Ascendants

Combinaison des Signes avec les Ascendants

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Combinaison des Signes avec les Ascendants. 1

BELIER.. 5

Bélier Ascendant Bélier 5

Bélier Ascendant Taureau. 5

Bélier Ascendant Gémeaux. 5

Bélier Ascendant Cancer 5

Bélier Ascendant Lion. 6

Bélier Ascendant Vierge. 6

Bélier Ascendant Balance. 6

Bélier Ascendant Scorpion. 7

Bélier Ascendant Sagittaire. 7

Bélier Ascendant Capricorne. 7

Bélier Ascendant Verseau. 7

Bélier Ascendant Poissons. 8

TAUREAU.. 8

Taureau Ascendant Bélier 8

Taureau Ascendant Taureau. 8

Taureau Ascendant Gémeaux. 9

Taureau Ascendant Cancer 9

Taureau Ascendant Lion. 9

Taureau Ascendant Vierge. 10

Taureau Ascendant Balance. 10

Taureau Ascendant Scorpion. 11

Taureau Ascendant Sagittaire. 11

Taureau Ascendant Capricorne. 11

Taureau Ascendant Verseau. 12

Taureau Ascendant Poissons. 12

GEMEAUX.. 12

Gémeaux Ascendant Bélier 12

Gémeaux Ascendant Taureau. 13

Gémeaux Ascendant Gémeaux. 13

Gémeaux Ascendant Cancer 14

Gémeaux Ascendant Lion. 14

Gémeaux Ascendant Vierge. 15

Gémeaux Ascendant Balance. 15

Gémeaux Ascendant Scorpion. 16

Gémeaux Ascendant Sagittaire. 16

Gémeaux Ascendant Capricorne. 17

Gémeaux Ascendant Verseau. 17

Gémeaux Ascendant Poissons. 18

CANCER.. 18

Cancer Ascendant Bélier 19

Cancer Ascendant Taureau. 19

Cancer Ascendant Gémeaux. 19

Cancer Ascendant Cancer 20

Cancer Ascendant Lion. 20

Cancer Ascendant Vierge. 20

Cancer Ascendant Balance. 21

Cancer Ascendant Scorpion. 21

Cancer Ascendant Sagittaire. 21

Cancer Ascendant Capricorne. 22

Cancer Ascendant Verseau. 22

Cancer Ascendant Poissons. 23

LION.. 23

Lion Ascendant Bélier 23

Lion Ascendant Taureau. 24

Lion Ascendant Gémeaux. 25

Lion Ascendant Cancer 25

Lion Ascendant Lion. 26

Lion Ascendant Vierge. 27

Lion Ascendant Balance. 27

Lion Ascendant Scorpion. 28

Lion Ascendant Sagittaire. 28

Lion Ascendant Capricorne. 29

Lion Ascendant Verseau. 30

Lion Ascendant Poissons. 30

VIERGE.. 32

Vierge Ascendant Bélier 32

Vierge Ascendant Taureau. 33

Vierge Ascendant Gémeaux. 33

Vierge Ascendant Cancer 34

Vierge Ascendant Lion. 35

Vierge Ascendant Vierge. 36

Vierge Ascendant Balance. 36

Vierge Ascendant Scorpion. 37

Vierge Ascendant Sagittaire. 37

Vierge Ascendant Capricorne. 38

Vierge Ascendant Verseau. 39

Vierge Ascendant Poissons. 40

BALANCE.. 40

Balance Ascendant Bélier 41

Balance Ascendant Taureau. 41

Balance Ascendant Gémeaux. 42

Balance Ascendant Cancer 43

Balance Ascendant Lion. 43

Balance Ascendant Vierge. 44

Balance Ascendant Balance. 45

Balance Ascendant Scorpion. 45

Balance Ascendant Sagittaire. 46

Balance Ascendant Capricorne. 46

Balance Ascendant Verseau. 47

Balance Ascendant Poissons. 48

SCORPION.. 49

Scorpion Ascendant Bélier 49

Scorpion Ascendant Taureau. 50

Scorpion Ascendant Gémeaux. 50

Scorpion Ascendant Cancer 51

Scorpion Ascendant Lion. 52

Scorpion Ascendant Vierge. 52

Scorpion Ascendant Balance. 53

Scorpion Ascendant Scorpion. 54

Scorpion Ascendant Sagittaire. 55

Scorpion Ascendant Capricorne. 55

Scorpion Ascendant Verseau. 56

Scorpion Ascendant Poissons. 57

SAGITTAIRE.. 58

Sagittaire Ascendant Bélier 58

Sagittaire Ascendant Taureau. 60

Sagittaire Ascendant Gémeaux. 61

Sagittaire Ascendant Cancer 62

Sagittaire Ascendant Lion. 64

Sagittaire Ascendant Vierge. 67

Sagittaire Ascendant Balance. 68

Sagittaire Ascendant Scorpion. 70

Sagittaire Ascendant Sagittaire. 73

Sagittaire Ascendant Capricorne. 74

Sagittaire Ascendant Verseau. 77

Sagittaire Ascendant Poissons. 80

CAPRICORNE.. 83

Capricorne Ascendant Bélier 83

Capricorne Ascendant Taureau. 84

Capricorne Ascendant Gémeaux. 84

Capricorne Ascendant Cancer 85

Capricorne Ascendant Lion. 86

Capricorne Ascendant Vierge. 86

Capricorne Ascendant Balance. 87

Capricorne Ascendant Scorpion. 88

Capricorne Ascendant Sagittaire. 88

Capricorne Ascendant Capricorne. 89

Capricorne Ascendant Verseau. 90

Capricorne Ascendant Poissons. 90

VERSEAU.. 91

Verseau Ascendant Bélier 92

Verseau Ascendant Taureau. 93

Verseau Ascendant Gémeaux. 94

Verseau Ascendant Cancer 94

Verseau Ascendant Lion. 95

Verseau Ascendant Vierge. 95

Verseau Ascendant Balance. 96

Verseau Ascendant Scorpion. 97

Verseau Ascendant Sagittaire. 97

Verseau Ascendant Capricorne. 98

Verseau Ascendant Verseau. 99

Verseau Ascendant Poissons. 99

POISSONS. 100

Poissons Ascendant Bélier 101

Poissons Ascendant Taureau. 102

Poissons Ascendant Gémeaux. 102

Poissons Ascendant Cancer 103

Poissons Ascendant Lion. 103

Poissons Ascendant Vierge. 104

Poissons Ascendant Balance. 104

Poissons Ascendant Scorpion. 105

Poissons Ascendant Sagittaire. 105

Poissons Ascendant Capricorne. 106

Poissons Ascendant Verseau. 107

Poissons Ascendant Poissons. 107

BELIER

La combinaison du signe solaire et du signe ascendant constitue la charpente, l’ossature du thème natal : le Soleil en Bélier signifiant l’être profond de la personne et l’Ascendant sa manière de le vivre. Cette structure de base est capitale : rien n’est plus différent d’un Bélier Ascendant Bélier qu’un Bélier Ascendant Cancer… Dans le premier cas, la guerre sera extérieure (chef d’armée, révolutionnaire), dans le second cas elle sera intérieure (polémiste, artiste « martien »).

Bélier Ascendant Bélier

C’est évidemment le Bélier à l’état pur, MarsMars et Feu-Feu. Cette configuration accentue l’agressivité, l’impulsivité, le dynamisme. Si elle n’est pas freinée par d’autres aspects du thème, elle peut devenir dangereuse pour le sujet ou pour son entourage. C’est le thème du guerrier, du combattant. Il faut que ce type de Bélier apprenne la retenue, la modération, sinon il court à la catastrophe, au meurtre, à l’accident mortel.

Ici, Mars est maître du Soleil et de l’Ascendant, sa position est donc capitale. Il peut être plus problématique encore s’il est situé dans un signe où il n’est pas à l’aise, car l’agressivité du sujet risque alors de se retourner contre lui-même.

L’affirmation de soi est sans scrupules, mais, paradoxalement, l’hésitation peut surgir tout à coup, l’attirance pour le signe opposé (la Balance) étant très puissante. Néanmoins on ne peut pas demander au « double Bélier » de se transformer en Balance et, si elle est bien vécue, cette combinaison donnera un « punch » extraordinaire, un homme d’action imbattable, un aventurier génial, un combattant héroïque. Exemple : Murat, grand général de l’épopée napoléonienne, qui paya de sa vie ses erreurs.

Bélier Ascendant Taureau

C’est un curieux alliage, celui de l’avion à réaction et du tank. D’une part le Taureau apporte un peu de calme et de pondération à la fièvre du Bélier, de l’autre il augmente son amour de la nature et des couleurs, sa sensualité. Le côté têtu et opiniâtre devient aveugle et terrifiant, c’est le rouleau compresseur (Hitler : Mercure en Bélier, Vénus et Mars en Taureau). La personnalité est vigoureuse, féconde, constructive, jouisseuse. La possessivité est redoutable. Un point commun aux deux signes : une certaine naïveté printanière, qui peut les rendre vulnérables aux signes plus froids, plus intellectualisés. Le conservatisme du Taureau et son scepticisme s’allient à la fougue et au prophétisme du Bélier : cette structure permet aux idées hardies et neuves de se réaliser, de se matérialiser. Amour profond de la vie, endurance, capacité de travail écrasante. Tempérament joyeux, dionysiaque, amour des fêtes. Le raffinement et la subtilité sont limités. C’est l’amour de la vie qui domine.

Exemples : Giono, Vlaminck, Thorez (ainsi que de nombreux leaders soviétiques et théoriciens matérialistes).

Bélier Ascendant Gémeaux

La vivacité et l’impulsivité se trouvent accentuées par cette combinaison. L’alliance de Mars et Mercure donne intelligence, rapidité, sens de la polémique, mais aussi dispersion. Le Gémeaux apporte sa subtilité au côté un peu « fort en gueule » du Bélier, ce qui met l’accent sur le charme et l’humour. Mots clés : le feu follet, la séduction. L’aspect cyclothymique, capricieux, enfantin, imprévisible, peut être dominant. Le don d’éloquence et de persuasion s’en trouve renforcé, aux dépens de la stabilité : le Bélier Ascendant Gémeaux est l’être de l’instant par excellence, celui qui jongle, qui joue, qui persuade ou qui égare.

Mais la superficialité n’est qu’apparente : Pluton, second maître du Soleil, approfondit « l’alliage » du Feu et de l’Air (le personnage du dieu Loge dans la Tétralogie de Wagner). Bavardage, grimaces, interjections, pirouettes, derrière lesquelles se cache un sens profond de la vérité. Le mensonge brillant (le Bélier au service du Gémeaux) ou la vérité percutante (le Gémeaux au service du Bélier). Le manque de concentration peut devenir lassant. Risque d’hypernervosité et d’effondrements cyclothymiques. Le grand air, la décontraction et les exercices respiratoires sont indispensables. L’ironie est considérable mais le charme est tel que les amis pardonnent tout, puisque tout se passe dans l’instant. Il faut cultiver la persévérance, sous peine de succomber à la fable de la Cigale et la Fourmi.

Exemples : Jean-Paul Belmondo, Henri Il, Alain Poher, Wernher von Braun, Rémy de Gourmont.

Bélier Ascendant Cancer

C’est une combinaison problématique au premier abord, puisque les deux signes sont en carré. Maîtres : Mars et la Lune, l’agressivité et l’imagination, l’action et le repli sur soi-même. Selon le reste du thème, il y aura un rêve d’action ou ce rêve réalisé. Caprices, sautes d’humeur, tempêtes. Rapports difficiles avec le sexe opposé. La masculinité ou la féminité intérieure sont en conflit, ce qui se répercute dans l’existence.

Attachement au foyer, à la famille. L’aventure peut rester sur le plan du rêve. Contradiction entre l’esprit révolutionnaire et le conservatisme. Cette structure peut donner un tempérament démoniaque (MarsLune). Nervosité et lymphatisme à la fois. Intérêt pour la magie, sous toutes ses formes.

La faiblesse réside dans l’utopie, mais la force dans le mystère (le Cancer est le domicile nocturne du Bélier). Goût de l’envoûtement, de l’abîme. Forte sensibilité et prospection des gouffres humains. C’est une combinaison qui a donné des créateurs géniaux et profonds, mais souvent névrosés. La générosité et l’amertume se complètent. Exemples : Goya, Proust, Michel de Ghelderode, Louis Armstrong, Van Gogh.

Bélier Ascendant Lion

Que de Feu ! Combinaison SoleilSoleil. La tête et le cœur rayonnent. Magnanimité, goût du faste, haine de la médiocrité. Beaucoup d’orgueil, de panache ; goût de la croisade. Le natif Bélier Ascendant Lion ne doute pas de lui, au contraire ; dans son aventure démesurée, il risque de pêcher par excès. S’il n’est pas génial, visionnaire ou dictateur, il sera mégalomane, vantard, donquichottesque.

C’est une combinaison très fougueuse, très virile, qui n’admet pas la discussion. Chez une femme, complexe de la « pasionarian ». Mots clés : la grandeur, le faste, l’empire. Les grands voyages peuvent être vécus intérieurement, on aura alors un tempérament mystique, brûlé par un Feu sublime.

La vie est placée sous le signe de la réussite : actions d’éclat, demeures somptueuses, amour du théâtre, des fêtes. Générosité à condition de se plier aux exigences tyranniques du sujet. La création est placée sous d’excellents auspices (le Lion, signe V par rapport au Bélier) : enfants, spectacle, théâtre, amour. Tempérament royal, avec un fort penchant à l’égocentrisme tyrannique. Besoin d’être flatté, courtisé.

Exemples : Bolivar, Lannes, Claudel, Guillaume 1er, Thiers.

Bélier Ascendant Vierge

C’est une position problématique : le volcan du Bélier est passé au crible, comprimé par l’Ascendant Vierge. Le côté pusillanime et torturé de la Vierge contraste avec la force étincelante, sans retenue, du premier signe, d’où une dualité fort douloureuse. Il existe une contradiction entre le besoin d’aventures et de sécurité : c’est le poète génial, Baudelaire, bourré de hantises et de névroses, terrorisé à l’idée d’entrer seul dans un café, et qui fut l’un des plus grands aventuriers de l’esprit au XIXe siècle !

La cérébralité, l’esprit critique sont importants (Mars et Mercure). Tempérament de polémistes, d’analyste impitoyable ; un certain sadisme mental, celui de l’entomologiste qui épingle ses victimes.

Ce n’,est pas une bonne position pour l’amour, l’agressivité étant freinée par le rationalisme, voire la ratiocination. Les meilleurs amis de Baudelaire ont prétendu qu’il était mort vierge…

Au positif, le réalisme de la Vierge peut permettre au Bélier d’incarner ses idéaux, non sans tergiversations, hésitations, remords et culpabilité. L’érudition est particulièrement favorisée. Exemples : leur dualité est particulièrement instructive ; d’une part, Descartes, un des principaux responsables de la mort de l’imagination en Occident ; de l’autre, Baudelaire, le poète des poètes, à l’esprit affiné comme une lame de rasoir…

Bélier Ascendant Balance

Voilà une dualité qui n’est pas forcément néfaste : le signe opposé est toujours à la fois celui d’une fascination et d’un refus. Ici, le Bélier devient particulièrement sensible : l’axe BélierBalance n’est-il pas celui de la justice ? La lutte se teinte de pessimisme. Recherche des combats perdus d’avance. Le tempérament oscille entre le fanatisme et la conciliation. Torture mentale, conflits intérieurs terribles (Drieu La Rochelle). La tendance à la critique du monde extérieur peut devenir pathologique ; tendance « masochiste », car ce balancement prédispose à un rôle de bouc émissaire. Ou l’on joue les forts, ou l’on joue les faibles ; mais si on joue les deux en même temps… Il y a un risque de sacrifice, de don de sa personne à une cause extérieure : l’agressivité du Bélier se projette dans la recherche d’une entente impossible (Balance). Le besoin de charmer et de concilier des extrêmes tourne à l’obsession, le don-quichottisme devient délirant.

Le Bélier n’hésite jamais, et la Balance toujours. Douloureuse alchimie, qui s’est soldée, pour Drieu La Rochelle, par une mort de désespoir. Exemples : Rimbaud, Gogol, Lamartine.

Bélier Ascendant Scorpion

Remarquable alliage (MarsPluton, PlutonMars) : seconds maîtres, comme à la tête d’un vaisseau infernal. La puissance d’action et l’efficacité sont redoutables : c’est le capitaine Nemo. La personnalité est hyper-agressive, la violence est lucide, maîtrisée, parfois méchante. Chirurgien ou criminel…

Si cette révolte féroce n’est pas extériorisée, elle peut donner un tempérament suicidaire, « somatisant » ses problèmes à travers une agressivité pathologique. Intolérance, fanatisme, goût des sectes, des petits groupes bourrés de dynamite. C’est le terrorisme, d’une manière ou d’une autre. Le comportement est implacable.

C’est le chef (Bélier) d’un réseau souterrain (Scorpion) détruisant sans pitié un monde qu’il méprise… Le docteur Mabuse aurait pu avoir cette structure dans son thème hypothétique.

Les qualités du Bélier et du Scorpion mêlées forment un des plus durs et explosifs alliages du Zodiaque. Les défauts aussi… Exemple : Gambetta, Henri Becque.

Bélier Ascendant Sagittaire

C’est la combinaison la plus sublime. Ici, Zorro-Don Quichotte mobilise toutes ses armées pour monter à l’assaut d’une forteresse imaginaire. Autre traduction : « Votre élan et votre vitalité se joignent, de façon fort heureuse pour votre avenir et votre destin, à un optimisme et une chance dépassant la moyenne. »

Le héros sublime, enflammé, ou le vulgum pecus paranoïaque. La confiance en soi est excessive, et n’est intéressante qu’au niveau spirituel. Tempérament plein de foi, naïf, enthousiaste : le boy-scout. Donneur de conseils, très serviable, plein de fougue, toujours « à côté de la plaque », à moins qu’il ne soit génial.

Au positif, orgueil sublime, recherche de la grandeur, de l’héroïsme. Gandhi ou Bleustein-Blanchet (qui ne sont ni l’un ni l’autre Bélier) ont l’Ascendant Sagittaire.

La chance est remarquable et les amours protégées. C’est aussi une combinaison qui a donné de nombreux sportifs.

Quelle que soit la manière dont est vécue cette alliance, une chose demeure : un Soleil et un Ascendant en signe de Feu n’ont jamais donné une nature très subtile. Que de Feu ! Exemples : Zola, Ladoumègue, Bismarck.

Bélier Ascendant Capricorne

Combinaison très intéressante, mais difficile. La dureté et l’ambition dominent, les deux signes sont en carré. Le Mars du Bélier et le Mars du Capricorne, tous deux en dignité, sont antinomiques : l’un agresse dans l’instant, l’autre vise à longue échéance. Mais les deux peuvent finir par se rejoindre.

Néanmoins. il existe une contradiction entre le côté « jeune » et « vieux ». Le Soleil pousse vers le mouvement. l’Ascendant vers la stagnation. D’un côte, le Feu dévorant, de l’autre l’immobilité glacée. La fusion. si elle est réussie. peut donner un « feu de glace », une passion froide. lucide. maîtrisée.

Il y aura toujours une hésitation entre l’action et le renoncement. J’ai remarqué qu’elle peut être surmontée par la création artistique, ayant connu deux grands poètes marqués par cette structure. Dans la « réalité », c’est une combinaison qui se révèle forcément douloureuse.

Une orientation vers la politique (qui peut se définir comme un « ratage réussi ») peut servir de soupape. Le tempérament est sincère, mais absolu : le Bélier recherche la force, le Capricorne le pouvoir. Exemples : Napoléon III, Tamerlan.

Bélier Ascendant Verseau

Mélange explosif et harmonieux à la fois, où la foudre a son mot à dire. Les deux signes vont vers l’avenir, par des voies différentes mais proches. Le Bélier Ascendant Verseau est indépendant, novateur il ne supporte aucune contrainte. Il fait exploser les structures autour de lui. Il a le sens de l’amitié et il est parfaitement désintéressé. Ce curieux animal ne dédaigne pas de se libérer dans le scandale et il forme à lui seul un couple anticonformiste. Il peut s’égarer dans les mirages et dans l’utopie, mais, en général, le talent ne lui manquera pas. Il sait s’attirer les sympathies et les affections.

Sa faiblesse peut résider dans l’ingénuité, le militantisme un peu obtus, le manque de réalisme. Sa force sera dans la physique ou dans la métaphysique ; dans la politique, il sera surtout un utopiste. Mars et Uranus « ne sont pas de ce monde ». Cette combinaison peut donner un « complexe de Prométhée », avec, en négatif, une manie de la persécution.

Rien de médiocre, en tout cas, dans cet alliage qui désigne le natif. presque touJours. a la vindicte de ses contemporains. Souvent, un côté mystique. Exemples : Gassendi. Jules Ferry. sainte Thérèse d’Avila.

Bélier Ascendant Poissons

Une épée rougie plongée dans l’océan : bouillonnement chaotique, effervescence incontrôlée. Intuition cosmique, goût du mystère, sacrifice à une cause obscure : le Poissons n’est-il pas le douzième signe (Maison XII) par rapport au Bélier ?

L’émotivité, la sensibilité sont considérables. Mars étant au service de Neptune, il n’y a de salut que dans le don de soi et la mystique, sinon ce pourra être l’alcoolisme, la drogue et toutes les errances : le Bélier Ascendant Poissons est « le moins Bélier » de tous les Bélier. Le plus grand doute côtoie la plus grande certitude, l’épée voisine avec le mollusque, la force brutale avec la passivité. Grande leçon taoïste, ou naufrage complet. L’Eau devient ignée, le Feu aquatique. Plus personne ne s’y retrouvera, surtout pas le natif. Le mieux est de devenir génial dans le rôle ou les fonctions choisies ; autrement le biais est peut-être dans le charme, l’humour. la drôlerie, la bonté, la générosité. Aucune méchanceté dans cet alliage, où le dieu de la mer noie complètement le Feu de Mars. Exception : celle où Mars parviendrait à transformer la mer en une mer de feu. La contradiction n’est-elle pas l’équation du génie ? Exemples : Gorki, Vigny.

TAUREAU

Taureau Ascendant Bélier

La signature « printanière » qui ressort de cette formule formée des deux premiers signes du zodiaque peut convenir à des conduites expressives, débordantes, conquérantes et à des tempéraments agités d’instincts puissants, prompts à satisfaire leurs appétits turbulents, leur besoin de sensations vivifiantes. Le printemps, ce n’est pas seulement les pâquerettes. Il désigne aussi les sanguins excitables et soupe au lait, les gaffeurs par irréflexion qui séduisent pourtant par leur courage, leur fraîcheur et leurs incorrigibles étourderies.

L’Ascendant Bélier devrait compenser ce que le signe solaire risque d’avoir acquis en maturité défiante et conservatrice. Même si l’expérience prouve et démontre les avantages de la stabilité, de l’action raisonnée, des entreprises longues et patientes, en dernier recours l’accélération l’emporte sur la retenue. Un coup de tête achève ce qui a été commencé dans la méthode, la logique et le calcul.

Ainsi les réflexes d’immodération chassent ce que de sages résolutions avaient mis en place.

L’impatient gronde sous le faux débonnaire. Extasiez-vous de ses politesses avant que la mollesse de vos remerciements ne l’incite à la querelle. Si ses concessions et rapprochements pacifistes restent sans effet, gare au guerrier qui prend le relais. Désormais, il peut se croire en droit d’accuser, d’exterminer, de venger sa douceur déconfite.

Généralement, il n’attend pas d’être déçu. De son propre chef, il décide de passer de l’obéissance à la rébellion. Il se déchaîne au déclic d’un soupçon et, de diplomate, il devient sabreur aux colères rougeâtres.

En moins coloré, c’est un être qui ne peut pas rester longtemps sous contrainte, la soumission ayant pour effet concluant de le déterminer à des initiatives intempestives, comme si sous le couvert de l’attachement et de la dépendance, il se forgeait une personnalité incisive, agissant par coups de boutoir.

Taureau Ascendant Taureau

Tempérament posé, réfléchi, mais s’échauffant vite si on lui résiste et capable de passer des rondeurs de la souplesse à l’affirmation claire et sommaire de sa volonté brutale.

Il se défie de son fond suggestible et adopte, à l’occasion, des attitudes d’opposition, de refus systématique, pour ne pas avoir à considérer la part d’un doute perturbateur quant à ses goûts, ses idées et croyances. Il aspire à la durée, au définitif, et cela explique ses lenteurs, ses prudences, ses habitudes routinières et les rites dont il s’entoure pour conjuguer les appétits d’aventure qui bouillonnent parfois en lui.

Sensoriel autant que sensuel, il sait apprécier le poids et le contact des choses, humer, palper, pétrir la vie sans se perdre en longs discours sur ses sensations, celles-ci étant à ses yeux des informations précises, qui se suffisent à elles-mêmes et se passent de commentaires littéraires. Sous son écorce débonnaire, il peut y avoir de la gravité, des inquiétudes, des griefs, de sourdes colères, des pensées et des sentiments qui fermentent en suivant des chemins parallèles à ses préoccupations moins secrètes.

Bien que sujet à de fréquentes variations d’humeur, il s’efforce d’en limiter les manifestations.

Sa cyclothymie peut être triste ou gaie. Celle du taciturne protégeant jalousement ses avoirs, affectifs et matériels, ou celle du bon vivant, loquace, collant, foncièrement rebelle à la solitude.

Il se donne à fond à ce qu’il aime. Une tâche, une vocation, une passion exclusive l’aident à réaliser succès et équilibre en éloignant les diversions corruptrices.

Narcissique, il n’apprécie que l’enclos de sa conscience et l’expérience, la pratique des êtres et des choses le confirment dans l’idée que tout ce qu’il fait est bien fait, qu’étant comme il est, il ne pouvait échapper ni à sa logique, ni à ses erreurs. Il peut ainsi organiser sa pensée pour demeurer, quoi qu’il advienne, fidèle à ses principes, fidèle à lui-même.

Taureau Ascendant Gémeaux

Cette formule, en dehors du fait qu’elle conserve une unité printanière, passe pour composer des reliefs saisissants. L’alliage des tendances peut être difficile à réussir, si l’on songe que le Taureau s’équilibre et s’affirme par concentration d’énergie tandis que le Gémeaux exprime la fonction contraire de déconcentration : il déboulonne et dépassionne. Le caractère sera tissé de contradictions déchirantes s’il ne trouve pas de ponts mobiles pour relier les aspects sédentaire, possessif, monocorde du Taureau aux aspects versatile, libertaire, polyvalent du Gémeaux.

Nous pouvons voir apparaître ici de forts appétits matériels et un parfait détachement à l’égard des questions d’argent, les aptitudes à la multiplication des gains évoluant en inaptitude à les faire fructifier pour son propre compte.

La sensualité, le sens des fruits de la terre forment de vifs contrastes avec le goût des abstractions et des jeux de l’esprit. L’être de chair étonne la pensée qui l’habite. Mais s’il y a de l’envergure pour réunir le tout, les forces instinctives vivifieront l’intellect qui plaidera pour elles en donnant des moyens d’expression et de représentation aux réalités premières que d’aucuns vouaient au silence par mépris, ignorance, dévalorisation de leurs bases animales.

Taureau Ascendant Cancer

Cette formule zodiacale présente d’importants points de convergence, et, au niveau des apparences, le bénéficiaire pourrait se tailler la réputation d’un être exempt de contradictions, agissant conformément à ses idées, à ses sentiments bons ou mauvais, peu tributaire d’un environnement extérieur contre lequel il s’est solidement protégé.

Si cette signature permet de se constituer un État dans l’État, de se bâtir un univers clos étranger aux tribulations ambiantes, elle excite, en revanche, la cuisine intérieure d’une âme aux mille paradoxes.

Ainsi, tandis que derrière les meurtrières d’une citadelle personnelle rustique le monde extérieur paraît uniformément plat, le regard vers l’en-soi dévoile un florilège d’émois, une cour bigarrée de sentiments complexes.

Sans vouloir forcément tromper les gens, ce tempérament les égare par un contact, abrupt ou simple, sans rapport avec les facettes, pirouettes et chausse-trappes qu’il réserve aux intimes. C’est dire qu’il peut y avoir hiatus entre l’être de surface, guindé, construit, muré, et l’être conscient, effervescent, réajustant constamment ses défenses perturbées par sa susceptibilité.

Classiquement, on en fait un bourgeois, un pépère aimant sa campagne, sa compagne, ses enfants, sa télé, ses pantoufles et son député. C’est dire surtout que la formule se prête à une robuste organisation de la vie privée ou de la subjectivité. Cela pour la plus grande satisfaction des besoins de l’inhibition naturelle (santé, prospérité), heureusement relayée par l’inhibition protectrice.

N’oublions pas que cet Ascendant établit un pont entre sensation et sentiment. Liaison sélective : les perceptions concrètes provoquent des jugements, des réactions de défense, des dégoûts manifestes. Ou bien elles sont digérées, assimilées, transformées en éléments fortifiant les choix du cœur, les raisons et déraisons de la sensibilité. Le réel s’est changé en reflets pour un imaginaire plus vrai que nature.

Taureau Ascendant Lion

Les deux symboles animaux constituant cette formule suffisent à illustrer une psychologie marquée théoriquement par la puissance des instincts et l’énergie du vouloir. L’autorité d’un tel tempérament risque d’être écrasante. Il n’est pas enclin à mettre de la finesse dans l’aveu de son besoin de suprématie. Sa conscience léonienne peut l’inciter à étaler sans morbide pudeur ses tumultes animaux. Il ennoblit ses appétits sensuels, pense-t-il, en leur donnant du lustre, en les assumant en place publique.

L’égocentrisme et le narcissisme se construisent, s’élaborent, se raffinent, à partir des luttes vécues, des résistances victorieuses aux conflits, ou à partir des lourdes tâches et labeurs de la carrière taurienne.

Le penchant dominateur ne doit pas exclure une éventuelle aptitude à reconnaître des mérites aux concurrents, mais si le succès d’un dessein majeur est en cause, ce genre de concession à l’adversaire se fait rare, même chez un Lion de réputation magnanime.

L’heureuse coopération TaureauLion peut aboutir à une exceptionnelle puissance de travail.

Une fois engagé dans une entreprise, ce tempérament ne dételle plus.

Si les tendances s’opposent au lieu de se rejoindre dans des réalisations d’envergure exigeant autant d’endurance que d’audace, de fond que de bluff, la formule laisse craindre de cruels tiraillements entre une violente opposition aux suggestions extérieures et un désir impulsif, non moins violent, d’agir contre elles en passant de l’attitude réfractaire à l’offensive ouverte.

Dans ces dilemmes s’affrontent les avantages d’une action lente, toute de profondeur et de patience sournoise, et les avantages des opérations brillantes, efficaces par l’ampleur de leur culot.

Celles et ceux qui ne choisissent pas ou ne savent alterner brillent surtout par un immobilisme orgueilleux et crispé.

Taureau Ascendant Vierge

Les signes composant cette formule concernent des tendances convergentes. En principe, il doit être facile pour ce tempérament de trouver une saine économie entre les pulsions possessives du Taureau, sa volonté massive, ses capacités défensives, et les aptitudes sélectives de la Vierge, son sens critique et discursif, son goût des constructions logiques. L’ensemble convient à une personnalité disposant d’un bon fonds d’endurance et de constance pour des tâches méticuleuses conjuguant l’expérimentation concrète et la formulation théorique précise.

Les dispositions naturelles du Taureau se raffinent dans les tamis Virginiens. Ce n’est plus le règne de la sensualité sauvage. Les sens sont sélectifs. S’ils puisent aux mêmes sources, c’est pour effectuer des tris et des interdits. Classiquement, l’organisation harmonieuse des aspects « naturel et autoprotectif » de l’inhibition justifie les portraits autour des mots clés d’ordre, de rigueur, opiniâtreté, prévoyance, économie. Ce que le Taurien produit, arrache à la terre, à ses patrons ou à ses dons, le Virginien l’entretient, l’épargne ou le place à des taux avantageux.

L’esprit d’analyse dispose aussi d’une riche matière pour broder sa philosophie, extirper du vécu des règles, préceptes, conseils et recettes réfléchies. La conscience sélective permet d’éviter ou de limiter les égarements des pulsions libidineuses. Ce Taureau n’a plus l’effervescence aussi facile, mais il’ a le secret de stimulants recherchés. Il a peut-être retenu de ses frasques turbulentes une connaissance bien établie des doses qui lui sont, ou non, profitables. Ses instincts sont devenus savants, ses démons experts en théologie. Il a le jugement qui retient par prévenances. Son danger est de corseter et de finir par étouffer l’animal à force de l’éduquer, de le civiliser et de le moraliser.

Taureau Ascendant Balance

Singulière équation que celle du Taureau, centre des énergies primordiales, en phase de séduction sociale. On est tenté d’en saisir la solution dans Vénus, planète régissant traditionnellement les deux signes. L’amour serait alors le moteur exclusif de ce tandem qui aime en force et finesse. Le Taureau pour la possession, l’emprise par la fascination de toutes les promesses de fécondité, prospérité, stabilité. La Balance pour les perspectives d’un dialogue amoureux d’égal à égal, se complaisant en arabesques et méandres délicats, l’égalité signifiant, de fait, des alternatives de guerre et de paix.

En dehors de Vénus, nous avons la possibilité d’envisager la transformation des comportements réfractaires en conduites élaborées. La sourde volonté de cohésion, d’ordre, d’économie fermée, s’appuie sur une conscience avisée dans l’art de l’alliance, du compromis aléatoire et du bon usage des mœurs, conditions formelles des rapports de force. C’est un Taureau qui tend à réformer la tauromachie au nom du droit des bêtes.

S’il a du souffle, celui de l’homme-buffle, migrateur et constructeur, il passera par les canaux des codes et institutions. A moins qu’il ne réforme ceux-ci pour y mettre ses aises.

L’essentiel est dans le mouvement, le déplacement des valeurs dites naturelles aux valeurs socioculturelles, politiques ou civiques. La dimension taurienne de hobereau, seigneur plébéien, se faufile ou s’impose dans les ambassades et les salons, éventuellement pour y rappeler les vertus des forces telluriques.

Ou bien la volonté massive se change en hydre. Elle doit combiner le compact et le tentaculaire, le sens des cohérences et celui des alliances dialectiques.

Taureau Ascendant Scorpion

Il y a lieu de souligner, dans cette formule, la puissance de concentration qui risque, faute d’application à un objet réel, de se pervertir en idée fixe, source de fantasmes et de perversions. Le sexe figure au premier plan de ces intérêts dont l’abus aliène le sens critique tout en approfondissant la faculté d’investigation.

Si les dispositions sont intellectuelles, ce caractère aura la patience, l’opiniâtreté, la bonne portion de faculté déductive qui conduisent au déchiffrement des vérités que la nature dissimule dans ses atomes, cellules et planètes.

L’évolution peut le conduire de la constatation d’une vérité première, aussi évidente que la faim, la soif et la marche à pied, à la conceptualisation d’un système complexe aux applications infinies, grâce auxquelles son créateur et propagandiste se constituera une spécialité de grand renom.

Le charme taurien peut devenir prenant, vampirisant et si l’on songe à sa puissance de frein- barrière, celle-ci promet de se prolonger en conspirations, activités culturelles de subversion ou d’intoxication.

Double politique du « Non »… L’une permet théoriquement de ramasser ses atouts, l’autre de les distiller en un sublimé corrosif pour corrompre, dissoudre, désintégrer les conformismes ambiants, nettoyer les oppositions aux impératifs de santé, vitalité, jouissance et domination.

Les aspirations tauriennes, sensuelles, épicuriennes ou intellectuelles vont alimenter et justifier les fonctions Scorpionnesques de liquidateur.

La convergence peut donner des comportements singulièrement polarisés, habiles en manoeuvres souterraines, facilement obsessionnels.

Mais la réduction à une voie unique risque de se faire au prix de paradoxes, d’artificieuse logique, ou d’un dualisme contrarié qui, tôt ou tard, reposera le problème des forces mal appariées.

Les classiques assurent que cette signature donne un tempérament déchiré par Eros et Thanatos, principe de vie et principe de mort.

Taureau Ascendant Sagittaire

Pour les adaptés, formule de puissance qui réunit deux signes aux tendances complémentaires.

Par exemple, les instincts conservateurs du Taureau sont corrigés par les libéralités du Sagittaire.

La sédentarité relative de l’un est compensée par l’humeur voyageuse de l’autre, ce qui peut inciter le Taureau à de plus fréquentes migrations.

L’ouverture sagittairienne aux modes et courants connaît des compensations qui lui épargneront les écueils du snobisme. La conduite peut, dans les meilleurs cas, rester fidèle aux motivations et principes de fond tout en usant des opportunités, alliances, facilités et séductions du moment.

S’il a de l’envergure, ce tempérament ranime par la vigueur de son idéalisme les causes en perdition, fourvoyées dans les excès d’intellectualisme. Il peut mettre plus de cohésion, de volonté animale, à défendre ou répandre ses convictions. On lui prête du talent à légitimer et porter à son plus haut niveau d’expression sociale les vocations tauriennes en rapport avec la vraie vie, les plaisirs, les besoins, les lyrismes de l’homme de chair.

On imagine encore un être sujet à de multiples agitations d’humeur, tour à tour irritable et craintif, fougueux et frissonnant, tant ses énergies sont convertibles, aptes à varier des galops primaires de l’émotivité aux évitements maniérés de la sensibilité.

Le danger vient, chez l’adapté, des poussées de compromissions qui risquent de lui faire oublier sa puissance réfractaire.

Taureau Ascendant Capricorne

Dans cette formule, les tendances du signe ascendant renforcent celles du signe solaire, la conscience hérite de l’expérience sans secousse de conversion. C’est dire que les choses s’arrangent plutôt bien dans cet univers. Le tempérament s’accommode sans problème de l’écoulement du temps, acceptant les restrictions des ans après en avoir épuisé les abondances. Au mieux, il forge sa supériorité sur la prospective, en dégageant les voies du futur de ses méditations sur le passé.

La:sensualité, pour être contenue, n’en est pas moins pressante. Chez les êtres équilibrés, elle prévient heureusement contre les dangers de la raison et abstractions sans flamme. Il faut espérer que le raisonnable, ici, trouve ses racines et fondements dans les besoins primordiaux de l’homme. En ce cas, la pensée, morale, physique, politique et économique, a des chances de prospérer, forte de sa sève.

Selon ce schéma, on attribue au signe ainsi marié de grandes qualités de constance, d’ordre, d’opiniâtreté, de méthode. C’est un « secondaire ». Il a le sens du temps, mais il faut distinguer celui qui traîne de l’arrière, avec les traditions, regrets, souvenirs et greniers du passé, et celui qui pousse par devant avec son regard ambitieux et calculateur sur l’avenir, ses dons de prévisionniste sagace.

L’excitabilité convertie en inhibition peut donner de meilleurs moyens de réussir et stabiliser ses inductions. C’est-à-dire les engagements sur voie unique, les oeuvres et constructions qui doivent tout à une passion ou idée dominante et à laquelle êtres, choses, habitudes se soumettent comme autant de rivières à leur fleuve.

Taureau Ascendant Verseau

Si l’on ne se préoccupe pas d’un lien d’évolution entre les deux signes, il suffit de les faire coexister, de les juxtaposer, pour concevoir une personnalité à double face : réaliste, possessive, charnelle, instinctive dans un domaine de sa vie ; idéaliste, désintéressée, intellectualiste sur un autre plan d’activité. Considérant que la formule adaptée du Verseau est l’inverse de celle du Taureau, on suppose une transformation difficile des tendances en leur contraire. Les échecs ou réussites trop partielles abondent.

La médisance se repaît de ces caractères qui à vouloir faire l’ange font la bête. Personnalités conflictuelles dont la conscience libérale, progressiste, aux lendemains qui chantent, ne parvient à tenir ses promesses que par des voies tyranniques. Ses visées humanitaires audacieuses, ses aspirations sublimes où l’homme sort blanchi de sa fange finissent par être le prétexte d’artificielles dominations, pires que les naturelles.

D’aucuns, plus heureux dans l’art de marier les contraires, sauront trouver dans l’expérience des rapports instinctifs et de l’aliénation aux besoins primordiaux les modèles contre lesquels il faut réagir pour atteindre détachement, sagesse et bonté d’âme. Une façon supérieure, de grand niveau, de réunir les deux signes serait de montrer tout ce qu’il y a d’essence méconnue, d’ordre spirituel ignoré et de divinité cachée dans la substance du monde.

Communément, le choc des inductions menace de produire des équilibres incertains, des êtres aux paradoxes contrariants, mettant du doute dans toute certitude et de la certitude dans le doute, s’égarant dans les sous-entendus en demi-teinte, perturbés dans un entendement et une volonté aux affirmations comme aux dénégations chancelantes.

Taureau Ascendant Poissons

Les convergences de cette combinaison ou ses polarisations accentuent la réceptivité et la recherche d’autodéfense contre l’excès de sensibilité. Celle-ci, au niveau Taureau, va de pair avec une sensualité chaleureuse adaptée aux supplices et délices des rythmes quotidiens. Au niveau Poissons, elle entre plus souvent en résonance avec l’intuition percevant l’irrationnel qui court entre les êtres bousculant leurs émois et humeurs.

Les aspects tendres et vulnérables de la personnalité devraient assouplir les pulsions impatientes.

L’excitabilité mobile se résout en masque de défense qui se voudrait serein et souverain. La crainte, la défiance ou l’adoption de principes d’impassibilité désinvolte contrôlent théoriquement les impulsivités coléreuses. Mais, à la vérité, cette sagesse dort sur un volcan, et des conduites brutales, explosives, peuvent succéder aux résignations et soumissions apparentes.

Les expériences passionnelles, tumultueuses ou simplement intenses, ouvrent éventuellement à une notion large et mal définie de la vie. L’exaspération du besoin de posséder, tenir, dominer, réduire bien à soi, peut, sous le choc des déboires ou par prise de conscience d’une autre dimension, se changer en généreuse abdication de tous privilèges. En se ressaisissant, rompant les amarres des rapports objectifs, l’âme s’exalte dans la seule aventure de sa puissance d’évasion.

GEMEAUX

Gémeaux Ascendant Bélier

Cette combinaison zodiacale est simple, elle réunit l’Air et le Feu. La combustion qui en résulte est donc essentiellement dynamique. Elle accentue le caractère spontané, indépendant. Le sujet ainsi marqué ne voit guère les obstacles, ou, s’il les pressent, il compte sur son adaptation à l’instant présent pour éviter les dangers.

Le côté Bélier s’efforce de réaliser les idées qui viennent des Gémeaux. C’est donc une combinaison essentiellement pratique, qui ne se contente pas de parler, mais exige des réalisations effectives, et non pas seulement de beaux projets.

On constate chez les Gémeaux Ascendant Bélier beaucoup de jeunesse, d’allant, de brio. Leur caractère est le plus souvent gai, entraînant, et exprime une joie de vivre qui est en fait l’expression de la grande vitalité du Bélier. Le natif s’exprime avec facilité, il est plein d’humour, et ce côté sympathique l’aide à faire passer quelques rosseries ; on note parfois une certaine agressivité mentale, due à l’influence conjointe de Mercure et de Mars, les deux planètes qui gouvernent les signes en question. Les variations de l’humeur sont fréquentes, passant brusquement du rose au noir, produisant des alternances de dynamisme et de baisse de tension.

La hardiesse et l’impulsivité sont des traits dominants et facilitent les prises de contact, les relations de tous ordres. Le sujet trouve toujours un auditoire qui l’écoute avec plaisir et se laisse persuader par son côté vif et passionné. Il ne s’encombre pas trop de principes et s’adapte rapidement, modifiant s’il le juge bon ses idées et ses projets en fonction des circonstances. La nervosité, le danger de dispersion des efforts dus au côté Gémeaux peuvent être surmontés dans une activité réalisatrice et rapidement mise sur pied.

Gémeaux Ascendant Taureau

La rencontre du premier signe de Terre avec le premier signe d’Air détermine une nature en partie prudente, réaliste, réfléchie, ramassée, mais aussi indépendante et volontiers fantaisiste. Il en résulte un manque de certitude intérieure rendant le caractère plutôt ambivalent, et porté à suivre des influences contradictoires. Le Taureau apporte ses qualités essentiellement pratiques, son sens du concret, et le Gémeaux son habileté mentale, son opportunisme. Mais l’alliage est difficile, le Taureau reprochant au Gémeaux son impatience, sa futilité, et ce dernier ne comprenant pas l’opiniâtreté et une certaine pesanteur bien tauriennes.

Mais si l’harmonie s’établit, l’habileté, la facilité de contacts apportent au Taureau une façon plus rentable d’utiliser ses évidentes qualités et l’aident à se mettre en valeur avec une certaine astuce. Intellectuellement, l’esprit s’assouplit et se fait plus nuancé, il exige moins de preuves tangibles avant de comprendre, et se fait plus intuitif.

En cas de tendances artistiques, on constatera en peinture une alliance féconde du dessin et de la couleur.

Il s’agit généralement de grands travailleurs, de ceux qui suivent obstinément la voie qu’ils se sont tracée, tout en sachant prendre à temps les raccourcis que le destin ouvre parfois à leur intention. Il faudrait de fortes dissonances pour qu’une belle réussite ne soit pas obtenue. Il advient qu’il émane d’eux un don de séduction, un magnétisme qui n’est pas sans effets tangibles sur leur carrière. Parfois aussi, l’influence vénusienne sécrétée par le Taureau les prédispose à une vie amoureuse marquée par de forts entraînements sexuels, auxquels il leur est difficile de résister.

Le cas de Richard Wagner est typique. Gémeaux, il l’est par le Soleil, mais il n’a pu être possible de préciser si l’Ascendant se situe à la fin du Taureau ou en Gémeaux. Les valeurs Taureau sont de toute façon importantes, par la présence de Vénus, qui a joué aussi bien affectivement que dans la création musicale.

C’est un tout autre personnage que nous révèle le thème de Georges Marchais. Ce Gémeaux malicieux et retors, ne pouvant renier sa souche paysanne normande, est solidement campé sur un fond Taureau, et les deux signes ont collaboré pour l’élever au premier plan de la scène politique, le Taureau et son magnétisme ayant permis d’estomper les imprudences que sa nature Gémeaux l’entraîne à multiplier.

Gémeaux Ascendant Gémeaux

C’est le cas de tous les Gémeaux qui sont nés au lever du Soleil. Cette « géminitude » poussée au maximum fait donc d’eux l’incarnation parfaite de ce type zodiacal, renforcée encore si Mercure et la Lune se trouvent dans ce signe.

Comment établir le portrait du double Gémeaux, sinon en répétant tout ce qui a été dit sur la caractérologie et les tendances générales ? Les traits de caractère, les qualités et défauts, la dualité, la mobilité, la curiosité, tout cela s’intensifie et, à la limite, on pourrait craindre qu’un pareil sujet soit vraiment trop typé et présente même quelque chose d’un peu caricatural.

On pourrait craindre qu’une telle nature présente un excès de fantaisie et de superficialité. Il n’en est rien, car la présence d’une planète donnant, si l’on peut dire, du poids à une personnalité trop aérienne, rétablit un équilibre satisfaisant. C’est le cas du chanteur Main Souchon : la présence de Saturne à l’Ascendant en fin Gémeaux détermine en lui l’amour du passé et une certaine mélancolie. D’autres cas prouvent qu’il faut se garder de diagnostics trop simplistes, car nous trouvons parmi les « doubles Gémeaux » Pierre Brossolette, héros de la Résistance, et le président Soekarno qui gouverna la Malaisie pendant plusieurs années. Un autre cas tout différent est celui du criminel Yves Monpetit, évadé et repris au début de 1978 : mais on trouve dans son thème des structures agressives qu’il n’a pu sublimer.

Sur le plan de l’apparence corporelle, de la morphologie, il serait intéressant de vérifier si les doubles Gémeaux présentent bien les traits que la Tradition attribue à leur signe : c’est bien là un trait de ce secteur fantaisiste, qui, lorsqu’il est seulement signe solaire, donne à ses natifs une taille plutôt petite, une stature fine et déliée, en bref, une silhouette très mercurienne. Mais en Ascendant, les Gémeaux seraient plutôt de grande taille, l’exemple type étant le célèbre portrait du roi Philippe II d’Espagne. Quoi qu’il en soit, les traits et la corpulence dépendent plus nettement de la planète qui domine le thème, un compromis pouvant s’établir entre la minceur de base des Gémeaux et la plénitude apportée par la présence de la Lune, de Vénus ou de Jupiter près de l’Ascendant Gémeaux, la musculature étant surtout du domaine de Mars. Le plus bel exemple de Gémeaux Ascendant Gémeaux est sans contredit Henry Kissinger, diplomate célèbre, grand voyageur, homme énergique s’il en fut, grâce à son Mars ascendant.

Gémeaux Ascendant Cancer

L’accord n’est pas des plus aisés entre l’Air, qui se veut libre, et l’Eau, paisible et ensommeillée dans son lit. Mercure, le vagabond à la recherche de contacts nouveaux, n’apprécie pas l’apparition de la Lune, planète des songes, qui régit le Cancer.

Comment réaliser cette vie d’adulte, à laquelle le Gémeaux aspire, si des rêves, des chimères enfantés par la Lune viennent troubler l’esprit clair et lucide du Mercurien ? L’indépendance disparaît, liée par l’attachement cancérien à la cellule familiale, par une sensibilité extrême, et l’énergie, déjà capricieuse avec le côté Gémeaux, risque de s’effilocher en vagues projets. Le goût du risque s’atténue pour faire place à un envahissant désir de sécurité, aussi bien matérielle qu’affective.

Il n’est pas aisé de s’évader de liens que l’on trouve paralysants, mais que l’on chérit quand même. Les décisions sont constamment repoussées, le sujet attend que les choses se règlent d’elles- mêmes. Il ne peut accomplir seul les efforts nécessaires à son évolution. Le Feu fait défaut dans cette combinaison zodiacale trop fluide, et le recours à des appuis extérieurs est souvent indispensable pour se risquer à l’action personnelle.

Il n’est pas rare que l’insatisfaction qui en résulte soit à la base de sérieuses crises intérieures à tendances dépressives.

Gémeaux Ascendant Lion

C’est la deuxième rencontre de l’Air des Gémeaux avec le Feu, la première ayant eu lieu avec le Bélier. Il s’agit donc d’une combinaison dynamique, passionnée même, mais elle s’orne du côté souvent triomphal qu’exprime le Lion. L’art des contacts et de la suggestion verbale joint à l’art inné de se mettre en valeur peut donner des êtres sûrs d’eux-mêmes et du pouvoir qu’ils exercent facilement sur un entourage heureux de les écouter. Du vendeur de haut niveau au politicien prestigieux, la gamme est large de ceux qui savent utiliser la parole avec une telle conviction qu’il n’est guère possible de ne pas se laisser entraîner.

Si persuadé qu’il soit de sa supériorité, un tel sujet ne peut cependant dissimuler la petite dose de fantaisie, voire de gaminerie que lui instille sa base Gémeaux. Ainsi en est-il du prince Philipp, époux d’Elizabeth d’Angleterre, dont on a souvent cité les facéties au cours de ses nombreuses croisières. Mais il se montre aussi Gémeaux dans l’intérêt qu’il porte à l’éducation des jeunes. La simplicité et le côté non conventionnel des Gémeaux font bon ménage avec la respectabilité décorative du Lion.

Le tandem GémeauxLion, si simple soit-il dans son besoin de contacts humains, ne s’abaissera cependant jamais à la fréquentation de gens dont il ne peut admettre la vulgarité ou la bassesse de sentiments. La fierté et la susceptibilité, même si elles restent secrètes, peuvent se manifester par de brusques colères. Le maintien d’un certain prestige restera toujours une exigence rigoureuse. Mais les succès, sentimentaux aussi bien que mondains, ne manquent pas. La vie est généralement agréable, elle s’oriente souvent vers des carrières de prestige telles que les carrières du spectacle, la représentation de grandes firmes, la presse, le barreau. C’est la vedette qui n’a pas l’air de se prendre au sérieux, mais qui sait imposer le respect.

Sincères dans leurs amitiés et leurs affections, les Gémeaux Ascendant Lion savent cependant se dégager de situations difficiles avec beaucoup d’art et de simplicité et ne sont jamais à court d’arguments. Capables de prendre du recul, d’établir des programmes d’action, ils savent ne pas céder aux sollicitations immédiates et leur spontanéité n’est pas totale. Telle est l’action de la secondarité, facteur caractérologique existant chez le Lion, et de sa qualité de signe fixe, capable de stabiliser la mobilité parfois excessive du Gémeaux. L’extrême combativité que l’on trouve dans le thème du.général Salan, ex-chef de l’OAS, s’explique par son Mars en Ascendant Lion en aspect avec quatre planètes, configuration guerrière et passionnée.

Gémeaux Ascendant Vierge

Placée sous la double influence de Mercure, cette combinaison est donc tout à la fois intellectuelle et pratique. Cette cérébralisation risque d’être excessive. Si tout est mis sous le contrôle de la rationalité, de la logique, la place disponible pour le sentiment et la passion se trouve bien réduite. Il n’est pas toujours bon de freiner les élans de l’enthousiasme, ou de chercher à se prémunir contre tous les risques.

Le natif possédant cette combinaison peut étouffer sa sensibilité en privilégiant outrancièrement

une vision des choses ordonnée, presque mécanique. Mais l’esprit libre des Gémeaux regimbe parfois contre le cadre rigide et un peu artificiel exigé par la Vierge. C’est la lutte entre l’esprit de finesse et l’esprit de système. Sans vouloir minimiser le rôle des nombres dans l’architecture de l’univers, il semble que ce serait une erreur de géométriser à l’excès, de voir les mots et d’ignorer les choses. Dans le cas présent, il serait bon qu’un aspect planétaire vienne donner un peu plus de sang à un ensemble trop axé sur le système nerveux central.

Le thème de Françoise Sagan montre bien la lutte entre la tendance au contrôle exercée par un Moi hyper-mercurien et la puissance d’un Ça freudien engendrant l’anarchie. Conduire pieds nus pour mieux éprouver l’ivresse de la vitesse, risquer sa fortune au jeu pour finalement se soumettre à la raison mercurienne en se faisant volontairement interdire l’entrée dans les casinos, voilà un exemple des luttes intérieures qui se produisent lorsqu’une tendance empiète par trop dans l’espace psychique.

Bien qu’ayant la structure inverse, c’est-à-dire Soleil en Vierge et Ascendant Gémeaux, Châteaubriand est un autre exemple de ces tensions.

Gémeaux Ascendant Balance

Une certaine analogie avec la combinaison Gémeaux Ascendant Taureau semble s’exprimer.

C’est, en effet, sur le plan planétaire, un accord MercureVénus. Mais une très nette différence surgit d’emblée, car la Balance, signe vénusien, certes, est également un signe d’Air, fondamentalement plus proche des Gémeaux que le Taureau, signe de Terre et de réflexion.

C’est donc surtout le point commun signifié par l’Air qui va caractériser ce type zodiacal. C’est la communication, les échanges, le désir profond de sociabilité, les rapports avec l’Autre. Le problème des relations prime donc tous les autres, aucun de ces deux signes ne pouvant supporter la solitude. Mais il faut aussi tenir compte de l’extrême sensibilité de la Balance : il ne s’agit donc pas de n’importe quels contacts, encore que pour elle un contact difficile vaille mieux que l’absence de contacts. Intervient la liberté, commune à ces deux signes, et qui veut que tout se passe dans une ambiance sans contraintes. Pour y parvenir, le Gémeaux reçoit l’apport vénusien de la Balance, sous la forme d’un accueil ouvert, tolérant, encourageant même. Le sourire devient une vertu, et il n’est pas uniquement un piège, il signifie bonne volonté.

L’intellectualisation Gémeaux se lie volontiers aux goûts très souvent artistiques latents chez la plupart des Balance. Si l’esprit créateur est assez puissant pour entraîner vers une activité où l’art et l’esprit s’allient, il se rencontre souvent des aptitudes pour le spectacle, la danse en particulier, la photographie, la mise en scène, la critique d’art. La compréhension sur le plan humain peut attirer vers la psychologie, mais il faut l’intervention de planètes plus fortes pour en faire une profession.

Le charme est tel que les appuis utiles à la réussite se produisent d’eux-mêmes. D’une distinction souvent raffinée et subtile, ces natifs font impression sur les autres, leur compagnie est plaisante, agréable, et leurs interlocuteurs ont l’impression d’être plus intelligents qu’ils ne le croyaient au début de la conversation.

Une tendance parfois romanesque fait considérer l’amour comme une fête du cœur et du corps : le goût d’une ambiance agréable donne le sens du décor qui convient à l’amour. Il advient que tout ne soit pas facile, la constance n’étant pas leur fort, et certaines volte-face imprévisibles ne garantissent pas la pérennité des sentiments les plus beaux en apparence.

On citera la chanteuse Barbara, dont l’hyper-sensibilité est bien connue, et le voyant Belline.

Gémeaux Ascendant Scorpion

Cette combinaison est certainement la plus complexe de toutes celles qui englobent les Gémeaux.

Les sujets qui la possèdent sont souvent considérés comme un peu mystérieux et dotés d’un comportement imprévisible.

Le doute et l’inquiétude, fréquents chez les Scorpion, se traduisent dans cette combinaison par un certain recul, une réticence qui diminue fortement la spontanéité inhérente aux Gémeaux. Le caractère plus ferme, plus dur, plus apte à dire « non » alors que le Gémeaux tend à dire « peut- être », a en revanche l’avantage de permettre une très nette concentration mentale, et constitue donc un indiscutable apport de force mentale au Gémeaux. L’esprit très critique à la mode scorpionne se fait plus vif, plus incisif, avec parfois une tendance à l’humour noir que l’entourage n’apprécie pas tellement.

Toujours sur le plan mental, l’analyse se fait plus profonde, plus impitoyable, l’intelligence est portée à la déduction. Le goût plutonien d’aller au fond et même au tréfonds des choses, surtout s’il s’y cache un certain danger, donne à l’esprit une plus vaste dimension, et on ne peut en aucun cas accuser ce type de Gémeaux d’être superficiel. Le risque est l’apparition toujours possible d’une tendance obsessionnelle qui accentue l’inquiétude. On peut donc rencontrer le désir de jouer avec le mystère, de chercher les secrets comme un enfant joue à cache-cache. L’envers des choses, représenté par Pluton, le dieu à double face, doit être amené au grand jour, qu’il s’agisse des secrets de notre inconscient, des trésors cachés. Mais, pour cela, il ne faut pas craindre de remuer la boue, sans pour autant céder à l’attrait morbide des bas-fonds. Préoccupé par maints problèmes, dont le plus obsédant est celui de la mort, le sujet s’expose à une angoisse métaphysique permanente, qu’il s’efforce d’apaiser par l’étude de l’ésotérisme et des phénomènes occultes. Le besoin de comprendre devient lui aussi obsessionnel.

La vie affective est le plus souvent difficile, imprégnée d’érotisme. La nervosité ne facilite pas l’épanouissement, surtout lorsque s’y ajoutent des tendances sadomasochistes plus ou moins conscientes. Un contact très primitif et presque animal avec la nature est souvent source d’apaisement et de régénération. La vie du couple ne peut être durable que si le sujet prend conscience de son esprit trop critique, fait preuve d’une grande bonne volonté à l’égard du ou de la partenaire.

L’adaptation sociale n’est pas toujours facile, l’activité peut être marginale. Suivant le niveau et les aptitudes, des ouvertures sont possibles avec la biologie, la psychanalyse, la psychiatrie ; à un niveau différent, les services secrets, la procédure, les organismes de sondage, etc.

Ce natif n’oublie rien, sauf ses projets de vengeance. Il trouvera son équilibre s’il peut exprimer ce qui est en lui par une création personnelle, qu’elle soit littéraire ou artistique, dans une action d’ordre social, la politique pouvant être dangereuse. Sa cérébralité complexe exorcisera ainsi des démons intérieurs.

On citera comme exemples l’écrivain Raymond Radiguet, le dernier roi de Grèce Constantin II, le philosophe allemand Oswald Spengler… et l’auteur de ces lignes.

Gémeaux Ascendant Sagittaire

Cette opposition entre l’Air des Gémeaux et le Feu du Sagittaire ne risque-t-elle pas de provoquer un embrasement ? Et le Sagittaire, type adulte accompli, ne va-t-il pas étouffer le Gémeaux adolescent ? Il n’en est rien, car celui-ci aspire aisément l’apport de force et de dynamisme émanant du Sagittaire. Il en résulte pour ce type, contradictoire en apparence, une bonne dose d’enthousiasme, multipliant les projets, les initiatives, sans trop se soucier des difficultés. Le plaisir de l’action emporte tout, mais cet enthousiasme manque de consistance et retombe sans que les problèmes aient été résolus. C’est pourquoi la capacité de réflexion Géminienne doit absolument précéder le passage à l’acte voulu par le Sagittaire. Ces chutes d’enthousiasme inattendues sont mal acceptées par le natif, qui ne s’en juge pas responsable.

Toutefois, ce type est fortement marqué d’ambivalence, l’une des deux tendances l’emportant alternativement, ce qui est dû à l’aspect d’opposition entre ces deux signes. Tous deux considérés comme mutables, c’est-à-dire enclins au changement et à l’alternance, ils ne peuvent vivre que dans une sorte d’instabilité, qui a au moins le mérite de n’être pas monotone, bien qu’un tel comportement soit en général peu apprécié. Du charme, de la séduction, certes, mais des caprices et des variations bien exaspérantes, avec des remises en cause perpétuelles.

En revanche, une certaine générosité, un esprit plutôt brillant, talonné par le désir de ne pas rester noyé dans la masse, de montrer qu’il n’est pas conformiste, sont là des traits très apparents.

L’alliance des Dioscures et de Jupiter se fait en faveur d’une justice égale pour tous. Si l’on peut critiquer un certain esprit de provocation – celui d’un étudiant contestataire qui ne vieillirait pas -, on ne peut lui reprocher aucune tendance à la méchanceté ou à la duperie volontaire. S’il déçoit, c’est parce qu’il se prend lui-même à la flamme de ses illusions. Sa fantaisie, son besoin de surprendre et d’étonner ne manquent pas de séduction. Le Gémeaux Ascendant Sagittaire aime à produire la surprise et l’étonnement, car il se sent rassuré et oublie alors ses propres contradictions, persuadé qu’il est de sa propre importance et anxieux de gagner la confiance des autres. L’intérêt pour la médecine, mais une médecine liée aux connaissances naturelles souvent oubliées, n’est pas rare dans cette configuration. Quant aux voyages et déplacements, ils sont très souvent une note dominante de l’existence.

Un exemple typique se trouve dans le thème de Gérard de Nerval, « le prince d’Aquitaine à la tour abolie », où bien d’autres éléments entrent en jeu, mais où la dualité va jusqu’à la dissociation d’une personnalité envahie par le rêve, parcourant l’Orient à la recherche d’un fantôme.

Gémeaux Ascendant Capricorne

La dualité GémeauxCapricorne met en présence une nouvelle fois l’Air et la Terre. La fusion de leurs tendances respectives est beaucoup plus malaisée qu’avec le Taureau, premier signe de Terre mais de nature vénusienne. La nature saturnienne du Capricorne exprime une stabilité un peu pesante, s’extériorisant difficilement, d’une patience à toute épreuve. C’est vraiment l’antithèse de la nature mercurienne, toute de spontanéité et d’expression verbale et gestuelle. Il est donc à craindre que le natif des Gémeaux se trouve contraint de réprimer, sinon de refouler, ses tendances à la liberté en tous domaines et à la mobilité.

C’est un peu, a-t-on pu remarquer, la coexistence entre l’adolescent fantaisiste, voire frondeur, et le vieux sage se référant sans cesse à une expérience déjà ancienne, et craignant le changement. Certes, tout n’est pas négatif, et, dans bien des cas, il faut admettre que le Gémeaux y gagne plus de pondération, plus de concentration intellectuelle s’il y perd en humour et en élan. Les études d’un jeune Gémeaux Ascendant Capricorne se dérouleront régulièrement, avec plus de réflexion, de coordination ; leur objectif final gagnera en précision.

Dans les meilleurs cas, l’adolescent fera preuve de ténacité, et son travail soutenu lui permettra de se lancer dans des entreprises de longue haleine quel que soit le temps nécessaire.

L’aspect concret de l’existence devient prioritaire, la vision des choses est lucide, parfois même assez dure. Le Capricorne apporte son ambition persistante : l’alliance bien équilibrée entre les deux partenaires donne la certitude d’un succès social et professionnel, parfois relativement tardif, atteignant un niveau de sécurité où aucune crise ne sera à redouter. On fait souvent mention d’activité dans les carrières juridiques, la médecine, les sciences, mais le succès peut être ailleurs. Ainsi en témoigne l’irrésistible réussite de Charles Aznavour, très Gémeaux par sa mobilité, son sens du rythme, ses voyages incessants et ses multiples domiciles. Saturne le rend insatisfait et avide, éternellement frustré et pessimiste. Mais il est aussi, par le Capricorne, un homme d’affaires avisé, rusé et prévoyant.

Si l’Ascendant Capricorne se révèle plus puissant que le côté Gémeaux, le sujet risque le surmenage, de brusques problèmes de santé sous forme de troubles respiratoires et rhumatismaux.

De toute façon, la réussite ne doit pas se construire au détriment du côté Gémeaux, qui n’est pas toujours capable de fournir les efforts exigés par le côté Capricorne, et se culpabilise s’il ne se sent pas capable de réaliser la tâche entreprise. Il serait souhaitable que le natif s’accorde toujours la somme de détente et de loisirs variés qui constituent le sel de son existence.

Gémeaux Ascendant Verseau

L’Air sous sa double appartenance à un signe mutable et à un signe fixe se laisse malaisément définir. Libre dans sa spontanéité Géminienne, comprimé sous sa forme Verseau, il enregistre les moindres réactions environnantes et les répercute en les transformant à son gré. La cérébralité s’amplifie : le côté Gémeaux y gagne dans la mesure où il aurait trop tendance à évoluer au niveau du quotidien et où, sa vision des choses s’élargissant, il peut s’attaquer à des problèmes plus vastes. Tout en conservant son individualité, à laquelle il tient farouchement, il peut prendre conscience de l’utilité d’un travail collectif.

Quant au côté Verseau, souvent plus nerveux et tendu que le Gémeaux, il peut alors se décrisper, et humaniser sa tendance à voir les choses sous un aspect trop technique, trop idéologique.

Le couple MercureUranus, qui gouverne ces deux signes donne une intelligence subtile, aimant les idées peu communes, les nouveautés. Les arguments sont exposés sous une forme paradoxale propre à couper net toute réplique. Les us et coutumes, les traditions sont allègre- ment bousculées au profit de tout ce qui est surprenant et inattendu. L’allure peut se faire volontiers provocante, mais cela se trouve maintenant dépassé et rien ne peut plus choquer au troisième millénaire. L’effet de surprise du Verseau a maintenant perdu toute son efficacité à moins d’atteindre un niveau, un paroxysme même, qui ne puisse donner l’impression du déjà vu.

Le Gémeaux Ascendant Verseau donne en définitive l’image d’un être de bonne volonté, fortement intellectualisé, éprouvant le besoin indispensable de dialoguer, multipliant les contacts humains, recherchant les possibilités d’expression de lui-même, de préférence dans un environnement compréhensif. Il évolue avec aisance au milieu des idées, des théories, des programmes, sans pour autant négliger l’application pratique de ce foisonnement d’idées. Il tend à se projeter dans un avenir reconstruit, mieux organisé et même planifié. Il a besoin sans cesse d’inédit pour créer une idée d’un monde nouveau, un peu trop proche peut-être de la science- fiction. Certains trouveront une évasion dans le domaine de la musique, d’autres dans l’enseignement, le journalisme technique. Ils sont aptes à diriger des séminaires, des stages de formation, des groupes de recherche.

A un niveau plus modeste, on trouve des sujets moins aptes à mettre leurs idées personnelles en pratique, mais capables d’occuper des emplois spécialisés, techniques.

Gémeaux Ascendant Poissons

Rien n’est simple dans cette combinaison zodiacale, moins encore qu’avec l’Ascendant Scorpion, autre exemple de l’union difficile de l’Air et de l’Eau.

La logique et le besoin de clarté des Gémeaux se bloquent devant l’extrême irrationalité et la nébulosité des Poissons. Un tel sujet éprouve une grande insécurité sur ce terrain mouvant et s’efforce de trouver une base solide à sa personnalité, recherche chimérique qui a besoin de forts appuis planétaires pour aboutir.

L’Air et l’Eau sont cependant tous deux assez fluctuants au gré des circonstances, mais il faut tenir compte ici des complications dues à Neptune, planète maîtresse des Poissons, astre qui est plus à l’aise dans l’imaginaire et l’évasion que dans le concret, trop terre-à-terre. Mais les Poissons sont soumis à deux maîtres planétaires, le second étant Jupiter, astre beaucoup plus axé sur les réalités et le bon sens que Neptune. Tout dépendra alors de l’étude du thème individuel, qui seul peut montrer le vrai maître du jeu : Jupiter, indice d’épanouissement dans la légalité, ou Neptune, facteur d’idéal souvent peu compatible avec les nécessités quotidiennes.

Il en résultera deux possibilités. Si Neptune domine, ce peut être le cas d’un intellectuel ou d’un artiste, recherchant l’expression subtile et poétique de ses visions intérieures. Si Jupiter domine, ce sera plutôt un être habile, apte à tirer parti des circonstances avec une chance appréciable.

L’intuition Poissons s’oriente donc vers deux champs d’action opposés.

L’un des problèmes psychologiques soulevés dans le duo GémeauxPoissons est la difficulté que ressent le côté Gémeaux à s’exprimer avec son aisance habituelle, tant il risque de se perdre dans les nuées des Poissons : il éprouve alors la pénible impression d’être contraint au mutisme ou de ne pas posséder la clarté intellectuelle qui caractérise son signe.

A un certain niveau d’évolution, on peut trouver des savants, des psychologues, des astronomes, des diplomates. Le type peu évolué se contentera d’une existence apparemment paisible, livrée à la routine, avec des aspirations assez vagues, se réalisant chaque année dans des vacances qui le feront pénétrer dans un univers différent. Certains animent de petits groupes amicaux centrés sur une communauté de goûts et d’idées, comme l’écologie, l’hindouisme, le naturisme, la macrobiotique.

CANCER

On rencontre dans la vie toutes sortes de Cancers chez lesquels on a bien du mal à retrouver de prime abord les caractéristiques lunaires du signe.

Si le Cancer type est passif, introverti et statique, un Ascendant Feu, par exemple, peut le rendre extrêmement actif, entreprenant, voire audacieux. Qui aurait pu croire que Jules César était natif du Cancer ? Mais il était Ascendant Sagittaire.

Chez tous, cependant, on relève un attachement exceptionnel à la mère (et la mère- patrie), à la famille. César lui-même, est-ce un hasard ? serait né par « césarienne » : l’enfant, physiquement, ne pouvait sortir de sa mère.

Tous les Cancers ont enfin en commun une très fine intuition, quel que soit l’Ascendant : passionnés de psychologie, réfléchis, capables de sentir à distance, ils sont bien placés pour l’actuel développement des sciences parapsychologiques !

Cancer Ascendant Bélier

Il a des problèmes : le Soleil en Cancer est en quadrature avec l’Ascendant ! Le natif est livré tantôt aux irrésistibles impulsions du Bélier, tantôt aux inhibitions du Cancer. Il fonce tête baissée dans une entreprise hasardeuse, puis son enthousiasme faiblit et il laisse tomber avant d’avoir atteint l’objectif. Par contre, il est capable de s’entêter dans une erreur, envers et contre tout. Quand le crabe est en prise, il ne desserre pas facilement ses pinces ! Il devra apprendre à harmoniser l’impulsivité du Bélier et la persévérance cancérienne : ce n’est pas facile.

Dans cette combinaison, le Cancer se trouve en Maison IV, celle qui lui correspond, celle du foyer : le natif sera donc très particulièrement attaché à sa famille, ses enfants, sa maison. Dans le cas de Marcel Proust, Cancer Ascendant Bélier, l’attachement à la mère et au foyer fut tel qu’il ne put jamais s’en défaire pour fonder un foyer à lui.

Mais c’est un cas extrême, et le plus souvent, le Cancer Ascendant Bélier sera assez heureux en ménage : la Balance, signe de chance et de bonheur conjugal, est sur sa Maison VII. Il se trouvera une jolie fille, douce et accommodante, avec laquelle il vivra longtemps. (Voir les astromariages de l’homme Cancer avec la femme Balance.) Autre personnage célèbre dans cette formule : Jean Anouilh, dont les répliques fines et percutantes tiennent à la fois du Bélier et du Cancer.

Cancer Ascendant Taureau

Lune + Lune

Artiste, sensible, rêveur, sensuel, c’est un être exquis dont la famille et les amis apprécient infiniment le talent et le charme, la gentillesse et la fantaisie.

Le CancerTaureau vit pour la beauté. Il n’est presque pas de ce monde ! Jean Cocteau était CancerTaureau, et André Barbault pense que Proust l’était peut-être aussi (dans le cas d’une erreur d’état civil sur l’heure précise de naissance). La formule inverse (mais voisine), est illustrée par Salvador Dali : Taureau Ascendant Cancer.

Ce sensitif, ce tendre, cet émotif, se défend mal contre la violence et la brutalité du monde ; il tourne facilement contre lui-même son agressivité, faute de pouvoir l’extérioriser. Il est ainsi plus vulnérable qu’un autre à la dépression nerveuse, et son masochisme latent attire les bourreaux, partenaires sadiques qui prennent plaisir à le tourmenter.

Ce n’est pas le Taureau qui aidera le Cancer à sortir de son trou : le Taureau est trop passif, trop stable lui-même. A eux deux, cependant, ils ont une grande persévérance dans le travail, et c’est ainsi qu’arrive un jour la réussite. Cela d’autant plus que la Lune, symbolisant la foule, apporte la notoriété au créateur si elle est bien aspectée.

Cancer Ascendant Gémeaux

Petit Poucet deviendra-t-il un jour une grande personne ? Le Cancer trop attaché à sa mère ne brille jamais par sa précocité, et les Gémeaux feux follets ne sont pas pressés non plus d’entrer dans le monde des adultes.

Au féminin comme au masculin, ils ont souvent une allure ambiguë : ni homme ni femme, mais lutin attendrissant et charmant. Des tendances homosexuelles latentes peuvent se faire jour.

Un roi de France, Charles VIII, était CancerGémeaux : les historiens soulignent son manque de maturité, et je vois les guerres d’Italie comme un rêve de boy-scout avant la lettre ! (Lequel boy-scout, étant roi, avait évidemment des moyens de nuire que les patrouilles de quartier n’ont pas…)

Dans d’autres cas, le Cancer semble masquer le Gémeaux, mais l’immaturité de la combinaison se traduit autrement, par un besoin quasi névrotique de déplacements et de voyages, ou par un attachement hors saison aux traditions de l’adolescence. Je connais un CancerGémeaux qui a l’air d’un monsieur très posé, mais qui n’a qu’un regret dans la vie : avoir dépassé la limite d’âge pour être intégré dans une troupe de boy-scouts. Heureusement, il a des fils…

Imaginatif, souvent créatif, le CancerGémeaux peut être fort agile d’esprit et de mains, il a plus d’un tour dans sa besace. Ainsi Pirandello, brillant homme de théâtre et Muriel Cerf, inoubliable auteur de l’Anti-voyage, qui raconte ses aventures avec la brillante verve du GémeauxCancer.

Cancer Ascendant Cancer

J’en ai trouvé deux, grâce à André Barbault 1, un vrai Cancer, avec non seulement l’Ascendant dans le signe, mais encore la Lune et Mars !

C’est un roi de France encore, Louis XII. Ce n’est pas un hasard s’il fut appelé le « Père du peuple » : le Cancer, bon prince, gouverne avec sensibilité et humanité.

Un autre roi de France naquit sous le double Cancer : Charles IX. Moins heureux, cet éternel petit garçon vécut, selon Barbault, toute sa vie dans un monde imaginaire, sans jamais atteindre la réalité du pouvoir autrement qu’à la chasse.

Cancer Ascendant Lion

Tout dépend de la force du Lion : si celui-ci est puissant dans le thème, vous l’entendrez rugir, et le Cancer sera complètement dévoré. Qu’en restera-t-il ? Un certain charme tendre parfois, un attachement très fort à la mère et à la famille… Mais le Soleil du Lion arrache le Cancer à ses brumes nocturnes, et le pousse vers l’action ouverte. Le natif ne trouve son équilibre que dans une grande activité : il est doué pour les affaires, où il entend bien être patron. La combinaison Cancer + Lion donne fréquemment des gens extrêmement autoritaires, main de fer sous un gant de velours (il y a bien des crabes poilus…). En tout cas, ils sont dévorés d’ambition professionnelle ou sociale.

Le Soleil se trouve ici en Maison XII : le natif a généralement un grave problème avec son père, souvent la perte de celui-ci (mort ou séparation). Il cherche toute sa vie à imiter et à surpasser ce père. Si le Soleil se trouve en Maison XI, au contraire, le père est un ami, et son influence détermine les amitiés et les relations du natif.

Le Cancer Ascendant Lion a aussi la Vierge sur la Maison II : vous ne vous étonnerez pas qu’il ait certaines difficultés à être généreux financièrement. Tout dépend évidemment des planètes qui habitent cette Maison II, mais on peut prévoir qu’il sera généreux avec calcul : il préférera les dépenses qui rehaussent son image de marque, dépenses somptuaires qui améliorent son prestige et son standing. Pour vous faire entretenir par un CancerLion, flattez son goût du luxe et son ambition. Une maîtresse discrète et effacée, en « back- street », n’a aucune chance d’obtenir le moindre sou pour l’aider à vivre. Je connais quelques hommes CancerLion parmi des hommes d’affaires très importants. Citons également, dans un autre domaine, le psychologue René Le Senne, connu pour avoir établi une typologie des caractères, toujours en usage.

Cancer Ascendant Vierge

A priori, deux bêtes assez calmes. On s’étonne d’y trouver des amateurs de sensations fortes : le commandant Charcot, Antoine de Saint-Exupéry. C’est qu’avec l’Ascendant Vierge, le Cancer vient en Milieu-du-Ciel : ainsi s’explique l’amour de la mer chez Charcot, l’amour fou des voyages chez Saint-Exupéry. Mais, comme chaque fois qu’il y a Vierge sous roche, on trouve des écrivains : Georges Duhamel, Gaston Bachelard (L’eau et les rêves, quel joli titre pour un CancerVierge !). Un peintre, aussi : Modigliani.

Cancer et Vierge, en sextile sur la roue du Zodiaque, s’harmonisent assez bien ensemble. La Vierge apporte sa précision au flou artistique du Cancer, et lui apprend à s’organiser avec plus de rigueur. C’est très sensible chez Modigliani, par exemple, dont l’art est marqué d’une évidente sobriété classique : il est très loin des divagations de ses contemporains, et ses portraits dénotent des dons d’analyse psychologique très Virginiens.

Quant à Saint-Exupéry, il n’est pas si étonnant de le trouver à la fois parmi les écrivains et parmi les aviateurs : l’aviation privilégiait, surtout à l’époque des pionniers, les aptitudes pour la mécanique. Il fallait savoir démonter, puis remonter son moteur, flairer le bruit suspect, trouver le boulon vadrouilleur : talent typiquement Vierge, le signe marquant très nettement les thèmes d’aviateurs de l’époque héroïque. Et le « Petit Prince », c’est notre enfant Cancer… Toute l’oeuvre baigne dans sa tendresse aquatique, il habite dans sa planète à lui, qui n’est pas la nôtre, mais serait plutôt cousine germaine de la Lune.

Beaucoup d’animaux traversent le Petit Prince : un mouton immatériel, un petit renard mystique, un vol d’oies sauvages omnibus, un serpent de mort… On sait que la Vierge aime les animaux !

Le Cancer en Milieu-du-Ciel dissipe beaucoup les brouillards nocturnes du signe. Le natif parvient plus facilement à traduire ses rêves dans la réalité et à accoucher de lui-même. La Vierge pratique, signe de Terre, est un signe réalisateur et méthodique : elle tient le Cancer par la main et le contraint à travailler… Mais le Cancer lui apporte un souffle d’inspiration, l’imagination dont manquait cette personne trop raisonnable.

Cancer Ascendant Balance

En voilà un (une) qui trompe son monde !

Que de charme, de douceur, de diplomatie, d’élégance… La Balance hésitante et douce semble affaiblir le Cancer : c’est ce qui se passe parfois, certes. Mais le plus souvent, il n’en est rien (surtout chez les femmes) et j’ai trouvé de fortes personnalités sous cette combinaison astrale. Tel, par exemple, Ernest Hemingway, qu’on ne s’attendrait pas à croiser dans ces parages !

La Balance, c’est Vénus tendre et artiste, certes, mais c’est aussi Saturne, astre dur et masculin, le « grand maléfique », comme l’appelaient les Anciens. En fait, la Balance, comme la Vierge, oblige le Cancer à être plus pratique, à s’ouvrir à autrui, à réaliser ses potentialités. Au départ, cette combinaison apporte une certaine instabilité, puisque l’air et l’eau ne sont pas compatibles. Les tensions se résolvent en activité créatrice, de caractère artistique ou social. Le mariage des deux signes, Cancer féminin et Balance masculine, peut être extrêmement positif si la Balance est bien soutenue dans le thème.

On est toujours surpris de la persévérance du CancerBalance. Telle cette petite fille qui me répétait tous les matins : « Tu n’oublies pas de m’apporter une petite machine à coudre pour enfants, dis ? » A la fin, bien sûr, je l’ai apportée : que faire devant une telle insistance, douce (…mais inexorable !), étirée sur des semaines et des semaines ?

Le CancerBalance est adroit de ses mains, plus ou moins artiste, et très diplomate.

L’optimisme des Jupitériens du Cancer est soutenu par ce sens de l’équilibre propre à la Balance, qui est un facteur de chance.

Cancer et Balance aiment les enfants et savent instinctivement s’en faire apprécier, organiser des jeux et comprendre leurs problèmes pratiques (la Balance est une personne très bien organisée).

Pour en revenir à Hemingway, en se penchant sur son thème, on voit son Cancer, signe d’eau, en Maison X : pas étonnant qu’il ait aimé la mer ! Il aurait toujours été tenté par un métier en relation avec l’eau et les voyages… Méditez ce merveilleux titre : Le Vieil homme et la mer. (Le Cancer adore les vieilles gens, et la tradition qu’elles portent en elles fascine son goût du passé.) Un autre joli titre : « The Sun Also Rises (Le Soleil se lève aussi)… Oui, il finira par se lever au zénith, milieu du ciel, ce Soleil natal, mais il émerge d’un signe d’eau nocturne, tandis que la Lune, éclatante, est en Lion et en Maison XI (Ça, c’est la « Fiesta » 1 ! Et aussi la gloire !)

Cancer Ascendant Scorpion

Porteur d’un océan de rêves, le CancerScorpion a presque toujours des dons fantastiques de médium. Émotif, anxieux, il pressent et devine ce que les autres ne comprennent pas encore. Trop fin psychologue pour être abusé, on ne peut rien lui cacher, c’en est gênant. Il flaire immédiatement les motivations secrètes de ses interlocuteurs ; il n’agit que téléguidé par son instinct. Aussi les autres gens le trouvent-ils « irrationnel », « illogique », « dingue » dans sa façon de vivre. Mais il ne prend pas la peine de s’en expliquer. Il émane de lui un charme subtil, qui ne tient pas à sa beauté physique (laquelle est irrégulière). Il vous emporte sur sa longueur d’onde, et vous voilà séduit. Si vous n’êtes pas un peu médium vous-même, vous ne le comprendrez jamais.

Les combinaisons sont variables suivant les individus. Si le Scorpion prend le dessus, c’est un homme d’action et un fin politique, tel le roi Louis XI. Le Scorpion aiguise le courage et l’énergie, mais l’être reste bon et accessible à tous ses intimes (comme c’est le cas de Louis XI auquel une récente biographie vient de rendre justice).

Si l’eau du Cancer noie l’agressivité du Scorpion, le natif, pacifique et introverti, extrêmement sensible, limite ses conquêtes à la maîtrise d’un art : Rembrandt, dont les clairs-obscurs reflètent bien l’âme subtile et secrète.

Le Soleil, dans cette association de signes, se trouve souvent placé en Maison VIII, Maison de la mort. Cela indique, sinon une faible longévité, du moins une faible vitalité : le natif se fatigue vite et économise instinctivement sa force vitale.

Cancer Ascendant Sagittaire

Curieuse formule que celle-là : le Sagittaire, malgré, Jupiter, est fait d’un tout autre bois que le Cancer. Tandis que ce dernier est la lenteur même, le Sagittaire est vif comme ses flèches. Il ne rêve que de voyages et conquêtes, alors que le Cancer, casanier et pacifique, préfère régner sous son rocher natal.

Le Sagittaire pourrait « dynamiser » le Cancer, mais il risque aussi de le brutaliser. Le natif est sûrement un royaume divisé en deux personnages étrangers l’un à l’autre. L’action et la conquête lui permettront de surmonter cette dissonance intérieure. C’est peut-être la raison profonde pour laquelle César (CancerSagittaire) s’est cru obligé de conquérir les Gaules… Il voulait voir la mer du Nord !

Ces natifs ont généralement le Milieu-du-Ciel en Lion, ce qui ne les encourage pas à rester passivement chez eux. Ils ont aussi le Scorpion en Maison XII, celle des épreuves, qui leur amène des ennemis acharnés et violents : Tu quoque mi fili, s’écrie César devant son fils adoptif sur le point de l’assassiner. « Toi aussi, mon fils, [tu es au nombre de mes ennemis !]… » Avec l’Ascendant Sagittaire, le Soleil peut se trouver en Maison VII, celle des associations, amenant une vie sociale brillante et la notoriété. Mais les Gémeaux étant sur le Descendant, cela laisse présager une vie éphémère pour ces associations (on pense aux triumvirats), ainsi qu’au moins deux mariages (si l’ensemble du thème se précise).

Je ne sais où Valéry est allé chercher son inspiration lorsqu’il a écrit : « César, calme César »… A mon avis, le SagittaireCancer est un volcan intérieur, bouillant d’impatience d’agir, toujours sur le pied de guerre. Il ne fait pas bon se moquer de lui : ne pas oublier que Cancer + Sagittaire, c’est Jupiter + Jupiter, le roi des dieux, s’il vous plaît ! Ses colères olympiques ne passent pas inaperçues!

Cancer Ascendant Capricorne

Voilà un animal redoutable, le plus opérationnel de tous, le vrai bulldozer à qui nul ne résiste. Tout gentil, tout doux en apparence ; mais les dents longues, longues, longues…

Un exemple, pour vous faire comprendre ce que c’est qu’un CancerCapricorne : Giulio Mazzarini, vous connaissez ? dit Mazarin pour les manuels d’histoire. Un petit Italien de rien du tout ; un macaroni de la péninsule, et même pas prince à une époque où tout le monde l’était (ou presque). Il avait comme devise : « Le temps et moi. » Une vraie devise de Capricorne… renforcé encore par le Cancer.

Extraordinairement tenace, jamais abattu, tramant ses intrigues dans l’ombre (on dit même « ourdissant », ce qui est bien plus joli), gravissant étape par étape les degrés du pouvoir, ce modeste italien réussit à devenir cardinal, ministre, confident du roi, amant (?), en tout cas ami de la reine, et finalement le maître de ce pays auquel il était étranger.

Tous les CancerCapricorne n’ont pas le génie ascensionnel de Mazarin, mais le mot clé de leur existence est : ambition. Ils veulent leur morceau, et ils l’auront, non pas emporté d’assaut, mais grignoté petit à petit sur la faiblesse et la bêtise de l’adversaire.

L’alliance de Mars et Saturne du Capricorne avec Jupiter du Cancer est une machine de guerre irrésistible (à condition d’avoir un Mercure bien aspecté et valorisé, qui permet de choisir les bons objectifs). Le temps ne compte pas pour ces gens-là, et, à force de s’accrocher, ils survivent à tous les naufrages, surmontent tous les obstacles.

Moi-même, je les déteste parfois… mais je finis à la longue par leur accorder ce qu’ils demandent, pour avoir la paix !

Cependant, ce ne sont pas des révolutionnaires : partisans de l’ordre, de la famille et de la patrie, ils n’ont rien de nihiliste. Ils veulent la puissance pour eux, mais leurs conceptions philosophiques sont extrêmement conservatrices (même s’ils ont l’habileté de ne pas le laisser voir). Ils cachent leurs dents longues et leur faim de pouvoir derrière un sourire bon enfant, des façons paternelles, un optimisme enjoué Oui rassurent ceux qui vont se faire croquer. Vous avez compris : le Loup du Petit Chaperon Rouge était CancerCapricorne

Cancer Ascendant Verseau

Grand romantique écartelé entre le passé et l’avenir, il risque fort de mener une vie en zig- zags et en montagnes russes…

Si le Cancer aime l’histoire, la famille et l’immobilisme, je vous jure que ce n’est pas le cas du Verseau. Aux orties, les traditions de papa ; et vive la Révolution ! Le Verseau ne se sent à l’aise que dans les idées d’après-demain et les techniques d’avant-garde. Le Cancer est intimiste, tandis que le Verseau sacrifie ses amours à ses amitiés. Ouvrant son foyer à tous les copains, il le transforme en courant d’air, et le malheureux Cancer ne peut plus s’y réchauffer : mais le Verseau n’en a cure, c’est un signe d’hiver, blindé contre les vents froids !

Comment concilier ces deux extrêmes en un seul être ? Les CancerVerseau, ce sont des

gens qui voudraient bien être d’avant-garde, et ils font tout pour s’en donner l’air. Mais,

dès qu’on gratte un peu, on déterre un vieux fond conservateur, voire réactionnaire… Le

Cancer n’est pas doué pour la révolution. Le CancerVerseau, éternellement déchiré entre le désir d’innover et celui de conserver, est un révolutionnaire en peau de balle, un tigre de papier. Il n’applique pas ses théories sociales dans la vie quotidienne. Il est fasciné par le Scorpion qui synthétise dans son venin à la fois la révolution Uranienne et le rêve aquatique des marécages…

Mais foin de toutes ces méchancetés : parlons plutôt des atouts du CancerVerseau : un très bon contact avec les jeunes, qu’il comprend et dont il est capable de partager les activités en excellent animateur. Le génie de l’amitié (sinon celui de l’amour). Fidélité et loyauté dans ce domaine lui apportent beaucoup d’amis avec lesquels il passe le plus clair de ses loisirs (surtout si le Soleil est en Maison V : les distractions prennent alors une place prépondérante dans la vie du natif ; et si le Soleil est en Maison VI, il s’arrange pour travailler au milieu d’une équipe de copains !)

Enfin, le CancerVerseau a pas mal de suite dans les idées puisque le Verseau est un signe fixe : on peut lui reconnaître une grande persévérance dans ses entreprises. Qui était CancerVerseau ? George Sand, et sa vie est bien un mélange d’aventures, de.rêves sentimentaux, d’idées sociales généreuses (Verseau, ça !).

Voyez encore Lord Byron, dont l’Ascendant Cancer justifie que nous parlions de lui ici : le romantisme cancérien et la générosité du Soleil en Verseau l’ont envoyé en Grèce au service des patriotes opprimés. Sa vie est une suite de romans contradictoires enfilés bout à bout : une bonne illustration des incohérences du CancerVerseau.

Cancer Ascendant Poissons

Animal mystérieux, complètement étranger à la logique officielle, il aurait bien besoin d’un conjoint pratique et réaliste. C’est ce qu’il cherchera probablement puisqu’il a la Vierge en Maison VII. Plus souvent, malheureusement, il ne se mariera pas du tout, parce qu’il est incapable de faire le minimum de ce qu’il faudrait pour cela. Émerge-t-il jamais de ses rêves ? C’est un peu La Fontaine, qui s’est ainsi défini dans une de ses fables : Un lièvre en, son gîte songeait. (On ignore son Ascendant exact mais on sait qu’il avait le Soleil en Cancer et la Lune en Poissons.) Et c’est aussi Montaigne, « être ondoyant et divers » (Soleil en Poissons et Ascendant Cancer). Optimiste, humaniste et philosophe, mais peu apte à se défendre dans le monde des affaires, tels sont les Cancers à écailles.

Tout à fait médiums, bien sûr, portant en eux-mêmes leur boule de cristal… Joëlle de Gravelaine a étudié ainsi le cas de Guy Trébert (Cancer Ascendant Poissons), dit « assassin de la nouvelle Lune » i. A vrai dire ce pauvre malheureux ne semble pas tellement responsable de ses crimes, du dédoublement de sa personnalité. Le CancerPoissons échappe à lui-même, file entre ses propres pinces, sans pouvoir maîtriser le déroulement de sa vie. Il ne peut que suivre le fil du courant : on ne maîtrise pas le Gulf Stream.

LION

Pour ce qui est de l’interprétation du couple signe solaire – signe Ascendant, il me paraît dommage de se contenter d’un vague mixage des qualités et des défauts des deux signes en présence. Dommage, aussi, de réserver les tendances du signe solaire à la vie publique et celles du signe Ascendant à la vie privée : il ne manque pas d’exemples illustres infirmant nettement cette hypothèse de travail. Si l’on s’en réfère aux définitions astronomiques des deux signes, il semble plus logique de considérer le signe Ascendant comme un facteur d’individualisation progressive. C’est par l’expérience acquise en vivant les fonctions du signe solaire que le natif acquiert peu à peu la conscience des fonctions de son signe Ascendant ; qu’il s’efforce de les vivre de la façon la plus adaptée à son cas personnel et à sa situation particulière. Quand on dispose d’une bonne définition des signes en termes fonctionnels, on analyse naturellement la dynamique de l’évolution d’un signe à l’autre avec plus de précision. C’est ce que je vais tâcher de faire dans les pages suivantes. En transposant un peu, des portraits peuvent également s’appliquer sans mal à la description du genre de relations qu’un Lion très typé peut espérer nouer avec des natifs d’autres signes. Je vous laisse le soin de faire travailler vous-même vos facultés déductives.

Lion Ascendant Bélier

Devant cette association de deux signes de Feu, les manuels classiques n’ont pas assez d’exclamations superlatives pour vanter votre énergie, votre combativité et votre audace.

Vous êtes décrit comme un entraîneur enthousiaste, un lutteur passionné et l’on évoque complaisamment les idéaux en principe généreux qui vous incitent à l’action brusque et turbulente, aux coups d’éclat plus ou moins héroïques, aux exploits un peu fous. On vous reconnaît, aussi, une franchise sans calcul, une indépendance forcenée et une autorité tranchante qui ne s’embarrasse pas de finasseries.

Un peu moins poétiquement, l’astrologie moderne vous dira que vous êtes marqué, en priorité, par des processus d’excitation qui vous poussent à réagir activement au monde extérieur sur un mode d’affrontement résolu et de percutante affirmation de soi. Cette force d’excitation sera des plus patentes si votre thème est dominé par Soleil, Jupiter, Mars et Uranus, de préférence en aspects harmoniques réciproques. Vous ne vous endormirez guère sur vos lauriers, vous ne vous figerez pas aisément dans un rôle de pontife bien assis sur son trône. L’expérience vous a appris les dangers de l’encroûtement et de la routine. Pour maintenir à l’état neuf ses capacités d’affirmation, rien ne vaut l’action-éclair, l’initiative audacieuse et improvisée. Vous êtes le champion toujours prêt à remettre son titre en jeu ; mais, comme vous n’avez pas craint l’affrontement immédiat avec tous ses aléas, vous sortez de chaque victoire, renforcé et raffermi, plus sûr encore de votre indiscutable supériorité. Si le Soleil, Jupiter, Mars et Uranus forment, entre eux, des dissonances majeures, les processus de base sont analogues, mais vous avez plus de mal à en tirer profit. Vous risquez de gâcher une flatteuse réputation par des actions irréfléchies et inopportunes. Vos lubies soudaines, vos fracas malencontreux, tout cela risque, à la longue, de saper votre prestige et votre autorité. Les avantages acquis à force de travail enthousiaste et opiniâtre menacent de se réduire en fumée. Mais vous êtes un optimiste indécrottable, et vous repartez bien vite vers de nouvelles aventures, comme disent les héros de vos bandes dessinées favorites.

Vous savez adopter une ligne de conduite claire et non équivoque, l’un de vos atouts majeurs est votre faculté d’éliminer les affres du doute et de la tergiversation inquiète au moment d’agir. Avec vous, on ne risque pas de se morfondre dans les longues ruminations stériles. Le revers de la médaille, ce sont les simplifications abusives, les prises de position violemment partiales, et d’autres jugements aussi hâtifs que catégoriques. Vous qui êtes si sensible aux thèmes d’indépendance et de liberté, vous risquez de vouloir asséner aux autres vos solutions-miracles avec une paradoxale et virulente intolérance. Si, dans votre ciel, dominent des dissonances de Lune, Neptune, Saturne ou Pluton, vous vivrez vos tendances sur un mode plus intériorisé : théories d’autant plus audacieuses et radicales qu’elles ne risquent guère d’avoir à affronter l’épreuve de la mise en pratique, oeuvres violentes pleines de panache, de bruit et de fureur, qui n’égratignent que la toile et le papier ou ne risquent d’écorcher que les oreilles délicates.

Lion Ascendant Taureau

Deux signes fixes, deux signes forts, deux animaux imposants… Il n’en faut pas plus pour que la tradition vous attribue un caractère entier. Extrêmement têtu, opiniâtre, sujet aux passions profondes et durables. Vos instincts sont puissants, vos convictions inébranlables. Vous êtes doté, en principe, d’une volonté de fer et d’une ambition à toute épreuve, mais aussi, assez souvent, d’une bonne dose de susceptibilité et d’égoïsme. Si, dans votre thème, la prépondérance des deux signes s’assortit d’une nette dominance d’Uranus, de Jupiter et de Saturne, vous avez de fortes chances de vous reconnaître sans ambiguïté dans ce portrait traditionnel. Il convient cependant d’être plus analytique.

En vérité, même si les deux signes se rejoignent effectivement par leur côté systématique, jusqu’au-boutiste et obsessionnel, leur dynamique de base est bien différente, pour ne pas dire opposée. Le Lion entend atteindre ses buts en s’ouvrant au monde, en s’extériorisant, en s’affrontant activement à tout ce qui gêne sa progression. Le Taureau préfère réaliser ses ambitions en se fermant aux remous et tourbillons de la vie sociale, en opposant sa force d’inertie à tout ce qui menace sa tranquillité foncière et l’empêche de mener à bien son programme. Loin des agitations futiles et de la course au vedettariat, il préfère cultiver son jardin, s’enraciner, jouir pleinement d’une vie simple et saine en bûchant avec application ses centres d’intérêt de prédilection. On conçoit que vous puissiez ressentir de pénibles tiraillements entre votre goût du spectaculaire et vos aspirations au calme et au confort, entre vos ambitions plus ou moins mondaines et vos besoins instinctifs, entre les impératifs d’une ascension sociale active et la nécessité non moins pressante de souffler un peu. A supposer que vous parveniez à coordonner vos tendances au fil des ans, vous tendrez à mettre votre force d’affirmation, votre esprit d’entreprise et vos ambitions sociales au service de vos aises, de votre bien-être élémentaire, d’une vie paisible à l’abri du besoin. A quoi bon, pensez-vous, acquérir puissance et renommée si c’est pour y perdre la santé ?

Vous vous défiez de toute audace qui ne déboucherait pas sur des avantages en nature. Vous ne vous démènerez et vous ne remuerez ciel et terre que si vous pressentez du solide, du palpable et du concret au bout de vos efforts tenaces. Vous déserterez les chemins de la gloire qui ne mènent pas à la maison de campagne. Et, pour arriver à vos fins, vous savez mieux que personne enrober votre détermination massive d’une diplomatie de salon qui n’exclut pas une astuce de commerçant avisé.

L’une de vos faiblesses majeures – car vous en avez, malgré tout – c’est le risque de vous murer dans vos certitudes sommaires, d’en tirer prétexte pour vous enferrer dans la routine en refusant le renouvellement de vos conceptions. D’aucuns pourront trouver dommage que les colères et révoltes du Lion qui est en vous ne se mobilisent pour de plus hautes causes que la défense de vos intérêts de propriétaire. Il n’est pas exclu, cependant, qu’un Neptune particulièrement fort dans votre thème, ne vous permette de vivre vos tendances foncières sur un mode plus idéaliste, plus poétique, davantage axé sur la puissance obsédante des rêves, des fantasmes et des violents sursauts du cœur. C’est le cas, par exemple, de l’écrivain canadien Anne Hébert.

Lion Ascendant Gémeaux

Lion et Gémeaux, un félin et deux bambins, ça vous fait un sacré trio qui s’entend très bien : tous les astrologues – ou peu s’en faut – sont, pour une fois, d’accord là-dessus. Dans cette heureuse alliance, en effet, les deux signes s’épaulent et se rehaussent mutuellement. On vous dit à la fois fort et souple, ferme et mobile, persévérant et plein d’à-propos, volontaire et plein d’entregent. Le Lion se fait moins abrupt, le Gémeaux se fait moins futile. Une dominance harmonique des planètes Mercure, Mars, Jupiter et Soleil devrait faciliter la réalisation de ce beau programme. Voyons cependant les choses de plus près.

Il est plusieurs possibilités d’évolution de vos tendances. Sur le mode accompli, par exemple, vous pouvez, à mesure que vous mûrissez, refuser la spécialisation et l’étroitesse de vue. Pour vous, la véritable force doit être polyvalente, jouir d’une entière liberté de manoeuvre et ne pas craindre les contradictions possibles entre les façons dont elle s’exerce.

Il ne sert à rien, pensez-vous, de rompre les obstacles pour s’affirmer si vous devez vous retrouver, à chaque fois, dans une nouvelle cage. Vous serez donc tenté de diversifier vos moyens d’affirmation, ou de travaux, à partir d’une compétence indiscutable dans un domaine précis, matière à de multiples variations, pirouettes, facéties et jeux d’esprit. Mais que vous ayez plusieurs cordes à votre arc n’atténue pas pour autant la force et la détermination de chacune des flèches que vous décochez.

Une autre façon de vivre positivement vos tendances consiste à vous dégager, peu à peu, des oeillères d’un Moi trop imbu de son nombril ; à exorciser, par l’humour, votre désir foncier d’être le plus fort, le plus beau, le plus riche où le plus célèbre. Peut-être, aussi, vous montrerez-vous suprêment habile à masquer vos appétits ambitieux sous des dehors légers et primesautiers. Plus d’un adversaire, distrait par vos virevoltes aimables de papillon, ne s’apercevra que trop tard de la force de vos mâchoires. Sur un plan plus élevé, vous êtes, en principe, fort doué pour donner une diffusion maximale à vos idées fortes comme à vos sursauts d’indépendance. Vous saurez les répandre dans un vaste public, en montrer la valeur universelle par le biais de stylisations hardies, non exemptes d’esthétique.

Si Saturne, Lune, Neptune, Mercure ou Pluton dominent en dissonance votre thème, vous êtes plutôt un LionGémeaux du genre inadapté. La tendance à la dispersion des Gémeaux ne risque guère d’atténuer vos phobies léoniennes. Vous qui auriez besoin d’analyser en profondeur pour moins perdre votre sang-froid, commettre moins d’impairs, vous voilà irrésistiblement attiré, tel un papillon de nuit égaré chez un éclairagiste, par les mille sollicitations contradictoires du monde qui vous environne. Vous qui êtes soucieux de perfection, à la recherche d’un droit chemin et d’une claire devise sur votre fier drapeau ; vous vous culpabilisez de vos errements et incertitudes, qui ne font que croître, au fil du temps. La maîtrise d’une bonne technique de relaxation vous ferait certainement le plus grand bien.

Je suis plutôt content, pour finir, de pouvoir vous livrer trois exemples typiques de LionAscendant Gémeaux qui me semblent assez bien illustrer mes propos : le grimaçant Louis de Funès, le Jean-Christophe Averty qui en vaut deux, et le dessinateur Sempé, alerte croqueur à belle plume de nos dérisoires prétentions.

Lion Ascendant Cancer

Comme pour la combinaison précédente, les astrologues font chorus, mais cette fois pour souligner les profondes divergences des deux signes en cause. A entendre les plus catégoriques, vous portez en vous l’irréductible dualité du jour et de la nuit, du clair et du ténébreux, de la maturité et de l’infantilisme ; on va même jusqu’à dire – pour ceux qui sont un peu phallocrates sur les bords – la masculinité triomphante et la féminité soumise. En nuançant davantage, on peut effectivement admettre, en gros, que vous arborez un double visage : une face conquérante, spectaculaire, active, ambitieuse et mondaine côtoie une autre face toute de repli, de rêverie, de goût pour l’intimité douillette et les secrets émois du cœur. Cependant, ne citer, du Lion, que ses facultés adaptatives et ne retenir du Cancer que les faiblesses des types inadaptés, ne me semble pas très équitable : nous avons déjà fait connaissance avec les faiblesses du Lion, et il existe aussi des Cancers forts.

Si le Soleil, la Lune, Jupiter et Uranus dominent harmoniquement votre thème, vous avez des chances d’appartenir à cette dernière catégorie.

Réussissant alors votre évolution du Lion au Cancer, vos conquêtes et vos audaces, loin de vous inciter à faire cavalier seul, ne vous donneront que plus d’assurance pour consolider la cohésion du groupe auquel vous appartenez : que ce soit votre famille, une communauté quelconque, ou un clan cimenté par les mêmes intérêts. Vous userez de vos certitudes et de votre aplomb pour renforcer l’implantation dudit groupe, pour en perpétuer les traditions et lui épargner le déracinement. Vous le nourrirez de votre énergie rayonnante, n’ayant de cesse qu’il n’ait atteint sa pleine efficacité dans les limites de son champ d’action. Vous savez vous montrer, pour parvenir à vos fins, particulièrement tenace et persévérant, faisant preuve de hautes aptitudes d’organisateur ou de gestionnaire. Mais vous êtes tenté d’ériger vos maximes percutantes et vos arguments massues en règles morales et moralisatrices à l’usage des brebis dont vous estimez être le tout-puissant berger. Ce qui, à mon sens, est certainement l’un de vos travers les plus agaçants.

Pour le cas où vous rateriez plus ou moins votre évolution du Lion au Cancer, la liste des divergences fondamentales évoquées plus haut permet déjà de se faire une petite idée de vos avatars probables. Repentant retour au bercail après des frasques d’enfant prodigue : renoncement à une autonomie quasiment acquise, par peur, refus des responsabilités, ressenties comme écrasantes, repli dans le rêve et l’imaginaire, tentatives de passions totales et de liberté inconditionnelle se soldant par un refuge dans le romanesque platonique…

L’on n’en finirait pas, apparemment, d’égrener la litanie des piteux échecs qui vous menacent. Mais, vous rejeter, illico, dans la poubelle réservée aux minables, comme le ferait plus d’un astrologue bien-pensant, ce serait méconnaître les avantages féconds de l’inadaptation, en tant que remise en cause des valeurs en cours. Et vous, LionCancer inadapté, face à l’agressivité arriviste qu’il est de bon ton d’afficher en notre siècle de fer, vous êtes très bien placé pour dresser, comme un bouclier salutaire, la pacifique innocence du jardin d’Eden.

Lion Ascendant Lion

A l’entrée de mon recueil d’horoscopes, force m’est de constater que les célébrités LionAscendantLion se bousculent au portillon. De Claudel à Dumas père en passant par Bartholdi, de Noël-Noël à Goscinny en passant par Edgar Faure, sans même parler de Laurent le Magnifique, de Debussy et de quelques autres, la pléthore est à l’ordre du jour.

Choeur des lecteurs qui se laissent aller à leur tempérament triomphaliste habituel : c’est normal, on est les plus forts ! Surtout quand on est des Lions à la puissance deux ! Minute, petits Lions. Au risque de me faire traiter de faux frère par mes frères zodiacaux, je considère qu’une telle surabondance n’a rien à voir avec une éventuelle supériorité de leur signe, mais qu’elle découle, tout bonnement, statistique en main, de la montée en flèche du nombre de naissances au lever du jour, ce qui se vérifie pour n’importe quel signe. Ne supposez pas que la présence simultanée de l’Ascendant et du Soleil dans le Lion, multiplie automatiquement par deux la qualité des performances de l’animal: Il est plus juste de parler d’une meilleure continuité de comportement, chaque nouvelle expérience vous confortant dans vos orientations primitives et vos mobiles originels.

Ainsi, les sursauts successifs de votre force débloquante sont autant de paliers qui rehaussent votre confiance en vous-même et vous confirment vos hautes aptitudes pour la voie que vous vous êtes choisie. Plus encore qu’un autre Lion, vous avez horreur des impasses de l’échec. Vous vous efforcez de ne faire déboucher vos audaces que sur des situations qui vous laisseront le champ libre pour un nouveau bond en avant. De tels exploits, naturellement, sous-entendent une conscience aiguë de vous-même et une parfaite lucidité quant à vos dons et compétences. Cette perpétuelle reconduction de vos certitudes mobilise plus que jamais votre persévérance, votre obstination, votre ténacité. Vous vous sentez obligé d’être perpétuellement sur la brèche. Vous ne sauriez résister à la tentation de vous jeter dans la mêlée, dès qu’une compétition, pour peu qu’elle soit dans vos cordes, s’annonce à l’horizon. Le processus n’a pas que des avantages, en particulier pour les risques de surmenage et de tension qu’il implique. Vous prenez trop à cœur le maintien d’une réputation, lourde à soutenir sans faiblir. L’image déjà évoquée du Lion équilibriste vacillant tout en haut de sa pyramide d’exploits, sans cesse à deux doigts de la dégringolade, devrait vous faire réfléchir sur les dangers des forcings trop ambitieux. Si vous êtes un Lion plutôt inadapté du genre maladroit et gaffeur, vos déconvenues ne vous conduisent pas à pousser plus avant votre réflexion analytique. Elles vous maintiennent au contraire dans vos jugements sommaires et péremptoires. A une saine recherche d’explication cohérente, vous substituez, de plus en plus, une susceptibilité maladive constamment à l’affût des supposés saboteurs de votre gloire éclatante.

Lion Ascendant Vierge

Si l’on se réfère aux portraits classiques, voilà encore un couple passablement contrasté, proche parent du couple LionCancer. On sera tenté d’opposer ici les fanfaronnades à la modestie; la générosité sans calcul à la mesquinerie intéressée, l’aplomb phénoménal aux pudeurs outrées, le goût du grandiose fastueux à la simplicité de la violette, et le reste à l’avenant. Mais nous n’expliquerons pas ce caractère en le figeant dans ses contradictions. Essayons plutôt d’en saisir la dynamique interne, à savoir le passage d’un déblocage briseur de limites à un blocage étroitement auto-protecteur.

A première vue, et surtout si, dans votre ciel, dominent des dissonances majeures de Lune, Saturne, Neptune ou Pluton, ce n’est pas un passage très facile. Toutes vos entreprises audacieuses, en effet, tendent à se solder, chez vous, par une conscience aiguë de leur démesure et de leur caractère irraisonnable. Du moins les jugerez-vous démesurées et irraisonnables, eu égard à vos besoins minimes, et aux modestes capacités que vous avez tendance à vous attribuer. On comprend qu’à la longue, cela puisse émousser votre mordant, vous conduire au fatalisme résigné, vous *inciter aux replis craintifs devant les vastes horizons qui ne demanderaient qu’à s’ouvrir. L’amélioration de votre sens analytique ne se manifeste guère que par des coupures inquiètes de cheveux en quatre. Vos dissections vétilleuses ne sont qu’un prétexte à éviter l’affrontement d’un échec supposé inéluctable.

Autre avatar possible : la maladresse gaffeuse dont vous faites preuve dans vos rapports sociaux de Lion fragile peut vous conduire à limiter lesdits rapports au maximum. Vous vous réfugiez, peu à peu, dans une insociabilité bourrue, hérissant vos manies et vos particularismes comme autant d’écueils pour décourager l’accostage. Mais, du fond de votre retraite, peut-être serez-vous le premier à vous lamenter sur la solitude des grands hommes à qui l’on n’a pas donné leur chance.

Vous pouvez vivre votre inadaptation de façon un peu plus positive en usant d’un humour grinçant et d’une ironie désabusée pour dénoncer les m’as-tu-vu, les bluffeurs, les outrecuidants et les puissants de cette terre, sans qui tout serait tellement plus clair, plus vrai, plus simple. Vous avez plus fortement conscience que d’autres de l’inanité de leurs prétentions et de leur inaptitude foncière à rendre le quotidien plus habitable en modelant le cadre de vie à la mesure de l’être humain.

Si vous êtes d’un genre plus adapté, sans doute viserez-vous avant tout, par vos exploits et sursauts héroïques, à consolider un individualisme discret, tenace et orgueilleux. Toute initiative est bonne qui, au bout du compte, vous permet de vous suffire, d’affirmer votre autonomie sans vous encombrer, jusqu’au bout, de mondanités paradantes. Vous avez soin de ne vous colleter qu’à des tâches à votre mesure. Vous organisez, vous prévoyez, vous pesez soigneusement les risques. Vous rectifiez votre puissance instinctive en la passant par le fil d’une logique acérée qui sait faire la part entre les bravades futiles et les efforts utiles.

Comme on le voit, Soleil LionAscendant Vierge, ça peut donner aussi bien Tabarly que Louis XVI. Ça donne aussi des types dans mon genre. Mais, comme je suis modeste, je n’en dirai pas plus long.

Lion Ascendant Balance

De l’avis général des augures classiques, sur la route en pente douce qui mène du Lion à la Balance, tout glisse à merveille. La volonté de puissance met de l’eau dans son vin ; la griffe redoutable se gante de velours ; le rugissement impérieux se mue en dialogue roucoulant. Notre fauve se pare et se pomponne au goût du jour pour mieux gagner les faveurs des salons. Au risque d’altérer un peu la belle harmonie du tableau, une analyse plus fine et plus objective devrait nous permettre d’en retrouver les traits essentiels, mais en nuançant davantage nos appréciations élogieuses.

Du Lion à la Balance, nous passons de l’excitation débloquante à l’excitation associative. Permanence, par conséquent, de l’ouverture au monde et de l’attrait pour la vie extérieure. Mais, si l’expansion se fait au départ sur le mode de l’affirmation personnelle, de la brusque rupture audacieuse vis-à-vis des habitudes paralysantes de votre milieu, tout cela ne doit pas vous couper de la société ou faire obstacle à votre intégration. Vous serez ravi, au contraire, de pouvoir contribuer, par vos salutaires sursauts, à une plus grande souplesse des rapports humains, à une meilleure entente, au dénouement des conflits. Mais, en même temps, vous espérez bien bénéficier, par ricochet, d’un regain d’estime, d’une réputation de conciliateur magnanime qui rehausse votre propre image.

L’un des atouts majeurs que vous octroie la Balance, c’est la maîtrise de vos phobies secrètes, un affinement opportun de vos facultés d’analyse, de votre subtilité, de votre sens des discriminations savamment dosées. Flairant ce qui est dans le vent, prompt à saisir les plus minimes modifications dans l’équilibre des forces, vous avez l’art de choisir le bon moment pour vous mettre en avant. Et quand vous le faites, vous savez employer les mots qu’il faut et adopter l’attitude adéquate pour maintenir vos avantages ou persuader autrui du bien-fondé de ce que vous leur imposez. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que l’on puisse vous trouver aimable, avenant, poli et pondéré. A vous regarder d’un œil plus critique, on vous jugera peut-être comme un habile manipulateur, qui ne songe, en fin de compte, qu’à satisfaire ses ambitions, reniant sans vergogne ses risettes et ronds de jambe dès lors qu’ils ne servent plus ses desseins.

Si votre dominance planétaire vous porte à l’idéalisme contemplatif, vous serez davantage porté à renier vos racines léoniennes en prêchant la fraternité contre l’égoïsme, la compréhension d’autrui contre les certitudes arrogantes, la douceur et la justice contre l’arbitraire du fort, du bête et du méchant. Il se trouvera forcément des gens bien intentionnés pour vous taxer de songe-creux irréaliste et inefficace, de naïf un peu trop porté à sous-estimer les appétits de domination de ses semblables. Mais vous persisterez, envers et contre tous, dans vos rêves flambants de liberté généreuse.

Quelques célébrités LionBalance pour conclure : Michel Rocard, Bourvil, Minou Drouet… et le dessinateur Saint-Ogan, qui vous fait un petit signe d’amitié de la part d’Alfred le pingouin.

Lion Ascendant Scorpion

Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous n’avez pas la réputation d’être particulièrement commode. Si vous êtes fidèle à vos deux signes, tels qu’ils sont habituellement décrits, vous faites effectivement preuve d’un sacré caractère : farouchement individualiste, extrêmement volontaire, entier, combatif, exclusif, passionné, jaloux et susceptible… Par-dessus le marché, la tradition astrologique vous gratifie d’une autorité magnétique irrésistible. Vos animaux-symboles, certes, ont de quoi impressionner tous ceux qui ne demandent qu’à l’être. Vous ne vous privez guère d’user et d’abuser des diverses façons d’en imposer aux autres. Mais ne nous en laissons pas conter…

Un peu comme dans le cas du LionAscendant Taureau, vous réunissez, dans votre formule, deux signes obsessionnels, systématiques et inflexibles, dont les moyens respectifs d’affirmation ne se ressemblent guère. Vous êtes, en conséquence, porté à des comportements contrastés, dont vous pouvez plus ou moins bien maîtriser l’alternance.

Une forte dominance harmonique de Soleil, Jupiter, Uranus et Mars devrait vous permettre de jouer sur le double tableau LionScorpion au mieux de vos intérêts. Vous saurez, dans ce cas, user tour à tour de la vertu des proclamations spectaculaires, des actions fracassantes, puis de celle des cabales, intrigues, pièges plus ou moins sournois et lents travaux de sape. Vous serez simultanément habile aux manoeuvres souterraines et à la bataille au grand jour. Le Scorpion apporte au Lion ce qui lui manque souvent : la finesse, la ruse, la subtilité, l’art de jouer au chat et à la souris, de tirer les ficelles des empoignades les plus confuses, de frapper juste et net au point capital, au moment crucial. Vous savez affiner vos initiatives ambitieuses, parfaire leur efficacité par une meilleure analyse ou par une maîtrise consommée de la propagande insinuante. Vous serez peut-être tenté de consacrer votre énergie débordante au renforcement d’un clan étroit ou de quelque subversion secrète ; ou bien, de spécialiser vos audaces dans des domaines considérés comme tabous, choquants, ou, tout au moins, dérangeants pour le confort intellectuel de vos semblables. Même dans ces cas-là, vous comptez bien recueillir en retour une hausse de prestige et remonter dans votre propre estime.

Lorsqu’une mauvaise coordination entre vos deux signes apparaît, la claironnante prise à rebrousse poil des usages vous vaudra plus sûrement la réprobation publique que les lauriers attendus. Vous vous exposez ainsi à vous aliéner les purs et durs de votre camp, qui ne manqueront pas de vous reprocher le côté un peu théâtral de vos révoltes. Vous risquez, enfin, d’empêtrer vos fougueux élans dans l’inextricable réseau de vos propres machinations, de vous retrouver prisonnier de la Bastille que vous comptiez démolir. Sans doute serez-vous tenté de vous imaginer grandi et renforcé par les persécutions dont vous vous croyez l’objet. Or, si vous retiriez de vos expériences le sens critique qui vous manque peut-être en partie, vous seriez redoutable pour démasquer les hypocrisies des puissants.

Quelques illustres, illustrant bien votre cas : Napoléon I », Mussolini, Gilbert Trigano, et l’éditrice Régine Deforges.

Lion Ascendant Sagittaire

Devant un tel duo de signes de Feu, la Tradition, bien évidemment, ne peut manquer d’exalter votre ardeur, votre enthousiasme, votre esprit aventureux, votre énergie généreusement déployée. On vous reproche, parfois, d’être un peu envahissant dans vos exubérances ; mais l’on vous dit, aussi, bon compagnon, honnête, loyal, courageux et compatissant, le tout pimenté de la noblesse chevaleresque, seyant à un Lion mâtiné de Centaure. En somme, à en croire vos augures, au hit-parade du parfait héros de bonne compagnie, vous avez de fortes chances de bien vous placer sur le podium.

Une dominante harmonique de Soleil, Uranus, Mars et Jupiter, planètes d’affirmation active, ne peut qu’accentuer votre ressemblance avec ce portrait flatteur. Un portrait que tous les conformistes pleinement adaptés ne manqueront sans doute pas d’apprécier, mais qui montre bien vite sa relativité et ses insuffisances. D’une manière plus abstraite, on peut dire qu’en évoluant du Lion au Sagittaire, votre volonté de puissance tend à élargir au maximum son champ d’action, à diversifier le plus possible ses points d’impact. Non pas, à la manière des Gémeaux, en dilettante papillonnant et superficiel, mais en reliant constamment entre elles vos nouvelles conquêtes, qu’elles soient d’ordre matériel ou intellectuel, d’ordre humain ou affectif. Vous ne vous contentez plus de briser les clôtures pour vous ébattre comme un cabri ; vous explorez à fond la campagne environnante et vous liez connaissance avec tous les habitants. Vous vous mouvez dans un réseau d’expériences variées, d’accointances multiformes, de connaissances éclectiques, tissant, dans leur ensemble, la parfaite image du système de pensée de votre époque, le fidèle reflet des coutumes dominantes de votre milieu. Vous n’êtes plus un fauve sauvage, mais un animal civilisé. Toujours dynamique, autoritaire et impulsif ; mais vous savez y mettre les formes, vous plier aux modes, vous conformer aux lois. Vous mobilisez vos énergies surabondantes pour défendre, en preux baladin, les valeurs et les idéaux de votre temps. Votre punch peut faire merveille quand il s’agit d’organiser, de fédérer, de coordonner, de faciliter les échanges et les rapprochements à l’échelle la plus vaste possible. Vous savez surmonter tous les obstacles.

En cas de dissonances ou de dominantes planétaires contraires, vous risquez plusieurs écueils : ainsi, en brassant trop d’affaires, vous diluez vos forces dans mille projets qui se mêlent, s’entremêlent et se contrarient mutuellement. D’aucuns pourront vous soupçonner de philanthropie intéressée, vos bons offices et vos louables initiatives n’étant destinés qu’à rehausser votre prestige personnel. Si vous êtes d’une trempe contestataire, prenez garde, plus qu’un autre, au risque de récupération de vos audaces par les bien-pensants.

Défiez-vous, enfin, de vos tendances à la mythomanie et à la folie des grandeurs, ainsi que des accidents stupides qui brisent net l’élan des risque-tout trop confiants en leur étoile. Parmi les LionSagittaire assez représentatifs pour avoir accédé à la notoriété, je me permets de vous annoncer : Maurice Barrès, John Rockefeller et Coco Chanel.

Lion Ascendant Capricorne

L’alliance d’un Lion bourru et d’une Chèvre revêche incitant beaucoup moins aux envolées lyriques, les manuels ne font pas de vous un portrait aussi chatoyant que celui du LionSagittaire. Vous ne passez pas spécialement pour aimable, mondain et primesautier. On aurait plutôt tendance à vous reprocher votre sérieux, votre froideur impérieuse. Votre mépris hautain pour ceux qui traversent la vie en flânant, sans se fixer de buts et sans vouloir lutter. La quasi-unanimité des astrologues se fait à votre endroit : l’on s’accorde à vous reconnaître une extrême ténacité, une volonté de fer, un esprit réfléchi et planificateur ; enfin, et surtout, une ambition effrénée, superposant les froids calculs aux ardents combats.

Votre conformité avec ces images d’Epinal est, comme d’habitude, fortement subordonnée à vos dominantes. Dans le cas présent, une prépondérance harmonique de Saturne et du célèbre quatuor SoleilJupiterUranusMars devrait favoriser une coopération optimale de vos deux signes. La valeur de l’expérience, pour vous, n’est pas un vain mot.

Plus le temps passe, et plus vous savez juger et jauger la portée réelle de vos succès, vous détacher des emballements et griseries du triomphe, parcourir de haut en bas et de bas en haut, d’un regard froid, le monumental escalier qui mène au sommet de la pyramide. Le Lion vous permet de surmonter avec panache les difficultés de l’ascension, de vous hisser toujours plus haut de marche en marche. Le Capricorne vous aide à éliminer les futilités qui risqueraient de vous détourner de votre but ou de vous faire faire une chute malencontreuse : il vous rend sourd au chant troublant des sirènes, il vous rend aveugle à la fleur tentatrice qui pousse à côté.

Dans les cas extrêmes, notamment en cas de dissonances des planètes susnommées, votre détachement vis-à-vis de ce que vous considérez comme accessoire peut être tel, que vous ne craignez pas d’éteindre tout sentiment humain, allant jusqu’à sacrifier père, mère, amours et amis sur l’autel de votre réussite.

Si, dans votre thème, dominent harmoniquement des planètes comme Saturne, Neptune, ou Pluton, vous serez plutôt enclin à prendre peu à peu du champ par rapport aux ambitions agressives et aux appétits matériels gloutons. Les luttes de préséance, le fracas des tournois pour le pouvoir, tout cela vous sera prétexte à de hautes méditations sur la vanité de la course aux lauriers, à l’élaboration de théories profondes sur l’ordre immanent à l’âme ou aux cosmos. Bien plus important, à vos yeux, que l’ordre factice imposé par d’éphémères fantoches. On vous reprochera de vous murer dans votre tour d’ivoire, de jouer les intouchables supérieurs pour masquer votre impuissance à faire avancer vraiment les choses. Mais vous connaissez mieux que quiconque l’inutilité des efforts pour contenter tout le monde et son père.

Il peut arriver, aussi, que vos planètes dominantes vous écartèlent entre l’affirmation et l’effacement ; auquel cas, vous ressentirez durement les divergences de vos deux signes. Vos succès les plus éclatants auront toujours un arrière-goût de cendre. Vos ascèses les plus sévères se ressentiront un peu d’une arrogance catégorique qui les rendra finalement peu convaincantes.

Quatre exemples de LionCapricorne : le psychiatre Jung, le président Raymond Poincaré, le metteur en scène Marcel Carné, et Ménie Grégoire.

Lion Ascendant Verseau

Deux signes diamétralement opposés sur le cercle zodiacal : voilà qui laisse présager des interprétations traditionnelles tout en contrastes, conflits et tiraillements. Luttes les plus couramment évoquées : l’orgueilleux dominé par ses passions contre le doux sage, acquis à la sérénité ; l’égocentriste à tout crin contre le fraternel universaliste ; le monarque absolu contre le démocrate libéral ; le fauve vorace contre l’ange désintéressé. Dans cette histoire, vous n’êtes pas sans remarquer qu’à l’inverse du grand méchant Lion, le gentil Verseau fait un peu figure de chouchou. Sans doute, certains astrologues s’imaginent-ils se concilier ses bonnes grâces, au seuil de l’ère aussi mirobolante qu’incertaine qui porte son nom.

En vérité, une fois définis de façon naturelle, vos deux signes ne manquent pas de points communs pour réussir leur alliance. Sauf dominante planétaire franchement contrariante, vous êtes porté à vous extérioriser, à agir, à vous plonger dans le monde qui vous entoure pour le modifier. Vous avez horreur de la résignation sous toutes ses formes. Vous savez, mieux que d’autres, mobiliser vos énergies pour faire évoluer les situations, par un sursaut libérateur. A vos yeux, rien n’est impossible, tout vaut la peine d’être tenté. Cette liberté sur tous les fronts s’appuie, au départ, uniquement sur la quête de l’invulnérabilité d’un Moi, qui cherche à étendre ses pouvoirs, son espace vital, son autorité personnelle. Fermement campé sur votre aplomb et vos certitudes, vous prendrez peu à peu conscience d’une forme de liberté d’un ordre plus général, plus collectif ou plus abstrait : celle qui consiste à réinventer les usages, à donner un sens neuf aux rapports sociaux, à remettre en question les préjugés intellectuels ou moraux, à savoir déceler tout ce qu’il peut y avoir de prometteur et de positif dans ce qui laisse les autres indifférents, ou dans ce qui semble voué à l’échec.

Bien vécu, le processus peut avoir l’avantage de mobiliser votre dynamisme mordant et instinctif pour des causes généreuses ou des tâches rénovatrices. Il vous permettra peut-être d’échapper à l’auto-suffisance du Lion pur en libérant votre personnage de ses oeillères. Mais sachez qu’en cas de dissonance Uranienne, martienne ou jupitérienne, votre volonté de puissance initiale risque d’opérer des retours de flamme aussi subits qu’offensifs. Quand vous parlerez d’imagination au pouvoir, on finira par vous suspecter de ne vous servir de la première que pour conquérir le second. Et quand vous vous mêlerez d’éclairer les autres de vos sages conseils, peut-être verront-ils se profiler, derrière vous, comme une ombre de despote.

Si vos planètes dominantes vous portent davantage vers la tendresse active que vers l’arrivisme, votre générosité ne connaîtra pas de bornes, votre naïveté non plus. Vous accorderez un crédit illimité à autrui, parfois aux dépens de votre sécurité personnelle et de votre santé. Votre confiance irréfléchie en vos propres forces vous conduit ici à faire fi des instincts de conservation, à gaspiller votre énergie par brusques saccades, jusqu’à épuisement prostré. Si vous êtes intériorisé, peut-être vous muerez-vous en philosophe indulgent et compatissant, la tête pleine d’intuitions radieuses ou de solutions miracles, contemplant rêveusement les furieuses empoignades pour le pouvoir, toujours un peu fasciné, malgré tout, par ce que vous aurez su dépasser.

Lion Ascendant Poissons

Le Lion n’a rien d’un lapin, le Poissons n’est pas forcément une carpe, mais le mariage des deux signes, de l’avis général, n’en est pas moins l’un des plus incongrus du Zodiaque. Pensez donc : il s’agit d’unir la fanfare des rugissements sonores avec le mystérieux monde du silence, les coups de griffes et de crocs avec la fuite glissante entre les doigts, le soleil aveuglant de midi avec les ténèbres des abysses, le trône inamovible en or massif avec les amples déferlements de l’univers océanique… Devant cette somme de problèmes apparemment insolubles, quelques-uns vous conseillent de résoudre vos dilemmes en faisant carrément deux parts dans votre existence : la première, toute d’ambition énergique, consacrée à la vie mondaine, extérieure, spectaculaire ; la seconde, toute de suave renoncement, vouée à la culture de vos jardins secrets, à la méditation extatique, ou à quelque tâche humanitaire dont vous ne tirez ni gloire ni puissance. Certains, supposant la synthèse réussie, se hasardent poétiquement à vous dépeindre comme un prince munificent venu d’un ailleurs indéfinissable, comme une impérieuse reine tout embrumée d’irréel, ou comme un saint ermite rayonnant d’on ne sait quelle irrésistible et bienveillante autorité.

Traduite en termes un peu plus prosaïques, l’évolution possible de vos comportements n’est pas sans rappeler, par certains côtés, celle du LionCapricorne. Là aussi, vous tendez à vous détacher des vanités superficielles, des glorioles puériles, des limites d’une domination uniquement fondée sur les vertus des discours tonitruants et des grands coups d’épaule dans les portes. Cela ne veut pas forcément dire que vous renonciez à ladite domination, comme pourraient le faire croire les portraits traditionnels. Vous pouvez, au contraire, par le biais des Poissons, lui donner des formes autrement plus subtiles et redoutables. En fait, vous savez très bien, dans votre for intérieur, où vous voulez en venir. Mais délaissant les méthodes voyantes archiconnues, vous excellez à employer des procédés inhabituels et des cheminements imprévus qui endorment la vigilance de vos adversaires éventuels.

Peut-être vivrez-vous ces tendances foncières sur un plan plus général ou plus élevé que celui des rapports de concurrence. La force irrésistible et tenace du Lion vous soutiendra dans votre quête d’absolu. Vous saurez vous confronter sans faiblir aux vérités essentielles du monde, vous les éprouverez dans la plénitude de leur poésie, en sachant faire fi de toute idée préconçue. Sondant ainsi les abîmes du mystère universel, vous prendrez fortement conscience de l’inanité des petits orgueils individuels, de la fragilité des ambitions les plus arrogantes, face à l’infini et à l’éternité qui ont, infailliblement, le dernier mot.

En cas de dissonances majeures de Neptune, Lune, Saturne et Pluton, ce cheminement peut étouffer en vous toute velléité d’affirmation, transformer peu à peu votre phobie de l’échec en immobilisme impénétrable. Vous courez le risque de vous murer dans de chatoyantes rêveries de monarque perpétuellement en exil, de diluer vos plus nobles idéaux dans la mer étale de votre indolente indifférence. Espérons que vous aurez su, tout de même, cultiver quelque moyen d’expression permettant la mise en valeur de vos richesses intérieures.

Le point précis où une planète s’élève au-dessus de l’horizon (se « lève ») est l’Ascendant : c’est le point d’intersection du Zodiaque et de l’horizon oriental. En face : le Descendant, où les planètes, passant au-dessous de l’horizon, se couchent. Il est cependant fort difficile de dissocier les caractéristiques psychologiques du signe solaire de celles du signe Ascendant, ainsi que du signe lunaire, ou d’autres signes valorisés du thème.

En quoi, par exemple, un Vierge Ascendant Bélier va-t-il se sentir plus Vierge que Bélier, plus Bélier que Vierge ? Il sera la plupart du temps incapable de le discerner – tant il est vrai que l’homme est global, à la fois riche ou pauvre de ses multiples contradictions, selon qu’il est capable ou non de les assumer.

Plusieurs astrologues, cependant, ont tenté d’intéressantes explications concernant la différence entre signe Ascendant et signe solaire. Citons deux points de vue modernes. Pour Claire Santagostini, « le Moi est représenté dans sa nature profonde par le signe Ascendant« , alors que le signe solaire fait « connaître le plus grand intérêt objectif de l’être qui sera attiré surtout par les objets signifiés par lui »… Ainsi Teilhard de Chardin, Gémeaux par son Ascendant, s’est passionné pour tout ce qui touche à l’incarnation terrestre : il a le Soleil en Taureau, et il en est résulté une oeuvre littéraire (nature Gémeaux).

J.-P.Nicola, lui, insiste sur la globalité de l’individu qu’il est rarement possible de réduire à sa seule formule signe solaire Ascendant, même si celle-ci contient d’ores et déjà, de précieuses indications.

Tout ceci reste valable pour l’aspect physique : il convient d’examiner le thème dans son ensemble, afin d’en déduire la ou, plus souvent, les dominantes. Si le thème comporte une dominante nette, il est évident que la personne aura le physique correspondant à sa dominante : on ne verra jamais un pur Saturnien dilaté, ni un pur Jupitérien rétracté. Mais, généralement, le thème comporte plusieurs dominantes de nature différente, et il semble impossible de dire à l’avance si, comme c’est fréquemment le cas, l’une de ces dominantes va davantage déterminer la morphologie que les autres.

En fait, au lieu de partir du thème pour déterminer la morphologie, il paraîtrait plus justifié de partir de la morphologie pour préciser le thème, grâce à l’établissement des correspondances entre ce qui « est », c’est-à-dire le vécu donné par la morphologie, et les potentialités contenues dans le thème. Les potentialités sont rarement toutes utilisées ; en tout cas, elles le sont à des degrés divers : les correspondances ne sont pas toujours évidentes. Leur étude permet de savoir lesquelles sont actualisées, elle permet éventuellement d’insister sur certains points du thème qui prennent importance et réalité s’ils sont « incarnés » morphologiquement.

Citons le cas d’un Verseau Ascendant Verseau : l’acteur Jacques Villeret avec la Lune angulaire à l’Ascendant et Uranus en Cancer : le fait qu’il soft physiquement très dilaté, le visage rond, pâle et bouffi, avec des yeux globuleux, des paupières tombantes, un petit nez et une bouche molle entrouverte, permet d’orienter l’interprétation en direction de la caractérologie lunaire, bien plus que la caractérologie Uranienne.

VIERGE

Venons-en maintenant à l’assertion couramment répandue selon laquelle on aurait davantage le physique de son signe Ascendant que de son signe solaire. Sans statistiques à l’appui – et encore, dans ce domaine, les statistiques sont-elles particulièrement aléatoires – on en est réduit aux observations personnelles et aux hypothèses. Remarquons toutefois que le signe solaire a un côté arbitraire, dans la mesure où il résulte du choix ou du non-choix de la date de conception. On ne peut pas en dire autant du signe Ascendant : au risque de scandaliser certains esprits, je suis tentée de croire, en effet, que l’enfant ne naît pas à n’importe quel moment, mais à l’instant précis où la disposition zodiacale correspond le plus à son acquis génétique. Il naîtra donc à un moment où le point Ascendant tombera à un certain degré d’un signe X, pour deux raisons possibles : soit parce que le signe en question est effectivement le plus conforme à son héritage génétique, soit parce que la situation du point Ascendant dans un signe X valorisera certaines planètes, ou plus simplement dit, orientera le thème dans une direction correspondant à l’héritage génétique.

Ainsi pour le Verseau cité plus haut : son héritage génétique étant un tempérament en majeure partie lymphatique, et ne correspondant pas du tout au tempérament nerveux de son signe solaire, il est né à l’heure qui mettait le plus la Lune en valeur.

Evidemment, tout cela n’exclut pas que le signe solaire corresponde à l’héritage génétique, mais explique, par exemple, pourquoi bien des individus se « sentent » être davantage leur signe Ascendant que leur signe solaire, ou bien ne se sentent ni l’un ni l’autre, dans l’éventualité où ils auraient finalement plus d’affinités avec une autre composante de leur thème.

Vierge Ascendant Bélier

Signes a priori difficiles à concilier. Le Bélier est tout en force et vitesse d’excitation, la Vierge en force d’inhibition et lenteur d’excitation : l’un est tout élan, audace, action, impulsivité ; l’autre, défense, timidité, réflexion, retenue. Le premier, instinctif et rapide, souffre d’un manque de recul, le second, cérébral et posé, d’un excès de recul.

Les deux signes ont en commun le sens du réel donné par Mars au Bélier, et par la Terre à la Vierge. Seulement, le réel Bélier est un réel brut, de sensation, d’expérimentation directes, de confrontation pure à l’événement, l’intérêt se situant dans cette confrontation elle-même, c’est-à-dire dans le mouvement qu’elle nécessite, sans souci des conséquences possibles. Le réel Virginien est davantage un réalisme, un sens des valeurs : ce n’est pas l’expérience qui compte, mais le profit susceptible d’en découler, et les leçons pouvant en être tirées. Le but à atteindre commande l’acte, alors que pour le Bélier l’acte constitue le but. Le sens du temps n’est pas le même : l’un vit, voit au présent, il y est impliqué ; l’autre prévoit et détermine le présent en fonction du passé et de l’avenir, et garde toujours une marge de distance.

On aura donc véritablement affaire à un impulsif inhibé, ou à un inhibé impulsif, c’est-à-dire à un déconcertant mélange de primarité et de secondarité, d’extra et d’introversion. On peut parler aussi d’un type sensation-pensée, où la pensée peut nuancer la sensation et la sensation muscler la pensée.

Si la cérébralité Virginienne parvient à canaliser le bouillonnement du Bélier dans des directions constructives, la combinaison peut se révéler d’une grande richesse : la Vierge apportant au Bélier la réflexion, la sélectivité qui lui font défaut, et le Bélier permettant à la réflexion Virginienne de venir à bout de ses hésitations et de se concrétiser dans le passage à l’acte. La synthèse positive aboutirait ainsi à un réalisateur avisé, ou à un penseur actif, calculant les risques, risquant les calculs, ouvrant ou fermant les vannes de ses passions et de ses enthousiasmes au moment opportun, prêt à partir et capable de s’arrêter, personnalité séduisante car audacieuse et délicate à la fois, sage doublé d’un fou.

Morphologie

L’association ViergeBélier va dans le sens de la rétraction Mercure et Mars signant respectivement les tempéraments nerveux et bilieux, qui ont en commun la pauvreté des liquides : la silhouette sera donc mince.

Quant au visage, a priori deux combinaisons évidentes : on pourrait trouver, par exemple, un front vertical correspondant aux qualités d’observation, de réflexion, d’adaptation élective au milieu, chez la Vierge, et un étage inférieur (mâchoires et menton) développé, correspondant à la force instinctive martienne. Il serait beaucoup plus négatif, mais tout aussi justifié, de trouver un front martien, à savoir oblique, indiquant les tendances propulsives de l’être et son manque de sensibilité défensive, et un étage inférieur Virginien, dont l’insuffisance témoignerait des carences instinctives ou réalisatrices. La première combinaison indiquerait d’emblée le réalisateur réfléchi, le cérébral instinctif, la deuxième appartiendrait à des êtres impulsifs et hésitants, ayant du mal à positiver leurs impulsions, ou du moins à aller jusqu’au bout de celles-ci, par manque de ténacité.

Ajoutons que cette combinaison, où se heurtent deux forces contraires d’excitation et d’inhibition, donne souvent ce que Corman a appelé un modelé rétracté-bossué, c’est-à-dire un alliage de parties en relief et de parties en creux, révélatrices des hésitations conflictuelles de l’être entre ses besoins de conquête, ses élans, et ses pudeurs, ses retenues. L’issue du conflit peut se déduire d’une étude approfondie des proportions ou disproportions des diverses parties du visage.

Vierge Ascendant Taureau

Ici, nous avons la réunion de deux forces d’inhibition : les deux signes sont compatibles.

Le sujet portant cette double signature sera très introverti ou secondarisé : fermé a priori à toutes les incitations nouvelles, essentiellement concentré, patient, pourvu à la fois de la constructivité taurine et du sens de l’utile inhérent à la Vierge, il est le travailleur type, capable de travaux de longue haleine. La tenacité de l’une alliée à l’application de l’autre en font un être responsable, sur lequel on peut compter : du moment qu’il accepte un engagement, une entreprise (ce qu’il ne fait jamais à la légère), cela signifie que, quoi qu’il arrive, il s’en acquittera au mieux. Il s’agit en fait de la combinaison la plus réaliste, la plus « pratique », de tout le Zodiaque : c’est l’association entre un producteur et un distributeur, et chacun sait à quel point le rendement a de l’importance dans ces deux catégories ; il en a tellement, d’ailleurs, qu’il risque souvent d’éclipser le reste, pour devenir une fin en soi : la jouissance normale des biens tourne alors à la possessivité mesquine, l’organisation matérielle au matérialisme organisé.

Evidemment, la finesse et l’intellectualisme de la Vierge atténuent la lourdeur terre-à-terre du Taureau ; mais la peur de manquer de la première trouve une telle possibilité de sécurisation dans l’âpreté au gain du second, qu’elle risque le plus souvent de le rejoindre sur ce plan.

Précisons que l’importance accordée au confort domestique, ainsi que les exigences en quantité comme en qualité des appétits, sont souvent à la base d’une certaine avidité. On aime le travail pour lui-même donc, mais l’obtention des avantages matériels indispensables à la satisfaction des besoins est indissociable de ce goût pour le labeur.

Conscient plus que quiconque de la nécessité de l’effort et de ses capacités professionnelles, le type ViergeTaureau compte plus sur lui-même que sur les autres. En outre, sa secondarité lui fait voir un intrus dans tout nouveau venu : il commencera toujours par percevoir la source d’éventuels dangers et problèmes que l’autre représente pour lui : l’objectivité Virginienne peut tempérer la mauvaise foi taurine, mais son sens critique plus aiguisé est, en même temps, tout aussi susceptible de l’alimenter.

Ce type n’a pas l’enthousiasme facile et ne sait pas manifester ses contentements spontanément : il s’irritera de l’emballement chez les autres, et se méfiera de l’exaltation sous toutes ses formes. Type prosaïque, têtu, égoïste, possessif, mais calme, simple, vrai, honnête, efficace, stable, jusqu’au-boutiste dans ses sentiments comme dans ses actes. Quand à l’intelligence, elle est capable de dépasser le domaine du concret pour aborder celui des idées, sans toutefois jamais se laisser submerger par celles-ci : le discours, étayé par le sens des valeurs, ne peut se contenter de la théorie.

Morphologie

Physiquement, il est à souhaiter que l’être ait la stature taurine et les traits Virginiens : la largeur de la carrure impliquant l’énergie, et la finesse des traits la sensibilité.

Une combinaison inverse révèlerait la coexistence des caractéristiques négatives des deux signes : imaginons une silhouette et un cadre étroits, et nous aurions la fragilité, le manque de puissance vitale de la Vierge ; des traits épais, et ce serait la lourdeur psychique du Taureau.

Vierge Ascendant Gémeaux

L’Astrologie attribue à Mercure le gouvernement de la Vierge et des Gémeaux : cette planète serait donc un facteur de rapprochement des deux signes, mais les éléments les séparent : on conçoit que la légèreté, la transparence de l’air s’accordent mal avec la densité, la compacité terrestres. La tradition attribue l’intelligence analytique au Mercure de la Vierge (dans la symbolique des saisons, il revient à ce signe de séparer le bon grain de l’ivraie, de faire le tri, de dissocier), alors que l’Air des Gémeaux confère à cette même planète des qualités de communication et de diffusion instantanées, qui exigent implicitement une synthèse, une simplification de la chose à communiquer.

Vierge et Gémeaux se rejoignent sur le plan de la cérébralité, de la curiosité intellectuelle, du langage qui sert à véhiculer la pensée : la fonction pensée est prépondérante chez l’un comme l’autre, mais on aurait affaire à une pensée de type intuitif avec les Gémeaux : rapide, souple, virevoltante, bien que facilement superficielle ; à une pensée de type déductif avec la Vierge, plus réfléchie, logique, mais facilement linéaire et rigide.

De même qu’au niveau de l’action, c’est l’acte même qui constitue un but en soi pour le Bélier, alors que pour la Vierge l’acte n’est qu’un moyen d’arriver à un but prémédité, de même au niveau du langage, les Gémeaux ont tendance à manipuler le mot pour le mot, à jouer avec lui, à se griser de beau langage, de belles idées, de représentations abstraites. La Vierge, elle, subordonnera toujours le mot à son sens, la forme au fond ; elle parlera pour dire quelque chose de précis, elle « utilisera » le langage, fascinée par la magie du verbe, elle essaiera de l’amener à elle, en le maniant cependant toujours avec prudence, respect, amour déférent. Les Gémeaux, eux, parleront pour parler, parfois même pour ne rien dire, en magiciens du verbe : ils seront capables de se laisser emporter par lui, vers des fantaisies colorées, éblouissantes et kaléidoscopiques.

C’est que, ici encore, coexistent deux tempéraments fondamentalement différents : comment la primarité du dernier signe du printemps va-t-elle s’arranger de la secondarité du dernier signe d’été ? Aurons-nous à faire à un être de rêve, à la fois drôle et grave, brillant et profond ? Ou alors balloté entre une agitation ou un immobilisme également stériles et insatisfaisants : papillon en proie au vertige, fourmi aux aspirations de cigale, cigale aux ambiguïtés de fourmi, mais dans tous les cas, créature tout en finesse et en fragilité, d’un verre qui tiendrait à la fois du cristal et de l’opaline.

Morphologie

La combinaison ViergeGémeaux donne le tempérament nerveux pur : la silhouette très menue, le cadre du visage étroit témoignent de la faiblesse vitale ; l’extrême finesse des traits indique l’émotivité, la sensibilité prépondérante. Sensibilité qui dominera et handicapera si les récepteurs sont trop ouverts (manque de sélectivité), si le front, partie la plus importante de ce visage est trop plat et pas assez redressé (primauté de la primarité sur la secondarité, de l’impulsion sur la réflexion et la maîtrise), et enfin si l’étage mandibulaire n’est pas assez développé, (comme c’est malheureusement souvent le cas, les pulsions d’instinct et d’affrontement, permettant de concrétiser d’une façon ou d’une autre l’impression, étant faibles, chez les deux signes).

Vierge Ascendant Cancer

La même force d’inhibition, une inhibition d’autoprotection, domine chez la Vierge et le Cancer, fermant instinctivement au monde extérieur l’être porteur de cette cosignature, le repliant doublement sur lui-même.

Combinaison d’abord fragile, où dynamisme et agressivité font fâcheusement défaut : la peur du réel, ou la peur de soi-même face au réel, se solde souvent par une tendance exagérée au découragement, une timidité paralysante, et par un comportement de fuite devant les monstres à vaincre, les démons à exorciser, quelque forme que ce comportement puisse prendre : du désir de prise en charge jusqu’à la schizophrénie.

Qui n’a pas entendu parler du « monde clos » du Cancer ? Ce signe correspond, dans le cycle de la vie humaine, à la gestation, au cours de laquelle le foetus se développe à l’intérieur du ventre maternel : le monde clos cancérien est un monde passif, où l’être se nourrit de ce qui, filtré par son enveloppe protectrice, lui parvient de l’extérieur.

Le monde Virginien – clos, lui aussi, par les barrières auto-défensives destinées à laisser le temps à l’imprévu, devant lequel on est sans arme, de s’inverser, de se transformer en prévisible – est organisé en fonction de l’utilisation et de la distribution parcimonieuse du capital limité qui lui a été imparti.

L’idéal de douceur et de bonté du Cancer se marie fort bien avec l’idéal de calme et de pureté de la Vierge, et l’on conçoit à quel point il peut être facilement blessé, amenant l’être à se recroqueviller, à faire le dos rond, pour éviter les coups.

Celui qui refuse la lutte, la laideur et la malhonnêteté, se trouve fatalement isolé, mais cet isolement, s’il ne devient pas une passivité culpabilisante, une susceptibilité maladive, ou une nymphomanie hypocondriaque coupée de lucidité défaitiste, peut lui permettre de traverser la vie en conservant intactes une candeur déroutante, une gentillesse à toute épreuve.

Une sensibilité cérébrale, c’est-à-dire une objectivité réaliste qui dissèque, minimise l’émotion, afin de mieux la connaître et la dominer, coexiste avec une sensibilité plus subjective, une imagination onirique qui amplifie et magnifie l’émotion pour mieux se laisser bercer, submergée par elle. Il est donc nécessaire de canaliser le flot des impressions sans l’assécher. A ce prix, le type ViergeCancer sera souvent un fin psychologue, un détecteur subtil des états affectifs qui agitent l’âme humaine.

Morphologie

Il serait évidemment souhaitable de retrouver la Vierge dans la finesse et la relative fermeture des récepteurs (yeux, narines, bouche), et le Cancer dans le développement de la partie haute du front : ce serait l’indication d’un heureux alliage de la sensibilité sélective et de l’imagination. En revanche, si l’on ne retrouvait la Vierge que dans l’étroitesse et la longueur du cadre, le Cancer se manifestant par une mollesse plus ou moins accusée des chairs, on serait alors en présence d’un être sans beaucoup de caractère, timide et paresseux, et doté, pour peu que les récepteurs soient ouverts et atones comme il est fréquent chez le Cancer, d’un excès d’influençabilité le prédisposant à se faire ballotter au gré de ses humeurs et des ambiances, et à s’épuiser rapidement.

En principe, la combinaison ViergeCancer favorise le front par rapport au nez et au menton, ce dernier étant généralement la partie la plus défavorisée du visage, ce qui souligne immédiatement un décalage problématique entre le monde idéal (idées, imagination) et la faiblesse d’action. Le même décalage chez la combinaison ViergeGémeaux de type purement nerveux favoriserait la dispersion, la fuite en avant, alors qu’ici, avec un tempérament lymphatico-nerveux, beaucoup plus calme et rentré, il débouche sur l’évasion intérieure, la fuite en arrière.

Vierge Ascendant Lion

Association paradoxale que celle du Lion et de la Vierge, l’un superbe et généreux, selon la formule consacrée, l’autre effacée et parcimonieuse. Comment concilier une âme de chef avec une âme de second : l’un toujours en représentation, ambitieux, sûr de lui, distribuant les ordres ; l’autre dans le sillage, modeste, timide, multipliant les services. L’un, se tenant en pleine lumière, voit grand et aurait tendance à se faire passer pour plus qu’il n’est ; l’autre préférant la pénombre, voit petit, se minimise. Le premier bombe le torse, le second a la poitrine creuse : c’est le mariage de l’exhibitionniste et du voyeur.

Le complexe de supériorité va-t-il corriger, en l’atténuant, le complexe d’infériorité chez le ViergeLion ? Les extrêmes vont-ils se compenser, ou au contraire déchirer l’être dans un conflit permanent ? A moins que l’un ne trouve en l’autre une lucidité et une humilité qui vont lui maintenir les pieds sur terre, en lui évitant les pièges de l’apparence et de la démesure ; et l’autre en l’un une envergure, une assurance, une créativité qui, alliées à sa persévérance et ses aptitudes au travail, vont porter le dynamisme réalisateur à son maximum.

Si la destinée est plus Virginienne que léonine, c’est-à-dire, obscure, ingrate, l’être risque de souffrir de la non-reconnaissance de sa valeur, étayée par des efforts souvent plus considérables que ceux de personnalités apparemment plus appréciées. Envieux, il sera porté à les critiquer et à les rabaisser méchamment, étalant ainsi ses désirs de grandeur déçus ou refoulés, dévoilant l’orgueil derrière la modestie, les appétits derrière la frugalité. Si cette destinée est au contraire éclatante, il semble, que, grâce à la Vierge, l’être, sans aller jusqu’à dénigrer un succès qui le gêne, sache le maintenir en gardant la tête froide et en poursuivant calmement le travail qui en aura été la base.

Qu’elle soit positive ou négative, selon que l’individu aura réussi ou non à harmoniser ses tendances, l’équation ViergeLion met de toute façon l’accent sur l’importance des valeurs du « Moi » et d' »Idéal du Moi » par rapport aux valeurs du « Ça ». La libido est plus axée sur la volonté de puissance que sur l’éros, l’être est volontaire, ambitieux, perfectionniste, son sens moral est développé, il a des principes, que ceux-ci lui donnent le sens de l’honneur, du devoir, de la hiérarchie, ou, au négatif, rigidité et intolérance. Il ne se départira pas facilement du masque qu’il aura jugé bon d’adopter.

Morphologie

L’alliage SoleilMercure est susceptible de fournir d’assez beaux spécimens humains : le tempérament est nervo-bilieux, et la silhouette est par conséquent mince et bien proportionnée. Les traits, forcément délicats, témoignent du raffinement de la sensibilité (un ViergeLion n’est jamais grossier). Dans le meilleur des cas, l’apport solaire contribuera à un certain élargissement des contours du visage et au développement des étages frontal et mandibulaire, amenant à la Vierge l’ampleur de vues et le dynamisme qui lui font habituellement défaut.

Mais si le conflit entre la force d’inhibition de la Vierge et la force d’excitation du Lion était trop violent, on pourrait alors avoir, comme dans la combinaison ViergeBélier, un modelé rétracté-bossué, trahissant le freinage des passions et des poussées affirmatives du Moi par la retenue et le contrôle.

Vierge Ascendant Vierge

Avoir le Soleil et l’Ascendant dans le même signe valorise non seulement le signe en question, mais aussi le Soleil, qui se trouve forcément angulaire à l’Ascendant. La valorisation solaire ajoute aux qualités et défauts du signe : volonté, activité, autorité, ambition, orgueil, égocentrisme. Cette valorisation indique également, d’emblée, l’importance du rôle social et le danger pour le sujet de tomber dans le piège de la persona, autrement dit, de se subordonner ou de s’identifier à tel point à sa fonction ou à son devoir social, qu’il pourrait finir par y perdre sa propre identité.

Dans le cas de la Vierge, si elle a opté pour les valeurs Virginiennes plus que pour les valeurs solaires, cela donnera des collaborateurs parfaits, des épouses ou des mères irréprochables (si tels sont les rôles échus), mais au bout du compte des êtres ayant refoulé les tendances ne leur paraissant pas conformes aux principes adoptés, complètement prévisibles et malheureusement, d’autant moins susceptible d’évolution qu’Ascendant et Soleil dans le même signe prédisposent à une certaine uniformité.

Mais, si les valeurs solaires vont plus loin que le maintien d’un rôle cadrant avec les qualités d’autodéfense, d’effacement et le désir d’être utile de la Vierge, on retombera plus ou moins dans la formule précédente. L’être, tout en étant d’une sélectivité plus forte que celle de la formule ViergeLion, tout en ayant un système de valeurs plus strict, s’axera sur une réussite sociale qu’il facilitera par sa ténacité, mais défavorisera par son intransigeance, son refus des concessions, un perfectionnisme à la limite de l’utopie ; toutes caractéristiques qui l’irriteront contre ses semblables, incapables de répondre à ses exigences. Il se fermera à eux, et son engagement dans des voies étroites et difficiles, dicté par son idéal de qualité et de progrès, les fermera à lui, limitant, finalement, son désir plus ou moins avoué d’être apprécié et reconnu.

La destinée aura tendance à être linéaire. Il est souhaitable que -le sujet au fond très soucieux de s’améliorer et de parvenir à un dialogue, lutte contre la rigidité de ses principes, et surtout prenne conscience des refus commodes de ses propres ombres, des refoulements confortables mais stériles, qui se trouvent souvent derrière ses attitudes raisonnables et raisonneuses de renoncement et de droiture morale, ainsi que du vide auquel finissent par aboutir les silences dictés par la discrétion ou la peur du malentendu. Si l’être ne réussit pas de temps à autre à se remettre en question, à se cabrer, à défoncer les barrières qu’il s’est imposées, à prendre et dépasser le risque de se choquer et de s’effrayer lui-même, il tournera sans fin dans le cercle de ses inhibitions et de ses rites, prisonnier figé de lui-même.

Vierge Ascendant Balance

Là où la Vierge se laisse arrêter par les différences, les incompatibilités, la Balance trouve les affinités, les points communs ; là où la première se retranche derrière un énigmatique quant-à-soi, la seconde est tout sourire ; là où l’une hésite longuement avant de dire oui, l’autre passe du oui au non avec désinvolture.

Il s’agit en vérité davantage de complémentarités possibles, que d’oppositions réelles. Les caractéristiques spécifiques des deux signes semblent devoir se nuancer réciproquement, et concourir à un type délicat, subtil, raffiné. Ainsi, certains défauts tels que concessionnisme, opportunisme facile, séduction excessive de la Balance, et scrupules étouffants, pudeurs effarouchées de la Vierge, peuvent s’annuler dans une sociabilité idéale, où la distance ne souffre jamais d’être trop courte ni trop longue, où la critique reste diplomate, l’élégance sobre, grâce à un heureux mariage du charme et de l’intelligence. Quant aux qualités, plaisons-nous à penser que la discrétion peaufine l’amabilité, que l’ordre se plie à l’harmonie, et que travail et amour se stimulent l’un l’autre, se justifient réciproquement.

Les qualités de coopérativité, de courtoisie, de douceur, qui font la force de l’être, font aussi sa faiblesse : incapable d’agressivité, il est également incapable de tenir tête, et supportera très mal les attaques. Entre le refus du risque et le pacifisme, l’affirmation de soi est d’autant moins aisée que la forme d’intelligence, en faisant apparaître les deux faces de la médaille, en faisant peser le pour et le contre, provoque une hésitation chronique.

La ViergeBalance ne sera pas manifestement envahissante, mais, si l’on y regarde de plus près, grandes seront ses exigences intérieures, même si elle ne les extériorise pas, et, par conséquent, grandes ses possibilités de frustration, sa vulnérabilité vis-à-vis de l’élu (e). Excessivement sélective, la personnalité ne se commettra jamais avec un être de qualité inférieure. Cependant, pour que l’être choisi soit indépendant et secret, pour peu que les échanges ne s’étendent pas à tous les plans d’existence, elle se sentira, sentimentalement, cruellement dépossédée. Mais, grâce à ses facultés exceptionnelles de compréhension, elle sera capable de se mettre à la place de l’autre, prête à accepter intellectuellement une situation provoquée par ce qu’elle sait n’être, au fond, qu’une façon d’aimer différente de la sienne.

Morphologie

Assez généralement, on peut dire que tout concourt à la finesse des lignes et à la délicatesse des traits, correspondant à la sensibilité sélective. Si l’on part de la Vierge, l’apport vénusien est susceptible d’atténuer la sécheresse mercurienne. Par exemple, en remplissant les joues, en enveloppant légèrement la silhouette, en élargissant le cadre qui sera ovale (Vénus, planète humide, dilate, alors que Mercure, planète sèche, rétracte).

Grâce à cet apport, les lèvres peuvent être plus charnues, indiquant un contrôle moins sévère de la sensualité que chez le Virginien pur, des appétits moins restreints. Quant aux autres récepteurs, a priori fermés, ou tout au moins abrités par la secondarité Virginienne, ils peuvent être plus agrandis, plus ouverts par la primarité, la réceptivité vénusiennes. Le nez, où l’étage affectif, risque de dominer le visage. La déficience du menton paraît devoir se rencontrer fréquemment, étant donné les difficultés des deux signes à agresser, à s’affronter aux autres.

Vierge Ascendant Scorpion

La réunion au sein du même être de deux signes aux antipodes l’un de l’autre semble devoir porter en germe plus de contradictions que toutes les combinaisons déjà étudiées, et contribuer à un tempérament d’une complexité difficile à saisir. Imaginons Eve séduite par le serpent, imaginons un être se sentant, tantôt ou à la fois, ange et démon, en proie à la double et vertigineuse tentation du bien et du mal, et nous aurons une approche des paradis infernaux ou des enfers paradisiaques qui sont susceptibles de tourmenter le type ViergeScorpion.

Ici, on est capable de tout risquer et de tout perdre, on méprise le danger en même temps qu’on est attiré par lui. L’inconnu aimante irrésistiblement.

Là, toute la politique consiste à prévoir, détourner, fuir le danger, dont l’inconnu est la plus grande forme.

Et quoi de plus inconnu, de plus attirant, de plus effrayant aussi que l’autre, que le sexe opposé en particulier, et la sexualité en général.

Les obsessions et les fantasmes vont-ils emprunter la voie de l’ascétisme ou celle de la perversion ? La fragilité extérieure va-t-elle dissimuler une force, une irréductibilité, une agressivité redoutables, ou bien découvrirons-nous, derrière l’allure farouche, une vulnérabilité, une inquiétude latentes ?

Une telle personnalité, à la fois toujours sur la défensive et toujours prête à attaquer, est de toute façon difficile à cerner. L’inhibition protectrice et l’inhibition différentielle se liguent pour décourager l’approche et renforcer le secret : l’être est impénétrable et pénétrant. Il ne se laisse pas facilement influencer, car il détecte mieux que personne ce qui se cache derrière les mots, derrière les apparences, et le dénonce sans pitié. Dans le meilleur des cas, les facultés d’observation et de discrimination, bénéficiant de la confrontation avec le réel, font le démystificateur auquel on n’en remontre pas, car ce dont il consent à parler est chargé du double poids de la réflexion et du vécu. La synthèse positive peut donner une personnalité forte, qui féconde ses instincts de la lucidité de ses doutes, et sa pensée de la richesse de ses passions, dans une maîtrise résolue, jusqu’au-boutisme sans oeillères. Une personnalité étonnamment évolutive, malgré l’angoisse et le fatalisme métaphysiques, puisque soucieuse à la fois de perfectionnisme et de remise en question.

Morphologie

Les forces d’inhibition des deux signes concourent à la rétraction. On a envie d’imaginer des yeux enfoncés dans les orbites, des narines abritées, des lèvres serrées et un front redressé, indiquant la secondarité, dans un visage plus ramassé grâce à Mars, dont on retrouverait la combativité et la vitalité, par exemple dans la saillie des pommettes et du menton bien développé, dans l’angulosité des mâchoires et la tonicité générale des traits. Un visage trop heurté, avec un excès de creux et de bosses, indiquerait le caractère conflictuel de la combinaison étudiée. Quoi qu’il en soit, c’est l’intensité du regard qui risque d’impressionner le plus, un regard d’une acuité extraordinaire, résultant de l’addition des facultés d’observation de la Vierge, et de discrimination du Scorpion.

Vierge Ascendant Sagittaire

Encore une combinaison a priori incompatible : l’extraversion optimiste et paternaliste du Sagittaire contraste singulièrement avec l’introversion pessimiste de la Vierge ; l’un, très à l’aise, se répand, claironne, rit, s’exhibe ; l’autre, toujours gêné, se recroqueville, chuchote se cache.

Chez les types que l’Astrologie traditionnelle distingue dans le Sagittaire – type « expansif », intégré au monde extérieur, dont il assure la continuité des traditions, et type « intensif » intégré à la recherche d’un ordre nouveau – existent, dans des proportions variables, un besoin d’ordre et de dépassement, qu’il se manifeste dans l’ambition socioprofessionnelle (premier type), ou l’idéalisme actif (second type).

Or, les notions d’ordre et de dépassement constituent une recherche de base commune aux deux signes considérés, bien qu’essentiellement différente, c’est-à-dire inséparable du contexte social dans le cas du Sagittaire, alors que beaucoup plus strictement individuelle chez la Vierge. Par exemple, le dépassement sagittairien fera du bruit, sera spectaculaire.

Qu’il s’agisse d’un exploit sportif ou d’une idéologie, il reposera toujours sur l’effort de l’être au sein de, ou contre, son groupe. En revanche, nous aurons chez la Vierge un perfectionnisme lent et silencieux, dont elle demeurera le plus souvent le seul témoin et juge.

Si la Vierge introvertie le Sagittaire, nous pouvons nous trouver en présence d’un être passionné de connaissances politiques, philosophiques ou religieuses, nourrissant par ses études livresques à la fois la boulimie de culture de la Vierge et l’idéalisme exalté du Sagittaire. A condition que lesdites études débouchent sur l’universel et le spirituel, à condition que l’être ait l’opportunité d’en vivre la synthèse exhaustive, et de la propager. Par contre, si le Sagittaire extravertissait la Vierge, on aurait une personnalité plus tournée vers les activités socioprofessionnelles et physiques, dont l’emphase serait simplifiée et le simplisme complexifié, les appétits disciplinés et les déplacements d’air orientés dans des directions plus strictement pratiques ou utilitaires ; une personnalité sachant évaluer à l’avance le prix de l’aventure, et fidèle à la ligne droite, malgré les détours.

Notons que le souci d’ordre, commun aux signes, peut déboucher soit sur un conventionnalisme atterrant si la personnalité est médiocre, soit sur un humour particulier, échappatoire salutaire au conflit qui oppose l’excès de critique à une certaine tendance à la fatuité et à la facilité. Le ViergeSagittaire porte en lui un juge sévère, qui s’obstine à vouloir lui prouver l’inanité de ses penchants les plus naturels : l’humour réconcilie les deux parties.

Abordons, pour finir, une autre différence essentielle qui sépare les deux signes. Le Sagittaire a la faculté de relier, coordonner, rassembler, réunir, il a une vue globale des êtres et des choses ; la Vierge sépare, dissocie, analyse et perçoit plus facilement le détail que l’ensemble. Un autre problème de cette combinaison consistera donc à accorder les deux types d’intelligence, pour voir au-delà de l’associationnisme, subordonner l’idéal social à une éthique au lieu de l’y identifier, savoir distinguer le moyen du long terme, et les relier pour les diriger vers un but qui les contente tous deux : l’être mettant son opportunisme et son savoir-faire au service de sa réflexion.

Morphologie

Il est possible d’imaginer un cadre et un modelé dilaté (tendance jupitérienne à l’expansion) et des récepteurs fins et fermés (tendance Virginienne à la rétraction). La disposition inverse est tout aussi envisageable ; la dilatation jupitérienne s’exprimant alors dans les traits du visage, et la rétraction Virginienne dans ses contours et ses chairs : cette fois, ce serait la dépense énergétique qui dépasserait les réserves, on aurait donc l’indication d’une déperdition, d’une mauvaise économie de l’énergie.

Un amalgame plus harmonieux, où dilatation et rétraction s’équilibreraient, n’est pas exclu : imaginons un cadre relativement large, des traits suffisamment fins pour que la sensibilité oriente l’énergie dans des directions imposées par sa sélectivité, et suffisamment ouverts pour que la dépense de cette énergie s’effectue normalement. D’un tel visage émaneraient une gravité souriante, une douceur ferme, une bienveillance attentive, témoignant de l’association heureuse entre les tendances positives des deux signes.

Vierge Ascendant Capricorne

Nombre de qualités et de défauts, que l’on attribue habituellement à la Vierge, sont également imputables au Capricorne. Ce sont de tout le Zodiaque, les deux signes qui présentent le plus de points communs. Cette combinaison concourt à une créature monolithique avançant avec une lenteur raide, qui l’oblige à regarder où elle va, et lui donne donc le sens du but à atteindre. Mais elle ne favorise ni les changements de direction, ni la détente. Ceci vaut également pour la combinaison ViergeTaureau, mais le but a atteindre est lié à l’avoir, à des acquisitions matérielles, alors qu’ici l’objectif est plus orienté vers l’être et le renoncement à l’avoir. La première combinaison est orientée vers la satisfaction des besoins, la seconde vers la réduction des mêmes besoins.

La réunion de l’inhibition-blocage de la Vierge, et de l’inhibition extinctive du Capricorne fait l’être très introverti, en perpétuelle attitude de défense, vis-à-vis des autres et de lui-même. Cela le prédispose d’autant plus à la solitude que, ayant par la Vierge tendance à se déprécier, et étant par le Capricorne peu enclin à se faire de cadeaux, il se trouve ainsi coincé entre sa propre part de médiocrité, qu’il exagère, et la médiocrité, qu’il ne supporte pas chez autrui ; entre la conscience douloureuse de sa petitesse et de son inadaptabilité, et son perfectionnisme intransigeant. L’idéal de pureté de la Vierge, allié au désir d’absolu du Capricorne, ne facilite ni l’estime de soi, ni l’estime des autres.

Son comportement extérieur paraîtra d’une froideur, d’une taciturnité rebutantes, masquant sa gaucherie ou son indifférence ennuyée, ou les deux si le Capricorne l’emporte. Si la Vierge domine, l’abord sera d’une gentillesse distante et timide, mais non à l’abri des gaffes intempestives : en effet, si la Vierge « sait se tenir », le Capricorne, obnubilé par le fond, ignore la forme, les formalités, les formules ; involontairement spécialiste des « pieds dans le plat », il arrive que sa sincérité brute devance la courtoisie Virginienne, plongeant l’être, après coup, dans un embarras parfois secrètement jubilateur.

L’intérêt du ViergeCapricorne pour la vérité et l’au-delà des apparences est inné. Il a besoin de trouver ce qui ne bouge pas dans le mouvant, il a besoin de découvrir l’essence des êtres, des choses et de lui-même, afin de compenser l’insécurité des fluctuations atmosphériques et de l’ignorance humaine par des certitudes sur lesquelles il puisse s’appuyer. La recherche de l’essentiel est laborieuse, austère, et risque de devenir obsessionnelle, mais elle implique la profondeur, le sens des valeurs, la gravité et l’intégrité, et se manifeste presque toujours par le goût inné pour toutes les sciences qui tentent une explication fondamentale de l’homme et de son environnement.

Morphologie

La rétraction domine évidemment la morphologie. La pauvreté du tempérament nerveux, légèrement lymphatique, est indiquée par l’étroitesse et la longueur de la silhouette et du visage. La fermeture des récepteurs : yeux enfoncés et petits, lèvres minces et serrées, narines abritées, correspond à la secondarité et à la sélectivité, leur plus ou moins grande finesse renseigne sur le degré de sensibilité, une sensibilité très contrôlée. Il est à souhaiter que les récepteurs soient esthéniques (coins droits ou relevés), indiquant des possibilités dynamiques, et non atones (coins tombants), révélant la fatigabilité et une certaine passivité.

Vierge Ascendant Verseau

La combinaison ViergeVerseau cérébralise à l’excès. L’Astrologie traditionnelle dit d’Uranus qu’il est l’octave supérieure de Mercure, rejoignant en cela l’Astrologie conditionnelle. Celle-ci, en effet, attribue aux planètes des formules inverses. Ainsi, la formule de Mercure RT, fait partir la planète du plan des Représentations R, pour arriver au plan T de Transcendance, alors que celle d’Uranus TR, situe cette dernière au plan de Transcendance, pour la faire aboutir à celui des Représentations. Autrement dit, Mercure part des signaux simples (mots, images) pour aboutir à la complexité (idées) alors qu’Uranus réduit la complexité en signaux simples ; les deux opérations s’effectuant par le biais du langage, expression de la pensée. On peut envisager que la précision Virginienne acquière grâce au Verseau une intuition, une rapidité qui donnent à la pensée et à la phrase, une concision exceptionnelle, une portée inhabituelle.

L’individualisme est puissant, bien que, curieusement, l’être se sente à la fois comme tout le monde et comme personne, on pourrait dire, aussi, inférieur et supérieur à ses semblables. A la fois proche et lointain, il se sentira aussi étranger aux autres dans la foule, que proche d’eux sur scène : grand parmi les petits, petit parmi les grands, c’est un orgueilleux modeste, un timide audacieux. Il méprise le matérialisme grossier, tout comme l’intellectualisme gratuit ; il éprouve, pourtant, une fascination secrète pour la puissance de l’argent et celle du verbe, et leurs spéculations respectives. Il n’est sûr de rien, étonne ou indispose par son ton tranchant et péremptoire ; il ne veut pas attirer l’attention, mais, quoi qu’il fasse, ne sait jamais passer totalement inaperçu.

Sensible et sec, doutant et affirmant, révolutionnaire et casanier, humaniste doublé d’un rigoriste, cet être paradoxal, écartelé entre la Terre et le Ciel, a besoin de se fixer un but qui lui permette de concilier ses idées d’avant-garde, de grandeur, ses ambitions, avec son souci du quotidien, sa prudence et son humilité. Comme pour la combinaison ViergeLion, il s’agit d’éviter que le Verseau surcompense la Vierge, ou que la Vierge rapetisse le Verseau. L’inadaptation de la signature ViergeVerseau consisterait à être toujours à contretemps ou en porte-à-faux ; à rêver d’exceptionnel dans le cadre du quotidien, et à aspirer au quotidien dans les moments exceptionnels ; à ne se satisfaire de rien, ceci étant toujours trop bien, cela ne l’étant jamais assez ; à exercer son autoritarisme, sa volonté de puissance sur ses proches, tandis qu’il se laisserait écraser par l’entourage socioprofessionnel. Le déséquilibre se traduirait alors par des alternances de tolérance et d’intransigeance, de docilité et d’explosivité, de dépressivité et d’exaltation.

Morphologie

Le tempérament est nerveux, la rétraction domine : la cérébralité est indiquée par l’étage frontal plus développé que les deux autres ; son redressement correspond à l’individualisme et à l’objectivité. Les traits sont fins et abrités, révélant la sélectivité et le contrôle. Les yeux sont rapprochés, signifiant étroitesse du champ de conscience et concentration. Le modelé est souvent rétracté-bossué, car il y a heurt entre la force d’inhibition de la Vierge et la force d’excitation du Verseau. La faiblesse des instincts, commune aux deux signes, se retrouve à des déficiences plus ou moins prononcées de l’étage inférieur du visage.

Dans tous les cas, l’être sera svelte, fin, racé et dégagera une impression et de force de fragilité en même temps.

Vierge Ascendant Poissons

De la réunion des contraires peut résulter la pire confusion ou la plus féconde complémentarité. Ce sont non seulement l’ensemble du thème, mais encore la somme des conditionnements, qui feront pencher la balance d’un côté plus que d’un autre, et influeront de manière décisive sur la réussite ou l’échec d’une combinaison, surtout lorsqu’elle est paradoxale comme celle-ci.

Eminemment réceptif, l’être signé Poissons n’émerge qu’à grand peine de son immersion dans un milieu avec lequel il fait corps. Difficile de savoir qui l’on est précisément, quand on se sent confusément être un peu tout à la fois, et comment se trouver quand on aime tant se perdre, comment cerner sa personnalité, quand c’est dans la dépersonnalisation qu’on se sent justement le plus soi-même.

A l’inverse, la cérébralité dominante de la Vierge l’oblige à se dédoubler, à prendre conscience des autres, d’elle-même, de ses moindres états d’âme, et l’empêche de se perdre, à défaut de se trouver. Si elle ne sait pas forcément qui elle est, elle sait parfaitement qui elle n’est pas : la connaissance de ses limites est également le début de celle de son individualité. Pour le sujet Poissons, l’objet n’est pas grand-chose, par rapport au pouvoir d’évocation qu’il est susceptible d’y trouver. Mensonge et vérité se fondent et ne se séparent jamais tout à fait. Parler, écrire, exprimer avec des mots, revient à réduire arbitrairement une complexité informulable.

Quant à la Vierge, même si elle est assez intelligente pour soupçonner que chaque vérité contient son mensonge, et chaque mensonge la vérité, son sens aigu du réel coupe les ailes de l’imagination : l’objet n’est en définitive qu’un objet, elle ne « l’incorpore » pas (comment le pourrait-elle alors qu’elle a tant de mal à « s’incorporer » elle-même). Comme le moi du toi, le vrai à un certain moment se distingue du faux, et le choix du mot juste est très important car il permet de délimiter les frontières, de cerner l’exprimable.

La combinaison ViergePoissons peut aboutir à une complémentarité positive, incroyablement riche et féconde sur le plan de l’intelligence et de la sensibilité et, en particulier, donner d’intéressantes dispositions artistiques. Mais elle restera toujours critique sur le plan dynamique, les deux signes ayant besoin d’être mis sur leurs rails : la réceptivité passive des Poissons, leur gentillesse vélléitaire vont dans le même sens que les complexes d’infériorité, les doutes de la Vierge.

En dehors de la sublimation artistique, le meilleur moyen pour l’être de dépasser ses inhibitions serait probablement de trouver une voie où puissent s’exercer la compassion innée des Poissons et le besoin de servir de la Vierge, dans un altruisme authentiquement généreux et efficace.

Morphologie

Le cadre, en principe étroit, et le visage atone indiquent la faiblesse vitale et une certaine passivité ou apathie, confirmées par la déficience du menton et des mâchoires. Si la Vierge seule est dominée par la rétraction, les Poissons apportent souvent un ou plusieurs éléments de dilatation, que ce soit au niveau des chairs du visage, plus ou moins molles, ou au niveau des récepteurs (œil plus ou moins globuleux, narines épaisses, lèvres ouvertes évoquant la carpe), ce qui correspond à sa grande réceptivité. Il « absorbe » le milieu, alors que la Vierge aux récepteurs plus fins, plus fermés, le filtre soigneusement.

Le front devrait être redressé, marquant la secondarité commune aux deux signes, et plus développée dans sa partie supérieure qu’avec le seul apport Virginien, grâce à l’intuition et l’imagination neptuniennes.

BALANCE

Le Soleil est assimilé au Moi-de-valeur des philosophes qui est le modèle proposé comme idéal au Moi empirique.

Or, ce Moi empirique, sujet à des manifestations diverses et changeantes, correspond précisément au signe Ascendant. L’Astrologie traditionnelle rattache à l’Ascendant la constitution et l’apparence physiques, la mentalité et le caractère moral. On pourrait dire d’une façon plus générale qu’il représente l’individu plongé dans son milieu; il est le véhicule donné à l’ego pour se manifester au cours de son incarnation.

Pour les observateurs extérieurs, nous sommes surtout marqués par notre signe Ascendant parce que c’est à travers lui qu’ils nous « reçoivent ». Il est indispensable de le connaître car il conditionne nos réactions épidermiques qui règlent nos relations avec le milieu environnant. Or, chez beaucoup de sujets, ce conditionnement prend le pas sur le Moi profond.

Balance Ascendant Bélier

Non seulement son sens de l’équité commandera à ce type de veiller à ce que la justice règne dans toutes les affaires auxquelles il sera mêlé, mais il osera encore s’attaquer avec vigueur à l’injustice. Sa sociabilité naturelle sera soutenue par son désir de se rendre utile aux autres vers lesquels le pousse un grand élan de dévouement.

Esprit largement ouvert au monde environnant, il est avide de savoir et à l’affût de tout ce qui est nouveau. Mais sa trop grande mobilité l’expose au danger de la dispersion.

L’instabilité commune aux deux signes empêche ce type de travailler avec méthode et persévérance. C’est, avec le désintéressement, une des raisons pour lesquelles il sera un mauvais défenseur de ses intérêts personnels.

Vénus et Mars, planètes maîtresses de ces deux signes, forment un couple dont la mythologie a fait le symbole de l’amour-passion, même s’il scandalisait l’Olympe, Vénus étant l’épouse légitime d’Héphaïstos, dieu du Feu souterrain. Il est donc normal que ce type soit poussé à faire très tôt un mariage d’amour car les natifs de la Balance reçoivent ici du Bélier cette ardeur conquérante qui manque à leur panoplie d’amoureux.

On sait que les Balance ont un sens artistique développé; mais s’ils sont fort habiles à reproduire ce que d’autres ont créé, ils sont rarement des créateurs. L’union de Mars et de Vénus leur en donne précisément la possibilité.

Un autre défaut des Balance est leur indécision. A force de peser le pour et le contre, ils n’arrivent pas à prendre de décision. Le Bélier, qui est impulsif et a tendance à se jeter tête baissée dans l’aventure pour réfléchir ensuite aux conséquences, va donner à la Balance l’impulsion nécessaire; en retour, il recevra d’elle la réflexion qui lui fait un peu défaut. On voit que, dans ce domaine aussi, la combinaison des deux influences peut avoir les plus heureux effets.

De la même façon, la mise en train, toujours assez longue chez les Balance, va bénéficier du sens de l’initiative et de l’esprit d’entreprise du Bélier. Mais si ce dernier commence facilement ce qu’il entreprend – parfois même avec précipitation -, il a de la peine à terminer sa tâche car il manque de la patience nécessaire pour mener une action à son terme. Malheureusement, la Balance ne lui sera pas ici d’un grand secours car les natifs de ce signe, comme de tous les signes d’Air, fixent difficilement leur attention de façon durable sur un seul objet.

Ce natif est généreux et ne se laisse pas arrêter dans son élan par des calculs sordides. Enfin, il sait dire non quand il a choisi son parti.

En revanche, le manque d’objectivité, l’esprit de contestation, la brusquerie, ou même la brutalité, peuvent altérer ses rapports avec autrui quand l’influence du Bélier déborde trop largement celle de la Balance. Mais ce n’est pas là le cas général.

Les tempêtes d’équinoxe qui sont propres aux deux signes, ne resteront pas toujours intérieures, comme chez les natifs de la Balance, mais elles pourront se manifester au grand jour avec une violence explosive.

Quant à l’apparence physique, qui dans beaucoup de cas dépend d’abord de l’Ascendant, elle sera heureusement influencée par la Balance qui adoucira les traits accusés et énergiques du Bélier en leur donnant un peu de cette grâce vénusienne qui, pour une femme surtout, lui fait fâcheusement défaut.

Balance Ascendant Taureau

Ce mariage entre la Balance et le Taureau donne un être de sentiment très sensible aux manifestations les plus « aériennes » de l’art, telles la musique et la danse, mais aussi un être romanesque et sentimental, avide de sensations fortes pour alimenter sa robuste sensualité. La gourmandise lui fait rechercher les plaisirs de la table qu’il sait également apprécier en gourmet.

Ses besoins esthétiques le poussent à créer autour de lui un cadre harmonieux, mais sans grande originalité, car il donne volontiers dans un sage conformisme. Son rêve, c’est de posséder une maison à la campagne, au milieu des fleurs qu’il adore. Il se sent profondément enraciné dans la terre et recherche instinctivement son contact comme le faisait le géant Antée.

Ses dons artistiques devraient trouver à s’exercer sur la matière car il a le sens des lignes, des volumes et des formes : la sculpture et la peinture modernes sont des moyens d’expression propres à lui convenir car elles se sont fortement « matérialisées ». La musique « concrète » évolue dans le même sens.

Ces dons artistiques ont d’autant plus de chances de s’exprimer à travers lui que la Balance est un signe d’Air et le Taureau un signe de Terre. Or, la nature nous offre des exemples de ce que ces deux éléments peuvent réaliser quand ils s’unissent pour oeuvrer ensemble. Dans certains déserts, le sable soulevé par les tempêtes de vent sculpte les roches des montagnes disséminées à travers les étendues arides et leur donne des formes étranges qui font penser à des silhouettes animales ou humaines. Il y a là une indication intéressante quant aux possibilités de réalisation contenues dans la combinaison de ces deux éléments.

Le besoin de plaire, commun à la Balance et au Taureau, est à la base de la grande sociabilité de ce type. Alors qu’avec la Balance, cette sociabilité n’était qu’inconsciemment intéressée, elle risque avec le Taureau d’être utilisée à des fins égoïstes en lui donnant l’occasion de se faire des relations qui serviront ses intérêts immédiats ou l’aideront à réaliser son idéal de possession et de jouissance.

On connaît la vivacité d’esprit de la Balance, sa pensée souple et mobile, prête à appréhender mille objets. Le danger d’éparpillement est la rançon de cette constante disponibilité. Mais le réalisme, la concentration et l’obstination méthodique du Taureau vont stabiliser et discipliner la pensée vagabonde et quelque peu fantaisiste de la Balance pour en faire un instrument efficace au service de réalisations concrètes.

La volonté « massive » du Taureau s’humanise au contact de la Vénus Uranienne, mais il lui est difficile d’accepter la perpétuelle irrésolution de la Balance. Aussi l’incite-t-elle à prendre des décisions, mûrement réfléchies certes, mais irrévocables. La subtilité et la souplesse de la Balance seront malgré tout utilisées pour atteindre le but, clairement défini.

La taille est généralement moyenne, le corps plutôt trapu. Les traits réguliers sont assez beaux, mais le visage dilaté a tendance à s’alourdir avec l’âge. L’ensemble a quelque chose d’un peu massif.

Balance Ascendant Gémeaux

Cette combinaison consacre l’union de deux signes d’Air et des deux planètes dites inférieures, Vénus et Mercure.

Toutes les qualités, bonnes ou moins bonnes, qui s’attachent aux signes d’Air, s’extériorisent dans ce type, avec la liberté qui est propre à l’Air. L’élan vital est ici au service de l’intellect qui imprime sa marque à tout le comportement. Ce type est spontané, naturel et décontracté.

Largement ouvert au milieu environnant, il réagit vivement à toutes les sollicitations extérieures. L’énergie est assez capricieuse car l’attention a de la peine à se concentrer durablement sur un même objet. Il en résulte un manque de suite, non dans la pensée qui procède volontiers par intuition, mais dans l’action qui ignore les buts utilitaires.

L’indécision chronique de la Balance est renforcée par la démarche virevoltante des Gémeaux. Il est alors difficile à ce type d’imposer sa volonté aux autres. Ce n’est d’ailleurs pas son but; il aspire davantage à communiquer avec eux, à les comprendre et, si possible, à les convaincre qu’à les dominer pour les soumettre à sa volonté.

Car ses ambitions sont surtout d’ordre intellectuel. Dans ce domaine, la nature l’a comblé en lui donnant une intelligence claire, vive, perspicace, souple, déliée, toujours disponible, quoique parfois fantaisiste, inconstante et inégale.

Vénus apporte sa grâce, son charme et sa sensibilité, et ce type apparaît aux autres comme un être gai, enjoué et affable. Être de communication, il aime la compagnie et a pour chacun des paroles aimables. Il excelle à distraire les invités. Comme il a des lumières sur un grand nombre de sujets et qu’il connaît beaucoup de monde, il a toujours quelque chose à raconter. Il le fait de façon fort plaisante et parsème son récit de remarques cocasses ou originales; elles sont le fait d’un observateur auquel rien n’échappe et qui a le sens de l’humour.

On comprend aisément que tous ces dons sont autant d’atouts qui lui permettent non seulement de briller en société, mais également de plaire sans qu’il s’y efforce beaucoup. C’est aussi pour cela que ses attachements sont peu durables. Sollicité de toutes parts, il résiste mal au plaisir de jouer de son charme pour séduire qui lui plaît. Mais ses sentiments ne sont pas assez profonds pour qu’il ne soit pas tenté de chercher de nouvelles sensations. Les regrettables penchants de la Balance, qui « papillonne » volontiers, trouvent là dans les Gémeaux un allié de choix.

Son inconstance ne se manifeste pas qu’en amour. Elle lui joue aussi des tours dans tous les domaines de la vie. Son dilettantisme de touche-à-tout lui permet rarement d’aller jusqu’au bout de ses entreprises et l’empêche de construire sa vie sur des bases solides. Comme les gens qui travaillent avec le vent, il fait des bulles. Et même si, par la grâce de Vénus, son vent a le charme du zéphir, il n’en est pas moins du vent.

L’alliance de Vénus et de Mercure réunit les conditions favorables à l’éclosion de dons artistiques. C’est surtout dans le domaine littéraire qu’il peut s’exprimer comme romancier, essayiste, biographe ou poète. La musique – c’est l’air qui propage les sons – peut également l’attirer.

Balance Ascendant Cancer

En tant que signe d’Air, la Balance insuffle (cardinal) des pensées qui tendent vers un état d’équilibre dont la paix et la justice sociales sont des manifestations concrètes. Gandhi, apôtre de la non-violence, est un bon exemple de l’impact que peut avoir un idéal de justice et de paix lancé par un natif de la Balance.

Le Cancer est un signe d’Eau. En tant que signe cardinal, il diffuse dans son milieu environnant legs forces instinctuelles de son inconscient qui se traduisent par des sentiments, des émotions, des sensations et des souvenirs dont se nourrit son imagination. C’est ainsi que, à travers ses livres, Proust qui avait le Soleil et trois planètes en Cancer a projeté (cardinal) avec force sa vie émotionnelle vers ses lecteurs.

Car la Balance et le Cancer réunissent les deux planètes féminines par excellence, Vénus et la Lune, tandis que Mars, la planète virile, est en « débilité », aussi bien dans la Balance (exil) que dans le Cancer (chute). Aussi les valeurs féminines risquent-elles d’écraser les valeurs masculines.

ILe caractère est doux, bienveillant, serviable, conciliant, tolérant, mais dangereusement impressionnable. Le sens de la famille et l’amour des enfants sont fortement marqués. Le tempérament sensuel est alimenté par une imagination vive échafaudant des romans que le sujet vit intensément.

La sensibilité risque de prendre une place démesurée avec tous les inconvénients qu’entraîne une telle prédominance. Le caractère est soumis à de constantes fluctuations provoquées par le flot d’impressions et de sensations auxquelles tout être humain est exposé. Les conséquences de cette hypersensibilité sont d’abord une grande vulnérabilité aux agressions de la vie, vulnérabilité qui s’accompagne le plus souvent d’une susceptibilité pouvant prendre des formes pathologiques. Ensuite, le sujet subit d’autant plus facilement l’influence des uns et des autres que sa volonté est déficiente. La seule façon pour lui de résister aux pressions extérieures est de leur opposer sa force d’inertie qui est grande, mais cela ne saurait suffire dans tous les cas.

Le Cancer n’a malheureusement aucune de ces mâles vertus qui pourraient compenser les faiblesses bien connues de la Balance : le manque d’affirmation de soi et l’indécision. Le sujet est donc bien mal armé pour surmonter les déceptions sentimentales que le destin ne lui épargnera pas et qui l’atteignent au plus profond de lui-même.

En revanche, le fort sentiment de justice que lui donne la Balance peut exalter le besoin de dévouement propre au Cancer. L’action désintéressée lui fournit alors un moyen d’échapper aux effets débilitants d’une sentimentalité stérile.

Une aide non négligeable peut également venir du conjoint. Si celui-ci a assez de force de caractère, ses conseils et ses encouragements pourront aider le sujet à acquérir le sens des responsabilités. Le domaine le plus fécond pour ce type mixte sera celui de l’expression artistique. Pour peu que le destin lui ait « remis » à la naissance une quantité suffisante de Terre, l’alliance de l’imagination et de la sensibilité esthétique lui permettra de se réaliser dans une oeuvre d’art.

Physiquement, cette combinaison donne des êtres de taille très moyenne et même plutôt petite et trapue, aux formes pleines.

Balance Ascendant Lion

Le Lion comme la Balance sont des actifs, extravertis et sociables. Mais l’action du Lion, dans ses manifestations dissonantes, devient facilement dominatrice, orgueilleuse, théâtrale, parfois même cynique. C’est de ces excès que le préserve la Balance qui arrondit les angles d’une nature un peu trop impérieuse. La bienveillance et la délicatesse vénusiennes atténuent ce qu’une attitude hautaine pourrait avoir d’insupportable.

Le dynamisme du Lion, sa puissance de volonté, son esprit d’initiative et son sens de l’organisation bousculent les hésitations chroniques de la Balance, tandis que l’enthousiasme léonien réchauffe la tiédeur de ses ambitions.

L’esprit d’équité de la Balance, son indulgence, sa bienveillance et son idéal de paix empêchent le Lion de tomber dans le despotisme auquel pourrait l’entraîner son besoin de domination. La Balance pourra même révéler le côté le plus noble du caractère léonien qui est fait aussi de générosité et de magnanimité.

Le sens esthétique est très développé dans les deux signes. La Balance et le Lion ont un égal sentiment du beau, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons. Le Lion a besoin d’être entouré de belles choses parce qu’elles flattent sa personne qui ne saurait se contenter d’un décor médiocre, tandis que la Balance vit dans un cadre raffiné parce qu’il lui procure les émotions esthétiques dont son âme a besoin.

Le résultat, c’est que le natif de la Balance Ascendant Lion s’efforce de vivre dans un décor qui allie le bon goût à la qualité et à la richesse des matériaux.

Il fait preuve de recherche jusque dans sa façon de s’habiller car il choisit autant que possible des vêtements qui le « classent ». Il se montre dans les manifestations artistiques consacrées surtout à la musique, au chant et à la danse. Il est même possible que, non content d’admirer les créations des autres, il manifeste une authentique vocation artistique.

Sa réussite sociale semble aussi avoir les faveurs de la chance. Il est vrai que tant de qualités mises au service d’une carrière ne peuvent que conduire aux honneurs flattant agréablement sa vanité de Lion. Un Lion qui sait utiliser au maximum les relations que draine vers lui la sociabilité d’une Balance, qui, livrée à elle-même, aurait moins d’ambition.

Le signe sur lequel se trouve l’Ascendant détermine en grande partie l’apparence physique. Celle du Lion peut être solaire ou léonine. C’est sans doute vers la première, plus belle, que l’influence de Vénus fera pencher la balance. Mais quelle que soit cette apparence, elle sera toujours avantageuse. Des traits réguliers et bien dessinés, un teint clair, des cheveux blonds tirant sur le roux, un corps plutôt mince, de taille plus élevée que la moyenne, presque athlétique, ou bien très moyenne, mais trapue. Le sujet se tient très droit, mais la souplesse ondulante de la Balance l’empêche de se figer dans une raideur qui le ferait paraître désagréablement hautain.

Balance Ascendant Vierge

Mercure, maître de la Vierge, fait plutôt penser à Minerve, la déesse de la froide sagesse. Minerve présidait à l’ordre social et, s’il lui arrivait d’intervenir dans la guerre, ce n’était qu’après mûre réflexion. Elle patronnait les arts libéraux et l’artisanat. Pour les Anciens, elle était la vierge par excellence, celle dont le cœur ignorait la passion.

C’est l’alliance du sentiment et de la raison. On sait combien le natif de la Balance est capable de s’inventer de prétextes pour repousser le moment où il lui faudra commencer un travail.

A condition évidemment qu’il ne soit pas soumis à un rythme de travail imposé parce qu’il n’est que le maillon d’une chaîne dans une usine, ou un rouage nécessaire au fonctionnement d’une administration. Quand notre Balance a enfin réussi à se décider, il se ménage de nombreuses pauses car ce n’est pas un acharné du travail auquel, de toute façon, il. ne porte qu’un intérêt très relatif. A moins qu’il ne fasse un métier d’art dont l’exercice s’apparente pour lui davantage au jeu qu’au travail. Or, la Vierge va créer dans ce domaine un nouvel équilibre dont ce type mixte ne peut que profiter.

En effet, le Virginien manifeste de remarquables qualités dans le travail. Son ingéniosité lui permet tout d’abord de s’adapter aux circonstances qui ne le prennent jamais vraiment au dépourvu car c’est un prévoyant qui a de la ressource. Puis, après avoir analysé la situation, il apporte dans l’exécution de sa tâche de la méthode et une grande conscience. C’est un méticuleux que rongent les scrupules. L’efficacité lui importe avant tout : il veut obtenir des résultats concrets.

Ses défauts sont ceux de ses qualités. C’est un perfectionniste qui est toujours tenté de donner trop d’importance aux détails car, dans sa minutie, il ne veut rien laisser au hasard. Pour mieux se concentrer, il étouffe sa sensibilité, se replie sur lui-même et réduit volontiers la communication avec le monde environnant aux sujets qui entrent dans le cadre de son travail. Cependant les détails l’empêchent souvent d’avoir une vue synthétique des choses. Effrayé par ce qu’il imagine être la complexité de sa tâche, il devient nerveux et développe un sentiment d’infériorité qui se traduit finalement par une modestie excessive.

Heureusement que la Balance apporte son contrepoids. En réfrénant ce goût Virginien du détail, elle permet au sujet d’être plus détendu et de prendre de temps en temps ses distances par rapport à un travail qui menace de l’accaparer. Il obéit alors un peu moins à la froide logique et un peu plus à la fantaisie. Et comme il ne refuse pas de s’ouvrir aux autres, servir n’est plus seulement un devoir, cela devient aussi un plaisir.

Si les deux signes se complètent avec bonheur, ils rendent malgré tout le sujet hésitant. La Vierge par prudence et la Balance par équité. C’est le seul point qui puisse encore poser problème car il y a fort à parier que ce défaut, loin de s’atténuer, risque de devenir gênant. A moins qu’une forte composante martienne dans le thème n’empêche le sujet de devenir la victime de ses tergiversations.

Balance Ascendant Balance

C’est la combinaison de ceux qui sont nés autour du lever du Soleil. Tout ce qui a été dit jusqu’ici à propos de la Balance vaut très largement pour ce type qui est en principe d’une grande homogénéité. Les qualités et les défauts du signe sont amplifiés par cette double appartenance à un même signe zodiacal. Nous avons affaire là à une sorte de mariage « consanguin », et l’expérience montre que ce genre d’alliance donne des enfants plus fragiles que les autres.

Pour toutes ces raisons, il paraît souhaitable que le sujet doublement Balance ait un thème qui comporte une seconde dominante zodiacale (par exemple, trois ou quatre planètes dans un autre signe). Elle fera heureusement contrepoids à une influence qui, en s’exerçant trop exclusivement, risquerait de déséquilibrer le sujet, ce qui serait assez paradoxal dans le cas d’un Balance!

Dans cette affaire, c’est surtout l’homme Balance qui pourrait souffrir d’un excès de sensibilité et de charme car, de toute évidence, ces qualités conviennent mieux à une femme qu’à un représentant de l’autre sexe.

Balance Ascendant Scorpion

L’Eau du Scorpion, signe fixe, est une eau dormante. C’est l’eau des marécages. « Il n’est pire eau que l’eau qui dort », dit la sagesse populaire. Cette eau des marais à la surface paisible, à peine troublée de temps à autre par l’éclatement silencieux de quelques bulles montées des profondeurs, cette eau ne dort qu’en apparence. Sous son miroir trompeur se cache la plus grande effervescence. C’est une eau de mort qui peut, ou non, redonner la vie.

Le Scorpion est le royaume de Mars, dieu de l’énergie. Mais ce n’est plus l’énergie en liberté du Bélier. C’est une énergie contenue et comprimée qu’une étincelle suffirait à libérer brutalement.

Cette alliance de la Balance et du Scorpion marie également Mars et Vénus. Étant donné le caractère volcanique du Scorpion, les feux de cette passion ne vont plus brûler comme une flamme claire et pure. C’est plutôt une lave destructrice.

D’un côté, la nature profonde du sujet, représentée par le signe solaire, aspire à créer une vie harmonieuse où tout est mesure et sensibilité, et tend à s’insérer sans heurt dans une société plus ou moins dominée par les préjugés. De l’autre, le signe Ascendant qui influence fortement le comportement. Ennemi des nuances, le Scorpion est entier dans ses affections comme dans ses haines. Alors que la Balance emprunte la voie du milieu, le Scorpion prend les sentiers qui escaladent les crêtes ou plongent dans les ravins. Autant l’un est affable et charmeur, autant l’autre est abrupt et inquiétant. La comparaison des deux signes n’est finalement qu’une longue suite d’oppositions.

Il est donc naturel que cette alliance donne souvent un être instable et plein de contradictions.

Grâce à la Balance, le sujet peut offrir un visage serein et des manières courtoises : mais, sous ces dehors aimables se cache une énergie indomptable que les épreuves ne réussissent pas à décourager quand, sous l’influence du Scorpion changé en aigle, elle est tendue vers un idéal élevé.

Cependant sous cette apparence harmonieuse peut également se dissimuler un être qui s’abandonne à l’instinct destructeur et auto-destructif du Scorpion. C’est le côté « serpent » du signe qui n’a pas su se transformer en aigle, puisque le reptile et le rapace sont les deux figures opposées d’un même symbole.

Les conflits que ne manqueront pas de susciter les contradictions inhérentes à cette combinaison risquent de rester sans solution satisfaisante. Ils feront naître chez le sujet des tensions insupportables qui le feront vivre dans l’angoisse. Or, l’angoisse n’est que trop souvent le premier pas sur le chemin qui mène à la dépression nerveuse, une des formes de l’autodestruction.

En revanche, si le sujet développe les possibilités les plus hautes contenues dans le signe du Scorpion, il trouvera finalement un allié dans la Balance qui, au-delà de ses complaisances et de ses facilités, est éprise d’un idéal de beauté et de justice. Alors, ce type s’apaisera et se transfigurera à mesure que passeront les années. Et puis la Balance peut jouer un rôle modérateur, assouplir une autorité trop raide, atténuer une critique trop virulente, civiliser un comportement trop rude.

Physiquement, ni la Balance ni le Scorpion ne sont des signes de grande taille. Toutefois, le Scorpion peut donner un corps musclé, robuste et de forte carrure. Le visage est « mouvementé » et il serait comme taillé au couteau si la Balance ne venait, selon son habitude, adoucir un peu les traits. Le regard ne s’oublie pas car, malgré sa froideur, il exerce une sorte de fascination magnétique.

Balance Ascendant Sagittaire

Le feu du Sagittaire auquel s’unit la Balance n’est plus le feu dévorant et changeant du Bélier, ni le feu rayonnant et constant du Lion, mais le feu mystique qui, tel celui du buisson ardent dont parle la Bible, brûle sans consumer. En accord avec le caractère mutable ou double du Sagittaire, c’est le feu de la transformation et de la sublimation.

Activé par l’air de la Balance, le feu du Sagittaire va conduire les natifs de ce type vers l’idéal élevé que montre la flèche du centaure, symbole du signe.

C’est également l’union de Vénus et de Jupiter, ces deux planètes que les Anciens appelaient la Petite et la Grande Fortune.

Le sujet s’intéresse sincèrement aux autres. Il fait preuve à leur égard de compréhension et de tolérance. Il a un sens aigu du droit et ne supporte pas l’injustice. Rien d’étonnant à ce qu’il prenne fait et cause pour les faibles qui, dans nos sociétés modernes, sont exposés à toutes sortes d’oppressions.

Cela ne l’empêche pas d’avoir un côté conformiste puisqu’il est prêt à accepter l’ordre social avec toutes ses imperfections et à tenir compte du « qu’en-dira-t-on ». Sa profonde sociabilité lui donne le goût des réceptions qu’il organise pour traiter avec faste ses amis ou ses relations dans la mesure évidemment où ses moyens le lui permettent. Il choisit de préférence les professions qui le mettent en contact avec les autres.

L’affection des gens lui est aussi précieuse que nécessaire. Mais l’intérêt qu’il porte à ses

semblables ne l’empêche pas d’être très occupé de lui-même. Cependant, il s’agit moins d’égoïsme que d’égotisme. Il aime qu’on reconnaisse sa valeur et il lui est bien difficile de résister à la tentation des honneurs. Il tient beaucoup à ce que son « image de marque » soit la meilleure possible. Pour cela, il essaie de tirer parti des nombreuses relations que lui apporte la Balance pour gravir les échelons de sa carrière.

A ces traits de caractère plus ou moins communs aux deux signes, le Sagittaire ajoute une dimension spirituelle qui fait défaut à la Balance. C’est que le Sagittaire, neuvième signe, est analogue à la Maison IX, secteur des grandes explorations sur le Terre comme dans le ciel. Il franchit aussi aisément les frontières de son pays que celles des préoccupations quotidiennes de l’esprit pour pénétrer dans l’univers abstrait de la philosophie ou de la religion. Animé d’une forte volonté de progrès, il veut aller toujours plus loin. Le Sagittaire est essentiellement le signe de l’expansion. Il est d’ailleurs lié dans le schéma de l’Homme-Zodiaque aux cuisses qui sont comme les bielles de la machine humaine grâce auxquelles l’énergie se transforme en mouvement.

Il manifeste un solide optimisme car il croit fermement à sa bonne étoile. C’est vrai qu’il est souvent favorisé par la chance, mais il faut reconnaître qu’il apporte de son côté des qualités qui contribuent efficacement à sa réussite sociale : intelligence, sens de l’organisation, ambition, dynamisme, volonté, générosité, sens des contacts. La Balance qui, dans ce domaine, a de nombreuses lacunes, se contente d’apporter sa sensibilité, sa délicatesse, son charme et son tact pour parfaire l’oeuvre commune.

Le type harmonique présentera un visage aux traits fins, quoique marqués, avec un nez puissant, un front haut et droit et un teint coloré. Le corps est svelte. Ou bien les traits sont plus grossiers et le corps tend à s’alourdir avec les années.

Balance Ascendant Capricorne

La Balance et le Capricorne, c’est l’alliance de Vénus, planète de la sensibilité et du charme, et de Saturne, planète de la réflexion et de l’ambition. Ce n’est pas une alliance impossible car nous avons vu que ces deux planètes étaient dignifiées dans la Balance, Vénus y étant en domicile et Saturne en exaltation.

Comme Saturne est en dignité à la fois dans la Balance (exaltation) et dans le Capricorne (domicile), il a de bonnes chances de l’emporter sur Vénus. Il est d’ailleurs dans sa nature persévérante et ambitieuse de s’imposer en marquant cette combinaison de son empreinte. L’influence vénusienne de la Balance risque de n’apparaître qu’en contrepoint, d’autant plus que la Balance saturnienne peut peser dans cette association d’un poids plus lourd que la Balance vénusienne.

Le Capricornien est un angoissé qui, même dans les circonstances les plus joyeuses de la vie, est incapable de goûter pleinement son plaisir. La Balance, en revanche, a le sens de la fête et le goût des réunions entre amis ou copains qui sont autant d’occasions d’oublier les soucis de l’existence tout en cultivant l’amitié.

Le Capricorne n’est pas signe de Terre pour rien : il aime le travail et y apporte toute son attention et tous ses soins. Comme il a un sens élevé du devoir, on peut compter sur lui. Le natif de la Balance, en revanche, n’aime pas le travail pour le travail. Dans le cas le plus favorable, il y voit une occasion d’exercer ses dispositions artistiques. Cependant, quoi qu’il fasse, il reste un dilettante.

Avec les années, le Capricorne acquiert une assurance croissante. Ce n’est pas qu’il doutait de sa propre valeur, mais il n’osait pas le montrer car c’est un orgueilleux qui est sourd aux compliments. La Balance, au contraire, donne facilement dans la vanité. Son manque de confiance en soi l’amène à rechercher l’approbation et l’appui de son entourage.

En amour, le Capricorne a un idéal trop élevé pour ne pas éprouver de cruelles déceptions.

La méfiance qu’il en conçoit rend plus difficiles ses rapports avec l’autre sexe. Tout différent est le natif de la Balance qui est pétri de sentiment et ne peut se réaliser pleinement que dans un amour partagé. Malgré les échecs qu’il peut essuyer dans ce domaine, il est toujours prêt à tenter de nouvelles expériences sans rien perdre de son optimisme.

Ces contradictions ne doivent pas faire oublier les quelques points communs aux deux signes : le besoin de tendresse, la fidélité en amitié, le goût des études et de l’abstraction, la recherche d’un équilibre fondamental qui est la condition d’une vie réussie, sans parler d’une évidente inaptitude à l’affairisme.

L’intransigeance du Capricorne risque souvent de l’emporter, mais elle ne pourra jamais imposer totalement sa loi à la sensibilité et au charme vénusiens. Il en résultera une personnalité complexe qui sera plus d’une fois une énigme pour l’entourage. Seul le type harmonique, qui se rencontre plus rarement, saura tirer le meilleur parti d’une situation ambiguë en réconciliant les tendances antagonistes dans un fragile équilibre.

L’influence prépondérante de l’Ascendant saturnien sur l’apparence physique se traduit par un type long, assez maigre, donnant l’impression d’être embarrassé par son corps. Le nez est allongé et la bouche médiocrement sensuelle, à moins que la douce Vénus ne gonfle un peu des lèvres trop minces. Le front est haut et ses angles bien marqués. Malgré sa gaucherie un peu pesante, ce type a une « présence » certaine.

Balance Ascendant Verseau

Sans entrer dans les détails, notons que Saturne, maître du Verseau, n’est pas tout à fait le même que Saturne, maître du Capricorne.

Ce sont des valeurs aériennes qui sont mises en relief par la combinaison BalanceVerseau. L’Air, est essentiellement l’élément de la communication et des échanges.

La grande sociabilité du sujet le pousse à participer activement à la vie du milieu. La Balance est le premier signe communautaire du Zodiaque, mais sa communauté se réduit généralement aux deux partenaires du couple. Avec les idées de fraternité du Verseau, cette communauté s’élargit non seulement aux amis qui sont très importants pour lui ( le Verseau, onzième signe, est analogue à la Maison XI, secteur des amis), mais à l’humanité entière. Cet intérêt pour les autres est porté par un généreux altruisme qui confère à l’aimable sociabilité de la Balance une tout autre qualité. Avec une réserve cependant : le Verseau ne s’engage jamais au-delà de sa liberté personnelle car il n’accepte pas d’aliéner son indépendance.

Le sujet est doublement conciliant, mais ce n’est plus seulement pour les raisons quelque peu égoïstes de la Balance dont la tolérance est pour une bonne part motivée par son horreur d’avoir des « histoires ». Le Verseau, qui est foncièrement désintéressé cherche sincèrement à comprendre les autres. Il est ouvert à toutes les suggestions, aussi folles soient-elles.

La Balance dépend beaucoup des autres car il lui faut sentir l’approbation et l’appui de son entourage. Ce n’est évidemment possible que dans le cas d’une intégration complète au milieu. Le Verseau a également besoin des autres, mais c’est pour répandre sur eux l’eau vive contenue dans le vase de Ganymède, l’échanson des dieux, qui est le symbole du signe. Son goût de la liberté s’accommode mal de la dépendance dans laquelle se complaît la Balance. Aussi l’aidera t-il dans ce domaine à élargir son horizon et à ne pas trop compter sur les autres.

Le Verseau n’a pas de peine à s’adapter aux situations imprévues et difficiles que lui réserve un destin souvent heurté. On dirait même qu’il aime le changement qui les accompagne. La Balance, en revanche, aime son confort et souffre d’en être privé. Son destin est généralement plus facile que celui du Verseau.

Nous savons que le natif de la Balance est attiré par tout ce qui touche à l’art, tandis que celui du Verseau trouve son plaisir dans les spéculations mathématiques, la recherche scientifique ou les innovations techniques, quand les circonstances de la vie lui ont permis de poursuivre des études supérieures. Certains domaines professionnels, comme par exemple l’architecture ou la musique électronique, peuvent permettre de marier ces goûts qui ne sont pas incompatibles.

Physiquement, le sujet est de taille moyenne, mais s’il n’a rien d’un athlète, le corps n’en est pas moins bien proportionné. Seule peut-être la cage thoracique, à cause de l’importance de l’élément Air, est un peu plus développée que la moyenne. La démarche, très souple, a quelque chose de bondissant.

Verseau et Balance sont des signes de beauté. Les traits du visage ne démentent pas cette réputation. Les yeux, d’un éclat profond, ont un regard clair, tandis que les cheveux tirent sur le blond.

Balance Ascendant Poissons

Les Poissons, douzième et dernier signe, marquent la fin d’un cycle et des quatre cycles du quaternaire élémentaire qui constituent le Zodiaque. Voilà pourquoi le natif des Poissons donne si souvent l’impression d’être « ailleurs », un ailleurs qui se situerait au-delà des limites de notre monde. Si son corps est là, il entend, mais n’écoute pas, il voit, mais ne regarde pas.

Ce n’est pas une attitude qui favorise l’action de la volonté sur les affaires de ce monde. Et comme un des points faibles de la Balance est justement sa difficulté à s’affirmer, son union avec les Poissons va rendre ce type mixte plus vénéitaire que volontaire.

Cela est d’autant plus grave que les sensibilités de ces deux signes s’additionnant, le sujet est très vulnérable aux agressions de toutes sortes qui assaillent constamment l’être humain. Il les ressent beaucoup plus profondément que les autres car il participe véritablement aux souffrances du monde. Ne trouvant pas en lui-même les ressources qui lui permettraient de faire face, soit il se réfugie dans son univers neptunien, soit il succombe à l’angoisse.

Cependant, son hypersensibilité est telle qu’il peut, en l’espace d’une heure et au gré des fluctuations de l’ambiance environnante, changer complètement d’humeur, passant avec un naturel déroutant pour l’entourage d’une profonde tristesse à une joie exubérante.

Un autre point sur lequel la Balance et les Poissons se rencontrent est la fuite devant les responsabilités. Le sujet sait ce qu’il conviendrait de faire, mais comme tous les êtres vélléitaires, il n’a pas assez de volonté pour éviter de tomber dans la lâcheté.

Vénus, en dignité dans les deux signes, pousse le sujet à idéaliser les êtres et les choses. Cette tendance explique ses engouements faciles. Les humains étant malheureusement ce qu’ils sont, il arrive tôt ou tard que le sujet soit cruellement déçu par ceux qu’il avait placés sur un piédestal. De sa déception naîtrait un profond découragement s’il n’était capable de reporter bientôt son admiration sur d’autres. Mais il est quand même tenté d’accuser les autres de ne pas avoir eu les qualités qu’il leur avait si facilement prêtées.

Alors que la Balance, signe aérien, participe intensément à tout ce qui se passe dans le milieu, les Poissons peuvent à tout moment s’envoler sur les ailes de l’imagination et devenir indifférents à tout ce qui se passe autour d’eux. Ils se « dédoublent », semblant vivre sur deux plans : leur corps physique est sur Terre, mais leur âme flotte dans un monde supra-physique.

Le natif de la Balance a un sens esthétique très développé. Il a besoin de vivre dans un cadre élégant et harmonieux qui contribue à son épanouissement physique et moral. Ce fort sentiment du beau s’accompagne parfois de dons artistiques que la sensibilité et l’imagination des Poissons ne peuvent que renforcer. Mais comment ce côté Balance du sujet, auquel les fautes de goût sont insupportables, ne souffrirait-il pas de la tendance « hippy » que manifeste son côté Poissons avec tout ce qui l’accompagne : vie de bohème, dilettantisme artiste, anticonformisme enfantin, etc. ? Cet antagonisme risque de provoquer des tiraillements intérieurs qui seront aussi difficiles à éviter qu’à surmonter.

Malgré l’influence équilibrante et embellissante de la Balance, le sujet est physiquement assez marqué par les Poissons à travers lesquels s’exprime le plus souvent l’influence jupitérienne qui, dans ce signe, a tendance à gonfler les chairs.

Cependant, quand Neptune fait plus fortement sentir son influence, tout le corps s’allonge et prend une allure dégingandée.

SCORPION

Le Scorpion, plein de ressources inattendues, très souple, s’adapte à tout : il est polyvalent. Aussi, combiné avec les autres signes dans une même personne, prend-il des visages inattendus. Il peut donner des caractères assez différents du Scorpion d’origine garantie, marque déposée…

Le Scorpion est dur, m’a-t-on dit… Peut-être, mais pas le ScorpionCancer ou le ScorpionBalance, tendres et sentimentaux. Le Scorpion est généreux : voire, si c’est un ScorpionTaureau, près de ses sous. Le Scorpion passe pour tenace, et n’abandonne jamais ses objectifs… C’est vrai en théorie, mais pas chez le ScorpionGémeaux qui papillonne et abandonne ce qu’il entreprend. J’ai remarqué bien souvent des Ascendants qui marquaient plus fortement la personnalité du natif que le signe solaire ; celui-ci est occulté, caché derrière le signe ascendant que l’entourage perçoit plus nettement.

Pour cette raison, j’ai associé dans chaque rubrique la combinaison inverse : si l’on parle du ScorpionVerseau, il est difficile de ne pas citer aussi James Dean : VerseauScorpion ! Dans le ScorpionTaureau, on pense à Freud, qui avait la combinaison inverse… Cela revient souvent, non pas tout à fait au même, mais au « presque même », suivant les cas, avec toujours des rapprochements intéressants et une parenté psychologique très forte.

Scorpion Ascendant Bélier

Impulsivité, passion, fanatisme…

Le ScorpionBélier est un vrai Scorpion, courageux et combatif, un vrai de vrai. Mars étant à la fois le maître du Scorpion et celui du Bélier, les ScorpionsBéliers sont souvent des chefs, leaders d’un parti ou d’un pays. Par exemple, Bob Kennedy. Et aussi, en BélierScorpion : Lénine, Gambetta, Charlie Chaplin, Henri Becque, Paul Verlaine, Robert Brasillach… Lorsqu’on voit le thème de ce dernier, on comprend mieux que cet homme passionné ait fait un mauvais choix : ce n’est pas un hasard si le puissant déploiement militaire de l’Allemagne nazie a fasciné ce martien en quête d’absolu. Il y retrouvait un écho de ses démons intérieurs… Malheureux ScorpionBélier, qui ne sait rien faire à moitié ! Ni tiède, ni lâche, mais courageux, et généreux, il se donne entièrement à la cause qu’il croit bonne.

Le Bélier est de Feu, et le Scorpion d’Eau, mais c’est une eau des marais, qui fermente, qui dégage des gaz combustibles. Si on met une allumette dedans, ça flambe tout de suite ! Ça aime, ou Ça déteste, violemment, avec les tripes, et Ça ne l’envoie pas dire ! Le ScorpionBélier a le verbe percutant, la colère ravageuse, le coup de cornes meurtrier. Il ne supporte pas la contradiction. Ce mousquetaire a la décision rapide et le geste prompt. Il a toutes les audaces, et tous les courages – y compris celui, très rare, de se faire haïr : il sacrifie sa réputation et ses affections à son idéal si celui-ci l’exige. Ce volcan explosif rempli de laves brûlantes ne recule jamais devant les plus âpres sacrifices.

Le ScorpionBélier déséquilibré peut être sadique – ou alors masochiste comme personne, peut-être plus encore que le marquis de Sade qui était… Gémeaux – ou que ce pauvre Masoch, natif du… Verseau. Dans cette combinaison flamboyante, les hommes me paraissent bien plus redoutables que les femmes : je trouve ces dernières fortes, décidées, entières, inspirant le respect ; mais leur force se double d’un grand cœur, d’une bonté et d’une générosité touchante. Elles se gardent très longtemps jeunes et actives. Le Bélier est éternellement jeune et le Scorpion ne s’encroûte jamais dans la vieillesse : il se bat jusqu’au bout !

Mais lorsque le Bélier est à l’Ascendant, le Scorpion souvent se place en Maison VIII : la Tradition astrologique voit dans cette position un indice de mort prématurée ou violente (surtout avec Mars et Uranus placés dans cette Maison et mal aspectés). Les gens qui meurent jeunes le sentent souvent, ou le savent d’une certitude intérieure profonde. Ils y pensent, et c’est un trait de leur caractère que cette familiarité intime avec la mort. (J’ajoute tout de suite que ce n’est pas une prédestination obligatoire, et que tout dépend du thème particulier.)

Mais assez parlé du « mauvais » ou du « malchanceux » ScorpionBélier : le « bon » ScorpionBélier a beaucoup d’allure. Fier, sûr de lui, indépendant, il a du panache. C’est un conquistador… Le Soleil en Bélier éclaire les grottes sombres du Scorpion, qui communique ainsi plus facilement avec autrui que le Scorpion pur. Evidemment, il a tendance à communiquer en extériorisant son agressivité mais au moins, on sait à quoi s’en tenir. Il est capable, pourtant, d’apprendre à se maîtriser, avec le temps. De toute façon, c’est quelqu’un. Il impressionne toujours son entourage par sa force et sa présence.

Comment est-il en amour ? Très idéaliste, grand et généreux, ardent et passionné…

C’est ce qu’indique le Lion en Maison V. Mais il ne fait pas bon le (ou la) tromper. La Balance en Maison VII lui permet, si Vénus est bien située, de trouver un partenaire bon et compréhensif, pacifique, avec lequel il (ou elle) a des chances d’être heureux… si sa vie mouvementée lui en laisse le temps. Le ScorpionBélier est sensible plus qu’un autre à la beauté physique des gens. Souvent artiste, il est plutôt doué pour l’expression corporelle : théâtre, cinéma, poésie. Parfois aussi, il est attiré par les sciences, comme Jean Rostand par exemple.

Scorpion Ascendant Taureau

La Terre fixe et l’Eau fixe, le printemps et l’automne, le brin de muguet et le pot de chrysanthèmes, les portes de la vie contre celles de la mort…

L’axe TaureauScorpion traverse comme un flèche la roue du Zodiaque, et celui qui naît sous ces deux signes combinés est une force de la Nature. Solidement ancré sur la Terre ferme, de ses douze pattes, et accroché à la réalité par ses deux pinces, c’est un type d’homme et de femme aux instincts puissants. D’une intelligence pénétrante, ses raisonnements sont toujours alimentés par le contact avec le réel – quand c’est un ScorpionTaureau harmonique. Sinon, il peut être complètement mythomane.

Il existe très fort, et sa « présence » a beaucoup de densité. Grande est sa puissance de création. Je ne m’étonne pas de trouver Ferdinand de Lesseps dans cette famille : quelle énergie ne lui a-t-il pas fallu pour venir à bout de tous les obstacles financiers, politiques, géographiques, dressés devant lui. Finalement, il l’a percé, son canal de Suez : un passage d’eau (du Scorpion), dans un obstacle de terre (du Taureau).

Le ScorpionTaureau vénusien est extrêmement artiste : Edwige Feuillère est née sous cette configuration. Picasso, lui aussi, en est très marqué, puisqu’il a le Soleil en Scorpion, opposé à un amas de planètes en Taureau, en Maison X : Pluton, Neptune, Saturne, Jupiter, pas moins.

Le ScorpionTaureau est un grand amoureux, un amant superbe, sensuel et puissant, chaleureux, capable aussi d’être tendre (plus que le Scorpion pur). Très fidèle, mais possessif, et terriblement jaloux. Cette jalousie peut le mener aux dernières extrémités de la violence, et libérer ses instincts de mort, sa cruauté et tous les aspects négatifs des deux signes.

On se plaint de son égoïsme. C’est vrai : massif, trapu, solide (moralement, sinon physiquement), c’est une place-forte, un donjon. Si le Taureau adoucit par son influence vénusienne l’agressivité du Scorpion, il arrive aussi qu’il ait l’influence contraire : cela donne un ours mal léché, simplement, parce que le Taureau déteste ce qui lui semble factice, les « trop poli pour être honnête », les ronds de jambe artificiels.

On ne peut parler de l’alliage de ces deux signes sans évoquer Freud, TaureauScorpion, spéléologue de l’inconscient. Dans cette famille intéressante, on a le goût des découvertes (Marie Curie), de l’exploration en profondeur. On aime creuser comme Lesseps.

Les femmes ScorpionTaureau sont plus douces que les hommes, mais c’est une douceur inexorable. Chaleureuses, solides, pratiques, accueillantes, bonnes maîtresse de maison et cordons-bleus, vous ne pouvez rien cacher à leur perspicacité, à leur flair pour sentir le vrai (sauf si vous êtes vous-même un peu ScorpionTaureau !). Elles ne lâchent jamais l’homme sur lequel elles ont jeté leur dévolu. Mais cela fait parfois, dans un thème mal équilibré, de vieilles folles jalouses ou bien des mères abusives, redoutablement malfaisantes.

De façon générale, le mariage de ces deux signes, Scorpion et Taureau, manque de légèreté, d’humour et de souplesse. Il faudrait ouvrir un peu les fenêtres pour laisser passer un peu d’air : du pétillant Gémeaux et de la fine Balance ou du rapide Verseau. Cela rendrait le ragoût plus digeste.

Scorpion Ascendant Gémeaux

Mince, nerveux, les traits fins, l’œil luisant, la répartie prompte, son agilité intellectuelle et manuelle est prodigieuse. L’eau fixe et lourde du Scorpion est allégée par la souplesse aérienne des Gémeaux. Mercure prête son casque ailé à Uranus : le Scorpion-Gémeaux harmonique réussit tout ce qu’il touche et s’adapte avec une souplesse étonnante à toutes les situations.

Cependant, cette polarité EauAir est difficile à vivre, parce que instable, et le natif ScorpionGémeaux doit trouver son équilibre dans cette instabilité. Menant de front, et à la perfection, plusieurs activités à la fois, il n’a pas son pareil pour jongler avec un emploi du temps : c’est un équilibriste de haut vol, le miracle permanent… Mais ce miracle est le fruit d’une grande tension intérieure, d’une incessante activité mentale, par laquelle il se délivre de son angoisse profonde.

Parfaitement à l’aise dans le monde des idées, des abstractions, très intuitifs, les ScorpionsGémeaux maîtrisent n’importe quelle besogne grâce à leur habileté manuelle doublée d’une aussi grande habileté intellectuelle.

Mais s’il est dissonant, si l’instabilité des Gémeaux domine son thème, ce touche-à-tout de génie ne termine rien de ce qu’il a commencé. Il abandonne brusquement quand les premiers succès commencent à venir, et néglige de les exploiter. Il a le génie de l’instant ; mais, pour mener à bien une longue tâche, il faut que le Scorpion soit assez puissant dans le thème : il devra contraindre le Gémeaux à poursuivre son entreprise.

Du point de vue affectif, le ScorpionGémeaux est assez différent au masculin et au féminin. Chez les femmes, la stabilité affective me paraît plus grande et l’agressivité verbale moins forte.

Chez les hommes, le refus profond de se donner à l’être aimé les rend parfois odieux à celui-ci. L’homme ScorpionGémeaux ne veut pas « se faire avoir » par l’amour ; passablement misogyne, il soumet la femme aimée à sa critique intense, et exige d’elle la perfection introuvable, naturellement !

Cette disposition ne facilite pas la vie affective du ScorpionGémeaux, d’autant qu’il ne fait rien pour se faire aimer. Il joue au chat et à la souris avec les mots et les sentiments ; l’Ascendant étant en Gémeaux, le Scorpion tombe donc en Maison V, celle du jeu, des amours : des caprices passionnels, ruptures brusques et impulsives, infidélités (plus accentuées chez les hommes), conduisant assez souvent au divorce.

Il faut dire aussi que la séduction du ScorpionGémeaux est irrésistible, mais la vie quotidienne avec lui risque d’être en montagnes. russes. En tout cas, il ne s’embourgeoise pas…

Voilà un être que personne ne peut juger, tant il s’amuse à dérouter son monde. On ne peut que l’aimer ou le détester, à moins qu’on ait soi-même une combinaison de signes semblables qui permette de le comprendre.

Scorpion Ascendant Cancer

Tendre et secret, d’une sensibilité très fine, ce Scorpion-là n’a que très peu à voir avec le redoutable samouraï que décrivent les astrologues. L’influence de la Lune, maîtresse du Cancer, désarme l’agressivité de Mars. Toute cette eau fait rouiller son poignard. Mais, par contre, développe considérablement l’imagination.

Le ScorpionCancer est beaucoup plus passif que le Scorpion pur sang. Il passe un temps fou à rêver au clair de Lune. Son monde intérieur est à mille milles de toute terre habitée.

A 384 000 kilomètres exactement. Mine de rien, il se promène toute la nuit dans la mer de la Sérénité, le lac des Songes, la baie de la Rosée, le cratère de Copernic et l’océan des Tempêtes. Allez donc l’y rattrapper ! Et persuadez-le de redescendre sur la planète Terre.

Ce goût du rêve est beaucoup plus accentué chez les femmes, et bat son plein chez les adolescentes. Voyez Marie-Antoinette jouant à la bergère dans ce merveilleux décor factice créé pour elle à Versailles. Dans la plupart des cas, la réalité se charge de faire mûrir l’adolescence. Dans le cas de Marie-Antoinette, la malchance a voulu qu’elle ait les moyens d’échapper longtemps à la réalité. Quand cette dernière la rattrapera, sous forme de révolution, que d’années perdues… Toutes les jeunes filles ScorpionCancer sont de romanesques ondines à une période de leur vie (Jean Giraudoux était lui-même né sous cette configuration).

Tendresse et sensualité occupent une large place dans l’univers d’un ScorpionCancer. Mais c’est souvent une sexualité infantile qui manque de maturité ou s’éparpille sans se fixer, se satisfaisant plus d’imagination que de relations réelles. Mystérieusement attiré par ceux qui le font souffrir, le (ou la) ScorpionCancer est extrêmement masochiste. Il savoure en secret des souffrances qui l’attachent à la personne qui les lui procure. Sur l’écran noir de ses nuits blanches, il se fabrique un cinéma morbide à épisodes, que ne désavouerait pas la jeune héroïne d’Histoire d’O…

Le Scorpion peut-il le tirer de là ? Oui et non. Non, si le Scorpion est livré à ses démons intérieurs, oui s’il est intégré dans un thème harmonique. Cet animal a normalement un sens aigu de la réalité, une énergie farouche et un incoercible besoin d’action. Cela lui permet d’arracher le Cancer à ses songeries malsaines.

Le ScorpionCancer lit, écrit, peint, brode au petit point… Il a de grands dons artistiques, comme Rembrandt, Jean Giraudoux ou le comédien Roland Alexandre. Mais il a bien du mal à accoucher d’une production. Ses dons restent souvent à l’état virtuel, et il se laisse emprisonner par les chimères de son univers intérieur, chimères dues à la Lune et à Uranus… Il attend le grand « coup de pied au derrière » qui l’obligera à sortir enfin de lui-même : c’est ce qui explique son masochisme, son attirance pour les gens forts, violents et sadiques…

La douceur du ScorpionCancer cache beaucoup d’indépendance : on croit le posséder, le maîtriser, il n’en est rien, il échappe à ceux qui voudraient l’amarrer. Il se réfugie dans le rêve et le silence ; et sa fantaisie imprévisible, ses oublis, ses distractions, ou ses dépressions, laissent son entourage perplexe. Mais il est si affectueux et si accueillant…

Les tableaux de Rembrandt donnent la clé de l’univers ScorpionCancer : le clair-obscur. Grâce à cette technique, on croit voir, toucher l’aura qui émane des êtres et des choses (Rembrandt avait le Soleil en Cancer et la Lune en Scorpion, harmoniquement reliés par un trigone).

Scorpion Ascendant Lion

Combinaison redoutable de deux signes fixes, qui produit souvent des individus surdoués et super-puissants : Mussolini, Napoléon, Mata-Hari, Luther, Picasso, Goebbels (les trois premiers sont LionScorpion, mais le résultat est tout aussi extraordinaire ; Louis XIV lui-même, le « Roi Soleil« , avait une dominante ScorpionLion dans son thème).

Le Lion est une bête de théâtre, qui s’impose par son magnétisme et son rayonnement solaire. Notre Scorpion est tout le contraire : génie de l’ombre, il travaille dans le secret, et tisse sa toile dans les ténèbres. Le mélange des deux signes donne un type d’être très complet : les puissances du jour s’allient à celles de la nuit ! Non seulement beaucoup de brillants chefs d’Etat, mais encore de très grands artistes et écrivains, appartiennent à ce type : outre Pablo Picasso déjà cité, on trouve Léon Daudet, Schiller.

L’autorité naturelle du ScorpionLion en impose à son entourage, qui ne discute pas, et se range naturellement sous ses ordres. Bien entendu, toute une gamme de variantes existe entre le ScorpionLion « à griffes », plus marqué par le félin, dont les gestes théâtraux et le goût du faste conquièrent toujours son public admiratif et le ScorpionLion davantage « bête à pinces », plus secret, plus intelligent, qui dose savamment ses effets, discrets mais efficaces, et tire dans l’ombre les ficelles d’un jeu subtil, où il fait avancer ses pions sur l’échiquier avec les ruses du serpent… A vrai dire, Lion comme Scorpion aiment manoeuvrer les gens et les faire marcher. Le ScorpionLion est un chef-né, un meneur d’hommes, auquel on ne résiste pas – auquel il est impensable de résister ! Sa force de persuasion, son génie du verbe et des attitudes, entraînent les autres dans son sillage.

Scorpion et Lion ont trois points communs positifs : énergie, réalisme et générosité. Avec eux passe un grand souffle épique d’aventures et de conquêtes… Ce sont des gens qui donnent, et qui se donnent tout entiers à la cause qu’ils ont épousée. Le dynamisme du ScorpionLion est une force de la nature. Quant au réalisme, le Scorpion n’en manque pas : il sent de façon instinctive et aiguë la réalité des choses. Il apporte son intuition et son regard d’aigle au Lion pratique, lequel ne s’embarrasse jamais de métaphysique pour agir. Ainsi, Scorpions et Lions ont les mêmes grandes qualités – sur un mode affectif différent. C’est pour cela qu’ils se détestent lorsqu’ils sont en concurrence, chacun déployant sa volonté de puissance pour arriver le premier. Le Lion à l’état pur, très extraverti, agace le Scorpion parce qu’il lui paraît inintelligent. Pour ce dernier, on n’a pas besoin de jeter tant de poudre aux yeux. Tout ce one man show, toute cette vanité, semblent imbéciles au Scorpion. Le Lion lui pompe le vent sous les pinces. De son côté, notre fauve à crinière flamboyante redoute les ténèbres du Scorpion. Il pense que ce gaillard-là n’est pas franc et cache quelque chose (de malsain, bien entendu !).

Aussi, combinés dans le même être humain, les griffes de l’un et le dard de l’autre deviennent l’arme absolue. A eux deux, ils forment une super-puissance, ils sont armés pour conquérir le monde. Ils ne reculent jamais devant rien : leur Milieu-du-Ciel professionnel est occupé par le Bélier ou le Taureau : ces gens-là investissent une énergie fantastique dans leur entreprise. Ils iront jusqu’au bout de leur ambition. Le ScorpionLion porte en lui à la fois la fusée irrésistible et le mur infranchissable.

Mais ces deux signes fixes ont hélas aussi les mêmes défauts : le goût du pouvoir porté jusqu’à l’obsession, la volonté de puissance forcenée, la jalousie violente. Le chef peut se transformer en tyran, en despote qui n’admet aucune contradiction. Sa jalousie redoutable et ses colères violentes terrifient son entourage qui n’ose plus dire ouf ! Ce puissant créateur, travailleur acharné, fascine ses collaborateurs, mais finit par les épuiser à la tâche, et décourager ses fidèles. L’orgueil qui le guette peut lui faire perdre tous ses atouts et son équilibre ; il méprise alors les gens, et la réalité des choses. Laquelle se retourne contre lui. Il s’isole peu à peu de la vie, et cet isolement peut le conduire à la folie, à la mégalomanie, au suicide (Goebbels, Mussolini).

Scorpion Ascendant Vierge

Le Scorpion libérera-t-il la Vierge de ses inhibitions ? Ou bien celle-ci étouffera-t-elle le Scorpion ?

Les deux orientations sont possibles. Mais comme le Scorpion est un être de sacrifice, capable de se contraindre avec la dernière des énergies pour atteindre ses objectifs lointains, il arrive souvent que ses révoltes soient éteintes par la Vierge, qui est aussi masochiste que lui ! Cela se produit surtout chez les femmes, les contraintes sociales et matérielles pesant plus durement encore sur les destins féminins.

Dans cette combinaison, l’aspect extérieur Vierge est mis en vedette : présentation soignée, gestes mesurés, élégance tirée à quatre épingles chez les femmes, politesse, exactitude, un certain conformisme social qui n’exclut pas de brusques sursauts d’anarchie quand le Scorpion se réveille !

Le Scorpion Ascendant Vierge est un meuble à secrets : on n’a jamais fini de le connaître, et de tirer tous ses tiroirs ; ses ressources sont inépuisables. Mais lui seul sait où il a mis les clés, qu’il ne donne à personne (sauf, peut-être, à l’unique grand amour de sa vie).

Extrêmement consciencieux, il entend parfaitement son travail : vous pouvez lui faire confiance, il tient ses engagements et respecte ses contrats. Il est, en fait, sourdement dévoré par une rage inextinguible de perfection. Si la Vierge domine, il fignole interminablement les détails. Si c’est le Scorpion, son exigence de perfection n’est pas moindre : il n’est jamais tout à fait satisfait, il veut toujours aller plus loin et plus haut. De toute façon, il n’est pas « relax ». Ses tensions internes extrêmement fortes le poussent vers l’action et la réalisation.

La structure ScorpionVierge harmonique signe souvent de puissantes personnalités : énergie persévérante, aptitude à prévoir des objectifs à très long terme, inébranlable ténacité dans la réalisation, très grand contrôle de soi-même. Le ScorpionVierge n’oublie rien, comme l’éléphant. Il ne désarme pas tant qu’il n’a pas obtenu ce qu’il veut. Et ça peut durer des années. Comme il est discret, d’apparence timide même, et pas du tout « bluffeur », on ne l’évalue pas toujours à sa vraie mesure. Il n’aime pas jouer les vedettes et préfère travailler dans une pénombre efficace !

Très fin psychologue, vous ne mettrez pas sa perspicacité en défaut : il sent toujours à qui il a affaire, il devine les mobiles de son interlocuteur : les rouages les plus secrets de l’âme humaine lui sont familiers (surtout si Mercure est en Scorpion). Son sens critique aigu perce toujours le défaut de la cuirasse. Il réussira très bien dans une profession médicale et dans les carrières de la psychologie. A moins qu’il ne devienne écrivain : l’écriture mettra en jeu la perspicacité de la Vierge, l’imagination visionnaire du Scorpion, et le goût de la réflexion qu’ont à la fois les deux signes. Voyez, par exemple, Albert Camus, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle-Adam, et aussi Goethe, Hugues de Bonardi, Jules Romains, Maeterlinck qui ont la structure inverse, Vierge Ascendant Scorpion, donnant un tempérament très voisin.

Sur le plan sentimental, il est fréquent que la Vierge, pacifique et disciplinée, adoucisse le Scorpion, le rendant facile à vivre, mais ses chances de réussite affective sont moins brillantes que dans le domaine professionnel.

Le ScorpionVierge, pourtant si lucide pour les problèmes des autres, n’est pas à l’abri des emballements imprudents, des illusions, des décisions folles. Parfois, même, il sait très bien qu’il fait une bêtise, mais il se sent obligé de la faire. S’il tombe sur un partenaire qui le trompe, sa déception est alors violente (d’autant plus qu’il est capable d’une grande fidélité). Les associations, sentimentales ou professionnelles, sont rarement satisfaisantes pour lui : le goût de la perfection absolue qui le hante l’amène fatalement à être déçu un jour ou l’autre par l’être qu’il aime. Il est exigeant, et peu indulgent pour les faiblesses humaines. Et avec ça, jaloux, jaloux, jaloux… Que ce soit dans un mariage, ou dans une association professionnelle, le partenaire qui s’imagine pouvoir contraindre le Scorpion-Vierge aura bien des surprises, car ce dernier est un faux faible, un faux timide, qui sait très bien ce qu’il veut. Il faut absolument respecter son autonomie. Il faut savoir aussi que sa famille d’origine compte toujours beaucoup pour lui, en particulier ses frères et sœurs, avec lesquels il entretiendra toute la vie des relations d’amitié, de rivalité, d’affaires.

Scorpion Ascendant Balance

Deux personnalités différentes coexistent dans le même être : une Balance sensible et sociable, pacifique, détestant les à-coups violents, les coups de gueule, les coups de force, et les coups de chien. Une Balance qui ne rêve que d’harmonie et qui est prête à bien des compromis – voire des compromissions – pour préserver sa paix.

Derrière cette personne vénusienne et civilisée flambe un Scorpion sauvage, révolté, heureux dans les tempêtes… Brusquant ses relations aussitôt qu’il trouve qu’on fait fausse route, grand redresseur de torts, il n’hésite pas à casser le morceau, à dire tout haut et tout cru son fait à l’interlocuteur.

Sous l’influence de Saturne, la Balance hésite à agir, tandis que sous celle d’Uranus et de Mars, le Scorpion s’engage sans hésiter dans l’action. Bousculant la Balance convenable et bien élevée, il se jette à corps perdu dans des aventures aussi risquées que pittoresques. Nécessairement, l’un des deux personnages de cette combinaison sera brimé, et le natif en souffrira vivement. Lorsque la Balance prend habituellement le dessus, le Scorpion se réveille brusquement, sidérant l’entourage qui voit alors le Vésuve entrer en éruption alors que des petites fleurs poussaient dans son cratère. Si c’est le Scorpion qui domine habituellement, les éclaircies sont inattendues et inquiètent d’autant plus !

Les deux faces de cette structure sont très difficiles à vivre harmonieusement. Mais pourtant, elles peuvent se concilier. Au prix d’un effort constant et toujours pénible, il faut le dire. On voit alors le Scorpion qui s’enveloppe efficacement dans le charme de la Balance, ce qui le rend extrêmement opérationnel (De Gaulle, Mitterrand). Ou bien une Balance fortifiée par le Scorpion poursuivra avec plus de persévérance ses objectifs lointains (Louis XVIII). A y regarder de près, pourtant, Balance et Scorpion ont beaucoup de points communs : le goût de la justice, par exemple. Si le Scorpion se révolte contre toute injustice faite à lui comme aux autres, la Balance a, plus que tout autre signe, le sens de l’équité. Goût de la réflexion aussi : la Balance, sous l’influence de Saturne, aime prendre son temps pour réfléchir, tandis que le Scorpion nage à l’aise dans le monde des idées, Uranus lui donnant un grand dynamisme intellectuel. Comme vous voyez, Balance et Scorpion peuvent tout de même dialoguer.

Ce sont aussi des gens mystiques, épris d’absolu tous les deux, assoiffés de plénitude et de perfection. D’autre part, si Vénus est en domicile dans la Balance, son exil n’est pas total en Scorpion : chacun sait que celui-ci est un grand amoureux, ce qui donne toujours un assez grand magnétisme sexuel au pauvre ScorpionBalance, affligé par ailleurs de si grandes contradictions.

Enfin, n’allez pas croire que la Balance soit toute-bonne-toute-brave, et le Scorpion tout-méchant : la Balance abrite au fond d’elle-même une flamme sombre que Saturne mal aspecté peut alimenter dramatiquement. Tandis que le Scorpion a, nous l’avons vu, d’excellents moyens de se surpasser, en particulier par sa générosité fondamentale.

Si la combinaison harmonique du Soleil en Scorpion et de l’Ascendant en Balance permet de bons succès professionnels (Alain Delon), elle assure une vie affective difficile.

De façon générale, la polarité EauAir est difficile à vivre. Le partenaire idéal du ScorpionBalance doit avoir lui aussi une polarité EauAir, lestée d’un bon coefficient Terre.

Chers ScorpionsBalances, ne vous affligez tout de même pas trop ; vous avez une chance extraordinaire : votre combinaison de signes plaît à tout le monde. Vous vous ferez des amis partout, mais aussi pas mal de jaloux, parce que vous réussissez trop bien à séduire les gens ! Le Temps (Saturne) vous permet souvent d’harmoniser vos tendances contraires, et la réussite vient en fin de vie, quand le Scorpion a adouci son vitriol, et la Balance calmé les bulles de son Air léger…

Scorpion Ascendant Scorpion

Une de mes consoeurs astrologues, Capricorne de son état, trempe sa plume dans l’encre noire pour décrire le malheureux Scorpion Ascendant Scorpion : « Personnage soit tout à fait « assassin », inquiétant, soit tout à fait victime, ou tout à fait agressif. Il ne lui arrive rien comme aux autres. » Et, là-dessus, elle cite comme unique exemple le fameux Gilbert devenu Gilda à la suite d’une intervention chirurgicale… Quelle injustice, mes frères et sœurs Scorpions, et quel parti pris !

Je connais personnellement au moins quatre Scorpions Ascendant Scorpion autour de moi. Ils ont vraiment la même tête : visage très fin, mince, osseux, avec des traits subtils ; on n’aurait pas pu dire : visage rond, ou carré, ou vraiment allongé ou trapézoïdal…

Non, ce sont des visages mobiles, qui n’entrent dans aucun cadre bien défini. Le tout tient par le charme, illuminé par des yeux vifs, mobiles, brillants, pleins d’une vie intense. Les visages des Scorpions doubles me font penser à celui du rat… qui, comme chacun sait, est l’un des animaux les plus intelligents qui soient. L’aspect général du corps est assorti au visage : ni maigre, ni gros, ni mince tout cela à la fois, pas très grand, mais donnant une impression de souplesse…

On calomnie ces pauvres animaux. Pour leur rendre justice, je vais vous en citer un très bon : l’abbé Blanchard, un très grand astrologue, qui a contribué à faire admettre l’astrologie dans les milieux ecclésiastiques d’avant-guerre. Ce ScorpionScorpion est mort il y a peu de temps, en 1977, et a laissé le souvenir d’un homme bon, savant et discret. Cette discrétion est extrêmement « scorpionne » et c’est pourquoi, finalement, peu de célébrités sont connues sous cette double signature. Les Scorpions détestent la lumière crue, le battage publicitaire, le bluff des vedettes jetées en pâture au grand public. Je termine en citant deux « mauvais » ScorpionsScorpions (pour faire plaisir aux astrologues qui ont peur des signes d’Eau) : le sergent Bertrand et Vito Genovese. Le premier est un célèbre… nécrophile. Quant au second, il fut l’un des chefs importants de la maffia sicilienne. Mais je vous demande un peu, qui, en Sicile, échappait alors à la Maffia ?

Chers ScorpionsScorpions qui me lisez, ne croyez pas les choses horribles qu’on raconte sur vous. Vos hantises sont peut-être plus puissantes que chez d’autres mais vous avez aussi plus de force pour les exorciser.

Scorpion Ascendant Sagittaire

Le dénominateur commun de cette structure est le courage, le dynamisme, l’audace. Il n’a pas froid aux pinces, notre ScorpionSagittaire. Il se bat, et aime se battre, les yeux fixés sur un idéal inacessible (s’il était accessible, ce ne serait plus intéressant du tout !).

Le Sagittaire, mi-homme, mi-cheval, « tramway nommé désir » ne rêve que de conquêtes. Il projette sa flèche dans un ailleurs qui peut être matériel ou spirituel. Ces dispositions de caractère s’amalgament très bien à celles du Scorpion, dont les tendances conquérantes et mystiques répondent tout à fait à celles du Sagittaire, et se renforcent à l’intérieur d’une même personnalité. Le résultat peut donner tantôt un révolutionnaire (Luther, trois planètes en Sagittaire), tantôt un personnage conformiste, si le Sagittaire, dominant, met son ambition au service de l’arrivisme social. N’oubliez pas que le superbe centaure, au contraire du Scorpion, aime les honneurs et l’approbation du beau monde ! Dans ce dernier cas, un conflit intérieur, ou une alternance, peut exister entre un Sagittaire traditionnel et un Scorpion révolté. On voit cette ambivalence chez de Gaulle, par exemple, dont le Soleil, à la limite du Scorpion et du Sagittaire, tenait des deux à la fois. C’est ainsi que tantôt parlait haut le Scorpion, créant un scandale (« Vive le Québec libre ! »), tantôt le Sagittaire, socialement conformiste, traditionnel même (en matière de morale et de lois concernant la famille). De Gaulle à Londres, c’était la synthèse du Scorpion et du Sagittaire : courage d’agir à contre-courant, optimisme et intuition de l’avenir.

Voyez aussi Monseigneur Lefèvre, dont la révolte se nourrit d’une théologie des plus réactionnaires. Est-il conscient de ce paradoxe ?

Idéaliste, mystique, le ScorpionSagittaire : Luther se rebelle contre Rome au nom d’une certaine idée de la Justice, Monseigneur Lefèvre en fait autant au nom d’une certaine idée de la Vérité, et de Gaulle fut toujours animé par une très haute idée de la France (sinon des Français).

Ce type d’homme fort, courageux, très exigeant avec lui-même, risque d’être assez dur avec les autres. Il ne comprend pas toujours les faiblesses de ses collaborateurs et de sa famille. Il a beaucoup d’orgueil : ne l’humiliez pas, traitez-le avec égard, sinon craignez sa rancune…

N’essayez pas de jouer au plus malin avec lui. Car ces deux bêtes, tant celle à flèches que celle à pinces, sont favorisées des dieux en ce qui concerne l’intuition : le Scorpion-Sagittaire sent les gens et les choses avec un instinct très sûr. Mettez-vous plutôt sous sa protection : généreux et superbe, il aime donner et se faire valoir en protégeant plus faible que lui.

Il aime régner. Il se voit en patron et se bat jusqu’à ce qu’il y arrive. Naturellement, le ScorpionSagittaire harmonique y arrive très bien : il en a les moyens. Le danger, c’est qu’il ait l’autorité un peu dure et qu’il n’écoute personne, comme le ScorpionLion devenu empereur…

Encore un grand amoureux, chasseur de Beauté et de beautés. Vénus, très à l’aise dans le Sagittaire, anime aussi le Scorpion (bien qu’elle y soit en exil). Le ScorpionSagittaire est l’homme, ou la femme, des grandes passions brûlantes et violentes – jamais platoniques, bien sûr. J’ai remarqué qu’il était plus fidèle au féminin qu’au masculin. Il ne s’embarrasse guère des lois qui obligent les autres, tout en étant fidèle à sa manière.

Parmi les ScorpionsSagittaires, j’ai relevé le thème de Jean-Claude Pascal. Les SagittairesScorpions sont illustrés par Suzy Solidor, grande dame de la chanson, Toulouse-Lautrec, Foujita, Gustave Flaubert, Monseigneur Lefèvre, et, bien entendu, les hautes figures du général de Gaulle et de Luther. Jean Racine était Sagittaire par le Soleil ; on ignore son Ascendant, mais on voit un très fort amas planétaire dans son Scorpion : la Lune, Uranus, Mars, Neptune. Ses personnages, les « héros raciniens », marqués par ces deux signes vivent des conflits violents entre leur idéal et leurs sentiments – avec toujours un souci obsédant : l' »honneur » ou la « gloire », ce qui est bien Scorpion-Sagittaire !

Scorpion Ascendant Capricorne

Cette bête puissante est née sous l’influence de Mars – en domicile dans le Scorpion et en exaltation dans le Capricorne.

Redoutez tout du dieu de la guerre, et ne le provoquez pas ! Mars, la planète rouge, marque de sa dureté le ScorpionCapricorne. Malraux et Rodin étaient nés sous cette configuration ; Cézanne, Paul Léautaud, Goering, Louis Jouvet, le docteur Marcel Petiot, Victor Segalen, Henri de Régnier, Louis Braille étaient Capricorne Ascendant Scorpion (structure très voisine).

Patience et longueur de temps, telle est la devise numéro un du ScorpionCapricorne. Il suit son idée et ne la lâche jamais. Il la suit contre vents et marées, envers et contre tout, au milieu des pires difficultés. L’ennemi pense qu’il a abandonné, qu’il est fini, réduit à néant. Pensez-vous ! A la surprise générale, il renaît de ses cendres et arrive au but quand personne ne s’y attendait plus. A la différence du ScorpionLion, qui s’impose avec éclat, le ScorpionCapricorne traverse de longs purgatoires pendant lesquels il continue de préparer son oeuvre, à la façon souterraine et discrète qui est la sienne. Mais son but, c’est toujours le pouvoir, qu’il soit politique, social, économique… L’ambition est sa passion secrète.

Un très bon exemple de ScorpionCapricorne est donné par Mao Tse-Toung ; celui-ci avait le Soleil et l’Ascendant en Capricorne, mais, notez bien, Uranus, Mars et le Milieu-du-Ciel en Scorpion. Ce dernier signe occupe donc une place privilégiée dans son thème et dans sa réussite politique.

La Longue Marche résume l’attitude du ScorpionCapricorne face à ce pouvoir convoité : il attend son heure même s’il doit pour cela- marcher obscurément et douloureusement pendant des mois dans la misère et l’opprobre. Mais il tient le coup : le Scorpion-Capricorne a des ressources instinctives inépuisables. La polarité TerreEau est bonne, surtout lorsqu’il s’agit d’un signe d’Eau fixe avec un signe de Terre, et tous les deux féminins. Ce dernier détail explique peut-être le côté complexe et tourmenté du ScorpionCapricorne masculin. Il est dévoré d’angoisses intérieures qui peuvent le pousser au crime (docteur Petiot) ou, au contraire, alimenter son génie créatif (Malraux, Rodin). Comme le ScorpionLion, il est guetté par l’orgueil, mais d’une façon moins naïve et moins naturelle : le ScorpionCapricorne est souvent aussi dévoré d’accès de détachements, de crises d’humilité, de goûts masochistes pour le sacrifice.

Le ScorpionCapricorne est, en principe, très intelligent et redoutablement lucide : sans illusion sur les faiblesses humaines, le Capricorne, perspicace, fin psychologue, se marie très bien avec le Scorpion, intuitif, à l’incessante activité mentale. L’un et l’autre savent s’allier avec le Temps, et Saturne, son symbole, domine cette structure de gens très réfléchis. Le Soleil est fréquemment en Milieu-du-Ciel lorsque le Capricorne est à l’Ascendant : signe de réussite professionnelle, ou de situation importante. Le Cancer en Maison VII y ajoute souvent le goût pour la vie publique (si la Lune est bien située). Avec le Verseau dans la deuxième partie de la Maison I et Uranus en exaltation dans le Scorpion, le ScorpionCapricorne est ouvert aux idées de son époque, intéressé par les nouvelles théories et les nouvelles inventions, parfois même il est tout à fait révolutionnaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir, par moments et par endroits, des sentiments très conservateurs, voire réactionnaires (surtout dans sa vie privée, d’ailleurs). La doctrine de Mao Tse-Toung offre ainsi ce curieux mélange de révolution et de tradition.

Le ScorpionCapricorne n’est pas charmant et séduisant comme le ScorpionBalance ou

le ScorpionGémeaux. D’ailleurs il ne cherche pas à séduire, et ne fait aucun effort pour se concilier les grâces des gens. Il dégage une impression d’âpreté, de dureté. S’il séduit, c’est parce qu’il est enveloppé d’une certaine froideur mystérieuse, d’une distance qui impressionne et intimide les gens. Dans la vie privée, la souplesse n’est pas son fort, mais il est extrêmement fidèle, homme de parole, honnête et droit, tenant ses engagements. Son entourage souffre de sa dureté, de son égoïsme ; il est capable de sacrifier sa vie privée, ses amours et ses sentiments à son ambition… Mais il a le culte de l’amitié, des amitiés qui durent toute une vie (Malraux et de Gaulle, par exemple). Soyez l’ami d’un Scorpion-Capricorne, mais ne l’épousez que si vous vous sentez aussi fort que lui…

Scorpion Ascendant Verseau

Formule brillante, qui met le Soleil très haut dans le ciel, en Maison IX, celle des voyages et des grands idéaux – ou bien en Milieu-du-Ciel : le ScorpionVerseau a l’étoffe d’un aventurier ou d’un prophète. Si le Soleil est en Maison IX, le Milieu-du-Ciel est en Sagittaire, signe d’aventure, de conquêtes, d’idéal mystique. Le ScorpionVerseau, extrêmement intuitif, sent l’avenir ; il est souvent en avance sur son temps. A l’avant-garde de son époque, il entrouvre la porte de mondes nouveaux sous nos yeux fascinés. Un ScorpionVerseau, ça ne sent jamais le moisi ou le confiné. L’entourage, en général, ne le suit pas : les prophètes sont mal reçus dans leur famille !

La polarité EauAir, très difficile à vivre, engendre chez le natif des tensions internes très fortes, qui ne peuvent se résoudre que par une très grande activité. Un ScorpionVerseau est peut-être plus stable qu’un ScorpionBalance ou un ScorpionGémeaux : le Verseau, en dépit de son nom, est le moins « versatile » des signes d’Air. C’est un signe fixe, qui a de la suite dans ses décisions et ses idées. Il n’est pas souple du tout et, allié au Scorpion, il en accentue le côté volontaire, passionné et « jusqu’au-boutiste ». Le ScorpionVerseau, doublement marqué par Uranus, est impulsif, anti-conformiste, farouchement individualiste. Il fait son chemin tout seul, sur une voie qu’il est le premier à prendre, et il n’y supporte aucune contrainte. La fixité des deux signes accentue la violence et l’ardeur du tempérament… et sa séduction.

Deux superbes Scorpions Ascendant Verseau illustrent ce goût de l’aventure : Henri de Monfreid et Robert-Louis Stevenson. Le premier a vécu physiquement les aventures qu’il raconte, et son existence mouvementée est un fabuleux roman de cape et d’épée. La vocation d’écrire était marquée chez lui par Mercure conjoint au Milieu-du-Ciel. Dans cette structure Scorpion Ascendant Verseau, on retrouve Mercure dans la partie supérieure du thème – puisque cette planète ne s’éloigne jamais beaucoup du Soleil, et cela donne au natif de brillantes facultés intellectuelles, avec le don de l’écriture.

Ainsi fut Robert-Louis Stevenson : son Mercure en Scorpion est conjoint au Soleil au point le plus haut du thème. S’il a vécu lui aussi une vie de voyages, son Ile au trésor est un rêve intérieur. Mais il faut croire que ce rêve entre en résonance avec celui de chaque adolescent, si l’on considère les énormes tirages atteints par ce livre ! Le thème de Mon freid, comme celui de Stevenson, donne une place importante aux Poissons, qui occupent la Maison I. Ce signe aquatique ne fait qu’accentuer encore le rêve du Scorpion et du Verseau, leur générosité, leur goût des voyages.

Ces Scorpions-Verseaux et Verseaux-Scorpions sont réellement des gens fascinants. J’allais en oublier un : le fabuleux James Dean ! Auriez-vous pu l’imaginer vieilli, gâteux, ventripotent dans ses pantoufles ? Non, n’est-ce pas ? Le Verseau et le Scorpion, dans ce jaillissement irrésistible de vitalité, gardent toute la vie une allure juvénile ; l’ardeur et l’enthousiasme les empêchent de basculer dans le vieillissement.

Autre VerseauScorpion : Stendhal. Alors que tous les écrivains de son temps trempaient leur plume dans les pleurnicheries romantiques, lui seul écrit avec une sombre dignité, une lucidité aiguë de Scorpion, dans un style concis qui n’a pas vieilli.

Génial souvent, fou parfois, le ScorpionVerseau n’est pas facile à vivre, dans l’intimité. Uranus, planète violente, le fait exploser, tout casser sur son chemin. La fin justifie les moyens, il méprise les obstacles, bouscule son monde… et s’attire de violentes inimitiés. L’orgueil lui fait sous-estimer l’humble réalité biologique et quotidienne. Il peut être odieux. Il file comme le vent vers d’autres mondes, et sa famille risque d’en faire les frais.

Quand on a une âme d’aventurier, on est peu doué pour la vie bourgeoise et les joies intimes du pot-au-feu familial, comme l’est le ScorpionVierge ou Cancer. La vie du ScorpionVerseau est un happening permanent, les amis et l’aventure sont prioritaires. C’est ainsi ! Mais pourtant une relative stabilité familiale peut venir avec l’âge : Saturne du Verseau y pourvoira.

Scorpion Ascendant Poissons

Si vous n’êtes pas vous-même très aquatique, vous ne comprendrez jamais ce crustacé à écailles qui barbote dans l’océan des rêves, cette personnalité médiumnique qui voit bien au-delà de la réalité quotidienne.

Tous les signes d’Eau sont pourvus, comme je l’ai déjà dit, d’un radar ; mais celui-là est le dernier modèle, le super-sonar ultra-opérationnel qui permet de détecter le moindre petit récif, le plus léger changement d’ambiance…. Le ScorpionPoissons vous a deviné immédiatement, à l’instant même où vous êtes entré dans la pièce. Il vous sent, il pressent ce qui va vous arriver – à vous et à lui. Souvent, il ne se doute même pas à quel point il est tombé juste ! Fiez-vous à ses pressentiments : même si aucune logique « raisonnable » ne peut les justifier, la réalité s’en chargera. Il vibre avec l’air ambiant et n’a pas besoin de la parole pour communiquer.

Le ScorpionPoissons est un animal secret, introverti, peu expansif, tapi sous sa grotte marine au fond des ravins abyssaux. Ce mystère lui donne un charme irrésistible… Il vous prend sur sa longueur d’onde et vous investit sans que vous vous en rendiez compte (sauf si vous êtes un peu ScorpionPoissons vous même). Son aspect extérieur est variable, mais vous le reconnaissez tout de suite aux vibrations silencieuses qu’il dégage. Le ScorpionPoissons est toujours un peu extra-terrestre : il n’appartient pas vraiment à notre planète. Comme l’océan sans limite, il est volontiers erratique – en rêve ou en réalité. Voyages au-delà des mers, voyages dans l’Au-delà, j’allais écrire dans l’au-delà…, il ne trouve son bonheur que dans le dépaysement. Cette tendance est d’autant plus profonde qu’il a le Sagittaire – grand voyageur devant l’Eternel – en Maisons IX et X. Mystique et poète, il déteste les limites, les contraintes ; sa vie est une évasion perpétuelle. Il est tenté plus qu’un autre par la drogue, la boisson, les sciences occultes. Le Bélier en Maison I le rend très impulsif : il se jette à corps perdu dans les aventures à haut risque, les sectes, les grandes passions folles… Il s’évade en aimant.

Eternellement assoiffé de tendresse, l’amour est pour un tel être une religion. Follement tendre, généreux, charitable, compatissant, il est aussi très exclusif et jaloux. Il est capable du sacrifice le plus total, tel Claus von Stauffenberg, qui tenta de supprimer Hitler à la fin de la Seconde Guerre mondiale sachant très bien qu’il le paierait de sa vie.

Sa philosophie, consciente ou non, c’est l’amour universel, la fraternité des vivants.

Comme le fleuve qui coule sans s’arrêter, il ne peut pas s’empêcher de donner. Il émane souvent de lui un fluide bienfaisant : il peut alors être un étonnant guérisseur, dont le magnétisme physique attire les gens et les animaux. Qu’il n’abuse pas de sa séduction…

Lorsque Neptune, prince de la mer et des Poissons, est puissant dans son thème, et mal aspecté, le natif souffre d’un très grand décalage entre ses rêves et la réalité. Rien ne lui réussit : c’est un éternel malchanceux. Le ScorpionPoissons dissonant est la victime de ses cauchemars, il patauge dans ses chimères. S’il parvient à les exorciser par l’art et la littérature (Hugo, Poe, Signac), il devient un grand créateur.

Au contraire, si Jupiter est valorisé dans le thème, par exemple conjoint au Soleil, ou à l’Ascendant et en son domicile des Poissons, le rayonnement lumineux de cette planète optimiste et pratique donne au natif une personnalité positive, adaptée à la réalité. Il est alors favorisé par la chance, la fortune… Comme on le voit dans le thème d’Henri de Monfreid. (Celui-ci, bien qu’ayant l’Ascendant en Verseau, a néanmoins tous les Poissons en Maison I, où se trouve Jupiter, conjoint à l’Ascendant).

J’ai cherché des ScorpionsPoissons célèbres : j’en ai trouvé assez peu, peut-être à cause de l’ombre et du secret dans lequel vivent volontiers les natifs de cette structure.

SAGITTAIRE

Sagittaire Ascendant Bélier

On accorde au Bélier une constitution athlétique, encore que chez la femme la constitution pycnique ne soit pas rare; un squelette fortement charpenté, une musculature puissante le feraient paraître souvent plus grand qu’il n’est réellement. On le reconnaîtrait à sa tête, partie du corps symbolisée par le signe, et surtout à son profil : ferme, busqué, presque tranchant. Il a un nez proéminent à forte arête, et, de l’étage médian du visage, la projection en avant de la partie inférieure du visage se révèle, par ailleurs, fréquente; quant au front, il demeurerait plutôt bas.

Détails caractéristiques : les oreilles petites et pointues, du style faune; les yeux, à l’iris gris acier ou brun, rapprochés du nez et surtout coiffés de sourcils broussailleux en accent circonflexe. Reconnaissons au passage que les portraits de Van Gogh et Mallarmé, tous deux fortement marqués du Bélier, correspondent assez bien à cette description. Le regard est vif, souvent dur et insolent, exprimant la curiosité, la vigilance prête au combat, voire le défi.

Mâle ou femelle, le Bélier type ne marche pas : il « fonce » droit devant lui, d’un pas rapide et décidé. Il ne vous serre pas la main : il vous la broie, d’une poigne ferme et volontaire. Il convainc ou accuse plus qu’il ne parle, d’une voix impérative au ton incisif, au débit précipité, en y joignant le geste, emporté, rude, noueux.

La même tonalité abrupte signe l’élégance de Madame Bélier; elle est fracassante, de formes et de couleurs : vêtements garçonniers, volontiers provocants, outrances des modes soulignées jusqu’à l’extravagance, maquillage agressif ou, à l’inverse, nudité d’un naturel affirmé comme un défi. C’est, en plein XIXe siècle, George Sand vêtue en homme et fumant le cigare.

Présence, intensité, force contagieuse, telle est l’impression que dégage d’emblée le personnage. Au volant de sa voiture, souvent rouge, un Bélier peut faire la démonstration éclatante de sa vitalité autoritaire, pressée et compétitive. Le paysage? le décor? le charme de la flânerie? il les ignore. Il ne s’agit que de la machine à exploiter au maximum, et même au-delà de ses possibilités, que de l’autre conducteur à dépasser : slalom, accélérations démentes et coups de freins brutaux, pneus hurlants dans les virages et risques gratuits, irrespect du code, tout y est. Qu’importe! il faut aller plus vite et passer coûte que coûte. Ou courtil? Il n’en sait rien, ce qui compte c’est d' »y » courir plus vite que la dernière fois et plus vite que tout le monde. Le moindre obstacle à ce défoulement d’agressivité conquérante le mettra d’une humeur massacrante et les invectives outrancières pleuvront en guise de décharge.

Psychologiquement, le Bélier est caractérisé par un besoin maximal d’extériorisation motrice. Ce feu de printemps symbolise le jaillissement premier de l’énergie vitale. C’est l’être à sa naissance, le nourrisson en tant qu’organisme soumis à la poussée instinctuelle globale qui, faute de maturation, ne saurait faire la distinction entre lui-même et le monde extérieur. En cet Ascendant du Zodiaque, il n’y a pas encore de capacité de différenciation ou de contrôle. Il n’existe à la limite, ni je, ni moi, ni l’autre, ni dehors, ni dedans, ni avant, ni après, seulement une agitation incoordonnée, réflexe, en réponse à un afflux de stimuli.

Le tempérament est celui du colérique type : émotif, actif, primaire, aux réactions fortes, immédiates, brèves, où l’être s’engage en bloc dans l’instant, où l’énergie pulsionnelle fuse dans toutes les directions. C’est la poussée de la sève au printemps; c’est le triomphe de l’action pour l’action dans la hâte et sans retenue, de l’initiative souvent sans lendemain parce que irréfléchie, de la conquête souvent avortée faute de préparation et de persévérance, du courage souvent téméraire par inconscience. Le Bélier n’a pas davantage le temps de respecter la morale, les règles, la « conformité », qui risqueraient de freiner son élan.

Ce même besoin d’extériorisation motrice se retrouve chez le Sagittaire, autre signe de Feu, mais ce Feu d’automne est différent ; il exige autre chose. En neuf mois, et surtout depuis la Balance, l’être s’est socialisé et va devoir élargir encore ses rapports avec le monde extérieur, s’adapter à cette expansion en vue de réalisations futures. Cette adaptation requiert beaucoup de discrimination et de maîtrise dans les réponses aux stimulations internes et externes, une capacité de retrait par rapport au milieu et de retour sur soi, en même temps qu’une faculté de coordination et de synthèse propres à réaliser l’unité de cette multiplicité. Pour satisfaire à son « idéal » solaire, le Sagittaire devrait donc atteindre à une secondarité inconnue du Bélier afin d’établir entre le dehors et le dedans, entre ce qui a précédé et ce qui devra suivre, un pont menant à un au-delà, un après, un plus haut.

Le résultat de cette combinaison va évidemment varier suivant les individus en fonction des particularités de chaque thème. On peut cependant admettre que, dans la quasi-totalité des cas, elle signera des êtres spontanés et chaleureux, riches de vigueur physique et mentale, généreux et francs, aux réflexes prompts, à l’imagination enflammée, à l’attention vive. Rien de mesquin, encore moins de routinier, dans ce personnage à l’esprit curieux, au verbe énergique, aux idées larges et aux nobles aspirations, qui sait entraîner, convaincre par son éloquence et par son ardeur communicative.

En l’absence de dissonances graves, le Sagittaire socialisera le Bélier, le tempérera, l’assagira. Visage, silhouette, gestes, actes se feront moins anguleux, moins abrupts. Pareillement, l’homme, dans ses conquêtes amoureuses, mettra un peu plus de formes et moins de brutalité. La femme, tout en demeurant très garçonnière – le type « amazone » n’étant pas rare chez le Sagittaire —, se fera moins agressivement provocante, hésitant devant l’extravagance vestimentaire pour s’en tenir à un classicisme très alluré. Certes, elle continuera à faire la loi chez elle, mais en y mettant un peu moins de bruit et de fureur. Sa franchise sera aussi totale que son manque de diplomatie et son goût de l’indépendance.

Sur le plan des réalisations, un Sagittaire fort, toujours dans les cas de dispositions harmonieuses, apporte à l’irrascible Bélier la pondération, la hauteur de vue, le souci et le respect de la collectivité, un idéal plus spiritualisé, bref une ampleur plus adaptée et ennoblie. Il se servira de la fougue et de la capacité d’engagement de son partenaire en la maîtrisant et, si le mariage est exceptionnellement réussi, il pourra donner naissance à un magnifique pur-sang capable de bien des exploits.

Dans les cas moins heureux? Ce Sagittaire, dont la fonction est de participer à la collectivité en respectant ses normes et ses lois dans un esprit de tolérance et d’humanisme, risque de s’accommoder assez mal des exigences belliqueuses, totalitaires et individualistes de son Ascendant Bélier. Certes, les idéaux avoués continueront à se déclarer nobles, soucieux du bien et de la liberté d’autrui, mais des conduites sommaires, brutales, plus ou moins inconsciemment autoritaires, leur infligeront un démenti; l’instinct de conquête l’emportera bientôt sur l’altruisme et le militantisme, ou le fanatisme sur la tolérance. Dans un thème très conflictuel, à dominante sèche (Mars et Uranus, par exemple), le côté primaire et téméraire du Bélier va éveiller dans cette caisse de résonance que constitue le Sagittaire un écho amplifié à l’excès. L’ensemble a toute chance d’aboutir à l’opposé du Jupitérien « normalisé », au type du Sagittarien rebelle : inadapté, aventurier, en rupture de ban avec la société, poursuivant dans le meilleur des cas un idéal inaccessible à force d’être immense et total ou, plus fréquemment, cultivant le risque pour le risque, faute de pouvoir le sentir exister autrement que dans « l’action pour l’action », la démesure, la révolte systématique.

Conséquences : surmenage physique allant jusqu’à l’épuisement irréversible, risques excessifs pris par impossibilité de résister aux impulsions agressives et se résolvant en dommages de toute nature, corporels et matériels aussi bien qu’affectifs; vie « brûlée » en une avec les Ascendants succession de commencements et d’abandons qui sont autant d’échecs.

Heureusement, l’énergie est grande en chacun des deux signes et la faculté de récupération certaine, mais le Sagittarien ne doit pas oublier que, si le Bélier est avant tout un impatient, il est lui un inquiet, un anxieux fondamental au système nerveux beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît.

Ce cheval emballé aurait besoin de trouver en lui-même un cavalier qui le maîtrise sans le brider.

Sagittaire Ascendant Taureau

Morphologiquement, le Taureau se signalerait par un détail : le cou; qui ne connaît le « cou de taureau », enfoncé entre des épaules larges et carrées, court, épais, présentant en principe une petite saillie à la base? C’est un pycnique. Taille plutôt inférieure à la moyenne, squelette solidement charpenté mais enrobé; crâne large, front plein et bombé, visage de sensoriel tendant au carré comme les mains, menton rond, lèvres charnues, nez et bouche larges, yeux sombres et grands. Quand à l’œil « globuleux », conféré traditionnellement à ce signe, il semble relever du particulier plus que du général. En revanche, le regard, chez le type adapté, frappe par sa profondeur, le calme et la chaleur de son sérieux.

A cette description, la Tradition ajoute une jambe courte et musclée au mollet rond. Enfin, les auteurs divergent sur le fait de savoir si les cheveux châtains ou bruns, le plus souvent ondulés ou bouclés, se maintiennent bien plantés sur un front bas ou si, au contraire, une calvitie frontale les menace prématurément.

Dans le cas du Taureau type, la personnalité tout entière dégage, surtout chez les hommes, une impresssion de solidité compacte, de lenteur puissante, voire de statisme, impression accentuée par la démarche jamais pressée mais régulière, pesante même, mains dans le dos, regard au sol; en somme c’est une sorte de commissaire Maigret. La parole est lente, les mots mesurés, la voix mélodieuse au timbre parfois captivant, la poignée de main chaude, pleine et accueillante. Pour parfaire ce portrait, ajoutons au visage une expression placide, plutôt débonnaire et tranquillement assurée (cas du sujet bien adapté) ou, à l’inverse (sujet mal adapté), une expression revêche, sévère, fermée, un air de méfiance soupçonneuse, une amabilité vigilante de bouledogue. Le premier sujet affectionnerait les cravates chatoyantes et les eaux de toilette aux senteurs enivrantes; le deuxième, probablement victime d’un Saturne maléfique, userait jusqu’à la corde de vieilles nippes informes, pas toujours très propres.

Ce cas extrême se retrouvera chez la femme. Supposons-le exceptionnel puisque la Tradition s’emploie à qualifier la femme du Taureau d’hyper-féminine. Cette favorisée des dieux illustre à merveille le type vénusien : un corps agréablement potelé tout en courbes; poitrine développée, hanches et bassin élargis; un visage aux traits harmonieusement fondus, d’une beauté voluptueuse comme son parfum; des vêtements faits pour le regard et le toucher : jupes amples, tissus veloutés ou soyeux, couleurs non moins fondantes.

En cette fête des sens, le garçon manqué et la dame patronesse du Sagittaire paraissent incongrus. Seule conciliation possible : alterner volupté, indépendance sportive et respectabilité bourgeoise. Qui dit mieux?

Chez l’homme sagittarisé la pesanteur taurine tendra à s’alléger : les formes, bien sûr, resteront très enrobées, d’autant plus que le coup de fourchette, grâce à une gourmandise accrue, sera plus vigoureux; mais elles seront moins massives et tendront moins au carré. Le contact sera plus spontané, plus jovial, l’expression bienveillante ou bonhomme accentuée, la mise soignée et classique.

Psychologiquement, la différence est aussi grande. Le Bélier fonçait droit devant lui; ici on absorbe, on rumine, on digère; c’est l’incorporation orale succédant à l’extériorisation motrice, la concentration faisant suite à la dispersion; il ne s’agit plus de répondre dans le désordre à un afflux de stimuli, mais de commencer à s’adapter à la réalité, donc d’apprendre à se protéger, à discerner le bon du mauvais afin de profiter au maximum du premier et, si possible, de se fermer au second. Comme l’écrit J.-P. Nicola, le Taureau est « par excellence le centre des réflexes de défense, la souche de toutes les inhibitions ».

A ce stade, un mode de connaissance du monde prévaut : la sensation, non plus l’action, qui se développe par l’intermédiaire de la mère, cette Terre Mère, non encore perçue comme personne différenciée mais comme milieu ambiant, qui non seulement entoure mais signale sa présence par les multiples plaisirs qu’elle procure.

Satisfaction de la faim, contact tiède et moelleux (contact qui prélude à la sociabilité), douce musique d’une voix rassurante sont autant d’expériences sensuelles qui, répétées, induisent une notion de permanence et de stabilité favorable à l’établissement de mécanismes d’autorégulation.

Aussi le tempérament taurin sera-t-il caractérisé essentiellement par l’avidité (qu’elle soit matérielle, affective ou intellectuelle), le réalisme, au sens le plus radical du terme (sensualisme, positivisme), la sensibilité au milieu ambiant, le besoin de stabilité, une sélectivité prudente par souci d’auto-conservation, une obstination pouvant aller jusqu’à l’entêtement buté. Le Soleil au Sagittaire va assouplir et, dans les meilleurs cas, humaniser et spiritualiser les caractéristiques taurines.

Certes la nature dionysiaque de chacun des deux signes sera considérablement renforcée : communion charnelle avec la nature, élans amoureux, la grande fête des sens sera alors vécue à son maximum. Le Sagittaire toutefois tendra à l’ennoblir, la magnifier et, en transposant à l’octave supérieur, essaiera d’accéder à l’infini, au divin, la libérant ainsi de l’asservissement à la volupté, trop fréquent chez le Taureau. Il est toutefois à craindre que le comportement ne demeure possessif et jaloux, mais d’une façon tout de même moins irréductiblement obsédée. On dit le Sagittaire volontiers volage, surtout dans sa jeunesse, trait qui cadre mal avec le monolithisme amoureux du Taureau. Les solutions de compromis sont difficiles à trouver en dehors de la dissimulation, de l’ambivalence ou, plus fréquemment, de la contradiction : infidélité discrète, tolérance pour soi-même, intransigeance suspicieuse pour l’autre.

Le tempérament demeurera opiniâtre, mais avec plus d’impulsivité, de hardiesse, de combativité et d’enthousiasme, éloigné du type taurin passif et même amorphe à force d’être repu. La ténacité du Taureau corrigera la dispersion velléitaire du Sagittaire qui, lui, apportera plus d’élan, plus de largeur de vue aux initiatives. Sagittarisés, les buts se feront moins exclusivement intéressés et égoïstes, et les moyens pourront allier l’opportunisme habile au sens pratique prudent, l’inspiration au calcul, grâce à une intuition renforcée, des capacités d’assimilation et de discernement plus prompts, une adaptabilité accrue. A l’inverse, les généreuses mais souvent utopiques visées sagittariennes se verront ramenées par le méfiant et réaliste Taureau à de plus accessibles proportions. Parfois, les décisions paraîtront brusques; en fait, elles auront été longuement mûries, un déclic subit rompant le cercle indéfiniment répété de supputations contradictoires. La volonté d’exécution conservera le caractère entier, inébranlable, du Taureau, mais assoupli par l’idéalisme humanitaire du Sagittaire.

La combinaison des deux signes va accroître aussi la sensibilité au milieu ambiant. En l’absence de dissonances majeures, le Taureau, sélectif et soucieux de stabilité, freinera le Sagittaire dans sa mondanité, sa tendance à sacrifier au conformisme du moment, aux apparences et aux modes; il exigera pour sa sécurité que, quelque part, au sein de sa vie très socialisée, un îlot soit réservé, solidement ancré à l’abri des changements et des bourrasques de l’extérieur.

En cas de thème conflictuel à dominante sèche, toujours Mars ou Uranus en signe de Feu, on aboutit au type taurin « maigre ». Beaucoup moins répandu, ce dernier est, selon J.-P. Nicola, un « longiligne aux joues creuses et aux yeux brûlants de ferveur intérieure, de l’étoffe dont on fait les romantiques, les fanatiques et les extrémistes ». Il y aura là une belle possibilité d’accord dans l’ardeur cassante et la démesure avec le Sagittarien de type rebelle.

Sans aller aussi loin, l’inquiétude du Sagittaire inadapté, liée à la notion d’espace et à la difficulté de centrer quelque part un Moi en pleine errance, ne fera qu’aggraver l’inquiétude taurine liée, elle, au besoin de permanence, c’est-à-dire au temps. L’être aux prises avec ces problèmes aura beaucoup de mal à trouver son équilibre : fougueux, il voudra s’élancer et « brûler », mais la peur le freinera; tiraillé entre l’extérieur et l’intérieur, la tendance à la paresse et le besoin d’activité, la dispersion et le besoin de se fixer, il lui faudra, sous peine d’échec, faire un choix au prix de douloureux sacrifices : celui de l’accessoire à l’essentiel, celui de l’instant à la durée.

Sagittaire Ascendant Gémeaux

Assimilable au mercurien, le type Gémeaux ne ressemble guère à son voisin du Taureau. Généralement grand, il est construit tout en étroitesse et en longueur : nez, menton, visage, doigts, bras, jambes; fluet, grêle, le torse aplati, on dirait un adolescent monté en graine ou, pis, un grand échalas dégingandé. Plus rarement petit, menu, fin et délié, il a alors la prestesse et la malice d’un lutin, d’un écureuil ou d’un singe.

C’est un cérébral : l’étage crânien du visage prédomine avec une implantation surélevée des cheveux et un front large, tandis que l’étage inférieur se rétracte : menton mince, pointu, s’effaçant; le carré qui signait le Taureau a fait place au triangle.

C’est un nerveux : on le voit à sa démarche inégale, rapide, souple, comme prête à l’envol; à ses sautillements sur place, incapable qu’il est de rester immobile; aux mimiques expressives, voire aux grimaces, qui agitent ses traits fins et mobiles; à son regard vif, curieux, souvent ironique ou effronté : vieillissant, finement ridé, plissé, il n’est pas rare qu’il vire au « vieux gamin ».

Le bec ne lui ferme pas, pourrait-on ajouter, car « discuter » est son dada. Prolixe, souvent éloquent, il parle autant avec les mains qu’avec les mots, qu’il débite précipitamment, le coq-à-l’âne et le mot d’esprit lui venant aux lèvres spontanément. Sa dextérité manuelle est souvent extraordinaire, tout comme sa capacité d’imitation. Jongleurs, illusionnistes, imitateurs sont tous plus ou moins marqués des Gémeaux.

C’est un fantaisiste : témoin son habillement. Du moindre chiffon la femme s’improvise d’instinct une toilette. L’homme, lui, se fait volontiers « dandy ». Mais chez l’un comme chez l’autre, rien ne saurait être pris au sérieux : on plaisante, on pétille comme le champagne, avec une élégance désinvolte; il s’agit d’un jeu qui, toutefois, doit avant tout respecter la liberté du mouvement.

Dans le cas d’un thème où prévaut le « sec », le Sagittaire apportera une note athlétique à cet Ascendant Gémeaux : plus de muscles, des épaules plus larges, l’ensemble demeurant cependant longiligne. Dans un thème à tendance jupitérienne, la silhouette et le visage se feront, surtout à la maturité, plus étoffés et la présentation aura un caractère relativement plus « assis »; ici, l’habillement sacrifiera peut-être un peu moins aux modes, mais plus encore à la liberté des mouvements, tout en s’efforçant de sauvegarder beaucoup l’esprit.

Mobilité, adaptabilité, dualité : tel se présente le schéma psychologique des Gémeaux.

Ce troisième signe du Zodiaque est le moment où, sortant de la non-différenciation entre Moi et Non-Moi, l’être reçoit, plus qu’il ne le perçoit véritablement, ce qui l’entoure, et les objets plus que les personnes. Alors qu’au Bélier, puis au Taureau, prévalaient décharge motrice, puis sensation, ici c’est l’impression, une impression réponse, qui règne. C’est l’entrée dans la communication, mais une communication fugace et superficielle, avec un monde nouveau aux multiples facettes, celui du familier. Très excitable, avec moins de force mais plus de rapidité que le Bélier, très réceptif mais, à la différence du Taureau, non passif, souple, délié, d’attention prompte mais fugace, il présente une extraordinaire faculté d’adaptation au milieu et aux circonstances. Feu follet, caméléon, Arlequin, il peut à la limite sembler ne pas avoir d’existence propre; il n’est que reflet de ceux qui l’entourent. Chez cet être en ébauche, le Moi proprement dit n’est pas encore constitué; il ne le sera que beaucoup plus tard, et les premiers noyaux en vont tout juste émerger progressivement. Aussi le « je » n’est-il encore que diffus, épars et, comme « l’objet », à peine entr’aperçu que disparu, ni totalement extérieur ni totalement intérieur, et les deux à la fois. Bref, c’est une virtualité, non une réalité. C’est, au lieu et place de « l’autre », le « même », le « double ».

  1. Barbault distingue deux types de Gémeaux. L’un nerveux par excellence, est le type Castor. D’humeur changeante, une sensibilité épidermique et une perpétuelle nécessité de renouveler ses émotions le rendent fantasque, poète, vagabond d’esprit, d’âme et de corps. Domiciles, professions, amitiés et amours se succèdent en autant de caprices enfiévrés. Sa vie amoureuse se place sous le signe du flirt, du marivaudage, de la légèreté; c’est l’effleurement des cœurs et des corps, qui n’engage jamais; amoral, comédien né, mentant avec sincérité, il aura la conduite du séducteur insoucieux du mal qu’il pourra inconsciemment causer à qui se laisse prendre à son jeu.

L’autre, plus calme et beaucoup plus intellectualisé, est le type Pollux. Se défendant contre tout sentiment, notamment l’amour auquel il préfère l’amitié, il tend à devenir une sorte d’esprit sans âme au cœur sec, mais il est efficace, caustique et froid, habile jusqu’à l’opportunisme – car, égoïste, il est intéressé —, se révélant très souvent doué pour le dessin ou la littérature, mais manquant de profondeur.

La combinaison GémeauxSagittaire tend à accentuer l’instabilité d’humeur, la tendance à la dispersion, la soumission à l’influence du milieu en même temps que l’habilité oratoire, la subtilité, l’aisance à manier le paradoxe et l’improvisation. La nécessité de sacrifier au caprice du moment atténue le respect des codes sociaux et de l’appartenance au groupe, chers à bien des Sagittaire. En revanche, la sécheresse calculatrice de certains Gémeaux peut être tempérée par la générosité idéaliste du Sagittaire. Quant à la vie affective, il est douteux qu’elle y gagne en stabilité.

En cas d’occupation des deux signes par des planètes en situation dissonante, éparpillement et coordination, intensité et légèreté, diffusion et synthèse, multiplicité et unité peuvent s’affronter, exigences peut-être complémentaires mais surtout difficiles à concilier.

Du simple tiraillement entre tendances contradictoires à la dissociation grave de la personnalité en passant par l’insatisfaction née du sentiment d’un vide intérieur ou d’une vie qui, construite sur du sable, ne laisse que du vent, il y a bien des intermédiaires possibles.

Si le Moi est très fort et le sujet doué, le conflit pourra être dépassé grâce à une sublimation, l’être trouvant alors son centre de gravité – non sans remises en question périodiques – dans une activité artistique : littérature, musique, peinture, théâtre, journalisme. (Cas de ce genre : Schumann, Musset, Gérard Philipe )

Sagittaire Ascendant Cancer

Des tissus relâchés, blanchâtres et souvent bouffis, un visage lunaire, tel serait selon la Tradition l’apanage des Cancériens. La réalité est heureusement moins désastreuse : constitution pycnique, stature moyenne, formes arrondies mais avec plus de chair que de muscles. Le visage au front large est généralement rond, un peu gras, fréquemment doté d’un double menton. Des sourcils plantés hauts, en demi-cercle, lui confèrent souvent une expression étonnée, tandis que le regard, tourné vers l’intérieur, paraît absent. Ajoutons des pieds et mains petits, une démarche caractéristique par son balancement et une poignée de main plus enveloppante que ferme. Quant à la femme, elle se signale, toujours suivant la Tradition, par sa taille ronde et sa volumineuse poitrine. Il existe un autre type de Cancérien, plus maigre, plus sec, aux formes allongées, dont le visage nullement lunaire se caractérise par un nez busqué en forme de bec.

Le Sagittaire, avec ses muscles et sa vigueur, apporte plus de fermeté, de présence, de majesté même à ce tableau. A ce Cancérien qui très souvent préfère la chaise-longue à tout autre sport, il insuffle un besoin minimal d’activité physique et si, néanmoins, à la maturité, le corps tend à s’empâter, c’est sur un mode à la fois plus tonique et moins exclusivement abdominal. Certes, des problèmes de silhouette risquent de se poser à la maturité, car l’un et l’autre sont amateurs de bonne chère : le premier, plus délicat, est un gourmet, le deuxième un gourmand ; mais avec le correctif Sagittarien l’empâtement peut adopter un mode plus nerveux et moins débonnaire.

Dans sa mise, le Cancérien type peut adopter deux attitudes différentes : soit un excès de recherche et de raffinement qui le féminise exagérément, soit à l’inverse une indifférence qui confine au laisser-aller. Aucune de ces deux attitudes ne peut satisfaire aux exigences du Sagittaire. Celui-ci en effet, soucieux de son image de marque, ne saurait dans la négligence dépasser les bornes du bon aloi, pas plus que sa virilité ne pourrait sans gêne intérieure s’accommoder d’atours suspects. Peut-être ici ou là sacrifiera-t-il un détail à sa nature cancérienne, mais sans se résoudre à tomber dans le style « minet avéré ».

Quant à la femme, si elle aime suivre la mode, elle entend bien n’en conserver que les aspects les plus féminisants. La Sagittaire de type « garçon manqué » n’a pas sa place ici, mais tout en bénéficiant du goût cancérien pour les couleurs tendres et les tissus délicats, elle se montrera moins « chatte », d’une coquetterie moins étudiée, d’une élégance plus libre et plus désinvolte qu’une Cancérienne de type pur.

Combiner ces deux signes pose, psychologiquement, quelques problèmes : le Cancer étant le lieu de tendances féminines passives, le Sagittaire celui de tendances masculines actives, chacun des deux réclame son dû. L’un rêve tout éveillé d’un impossible « autrefois », l’autre poursuit sans cesse un introuvable « ailleurs ».

Après le monde familier des Gémeaux, c’est l’image de la mère qui apparaît au Cancer et c’est à elle que le Cancérien se fixe. Ce n’est plus la mère-contact, la mère-aliment du Taureau, mais la mère-tendresse, la mère-sécurité, la mère-refuge. Si proche – elle n’est pas encore véritablement perçue comme objet – qu’à la limite il n’existe pas de séparation entre elle et son enfant. La sensibilité est ici toute-puissante et pour le Cancérien, plus que pour tout autre, il est douloureux de grandir, d’affronter les rigueurs et les combats qu’impliquent l’acquisition de l’autonomie et l’adaptation au monde hostile du dehors.

Le Cancérien est donc, à la base, dépendant, alors que le Soleil au Sagittaire se veut avant tout indépendant.

La fixation cancérienne à la mère peut être positive ou négative. Positive, elle conduit à une politique d’enracinement et de protection qui peut, aussi bien sur le plan affectif que professionnel, stabiliser le Sagittaire. En même temps celui-ci, grâce à son ouverture vers l’extérieur, sa foi en l’avenir et son besoin d’expansion, corrige la tendance nostalgique du Cancérien trop souvent enclin à s’attarder inutilement sur le passé, à régresser vers l’état bienheureux de son enfance, la soumission passive. Un Cancérien calme et un Sagittarien conformiste peuvent donc cohabiter fructueusement, les vertus maternelles du Cancer trouvant pour l’un et l’autre sexe à s’épanouir, surtout à l’âge mûr, dans l’atmosphère sereine d’un foyer confortablement bourgeois. Foyer plus fermement protégé grâce au Cancer où régnera un père, ou une mère, noble car Sagittarien, au lieu d’une mère-poule ; foyer plus « représentatif » car le Sagittaire luttera pour atteindre une position sociale plus élevée, une surface financière plus ample, tandis que l’idéalisme commun aux deux signes se fixera des buts moins étroitement intimistes. La réussite se trouvera d’ailleurs facilitée par le fait que le dynamisme et l’esprit de synthèse solaires s’appuieront sur l’intuition, la finesse, la prudence et la ténacité cancériennes.

Comment satisfaire aux impératifs voyageurs de ce Soleil Sagittaire? Soit en visitant l’étranger en famille le plus souvent possible, soit en s’expatriant seul, mais avec la nécessité d’un retour périodique aux sources familiales afin d’y puiser des forces vives, le besoin de se trouver ailleurs s’effaçant généralement avec l’âge au profit du « se sentir bien ici ». Sinon, il est encore possible de parcourir le monde à travers les livres, les récits, les films ou simplement les rêves, ou de vivre en secret l’exaltante aventure d’un long et merveilleux voyage tout intérieur.

Il est malheureusement des situations moins idylliques : c’est le cas de thèmes où Mars, Saturne ou Uranus importants entrent en conflit avec la Lune. C’est alors-fixation négative une réaction de rejet, d’hostilité ou de fuite à l’égard de la mère et de ses substituts symboliques (la femme, les valeurs familiales, le terroir, la société dans son ensemble) qui entraîne à une politique de déracinement. Ce Cancérien-là ne fait qu’apporter de l’eau au moulin du Sagittaire rebelle, hostile tant aux liens familiaux qu’aux normes sociales vécus en bloc comme d’insupportables – et injustifiables- entraves; il ne fait aussi que doubler le Sagittaire velléitaire et dispersé, trop content, lui, de voir multipliées les occasions de défouler à bon compte son impulsivité. Ce n’est plus un voyageur mais un nomade, un bohême; instable affectivement, il vole de femme en femme, inquiet, lunatique, déconcertant; instable intellectuellement et professionnellement, il commence tout, ne finit rien, ne se trouve bien nulle part. Paresse ou irréalisme, il est souvent impécunieux et ne dédaigne pas, ici ou là, de se faire prendre en charge. L’état de son psychisme n’est pas moins chaotique, riche en manifestations névrotiques. Aux exaltations d’un romantisme que le Sagittaire enfièvre, aux emballements pour des causes utopiques, aux phases de révolte agressive contre la « tyrannie » de la famille ou de l’ordre établi, peuvent succéder des phases abouliques ou dépressives et, suite à d’inévitables déceptions, le rejet pur et simple de ce qui, la veille, avait été adoré. L’émotivité commune aux deux signes peut exagérer la sensibilité cancérienne en réactions d’écorché vif, aggraver le sentiment d’insécurité de l’un et l’anxiété de l’autre; la saine extra version des tendances sagittariennes s’en trouve freinée au profit d’un repli sur soi stérile et d’autant plus douloureux que le sentiment d’impuissance est ressenti avec plus d’acuité.

Un tel déséquilibre se rencontre dans la réalité mais, plus couramment, c’est à des manifestations névrotiques mineures qu’on assiste. J’ai pu observer ainsi, pendant plusieurs années et d’assez près, un « ensemble » familial dont les dix représentants étaient signés d’une constellation CancerSagittaire propre, en raison de sa constance, à accréditer la thèse de l’hérédité astrologique. On y jouait Cocteau du matin au soir, en alternant « Enfants » et « Parents » terribles. L’aïeule, chef vénéré – et contesté, ô combien! dans la coulisse – tentait de faire la pluie et le beau temps tout en gémissant à fendre l’âme sur l’ingratitude de sa condition. La révolte couvait en permanence chez tous et chacun sans jamais éclater ouvertement. On s’entre-déchirait à qui mieux mieux : allusions perfides, accès de dépression, larmes discrètes, crises de nerfs ou mutismes du martyr noble, de temps à autre une menace suicidaire pour faire bon poids, plus souvent un chantage au « départ ». L’éventail de leurs dons était extraordinaire, inégalable leur talent pour transformer une menue frustration affective en atteinte incurable. Mais le plus étonnant survenait lorsque, même simplement potentiel, apparaissait de l’extérieur un « agresseur » étranger. Hop! dans la seconde même, comme par magie, le clan, ressoudé sous la tutelle protectrice de l’aïeule, faisait front, de la tête, du bec et des dents. Une fois l’alerte passée, tout recommençait, avec un brio toujours renouvelé.

Autre exemple de compromis répandu et assez comique lorsque l’enthousiasme Sagittarien puise dans la sensibilité et l’imagination cancériennes riche matière à de valeureux exploits. C’est l’adolescent qui, en proie à de philantropiques ambitions, décide de consacrer sa vie aux lépreux, à moins qu’il ne vole au secours du tiers monde opprimé; las! tant de paperasses à remplir! et tous ces vaccins… Il ne va pas plus loin… c’est aussi bien, d’ailleurs. A l’âge mûr, cet incorrigible paladin s’emploie encore – verbalement, il est vrai, et toujours confortablement assis – à reconstruire le monde, de préférence à l’heure de l’apéritif ou, mieux encore, du digestif. Plus d’inégalités, plus de souffrances, plus d’injustices. Sans efforts comme sans effusions de sang, magiquement, tout est redevenu bonheur, l’homme étant redevenu ce qu’il était naturellement : bon. Tout bon. Ouf ! le paradis perdu est retrouvé.

Sagittaire Ascendant Lion

C’est le qualificatif de rayonnant qui paraît le mieux convenir au feu fixe du Lion; c’est « midi roi des étés épandu sur la plaine ». La flamme jaillissante du Bélier est ici maîtrisée : elle se concentre et, à la limite, se cristallise. Comme tous les signes de Feu, le Lion est de constitution athlétique : stature forte mais souple, larges épaules. La Tradition donne pour caractéristiques l’important volume de la tête et l’abondance de la chevelure : une crinière naturellement. Elle en distingue deux types.

Le Lion herculéen se reconnaît à sa forte carrure, sa tête massive, son visage large et plat comparable au mufle du lion. Combiné à son homologue Sagittarien – type court —, il le modifie en accentuant l’impression de puissance, d’autorité majestueuse et d’assurance au détriment de la rondeur, de la bonhomie et de la jovialité. Le port de tête est fier, la voix sonore, le geste ample, parfois grandiloquent. Le contact est chaleureux, ouvert, mais se teinte assez volontiers de suffisance protectrice. La volonté d’élégance est ici de règle, le vêtement faisant partie des signes extérieurs de la réussite, mais elle emprunte souvent plus au souci de l’ostentation qu’au respect d’un classicisme éprouvé.

Le Lion apollinien présente des formes plus allongées, des traits affinés mais nets et fortement gravés; c’est le type même de la beauté classique. Combiné au Sagittaire « long », il peut donner naissance à un personnage particulièrement réussi. Une silhouette racée, une aisance altière nuancée de désinvolture lui confèrent une élégance aristocratique capable de valoriser avec le même bonheur l’imperméable et le smoking. L’expression du visage peut-être hautaine, le regard dominateur, le geste sec et impérieux, mais ici ou là un sourire enjoué, un geste chaleureux, une expression fervente ou amicale, venus du Sagittaire, adoucissent cet ensemble un peu trop surhumain.

La femme du Lion est d’une beauté luxuriante et non plus voluptueuse comme celle du Taureau. « Éclat et prestige », telle pourrait être sa devise. Une bonne alliance avec le Sagittaire lui donne une « classe » inimitable, une allure de déesse souveraine inaccessible. Une moins bonne? Elle s’applique alors – mais sans y réussir, surtout si elle manque de moyens financiers – à « singer » la jet society, les vedettes, les grands couturiers; elle tend à confondre classe et outrance spectaculaire. Un Jupiter conjoint à l’Ascendant Lion au carré d’une LuneTaureau renforce cette propension nullement exceptionnelle à la boursouflure. Certaines Sagittariennes, afin de se « poser » dans le monde, aiment à faire étalage de leurs atours, de leurs fourrures, de leurs bijoux. De là à tomber, avec l’aide du Lion, dans l’éclatant mauvais goût de la surcharge, du toc et du clinquant, il n’y a qu’un petit pas… à ne pas franchir. Qu’en pensez-vous, mesdames? Au stade du Lion, l’enfant, poursuivant ce qui a été amorcé aux Gémeaux, tente de s’individualiser. Les énergies concourent à un objectif essentiel : rassembler les premiers rudiments jusque-là épars de ce qui sera, beaucoup plus tard, le Moi véritablement construit, afin de créer le noyau central de celui-ci.

A ce stade apparaissent des séquences d’actions dirigées et volitives. C’est en mettant à l’épreuve son aptitude à vouloir et à pouvoir, donc à s’affirmer, que l’être commence à s’appréhender par rapport à l’environnement en temps qu’individu.

On reproche au Lion son égotisme? Mais comment faire autrement lorsque s’inscrit à la base une telle nécessité? On lui reproche sa suffisance, ses jugements péremptoires et sommaires, son assurance excessive? Oui, mais… Dire de ce Moi tout neuf qu’il est naïf relève du pléonasme; ajouter que sous le « masque » il n’est ni aussi puissant ni aussi invulnérable qu’il le donne à voir, c’est comprendre que sous l’apparence domine le souci constant de se prouver la réalité et la valeur d’une création trop récente pour être déjà consolidée, achevée, sûre. Il subsiste toujours chez le Lion adulte quelque chose du « parvenu » et, par ailleurs, s’il réagit aux critiques avec une telle susceptibilité, c’est qu’en réalité il est, narcissiquement, beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît. Cet état de fait est plus aisément perceptible trois signes plus loin par une comparaison avec le Scorpion.

Cette composante fondamentale de l’Ascendant Lion dégagée, que va-t-elle donner, attelée au Soleil du Sagittaire qui, lui, est censé avoir dépassé le stade de l’affirmation égotiste pour accéder à celui de la participation au collectif.

C’est une relation de synergie qui s’établit entre les deux signes (distance angulaire de 120 degrés, ou trigone); tout comme avec le Bélier, la communication s’établit de l’un à l’autre très aisément, renforçant les qualités respectives.

En doublant l’élément Feu, la combinaison double la triade Énergie-Dynamisme-Extraversion, signant donc des sujets qui, loin de s’abandonner à la bienheureuse passivité cancérienne, se montrent résolument actifs, entreprenants, audacieux. De tempérament impulsif, enthousiate, généreux, de tels sujets ne sauraient avoir que de nobles sentiments, qu’ils éprouvent le besoin d’exprimer. Portés à l’exagération, ils sont volontiers vaniteux quand on les flatte…

Leur amitié est aussi sincère que susceptible et seigneuriale. Elle sélectionne, préférant les relations « en vue », plus flatteuses pour leur amour-propre. Dépourvue de mesquinerie mais volontiers protectrice, elle se révèle souvent exigeante, prompte à dominer, laissant éclater la colère à la moindre divergence d’opinion, ne résistant pas à l’humiliation. Leur hospitalité est grandiose, conçue d’abord comme faire-valoir mais, si le Sagittaire parvient à se faire d’abord entendre, soucieuse tout de même du plaisir des invités. Leurs promesses sont généreuses; pour qu’ils les tiennent, il faut stimuler habilement, là encore, leur amour-propre.

La conduite amoureuse procède du même besoin de rayonnement.

Admirer l’homme équivaut à lui prouver qu’on l’aime. A partir de là il est tout prêt, et tout de suite, à se surpasser pour conquérir l’élue… qui vient de le piéger, à lui prodiguer la richesse et la noblesse de sa passion. Sa compagne doit en toute circonstance lui faire honneur et, par son élégance et son éclat, rehausser son prestige ; elle est là d’abord pour être montrée et vue, mais aussi pour partager et soutenir ses ambitions aux exigences desquelles elle doit se soumettre. Moyennant quoi, bien compris, il peut être un mari stable, capable d’assurer une situation enviable, ne lésinant pas à la dépense et non avare de démonstrations passionnées. Sinon, il est tenté de rechercher ailleurs le soutien admiratif dont il a besoin pour s’accomplir. Ajoutons que la composante Sagittarienne se prête mal, ici, à certaines solutions plus spécifiquement apolliniennes : mépris et rejet de la femme dès qu’elle est conquise ou, par retrait, sublimation dans l’amour platonique. Le Sagittaire, en effet, doit trop à Dionysos ou au conformisme bourgeois pour se satisfaire longtemps du platonisme et par ailleurs, s’il est fier, il n’est pas assez froidement égocentrique et orgueilleux pour accéder au mépris.

Cependant, de telles attitudes peuvent exceptionnellement se manifester ici lorsque le Sagittaire se voit minorisé ou effacé par des interventions étrangères et conflictuelles (Scorpion, Uranus, Saturne, surtout dans leurs relations avec Vénus).

La femme, pour croire en elle, éprouve le même besoin d’être admirée. Toute comparaison avec d’autres femmes qui lui paraissent plus douées ou plus belles lui est pénible. C’est le complexe biface d’infériorité-supériorité avec tout ce qu’il implique de désir de dominer et de risques de surcompensation. Le Soleil Sagittaire accentue chez elle la composante masculine. Le personnage peut s’orienter soit vers la recherche d’un accomplissement social indépendant – il s’agit de faire carrière, seule, comme un homme —, soit vers la recherche d’un partenaire répondant à l’idéal solaire qu’elle porte en elle. De toute façon la médiocrité, sociale ou matérielle, ne lui convient pas, le rôle d’épouse effacée non plus. Si elle rencontre un vrai « grand homme » capable d’endiguer en douceur ses penchants autoritaires et avec lequel elle se sente affectivement d’étroites affinités, tout va bien. S’identifiant à lui, elle lutte de toute son énergie pour assurer sa réussite; elle est alors une épouse très efficace, stable, fidèle, qui supporte d’ailleurs mal d’être trompée et a horreur du scandale. Si le mari se révèle médiocre, ou simplement paisible et peu ambitieux, elle porte alors résolument la culotte mais ressent une insatisfaction profonde tout en essayant de donner – et de se donner – le change. Il peut aussi lui arriver, comme à l’homme, de fonder son choix sur la position sociale ou la fortune, risquant cette fois l’insatisfaction affective, avec tous les problèmes et les remous internes qu’elle peut entraîner.

C’est en direction d’objectifs également ambitieux et mondains que l’attelage Lion Sagittaire va s’élancer.

L’expansion peut se faire à l’horizontale (dominante martienne ou jupitérienne), sous tendue par des appétits vigoureux d’ordre plus physique et matériel que spirituel : pouvoir, honneurs, richesses, l’efficacité concrète demeurant ici le souci dominant. Sinon, l’ambition, épurée, s’oriente vers un but plus haut, plus noble, où les valeurs intellectuelles, artistiques ou spirituelles l’emportent. Si les dons sont suffisants et la cohésion interne forte, il en résulte une personnalité marquante, originale, authentiquement altruiste, pouvant atteindre la grandeur vraie. Le personnage a besoin de communiquer son expérience, son ardeur et sa ferveur; il tient du missionnaire. C’est par exemple le cas de Maurice Barrès et, dans un autre domaine, celui de Raimu.

Exceptionnelles, ces réussites sont celles de l’élite. Il en est de moins remarquables mais cependant réelles chez les êtres bien doués, équilibrés; ceux-ci excellent, au niveau de l’entreprise, de l’administration, de la politique, dans le rôle de notabilités locales. Les atouts ne leur manquent pas : une intelligence vive, organisatrice, apte aux conceptions d’envergure et aux synthèses, plus objective et réaliste que celle du Sagittaire pur, mais néanmoins entraînée maintes fois par celui-ci aux jugements emportés et aux généralisations hâtives; une très grande puissance de travail ; la faculté propre au Lion de concentrer le vouloir comme la pensée vers un but fixe bien que, là encore, la suggestibilité et la cyclothymie – alternance des états exalté et dépressif – sagittariennes rendent cette faculté plus discontinue et plus fiévreuse.

Le goût du travail en groupe est commun aux deux signes; le Lion se veut l’élément moteur au centre de ce groupe, le Sagittaire l’élément coordonnateur. Optimale, la réunion des deux peut donner un chef complet : un autoritaire paternaliste, payant de sa personne, infatigable et efficace, capable de mener « son » groupe au succès. Moins bonne? Le chef se croit complet, se prend pour un idéaliste pur, libéral, compréhensif, dénué de tout égoïsme; il est d’ailleurs tout à fait sincère. Oui, mais… Au départ : « On travaillle la main dans la main, en équipe, pour le bien de tous. » C’est fraternel, égalitaire, le règne de la concertation… En cours de route quelques démentis, accidentels bien sûr, surgissent du comportement qui, à certaines heures, s’enfle curieusement d’importance, d’exigences tyranniques et contradictoires. On commence, en face, à s’interroger… A l’arrivée, on a compris : pantelante, l’équipe se voit coiffée d’un roi; le bien de tous, passé aux mains d’un seul, apparaît menacé : le roi voit trop grand, va trop vite, veut tout faire à la fois, se mêle de tout, pas toujours à bon escient, et reste obstinément sourd à tout conseil de prudence organisée ou de repos. Pourtant, c’est visible, il va trop loin.

L’inflationnisme à tous les niveaux est évidemment le danger majeur, le Sagittaire étant ravi de pouvoir amplifier ce que, si généreusement, lui prodigue le Lion.

Hyperactivité, surmenage tendent à user prématurément le cœur, les artères et le système nerveux, avec pour conséquence des troubles fonctionnels divers (circulatoires et cardiovasculaires notamment, ou troubles psychiques).

Démesure des ambitions : réussites temporaires, l’échec survenant par excès d’ampleur, manque de patience et de sagesse; fausses et précaires réussites édifiées à coup de bluff, d’illégalités, de hasards, certains types de Sagittariens étant enclins à jouer les aventuriers; existences ratées qui s’épuisent jusqu’au délire en ivresses de grandeur entretenues par un idéal du Moi mégalomaniaque que la pauvreté des dons et la faiblesse du sens de la réalité ne peuvent ni satisfaire ni ajuster; existences médiocres de Lion faible, Sagittaire mou qui se confortent de faux-semblants, tel le tyranneau domestique plein de superbe dans l’intimité mais inexistant au dehors, tel l’incapable que ses velléités brouillonnes et son esprit superficiel ne mènent nulle part mais qui plastronne haut et fort, cherchant à faire illusion pour se rassurer lui-même.

Sagittaire Ascendant Vierge

La Tradition semble ici un peu à court d’idées. Rien de notable à signaler en dehors d’un front haut et arrondi de penseur. Pour le reste : la taille ordinaire, les formes et les traits peu marqués, le teint tantôt assez pâle, tantôt assez brun, l’ensemble effacé, conviendraient, semble-t-il, au portrait de Monsieur Tout-le-Monde. Réputé de constitution fragile, chétive même, le Virginien serait tout de même doté d’un assez joli visage ovale et d’un regard aussi froid qu’observateur, encore que Maurice Privat, lui, incline vers le regard vif, pétillant et spirituel. J.-P. Nicola ajoute que certains types « rappellent des sculptures taillées dans du bois dur », tandis que l’intellectuel se reconnaît facilement « à son menton fuyant, son front où domine l’étage moyen, là où les physiognomonistes situent la pensée logique et raisonnable ».

Le Sagittaire peut apporter une note plus vivante, plus vigoureuse à ce physique peu caractéristique; plus d’aisance à une présentation souvent un peu étriquée et gauche jusqu’à la raideur; plus de chaleur à ce contact toujours réservé, timide même du Virginien, mais l’allure générale demeure discrète et posée, la parole mesurée et précise, éloignée de la volubilité Sagittarienne : ni emphase ni assurance, mais de la simplicité. Dans sa mise, l’homme ou la femme signé de cette combinaison se montre soigné, « tiré à quatre épingles » même, attentif à la qualité des tissus, à la sobriété de la coupe comme au choix raffiné des détails. L’ensemble est impeccable, d’une élégance simple, naturelle et sans sévérité.

Ce même refus du tape-à-l’œil se retrouve dans les traits psychologiques.

Finie la superbe du Lion; consumé, l’idéal de toute-puissance a fait long feu, la réalité de tous les jours reprend ses droits. Aux Gémeaux, cette réalité objective avait montré le bout de son nez sans se nommer, simplement déconcertante parfois autant qu’interruptrice pour un bref instant de la découverte ludique d’un environnement. Au Cancer, révélée la différence entre quiétude du dedans et hostilité du dehors, elle avait suscité un recul tout en exigeant un dépassement que le Lion avait accompli; ici, elle va conduire à de prudents aménagements. Plus question de recevoir l’extérieur sans la protection d’un filtrage attentif; plus question d’obéir à l’impulsion sans examen; le Virginien redoute l’un autant que l’autre. Ses désirs sont bien toujours là, mais les satisfaire pleinement se révèle problématique; mieux vaut dans certains cas surseoir, dans d’autres limiter, parfois même renoncer. L’essentiel est de préserver, ou mieux, de réserver ses forces même s’il faut pour cela ramener « le plaisir de vaincre à la nécessité de se suffire » (J.-P. Nicola). Alors qu’aux Gémeaux l’environnement était reçu comme un vaste ensemble dont le sujet, avec une extrême mobilité, effleurait intuitivement les multiples aspects, la réalité extérieure est ici circonscrite à un espace plus restreint, aux frontières précises, aux éléments différenciés. Ici, on limite, on classe, on raisonne, on analyse, on élimine; bref, on regarde de près en soi et autour de soi avant de se laisser aller à l’action. Circonspection, méfiance même, mesure et sang-froid, économie et prévoyance, sens critique et sélectivité, telles seront donc les principales qualités positives correspondantes.

Le revers de la médaille apparaît lorsque la nécessité d’adaptation défensive propre au signe butte chez un même sujet à la fois contre un excès de méfiance et une insuffisance de moyens (énergétiques ou intellectuels). Diverses résultantes possibles : timidité maladive, refus d’ambition, hésitation paralysante; étroitesse d’esprit; scrupulosité tatillonne, mesquinerie, formalisme; rationalisme terre à terre, scepticisme systématique, tendance à la critique stérile.

On pourrait à bon droit voir dans ce raccourci psychologique une caricature destinée à servir de repoussoir au valeureux Sagittaire. Il est de fait que les natifs des deux signes s’entendent généralement assez mal; un timoré, maniaque de l’analyse, qu’un synthétique pressé bouscule de son audace et dont, en secret, il jalouse l’optimiste bonne santé; un intuitif fougueux, convaincu de son aptitude à embrasser le monde, qui se sent les ailes sournoisement rognées par un « empêcheur » – c’est là un euphémisme – méticuleux. Condamnés à cohabiter au sein d’un même individu, vont-ils obligatoirement se comporter en ennemis irréductibles? Tout dépendra de leur force respective et surtout de la présence ou de l’absence, au-dessus d’eux, d’un pouvoir capable, en les dominant l’un et l’autre, de les faire collaborer plutôt que s’entre-déchirer.

Là où existe ce pouvoir, on ne risque plus de se noyer dans les détails, ni de se complaire dans les velléités aussi vagues qu’ambitieuses. Le goût du contrôle et de la maîtrise, la possession de la technique vont servir la réalisation méthodique de projets non dépourvus d’envergure, ni d’inspiration, mais restant dans les limites raisonnables du possible. Le rêve n’est pas interdit, à condition de ne pas le confondre avec le réel. Bien faire ce que l’on fait, du mieux possible et en toute honnêteté, tel est alors le souci majeur car il importe, ici, de mettre quotidiennement en pratique l’idéal – tant pis s’il est plus prosaïque – auquel un Sagittarien pur se borne fréquemment à aspirer, faute de pouvoir se le rendre accessible. On ne va pas non plus se fermer d’un air renfrogné aux appels du dehors, mais avant de répondre on va attendre, le temps d’observer, de juger, de préférer et, si l’on met le pied quelque part en connaissance de cause, on veille, en gardant du recul – au besoin en l’accentuant —, à préserver son quant-à-soi.

Quelque réceptif aux grands courants mondains – idées et mœurs – que soit un Soleil au Sagittaire, l’Ascendant Vierge est là qui tend à substituer au rôle d’acteur un rôle de spectateur critique. L’adhésion peut certes exister, mais elle demeure conditionnelle et relative car dépendante des faits et des résultats constatés. C’est, à l’extrême, l’attitude neutre du comptable face aux chiffres d’un bilan. Quelque épris d’aventures que puisse être ce même Soleil, il ne peut pas s’égarer très loin, retenu par un « fil à la patte » (J.-P. Nicola) qui le ramène en des lieux plus sûrement conventionnels.

L’ambivalence, déjà fréquente chez le Virginien type, ne peut ici qu’être aggravée, solution la plus courante à de telles incompatibilités : le frein et l’accélérateur jouent successivement ou – dans des domaines différents – simultanément, donnant lieu à des conduites contradictoires ou ambiguës. Il arrive en effet que, trop serré aux entournures, le vêtement craque brusquement : c’est le timide en proie à toutes les audaces – incongrues d’ailleurs —, le gentleman courtois qui se mue en charretier agressif, le prude trop rangé qui cède à une libido échevelée, le pingre pris un beau matin d’une frénésie de dépense. La surface du bureau est impeccablement nette, mais les tiroirs révèlent un inextricable fouillis. Sous l’amabilité courtoise, sinon chaleureuse, de l’interlocuteur perce subitement le mépris; sous l’accord, en apparence sincère et convaincu, se flairent, dissimulés, la réticence, le calcul, la manœuvre de sape. C’est parfois – cas extrêmes – le monsieur qui, « parti-chercher-des-allumettes », ne rentre pas chez lui; l’aide-comptable besogneux qui décide, un beau jour, de mener la grande vie. Sans doute Neptune ou Saturne, peut-être les Poissons, y sont-ils pour quelque chose mais, en vérité, l’un et l’autre, las d’une existence terne et médiocre, viennent de céder enfin à l’appel des grands espaces.

Tiraillée, elle aussi, entre le désir et la peur, l’élan et la retenue, l’étroit et le large, la vie affective n’est pas exempte de problèmes. L’Ascendant Vierge implique une méfiance fondamentale envers les excès de la passion et, si l’individu est évolué, une propension aux retours sur soi, à l’analyse critique et desséchante des émotions et des sentiments. Si le Soleil se trouve tout seul au Sagittaire, si Vénus, Jupiter, Mars ou Uranus, voire Pluton, ne viennent pas quelque part amplifier, contrecarrer ou dramatiser l’antagonisme ViergeSagittaire, le problème n’est pas insoluble. Ce Sagittarien-là, de type plutôt paisible, va choisir l’élu (ou l’élue) en se fondant sur un accord de bienséance, d’honnêteté réciproque, de communauté relative d’idées et de goûts qui, s’il ignore les transports sublimes du grand amour, en évite aussi les complications, sans exclure la tiédeur équilibrante de l’affection partagée. Le Soleil en Sagittaire est, au surplus, bien placé pour limiter heureusement dans la vie quotidienne certaines tendances Virginiennes aussi difficiles à vivre – pour l’entourage – que stériles : ratiocinations, mesquinerie, autoritarisme « ménager », hypocondrie geignarde. Personne ne saurait évidemment s’en plaindre.

Si le Sagittaire est très « occupé », l’amour n’a plus le même sens. Pour ce Sagittarien, il est vécu comme un merveilleux moyen de connaissance du monde, comme une aventure exaltante qui, en le transportant très au-delà de ses propres limites, l’enrichit et l’ennoblit. Dans ce cas, il n’est pas exclu que, surtout dans la jeunesse, le Virginien timoré veillant à l’Ascendant se laisse déborder, une ou plusieurs fois, par son impulsif adversaire, mais… dans l’inconfort du désaccord, et donc pour une durée plus ou moins brève, ordre, convenances, raison, sécurité reprenant un jour ou l’autre la main, non sans quelques regrets d’ailleurs. Passé la quarantaine, cette méthode « des essais et des erreurs » peut aboutir à une union réalisant une solution de compromis satisfaisante, ni trop emportée ni trop terne, qui n’empêche pas cependant, ici ou là, la résurgence – musclée à grand renfort de rationalisations – d’élans plus fougueux.

Cas bat intérieur.

Sagittaire Ascendant Balance

C’est Vénus qui, selon la Tradition, préside aux destinées de la Balance. Heureux auspices ! Ce n’est plus la Vénus terrestre, charnelle, du Taureau; c’est une Vénus aérienne, affective, qui attire en effleurant. Un tel signe ne peut qu’engendrer la beauté : silhouette mince et souple, heureusement proportionnée, joliesse du visage aux traits réguliers et fins, cheveux soyeux et ondulés, yeux largement fendus au regard plein de douceur; bref, dans cet ensemble, tout n’est que souplesse, sinuosités, harmonieuse séduction. Il y a là de quoi affiner sensiblement le Sagittaire. Plus de type chevalin, ni de formes trop généreuses, plus d’allure exagérément sportive ou trop bien-pensante; rien de rustique ni d’exhibitionniste; l’élégance, la vraie, celle de la mesure et du bon goût. La femme ne saurait être ici que féminine, coquette avec raffinement; elle cultive l’art de plaire, servie par un instinct très sûr de la ligne et de la couleur. Il faut une Vénus bien maltraitée pour occulter un tel don. Toutefois, la composante Sagittarienne avec son allant et son souci de fierté atténue la langueur des attitudes, la sinuosité de la démarche et des gestes, éloigne l’homme du style efféminé, incline la femme à rechercher dans sa présentation la « classe » et le charme.

Un même souci de l’harmonie domine les composantes psychologiques.

Ce septième signe zodiacal se place au Descendant face au Bélier Ascendant; c’est, sur un même vecteur, l’automne opposé au printemps; c’est aussi le monde de l’Objet face au monde du Sujet. Ici va débuter, en effet, la relation objectale proprement dite en ce sens que, théoriquement tout au moins, la mère va être reconnue à la fois dans sa qualité de « personne » définie, distincte, non interchangeable (alors qu’aux Gémeaux, le pré-objet est, lui, tout à fait interchangeable), et de complément, dont la présence et l’amour se révèlent indispensables à l’équilibre d’un être encore insuffisamment armé pour assurer son autonomie.

Sur cet objet vont, en cas d’évolution normale, converger à la fois les pulsions libidinales et agressives réunies avec, cependant, une nette prédominance des premières.

Ce sont l’affectivité, le sentiment qui règnent à la Balance en même temps que la nécessité de l’indispensable complément et le sentiment d’insécurité qui peut en découler. S’y ajoutent : la souplesse propre aux signes d’Air et une tendance fondamentale plus passive qu’active. On comprend que, dans ces conditions, l’être signé de la Balance se révèle non seulement sociable mais, par souci de plaire afin d’être aimé, plus porté aux compromis conciliants qu’aux bagarres acharnées, plus hésitant que fermement décidé. La Balance n’est pas, comme on le croit communément, le signe de l’équilibre infus; elle est beaucoup plus celui des oscillations, des atermoiements, des hésitations, qui traduisent non la possession innée de l’équilibre, mais le souci et le problème de trouver, entre deux contraires également insatisfaisants, un juste milieu acceptable.

Le Sagittaire est relié à la Balance par une distance angulaire de 60 degrés, ou sextile. Cet aspect, tout comme le trigone qui le relie au Lion, est un aspect de synergie. En quel sens va-t-il agir?

D’abord par un renforcement des tendances mondaines communes aux deux signes, en conférant en outre à la sociabilité un caractère assez nonchalant, aimable, sélectif : elle est tout autant, et même plus, d’un esthète que d’un conquérant. Le Sagittaire met ici une sourdine relative à ses réactions abruptes, autoritaires ou passionnées. Les relations y gagnent en facilité, en habileté, mais elles peuvent aussi – à moins que Saturne n’intervienne – perdre en profondeur ce qu’elles ont gagné en aisance puisque, pour l’élément Balance, l’important c’est avant tout que, même superficielles, même éphémères, les relations existent et qu’elles soient sans problèmes. Par contre, la chaleur, la générosité foncières du Sagittaire peuvent éviter le glissement vers cette indifférence aimable, mais réelle, si souvent reprochée au type Balance pur.

La mobilité est un autre trait commun aux deux signes (élément Feu, élément Air), relevant chez le premier du besoin de dépense énergétique et chez le second d’une fonction défensive. L’affectivité et l’intelligence en portent la marque.

Le Sagittaire, par souci de tout connaître et de tout embrasser, a parfois tendance à disperser ses amitiés au lieu de les sélectionner, à décevoir ses amis par des promesses non tenues – la sincérité l’emportant sur le réalisme. A la Balance on promet tout autant, par souci de se « faire bien voir », mais on ne tient pas toujours non plus : il faudrait se battre, peut-être contrarier quelqu’un ; c’est trop difficile. On est en outre facilement déçu : y aurait-il des êtres méchants, ou même simplement rugueux ? Vite, on cherche ailleurs un plus aimable, quitte à s’apercevoir bientôt que, tout compte fait… Alors pourquoi, souple comme on l’est, ne pas revenir à ce qu’on a quitté.

D’un côté, une évidente et convaincante sincérité, de l’autre, un charme incontestable ; c’est plus qu’il n’en faut pour se faire pardonner.

En amour, c’est un peu la même chanson : au Sagittaire on s’emballe avec fougue; c’est avec grâce qu’à la Balance on s’égrène.

L’addition des deux? Elle donne un résultat variable.

Un Sagittaire fort ne vit pas dans la même dimension que son Ascendant Balance. Ce n’est pas un complément de lui-même qu’il attend, mais un dépassement qu’il recherche à travers la relation amoureuse, vécue dans l’exaltation d’une chevauchée à deux et non dans le tiède ravissement d’une idylle à la Watteau. Or cette passivité un peu molle, ce refus de la fausse note, cette peur de l’abandon, freinent son élan, affaiblissent sa fougue, mais domestiquent aussi son penchant à la révolte. Il y a donc peu de risques que, homme ou femme, il s’oriente vers le choix anticonformiste d’un partenaire de race, d’origine et de milieu totalement différents. Pas davantage de chances qu’il admette certaines attitudes typiques du Balance pur : céder, et céder encore pour avoir la paix; fermer les yeux pour ne pas voir; se soumettre jusqu’au masochisme pour n’être pas abandonné. Si cela lui arrive, il en souffre dans sa dignité, et plus le temps passe, plus son attitude vécue comme une faiblesse le diminue à ses propres yeux; il lui faut un jour ou l’autre faire violence à ce soumis, à ce craintif qui est en lui, pour retrouver, par un moyen ou par un autre mais sans fracas, le sentiment de son indépendance, de sa liberté intérieure, condition d’une nécessaire estime de soi. S’il n’y parvient pas, il en est réduit aux oscillations, allant d’un pôle à l’autre sans se décider et dans le déséquilibre, usant beaucoup d’énergie – dont il ne dispose plus pour autre chose – à vouloir concilier l’inconciliable.

L’intervention d’un Jupiter bien « assis » simplifie le problème. Les deux composantes s’allient pour trouver d’heureuses solutions; c’est le maintien sans heurts de la complémentarité du couple dans une tolérance réciproque et commode, attentive à ne pas dépasser certaines limites; c’est l’harmonie des goûts, l’élégance des mœurs et du décor dans une aisance confortable, le déploiement de la vie sociale dans un milieu choisi.

Sur le plan intellectuel, c’est l’alliance d’une intelligence vive, curieuse de tout, portée aux conceptions larges et aux vues synthétiques, à une intelligence souple, prompte à établir des parallèles comme à saisir les contraires, capable d’objectivité, soucieuse de peser le pour et le contre et de penser juste. Ces qualités trouvent à s’épanouir dans le droit, la philosophie, l’esthétique notamment – car la Balance a des goûts artistiques marqués plutôt qu’un don créateur—, dans les affaires, surtout si elles se rapportent à la décoration, la mode, l’esthétique ou les objets d’art, dans la politique enfin, à tendances centristes bien évidemment.

Dans l’adaptation optimale et dans la vie quotidienne, c’est le triomphe de la bienveillance, le Sagittaire étant par nature assez naïf et la Balance cherchant à se convaincre, pour ne pas se sentir malheureuse, « que tout le monde est beau et tout le monde est gentil ». C’est aussi l’opportunisme souriant aux résultats souvent excellents sur le plan de la réussite sociale et matérielle, mais plus contestables sur le plan moral, philosophique ou politique. Mieux vaut qu’il existe, par ailleurs, des correctifs de fermeté et de réalisme, afin d’éviter les possibles dangers de semblables dispositions. Le chevaleresque et idéaliste Sagittaire peut en effet se laisser piéger par son trop pacifiste Ascendant, adepte de la non-violence par crainte du combat et refus d’admettre une réalité où le mal, en fait, existerait. On risque d’aboutir à une impasse, là encore. II faudrait faire une omelette sans casser d’oeufs, aller de l’avant tout en restant derrière, virer à gauche tout en se maintenant à droite, fédérer idéalement un ensemble de particularismes bien ancrés dans leurs singularités respectives sans bousculer personne, nulle part. Il faut un talent exceptionnel pour soutenir une telle gageure Le succès est rare. Le plus souvent, les conduites ne sont qu’ondoyantes et leur efficacité bien mince. On s’appuie sur de séduisants présupposés théoriques que les résultats démentent; la justice et la paix tant courtisées continuent à se refuser, voire à se rebiffer. Reste à se réfugier dans l’intellectualisme, où la phraséologie tient lieu de réalisation pratique, ou dans un neutralisme aimable… qui laisse le champ libre à de plus déterminés.

Sagittaire Ascendant Scorpion

Il existe chez le Scorpion comme ailleurs bien des variantes morphologiques, allant du sujet apparemment peu robuste d’allure un peu souffreteuse à celui qui, au contraire, dégage une impression de force et de puissance. A ce sujet, J.-C. Verdier assure que la disproportion entre des membres plutôt courts et grêles et l’importance massive du tronc est caractéristique du signe, faisant paraître les sujets plus grands assis que debout.

La plupart des auteurs s’accordent sur une chevelure drue, généralement brune, un visage au teint sombre, à la mâchoire volontaire, au nez fortement saillant, aquilin, proche du bec de l’oiseau de proie, insistant plus encore sur trois éléments considérés comme spécifiques. Le regard : profondément abrité sous une arcade proéminente aux sourcils épais, il est, suivant les cas, scrutateur, inquisiteur, dominateur, fascinant ou implacable, mais d’une intensité telle qu’il est difficile d’échapper à son emprise. La voix : d’après A. Barbault, elle a un son qui « vient des entrailles ou du sexe… chez l’homme elle tend à être forte, rude ou mâle; chez la femme elle garde une certaine âpreté animale ». La poignée de main, enfin, qui selon l’auteur équivaut « à l’ébauche d’un rapt : elle veut saisir, s’emparer : on est déjà possédé ».

L’apport Sagittarien, très « étranger » ici, peut atténuer l’unité de ces catactéristiques en y introduisant de la spontanéité, de la gentillesse, quelque chose d’ouvert et de simple, plus sympathique. Mais à un moment ou à un autre, le fond Scorpion réapparaît dans toute son âpre possessivité : lueur inquiétante dans le regard, expression tendue mais fermée, intonation brève, tranchante, sarcastique ou méprisante.

La démarche est rapide mais elle ne procède pas par bonds successifs, c’est plus celle d’un félin que d’un sportif; les gestes sont assez brusques.

Quant à l’habillement il tend avant tout, chez l’homme, à accentuer la virilité, et s’il est négligé, ce qui arrive, il donne plus dans le style débraillé que décontracté.

Chez la femme on est très loin de l’allure « scout » propre à certaines Sagittariennes; on va cultiver le mystère plutôt que le classicisme, peut-être prendre à certaines heures des airs de vamp inaccessible, à tout le moins se donner du « chien », mais en évitant de tomber dans les provocations outrageusement « femelles » de certaines Scorpionnes. C’est surtout par la qualité intense, magnétique, de sa « présence » que la femme va, dans ce cas, exprimer sa composante Scorpion.

Pour les spécialistes du psychisme infantile, la période qui va des sixième-septième mois aux neuvième-dixième mois, est une période transitionnelle dont le point critique se situe vers huit mois.

Selon Spitz, c’est à huit mois que, normalement, se met en place un « deuxième organisateur du psychisme » et que se produit ce qu’il appelle la « crise d’angoisse du huitième mois ».

Ce deuxième organisateur, concept abstrait, s’établit grâce aux progrès accomplis depuis le cinquième mois tant sur le plan somatique sur les plans mental et psychique. Il va accroître la faculté de discrimination et permettre l’intégration de séquences d’action dirigées et volitives de plus en plus nombreuses, de plus en plus complexes et adaptées.

La crise du huitième mois est très différente des réactions de déplaisir ou de peur – déclenchées par un objet précis – observables au cours des mois précédents. C’est l’angoisse proprement dite, existentielle. Elle survient lorsque apparaît, en l’absence de la mère, un inconnu, un « étranger ». Elle déclenche des réactions allant, selon les enfants, du retrait timide et silencieux à l’extrême agitation hurlante, en passant par le retrait brusque accompagné de tentatives pour se dissimuler; mais elles traduisent toutes le refus du contact, le rejet, l’angoisse.

Toujours selon le même auteur, la bonne ou moins bonne intégration de cette crise va dépendre en grande partie de la qualité de la relation qui, depuis la naissance, se sera établie entre la mère et l’enfant, de ce qui, du « bon » ou du « mauvais » objet l’aura emporté. Ajoutons que l’intrication pulsions agressives-pulsions libidinales doit ici se poursuivre et s’affirmer, condition de l’accession ultérieure à une sexualité « normale ». Or, dans la pratique, l’observation du comportement scorpionien semble montrer une prédominance de la composante agressive.

A quoi se résume, pour les astrologues, le schéma psychologique du Scorpion?

Puissance énergétique, force de concentration, grande capacité de résistante et de régénération; intelligence lucide et jugement sûr; curiosité pénétrante, « faustienne ». Le tout est mis au service d’une affirmation de l’individualité qui, de toute la contraction du vouloir, s’enracine dans le refus et trouve dans l’obstacle un stimulant optimal.

Le Scorpion se présente donc comme un individualiste rejetant et possessif dont A. Barbault dit qu’il est « sensible à l’excès… à toute incursion étrangère dans un domaine qu’il considère comme étant sa propriété exclusivement personnelle ». Dans l’inadaptation c’est un réfractaire hostile qui, par vengeance du préjudice qu’il croit à tort ou à raison avoir subi, cherche à détruire. Par ailleurs, lorsqu’il est capable de sublimer ses pulsions sexuelles, reconnues comme prédominantes chez lui, il appartient à la race des créateurs. Enfin, si A. Barbault insiste sur la « correspondance » entre le signe et le stade anal freudien, on peut tout aussi bien supposer – dans le cadre d’une hypothèse fondée au départ sur l’évolution au cours de la première année seulement – que, dans le symbolisme zodiacal, le Scorpion a, particulièrement, « à voir » avec le stade sadique-oral (qui va de six à douze mois environ).

Le signe du Scorpion n’est séparé du Sagittaire que par une distance de 30 degrés. Ce n’est plus une relation d’entente ou de conflit comme avec le trigone ou le carré; c’est, assimilable à une conjonction, une cohabitation inévitable, une relation indissociable.

Le résultat en est fort variable suivant que l’emporte l’un ou l’autre signe, et tout autant suivant la qualité de l’ambiance où les sujets, très réceptifs, se trouvent ou se sont trouvés placés. Ceux-ci ont toute chance d’être impulsifs, ambitieux, fiers; susceptibles et irritables aussi, mais combatifs et généralement plus stimulés que découragés par les obstacles. L’intelligence vive et intuitive est aussi pénétrante; l’assimilation demeure prompte mais beaucoup moins fugace, la faculté d’analyse certaine.

Il existe de grandes possibilités de réalisation car le Scorpion apporte là toute sa puissance énergétique – renforcée par le besoin d’activité du Sagittaire —, son esprit méthodique, sa faculté de concentration et surtout sa volonté tenace, celle qui justement fait défaut au Sagittaire type. Grâce à ce même Scorpion l’affirmation de soi, qui demeure une nécessité, est soutenue non plus seulement par le sentiment de supériorité, mais par la fermeté de caractère. L’individu sait ici s’opposer; moins soumis à l’impératif de sociabilité, il « ne se laisse pas faire ». Grâce au Sagittaire, l’attitude est cependant plus souple, plus ouverte et plus généreuse; la volonté, moins impérieuse et brutale, sait allier l’opportunisme et le besoin de dominer, le réalisme et l’idéalisme.

Dans ce duo, le Sagittaire chante l’adaptation, l’adhésion, la participation au collectif dans ses modes, ses idées, ses tendances les plus actuelles; c’est la communication aisée et souple, le dialogue toujours ouvert dans la sympathie, la compréhension et la tolérance réciproques. On sacrifie à l’opportunisme, on prône le libéralisme, on rassemble au maximum sans trop se soucier d’homogénéité.

Mais en dessous le Scorpion n’oublie rien de ce qui, justement, le sépare, lui individu, de ce groupe et l’y oppose. On est ici assez habile pour déceler les points faibles des autres, percer à jour les inimitiés et les rivalités à l’oeuvre, démonter le ressort caché des attitudes… et en jouer diaboliquement. On caresse et on fustige tour à tour; on sait donner confiance ici, menacer ou inquiéter là, ailleurs critiquer ou approuver, susciter les complicités ou fomenter la division. On tisse des fils au centre d’une toile pour y prendre ce « collectif » qu’on méprise plus ou moins inconsciemment, mais auquel on est tout de même, qu’on le veuille ou non, étroitement lié.

L’attitude idéologique peut aller jusqu’à une idéalisation extrémiste et opposante de la dureté où il entre, là encore, du mépris pour le troupeau veule et soumis, en même temps qu’une incurable nostalgie de la pureté et de la grandeur, celle d’un « ailleurs » situé tout là-haut, délivré des laideurs terrestres.

En art, le génie n’est pas rare, grâce à cette alliance de l’intensité et de l’ampleur canalisée par la puissance de sublimation et de concentration sur l’oeuvre à accomplir coûte que coûte. Il peut d’ailleurs y avoir quelque chose de dévorant dans cette passion vouée à l’oeuvre, objet suprême. Quels qu’en soient les modes d’expression, cet art comportera toujours, avec des dosages très variables suivant les personnalités : l’humour noir, l’ironie, la subversion, le tragique, entrecoupés d’oasis de ferveur apaisée et sereine, fruit du dépassement Sagittarien.

Sur un mode moins créateur et moins exceptionnel, l’individualisme refusant et opposant peut trouver un mode d’expression adapté dans la profession, du moment qu’il est possible là de lutter contre quelque chose ou quelqu’un.

Les mêmes caractéristiques se retrouvent dans la vie affective.

En général, le SagittaireScorpion n’accorde pas son amitié à n’importe qui. Même si pour des raisons de convenances sociales il s’efforce de paraître aimable et tout à fait accessible, on sent derrière le sourire l’existence d’un mur qu’on n’est pas autorisé à franchir, dans l’immédiat tout au moins. A la différence de la Balance ou du Lion, il ne recherche pas la facilité ou le brillant des relations. Il est plus exigeant. Moins prolixe que le Sagittaire pur, il étale moins ses sentiments, retenu par une sorte de pudeur; quand il les exprime, c’est avec une intensité concentrée. Il ne bluffe pas, il ne ment pas, mais il ne dit que ce qu’il veut bien révéler. Ami sûr, capable de dévouement, il entend être payé de retour. N’aimant pas à se disperser, il n’aime pas non plus partager; exclusif et ombrageux, il se dissimule volontiers derrière l’ironie. A noter enfin que, dans ses relations amicales avec le sexe opposé, le Scorpion introduit ici une assez trouble ambiguïté; le sentiment y est à la fois trop passionné et, plus ou moins inconsciemment, trop lié à des notions d’interdit ou d’inaccessible pour être aussi simple et pur qu’on se plaît à le croire : même muselée, la sexualité est toujours là.

La vie amoureuse est rarement de tout repos. Si le Sagittaire est dans la majorité des cas d’une sexualité saine et tonique, celle du Scorpion est plus impérieuse, plus âpre et plus déterminante aussi. Dans les cas bien adaptés qu’on pourrait qualifier de bénins, l’amour bourgeois peut exister mais sa pérennité n’est pas certaine. La tolérance n’existe guère, sinon à sens unique. Il peut y avoir ici plus qu’ailleurs des crises de gravité très diverse. Il est rare que le fond Scorpion ne réclame pas un jour ou l’autre sa part de déchirements et de sadomasochisme. Lorsque les facteurs d’équilibre l’emportent, on n’atteint pas aux paroxysmes tragiques, mais le climat amoureux souvent tendu sur fond d’angoisse ne peut se délivrer ni de la jalousie agressive ni des ambivalences : possession-rejet, amour-haine du Scorpion. Les paroxysmes interviennent lorsque, surtout dans un thème féminin, Mars, Pluton ou Saturne entrent en conflit avec la Lune ou Vénus, le Sagittaire ne faisant alors qu’amplifier le déséquilibre.

D’ailleurs, cette cohabitation forcée ne se réalise pas toujours à l’avantage du Sagittaire, car elle peut entraîner affectivement une espèce de discordance interne. Douée d’un amour authentique de la vie, pourvue d’une bonne santé naïve, la partie Sagittarienne de l’être, qui déteste la destruction et ne la comprend pas, n’est pas à l’aise dans les subtilités tortueuses du sadomasochisme. Elle s’y désenchante. Plus vulnérable nerveusement, elle ne résiste pas indéfiniment à l’angoisse. Bref, dans le climat scorpionien, elle s’épanouit mal et se fatigue. Les forces de vie peuvent l’emporter mais, la faculté de renaître de ses cendres n’étant pas infinie, si les crises se répètent, l’épuisement survient un jour ou l’autre dans ce combat interne, et il semble bien alors que le Sagittaire ait perdu.

Sagittaire Ascendant Sagittaire

C’est évidemment le type même de l’hyper-Sagittaire, théoriquement tout au moins, car dans la pratique, compte tenu des caractéristiques mêmes du signe, l’éventail de ses incarnations possibles en rend l’unité peu évidente, en apparence tout au moins. Si l’on essaie de voir ce qui sous la multiplicité des formes demeure permanent, que trouve-t-on?

Un signe de Feu, autrement dit un tempérament caractérisé par l’importance du potentiel énergétique en quête de sa manifestation. Il s’agit toutefois d’un Feu d’automne; ce n’est plus le jaillissement anarchique du Bélier, ni la flamme fixe du Lion; il peut brûler à la base tout aussi intensément, plus même dans certains cas, mais à la façon de la braise qui, à la surface, crépite en gerbes d’étincelles.

C’est un stade d’évolution caractérisé par l’apparition de certains schémas nouveaux de comportements et de performances, par l’émergence de nouvelles formes de relations sociales à un niveau de complexité plus élevé que précédemment. L’enfant aborde ici la compréhension des gestes sociaux et de leur usage en qualité de véhicules pour la communication réciproque; en même temps, il manifeste une réaction, qui est un début de réponse, aux ordres• et aux interdits. Il se produit une véritable imitation par le geste – sans que toutefois le contenu idéationnel soit très bien appréhendé – très différente de celle qu’on avait pu observer parfois aux Gémeaux, qui est, elle, beaucoup plus rudimentaire, et globale comme la perception; cette imitation par le geste est le précurseur du mécanisme d’identification et son développement dépend beaucoup du climat émotionnel dans lequel vit l’enfant.

On assiste, en outre, à une modification de l’orientation dans l’espace. Jusque-là, la perception s’était limitée à l’espace-berceau. Maintenant, elle tend à déborder nettement cette limite et va à la recherche de ce qui est au-delà, en même temps que les gestes traduisent le désir de s’emparer de ce qui, justement, se situe dans cet au-delà.

On rencontre à l’Ascendant une problématique groupant conquête de l’espace, liberté, sociabilité, imitation.

Le Sagittarien qui s’y trouve se présente alors comme un être éminemment excitable, mais que son extrême réceptivité au milieu tend à rendre plus réactif, hyper-réactif même, que véritablement actif. C’est sous forme de réactivité incessante – musculaire, mentale, émotionnelle – que s’écoule ici l’énergie. Il peut paraître agressif; en réalité, il n’est qu’impulsif, mais d’une impulsivité que les mécanismes d’inhibition, tout aussi prompts, tendent en la stoppant à émietter. Il a en fait plus de mobilité que de puissance combative. Par ailleurs, il ne cherche pas à dominer ce qui ne ferait que l’encombrer.

Cette très grande perméabilité au milieu a pour corollaire l’extrême diversité des aptitudes et de leurs expressions, mais aussi leur discontinuité.

En outre, la très vive curiosité exploratoire qui sous-tend la découverte et la conquête de l’espace a tendance à se disperser du fait de la multiplicité des impressions reçues; l’attention ne se fixe pas longtemps sur le même objet. La mémoire enregistre très vite, mais, surchargée, elle oublie aussi vite. L’intelligence est prompte; les associations d’idées y triomphent en feu d’artifice, déclenchées par les plus fugaces variations de l’ambiance, par les contiguïtés et les ressemblances essentiellement; elle a plus de verve que de profondeur car elle comprend, ou croit comprendre, trop vite sans s’attarder assez; elle saisit d’emblée les diversités, mais elle a parfois du mal à faire l’unité; elle n’excelle pas dans l’abstraction, la complexité du vivant lui convenant mieux, plus à l’aise dans la sociologie, par exemple, que dans les mathématiques. Le raisonnement procède comme la démarche, par bonds successifs, sautant des étapes, laissant des trous, commettant, faute de rigueur, des confusions. L’intuition fulgure, inspirée, prophétique parfois, apte à pressentir les analogies lointaines comme à confondre généralisations hâtives et vérités démontrées. L’imagination tout aussi alerte, colorée au surplus, s’épanouit dans le symbolisme, excelle dans la métaphore, l’allégorie, le conte. L’affectivité est bien sûr débordante mais, épuisée par la multiplicité des états d’âme ressentis à un rythme accéléré, sa tension retombe, et à l’exaltation succède la dépression; c’est le triomphe de la cyclothymie. La volonté suit le même parcours d’élans et de retombées, et l’obstacle, à la différence du Scorpion, la décourage plus qu’il ne la stimule.

Quel est l’apport du Soleil à ce schéma de base?

Il serait trop long et fastidieux d’entrer dans les nuances propres aux différentes positions possibles de ce Soleil : au-dessus ou au-dessous de l’horizon, plus ou moins angulaires. Rappelons simplement que là où il se trouve, quel que soit le signe ou le secteur, figurent une sorte de conscience éclairante, d’intention, de volonté, une énergie de synthèse, littéralement un égocentrisme. Placé dans le même signe que l’Ascendant, le Soleil renforce énergétiquement les tendances du signe mais, placé en Secteur I, il accentue la subjectivité, le narcissisme et, un peu comme s’il introduisait une composante Lion, vise en même temps à leur affirmation; le sujet a alors tendance par réflexion à être à lui-même sa propre quête, son oeuvre propre en fonction de cette image idéale qu’il porte en lui.

Or, si la présence de l’Ascendant et du Soleil dans le signe accentue l’unité des tendances sagittariennes, elle en accentue aussi les problèmes éventuels. Aux Gémeaux, situés à l’autre pôle de l’axe, le sujet commence à percevoir globalement, par de multiples signes dispersés et fugaces, l’existence d’un extérieur à lui-même, alors que son Moi n’est encore représenté que par des éléments épars et diffus. Au Sagittaire, autre signe de transition, « mutable », le Moi, qui s’est depuis organisé et « cohéré » surtout au Lion et au Scorpion, doit faire face à une nouvelle intégration, celle d’un plus grand espace et d’une communication multipliée avec « l’étranger » et le collectif. Un Ascendant au Lion ou au Scorpion pouvait l’y aider.

Un Ascendant au Sagittaire beaucoup moins, par l’incessante réactivité qu’il entraîne et par l’apparition du nécessaire mais transitoire mécanisme d’imitation qu’il suscite.

En conséquence, le sentiment de soi peut ici n’être que mouvant, sans cesse projeté ailleurs, sans insertion spatiale fixe et nettement délimitée, sans permanence non plus, la notion de durée n’apparaissant qu’au Capricorne. Pour que cette nécessité congénitale d’égocentrisme puisse trouver à la fois une insertion ferme et sa bonne forme d’expression au sein d’une relation à l’étranger et au collectif en perpétuel mouvement, il est nécessaire que des éléments de stabilité et de cohésion complètent ce substratum Sagittarien et que, notamment, le Soleil puisse jouer harmonieusement et fermement son rôle. Si les éléments de cohésion font défaut, le sujet risque d’errer à travers les trop nombreuses et mouvantes sollicitations de l’extérieur sans jamais « se » trouver ; sans authenticité propre, il fait penser à ces personnalités « comme si » évoquées par les psychiatres, dont le Moi se révèle sans consistance à force d’être labile. En cas de conflits graves surajoutés, et surtout si le Soleil s’y trouve impliqué, des difficultés psychiques peuvent survenir à un moment ou à un autre; elles risquent de dépasser la simple inconsistance et même l’instabilité caractériel le pour aboutir à une pathologie de l’identité proprement dite.

Sagittaire Ascendant Capricorne

La morphologie capricornienne tend à se rapprocher de celle du Sagittaire « long » sans toutefois être identique.

C’est en effet l’allongement des formes qui prévaut, mais en plus osseux et en plus sec. Le dos peut être légèrement voûté. Le visage tend lui aussi vers la longueur selon deux types : l’un exprimant la tristesse par sa bouche mince, ses yeux tombants, son nez trop long, son front haut et dégarni; l’autre exprimant volontiers l’ironie ou l’humour, le scepticisme aussi avec son œil oblique, son sourire froid et les deux rides verticales qui encadrent la bouche. Ce second type s’allie assez bien avec le Sagittarien rétracté pour donner un visage aux méplats accusés, au front et au menton saillants, aux traits bien découpés, aux yeux allongés et légèrement enfoncés. La beauté peut ici se combiner tout particulièrement avec la distinction. Le Capricorne type a souvent, en effet, une allure aristocratique; le Sagittaire ne lui enlève rien, mais en le rendant moins froid et moins intimidant, moins rigide, il l’humanise; l’influence saturnienne sous-jacente se remarque en outre dans le caractère mesuré de la démarche et des gestes, la concision du langage.

Bien que la timidité capricornienne puisse trouver un écho chez le Sagittaire rétracté – qui en dépit d’attitudes de surcompensation n’est pas toujours un champion de l’assurance —, la fierté aidant à combattre cette gêne, c’est au moins une apparence d’aisance assez réussie qui va en résulter.

L’habillement de ce Sagittaire ne peut qu’être classique et sobre. L’homme n’y attache en général qu’une importance relative, liée aux nécessités sociales. Etre simplement correct peut lui suffire, mais lorsqu’il incline à l’élégance, ses choix le portent vers les couleurs sombres et les coupes assez sévères. La femme adopte la même attitude. Très saturnisée, elle se soucie plus d’économie et de solidité que de coquetterie; elle renouvelle peu sa garde-robe et ne cherche guère – pas assez même – à se mettre en valeur; la mise, la coiffure, la discrétion, l’absence ou la maladresse du maquillage lui donnent une apparence sérieuse, un peu terne, un peu sans âge. Sinon, elle est avant tout exigeante tant sur la coupe que sur la beauté rigoureuse des matériaux et des couleurs. Elle sait porter le noir et elle recherche les vêtements très structurés, très dépouillés, dont la perfection formelle, dans sa simplicité, est le fruit d’un art consommé; son élégance, d’une qualité très rare, est tout à l’opposé de l’improvisation et se tient au-dessus des modes; elle est intemporelle. Bien différente de l’exhibitionniste Sagitarienne du Lion, celle-ci eût, autrefois, choisi Balenciaga.

Que se passe-t-il au Capricorne? Sur le plan mental, faisant suite aux progrès de la capacité de discriminer, apparaît le début de la compréhension du rapport entre les choses; c’est l’aube des notions de causalité et de déterminisme.

Sur le plan affectif, les attitudes émotionnelles commencent à exprimer des nuances plus subtiles qui ne font que s’enrichir et s’affirmer encore dans les mois suivants.

Enfin, la maîtrise de l’imitation, si elle est normalement acquise, prélude aux phénomènes d’identification et à l’intériorisation des interdits, seul moyen pour l’enfant, comme l’écrit Spitz, de « réaliser une autonomie croissante par rapport à la mère ». On retrouve là une problématique analogue à celle du Cancer, signe placé dans le Zodiaque face au Capricorne, mais à l’octave au-dessus. Il ne s’agit plus maintenant de se retourner vers le pré-objet pour y chercher appui ou refuge au risque de s’y « fixer ». Il s’agit de s’identifier : c’est en faisant comme l’objet, bon ou moins bon, en imitant ses actions, en tenant compte de ses permissions et de ses interdictions, que l’enfant peut devenir et agir comme son modèle afin d’être en mesure, très progressivement, d' »obtenir par lui-même tout ce que sa mère lui fournissait auparavant ». Or l’attitude de la mère, le climat émotionnel qui a régné entre elle et son enfant au cours des mois précédents, peuvent faciliter ou contrarier l’enfant dans ses efforts pour l’imiter. Cela revient à exprimer autrement ce sur quoi insistent plusieurs astrologues à propos du Capricornien : l’influence de la qualité des relations familiales sur son développement et son équilibre affectif.

Autre élément majeur : après la prise en compte de l' »étranger » et d’un plus grand espace à explorer survient ici celle du Temps, de la durée. Au Capricorne, le Moi a normalement beaucoup évolué depuis le Lion : il ne lui suffit plus de se projeter dans l’espace, il cherche à éprouver sa permanence dans la durée. Il s’agit de s’édifier dans un présent qui porte en lui le passé dont il est le résultat et l’avenir qui en sera le fruit.

Ce schéma structurel est, comme celui du Scorpion, assez différent du schéma Sagittarien.

Pourtant, là encore, la distance de 30 degrés séparant les deux signes implique la cohabitation qui juxtapose chaud et froid, horizontal et vertical, dilatation et rétraction, espace et temps, et dont le résultat va en grande partie dépendre de la force respective des deux signes ainsi que des deux planètes Jupiter et Saturne, tout en notant que la composante saturnienne a toutes chances de s’affirmer au fil des années.

Avec un Ascendant Capricorne, le Sagittaire a en effet tendance à se « saturniser » plus ou moins.

Bien sûr il demeure, surtout dans la jeunesse, enthousiaste, entreprenant et généreux; actif et réactif, ennemi de la contrainte mais très réceptif au milieu; d’une affectivité débordante aux élans impétueux soumis à des lendemains dépressifs; l’intelligence reste rapide, l’attention mobile et la volonté à éclipses. Mais il y a aussi en lui quelqu’un qui est conscient de ses limites, circonspect à l’égard de ses propres emballements; un introverti capable de prendre du recul par rapport à lui-même et au monde, qui aime l’analyse et l’introspection, qui veut l’expansion mais ne la confond pas avec la fuite en avant.

Ce Sagittarien-là se sait trop impulsif, diffus, velléitaire, trop soumis aux suggestions et tenté par impatience et excès de largeur de vue de survoler les choses au lieu de les approfondir. Il est donc mieux à même que quiconque de se corriger puisque une bonne entente avec son Ascendant capricornien peut lui en fournir les moyens en même temps qu’elle lui apporte la lucidité.

Le désir de rayonnement ambitieux est généralement très fort, surtout dans le cas où le Soleil – obligatoirement levé puisqu’il précède ici l’Ascendant – occupe une position très angulaire. Dans le cas d’une synthèse optimale des deux facteurs, le personnage, même si au départ son Soleil le sollicite dans plusieurs directions, va s’efforcer d’en choisir une et de s’y tenir. S’il y parvient, toute l’énergie et les facultés vont être canalisées sur l’ascension à opérer.

Sur le plan des affaires c’est, après un départ souvent modeste, la conquête d’espaces de plus en plus vastes de façon à devenir une puissance ; même processus lorsque cette ascension se fait sur le plan intellectuel ou politique, l’alliage de l’ambition et de l’ouverture d’esprit menant fréquemment à l’enseignement supérieur ou à la politique ; spirituelle, elle obéit à une morale très élevée qui comporte pour soi-même une ascèse, mais qui entend utiliser sa puissance au sein du monde, plutôt que dans un couvent, au profit du bien ; artistique, c’est la rigueur de la construction alliée à l’ampleur de l’inspiration et la nécessité d’une dimension philosophique.

L’ambition ne peut ici se satisfaire de rêves ou d’ébauches qu’on abandonne les uns après les autres, pas davantage d’apparences. Il lui faut des résultats concrets et stables. Pour atteindre ses objectifs, elle sait utiliser certains atouts sagittariens, intuition ou inspiration, mais elle entend les conforter d’éléments plus éprouvés : analyse lucide, objectivité, patience. On brasse moins d’idées et moins de projets, on réfléchit, on approfondit avant d’agir, on cherche à s’appuyer sur des faits et des certitudes. On programme dans le temps comme dans l’espace en essayant de consolider l’acquis au fur et à mesure. La lucidité toujours en éveil tente de calmer l’énervement et l’impatience lorsque les circonstances sont peu favorables et les projets insuffisamment mûris, maîtriser étant en effet ici une nécessité fondamentale. Il y a moins de gaspillage d’énergie, mais de la souplesse et du calcul : quand on ne peut pas enlever l’obstacle d’emblée, on le contourne.

En général, l’autorité, ferme, est elle aussi nuancée de souplesse. L’éthique, idéaliste, est celle d’une tolérance attentive à respecter la morale; elle s’attache à la pérennité des valeurs. Elle est défendue parfois avec fougue, mais sans tomber dans la verbosité lyrique.

La sociabilité fondamentale du Sagittaire le conduit à participer à la vie collective, mais sur un mode qui porte l’empreinte capricornienne. L’esprit d’équipe existe mais il n’est que relatif; à quelque échelon social que ce soit, les relations aux autres tendent à perdre leur caractère spontané et familier, il s’y glisse toujours une certaine distance plus ou moins perceptible. Le personnage n’inspire pas d’emblée la sympathie des foules, ce qui d’ailleurs lui est indifférent, mais il gagne généralement à être connu. Après quoi on le recherche volontiers comme point d’appui car on lui reconnaît un jugement sûr et on le sait fiable. Dans l’examen des problèmes, il apporte un esprit de conciliation et de compréhension large tout en demeurant réaliste. Il souhaite satisfaire aux nécessités contemporaines et mondaines sans sacrifier au snobisme ou aux modes. Il essaie d’aménager sa rigueur capricornienne : il ondoie, il fait quelques concessions en vue de ménager l’avenir, tout en refusant un opportunisme éhonté. Malheureusement, à l’expérience, son idéalisme est parfois déçu; alors il « accuse le coup » et, découragé, fait retraite.

Il reprend des forces en analysant ses erreurs et lorsqu’il a mûri son échec, il réattaque le problème autrement.

La synthèse SoleilAscendant ne s’opère pas toujours aussi idéalement car elle équivaut, en fait, à une association de contraires.

L’égocentrisme, accentué par un Soleil angulaire, se concilie parfois assez mal avec les idéaux de justice, de liberté et de tolérance humanitaires. L’ambition aussi qui, par ailleurs, exige pour se réaliser : la continuité d’un choix, donc le sacrifice d’autres intérêts; la ténacité de la volonté, peu compatible avec les sautes d’humeur; la fermeté du caractère, qui permet de la volonté, peu compatible avec les sautes d’humeur; la fermeté du caractère, qui permet de s’en tenir à ses propres décisions sans subir les influences d’alentour; le sens des responsabilités et de la discipline intérieure, qui conduisent à accepter des contraintes dont on se passerait volontiers.

Peu réussie, cette synthèse conduit à des comportements contradictoires qui traduisent la difficulté de parvenir à l’unité intérieure et gênent les réalisations. Le personnage, surtout dans sa jeunesse, fait alterner le « chaud » et le « froid », tour à tour expansif et renfermé, superficiel et grave, hâtif et pondéré, laxiste et rigoureux, enthousiaste et sceptique, désintéressé et calculateur, altruiste et égoïste, mystique et matérialiste. (On pourrait allonger cette liste déjà trop longue.) C’est en mûrissant qu’il va trouver son équilibre : le Capricorne l’y aide en lui donnant, tôt ou tard, la force de cohésion nécessaire à son unité. Le Sagittaire, de son côté, lui évite certains écueils typiquement capricorniens : le repli sur soi mélancolique par sentiment d’impuissance et d’échec ou, sinon, l’intransigeance, le sectarisme, l’excès de conceptualisme.

Enfin, des difficultés liées à des problèmes d’identification peuvent survenir lorsque le Soleil – en Secteur XII – et Saturne sont impliqués dans des rapports conflictuels dont l’expression va d’un extrême à l’autre : arrivisme forcené, sur-compensatoire ou, à l’inverse, sentiment d’infériorité paralysant, accompagné de repli sur soi et de conduites d’échec, l’une ou l’autre aboutissant à bloquer plus ou moins les valeurs sagittariennes d’expansion, d’optimisme ou de tolérance.

La vie affective est, elle aussi, imprégnée de cette coexistence de tendances contraires : expansion et rétraction.

Ce même Sagittarien peut avoir beaucoup de relations si les impératifs de son ambition l’exigent, relations avec lesquelles il entretient des rapports cordiaux mais de commande. L’amitié, la vraie, est beaucoup plus rare. Elle s’établit sans précipitation; même ressentie intuitivement au premier contact, il faut compter avec la retenue capricornienne : « wait and see. » L’estime réciproque en est une condition sine qua non. Exigeante sur la qualité de la réponse, elle n’a aucun goût pour la tyrannie et beaucoup trop de fierté pour se montrer jalouse mais, aidée en cela par la tendance Sagittarienne à s’ingérer, elle devient assez facilement un peu conseillère, un peu moralisatrice. Sa franchise relève plus d’un principe que d’un mouvement impulsif; moins passionnelle, elle est plus rigoureuse et plus définitive. C’est une amitié qui, d’ailleurs, pardonne très mal le mensonge et qui a de la mémoire pour les bienfaits comme pour les offenses, tout en demeurant, grâce au Sagittaire, peu capable de rancune. Elle se rappelle les promesses, celles des autres mais aussi les siennes qu’elle se fait scrupule d’honorer, évitant ainsi de les formuler à la légère. Dans la difficulté, elle sait être présente et, sans excès démonstratifs, efficace.

La vie amoureuse doit ici tenir compte à la fois de l’ambition et du caractère contradictoire de l’affectivité placée entre l’élan et la crainte, le besoin de s’extérioriser et celui d’être maîtrisée. Avec un Ascendant capricornien, le sentiment est plus profond qu’épidermique; pour être contenu il n’en est pas moins exigeant ou violent, mais ses blessures cicatrisent moins facilement, car il y a alors plus de mémoire et moins de confiance en soi; il tend aussi à se défendre contre l’attachement, conscient des souffrances que celui-ci risque d’entraîner. L’être désire connaître la passion, il l’éprouve mais il hésite à y céder par peur des ravages qu’elle risque de provoquer.

Si les valeurs sagittariennes l’emportent, la vie amoureuse peut s’orienter vers la fougue en plusieurs unions successives que l’exigence et l’insécurité tendent à rompre pour les rejeter presque aussitôt. Dans un thème plus calme, elle se résout généralement vers la trentaine, après une succession d’aventures, par une union fondée sur l’estime, le crédit social, les affinités intellectuelles ou ambitieuses. C’est au détriment de tout le reste dont la résurgence peut un jour susciter brusquement une crise, en réalité longuement couvée et généralement résolue par le retour, plus ou moins nostalgique ou amer, au raisonnable. Dans les cas très adaptés, la sublimation joue un rôle prépondérant en faisant dériver l’ensemble des énergies sexuelles et affectives sur des intérêts professionnels, intellectuels ou artistiques; la volonté peut aussi maintenir la fermeté d’un choix qui a consciemment impliqué le sacrifice de ce qui, au départ, a été jugé comme transitoire et mineur.

En ce qui concerne plus particulièrement la femme, signalons qu’elle est d’autant plus ambitieuse et plus masculine que son Soleil est plus angulaire. Si ses capacités le lui permettent, elle peut essayer de tout canaliser dans une ascension professionnelle plus ou moins durement menée, quitte à s’octroyer de temps à autre des concessions que son équilibre réclame mais dont elle entend, par-dessus tout, garder la maîtrise; les partenaires choisis sont souvent plus jeunes qu’elles, ou placés dans un rapport ou de dépendance à son égard.

Plus fréquemment, elle se résoud à être ambitieuse à travers le mari qu’elle aide et pousse même de toute son énergie, de toutes ses qualités d’ordre, de méthode, d’efficacité calculée. C’est une épouse fidèle. Encore faut-il que ce mari suive… Or, elle a tendance à en vouloir toujours plus. S’il réussit à la mesure de ses désirs, tout est pour le mieux, réserve faite à nouveau d’éventuelles résurgences passionnelles. Sinon, avec une frustration accentuée apparaît le sentiment d’échec, dépressif, d’autant plus qu’en général les joies de la maternité sont impropres à la combler. Le conflit peut aboutir à une expression somatique ou se résoudre, ici encore, par une sublimation intellectuelle ou artistique.

Sagittaire Ascendant Verseau

Le propre du Verseau serait, quant à l’apparence physique, de ne pas se signaler à l’attention des foules. Beaucoup moins « animal » que les précédents (Bélier, Taureau ou Lion), il se prêterait moins qu’eux à la caricature, faute de traits marquants, et subirait toute influence planétaire ou zodiacale étrangère au point de ne plus se ressembler.

Chez les auteurs, ce signe ne réussit pas à faire l’unanimité. Si J.-C. Verdier lui prête des formes rondes et une constitution asthénique, un teint clair, un grand œil mobile au regard doux, Maurice Privat le voit, lui, résistant et solide de corps, pourvu d’un visage très allongé au front haut, de pieds et de mains noueux. Un autre insiste sur la beauté de ses grands yeux expressifs, tandis que J.-P. Nicola signale l’existence de certains spécimens au regard absent, « perdu dans des brumes intérieures », et d’autres dont le regard « fixe et implacable » traduit la froide détermination de l’ambitieux ou de l’aventurier. A. Barbault, enfin, souligne la délicatesse des formes et des traits, la transparence du teint et de la peau, qui concourent à donner à l’ensemble du personnage un caractère immatériel, angélique.

Il est bien certain qu’une touche de Sagittaire, à fortiori si elle s’accompagne d’une intervention de Jupiter, Mars ou Uranus, va donner plus de poids et de relief, bref, plus de matérialité à cet être séraphique, qui, du coup, va paraître plus présent. Sa manière de s’affirmer, moins directe et moins vigoureuse que celle d’un pur Sagittarien – il y met au départ plus de timidité et de réserve —, est plus originale, en dépit d’une parole plus contenue et de gestes moins démonstratifs. Le « singulier » y perce qui, tout de suite, intéresse. Bien sûr, si Mars ou Uranus en font trop, le tableau peut être tout différent, le fracassant et l’excentrique remplaçant ce discrètement « singulier ».

La combinaison VerseauSagittaire peut, suivant les interventions étrangères, aboutir à différents styles vestimentaires. Avec Saturne : une mise simple bannissant la franfreluche mais où la coquetterie subsiste, un détail très personnel sachant exprimer avec bon goût une originalité discrète. Un Jupiter sage incline à un classicisme plus étoffé, mais allégé et modernisé par cette pointe de fantaisie que les Sagittariennes pures – s’il en existe – ne savent pas inventer. Avec Uranus, ou un Jupiter moins sage, c’est chez l’homme ou la femme le triomphe du « dernier cri » porté dans les bons cas avec un chic indéniable et très personnel, et, dans les moins bons, poussé jusqu’à l’extravagance d’autant plus aisément que le Sagittaire, lorsqu’il se pique d’anticonformisme, sait avoir la main lourde.

A mesure que l’on avance dans le parcours du Zodiaque, la complexité croît parallèlement au niveau de l’évolution; l' »humanité » aussi, à mesure que les instincts parlent moins souverainement.

La complexité apparaît ici d’entrée; le Verseau est en effet un signe d’Air (la mobilité expansive caractérisant cet élément), mais un signe fixe (ce qui sous-entend à l’inverse une cristallisation) dont le graphisme symbolique évoque l’Eau, autre élément fluide, et que la Tradition, enfin, place sous la tutelle d’Uranus, planète de Feu essentiellement focalisatrice et unitaire. Seule la Terre, en tant qu’élément, manque ici. De là à voir dans tout natif du Verseau un être immatériel, voire angélique, il n’y a qu’un pas que l’exemple toujours cité de Mozart incite à franchir. Certes… mais l’exception idéalement représentative ne saurait avoir valeur de règle.

L' »humanité » est tout aussi évidente, car avec le Verseau s’épanouit la socialisation commencée aux Gémeaux, précisée à la Balance, élargie au Sagittaire. Le stade de l’intégration, est dépassé; celui, capricornien, de l’édification de soi-même au sein de la durée aussi. L’être a désormais le sentiment de ce qui le dépasse dans le temps comme dans l’espace, tandis qu’entre lui-même, ses semblables et le monde s’établit une réciprocité d’appartenance et que, parallèlement, passé, présent et avenir s’unifient en « devenir ». Ce n’est plus la notion d’une communication avec le collectif qui s’impose comme au Sagittaire, mais celle d’une relation à l’Univers, de la fraternité et de la solidarité universelles, en même temps que celle du progrès nécessaire : il devient possible de transformer le monde pour le faire avancer par des découvertes, des inventions, des réformes, des révolutions.

Face au Lion égocentrique situé sur le même axe zodiacal, à l’autre pôle le Verseau ouvre deux voies possibles : l’une, plus saturnienne, est l’effacement de l’ego au profit et au service de la communauté humaine; l’autre, plus Uranienne, mène à l’affirmation de l’individualité même, dans son originalité d’exemplaire unique.

On se trouve donc au Verseau très éloigné de la relative simplicité de signes « animaux » comme l’impulsif Bélier ou le possessif Taureau.

Il est bien évident que, dans ces conditions d’humaine complexité, la combinaison VerseauSagittaire se prête assez mal à une réduction schématique.

Le tempérament est d’autant plus fougueux que la rapidité et l’instabilité des réactions, communes aux deux signes, se trouvent ici redoublées ; mais s’il est réactif, il sait aussi se montrer actif.

L’impulsivité et l’enthousiasme, qui débordent souvent la réflexion, l’impatience Sagittarienne, si elle se donne libre cours, entraînent des comportements changeants, trop précipités, aventureux ; l’optimisme et la confiance en soi conduisent fréquemment à la présomption.

Si à l’intérieur ou à côté de cette combinaison VerseauSagittaire, des éléments de retrait ou de freinage interviennent, le sujet apparaît complexe et contradictoire : impulsif et retenu, expansif en surface mais renfermé en profondeur, tenté par l’aventure surhumaine, mais aspirant au fond de soi à la sagesse.

L’intelligence, généralement prompte, se caractérise par de fulgurants éclairs d’intuition et une aptitude à comprendre les choses du dedans. Éprise de clarté, elle manque cependant assez souvent de rigueur et de cohésion, mais elle manie le paradoxe et la contradiction avec beaucoup d’aisance. Si le Verseau ou Uranus l’emportent sur le Sagittaire et Jupiter, elle a le souci de la vérité, qui pousse à comparer, chercher, scruter l’au-delà des apparences et à démystifier les idées toutes faites. Le goût de la lucidité et l’aptitude à l’autocritique orientent certains sujets vers les sciences humaines et les incitent à pratiquer l’introspection, l’autoanalyse, dans un but constructif de progrès personnel. La largeur de vue est extrême, la curiosité aussi qui s’étend, ici, à l’époque et à l’être humain tout entier, qu’elle cherche non seulement à explorer, mais à comprendre dans leurs caractéristiques, leurs idées, leurs motivations, leurs mécanismes, tout en s’efforçant de déceler ce qui y est contenu en germe.

Les sujets les plus doués sont capables d’une pensée authentiquement originale. Chez certains, l’esprit s’oriente vers les techniques, toujours avec la visée sous-jacente de progresser ou d’innover. Chez beaucoup, l’intelligence prend une tournure inventive plus ou moins marquée. Chez tous ou presque, il se manifeste à des degrés divers un intérêt pour la connaissance en tant que telle.

Ce Sagittarien a le goût des idées neuves pour lesquelles il prend fait et cause un peu trop rapidement, l’amour de la liberté, le sens et le besoin du groupe, mais il conserve en même temps une tendance plus ou moins consciente à se conformer au milieu. Une exception toutefois lorsque Mars ou Uranus interviennent en force : le sujet est alors tenté par la révolte; il pousse le refus du milieu jusqu’au défi et au scandale, cherche à bousculer les usages, les routines et les préjugés pour être lui-même à part entière; mais il lui faut une très forte personnalité pour réussir à vivre « son » aventure prométhéenne (tout le monde n’est pas Mermoz) et pour surmonter le sentiment d’insécurité provoqué par sa situation « hors norme ».

C’est en même temps un sincère, un être de foi qui croit en l’homme et en l’avenir de l’humanité – il les idéalise tous les deux – et très souvent un naïf. L’Ascendant Verseau le cérébralise tout en lui donnant non plus le besoin du seul mouvement, mais celui d’une action mise au service d’un but ou d’une cause. Le Sagittaire incline à se battre pour les faibles et les opprimés, tandis que le Verseau, lui, élargit et hausse le combat à la notion du bien commun et du progrès de l’humanité.

Dans ces conditions, un sujet équilibré pourvu d’un Moi fort est capable d’acquérir en souplesse une indépendance d’esprit et d’action authentique, en utilisant l’adaptabilité Sagittarienne qui cesse d’être une fin pour n’être plus qu’un moyen. Il peut alors donner l’apparence de se soumettre aux normes du milieu mais, en réalité, il est bien décidé à en opérer le dépassement dès qu’il pourra le faire. Il est habile, quitte à se montrer changeant, à multiplier les occasions de contacts et d’alliances qui lui permettent d’utiliser les gens et les circonstances pour parvenir à ses fins. Cela se comprend d’autant mieux que, fréquemment, l’Ascendant au Verseau est ici assorti d’un Soleil en Secteur X, qui conduit le sujet à se projeter dans une activité ou une profession donnant accès au plus large espace humain possible. Ces Sagittariens doués deviennent généralement des chercheurs, des découvreurs, des réformateurs ou des rénovateurs plus ou moins hardis. Ce sont, quel que soit leur domaine d’action (industrie, finances, politique, art, philosophie, sciences), des hommes de progrès, des révolutionnaires pacifiques.

Cependant, la foi en l’homme avec l’idéalisation qu’elle implique et les rêves qu’elle suscite, et l’appartenance au groupe ont leurs revers. Ce Sagittarien-là « plane » trop souvent; il ne voit ni les gens tels qu’ils sont en réalité, ni les obstacles qui, dans le concret, peuvent s’opposer à la réalisation de ses théories et de ses désirs. Au surplus, trop dépendant du groupe dans le sentiment de sa propre existence, il manque de la fermeté nécessaire pour résister aux sollicitations des uns et des autres. Par sa naïveté, il se laisse fréquemment prendre aux pièges, aux manoeuvres, aux calculs. Il lui arrive donc de tomber de haut. Autre facteur d’échec, l’insuffisance de la volonté qui, pas toujours très ferme non plus, ni très continue, ne peut pas s’élever à la hauteur des ambitions.

Un sujet d’étoffe et de dons plus médiocres se contente, en général, des apparences de l’originalité et de l’universalité. Trop jupitérien ou mercurien, il glisse vers la facilité; il s’agite, se déploie, brasse et rassemble beaucoup d’idées fumeuses et contradictoires, de vastes projets, des gens hétéroclites mais, en fait, il sonne creux; il va trop vite et trop loin sans assez de rigueur pour pouvoir aller profond. Trop uranien et pas assez doué il tend, faute de capacité à réaliser de l’authentiquement original, soit à virer à l’excentricité – qui lui tient lieu d’originalité —, soit à se réfugier, sans jamais rien réaliser, dans la croyance au talent incompris et le maniement des utopies grandioses. L’affectivité porte aussi la trace de l’apport Verseau : cérébralité, idéalisation, égalitarisme, liberté.

La vie amicale joue un rôle prépondérant. Elle obéit à la spontanéité et à la générosité communes aux deux signes. Elle ne présente ni l’exclusivisme de l’Ascendant Scorpion ni l’exigence d’estime du Capricorne, pas davantage leur sélectivité ; plus largement ouverte qu’au Sagittaire pur, elle se préoccupe moins des tabous sociaux. La maison de ce Sagittarien-là est toujours accessible aux très nombreux amis, aux « frères », tous ces frères que suscitent l’universelle curiosité et l’amour du semblable; on partage avec eux, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, le vivre – avec ses goûts, ses préoccupations intellectuelles ou artistiques, ses idéaux politiques ou sociaux —, le gîte et le couvert, même s’ils sont modestes. C’est simple, égalitaire et sincère. C’est une maison où circulent vraiment beaucoup de gens ; parfois, l’hôte est déçu car il est allé trop vite pour donner sa confiance et son adhésion. Peu importe, il s’en remet et… recommence.

La vie amoureuse porte assez fréquemment la marque d’un divorce entre le cœur et la tête.

Homme ou femme, ce Sagittarien croit à l’égalité des sexes; il ne s’agit plus pour lui de dominer ni de se soumettre, mais, là encore, de tout mettre en commun. Ayant tendance à idéaliser déraisonnablement l’être aimé, il ne peut généralement qu’être déçu, ce qu’il supporte assez mal. Au surplus, émotif et sensible, il est partagé entre l’élan qui, spontanément, l’emporte vers la ferveur et l’exaltation du sentiment amoureux partagé et le souci de n’entraver ni sa liberté, ni l’expression de son originalité. Il hésite donc à s’engager et, plus intellectuel que le Sagittaire classique, il tend à dessécher ses sentiments en les passant au crible de l’analyse. Il adopte des attitudes diverses qui, chez un même individu, évoluent en général avec l’âge, mais qui toutes expriment, peu ou prou, cette problématique. Dans la jeunesse, il est sujet aux coups de foudre que l’usure de la réalité quotidienne éteint rapidement; il se résout alors au divorce. Plus âgé ou plus cérébral par nature, il choisit le, ou la, partenaire en fonction de ses affinités intellectuelles. La femme, elle, excelle à découvrir chez l’homme les talents en puissance qu’elle aime à développer à condition de ne pas y laisser son indépendance.

L’amitié amoureuse est aussi un compromis fréquemment adopté. Quant aux amitiés tout court, elles se posent très souvent en rivales du sentiment amoureux ; si d’aventure le partenaire frustré dans son désir d’intimité veut leur faire obstacle, le conflit surgit et, là, il s’aperçoit bientôt qu’il n’a le choix qu’entre se soumettre ou se démettre.

Sagittaire Ascendant Poissons

Il y’aurait, selon la Tradition, deux types de Poissons qui semblent pouvoir s’allier respectivement aux deux types de Sagittaire.

Le premier type, jupitérien, construit en largeur, aurait pour caractéristiques essentielles : un torse développé, des bras et des cuisses généralement courts et charnus, des épaules basses et fuyantes. Ajoutons-y des traits plutôt imprécis, un œil rond légèrement humide au regard vaguement endormi ou, au contraire, débordant d’optimisme, un menton peu accusé et assez gras, un teint pâle, des cheveux empiétant sur les tempes. L’ensemble de la physionomie donnerait une impression d’étalement, de douceur un peu molle et de bonhomie. L’âge tendrait à accentuer le relâchement des tissus et à surcharger la silhouette jusqu’à l’obésité.

Le second type, allié de l’autre type Sagittarien, serait évidemment un longiligne. Une silhouette plus étirée, ondoyante à force de souplesse, un visage mince aux traits fins, de larges yeux espacés et allongés de façon très caractéristique, des prunelles veloutées ou liquides au regard plein de rêve en feraient, homme ou femme, un être étrange et ensorcelant.

La voix au timbre un peu sourd, la parole peu articulée, une poignée de main fluide, glissante même, des gestes onctueux et vagues, des attitudes de nonchalance un peu lascive, une démarche assez traînante accentueraient l’impression générale d’abandon sensuel ou d’étrangeté rêveuse sous-jacents, comme voilés.

En général, l’homme attache ici moins d’importance à l’habillement que le Sagittarien classique, surtout s’il est du premier type. Il lui arrive de ne pas être impeccable, ce qui lui est indifférent. Quand il s’adonne à la recherche vestimentaire – cas du second type —, il tend au négligé flou, à la couleur surprenante, à l’eau de toilette ensorcellante.

La femme rejoint l’homme par son goût du vêtement fluide, du déshabillé vaporeux, des couleurs inattendues et des parfums. Elle n’est faite ni pour le style garçonnier, ni pour le sport habillé, ni pour le classicisme « bon genre », et pas davantage pour l’exhibitionnisme. Ce qu’il lui faut c’est quelque chose qui, surtout dans l’intimité, suggère tout en laissant inachevé, accentue discrètement son côté sirène, son charme indéfinissable et troublant.

Avec ce douzième signe s’achève le parcours du Zodiaque. Fin d’un cycle, « orée d’une ère nouvelle », dit l’astrologie spiritualiste qui y voit « s’accomplir le retour de la substance vers l’essence ». On peut aussi le considérer symboliquement comme la fin d’une gestation commencée neuf mois plus tôt au Cancer et menant, le mois suivant, au Bélier, à la naissance d’un être humain. On peut aussi se borner à constater simplement que s’achève ici la première année de vie avec ses acquisitions et ses insuffisances, tandis qu’au Bélier va commencer, sans solution de continuité, un autre cycle destiné à poursuivre et compléter en partie le précédent.

Face au monde Virginien du visible, du rationnel, de l’infiniment petit défini et limité, le monde des Poissons est celui de l’invisible, de l’infra ou du suprarationnel, de l’infiniment grand, indéfini, illimité.

Ce signe, mutable, double, tend à diffuser en l’élargissant ce qui a été mis en mouvement au Capricorne et cristallisé au Verseau. Ce n’est plus le règne de la fraternité et de la solidarité universelles, c’est celui de l’oecuménisme, de l’accession au cosmique. du sentiment océanique cher à Romain Rolland, avec ce qu’ils impliquent de capacité de fusion de l’être dans le « Grand Tout », de sens du divin, mais aussi, toutes différences, barrières et contours abolis, d’indétermination, de globalité, voire de confusion. L’idéal de progrès, si cher au Verseau, se transforme en charité. Revue et corrigée par la sensibilité et peut-être une particulière réceptivité aux interdits, la notion de la faute y apparaît avec son corollaire de rédemption : le sens humanitaire tend à devenir ici communion des saints, oblation envers l’humanité souffrante.

Le signe des Poissons implique en même temps, de par l’élément Eau qui le constitue, une plasticité psychique exceptionnelle, une prédominance marquée de la réceptivité et de la passivité sur l’activité.

Il y a bien des façons de vivre semblables composantes, de la veulerie de l’inconsistant à la contemplation du mystique évolué.

Bien que le symbolisme du signe mette l’accent sur la spiritualité, celle-ci est loin de figurer toujours dans la réalité chez les sujets pourvus d’un Ascendant Poissons, fussent-ils sagittariens.

La complexité croissante de l’être et de ses manifestations à mesure qu’on avance dans le Zodiaque a déjà été signalée au Verseau. Ici, la coexistence chez un même individu de cette infinité de possibles que représentent les Poissons et de ce « multiple associant » qu’est le Sagittaire ne peut qu’élargir l’éventail des variantes psychologiques éventuelles au point de les fendre difficiles à cerner. Là plus encore qu’ailleurs, les autres composantes, surtout planétaires, sont déterminantes.

A l’Ascendant siège l’impressionnabilité; « tel qu’en lui-même » le sujet a tendance à s’imbiber littéralement de tout ce qui, de près ou de loin, l’entoure, espèce de protoplasme ou de nébuleuse qui se forme et se déforme au gré des courants et se dilate au maximum; là où est le Soleil, une un te Ne projette et se cherche, qui a bien du mal à se trouver à travers l’incessante et imitative reactivité propre au Sagittaire. La coexistence des deux signes ne fait donc que redoubler à deux niveaux différents une problématique commune : celle à la fois de l’accession à l’unité de l’ego et du dépassement-évasion hors des frontières de celui-ci.

Cette combinaison tend à rendre l’humeur et le comportement du sujet irréguliers; fougueux et indolent, entreprenant et craintif, rebelle et fuyant, tonique et déprimé, il apparaît difficilement saisissable à force de mobilité et déconcertant par ses contradictions.

Il est d’une sensibilité théoriquement si grande qu’on pourrait parler d’une véritable « inflation émotive » (A. Barbault). Vulnérable, il s’émeut devant toute marque de souffrance, de révolte, devant la plus légère injustice, ce d’autant plus qu’il possède une aptitude toute particulière à se mettre à la place des autres. De grands élans d’amour le portent vers son semblable en détresse, l’animent à son égard d’intentions plus généreuses qu’efficaces faute de réalisme et de persévérance.

Cependant, tous ces Sagittariens ne sont pas que des philantropes en mal d’oblation. Chez certains, la sensibilité peut s’atténuer ou même s’effacer (Lune ou Vénus mal situées ou aspectées) au profit d’une sensualité tout aussi diffuse et prégnante; elle peut aussi dériver dans des sublimations artistiques où elle trouve une forme d’expression très adaptée. Chez d’autres, en dépit d’attitudes plus ou moins superficielles et fugaces de sympathie, l’égoïsme, au fond, ne perd pas ses droits.

L’intelligence va comme partout ailleurs du plus au moins. Côté plus, elle se signale par sa souplesse et sa faculté d’assimiler rapidement. Plus réceptive que véritablement curieuse, elle ressent plus qu’elle ne cherche et ne comprend, elle embrasse plus qu’elle n’étreint véritablement à moins que, quelque part, Uranus ou Saturne ne l’y obligent, non sans difficulté. Logique, rigueur, sens critique ne sont pas ses qualités dominantes. C’est le triomphe du champ de conscience large, trop large même.

Chez les sujets doués, l’intuition commune aux deux signes peut faire merveille; capable d’accéder immédiatement non plus seulement au symbole mais au mythe, elle s’ébat en toute aisance dans l’analogie, les correspondances, l’inconscient collectif et, bien sûr, la poésie et le surréalisme. Chez les surdoués, appréhendant d’emblée ce que les autres ne soupçonnent même pas, elle est capable par éclairs de se faire inspirée, visionnaire, médiumnique.

A l’autre pôle, la nébulosité des Poissons s’ajoutant à la hâte Sagittarienne, la pensée reste touffue, imprécise et l’esprit brouillon. Les associations d’idées foisonnent, les confusions aussi, par inaptitude à percevoir les différences; c’est le règne du syncrétisme et de la mentalité magique.

La combinaison SagittairePoissons, jointe à cette qualité plus sensible que rationnelle de l’intelligence, favorise plus que toute autre l’éclosion du mysticisme, de qualité très variable évidemment; foi religieuse évoluée (plusieurs papes ou religieux éminents relèvent de cette signature); philosophies spiritualistes construites : attrait pour les doctrines fondées sur le dépassement ou l’anéantissement du Moi au profit de la contemplation, ou encore pour celles englobant les notions de faute, de rachat, de progrès et de cycles (réincarnation, métem psycose) : simple refuge dans l’ésotérisme « magique » ; esprit de superstition.

Signalons encore un mode très positif d’alliance entre la santé Sagittarienne et l’Ascendant Poissons : celui de la communion avec la nature.

C’est, pour un tel sujet, le moyen de se trouver tout en repoussant ses limites jusqu’à l’infini, de se recharger en captant par un incessant échange tout ce qui lui parvient du plus lointain des « grands espaces », en s’imprégnant tout à loisir du sentiment du divin; ne le dit-on pas, ce Sagittaire, panthéiste par excellence?

Dans la lutte pour la vie, un tel personnage se montre, si les traits sagittariens l’emportent, volontiers entreprenant. Mais voyant trop large et voulant aller trop vite, il échoue fréquemment par imprévoyance. Ses moyens ne sont pas toujours à la hauteur de son ambition qu’enflamme son imagination trop vaste. Si la composante Poissons est plus affirmée, le sujet peut ressentir un sentiment d’infériorité; il tend alors à compter davantage sur sa serviabilité et son dévouement que sur sa valeur pour être récompensé de ses talents; suggestible et vulnérable, il lui arrive de stagner en dessous de ses moyens.

La compétition le stimule rarement; peu volontariste, il ne cherche pas à s’imposer mais il sait être persuasif; il ne s’oppose pas non plus et dans la discussion les arguments ont peu de prise sur lui : il échappe. En revanche, il est doué pour l’opportunisme; par intuition plus que par calcul, il a le don de se trouver là où il faut, à point nommé. Une composante Jupiter-Neptune ne fait qu’accentuer cette particularité; c’est le type de l’homme d’affaires ou du boursier qui sur un « coup » ramasse une fortune considérable, laquelle s’évanouit aussitôt pour se reconstituer sur un deuxième coup, toujours risqué au flair.

Reste le problème majeur, évoqué plus haut : centrer le Moi quelque part, en unité, et en dépasser les limites.

Si l’unité ne se fait pas, le sujet demeure irrésolu, inachevé, inconsistant ; c’est une succession de « Moi » fragiles au gré d’identifications multiples et fugaces ; il y a une incapacité à choisir une voie parmi tous les possibles, à persévérer en cristallisant. Le caractère manquant de fermeté incline au laisser-aller, à la paresse, à l’abandon des responsabilités, au sens moral élastique. En dessous, la tonalité dépressive n’est pas rare.

Dans ces conditions, le dépassement des limites est plus que problématique, s’opérant en fait par une régression : chimères, utopies, divagations des « doux dingues », délire généralement mystico-ésotérique – ou bien encore fuite hors de soi-même et du monde dans l’alcool ou la drogue.

Lorsque des éléments de cohésion et de fermeté permettent l’unité et le dépassement, le sujet tend en général à donner à sa vie, même si elle demeure modeste ou obscure, un sens supérieur sous-tendu par une foi, une croyance, plus que par des principes. La notion de service ou de dévouement, le goût du sublime, un certain romantisme y sont généralement impliqués, que l’orientation soit philosophique, religieuse ou politique. Le domaine artistique demeure la sphère privilégiée, celle où toutes les qualités de l’intuition, de l’imagination et de la sensibilité ou de la sensualité sublimée trouvent leur plus bel épanouissement, tout en assurant comme la sublimation religieuse un dépassement adapté.

Envers ses amis, ce Sagittarien se révèle assez déconcertant. Bien que son accueil soit toujours cordial, son hospitalité généreuse et franche, on éprouve parfois à son contact un sentiment indéfinissable : imprécision, incertitude, qui n’est pas de la méfiance mais qui laisse dans l’expectative ; on sent, et pour cause, qu’on ne le capte pas.

A l’usage, ses qualités et ses défauts se précisent; jamais importun, tyrannique ou mesquin, toujours indulgent, compatissant et secourable, capable de générosités inattendues, il a, à certaines heures, des élans de dévouement qui frôlent le sacrifice mais qui le plus souvent se reprennent, en silence. Il suggère, projette, envisage, donne à croire ceci ou cela, sans que ce soit d’ailleurs absolument net, mais quelques jours plus tard et sur le même sujet, il se montre évasif, dilatoire, glissant. On se perd en conjectures sur les motifs de ce revirement. Inutile de lui demander des explications : il biaise, et si on insiste il se dérobe tout à fait, mécontent; il n’aime pas le face-à-face au fond des yeux et déteste les éclats.

Cette mouvance et ce côté fuyant, l’empêchant d’apparaître comme tout à fait fiable et sûr aux yeux de certains, le conduisent assez fréquemment à des amitiés plus renouvelées que durables. Lui conserver son amitié, c’est comprendre qu’en réalité, dans l’élan comme dans le revirement, il est sincère, que ses attitudes ne sont pas préméditées, qu’il n’y entre aucune intention de méchanceté mais pas mal d’inconscience, et que le plus souvent il ne sait pas lui-même pourquoi il a changé; c’est aussi admettre qu’avec lui on est amené certains jours à naviguer plus ou moins entre deux eaux.

Ses tendances amoureuses sont tout aussi difficiles à étiqueter; tout est possible dans ce mélange différemment dosé de goût de l’aventure et de la passion noble, de sentimentalité, de sensualité et de mysticisme, d’amoralité possible et de charité.

On peut rencontrer, essentiellement chez le jupitérien paisible, l’homme (ou la femme) adapté; c’est alors le type même du conjoint facile à vivre, tolérant et conciliant, aimant ses enfants qu’il élève sainement, conscient de ses responsabilités et ne les éludant pas. Deux conditions toutefois : éviter de l’ennuyer avec les tracas domestiques qui le lassent très vite; lui laisser la possibilité de s’évader ici où là hors du quotidien et de l’entourage. Sinon, il ne tarde pas à vivre l’amour ou le mariage comme une prison et à vouloir s’en échapper, ce d’autant plus que l’élément Sagittarien, en lui, a besoin de renouveau affectif.

On rencontre aussi des romantiques d’autant plus amoureux que l’élu (e) est parfaitement inaccessible; des rêveurs, sentimentaux un peu timides; des instables prêts à céder à tous les vertiges de l’émotion ou de la sensation vécus un peu comme des équivalents de drogues : don juans, au charme subtilement flou à la recherche de voluptés extatiques, attirés par le lointain, l’étrange, le trouble, ou femmes errant d’aventures en aventures et toujours déçues ; des hésitants naviguant là aussi entre deux eaux, qui traînent un peu lâchement une liaison dont ils sont fatigués à cause d’un nouvel amour plus stimulant ; des dévoués un peu ambigus, un peu masochistes, qui choisissent un partenaire (malade, infortuné, victime) à réparer ou rédempter, non sans que l’élément Sagittarien éprouve à certains moments le désir de se libérer ; des accomplis enfin qui, ayant réussi à transcender leurs errances, sont capables de vivre une authentique communion avec l’autre dans la richesse d’un amour partagé, complet, noble.

CAPRICORNE

Selon l’heure à laquelle on naît, on se retrouve doté d’un Ascendant différent. Le Soleil, lui, entre le 22 décembre et le 21 janvier, en moyenne, occupe la portion du Zodiaque qu’on a baptisée du nom du Capricorne.

Le point ascendant représente cette zone de l’écliptique où se lève le Soleil, par rapport au point que celui-ci occupe dans le ciel. Ainsi, celui qui naît, en janvier, à l’heure où le Soleil se lève à l’horizon, sera à la fois Capricorne par son signe solaire et Capricorne par son signe ascendant. S’il naît au moment où le Soleil se couche, l’Ascendant occupera le signe opposé, c’est-à-dire le Cancer, etc.

Grande aiguille de la pendule, l’Ascendant s’oppose au Soleil, petite aiguille qui indique l’heure « en gros », sans la nuance des minutes.

Ainsi l’Ascendant va permettre de jouer avec les combinaisons des douze signes du Zodiaque et du Soleil en Capricorne. Nous aurons donc douze Capricorne différents, douze Capricorne issus d’une race unique mais métissés par les autres signes.

Aussi importants l’un que l’autre, le signe solaire doublé du signe ascendant permettront, ensemble, de définir un peu plus subtilement le caractère du natif. Bien entendu, les planètes qui jouxtent l’Ascendant ou occupent la première Maison de l’horoscope modifieront encore le paysage intérieur. Certains disent qu’on est, en vieillissant, plus proche de son signe ascendant; d’autres soutiennent l’inverse. Pour ma part, je penche davantage pour l’hypothèse du signe solaire qu’on rejoint de plus en plus. Mais il n’y a pas de loi fixe. Comme chez un métis, on verra parfois dominer l’origine maternelle et chez un autre les traits du père. Il semble aussi que certains, d’emblée, vivent intensément leur signe solaire et d’autres leur signe ascendant, que certains évoluent de l’un vers l’autre et d’autres non.

Pour interpréter, c’est affaire de doigté, d’intuition, et d’expérience.

Capricorne Ascendant Bélier

Peut-on imaginer deux natures plus contraires, deux rythmes plus opposés? D’un côté, la secondarité la plus extrême, de l’autre la primarité la plus absolue. On perçoit ici cependant des complicités plus subtiles, au-delà des oppositions, car ces deux signes ont en commun d’appartenir au- règne des « cardinaux », (la force et la prudence), c’est-à-dire des signes marqués par un rapport à l’exigence, à l’essentiel, à la spontanéité, à la franchise. Ici s’allient la spontanéité de la volonté – ou de l’action – à celle de la réflexion, du naturel, de l’authenticité.

Le CapricorneBélier avance sur deux tempos différents. A l’extérieur, le Bélier change vite, évolue, manifeste sa violence et sans doute permet-il au Capricorne d’extérioriser davantage ses passions, de les réchauffer, d’agir plus vite, de bousculer davantage et de se bousculer lui-même. En revanche, le Capricorne met dans la tête du Bélier les grains d’ellébore qui lui sont fort utiles, tout en favorisant une prise de distance, une analyse plus fine des sentiments eux-mêmes, au point parfois de provoquer, de déranger, de bousculer les autres. Car les points de rencontre des deux signes se font sur la franchise, le goût de la vérité, les défis. Plus de brutalité, sans doute, et moins de misanthropie.

Pour l’action, cette combinaison peut être des plus heureuses, le Bélier poussant le Capricorne, le Capricorne canalisant l’énergie du Bélier. L’un décide vite, l’autre mène à bien. L’un commence, l’autre achève. La force, ici, ne manque pas. Ni la force de caractère, ni la force tout court. Moins prudent que le pur Capricorne, le CapricorneBélier sait quand même calculer ses risques. Ici, le Capricorne retient un peu la fougue du Bélier. Le « vieillard » saturnien peut se régénérer auprès du juvénile Bélier. Mais il ne faut pas l’oublier, le maître du Bélier, Mars, est en « exaltation » dans le Capricorne et on peut deviner dans cette association une authentique puissance.

En amour, la passion refoulée et maîtrisée du Capricorne peut se vivre dans un plus facile dévoilement, un plus grand mépris des conventions. La revendication du bonheur sera moins culpabilisée. Disons qu’il y a moins de haine de soi…

La force de s’opposer aux obstacles, aux contraintes, le courage de se battre en brandissant sa grande épée, sont là. En évidence. Mais si le CapricorneBélier cède moins volontiers qu’un autre à la tentation « alcestueuse », il aura parfois des jugements à l’emporte-pièce, des condamnations sans appel, au nom d’une vérité et d’une conviction que l’un et l’autre veulent absolues. Disons aussi que le CapricorneBélier doutera moins qu’un autre. Le Capricorne retiendra-t-il les élans du Bélier? Rien n’est moins sûr, car il sera trop heureux de trouver en lui-même ce moteur dynamique qui accélère son rythme propre et renforce sa confiance. Je dirais que, dans cette association, le Capricorne gagne en courage, en jeunesse, en générosité « active », en dévouement et qu’il perd en diplomatie, en sagesse et en tempérance.

Physiquement, on assistera souvent à de violents et brusques épuisements et à des remontées spectaculaires. Avec une tendance à en faire trop, à dépasser parfois les limites de ses forces.

Capricorne Ascendant Taureau

Deux signes de Terre, deux signes lents, conscients de leur pesanteur mais harmoniques dans leur interrelation, complices dans les zones les plus profondes, entremêlant leurs racines. Le Taureau, ici, par ses valeurs vénusiennes, égaie le Capricorne, accentue son charme, son aspect calme et posé. Sa force aussi. Car cette combinaison terrienne possède en elle-même une grande puissance, une sorte de foi païenne qui donne le pouvoir de soulever des montagnes.

L’intériorité est grande. Aimable, mais ne se livrant pas, il ne va pas au-devant des confidences et pourtant les attire, parce qu’il rassure. On lui fait confiance. On lui fait crédit. S’il prétend savoir, on le croit.

Parfois, l’association jouera dans le sens des valeurs terriennes, jusqu’à l’excès : possessivité, thésaurisation, méfiance, extrême prudence, tout cela pouvant d’ailleurs favoriser la lente élaboration de la fortune. Si certaines valeurs du thème sont mises en relief, on aura affaire à un avare dévoré d’égoïsme, ne croyant qu’aux investissements terriens, gérant son bien, son cœur et son énergie avec le même esprit d’économie, s’enfermant, avec l’âge, dans une retraite campagnarde très confortable mais sans beaucoup de contacts, sans beaucoup de joies, si ce n’est celles, réelles et profondes, d’un authentique accord avec la nature. Si les valeurs altruistes l’emportent, on a affaire à un sage, gérant ses biens de façon avisée, consacrant sa vie au labeur, à la science, confiant en sa stabilité, en son honnêteté, en sa conscience professionnelle qui lui vaut l’estime de tous. On lui demande beaucoup et il donne à bon escient.

En amour, sa vie est rarement très heureuse. Sauf s’il se marie jeune avec quelqu’un qu’il connaît bien et qu’il estime plus encore qu’il ne l’aime, qu’il construise avec lui, mette toute sa patience et sa ténacité dans la construction de cet édifice quotidien qu’il voudra solide et durable, avec une famille, des enfants, de la terre. Ou bien, il se laisse – elle, surtout – épuiser par ceux qui lui prennent plus qu’ils ne donnent. Elle deviendra une image de mère nourricière, mère-infirmière, mère-enseignante. Le jour venu, cela lui vaudra beaucoup de solitude. Lui, peut se laisser dévorer par le travail au détriment du reste et ne pas savoir exprimer sa frustration. A ces CapricorneTaureau, il faut une nourriture sensuelle riche et renouvelée. Ce sont deux signes d’avidité, deux signes d’oralité, à peu près insatiables, ce qui les expose perpétuellement à des frustrations, le Capricorne empêchant le Taureau, de par son exigence, de n’en faire qu’à sa tête… ou qu’à son corps. Le mélange, somme toute, est fidèle, pour peu que le temps lui manque et qu’il tienne à l’autre.

Physiquement, la combinaison est solide, robuste, avec une tendance à ignorer que le surmenage a des limites.

Capricorne Ascendant Gémeaux

L’association tend ici à cérébraliser le Capricorne mais elle est difficile. L’un se refuse à toute attitude ludique, l’autre ne survit que par le jeu. L’un s’accroche à une forte identité qu’il construit patiemment en tendant vers un but unique, l’autre court après une identité morcelée, dispersée, instable et qu’il se refuse précisément à figer ou à enfermer. Bien vécue, toutefois, l’association est très complémentaire. Le vieillard capricornien est ici rajeuni, rafraîchi par l’adolescent Gémeaux. L’un pense de façon forte, construite et structurée, l’autre pense vite et plusieurs choses à la fois. La souplesse du Gémeaux, sa mobilité, vont contraindre le Capricorne à bouger. Le Capricorne donne du sérieux, de la gravité, de la conscience au Gémeaux qui cultiverait volontiers l’irresponsabilité, le cynisme et l’opportunisme. Ils peuvent, certes, se brouiller de temps en temps l’un avec l’autre mais leur alliance va dans le sens de l’intelligence et de la lucidité. Je ne puis m’empêcher ici de penser à Kepler – dont nous reparlerons plus longuement —, et à sa définition de lui-même : « Il y avait dans cet homme deux tendances contraires : toujours regretter le temps perdu et le perdre toujours volontiers. Car Mercure incline aux amusements, jeux et autres menus plaisirs […]. Comme sa prudence en matière d’argent le tenait éloigné du jeu, il jouait souvent tout seul. » Voilà bien la contradiction CapricorneGémeaux, le refus du gaspillage et la tentation de la gratuité, la prudence saturnienne qui ramène le jeu à une équation solitaire.

Il ne faut pas s’attendre à ce que le CapricorneGémeaux fasse beaucoup de « cadeaux » à ceux qui l’entourent. Il y a là une certaine franchise provocatrice, voire un peu sadique, où on ne s’épargne pas soi-même. La lucidité peut même devenir ici coquetterie intellectuelle. Parfois, plus simplement, les deux signes peuvent s’allier pour accroître le sens de l’observation, le talent d’écriture, l’acuité du jugement. Association du brio et de la profondeur, de la logique rigoureuse et de la réflexion intuitive.

En amour, le Capricorne gagnera ici du confort affectif en y perdant un peu de passion. Trop lucide pour se faire l’ombre d’une illusion mais prêt à jouer l’instant… en le faisant durer, finalement, plus qu’il ne s’en serait cru capable. Mais il peut aussi vivre la contradiction réunissant dans le même cœur Alceste et Célimène. Cela peut déboucher sur des compromis, des zones de longue fidélité entrecoupées d’incartades sans lendemain.

Le Capricorne l’emporte quand même ici, car il est simplement plus lucide sur l’aspect absurde de ses besoins et de ses manques, prêt à se fâcher contre lui-même mais aussi plus adaptable, moins « tragique », plus sensible au dérisoire et plus riche en humour. Avec, cependant, plus de fragilité nerveuse, un moins bon contrôle de ses émotions ou de ses réactions.

Physiquement, le CapricorneGémeaux risque de s’épuiser plus vite qu’un autre. Il lui faut plus de changements, de mobilité… et mieux connaître ses propres limites. On trouve souvent ici des rhumatismes au niveau des membres supérieurs, parfois de l’asthme ou des allergies respiratoires.

Avec une bonne hygiène de vie et pas trop d’agitation noctambule, le CapricorneGémeaux doit bien se porter. S’il y a maladie, il faut s’interroger sur son origine psychosomatique.

Capricorne Ascendant Cancer

Deux signes opposés. Mais aussi deux signes complémentaires. Chacun représentant la « nuit » de l’autre. Le Cancer apporte au Capricorne une tendresse plus spontanée, moins 134 Combinaison du Signe avec les Ascendants contrôlée. Si les deux signes se vivent bien ensemble, ils vont produire une harmonie, un équilibre entre ce qu’il y a de responsable et d’adulte chez le Capricorne et ce qu’il y a d’innocent, d’enfantin chez le Cancer, plein de poésie et de fraîcheur d’âme. On y trouve aussi plus d’imagination et de liberté d’expression. Mais s’ils se vivent dans la contradiction, on assistera à des passages de l’un à l’autre, aussi imprévisibles que déconcertants, à des accès de tendresse et de passion suivis de brusques replis sur soi et de mouvements de pudeur. On y verra des gestes maternels mais avec un désir évident de contrôler l’autre. Parfois le CapricorneCancer fera l’aveu d’un besoin de protection, d’un désir de prise en charge puis, soudain, il prendra la situation en main et assumera toutes les responsabilités. Il voudra se rendre indispensable et aura parfois envie de se décharger de tout sur les autres. L’ensemble donnera beaucoup d’attachement à la maison, au cadre de vie, renforcera l’aspect nourricier, le plaisir d’accueillir, de mettre à l’aise (alors même que le côté Capricorne sera parfois ressenti comme distant). Parfois le « don d’intimité » du Cancer l’emportera sur la froideur apparente du Capricorne.

Beaucoup de franchise et peu de diplomatie, dans la mesure où le besoin de vérité se fait intensément sentir. Une tendance à régenter, à organiser la vie des autres. Parfois aussi on rencontrera – mais plus subtilement que chez le pur cancérien – la tendance au chantage affectif.

Les deux signes appartiennent à un axe d’hypocondrie avec ce que cela suppose de dépendance et de masochisme. Bien vécus, on verra le sujet s’intéresser à la santé des autres, à leur équilibre physique et psychique. Mal vécus, ces deux signes réuniront toutes les craintes de la mort, de la maladie et toutes les formes de la régression.

Car c’est là la tentation fondamentale du Cancer : revenir dans le giron maternel, se faire prendre en charge, alors que le Capricorne condamnera cette attitude, marquera sa volonté d’un passage à l’état adulte. Sauf en cas de dépression. Plus qu’ailleurs, on verra ici s’amoindrir l’angoisse en s’occupant des autres pour échapper au désir d’être protégé. Le Cancer accepte sa faiblesse, ses besoins affectifs. Le Capricorne souhaite les dépasser, sinon les éliminer. La passion se vivra alors tour à tour sur le mode masochiste, avec de brusques distances, des éclairs de lucidité qui d’un seul coup cassent le miracle fusionnel tant désiré.

Beaucoup de nostalgie, un fond de tristesse. Toujours le rêve d’un paradis perdu, de cette sécurité maternelle perpétuellement regrettée (on retrouvera cela chez le CapricorneAscendant Capricorne avec plus de lucidité et de plus efficaces systèmes d’auto-sabotage). La répression cancérienne s’ajoutant à la frustration capricornienne peut parfois aboutir ici à la mélancolie.

Capricorne Ascendant Lion

Là encore, étrange et déconcertante alliance. Le narcissisme du Lion aidera sans doute le Capricorne à mieux s’accepter. A tenter, du moins, d’affirmer sa supériorité sur les autres. Alliance de deux orgueils d’essence différente, qui rendent l’échec intolérable. La « barre » est haut placée, presque impossible à franchir, au risque de ne rien tenter du tout ou de se leurrer sur ses vrais désirs : l’orgueil du Capricorne, s’asphyxiant dans l’air raréfié des cimes; l’orgueil du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au sur ses vrais désirs : l’orgueil du Capricorne, s’asphyxiant dans l’air raréfié des cimes; l’orgueil du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au du Lion qui a besoin de régner, d’imposer sa volonté et sa loi. Lorsque le tandem accède au sommet, le Capricorne, pourtant, ne peut s’empêcher de douter qu’il soit bien, lui, l’objet de tant d’honneurs et de tant d’attentions. Il se rassurera en affirmant que tout est bien ainsi et que c’est à son seul mérite qu’il doit l’admiration qu’on lui témoigne : à la fois plus conscient qu’un autre de ses vertus et plus prompt à les nier, ne serait-ce que pour mieux entendre le doux bruit de la louange. L’humour ne perd pas ses droits; on peut quand même rire sous cape.

Comme il est honnête, il « travaille comme un fou » pour être à la hauteur de sa réputation. Il ne cachera pas son ambition dévorante. Il affirmera bien haut qu’il vaut mieux s’attaquer à la Neuvième Symphonie qu’au dernier « tube » de l’été. Il ne redoutera pas la gloire, mais supportera fort mal de tomber de son piédestal et aura alors tendance à ressasser ses souvenirs, à évoquer sans cesse le temps heureux de ses lauriers.

Son éthique est rigoureuse.

On peut compter sur sa parole, sur son engagement. S’il est plus narcissique qu’un autre Capricorne, il l’est néanmoins beaucoup moins qu’un Lion et le besoin qu’il a d’une image de soi supérieure le conduira à tout faire pour mériter l’estime et la confiance des autres. Il travaillera d’arrache-pied, avec une puissance peu commune. Il assumera les des autres. Il travaillera d’arrache-pied, avec une puissance peu commune. Il assumera les responsabilités et la gloire à laquelle il accède parfois, lorsqu’il a atteint le pouvoir recherché, car il en a le goût. Il sait que nul autre que lui ne peut mener à bien la tâche qu’il s’est assignée. car il en a le goût. Il sait que nul autre que lui ne peut mener à bien la tâche qu’il s’est assignée.

S’il rencontre un jour l’échec, le CapricorneLion donnera le navrant spectacle de celui qui continue à nourrir chimères et regrets; il refusera souvent de prendre conscience de ses erreurs et s’abritera derrière un bouc émissaire, qu’il lui donne un nom et un visage ou qu’il s’en prenne à la fatalité. Il refuse aussi, souvent, d’admettre qu’on ne peut à la fois être et avoir été. C’est lui, sans doute, qui a le plus de mal à renoncer. Mais si son courage et son énergie demeurent intacts, il est capable de remonter toutes les pentes.

Il peut aussi conserver et faire partager une image de lui-même que le temps ne flétrit pas – je pense à Marlène Dietrich —, ou poser les fondations de son oeuvre de telle sorte que celle-ci lui survive – ce sera peut-être le cas de Maurice Béjart.

En amour, la lutte est âpre entre la culpabilité qu’il ressent à revendiquer une attention permanente de l’autre et le besoin d’être reconnu là où, profondément, il croit mériter l’estime, l’affection, le dévouement. Ces deux signes ensemble promettent force, énergie, courage, vitalité.

Le système cardio-vasculaire exige cependant une surveillance, à cause de la prédisposition naturelle du Lion aux troubles cardiaques et de la tendance du Capricorne à l’artériosclérose.

Capricorne Ascendant Vierge

Deux signes qui font alliance dans le sens de l’intériorisation, du doute de soi, du besoin de sécurité affective aussi bien que matérielle, et de l’intelligence analytique. Mais aussi deux signes capables de transcender leurs besoins, de se dépouiller des oripeaux de l’artifice. Ils peuvent se vivre sur, deux modes radicalement différents, à partir de la même composante : ou bien l’être s’enferme, se replie sur lui-même, se rétrécit, se cache, ne surmonte pas ses inhibitions, s’englue dans la peur et se surprotège contre le risque. Il s’enlise alors dans l’égoïsme, sans rien pouvoir donner aux autres tant il redoute qu’on lui prenne quoi que ce soit. Ou bien alors il prend de bonne heure conscience de cette menace qui peut l’enfermer à jamais et il tend la main vers les autres, il prend la parole, tente de se faire entendre et reconnaître, passe à l’altruisme et au dévouement le plus remarquable.

Deux signes consciencieux, soucieux de l’opinion des autres mais plus sévères encore envers eux-mêmes qu’avec autrui. Plus misanthropes aussi (les hommes surtout), plus sceptiques et vulnérables à la fois, partagés entre le désir de se constituer un univers immuable et sûr et celui d’échapper à leur prison, éventuellement en se mettant eux-mêmes en péril. Comme si cette alliance des deux signes les plus raisonnables, les plus sages du Zodiaque, incitait – pour pouvoir au moins s’entendre exister – à courir au-devant de quelques folies, à frôler la démesure, à se mettre en danger. Mais, en amour, rares seront ceux qui se sentiront compris, qu’on aidera à sortir de leur coquille, qu’on violera, selon leur désir et leur terreur. Pourtant, quelle reconnaissance à l’égard de ceux qui sauront deviner leur secrète aspiration : qu’on les aide à sortir d’eux-mêmes, qu’on aille au-devant d’eux alors qu’eux-mêmes ne peuvent faire un pas, qu’on les fasse rire, qu’on les délivre!

Parfois, ce misanthrope choisira le couvent ou l’exil. Ou encore le plus réel désintéressement, le plus vigilant altruisme. Excellente structure, par exemple, pour le médecin qui passera ses nuits au chevet de ses malades, tentant de se réconcilier un peu avec cette image de lui-même qui lui déplaît grâce au sentiment d’être utile. Ou bien encore, sa nature Vierge se mettra efficacement au service de l’ambition capricornienne, en lui apportant toutes ses qualités de conscience, voire de perfectionnisme, de rigueur, de précision, d’ordre, d’honnêteté. Il ne sera jamais très indulgent pour les faiblesses humaines. Pas plus pour les siennes que celles des autres. Il ne sera jamais complaisant envers personne. S’il a du génie, si quelque Neptune visionnaire le visite, il dénoncera la « comédie humaine », jouant du scalpel avec la précision du chirurgien qui ne laisse rien au hasard. Plus que d’un autre Capricorne, on peut dire de lui qu’il lutte toute sa vie pour se trouver une foi qui l’aide à survivre, lui qui jamais ne parvient à se faire d’illusions. Mais plus qu’un autre aussi, il devra lutter contre des blocages essentiels. Il ne peut y parvenir que par l’intelligence et la lucidité.

Ses faiblesses physiologiques sont d’ordre digestif mais il a de la discipline et apprend généralement à se bien nourrir et sait éviter les excès.

Capricorne Ascendant Balance

Le voilà bien, le plus écorché vif de tous, le plus vulnérable, le moins cuirassé. Lucide par le Capricorne mais romantique par la Balance, il ne se résignera jamais à être un mal aimé. Ses frustrations resurgissent à chaque instant, devant le moindre rejet, le moindre abandon. Lâche devant les affrontements qu’il supporte mal, il se punira sans cesse de ses hésitations et de ses atermoiements. Il a si peur de déplaire qu’il se surprend sans cesse en flagrant délit de compromissions, lui qui les condamne volontiers. Afin d’être aimé, il se mettra en quatre pour les autres, ne saura jamais dire « non », mais souffrira de ne jamais recevoir ce qu’il attend : c’est-à-dire d’être reconnu là où il sait exister, avec cette sensibilité vibrante qui est la sienne. Il possède plus qu’un autre cette nature hypersensible et passionnée qui tente de se contrôler, qui fait appel à l’orgueil pour le protéger contre ses propres faiblesses.

Les deux signes appartiennent pourtant au règne des cardinaux. Ils se rejoignent dans une intransigeance qui surprend. Un souci de justice, un attachement à l’équité les rendront exigeants pour ceux qu’ils aiment, bien plus que pour le « troupeau » des indifférents. Comme si cela aidait à exiger de soi-même davantage, comme si cela protégeait un peu contre ses propres manques.

Souvent, il a des dons artistiques; la sensibilité alors s’épanouit et le Moi s’affermit, permettant parfois de manifester beaucoup de force dans l’adversité. Mais on peut trouver aussi dans cette structure le courtisan, le diplomate, celui qui met son savoir-faire et son doigté au service de sa vie sociale, parfois même de ses affaires.

S’il a du mal à se faire reconnaître dans ses aspirations sentimentales, au moins il sera soutenu dans ses ambitions et admis dans la société dont il a accepté les règles du jeu. Mais il est rare qu’il se défende bien lorsqu’il est attaqué de front. Il n’y parviendra qu’en louvoyant, en gagnant du temps, en usant de son charme, recherchant des alliances et les exploitant.

Bien des choses vont dépendre des événements qui marqueront sa jeunesse. Protégé, il apprendra facilement à « tirer les ficelles », à manipuler les autres pour satisfaire son confort. Traumatisé, blessé dans ses affections premières, il mobilisera plus souvent son énergie pour colmater les brèches tant bien que mal.

Dans l’ensemble, les CapricorneBalance passent pour avoir beaucoup de charme; l’un cherchera surtout à séduire, l’autre à se faire aimer. Ils touchent par ce mélange de pudeur et de passion, de lucidité et d’aspiration à l’amour absolu. Si on les apprivoise, si on les devine, si on les comprend, on ne tarde pas à les aimer. Mais on ne le leur dira jamais assez, peut-être parce qu’ils interdiront le mot d’un regard, par peur de l’émotion dévastatrice que l’on risque alors de soulever en eux. Ils minimiseront toujours un peu ce qu’ils ressentent, de crainte de se prendre eux-mêmes au sérieux.

Sur le plan pathologique, attention aux calculs rénaux, aux coliques néphrétiques, aux lithiases rénales et aux ennuis de vessie.

Capricorne Ascendant Scorpion

L’une des plus intéressantes structures, comme son inverse (ScorpionCapricorne), parce qu’elle permet au Capricorne d’extérioriser sa violence, d’exprimer son intensité, de laisser parler le feu du volcan, d’aller jusqu’au bout de ce qui le mène : la passion de la vérité et de l’absolu, le besoin de se dépasser soi-même. Le CapricorneScorpion a plus de courage que les autres pour dire, pour faire face, pour endurer. Il est plus intransigeant encore que les autres. Son caractère ne passe jamais pour facile. Il s’acharne parfois contre ses ennemis au-delà de ce qu’ils méritent. Il ne craint pas de les « tuer » par la dérision ou le ridicule (Léautaud). Il a moins que d’autres besoin de séduire et de plaire. Il ira même au-devant de l’inimitié, trouvant dans l’hostilité des autres une secrète nourriture à son orgueil, une jouissance auto-sadique très subtile. Sans complaisance envers lui-même, il se reconnaît néanmoins une vertu : celle qui le pousse à contraindre les hommes à se voir tels qu’ils sont. Il dénonce les illusions et les faiblesses des autres, mais n’a aucune indulgence pour les siennes. Il ne supporte aucun mensonge, sauf si cela sert son besoin de pouvoir et s’il assume un certain machiavélisme. Il ricane parfois, caustique, ironique. S’il y a derrière tout cela la souffrance et l’obsédante présence de la mort et de la destruction, la conscience aiguillonnante du néant à venir (Edgar Poe), jamais il ne geint. C’est la révolte ou le mépris, plus souvent encore la solitude des orgueilleux, le sens du tragique, l’auto-sadisme. Jamais satisfait de lui-même, il est capable, comme Cézanne, de détruire ses propres oeuvres parce qu’il a le sentiment de ne jamais atteindre à ce qu’il veut avec tant de volonté et de patience. C’est un acharné. S’il cesse de se battre, il sait bien que c’est la mort. Il possède une réserve d’énergie extraordinaire. Énergie psychique, énergie physique. Énergie qui s’alimente de sa propre insatisfaction. Ne jamais se contenter de l’acquis, ne jamais rien accepter, se révolter et savoir que cette révolte ne sert à rien, tel est le combat de cet Alceste plus véhément ou plus sauvage que les autres.

Désabusé? Blasé? Je ne le pense pas. Car c’est un lutteur qui n’abandonne jamais le combat même s’il sait que la mort en est l’issue. Et il a de la patience; il se donne du temps. Ce qui lui importe c’est le cri, la protestation qu’il lance contre le ciel parce qu’il se sait condamné – ou damné —, ou floué dès le départ.

On ne l’aime guère. Même si parfois il séduit ou fascine, il inquiète et dérange. On le craint parce qu’il a la dent dure et le regard aigu. On ne peut l’acheter et il se moque de déplaire. Du moins a-t-il un jour décidé de s’offrir ce luxe. Trop verts, les raisins? Peut-être bien; mais certains êtres n’ont pas l’échine souple.

En amour, bien sûr, on voit mal comment le bonheur pourrait aisément pousser sur ce terrain aride, et qui pourrait supporter cette hautaine exigence. Il peut alors choisir d’être seul, d’aimer les chats plus que les humains ou de tromper ses frustrations avec des passions moins humaines : l’art, la religion, la philosophie… Ou choisir le chemin inverse et plonger dans le mal. Derrière tout cela, certes, on retrouve le même aveu de faiblesse, avec la blessure que rien ne peut refermer – jamais. La force, précisément, consiste à la transcender, à l’utiliser à bon escient.

Le CapricorneScorpion est solide comme un roc, malgré toute l’énergie qu’il peut mettre à flirter avec la mort et la destruction. Lorsqu’il s’en approche (car parfois il va très loin dans la somatisation), un puissant instinct de conservation le remet debout. Qu’il le veuille ou non.

Capricorne Ascendant Sagittaire

Peut-être celui de tous qui a la plus puissante revendication vitale (sauf, comme chez Drieu La Rochelle, si d’autres valeurs viennent tout faire exploser). Un côté brut dans la parole comme dans le geste, mais sans agressivité réelle. Un besoin, d’abord, de laisser la force s’exprimer, sortir de soi; la tendresse, on l’exprime souvent comme ça, à travers des élans très physiques, par pudeur et aussi par impudeur parce qu’il y a une force qui sort du plus profond de soi-même.

Gérard Depardieu, CapricorneSagittaire, a confessé dans Match cette violence de « fauve ». Il ne se vante pas des coups qu’il a faits, de sa jeunesse tumultueuse. Il s’exprime avec sincérité, presque avec objectivité : « J’ai été réformé à l’armée pour hyperémotivité pathologique. Parce que je ne parlais pas. Pas du tout. Je beuglais. » La sentimentalité est derrière, à peine cachée, juste un peu, par l’humour et la distance. Il parle d’un copain qui s’est tué en bagnole : « J’ai été secoué mais j’ai pas pleuré. Je pleure rarement. Des fois, j’ai pleuré sur moi, au temps du stop, quand j’étais sur la route tout seul ! La fièvre, la solitude, l’ennui quand arrive le soir, la nuit, entre chien et loup. Là, on se dit : « Tiens, merde, encore une nuit et il commence à pleuvoir. » Alors je pleurais un coup. Ça fait du bien… Se prendre un moment pour Cendrillon. »

Peut-être le CapricorneSagittaire supporte-t-il plus mal que les autres les frustrations auxquelles il se heurte parce qu’il a plus qu’un autre sinon le goût du moins un certain instinct du bonheur, de la vie, du plaisir, de la jouissance, et que son émotivité est très intense, parfois dévastatrice. Il a horreur de la tiédeur des sentiments pasteurisés qu’on lui propose. Alors, il a envie de « cogner ». C’est son réflexe le plus sain. S’il se contrôle trop bien, il ne peut pas « cogner » sur les autres, et alors la tentation de cogner sur lui-même déferle sur lui comme une pluie d’orage. C’est un passionné séduit par l’anarchie, avec la vision romanesque qu’il en a.

Le feu Sagittarien qui réchauffe le Capricorne ne peut être entretenu que par des bûches affectives et c’est là sa faiblesse.

Habituellement plus chaleureux que le Capricorne pur, il inspire confiance et on va vers lui. On s’en remet à lui. Alors, il prend en charge, trop heureux d’exister pour quelqu’un. La dualité est forte entre le Sagittaire mobile, aventureux, voyageur, répétant le « on n’est bien qu’ailleurs » du Sagittaire Paul Éluard, et le Capricorne enraciné, monolithique, prudent et pétrifié. Si on l’entraîne, il suit, trop heureux d’avoir été délogé de sa tanière. Mais si personne ne vient le chercher, il a du mal à bouger. Parfois, si le Sagittaire s’emballe, se sent prêt à faire le grand saut, à commettre enfin la folie libératrice, le Capricorne lui impose de rester tranquillement au chaud et lui déconseille tant d’agitation.

Cette dualité, je la ressens très fort. Je me plains de l’émotivité que m’a donnée le Sagittaire et de la lenteur de mon Capricorne à la maîtriser. Le sentiment, toujours, que les blessures s’accumulent, que les cicatrices se rouvrent toutes ensemble, et même les plus anciennes, chaque fois qu’un nouveau coup nous transperce. Et cette horreur de la vulnérabilité qu’il faut alors admettre. Et la joie de savoir à travers cette souffrance qu’on est un être vivant. C’est la passion, et elle seule, qui maintient en vie. Mais comme le renoncement, alors, est difficile! Il faut donc se résigner à trouver des raisons de vivre dans la création, le coup de poing, l’aventure, hors de soi. Longue conquête pour qui a envie d’exiger le bonheur comme un dû. O nostalgie des Tarzan, des Zorba, des grands pumas sauvages qui accueilleraient tous les élans, qui délivreraient des chaînes de la raison!

Le Capricorne Ascendant Sagittaire a quelque chose d’un Pygmalion (ou d’une Pygmalionne) : aider son prochain, satisfaire son côté missionnaire, être aimé à tout prix, fût-ce à celui que dans son orgueil on trouve bien trop élevé. Ou viser plus haut, au-delà de soi-même, quand le Capricorne ne retient pas trop le bras de l’archer-Centaure prêt à lancer sa flèche. Difficulté à se trouver des motivations pour aller de l’avant si la foi disparaît. Il y faut une force supérieure qui vous tire. Ainsi Jeanne d’Arc, à laquelle on peut imaginer un Ascendant Bélier ou Sagittaire.

Pour certains encore, ce sera l’ambition, ou un but qui fait croire à une contribution quelconque au bien commun.

Le Sagittaire compense-t-il les frustrations du Capricorne? Dans la mesure où il le rend moins misanthrope, plus optimiste, plus confiant, sans doute. Mais l’émotivité est là, toujours, comme un piège tendu. Et si la vie se refuse, si la confiance en l’avenir disparaît, reste-t-il quelque chose?

Capricorne Ascendant Capricorne

Quintessence de Capricorne. Presque une caricature. Des angoisses bien contrôlées, bien dissimulées sous le masque de la dignité. Mais comment se fait-il qu’on y « somatise » plus qu’ailleurs, qu’on s’y maltraite plus qu’ailleurs dans le secret de son corps, qu’on s’y alcoolise parfois, qu’on fuie la solitude dans la solitude et le manque dans le manque, qu’on y soit rarement aimé sans que l’abandon soit au bout, provoqué ou non, qu’on y soit, plus qu’ailleurs, célibataire ou mal accompagné?

Pourtant, vu de l’extérieur, on a le spectacle de la plus parfaite maîtrise de soi. Tout a l’air d’être en ordre. Le regard sur les autres est aigu, peu indulgent. Tout de suite, le défaut de la cuirasse – de l’autre – est perçu. Sans doute parce que le Capricorne Ascendant Capricorne sait bien où se faufilent toutes les failles. Car elles sont déjà en lui, bien sûr.

A lire ce portrait, on aurait vite mauvaise opinion de cet « éclaireur d’abîmes ». Mais s’il a l’esprit critique c’est qu’il l’a exercé contre lui-même depuis belle lurette et qu’il est volontiers sa propre cible. Il donne volontiers dans le stoïcisme, mais sait ce qu’il lui en coûte. Il semble mépriser facilement; on le croit hautain, on le juge distant et froid. Il ne faut pas s’y tromper : la vérité est qu’il ne s’aime pas et qu’il se construit tant bien que mal des systèmes de défense.

Lorsqu’on le connaît bien, qu’on a accès à son être secret, on découvre sa vigilance, son besoin de tendresse, sa passion, son honnêteté, sa rigueur morale et cette autocensure qui si souvent le paralyse. Son courage aussi. Tout ce qu’il voudrait vivre et qui lui est refusé parce qu’on ne l’entend pas. Par sa faute, parce que son cri a été étouffé de sa propre main.

Certes, la structure est « dure à vivre ». Elle enferme dans une tour, d’où l’on voit loin mais où personne ne peut pénétrer. Mais si le Capricorne au carré ne s’enferme pas trop dans son bon droit, sa bonne conscience, s’il accepte de se remettre en question, s’il ne se met pas à l’abri dans son corset janséniste – ou parpaillot —, alors il peut se dépasser lui-même et donner sa mesure. Souvent dans la science où sa persévérance sera sans limite, dans un travail altruiste qui seul le délivrera de ses frustrations, dans un travail d’étude et de réflexion, dans une activité politique où il se révélera parfois remarquable. Ou bien encore dans un travail solitaire, comme Pasteur, conscient d’avoir l’éternité devant lui et la résistance de la pierre; aucune adversité n’a prise sur lui et n’entrave son action.

C’est là, sans doute, à sa formidable puissance de travail, à son incomparable persévérance, que se reconnaît le pur Capricorne. S’il trouve un but à sa mesure, il se découvre des trésors d’énergie; il peut « soulever des montagnes », user tous les obstacles, décourager l’adversité.

Pathologiquement, on trouve en lui toutes les prédispositions du signe : allergies cutanées, « humeurs crasses », troubles digestifs, rhumatismes, auto-intoxications diverses… et, au bout du compte, une belle longévité.

Capricorne Ascendant Verseau

La complicité entre les deux signes est très positive puisque Saturne est le maître nocturne du Verseau et Uranus le maître nocturne du Capricorne (inversant ainsi leurs maîtrises diurnes).

Dans cette structure, ce qui dans le Capricorne est le plus novateur, révolutionnaire, passionné de connaissance (et qu’on retrouve chez des Capricorne tels que Newton, Franklin, Kepler, Pasteur…) se trouve plus facilement mis au jour par la présence du Verseau. L’un puise aux sources de la Tradition, l’autre ne craint ni d’innover, ni d’inventer, de découvrir ou d’expérimenter. La cohabitation peut donc être des plus fructueuses.

Bien sûr, il peut y avoir contradiction intime entre le goût de l’aventure et la prudence, entre, surtout, deux rythmes profondément distincts : l’un s’inscrivant dans une durée saturnienne purement continue, sans rupture, l’autre dans un discontinu, comme le pointillé qui s’opposerait au trait.

Le destin peut en être bousculé, subir des alternances de stabilité et d’errance, de sédentarité et de nomadisme. La pensée elle-même opère des retours en arrière, comme si elle prenait son élan dans les profondeurs saturniennes pour mieux se lancer à l’aventure et assumer le risque.

Les rapports aux autres y semblent plus faciles grâce au don d’amitié du Verseau, que la fidélité capricornienne fait apprécier mieux encore. Il semble aussi que ce signe aérien, indépendant, se libère plus facilement des frustrations du Capricorne, en soit moins atteint ou se montre capable de les sublimer plus aisément, dans la création, la recherche, la connaissance et, parfois, l’action. Il ne s’enferme jamais dans une voie étroite. Prudent dans sa façon de chercher, patient dans la conduite de son travail. Il aime le secret.

Discret, généreux et sympathique, il s’efface volontiers devant les autres mais apprécie qu’on reconnaisse ses mérites, qu’on l’encourage, qu’on le soutienne dans sa quête. Des aspects naïfs. De l’humour et de la gentillesse. Moins grinçant, moins amer que d’autres mais plus intellectuel et moins vital. Il rit volontiers. Très sérieux dans son travail, il supporte mal qu’on doute de lui, qu’on ne lui fasse pas confiance, car il manque d’assurance.

Affectivement, il se tricote parfois une vie compliquée, ayant à la fois besoin de protéger son indépendance et d’être totalement sûr de l’autre. Il peut faire preuve du plus grand altruisme envers ceux qu’il aime. On ne fait pas appel en vain à son sens de l’amitié et des responsabilités. Mais il a besoin de liberté et se plie difficilement aux contraintes (celles du mariage, par exemple). L’engagement pris, cependant, est durable.

Il se porte bien à partir du moment où il fait ce qu’il voulait faire, où il a trouvé sa voie. On peut craindre des ennuis de circulation, de mauvaises vertèbres, parfois des troubles cardio-vasculaires et des problèmes affectant les membres inférieurs.

Capricorne Ascendant Poissons

Contradiction entre une nature « froide », contrôlée, rationnelle, raisonnable, et une nature « folle », irrationnelle, sentimentale. La réflexion philosophique peut s’allier au tempérament mystique, avec les conflits intérieurs que cela suppose.

Le Capricorne réfléchit, le Poissons devine. L’un analyse, l’autre se laisse guider par une intuition innée. L’association peut être productive, avec une bonne utilisation de ces deux outils, somme toute complémentaires.

Plus affectif qu’il ne veut l’avouer, plus sensible qu’il ne veut le laisser paraître, il se défend parfois avec brusquerie des élans de tendresse qui le poussent vers les autres. Il est déçu, – trop souvent; parce qu’il fait parfois crédit sans discernement, par besoin de faire confiance, de croire en l’être humain. Il défend ce qu’il appelle le droit ou la justice, avec naïveté. Il y laisse des plumes.

Il est à la fois très conscient de ce qu’il fait et soudain indifférent, de façon déroutante, à ce qui peut blesser l’autre. La douche écossaise. Plus à l’aise dans l’amitié que dans l’amour, à cause des blessures tôt reçues, il cache souvent ses vrais sentiments. On le croit plus froid et moins sensuel qu’il n’est.

Moraliste, mais avec ses propres critères de jugement, s’opposant volontiers aux idées à la mode, aux systèmes de pensée en vogue, il défend les idées simples, un certain humanisme. Au fond, c’est un idéaliste qui n’accepte pas toujours de le reconnaître. Il ennuie parfois son entourage par sa façon de lui faire la morale ; un rien prêcheur, et pas mécontent de culpabiliser un peu son monde. Il rit doucement, si on se moque de lui sans méchanceté.

Le Capricorne ne tient jamais rigueur de la franchise. Cela fait partie de son système moral. Au fond, il voudrait bien que tout le monde soit « beau et gentil » et souffre qu’il n’en soit rien Il ne s’y résigne jamais tout à fait. Parfois pourtant, il commet des actions qu’il se reproche… parce qu’il s’est arrangé, sur le mode Poissons, avec sa conscience, et que le Capricorne le contraindra à s’avouer sa faute et à battre sa coulpe. Un peu masochiste, il en arrive même à se punir lui-même.

Côté cœur, il arrive qu’il fasse le choix d’une vie simple, avec un être judicieusement élu. S’il rencontre des tentations, il y résistera; non sans mérite. Là encore le Capricorne empêchera le Poissons de « pêcher en rond ». S’il est célibataire ou libre, il n’aura de cesse que quelqu’un l’aime mais ne croira jamais que cela soit vraiment possible. Il en a pourtant un besoin dévastateur. Il est prêt à donner beaucoup; trop parfois. Il pressent qu’il sera mal aimé et déçu, car il sait aussi qu’il fait souvent le mauvais choix et qu’il donne à qui ne le mérite pas. Parfois maladroit dans son rapport avec les autres, et le sachant. Furieux contre lui-même de son besoin d’amour qu’il sent démesuré, régressif, parce qu’il ne l’envisage que fusionnel. Il aspire au bonheur tout en sachant qu’il le vit comme un désir infantile. Alors, parfois, il renonce à tout. Et c’est la tentation mystique ou spirituelle, moins décevante, en tant qu’aventure, que toute union humaine.

Pourtant, il ne se débarrasse jamais d’un fond de scepticisme, non pour jouer les esprits forts, mais parce que le doute est en lui. Il connaît des états dépressifs mais les surmonte presque toujours.

Il réunit en lui les secrets de la chèvre Amalthée et de sa métamorphose en moitié de sirène. Alchimie mystérieuse qui donne ici, au Capricorne, l’accès aux voies de l’inconscient.

VERSEAU

La combinaison du signe avec l’Ascendant met en valeur la correspondance symbolique qui existe entre la journée et l’année, entre les heures et les mois.

Pour la mythologie, les Heures et les Moires sont filles de Thémis et de Zeus.

Thémis appartient à la génération des dieux primordiaux et a dans l’Olympe un rôle prépondérant car elle personnifie la Justice au service de la Loi. Ses accessoires sont donc la balance et l’épée, et ses yeux bandés la rendent insensible aux influences du monde extérieur. Elle règle aussi le cours de la vie humaine, aidée par ses filles auxquelles les Latins donneront le nom de Parques. Les Heures symbolisent le Temps dans son rythme journalier et annuel et les Moires la destinée de l’homme en rapport avec celui-ci.

Les Heures sont, à l’origine, au nombre de trois : Thallô, Carpô et Auxô, mais elles se multiplieront par quatre quand les Grecs établieront la journée de douze heures ! Ce sont des jeunes filles gaies qui se nourrissent de fruits, et dansent parées de fleurs ou d’épis suivant les saisons. L’hiver semble ne pas exister… Il est vrai que nous sommes en Grèce !

Les Moires, elles, prennent en charge la destinée humaine. Clotho a hérité du bandeau de Thémis : immuable, elle file, et sa quenouille, tournant comme le Soleil, symbolise le Temps qui s’écoule inéluctablement.

Lachésis est la première astrologue de l’Antiquité : elle a, comme sa mère, le don de prophétie et pèse sur la balance céleste le destin de chacun qu’elle définit selon le cours des astres. Atropos, obéissant à la signification de son nom, tranche le fil de la vie de l’homme et le rend immobile à jamais !

Pour les Grecs, chaque heure est double, à la fois diurne et nocturne, divisant le jour en douze parties, comme les douze mois divisent l’année. Perpétuant ce symbole, on a partagé le thème natal en douze Maisons, ou Secteurs, qui représentent la course journalière du Soleil en rapport avec son rythme annuel. C’est donc une division du Temps. Elle est due au moine Placide, bénédictin du vie siècle que saint Benoît sauva de la noyade et qui devint, de ce fait, le patron des noyés… et des novices de son ordre, mais pas des astrologues !

Les douze Secteurs représentent un Zodiaque terrestre qui se superpose au Zodiaque céleste et précise le vécu de l’homme, en rapport avec ses tendances générales, que révèle le Zodiaque saisonnier. Chaque Secteur a son domaine qui reste à préciser.

Astronomiquement parlant, qu’est-ce que l’Ascendant ? De savantes personnes vous diront que c’est, pour un lieu et un moment donnés, le point d’intersection de l’écliptique avec l’horizon oriental. Elles ont absolument raison, mais leur définition est un peu abstraite !

En fait, c’est le degré du signe qui se lève en même temps que le Soleil, c’est Bennou, l’oiseau migrateur au plumage pourpré que les Latins appellent phénix, qui naît à Héliopolis, suit le Soleil dans sa course, se consumant à son midi, mourant à son coucher, pour renaître le matin suivant.

Il marque, symboliquement, les axes privilégiés qui valorisent les planètes et, dans son cas, signe ascendant et signe solaire se confondent ; mais tout le monde n’a pas cette chance. Il s’agit pourtant d’être à l’heure, c’est-à-dire d’intégrer deux rythmes : l’un annuel, l’autre journalier. S’ils vont de pair, pas de difficultés : on peut valser indifféremment sur une musique de Strauss ou de Chopin ; mais s’ils diffèrent, cela revient à danser la valse en écoutant la Marseillaise. Que de faux pas si l’on est pris de court ! Prévenu, on y arrive : essayez donc !

Pour certaines écoles astrologiques, l’Ascendant indique la morphologie du sujet, sa présentation et le signe solaire son image sociale. Serions-nous partagés en deux, et dans quel sens : horizontal ou vertical ? La personne humaine est une entité qui tente de trouver et de garder son équilibre d’une façon dynamique : en rattrapant les faux-pas ! Il s’agit donc d’accorder – au sens musical du mot – les deux tendances, de voir comment on peut vivre les deux signes et, s’ils sont de rythme différent, de valser tout de même sur la Marseillaise, comme si elle était faite pour ça !

Notre apparence rend compte de cette dynamique, elle inspire les gestes et la mimique qui animent le corps et le visage, y inscrivant l’histoire de notre vie.

Voyons, maintenant, comment on peut interpréter les différentes combinaisons entre le signe solaire et le signe ascendant.

Verseau Ascendant Bélier

Voilà une combinaison zodiacale qui ne manque pas de piquant : haute en couleur, elle ne passe pas inaperçue. Il s’agit d’intégrer deux signes où l’excitation domine sans pour autant être de même nature : réaction contre l’inhibition hivernale chez le Verseau, excitation naturelle et printanière pour le Bélier.

Si rien, dans le thème, ne vient augmenter ce dynamisme, tout va bien : la résistance spontanée de l’un appuiera l’effort de renouvellement de l’autre et votre abord sera vif, gai, remuant. Vous êtes le bout-en-train du groupe et on ne peut pas vous résister quand vous désirez quelque chose. Vous êtes compréhensif, mais le Bélier rend vos choix rapides, vos préférences tranchées, et vous avez du mal à les exprimer sans blesser personne. Si vous vous enthousiasmez pour une idée, votre fougue respectera les opinions d’autrui, quoi qu’il vous en coûte, mais vous serez intransigeant si l’enjeu en vaut la peine à vos yeux : défendre un idéal, un ami, une discipline.

Rapide dans l’exécution de vos tâches, vous voudriez qu’elles soient finies avant même de les avoir commencées. Intuitif, vous saisissez rapidement ce qu’on vous expose ; impatient, vous négligez de l’approfondir et restez, parfois, superficiel. Il serait souhaitable d’avoir, près de vous, un mentor habile qui calme votre ardeur et réalise, dans le détail, ce que vous avez esquissé. Choisissez-le solide, car votre suractivité le mettrait vite sur le flanc et il vous quitterait, épuisé ! Bélier bien adapté, vous le remplacerez sur l’heure en pestant contre le temps perdu, mais le Verseau comprendra la situation, se fera des reproches tout en se réjouissant du changement…

Professionnellement, l’association VerseauBélier aime la prompte réussite et, si le succès tarde, vous cherchez ailleurs une compensation à ce que vous considérez comme un échec.

Dans la vie quotidienne, le plus urgent est toujours ce qui plaît : vous choisissez une tâche qui corresponde à l’humeur du monde, et laissez le reste !

Vous achetez vite… et payez vos erreurs ! Vous aimez ce qui est original et de couleur chatoyante : il vous arrive de passer devant une vitrine et d’acheter un objet ou un vêtement dont vous n’avez nul besoin mais qui vous a séduit. Tant pis si, rentré chez vous, il se révèle immettable : vous ne le porterez jamais !

Dans la maison, pas d’armoires encombrées ni de « petits bouts de ficelle » ne pouvant servir à rien : les objets doivent être en état de marche, et s’ils résistent aux réparations, on les jette.

Vous voyagez avec une brosse à dents et quelques vêtements.

L’enthousiasme et l’impatience signent la vie sentimentale du Verseau Ascendant Bélier. Si quelqu’un lui plaît, c’est par opposition à un autre qu’il déteste : « Comparé à Pierre qui était odieux, Paul est charmant », dira la dame, sujette (comme vous Monsieur) aux coups de foudre. La nouvelle conquête, avec laquelle les préliminaires seront réduits au strict minimum, inspire un lyrisme naïf qui prend tout ce qui brille pour de l’or… jusqu’à la prochaine déception ! La fuite est alors rapide et le nouveau choix aussi soudain que le précédent. « Un de perdu, dix de retrouvés », dit cyniquement le Bélier pendant que le Verseau soupire : »Je l’aurais fait changer… » Ainsi va la vie !

Si l’Ascendant Bélier est vécu dans l’inadaptation, la démesure s’installe. Vous vous épuisez à répondre toujours plus vite aux sollicitations de l’environnement, il vous faut tenter toutes les expériences, les unes après les autres, sans jamais revenir en arrière. La femme la plus belle, l’homme le plus en vue ne rassurent plus votre orgueil, il faut gagner à tout prix, même au détriment de votre résistance nerveuse, ce que le non-conformisme vous a soufflé : refaire le monde par la révolte et prôner l’anarchie.

Si vous ne sublimez pas ces pulsions par une création artistique ou un dévouement à une cause, vous risquez d’être un Verseau qui met les gens dans l’embarras pour l’éventuelle satisfaction de les en tirer.

Verseau Ascendant Taureau

Petits taureaux de Camargue ou puissants monstres espagnols, votre bonhomie n’est qu’apparente et, devant elle, nous restons cois : car si le rouge vous indiffère, tout mouvement désordonné vous excite et, paradoxalement, vous foncez pour qu’on vous fiche la paix !

Dans une alliance VerseauTaureau, l’entente semble problématique : l’un recherche les contacts pour extérioriser une excitation bloquée par l’hiver, l’autre concentre sa vigueur pour s’isoler de l’environnement et se vouer à l’essentiel. Entre ces deux signes, le dialogue est parfois difficile, les buts étant différents : « J’ai quelque chose à te montrer », dit le Verseau excité par sa trouvaille. « Vade retro », pense le Taureau latiniste, le sourire aux lèvres mais croisant deux doigts pour conjurer le mauvais sort et décourager l’importun…

Mais l’association de ces deux signes réunis par le caprice de l’heure peut être aussi extrêmement féconde.

Si vous êtes un Verseau très valorisé, la prudence du Taureau saura mettre un frein à vos emballements. Dans la vie professionnelle, toutes les innovations seront permises, mais les initiatives les plus osées auront leur contrepoids de réalisme : l’imprévu sera canalisé, organisé. Si les valeurs Taureau priment, du fait d’une importante occupation planétaire, elles peuvent brimer, par excès de prudence, l’invention, l’amour des autres et de la liberté du Verseau. Elles vous montreront, en les grossissant, les complications qu’apporte tout changement et vanteront le confort de l’immobilisme. Cette dualité peut donc retarder vos réalisations en étouffant le goût du risque et en enlevant toute crédibilité en des intuitions futuristes dont le Verseau est fécond.

Parier sur l’avenir est, pour le Taureau, l’équivalent de tirer un chèque sans provision.

Sentimentalement, votre vie est sans contraintes et ne noue que des liens librement consentis.

Vous ne courrez pas, pour autant, deux lièvres à la fois : l’amour du moment est seul valable et induit toute autre possibilité. Le sens de la composition vous permettra de garder comme ami l’amour de la veille, car vous brûlez rarement ce que vous avez adoré ! Vos amis sont votre famille et vous prenez soin d’eux plus que de vous : en général, ils vous le rendent bien !

Si vous êtes un Verseau bon teint, votre système nerveux est fragile : bénissez donc la composante Taureau qui vous incite à dormir quand vous en avez envie, à manger par gourmandise sans penser à votre foie, vos reins ou votre cellulite et à pratiquer un doux farniente quand l’inspiration fait défaut. Vous vous sentirez un peu coupable… mais tellement détendu ! C’est elle aussi qui vous fait languir après un brin d’herbe, contempler le va-et-vient des merles sur le marronnier de la cour et vous fait soigner, avec amour, le géranium accroché à votre balcon.

La réactivité Verseau vous épargnera peut-être les difficultés de contact ou la paresse qui envahissent parfois le Taureau, à moins que vous renouveliez, dans l’isolement et la routine, la fraîcheur d’un œil candide qui saisit la cocasserie d’une situation, l’humour d’une remarque, ou la lueur d’espérance qui subsiste dans le chaos.

Verseau Ascendant Gémeaux

Le jumelage de ces deux signes est fécond en rebondissements qui prennent leur source dans le goût des contacts humains. Inspirés par une finalité dynamique au Verseau, ils s’étalent complaisamment en Gémeaux et élargissent le dialogue avec le monde extérieur. C’est dire que vos relations sont nombreuses et entretenues sans effort. Vous appréciez les mondanités à condition qu’elles aient une utilité et un but : vous serez le président actif d’une oeuvre, le représentant habile d’un groupe, car vous savez apaiser les tensions, et votre « liant » est plus efficace qu’une obstination cassante.

Si votre imagination n’a pas la dimension de celle de Jules Verne qui parcourut le monde sans sortir de chez lui et fonda une « Société pour la recherche de la navigation aérienne », vous lisez les ouvrages de science-fiction et les soucoupes volantes ou autres OVNI n’ont plus de secret pour vous.

Indépendant par le Verseau, les Gémeaux vous soumettent à l’ambiance. Vous êtes le témoin rêvé et savez raconter en larges traits les événements les plus variés. Si vous aimez les chansons de Serge Lama pour ce qu’elles racontent, vous défendez la peinture moderne parce qu’elle exprime une idée de la réalité au lieu de la représenter. Si votre signe solaire vous invite à suivre une pensée et à la démontrer, l’Ascendant peut disperser vos buts car vous avez parfois du mal à faire un choix, à exclure des opportunités parmi les intérêts qui vous sollicitent : vous les vivrez intégralement, quitte à vous renier…

Vous aimez plaire… de toutes les façons ! Quelle que soit votre morphologie, vous pesez « une plume », votre démarche est vive, légère, à la manière de ces obèses qui dansent merveilleusement ! Vêtu avec recherche, vous portez allègrement les tenues les plus absurdes… et cela vous va, car, sur vous, tout bouge. Vous préférez le flou aux vêtements ajustés et c’est vous, Madame, qui renouvelez votre toilette en la portant.. le décolleté dans le dos !

Sentimentalement, le flirt est votre affaire, vous êtes un spécialiste de l’aller-retour et dites avec sérieux : « Comme vous êtes beau ! « , pour séduire sans vous engager. Chez vous, la sensation devient idée et vous colonisez l’espace comme le danseur transforme le mouvement en abstraction. Prenez garde de ne pas être un Pygmalion collectionneur qui aime pour se mirer dans ses conquêtes et les modeler à sa guise !

Dans l’inadaptation, vous dites oui à tout sans rien réaliser, vous semez à tous vents les inventions les plus burlesques et vous pouvez vendre avec brio le fil à couper le beurre comme s’il devait refaire le monde !

Si vous n’y preniez pas garde, vous pourriez perdre votre identité à la manière de ces sujets qu’un prestidigitateur fait disparaître, et l’on ignorera toujours comment vous nous aurez quittés : par la fenêtre, par le trou de la serrure ou par la cheminée, avec la fumée…

Verseau Ascendant Cancer

Au Cancer, sous nos latitudes, la durée du jour va commencer à croître et notre cellule nerveuse, lasse de l’excitation liée à l’augmentation du temps journalier de lumière, se bloque pour s’autoréguler et répondre aux sollicitations en prenant son temps.

Au Verseau, nous l’avons vu, le sujet s’extériorise et son interrogation pressante appelle de promptes réponses. Il semble que ces deux rythmes aient du mal à s’accorder : comment vivre le Verseau sous son angle le plus cancérien et coordonner les contradictions ? Si tel est votre cas, vous paraissez calme, détendu, mais on sent dans votre attitude une tension sous-jacente.

Professionnellement, vous aimez travailler dans une atmosphère familiale où les rapports ont peu de chance d’engendrer de graves malentendus. Mais vous sentez confusément que l’on s’encroûte dans de telles situations et qu’il vous faudra une forte motivation pour changer votre mode de vie. C’est alors que le Verseau vous inspire l’idée qui révolutionne une technique attardée et lui donne un avenir : en somme, vous renouvelez pour promouvoir.

Dans votre vie personnelle, contrairement aux Gémeaux qui se diluent dans le milieu ambiant, vous l’absorbez passivement. Votre mémoire engrange les informations et les organise : vous faites votre nid avec ce que vous trouvez. Tout être qui vous sécurise est le bon, à condition que vous puissiez vous renouveler à son contact.

Le Verseau peut vous inciter à rechercher des moyens inédits pour assurer votre équilibre personnel et familial, à prendre appui sur votre force d’inertie pour scandaliser sans être ému et adopter une façon personnelle de vivre, sans pour autant renier vos modèles.

Pour illustrer notre propos par une comparaison empruntée à la vie des oiseaux, vous pouvez être comme madame Coucou qui pond ses oeufs dans le nid des autres, n’ayant pas le temps de les couver et de les nourrir. Au moment de l’éclosion, le petit, éliminant ce qui le gêne, passe pardessus bord ses frères de couvée afin de recevoir seul toute la nourriture… Et madame Coucou peut aller dire l’heure dans nos maisons !

Il peut aussi vous arriver, par nature ou par fatigue passagère, de vous couper du monde extérieur et de n’accepter que vos proches comme témoins. Vous avez alors besoin d’être pris en charge : souhaitons que votre conjoint soit à la hauteur ! De toute façon, n’importe qui fera l’affaire : il vous est indispensable d’être rassuré. Vous êtes comme ces plantes qui ne vivent qu’accrochées à un tuteur, un mur, une palissade. Si le Verseau reste vif, il vous tirera de ce mauvais pas. S’il entre en inadaptation, vous serez peut-être le révolutionnaire du Café du Commerce ou l’inventeur incapable de prendre un brevet et qui n’est un grand homme qu’aux yeux des siens. Dans ces cas-là, vous affirmez bien haut qu’il n’y a que les profiteurs qui gagnent de l’argent et qu’il faut être pistonné pour faire breveter son invention… et vous vous targuez de n’être ni ce capitaliste mercantile, ni ce flatteur à la solde de quelque magnat : vous êtes roi chez vous, cela vous suffit !

Vous pouvez aussi imaginer le monde à votre façon et nous le faire partager par une oeuvre d’art, à moins que, vivant dans le passé, vous décidiez de le faire revivre en actualisant l’histoire.

Verseau Ascendant Lion

La combinaison de ces deux signes met en valeur la fonction d’excitation et crée un déblocage de la situation saisonnière qui met en valeur l’individu : au Verseau, le sujet s’exprime à travers les autres, au Lion il se projette sur eux.

Un thème astrologique qui comporte ces deux rythmes peut être vécu dans l’harmonie ou la démesure, jamais dans la tiédeur.

Si votre signature planétaire reproduit cette configuration, vous savez vous mettre en valeur à travers vos oeuvres qui sont souvent le fruit d’une vocation. Que celles-ci aient une portée humaine, métaphysique ou d’utilité quotidienne, l’impact sera le même.

Avec vous, on sait tout de suite à qui l’on a à faire, si vous êtes dans un moment d’optimisme ou une crise de cafard, car vous extériorisez facilement vos humeurs.

Votre volonté est directive et vous l’imposez sans nuances, car l’audace est une façon de cacher une peur irraisonnée, qui se manifeste par l’attaque. Malgré l’émotivité que ces conduites révèlent, vos efforts sont bien dirigés : vous suivez votre idée et la menez à terme. Si vous l’abandonnez, c’est pour la reprendre après avoir fortifié vos arrières : chez vous, « l’intendance » suit ! L’indépendance foncière qui caractérise les deux signes s’exaspère dans le duo : malheur à qui la met en péril ! Dans le cas d’un péril éventuel que vous savez définir vous préférez organiser vous-même vos défenses.

Professionnellement, si vous vous intéressez aux autres, vous pouvez être le biographe d’auteurs contestés que vous chercherez à réhabiliter en apportant de nouvelles sources d’information : voilà pour le côté Verseau. Quant au Lion, il vous permet toutes les audaces : vos sources sont sûres, l’attaque est sans péril !

Vous pouvez, aussi, être Verseau Ascendant Lion à la manière futée du petit garçon qui promène, contre espèces sonnantes et trébuchantes, les chiens d’un quartier dont il est devenu le roi !

Derrière cette image sociale, qu’est-ce qui vous incite à reconstruire le monde ? Beaucoup d’orgueil, masqué de générosité oblative, et le désir aigu d’être un centre d’intérêt. D’ailleurs, votre présentation le marque bien : élégante et soignée, il faut qu’elle impressionne sans entraver la liberté des mouvements.

Sentimentalement, vous êtes sujet à l’instabilité. Il faut que vous admiriez l’objet aimé… ou qu’il vous admire ! La prise de contact est rapide, la séparation inattendue.

Dans la démesure, l’alliance entre le Verseau et le Lion est placée sous le signe du divorce, la disparité exaltant leurs différences, sans possibilité de dépassement. Nous aurons alors un sujet partagé entre l’exaltation de sa personnalité qui s’exprime en naïves fanfaronnades dans lesquel les on a du mal à déceler la part de l’humour et une démobilisation de ses énergies dans laquelle il se complaît : c’est le trahi content ou le « sorcier » conscient de l’efficacité de son image dont il use à tout venant, sans discrimination, et qu’il exploite maladroitement sans, pour autant, croire à ses vertus. C’est le Lion de la Metro-Goldwin-Mayer mâchant du chewing-gum entre deux baillements !

Verseau Ascendant Vierge

« Le changement dans la continuité », ça ne vous fait penser à rien ? Non, non, fermons les yeux sur cette haute figure qui nous gouverne et qui, pourtant, fait le maximum, selon son conditionnement planétaire, en bornant sa re-création aux seuls détails que lui permet sa fonction. Mais quittons l’Elysée, séjour de la vertu aux Enfers, et, enjambant la mythologie, laissons l’exception pour aborder les généralités.

La Vierge, dernier signe de l’été, marque la fin de la fonction d’autoprotection. Débutant au Cancer par un quiétisme assimilateur qui dépersonnalise le sujet, elle se débloque au Lion pour lui rendre son identité. La Vierge, forte des expériences passées, va élaborer et mettre en pratique les conduites adéquates. Le « Petit Manuel de l’autoprotection », suivi du mode d’emploi, est la bible du signe.

Etre Verseau Ascendant Vierge, c’est ressentir en soi deux tendances qui ont du mal à se comprendre et à s’accorder. L’une prend tous les risques pour faire bouger les situations embourbées, l’autre s’enferme dans un silence attentif et, avant de prendre une décision, évalue le pour et le contre sur une balance truquée, qui ne pèse que les limites. L’un diffuse, l’autre entasse, et qui dit Vierge dit économie : avoir le maximum de satisfaction pour le minimum de dépense, aménager son temps de la manière la plus confortable et disposer d’autrui selon son bon vouloir.

Si vous êtes un Verseau apocalyptique, l’Ascendant Vierge vous gardera des visions prophétiques qui dépassent le bon sens et vous épargnera les incidents annexes. Par contre, Verseau adapté, vous saurez diriger vos efforts avec le maximum d’efficacité et votre comportement sera guidé par une ligne de conduite : vous saurez vous faire valoir sans vous laisser envahir, et manier les nuances avant d’agir.

Votre apparence est sobre, vos vêtements, simples et commodes, adaptés au climat ou à la saison. Vous conservez, usez, jusqu’à ce que le Verseau vous souffle une façon inhabituelle de renouveler votre garde-robe, sans grande mise de fond. Cela peut être aussi le règne du rafistolage à domicile, du « je fais du neuf avec du vieux » et de la recette cent fois expérimentée dont vous gardez le secret.

Professionnellement, vous serez à l’aise dans les métiers qui demandent du soin, de l’attention, mais laissent une part d’invention ou de rêve. Vous pouvez être le chercheur patient qui dirige ses travaux vers un but inexploré mais riche en potentialités humanitaires, ou l’artisan amoureux de son métier et des gestes spécifiques qu’il demande. Vous employez l’outil adéquat et, si vous êtes cuisinier, vous n' »émincerez » pas des oignons avec un couteau à « trancher » ; mais vous inventerez peut-être un plat qui gardera votre nom et dont vous aurez très soigneusement noté la composition.

Sentimentalement, votre emballement initial sera suivi d’une période silencieuse pendant laquelle vous chercherez à définir la personnalité de votre conquête. Longues fiançailles, suivies d’un mariage avec contrat, établiront au mieux une vie conjugale dont vous aurez aménagé tous les détails. A moins que le célibat consciemment assumé ne vous ait paru un choix répondant à votre goût de la diversité et à votre crainte de l’erreur.

Vous aurez donc tout prévu sauf, à l’approche de la quarantaine, l’intervention du Verseau coquin qui, faisant sauter tous les verrous, vous fera mener une vie de bâton de chaise dans une carrière bien assise !

Verseau Ascendant Balance

Voici deux signes « vifs » qui poussent, dans le même sens, le char de votre destinée, tout en modulant différemment le trajet selon les obstacles rencontrés : l’un (le Verseau) résiste et s’élance en ignorant les obstacles ; l’autre (la Balance) se dérobe promptement, avec adresse, pour revenir à la charge dans un meilleur moment… ou changer de destination.

Sous nos latitudes, au printemps et en été, l’homme est envahi par les changements de l’environnement qu’il ressent d’abord, puis utilise. En automne, son intérêt se restreint et envisage plus spécialement les contacts avec ses semblables. A la Balance, il établit des critères : l’un est comme ceci, l’autre comme cela. Il s’occupe avec une belle équité de lui et de « l’autre » afin de trouver un point commun à ce qui est différent et de faire coexister, dans la paix, ce qui semble inconciliable. Comme il n’a pas le sens de la synthèse, il ne peut que s’appuyer sur des codes établis par d’autres et qu’il applique soigneusement.

Si vous êtes Verseau Ascendant Balance, vous aurez des facilités pour établir entre les êtres des rapports nouveaux. Vous n’avez pas besoin d’être le « pape du surréalisme », comme André Breton, pour vivre votre signature planétaire. Il vous suffira d’engager le dialogue avec vos confrères, vos camarades ou vos subordonnés, d’avoir un abord accueillant, de discipliner votre agressivité, et de tout mettre en oeuvre pour que la bonne entente règne. Dans les codes du savoir vivre, vous éliminerez tout ce qui est compassé, dépassé, pour faire place à un comportement inspiré par le respect de la liberté d’autrui. Vous aurez des amis dans tous les milieux, sans considération de leur situation sociale, et les choisirez pour leurs qualités de cœur, leur originalité ou leur humour.

Si la Balance domine, vous vous soumettrez à l’essentiel des obligations de votre milieu : vous vous marierez pour faire plaisir à votre famille, à votre fiancée, appréciant les facilités que vous donneront cet état pour avoir des enfants et fonder une famille, mais vous refuserez tout cérémonial, vous contentant, après la mairie, d’aller dîner dans un petit bistrot avec vos témoins.

Vous pouvez aussi, dans l’inadaptation, ne fréquenter que le « gratin » pour le tourner en ridicule ou vous faire une réputation fondée sur la méchanceté de vos « mots » à l’égard de ceux qui n’en font pas partie.

A défaut de sociabilité, vous pouvez briser les associations de mots stéréotypées, concilier ce qui est inhabituel, et créer un langage dont les effets inattendus feront votre réputation.

Verseau Ascendant Scorpion

Les deux composantes Verseau et Scorpion semblent, à première vue, difficiles à concilier. La première est fondée sur l’immixtion dans le monde, la seconde sur un retrait tactique.

Le Scorpion, qui définit votre Ascendant, est le deuxième signe automnal. Il organise une défense contre les excès de sociabilité de la Balance, ses contacts multiples, ses revirements adroits. En y regardant de plus près, l’Ascendant peut apporter une aide précieuse à votre signe solaire : il vous gardera de l’enthousiasme à tous crins et canalisera les efforts de remise en question que le Verseau a toujours tendance à élargir. Par leurs différences, les deux signes auront, l’un pour l’autre, un rôle stabilisateur.

Dans votre profession, par exemple, vous ne communiquerez vos trouvailles ou vos intuitions innovatrices qu’à ceux qui vous aideront à les préciser, à les réaliser, et le sens tactique du Scorpion vous gardera d’une naïveté qui faciliterait l’exploitation systématique de vos talents par les autres. Esprit analytique, sans pitié pour l’injustice, il trouve immédiatement l’arme précise qui économise les forces, et frappe au bon endroit. Si une discussion s’éternise, vous vous absentez sous un prétexte futile, déroutant vos interlocuteurs et désorganisant leur défense. Vous reparaissez alors, fortifié par la réflexion solitaire et le désarroi de vos protagonistes.

L’alliance des deux signes vous donne la possibilité de faire des choix réfléchis et de vous y tenir.

Vous n’êtes pas très malléable, et si vous agréez une proposition c’est que vous avez épuisé vos arguments : on peut, alors, compter sur vous. On vous dira têtu, alors que vous êtes stable.

Avec vous, le premier contact n’est pas aisé : vous déroutez par un mélange de spontanéité et de réserve, une étrangeté indéfinissable qui attire et inquiète à la fois. Vous pouvez vous montrer dynamique, plein d’entrain, causeur infatigable ou bien énigmatique et lointain : pas de demimesure, on vous adore ou on vous déteste !

Dans le déroulement de votre vie sentimentale, vous dosez l’absence et la présence, la générosité et la parcimonie. Jaloux dans vos rapports avec l’être choisi, vous aimez le faire évoluer, le transformer, lui suggérer une tenue, un comportement qui révéleront, aux yeux de tous, sa personnalité profonde… Gare, alors, aux scènes et aux bouderies ! Une horreur invincible de l’approbation systématique vous fait prendre le contre-pied de la mode, et vous adoptez une tenue imprévisible sur laquelle des accessoires, choisis avec soin, vous démarqueront de la foule.

Dans l’inadaptation, les deux signes créent des situations pénibles. Toute création peut vous sembler vaine et les drames sans issue, car vous vous axez sur un détail, négligeant l’ensemble des problèmes. Ayant déjà tendance à refuser la communication, vous ne fréquentez que les membres d’une petite chapelle et la relation avec autrui, si intense au Verseau, devient problématique. Vous pouvez vivre alors replié sur vous-même, toujours sur la défensive, ne trouvant plus de sens à l’existence. Vous projetez sur « l’autre » la méfiance, l’impatience ou la colère, et vous vous croyez jugé par vos propres lois.

Bien qu’axé sur vous-même, si le Verseau tient bon, vous pouvez compter sur une résurrection par les chemins les plus divers : la rencontre d’une amitié, un acte généreux qui vous mobilise ou la curiosité de situations dramatiques qui vous empêcheront de retourner contre vous le « dard » animal qui terrorise les autres, et transformeront votre cri de guerre en chant d’espoir.

Verseau Ascendant Sagittaire

Votre signe solaire change de compagnon : de l’indifférent vous passez au curieux, du silencieux au prolixe. Verseau et Sagittaire sont tous deux des excitables et adhéreraient spontanément à ce qu’on leur propose, si le Verseau ne gardait ses distances, conscient de l’ambivalence des situations. Dans ce couple zodiacal, le Sagittaire apporte la possibilité et le goût de faire face à un maximum d’options : il ouvre toutes les portes, tant est vive son envie de communiquer. Mais, pour transmettre, il faut ordonner ses expériences et son savoir : si le Cancer stocke, le Sagittaire diffuse après avoir totalisé, accumulé son savoir. Il a, avant tout, le sens de la dialectique, qui est d’employer tous les moyens pour convaincre.

Si vous êtes Verseau Ascendant Sagittaire, vous pouvez, dans le cadre de votre métier, tenter d’exercer une action sur la société, vouloir concilier le collectif et l’individuel sans perdre de vue leurs différences fondamentales. Vous pouvez, si vous êtes très fort, réaliser une synthèse humaniste afin de sauvegarder les droits de l’individu et de la collectivité. Plus simplement, vous aimerez réunir les gens afin qu’ils échangent leurs connaissances d’une spécialité et fassent évoluer un savoir qui aurait tendance à se scléroser. Dans le but d’une audience générale, vous utilisez votre dynamisme pour concilier vos antagonismes et vos contradictions. Vous savez vous entourer de collaborateurs efficaces qui faciliteront votre réussite sociale. Mais craignez le retour de bâton de ceux qui se lasseront d’être votre « chausse-pied » !

Affectivement, cette double signature inspire la curiosité de l’inconnu, de l’inhabituel. Votre soif d’être aimé vous expose à des changements ou des compromissions qu’une partie de vous-même ne saurait admettre : il vous reste à donner libre cours à vos fantasmes, à rêver d’un amour universel, d’une amitié qui ne demanderait aucun effort et qui naîtrait d’une simple rencontre, d’un seul regard, mais grâce à laquelle vous referiez le monde. Pour ne pas l’avoir trouvée, ou parce que vous avez été déçu, vous aurez peut-être la nostalgie du foyer, de ce cocon qui limite (mais protège) et coupe les ailes des conquérants. Vous pouvez, aussi, sublimer vos carences et chanter l’espoir de venir en aide aux hommes de partout et d’ailleurs, par cette « terrible tentation de la bonté ».

Verseau Ascendant Capricorne

Voici deux signes qui se donnent la réplique : l’un éteint le monde, l’autre le ressuscite. Si vous êtes Verseau Ascendant Capricorne et qu’une seule lampe éclaire votre lieu de travail, de distraction ou de repos, vous obéissez, au sens propre, au phénomène d’extinction : une seule chose existe, celle à laquelle vous donnez tous vos soins. Mais il y aura, en plus, au-dessus d’un objet, d’un meuble ou d’un tableau, une seconde lampe qui vous rappellera que le monde ne se restreint pas à une seule préoccupation, que quelque chose ou quelqu’un soutient votre effort primordial, en élargissant vos ambitions ou vos espoirs.

Que ce soit dans la vie professionnelle ou privée, vous êtes calme et discret, parfois même un peu froid : vous intimidez, car il est difficile de vous définir au premier abord. Mais l’on sent très vite que, sous cette indifférence, se cache une passion qui soutient votre tonus : une cause à défendre, une idéologie à promouvoir. Si vous vous intéressez surtout à la genèse des événements, votre intuition vous renseigne sur leur avenir éventuel, et vous dirigez vos efforts avec une économie de moyens qui minimise les risques.

Dans la vie quotidienne, vous êtes un pessimiste gai qui souhaite que tout réussisse, et si vous marchez vers le « non-espoir », ce n’est qu’à reculons. Si la vie vous a été difficile, votre humour sera défensif, un peu grinçant mais se tempérera parfois d’un sourire.

Résistant de nature, vous dissimulez votre fatigue ou vos chagrins par un « tout va très bien » qui évoque la réponse à « madame la marquise » ou les recommandations de la méthode Coué qui prétend atteindre l’équilibre organique par l’autosuggestion.

Sentimentalement… c’est bien joli ! Sous une carapace impassible se cache une sensibilité frémissante : vous êtes un « chaud-froid » dont le froid serait à l’extérieur.

Si vous hésitez à vous lier, c’est parce que vous craignez les emballements de la passion qui est, pourtant, votre eau de jouvence. La peur d’aimer vous inspire d’étranges comportements : vous disparaissez pour reprendre votre sang-froid et reparaissez, aussi serein que par le passé… et votre partenaire n’y comprend rien ! « N’avouez jamais !  » est votre bible, vous n’offrez pas de fleurs, vous oubliez les anniversaires, mais vous aimez les attentions… quand vous en êtes le bénéficiaire !

Si votre sociabilité se réduit à l’essentiel, ceux que vous avez choisis ont droit à tous vos soins : Vous êtes l’ami discret sur qui l’on peut compter, ou le conjoint dévoué « dans le meilleur comme dans le pire ». Votre vie conjugale est fondée sur l’affection et l’estime réciproques, avec des bouffées de lyrisme qui entretiennent la vivacité du sentiment. Vous pouvez paraître austère… jamais ennuyeux !

Si, par malheur, l’extinction propre aux signes d’hiver portait sur les codes de la vie à deux, vous pourriez donner le ton à un ménage où toutes les licences seraient permises, vous chercheriez, dans la multiplicité de vos aventures, un adjuvant à vos désirs et trouveriez, dans chaque conquête, les prémices de la suivante. A moins que vous ne consacriez tous vos efforts à la poursuite effrénée d’une réussite sociale, aux dépens de votre santé et de votre bonheur.

Verseau Ascendant Verseau

Même rythme pour les deux signes : nous sommes en présence d’un mariage d’amour ! Vous êtes un pur Verseau et vous le montrez bien.

De la rigueur sur un fond de timidité est la composante héritée du Capricorne, mais vous y ajoutez du dynamisme et, placé en situation de confiance, vous devenez expansif et accueillant, aimant les contacts sociaux si vous vous y sentez à l’aise. Vous découvrez souvent chez les êtres des attitudes, des comportements qui vous enchantent par leur cocasserie : vous voilà alors fasciné et vous oubliez tout le reste pour vous fixer sur ce détail. On vous taxera de distraction et vous passerez pour le professeur Nimbus du Zodiaque ! Un a priori favorable dans les contacts, inspiré par l’amour d’autrui, vous rend sensible aux difficultés des autres et, parce que cela vous fait plaisir, vous n’avez de cesse d’y trouver un remède ou une solution.

Prenez garde, cependant, que votre serviabilité ne vous fasse une réputation de « petit saint », et qu’en donnant mauvaise conscience à ceux qui sont incapables de bienveillance, vous ne soyez victime d’une impopularité dont vous pourriez souffrir.

Assidu au travail si celui-ci permet des innovations, vous trouvez les petits trucs ou les grandes idées qui président au changement et animent le travail collectif.

Tout ce qui est usé, démodé, doit être remis à neuf. Si cela heurte les habitudes de certains, on vous tiendra rigueur de bousculer la routine, mais vous savez attendre, même si l’impatience vous anime et, revenant à la charge, votre optimisme contagieux aura souvent raison des insatisfaits.

Si leur froncement de sourcils ne se change pas en sourire, vous perdez patience, bâillez d’ennui pour brusquement aller, sans déplaisir, planter votre tente ailleurs ! Tout ce qui est nouveau vous excite et si l’on vous trouve instable, peu vous chaut… C’est votre destin !

Sentimentalement, vous séduisez par le charme et l’originalité de votre comportement. Un certain humour, fait de causticité sans aigreur, anime les anecdotes et émaille la conversation : on ne s’ennuie pas avec vous ! L’inattendu est de règle : vous transformez une promenade en exploration et un dîner en feu d’artifice dans un restaurant inconnu où, quinze jours après le Tout-Paris attendra une table… vous l’aurez déjà déserté au profit d’une autre découverte !

Madame qui êtes éprise d’un Verseau ou vous, Monsieur, qui en courtisez une, gardez-vous de la jalousie ! Perdre sa liberté angoisse le natif jusqu’au vertige : il disparaîtrait sans laisser d’adresse… N’oubliez pas que, s’il vous recrée à sa guise, il se renouvelle à travers vous et que le changement est sa source de jouvence et son credo !

Verseau Ascendant Poissons

Voici deux signes d’hiver qui ne demandent qu’à s’accorder : ils ont en commun l' »inhibition extinctive » qu’ils partagent avec le Capricorne, mais si le Verseau s’en dégage en réagissant, les Poissons la vivent par affinité élective.

Le nom barbare d’inhibition extinctive recouvre un processus très simple : s’abstraire le plus possible de l’environnement pour mettre toute sa force dans une activité qui nécessite la concentration. Pour les Poissons, c’est un choix qui ne s’extériorise pas et qui, vécu harmonieusement, encourage à la réflexion. Dans la dissonance, cette disposition peut engendrer le refus de tout effort, la misanthropie, parfois la drogue ou l’excès d’alcool. Dans le premier cas, c’est un processus actif : rechercher la solitude quand on a un livre à écrire est une sage conduite qui procure le calme et la concentration nécessaires pour mener à bien sa tâche. Dans le second cas, la solitude peut être vécue comme un isolement dans lequel le sujet ressent l’impuissance de celui qui ne pense bien qu’après avoir parlé. Certains écrivent en prison, d’autres ont besoin de la radio ou d’une musique de fond : affaire de tempérament ! Entre le Verseau qui est un excité par réaction à l’hiver et un Poissons inhibé par choix, c’est, sur un même tempo, deux rythmes différents qui peuvent s’équilibrer sans se nuire, l’un apportant à l’autre ses richesses et ses faux pas.

Le signe des Poissons, habile à distinguer en toutes choses ce qu’il convient d’éliminer ou de garder, apporte au Verseau le sens tactique qui lui fait défaut : si le Verseau réagit, le Poissons agit. Il a le don de la manoeuvre ouatée : pas de bruit, aucune susceptibilité tapageuse, à peine si, de temps à autre, l’œil s’entrouve pour laisser filtrer un regard aigu qui voit tout sans rien manifester. Il va, vient, repasse, draguant dans les eaux comme un vieux marcheur oisif !

Si vous êtes Verseau Ascendant Poissons, votre excitabilité joyeuse – mais parfois désordonnée – se teinte de feinte bonhomie et de patience réelle. En éliminant systématiquement ce qui est contraire à vos buts, vous augmentez vos chances de triompher en douceur, sans trop vous faire d’ennemis. Par contre, si la manoeuvre a été particulièrement adroite et que vous avez donné l’illusion d’un abandon tout en poursuivant vos intérêts, on vous le pardonnera difficilement !

Que ce soit dans votre métier, l’éducation de vos enfants ou la poursuite d’une idylle, les Poissons vous empêchent d’enfoncer les portes : ils vous font la main de velours et la démarche feutrée, vous conseillent l’attente vigilante qui profite de la moindre brèche pour s’y précipiter.

Prenez garde cependant, si votre Ascendant est vécu dans l’inadaptation, à ne pas éteindre complètement, par paresse ou désintérêt, la fonction créative de votre signe solaire. Vous risqueriez de ressentir l’aigreur, l’envie ou les regrets de potentialités non réalisées, et vous accuseriez la société, le Diable ou la malchance d’être un phénix incapable de renaître.

POISSONS

Si dans la description du signe solaire sont déjà apparus certains traits marquants de la personnalité, il n’a pu s’agir là que d’une première approche qu’il nous faut maintenant dépasser. De ces « fragments » va sortir un être « global », fait de la somme des aspects et des tendances : un être vivant, souvent contradictoire aussi. Pour dresser un profil psychologique valable, il est indispensable de connaître l’Ascendant.

Le signe solaire ne peut prétendre être un portrait fidèle pour chacun d’entre nous. Il ne saurait, en aucun cas, refléter la personnalité tout entière d’un individu. Un thème est un tout. Connaissance unifiée, l’astrologie, dont le mode de pensée est analogique, ne peut être que « globalité » du ciel. L’Ascendant va révéler ce qui sera essentiel dans la progression dynamique de notre vie, la cohésion ou l’éclatement de notre personnalité. Parler d’astrologie sans évoquer la puissance intérieure de l’être, c’est tout faire, sauf de l’astrologie.

Le signe solaire est le « fil conducteur » d’un thème, il donne à tous les natifs d’un même signe un certain « air de famille ». Si vous êtes natif des Poissons, vous avez dû retrouver ici un certain nombre de traits de votre caractère, voire le fond de votre personnalité. De cette « toile de fond » se dégagent, c’est vrai, des traits communs, mais elle n’est « vous » que de très loin. Le Zodiaque et le thème permettent d’aller beaucoup plus loin, de saisir la globalité d’un être, d’appréhender dans ce « composé humain » ce qui fait la richesse de chaque âme et sa merveilleuse potentialité. Tout ciel est « à vivre »…

Le signe solaire est une prise de conscience de ce vers quoi le natif tend, vous avez dû le reconnaître dans les pages précédentes. Si tel n’est pas le cas, c’est que votre thème est probablement très peu Poissons : il arrive, en effet, que des personnes soient marquées de façon beaucoup plus profonde par un autre signe que leur signe solaire. Mais il faut alors se poser une question : ne se pourrait-il pas que la raison en soit tout simplement psychologique ? On doit se demander s’il ne s’agit pas là d’un « masque » inconscient que le natif jette sur sa personnalité profonde. On se cache littéralement à soi-même, et par là même aux autres, parce qu’on n’a pas développé certains aspects de sa nature véritable dont on se méfie, ou que l’on préfère ignorer, par manque d’affirmation de soi ou difficulté à exprimer sa vraie nature, incapacité à se relier au monde environnant que l’on fuit en se cachant. Bref, il s’agit alors d’une mauvaise compréhension de sa nature profonde que l’on cherche à rejeter plus ou moins inconsciemment.

Or, tout le problème de la vie est, justement, de s’accepter et, se connaissant, de tirer le meilleur parti de ses possibilités afin d’aller de l’avant, de progresser. Le refus de s’assumer entraîne un blocage au niveau de l’évolution, une régression de l’âme et de la vie. Destin et personnalité sont une seule et même chose. Il arrive à un être ce qu’il est. Refuser d’être ce que l’on est, c’est se paralyser, ne pas pouvoir évoluer.

Avec l’Ascendant, votre thème se précise, s’individualise. Il existe, selon l’Ascendant, douze façons d’être Poissons. Selon cette « faculté réceptive de base », chaque Poissons orientera sa vie dans une certaine direction. Il n’envisagera pas les événements de la même façon, les choses l’affecteront différemment.

Natifs des Poissons, c’est en fonction de votre Ascendant que vous vous ouvrirez au monde. Vous vous affirmerez sur le mode Poissons, mais votre besoin d’expansion trouvera son expression par le canal de votre Ascendant. L’Ascendant sera le signe par lequel vous exprimerez vos sentiments personnels, vos impressions. Ce sera aussi la manière dont vous vous présenterez aux autres. Pour connaître la façon dont vous allez orienter votre vie, il faut examiner votre signe solaire et votre Ascendant, car celui-ci est l’un des principaux facteurs constituant votre « Moi », ce grand principe intérieur qui commande à tout l’être.

L’Ascendant, reflet de votre propre individualité, va exprimer le principal affrontement de votre existence. Il sera la « griffe », la signature de votre ciel. Poissons, c’est à travers la puissance de votre « Moi » que l’on pourra voir la façon dont vous surmontez vos problèmes, et que l’on pourra définir votre puissance d’accueil. C’est à l’Ascendant que l’on jugera la force de concentration d’un être ou sa dispersion. Là sera la raison de son acceptation ou de son refus. C’est par l’Ascendant que l’être pourra entrevoir ce qu’il peut développer en lui. Maintenir l’être dans sa personnalité mais lui permettre de se transformer en s’épanouissant, telle est la double exigence de la vie. Et l’Ascendant, en cela, va nous éclairer.

Ainsi, l’Ascendant va montrer au Poissons le chemin de sa réalisation. A travers lui apparaîtront sa puissance de combat, sa force, sa faiblesse, sa résistance aux épreuves et la façon dont il les traversera. Découvrir l’Ascendant, c’est démêler l’écheveau de la vie, c’est retrouver, à travers ce fil d’Ariane de notre psyché, la clé de l’âme. Selon que votre Ascendant va se trouver dans un signe de Feu et de combat, dans un signe de Terre et de réalisation, dans un signe d’Air, d’échanges et de contacts, dans un signe d’Eau, d’intuition et de réceptivité, votre thème sera différent.

Poissons Ascendant Bélier

L’Ascendant a des affinités avec le dynamisme de Mars. La fougue du Bélier donnera au Poissons une vigueur qui surprendra son entourage. Voilà un Poissons qui ne va pas vivre dans les demi-teintes. Il s’enthousiasmera, il s’enflammera. Que ce soit pour un être, pour un idéal, ou pour une idée, suivant sa dominante planétaire (vénusienne, jupitérienne ou neptunienne), il « foncera ». Il ira parfois se perdre, c’est certain, dans quelque folle chimère. Mais il fera, au départ, preuve d’une grande énergie. Il y aura en lui un mélange de courage spontané, d’impulsion martienne, de combativité pleine d’enthousiasme, voire d’agressivité. Puis des revirements, des replis soudains, un véritable enlisement, qui paraîtront d’autant plus étranges à son entourage qu’ils seront imprévisibles. Situation alors typiquement « Poissons« . Vie pleine d’audace, puis d’hésitations. Parfois à contretemps… Elans et reculs alterneront chez un tel être, donnant souvent une conduite contradictoire. Mais s’il trouve sa voie, dans un sacrifice à une cause, à un idéal, ou à un rêve, alors il est sauvé ! Un rêve : comment donner un autre nom à la folle passion de Juliette Drouet ? Maîtresse de Victor Hugo, elle eut pendant un demi-siècle, pour cet amant toujours absent, une passion dévorante, inconditionnelle. Amour qui la réduisit en esclavage, servitude dans laquelle elle vécut jusqu’à sa mort, mais qui, en fait, transfigura sa vie. Comme l’a écrit André Maurois : « Elle accepta, par ivresse mystique de la rédemption amoureuse, non seulement avec gaîté mais avec reconnaissance. » On trouve ici le thème de l’amour-dévotion, de l’amour-rédemption, de la résignation et de l’abnégation bien Poissons, sur un fond d’engouement et de ferveur intense, avec un goût du tout ou rien, si cher au Bélier. N’est-ce pas là le thème de l’enlisement dans un vertige ? Les accents de cette amoureuse sont d’ailleurs les mêmes que ceux de sainte Thérèse d’Avila, composante PoissonsBélier, qui elle aussi sera tout « embrasée d’amour de Dieu », selon ses propres termes. Composante créative, s’il en est, que celle du Poissons Ascendant Bélier ou du Poissons ayant une forte composante Bélier. Un autre exemple est celui du savant Einstein : c’est en se heurtant aux conceptions de ses maîtres qu’il brisa la conception de l’Univers qui prévalait depuis Newton, mais il était profondément « pacifiste » quoique « sans illusion ». Homme d’une grande bonté et d’une grande sagesse, il représente cette dualité PoissonsBélier.

Dans le domaine artistique, une telle composante donne naissance à des oeuvres fougueuses. C’est le cas de la composition musicale du Poissons Ascendant Bélier, Arthur Honegger. Sa musique symphonique est d’inspiration nettement religieuse ; les valeurs neptuniennes apparaissent dans Jeanne au bûcher notamment, musique écrite sur un texte de Paul Claudel. Souffle mystique que l’on retrouve aussi dans le Cantique des Cantiques… Avec un même enthousiasme fougueux, un tel Poissons, ne restant pas inactif, pourra se dévouer, voire se sacrifier pour une cause. Dévouement et engagement : Gorki, écrivain russe, Bélier, grâce à un amas très important (dont Jupiter) aux Poissons, se pencha avec une ardeur vibrante sur la misère du peuple russe à la fin du XIXe siècle. Ce n’est pas une composante modérée, mais au contraire passionnée, qui peut mener à une mystique vécue. Dans la vie quotidienne, cette structure n’est pas facile à vivre. Le natif porte en son ciel une étrange contradiction. A la fois énergique et docile, le Poissons ascendant Bélier rêve de soumission et refuse de se soumettre. Querelleur et batailleur, il voudrait se sacrifier, mais sans se plier. Individualiste, il n’aime pas « rendre des comptes » (côté Bélier), mais il aimerait être conciliant (côté Poissons) car il aspire à une communion avec les autres (ou avec l’autre). Il aura souvent du mal à harmoniser des tendances aussi peu semblables, quelque peine à trouver l’équilibre, à réaliser la « voie du milieu » pour reprendre l’expression du Tao… Rappelons que cette composante valorise souvent la Maison XII qui se trouve alors aux Poissons. L’union PoissonsBélier permet d’extérioriser la vie secrète. La réussite, dans ce cas, est liée à la Maison XII. Souvent insaisissable, difficile à comprendre, un tel être ne manque ni de charme, ni de présence, ni de chaleur humaine ; mais il apparaît souvent incompréhensible à son entourage, ou du moins très déconcertant… Le peintre surréaliste Félix Labisse, Poissons Ascendant Bélier, signait ses toiles d’une empreinte magique mais affirmait, avec une formidable énergie et un enthousiasme persuasif, la vie du subconscient. Ce qui lui donnait une extraordinaire aptitude à créer un monde imaginaire et lui conférait, en même temps, un esprit visionnaire. Il arrive souvent qu’on ne reconnaisse pas les deux aspects de cette nature riche et profonde, toute en contrastes. On ne voit pas l’autre face du personnage. S’il peut apparaître comme un être paisible, sa vie, en réalité, est rarement de tout repos. Il trompe son monde… Sous le masque d’une apparence mystérieuse et calme, il brûle d’un intense feu intérieur que l’eau des » Poissons n’éteint pas (Rosa Luxembourg).

Poissons Ascendant Taureau

Voilà un être au charme envoûtant, à la nature profondément sensuelle. Il a la tête sur les épaules, et sait garder son sang-froid. Il a besoin d’une certaine sécurité et sait la préserver. Tempérament voluptueux, cette configuration signe, effectivement, un natif à la nature pleine de sensualité et donne à la vie amoureuse un caractère intense. Les fluctuations conjugales sont en général fréquentes, les amours multiples. La vie de ce Poissons se déroule au rythme de ses passions successives. Lorsqu’il s’agit d’une femme Ascendant Taureau, on a la « grande amoureuse », qui ne supporte pas la solitude et a besoin d’aimer. Son érotisme est envahissant, l’amour est l’essentiel de sa vie. Femme au cœur multiple, elle plonge et replonge d’un amour dans l’autre avec une disponibilité totale qui surprend l’entourage. L’éblouissement, l’enchantement du nouvel amour, effacent le souvenir de l’ancien. Ce que la veille, elle adorait, aujourd’hui n’a plus aucune prise sur elle ; elle lui échappe. Personnage cherchant à concilier son amour du plaisir et une certaine stabilité, c’est un être doué d’une chance matérielle réelle. La valorisation de Vénus, charnelle et palpitante, dans un cadre PoissonsTaureau, donne une vie féconde. Féconde en amour, féconde en argent, féconde en enfants. Le cas de Liz Taylor, Poissons Ascendant Taureau, est éloquent.

Quant à l’homme PoissonsTaureau, voilà quelqu’un qui ne s’écarte pas du réel. S’il se bat pour une cause, c’est une cause concrète; mais il a des buts généreux. Ainsi, le PoissonsTaureau George Washington lutta pour une cause fraternelle. Une telle configuration est extrêmement positive, puisqu’elle associe des valeurs de Terre, concrètes, à des valeurs d’Eau, fécondes. Elle donne une sensibilité Poissons aux contours beaucoup plus précis et une note en général plus terre-à-terre… La présence de planètes lentes en Taureau modifie, nous le rappelons encore une fois, le thème. Dans les années de la guerre, 1941-1942 notamment, la conjonction SaturneUranus en Taureau, qui a marqué toute une génération, apparaît souvent comme un accumulateur d’énergie (Uranus) et donne aux natifs des Poissons une note beaucoup plus indépendante. En effet, Uranus, dans ce cas la planète la plus lente de l’amas, indique un certain refus des contraintes. Il y a donc pour les Poissons marqués à la fois par le Taureau et par Uranus une contradiction intérieure profonde entre un refus des normes et un besoin des normes. De toute façon, avec un Ascendant Taureau, il y a une obstination chez le Poissons, une nature plus renfermée, plus secrète, plus déterminée aussi. Volonté, patience, prudence qui n’apparaissent pas toujours dans les démarches de la vie du natif mais que l’on retrouve en général dans la grande ligne de conduite de son existence et dans le but qu’il poursuit.

Poissons Ascendant Gémeaux

Joue-t-il la comédie, est-il sincère ? Charmant, insaisissable, impossible, tel un funambule sur son fil, le Poissons Ascendant Gémeaux, tour à tour sentimental et rêveur, indécis, instable, influençable, vit la tête dans les nuages. Oscillant sans cesse entre une attitude mondaine et un repli solitaire, il a l’air souvent un peu égaré dans la vie. Paresseux ? Il l’est sans doute. Plutôt dilettante, voire velléitaire car il lutte par à-coups. Intelligent, sensible, intuitif, pourquoi ne s’impose-t-il pas mieux ? Peut-être tout simplement parce qu’il change d’avis. Il a vraiment du mal à s’affirmer. Il est indécis, tiraillé ; il ne s’y retrouve pas lui-même. Il triche avec les autres ; il triche avec lui-même aussi, peut-être. Il a de la chance : le signe des Poissons, sous notre latitude, est au Milieu-du-Ciel. C’est un signe de réussite. Il est doué pour bien des choses mais ne va pas jusqu’au bout. Persévérera-t-il ? Rien de moins sûr. Artiste, fantaisiste, c’est un touche-à-tout.

La verve malicieuse du Gémeaux, son attitude mordante et ironique, son sens de l’humour et son esprit critique masquent le Poissons en lui. Le chansonnier Pierre-Jean Vaillard, Poissons Ascendant Gémeaux, a utilisé sur scène cette extraordinaire faculté d’adaptation que donne la configuration : mimétisme, intelligence critique et subtilité, en pleine lumière sur les tréteaux et au théâtre. Mais ne s’efforce-t-on pas, avec un tel aspect, de « rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer »? Enfin, l’extrême mobilité finit par devenir de l’instabilité. Voilà un Poissons qui ne tient pas en place. Sans cesse en mouvement, il est illogique, capricieux. Mercure est la planète du Moi. Si l’Ascendant est mal aspecté, il peut y avoir de sérieuses erreurs de jugement, et même une certaine confusion sur le plan mental, une sorte de dispersion également… Il peut manquer de rigueur• mentale ou du moins se laisser entraîner dans des expériences préjudiciables à son équilibre psychique. Il se lance dans des spéculations hardies.

Sur le plan de l’action, ses hésitations sont extrêmement préjudiciables à une réalisation à long terme. Sur le plan de la santé, il faut noter que le système nerveux est particulièrement fragile de même que les voies respiratoires. Comme ce PoissonsGémeaux vit à cent à l’heure et refuse systématiquement de s’ennuyer, il risque aussi de craquer plus facilement. Cette configuration peut amener des dépressions soudaines dont le natif aura parfois du mal à se remettre aussi rapidement qu’il le souhaiterait.

Poissons Ascendant Cancer

C’est une nature presque féminine à force d’intuition, d’émotivité, de sensibilité. C’est un être perméable à l’ambiance, qui vit dans un monde évasif. Rêveur, romanesque, il a un côté fleur bleue. Sa vie est mouvante comme la mer, instable, chaotique. Il n’a aucun sens pratique. Il vit dans son monde à lui, accroché à ses rêves, à son enfance, à ses souvenirs. Signe de la Lune, signe de l’enfance, de la maison, de la famille, de la mère, le Cancer, lorsqu’il s’allie au Poissons, donne incontestablement une configuration plus facile à vivre pour une femme que pour un homme. On a, de toute façon, avec un thème de ce genre, une nature un peu lymphatique qui rêve d’évasion et reste accrochée à son passé. L’être a souvent un côté enfantin qui persiste même à l’âge mûr. Un tel Poissons ne sera jamais tout à fait un adulte. Le PoissonsCancer vit dans son propre univers intérieur. Il n’aime pas se battre. Et pourtant, dans sa vie professionnelle, il manifeste souvent beaucoup d’énergie. En effet, le Milieu-du-Ciel, sous notre latitude, est en Bélier lorsque l’Ascendant d’un Poissons est au Cancer. Cela lui permet d’être finalement plus « accrocheur ». Mais il peut, par paresse ou par goût du confort, par goût de la facilité, refuser la bataille. A la limite, il perd pied avec le réel et se laisse envahir totalement par des chimères. Tel le peintre Modigliani qui avait cette configuration : composante Poissons, dominante Cancer. Sensibilité extrême, affectivité intense, rêveries sans fin : c’est au niveau de la vie, un Poissons « dans la lune », rêveur (Einstein était connu pour ses « absences » ; on lui parlait : il était « ailleurs »).

Poissons Ascendant Lion

Voilà encore une composante où deux natures bien étrangères, Feu et Eau, coexistent tant bien que mal. Mais avec une telle structure, tout ce qui flotte, tout ce qui est incertain, est caché. C’est la présence solaire qui s’impose ; c’est la nature volontaire et rayonnante qui apparaît au premier abord, et sa réussite. D’où le besoin du natif d’être estimé ou admiré… C’est, incontestablement d’ailleurs, une structure de réussite. Elle peut se manifester sur le plan matériel : sous notre latitude, un Ascendant Lion donne, en général, une Maison VIII en Poissons. Cette Maison VIII valorise l’axe de la possession. C’est en tout cas le thème d’un Poissons ambitieux. Une certaine part de vantardise n’est pas exclue ; mais un tel Poissons va vouloir s’imposer, aussi sera-t-il convaincant ; il ne craindra pas la lutte, il n’aura pas « froid aux yeux ». Utilisera-t-il les qualités neptuniennes pour réussir, ou s’imposera-t-il par son autoritarisme Lion ? Il est certain que si Jupiter est important dans son thème, on aura affaire à un être qui s’accomplira non pas dans un sacrifice, plus ou moins héroïque, mais bien plutôt au niveau le plus concret : au niveau de la matière. A l’extrême, ce type de Poissons, insatiable, utilisera son thème dans un seul sens : celui de la 132 Inspiré par les structures de la musique classique, Arthur Honegger les dépassa en optant pour une voie ornementale, proche du romantisme allemand, qui le distingua des autres compositeurs du début du siècle. conquête de l’argent, par tous les moyens. « Poissons-requin », sa chance pourra être insolente. Il agira parfois immoralement. Ses aspirations auront un gigantisme certain. Citons pour exemple Antoine Guérini, né le 2 mars 1902 à 15 heures, en Corse, à Calenzana. Il ne correspond pas (l’analyse du thème global s’impose) à tous les Poissons Ascendant Lion mais, néanmoins, relève d’un certain type que l’avidité matérielle mène : il devient le gros manitou de la prostitution et empreinte au Lion son aspect de businessman (mais dans l’univers de la prostitution et des bas-fonds). Avec une telle composante le Poissons « surcompense ». N’a-t-il pas tendance à se composer une attitude trop Lion, trop forte, et, par là même, à se montrer sous un jour qui n’est pas tout à fait le sien ? C’est possible, car il y a dans ce thème une pointe de bluff. Il cherchera, ou du moins il en donnera l’impression à assumer parfaitement ses angoisses ;et ce n’est qu’à travers une épreuve qu’il se montrera tel qu’il est, car il y aura toujours une façade dans son comportement. Le Soleil étant la planète du Surmoi, c’est donc un être un peu rigide qui a souvent des principes. C’est aussi quelqu’un de fixe, de solide ; plus solide, en tout cas, que ne l’est en général le Poissons. Mais il est conservateur, et en cas de rupture d’un contrat, d’une union, de procédure de divorce, ce sera pour lui une épreuve qu’il vivra dramatiquement (du fait de ses principes)… Avec Neptune, ce sera un Poissons plus idéaliste, moins concret aussi. Tourné davantage vers une réalisation spirituelle, et plus seulement matérielle. La composante PoissonsLion est une composante souvent « occulte » ; de nombreux Poissons Ascendant Lion s’intéressent aux phénomènes parapsychiques, à la parapsychologie, à l’occultisme également…

Mais, attention !

La présence d’une planète à l’Ascendant en modifie le sens. A titre d’exemple, disons qu’à la fin de la guerre, dans les années 1947-1948, avec la conjonction SaturnePluton qui se trouvait alors à l’Ascendant, dans le signe du Lion, on avait soit des valeurs de solitude saturnienne, soit des valeurs de métamorphose plutonienne ; et des destins qui furent marqués par ce rythme de Saturne et de Pluton. La Maison VIII, valorisée par l’Ascendant Lion, mettait l’accent plus fortement sur Pluton : planète des crises et des métamorphoses de l’âme comme de la vie, elle donne un Lion plus angoissé, plus compliqué. Mais elle permet à l’être de se renouveler totalement, de se transformer, et de transformer totalement sa vie (cycle de SaturnePluton de trente-trois ans avec des demi-cycles d’environ six à sept ans). Pluton en Lion entre 1939 et 1958, Neptune en Lion entre 1916 et 1929 et Uranus en Lion entre 1955 et 1962, ont donné trois aspects différents à ces différentes générations. Ceux qui ont une planète lente à l’Ascendant auront une vision différente des choses. Avec Uranus en Lion, on peut s’attendre à une certaine intransigeance (nouvelle génération qui monte). Avec Pluton, les valeurs d’angoisse et de métamorphose sont extrêmement puissantes. Si c’est Neptune qui est en Lion, il permet de capter les choses avec une intuition exceptionnelle, parfois « visionnaire ».

N’oublions pas que Neptune en Lion y est en « exaltation » ; le signe donne une vision majestueuse et imposante aux perspectives de la planète et l’intuition du natif est accrue. Souvent on a des dons de guérison et des pouvoirs médiumniques. On trouve par ailleurs beaucoup d’artistes et de peintres ou de photographes qui ont Neptune en Lion, à l’Ascendant. La magie du rêve imprègne toute l’oeuvre de l’écrivain André Pieyre de Mandiargues, qui fut l’un des continuateurs de l’âge d’or du surréalisme. « La poésie comme l’art est inséparable de la merveille. Elle est domiciliée dans l’espace émotif et ne peut vivre ailleurs. »

Poissons Ascendant Vierge

Deux mondes totalement différents cohabitent chez cet être. L’un est un monde flou, irrationnel, étrange et mystérieux. L’autre est un monde précis, rigoureux. La Vierge aspirera à sécuriser le Poissons ; elle y parviendra dans la mesure où elle tend à ériger certaines barrières, certaines limites. L’être cherchera constamment à se rassurer contre lui-même, contre les autres. Cette attitude n’est pas sans créer des préjugés, des contraintes. Avec une telle configuration, le Poissons peut tirer profit de son Ascendant et acquérir plus de rigueur, être plus logique. Mais il souffre parfois d’un manque de confiance en lui. Si les dissonances sont importantes sur l’Ascendant, on a alors une certaine difficulté à surmonter les pressentiments, les idées noires. La vision mercurienne de la Vierge paralyse ; il arrive alors que le Poissons, qui se perd dans les détails, se noie dans un verre d’eau. Moralisateur en même temps qu’amoral, c’est un personnage qui peut être tour à tour pingre et généreux, intuitif et buté, voire borné ; il se limite lui-même dans son expansion. Il cherche à organiser sa vie au maximum. Il se marie généralement plusieurs fois, par besoin de confort, par commodité, plus que par amour fou. Il a d’ailleurs souvent une vie parallèle. Façon confortable et quelque peu égoïste de s’organiser une vie sans problèmes en respectant les apparences.

Entre 1930 et 1943, la présence de Neptune en Vierge a renforcé les qualités d’intuition. Le besoin du Poissons d’être utile et le sens de l’organisation de la Vierge ont pu être mis au service d’un art, d’une vocation (professions médicales ou para-médicales, par exemple). Bien que Neptune soit en exil en Vierge, il a pu modifier favorablement l’aridité du signe, élargir les horizons spirituels ou intellectuels, permettre, peut-être, de secouer certains tabous et l’immobilisme un peu conservateur du signe, ainsi que son conformisme restrictif et étroit. Avec Uranus, sans doute, le Poissons gagne une certaine rigueur logique qui lui faisait défaut, mais il acquiert aussi un sectarisme et une forme d’intransigeance plus grande. Entre 1958 et 1972, la génération Poissons qui a l’Ascendant en Vierge est marquée par cette planète ; et également par Pluton qui passait alors en conjonction, phénomène assez rare puisqu’il ne se renouvelle que tous les cent dix à cent vingt ans. Les enfants nés à cette époque seront loin d’avoir la souplesse des Poissons. Il s’en faudrait de beaucoup qu’ils soient aussi coulants que la Tradition le dit généralement. Cette configuration donne une certaine habileté manuelle et facilite l’orientation vers des domaines techniques et scientifiques. La présence de Pluton en Vierge, signe de Terre, peut faire que le natif du signe soit attiré particulièrement par tous les problèmes d’aménagement du futur, notamment par l’écologie.

Poissons Ascendant Balance

C’est la configuration même de la gentillesse et de la conciliation. Mais c’est un peu celle d’un être qui manque de caractère, car c’est aussi la configuration de l’indécision. Tout ce qui est hésitation, flottement, incertitude va se trouver amplifié avec un tel thème. C’est la configuration du sourire. Un PoissonsBalance est le plus sensible et le plus compréhensif des amis. Il est, dans la vie de tous les jours, le plus conciliant des êtres. Il préfère reculer plutôt que crier ; il a horreur des scènes et des cris, mais a tendance à se laisser dominer, écraser ou exploiter. Il prend un certain recul à l’égard du monde et de ses rudesses. Il se laisse trop souvent « manoeuvrer » par les autres. Il manque de combativité. C’est un être vulnérable, impressionnable mais à qui la vie ne fait pas de cadeaux. Sa vie est mobile, mouvante, car il ne s’impose pas assez. Très nuancé, il est excellent pour tout ce qui relève d’un contact avec le public. Il a du charme et il le sait. Ce sont généralement des êtres pour qui la vie affective est essentielle, avec lesquels les rapports sont infiniment agréables. Toujours à la recherche de l’harmonie, mais trop émotifs, trop sensibles, réceptifs à l’extrême, ils ont du mal à ne pas se laisser envahir par le découragement, et perdent facilement confiance en eux. Il faut qu’ils soient stimulés, par un enthousiasme ou par un amour, pour être efficaces. En général, ils sont dans la vie conjugale des époux ou des épouses charmants, pleins de tendresse et de compréhension, mais hélas, très volages. La génération de 1943 à 1957 a été marquée par Neptune en Balance qui s’est trouvé conjoint à Saturne entre 1952 et 1953. Cette double signature planétaire a donné une double stimulation : celle de Neptune a apporté l’hyper-réceptivité ; celle de Saturne a resserré et paralysé, parfois de façon austère, tout ce que Neptune avait capté et ressenti. Élément d’inquiétude, élément d’indécision, de tensions intérieures, cette conjonction influence donc fortement la Balance et donne un affrontement de l’âme : tentée par l’infini et l’immensité, elle se sent en même temps bridée et réprimée. Faut-il voir dans une telle configuration la clé de cette fuite dans les paradis artificiels, de ce refus de vivre et de cette noyade que constitue la drogue et qui a attiré beaucoup de jeunes nés dans cette période ? De toute façon, les PoissonsBalance ont besoin de s’affirmer et de se sentir sûrs d’eux. Ils sont beaucoup trop hésitants, manquent de volonté, ne sont pas armés pour la lutte. Ils risquent de se laisser dominer par des êtres plus volontaires qu’eux et de voir leur existence littéralement paralysée par leur entourage. Leur délicatesse, leur sens de l’indulgence et la richesse de leurs sentiments, leur ouverture d’esprit leur attirent de nombreux amis. Ils ne seront de toute façon jamais seuls. Et Vénus devrait leur permettre de retomber en définitive sur leurs pieds.

Poissons Ascendant Scorpion

Personnalité secrète, mystérieuse, étrange, tour à tour agressive et rêveuse, le Poissons-Scorpion est un être qui agit instinctivement. Il a besoin de s’incarner dans une réussite manifeste. Fût-ce au prix de tractations, de luttes d’influences, fût-ce par des chemins tortueux. Il n’est pas très facile à vivre. Il a du magnétisme et du charme, mais ses revirements déconcertent. Avec lui, nous pénétrons dans un univers inquiétant, trouble et tourmenté où les remous intérieurs s’amplifient. Les passions acquièrent une véritable démesure. Il semble que l’être ne pourra se mouvoir qu’à travers de grands déchirements, ou de grands maux. Les sentiments sont tragiques, la passion démesurée, les aspirations étranges, les attraits morbides. Hanté par quelque image hallucinatoire, véritable monstre venu de l’inconscient, c’est un être qui ne peut sortir de sa souffrance une fois qu’il y est entré : elle le ravage, elle le détruit, il s’identifie à elle. Citons pour exemples Georges Bernanos et le grand poète Edgar Poe. Avec cette configuration, l’être peut vivre aux frontières du délire. Son pouvoir émotif est intense. Il peut le conduire au bord de la vision. Tel le Poissons Ascendant Scorpion Camille Flammarion, qui écrivit : « L’idée mystérieuse de l’infini qui nous entoure […] éveille une pensée qui est une source de mélancolie en même temps qu’une source de pures jouissances. » Jouissance, mélancolie, mystère, voilà bien des thèmes que l’on retrouve dans les destins PoissonsScorpion. Il y a toujours dans ces thèmes une ampleur extrême. Avec les PoissonsSagittaire, nous avons des prêtres, avec les Poissons neptuniens, nous avons des mystiques, avec les plutoniens, nous avons des voyants, des médiums. Une configuration semblable se trouvait dans le thème du grand voyant Edgar Cayce. Dans le cas du poète Victor Hugo, on retrouve à la fois les flots envahissants de Neptune et le visionnaire, la sensibilité et le don de prescience, les drames et les angoisses, l’inspiration et l’obsession du mal, de la mort, de la souffrance. Sexualité puissante aussi, érotisme très fort qui transparaît dans cette composante « magnétique ».

Neptune était en Scorpion entre 1956 et 1970. Il a été pour la génération de 1968 le signe de la révolte, de l’insolite. Il a aidé l’être à se détacher du passé, il lui a donné un certain anticonformisme. Uranus, entré en Scorpion en 1975, n’en est sorti qu’en 1981. Il a donné une certaine largeur de vue au signe où il se trouvait très impliqué et a favorisé la combativité ; il n’hésite pas à se lancer dans un affrontement. Ce n’est pas un aspect très pacifique, ni dans un thème, ni en astrologie mondiale, d’ailleurs. Pluton est entré en Scorpion en 1984. Le monde est alors entré dans une période de totale métamorphose. Est-ce cette mutation qui doit précéder l’ère du Verseau ? Il est certain que nous assistons à des bouleversements radicaux dans nos idées, dans nos idéaux.

Poissons Ascendant Sagittaire

Avec le Feu du Sagittaire, feu intérieur qui brûle l’âme, l’être va prendre une dimension particulière. C’est un Poissons porté vers les grandes réalisations, qui sera profondément idéaliste. Du moins le pensera-t-il… Il essaiera d’atteindre l’univers de la Maison IX, l’univers du lointain : on aura alors un Poissons qui voyagera énormément et dont la vie sera parfois ballottée, avec des changements fréquents ; un Poissons qui sera attiré par l’étranger ; il arrivera même qu’il aille vivre à l’étranger. Mais, puisqu’il s’agit d’un signe double, il est à peu près certain qu’à un moment donné de sa vie il aura des aspirations philosophiques, métaphysiques ou spirituelles. Il cherchera à donner une autre dimension à son existence. On a souvent, avec une telle composante, un esprit profondément religieux, mystique, qui subit essentiellement une attirance pour des philosophies lointaines, orientales : bouddhistes, hindouistes, etc. Parviendra-t-il à vivre à la mesure de ses rêves et de son idéal ? Sous notre latitude, la Maison IV se trouve en général aux Poissons. C’est alors dans le cadre de sa vie intime qu’il ressentira cet écartèlement PoissonsSagittaire, ce tiraillement entre la famille et le voyage, l’évasion entre un désir de s’élever, des aspirations infinies, et une difficulté à se dégager de ses « racines »… Ce Poissons ne manque ni de chance ni d’intuition ; mais, parfois, il présume un peu trop de ses forces, et use un peu la vie par les deux bouts…

On peut noter que la génération qui a précédé la dernière guerre a été marquée par une opposition SaturneNeptune jouant dans ce cas sur l’axe Maison IV Maison X et qui, bien entendu, accentue ce tiraillement de l’âme entre les appels infinis et les racines tenant l’être rivé à son destin. C’est un aspect qui met l’être « en croix ». Le signe solaire est alors au double carré de l’axe de la personnalité. Un tel Poissons aura donc des difficultés à se réaliser, à concrétiser un idéal, surtout à la mesure de ses aspirations infinies mais, trop souvent, vagues, imprécises. Un tel thème n’est pas sans posséder une certaine puissance : grand voyageur, Lindbergh était marqué par cette configuration.

Dans le thème de André Pieyre de Mandiargues, la note Sagittaire (Lune) est à l’origine de ses voyages en Orient d’où il rapporta des visions mordorées, brillantes, celles de ces hétaïres qui vivent dans un monde de parfum et d’encens et que l’on retrouve dans son Musée noir.

Les aspirations philosophiques et artistiques sont fréquentes. On les trouve magistralement exprimées dans l’oeuvre de Vinci (composante Poissons sur fond Sagittaire). Cette configuration puissante a donné également de grands papes, tels : Clément VIII, Jules III, Léon XIII. La configuration marquée du sceau PoissonsSagittaire est toujours empreinte d’une ampleur jupitérienne, quelle que soit la direction que prend le Poissons. Mais il traverse souvent la vie avec un sentiment d’incomplétude issu de cette dualité profonde qui est en lui, contradictions qu’il ne parvient pas toujours à concilier, à harmoniser.

Poissons Ascendant Capricorne

Le Poissons Ascendant Capricorne a une allure assez froide, en apparence seulement. Il cache sa sensibilité sous le masque de Saturne. Il ne faut pas trop s’y fier, même s’il a un petit air de moraliste.

En effet, toute la symbolique saturnienne joue ici. Saturne resserre et rentre en lui-même le Poissons. Mais il peut jouer comme une force de construction, de structuration de l’être, ou comme un recul (complexe de sevrage mal résorbé, conduisant à une inadaptation). Aussi allons nous avoir deux Poissons opposés, selon qu’ils auront bien ou mal résolu ce problème, ou qu’ils l’auront transformé en une fructueuse « avidité » (cette avidité de l’âme peut jouer sur tous les plans).

Sur fond Poissons, cet Ascendant pourra donner à l’être quelque rigueur. Le natif semblera avoir perdu une certaine fluidité. En revanche, il aura gagné une force intérieure s’il utilise bien Saturne. Il aura le sens des responsabilités. Mais que survienne une épreuve, et la tendresse Poissons remonte à la surface. C’est un Poissons un peu grave, c’est certain, mais il a des qualités de droiture, d’honnêteté foncière. Il manque parfois un peu d’humour. Il est attiré par la philosophie. Cette dominante saturnienne peut en effet entraîner l’être à vivre dans un univers clos, et provoquer une espèce d’exaltation froide. L’être aura de grandes exigences, il poursuivra son but jusqu’au bout, même au prix de sacrifices. Cette attitude peut l’amener à un dépouillement, volontaire ou non. L’exemple de Charles Quint (Saturne jouait en avidité), PoissonsCapricorne, est fameux. Maître du Saint-Empire romain germanique, adversaire de François I », il s’opposa à l’influence islamique lorsqu’il fut roi d’Espagne. Mais après avoir mené de longues guerres, il se retira dans un couvent pour y finir ses jours. Il tenta alors de se rendre maître du temps en exigeant que toutes les pendules soient réglées minutieusement à la même heure (renoncement de Saturne).

La jeune carmélite sainte Thérèse de Lisieux, CapricornePoissons par Vénus, planète de l’amour dans ce signe, passa sa vie derrière les grilles d’un couvent. C’est dans cet univers cellulaire, fermé comme une prison, où la lumière ne pénétrait jamais, qu’elle se dépouilla, renonça à tout, afin d’atteindre à l’amour rédempteur du Christ. Elle a dit elle-même : « La charité me donna la clé de ma vocation et je compris que l’amour seul ferait agir les membres de l’Eglise et que si l’amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang. Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout et qu’il embraserait tous les temps et tous les lieux, en un seul mot qu’il était éternel » (avidité d’amour). L’amour est un thème Poissons commun, on le voit, à tous les natifs de ce signe quel que soit leur Ascendant (Casque d’or).

Il n’y a pas eu de planète lente en Capricorne depuis bien longtemps (Neptune, Uranus ou Pluton). Neptune et Saturne sont en Capricorne depuis 1985 jusqu’à l’an 2000. Ensuite, Neptune pénétrera dans le signe du Verseau. Ce sera là incontestablement la fin d’un cycle qui se précisera, peut-être précédé par une période saturnienne de renoncement à certains biens. Nous franchirons probablement, à ce moment-là, un pont vers le monde nouveau, celui de demain, celui du Verseau. La symbolique de l’avidité ou du renoncement, propre à Saturne, et l’adaptation à ce problème au niveau de l’humanité, entraînera le déséquilibre, ou permettra une stabilisation.

Poissons Ascendant Verseau

C’est un Poissons qu’on ne peut pas enfermer dans un cadre conventionnel. Il ne se laisse pas emprisonner d’une façon quelconque, ni dans le mariage, ni dans une routine. Aussi, les changements, dans tous les domaines, sont-ils fréquents.

On a vraiment deux types de Verseau : l’idéaliste dans les nuages (à dominante saturnienne) et l’Uranien qui agit avec plus de combativité. Dans le premier cas (composante PoissonsSaturne), l’être sera tourné vers le don de soi, voire l’oubli de soi. Il s’intéressera à la philosophie, embrassera les grands problèmes généraux, se dévouera à une cause (Baden Powell, fondateur du scoutisme, était marqué par cette configuration). Cependant, si le thème est dissonant, le natif se fermera. Ainsi, certains PoissonsVerseau se replient sur eux-mêmes, mais leur souffrance peut être source de réflexion. Elle transparaît, par exemple, dans l’oeuvre de Haendel, dans laquelle il a transposé ses angoisses.

Dans certains cas, on aura le Poissons carpe, muet, silencieux, muré dans son univers fermé. Disons que si le thème est faible, la symbolique saturnienne, sur laquelle nous reviendrons, donnera des êtres facilement découragés. Alors que si le thème est fort, la même symbolique se transformera en avidité. Celle-ci sera bien ou mal vécue : ici intervient une notion de dépassement. Ce que l’on appelle la « sublimation », au sens vrai. Devenir gangster par avidité, c’est une « régression ». L’avidité ne définit pas le but poursuivi : elle donne le mobile. C’est ensuite, peut-être, ce que l’on peut appeler le « niveau d’incarnation » de l’être qui va jouer. Nous sommes ici aux portes de l’âme dont l’astrologie nous donne une clé, mais pas toutes. C’est ainsi que nous pouvons dire que le Poissons saturnisé au cours de sa vie aura à résoudre ce problème essentiel : le « retrait » saturnien le conduira à l’isolement par repli sur soi, ou lui fera utiliser cette capacité, dans une avidité intellectuelle, par exemple : l’avidité se manifestera alors sur le plan de la connaissance et de la pensée. Le reste du thème éclairera le type d’avidité : amoureuse, avec Vénus, matérielle, avec Jupiter dans l’aspect, intellectuelle, avec Mercure et Saturne, etc.

Dans le second cas (composante Uranienne), il peut y avoir refus de toute convention. Lorsque le Verseau est marqué par Uranus, il est plus rebelle. Il garde sa cuirasse. Il est plus dur, plus acerbe. Nous avons là l’exemple de Voltaire. C’était un homme qui savait manier la plume avec art, et aussi se défendre « contre ceux qui pressaient l’orange et jetaient l’écorce ».

Le désir du natif de ne pas tenir compte de la réalité l’amène à connaître dans sa vie de fréquents changements ; et s’il subit des épreuves, il les traverse avec cet air d’irréalité propre au signe du Verseau (tel Chopin, marqué lui aussi par cette configuration). Cet être n’a pas toujours les « pieds sur terre » et ne comprend pas toujours les passions qu’il déchaîne, ni l’attachement qu’on lui porte. C’est un être qui ne manque ni d’humour, ni de fantaisie (Boris Vian). C’est un anticonformiste, et plus Uranus sera marquant, plus l’anticonformisme sera grand.

Poissons Ascendant Poissons

C’est bien là le Poissons qui glisse au fil du courant ou s’en va au gré des vagues, s’enfonce dans les profondeurs de la mer puis reparaît à la surface. Il est certain que dans un thème où le Soleil est aux Poissons et l’Ascendant aux Poissons également, toutes les caractéristiques du signe sont multipliées. Nous avons là le type Poissons presque pur. L’être ne réfléchit pas, il sent. Il est vulnérable et il court le risque de se comporter, à la limite, en irresponsable, de ne pas se sentir impliqué par ses actes. C’est un être insaisissable. Mais réceptif, intuitif à l’extrême, il agira le plus souvent avec un flair remarquable. Il a une chance souvent insolente, toujours plus ou moins inexplicable aux yeux de son entourage. Il réussit spectaculairement. Il abandonne sans raison. Il s’arrange des choses. Il change souvent d’activité, d’orientation ; épousant les situations plutôt qu’il ne les affronte. Selon sa dominante, son destin sera très différent. Plus harmonique, socialement, si Jupiter est important, il sera, avec Neptune orienté vers un idéal plus difficile à concrétiser, plus impalpable. « Le plus souvent, a dit Joëlle de Gravelaine, ces deux personnages se mêlent l’un à l’autre dans le cœur du Poissons, l’un combattant l’autre, l’un remportant parfois sur l’autre une brève victoire. Ce sera la lutte caractéristique chez le natif du signe entre une nature infiniment sensuelle, faible devant les tentations, vulnérable à ces troubles, et une nature mystique, assoiffée de sacrifices et de vie spirituelle. » Tout le problème d’un Poissons Ascendant Poissons sera de s’assumer lui-même et de ne pas fuir ses responsabilités. C’est seulement à ce prix que sa vie sera cohérente. Il devra surtout lutter contre la tentation constante de s’évader hors du réel. Neptune, fortement valorisé dans ce thème, ne donne pas le sens du combat. L’être sait mal défendre ses intérêts. Il se laisse « gruger ». C’est le type même de la personne crédule qui fait confiance à celui ou à celle lui offrant de « placer ses économies », et qui ne les revoit jamais !

Un tel Poissons va réaliser avec un courage étonnant de grandes choses, mais, en revanche, risque fort de se noyer dans un verre d’eau… Les yeux tournés vers l’infini, il pourra atteindre facilement un but qui paraissait utopique à son entourage. Mais il perdra pied dans un problème mineur. Il créera, autour de lui, un univers poétique presque magique, teinté de mystère. Son besoin de communion et ses extases mystiques l’attireront vers tout ce qui est occulte. Il sera à l’aise dans l’inconnu et le paranormal. Qu’il fasse tourner les tables, qu’il ait recours aux talismans, qu’il fasse de la voyance, ou se tire les cartes à longueur de journée, ce sont là des domaines qui le passionneront. Il est incontestable qu’il est beaucoup plus à l’aise dans les univers parallèles que dans la vie quotidienne. Son Ascendant lui permettra, sans doute, de réaliser pleinement son thème.

Laissons la parole à Anaïs Nin qui appartenait au signe des Poissons : « On a dit que j’étais une neptunienne, pour qui le monde de l’illusion est plus important que celui de la réalité, me situant au point de rencontre du rêve et de la réalité. L’eau m’est un élément familier. Je me sens proche de la mer. Je pense que l’eau a une influence sur mon écriture fluide. » Et ajoute-t-elle : « Écrire, c’est faire vivre sa nature universelle. On est en contact avec le monde entier… » Rêveries et fusion avec le monde, oui. Passivité non. Interrogée sur « la source de son inépuisable énergie », elle répondit : « Je n’y ai jamais songé. Je pense que c’est la curiosité, le fait de sentir toujours les choses avec autant d’acuité. Je suppose que lorsque vous vous sentez vivre, quelque chose vous pousse vers de nouvelles expériences, de nouvelles amitiés, et votre réceptivité vous donne cette énergie. Il semble que ce soit une question de réceptivité à tout ce qui se passe autour de vous »

Avant de terminer, une remarque. Composante essentielle du Moi, l’Ascendant est un point essentiel pour retrouver l’hérédité au sein d’une famille : l’enfant « hérite » souvent, non du signe solaire de ses parents, mais de leur signe Ascendant (ou de leur dominante planétaire). On retrouve ainsi, à travers une famille, une sorte de « filiation astrale » qui met en évidence la véritable hérédité de l’individu.