attendre à beaucoup de moralité chez une femme Poissons. La femme Poissons a des aspirations infinies mais elle n’a aucun sens de la « morale » dans le sens traditionnel où on l’entend généralement. Elle est même, à la limite, peut-être tout simplement « amorale ». Certaines femmes Poissons cherchent dans le tabac, l’alcool (ou la drogue), ce paradis artificiel qui ne leur est pas donné dans la vie ; et pour d’autres, c’est (lorsque Vénus est importante dans leur thème) dans les bras d’un homme qu’elles vont chercher cet oubli de la médiocrité de la vie, parfois de leur propre vie ; d’où le risque, souvent, d’être cruellement déçue…

Que cette créature de rêve ne coïncide pas avec la réalité et que le Poissons amoureux idéalise trop l’être aimé, c’est en effet ce qui risque, bien souvent, d’arriver. C’est toujours le risque que l’on court dans un amour Poissons ; amour qui peut être utopique, insensé, chimérique… L’amour est alors en déphasage complet avec le réel. Ce fut le cas, par exemple, d’une héroïne typiquement Poissons, Emma Bovary (Gustave Flaubert, d’ailleurs, n’a-t-il pas dit : « Madame Bovary, c’est moi » ? Il n’avait une planète aux Poissons, mais maîtresse de l’Ascendant).

Comment tombe-t-on amoureux d’une femme Poissons ? La femme Poissons passe souvent inaperçue. Elle n’accaparera pas immédiatement votre attention. Elle ne s’imposera pas avec l’autorité (voire l’agressivité) d’une femme Bélier. Mais elle s’insinuera dans votre vie. Et, sirène pleine de charme, c’est elle qui vous prendra dans ses filets.

Quant à l’homme Poissons, il va vivre sur plusieurs modes cette quête amoureuse. Il sera ou bien cet éternel Casanova, ce don Juan (Don Juan Tenorio naquit un 3 mars) coureur impénitent, en quête d’émotions fortes, ou bien un père de famille tranquille, chaleureux, rassurant, cela suivant qu’il sera plutôt neptunien ou jupitérien, les deux extrêmes coexistant quelquefois chez un même Poissons. Si sa vie vient à se désagréger, si son couple se démantèle, il est rare qu’il prenne vraiment une décision, si ce n’est parfois la fuite. Comptant en quelque sorte sur l’improbable pour que les choses s’arrangent, il vit ainsi entre deux chaises, s’en accommodant et se refusant à trancher. Ces tergiversations le rendent ainsi, malgré lui, cruel. Cet amoureux fervent suscite de violentes passions. On se laisse prendre à son charme, on n’oublie pas son regard, on guérit mal de ces amours aux contours un peu flous, où rien n’est dit, où tout est suggéré et dans lesquelles on se noie.

Nous verrons dans les Astromariages de la femme et de l’homme Poissons ce qu’il en résulte concrètement.

Le Poissons et l’Amitié

Un être rayonnant et magnétique

Le Poissons exerce comme tous les signes d’Eau, mais peut-être d’une manière plus impalpable que le Cancer et le Scorpion, un certain magnétisme sur son entourage ; il devient donc assez facilement un centre de rayonnement autour duquel gravitent ses proches, ses amis. Parce qu’il a une vision « double » et des attaches à la fois avec le monde spirituel et le monde matériel, et qu’ainsi il perçoit en quelque sorte les deux côtés des choses, il est souvent celui vers lequel on va. Parce qu’il est sensible aux problèmes des autres, on se confie à lui.

Comme l’a dit Swami Kriyananda, le Poissons est sympathie universelle. La préhension et la compréhension affectives l’emportent sur l’analyse lucide et froide. Ne nous étonnons donc pas qu’il sache écouter, encourager et soutenir ceux qui viennent à lui.

Fondamentalement désintéressé, il cultive mieux que quiconque cette pensée des Actes des apôtres : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Le philosophe Alain, natif des Poissons, n’a-t-il pas écrit : « On peut être plus sensible aux maux d’autrui qu’à ses propres maux, et sans hypocrisie. » Un fait est certain, le Poissons agit sans rien attendre en retour, de façon totalement désintéressée. Et, d’ailleurs, le blesse-t-on qu’apparemment il ne réagit pas. Il semble même parfois à son entourage que les choses ne l’atteignent pas, qu’elles glissent rapidement sur lui. Aussi oublie-t-il aisément. Pour cette raison, il est parfois considéré comme une trop « bonne pâte » par son entourage… Mais il sait aussi se rebiffer, mais à contre-courant. Qu’il donne trop, sans discernement, que sa générosité lui joue souvent des tours, c’est vrai. Certains yogis se plongent dans une rivière jusqu’au cou et se concentrent sur les courants frôlant leur corps, tandis que, petit à petit, leur mental commence à perdre son attachement à l’ego et flotte librement avec les courants de la vie ; parfois ils se couchent sur le dos dans l’eau – posture dite du poisson – et se laissent porter sans résister aux vagues : cet abandon aux vagues symbolise l’abandon à la grâce divine ; telle est souvent l’attitude des Poissons

Acceptation passive de la souffrance ou amour infini ?

Est-ce passivité ou don parfait de soi dans l’océan de l’amour infini ? Le Poissons n’est pas toujours un sage yogi… Mais une chose est certaine, c’est qu’il s’attend rarement à être payé en retour. Il peut se tromper, mal discerner l’autre et se faire « gruger », escroquer, tout cela passera loin de lui grâce à sa faculté d’oubli. Aussi, même s’il reconnaît s’être trompé, il affirmera ne rien regretter.

Parce qu’il a besoin de se sacrifier, le Poissons sera toujours là quand vous aurez besoin de lui.

Un être d’amour plus que d’amitié

S’il est tolérant pour les autres, s’il a tendance à excuser son entourage, il a une propension à s’excuser lui-même de tout. C’est peut-être sa force, c’est aussi sa faiblesse. Influençable, car trop sensible à l’atmosphère, il s’intègre à tous les milieux, avec une égale aisance – ou inconscience. Il est faible, mais ne le sait pas toujours. Sa curiosité, son goût pour le mystère l’amèneront souvent à tout essayer.

L’amitié d’un homme Poissons et celle d’une femme Poissons est-elle semblable ? Il existe des points communs entre ces deux types d’amitié mais aussi des différences…

La femme Poissons se lie facilement d’amitié mais peut paraître la reprendre aussi vite : elle ne donne plus signe de vie. A-t-elle pour autant oublié l’autre ? Il est sorti de son sillage ; mais au détour de la vie et de ses cheminements, leurs destins se recroiseront peut-être…

L’homme Poissons est un ami compréhensif avec lequel les rapports sont étranges et fluctuants. Il lie avec les femmes des liens très forts dans la mesure où sa nature sensible et « féminine » le rend plus accessible à l’univers féminin que les hommes des signes « masculins ». Les rapports des natifs des Poissons entre eux sont mystérieux pour l’entourage, mais durables. A travers des périodes où l’un et l’autre disparaissent puis se retrouvent, il demeure des liens impalpables qui semblent défaits et pourtant existent toujours entre eux. Leur entente est faite de compréhension et d’indulgence : ils se connaissent bien et leurs défauts sont si semblables qu’ils en rient ensemble… Ils se comprennent à demi-mot.

Le Poissons et son Education

Votre enfant est du signe des Poissons : c’est un enfant calme, plutôt timide, doux, rêveur, très affectueux. Mais d’ores et déjà apparaît dans son comportement un halo d’imprécision qui flotte autour de lui, une impression d’inachèvement qui risque de s’aggraver lorsqu’il grandira et de peser alors lourdement sur sa vie.

Comment y remédier, sans aller contre ses tendances naturelles généreuses, rêveuses quoique un peu confuses, floues, et éviter qu’elles se transforment en hésitation, en indécision, en ballottement perpétuel, en velléités, en dispersion ? Comment faire pour que sa vie ne soit pas un éternel « flottement » ; pour qu’il ne se laisse pas entraîner par n’importe quel courant ?

N’en fait qu’à sa tête

Très malléable, votre enfant ne posera pas les problèmes que posent à leurs parents les enfants des signes fixes, souvent têtus, voire « tête de mule » ! C’est un enfant gentil assurément. Mais ne vous y trompez pas : il ne vous prendra pas de front, il ne vous dira pas non ; il ne se heurtera pas à vous – apparemment, il sera même extrêmement docile ; mais si vous l’observez bien, vous remarquerez qu’il n’en fait le plus souvent qu' »à sa tête ».

Si vous le heurtez, si vous vous montrez très autoritaire, il ne dira rien, mais vos remarques n’auront aucune portée… Elles couleront littéralement sur lui (il est probable qu’il ne vous écoutera même pas !), et vous vous apercevrez que cela ne sert à rien…

Lui apprendre l’effort

Il est sensible, affectueux : faites appel à son cœur ! Il ne vous décevra pas. Mais ne le blessez jamais, ne criez surtout pas. Il repartirait alors dans ses rêves et s’isolerait dans un monde dont vous ne parviendriez plus à le faire sortir. Très ouvert parce que réceptif, il s’intéresse à tout ; mais il ne retiendra que ce qui frappe sa sensibilité. Et il aura des choses une vision plus globale que précise : il a la mémoire de ce qu’il ressent, sa façon d’appréhender le monde n’est pas toujours logique mais il s’y retrouve.

Néanmoins, il est nécessaire de lui faire acquérir deux choses qui lui font défaut : un minimum d’organisation et le sens de la compétition, de la lutte, de l’effort, disons de l’effort persévérant, à long terme. Il va donc falloir lui apprendre à s’organiser afin de ne pas le laisser se noyer dans un verre d’eau, lui apprendre l’ordre – et ce sera sans doute le plus difficile, car il n’en a guère ! Vous devez lui montrer comment régler ses problèmes avec un minimum de méthode (à ne pas commencer un livre par la fin, un devoir par la conclusion, par exemple). Mais, surtout, poussez-le à aller au bout de tout ce qu’il entreprend, à ne pas s’arrêter en chemin, afin qu’il ne prenne pas l’habitude de rester dans l’informe, dans l’incréé. Aux Poissons, ce ne sont pas les idées qui manquent, mais les seuls Poissons qui réussissent sont ceux qui vont au bout de leurs idées, quel que soit le domaine choisi. Donc, lorsque votre enfant a pris une décision, par exemple faire de la danse ou de la peinture, faites en sorte qu’il s’y tienne ! Bref, qu’il ne change surtout pas constamment d’avis. En cela soyez ferme. Dites-vous bien que s’il ne prend pas l’habitude, maintenant, d’aller jusqu’au bout de ses actes, cette tendance à l’inachèvement ne fera que s’accentuer avec l’âge. Apprenez-lui aussi à prendre seul ses décisions : sinon il fera partie de ces gens qui ne peuvent rien faire sans demander l’avis de tous – et qui finalement ne prennent aucune décision. Il y a chez les Poissons un refus de l’engagement, une fuite devant les responsabilités contre lesquels il faut lutter.

Il est certain que votre enfant n’est pas un « bagarreur » ; il faut pourtant lui apprendre à se battre dans la vie : il en aura besoin… Pour cela, même si au départ il n’est pas très porté sur les activités physiques, faites-lui faire un peu de sport, les meilleurs étant pour lui la marche et, bien entendu, la natation. Mais trouvez-lui des jeux où s’exerce une certaine « compétition » ; car il est aussi très important pour lui d’acquérir la notion essentielle d’affrontement avec les autres, d’affrontement avec la vie. Dans notre monde, il y sera contraint, et notre monde ne lui fera pas de cadeau. C’est un problème qu’il, faut résoudre dès l’enfance chez le Poissons. Il faut en effet lui apprendre à livrer la bataille de la vie car, d’instinct, le Poissons est plutôt passif et a tendance à se laisser vivre, voire à dormir sa vie…

L’enfant Poissons est souvent un dilettante

Enfin, soyez ferme mais patient : ne faites pas un drame pour un mauvais livret scolaire, par exemple. Dites-vous que votre petit Poissons a son rythme à lui. Il peut très bien démarrer brusquement. Voyez s’il n’a pas un problème de fatigue ou de santé : c’est fréquent chez un Poissons. Finalement, votre enfant progressera selon sa nature. Tout ce qu’il « capte », il l’enregistre, et il en tirera profit par la suite. Il ira alors probablement au-delà de ce que vous attendiez de lui. Mais il aura toujours un côté -« dilettante », car, en fait, reconnaissons-le, le Poissons n’est pas toujours très ambitieux. Et si votre enfant appartient à ce signe, essayez de comprendre ses désirs au lieu de lui imposer vos propres volontés. On connaît la fameuse boutade d’Einstein : « J’aurais préféré être plombier !  » Elle traduit peut-être un désarroi qui existe chez tout Poissons ; et si l’on peut se féliciter qu’Einstein n’ait pas été plombier, on peut penser qu’il est pourtant des enfants qui sont des Poissons rêveurs et charmants auxquels on demande peut-être trop, surtout dans notre enseignement actuel, et que l’on va en quelque sorte écraser. Une chose est sûre : ne brisez pas, ne bridez pas son imagination… Une activité artistique permet souvent aux Poissons d’exprimer leur sensibilité et par là même de s’extérioriser.

Et puis, ne soyez pas trop inquiet pour votre Poissons. Bien sûr, il a son univers à lui mais au moment où vous vous y attendez le moins, à un tournant de sa vie (peut-être tout simplement lors d’un transit de Jupiter ou de Saturne), d’un coup de nageoire rapide, il rattrapera les autres. Les antennes qu’il a sur le monde grâce à Neptune lui permettent de capter tout. Il saisit les choses, bien sûr de façon parfois un peu floue parce que globale ; il n’entre pas dans le détail ; mais il va plus loin, au-delà de la compréhension courante… Et il vous étonnera sûrement.

Dans la vie, parfois contre toute attente et alors que le départ n’aura pas été fulgurant, vous verrez qu’il s’en tirera beaucoup mieux que l’on aurait pu le penser. Citons le cas d’un enfant qui fut loin d’être un « surdoué »! Il mis des années pour apprendre à lire ; c’était un élève médiocre ; il fut recalé à l’École Polytechnique de Zurich : cet enfant s’appelait Albert Einstein ! Mais une chose est certaine, c’est que s’il est aux Poissons de grandes réussites, le natif ne se prendra pas au sérieux pour autant ! C’est d’ailleurs souvent un des signes les plus « bohèmes » qui soient. Si le natif parvient au succès (Jupiter, gouverneur traditionnel des Poissons, est significateur de la chance), le problème pour lui consiste plus à « réussir sa vie » qu’à « réussir dans la vie » ! Et n’est-ce pas l’essentiel ?

Le Poissons et son Travail

Dans le travail, le Poissons a les défauts de ses qualités.

Il crée selon ses vues, qui sont parfois démesurées ; il travaille au rythme qui lui est propre, et qui n’a souvent rien à voir avec le rythme imposé dans une entreprise ; il a le sens de l’humain et il a besoin d’être utile aux autres.

Il s’infiltre dans un milieu ; il se fond dans une ambiance quand elle est favorable ; il s’éloigne et prend la fuite quand il s’y sent mal à l’aise. C’est pourquoi il se tirera d’affaire dans des situations très embrouillées, car il saura « nager entre deux eaux ». Mais son destin professionnel n’est pas toujours très stable ! Il changera plusieurs fois de travail jusqu’à ce qu’il ait trouvé vraiment sa voie, et souvent il ne la trouvera qu’après plusieurs détours, plusieurs expériences. En outre, sa manière de travailler est très personnelle. Il travaille par à-coups ; en apparence il s’organise mal mais, finalement, son travail se révèle positif.

Comment trouve-t-il sa voie ?

Très souvent, c’est en ne suivant pas les sentiers battus que le Poissons trouve sa vraie voie. Bien des Poissons ne paraissent pas faire le travail qui leur convient. Il ne faut pas confondre la situation matérielle avec la réalisation personnelle… On peut très bien ne pas avoir trouvé sa voie professionnelle et travailler dans un cadre qui ne convient pas toujours parfaitement, ou dans une ambiance que l’on ne trouve pas idéale. Mais on le fait pour gagner sa vie.

Certains Poissons ne vont pas reconnaître leur profession dans la liste qui va suivre, mais peut-être parce qu’ils se placent, tout simplement, non pas au niveau de l’intérêt professionnel mais à celui de la subsistance ; parfois, dans ce cas, le travail est un instrument mais n’est pas vraiment un engagement. La solution Poissons est d’ailleurs souvent d’avoir une activité parallèle, ce que les Anglais appellent tout simplement un hobby. Alors, si le travail ne correspond pas à ses aspirations profondes, le Poissons vivra autrement son besoin de donner, son altruisme, son aspiration à l’infini. Et c’est ainsi que l’on trouvera des Poissons qui s’occuperont d’une oeuvre sociale, qui s’intéresseront à la psychologie, à l’essence de l’homme ou tout simplement à l’astrologie. La Maison XII est d’ailleurs celle des astrologues, des médecins, des mystiques et des prêtres.

Les vocations du signe

Si on examine le destin d’hommes qui se sont vraiment réalisés et qui ont pu faire coïncider leur vie avec leurs aspirations, c’est-à-dire vivre ce qu’on appelle une « vocation », on trouvera d’abord dans les Poissons ceux qui, pour reprendre une expression de Jacques Berthon, sont en « conversation avec l’immensité du ciel ». Et ce seront alors, dans cette communion avec l’infini, les astronomes, les savants qui explorent les mondes inconnus, scrutent l’immensité du ciel pour y trouver la réponse à leurs aspirations. Et nous trouvons beaucoup d’astronomes parmi les natifs des Poissons : Flammarion, Galilée (Soleil, Mercure, Vénus en Poissons), Newton (Lune, Saturne en Poissons), Copernic (Soleil, Lune, Mercure en Poissons), Herschel (Soleil et Mercure en Poissons), Le Verrier (Soleil en Poissons), pour n’en citer que quelques-uns. On trouvera aussi de grands savants qu’aucune conception audacieuse n’effraiera, tel Einstein.

Il y a chez les Poissons un côté plus intuitif que logique ou analytique. C’est donc par des chemins et des voies qui n’appartiennent qu’à lui que le natif « arrive ». Qu’il y ait eu aussi de grands inventeurs marqués par le signe n’étonnera pas. Citons Gustave Eiffel, ingénieur (Jupiter en Poissons).

Tout ce qui vibre est transmis aux Poissons

La Maison XII est une Maison « occulte ». On peut dire, comme l’a fait Jean Carteret, que si beaucoup d’astrologues sont Poissons ou ont les Poissons en Maison XII, il n’y a, hélas, pas beaucoup d’astrologues qui ont une Maison XII. Comme le signe, elle fait des astrologues humains. Des astrologues qui sont en mesure de comprendre les autres parce qu’ils ont eux-mêmes souffert, parce qu’ils sont ouverts, totalement et infiniment disponibles aux autres ; parce que, tout simplement, leur compréhension de l’autre est affective et non intellectuelle. Citons, dans le passé : Regiomontanus, auteur de Tables, Morin de Villefranche (Soleil, Vénus, Jupiter, Saturne, Lune en Poissons), Julievno, astrologue du siècle dernier. Et, à notre époque : Henri Gouchon, auteur notamment d’un ouvrage synthétique sur l’astrologie : le Dictionnaire astrologique ; Jacques Berthon, astrologue-psychanalyste. Pour ce dernier, « les sciences occultes L…] semblent constituer en quelque sorte un talisman contre l’envoûtement de l’invisible. C’est le cas de Morin de Villefranche avec cinq planètes en Maison XII.

Les Poissons perçoivent les ambiances de plein fouet, sont totalement sensibles à ce qu’ils « ressentent », vivent en communion avec le monde ; il n’est donc pas étonnant de trouver parmi eux un nombre impressionnant d’artistes et d’écrivains.

Écrivains ouverts aux autres, en véritable symbiose avec le monde, tels furent Victor Hugo, Bernanos, tous deux natifs des Poissons ; Gilbert Cesbron (Lune et Vénus en Poissons) ; Zola (Vénus et Uranus en Poissons). D’autres s’ouvriront à l’infini, au divin, tel Paul Claudel (Lune en Poissons).

Aux Poissons nous trouvons tous ces voyageurs sans but défini – cherchant l’évasion, l’oubli —, tels ces jeunes qui, sac au dos, parcourent le monde. Leur recherche n’est-elle pas une véritable quête… mystique ? Oui, certains iront se perdre sur les chemins de Katmandou. Mais leur quête, au départ, est sincère…

On a d’ailleurs parlé d’une véritable « mystique hippie », celle de ces jeunes qui rejettent le mode de vie et les valeurs matérialistes d’un système social fondé sur la volonté de puissance, la violence et la guerre. Guidés par de véritables « chefs spirituels » à l’origine (hippie viendrait de « hip » qui signifie : celui qui sait, celui qui comprend, donc initié), ce mouvement voulait « réveiller et faire renaître la tendresse dans le cœur de l’homme », comme le déclara un boo-hoo, sorte de prêtre hippie, à Michel Lancelot : « Nous cherchions la joie dans la beauté, les couleurs et les fleurs. Enfin, et surtout bien sûr, nous voulions connaître Dieu. »

Ce besoin d’atteindre Dieu par la simplicité de l’âme, le dépouillement de la vie et l’amour pour les autres n’est-il pas à l’origine de tous les mouvements spirituels et à la source de toutes les évolutions ?

Désirant atteindre l’extase sans passer par les épreuves de l’ascèse et de la mortification, le mouvement chercha l’expérience « psychédélique » (qui exalte l’esprit) dans la drogue, destinée à faire naître une « prise de conscience cosmique ». Mais, du fait que, depuis 1968, les hippies ont été rejoints par de jeunes fugueurs : les « runaways », du fait que le mouvement a connu une certaine décadence, les hippies ne s’abreuvent plus, comme à l’origine, à des sources spirituelles (mystique de Diogène vivant dans son tonneau, ou des premiers chrétiens, mettant leurs biens en communauté, partageant le goût aussi de saint François d’Assise pour la pauvreté, ou mystique orientale dans une sorte de vaste Panthéon où l’on trouve côte à côte Bouddha, Gandhi, Tagore et les maîtres Zen, etc.) ; ils préfèrent à une recherche spirituelle personnelle la facilité apparente qu’offre le « trip ». Certains, pourtant, après avoir chanté le L.S.D., l’ont abandonné pour une discipline personnelle : le yoga, par exemple.

Nous avons rencontré de nombreux Poissons qui sont passés par de telles expériences : il y a là une recherche « mystique » réelle. Mais il faut noter que si les drogués psychédéliques partagent la même intensité de conscience, la même acuité de l’esprit et des sens (comme l’a exprimé A. Huxley), et emploient des métaphores mystiques identiques, cette approche de la drogue semble être celle de ceux qui ont auparavant eu connaissance des traditions mystiques, et non le contraire… Il n’y a là aucune trace d’ascétisme : l’état de communion et de plénitude passagère est créé artificiellement. Et les risques d’accoutumance menacent l’équilibre psychique, et la santé. Ces drogues, médicinales à l’origine, étaient appelées psychomimétiques, selon une théorie qui voulait qu’elles produisent un état de schizophrénie modèle. Il importe de souligner dans cette utilisation des drogues l’absence de toute suggestion de valeur religieuse ou de possibilité mystique… Mais c’est un chemin qui a tenté bien des Poissons ; en effet, il y a au cœur de l’expérience mystique et de l’expérience psychédélique une ressemblance : elle réside dans l’écroulement des limites normales, des catégories et des règles qui guident l’esprit diront les uns, qui l’emprisonnent pensent les autres ; là réside l’attirance des Poissons, là est le risque aussi pour eux (du fait de leur extrême fragilité nerveuse)…

Démesure, médiumnité, télépathie

L’oeuvre des natifs des Poissons sera toujours empreinte d’une certaine démesure, marquée par une imagination féconde, une création touffue. Citons Michel-Ange, qui peignit le Déluge dans la chapelle Sixtine, Daumier (Soleil, Mercure, Mars en Poissons), Auguste Renoir (Soleil, Neptune, Ascendant, Lune, Mercure, Jupiter en Poissons ! ), Léonard de Vinci (Lune en Poissons).

Les musiciens du signe sont aussi féconds et leur production est également marquée par l’ampleur caractéristique du signe : Honegger, Rimski-Korsakoff, Rossini, Chopin, natifs des Poissons, Bach (Neptune, Vénus, Mercure dans le signe).

Que la création, l’imaginaire, la poésie, la musique, l’art soient des domaines où le Poissons est à l’aise n’est pas pour nous étonner. Mais il est aussi des Poissons philosophes et, parmi eux, il faut citer Hôlderlin (Soleil, Mercure, Vénus dans le signe), Montaigne, Alain, natifs des Poissons, Schopenhauer (dominante Poissons). Avec Rudolf Steiner, nous pénétrons dans le monde de l’occultisme : il écrivit une centaine d’ouvrage théosophiques, créativité bien prolifique des Poissons.

Le signe est celui de toutes les professions qui se rattachent à la Maison XII, c’est-à-dire aux univers « clos » dans lesquels le natif pourra développer ses sentiments de compassion, d’aide à autrui. Psychologues, psychanalystes, psychiatres, médecins, prêtres, astrologues, voyants, médiums sont bien souvent des Poissons ou possèdent dans leur thème une note Poissons dominante. Toutes les professions paramédicales, du magnétisme à la guérison psychique, en passant par la médecine philosophale sans oublier les rebouteux et les guérisseurs, sont des vocations propres aux Poissons.

Les natifs du signe se retrouvent aussi aujourd’hui dans les grands organismes internationaux qui mettent l’accent sur les problèmes humains à l’échelle mondiale.

Quant aux hommes politiques, ils sont rares aux Poissons ; ceux qui ont réussi se sont engagés pour défendre les grandes causes universelles : Washington, célèbre président des États-Unis, Aristide Briand qui soutint les travaux de la Société des Nations, René Coty. Sans oublier Charles-Quint qui réunissait les qualités d’un grand homme d’État et d’un sage puisqu’il décida de finir sa vie dans un monastère – dualité typiquement Poissons.

C’est aux Poissons que l’on trouve la plupart des mystiques car le signe est, dans son essence même, empreint de mysticisme. Citons Ramakrishna, Pie XII ; des saints, des ascètes, des sages, tournés vers l’humain et cherchant à soulager la souffrance des hommes, étaient marqués par le signe : saint François de Sales (Lune en Poissons), sainte Thérèse d’Avila (Lune en Poissons avec un Soleil « ardent » en Bélier).

Nous voyons ainsi que le natif des Poissons préférera souvent « se réaliser » plutôt que « réussir » à tout prix, bien que cette attitude soit souvent considérée comme étrange. Et pourtant, n’est-ce pas là l’essentiel, comme le notait dans son Journal Anaïs Nin, native des Poissons ? « De même, dit-elle, que le plongeur sous-marin transporte des bouteilles d’oxygène, de même nous devons transporter le noyau de notre développement individuel, pour résister aux pressions, aux pressions destructrices du monde extérieur. »

Le Poissons et l’Argent

Quelle est l’attitude des Poissons vis-à-vis de l’argent ? Là encore il est difficile de généraliser. Disons que les Poissons ont une attitude très contradictoire sur ce problème. La fortune peut tenter le natif mais ne le retient pas ; les honneurs ne l’intéressent qu’à moitié… On le dit désintéressé, ce n’est pas toujours vrai. On trouve de grands industriels, de gros spéculateurs dans le monde des Poissons mais, si la réussite peut être exceptionnelle et si l’on assiste alors à la construction d’édifices grandioses, la fortune peut être instable, voire éphémère ; et accidentelle.

Si, dans le thème, existe une dissonance au niveau matériel, on trouve une attitude qui oscille entre un désintéressement complet et un côté totalement « chimérique »… C’est d’ailleurs souvent l’attitude du Poissons face à l’argent. Il y a dans de tels thèmes des rêves qui ne se réalisent pas, des spéculations qui tournent en quenouille ! C’est alors un monde d’utopie, de mirages où la pêche est parfois miraculeuse, inattendue, soudaine, comme elle peut n’apporter rien du tout ; et le bateau finira par faire naufrage ! Cela arrive aussi. Les fortunes s’édifient, puis s’effondrent tout aussi vite. Or, malgré tout, le Poissons n’est pas sans rechercher une sécurité matérielle, dans le cas, notamment, où Jupiter est important dans son thème. Mais ce n’est pas tellement pour l’argent en soi que le Poissons veut alors « avoir », mais parce qu’il a horreur d’une vie médiocre et qu’il fait preuve là aussi d’une certaine démesure. Et c’est ainsi que l’on rencontre aussi bien des Poissons totalement démunis et qui s’en moquent complètement (ils ont généralement une Maison XII importante et vivent « chez eux » dans leur univers clos, retirés, isolés du monde et du bruit) que des Poissons très riches mais qui, finalement, restent toujours égaux à eux-mêmes et ne font pas grand cas de leur fortune. Et bien souvent, même, cela les aide tout simplement à rendre les gens heureux autour d’eux, à les combler de cadeaux et à répandre leur générosité de façon tellement « prolifique » que leurs finances sont très vite menacées, quand ils ne finissent pas par sombrer dans la faillite et dans la ruine (ce qui, avec un transit de Saturne, planète de restriction et de difficultés, peut les menacer un jour ou l’autre). Car ils ne sont ni très prévoyants, ni très intéressés. Et surtout pas avares ou économes. Ce sont généralement de vrais « paniers percés ».

De coups de chance en revers de fortune

Ils vivent au jour le jour sans compter. Ils peuvent, du jour au lendemain, après avoir connu la fortune, se retrouver sans le sou, et s’en accommoder. Leur gestion n’est guère rationnelle…

Il est des Poissons « requins » mais ils sont rares. Il est des Poissons qui réussissent par des chemins tortueux. Il est des Poissons « brasseurs de rêves impuissants » qui ne feront jamais fortune mais vivront toute leur vie dans ce mirage, véritable miroir aux alouettes… Mais, disons le bien, pour la majorité des Poissons, là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est le rêve, le mirage, l’inaccessible, l’infini. Alors pourquoi pas l’argent ? Mais le Poissons n’est pas à l’aise dans le concret. Il s’évade alors ; il pense à autre chose. Se concentrer sur un problème matériel ne l’intéresse qu’un moment. Cela n’exclut pas la chance. Il peut avoir une veine insolente. Mais le faste, le décorum, le cérémonial l’ennuient. Ainsi, Boris Kouznetsov nous raconte comment Einstein, lors d’une soirée importante où les « membres de la commission se retrouvèrent à dîner », paraissait absent : « Une musique accompagnait en sourdine le repas.

Brusquement, il se leva, demanda au violoniste de lui prêter son instrument et commença à jouer.

Le sourire revint alors sur ses lèvres, ses traits se détendirent comme s’il s’abandonnait à un rêve [et le rêve est tellement important pour le Poissons ! ]. Il ne paraissait guère songer qu’il se donnait ainsi en spectacle sur l’estrade d’un restaurant mondain devant tant d’yeux rivés sur lui. Et il semblait croire qu’il était seul, et il jouait comme s’il lavait toute l’amertume accumulée du monde. »

Il est certain que les Poissons agacent souvent leur entourage dans la mesure où on ne peut pas les cataloguer. Or, notre monde aime mettre une étiquette sur chacun : avec les Poissons, mieux vaut y renoncer… Ils vivent dans le monde du frémissement et de l’intuition fugace, dans une sorte de rêve permanent, prêts à tout recevoir, à tout accueillir, non sans une pointe de naïveté qui peut surprendre leurs proches. La vie quotidienne les terrifie bien davantage que l’extraordinaire, l’imprévisible, l’irréel auxquels ils s’adaptent merveilleusement…

L’essentiel est ailleurs

Dans ce monde étrange où le détail prend une importance extrême, le drame sera surmonté avec un courage inébranlable. Son besoin d’être aimé ne rend pas toujours le Poissons très perspicace. Aussi aura-t-il du mal à se sortir de certaines situations où il s’est fourvoyé lui-même par inconscience : il peut baigner dans une atmosphère floue et vague qui charme les autres mais le désespère lui-même…

On ne comprend pas le Poissons, la plupart du temps, parce qu’il s’inscrit mal dans la réalité du monde actuel « matérialiste », parce qu’il n’est jamais ce que l’on appelle de nos jours un « spécialiste », parce qu’il « s’éparpille ».

Pour lui, il s’agit seulement de s’ouvrir aux sollicitations multiples du monde…

Peut-être pour toutes ces raisons la réussite du Poissons sera-t-elle pour son entourage quelque peu mystérieuse, indéfinissable.

Elle sera toujours fragile, en tout cas.

Car il n’est pas certain qu’une fois parvenu au sommet d’une réussite le Poissons n’en sera pas lassé, et ne laissera pas brusquement, un beau jour, tout tomber.

Les autres ne comprendront pas : pour lui ce sera normal, puisque l’essentiel est finalement « ailleurs »…

Le Poissons et sa Santé

Le signe étant en analogie avec la douzième Maison qui est celle des épreuves et des grandes maladies, il est bien évident que les natifs des Poissons auront souvent des problèmes de santé et qu’ils ne seront pas toujours dotés d’une constitution très robuste. Pourtant, ils seront plus résistants que leur entourage ne le pense généralement. Néanmoins, la maladie est souvent difficile à déceler, car l’influence de Neptune – qui nous conduit au seuil de notre propre inconnu et est, en soi, la planète du mystère et de l’insondable – va donner aux maladies Poissons une forme mystérieuse. Le diagnostic sera souvent difficile à faire. Avec Neptune, tout est flou, mouvant, souvent déformé, et c’est à travers ce miroitement neptunien que le natif des Poissons vivra son malaise.

Très réceptif à l’ambiance, le Poissons risque d’être immédiatement contaminé s’il côtoie une personne atteinte d’une maladie infectieuse et l’influence jupitérienne pléthorique alliée à l’influence neptunienne dissolvante auront évidemment tendance à permettre à la maladie de se développer très rapidement. Le natif des Poissons envisagera tout de suite le pire. C’est ainsi que dans une lettre à l’abbé Lagrange en mars 1905, Bernanos, natif des Poissons écrivait : « Depuis longtemps – à cause de ma jeunesse maladive et des précautions qu’on me faisait prendre —, je crains la mort et par malheur, peut-être mon ange gardien dirait par bonheur, j’y pense toujours. La plus petite indisposition me semble le prélude de cette dernière maladie dont j’ai si peur. Et ce sont des mélancolies sans fin, contre lesquelles je n’avais pendant longtemps et encore l’année dernière qu’un seul remède, m’étourdir. »

Il est certain que le natif des Poissons, surtout lorsque Neptune est important, se sent prisonnier de forces obscures contre lesquelles il ne peut lutter et qu’il risque, si le thème est particulièrement dissonant, de s’enfermer dans cet aspect maladif qui lui permet de fuir certaines responsabilités et de se complaire dans ce rôle d’éternel malade… Il est bien entendu que c’est là un cas extrême. Une hypothèse doit pourtant toujours être faite lorsqu’on est en face d’un malade natif des Poissons – ou dont le thème comporte des valeurs Poissons très valorisées : un Poissons mal aimé peut vraiment tomber malade pour qu’on s’occupe de lui, et l’on a alors affaire à des troubles d’autant plus confus qu’ils sont d’ordre psychosomatique. Le Poissons mal aimé, ou qui croit l’être, espère ainsi attirer l’attention de son entourage – souvent d’ailleurs inconsciemment ! Il ne faut donc jamais, notamment dans le cas d’un enfant Poissons, écarter cette hypothèse. La maladie va souvent avoir sur le Poissons des résonances importantes car s’il est des malades qui savent se soigner, ce n’est pas son cas. La maladie va le décourager, et il risque de s’y enfoncer sans savoir comment s’en sortir. Il consulte en général beaucoup de médecins mais change constamment de traitement, ce qui bien entendu ne favorise pas son rétablissement rapide. Il y a aussi parfois dans la maladie une fuite des responsabilités, la maladie étant alors ce qui lui permet d’échapper au quotidien de la vie..

Soigner un malade Poissons, c’est d’abord soigner son psychisme car le Neptunien, qui vit au seuil de l’inconnu, a un psychisme fragile. Même s’il connaît sa fragilité, il ne peut pas toujours lutter contre elle. Sa sensibilité est parfois morbide, et l’errance de l’âme le conduit vers les enlisements les plus obscurs du psychisme. Dans ce climat de noyade, nous trouvons aux Poissons des êtres qui se sont engloutis dans l’alcool, ou cherchent dans l’ivresse des stupéfiants l’oubli et quelques paradis chimériques où ils vont échouer ; et, naufragés de la vie, écrasés par des désirs immenses qu’ils ne peuvent satisfaire, ils fuient ainsi leurs responsabilités et cherchent de cette façon un abri qu’ils n’ont pas su se bâtir.

Le Poissons est, selon Rudyar, le signe du courage et de la foi ; car il lui en faut beaucoup pour lutter chaque jour contre vents et marées et ne pas se laisser happer par cet inconscient qui menace toujours de l’engloutir. Le Poissons, s’il n’a pas trouvé un but exaltant, perd l’espérance et use ses forces vitales dans cet état qui est celui de l’intoxiqué où il s’étale, se complaît, car il a le sentiment d’échapper au monde dans tout ce qu’il reflète pour lui de médiocre… Il est certain que de tels Poissons ne pourront s’en sortir que s’ils trouvent autour d’eux des idéaux à la mesure de leurs aspirations (religieuses, artistiques ou mystiques), qui leur permettront de se forger un abri intérieur et d’utiliser alors Neptune non plus de façon négative mais positive. N’oublions pas que le revirement des Poissons est toujours imprévisible, dans le bon sens, comme dans le mauvais.

Neurasthénie et délire de persécution

Le Poissons est souvent attiré par l’occultisme, par le spiritisme, mais il doit s’en méfier. Boris Pâque cite l’exemple de cet écrivain occultiste, Stanislas de Guaita : « Ses expériences avec les forces obscures finirent par lui coûter la vie ; né le 6 avril 1861 à 5 heures, il avait au signe des Poissons la Lune, Mercure et Neptune qui était en même temps le maître de l’Ascendant. »

Aux confins du monde, comme sa nébuleuse planète, le Poissons peut perdre pied avec le réel et s’enfoncer dans la folie. Ce fut le cas du célèbre danseur Vatslav Nijinski qui, né le 28 février 1890 à Kiev, finit sa vie dans un asile psychiatrique. Il peut sombrer également dans la neurasthénie ou souffrir d’asthénie. Mais il ne faut jamais négliger un état dépressif chez un Poissons car il peut très vite s’enfermer dans une espèce de délire de persécution.

Il est certain que le psychisme d’un Poissons est un psychisme qu’il faut éduquer : la relation des glandes endocrines avec le système nerveux n’est plus à démontrer.

Lymphatisme et consomption

En général, on peut rattacher à Neptune les problèmes glandulaires : là encore ce sont souvent des maladies difficiles à cerner et délicates à traiter. De tempérament lymphatique, le Neptunien pin- a tendance à manquer un peu d’énergie ; et l’on a avec Neptune ces natures languides et anémiques qui, autrefois, se mouraient de « consomption ». N’oublions pas que les voies respiratoires, et les bronches principalement, sont particulièrement fragiles chez le Poissons car ce signe est en croix avec l’axe GémeauxSagittaire et, pour peu qu’une dissonance importante existe dans le thème, nous rencontrons les Poissons que l’on disait autrefois « poitrinaires ». Tel fut le cas notamment de Chopin.

L’axe ViergePoissons est l’axe des consomptions et aussi celui des maladies intestinales ; par opposition avec le signe de la Vierge qui lui fait face, on a souvent aux Poissons une mauvaise assimilation, des troubles digestifs. Mais surtout, notamment si l’on a affaire à un Poissons jupitérien de type sanguin, le foie est paresseux et malmené, engorgé ; alors, tous les troubles hépatiques menacent le Poissons. Si Neptune correspond en général aux états chaotiques, et gouverne plutôt les maladies psychologiques, Jupiter, avec sa tendance pléthorique, entraîne évidemment les troubles du foie. Aux Poissons apparaissent également les problèmes de poids. Le natif ou la native des Poissons, à dominante jupitérienne, doit se battre pour ne pas grossir ! Les maladies de la nutrition sont alors fréquentes, notamment les maladies biliaires et le Poissons jupitérien devra surveiller sa vésicule biliaire. Alors que le Neptunien est un lymphatique, le Jupitérien est un hypertendu. Il mange beaucoup trop, et devra subir des tendances congestives du foie, des débordements biliaires, des coliques hépatiques ; s’il a des poussées de sang à la tête, la circulation sera à surveiller. Avec une sous-dominante vénusienne, on peut voir apparaitre, outre les troubles nutritionnels (avec obésité et cellulite), des oedèmes et toutes les éruptions et maladies de peau (Saturne sera alors dissonant).

Boris Pâque a noté à juste titre que les manifestations rhumatismales étaient fréquentes chez les natifs des Poissons, et qu’elles pouvaient entraîner des déformations. Dans la symbolique traditionnelle, les extrémités correspondant au signe des Poissons, ce sont les pieds et les mains qui pourront souffrir plus particulièrement de ces déformations rhumatismales. Les Poissons vont très souvent être amenés à consulter un pédicure ou, en cas d’accident, ils seront plus fréquemment atteints aux pieds que les natifs des autres signes.

Se soigner par la plante des pieds

Selon les psychanalystes, le pied aurait une signification phallique. En tout cas, aux Poissons et surtout aux Poissons à dominante vénusienne (VénusNeptune notamment), certains astrologues attribuent une prédisposition mentale au « délire érotico-mystique ». Boris Pâque évoque à cet égard « les Poissons et les poisons de volupté »… On peut aussi parler ici de fétichisme. La plante des pieds n’est-elle pas en quelque sorte une projection en miniature de chacun des organes de notre corps. Ce que redécouvre aujourd’hui la médecine, les Chinois ne l’ignoraient pas. On peut, selon ces nouvelles méthodes thérapeutiques, soigner et soulager certains maux en massant l’organe correspondant sous la plante du pied (cette méthode de massage des zones dites réflexes est appelée « réflexologie »). Il convient aussi de noter que ces massages des pieds sont extrêmement recommandés, de toutes façons, aux Poissons auxquels ils apportent une impression de détente et de relaxation. Ces massages sont très en vogue aux États-Unis notamment, où la méthode connaît un vif succès.

« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses », disait déjà Épictète.

Que peut faire un Poissons pour bien se porter ? Tout d’abord, marcher beaucoup et s’aérer. Il doit aussi, pour retrouver son tonus, se nourrir avec des aliments contenant de l’iode ; les fruits de mer sont particulièrement bons pour sa santé. En cas d’anémie, c’est le phosphate de calcium qui lui est conseillé, mais aux Poissons correspond le phosphate de fer. Selon le docteur Schussler, le sel, et notamment le sel marin, est excellent pour lui ; le chlorure de magnésium, selon André Barbault, « peut protéger des tumeurs à caractère diffusant correspondant au signe ».

Il faut remarquer que l’importance de Neptune et de Jupiter apparaît dans la prolifération anormale de cellules, en particulier dans les kystes, les maladies de la peau, etc., et que la prise en considération des facteurs psychiques dans l’étude des tumeurs malignes a été notée, notamment par le professeur Bahnson en Allemagne ; fréquemment elles se manifestent dans un système hormonal défaillant. Nous savons que les dérèglements hormonaux et glandulaires relèvent souvent de Neptune. C’est donc un symptôme à ne pas négliger.

Nous constatons également que des épreuves répétées finissent par miner un être et que le Poissons, dont la sensibilité est extrême, ressent très fortement les chocs moraux et les chocs physiques, dont d’ailleurs il risque parfois de ne jamais se remettre complètement. Ajoutons que le Poissons est très sensible à ce que l’on appelle dans la vie moderne le « stress ». Son extrême émotivité le rend nerveusement assez vulnérable. Il a par bonheur une manière de s’absenter qui lui permet de ne pas toujours être là quand l’événement est trop dur à supporter. De toute façon, c’est en s’évadant – cette fois, au vrai sens du terme – que le Poissons retrouvera son équilibre. Le bord de mer est alors l’endroit idéal. La mer le fait replonger littéralement dans son élément, d’où « exaltation de ses réactions de défense », comme le dit André Barbault. Notons que la Tradition a de tout temps attribué certaines contrées à chaque signe. Aux Poissons elle attribue les régions voisines des rivages maritimes : la Normandie, le Portugal, la Galice, régions auxquelles on peut ajouter toutes les îles – terres « Poissons » par excellence.

Partir, l’appel du large, est d’ailleurs un leitmotiv cher au Poissons. « Fuir ! là-bas fuir », lançait Mallarmé dans un poème célèbre (Brise marine). Et Mallarmé était bien sûr Poissons.

Le Poissons et son Apparence

Comment peut-on reconnaître un Poissons ? C’est incontestablement une chose difficile, car s’il y a un certain « air de famille » entre deux Poissons, la symbolique même du signe est celle du flou, de l’insaisissable. Le Poissons est difficile à cerner. Néanmoins, si sa rencontre reste un peu mystérieuse, c’est peut-être à ce mélange d’indolence et d’énergie voilée qu’on le reconnaît. Démarche étrange de cet être qui semble souvent perdu dans les brouillards de ses rêves. Air évanescent, regard perdu dans le lointain, quelque peu absent, voilà un être qui se laisse porter au fil de l’eau. Un charme naturel, une douceur certaine se dégagent de cet être à la démarche ondoyante, un peu traînante. Ses gestes sont inachevés, rarement violents. Il avance sans heurt. Il flotte autour de lui une sensualité vague qui n’est pas sans charmer. Mais le fait est que, s’il s’agit d’un homme, cela n’accentue pas sa virilité. Aux Poissons, nous avons le type même du « héros romantique ». Voilà bien un personnage qui n’a rien à voir avec un héros du Far-West. Ce n’est pas le cow-boy qui s’avance l’air assuré ; ce n’est pas non plus le superman des bandes dessinées. Encore moins le « gros dur » qui règle ses comptes à coups de poing.

Notre Poissons, mystérieux, étrange, est un être un peu irréel. Il est certain qu’il y a chez le Jupitérien beaucoup plus de fermeté que chez le Neptunien. C’est à leur silhouette que nous allons les distinguer.

La silhouette du Jupitérien apparaît comme beaucoup plus rassurante. Son allure est empreinte d’une bonhomie calme. Il est « arrondi », bien dans sa peau. Le Neptunien, au contraire, est beaucoup plus inquiétant. On le sent mal à l’aise, on sent chez lui une certaine langueur. Mais on ne trouve pas cette lourdeur propre au Jupitérien. En général, avec Jupiter, le Poissons est plus robuste. Il est « enrobé », « ramassé » et il se dégage de lui une certaine autorité, même si elle est alliée à beaucoup de gentillesse !

La silhouette du Poissons neptunien est mince, élancée. C’est un Poissons longiligne (Alain Chamfort). En cela, il s’oppose nettement au Jupitérien. Mais, comme lui, avec l’âge, il se laisse facilement envahir par l’embonpoint. La femme Poissons jupitérienne, sirène dans sa jeunesse, perd souvent complètement ses formes sveltes avec l’âge: Elle prend une allure imposante et respectable. Et pour cause… Dans les deux cas, la gourmandise n’est pas leur moindre défaut et l’inflation jupitérienne, les débordements de Neptune n’arrangent rien…

Le Poissons ne s’impose jamais. S’il entre dans une pièce, il ne le fait pas brutalement. On le remarque à peine. Il n’accroche pas immédiatement le regard, mais il le retient et, ensuite, il trouble. Il étonne par son mystère : on baigne avec lui dans un climat d’étrangeté qui surprend. De type neptunien ou jupitérien, il y a toute une gamme de Poissons.

Le type neptunien

Le Neptunien des Poissons appartient au type rétracté défini par le docteur Corman. C’est un rétracté idéaliste. Il fait partie de ceux qui « refusent la réalité dans l’apparence concrète où elle se présente à eux et lui substituent l’idée qu’ils s’en font ». En fait, type mixte par sa réceptivité et sa insibilité, c’est un type « réagissant ». Les récepteurs sont ouverts, notamment les yeux. Le cadre du visage est mince. Sa sensibilité est des plus vives et il l’extériorise sans retenue.

Chopin, natif des Poissons, incarne parfaitement ce type de Neptunien. Ce n’est pas un être actif puisqu’il s’agit, en effet, d’une nature rêveuse. C’est un être qui manque de sens pratique ; le quotidien l’ennuie. Il est attiré par le mystère ; ses facultés d’intuition sont largement avantagées, mais il ne sait pas toujours en tirer parti. Comment réagit-il aux stimulations du milieu ? Ce « rétracté », de structure « gracile », se laisse pénétrer par toutes les influences du milieu (récepteurs ouverts). S’il manque d’efficacité pratique, c’est que c’est un affectif. L’étage affectif, partie médiane du visage, est important. L’expansion se fait essentiellement dans ce domaine. Souvent apparaît chez ce type neptunien une sous-dominante vénusienne. Pour cette raison, André Barbault a fait morphologiquement du Neptunien un dilaté. Mais ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’à Neptune vient s’ajouter une note saturnienne qui s’inscrit dans le « resserrement » de la Maison XII, nous avons affaire à un Poissons nettement allongé. Les angles sont prononcés, l’ossature est saillante, le cadre étroit. La bouche est fine, les lèvres, parfois même, sont rentrées. Le nez est osseux, sec. Les yeux sont enfoncés. C’est une nature spéculative, s’isolant facilement, menant une vie assez retirée, ayant souvent un travail indépendant. C’est quelqu’un qui se spécialise dans un domaine souvent occulte et qui s’attache. C’est là son choix : son « domaine d’élection ». Il s’apparente au type sentimental, mais d’une façon plus « introvertie ».

Dans cette catégorie de Poissons souvent marqués, répétons-le, par Saturne, on peut classer un Poissons exemplaire : Charles-Quint, Ascendant Capricorne, donc Saturnien. Son visage est celui d’un ascète. Le poète allemand Johann Christian Friedrich Hôlderlin qui, meurtri par la réalité de la vie, hanté par le vide divin, se réfugia dans le monde de l’imaginaire, et écrivit entre deux éclairs de lucidité ses merveilleux poèmes métaphysiques, était un Poissons saturnien. Rappelons que la maladie, nous l’avons déjà dit, est souvent un refuge Poissons. L’être s’enferme alors dans sa Maison XII, Maison de la réclusion, maison de l’hôpital selon la Tradition. Il fuit alors la vie. Dans ces composantes saturniennes, la note neptunienne, mystique, oriente la vie vers une ascèse, vers la solitude. Hôlderlin était, lui aussi, une longiligne comme Chopin.

Lorsque Vénus s’unit à Neptune la silhouette change. Cette dominante adoucit les formes, les arrondit, tout en conservant au corps une certaine finesse, notamment au niveau des attaches.

Avec Vénus en Poissons apparaît un visage plus rond. Les courbes aussi sont plus douces. Au « dilaté », ce type emprunte certains traits : mâchoires arrondies avec un angle mandibulaire estompé. Menton arrondi, souvent porteur d’une fossette, la bouche est grande (récepteurs ouverts). Avec des « lèvres épaisses et vermeilles, tendres et volontiers entrouvertes dans un sourire qui découvre les dents », le natif des Poissons a souvent ce qu’on appelle les « dents du bonheur », c’est-à-dire des dents légèrement écartées. Son nez, de taille moyenne, est bien proportionné. Son profil est droit, le front, d’une seule venue, est arrondi. Les yeux sont grands, largement ouverts, d’expression douce. Les sourcils dessinent, à fine certaine distance, un arc régulier et sont séparés l’un de l’autre par une zone calme, sans bosse et sans rides. Telle est la description que donne du Vénusien le docteur Corman, et elle correspond bien au type du Poissons vénusien. Etre qui ne cherche pas à maîtriser le monde, mais à s’y adapter. Doué d’une grande réceptivité, d’une aptitude particulière à vibrer aux impressions, à sympathiser, à communier avec l’entourage, tel est ce type de Poissons.

Natures profondément vénusiennes, célèbres pour leur beauté, quelques très belles femmes du monde du cinéma illustrent parfaitement ce type vénusien des Poissons : Liz Taylor, Pascale Petit, Valérie Lagrange, Michèle Morgan, et la fougueuse Ursula Andress, pour n’en citer que quelques-unes. Parmi les hommes, Boris Vian, André Pieyre de Mandiargues répondent au type neptunien, plus mince, plus inquiétant, plus romantique, à l’allure fragile et mystérieuse. La bonté se lit sur le visage du Poissons Einstein. Le pouvoir d’accueil, la compréhension des autres, sur celui de René Coty, président de la République, qui céda le pouvoir au général de Gaulle en 1958. C’était un natif des Poissons : Jupiter se profile, à l’arrière-plan de Neptune.

Le type jupitérien

Morphologiquement, le Poissons jupitérien, plus massif, moins osseux, est doté d’un certain embonpoint. Son visage est large, enveloppé. La mâchoire est solide, les joues pleines. Les angles sont bien marqués, mais arrondis. Le menton est parfois… double. Les récepteurs sont larges et très ouverts, notamment la bouche et les yeux. L’expression du visage est souriante. Le modelé est arrondi mais avec de légères rétractations : c’est là un homme bien adapté à la vie en société, bienveillant, enjoué, un être souriant, à la poignée de main chaude. Optimiste, nous avons vu que c’était un « sanguin », dans le classement d’Hippocrate. Le visage de la Jupitérienne des Poissons perd un peu de sa finesse. Il est plus carré : Svetlana Staline illustre ce type de Poissons.

Mais c’est peut-être à son regard qu’on reconnaît le Poissons. Qu’il soit de type neptunien ou jupitérien, ses yeux transparents, troublants, frappent. Ils sont parfois légèrement globuleux. Le regard est étrange, perdu dans le lointain, noyé dans un rêve ; un regard qu’on n’oublie pas. Maurice Privat a dit : « Le regard du Poissons a la transparence glauque de la mer. » C’est celui de Michèle Morgan, de Liz Taylor ; transparent, paraissant noyé dans la brume, troublant, émouvant, à travers des cils immenses qui le font paraître encore plus mystérieux, il est une invitation au rêve, au voyage, un appel, le reflet d’une âme : charme du Poissons qui s’insinue lentement mais dont on garde la mémoire. Comme sa voie, tendre et douce, qui n’a pas les accents rauques du Scorpion, mais qui envoûte. On se laisse prendre à la magie de la voix, à ses accents, musique qui transparaît dans les phrases les plus banales. Comme l’a noté Joëlle de Gravelaine, le film Hiroshima mon amour a dû sans doute une partie de son succès à la voix d’Emmanuelle Riva. On se laisse prendre au chant des sirènes…

Le signe et sa présentation

Il existe un Poissons raffiné, à l’élégance faussement décontractée : celle des romantiques du XIX’ siècle, par exemple. C’est un Poissons neptunien auquel nous avons alors à faire. Mais en général, le Poissons se moque de son habillement. Ce qui lui importe, c’est d’être bien dans ses vêtements. Il ne s’intéresse pas tellement à la mode, il suit son goût. Ce qui « se fait » lui importe peu. Si un vêtement lui plaît, il l’adopte. Pour cette raison, le Poissons n’a pas une élégance stricte. Il n’a peut-être pas le bon goût de la Vierge. Il mélange les couleurs, s’habille avec moins de sobriété. L’élégance vestimentaire d’une femme Poissons n’a rien à voir avec l’excentricité d’une femme Verseau. Elle s’habille « hippy » par décontraction, non par principe. Elle change d’ailleurs souvent de style. La mode actuelle lui sied bien. Ses vêtements sont généralement flous, amples. Elle attache plus d’importance à la couleur, au tissu qu’à la forme. Elle aimera les colliers et les colifichets, les breloques. Mais il n’y a pas chez elle la simplicité vestimentaire d’une Capricorne. Les hommes Poissons s’habillent comme bon leur semble, d’une façon extrêmement décontractée, eux aussi. Ils adoptent le plus souvent le style « pull-over ». Ils ont horreur de la cravate, et se soucient d’ailleurs peu de leur mise. Mais n’oublions pas qu' »un beau désordre, a dit le poète, est un effet de l’art ». Ce laisser-aller est souvent apparent ; ne nous méprenons pas, le Poissons reste un homme de goût. Et pour peu qu’une influence vénusienne intervienne, c’est un raffiné qui se cache sous cette apparente simplicité.

Il existe des dominantes qui varient avec l’Ascendant, nous l’avons vu précédemment, et la tenue vestimentaire du Poissons n’échappe pas à cette règle.

Ascendant en signe de Feu : Nous aurons un Poissons à l’allure quelque peu virilisé, aux vêtements plus sportifs. Avec l’Ascendant Bélier, tenue vestimentaire audacieuse. Avec l’Ascendant dans le signe du Lion, nous aurons un habillement raffiné, plus strict. Avec l’Ascendant dans le signe du Sagittaire, le ton général sera désinvolte et l’allure résolument « naturelle ».

Ascendant en signe de Terre : Le Poissons sera, au Taureau, beaucoup plus enclin à surveiller sa ligne. Épanoui, il s’habillera en mettant en valeur son corps. Sa tenue vestimentaire sera colorée, chatoyante. Et la femme PoissonsTaureau aimera les bijoux, les fourrures, et voudra mettre en valeur sa glorieuse féminité, usant, abusant de tous les artifices que la mode permet. Avec l’Ascendant dans le signe de la Vierge, la tenue vestimentaire sera beaucoup plus « chaste », plus modeste, mais toujours harmonieuse. Avec un PoissonsVierge on n’aura à craindre ni l’excentricité, ni le mauvais goût. Classicisme et sobriété. Avec un Ascendant Capricorne, sobriété accrue. L’essentiel sera d’avoir de la classe. La tenue vestimentaire sera plus sévère, mais elle gardera un 1 certain charme. Les fautes de goût seront évitées, la tenue sera extrêmement soignée.

Ascendant en signe d’Air : La tenue s’aère, elle est plus »floue ». Les vêtements bougent avec le corps. Avec l’Ascendant dans le signe des Gémeaux, décontraction, jeunesse. Avec l’Ascendant dans le signe de la Balance, le natif sera plus « coquet ». La silhouette sera souple, élégante, la démarche aérienne. Les reins seront bien cambrés. La justesse du geste, l’élégance de la démarche donneront à ce natif des Poissons une sorte de distinction naturelle. Avec l’Ascendant dans le signe du Verseau, le Poissons sera assez excentrique. Sa démarche sera nerveuse, un peu sautillante. Il avancera dans la vie l’air naïf, étonné. Les gestes seront un peu plus brusques. Il arrivera à ce Poissons de marmonner tout seul. Les pommettes hautes et saillantes, le nez presque parfait, la bouche bien dessinée, le corps mince, il portera, avec audace, des bijoux extravagants, exotiques ou barbares, sans se départir d’un air « angélique ». Le corps restera d’apparence gracile, fragile.

Ascendant en signe d’Eau : Ascendant Cancer, notre Poissons aura tendance à grossir et sera très gourmand. Sa silhouette tendra à s’empâter rapidement. Il somnolera facilement le soir devant la télévision. Il s’achètera des gourmandises, des bonbons, des gâteaux qu’il grignotera, et se lèvera la nuit pour prendre quelque chose dans le réfrigérateur. Il est évident qu’il se souciera peu de sa silhouette. La femme PoissonsCancer sera beaucoup plus fragile, beaucoup plus menue. Elle aura un air de femme-enfant. A moins que, bien en chair, mère heureuse, épanouie, elle ne prenne des allures de « matrone »… Avec l’Ascendant dans le signe du Scorpion, le Poissons sera plus rablé, plus musclé. Allure un peu inquiète, mais ne manquant pas d’assurance. C’est un être d’un magnétisme certain. Qui plaît et le sait. Regard sombre. Il exerce une sorte de fascination sur son entourage. La femme Poissons Ascendant Scorpion aura un grand impact de séduction. Même si elle est laide, elle est de celles que l’on dit belles. On dira d’elle qu’elle a « du chien ». Le Poissons Ascendant Poissons, qu’il soit maigre et neptunien ou « gros », c’est-à-dire jupitérien, évoluera avec mystère : il sera déroutant et fuyant. Même s’il n’est n’est pas toujours d’une élégance parfaite, on sera indulgent pour ses faiblesses. Mais il traversera la vie un peu sans vous voir. Il sera, souvent, à « mille lieues » de vous lorsque vous lui parlerez. Perdu dans son univers intérieur, ses absences le font s’arrêter en plein mouvement. Il pourra très bien mettre son chandail à l’envers, et ne vous étonnez pas s’il porte un jour des chaussettes de couleur différente. La femme Poissons sera, elle, plus raffinée car elle désire plaire. Mais il y aura dans ses gestes un côté inachevé, une hésitation perpétuelle. Jeune, elle aura des allures de sirène. Plus tard, si elle prend quelques kilos, elle n’en sera pas moins attirante malgré une certaine placidité.

Les Astromariages de la Femme Poissons

Femme Poissons et homme Bélier

Voilà l’extrême féminité, l’infinie douceur de la dame Poissons pliant devant l’impulsivité dominatrice et fougueuse du Bélier : comment vont-ils s’accorder ? Très bien. Encore le mystère des extrêmes qui se touchent… Bien que l’Eau soit réputée ne pas convenir au Feu, notre actif et impatient Bélier trouve son équilibre dans le climat enveloppant et passionnel de cette sirène.

Mais elle ? Qu’il n’oublie jamais, cet homme sportif et combatif que la femme Poissons est une femme romanesque. Si l’ennui se glisse dans ce couple, elle s’enfuira. Rien ne la retiendra. La liaison fracassante de la belle Ursula Andress (Poissons) avec Jean-Paul Belmondo (Bélier), et leur rupture qui le fut tout autant, signale à ce couple passionné les écueils à éviter !

Femme Poissons et homme Taureau

C’est un couple très harmonieux car ils sont liés tous les deux par Vénus, planète de la chair. L’attirance physique est en général très grande entre eux. Par ailleurs, la vision du Taureau étant une vision matérialiste tandis que la vision du Poissons est une vision floue et trouble, ils s’appuient donc forcément l’un sur l’autre ; leur couple peut être une réussite totale. C’est le cas pour une femme Poissons qui rencontre un homme Taureau. Il la décharge de tout le côté pratique et prosaïque de la vie qui ne lui plaît guère. Son mari est alors un compagnon fidèle et rassurant dont elle ne saurait plus se passer. Telle est le cas du couple de Michèle Morgan, femme Poissons, et de Gérard Oury marqué par le signe du Taureau. C’est une union solide, ferme, qui repose sur des valeurs sûres et a de fortes chances de résister aux tempêtes de la vie.

Femme Poissons et homme Gémeaux

La femme Poissons est une énigme pour Monsieur Gémeaux. Leurs sensibilités se heurtent, l’un et l’autre s’égratignent mutuellement. L’humeur changeante des Gémeaux parvient-elle à saisir l’ambiance mystérieuse, floue, incertaine, dans laquelle vit la femme Poissons ? Ce n’est pas certain ; et tout cela peut conduire le couple à une désagrégation, d’autant plus que la tendresse du Poissons est débordante, envahissante, alors que celle du Gémeaux est toujours réservée, retenue, pudique, et qu’il livre difficilement son cœur. On voit que ce sont là, vraiment, deux univers très difficiles à concilier… Il faudra pour ce faire beaucoup d’amour et de patience… à tous deux !

Femme Poissons et homme Cancer

L’amour d’une femme Poissons et d’un homme Cancer, c’est peut-être l’amour idéal ; si tant est qu’il y ait un amour idéal ! C’est, en tout cas, un amour d’une qualité rare, et une entente presque parfaite, à la fois physique et spirituelle. Et l’on peut évoquer ici le couple inoubliable et parfaitement uni que formèrent quelque temps, car ensuite la mort les sépara, Liz Taylor et Mike Todd. Si la vie les sépare, elle ne l’oubliera jamais. Il restera pour elle l’homme idéal, tendre, et l’amant dont elle avait rêvé.

Femme Poissons et homme Lion

Le couple femme Poissons et homme Lion se forme brutalement. Le Lion, lorsqu’il rencontre la femme Poissons, s’enflamme et n’a de cesse de la conquérir. Mais dans cet amour, cette fois, c’est la femme qui est subjuguée et elle va tout faire pour, littéralement, l’envoûter et l’ensorceler. Union peut-être aussi plus facile à harmoniser que celle du couple inverse. Toutefois, là encore, le côté « carré« , autoritaire, de son compagnon restera toujours un peu hermétique à la nature ondoyante et mystérieuse de la femme Poissons.

Dans un tel couple, nous retrouvons l’alliance de l’Eau et du Feu, de la fixité et de l’extrême réceptivité, de l’extrême adaptabilité : ce sont là incontestablement deux personnalités très différentes.

Le Poissons et le Lion peuvent arriver à une entente véritable mais il leur faudra beaucoup de patience et d’amour. Ils formeront alors un couple qui se complétera admirablement. Qu’il y ait un certain goût pour le sacrifice masochiste chez la femme Poissons, et que le Lion sache particulièrement bien l’exploiter, c’est possible… En tout cas, on ne peut pas ne pas évoquer ici la tragédie de Mayerling, où la petite baronne Marie Vetsera (native des Poissons, avec une sous-dominante Scorpion) suivit son amant l’archiduc Rodolphe jusque dans la mort. Les amours, tout aussi dramatiques, de Claretta Petacci et de Mussolini illustrent le drame du sacrifice et du dévouement de la femme Poissons qui, lorsqu’elle appartient à un homme, se donne totalement et le suit dans tout ce qu’il entreprend .

Femme Poissons et homme Vierge

Madame Poissons sera souvent excédée par sa froideur, par son manque de tendresse, par ses critiques permanentes et blessantes et aura beaucoup de mal à le supporter, c’est certain.

C’est un couple dont les failles sont probables, mais qui peut s’unir dans une passion commune, dans une réalisation partagée. Ce fut le cas de Valentina Terechkova qui, après avoir tourné quarante-neuf fois autour de la Terre dans un Vostok VI, se maria deux ans plus tard avec le colonel Nicolaev, cosmonaute soviétique. Mais il faut noter que c’est grâce à un Poissons, Youri Gagarine, qu’elle vécut réellement la grande expérience cosmique du premier vol dans l’espace sidéral. Passion commune, telle est peut être la solution pour deux signes dont les univers sont si différents. Pourtant, comme l’a fait remarqué André Barbault, « leur unité serait un accomplissement transcendant » !

Femme Poissons et homme Balance

Leur couple peut manquer de consistance. Ils vivent ensemble sans se dire l’essentiel. Le désir de ne pas peiner l’autre, la peur des affrontements, leur font fuir les discussions. Leur liaison (ou leur union) peut durer dans un climat imprécis, vague, où tout reste un peu flou, jamais dit… Si elle apprécie son tact, elle ne peut s’empêcher de le trouver un peu trop hésitant. Ce n’est pas elle qui le brusquera, mais ils risquent, s’ils n’y prennent garde, de se retrouver un jour face à face, parfaitement étrangers l’un à l’autre.

Femme Poissons et homme Scorpion

C’est un amour toujours insolite, souvent pervers, parfois étrange, qui débouche sur un monde érotique plein de sensations fortes où deux êtres vont se déchirer, dramatiser, se blesser, et faire de leur amour un tourment commun et de leur couple une union au bord de la démesure, de la passion. Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Scorpion, ils s’enfoncent ensemble dans un univers étrange et trouble qui les lie chaque jour davantage : l’univers sadomasochiste. S’aiment-ils, se haïssent-ils ? La passion les tenaille jusqu’aux entrailles ; et, en général, c’est au lit qu’ils se retrouvent vraiment ! Couple torturé et torturant, souvent destructeur, tel celui de Liz Taylor, Poissons, et de Richard Burton, Scorpion. Passion dévorante, liaison, amour… toujours vécus avec une certaine démesure.

Femme Poissons et homme Sagittaire

Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Sagittaire, elle est vulnérable à ses élans et elle entre dans le climat de ferveur où il l’entraîne aussitôt. Là encore, d’un côté, il y a ardeur, feu ; de l’autre, c’est le flou, l’indécision ; il ne manquera pas de se produire des frictions entre deux êtres à la sensibilité aussi différente. C’est un couple qui peut s’unir pourtant pour défendre une cause, pour réaliser un programme ; et la femme Poissons acceptera d’être un peu bousculée dans sa sensibilité si elle se rend en quelque sorte utile à son mari. Mais c’est généralement un couple qui a du mal à se maintenir : ils se fatiguent mutuellement et refont souvent leur vie chacun de leur côté.

S’ils se rencontrent après 35 ans, passé l’ivresse des découvertes, le Sagittaire assagi, calmé, est devenu un être jovial et alors peut s’accommoder d’une femme Poissons, finalement assez souple, plutôt soumise, qui lui apporte la sérénité à laquelle il aspire enfin. Disons donc qu’en général ces unions sont plus solides à l’âge de Jupiter, c’est-à-dire à l’âge de la maturité (troisième boucle de Jupiter : 35-36 ans).

Femme Poissons et homme Capricorne

La femme Poissons, lorsqu’elle rencontre un Capricorne, l’épouse en général assez vite car il lui paraît solide et rassurant, mais elle se sent souvent un peu seule auprès de ce compagnon renfermé, avec lequel elle communique mal. Peu démonstratif, le Capricorne refoule sa sensibilité et offre à sa femme une vie assez monotone, sans grandes sorties, sans grandes réjouissances, où les soirées sont silencieuses et où l’on vit dans une atmosphère sérieuse, un peu rigide même, mais finalement sécurisante pour la femme Poissons.

Le couple est en général stable, et la sécurité que lui apporte Monsieur Capricorne n’est peut-être pas tout à fait étrangère à la solidité de ce couple qui divorce rarement et qui vit, entouré de ses enfants, de façon assez paisible ; mais ce n’est peut-être pas toujours un couple très épanoui sensuellement. Les risques d’infidélité de la femme Poissons ne sont, alors, pas exclus.

Femme Poissons et homme Verseau

Lorsqu’une femme Poissons rencontre un homme Verseau, elle sait respecter son côté indépendant et comprend assez facilement qu’il a horreur de se sentir « oiseau captif », aussi belle et aussi dorée que soit la cage dans laquelle on l’emprisonne. Et puis, leur union est toujours auréolée de merveilleux, et le Verseau sait par là entraîner son épouse dans l’univers magique qui lui convient. Ce n’est pas un être routinier et terne et, de plus, ce qui ne gâche rien, elle aime en lui cette intelligence et cette vivacité d’esprit qui lui attirent toutes les sympathies.

Elle partagera avec lui ses occupations, ses rêves, ses amitiés. Elle sait, tout en étant présente, préserver sa part d’indépendance. Leur vie restera pourtant souvent instable, trop saccadée pour elle. Bref, angoissante pour une femme Poissons qui a par-dessus tout besoin d’être sécurisée… Mais ça peut durer, si leur accord est charnel d’abord, mais aussi spirituel. Les partenaires finiront par communier de façon spontanée surtout s’ils collaborent ensemble à quelque cause, s’ils s’épaulent mutuellement.

Femme Poissons et homme Poissons

Il y a aux Poissons cette valeur d’infini et d’éternité, ce don de soi qui favorisent la perception de l’amour comme une éblouissante révélation que deux âmes vont se faire l’une à l’autre. Mais il est non moins certain que deux natures profondément émotives, romanesques, qui vivent dans ce monde de l’inflation sentimentale, ne sont pas faites pour la vie quotidienne et qu’on retrouve là le risque de s’abandonner aux chimères, à l’illusion, aux songes, et de ne pas faire face de façon positive aux réalités de la vie.

Un tel couple, s’il se réalise (car bien souvent l’un des deux Poissons prend la fuite et s’en va à l’autre bout du monde), peut finalement n’avoir réellement aucun sens pratique. Couple bohème, étrange, qui vit entouré de sa nombreuse famille (le Poissons adore les enfants) dans un univers mystérieux pour son entourage. Vie à deux, aux contours imprécis d’ailleurs, formule énigmatique pour leurs proches, dans laquelle nos deux Poissons sont, eux, parfaitement à l’aise et où, finalement, ils se retrouvent. Peut-on conclure : vivre à deux est toujours une entreprise difficile ? Nous avons tous des sensibilités différentes. Il faut pour qu’un couple dure (ne parlons pas d’un « ménage », un « couple » c’est autre chose), beaucoup d’amour. Mais c’est un saint qui nous donne peut-être la meilleure recette : « Dans le régime des âmes, disait saint François de Sales, il faut une tasse de science, un baril de prudence et un océan de patience… »

Les Astromariages de l’Homme Poissons

Homme Poissons et femme Bélier

C’est un couple que l’on rencontre fréquemment, comme l’inverse. La nature fougueuse, passionnée et, en même temps, inconditionnelle de la dame Bélier convient à l’idéaliste homme des Poissons qui recherche une communion très profonde, presque mystique avec la femme qu’il aime. Mystérieusement, l’Eau des Poissons et le Feu du Bélier s’accordent ici dans un échange dynamisant, peut-être parce que la femme du Bélier, conquérante et séductrice, est à la fois soumise, violente et peut être l’esclave de l’homme qu’elle aime s’il répond à son enthousiasme. Leurs rapports sont romanesques souvent, intenses toujours… et peuvent durer. Ce fut le cas de la liaison de Victor Hugo (Poissons) avec Juliette Drouet (Bélier, Vénus en Poissons). Une rencontre amoureuse exceptionnelle, de toute façon.

Homme Poissons et femme Taureau

L’alliage parfait est ici plus difficile : l’homme des Poissons vit dans le flou, le non-dit, la femme du Taureau est plus matérialiste. Elle a besoin de savoir de quoi seront faits ses lendemains. Ferme, décidée, tenace, voire têtue, elle pourra aider le Poissons à se fixer et à se stabiliser, mais il lui faudra beaucoup de diplomatie car leurs caractères sont vraiment très différents ; et c’est probablement elle qui prendra en main les rênes du foyer… L’homme Poissons appréciera l’univers sécurisant qu’elle sait créer autour d’elle. L’attirance physique sera très forte entre eux.

Homme Poissons et femme Gémeaux

C’est un amour un peu difficile car le Poissons et le Gémeaux sont sur deux longueurs d’ondes différentes. L’un trouve l’autre un peu ridicule : leurs sensibilités se heurtent. S’ils n’ont pas un rapport de complicité très grand, leur couple sera des plus fragiles. Le Gémeaux n’est pas toujours. compris par le Poissons qui est beaucoup moins cérébral. L’un et l’autre risquent très vite de s’ennuyer… L’un adore le bruit, l’autre préfère le silence. Il est certain que l’intimité, dans un tel couple, n’est pas toujours très réussie.

L’homme Poissons qui rencontre une femme Gémeaux peut avoir la tête qui tourne rapidement car, plutôt réservé, il se trouve en face d’une femme qui le fascine. Mais le couple ne s’équilibrera pas pour autant facilement ; à moins qu’ils ne parviennent à faire régner entre eux un climat d’amitié qui satisfera peut-être dame Gémeaux mais pas pour autant Monsieur Poissons… Vie trépidante, vie intérieure, voilà vraiment deux univers difficiles à unir. L’aventure matrimoniale de Françoise Sagan, Gémeaux, avec Bob Westloff, natif des Poissons, illustre les difficultés de ce couple qui joue souvent un peu à « cache-cache ».

Homme Poissons et femme Cancer

C’est l’une des plus belles constellations amoureuses du Zodiaque et c’est, pour le Poissons, l’entente merveilleuse, quasi miraculeuse, la communion charnelle et spirituelle, l’indulgence réciproque, la sensibilité en commun. La chaude affection, la douceur maternelle de la femme Cancer sied à l’homme Poissons. Elle crée autour de lui une ambiance tendre et chaude. Ils se comprennent à demi mot. Souvent, la femme Cancer joue alors un rôle quelque peu maternel. Ce fut le cas de l’amour de George Sand, Cancer, pour son « petit Chopin », Poissons. Elle disait en parlant de lui : « Mon chippe, ma chipette », et elle associait dans une même tendresse ceux qu’elle appelait « ses enfants », c’est-à-dire son amant et ses enfants.

Homme Poissons et femme Lion

C’est l’amour entre deux êtres très différents et l’univers flou du Poissons comprend mal le côté fixe et rayonnant du Lion, mais aussi un peu tranchant, manquant de nuances ! Le Poissons paraîtra également au Lion trouble, bizarre, voire très incompréhensible, car il lui semblera souvent qu’il ment, alors que pour ce dernier il ne s’agit que d’arranger la vérité, de la travestir pour en oublier le côté parfois irritant, agaçant, pénible, trop brutal. Et pourtant, le Lion va fasciner le Poissons, il va l’ensorceler et le Poissons cédera à cette attirance irrésistible. Le Poissons admirera le Lion. Mais jusqu’où cette admiration l’emportera-t-il ? Parfois, le Poissons sera en quelque sorte « choisi » par la femme Lion. De toute façon, le moins qu’on puisse dire est, qu’en général, dans ce couple, il y a des rapports de force et de soumission que le Poissons accepte assez bien. Mais il n’est pas certain pour autant que ce soit le Lion qui commande vraiment…

Disons que, bien souvent, le Poissons s’organise alors une petite vie très agréable, à l’ombre de dame Lion. Mais ne concluons pas que le Poissons ne fait pas ce qu’il veut dans ce genre de couple. Celui de Sacha Guitry, natif des Poissons, et d’Yvonne Printemps, Lion, démontre bien, si besoin est, qu’il existe aussi des Poissons tyranniques… Faut-il rappeler que Sacha Guitry, séducteur, casanova, n’eut pas moins de cinq épouses…

Homme Poissons et femme Vierge

Avec la Vierge, nous sommes là dans des amours très différentes, dans des amours beaucoup plus méthodiques, beaucoup plus organisées, où la passion ne paraît pas tenir toujours une grande place, où tout est classé, ordonné. C’est ce cadre peut-être un peu « étriqué » qui va emprisonner un homme Poissons amoureux d’une femme Vierge, mais il appréciera son efficacité et il saura reconnaître ses qualités incontestables de maîtresse de maison. C’est pourquoi finalement le couple sera stable ; car si la femme Vierge l’agace par ses menues critiques, il s’en accommodera, trouvant finalement que cette vie est, somme toute, assez confortable… Mais nulle trace ici de passion !

Homme Poissons et femme Balance

C’est un amour tout en demi-teintes et tout en harmonie ; fait d’attentions, de discrétion, de retenue. Un amour, qui, pourtant, est parfois trop hésitant, qui flotte ; il faut, en général, pour qu’il se concrétise vraiment, quelque chose d’autre entre de tels être, que des valeurs de Feu ou des valeurs de Terre viennent appuyer leur thème. Sinon, la vie amoureuse risque de flotter dans une espèce de climat tendre et charmant mais où aucune résolution ne sera finalement prise ! S’ils parviennent à concrétiser leurs rapports, leur vie peut être un modèle d’équilibre, d’harmonie, d’entente.

Homme Poissons et femme Scorpion

Les amours d’un homme Poissons avec une femme Scorpion sont peut-être apparemment plus calmes que celles d’un Scorpion et d’une dame Poissons, mais elles ne sont pas pour autant sereines (Renato Salvatori, Poissons, et Annie Girardot, Scorpion). L’univers aquatique, mouvant et trouble dans lequel ils vivent, reste très sadomasochiste. C’est certain, mais ils ont énormément de points communs et c’est souvent un couple uni qui recherche en permanence les situations paroxystiques, les climats passionnels et déchirants, les conflits torturés et douloureux. Ils se réunissent et se retrouvent vraiment dans la relation physique qui joue un rôle très puissant entre eux. Malgré les orages qu’ils semblent avoir plaisir à provoquer, ils sont très profondément complices. Face au monde extérieur, leur union est fortement cimentée par des liens secrets qui les attachent mystérieusement, charnellement, l’un à l’autre.

Homme Poissons et femme Sagittaire

C’est un amour généreux, enthousiaste et si Jupiter les réunit parfois dans un idéal commun, celui des voyages, celui du dépaysement, celui de l’évasion, il n’en reste pas moins que la vie d’un homme Poissons près d’une femme Sagittaire n’est pas de tout repos. Elle n’accepte pas ce qu’elle considère comme une certaine mollesse. Elle aime les choses claires, nettes, et ne comprend pas toujours l’univers nébuleux dans lequel vit son mari, qui lui paraît d’ailleurs un peu casanier. Les nuances sont pour elle des dérobades !

Homme Poissons et femme Capricorne

Lorsqu’un Poissons rencontre une femme Capricorne, il trouve en elle une compagne silencieuse, réservée, mais qui pour lui manque peut-être un peu de passion. C’est d’ailleurs un couple assez sévère qui peut trouver son équilibre dans ce calme. Union un peu taciturne quand même pour un Poissons. La femme Capricorne est ferme, lucide, réaliste et le Poissons sait qu’il a besoin d’elle. Il se fie à elle ; c’est elle qui finira par gérer tout dans la maison. Il sera le poète, elle sera la « gardienne du foyer », sécurisante et « maternante ». Union un peu grave mais qui a des chances de durer.

Homme Poissons et femme Verseau

Le couple PoissonsVerseau est plein de fantaisie, a des idéaux communs, et se retrouve dans un certain désir d’oeuvrer dans une même direction. C’est un couple qui vit entouré d’amis, un couple très jeune et très gai. L’amour d’un homme Poissons pour une femme Verseau risque de le faire un peu souffrir car c’est une femme affranchie, indépendante, décidée, et le ménage n’est pas de tout repos. Philippe Lemaire et Juliette Gréco illustrent ce type de couple PoissonsVerseau qui parfois ne tient pas longtemps.

Homme Poissons et femme Poissons

Deux Poissons ensemble ? Est-ce concrètement possible ? Incontestablement, voilà deux êtres qui sont faits pour vivre ensemble dans la mesure où ils vivent réellement dans les mêmes sphères. Mais est-ce réalisable sur le plan de la vie commune ? Ce sont deux êtres qui trouvent ensemble, au sein de leur foyer, un refuge et la paix. Mais les étrangers qui entrent dans un tel univers sont surpris par leur manière de vivre. On a vu parfois des Poissons faire ensemble un travail indépendant, par exemple des artisans, des commerçants, des gens qui travaillent chez eux. Ce peut être une excellente solution de toute façon.

Mais il leur restera toujours une part de rêve ; ce pouvoir poétique, cette ferveur qui est en eux leur permettra de ne pas toujours voir les difficultés, de même que leurs « absences » peuvent leur permettre de conserver chacun un monde à eux, ce dont ils ont besoin. C’est un couple qui ne s’étouffe pas, qui peut réussir à trouver l’harmonie et qui communie souvent dans un même idéal, avec d’ailleurs un même regard sur la vie.

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Si dans la description du signe solaire sont déjà apparus certains traits marquants de la personnalité, il n’a pu s’agir là que d’une première approche qu’il nous faut maintenant dépasser. De ces « fragments » va sortir un être « global », fait de la somme des aspects et des tendances : un être vivant, souvent contradictoire aussi. Pour dresser un profil psychologique valable, il est indispensable de connaître l’Ascendant.

Le signe solaire ne peut prétendre être un portrait fidèle pour chacun d’entre nous. Il ne saurait, en aucun cas, refléter la personnalité tout entière d’un individu. Un thème est un tout. Connaissance unifiée, l’astrologie, dont le mode de pensée est analogique, ne peut être que « globalité » du ciel. L’Ascendant va révéler ce qui sera essentiel dans la progression dynamique de notre vie, la cohésion ou l’éclatement de notre personnalité. Parler d’astrologie sans évoquer la puissance intérieure de l’être, c’est tout faire, sauf de l’astrologie.

Le signe solaire est le « fil conducteur » d’un thème, il donne à tous les natifs d’un même signe un certain « air de famille ». Si vous êtes natif des Poissons, vous avez dû retrouver ici un certain nombre de traits de votre caractère, voire le fond de votre personnalité. De cette « toile de fond » se dégagent, c’est vrai, des traits communs, mais elle n’est « vous » que de très loin. Le Zodiaque et le thème permettent d’aller beaucoup plus loin, de saisir la globalité d’un être, d’appréhender dans ce « composé humain » ce qui fait la richesse de chaque âme et sa merveilleuse potentialité. Tout ciel est « à vivre »…

Le signe solaire est une prise de conscience de ce vers quoi le natif tend, vous avez dû le reconnaître dans les pages précédentes. Si tel n’est pas le cas, c’est que votre thème est probablement très peu Poissons : il arrive, en effet, que des personnes soient marquées de façon beaucoup plus profonde par un autre signe que leur signe solaire. Mais il faut alors se poser une question : ne se pourrait-il pas que la raison en soit tout simplement psychologique ? On doit se demander s’il ne s’agit pas là d’un « masque » inconscient que le natif jette sur sa personnalité profonde. On se cache littéralement à soi-même, et par là même aux autres, parce qu’on n’a pas développé certains aspects de sa nature véritable dont on se méfie, ou que l’on préfère ignorer, par manque d’affirmation de soi ou difficulté à exprimer sa vraie nature, incapacité à se relier au monde environnant que l’on fuit en se cachant. Bref, il s’agit alors d’une mauvaise compréhension de sa nature profonde que l’on cherche à rejeter plus ou moins inconsciemment.

Or, tout le problème de la vie est, justement, de s’accepter et, se connaissant, de tirer le meilleur parti de ses possibilités afin d’aller de l’avant, de progresser. Le refus de s’assumer entraîne un blocage au niveau de l’évolution, une régression de l’âme et de la vie. Destin et personnalité sont une seule et même chose. Il arrive à un être ce qu’il est. Refuser d’être ce que l’on est, c’est se paralyser, ne pas pouvoir évoluer.

Avec l’Ascendant, votre thème se précise, s’individualise. Il existe, selon l’Ascendant, douze façons d’être Poissons. Selon cette « faculté réceptive de base », chaque Poissons orientera sa vie dans une certaine direction. Il n’envisagera pas les événements de la même façon, les choses l’affecteront différemment.

Natifs des Poissons, c’est en fonction de votre Ascendant que vous vous ouvrirez au monde. Vous vous affirmerez sur le mode Poissons, mais votre besoin d’expansion trouvera son expression par le canal de votre Ascendant. L’Ascendant sera le signe par lequel vous exprimerez vos sentiments personnels, vos impressions. Ce sera aussi la manière dont vous vous présenterez aux autres. Pour connaître la façon dont vous allez orienter votre vie, il faut examiner votre signe solaire et votre Ascendant, car celui-ci est l’un des principaux facteurs constituant votre « Moi », ce grand principe intérieur qui commande à tout l’être.

L’Ascendant, reflet de votre propre individualité, va exprimer le principal affrontement de votre existence. Il sera la « griffe », la signature de votre ciel. Poissons, c’est à travers la puissance de votre « Moi » que l’on pourra voir la façon dont vous surmontez vos problèmes, et que l’on pourra définir votre puissance d’accueil. C’est à l’Ascendant que l’on jugera la force de concentration d’un être ou sa dispersion. Là sera la raison de son acceptation ou de son refus. C’est par l’Ascendant que l’être pourra entrevoir ce qu’il peut développer en lui. Maintenir l’être dans sa personnalité mais lui permettre de se transformer en s’épanouissant, telle est la double exigence de la vie. Et l’Ascendant, en cela, va nous éclairer.

Ainsi, l’Ascendant va montrer au Poissons le chemin de sa réalisation. A travers lui apparaîtront sa puissance de combat, sa force, sa faiblesse, sa résistance aux épreuves et la façon dont il les traversera. Découvrir l’Ascendant, c’est démêler l’écheveau de la vie, c’est retrouver, à travers ce fil d’Ariane de notre psyché, la clé de l’âme. Selon que votre Ascendant va se trouver dans un signe de Feu et de combat, dans un signe de Terre et de réalisation, dans un signe d’Air, d’échanges et de contacts, dans un signe d’Eau, d’intuition et de réceptivité, votre thème sera différent.

Poissons Ascendant Bélier

L’Ascendant a des affinités avec le dynamisme de Mars. La fougue du Bélier donnera au Poissons une vigueur qui surprendra son entourage. Voilà un Poissons qui ne va pas vivre dans les demi-teintes. Il s’enthousiasmera, il s’enflammera. Que ce soit pour un être, pour un idéal, ou pour une idée, suivant sa dominante planétaire (vénusienne, jupitérienne ou neptunienne), il « foncera ». Il ira parfois se perdre, c’est certain, dans quelque folle chimère. Mais il fera, au départ, preuve d’une grande énergie. Il y aura en lui un mélange de courage spontané, d’impulsion martienne, de combativité pleine d’enthousiasme, voire d’agressivité. Puis des revirements, des replis soudains, un véritable enlisement, qui paraîtront d’autant plus étranges à son entourage qu’ils seront imprévisibles. Situation alors typiquement « Poissons« . Vie pleine d’audace, puis d’hésitations. Parfois à contretemps… Elans et reculs alterneront chez un tel être, donnant souvent une conduite contradictoire. Mais s’il trouve sa voie, dans un sacrifice à une cause, à un idéal, ou à un rêve, alors il est sauvé ! Un rêve : comment donner un autre nom à la folle passion de Juliette Drouet ? Maîtresse de Victor Hugo, elle eut pendant un demi-siècle, pour cet amant toujours absent, une passion dévorante, inconditionnelle. Amour qui la réduisit en esclavage, servitude dans laquelle elle vécut jusqu’à sa mort, mais qui, en fait, transfigura sa vie. Comme l’a écrit André Maurois : « Elle accepta, par ivresse mystique de la rédemption amoureuse, non seulement avec gaîté mais avec reconnaissance. » On trouve ici le thème de l’amour-dévotion, de l’amour-rédemption, de la résignation et de l’abnégation bien Poissons, sur un fond d’engouement et de ferveur intense, avec un goût du tout ou rien, si cher au Bélier. N’est-ce pas là le thème de l’enlisement dans un vertige ? Les accents de cette amoureuse sont d’ailleurs les mêmes que ceux de sainte Thérèse d’Avila, composante PoissonsBélier, qui elle aussi sera tout « embrasée d’amour de Dieu », selon ses propres termes. Composante créative, s’il en est, que celle du Poissons Ascendant Bélier ou du Poissons ayant une forte composante Bélier. Un autre exemple est celui du savant Einstein : c’est en se heurtant aux conceptions de ses maîtres qu’il brisa la conception de l’Univers qui prévalait depuis Newton, mais il était profondément « pacifiste » quoique « sans illusion ». Homme d’une grande bonté et d’une grande sagesse, il représente cette dualité PoissonsBélier.

Dans le domaine artistique, une telle composante donne naissance à des oeuvres fougueuses. C’est le cas de la composition musicale du Poissons Ascendant Bélier, Arthur Honegger. Sa musique symphonique est d’inspiration nettement religieuse ; les valeurs neptuniennes apparaissent dans Jeanne au bûcher notamment, musique écrite sur un texte de Paul Claudel. Souffle mystique que l’on retrouve aussi dans le Cantique des Cantiques… Avec un même enthousiasme fougueux, un tel Poissons, ne restant pas inactif, pourra se dévouer, voire se sacrifier pour une cause. Dévouement et engagement : Gorki, écrivain russe, Bélier, grâce à un amas très important (dont Jupiter) aux Poissons, se pencha avec une ardeur vibrante sur la misère du peuple russe à la fin du XIXe siècle. Ce n’est pas une composante modérée, mais au contraire passionnée, qui peut mener à une mystique vécue. Dans la vie quotidienne, cette structure n’est pas facile à vivre. Le natif porte en son ciel une étrange contradiction. A la fois énergique et docile, le Poissons ascendant Bélier rêve de soumission et refuse de se soumettre. Querelleur et batailleur, il voudrait se sacrifier, mais sans se plier. Individualiste, il n’aime pas « rendre des comptes » (côté Bélier), mais il aimerait être conciliant (côté Poissons) car il aspire à une communion avec les autres (ou avec l’autre). Il aura souvent du mal à harmoniser des tendances aussi peu semblables, quelque peine à trouver l’équilibre, à réaliser la « voie du milieu » pour reprendre l’expression du Tao… Rappelons que cette composante valorise souvent la Maison XII qui se trouve alors aux Poissons. L’union PoissonsBélier permet d’extérioriser la vie secrète. La réussite, dans ce cas, est liée à la Maison XII. Souvent insaisissable, difficile à comprendre, un tel être ne manque ni de charme, ni de présence, ni de chaleur humaine ; mais il apparaît souvent incompréhensible à son entourage, ou du moins très déconcertant… Le peintre surréaliste Félix Labisse, Poissons Ascendant Bélier, signait ses toiles d’une empreinte magique mais affirmait, avec une formidable énergie et un enthousiasme persuasif, la vie du subconscient. Ce qui lui donnait une extraordinaire aptitude à créer un monde imaginaire et lui conférait, en même temps, un esprit visionnaire. Il arrive souvent qu’on ne reconnaisse pas les deux aspects de cette nature riche et profonde, toute en contrastes. On ne voit pas l’autre face du personnage. S’il peut apparaître comme un être paisible, sa vie, en réalité, est rarement de tout repos. Il trompe son monde… Sous le masque d’une apparence mystérieuse et calme, il brûle d’un intense feu intérieur que l’eau des » Poissons n’éteint pas (Rosa Luxembourg).

Poissons Ascendant Taureau

Voilà un être au charme envoûtant, à la nature profondément sensuelle. Il a la tête sur les épaules, et sait garder son sang-froid. Il a besoin d’une certaine sécurité et sait la préserver. Tempérament voluptueux, cette configuration signe, effectivement, un natif à la nature pleine de sensualité et donne à la vie amoureuse un caractère intense. Les fluctuations conjugales sont en général fréquentes, les amours multiples. La vie de ce Poissons se déroule au rythme de ses passions successives. Lorsqu’il s’agit d’une femme Ascendant Taureau, on a la « grande amoureuse », qui ne supporte pas la solitude et a besoin d’aimer. Son érotisme est envahissant, l’amour est l’essentiel de sa vie. Femme au cœur multiple, elle plonge et replonge d’un amour dans l’autre avec une disponibilité totale qui surprend l’entourage. L’éblouissement, l’enchantement du nouvel amour, effacent le souvenir de l’ancien. Ce que la veille, elle adorait, aujourd’hui n’a plus aucune prise sur elle ; elle lui échappe. Personnage cherchant à concilier son amour du plaisir et une certaine stabilité, c’est un être doué d’une chance matérielle réelle. La valorisation de Vénus, charnelle et palpitante, dans un cadre PoissonsTaureau, donne une vie féconde. Féconde en amour, féconde en argent, féconde en enfants. Le cas de Liz Taylor, Poissons Ascendant Taureau, est éloquent.

Quant à l’homme PoissonsTaureau, voilà quelqu’un qui ne s’écarte pas du réel. S’il se bat pour une cause, c’est une cause concrète; mais il a des buts généreux. Ainsi, le PoissonsTaureau George Washington lutta pour une cause fraternelle. Une telle configuration est extrêmement positive, puisqu’elle associe des valeurs de Terre, concrètes, à des valeurs d’Eau, fécondes. Elle donne une sensibilité Poissons aux contours beaucoup plus précis et une note en général plus terre-à-terre… La présence de planètes lentes en Taureau modifie, nous le rappelons encore une fois, le thème. Dans les années de la guerre, 1941-1942 notamment, la conjonction SaturneUranus en Taureau, qui a marqué toute une génération, apparaît souvent comme un accumulateur d’énergie (Uranus) et donne aux natifs des Poissons une note beaucoup plus indépendante. En effet, Uranus, dans ce cas la planète la plus lente de l’amas, indique un certain refus des contraintes. Il y a donc pour les Poissons marqués à la fois par le Taureau et par Uranus une contradiction intérieure profonde entre un refus des normes et un besoin des normes. De toute façon, avec un Ascendant Taureau, il y a une obstination chez le Poissons, une nature plus renfermée, plus secrète, plus déterminée aussi. Volonté, patience, prudence qui n’apparaissent pas toujours dans les démarches de la vie du natif mais que l’on retrouve en général dans la grande ligne de conduite de son existence et dans le but qu’il poursuit.

Poissons Ascendant Gémeaux

Joue-t-il la comédie, est-il sincère ? Charmant, insaisissable, impossible, tel un funambule sur son fil, le Poissons Ascendant Gémeaux, tour à tour sentimental et rêveur, indécis, instable, influençable, vit la tête dans les nuages. Oscillant sans cesse entre une attitude mondaine et un repli solitaire, il a l’air souvent un peu égaré dans la vie. Paresseux ? Il l’est sans doute. Plutôt dilettante, voire velléitaire car il lutte par à-coups. Intelligent, sensible, intuitif, pourquoi ne s’impose-t-il pas mieux ? Peut-être tout simplement parce qu’il change d’avis. Il a vraiment du mal à s’affirmer. Il est indécis, tiraillé ; il ne s’y retrouve pas lui-même. Il triche avec les autres ; il triche avec lui-même aussi, peut-être. Il a de la chance : le signe des Poissons, sous notre latitude, est au Milieu-du-Ciel. C’est un signe de réussite. Il est doué pour bien des choses mais ne va pas jusqu’au bout. Persévérera-t-il ? Rien de moins sûr. Artiste, fantaisiste, c’est un touche-à-tout.

La verve malicieuse du Gémeaux, son attitude mordante et ironique, son sens de l’humour et son esprit critique masquent le Poissons en lui. Le chansonnier Pierre-Jean Vaillard, Poissons Ascendant Gémeaux, a utilisé sur scène cette extraordinaire faculté d’adaptation que donne la configuration : mimétisme, intelligence critique et subtilité, en pleine lumière sur les tréteaux et au théâtre. Mais ne s’efforce-t-on pas, avec un tel aspect, de « rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer »? Enfin, l’extrême mobilité finit par devenir de l’instabilité. Voilà un Poissons qui ne tient pas en place. Sans cesse en mouvement, il est illogique, capricieux. Mercure est la planète du Moi. Si l’Ascendant est mal aspecté, il peut y avoir de sérieuses erreurs de jugement, et même une certaine confusion sur le plan mental, une sorte de dispersion également… Il peut manquer de rigueur• mentale ou du moins se laisser entraîner dans des expériences préjudiciables à son équilibre psychique. Il se lance dans des spéculations hardies.

Sur le plan de l’action, ses hésitations sont extrêmement préjudiciables à une réalisation à long terme. Sur le plan de la santé, il faut noter que le système nerveux est particulièrement fragile de même que les voies respiratoires. Comme ce PoissonsGémeaux vit à cent à l’heure et refuse systématiquement de s’ennuyer, il risque aussi de craquer plus facilement. Cette configuration peut amener des dépressions soudaines dont le natif aura parfois du mal à se remettre aussi rapidement qu’il le souhaiterait.

Poissons Ascendant Cancer

C’est une nature presque féminine à force d’intuition, d’émotivité, de sensibilité. C’est un être perméable à l’ambiance, qui vit dans un monde évasif. Rêveur, romanesque, il a un côté fleur bleue. Sa vie est mouvante comme la mer, instable, chaotique. Il n’a aucun sens pratique. Il vit dans son monde à lui, accroché à ses rêves, à son enfance, à ses souvenirs. Signe de la Lune, signe de l’enfance, de la maison, de la famille, de la mère, le Cancer, lorsqu’il s’allie au Poissons, donne incontestablement une configuration plus facile à vivre pour une femme que pour un homme. On a, de toute façon, avec un thème de ce genre, une nature un peu lymphatique qui rêve d’évasion et reste accrochée à son passé. L’être a souvent un côté enfantin qui persiste même à l’âge mûr. Un tel Poissons ne sera jamais tout à fait un adulte. Le PoissonsCancer vit dans son propre univers intérieur. Il n’aime pas se battre. Et pourtant, dans sa vie professionnelle, il manifeste souvent beaucoup d’énergie. En effet, le Milieu-du-Ciel, sous notre latitude, est en Bélier lorsque l’Ascendant d’un Poissons est au Cancer. Cela lui permet d’être finalement plus « accrocheur ». Mais il peut, par paresse ou par goût du confort, par goût de la facilité, refuser la bataille. A la limite, il perd pied avec le réel et se laisse envahir totalement par des chimères. Tel le peintre Modigliani qui avait cette configuration : composante Poissons, dominante Cancer. Sensibilité extrême, affectivité intense, rêveries sans fin : c’est au niveau de la vie, un Poissons « dans la lune », rêveur (Einstein était connu pour ses « absences » ; on lui parlait : il était « ailleurs »).

Poissons Ascendant Lion

Voilà encore une composante où deux natures bien étrangères, Feu et Eau, coexistent tant bien que mal. Mais avec une telle structure, tout ce qui flotte, tout ce qui est incertain, est caché. C’est la présence solaire qui s’impose ; c’est la nature volontaire et rayonnante qui apparaît au premier abord, et sa réussite. D’où le besoin du natif d’être estimé ou admiré… C’est, incontestablement d’ailleurs, une structure de réussite. Elle peut se manifester sur le plan matériel : sous notre latitude, un Ascendant Lion donne, en général, une Maison VIII en Poissons. Cette Maison VIII valorise l’axe de la possession. C’est en tout cas le thème d’un Poissons ambitieux. Une certaine part de vantardise n’est pas exclue ; mais un tel Poissons va vouloir s’imposer, aussi sera-t-il convaincant ; il ne craindra pas la lutte, il n’aura pas « froid aux yeux ». Utilisera-t-il les qualités neptuniennes pour réussir, ou s’imposera-t-il par son autoritarisme Lion ? Il est certain que si Jupiter est important dans son thème, on aura affaire à un être qui s’accomplira non pas dans un sacrifice, plus ou moins héroïque, mais bien plutôt au niveau le plus concret : au niveau de la matière. A l’extrême, ce type de Poissons, insatiable, utilisera son thème dans un seul sens : celui de la 132 Inspiré par les structures de la musique classique, Arthur Honegger les dépassa en optant pour une voie ornementale, proche du romantisme allemand, qui le distingua des autres compositeurs du début du siècle. conquête de l’argent, par tous les moyens. « Poissons-requin », sa chance pourra être insolente. Il agira parfois immoralement. Ses aspirations auront un gigantisme certain. Citons pour exemple Antoine Guérini, né le 2 mars 1902 à 15 heures, en Corse, à Calenzana. Il ne correspond pas (l’analyse du thème global s’impose) à tous les Poissons Ascendant Lion mais, néanmoins, relève d’un certain type que l’avidité matérielle mène : il devient le gros manitou de la prostitution et empreinte au Lion son aspect de businessman (mais dans l’univers de la prostitution et des bas-fonds). Avec une telle composante le Poissons « surcompense ». N’a-t-il pas tendance à se composer une attitude trop Lion, trop forte, et, par là même, à se montrer sous un jour qui n’est pas tout à fait le sien ? C’est possible, car il y a dans ce thème une pointe de bluff. Il cherchera, ou du moins il en donnera l’impression à assumer parfaitement ses angoisses ;et ce n’est qu’à travers une épreuve qu’il se montrera tel qu’il est, car il y aura toujours une façade dans son comportement. Le Soleil étant la planète du Surmoi, c’est donc un être un peu rigide qui a souvent des principes. C’est aussi quelqu’un de fixe, de solide ; plus solide, en tout cas, que ne l’est en général le Poissons. Mais il est conservateur, et en cas de rupture d’un contrat, d’une union, de procédure de divorce, ce sera pour lui une épreuve qu’il vivra dramatiquement (du fait de ses principes)… Avec Neptune, ce sera un Poissons plus idéaliste, moins concret aussi. Tourné davantage vers une réalisation spirituelle, et plus seulement matérielle. La composante PoissonsLion est une composante souvent « occulte » ; de nombreux Poissons Ascendant Lion s’intéressent aux phénomènes parapsychiques, à la parapsychologie, à l’occultisme également…

Mais, attention !

La présence d’une planète à l’Ascendant en modifie le sens. A titre d’exemple, disons qu’à la fin de la guerre, dans les années 1947-1948, avec la conjonction SaturnePluton qui se trouvait alors à l’Ascendant, dans le signe du Lion, on avait soit des valeurs de solitude saturnienne, soit des valeurs de métamorphose plutonienne ; et des destins qui furent marqués par ce rythme de Saturne et de Pluton. La Maison VIII, valorisée par l’Ascendant Lion, mettait l’accent plus fortement sur Pluton : planète des crises et des métamorphoses de l’âme comme de la vie, elle donne un Lion plus angoissé, plus compliqué. Mais elle permet à l’être de se renouveler totalement, de se transformer, et de transformer totalement sa vie (cycle de SaturnePluton de trente-trois ans avec des demi-cycles d’environ six à sept ans). Pluton en Lion entre 1939 et 1958, Neptune en Lion entre 1916 et 1929 et Uranus en Lion entre 1955 et 1962, ont donné trois aspects différents à ces différentes générations. Ceux qui ont une planète lente à l’Ascendant auront une vision différente des choses. Avec Uranus en Lion, on peut s’attendre à une certaine intransigeance (nouvelle génération qui monte). Avec Pluton, les valeurs d’angoisse et de métamorphose sont extrêmement puissantes. Si c’est Neptune qui est en Lion, il permet de capter les choses avec une intuition exceptionnelle, parfois « visionnaire ».

N’oublions pas que Neptune en Lion y est en « exaltation » ; le signe donne une vision majestueuse et imposante aux perspectives de la planète et l’intuition du natif est accrue. Souvent on a des dons de guérison et des pouvoirs médiumniques. On trouve par ailleurs beaucoup d’artistes et de peintres ou de photographes qui ont Neptune en Lion, à l’Ascendant. La magie du rêve imprègne toute l’oeuvre de l’écrivain André Pieyre de Mandiargues, qui fut l’un des continuateurs de l’âge d’or du surréalisme. « La poésie comme l’art est inséparable de la merveille. Elle est domiciliée dans l’espace émotif et ne peut vivre ailleurs. »

Poissons Ascendant Vierge

Deux mondes totalement différents cohabitent chez cet être. L’un est un monde flou, irrationnel, étrange et mystérieux. L’autre est un monde précis, rigoureux. La Vierge aspirera à sécuriser le Poissons ; elle y parviendra dans la mesure où elle tend à ériger certaines barrières, certaines limites. L’être cherchera constamment à se rassurer contre lui-même, contre les autres. Cette attitude n’est pas sans créer des préjugés, des contraintes. Avec une telle configuration, le Poissons peut tirer profit de son Ascendant et acquérir plus de rigueur, être plus logique. Mais il souffre parfois d’un manque de confiance en lui. Si les dissonances sont importantes sur l’Ascendant, on a alors une certaine difficulté à surmonter les pressentiments, les idées noires. La vision mercurienne de la Vierge paralyse ; il arrive alors que le Poissons, qui se perd dans les détails, se noie dans un verre d’eau. Moralisateur en même temps qu’amoral, c’est un personnage qui peut être tour à tour pingre et généreux, intuitif et buté, voire borné ; il se limite lui-même dans son expansion. Il cherche à organiser sa vie au maximum. Il se marie généralement plusieurs fois, par besoin de confort, par commodité, plus que par amour fou. Il a d’ailleurs souvent une vie parallèle. Façon confortable et quelque peu égoïste de s’organiser une vie sans problèmes en respectant les apparences.

Entre 1930 et 1943, la présence de Neptune en Vierge a renforcé les qualités d’intuition. Le besoin du Poissons d’être utile et le sens de l’organisation de la Vierge ont pu être mis au service d’un art, d’une vocation (professions médicales ou para-médicales, par exemple). Bien que Neptune soit en exil en Vierge, il a pu modifier favorablement l’aridité du signe, élargir les horizons spirituels ou intellectuels, permettre, peut-être, de secouer certains tabous et l’immobilisme un peu conservateur du signe, ainsi que son conformisme restrictif et étroit. Avec Uranus, sans doute, le Poissons gagne une certaine rigueur logique qui lui faisait défaut, mais il acquiert aussi un sectarisme et une forme d’intransigeance plus grande. Entre 1958 et 1972, la génération Poissons qui a l’Ascendant en Vierge est marquée par cette planète ; et également par Pluton qui passait alors en conjonction, phénomène assez rare puisqu’il ne se renouvelle que tous les cent dix à cent vingt ans. Les enfants nés à cette époque seront loin d’avoir la souplesse des Poissons. Il s’en faudrait de beaucoup qu’ils soient aussi coulants que la Tradition le dit généralement. Cette configuration donne une certaine habileté manuelle et facilite l’orientation vers des domaines techniques et scientifiques. La présence de Pluton en Vierge, signe de Terre, peut faire que le natif du signe soit attiré particulièrement par tous les problèmes d’aménagement du futur, notamment par l’écologie.

Poissons Ascendant Balance

C’est la configuration même de la gentillesse et de la conciliation. Mais c’est un peu celle d’un être qui manque de caractère, car c’est aussi la configuration de l’indécision. Tout ce qui est hésitation, flottement, incertitude va se trouver amplifié avec un tel thème. C’est la configuration du sourire. Un PoissonsBalance est le plus sensible et le plus compréhensif des amis. Il est, dans la vie de tous les jours, le plus conciliant des êtres. Il préfère reculer plutôt que crier ; il a horreur des scènes et des cris, mais a tendance à se laisser dominer, écraser ou exploiter. Il prend un certain recul à l’égard du monde et de ses rudesses. Il se laisse trop souvent « manoeuvrer » par les autres. Il manque de combativité. C’est un être vulnérable, impressionnable mais à qui la vie ne fait pas de cadeaux. Sa vie est mobile, mouvante, car il ne s’impose pas assez. Très nuancé, il est excellent pour tout ce qui relève d’un contact avec le public. Il a du charme et il le sait. Ce sont généralement des êtres pour qui la vie affective est essentielle, avec lesquels les rapports sont infiniment agréables. Toujours à la recherche de l’harmonie, mais trop émotifs, trop sensibles, réceptifs à l’extrême, ils ont du mal à ne pas se laisser envahir par le découragement, et perdent facilement confiance en eux. Il faut qu’ils soient stimulés, par un enthousiasme ou par un amour, pour être efficaces. En général, ils sont dans la vie conjugale des époux ou des épouses charmants, pleins de tendresse et de compréhension, mais hélas, très volages. La génération de 1943 à 1957 a été marquée par Neptune en Balance qui s’est trouvé conjoint à Saturne entre 1952 et 1953. Cette double signature planétaire a donné une double stimulation : celle de Neptune a apporté l’hyper-réceptivité ; celle de Saturne a resserré et paralysé, parfois de façon austère, tout ce que Neptune avait capté et ressenti. Élément d’inquiétude, élément d’indécision, de tensions intérieures, cette conjonction influence donc fortement la Balance et donne un affrontement de l’âme : tentée par l’infini et l’immensité, elle se sent en même temps bridée et réprimée. Faut-il voir dans une telle configuration la clé de cette fuite dans les paradis artificiels, de ce refus de vivre et de cette noyade que constitue la drogue et qui a attiré beaucoup de jeunes nés dans cette période ? De toute façon, les PoissonsBalance ont besoin de s’affirmer et de se sentir sûrs d’eux. Ils sont beaucoup trop hésitants, manquent de volonté, ne sont pas armés pour la lutte. Ils risquent de se laisser dominer par des êtres plus volontaires qu’eux et de voir leur existence littéralement paralysée par leur entourage. Leur délicatesse, leur sens de l’indulgence et la richesse de leurs sentiments, leur ouverture d’esprit leur attirent de nombreux amis. Ils ne seront de toute façon jamais seuls. Et Vénus devrait leur permettre de retomber en définitive sur leurs pieds.

Poissons Ascendant Scorpion

Personnalité secrète, mystérieuse, étrange, tour à tour agressive et rêveuse, le Poissons-Scorpion est un être qui agit instinctivement. Il a besoin de s’incarner dans une réussite manifeste. Fût-ce au prix de tractations, de luttes d’influences, fût-ce par des chemins tortueux. Il n’est pas très facile à vivre. Il a du magnétisme et du charme, mais ses revirements déconcertent. Avec lui, nous pénétrons dans un univers inquiétant, trouble et tourmenté où les remous intérieurs s’amplifient. Les passions acquièrent une véritable démesure. Il semble que l’être ne pourra se mouvoir qu’à travers de grands déchirements, ou de grands maux. Les sentiments sont tragiques, la passion démesurée, les aspirations étranges, les attraits morbides. Hanté par quelque image hallucinatoire, véritable monstre venu de l’inconscient, c’est un être qui ne peut sortir de sa souffrance une fois qu’il y est entré : elle le ravage, elle le détruit, il s’identifie à elle. Citons pour exemples Georges Bernanos et le grand poète Edgar Poe. Avec cette configuration, l’être peut vivre aux frontières du délire. Son pouvoir émotif est intense. Il peut le conduire au bord de la vision. Tel le Poissons Ascendant Scorpion Camille Flammarion, qui écrivit : « L’idée mystérieuse de l’infini qui nous entoure […] éveille une pensée qui est une source de mélancolie en même temps qu’une source de pures jouissances. » Jouissance, mélancolie, mystère, voilà bien des thèmes que l’on retrouve dans les destins PoissonsScorpion. Il y a toujours dans ces thèmes une ampleur extrême. Avec les PoissonsSagittaire, nous avons des prêtres, avec les Poissons neptuniens, nous avons des mystiques, avec les plutoniens, nous avons des voyants, des médiums. Une configuration semblable se trouvait dans le thème du grand voyant Edgar Cayce. Dans le cas du poète Victor Hugo, on retrouve à la fois les flots envahissants de Neptune et le visionnaire, la sensibilité et le don de prescience, les drames et les angoisses, l’inspiration et l’obsession du mal, de la mort, de la souffrance. Sexualité puissante aussi, érotisme très fort qui transparaît dans cette composante « magnétique ».

Neptune était en Scorpion entre 1956 et 1970. Il a été pour la génération de 1968 le signe de la révolte, de l’insolite. Il a aidé l’être à se détacher du passé, il lui a donné un certain anticonformisme. Uranus, entré en Scorpion en 1975, n’en est sorti qu’en 1981. Il a donné une certaine largeur de vue au signe où il se trouvait très impliqué et a favorisé la combativité ; il n’hésite pas à se lancer dans un affrontement. Ce n’est pas un aspect très pacifique, ni dans un thème, ni en astrologie mondiale, d’ailleurs. Pluton est entré en Scorpion en 1984. Le monde est alors entré dans une période de totale métamorphose. Est-ce cette mutation qui doit précéder l’ère du Verseau ? Il est certain que nous assistons à des bouleversements radicaux dans nos idées, dans nos idéaux.

Poissons Ascendant Sagittaire

Avec le Feu du Sagittaire, feu intérieur qui brûle l’âme, l’être va prendre une dimension particulière. C’est un Poissons porté vers les grandes réalisations, qui sera profondément idéaliste. Du moins le pensera-t-il… Il essaiera d’atteindre l’univers de la Maison IX, l’univers du lointain : on aura alors un Poissons qui voyagera énormément et dont la vie sera parfois ballottée, avec des changements fréquents ; un Poissons qui sera attiré par l’étranger ; il arrivera même qu’il aille vivre à l’étranger. Mais, puisqu’il s’agit d’un signe double, il est à peu près certain qu’à un moment donné de sa vie il aura des aspirations philosophiques, métaphysiques ou spirituelles. Il cherchera à donner une autre dimension à son existence. On a souvent, avec une telle composante, un esprit profondément religieux, mystique, qui subit essentiellement une attirance pour des philosophies lointaines, orientales : bouddhistes, hindouistes, etc. Parviendra-t-il à vivre à la mesure de ses rêves et de son idéal ? Sous notre latitude, la Maison IV se trouve en général aux Poissons. C’est alors dans le cadre de sa vie intime qu’il ressentira cet écartèlement PoissonsSagittaire, ce tiraillement entre la famille et le voyage, l’évasion entre un désir de s’élever, des aspirations infinies, et une difficulté à se dégager de ses « racines »… Ce Poissons ne manque ni de chance ni d’intuition ; mais, parfois, il présume un peu trop de ses forces, et use un peu la vie par les deux bouts…

On peut noter que la génération qui a précédé la dernière guerre a été marquée par une opposition SaturneNeptune jouant dans ce cas sur l’axe Maison IV Maison X et qui, bien entendu, accentue ce tiraillement de l’âme entre les appels infinis et les racines tenant l’être rivé à son destin. C’est un aspect qui met l’être « en croix ». Le signe solaire est alors au double carré de l’axe de la personnalité. Un tel Poissons aura donc des difficultés à se réaliser, à concrétiser un idéal, surtout à la mesure de ses aspirations infinies mais, trop souvent, vagues, imprécises. Un tel thème n’est pas sans posséder une certaine puissance : grand voyageur, Lindbergh était marqué par cette configuration.

Dans le thème de André Pieyre de Mandiargues, la note Sagittaire (Lune) est à l’origine de ses voyages en Orient d’où il rapporta des visions mordorées, brillantes, celles de ces hétaïres qui vivent dans un monde de parfum et d’encens et que l’on retrouve dans son Musée noir.

Les aspirations philosophiques et artistiques sont fréquentes. On les trouve magistralement exprimées dans l’oeuvre de Vinci (composante Poissons sur fond Sagittaire). Cette configuration puissante a donné également de grands papes, tels : Clément VIII, Jules III, Léon XIII. La configuration marquée du sceau PoissonsSagittaire est toujours empreinte d’une ampleur jupitérienne, quelle que soit la direction que prend le Poissons. Mais il traverse souvent la vie avec un sentiment d’incomplétude issu de cette dualité profonde qui est en lui, contradictions qu’il ne parvient pas toujours à concilier, à harmoniser.

Poissons Ascendant Capricorne

Le Poissons Ascendant Capricorne a une allure assez froide, en apparence seulement. Il cache sa sensibilité sous le masque de Saturne. Il ne faut pas trop s’y fier, même s’il a un petit air de moraliste.

En effet, toute la symbolique saturnienne joue ici. Saturne resserre et rentre en lui-même le Poissons. Mais il peut jouer comme une force de construction, de structuration de l’être, ou comme un recul (complexe de sevrage mal résorbé, conduisant à une inadaptation). Aussi allons nous avoir deux Poissons opposés, selon qu’ils auront bien ou mal résolu ce problème, ou qu’ils l’auront transformé en une fructueuse « avidité » (cette avidité de l’âme peut jouer sur tous les plans).

Sur fond Poissons, cet Ascendant pourra donner à l’être quelque rigueur. Le natif semblera avoir perdu une certaine fluidité. En revanche, il aura gagné une force intérieure s’il utilise bien Saturne. Il aura le sens des responsabilités. Mais que survienne une épreuve, et la tendresse Poissons remonte à la surface. C’est un Poissons un peu grave, c’est certain, mais il a des qualités de droiture, d’honnêteté foncière. Il manque parfois un peu d’humour. Il est attiré par la philosophie. Cette dominante saturnienne peut en effet entraîner l’être à vivre dans un univers clos, et provoquer une espèce d’exaltation froide. L’être aura de grandes exigences, il poursuivra son but jusqu’au bout, même au prix de sacrifices. Cette attitude peut l’amener à un dépouillement, volontaire ou non. L’exemple de Charles Quint (Saturne jouait en avidité), PoissonsCapricorne, est fameux. Maître du Saint-Empire romain germanique, adversaire de François I », il s’opposa à l’influence islamique lorsqu’il fut roi d’Espagne. Mais après avoir mené de longues guerres, il se retira dans un couvent pour y finir ses jours. Il tenta alors de se rendre maître du temps en exigeant que toutes les pendules soient réglées minutieusement à la même heure (renoncement de Saturne).

La jeune carmélite sainte Thérèse de Lisieux, CapricornePoissons par Vénus, planète de l’amour dans ce signe, passa sa vie derrière les grilles d’un couvent. C’est dans cet univers cellulaire, fermé comme une prison, où la lumière ne pénétrait jamais, qu’elle se dépouilla, renonça à tout, afin d’atteindre à l’amour rédempteur du Christ. Elle a dit elle-même : « La charité me donna la clé de ma vocation et je compris que l’amour seul ferait agir les membres de l’Eglise et que si l’amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang. Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout et qu’il embraserait tous les temps et tous les lieux, en un seul mot qu’il était éternel » (avidité d’amour). L’amour est un thème Poissons commun, on le voit, à tous les natifs de ce signe quel que soit leur Ascendant (Casque d’or).

Il n’y a pas eu de planète lente en Capricorne depuis bien longtemps (Neptune, Uranus ou Pluton). Neptune et Saturne sont en Capricorne depuis 1985 jusqu’à l’an 2000. Ensuite, Neptune pénétrera dans le signe du Verseau. Ce sera là incontestablement la fin d’un cycle qui se précisera, peut-être précédé par une période saturnienne de renoncement à certains biens. Nous franchirons probablement, à ce moment-là, un pont vers le monde nouveau, celui de demain, celui du Verseau. La symbolique de l’avidité ou du renoncement, propre à Saturne, et l’adaptation à ce problème au niveau de l’humanité, entraînera le déséquilibre, ou permettra une stabilisation.

Poissons Ascendant Verseau

C’est un Poissons qu’on ne peut pas enfermer dans un cadre conventionnel. Il ne se laisse pas emprisonner d’une façon quelconque, ni dans le mariage, ni dans une routine. Aussi, les changements, dans tous les domaines, sont-ils fréquents.

On a vraiment deux types de Verseau : l’idéaliste dans les nuages (à dominante saturnienne) et l’Uranien qui agit avec plus de combativité. Dans le premier cas (composante PoissonsSaturne), l’être sera tourné vers le don de soi, voire l’oubli de soi. Il s’intéressera à la philosophie, embrassera les grands problèmes généraux, se dévouera à une cause (Baden Powell, fondateur du scoutisme, était marqué par cette configuration). Cependant, si le thème est dissonant, le natif se fermera. Ainsi, certains PoissonsVerseau se replient sur eux-mêmes, mais leur souffrance peut être source de réflexion. Elle transparaît, par exemple, dans l’oeuvre de Haendel, dans laquelle il a transposé ses angoisses.

Dans certains cas, on aura le Poissons carpe, muet, silencieux, muré dans son univers fermé. Disons que si le thème est faible, la symbolique saturnienne, sur laquelle nous reviendrons, donnera des êtres facilement découragés. Alors que si le thème est fort, la même symbolique se transformera en avidité. Celle-ci sera bien ou mal vécue : ici intervient une notion de dépassement. Ce que l’on appelle la « sublimation », au sens vrai. Devenir gangster par avidité, c’est une « régression ». L’avidité ne définit pas le but poursuivi : elle donne le mobile. C’est ensuite, peut-être, ce que l’on peut appeler le « niveau d’incarnation » de l’être qui va jouer. Nous sommes ici aux portes de l’âme dont l’astrologie nous donne une clé, mais pas toutes. C’est ainsi que nous pouvons dire que le Poissons saturnisé au cours de sa vie aura à résoudre ce problème essentiel : le « retrait » saturnien le conduira à l’isolement par repli sur soi, ou lui fera utiliser cette capacité, dans une avidité intellectuelle, par exemple : l’avidité se manifestera alors sur le plan de la connaissance et de la pensée. Le reste du thème éclairera le type d’avidité : amoureuse, avec Vénus, matérielle, avec Jupiter dans l’aspect, intellectuelle, avec Mercure et Saturne, etc.

Dans le second cas (composante Uranienne), il peut y avoir refus de toute convention. Lorsque le Verseau est marqué par Uranus, il est plus rebelle. Il garde sa cuirasse. Il est plus dur, plus acerbe. Nous avons là l’exemple de Voltaire. C’était un homme qui savait manier la plume avec art, et aussi se défendre « contre ceux qui pressaient l’orange et jetaient l’écorce ».

Le désir du natif de ne pas tenir compte de la réalité l’amène à connaître dans sa vie de fréquents changements ; et s’il subit des épreuves, il les traverse avec cet air d’irréalité propre au signe du Verseau (tel Chopin, marqué lui aussi par cette configuration). Cet être n’a pas toujours les « pieds sur terre » et ne comprend pas toujours les passions qu’il déchaîne, ni l’attachement qu’on lui porte. C’est un être qui ne manque ni d’humour, ni de fantaisie (Boris Vian). C’est un anticonformiste, et plus Uranus sera marquant, plus l’anticonformisme sera grand.

Poissons Ascendant Poissons

C’est bien là le Poissons qui glisse au fil du courant ou s’en va au gré des vagues, s’enfonce dans les profondeurs de la mer puis reparaît à la surface. Il est certain que dans un thème où le Soleil est aux Poissons et l’Ascendant aux Poissons également, toutes les caractéristiques du signe sont multipliées. Nous avons là le type Poissons presque pur. L’être ne réfléchit pas, il sent. Il est vulnérable et il court le risque de se comporter, à la limite, en irresponsable, de ne pas se sentir impliqué par ses actes. C’est un être insaisissable. Mais réceptif, intuitif à l’extrême, il agira le plus souvent avec un flair remarquable. Il a une chance souvent insolente, toujours plus ou moins inexplicable aux yeux de son entourage. Il réussit spectaculairement. Il abandonne sans raison. Il s’arrange des choses. Il change souvent d’activité, d’orientation ; épousant les situations plutôt qu’il ne les affronte. Selon sa dominante, son destin sera très différent. Plus harmonique, socialement, si Jupiter est important, il sera, avec Neptune orienté vers un idéal plus difficile à concrétiser, plus impalpable. « Le plus souvent, a dit Joëlle de Gravelaine, ces deux personnages se mêlent l’un à l’autre dans le cœur du Poissons, l’un combattant l’autre, l’un remportant parfois sur l’autre une brève victoire. Ce sera la lutte caractéristique chez le natif du signe entre une nature infiniment sensuelle, faible devant les tentations, vulnérable à ces troubles, et une nature mystique, assoiffée de sacrifices et de vie spirituelle. » Tout le problème d’un Poissons Ascendant Poissons sera de s’assumer lui-même et de ne pas fuir ses responsabilités. C’est seulement à ce prix que sa vie sera cohérente. Il devra surtout lutter contre la tentation constante de s’évader hors du réel. Neptune, fortement valorisé dans ce thème, ne donne pas le sens du combat. L’être sait mal défendre ses intérêts. Il se laisse « gruger ». C’est le type même de la personne crédule qui fait confiance à celui ou à celle lui offrant de « placer ses économies », et qui ne les revoit jamais !

Un tel Poissons va réaliser avec un courage étonnant de grandes choses, mais, en revanche, risque fort de se noyer dans un verre d’eau… Les yeux tournés vers l’infini, il pourra atteindre facilement un but qui paraissait utopique à son entourage. Mais il perdra pied dans un problème mineur. Il créera, autour de lui, un univers poétique presque magique, teinté de mystère. Son besoin de communion et ses extases mystiques l’attireront vers tout ce qui est occulte. Il sera à l’aise dans l’inconnu et le paranormal. Qu’il fasse tourner les tables, qu’il ait recours aux talismans, qu’il fasse de la voyance, ou se tire les cartes à longueur de journée, ce sont là des domaines qui le passionneront. Il est incontestable qu’il est beaucoup plus à l’aise dans les univers parallèles que dans la vie quotidienne. Son Ascendant lui permettra, sans doute, de réaliser pleinement son thème.

Laissons la parole à Anaïs Nin qui appartenait au signe des Poissons : « On a dit que j’étais une neptunienne, pour qui le monde de l’illusion est plus important que celui de la réalité, me situant au point de rencontre du rêve et de la réalité. L’eau m’est un élément familier. Je me sens proche de la mer. Je pense que l’eau a une influence sur mon écriture fluide. » Et ajoute-t-elle : « Écrire, c’est faire vivre sa nature universelle. On est en contact avec le monde entier… » Rêveries et fusion avec le monde, oui. Passivité non. Interrogée sur « la source de son inépuisable énergie », elle répondit : « Je n’y ai jamais songé. Je pense que c’est la curiosité, le fait de sentir toujours les choses avec autant d’acuité. Je suppose que lorsque vous vous sentez vivre, quelque chose vous pousse vers de nouvelles expériences, de nouvelles amitiés, et votre réceptivité vous donne cette énergie. Il semble que ce soit une question de réceptivité à tout ce qui se passe autour de vous »

Avant de terminer, une remarque. Composante essentielle du Moi, l’Ascendant est un point essentiel pour retrouver l’hérédité au sein d’une famille : l’enfant « hérite » souvent, non du signe solaire de ses parents, mais de leur signe Ascendant (ou de leur dominante planétaire). On retrouve ainsi, à travers une famille, une sorte de « filiation astrale » qui met en évidence la véritable hérédité de l’individu.

Comment interpréter Jupiter et Neptune dans les Signes

Jupiter dans les Signe

Jupiter en Poissons

Jupiter, planète féconde, planète d’expansion, indique dans un thème les qualités d’extraversion, d’extériorisation de la personne. L’expansion de ce signe des Poissons donne à Jupiter un grand amour de la vie et un magnétisme personnel qu’il utilise à bon escient. En effet, le Jupitérien des Poissons a une grande confiance en son étoile. Sa chance peut d’ailleurs être insolente, mais reste néanmoins fluctuante. Pourtant, au dernier moment, alors que tout paraît perdu, notre Jupitérien « refait surface ». Il s’en sort souvent « miraculeusement » ! Un certain goût du faste, un côté un peu ostentatoire n’excluent nullement une générosité réelle. Songeons ici à ce personnage que fut Hector-Savinien Cyrano de Bergerac (conjonction VénusJupiter en Poissons). Planète de vitalité qui donne des contacts faciles et l’amour de la vie, elle faisait dire à Sacha Guitry, Poissons jupitérien : « Fuyez les vieilles barbes et les cerveaux fumeux et adorez la vie, si vous voulez m’en croire, en dépit des méchants, des jaloux, et des sots qui sont plus redoutables encore que la vermine » (Théâtre je t’adore). Elle a donné à Pagnol un amour de la vie qu’il chante tout au long de son oeuvre. Mais, contradiction Poissons, cette planète n’en favorise pas moins un désir de « respectabilité ». C’est elle qui poussa sans aucun doute le même Sacha Guitry à régulariser successivement ses différentes liaisons. Et c’est ainsi que toute une série de divorces suivis de remariages dans la foulée ponctuèrent sa vie : en 1904, il épouse une actrice, Charlotte Lisès, il divorce ; il épouse sa seconde femme en 1919, Yvonne Printemps, il divorce ; il rencontre Jacqueline Delubac en 1935, il l’épouse, le mariage ne dure pas ; il épouse Geneviève de Sérévile à la veille de la guerre en 1939. Pendant la guerre, il propose à Arletty de l’épouser, elle refuse. Après la guerre, il est seul, il a quelques ennuis, on l’accuse de collaboration, il épouse Lana Marconi. C’est elle qui sera sa veuve en 1957… N’est-ce pas là la conception domestique et bourgeoise de Jupiter en Poissons qui se plie aux exigences et aux fantaisies plus ou moins passagères et à l’instabilité de Neptune ?

Jupiter en Maison XII (Maison que l’on relie symboliquement aux Poissons) protège, selon la Tradition, des épreuves. En tout cas, il les atténue. Souvent, cet aspect favorise une activité dans le monde de l’occulte. Et même s’il est dissonant, il donne une certaine « défense » à l’être, lui permet de se tirer d’affaire in extremis. Le Jupitérien possède, d’ailleurs, le don de s’en sortir, en toutes circonstances.

N’oublions pas, comme l’a fait remarquer Swami Kriyananda, que, planète d’expansion, Jupiter peut « aider l’homme à épanouir son éveil vers la conscience cosmique ». C’est sur ce plan très élevé que vécut Savonarole, orateur sacré que Marcel Brion appelle le « héraut de Dieu ». Il avait Jupiter aux Poissons, et tout le thème était orienté dans ce sens… Le plus souvent, Jupiter donne un optimisme facile et fait d’ailleurs opter le Poissons pour les solutions de facilité. Mais l’être garde néanmoins un certain humour désinvolte. Pour mémoire, citons encore Sacha Guitry : « Les honnêtes femmes sont inconsolables des fautes qu’elles n’ont pas commises » (Elles et Toi)…

Jupiter en Bélier

Le dieu de la foudre dans le signe du Feu primordial. Ce n’est pas un gage de modération, mais Jupiter canalise et rend efficace l’agressivité en dents de scie du Bélier. C’est donc un facteur de chance, de rayonnement, d’optimisme et de générosité. Le goût des plaisirs s’a trouve augmenté, ainsi que le contentement de soi. Cette combinaison comparable à MarsJupiter peut donner un tempérament quelque peu exhibitionniste, un excès de confiance en soi, une faconde envahissante et vaniteuse.

Mais le caractère est puissant et l’optimisme communicatif. La maturité coïncide avec l’affirmation de la personnalité, bien que la réussite soit souvent précoce. Exemples : Claudia Cardinale, Dali, Chopin, Goering.

Jupiter en Taureau

L’apport de Jupiter au Taureau ne peut être que chaud. L’astre et le signe se revigorent. Sur ce point, l’astro-psychologie souligne avec à-propos l’afflux des besoins sexuels et sensuels, l’entrain et la santé de la tendance dionysiaque festoyante. Les réactions auto-compensatrices défensives préviennent ce tempérament contre ses propres excès, mais rien ne peut être plus mutilant et contristant qu’un régime sans sel, sans- rires, vignes, muses et flonflons.

Jupiter favorise l’extraversion du signe, les turbulences de l’excitation qui l’habite, et concentre l’excitabilité en passions dévorantes, avidités diverses, en amour, argent ou domination, selon le plan d’intérêt.

Jupiter en Gémeaux

Dans les Gémeaux, la bonhomie et l’équilibre accompagné d’auto-satisfaction de Jupiter se heurtent à la nervosité un peu fébrile de ce signe. Un peu dérouté, Jupiter n’utilise pas ses atouts habituels avec autant d’efficacité. Droiture et loyauté, avec la mise en valeur des qualités intellectuelles. Barbault dit, avec humour, que l’autorité et la puissance de l’astre sont affectées comme celles d’un pontife dans un milieu d’adolescents irrespectueux, mais que cette position est heureuse dans l’ordre de la diplomatie et de l’habileté manoeuvrière.

Jupiter en Cancer

Jupiter, qui aime tant son confort, ses aises, le luxe en toute chose, exalte la sensualité du Cancer, la matérialise. La philosophie d’un Jupiter en Cancer est dans la jouissance pure et le confort personnel. La réussite professionnelle se fait dans le respect de la tradition et des lois hiérarchiques, dans le culte de la famille et des ancêtres. Que de bienveillance, que de concessions, que de souplesse dans cet alliage ! Rien ne doit freiner ou entraver le désir qu’a le natif de jouir de la vie par tous ses pores. S’il gagne facilement de l’argent, il le dépense encore plus facilement, pour le plaisir de dépenser. Il a besoin d’abondance et de richesse, de beaux objets, de bijoux, de fourrures, de luxueuses voitures. Cet être est, en général, extrêmement séduisant.

Jupiter en Lion

Voilà encore une rencontre qui a eu de tout temps fort bonne réputation.

Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement ? Aux yeux de la tradition, l’alliance du signe royal par excellence et de l’astre qualifié de Grand Bénéfique ne saurait enfanter qu’une avalanche de bienfaits: honneurs, célébrité, succès, triomphe et autorité indiscutée vous sont octroyés sans lésiner par les célestes cornes d’abondance.

Quant aux seuls inconvénients évoqués, ils découlent des risques de démesure et de surabondance. L’astro-psychologie descriptive, tout en étant moins catégorique sur les événements promis, ne dément pas la tonalité générale du tableau. L’astre et le signe se rejoignent par leur côté extraverti, optimiste, théâtral et ambitieux, le tout saupoudré de ce paternalisme pontifiant qui est, paraît-il, l’apanage enviable de la maturité bien assise.

Jupiter en Vierge

Les relations entre la planète et le signe sont assez complexes. Selon la tradition, Jupiter est en exil en Vierge. La définition suivante permet de comprendre pourquoi : « Jupiter est une force de développement de l’être humain, par assimilation de ce qui lui vient du monde extérieur. »

Au principe d’expansion, d’ampleur de Jupiter, s’oppose le principe de rétraction de la Vierge. La planète s’ouvre et s’intègre au monde. Le signe s’entoure d’une écorce imperméable aux suggestions extérieures. Cette antinomie, loin de faciliter l’osmose, provoque des « tiraillements » intérieurs éprouvants.

Le problème est particulièrement épineux si les facteurs d’affirmation du Moi sont très puissants dans le thème, si Jupiter est valorisé (conjonction Soleil-Jupiter, par exemple), ou si la Vierge occupe la Maison I (personnalité profonde). Car c’est toute la puissance vitale du sujet qui est contrainte, étouffée dans les limites strictes imposées par le signe. L’extraversion jupitérienne se heurte à l’introversion virginienne.

Jupiter en Balance

Le sujet rayonne la sympathie (Jupiter représente le principe de l’énergie centrifuge en expansion permanente). Il a donc des contacts faciles et heureux avec les autres, que ce soit dans son mariage, ses associations ou ses relations. Les qualités de la planète et du signe se renforcent mutuellement, et les conditions semblent réunies pour que le sujet trouve le bonheur, en particulier dans le mariage, car il a l’esprit large et il est tout prêt à faire des concessions au nom de l’harmonie. Non seulement il peut faire un mariage heureux, mais ce mariage peut être pour lui l’occasion de trouver le bonheur. Le bonheur et parfois l’élévation sociale et un accroissement de fortune.

Jupiter en Scorpion

Nature courageuse, puissante, très intuitive et inventive. Confiance en soi, aptitudes réalisatrices : Jupiter, pratique, organise les forces bouillonnantes du Scorpion. Dans la lutte pour la vie, le Jupitérien du Scorpion est bien armé. Il a de l’autorité, du bon sens, le sens stratégique aussi. Il ne lâche jamais son morceau. Parfois, ses entreprises semblent d’une audace insensée, marquées au coin d’un optimisme délirant. Eh bien, à la surprise générale, il ne se casse pas la figure, il réussit. Son fabuleux optimisme attire la chance. Tout seul, perdu au milieu des tempêtes de la vie, les yeux fixés sur sa bonne étoile, il ne voit qu’elle…

Jupiter en Sagittaire

C’est une position qui annonce une capacité certaine à organiser, à rassembler. Non pas tant à étudier une affaire dans tous ses détails qu’à faire se rencontrer des gens, à leur donner le sentiment d’un destin commun. C’est ainsi que se forment les sociétés humaines, autour de ces chefs qui, à partir d’une situation confuse et disparate, parviennent à instituer un ordre, à faire apparaître des horizons, à cimenter des réseaux encore fragiles. Celui qui a cette indication dans son thème laissera souvent le souvenir de quelqu’un qui a modifié sensiblement le paysage social et humain, « là où son cheval est passé ».

Jupiter en Capricorne

Mêmes effets que le Soleil dans ce signe, légèrement atténués. Les valeurs protectrices, chaleureuses, bienfaitrices de Jupiter se sentent fort diminuées, amoindries par le signe concentré et réservé du Capricorne. La réussite professionnelle est pourtant certaine grâce à l’ambition tenace du signe.

Jupiter en Verseau

A condition que ces tendances soient convenablement mûries, vous pouvez vous faire apprécier par des sentiments humanitaires ou par de larges conceptions sociales. Il s’agit de « mettre la main à la pâte », de « relever vos manches » pour que le monde, le pays, votre groupe professionnel ou votre famille sortent de leur enlisement, de leurs difficultés ou de leurs routines. Vous comptez bien que l’on vous en saura gré et vous vous y employez utilement. Comment vous préférez donner qu’accumuler, l’état de vos finances risque de souffrir de générosités au-dessus de vos moyens ou de l’oubli des contingences matérielles.

Neptune dans les Signes

Neptune en Poissons

Neptune donne aux natifs du signe intuition, sensibilité et perception des choses invisibles. Egalement des aspirations, plus ou moins confuses, à une communion avec le Grand Tout, d’où des tendances mystiques fréquentes. Parfois vécues… Comme l’a définit Frédéric Lionel : « L’expérience mystique est une aventure vécue de la conscience, laquelle résonne à l’impact d’énergies subtiles auxquelles elle est accordée. »

Représentant différentes formes de pensée, les éléments sont, il faut le rappeler, associés à des plans d’évolution différents. La Terre est liée à la vie matérielle. L’Air à la pensée : on lui rattache la philosophie. Le Feu, dans toutes les traditions, est un symbole d’initiation, et l’Eau est symbole de l’âme et non plus de l’esprit : on lui rattache la religion.

Le Neptunien entre en communion avec l’invisible, parce qu’il fait corps avec lui. Il est plus à l’aise dans ce monde-là que dans celui du commun des mortels, disons que dans celui de la plupart d’entre nous. C’est un dialogue avec l’invisible qui lui fait « capter la musique des sphères ». Il vit dans un monde sans frontières (le « Citoyen du Monde » : Camille Flammarion). Antenne captatrice, Neptune ouvre les portes à la perception de l’infini. Le monde inconscient, du mystère, prend le pas sur la logique cartésienne : c’est le monde de la clairvoyance et de la télépathie. On touchera alors à la métapsychique, au spiritisme, etc., notamment si le Secteur XII est important.

Avec Neptune s’ouvre tout un monde secret : nous sommes aux portes de l’invisible. Au niveau le plus simple, dans la vie de chaque jour, Neptune crée un climat, une atmosphère : la vraie spiritualité, la sainteté, se cachent, souvent, dans la vie la plus simple. Le Neptunien des Poissons attachera plus d’importance à ce qui ne se voit pas qu’au monde des apparences. « L’essentiel est invisible pour les yeux » (Antoine de Saint-Exupéry, Cancer ; mais avec le Soleil proche de Neptune qui fait de lui un neptunien).

Avec Neptune, nous pénétrons de toute façon dans un univers teinté de magie et d’envoûtement. « Quelle merveilleuse impression, dira la Neptunienne Anaïs Nin, de ne pas se sentir isolé. Et l’on peut enfin faire vivre sa nature universelle. On est en contact avec le monde entier… Et j’ai le sentiment d’être en rapport avec le monde entier. » Avec Neptune, nous avons toutes les idéologies « communistes », au sens le plus vrai du terme ; nous avons les aventuriers spirituels et ceux qui partent sur les mers à la poursuite de leurs rêves ou de leurs chimères. Selon Lisa Morpugo, cela vient du fait que c’est Neptune, dieu des mers et de l’infini, qui insuffle aux êtres vivants l’inquiétude nécessaire pour les faire « bouger ». Dans cette perspective, disons que Neptune les pousse vers ce que l’on appelle l’aventure, sous toutes ses formes, parce que c’est Neptune, dieu de la mer symbolisant l’inconscient collectif, qui leur insuffle une inquiétude fondamentale. Cette inquiétude peut les amener sur les chemins de l’évolution. Mais elle peut devenir névrotique si le thème est dissonant, si le Moi est mal structuré. Neptune entraîne alors l’âme vers de terribles naufrages dont elle ne revient pas. Lorsque Neptune est dissonant, il y a toujours, à un moment de la vie, une perte de contact avec le réel. L’être voit son destin s’enfoncer, sombrer avec ses rêves, et sa vie peut devenir incohérente s’il ne se ressaisit pas très vite. Les événements prennent des allures irréelles ; le rêve lui paraît réel : mirages de l’âme et de la vie…

Si l’être perd pied, Neptune l’entraînera sur les chemins de la déchéance. Neptune, dieu des tempêtes, engloutit le vaisseau des espérances… Et, nous avons là tous les naufrages des Poissons qui sombrent au rivage de leur Maison XII.

Fusion féconde avec l’infini, ou dissolution de l’âme tandis que l’être retourne au chaos. Telle est bien la dualité des flux ou reflux de la vague ; double visage de ce signe qui peut être signe de fécondité ou de dissolution (pouvant aller jusqu’à la folie).

Neptune, dans un ciel Poissons, représentera aussi bien l’homme ramenant au port, à travers la tempête, des trésors insoupçonnés, que celui qui se laisse dévorer par les monstres marins et emporter au fond des mers. Il est certain qu’avec Neptune il y a souvent une part de mirages, d’illusions… Ajoutons qu’il faut, de toute façon, toujours se méfier de cette insidieuse planète sur le plan matériel.

Neptune en Bélier

Dans le signe de Mars, Neptune amplifie l’agressivité ou le rêve. Là encore, tout dépend des aspects, en particulier des positions respectives de ces deux planètes. Ou bien c’est Mars qui domine (l’action) ou bien c’est Neptune (l’idéal, le rêve). Les deux sont le plus souvent en conflit mais il peut arriver qu’ils coïncident : on a alors une action révolutionnaire qui réalise le rêve (Lénine, conjonction MarsNeptune). Mais le tsar qu’il renversa avait aussi Neptune en Bélier, non loin du Soleil ! C’est alors l’illusion, la chimère. Avec cette position, on peut aussi avoir une tendance au scandale ou au mysticisme (Cervantes).

Neptune en Taureau

L’efficacité opère dans le plan irrationnel de la vie affective et spirituelle, plutôt que dans celui de la raison sociale. Neptune en Taureau a des chances de vibrer aux chansons des bois et forêts, et autres présences universelles, sensibles et indicibles. La cohésion du signe sera dans le désir d’union sensuelle, ce qui peut rendre la mystique difficile, sauf si elle est panthéiste, païenne, en prise sur le folklore. Autre chose, enfin, que l’ascèse et le dogme. En négatif, le pôle dionysiaque du Taureau prendra avec Neptune des voies de perdition, la quête d’extase mystique, le besoin de participation cosmique, dégénérant en sensualité chaotique.

Neptune en Gémeaux

Il semble y avoir plus de théorie que de constatations effectives dans ce que l’on peut en dire. Selon André Barbault, l’émotivité Géminienne serait intensifiée et la sensibilité de l’astre en serait intensifiée, dans un échange courtois de bons procédés. D’autres astrologues affirment que l’intuition devient plus lucide, que l’action neptunienne devient plus créatrice, se cantonnant surtout dans l’immédiat, le quotidien. On y voit aussi des dons de clairvoyance, surtout dans les affaires, et les femmes seraient peu fidèles. Certains décèlent des tendances hystériques, des états d’âme chaotiques.

Neptune en Cancer

La planète double son inspiration intuitive dans le Cancer : elle devient très fortement sensible à toute vibration sensorielle. Elle capte les moindres ondes de son entourage et plonge dans les eaux sans fond de la sensation, du délire artistique (musical, visuel, auditif) avec un goût prononcé pour tout ce qui a trait à l’eau, à l’élément liquide.

Neptune en Lion

Énigmatique et problématique alliage. Les affinités entre la planète et le signe sont nettement moins évidentes que dans le cas d’Uranus ou de Jupiter, et la coopération ne sera vraiment effective que si Neptune reçoit par ailleurs de forts aspects dynamisants. Dans le cas contraire, les fonctions dominantes du Lion sont passablement altérées. Les manuels traditionnels parlent d’exaltation lyrique, idéaliste, mystique ou romanesque, de sens esthétique noble et raffiné, avec forte tendance aux illusions et déceptions sentimentales, si Neptune est très dissoné.

Neptune en Vierge

Neptune, maître des Poissons, est en exil dans le signe opposé, la Vierge. Tout, en effet, oppose le signe et la planète. Neptune est caractérisé par l’extrême ampleur du champ de conscience, d’où une très forte intuition, une façon d’appréhender les choses et les situations sans passer par le canal de la logique, de la raison. Quel décalage avec la Vierge, dont les mécanismes de pensée s’appuient précisément sur ces deux facultés ! De ce perpétuel affrontement entre être et réalité, entre plasticité psychique et rigidité mentale, entre désordre et ordre, naît une sorte d’inadaptation permanente. Neptune en Vierge risque de perturber la vie quotidienne, mais le sujet conserve néanmoins une dimension imaginative, une « inspiration » très favorable sur le plan artistique. Cette position peut aussi accentuer l’idéalisme et le dévouement à une cause humanitaire (Arlette Laguiller, Neptune conjoint à l’Ascendant en Vierge, opposé à la conjonction Soleil-Mercure en Poissons).

Neptune en Balance

Le sujet qui a Neptune dans la Balance se fait de la justice une idée très élevée. Il est même près de croire à l’existence d’une justice immanente. La sensibilité, la tendresse, la douceur neptuniennes transforment l’amour de la Balance en un sentiment idéal qui se porte naturellement sur le conjoint ou les partenaires, puisque la Balance est le signe des associations. Le mariage lui-même peut évoluer vers une union platonique qui trouvera sa finalité dans une recherche commune des valeurs spirituelles. Son art, raffiné, est marqué par le flou et la légèreté neptuniens qui lui donnent quelque chose d’irréel. La musique, le cinéma, la poésie sont des supports particulièrement bien adaptés à cette inspiration.

Neptune en Scorpion

Affinités entre cette planète de rêve et d’imagination, et notre Scorpion naturellement attiré par l’étrange, le fantastique, le mystère. Les Neptuniens du Scorpion sont médiums, clairvoyants, ils ont des dons occultes, s’intéressent aux problèmes de l’au-delà. Mystiques, artistes, sensibles, intelligents, ils devinent tout ce qu’on leur cache. Ils travaillent dans le secret, s’enfermant à double tour dans leur chambre ou leur bureau. Les forces invisibles se mettent au service de la création.

Neptune en Sagittaire

Le Sagittaire a le sens de l’idéologie ! Il sait que pour entraîner le grand nombre, il convient de lancer un certain nombre de slogans, de proposer des modèles d’explication, à la façon dont on parle de la lutte des classes, par exemple. Cette position de Neptune est donc favorable, elle révèle quelqu’un qui saisit les vagues de fond, qui prophétise les grands bouleversements mais qui ne sait pas toujours faire les choix qui s’imposent s’il est trop entraîné par la politique politicienne.

Neptune en Capricorne

La planète de la sensibilité artistique, de la douceur, de la souplesse et de la mobilité psychique n’est pas spécialement confortée par le Capricorne qui lui interdit les vraies intuitions ou les soumet au crible d’une raison moralisatrice très refroidissante. La sensibilité et la rigueur de la pensée se trouvent en contradiction.

Neptune en Verseau

Si vous êtes Neptunien, vous vous dégagez facilement des conditionnements sociaux pour tenter de vivre votre réalité intérieure. Vous êtes intuitif, généreux et crédule, parfois naïf. Vous projetez souvent vos impressions et présentez parfois des vérités que vous avez du mal à formuler. Si vous transformez la réalité, c’est qu’un fait brutal vous émeut et que vous désirez prendre des distances pour amortir le choc.

Comment interpréter les aspects de Jupiter et Neptune avec les autres Planètes

La théorie astro-psychanalytique a fait progresser de façon considérable le portrait psychologique à travers le thème. Ce portrait ne se contente plus de faire une description caractérologique pure. Il devient l’étude de la psyché tout entière, en plongeant dans les racines mêmes de l’inconscient. « Les planètes sont les dieux symboles des puissances de l’inconscient. L’horoscope correspond à un certain moment de l’entretien mutuel des dieux, c’est-à-dire des archétypes psychiques » (Jung).

Tout ce qu’un être projette se transforme en action et se met à vivre. « Cherchez et vous trouverez. Mais chercher nous conduit à trouver si nous cherchons ce qui est en nous. Chercher ne sert à rien, si nous cherchons ce que notre être intérieur ne contient pas » (Confucius).

Selon Jacques Berthon, les événements ne sont qu’une « fioriture du destin ». Le choc, le complexe, la dissonance, le lien entre les planètes, en un mot les aspects, sont la source du drame. L’aspect est l’angle formé par deux planètes. Source de conflit, souvent interne, c’est une brisure qui peut s’agrandir. Il ne s’agit pas de l’ignorer. Il s’agit de « faire avec », de vivre avec… La destinée se bâtit peu à peu sur cette déchirure qu’est notre incarnation. Notre existence est en fait une « guerre civile » intérieure. Il n’y a pas le choix : ou bien l’être va s’enfoncer de plus en plus, ou bien il va « renverser » l’aspect. Il faut donc donner les grandes lignes de l’effort nécessaire pour vaincre la dissonance, ou pour utiliser le bon aspect.

Lorsqu’on a compris son thème, on ne peut plus tricher. Il s’agit seulement de tirer le meilleur parti de ses configurations natales, qu’elles soient « bonnes » ou « mauvaises »… L’aspect évolue au cours d’une vie. Saturne « frustre » plus à vingt ans qu’à l’âge de la retraite. Le tout est de savoir l’utiliser. Il n’y a pas de bon aspect et de mauvais aspect. Tous les aspects sont, selon ce que l’on en fait, bons ou mauvais. Les bons aspects peuvent incliner à chercher des solutions de facilité, à se laisser vivre. C’est alors un piège que la vie nous tend en nous offrant un bon fauteuil. On n’en bougera plus. On peut se scléroser avec un thème harmonique.

Les mauvais aspects, en revanche, nous donnent un « coup de pied aux fesses ». Ce n’est pas très agréable, mais c’est le meilleur moyen de ne pas s’endormir. Avec une dissonance, nous sommes vite rappelés à l’ordre ! Il est certain que si le thème est très dissonant, notre vie au jour le jour sera moins facile. C’est là où il y a dissonance que devront porter nos efforts. Mais n’oublions pas que les plus belles réalisations sortent justement des dissonances. Méfions-nous d’un ciel où tout va dans le même sens. La vie est harmonie mais pas uniformité. « Le trop de quelque chose est un manque de quelque chose », selon la sagesse arabe. L’angle sous lequel nous recevons les choses, l’aspect, est un ensemble d’influences que la conjonction illustre parfaitement : les deux planètes sont à la même longitude (degré), mais elle peut être positive ou non selon les cas et les planètes en jeu.

Aspects harmoniques : le trigone est d’essence harmonique. Il s’appuie sur le chiffre 3 : Essence, Substance, Conscience, et facilite les choses. Triangle, il sépare deux signes d’un même élément. L’aspect joue alors dans le même sens. Il y a donc facilité, aisance. Le sextile relie deux éléments dissemblables mais qui s’harmonisent : l’Eau et la Terre, par exemple. Il y a donc échange. L’aspect est dynamisant.

Aspects dissonants : ils sont dits « maléfiques ». Ne nous y trompons pas. Le carré (90 degrés) est un affrontement, une tension à résoudre. « Le carré, a dit F. Lionel, est l’image d’un monde limité, d’un monde soumis à l’espace et au temps. » Il met l’être en croix : c’est la porte étroite… L’opposition (180 degrés) est un pont à franchir, une contradiction intérieure qu’il nous faudra surmonter, dépasser, afin qu’elle ne nous enlise pas. Dans l’opposition, il peut y avoir un véritable jeu de bascule d’un pôle à l’autre. Dans la conjonction d’ailleurs aussi, quand les deux planètes sont en contradiction. « La vie est de la couleur du verre à travers laquelle nous la regardons », disait Lope de Vega. « Vous ne pouvez empêcher les oiseaux du malheur de voler au-dessus de vos têtes, dit un vieux proverbe chinois, mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux. »

Il suffit de peu de choses pour transformer un mauvais aspect, pour le sublimer en le faisant jouer sur un autre plan. « A partir du Dieu Suprême jusqu’à la lie la plus vile, tout s’unit et s’enchaîne par des liens mutuels à jamais indissolubles », disait Maître Eckhart. Perversion, névrose et sublimation sont, dira l’astrologie moderne, les trois produits d’une même constellation. Avant d’aller plus avant une remarque s’impose : aucun aspect ne doit être séparé du contexte d’ensemble. De même que la vie est constituée de peines et de joies qui forment un tout, l’analyse d’un ciel astral ne peut être faite de manière analytique. Il faut pouvoir opérer une synthèse.

Les aspects de Jupiter

Avec Jupiter aux Poissons, l’extraversion, l’expansion, et la croissance sont facilitées quand l’aspect est harmonique ; une certaine difficulté à réaliser cette expansion apparaît quand le thème présente une dissonance. Les difficultés sur le plan matériel et sur le plan de la réalisation personnelle seront quasi constantes.

Jupiter – Soleil

Affirmation de soi et expansion, extraversion des qualités ou des défauts solaires. Avec Jupiter, il y a extraversion de la volonté dans une réalisation. On s’intègre à la vie de façon euphorique. La vie est vécue « harmoniquement ». L’idéal du Moi et l’affirmation de soi s’accordent pour faire de l’individu un créateur qui réalise ses projets.

En dissonance, il y a entre l’ambition et la réalisation de l’individu un certain hyatus. On veut être en vedette à tout prix, mais on n’y arrive pas. On s’intègre difficilement dans un contexte familial. L’opposition peut devenir écartèlement. On s’arrête devant un seuil qu’on ne sait comment franchir. Avec le carré, le cap est plus difficile encore à passer. On gaspille ses forces inutilement, par manque de lucidité. L’aspect ne nuit pas à la réussite (opposition SoleilJupiter dans le ciel de Sacha Guitry, par exemple), mais n’empêchera pas les difficultés financières ou matérielles.

Jupiter-Lune

Extraversion des qualités ou des défauts lunaires (aisance ou difficultés dans la vie ou dans les rapports avec les femmes, selon les cas). C’est un aspect toujours plus facile à vivre dans le thème d’une femme que dans celui d’un homme. Il y a harmonie au niveau de la sensibilité et des contacts avec les autres. Réussite de la vie de femme dans un thème féminin, et dans un thème masculin, bons rapports avec les femmes, relations facilitées. La personnalité ne manque pas de magnétisme, mais elle est parfois vulnérable. La sociabilité est extrême, mais l’être est influençable. En cas de dissonance, la vie peut être incohérente. L’insouciance est grande, et le natif manque de sens pratique. Ou alors prodigalité plus ou moins ostentatoire. On devra voir le « sens de l’aspect » et quelle planète l’emporte de la Lune ou de Jupiter (interprétation différente).

Jupiter-Vénus

En aspect harmonique aux Poissons, amour de la vie tranquille. L’extraversion amoureuse est facile. On rêve de légaliser un amour, mais des difficultés peuvent alors surgir (analogie avec le Secteur XII). La réalisation artistique est à envisager, si le thème s’y prête. Elles est plus difficile avec une dissonance, mais on trouve souvent un thème plus créatif, à moins que le conflit n’entraîne une tendance au doute, au découragement. On trouve alors difficilement son équilibre. On manque de sérénité intérieure. Il y a même une certaine insatisfaction, notamment dans le domaine sentimental. Et l’on peut se lancer dans des transactions ou des investissements imprudents dans un sens plus matériel. L’excès d’extraversion amoureuse conduit à une vie de « débordements ».

Jupiter-Mercure

Extériorisation facile des contacts avec l’entourage et de la pensée. Le sens pratique est assez important. On agit avec sagacité, on s’exprime avec aisance, quand l’aspect est harmonique. En cas de dissonance, il y a beaucoup moins de bienveillance. L’être est souvent sujet à des craintes injustifiées, il peut même ressentir un sentiment d’infériorité (notamment à l’égard des frères et sœurs). Les recherches de contacts sont trop nombreuses : on se disperse ; à moins qu’elles ne soient difficiles. On manque de sens critique. On vit avec un sentiment d’insécurité latente. Le jugement est insuffisant, le raisonnement tortueux. On agit avec une légère emphase. C’est ce que Jacques Berthon appelle le « complexe de Tartarin ».

Jupiter-Mars

C’est un aspect qui donne une bonhomie complaisante. L’extraversion de l’action est facile si le thème est harmonique. Elle est plus ou moins compliquée si le thème est dissonant. Il y a alors un risque d’exhibitionnisme. On est imprudent, on se lance dans des entreprises audacieuses avec une trop grande confiance en soi ou trop d’agressivité, avec « crânerie ». C’est un peu le « complexe du Père Ubu » (Jacques Berthon).

Jupiter-Uranus

Extraversion des qualités et des défauts d’Uranus. C’est un aspect un peu extrémiste. Dans le thème d’un Jupitérien des Poissons, il peut se produire des variations brusques de l’existence. Il y a souvent extraversion dans un domaine original, des innovations plus ou moins inattendues. Quand le thème est dissonant, les virages de l’existence ne se font pas en douceur… On agit avec brutalité, précipitation, puis on est brusquement désarçonné. L’emballement prime, mais est souvent suivi de découragement. On risque avec cet aspect de laisser passer pas mal de chances. Optimisme un peu irréfléchi, ardeur mal canalisée. C’est un aspect que l’on pourrait appeler celui des « occasions perdues ». N’oublions pas que, avec le recul, une occasion manquée peut apparaître comme une chance… (association qui ne se fait pas et qui eût été la ruine, etc.).

Jupiter-Saturne

Conflit, ou alternance, entre les périodes d’extraversion et d’introversion. La tendance dominante l’emportera. Il y a tiraillement entre deux contraires, oscillation entre deux contradictions. L’être va-t-il chercher la réussite existentielle ou la réussite matérielle ? La rigidité saturnienne pourra freiner l’expansion jupitérienne. Jupiter pourra également donner un certain dynamisme à Saturne. Cette balance agira jusqu’à ce que l’un des deux pôles l’emporte quand il y a conjonction. En harmonie, l’existence sera tranquille, le succès assuré. C’est une existence concrète qui ne s’en oriente pas moins vers une vie intérieure, en profondeur. Quand l’aspect est dissonant, il y a une sorte d’inaptitude au bonheur. On passe de moments d’euphorie à des moments de désespoir. On agit avec imprudence, autoritarisme, et les crises sont fréquentes. Il y a des risques de pertes sur le plan matériel. La vie peut osciller entre deux grandes tendances : Avoir et Etre.

Jupiter-Neptune

C’est un aspect tout à fait Poissons. L’intégration à l’existence et l’extraversion des qualités neptuniennes se font de façon parfois confuse. Mais s’il y a un certain désordre dans cet aspect, c’est tout de même un aspect chanceux lorsqu’il y a harmonie entre les deux planètes. Les changements sont généralement bénéfiques. L’aspect joue dans le domaine de la vie privée ou de la carrière selon le thème.

Lorsqu’il y a dissonance, l’inadaptation n’est pas rare. Le discernement fait défaut, souvent paralysé par des préjugés. On s’adonne aux excès de toutes sortes. On gère mal ses finances. On est plus ou moins malchanceux ; en général, trop sensible, on teinte la vie de mélancolie. Le natif s’adapte en tout cas extrêmement difficilement aux circonstances, cherche des compensations. Tous les excès relèvent de cette dissonance JupiterNeptune qui donne un Poissons mou, un peu veule, qui se laisse aller. C’est le Poissons qui incontestablement, se laissant porter par la vague, est entraîné par les courants vers les « bas-fonds ». Les chances sont gaspillées : des opérations frauduleuses sont tentées, qui peuvent entraîner le natif dans des scandales ! On perd incontestablement pied avec le réel. En voulant le saisir à pleine main, on étreint le vide.

Si l’aspect est vécu sur le plan spirituel, il n’a plus évidemment les mêmes conséquences matérielles (expansion harmonique en union avec le monde).

Jupiter-Pluton

Il y a extraversion des qualités de Pluton, c’est-à-dire sens des affaires, sens de l’argent, sens des changements, sens des métamorphoses. Voilà une conjoncture pleine de diplomatie. Opportuniste également. La réussite matérielle n’est pas rare, surtout quand les aspects sont harmoniques ; elle est alors facilitée. En cas de dissonance, la réussite survient également mais elle est plus ou moins loyale. C’est là ce que Jacques Berthon appelle le « complexe de la maffia ». On veut réussir à tout prix. L’honnêteté est quelque peu douteuse, surtout si la Maison XII est importante. On risque de se lancer dans des affaires frauduleuses, et on frôle parfois la mégalomanie. C’est un aspect un peu « louche ». Selon Lisa Morpurgo, c’est un aspect de cabotinage et de mensonge pour le plaisir. Ce n’est pas, en tout cas, une configuration très sincère… Le Poissons marqué par cet aspect, dissonant ou non, s’en tirera peut-être, mais pas toujours de façon très honnête…

Les aspects de Neptune

Avec Neptune, les rapports sont d’un tout autre ordre.

On entre dans le domaine de l’illimité, de l’infini. Mais il peut y avoir des rapports un peu « fuyants ». L’être se fuit souvent lui-même. Le thème est souvent plus « introverti ».

Neptune-Soleil

Association ou dissociation entre les aspirations à l’infini, propres à Neptune, et la symbolique mise au service de l’idéal. L’être s’affirme dans une union avec le monde, une communion (positif), soit il fuit cette communion ou ne peut la réaliser : fuite d’un idéal, aspect qui rend la communion possible mais au prix de difficultés. Aspirations infinies et désir de communion avec le monde dans les deux cas. Sur fond harmonique, ou bien intégré (Moi et Idéal du Moi réunis, par exemple), les réalisations seront effectives, sur le plan spirituel, notamment. Sur le plan pratique, cet aspect apporte un succès dû à des facultés d’intuition particulièrement brillantes.

En cas de dissonance, l’aspect donne un sentiment d’inachèvement. On se disperse dans les tentations. La vie est soumise à certains dérèglements. C’est un complexe de fuite devant le réel. Les inquiétudes seront larvées, les mélancolies fréquentes. On est souvent (selon Lisa Morpurgo) arraché à un lieu ou à des personnes chères. C’est un aspect d’exil. Nous avons trouvé cette configuration dans le thème de nombreux pieds-noirs lorsqu’ils ont quitté leur pays et ont été arrachés à leur terre natale. Fuite des choses, et parfois aussi éloignement du père (il « disparaît »).

Neptune-Lune

Avec cet aspect NeptuneLune, nous avons une composante PoissonsCancer valorisée. C’est un aspect de grande tendresse, d’intuition et de sensibilité qui jouent surtout dans les rapports humains. Grandes qualités psychiques, mais il y a risque de « vertige de l’anima ». La malléabilité du Poissons est extrême mais la capacité de récupération est importante si le thème est harmonique. Cet aspect peut entraîner certains désordres moraux, des faiblesses de toutes sortes, une certaine passivité allant jusqu’à de la paresse.

Quand le thème est dissonant, on note des insatisfactions et des changements plus ou moins douloureux. Il y a dissolution de la vie pratique et manque de sens du réel. C’est un aspect très négatif sur le plan matériel, et, notamment, sur le plan financier. Il est rare que le natif puisse éviter de grands bouleversements dans sa vie, et sur le plan du psychisme ils seront fréquents. Si le thème est harmonique, il offre une protection contre les souffrances intérieures, permet de prendre des décisions positives après les épreuves. Si le thème est vraiment dissonant, les traumas peuvent être plus ou moins profonds, la santé est parfois précaire, et un déséquilibre psychique peut s’installer (dispersion de l’énergie et des facultés intellectuelles). En thème masculin, mauvaise approche de la femme ; en thème féminin, manque de rigueur logique. Mais l’intuition, dans les deux cas, est extrêmement grande. Souvent, le comportement est un peu ambivalent. Il y a toujours hyper-réceptivité, active ou passive, selon les cas (aspect fréquent chez les poètes).

Neptune-Vénus

Association ou dissociation entre les aspirations à l’infini propres à Neptune et la symbolique vénusienne de l’amour. C’est un aspect de vertige amoureux. Quand le thème est harmonique, l’être vit bien cet aspect mais ne le vit pas toujours concrètement. Il communie avec l’autre sans avoir besoin ni de le toucher, ni de le voir. Les réalisations concrètes ne sont pas évidentes. Il peut y avoir un côté un peu platonique dans les amours. Les chimères ne font pas souffrir. On est à l’aise dans un univers un peu irréel.

Quand l’aspect est dissonant, on recherchera beaucoup plus dans l’expérience multiple et diverse cet amour idéal, sorte de mirage après lequel on court. L’amour sera vécu sous forme de liaisons innombrables. Les amours seront illégales, changeantes, la sensualité débridée. A noter que le carré crée sur le plan sensuel un conflit ; l’opposition, elle, est un tiraillement entre l’idéal du pôle neptunien et le pôle vénusien, beaucoup plus sensuel. On peut passer alternativement d’une attitude à l’autre. Avec un aspect harmonique, la chance sourit sur le plan matériel. Avec une dissonance, les appuis financiers sont beaucoup moins évidents mais, généralement, on s’en sort. L’inquiétude et l’insatisfaction sont souvent les causes d’un malaise. Cet aspect crée fréquemment des bouleversements douloureux sur le plan de la vie sentimentale, dans la mesure où il est extrêmement difficile de la stabiliser. Sur le plan de la création, c’est un aspect de grande sensibilité. En dissonance comme en harmonie, on côtoie le monde artistique, si l’on n’est pas artiste soi-même, surtout quand Vénus est dominante. Le choix entre la chair (Vénus) et l’idéal (Neptune), se pose tôt ou tard…

Neptune-Mercure

Compréhension, contact et communion sont associés ou se brouillent mutuellement. Avec cette configuration, l’intuition est mise au service de l’intelligence. Quand le thème est harmonique, la lucidité est grande et l’ouverture d’esprit permet de s’intéresser à tous les problèmes. Lorsque l’aspect est dissonant, il y a un manque de rigueur qui devient alors un peu inquiétant. L’esprit s’engage dans des domaines peut-être trop vastes. La sensibilité, diffuse, globale, est, dans les deux cas, extrême.

L’imagination peut être délirante. Les facultés extra-sensorielles, dans les deux cas, sont fréquentes, et parfois la voyance. Mais les troubles psychiques sont toujours un peu latents. Le comportement est capricieux. Si l’on considère Mercure comme réglant les rapports avec l’entourage, ceux-ci sont étranges et bizarres. On est mêlé à des secousses politiques ; nous avons souvent constaté cet aspect dans les thèmes d’immigrés. Quand le thème est extrêmement dissonant, il y a risque de confusion mentale. On ne parvient pas à dominer les forces obscures de cet inconscient qui submerge l’âme. L’être perd son sens critique. Les changements de comportement au cours de la vie sont fréquents. Le mental est souvent instable, et l’attitude difficilement prévisible. Cela ne facilite pas, on s’en doute, les rapports avec l’entourage et rend les contacts avec le milieu ambiant souvent douloureux. L’être se sent un peu à part, incompris, il tend à fuir hors du réel une vie qui le blesse par trop.

Le natif peut manquer de sens pratique, être inorganisé mais cet aspect ne nuit, en aucun cas, à l’ouverture d’esprit. C’est un aspect d' »intuition illogique ». C’est un aspect qui ne fait pas de l’être un « spécialiste » ; il y a dans cet aspect un certain éclectisme : on s’intéresse à tout.

Neptune-Mars

Association entre l’action et l’idéal, ou brouillage de l’action rendue irréalisable. Mais il y a dans cet aspect des qualités beaucoup plus irrationnelles que dans l’aspect JupiterMars. Il y a là mise en action d’un idéal ou d’une chimère… On veut partir à la conquête de l’infini, et on peut se perdre dans l’illusoire. L’imagination est extrêmement dynamique, la création insolite, l’inspiration pousse à agir. Quand le thème est dissonant, il y a instabilité émotionnelle et anxiété. On agit sans réfléchir, mais l’activité n’est pas continue. C’est le type de Poissons qui reculent quand la décision doit être prise. Il y a une certaine fuite de l’action et une agressivité qui peut être mal canalisée. Cet aspect peut donner un Poissons totalement velléitaire qui, finalement, ne prend jamais de décisions. Il faut, pour que l’aspect soit vécu dans l’action, une perspective claire, voire un soutien, bref, le coup de pouce…

Neptune-Jupiter

Se reporter au passage concernant JupiterNeptune, dans « les aspects de Jupiter« ,

Neptune-Uranus

Cette conjonction, très lente, ne se reproduit pas souvent : elle a eu lieu entre 1818 et 1826, et se reforme en février 98, en Verseau. Lorsque le thème est marqué par ces aspects, ils n’ont d’importance que s’ils sont valorisés par des planètes rapides. Il faudrait évoquer ici le carré des années 1952 à 1956, qui a correspondu dans le monde à une période de crise : la mort de Staline… Sur le plan personnel, cette configuration peut frustrer intérieurement, entraîner un choix erroné des moyens et des fins. Cet aspect peut être tour à tour rigide et dissolu. Nous avons trouvé cet aspect chez bon nombre de natifs de la génération 1952 à 1956 (entre le Cancer et la Balance) : dans les thèmes de jeunes drogués, ou de jeunes qui s’adonnaient à des mystiques plus ou moins étranges, adhéraient à un idéal parfois brumeux, ou se perdaient dans des agissements bizarres. Ils ne savaient pas très bien comment conduire leur vie, et, tour à tour, passaient d’une attitude totalement rigide à une attitude opportuniste. La personnalité se cristallise parfois dans un comportement négatif ; avec des aspects harmoniques de ces deux planètes, on peut trouver des gens qui se cristallisent dans une passion et mettent toute leur audace spirituelle au service d’une idée qu’ils poursuivent dans un certain fanatisme. Mais c’est un aspect qui demande à être analysé avec recul dans la mesure où il s’agit, répétons-le, de deux planètes extrêmement lentes qui concernent plus une génération qu’un thème individuel.

Neptune-Saturne

Surmoi et idéal se conjuguent ou s’affrontent. Voilà un aspect qui peut associer ou dissocier, suivant les cas, logique et intuition. Il y a parfois blocage de l’idéal, en cas de dissonance, mais si l’aspect est harmonique ou s’il est bien utilisé, l’être peut canaliser son idéal dans une construction positive. En harmonie, cette composante est un élément modérateur, un élément de volonté et d’épanouissement de la sensibilité qui s’oriente dans un sens philosophique. Il y a accord avec soi-même, et acharnement dans la quête que l’on poursuit. Personnalité intéressante, résistante, qui agit avec une grande force d’âme.

Lorsque l’aspect est dissonant, l’austérité saturnienne bloque et paralyse l’idéal neptunien. Le frein n’est plus salutaire mais aride. L’inquiétude naît, la tension intérieure grandit. On est tenté par l’infini, et on se réprime. Dans l’opposition, les risques de névrose sont accrus. Selon Lisa Morpurgo, la tentation du péché est aussi forte que le désir de la réprimer. Tempérament « calviniste », bourrelé de remords, mais qui ne peut résister aux tentations. Le jugement peut être nébuleux, les décisions sont mal prises. Il y a parfois un entêtement irrationnel dans une situation pourtant absurde. Cette conjonction joue sur le plan international : elle a accompagné des circonstances dramatiques dans l’histoire, et fut notamment l’un des éléments qui ont provoqué la guerre civile espagnole en 1936 et 1937.

Neptune-Pluton

Voilà deux forces extrêmement différentes qui s’amalgament de façon étrange, et qui sont aussi des aspects lents. Il y a eu cette conjonction en Gémeaux au cœur du Moyen Age, et une autre à l’aube du XIXe siècle. C’est dire que ce sont là des aspects d’ordre mondial. Ils traduisent en général dans un thème personnel une crise de l’évolution intérieure. Lorsque cette conjonction joue dans un thème individuel, elle permet une communion avec l’au-delà, une sublimation de la vie sexuelle, ou au contraire une emprise de la sexualité.

Cet aspect comporte un risque de folie parfois meurtrière (Eichmann). C’est un aspect dans lequel il ne peut pas y avoir de demi-mesure. Il conduit l’être à sa perte s’il s’inscrit dans le Moi : l’être est sous l’emprise de ses pulsions agressives que Neptune surmultiplie jusqu’à la folie. C’est un aspect qui peut être créatif, mais qui est souvent vécu douloureusement.

Disons que lorsqu’on trouve un Neptune dominant et un Pluton valorisé dans un thème, les valeurs de métamorphose et de prolifération sont importantes. Elles peuvent entraîner l’être aussi bien à sa perte qu’à la plus sublime des réalisations. Rappelons ici le thème d’Edgard Cayce, le célèbre voyant, et celui de Victor Hugo, également marqué par cette double valorisation NeptunePluton.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Une lumière nouvelle a permis de relier la plus ancienne des connaissances aux sciences humaines les plus récentes. La psychanalyse a « modernisé » la plus ancienne science du monde, sans renier le passé.

En effet, on a découvert peu à peu l’identité profonde qu’il y avait entre ce que révèle une investigation psychanalytique et ce que dévoile l’analyse d’un thème. Le langage qu’emploie le psychanalyste quand il démonte les structures psychiques est le même que celui qu’utilise l’astrologue quand il déchiffre la topographie des tendances qu’est la carte du ciel.

La représentation du « fait psychique » donne une véritable image de la réalité intérieure, qui du même coup est revalorisée. Ce que Paracelse affirmait voilà plusieurs siècles – toute vie est d’abord intérieure – a repris une vie nouvelle.

La vie, en réalité, ne dépend pas autant des circonstances extérieures qu’on le croit. Nous choisissons parmi les occasions qui se présentent à nous celles qui sont conformes à notre nature.

Inéluctable, la destinée ne l’est que dans la mesure où il n’est pas possible d’échapper à soi-même. La destinée s’accomplit sur un modèle que nous portons en nous ; non pas en dépit de nos efforts, mais plutôt « à cause de nos aspirations ». Et, à la lumière du symbole, apparaît le processus psychique fondamental qui permet de déchiffrer toutes les manifestations du psychisme humain. « Le symbolisme apparaît comme la langue fondamentale de la vie psychique. »

De même que dans l’apparent désordre des événements d’une vie se profilent les tendances profondes d’un être, de même dans un ciel un certain climat peut être défini. A travers ce labyrinthe de l’âme, nous découvrons les influences mystérieuses qui nous poussent à agir, la profondeur cachée des colères et des doutes, de nos craintes et de nos besoins. Le thème est l’expression concrète d’un drame psychique.

Les archétypes que sont les planètes vont éclairer ce paysage intérieur ; symboles vivants, tels nos rêves, ce sont eux qui nous mettent en diapason avec l’univers… « Chacun de nous possède un diapason individuel accordé plus particulièrement à une fréquence spécifique du rythme universel » (F. Lionel). Cette fréquence est notre dominante planétaire.

« Ce n’est pas dans le firmament étoilé que se voit dans toute sa perfection la révélation de l’infini. C’est dans l’âme de l’homme », disait Radinbranath Tagore. La carte du ciel, par les planètes, définit la structure de l’âme. Par les aspects, elle en donne, en quelque sorte, l’équation. Par les Maisons, ou Secteurs, elle définit le cadre général du destin. Mais c’est la planète qui en donne le ton. A noter que les planètes ont, selon la Tradition, une correspondance avec les notes de musique. Les sept notes et les sept planètes traditionnelles sont en effet liées « harmoniquement » : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne soit : ré, la, mi, si, sol, do, fa. »Tout l’art de l’astrologue est précisément de saisir la symphonie de la vie » (A. Barbault).

Les Planètes dans les Poissons

Lune en Poissons

Si le soleil est l’animus, partie volontaire, active, masculine qui est en chacun de nous, principe « yang », la Lune est le reflet de notre anima: partie réceptive, passive; féminine, « yin », en chacun de nous. C’est la face inconsciente de notre personnalité. C’est le rêve, l’imaginaire, la sensibilité.

Selon l’astrologue italienne Lisa Morpurgo, la Lune est en « exaltation » dans le signe des Poissons. Il est certain que, dans ce signe féminin, la Lune représente une anima très forte. Aussi donne-t-elle une imagination délirante. L’être vit littéralement dans un univers « magique », chatoyant, plein de rêves et de rites, de mystères. Souvent, fortes aspirations artistiques. Fréquemment, la vie tend vers une recherche dans ce domaine imaginatif. Il peut, si le thème va dans ce sens, et si la Lune est valorisée, y avoir même création imaginaire, artistique, littéraire.

Souvent, on aura également des tendances narcissiques, et une grande vulnérabilité. En fait, cette planète donne une sorte d’irréalité à cet être « lunaire » des Poissons. Il a du mal à s’intégrer dans la vie réelle. En effet, toutes les qualités et les défauts d’expansion et d’inflation envahissantes, propres aux Poissons, sont exacerbés. Le potentiel imaginatif est fabuleux, donnant une véritable vision fantasmagorique des choses ; mais aussi des fantasmes, et grand est le risque de dissolution morbide sous les vagues de l’inconscient qui tend à submerger l’être. Le côté mystique, assoiffé de sacrifices et de vie spirituelle, est amplifié. Il y a une certaine démesure dans le rêve. Par ailleurs, des facultés parapsychiques, paranormales, peuvent être développées.

On peut citer le grand poète et philosophe allemand, Goethe, l’écrivain Gilbert Cesbron, le poète Ronsard, Pétrarque qui ne cessa de chanter son amour pour Laure. Plus près de nous, le poète Edgar Poe et le philosophe René Guénon, qui se convertit à la religion musulmane et finit ses jours en Egypte où il fut enterré, selon le rite islamique, le visage tourné vers La Mecque, le corps à même le sable, sous le nom d’Abdel Wahed-Yahia. Des peintres : Cézanne, Léonard de Vinci ; des saints, des mystiques : saint Vincent de Paul, sainte Thérèse de Lisieux.

Si la Lune est dissonante, ou si elle est en Maison XII, elle représente alors une anima mal contrôlée. L’être est désemparé devant les événements. Il se réfugie dans ses souvenirs ; il se berce carrément d’aspirations imaginaires et s’évade dans l’irréel. La fécondité et le rêve deviennent délire et chimères. L’être peut perdre totalement pied avec le réel… Dans la vie d’une femme, cet aspect peut nuire à son épanouissement intime. Mais dans la vie d’un homme, le problème se pose d’une façon très différente. L’homosexualité est d’ordinaire caractérisée par une identité avec l’anima. « Le jeune homme qui grandit doit pouvoir se libérer de la fascination de l’anima exercée par la mère », dit Jung. Il s’agit de s’en libérer, non de l’écraser, car « sa perte durable, notamment une fois passé le midi de l’existence, consiste en un engourdissement précoce quand ce n’est pas une sclérose ». « Retrouver la liaison avec la sphère des expériences archétypes », c’est retrouver son équilibre. Mais cette Lune instinctive et imaginative, si elle est mal aspectée, donne une adaptation difficile à la vie d’homme. Dès l’enfance, les difficultés auront été marquantes. Cet aspect peut nuire également à la santé psychique de l’être. Il donne vague à l’âme, mélancolie ; un côté un peu enfantin, voire infantile ; fabulation, illusion. On ne doit jamais négliger l’aspect positif, même d’une dissonance : création artistique, développement de la sensibilité, maternité en thème féminin. Certes, « lorsque l’anima est constellée dans une proportion assez grande, elle amollit le’ caractère de l’homme qu’elle rend susceptible, excitable, sujet à des sautes d’humeur, inadapté » (Jung). Une Lune en Poissons ou Secteur XII, ce qui revient au même, est toujours synonyme de grande sensibilité, d’une forte anima. Elle peut être aussi en analogie avec le septennaire et les sept péchés capitaux, symboles de paresse, de laisser-aller, de passivité, pour le moins… Il faut tenir compte des aspects que reçoit la planète, et de l’ensemble du thème.

Vénus en Poissons

Aux Poissons, l’amour est communion avec le monde. Il prend des dimensions d’infini et d’éternité. L’imagination entretient le rêve. L’amour « magique » est un mirage…

Avec Vénus aux Poissons, le partenaire est idéalisé, l’amour est vécu comme un rêve. On peut reprendre ici l’expression de Gaston Bachelard dans l’Eau et les rêves : « Le fait imaginé est plus important que le fait réel. » Vénus est exaltée dans le signe des Poissons : l’amour y prend une ampleur lyrique. L’affectivité est débordante. Toutes les motivations sensorielles et affectives se manifestent, en effet, sur un mode Poissons, c’est-à-dire sans mesure et sans caractère logique… Les amours sont sans frontières. Amours souvent impossibles, chimériques, utopiques, dans lesquelles on se jette à corps perdu. L’élu est mis sur un piédestal. Si le rêve s’effondre, le « château de sable » est emporté par la vague… Les chimères évanouies, il ne reste plus rien. Mais un nouveau rêve emportera tôt ou tard le Poissons vers ce nouvel amour qu’une vague apporte à son tour. L’être, alors, retrouve sa capacité d’émerveillement intacte, et s’embarque à nouveau pour Cythère. L’amour est bien pour le Poissons un véritable « état de grâce ».

Amour qui est prêt à tous les sacrifices. Le côté dévouement, le côté « saint-bernard » du Poissons, lui donnent, parfois, un goût du sacrifice poussé jusqu’au masochisme : c’est aussi son côté « bonne poire » ! Il se laisse faire, par gentillesse peut-être, par masochisme souvent. Qu’il soit ou non vécu charnellement, l’amour est toujours essentiel dans ce signe ; et il est « idéalisé » aussi, car il prend une tonalité neptunienne (eau : sensibilité, émotivité). Rappelons que Vénus, selon les mythes, est sortie de l’onde écumeuse et qu’il se rattache à cette naissance tout un symbolisme sexuel, d’une part, mais aussi, comme le montre la vision botticellienne de Vénus sortant d’une coquille, celui de la fécondité. Cette coquille est le symbole de la fécondité mais elle est capable de renfermer la perle, objet précieux, née dans le mystère de ses profondeurs, telle la vie.

Planète de la sensorialité, mais d’une sensorialité mystérieuse, « aquatique » par cette eau des Poissons dans laquelle elle baigne, Vénus est, dans ce signe, une Vénus érotique et féconde. Fécondité sur tous les plans, mais en premier lieu sur le plan de la vie : la femme vénusienne des Poissons se réalise souvent dans la maternité, parfois sacrifiant même sa vie de femme pour son enfant. Elle a d’ailleurs souvent plusieurs enfants… C’est une extraordinaire « fécondité » qui valut à Jean-Sébastien Bach vingt et un enfants. Fécondité également sur le plan de sa musique qui est celle du « dialogue amoureux » de l’âme avec son créateur afin, dit-il lui-même, que « le tout donne une harmonie agréable en l’honneur de Dieu et pour la réjouissance légitime de l’âme ». Planète de la Beauté, de l’harmonie, Vénus est liée à la création artistique. On notera d’ailleurs ici que « l’astrologie peut devenir un critère d’authenticité en matière de critique d’art parce que, chez l’artiste véritable, il ne peut y avoir de rupture entre son intuition, son inconscient et sa création », comme l’a dit Joëlle de Gravelaine. Fécondité, abondance, mais aussi magie et poésie : c’est pourquoi toute oeuvre Poissons baigne dans un univers de perceptions et de sensations magiques qui nous invitent à la communion. Et ce mot est sans doute la clé de la compréhension du Poissons.

Lorsque Vénus est très dissonante en Poissons et qu’elle est en outre en Secteur XII, on a, selon la Tradition, les amours cachées, les intrigues mystérieuses, les amours imaginaires et les liaisons secrètes, les amours clandestines, l’adultère et le back-street. Les intrigues amoureuses, le donquichottisme en ce domaine, tous les désordres affectifs et les déceptions sentimentales qui s’ensuivent, voire les épreuves, relèvent de cet aspect.

Toutefois, dans ce Secteur XII, Vénus (planète de la Petite Chance, Jupiter étant le Grand Bénéfique pour les Anciens) apparaît souvent comme un signe de protection. Les choses vont mal, tout empire et, pourtant, on s’en sort quasi miraculeusement.

Mercure en Poissons

Cette planète est en exil dans les Poissons. Dams ce signe d’Eau, elle donne un fort potentiel de sensibilité intuitive. Elle représente, en effet, le filtre intellectuel à travers lequel vous vous exprimez, en tant que Poissons. Ce n’est pas seulement votre forme d’intelligence, mais la direction qu’elle va prendre, votre faculté d’adaptation qu’elle définit. Et vos relations avec l’entourage. Cette direction sera, dans le sens de Neptune, infinie. La perception des choses sera beaucoup plus intuitive, immédiate, que déductive. C’est une perception sans détail. Rien de précis. Mais une vision « globale », instantanée. La compréhension est « affective ». Elle n’est pas logique. Le climat émotionnel est ressenti intensément immédiatement. Mais les mots, pour le traduire, sont vagues, imprécis.

Ce Mercure en Poissons n’est pas un Mercure dialectique. C’est un Mercure qui « ressent », perçoit, voit l’ensemble, mais est démuni face aux problèmes quotidiens. Il n’est pas rationnel. Si les idées sont floues, vagues, imprécises et difficiles à préciser pour un Mercure des Poissons, c’est qu’il lui faut vaincre et traverser, pour arriver à l’expression, les brumes neptuniennes. L’analyse est, certes, difficile. La concentration demande un effort très grand. La mémoire n’est pas excellente. On se souvient d’une ambiance beaucoup plus que d’un décor précis. La mémoire est visuelle ; elle est sensorielle.

Mais l’on décrit difficilement les choses, ce qui est normal puisqu’on ne les voit pas : on les sent.

« Nommer un objet, c’est supprimer trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve » (Stéphane Mallarmé).

Ce Mercure en Poissons donne l’inspiration, l’intuition.

Voici quelques exemples de Mercure en Poissons dans le domaine de la peinture.

Peinture impressionniste qu’illustre Renoir, peinture surréaliste et fantastique, venue tout droit de l’inconscient, telle que nous la présente Félix Labisse.

Peinture plus abstraite du PoissonsVerseau Piet Mondrian, fondateur de l’un des groupes les plus illustres de l’art moderne, qui voulait traduire l’intériorité de l’hotpme, à travers les lignes et les couleurs les plus pures.

Avec ce Mercure en Poissons, un souffle mystérieux transfigure le monde, chasse les préoccupations bassement matérialistes de l’esprit.

L’âme tente de s’élever jusqu’à la lumière…Lorsque en 1909 Piet Mondrian, d’origine calviniste, adhère à la Société théosophique, c’est parce qu’elle correspondait alors pour lui à l’idéal de fusion entre les différentes religions auquel aspire le Poissons, parce que cette société représentait pour lui un monde spirituel sans frontières.

Mais, incontestablement, au niveau de la vie, le sens pratique fait défaut. On ne voit pas le détail, mais l’essentiel qui ne « se voit pas ». Vision sensitive, globale, sans précision. L’essentiel est la communion avec le monde. Il peut y avoir une perception hors du commun. L’être a des « antennes ».

Chez les écrivains, Victor Hugo avait cette planète en Poissons. D’où ses visions grandioses et fantastiques des choses chargées de symboles. Il transfigure le Monde. Il voit « au-delà ». A ce degré de communion, le poète est devenu un « mage ».

Mercure en Poissons est donc souvent un Mercure « visionnaire ». Mercure, planète du Moi et de notre lucidité ou de notre tentative de lucidité, lorsqu’il est dissonant pèse lourdement sur notre mental. Mercure Poissons dissonant en Secteur XII et mal aspecté peut causer, selon la Tradition, des inimitiés qui peuvent venir « des frères et des sœurs, des collègues et des proches ». Il peut créer des ennuis, tels que des calomnies, des médisances. Il indique également des risques de vol. Il donne une tendance à la mythomanie. Il porte à se mentir à soi-même, pour s’auto-illusionner. Refus du réel qui peut prendre des proportions plus graves. Il y a « démission » de la logique et de la précision : vision nébuleuse des choses, de la vie, pour le moins. Mais, il ne faut jamais oublier que Mercure est surtout notre logique, notre raison ; dissonant, il peut conduire, s’il est en liaison avec l’Ascendant, à une perte de conscience de son propre Moi, allant jusqu’à la schizophrénie. Ce fut le cas du danseur Nijinski et de Heilderlin qui sombrèrent dans la folie.

Mars en Poissons

La planète Mars accomplit sa révolution autour du Zodiaque en deux ans ; c’est la dernière des planètes rapides. Mars indique la qualité de l’énergie avec laquelle vous allez vous affirmer, votre combativité, votre élan.

Dans le signe des Poissons, l’action, diffuse, se perd dans l’immensité des désirs qui restent inassouvis. Si cette action est souvent incapable de viser droit au but immédiat, l’énergie n’en est pas moins mordante. Mais elle demeure souvent intermittente.

Il faut toutefois se méfier de « l’eau qui dort ». L’on songe à ces tempêtes qui se lèvent sous les tropiques, dans cet océan que d’aucuns avaient nommé Pacifique ! La fureur de la vague peut être mortelle. La tempête est soudaine, elle n’en est que plus violente. L’action de Mars en Poissons est souvent illogique. On agit par à-coups. Elle manque, en tout cas, d’organisation. On fonce au moment où il ne le faut pas. Et l’on se fatigue inutilement. Cette position rend capable de colères furieuses. En général, on se met en colère pour des problèmes affectifs ou sentimentaux. L’agressivité est passionnelle. La belle actrice Elisabeth Taylor, dont les sautes d’humeur ne sont un secret pour personne, a une conjonction SoleilMars en Poissons.

Une telle position nuira-t-elle aux réalisations ? Souvent, il faut le reconnaître, ce n’est pas un aspect très constructif (divorces répétés de Liz Taylor, heurts avec l’entourage, etc.). Ce peut être l’image de « coups d’épée dans l’eau » que l’on donne mal à propos, et qui attirent des inimitiés, des difficultés. On s’enlise dans une situation au lieu de s’en sortir. C’est le sable mouvant. Energie souvent mal dirigée. Mais ne généralisons pas. Cet aspect peut mettre en lumière des tractations secrètes. A moins qu’on ne soit prisonnier de luttes cachées.

L’aspect correspondant à une composante MarsNeptune pourra être vécu dans une action exaltante, voire dans la mise en action d’un idéal. Si le thème est mal aspecté on peut déceler une action brouillonne. Si le thème est très dissonant, Mars agira dans un sens plus nettement destructeur. Pour peu qu’intervienne la Maison VIII, il pourra même y avoir carrément des tendances autodestructrices. Vincent Van Gogh finira ainsi par se tirer une balle en plein cœur (mais dans ce cas précis, notons que Mars s’identifiant au Moi, il y avait là une tendance très nette à l’autodestruction).

L’aspect peut être vécu, dans un ciel Poissons, comme un combat contre la souffrance, la misère. Témoin, Maxime Gorki, qui passa sa vie à se battre, par ses écrits, pour défendre le peuple russe, notamment les paysans opprimés…

Notons donc que l’action pure, dans le sens que l’on donne à ce mot (Mars était le dieu de la Guerre) n’est pas, en fait, du domaine Poissons. Anaïs Nin, femme Poissons, n’a-t-elle pas écrit : « Je n’ai jamais cru à l’action, je n’ai cru qu’à l’accomplissement poétique de la vie », et pour résister « aux pressions extérieures, je crois, ajoute-t-elle, à l’importance de la foi et à la grande importance du développement de la vie intérieure ».

Aux Poissons, il est plus juste de parler de réalisation que d’action. On a pu remarquer d’ailleurs qu’un tempérament aussi poétique, mystique et diffus que celui des Poissons se trouve évidemment beaucoup plus à l’aise dans le domaine de la création artistique et des mondes parallèles de l’amour divin et humain – voire érotique —, dans ceux du théâtre, ou d’une quête, que dans le monde de l’efficacité pragmatique et du pouvoir.

Uranus en Poissons

Avec Uranus, l’être va dans une seule direction. Cette planète s’accorde mal avec la sensibilité et l’émotivité vibrante du Poissons. Le refus des contraintes donne dans ce ciel une certaine incapacité à dominer les problèmes de la vie quotidienne. Le Poissons uranien s’individualise. Il s’affirme avec originalité. Il va dans une direction, et s’y tient. Contradiction profonde de l’être entre ce côté « ultra » et les perspectives neptuniennes. Uranus évolue mal dans le monde de la subtilité et des nuances, dans le monde de l’évasif, de l’imprécis, de l’indécis. En Secteur XII, il emprisonne l’être dans un sectarisme extrême, excessif. Rien ne peut plus l’arrêter. Allant jusqu’au bout de ses actes, aussi insensés soient-ils, l’être est prisonnier de lui-même. Il va jusqu’au bout. Et Uranus revient en Poissons de mars 2003 à mars 2011.

Uranus dans un ciel Poissons donne au thème une note originale, « à part ». La présence d’Uranus en Poissons de 1920 à 1927 a marqué la génération existentialiste. Entre 1962 et 1969, elle a vu naître Mai 1968: faut-il voir dans cet aspect l’utopie généreuse du Poissons et l’extrémisme, au plein sens du terme, de ce « révolutionnaire » en puissance qu’est l’Uranien ? Ici, nous donnerons deux exemples. Le premier est tragique, c’est celui de l’abbé Desnoyers dit « le curé d’Uruffe ». Épris d’une de ses jeunes paroissiennes, s’étant laissé prendre à son charme, il lui fit un enfant. Affolé par son geste, ne sachant que faire, il la tua mais, avant, il l’accoucha du foetus qu’il baptisa avant de l’assassiner à son tour. L’horreur est totale, la confusion mentale atroce. Pour conserver peut-être une certaine image de lui-même, par peur du qu’en-dira-t’on, il alla jusqu’au bout de l’horreur. Uranus en Maison XII a marqué ce Poissons malheureux qui fut sans doute victime d’une vie ascétique pour laquelle il n’était pas fait. On peut songer ici à cette phrase d’Aldous Huxley qui évoque « la responsabilité terrible de ces directeurs de conscience ignorants […] qui imposent aux âmes dont ils ont la charge un dharma religieux totalement inadapté à leur nature avec des résultats que des auteurs, tel saint Jean de la Croix, décrivent comme complètement pernicieux ».

Exemple plus harmonique, plus souriant, celui d’un homme politique célèbre, LuneUranus aux Poissons : Georges Clemenceau. Il fut l’organisateur, le père de la victoire. C’est lui qui négocia, on s’en souvient, le traité de Versailles en 1919. Voilà un homme qui allait lui aussi jusqu’au bout et qui sut ne pas faiblir.

Enfin, le grand mystique hindou Ramakrishna, déjà cité, avait lui aussi Uranus conjoint au Soleil en Maison XII en Poissons. Nous avons là, vraiment, le thème d’une vie centrée dans une direction, et qui s’y tient. Un thème et un destin « à part » aussi, c’est certain…

Saturne en Poissons

Bien vécue, cette planète représente une tentative pour concentrer, contracter les forces du thème astral ; elle affecte la capacité de l’individu à rassembler les choses pour les concentrer. Elle indique une autodiscipline. Elle est la conscience morale dans ce qu’elle a parfois de rigide. L’être se construit un système de défense. Mal vécue, cette planète isole : l’être s’enferme. Il perd ses qualités d’adaptation. Il ne sait plus se rendre aussi ouvert. Il ne cherche pas la sympathie. Il se laisse gagner par le découragement. C’est le Saturnien découragé, renfermé, qui refuse de s’adapter à la vie, n’accepte pas ses règles dont il subit toutes les entraves : Poissons de la Maison XII dans laquelle il se replie ; véritable filet dont il est prisonnier, voire victime.

Le refus de s’adapter est un problème régressif. Au sens du « vécu » non pathologique, c’est une inadaptation à la vie qui est la source de bien des souffrances… On s’arrête en chemin, on n’avance plus sur la route de la vie. Les Anciens évoquaient l’alchimie de l’âme. Les psychanalystes parlent de « sublimation » (l’origine du mot est d’ailleurs alchimique). On peut parler, plus simplement, de transformation ou mieux d’adaptation, afin de ne plus « subir » l’aspect comme un effondrement de ses rêves, comme une sorte de fatalité. Dans un thème où cet aspect est vécu de façon positive, on a une alliance de l’intuition et de la raison. Le résultat peut être génial. Saturne ouvre les portes à des domaines habituellement inexplorés par Neptune. Mais cette planète nuit à l’hédonisme du signe. Elle entrave les joies, donne des tendances sadomasochistes, conduit à un certain pessimisme découragé et décourageant. C’est ainsi qu’au négatif on pourra avoir refus de vivre, solitude, isolement, voire une misanthropie plus ou poins névrotique. Source de toutes les inhibitions, Saturne limitera l’expansion du Poissons. Il la bloquera, il la freinera, il créera un sentiment de frustration, sur le plan affectif ou social ; en l’empêchant d’agir, en l’empêchant de prendre une décision, il participe à un refus de vivre et provoque la maladie de la persécution. Les emprisonnements, les exils sont dus à cette position de Saturne en Poissons, d’après la Tradition.

Régression ou sublimation dépendront de cette planète. Si le Moi est fort, l’aspect sera vécu comme une ascèse. Que la vie de Schopenhauer, qui avait SoleilMercureVénus en Poissons conjoints à Saturne, ait été créative, c’est certain. Mais elle n’a pas été très gaie. En s’affranchissant du désir, en levant le voile de Maya, n’a-t-il pas éteint en lui la volonté de vivre ? Son goût de l’anéantissement, du repos suprême l’ont plongé dans un univers, celui du sacrifice et de l’expiation. Philosophe solitaire, il a voué sa vie à la souffrance, source fatale de tous les maux innombrables en cette vie. C’est sur le plan de la réflexion qu’il s’est réalisé.

Sur le plan quotidien, Saturne demandera une adaptation à la réalité, qu’il faudra « accepter » : ce qui sera parfois difficile. La romancière Violette Leduc avait une conjonction MercureSaturne aux Poissons. Sa vie fut un combat pour s’adapter à une réalité cruelle. Saturne dans le thème est notre maturité, ou notre refus de mûrir. L’occultiste Joris-Karl Huysmans, qui se grisa de surnaturel et n’eut peut-être qu’un seul véritable ami, son chat Mouche, avait également Saturne aux Poissons, très valorisé (LuneNeptune également dans le signe : conjonction Lune, fin Verseau à Neptune, à 0 degré des Poissons). Mais cette vie étrange n’était-elle pas « sa » vie justement. Et, en l’assumant, il s’est réalisé. La frustration n’existe que dans le refus. Si on l’accepte, le processus évolue et permet des réalisations : dessèchement de la vie ou diminution de la vie physique mais puissance de réalisation par retrait du monde extérieur. Telles sont les deux facettes de cette planète. Tout l’art de la vie est de savoir utiliser son ciel, pour progresser. Tout arrêt prolongé est statique, et la vie est mouvement en avant.

A l’être qui sait l’utiliser, Saturne apportera de grandes richesses. Et cela, plus il avancera dans la vie (Saturne se mettant alors en parfaite harmonie avec la vie, devenue plus intériorisée par la force des choses).

Pluton en Poissons

Cette planète, découverte en 1930, représente, selon Jean Berthon, une clé. Et c’est bien d’une clé qu’il s’agit effectivement, car cette planète, qui est celle du dieu des Enfers, du feu des entrailles de la Terre, peut être aussi bien la planète de la destruction que celle des transformations. Inexorable, investie d’un pouvoir qui peut être mortel, elle détruit pour faire renaître. Dans un ouvrage consacré à Pluton et au Scorpion, Jacques Berthon définit Pluton comme l’anti-Jupiter. Alors que Jupiter est clarté céleste du visible et joie de vivre, euphorie, Pluton, son frère ombrageux qui règne sur l’invisible, est angoisse de vivre, tourment d’aimer. Avec Jupiter, la lumière est mise sur le visible. Avec Pluton, elle le sera sur l’invisible. Nuit de la matière, mort de la vie mais vie dans la mort, c’est le festival du mystère, du caché, de l’eau-delà. Impitoyable juge, ordonnateur de l’invisible, il révèle les vraies richesses (Ploutos veut dire « riche »), dégagées de la gangue visible du corps.

Pluton refuse de s’arrêter à l’apparence des choses : s’il s’y arrête, c’est la mort… Nous pourrions évoquer ici la graine qui va pourrir, apparemment, en terre pour que renaissent, en fait, les moissons. « Seule la transformation intérieure conduit à la libération. Il n’est aucun destin qui échappe à cette règle. Il n’y a pas d’événements extérieurs, il n’est que des fatalités intérieures. Il ne nous arrive que ce que nous sommes » (Jacques Berthon). Vaincre Pluton c’est surmonter cette angoisse viscérale qui paralyse et détruit tout espoir, toute vie.

Le natif des Poissons marqué par Pluton – planète d’angoisse qui peut empoisonner notre bonheur, dramatiser notre vie, nous confronter à notre propre enfer – va vivre cet aspect soit de façon morbide, soit, au contraire, de façon sublimée. C’est Pluton qui marqua le thème de Victor Hugo (conjonction SoleilVénusPluton en Poissons) de son empreinte. La puissance de son aspiration, la profondeur de sa sensibilité, la diversité des sujets qu’il traita, c’est, sans doute, à cette double valorisation neptunienne et plutonienne qu’il les doit. Son besoin de se vouer à une cause, idée bien Poissons, et sa vie passionnée, attitude bien Scorpion, lui firent côtoyer la souffrance, la grandeur et la misère de l’âme humaine. Il a peint dans les Misérables les parias, les forçats, les prostituées. Il s’est penché sur les faibles et les déshérités, restituant à l’homme sa vraie dignité, offrant à l’ancien forçat une nouvelle vie. Derrière la gangue visible, transparaît l’âme…

Pluton ne reviendra pas avant longtemps dans le signe des Poissons. Par contre, sa présence en Maison XII, Maison analogue au signe des Poissons, donne certaines indications. Il est certain qu’il y a là des pulsions de mort contre lesquelles l’être devra lutter. Il lui faudra un Moi bien structuré pour surmonter les crises, les épreuves souvent cachées, que cette planète lui réserve. Mais une vie sans crises est-elle une vie ? La vie est métamorphose, sans cesse et adaptation… Disons également que si Pluton est important dans votre thème, s’il est, par exemple, à l’Ascendant, s’il est angulaire, ou s’il a maîtrise sur votre Ascendant Scorpion, il entre dans votre dominante et il se conjugue avec Neptune pour marquer votre vie. Tôt ou tard, l’être marqué par Pluton rencontrera son Dragon intérieur et devra se battre « viscéralement » avec lui.

Pluton est un ferment idéologique et philosophique qui s’affirme avec violence. Cette planète crée une confusion : elle détruit pour reconstruire. Mais ce n’est pas toujours le cas : elle peut s’arrêter au premier stade. Elle déconcerte. Elle intensifie la sensibilité Poissons. Mais elle porte ce potentiel d’idéal à des excès dangereux. Elle fait vivre dans un climat érotique très fort.

Pour le Poissons plutonisé, on peut voir tout ce qui est dit sur la Maison VIII. Il a parfois des dons de voyance ou de perception extra-sensorielle. Pluton confronte l’être à ses angoisses, il peut entraîner un revirement, un changement radical de l’existence (voir les phases et les cycles).

Si Neptune donne l’expérience mystique (état de béatitude qu’aucune émotivité n’entache, vision comparable à une pensée musicale, ressentie comme une résonance qui pénètre les tréfonds de l’être), l’occulte, du domaine plutonien, comprend, en revanche, le monde des désincarnés et la panoplie des moyens employés pour communiquer avec eux…

Comment interpréter les Signes dans les Maisons

Les Poissons dans les Maisons

Poissons en Maison I

Le caractère Poissons est renforcé, l’apparence physique est, elle aussi, influencée par le signe. Si Neptune est en Maison I, la perception du monde est inquiète et peut conduire à une remise en question permanente, ou une vie souvent confuse… La réalité matérielle, la vie concrète est moins bien appréhendée que l’invisible. En cas de dissonances, les tendances neurasthéniques, l’indécision, et la fuite autodestructrice sont à craindre. Il peut y avoir « coupure du réel », tendances schizophréniques.

Si Jupiter est en Maison I, en Poissons, cette position donne le sens des réalités. Les réalisations sont pourtant inégales (voir le type neptunien et le type jupitérien des Poissons).

Poissons en Maison II

Le grenier sera plutôt spirituel. Il y aura une certaine indifférence aux problèmes matériels si le thème va dans ce sens. S’il y a besoin de possession, le désir d’avoir et d’acquérir sera vague. On voudra beaucoup, mais on ne saura pas comment s’organiser pour y parvenir. La vie matérielle sera généralement instable. Le hasard jouera un rôle important.

Avec Neptune en Maison II, dans un thème Poissons, il y a un certain manque de bon sens. On peut faire fortune et tout perdre sur un simple coup de dés. Là non plus on ne sait pas comment s’y prendre. On change souvent de route, et d’idée.

Si Jupiter marque le thème ou s’il est en Poissons en Secteur II, la réussite sera spectaculaire (Claude François). Elle n’en restera pas moins, souvent, extrêmement fragile.

Poissons en Maison III

Les rapports avec les proches sont intuitifs, mais les échanges souvent confus. Les études ne sont pas rationnelles ; on change d’ailleurs plusieurs fois de centre d’intérêt. Avec Neptune, les déplacements sont souvent fréquents. Ils ont des motifs étranges. Il y a un goût marqué pour le mystère qui influence le mental. On aime aller au bord de la mer souvent et régulièrement au même endroit. Les études occultes et le contact avec le monde occulte sont souvent fréquents.

Avec Jupiter en Maison III, les contacts sont euphoriques. Mais on n’évalue pas toujours avec exactitude les situations, d’où certains échecs…

Alors qu’avec Neptune en Maison III, les rapports avec les proches, et notamment avec les frères et les sœurs, sont souvent troubles et confus, avec Jupiter les rapports sont francs, ouverts, optimistes. Cette position de Jupiter favorise souvent une réussite matérielle : sens des contacts et des relations humaines, bonhomie.

Poissons en Maison IV

La Maison IV, sous l’horizon, est le Secteur de nos racines. Il est ce qui nous est donné au départ. Là sont nos origines. C’est la partie la plus secrète du thème, c’est son pilier. Les Poissons dans ce Secteur donnent un sens patriotique profond. Il y a là une sorte d’amour « romantique » pour la patrie. La cellule familiale est un refuge. On s’y sent protégé, à l’abri des difficultés du monde extérieur.

Neptune en Secteur IV dans un thème Poissons crée une certaine inquiétude. Il concernera les « racines ». Le détachement de la famille s’effectue comme une fuite. Les origines demeurent souvent mystérieuses : nous avons trouvé cette position notamment dans les thèmes de personnes qui avaient eu des parents dits « naturels » dont les « racines » étaient mal cernables, dans les thèmes d’enfants adoptés.

Avec Jupiter, la vie familiale est protégée. Les racines sont solides. Le foyer est cossu.

Poissons en Maison V

Le signe fécond des Poissons donne des appétits intenses mais imprécis. On adopte malheureusement parfois une attitude « gémissante » à l’égard des joies que la vie ne manque pas de nous apporter. Nombreuse progéniture. La sensualité est souvent trouble. Dans ce Secteur, il est important de voir les planètes et la Lune Noire.

Neptune en Maison V donne des amours mystérieuses, multiples, compliquées ! Le dévouement aux enfants est très grand.

Jupiter en Poissons en Maison V apporte la sensualité chaleureuse. Les amours revêtent une grande importance. Les liaisons sont généralement heureuses. Avec une note de respectabilité. On s’attache à des personnes de rang élevé. On « s’embourgeoise » avec l’âge. Souvent, avec cet aspect, il y a chance au jeu, sauf si le thème est dissonant. Les enfants sont choyés, la progéniture nombreuse et accueillie avec joie…

Poissons en Maison VI

Il y a dans la vie un manque total de sens pratique. On manque de méthode dans son travail, d’où de nombreuses complications. Les problèmes domestiques limitent l’existence. On a tendance à se noyer pour un rien. En analogie avec le signe de la Vierge, cette Maison peut donner des problèmes intestinaux, des problèmes d’assimilation, des problèmes nerveux ou respiratoires.

Neptune en Maison VI apporte une sensibilité extrême, voire névrotique. On s’enfonce dans les menus problèmes. La vie quotidienne est vague, imprécise, sans aucune organisation.

Jupiter en Maison VI donne une adaptation souple dans la vie de chaque jour. On se contente d’une vie modeste si elle procure un certain confort. Les professions subalternes ne sont pas rares. On se laisse vivre, mais on vit agréablement au jour le jour.

Poissons en Maison VII

Cette Maison met en relation avec les autres (affrontement ou complémentarité). La sociabilité sera très grande mais les échanges agréables n’aboutiront pas toujours à des résultats concrets. Les associations, les unions, se feront sur un mode intuitif. Les affinités seront très fortes, irraisonnées, illogiques. On se bercera parfois d’illusions sur les autres, d’où les confusions, les erreurs de jugement, les déboires, les déceptions venant des autres ; où, de l’autre : ce Secteur est, en effet, celui du conjoint.

Dans un thème Poissons, Neptune dans ce Secteur jouera dans un sens très proche. Il entraînera une vie au niveau des associations comme des unions assez « mouvante ». Il y aura souvent plusieurs unions.

Avec Jupiter en Poissons en Maison VII, les formules « associatives » sont assurées de succès. Mais elles dépendront de l’autre. L’optimisme pourra noyer l’objectivité. Le conjoint apportera une expansion peut-être illusoire.

Poissons en Maison VIII

Selon Liza Morpugo, dans ce Secteur on « s’éloigne » de son habitat naturel, on coupe le cordon avec ses origines. Disons plutôt qu’on « renaît » en coupant court avec une forme de vie… C’est la Maison de la mort et de la résurrection, ou des morts et des renaissances successives, que nous imposera la vie. Le changement résultera d’une situation douloureuse. A la suite d’une crise, on s’évadera ailleurs. Ce pourra être une fuite hors du milieu d’origine ou hors du pays natal. Avec cet aspect, on s’intéressera aux problèmes occultes, au spiritisme, à l’au-delà.

Avec Neptune, les expériences psychiques seront intenses. On côtoiera les mondes occultes. On s’intéressera aux vies antérieures. La voyance n’est pas exclue (Edgar Cayce, le célèbre voyant).

Avec Jupiter, les héritages pourront changer la vie, ou permettre un redémarrage. L’angoisse est fréquente dans tous les cas. Avec une Maison VIII en Poissons, en cas de dissonances graves, il peut y avoir des tendances suicidaires. Ou de véritables « noyades » psychiques…

Poissons en Maison IX

Dans ce Secteur, le signe des Poissons donnera l’amour des grands voyages. On ira souvent au-delà des mers. La vie spirituelle sera intense. Parfois, il y aura des dons de perception extrasensorielle, notamment avec Neptune. Les brumes neptuniennes pourront donner le goût des spéculations philosophiques un peu nébuleuses. L’idéalisme, néanmoins, ne sera jamais absent… A noter que l’étude des religions, voire une vie religieuse intense, relèvent de l’axe Maison III – Maison IX Poissons. En Maison IX, l’attirance sera très grande pour des religions « exotiques » : orientalisme, par exemple. Mais aussi hindouisme, bouddhisme, zen, etc.

Poissons en Maison X

C’est lé Secteur de l’affirmation sociale. C’est l’envol dans la vie active. Il est vécu aux Poissons sur un mode étrange. Les aspirations sont élevées mais embrouillées. Les occupations souvent mystérieuses. La vie manque généralement d’organisation…

Neptune en Maison X peut vouer la vie à des changements mystérieux. La réussite peut être spectaculaire, mais elle restera toujours hasardeuse. Elle sera rarement durable. On s’orientera vers une recherche spirituelle à un moment donné de l’existence. Les vocations médicales, paramédicales, sont fréquentes. Sens du mystère et sens du mysticisme très amplifiés, qui se concrétisent au niveau de l’existence.

Jupiter en Maison X est un indice de renommée ou tout du moins de réussite et de célébrité, mais en accord avec la tradition, parfois même dans un cadre « fonctionnarisé ». Les ambitions sont réelles. La réussite peut être soudaine. Le désir de paraître est grand, mais il reste souvent un peu vague. Le Poissons réussira sur son mode à lui, qui ne sera pas sans surprendre son entourage. La part de la chance ne sera pas négligeable.

Poissons en Maison XI

Les projets sont abondants, mais les espérances confuses… Les aspirations élevées peuvent rester vagues. On est souvent insatisfait.

Avec Neptune en Maison XI, les amitiés sont changeantes. Les projets manquent totalement de coordination. Mais une grande chance n’est pas exclue dans ce domaine. Personnalités étranges, mystérieuses, que l’on ne manque pas de côtoyer au cours de sa vie, et qui vous ouvrent• de nouveaux horizons.

Jupiter en Maison XI apporte la protection de gens plus puissants ou influents, le soutien d’amis haut placés et leur coopération efficace qui permettront des réalisations quasi inespérées. Mais, si le thème est dissonant, se méfier de certaines personnes perfides : on aura de « faux amis ».

Poissons en Maison XII

Les grandes épreuves de la vie sont surmontées avec courage. La vie peut être axée sur des investigations plus ou moins secrètes. Les rapports avec le monde occulte sont fréquents, les dons de voyance également. On s’intéresse à la psychologie, mais aussi à la parapsychologie. En général, on mènera une vie assez retirée.

Neptune en Maison XII donne le même sens au thème. Généralement, il y a un isolement fécond où la sensibilité s’exalte. Si le thème est dissonant, Neptune sera la prison de l’âme : obsessions, déceptions, trahisons. La vie pourra être mêlée à des affaires mystérieuses. On a souvent des contacts avec les polices parallèles, les services secrets chez les Neptuniens de ce Secteur.

Jupiter en Maison XII apporte une solitude bien vécue. Cette position jupitérienne préserve des épreuves dans ce Secteur douloureux. Elle donne une vie simple mais sereine. En cas de dissonance, il y a misanthropie un peu égoïste ou égocentrique, également paresse, en tout cas laisser-aller. On refuse l’action, par principe, dit-on. Dans tous les cas, la santé est vulnérable.

Lune Noire

La Lune Noire n’est pas une planète. C’est un champ de forces, un point fictif ; on ne doit pas le confondre avec l’axe du Dragon, aussi appelé axe des Noeuds de la Lune, axe du libre choix auquel nous nous trouvons confrontés dans notre vie : c’est le point de rencontre de la trajectoire du Soleil et de celle de la Lune, porte qu’il nous faudra pousser, seuil qu’il nous faudra franchir. N’oublions pas que le Dragon chinois garde le seuil du temple.

La Lune Noire, elle, est tout autre chose. C’est un point qui correspond au second foyer de l’orbite lunaire, la Terre étant l’autre foyer. C’est une sorte d' »anti-astre ». C’est un point, mais un point magnétique.

L’anti-Lune

« La Lune représente la source précise, la régulation des mécanismes de la vie, de la physiologie, des fonctions organiques, aussi bien que, psychologiquement, de l’inspiration. Elle se voit opposée à la Lune Noire – ou Lilith —, source de dérèglements physiologiques, source de dégradations sensuelles, œil de la nuit de Seth » (Millat). La Lune Noire est aussi nécessaire au système orbital que l’est, par exemple, le pôle sud d’un barreau aimanté à l’existence du pôle nord : « comme les deux pôles de l’aimant, les deux foyers de l’orbite coexistent nécessairement », a dit Don Néroman.

Face cachée de la Lune, aspect ambivalent, elle représente cette déesse du destin, cette Parque dont nous parle Jung dans Racines de la Conscience : c’est « l’aspect néfaste » de la Lune, « la sorcière et le Dragon, tout animal qui engloutit et enlace, comme le grand poisson et le grand serpent ; la tombe, le sarcophage, la profondeur des eaux, la mort, le cauchemar et l’épouvante des enfants ». Elle s’oppose à la Lune ; face noire de la Lune, elle est l’autre face de notre vie intérieure – celle qu’on ne s’avoue pas toujours —, la face obscure.

Toutes les traditions évoquent les déesses vierges, initiatrices, symbolisant non plus le reflet féminin du dieu masculin, l’épouse soumise, mais au contraire femmes redoutables, indomptables, indomptées.

On peut évoquer ici la Licorne, altière et fière, qui échappe au chasseur la poursuivant en vain. Il n’y a rien en elle de la vierge candide et pure. Elle n’est pas Seléné, reflet de la lumière créatrice que Marcelle Sénard apparente à la Lune croissante, mais la Lune « sous son aspect obscur », vénérée en Grèce sous le nom d’Hécate, qui régnait sur l’Hadès avec ses fantômes et ses démons qu’elle déchaînait sur terre. On l’associait à la magie et à l’amour sexuel ; son culte était célébré « du quinzième au dernier jour du mois, période décroissante de la Lune allant vers sa phase obscure » (Marcelle Sénard).

Le graphisme de la Lune Noire n’est-il pas, d’ailleurs, un poignard ? Celui-là même d’Hécate. Il rappelle que l’on devait sacrifier cent boeufs à cette terrible déesse. Mais s’il évoque les rites des sacrifices antiques, il est aussi le couperet meurtrier. Dans la tradition hébraïque apparaît nettement le visage de cette créature redoutable à laquelle a été donné le nom de Lilith. « Entité féminine » – car bien entendu il ne s’agit pas d’une femme de chair ! —, son immatérialité lui donne une grande puissance ésotérique. Selon la légende rabbinique, cette « femme », créée en même temps qu’Adam, réclama l’égalité, qui lui fut refusée. Elle s’enfuit alors et commença sa « carrière démoniaque ».

Aux Poissons, la Lune Noire prend l’apparence de la sirène ; elle a le visage de Lorelei. Elle est l’anima inaccessible qui hante le cœur de l’homme. Appel magique, rêves de l’inconscient, elle n’en est pas moins inquiétante.

La Lune Noire dans les Maisons

Lune Noire en Maison I

*Destin mystérieux, sujet à des revirements. Personnalité inquiétante. Elle marque la personnalité et donne une certaine dureté. On refuse les concessions. On agit de façon marginale. L’homosexualité peut être latente ou vécue, si le thème va dans ce sens. Chez une femme, c’est un indice de solitude. Mais la réussite est certaine, au prix de renoncements. La féminité est le plus souvent mal vécue. Le Moi est touché. On s’intègre à la vie de façon peu conventionnelle.

Lune Noire en Maison II

L’argent est valorisé, sur-valorisé. Parfois même c’est là un indice de vénalité. La réussite matérielle est certaine si le thème est bien aspecté, mais toujours étrange. Prostitution parfois (si le thème va dans ce sens : tel celui de Casque d’Or).

Lune Noire en Maison III

Les sentiments sont troubles, notamment pour les frères et les sœurs (voire inceste). Les relations avec l’entourage sont difficiles : on castre les autres inconsciemment. On se refuse à des contacts. On refuse aussi parfois les études. On se castre mentalement.

Lune Noire en Maison IV

Elle marque la fin de la vie de même que les origines (nos racines). On fuit parfois le pays natal. C’est un aspect qui « insécurise » chez soi. On n’est pas bien dans sa maison. On se fuit peut-être soi-même ?

Lune Noire en Maison V

Cet aspect dans un thème féminin est celui d’une stérilité par refus inconscient d’être mère ou par ablation d’un organe par opération. Il indique également des avortements, des fausses couches. Personnellement, nous avons trouvé cet aspect (fréquemment) dans le thème de sages femmes et de femmes gynécologues. Enfin cet aspect maléficie les jeux et les spéculations qui seront troubles (prostitution notamment, ou femmes entretenues si le Secteur II ou l’axe II-VIII sont marquants et si le thème va dans ce sens).

Lune Noire en Maison VI

Elle marque la santé. Elle peut créer une névrose d’échec, être à l’origine d’un sentiment de culpabilité. On se brime soi-même, on se limite : cette Maison est celle des contraintes, où l’on s’enferme, où l’on s’emprisonne soi-même. Problèmes psychosomatiques avec cet aspect : asthme, allergies notamment. Vocation médicale ou para-médicale (E. Cayce, Poissons, Lune Noire en Maison VI).

Lune Noire en Maison VII

Les contrats, les associations et, par suite, le mariage, sont difficiles. On a le sentiment que les autres vous refusent. En fait, vous refusez aussi les autres. C’est un affrontement cruel, dans l’axe de la personnalité (axe I-VII). Les rapports avec les autres seront « marginaux ».

Lune Noire en Maison VIII

Les tendances autodestructrices sont très nettes. Elles peuvent conduire aux actes suicidaires, voire au suicide. La mort d’un être proche marque la vie, et l’évolution du natif. On est hanté par le problème de la survie, de « la vie après la vie ». On s’intéresse à la magie, à la sorcellerie, à l’occultisme, aux mystères, aux rites, etc. (Huysmans : LuneNeptune aux Poissons, Lune Noire en Maison VIII opposée à Uranus maître de l’Ascendant et du Soleil).

Lune Noire en Maison IX

L’être est tiraillé entre le désir d’évoluer et le refus inconscient d’évoluer : il se paralyse. Si le thème est dissonant, il se « bloque ». Cet aspect le fait régresser, et le castre. Les voyages seront brusquement stoppés. Ils seront, néanmoins, souvent marquants dans l’évolution du Poissons.

Lune Noire en Maison X

Elle est à l’origine de coïncidences « bizarres », de faux « hasards »… Elle marque la destinée. Avec cet aspect, l’existence est peu commune. On sort des sentiers battus. On vit dans un milieu occulte. La réussite se fait dans un domaine psychologique, psychanalytique ou parapsychologique. Dons étranges que l’on utilisera, plus ou moins, dans la vie. Elle est en croix avec l’axe de la personnalité. Mal intégrée, elle détruit la vie (abbé Desnoyers).

Lune Noire en Maison XI

Les amitiés sont mystérieuses. Les relations amicales aussi. Parfois on a des amitiés dites « particulières »… Les projets sont tortueux… ou géniaux ! (Le Poissons Einstein : Lune Noire en Bélier en Maison XI).

Lune Noire en Maison XII

Dans le thème est renforcé le côté trouble, mystérieux, étrange et « paranormal » de cette Lune Noire inquiétante. On peut subir cet aspect (destinée paralysée brutalement de façon inexplicable), ou le transcender : on va vers une découverte de soi, dans un sens évolutif, mais dans un univers clos. C’est un symbole d’ascèse, de sacrifices consentis et de sublimation, une fois franchi un cap de frustrations. S’il y a refoulement, perte de contact avec le réel, l’être peut devenir la proie ou la victime de ses propres fantasmes. Cette position favorise les dons de voyance. Les expériences touchant au monde parallèle sont fréquentes ; occultisme également. On s’intéresse à la parapsychologie. Vocation médicale ou para-médicale. Dons de guérisseur. Si le thème n’est pas sublimé, la Lune Noire peut jouer un rôle pénible dans ce Secteur qui est celui de la prison morale ou physique (Eichmann, sinistre Poissons, donna à cet aspect sa plus atroce expression).

Les aspects de la Lune Noire avec les Planètes

La Lune Noire renforce le goût du signe pour toutes les fuites. Avec une Lune Noire valorisée par une planète affective, il y aura ainsi fuite de l’amour ou fuite devant l’amour : par peur de souffrir peut-être ? Par peur que le vécu ne corresponde pas aux rêves ? C’est toujours là l’auto-privation, l’auto-castration de Lilith. L’aspect le plus fort est la conjonction. Bien entendu, pour conclure il faut étudier tout le thème.

Lune Noire-Soleil et Lune

Les aspects accentuent les problèmes liés à la bonne intégration du conscient (le Soleil) et de l’inconscient (la Lune). La vie affective risque d’être perverse ou confuse, voire inexistante, selon que l’aspect sadique ou masochiste l’emporte dans votre thème. Il peut y avoir frustration, ou absence de père dans une conjonction Lune NoireSoleil ; frustration ou absence de mère dans une conjonction LuneLune Noire. Les problèmes d’affirmation de soi se poseront toujours. Il y aura parfois inversion même : hommes féminisés, femmes viriles. De toute façon, le conflit Animus-Anima sera très important. Insatisfaction ou mauvaise adaptation à la vie seront fréquentes. Refus de vivre plus ou moins conscient, ou de lutter.

Lune Noire-Mercure

Avec Mercure, planète d’échange, de communication, planète « mentale » également, les mécanismes de l’intelligence peuvent être faussés. On trouve, en cas de dissonances majeures, des déviations mentales, des blocages intellectuels, parfois un mental pervers. Mais, en bon aspect, cette association Lune NoireMercure donnera beaucoup de lucidité, un sens critique aiguisé, et le refus de se prendre au sérieux. Cet aspect prédisposera à l’introspection : la Lune Noire symbolisera alors tout ce qui éveille la conscience à la connaissance.

Lune Noire-Vénus et Mars

Avec Vénus et Mars, symboles de la tendresse et du désir, les problèmes sexuels se préciseront. La Lune Noire révèle en fait, dans un thème Poissons, une « dérobade ». Elle est révélatrice des blocages de l’inconscient. On se masque souvent plus ou moins inconsciemment les problèmes.

Dans les anomalies sexuelles et les refus des amours normales, la Lune Noire intervient toujours de façon déterminante. Dans une composante Poissons très féminine, elle donne une image paternelle déficiente. Emotivité très riche, mais mal structurée.

Dans un thème féminin, elle indique un blocage au niveau de la vie de femme ; quand ce n’est pas purement et simplement le refus des amours dites normales, elle est refus d’assumer sa féminité, d’assumer le rôle « traditionnel » de la femme. Ce qui peut aller jusqu’à la négation, plus ou moins consciente, de la maternité. Il y aura difficulté à être mère : au moment de l’accouchement, notamment. S’il y a stérilité, il semble qu’il faille parler dans ce cas d’une stérilité d’ordre psychologique. On notera qu’il peut y avoir aussi un indice de frigidité. Nous avons trouvé ces aspects dans le thème de femmes médecins spécialisées en gynécologie et obstétrique, de même pour la position en Secteur V (spécialistes de la stérilité).

Il y a refus d’aimer, autocastration plus ou moins douloureuse. Les frustrations affectives vénusiennes ou érotiques « martiennes » sont du ressort de cet aspect (voir aussi Saturne). Avec la Lune Noire, il y aura souvent « surcompensation » : on repart sans fin vers de nouvelles conquêtes pour se retrouver en fin de compte aussi seul. C’est un aspect de frustration féminine (la femme souffre dans sa féminité). La Lune Noire indique également le « refus de l’homme ». Elle se révèle importante dans les thèmes de lesbiennes. Dans les cas d’inceste, on trouve fréquemment la Lune Noire en Maison III – ou en Gémeaux. Le Gémeaux est le signe de l’adolescence qui s’éternise parfois bien au-delà de sa période normale. La planète des Gémeaux, Mercure, est dite hermaphrodite. L’aspect est particulièrement difficile dans un thème Poissons car le Gémeaux est en croix, dans ce cas, avec le signe solaire. Les valeurs lunaires (Cancer) ou mercuriennes (Gémeaux) interviennent toujours si l’homosexualité est vécue.

Composante « amorale », elle se conjuguera aux aspects VénusNeptune pour donner des tendances « nymphomaniaques » avec un fond de passivité, de soumission masochiste. Avec une Maison II importante (celle de l’argent) et avec de fortes valeurs neptuniennes de « brouillage », nous aurons le « back-street »… Mais la femme Poissons sera plutôt une femme entretenue qu’une prostituée ; elle sera faible, peut-être paresseuse, mais restera une « amoureuse ».

Dans un thème masculin, le comportement sexuel sera équivoque. L’homosexualité n’est pas forcément évidente. Mais elle est souvent latente. L’angoisse de castration apparaît généralement. La mère est d’ailleurs elle-même perçue comme castratrice. A noter qu’avec la Lune et Vénus, il peut y avoir là un indice de misogynie. Avec Mars, il y aura risque d’impuissance. Associée à Mercure elle donne des fantasmes.

Lune Noire-Jupiter

Ils sont pour le moins incertains. En cas de dissonances – et dans la conjonction, la Lune Noire brise les aspects positifs de Jupiter. L’expansion se désagrège dès le départ. Elle ne peut se faire, en tout cas, harmonieusement. Elle peut être carrément « déviée ». Aspect très disharmonieux dans les transits notamment, qu’elle « maléficie »… En bon aspect : la chance peut être mystérieuse.

Lune Noire-Saturne

En cas de dissonance, les tendances à l’introversion, aux frustrations, les problèmes de culpabilité sont amplifiés. En bon aspect, on a une volonté de puissance accrue, une puissance de concentration considérable. Cet aspect donne des Poissons plus autoritaires et plus dominateurs que ne le sont généralement les natifs de ce signe.

Lune Noire-Uranus

En bon aspect, la vie sera – comme l’être lui-même – anticonformiste. En cas de dissonance, les explosions uraniennes sont redoutables, terrifiantes, imprévisibles. On a là, les drames, les accidents les plus « stupides » qui soient.

Lune Noire-Neptune

Les déséquilibres sont amplifiés. La fuite des réalités est courante. On peut avoir tous les phénomènes de schizoïdie ou de schizophrénie. Les valeurs inconscientes peuvent être canalisées si le thème est harmonieux. Fréquemment, on aura des dons médiumniques.

Lune Noire-Pluton

L’être est obsédé par ses pulsions sexuelles. Les perversions sont fréquentes. Inconsciemment, les pulsions agressives refusées vont amener l’être à rechercher une certaine domination. Il y a alors une sorte de compensation par la réussite, par l’argent. A tout prix ! A n’importe quel prix… Il ne faut jamais perdre de vue qu’avec la Lune Noire apparaît ce double visage de la Licorne, à la fois douce et terrible : on trouve en elle vice et vertu. Elle est toujours dans un ciel une sorte de sphinx inquiétant.