Gémeaux

Le Signe des Gémeaux

20 Mai – 22 Juin

par

Paul Colombet

La Symbolique du Signe

C’est autour de quelques concepts fondamentaux très simples que s’est construite la symbolique du signe des Gémeaux.

Ce sont : l’élément Air, exprimant lui-même l’idée de mobilité ; la qualité de signe double ou mutable, signifiant la dualité profonde de l’être ; l’analogie saisonnière qui lui confère les caractéristiques du printemps.

L’idéogramme du signe est simplement la géométrisation du dessin représentant deux gamins ou deux adolescents, deux jumeaux, schématisés souvent par deux traits verticaux reliés par deux traits horizontaux. Le thème des deux jumeaux se retrouve dans diverses civilisations : nous le développerons plus amplement.

Dans de très anciens Zodiaques égyptiens, le signe des Gémeaux était figuré par deux feuilles de lotus, affirmant déjà l’idée de dualité.

On a Cherché à dégager de l’idéogramme des Gémeaux des contenus ésotériques. Les deux lignes verticales représenteraient les deux signes qui précèdent les Gémeaux, c’est-à-dire les énergies primitives indifférenciées. Celle du Bélier jouant sur un mode positif et celle du Taureau sur un mode réceptif. De leur interaction surgirait une énergie nouvelle, celle des Gémeaux, exprimant, selon Sénard, une loi primordiale : la vie émane de l’union des contraires. De ces deux forces antagonistes émanerait donc un troisième mode d’énergie, formant le premier terme de l’individuation et de la prise de conscience.

L’Air des Gémeaux

La symbolique des douze signes a pour base essentielle l’antique théorie des quatre éléments : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau.

Le lecteur, soucieux de son équilibre intellectuel d’homme moderne et rationnel, se demande si cette théorie, fondée elle même sur l’interpénétration des quatre principes, le Chaud, le Froid, le Sec et l’Humide, conserve encore quelque validité en cette fin du XX siècle. Est-il indispensable d’exiger qu’elle cadre complètement avec les données actuelles sur la constitution de la matière ?

Nous ne le pensons pas, car la science est en évolution permanente et, périodiquement, de nouvelles théories renversent les précédentes sans s’imposer durablement. En fait, la tradition – qui, sur ce point, remonte au moins à Platon – nous apporte une conception symbolique du monde et de l’homme, dans laquelle les composants dynamiques du macrocosme et du microcosme sont considérés comme des principes que l’on retrouve dans chaque manifestation de la vie universelle. Il ne faut donc pas les prendre au pied de la lettre et croire que l’élément Eau ne représente que la formule H20, alors qu’il est le symbole de l’état matériel liquide. C’est ici que l’antique principe de l’analogie prend toute sa valeur, car, grâce à lui, tout s’éclaire et devient accessible à notre entendement.

Formé par l’action du Chaud et de l’Humide, l’élément Air a pour traits caractéristiques la légèreté, la mobilité, la fluidité. Son état impalpable lui permet d’être comprimé, ce qui lui donne alors une force très puissante. Indispensable à la vie sur la Terre, il entoure celle-ci d’une sorte de placenta invisible. Il est le souffle vital et se trouve à la base du phénomène respiratoire.

Psychologiquement, l’Air, en perpétuel état de liberté et de disponibilité, développe la sensibilité, le besoin de contacts, rend influençable tout en donnant le désir de se sentir libre. Sur le plan humain intérieur, il est, par analogie, la plasticité féconde, la sensibilité impressionnable. Avec lui, les émotions, les réactions sont rapides, peu fortes et peu durables, la spontanéité, le besoin d’initiative sont marquants. La subtilité, l’esprit d’invention, l’adresse sont contrariés par le manque de patience et d’attention. L’opportunisme est fréquent.

Cette cuiller à parfum égyptienne, à la forme élancée, semble porteuse du souffle léger et doux du printemps finissant.

Le philosophe Gaston Bachelard (1884-1962) a étudié la psychanalyse des quatre éléments. Dans son livre l’Air et les Songes, il insiste sur l’existence d’une psychologie ascensionnelle : le sujet qui en est animé prend conscience d’un allégement, d’une allégresse, d’une légèreté… L’air naturel est l’air libre, dit-il. Pour un esprit « aérien », tout s’assemble, tout s’enrichit en montant, et il explique les rêves où le sujet vole ou se déplace en flèche. Un esprit « terrestre », en revanche – mais ce n’est pas notre rôle d’en traiter longuement -, se disperse et se perd en quittant la terre. La conséquence pratique est qu’un individu né sous un signe d’Air n’atteint son plein épanouissement que dans la mesure où il se donne l’aération la plus complète, mais aussi en vivant pleinement toute la symbolique de l’air, c’est-à-dire en atteignant la liberté d’expression la plus complète et en fuyant la solitude.

Le mot « air », qui paraît simple, recouvre en fait bien des concepts et, en premier lieu, celui du vent. Les Grecs et les Romains reconnaissaient un dieu des vents, Éole, qui a donné son nom aux îles Éoliennes et à l’instrument qui permet de capter la force des vents. De nombreuses divinités secondaires personnifiaient les vents agréables avec Zéphyr, le brutal vent du Nord avec Borée, et bien d’autres. On retrouve le rôle important des vents dans l’Odyssée, où Homère a décrit sous les traits d’Ulysse un Mercurien des Gémeaux, à l’esprit aventureux, débrouillard, subtil, poussé vers l’aventure par les vents brutaux, symbole des passions humaines, mais qui retrouvera finalement son foyer lorsque les vents favorables le ramèneront au port.

C’est un autre aspect du symbolisme de l’air que nous retrouvons avec la notion de « souffle ». La Genèse nous dit que Dieu, après avoir modelé l’homme, souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. Aux Indes, l’air (en sanscrit vayou) est considéré comme un agent fluidique, mobile, et serait en rapport avec la force nerveuse. C’est également, dans les diverses écoles de yoga, le prana ou souffle de vie, élément très subtil véhiculé par l’air. Ce souffle de vie est en rapport avec l’âme, l’anima des Grecs et des Romains, qui entre mystérieusement en contact avec l’âme du monde. Si le souffle est l’agent qui fait mouvoir les « soufflets » que sont les poumons, il est symboliquement l’agent qui relie tous les êtres, il est ce qui permet à l’imagination de devenir créatrice et active. Matériellement, c’est l’air qui est à la base de la fécondité végétale, puisque c’est lui qui transporte la graine et la dépose parfois loin de son origine. Mais il transporte aussi la parole, puisque celle-ci est une vibration qui ébranle l’air et c’est elle, la parole, qui a permis l’évolution de l’homme par la communication verbale, la plus efficace, la plus vivante, la plus secrète aussi.

L’air devenu son est aussi à la base de la musique, qui est le plus prodigieux moyen de transmettre les émotions et les sentiments, le plus sûr aussi d’élever l’être vers son maximum de puissance ascensionnelle, qui correspond si bien à la fière parole : « Suis ta pente, pourvu que ce soit en montant ! »

L’apogée du printemps

C’est à partir du 21 mai que le printemps atteint son épanouissement. La végétation, bien fournie, les fleurs, les feuillages amples agités par un vent doux et léger, tout concourt à donner une impression d’équilibre correspondant à la satisfaction et à la plénitude intérieures des natifs des Gémeaux dans cette période qui leur convient si parfaitement. Mais on perçoit déjà une transformation se manifestant peu à peu : la chaleur, en général, s’accentue, les premiers fruits apparaissent, une impression de maturité émane de toutes choses. L’été tout proche fait pressentir de nouvelles transformations. Il s’agit donc d’une saison intermédiaire, qui est à la fois, dans son début, la fin du printemps, et, dans sa seconde partie, l’entrée triomphale de l’été.

On retrouve l’idée du rôle d’intermédiaire attribué aux Gémeaux et à Mercure, à ces êtres qui ne sont plus tout à fait des enfants sans être encore des adultes accomplis.

Ce que les astrologues nomment l’analogie saisonnière peut cependant choquer les esprits pour qui la rationalité compte avant tout. N’est-il pas vrai, en effet, que cette analogie entre la saison et la période du signe est loin de s’appliquer à la totalité de notre globe terrestre ? On sait que dans nombre de contrées, on ne distingue en fait que deux grandes saisons : la saison sèche et la saison humide. Dans d’autres, l’hiver ne laisse qu’une faible place à un été de pacotille. Comment concilier les constatations de l’expérience avec les données traditionnelles ?

Certes, l’argument est de poids. C’est lorsque le Soleil entre dans la Balance que survient le printemps dans la zone tempérée australe. Mais on sait aussi que l’astrologie, comme toute la culture occidentale, est née et s’est développée dans la zone tempérée boréale, principalement dans le bassin méditerranéen. Cela conduit à la conception d’une astrologie plus symbolique que physique, qui n’exclut pas, d’ailleurs, le côté influent du Soleil et de la Lune, en attendant la découverte et l’identification d’autres rayonnements issus des planètes.

Il convient de dire, à l’intention de ceux qui voudraient approfondir ces questions d’ordre cosmographique, que le phénomène des saisons ne serait pas dû au passage du Soleil dans chacun des douze signes. C’est la déclinaison du Soleil, c’est-à-dire son passage au-dessus ou au-dessous de l’équateur, qui en est cause, cette déclinaison provenant de l’obliquité de l’axe de la Terre.

Les astrologues d’Amérique du Sud, d’Afrique du Sud et d’Australie, qui ont maintenant une longue expérience, sont d’ailleurs unanimes à conserver les significations de l’hémisphère Nord. Cette donnée expérimentale tend donc à prouver que les significations des signes, en tant qu’elles paraissent se rapporter aux quatre saisons traditionnelles, relèvent de données plus symboliques que matérielles. N’a-t-on pas dit, il y a longtemps, que l’astrologie est avant tout l’art subtil des correspondances ?

Ce que le lecteur curieux d’astrologie devra surtout retenir de la répartition, c’est que les signes dits cardinaux (Bélier, Cancer, Balance et Capricorne) sont ceux où une saison s’installe ; les signes fixes (Taureau, Lion, Scorpion et Verseau) ceux où la saison correspondante atteint son maximum d’intensité, et, enfin, les signes mutables (Gémeaux, Vierge, Sagittaire et Poissons) ceux pendant lesquels une mutation s’opère et où la saison suivante fait sentir son approche.

On constatera qu’il existe un net rapprochement entre le psychisme de chacun des signes compris dans une même catégorie ou, en termes techniques, dans une même quadruplicité. Les signes mutables sont souvent marqués par l’indécision, un esprit mobile et subtil, la nervosité, le flottement. Cette appartenance aux signes mutables est modulée par le fait que chacun de ces quatre signes est en outre caractérisé par un « élément » différent : c’est ainsi que l’indécision du Sagittaire se dissimule sous l’apparence dynamique qui lui est conférée par le Feu. Il met donc fin à ses hésitations par de brusques poussées d’enthousiasme. La Vierge, signe de Terre, y mettra fin par une réflexion plus poussée, une concentration maximale.

Quant aux Poissons, signe d’Eau, hypersensibles, ils s’en remettront à l’inspiration qu’ils trouveront dans la nuit de leur inconscient.

Les Gémeaux, signe d’Air, éprouvent plus de difficultés à surmonter leurs doutes et leurs hésitations : le remède est dans ce que leur apporte leur élément aérien, c’est-à-dire un courant nouveau, un flux d’autres idées, qui de la thèse et de l’antithèse feront jaillir la synthèse.

Le Symbolisme mercurien

La planète Mercure

A chaque signe la tradition astrologique attribue un astre, une planète, dont le symbolisme est en étroite affinité avec celui de ce signe.

Il existe, cependant, une différence profonde entre le signe et sa planète « maîtresse » et il convient de ne pas les confondre. La planète est un facteur dynamique, un corps céleste que l’on voit évoluer dans le ciel et qui est susceptible d’avoir une action propre sur les autres éléments du système solaire, bien que cette action ne soit pas encore scientifiquement reconnue : le signe, au contraire, n’a pas d’existence propre. C’est un compartiment du Zodiaque, que l’on a plus ou moins arbitrairement mis en rapport avec les constellations, ces lointains groupes d’étoiles qui sont hors de notre système solaire.

Aux Gémeaux correspond Mercure, qui est la planète la plus rapide après la Lune. Il met en effet quatre-vingt-huit jours seulement pour accomplir sa révolution tropique. Comme Vénus, qui est souvent très proche de lui dans le ciel, il ne s’écarte jamais beaucoup du Soleil, la distance angulaire qui le sépare de celui-ci n’excédant pas 28 degrés. De ce fait, Mercure est difficilement visible à nos yeux, perdu qu’il est dans l’éclat de la lumière solaire. Pratiquement, Mercure ne peut donc guère se trouver que dans le signe solaire natal, dans le signe précédent ou dans le signe suivant.

Le dieu Mercure

Les représentations antiques du dieu Mercure donnent l’image d’un jeune athlète aux muscles fins dont l’attitude exprime toujours le mouvement, Il est chaussé de sandales munies chacune de deux petites ailes, et son couvre-chef est aussi équipé de petites ailes. Tout dans cette image exprime la jeunesse, l’élan, la mobilité, et non la force brutale comme les images de Mars, ni la puissance majestueuse qui caractérise Jupiter.

Cet être, à peine sorti de l’adolescence, semble taillé plus pour l’adresse que pour la lutte. Son visage triangulaire, la pointe en bas, son regard malicieux, parfois rusé, expriment nettement l’agilité sous son double aspect, corporel et mental.

Les astrologues de jadis considéraient Mercure comme une planète neutre ou « convertible », c’est-à-dire qu’il n’émettait par lui-même aucune influence, aucune force particulière, mais que son action était colorée ou modulée par les rapports qu’il pouvait avoir – en termes techniques, par ses aspects – avec d’autres planètes aux influences plus typées. Symboliquement, car il faut toujours essayer de comprendre le langage de la Tradition en le considérant comme un ensemble de symboles, c’est la traduction du titre de « Messager des dieux » qui lui était attribué. Les dieux- planètes doivent être compris comme la représentation imagée et vivante des grandes forces cosmiques qui agissent à l’intérieur de notre système solaire, le macrocosme, et se retrouvent dans l’âme aussi bien que dans le corps de l’homme, le microcosme. On a pu dire, dans un langage plus courant, que par rapport au Soleil, figure centrale de notre cosmos limité, Mercure jouait le rôle du secrétaire par rapport au patron, de l’émissaire par rapport au chef, dont il retransmet les directives.

Dans l’ancienne Grèce, Mercure était connu sous le nom d’Hermès. Plus anciennement encore, c’est une divinité analogue que les Babyloniens honoraient sous le nom de Nebo ou Nabou, et les Égyptiens sous le nom de Thot.

Mais c’est toute une gamme de significations assez surprenantes dans leurs contrastes qu’évoque le personnage mythologique de Mercure. Sa légende nous le montre d’abord comme un gamin malicieux, adroit et peu scrupuleux, qui vola le troupeau de son frère Apollon et sut se faire pardonner par ses arguments, mais lui offrit en dédommagement la lyre qu’il venait d’inventer. Nous reconnaissons là le type inférieur mercurien, celui de l’être rusé, fraudeur, beau parleur, aux arguments convaincants. Le Mercure adulte, c’est l’intermédiaire-né, le dieu du commerce, celui qui sait chiffrer à son avantage mais qui préside aux échanges et fait circuler la production.

Parallèlement, il est aussi le scribe, celui qui enregistre les faits et les actes sur ses tablettes. Son rôle sur le plan de l’intellect grandit : il répand la connaissance à la fois par la voie orale et par l’écriture, il préside à la formation des idées. Il a reçu la faculté du raisonnement logique qui lui permet de développer ses propres connaissances.

Enfin, à un stade supérieur, Mercure devient Hermès Trismégiste (trois fois le plus grand), maître des connaissances cachées, porteur du caducée, la baguette aux deux serpents enroulés, symbole du pouvoir magique, de la force nerveuse et de l’art de guérir. Il peut être aussi Hermès Psychopompe, celui qui guide les âmes vers le séjour des morts.

Comment les astrologues modernes peuvent-ils intégrer les données anciennes pour parvenir à une interprétation adaptée aux connaissances de notre temps ?

La dualité mercurienne

Tout d’abord, il ressort à l’évidence que Mercure, au contraire des planètes considérées comme instinctives, et qui entrent dans les catégories du Ça freudien – c’est-à-dire surtout la Lune, Mars, Vénus, Neptune, Pluton – n’est absolument pas en rapport avec nos pulsions, nos besoins charnels, nos élans affectifs. La sphère d’activité qui lui est dévolue dans notre psychisme est essentiellement cérébrale. C’est par le cerveau et le système nerveux cérébro-spinal que Mercure agit ; il ne met pas en jeu nos appétits, mais bien notre capacité de raisonner en fonction de la logique et sur un plan purement conscient.

Mais il n’est pas l’intelligence, cette fée qui répartit si inégalement ses dons, et qui entre si difficilement dans le cadre d’une définition précise. Mercure est l’instrument dont l’intelligence se sert pour manifester son existence : Mercure, planète de l’expression, dispose de l’expression corporelle, l’expression verbale et l’expression écrite. S’il n’est pas notre intellect, il est du moins l’équivalent astral de notre mental, de notre cérébralité. Le métal auquel on a donné son nom, le mercure, appelé naguère le vif-argent, étrange corps où le métal devient à demi liquide, est un équivalent de la planète dans sa propriété d’être ambivalente, de revêtir des formes contraires, d’être « protéiforme », d’incarner à la fois le Bien et le Mal.

Cette dualité est l’une des caractéristiques essentielles de Mercure, dualité qui est aussi fondamentale dans la structure des Gémeaux, telle qu’elle a été analysée plus haut. Comme le dit André Barbault, Mercure représente un « processus de différenciation des contraires, terre-ciel, ténèbres-lumière, masculin-féminin […]. Se séparer des choses pour ne plus se confondre avec elles… » Ce n’est pas pour rien que, traditionnellement, l’âge mercurien, dans la série du développement de l’individu, est celui du début de l’adolescence, l’âge où le gamin commence à peser le pour et le contre, se dégageant du stade confus d’une enfance lunaire pour exprimer les premiers balbutiements d’un raisonnement déjà logique, où la curiosité devient exigeante et les questions embarrassantes.

Rapide, mobile, double, ces qualificatifs précisent le comportement que Mercure confère à ceux qu’il influence particulièrement.

Il en résulte une grande facilité d’adaptation, se traduisant par un comportement souple, élastique même, dans le sens favorable du terme. Mercure, tout mouvement, va au-devant des contacts, et ne peut supporter l’isolement, car le dialogue est la condition même de son existence.

Le besoin de comprendre le pourquoi des choses, aussi bien que le mobile des autres êtres, met sans cesse sa curiosité en éveil. Si le contact pose un problème, ce n’est donc pas par la force ou par une longue patience qu’il voudra le résoudre, mais par la compréhension exacte de la situation, l’évaluation juste des atouts du partenaire ou de l’adversaire. Les arguments ne lui manquent pas et surgissent à point nommé, l’esprit d’à-propos les rend percutants, parfois drôles. Les arguments spécieux, mais bien présentés, lui donnent l’avantage de la bonne foi. La diplomatie est l’arme préférée, mais elle peut faire place à un combat verbal, qui n’est pas sans danger pour peu qu’une influence annexe de Mars vienne s’y mêler. Arguties, paradoxes, sophismes, ironie (cette arme si mal comprise…) lui permettent de mener discussions et négociations de main de maître. Les situations les plus contradictoires ne le gênent pas, puisqu’il est capable de présenter successivement les arguments les plus opposés, ne craignant même pas de se déjuger. C’est son côté un peu trop « débrouillard », qui lui permet de dire que la fin justifie les moyens.

Le rôle joué par Mercure est considérable, partout dans le monde. Que l’on ne me fasse pas dire que je voue un culte à un dieu-planète, que ce soit Mercure ou un autre. Mais après tout, qui sait ?

Divaguons un peu, au risque de succomber sous les anathèmes les plus variés. Qui sait, après tout, si toutes ces petites sphères qui tournent bien sagement autour de leur patron céleste ne sont pas chargées par une puissance tutélaire de quelque mission, même s’il ne s’agissait que de perpétuer dans le système solaire un équilibre permettant le maintien de la vie, qui doit bien exister ailleurs qu’ici-bas ? « L’astrologue Gémeaux devient fou », me direz-vous. Non, il voudrait seulement que Mercure diffuse à notre intention un peu plus de raison, de compréhension, de communication entre les êtres, son sens de la fraternité.

Pour chaque individu, Mercure représente le domaine de la cérébralité, des études, des échanges intellectuels, la plus ou moins grande facilité à s’adapter logiquement et raisonnablement aux situations et aux êtres, sans être détourné par la passion. Il indique aussi de préférence les rapports avec les proches, frères, sœurs, cousins, les voisins, les collaborateurs, les êtres jeunes, les étudiants.

Planète dite « neutre » ou « convertible », il convient de le rappeler, Mercure voit ses significations se colorer selon les aspects qu’il forme avec les autres planètes, aspects que nous étudierons plus en détail. Dès maintenant, on retiendra que ses aspects avec Mars activent le sens critique, une certaine contestation ; avec Vénus, le goût, la sensibilité, l’accueil ; avec Jupiter, la cohésion, l’organisation ; avec Saturne, l’avidité et la rigueur intellectuelles, l’abstraction ; avec Neptune, l’intuition ou l’utopie ; avec Uranus, l’esprit novateur ou systématique ; avec Pluton, l’inquiétude ou la révolte.

Mais Mercure, comme d’ailleurs les autres planètes, a aussi des significations sur ce que les astrologues appellent le « plan mondial », c’est-à-dire, en dehors du domaine individuel, celui des grandes activités terrestres. On notera donc ses rapports avec le commerce, surtout de détail, l’édition, les écrits, les études, la presse, les moyens de communication et de transmission, le courrier, la poste, le téléphone, la radio, les lieux d’échange, marchés, bourses, les écoles, les facultés, les contrats, les déplacements d’affaires. Ce sont, au fond, les significations psychologiques de base qui, par voie d’analogie, sont transposées sur un autre plan.

La Mythologie du Signe

C’est autour de l’image fondamentale des Gémeaux que se retrouvent les diverses traditions mythologiques puisque leur élément commun est le duo de deux enfants mâles (ou de deux éphèbes) se tenant par le bras. Ce n’est que dans des dessins contemporains plus ou moins fantaisistes que l’on voit parfois un couple homme-femme, mais cela n’a plus rien à voir avec la Tradition. En revanche, nul ne s’est encore hasardé à représenter un couple de deux jeunes filles. L’origine de ce symbole est certainement commune à l’humanité entière, puisqu’il se rencontre dans diverses civilisations primitives, notamment en Amérique du Sud. Dans les civilisations d’Europe et d’Asie, l’évocation la plus ancienne est représentée par les Ashvins. C’étaient des dieux jumeaux, l’un représentant le ciel, le jour, et l’autre la terre, la nuit. Ils possédaient des dons de guérisseurs, notamment celui de rendre la jeunesse. Toujours à cheval, ils apparaissent en Inde, à l’époque védique, vers 1500 avant notre ère environ. Ils sont sans doute une image idéalisée des peuplades nomades, de race indo-européenne, qui parcouraient à cheval les steppes de l’Asie centrale et qui envahirent à diverses époques l’Inde, l’Iran et même l’Égypte.

Le mythe des Dioscures

Le même couple symbolique se retrouve en Grèce, avec les Cabires, également divinités guérisseuses, et surtout avec les Dioscures. On trouve à leur sujet un récit détaillé, qui éclaire singulièrement le contenu psychique du troisième signe. La version la plus claire, car il en existe plusieurs, affirme que Léda, épouse du roi Tyndare, aurait donné le jour à deux jumeaux, dont l’un, Pollux, avait été conçu par Jupiter : il était donc d’essence divine et, par conséquent, immortel. Le second, Castor, avait pour père le roi Tyndare ; il était d’essence humaine, donc mortel. Les deux frères passaient un jour au royaume des ombres et le jour suivant au séjour des dieux, allusion au besoin de changement alterné, si fréquent chez les natifs du signe. Dieux guérisseurs comme les Ashvins, ils étaient capables de rétablir l’harmonie des courants fluidiques du corps.

Le symbole est clair : Pollux, fils de Jupiter (Zeus), en raison de son essence divine, représente la partie évoluée, spirituelle, de chaque Gémeaux, et Castor, fils d’un simple mortel, fût-il roi, est la partie matérielle, animale, corporelle de l’individu. Castor ne peut résister aux tentations sans l’intervention de son frère. C’est l’image de l’être humain qui, dans son état le plus primitif, ne songe qu’à la satisfaction de ses instincts vitaux, sans en envisager les suites possibles. Mais, plus il évolue, plus l’étincelle spirituelle qui est en lui – disons sa petite parcelle divine – le met en garde contre la totale soumission aux sens, et le fait aspirer à quelque chose d’inexprimable qui le guide dans son évolution.

Tout être humain, quel que soit son signe, est ainsi constitué selon les antiques doctrines. Mais le natif des Gémeaux est plus particulièrement apte, sur le plan psychique, à ressentir avec force cette sorte de partition. Nous ne dirons évidemment pas que son cerveau est différent de celui des natifs des autres signes, mais ce qui se passe dans le domaine de la psyché n’a pas nécessairement un support matériel testable et mesurable. Les conséquences de cette dualité Géminienne dans la psychologie et le comportement des natifs seront envisagées plus loin.

Le mythe des Dioscures exprime une réalité tellement vivante qu’on en retrouve une résurgence dans le Moyen Age chrétien, avec la création des divers ordres de chevalerie, et en particulier de l’ordre du Temple. Le sceau de cet ordre ne montre-t-il pas un couple de cavaliers chevauchant la même monture ? Sans doute bien des symboles encore mal expliqués pourraient-ils se préciser en approfondissant cette comparaison.

La légende grecque des Dioscures se poursuit par une sorte de fait divers. Les deux frères ayant ravi deux jeunes filles à leurs fiancés, une bagarre s’ensuivit, au cours de laquelle Castor fut tué, et Pollux dut son salut à l’intervention de son père Jupiter. Le sens caché de ce récit est qu’il est périlleux pour les Gémeaux de se laisser aller aux débordements passionnels et de ne pas contrôler leurs impulsions parfois trop fougueuses. C’est pourquoi Castor, trop avide et manquant de réflexion, succombe, alors que Pollux, plus subtil et maître de lui, prend le temps de la réflexion et reçoit l’aide des puissances supérieures.

Le mythe des Dioscures permet de mieux comprendre cette dualité qui est peut-être le point le plus caractéristique, le plus typique du signe. Si on l’ajoute à la dualité de Mercure, cet astre qui n’accepte de se montrer aux yeux des Terriens qu’à l’aube ou au coucher du Soleil, on se trouve en présence d’une alternance rythmique – celle de l’ombre et de la lumière -, qui exprime, en termes de psychologie, le manque d’unité de ce signe, sa trop grande perméabilité aux excitants externes bu internes, ce que Jean-Pierre Nicola décrit dans son Astrologie conditionnelle comme force d’excitation et faiblesse d’inhibition.

La vie du natif se trouve donc constituée par une succession ininterrompue d’instants brefs, de clichés intérieurs auxquels il réagit avec une vitesse d’adaptation étonnante. Ce sont des clignotements signalant un rythme plutôt saccadé, le Gémeaux ne présentant qu’un côté de lui- même en même temps, afin de coller instantanément au moment présent, à l’appel que le destin lui fait, quitte à rejeter cet appel un peu plus tard, lorsque les deux instances intérieures symbolisées par Castor et Pollux auront délibéré et trouvé une solution au problème.

La dualité Géminienne suggère aussi une analogie avec le Yin-Yang, l’antique principe chinois. Des rapports très subtils existent entre ces deux données, susceptibles de se transformer de l’une en l’autre indéfiniment ; cela n’est pas sans rappeler le passage qui, dans les Gémeaux, fait évoluer l’être de Castor, principe lunaire, passif, à Pollux, principe actif solaire, si bien qu’aucun des deux ne peut être pensé sans son frère, et que le Gémeaux oscille constamment entre ces deux pôles opposés mais indéfectiblement liés. Dans l’image du signe, les deux jumeaux se tiennent enlacés, mais, dans la vie, il leur arrive de se tirer la langue ou de se pincer discrètement. Telle est la loi de la dualité, manifestation d’ambivalence, cette curieuse tendance de l’affectivité qui pousse à aimer et à détester la même personne, mais qui n’est pas une exclusivité Géminienne.

Caractérologie du Signe

Le Gémeaux dans la Vie

Le tempérament attribué aux Gémeaux est le tempérament sanguin, qui régit la fonction respiratoire. Mais les Gémeaux nous réservent une surprise. Ce signe double, illustré par Castor et Pollux, il fallait bien qu’il dispose aussi de deux tempéraments ! Signe d’Air, de printemps, la respiration est à la fois son point faible et sa fonction de base. Mais sa morphologie n’est en général pas dilatée, ses formes sont le plus souvent minces, peu musclées et peu enveloppées, alors que le tempérament sanguin, qui concerne également la Balance et le Verseau, ainsi que les planètes Vénus et Jupiter, donne plutôt des formes épanouies, parfois même massives. Il semble donc assuré qu’en ce qui concerne les Gémeaux, seul signe dont il y a lieu de se préoccuper ici, les effets du tempérament sanguin, qui est traditionnellement chaud et humide, se manifestent plus visiblement sur le plan psychologique. Assez rares, en effet, sont les Gémeaux au teint clair, et comme on disait jadis, vermeil ; plus nombreux sont ceux aux traits rétractés, aux formes minces, au teint plus pâle que coloré, et ceux-ci appartiennent au tempérament nerveux ; en d’autres termes, ils sont plus directement sous l’influence de Mercure, dont ils reproduisent la sveltesse, l’allure nerveuse et précipitée, la nature excitable, et cependant réfléchie.

Tout cela peut paraître un peu trop subtil au néophyte, mais il n’a jamais été dit que l’astrologie était un jeu d’enfant, même au stade des douze signes. Tout, d’ailleurs, dans la nature, est à la fois plus simple et plus complexe que l’on se l’imagine. Une explication subtile, mais véridique et acceptable à qui s’efforce de manier les symboles, nous est donnée par l’astrologue André Barbault, qui explique ainsi l’interpénétration du signe des Gémeaux et de son régent planétaire, Mercure :

Le signe d’Air, du fait qu’il est, comme nous l’avons vu, mobile, exprime le déplacement de l’air, sous sa forme de vent. Mercure, quant à lui, est l’astre le plus sec. Or, son élément, la terre, sous l’action du vent s’émiette et s’éparpille, et l’on retrouve ainsi la nature Géminienne, mobile, instable, flottante… C’est ainsi que l’on peut expliquer la fusion de la cérébralité mercurienne avec l’adaptation plus souple et plus naturelle du signe lui-même.

L’extraversion Géminienne

La deuxième typologie étudiée pour ce signe est celle donnée par la dialectique extraversion- introversion établie par C.G. Jung, ou type d’attitude.

On sait qu’il s’agit d’une attitude générale de l’être à l’égard de ses rapports profonds avec le monde extérieur. L’extraverti se tourne vers le monde et établit avec lui un contact aisé qui lui est indispensable. L’introverti, au contraire, se renferme dans sa subjectivité par crainte de se perdre dans le monde extérieur. L’homme d’action est plutôt extraverti, le philosophe introverti. Jupiter et Mars sont typiques du premier cas, Saturne et, souvent, la Lune, du second. Sur le plan du Zodiaque, les signes du Capricorne, du Cancer, du Verseau, des Poissons et de la Vierge sont nettement introvertis. Au contraire, le Lion, le Bélier, le Taureau et les Gémeaux sont considérés comme extravertis.

Quant aux autres, Balance, Scorpion et Sagittaire, ils sont ambivalents sur ce point. D’ailleurs, pour établir le bilan de l’introversion et de l’extraversion pour chaque cas, il convient d’ajouter à la tendance de base du signe solaire celle exprimée par les planètes dominantes du thème natal. Pour préciser cette notion, on peut dire que l’extraverti va joyeusement au-devant des autres, et que l’introverti, sans être timide, est plutôt réfractaire à l’emprise du milieu extérieur.

Le natif des Gémeaux est donc nettement extraverti. Une note d’introversion s’établirait cependant si à sa naissance Mercure se trouvait dans le signe introverti du Cancer. Cette note s’étofferait davantage si Saturne, planète type de l’introversion, se trouvait dans le signe à la naissance. Ce cas s’est produit de mai 1942 à juin 1944 et de juillet 1971 à août 1973. Il se reproduit d’avril 2001 à juin 2003 puis de juin 2030 à juillet 2032.

Au fond, ces deux notions sont à la base de l’explication psychologique de la tendance Gémeaux à aller au-devant du monde, à rechercher le contact, à participer à toutes les manifestations de la vie sociale, dans la mesure où ils sont, en majorité, beaucoup plus extravertis qu’introvertis. Mais un correctif s’impose : c’est que nul n’est totalement introverti ou totalement extraverti, sinon quelques cas relevant de la psychiatrie. Le Gémeaux est donc nettement plus extraverti qu’introverti.

De l’émotivité à la distanciation

Une autre méthode d’étude typologique est la caractérologie, répandue en France par les travaux de Le Senne et de Gaston Berger.

Cette méthode se fonde sur les trois propriétés fondamentales du caractère :

– L’émotivité, qui est l’intensité de notre réaction psychologique, aussi bien dans l’action que dans la connaissance. On peut d’ailleurs être émotif dans certains domaines de l’existence, et non émotif dans d’autres.

– L’activité, qui n’est pas l’activité apparente et momentanée, mais bien la disposition d’un être vivant pour l’action. Cette fonction est stimulée par l’obstacle, l’inactif, au contraire, étant découragé par l’obstacle.

– Le retentissement des représentations engendre deux catégories d’êtres. Celui qui vit surtout dans l’instant présent manifeste des réactions très vives, mais qui sont promptement oubliées. On le dit marqué par la fonction de primarité. Au contraire, la fonction de secondarité rend les impressions quasi ineffaçables, mais permet, en revanche, une continuité de vue et d’action.

D’autres propriétés viennent s’ajouter aux précédentes, parmi lesquelles, en premier lieu, l’ampleur ou l’étroitesse du champ de conscience, propriété qui rend sensible à un plus ou moins grand nombre de représentations mentales, facilitant ou non la concentration de l’esprit.

Si l’on applique ces données au signe des Gémeaux, on constate qu’il est essentiellement caractérisé par la primarité et l’ampleur du champ de conscience. Cette affirmation est en accord avec les significations fondamentales du signe, telles que la Tradition les a transmises. La primarité est, au fond, une synthèse moderne de ce que l’astrologie rassemble sous les désignations de signe mobile, signe mutable et signe d’Air. Négativement, ce sont bien les défauts reprochés aux Gémeaux : manque d’attention, dispersion, superficialité, inconstance, tableau peu flatteur que l’on s’acharne à brandir sous nos yeux dès qu’il est question de notre signe, mais qui renferme une part de vérité. Soyons beaux joueurs, nous avons bien d’autres cordes à notre arc et notre bonne volonté est si grande ! D’autres sont rigides ; nous, nous plions, mais ne rompons pas.

Revenons à la caractérologie de Le Senne. Le premier est l’émotif non actif primaire, que Le Senne a dénommé nerveux, et caractérise ainsi : il change avec les instants puisque sa primarité se trouve exaltée par son émotivité. Son humeur est inégale et ses sympathies peu constantes. Il peut souffrir vivement, mais se console assez vite. Le besoin d’émotions nouvelles lui est essentiel, il aime le changement et les divertissements. Tout ce qu’il fait a pour but de le singulariser aux yeux d’autrui. Ne croirait-on pas lire un portrait simplifié mais réel du Gémeaux tel qu’il se dégage des textes astrologiques ?

Le second type est le non émotif actif primaire désigné comme tempérament sanguin par les caractérologues lesenniens. C’est donc l’absence, ou la moindre présence, de l’émotivité qui le distingue du précédent. Il est ainsi défini : « Il est assidu au travail, froid, objectif, décidé, et net dans sa façon de parler. Il a du bon sens et fait preuve de sens pratique dans ses observations. Il aime le sport et l’activité physique. Continuellement occupé, il a une grande rapidité de conception et cherche à obtenir des résultats immédiats dans ses activités. »

C’est une autre variété de Gémeaux qui surgit de cette brève description, et il est vrai qu’elle est aussi répandue que la première. C’est le Gémeaux qui se maîtrise, se contrôle, en vue de réalisations concrètes. Il ne se perd pas dans des rêveries fantaisistes, des gamineries, des activités de touche-à-tout. Il n’est plus esclave d’une émotivité excessive, ce qui lui permet de rassembler ses énergies. Sa primarité le fait sans doute trop vivre dans l’instant présent, mais l’empêche d’être trop influencé par les regrets et les déceptions du passé. Fait pour l’action, il correspond assez bien au Gémeaux sportif, à celui qui est en prise sur un réel dont il ne cherche pas à s’évader, car il y trouve le plaisir d’être lui-même.

Quant au sanguin de Le Senne, beaucoup plus maître de lui et de ses ressorts grâce à sa faible émotivité (ou à son absence), s’il est tout aussi vivant et vivace, il sait prendre un certain recul.

C’est cette recherche de la maîtrise de ses impulsions, surtout, qui établit le rapprochement avec Pollux. Les références à la mythologie nous ont montré que ce dernier exprimait surtout le dégagement de la matérialité, le dépassement des pulsions charnelles. Ce sont là des préoccupations spirituelles échappant aux classifications de la psychologie moderne, qui ignore le mot âme et s’attache au concret. Le Pollux légendaire a donc une dimension supplémentaire par rapport au type sanguin. C’est un exemple entre mille de la plus grande richesse des contenus astrologiques par rapport aux analyses scientifiques contemporaines. Il n’est pas aisé, en présence d’un Gémeaux, de déterminer le type dont il dépend, sauf, bien entendu, si son comportement est suffisamment caractéristique de l’un ou de l’autre des deux types. Seule l’analyse du thème individuel permet de le faire. Toujours selon Barbault, la plus grande importance de la Lune au moment de la naissance fait pencher la balance en faveur du type nerveux, celui de Castor. Si la Lune elle-même est présente dans le signe, il n’y a aucun doute, comme on le verra dans les pages consacrées aux planètes situées dans les Gémeaux.

Le mythe du double

Tout, dans les Gémeaux, exprime la dualité, qu’il s’agisse du tempérament, du signe qui n’est déjà plus le printemps mais pas encore l’été, de cette éternelle adolescence qui n’est plus l’enfance.

Un autre trait caractéristique des Gémeaux est l’instinct ludique. Ce terme désigne l’activité spontanée de jeu, celui-ci n’ayant d’autre utilité pratique que le plaisir de celui qui s’y adonne, selon la définition du Dictionnaire de la psychologie. Il répond à un besoin aussi authentique que les besoins physiologiques ou sociaux ; il n’a rien d’artificiel, puisqu’il existe de façon innée chez les jeunes animaux. (Rien ne m’a jamais semblé aussi réjouissant que le spectacle de petits lapins s’ébattant dans la rosée.) L’instinct ludique est le premier moyen d’expression du petit enfant et le jeu devient ensuite un apprentissage de la vie sociale quand l’enfant imite l’adulte.

Cet instinct relève certainement de Mercure, mais il trouve un terrain d’élection chez les Gémeaux, déjà disposés à la fantaisie, alors qu’on le rencontre beaucoup moins chez la Vierge, pourtant signe mercurien. Il persiste chez la plupart des Gémeaux adultes, qui excellent dans les jeux d’adresse ou d’esprit ; le plaisir du déguisement exprime leur désir fréquent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, souvent par instinct de provocation. Un autre plaisir très voisin est celui de manipuler les gadgets, les appareils à l’aspect compliqué qui inquiètent le profane. L’instinct d’imitation est très lié à l’instinct ludique, et la tendance MercureGémeaux cherche ainsi à revêtir l’apparence d’une supériorité qui n’est pas réelle, mais qui pourrait l’être. C’est donc aussi la manifestation d’une certaine ambiguïté, due peut-être à un désaccord entre Castor et Pollux. A l’extrême, nous rencontrerions l’affabulation, un mélange de candeur et de ruse, mais qui a peine à atteindre les rivages de l’état adulte.

Si, dans la psychologie de Jung, l’homme est double, puisqu’il traîne avec lui son ombre, qui n’est en fait que ses propres pulsions refusées et projetées, le Gémeaux ne semble pas faire mauvais ménage avec son double. Castor ne refuse pas Pollux, et vice versa. Au contraire, il l’écoute, lui répond, et mène avec lui un perpétuel dialogue. Ce n’est sans doute qu’exceptionnellement que l’un des Dioscures tyrannise et ligote son frère. Si sa voix s’élève avec plus de force, elle n’en laisse pas moins celle de l’Autre s’exprimer, même si ce n’est qu’en sourdine.

Un Gémeaux célèbre, Jean-Paul Sartre, qui, croyons-nous, n’éprouvait pas de sympathie pour l’astrologie, a pourtant parlé complaisamment de sa dualité, dans les Mots :

« Et puis je me dédoublai. L’année précédente, quand je faisais du cinéma, je jouais mon propre rôle, je me jetais à corps perdu dans l’imaginaire et j’ai pensé plus d’une fois m’y engouffrer tout entier. Auteur, le héros c’était encore moi, je projetais en lui mes rêves épiques. Nous étions deux, pourtant ; il ne portait pas mon nom et je ne parlais de lui qu’à la troisième personne. Au lieu de lui prêter mes gestes, je lui façonnais par des mots un corps que je prétendis voir. Cette distanciation soudaine aurait pu m’effrayer ; elle me charma ; je me réjouis d’être lui sans qu’il fût tout à fait moi. C’était ma poupée, je le pliais à mes caprices… »

Les Gémeaux, Mercure et la Maison III

Sous cette triple égide s’étend le domaine de l’intelligence.

C’est l’alliance de la planète régissant l’intellect et ses mécanismes, de son signe de prédilection et de la Maison astrologique qui, entre les douze, est en affinité avec le troisième signe, son homologue, en somme.

Cette Maison régit la pensée sur un plan pratique et plutôt rationnel, la relation de cause à effet, le travail cérébral, le champ opératoire du mental, l’expression par la parole, par l’écrit et par le geste. Par extension, entrent dans son domaine les contacts immédiats, l’adaptation au milieu ambiant, les rapports avec les frères, sœurs, cousins. Sur un plan général, tout ce qui a trait aux communications, publications, déplacements, démarches, etc.

On conçoit qu’un thème où l’on trouverait Mercure en Gémeaux et en Maison III, de préférence en aspect harmonique avec d’autres planètes telles qu’Uranus ou Saturne, exprimerait à un haut niveau d’excellentes possibilités intellectuelles.

Mais il ne faut pas entrer en astrologie avec des idées préconçues. L’intelligence est un facteur tellement complexe qu’il semble bien que les psychologues les plus récents aient renoncé à en donner une définition nette. En dernière analyse, ils la considèrent plutôt comme une faculté d’adaptation à toutes les situations nouvelles : c’est au fond ce qui différencierait l’être humain des animaux, lesquels agissent suivant un code génétique bien précis. Mercure accorde aux Gémeaux une rapidité d’adaptation qui est quasi intuitive tout en restant logique. Dans le second signe gouverné par Mercure, la Vierge, le mécanisme mental est moins libre, plus analytique encore, plus réservé, trop raisonnable peut-être.

Les relations subtiles existant entre les Gémeaux et le signe qui lui fait face dans le Zodiaque, le Sagittaire, signe de Jupiter, éclaireront ces complications intellectuelles. Regrettons, en tant que Gémeaux, que notre signe n’ait pas aussi reçu en partage les flatteuses attributions du Sagittaire, lequel peut se targuer d’aller au-delà du connu afin d’opérer des synthèses plus vastes et de se dépasser ; cela lui adjoint la Maison IX, domaine des grands voyages, mais aussi des facultés supérieures, de la foi au sens le plus élevé du terme, et de la sagesse. L’inspiration Gémeaux se transforme au Sagittaire en une intuition globale.

Plus modeste dans ses envolées, le signe des Gémeaux se contente d’explorer un univers moins lointain. Point n’est besoin d’aller à Katmandou lorsque les ruines des châteaux cathares cachent encore bien des mystères. Les tuyauteries bariolées de Beaubourg dissimulent de riches bibliothèques où il fait bon se plonger, tout en jetant un œil sur les baladins du trottoir. Rassurés sur nos possibilités intellectuelles, nous allons démêler leurs intrications.

Cet intellectuel type qu’est le Gémeaux est à l’opposé du rat de bibliothèque et du coupeur de cheveux en quatre. Son intelligence est en oscillation perpétuelle, comme si elle était à l’affût de ce qui pourrait soudain capter et retenir une attention, qui se lasse, il faut bien l’avouer, assez rapidement. On retrouve les côtés mobiles, nerveux, spontanés décrits précédemment. Par l’air, la rapidité de la pensée lui fait survoler les questions au lieu de s’y accrocher. La dualité introduit le doute et l’esprit de contradiction.

Comprenant très vite l’ensemble, l’essentiel, il n’éprouve pas tellement la nécessité de se fatiguer pour entrer très avant dans les détails, contrairement à la Vierge, qui n’apprécie que les détails.

C’est pourquoi on le taxe de superficialité, à son grand dépit. C’est pourquoi aussi on ne trouve guère de savants et de mathématiciens parmi les célébrités du signe : une exception, mais de taille, Pascal. Les idées ne surviennent pas à jet continu, mais plutôt par brèves pulsions. Il lui est difficile de retrouver une remarque, une idée qui n’a pu être notée sur le moment. La source semble alors tarie, jusqu’à un nouveau jaillissement dont on ne peut prévoir ni la venue ni la durée. C’est pourquoi les intellectuels Gémeaux ont souvent plusieurs dossiers ou projets en cours, qu’ils reprennent lorsque le premier ne les inspire plus pour un temps.

Quelques lignes de Sartre sur son désir d’écrire dès l’âge de sept ans éclairent ce mélange de fantaisie, de jeu, d’imitation, bien Géminien : « Tous les enfants ont du génie… En 1912 ils en avaient tous, sauf moi : j’écrivais par singerie, par cérémonie, pour faire la grande personne ; j’écrivais surtout parce que j’étais le petit-fils de Charles Schweitzer (professeur d’allemand)… J’essayais d’arracher les images de ma tête et de les réaliser hors de moi, entre de vrais meubles et de vrais murs… Vainement ; je ne pouvais plus ignorer ma double imposture ; je feignais d’être un acteur feignant d’être un héros. »

Parmi les dons que peut utiliser le Gémeaux figure une capacité de synthèse assez remarquable, qui va de pair avec sa facilité à survoler les questions. Certes, les détails d’application sont trop souvent négligés ou abandonnés à l’intuition du moment, mais du moins saisit-il l’essentiel, sans se perdre dans l’accessoire et les doutes paralysants. D’ailleurs, il trouve souvent des solutions astucieuses à tous les problèmes.

Dans les discussions de tous ordres, sa présence d’esprit et ses réparties incisives sont des armes efficaces. Mais il arrive que l’excès même de sa rapidité verbale conduise à des maladresses, voire à des gaffes qui auraient pu être évitées avec un léger temps de recul. Très conscient de ses pouvoirs d’utilisation d’un mental suractivé, il en joue avec complaisance, sachant embarrasser l’adversaire et l’amener à dévoiler ses batteries. Il jouit de cet avantage, qui lui permet de se rehausser à ses propres yeux, et de compenser l’infériorité où il se sent placé du fait de son allure parfois bien jeune malgré les années. Il ne peut admettre, et il a raison, qu’on le juge sur son apparence et qu’on le traite en gamin. Cette mésaventure survint à dix-huit ans et à plus de quarante à l’auteur de ces lignes, qui fit mine d’ignorer qu’on l’interpellait.

Qu’il soit artiste, écrivain ou simplement qu’il ait à s’exprimer de quelque manière, le Gémeaux manifeste dans tout mode d’expression son désir d’être précis et d’être concis. A l’extrême, on peut lui reprocher une certaine sécheresse, un dépouillement excessif, surtout si Saturne vient dire son mot. Chez les peintres, on constatera souvent la prédominance du trait sur la couleur. Exceptions : Courbet, qui n’est pas tellement Gémeaux ; Dufy, qui, bien que coloriste, se montre très Gémeaux par le mouvement, l’instantanéité quasi cinématographique et son trait simplifié ; Dürer plus dessinateur que coloriste ; la musique de Stravinski atteint un maximum de dépouillement ; Poussin, dont on a pu dire que son trait est nerveux et qu’en lui l’intelligence et la pensée contrôlaient les élans du cœur.

Chez les écrivains du troisième signe, il faut noter l’extrême virtuosité dans le maniement d’une langue à la fois élégante et précise. Céline en est un exemple. Son style a bouleversé la littérature et influencé un grand nombre de jeunes auteurs. A un degré moindre, Pierre Daninos, Gémeaux également, écrit avec un humour parfois acide et joue avec les mots comme un équilibriste.

L’observation lucide n’hésite pas à utiliser une certaine agressivité qui se veut cependant sans méchanceté et relève plutôt de la malice, de la vivacité de l’esprit critique. L’humour, visible ou sous-jacent, utilise souvent la parodie.

Trois types principaux

Classe 1. C’est un peu la caricature du Gémeaux type. Manquant d’une certaine solidité intérieure, il oublie ses craintes en s’éparpillant dans une superficialité excessive. Selon Jean-Pierre Nicola, il est instable par manque de fermeture aux excitants externes ou internes (suggestibilité plus agitation). Sa curiosité, banale, n’est éveillée que par le quotidien, la presse à sensation. L’autodéfense porte au mensonge et à la ruse, armes favorites de Mercure dans son aspect déplaisant, mais qui sont au fond une compensation mentale. C’est dans la même catégorie que Marcelle Sénard (le Zodiaque) situe les hâbleurs, les roublards, les filous de toutes catégories, exploitant la crédulité publique par la persuasion, l’emploi abusif de leurs dons d’expression et de leur verbalisme. S’y trouvent aussi les mythomanes, faux médiums, etc.

Classe 2. Ce type moyen est évidemment celui que l’on rencontre le plus souvent. A des degrés divers, il vit et exprime les tendances qui ont été étudiées. L’astrologue Sementovski-Kurilo (Par les astres vers l’humain) affirme que seuls ceux qui savent donner une direction à leur dynamisme parviennent à une activité réellement productive ; les autres, plus nombreux, à la recherche continuelle de nouveaux champs d’étude ou d’action, ressemblent à l’écureuil captif qui, en faisant tourner sa roue, croit accomplir les bonds qu’il ferait naturellement en liberté. L’esprit de découverte s’est dilué en curiosité, celui d’innovation en ingéniosité, dit Jean-Pierre Nicola.

Ce Gémeaux de bonne volonté, très sociable, n’est heureux qu’en compagnie et se sent partout à l’aise, mais plutôt superficiellement, dans un demi-épanouissement qui attend autre chose. Il aime rendre service et donner des encouragements. Poli, plein de tact avec son entourage, il désire pouvoir s’exprimer librement sans être remis en place. En revanche, un certain manque de puissance vitale le fait renâcler devant les travaux trop longs ou trop pénibles, devenant vite monotones et fastidieux. Mais il a l’air d’être toujours très occupé. Il a souvent beaucoup de dons qu’il ne sait pas bien exploiter. S’il trouve un appui qui lui donne confiance, il peut faire des merveilles car il mettra en oeuvre toutes ses capacités.

Classe 3. Cette quintessence de l’esprit Gémeaux n’a aucun rapport avec le niveau social, c’est un état qualitatif qui exprime les valeurs essentielles du signe. Ici, la curiosité devient un désir d’approfondissement des connaissances, qu’il s’agisse de mieux connaître les êtres ou le monde. Le besoin de changement s’affine en amour de la variété, qui risque toutefois de déboucher sur le dilettantisme. L’individu possède le sens de l’humain. La façon dont il se comporte, à la fois simple et « gentleman like » sans affectation, lui attire la sympathie et souvent la considération. Il a horreur de toute violence, ne pouvant lui-même supporter d’être contraint. Il est compréhensif parce qu’il a assimilé des connaissances très diverses, ce qui lui fait mieux sentir la diversité des choses et lui fait détester encore plus tous les totalitarismes. Son désir secret est de trouver une synthèse unificatrice qui lui permettrait de comprendre l’univers.

Deux lignes de conduite

L’angoisse devant la vie n’épargne pas les Gémeaux. Le problème qui se posera toujours à chaque être est évoqué par Philippe Metman à qui nous emprunterons quelques idées particulières au troisième signe.

Une double échappée s’offre au Gémeaux : celle des plaisirs du monde extérieur, et celle, plus subtile, du sentiment et de l’intellect, de l’intuition et de la sensation. Si certains signes se dévorent eux-mêmes en dévorant la vie, les Gémeaux, au contraire, risquent de se flétrir en se refusant à la vie dans un comportement de prudence, et en ignorant volontairement leurs propres possibilités.

Leur manque de confiance en eux-mêmes s’accentue en raison directe de la méfiance que leur témoignent des êtres à l’esprit moins délié, mais détenteurs des puissances de ce monde. Le type Gémeaux qui sait harmoniser ses instances intérieures, c’est-à-dire ses pulsions inconscientes, est guidé par un désir de pureté qui le tient sans peine à l’écart de toute vulgarité.

Tout d’abord, le Gémeaux de cette fin de siècle devrait prendre conscience qu’il ne dispose pas, à l’inverse d’autres signes, d’une puissance agressive lui permettant de se comporter en conquérant. Mais cette constatation qu’il ne peut façonner la réalité ne doit pas faire place à un pessimisme de renoncement. C’est en lui-même, plus précisément au Pollux qui est en lui, qu’il doit demander aide et c’est grâce à lui qu’il parviendra à exorciser les démons de l’angoisse que la vie actuelle dresse sans cesse sur son chemin. Mais l’homme actuel a perdu Dieu et trouvé la bombe atomique.

Ce n’est qu’en mettant ses forces instinctives au service de sa moitié immortelle qu’il donnera vie à toutes ses possibilités d’expression.

Le Gémeaux et l’Amour

La vie affective est une expression commode pour rassembler tout ce qui, dans la vie d’un être, a trait à sa façon d’aimer, à celle dont il voudrait lui-même être aimé, à son idéal en somme, et aux péripéties qui rempliront vraisemblablement ses expériences, sans oublier le choix de l’objet d’amour et le comportement possessif ou oblatif.

La seule étude du signe natal, reconnaissons-le d’emblée, est insuffisante pour établir le diagnostic et le pronostic d’une vie amoureuse. C’est là le domaine d’Aphrodite, dont nous préférons le nom plus suggestif de Vénus, cette Vénus qui s’entend si bien, selon le Gémeaux Offenbach, « à faire cascader la vertu » ! Pour un natif des Gémeaux, nous savons qu’à sa naissance Vénus ne pouvait se situer que dans le troisième signe, ou bien en Taureau ou en Cancer, et, dans certains cas, la deuxième moitié du Bélier ou la première moitié du Lion, puisqu’elle ne peut jamais se situer à plus de 45 degrés de la position du Soleil. Le symbolisme zodiacal est suffisamment riche et fécond pour donner des lignes de force dont on ne peut que reconnaître la réalité.

La capacité d’aimer me semble être la source même du sens de la vie. L’attraction magnétique, le désir et la répulsion, le don de soi, la possession esclavagiste, l’égoïsme buté, toutes ces orientations sont plus fréquentes que la fusion harmonieuse qui aboutit à la souriante vieillesse de Philémon et Baucis. Mais mieux vaut encore aimer maladroitement que vivre dans le dessèchement du cœur, la haine ou l’auto-dénigrement ce qui, la consultation quotidienne le prouve, est moins rare qu’on ne le croirait. L’affectivité est le terreau où grandissent toutes nos puissances du dedans : privé de cet humus, l’être se dévalorise à ses propres yeux.

Signe de dialogue

Si l’on a quelque connaissance du symbolisme zodiacal, on constate que chaque signe a une façon bien caractéristique de rechercher et de vivre l’amour. La passion exigeante et totalitaire se dégage des signes de Feu, l’attachement possessif des signes de Terre, la sensibilité trop tôt blessée des signes d’Eau, si l’on excepte cet inclassable Scorpion… Quant aux signes d’Air, c’est surtout la formation et la survivance du couple, la durée du dialogue amoureux et du dialogue tout court qui forment leur problème. L’air, c’est la vie libre, et ce mot de liberté vient au premier rang des motivations affectives des Gémeaux. On pourrait peut-être placer avant tout le besoin de contacts et d’échanges, l’attente curieuse de ce que demain peut apporter. Il faut toujours songer à Mercure, qui entrelace ses significations et ses tendances à celles des Gémeaux, et nous savons bien que Mercure, ce grand voyageur, même s’il ne voyage qu’en esprit, apporte aux autres un renouveau constant mais veut en recevoir au moins une stimulation.

Ce besoin inné d’établir une relation avec l’Autre, qui est peut-être le point à la fois le plus typique et le plus profond du personnage Gémeaux, se manifeste dès l’enfance dans la relation qui s’établit avec le frère ou la sœur. C’est d’ailleurs pour lui une déception et un malaise durable s’il existe une différence d’âge notable entre lui et ses frères et sœurs, différence qui supprime le principe d’égalité auquel le Gémeaux tient essentiellement. Le Gémeaux est toujours jeune, ou, du moins, le paraît, ou croit l’être, si bien que son cadet est pour lui un bambin et son aîné un vieillard. Cela lui vaudra d’ailleurs bien des déconvenues, lorsque, mûrissant, il portera encore intérêt « aux jeunesses ». Tout ce qui est dit ici est fait d’expérience et s’applique, bien entendu, aussi bien aux Géminiennes qu’aux Géminiens (épithète agréable évitant l’incessante répétition du mot Gémeaux).

Certes, la relation entre frères et sœurs n’est pas particulière au troisième signe, mais elle est chez lui une constante beaucoup plus marquante. Sur le plan parental, il peut trébucher sur le complexe oedipien, mais il s’agit là d’un rapport planétaire totalement indépendant du signe.

La comédie amoureuse

C’est une fois arrivé au stade de l’adolescence que le Gémeaux se différencie nettement de ses camarades des onze autres signes et ce chapitre devrait être intitulé « les Amours de l’adolescence ». On sait qu’en général les attachements sentimentaux des adolescents sont passionnés et exclusifs, mais ne durent que peu de temps. Cela est également vrai pour les Gémeaux, mais leur période d’adolescence tendant à se prolonger, sinon à s’éterniser, leur inconstance de passagère peut devenir un trait bien affirmé.

Il est moins aisé qu’on ne le croirait de trouver des raisons logiques à ce comportement, mais il est non moins irritant, lorsque l’on est Gémeaux et que la conversation roule agréablement sur l’amour, de se faire taxer de légèreté, d’infidélité permanente, de papillonnage – il est vrai que nos anciens ont eu l’idée d’insérer le papillon parmi les animaux affectés à ce signe. L’astrologue est pourtant bien placé pour savoir que l’infidélité n’est pas un symptôme uniquement Géminien. La statistique, si elle était possible, renverserait bien des idées reçues. Et d’abord, pourquoi est-on infidèle ? Par incompatibilité d’humeur, de goûts, d’opinions, par inadaptation sexuelle, toutes raisons fort valables en soi. Et le – ou la – Gémeaux serait infidèle comme cela, parce que son secteur zodiacal l’y pousserait insidieusement ? Permettez à un Gémeaux de défendre ses frères et ses sœurs diffamés, de justifier leur comportement si critiqué.

Avant d’être un amoureux, le jeune Gémeaux est d’abord et, plus qu’un autre, un camarade, un ami, qui recherche le dialogue, l’échange, parce que c’est là que se trouve sa vraie nature. Or, le dialogue, l’échange, si naturels pour lui, le sont beaucoup moins pour d’autres. Il se réduit trop souvent au monologue de celui qui a quelque chose à dire, donc du Gémeaux, qui se sent alors isolé et abandonne cette relation à sens unique. Parallèlement, peut survenir l’ennui, monstre absolument insupportable au Géminien, et qui est un motif valable de décrochage.

Pendant quelques années, l’adolescent des Gémeaux limite ses investigations sentimentales au domaine de la camaraderie et de l’amitié amoureuse. C’est là, en effet, qu’il peut donner libre cours à son goût du jeu, à une façon légère, spontanée, détendue de jouer la comédie de l’amour tout en reculant l’échéance, qu’il redoute confusément, de la passion authentique, avec ses tumultes et ses orages. Devant la tragi-comédie de l’amour, il s’entraîne, pour ses débuts, à ne jouer que des saynètes de collégiens. Son goût de la comédie le pousse à multiplier les répétitions de ce qui sera plus tard la véritable pièce. Il croit aimer et souffrir intensément, alors qu’il n’est qu’un acteur qui, souvent, s’amuse à s’observer lui-même dans son rôle de séducteur.

L’instinct du jeu aboutit à une comédie légère, on aurait dit naguère à un marivaudage. Le Gémeaux croit bon de se comporter en dilettante de l’amour, il se montre trop gai, trop léger, trop fantaisiste (que l’on songe à la Lune en Gémeaux de Brigitte Bardot). Travestissant sa vérité profonde en jouant le bel indifférent, il risque alors de ne trouver que des passades, des amours de peu de durée. Le pire serait alors qu’il se marie par lassitude.

Sincérité et égoïsme

Les deux types de Gémeaux ne jouent pas sur le même registre. Castor et Pollux montrent dans les jeux de l’amour une tonalité assez différente.

Castor, le lunaire, le bohème, le tendre, est celui qui risque le plus de souffrir d’amour, car il est sincère et ses émotions ne sont pas feintes. Qu’il y ait une part de comédie en lui, comme dans son compère Pollux, est une évidence. Mais elle n’est qu’accessoire et c’est la sincérité qui l’emporte.

L’ennui est que cette sincérité n’est que passagère, et dure le temps de faire vibrer notre amoureux capricieux. Sa charge émotive est telle qu’elle ne peut durer, son enthousiasme est en réalité une projection sur l’être désiré, qu’il pare de tous les charmes et dont il attend beaucoup trop. Telle un soufflé, l’ardeur retombe et Castor, considéré alors comme un instable, part vers une nouvelle rencontre. Mais la faute peut en incomber au (ou à la) partenaire qui n’a pas su discerner que ce Gémeaux, sous ses airs légers, désirait en réalité une grande passion. Responsabilité partagée tout de même puisque Castor, dans ses mirages, ne veut pas s’avouer le but inconscient de sa recherche, l’amour total, et non des fragments d’amour.

Pollux est le Gémeaux plus sûr de lui, chez qui la logique, la lucidité, une certaine distanciation à l’égard des autres freinent et même suppriment l’élan du cœur. Il rationalise ses amours afin d’en tirer le meilleur profit, car il est assez égoïste. Il n’est pas question de l’entraîner là où il ne veut pas aller. Volontiers persifleur, son esprit ironique n’est guère favorable à un épanouissement complet dans une passion partagée. Il se console aisément en cas de déconvenue, on peut même penser qu’à part un amour-propre chatouilleux, ses échecs ne l’atteignent pas. C’est un type de don Juan, ou, plus simplement, de play-boy qui n’est pas sans séduction mais n’est pas recommandé aux cœurs sensibles. Son amour de la liberté le maintient le plus tard possible dans un agréable célibat. Si Castor peut éprouver l’amour fou, Pollux l’évitera adroitement de crainte de s’y perdre.

Mais ces deux catégories dans lesquelles l’astrologue s’obstine à vouloir enfermer les Gémeaux ne sont pas irréductibles l’une à l’autre. Une secrète osmose peut faire circuler du Castor dans le Pollux et inversement, selon les périodes et les circonstances. Cela explique le comportement souvent contradictoire des Gémeaux, si déroutant pour ceux qui les entourent, car ils sont imprévisibles, mais attachants en raison même du renouvellement perpétuel qui est leur marque de fabrique. Tendre un jour, détaché le lendemain, copain ensuite, puis enthousiaste, le Géminien ne peut être comparé à un feu de paille, car sa passion, de toute façon, est rarement brûlante, mais ne manque pas d’agrément pour autant.

La sexualité n’est pas son terrain d’élection, elle est rarement obsédante. A l’image de la personnalité totale, dont elle n’est qu’une facette, elle n’est pas exempte de caprices et de fantaisies.

Son désir s’amplifie avec les jeux érotiques, la variété dans les postures, le décor même et l’éclairage. Lié au rythme vital, dont on verra plus loin les variations parfois surprenantes, l’amour physique ne peut tolérer d’être réglementé dans ses horaires, ses lieux. Brillant un jour, il pense à autre chose le lendemain. Avec lui, le désir s’éteint vite s’il ne peut être satisfait dans l’instant même. Cela vaut, bien entendu, pour les deux sexes. Il faut donc considérer le menu type de l’amour Gémeaux comme une suite de petits plats raffinés et non comme une choucroute monumentale, et donner l’importance qui convient aux préliminaires. Il arrive que la nervosité complique le jeu et cause la brièveté de l’acte. Là aussi les techniques de décontraction seront un utile recours sur le plan de la réalisation afin de désarmer l’impatience ou la crainte de l’échec. Les complications morbides de sadomasochisme n’entrent pas dans les vues du Gémeaux, bien que le divin marquis de Sade figure parmi les célébrités du signe. A mon avis, il n’a de Gémeaux que l’étiquette et sans doute son Ascendant modifie-t-il le tableau, mais son heure de naissance reste ignorée en dépit de toutes les recherches.

La femme Gémeaux

Que peut-elle avoir qui la distingue de son frère zodiacal ? Rien, en vérité, si ce n’est qu’elle est une femme, et que, pour elle, il faudrait tenir compte de la situation de la Lune au moment de sa naissance, ce qui nous fait retomber dans le thème individuel. Cela dit, il y a aussi des femmes Castor et des femmes Pollux, bien qu’une désignation plus féminine aurait clarifié les choses.

Nerveuse, mobile, la Géminienne exprime par son regard malicieux le rythme ultra-rapide de sa pensée et de ses réactions. Vivant dans l’instant présent, détestant toute discipline, elle connaît ses limites et craint de ne pas être à la hauteur d’une grande passion qui risquerait d’aliéner son indépendance. Mais elle voudrait bien savoir ce qu’elle éprouverait si elle était réellement et profondément amoureuse. Habile à jouer s’il le faut le jeu sentimental, elle est capable, le plus souvent, d’incarner toutes les sortes d’amoureuses dont son partenaire peut rêver, mais elle s’en dégage au moment où il commence à y croire. Cette adaptation facile lui permet de rebâtir plusieurs fois s’il le faut sa vie de femme et de persuader son compagnon que lui seul compte parmi ses expériences.

Elle a souvent, physiquement, un côté assez « garçonnier », elle aime faire de l’esprit, et ne se prive pas de lancer des flèches bien aiguës sur les hommes qui l’entourent, désarçonnés par sa rosserie. Un peu trop rapide dans ses jugements sans appel, capricieuse et changeante dans ses humeurs, elle ignore les suites que son inconséquence peut provoquer, aussi bien dans ses relations que dans sa vie de travail. Plus portée aux coups de tête que l’homme de son signe, elle est fréquemment moins expansive et moins concernée par le sexe. Meilleure mère qu’épouse, elle élève ses enfants avec la simplicité d’une grande sœur et ne cherche pas à aliéner leur liberté, consciente qu’elle est de ce que ce mot représente.

On ne connaîtra jamais à fond le caractère de la Géminienne, car c’est un jeu de miroirs peuplé de silhouettes différentes. Sa vérité n’est jamais la même, car elle vit peut-être encore plus dans l’instant présent que son frère zodiacal, et entreprend mille constructions contradictoires de son avenir. Bien sûr, c’est la mille et unième qu’elle choisira.

Toute discipline l’écrase. Il lui faut du nouveau, des détails qui changent tout, dans sa toilette comme dans ses relations. Curieuse, elle sait questionner les autres, mais on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’elle affirme, suivant l’expression de Sacha Guitry.

Il ne faut surtout pas exiger d’elle un amour éternel, se montrer trop strict sur sa ponctualité, incapable de meubler intelligemment les creux de dialogue, ou lui reprocher son usage intensif du téléphone.

Ce portrait, excessif jusqu’à la caricature, ne doit pas nous faire oublier que la Géminienne, lorsque des aspects stabilisants marquent sa naissance, est capable d’un amour profond et durable, telle la reine Victoria d’Angleterre, qui adora son époux pendant vingt-trois ans, puis, devenue veuve, retrouva un nouvel amour, secret, mais qui devait aussi durer longtemps.

Comment vivre avec un Gémeaux

La vie avec un Gémeaux n’est pas monotone, mais, pour la partager, il est souhaitable d’aimer l’imprévu, les nouveautés, les sorties, et surtout d’accepter que la porte reste ouverte à tous les amis et copains. Deux Gémeaux ensemble, c’est le mouvement perpétuel, la conversation qui surmonte sans peine les bavardages de la radio et de la télévision. Mais si l’épouse ou la compagne est du style tricot et robe de chambre, le pauvre Gémeaux va s’ennuyer à mourir. Pourtant, et c’est là une de ses contradictions, certains astrologues prétendent que ce Gémeaux si mobile préfère s’unir à des femmes absolument à l’opposé, donc stables et régulières. Cette loi des contraires s’expliquerait par le désir de trouver un équilibre plus assuré avec une compagne attentive et gardienne du foyer. Mais une certaine tolérance, une grande indulgence doit être la règle d’or de la compagne, qui ne peut enchaîner, même symboliquement, un être pour qui la liberté est le plus précieux de tous les biens. Il convient aussi de respecter ses « hobbies » qui sont parfois son principal motif d’intérêt.

L’art de la conversation devient une nécessité : si le Gémeaux parle, et il aime parler, il veut aussi être écouté. Plus encore, il demande le dialogue, et il convient qu’on lui réponde et qu’on discute, même avec passion mais sans animosité. Il estime qu’on peut tout dire et tout envisager en parole sans emportement ni irritation. Il faut savoir s’intéresser à ses sujets de prédilection, discuter un spectacle, un livre, une émission avec un esprit critique qui fasse une petite place à l’humour. Il a besoin de rire, comme le gamin qu’il est resté, aussi est-il nécessaire d’éviter à tout prix que le foyer soit pour lui un lieu d’ennui et de monotonie.

Comment vivre avec une Géminienne

Il faut encore plus de doigté et de patience qu’avec le Géminien. On risque d’être dépassé par cet être fantaisiste, remuant, bavard, suspendu au téléphone, submergé de journaux et de magazines, n’appréciant pas du tout les anecdotes du passé, ironisant si le compagnon n’est pas très au courant de ce qui se dit ou de ce qui se fait, toujours prête à sauter en voiture ou en avion.

En contrepartie, il trouvera en elle une femme à l’esprit toujours en éveil, prête à s’intéresser aux problèmes sérieux, à remuer ses relations pour l’aider et le dépanner. Mais il ne faut pas lui imposer les joies du devoir conjugal si elle n’y est pas disposée : si elle simule l’enthousiasme, se sera par gentillesse et l’on ne s’y trompera pas. Mais on appréciera ses facultés d’adaptation, son acceptation des goûts et des désirs de son mari. Elle risque parfois de perdre cette personnalité si particulière, qui fait son charme, dans ce phénomène de mimétisme qui la fait se modeler trop complètement à l’homme de sa vie. C’est elle qui surmontera le plus aisément les différences raciales, religieuses, culturelles formant obstacle à l’harmonie du couple.

Le Gémeaux et l’Amour

Du duo au trio

Le Gémeaux est un être double, on le répète à satiété. A lui seul, il forme déjà un duo dans son dialogue intérieur. Puis la vie veut qu’il crée un couple au sein duquel doit naître le vrai et salubre dialogue. Mais il est souvent conditionné par une situation qui s’est créée à l’adolescence, époque des premiers émois. Les psychanalystes ont remarqué le curieux rapport qui peut se créer entre deux amis, ou amies du même sexe, à l’égard d’un troisième partenaire, unis par une curieuse et inconsciente complicité. Il advient que, quelques années plus tard, une pareille situation se renouvelle et perturbe la vie du couple. On s’aperçoit que des femmes tombent amoureuses uniquement des maris de leurs amies, ou inversement. La relation à deux ne peut alors être satisfaisante et l’équilibre s’établit par l’intervention d’une tierce personne amie du couple. André Barbault cite le cas de Jean-Jacques Rousseau, qui ne fut vraiment heureux dans sa liaison avec Mme de Warens que lorsqu’un jeune intendant vint y occuper la troisième place. Cette situation triangulaire n’est pas particulière aux Gémeaux, mais elle n’est pas sans rapport avec le psychisme affectif du troisième signe.

Le psychanalyste Georg Groddeck, né un 13 octobre, donc Balance, avec la Lune et Vénus, les deux planètes affectives en Sagittaire, signe opposé aux Gémeaux mais qui lui est lié symboliquement, s’exprime ainsi sur la « situation triangulaire » :

« Quand je médite sur ce qu’a été ma vie sentimentale, je m’aperçois que si souvent que parlât mon cœur, je suis toujours arrivé en troisième entre deux êtres unis par un certain penchant, que j’ai chaque fois séparé de son partenaire la personne qui excitait ma passion, et que mes propres sentiments refroidissaient sitôt que j’y étais parvenu. Je me souviens même que, pour rendre un peu de vie à mon inclination défaillante, j’attirais à nouveau un troisième larron, pour l’évincer ensuite. »

Le mieux pour que le Gémeaux n’échoue pas dans un tel imbroglio est qu’il s’efforce d’éliminer le risque du troisième larron. Pour cela, il peut enrichir la relation affective en se montrant tout à la fois amant et ami (ou maîtresse et amie). Il peut dérouler comme un tapis magique l’attrait d’une communion intellectuelle, élargissant l’horizon en insistant sur une communauté de goûts et d’intérêts – non matériels. Ainsi l’ami, l’alter ego, relaiera l’amant, remplaçant la morne cigarette d’après l’amour par un dialogue vivant.

Le risque sera donc exclu de voir un familier ou une amie du couple y conquérir peu à peu une place bien spéciale, aboutissant à plus ou moins brève échéance à un conflit, avec pour conclusion la désagrégation du couple ou la formation du ménage à trois cher aux vaudevillistes de la Belle Époque.

Le troisième signe et les onze autres

Rapports entre les Gémeaux et le Bélier. Il existe beaucoup de points communs entre ces deux signes, le premier étant, sur le plan psychologique, ce besoin de vivre dans l’instant présent le plus intensément possible. C’est aussi le besoin de mouvement, l’esprit alerte et souvent le sens de l’humour, l’irrésistible envie de rire des choses, peut-être pour ne pas en pleurer. Car il y a un optimisme solide, grâce auquel on avance d’un même pas en chantant. C’est un air vif qui balaie les soucis, le Feu réchauffe l’Air, celui-ci attise le Feu. C’est tout d’abord une complicité, une compréhension spontanée et immédiate, qui rapidement devient chaleureuse, et entraîne loin des esprits chagrins et moroses.

Ce bain de Jouvence s’accroît rapidement dans l’intensité de la vie amoureuse. On vibre sur la même fréquence, et, le jour pénible où la haute fidélité présente des grincements, on revit en souriant un passé qui ne sera jamais complètement mort. L’un et l’autre, dans le cours de leur entente, n’ont que peu d’efforts à faire pour donner le meilleur d’eux-mêmes, le Gémeaux se faisant moins ironique et le Bélier retenant son impulsivité, sa rosserie et son impulsivité, son désir d’être le plus fort. Il y a tellement d’heureux souvenirs à préserver que chacun se retient pour ne pas les ternir.

Une telle force d’amour ne peut résister à l’usure du temps, mais cette rencontre reste pour le Gémeaux, très certainement, son maximum de joie affective. Il y gagnera sans doute plus de stabilité. Dans les collaborations de travail et d’affaires, il faudrait l’aide d’un tiers, moins dynamique mais plus apte à une gestion solide.

Rapports entre les Gémeaux et le Taureau. Il y a peu de partenaires aussi différents dans leur essence et dans leur extériorisation. Cet attelage du lent et du rapide ne pourra avancer que précautionneusement. Il n’est que de comparer la musique de Brahms et celle d’Offenbach pour saisir la différence.

Le Taureau n’accepte le changement qu’après beaucoup de réflexion, sa réticence devant les nouveautés ne cède que bien lentement. Le Gémeaux, en revanche, c’est l’évolution permanente.

Dans une association, c’est lui qui devrait se charger des relations extérieures et de la stimulation du personnel, l’autre se délectant au contraire des problèmes de technique et d’organisation.

Les chances de durée d’une telle association sont peu évidentes. Il vaut mieux se limiter à des relations courtoises sans engagement véritable. Les contacts quotidiens donneraient trop d’occasions au Gémeaux d’exercer son ironie pirouettante et au Taureau d’asséner des répliques définitives. Toutefois, s’il est certain qu’une secrétaire Gémeaux ne pourrait supporter sans crise nerveuse un patron Taureau, à l’inverse, une secrétaire Taureau serait follement utile à un directeur Gémeaux, mais à l’unique condition qu’il consacre le plus clair de son temps à voyager. S’ils s’aiment, le robuste appétit taurien pourra-t-il se contenter du grignotage fréquent mais léger du capricieux Géminien ? Il y a là un problème qui ne peut être réglé qu’avec l’intervention de puissants rapports entre les planètes particulières au thème de chacun des intéressés.

Rapports entre les Gémeaux et le Cancer. En dépit de la bienveillante opinion de certains astrologues, il ne paraît pas acquis que les relations affectives entre ces deux signes ouvrent la « porte du bonheur » selon le langage de la presse du cœur.

Le point faible est la difficulté que chacun d’eux éprouve à atteindre une maturité affective suffisante. Si l’on admet que le Gémeaux justifie sa réputation d’éternel adolescent, et qu’il n’est pas rare de rencontrer un Cancérien empêtré dans un attachement familial un peu trop infantile, la vie d’un pareil couple risquera fort de multiplier par deux des problèmes affectifs qu’aucun d’eux n’osera aborder en face. Dans une hypothèse moins poussée, la vie quotidienne sera tiraillée entre deux modes de vie opposés. Le Gémeaux ne peut supporter à forte dose l’ennui, la monotonie, et veut un dialogue. Le Cancérien, dans sa béatitude rêveuse, se satisfait de longs silences qu’il croit partagés. Sa mémoire indestructible, dans les mauvais moments, exhumera de très anciens griefs depuis longtemps oubliés par le Gémeaux. Comment aussi concilier la paisible solitude à deux si appréciée par l’un avec l’entourage parfois trop animé d’amis plus ou moins superficiels, mal supportés par l’autre qui voit sa paix perturbée ? C’est un tableau bien sombre, dira-t-on, mais il comporte aussi des zones lumineuses.

L’amour commun des voyages, la découverte d’antiques monuments, le côté culturel peuvent apporter un trait d’union. Le Gémeaux, par la vie de ses commentaires et de ses aperçus, éveillera l’intérêt de son partenaire. D’ailleurs, il existe des Canter « réactionnels » qui n’attendent qu’une stimulation pour participer très activement aux discussions intellectuelles ou autres. A ce moment-là, le contact sera vivifiant.

Rapports entre les Gémeaux et le Lion. Si la sympathie s’établit vite, c’est tout aussi rapidement que des grincements perturberont le duo. Le Gémeaux ne tardera pas à prendre sa revanche, lorsqu’il constatera que le Lion, confiant en sa supériorité incontestable, ne daigne pas tenir compte de ses idées et suggestions. Il faudrait donc que chacun d’eux ait pu se libérer d’un égocentrisme excessif, et accepte de reconnaître la personnalité de l’autre et ses qualités propres.

C’est donc surtout au sein d’une collaboration que l’on peut tirer le meilleur de cette entente. Il serait alors nécessaire qu’aucun lien de subordination n’existât, car chacun est très conscient des atouts qu’il apporte, et ne pourrait se sentir minimisé. Le Gémeaux aurait cependant avantage à ne projeter aucune ombre sur son sourcilleux associé, tout en jouant l’inspirateur discret de celui qui compte avant tout sur son prestige.

C’est le même scénario qui se joue dans les relations sentimentales. Une passion très vive peut exister de part et d’autre, mais on ne peut parier gros sur sa durée. Le Gémeaux, homme ou femme, se lassera vite du grand air de la jalousie : le Lion ne supportera aucune piqûre d’amour- propre, mais trouvera naturel de prendre ses ébats amoureux quand bon lui semblera. L’amour entre ces deux êtres prend des airs de comédie, mais entre gens de noble compagnie, dont le dialogue est fertile en discours orageux et réconciliations palpitantes.

Rapport entre les Gémeaux et la Vierge. L’ambiance un peu stricte et concentrée que le Virginien crée autour de lui ne peut vraiment pas convenir au Géminien du type indépendant. Ce n’est que si ce Géminien est animé par des motivations pratiques qu’il peut aliéner une partie de sa liberté.

Gémeaux et Vierge sont tous deux gouvernés par Mercure, et c’est là la clé de leurs rapports. Il va de soi qu’il y a un accord, tout au moins une compréhension au niveau intellectuel, tous deux étant en principe bien équipés sur ce plan, sauf dissonances du thème individuel. Mais la Vierge est un signe de Terre, intériorisé, scrutateur, exigeant, et surtout d’une patience infinie devant les tâches à remplir. Les Gémeaux, nous l’avons assez répété, n’apprécient vraiment que leur propre indépendance et ne pourraient, sauf exception remarquable, se plier constamment au rigoureux esprit d’analyse de la Vierge, qui ne veut absolument pas laisser la moindre part à l’imprévu et à l’inspiration du moment, arme absolue pour le Géminien. Ce dernier est ainsi privé de son esprit d’initiative et de sa spontanéité. Si l’on envisage le meilleur cas, le Virginien se détendra et l’autre tiendra davantage compte des impitoyables réalités. Il peut alors se produire une collaboration fructueuse, par exemple dans un travail de documentation.

L’entente amoureuse est beaucoup plus problématique. La nervosité et la cérébralité qui leur sont communes n’aident guère à l’épanouissement affectif. Cette combinaison astrale est plutôt déconseillée, si elle vise à autre chose qu’à une alliance à but lucratif. Les discussions intellectuelles ne suffisent pas à provoquer la fusion du couple, à moins qu’une extrême tolérance ne permette à chacun d’évoluer librement.

Rapports entre les Gémeaux et la Balance. Astrologiquement, ce pourrait être l’accord parfait.

Rien ne semble le contrarier : il se produit dès l’abord un échange subtil, une entente qui va au-delà des mots, ce sont deux hirondelles qui volent dans un rayon de soleil. Le Gémeaux se sent pleinement rassuré et compris, grâce à l’esprit conciliant et à la séduction souriante de la Balance.

Qu’il s’agisse de relations de travail, d’amitié du même sexe ou d’un amour naissant, aucune difficulté ne s’inscrit à l’horizon. Chacun se dit avec ravissement : « Je me sens compris, apprécié, tout se passera sans conflits ! » Mais les conflits viennent de l’extérieur, de tiers qui s’interposent et dont on ne peut se délivrer. Les beaux projets, conçus sans souci des réalités, arrivent difficilement à se bâtir, car l’un et l’autre se font mutuellement confiance et ne jugent pas nécessaire de faire d’efforts.

L’amour a bien du charme, entremêlé de beaux discours, de prévenance, de petits cadeaux, de sorties. Le Gémeaux s’aperçoit bientôt que de nombreux amis bénéficient d’un traitement aussi agréable et son bonheur n’est plus aussi vif. Pourtant, l’intimité s’installe, la Balance trouve son équilibre, satisfaite d’être traitée avec ménagement. De longues conversations peuplent la détente, le décor est gracieux et l’avenir est préparé, en paroles euphorisantes, en projets toujours remaniés. Rapports entre les Gémeaux et le Scorpion. S’il y a un• point commun entre ces deux signes si différents, c’est leur esprit volontiers critique, le regard qui juge instantanément l’autre. Le Géminien, qui cherche à échapper à tout et se veut insaisissable, réagira par des plaisanteries et des remarques ironiques très mal reçues par le Scorpion, qui n’est que trop porté à des réactions sadomasochistes. Une attitude plus ou moins hostile se dégagera vite d’un dialogue parsemé de remarques cinglantes. S’ils ont l’un et l’autre la bonne idée de surmonter ces faiblesses d’amour- propre, ils sont capables d’agir en associés actifs et pleins d’astuce, surtout si leurs attributions ne se chevauchent pas et laissent à chacun une certaine autonomie.

Sur le plan d’une collaboration intellectuelle très spécialisée, chacun se réservant un secteur bien déterminé, de très bons résultats peuvent être espérés. Les rapports ne devront jamais impliquer une dépendance marquée.

Les problèmes ne manqueront pas dans les relations affectives. Comment le Gémeaux, être nerveux aux appétits charnels capricieux, pourrait-il vivre harmonieusement avec un Scorpion, érotique en diable, imposant son joug à son (ou à sa) partenaire ? L’union fondée sur des rapports de force plus que sur un dialogue permanent est insupportable au Gémeaux, qui prendra la fuite, ne pouvant admettre la jalousie inquisitoriale du Scorpion. Il faudrait qu’il y ait plus de simplicité et de bonne volonté dans ces rapports.

Rapports entre les Gémeaux et le Sagittaire. Différents et proches à la fois, ces deux signes vivent sur des données assez voisines. La mobilité, le désir des voyages, l’indépendance de corps et d’esprit sont des points communs que le Sagittaire ressent, certes, avec une plus grande intensité, qui se manifestera par le désir lancinant des horizons lointains, des voyages dans l’autre hémisphère, le Gémeaux pouvant se satisfaire à moindres frais dans ses évasions où l’Alpe d’Huez peut faire figure d’Himâlaya. Il n’y a que rarement, chez le Gémeaux, le désir d’imposer ses idées pour rebâtir le monde, alors que, tout au moins chez un certain type de Sagittaire, l’idéologie en rébellion imprègne toutes les actions. Le Gémeaux veut bien faire partie d’une équipe où il formera vite un duo avec un camarade ; le Sagittaire, quant à lui, voudra diriger le groupe comme un grand frère.

Certes, ces différences ne sont pas irréductibles, mais contribuent à créer des frictions, dans les équipes sportives comme à l’atelier ou au bureau. Il faut admettre que le Gémeaux ne se laissera imposer aucune idéologie, aucune ligne de conduite s’il n’y est pas contraint et suivra sa pente comme il le pourra.

Dans la vie du couple, les ardeurs amoureuses du Sagittaire, souvent pleines de fougue, lassent le Gémeaux qui apprécie les prémices plus que le plat de résistance. Les divergences se retrouvent dans les loisirs. Le Sagittaire, plus athlétique, aimera les longues randonnées, l’équitation, alors que le Gémeaux perdra vite souffle, les Eddy Merckx étant des exceptions. Quant au Sagittaire du type « embourgeoisé », c’est son respect excessif des usages et de la forme qui ne conviendra pas au Gémeaux.

Rapport entre les Gémeaux et le Capricorne. Ce n’est pas une sympathie spontanée qui surgit entre ces deux signes. Le Géminien est très capable d’éblouir le Capricorne par son esprit vif, sa conversation, tout ce qui fait souvent défaut à ce dernier, mais il perdra vite son entrain en face d’un être dont il ne parvient pas à attiédir la froideur apparente. L’accord bute sur le problème de savoir ce qui est sérieux dans la vie, ce qui l’est trop ou ce qui ne l’est pas du tout. Être à principes très stricts, le Capricorne ne voit pas ce qu’il peut faire avec ce jeune excité.

Pourtant, si l’étincelle jaillit, il peut en résulter une excellente collaboration dans le domaine des affaires ou de l’intelligence, sur une base d’estime réciproque. Mais il faudrait prendre cela comme un rapport frère aîné-frère cadet, l’aîné devant admettre que son cadet n’est plus un galopin.

En amour, si la femme est Capricorne, elle devra avoir beaucoup de tact pour ne pas rebuter son époux Gémeaux, et se montrer conciliante sur son emploi du temps. Dans le cas inverse, l’épouse Gémeaux pourrait bien mener son mari tambour battant sans qu’il s’en rende bien compte. Les difficultés sont plus grandes dans les rapports amoureux. Le rythme personnel des deux partenaires est très différent, et il faut meubler les instants d’épanchement. C’est surtout une solide affection à base d’estime et de compréhension qui peut cimenter cette union, à défaut d’élans passionnés qui semblent plus délibérément voulus que venus du fond de l’être. La maxime du moraliste : « Il est de bons mariages, il n’en est point de délicieux » semble faite pour l’union GémeauxCapricorne.

Rapports entre les Gémeaux et le Verseau. Assez semblables aux relations entre les Gémeaux et la Balance, celles qui s’établissent entre les Gémeaux et le Verseau sont fondées sur un idéal de liberté et d’échanges. C’est pourquoi il faut les choisir surtout au niveau des idées, des projets, d’une communauté d’engagement ou de croyance. En cas de divergences – et elles ne manqueront pas entre deux êtres également cérébralisés et manieurs de projets -, les routes se séparent. A intelligence et capacités égales, le Géminien peut se trouver infériorisé à l’égard du Verseau, dont les certitudes apparentes et les affirmations souvent tranchantes lui en imposent. L’entourage s’émerveille devant les propos imprévus, subtils, pleins d’humour ou de paradoxe, les rapports d’idées enrichissants qui peuvent faire d’un dialogue GémeauxVerseau un festival verbal.

Cette complicité peut être profitable à l’amour, mais celui-ci peut manquer de la vraie passion et se teinter d’un intellectualisme d’autant plus crispant que le Verseau n’est généralement pas un tendre. L’amour, peu ardent, ne survit que grâce à une tolérance mutuelle. Jeu dangereux, alimenté par les équipes d’amis et de copains qui abondent autour du couple. Rien, pourtant, n’est perdu si l’affection non passionnée est assez grande et que les deux partenaires ne jouent pas malignement à se faire souffrir. C’est, au fond, l’amitié amoureuse qui est reine dans ce duo : ce sentiment peut durer toute une vie et se montrer irremplaçable, s’il sait ignorer les passades qui ne signifient rien.

Rapports entre les Gémeaux et les Poissons. L’un s’envole, l’autre nage, comment trouveraient- ils un terrain d’entente ? Il y a plus qu’une différence de rythme, il y a aussi une différence de tempérament, d’appétit, de conception de la vie. S’il y a deux types de Gémeaux, il y a aussi deux types de Poissons, celui qui vit en retrait, celui qui vit en expansion, celui qui se sacrifie et celui qui veut sa large part des plaisirs matériels.

Beaucoup de flou et peu de clarté dans ces rapports, au grand dam du Gémeaux, qui aspire à plus de logique et de précision. S’il s’agit de rapports d’affaires, le Poissons voit plus grand, trop parfois, et il n’est pas mauvais que le Gémeaux éclaire sa route et écarte ses fantasmes. Dans les affaires, l’intervention d’un troisième homme peut se justifier par la nécessité d’une plus grande rigueur dans l’organisation, les comptes, les formalités, toutes choses peu appréciées par l’alliance GémeauxPoissons. Mais il faut être bien d’accord sur les mots, qui n’ont pas toujours le même sens pour chacun des deux.

Dans la vie du couple, les amours étranges ne manquent pas. Le Gémeaux reste envoûté, bien qu’il s’étonne parfois de l’appétit sexuel des Poissons, et la vie à deux ne sera pas sans problèmes à tous les niveaux. La durée de l’union, légale ou non, est incertaine. Il y a cependant bien des charmes indicibles dans cet amour, ne serait-ce que ses incertitudes et le plaisir de jongler avec l’univers.

Le Gémeaux et l’Amitié

Les Gémeaux, signe de la communication et des échanges, sont aussi celui de la camaraderie. Mais celle-ci n’est pas l’amitié, ou du moins, n’est-elle que la surface de l’amitié, la mince pellicule émotive qui laisse passer les ondes de l’attraction. Elle peut en être le début et faire place à cette relation qui n’est pas l’amour, mais joue aussi entre les sexes.

C’est à un autre signe d’Air, le Verseau, que l’on attribue les meilleures dispositions pour éprouver ce don si rare, l’amitié, et rencontrer toujours de nouveaux amis. Dans le thème individuel, c’est la Maison XI, analogue au onzième signe, le Verseau, que l’on consulte pour analyser les chances du sujet sur ce plan. Pour un Gémeaux dont on ignore l’heure de naissance, la Maison XI tombe en Bélier. Il y a donc un rapport privilégié entre ces deux signes. Il est fréquent que l’on constate une bonne entente entre eux, ce qui s’explique car ils ont en commun un caractère jeune et dynamique ; de plus, la stimulation qu’ils exercent l’un sur l’autre, leur permet de se conduire dans la vie avec optimisme et entrain.

Si l’on se reporte à la dualité du signe, à l’image des Dioscures, les deux cavaliers évoquent l’idée d’une camaraderie fraternelle, à la fois sportive et un peu militaire : c’est bien cette tendance qui caractérise le troisième signe. Dans son besoin irrésistible de contacts humains, le Gémeaux est volontaire pour la recherche de la camaraderie, celle qui naît spontanément à l’école, au club sportif, à l’armée et qui souvent s’imprime pour la vie. Marquée essentiellement par les moments de gaieté, les fredaines, les blagues faites ensemble, c’est celle qui préside aux dîners d’anciens élèves, où l’on est heureux de se retrouver, mais où l’on peut aussi attendre sans la moindre impatience les prochaines retrouvailles. Tout passe dans, la spontanéité des souvenirs et des rires, mais l’émotion profonde, le souci que l’on n’avoue pas, la partie cachée, celle des échecs et des regrets, n’est pas de la fête.

Amitiés renouvelées sans cesse

Le Gémeaux serait-il peu doué pour l’amitié ? Certes non, il peut éprouver une amitié profonde, comme il peut vivre un grand amour. Mais l’amitié est une chose rare, qui exige beaucoup de patience, d’indulgence, de compréhension. Il faut pouvoir supporter les défauts de l’ami, comme ceux de la personne aimée. Or, le Gémeaux n’est guère patient, on le répète sans cesse. Il a besoin de voir les gens et les choses se renouveler, et s’il peut éprouver une profonde amitié, il peut aussi bien éprouver trop rapidement des moments de lassitude, où le contact amical devient ennuyeux, fastidieux même. Les amis et les amies des Gémeaux devraient éviter les histoires sans cesse répétées et vidées de leur intérêt. Il est surtout souhaitable d’avoir des idées communes, de partager des goûts afin de pouvoir en parler souvent. C’est souvent par le truchement d’une discussion sur un sujet plus ou moins bizarre, la musique mongole ou l’harmonie des couleurs, que, les liens se créent, car il y aura de longs échanges de vues qui inciteront à multiplier les rencontres.

Lorsqu’une relation amicale devient fastidieuse au Gémeaux, l’intervention d’autres amis prend le relais, et l’ami initial retrouve son attrait grâce à l’apport de nouveaux visages dont il devient le pourvoyeur. Ses chances augmentent encore s’il parvient à introduire le Gémeaux dans des endroits ou des milieux jusque-là inconnus, surtout s’il a une chance d’y briller.

Le Gémeaux prend volontiers ses amis pour cible de ses bons mots : s’ils sont un peu caustiques, ils ne sont jamais blessants et lui servent de prétexte pour justifier et maintenir sa réputation d’homme d’esprit. Il convient donc de les accepter avec le sourire.

Si étonnant que cela paraisse, le Gémeaux est d’ordinaire plus fidèle dans ses amitiés que dans ses amours. L’amitié lui donne davantage un sentiment de sécurité, et c’est pour ce motif qu’il accepte de lui sacrifier une partie de sa chère indépendance.

Certes, son image de l’ami est celle d’un frère idéal, capable de comprendre ses problèmes et de suivre son rythme. A défaut d’un être aussi rare, il aura autour de lui des camarades, agréables et nombreux, ou de simples relations avec qui il établira un mode d’échanges décontractés, un dialogue sans arrière-pensée. L’importance du milieu où il vit est capitale pour lui. Suivant la parole de Sartre, « il a besoin de la galerie pour se sentir exister ». Sur un autre plan, il ne faut pas essayer de le battre sur ses terrains de prédilection : une certaine élégance, de la fantaisie, des mots d’esprit ; l’ami prendrait alors figure de rival, cible de choix pour ses sarcasmes et ce serait la fin de leur relation.

Le Gémeaux et son Éducation

En règle générale, l’enfant né pendant la période des Gémeaux est considéré très vite comme un enfant éveillé et intelligent. Il s’intéresse à ce qui l’entoure, se montre curieux de tout. Il parle précocement et son vocabulaire s’enrichit très vite. Il abandonne rapidement son langage de bébé et veut connaître le nom des gens et des choses.

On s’apercevra vite qu’il est bavard. Cette tendance sera cependant très diminuée si, dans son thème individuel, on trouve une influence dissonante de Saturne. La tendance au silence serait un signal d’alarme, dans la mesure où elle exprimerait une intériorisation qui serait comme un corps étranger dans la structure affective et mentale du jeune Gémeaux, le mutisme n’étant vraiment pas dans sa nature, surtout portée à l’extériorisation.

Par comparaison avec les autres enfants, son vocabulaire et son élocution dépasseront nettement en quantité comme en qualité leur niveau de loquacité. Mais on ne négligera pas d’étudier son signe ascendant qui peut introduire un élément de variabilité modifiant quelquefois les tendances générales du signe solaire.

Jeu et boulimie intellectuelle

Que l’enfant Gémeaux n’exprime pas un grand amour pour la discipline n’étonnera nullement. Ce n’est pas qu’il se comporte en contestataire, en révolté, mais son besoin de remuer, de bouger, de circuler fait qu’il ne peut rester longtemps en place. De bonne heure, on lui accordera la liberté de mouvement qui lui est nécessaire, en songeant qu’avec un système nerveux capricieux, et même survolté, il ne lui est pas physiquement possible de conserver une immobilité telle qu’on l’exigeait naguère dans les familles comme dans les écoles.

Il est souvent taquin et son instinct d’imitation le pousse à jouer la comédie. Il adore se déguiser, jouer des rôles, surtout en parodiant, parfois avec humour, les personnages qu’il voit à la télévision. Vers l’âge de dix ans, il sera bon de vérifier si cet amour du déguisement n’aboutit pas au travestissement sexuel. De même le besoin de raconter sans cesse des histoires extraordinaires ne devra pas se révéler comme cachant trop souvent des mensonges, des affabulations qui seraient alors l’indicateur de tendances mythomaniaques. On devrait alors consulter un psychologue.

La solitude est mauvaise pour tous les enfants, et c’est particulièrement vrai pour le petit Géminien. On veillera à ne pas le laisser seul trop longtemps. Pour lui, ce risque de solitude est fortement diminué depuis quelques années, où la scolarisation se fait de très bonne heure. Si la pureté de son langage en souffre, l’apprentissage plus précoce de la vie en société est un élément qui ne manque pas de valeur formative.

L’enseignement moderne, par la large place qu’il fait à l’image, à l’audio-visuel, est apprécié par l’enfant Gémeaux auquel il facilite les raccourcis, les synthèses qu’il affectionne. Mais la chose écrite est pour lui irremplaçable ; seule elle peut fournir à sa boulimie intellectuelle un aliment suffisamment riche. Il ne faut donc pas croire que la lecture doit être sacrifiée, au contraire, elle doit être encouragée, à un moment où notre culture donne la priorité à l’image, et où les jeunes, et même beaucoup d’adultes, n’ont pour aliment intellectuel que la bande dessinée. Je ne dédaigne pas ce moyen d’expression, utilisé par des dessinateurs dont la virtuosité est prodigieuse, mais je dis qu’il ne peut apporter qu’une culture superficielle. N’oublions pas que le Géminien, plus qu’un autre, est fait pour tous les modes d’expression, écrite, verbale, par l’image, mais que son royaume est celui du verbe, de la parole, et qu’il ne pourra donc y exceller que s’il dispose d’un vocabulaire suffisant. La pauvreté du vocabulaire de la jeunesse contemporaine est un sujet d’affliction qui ne semble pas près de disparaître.

L’activité cérébrale, sous quelque forme qu’elle se présente, doit d’ailleurs s’équilibrer par l’alternance avec des exercices physiques légers, notamment la danse et, pourquoi pas, dès l’enfance, les postures apaisantes et décontractantes du yoga. Il est en particulier nécessaire d’échapper au déversement ininterrompu de la radio et de la télévision qui dans trop de familles constitue un fond sonore au moins dix heures sur vingt-quatre.

Une exigence de variété

Il convient d’ajouter quelques compléments aux remarques qui précèdent.

Depuis quelques années, les enfants sont persuadés d’avoir atteint l’état adulte au moins dès onze ou douze ans, et veulent, en conséquence, être traités comme tels. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les petits Gémeaux, déjà précoces par nature.

Le petit Gémeaux franchit plutôt facilement les premières étapes de la connaissance : parler, lire, écrire, compter, ce qui provoque bien entendu l’admiration de l’entourage. Cet enthousiasme faiblira par la suite devant l’insatiable curiosité de l’enfant, et la nécessité de répondre rapidement à d’incessantes questions qui exigeront la possession d’une bonne encyclopédie. Un dictionnaire assez complet est d’ailleurs un cadeau toujours bien reçu par l’enfant. Il serait maladroit d’esquiver toutes ses questions et il faut l’aider à trouver lui-même les réponses. On ne craindra pas qu’il s’encombre l’esprit de notions et de faits dont l’utilité n’est pas évidente, mais qui contribueront à la formation du type particulier d’esprit qui est le sien.

Parmi ses exigences figure au premier plan la variété. La monotonie, l’uniformité en toutes choses provoquent en lui un phénomène de rejet. On ne le taxera pas d’instabilité intellectuelle si son intérêt se porte successivement sur les vieilles automobiles, les voyages interplanétaires ou sur les sujets les plus divers. Cette variété dans les intérêts personnels satisfait sa curiosité qui a sans cesse besoin d’éléments nouveaux, aussi ne faut-il pas la juger du seul point de vue du temps perdu.

Elle le sauve, en tout cas, de l’ennui, cette plaie mortelle pour un Gémeaux, qui ne peut absolument pas rester inactif, qu’il s’agisse du corps ou de l’esprit. D’ailleurs, la multiplicité d’intérêts le détend et le repose, c’est au contraire la concentration trop poussée qui est source de fatigue et stérilise sa réflexion. Le problème, car c’en est un, consiste à le faire profiter de cette variété indispensable tout en évitant la dispersion excessive. Aucun progrès intellectuel ne peut s’accomplir sans un minimum de concentration, et c’est là que le jeune Gémeaux risque de buter, au moment où l’ardeur de l’adolescence l’attire vers la voie extérieure, alors que les programmes du lycée se compliquent et exigent une attention plus soutenue. Bien des échecs n’ont d’autre cause que le manque d’intérêt pour certaines matières et le manque de volonté nécessaire pour fournir un effort régulier.

Si l’enfant Gémeaux est plus bavard qu’on ne le souhaiterait, il existe un bon moyen de lui faire admettre qu’il doit canaliser ce flot verbal. On lui fera enregistrer une conversation sur un petit magnétophone : à l’audition, il sera certainement effrayé de son propre verbiage et fera de son mieux afin de le canaliser. Il arrive que la curiosité alliée au bavardage aboutisse à l’indiscrétion.

On évitera alors de parler devant lui de problèmes trop personnels qu’il pourrait répéter à l’extérieur. Dans son désir d’être pris au sérieux, il se mêle trop volontiers à la conversation des adultes, mais il serait contre-indiqué de le rabrouer trop sévèrement. En raison de sa curiosité et de son goût de l’aventure, il peut lui arriver de se trouver dans une situation délicate, compromettante même, avant qu’il ait pu s’en rendre compte.

En ce qui concerne le développement harmonieux de l’enfant Gémeaux dans son milieu familial, il ne peut s’effectuer que si les rapports avec les parents sont effectivement libres et détendus. Au contraire d’autres signes, comme le Cancer qui accepte la dépendance parce qu’elle lui assure chaleur et protection, le Gémeaux ne peut s’épanouir que si on lui concède une certaine autonomie. Tout excès d’autorité, qu’il émane du père ou de la mère, est refusé et rejette l’enfant vers le milieu extérieur, moins contraignant. Il faut également qu’il puisse vivre dans la gaieté et la spontanéité.

Il apprécie beaucoup le petit monde formé par les frères et sœurs, les cousins et cousines, avec qui il est tout de suite de plain-pied. Il y acquiert le sens des rapports humains et, plus tard, c’est surtout dans l’entourage proche, le voisinage, qu’il établira les relations les plus libres. On a remarqué la fréquence des situations Géminiennes marquées par le rôle important, même à l’âge adulte, non seulement des frères, sœurs et très proches parents, mais aussi des amis de ces derniers, comme si le cercle s’agrandissait de proche en proche. Cette constatation vaut aussi sous l’angle de la vie sentimentale.

Interrogé sur le choix d’un métier, il est rare qu’un jeune Gémeaux réponde avec netteté et désigne une profession, un type d’activité bien précis. Ce n’est pas qu’il soit rebuté par le travail quotidien, ce mal nécessaire, mais peut-on imaginer que cet être aérien puisse se cantonner dans l’étroit secteur d’un métier qu’il devrait exercer chaque jour jusqu’à la lointaine retraite ? Il s’inquiète surtout, sans pouvoir l’avouer, de ce que deviendra sa précieuse liberté. A quelles obligations sera-t-il astreint ? Il se voit forçat en col blanc, sous la férule d’un directeur rébarbatif, vieillissant peu à peu sans avoir connu d’aventures, alors qu’il y a tant de possibilités de par le vaste monde.

Ennemis de la routine

Les activités rêvées, c’est-à-dire avant tout sans horaires fixes, sans parcours répétitifs, sans tâches fastidieuses, ne sont pas d’un accès facile. Il s’aperçoit vite que les débouchés sont restreints s’il envisage le journalisme, ou des activités du même ordre qui l’attirent généralement.

Les vocations, ces attirances irrésistibles, ne sont en vérité que des cas d’exception, fortement individualisés et qui peuvent s’opposer totalement aux tendances fondamentales d’un signe. Ce sont donc des tendances, prises à leur niveau le plus simple, qui sont susceptibles de constituer les lignes de force d’une orientation générale acceptable pour l’ensemble des sujets d’un signe donné.

Il faut tenir compte également de « l’air du temps » dont l’influence oriente certains vers des professions brusquement mises en valeur et appréciées l’espace d’une génération (comme l’informatique et la sociologie il y a quelques années) dont l’engouement s’estompe peu à peu, dès que les inconvénients de ces métiers sont mieux connus.

Parmi les dix catégories de motivations sélectionnées dans un ouvrage sur l’orientation professionnelle ‘, trois s’adaptent parfaitement au caractère Gémeaux. Ce sont : « Je voudrais voyager, voir du pays » ; « Je voudrais être indépendant » ; « Je voudrais avoir des contacts ».

Cela confirme les mots clés choisis par André Barbault pour ce signe, c’est-à-dire : « Besoin de mouvement, de contacts, d’échanges. Voir, entendre, comprendre, parler, s’exprimer, bouger. Traduire, transmettre, échanger, circuler, déplacer, vendre, adapter. »

Certes, plusieurs de ces éléments de base concernent aussi d’autres signes, mais leur regroupement est très significatif, et représentatif de la tendance générale des Gémeaux. Ce ne sont pas les mouvements fondés sur la volonté de puissance, le dévouement ou la possession qui se placeront au premier rang, bien qu’ils puissent accessoirement être valables pour plus d’un Gémeaux. Ils s’effaceront devant la satisfaction que le Gémeaux éprouve à se mouvoir dans un univers de contacts et d’échanges, où son rôle est surtout de persuader les autres tout en réfutant leurs arguments.

La variété est grande des métiers et professions susceptibles de s’adapter aux mots clés du signe. La liste n’est pas limitative.

Des métiers de contacts et d’échanges

Tout d’abord, on trouve le bonimenteur de foire, l’as du porte-à-porte, l’intermédiaire que rien ne rebute, le baladin expert en tours de passe-passe, les métiers de la rue en somme, avec en plus la persuasion, une certaine psychologie innée et affinée par l’expérience humaine. Je n’oserai y ajouter le joueur de bonneteau, espèce quasi disparue, le bookmaker preneur de paris clandestins, l’as des tripots, toutes activités un peu marginales exigeant sinon une base Gémeaux, du moins un Mercure important et peu scrupuleux. Le chauffeur de taxi, de car (mais non le routier).

Apparaissent ensuite le secrétaire, l’interprète, l’enseignant aux méthodes personnelles, le journaliste, le traducteur multilingue, l’animateur de groupes variés, l’organisateur d’expositions, de circuits. La radio et la télévision offrent nombre de postes, mais il est évident que les seuls Gémeaux n’en ont pas le monopole. Il faut comprendre ces indications comme des activités pouvant plus particulièrement convenir aux Gémeaux. La politique pourrait être un débouché valable, mais on trouve relativement peu de Gémeaux parmi les politiciens. Si les qualités pratiques l’emportent, le commerce, la représentation, le « marketing » offrent un champ d’action favorable à tous les niveaux, partout où il faut convaincre le public par une élocution qui ne soit jamais à court d’arguments. Nous allions oublier les relations publiques, convenant d’ailleurs à tous les signes d’Air.

En revanche, les activités exigeant une grosse dépense physique, une force musculaire disponible, sont absolument contre-indiquées. Il en est de même des activités monotones, répétitives, ou totalement sédentaires, comme la comptabilité, les statistiques. Le Gémeaux apprécie beaucoup les horaires à la carte qui se répandent actuellement dans nombre d’entreprises, de même que la possibilité, s’il est sédentaire, de pouvoir de temps à autre faire quelques déplacements qui le remettent au contact de la vie extérieure. Il apprécie également de pouvoir s’exprimer sans entraves, de varier ses centres d’intérêt et ses tâches quotidiennes.

Le problème de l’adaptation du rythme personnel à celui du poste de travail occupé est sans doute un des plus importants que le Gémeaux est appelé à résoudre au cours de sa vie de travail. A la fois le plus individualiste et le plus sociable des douze signes, le Gémeaux est toujours plein de bonne volonté lorsqu’il prend un nouvel emploi. Mais, au bout de quelques jours, son rythme personnel d’activité a refait surface et, comme l’on s’en doute, il se trouve totalement désaccordé avec celui de ses collègues. En fait, il est enclin à travailler par décharges successives, si l’on peut ainsi s’exprimer. Après un instant de travail intensif, sous une haute tension nerveuse, où il ne tolère pas d’être interrompu, fût-ce par son directeur, le retour au calme s’impose. C’est alors qu’il distraira l’équipe appliquée qui l’entoure par ses plaisanteries et ses calembours, ou bien il monopolisera le téléphone, mais là il faut dire qu’il n’est pas le seul.

Un autre trait bien Gémeaux consiste à dédoubler ses occupations. Il aura plusieurs travaux en chantier, les mènera de front, courant le risque qu’aucun d’eux ne soit prêt en temps voulu. S’il est astrologue, ou avocat, il se détendra de l’étude d’un dossier en se plongeant dans un autre, pour reprendre le premier un peu plus tard, se fiant à un cerveau qui aime les équilibres instables. La pile des dossiers en cours restera donc assez haute, celle des dossiers réglés ne progressant guère. Seul un directeur vraiment indulgent tolérerait cette méthode de travail dans une administration.

On notera aussi l’intérêt que le Gémeaux porte aux gadgets de bureau, aux stylos, crayons, feutres multicolores, aux super-carnets de rendez-vous qu’il remplace bientôt par un bout de papier, aux machines à écrire aux caractères multiples, aux cadrans téléphoniques et répondeurs perfectionnés, son plus grand plaisir étant de répondre alternativement à deux ou trois récepteurs pour faire preuve de sa dextérité manuelle, intellectuelle et verbale.

Tout cela est souvent vrai et a été constaté. Mais qui n’a pas ses défauts mignons ? Le côté volontiers spectaculaire, parfois quasi exhibitionniste du Gémeaux au travail, est un effet voulu de son goût pour l’humour et la comédie. Le travail doit, selon lui, s’effectuer dans la bonne humeur, ce qui n’exclut pas le rendement et le succès final.

Comment l’entourage de travail d’un Gémeaux, et surtout ceux qui le dirigent, le considèrent-ils en fonction de son comportement et de sa façon bien personnelle de travailler ? Seuls ceux qui ont l’esprit large et s’attachant plus au résultat final qu’à l’attitude parfois trop libre et indifférente au code du parfait petit travailleur considèrent sans irritation cet être vraiment dégagé de toute entrave qu’est le vrai Gémeaux. Mais l’air du temps qui souffle peu à peu dans les entreprises est bien une brise Géminienne : c’est un souffle de libéralisation. Le port ou l’absence de cravate, le complet strict ou la tenue « sportwear », la longueur de la chevelure, tout cela n’est encore un problème que dans quelques grandes sociétés surtout américaines. Un peu partout, la libéralisation s’accompagne même d’un certain relâchement. C’est peut-être dans certaines administrations de l’État, toujours conservatrices, que le comportement du personnel reste encore assez figé et parfaitement artificiel. Le vent Géminien finira bien par y pénétrer aussi.

Par sa sensibilité nerveuse, le Gémeaux peut être très perturbé s’il doit travailler dans une ambiance hostile, ou simplement manquant de compréhension à son égard. En effet, il ne faudrait tout de même pas prendre les natifs de ce signe pour des farfelus, et ils sont très capables de remplir leurs tâches aussi bien que d’autres, mais à leur façon ; on conçoit donc qu’ils soient facilement blessés de se sentir considérés comme d’aimables plaisantins incapables de s’attacher aux choses sérieuses. Cette mésestimation les atteint au plus profond d’eux-mêmes et les dévalorise à leurs propres yeux, accentuant l’insuffisance de confiance en soi qui est l’un de leurs pires défauts.

Inversement, la moindre marque d’estime, le plus petit compliment les réjouissent et les stimulent. Si l’astrologie était mieux connue, les chefs d’entreprise et les directeurs de personnel devraient savoir comment – sans les exploiter – tirer psychologiquement le meilleur parti des capacités de leurs subordonnés en fonction, sinon de leur thème complet, du moins de leur signe de naissance.

La discipline rigide qu’acceptera un Capricorne ou un Virginien signifierait pour un Gémeaux l’étouffement de ses qualités principales, toutes à base de spontanéité et d’aisance ; cependant, il admettra parfaitement qu’un minimum de discipline assure l’ordre nécessaire dans un bureau ou un magasin.

La tendance de l’astrologie populaire et des bavardages de salon sur les douze signes est de dresser un portrait caricatural du Gémeaux en insistant pesamment sur sa prétendue légèreté et son incapacité à faire preuve de sérieux : il s’agit là d’une déviation malsaine de l’astrologie. On pourrait l’étendre aux onze autres signes avec un mélange égal de vérité et d’exagération. En présence de ces déformations outrancières, l’astrologue se hérisse. Il est fréquent qu’un consultant l’aborde ainsi : « Je suis Gémeaux [ou Vierge ou Poissons], c’est un mauvais signe, n’est-ce pas ? » Et il n’est pas simple de déraciner cette idée fausse et nocive, de convaincre le sujet inquiet qu’il n’y a ni bons ni mauvais signes, qu’il en est de même avec les planètes, et que l’être humain est perfectible, ce qui est à mon sens la grande leçon de l’astrologie.

Le Gémeaux est donc très capable de tenir honorablement sa place à son échelon professionnel, place qu’il lui est possible d’améliorer s’il accepte de faire des efforts pour cela. Ses atouts, ses qualités particulières, ne manquent pas ; avec, en premier lieu, sa vivacité d’esprit, sa rapidité de compréhension et d’analyse face à un problème.

Le Gémeaux et l’Argent

L’argent, le mystère des banques suisses, la ploutocratie, les coups de bourse, le Veau d’or, et, plus modestement, l’épargne, la thésaurisation, comment toute cette imagerie peuple-t-elle les rêves des Gémeaux, ou s’agit-il d’un domaine qui leur est complètement étranger ?

L’obsession d’amasser, la croyance que tout s’achète, cette avidité permanente familière aux psychanalystes, n’ont rien de commun avec le troisième signe, qui est la zone zodiacale du libre échange des idées, des biens et des personnes, où l’argent n’est pas ignoré, mais ne peut accéder au rôle de tyran bien-aimé. C’est surtout dans l’axe TaureauScorpion, analogue à l’axe Maison IIMaison VIII, que l’on peut rencontrer les zélateurs du capital. Il est maintenant bien connu qu’un lien secret existe entre l’or et les déjections sous le signe de l’analité, base d’un psychisme tyrannique et tyrannisé qui n’a rien à voir avec le psychisme aérien des Gémeaux.

Ce signe est donc dégagé de tout arrière-plan obsessionnel, prémice d’un sadomasochisme extrêmement rare chez le Géminien, si l’on excepte le cas monumental du marquis de Sade, né un 2 juin, mais dont le thème est doté de configurations qui ne se produisent que rarement dans la ronde cyclique des planètes et forment un véritable corps étranger lorsqu’il s’agit des Gémeaux. L’attitude de ces derniers envers le dieu Argent est donc très nettement saine, en ce qu’il n’y a pas de dépendance psychique envers Mammon, la divinité syrienne des richesses injustement acquises flétrie par les Écritures. Il va sans dire que si dans le thème individuel d’un Géminien l’axe des Maisons II et VIII contient des planètes significatrices d’un besoin puissant de possession et d’acquisition, le sujet de ce thème se trouvera confronté constamment à ce désir et modifiera son optique• fondamentale de Gémeaux. Il deviendra alors un,serviteur du dieu Mammon mais y perdra, sinon son âme, du moins ce climat intérieur de liberté qui est l’apanage du Gémeaux pur de toute avidité déraisonnable.

Dégagé d’une sujétion excessive à l’argent, le Gémeaux n’en est que plus à l’aise pour conduire sa vie matérielle au gré de son humeur. Il n’est pas l’homme des plans d’épargne laborieusement constitués au détriment de ce superflu qui, seul, lui permet de varier la monotonie de l’existence en satisfaisant quelques caprices.

Il lui importe avant tout de couvrir sans trop de difficultés les charges essentielles, de façon à vivre intensément d’une façon indépendante, soucieux de s’attacher à ses préoccupations du moment, de satisfaire sa curiosité toujours éveillée, et cela sans attaches trop lourdes. Pour peu que le natif ait une activité d’allure intellectuelle qui lui donne l’impression de ne pas être tout à fait l’homme de la rue, il s’attache moins à l’argent qu’à l’existence sans contrainte que celui-ci autorise.

On ne trouve guère de Gémeaux avares, puisque le besoin de posséder et d’entasser ne les détermine pas profondément. Ils ne sont pas non plus de grands prodigues, bien qu’ils soient souvent entraînés à dépenser plus qu’il ne faudrait pour satisfaire quelques caprices, que les esprits critiques trouveront futiles. Une bonne part peut aller aux dépenses vestimentaires, car le Gémeaux est coquet. Même s’il porte volontiers la tenue de l’année qui, depuis quelques années, est peu onéreuse avec la mode des jeans et des baskets, il veut la personnaliser, chercher des harmonies assez subtiles de couleurs. Il faut dire qu’il a bien souvent l’âme d’un dandy, il essaie toutes les lotions après-rasage et eaux de toilette tant le soin de son image le préoccupe.

Cependant, le désir de se faire prendre au sérieux l’incite parfois à grossir le rang des propriétaires d’appartements ou de résidences secondaires. Il joue alors avec le plus grand naturel le rôle du propriétaire heureux de faire les honneurs de sa résidence ou de ses terres. Il s’est si souvent fait considérer comme un fantaisiste qu’il éprouve une très réelle satisfaction à prouver qu’il est, quoi que l’on en pense, un homme pratique et qui a du bien au soleil. Il joue avec naturel le rôle du propriétaire affairé à l’entretien de sa maison et de son jardin. Mais, au fond, les servitudes et les corvées que cela comporte l’ennuient profondément.

La prévoyance n’est pas un trait dominant de son caractère et il ne commence à s’en soucier qu’au moment où l’âge vient tirer le signal d’alarme. L’imprévoyance, le gaspillage, l’oubli de quelques précautions ou formalités élémentaires ne sont pas rares.

Dans la vie quotidienne, le Gémeaux du type intellectuel est particulièrement mal à l’aise en face des questions d’argent. Il se fait rouler par des gens sûrs d’eux qui lui en imposent et le traitent en petit garçon ou le flattent outrageusement ; il est donc une proie facile pour les spécialistes de la vente à domicile, surtout les marchands de livres, d’encyclopédies et de reproductions de tableaux.

Les autres Gémeaux, plus matérialistes, se croyant plus habiles qu’ils ne le sont, se laissent aller à la facilité. Experts en arguments spécieux, en publicité outrancière, il est fréquent qu’ils côtoient les limites de la fraude, prêts à faire marche arrière si le client montre les dents. Certes, il n’y a pas que des Gémeaux dans cette foule de vendeurs rusés, véritables maquignons, mais ils excellent à dissimuler les tares de leur camelote et à rédiger des publicités mensongères.

Ses dons de persuasion, son habileté verbale peuvent aussi faire de lui un excellent vendeur, dont les gains sont sans limites tant il est capable de subjuguer le client avec beaucoup d’amitié apparente. Il est rare que le Gémeaux devienne un grand brasseur d’affaires, un magnat, car il faut pour cela une structure psychique plus dure. Mais ses dons sont productifs dans la mesure où il n’endosse pas la responsabilité d’une grosse entreprise.

Le Gémeaux et sa Santé

La constitution physique des Gémeaux n’est pas caractérisée par une forte musculature. Leur morphologie longiligne affine les muscles, qui ne manquent cependant pas de robustesse, et l’on peut trouver parmi les natifs de ce signe des champions sportifs réputés, tels jadis Suzanne Lenglen et plus récemment Eddy Merckx et Michel Jazy. La vérité oblige à dire qu’on rencontre parfois des Gémeaux aux formes enveloppées : ces exceptions sont dues à des conjonctions de planètes telles que la Lune, Vénus, Jupiter et Neptune occupant une position particulière à la naissance. Selon d’anciens ouvrages, les natifs de la première moitié du signe seraient plutôt petits et d’apparence frêle, les autres étant plus grands et plus robustes. D’autres ouvrages parlent de la grande taille des Gémeaux, de leur silhouette filiforme, évoquant en particulier l’image de Philippe II d’Espagne, reproduite dans la plupart des dictionnaires. Le Gémeaux moyen, le plus souvent rencontré, correspond assez bien à l’image de Mercure, cet être jeune aux formes minces et assez élégantes, qui accorde à ceux qu’il gouverne le privilège de conserver très tard une certaine jeunesse du corps et de l’esprit.

Cette interpénétration, cette fusion qui s’opère chez les Gémeaux entre le tempérament du signe, qui est sanguin, et celui de la planète Mercure, qui est nerveux, s’explique malaisément mais c’est un fait d’expérience.

Le tempérament sanguin exprime la priorité de la fonction respiratoire associée à la circulation sanguine. Le tempérament nerveux marque la réceptivité au monde extérieur et tend à cérébraliser toutes les fonctions, au détriment de l’instinct et en privilégiant le mental.

Les Conséquences de cette dualité tempéramentale sont très nettes : la fonction respiratoire est moins ample et moins libre que chez les deux autres signes d’Air, Balance et Verseau. Elle se trouve pratiquement sous le contrôle d’un système nerveux qui finalement conquiert la direction de tout l’organisme dont il restreint le libre jeu. La respiration se voit donc ralentie ou déréglée par un blocage nerveux dû lui-même aux « stress » de la vie quotidienne.

Dans l’antique conception de l’homme-zodiaque, chaque signe se voit attribuer la maîtrise d’une partie du corps bien déterminée. C’est ainsi que le Bélier gouverne la tête, le Taureau le cou et la gorge, pour finir aux Poissons qui régissent les pieds. Les Gémeaux ont pour localisation corporelle les bronches et les poumons, ainsi que les épaules, les bras et les mains. L’appareil respiratoire se trouve donc gouverné par le Taureau dans sa partie pharynx et larynx, et par les Gémeaux pour les bronches et les poumons.

Les Gémeaux sont exposés aux maladies affectant ces organes : bronchites, pneumonies, pleurésies, emphysèmes. Ils doivent être très prudents en ce qui concerne les risques de refroidissement, particulièrement les vents violents et glacés, les bourrasques, et se protéger suffisamment la poitrine dès les premiers froids. La tuberculose, naguère maladie courante chez les Géminiens, ainsi que les Sagittaire et les Poissons qui ont Mercure très dissonant, disparaît aujourd’hui, mais l’accoutumance des microbes aux antibiotiques peut faire craindre un jour sa réapparition.

En raison de leur sensibilité nerveuse, les Gémeaux s’exposent à des réactions allergiques très sérieuses lorsqu’ils sont soumis à des traitements de choc, comportant des antibiotiques ou les divers produits de la chimiothérapie. C’est pourquoi, afin d’éviter ce type de réaction très pénible, ils ont intérêt à se soigner, sinon préventivement, du moins dès le tout début des troubles respiratoires, où un traitement plus doux, de préférence homéopathique, peut enrayer rapidement la maladie. Ces risques d’allergie sont accrus du fait qu’ils ont souvent une insuffisance hépatique qui ne facilite pas l’élimination des toxines, naturelles ou consécutives à un traitement dur.

Les bras et les mains sont exposés à des névrites, et le manque de contrôle des mouvements trop rapides provoque souvent des blessures et de petits accidents.

L’interconnexion du plan respiratoire et du plan nerveux est sans doute un phénomène général. Sa fréquence et son importance sont beaucoup plus considérables chez les Gémeaux, dont on peut affirmer que l’existence est très fortement conditionnée par cette relation. Ils sont donc davantage prédisposés aux maladies psychosomatiques, le facteur nerveux risquant d’aggraver les troubles purement somatiques. C’est peut-être chez les Gémeaux qu’apparaît le plus nettement l’intrication du plan physique et du plan mental, la conséquence heureuse étant que bien des troubles peuvent disparaître aussi brusquement qu’ils étaient venus.

La priorité revendiquée par le système nerveux confère à chaque Géminien un rythme bien personnel, en général irrégulier et plutôt rapide, dont les difficultés d’adaptation à la vie actuelle sont bien souvent à l’origine de troubles neuro-végétatifs, des périodes dépressives, de l’anxiété. Il peut en résulter un dérèglement des fonctions respiratoires aboutissant à des crises d’asthme. Il ne s’agit pas toujours d’asthme authentique : on retrouve ici le phénomène de simulation inconsciente qui se manifeste sur un autre plan par le désir de passer pour un autre, d’adopter un pseudonyme, de jouer un rôle. Les activités de l’inconscient sont parfois surprenantes, les douleurs simulant une attaque cardiaque ou coronarienne peuvent se produire par des contractions musculaires, elles- mêmes d’origine nerveuse.

Dans le processus de guérison, il faut souligner l’importance du facteur psychique. Le malade doit retrouver des motifs d’intérêt, afin d’éviter la rumination mentale, où les idées tournent en rond sans déboucher sur une quelconque décision. La monotonie et l’ennui sont les pires ennemis psychologiques des Gémeaux comme le froid et la bise glacée sur le plan physique. Mais lorsque Saturne est important et « mal aspecté« , il est plus difficile d’échapper à la mélancolie, aux obsessions déprimantes. Il existe une possibilité tout à fait contraire : c’est celle où Mercure, dissonant à la naissance, augmente la nervosité dans le sens d’un équilibre chancelant, toujours remis en question. Le mécanisme mental, déjà très délicat dans sa finesse et, pourrait-on dire, dans sa sophistication, se grippe et produit des crispations contraires à toute activité régulière.

L’agitation, le manque de contrôle sont alors le lot de chaque journée. Les cas extrêmes seraient la tendance à la mythomanie, dérèglement essentiellement mercurien, mélange singulier de suggestibilité et d’affabulation.

Conseils aux Gémeaux

Le parfait fonctionnement de l’appareil respiratoire est la clé d’une vie équilibrée. Il importe d’assurer l’oxygénation tout d’abord par l’apport constant d’un air non pollué, condition impossible à réaliser dans la vie des grandes cités. Il faut donc que le Géminien fréquente dès qu’il le peut les parcs et jardins de sa ville, en fuyant les lieux enfumés, le tabagisme, les rues à circulation automobile intense où s’accumulent parfois de véritables nappes de brouillards toxiques. Une activité physique régulière est également nécessaire, à condition qu’elle n’exige pas d’efforts violents et trop soutenus. La marche quotidienne est indispensable. La bicyclette, le tennis, le ping-pong sont utiles surtout si l’on évite l’essoufflement.

La qualité de l’air doit s’accompagner de sa quantité. Il convient donc de pratiquer le plus souvent possible des exercices respiratoires, en particulier au lever et au coucher, devant la fenêtre à condition qu’un vent trop vif ne saisisse pas. Le rythme de ces exercices est important : il doit être lent, régulier, et non pas trop rapide ou saccadé. On doit marquer les trois temps : aspiration, rétention, expiration, comme cela est enseigné dans le hatha-yoga. Cependant, si l’on opère sans professeur, il faut absolument éviter d’augmenter excessivement la période de rétention du souffle, car il pourrait en résulter par la suite des troubles cardiaques. Le yoga révèle des forces explosives qu’il ne faut pas manier à tort et à travers. On doit rapidement trouver son rythme personnel qui, au bout de quelques mois, devrait devenir quasi automatique et aider beaucoup à la régulation des deux fonctions de base, respiratoire et nerveuse. Bien entendu, ces exercices peuvent se combiner aux postures ou « asanas » du yoga, mais, là aussi, le contrôle d’un spécialiste averti est indispensable. Des hernies sont parfois dues à des efforts exagérés pour réaliser ces postures.

Si le Géminien veut se retremper passagèrement dans la nature, il a intérêt à aller à la campagne ou en moyenne montagne, en évitant les altitudes trop élevées dont l’air ne lui convient plus. Les bords de mer ne sont pas toujours recommandés, car ce climat n’apporte pas la relaxation souhaitable, surtout aux sujets à tendance asthmatique. Bien entendu, il est bon que ces séjours comportent une partie distrayante, avec des contacts stimulants, car, à tout âge et en tous lieux, le Gémeaux doit chasser l’ennui et la monotonie. Mais les voyages organisés et les séjours en groupe ne sont pas toujours souhaitables.

En ce qui concerne l’alimentation, sans entrer dans des régimes trop stricts et parfois nocifs dans leur rigueur même, il est bon d’observer quelques règles. Tout d’abord, l’alcool et le tabac sont à proscrire, surtout dans la mesure où leur usage devient automatique. Fort heureusement, le Gémeaux est peu attiré par les plats lourds, trop épicés, qui ne lui conviennent pas du tout. Son goût pour les nourritures variées et légères permet d’inclure dans les menus beaucoup de légumes et de fruits. Le Gémeaux est « omnivore », il n’est pas fait pour un végétarisme exclusif mais devrait réserver la viande pour le repas de midi. Son appétit est capricieux, à l’image de sa personnalité, et il n’est pas fait pour les grands repas à l’ancienne, les surcharges alimentaires qui le mettent hors jeu pendant deux jours. Mais tout en s’efforçant à une certaine régularité dans ses horaires, le Géminien ne doit pas négliger ses petites fringales, qui l’incitent à grignoter, à picorer à plusieurs reprises dans la journée. Il notera également que le lait, les corps gras, la charcuterie, les sauces, les viandes lourdes, les ragoûts, les poissons gras, les abats, les légumes secs ne doivent figurer qu’épisodiquement dans ses menus. Une orange pressée chaque matin sera la meilleure mise en train pour une journée dynamique. Il n’est pas question de café le soir.

Parmi les plantes, heureusement de nouveau à la mode, le thym et le romarin devraient souvent accompagner les aliments, le romarin se prenant également en infusion le soir. On trouvera d’autres recettes simples et utiles dans les ouvrages d’Olenka de Veer et d’Eric Bontemps. La subtilité est une qualité bien Gémeaux. C’est en l’appliquant quotidiennement, en déjouant les pièges des configurations astrales selon les recettes confirmées par des siècles d’expérience, en dehors bien sûr de tout recours à de dangereuses pratiques de sorcellerie des campagnes, que le

Géminien maintiendra son équilibre et sa joie de vivre.

Quelques remarques encore dont les Gémeaux pourront tirer un parti profitable.

Un clou qu’il faut enfoncer sans cesse, même si cette répétition voulue paraît fastidieuse, c’est la primauté de la respiration. Bien des troubles viennent en définitive de la hâte excessive qui fait respirer superficiellement. Il est bon de s’arrêter parfois dans ce que l’on fait pour reprendre haleine et donner un cours plus lent et plus profond à la respiration. En même temps, on pensera que l’on assimile les forces cosmiques positives en inspirant, et que l’on se débarrasse des toxines du corps et de l’esprit par l’expiration.

On évitera les bains de mer si l’eau semble froide, car une réaction brutale serait nocive. Dans les grignotages quotidiens, on fera une large place aux fruits secs, dattes, raisins, figues. Le vieux remède du cataplasme sinapisé est souvent suffisant pour enrayer un refroidissement, si on l’utilise à temps.

Le Gémeaux est facilement fatigué : il doit s’accorder sans hésitation quelques temps de repos. En cas de fatigue mentale, il peut bricoler pour récupérer. Ne supportant pas les excès et les tours de force, il doit se tenir dans un juste milieu. En cas de maladie, il ne faut pas le contraindre à rester assis ou couché sans bouger. Les natifs constateront qu’une petite pluie fine et tiède apaise leurs nerfs. Trop souvent, le Gémeaux n’aime pas se soigner, espérant que ses ennuis de santé se régleront tout seuls, ce qui n’est pas toujours le cas. Il n’a pas la patience d’aller jusqu’au bout de ses traitements, et s’impatiente devant les horaires, les dosages, les traitements réguliers (ces conseils pratiques sont dus à l’astrologue néerlandaise Mellie Uylder). Ajoutons que dès que l’esprit retrouve un sujet d’intérêt, la santé s’améliore.

Les Astromariages de la Femme Gémeaux

Femme Gémeaux et homme Bélier

Une étrange alchimie se produit entre les deux compères. L’homme Bélier qui a, en principe, horreur des femmes compliquées, un rien doubles et allumeuses, se laisse littéralement envoûter par cette créature gaie, vivante, joueuse, hyperdouée. Il n’a rien de commun avec elle, ni le goût du sport ni celui du danger, mais elle le stimule. Son enthousiasme, sa légèreté, sa façon de prendre la vie au comique le subjuguent. En outre, sa faconde de femme souvent cultivée et toujours informée, son immense savoir-faire social, professionnel et privé, achèvent d’amadouer notre play-boy, plutôt maladroit dans les salons. Mais attention : couple fragile. Ne résiste guère aux intempéries de la vie à deux. Parce qu’elle déteste ne pas se sentir indépendante. Et qu’il déteste la laisser libre.

Femme Gémeaux et homme Taureau

C’est la Terre, pleine de sensualité, de désir de posséder, alliée à l’Air désinvolte des Gémeaux : elle est peut-être trop cérébrale, pour lui, trop légère, ne prenant rien au sérieux, ni les attachements du Taurien ni son goût de la propriété. De plus, ils n’ont pas les mêmes désirs : lui recherche la jouissance matérielle, elle veut jouer et toute sa fantaisie est au service de ses instincts ludiques. Que faire ? Se rejoindre à travers d’autres intérêts, les enfants, un métier commun ou simplement des loisirs bien orchestrés.

Femme Gémeaux et homme Gémeaux

Voilà un alliage brillant, spirituel, léger comme des bulles de champagne : tout à fait grisant. Mais, Mercure et Mercure font-ils longtemps bon ménage ? Le flirt, la camaraderie, les jeux intellectuels lient ce couple davantage que l’amour à proprement parler. Les Gémeaux, qui ont toujours un problème d’identité et d’adaptation, ont besoin, à leurs côtés, d’une personne solide qui leur donne accès à la réalité. S’ils sont deux Gémeaux, cela multiplie les difficultés. Mais si l’un des deux veut vraiment (ah ! la volonté : que de Mercuriens en manquent !) réussir ce couple, il doit consentir à se poser sur terre. Auquel cas, c’est un mariage gai, divertissant, plein de fantaisie.

Femme Gémeaux et homme Cancer

Ce feu follet toujours en mouvement, cet être léger qui réagit à la moindre brise, ce vif-argent étincelant, fait un tel contraste avec le pauvre Cancer, si lourd dans sa cuirasse ! Tandis qu’elle virevolte sous ses pinces, il en a le tournis ; il veut essayer de l’attraper, mais elle lui file comme un courant d’air entre les antennes ! Il croyait la saisir : pffft ! elle a disparu, puis réapparaît, mutine et taquine, pour se moquer de lui. Rien de plus excitant. S’ils se marient, cependant, elle risque de perdre la partie : le jour où le tourteau l’aura coincée avec ses grosses pinces et ses principes conservateurs, la pauvrette s’étiolera. La fantaisie et l’indépendance lui sont aussi indispensables que l’air pur. Elle risque la grande déprime, devant ce mur d’immobilisme. Peut-on marier la brise du matin et le crustacé fossile ? C’est risqué.

Femme Gémeaux et homme Lion

Vive, enjouée, folâtre, un vrai petit lutin, cette Gémeaux… Elle gardera toute la vie une allure d’adolescente. Sa démarche sautillante, ses réparties vives séduisent le Lion qui n’a pas cette légèreté. Lui qui adore le théâtre, le voilà servi ! Les Gémeaux sont des prestidigitateurs de premier ordre : adroits comme des singes, ils savent tout faire, ils vous sortent en un clin d’œil un lapin d’un chapeau de roue, et une citronnade d’une pomme d’escalier…

Là, le Lion est bluffé : il en redemande… Les rois s’ennuient, ils ont toujours eu besoin de baladins pour les distraire, et la petite Gémeaux, fine mouche, a vite compris comment on séduit le Roi des Savanes…

Elle a l’échine souple : elle ne se laissera pas écraser sous la grosse patte du fauve ; elle le contourne, joue à cache-crinière avec lui, et, finalement, n’en fait qu’à sa tête, avec un tel brio que le Lion, sidéré, laisse faire… En flattant sa barbiche, on peut tout obtenir !

Femme Gémeaux et homme Vierge

Lui, Mercurien méthodique et concis, à la cérébralité pure et dure, face au Mercure brillant et virevoltant de la femme Gémeaux, il peut être ébloui, disons-le. Sa vivacité intellectuelle, son don de repartie humoristique, sa virtuosité d’élocution laissent notre homme Vierge pantois d’admiration. Mais qu’il se méfie : si elle n’a pas un Ascendant en signe de Terre, elle lui échappera toujours par une pirouette et ne prendra pas au sérieux son insécurité affective. Femme Gémeaux et homme Balance

L’Air devrait s’entendre avec l’Air. C’est à qui échappera le mieux à l’autre, à qui jouera le plus au chat et à la souris. Merveilleux couple intellectuel et affectif, sans base solide et terrienne : pour l’un comme pour l’autre, le principe de réalité existe à peine. Ils peuvent rire la vie ensemble, sans devenir adultes.

Femme Gémeaux et homme Scorpion

Rien n’amuse tant ces lutins de Gémeaux que de jouer avec le feu. Voyez cette petite vif-argent,

qui taquine le Scorpion, virevolte devant lui avec son tablier rouge, et lui pique des banderilles plein la carapace. Il a beau allonger les pinces, il n’arrive jamais à la saisir complètement : il n’agrippe qu’une « Gémelle » à la fois !

L’autre lui file entre les pinces, comme un vrai courant d’air. Coucou ! C’est moi ! Et la voilà qui réapparaît là où il ne l’attendait pas. Elle rit, ne prend rien au tragique. Fine mouche, elle contourne la forteresse qu’est le Scorpion et s’adapte à lui avec inventivité.

Pourtant, si le Scorpion est mauvais, c’est elle qui souffrira le plus : l’agressivité et l’esprit critique de ce redoutable imprécateur peuvent lui faire beaucoup de mal. Si le Scorpion a l’impression qu’elle se moque de lui, ou le trompe, il sera terrible.

En revanche, un Scorpion Ascendant Vierge, moins agressif, peut être un élément de stabilité et de sécurité pour une femme Gémeaux. Possible, encore, un ScorpionSagittaire (comme le général de Gaulle dont l’épouse était Gémeaux).

Femme Gémeaux et homme Sagittaire

Dans le zodiaque, ils se trouvent à l’opposé l’un de l’autre. D’où une certaine attirance qui n’est pas toujours bénéfique : tous les deux volages, ils ne parviendront jamais à modifier leur nature. L’homme Sagittaire étant plus possessif que la femme Gémeaux, c’est elle qui aura le dernier mot et notre homme de Feu souffrira bien inutilement.

Femme Gémeaux et homme Capricorne

C’est l’alliage de la vieille âme et du jeune farfadet, de la sagesse posée et de l’inconscience légère, de la gravité et d’une certaine indifférence. L’homme Capricorne peut être attiré par cette antithèse de lui-même, par l’humour joueur et facétieux de la dame Gémeaux, par son astuce, son sens de la repartie, sa désinvolture et, disons-le, sa grâce en toutes choses. Mais des difficultés relationnelles risquent d’apparaître à cause de la disparité des caractères.

Femme Gémeaux et homme Verseau

Là, il y a incontestablement attirance : l’Air fait vibrer l’Air, la grâce fuyante et aguicheuse de la dame des Gémeaux intéresse au plus haut point notre monsieur Verseau, et lui, par sa nonchalante désinvolture, son intelligence incisive, son discernement, la surprend. Cela dit, il comprend vite ses jeux, ses fugues et ses frasques. Si une solide intelligence et une vraie culture ne soutiennent pas cette personnalité aux multiples facettes, il s’en désintéressera.

Femme Gémeaux et homme Poissons

C’est un amour un peu difficile car le Poissons et le Gémeaux sont sur deux longueurs d’ondes différentes. L’un trouve l’autre un peu ridicule : leurs sensibilités se heurtent. S’ils n’ont pas un rapport de complicité très grand, leur couple sera des plus fragiles. Le Gémeaux n’est pas toujours compris par le Poissons qui est beaucoup moins cérébral. L’un et l’autre risquent très vite de s’ennuyer… L’un adore le bruit, l’autre préfère le silence. Il est certain que l’intimité, dans un tel couple, n’est pas toujours très réussie.

L’homme Poissons qui rencontre une femme Gémeaux peut avoir la tête qui tourne rapidement car, plutôt réservé, il se trouve en face d’une femme qui le fascine. Mais le couple ne s’équilibrera pas pour autant facilement ; à moins qu’ils ne parviennent à faire régner entre eux un climat d’amitié qui satisfera peut-être dame Gémeaux mais pas pour autant Monsieur Poissons… Vie trépidante, vie intérieure, voilà vraiment deux univers difficiles à unir. L’aventure matrimoniale de Françoise Sagan, Gémeaux, avec Bob Westloff, natif des Poissons, illustre les difficultés de ce couple qui joue souvent un peu à « cache-cache ».

Les Astromariages de l’Homme Gémeaux

Homme Gémeaux et femme Bélier

Là encore, l’Air (Gémeaux) attise le Feu (Bélier). Une entente spontanée et inattendue fait de ces êtres au fond très différents des complices. Meilleure combinaison que l’inverse (homme Bélier et femme Gémeaux) dans la mesure où la femme Bélier est plus souple, plus adaptable que l’homme du signe. Elle possède des qualités qui font défaut à l’homme des Gémeaux : l’esprit de décision, l’obstination, l’endurance et une certaine façon d’aller jusqu’au bout de ses actes. Elle peut le dynamiser et prendre en main ses projets qui, sans elle, resteraient à l’état de projets. Son petit désir d’évasion, ses velléités, elle peut les transformer en grande aventure, tout en sachant respecter son besoin d’indépendance. Formule excellente pour un couple qui a des intérêts en commun ou qui fait le même métier.

Homme Gémeaux et femme Taureau

Ici, c’est la femme qui est possessive, sensuelle, terrienne et l’homme qui est fuyant comme du mercure. Elle a besoin d’assurance, d’équilibre, et d’un mari dont elle soit l’unique propriétaire malgré ses apparences de grande séductrice. Or, l’inconstance et l’instabilité de Monsieur Gémeaux n’est plus à prouver. Il adore batifoler, comme un éternel adolescent, plaire au plus grand nombre d’êtres humains, et plus particulièrement aux dames, sans se soucier beaucoup du confort matériel de sa compagne ni accorder grande importance à ses scènes de jalousie. Autant le savoir, ce couple est fragile s’il privilégie l’intimité du foyer ; en revanche, s’il développe une vie sociale et culturelle, il se donne de bonnes conditions d’épanouissement.

Homme Gémeaux et femme Gémeaux

Voilà un alliage brillant, spirituel, léger comme des bulles de champagne : tout à fait grisant. Mais, Mercure et Mercure font-ils longtemps bon ménage ? Le flirt, la camaraderie, les jeux intellectuels lient ce couple davantage que l’amour à proprement parler. Les Gémeaux, qui ont toujours un problème d’identité et d’adaptation, ont besoin, à leurs côtés, d’une personne solide qui leur donne accès à la réalité. S’ils sont deux Gémeaux, cela multiplie les difficultés. Mais si l’un des deux veut vraiment (ah ! la volonté : que de Mercuriens en manquent !) réussir ce couple, il doit consentir à se poser sur terre. Auquel cas, c’est un mariage gai, divertissant, plein de fantaisie.

Homme Gémeaux et femme Cancer

On peut se marier pour mille raisons qui n’ont rien à voir avec l’entente profonde et la compatibilité d’humeur. C’est ce qui arrive ici. Une Cancer Ascendant Sagittaire peut être attirée par un homme Gémeaux, mais ce n’est pas à conseiller en général.

Certes, le Gémeaux séduit tout le monde par son humour, son habileté, son optimisme et ses brillantes relations. Mais les pinces d’une dame Cancer ne sont pas assez longues pour coincer cet éternel courant d’air qui ne cesse de jouer à cache-cache avec lui-même (et avec tout le monde). De son côté, il ne peut comprendre à quel point sa Cancer a besoin de stabilité et de tendresse… à moins d’être GémeauxPoissons (mais dans ce cas, encore plus insaisissable), ou GémeauxCancer, et là encore, peu d’espoir de bonne entente…

Homme Gémeaux et femme Lion

En principe, le Feu et l’Air s’entendent bien, les deux Soleils étant ici en sextile (à 60 degrés), et tout devrait aller pour le mieux. Pourtant, trop souvent, Mercure des Gémeaux ne fait pas le poids devant l’éclat écrasant du Soleil léonien.

Bien entendu, la Lionne, énergique et entreprenante, s’efforcera de coincer les deux jumeaux pour les obliger à marcher droit : travailler, gagner de l’argent, faire des affaires, bref, rentrer dans le système… Le but étant de lui offrir, à elle, le somptueux train de vie dont elle ne pourrait se passer. Et sans être aussi méchant, on peut dire que la Lionne n’apprécie pas tellement la bohème des Gémeaux, leur non-conformisme…

Mais si nos jumeaux souhaitent être fermement pris en main, surtout quand ils sont jeunes, cela ne saurait durer éternellement. Comme tous les signes d’Air, leur fantaisie se nourrit de liberté… A vouloir enfermer le vent dans une boîte, on l’anéantit, on stérilise sa créativité… Attention, Lionne ! Votre poigne trop dure risque de détruire les deux brillants petits Gémeaux dont le charme vous amusait tant : vos exigences risquent de bloquer leur vivacité, leur génie inventif, leur vitalité à mille facettes. Le Gémeaux qu’on veut coincer réagit très mal : par la violence, par la dépression… ou encore par la fuite. Laissez-les vivre !

Homme Gémeaux et femme Vierge

Très difficile. La Vierge pudique, à l’affectivité profonde, authentique et grave, que voulez-vous qu’elle devienne devant un feu follet dilettante et léger, qui galvaude ses sentiments avec une facilité déconcertante ? (Il aime bien tout le monde.) Rien ne va dans ce petit ménage aux pieds ailés, excepté l’entente intellectuelle : ils sont très complémentaires dans leur façon d’analyser une situation, un être ou un problème. Cela suffit-il à faire un bon couple ? Il leur manque une complicité affective et sensuelle.

Homme Gémeaux et femme Balance

Ce sont plus de grands amis que de grands amoureux. Bien sûr, ils peuvent avoir une inclination amoureuse l’un pour l’autre, mais c’est léger, printanier, délivré de la passion. Ils cohabitent avec la plus grande aisance et font un couple uni par la complicité intellectuelle, les relations communes et la vie sociale.

Homme Gémeaux et femme Scorpion

D’aucunes se plaignent vivement des Gémeaux : insaisissables, légers, farceurs, brillants voire malhonnêtes, misogynes, homosexuels…

Avec la Scorpionne, ils ne pourront plus jouer à cache-cache. Inutile de faire les malins avec elle : elle les voit venir ! Elle en coince un dans chaque pince et le tour est joué. La complexité des Gémeaux affole peut-être bien des gens, mais sûrement pas une Scorpionne, qui en a vu d’autres… Et qui, de toute façon, devine tout. Elle s’agacera de l’irrégularité de l’homme Gémeaux, génie de l’improvisation, roi du système D, qui retourne sa veste et change d’humeur comme le vent. Il passera par des hauts et des bas, oscillant sans cesse entre l’amour fou et le ras-le-bol hurlant.

Si elle tient bon, elle le stabilisera ; c’est elle le « signe fixe » ! Ce serait plus facile si elle était ScorpionVierge, et lui GémeauxCancer, par exemple. L’humour, l’intelligence, la gaieté des Gémeaux l’aideront à ne pas s’enliser dans le tragique quotidien, tentation permanente du signe.

Ils ne vieilliront pas : l’éternelle jeunesse des Gémeaux stimule la Scorpionne dans la lutte sans merci qu’elle mène toujours contre la vieillesse et la décrépitude. Le couple sera meilleur encore au fil des années.

Homme Gémeaux et femme Sagittaire

Voilà un couple que l’on voit souvent et qui semble admirablement s’accorder : l’homme Gémeaux, plus dépendant qu’il n’y paraît, lorsqu’on ne va pas lui chercher noise sur son emploi du temps, se trouve très à l’aise dans l’univers de la dame Sagittaire qui ne s’intéresse pas aux détails de la vie quotidienne. En outre, elle sait l’entraîner dans les aventures qui le tiennent en haleine, des voyages pleins de rebondissements, des fêtes entre amis…

Homme Gémeaux et femme Capricorne

Ils s’attirent parfois, s’unissent rarement et ne durent qu’exceptionnellement. L’homme Gémeaux a encore moins d’interdits que la femme du signe, ce qui le rend instable affectivement, folâtre, extrêmement peu fiable. Il aime le flirt et a besoin de changement en amour. Elle, qui recherche tellement le roc, le seul amour, celui qui dure toute la vie, elle risque d’être fort malheureuse avec lui, sauf si un Ascendant « Terre » ou des aspects forts dans son thème le retiennent au sol.

Homme Gémeaux et femme Verseau

Voici deux voltigeurs. Tous deux enfants des airs et des nuages, tous deux légers, optimistes, volatiles. Elle, plus sérieuse que lui : ses responsabilités, son travail, sa famille, ses amis requièrent toute son attention. Lui, l’homme Gémeaux, est parfaitement insouciant. Seul le moment qu’il vit l’intéresse. Ce qui doit arriver un peu plus tard ou le lendemain l’ennuie vraiment. Son incapacité à se projeter dans le futur, même immédiat, est viscérale. Il y a entre eux une grande complicité intellectuelle faite d’humour, de reparties caustiques, de compréhension et de vivacité. Mais aucun être un peu profond n’a de prise sur un Gémeaux : et s’il était, comme on le dit souvent, indifférent ?

Homme Gémeaux et femme Poissons

La femme Poissons est une énigme pour Monsieur Gémeaux. Leurs sensibilités se heurtent, l’un et l’autre s’égratignent mutuellement. L’humeur changeante des Gémeaux parvient-elle à saisir l’ambiance mystérieuse, floue, incertaine, dans laquelle vit la femme Poissons ? Ce n’est pas certain : et tout cela peut conduire le couple à une désagrégation, d’autant plus que la tendresse du Poissons est débordante, envahissante, alors que celle du Gémeaux est toujours réservée, retenue, pudique, et qu’il livre difficilement son cœur. On voit que ce sont là, vraiment, deux univers très difficiles à concilier… Il faudra pour ce faire beaucoup d’amour et de patience… à tous deux !

Combinaison du Signe avec les Ascendants

Gémeaux Ascendant Bélier

Cette combinaison zodiacale est simple, elle réunit l’Air et le Feu. La combustion qui en résulte est donc essentiellement dynamique. Elle accentue le caractère spontané, indépendant. Le sujet ainsi marqué ne voit guère les obstacles, ou, s’il les pressent, il compte sur son adaptation à l’instant présent pour éviter les dangers.

Le côté Bélier s’efforce de réaliser les idées qui viennent des Gémeaux. C’est donc une combinaison essentiellement pratique, qui ne se contente pas de parler, mais exige des réalisations effectives, et non pas seulement de beaux projets.

On constate chez les Gémeaux Ascendant Bélier beaucoup de jeunesse, d’allant, de brio. Leur caractère est le plus souvent gai, entraînant, et exprime une joie de vivre qui est en fait l’expression de la grande vitalité du Bélier. Le natif s’exprime avec facilité, il est plein d’humour, et ce côté sympathique l’aide à faire passer quelques rosseries ; on note parfois une certaine agressivité mentale, due à l’influence conjointe de Mercure et de Mars, les deux planètes qui gouvernent les signes en question. Les variations de l’humeur sont fréquentes, passant brusquement du rose au noir, produisant des alternances de dynamisme et de baisse de tension.

La hardiesse et l’impulsivité sont des traits dominants et facilitent les prises de contact, les relations de tous ordres. Le sujet trouve toujours un auditoire qui l’écoute avec plaisir et se laisse persuader par son côté vif et passionné. Il ne s’encombre pas trop de principes et s’adapte rapidement, modifiant s’il le juge bon ses idées et ses projets en fonction des circonstances. La nervosité, le danger de dispersion des efforts dus au côté Gémeaux peuvent être surmontés dans une activité réalisatrice et rapidement mise sur pied.

Gémeaux Ascendant Taureau

La rencontre du premier signe de Terre avec le premier signe d’Air détermine une nature en partie prudente, réaliste, réfléchie, ramassée, mais aussi indépendante et volontiers fantaisiste. Il en résulte un manque de certitude intérieure rendant le caractère plutôt ambivalent, et porté à suivre des influences contradictoires. Le Taureau apporte ses qualités essentiellement pratiques, son sens du concret, et le Gémeaux son habileté mentale, son opportunisme. Mais l’alliage est difficile, le Taureau reprochant au Gémeaux son impatience, sa futilité, et ce dernier ne comprenant pas l’opiniâtreté et une certaine pesanteur bien tauriennes.

Mais si l’harmonie s’établit, l’habileté, la facilité de contacts apportent au Taureau une façon plus rentable d’utiliser ses évidentes qualités et l’aident à se mettre en valeur avec une certaine astuce. Intellectuellement, l’esprit s’assouplit et se fait plus nuancé, il exige moins de preuves tangibles avant de comprendre, et se fait plus intuitif.

En cas de tendances artistiques, on constatera en peinture une alliance féconde du dessin et de la couleur.

Il s’agit généralement de grands travailleurs, de ceux qui suivent obstinément la voie qu’ils se sont tracée, tout en sachant prendre à temps les raccourcis que le destin ouvre parfois à leur intention. Il faudrait de fortes dissonances pour qu’une belle réussite ne soit pas obtenue. Il advient qu’il émane d’eux un don de séduction, un magnétisme qui n’est pas sans effets tangibles sur leur carrière. Parfois aussi, l’influence vénusienne sécrétée par le Taureau les prédispose à une vie amoureuse marquée par de forts entraînements sexuels, auxquels il leur est difficile de résister.

Le cas de Richard Wagner est typique. Gémeaux, il l’est par le Soleil, mais il n’a pu être possible de préciser si l’Ascendant se situe à la fin du Taureau ou en Gémeaux. Les valeurs Taureau sont de toute façon importantes, par la présence de Vénus, qui a joué aussi bien affectivement que dans la création musicale.

C’est un tout autre personnage que nous révèle le thème de Georges Marchais. Ce Gémeaux malicieux et retors, ne pouvant renier sa souche paysanne normande, est solidement campé sur un fond Taureau, et les deux signes ont collaboré pour l’élever au premier plan de la scène politique, le Taureau et son magnétisme ayant permis d’estomper les imprudences que sa nature Gémeaux l’entraîne à multiplier.

Gémeaux Ascendant Gémeaux

C’est le cas de tous les Gémeaux qui sont nés au lever du Soleil. Cette « géminitude » poussée au maximum fait donc d’eux l’incarnation parfaite de ce type zodiacal, renforcée encore si Mercure et la Lune se trouvent dans ce signe.

Comment établir le portrait du double Gémeaux, sinon en répétant tout ce qui a été dit sur la caractérologie et les tendances générales ? Les traits de caractère, les qualités et défauts, la dualité, la mobilité, la curiosité, tout cela s’intensifie et, à la limite, on pourrait craindre qu’un pareil sujet soit vraiment trop typé et présente même quelque chose d’un peu caricatural.

On pourrait craindre qu’une telle nature présente un excès de fantaisie et de superficialité. Il n’en est rien, car la présence d’une planète donnant, si l’on peut dire, du poids à une personnalité trop aérienne, rétablit un équilibre satisfaisant. C’est le cas du chanteur Main Souchon : la présence de Saturne à l’Ascendant en fin Gémeaux détermine en lui l’amour du passé et une certaine mélancolie. D’autres cas prouvent qu’il faut se garder de diagnostics trop simplistes, car nous trouvons parmi les « doubles Gémeaux » Pierre Brossolette, héros de la Résistance, et le président Soekarno qui gouverna la Malaisie pendant plusieurs années. Un autre cas tout différent est celui du criminel Yves Monpetit, évadé et repris au début de 1978 : mais on trouve dans son thème des structures agressives qu’il n’a pu sublimer.

Sur le plan de l’apparence corporelle, de la morphologie, il serait intéressant de vérifier si les doubles Gémeaux présentent bien les traits que la Tradition attribue à leur signe : c’est bien là un trait de ce secteur fantaisiste, qui, lorsqu’il est seulement signe solaire, donne à ses natifs une taille plutôt petite, une stature fine et déliée, en bref, une silhouette très mercurienne. Mais en Ascendant, les Gémeaux seraient plutôt de grande taille, l’exemple type étant le célèbre portrait du roi Philippe II d’Espagne. Quoi qu’il en soit, les traits et la corpulence dépendent plus nettement de la planète qui domine le thème, un compromis pouvant s’établir entre la minceur de base des Gémeaux et la plénitude apportée par la présence de la Lune, de Vénus ou de Jupiter près de l’Ascendant Gémeaux, la musculature étant surtout du domaine de Mars. Le plus bel exemple de Gémeaux Ascendant Gémeaux est sans contredit Henry Kissinger, diplomate célèbre, grand voyageur, homme énergique s’il en fut, grâce à son Mars ascendant.

Gémeaux Ascendant Cancer

L’accord n’est pas des plus aisés entre l’Air, qui se veut libre, et l’Eau, paisible et ensommeillée dans son lit. Mercure, le vagabond à la recherche de contacts nouveaux, n’apprécie pas l’apparition de la Lune, planète des songes, qui régit le Cancer.

Comment réaliser cette vie d’adulte, à laquelle le Gémeaux aspire, si des rêves, des chimères enfantés par la Lune viennent troubler l’esprit clair et lucide du Mercurien ? L’indépendance disparaît, liée par l’attachement cancérien à la cellule familiale, par une sensibilité extrême, et l’énergie, déjà capricieuse avec le côté Gémeaux, risque de s’effilocher en vagues projets. Le goût du risque s’atténue pour faire place à un envahissant désir de sécurité, aussi bien matérielle qu’affective.

Il n’est pas aisé de s’évader de liens que l’on trouve paralysants, mais que l’on chérit quand même. Les décisions sont constamment repoussées, le sujet attend que les choses se règlent d’elles- mêmes. Il ne peut accomplir seul les efforts nécessaires à son évolution. Le Feu fait défaut dans cette combinaison zodiacale trop fluide, et le recours à des appuis extérieurs est souvent indispensable pour se risquer à l’action personnelle.

Il n’est pas rare que l’insatisfaction qui en résulte soit à la base de sérieuses crises intérieures à tendances dépressives.

Gémeaux Ascendant Lion

C’est la deuxième rencontre de l’Air des Gémeaux avec le Feu, la première ayant eu lieu avec le Bélier. Il s’agit donc d’une combinaison dynamique, passionnée même, mais elle s’orne du côté souvent triomphal qu’exprime le Lion. L’art des contacts et de la suggestion verbale joint à l’art inné de se mettre en valeur peut donner des êtres sûrs d’eux-mêmes et du pouvoir qu’ils exercent facilement sur un entourage heureux de les écouter. Du vendeur de haut niveau au politicien prestigieux, la gamme est large de ceux qui savent utiliser la parole avec une telle conviction qu’il n’est guère possible de ne pas se laisser entraîner.

Si persuadé qu’il soit de sa supériorité, un tel sujet ne peut cependant dissimuler la petite dose de fantaisie, voire de gaminerie que lui instille sa base Gémeaux. Ainsi en est-il du prince Philipp, époux d’Elizabeth d’Angleterre, dont on a souvent cité les facéties au cours de ses nombreuses croisières. Mais il se montre aussi Gémeaux dans l’intérêt qu’il porte à l’éducation des jeunes. La simplicité et le côté non conventionnel des Gémeaux font bon ménage avec la respectabilité décorative du Lion.

Le tandem GémeauxLion, si simple soit-il dans son besoin de contacts humains, ne s’abaissera cependant jamais à la fréquentation de gens dont il ne peut admettre la vulgarité ou la bassesse de sentiments. La fierté et la susceptibilité, même si elles restent secrètes, peuvent se manifester par de brusques colères. Le maintien d’un certain prestige restera toujours une exigence rigoureuse. Mais les succès, sentimentaux aussi bien que mondains, ne manquent pas. La vie est généralement agréable, elle s’oriente souvent vers des carrières de prestige telles que les carrières du spectacle, la représentation de grandes firmes, la presse, le barreau. C’est la vedette qui n’a pas l’air de se prendre au sérieux, mais qui sait imposer le respect.

Sincères dans leurs amitiés et leurs affections, les Gémeaux Ascendant Lion savent cependant se dégager de situations difficiles avec beaucoup d’art et de simplicité et ne sont jamais à court d’arguments. Capables de prendre du recul, d’établir des programmes d’action, ils savent ne pas céder aux sollicitations immédiates et leur spontanéité n’est pas totale. Telle est l’action de la secondarité, facteur caractérologique existant chez le Lion, et de sa qualité de signe fixe, capable de stabiliser la mobilité parfois excessive du Gémeaux. L’extrême combativité que l’on trouve dans le thème du.général Salan, ex-chef de l’OAS, s’explique par son Mars en Ascendant Lion en aspect avec quatre planètes, configuration guerrière et passionnée.

Gémeaux Ascendant Vierge

Placée sous la double influence de Mercure, cette combinaison est donc tout à la fois intellectuelle et pratique. Cette cérébralisation risque d’être excessive. Si tout est mis sous le contrôle de la rationalité, de la logique, la place disponible pour le sentiment et la passion se trouve bien réduite. Il n’est pas toujours bon de freiner les élans de l’enthousiasme, ou de chercher à se prémunir contre tous les risques.

Le natif possédant cette combinaison peut étouffer sa sensibilité en privilégiant outrancièrement

une vision des choses ordonnée, presque mécanique. Mais l’esprit libre des Gémeaux regimbe parfois contre le cadre rigide et un peu artificiel exigé par la Vierge. C’est la lutte entre l’esprit de finesse et l’esprit de système. Sans vouloir minimiser le rôle des nombres dans l’architecture de l’univers, il semble que ce serait une erreur de géométriser à l’excès, de voir les mots et d’ignorer les choses. Dans le cas présent, il serait bon qu’un aspect planétaire vienne donner un peu plus de sang à un ensemble trop axé sur le système nerveux central.

Le thème de Françoise Sagan montre bien la lutte entre la tendance au contrôle exercée par un Moi hyper-mercurien et la puissance d’un Ça freudien engendrant l’anarchie. Conduire pieds nus pour mieux éprouver l’ivresse de la vitesse, risquer sa fortune au jeu pour finalement se soumettre à la raison mercurienne en se faisant volontairement interdire l’entrée dans les casinos, voilà un exemple des luttes intérieures qui se produisent lorsqu’une tendance empiète par trop dans l’espace psychique.

Bien qu’ayant la structure inverse, c’est-à-dire Soleil en Vierge et Ascendant Gémeaux, Châteaubriand est un autre exemple de ces tensions.

Gémeaux Ascendant Balance

Une certaine analogie avec la combinaison Gémeaux Ascendant Taureau semble s’exprimer.

C’est, en effet, sur le plan planétaire, un accord MercureVénus. Mais une très nette différence surgit d’emblée, car la Balance, signe vénusien, certes, est également un signe d’Air, fondamentalement plus proche des Gémeaux que le Taureau, signe de Terre et de réflexion.

C’est donc surtout le point commun signifié par l’Air qui va caractériser ce type zodiacal. C’est la communication, les échanges, le désir profond de sociabilité, les rapports avec l’Autre. Le problème des relations prime donc tous les autres, aucun de ces deux signes ne pouvant supporter la solitude. Mais il faut aussi tenir compte de l’extrême sensibilité de la Balance : il ne s’agit donc pas de n’importe quels contacts, encore que pour elle un contact difficile vaille mieux que l’absence de contacts. Intervient la liberté, commune à ces deux signes, et qui veut que tout se passe dans une ambiance sans contraintes. Pour y parvenir, le Gémeaux reçoit l’apport vénusien de la Balance, sous la forme d’un accueil ouvert, tolérant, encourageant même. Le sourire devient une vertu, et il n’est pas uniquement un piège, il signifie bonne volonté.

L’intellectualisation Gémeaux se lie volontiers aux goûts très souvent artistiques latents chez la plupart des Balance. Si l’esprit créateur est assez puissant pour entraîner vers une activité où l’art et l’esprit s’allient, il se rencontre souvent des aptitudes pour le spectacle, la danse en particulier, la photographie, la mise en scène, la critique d’art. La compréhension sur le plan humain peut attirer vers la psychologie, mais il faut l’intervention de planètes plus fortes pour en faire une profession.

Le charme est tel que les appuis utiles à la réussite se produisent d’eux-mêmes. D’une distinction souvent raffinée et subtile, ces natifs font impression sur les autres, leur compagnie est plaisante, agréable, et leurs interlocuteurs ont l’impression d’être plus intelligents qu’ils ne le croyaient au début de la conversation.

Une tendance parfois romanesque fait considérer l’amour comme une fête du cœur et du corps : le goût d’une ambiance agréable donne le sens du décor qui convient à l’amour. Il advient que tout ne soit pas facile, la constance n’étant pas leur fort, et certaines volte-face imprévisibles ne garantissent pas la pérennité des sentiments les plus beaux en apparence.

On citera la chanteuse Barbara, dont l’hyper-sensibilité est bien connue, et le voyant Belline.

Gémeaux Ascendant Scorpion

Cette combinaison est certainement la plus complexe de toutes celles qui englobent les Gémeaux.

Les sujets qui la possèdent sont souvent considérés comme un peu mystérieux et dotés d’un comportement imprévisible.

Le doute et l’inquiétude, fréquents chez les Scorpion, se traduisent dans cette combinaison par un certain recul, une réticence qui diminue fortement la spontanéité inhérente aux Gémeaux. Le caractère plus ferme, plus dur, plus apte à dire « non » alors que le Gémeaux tend à dire « peut- être », a en revanche l’avantage de permettre une très nette concentration mentale, et constitue donc un indiscutable apport de force mentale au Gémeaux. L’esprit très critique à la mode scorpionne se fait plus vif, plus incisif, avec parfois une tendance à l’humour noir que l’entourage n’apprécie pas tellement.

Toujours sur le plan mental, l’analyse se fait plus profonde, plus impitoyable, l’intelligence est portée à la déduction. Le goût plutonien d’aller au fond et même au tréfonds des choses, surtout s’il s’y cache un certain danger, donne à l’esprit une plus vaste dimension, et on ne peut en aucun cas accuser ce type de Gémeaux d’être superficiel. Le risque est l’apparition toujours possible d’une tendance obsessionnelle qui accentue l’inquiétude. On peut donc rencontrer le désir de jouer avec le mystère, de chercher les secrets comme un enfant joue à cache-cache. L’envers des choses, représenté par Pluton, le dieu à double face, doit être amené au grand jour, qu’il s’agisse des secrets de notre inconscient, des trésors cachés. Mais, pour cela, il ne faut pas craindre de remuer la boue, sans pour autant céder à l’attrait morbide des bas-fonds. Préoccupé par maints problèmes, dont le plus obsédant est celui de la mort, le sujet s’expose à une angoisse métaphysique permanente, qu’il s’efforce d’apaiser par l’étude de l’ésotérisme et des phénomènes occultes. Le besoin de comprendre devient lui aussi obsessionnel.

La vie affective est le plus souvent difficile, imprégnée d’érotisme. La nervosité ne facilite pas l’épanouissement, surtout lorsque s’y ajoutent des tendances sadomasochistes plus ou moins conscientes. Un contact très primitif et presque animal avec la nature est souvent source d’apaisement et de régénération. La vie du couple ne peut être durable que si le sujet prend conscience de son esprit trop critique, fait preuve d’une grande bonne volonté à l’égard du ou de la partenaire.

L’adaptation sociale n’est pas toujours facile, l’activité peut être marginale. Suivant le niveau et les aptitudes, des ouvertures sont possibles avec la biologie, la psychanalyse, la psychiatrie ; à un niveau différent, les services secrets, la procédure, les organismes de sondage, etc.

Ce natif n’oublie rien, sauf ses projets de vengeance. Il trouvera son équilibre s’il peut exprimer ce qui est en lui par une création personnelle, qu’elle soit littéraire ou artistique, dans une action d’ordre social, la politique pouvant être dangereuse. Sa cérébralité complexe exorcisera ainsi des démons intérieurs.

On citera comme exemples l’écrivain Raymond Radiguet, le dernier roi de Grèce Constantin II, le philosophe allemand Oswald Spengler… et l’auteur de ces lignes.

Gémeaux Ascendant Sagittaire

Cette opposition entre l’Air des Gémeaux et le Feu du Sagittaire ne risque-t-elle pas de provoquer un embrasement ? Et le Sagittaire, type adulte accompli, ne va-t-il pas étouffer le Gémeaux adolescent ? Il n’en est rien, car celui-ci aspire aisément l’apport de force et de dynamisme émanant du Sagittaire. Il en résulte pour ce type, contradictoire en apparence, une bonne dose d’enthousiasme, multipliant les projets, les initiatives, sans trop se soucier des difficultés. Le plaisir de l’action emporte tout, mais cet enthousiasme manque de consistance et retombe sans que les problèmes aient été résolus. C’est pourquoi la capacité de réflexion Géminienne doit absolument précéder le passage à l’acte voulu par le Sagittaire. Ces chutes d’enthousiasme inattendues sont mal acceptées par le natif, qui ne s’en juge pas responsable.

Toutefois, ce type est fortement marqué d’ambivalence, l’une des deux tendances l’emportant alternativement, ce qui est dû à l’aspect d’opposition entre ces deux signes. Tous deux considérés comme mutables, c’est-à-dire enclins au changement et à l’alternance, ils ne peuvent vivre que dans une sorte d’instabilité, qui a au moins le mérite de n’être pas monotone, bien qu’un tel comportement soit en général peu apprécié. Du charme, de la séduction, certes, mais des caprices et des variations bien exaspérantes, avec des remises en cause perpétuelles.

En revanche, une certaine générosité, un esprit plutôt brillant, talonné par le désir de ne pas rester noyé dans la masse, de montrer qu’il n’est pas conformiste, sont là des traits très apparents.

L’alliance des Dioscures et de Jupiter se fait en faveur d’une justice égale pour tous. Si l’on peut critiquer un certain esprit de provocation – celui d’un étudiant contestataire qui ne vieillirait pas -, on ne peut lui reprocher aucune tendance à la méchanceté ou à la duperie volontaire. S’il déçoit, c’est parce qu’il se prend lui-même à la flamme de ses illusions. Sa fantaisie, son besoin de surprendre et d’étonner ne manquent pas de séduction. Le Gémeaux Ascendant Sagittaire aime à produire la surprise et l’étonnement, car il se sent rassuré et oublie alors ses propres contradictions, persuadé qu’il est de sa propre importance et anxieux de gagner la confiance des autres. L’intérêt pour la médecine, mais une médecine liée aux connaissances naturelles souvent oubliées, n’est pas rare dans cette configuration. Quant aux voyages et déplacements, ils sont très souvent une note dominante de l’existence.

Un exemple typique se trouve dans le thème de Gérard de Nerval, « le prince d’Aquitaine à la tour abolie », où bien d’autres éléments entrent en jeu, mais où la dualité va jusqu’à la dissociation d’une personnalité envahie par le rêve, parcourant l’Orient à la recherche d’un fantôme.

Gémeaux Ascendant Capricorne

La dualité GémeauxCapricorne met en présence une nouvelle fois l’Air et la Terre. La fusion de leurs tendances respectives est beaucoup plus malaisée qu’avec le Taureau, premier signe de Terre mais de nature vénusienne. La nature saturnienne du Capricorne exprime une stabilité un peu pesante, s’extériorisant difficilement, d’une patience à toute épreuve. C’est vraiment l’antithèse de la nature mercurienne, toute de spontanéité et d’expression verbale et gestuelle. Il est donc à craindre que le natif des Gémeaux se trouve contraint de réprimer, sinon de refouler, ses tendances à la liberté en tous domaines et à la mobilité.

C’est un peu, a-t-on pu remarquer, la coexistence entre l’adolescent fantaisiste, voire frondeur, et le vieux sage se référant sans cesse à une expérience déjà ancienne, et craignant le changement. Certes, tout n’est pas négatif, et, dans bien des cas, il faut admettre que le Gémeaux y gagne plus de pondération, plus de concentration intellectuelle s’il y perd en humour et en élan. Les études d’un jeune Gémeaux Ascendant Capricorne se dérouleront régulièrement, avec plus de réflexion, de coordination ; leur objectif final gagnera en précision.

Dans les meilleurs cas, l’adolescent fera preuve de ténacité, et son travail soutenu lui permettra de se lancer dans des entreprises de longue haleine quel que soit le temps nécessaire.

L’aspect concret de l’existence devient prioritaire, la vision des choses est lucide, parfois même assez dure. Le Capricorne apporte son ambition persistante : l’alliance bien équilibrée entre les deux partenaires donne la certitude d’un succès social et professionnel, parfois relativement tardif, atteignant un niveau de sécurité où aucune crise ne sera à redouter. On fait souvent mention d’activité dans les carrières juridiques, la médecine, les sciences, mais le succès peut être ailleurs. Ainsi en témoigne l’irrésistible réussite de Charles Aznavour, très Gémeaux par sa mobilité, son sens du rythme, ses voyages incessants et ses multiples domiciles. Saturne le rend insatisfait et avide, éternellement frustré et pessimiste. Mais il est aussi, par le Capricorne, un homme d’affaires avisé, rusé et prévoyant.

Si l’Ascendant Capricorne se révèle plus puissant que le côté Gémeaux, le sujet risque le surmenage, de brusques problèmes de santé sous forme de troubles respiratoires et rhumatismaux.

De toute façon, la réussite ne doit pas se construire au détriment du côté Gémeaux, qui n’est pas toujours capable de fournir les efforts exigés par le côté Capricorne, et se culpabilise s’il ne se sent pas capable de réaliser la tâche entreprise. Il serait souhaitable que le natif s’accorde toujours la somme de détente et de loisirs variés qui constituent le sel de son existence.

Gémeaux Ascendant Verseau

L’Air sous sa double appartenance à un signe mutable et à un signe fixe se laisse malaisément définir. Libre dans sa spontanéité Géminienne, comprimé sous sa forme Verseau, il enregistre les moindres réactions environnantes et les répercute en les transformant à son gré. La cérébralité s’amplifie : le côté Gémeaux y gagne dans la mesure où il aurait trop tendance à évoluer au niveau du quotidien et où, sa vision des choses s’élargissant, il peut s’attaquer à des problèmes plus vastes. Tout en conservant son individualité, à laquelle il tient farouchement, il peut prendre conscience de l’utilité d’un travail collectif.

Quant au côté Verseau, souvent plus nerveux et tendu que le Gémeaux, il peut alors se décrisper, et humaniser sa tendance à voir les choses sous un aspect trop technique, trop idéologique.

Le couple MercureUranus, qui gouverne ces deux signes donne une intelligence subtile, aimant les idées peu communes, les nouveautés. Les arguments sont exposés sous une forme paradoxale propre à couper net toute réplique. Les us et coutumes, les traditions sont allègre- ment bousculées au profit de tout ce qui est surprenant et inattendu. L’allure peut se faire volontiers provocante, mais cela se trouve maintenant dépassé et rien ne peut plus choquer au troisième millénaire. L’effet de surprise du Verseau a maintenant perdu toute son efficacité à moins d’atteindre un niveau, un paroxysme même, qui ne puisse donner l’impression du déjà vu.

Le Gémeaux Ascendant Verseau donne en définitive l’image d’un être de bonne volonté, fortement intellectualisé, éprouvant le besoin indispensable de dialoguer, multipliant les contacts humains, recherchant les possibilités d’expression de lui-même, de préférence dans un environnement compréhensif. Il évolue avec aisance au milieu des idées, des théories, des programmes, sans pour autant négliger l’application pratique de ce foisonnement d’idées. Il tend à se projeter dans un avenir reconstruit, mieux organisé et même planifié. Il a besoin sans cesse d’inédit pour créer une idée d’un monde nouveau, un peu trop proche peut-être de la science- fiction. Certains trouveront une évasion dans le domaine de la musique, d’autres dans l’enseignement, le journalisme technique. Ils sont aptes à diriger des séminaires, des stages de formation, des groupes de recherche.

A un niveau plus modeste, on trouve des sujets moins aptes à mettre leurs idées personnelles en pratique, mais capables d’occuper des emplois spécialisés, techniques.

Gémeaux Ascendant Poissons

Rien n’est simple dans cette combinaison zodiacale, moins encore qu’avec l’Ascendant Scorpion, autre exemple de l’union difficile de l’Air et de l’Eau.

La logique et le besoin de clarté des Gémeaux se bloquent devant l’extrême irrationalité et la nébulosité des Poissons. Un tel sujet éprouve une grande insécurité sur ce terrain mouvant et s’efforce de trouver une base solide à sa personnalité, recherche chimérique qui a besoin de forts appuis planétaires pour aboutir.

L’Air et l’Eau sont cependant tous deux assez fluctuants au gré des circonstances, mais il faut tenir compte ici des complications dues à Neptune, planète maîtresse des Poissons, astre qui est plus à l’aise dans l’imaginaire et l’évasion que dans le concret, trop terre-à-terre. Mais les Poissons sont soumis à deux maîtres planétaires, le second étant Jupiter, astre beaucoup plus axé sur les réalités et le bon sens que Neptune. Tout dépendra alors de l’étude du thème individuel, qui seul peut montrer le vrai maître du jeu : Jupiter, indice d’épanouissement dans la légalité, ou Neptune, facteur d’idéal souvent peu compatible avec les nécessités quotidiennes.

Il en résultera deux possibilités. Si Neptune domine, ce peut être le cas d’un intellectuel ou d’un artiste, recherchant l’expression subtile et poétique de ses visions intérieures. Si Jupiter domine, ce sera plutôt un être habile, apte à tirer parti des circonstances avec une chance appréciable.

L’intuition Poissons s’oriente donc vers deux champs d’action opposés.

L’un des problèmes psychologiques soulevés dans le duo GémeauxPoissons est la difficulté que ressent le côté Gémeaux à s’exprimer avec son aisance habituelle, tant il risque de se perdre dans les nuées des Poissons : il éprouve alors la pénible impression d’être contraint au mutisme ou de ne pas posséder la clarté intellectuelle qui caractérise son signe.

A un certain niveau d’évolution, on peut trouver des savants, des psychologues, des astronomes, des diplomates. Le type peu évolué se contentera d’une existence apparemment paisible, livrée à la routine, avec des aspirations assez vagues, se réalisant chaque année dans des vacances qui le feront pénétrer dans un univers différent. Certains animent de petits groupes amicaux centrés sur une communauté de goûts et d’idées, comme l’écologie, l’hindouisme, le naturisme, la macrobiotique.

Comment interpréter les aspects de Mercure avec les autres Planètes

Les planètes évoluant dans le Zodiaque à des vitesses différentes, l’observation a prouvé qu’à certains moments de leur course il se crée entre elles un rapport, évalué en degrés de longitude. A ces moments, les planètes en question semblent s’activer mutuellement, d’une manière que les humains ressentent de façon agréable ou désagréable, favorable ou contrariante.

L’exemple classique est celui des phases de la Lune : au moment de la nouvelle Lune, le Soleil et la Lune se retrouvent au même degré zodiacal par rapport à la Terre ; ils sont en conjonction. A la pleine Lune, ils sont placés à des degrés se faisant face, ils sont en opposition. Au premier et au second quartier, ils sont séparés par 90 degrés, et l’aspect prend alors le nom de quadrature ou carré.

Jusqu’à la moitié de ce siècle, on classait les aspects en maléfiques, bénéfiques ou neutres. Puis on a dit favorables et défavorables. Enfin, les expressions harmoniques et dissonantes, ou aspects de détente et aspects de tension, ont prévalu, les anciennes expressions provoquant trop souvent une inquiétude excessive dans l’esprit des consultants.

Quel est l’effet général des aspects ?

Avec la conjonction, les planètes en cause, séparées par une distance de 0 à 10 degrés, semblent unifier leurs effets, opérer une sorte de fusion. Avec l’opposition, chacune d’elle s’efforce de jouer son rôle au détriment de l’autre : c’est donc un aspect de séparation, d’hostilité, de compétition.

Le carré crée une sorte de tension, parfois très stimulante, mais qui risque de susciter des obstacles continuels ou des hostilités permanentes. Quant aux aspects harmoniques, le trigone, valant 120 degrés avec un orbe de 8 degrés, et le sextile (60 degrés) avec une approximation de 5 degrés, ils créent des situations de facilité et d’optimisme. Il existe enfin des aspects mineurs, dont le rôle, en dépit de certaines affirmations, ne doit pas être négligé : ce sont le semisextile (30 degrés), le semi-carré (45 degrés), le sexqui-carré (135 degrés) et le quinconce (150 degrés) ; ils n’admettent que 1 degré d’orbe.

Le rôle des aspects est extrêmement important en astrologie : ce sont eux qui, par leurs rapports amicaux ou hostiles, modifient parfois presque totalement l’apport d’une planète. Kepler, qui fut astronome et astrologue au XVIIe siècle, disait poétiquement que les aspects sont la musique des sphères célestes. Il disait aussi que s’il lui fallait abandonner une partie des affirmations de l’astrologie, il conserverait avant tout les aspects.

Il ne faut pas, cependant, dramatiser les significations des aspects, les prendre totalement au pied de la lettre. L’interprétation d’un thème doit être globale : les débutants ne doivent pas croire qu’elle consiste à additionner toutes les significations données dans les manuels, comme une accumulation de pièces détachées. Chacune ne prend sa signification réelle que par rapport à l’ensemble du thème, et c’est là tout l’art de l’astrologue.

Seuls les aspects de Mercure seront étudiés ici, c’est-à-dire les aspects qu’il forme avec les neuf autres planètes.

Mercure-Soleil

Seule la conjonction peut exister, ces deux astres ne pouvant être séparés de plus de 28 degrés.

On distingue la conjonction supérieure, avec Mercure en sens direct et placé avant le Soleil dans l’ordre normal des douze signes, qui stimulerait alors les besoins d’enrichissement de l’esprit. Avec la conjonction inférieure, Mercure étant rétrograde et placé à 1 degré plus haut que le Soleil ou dans le signe suivant, la capacité du mental n’est pas atteinte, mais le sujet peut manquer de prévoyance, se livrer à l’improvisation, etc.

En pratique, et dans son ensemble, la conjonction MercureSoleil accentue les possibilités d’adaptation (sauf intervention d’un aspect contrariant d’une troisième planète), développe la facilité d’expression sur tous les plans. Ainsi se forme une sorte de centre des valeurs rationnelles et conscientes.

Selon la Tradition, une conjonction trop rapprochée de ces deux astres, dite « combuste » serait nocive, produisant une sorte de cerveau brûlé, manquant de logique et de raison. Mais cette affirmation mérite d’être vérifiée.

Mercure-Lune

Ces deux astres très rapides mettent en jeu l’intuition et la logique, l’imagination et l’observation, augmentent la rapidité des réflexes.

Aspects harmoniques (y compris la conjonction). La liaison entre le sensible et le mental crée un équilibre harmonieux, développe la mémoire, facilite la vie pratique aussi bien que les facultés intellectuelles. Parfois, un peu de paresse. Grandes facilités de contact sur le plan social.

Aspects dissonants. La logique est absente, l’intelligence et la sensibilité se heurtent. Le sujet peut être léger, futile, instable, tête de linotte, versatile. Trop limité par le quotidien, il peut à l’inverse faire une grande place à la fantaisie. Le défaut de concentration, la mémoire capricieuse, l’esprit de contradiction, tout cela joue défavorablement dans les rapports avec l’entourage proche, surtout les frères et sœurs, et gêne le cours des études, sauf intervention d’une tierce planète rééquilibrante.

Mercure-Vénus

Seuls peuvent exister la conjonction, le semi-carré et le sextile.

Dans l’ensemble, ces aspects n’ont que peu d’importance sur le plan intellectuel. Le côté un peu sec exprimé par Mercure se trouve ici adouci, tenant mieux compte de la sensibilité d’autrui. C’est un élément très positif dans les relations amicales et sociales où le charme peut jouer un rôle, le côté humain devenant prioritaire. Il subsiste cependant la lucidité un peu critique de Mercure qui n’est pas dupe, mais qui, de son côté, sait allier l’adresse et la séduction. Tendances artistiques assez fréquentes. Le semi-carré diminue ces traits positifs et provoque souvent des erreurs du comportement amoureux, allant de l’impatience à la légèreté, à la dissimulation, à la maladresse.

Parfois, reconstruction de la vie affective entre quarante-deux et quarante-cinq ans, après bien des intrigues.

Mercure-Mars

Aspects harmoniques. On trouve une grande activité mentale, Mars apportant le dynamisme et parfois l’agressivité. Le sens critique ne manque pas, mais l’adresse, la dextérité même, à la fois cérébrale et corporelle, est un atout important. Les débouchés professionnels exigeant de l’action ne manqueront pas, à n’importe quel niveau. Souvent, décisions imprévisibles, soudaines mais pouvant être modifiées après réflexion.

La conjonction est à la limite de la dissonance, car elle incite à l’action immédiate sans réflexion suffisante. Le sens de l’humour, l’esprit volontiers caustique font des polémistes : déjà en germe dans les bons aspects, ces traits s’accentuent ici, tout en conservant l’enthousiasme, l’audace qui permettent de s’imposer, les qualités pratiques et constructives. L’amour de la discussion et de la dialectique reste dans des limites acceptables.

Aspects dissonants. Avec le carré et l’opposition, les notations précédentes sont portées à un niveau de contestation, d’irritabilité ne supportant pas la contradiction, ni même la simple discussion. Caustique, sarcastique, chicanier même, le sujet ne peut se contrôler en raison de son agitation. On lui attribue bien des points négatifs qui, naturellement, ne sont pas tous à prendre en même temps, mais contribuent à noircir la situation. Le lecteur dont le thème comporte cette dissonance en admettra tout de même quelques-uns, ne serait-ce que l’impatience et l’imprudence génératrices d’accidents corporels.

L’effet de la conjonction est intermédiaire entre l’harmonique et le dissonant. De toute façon, les aspects MercureMars font un sujet en perpétuel mouvement, ayant du mal à trouver le calme et le repos, qui, du reste, l’ennuient. Sa façon de discuter sans cesse tout en ne craignant pas de heurter ses interlocuteurs lui vaudra plus d’ennemis que d’amis véritables. Au fond, l’agressivité martienne perturbe plus ou moins les qualités mercuriennes.

Mercure-Jupiter

Aspects harmoniques. La conjonction figure parmi les aspects harmoniques. L’intellect gagne en largeur de vue sans négliger pour autant les nécessités pratiques et sociales. Le jugement est sûr et sain, et s’efforce de trouver ce qu’il peut y avoir de meilleur dans chaque être ou dans chaque situation. L’esprit de conciliation permet de s’intégrer avec optimisme à l’existence en atténuant ou résolvant pacifiquement les conflits, mais l’optimisme est parfois excessif. Le côté matériel n’est pas négligé, mais l’avidité et l’excès de jouissance sont écartés, car on en connaît les inconvénients.

Au fond, cet aspect développe un côté habile mais juste et bienveillant, sachant tirer le meilleur emploi de ses capacités, aussi bien dans une activité intellectuelle que dans les affaires, comme par exemple l’édition. Cet aspect peut constituer un élément de philosophie sage et compréhensive.

Aspects dissonants. Les dissonances font ressortir le côté négatif de chacun des deux astres. Des exigences matérialistes égoïstes se manifesteront au détriment de la cohésion et de l’équilibre.

L’habileté intellectuelle de Mercure se tournera uniquement vers la satisfaction des intérêts personnels par l’usage du mensonge et de la ruse, qui deviendront des armes habituelles. L’égoïsme conduira à l’imprudence, à une estimation erronée des atouts personnels aussi bien que de ceux des partenaires et des adversaires. La même tendance entraînera des erreurs matérielles, par exemple dans les achats, les transactions commerciales et financières, la fixation des prix de vente, etc. La lucidité naturelle cède devant l’esprit jouisseur d’un Jupiter dissonant. On peut également agir à la limite extrême de la légalité, par la connaissance pratique des textes légaux et juridiques. Parfois, un sentiment d’infériorité intellectuelle veut se compenser par une supériorité matérielle. Il faut qu’il existe d’autres aspects puissants et favorables dans le thème individuel pour que cette dissonance ne soit pas source de sérieuses difficultés.

Mercure-Saturne

Les aspects MercureSaturne, de par la nature propre de ces deux astres, accentuent la cérébralité, le côté sec et un peu froid, ils apportent un frein à la liberté divagatrice de Mercure, avec une certaine dose de gravité et d’intériorisation.

Aspects harmoniques. C’est sur le plan intellectuel surtout que ces forces joueront au mieux car le raisonnement logique et déductif atteint son maximum, il est rigoureux et la pensée veut aboutir à un résultat effectif. La concentration de l’esprit facilite l’aboutissement philosophique ou la tendance à l’abstraction. Méthode, rigueur, profondeur, sérieux, continuité, persévérance même, rationalité jusqu’au-boutiste, telles sont les armes qui aboutissent à la certitude. En somme, c’est l’esprit cartésien. Cela exclut toute fantaisie, toute donnée intuitive. Pratiquement, le sujet a le sens de ses responsabilités et est fortement attaché à ses idées, qui deviennent des principes. Se croyant très objectif, il lui arrive de ne pas l’être. Professionnellement, c’est un atout pour un expert-comptable, un contrôleur de gestion, un directeur financier.

La conjonction relève des aspects harmoniques, mais il s’en faut parfois de peu pour que, l’âge aidant, elle atteigne la dissonance.

Aspects dissonants. La cérébralité peut tourner à l’introversion, à la rumination mentale.

Parfois, risque de retards dans le développement intellectuel, difficultés d’expression comme le bégaiement. Une certaine dureté se fait jour, rendant les contacts humains difficiles, sans ouverture, car le sujet se montre soupçonneux, calculateur, trop intéressé, routinier, sceptique, sans idéal, sectaire dans ses idées. Peu confiant en lui-même, il manque de courage physique et tombe parfois dans l’apathie, le renoncement à l’effort. Il voit avant tout l’avantage qu’il peut tirer. Sa froideur décourage les amitiés, il ne comprend pas les actes désintéressés, il est plus souvent amer et déçu qu’heureux et épanoui. Ce triste tableau peut s’éclaircir par l’effet d’aspects compensateurs venant de Jupiter ou de Neptune.

Mercure-Uranus

Les aspects MercureUranus donnent naissance à un type d’intelligence assez remarquable qui peut rendre le sujet constamment orienté vers la nouveauté, l’originalité, le perfectionnement. Ce côté novateur, détaché des chaînes du déjà vu, d’une tradition vermoulue et obsédante, s’exprime avec une grande finesse. L’intelligence saisit d’emblée le point crucial, l’essentiel d’une théorie, d’un problème, d’une mise en pratique. Le jugement est à la fois intuitif et fondé sur des faits irréfutables. Autant dire que le sujet est capable de s’inscrire à la pointe d’une spécialisation, qu’elle soit intellectuelle, technique ou autre. Il apporte des vues nouvelles ou jusque-là ignorées : sans nier le passé, il le dépoussière et le remodèle. C’est l’intelligence libérée de toute contrainte et prenant son envol vers l’avenir. Capable de synthèses audacieuses et en général confirmées par l’expérience, le sujet est doué pour l’expression sincère et convaincante de ses idées. Sa faculté d’adaptation aux êtres facilite son insertion sociale, de préférence dans des activités et des techniques de pointe. Son arme intellectuelle de choc est une extrême rapidité dans l’association des idées, grâce à la finesse de son système nerveux. Tout cela implique une forte tension nerveuse, qui s’amplifie dans la conjonction et devient excessive et contrariante dans les aspects dissonants.

L’habileté dialectique peut être fascinante pour des esprits moins dynamisés. Aspects dissonants. Comme dans les conjonctions de Mercure avec Mars ou avec Saturne, la conjonction peut se trouver à la limite de la dissonance, tout en astrologie étant question de dosages nuancés.

Les dissonances font ressortir l’accentuation de l’esprit novateur en esprit d’aventure aussi bien qu’en esprit de système se bloquant lui-même par sa propre crispation. Le sujet, en effet, de nerveux devient crispé, instable, manquant d’efficacité et de précision, incapable de cette adaptation facile qui fait la valeur des aspects favorables, la souplesse devenant raideur. La dialectique devient mauvaise foi, contradiction permanente et systématique. La marche en avant devient entêtement, la logique est celle de l’absurde, l’originalité est excentricité. Mercure et Uranus sont en conflit au lieu de coopérer. Si la perspicacité diminue, il n’en reste pas moins que l’intellect reste à un bon niveau de compréhension.

Mercure-Neptune

Les aspects MercureNeptune mettent en rapport le mental et l’intuition provenant du psychisme inconscient. L’intelligence rationnelle de Mercure s’imprègne d’une sensibilité, d’une réceptivité venant par vagues. Il en résulte une sorte de flair qui ne trompe pas, si des aspects harmoniques venant d’autres planètes s’y incorporent, sinon la réceptivité neptunienne laisse la porte ouverte aux fantasmes. Il est essentiel que Mercure puisse continuer à faire jouer son esprit critique afin de ne pas se perdre dans les nuées de l’irrationnel.

Aspects harmoniques. L’intelligence, fécondée par ces aspects, est susceptible de réaliser ses dons d’une façon surprenante, et la sensibilité devient créatrice. Les esprits scientifiques peuvent alors trouver des solutions imprévues dans leurs recherches. C’est l’intuition créatrice de Bergson. Ce mélange de rêverie et de pensée logique peut aussi se traduire par un idéalisme un peu vague, qui détache le natif des exigences quotidiennes pour lui faire atteindre l’évasion par l’art ou le sentiment poétique, au détriment de la vie pratique. On trouve parfois la connaissance par une sorte de sens visionnaire, médiumnique même.

Aspects dissonants. Plus l’aspect dissonant est fort, moins on trouve de capacité de concentration mentale, et plus le mental risque de voguer vers le flou, de perdre tout contact avec la vie matérielle. Le caractère est porté à prendre ses désirs pour des réalités et à négliger les contingences extérieures. Sa grande sensibilité le rend vulnérable, il est contre toute décision énergique, virile, et vit trop souvent dans un climat irréel, confus, où la chimère côtoie le mensonge. Quoi d’étonnant à ce que la vérité s’estompe, que l’on se fasse aisément duper, et, si l’on est sans principes solides, qu’on trouve plaisir à tromper les autres !

Mercure-Pluton

On entre ici dans un domaine où la connaissance est encore incertaine, en raison de la proximité de la découverte de Pluton (1930). Pluton est considéré comme constructif ou au contraire comme un élément destructeur, et détermine ainsi l’impact des aspects.

Aspects harmoniques. L’intelligence n’est nullement diminuée ou bloquée par l’action de Pluton. Celle-ci se traduit par une accentuation de la perspicacité, par le désir de découvrir tout ce qui est caché et de l’amener au grand jour. Le sens critique est acéré, il se met au service de la volonté de puissance plutonienne. Les bons aspects permettent de dominer les terribles forces souterraines symbolisées par Pluton et de ne les utiliser qu’à bon escient, tout au moins en sachant ce que l’on fait. Ils aident à prendre conscience de ce terrible capital de puissance instinctive. Dans les meilleurs cas, cet aspect stimule un inextinguible besoin de création personnelle qui, même réalisé, laisse insatisfait, mais provoque chez autrui une sorte de fascination. La lutte pour la puissance peut prendre la forme d’une conquête de l’argent considéré comme le moteur du monde.

Aspects dissonants. Les tendances étudiées se maintiennent, mais en tenant compte d’une accentuation dangereuse de l’inquiétude psychique, engendrant une vie tourmentée. L’ambition devient dévorante, le sujet est en proie à une surévaluation de ses idées et de ses capacités.

L’intellect ne maîtrise plus les forces profondes, mais est sous leur coupe et produit un comportement révolté ou destructeur. Cette outrance, alliée au désir de domination, se traduit par des intrigues répétées, des complications, des inimitiés irréductibles. Il faut ajouter une sorte de cabotinage de mauvais aloi qui pousse le sujet à travestir ses idées et ses intentions, rappelant ainsi que Pluton, chez les Latins, était un dieu à deux faces.

Comment interpréter les Planètes dans les Signes

Dans leur course incessante autour du Zodiaque, les dix planètes, chacune à sa vitesse propre, traversent successivement chacun des douze signes. Il arrive qu’une planète donnée semble s’épanouir dans un ou deux signes, et au contraire s’étioler dans un ou deux autres, son action étant normale dans les huit restants. De même qu’une graine prospérera ou non selon le terrain où elle a été semée, de même l’action d’une planète sera amplifiée ou contrariée selon le signe qu’elle traverse. S’il y a harmonie, on dit que la planète est en domicile dans ce signe, qu’elle est maîtresse de ce signe ou qu’elle le gouverne ou le régit. Si l’affinité est particulièrement intense, la planète est dite en exaltation. Dans le cas contraire, elle est dite en exil ou, plus encore, en chute.

Il faut savoir que la présence d’une planète dans un signe quelconque ne transforme pas la signification fondamentale de la planète, mais donne une certaine coloration à son action. C’est ainsi que Mars, astre du dynamisme et de l’agressivité, ne jouera pas de la même façon selon qu’il se trouvera dans le Bélier, avec lequel il est en affinité particulière, ou dans le Cancer, signe d’Eau qui le rend plus réagissant que spontanément actif.

De même, on ne peut tirer aucune signification spéciale de la présence d’une planète dans un signe. Aucun type d’événement ne peut en résulter. L’action d’une planète sur le destin d’un individu peut se marquer par sa position dans l’une ou l’autre des douze Maisons, mais non par sa position en signe, qui est beaucoup plus générale.

Les Planètes dans les Gémeaux

Soleil en Gémeaux

Le Soleil est l’archétype du père, du chef, du héros, psychologiquement l’idéal du Moi. Il a surtout pour effet de valoriser les diverses significations du signe dans lequel il est placé ; on se reportera donc aux chapitres précédents. Sa force peut être modifiée, positivement ou négativement, en fonction des rapports angulaires ou aspects qu’il peut former avec d’autres planètes.

Lune en Gémeaux

En revanche, on pourrait être intarissable lorsqu’il s’agit de la Lune. Si les significations fondamentales du Soleil sont relativement simples, celles attribuées à la lune sont presque illimitées.

La part de la Lune en astrologie, c’est ce que le Soleil lui a laissé. L’astre du jour symbolise notre action personnelle et profonde pour réaliser un certain idéal social et professionnel, notre volonté de puissance, il a trait au côté conscient et objectif de notre vie. La Lune, elle, a pour domaine l’inconscient, ses automatismes qui règlent notre vie végétative, ininterrompue pendant le sommeil. Elle concerne aussi l’imagination, le rêve, la mémoire, la faculté d’adaptation inconsciente à la vie.

Si le Soleil est rayonnant, émetteur, positif, la Lune est réceptive, absorbante, négative. C’est pourquoi le Soleil est considéré comme l’élément mâle, viril, et la Lune comme l’élément féminin ; il est la masculinité, elle est la féminité ; il est réfléchi et entier, elle est impulsive et adaptable. Le Soleil est l’autorité, elle est la dépendance.

Cette différenciation nous permet de mieux envisager le très vaste éventail de significations que recouvre l’enseigne lunaire. Il convient d’ajouter que, chez la femme, la Lune représente globalement sa féminité, la façon dont elle vit sa condition féminine. Chez l’homme, en dehors du côté inconscient, la Lune représente l’image de la femme, de la mère, de l’épouse. C’est enfin sa vie intime, son épanouissement, l’enfant qui subsiste en lui, son psychisme primitif, archaïque.

La position de la Lune dans les Gémeaux doit donc présenter une gamme de significations intimement liées au symbolisme de ce signe.

C’est surtout la parfaite adaptation entre la planète et le signe, puisqu’il s’agit d’un astre symbolisant le changement constant, le plus rapide de tous, et d’un signe tout aussi réputé pour sa mobilité, exemple même de la primarité psychologique. C’est l’instant présent qui est privilégié, instant dont la fugacité est celle de l’hirondelle.

Le monde de l’inconscient est ici constamment agité par les fluctuations de l’environnement, le changement incessant des circonstances et des contacts, mais il ne s’agit là que d’une agitation de surface, celle de la brise qui fait naître des vaguelettes. Les racines de l’être ne semblent pas en être ébranlées. Extérieurement, l’humeur est vagabonde, elle varie selon les émotions du moment et ne peut être saisie. Elle s’est déjà transformée lorsque l’interlocuteur l’a saisie au vol. Pour mieux dire, c’est la Lune natale de Brigitte Bardot, astre cinématographique qui a suffisamment occupé la chronique pour que l’on sache de quoi il retourne. Un prompt emballement, vite tombé dans l’oubli, aussi vite remplacé par une passion non moins vive ; et il ne s’agit pas seulement de l’affectivité, mais aussi de l’humeur, qui ne peut être autre que capricieuse et frissonnante. Sur le fond mercurien, en perpétuelle vibration, la Lune multiplie les variations de ses phases, même si sa face cachée reste obstinément ignorée.

L’homme aussi, bien entendu, peut avoir la Lune en Gémeaux ; il n’en est pas féminisé pour autant, mais l’agrément et la légèreté de sa conduite forment un trait marquant, contrastant parfois curieusement avec le restant du thème. On ne sera pas surpris de la trouver chez Gilbert Bécaud, où elle allège son Scorpion natal. Elle représente le côté infantile qui peut persister chez les non-Gémeaux, elle est en même temps facteur de variabilité dans le comportement, témoin Talleyrand. La Lune en Gémeaux de Mussolini, natif du Cancer, lui a inspiré son attitude de simili sportif entraînant ses ministres épuisés dans des exhibitions : course, natation, etc. Cette Lune est aussi capable d’apporter un supplément d’inspiration, peu profonde, mais rapide et vivante, aux écrivains en panne.

Mais c’est sur le plan de l’affectivité que les significations sont les plus accentuées. André Barbault insiste sur le rapport indiqué par la Lune en Gémeaux tel qu’il est vécu dans l’enfance avec la sœur, la cousine, la petite camarade (et inversement avec le frère, le cousin, le camarade).

Ce rapport influera sur les relations affectives de l’adulte, lequel tendra inconsciemment à se placer dans des situations triangulaires, où le duo amoureux se déforme en trio avec l’intervention d’un troisième larron, plus ou moins accepté dans le couple. Parmi les nombreux cas cités par Barbault, on détachera Chateaubriand, très marqué par son affection pour sa sœur Amélie ; le grand Condé, amoureux de sa sœur Anne ; le trio formé par Louis-Philippe, sa femme et sa sœur Madame Adélaïde. De tels cas ne vont pas forcément jusqu’à l’inceste, mais indiquent un attachement excessif dépassant le cadre fraternel. Citons encore Marguerite de Valois et ses trois frères Charles IX, Henri III et le duc d’Anjou, dont les liens sont bien connus.

En dehors de cet aspect bien particulier, il en est d’autres. On peut avoir une Lune en Gémeaux à la naissance, et n’avoir ni frère ni sœur, le rapport se formant sur la petite amie d’enfance, toujours présente intérieurement.

En tant que représentation astrologique de l’anima, la Lune est l’image du type féminin auquel l’homme est sensibilisé et qu’il recherche toujours au long des années. Ce type, ou plutôt cet archétype, se modèle selon la nature du signe et aussi selon les aspects reçus d’autres planètes. Mais cela nous entraînerait un peu trop loin. Sous le seul angle de la Lune en Gémeaux, l’homme, quel que soit son signe et son ascendant, tend à intellectualiser cette image féminine et se sent de préférence attiré par les femmes intelligentes et spirituelles. Le dialogue et la conversation peuvent prendre le pas sur l’attraction sexuelle. En fait, il a besoin d’une compagne peu encombrante, d’une amie tendre, et surtout extravertie, spontanée, sans arrière-pensées. Il ne comprend pas tellement les désirs plus concrets d’une femme à la Lune en Taureau ou en Scorpion, il veut être sur un pied d’égalité. C’est presque la mode unisexe.

Sur le plan affectif, la Lune en Gémeaux chez une femme apporte un besoin de discuter, de raisonner, en un mot de rationaliser presque tout ce qui a trait aux relations sentimentales. Selon l’astrologue américaine Julienne Sturm, il y aurait un besoin de « verbaliser » les émotions, de les disséquer, de les cataloguer. Un certain langage pseudo-intellectuel en vogue, imprégné de sociologie, se prête admirablement à ces exercices de style coupés de la vie. Une certaine froideur, bien mercurienne, se cache sous les mots, le contact étant plus superficiel qu’intime et chaleureux.

Comme le dit excellemment Barbault, cette Lune est l’archétype de la féminité « à fleur de peau », qui n’engage pas en profondeur et contrarie donc les grandes et authentiques passions, celles qui marquent un destin. Mais l’agréable contrepartie est que la femme Gémeaux, et plus encore la femme avec la Lune en Gémeaux, dispose d’une grande aisance d’adaptation, qui lui permet de se modeler sur l’homme qu’elle aime, quels que soient son milieu, ses goûts, ses idées, sa profession. En fait, cette disponibilité traduit une incertitude, celle de la juste estimation de soi. Le manque de racines profondes – sauf toutefois si une configuration planétaire importante intervient – rend trop sensible aux conflits et aux crises, la personnalité ayant du mal à s’arc-bouter. La solution de facilité, c’est la fuite.

La vie quotidienne, ses incidents, ses fluctuations sont aussi du domaine lunaire. Avec la Lune en Gémeaux se manifeste un climat de changement, d’inconstance dans les projets quotidiens, dans les études, les motifs d’intérêt. Beaucoup de sociabilité, certes, une grande facilité d’adaptation quasi immédiate aux problèmes pratiques. Une certaine négligence se remarque parfois dans la tenue de la maison, où règne un désordre très intellectuel, où livres et magazines tiennent une grande place, le confort passant au second plan. La vivacité de l’esprit est un atout dans des activités telles que le journalisme, apprécié aussi par ses possibilités de voyages et déplacements. La productivité du travail est gênée, deux préoccupations simultanées pouvant se présenter à l’esprit. Certains affirment que des changements considérables d’existence ne sont pas rares dans l’enfance ou la jeunesse. Bien du temps est gaspillé en discussions et bavardages. La facilité presque trop grande de l’élocution n’est pas toujours un atout.

Vénus en Gémeaux

Certes, Vénus n’est pas mal placée dans les Gémeaux, mais elle s’y trouve un peu comme Mercure dans le Taureau. L’affinité planète-signe n’est pas totale.

Le désir de plaire, et surtout, a-t-on pu dire, de ne pas déplaire, est grand, ce qui lui vaut beaucoup d’amis et d’admirateurs. Elle risque de gagner ici un certain goût de l’intrigue, qui lui permet de jouer les coquettes, les Célimène au bel esprit ou, tout au moins, de sembler dans le vent.

Le goût du flirt, de la comédie amoureuse, est fréquent, celui du changement ne l’est pas moins.

Ces deux tendances aboutissent à de nombreuses relations affectives, le flirt plus ou moins poussé surpassant la passion authentique. Au pire, ce serait l’image du papillon. Le choix est difficile, aussi ne le fait-on pas.

Pour ne pas se perdre dans tout cela, il faut ne pas provoquer de drames, conserver un certain sang-froid, une lucidité raisonnable, sous une apparence d’amitié courtoise où chacun croit discerner un amour partagé. La sensualité n’est pas un élément dominant, bien qu’elle ne soit pas exempte de raffinements. La vie sentimentale peut donc être assez compliquée, mais l’adresse permet d’éviter les crises trop périlleuses. Les déceptions, en général, ne durent pas, tant il est facile de trouver de nouveaux partenaires.

Mars en Gémeaux

L’un des Dioscures serait-il Caïn ? Certes pas, car ce signe est pacifique. Mais il aime les joutes oratoires, les combats d’idées, les épithètes qui font mal. L’agressivité représentée par Mars le belliqueux prend donc, surtout en Gémeaux, une forme verbale. On s’accorde à donner à cette position une propension à la polémique, voire à la chicane pour peu qu’une dissonance de Mercure s’y mêle. Certes, il y a un côté positif : ceux qui pratiquent l’art oratoire ne seront jamais à court de souffle ni d’argument avec ce Mars, qui sait conquérir sa liberté d’expression, et même en abuser, car il risque d’ignorer le sens des nuances, et ses reparties sont souvent brutales.

C’est, en tout cas, un important facteur d’activité, pas seulement mentale, qui peut entraîner un certain esprit sportif, la sincérité dans l’action. Mais l’amour-propre réagit par la susceptibilité : les caprices, les colères sont difficilement dominés. Tout cela est un peu remuant, turbulent, avec des vagues d’agressivité inattendues, au moindre prétexte. Il faut dire que les réflexes musculaires sont rapides, le passage à l’acte ne traîne pas, tout au moins le passage à la parole qui vaut un acte.

De bonne foi, il promet plus qu’il ne peut tenir. Il s’efforce de convaincre avec passion. Dans les cas extrêmes, il aboutit au sadisme mental, à une certaine agitation. Avec Mars dans son signe, le Géminien est plus sûr de lui et moins hésitant.

Jupiter en Gémeaux

Opposé à son signe de prédilection, le Sagittaire, Jupiter se trouve en exil dans les Gémeaux, qu’il trouve trop légers pour sa pompe et trop libres pour son autorité paternaliste. Jupiter est considéré comme la planète de l’expansion. On l’appelle le Grand Bénéfique, bien qu’on soit amené à réduire quelque peu le coefficient de chance qu’il représente suivant la Tradition. Mais il indique les possibilités d’expansion du sujet, liées à son esprit social respectueux de l’ordre établi, à son équité et à sa bienveillance. C’est donc une planète favorable à l’intégration heureuse dans la vie. Il donne une propension au bonheur, il permet de réussir socialement et matériellement grâce à son optimisme, à un certain bon sens, il apporte succès et abondance, facilité d’accession à des emplois représentatifs. Bien entendu, s’il forme des aspects dissonants avec d’autres planètes, les possibilités seront moins réjouissantes.

Dans les Gémeaux, la bonhomie et l’équilibre accompagnés d’autosatisfaction de Jupiter se heurtent à la nervosité un peu fébrile de ce signe. Un peu dérouté, Jupiter n’utilise pas ses atouts habituels avec autant d’efficacité. Les avis des astrologues sur cette position sont, il faut le dire, quelque peu divergents. Certains y voient la prépondérance des relations humaines sur l’argent, d’autres des aptitudes aux mathématiques et au commerce. Droiture et loyauté pour les uns, avec la mise en valeur des qualités intellectuelles. Pour d’autres, paresse physique, atténuation de l’éparpillement mental, dualité des sources de revenus. Tout cela est plutôt imprécis. Barbault dit avec humour que l’autorité et la puissance de l’astre sont affectées comme celle d’un pontife dans un milieu d’adolescents irrespectueux, mais que cette position est heureuse dans l’ordre de la diplomatie et de l’habileté manoeuvrière.

Il semble finalement que le séjour de Jupiter en Gémeaux soit légèrement restrictif et qu’il ne puisse y développer l’essentiel de ses qualités. Pour un natif des Gémeaux, la position de son Jupiter natal serait plus bénéfique s’il était placé en Bélier, en Lion, en Balance ou en Verseau.

Saturne en Gémeaux

Saturne, symbole du temps et de la durée, mais aussi de l’effort patient, se montre possessif et conservateur. C’est l’astre qui nous impose des limites en toutes choses. Sa prudence peut se muer en peur, sa crainte de l’avenir en avarice. Il pousse à la réflexion, à l’introversion, à l’abstraction, il ne s’extériorise guère par peur du ridicule et devient facilement mélancolique et dépressif. C’est lui qui accentue nos inhibitions, nos tabous, provoque nos échecs et nos épreuves affectives. Mais celui qui sait dominer ce côté négatif parvient à la sagesse philosophique, au détachement, à la ténacité qui aboutissent à la sécurité morale et matérielle.

On admettra qu’un astre aussi sec et peu enclin à une certaine joie de vivre comme à une

animation turbulente ne se sentira guère à l’aise dans le signe jeune et perpétuellement en mouvement des Gémeaux. Cette fois-ci, c’est le vieux monsieur strict chez les joueurs de ping-pong. Sa logique excessive tue la fantaisie, et l’humour devient de l’humour noir. Certes, il peut y avoir un acquis pour le signe, dans la mesure où Saturne peut donner un apport de circonspection, de sagesse, de concentration, de résistance morale devant les épreuves, de minutie, de discrétion, le sens des responsabilités, ce dernier parfois excessif. Mais il peut aussi, par réserve ou inhibition, éteindre le côté brillant des Gémeaux, le sens de la repartie devient l’esprit d’escalier, ou se fait trop lourd. C’est un Saturne qui veut se rajeunir, un Gémeaux qui veut être trop sage au risque d’étouffer sa spontanéité. Il est un fait que bien des Gémeaux nés dans une période où Saturne traversait leur signe ne correspondent plus au portrait habituel de leur signe et sont fortement saturnisés. On objectera que Johnny Halliday est un Gémeaux trépidant et survolté, en dépit de – car l’astrologie dans son interprétation est un dosage subtil – Saturne. La réponse est qu’Uranus était également dans son signe et venait fortement modifier la tendance saturnienne.

Uranus en Gémeaux

Uranus, qui gouvernait le chaos, est considéré comme l’astre de l’individualisme le plus poussé, qui veut à tout prix se démarquer du milieu ambiant. Hyperrationnel, peu sentimental, maître du Verseau, il a quelques analogies avec Mercure, mais poussées à un niveau plus brutal ; il est systématique, intolérant, il tend à entraîner vers un avenir robotisé, froid, excluant les faibles et les cœurs sensibles. Il crée l’imprévu, les destins en dents de scie, impose des techniques toujours nouvelles.

Avec lui, comme avec Neptune et Pluton, il est difficile d’indiquer des tendances de caractère se rapportant à la vie quotidienne.

Uranus met sept ans pour parcourir un signe. Ce n’est donc que tous les quatre-vingt-quatre ans qu’il se retrouve dans le même secteur zodiacal. Il s’est trouvé dans les Gémeaux de 1942 à 1948, et l’on a pu constater l’accord entre le côté nerveux et remuant du signe, et l’effet électrisant de la planète, ainsi que le facteur commun que constitue le côté intellectuel et cérébral de leur nature.

Uranus, très à son aise en Gémeaux, y agit comme s’il induisait un courant électrique susceptible de galvaniser les Gémeaux et de leur donner un sens plus aigu de leur Moi et d’atténuer leur tendance dispersive.

Leurs diverses capacités gagnent en intensité, mais, en contrepartie, le côté nerveux risque de s’accentuer fortement. Pour les gens calmes, un tel Gémeaux est une pile électrique qu’il est pénible de supporter longtemps, en raison de son manque de patience et parfois de son agitation permanente.

Sur le plan intellectuel, en revanche, l’audace des idées, la stimulation permanente, le besoin de nouveauté et une sorte de dépassement permanent marquent l’empreinte Uranienne. C’est pendant la période 1942-1948 que la technique permettant les vols interplanétaires a pris naissance avec la production des engins destructeurs V1 et V2. C’est aussi la période d’incubation de la bande dessinée, technique très Gémeaux. Uranus a apporté dans ce signe son processus de fuite en avant et la multiplication des techniques d’avant-garde. Il est curieux de noter que lors du séjour d’Uranus dans la Vierge, autre signe mercurien très cérébralisé, se sont développées les techniques de miniaturisation qui entraînèrent l’essor foudroyant de l’électronique appliquée. Pendant le passage en Scorpion (1974-1981), on a pu remarquer le début d’application de l’énergie solaire et, sur un plan très scorpionique, la révélation intensive au public des techniques sexuelles.

Neptune en Gémeaux

Neptune, prince de l’élément liquide, perd-il sa sensibilité dans un signe qui le dessèche ? Ou lui transmet-il un peu de sa grande sensibilité ? Son dernier passage dans ce signe s’est produit de 1889 à 1901, mais il est difficile de préciser l’influence qu’il y a exercée, car en même temps, une autre planète lente s’y trouvait – Pluton – dont on ignorait alors l’existence.

Il semble donc y avoir plus de théorie que de constatations effectives dans ce que l’on peut en dire. Selon André Barbault, l’émotivité Géminienne serait intensifiée et la sensibilité de l’astre le serait aussi, dans un échange courtois de bons procédés. D’autres astrologues affirment que l’intuition devient plus lucide, que l’action neptunienne devient plus créatrice, se cantonnant surtout sur l’immédiat, le quotidien. On y voit aussi des dons de clairvoyance, surtout dans les affaires, et les femmes seraient peu fidèles. Certains décèlent des tendances hystériques, des états d’âme chaotiques.

On remarquera que dans la période 1889-1901, le développement de l’instruction publique était devenu une véritable mystique laïque. Il faudra attendre le milieu du XXIe siècle pour faire de nouvelles observations sur le tas, si j’ose dire.

Pluton en Gémeaux

On se souviendra que Pluton n’est apparu devant les télescopes qu’en 1930. Comme pour

Uranus et Neptune, le champ d’observation se limite donc rétroactivement à la période 1883-1914.

Selon Lisa Morpurgo, Pluton a alors influencé le comportement d’une génération intellectuellement éveillée. Et il est vrai que l’on ne s’était jamais posé autant de questions qu’à cette période, qui était à la fois la fin d’un siècle et le commencement d’un autre, tant il est vrai que Pluton, comme Janus, est à double face. Cette génération était lucidement critique envers les idéologies et les éthiques des époques antérieures. Mais elle a aussi été attirée par le culte de la personnalité. André Barbault a exprimé une opinion à peu près semblable en disant que Pluton en Gémeaux se mue généralement en sadisme mental, ou apporte une inquiétude intérieure qui fertilise la recherche de l’esprit. Négativement, Lisa Morpurgo indique une tendance à la corruption et à l’escroquerie, et il est vrai que les premiers grands scandales financiers d’envergure internationale eurent lieu à cette époque, témoin l’affaire du canal de Panama.

Si l’on envisage son côté négatif, le passage plutonien en Gémeaux, signe de la respiration et des poumons, a correspondu au maximum d’intensité des ravages de la tuberculose pulmonaire et à la construction d’immenses sanatoriums aujourd’hui abandonnés.

Il est assez difficile de définir Pluton, qui ne peut être considéré ni comme un épouvantail ni comme un porte-bonheur. Selon la mythologie, il était le dieu des enfers, mais l’enfer des Grecs est très différent de l’enfer judéo-chrétien. Il n’était pas seulement un lieu de tourments mais surtout le séjour des morts, qui se répartissaient en bienheureux ou en punis. Pluton, souverain de ces lieux souterrains, distribuait à la fois les punitions et les récompenses.

Il fut également considéré comme le dieu des richesses, d’où le terme « ploutocratie » pour désigner les super-capitalistes en tant que classe dirigeante. L’influence de Pluton échappe à toute caractérologie bien tranchée. S’il occupe une place importante dans un thème, il signifie ambition tenace, capacité de s’imposer par la force. En aspect dissonant, surtout avec Saturne, il crée l’angoisse, le pessimisme, le goût du néant, entraîne dans l’existence des traversées du désert. Mais s’il est positif, il apporte des facultés de régénération, de mutation même, et ouvre à l’être des possibilités infinies. Mal relié à Mars, il devient un facteur de sadisme et parfois d’auto- destruction. Ses analogies avec le Scorpion sont évidentes, et l’on pourrait dire que dans ses passages à travers les signes, il dépose quelques ferments scorpioniques.

Comment interpréter Mercure dans les Maisons

En sa qualité de planète « maîtresse » du signe des Gémeaux, Mercure doit être étudié successivement dans chacune des douze Maisons. Pour la facilité de l’exposé, il ne sera pas tenu compte du signe dans lequel se trouvent à la fois Mercure et la Maison considérée, car de telles indications ne peuvent se trouver que dans un manuel complet d’astrologie, et ne peuvent prendre leur pleine signification que si l’on fait entrer en ligne les aspects possibles avec les autres planètes.

Mercure en Maison I

Le rôle de Mercure sera amplifié dans la mesure où il sera placé plus près de l’Ascendant ou début de la Maison I, devenant ainsi planète dominante de la personnalité.

Si les aspects reçus sont propices (sextile ou trigone, la conjonction étant ambivalente), Mercure ainsi placé témoigne d’appréciables capacités intellectuelles, notamment dans l’adaptation aisée et souple, et dans l’aptitude au raisonnement logique.

L’ingéniosité, une sorte de virtuosité mentale, la faculté d’expression et même d’improvisation, tout cela forme d’excellents atouts- en vue d’une réussite conforme aux désirs du sujet. Il lui est assez facile de changer d’orientation s’il n’a pu réussir dans la voie d’abord choisie. Le désir avide de connaître et de comprendre favorise l’assimilation de nombreuses connaissances, non seulement sur le plan de la théorie, mais aussi dans leur utilisation pratique.

Le sujet est donc nettement un intellectuel, qui cherche à s’assurer le maximum d’indépendance grâce à ses capacités. Vif, entreprenant, il peut être écrivain, journaliste, commerçant habile. Plus intuitif qu’imaginatif, il excelle dans l’art d’utiliser tout ce qui lui paraît valable. Son habileté et son sens de l’adaptation lui font toujours trouver des solutions avantageuses, il sait lâcher du lest en cas de litige, car, s’il est parfois assez polémique, il n’aime pas les procès, surtout s’il n’est pas très sûr de son bon droit.

En cas de dissonance avec une ou plusieurs autres planètes et Mercure en Maison I, on trouve une adaptation beaucoup moins facile, risquant justement de provoquer conflits et procédures. L’habileté excessive se transforme en mensonge, en dissimulation, en discussions inutiles, rendant la personnalité envahissante et irritante. Suivant l’ensemble du thème, il peut s’agir d’un intrigant que l’on ne doit pas croire, ou d’un individu adroit mais peu scrupuleux dans l’art de mener ses affaires. En somme, c’est un maladroit ou un tricheur.

Mercure en Maison II

Le sujet se tourne d’instinct vers les gains et l’acquisition des biens matériels. Il se plaît à effectuer des transactions où son habileté lui permettra de multiplifier et de développer ses sources de revenus. Ses activités seront toujours rentables d’une manière ou d’une autre. Il n’est pas nécessaire qu’il soit commerçant, car quelle que soit sa profession il saura la rendre rémunératrice.

En dehors de sa profession, il manoeuvrera avec profit lorsqu’il aura à acheter ou à revendre des terrains, maisons, voitures, objets de valeur ou collections, etc. Il s’introduira habilement dans les combinaisons financières, tout cela pouvant être réalisé avec la plus grande honnêteté.

Lorsque Mercure est dissonant, le sujet devient âpre au gain, combinard, obsédé par l’idée de se procurer de l’argent, fût-ce par des moyens peu orthodoxes, car il espère que son habileté l’aidera à ne pas trop s’exposer aux rigueurs de la loi. C’est l’homme qui sait jouer avec les chèques et les traites pour « faire » ses échéances en tirant un peu. Sa maxime devient : « Qui veut la fin veut les moyens », mais l’excès de situations scabreuses finit par lui valoir plus d’ennuis que de succès.

Parfois, c’est simplement le jugement de Mercure qui n’atteint pas le niveau voulu pour se risquer dans de grandes affaires. Au pire, c’est la mauvaise foi voulue, l’escroquerie, le recours délibéré aux fausses factures, à ce que l’on appelait naguère la « carambouille ».

Mercure en Maison III

C’est l’une des meilleures positions pour Mercure, puisque nous savons qu’il y a un rapport d’analogie entre le signe des Gémeaux, lieu de prédilection de Mercure, troisième signe du Zodiaque, et la troisième Maison d’un thème individuel. Le summum serait bien entendu Mercure en Gémeaux en Maison III !

Jointe à une capacité d’observation aiguë et à une grande perspicacité, l’intelligence, rapide et précise à la fois, s’exerce dans le domaine des choses concrètes, immédiates. La curiosité intellectuelle, très vive, nourrit une élocution et une plume également faciles et permet de se constituer une véritable « banque de données » en beaucoup de matières. D’aucuns affirment que les capacités intellectuelles ne peuvent atteindre certains domaines, trop complexes et trop ardus.

Le désir de culture ne serait pas toujours réalisable : il est vrai qu’un tel personnage excelle surtout à saisir les opportunités du moment, les nouveautés, l’actualité. Il faudrait un peu de Saturne pour pénétrer plus au fond des choses.

Cependant, il ne faut pas dénigrer les qualités de cette position. Ce n’est pas si mal que de comprendre vite et bien, d’avoir de la sagacité, de la perspicacité, de savoir s’exprimer, de trouver des débouchés conformes à ce que l’on aime dans la presse, l’édition, de savoir transmettre aux autres ce que l’on sait à l’occasion de cours, de séminaires, de n’avoir aucun problème de communication avec autrui, de sillonner un pays dans des tournées de conférences, bref, d’être parfaitement à l’aise dans tout cela.

Mais si Mercure est dissoné, le désir de se réaliser dans l’une ou l’autre des activités ci-dessus se heurtera à une certaine instabilité de l’esprit, une indécision provoquant des désaccords avec l’entourage sans raisons valables, une mobilité excessive se traduisant par un besoin quasi pathologique de se déplacer sans motifs sérieux, par le risque de rencontrer des désagréments dans ces activités intinérantes. C’est alors que la communication devient un réel problème et que des difficultés apparaissent dans l’entourage proche, en particulier avec les frères ou sœurs, le cas échéant. Le côté ambulatoire devient un complexe d’errance, les rapports fraternels sont vécus sous le signe de l’hostilité.

Mercure en Maison IV

Cette position n’est pas parfaite pour le besoin qu’éprouve Mercure de se déplacer, d’être toujours par monts et par vaux, de contacter les autres. C’est plutôt contraire à la stabilité familiale, à sa sécurité. L’adaptation au milieu familial ne peut se faire que s’il est possible de prendre des initiatives, d’apporter des changements selon ses propres idées, de secouer un peu les usages et les traditions. Cependant l’habileté mercurienne est capable d’arrondir les angles. Au positif, on verra qu’un bon Mercure est capable de développer le patrimoine, de faire fructifier les biens venant du père. Il aura du goût à se créer un habitat confortable et bohème à la fois. Il pourra même exceller dans les transactions immobilières, faire fructifier les terrains et les propriétés bâties. L’intérieur sera moderne, doté des équipements les plus perfectionnés, de façon à laisser l’esprit libre des servitudes ménagères. Selon la Tradition, les changements de résidence peuvent être assez fréquents, ou alors transformations et rénovations assez nombreuses.

C’est un climat jeune et gai qui règne au foyer, et l’entente sera bonne avec les beaux-parents (en principe).

Mais si Mercure reçoit des aspects contrariants, les problèmes matériels ne sont pas rares dans la famille. On devra se préoccuper assez tôt des ressources pour le troisième âge, car ce Mercure est imprévoyant ou préoccupé par des nécessités plus immédiates. L’entente ne règne pas toujours avec les membres de la famille.

Mercure en Maison V

En raison des diverses significations de la Maison V, plusieurs possibilités se présentent ici.

La plupart des astrologues estiment que les plaisirs amoureux et les intrigues sont vécus plus cérébralement que sentimentalement. Parfois, recherche de complications sur le plan de l’érotisme ; l’esprit risque d’être obsédé par le désir de flirts ou d’amours intenses mais de peu de durée, avec une tendance à la recherche de partenaires plus jeunes. L’amour devient un jeu, les aventures se produisent dans un cercle de camarades des deux sexes. Dans certains cas, le goût du jeu peut prendre un caractère professionnel, bien qu’à mon avis l’intervention de Jupiter soit de règle dans les thèmes de joueurs (dans le cas de jeux d’argent, bien entendu). Très diplomate, plein de savoir-faire et d’adresse, le sujet a de nombreuses relations de toute nature. Il peut rester bon camarade lorsque ses liaisons sont terminées. Dans la sphère professionnelle, on trouve l’enseignement, l’éducation, et, sur un autre plan, l’organisation de spectacles et de divertissements.

Lorsque Mercure est dissonant, il se produit une tendance aux excès, ceux-ci agissant défavorablement sur l’équilibre nerveux. Les questions d’intérêt risquent de se mêler aux affaires d’amour, parfois même il peut être question d’amours vénales. Tendance aux dépenses pour les plaisirs, grande inconstance dans les sentiments, qui n’engagent pas profondément.

Mercure en Maison VI

L’activité intellectuelle du sujet se tourne surtout vers les questions pratiques. Il cherche à organiser au mieux sa vie quotidienne, surtout en ce qui concerne son travail, servi en cela par de grandes facilités d’adaptation, par un esprit inventif, quelque peu bricoleur, ayant le souci du détail. Il trouve les meilleurs débouchés dans une vie professionnelle exigeant beaucoup de savoir- faire et de précision, telle que secrétariat, comptabilité, traduction, petit commerce, hygiène, diététique, et comportant presque toujours une certaine dépendance à l’égard d’un supérieur. Les rapports avec les collègues, comme avec les subordonnés, comptent beaucoup dans le déroulement quotidien. On a pu dire que cette position fait de meilleurs employés que de bons patrons, en raison de l’adaptation facile aux nécessités du travail et de la difficulté à se dégager des problèmes de chaque jour pour réaliser une expansion importante qui n’est pas tellement souhaitée. Parfois, intérêt pour la médecine et ses activités annexes.

En dissonance, Mercure est l’indice d’un système nerveux assez fragile exigeant une vie calme et équilibrée. Il suscite aussi des ennuis tels que médisance, intrigues, diffamation, surtout dans le travail et avec les subordonnés. Parfois risques d’exploiter ou d’être exploité, petites malversations, fraudes.

Mercure en Maison VII

Esprit coopératif, bonne volonté qui s’affirment dans toutes les relations. Le mariage est souvent réalisé dans la jeunesse, ou avec un conjoint plus jeune. Il se peut qu’une grande lucidité jointe à l’esprit pratique fasse intervenir des questions d’intérêt dans l’union légale. Cela n’empêche pas, d’ailleurs, une grande compréhension dans la vie du couple. Il sait utiliser des relations personnelles pour promouvoir ses intérêts ; c’est une bonne position pour envisager des collaborations intéressantes. Il se montre très adroit dans les discussions d’affaires, ainsi que dans les procédures et litiges divers. Il peut jouer le rôle d’un médiateur avisé et de bon conseil et parvient même à neutraliser ses adversaires, sinon à s’en faire des alliés.

C’est donc un élément excellent pour la vie sociale et professionnelle.

Cependant, avec des aspects dissonants, on court le risque de tomber dans les pièges de gens fourbes et sournois, tout ce qui relève du domaine associatif pouvant devenir une source de déceptions ou de contestations. Les querelles d’intérêt viennent perturber les associations comme le mariage. On se méfiera des relations peu sûres, avec qui il vaut mieux éviter les ruses et les atermoiements. C’est, en somme, le renversement complet des indications du premier paragraphe.

Mercure en Maison VIII

Cette position donne ordinairement un esprit studieux et sérieux, attiré par les problèmes difficiles, surtout s’ils sont en relation avec le mystère, l’ésotérisme, l’insolite. Le goût du secret incite parfois à exercer plusieurs activités dans des milieux différents. L’esprit sait prendre le temps de la réflexion. Selon la Tradition, avantages appréciables du fait d’héritages, successions, biens venant par mariage. Recherche de combinaisons financières avantageuses, par placements, ou investissements peu courants.

Recherche de l’aventure non sentimentale mais plutôt intellectuelle. Dans ce domaine, goût possible de complications érotiques. Mercure est favorable aux recherches de disparus, de trésors, de mystères historiques. Il fait profiter de la chance ou des biens des autres.

Si Mercure est très dissonant, on peut avoir affaire à une nature inquiète, tourmentée par les problèmes liés à la mort, à l’au-delà. Le pessimisme est parfois contagieux. Dans les questions de successions et de finances, les contestations, déceptions, spoliations même, ne sont pas rares, donnant lieu à des idées fixes, souvent accentuées si l’on porte trop d’intérêt à l’occultisme, au spiritisme, sujets d’une curiosité morbide.

Mercure en Maison IX

L’idéologie se fait persuasive, l’activité mentale se braque sur de grandes idées que l’on veut communiquer. Toute sa vie, le sujet cherchera à améliorer sa culture générale, tant par la lecture, les conférences, le travail d’autodidacte que par les contacts avec les pays étrangers. Mercure doit être épaulé par Uranus ou Neptune pour atteindre un niveau supérieur sur le plan de la connaissance, mais, au niveau courant, Mercure manifeste ici des efforts louables qui méritent encouragement. La finesse d’esprit du sujet le gardera de l’écueil qui consisterait à emmagasiner pour le plaisir des notions sans but aucun.

Un autre écueil serait la perte du sens des réalités. Sur un plan plus concret, cette position mercurienne facilite les rapports d’affaires avec l’étranger, l’exportation, la représentation, la publicité à l’étranger. Les voyages, en principe nombreux, sont à but lucratif ou culturel.

Au négatif, on peut craindre des conflits idéologiques, des difficultés d’adaptation pratique aux mœurs des pays lointains, des complications administratives à l’étranger, pertes et déceptions financières avec les autres pays ou avec des personnes étrangères. On trouve une forte instabilité dans les opinions, les croyances, les motivations d’études ou de voyages. Les polémiques et discussions sont une source d’ennuis ou de brouilles.

Mercure en Maison X

C’est une excellente position, aussi bien sur le plan du travail dans les affaires ou l’administration que pour le succès dans une activité intellectuelle, la littérature de préférence. Le sujet ne sera pas un chef, un dirigeant de choc, mais aura une position en vue : secrétariat général, poste diplomatique, dirigeant universitaire, etc., les professions libérales étant également un bon choix professionnel.

Les facteurs de réussite sont la facilité des contacts, de l’expression, des relations. Souvent la carrière va dans le sens d’une idée que l’on suivra toujours. Le sujet veut avoir le maximum de liberté dans l’exercice de son activité, liberté de mouvement et liberté de parole. Généralement, les gains sont appréciables et la réussite matérielle assurée.

Dans les cas de dissonances, on s’attendra à des difficultés par imprudence, excès d’ambition, manque d’organisation et de continuité, dispersion dans les projets et entreprises. Le sujet n’est pas apte à être son propre patron lorsqu’il veut mener une carrière indépendante, Mercure étant défavorablement aspecté.

Mercure en Maison XI

C’est surtout dans le domaine de l’amitié que cette position de Mercure prend toute sa valeur. Les qualités d’habileté, de camaraderie, apportent un grand nombre de relations, souvent datant de la période des études. Ces relations sont plutôt empreintes de cordialité, ou parfois sont fondées sur un intérêt plus ou moins avoué, mais il est rare qu’elles aient un caractère de profonde amitié et leur chaleur n’est souvent qu’apparente, avec tapes dans le dos et bonnes plaisanteries du type « anciens élèves ».

Le sujet sait profiter de ses nombreuses relations, surtout lorsqu’elles se font dans son milieu professionnel, telles que le professorat, le journalisme, etc.

Les projets, également régis par la Maison XI, sont nombreux et habiles.

Avec un Mercure dissonant, les relations amicales ne durent pas et prennent l’allure d’un défilé.

Le sujet rencontre souvent des amitiés intéressées, des concours qui veulent une contrepartie ou s’éclipsent. Il évitera d’accorder une trop grande confiance à ceux qui se disent ses amis ; de même, il ne devra pas se montrer excessivement calculateur dans le jeu de la camaraderie et de l’amitié. Son inconstance nuit à sa bonne réputation auprès de ses vrais amis. La jeunesse de caractère et la vivacité d’esprit sont appréciées dans le choix des amitiés.

Mercure en Maison XII

Dans ce secteur qui représente la captivité, l’exil ou les grandes épreuves, Mercure manque de liberté d’expression et de mouvement, et ne peut donc se sentir à l’aise. Il y perd son habileté coutumière, son adresse en toutes situations ; au mieux, c’est dans une activité secrète qu’il pourrait les faire jouer. L’éveil de la personnalité peut être tardif et ne vient qu’après quelques échecs. L’esprit travaille dans le secret ou l’isolement, mais la gamme peut être très large, de l’infirmier au chef de clinique, de la laborantine à l’agent secret. Parfois, le sujet est attiré par la recherche, la parapsychologie, la psychiatrie. Ingénieux, subtil, il risque cependant de s’égarer dans les détails infimes.

Il n’est pas très bien armé devant les combines des affairistes, le mensonge, l’escroquerie. Mais les épreuves, en général, ne sont pas de longue durée. Il doit donc lui-même faire preuve de prudence à l’égard de relations douteuses, et ne pas céder à la tentation d’utiliser les armes de ses adversaires : la trop grande habileté, la ruse, la perfidie, la corruption. S’il s’intéresse aux sciences secrètes, à l’occultisme, et surtout au spiritisme, il devra faire preuve d’une grande réserve et ne pas se livrer à des expérimentations dangereuses. Les relations avec le « milieu », la contrebande, les bas-fonds sont à proscrire totalement.

Les Gémeaux dans les Maisons

Gémeaux en Maison I

Ce sont les significations générales du signe, telles qu’elles ont été exposées dans la première partie, qui se manifesteront lorsqu’il y a identité entre le signe solaire et le signe ascendant. Deux cas sont à considérer :

S’il est né au début du jour, le Gémeaux a donc le Soleil à l’Ascendant. On voudra bien se reporter au paragraphe « Gémeaux Ascendant Gémeaux« , dans le chapitre consacré aux douze Ascendants possibles de ce signe.

Le second cas est celui du natif de l’un des douze signes dont l’Ascendant tombe en Gémeaux. Il se présente alors une sorte de complémentarité entre les tendances du signe solaire de naissance et celles de l’Ascendant Gémeaux. Dans la pratique, il faut reconnaître qu’il est délicat d’opérer une distinction entre ce qui revient à chacun d’eux, une assez longue expérience étant le seul moyen effectif pour y parvenir.

En soi, et à l’exclusion de tout autre élément du thème, les Gémeaux en première Maison accentuent le côté mental et cérébral du sujet, la vivacité de son esprit, l’importance qu’il donne à sa propre éducation, à un besoin de se cultiver, d’être au courant des choses, le désir des contacts humains et de la participation active à une vie sociale animée et intéressante. Le pôle affectif de l’être n’est guère concerné par cette position. Le besoin de se sentir libre est l’une des constantes de l’existence.

Gémeaux en Maison II

Si dans ce cas l’Ascendant se trouve dans le Taureau, les préoccupations matérielles, le besoin d’assurer une sécurité financière seront singulièrement amplifiées. Il n’est pas rare de voir le sujet exercer deux activités différentes en même temps, ou réaliser des gains provenant de deux sources, comme le ferait le peintre du dimanche parvenant à vendre ses tableaux. En général, le natif montre beaucoup d’habileté à se procurer des moyens d’existence suffisants, il sait utiliser les ressources de son esprit délié pour tirer un profit substantiel à l’occasion de circonstances fortuites.

La désinvolture qu’il sait manifester à l’égard de l’argent, dont il n’est jamais l’esclave, l’aide justement à exercer une attraction sur celui-ci. Dans certains cas, on a remarqué des avantages provenant des frères et sœurs.

Gémeaux en Maison III

Cette position constitue un véritable atout pour tout ce qui a trait aux problèmes d’éducation, au développement de l’intellect, plus sur un plan pratique que sur le plan du maniement des grandes idées ou de la philosophie.

Le sujet s’épanouit dans son proche entourage, les frères, sœurs, cousins, amis d’enfance forment corps avec lui. Ses facultés d’adaptation sont rapides, immédiates même, et il ne lui faut pas longtemps pour créer de bonnes relations avec les nouveaux collègues, voisins, rencontres. Il se trouve heureux de bouger, d’accomplir des déplacements courts, mais répétés fréquemment, et si possible dans des lieux différents. Sa facilité d’expression est son arme pour créer ces contacts qu’il apprécie tant. Il aime écrire, ou rester en relation, surtout téléphonique, avec des amis ou de simples connaissances. Mais il faut qu’il y trouve un net intérêt, non pas un intérêt matériel, mais disons plutôt le plaisir de maintenir ces liens.

Toujours au courant de ce qui se dit, se fait ou se prépare, le sujet tire gloire, et parfois même avantage, d’être, ou de croire être, à la page, dans le vent. C’est une sorte de parisianisme qui n’a pas besoin d’être parisien. Il aime surprendre par ses traits d’esprit, ses jeux de mots, ses anecdotes. En somme, il crée de l’animation autour de lui.

Gémeaux en Maison IV

C’est dans le cadre de la vie familiale que le sujet trouve une certaine joie, un épanouissement, grâce à une sorte de complicité qu’il parvient à établir entre les membres de la famille, jeunes et vieux. Les facultés, les qualités pratiques demeurent vivaces tard dans la vie. On trouve de l’intérêt à tout. C’est donc un élément favorable à une vive activité, maintenue par une ambiance jeune, gaie. L’âge de la retraite peut s’écouler dans une région très différente du lieu d’origine. Le désir de se déplacer, parfois un mode de vie plutôt itinérant, pourrait faire préférer la caravane à la maison de campagne.

Gémeaux en Maison V

Le goût des divertissements et des plaisirs, s’il n’est pas trop accentué par l’action d’une planète, constitue un élément stimulant et vivifiant dans l’existence. Les flirts et aventures amoureuses, en revanche, se multiplient peut-être à l’excès. Une certaine dose de cérébralité risque de s’introduire dans les amours, qui se compliquent et restent plus en surface qu’animées par une passion authentique. Les aventures, les liaisons durent peu mais se compliquent. S’il y a des enfants, il s’établit avec eux une sorte de camaraderie, le père se comportant comme un grand frère, mais l’autorité pouvant y perdre.

Au sujet des jeux et spéculations, il existe certainement un goût du risque, qui influera diversement selon les autres éléments du thème personnel.

Gémeaux en Maison VI

Exprimant tout d’abord les contacts du natif avec les éléments de la vie quotidienne, avec les objets, les subalternes, la Maison VI placée dans les Gémeaux ne pose pas de problèmes particuliers, sauf que toutes ces questions semblent ennuyer prodigieusement beaucoup de Géminiens, qui n’aiment guère la routine du quotidien, s’ils ne peuvent y apporter un peu d’imprévu. Dans son aspect « nécessité d’un travail pour vivre », la Maison VI peut offrir des débouchés dans les professions médicales et paramédicales, le diagnostic pouvant être fin et même subtil. Si la Lune est présente, on peut songer à la pédiatrie. Pour préciser ces diverses questions, il sera bon d’étudier la position particulière de Mercure et ses aspects.

Gémeaux en Maison VII

Il advient qu’une certaine fantaisie, un peu inconsciente, intervienne pour choisir le ou la partenaire, conjoint ou associé, sans trop se préoccuper de la suite des événements. C’est surtout dans cette maison qu’il y a lieu de réfléchir profondément avant d’effectuer un choix qui entraîne un engagement durable. Le mot durée prend le sens d’éternité pour les Gémeaux, qui préfèrent le bannir de leur vocabulaire, sauf toutefois si Saturne est présent dans le signe.

Traditionnellement, se présente la possibilité de deux ou plusieurs unions, ou d’une union légale et d’une union libre aussi importante. Les inimitiés déclarées, également régies par la Maison VII, ne sont généralement pas très graves, prenant surtout l’allure de polémiques et de désaccords par écrit.

Gémeaux en Maison VIII

L’indication classique de perte de frères ou sœurs dans l’enfance n’est heureusement pas toujours constatée. De même les héritages ou biens venant à l’occasion d’une mort doivent être confirmés par d’autres indications, surtout par les planètes.

Le problème de la mort peut revêtir une importance excessive, en raison du fait que si le Soleil est dans la Maison VIII en Gémeaux, l’Ascendant se trouve en Scorpion, dont les tendances fondamentales s’apparentent aux significations de la Maison VIII. Dans certains cas, ces tendances sont transcendées et donnent un fort penchant pour l’étude de l’ésotérisme et des sciences secrètes.

Sur le plan de l’érotisme, celui-ci se mêle de théories liées à l’ésotérisme mais, contrairement à ce que l’on pourrait supposer, il peut manquer de spontanéité en voulant se référer aux doctrines orientales ou à cause d’un aspect scientifique moderne. Attiré par le principe de la réincarnation, le Gémeaux de la huitième Maison ne peut y adhérer totalement, en raison de son esprit critique qui a du mal à se libérer du rationnel. Quant au problème de la durée de la vie, il n’a jamais pu trouver de solution satisfaisante par l’astrologie, et les calculs que certains obstinés continuent à faire n’aboutissent qu’à de fausses indications. Il est à croire qu’il y aurait là un interdit que seuls de rares êtres très évolués seraient peut-être en mesure de franchir.

Gémeaux en Maison IX

Les données de plusieurs astrologues de valeur sont un peu blessantes pour les Gémeaux qui s’efforcent d’évoluer spirituellement. C’est ainsi que l’on a écrit que cette position amoindrit les significations de la Maison IX, les réduisant à des buts trop personnels et pas toujours d’une rectitude irréprochable. Il peut y avoir de grandes capacités intellectuelles, malheureusement employées dans de mauvais buts : écrits corrupteurs, calomniateurs ou de chantage. Un autre astrologue, plus indulgent, affirme que le sujet ne sera peut-être pas très idéaliste, mais que des échappées vers la religion, la philosophie, l’idéal, sont possibles lorsque les soucis matériels ne sont pas trop absorbants.

Voilà comment on fait les bonnes réputations ! Je m’insurge contre une représentation aussi partiale et injuste des Gémeaux, car il serait facile à un esprit un peu mordant d’établir des portraits aussi négatifs en appuyant sur l’ironie et l’acidité. Cela dit, il est vrai que les Gémeaux sont portés vers les jeux de l’intelligence proprement dite plutôt que vers les aspirations dans le domaine spirituel. Mais cependant, si des configurations liées à Neptune, par exemple, sont présentes dans un thème, l’esprit critique et le doute inhérents aux Gémeaux s’effaceront devant le désir d’une envolée vers les béatitudes célestes. Quant au côté concret de la Maison IX, il est évident que les Gémeaux aiment les voyages, petits ou grands.

Gémeaux en Maison X

Les grandes facultés d’adaptation trouveront leur emploi dans cette position consacrée à l’intégration heureuse dans la vie sociale et professionnelle, à la consécration des efforts.

Le degré d’adresse, d’habileté manoeuvrière dans les contacts, d’ingéniosité dans la présentation des arguments, tout cela constitue l’essentiel des chances, en dehors des connaissances indispensables à l’activité choisie, connaissances d’ailleurs assez rapidement assimilées par les Géminiens. L’un des principaux obstacles à franchir est la difficulté assez fréquente de se faire prendre au sérieux par les employeurs, les subordonnés ou les clients, obstacle facilement surmonté si le sujet parvient à éduquer sa nervosité, à rendre son activité plus efficace, et à soigner sa présentation, parfois trop fantaisiste pour certains emplois.

Des changements d’activité ou de lieux de travail ne sont pas rares avec cette position qui a beaucoup de similitudes avec celles de Mercure en Maison X.

Gémeaux en Maison XI

Des relations amicales s’établissent facilement avec les proches, les collègues, et de petits groupes liés par une certaine camaraderie. Les amis d’enfance ne se perdent pas de vue. Avec cette position, la solitude n’existe pas et l’on fréquente assidûment des réunions, cercles et associations. La personnalité du sujet trouve à s’affirmer dans ces réunions. On prendra garde, cependant, à éviter des amitiés trop intéressées ou simplement inutiles et superficielles.

Gémeaux en Maison XII

L’insouciance, fréquente dans ce signe, porte à une attitude de légèreté dans les épreuves de l’existence. Celles-ci sont donc plus facilement supportées, mais, en revanche, auraient pu être évitées ou atténuées par plus de prévoyance et de prudence. Les inimitiés, sous forme de médisance surtout, ou de mensonges volontaires, proviennent souvent de l’entourage ou de faux ou anciens amis. Faites de bouche à oreille, ces attaques restent longtemps ignorées et ne peuvent être parées.

La Lune Noire

Ce nom étrange évoque de mystérieux rites nocturnes proches de la sorcellerie. En fait, il s’agit simplement d’un facteur cosmographique, qui n’a rien de matériel : c’est le foyer vide de l’orbite elliptique que la Lune parcourt autour de notre Terre.

Les astrologues très classiques refusent de la prendre en considération, du fait de sa non- existence matérielle. D’autres, en revanche, lui accordent la plus grande importance en tant que symbole permettant de comprendre bien des secrets de notre vie affective et sexuelle. Il serait facile de répondre aux premiers que ni l’Ascendant ni les onze autres Maisons n’ont d’existence matérielle, au contraire des planètes. Les signes eux-mêmes ne sont après tout que des sortes de champs magnétiques, des zones d’influence à la réalité encore mal définie. Dans ces conditions, pourquoi se refuser systématiquement à l’étude de la Lune Noire ?

Celle-ci, que l’on nomme également Lilith, se pare du reflet légendaire de ce nom, celui de la première compagne d’Adam. C’était, dit-on, une créature perverse qui devint si odieuse que Jéhovah la chassa, et lui substitua notre mère Ève, extirpée directement des côtes d’Adam.

Avec une pareille hérédité, la Lune Noire pourrait-elle être autre chose qu’un élément de perturbation dans notre psyché ? Nous dirons simplement qu’elle rend difficile la communication entre les êtres, qu’elle représente l’aspiration à l’inaccessible, le désir provocant qui se refuse et interdit tout accomplissement dans la normalité des choses. En aspect dissonant avec la Lune, elle crée des problèmes avec l’image de la mère : mère refusante ou refusée et surtout mère castratrice. En somme, c’est un facteur d’ascèse et d’initiation qui complique beaucoup la vie affective, mais elle peut créer chez les poètes et les artistes des situations insoutenables qui les aident à se dépasser dans la douleur, par leurs oeuvres.

Si l’on examine le thème de Gérard de Nerval, qui consuma sa vie à la recherche de la mère inconnue et cependant toujours présente en lui, on aura une idée des complications que son rôle peut entraîner dans l’étude d’une personne et de son thème. C’est pourquoi, en dépit des hésitations que l’on peut éprouver dans son interprétation, j’estime qu’elle constitue un facteur essentiel que l’on doit toujours placer dans une carte du ciel, en fonction de la date de naissance.

Lune Noire en Gémeaux

La plus belle illustration se trouve dans le thème de Paul Valéry, où elle est fichée sur l’Ascendant et en aspect à presque toutes les planètes du thème.

A cet égard, elle est l’image du double androgyne, animus et anima, Narcisse et la Jeune Parque, qui se fascine lui-même.

Dans les Gémeaux, il y a forcément un inceste ou une androgynie. La Lune Noire représente l’inceste perpétuel avec le propre frère ou la propre sœur que le Gémeaux porte en lui.

Homosexualité, soit avec lui-même (homme objet), soit avec l’autre : c’est un rapport avec son double immortel ou mortel.

Un des deux est nécessairement condamné à mort.