
Le Signe de la Balance
23 Septembre – 22 Octobre
par
Henry Latou
La Symbolique du Signe
Quand nous entrons dans l’été, vers la fin du mois de juin, ce changement de saison ne se remarque presque pas; les manifestations de l’été naissant s’accordent parfaitement avec celles du printemps qui s’achève. Si le calendrier et les mass média ne nous en informaient, nous ne remarquerions même pas ce passage d’une saison à l’autre.
Quel contraste avec ce que l’on ressent vers la fin du mois de septembre! Il semble alors que le travail incessant de la nature soit mystérieusement suspendu. Or, chacun a eu l’occasion d’observer que, lorsqu’un corps en mouvement subit un arrêt, les forces d’inertie qui l’habitent lui impriment un mouvement de va-et-vient plus ou moins prononcé, un mouvement de balance. C’est un phénomène analogue que l’on peut observer chaque année autour du 23 septembre, au moment où le Soleil entre dans le signe de la Balance, dont le nom rappelle précisément ce balancement qui accompagne l’arrêt apparent des forces de la nature.
Astronomiquement, le 23 septembre marque une étape importante dans la course apparente du Soleil autour de la Terre. Ce jour-là, il a parcouru la moitié de son périple annuel le long de l’écliptique. Ce périple avait commencé au point vernal (ou 0 degré du Bélier) que les astronomes désignent par la lettre grecque gamma, et qui est pris pour origine du Zodiaque solaire auquel se réfèrent la plupart des astrologues.
Quand le Soleil est au point vernal où se rencontrent l’écliptique et l’équateur céleste, les jours et les nuits sont d’égale longueur : c’est l’équinoxe de printemps. Après avoir décrit pendant les mois de grande lumière sa trajectoire à travers l’hémisphère Nord, le Soleil se retrouve le 23 septembre à 180 degrés du point vernal où l’écliptique coupe une nouvelle fois l’équateur céleste : on arrive alors à l’équinoxe d’automne, marqué, comme au premier jour du printemps, par l’équilibre des jours et des nuits. C’est cet équilibre qu’exprime le nom donné au signe qui accueille à ce moment, le Soleil : la Balance.
Une objection vient tout de suite à l’esprit : comment se fait-il que l’idée d’équilibre n’ait été retenue que pour l’équinoxe d’automne et pas pour l’équinoxe de printemps? A cela, on peut opposer que, s’il est exact que les deux points équinoxiaux marquent un temps d’équilibre, « équilibre » du Bélier est à l’évidence très différent de celui de la Balance. Car, s’il est un symbole qui s’oppose à l’idée d’équilibre, de mesure, de moyenne, c’est bien le Bélier dont la fougue juvénile ne s’embarrasse guère de nuances.
En effet, quand le Soleil commence à s’élever dans l’hémisphère Nord, l’activité extérieure liée à l’accroissement de la lumière se développe avec une telle rapidité que le fragile équilibre de l’équinoxe de printemps se trouve rapidement rompu. Pris dans le tourbillon des forces ascendantes, l’homme a vite fait d’oublier le royaume de la nuit où l’ont retenu prisonnier les longs mois d’hiver. Tout entier tourné vers l’action, il n’a ni le loisir ni le goût de regarder en arrière pour s’abandonner au regret.
Le véritable équilibre, celui que la Tradition a fixé dans un symbole, se situe à l’équinoxe d’automne. Ici, la balance est tenue égale entre les jours et les nuits, entre la lumière et l’obscurité, entre la vie et la mort. On dirait que la nature va sombrer dans les ténèbres, comme l’expriment si bien ces deux vers de Baudelaire : « Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres, Adieu vive clarté de nos étés trop courts. »
Celui qui a la chance de vivre à l’écart des villes, au contact direct de la nature, ressent profondément cette hésitation qui s’accompagne d’un changement. La chaleur a sensiblement diminué, l’été ayant jeté tous ses feux, mais ce n’est pas cela qui frappe le plus l’observateur attentif de la vie de la nature. Ce qui retient son attention, c’est une différence de qualité dans l’atmosphère. L’air a soudain une douceur et une subtilité qui correspondent à l’esprit de la Balance : les valeurs matérielles vont s’effacer devant les valeurs spirituelles.
Tel un immense vaisseau cosmique, le Soleil semble s’engager sur une nouvelle route. Évidemment il n’en est rien, tout cela n’est qu’apparence puisque c’est la Terre qui, dans sa translation autour du Soleil, pénètre dans de nouvelles régions de l’espace. Mais il y a dés apparences plus fortes que toutes les réalités astronomiques parce que, depuis des temps immémoriaux, elles ont créé dans le psychisme de l’homme une autre réalité contre laquelle la science des astronomes ne peut rien. Pour l’homme soumis au rythme du jour et de la nuit et au rythme des saisons, la réalité reste géocentrique. Même si dans les villes le jour est prolongé artificiellement et si les saisons voient leurs différences effacées par le confort, l’homme ne peut échapper complètement à ces rythmes naturels qui sont inscrits dans son corps.
Au-delà d’une nouvelle qualité de l’atmosphère, au propre comme au figuré, il y a le spectacle offert par la nature et par la vie en ces premiers jours d’automne. Nous allons retirer de son observation un certain nombre d’indications sur la mentalité et le comportement des natifs de la Balance.
Fin septembre, la sève commence à se retirer peu à peu des hautes branches des arbres et les premières feuilles mortes jonchent le sol. Au cours du mois astrologique précédent 1, alors que le Soleil traversait le signe de la Vierge, les blés ont été coupés, battus, engrangés et comptabilisés. A présent, les vendanges et la cueillette des fruits touchent à leur fin : greniers et celliers sont pleins.
Arrêtons-nous un instant sur ces fruits qui semblent être l’aboutissement de tout le travail de la nature. En réalité, ils n’ont été qu’un prétexte, car cet immense effort de la nature tendait à fabriquer une nouvelle graine pour remplacer celle qui avait été le point de départ du cycle.
Un cycle est bouclé, un nouveau cycle peut commencer. Mais il ne va pas commencer tout de suite.
Ainsi que le rapporte la Genèse (2,2), « Dieu termina le sixième jour l’oeuvre qu’il avait faite et il se reposa le septième jour de toute l’oeuvre qu’il avait faite ». La Balance étant le septième signe du Zodiaque, comment ne pas établir un rapprochement entre ce texte et les cycles zodiacaux? Ainsi avec l’entrée du Soleil dans la Balance, la nature – et avec elle l’homme – marque une pause. Car cette graine dont la réalisation a nécessité les efforts conjugués du ciel et de la terre, cette graine est entourée d’une pulpe délicieuse. Alors l’homme va se reposer pour goûter le fruit de son travail. La Balance, c’est pour ainsi dire le dimanche du Zodiaque.
On réunit les amis et on organise une fête. Tandis que le vin dilate les cœurs et fait fuser les rires et les chants, les danseurs tournent au son des violons. Tous ces divertissements se déroulent au sein d’une nature féérique qui a mis ses plus beaux atours pour prendre congé d’un été éclaboussé de soleil. Les couleurs de l’automne semblent plus belles que jamais, plus éclatantes et plus variées. Partout dans les bois et dans les vignes, dans les bosquets et dans les haies, c’est le triomphe des tons chauds du rouge le plus vif au marron le plus doux en passant par toutes les variations de jaune. Ce jaillissement de couleurs s’accompagne hélas d’une note mélancolique car il ne va durer que le temps d’une lune.
Le repos, la détente, la fête, la danse, la musique, la beauté, la sociabilité d’une part, la tristesse, la mélancolie, le chagrin, d’autre part, sont des idées clés que la Tradition attribue au signe de la Balance. On reconnaît là l’influence de Vénus et de Saturne, les deux planètes dignifiées 1, justement, dans la Balance.
La mélancolie saturnienne va croître à mesure que passent les jours. Quand retentissent les derniers accords de l’orchestre et que s’éteignent les derniers lampions de la fête, les invités prennent congé : l’euphorie fait place à la nostalgie. C’est un état d’âme propice au recueillement et à la méditation qui vont préparer les activités du signe suivant.
Sentant monter les forces des ténèbres en même temps que diminuent les activités extérieures, l’homme va rentrer en lui-même pour faire le bilan de son action. Il va peser les fruits de son travail et rejeter tout ce qui ne fait pas le poids. Quant aux « bons » fruits, ils nourriront l’homme intérieur au cours de sa quête des valeurs spirituelles.
Quand le Soleil traversera le signe du Scorpion, le temps sera venu de mettre en terre le grain qui est la promesse des futures moissons. Si le grain ne meurt… nous rappelle l’Écriture. L’idée de la mort va peu à peu faire son chemin dans le cœur de l’homme avant de dominer le mois du Scorpion avec ses fêtes du souvenir. Laissons chanter à notre mémoire les vers célèbres de Verlaine :
« Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon cœur d’une langueur monotone. »
Le mois de la Balance apparaît malgré tout comme un période privilégiée qui prend sa place entre le moment où l’homme recueille le grain et celui où il le confie de nouveau à la terre, entre la Vierge et le Scorpion.
Si nous avons essayé de déchiffrer le langage des saisons pour y découvrir certaines caractéristiques de la Balance, c’est parce que les astrologues ont depuis toujours été frappés par l’étroite correspondance qui existe entre le passage du Soleil à travers le Zodiaque et le déroulement des saisons. En voici un exemple que chacun peut vérifier : il y a une correspondance évidente entre la fougue du Bélier et le jaillissement des forces de la nature au début du printemps.
Cependant, pour prévenir une objection qui ne peut manquer de venir à l’esprit du lecteur, précisons que cette relation entre les formes saisonnières de la nature et les signes du Zodiaque n’a qu’une valeur relative car elle n’est vraie que pour les régions de la zone tempérée de l’hémisphère Nord.
Cette zone se situe approximativement, et avec de nombreuses corrections locales, entre le 35e et le 60e degré de latitude Nord et plus particulièrement dans les régions voisines et riveraines de la Méditerranée, là où se place le berceau de la civilisation occidentale. On dirait que les lignes de fracture de l’écorce terrestre qui sillonnent ces régions y ont dessiné une des matrices de la Terre.
Les découvertes des archéologues sembleraient prouver que notre Zodiaque est un produit de la civilisation chaldéenne qui s’est épanouie dans un pays recouvrant à peu près le territoire de l’Irak d’aujourd’hui. Mais les archéologues ne sont pas au bout de leurs découvertes; si, dans l’état actuel des recherches, le Zodiaque semble être d’origine babylonienne, nous ignorons tout de sa véritable origine qui doit remonter jusque dans la nuit des temps et se situer peut-être sur un continent perdu. Il nous faut nous intéresser, à présent, à un autre phénomène naturel qui s’inscrit également dans le cycle annuel et se produit au moment où le Soleil entre dans le signe de la Balance.
Ce sont les marées d’équinoxe, les plus puissantes de l’année. Elles sont dues au fait que le
Soleil se trouve, à ce moment-là, le plus près de la Terre. Ce phénomène peut d’ailleurs s’amplifier si, au moment de l’équinoxe, le Soleil et la Lune sont en syzygie, c’est-à-dire sensiblement sur un axe passant par la Terre.
Ces marées ne sont heureusement pas toujours accompagnées de violentes tempêtes, mais l’amplitude des eaux est toujours considérable, particulièrement sur certaines côtes de l’Atlantique où les différences de niveau dépassent largement les dix mètres.
Or, la Tradition nous enseigne que l’eau est en relation avec la vie affective, donc avec le cœur et les sentiments. Il ne faudrait donc pas se laisser abuser par le masque d’aimable sérénité derrière lequel se cachent de nombreux natifs de la Balance car ils dissimulent ainsi la violence des sentiments qui parfois les agitent. Cela ne va pas d’ailleurs sans quelques tempêtes intérieures. Mais des tempêtes contenues, car les natifs de la Balance ne peuvent résister au besoin d’équilibre qui les habite. Tous leurs efforts tendent à contenir ces poussées affectives et’ à arbitrer les conflits qu’elles provoquent. Ce n’est pas pour rien que Saturne, planète de la restriction, est exaltée dans la Balance.
A cela, on pourrait opposer que les grandes marées d’équinoxe se produisent également au début du printemps, quand le Soleil entre dans le Bélier; que, par conséquent, les natifs de ce signe devraient connaître les mêmes problèmes que ceux de la Balance. C’est vrai, mais comme ils ne sont pas soumis aux mêmes exigences intérieures – c’est le Soleil et non pas Saturne qui est exalté dans le Bélier -, leurs passions s’expriment avec toute la fougue et la liberté qui caractérisent leur signe. Leurs emballements, ils les vivent sans complexe, même si cela doit provoquer des drames. L’idée de garder la mesure ne leur vient pas à l’esprit puisqu’ils sont démesurés par nature.
Placés devant des situations semblables, les natifs des deux signes réagissent donc de façon diamétralement opposée, ainsi que le leur suggère leur tempérament contraire. Toutefois, cette opposition des signes qui se font face dans le Zodiaque n’est pas absolue; dans certains cas, elle peut même se changer en complémentarité.
Les forces saturniennes que le type Balance mobilise pour maintenir son équilibre intérieur font parfois naître en lui une angoisse que sa courtoisie souriante et ses manières délicates n’arrivent pas toujours à faire oublier. Après tout, il est normal que les efforts déployés pour apaiser l’effervescence intérieure se traduisent par une nervosité qui perce quelquefois sous le masque de l’homme serein.
Si la correspondance entre le mouvement annuel du Soleil à travers le Zodiaque et le cycle des saisons n’est justifiée que dans les régions de la zone tempérée de l’hémisphère Nord, il en va autrement du mouvement diurne.
C’est ainsi qu’on désigne le cycle journalier qui résulte du mouvement apparent du Soleil autour de la Terre en vingt-quatre heures. On peut représenter cette révolution par un cercle analogue au cercle zodiacal dont les quatre points cardinaux, pour un observateur placé face au Soleil, sont disposés de la façon suivante : l’Est à gauche, l’Ouest à droite, le Sud en haut et le Nord en bas. Cette orientation, calquée sur la réalité, est exactement l’inverse de celle adoptée par les cartographes pour la représentation d’un pays.
Le symbolisme du mouvement diurne a une valeur universelle car il peut s’appliquer à n’importe quel lieu habité du globe, à l’exception, évidemment, des régions situées au-delà du cercle polaire où le Soleil ne se couche pas durant six mois de l’année et ne se lève pas pendant les six autres mois.
Pour mieux comprendre les indications que le mouvement diurne peut nous apporter sur la Balance, plaquons le schéma traditionnel du Zodiaque sur le cercle du mouvement diurne. Le Bélier vient se placer au levant et la Balance au couchant, le Capricorne au midi et le Cancer à minuit.
On peut s’étonner que le Capricorne soit au zénith, alors que nous savons par ailleurs qu’il inaugure la saison hivernale. Cela s’explique par le fait qu’au cours de son mouvement annuel le Soleil progresse dans le sens des signes, alors que le mouvement diurne semble le faire avancer dans le sens contraire aux signes.
Sur notre schéma, le signe de la Balance se trouve donc à l’horizon Ouest. Or, curieusement, l’hiéroglyphe du signe rend compte de cette position. Cela doit avoir une signification pour que les anciens sages à qui nous devons ces hiéroglyphes l’aient ainsi soulignée.
En effet, s’il est indiscutable que le signe utilisé habituellement pour représenter la Balance rappelle d’abord l’instrument de pesée du même nom, que nous étudierons plus loin, on peut voir également dans ce signe un soleil couchant quelques instants avant qu’il ne disparaisse à l’horizon. Seule la moitié supérieure du disque est encore visible. Il suffit d’ailleurs d’ajouter quelques rayons à ce disque pour que le symbole devienne évident.
Cette image évoque naturellement la fin de la journée et, avec elle, la fin du travail. C’est d’autant plus logique que, dans la succession des signes, la Vierge précède la Balance. Or la Vierge, sixième signe, correspond à la Maison VI, celle du travail qui nous est imposé par la nécessité de gagner notre vie. Il est donc normal de penser que la Balance, qui suit la Vierge, marque la fin de l’activité quotidienne.
Voici donc venu le temps du repos, de la détente et des plaisirs qui les accompagnent. Quand se vident les usines et les bureaux, on voit dans les cafés des camarades de travail qui se réunissent autour d’un verre pour « arroser ça » avant de rentrer chez eux. « Ça », c’est évidement la sent autour d’un verre pour « arroser ça » avant de rentrer chez eux. « Ça », c’est évidement la fin du travail de chaque jour.
L’idée de réunion et de fête, déjà rencontrée à propos du cycle annuel, est donc bien liée au signe de la Balance.
Une autre confirmation indirecte nous en est donnée par le fait que la Balance, septième signe, correspond à la Maison VII, celle des associations, donc du mariage; dans l’existence d’un individu, c’est à l’occasion de son mariage qu’ont lieu les festivités les plus importantes.
Quant à l’idée de beauté incarnée par Vénus, maîtresse du signe, dont nous avons déjà noté les manifestations automnales en étudiant le cycle annuel, elle s’exprime de façon éclatante dans les mille feux dont le Soleil couchant embrase le ciel avant de disparaître à l’horizon.
Après avoir recueilli les renseignements contenus dans les cycles naturels, nous allons examiner la balance, instrument de pesée, qui a été choisie par les Anciens comme symbole du septième signe du Zodiaque. Celles qui illustrent les documents anciens font penser à ces magnifiques balances que l’on trouve encore aujourd’hui dans les boulangeries de quelques villages de l’Italie du Nord. Elles sont constituées d’une barre transversale, le fléau, qui est mobile autour d’un axe horizontal, dont la fixation varie selon les modèles. Aux deux extrémités du fléau sont suspendus des plateaux qui reçoivent, l’un les marchandises, l’autre leur contrepartie en poids.
Observons ce qui se passe quand un commerçant veut peser une marchandise. Il dépose sur l’un des plateaux la marchandise à peser et il s’efforce de l’équilibrer en disposant des poids sur l’autre plateau. Naturellement, il réussit rarement du premier coup à établir l’équilibre. Avant que les deux plateaux ne s’immobilisent dans une parfaite horizontalité, il lui faudra tâtonner, ajouter ou enlever des poids. Il en résultera, pour la balance, une série d’oscillations plus ou moins amples, plus ou moins prolongées.
Il pourra même arriver que, pour créer l’équilibre, le commerçant donne un léger coup de pouce au plateau qui reçoit les poids. Ce faisant, il favorise naturellement son client qui ne peut qu’être sensible au geste. C’est là une petite manifestation de générosité vénusienne. A la limite, le geste pourrait ne pas être totalement désintéressé : en acceptant de perdre quelques centimes, le commerçant sait bien qu’il ne s’en attachera que mieux un client ravi d’avoir bénéficié d’un cadeau, si petit soit-il. Mais, calculé ou non, le geste a le mérite d’exister et il demeure une manifestation vénusienne.
Il y a d’autres commerçants dont la manière de peser obéit à une justice implacable, celle de Saturne, qui ne lèse pas le client, mais qui ne lui fait pas non plus de cadeau.
Nous sommes là en présence de deux attitudes fort révélatrices de la façon dont le natif de la Balance peut manifester son sens de la justice selon qu’il est une Balance vénusienne ou une Balance saturnienne. Vénus et Saturne étant dignifiées dans la Balance, comme nous le savons, il est normal qu’elles marquent le signe de leur empreinte. L’occasion nous sera donnée de revenir, dans un prochain chapitre, sur ces deux aspects fondamentaux du signe.
Quelle que soit la philosophie du commerçant, la pesée avec une balance traditionnelle est aussi un instrument de communication puisqu’elle facilite les rapports entre commerçants et clients. On en conclura que le natif de la Balance est un être sociable, ce que l’expérience confirme puisqu’il cherche à nouer spontanément des relations avec son entourage et que la solitude lui est insupportable.
Il est à noter que les balances ultra-modernes déshumanisent les rapports entre clients et commerçants en réduisant leurs échanges au strict minimum : elles robotisent la pesée. Entre ces balances et les natifs de la Balance, il n’y a, hélas, plus rien de commun.
Du point de vue psychologique, la balance correspond, chez l’individu, à une recherche d’équilibre entre deux forces, deux intérêts, deux désirs, deux points de vue opposés. Le natif de la Balance s’efforcera donc de réaliser d’abord en lui-même cet équilibre entre deux éléments contraires. Cependant, une situation d’équilibre n’est pas souhaitable dans tous les cas car elle peut aboutir à l’immobilité, les forces antagonistes se neutralisant. Le natif de la Balance devra donc chercher le moyen de les atteler à une tâche commune tout en respectant leur identité, comme peut l’illustrer le schéma suivant.
Les forces A et B, de sens contraires, deviennent complémentaires grâce à l’intervention de la Balance qui leur sert de trait d’union. Résultat : la roue tourne!
La réalisation de cet équilibre n’est pas chose facile et il arrive que la balance s’affole. Cela donne un tempérament cyclothymique qui, d’une heure à l’autre, passe de la joie délirante à la plus profonde tristesse. Un plateau ne peut s’abaisser sans que l’autre s’élève. Auprès des autres, le natif de la Balance jouera plus facilement un rôle de conciliateur qui lui donnera l’occasion de mettre en oeuvre des dons innés de diplomatie.
Ouvrons au chapitre consacré à la balance un manuel de sciences physiques à l’usage des élèves des lycées et collèges. Nous y lisons que les trois qualités que la science exige d’une bonne balance sont la sensibilité, la précision et la fidélité. Allons-nous retrouver ces qualités également chez le natif de la Balance?
Aussi étrange que puisse paraître ce parallèle entre un objet et un être vivant, il est, en ce cas, justifié. Mais est-ce vraiment si surprenant? Ne se trouve-t-on pas là confronté aux effets du principe selon lequel tout ce qui existe et se crée sur la Terre ne peut échapper aux influences astrales? Quand l’homme imagina la balance pour faciliter ses échanges, son invention ne pouvait que répondre aux exigences du signe qui régit l’équité. Celui que l’expérience a conduit à rejeter les fantaisies du hasard pour n’accepter que la nécessité d’un ordre cosmique trouvera cela tout à fait logique.
Examinons, maintenant, les qualités d’une bonne balance qui se retrouvent chez les natifs de la Balance.
La sensibilité de ces natifs se manifeste dans différents domaines. Ils sont sensibles aux sentiments qu’on leur porte au point de pouvoir souffrir profondément de ce qu’ils croient être un refroidissement chez l’être aimé (même s’il ne s’agit que d’une saute d’humeur passagère); mais ils sont également sensibles au décor dans lequel ils vivent ou travaillent. Ils sont encore sensibles aux arguments qui s’affrontent dans toutes les situations de la vie. Dans un souci d’objectivité, ils n’en finissent pas de peser le pour et le contre et de se rendre successivement aux raisons des uns et des autres. Aussi n’est-il pas rare qu’ils soient victimes de leur indécision et finalement de leur sensibilité qui se traduit, ici, par une disponibilité aux autres.
Quand on parle de la précision de la Balance, il ne faut pas la confondre avec le soin minutieux que le natif de la Vierge apporte à tout ce qu’il fait – qui peut tourner à la manie si des éléments pondérateurs n’interviennent pas dans son horoscope. Selon le principe que les signes qui se suivent ne se ressemblent pas, le natif de la Balance n’est pas particulièrement soigneux, si ce n’est de sa personne, surtout quand il est une Balance vénusienne.
Sa précision est d’une autre nature. Elle est un don pour ainsi dire physique qui lui permet, par exemple, de déterminer sans instrument de mesure le centre d’un cercle ou bien de partager une longueur en deux parties égales. C’est une faculté dont nous faisons nous-même souvent l’expérience. On pourrait donc dire que la précision des natifs de la Balance se traduit par un sens inné des proportions qui, sur le plan moral, les préserve de tout excès et leur permet de porter sur les choses et sur les êtres des jugements nuancés et équitables.
Quant à la fidélité, elle paraît moins évidente à qui s’est un peu frotté aux Balance. On connaît bien le goût de plaire commun à ces natifs et les difficultés qu’ils éprouvent à faire un choix dans leur cœur. Plein d’indulgence, l’homme Balance n’a que trop tendance à trouver charmantes toutes les femmes, ou presque. On en conclut fatalement qu’il est facilement enclin à « papillonner ». C’est peut-être le juger un peu vite.
Il ne faut pas oublier qu’abandonné à lui-même, le type Balance est vite malheureux; il ne s’épanouit que lorsqu’il trouve celui ou celle qui le complète, une sorte d’âme-sœur. Son désir d’union est tellement fort que, sous son masque d’aimable frivolité, il saura rester foncièrement fidèle au partenaire qui aura su lui procurer ce sentiment d’équilibre; lequel est un des principaux éléments de sa joie de vivre. Il est vrai aussi que la fidélité sera plus facile pour une Balance saturnienne qui, mieux que la Balance vénusienne, saura mettre de l’ordre dans ses sentiments.
Dans l’idéogramme du signe, la balance, instrument de pesée, est essentiellement symbolisée par le trait supérieur dont la partie centrale s’arrondit en forme de demi-cercle. La ligne horizontale, d’égale longueur, qui se place sous le trait supérieur, représente la ligne d’équilibre servant de référence au moment de la pesée. Cette référence, c’est évidemment la justice idéale dont ce trait est l’ex: graphique.
Il est également intéressant de noter que, de tous les signes du Zodiaque, seule la Balance comporte dans son idéogramme ce long trait horizontal dont les graphologues disent qu’il est un indice de ténacité. Cela n’est pas pour nous surprendre puisque nous savons que Saturne est exalté dans la Balance. La démarche dansante, la douceur, le charme que l’on s’accorde à reconnaître aux natifs de la Balance, cachent souvent une remarquable constance qui sous tend leur action. Mais cette constance est plus statique que dynamique; c’est un besoin d’harmonie, de justice et de beauté, profondément enraciné dans leur être et auquel ils restent toujours fidèles.
La Balance est un des trois signes d’Air du Zodiaque, les deux autres étant les Gémeaux et le Verseau. En effet, chaque signe appartient à un des quatre éléments : le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre.
Qu’est-ce donc que l’Air en tant qu’élément astrologique?
L’air que nous respirons a été pris comme symbole de la mobilité intellectuelle et affective, de la souplesse d’esprit et de caractère, de l’impressionnabilité, de la sensibilité, de l’excitabilité, de l’ingéniosité, de l’adresse, de la sociabilité, de la liberté d’esprit.
Ce sont là quelques-unes des caractéristiques des trois signes d’Air; avec, naturellement, cette réserve : telle qualité peut être plus ou moins accentuée suivant le signe d’Air que l’on aborde. Cela dépend d’autres facteurs propres à chacun des signes. C’est ainsi, par exemple, que selon le caractère de sa dynamique, un signe d’Air peut être actif, stable ou instable.
Mais revenons à l’élément Air. Nous pouvons prendre le mot dans son sens littéral, c’est-à-dire comme le fluide gazeux qui nous apporte les éléments nécessaires à la respiration et aux combustions qui entretiennent la vie en nous. Considérés de ce point de vue, les idéogrammes des trois signes d’Air sont intéressants car ils illustrent graphiquement le processus de la respiration.
C’est ainsi que les Gémeaux correspondent au premier temps de la respiration. Les deux barres verticales de son idéogramme représentent l’air qui, à partir de la bouche, descend et se répand dans les poumons. Symboliquement, c’est la soif de savoir des Gémeaux, toujours à l’affût des nouvelles connaissances qu’ils pourraient glaner ici et là.
La Balance correspond au deuxième temps de la respiration : la rétention de l’air. Nous analyserons plus loin le contenu symbolique de cette phase qui nous intéresse plus particulièrement.
Le Verseau correspond au troisième temps de la respiration : l’expiration. L’air sort de la bouche sous forme d’ondes. Dans le cycle du développement humain, le Verseau représente l’homme qui est parvenu au plus haut degré de son développement et qui maîtrise la matière. Semblable aux dieux, il répand autour de lui le souffle créateur. C’est là, évidemment, une vision idéale du signe que seuls quelques individus exceptionnels peuvent faire passer dans la réalité des faits; mais telle en est la signification profonde. Le symbole du signe représente Ganymède, l’échanson des dieux. L’eau qui coule de son vase est une eau de vie semblable au souffle qui crée.
Revenons un instant sur la Balance. Comme nous l’avons noté plusieurs fois déjà, ce signe indique une position d’équilibre qui se manifeste ici par la retenue du souffle. Ce deuxième temps de l’acte respiratoire est pratiquement escamoté dans la respiration dite involontaire, déclenchée automatiquement et à notre insu par le centre respiratoire qui se trouve dans le bulbe rachidien.
La rétention de l’air inspiré n’apparaît que dans la respiration profonde pratiquée de façon consciente, celle qui est enseignée par exemple dans les cours de yoga. La rétention est destinée à augmenter la diffusion de l’air alvéolique pour faciliter et améliorer les échanges gazeux. Le fait que cette deuxième phase de l’acte respiratoire soit pour ainsi dire inscrite dans le Zodiaque en son point charnière, la Balance, montre qu’elle a été prévue par la nature. Si l’homme la néglige, c’est en raison de sa relative dégénérescence ou de son manque de développement. Sur le plan du symbolisme, la retenue du souffle va confirmer les constatations déjà faites à propos de la Balance. Quand une personne retient sa respiration, c’est qu’elle marque un temps d’hésitation; elle cherche à aiguiser ses perceptions et à concentrer son attention pour parvenir à bien apprécier les éléments d’un problème. Ce sera le cas quand elle devra prendre une décision importante ou s’engager dans une nouvelle direction. Retenir sa respiration, c’est préparer son équilibre.
Cette démarche de la Balance est à l’opposé du comportement du Bélier, le signe qui lui fait face dans le Zodiaque. Le Bélier est en position de déséquilibre permanent; il se jette dans l’action avec impétuosité et, loin de mesurer son souffle ou de le retenir, il accélère sa respiration qui, dans le feu de l’action, devient haletante. Il est vrai que le Bélier est un signe de Feu actif, le plus actif même de tout le Zodiaque.
En fait, le contraste qui naît d’une comparaison fondée sur une opposition totale en dit souvent beaucoup plus qu’un long discours. C’est un procédé pédagogique qui a fait ses preuves.
Chacun de nous l’utilise plus ou moins consciemment car il nous est parfois plus facile de dire ce que quelqu’un n’est pas que ce qu’il est.
Le Bélier fonce : il est audacieux. La Balance hésite : elle est prudente.
Le Bélier tend vers l’action. La Balance tend vers le repos.
Le Bélier a confiance en soi. La Balance est inquiète et angoissée.
Le Bélier est agité intérieurement et explose. La Balance est agitée intérieurement et se contient.
Le Bélier est excessif et agit avec précipitation. La Balance est mesurée et agit après mûre
Le Bélier est brusque et brutal. La Balance fait preuve de tact et de délicatesse.
Le Bélier est optimiste et enthousiaste. La Balance est pessimiste et réservée.
Pour le Bélier, tout semble nouveau. La Balance a déjà fait le tour d’elle-même.
On le voit, les oppositions sont aussi nombreuses que marquées et la liste pourrait en être allongée.
Cela dit, tout ce qui a été rapporté à propos des natifs de la Balance doit être pris « sous bénéfice d’inventaire », pour ainsi dire. En d’autres termes, les descriptions qui ont été données ne peuvent s’appliquer dans leur totalité qu’à un type Balance pur. Or un tel type n’existe pas. Cela tient au fait qu’un individu ne peut pas être soumis à une seule influence et, ici, nous n’en étudions qu’une.
Que le lecteur Balance ne soit donc pas surpris de ne pas se reconnaître dans telle ou telle description. C’est là chose normale. Seule une étude globale de son horoscope permettrait de savoir dans quelle mesure il est soumis à l’influence de la Balance, et dans quels domaines. Toutefois, pour ceux qui voudraient s’essayer à déchiffrer leur thème afin de déterminer la part de cette influence, nous allons donner quelques indications d’ordre général qui leur faciliteront la tâche.
Quand on est né entre le 23 septembre et le 23 octobre, le Soleil, nous le savons, se trouve dans la Balance. Mais s’il est seul à y être sans aspect majeur avec les autres planètes ou avec les axes de l’horoscope (Ascendant et Milieu-du-Ciel), et que le signe de la Balance n’est ni sur l’Ascendant ni sur le Milieu-du-Ciel, la Balance n’exercera qu’une influence très modérée sur le natif. Elle risque même de ne venir qu’en deuxième ou troisième position.
Toujours dans l’hypothèse d’une naissance avec le Soleil en Balance, il arrive assez souvent que Mercure et Vénus se trouvent également dans ce signe. En effet, pour des raisons purement astronomiques, ces deux planètes, qui sont les plus proches du Soleil, ne peuvent jamais s’en éloigner beaucoup. Distance maximale : 28 degrés pour Mercure et 48 degrés pour Vénus.
Or, trois planètes dans un signe sont l’amorce d’une dominante zodiacale. Si, de plus, ces trois planètes se trouvent à proximité de l’Ascendant ou du Milieu-du-Ciel, ou encore au début de la Maison VII ou de la Maison IV, ou alors si elles sont reliées à ces axes par de forts aspects, leur influence s’en trouvera nettement accrue.
Envisageons maintenant le cas où le Soleil n’est pas en Balance mais où l’Ascendant est sur ce signe. Imaginons, par exemple, que le Soleil est en Vierge tandis que l’Ascendant sur la Balance est en conjonction avec Vénus (donc en Domicile) puissamment soutenue par de bons aspects que lui envoient des planètes amies. Dans ce cas, la Vierge, qui reçoit le Soleil, verrait son influence éclipsée par celle de la Balance, surtout si Mercure, planète maîtresse de la Vierge, était également en Balance.
Ce ne sont là évidemment que quelques-uns des cas où un horoscope sera marqué par une
dominante Balance. On peut en imaginer quelques autres, mais leur nombre est quand même limité. Quel que soit le cas qui se présente, ne jamais oublier qu’une influence, même dominante, s’exerce rarement seule. Plusieurs influences apparemment contradictoires peuvent cohabiter dans un horoscope sans que pour cela elles se neutralisent. C’est même ce qui fait souvent la richesse de la pâte humaine.
La Mythologie du Signe
Qui connaît aujourd’hui le nom des neuf Muses? Les expressions telles que « il se croit sorti de la cuisse de Jupiter« , ou « il a reçu un coup de pied de Vénus« , ou encore « elle ne respecte pas les arrêts de Thémis » qui, il y a un demi-siècle encore, étaient d’un usage courant, n’apparaissent que rarement dans le discours écrit et elles ont pratiquement disparu de la langue parlée. Leur compréhension suppose une formation classique qui tend à disparaître.
Les nouvelles générations qui fréquentent nos écoles secondaires délaissent de plus en plus l’étude du latin. Quant au grec, mieux vaut ne pas en parler. Et pourtant notre littérature classique est pleine d’allusions à la mythologie gréco-romaine et, jusqu’à une époque relativement récente, nos plus grands peintres et sculpteurs se plaisaient à représenter les dieux et les déesses de l’Olympe qui ornent encore les frontons de quelques-uns de nos bâtiments publics. Les planètes de notre système solaire n’ont-elles pas reçu des noms de divinités? C’est justement cette dernière constatation qui nous amène à penser qu’il pourrait y avoir une relation entre l’astrologie et les mythes qui nous content les aventures, et parfois les mésaventures, des habitants de l’Olympe. Pour le savoir, interrogeons la mythologie.
Les dictionnaires définissent la mythologie comme l’histoire fabuleuse des dieux et des héros propres à un peuple ou à une famille de peuples. On peut se demander si, comme l’ont soutenu de nombreux mythologues partisans d’une interprétation naturaliste, les fables de la mythologie étaient seulement destinées à suppléer les insuffisances de la science, incapable d’expliquer les grands phénomènes naturels. Selon eux, les forces de la nature, qui inspiraient aux hommes effroi et admiration, auraient été divinisées. Le récit des aventures de ces dieux et déesses aurait rassuré l’homme primitif car on craint moins ce que l’on croit connaître.
Grâce aux travaux des mythologues modernes qui travaillent en collaboration avec des ethnologues, des linguistes, des historiens et surtout des psychanalystes, nous savons maintenant que les mythologies avaient un sens profond : si la fable amusait les ignorants, elle instruisait les sages.
Les paroles de Jésus que rapporte l’évangéliste Marc éclairent singulièrement notre propos : « Mais à tous ceux du dehors, tout leur est présenté sous forme de paraboles, afin que regardant, ils ne voient point, écoutant de toutes leurs oreilles ils ne comprennent pas » (Marc, IV, 11-12). On ne peut pas dire les choses plus clairement.
Les ésotéristes vont plus loin en voyant sous l’allégorie de la fable un langage initiatique qui serait le véhicule d’un enseignement traditionnel.
D’autres enfin, et ceci nous intéresse directement, veulent découvrir, sous le voile du symbole, les lois de l’astrologie. Ainsi, par exemple, les rapports amicaux ou inamicaux entre dieux et déesses nous éclaireraient sur la nature des relations entre les planètes qui portent leur nom. Nous sommes tenté de leur donner raison pour en avoir fait personnellement l’expérience avec quelques personnages de la comédie mythologique.
Dans notre recherche des éléments que contiennent les récits mythologiques et qui peuvent nous aider à retrouver et à approfondir les significations du signe de la Balance, nous laisserons de côté les légendes des civilisations fort éloignées de la nôtre dans le temps et dans l’espace.
Nous pensons en particulier à celles de l’Inde et de la Perse. Les termes sanscrits ou arabes qui les accompagnent nécessairement sont trop étrangers à notre culture pour éveiller dans nos esprits latins des images familières. Nous prendrons notre bien dans l’héritage culturel de la civilisation occidentale qui est bien assez riche pour nous dispenser d’interroger l’Orient ou même l’Extrême-Orient. Notre quête se bornera à la mythologie gréco-romaine, au Tarot et à l’ésotérisme chrétien.
Thémis, la déesse aux belles joues
Comparé aux autres signes du Zodiaque auxquels il est possible de rattacher de nombreux mythes très connus qui ont été largement repris par les auteurs classiques, le signe de la Balance est relativement pauvre, et les fables et légendes qui peuvent lui être rapportées nous sont beaucoup moins familières.
Thémis, la déesse aux belles joues, est la seule divinité qui soit en relation directe avec la Balance. Elle régnait sur la Justice. Dans la galerie des dieux et déesses, elle tenait un rang particulièrement important. Fille d’Ouranos et de Gaia, autrement dit du Ciel et de la Terre, elle était, de ce fait, sœur de Saturne et tante de Jupiter. Sa double origine souligne de façon très nette cette dualité que nous avons déjà relevée à propos du signe de la Balance. Sa situation à l’équinoxe d’automne le place au point de rencontre des valeurs matérielles et des valeurs spirituelles, des forces de jour et des forces de nuit, de la Terre et du Ciel. La mythologie confirme ainsi notre analyse de la nature du signe.
Assise au pied du trône de Zeus, elle aidait, de ses conseils avisés, le roi des dieux à gouverner l’univers. Elle-même veillait à ce que règne partout, dans le ciel comme sur terre, entre les dieux comme entre les hommes, l’ordre et la paix. Quand il y avait une mission délicate à remplir, c’est à elle que le maître de l’Olympe la confiait.
De nouveau apparaissent ici des traits caractéristiques du natif de la Balance : le goût de la paix, la sûreté du jugement, les qualités de diplomatie, l’esprit de conciliation.
Les attributs que le mythe confère à Thémis, et avec lesquels les artistes la représentent généralement, sont la balance et le glaive; parfois, elle porte également un bandeau sur les yeux.
Quelle signification peut-on attacher à ces attributs?
La balance, c’est évidemment le symbole universel de la justice dont l’impartialité est garantie par le bandeau sur les yeux. Quant au glaive, il peut surprendre lorsqu’on connaît le dégoût que la violence inspire aux natifs de la Balance. Mais ce qu’on oublie, c’est que l’injustice leur est proprement insupportable et qu’ils sont capables de devenir violents lorsqu’il s’agit de rétablir la justice ou de se révolter contre l’injustice. Ils sont eux-mêmes surpris de la détermination qui les anime en de telles occasions parce qu’elle n’est pas précisément dans la ligne de leur caractère.
De son neveu Jupiter qui, dit-on, la força à l’épouser alors qu’elle désirait garder sa virginité, Thémis eut trois filles : l’Équité, la Loi et la Paix. Il y a d’étroites relations entre ces trois sœurs qui sont inséparables car, lorsque l’équité est garantie par la loi, la paix règne entre les hommes.
Bien que la Balance ne soit ni son domicile ni le lieu de son exaltation, la planète Jupiter se sent à l’aise dans ce signe, sans doute en raison des bons rapports que le roi des dieux entretenait avec Thémis. De plus, sa présence dans la Balance peut avoir d’heureux effets si l’on en juge par ces trois filles qui naquirent de leur union. Cet exemple montre comment on peut appliquer la mythologie à l’astrologie. Dans cette perspective, dieux et planètes se confondent. Thémis, mère incestueuse malgré elle, eut encore d’autres enfants de son royal époux et neveu. Il est vrai que l’inceste n’était pas mal vu dans l’Olympe. Thémis mit donc au monde les Heures, également au nombre de trois, qui avaient pour noms : Thallo, Carpo et Auxo. Ces divinités qui se présentent à nous comme des vierges charmantes, parées de fleurs et de fruits, étaient chargées d’ouvrir au soleil et de fermer à la nuit les portes d’or de l’Olympe. En outre, elles présidaient à l’ordre de la nature et à la succession des saisons. Quand elles n’étaient pas retenues par leurs charges, elles dansaient et chantaient en compagnie des Muses et des Grâces.
Avec les Heures, nous retrouvons les concepts d’équilibre (l’ordre du monde) et de proportion (temps divisé en saisons et en heures) propres à la Balance. D’autre part, l’influence de
Vénus, maîtresse du signe, se manifeste dans la grâce, les chants, les fleurs et les fruits. Très différentes des Heures étaient les trois dernières filles que Thémis donna à Jupiter Zeus, les redoutables Parques, qui fixaient le destin des hommes. Un regard sur le tableau de Michel-Ange qui les représente dans l’exercice de leurs fonctions n’est pas pour nous rassurer.
Ce ne sont pas des jouvencelles, mais des femmes d’âge mûr dont la vue inspire la crainte. Ces trois sœurs se nomment Clotho, Lachésis et Atropos. Chacune avait une tâche bien déterminée : Clotho tenait la quenouille qui filait le fil de la vie dont Lachésis mesurait la longueur et que les ciseaux d’Atropos tranchaient inexorablement quand sonnait l’heure du destin.
Si les Heures rappellent la douce et belle Vénus, les Parques font immédiatement penser à Saturne, planète exaltée dans la Balance. Or, il se trouve que sur les anciennes gravures Saturne est représenté avec deux attributs, la faux et le sablier, qui confirment ce rapprochement avec les Parques. Il y a une analogie évidente entre la faux et les ciseaux d’une part, et entre le sablier et le fil de la vie qui se déroule, d’autre part. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour ne voir que des coïncidences dans toutes ces analogies que nous devons à la divine Thémis dont les belles joues sont encore un trait vénusien.
Les mythes vénusiens
Vénus-Uranie, née du ciel et de l’onde, la plus belle des déesses, a son domicile dans la Balance. Le Taureau, autre signe vénusien, revient plutôt à Vénus-Astarté. L’occasion nous sera donnée plus tard de revenir sur les différences qui séparent ces deux Vénus.
Adonis
La Mythologie rapporte un certain nombre de fables auxquelles Vénus est mêlée et qui jettent une nouvelle lumière sur la Balance et sa planète maîtresse. Tel est, par exemple, le mythe d’Adonis qui symbolise le passage d’une période de six mois au cours de laquelle le jour l’emporte sur la nuit, à une période d’égale durée consacrant le triomphe des ténèbres sur la lumière.
Voici cette fable.
Un jour, le roi de Chypre, Cynire, s’attira le courroux de Vénus en soutenant que la beauté de sa fille Myrrha éclipsait celle de la déesse, que ses rivales elles-mêmes, les déesses Héra et Athéna, avaient reconnue comme la plus belle.
La vengeance de Vénus fut cruelle. Elle inspira à Myrrha un amour incestueux pour son père. Une nuit, Myrrha réussit à s’unir à son père en surprenant sa bonne foi. Ainsi fut conçu le futur Adonis. Quand le roi Cynire découvrit son crime, il entra dans une violente colère et bannit sa fille.
Myrrha s’enfuit en Arabie où, pour la protéger, les dieux la changèrent en arbre à myrrhe. Quand la grossesse fut venue à son terme, l’arbre s’ouvrit pour permettre à l’enfant de venir au monde.
Dès sa naissance, les nymphes qui habitaient le bois prirent Adonis sous leur protection et le cachèrent dans une grotte. Sa croissance fut rapide et les nymphes l’élevèrent jusqu’au moment où, devenu un bel adolescent, il passa en Phénicie.
C’est là que le vit Vénus. Le cœur de la déesse s’enflamma aussitôt pour le jeune homme, et elle en devint tellement éprise qu’elle délaissa la compagnie des dieux pour suivre son bel amour qui chassait dans les montagnes du Liban.
Mars, l’amant de Vénus, en conçut une profonde jalousie. Il ne pouvait accepter que Vénus lui préférât un simple mortel. Il se changea en sanglier et, un jour de la fin de l’été qu’Adonis chassait dans les bois, il se jeta si furieusement sur lui qu’il le blessa mortellement d’un coup de boutoir. Prévenue trop tard, Vénus ne put soustraire son amant à la mort.
Adonis dut descendre aux Enfers où il fut aimé de Perséphone, la reine des Ombres. Alors ce fut au tour de Vénus de connaître la jalousie. Elle alla confier son chagrin à Jupiter qui rendit un jugement de Balance, ménageant l’amour-propre des parties en présence : Adonis passerait quatre mois avec Vénus, quatre autres mois avec Perséphone et il serait libre pendant les quatre derniers mois.
Ce mythe est riche de symboles qui recoupent ceux déjà rencontrés. Adonis, image de la végétation éphémère, est, en fait, un fils de Vénus qui, à travers Myrrha, a provoqué sa naissance. Une filiation spirituelle en quelque sorte. Mais, comme il était aussi le fruit d’amours incestueuses, sa disparition à la fleur de l’âge peut avoir été le prix payé pour cette union hors-la-loi.
Quand l’automne ramenait le Soleil dans le signe de la Balance, les Grecs célébraient la mort d’Adonis. Au cours des fêtes données en son honneur, son image était déposée sur un lit au milieu des fleurs, des parfums et des fruits. Le lendemain, escortée par des pleureuses, l’image d’Adonis était confiée à la mer. Mais dès qu’elle avait disparu dans les flots, les cris d’allégresse, saluant son prochain retour, succédaient aussitôt aux cris de douleur.
Une fois encore revient avec la Balance la notion d’équilibre entre la joie et la douleur, les regrets du bel été disparu et l’espérance du renouveau printanier. Car lorsque le Soleil franchissait les portes du Taureau, l’autre domicile de Vénus, les Grecs fêtaient le retour d’Adonis. (Dans les pays catholiques, le mois de mai, mois du Taureau, est consacré à Marie, vierge-mère; le rapprochement entre Vénus et Marie, toutes deux l’objet d’un culte très populaire, ouvre des perspectives qu’il serait intéressant d’explorer.)
Dans le culte rendu à Adonis se mêlaient les influences des deux Vénus, celle du Taureau et celle de la Balance. L’amour-passion de la première, Vénus-Astarté, se termine tragiquement, comme c’est aussi parfois le cas dans la vie; l’amour de la seconde, Vénus-Uranie, est beaucoup plus impersonnel puisqu’il accepte le partage avec Perséphone. Cet amour dégagé des entraves de la passion rétablit la paix et la joie dans les cœurs.
Éros et Antéros
Les problèmes soulevés par l’amour trouvent justement un écho dans la légende d’Éros et d’Antéros. Éros était le fils de Vénus; il personnifie la force d’attraction qui est le fondement de toute création et le garant de sa cohésion. Les poètes décrivent Éros comme un garçon de sept ou huit ans aux ailes d’ange. Armé d’un arc, il faisait naître l’amour dans les cœurs qu’il blessait de ses flèches.
Mais Éros restait un éternel enfant, et Vénus s’en désolait. Un jour, elle alla demander à Thémis ce qu’elle devait faire pour que son fils grandît. La déesse de bon conseil lui assura qu’Éros grandirait dès qu’elle lui donnerait un frère. C’est ainsi que naquit Antéros. Cette légende a une double signification car il y a dans Antéros deux personnages. Les Anciens y ont d’abord vu celui qui s’opposait à son frère. Dans le cœur de ceux qui avaient succombé aux flèches d’Éros et auraient pu être tentés de s’abandonner aux désordres de la passion, il suscitait la froideur et l’antipathie. Il empêchait ainsi que fussent contractées des unions monstrueuses qui, si elles s’étaient multipliées, auraient fait retourner l’Humanité au chaos primordial. Par son intervention, Antéros contribuait donc à maintenir l’équilibre du monde. On ne peut souhaiter rapport plus direct avec la Balance qui, dans le domaine de l’amour, sait se garder des excès de la passion.
Antéros était ensuite celui qui permettait à l’amour de grandir en lui faisant écho. Car un amour non payé de retour est un amour qui se meurt. Cette nécessité d’amour pour amour est profondément ressentie par le natif de la Balance; il ne peut vraiment s’épanouir que s’il rencontre un partenaire qui lui rend tout l’amour donné. C’est encore une forme d’équilibre répondant aux exigences du signe.
Éros et Psyché
Éros a été mêlé à une autre aventure qui donna l’occasion à Vénus d’intervenir avec toute son autorité de déesse de l’amour.
Vénus conçut un jour une vive jalousie à l’égard de Psyché : la jalousie d’une femme ne supportant pas d’être moins adulée que sa rivale. Cette remarque peut s’appliquer à la femme Balance qui est belle et le sait. Mais ce n’est pas une femme sûre d’elle, et ses rivales arrivent à la faire douter de la réalité de ses charmes. Et puis, elle accepte mal l’idée d’être éclipsée par plus belle qu’elle.
Mais revenons à Psyché dont Apulée, l’auteur des Métamorphoses, nous dit qu’elle était la plus belle des trois filles d’un roi. Tous les habitants du royaume n’avaient d’yeux que pour elle. Négligeant les devoirs qu’ils avaient envers Vénus, ils rendaient à Psyché le culte qui revenait de droit à la déesse de l’amour. Alors Vénus décida de punir l’impudente. Elle imagina une vengeance qu’elle voulait cruelle pour l’amour-propre d’une femme.
Elle fit venir son fils Éros et lui demanda son aide pour réaliser son dessein. Il devait décocher à la belle Psyché une flèche qui la rendrait follement amoureuse de l’homme le plus vil et le plus disgracié de la Terre.
Prenant son arc, Éros descendit au milieu des mortels; mais, dès qu’il vit Psyché, il fut tellement ébloui par sa grâce et sa beauté qu’il en tomba éperdument amoureux. Dès lors, il n’était plus question pour lui de remplir la mission que lui avait confiée sa mère.
Comme, de son côté, Psyché refusait tous les prétendants que son père lui présentait, celui-ci, obéissant à un oracle d’Apollon, abandonna m fille sur un rocher où un monstre devait venir la dévorer. Mais Éros transporta la jeune fille dans un palais merveilleux au cœur d’une forêt magique où tout semblait préparé pour combler les voeux de Psyché.
La nuit venue, Éros la rejoignit et les deux amants s’unirent dans l’obscurité. Il lui demanda de ne pas essayer de le voir, lui assurant qu’elle serait heureuse tant qu’elle ne chercherait pas à savoir qui il était. Dans ce palais d’or et d’argent où tous ses désirs étaient exaucés, Psyché ne vit jamais en pleine lumière le visage de son époux.
Alors que Psyché passait quelques jours chez ses parents, ses deux sœurs, qui enviaient son bonheur, semèrent le doute dans son esprit en essayant de la convaincre que son époux se cachait d’elle parce qu’il était un monstre hideux.
Troublée par les insinuations de ses sœurs, Psyché à son retour au palais voulut en avoir le cœur net. Lorsque son époux fut endormi, elle approcha une lampe de son visage. Ce qu’elle vit ne put qu’exalter son amour car Éros était le plus charmant des dieux. Mais lorsqu’elle se pencha pour embrasser son front, une goutte d’huile brûlante tomba sur l’épaule d’Éros. Le jeune dieu, réveillé par la douleur, reprocha à Psyché son manque de confiance et disparut à ses yeux.
Désespérée, Psyché commença une longue quête à travers le monde pour retrouver son divin époux. Après une longue mais vaine errance, elle se résigna à venir demander l’aide de Vénus. La déesse la prit à son service et lui imposa les tâches les plus pénibles et les plus rebutantes. Fidèle à son amour, Psyché supporta toutes ces humiliations sans se plaindre.
Alors, Vénus la soumit à une série d’épreuves. Elle dut, entre autres, escalader la Tour de la Connaissance; quand, après bien des efforts, elle parvint au sommet, sa déception de n’y point trouver Éros fut telle qu’elle voulut se précipiter dans le vide. Mais une voix inconnue lui conseilla de descendre aux Enfers pour aller y chercher le coffret aux parfums de Perséphone. Ce qu’elle fit; mais, poussée par la curiosité, elle ne put s’empêcher d’ouvrir le coffret, bien qu’on le lui ait interdit. Les parfums qui s’en échappèrent aussitôt la plongèrent dans un sommeil léthargique.
Ému par un amour aussi constant, Éros obtint de Jupiter que Psyché fût admise dans l’Olympe. Ainsi fut scellée pour l’éternité leur union dans le ciel.
Le mythe illustre la quête de l’âme (Psyché) à la recherche du bonheur parfait. C’est aussi le rêve que poursuit le type supérieur de la Balance. Mais sur la route qui mène à l’amour idéal, les tentations et les chutes sont nombreuses. Celle, par exemple, de la connaissance logique (la Tour de la Connaissance) qui ne peut assurer la fusion avec l’Autre. Les natifs de la Balance doivent apprendre à faire une confiance totale à l’amour, au lieu de toujours chercher à connaître les éléments du problème pour peser le pour et le contre et se faire une opinion.
Ils connaissent aussi la tentation du désespoir parce qu’ils ne peuvent pas saisir ce qui échappe à leur jugement. Parfois, ils sont également tentés de s’endormir, c’est-à-dire d’abandonner la lutte (les parfums de Perséphone) car la purification de l’âme passe par des épreuves redoutables. Cela correspond à un certain manque de combativité des natifs de la Balance, qu’une tâche trop pénible risque de rebuter et de décourager.
La fin du mythe montre clairement que l’idéal d’équilibre parfait que ces natifs portent en eux, et que seul un amour pleinement et totalement partagé pourrait leur permettre de réaliser, n’est pas possible sur cette terre. C’est le rêve d’un autre monde.
Héraclès
Après les dieux de la mythologie, le plus célèbre des héros de l’Antiquité va nous aider à parfaire notre information sur le signe de la Balance.
Selon Homère, les héros sont des hommes qui se distinguent de la foule par leurs exploits. Tous leurs efforts tendent à obtenir l’immortalité qui les rendra presque semblables à des dieux. En réalité, chaque exploit correspondait symboliquement à une épreuve imposée au mystique sur la voie de l’initiation.
Héraclès, ou Hercule pour les Romains, fut sans conteste le héros le plus célèbre de la mythologie grecque. Les douze travaux qui lui furent imposés par le roi Eurysthée sont des modèles du genre. Comme leur nombre est égal à celui des signes du Zodiaque, on est naturellement tenté de penser qu’il y a une relation entre les deux. Mais comme l’ordre des douze travaux n’est manifestement pas celui des signes du Zodiaque, il faut se livrer à un travail de recherche, parfois difficile, pour essayer de retrouver les correspondances entre signes et travaux.
Les animaux qui apparaissent dans certains travaux rendent leur attribution presque évidente à tel ou tel signe (le lion de Némée : Lion; le taureau de l’île de Crète : Taureau; le sanglier d’Erymanthe : Bélier; la biche de Cérynie : Capricorne). Il n’en est malheureusement pas ainsi pour tous les travaux, tant s’en faut. Pour la Balance, nous choisirons les pommes d’or que le héros devait dérober dans le jardin des Hespérides 1.
Ce travail comporte des éléments que la Tradition astrologique rattache à la Balance : le jardin, les pommes, les trois Hespérides qui sont de belles jeunes filles insouciantes. Tout cela fait penser à Vénus. De plus, la pomme joue un rôle dans deux jugements célèbres : c’est une pomme d’or que le berger Pâris offrit à Vénus qu’il trouvait la plus belle des trois déesses soumises à son jugement; quant à la pomme du jardin d’Eden, elle fut l’occasion d’un autre jugement qui sanctionna la chute de l’Humanité.
Quant au dragon Ladon qui veillait sur ce jardin enchanté, ce pourrait être Saturne, le gardien du Seuil, c’est-à-dire celui qui vous laisse ou non pénétrer dans un monde supérieur, ce monde étant, en réalité, un certain niveau de conscience.
Chaque épreuve était liée à des vertus que le héros devait acquérir. Le candidat capable de dérober les fameuses pommes que Gala avait offertes à Héra, le jour de son mariage avec Zeus Jupiter, avait réussi à s’élever jusqu’à cet idéal d’amour et de beauté qui est, justement, celui de la Balance. Et pour vaincre le dragon Ladon, ce même dragon de nombreux contes et légendes, il faut faire preuve d’une grande intelligence et d’une grande sagesse – les qualités de Saturne.
On le voit, ce sont toujours et partout les mêmes valeurs spirituelles et morales que la fable antique nous présente sous des masques divers. Avec Héraclès, nous évoluons sur les sommets du développement spirituel de l’homme; mais transposer ces valeurs sur le plan de la vie quotidienne n’est, après tout, qu’une question de degré.
Le Tarot
Si l’on en croit Papus, un des grands vulgarisateurs de l’occultisme, le Tarot serait le livre de la Révélation primitive des anciennes civilisations que les Bohémiens se seraient transmis, sous forme d’un jeu de cartes, de génération en génération. Le Tarot, livre de Sagesse, fait donc partie de notre patrimoine culturel, et c’est à ce titre que nous nous intéressons à lui pour savoir s’il contient quelques-uns de ces grands symboles archétypes applicables à la Balance.
Composé de soixante-dix-huit arcanes, le Tarot se divise en vingt-deux arcanes majeurs réservés au plan des idées, celui qui nous intéresse, et cinquante-six arcanes mineurs dévolus au plan terrestre. Les arcanes sont des cartes, ou lames, chargées d’une signification occulte (arcanum : secret).
Parmi les lames majeures qui constituent le véritable livre initiatique, la huitième représente une femme, le front ceint d’une couronne de fer et assise sur un trône placé entre les deux colonnes du Temple. Dans la main droite, elle tient un glaive et, dans la main gauche, une balance dont les plateaux sont en équilibre. Celle lame, dont la figure ressemble presque trait pour trait à celle de la déesse Thémis, a naturellement des liens très étroits avec le signe de la Balance.
Il est superflu de revenir sur les deux attributs de la Justice, la balance et le glaive, déjà analysés à propos de Thémis. Mais les deux colonnes du Temple qui symbolisent, entre autres, le Bien et le Mal, ou encore les forces de construction et de destruction, sont en rapport avec Vénus et Saturne, les deux planètes dignifiées dans la Balance.
Quand on connaît la nature traditionnellement attribuée à ces deux planètes qu’apparemment tout sépare, on peut se demander pourquoi elles sont réunies dans ce signe. Saturne est froid et sec, tandis que Vénus est chaude et humide, de sorte qu’elles s’opposent complètement par leurs qualités élémentaires.
Ce couple étrange trouve son explication dans le fait que nous sommes ici en présence de Vénus et de Saturne supérieurs. Vénus-Uranie, dont l’amour diffuse chaleur et lumière, s’unit dans la Balance à l’aspect supérieur de Saturne, c’est-à-dire à la sagesse, libre de la haine et de la jalousie qui signent Saturne dans son aspect inférieur. Ce n’est pas en vain que Saturne est exalté dans la Balance.
Pour la réalisation de cet équilibre qui est l’idéal du signe, les deux planètes doivent apprendre l’une de l’autre : Saturne s’adoucit au contact de Vénus tandis que celle-ci acquiert de Saturne la rigueur qu’ignore sa générosité. Son amour s’assagit. L’équilibre qui s’établit ainsi par osmose entre les deux planètes est un reflet de la position d’équilibre que le signe de la Balance occupe entre la Vierge et le Scorpion.
Ce n’est qu’à une date relativement récente que la Balance aurait été insérée entre ces deux signes. Les historiens de l’astrologie n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur cette date : elle se situerait, pour certains, dans le premier millénaire avant Jésus-Christ. Quoi qu’il en soit, cette introduction tardive de la Balance dans le Zodiaque a pu correspondre à une nouvelle étape dans l’évolution de l’Humanité.
Pour essayer de comprendre la signification de cette position intermédiaire de la Balance, considérons les symboles de la Vierge et du Scorpion : ils se ressemblent et s’opposent tout à la fois. Dans le premier, le « dard » est rentré alors qu’il se déploie dans le second.
A les considérer de plus près, ces deux symboles font penser aux doigts d’une main repliés sur la paume, le pouce étant caché sous les autres doigts, ou complètement écarté : Or, le pouce est le prolongement de ce que les chirologues nomment l’éminence thénar sorte de réservoir de la force vitale, inséparable de la force sexuelle.
La Balance se trouve donc placée entre la Vierge, signe de chasteté liée au nom même du signe, et le Scorpion, signe de l’énergie sexuelle extériorisée (dans le cas où elle n’a pas subi de sublimation, mais alors le signe du Scorpion se transforme en signe de l’Aigle).
Le natif de la Balance se trouve ainsi tiraillé entre les plaisirs du sexe et un idéal de pureté.
Peut-être penchera-t-il complètement d’un côté ou de l’autre, ou bien alternativement des deux côtés. A moins qu’il ne choisisse une troisième voie, la plus difficile parce que la plus périlleuse, qui conduit à la synthèse des deux tendances. C’est la voie du juste milieu, la voie profonde de la Balance.
Cette situation du natif de la Balance placé au point de rencontre de deux courants contraires peut être illustrée par une autre lame du Tarot, la sixième, appelée « l’Amoureux ». Que représente-t-elle? Un jeune homme se tient immobile à un croisement de deux routes (hésitation de la Balance). Deux femmes, l’une à sa droite, l’autre à sa gauche, lui posent une main sur l’épaule, et lui montrent une des deux routes. La femme de droite (la Vierge) porte une couronne d’or, celle de gauche (le Scorpion) est échevelée et couronnée de pampres. La clarté du symbole rend tout commentaire superflu.
L’archange saint Michel
Nous allons évoquer la figure de l’archange saint Michel qui décore les tympans et les vitraux de nos églises, car, lui aussi tient dans ses mains la balance ou le glaive, et parfois les deux.
Or, la liturgie catholique célèbre la fête de saint Michel le 29 septembre, c’est-à-dire dans les premiers jours de la Balance, au point de passage du monde physique au monde spirituel, marqué par le déclin du Soleil extérieur et l’aurore du Soleil intérieur. La vie de l’esprit va connaître un renouveau tandis que la nature se prépare à entrer dans son sommeil hivernal.
Le saint Michel de nos églises a pris la relève des anciennes divinités Toth-Hermès des Égyptiens et des Grecs, et du Mercure des Romains. Loin de rejeter les dieux « païens », les chrétiens leur ont ajusté de nouveaux vêtements pour que se perpétue la Tradition qui ne pourra s’éteindre tant que l’âme voudra se nourrir de Vérité.
Saint Michel a remplacé Hermès-Psychopompe ; il est le peseur d’âmes, placé au carrefour de la vie et de la mort. Entrer dans l’automne, c’est aussi entrer symboliquement dans une sorte de mort qui préfigure la vraie mort. Saint Michel nous invite à faire, à cette occasion, un bilan – une répétition du jugement qui suit la mort. Sur les plateaux de la balance, il faut mettre les une répétition du jugement qui suit la mort. Sur les plateaux de la balance, il faut mettre les fruits de notre travail, rejeter tout ce qui n’est pas sain pour ne garder que ce qui peut résister à l’épreuve du temps. C’est l’exaltation des valeurs de dépouillement, symbolisées par Saturne, à l’épreuve du temps. C’est l’exaltation des valeurs de dépouillement, symbolisées par Saturne, nous invitant à élaguer de nos pensées et de nos sentiments toutes les branches mortes ou inutiles.
L’Homme-Zodiaque
Pour terminer, évoquons une dernière figure mythique popularisée par les gravures anciennes : celle de l’Homme-Zodiaque. Elles représentent un homme dont chaque partie du corps est reliée à un signe du Zodiaque. Cela va de la tête, rattachée au signe du Bélier, pour se terminer avec les pieds, auxquels correspondent les Poissons, dernier signe. Les autres signes se répartissent régulièrement sur le corps, entre la tête et les pieds. La Balance, qui tient le milieu du Zodiaque, se situe naturellement au milieu du corps, englobant les reins et la région lombaire.
La Tradition astrologique enseigne, à ce propos, que l’organe correspondant au signe qui reçoit le Soleil – accompagné parfois de ses satellites les plus proches, Mercure et Vénus -, ou bien encore l’organe correspondant au signe se levant au moment de la naissance, cet organe, donc, sera particulièrement sensible aux attaques de la maladie pendant toute l’existence du natif. Il exigera une surveillance et des soins particuliers, surtout si le signe en question est lui-même exposé à la malveillance de certaines planètes. Cet enseignement de la Tradition est confirmé par l’expérience. Ainsi le mythe devient réalité. Du point de vue qui est ici le nôtre, le fait que les reins et les lombes soient rattachés à la Balance présente un intérêt certain. Les reins sont des filtres chargés d’épurer le sang; dès que leur fonctionnement est entravé, le déséquilibre s’installe dans l’organisme, entraînant la mort par empoisonnement à plus ou le déséquilibre s’installe dans l’organisme, entraînant la mort par empoisonnement à plus ou moins longue échéance. Tels les deux plateaux d’une balance, les reins sont responsables de l’équilibre interne du corps. Comme saint Michel, ils font un tri et rejettent tout ce qui est nocif. Quant aux lombes, elles constituent elles aussi une balance dont le bas de la colonne ver. Quant aux lombes, elles constituent elles aussi une balance dont le bas de la colonne vertébrale est le fléau. De même que le signe de la Balance est la charnière du Zodiaque, de même les lombes sont la charnière autour de laquelle s’articule tout le corps. En outre, elles forment un couple, et le corps ne peut conserver ou rétablir son équilibre que parce qu’elles sont deux, l’une faisant contrepoids à l’autre. En extrapolant cette fonction sur un autre plan, on pourrait en conclure que l’équilibre de l’individu passe par le couple. La Balance, septième signe, et la Maison VII, celle des associations, donc du mariage, ne nous disent pas autre chose.
Pour retrouver les significations les plus élevées comme les plus terre à terre du signe de la Balance, nous avons interrogé les mythes et les symboles appartenant au patrimoine culturel de la civilisation occidentale qui nous semblaient pouvoir éclairer notre recherche. Or, il nous faut constater que tous ces mythes se confirment les uns les autres; cette remarquable convergence a quelque chose de rassurant, car elle justifie notre démarche, tout en enrichissant nos connaissances.
La Balance dans la Vie
Les six premiers signes du Zodiaque marquent symboliquement les étapes de la construction du « Moi », qui trouve son accomplissement dans le signe de la Vierge. C’est le cycle de l’involution, au cours duquel se réalise la vie personnelle. Avec la Balance débute un nouveau cycle, celui de l’évolution, qui va mettre l’accent sur la vie collective. La Balance, libra en latin, était le signe du dieu Liber 1. Suivant une filière étymologique plus intuitive que scientifique, mais qu’il faut se garder de rejeter a priori, car ces rapprochements ne sont pas tous fortuits, on aboutit au verbe « libérer » : la Balance est un signe de libération, elle libère l’homme des forces égocentriques qui le limitaient. Alors qu’au cours du cycle précédent, les forces de vie travaillaient à la formation de la personnalité, elles vont maintenant ouvrir les voies à l’individualité pour lui permettre de se manifester car, préexistant à la personnalité, l’individualité n’a pas besoin d’être construite.
C’est au contact des autres, donc au sein du groupe, que l’homme va commencer à prendre conscience de son individualité. Pendant la traversée des six premiers signes, il était tellement occupé à construire sa personnalité qu’il ignorait tout ce qui n’était pas lui. Avec la Balance, il apprend à se situer par rapport aux autres et, progressivement, son champ de conscience va s’élargir de la communauté élémentaire, représentée par le couple (Balance), à la fusion dans le grand Tout (Poissons), en passant par les groupes sociaux organisés (Capricorne) et la fraternité humaine (Verseau).
La Balance fait ses premiers pas sur le chemin de l’altruisme. A partir de ce signe, commence à se manifester un amour qui n’est pas uniquement tourné vers la satisfaction des désirs personnels. Pour la première fois, au cours de son développement, l’homme, cessant de se prendre pour le centre de son univers, se conçoit en fonction de l' »autre », vers lequel il se sent irrésistiblement attiré.
On peut comparer les deux demi-cercles du Zodiaque, qui se déploient d’un point équinoxial à l’autre, aux deux branches d’un aimant qui sont de polarité contraire. Le premier demi-cercle, qui s’étend du Bélier à la Vierge, englobe les signes de printemps et d’été : il est positif; le second regroupe, de la Balance aux Poissons, les signes d’automne et d’hiver : il est négatif. En leur point de rencontre, à 0 degré Balance, les deux demi-cercles se soudent étroitement, puisque les pôles opposés ont la propriété de s’attirer. Ainsi se trouve une nouvelle fois soulignée la vocation d’union de la Balance.
En outre, l’oscillation continuelle des deux plateaux de la balance sous l’action des forces de la vie fait naître chez le natif de la Balance un sentiment d’insécurité qui le pousse à rechercher l’être complémentaire qui pourra l’aider à rétablir l’équilibre.
Enfin, nous avons déjà noté que la Maison VII, qui est l’analogue du septième signe, celui de la Balance, est traditionnellement le secteur des associations, dont le mariage est la forme la plus simple et la plus répandue. Pour toutes ces raisons, le natif de la Balance éprouve avec plus de force que les natifs des autres signes le besoin de se lier à un partenaire. Si sa destinée ne lui permet pas de réaliser cette union de façon durable, il ressentira douloureusement cet échec. Dans les cas extrêmes, cela peut le plonger dans l’angoisse. Mais ces cas extrêmes restent heureusement l’exception, car on sait combien la Balance les fuit.
Naturellement, les signes qui appartiennent au premier hémicycle du Zodiaque, comme, par exemple, le Bélier ou les Gémeaux, ne sont pas, pour autant, incapables d’exprimer des sentiments altruistes sous prétexte que, selon le système zodiacal symbolique que nous venons d’exposer, de tels sentiments ne se manifestent que dans la deuxième partie du Zodiaque – plus précisément à partir de la Balance.
Tous les signes peuvent donner des mystiques qui aspirent à se fondre en Dieu, fusion qui passe d’abord par l’homme. Nous n’en voulons pour preuve éclatante que le thème de sainte Thérèse d’Avila (28 mars 1515), avec le Soleil, Mercure, Vénus et l’Ascendant dans le Bélier, un signe réputé peu doué pour la philosophie et l’abstraction. Cela n’a pas empêché cette grande mystique d’exposer, dans le Château intérieur, une doctrine que Bossuet qualifiait de « céleste ».
Nous avions envisagé le Zodiaque d’un point de vue symbolique, comme le reflet de l’évolution de l’homme. Mais selon le principe hermétique qui veut que tout soit dans tout, chaque signe contient tous les autres, c’est-à-dire que le natif de n’importe quel signe pourra manifester, à des degrés divers, toutes les qualités dont chacun des signes est l’illustration particulière.
Simplement, les qualités plus spécifiquement propres à un signe laisseront une empreinte plus profonde sur les natifs de ce signe. C’est ce que nous avons voulu dire pour la Balance.
S’il est vrai, en effet, que la plupart des êtres recherchent dans la vie un partenaire et que beaucoup se marient, il n’en reste pas moins que ce besoin de l' »autre » sera plus intensément et plus intimement ressenti par les natifs de la Balance que par ceux des autres signes, au point de devenir une sorte de leitmotiv qui va marquer leur vie dans tous les domaines.
Dans cette quête d’un partenaire équilibrant, le natif de la Balance est aidé par une disposition particulière de sa nature : c’est un être de sentiment 1. Nous éviterons d’utiliser le mot « sentimental » à son endroit : il a pris, dans le langage courant, un sens quelque peu péjoratif.
Le sentiment est une notion complexe. C’est d’abord cette faculté que nous avons de recevoir les impressions par la voie des sens; ce sentiment-là est étroitement lié à la sensation. C’est également, dans le langage des psychologues, un état affectif dont les causes sont d’ordre moral : un sentiment d’amour, de générosité ou de honte. Ce peut être, enfin, un mode de connaissance intuitif ou instinctif qui s’oppose à l’intelligence, comme le cœur s’oppose à la raison.
Ces différentes significations recouvertes par le mot « sentiment » sont inséparables les unes des autres et s’appliquent avec des nuances ou des restrictions au natif de la Balance, puisque sa vie est dominée par le sentiment. Il le doit assurément à la planète Vénus qui, du fait de son domicile dans la Balance, exerce une sorte de patronage sur le signe. C’est une Vénus libérée de la lourdeur terrienne dont elle s’était chargée en Taureau. Dans le signe d’Air de la Balance, elle est devenue légère, aérienne, elle s’est spiritualisée.
L’influence de l’élément Air ne doit pas être négligée comme ont tendance à le faire ceux qui font de ce natif un être vivant presque uniquement par les sens. Il est vrai que ses rapports avec les êtres comme avec les choses, avec les idées comme avec les situations, sont conditionnés par la façon dont il les ressent : il aime parce qu’il en éprouve du plaisir, et il n’aime pas parce que cela lui est désagréable. C’est un être essentiellement subjectif. Nous voulons dire par là que les valeurs qu’il reconnaît, et qui déterminent sa conduite, sont appréciées en fonction de ses états affectifs auxquels viennent s’ajouter les souvenirs et les images que chacun de nous porte dans son subconscient.
On peut en conclure que le natif de la Balance cédera facilement à la tentation de classer tout ce qui l’environne en deux groupes : ce qui lui est sympathique et ce qui lui est antipathique.
C’est là sa pente naturelle.
Cependant, son sens de la mesure et de l’équité, son intelligence aussi, le garderont des jugements trop subjectifs ou trop tranchés. C’est ici également qu’interviendra l’influence de l’élément Air qui, en le dotant d’une intelligence souple et subtile, lui fait prendre conscience de la relativité des êtres et des choses. Il évite ainsi de se laisser aller trop souvent à des appréciations faussées par le sentiment.
Premier objectif : l’harmonie
Au-delà des impressions que lui procurent ses sensations, nous avons vu que le natif de la Balance trouve également dans le sentiment un mode de connaissance intuitif. Cette précieuse faculté va le guider dans le choix de ses relations. Pour que celles-ci lui apportent la stabilisation dont il a besoin pour être « bien dans sa peau », il faut qu’il se sente en affinité avec ses interlocuteurs ou ses partenaires. Le plaisir qu’il retire de ces échanges pourra être le point de départ d’une amitié ou d’un amour car il conjugue volontiers le verbe « aimer » à toutes les personnes.
Le sentiment de bien-être éprouvé sera fonction de la paix et de l’harmonie que ces relations feront régner en lui et autour de lui. L’harmonie est son principal objectif et elle règle son comportement dans la vie en général et dans ses rapports avec autrui en particulier. Au nom de l’harmonie, il est capable de sacrifier une partie de ses intérêts personnels. Il met tout en oeuvre pour que ses relations avec son entourage immédiat, avec ses collègues de travail ou avec les gens rencontrés dans la vie quotidienne soient harmonieuses, comme doit l’être son cadre de vie. La beauté n’est, finalement, que le résultat d’une certaine harmonie.
Échanges, équilibre, paix, harmonie sont les mots clés qui, sur un fond de sentiment, dominent la vie du natif de la Balance parce qu’ils correspondent aux aspirations de sa nature profonde. Mais face aux problèmes de la vie, il peut adopter deux attitudes très différentes qui modulent sensiblement sa structure fondamentale.
Ces deux attitudes sont liées aux deux planètes que nous connaissons bien maintenant, puisqu’elles nous accompagnent depuis le début : Vénus et Saturne. Ce sont les deux faces d’un même personnage; si certains natifs de la Balance sont plus vénusiens que saturniens, ou inversement, sans qu’une influence soit totalement éliminée au profit de l’autre, il est un troisième groupe qui voit la « balance » pencher alternativement du côté de Vénus et du côté de Saturne.
Ils appartiennent au tempérament cyclothymique : ceux-là oscillent entre l’exubérance et la mélancolie, avec une amplitude qui varie d’un individu à l’autre.
Si c’est Vénus qui l’emporte, nous sommes en présence d’un être largement ouvert au monde environnant. Cette attitude est celle de l’extraverti dont nous devons la définition à C.G. Jung : c’est un être ouvert, prévenant et de commerce agréable, qui s’adapte facilement à toutes les situations et se lance dans l’inconnu sans trop se poser de questions 1. Le deuxième trait fondamental de ce caractère sera la sympathie, celle qu’il prodigue en espérant provoquer celle des autres.
A partir de ces deux traits fondamentaux, il est facile de déduire les manifestations secondaires qui en découlent naturellement. L’extraverti de la Balance va chercher à nouer de nombreuses relations avec son entourage naturel : les membres de sa famille, au sens large du mot; dans les petites villes, les gens de son quartier et, dans les grandes villes, les gens de son immeuble; ses collègues de travail et les gens avec qui, dans un club ou une association, il partage des distractions communes. Il a le contact facile, car il est affable et enjoué. Il sait trouver le mot qui fait plaisir ou qui touche, et bien peu résistent à son sourire engageant. Sa sympathie n’est pas affectée, elle vient du cœur, et les gens y sont particulièrement sensibles dans un monde qui tend à se déshumaniser. Ces échanges chaleureux sont pour lui une nécessité. Ils sont son oxygène.
Il donne beaucoup de lui-même et le fait volontiers, mais il attend au moins autant des autres.
Il n’est jamais aussi malheureux que lorsqu’il ne se sent pas apprécié. L’opinion des autres compte beaucoup pour lui et, si leurs compliments lui vont droit au cœur, leurs critiques peuvent le rendre très malheureux. Il a besoin de sentir passer entre lui et les autres un courant de sympathie. Il veut être aimé.
Une telle attitude n’est pas sans danger, car, chez certains natifs de la Balance, ces qualités peuvent se changer en défauts. Devenus trop dépendants de l’opinion des autres, ils sont tentés de rechercher leurs flatteries et ils courent le risque d’être influencés par ceux dont la sympathie est devenue pour eux comme une drogue. Enfin, ces êtres sont mal préparés à supporter une solitude à laquelle pourrait les condamner un destin difficile ou cruel. Destin qui se présente rarement dans un thème dominé par Vénus : les Anciens appelaient cette planète la « petite Fortune ».
Si Saturne l’emporte sur Vénus, nous passons de l’extraversion à l’introversion. Jung définit l’introverti comme un être réservé, réfléchi, hésitant, qui se livre difficilement, vit toujours un peu en retrait, prend ses distances par rapport à l’objet, et observe choses et gens avec une certaine méfiance.
C’est assurément là une description qui présente des traits trop accusés pour être totalement compatible avec ce que nous savons de la Balance. Comme l’introversion ne peut pas changer la nature profonde du natif de la Balance, elle va gommer quelque peu les traits qui sont plus particuliers au vénusien de la Balance, et appuyer ceux qui s’accordent avec la typologie saturnienne.
Sans rien perdre de la force de ses sentiments ni de sa courtoisie souriante, l’introverti de la Balance sera plus difficile dans le choix de ses relations. Il ne veut pas se gaspiller sentimentalement. Il n’aime pas la dispersion et encore moins les débordements affectifs, ni chez lui ni chez les autres. Sa réserve pourra d’ailleurs lui gagner la sympathie de ceux qui se lassent vite d’une trop grande familiarité et qui voient dans la réserve une marque d’élégance morale.
Il ne faut pas se fier ici aux apparences : l’introverti de la Balance ressent aussi fortement que l’extraverti cette force qui le porte vers les autres. Lui aussi aimerait bien se mêler aux gens, participer à leurs fêtes, partager leurs distractions, prendre part à leurs sorties. Mais il se sent constamment retenu par une autre force, presque égale à la première, qui le contraint à réfréner ses élans, à tempérer ses enthousiasmes et à limiter ses envies.
Il pratique un certain élitisme affectif, ses sentiments gagnent en profondeur ce qu’ils perdent en « largeur ». Son clavier sentimental, pour être moins étendu, n’en est que plus nuancé. Mais il est suffisamment lucide pour percevoir le ‘conflit intérieur dont il est le théâtre. Conflit qui renforce sa tendance à tergiverser, et lui laisse un sentiment de frustration. Enfin, une vie intérieure plus intense l’amenant à vivre un peu en retrait du monde, il attache moins d’importance que l’extraverti à son apparence extérieure, il est moins soucieux que lui de son élégance vestimentaire.
Pratiquement, comment déterminer le genre de Balance auquel on a affaire ? Vénusien ou saturnien? Extraverti ou introverti? Cela dépend de la qualité et de la force de chacune de ces deux planètes dans l’horoscope.
La qualité d’une planète dépend de sa position dans tel ou tel signe du Zodiaque. C’est ce que les Anciens appelaient son état céleste. Si la nature du signe qui reçoit la planète est en harmonie avec sa propre nature, elle pourra donner le meilleur d’elle-même. Les signes qui conviennent à Vénus sont le Taureau et la Balance (domiciles), les Poissons (exaltation) et, à un degré bien moindre, les Gémeaux, le Verseau et le Capricorne (trigonocratie).
Les signes en résonance avec Saturne sont le Capricorne et le Verseau (domiciles), la Balance (exaltation) et, en dernier lieu, les Gémeaux, le Taureau et la Vierge (trigonocratie).
La force d’une planète s’apprécie selon sa position en Maisons. En abordant ce problème dans l’introduction, nous avons vu qu’une planète située à proximité de son lever (Ascendant) ou de sa culmination supérieure (Milieu-du-Ciel) était particulièrement puissante. Sa position dans les parages de son coucher (Descendant) ou de sa culmination inférieure (Fond-du-Ciel, lui confère également une certaine force, surtout si les deux premiers lieux ne sont pas occupés.
A cela viennent s’ajouter les aspects que Vénus et Saturne reçoivent éventuellement des autres planètes. Ils peuvent les soutenir, les modifier ou les inhiber. Toutefois, il vaut encore mieux, pour une planète, recevoir de « mauvais » aspects que de n’en point recevoir du tout, d’autant plus que les aspects dits mauvais n’ont de mauvais que le nom.
En effet, les astrologues modernes abandonnent de plus en plus cette classification en aspects « bénéfiques » et « maléfiques ». Ils pensent que la signification d’un aspect dissonant dépend, d’une part, des planètes qui le forment et, d’autre part, de l’ensemble du thème. Et encore n’est-ce là qu’une approche très sommaire d’un problème fort complexe.
Morin de Villefranche, médecin, mathématicien et grand astrologue, qui fut au XVIIe siècle le rénovateur de l’Astrologie, a donné des règles précises qui permettent de cerner de plus près cette question. Selon Morin, la nature intrinsèque de l’aspect (bénéfique ou maléfique) n’est absolument pas déterminante. Trop d’astrologues ne s’embarrassent guère aujourd’hui de telles subtilités car ils ne tiennent pas à se compliquer la tâche. Et puis, il est difficile de leur faire admettre qu’un trigone (distance de 120 degrés entre deux planètes), réputé pour être un très « bon » aspect, puisse dans certains cas avoir des effets désagréables, sinon désastreux.
Quoi qu’il en soit, il arrivera assez souvent qu’un aspect dissonant (quelle que soit d’ailleurs sa nature intrinsèque) corresponde à un conflit résultant d’une opposition ou d’une tension entre les forces signifiées par les planètes en aspect. Même ce conflit tournera à l’avantage de celui qui saura l’utiliser pour travailler à la construction de son être.
Quand Vénus et Saturne auront été examinés de ces différents points de vue, il sera possible, dans la plupart des cas, de juger de leur importance relative dans le thème. Il arrivera cependant que cet examen se révèle délicat.
On pourra alors avoir recours à un des systèmes de cotation des planètes proposés par certains auteurs de traités d’astrologie. Toutefois, ces systèmes n’ayant qu’une valeur très relative, il ne faudra pas attendre d’eux autre chose que l’indication d’une tendance.
La Balance et l’Amour
Pour toutes les raisons que nous venons d’évoquer et dont nous rappelons les deux principales :
– la Balance est un signe d’union,
– la Balance, septième signe, correspond à la Maison VII qui est le secteur des contrats et des associations, il est normal que le natif de ce signe soit naturellement porté vers le mariage.
Non pour fonder une famille, comme le Cancer, ni pour vivre sa sexualité, comme le Taureau ou le Scorpion, mais pour créer une communauté à deux dans laquelle les enfants s’effaceront derrière le partenaire.
Ses qualités de cœur le prédisposent à faire un mariage d’amour.
Charmant, affable, affectueux, gai, optimiste, délicat, raffiné, comment ne trouverait-il pas le partenaire qui « fera le poids » sur l’autre plateau de la balance? Si l’on ajoute qu’il sécrète un charme discret assez indéfinissable, propre à capter l’intérêt des autres, on aura presque le portrait du séducteur. Mais presque, seulement, car il n’a pas tous les atouts en main, comme nous allons le voir, dans la façon dont il fait sa cour.
Pour mieux saisir sa manière, utilisons la méthode des « contraires ». Le point de départ nous sera fourni par le récit que l’abbé Prévost met dans la bouche du jeune chevalier Des Grieux (il n’avait que 17 ans) pour nous conter sa rencontre avec Manon Lescaut : « Il en sortit [du coche d’Arras] quelques femmes qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s’arrêta seule dans la cour pendant qu’un homme d’âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s’empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n’avais jamais pensé à la différence des sexes ni regardé une fille avec un peu d’attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d’un coup jusqu’au transport. J’avais le défaut d’être excessivement timide et facile à déconcerter; mais loin d’être arrêté alors par cette faiblesse, je m’avançais vers la maîtresse de mon cœur. Quoiqu’elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandais ce qui l’amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu’elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. […] Elle me dit, après un moment de silence, qu’elle ne prévoyait que trop qu’elle allait être malheureuse, mais que c’était apparemment la volonté du ciel puisqu’il ne lui laissait nul moyen d’y échapper.
La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles, ou plutôt l’ascendant de ma destinée qui m’entraînait à ma perte, ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse. Je lui assurai que […] j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d’où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m’exprimer; mais on ne ferait pas une divinité de l’amour, s’il n’opérait souvent des prodiges. »
Ce récit fameux n’est rien d’autre que la description du « coup de foudre ». Se trouver brusquement « enflammé jusqu’au transport » ne saurait mieux définir cet état que le natif de la Balance ne connaît généralement pas. Ce serait plutôt l’apanage des natifs du signe qui s’oppose à la Balance dans le Zodiaque : le Bélier.
Ce genre d’emportement affectif qui, comme le déferlement d’un raz de marée, balaie tout sur son passage et change une situation en un instant, ce genre d’emportement s’accorde mal avec le caractère hésitant et prudent de la Balance.
Non que la Balance soit incapable de s’enflammer; il serait bien surprenant qu’un enfant de Vénus reste sourd aux appels de l’amour; mais ces appels sont aussitôt contrebalancés par des forces antagonistes. Il y a d’ailleurs, dans ce passage de Manon Lescaut, quelques lignes avant la fin, une remarque qui emprunte son expression à la langue astrologique. Des Grieux reconnaît qu’il ne lui fut pas possible de balancer un moment sur sa réponse. C’est une façon de reconnaître qu’il n’était pas soumis à l’influence de la Balance qui, au contraire, lui aurait donné tout loisir de « balancer » pour échapper à l’emprise d’une passion foudroyante.
Dès qu’il est saisi par l’amour, le natif de la Balance en ressent une grande satisfaction parce qu’il y voit l’occasion de réaliser une aspiration essentielle de son âme : il va pouvoir fusionner avec l’autre. Mais tout aussitôt, en juge équitable de sa propre situation, il analyse son amour, et rien, dans cette appréciation, ne pourrait le détourner d’une objectivité qui s’impose à lui. Il aimerait bien quelquefois être moins lucide, mais il ne le peut pas. C’est plus fort que lui.
Dans cet aveu, on reconnaît les impératifs de l’inconscient qui forment la trame du tissu profond de la Balance.
Sur l’un des plateaux de la balance, il met les avantages de son amour : sur l’autre les inconvénients qu’il n’a pas de peine à trouver, rien n’étant parfait sur Terre. Dès lors, il va balancer, passant alternativement de l’optimisme au pessimisme, de l’enthousiasme au découragement, de l’audace à la crainte.
Il n’est pas difficile d’imaginer les résultats d’une telle attitude. Si les attraits de l’amour ne l’emportent pas finalement sur les inconvénients, cette valse hésitation pourra longtemps encore faire tourner en rond notre Balance.
Voilà pourquoi nous disons que, malgré tant de qualités propres à lui gagner bien des cœurs, ce type zodiacal ne dispose pas de tous les atouts d’un vrai séducteur. Il lui manque la conviction qui emporte la décision dans l’élan d’un mouvement irrésistible.
Dans un tel domaine, ce défaut est bien plus préjudiciable à l’homme qu’à la femme, et c’est pourquoi il nous faut envisager les choses du point de vue de chacun des sexes.
L’Amour Balance conjugué au masculin
Disons-le d’emblée : le natif de la Balance n’est pas homme à se battre avec le rival qui cherche à le supplanter dans le cœur de celle qu’il aime. Il y est d’autant moins disposé qu’il n’est pas tris courageux physiquement. En poussant les choses à l’extrême, on pourrait même soutenir qu’il est capable de donner raison sur certains points à son rival! Il n’est pas non plus homme à « corriger » sa femme pour la ramener à des conceptions plus saines de la fidélité conjugale.
C’est sûrement un défaut, sinon une faiblesse, aux yeux de beaucoup. Faut-il y voir un manque de cette virilité chère aux phallocrates, et aussi à certaines femmes, ou simplement la volonté de respecter la liberté de sa partenaire? L’un et l’autre, sans doute.
Cet affaiblissement de la virilité peut trouver sa justification astrologique dans le fait que le Soleil est en « chute » dans la Balance. La chute, rappelons-le, est une des deux débilités planétaires, l’autre étant l’exil. Or, la débilité est, selon le dictionnaire, un « état de grande faiblesse ».
Il ne faut donc pas attendre de l’homme de la Balance qu’il manifeste avec éclat des qualités solaires telles que force de caractère, volonté, constance, détermination, confiance en soi, force créatrice, pour ne citer que les principales.
Cela ne signifie pas qu’il n’a aucune de ces qualités. Mais celles qu’il pourra posséder pécheront par faiblesse; surtout, il aura beaucoup de mal à les extérioriser parce que, dans une certaine mesure, elles sont en désaccord avec la nature profonde de la Balance, telle que nous la connaissons déjà.
L’exil de Mars dans la Balance peut également « expliquer » astrologiquement cette dévirilisation. Si la chute affaiblit la planète, l’exil aurait plutôt tendance à pervertir son influence.
Dans la pratique, Mars exilé produira deux sortes d’effets, apparemment contraires : le sujet pourra être instable, inconstant, velléitaire, lâche – en un mot, peu viril; mais il arrive aussi que le sujet, cherchant inconsciemment à compenser cet état d’infériorité dont il souffre, dépasse son but (surcompensation) : il devient alors impatient, despotique, querelleur, cassant, brutal, téméraire. Ce sont ces derniers effets que l’on constate le plus souvent.
On pourrait objecter que ce manque d’affirmation de soi devrait être corrigé par le fait que la Balance est un signe cardinal. En effet, la plupart des auteurs de manuels d’astrologie affirment que les signes cardinaux confèrent l’esprit d’entreprise, le goût de l’action, le sens de l’initiative, l’aptitude au commandement, qualités qu’ils assimilent sur le plan psychologique à la volonté.
Alors, on comprend mal que l’homme de la Balance ne joue pas les mâles conquérants. Car c’est ainsi que devraient se passer les choses, si les auteurs de manuels ne faisaient pas fausse route, ce qu’ils doivent apparemment faire puisque l’expérience semble leur donner tort.
En réalité, l’énergie dont sont animés les quatre signes cardinaux s’applique chaque fois à un plan différent, selon la qualité élémentaire du signe. La Balance étant un signe d’Air, l’énergie « cardinale » est au service de l’intellect, et non pas de la volonté, comme ce serait le cas, par exemple, avec le Bélier, signe de Feu. Voilà pourquoi l’objection que nous avons nous-même soulevée est finalement sans objet.
Donc, quand il fait sa cour, l’homme de la Balance n’essaie pas de s’imposer à tout prix. Et si d’aventure il lui arrive de faire des tentatives dans ce sens, il n’aboutit le plus souvent qu’à des échecs qui lui sont d’autant plus pénibles qu’il déteste s’exposer à un refus. Il est très soucieux de son image de marque.
Peu doué pour les conquêtes à la hussarde, il va s’efforcer d’émouvoir. C’est tout à fait dans ses cordes puisqu’il dispose d’un registre étendu de qualités auxquelles le cœur d’une femme ne peut rester insensible. Il compte plus sur son charme que sur son audace. N’ayant pas le goût d’imposer sa personne, il va tenter de se faire désirer. Et là, ses chances ne sont pas négligeables, car, en plus de ses qualités de cœur, il possède des qualités intellectuelles et une intuition qui lui donnent le sens de la stratégie psychologique.
Lorsqu’il se sent près d’arriver à ses fins, il est repris par ses hésitations. Il craint qu’on ne lui demande de s’engager. Car avec lui, les rôles sont souvent inversés : il est plus souvent choisi qu’il ne choisit lui-même, bien que les apparences puissent être trompeuses, dans la mesure où il peut avoir lui-même provoqué ce choix. Quoi qu’il en soit, il hésite. Il se rend soudain compte que dire oui c’est renoncer du même coup aux autres occasions présentes et futures : le voilà envahi par un sentiment de frustration.
Pour en finir avec ces tergiversations dont il est le premier à souffrir, il va se mettre plus ou moins consciemment dans une situation telle qu’il ne pourra plus reculer. Il compte sur une intervention extérieure ou sur les circonstances de la vie pour lui forcer la main. Comme il ne sait pas vraiment refuser, il se résigne à une solution qui, de toute façon, lui laissera des regrets. bien n’est jamais parfait, surtout pour la Balance.
C’est ainsi qu’il finira par convoler en justes noces, le cadre de la légalité étant celui qui convient le mieux à sa nature. (Nous avons vu que Jupiter-la-Loi entretenait de bons rapports avec Thémis-la-Balance.) Il unira généralement sa vie à une femme qui partage ses vues sur les grands problèmes de l’existence parce que ses exigences morales et esthétiques sont assez fortes pour lui permettre de déjouer les manœuvres d’une intrigante. Il n’empêche qu’il peut lui arriver de se retrouver marié à une femme qui ne répond pas à son idéal féminin, parce qu’elle aura su lui imposer sa volonté. Mais la prudence innée de la Balance veille heureusement à ce que ces cas restent l’exception.
Il conçoit le mariage comme un dialogue. Or, un dialogue véritable ne peut s’instaurer qu’entre deux interlocuteurs qui se respectent mutuellement. C’est ainsi qu’il l’entend; il va tout faire pour que sa femme devienne réellement cette autre partie de lui-même qui le fait courir dans la vie.
Comme l’eau épouse les formes du récipient qui la reçoit, l’homme de la Balance s’adapte à sa partenaire, au point de vouloir fusionner avec elle. Ce besoin, il l’exprime dans ses rencontres physiques avec elle quand il lui dit : je voudrais me fondre en toi. Et il s’irrite de l’obstacle que les corps eux-mêmes opposent à cette fusion qui est, à ses yeux, plus importante que les prouesses sexuelles pour lesquelles la nature ne l’a que moyennement doué. Dans sa vie intime, il recherche la communion des corps et des âmes. Quand il y parvient, il en ressent une profonde satisfaction intérieure qui fait partie de ses joies de vivre. C’est la volupté même.
Les qualités de cœur qui séduisaient ses amies avant le mariage ne peuvent que favoriser ses relations conjugales. Sa gentillesse, sa douceur, son tact, son enjouement créent un climat dans lequel l’amour s’épanouit comme une plante dans la chaleur humide d’une serre. D’un autre côté, son indulgence et sa tolérance le conduisent à faire des concessions qui évitent bien des heurts. Elles peuvent contribuer à la consolidation du foyer, si elles restent dans les limites du raisonnable.
Son but premier, c’est la création d’une communauté à deux. Qui dit communauté, dit mise en commun. Alors, il s’efforce de tout partager avec sa femme • les joies et les peines, les espoirs et les déceptions, les travaux et les distractions, les succès et les échecs, les gains et les pertes, les enthousiasmes et les découragements dont sont faites toutes les vies. Il ne peut être question pour lui de faire une différence entre le tien et le mien.
Qu’attend-il de sa femme, en retour, puisque les natifs de la Balance pensent leurs relations en termes d’échanges ?
Avant tout, le même esprit de partage; ensuite, qu’elle évite toute attitude qui rendrait inévitable une de ces scènes dont il a horreur. Elle doit l’aider à surmonter certaines faiblesses de son caractère. Il a des difficultés à s’affirmer dans la vie, à prendre des décisions importantes, à soutenir longtemps un même effort, à se soumettre aux contraintes inévitables de l’existence. S’il se sent soutenu, encouragé, conseillé par une compagne aimante, dévouée et intelligente, alors il est capable de venir à bout de ces difficultés et de réussir sa vie professionnelle.
Elle devra aussi créer un cadre harmonieux dans lequel il pourra se « retrouver » en oubliant les fatigues et les soucis d’une journée de travail, un intérieur élégant et confortable qui réponde à ses goûts raffinés. Elle-même devra être soignée et un brin de coquetterie ne sera pas pour lui déplaire.
L’homme de la Balance n’est évidemment pas sans défauts, encore que ce ne soient pas des défauts majeurs : dans ce signe, tout est mesuré. Sa femme devra accepter son besoin de plaire, de faire « le joli cœur » auprès de ses amies à elle, ou d’avoir des attentions galantes pour de jolies femmes.
Si elle est avisée, elle fermera les yeux sur l’argent dépensé un peu légèrement pour des vêtements élégants. Mais surtout, elle évitera de lui reprocher son manque de virilité et elle n’en profitera pas pour essayer de le dominer car, paradoxalement, il tient à préserver son indépendance dans sa dépendance affective.
La femme d’un Balance de type vénusien devra faire preuve d’indulgence pour les écarts auxquels son mari pourrait se laisser aller, mais qui le plus souvent ne tireront pas à conséquence.
Quant à la femme d’un Balance de type saturnien, elle devra faire preuve de compréhension pour un mari qui a autant de difficultés à exprimer ses sentiments qu’à prendre une décision.
A elle de l’aider avec tact.
L’Amour Balance conjugué au féminin
C’est un fait d’expérience et de bon sens : le signe de la Balance convient mieux à la nature et à la condition de la femme dans notre société qu’à l’homme Deux exemples portant sur des traits marquants du caractère Balance nous en convaincront immédiatement.
La « dévirilisation », qui est un défaut pour lui, se change en qualité pour elle.
Les hésitations propres au signe qui, dans les rencontres amoureuses, la font avancer et reculer tour à tour, deviennent aux yeux des autres le jeu délibéré d’une coquette, et ce qui dessert l’homme sert sa réputation de femme habile et désirable.
Toutes les qualités énumérées dans l’étude générale du caractère de la Balance sont, pour la plupart, des qualités féminines. Non seulement elles s’appliquent pleinement à la femme, mais elles lui siéent comme un vêtement taillé sur mesure. Certains traits de caractère, qui causent parfois des désagréments à l’homme, mettent en valeur sa féminité. Il n’est donc pas nécessaire de répéter ici en détail ce qui a été largement développé plus haut.
Les échanges lui étant aussi nécessaires que l’air qu’elle respire, elle appréhende de rester seule. Et comme elle est peu sûre d’elle, il lui arrive parfois de jouer la comédie dans l’espoir d’attirer des hommes qui s’offriront à la protéger ou à la consoler. Mais ce sont là des artifices bien superflus, car son charme lui attire sans effort des admirateurs dont les compliments la rassurent, tout en flattant sa vanité. Elle est tellement amoureuse de l’amour qu’il ne lui déplaît pas de mettre en compétition deux admirateurs dont les hommages la ravissent.
Elle ne refuse pas les aventures qui peuvent satisfaire une sorte de sensualité diffuse qui la fait aimer autant avec son corps qu’avec son cœur, mais elle veut être sûre que ce ne seront que des aventures sans lendemain. Car lorsque la Balance s’est engagée, elle est généralement fidèle.
Très réceptive à la beauté physique et morale, elle sera naturellement sensible à celle des hommes qui lui feront la cour. Cet élément influera sur son choix, et si celui qu’elle aura ainsi distingué a, en outre, le bon goût d’être intelligent, il y a fort à parier qu’elle souhaitera se lier, à lui pour longtemps, sinon pour la vie.
Plus qu’une autre, la femme Balance est faite pour le mariage. Son rêve, c’est de traverser l’existence la main dans la main avec l’homme de son cœur, dont elle serait à la fois l’amante, la compagne et l’inspiratrice.
Sensible, affectueuse, délicate, gaie, dévouée, élégante, elle a vraiment beaucoup de qualités de cœur qui suffiraient à faire d’elle une femme que l’on voudrait épouser. Or, à ces qualités, elle ajoute l’art de donner une âme à un intérieur qu’elle décore avec un goût très sûr, même quand elle ne dispose que de moyens limités. Son foyer devient un havre de paix que son mari retrouve avec plaisir.
Qu’elle dresse une table, dispose des fleurs dans un vase ou tricote un pull-over, elle ajoute une touche de beauté à tout ce qui passe par ses mains. Elle bannit la laideur de son univers de maîtresse de maison.
Elle a grand plaisir à recevoir ses amis et s’occupe avec beaucoup de gentillesse de ses invités auxquels elle s’ingénie à faire plaisir. Elle accepte leurs compliments avec reconnaissance; ils sont pour elle un encouragement et la source d’une inspiration nouvelle. En revanche, d’éventuelles critiques, ou même simplement l’indifférence, peuvent la déprimer à un point que ne soupçonnent pas ceux qui ne la connaissent que superficiellement.
Vis-à-vis de son mari, elle se comporte comme une femme qui « épouse » littéralement ses idées et ses idéaux, ses goûts et ses engouements, ses occupations et ses préoccupations, ses succès et ses insuccès. Elle accepte de vivre plus pour lui que pour elle-même. Sa vie est organisée en fonction de ses besoins à lui. Cette abdication de sa personnalité lui semble naturelle parce qu’elle n’a pas l’impression de se perdre en lui, mais au contraire de s’y retrouver, comme une femme se retrouve dans son miroir. Il n’y a pas un autre signe du Zodiaque dont les natifs aient la faculté de fusionner ainsi avec leurs partenaires.
Elle met cependant une condition à cette consécration totale à son mari : il doit lui témoigner un amour sans faille. C’est cet amour qui équilibre tout ce qu’elle a mis sur l’un des plateaux de la balance. Si ce contrepoids disparaît, le déséquilibre s’installe et le contrat est rompu.
Elle ira chercher autre part cette relation équilibrée qui donne un sens à sa vie. Il serait bien étonnant, d’ailleurs, qu’elle reste longtemps sans trouver un nouveau compagnon.
En général, ce n’est pas elle qui rompt la première l’équilibre, car, une fois qu’elle s’est engagée, la fidélité lui semble une chose naturelle. La rupture n’en sera que plus douloureuse et la laissera désemparée. Elle le serait beaucoup moins si son don était désintéressé, comme celui de la native des Poissons, par exemple. Ce n’est malheureusement pas le cas. Elle donne beaucoup, c’est vrai, mais elle attend en retour au moins autant que ce qu’elle donne. C’est une de ses faiblesses.
Tout en restant profondément attachée à son mari et à condition qu’elle ne lui soit pas totalement aliénée, ce qui ne va pas sans risque, son besoin d’échanges lui donnera envie de temps à autre de sortir des limites étroites de son foyer pour participer à la vie de société. Selon le milieu social auquel elle appartient, elle fréquentera les réceptions, ira au théâtre, visitera des expositions, ou bien elle se joindra à une bande de copains. Elle se sent à l’aise en société car elle peut y jouer de son charme. Il lui est difficile de ne pas essayer de plaire. Et savoir qu’elle y réussit est rassurant pour elle.
Ses opinions seront fortement influencées par les gens qu’elle fréquente. Par crainte de « détonner » et surtout pour ne pas se voir mise à l’écart, ce qui lui serait très cruel, elle adopte les critères du groupe, même si intérieurement elle n’est pas d’accord. Malgré son intelligence, elle est influençable parce qu’elle n’ose pas affirmer son originalité.
La femme de la Balance qui s’est entièrement et volontairement soumise à son mari peut connaître un jour des problèmes dans la mesure où sa personnalité n’est pas complètement annihilée. Tôt ou tard, elle risque d’entrer en conflit avec elle-même. Vivre constamment dans l’ombre de son mari, penser, sentir et agir à travers lui, aboutit à une « dépersonnalisation » qu’une partie de son Moi peut finir par refuser, après des années de refoulement. Il lui faut alors trouver absolument un compromis pour rétablir l’équilibre. Quant à celle qui trouve son bonheur dans une assimilation totale à son mari, il arrive qu’elle offre à la longue le spectacle, pénible pour les autres, d’une femme qui a perdu son identité.
Elle, cependant, n’en souffre pas.
Nous nous sommes particulièrement étendu sur les problèmes que posent aux natifs de la Balance les questions de l’amour et du mariage. Cela étonnera moins maintenant que l’on sait la place que ces problèmes tiennent dans leur vie. Ce sont des êtres de sentiment, et la première activité du sentiment c’est l’amour.
Une fois encore, nous voudrions souligner que toutes ces descriptions concernent des types Balance purs qui n’existent pas dans la réalité, que tous les natifs de ce signe ne peuvent pas être aussi sympathiques que ceux que nous avons peints et qu’il y a également des criminels et des révolutionnaires parmi eux. A chacun de prendre ce qui lui convient.
La Balance et l’Amitié
Avant d’étudier les rapports du natif de la Balance avec l’amitié, il faut commencer par se demander s’il apporte avec lui les conditions nécessaires pour se faire des amis. Dans ses Essais, Montaigne, qui était orfèvre en la matière, nous dit que l’ « amitié se nourrit de communication », et saint François de Sales, qui était un analyste subtil du cœur humain, affirme que l’ « amitié requiert une grande communication, sinon elle ne peut naître ni subsister ».
En vérité, tous les auteurs s’accordent pour reconnaître que la communication est la condition nécessaire à l’amitié. Or, de tous les signes du Zodiaque, la Balance est certainement celui qui manifeste la plus grande sociabilité. Nous avons vu le plaisir que le natif de ce signe éprouvait à communiquer avec autrui. C’est même chez lui plus qu’un plaisir, c’est un besoin. Dans toutes les situations de la vie, il recherche l’Autre dont la force équilibrante lui est nécessaire.
On dirait qu’il a conservé dans la mémoire de ses cellules le souvenir de cette époque fabuleuse où l’humanité était androgyne, comme semble l’indiquer un passage assez énigmatique de la Genèse 1 (I, 27).
Il y a des êtres qui traversent la vie sans jamais se lier à quiconque. Ils vivent seuls, perdus au milieu de la foule anonyme des grandes villes, et se désolent de « ne connaître personne ». Les raisons de cette solitude sont multiples, mais la principale est sans doute leur impossibilité à donner aux autres un peu d’eux-mêmes.
Tout différent est le natif de la Balance. Naturellement doué pour la communication, il noue des contacts avec les gens qu’il rencontre partout où le place son destin. C’est lui, généralement, qui va vers les autres pour leur donner de lui-même. Certes, nous savons que ce don n’est pas complètement désintéressé, mais on peut dire à sa décharge qu’il n’en a pas vraiment conscience. Il connaît des tas de gens : les camarades de travail, les collègues de bureau, les confrères, les clients, les voisins, ceux qui pratiquent le même sport que lui ou fréquentent les mêmes réunions. Ils constituent une sorte de « réserve » dans laquelle il lui sera loisible de choisir ceux qui deviendront ses amis : l’amitié est un sentiment électif.
Il faut faire une distinction entre les amis ordinaires que la plupart d’entre nous réunissent autour d’eux, et l’ami unique, celui qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie. Encore qu’il faille avoir la chance de le rencontrer. Les sentiments que l’on nourrit pour cet ami exceptionnel semblent ressortir davantage à l’amour qu’à l’amitié.
Le type même de cette amitié exclusive est celle que Montaigne éprouva pour Étienne de La Boétie, à propos duquel il écrivait : « Aucune de ses actions ne saurait m’être présentée, quelque visage qu’elle eût, que je n’en trouve aussitôt le ressort. » Il y avait entre eux une telle communion d’âme que rien de ce que ressentait l’un n’était étranger à l’autre.
Ce sont là, bien sûr, des relations d’une qualité exceptionnelle, qui ressemblent fort à l’amour.
Mais selon Montaigne, amour et amitié ne sauraient malgré tout être confondus. Dans sa langue savoureuse, il écrit du premier : « Son feu, je le confesse est plus actif, plus cuisant et plus aspre. Mais c’est un feu aveugle et volage, ondoyant et divers, feu de fièvre sujet à accès et remises et qui ne nous tient qu’à un coing », tandis que l’amitié « c’est une chaleur générale et universelle, tempérée au demeurant et égale, une chaleur constante et rassize, toute douceur et polissure qui n’a rien d’aspre et poignant ».
Notre propos est moins de parler de cette amitié qui, malgré ce qu’en dit Montaigne, a presque toutes les apparences de l’amour, que des amitiés ordinaires qui sont le lot de la plupart des humains. Nous verrons cependant que, dans le cas particulier de la Balance, il faut aussi aborder ce problème de l’amitié passion, même s’il demeure quelque chose d’exceptionnel. Comment le natif se fait-il des amis ?
Le natif de la Balance réunissant les conditions nécessaires pour avoir des amis, examinons à présent la façon dont il se fait des amis.
A vrai dire, il a pour cela tous les atouts dans son jeu. Il suffit de relire ce qui a été dit sur son caractère pour comprendre qu’il attire à lui les gens par un ensemble de qualités que ceux-ci n’analysent pas, mais qu’ils ressentent globalement comme de la gentillesse. Dans un monde où les gens ont de moins en moins le temps et l’envie de sourire la gentillesse les surprend et les ravit tout à la fois. Le mot de gentillesse n’est d’ailleurs qu’un terme général qui recouvre des qualités telles que la gaieté, la grâce, l’enjouement, la serviabilité, le tact, la discrétion, la délicatesse, qui sont l’apanage du type pur de la Balance vénusienne.
Mais tous ceux qu’il attire à lui ne peuvent pas devenir ses vrais amis. Délicat envers les autres, il est également délicat dans ses choix. Il n’est pas si facile de pénétrer dans le cercle étroit de ses amitiés. Il a horreur de la vulgarité et il supporte mal les fautes de goût, qu’elles touchent à l’art ou à la morale. Il ne peut donner son amitié qu’à des êtres qui ont su gagner son estime et avec lesquels il se sent en complète affinité : ils doivent lui faire équilibre sur l’autre plateau de la balance.
Le thème général des natifs de la Balance que nous allons consulter à propos des questions d’argent peut également nous fournir des indications intéressantes dans le domaine des amitiés.
Le secteur des amis, c’est la Maison XI. Comme le montre la figure précédente, cette Maison est occupée par le signe du Lion, l’animal royal que l’on dit « superbe et généreux ». Il est vrai que, d’après certains, sa réputation serait largement surfaite; mais ce qui compte pour nous, c’est le contenu du mythe.
C’est donc ce signe qui va donner le ton des relations que le natif de la Balance entretient avec ses amis.
Les principales qualités que la Tradition astrologique reconnaît au Lion, du moins celles qui peuvent s’appliquer au domaine des amitiés, s’accordent fort bien avec l' »élitisme » que pratiquent les Balance quand il s’agit de choisir leurs vrais amis (alors que dans leurs relations ordinaires, ils font preuve d’une très grande tolérance). Grand seigneur, le Lion est idéaliste et noble, fier et distingué, franc et généreux.
Toutes ces qualités, qui peuvent se changer en autant d’exigences morales et spirituelles, vont s’imposer avec plus ou moins de force au natif de la Balance, d’abord dans la sélection de ses amis, ensuite dans sa propre conduite à leur égard. Il est vrai qu’en retour il attend d’eux un comportement qui se règle sur ces mêmes principes.
Étant donné le caractère « royal » du signe du Lion – c’est le domicile du Soleil -, il ne faut pas s’étonner de le voir rechercher certains de ses amis dans les classes sociales qui disposent de revenus confortables et qui fournissent traditionnellement à la société un bon contingent de hauts fonctionnaires, d’industriels et d’artistes. Tous ces gens occupent des postes importants auxquels s’attache une certaine influence, de sorte qu’ils peuvent à l’occasion infléchir le cours des événements. Ils sont la nouvelle aristocratie.
Or, la Maison XI est non seulement celle des amitiés, mais aussi celle des protections. On est enclin à penser que, dans le cas de la Balance, les deux sont étroitement liées, et peut-être est-ce une faiblesse du natif de ce signe de rechercher des amis influents auxquels il pourrait éventuellement faire appel. Cependant, cette attitude est plus inconsciente que délibérée, et il serait injuste de l’accuser de choisir ses amis par intérêt.
Car son choix est avant tout déterminé par le courant de sympathie qu’il sent circuler entre lui et certains êtres, créant entre eux cette harmonie qu’il apprécie tant. Peut-être est-il après tout innocent du fait que beaucoup de ses amis appartiennent à ces milieux favorisés par la vie.
Quelle est la nature de ses relations avec ses amis ?
Le thème général des natifs de la Balance (figure précédente) nous livre encore une indication précieuse. Nous avons vu que le signe du Lion occupait dans ce thème la Maison XI. Mais en tant que cinquième signe du Zodiaque, il est, selon un principe qui nous est à présent familier, analogue à la Maison V qui est, entre autres, le secteur des amours. Nous pouvons donc poser en principe que. dans ce thème, la Maison V se superpose à la Maison XI. (L’inverse est également vrai, puisqu’à 180 degrés de là la Maison XI se superpose à la Maison V par l’intermédiaire du Verseau.) Le résultat de cette superposition pour le natif de la Balance est évident : ses amitiés sont vraiment des affaires de cœur.
Ce chassé-croisé entre signes et Maisons incite à penser qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que certaines de ses amitiés deviennent des amitiés amoureuses, c’est-à-dire qu’il ait pour certaines de ses amies, ou peut-être aussi pour certains de ses amis, ces attentions qu’inspire habituellement l’amour. (Inversement, les amours peuvent se changer en amitiés, et il est fréquent, en effet, que les Balance conservent des liens amicaux avec les êtres qu’ils ont aimés.)
Toutes les qualités, qui valent au natif de la Balance la sympathie générale, rendent particulièrement agréables les rapports qu’il peut avoir avec ses amis. Il n’est sans doute pas nécessaire d’énumérer une nouvelle fois ces qualités, elles devraient être bien connues maintenant. Mais on peut compléter le tableau par quelques touches nouvelles.
Grâce à son intelligence pénétrante et à sa faculté d’identification, il se met facilement à la place des autres, ce qui l’aide singulièrement à comprendre ses amis, à prévenir leurs désirs et à savoir ce qui peut leur être agréable. Aussi essaie-t-il dé concilier son goût et le leur, lorsqu’il veut leur faire un cadeau. Il lui est, en effet, difficile de faire complètement abstraction de son goût. Mais le choix ne devrait pas poser de grands problèmes car il y a fort à parier que ses amis aussi ont bon goût.
Il aime rendre service aux gens en général, alors d’autant plus à ses amis. Mais son désir d’être utile peut l’entraîner parfois à promettre plus. qu’il ne peut raisonnablement tenir. Il en est d’ailleurs le premier navré. Ou bien alors il agit de façon trop désordonnée pour que son aide soit vraiment efficace. A moins que Saturne ne vienne mettre un peu d’ordre dans tout cela.
Son besoin d’être agréable aux autres n’est pas exempt d’une certaine vanité. Sentir que les autres ont besoin de lui est une sensation valorisante dont il n’aimerait pas se priver. Paradoxalement, c’est à ceux qui n’attendent de lui que le rayonnement de sa nature chaleureuse qu’il donne le plus.
Son esprit de tolérance lui fait passer sur certains défauts et excuser bien des erreurs chez ses amis. Mais si l’on veut garder son amitié, il faut faire preuve de tact et de discrétion car il aime retrouver chez les autres ces qualités qui lui sont naturelles.
Ceux qui transgresseraient ces règles tacites d’une bonne amitié, encourraient sa réprobation.
Toutefois, il ne manifesterait pas tout de suite son désaccord, ne serait-ce que parce qu’il est enclin à pardonner. Ce n’est que s’ils récidivaient qu’il se retirerait sur la pointe des pieds, sans faire d’éclat – il n’aime pas faire de la peine -, comme ces fleurs qui s’ouvrent amoureusement au soleil, mais se referment à mesure que descend la nuit.
De son côté, il n’est pas exempt de défauts. La fidélité dans ses amours comme dans ses amitiés n’est pas toujours son point fort. D’autre part, son besoin d’être rassuré par la compréhension qu’il éveille chez les autres l’empêche parfois de discerner la flatterie sous le compliment. Lui qui aime tant séduire peut être séduit à son tour et se montrer inconstant à l’égard d’autres amis. Il se laisse aller à donner son amitié à des gens qui n’en sont pas dignes, mais qui ont réussi à tromper sa vigilance. La déception qui ne peut manquer de suivre cet engouement l’oblige à rompre quand, enfin, il constate que ces « amis » ne font pas le poids. Il revient alors vers de vrais amis qu’il avait un peu négligés.
Les ruptures restent exceptionnelles. Même si, du fait de circonstances dont la vie actuelle est prodigue, il est séparé pour un temps plus ou moins longs de ses amis, il pourra renouer facilement avec eux car, malgré l’éloignement et les années, il leur reste profondément attaché.
Nous n’avons pas fait de distinction entre les deux principaux types de la Balance; le vénusien extraverti et le saturnien introverti, comme nous l’avions fait en d’autres occasions. Mais le lecteur aura sûrement compris que tout ce que nous avons dit ici se rapportait surtout au vénusien extraverti. Qu’en est-il alors de l’autre type?
Il est facile de transposer sur le plan de l’amitié les effets de l’introversion et des inhibitions saturniennes.
D’un abord moins affable, le saturnien attire moins de gens à lui, ce qui ne l’empêche pas d’être encore plus sélectif dans le choix de ses amis. Moins accueillant, il sera aussi plus sévère à leur endroit. Il s’entretiendra plus volontiers avec eux de philosophie que d’art. Mais il y a des compensations. Moins dispersé et plus retenu dans ses sentiments, il est tout aussi sensible que son frère vénusien, et si son amitié est plus rare, elle est plus profonde et plus sûre.
Nous terminerons sur une remarque d’ordre général qui vaut pour tout ce qui peut être dit dans ce livre : il ne faut jamais oublier qu’il en est des natifs de la Balance comme des balances elles-mêmes, ces instruments de pesée qui servent de symbole au signe, et dont il existe de très nombreux modèles.
Les unes sont très grossières, les autres très fines. Pourquoi n’en serait-il pas de même des humains? C’est l’évidence même. Si toutes les balances pèsent – c’est leur fonction -, elles ne réagissent pas toutes de la même façon et, surtout, elles n’ont pas toutes les mêmes capacités. Il ne faut jamais perdre de vue cette notion de relativité quand on se trouve en présence d’un natif ou d’une native de la Balance.
La Balance et son Éducation
Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire de l’Humanité, l’éducation a donné lieu à des conceptions très diverses, sinon opposées. Pensons, par exemple, à l’éducation donnée aux enfants de Sparte (très sévère) et à celle préconisée par Montaigne (plus tolérante). Cependant, les esprits sont plus divisés sur les méthodes que sur la finalité de l’éducation, qui est double : d’une part, transmettre un patrimoine culturel provenant des acquisitions de l’Humanité en général; d’autre part, aider la nature dans le développement des facultés physiques, intellectuelles et morales de l’homme, en vue de son perfectionnement. Ce perfectionnement devrait assurer son bonheur, théoriquement du moins, en lui permettant de s’insérer sans trop de difficultés dans la société pour y jouer son rôle.
C’est ce second aspect de l’éducation que nous retiendrons ici. En déchiffrant les pages écrites par les planètes dans le livre de la Nature, nous avons progressivement découvert ce que le destin « remettait » aux Balance à leur naissance. C’est avec cet ensemble de qualités et de défauts, sorte de bagage astral, qu’il leur faut se débrouiller dans l’existence. Comme disent les bonnes gens : il faut faire avec ce qu’on a !
C’est précisément sur ces données brutes que va s’exercer l’éducation pour ajuster, développer ou raboter. Mais s’il est naturel que l’action éducative porte avant tout sur les enfants Balance, ils ne sont pas les seuls concernés. L’éducation ne doit pas s’arrêter à la sortie de l’école ou de l’université, elle ne devrait même jamais s’arrêter puisque l’homme ne cesse pas d’être perfectible. D’une remise en question permanente d’eux-mêmes, les adultes ne peuvent que tirer le plus grand profit. Il n’est pas de travail auto-éducatif sérieux sans une bonne connaissance de soi.
C’est un des sens de la devise inscrite au fronton du temple de Delphes, devise dont Socrate fit la base de sa doctrine : « Connais-toi toi-même. » C’est donc aussi pour aider ceux qui acceptent de se remettre en question que nous allons évoquer quelques-uns des problèmes que posent certains traits de caractère des Balance.
Apprendre à s’affirmer
Le plus grave de ces défauts – si tant est qu’on puisse parler ici de gravité -, c’est son manque de combativité. Non seulement il refuse le combat avec les autres, mais il n’aime pas non plus se colleter avec les difficultés de l’existence.
Il rêve sans doute d’une vie tout unie dans un jardin enchanté qu’un éternel été remplirait de fleurs et de fruits. Dans le secret de son âme, il garde sûrement la nostalgie du paradis perdu.
Son instinct d’agression semble « sous-développé ». En tout cas, il ne le manifeste presque jamais à l’égard de ses semblables. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il défende si mal ses propres intérêts contre les autres. Cela ne serait grave qu’à moitié s’il était seul dans la vie. Mais nous savons combien il recherche le mariage; il risque donc par sa faiblesse de mettre également les siens en difficulté.
L’agressivité a longtemps été tenue par les psychanalystes freudiens comme l’expression d’une hostilité destructrice, même quand elle se manifeste dans le rêve ou le jeu sous une forme inoffensive. Les psychologues américains ont pour ainsi dire désamorcé l’instinct d’agressivité en y voyant d’abord toute activité du sujet tournée vers l’extérieur, définition qui s’applique parfaitement aux forces agissantes symbolisées par Mars dans un horoscope.
L’éthologue autrichien Konrad Lorenz a consacré de patientes recherches à ce problème.
Il a consigné ses observations dans un livre, l’Agression 1, qui est à la fois une réhabilitation de l’agressivité et une mise en garde contre les catastrophes auxquelles elle pourrait conduire une humanité qui n’aurait pas su mettre en place les dispositifs de sécurité indispensables.
Pour illustrer notre propos, nous emprunterons à Konrad Lorenz les lignes suivantes : « Avec l’élimination de l’agression, de l’aggredi au sens originel et le plus large du mot, se perdrait beaucoup de l’élan avec lequel on s’attaque à une tâche ou à un problème, et du respect de soi-même sans lequel il ne resterait plus rien de tout ce qu’un homme fait du matin au soir, du rasage matinal jusqu’à la création artistique ou scientifique. Tout ce qui a un rapport avec l’ambition, l’ordre hiérarchique et de nombreux autres types de comportement indispensables disparaîtrait aussi de la vie de l’homme. De même disparaîtrait très probablement avec l’agression une faculté très importante et typiquement humaine : le rire. »
L’agression comprise de cette façon devient une nécessité pour l’homme. En poussant le raisonnement à l’extrême, on peut même dire qu’elle est une des conditions nécessaires à sa survie dans un milieu hostile. Et nos sociétés prétendues policées exigent de plus en plus de nous que nous ayons des griffes et des dents. Voilà pourquoi les éducateurs, que ce soient les parents ou d’autres personnes habilitées à cette tâche, doivent s’efforcer de susciter chez l’enfant Balance l’esprit de compétition pour l’aider à développer une « saine » agressivité. Dans la mesure où elle contribue au maintien de sa bonne santé physique et morale, elle lui permettra d’accéder à cet équilibre que recherchent tous les Balance.
Dans la vie d’un enfant, les occasions de développer cet esprit de compétition ne manquent pas, que ce soit la vie de famille au milieu des frères et sœurs, le travail scolaire, les jeux ou le sport. Très tôt, l’enfant doit comprendre qu’il lui faut plus attendre de lui-même que de la société, s’il ne veut pas développer une mentalité d’assisté (certains Balance accepteraient facilement de se faire entretenir). En tout cas, s’il n’est pas préparé à affronter les dures réalités de la vie, il risque de faire de cruelles expériences. Il ne faut pas non plus lui rendre les choses trop faciles en aplanissant son chemin. Un enfant rencontre inévitablement des difficultés qu’il doit apprendre à vaincre par ses propres forces.
Des problèmes d’équilibre
Nous savons que les natifs de ce signe sont souvent à la recherche d’un équilibre qui leur permette de se sentir bien dans leur peau. Si certains y parviennent assez facilement, d’autres éprouvent d’énormes difficultés à réaliser cet équilibre. Pour ceux-là, il serait bon qu’ils comprennent très tôt que l’équilibre auquel ils aspirent est le résultat d’efforts répétés qui sont parfois très coûteux. C’est donc un service à rendre à l’enfant Balance que de le persuader qu’il ne lui faudra compter que sur ses propres forces pour parvenir à cet état vers lequel tend tout son être et qui est la condition de son bonheur.
Du fait de sa grande sensibilité, dans certains cas, même, de son hypersensibilité, le natif de la Balance est facilement sujet au découragement et à la dépression. C’est le type du cyclothymique qui oscille entre l’exaltation et l’abattement. Il lui est extrêmement pénible de se sentir en butte à l’hostilité de son entourage : une parole désobligeante, un regard indifférent suffisent à le tourmenter. En revanche, une parole aimable peut lui redonner le goût de vivre. Il a donc constamment besoin de se sentir compris et encouragé pour garder son équilibre et sa bonne humeur.
D’une part, sa fragilité affective l’expose à des chocs émotifs. D’autre part, elle le rend malheureux car il se trouvera nécessairement placé, un jour ou l’autre, dans des situations où ses interlocuteurs n’auront aucune raison particulière de lui être agréable. Au contraire, peut-être.
Cela créera chez lui un désarroi qui le privera de ses moyens s’il n’a pas été préparé à affronter ce genre de situation. C’est là que doit intervenir l’éducation en lui proposant d’abord une échelle des valeurs différente de celle qu’adoptent la plupart des gens.
Puisque la nature l’a doté d’un jugement assez sûr, qu’il apprenne ensuite à se former une opinion personnelle et surtout à s’y tenir. Pour cela, il faut qu’il développe la confiance en lui-même et accorde moins de crédit à l’opinion des autres. Le doute est son ennemi. Il s’insinue en lui et ronge ses certitudes comme le ferait un acide.
La tâche de ses éducateurs est claire. Ils doivent lui enseigner à se cuirasser contre les agressions extérieures, surtout celles qui prennent un visage aimable, et à s’affirmer face aux autres.
Apprendre à choisir
Nous savons la difficulté qu’ont les natifs de ce signe à prendre une décision. Toujours prêts à peser le pour et le contre, ils examinent tour à tour les avantages et les inconvénients d’une proposition, d’un contrat, d’un changement ou d’un simple achat. Ils n’en finissent pas de choisir et sont très surpris de se retrouver un jour assis entre deux chaises. Sans le vouloir, ils pratiquent un immobilisme qui les rend incapables de s’adapter au courant de la vie qui jamais ne s’arrête.
Les conséquences de leur indécision sont parfois désastreuses tant pour eux-mêmes que pour ceux dont ils ont la charge matérielle et morale. Et, même lorsqu’ils ont péniblement réussi à prendre une décision, il n’est pas rare qu’ils soient tellement peu sûrs d’avoir fait le bon choix qu’ils sont prêts à changer d’avis à la première occasion. C’est pourquoi il leur est si difficile de s’en tenir à quelque chose de définitif et de s’atteler à une tâche avec patience et persévérance.
Prenons un exemple simple. Quand ils veulent acheter un appareil de télévision ou de photo, l’idée que, s’ils attendent un peu, ces appareils vont bénéficier des derniers progrès de la technique, les retient au point qu’ils sont capables de renoncer à leur achat. Ils ne se rendent pas compte que dans six mois ou un an le problème se reposera à eux dans les mêmes termes. En réalité, les données du problème ne changeront jamais. C’est là-dessus qu’il faut leur ouvrir les yeux et leur faire admettre qu’il vaut mieux courir le risque de commettre une erreur en allant de l’avant que de persister dans un immobilisme stérile.
Désir de plaire ou crainte de déplaire?
Le désir de plaire leur crée un autre problème. Ils ont tellement besoin de l’approbation et du soutien de leur entourage qu’ils en arrivent à penser inconsciemment qu’en se rendant sympathiques aux autres, ils gagneront leur accord et leurs encouragements. Malheureusement, ce désir de plaire peut se changer en crainte de déplaire. Ils entrent alors dans la voie des concessions et des compromis qui aboutissent inévitablement à des déceptions. Car sous prétexte de faire preuve de tolérance, ils finissent par tolérer des situations proprement intolérables que leur délicatesse naturelle ne tarde pas à rejeter.
C’est en l’habituant progressivement à s’affirmer que l’enfant Balance sera moins enclin à céder à tout et à tous par désir de paix.
Le don gratuit
Etre d’équilibre, le natif de la Balance aime bien que ce qu’il donne aux autres, ou fait pour eux, soit équilibré par une contrepartie en retour. Quand il aime, il veut aussi être aimé car son amour se nourrit de l’amour que lui rend l’être aimé. Il n’est pas désintéressé comme peuvent l’être certains Poissons dont la générosité peut aller jusqu’à l’abnégation.
Il faut enseigner à l’enfant Balance le don gratuit, le « service inutile » pour reprendre le titre d’un livre de Henri de Montherlant. Comme il a le sens du beau, il ne devrait pas rester insensible aux arguments qui exaltent ces actes faits uniquement pour la beauté du geste. Donner sans attendre d’être payé en retour, voilà ce qu’il doit apprendre.
En raison de la loi d’équilibre qui régit l’univers, toute action appelle une réaction, et il n’est pas d’acte qui n’ait immanquablement des conséquences. C’est ce que certains appellent la justice immanente, justice que d’autres mettent en doute car ils voient rarement les conséquences suivre certains actes.
Cette loi de justice a été formulée de façon très claire par Jésus lorsque, reprenant Simon-Pierre qui avait tranché l’oreille de Malchus, le chef des gardes qui venaient arrêter son Maître, il lui dit : « Tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. »
C’est la loi d’équilibre qui, dans un autre domaine, a également été formulée par le grand
chimiste Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », selon la formule bien connue des potaches. Plus scientifiquement, il s’agit de la loi de conservation de la masse.
Mais même celui qui connaît cette loi d’équilibre ou de justice peut agir gratuitement, il faut pour cela qu’il fasse abstraction de cette loi en son for intérieur.
Tant qu’il ne s’est pas fixé, les sentiments du natif de la Balance restent superficiels. Mais leur manque de profondeur n’enlève rien à leur sincérité. C’est avec la même fougue que notre Balance déclare sa flamme à ses partenaires successifs. Comme il est doué d’un grand pouvoir d’adaptation, la chose lui paraît naturelle. Mais ceux de ses partenaires qui ont la révélation de ces vérités successives ont évidemment plus de difficultés à s’en accommoder.
Et pourtant il ne joue pas la comédie car il est chaque fois parfaitement sincère. Heureusement pour lui, il est charmant et de commerce agréable. C’est pour cela qu’il lui est beaucoup pardonné. Comment en vouloir à un être d’aussi aimable compagnie?
Poussé par un besoin irrésistible de se lier à l’Autre, notre Balance préfère se jeter dans une liaison qui ne lui convient qu’à demi plutôt que de se morfondre dans sa solitude. Ce choix douteux ne peut aboutir qu’à une déception, elle-même suivie de nombreuses autres déceptions. Les ruptures qui les accompagnent sont autant de chocs affectifs dont il se passerait volontiers car leur répétition finit par affecter sa santé pour les raisons que nous exposerons plus loin.
L’importance des choix
Alors, que doit apprendre le jeune Balance dans ce domaine? A choisir avec plus de discernement, à faire un tri rigoureux. C’est d’ailleurs la fonction essentielle de « son » organe, le rein, qui filtre le sang pour séparer les déchets des éléments utiles à l’organisme.
Le jeune Balance doit comprendre que ces problèmes de choix sont primordiaux pour lui car, sans que cela apparaisse de façon évidente – et c’est pourquoi si peu de gens y prêtent attention -, il y a un lien étroit entre le choix que les reins font pour lui tout au long d’une vie, et les choix que lui-même doit faire sur tous les plans, depuis le choix d’un livre ou d’une paire de chaussures jusqu’au choix d’une voie spirituelle, en passant par les innombrables choix devant lesquels nous place continuellement la vie.
Vivre, c’est choisir. Mais ce processus est devenu tellement banal que nous n’y attachons plus guère d’importance. Dans ce domaine aussi, nous sommes devenus, peu à peu, les victimes d’habitudes qui nous semblent tellement « normales » que nous ne pensons plus à les remettre en question.
Presque à chaque instant de notre vie, nous devons choisir entre faire et ne pas faire, faire ceci ou cela. Le plus souvent, ces choix, qui portent sur les petites choses de la vie, nous échappent en ce sens qu’ils nous sont dictés par notre éducation, les règles de notre milieu, nos ambitions, nos préférences, en un mot par toutes sortes de raisons qui ne sont pas la raison.
Or, plus que les natifs des autres signes, celui de la Balance doit s’appliquer à faire ces choix consciemment. Choisir un amour ou choisir un livre, choisir un ami ou choisir une robe, la vie est faite de quantité de ces choix qui, mis bout à bout, constituent la trame d’une existence et révèlent parfois la ligne de conduite d’une vie. Mais combien de personnes « conduisent » leur vie?
Discrétion ou dissimulation ?
On a remarqué que les Balance avaient tendance à cacher leurs intentions pour atteindre plus sûrement le but qu’ils s’étaient fixé. Certains ont voulu y voir de la dissimulation. Nous ne partageons pas ce point de vue car nous pensons que ce comportement obéit à des motivations très différentes.
D’abord, il semble se calquer sur le modèle que lui offre la nature. Celle-ci entoure de secret les préparatifs de ses entreprises. La germination d’une graine dans la terre ou le développement d’un enfant dans le sein de sa mère se font dans l’obscurité, loin des regards indiscrets. S’il en était autrement, la réussite de l’entreprise serait sans doute compromise. Or, il semble que cette loi du secret, ou tout au moins de la discrétion, soit particulièrement justifiée pour les Balance.
Il y a une autre raison à cette attitude. En se taisant, les Balance évitent de se heurter aux oppositions que tout projet ne manque pas de susciter ici et là. Ils ont remarqué, en effet, qu’une trop grande franchise ne leur valait que des ennuis, et, comme ils n’aiment pas les difficultés, ils préfèrent faire preuve de discrétion.
Mais si la discrétion peut se justifier pour des projets importants, elle risque de dégénérer en dissimulation si elle devient systématique. C’est, comme en médecine, une question de dose : une quantité déterminée d’une substance a les meilleurs effets sur l’organisme; cette quantité dépassée, les résultats peuvent être catastrophiques.
L’enfant Balance doit être éclairé sur ce qui peut et, éventuellement, doit faire l’objet du secret, et sur ce qui ne peut être caché sans rendre difficile la vie en société. Il faut également veiller à ce qu’il ne se laisse pas glisser sur sa pente naturelle et succomber aux maléfices du mensonge.
Avoir le courage de ses opinions
Que ce soit en politique ou en tout autre domaine, le natif de la Balance hésite à prendre parti pour un camp ou pour l’autre parce qu’il voit bien que la vérité ne se trouve pas d’un seul côté. Son sens aigu de la justice l’oblige à reconnaître qu’aucun des partis en présence n’a ni totalement raison ni totalement tort. Ses jugements tiennent compte de toutes les nuances. Cela n’est pas du goût de tout le monde, on s’en doute, et les gens au caractère tout d’une pièce, qui ne s’embarrassent pas de subtilités, sont prompts à lui reprocher sa neutralité quand ils ne l’accusent pas de lâcheté. De toute façon, il passe pour quelqu’un qui ne se « mouille » pas, ce qui n’est jamais très agréable à entendre.
Or, ce serait une trahison vis-à-vis de lui-même que de se laisser émouvoir par ces reproches et de renoncer à voir les erreurs commises des deux côtés. Il doit oser prendre ses responsabilités et accepter la situation avec ce qu’elle a d’inconfortable. Tout cela réclame un courage moral que ce natif n’a pas l’habitude de manifester.
Aussi les éducateurs doivent-ils l’encourager à ne pas renier ses opinions, même si elles gênent certains, parce qu’elles sont le résultat d’un jugement impartial d’une situation donnée.
Un travail programmé
.Les Balance n’aiment pas travailler dans la précipitation ni sous la pression des circonstances. Soucieux de leur confort, ils aiment bien prendre leur temps. Malheureusement, ils semblent tout faire pour qu’il n’en soit pas ainsi. En effet, ils sont volontiers flâneurs et attendent le dernier moment pour se mettre au travail. Le résultat est qu’ils le font sous la contrainte des circonstances, alors que, précisément, ils détestent cela.
Pour que, plus tard, il évite de se mettre dans cette situation paradoxale, le jeune Balance doit apprendre à travailler avec méthode, c’est-à-dire à planifier son travail et à respecter les échéances de son programme. Il créera ainsi les conditions qui lui permettront de travailler à son rythme, tout en respectant ses engagements.
Ce n’est pas une tâche facile que d’éduquer un enfant Balance parce qu’il est assez insouciant par nature et travaille volontiers en dilettante. L’habituer peu à peu à se soumettre à un plan, c’est le faire renoncer à une partie de sa liberté à laquelle il est très attaché. Mais comme il est juste, il reconnaîtra plus tard que cette éducation l’a aidé à mieux vivre.
Des modèles à imiter
L’exemple que lui donnent ses parents est un facteur essentiel pour son développement car il est un enfant influençable, donc prompt à imiter les modèles qui lui sont proposés. Il appartient aux parents de ne lui offrir que de bons exemples et surtout l’image d’une vie conjugale harmonieuse. Du fait de l’analogie de la Balance, septième signe, avec la Maison VII (secteur du mariage), il est plus particulièrement sensibilisé à ce problème. Il enregistre dans son subconscient d’enfant les situations observées autour de lui. Devenu adulte, il recréera inconsciemment avec ses partenaires ces situations qui restent gravées en lui, alors même qu’il en avait perdu le souvenir.
Justice et tyrannie
Il arrive que son sens de la justice qui, nous le savons, est très développé, prenne des formes paranoïaques. Il veut alors avoir toujours raison et s’accroche à ses jugements avec opiniâtreté, alors même que le droit n’est manifestement pas de son côté.
Comment prévenir un tel travers? Sans doute en montrant à l’enfant Balance qu’étant donné la relativité et la fragilité des jugements humains, il est toujours malhonnête de vouloir les imposer aux autres. Et comme les occasions ne manquent pas de lui prouver qu’il n’est pas plus infaillible que les autres, la tâche devrait être assez facile.
Filles de Vénus
Tout ce qui vient d’être dit vaut naturellement aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Cependant, quand on connaît le goût extrême des femmes Balance pour la parure, que d’ailleurs elles excellent à porter pour souligner leur charme, on est du même coup persuadé de la nécessité de contenir ce goût chez les filles Balance dans des limites raisonnables.
Digne fille de Vénus qui personnifie le principe d’attraction, la femme Balance est séduite par tout ce qui peut séduire.
Si l’on veut éviter qu’elle ne tombe dans ce travers, il faut intervenir dès que se manifestent chez la petite fille les premiers signes de coquetterie, réfréner sa vanité et résister à ses tentatives de séduction qui sont parfois très précoces.
La Balance et son Travail
La Tradition astrologique fait une sage distinction entre la vocation, c’est-à-dire l’activité vers laquelle nous portent nos -penchants, et le travail que, faute de mieux, nous sommes souvent obligés d’accepter pour assurer notre existence matérielle.
La vocation, c’est la Maison X, qui est également le secteur de la réussite sociale. Autrement dit, quand nous avons la chance d’exercer l’activité qui correspond à notre vocation, nous augmentons sensiblement nos chances de succès.
Le travail « alimentaire », c’est la Maison VI qui, curieusement, est également le secteur des maladies. C’est peut-être une façon de signifier qu’un travail imposé par des contraintes économiques ou sociales ne contribue pas à l’amélioration de la santé, bien au contraire. Car s’il est exact, comme l’affirme la sagesse populaire, que « le travail, c’est la santé », il faut ajouter qu’il s’agit du travail fait dans la joie, celui qui correspond à nos goûts. Cela est particulièrement vrai pour les natifs de la Balance dont la santé physique dépend en grande partie de la santé morale.
Rebutés par les difficultés qu’ils rencontrent à réaliser leurs aspirations ou leurs rêves, les jeunes sont malheureusement de plus en plus nombreux à se contenter d’un travail qui les fait vivre sans leur apporter les satisfactions intérieures qui seraient nécessaires à leur épanouissement. Les places dans notre société « avancée » sont de plus en plus disputées, et comme, par nature, les natifs de la Balance ne sont pas préparés à se battre pour obtenir ce qui leur plairait, beaucoup sont tentés de déclarer forfait dans la course à l’emploi.
Heureusement que Vénus, planète tutélaire de la Balance, veille sur ses protégés et que, de temps en temps, elle donne le coup de pouce qui fait basculer les choses en leur faveur. C’est ainsi qu’un beau jour certains reçoivent des propositions inattendues qui comblent leurs vœux. Ceux dont le thème est relevé par une touche d’agressivité qu’ils doivent à un Mars de bon aloi sont mieux armés pour réaliser leurs ambitions professionnelles.
Quant à Saturne, dont nous connaissons les affinités avec le signe de la Balance, s’il est en bon état céleste et fort dans l’horoscope, il peut les empêcher de se résigner trop vite. La résignation est, en effet, une tentation à laquelle les natifs de la Balance ont du mal à résister.
Quand un jeune hésite sur la voie dans laquelle il doit s’engager, ce qui est le cas de beaucoup de jeunes Balance, il va chercher conseil auprès d’un orienteur. Celui-ci, grâce à un questionnaire de personnalité et à différents tests, dresse un portrait du sujet. Même si, pour ménager l’amour-propre de ce dernier, les choses sont présentées de façon plus nuancée, ce portrait peut pratiquement se résumer en un tableau à deux colonnes : à gauche, les « défauts », à droite, les qualités.
C’est finalement ce qui intéresse le consultant et c’est aussi sur la base de ce tableau que l’orienteur pourra le conseiller utilement sur le choix d’une profession.
Nous ne procéderons pas autrement, à cette différence près que les tests seront remplacés par l’horoscope. Mais, auparavant, essayons de nous faire une idée du climat général dans lequel le natif de la Balance pourra être amené à exercer son activité, particulièrement celle qu’il aura dû accepter. Pour cela, l’astrologue dispose d’une méthode simple.
Le secteur du travail correspondant à la Maison VI, on compte six signes à partir de la Balance prise comme première Maison. On arrive ainsi au signe des Poissons qui va nous fournir les renseignements désirés.
Les Poissons sont des êtres lymphatiques, très émotifs et peu actifs, dont la personnalité assez floue n’est pas facile à cerner. Comme il ne peut être question d’énumérer ici toutes les caractéristiques du signe, nous ne retiendrons que les plus importantes. Or, il se trouve qu’elles confirment justement certains traits de caractère du natif de la Balance qui vont, par conséquent, jouer à plein dans le cadre de ses activités.
Ce sont l’indécision (il a des difficultés à choisir ou à commencer un travail), l’indolence et l’insouciance (ce n’est pas un « bourreau de travail » et il a tendance à se comporter en dilettante), la sensibilité et la sympathie (il a besoin de se sentir à l’aise dans son travail et aimé de ses collègues), l’imagination et l’intuition (il est apprécié pour son sens de la psychologie, ses idées originales).
Le signe des Poissons est également le douzième signe du Zodiaque, il est donc analogue à la Maison XII qui est, entre autres, celle des lieux clos. Il se peut alors que le natif de la Balance soit obligé de travailler dans un local fermé (bureau, école, magasin, clinique, etc.). Il n’en sera pas très heureux car il a besoin de s’aérer.
Maintenant que le décor est dressé, étudions dans le détail les composantes du caractère de la Balance vu sous l’angle particulier de ses aptitudes au travail et commençons par les défauts. Connaître ses principaux défauts, c’est pouvoir du même coup écarter un certain nombre de métiers dont l’exercice est, justement, incompatible avec ces défauts.
Les défauts
Le natif de la Balance n’est pas un acharné du travail, mais il est assez subtil pour se rendre compte de ce qu’il doit ou devrait faire : simplement, le passage à l’acte lui est difficile. A cet égard, la position de la Balance entre la Vierge et le Scorpion, donc entre un signe de Mercure et un signe de Mars, est fort significative. Il est à mi-chemin entre la décision prise par l’intellect (Mercure) et la réalisation (Mars). Il s’agit de jeter un pont entre les deux, et c’est justement ce qui pose des problèmes au natif de la Balance.
Il se donne mille et une raisons pour se persuader qu’il n’est pas indispensable de faire aujourd’hui ce qui peut se remettre au lendemain. Sa conviction est vite emportée car, de toute façon, il pense que le travail est fait pour l’homme, et non l’homme pour le travail.
Les travaux pénibles lui sont déconseillés à cause de la fragilité de ses reins. C’est le principal organe régi par la Balance, donc celui sur lequel risque de se porter la maladie dans le cas d’un état de moindre résistance de l’organisme. Ses muscles de la région lombaire réagiraient mal à la suite d’efforts violents répétés. Quant aux travaux salissants, ils créent en lui un malaise.
Il aspire à la paix et cherche à préserver sa tranquillité. C’est ce qui l’incite à repousser le plus loin possible les échéances désagréables. Comme le travail en comporte toujours un certain nombre, c’est souvent à la dernière minute qu’il exécute les travaux qu’il a constamment remis à plus tard. Mais si l’idée de travailler ne l’enthousiasme pas, il a malgré tout conscience de ses obligations. Il en résulte un conflit permanent entre son sentiment du devoir et son désir de tranquillité.
Au fond, son rêve serait de traverser la vie en flânant, mais les rêves de ce genre deviennent, aujourd’hui, de plus en plus utopiques. Du moins quand on est décidé à s’intégrer à la société comme le souhaite ce type zodiacal qui a un côté assez conformiste. Son esprit de conciliation s’accorderait mal à une attitude contestataire.
Donc, sa mise en train est plutôt laborieuse. Quand il a épuisé tous les prétextes vis-à-vis des autres comme vis-à-vis de lui-même pour lanterner, il finit par se mettre au travail. Une fois lancé, il exécute sa tâche avec conscience, mais autant que possible selon son rythme propre. Il lui est difficile de se tenir à un plan de travail. Celui qu’il a dans la tête reste un peu vague.
Il préfère que ce genre de contrainte lui vienne de l’extérieur pour éviter la dispersion de ses efforts et stimuler son énergie.
Il travaille mieux et avec plus de régularité quand il est lié par un contrat (Maison VII : contrats) ou une promesse. Foncièrement honnête, il se fait un devoir de respecter ses engagements. D’ailleurs, il n’est pas mécontent que d’autres, ou bien les circonstances, lui dictent sa tâche. Il en éprouve même une sorte de soulagement. Cela lui permet d’échapper à ce qu’il considère comme une corvée : prendre des décisions.
Parmi les organes qui sont sous la dépendance de la Balance selon le schéma de l’Homme Zodiaque, il ne faut pas oublier les capsules surrénales, ces glandes endocrines qui coiffent les reins. Une de ces glandes, la médullo-surrénale, sécrète la noradrénaline et surtout l’adrénaline, qui fournissent à l’organisme les éléments nécessaires pour lutter contre les stress, c’est-à-dire les agressions extérieures auxquelles il est de plus en plus fréquemment soumis, dans la vie moderne. Une hypo-fonction de ces glandes peut expliquer l’indolence que montrent certains natifs de la Balance. Dans un monde dominé par la lutte pour la vie, l’indolence risque d’avoir des conséquences désastreuses : les faibles sont impitoyablement piétinés.
Nous avons souvent remarqué le besoin qu’éprouvent les natifs de la Balance de se laver souvent les mains. On peut rapprocher cette habitude du geste de Ponce Pilate qui se lava les mains en présence de la foule pour bien montrer qu’il ne voulait pas être mêlé au procès que le Sanhédrin faisait à Jésus. C’est là une attitude typiquement Balance.
Ponce Pilate, convaincu de l’innocence de Jésus, n’avait pas le caractère suffisamment trempé pour s’opposer à un crime légal qu’il réprouvait, alors qu’il disposait des moyens pour imposer sa volonté. Mais, pris entre son devoir moral et la crainte de déplaire à Rome, il a préféré ne pas prendre de risques.
C’est un trait caractéristique du natif de la Balance. Il ne brille pas par le courage physique, et encore moins par le courage moral qui exige plus de force de caractère que le courage physique. Il n’y a qu’un cas où il peut se montrer courageux : lorsqu’il est confronté à une injustice criante.
Cela le met tellement hors de lui qu’il en oublie toute prudence. Sinon, il préfère éviter les « histoires ». Les débilités dans la Balance des deux planètes les plus masculines du système solaire, le Soleil et Mars, peuvent expliquer ce manque d’agressivité. Il arrive même que, malgré sa galanterie naturelle, il hésite à prendre le parti de sa femme quand elle se fait rabrouer publiquement devant lui, s’il estime qu’elle s’est mise dans son tort. Son sens de l’équité, son horreur des « histoires » et sa pusillanimité se liguent pour le réduire au silence.
Il n’est pas fait pour décrocher de haute lutte des contrats avantageux pour lui-même ou pour son entreprise. Ce n’est pas un « gagneur », diraient les sportifs. Il n’est pas de taille à discuter pied à pied avec des interlocuteurs décidés et coriaces. Il est vrai qu’il ne se sent pas concerné par ce genre de discussions qui l’ennuient. Il préfère cent fois mieux négocier pour réconcilier les gens que pour arracher un accord qui pourrait léser la partie adverse. Il y a pourtant dans la vie des situations qui exigent que l’on prenne des risques, que l’on joue le tout pour le tout en espérant que la fortune sera favorable puisqu’elle a, dit-on, un faible pour les audacieux. Ce genre de risques ne tente guère le natif de la Balance, pas plus d’ailleurs que les autres risques. Il met ses oeufs dans deux paniers qui sont comme les deux plateaux de sa balance. C’est la recette du bon équilibre qui est à l’opposé de l’engagement total et quelque peu irréfléchi du Bélier, qui fonce dans le brouillard.
Le seul risque qu’il court, malgré lui, c’est de laisser passer les bonnes occasions à force de tergiverser, tellement sa démarche est prudente et hésitante, quand il s’agit de s’engager. Ce qui ne l’empêche pas, paradoxalement, de se fourvoyer de temps à autre.
Il devient clair maintenant qu’il n’a ni le profil ni l’étoffe d’un chef. Il n’a pas l’autorité naturelle qui signe les natifs du Lion, par exemple, et il n’a pas non plus le goût du commandement ni des responsabilités.
Il faut d’abord qu’il se sente bien au sein du groupe, c’est-à-dire qu’il soit entouré de la sympathie et de la considération de ceux qui travaillent avec lui. Pour un être de sentiment comme lui, c’est indispensable. D’autre part, il lui est souvent pénible de se soumettre à une cadence collective : il aime bien travailler à son rythme. Et il n’est pas un modèle d’exactitude. Enfin, il n’est pas fait pour brasser de l’argent ou pour spéculer. Ce genre d’opérations demande un esprit mercantile qui lui est étranger. Les professions commerciales, en général, dont toute l’activité tourne autour du gain, ne sont pas faites pour le combler.
Les qualités
Après les défauts, voici les qualités qui peuvent être portées au crédit du natif de la Balance.
S’il n’est pas fait pour occuper des postes de direction, la souplesse de son intelligence et la justesse de son jugement peuvent faire de lui un collaborateur apprécié, un adjoint de qualité capable de rendre de précieux services dans le cadre de ses compétences. Mais pour qu’il donne le meilleur de lui-même dans un tel poste, il faut qu’il ait l’impression qu’on le traite en égal.
Ses manières empreintes de courtoisie, sa présentation élégante et son charme discret sont des atouts qui rachètent certaines de ses faiblesses et favorisent indiscutablement sa carrière. Il fait bonne impression, et c’est important dans la vie car, malgré des expériences décevantes, les gens restent très sensibles à l’apparence. Son élégance n’a rien de guindé, comme la netteté un peu trop stricte de la Vierge. Plus décontractée, elle se permet quelques fantaisies, mais sans jamais tomber dans le mauvais goût ni l’excentrique.
D’un naturel affable, ouvert à toutes les suggestions, attentif aux arguments des adversaires en présence, il a toutes les qualités pour mener à bien des missions de conciliation. Il sait trouver le terrain d’entente sur lequel des adversaires apparemment irréductibles, mais sensibles à son charme et à sa douceur, accepteront de se rencontrer. L’accord qu’ils finiront par conclure ne leur laissera pas de goût amer car les concessions qu’il aura su obtenir des deux parties ne remettent pas en cause leurs droits essentiels ni leur dignité.
Ce rôle de conciliateur, le natif de la Balance peut le jouer partout où naissent des conflits, aussi bien au sein du groupe familial qu’au niveau international.
Tandis que la Vierge dissèque et analyse, la Balance s’efforce de rassembler lés éléments du puzzle pour en faire la synthèse. Quand on confie à un natif de la Balance la responsabilité d’une association qui est en train de se désagréger, quelles que soient par ailleurs la nature et l’importance de cette association, on peut compter sur son sens de la cohésion pour recoller les morceaux. Mais il ne faut pas trop lui demander de s’intéresser aux détails. Son attention se porte avant tout sur les grandes lignes d’un projet ou d’une entreprise.
Autant la Vierge est modeste, effacée et discrète, autant la Balance aime paraître. Mais ne nous y méprenons pas, ce n’est pas le besoin de se pousser en avant en piétinant plus ou moins les autres, mais simplement le besoin de se montrer. Quand des natifs de la Balance acceptent des postes officiels ou bien la présidence d’une société, c’est parce que, dans cette fonction, la représentation est plus importante que le travail de gestion dont ils essaient de se décharger le plus possible sur des collaborateurs.
Il est, dans toute grande entreprise, un poste dont il faut dire quelques mots parce qu’il illustre parfaitement le type d’activité qui permet au natif de la Balance de déployer l’éventail de ses qualités. C’est celui de chef du personnel. Dans ce poste qui lui convient à merveille, il est amené à établir de très nombreux contacts et à s’intéresser aux problèmes humains des uns et des autres. Il doit faire jouer sa faculté d’adaptation pour se mettre au niveau de ses interlocuteurs qui appartiennent à des groupes sociaux très divers, depuis le jeune apprenti jusqu’au chef de fabrication en passant par la dactylo et l’ouvrier professionnel. Son sens de la psychologie et son intuition lui sont d’un grand secours dans cette tâche.
D’autre part, il n’est pas d’entreprise où n’éclatent quotidiennement des conflits de personnes. On attendra de lui qu’il joue le rôle d’arbitre entre le personnel et les cadres. Son sens de l’équité et sa parfaite loyauté l’aideront à trouver des solutions satisfaisantes, ou tout au moins acceptables pour les deux parties.
Parmi les dispositions naturelles du natif de la Balance, une des plus importantes est peut-être sa faculté de sentir et d’exprimer la beauté. Il est incontestablement doué pour l’expression artistique de ses sensations.
Quelle que soit la profession qu’il exerce, même celle qui peut paraître la plus éloignée de l’art, il a besoin de visualiser les choses avant de les réaliser dans la matière. Il fait un croquis, ébauche une esquisse, dessine un plan, construit une maquette en utilisant si possible la couleur.
Se fiant à son sens des proportions, de la forme et des couleurs, il veut juger de l’oeuvre avant sa réalisation et, si besoin est, la corriger.
Son sens artistique lui ouvre de nombreuses professions qui, de près ou de loin, sont liées à l’art. Cependant, ce n’est généralement pas un créateur. Son habileté consiste à reproduire avec beaucoup de goût ce que d’autres ont créé. Il excelle dans la décoration et l’ornementation, il est capable d’ajouter à un objet ce « quelque chose » qui en fait un objet d’art.
Généralement, il bénéficie davantage de l’autorité qui s’attache à sa fonction que de celle qui émane de sa personne. Pour conserver cette autorité, il faut lui conseiller de garder ses distances vis-à-vis de ses subordonnés – ce qui ne lui est pas facile du tout -, pour ne pas ruiner le peu de prestige que lui concède la Balance.
Quand Saturne, qui est exalté dans le signe de la Balance, marque fortement son horoscope, il peut apporter dans son travail une régularité et une persévérance que n’a pas le vénusien de la Balance.
Une fois choisie la profession qui semble le mieux convenir à son tempérament, et à condition qu’il trouve un environnement dans lequel il se sent bien, il « épouse » son travail, c’est-à-dire qu’il s’adapte à sa nouvelle situation et se fait adopter par ses camarades de travail ou ses collègues. Sa sociabilité naturelle, alliée à sa gentillesse et à son charme vénusiens, l’y aide beaucoup. On passera plus facilement sur ses fantaisies et son dilettantisme grâce aux côtés agréables de sa personnalité.
Les résultats de son travail dépendent beaucoup de son moral. S’il travaille dans une ambiance sympathique, s’il se sent « bien dans sa peau », si, surtout, il n’est pas affecté par des déboires sentimentaux ou conjugaux, il a de bonnes chances de réussite. Une réussite qui n’aura rien de fulgurant car la Balance est un signe de mesure.
A propos de sa réussite sociale qui, nous l’avons vu, est étroitement liée à sa vocation, nous pouvons interroger la Maison X, comme nous avons interrogé la Maison VI pour connaître le climat dans lequel il travaille.
Le dixième signe à partir de la Balance prise comme Maison I, est celui du Cancer. Comme le signe des Poissons, le Cancer est un signe réceptif de la maléficiée d’Eau. Il y a donc accord fondamental entre le secteur du travail et celui de la réussite sociale. Le Cancérien est un émotif non actif qui subit les événements plus qu’il ne les provoque, et sa réussite est souvent tributaire des circonstances. Il compte sur une chance qui lui est assez favorable (Jupiter exalté dans le Cancer). Des changements d’orientation ne sont pas à exclure (domination de la Lune).
Quelle profession ?
Pour le jeune Balance, le choix est difficile. N’ayant pas de vocation bien définie, il est souvent attiré en même temps par plusieurs métiers pour lesquels il se sent des dispositions. Ses hésitations n’en sont que plus grandes et elles peuvent lui faire repousser sa décision jusqu’à un âge où les autres sont déjà bien engagés dans la vie professionnelle.
Son goût personnel le porterait vers une situation qui n’exigerait pas trop d’efforts de sa part, tout en lui procurant des avantages. Cet état d’esprit n’est pas fait pour débloquer la situation, surtout en période de crise économique.
Voici un tableau des principales professions susceptibles de convenir aux natifs de la Balance, hommes et femmes naturellement. Elles sont rangées sous trois rubriques : l’art, la communication et la justice.
L’art
Peintre, dessinateur, architecte, musicien, danseur, décorateur, styliste, artisan d’art (joaillier, orfèvre, ‘graveur sur cuivre, tapissier, etc.), coiffeur, mannequin, esthéticienne, parfumeur, paysagiste, horticulteur, fleuriste, restaurateur, cuisinier, pâtissier, antiquaire, étalagiste, directeur de galerie d’art, éditeur d’art, écrivain, critique d’art, archéologue.
La communication
Chef du personnel, conseiller en relations publiques, attaché de presse, imprésario, hôtesse d’accueil, enquêteur, représentant ou vendeur d’objets d’art, diplomate, ethnologue, assistante sociale, conseiller conjugal, traducteur, journaliste, assureur, directrice d’agence matrimoniale.
La justice
Juge, expert auprès des tribunaux, avocat, conseiller juridique, peseur-juré, arbitre. Une dernière remarque. Des deux types principaux rencontrés parmi les natifs de la Balance, le type vénusien extraverti et le type saturnien introverti, le second sera bien inspiré en évitant autant que possible les professions qui le mettraient constamment en contact avec le public. En revanche, il pourrait se tourner avec succès vers la politique, mais celle qui se fait plutôt dans les chancelleries que sur la place publique.
La Balance et l’Argent
Le type Balance est un être raffiné à la sensibilité aiguë et au goût délicat. Il a le sens du beau et se nourrit de beauté. Mais qu’est-ce que la beauté? Trop souvent confondue avec le luxe, la beauté est le résultat de l’harmonie qui règne entre les différents éléments d’un tout : harmonie des formes et des couleurs, harmonie des proportions et du mouvement. Cette définition est valable pour les êtres comme pour les choses. Mais rien ne s’oppose, bien au contraire, à ce que les éléments soient eux-mêmes de grande qualité. L’ensemble n’en aura que plus de prix.
C’est d’abord cette harmonie que le natif de la Balance recherche dans tous les domaines. Elle préside aux rapports qu’il entretient avec son entourage, comme elle signe son cadre de vie. Il aime créer dans sa maison ou son appartement un intérieur d’une aimable élégance : des volumes judicieusement utilisés, des matériaux nobles, quelques meubles de qualité, des tons pastels heureusement assortis.
Il apporte le même soin dans le choix de ses vêtements : de beaux tissus, des coloris discrets, une coupe de bon faiseur lui donnent une élégance qui se voit sans se faire remarquer.
Les plaisirs de la table ne lui sont pas indifférents, mais à un de ces « bons » repas où la chère est souvent trop abondante, il préfère quelques plats délicats. Il est plus gourmet que gourmand.
Chez lui, il veille à ce que la cuisine, même la plus simple, soit préparée avec soin et amour afin que ce qui réjouit le corps réjouisse aussi le cœur.
Il connaît mieux que personne les vertus de la chaleur communicative des repas pour nouer des liens entre les êtres. Aussi sa table est-elle largement ouverte aux amis dont il aime s’entourer. Foncièrement sociable, il reçoit volontiers pour partager avec les autres la beauté qu’il a su faire naître autour de lui.
Il aime les beaux livres, et s’il n’a pas lu tous ceux qui garnissent les rayons de sa bibliothèque, c’est parce qu’il n’en a pas eu le temps. Il lui est, en effet, difficile de se fixer longtemps sur un même objet car son esprit, largement ouvert sur le monde qui l’entoure, réagit aux moindres sollicitations extérieures. Mais il se propose de lire un jour tous ces livres qui ont su le séduire. Et on peut penser qu’il le fera.
Il est très intéressé par les éditions d’art dont la typographie, les illustrations et même le papier réjouissent ses sens toujours en éveil. Ce sont des ouvrages que l’on feuillette pour le plaisir, un plaisir que la Balance sait savourer.
Sans dédaigner les bonnes chansons d’hier et d’aujourd’hui, il est un fervent auditeur des grandes oeuvres musicales. Les techniques de l’audiovisuel ont fait de tels progrès qu’elles peuvent offrir aux amateurs de musique une restitution presque parfaite des chefs-d’oeuvre qui ne manquent pas dans ce domaine.
La vie culturelle est inséparable de l’art. Et qu’est-ce que l’art, sinon l’expression de la beauté, domaine privilégié de la Balance? Le natif de ce signe prend naturellement part à la vie culturelle partout où cela lui est possible, c’est-à-dire surtout dans les grandes villes où celle-ci est incomparablement plus active que dans les petites villes.
Le type vénusien de la Balance fréquente les théâtres et les salles de concert, va voir avec des amis le dernier film dont tout le monde parle, assiste au vernissage du peintre qui fait un peu scandale tout en veillant à ne pas dépasser les bornes d’une certaine bienséance.
Il serait insensé de croire, ou de vouloir faire croire, que les natifs de la Balance disséminés à travers le monde mènent ce genre de vie! Les mœurs et les conditions d’existence sont tellement différentes d’un continent à l’autre, et même d’un pays à l’autre, qu’une telle idée n’est même pas envisageable. En revanche, dans les pays industrialisés de l’Occident, ce mode de vie peut très bien correspondre aux aspirations du type Balance, avec naturellement les adaptations que rendent nécessaires les différences de milieu et d’éducation. Seulement, pour pouvoir vivre selon ses goûts, il lui faut de l’argent, et s’il veut aller jusqu’au bout de ses rêves, il lui en faut même pas mal. Nous voici donc arrivés au cœur du problème.
Comment va-t-il acquérir cet argent, c’est la première question à laquelle il faut essayer de répondre.
S’il avait l’esprit d’entreprise, il pourrait créer sa propre affaire, après avoir travaillé chez les autres pour acquérir l’expérience indispensable à une telle initiative et pour réunir les premiers fonds nécessaires au démarrage. Avec un peu de chance et beaucoup de travail, il arriverait -peut-être, au bout de dix ou vingt ans, à se faire une situation enviable. Malheureusement, nous l’avons vu, notre Balance n’a ni l’esprit d’entreprise ni l’étoffe d’un patron. De plus, il ne faut pas attendre de lui un travail acharné.
S’il ne crée pas son affaire, va-t-il se lancer dans les affaires, prendre un fonds de commerce ou devenir représentant? Rien de tout cela. Ce sont des professions qu’il abandonne volontiers aux natifs du Taureau (finances), des Gémeaux (représentation) ou de la Vierge (commerce).
C’est un fait que s’il a le goût des contacts, ce n’est pas pour en tirer un profit matériel, comme il est normal que le fasse un représentant de commerce. Il donne de lui-même, mais ce qu’il attend des autres – car son don, placé sous le signe de la balance, n’est pas désintéressé -, c’est leur sympathie. Il aime que circule entre les êtres un courant de chaleur humaine. Tout cela est très éloigné de l’esprit mercantile qui lui reste profondément étranger. Il n’a pas le sens des affaires, même pas de celles qui sont parfaitement honnêtes et dont le profit n’est que la juste rétribution d’un travail.
Alors, comment gagnera-t-il l’argent qui lui est indispensable pour assurer son existence matérielle et créer les conditions d’une vie raffinée conforme à ses goûts?
L’éventail des professions qui lui sont ouvertes est assez large pour qu’il finisse par trouver celle qui lui procurera les moyens nécessaires à ses besoins.
Il est d’ailleurs possible que sa famille lui mette le pied à l’étrier, facilitant ainsi son insertion dans la société. D’autre part, les métiers qui touchent à l’art peuvent lui offrir une vie très confortable dans la mesure où il a du talent et où ce talent est reconnu.
Mais quelle que soit la voie dans laquelle il s’engage – de préférence une profession indépendante, surtout s’il a l’ascendant sur la Balance -, il ne doit pas s’attendre à amasser une fortune. Né sous le signe de l’équilibre, il saura équilibrer tant bien que mal ses rentrées et ses dépenses. Même si certains de ses goûts ont un caractère dispendieux, il réussira, grâce à son sens inné de la mesure, à. adapter ses besoins à ses possibilités. S’il le faut, il sacrifiera la quantité à la qualité. On sait que, chez lui, les valeurs spirituelles l’emportent sur les valeurs matérielles.
Quel va être son comportement envers l’argent, telle est la deuxième question qui se pose à nous. Pour y répondre, interrogeons le Zodiaque, comme nous l’avons déjà fait à propos du travail. Le Zodiaque, tel qu’il est représenté ici, est constitué de deux cadrans : à l’extérieur, le cadran fixe des Maisons; à l’intérieur, le cadran mobile des signes. Le signe du Zodiaque que l’on veut étudier est amené à coïncidence avec la Maison I. Il vient donc se placer à gauche, juste sous la ligne d’horizon (AS), là où se trouve le Bélier dans la représentation habituelle du Zodiaque.
Puisque nous voulons examiner les problèmes de la Balance, plaçons ce signe en face de la Maison I. Nous obtenons le schéma ci-contre. Il va nous fournir des indications générales valables pour tous les natifs de la Balance. C’est une toile de fond sur laquelle viennent se plaquer les thèmes individuels qui modifieront plus ou moins profondément le thème général. Il n’en est pas moins vrai que les natifs d’un même signe reçoivent du thème général une empreinte type qui, même atténuée, donne à tous les natifs d’un signe des traits communs qui marquent leur appartenance à une même famille astrologique.
Puisque nous étudions les problèmes relatifs à l’argent, consultons la Maison II qui est le secteur de l’argent, particulièrement de celui qui est acquis par le travail. Ici, il coïncide avec le Scorpion. Bien que signe d’Eau, le Scorpion est loin d’être aussi passif que les deux autres signes de la maléficiée d’Eau, le Cancer et les Poissons. C’est l’eau des marécages, paisible en surface, mais agitée de bouillonnements intérieurs dus à la fermentation. Domicile de Mars, le Scorpion est animé d’une énergie tenace. Cependant, il n’est pas rare que son action aboutisse à une destruction. Comme il ne s’avoue jamais vaincu, cette destruction peut devenir le point de départ d’une reconstruction.
Mais notre propos n’est pas d’étudier en détail le caractère du Scorpion puisqu’il s’agit simplement de définir les rapports que le natif de la Balance entretient avec l’argent. Il est vraisemblable que, du fait de cette interférence du Scorpion, ces rapports connaîtront des hauts et des bas qui contraindront notre Balance à quelques adaptations douloureuses. Il sera peut-être même tenté de prendre ses distances avec les valeurs matérielles ou d’aller jusqu’à y renoncer pour des valeurs plus élevées.
Ces indications qui, encore une fois, n’ont qu’une valeur générale, recoupent une constatation faite par tous les observateurs : le sujet de la Balance fait preuve à l’égard de l’argent d’un détachement que l’empreinte saturnienne, lorsqu’elle est dominante dans le thème, ne fait qu’accentuer. On a remarqué qu’il semble éprouver une sorte de gêne quand il lui faut demander le prix de ses services, ou bien qu’il hésite à protester quand une facture dépasse manifestement le montant d’une juste rémunération.
Comme il partage volontiers avec les autres, la chance lui rend de temps en temps la monnaie de sa pièce. Cela contribue à équilibrer sa vie matérielle, sans toutefois le mettre complètement à l’abri de fluctuations plus ou moins heureuses. Parmi les plus heureuses, il faut compter les dons et les héritages qui sont également une des significations de la Maison VIII.
La Balance et son Apparence
L’apparence physique est un livre d’une lecture difficile, mais passionnante, qui révèle à qui sait le déchiffrer ce qui se passe à l’intérieur des êtres sur le plan physiologique comme sur le plan psychologique. C’est pourquoi, avant d’aborder les problèmes de santé des natifs de la Balance, nous allons interroger leur apparence physique.
Paradoxalement, on pourrait soutenir que le type pur de la Balance se reconnaît à ce qu’il ne présente rien de particulier. Il est fait d’équilibre, comme le suggère l’instrument de précision qui sert de symbole à son signe. Si ce n’était le charme qui émane de la beauté régulière de ses traits, chez la femme comme chez l’homme, ce type passerait inaperçu car rien en lui n’accroche le regard. Il est vrai que la véritable élégance sait rester discrète.
Les deux influences qui s’équilibrent dans la Balance sont celles de Vénus et de Saturne. Ces deux planètes ont déjà longuement retenu notre attention, mais il est un aspect de leur influence qui n’a pas encore été évoqué, celui de l’apparence physique. Alors que tout semble les opposer, Vénus et Saturne, pour des raisons qui ont été précédemment exposées, concluent dans le signe de la Balance un compromis dont les termes méritent d’être examinés.
Mais d’abord, qu’apportent les deux planètes en partage? Un tableau comparatif permettra de mieux apprécier leur influence sur le physique de ceux qu’elles dominent lorsqu’ils ont atteint l’âge de la maturité.
: Vénus – Saturne
Taille : plutôt petite – grande
Corpulence : bien en chair – mince
Ossature : petite et fragile – forte et saillante
Démarche : vive et dansante – lente et lasse
Visage : rond (dilaté latéral) – long et étroit (rétracté latéral)
Teint : clair – terreux
Peau : colorée pâle
Cheveux : blonds ou châtains-ondulés – bruns, plats et épais
Front : moyen et bombé-lisse – haut et droit-ridé
Yeux : rieurs et brillants – enfoncés et scrutateurs
Oreilles : petites et bien dessinées – grandes et longues
Nez : petit aux ailes frémissantes – mince et fort-un peu busqué
Bouche : sensuelle aux lèvres charnues mince aux lèvres pincées
Menton : rond à fossettes – fort et saillant
Mains : courtes-doigts potelés – moyennes-doigts longs et noueux
L’opposition est assez remarquable, et cependant, le mélange de ces deux influences donne un heureux résultat. Saturne gomme ce que les rondeurs vénusiennes pourraient avoir d’excessif; il affine et allonge. Vénus arrondit les angles et comble les creux saturniens; elle anime et éclaire. Dans ce couple insolite, le premier rôle revient à Vénus dont la dignité par maîtrise l’emporte
Dans ce couple insolite, le premier rôle revient à Vénus dont la dignité par maîtrise l’emporte sur la dignité par exaltation de Saturne. Du moins dans le cas normal. Mais y a-t-il des cas « normaux »? Les rôles peuvent être inversés, et les variations sur ce thème à deux notes sont, non pas infinies, mais nombreuses. Cependant, si la domination de Vénus est admise, elle peut expliquer la beauté des natifs de ce signe dont voici une description idéale, puisque les types purs restent pratiquement l’exception.
La taille est moyenne. Le corps, mince dans la jeunesse, tend à s’empâter avec l’âge si rien n’est entrepris pour empêcher la venue de cet embonpoint. Soucieuse de sa beauté, la femme Balance est mieux armée pour entreprendre cette lutte. Le teint clair tend à se colorer.
Le visage, ovale, présente des traits harmonieusement équilibrés : un front dégagé, un nez droit et pas trop long, une bouche bien dessinée. Les yeux, plutôt clairs, sont vifs et brillants.
Les cheveux, couleur châtain clair, sont fins et doux au toucher. La denture est saine.
L’ensemble s’articule avec souplesse et grâce autour de la région lombaire qui est le pivot de ce corps. Quand elle marche, la femme Balance donne l’impression de vouloir s’exprimer avec tout son corps dans une sorte de danse dont la grâce et l’élégance ne sont jamais affectées.
La silhouette, la démarche et les traits de la Balance conviennent mieux, c’est évident, à la femme qu’à l’homme. La beauté, le charme, la grâce, l’élégance sont des attributs plus féminins que masculins. Rien d’étonnant alors à ce que l’homme de la Balance apparaisse parfois comme un être efféminé, ce qu’il n’apprécie généralement pas. Mais il arrive pourtant que certains hommes Balance, en accord avec leur signe qui réunit en lui les deux pôles, ne se sentent pas une appartenance bien définie à leur sexe, ce qui peut entraîner des amitiés « particulières ». Selon que Vénus l’emporte sur Saturne, ou inversement, l’apparence physique tendra vers l’un ou l’autre type décrit plus haut. Naturellement, le schéma peut être encore modifié par la présence d’une planète à proximité de l’Ascendant ou du Milieu-du-Ciel, ou encore par un puissant aspect à l’un de ces deux axes.
La Balance et sa Santé
Le tempérament sanguin de Vénus et le tempérament nerveux de Saturne, qui se rencontrent dans la Balance, prédisposent, chacun de leur côté, à des maladies ou à- de simples troubles physiologiques dont voici un court aperçu donné à titre indicatif.
Tempérament sanguin (Vénus) : maux de tête, insomnies, saignements de nez, palpitations, congestion sanguine, inflammation des vaisseaux sanguins, hémorragies, pneumonie. Tempérament nerveux (Saturne) : maux de tête, insomnies, anémie, névralgie, névrose, constipation, diarrhée, hémorroïdes.
Les maladies propres à un tempérament, mais qui sont en contradiction flagrante avec le tempérament opposé, sont assez peu susceptibles de se déclarer. C’est ainsi que les risques de voir s’installer une anémie (manque de globules rouges) sont minimes dans le cas normal, en raison de la légère domination du tempérament sanguin. En revanche, celles qui sont communes aux deux tempéraments, sans être bien graves, peuvent apparaître plus fréquemment.
Ces maladies propres aux constitutions planétaires vénusienne et saturnienne sont le résultat de dispositions secondaires qui s’effacent derrière la constitution générale de la Balance à qui revient tout naturellement la première place.
Parties du corps et organes gouvernés par la Balance
Essentiellement, les reins et la région lombaire; puis les surrénales, les vertèbres et les muscles lombaires, les artères et les veines rénales, surrénales et lombaires, l’uretère, le système vasomoteur, le plexus rénal, la peau.
Le signe de la Balance exerce également une influence secondaire sur la partie du corps gouvernée par le signe qui lui fait face dans le Zodiaque, le Bélier. Comme ce signe est lié à la tête, il faut également surveiller les maladies qui pourraient concerner cette partie du corps (par exemple : maladies des yeux, maux de dents, sinusites, etc.).
Les reins ont une fonction essentielle dans l’économie de l’organisme. Le risque de voir cette fonction perturbée est relativement plus grand parmi les natifs de la Balance que parmi ceux des autres signes (Bélier excepté). Cette perturbation peut entraîner toutes sortes de maladies dont voici les principales : urémie, diabète, calculs rénaux, néphrite, cystite, maladies de Bright et d’Addison, maux de reins (lumbago, rhumatisme des muscles lombaires, déplacement de vertèbres lombaires), maladies de la peau (eczéma). Secondairement : amaigrissement, maux de tête, rages de dents.
Toutes ces indications n’ont qu’un but : aider le natif de la Balance, ou ceux qui l’ont en charge, à prévenir les maladies auxquelles il est plus particulièrement exposé. L’observation de quelques règles de vie simples peut écarter bien des menaces. Une prévention adaptée à chaque cas sur la base de l’horoscope devrait commencer dès le plus jeune âge et être inscrite au programme d’une éducation bien comprise. Comme ce n’est pas une vérité près d’être admise par les responsables de l’éducation, souhaitons que les conseils qui vont suivre profitent au plus grand nombre.
Comment prévenir les maladies
Les reins ont une double fonction physico-chimique fort complexe. D’une part, ils extraient du sang les déchets qui proviennent de la combustion dans les cellules, d’autre part, ils retiennent les substances utiles à l’organisme et les remettent dans le circuit sanguin. Autrement dit, les reins sont un filtre sélectif qui opère un tri pour maintenir constante la composition du sang et des milieux intérieurs. Ils sont un facteur d’équilibre de l’organisme et, en cette qualité, il est normal qu’ils relèvent de la Balance.
Le natif de ce signe doit donc tout mettre en oeuvre pour que cet équilibre ne soit pas rompu. Les reins sont chez lui un organe particulièrement fragile qui, en cas de maladie, joue le rôle de « bouc émissaire ». Il doit essayer de les décharger d’une partie de leur travail et s’efforcer de ne rien faire qui pourrait les surcharger inutilement.
Des choses à faire
Pour soulager les reins, le natif peut rechercher, ou même provoquer, les occasions de transpirer en exécutant des travaux de plein air (jardiner, scier du bois, aider aux travaux des champs) ou en pratiquant des sports non violents (tennis, ping-pong, volley-ball, cyclotourisme, randonnées pédestres, gymnastique rythmique, danse folklorique, etc.). Ces exercices corporels fortifieront d’abord sa musculature qui n’a rien d’impressionnant, puis ils donneront à la peau l’occasion de faire avec ses millions de pores une partie de l’énorme travail dont sont trop souvent accablés les reins (un rein reçoit plus d’un litre de sang par minute!).
Dans la mesure où ils sont bien tolérés par son cœur, les bains de vapeur seront également une aide précieuse pour les reins. Ils provoquent une importante sudation qui se traduit par une diminution des réserves d’eau de l’organisme. Pour les reconstituer, il faut boire jusqu’à un litre et demi de liquide dont l’absorption a l’avantage de laver en même temps les reins. A condition évidemment que le liquide absorbé soit bien supporté par eux.
Pratiquer des exercices de respiration est également excellent pour soulager les reins. Il ne s’agit pas pour notre Balance de se livrer aux exercices respiratoires intensifs pratiqués dans certaines écoles de yoga, car tout ce qui est excessif ne convient pas à sa nature qui ne se complaît que dans la mesure. En revanche, des exercices modérés, pratiqués de façon régulière, peuvent lui être très profitables.
Une très bonne habitude, ne demandant pas de grands efforts, consiste à vider de temps à autre dans la journée les poumons de l’air résiduel accumulé du fait d’une respiration incomplète, qui est celle de la plupart des gens. Quelques expirations profondes permettent de renouveler cet air vicié qui stagne dans la partie basse des poumons.
Les enfants qui courent très souvent, les jeunes gens qui s’adonnent à un sport, respirent profondément au cours de leurs ébats sans même en avoir conscience. De sorte qu’ils ne souffrent pas d’un manque d’oxygénation. Tout différent est le cas de la grande majorité de la population; passé la trentaine, on s’installe dans une vie confortable qui ignore les efforts violents.
La marche elle-même est remplacée par la moto ou la voiture.
Non seulement la quantité d’air respiré doit être augmentée de temps en temps, mais sa qualité doit être également améliorée. Comme l’air des villes est de plus en plus pollué, le citadin de la Balance se trouvera bien des promenades faites pendant les week-ends à la campagne, et encore mieux à la montagne ou au bord de la mer. D’autant plus que le sédentarisme ne lui vaut rien.
Les femmes, mais aussi les hommes qui ont la fâcheuse habitude de porter ceintures et ceinturons sur des jeans étroits, doivent veiller à ce que l’irrigation de la région lombaire se fasse normalement.
Une cure d’épuration du sang sera la bienvenue au moment des grands changements de saison, c’est-à-dire aux équinoxes de printemps et d’automne. En accélérant l’irrigation des reins, les dépuratifs augmentent leur débit et intensifient le décrassage de l’organisme. Mais pourquoi justement à ces époques de l’année? Parce que l’organisme doit se préparer par cette désintoxication à recevoir les nouveaux courants qui se déversent sur la Terre lorsque le Soleil franchit l’équateur céleste. C’est un peu l’histoire du vin nouveau dans les vieilles outres. On peut également faire un rapprochement avec une ancienne coutume qui se pratique encore dans quelques pays européens; elle consiste à procéder dans les maisons au « grand nettoyage de Pâques ».
Le corps est aussi une demeure et devrait participer à ce nettoyage. Autrefois, l’Église avait institué les Quatre-Temps qui prévoyaient un jeûne de trois jours, les mercredi, vendredi et samedi de la première semaine de chaque saison…
Mais comme, aujourd’hui, la plupart des gens ne se préparent d’aucune façon à ces changements, beaucoup les supportent mal et s’étonnent de tomber malades ou d’être indisposés quand « changent les saisons ».
Comme il arrive que l’hypertension soit provoquée par un mauvais fonctionnement des reins, un contrôle régulier de la tension permettra de dépister à temps les troubles de l’appareil rénal avant qu’ils ne se manifestent de façon plus désagréable.
Au-delà de l’hygiène physique, il y a l’hygiène mentale, trop souvent ignorée, mais dont les effets peuvent également être très salutaires pour l’organisme. Nous sous-estimons généralement l’importance de la pensée dans notre vie parce que nous n’établissons pas de rapport direct entre ce que nous pensons et ce que nous vivons. Il est vrai que nous utilisons rarement notre pensée de façon consciente pour agir sur le déroulement de l’existence. Son action, souvent désordonnée, échappe à notre vigilance. L’utilisation consciente de la pensée pour l’amélioration de la santé est précisément un des objectifs de l’hygiène mentale. Nous allons envisager brièvement deux façons de l’utiliser dans la perspective particulière des Balance.
Quand le natif de la Balance est doué pour l’expression artistique, ce qui est souvent le cas, que ce soit pour le dessin, la peinture ou la musique, il ne devrait pas négliger ce don car, en cas de crise, l’exercice de son talent peut, en lui apportant paix et détente, l’aider à retrouver son équilibre physique et moral. Comme les soucis générateurs d’angoisse peuvent avoir sur ce type zodiacal une action destructrice, c’est lui rendre service que de l’encourager à persévérer dans la voie artistique pour concentrer sa pensée sur la réalisation d’une oeuvre qui l’aidera à surmonter son anxiété.
La reconnaissance est également un des éléments de l’hygiène mentale. Dire merci ne doit pas être seulement une réaction banale et presque automatique, une démarche sans grande importance qui est le résultat d’une bonne éducation. Remercier doit devenir un acte conscient. Beaucoup seront surpris et se demanderont quelle relation il peut bien y avoir entre la santé des natifs de la Balance et le fait de dire merci.
Remercier est un acte qui rétablit un certain équilibre. Vue sous cet angle, l’expression de la reconnaissance prend une valeur particulière pour ces natifs parce qu’ils sont directement concernés par tous les problèmes d’équilibre, quel que soit le domaine de la vie dans lequel ils se posent, physique ou moral.
Quand quelqu’un reçoit un bienfait, c’est comme si on le déposait sur l’un des plateaux de sa balance; c’est à lui ensuite de déposer sur l’autre plateau un contrepoids pour rétablir l’équilibre. A défaut d’un contrepoids équivalent, il doit au moins mettre sa reconnaissance en balance.
Cette reconnaissance peut s’exprimer non seulement vis-à-vis d’une personne déterminée, mais encore à l’égard de la vie en général, ne serait-ce que pour la lumière dans laquelle nous baignons, pour l’air que nous respirons, pour les beautés naturelles qui réjouissent nos yeux.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette attitude que nous devrions avoir envers la Création est un facteur oublié de notre santé. Les efforts ainsi déployés pour créer un état d’équilibre sur tous les plans se reflètent dans le corps. Ils favorisent le bon fonctionnement des reins et contribuent à rétablir l’équilibre dans l’organisme tout entier.
Des choses à éviter
Le natif de la Balance est généralement doué d’un bon discernement, cette faculté qui permet de distinguer le « bon » du « mauvais ». Ce discernement, il doit le faire jouer aussi sur le plan de la nourriture et de la boisson.
Connaissant les risques auxquels sont exposés ses reins, il devra écarter de sa table tout ce qui pourrait les surcharger. D’une façon générale, il a intérêt à alléger sa ration alimentaire, et sa ration carnée en particulier, car la viande est riche en toxines. De même, il doit faire un usage modéré des graisses cuites et de la charcuterie.
Parmi les légumes, l’oseille, la rhubarbe et les asperges sont à proscrire dans la mesure du possible.
Les épices forts (vinaigre, poivre, moutarde, piments, mayonnaise, condiments épicés) seront avantageusement remplacés par des aromates (ail, persil, cerfeuil, estragon, romarin, thym, laurier, sauge).
Quant aux boissons, il faudra éviter celles qui sont acidulées (sodas, eaux gazeuses aromatisées), les eaux minérales trop riches en sodium ou en bicarbonate et les vins acides.
L’eau de source légère reste encore la meilleure boisson pour la bonne santé de ses reins.
Il est facile de déséquilibrer une balance : une simple chiquenaude suffit. Il en est de même pour les natifs de ce signe, très faciles à émouvoir. Une contrariété, une parole blessante, un échec mineur qui dérangent leur quiétude les perturbent complètement. Leur sensibilité à fleur de peau leur fait grossir exagérément les incidents de la vie quotidienne.
Quand la maladie est là
Le natif de la Balance qui tombe malade a besoin d’être rassuré. Il lui faudrait du calme, mais tout le monde n’a pas la chance d’habiter un endroit retiré, au milieu d’un parc, loin des bruits de la ville. Il lui faudrait de la beauté autour de lui, mais ce n’est pas toujours possible : combien de millions de gens vivent dans un cadre qui ne doit rien à un décorateur! Quant au spectacle offert par certaines salles communes des hôpitaux avec leurs misères et leurs laideurs, il n’est pas non plus de nature à aider à leur rétablissement. Heureusement que le régime commun tend à disparaître, et que les hôpitaux offrent de plus en plus aux malades des chambres claires et un décor sobre, mais agréable.
Le natif de la Balance doit savoir que son organisme réagit vivement aux trop fortes médications. C’est pourquoi il devrait demander à son médecin de doser prudemment ses remèdes au début du traitement. Il sera toujours temps d’augmenter les doses si cela devient nécessaire.
La meilleure solution serait de préférer l’homéopathie à l’allopathie, car les remèdes homéopathiques ont l’avantage de ne pas provoquer d’intoxications médicamenteuses auxquelles les natifs de la Balance réagissent assez mal.
Les remèdes ne sont pas toujours agréables à avaler, et le malade Balance – il n’a que trop tendance dans la vie à rechercher les choses agréables qui flattent ses sens -, ne montre guère d’enthousiasme pour prendre ces remèdes lui inspirant du dégoût. Il lui faudra donc se méfier de lui-même et au besoin demander à un de ses proches de l’aider à surmonter ce handicap.
Les enfants Balance méritent une mention particulière, car ils n’échappent pas plus que les autres aux maladies infantiles et, un jour, ils auront la varicelle ou la rougeole. Les parents devront alors veiller à ce que le médecin s’assure que la maladie n’a pas entraîné de complications rénales.
Dans le cas de la scarlatine, même traitée énergiquement grâce aux antibiotiques, ce risque est particulièrement élevé, et les troubles peuvent aller de la simple albuminurie à la néphrite.
Il faudra donc, au cours de la maladie, procéder systématiquement à des analyses d’urine pour déceler les complications rénales qui peuvent survenir à n’importe quel moment. Cette précaution est absolument indispensable dans le cas d’un enfant Balance, et il sera bon de signaler au médecin la fragilité de ses reins. Un traitement appliqué à temps évitera de graves ennuis ultérieurs.
Pour terminer, nous évoquerons une période de crise que traverse un jour tout être humain à qui la vie n’a pas été chichement mesurée. Située habituellement entre la cinquantaine et la soixantaine, elle mérite bien son nom d’âge critique. Chez la femme, elle est marquée par la ménopause, entre 45 et 55 ans en moyenne, et chez l’homme par l’andropause qui peut s’étendre sur un plus grand nombre d’années, entre 50 et 70 ans.
Il est beaucoup plus souvent question de ménopause que d’andropause, peut-être parce que les effets de cette dernière sont moins spectaculaires et moins brutaux. Il n’en reste pas moins qu’andropause et ménopause sont accompagnées de modifications physiologiques et psychiques qui ont un retentissement profond sur le moral de l’homme et de la femme.
Comment les natifs de la Balance se comportent-ils pendant cette période de crise?
L’homme est sensible aux sollicitations du « démon de midi ». Il donne l’impression de vouloir rattraper le temps qu’il croit avoir perdu. Il se jette dans des aventures sentimentales ou professionnelles qui laissent son entourage pantois ou provoquent sa fureur. L’homme dont tous se plaisaient à vanter la gentillesse, la délicatesse et la mesure, a perdu son équilibre. Il n’est plus lui-même.
Il y a plus grave encore. Oubliant qu’il n’est plus un jeune homme, il s’impose des efforts et un rythme qui ne sont plus de son âge et que son organisme ne peut plus soutenir. Ce comportement irréfléchi, né de la peur de vieillir, fait peser une grave menace sur le système cardiovasculaire et l’appareil urinaire.
La femme Balance est naturellement soumise aux mêmes tentations que l’homme, mais elle réagit avec sa sensibilité de femme à qui la société impose une condition plus limitée que celle de l’homme.
Parvenue à cet âge critique, elle est souvent prise d’une sorte de panique. Elle retrouve sa coquetterie de jeune fille et s’intéresse à des hommes plus jeunes qu’elle qui pourraient parfois être ses grands fils. Ou bien elle cherche dans la gourmandise une compensation. Quand les premiers troubles de l’âge critique apparaissent le médecin comme l’entourage doivent faire preuve de beaucoup de patience, de compréhension et de tact pour remettre l’homme et la femme Balance dans la bonne voie et faire appel à leur objectivité, argument auquel les natifs du signe restent rarement insensibles.
Les Astromariages de la Femme Balance
Femme Balance et homme Bélier
Deux opposés qui s’attirent irrésistiblement. Elle attise le feu du Bélier et le Bélier lui fait un peu brûler son indécision.
L’alliage de la douceur extrême avec la violence, de l’hésitation avec l’extrémisme, de la tolérance avec l’exclusivité absolue, cet alliage-là, disais-je, donne des couples heureux.
Femme Balance et homme Taureau
Vénus avec Vénus. Le charme, la séduction, la bonté, la grâce s’unissent. La Femme Balance est plus esthète et artiste, plus aérienne et raffinée que l’Homme Taureau qui, lui, cherche la jouissance matérielle : c’est un propriétaire exclusif et jaloux, terrien solide, hédoniste amoureux des choses bonnes et volupteuses. Beaucoup d’harmonie et de confort entre ces deux vénusiens.
Femme Balance et homme Gémeaux
Ce sont plus de grands amis que de grands amoureux. Bien sûr, ils peuvent avoir une inclination amoureuse l’un pour l’autre, mais c’est léger, printanier, délivré de la passion. Ils cohabitent avec la plus grande aisance et font un couple uni par la complicité intellectuelle, les relations communes et la vie sociale.
Femme Balance et homme Cancer
C’est une combinaison difficile : l’une est tournée vers l’extérieur, avide d’échanges et de contacts; l’autre est encerclé par lui-même, recherche la solitude à deux, l’intimité du foyer, l’exclusivité des sentiments. De plus, l’air fait bouger la surface de l’eau, mais pas ses grands fonds, et l’on sait les secrets des ténèbres cancériennes. Comment parler le même langage?
Femme Balance et homme Lion
Combinaison harmonieuse que l’on trouve souvent. Ils se fascinent par leurs relations mutuelles, leur aisance en société, leur bagout réciproque et leur sens inné de la communication. Ils aiment tous deux le Beau, le Faste, le Noble, ils ont des projets généreux et un besoin de divertissements, de loisirs important. Naturellement, le Lion bat sa Balance par l’indomptable énergie qu’on lui connaît, mais elle le subjugue par sa grâce…
Femme Balance et homme Vierge
Elle est insaisissable et inspirée, il est grave et inquiet. Elle est désinvolte et dansante, il est laborieux et maladroit. Comment faire pour qu’ils s’entendent? Si lui est un Vierge doux et elle une Balance sage, ils se retrouvent dans une conception sereine de la vie à deux, mais ils n’ont pas vraiment les mêmes options professionnelles, ni les mêmes goûts, ni les mêmes objectifs.
Femme Balance et homme Balance
Mariage de pure affinité élective et sélective. Ils se ressemblent, se découvrent dans le miroir l’un de l’autre, s’aiment à travers les mêmes qualités et s’agacent pour les mêmes défauts. Harmonie paisible mais qui exclut, peut-être, les grandes surprises.
Femme Balance et homme Scorpion
Ils s’attirent beaucoup, mais voilà : le Scorpion inquiète et déroute la Balance parce qu’il casse les codes, démasque les visages, déchire les faux-semblants : tout ce dont elle joue si bien. Mise à nu par le jugement redoutable du Scorpion, la Balance adopte alors deux attitudes: soit elle biaise avec l’adversaire, soit elle s’en détourne. Mais il lui est difficile de trouver un terrain d’entente authentique avec lui.
Femme Balance et homme Sagittaire
Couple heureux comme Balance et Lion : cet air et ce feu s’accordent, modulent leurs flammes et leurs brises, dansent et diffusent leur chaleur. La vie sociale, légale, la réussite professionnelle, la carrière jouent un rôle de premier plan dans leur existence. Leur entente est cimentée
par de nombreux intérêts communs ainsi que par des activités et une vie amicale très riches.
Femme Balance et homme Capricorne
Vénus et Saturne, l’air et la terre. Il peut y avoir une certaine attirance de cette gracieuse vénusienne pour un grave saturnien qui la rassure, la stabilise, la sécurise. Mais qu’elle sache qu’il est sans fantaisie, qu’il recherche la vérité en toutes choses et que les apparences lui importent peu : la vie peut être dure avec lui pour une Balance souple et légère.
Femme Balance et homme Verseau
Ces deux signes d’air s’entendent et se comprennent au quart de tour; ils vivent les mêmes émotions, construisent les mêmes châteaux en Espagne et s’occupent beaucoup des autres. Il peut y avoir des tiraillements si lui est un vrai Verseau, appartenant au monde entier et à la voie lactée, parce qu’elle a besoin de retrouver de temps à autre l’intimité du foyer. Mais, autrement, ils s’aiment et sont heureux.
Femme Balance et homme Poissons
Apparemment, il n’y a pas beaucoup de points communs entre ces deux êtres. L’une est hésitante, fragile, l’autre se fond dans l’océan de ses sensations, de ses fantasmes. Ils n’ont pas la même mesure du temps, ni les mêmes valeurs. A moins d’ascendants en harmonie, c’est un couple auquel il est difficile de trouver des complémentarités.
Les Astromariages de l’Homme Balance
Homme Balance et femme Bélier
C’est elle, tout d’abord, qui recherche sa compagnie. Lui, il hésite toujours un peu à choisir parmi les femmes celle qui doit devenir son épouse. Il les trouve toutes séduisantes, gracieuses, intelligentes ou il leur trouve de beaux yeux, un sourire fondant, des gestes doux. Difficile de décider un Homme Balance à choisir, mais la Dame Bélier est décidée pour deux. Et leur couple est fort sympathique.
Homme Balance et femme Taureau
L’alliance de Vénus avec Vénus est toujours agréable. Lui, très raffiné, papillon aux couleurs chamarrées, séduisant tout le monde, rendra jalouse la Dame Taureau, si possessive, entière et… fidèle, pour le fond. Il inquiète un peu son désir de stabilité et elle lui crée un environnement dont il a besoin, rempli de belles choses aux couleurs douces.
Homme Balance et femme Gémeaux
L’air devrait s’entendre avec l’air. C’est à qui échappera le mieux à l’autre, à qui jouera le plus au chat et à la souris. Merveilleux couple intellectuel et affectif, sans base solide et terrienne : pour l’un comme pour l’autre, le principe de réalité existe à peine. Ils peuvent rire la vie ensemble, sans devenir adultes.
Homme Balance et femme Cancer
Il y a une très grande sensibilité commune et un certain goût des belles choses. Mais lui ne vit que pour l’extérieur, les amitiés, les relations, la vie sociale, et elle ne vit que pour son foyer, l’intimité de ses rapports affectifs avec quelque chose même d’un peu farouche à l’égard des intrusions du « dehors ».
Comment vont-ils accorder ces deux directions contradictoires? Par un lien affectif très puissant et beaucoup de tolérance de la part de notre Femme Cancer, sans doute.
Homme Balance et femme Lion
Couple que l’on rencontre fréquemment. L’homme Balance, par sa grâce, son élégance, son savoir-vivre, son raffinement, attire irrésistiblement une Lionne. Il a besoin, lui-même, de sa stabilité affective, de sa sûreté profonde (signe fixe), de son esprit de décision et de sa facilité à trancher, choisir, opter à sa place. C’est un bon couple durable.
Homme Balance et femme Vierge
Les deux tiennent à l’idée du couple complice, mais pour des raisons différentes. Lui, parce qu’il ne conçoit pas la vie sans rapports harmonieux, profondément stables avec sa femme. Elle, parce qu’elle a besoin de sécurité affective et que, son amour donné, elle ne le reprend plus. Elle s’adaptera à la virtuosité charmeuse de son mari, malgré sa possessivité secrète, et lui sera heureux de la savoir toujours là.
Homme Balance et femme Balance
C’est à qui fera l’entreprise de séduction la plus inoubliable, l’un envers l’autre. Ensuite, ils joueront le même jeu avec leurs amis, leurs relations, leur entourage. Comme ils sont tous deux plus attirés par le besoin de séduire que par celui de conquérir, ils sont toujours heureux de se retrouver.
Homme Balance et femme Scorpion
Elle l’attire et l’effraie en même temps par sa forte sensualité, son goût du secret, son refus profond des concessions. Lui qui est tellement prêt à tous les aménagements par besoin d’harmonie, il est fasciné par sa faculté de tout remettre en cause en une soirée. Dans cette combinaison, c’est elle qui tient les ficelles et qui manie à sa guise son Homme Balance. Mais elle est très fortement dominée par sa sensualité, alors que lui préfère le flirt, l’amour léger, sans trop de passion.
Homme Balance et femme Sagittaire
Très bon couple. Comme pour la Femme Balance et l’Homme Sagittaire, il y a énormément de points communs et de complicité entre ces deux êtres. L’air et le feu s’accordent admirablement, à la fois sur les plans affectif, social et intellectuel.
Homme Balance et femme Capricorne
Il y a recherche mutuelle, tentative de rapprochement. Elle, c’est la terre, la stabilité immuable et tranquille. Lui, c’est l’air, l’instabilité, l’hésitation : ils ont besoin l’un de l’ autre parce qu’ils se complètent. Cela vaut d’autant plus s’il est une Balance saturnisée : ils rassemblent, à eux deux, beaucoup de qualités pour former un couple équilibré, stable, heureux.
Homme Balance et femme Verseau
C’est une condition très favorable aussi, mais tous les aspects de la personnalité ne sont pas engagés dans ce couple, comme c’est le cas, par exemple, pour la Balance et le Lion ou le Sagittaire. Ici, il s’agit d’une entente intellectuelle et sociale qui ne touche pas très profondément l’affectivité, ni la sensualité. Mais ces deux signes d’air privilégient les valeurs cérébrales et cherchent à dominer les « instincts », considérés comme un peu primaires. Alors…
Homme Balance et femme Poissons
Comme avec tous les signes d’eau, il y a un problème : c’est que les Poissons (ainsi que le Cancer et le Scorpion) ont une vie intérieure extrêmement intense et une sensibilité profonde qui leur donnent un sens aigu de la relativité des apparences. Or, la Balance ne vit que pour ces apparences, pour l’extérieur, le divertissement en société, les relations harmonieuses avec les autres.
Voilà qui, d’entrée de jeu, fausse un peu les dés. Cela dit, il y a toujours un terrain d’entente possible en fonction des ascendants.
Combinaison du Signe avec les Ascendants
Le Soleil est assimilé au Moi-de-valeur des philosophes qui est le modèle proposé comme idéal au Moi empirique.
Or, ce Moi empirique, sujet à des manifestations diverses et changeantes, correspond précisément au signe Ascendant. L’Astrologie traditionnelle rattache à l’Ascendant la constitution et l’apparence physiques, la mentalité et le caractère moral. On pourrait dire d’une façon plus générale qu’il représente l’individu plongé dans son milieu; il est le véhicule donné à l’ego pour se manifester au cours de son incarnation.
Pour les observateurs extérieurs, nous sommes surtout marqués par notre signe Ascendant parce que c’est à travers lui qu’ils nous « reçoivent ». Il est indispensable de le connaître car il conditionne nos réactions épidermiques qui règlent nos relations avec le milieu environnant. Or, chez beaucoup de sujets, ce conditionnement prend le pas sur le Moi profond.
Balance Ascendant Bélier
Non seulement son sens de l’équité commandera à ce type de veiller à ce que la justice règne dans toutes les affaires auxquelles il sera mêlé, mais il osera encore s’attaquer avec vigueur à l’injustice. Sa sociabilité naturelle sera soutenue par son désir de se rendre utile aux autres vers lesquels le pousse un grand élan de dévouement.
Esprit largement ouvert au monde environnant, il est avide de savoir et à l’affût de tout ce qui est nouveau. Mais sa trop grande mobilité l’expose au danger de la dispersion.
L’instabilité commune aux deux signes empêche ce type de travailler avec méthode et persévérance. C’est, avec le désintéressement, une des raisons pour lesquelles il sera un mauvais défenseur de ses intérêts personnels.
Vénus et Mars, planètes maîtresses de ces deux signes, forment un couple dont la mythologie a fait le symbole de l’amour-passion, même s’il scandalisait l’Olympe, Vénus étant l’épouse légitime d’Héphaïstos, dieu du Feu souterrain. Il est donc normal que ce type soit poussé à faire très tôt un mariage d’amour car les natifs de la Balance reçoivent ici du Bélier cette ardeur conquérante qui manque à leur panoplie d’amoureux.
On sait que les Balance ont un sens artistique développé; mais s’ils sont fort habiles à reproduire ce que d’autres ont créé, ils sont rarement des créateurs. L’union de Mars et de Vénus leur en donne précisément la possibilité.
Un autre défaut des Balance est leur indécision. A force de peser le pour et le contre, ils n’arrivent pas à prendre de décision. Le Bélier, qui est impulsif et a tendance à se jeter tête baissée dans l’aventure pour réfléchir ensuite aux conséquences, va donner à la Balance l’impulsion nécessaire; en retour, il recevra d’elle la réflexion qui lui fait un peu défaut. On voit que, dans ce domaine aussi, la combinaison des deux influences peut avoir les plus heureux effets.
De la même façon, la mise en train, toujours assez longue chez les Balance, va bénéficier du sens de l’initiative et de l’esprit d’entreprise du Bélier. Mais si ce dernier commence facilement ce qu’il entreprend – parfois même avec précipitation -, il a de la peine à terminer sa tâche car il manque de la patience nécessaire pour mener une action à son terme. Malheureusement, la Balance ne lui sera pas ici d’un grand secours car les natifs de ce signe, comme de tous les signes d’Air, fixent difficilement leur attention de façon durable sur un seul objet.
Ce natif est généreux et ne se laisse pas arrêter dans son élan par des calculs sordides. Enfin, il sait dire non quand il a choisi son parti.
En revanche, le manque d’objectivité, l’esprit de contestation, la brusquerie, ou même la brutalité, peuvent altérer ses rapports avec autrui quand l’influence du Bélier déborde trop largement celle de la Balance. Mais ce n’est pas là le cas général.
Les tempêtes d’équinoxe qui sont propres aux deux signes, ne resteront pas toujours intérieures, comme chez les natifs de la Balance, mais elles pourront se manifester au grand jour avec une violence explosive.
Quant à l’apparence physique, qui dans beaucoup de cas dépend d’abord de l’Ascendant, elle sera heureusement influencée par la Balance qui adoucira les traits accusés et énergiques du Bélier en leur donnant un peu de cette grâce vénusienne qui, pour une femme surtout, lui fait fâcheusement défaut.
Balance Ascendant Taureau
Ce mariage entre la Balance et le Taureau donne un être de sentiment très sensible aux manifestations les plus « aériennes » de l’art, telles la musique et la danse, mais aussi un être romanesque et sentimental, avide de sensations fortes pour alimenter sa robuste sensualité. La gourmandise lui fait rechercher les plaisirs de la table qu’il sait également apprécier en gourmet.
Ses besoins esthétiques le poussent à créer autour de lui un cadre harmonieux, mais sans grande originalité, car il donne volontiers dans un sage conformisme. Son rêve, c’est de posséder une maison à la campagne, au milieu des fleurs qu’il adore. Il se sent profondément enraciné dans la terre et recherche instinctivement son contact comme le faisait le géant Antée.
Ses dons artistiques devraient trouver à s’exercer sur la matière car il a le sens des lignes, des volumes et des formes : la sculpture et la peinture modernes sont des moyens d’expression propres à lui convenir car elles se sont fortement « matérialisées ». La musique « concrète » évolue dans le même sens.
Ces dons artistiques ont d’autant plus de chances de s’exprimer à travers lui que la Balance est un signe d’Air et le Taureau un signe de Terre. Or, la nature nous offre des exemples de ce que ces deux éléments peuvent réaliser quand ils s’unissent pour oeuvrer ensemble. Dans certains déserts, le sable soulevé par les tempêtes de vent sculpte les roches des montagnes disséminées à travers les étendues arides et leur donne des formes étranges qui font penser à des silhouettes animales ou humaines. Il y a là une indication intéressante quant aux possibilités de réalisation contenues dans la combinaison de ces deux éléments.
Le besoin de plaire, commun à la Balance et au Taureau, est à la base de la grande sociabilité de ce type. Alors qu’avec la Balance, cette sociabilité n’était qu’inconsciemment intéressée, elle risque avec le Taureau d’être utilisée à des fins égoïstes en lui donnant l’occasion de se faire des relations qui serviront ses intérêts immédiats ou l’aideront à réaliser son idéal de possession et de jouissance.
On connaît la vivacité d’esprit de la Balance, sa pensée souple et mobile, prête à appréhender mille objets. Le danger d’éparpillement est la rançon de cette constante disponibilité. Mais le réalisme, la concentration et l’obstination méthodique du Taureau vont stabiliser et discipliner la pensée vagabonde et quelque peu fantaisiste de la Balance pour en faire un instrument efficace au service de réalisations concrètes.
La volonté « massive » du Taureau s’humanise au contact de la Vénus Uranienne, mais il lui est difficile d’accepter la perpétuelle irrésolution de la Balance. Aussi l’incite-t-elle à prendre des décisions, mûrement réfléchies certes, mais irrévocables. La subtilité et la souplesse de la Balance seront malgré tout utilisées pour atteindre le but, clairement défini.
La taille est généralement moyenne, le corps plutôt trapu. Les traits réguliers sont assez beaux, mais le visage dilaté a tendance à s’alourdir avec l’âge. L’ensemble a quelque chose d’un peu massif.
Balance Ascendant Gémeaux
Cette combinaison consacre l’union de deux signes d’Air et des deux planètes dites inférieures, Vénus et Mercure.
Toutes les qualités, bonnes ou moins bonnes, qui s’attachent aux signes d’Air, s’extériorisent dans ce type, avec la liberté qui est propre à l’Air. L’élan vital est ici au service de l’intellect qui imprime sa marque à tout le comportement. Ce type est spontané, naturel et décontracté.
Largement ouvert au milieu environnant, il réagit vivement à toutes les sollicitations extérieures. L’énergie est assez capricieuse car l’attention a de la peine à se concentrer durablement sur un même objet. Il en résulte un manque de suite, non dans la pensée qui procède volontiers par intuition, mais dans l’action qui ignore les buts utilitaires.
L’indécision chronique de la Balance est renforcée par la démarche virevoltante des Gémeaux. Il est alors difficile à ce type d’imposer sa volonté aux autres. Ce n’est d’ailleurs pas son but; il aspire davantage à communiquer avec eux, à les comprendre et, si possible, à les convaincre qu’à les dominer pour les soumettre à sa volonté.
Car ses ambitions sont surtout d’ordre intellectuel. Dans ce domaine, la nature l’a comblé en lui donnant une intelligence claire, vive, perspicace, souple, déliée, toujours disponible, quoique parfois fantaisiste, inconstante et inégale.
Vénus apporte sa grâce, son charme et sa sensibilité, et ce type apparaît aux autres comme un être gai, enjoué et affable. Être de communication, il aime la compagnie et a pour chacun des paroles aimables. Il excelle à distraire les invités. Comme il a des lumières sur un grand nombre de sujets et qu’il connaît beaucoup de monde, il a toujours quelque chose à raconter. Il le fait de façon fort plaisante et parsème son récit de remarques cocasses ou originales; elles sont le fait d’un observateur auquel rien n’échappe et qui a le sens de l’humour.
On comprend aisément que tous ces dons sont autant d’atouts qui lui permettent non seulement de briller en société, mais également de plaire sans qu’il s’y efforce beaucoup. C’est aussi pour cela que ses attachements sont peu durables. Sollicité de toutes parts, il résiste mal au plaisir de jouer de son charme pour séduire qui lui plaît. Mais ses sentiments ne sont pas assez profonds pour qu’il ne soit pas tenté de chercher de nouvelles sensations. Les regrettables penchants de la Balance, qui « papillonne » volontiers, trouvent là dans les Gémeaux un allié de choix.
Son inconstance ne se manifeste pas qu’en amour. Elle lui joue aussi des tours dans tous les domaines de la vie. Son dilettantisme de touche-à-tout lui permet rarement d’aller jusqu’au bout de ses entreprises et l’empêche de construire sa vie sur des bases solides. Comme les gens qui travaillent avec le vent, il fait des bulles. Et même si, par la grâce de Vénus, son vent a le charme du zéphir, il n’en est pas moins du vent.
L’alliance de Vénus et de Mercure réunit les conditions favorables à l’éclosion de dons artistiques. C’est surtout dans le domaine littéraire qu’il peut s’exprimer comme romancier, essayiste, biographe ou poète. La musique – c’est l’air qui propage les sons – peut également l’attirer.
Balance Ascendant Cancer
En tant que signe d’Air, la Balance insuffle (cardinal) des pensées qui tendent vers un état d’équilibre dont la paix et la justice sociales sont des manifestations concrètes. Gandhi, apôtre de la non-violence, est un bon exemple de l’impact que peut avoir un idéal de justice et de paix lancé par un natif de la Balance.
Le Cancer est un signe d’Eau. En tant que signe cardinal, il diffuse dans son milieu environnant legs forces instinctuelles de son inconscient qui se traduisent par des sentiments, des émotions, des sensations et des souvenirs dont se nourrit son imagination. C’est ainsi que, à travers ses livres, Proust qui avait le Soleil et trois planètes en Cancer a projeté (cardinal) avec force sa vie émotionnelle vers ses lecteurs.
Car la Balance et le Cancer réunissent les deux planètes féminines par excellence, Vénus et la Lune, tandis que Mars, la planète virile, est en « débilité », aussi bien dans la Balance (exil) que dans le Cancer (chute). Aussi les valeurs féminines risquent-elles d’écraser les valeurs masculines.
ILe caractère est doux, bienveillant, serviable, conciliant, tolérant, mais dangereusement impressionnable. Le sens de la famille et l’amour des enfants sont fortement marqués. Le tempérament sensuel est alimenté par une imagination vive échafaudant des romans que le sujet vit intensément.
La sensibilité risque de prendre une place démesurée avec tous les inconvénients qu’entraîne une telle prédominance. Le caractère est soumis à de constantes fluctuations provoquées par le flot d’impressions et de sensations auxquelles tout être humain est exposé. Les conséquences de cette hypersensibilité sont d’abord une grande vulnérabilité aux agressions de la vie, vulnérabilité qui s’accompagne le plus souvent d’une susceptibilité pouvant prendre des formes pathologiques. Ensuite, le sujet subit d’autant plus facilement l’influence des uns et des autres que sa volonté est déficiente. La seule façon pour lui de résister aux pressions extérieures est de leur opposer sa force d’inertie qui est grande, mais cela ne saurait suffire dans tous les cas.
Le Cancer n’a malheureusement aucune de ces mâles vertus qui pourraient compenser les faiblesses bien connues de la Balance : le manque d’affirmation de soi et l’indécision. Le sujet est donc bien mal armé pour surmonter les déceptions sentimentales que le destin ne lui épargnera pas et qui l’atteignent au plus profond de lui-même.
En revanche, le fort sentiment de justice que lui donne la Balance peut exalter le besoin de dévouement propre au Cancer. L’action désintéressée lui fournit alors un moyen d’échapper aux effets débilitants d’une sentimentalité stérile.
Une aide non négligeable peut également venir du conjoint. Si celui-ci a assez de force de caractère, ses conseils et ses encouragements pourront aider le sujet à acquérir le sens des responsabilités. Le domaine le plus fécond pour ce type mixte sera celui de l’expression artistique. Pour peu que le destin lui ait « remis » à la naissance une quantité suffisante de Terre, l’alliance de l’imagination et de la sensibilité esthétique lui permettra de se réaliser dans une oeuvre d’art.
Physiquement, cette combinaison donne des êtres de taille très moyenne et même plutôt petite et trapue, aux formes pleines.
Balance Ascendant Lion
Le Lion comme la Balance sont des actifs, extravertis et sociables. Mais l’action du Lion, dans ses manifestations dissonantes, devient facilement dominatrice, orgueilleuse, théâtrale, parfois même cynique. C’est de ces excès que le préserve la Balance qui arrondit les angles d’une nature un peu trop impérieuse. La bienveillance et la délicatesse vénusiennes atténuent ce qu’une attitude hautaine pourrait avoir d’insupportable.
Le dynamisme du Lion, sa puissance de volonté, son esprit d’initiative et son sens de l’organisation bousculent les hésitations chroniques de la Balance, tandis que l’enthousiasme léonien réchauffe la tiédeur de ses ambitions.
L’esprit d’équité de la Balance, son indulgence, sa bienveillance et son idéal de paix empêchent le Lion de tomber dans le despotisme auquel pourrait l’entraîner son besoin de domination. La Balance pourra même révéler le côté le plus noble du caractère léonien qui est fait aussi de générosité et de magnanimité.
Le sens esthétique est très développé dans les deux signes. La Balance et le Lion ont un égal sentiment du beau, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons. Le Lion a besoin d’être entouré de belles choses parce qu’elles flattent sa personne qui ne saurait se contenter d’un décor médiocre, tandis que la Balance vit dans un cadre raffiné parce qu’il lui procure les émotions esthétiques dont son âme a besoin.
Le résultat, c’est que le natif de la Balance Ascendant Lion s’efforce de vivre dans un décor qui allie le bon goût à la qualité et à la richesse des matériaux.
Il fait preuve de recherche jusque dans sa façon de s’habiller car il choisit autant que possible des vêtements qui le « classent ». Il se montre dans les manifestations artistiques consacrées surtout à la musique, au chant et à la danse. Il est même possible que, non content d’admirer les créations des autres, il manifeste une authentique vocation artistique.
Sa réussite sociale semble aussi avoir les faveurs de la chance. Il est vrai que tant de qualités mises au service d’une carrière ne peuvent que conduire aux honneurs flattant agréablement sa vanité de Lion. Un Lion qui sait utiliser au maximum les relations que draine vers lui la sociabilité d’une Balance, qui, livrée à elle-même, aurait moins d’ambition.
Le signe sur lequel se trouve l’Ascendant détermine en grande partie l’apparence physique. Celle du Lion peut être solaire ou léonine. C’est sans doute vers la première, plus belle, que l’influence de Vénus fera pencher la balance. Mais quelle que soit cette apparence, elle sera toujours avantageuse. Des traits réguliers et bien dessinés, un teint clair, des cheveux blonds tirant sur le roux, un corps plutôt mince, de taille plus élevée que la moyenne, presque athlétique, ou bien très moyenne, mais trapue. Le sujet se tient très droit, mais la souplesse ondulante de la Balance l’empêche de se figer dans une raideur qui le ferait paraître désagréablement hautain.
Balance Ascendant Vierge
Mercure, maître de la Vierge, fait plutôt penser à Minerve, la déesse de la froide sagesse. Minerve présidait à l’ordre social et, s’il lui arrivait d’intervenir dans la guerre, ce n’était qu’après mûre réflexion. Elle patronnait les arts libéraux et l’artisanat. Pour les Anciens, elle était la vierge par excellence, celle dont le cœur ignorait la passion.
C’est l’alliance du sentiment et de la raison. On sait combien le natif de la Balance est capable de s’inventer de prétextes pour repousser le moment où il lui faudra commencer un travail.
A condition évidemment qu’il ne soit pas soumis à un rythme de travail imposé parce qu’il n’est que le maillon d’une chaîne dans une usine, ou un rouage nécessaire au fonctionnement d’une administration. Quand notre Balance a enfin réussi à se décider, il se ménage de nombreuses pauses car ce n’est pas un acharné du travail auquel, de toute façon, il. ne porte qu’un intérêt très relatif. A moins qu’il ne fasse un métier d’art dont l’exercice s’apparente pour lui davantage au jeu qu’au travail. Or, la Vierge va créer dans ce domaine un nouvel équilibre dont ce type mixte ne peut que profiter.
En effet, le Virginien manifeste de remarquables qualités dans le travail. Son ingéniosité lui permet tout d’abord de s’adapter aux circonstances qui ne le prennent jamais vraiment au dépourvu car c’est un prévoyant qui a de la ressource. Puis, après avoir analysé la situation, il apporte dans l’exécution de sa tâche de la méthode et une grande conscience. C’est un méticuleux que rongent les scrupules. L’efficacité lui importe avant tout : il veut obtenir des résultats concrets.
Ses défauts sont ceux de ses qualités. C’est un perfectionniste qui est toujours tenté de donner trop d’importance aux détails car, dans sa minutie, il ne veut rien laisser au hasard. Pour mieux se concentrer, il étouffe sa sensibilité, se replie sur lui-même et réduit volontiers la communication avec le monde environnant aux sujets qui entrent dans le cadre de son travail. Cependant les détails l’empêchent souvent d’avoir une vue synthétique des choses. Effrayé par ce qu’il imagine être la complexité de sa tâche, il devient nerveux et développe un sentiment d’infériorité qui se traduit finalement par une modestie excessive.
Heureusement que la Balance apporte son contrepoids. En réfrénant ce goût Virginien du détail, elle permet au sujet d’être plus détendu et de prendre de temps en temps ses distances par rapport à un travail qui menace de l’accaparer. Il obéit alors un peu moins à la froide logique et un peu plus à la fantaisie. Et comme il ne refuse pas de s’ouvrir aux autres, servir n’est plus seulement un devoir, cela devient aussi un plaisir.
Si les deux signes se complètent avec bonheur, ils rendent malgré tout le sujet hésitant. La Vierge par prudence et la Balance par équité. C’est le seul point qui puisse encore poser problème car il y a fort à parier que ce défaut, loin de s’atténuer, risque de devenir gênant. A moins qu’une forte composante martienne dans le thème n’empêche le sujet de devenir la victime de ses tergiversations.
Balance Ascendant Balance
C’est la combinaison de ceux qui sont nés autour du lever du Soleil. Tout ce qui a été dit jusqu’ici à propos de la Balance vaut très largement pour ce type qui est en principe d’une grande homogénéité. Les qualités et les défauts du signe sont amplifiés par cette double appartenance à un même signe zodiacal. Nous avons affaire là à une sorte de mariage « consanguin », et l’expérience montre que ce genre d’alliance donne des enfants plus fragiles que les autres.
Pour toutes ces raisons, il paraît souhaitable que le sujet doublement Balance ait un thème qui comporte une seconde dominante zodiacale (par exemple, trois ou quatre planètes dans un autre signe). Elle fera heureusement contrepoids à une influence qui, en s’exerçant trop exclusivement, risquerait de déséquilibrer le sujet, ce qui serait assez paradoxal dans le cas d’un Balance!
Dans cette affaire, c’est surtout l’homme Balance qui pourrait souffrir d’un excès de sensibilité et de charme car, de toute évidence, ces qualités conviennent mieux à une femme qu’à un représentant de l’autre sexe.
Balance Ascendant Scorpion
L’Eau du Scorpion, signe fixe, est une eau dormante. C’est l’eau des marécages. « Il n’est pire eau que l’eau qui dort », dit la sagesse populaire. Cette eau des marais à la surface paisible, à peine troublée de temps à autre par l’éclatement silencieux de quelques bulles montées des profondeurs, cette eau ne dort qu’en apparence. Sous son miroir trompeur se cache la plus grande effervescence. C’est une eau de mort qui peut, ou non, redonner la vie.
Le Scorpion est le royaume de Mars, dieu de l’énergie. Mais ce n’est plus l’énergie en liberté du Bélier. C’est une énergie contenue et comprimée qu’une étincelle suffirait à libérer brutalement.
Cette alliance de la Balance et du Scorpion marie également Mars et Vénus. Étant donné le caractère volcanique du Scorpion, les feux de cette passion ne vont plus brûler comme une flamme claire et pure. C’est plutôt une lave destructrice.
D’un côté, la nature profonde du sujet, représentée par le signe solaire, aspire à créer une vie harmonieuse où tout est mesure et sensibilité, et tend à s’insérer sans heurt dans une société plus ou moins dominée par les préjugés. De l’autre, le signe Ascendant qui influence fortement le comportement. Ennemi des nuances, le Scorpion est entier dans ses affections comme dans ses haines. Alors que la Balance emprunte la voie du milieu, le Scorpion prend les sentiers qui escaladent les crêtes ou plongent dans les ravins. Autant l’un est affable et charmeur, autant l’autre est abrupt et inquiétant. La comparaison des deux signes n’est finalement qu’une longue suite d’oppositions.
Il est donc naturel que cette alliance donne souvent un être instable et plein de contradictions.
Grâce à la Balance, le sujet peut offrir un visage serein et des manières courtoises : mais, sous ces dehors aimables se cache une énergie indomptable que les épreuves ne réussissent pas à décourager quand, sous l’influence du Scorpion changé en aigle, elle est tendue vers un idéal élevé.
Cependant sous cette apparence harmonieuse peut également se dissimuler un être qui s’abandonne à l’instinct destructeur et auto-destructif du Scorpion. C’est le côté « serpent » du signe qui n’a pas su se transformer en aigle, puisque le reptile et le rapace sont les deux figures opposées d’un même symbole.
Les conflits que ne manqueront pas de susciter les contradictions inhérentes à cette combinaison risquent de rester sans solution satisfaisante. Ils feront naître chez le sujet des tensions insupportables qui le feront vivre dans l’angoisse. Or, l’angoisse n’est que trop souvent le premier pas sur le chemin qui mène à la dépression nerveuse, une des formes de l’autodestruction.
En revanche, si le sujet développe les possibilités les plus hautes contenues dans le signe du Scorpion, il trouvera finalement un allié dans la Balance qui, au-delà de ses complaisances et de ses facilités, est éprise d’un idéal de beauté et de justice. Alors, ce type s’apaisera et se transfigurera à mesure que passeront les années. Et puis la Balance peut jouer un rôle modérateur, assouplir une autorité trop raide, atténuer une critique trop virulente, civiliser un comportement trop rude.
Physiquement, ni la Balance ni le Scorpion ne sont des signes de grande taille. Toutefois, le Scorpion peut donner un corps musclé, robuste et de forte carrure. Le visage est « mouvementé » et il serait comme taillé au couteau si la Balance ne venait, selon son habitude, adoucir un peu les traits. Le regard ne s’oublie pas car, malgré sa froideur, il exerce une sorte de fascination magnétique.
Balance Ascendant Sagittaire
Le feu du Sagittaire auquel s’unit la Balance n’est plus le feu dévorant et changeant du Bélier, ni le feu rayonnant et constant du Lion, mais le feu mystique qui, tel celui du buisson ardent dont parle la Bible, brûle sans consumer. En accord avec le caractère mutable ou double du Sagittaire, c’est le feu de la transformation et de la sublimation.
Activé par l’air de la Balance, le feu du Sagittaire va conduire les natifs de ce type vers l’idéal élevé que montre la flèche du centaure, symbole du signe.
C’est également l’union de Vénus et de Jupiter, ces deux planètes que les Anciens appelaient la Petite et la Grande Fortune.
Le sujet s’intéresse sincèrement aux autres. Il fait preuve à leur égard de compréhension et de tolérance. Il a un sens aigu du droit et ne supporte pas l’injustice. Rien d’étonnant à ce qu’il prenne fait et cause pour les faibles qui, dans nos sociétés modernes, sont exposés à toutes sortes d’oppressions.
Cela ne l’empêche pas d’avoir un côté conformiste puisqu’il est prêt à accepter l’ordre social avec toutes ses imperfections et à tenir compte du « qu’en-dira-t-on ». Sa profonde sociabilité lui donne le goût des réceptions qu’il organise pour traiter avec faste ses amis ou ses relations dans la mesure évidemment où ses moyens le lui permettent. Il choisit de préférence les professions qui le mettent en contact avec les autres.
L’affection des gens lui est aussi précieuse que nécessaire. Mais l’intérêt qu’il porte à ses
semblables ne l’empêche pas d’être très occupé de lui-même. Cependant, il s’agit moins d’égoïsme que d’égotisme. Il aime qu’on reconnaisse sa valeur et il lui est bien difficile de résister à la tentation des honneurs. Il tient beaucoup à ce que son « image de marque » soit la meilleure possible. Pour cela, il essaie de tirer parti des nombreuses relations que lui apporte la Balance pour gravir les échelons de sa carrière.
A ces traits de caractère plus ou moins communs aux deux signes, le Sagittaire ajoute une dimension spirituelle qui fait défaut à la Balance. C’est que le Sagittaire, neuvième signe, est analogue à la Maison IX, secteur des grandes explorations sur le Terre comme dans le ciel. Il franchit aussi aisément les frontières de son pays que celles des préoccupations quotidiennes de l’esprit pour pénétrer dans l’univers abstrait de la philosophie ou de la religion. Animé d’une forte volonté de progrès, il veut aller toujours plus loin. Le Sagittaire est essentiellement le signe de l’expansion. Il est d’ailleurs lié dans le schéma de l’Homme-Zodiaque aux cuisses qui sont comme les bielles de la machine humaine grâce auxquelles l’énergie se transforme en mouvement.
Il manifeste un solide optimisme car il croit fermement à sa bonne étoile. C’est vrai qu’il est souvent favorisé par la chance, mais il faut reconnaître qu’il apporte de son côté des qualités qui contribuent efficacement à sa réussite sociale : intelligence, sens de l’organisation, ambition, dynamisme, volonté, générosité, sens des contacts. La Balance qui, dans ce domaine, a de nombreuses lacunes, se contente d’apporter sa sensibilité, sa délicatesse, son charme et son tact pour parfaire l’oeuvre commune.
Le type harmonique présentera un visage aux traits fins, quoique marqués, avec un nez puissant, un front haut et droit et un teint coloré. Le corps est svelte. Ou bien les traits sont plus grossiers et le corps tend à s’alourdir avec les années.
Balance Ascendant Capricorne
La Balance et le Capricorne, c’est l’alliance de Vénus, planète de la sensibilité et du charme, et de Saturne, planète de la réflexion et de l’ambition. Ce n’est pas une alliance impossible car nous avons vu que ces deux planètes étaient dignifiées dans la Balance, Vénus y étant en domicile et Saturne en exaltation.
Comme Saturne est en dignité à la fois dans la Balance (exaltation) et dans le Capricorne (domicile), il a de bonnes chances de l’emporter sur Vénus. Il est d’ailleurs dans sa nature persévérante et ambitieuse de s’imposer en marquant cette combinaison de son empreinte. L’influence vénusienne de la Balance risque de n’apparaître qu’en contrepoint, d’autant plus que la Balance saturnienne peut peser dans cette association d’un poids plus lourd que la Balance vénusienne.
Le Capricornien est un angoissé qui, même dans les circonstances les plus joyeuses de la vie, est incapable de goûter pleinement son plaisir. La Balance, en revanche, a le sens de la fête et le goût des réunions entre amis ou copains qui sont autant d’occasions d’oublier les soucis de l’existence tout en cultivant l’amitié.
Le Capricorne n’est pas signe de Terre pour rien : il aime le travail et y apporte toute son attention et tous ses soins. Comme il a un sens élevé du devoir, on peut compter sur lui. Le natif de la Balance, en revanche, n’aime pas le travail pour le travail. Dans le cas le plus favorable, il y voit une occasion d’exercer ses dispositions artistiques. Cependant, quoi qu’il fasse, il reste un dilettante.
Avec les années, le Capricorne acquiert une assurance croissante. Ce n’est pas qu’il doutait de sa propre valeur, mais il n’osait pas le montrer car c’est un orgueilleux qui est sourd aux compliments. La Balance, au contraire, donne facilement dans la vanité. Son manque de confiance en soi l’amène à rechercher l’approbation et l’appui de son entourage.
En amour, le Capricorne a un idéal trop élevé pour ne pas éprouver de cruelles déceptions.
La méfiance qu’il en conçoit rend plus difficiles ses rapports avec l’autre sexe. Tout différent est le natif de la Balance qui est pétri de sentiment et ne peut se réaliser pleinement que dans un amour partagé. Malgré les échecs qu’il peut essuyer dans ce domaine, il est toujours prêt à tenter de nouvelles expériences sans rien perdre de son optimisme.
Ces contradictions ne doivent pas faire oublier les quelques points communs aux deux signes : le besoin de tendresse, la fidélité en amitié, le goût des études et de l’abstraction, la recherche d’un équilibre fondamental qui est la condition d’une vie réussie, sans parler d’une évidente inaptitude à l’affairisme.
L’intransigeance du Capricorne risque souvent de l’emporter, mais elle ne pourra jamais imposer totalement sa loi à la sensibilité et au charme vénusiens. Il en résultera une personnalité complexe qui sera plus d’une fois une énigme pour l’entourage. Seul le type harmonique, qui se rencontre plus rarement, saura tirer le meilleur parti d’une situation ambiguë en réconciliant les tendances antagonistes dans un fragile équilibre.
L’influence prépondérante de l’Ascendant saturnien sur l’apparence physique se traduit par un type long, assez maigre, donnant l’impression d’être embarrassé par son corps. Le nez est allongé et la bouche médiocrement sensuelle, à moins que la douce Vénus ne gonfle un peu des lèvres trop minces. Le front est haut et ses angles bien marqués. Malgré sa gaucherie un peu pesante, ce type a une « présence » certaine.
Balance Ascendant Verseau
Sans entrer dans les détails, notons que Saturne, maître du Verseau, n’est pas tout à fait le même que Saturne, maître du Capricorne.
Ce sont des valeurs aériennes qui sont mises en relief par la combinaison Balance–Verseau. L’Air, est essentiellement l’élément de la communication et des échanges.
La grande sociabilité du sujet le pousse à participer activement à la vie du milieu. La Balance est le premier signe communautaire du Zodiaque, mais sa communauté se réduit généralement aux deux partenaires du couple. Avec les idées de fraternité du Verseau, cette communauté s’élargit non seulement aux amis qui sont très importants pour lui ( le Verseau, onzième signe, est analogue à la Maison XI, secteur des amis), mais à l’humanité entière. Cet intérêt pour les autres est porté par un généreux altruisme qui confère à l’aimable sociabilité de la Balance une tout autre qualité. Avec une réserve cependant : le Verseau ne s’engage jamais au-delà de sa liberté personnelle car il n’accepte pas d’aliéner son indépendance.
Le sujet est doublement conciliant, mais ce n’est plus seulement pour les raisons quelque peu égoïstes de la Balance dont la tolérance est pour une bonne part motivée par son horreur d’avoir des « histoires ». Le Verseau, qui est foncièrement désintéressé cherche sincèrement à comprendre les autres. Il est ouvert à toutes les suggestions, aussi folles soient-elles.
La Balance dépend beaucoup des autres car il lui faut sentir l’approbation et l’appui de son entourage. Ce n’est évidemment possible que dans le cas d’une intégration complète au milieu. Le Verseau a également besoin des autres, mais c’est pour répandre sur eux l’eau vive contenue dans le vase de Ganymède, l’échanson des dieux, qui est le symbole du signe. Son goût de la liberté s’accommode mal de la dépendance dans laquelle se complaît la Balance. Aussi l’aidera t-il dans ce domaine à élargir son horizon et à ne pas trop compter sur les autres.
Le Verseau n’a pas de peine à s’adapter aux situations imprévues et difficiles que lui réserve un destin souvent heurté. On dirait même qu’il aime le changement qui les accompagne. La Balance, en revanche, aime son confort et souffre d’en être privé. Son destin est généralement plus facile que celui du Verseau.
Nous savons que le natif de la Balance est attiré par tout ce qui touche à l’art, tandis que celui du Verseau trouve son plaisir dans les spéculations mathématiques, la recherche scientifique ou les innovations techniques, quand les circonstances de la vie lui ont permis de poursuivre des études supérieures. Certains domaines professionnels, comme par exemple l’architecture ou la musique électronique, peuvent permettre de marier ces goûts qui ne sont pas incompatibles.
Physiquement, le sujet est de taille moyenne, mais s’il n’a rien d’un athlète, le corps n’en est pas moins bien proportionné. Seule peut-être la cage thoracique, à cause de l’importance de l’élément Air, est un peu plus développée que la moyenne. La démarche, très souple, a quelque chose de bondissant.
Verseau et Balance sont des signes de beauté. Les traits du visage ne démentent pas cette réputation. Les yeux, d’un éclat profond, ont un regard clair, tandis que les cheveux tirent sur le blond.
Balance Ascendant Poissons
Les Poissons, douzième et dernier signe, marquent la fin d’un cycle et des quatre cycles du quaternaire élémentaire qui constituent le Zodiaque. Voilà pourquoi le natif des Poissons donne si souvent l’impression d’être « ailleurs », un ailleurs qui se situerait au-delà des limites de notre monde. Si son corps est là, il entend, mais n’écoute pas, il voit, mais ne regarde pas.
Ce n’est pas une attitude qui favorise l’action de la volonté sur les affaires de ce monde. Et comme un des points faibles de la Balance est justement sa difficulté à s’affirmer, son union avec les Poissons va rendre ce type mixte plus vénéitaire que volontaire.
Cela est d’autant plus grave que les sensibilités de ces deux signes s’additionnant, le sujet est très vulnérable aux agressions de toutes sortes qui assaillent constamment l’être humain. Il les ressent beaucoup plus profondément que les autres car il participe véritablement aux souffrances du monde. Ne trouvant pas en lui-même les ressources qui lui permettraient de faire face, soit il se réfugie dans son univers neptunien, soit il succombe à l’angoisse.
Cependant, son hypersensibilité est telle qu’il peut, en l’espace d’une heure et au gré des fluctuations de l’ambiance environnante, changer complètement d’humeur, passant avec un naturel déroutant pour l’entourage d’une profonde tristesse à une joie exubérante.
Un autre point sur lequel la Balance et les Poissons se rencontrent est la fuite devant les responsabilités. Le sujet sait ce qu’il conviendrait de faire, mais comme tous les êtres vélléitaires, il n’a pas assez de volonté pour éviter de tomber dans la lâcheté.
Vénus, en dignité dans les deux signes, pousse le sujet à idéaliser les êtres et les choses. Cette tendance explique ses engouements faciles. Les humains étant malheureusement ce qu’ils sont, il arrive tôt ou tard que le sujet soit cruellement déçu par ceux qu’il avait placés sur un piédestal. De sa déception naîtrait un profond découragement s’il n’était capable de reporter bientôt son admiration sur d’autres. Mais il est quand même tenté d’accuser les autres de ne pas avoir eu les qualités qu’il leur avait si facilement prêtées.
Alors que la Balance, signe aérien, participe intensément à tout ce qui se passe dans le milieu, les Poissons peuvent à tout moment s’envoler sur les ailes de l’imagination et devenir indifférents à tout ce qui se passe autour d’eux. Ils se « dédoublent », semblant vivre sur deux plans : leur corps physique est sur Terre, mais leur âme flotte dans un monde supra-physique.
Le natif de la Balance a un sens esthétique très développé. Il a besoin de vivre dans un cadre élégant et harmonieux qui contribue à son épanouissement physique et moral. Ce fort sentiment du beau s’accompagne parfois de dons artistiques que la sensibilité et l’imagination des Poissons ne peuvent que renforcer. Mais comment ce côté Balance du sujet, auquel les fautes de goût sont insupportables, ne souffrirait-il pas de la tendance « hippy » que manifeste son côté Poissons avec tout ce qui l’accompagne : vie de bohème, dilettantisme artiste, anticonformisme enfantin, etc. ? Cet antagonisme risque de provoquer des tiraillements intérieurs qui seront aussi difficiles à éviter qu’à surmonter.
Malgré l’influence équilibrante et embellissante de la Balance, le sujet est physiquement assez marqué par les Poissons à travers lesquels s’exprime le plus souvent l’influence jupitérienne qui, dans ce signe, a tendance à gonfler les chairs.
Cependant, quand Neptune fait plus fortement sentir son influence, tout le corps s’allonge et prend une allure dégingandée.
Comment interpréter Vénus dans les Signes
Vénus en Balance
La Tradition astrologique enseigne que Vénus a ses domiciles dans la Balance et dans le Taureau, ou, comme l’on dit encore, qu’elle exerce sa maîtrise sur ces deux signes. C’est une façon de souligner la grande complicité qui existe entre Vénus et ces signes, à travers lesquels la déesse de l’amour s’exprime le plus librement, le plus complètement et le plus heureusement.
Cependant, Vénus ne manifeste pas dans le Taureau les mêmes effets que dans la Balance.
Les planètes sont comme la plupart d’entre nous : placées dans des milieux différents, elles se comportent différemment, sans rien perdre de leur nature intrinsèque.
La Tradition astrologique fait une distinction entre les domiciles diurne et nocturne des planètes. Or, la Balance est le domicile diurne de Vénus. C’est donc à travers ce signe qu’elle manifestera ses qualités « actives », par opposition à ses qualités « passives » qui passeront mieux à travers le Taureau.
Pour mieux faire comprendre la différence qui existe entre qualités actives et passives, donnons un exemple : l’expression artistique des sensations et émotions éprouvées par le sujet est une qualité active de Vénus; la capacité de s’abandonner complètement au plaisir des sens est une de ses qualités passives.
Nous avons déjà rencontré cette opposition entre les différentes manifestations vénusiennes quand nous avons opposé la Vénus céleste de la Balance, ou Vénus Uranie, à la Vénus terrestre du Taureau, ou Vénus Genitrix. Toutefois, une stricte différenciation entre les deux Vénus n’est pas possible, et c’est pour cela que des manifestations vénusiennes semblables pourront être rencontrées dans les deux signes.
Venons-en maintenant aux effets qui accompagnent la présence de Vénus en Balance. Le comportement du sujet, fait de douceur, de délicatesse et de charme, lui attire sans effort la sympathie de son entourage et, dans le cas où il la sollicite, celle du public. Il faut dire qu’il la diffuse lui-même, et que rien n’attire mieux la sympathie que cette qualité elle-même. Gai, insouciant, optimiste, il jouit pleinement des plaisirs de l’existence qu’il sait apprécier à leur juste valeur. Mais il recherche surtout les plaisirs délicats. Son sens esthétique est suffisamment développé pour qu’il sache imposer à ses désirs des limites qui l’empêchent de tomber dans la vulgarité ou la débauche. Il est plus gourmet que gourmand.
C’est un esprit cultivé et raffiné qui s’intéresse à toutes les formes d’art, aux belles-lettres et à la philosophie. En d’autres temps, il se serait fait une réputation de « bel esprit ». Il se meut avec aisance et élégance.
Affectueux, affable, dévoué, il prend un grand plaisir à la vie en société qui lui donne l’occasion de nouer de nombreuses relations. On apprécie son esprit de conciliation et son amour de la paix.
Son sens de la justice, i n’est pas fermé à l’indulgence, fait de lui l’arbitre idéal pour régler les différends qui pourraient surgir dans son entourage.
Il cherche à se créer des conditions de vie agréables, et son goût du confort fait qu’il s’entoure, partout où il passe, de musique, de fleurs, d’objets d’art qui donnent à son cadre de vie une note raffinée.
C’est un passionné, même s’il n’extériorise ses sentiments qu’avec mesure. Son sens aigu du beau l’incite à cristalliser ses émotions artistiques dans une oeuvre d’art.
La Balance, septième signe, est analogue à la Maison VII, secteur des contrats et du mariage en particulier. Si rien dans l’horoscope ne s’y oppose, le mariage peut apporter au sujet les dons de Vénus : l’amour, le bonheur et l’aisance. Il serait cependant souhaitable, pour que ce mariage soit une réussite, que son partenaire ait un caractère suffisamment déterminé pour prendre la direction du couple. De son côté, le sujet contribuera à l’harmonie de la vie conjugale en se mettant sans effort au diapason de son partenaire. Mais le mariage n’est pas le seul à bénéficier des dons de Vénus. Les associations de toutes sortes auxquelles le sujet participera se développeront également dans des conditions qui devraient favoriser leur succès.
Dans la Balance, Vénus se trouve à la fois dans son premier et son sixième signe (à partir du Taureau).
Comme le premier signe, ou Ascendant, influe fortement sur l’apparence physique du sujet, on peut penser, dans le cas d’un homme comme d’une femme, qu’il aura la beauté et le charme vénusiens. Cependant, la beauté de Vénus sied mieux à une femme qu’à un homme, car l’on souhaite à celui-ci une, beauté plus virile, la beauté solaire des fils d’Apollon.
Enfin, le sujet qui a Vénus dans son premier signe risque de tourner son amour vers lui-même.
Il cherche à se plaire et prête une oreille complaisante aux compliments des flatteurs. C’est ainsi qu’il développe l’égoïsme, la vanité, le narcissisme et l’autosatisfaction.
Avec Vénus dans son sixième signe, l’amour s’enrichit de l’idée de service pour se hausser jusqu’au dévouement. Dévouement qui se manifeste à l’égard du partenaire dans le mariage comme dans toute autre forme d’association. Amour également envers les subalternes, employés et ouvriers, qui se traduit finalement par un sens social développé. Amour enfin envers les petits animaux et qui peut conduire à une carrière de vétérinaire.
Parmi nos personnalités Balance qui ont Vénus dans ce signe, le plus représentatif est certainement le chanteur Julien Clerc dont le charme, la gentillesse et la voix chaude ont littéralement conquis le public. Il dit lui-même qu’une chanson, « c’est une sensibilité que l’on projette sur le spectateur », soulignant ainsi le terrain sur lequel il va à la rencontre des autres.
Même dans la Balance, Vénus peut être dissonante du fait des aspects qui la relient à certaines planètes « difficiles ». Le sujet n’est plus alors capable de contenir ses débordements affectifs, et son goût trop vif du plaisir peut le mener à la débauche car la recherche à tout prix de sensations toujours nouvelles débouche souvent sur la perversion.
Superficiel et futile, vaniteux et fat, il se dérobe devant ses responsabilités et refuse les conséquences désagréables de ses actes. Beau parleur aux phrases creuses, il est seulement avide de compliments.
Mais pour que le tableau soit vraiment aussi noir, il faut que la charmante Vénus soit bien affligée et que d’autres facteurs contribuent à l’enfoncer encore un peu plus.
Comment interpréter Vénus dans les Signes
Vénus en Capricorne
Cette Vénus est possessive, obstinée, très rigoriste. Elle retire de la passion à la relation amoureuse – la raison, le scepticisme du signe interdisant les grands élans -, et lui attribue en compensation de la solidité, de l’endurance, de la ténacité : cette Vénus se contente de peu (à la limite, elle vit d’amour platonique) ou alors, mais c’est plus rare, elle multiplie les expériences « utilitaires ».
Vénus en Verseau
Le Verseau est spontanément doué pour le bonheur parce qu’il fait crédit à la nature humaine mais qu’il est sans illusions sur ses imperfections. Il refuse donc toute complaisance envers le chagrin. Pour les sujets évolués, point de lyrisme romantique : on analyse le mal d’amour et, pour le dompter, on fait appel à la raison ou à l’oubli.
Que ce soit dans le choix d’un objet ou dans les rapports humains, si vous êtes Verseau bon teint, une grande indifférence vous habite jusqu’à ce que quelque chose, ou quelqu’un, mobilise votre attention : vous réagissez alors par une attirance extrême ou une répulsion spontanée que vous essayez de modérer en compensant, par un compliment, la rigueur d’une attitude, et en éteignant provisoirement l’emballement d’un moment.
Vénus en Poissons
Avec Vénus en Poissons, le partenaire est idéalisé; l’amour est vécu comme un rêve. On peut reprendre ici l’expression de Gaston Bachelard dans l’Eau et les Rêves : « Le fait imaginé est plus important que le fait réel »; exalté dans le signe des Poissons, l’amour prend une ampleur lyrique. L’affectivité est débordante. Toutes les motivations sensorielles et affectives se manifestent, en effet, sur un mode Poissons : c’est-à-dire sans mesure et sans caractère logique… Les amours sont sans frontières. Amours souvent impossibles, chimériques, utopiques, dans lesquelles on se jette à corps perdu. L’élu est mis sur un piédestal. Si le rêve s’effondre, le « château de sable » est emporté par la vague… Les chimères évanouies, il ne reste plus rien. Mais un nouveau rêve emportera tôt ou tard le Poissons vers un nouvel amour. L’être, alors, retrouve sa capacité d’émerveillement intacte, et s’embarque à nouveau pour Cythère… L’amour est bien, pour le Poissons, un véritable état de grâce…
Vénus en Bélier
Les sentiments sont passionnés, l’esprit de conquête violent, l’impulsion sexuelle intarissable. L’amour est vécu comme un sentiment exclusif, intense, brûlant, mais souvent pas très durable. Grande générosité. « Vénus tout entière a sa proie attachée. » L’affectivité est importante, chaleureuse, un peu brusque. Nombreuses et brèves passions.
Vénus en Taureau
L’astro-psychologie applique à la vie amoureuse la constance du signe. Harmonique, cette position favorise donc les longs attachements, les liens dont on ne se défait que dans de tragiques douleurs. Elle donne, sans doute, la patience, la bonne proportion de soumission et de domination nécessaire à l’entretien d’une heureuse relation affective.
Comme Mercure, mais à un bien moindre degré, Vénus stimule la force de combinaison ou d’intégration du signe. Ce qui, dans le contexte sensuel-sensoriel, s’exprime volontiers par le plaisir de la possession amoureuse sans cesse renouvelé, ou par quelque propension analogue à embrasser, tenir, faire sienne en son corps la chose que l’on aime.
Vénus en Gémeaux
Le goût du flirt, de la comédie amoureuse est fréquent, celui du changement ne l’est pas moins. Ces deux tendances aboutissent à de nombreuses relations affectives, le flirt plus ou moins poussé surpassant la passion authentique. Au pire, ce serait l’image du papillon. Le choix est difficile, aussi ne le fait-on pas.
Pour ne pas se perdre dans tout cela, il faut éviter de provoquer des drames, conserver un certain sang-froid, une lucidité raisonnable sous une apparence d’amitié courtoise où chacun croit discerner un amour partagé. La sensualité n’est pas un élément dominant, bien qu’elle ne soit pas exempte de raffinements. La vie sentimentale peut donc être assez compliquée, mais l’adresse permet d’éviter les crises trop périlleuses. Les déceptions, en général, ne durent pas, tant il est facile de trouver de nouveaux partenaires.
Vénus en Cancer
La planète de l’amour et de l’art se trouve en affinité avec le signe d’Eau. Vénus en Cancer s’intériorise, gagne en pudeur et en réserve ce qu’elle perdait en extraversion, elle devient plus artiste, plus profonde et plus douce. Sa recherche de l’amour sensuel se transforme en quête de tendresse, de protection, de sécurité affective. C’est une Vénus mouvante mais fidèle, capricieuse mais sage. Sensualité « sensorielle ».
Vénus en Lion
Vous savez jouer au maximum de l’efficacité des apparences, de l’impact affectif des paroles. Votre Moi en représentation s’affirme par le canal de l’émotion ainsi produite sur les autres. Vous vous efforcez de susciter la sympathie admirative par les moyens les plus extérieurs – d’aucuns diraient les plus superficiels -, tels que la beauté physique, le vêtement, la parure, le maintien, la qualité du langage et le respect de l’étiquette. Selon votre orientation générale, extravertie ou introvertie, vous viserez par ces biais à donner une impression de force, d’aisance souveraine, de liberté superbe, ou bien de noblesse, de générosité, d’élégance morale.
Vénus en Vierge
Vénus s’adresse au cœur. La Vierge (associée en mythologie à Athéna, déesse de l’intelligence) n’écoute que la raison.
Cette problématique peut se vivre de différentes manières. Il est certain, en tout cas, que la position de Vénus dans ce signe donne souvent au sujet un comportement amoureux comparable à celui du Virginien. On retrouve le même refus de perdre la tête, de se laisser aller. La passion est tenue en bride, dissimulée sous un masque d’ironie, de scepticisme, de froideur. Les instincts amoureux ne sont pas nécessairement inhibés, mais leur expression est freinée, sans cesse contrôlée. Parfois, cependant, les sentiments sont tièdes, les effusions rares, les unions raisonnables…
Comment interpréter les aspects de Vénus avec les autres Planètes
Deux planètes sont dites en aspect lorsqu’elles sont séparées par une certaine distance angulaire mesurée en degrés sur l’écliptique. Cette distance ne peut excéder 180 degrés.
Traditionnellement, les aspects sont partagés en deux groupes.
Les harmoniques : 120 degrés : trigone; 60 degrés : sextile ; 30 degrés : semi-sextile. On peut
y ajouter le quinconce : 150 degrés (trigone semi-sextile).
Les dissonants : 180 degrés : opposition; 90 degrés : carré; 45 degrés : semi-carré. On peut y ajouter le sesqui–carré : 135 degrés (carré + semi-carré). Quant à la conjonction (0 degré), elle n’est pas à proprement parler un aspect. Elle serait plutôt une absence d’aspect.
Selon la terminologie traditionnelle, le premier groupe comprend les « bons » aspects, le second les « mauvais » aspects. Le choix de ces qualificatifs n’est pas très heureux car ils prêtent à confusion. Disons pour simplifier que les « bons » aspects facilitent la vie, tandis que les « mauvais » la rendent plus difficile. Mais ce serait une erreur d’en conclure qu’un thème ne comportant que des « bons » aspects est une garantie de bonheur.
C’est sans doute l’indice d’une vie facile, mais on sait combien la facilité peut être fatale, dans certains cas. Celui qui veut se réaliser, loin de redouter les difficultés, les affronte avec détermination car il sait que le vrai bonheur est à ce prix. Il ne faut donc pas craindre, a priori, les aspects prétendus mauvais, mais essayer d’en tirer le meilleur parti possible. Enfin, pour ce qui est de la conjonction, disons qu’elle vaut ce que valent les planètes qui la forment.
Les aspects sont rarement exacts. Deux planètes pourront se trouver, par exemple, à 116 degrés ou à 125 degrés l’une de l’autre. Or, bien que, dans le premier cas, il manque quatre degrés et, dans le second, il y en ait cinq de trop pour que le trigone soit exact, on estime cependant que,. dans les deux cas, les planètes sont en trigone.
Les degrés en moins ou en trop constituent ce qu’on appelle l’orbe d’un aspect. Cet orbe ne doit pas excéder certaines limites fixées par la Tradition. Mais comme, sur ce point, les opinions divergent, on peut adopter une solution dictée par le bon sens : donner aux aspects une importance inversement proportionnelle à celle de leur orbe, l’aspect exact étant le plus puissant.
L’interprétation rigoureuse des aspects est fort complexe car elle fait intervenir un certain nombre de facteurs dont il ne peut être question dans le cadre de cette étude. C’est pourquoi les indications que nous allons donner à propos des différents aspects de Vénus ne peuvent avoir qu’un caractère général.
De toute façon, elles ne peuvent être retenues dans l’interprétation d’un horoscope que lorsqu’elles sont corroborées par plusieurs autres indications.
Vénus-Soleil
Pour saisir le contenu d’un aspect, une méthode simple consiste à combiner entre eux les mots clés qui résument les significations que la Tradition et l’expérience assignent à chacune des planètes qui forment l’aspect.
En tant que planète de la Balance, Vénus apparaît dans toutes les combinaisons étudiées ici. Elle représente l’amour, la beauté, l’harmonie et l’art. Quant au Soleil, il est la source de vie, l’esprit qui anime toute créature et il a même des rapports avec le corps.
Étant donné que l’élongation maximale de Vénus est de 48 degrés, les seuls aspects qu’elle puisse former avec le Soleil sont la conjonction et le semi-carré.
La conjonction donne au sujet un rayonnement fait de beauté physique et de charme. Il exerce sur les autres une attirance à laquelle le sexe opposé est plus particulièrement sensible.
Le magnétisme qui se dégage de lui fait qu’on recherche sa présence et qu’il est bien vu de tous. Toutes ces qualités sont encore amplifiées quand le sujet est une femme. Ses manières sont douces et délicates et il est naturellement affectueux, ses sentiments sont nobles et il est doué pour aimer les autres. Mais il sait aussi apprécier les bonnes choses de la vie.
Son sens esthétique est très développé. Il aime s’entourer de beauté, et il la recherche dans la nature comme dans la vie quotidienne. Quand la conjonction est puissante dans le thème, elle peut susciter des dons artistiques (peinture, musique, poésie).
Vénus en semi-carré avec le Soleil est un aspect moins favorable que la conjonction. Bien que plus faible que le carré, cet aspect est pour le sujet source de désagréments par excès. Sa sensualité – au sens large du terme – est envahissante. Il est tellement désireux de satisfaire ses sens qu’il en arrive à redouter les efforts. La haute idée qu’il a de lui-même alimente son orgueil. Il est excessif dans la manifestation de ses sentiments. Il a des goûts de luxe, mais son sens du beau est perverti par l’importance qu’il attache aux apparences et qui ne lui permet pas de reconnaître les vraies valeurs.
Vénus-Lune
Par certains de ses effets, cette configuration se rapproche de la précédente.
Les bons aspects entre ces deux planètes confèrent au sujet une nature aimante et affectueuse qui facilite ses rapports avec l’autre sexe. Dépourvu de toute agressivité, il a un grand besoin de tendresse. Sa douceur et sa gentillesse, sa bonté même, lui font aisément trouver l’amitié de ceux qui l’entourent. Sa sensualité et son goût des plaisirs l’amollissent quelque peu. Comme il tient à sa tranquillité, il esquive volontiers les difficultés.
Il s’intéresse aux arts; il apprécie la musique, fréquente les théâtres, visite les expositions de peinture. Avec un peu de chance, il peut même développer certaines facultés artistiques.
Mais il fera le plus souvent preuve d’un talent modeste, à moins que Vénus ne soit très forte dans l’horoscope. Chez un homme, une telle configuration est souvent l’indice d’un mariage heureux, alors que pour la femme elle est plutôt bénéfique pour la santé.
Les mauvais aspects entre Vénus et la Lune rendent plus difficiles les rapports du sujet avec son entourage. Les qualités conférées par les aspects harmoniques se changent en défauts. La douceur et la gentillesse deviennent paresse et même veulerie. L’humeur est souvent capricieuse et le caractère instable. La sensualité se développe au détriment de la tendresse. Le sujet est facilement influençable et ses jugements ne sont plus très sûrs. La possibilité d’un scandale n’est pas à exclure.
Le mariage chez les hommes et la santé chez les femmes causent souvent des soucis.
Vénus-Mercure
Les seuls aspects possibles entre Mercure et Vénus sont la conjonction, le semi-carré et le sextile.
Quand les deux planètes sont en conjonction ou en sextile, le sujet a une nature optimiste. Il est enclin à voir la vie en rose. Rien d’étonnant alors à ce qu’il soit gai, enjoué et très sociable. On recherche sa compagnie car, avec lui, on ne s’ennuie pas et on est même à peu près sûr de s’amuser.
Il ne faut lui demander ni gravité ni profondeur. Il préfère rester au niveau des apparences pour avoir moins de raisons de s’alarmer. Ce qui lui vaut la réputation d’être un peu superficiel.
C’est un touche-à-tout qui ne manque pas de dons. Il utilise parfois ses dispositions artistiques de façon pratique, par exemple dans un commerce d’art. Mais cette combinaison est avant tout celle des « belles-lettres ». C’est pourquoi on la rencontre très souvent chez les écrivains, romanciers ou poètes. Le sujet est un beau parleur – et l’expression n’est pas forcément péjorative -, qui a le sens de la forme et des formes. Il n’a pas son pareil pour tourner le madrigal.
L’amour est d’ailleurs une de ses grandes préoccupations : il y pense souvent et volontiers.
Il semble que le semi-carré exacerbe toutes les qualités que nous venons d’énumérer. Le sujet, qui a beaucoup de facilités, en tire vanité, et cela le rend facilement susceptible. Il s’adonne de façon désordonnée aux plaisirs des sens, mais il en tire plus d’irritation que de satisfaction. Cette sexualité mal « vécue » se traduit par un état de nervosité qui est en partie responsable du manque de fermeté de sa conduite.
Vénus–Mars
Nous avons déjà eu l’occasion de noter que le couple Mars–Vénus était celui de la passion. Tous les aspects entre ces deux planètes, les bons comme les mauvais, mettent l’accent sur la libido.
Avec les bons aspects, le sujet, qui a une nature passionnée, vit ses instincts sexuels avec beaucoup de naturel. Et une sexualité sainement vécue ne peut avoir que de bons effets. Elle contribue à l’équilibre physique et moral du sujet qui se sent « bien dans sa peau ».
Gai et généreux, il est assez démonstratif pour ne laisser personne ignorer ses sentiments. Et il a de l’humour, ce qui est un signe de bonne santé morale.
Ses dons artistiques semblent se manifester plus particulièrement dans deux domaines : la peinture et le théâtre. Grâce à des dons certains d’acteur, il sait faire comprendre et partager aux autres ce qu’il ressent.
Sur le plan de la santé, les bons aspects ont d’heureux effets sur toutes les fonctions de l’arbre urinaire.
Les mauvais aspects (et la conjonction serait plutôt dissonante) perturbent la vie sexuelle du sujet qui ne parvient pas à maîtriser ses instincts. Dans certains cas même, ceux-ci trouvent un exutoire dans la perversité. Le sujet manifeste ses sentiments sans mesure, et la gaieté que donnaient les bons aspects devient surexcitation. Mais celle-ci peut retomber brusquement pour faire place à l’insatisfaction. C’est d’ailleurs un des défauts majeurs de cette configuration que de faire passer le sujet d’un extrême à l’autre. Il s’enflamme promptement, mais son engouement tombe aussi vite. Ainsi va-t-il de déception en déception. Dans le cas où il est marié, l’équilibre de son foyer est d’autant plus menacé par cette instabilité que le risque d’un scandale ne doit pas être écarté.
Sur le plan de la santé, les mauvais aspects menacent les organes génitaux; les femmes surtout doivent être préparées à des complications toujours possibles lors d’une grossesse ou d’un accouchement.
Vénus-Jupiter
Les bons aspects entre les deux « bénéfiques », Jupiter et Vénus, ne peuvent avoir que d’heureux effets sur le caractère. Le sujet est bon et généreux, doux et bienveillant. Ses rapports avec les autres sont facilités par sa grande tolérance et son tact inné. Il est très aimé par ceux qui l’approchent. Quand le sujet est une femme, cette configuration lui prête beaucoup de grâce et la rend très attirante. Le destin lui-même semble vouloir lui faciliter la vie en écartant de sa route les obstacles majeurs.
Sur le plan artistique, cette combinaison donne le sens de la forme et des couleurs. On la rencontre souvent parmi les dominantes des horoscopes de peintres et de dessinateurs.
C’est surtout la circulation sanguine qui bénéficie des bons effets de cette configuration favorable également à la fécondité des femmes.
Si les mauvais aspects entre Jupiter et Vénus n’ont pas d’effets catastrophiques, ils donnent au sujet assez d’égoïsme pour que les autres marquent de la réserve à son endroit. Il est trop tourné vers lui-même pour ne pas risquer d’être blessant. En amour surtout, la recherche de son propre plaisir lui importe parfois plus que ses partenaires eux-mêmes, et ceux-ci ne peuvent qu’être choqués par son manque de tact. Son esprit de jouissance lui fait souvent négliger certains devoirs élémentaires de l’existence. Il peut même le conduire à la débauche. Sa vanité le pousse à faire des dépenses inconsidérées qui déséquilibrent son budget et mettent son foyer en péril.
Heureusement que Vénus et Jupiter ne peuvent pas faire mentir totalement leur réputation de bénéfiques, de sorte que le destin n’est pas trop cruel avec le sujet.
L’abus des « bonnes choses » peut avoir des conséquences fâcheuses sur la circulation sanguine.
Vénus-Saturne
Les bons aspects entre Saturne et Vénus affermissent le caractère du sujet en assurant son équilibre. C’est un être de devoir, doux et juste, dont les manières sont libres de toute affectation. Mais il est prudent et réservé. C’est un esprit réaliste qui a le sens de l’économie dans tous les domaines. Et surtout, il est maître de son cœur. Bien qu’il donne l’impression d’être parfois un peu froid, ses sentiments n’en sont pas moins profonds. Mais il ne donne pas son amour à la légère et il est foncièrement fidèle.
Dans certains cas, la vie sentimentale ne s’épanouit que sur le tard, ou bien le sujet est attiré vers des partenaires plus âgés que lui. C’est le résultat des inhibitions attachées à cette combinaison, même quand elle est harmonieuse.
Saturne n’étouffe pas les dispositions artistiques généralement liées à la présence de Vénus dans une combinaison planétaire. Les domaines privilégiés sont ici la sculpture, l’architecture et la peinture.
Avec les mauvais aspects entre les deux planètes, les inhibitions, qui s’opposent à une libre manifestation des instincts sexuels, altèrent le caractère. Le sujet peut montrer une grande froideur de sentiment; il est insatisfait et donne l’impression d’être « mal dans sa peau ». On dirait que tout ce qui touche au sexe provoque son dégoût. Il est jaloux du bonheur des autres et s’en tourmente.
Ou bien sa sexualité prend des formes malsaines qu’il n’ose pas manifester ouvertement.
Ses désirs exacerbés le conduisent à un comportement obscène ou à certaines perversités dont la recherche s’appuie sur l’hypocrisie et la ruse.
Tout cela n’est évidemment pas favorable à une vie conjugale équilibrée ni même à des liaisons sentimentales.
Sur le plan de la santé, les mauvais aspects peuvent provoquer des troubles de la circulation sanguine.
Vénus-Uranus
Les bons aspects entre Uranus et Vénus renforcent l’émotivité et les élans affectifs du sujet. Uranus, planète du rythme, semble imprimer à sa vie sentimentale un mouvement oscillant qui la fait passer par des hauts et des bas fortement marqués. Le sujet connaît des périodes de vague sentimentalité, bientôt suivies d’exaltation amoureuse.
Dans ces moments d’euphorie affective, le sujet noue des liaisons que l’insolite de la situation fait paraître romantiques ou farfelues à l’entourage. Son désir, stimulé par Uranus, le pousse à rechercher surtout des sensations nouvelles.
Cette combinaison planétaire confère au sujet un magnétisme qui, curieusement, attire les uns, mais repousse les autres. Le sujet ne fait pas l’unanimité.
Comme il a un sens aigu du rythme, c’est la musique qui lui permet de manifester le mieux ses dispositions, souvent d’ailleurs plus comme exécutant que comme créateur.
Les mauvais aspects paraissent avoir une influence plus marquée que les bons. Le rythme se change en agitation. Excessif dans la manifestation de ses sentiments, le sujet se lance dans des aventures amoureuses qui tournent souvent court à cause de son goût immodéré de l’indépendance. Pas toujours très sociable, il manque totalement de constance. Ses changements d’humeur en font un compagnon difficile et susceptible.
Tout cela n’est pas très favorable à une vie commune paisible. L’infidélité provoque des ruptures brutales qui jalonnent la vie amoureuse du sujet. Et un mariage, souvent conclu dans un moment d’exaltation, risque fort de se terminer par un divorce.
Au point de vue de la santé, on note chez les femmes des ennuis ovariens et des règles douloureuses. Chez les hommes, une tendance aux « amitiés particulières » qui ne s’affirmera que si cette indication est corroborée par de nombreuses autres.
Vénus-Neptune
Les bons aspects entre Neptune et Vénus accroissent le potentiel affectif et favorisent l’imagination érotique. Le sujet a tendance à projeter dans la vie quotidienne les romans d’amour qu’il s’invente. A l’action, il préfère la rêverie : c’est un romantique attardé. Sa nature indolente ne cherche pas à s’affirmer dans de grandes réalisations. Il est très sensible à la beauté et à toutes les formes d’art. Il trouve dans la musique un support capable d’épouser ses phantasmes. Mais sa réceptivité le rend facilement influençable. Il n’est pas dépourvu de charme et, bien que les occasions d’aventures ne lui manquent pas, il est très capable de vivre un amour platonique. Cela s’accorde fort bien avec sa recherche d’un idéal élevé. Heureusement que son bon goût lui évite de tomber dans les pièges d’un amour fantasmagorique transposé dans la réalité.
Au point de vue de la santé, cette configuration a de bons effets sur l’assimilation.
Les mauvais aspects entre Neptune et Vénus ne sont pas sans danger pour l’équilibre psychique du sujet. Sa vie amoureuse est perturbée par les égarements de l’imagination. Le monde d’illusions dans lequel il se complaît est naturellement source de déboires amoureux. L’indolence devient paresse et l’indécision ouvre d’autant plus largement la porte aux pires influences que le goût est assez douteux.
Comme il se laisse facilement séduire, c’est une configuration qui est plus dangereuse pour la femme que pour l’homme. Les désirs sont à la limite de la perversion. Eprouvant de grandes difficultés à les réaliser, le sujet a parfois recours aux stupéfiants.
Les déceptions amoureuses ne sont pas rares. Leur répétition menace d’ébranler l’équilibre psychique du sujet. D’autre part, sa réputation ne peut que souffrir de ce désordre sentimental. La nonchalance, le manque de sens pratique et une imagination débridée ne sont évidemment pas des atouts pour réussir une vie.
Vénus-Pluton
Côté bons aspects, Vénus en relation avec Pluton touche la vie affective et sexuelle de l’individu. Pluton le pousse à s’attacher indépendamment des considérations ou des contraintes socioculturelles : c’est l’indice d’amours vécues dans la marginalité ou de passions profondes fondées sur un attachement sexuel, à la fois heureux et douloureux, car Pluton rend l’être attentif à la dualité ou à la complexité des choses. Il s’agit, en outre, d’amour durable : Pluton donne un certain discernement dans le choix du partenaire. De toute façon, l’amour est vécu très intensément et peut diriger les grandes orientations de l’existence.
Côté mauvais aspects, passions aveugles, violentes et destructrices sont souvent le lot de cet aspect dissonant. Un certain manque de discernement dans le choix du partenaire oriente l’être vers des situations où il est immanquablement bourreau et victime de son amour, lequel est vécu comme un affrontement d’où il doit nécessairement sortir vainqueur ou vaincu : dans les deux cas, les extrêmes sont atteints. C’est un aspect qui rend difficile l’amour serein. En outre, les instincts sexuels très puissants sont dissociés de l’affectivité de l’individu. D’où un conflit intérieur permanent.
Comment interpréter les Planètes dans les Signes
Pour connaître les significations qui s’attachent à la présence d’une planète dans un signe, il est naturel de se reporter tout d’abord aux observations accumulées par les astrologues au cours des siècles. Elles constituent une mine de renseignements que confirme en général la pratique de chaque nouvelle génération d’astrologues.
Mais pour celui qui aime « raisonner », il est également possible de combiner entre elles les significations de la planète et du signe en utilisant tous les moyens que l’astrologie met à sa disposition. Parmi ceux-ci, il est un système d’interprétation peu répandu en Europe, mais que les astrologues iraniens utilisent couramment et que nous a personnellement rapporté A. Volguine, un des grands noms de l’astrologie française des quarante dernières années. Il avait été blessé au cours des combats qui, après la Révolution d’Octobre 1917, opposèrent en Russie Rouges et Blancs. Soigné dans un hôpital de Constantinople, il fit là-bas la connaissance d’un astrologue persan qui l’initia à ce système d’interprétation.
Plutôt que de donner du système une définition qui risquerait de rester trop abstraite, essayons de montrer à l’aide d’un exemple, et selon les données inédites de Volguine, la façon dont il fonctionne.
Nous savons que le Soleil a son domicile dans le Lion où ses significations essentielles sont : noblesse et loyauté, ambition et autorité, confiance en soi et fermeté, générosité et fidélité, ardeur et magnanimité, réussite et stabilité.
Or, quand le Soleil est en Vierge, il est dans son deuxième signe (par rapport à son domicile).
La Vierge est reliée au Lion par un semi-sextile (30 degrés) qui, traditionnellement, est faiblement favorable. Comme la Vierge est gouvernée par Mercure, la plus petite des planètes, les qualités du Lion semblent se « rétrécir » dans ce signe. De plus, le semi-sextile correspond à la nécessité de faire des efforts pour atteindre les objectifs que l’on s’est fixés. Mais dans la Vierge, l’ambition se limite à des objectifs immédiats et précis, la générosité est calculée, la confiance en soi ne se manifeste que dans un certain domaine et la réussite dépend plus des efforts du sujet que de la chance. Enfin, le Soleil dans son deuxième signe (Maison II) subordonne les sentiments aux intérêts matériels et rend le sujet intéressé.
Dans la Balance, qui est reliée au Lion par un sextile, aspect d’union et d’harmonie, le Soleil est dans son troisième signe par rapport à son domicile, de sorte que le sujet manifeste ses qualités solaires surtout envers ses proches (Maison III), et, éventuellement, envers sa maîtresse ou son amant, autre signification de la Maison III. Il a plus d’ambition pour les autres que pour lui-même. Son entourage immédiat a une grande influence sur lui, au point d’être bien souvent l’artisan de sa chance.
Ces exemples auront montré comment fonctionne ce système qui enrichit l’interprétation tout en l’assurant. Celui qui voudra s’entraîner à ce jeu des combinaisons disposera vite d’un instrument d’interprétation qui remplacera avantageusement les manuels.
Les significations que nous serons amenés à donner dans les pages suivantes n’ont évidemment qu’un caractère général car, dans cet exposé, nous ne pouvons prendre en considération que deux facteurs, le signe et la planète. Mais dans le cas pratique de l’interprétation d’un horoscope, une planète ne peut être isolée de son « contexte ». En effet, elle est généralement liée à une ou plusieurs autres planètes du thème par aspects; ensuite, elle est située dans une Maison déterminée qui représente le domaine de la vie dans lequel elle se manifestera plus particulièrement; enfin, dans le cas où elle ne se trouve pas dans le signe qui est son domicile, elle représente par le jeu des maîtrises une ou deux Maisons dont les significations se combinent avec celles de la Maison où elle se trouve par corps.
Un exemple simple illustrera ce qu’une définition ne saurait à elle seule rendre clair. Imaginons Mercure, maître des Maisons IX et XI, en Maison I. Comme la Maison I représente le sujet lui-même dans son milieu avec son caractère, son tempérament et sa mentalité, Mercure, représentant de la Maison IX, va lui donner le goût des voyages lointains ou des séjours à l’étranger pour y poursuivre des études, ou encore le goût de la recherche spirituelle. En tant que représentant de la Maison XI, Mercure va accroître dans la vie du sujet l’importance des amis, surtout de ceux à qui l’attachent des liens intellectuels.
Les liaisons qui s’établissent ainsi entre les différents facteurs d’un horoscope tissent un réseau parfois très dense dont la complexité semble grandir à mesure qu’on la découvre. Il n’est d’ailleurs pas possible d’en démêler tous les fils.
Les Planètes dans la Balance
Soleil en Balance
Donne toutes les qualités apparentes du signe : douceur, esthétisme, goût de l’harmonie et de la conciliation. L’amour est très important pour le sujet; il oriente sa vie, son travail, ses loisirs. La Balance ne trouve pas l’équilibre qu’elle recherche sans un partenaire idéal. Lune en Balance
La Lune, c’est avant tout le monde de l’âme. C’est évidemment un concept aux contours assez flous, et donner une définition de l’âme n’est pas chose aisée, car le mot n’a pas le même sens pour tout le monde. On pourrait dire que la Lune correspond à la nature inconsciente et instinctive de l’être humain. Elle représente donc la vie sensible, l’affectivité, l’imagination et toute une série de significations dérivées, telles que la femme, la mère, le foyer, la mémoire, etc.
Il nous faut donc combiner toutes ces significations avec celles de la Balance que nous avons développées dans les pages précédentes.
Si la Balance ne donne pas nécessairement l’équilibre, elle en donne le goût, de sorte que le sujet ayant la Lune en Balance tend à réaliser l’équilibre et l’harmonie dans sa vie psychique. Toute injustice, qui n’est rien d’autre finalement qu’un déséquilibre, lui est insupportable et le blesse au plus profond de lui-même.
En partant du Cancer qui est son domicile, la Lune dans la Balance se trouve dans son quatrième signe où elle va se combiner non seulement aux significations de la Maison IV (par analogie avec le quatrième signe), mais également aux significations du Cancer. C’est comme si la Lune se retrouvait dans son domicile. Nous tenons là une des raisons qui font que les qualités de la Lune semblent amplifiées dans la Balance ainsi que l’ont noté nombre d’observateurs : vie psychique intense, réceptivité extrême, hypersensibilité.
Cette Lune pour ainsi dire deux fois « Cancer » peut même produire un excès de féminité qui se traduit par une grande douceur et une délicatesse raffinée. Si une telle attitude convient généralement à une femme chez qui elle est facilement portée au compte de ses vertus, elle risque chez un homme de choquer et même de lui porter tort, si elle n’est pas compensée par l’influence de planètes plus viriles.
La Maison IV, c’est le secteur du foyer, de la famille, des parents. Il est donc normal que le sujet leur témoigne un grand attachement, d’autant plus que le concept d’union est une des significations de la Balance. H se sent lié par toutes les fibres de son âme à ce qui constitue ses origines, d’où son intérêt pour l’histoire de sa famille et de son terroir.
La Balance, domicile de Vénus Uranie ou Vénus céleste, étant le signe des arts, le sujet qui a la Lune en Balance ressent intensément les diverses formes d’expression artistique que sont la peinture, le dessin, la musique, la littérature (surtout les oeuvres de fiction et l’histoire). Ce goût pour l’art se retrouve dans la façon dont il organise et décore son cadre de vie (Maison IV). Les choses qui nous entourent exercent, en effet, une influence subtile, mais profonde, sur notre psychisme, et le sujet y étant particulièrement sensible, cherche à s’entourer autant que possible de belles choses qui satisfont son sens esthétique.
Si cette présence de la Lune dans la Balance s’accompagne de configurations qui confèrent au sujet des dons d’expression, il ne se contentera pas d’être un amateur d’art éclairé, il voudra également traduire dans la matière ses émotions esthétiques.
Enfin, la Balance en sa qualité de septième signe est analogue à la Maison VII, le secteur de l’Autre et plus spécialement du mariage, qui est le lien le plus étroit que l’on puisse avoir avec l’Autre. Dans la mesure où la Lune n’est pas dissonante, le sujet entretient avec les autres des rapports empreints d’une grande cordialité. Foncièrement sociable, il se montre aimable et serviable, affectueux et compréhensif. Comme il a le désir sincère de plaire, il n’est pas rare que cette position de la Lune lui vaille non seulement la sympathie de son entourage, mais encore la faveur du public.
Le sujet éprouve un profond besoin de tendresse, et il lui est difficile d’imaginer sa vie sans un partenaire qui remplira son existence en lui donnant un sens. La femme, encore plus que l’homme, est capable de se fondre dans l’autre au point d’abdiquer une partie de sa personnalité. En tout cas, elle se consacre avec joie à son partenaire, créant ainsi des conditions favorables à l’épanouissement d’une vie conjugale heureuse.
La Lune est l’astre du changement, et comme, de son côté, la Balance est le signe de l’instabilité, la Lune dissonante dans ce signe risque d’amener des changements dans la maison et dans le couple, bouleversements liés à l’infidélité ou à la multiplicité des amours. Elle donne également un penchant à la vie facile et le besoin de protéger sa petite tranquillité que l’on fait passer avant les autres.
Parmi les horoscopes des personnalités à l’Ascendant Balance, la Lune n’occupe le signe de la Balance que dans les thèmes des présidents Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand (du signe du Scorpion), qui sont tous deux Balance par l’Ascendant.
Notons d’emblée que ces deux hommes politiques sont ceux qui, ces dernières années, ont réuni sur leurs noms le plus grand nombre de suffrages populaires (la faveur publique). Tous deux ont également le charme que l’on s’accorde à reconnaître aux natifs de la Balance, et ils montrent le même goût pour l’écriture, bien qu’avec des formes diverses. Cependant, la Lune de Valéry Giscard d’Estaing est plus forte par position car elle se confond pratiquement avec l’Ascendant, et par aspects parce qu’elle est soutenue par les trigones de Jupiter, de Mercure et du Soleil groupés dans le Verseau autour de la pointe de la Maison V. La Lune joue donc un rôle particulièrement important dans ce thème car elle participe à l’image de marque que le natif donne de lui-même. Que, d’autre part, elle lui vaille la faveur de l’autre sexe, paraît évident.
Mercure en Balance
Mercure est la planète du mouvement, de la pensée, de l’expression, qu’il s’agisse, comme dans la plupart des cas, de l’expression orale, écrite et mimique, ou des différentes formes d’expression artistique (dessin, peinture, sculpture, musique, etc.).
Toutes ces significations se combinant avec celles de la Balance, le sujet qui a Mercure dans ce signe s’exprime avec élégance et délicatesse. Ses paroles comme ses écrits sont animés par le désir de créer la paix et l’harmonie. Il s’efforce d’éviter tout ce qui pourrait déplaire ou heurter ses interlocuteurs. Ce n’est pas lui qui se livrerait à des plaisanteries d’un goût douteux ou qui se permettrait des écarts de langage. D’ailleurs, la grossièreté des autres le met mal à l’aise et, dans sa bouche, elle paraîtrait tout à fait déplacée. Il n’est pas doué pour la vulgarité.
Bien que son langage, châtié et fleuri, soit pesé sur les plateaux de la Balance, il s’exprime avec une facilité qui peut faire de lui un orateur de talent. Ce fut le cas de Jacques Duclos, c’est surtout celui de François Mitterrand dont les qualités de « debater » sont bien connues. Quant au philosophe Henri Bergson, ses cours au Collège de France connurent, au début de ce siècle, un succès remarquable.
La pensée est juste et le jugement sûr. C’est une pensée qui pèse volontiers le pour et le contre car elle s’efforce d’être impartiale. Elle est toute en nuances et se veut conciliante. Loin de jeter de l’huile sur le feu, le sujet cherche à apaiser les esprits et à réconcilier les points de vue. Il est doué pour jouer les intermédiaires ou les arbitres.
Comme la Balance est en rapport avec la justice, les professions de juge, d’avocat ou de conseiller juridique offrent au sujet un cadre à l’intérieur duquel il pourra déployer ses qualités. Il se préparera à ces carrières en faisant de solides études de droit au cours desquelles il portera un intérêt particulier au problème des contrats. D’une façon générale, les questions de compensation et d’équilibre seront des sujets propres à alimenter sa réflexion.
La Balance est un signe d’art et de beauté sur lequel Vénus règne en maîtresse. Cette alliance de Mercure et de Vénus correspond assez bien à ce qu’on appelait autrefois les « belles-lettres », terme dont l’emploi tend à se perdre, encore que nous ayons en France, au sein de l’Institut, une Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Parmi les belles-lettres, on compte, en bonne place, l’histoire et la littérature. Pour reprendre deux des exemples cités plus haut, on notera que Jacques Duclos et François Mitterrand ont tous deux écrit des livres d’histoire.
Dans la Balance, Mercure, maître des Gémeaux et de la Vierge, est à la fois dans son cinquième et deuxième signe. Le cinquième signe est analogue à la Maison V, secteur qui réunit l’amour et l’art, ce que l’on peut également dire de la Balance. Dès lors, il devient évident que Mercure dans ce signe va être le canal à travers lequel vont s’exprimer de fortes dispositions artistiques auxquelles, d’une façon ou d’une autre, l’amour ne sera pas étranger.
Pour illustrer cet aspect de l’action de Mercure dans la Balance, on peut citer les horoscopes de Brigitte Bardot pour qui art et amour sont inséparables, de François Mauriac qui a abordé dans ses romans diverses formes d’amour, et enfin de Franz Liszt dont l’oeuvre musicale est liée à une vie amoureuse aussi mouvementée qu’une danse hongroise. Littérature, musique, cinéma, peinture sont des domaines dans lesquels un tel Mercure trouve à s’exprimer avec bonheur.
La Maison V étant celle de la pédagogie – l’art du pédagogue s’apparente souvent à l’art du comédien, et inversement -, la présence de Mercure dans la Balance prédispose le sujet à l’enseignement. Il est capable de transmettre ses connaissances avec amour, et aussi avec dévouement parce que la Balance donne le sens de l’Autre. Il le fera d’une manière plaisante, au point que ses auditeurs auront l’impression que la matière enseignée est dépourvue d’aridité. La joie (Maison V) que lui donne cette activité se reflète à la fois sur sa façon d’enseigner et sur ceux qui reçoivent son enseignement. Parmi ces « enseignants », au sens très large du terme, dont l’horoscope présente Mercure en Balance, citons Henri Bergson, Lanza del Vasto et Annie Besant qui fut présidente de la Société théosophique.
Dans la Balance, Mercure est aussi dans son deuxième signe, analogue à la Maison II, secteur de l’accroissement de substance. On peut en déduire que les études et travaux faits par le sujet dans les domaines juridique et artistique, qui sont des champs d’action privilégiés de la Balance, porteront des fruits. Cette signification se trouve renforcée par le fait que la Maison V est également celle des enfants, et les oeuvres ne sont après tout que les « enfants » de leurs auteurs. Les connaissances acquises ne restent pas abstraites, elles se concrétisent sous des formes diverses.
Mercure et la Balance se rapportent à tout ce qui est lié à la communication, y compris les moyens de communication. Voilà pourquoi le sujet, toujours dans la Maison V, se lie volontiers à des artistes, que ce soient des gens du spectacle, des écrivains, des peintres ou des musiciens. Il écoute des conférences sur l’art, visite des musées ou des expositions.
Dans la mesure où Mercure est soutenu par des facteurs d’agressivité au bon sens du terme, le sujet peut exercer sa verve comme critique d’art. Les combinaisons possibles sont nombreuses et le lecteur peut s’essayer à ce jeu car il ne peut être question d’épuiser en quelques lignes le contenu de symboles astrologiques aussi riches.
Enfin, la Balance est le signe du mariage, ce contrat optimiste qui engage deux êtres, en principe pour la vie. Mercure dans le septième signe favorise la communication au sein du mariage.
Cela peut se traduire, par exemple, par un volumineux échange de correspondance dans le temps qui précède le mariage, ou de fréquents échanges d’idées au cours de la vie conjugale. Mais on peut imaginer d’autres effets. D’un autre côté, Mercure, qui est symbole de raison et de calcul, peut amener le sujet à contracter une union où l’intérêt ne le cédera en rien à l’amour, bien au contraire.
On pourrait même envisager une autre forme de combinaison. Considérant que Mercure est maître du sixième signe (Vierge), donc de la Maison VI qui se rapporte, entre autres, aux serviteurs et aux employés, il n’est pas exclu que le sujet – si d’autres indices vont dans le même sens – épouse un (ou une) de ses employés.
Mars en Balance
C’est un des principes de l’astrologie traditionnelle qu’une planète dans un signe qui n’est pas son domicile agit comme si elle était en conjonction avec le maître de ce signe. Mars dans le signe de la Balance équivaut donc à une conjonction Mars–Vénus. C’est un couple que nous avons déjà rencontré, le couple de la passion.
Cependant, il ne faut pas oublier que Mars est en exil dans la Balance. Cela veut dire qu’il ne s’y montre pas sous son jour le plus favorable. Il a tendance à pécher par excès, suivant ainsi la pente de sa nature ardente. Et, le plus souvent hélas, les résultats ne sont pas très heureux.
Comme il dépend du bon vouloir de Vénus, puisqu’il bénéficie de son hospitalité, il est indispensable de connaître la situation de celle-ci dans l’horoscope pour savoir si elle est en mesure, grâce à son état céleste et terrestre, de tempérer la fougue martienne. Mars, c’est la planète de l’énergie, de l’action, de la volonté. Il faut donc combiner ces significations avec celles de la Balance, toujours en supposant que l’énergie martienne est contenue par Vénus dans des limites raisonnables.
Comme la justice est un des domaines de la Balance, le sujet est prêt à se battre pour que soit respecté le droit et que cessent les injustices. Il sera tenté de militer dans des organisations, politiques ou non, qui luttent en faveur des victimes de toutes les formes d’oppression. Parmi les carrières juridiques qui s’offrent à lui, c’est évidemment celle d’avocat qui lui permettra le mieux de mettre sa fougue au service de la justice. Il défendra ses clients avec autant d’énergie que d’habileté (la Balance sait aussi être diplomate). Dans sa vie privée comme dans sa vie publique, il est prêt à se battre pour la vérité, souvent inséparable de la justice, et à donner équitablement à chacun ce qui lui revient.
Il se sent une âme de Don Quichotte, mais rompre des lances en faveur des opprimés ne peut que provoquer l’hostilité ou même la haine des oppresseurs qui, secrètement ou ouvertement, s’ingénient à dresser sur la route du redresseur de torts tous les obstacles possibles. C’est la loi de la jungle dans laquelle nous continuons à vivre malgré les apparences.
Ces difficultés auxquelles son action expose le sujet sont indiquées par le fait que, dans la Balance, Mars est dans son septième signe (à partir du Bélier) et son douzième signe (à partir du Scorpion). Le contenu du septième signe est analogue à celui de la Maison VII. Outre les significations que nous avons données jusqu’ici, cette Maison concerne également les ennemis déclarés et les procès. De son côté, le douzième signe est analogue à la Maison XII qui est, entre autres, le secteur des ennemis cachés et des épreuves.
Quand on sait cela, on comprend que l’agressivité naturelle du sujet risque de l’entraîner un jour ou l’autre dans un procès ou faire qu’il soit impliqué dans un scandale, qui seront pour lui une source de graves ennuis. C’est un risque dont la probabilité dépend des autres configurations de l’horoscope.
La Balance est également le signe de l’Autre, de l’amour, du mariage, des associations. C’est, bien sûr, un domaine dans lequel la passion martienne va pouvoir s’exprimer avec force. Car, doté d’une nature ardente et démonstrative, le sujet est irrésistiblement attiré par l’autre sexe.
Une telle position de Mars correspond fréquemment à un mariage précoce. Le danger d’une telle union, conclue dans l’élan irréfléchi de la passion et de la jeunesse, est évident. Les querelles conjugales sont nombreuses. Dans beaucoup de cas, elles mènent directement au divorce. Il en résulte, surtout si des enfants sont nés de cette union, de graves ennuis qui peuvent empoisonner une existence pendant des années.
Ce qui vaut pour le mariage, vaut également pour les associations dont le mariage n’est qu’une forme particulière. Mais quel que soit le genre d’association en cause, les partenaires peuvent exercer une influence décisive sur la volonté du sujet en bien comme en mal. Ils peuvent l’exalter, et le conjoint est parfois l’élément moteur qui pousse le sujet à se lancer dans de grands projets et à les mener à bien. Mais ces mêmes partenaires peuvent avoir une action débilitante sur sa volonté et jouer, de ce point de vue, un rôle désastreux dans sa vie. C’est pourquoi la qualité des gens auxquels il se lie n’est pas sans conséquence.
Toujours dans le même contexte, cette position de Mars peut donner au sujet l’occasion de travailler en étroite collaboration avec son ou ses partenaires. Mais Mars dans son douzième signe indique parfois un travail accompli dans la solitude ou encore une interruption de l’activité au cours de la vie pendant une période plus ou moins longue.
Enfin, la volonté peut être mise au service de l’art. On sera alors en présence d’un artiste qui crée au sein d’un groupe (Maison VII), comme cela est fréquent chez les poètes et les peintres, ou bien qui oeuvre dans la solitude de son atelier ou le silence de son cabinet de travail (Maison XII). Le sujet peut encore organiser des expositions d’art, et, si ses moyens le lui permettent, jouer les mécènes.
On le voit, les combinaisons possibles entre tous les éléments mis en jeu sont tellement nombreuses qu’on ne saurait les évoquer toutes ici.
Quand un tel Mars est fortement dissonant, il a sur le caractère des effets redoutables. Le sujet est entêté et brutal. Sa susceptibilité et son esprit de contradiction sont à l’origine de bien des querelles. Quant à son impatience, elle le rend facilement despotique, ambitieux et arrogant, il se montre peu sociable et, cependant, avide de gloriole.
Parmi les horoscopes des personnalités Balance, seul celui du poète Louis Aragon présente Mars dans la Balance. Ce Mars se trouve en Maison X. Il n’en est que plus puissant. Mais comme il est aussi le maître de la Maison XII, les significations de ce secteur risquent d’être associées à l’action du poète. Ce fut, par exemple, le cas en 1932 quand, à la suite de la publication de son poème Front rouge, il fut inculpé pour « incitation de militaires à la désobéissance et provocation au meurtre dans un but de propagande anarchique ».
Il a même connu la prison puisqu’il fut arrêté en juin 1941 par les Allemands. Il ne fut relâché qu’un an plus tard.
Enfin, pour montrer comment ce Mars en Balance peut s’employer efficacement en faveur de l’art, on pourrait citer toute l’oeuvre d’Aragon, lui que l’on a appelé le « grand prince des lettres françaises ». Mais cet engagement s’est également manifesté de curieuse façon ainsi que le rapporte Georges Sadoul dans sa monographie sur Aragon (éd. Pierre Seghers) : « En 1944, quand le Sud-Ouest fut libéré, Aragon me manda de toute urgence à Toulouse pour ordonner à notre ami le colonel Vincent (FFF) de partir aussitôt pour le Périgord afin d’y mettre en sûreté, s’il le fallait, la Joconde et les trésors du Louvre, entreposés dans un château, mais aussi pour secourir Maurice Chevalier accusé à l’étourderie par Radio-Londres, et qu’il craignait de voir molesté, fusillé même par des maquisards auxquels Vincent parvint in extremis à le subtiliser. »
Jupiter en Balance
Les récits mythologiques nous ont déjà montré les rapports étroits que Jupiter entretient avec la Balance. Nombreux sont les points de rencontre entre les contenus symboliques de la planète et du signe. Il suffit d’énumérer quelques-unes des significations attachées au symbole de Jupiter : l’harmonie, la justice, le sens social, pour comprendre combien ils coïncident avec celles de la Balance.
Selon les règles de l’astrologie traditionnelle, Jupiter dans la Balance équivaut à une conjonction Vénus–Jupiter. Or, ces deux planètes sont considérées comme les deux « bénéfiques », la Petite et la Grande Fortune. Rencontre ne pourrait donc être plus heureuse, sous réserve évidemment que les deux planètes ne soient pas dissonantes dans l’horoscope.
La sympathie émane du sujet (Jupiter représente le principe de l’énergie centrifuge en expansion permanente). Il a donc des contacts faciles et heureux avec les autres, que ce soit dans son mariage, ses associations ou ses relations. Les qualités de la planète et du signe se renforcent mutuellement, et les conditions semblent réunies pour que le sujet trouve le bonheur, en particulier dans le mariage, car il a l’esprit large et il est tout prêt à faire des concessions au nom de l’harmonie. Non seulement il peut faire un mariage heureux, mais ce mariage peut être pour lui l’occasion de trouver le bonheur. Le bonheur et parfois l’élévation sociale et un accroissement de fortune.
Ces bienfaits peuvent également venir à lui par le canal de ses relations personnelles. Car c’est un être éminemment sociable qui recherche les contacts. Il faut dire que sa nature joviale lui facilite beaucoup la tâche. Il jouit même dans son milieu d’une certaine popularité qui peut se transformer en succès populaire s’il décide d’embrasser une carrière politique ou artistique qui le mettra en contact avec le public.
Si, dans le domaine du droit, Mars dans la Balance incitait le sujet à se tourner vers le barreau qui lui permettait de donner libre cours à sa fougue, Jupiter dans ce même signe le pousserait plutôt vers la magistrature assise. Tel Salomon, le sujet a un sens très sûr de la justice et ses jugements sont généralement bien acceptés par les parties en présence.
Dans la Balance, Jupiter est dans son onzième signe (à partir du Sagittaire) qui est analogue à la Maison XI. Cela signifie, entre autres, que le sujet aura la main heureuse dans le choix de ses amis ou des membres de l’équipe avec laquelle il travaillera. Non seulement une bonne entente règne entre eux et lui, mais leurs efforts communs ont de bonnes chances d’aboutir à des réalisations heureuses. C’est ainsi qu’à travers ses amis ou ses associés, le sujet connaîtra succès et bonheur.
En faisant intervenir dans cette combinaison les significations de la Balance (septième signe et Maison VII), on obtient une série d’autres possibilités telles que la transformation des relations mondaines en amitiés, ou la rencontre du conjoint dans le cercle des amis ou encore l’apport de nouvelles amitiés par le mariage.
Dans la Balance, Jupiter est également dans son huitième signe (à partir des Poissons). Comme toutes les Maisons, la Maison VIII (analogue au huitième signe) a de nombreuses significations qui dérivent d’une notion fondamentale que nous avons désignée par le terme de « élimination », autrement dit perte de substance, par opposition à l’accroissement de substance que représente la Maison II qui lui fait face dans le Zodiaque.
La mort, qui est la signification la plus couramment donnée pour cette Maison, n’est que la forme extrême de cette perte de substance. Mais tous les problèmes liés à la mort ressortissent également à cette Maison, en particulier les questions dites occultes qui se rapportent aux problèmes que pose le devenir de l’homme après la mort.
Voilà pourquoi il est possible que ce Jupiter en Balance, qui est à la fois dans sa onzième et huitième Maison, permette au sujet de repousser les limites de son horizon intérieur et de découvrir de nouvelles contrées spirituelles dans lesquelles la mort est abolie. Cet éveil à une vie plus haute peut être provoqué par le conjoint ou par la rencontre de nouveaux amis l’introduisant dans des communautés ou des sociétés philosophico-religieuses qui seront la voie par laquelle il atteindra le bonheur.
La Maison VII a aussi des significations plus matérielles qui sont liées à la mort, comme par exemple les héritages et les legs. Ceux-ci peuvent assurer au sujet une vie plus confortable qui lui apportera, sinon le bonheur, du moins de grandes satisfactions.
Parmi les thèmes des personnalités Balance particulièrement intéressants à étudier, ceux qui ont Jupiter en Balance sont tous en relation étroite avec l’art. Deux peintres d’abord, Watteau et Géricault, et trois « grands » du monde du spectacle : Brigitte Bardot, Georges Brassens et Yves Montand. Ils illustrent de façon éclatante une des significations de Jupiter en Balance que nous avons gardée pour la fin : le bonheur par l’art, le signe vénusien de la Balance étant, comme nous le savons bien maintenant, un signe d’art.
Bardot, Brassens et Montand, que nous connaissons mieux que les deux peintres des XVIIe et XVIIIe siècles parce que les médias ne nous ont rien laissé ignoré ou presque de leur vie, ont également trouvé une forme de bonheur à travers leurs amis qui étaient souvent ceux avec qui ils travaillaient (Jupiter dans son onzième signe). Et qui ne sait que Montand a accédé à une forme de pensée plus élevée grâce non seulement à l’exercice de son art le mettant en contact avec de fortes personnalités, mais aussi grâce à sa femme, Simone Signoret ?
Saturne en Balance
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Saturne n’a pas très bonne réputation. Tel le bouc émissaire que les Juifs chassaient dans le désert après l’avoir chargé des iniquités d’Israël, nous avons tendance à le rendre responsable de la plupart des maux dont le destin se plaît à nous accabler.
Il est vrai que, par les limitations qu’il nous impose, son action n’est jamais ressentie comme un bienfait du ciel, même si cette vision des choses est erronée, comme le montre souvent la suite des événements. Car le temps travaille pour et avec Saturne.
Les Anciens nous ont transmis de Saturne des images contradictoires. Pour les Babyloniens et les Chinois, Saturne symbolisait la justice, la stabilité et la fidélité. Pour ces peuples, il était un ami de l’homme. Les prêtres-astrologues de l’ancienne Perse voyaient en lui l’esprit de négation assimilable à Satan. Dans la mythologie grecque. Cronos (Saturne) était le dieu du temps qui s’écoule inexorablement et déroule le fil d’un implacable destin. Pour les Romains, en revanche, il était le protecteur des travaux agricoles, celui qui avait su faire régner la paix et la prospérité, le fameux Age d’or dont les Saturnales perpétuaient le souvenir nostalgique.
L’assemblage de ces éléments apparemment disparates constitue une sorte de mosaïque donnant une image assez fidèle de Saturne tel que nous le connaissons et qui ne mérite pas sa réputation de « mauvais génie ».
Depuis que les astrologues modernes sont à peu près d’accord pour fixer le domicile d’Uranus dans le Verseau, on a presque oublié que Saturne partageait sa maîtrise entre le Capricorne et le Verseau. Mais si l’on se rappelle que les signes qui se suivent sont très dissemblables, on ne pourra que s’étonner du fait que les Anciens aient donné à la même planète la maîtrise sur deux signes aussi différents. Pourtant, si cela étonne, cela doit aussi donner à réfléchir.
Le bon sens nous suggère une explication qui paraît être la bonne : Saturne, maître du Capricorne, ne peut pas être tout à fait le même que Saturne, maître du Verseau.
Et il est vrai que ce que nous avons remarqué à propos de Vénus vaut également pour Saturne.
Dans le Verseau, Saturne manifeste ses qualités et défauts « masculins », et dans le Capricorne ses qualités et défauts « féminins ». Cette distinction coïncide avec les notions traditionnelles de domiciles « diurne » et « nocturne ».
Illustrons cela par un exemple qui fera ressortir la différence entre les deux modes d’action de la planète.
Dans son mode « féminin », qui correspond à sa manifestation à travers le Capricorne, son domicile nocturne, Saturne montre de remarquables dispositions pour entreprendre et mener à bien des travaux de recherche scientifique qui exigent de la méthode, de la réflexion et beaucoup de persévérance. Il fera preuve d’une grande objectivité et consignera aussi scrupuleusement que minutieusement le résultat de ses travaux. Bref, il servira fidèlement la matière qu’il avait été chargé d’étudier.
Dans son mode masculin qui correspond à sa manifestation à travers le Verseau, son domicile diurne, Saturne fait preuve dans ses recherches de la même concentration et de la même objectivité, mais il est capable de s’élever au-dessus de la matière qu’il étudie pour formuler à son propos des théories que leur nouveauté risque de faire passer pour révolutionnaires. Saturne, ici, se libère de la matière qui lui sert de tremplin. Saturne n’est plus le vieil homme, prisonnier du temps, mais le jeune Ganymède, le plus beau des mortels, enlevé au ciel pour servir d’échanson aux dieux. L’allégorie est transparente.
C’est ce Saturne transfiguré qui manifeste à travers la Balance ses plus hautes exigences. Selon la Tradition, Saturne est exalté dans la Balance, et c’est sans doute dans ce signe que la planète donne le meilleur d’elle-même. A condition qu’elle ne soit affligée ni par sa position en Maison ni par les attaques des autres planètes. D’autant plus que Saturne semble être plus sensible que les autres planètes aux afflictions de cette sorte.
Dans la Balance, Saturne fait sentir ses effets dans les domaines particuliers à ce signe. C’est ainsi qu’il donne au sujet un sentiment à la fois profond et élevé de la justice, on pourrait presque dire un sens institutionnel de la justice.
Pour des raisons qui tiennent aux Maisons mises en jeu par cette position, ce sens de la justice peut devenir sagesse car il permet au sujet de saisir intuitivement l’équilibre cosmique sur lequel repose la vie du macrocosme comme celle du microcosme.
Dans le domaine de l’art, l’influence de Saturne joue dans le sens d’un strict classicisme. Cela se traduit par le rejet de tout excès d’imagination et la recherche d’une vérité aussi proche que possible de la nature dans un constant respect de la mesure. Pour que le beau soit également le vrai.
Dans le domaine du mariage, le sujet cherche un conjoint qui réponde au modèle qu’il porte plus ou moins consciemment en lui, celui d’un être sérieux et pondéré, mesuré et réfléchi, consciencieux et économe, chaste et réservé. Nous savons que la Balance donne à ses natifs davantage le sens et le goût de l’équilibre que l’équilibre lui-même. La présence dans la Balance de Saturne, facteur de stabilité, est de nature à conférer au sujet la pondération qui fait de lui un être équilibré. Les effets de ce comportement se feront heureusement sentir sur le plan de la santé en régularisant les échanges, c’est-à-dire le métabolisme, et en stimulant le fonctionnement des reins. C’est un facteur de longévité.
Les combinaisons du système iranien permettent d’élargir sensiblement le champ d’application de cette configuration. Dans la Balance, Saturne est à la fois dans ses neuvième et dixième signes (à partir du Verseau et du Capricorne), autrement dit dans ses Maisons IX et X.
On sait que la Maison X est liée au destin, au pouvoir, à l’autorité, à la situation sociale, et la Maison IX aux voyages lointains, à la religion, à la philosophie, à la justice et aux lois. L’idée de justice est soulignée à la fois par la Balance et par la Maison IX. Le sujet a des aptitudes marquées à se poser en arbitre qui détient l’autorité (Maison X) et s’appuie sur les lois (Maison IX). Ses sentences rétablissent la paix. C’est l’image de Saint Louis rendant la justice sous son chêne.
L’idée de profession est également mise en relief par la Maison X et par Saturne, significateur général de profession par sa maîtrise sur le Capricorne, dizième signe du Zodiaque. Le sujet peut être appelé à faire sa vie professionnelle à l’étranger ou bien à voyager pour les besoins de son travail.
D’un autre côté, des raisons philosophiques ou religieuses peuvent le conduire à infléchir radicalement l’orientation de sa vie. C’est ce qui se passe quand il abandonne la vie mondaine pour se consacrer à la prière et à la méditation dans le silence d’un monastère avec l’espoir d’y trouver la paix intérieure (Balance).
Le mariage aussi peut amener le sujet à s’installer hors des frontières, ou lui donner un conjoint étranger. Dans le cadre de la Maison X, le mariage ou une association fournit parfois au sujet le tremplin qui lui permet de s’élever socialement.
Pour compléter cette interprétation, évoquons la notion de karma. Ce terme, couramment employé dans l’hindouisme, signifie généralement le destin dévolu à chaque être humain et déterminé par le bilan de ses vies antérieures. Or, Saturne est précisément la planète qui, dans l’horoscope, symbolise le karma.
Considéré de ce point de vue, Saturne dans la Balance peut signifier que le mariage du sujet répond à une nécessité karmique, autrement dit qu’elle lui est imposée par le destin. Enfin, pour des raisons qui tiennent à la Maison IX, le conjoint peut partager les idées philosophiques ou religieuses du sujet et communier avec lui dans la même croyance.
Ce sont là les principales possibilités contenues dans cette configuration. Celles qui ont quelque chance de se vérifier dans la pratique sont celles que recoupent et confirment des indications provenant d’autres facteurs de l’horoscope. Il serait hasardeux de retenir pour l’interprétation un indice isolé.
En ce qui concerne les personnalités Balance, on ne trouve Saturne en Balance que dans les thèmes de Georges Brassens et de Yves Montand.
Chez Brassens, Saturne est en étroite conjonction avec Vénus, maître de l’Ascendant par le Taureau. Les deux planètes, dignifiées dans la Balance, sont en Maison VI, celle du travail, c’est-à-dire de l’effort qu’exige l’exercice d’une profession. Qu’elle soit consacrée à l’art ne surprendra pas puisque la Balance est liée à l’art ; de plus, Saturne étant maître de la Maison X souligne les rapports étroits qui existent ici entre le travail et la profession. Il met également l’accent sur la conscience professionnelle, tout en donnant le « ton » des mélodies composées par le chanteur. Sobres et dépouillées, elles sont particulièrement bien adaptées à un texte qu’elles accompagnent discrètement, mais efficacement. Elles ont, dans leur genre, une rigueur presque classique. Enfin, Saturne dans la Balance indique le bon contact que Brassens savait établir avec son public qui, au-delà du talent poétique, apprécie le travail bien fait.
Chez Montand, Saturne est en conjonction avec Jupiter dans la Maison III qui peut représenter les tournées que l’artiste a faites à travers le pays. Mais comme Jupiter est maître de la Maison IX, il renforce l’indication de liens avec l’étranger où Montand a dû se rendre pour chanter ou tourner des films. On se souvient de ses remarquables prestations aux États-Unis.
Il ne faut pas se cacher que, lorsque Saturne est affligé dans l’horoscope, ses effets peuvent être fort désagréables. Dans le domaine du mariage, il peut conduire à une séparation, soit que le conjoint disparaisse prématurément, soit que la mésentente mène au divorce.
Dans d’autres domaines également apparentés à la Balance, le sujet peut être grugé par ses associés, entraîné dans de mauvais procès qu’il est menacé de perdre ou rencontrer de grandes difficultés dans ses relations avec autrui.
Uranus en Balance
Avec Uranus, nous quittons le septenaire des planètes traditionnelles, les seules qu’aient connues les Anciens. Découvert en 1781, à l’aube des Temps modernes, Uranus a ouvert la série des planètes nouvelles. Neptune et Pluton devaient suivre en 1846 et 1930, et certains astrologues pensent ou espèrent que les astronomes en trouveront encore deux autres. Cela porterait le nombre des planètes à douze et permettrait d’en attribuer une à chacun des signes du Zodiaque, ce qui serait très satisfaisant pour la logique d’un esprit cartésien. Mais où conduit un raisonnement logique dont les prémisses sont fausses?
La découverte d’Uranus a coïncidé avec le début d’une transformation des structures sociales dans de nombreux pays. La Révolution française de 1789 a constitué pour ainsi dire le prototype de ces bouleversements qui, de proche en proche, ont gagné toute l’Europe et n’ont cessé depuis de se manifester ici et là à travers le monde.
L’esprit révolutionnaire est un des effets négatifs d’Uranus alors que l’esprit réformiste en serait le côté positif. Comme pour toutes les planètes, le passage de la qualité au défaut n’est qu’une question de degré.
L’Uranien recherche tout ce qui est nouveau. Il est à l’affût des dernières découvertes de la science et de la technique dont il possède les plus récents gadgets. C’est un original qui déteste se laisser enfermer dans des normes. Très attaché à la liberté, il a besoin de se distinguer d’une façon ou d’une autre de la masse. C’est sa manière d’affirmer son indépendance.
Physiquement et mentalement très mobile, il est doué d’une intuition qui ne fait qu’ajouter à sa remarquable faculté d’assimilation. Mais sa constante disponibilité le fait vivre sous tension. Dans tous les domaines propres à la Balance, Uranus apporte ses bons et ses mauvais côtés : indépendance, originalité, progrès, invention, intuition, mais aussi impatience, irascibilité, violence et révolution.
La Balance est un signe d’Air qui favorise l’épanouissement des facultés intellectuelles. La présence d’Uranus dans ce signe donne à la pensée du sujet une originalité qui le pousse à chercher sa voie hors des sentiers battus, quel que soit le domaine dans lequel elle se manifeste.
Ses théories ont pour effet de bouleverser les idées reçues, ce qui leur vaut de susciter des réactions violentes, partisans et adversaires étant également passionnés.
Ouvrons ici une parenthèse pour rappeler qu’une planète ne peut « signer » un individu que si elle occupe une position dominante dans son horoscope. Mais étant donné la complexité de la psychologie humaine, chaque thème comporte le plus souvent deux ou trois planètes dominantes. Aussi les personnes qui ont Uranus dans la Balance ne sont-elles pas nécessairement uraniennes. Dans de nombreux cas, l’influence de cette planète se limitera à un domaine bien précis de l’existence. Cela vaut pour toutes les planètes.
Uranus, planète de l’intuition, dans le signe d’art de la Balance, peut renforcer l’inspiration du sujet dans ce domaine. Soutenu par une vive imagination, il développe une expression artistique originale qui est bien souvent en avance sur les idées et les goûts de son temps. C’est ce qu’illustre le thème de Le Corbusier. On y trouve dans l’orbe de la Maison V, celle de la création, Uranus dans la Balance. Il est d’autant plus fort dans cet horoscope qu’il est en conjonction avec le Soleil et lié par aspect au Milieu-du-Ciel. Or, il est bien connu que Le Corbusier a été un des promoteurs de l’architecture nouvelle.
La Balance est encore le signe des associations et du mariage. Dans ce dernier domaine, les idées modernes tendant à l’instauration de l’union libre s’accordent parfaitement avec le besoin d’indépendance et de liberté qui caractérise Uranus.
Le sujet peut également soit grouper autour de lui des camarades ou des amis, soit se joindre à eux (Uranus est maître du Verseau, onzième signe, celui des amis). Ces groupes pourront avoir pour objectif de réformer l’ordre social ou de promouvoir de nouvelles découvertes. L’éventail des possibilités est très large.
Uranus est généralement considéré comme la planète de l’astrologie. Si d’autres facteurs de l’horoscope vont dans le même sens, le sujet peut entretenir des rapports avec une société astrologique qui s’efforce de propager des méthodes qui renouvellent cet art millénaire. Lui-même peut jouer un rôle déterminant dans cette action.
Puisque les astrologues modernes reconnaissent à Uranus la maîtrise sur le Verseau, la Balance représente son neuvième signe, analogue à la Maison IX, dont les significations sont maintenant familières au lecteur : les voyages lointains, l’étranger, la spiritualité, l’idéologie, mais aussi la justice et les lois, les magistrats et les prélats.
La présence dans la Balance d’Uranus, le novateur et le révolutionnaire, peut faire du sujet l’instrument d’une révolution idéologique entraînant une réforme de l’appareil législatif.
Mais pour que se produise un bouleversement d’une telle ampleur, il faut évidemment qu’un destin particulier rencontre un destin collectif. Une telle convergence est exceptionnelle. Citons quelques-uns des effets négatifs d’Uranus dans la Balance. Ils sont essentiellement caractérisés par la violence qui accompagne les ruptures et les scandales dans les domaines gouvernés par la Balance : ruptures de contrats, divorce, procès, excentricité en art, association de malfaiteurs, comportement anarchique, mort du conjoint par accident, etc.
Neptune en Balance
Neptune a été découvert voici un peu plus d’un siècle par l’astronome allemand Galle après que sa position eut été calculée par l’Anglais Adams, puis par le Français Le Verrier qui ignorait les travaux de son prédécesseur.
On ne sait plus aujourd’hui qui a baptisé la planète, mais certains ont estimé que le choix de ce nom avait été assez malheureux. A l’époque, le philosophe Schopenhauer, qui partageait ce point de vue, aurait proposé le nom de Éros. Il aurait satisfait ceux qui, à la suite de Max Heindel ou de sa femme, voient dans Neptune l’octave supérieure de Vénus.
Et pourtant, dans la mesure où le nom de Neptune vient du latin nebula, nuée, le nom n’était pas si mal choisi. En effet, dans l’Ancien Testament, la nuée est le signe de la manifestation divine, ce qui correspond assez bien à l’aspect supérieur de Neptune, l’illumination intérieure. Mais la nuée peut se changer en brouillard qui symbolise l’aspect le moins agréable de Neptune, l’impression de doute et de confusion dans laquelle il englue les êtres et les choses qu’il touche de ses rayons inférieurs.
Il est donc indispensable d’examiner attentivement la position de la planète en Maison ainsi que ses relations avec les autres planètes de l’horoscope car ses effets peuvent être très différents selon qu’elle est ou non « affligée ».
D’autre part, l’expérience montre que cette planète a une influence beaucoup plus heureuse dans le domaine spirituel que dans le domaine matériel où ce qu’elle apporte n’a jamais de contours bien nets. C’est le propre de la nuée d’être inconsistante.
Les valeurs attachées à Neptune ressortissent essentiellement au domaine de l’âme. Neptune, c’est le mysticisme, la contemplation, la réceptivité, la médiumnité, l’idéal, la tendresse, la sensibilité, la douceur, l’imagination, la rêverie, le lyrisme, mais c’est aussi la passivité, la faiblesse, le doute, le scepticisme, la susceptibilité, l’hypocrisie, la fraude, l’imposture. Si nous insistons sur les aspects négatifs de Neptune, c’est parce qu’en étudiant cette planète, on se rend compte qu’il suffit de quelques afflictions pour en pervertir les effets.
Toutes ces valeurs neptuniennes doivent être transposées dans les différents domaines de la Balance. Le sujet qui a Neptune dans la Balance se fait de la justice une idée très élevée. Il est même près de croire à l’existence d’une justice immanente.
Grâce à sa sensibilité, il est capable de s’identifier aux autres et de leur témoigner une vraie compassion. Il juge plus avec son cœur qu’avec sa raison, et sa justice n’est pas froide et implacable, elle écoute battre le cœur des hommes.
La sensibilité, la tendresse, la douceur neptuniennes transforment l’amour de la Balance en un sentiment idéal qui se porte naturellement sur le conjoint ou les partenaires puisque la Balance est le signe des associations. Le mariage lui-même peut évoluer vers une union platonique qui trouvera sa finalité dans une recherche commune des valeurs spirituelles.
Dans le domaine de l’art, Neptune en Balance peut être pour l’artiste une source d’inspiration d’où jaillissent des images un peu étranges qui nourrissent sa créativité. Son art, raffiné, est marqué par le flou et la légèreté neptuniens qui lui donnent quelque chose d’irréel. La musique, le cinéma, la poésie sont des supports particulièrement bien adaptés à cette inspiration.
Neptune, qui a son domicile dans les Poissons, est, en Balance, dans son huitième signe, analogue au Scorpion et à la Maison VIII. C’est le secteur de la vie sexuelle (le serpent) et de l’illumination (l’aigle). Cette rencontre avec le huitième signe va renforcer les bons comme les mauvais côtés de Neptune. Le sujet peut sombrer dans les perversions sexuelles ou sublimer sa force sexuelle pour parcourir les étapes de la quête spirituelle. Ce sont là évidemment les manifestations extrêmes de cette influence; elles n’excluent pas les stades intermédiaires.
Dans tous les domaines de la Balance : la justice, l’amour, le mariage, l’art, les contrats, les relations avec les autres, les aspects négatifs de Neptune sont d’autant plus redoutables que la Maison VIII est aussi celle de la destruction. Les plus hautes valeurs propres à cette planète sont alors remplacées à des degrés divers par l’hypocrisie et le mensonge, la confusion et la dissimulation.
Le sujet est faible, donc facilement influençable, et son hyperémotivité le rend susceptible.
Dans les cas les plus graves, il troque la recherche des valeurs spirituelles contre celle des paradis artificiels et s’adonne aux stupéfiants.
Dans le mariage, les relations conjugales s’effritent progressivement, et la mésentente qui s’installe sournoisement entre les époux favorise l’établissement de relations clandestines. D’une façon générale, les relations avec les autres se détériorent facilement et la réputation du sujet s’en ressent. Les contrats conclus dans la mauvaise foi donnent lieu tôt ou tard à des procès. Quant à la justice, elle n’est plus qu’une parodie qui ouvre la porte à la corruption et à la prévarication.
Enfin, l’art tire son inspiration d’un univers chaotique et produit des oeuvres qui reflètent ce monde nébuleux.
Neptune met environ cent soixante-cinq ans pour faire le tour du Zodiaque et, depuis sa découverte en 1846, il n’est entré dans la Balance qu’à la fin de 1942. Il est donc normal que nous ne le trouvions que dans le thème du plus jeune représentant des personnalités Balance retenues dans cet ouvrage : Julien Clerc.
Dans ce thème, Neptune joue un rôle important parce qu’il est maître de l’Ascendant et en étroite conjonction avec le Soleil. Or, ce Soleil est en trigone avec la Lune, planète maîtresse de la Maison V, et lui-même est le second maître de cette Maison qui est, entre autres, celle de la création artistique.
Neptune met donc en jeu trois facteurs essentiels dans ce destin d’artiste : le sujet lui-même, son art et le public. Et comme Neptune est bien disposé, les résultats ne peuvent être qu’heureux. Ainsi s’explique la faveur dont ce jeune chanteur jouit auprès du public.
Pluton en Balance
Pluton a été découvert en 1930. Il lui faut environ deux cent quarante-huit ans pour faire le tour du Zodiaque. Au moment de sa découverte, il était dans le dernier tiers du Cancer, et ce n’est qu’à la fin de 1971 qu’il est entré dans la Balance. C’est, on le voit, très récent. Depuis 70 ans donc, les astrologues s’efforcent d’apprécier ses effets et de lui trouver un domicile. Mais on ne peut vraiment pas dire que l’unanimité se soit faite sur ces deux points.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que les avis sont très partagés. Et comme la plupart des opinions avancées sont fondées sur des considérations philosophiques, elles emportent difficilement la conviction des lecteurs attachés au pragmatisme. Il faut déplorer qu’aucune recherche systématique portant sur plusieurs milliers de thèmes n’ait été entreprise pour essayer de déterminer la nature bénéfique ou maléfique (ou neutre) de cette planète et le signe qui pourrait être son domicile. Hadès s’est toutefois confronté à la mystérieuse Pluton, ainsi que Jean-Pierre Nicola l’a fait dans Pluton paru chez Tchou.
Dans ces conditions, il nous paraît plus sage de renoncer à donner pour Pluton dans la Balance des significations qui seraient contestables.
Comment interpréter les Signes dans les Maisons
Il n’est possible de donner ici que des indications générales car seuls sont étudiés les rapports entre la Balance et les différentes Maisons, et ces rapports ne vous renseignent que sur le décor et le climat dans lesquels se développent les affaires propres à la Maison considérée. Comme au théâtre, c’est la toile de fond devant laquelle se déroule l’action.
Car le signe n’est que l’un des facteurs qui doivent être pris en considération dans l’étude d’une Maison. En effet, en astrologie traditionnelle, il faut, pour juger du domaine signifié par une Maison, examiner également la planète qui gouverne cette Maison, c’est-à-dire celle qui a son domicile dans le signe placé à la pointe de la Maison; puis la ou les planètes qui occupent cette Maison par corps; enfin les significateurs généraux, autrement dit les planètes et les signes qui ont un rapport avec le domaine considéré. C’est ainsi que le Soleil et Mars sont les significateurs généraux du mariage des femmes, et aussi la Balance en raison de son analogie avec la Maison VII, secteur du mariage.
Quand tous ces facteurs ont été analysés, il faut en faire la synthèse. C’est un travail délicat qui requiert autant d’intuition que de savoir.
La Balance dans les Maisons
Balance en Maison I
Tout ce qui a été dit jusqu’ici à propos de la Balance s’applique aussi bien aux natifs dont l’horoscope présente le Soleil en Balance qu’à ceux dont l’Ascendant (qui est la cuspide, ou pointe, de la Maison I) se trouve sur la Balance. Aussi nous paraît-il superflu de répéter, même sous une forme très résumée, un exposé qui n’apporterait rien de nouveau au lecteur.
Cependant, c’est l’occasion de rappeler l’importance du signe ascendant qui peut marquer un individu plus profondément que le signe solaire. C’est vrai que la presse a popularisé le signe solaire; mais il suffit de commencer à pratiquer l’astrologie pour se rendre compte de l’importance du signe ascendant.
Pour illustrer cela par un exemple, reprenons le thème de l’architecte Le Corbusier. Son Soleil, en étroite conjonction avec Uranus dans la Balance joue, certes, un rôle non négligeable dans cet horoscope; mais Le Corbusier était encore plus marqué par le signe des Gémeaux sur la fin duquel se place son Ascendant et qui héberge la conjonction Lune–Pluton. Ses conceptions architecturales, à travers lesquelles s’exprimait tout son être, portent indubitablement la signature des Gémeaux.
Le cas de Le Corbusier n’est pas exceptionnel, loin de là. En réalité, il n’est pas possible, avant d’avoir étudié un horoscope, de savoir si le signe solaire l’emporte sur le signe ascendant, ou inversement. De plus, cette étude peut faire ressortir l’existence d’une troisième dominante zodiacale – sans parler, évidemment, des dominantes planétaires.
Balance en Maison II
On se souvient que la Maison II est celle de l' »accroissement de substance », ou, plus communément, de l’argent que l’on gagne par ses propres efforts. Elle renseigne donc sur l’état des finances du sujet, sur la façon dont il acquiert et dépense son argent.
Les sources de gains sont aussi diverses que les significations de la Balance. Le mariage peut
être l’occasion pour le sujet d’augmenter ses revenus, soit grâce aux apports du conjoint, soit parce que son union lui permet d’accéder à une situation plus importante. C’est le cas, par exemple, d’un garçon qui entre dans une affaire en épousant la fille du patron. Mais il est possible d’imaginer bien d’autres scénarios.
Une association heureuse ou un contrat avantageux peuvent également procurer des gains substantiels. Comme la Balance est liée aux arts, on pense, par exemple, au contrat que signe le peintre avec une galerie de tableaux, ou le musicien avec une maison de disques. Il est bien connu que l’art nourrit mal son homme, surtout quand il n’atteint pas les sommets. Et, même alors, rien n’est jamais sûr. Toutefois, la Balance est un signe qui semble porter chance, particulièrement dans les périodes critiques.
Enfin, la vie publique est une autre possibilité de gagner sa vie. On pense à la politique qui, indirectement, peut donner l’occasion de signer des contrats « intéressants ».
Les dépenses ont un caractère vénusien. Ce sont celles qui sont liées, entre autres, aux réceptions que l’on donne ou aux sorties faites avec des amis. D’autre part, la création d’un cadre de vie agréable et raffiné peut entraîner d’importantes dépenses susceptibles de déséquilibrer un budget.
L’équilibre est justement un mot clé de la Balance, mais c’est un équilibre bien souvent instable, et la situation financière risque d’être fluctuante. Cependant, malgré les hauts et les bas, on peut penser qu’en raison de la protection de Vénus, la situation ne sera jamais vraiment désespérée.
Enfin, dans le cas d’une Maison II nettement dissonante, les procès engagés pour des questions d’argent se révèlent finalement très coûteux.
Balance en Maison III
La Maison III indique le genre de relations que le sujet entretient avec les gens que la vie quotidienne met en contact avec lui. Dans la jeunesse, ce sont surtout les frères et sœurs, les camarades de classe et les enfants du voisinage. Plus tard, ce sont les collègues de travail et les voisins.
La Balance, qui est sociable par nature, ne peut que favoriser les contacts avec un entourage, généralement agréable. Ce signe en Maison III peut également indiquer que l’on est amené à rencontrer des artistes ou bien des gens qui exercent une profession juridique. Ou alors le sujet trouve son conjoint parmi les personnes du voisinage, à moins que ce ne soit l’entourage qui « arrange » le mariage.
La Maison III concerne généralement l’intelligence concrète du sujet, ses dispositions et ses moyens d’expression, le langage et les écrits. Autrement dit, tout ce qui lui permet d’entrer en contact avec l’entourage.
Comme la Balance est un signe d’Air, l’intelligence sera mobile, souple, prompte, fantaisiste, sensible à la beauté. mais trop soumise aux influences changeantes venues de l’extérieur. Le sujet cherche à plaire et à faire partager ses opinions à son entourage. Le badinage est un mode d’expression qui le séduit et dont il use facilement.
Inversement, il peut développer son sens esthétique au contact de son entourage, surtout s’il vit dans un milieu raffiné.
Comme les écrits dépendent de la Maison III, il pourra être amené à échanger une correspondance amoureuse ou bien à exprimer en tant qu’écrivain ses sentiments dans ses livres.
Les petits déplacements quotidiens et les voyages, qui ne dépassent pas les limites de l’Hexagone, entrent aussi dans le cadre de cette Maison. Ils devraient se dérouler dans de bonnes conditions et ne pas être ressentis comme une contrainte. Parfois, ils sont l’une des conséquences du mariage, ou bien ils sont liés à l’exercice d’une profession juridique, tel un huissier appelé à se déplacer fréquemment pour établir ses constats.
Par analogie avec la Maison VII, la Balance est également le secteur des ennemis déclarés (contrairement à ceux de la Maison XII qui ne se montrent pas à visage découvert et agissent dans l’ombre). Si, donc, la Balance et la Maison III sont affligées, le sujet peut faire preuve d’esprit de contradiction, et les divergences de vues qui l’opposent à son entourage risquent d’entraîner des querelles et même des brouilles.
Un autre défaut de la Balance, c’est son instabilité. Si le sujet s’adapte facilement aux êtres et aux choses, cette facilité cache un manque de caractère qui le rend très influençable. Avec lui, le dernier qui a parlé a raison.
Balance en Maison IV
L’hérédité du sujet et les affaires qui s’y rapportent, tel est le domaine de la Maison IV.
Ce sont d’abord les Ascendants, particulièrement les parents qui transmettent à l’enfant l’héritage biologique avec ses implications psychologiques. C’est ensuite le foyer familial où, au cours de ses premières années, l’enfant reçoit une éducation qui le marquera pour toute la vie.
Puis c’est le patrimoine au sens large du mot puisqu’il comprend les biens physiques et spirituels qui proviennent de ses parents mais aussi de son pays natal, sans oublier la terre où reposent ses ancêtres et dans laquelle il reposera sans doute un jour.
C’est, par extension, le foyer que crée le sujet. Il est le prolongement de celui qu’il a connu chez ses parents et il abrite sa vie domestique, par opposition à sa vie sociale qui relève de la Maison X. Et comme la fin de la vie est souvent ‘un retour aux sources, elle est également rattachée à cette Maison.
En combinant ces significations avec celles de la Balance, on obtient un grand nombre de possibilités dont voici les plus marquantes.
Si rien ne vient modifier profondément les dispositions naturelles de la Balance, le sujet grandira dans un foyer harmonieux. Il est possible qu’on y cultive un art de vivre raffiné, de sorte que l’enfant baignera dans un climat favorable à l’éclosion de dispositions artistiques.
Il est fort probable que le sujet créera son propre foyer à l’image de celui de ses parents. La Balance, qui est un signe de fête, peut lui donner le goût des réceptions et sa maison sera largement ouverte aux amis.
La fin de sa vie sera paisible. La douceur automnale du signe peut aider le sujet à prendre doucement congé de tout ce qui a fait son existence. Il le fera sans regret puisque, avec la Balance, on entre dans le monde des valeurs spirituelles.
Quelquefois, la maison du conjoint devient le foyer du sujet puisque la Balance est liée au mariage. Ou bien des accords sont signés avec les parents à propos de la succession, à moins que des biens fonciers en provenance de la succession ne fassent l’objet de contrats.
Quand la Balance est dissonante, ce sont évidemment les aspects désagréables du signe qui se manifestent. Cela peut prendre les formes les plus diverses : discussions ou conflits avec les parents pouvant aller jusqu’à la rupture, menaces qui pèsent sur le foyer à cause de la vie sentimentale du sujet qui entretient des liaisons illégales. Ce sont peut-être des procès que le sujet engage à propos de la succession de ses parents. Enfin, l’instabilité inhérente à la Balance se traduit quelquefois par de nombreux déménagements qui promènent le foyer de ville en ville.
Balance en Maison V
Le concept d’expansion pourrait servir de dénominateur commun aux significations attribuées traditionnellement à la Maison V.
La procréation des enfants est évidemment la forme la plus concrète de cette expansion puisque l’enfant est surtout pour la mère « la chair de sa chair ». On lui assimile la création des oeuvres d’art : le livre de l’écrivain, le tableau du peintre, la statue du sculpteur ne sont-ils pas aussi les « enfants » de leurs auteurs? Il suffit d’entendre la façon dont ils en parlent pour s’en convaincre.
Il y a ensuite le domaine de la « détente » qui est une autre forme d’expansion. Les affaires sentimentales avec les passions qu’elles suscitent entrent dans ce cadre. D’ailleurs, les amours ne sont-elles pas une forme d' »éclatement », comme on dit volontiers aujourd’hui?
Il y a ensuite toute la gamme des distractions que les hommes ont imaginées, ainsi que les lieux qui leur sont consacrés, comme les théâtres, les cinémas, les terrains de sports, etc. Sans oublier les jeux de toutes sortes, surtout ceux de hasard qui donnent lieu aux mêmes spéculations que les entreprises hasardeuses que l’on peut assimiler à des jeux.
La nature de la Balance semble particulièrement bien accordée à celle de la Maison V, de sorte que le signe renforce les manifestations propres à ce secteur : le sujet est naturellement porté vers les distractions et l’art. Une femme sera peut-être encore plus sensible qu’un homme aux effets de cette configuration. Elle se montrera enjouée et coquette, raffinée et élégante et sa distinction naturelle la gardera de toute vulgarité.
Pour savoir si le sujet est prédisposé à avoir des enfants, on consulte en premier lieu le signe qui se trouve à la pointe de la Maison V : est-il fécond ou stérile? La Balance est modérément fertile. Mais ce n’est là qu’une indication qui ne suffit pas pour résoudre ce problème fort complexe.
La rencontre de la Balance et de la Maison V favorise l’épanouissement de la vie affective. Les relations amoureuses que le sujet noue avec une grande facilité lui permettent de vivre une saine sensualité. Cependant, il lui sera difficile d’éviter qu’elles ne le conduisent assez vite au mariage qui reste une des grandes « tentations » de la Balance. Quant à ses relations avec les enfants, elles devraient être bonnes. Et, malgré son goût très vif des distractions, il sait garder dans ce domaine une juste mesure.
S’il n’est pas lui-même porté vers la création artistique, il appréciera la compagnie des artistes et concluera éventuellement des contrats avec eux.
Les effets d’une Balance et d’une Maison V affligées mettent en jeu l’instabilité du signe qui ne permet pas au sujet de trouver le bonheur dans des amours trop changeantes. Les disputes amoureuses ne peuvent qu’accélérer cette ronde épuisante. La sensualité, exacerbée par cette quête décevante, risque de conduire à la débauche. Enfin, les spéculations se soldent par des échecs propres à déprimer une nature fragile. Telles sont quelques-unes des conséquences possibles d’une telle affliction.
Balance en Maison VI
L’activité des organes du corps au service de l’homme, telle est la signification générale d’où découlent toutes celles que la Tradition prête à la Maison VI.
La santé et la maladie qui sont des conséquences du bon ou mauvais fonctionnement de ces organes, ainsi que tout ce qui contribue au maintien de leur activité normale, comme la diététique et les soins corporels, font partie de cette Maison.
Les ouvriers, les employés, les serviteurs et certains animaux qui travaillent pour le sujet, sont considérés comme des organes vivants extérieurs au corps. C’est pourquoi ils sont rattachés à cette Maison.
Enfin, le travail en tant que résultat de l’activité de certains organes humains, est une des principales significations de ce secteur. En affirmant que « le travail, c’est la santé », la sagesse populaire marque les liens qui unissent ces deux domaines. Il faut ajouter à ces significations les soucis et les difficultés qui accompagnent le travail.
La présence de la Balance dans la Maison VI remet au premier plan tout ce qui a déjà été exposé dans le chapitre consacré aux problèmes de santé des natifs de la Balance. La solution de ces problèmes dépend de nombreux facteurs dont il ne peut être question ici. Il n’en reste pas moins que dans le cas d’une telle superposition, il est indispensable de surveiller les reins et l’appareil urinaire. D’autre part, la tempérance reste une des clés de la bonne santé du sujet.
Heureusement que le sens de la mesure propre à la Balance lui rend cette nécessité moins pesante.
Le travail ne devrait pas être trop pénible; il peut s’exercer dans un cadre agréable et élégant, par exemple, une parfumerie, un magasin de fleurs, une galerie de peinture. Parfois des préoccupations artistiques ou juridiques sont liées au travail.
Le sujet entretient de bons rapports avec ceux qui travaillent sous ses ordres. Il comprend leurs difficultés et s’efforce de faciliter leur tâche. En retour, il jouit de leur confiance et de leur attachement. C’est ainsi que se nouent parfois des idylles entre patrons et employées qui, dans certains cas, aboutissent au mariage.
Les effets d’une Maison VI et d’une Balance affligées se font sentir dans tous les domaines qui viennent d’être évoqués : l’instabilité inhérente à la Balance s’oppose à la réalisation d’un travail suivi; des conflits opposent le sujet à ses subordonnés; les querelles de ménage ont de fâcheuses répercussions sur la santé; des contrats non respectés ou des procès mal engagés causent de graves soucis; des liaisons rompues de façon trop désinvolte ont des suites désagréables.
On ne saurait énumérer toutes les possibilités, la vie se chargeant d’imaginer des situations qui n’effleureraient même pas la pensée de l’astrologue le plus subtil.
Balance en Maison VII
La Maison VII recouvre toutes les associations contractuelles qui nous lient aux autres. Les contrats qui sont à la base de ces relations peuvent faire l’objet d’un écrit : c’est tout d’abord le mariage qui est le plus connu des contrats liant deux êtres, ce sont aussi les participations dans les affaires commerciales ou industrielles. Mais il arrive que ces contrats soient tacites et fondés uniquement sur le sentiment et la confiance : c’est l’union libre, ce sont les associations professionnelles de fait, non garanties par un écrit. C’est enfin le cas de ceux qui vivent en communauté, que celle-ci ait un caractère philosophico-religieux ou profane.
Les relations avec l’Autre peuvent se changer en oppositions, tant il est vrai que la haine lie deux êtres aussi étroitement que l’amour. C’est donc dans cette Maison que se liront la force des ennemis et les occasions de querelles et de procès.
Par extension, la Maison VII permet de décrire les rapports que le sujet entretient avec le public. Ils seront particulièrement importants pour un artiste, un homme politique ou même un attaché de presse.
Dans cette superposition, la Balance occupe sa place naturelle puisqu’elle est le septième signe dont on sait qu’il est analogue à la Maison VII. On peut donc penser que si les significations découlant de cette superposition sont moins riches de possibilités que les autres, en revanche elles s’expriment avec plus de liberté car elles ne subissent pas les distorsions qui résultent d’une antithèse Signe-Maison. Elles devraient même se manifester avec plus de force, de la même façon qu’une planète dans son domicile exprime le meilleur d’elle-même.
Malgré la fougue que lui vaut un Ascendant Bélier, le sujet s’efforce d’avoir des relations harmonieuses avec autrui et il est ouvert à toutes les formes d’associations. La première, c’est évidemment le mariage. Il ne conçoit pas d’autre forme d’union, et, dans sa vie, les relations conjugales tiennent une place importante. Il est même prêt à faire des concessions pour parvenir à l’équilibre intérieur qu’il attend du mariage.
Son besoin d’harmonie dans ses relations extérieures lui fait rechercher les associations et les collaborations. Il en retire le sentiment d’une insertion réussie dans la société dont il se veut un membre à part entière.
Quand Signe et Maison sont dissonants, les choses ne se passent plus aussi paisiblement, et les domaines qui ressortissent à ce secteur risquent d’en être désagréablement affectés.
Le sujet ne réussit pas à stabiliser sa vie conjugale, l’agressivité perturbe ses relations avec autrui ; il s’ensuit des conflits qui mènent les deux parties devant les tribunaux. Les contrats ne sont pas respectés et donnent lieu également à des procès. En un mot, la communication s’établit difficilement avec les autres, et c’est de là que vient tout le mal.
Balance en Maison VIII
Si la Maison II était celle de l’accroissement de substance, il est normal que la Maison VIII, qui lui est opposée, soit celle de la « perte de substance ». Poussée jusqu’à ses extrêmes limites, cette perte de substance aboutit à la mort du sujet. Voilà pourquoi beaucoup de manuels d’astrologie indiquent la mort comme signification principale de cette Maison, sans autre explication.
Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’acte sexuel, considéré par certains biologistes comme une « mort partielle », est rattaché à cette Maison. Et par delà l’acte sexuel, la vie sexuelle elle-même.
Par extension, la Maison VIII fournit des renseignements sur les affaires indirectement liées à la mort comme les testaments, les héritages et les legs. Et elle nous éclaire sur l’intérêt que le sujet porte aux doctrines qui étudient les problèmes posés par l’après-mort, comme le spiritisme qui cherche à entrer en communication avec les disparus, ou l’occultisme, dont certaines branches abordent ces problèmes.
La présence de la Balance en Maison VIII permet d’espérer que le caractère vénusien du signe favorisera une mort naturelle et douce.
La Balance faisant intervenir l’idée de mariage, on peut penser à un veuvage précoce et, éventuellement, à un héritage provenant du conjoint. Mais des héritages venant des associés sont également possibles.
Enfin, dans sa vie sexuelle, le sujet devrait faire preuve de mesure et de délicatesse, tout en s’efforçant de communier avec son partenaire car, pour lui, il n’est de vrai plaisir que partagé. Dans le cas d’une affliction de la Balance en Maison VIII, la mort ne sera sans doute qu’exceptionnellement violente, mais elle peut être due à un abus des plaisirs de la vie, entraînant une maladie qui épuise lentement le sujet. On se rappelle que les reins sont fragiles et que leur mauvais fonctionnement peut provoquer un lent empoisonnement de l’organisme.
Non seulement le sujet peut devenir prématurément veuf, comme nous l’indiquions plus haut, mais il peut encore perdre des personnes aimées dont la disparition risque d’affecter son équilibre intérieur.
Ou bien ce sont les testaments et les héritages qui entraînent le sujet dans des procès qui tournent à son désavantage. Même les héritages peuvent se révéler décevants ou cacher des pièges inattendus.
Enfin, la vie sexuelle, perturbée par une vie sentimentale déréglée, provoque parfois de graves troubles de santé.
Balance en Maison IX
La Maison III était le domaine de l’entourage immédiat du sujet et des relations qu’il entretenait avec lui. Dans la Maison IX, le sujet prend physiquement et spirituellement ses distances par rapport à son proche environnement.
C’est donc la Maison des voyages lointains, ceux qui conduisent au-delà des frontières du pays natal et permettent au sujet d’élargir son horizon intérieur. Par extension, cette Maison représente les pays étrangers et les rapports que le sujet entretient avec eux.
La Maison IX est également celle de la pensée abstraite (par opposition à la pensée pratique de la Maison III) et des domaines dans lesquels nous introduit cette pensée : la métaphysique, la philosophie, la religion. Elle renseigne sur la spiritualité du sujet, et son élévation morale qui implique la maîtrise de soi et le contrôle des pulsions instinctuelles. Les visions, les hallucinations et les rêves, qui sont un moyen de pénétrer dans les régions supra-sensibles, sont rattachés à cette Maison, ainsi d’ailleurs que les éditeurs qui propagent la pensée à travers le monde.
La présence de la Balance dans la Maison IX implique la possibilité d’un mariage dans un pays étranger où le sujet peut être amené à faire sa vie. Ou bien c’est le conjoint qui vient de l’étranger ou qui a été connu à l’occasion d’un voyage lointain.
Ces voyages à l’étranger peuvent être de simples voyages d’agrément qui procurent de grandes satisfactions au sujet tout en enrichissant ses connaissances. A moins que ces voyages n’aient été entrepris pour signer des contrats à l’étranger (éventuellement avec des éditeurs). D’une façon générale, on peut dire que les rapports avec l’étranger sont animés de part et d’autre d’une grande bonne volonté qui rend les relations fort agréables.
Dans le domaine spirituel, plusieurs possibilités s’offrent au sujet. L’art, particulièrement la musique, peut être la voie qui le mènera à certaines réalisations spirituelles. Mais celles-ci ne pourront être que l’aboutissement d’une recherche faisant plus de place à une sensibilité affinée qu’à la froide sagesse. Car dans les régions élevées de l’esprit, les voies sont innombrables. Cette recherche spirituelle peut être poursuivie au sein d’une communauté.
Les effets négatifs de la Balance affligée en Maison IX s’appliquent aux domaines gouvernés par le signe et la Maison. Citons-en quelques-uns : difficultés causées par un mariage à l’étranger, ou avec un étranger; les procès qui en résultent et les inimitiés qu’ils suscitent. Soucis ou litiges entraînés par des contrats ou des associations conclus avec des partenaires étrangers. Désagréments au cours d’un voyage lointain. Échecs éprouvés par le sujet du fait de son instabilité dans sa recherche spirituelle.
Balance en Maison X
Alors que la Maison IV représentait les origines du sujet, la Maison X symbolise le but vers lequel tend son existence. Elle nous renseigne sur les actions entreprises pour atteindre cet objectif ainsi que sur les résultats de ces actions qui sont concrétisés par le rôle que le sujet joue dans la société.
Tout ce qui se rattache à la carrière trouve sa place naturelle dans ce secteur : la fonction, le pouvoir, le succès, l’élévation sociale, les honneurs, la réputation. Et naturellement la profession elle-même en tant que vocation (à ne pas confondre avec le travail qui n’est souvent qu’un gagne-pain), et les conditions dans lesquelles elle est exercée.
Enfin, il y a l’autorité que le sujet rencontre d’abord en la personne de son père (si le père est insignifiant, ce rôle peut être joué par la mère), puis en la personne de ses supérieurs et des différents représentants de l’État. Et sa propre autorité.
Les qualités vénusiennes que la Balance apporte dans la Maison X sont de nature à favoriser la carrière du sujet en aplanissant son chemin : la sensibilité qu’il manifeste dans l’exercice de sa profession, son charme qui agit sur les gens avec lesquels son travail le met en contact, les relations que sa nature sociable le pousse à nouer avec ses collègues et ses chefs, sont autant d’atouts qui facilitent son élévation sociale. D’autant plus qu’ils se combinent de façon très heureuse avec la chance dispensée par Vénus.
Le mariage ou une association peuvent influer sur la carrière; ils sont parfois l’occasion pour le sujet d’élargir le champ de ses activités ou même de changer de profession. Toutes les branches artistiques peuvent servir de toile de fond à la profession : peinture, musique, théâtre, cinéma, haute couture, etc. En favorisant les contacts avec le public, qui sont si importants pour un artiste, le signe de la Balance peut être un élément de succès pour le sujet. Enfin les relations avec le père et, par-delà le père, avec l’autorité en général, devraient être assez cordiales. La Balance, nous le savons, n’est pas le signe des contestataires, et le sujet accepte assez bien l’autorité à laquelle il est soumis.
Les méfaits qui résultent d’une affliction de la Balance en Maison X se manifestent dans les mêmes domaines que les bienfaits : la carrière, la réputation, la considération, l’autorité du sujet peuvent être ruinées ou simplement mises à mal par des conflits provoqués par un mariage mal assorti, par des contrats piégés, par l’instabilité du sujet ou par la désaffection du public. La diversité des combinaisons malheureuses n’a d’égale que celle de la vie.
Balance en Maison XI
La Maison XI appartient au même axe que la Maison V que nous avons définie comme celle de l’expansion. Et nous avons vu que la détente est une des formes de l’expansion. Dans la Maison V, on se détend avec les gens que l’on aime d’amour, dans la Maison XI avec ceux que l’on aime d’amitié.
Les amis sont ceux à qui nous lie une affection réciproque. Ils ont des visages multiples qu’énumère la Tradition : camarades, compagnons, conseillers, protecteurs, mécènes. Par extension, on englobe dans cette Maison les sociétés, les cercles, les clubs, les partis politiques. Le sujet les fréquente pour participer avec les autres membres à une activité commune de caractère non professionnel. Il assiste à des manifestations culturelles (conférences, expositions, concerts etc.). Ainsi s’apprécie son degré de participation à la vie de société. Enfin, les projets que l’on fait avec les autres et qui sont une autre forme d’expansion puisqu’ils donnent l’occasion de se projeter dans le futur. A leur réalisation se mesurent les chances de réussite du sujet dans la vie.
La Balance est aussi favorable en Maison XI qu’elle l’était en Maison V. En effet, comment ce signe qui est éminemment sociable ne créerait-il pas les meilleures conditions pour permettre au sujet de se faire des amis? D’autre part, quand on se lie d’amitié avec quelqu’un, ne passet-on pas une sorte de contrat tacite avec lui? Et l’on sait que les contrats sont du ressort de la Balance. Enfin, la gentillesse, la délicatesse et le charme de ce signe contribuent efficacement à resserrer les liens d’amitié existants.
Nous avons noté à propos de la Maison V que la Balance était un signe modérément fertile : les amis ne seront pas très nombreux (à moins que tous les autres significateurs n’indiquent le contraire). Mais les vrais amis ne se comptent-ils pas sur les doigts d’une main? La Balance donne également une indication sur l’origine des amis. Ils pourraient venir d’un milieu où l’on cultive les arts. A moins qu’ils ne soient eux-mêmes artistes. Mais encore une fois, ce n’est là qu’une indication qui demande à être confirmée par d’autres éléments de l’horoscope. Le mariage, ou un autre genre d’association conclu par le sujet, peut lui apporter de nouvelles amitiés, agrandir le cercle de ses relations, l’aider à réaliser un projet ou combler ses espérances. Quant à sa vie mondaine, elle peut le mettre en contact avec des artistes ou des représentants d’une profession juridique.
Enfin, la chance vénusienne attachée à la Balance transforme souvent les amis en protecteurs ou en mécènes qui aident le sujet à améliorer sa situation ou à s’élever socialement. Dans le cas d’une dissonance, les défauts de la Balance jouent évidemment comme dans les autres Maisons. Cependant, ils paraissent ne pas avoir ici des conséquences aussi graves. A titre indicatif, voici quelques possibilités d’effets négatifs de cette configuration : préjudices causés par des amis ou des relations mondaines, espérances déçues, protections illusoires. De son côté, le sujet peut abuser de la confiance de ses amis.
Balance en Maison XII
La Maison XII est celle des sacrifices dont tout être humain doit faire un jour l’expérience. Ils lui sont généralement imposés par les autres ou par les circonstances de la vie. Mais ils peuvent également être librement consentis, et leurs effets sont alors très différents.
Dans le premier cas, les sacrifices sont ressentis par le sujet comme de pénibles épreuves. Ce sont, par exemple, les maladies chroniques, souvent provoquées par le refus du sujet d’observer certaines lois naturelles. Ces maladies peuvent entraîner un séjour forcé dans un hôpital ou une clinique.
Ce sont aussi les emprisonnements parce que le sujet refuse d’accepter un régime politique qui lui paraît inique, ou parce qu’il a un comportement criminel ou déraisonnable (maladie mentale) qui menace l’ordre établi.
Par extension, la Tradition rattache à la Maison XII les conséquences physiques et morales de tels comportements : les souffrances, la haine, les tortures, les trahisons, ainsi que ceux qui en sont les auteurs, mais qui restent la plupart du temps anonymes : les ennemis cachés. Dans le cas de sacrifices librement consentis, l’acceptation des souffrances peut être dictée par la foi religieuse, le désir d’aider autrui ou l’idéal politique (les jeûnes de Gandhi en Inde).
Ces sacrifices volontaires permettent d’accéder à certains domaines que la Tradition fait également dépendre de la Maison XII. Ce sont ceux de l’âme, s’ouvrant avec toutes leurs splendeurs à celui qui a eu le courage de renoncer à un certain monde, ce qui ne veut pas dire renoncer à la vie.
La Maison XII n’est pas une Maison de joie (comme la Maison V). Les seules joies qu’elle dispense sont les joies spirituelles. Mais nous venons de voir qu’on ne peut les atteindre qu’après avoir parcouru son « chemin de croix ». Il ne faut donc pas attendre de cette Maison beaucoup de bienfaits dans la vie « ordinaire ». Cependant, la présence de la Balance dans ce secteur peut atténuer les chocs du destin. Même ici, Vénus, la déesse compatissante, ne renonce pas à étendre sur les humains son manteau protecteur. Aussi les ennemis cachés seront-ils moins virulents.
Il peut même arriver que certains reviennent sur leur jugement et se réconcilient avec le sujet. Quant aux épreuves de la vie, elles devraient être plus supportables. Même quand les choses menacent de devenir très sérieuses, il semble qu’une protection occulte protège le sujet du pire. Cette superposition peut amener la conclusion d’un mariage secret, de pactes occultes ou d’alliances illégales, la collaboration avec des sociétés secrètes, la poursuite dans la solitude de recherches sur l’art, une vie recluse consacrée aux plus hautes valeurs vénusiennes (amour spirituel).
Une affliction de la Balance en Maison XII ouvre la porte à toutes sortes de maux qui se manifestent dans les domaines gouvernés par le signe : maladie chronique (reins), épreuves provoquées par un abus des « bonnes choses », mariage qui devient un enfer, procès perdus à la suite de contrats non respectés, etc.

