Verseau

Le Signe du Verseau

20 Janvier – 19 Février

par

Denise Perret-Lagrange

La Mythologie du Signe

Si, dans l’univers céleste, les galaxies dansent un ballet à la Béjart, les hommes, collés au sol terrestre par la pesanteur, parcourent les 360 degrés du Zodiaque autant de fois que leur vie compte d’années.

Pour des raisons qu’ils disent commodes (et qui ne sont peut-être que rétrogrades), les astrologues préfèrent se référer à ce qu’ils voient plutôt qu’à ce qu’ils savent et placent au centre de l’univers l’homme, objet de leur étude, faisant tourner autour de lui, en un mouvement apparent, Lune, Soleil et autres planètes. Pourquoi pas ? L’homme vit sur la Terre, mais nous ne retournons pas, pour autant, au système de Ptolémée. Bon ! L’astrologie est géocentrique. Sa pratique, aussi vieille que le monde, accompagne notre destin et son évolution s’essouffle à suivre celle de l’homme.

L’angoisse et la peur faisant partie de notre lot, nous avons toujours tenté de nous rassurer. Il y a pour cela plusieurs méthodes. En un premier temps, on conjura le mauvais sort par des pratiques magiques et superstitieuses. Autrefois, on sacrifiait des animaux, on fouillait leurs entrailles pour se ménager l’indulgence des dieux. A présent, on touche du bois, on évite de passer sous une échelle, même si ce n’est pas vendredi, on promet une obole à saint Antoine s’il vous fait retrouver un objet égaré, et on brûle un cierge en passant devant une église, sans pour autant croire en Dieu.

La mythologie gréco-latine : la plus proche de nous

L’Antiquité, elle, inventa des personnages fabuleux, inspirés par les forces de la nature, les phénomènes célestes et les aspects de la condition humaine. On leur prête un physique qui correspond à leur comportement : ils sont forts, beaux et courageux, ou bien laids, perfides et lâches. Ils symbolisent ce qui rassure ou ce que l’on craint : ce sont des mythes. Les récits, agrémentés de variantes selon les conteurs, passent de génération en génération et sont influencés par le mode de vie, la civilisation et la religion du peuple qui les inspire. L’ensemble de ces récits constitue les mythologies.

La mythologie gréco-latine est la plus proche de nous. Elle est à l’origine de notre culture et fait partie de notre patrimoine artistique et littéraire.

Pour parler du ciel, les mots ne suffisent pas à rendre le lyrisme que sa contemplation nous inspire : il faut que ces mots, évoquant des images, deviennent poésie.

Dans les montagnes de Grèce, le berger est seul avec son troupeau. L’atmosphère étant limpide, son repos est dominé par une infinité de points lumineux, les étoiles, et par la Lune qui bouge et change de forme. Pendant le jour, le Soleil rythme ses activités et la Terre le nourrit, lui et son troupeau. Les brebis sont pleines, des agneaux naissent et le berger veille. Il y a l’homme, la Terre et le ciel. La Terre, le berger la connaît… mais le ciel ! Quelle est cette forme au-dessus de sa tête ? On dirait une « amphore qui verse de l’eau… « J’appellerai ce coin du ciel le Verseau« , dit le berger. Comme les nuits sont longues, il a le temps d’inventer bien d’autres choses !

Dans le ciel aussi, il y a les héros et les victimes

Il s’identifie à tout ce qu’il voit et conçoit des êtres fabuleux, par sublimation. Il y a les bons et les méchants, les doux et les cruels, les héros et leurs victimes, les opprimés et leurs défenseurs. Comme le berger a parfois peur, il crée des dieux qui habitent sur l’Olympe (montagne qui est un peu au-dessus de lui), puis des déesses, et un héros qui, en cas de danger, saura le défendre : en Grèce, il sera nommé Héraclès, Hercule chez les Romains.

Dans l’Olympe, vivent six dieux et six déesses : pas de sexisme, l’égalité règne et chacun remplit son rôle. Pour compléter la distribution, il y a les demi-dieux, dont le papa ou la maman habite l’Olympe ; mais leur statut n’est pas très net. Pour s’approcher de la divinité, il faut le mériter, sortir de l’inconfortable condition de demi-dieu par l’héroïsme. Bien sûr, votre parent vous y aidera : pour arriver, il faut des protections ! Voyez la « carrière » d’Hercule.

La mère d’Hercule, Alcmène, est une simple mortelle, princesse de Mycène, ville de Grèce. Elle est mariée à Amphitryon et heureuse en ménage. Zeus (le dieu que le berger vient d’inventer) prend, pour triompher de la vertu d’Alcmène, la forme de son mari absent. Alcmène joue le jeu, se donnant l’illusion, sans en être tout à fait sûre, de tromper son mari avec lui-même… Molière et Giraudoux, dieux de l’Olympe du théâtre, s’en sont donné à cœur-joie d’exploiter une situation aussi humoristique que touchante.

Par son absence d’interdits et de scrupules, Zeus devient le symbole de la puissance permissive : il fait ce qu’il veut. Faire ce qu’on veut, c’est être libre… Jupiter-Zeus est donc « bénéfique » si puissance et liberté sont synonymes de bonheur. Mais il y a dans ses comportements tant de démesure qu’il nous fait l’effet d’un clown amplifiant, par ses mimiques, l’expression de la réalité.

Le Verseau : maturité et réalisation de potentialités spirituelles

Pour mériter sa présence parmi les dieux et héros de l’Olympe, Hercule dut, par douze fois, avec courage, force et ténacité, prouver que l’on peut évoluer.

Si les douze signes du Zodiaque et les douze travaux d’Hercule symbolisent l’évolution de l’homme, de sa naissance à sa mort, le Verseau, onzième signe, représente la maturité et la réalisation de potentialités spirituelles.

Au Lion, la représentativité domine, l’intégrité et l’apparence physiques ont une grande importance. Pour la sauvegarder, Hercule tua, de ses flèches acérées, les oiseaux monstrueux du lac Stymphale qui se nourrissaient de chair humaine. Au Verseau, il détruisit le dragon aux cent têtes qui gardait le jardin des Hespérides, nymphes du couchant au service des dieux, et ravit les pommes d’or de la sagesse. Au lion, Hercule c’est Pâris, fils de Priam et d’Hécube. Un mauvais présage ayant précédé sa naissance, il fut exposé tout enfant sur le mont Ida ; mais des bergers le recueillirent et le nommèrent Alexandre, le « protecteur des dieux ». Choisi comme juge dans la dispute opposant Héra, Athéna et Aphrodite pour la pomme de la Discorde lancée par Eris et qui devait récompenser la plus belle, Pâris donna la pomme à Aphrodite car elle lui promettait l’amour d’Hélène… Et la guerre de Troie eut lieu !

Au Verseau, Hercule, vainqueur du dragon et des passions humaines, en échange de la Sagesse donnera à Athéna les pommes d’or du merveilleux jardin.

Que peut encore inventer le berger, rêvant sur sa montagne grecque ? Une constellation, un trident, trois chevaux, une amphore… Ce n’est pas un poème de Prévert (natif du signe), c’est la liste, non exhaustive, des accessoires du Verseau.

Dans la mythologie de ce signe d’Air, on parle cependant beaucoup d’eau. Certains auteurs lui ont même donné Neptune comme maître. Ils devaient être exclusivement buveurs de vin puisqu’ils n’ont pas distingué de l’eau de mer l’eau douce, désaltérante et lustrale, l’eau du baptême et des ablutions purificatrices.

Le Verseau est donc un signe d’Air, où les amphores laissent s’échapper leur contenu. Il y avait, dans l’ancienne Grèce, des fontaines d’où s’écoulait une eau admirable. Dans les contrées sèches et rocheuses, l’eau est une richesse inestimable et ceux qui s’en abreuvaient le faisaient avec respect. Certains même donnaient à leurs filles le nom de leur fontaine préférée.

Erichthonios, fils de la Terre et de Vulcain, avait épousé Callirrhoé, la déesse des sources, la « Fontaine aux belles eaux ». De leur union naquirent deux enfants : Tros et Oreïthyia. Oreïthyia était belle comme le jour.

Oreïthyia séduisit Neptune

Harmonieuses étaient sa voix et sa démarche, gracieux ses gestes lorsqu’elle allait chercher de l’eau, une amphore sur l’épaule. Neptune, dieu des mers, et amateur de jolies femmes, décida de lui faire la cour. Habitué à mener rondement ce genre d’entreprises, il prit la forme d’un cheval, métamorphosa sa conquête en cavale et l’éleva jusqu’aux cieux où il s’unit à elle. Dans son émoi, avant de devenir jument Oreïthyia lâcha son amphore qui se brisa à terre, arrosant les petites graines enfouies dans le sol. Quant à son frère Tros, qui donna son nom à la ville de Troie, il eut un fils : Ganymède. D’une beauté extraordinaire, celui-ci séduisit Zeus qui se transforma en aigle pour l’enlever dans l’Olympe. Devenu immortel parce qu’il était beau, il priva Hébé de ses prérogatives, versant à sa place nectar et ambroisie qui donnaient aux dieux joie et gaîté, les gardant jeunes pour l’éternité.

Voici l’histoire d’Athéna. Héphaistos-Vulcain, fils de Zeus-Jupiter et d’Héra, était si laid à sa naissance que sa mère le jeta du haut de l’Olympe, le rendant boiteux, de surcroît ! Dieu des Enfers et forgeron habile, il fabriquait les armes des dieux, les foudres de Zeus, et fit naître Athéna-Minerve en fendant le crâne de Jupiter d’un coup de hache bien ajusté. Grande, les yeux pers, vierge et chaste, elle sortit tout armée de la tête et non de la cuisse de Jupiter. Ayant hérité de sa mère Mètis sagesse et ingéniosité, elle devint la conseillère des dieux et des mortels. Elle aida Héraclès-Hercule à accomplir ses douze travaux, emprunta l’apparence de Mentor pour accompagner Télémaque, et apaisa les Erinyes qui devinrent bienveillantes. Jalouse d’Aphrodite que lui avait préférée Pâris, elle défendit les héros grecs pendant la guerre de Troie. Mais ses colères étaient terribles, et malheur à ceux qui les provoquaient !

On dit que Vulcain, tel Pygmalion, fut amoureux d’Athéna et que Jupiter autorisa leur union. Mais comment « honorer » une déesse ainsi cuirassée ? Vulcain n’y parvint pas, et sa semence perdue féconda la Terre. Qui sait si crocus, perce-neige et autres fleurs hivernales ne sont pas les filles attendrissantes du disgrâcié Vulcain ? Un enfant, cependant, naquit de la Terre fécondée. Athéna le recueillit et l’éleva, dans son temple, sur l’Acropole : il s’appelait Erichthonios, dont nous venons de parler.

Un espoir fou peut se transformer en bonheur si…

Le Verseau ne désespère jamais ! Un espoir, si fou soit-il, mais conçu avec amour, peut se transformer, si toutefois Athéna s’en mêle, en un lumineux bonheur, malgré les épreuves et le ridicule.

Préférez-vous un récit d’où sont absentes les grâces et les séductions de déesses hors de votre portée ? Voici deux chevaux : Xanthos et Podargyre.

Dons de Neptune, ils remplacent auprès d’Erichthonios sa fille Oreïthyia. Xanthos est lumineux, ‘blond comme l’or, Podargyre est noir comme le jais avec des sabots blancs. Le premier est le symbole de toutes les vertus, le second porte sur son dos le poids de la matière. Ils pourraient être la représentation équestre du jour et de la nuit. Les sabots blancs de Podargyre, entamant l’ombre noire de sa robe, symbolisent le jour gagnant sur la nuit… A cette époque de l’année, le jour, croissant en durée, apporte avec lui des espérances de mutation. Mais la nuit est encore bien dense, la terre est nue, les arbres dépouillés, les insectes enfouis. Il faut que chaque être vivant fasse un immense effort pour renaître, que de nouvelles motivations surgissent, que chacun prenne part à cette vaste re-création et aide autrui à y participer.

La liberté créatrice du Verseau : exempte de tout effort apparent

La liberté créatrice du Verseau a quelque chose de la source : elle est exempte de tout effort apparent. Son sens de l’intuition, de la conciliation, rend parfois le natif apparemment insouciant, son côté libertaire en fait soit un illuminé, soit un révolutionnaire, souvent un utopiste, toujours un être généreux.

A l’exemple d’Athéna, il a la réputation de conseiller, d’aider, d’enseigner et de comprendre : en fait, il contribue à faire repartir ce qui s’est arrêté. Ce n’est pas, pour lui, une vertu, c’est un réflexe.

Le jour est là qui commence à être beau comme Xanthos ; tout le travail souterrain se manifeste, préfigurant le printemps et rythmant la cadence du signe. A défaut de l’angélisme que lui attribuent certains auteurs, et qui en irrite beaucoup d’autres, nous dirons qu’il suffit au Verseau, pour qu’il s’apaise, de contempler, en son temps, la métamorphose de la libellule des étangs crevant son dernier fourreau, ou d’imaginer le cheval Pégase alimentant l’inspiration des muses et des poètes à la source Hippocrène qu’il fit jaillir d’un coup de sabot sur l’Hélicon !

Le Verseau, signe de l’espoir

Si le Verseau est le signe de l’espoir, le mythe de Prométhée est, à cet égard, significatif.

Prométhée, nous dit la légende, est un Titan de la deuxième génération. Petit-fils d’Ouranos, il est le cousin germain de Zeus… et son ennemi, car il a dérobé le feu aux forges royales pour le donner aux hommes, malgré la vigilance d’Héphaïstos. Or le feu est le symbole de l’esprit.

Hésiode, poète grec du ville siècle avant Jésus-Christ, est l’auteur d’un poème réaliste, la Théogonie, dans lequel il raconte la punition infligée par Zeus : « Quant à Prométhée aux subtils desseins, Zeus le chargea de liens inextricables, entraves douloureuses qu’il enroula à mi-hauteur d’une colonne.

Puis il lâcha sur lui un aigle aux ailes déployées : et l’aigle mangeait son foie immortel, et le foie se reformait pendant la nuit, en tout point égal à celui qu’avait, le jour durant, dévoré l’oiseau aux ailes déployées’. » Hésiode, ennemi des exploits guerriers, est favorable à la justice immanente : si l’on vole quelque chose, on doit en être puni sans procès préalable.

Nous sommes encore au Capricorne, où la loi est souveraine.

Assurer le triomphe de l’esprit sur la force

Avec Eschyle, nous passons au Verseau, trois siècles plus tard.

L’évolution sociale fait changer le langage et l’interprétation des faits : l’homme a le droit de se révolter contre l’absurde vengeance, d’avoir recours à la justice pour se défendre et d’assurer le triomphe de l’esprit sur la force. Il s’agit de libérer l’homme en maintenant l’espoir de survie que symbolise le feu.

« Oui, dit Prométhée, j’ai délivré les hommes de l’obsession de la mort… J’ai installé en eux les aveugles espoirs… Je leur ai fait présent du feu. De lui ils apprendront des arts sans nombre. »

Pour Eschyle, la torture la plus injuste consiste à être retenu sur terre sans pouvoir transcender ses désirs, à rester dans la nuit de la matière sans espoir de voir la lumière de l’esprit.

A ce moment, la légende fait intervenir Héraclès. Symbole de l’évolution spirituelle pour laquelle il combat, il tue l’aigle d’une flèche et libère Prométhée.

Pour accéder aux valeurs transcendantales, il faut être initié. Héraclès fit intervenir son éducateur, le Centaure Chiron, qu’il avait maladroitement blessé d’une flèche dans le combat engagé pour sauver Pélée, et qui souffrait atrocement. Fils de Cronos, il était immortel et donc sans espoir de délivrance. A moins de pouvoir céder son immortalité comme Esaü son droit d’aînesse, Chiron était condamné à la souffrance éternelle. Dans Prométhée délivré, Zeus se réconcilie avec le Titan, son cousin, et permet à Chiron de mourir en paix.

Ainsi le jour, pour renaître, doit provoquer la mort de la nuit, et le Verseau se libérer des contraintes de l’hiver en préparant le printemps.

Si la légende de Prométhée symbolise la libération de l’homme par l’intermédiaire d’un justicier, celle du phénix préfigure les fonctions uraniennes, l’effort individuel pour se recréer soi-même.

Sa propre chaleur suffit à le consumer

Le phénix grec est un oiseau mythique dont la particularité est de renaître spontanément de ses cendres. Très grand, d’une envergure de trois mètres, il ressemble au héron pourpré ou héron de cinabre. Le dessous de ses ailes est rouge orangé allant en s’éclaircissant jusqu’au rose pâle sur le dos et la tête. Il vit très vieux, parfois plusieurs siècles ; mais comme il est à la fois mâle et femelle, il doit assurer seul sa descendance. A l’approche de la mort, il se construit avec des herbes aromatiques un nid presque complètement clos, s’y réfugie et sa propre chaleur suffit alors à le consumer.

Un autre phénix renaît alors : avec les cendres de son père il confectionne un oeuf qu’il emportera en Egypte, à Héliopolis. Il est peut-être le symbole de l’axe VerseauLion, se consumant au Lion où le Soleil est dans toute sa gloire et renaissant au Verseau, lieu de son exil.

Pour les Egyptiens, le phénix s’appelle Bennou. Il accompagne le Soleil dans sa course journalière, naît à l’aurore au-dessus des eaux du Nil et, avec lui, meurt à son coucher pour renaître le matin. Ils rythment ensemble les durées respectives du jour et de la nuit, ainsi que les crues annuelles du Nil. Comme Bennou, le Soleil est éternel : il renaît de ses cendres chaque année et chaque matin.

L’effort de l’homme pour se créer sans cesse

Dans la pensée occidentale latine, ce symbole est d’une très haute signification : il évoque la résurrection après le Jugement dernier, au moment où les âmes pesées par Dieu seront désignées pour la vie éternelle ou rejetées à tout jamais. Le mérite est le seul critère qui puisse être interprété suivant des canons bien précis.

Pour le phénix, nulle obligation sauf d’être lui-même et de répondre à son destin. Comme le Verseau, parce que c’est sa vocation Uranienne, il préconise le désir de survie, l’effort de l’homme pour se créer sans cesse.

En Camargue, un peu avant le coucher du Soleil, les flamants roses s’envolent tous ensemble pour une destination inconnue, rougissant l’horizon à l’approche de la nuit. Parmi eux, peut-être Bennou s’élance-t-il vers Héliopolis ?


La Symbolique du Signe

Pour notre hémisphère, le Verseau fait partie de la quarte d’hiver.

Il est précédé du Capricorne, suivi des Poissons, et occupe la portion du cercle zodiacal qui va de 300 degrés à 330 degrés de longitude céleste. Le Soleil traverse ce signe, chaque année, du 20 janvier au 19 février.

Pendant cette période, la nature est en attente. La nuit est plus longue que le jour, mais sa durée va décroissant. Prenons deux exemples, au hasard : à Paris, le 25 décembre, la nuit dure seize heures et le jour huit heures. Le 19 février 1980, Mardi gras pour les chrétiens, nous avons vécu, à quelques minutes près, 14 heures sous la lampe et 10 heures à la lumière solaire, qu’il ait neigé ou fait soleil !

Au signe du Lion, opposé au Verseau, l’épi de blé existe en soi, bien visible et doré par l’intensité lumineuse à défaut du chaud soleil. En hiver, cet épi a perdu son identité et sa singularité : il s’est divisé en autant de graines qu’il peut en contenir et qui sont devenues promesses. Enfouies sous la terre protectrice, elles hivernent, se replient et se concentrent.

Tout à coup, au Verseau, chaque graine reprend vie, se gonfle d’eau et sa chimie mystérieuse va produire le germe, puis la plante… L’épi est devenu la promesse d’un champ de blé. Nous passons de l’individuel au collectif, de la singularité à la multiplicité, de l’ambition personnelle à la prise de conscience d’autrui. Si les douze signes du Zodiaque symbolisent l’évolution de l’homme, nous allons de la représentativité à la maturité psychique, tentant l’accomplissement de l’homme en accord avec l’univers.

Autrefois, le Verseau, ou Aquarius (le porteur d’eau), était représenté par un homme tenant une amphore. Il la gardait sur l’épaule ou faisait don à la Terre, comme en un baptême, de l’eau qui la remplissait. Pour plus de commodité, nous avons gardé l’hiéroglyphe égyptien : deux lignes sinueuses évoquent l’eau agitée par le vent, l’élément liquide sert de support à la communication.

Le Verseau recherche les liens du cœur sans ses passions

Dans le contexte zodiacal, le Verseau est un signe d’Air fixe : c’est le pivot autour duquel tournent la Balance, signe d’Air cardinal et les Gémeaux, signe d’Air mutable.

Si, au printemps, l’homme est tout instinct, en automne il prend conscience de « l’autre » et des liens qu’il peut nouer, et en hiver il tend vers des valeurs universelles. Aux Gémeaux, il s’agit du simple sens des contacts, jeux de l’intelligence et des rapports sociaux. En Balance, c’est la relation à deux, le dialogue amoureux, l’amour qui fait des choix, accueille celui-ci, évite celui-là. Au Verseau, on compose, on tient compte de l’avis de l’autre, on le respecte, sans pour autant se laisser convaincre : c’est le signe de l’amitié qui est le lien du cœur sans ses passions.

Avant la découverte d’Uranus, la planète maîtresse du signe était Saturne, qu’il partageait avec le Capricorne. Mais il convient de distinguer le Saturne du Capricorne de celui du Verseau.

Pour les Grecs, Saturne, c’est Cronos.

Fils d’Ouranos et de Gaïa, la Terre, il devint dieu de l’Olympe en émasculant son père. Afin de garder le pouvoir pour lui seul, il élimina toute sa descendance en la dévorant ! Seul Zeus put échapper à cette fatalité grâce à sa mère : elle lui substitua une pierre et le confia à la chèvre Amalthée qui le nourrit dans une grotte.

Cronos, au Capricorne, c’est la nuit qui veut rester reine. Zeus, c’est le jour qui renaît au solstice d’hiver pour devenir roi… en attendant de se faire détrôner lui aussi, au solstice d’été !

Le Saturne du Verseau renverse les valeurs pour en établir de nouvelles

Pour les Romains, Cronos, c’est Saturne. Chassé à son tour de l’Olympe, il fut accueilli à Rome par Janus et symbolisait le héros civilisateur. Il institua les saturnales, sorte de carnaval pendant lequel toutes les licences étaient permises et les rapports sociaux renversés : les esclaves étaient servis par leurs maîtres et ceux-ci obéissaient à leurs ordres. C’est le Saturne du Verseau, celui qui renverse les valeurs pour en établir de nouvelles, c’est l’âge d’or romain, l’espoir d’un bien-être collectif par l’établissement d’une juste répartition des biens matériels, le rêve de fraternité universelle. A ce titre, Saturne procède de l’idéologie neptunienne, mais à travers l’effort d’un seul.

Quant à Janus, le dieu au double visage dont une face est tournée vers le passé et l’autre vers l’avenir, il enseigne que ce qui est devenu caduc doit être renouvelé, il est le symbole des transitions et de l’évolution, le passage d’un état à un autre, le signe de la résurrection.

Le Capricorne, c’était « hier », le Verseau, c’est « demain » ! Si nous passons du dieu à la planète qui porte son nom, pour la Tradition astrologique Saturne implique une concentration, une fixation, l’opposition à tout changement. Il est le « grand maléfique » qui complique la vie parce qu’il engage l’homme à la réflexion et à l’analyse des situations.

En 1781, Herschel, astronome anglais, croit apercevoir une comète mais, quelques années plus tard, Laplace, astronome et mathématicien français, reconnaît une planète : on l’appelle Uranus.

A Uranus, dernière planète du système solaire, on attribua l’infini

Le Verseau l’a échappé belle quant aux malédictions saturniennes : plus de dieux, plus de symboles, nous voici devant une réalité astronomique. Détrompez-vous : en lui donnant un nom, on la rattacha à un dieu : Ouranos ! Récemment découverte, elle fut considérée comme la dernière planète du système solaire et on lui attribua une notion d’infini : le ciel.

Pour les Grecs, au début était Ouranos, l’effervescence chaotique et indifférenciée. Puis vint Cronos qui, en émasculant son père, mit fin à sa fécondité. Enfin, la dernière étape aménage un ajustement entre les deux premières : un rapport est établi entre l’histoire des dieux et celle des hommes, du général nous passons au particulier par une réduction brutale, qui est dans l’ordre uranien. Pour les astrologues, il reste toujours des signes à pourvoir. Bien qu’ils ne soient pas tous d’accord sur l’attribution d’Uranus, l’astropsychologie en fait le « maître » du Verseau. Il est indiscutable que les affinités entre planète et signe sont grandes : même sens de la particularité et de l’hyper-différenciation, même possibilité de réduire, en une formule simple, un ensemble de concepts.

Si nous regardons l’idéogramme de la planète, nous voyons la représentation graphique de la Terre, surmontée de chaque côté par deux demi-cercles.

L’ensemble donne une impression de contraction, puis de dégagement brutal. C’est le départ de la fusée Apollo, l’apprenti-sorcier qui déchaîne des forces dont il n’est pas maître. C’est partir de l’informulé et, à travers des choix qui éliminent l’inutile, se dégager de l’indifférencié. C’est le chemin difficile qui va de l’inspiration à la formulation, ce n’est pas une naissance mais une renaissance : c’est l’individu qui s’enfante lui-même.


Le Verseau dans la Vie

A partir du moment où l’on se spécialise dans l’étude d’une discipline, on cherche à classer son objet, à constituer des groupements dont les composants aient soit une apparence commune, soit une même forme de comportement.

Après la vision symbolique du monde, le premier effort d’unification entre l’homme et le système solaire est la doctrine des quatre éléments (Terre, Eau, Air, Feu) en rapport avec les qualités élémentales (sec, froid, humide et chaud).

Apparue entre le vie et le Ive siècle avant Jésus-Christ, cette doctrine fut abusivement attribuée à Hippocrate; en fait, ce n’est que six cents ans plus tard que Claude Galien (131-201), philosophe et médecin grec, établira un rapport entre les quatre éléments et les qualités élémentales correspondantes.

La bile blanche, hépatique, est en rapport avec le Feu qui est chaud et sec (tempérament bilieux).

La bile noire, secrétion pancréatique, est analogue à la Terre qui est froide et sèche (tempérament mélancolique).

Le flegme est l’Eau qui est froide et humide (tempérament flegmatique).

Le sang est bizarrement en rapport avec l’Air qui est humide et chaud (tempérament sanguin).

Quinze siècles après Galien, en 1783, Lavoisier découvre la composition de l’eau (qui n’est plus considérée comme un corps simple) et prouve qu’il y a parfois du « feu » sans fumée en assimilant la respiration à une combustion sans flamme.

Voilà l’Eau et le Feu démystifiés.

A l’heure actuelle, si l’on parle de « tempérament de feu », c’est tout autre chose qu’on évoque.

C.G. Jung (1875-1961), psychiatre et psychologue suisse, rattache le devenir de l’homme et son équilibre à la fois à son pouvoir de mémorisation et à ses chances d’insertion dans le monde. Il crée des types psychologiques en faisant référence aux quatre éléments considérés comme des archétypes, des modèles d’action et de comportement.

Résurgence d’un rythme à quatre temps, accommodé avec les exigences des sciences humaines en plein essor et avec celles de la physique moderne, Jung « n’a pas hésité à voir un lien hypothétique possible entre l’importance psychologique du chiffre 4 (quatre points cardinaux d’orientation dans le monde extérieur, quatre fonctions psychologiques principales d’orientation dans l’univers mental, le phénomène universel de la croix) et la tétravalence du carbone…

Ici, s’ouvrent des horizons insoupçonnés qui, reliant physique et psychologie modernes, rendront peut-être un jour mieux compte de certains aspects de cette synthèse paradoxale entre la matière en l’homme et ce qui ne l’est pas, et qu’on appelle la vie ».

Le chiffre 4 est une façon de s’orienter dans l’espace à laquelle nous sommes adaptés.

D’où quatre grandes fonctions elles-mêmes réparties en deux sous-groupes selon qu’elles se rapportent à la réalité ou à leurs résonances intérieures chez les individus : le rationnel ou l’irrationnel.

  1. La fonction sensation est irrationnelle. Pour qu’elle soit pure, il faut qu’elle évite toute influence et toute interprétation.
  2. La fonction pensée est un acte rationnel. Elle métamorphose la sensation, fait des choix, préférencie telle ou telle sensation selon un critère intellectuel qui la transforme en idée.
  3. La fonction intuition est irrationnelle par définition. Elle appréhende l’inconnu, trouve dans le connu des aspects inhabituels ou non codifiés : c’est le fil d’Ariane qui nous guide dans le brouillard.
  4. La fonction sentiment est rationnelle. Elle fuit la pensée qui détériore son plaisir, mais émet des jugements sur l’objet de son désir. L’amateur d’art est un sentimental qui suit les critères de son goût, mais aussi le courant de la tendance artistique ou de la mode.

Un comportement apparemment irrationnel

Mais comment la « fonction » va-t-elle se faire connaître, quelle sorte de comportement inspire t-elle au sujet ? Deux attitudes semblent résumer les rapports avec autrui et le monde extérieur :

– soit il y contact et c’est l’extraversion,

– soit il y a fuite et c’est l’introversion.

L’extraverti, dans un moment de crise, raconte son histoire, étale ses déboires, cherche un interlocuteur pour se plaindre, se moquer de lui-même tout en se rassurant.

Dans un même contexte, l’introverti, fasciné par son monde intérieur, refoule ses énergies, refuse les contacts et se complaît dans la solitude qu’il recherche, utilisant ses forces à cultiver les souvenirs et les phantasmes.

Dans un tel contexte le Verseau est, pour nous, un intuitif extraverti, de comportement apparemment irrationnel.

Nous évoquons le Verseau dont le signe domine réellement le thème soit par la jonction de plusieurs planètes, soit, au moins, par la position du Soleil et de l’Ascendant. Son comportement paraît, à un œil non averti, se perdre dans des cheminements illogiques. Si on analyse le sujet plus attentivement, on constate que sa « promenade » versatile ou primesautière est intuitivement guidée par un fil conducteur très solide : une idée, une innovation, un chemin inhabituel dans la façon de raisonner, d’aimer ou de penser. Il rationalise à sa manière, qui est simplement d’une source différente. Si on l’interroge (mais qui a la patience d’interroger le Verseau ?), il explique volontiers son cheminement qui n’est jamais gratuit. Il glane à droite et à gauche de quoi étayer son argumentation, éclairer son chemin ou égayer son humeur. Rien à voir avec l’idée fixe qui est pourtant, selon Paul Valéry, « une idée particulièrement mouvante puisqu’elle revient plus souvent qu’à son tour ».

Le Verseau : un intuitif extraverti

Intuitif extraverti, le Verseau est dérangé par la sensation pure. Il la met en attente, l’oublie pour faire face à « son » immédiat, puis la retrouve pour en tirer quelque chose de neuf, d’inédit ou de cocasse. Certains appellent cela le sens de l’humour… mais l’on n’est jamais sûr de l’humour des autres ! Selon Jung, pour garder son équilibre, notre Verseau, intuitif extraverti, aura des sensations introverties…

Un passionné para-sentimental La réaction d’un Verseau confronté avec la caractérologie de Le Senne est un sentiment d’impuissance. Devant une telle complexité la tête lui tourne et l’impatience le saisit. Uranien par sympathie, le Verseau est pour la simplification : ses intuitions sont verticales, ponctuelles et fulgurantes et le flou neptunien le déroute. Acharné cependant contre ce qui lui résiste, il se définira comme « étroit » dans ses conceptions et « large » dans son comportement. Il a besoin d’une idée directrice qui, telle un fil, l’empêchera de s’égarer, mais la tolérance est une de ses vertus et il cherchera à convaincre et à transmettre. Emotif et secondaire, actif ou non-actif selon les circonstances et les possibilités de son système nerveux, c’est un passionné para-sentimental.

Naissance en hiver : lenteur et profondeur

Pour nos latitudes, le Verseau fait partie de la quarte zodiacale d’hiver : il est entouré du Capricorne et des Poissons.

A cette époque de l’année, l’arc diurne croît mais l’arc nocturne est encore dominant en durée. Il crée autour de lui un phénomène d’inhibition qui a du mal à changer d’état : c’est l’inertie ou la « lenteur » jointe à la force du processus (F – L —). Dans ce cas, il se produit au niveau du système nerveux un renversement de la tendance que Pavlov appelle « induction simultanée » et qui semble être la spécialité des signes fixes de la Tradition : Taureau, Lion, Scorpion et Verseau.

Pendant l’époque considérée, l’induction sera positive, c’est-à-dire contraire au phénomène dominant. Donc le Verseau est un excitable sur fond d’inhibition (F + L —). Dans la vie courante, si vous êtes assis depuis longtemps à votre table de travail vous éprouvez soudain le besoin de vous lever, de marcher… et vous avez bien raison de le faire car c’est votre système nerveux que vous protégez.

Une conscience en perpétuel éveil

Le Verseau est un être profondément cérébral ; ses sensations, ses impressions, ses sentiments, même, lui arrivent par coïncidence brutale avec son intelligence. Le coup de foudre, que l’on attribue au Verseau (et aux Uraniens, en général), est une déduction extraordinairement rapide des qualités qui vont l’intéresser chez un être. On croit à de l’irrationalité intempestive, là où il y a une conscience en perpétuel éveil, attentive aux signaux, parfois infimes, qu’émettent ses interlocuteurs. C’est un fonctionnement soudain quasiment électrique : voilà pourquoi il échappe au commun des mortels. Il peut arriver qu’un Verseau se trompe, mais c’est rare. Sa vivacité dans le discernement, sa faculté de jauger, en une fraction de seconde, la situation dans laquelle il se trouve, les éléments qui la composent, et l’intérêt qu’elle présente (intérêt non pas matériel mais intellectuel, humain) le disposent fort peu à l’erreur.

Un défricheur d’âmes

Sa curiosité innée, abyssale, illimitée, le porte à toutes les expériences. C’est un défricheur d’âmes, un explorateur d’inconnu, d’incompréhensible, d’insaisissable. Cet intérêt porté à la totalité du monde – extra-terrestres, être humains, animaux, pays, choses —, allié à une sensibilité artistique profonde, le rend perméable et accessible à toutes les disciplines : il est fondamentalement pluridimensionnel.

Profession : génie

C’est le seul signe du Zodiaque à pouvoir être aussi à l’aise dans les mathématiques que dans la poésie, dans la musique que dans la haute finance, dans la peinture que dans l’économie, dans la décoration et la philosophie autant que dans le sport et la psychologie, le jeu et les sciences exactes. Il ne peut pas choisir et il n’a pas besoin de choisir : son esprit est ainsi fait qu’il emmagasine et appréhende l’essentiel en toute chose. Ce qui n’interdit pas une spécialisation, dans laquelle ses théories, ou sa pratique, font généralement autorité, voire passent pour géniales. Car le Verseau fait profession de génie aussi aisément que d’autres font dans la recherche, le journalisme ou l’artisanat d’art.


Le Verseau et l’Amour

Signe « fort » et signe « faible » « Les héros ont leurs accès de crainte, les poltrons des instants de bravoure. » (Stendhal) Qu’il soit bien établi, tout d’abord, qu’il n’y a aucun jugement de valeur dans les termes « fort » et « faible ». On devrait plutôt écrire signes adaptés et non adaptés. Il n’y a pas, non plus, de signe entièrement fort ou entièrement faible. Nous vivons, dans une même journée, les deux pôles, mais il est intéressant de connaître celui que l’on vit le plus souvent et qui constitue une dominante.

Si la formule du Verseau adapté est une force d’excitation dans un contexte d’inhibition (F +L —), le pôle d’inadaptation se définira comme une faiblesse d’inhibition repos, c’est-à-dire la formule du Taureau expliquée par un manque. Un exemple concret peut être donné par l’analyse de la vie affective du Verseau vue sous les deux aspects.

Cela semble paradoxal (c’est-à-dire contraire à un comportement logique) de changer d’état alors que l’on est bien adapté à une situation : d’où le nom de phase paradoxale (P.P.) employée pour les signes où ce phénomène est le plus remarquable.

Individualiste dans son humanisme

Un Verseau, par exemple, peut rester de glace si vous attaquez brutalement son savoir ou sa situation, mais il quittera la pièce avec éclat si, par une allusion, vous mettez en doute sa fidélité à une cause ou son dévouement à une amitié : il préfigure le Bélier par la vivacité de son comportement. Ses valeurs sont rarement en coïncidence avec les valeurs traditionnelles et établies. Même lorsqu’il est intégré à un environnement socio-culturel, il apparaît comme marginal ou asocial. C’est que ses propres critères de jugement, ses propres objectifs, ses propres idéaux comptent plus que tout. Le Verseau est un grand narcissique de l’intérieur : il veut pouvoir s’admirer lui-même en étant conforme à l’image qu’il s’est projetée. A la limite, que cette image ne corresponde en rien aux schémas d’autrui ne le dérange guère. Il a besoin, d’abord, de s’estimer.

Progressant de défis en défis (qu’il se lance à lui-même), il se forge souvent une personnalité originale, profondément a-conventionnelle et riche : sans préjugés, sans a priori, curieux de tout. C’est ce qui le rend aussi « individualiste » dans son humanisme : cette force, qu’il ne détient que de lui-même, lui permet de s’ouvrir au monde extérieur, sans qu’il y ait de limites discernables à cette ouverture. Le Lion se sert des autres pour se trouver. Le Verseau part de lui pour trouver les autres. Cette démarche excentrique est essentielle pour comprendre son comportement en amour, en amitié, dans le travail, dans les affaires. C’est la démarche d’un être profondément libre.

Une affectivité en « dents de scie »

Sentimentalement, le natif, ou la native, du signe étonne parfois par ses choix.

Pour le Verseau, la beauté n’a pas de canon bien défini : il est insensible – et même réfractaire – aux coutumes ou à la mode. N’est « beau » que ce qui l’émeut et son émotion va toujours de pair avec l’admiration. Si le Verseau est amoureux – ce qui demande du temps —, il saura vous en donner les raisons car il sépare naturellement le sentiment de la sexualité. Dans ce cas, réjouissez-vous ou dépérissez : quand le Verseau est amoureux, c’est pour longtemps ! Vous vous lassez ou il s’éloigne : l’amitié continuera la douceur du lien à condition, qu’à ses yeux, vous la méritiez.

S’il s’agit de sexualité, c’est encore un détail auquel lui seul est sensible qui déclenche son émotion. Dans ce cas, point de manières, il va droit au but. Mais il peut, en l’absence de l’excitant désiré, pratiquer sans gêne la chasteté ou l’indifférence. C’est ce qui a fait, aux natives du signe, la réputation de femmes émancipées à une époque où le respect des tabous sexuels réglait la conduite amoureuse.

Préférant l’union libre parce que profondément rebelle à tout lien que la société impose, le Verseau se marie cependant volontiers car il aura l’espoir que, l’un complétant l’autre, le couple créera, en chacun, des valeurs nouvelles.

« Ce n’est pas tant le divorce que je blâme, ‘c’est le mariage. Il me semble que tout vaudrait mieux que le mariage : seulement cela ne se fait pas ! », écrit Colette dans la Naissance du jour, et, plus loin : « Souffrir, c’est peut-être un enfantillage, une manière d’occupation sans dignité – j’entends souffrir, quand on est femme par un homme, quand on est homme par une femme. J’ai bien peur que ce genre de douleur-là ne mérite aucune considération. »

En effet, par nature, le Verseau est gai ! Il peut, comme tout le monde, s’attarder dans des situations sans issues dont il se masque provisoirement l’inconfort, mais son amour de la vie provoque le dénouement brutal, inattendu, qui le laisse serein, l’amour l’ayant déjà quitté.

Ses valeurs sentimentales, établies sur une ambiguïté, créent une affectivité en dents de scie car, s’il a tendance à idéaliser son partenaire et à le recréer selon des critères personnels, il se fait peu d’illusions sur ce que l’on peut attendre de l’autre. S’il élève des statues et qu’elles tombent en l’entraînant, il attend patiemment la renaissance. « Ce n’est pas trop de naître et de créer chaque jour… Je n’ai qu’à attendre la reprise d’un rythme interrompu pendant quelque temps. Attendre… cela s’apprend à la bonne école, où s’enseigne aussi la grande élégance des mœurs, le chic suprême du savoir-décliner. » C’est encore Colette, née le 21 janvier 1873 à 22 heures, SoleilLune en Verseau.

Si la vie amoureuse du Verseau harmonique est calme et raisonnée – ce qui n’exclut pas la chaleur —, il en va tout autrement du signe mal intégré. La faiblesse d’inhibition-repos amène la poursuite infatigable de l’esthétique vénusienne qui attire l’autre pour se mirer dans son fanatisme. Pas de repos pour qui poursuit ce but ! Chaque manifestation admirative nourrit la représentativité du sujet qui ne s’implique pas.

L’amour d’un seul ne suffit pas : il faut celui de la foule. C’est l’image de la vedette du showbusiness, des clubs de « fans » où l’on cultive l’adoration hystérique, encouragée par les magnats du disque où l’indice de popularité se mesure au nombre de fauteuils cassés et aux évanouissements spectaculaires. Claude François en fut souvent la victime effrayée mais consentante. Uranus en Taureau au carré du Soleil en Verseau obligeait le chanteur à vivre des périodes de repos forcé, insuffisantes à soutenir l’image sociale indéfiniment recréée.

Pour peu que le Soleil soit en aspect avec Uranus, il y a souvent la poursuite effrénée d’aventures successives, chaque fois déçues, accompagnées de drames, de ruptures, de changements brusques, sans lesquels le sujet perdrait son identité. Cette forme narcissique de l’amour exacerbe une disposition naturelle à renouveler les impressions usées.

Contradictoire en apparence seulement

Quoi qu’on en dise, le Verseau-type s’implique fortement dans la relation amoureuse. Il veut obtenir, dans les plus brefs délais, la satisfaction de ses besoins affectifs : le devenir des sentiments passe au second plan. Sait-on ce que le lendemain nous prépare ? C’est pourquoi il est si important pour lui de s’unir à un partenaire qui sache évoluer avec lui, à son rythme et selon ses pulsions. Ce signe de changement est malgré tout un signe fixe, c’est-à-dire fidèle aux valeurs sûres, profondes, stables. Parce qu’il n’attache pas de prix à ses emballements superficiels et fugitifs, il sait vivre un seul, un grand amour dans son existence, pour peu que l’être qui l’a suscité puisse évoluer en même temps que lui. Le paradoxe est flagrant : il attend tout de l’autre, son enthousiasme permanent, son soutien et son accord inconditionnels, sa collaboration dans tous les domaines, sa compréhension tendre et attentive. Mais, simultanément, il a besoin d’être assuré que l’autre existe sans lui, s’épanouisse indépendamment de lui. Cette exigence, pour contradictoire qu’elle paraisse, n’en est pas moins chaleureuse : elle révèle le respect profond qu’a le Verseau de la personnalité de l’autre et son désir de ne pas être un obstacle à son accomplissement.

C’est, vraisemblablement, l’être le moins sujet à la passion de tout le Zodiaque – puisque la passion est « égoïste », exclusive et possessive —, mais le plus capable d’amour : à la limite, le Verseau aime l’autre pour l’autre encore plus que pour lui-même. Pour le conforter, le réconforter, pour qu’il se sente bien, même si ce doit être sans lui. Que chacune des deux parties du couple puisse bien vivre dans l’indépendance, n’est-ce pas une garantie qu’elles vivent ensemble dans l’harmonie ?


Le Verseau et l’Amitié

La Tradition astrologique fait du Verseau l’analogue du onzième Secteur, où le sujet, dans sa relation avec autrui, est présent avec plus de discrétion et de recul, favorisant ainsi l’éclosion de sentiments qui réclament le long terme et leur projection dans l’avenir.

L’amitié demande non seulement de connaître « l’autre » mais aussi de l’expérimenter, de le mettre à l’épreuve. Si l’amour est aveugle, l’amitié demande une bonne vue !

La base d’inhibition extinctive propre aux signes d’hiver rend le natif difficile et patient, en le secondarisant ; mais l’induction positive (excitation qui, au Verseau, projette l’individu vers autrui) lui enlève sa froideur. Il y a, chez lui, un grand enthousiasme pour les êtres, un large accueil ; très vite, la première illusion passée, et à moins d’une codominante en signe ou en planète, la lumière se fait sur ce qu’il peut attendre de sa relation nouvelle. Il la gardera peut-être, mais il prend les gens comme ils sont et n’en attend que ce qu’ils peuvent donner. Sagesse ? Pas toujours : on peut aussi souffrir d’avoir le nez fin et la vue claire !

En arrière-plan de l’amitié du sujet Verseau, il y a parfois un doute sur ses propres mérites ; c’est en partie la raison pour laquelle le réflexe optimiste joue toujours en faveur d’autrui. Avez vous besoin d’un service, votre situation s’éternise-t-elle dans un bourbier sans lendemain ? Ayez toujours un Verseau « dans votre poche » ! Une force l’habite qui exclut la stagnation : il faut remettre en marche ce qui s’est arrêté. C’est le spécialiste horloger du château de Versailles, chargé de remonter les pendules et qui court, de la première à la dernière, afin que le symbole du Temps garde sa pérennité.

Le sens de la composition, spécialité des signes de milieu de saison, agit en Verseau comme un catalyseur. L’amour s’y termine souvent en amitié, apaisante et subtile. Montaigne (Pluton, Mars, Vénus et Mercure dans le signe), qui s’y connaissait en amitié, y a consacré un chapitre de ses Essais. Il souligne qu' »on ne peut y comparer l’affection envers les femmes, quoi qu’elle naisse de notre choix, on ne peut la loger en ce rolle. Son feu, je le confesse, est plus actif, plus cuisant et plus aspre. Mais c’est un feu téméraire et volage, ondoyant et divers, feu de fiebvre, sujet à accez et remises, et qui ne nous tient qu’à un coing. En l’amitié, c’est une chaleur générale et universelle, tempérée et au demeurant égale, une chaleur constante et rassize, toute douceur et polissure qui n’a rien d’aspre et de poignant… Ainsi ces deux passions sont entrées chez moy en connaissance l’une de l’autre ; mais en comparaison jamais : la première maintenant sa route d’un vol hautain et superbe, et regardant dédaigneusement cette cy passer ses pointes bien Loing au-dessoubs d’elle. »

Si l’Ascendant Cancer de Montaigne, entouré de Saturne et d’Uranus, rend celui-ci enclin à l’expression de son désir d’autoprotection et à l’étude raisonnée de lui-même, il est remarquable que la voix du Verseau se soit élevée bien haut lors de sa rencontre avec La Boétie, que cette amitié ait été le résultat d’un choix et marquée par un dévouement sans relâche à l’oeuvre de son ami. Montaigne précise d’ailleurs : « Si on me demandait pourquoy je l’aymais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : parce que c’estait luy ; parce que c’estoit moy. » Il est dommage que, dans Paris, qui se pique d’être le centre mondial de la culture, l’avenue Montaigne et la rue La Boétie ne se soient jamais rencontrées au carrefour de l’Amitié !

Un ami qui ne connaît pas l’interventionnisme

L’inadaptation, en amitié, est une des formes les plus odieuses de l’indiscrétion. C’est la recherche inconsciente du malheur d’autrui à soulager, pour son autosatisfaction, le conseilleur dont personne n’a demandé l’avis mais qui le donne quand même, l’ami qui prend en charge sa victime en la dépersonnalisant. Qu’Athéna nous préserve de pareilles aberrations ! Elles ne seront certes pas le fait du Verseau, qui sait, au contraire, si parfaitement révéler l’autre à lui-même, l’amener à se dépasser, à s’accomplir, à se parfaire, suivant ses propres lois et voies, sans intervenir. Aider son ami dès que le besoin s’en fait sentir, s’ouvrir à lui et lui donner tous les moyens de s’épanouir, tel est le rôle que s’assigne un Verseau (quitte à s’oublier lui-même), sans ménager ses forces ni son temps.


Le Verseau et son Éducation

Qu’est-ce que l’éducation ? Consulté, le dictionnaire nous dit que c’est la « mise en oeuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement de l’être humain » (Robert). Quels sont ces moyens, comment peuvent-ils être proposés au sujet et reçus par lui ?

D’une manière générale, l’éducation, en France, sous-entend les moyens associatifs permettant à l’individu de s’intégrer à la société de son temps et de vivre en paix avec ses semblables. C’est confondre la partie et le tout et ne voir, dans l’éducation, que l’apprentissage de la politesse qui n’est, selon Fénelon, qu’une « manière d’être, telle que, par nos actions et nos paroles, les autres soient contents de nous, et d’eux-mêmes ‘ ».

En cette matière, les parents proposent généralement et veillent à l’application de schémas qui conviennent à leur génération, sans se préoccuper si ces normes seront encore vraies quand l’enfant sera adulte.

Une éducation réelle serait de donner au sujet, selon sa forme d’intelligence et sa sensibilité, les moyens de parvenir à un équilibre, tout en éveillant, chez lui, des potentialités adaptatives afin de gérer efficacement ses dons et ses déficiences.

Chaque individu est un être à part, mais on peut percevoir des constantes qui se retrouvent chez la plupart des sujets.

Intuitif et constructif

La forme d’intelligence du Verseau est intuitive, mais cohérente. Il saisit avec une remarquable rapidité la forme générale d’un système, pour peu que celui-ci, évitant le nébuleux, soit logiquement construit. Héritée du Capricorne, la rigueur lui est nécessaire et sert de base à ses constructions audacieuses, fruits d’une imagination novatrice. Le déjà-vu l’impatiente, la routine l’exaspère et le conformisme, qui étouffe l’homme et retarde l’avancement de sa pensée et de ses réalisations, est l’une de ces cibles préférées.

Il bouscule les normes établies et pourfend les pantouflards. Hier est caduc… on l’oublie, pour penser à demain.

L’intelligence, doublée d’un flair de sourcier, devine et devance les potentialités de chacun : il n’aura de cesse de les mettre en valeur et de révéler aux autres leur Moi profond.

Nous vérifions, au passage, la fonction de re-création qu’applique, au Verseau, l’astrologie conditionnelle.

Au stade de l’adolescence, ces caractéristiques sont à l’état d’ébauche : comment l’éducation va-t-elle pouvoir les structurer ? C’est le rôle de l’éducateur qui, en fonction de ce que nous venons d’exposer, aurait avantage à être Verseau !

A cette période, et sauf dans le cas d’une dominante saturnienne, l’adolescent a parfois tendance à reculer devant la nécessité d’approfondir ses connaissances qui risqueraient alors de rester superficielles, car sa curiosité, toujours en éveil, l’incite à aborder successivement des sujets très divers. Il convient donc de l’aider à orienter ses potentialités intellectuelles qui sont innovatrices, de lui laisser suffisamment de liberté pour oeuvrer en toute quiétude, mais aussi de craindre et canaliser l’excès de ses trouvailles et la violence de leur application. Par un été particulièrement chaud, nous avons vu un petit Verseau changer l’hélice d’un modèle réduit d’avion parfaitement mis au point par son frère Capricornien, afin de le transformer en ventilateur ! L’hélice, en se détachant, faillit provoquer une catastrophe… mais c’était astucieux en diable ! Remarquons que notre héros aurait très bien pu fabriquer directement un ventilateur, mais qu’il préféra donner à un objet déjà existant une destination nouvelle, faisant revivre, en le re-créant, un objet qui avait été mis au rebut.

En possession de ce schéma (potentiel énergétique et forme d’intelligence), nous pouvons aborder quelques généralités sur la façon d’éduquer le jeune Verseau.

Lors d’une conférence au Congrès américain d’astrologie (septembre 1974, à Paris), Yves Lenoble, psycho-sociologue et astrologue, reprenant une idée de J.-P. Nicola, mit en évidence les relations des cycles planétaires et les phases successives du développement de l’enfant.

Jean Piaget, psychologue suisse spécialisé dans l’évolution de l’intelligence humaine, reconnaît dans sa continuité différents stades ou phases.

  1. La première phase est dite sensori-motrice. Comme son nom l’indique, elle va de la sensation pure des premiers mois à la maturité du système nerveux, générateur de la marche. Astrologiquement, elle va du cycle de la Lune (vingt-huit jours), dépendance du premier mois, à Mars (deux ans) conquête musculaire de l’environnement. A cette période, l’amour seul est éducatif, que ce soit dans le sevrage, l’apprentissage de la propreté ou les premiers contacts, souvent brutaux, avec le monde extérieur. Il ne s’agit pas d’enlever au petit Verseau des initiatives qu’il recherche et qui sont indispensables à son indépendance, mais d’en atténuer les effets quelquefois dangereux. Il suffit d’être là pour que le feu ne brûle pas trop et que l’épingle pique sans drame : ce n’est pas une période facile ! S’il subit le sevrage, le Verseau aime la période active de la marche.
  2. La deuxième phase est celle de la pensée concrète. Elle va de deux à douze ans et correspond à Jupiter. L’acquisition du langage va permettre une première orientation et l’éducation, dont la tâche est de faire jaillir de l’individu les forces et ressources qu’il a en lui, va prendre toute son ampleur dans la communication. A trois ans, attention au langage ! Le passage du babil enfantin au langage adulte est assez lent. Il convient, cependant, d’apprendre à l’enfant, sans les déformer, des mots utiles dont il peut comprendre le sens, afin de stimuler sa curiosité.

De trois à sept ans, la personnalité s’affirme dans le jeu et le « je ». C’est une période très importante pour le Verseau. Il y fait preuve d’une indépendance qu’il gardera toute sa vie, et s’oppose violemment à toute ingérence, car son caractère est naturellement porté à l’insolence. Il recherche l’attention des adultes et, s’il les imite, c’est souvent pour les caricaturer. J’ai surpris, un jour, une petite fille Verseau marchant le ventre en avant et les mains dans les poches, imitant, pour s’en moquer, la démarche paternelle… Elle avait cinq ans !

A ce même âge, l’éducation consiste à répondre aux questions. Il convient de donner des réponses exactes. Comment naissent les bébés ? Ni dans les roses ni dans les choux, pas d’histoire poétique de fleurs et de papillons : la vérité. L’enfant n’en retiendra que ce qu’il peut comprendre et n’insistera que s’il a perçu de la gêne ou une hésitation. A cette période s’installe la confiance… ou la méfiance. Si l’enfant s’aperçoit qu’on l’a trompé, c’en est fini pour la vie : à l’âge adulte, il se méfiera de tout… et de tous. Si l’enfant commence à se servir des mots avec une certaine aisance, la réflexion, qui exprime une pensée, n’existe pas. C’est corporellement qu’il s’exprime, il s’investit totalement dans ce qui lui plaît, devient objet, chat ou oiseau, et on peut agir sur lui en exploitant cette globalité et la curiosité qui en est le moteur. Inventer des jeux est alors la meilleure façon de l’éduquer.

Il se peut que le petit Verseau soit perturbé par l’entrée à l’école maternelle : son intuition lui fait deviner les tensions que crée le groupe et il est possible qu’il réagisse en se fermant à la réalité, utilisant l’inhibition extinctive qui est à sa portée. L’habitude et le désir de communiquer auront bientôt raison de cet inconfort passager.

Sous l’influence jupitérienne

Du point de vue des corrélations astrologiques, nous remarquons que cette période va du premier carré de Jupiter à lui-même (trois ans) à l’opposition (six ans). Quant à la morale, c’est une notion incompréhensible à cet âge : l’enfant la subit mais n’y participe pas ; elle concerne la famille ou les éducateurs. Premières interdictions, premières censures : c’est une période difficile pour le petit Verseau, rebelle par nature à tout ce qui est imposé. Pour passer l’épreuve, il suffit peut-être d’expliquer : toute communication entraînant au moins une adhésion spontanée, à défaut d’une compréhension raisonnée.

Entre sept ans et douze ans, c’est l’âge de l’écolier. Le sujet n’est plus centré uniquement sur lui-même, mais préoccupé de sa relation avec l’objet. Il ne pense pas encore : il ressent.

Vers neuf ans, la mémoire est au point, indispensable aux acquisitions intellectuelles. Si la mémoire est le souvenir d’hier que l’on vit aujourd’hui, le petit Verseau, qui vit aujourd’hui en pensant à demain, pourra ressentir quelques difficultés : la déconcentration de l’attention se manifestera par des susceptibilités ou de l’apathie. Mais le groupe constitue un moyen d’apprentissage, et entraîne des modifications de structure. Le Verseau s’en tirera en ayant une mémoire « volatile », c’est-à-dire spécialisée dans ce qui lui aura plu. Vouloir qu’il en soit autrement, ce serait lui enlever ses chances d’adaptation. Original dans son comportement, l’enfant Verseau se fera des copains par ses inventions, bien que celles-ci soient souvent perturbantes. Du point de vue scolaire, il sort tout à coup d’une indifférence apparente en faisant une remarque incisive, inspirée par son intuition, qui aura pallié son assiduité. Il est de ceux qui « peuvent toujours mieux faire », selon la formule consacrée des livrets scolaires, et les parents se désolent… Calmez-vous, parents de Verseau ! La réussite ne passe pas toujours par le succès scolaire, et votre enfant est de ceux qui ne veulent apprendre que ce qui les passionne. Il deviendra peut-être le maître d’une spécialité (ou de plusieurs spécialités successives), à moins qu’une dominante planétaire ne lui insuffle, en même temps que l’originalité, une réussite qui vous comblera… par procuration !

Pendant toute cette période d’influence jupitérienne, Saturne a cependant rempli son office. Au premier carré à lui-même (sept ans et demi), l’enfant a atteint « l’âge de raison » au cours duquel on commence à s’apercevoir, selon Piaget, que « les structures sensori-motrices constituent la source des opérations ultérieures de la pensée ».

  1. Avec l’apparition des instances saturniennes, nous entrons dans la troisième phase du développement de l’enfant qui est celle de la pensée abstraite ou formelle.

Cette période est extrêmement difficile à franchir. L’adolescent doit construire son Moi à travers les changements organiques de la puberté.

Au trigone de Saturne à lui-même, entre neuf et dix ans, (ou un peu plus tard selon les races et les climats) apparaissent les premières inquiétudes pubertaires. L’adolescent grandit en taille et en poids ; il ne se sent pas encore un adulte mais plus du tout un enfant. La puberté implique des pudeurs, des réticences et l’affectivité se détourne de la famille pour s’investir ailleurs. La camaraderie de la phase précédente se transforme en amitié élective qui préfigure l’amour, érotisation de l’émotivité. S’il y a fuite et régression au stade de la pensée magique, il convient de prendre conseil.

En revanche, vers quinze ans (demi-cycle de Saturne), l’opposition aux parents est une manière de s’affirmer. Très inconfortable pour tous, ce moment est extrêmement important. Heureusement, parallèlement aux changements organiques, l’évolution intellectuelle permet la communication. Bien que le silence et la solitude accompagnent souvent la prise de conscience des difficultés de l’existence, et une maturation qui prélude dans l’angoisse, la pensée va passer des modèles aux valeurs.

Jusque-là, la vie mentale se composait d’associations d’images et se résolvait dans l’action. A présent, la pensée est capable d’aborder des généralités, des notions, des concepts : elle s’intériorise. Il y a changement dans les intérêts et les aptitudes individuelles se précisent. On en arrive à une période d’éducation du Moi qui rassure le sujet en lui donnant conscience qu’il peut se défendre seul et s’affirmer positivement. Il va sans dire que cette évolution se fera peu à peu au cours des années suivantes, mais c’est vers quinze ans que l’adolescent a le choix entre deux formes de comportement qui peuvent infléchir son avenir, et son choix se fait, intuitivement, selon ses capacités, les dominantes de son thème, le contexte familial et social dans lequel il vit.

Sous l’impulsion Uranienne

Le premier comportement est inspiré par l’impulsion Uranienne dont c’est le premier sextile, et l’autre par l’instance saturnienne qui atteint sa demi-période. Nul ne peut savoir comment sera vécu, dans les faits, ce tournant capital. Nous pouvons seulement indiquer les caractéristiques d’Uranus, en positif et en négatif, ainsi que celles de Saturne.

Négativement, à cause de sa formulation brutale et réductrice, Uranus incite aux décisions brusques, aux fugues, à l’affirmation sans nuances de principes mal dégrossis, à une surestimation de la personne qui cache souvent une impuissance secrète. Dans ce cas, inutile de discuter, l’adolescent est sourd à tout ce qui n’est pas son orage intérieur.

Positivement, Uranus inspire une gestion sensée et raisonnée des acquisitions, un équilibre dynamique qui permet l’affirmation sociale et l’intérêt à une cause ou à une idéologie.

Positivement, Saturne prévoit la diffusion de l’action, ses conséquences abstraites, la possibilité de reconnaître les contenus implicites des difficultés rencontrées, et d’agir au mieux en généralisant les faits.

Négatives, ces tendances vont vers l’isolement, le retrait de la réalité, la sécheresse de cœur par manque d’adaptabilité à l’autre et de générosité spontanée.

Quelle que soit la direction prise, l’aide que l’on peut apporter est difficile à définir. Les parents, à cette période, ressentent un certain trouble qui peut aller jusqu’au sentiment d’échec : ils s’apaiseront plus tard. S’ils n’ont pas, déjà, considéré leur enfant comme un adulte en formation, la relation d’égal à égal sera longue à établir : elle est pourtant la clé du comportement. On peut être vigilant sans emphase, et remplacer l’affection tutélaire par l’amitié.

Hors ce sentiment qu’il privilégie, notre Verseau est en danger. Prédisposé, s’il est uranien, à tous les excès dans les moments de crise, il peut, dans la démesure, soit devenir un marginal irrécupérable ou un révolutionnaire exaspéré, soit gérer à fond ses potentialités positives. La frontière est mince qui sépare ces deux solutions.

Vers quinze ans, se pose le problème délicat de l’orientation scolaire, qui déterminera la profession future. A cet âge, on est encore très malléable et il y a des enfants plus ou moins précoces dont les dons pourraient se révéler ultérieurement ; mais le fonctionnement des établissements scolaires oblige à prendre, très tôt, des décisions. Pour les « bons » élèves, la poursuite d’études secondaires est une façon de remettre à plus tard leur orientation. Pour ceux dont la scolarité se révèle difficile, il faut savoir que la période légale de l’apprentissage va de seize à dix-huit ans.

Il est indispensable de préciser que l’astrologie ne saurait définir le métier idéal de chacun, mais qu’elle peut proposer une orientation correspondant aux goûts du sujet, à sa forme d’intelligence, à son pouvoir de réalisation compte tenu des possibilités financières de la famille… que le thème ne précise pas.


Le Verseau et son Travail

En présence d’un natif du Verseau, et nous bornant aux généralités qu’implique l’analyse globale du signe, nous allons tenter de cerner les possibilités d’orientation professionnelle.

Outre l’intelligence, nous devons rappeler que l’attention du Verseau est vive, profonde mais éphémère, par besoin de récupération nerveuse.

Parmi les valeurs émotionnelles, il choisit l’amour du beau, du vrai, la spontanéité et la gaîté.

Toujours prêt à rendre service et à s’enthousiasmer pour une cause, il peut, s’il manque d’adaptation, poursuivre frénétiquement un objectif hors d’atteinte, s’user à redresser les torts et, dans• un grand élan, pourfendre, comme don Quichotte, les moulins à vent !

Naturellement porté à faire confiance, il s’écroule parfois si on lui fait défaut : à moins que, profondément, son manque d’illusion sur la nature humaine ne lui ait soufflé un échec possible… ou inévitable.

Son insertion sociale est parfois retardée par un manque de confiance en sa propre valeur qu’il remet souvent en question, ou par une dispersion de ses activités, indispensable à son équilibre. Il perd contact avec les valeurs sûres de la sensation qui font la force du Taureau, par exemple.

Qui a dit : « Ce qu’il faut craindre, c’est la crainte » ? Franklin D. Roosevelt. Ses dominantes en signe, Verseau et Taureau à égalité, lui ont permis de conserver son équilibre apparent et de participer à la paix du monde tout en oeuvrant pour la prospérité de son pays. A moins que ce bel équilibre n’ait caché une totale inconscience et que les deux tendances, s’annulant en s’affrontant, aient créé une insatisfaction.

Une fonction de rénovation

Nous pouvons citer en exemple Louis Renault et André Citroën qui ont fait de l’automobile un moyen de transport courant alors qu’elle était réservée à une élite, ou Marcel Dassault, qui a mis l’aviation au service de son image sociale.

Dans le monde littéraire, Benoîte Groult a trouvé, en militant pour la libération des femmes, l’exutoire à une éducation bourgeoise et formaliste, et à une culture acquise « en attendant le mariage ». Son ouvrage, Ainsi soit-elle (éd. Grasset), marque un tournant dans sa carrière en renouvelant une inspiration jusqu’alors cantonnée à ses souvenirs d’enfance ou à l’exploitation pleine d’humour des méandres de la psychologie conjugale.

La politique, qui est l’histoire que nous sommes en train de vivre, ne semble pas être l’affaire du Verseau.

L’amour de la puissance que cache l’exercice du pouvoir et le conditionnement qu’il sous-entend discréditent, à ses yeux, l’amour tout court et révoltent son indépendance foncière.

Les tentatives de Valéry Giscard d’Estaing (Soleil, Mercure, Jupiter et Vénus en Verseau) pour opérer, dans nos institutions, des changements fondamentaux, n’ont pas vraiment abouti. Mais il a réussi quelques réformes, au risque de se rendre impopulaire, qui ont eu le mérite d’entériner une réelle évolution des mœurs et des mentalités.

Trouver, en dehors de Valéry Giscard d’Estaing, un homme politique natif du Verseau, n’est pas facile. Ne nous laissons pas impressionner par le Soleil de Jean-Jacques Servan-Schreiber qui, opposé à Neptune, fait évoluer son image sociale selon les caprices de son inspiration.

Parler des affinités éventuelles du Verseau avec la politique est une subtile transition pour aborder l’orientation professionnelle du sujet moins bien nanti que son homologue précédent.

Ecrire que ce qui fait la différence entre un Verseau riche et un Verseau pauvre est que l’un a de l’argent et l’autre n’en a pas, est une lapalissade. Pourtant, nous souhaitons exprimer ainsi que, hors les moyens financiers, les aptitudes de l’un peuvent égaler celles de l’autre et que les caractéristiques des valeurs intellectuelles ou des traits de comportement sont équivalentes ou de même structure.

L’apprentissage, qui devient une « mode », est une solution à bien des cas. Il permettra de donner à l’apprenti une formation rémunérée susceptible de perfectionnements. Quels sont les métiers qui font appel en même temps aux qualités de cœur et à la fonction de rénovation typiques du Verseau ?

A priori, l’orientation scolaire et professionnelle d’un sujet issu d’une famille aisée ne devrait pas poser de problèmes quant aux études, à condition qu’il veuille s’y soumettre, par goût ou par conditionnement. Mais il n’est pas rare de voir des jeunes Verseau, des deux sexes, abandonner leurs études pour aborder des métiers immédiatement représentatifs (mannequins, comédiens), où l’aisance familiale compensera la rentabilité, souvent aléatoire.

Imaginons que notre Verseau se trouve à l’aise dans le milieu scolaire et qu’il ait le goût de l’étude. Il serait prudent de chercher une première voie assez souple pour être reconduite ultérieurement. L’irrégularité et la fantaisie étant de règle chez le sujet, il aimera une orientation pluridisciplinaire : égalité entre les options scientifiques et littéraires. Si les parents, tout en restant attentifs, font preuve de libéralisme et acceptent, avec humour, des carnets scolaires où les appréciations élogieuses voisinent avec de sévères remarques, la décantation se fera lentement, l’adolescent intégrant, comme par osmose, ce qui le met en valeur.

Plus tard, toutes les options qui marieront les penchants du jeune homme ou de la jeune femme à ses possibilités intellectuelles seront permises. Si notre jeune Verseau arrive à concilier son indépendance foncière et son amour des autres, ses aptitudes le portent vers la médecine, la psychologie ou la recherche. S’il est plus attiré par le risque et la technique, celle-ci s’exercera dans des domaines inexplorés ou insuffisamment au point.


Le Verseau et l’Argent

Le flouss, le fric, l’oseille, les pépètes et le frusquin, l’auber, le blé, la fraîche, le pognon et les picaillons, les radis ; les moyens, la recette, le compte en banque, la rentabilité, les placements, la trésorerie… Même le vocabulaire est riche quand on parle d’argent ! Mais la langue « verte » introduit, dans ce domaine, l’écologie, la poésie et l’humour qu’on ne s’attendrait pas forcément à y trouver !

Pour le Verseau, l’argent est un moyen de payer ce qu’il doit, donc de conserver son indépendance. C’est aussi la possibilité de donner, de rendre service, non selon les principes d’une philantropie raisonnée mais plutôt par réflexe, afin de faire sortir quelqu’un d’une situation qui le bloque et de lui rendre sa liberté, car l’amour d’autrui est, au Verseau, une valeur sociale.

Une triste nécessité

Profondément, le Verseau n’aime pas l’argent… qui le lui rend bien ! S’il arrive qu’il soit riche, soyez sûr que c’est par héritage, et s’il défend ses biens c’est parce qu’il le faut bien et que « la vie ne vous fait pas de cadeau ». Comme il est sans illusion sur la nature humaine, il sait qu’en prêtant de l’argent à un ami, il perdra les deux… avec une indifférence apparente et une détresse secrète.

Si, depuis Vespasien, l’argent n’a pas d’odeur, pour le Verseau, il sent mauvais. Devant la marée noire échappée des flancs d’un pétrolier géant sabordé sur nos côtes, il se bouche le nez et regarde avec dégoût la « pompe à phynance ». chère à Ubu aspirer gloutonnement l’or noir. Bien sûr, il élévera la voix avec passion pour que des mesures sévères soient prises, mais aussi, et autrement qu’en un « scoop » journalistique, pour « parler aux mammifères, aux oiseaux et aux poissons ».

Une certaine marginalité

Entre exploiteurs et exploités, le Verseau a tendance à se placer du côté des exploités, car obscurément, il craint d’en être un. Jacques Prévert (Soleil, Mercure et Mars dans le signe) décrit les petites gens, qui taisent leurs modestes moyens parce que, dans la première moitié du siècle, ils étaient plus résignés que révoltés. Prévert projette sur eux ses propres fantasmes : une idéologie fraternelle en forme de protectionnisme qu’il ne pouvait exercer que sur les faibles, faute de pouvoir l’intégrer ailleurs. Peu importe la source de l’inspiration, pourvu que le poète nous émeuve... et il fut un grand poète !

Avec Stendhal, l’inadaptation sociale devient un drame. Verseau très valorisé par le Soleil, Vénus, Mercure et Pluton dans le signe, il passe toute sa vie à poursuivre son enfance endeuillée par la mort de sa mère lorsqu’il avait sept ans. Ecolier studieux, il décide, à seize ans, d’apprendre les mathématiques, de quitter Grenoble pour Paris et de ne plus revoir son père et sa tante Séraphie, « ces bourgeois bouffis d’orgueil 1 ». Il ne se présenta pas à l’Ecole polytechnique, et prétendit, toute sa vie, qu’il en fut éloigné délibérément par ses opinions politiques. Ce n’est qu’un faux alibi : la marginalité lui convient. Le reste de sa vie s’écoule dans la gêne : il est successivement soldat sous Napoléon, petit journaliste sous la Restauration et fonctionnaire besogneux le reste du temps. En fait, il veut rêver sa vie, recréer son enfance en accumulant des souvenirs joyeux qu’il pourra revivre à son gré, en les évoquant. C’est dire que l’argent ne l’intéresse pas. Sensible, ardent, timide, animé d’une tension secrète, d’un esprit lucide et critique, il préfère une vie banale aux compromissions des affairistes. Intéressé surtout par les événements, il est le « témoin » rêvé mais ne crée aucun sujet, bien trop préoccupé à se recréer lui-même à travers une auto-analyse qui est sa propre thérapeutique.

En 1838, à cinquante-cinq ans et en cinquante-deux jours, il dicte la Chartreuse de Parme et meurt, pauvre et abandonné, quatre ans plus tard. Ce n’est qu’au début du siècle que l’on retrouvera le chroniqueur qui passa sa vie à étudier, à travers les événements, les réactions humaines en général, et les siennes en particulier.

Dans la Vie de Henry Brulard, il note : « Je devrais écrire ma vie, je saurais peut-être enfin, quand cela sera fini, dans deux ou trois ans, ce que j’ai été, gai ou triste, homme d’esprit ou sot, homme de courage ou peureux, et enfin, au total, heureux ou malheureux ». Et il avoue dans son Journal en 1805 (il a vingt-deux ans) : « Dès que j’aurai corrigé mon caractère mélancolique… j’en aurai, j’espère, un très aimable : la gaité de meilleur goût sur un fond très tendre. » Il semble que ce soit là la meilleure approche de la sensibilité du Verseau.

Après cette promenade en compagnie de Stendhal, et pour généraliser un cas, peut-être extrême, nous devons reconnaître qu’en effet le Verseau est plus « pot de terre » que « pot de fer » ou, si l’on en croit Georges Simenon (Saturne, Mercure, Vénus, Soleil et Jupiter dans le signe) un davantage « fessé » qu’un « fesseur ». Mais il ne faudrait pas que la situation s’éternise ! Nous évoquons, bien sûr, les sujets équilibrés, indulgents ou compréhensifs, et non les masochistes, par goût, adeptes de Masoch (lui-même occupant du signe) ! Ceux-là se complairont à étaler leur malchance, à formuler leurs plaintes et à se réjouir de souffrir si agréablement. Laissons-les à leur bonheur !

Pour le sujet « normal », il n’est pas impossible que, par aveuglement voulu ou par paresse, il laisse la situation s’enliser. Le débiteur sans scrupule se réjouit ouvertement et arbore une mine triomphante… Attention ! Comme un chat lance sa griffe, à la surprise de tous le Verseau outragé récupère sa dette, et, préfigurant le Bélier, passe par-dessus bord le « fesseur-fessé » ! Force d’excitation sur fond d’inhibition extinctive…

Mais pourquoi cette réaction si vive ? Parce que, même si l’on est sans illusion sur le prix de la gentillesse dans une société qui apprécie davantage les valeurs économiques que les élans du cœur, il est extrêmement vexant de se rendre compte que la générosité est parfois confondue avec la faiblesse.

D’autres espérances

Les espérances de réussite du Verseau sont particulières et n’ont rien à voir avec l’argent. Nous parlons de l’accumulation de biens en vue de mettre en valeur une image sociale ou de régner à coups de dollars et non de la nécessité d’avoir de quoi vivre, et pas seulement de quoi manger… Il y a des domaines qui le laissent froid et d’autres pour lesquels il se ferait « tuer ». Sachant à quel point la réussite est contraignante, il préfère sa liberté aux obligations que crée la fortune, à la difficulté de l’acquérir… et de la garder. Son esthétisme peut se contenter d’un regard : il n’a pas besoin de posséder pour aimer.

Et la gloire… Mais qu’est-ce que la gloire ? Si c’est le désir de briller, oui, le Verseau est sensible à la gloire, née d’une légitime ambition, bien qu’il y ait dans le mot un son fêlé qui évoque le « toc ».

« Vous n’aimez donc pas la gloire ? », demandait à Colette madame de Noailles.

« Mais si. Je voudrais laisser un grand renom parmi les êtres qui, ayant gardé sur leur pelage, dans leur âme, la trace de mon passage, ont pu follement espérer, un seul moment, que je leur appartenais. »


Le Verseau et sa Santé

Du point de vue de la santé, il faut considérer deux types très différents selon qu’ils privilégient l’inertie d’inhibition ou la force d’excitation.

Le premier type est un calme qui peut s’abstraire de ce qui le gêne. Il contrôle son émotivité en inhibant les motifs de contrariété, mène une vie régulière, indifférent à la gastronomie et se contentant de mets simples qui apaisent sa faim. Sujet, dans son enfance, aux maladies osseuses et aux déformations de la colonne vertébrale par manque de tonus musculaire et hyper-laxité ligamentaire ou articulaire, il accepte de les corriger, même au prix d’une longue rééducation : sa conscience musculaire lui permettant de comprendre le bienfait de tel ou tel exercice. Une bonne élimination rénale retarde considérablement les manifestations arthritiques. Sujet aux maladies infectieuses, il s’en défend assez mal. Une forte posologie est souvent indispensable car son pouvoir de réaction est insuffisant.

Le second type est un excitable par tempérament. Hypersurrénal et hypothyroïdien ou hyperthyroïdien et hyposurrénal (les fonctions de ces deux glandes se compensent), il réagit remarquablement dans les affections les plus graves : il ressuscite comme Lazare ou « renaît de ses cendres » tel le phénix !

Très sensible aux médicaments, un traitement à faible posologie lui convient. Il préfère souvent l’acupuncture ou l’homéopathie qui donnent, chez ces sujets, un meilleur résultat que la médecine officielle. Peu patient de nature, contrairement au premier type, si un traitement n’agit pas assez vite… il en change !

Sa façon de s’alimenter est anarchique, ainsi que ses besoins. S’il affiche un sens de la gastronomie très sélectif, il lui suffira de remplacer, dans un même plat, le filet de citron préconisé dans la recette par des câpres ou des cornichons pour trouver délicieux ce qu’il repoussait. Anorexique et insomniaque par crises, il dort peu mais profondément et récupère très vite.

La sédentarité, le manque d’air et d’exercice lui sont extrêmement préjudiciables, ainsi qu’une atmosphère survoltée qui accroît sa susceptibilité nerveuse. C’est un cyclothymique dont l’équilibre varie selon le temps qu’il fait, les phases de la Lune ou la pression atmosphérique. Très sensible aux ambiances, il cherche en permanence, par son comportement, à établir l’harmonie et l’entente dont il a besoin. Sa force de composition le porte à la gaîté si la morosité s’installe, et il saura apaiser les querelles en prenant la discussion à contre-pied. En fait, il cherche l’équilibre du milieu en renversant l’élément perturbateur.

Deux signes situés à égale distance de l’axe des équinoxes (0 degré Bélier – 0 degré Balance) sont dits en « contre-antice ». Le Taureau, par exemple, est en « contre-antice » du Verseau. Le premier, en induction négative, stocke, pour s’en défendre, les excitations venues du dehors, le second, en induction positive, recrée à son profit le contact avec l’environnement. Au cas où il y aurait, dans un thème, égalité flagrante entre ces deux signes par une occupation planétaire de valeur très proche, la décharge (c’est-à-dire l’extériorisation des tensions) deviendrait problématique et risquerait de se résoudre par des conversions somatiques : ce sont des maladies n’ayant 59 pas d’origine bien définie mais qui affectent par exemple la peau (eczéma ou psoriasis), le tube digestif ou le système respiratoire (asthme ou emphysème), et qui révèlent, à un examen plus approfondi, une tendance aux spasmes attribuée, à juste titre, à une dominante Uranienne.

La Tradition, elle, prédit aux natifs du Verseau des dispositions aux troubles circulatoires, reprenant une analogie symbolique entre l’eau primordiale et les liquides du corps, en particulier le sang. Il n’est aucunement prouvé que des maladies comme l’artérite, la phlébite ou les leucémies (pour ne citer que les principales) sont plus fréquentes dans un signe que dans un autre. Nous entrons dans un domaine que seule la médecine est habilitée à traiter et qui ne saurait, en aucun cas, être celui de l’astrologie. La seule indication que nous pouvons fournir (et ce n’est pas si mal) est d’indiquer le potentiel énergétique du sujet, et la manière dont il pourra l’utiliser.


Le Verseau et son Apparence

Il y en a des petits et des grands, des minces et des athlétiques, des souriants, des tristes, des bilieux et des euphoriques… Tout existe dans la nature humaine. L’apparence, la morphologie des gens dépend peu du conditionnement astral, mais surtout de l’hérédité, de ce fameux phénotype que chacun porte en soi dans son patrimoine génétique, et qui est une sorte de programmation à laquelle nous ne pouvons guère échapper.

Cependant, on peut remarquer une certaine constante dans la façon dont se présente le sujet du onzième signe.

C’est souvent un longiligne aux muscles étirés et d’apparence plutôt fragile ; mince ou de proportions moyennes, assez gracieux, il est parfois timide mais accueillant. Un élément essentiel facilite la détermination de l’apparence : c’est le signe occupant le dixième Secteur. Pour que la réalité s’approche du portrait-robot, il faut une très forte dominante Verseau et, dans la famille, quelques sujets qui participent de la même tendance.

Beaucoup de traits caractéristiques sont la résultante de la dominante planétaire, et chaque thème est un problème différent.

Si Uranus domine, la présentation vestimentaire sera empreinte des codes personnels du sujet. Il s’inventera une mode correspondant à une valorisation intérieure et s’imposera grâce à l’originalité avec laquelle il interprétera les canons de la beauté. Il s’arrangera surtout pour ne pas passer inaperçu et une sorte d’agressivité dans le comportement peut rendre celui-ci facilement caricatural.

Si Saturne parle haut, la mise sera plus classique. Mais le sujet donnera à tous l’impression qu’un costume ou une robe d’il y a cinq ans paraissent neufs, tant la façon de les porter peut être différente selon l’humeur. Les détails ou accessoires, à force d’être recherchés pour leur pouvoir régénérateurs, attireront l’œil aux dépens de l’ensemble.

Jupiter est-il dominant ? On choisira des vêtements confortables, chauds ou légers selon la saison, qui n’entravent ni la marche ni la position assise, et qui donneront au regard des autres une sensation de bien-être que plus d’un enviera !

Mars prépondérant dans le thème donne un être décontracté, parfois négligent ou un peu débraillé, mais toujours propre. L’eau et le savon sont des éléments de rajeunissement commodes, et la fraîcheur rend neuf le vêtement le plus usagé. De toute façon, le récent est synonyme de clinquant ! On se vêt car on ne peut aller nu, on se protège des intempéries, et il s’agit d’être disponible sans avoir à s’apprêter spécialement pour telle ou telle circonstance. Un costume, une robe, sont des serviteurs qui donneront satisfaction dans la mesure ou l’on n’entendra jamais parler d’eux !

Un Vénusien du Verseau, lui, suivra la mode en s’adressant aux fournisseurs que personne ne connaît mais qu’on aura su découvrir. Il s’agira alors de les imposer. Le bizarre et l’astucieux se mêleront harmonieusement : il faut plaire à l’autre pour le séduire… et le changer !

Mercure rend habile, chacun le sait.

Une femme fera peut-être elle-même ses robes et s’en vantera, alors que tout le monde s’habille de prêt-à-porter. Un homme comptera sur sa mise pour élargir son champ de connaissances et ses rapports humains. L’accueil du Verseau se fera encore plus souple, plus vivant et plus efficace. MercureVerseau est curieux comme une belette, il s’intéresse à tout et vous écoute parce que cela le régénère !

L’originalité avant tout

Quant au Soleil, il exige que la représentativité sociale passe par l’apparence. Pour lui, « l’habit fait le moine », mais le rayonnement doit être suffisamment reconnaissable pour servir de drapeau, de totem ou d’image de marque et permettre de prendre sa revanche sur des déceptions passées ou vécues comme telles dans l’enfance. Il s’agit de renaître à soi-même, de se faire un nom et une réputation dont on soit extrêmement responsable.

Quelle que soit la dominante chez un Verseau, il y a toujours une certaine recherche dans sa mise : un détail qui le singularise, une couleur qui surprend, un accessoire insolite, quelque chose qu’on ne peut trouver nulle part sauf dans un village du Pérou. Qu’il soit classique d’apparence ou original, c’est aussi un adepte des vêtements faits sur mesure, selon ses propres modèles et indications, dans des matériaux rares ou précieux. A cet égard, c’est un être luxueux : il se refuse à porter ce que tout le monde porte (ou de la même manière que tout le monde), de même qu’il déteste les lieux communs, les idées reçues et les évidences.

Une seule exigence absolue, dans cette apparente diversité : ne jamais mijoter dans l’habitude, le refrain cent fois répété ou la grisaille génératrice d’ennui, pour soi-même et pour les autres. N’être « ni tout à fait le même ni tout à fait un autre » !


Les Astromariages de la Femme Verseau

Femme Verseau et homme Bélier

Un point commun, mais de taille : la bougeotte. Ce sont deux actifs. Ils se rejoignent pour l’aventure, le risque, les grands voyages, l’imprévu. Ils s’enthousiasment souvent, ensemble, et pour les mêmes choses. Ils brûlent les vaisseaux, les étapes, la chandelle par les deux bouts. C’est à qui étonnera l’autre, le défiera le plus. Mais elle est une cérébrale, réfléchie tout de même, qui contrôle toujours ses dérapages, alors que lui fonce tête baissée vers le danger… Peut-on vraiment l’assagir ?

Femme Verseau et homme Taureau

L’Air et la Terre. La fantaisie et la solidité. L’imprévu et la discipline. Elle fascine par son allure, son aisance, son intelligence inventive notre terrien jouisseur et possessif. Mais fera-t-elle une bonne compagne pour lui ? Elle est tellement imprévisible, séductrice, indépendante, aussi. Le voilà désarmé : lui qui prévoit tout, lui qui ne peut pas faire un pas sans sa « conjointe », lui qui charme pour charmer et non comme elle pour capter, va-t-il accepter qu’elle lui échappe ? Rien n’est moins sûr.

Femme Verseau et homme Gémeaux

Voici deux voltigeurs. Tous deux enfants des airs et des nuages, tous deux légers, optimistes, volatiles. Elle plus sérieuse que lui : ses responsabilités, son travail, sa famille, ses amis requèrent toute son attention. Lui, l’homme Gémeaux, est parfaitement insouciant. Seul le moment qu’il vit l’intéresse. Ce qui doit arriver un peu plus tard ou le lendemain l’ennuie vraiment. Son incapacité à se projeter dans le futur, même immédiat, est viscérale. Il y a entre eux une grande complicité intellectuelle faite d’humour, de réparties caustiques, de compréhension et de vivacité. Mais aucun être un peu profond n’a de prise sur un Gémeaux : et s’il était, comme on le dit souvent, indifférent ?

Femme Verseau et homme Cancer

Il y a, entre eux, une grande attirance, faite de secret et d’étrangeté. La femme Verseau représente ce que l’homme Cancer voudrait être s’il était plus courageux. Et elle admire chez lui son intériorité, son intimisme. Plein de points communs : l’humeur fantasque, la fidélité profonde, le goût de l’harmonie, l’attirance pour les voyages et encore, et surtout, un réel anti-conformisme. Lui, plus torturé qu’elle, puise dans son inaltérable optimisme les forces qui lui manquent parfois. Et elle trouve chez lui le sens du foyer. C’est un bon astromariage.

Femme Verseau et homme Lion

Ces deux extrêmes se rencontrent souvent et se séduisent presque toujours. Le narcissisme généreux de l’un renvoie au narcissisme égotiste de l’autre. La femme Verseau cultive la personnalité éclatante de l’homme Lion et tire de sa réussite, de sa popularité, de sa gloire, parfois, une secrète jouissance. Il faut aussi savoir qu’ils ont les mêmes rythmes biologiques, le même intense besoin d’activité, une grande dépendance aux autres, et, partant, l’un vis-à-vis de l’autre. Il est soucieux des conventions : elle s’applique à lui plaire. Elle a besoin de se perfectionner sans cesse en tout : il l’y encourage. Voilà une union solide et rayonnante.

Femme Verseau et homme Vierge

L’Air et la Terre à nouveau. Mêmes réserves que pour l’homme du Taureau : ces terriens sont trop sûrs et monolithiques face à cette fée légère et bleutée, imprévisible et chatoyante. Ils risquent de se perdre dans ces jeux de séduction et de hasard où elle gagne toujours parce que rien de ce qu’on appelle les biens matériels ne l’attache. L’homme de la Vierge si possessif, si exclusif, ne supportera guère ses échappées de femme libre. En outre, il recherche ce qu’elle hait : les limites. Il se protège des autres alors qu’elle s’expose à eux. Il se replie sur lui tandis qu’elle s’ouvre au monde. Attention : couple difficile.

Femme Verseau et homme Balance

Compréhension immédiate. Même langage de charme, même esthétisme, même sens de l’harmonie en toute chose. Même fascination réciproque. Même besoin des autres : la femme Verseau par réel altruisme, l’homme Balance par nécessité profonde et permanente d’être en accord avec son entourage. Elle est plus indépendante que lui pourtant, et assume le conflit s’il doit avoir lieu alors que lui l’évite comme la peste. Lui pardonnera-t-il son irréductible anticonformisme, lui si souple, prêt à toutes les concessions pour sauver l’entente sereine, l’accord parfait ? C’est un joli risque à courir.

Femme Verseau et homme Scorpion

Ces deux êtres secrets s’approchent l’un de l’autre avec défiance, échangent silences, regards, banalités avant de se quitter, imprégnés de leur étrangeté, de leur magnétisme et de leur force réciproques. Quelque chose en eux fait qu’ils se fuient. Est-ce l’angoisse sadomasochiste et torturée du Scorpion qui déplaît instinctivement au Verseau ? Est-ce la bonne humeur résolument chaleureuse et positive du Verseau qui effraie notre Scorpion ? Ils ont pourtant des ressemblances – malgré eux, peut-être ? Ils aiment étonner leur entourage. Ils se lancent des défis à eux-mêmes, dans une recherche permanente de la difficulté. Ils ont aussi la même inquiétude profonde sur leur propre valeur. Mais leur assoçiation est bien meilleure dans le travail que dans la vie.

Femme Verseau et homme Sagittaire

Ils partagent le goût de l’aventure, qu’elle soit spirituelle, intellectuelle, géographique ou physique. C’est un grand actif ; elle aussi. Là encore, l’Air de notre dame Verseau attise le Feu du Sagittaire : elle lui donne confiance en lui, elle nourrit son enthousiasme, son courage, son esprit d’entreprise. Mais y a-t-il dialogue entre eux ? Elle qui, en vraie cérébrale, s’interroge beaucoup sur les êtres, le pourquoi et le comment des choses, parviendra-t-elle à l’intéresser au « deuxième degré », aux motivations de ses actes, aux détours de la pensée, aux dédales de la réflexion ? Et puis, son individualisme à elle s’accordera-t-il de son conventionnalisme associatif ?

Femme Verseau et homme Capricorne

Affinités : le sérieux, le sens du temps, de la durée, la fidélité, la mémoire, la profondeur. Complémentarités : elle, la fantaisie, lui, la discipline. Elle, l’élan vers les autres, lui, l’isolement. Elle, la séduction, lui l’austérité. Mais les différences profondes de personnalité sont nombreuses : il est tyrannique, possessif, exigeant. Elle est libérale, permissive, tolérante. Il a l’ambition du pouvoir, elle s’assigne des missions personnelles, se provoque en combat singulier hors des sentiers battus et recherche les positions les plus élevées dans la hiérarchie en place. Les valeurs profondes étant semblables, ils peuvent s’unir avec bonheur s’ils savent empêcher la vie professionnelle d’empiéter sur la vie privée.

Femme Verseau et homme Verseau

Tous les points communs, toutes les affinités, toutes les ressemblances plus une : la faculté qu’a l’homme du Verseau de se mettre à la place de l’autre, faculté qu’il partage avec la femme du Verseau. Ils ont donc toutes les chances de s’entendre, de se comprendre et de s’aimer durablement. Un risque, qui existe dans tous les mariages du même signe : celui de ne jamais s’étonner l’un l’autre. Mais c’est un risque infime chez les gens du Verseau dont la fantaisie est très grande. Tous deux étant imprévisibles, tous deux ayant le goût du changement, de l’insolite et du singulier, on ne peut qu’applaudir leur union : c’est un spectacle permanent.

Femme Verseau et homme Poissons

Ils aiment la musique et le monde. L’homme du Poissons se fond dans les autres, la femme du Verseau s’en distingue pour créer l’échange, le dialogue, la communication. Les vibrations musicales sont très importantes pour eux. Elles leur permettent d’accéder à une dimension secrète, intime, où rien n’a besoin d’être exprimé. Mais soyons lucides : l’Air et l’Eau n’ont jamais fait bon ménage. Elle n’appréciera pas forcément les complications sadomasochistes de l’homme du Poissons, sa marginalité, son attirance pour l’échec. Et lui, appréciera-t-il a sa juste valeur son courage, sa vitalité, son âme résolument positive ?


Les Astromariages de l’Homme Verseau

Homme Verseau et femme Bélier

Il est, d’emblée, subjugué par cette boule de feu, piaffante, impétueuse et trompe-la-mort. Ensuite, il s’aperçoit qu’elle est constructive, courageuse, enthousiaste, prête à faire toutes les folies à ses côtés, gaie, vivante, combative, vigilante, et le coup de foudre se mue en grand amour. C’est une association très heureuse : ils se stimulent et se dynamisent l’un l’autre.

Homme Verseau et femme Taureau

Voilà un monsieur fantaisiste et aventurier face à une dame charmeuse mais enracinée : dans la terre ferme, au milieu de ses objets, parmi les siens. S’il parvient à la dégager de son univers un peu matérialiste, s’il la délivre de sa possessivité jalouse, ils s’entendront bien et très durablement car elle est calme, facile à vivre, enjouée. Elle peut admirablement administrer une affaire qu’il aura créée ou le seconder dans son travail pour les contingences ennuyeuses et matérielles. Autrement, conseillons-lui de chercher une âme sœur chez les aériennes (Gémeaux, Balance, Verseau) ou chez les femmes de Feu (Bélier, Lion, Sagittaire).

Homme Verseau et femme Gémeaux

Là, il y a incontestablement attirance : l’Air fait vibrer l’Air, la grâce fuyante et aguicheuse de la dame des Gémeaux intéresse au plus haut point notre monsieur Verseau et lui, par sa nonchalante désinvolture, son intelligence incisive, son discernement, la surprend. Cela dit, il comprend vite ses jeux, ses fugues et ses frasques. Si une solide intelligence et une vraie culture ne soutiennent pas cette personnalité aux multiples facettes, il s’en désintéressera.

Homme Verseau et femme Cancer

Beaucoup de compréhension mutuelle. Il recherche sa douceur, sa tendresse intimiste, sa spontanéité, son imagination jamais à court. Mais son immobilisme angoissé l’agace autant que son besoin de se protéger, en permanence, de toute agression extérieure. Lui qui a tant besoin de se confronter aux autres, aux événements, aux situations, le voilà freiné ou tout au moins ralenti par elle. C’est une alliance délicate, moins facile que la combinaison inverse (femme Verseau et homme Cancer).

Homme Verseau et femme Lion

La femme du Lion, avec sa superbe noble et généreuse, son intense popularité, son succès, ses talents multiples, impressionne le Verseau qui, pourtant, ne s’en laisse pas conter facilement. Elle a, en outre, une autonomie de pensée et d’action qui le séduit beaucoup, lui-même étant de nature extrêmement indépendante. C’est un des rares hommes du Zodiaque à savoir la mettre en valeur, en étant attentif à ses aspirations, à ses goûts, à ses humeurs. C’est, pour elle, un fin conseiller, un remarquable agent de promotion, et un grand ami : si leur sensualité (très vive et variée chez le Verseau) concorde, ils forment un bel astromariage.

Homme Verseau et femme Vierge

En principe, malgré la vive et pénétrante intelligence dont elle fait preuve, la femme Vierge agace un peu l’homme du Verseau : il la trouve trop réservée et trop timide, remplie d’interdits, de tabous, de barrages, encombrée de complexes d’infériorité, manquant totalement de liberté et d’audace, bref, elle représente à ses yeux son irrémédiable contraire. Il lui apparaît, quant à elle, comme un homme sans frein, plein de toupet, sûr de lui et prêt à tous les scandales. En un mot, ce n’est pas le coup de foudre. Cela dit, il peut exister de brillantes exceptions, notamment si la dame Vierge a plusieurs planètes en Balance

Homme Verseau et femme Balance

Là, tout semble facile : entre gens d’Air, on se comprend. Elle est fragile (d’apparence), douce, vive, sentimentale, compréhensive et tolérante ; capable d’adopter l’autre dans sa globalité, avec qualités et défauts. Donc, il se sent bien à ses côtés. S’il n’est pas trop uranien, c’est-à-dire s’il ne recherche pas constamment le changement, la fantaisie, l’imprévu, il s’entendra très bien avec elle, dans la vie quotidienne. S’il est très marqué par Uranus… il faudra qu’elle se montre inventive, toujours sur le qui-vive intellectuel, surprenante. Courage !

Homme Verseau et femme Scorpion

Il faut bien le dire : elle le subjugue d’emblée. Sa sensualité, son profond magnétisme, sa perception des êtres quasi médiumnique le vampent littéralement. Mais les signes d’Air et les signes d’Eau ne trouvent pas d’harmonie ensemble. Lui, s’intéresse à son prochain, ouvre ses portes au tout venant par réelle humanité. Elle, a trop à faire avec elle-même, ses angoisses, ses révoltes, ses violentes contradictions. Ils risquent, à long terme, de ne pas trouver de terrain d’entente. Pourtant, c’est une avide d’expériences et une aventurière sans foi ni loi, comme lui. Peut-être fera-t-elle pour lui une meilleure amante qu’une bonne compagne.

Homme Verseau et femme Sagittaire

Oui, il aime les voyages, comme elle. Oui, il est curieux et entousiaste, comme elle. Oui, le monde extérieur l’intéresse au plus haut point, comme elle. En plus, ils sont tous deux optimistes, actifs, indépendants. Et ils ont le sens du risque. Peut-on demander mieux ? En fait, toutes les alliances de signes d’Air et des signes de Feu sont dynamisantes et euphorisantes. Ils se comprennent intimement et s’entraident sans empiéter sur leur jardin respectif. Excellent tandem.

Homme Verseau et femme Capricorne

Elle, c’est la pondération, la mesure, la persévérance, la raison. Lui, il serait plutôt pour la folie (douce), l’extravagance, la démesure (ou l’immesure), l’opiniâtreté maniaque et l’imprévu permanent. Ils ont des points communs : lucidité, obstination, volonté, mais qu’ils utiliseront à meilleur escient dans une entreprise commune, où lui crée et elle administre, ou bien dans une association professionnelle où leurs compétences respectives feront merveille.

Homme Verseau et femme Verseau

L’amitié, le profond respect de la liberté de l’autre, l’extrême tolérance et la générosité constituent pour ce couple un ciment à toute épreuve. L’entente absolue et (presque) parfaite. Tous les points communs, toutes les affinités, toutes les ressemblances plus une : la faculté qu’a l’homme du Verseau de se mettre à la place de l’autre, faculté qu’il partage avec la femme du Verseau. Ils ont donc toutes les chances de s’entendre, de se comprendre et de s’aimer durablement. Un risque, qui existe dans tous les mariages du même signe : celui de ne jamais s’étonner l’un l’autre. Mais c’est un risque infime chez les gens du Verseau dont la fantaisie est très grande. Tous deux étant imprévisibles, tous deux ayant le goût du changement, de l’insolite et du singulier, on ne peut qu’applaudir leur union : c’est un spectacle permanent.

Homme Verseau et femme Poissons

Elle est aquatique, hypersensible, torturée. Lui, va de l’avant, vers les autres, l’aventure et l’imprévu. Comme toujours, l’Air et l’Eau sont difficiles à assembler : ils risquent, dans la vie pratique, de vivre en parallèle sans se rencontrer vraiment. Pourquoi ? Malgré leur goût commun et prononcé pour leur prochain, ils n’ont pas les mêmes motivations dans l’existence : elle vit dans une quête mystique de ce qui se passe au-delà (des apparences, des choses matérielles), lui, est profondément assuré dans le réel, l’immédiat, la réalisation de ses objectifs, ici et maintenant. Voilà sans doute ce qui, à long terme, risque de les séparer.


Combinaison du Signe avec les Ascendants

La combinaison du signe avec l’Ascendant met en valeur la correspondance symbolique qui existe entre la journée et l’année, entre les heures et les mois.

Pour la mythologie, les Heures et les Moires sont filles de Thémis et de Zeus.

Thémis appartient à la génération des dieux primordiaux et a dans l’Olympe un rôle prépondérant car elle personnifie la Justice au service de la Loi. Ses accessoires sont donc la balance et l’épée, et ses yeux bandés la rendent insensible aux influences du monde extérieur. Elle règle aussi le cours de la vie humaine, aidée par ses filles auxquelles les Latins donneront le nom de Parques. Les Heures symbolisent le Temps dans son rythme journalier et annuel et les Moires la destinée de l’homme en rapport avec celui-ci.

Les Heures sont, à l’origine, au nombre de trois : Thallô, Carpô et Auxô, mais elles se multiplieront par quatre quand les Grecs établieront la journée de douze heures ! Ce sont des jeunes filles gaies qui se nourrissent de fruits, et dansent parées de fleurs ou d’épis suivant les saisons. L’hiver semble ne pas exister… Il est vrai que nous sommes en Grèce !

Les Moires, elles, prennent en charge la destinée humaine. Clotho a hérité du bandeau de Thémis : immuable, elle file, et sa quenouille, tournant comme le Soleil, symbolise le Temps qui s’écoule inéluctablement.

Lachésis est la première astrologue de l’Antiquité : elle a, comme sa mère, le don de prophétie et pèse sur la balance céleste le destin de chacun qu’elle définit selon le cours des astres. Atropos, obéissant à la signification de son nom, tranche le fil de la vie de l’homme et le rend immobile à jamais !

Pour les Grecs, chaque heure est double, à la fois diurne et nocturne, divisant le jour en douze parties, comme les douze mois divisent l’année. Perpétuant ce symbole, on a partagé le thème natal en douze Maisons, ou Secteurs, qui représentent la course journalière du Soleil en rapport avec son rythme annuel. C’est donc une division du Temps. Elle est due au moine Placide, bénédictin du vie siècle que saint Benoît sauva de la noyade et qui devint, de ce fait, le patron des noyés… et des novices de son ordre, mais pas des astrologues !

Les douze Secteurs représentent un Zodiaque terrestre qui se superpose au Zodiaque céleste et précise le vécu de l’homme, en rapport avec ses tendances générales, que révèle le Zodiaque saisonnier. Chaque Secteur a son domaine qui reste à préciser.

Astronomiquement parlant, qu’est-ce que l’Ascendant ? De savantes personnes vous diront que c’est, pour un lieu et un moment donnés, le point d’intersection de l’écliptique avec l’horizon oriental. Elles ont absolument raison, mais leur définition est un peu abstraite !

En fait, c’est le degré du signe qui se lève en même temps que le Soleil, c’est Bennou, l’oiseau migrateur au plumage pourpré que les Latins appellent phénix, qui naît à Héliopolis, suit le Soleil dans sa course, se consumant à son midi, mourant à son coucher, pour renaître le matin suivant.

Il marque, symboliquement, les axes privilégiés qui valorisent les planètes et, dans son cas, signe ascendant et signe solaire se confondent ; mais tout le monde n’a pas cette chance. Il s’agit pourtant d’être à l’heure, c’est-à-dire d’intégrer deux rythmes : l’un annuel, l’autre journalier. S’ils vont de pair, pas de difficultés : on peut valser indifféremment sur une musique de Strauss ou de Chopin ; mais s’ils diffèrent, cela revient à danser la valse en écoutant la Marseillaise. Que de faux pas si l’on est pris de court ! Prévenu, on y arrive : essayez donc !

Pour certaines écoles astrologiques, l’Ascendant indique la morphologie du sujet, sa présentation et le signe solaire son image sociale. Serions-nous partagés en deux, et dans quel sens : horizontal ou vertical ? La personne humaine est une entité qui tente de trouver et de garder son équilibre d’une façon dynamique : en rattrapant les faux-pas ! Il s’agit donc d’accorder – au sens musical du mot – les deux tendances, de voir comment on peut vivre les deux signes et, s’ils sont de rythme différent, de valser tout de même sur la Marseillaise, comme si elle était faite pour ça !

Notre apparence rend compte de cette dynamique, elle inspire les gestes et la mimique qui animent le corps et le visage, y inscrivant l’histoire de notre vie.

Voyons, maintenant, comment on peut interpréter les différentes combinaisons entre le signe solaire et le signe ascendant.

Verseau Ascendant Bélier

Voilà une combinaison zodiacale qui ne manque pas de piquant : haute en couleur, elle ne passe pas inaperçue. Il s’agit d’intégrer deux signes où l’excitation domine sans pour autant être de même nature : réaction contre l’inhibition hivernale chez le Verseau, excitation naturelle et printanière pour le Bélier.

Si rien, dans le thème, ne vient augmenter ce dynamisme, tout va bien : la résistance spontanée de l’un appuiera l’effort de renouvellement de l’autre et votre abord sera vif, gai, remuant. Vous êtes le bout-en-train du groupe et on ne peut pas vous résister quand vous désirez quelque chose. Vous êtes compréhensif, mais le Bélier rend vos choix rapides, vos préférences tranchées, et vous avez du mal à les exprimer sans blesser personne. Si vous vous enthousiasmez pour une idée, votre fougue respectera les opinions d’autrui, quoi qu’il vous en coûte, mais vous serez intransigeant si l’enjeu en vaut la peine à vos yeux : défendre un idéal, un ami, une discipline.

Rapide dans l’exécution de vos tâches, vous voudriez qu’elles soient finies avant même de les avoir commencées. Intuitif, vous saisissez rapidement ce qu’on vous expose ; impatient, vous négligez de l’approfondir et restez, parfois, superficiel. Il serait souhaitable d’avoir, près de vous, un mentor habile qui calme votre ardeur et réalise, dans le détail, ce que vous avez esquissé. Choisissez-le solide, car votre suractivité le mettrait vite sur le flanc et il vous quitterait, épuisé ! Bélier bien adapté, vous le remplacerez sur l’heure en pestant contre le temps perdu, mais le Verseau comprendra la situation, se fera des reproches tout en se réjouissant du changement…

Professionnellement, l’association VerseauBélier aime la prompte réussite et, si le succès tarde, vous cherchez ailleurs une compensation à ce que vous considérez comme un échec.

Dans la vie quotidienne, le plus urgent est toujours ce qui plaît : vous choisissez une tâche qui corresponde à l’humeur du monde, et laissez le reste !

Vous achetez vite… et payez vos erreurs ! Vous aimez ce qui est original et de couleur chatoyante : il vous arrive de passer devant une vitrine et d’acheter un objet ou un vêtement dont vous n’avez nul besoin mais qui vous a séduit. Tant pis si, rentré chez vous, il se révèle immettable : vous ne le porterez jamais !

Dans la maison, pas d’armoires encombrées ni de « petits bouts de ficelle » ne pouvant servir à rien : les objets doivent être en état de marche, et s’ils résistent aux réparations, on les jette.

Vous voyagez avec une brosse à dents et quelques vêtements.

L’enthousiasme et l’impatience signent la vie sentimentale du Verseau Ascendant Bélier. Si quelqu’un lui plaît, c’est par opposition à un autre qu’il déteste : « Comparé à Pierre qui était odieux, Paul est charmant », dira la dame, sujette (comme vous Monsieur) aux coups de foudre. La nouvelle conquête, avec laquelle les préliminaires seront réduits au strict minimum, inspire un lyrisme naïf qui prend tout ce qui brille pour de l’or… jusqu’à la prochaine déception ! La fuite est alors rapide et le nouveau choix aussi soudain que le précédent. « Un de perdu, dix de retrouvés », dit cyniquement le Bélier pendant que le Verseau soupire : »Je l’aurais fait changer… » Ainsi va la vie !

Si l’Ascendant Bélier est vécu dans l’inadaptation, la démesure s’installe. Vous vous épuisez à répondre toujours plus vite aux sollicitations de l’environnement, il vous faut tenter toutes les expériences, les unes après les autres, sans jamais revenir en arrière. La femme la plus belle, l’homme le plus en vue ne rassurent plus votre orgueil, il faut gagner à tout prix, même au détriment de votre résistance nerveuse, ce que le non-conformisme vous a soufflé : refaire le monde par la révolte et prôner l’anarchie.

Si vous ne sublimez pas ces pulsions par une création artistique ou un dévouement à une cause, vous risquez d’être un Verseau qui met les gens dans l’embarras pour l’éventuelle satisfaction de les en tirer.

Verseau Ascendant Taureau

Petits taureaux de Camargue ou puissants monstres espagnols, votre bonhomie n’est qu’apparente et, devant elle, nous restons cois : car si le rouge vous indiffère, tout mouvement désordonné vous excite et, paradoxalement, vous foncez pour qu’on vous fiche la paix !

Dans une alliance VerseauTaureau, l’entente semble problématique : l’un recherche les contacts pour extérioriser une excitation bloquée par l’hiver, l’autre concentre sa vigueur pour s’isoler de l’environnement et se vouer à l’essentiel. Entre ces deux signes, le dialogue est parfois difficile, les buts étant différents : « J’ai quelque chose à te montrer », dit le Verseau excité par sa trouvaille. « Vade retro », pense le Taureau latiniste, le sourire aux lèvres mais croisant deux doigts pour conjurer le mauvais sort et décourager l’importun…

Mais l’association de ces deux signes réunis par le caprice de l’heure peut être aussi extrêmement féconde.

Si vous êtes un Verseau très valorisé, la prudence du Taureau saura mettre un frein à vos emballements. Dans la vie professionnelle, toutes les innovations seront permises, mais les initiatives les plus osées auront leur contrepoids de réalisme : l’imprévu sera canalisé, organisé. Si les valeurs Taureau priment, du fait d’une importante occupation planétaire, elles peuvent brimer, par excès de prudence, l’invention, l’amour des autres et de la liberté du Verseau. Elles vous montreront, en les grossissant, les complications qu’apporte tout changement et vanteront le confort de l’immobilisme. Cette dualité peut donc retarder vos réalisations en étouffant le goût du risque et en enlevant toute crédibilité en des intuitions futuristes dont le Verseau est fécond.

Parier sur l’avenir est, pour le Taureau, l’équivalent de tirer un chèque sans provision.

Sentimentalement, votre vie est sans contraintes et ne noue que des liens librement consentis.

Vous ne courrez pas, pour autant, deux lièvres à la fois : l’amour du moment est seul valable et induit toute autre possibilité. Le sens de la composition vous permettra de garder comme ami l’amour de la veille, car vous brûlez rarement ce que vous avez adoré ! Vos amis sont votre famille et vous prenez soin d’eux plus que de vous : en général, ils vous le rendent bien !

Si vous êtes un Verseau bon teint, votre système nerveux est fragile : bénissez donc la composante Taureau qui vous incite à dormir quand vous en avez envie, à manger par gourmandise sans penser à votre foie, vos reins ou votre cellulite et à pratiquer un doux farniente quand l’inspiration fait défaut. Vous vous sentirez un peu coupable… mais tellement détendu ! C’est elle aussi qui vous fait languir après un brin d’herbe, contempler le va-et-vient des merles sur le marronnier de la cour et vous fait soigner, avec amour, le géranium accroché à votre balcon.

La réactivité Verseau vous épargnera peut-être les difficultés de contact ou la paresse qui envahissent parfois le Taureau, à moins que vous renouveliez, dans l’isolement et la routine, la fraîcheur d’un œil candide qui saisit la cocasserie d’une situation, l’humour d’une remarque, ou la lueur d’espérance qui subsiste dans le chaos.

Verseau Ascendant Gémeaux

Le jumelage de ces deux signes est fécond en rebondissements qui prennent leur source dans le goût des contacts humains. Inspirés par une finalité dynamique au Verseau, ils s’étalent complaisamment en Gémeaux et élargissent le dialogue avec le monde extérieur. C’est dire que vos relations sont nombreuses et entretenues sans effort. Vous appréciez les mondanités à condition qu’elles aient une utilité et un but : vous serez le président actif d’une oeuvre, le représentant habile d’un groupe, car vous savez apaiser les tensions, et votre « liant » est plus efficace qu’une obstination cassante.

Si votre imagination n’a pas la dimension de celle de Jules Verne qui parcourut le monde sans sortir de chez lui et fonda une « Société pour la recherche de la navigation aérienne », vous lisez les ouvrages de science-fiction et les soucoupes volantes ou autres OVNI n’ont plus de secret pour vous.

Indépendant par le Verseau, les Gémeaux vous soumettent à l’ambiance. Vous êtes le témoin rêvé et savez raconter en larges traits les événements les plus variés. Si vous aimez les chansons de Serge Lama pour ce qu’elles racontent, vous défendez la peinture moderne parce qu’elle exprime une idée de la réalité au lieu de la représenter. Si votre signe solaire vous invite à suivre une pensée et à la démontrer, l’Ascendant peut disperser vos buts car vous avez parfois du mal à faire un choix, à exclure des opportunités parmi les intérêts qui vous sollicitent : vous les vivrez intégralement, quitte à vous renier…

Vous aimez plaire… de toutes les façons ! Quelle que soit votre morphologie, vous pesez « une plume », votre démarche est vive, légère, à la manière de ces obèses qui dansent merveilleusement ! Vêtu avec recherche, vous portez allègrement les tenues les plus absurdes… et cela vous va, car, sur vous, tout bouge. Vous préférez le flou aux vêtements ajustés et c’est vous, Madame, qui renouvelez votre toilette en la portant.. le décolleté dans le dos !

Sentimentalement, le flirt est votre affaire, vous êtes un spécialiste de l’aller-retour et dites avec sérieux : « Comme vous êtes beau ! « , pour séduire sans vous engager. Chez vous, la sensation devient idée et vous colonisez l’espace comme le danseur transforme le mouvement en abstraction. Prenez garde de ne pas être un Pygmalion collectionneur qui aime pour se mirer dans ses conquêtes et les modeler à sa guise !

Dans l’inadaptation, vous dites oui à tout sans rien réaliser, vous semez à tous vents les inventions les plus burlesques et vous pouvez vendre avec brio le fil à couper le beurre comme s’il devait refaire le monde !

Si vous n’y preniez pas garde, vous pourriez perdre votre identité à la manière de ces sujets qu’un prestidigitateur fait disparaître, et l’on ignorera toujours comment vous nous aurez quittés : par la fenêtre, par le trou de la serrure ou par la cheminée, avec la fumée…

Verseau Ascendant Cancer

Au Cancer, sous nos latitudes, la durée du jour va commencer à croître et notre cellule nerveuse, lasse de l’excitation liée à l’augmentation du temps journalier de lumière, se bloque pour s’autoréguler et répondre aux sollicitations en prenant son temps.

Au Verseau, nous l’avons vu, le sujet s’extériorise et son interrogation pressante appelle de promptes réponses. Il semble que ces deux rythmes aient du mal à s’accorder : comment vivre le Verseau sous son angle le plus cancérien et coordonner les contradictions ? Si tel est votre cas, vous paraissez calme, détendu, mais on sent dans votre attitude une tension sous-jacente.

Professionnellement, vous aimez travailler dans une atmosphère familiale où les rapports ont peu de chance d’engendrer de graves malentendus. Mais vous sentez confusément que l’on s’encroûte dans de telles situations et qu’il vous faudra une forte motivation pour changer votre mode de vie. C’est alors que le Verseau vous inspire l’idée qui révolutionne une technique attardée et lui donne un avenir : en somme, vous renouvelez pour promouvoir.

Dans votre vie personnelle, contrairement aux Gémeaux qui se diluent dans le milieu ambiant, vous l’absorbez passivement. Votre mémoire engrange les informations et les organise : vous faites votre nid avec ce que vous trouvez. Tout être qui vous sécurise est le bon, à condition que vous puissiez vous renouveler à son contact.

Le Verseau peut vous inciter à rechercher des moyens inédits pour assurer votre équilibre personnel et familial, à prendre appui sur votre force d’inertie pour scandaliser sans être ému et adopter une façon personnelle de vivre, sans pour autant renier vos modèles.

Pour illustrer notre propos par une comparaison empruntée à la vie des oiseaux, vous pouvez être comme madame Coucou qui pond ses oeufs dans le nid des autres, n’ayant pas le temps de les couver et de les nourrir. Au moment de l’éclosion, le petit, éliminant ce qui le gêne, passe pardessus bord ses frères de couvée afin de recevoir seul toute la nourriture… Et madame Coucou peut aller dire l’heure dans nos maisons !

Il peut aussi vous arriver, par nature ou par fatigue passagère, de vous couper du monde extérieur et de n’accepter que vos proches comme témoins. Vous avez alors besoin d’être pris en charge : souhaitons que votre conjoint soit à la hauteur ! De toute façon, n’importe qui fera l’affaire : il vous est indispensable d’être rassuré. Vous êtes comme ces plantes qui ne vivent qu’accrochées à un tuteur, un mur, une palissade. Si le Verseau reste vif, il vous tirera de ce mauvais pas. S’il entre en inadaptation, vous serez peut-être le révolutionnaire du Café du Commerce ou l’inventeur incapable de prendre un brevet et qui n’est un grand homme qu’aux yeux des siens. Dans ces cas-là, vous affirmez bien haut qu’il n’y a que les profiteurs qui gagnent de l’argent et qu’il faut être pistonné pour faire breveter son invention… et vous vous targuez de n’être ni ce capitaliste mercantile, ni ce flatteur à la solde de quelque magnat : vous êtes roi chez vous, cela vous suffit !

Vous pouvez aussi imaginer le monde à votre façon et nous le faire partager par une oeuvre d’art, à moins que, vivant dans le passé, vous décidiez de le faire revivre en actualisant l’histoire.

Verseau Ascendant Lion

La combinaison de ces deux signes met en valeur la fonction d’excitation et crée un déblocage de la situation saisonnière qui met en valeur l’individu : au Verseau, le sujet s’exprime à travers les autres, au Lion il se projette sur eux.

Un thème astrologique qui comporte ces deux rythmes peut être vécu dans l’harmonie ou la démesure, jamais dans la tiédeur.

Si votre signature planétaire reproduit cette configuration, vous savez vous mettre en valeur à travers vos oeuvres qui sont souvent le fruit d’une vocation. Que celles-ci aient une portée humaine, métaphysique ou d’utilité quotidienne, l’impact sera le même.

Avec vous, on sait tout de suite à qui l’on a à faire, si vous êtes dans un moment d’optimisme ou une crise de cafard, car vous extériorisez facilement vos humeurs.

Votre volonté est directive et vous l’imposez sans nuances, car l’audace est une façon de cacher une peur irraisonnée, qui se manifeste par l’attaque. Malgré l’émotivité que ces conduites révèlent, vos efforts sont bien dirigés : vous suivez votre idée et la menez à terme. Si vous l’abandonnez, c’est pour la reprendre après avoir fortifié vos arrières : chez vous, « l’intendance » suit ! L’indépendance foncière qui caractérise les deux signes s’exaspère dans le duo : malheur à qui la met en péril ! Dans le cas d’un péril éventuel que vous savez définir vous préférez organiser vous-même vos défenses.

Professionnellement, si vous vous intéressez aux autres, vous pouvez être le biographe d’auteurs contestés que vous chercherez à réhabiliter en apportant de nouvelles sources d’information : voilà pour le côté Verseau. Quant au Lion, il vous permet toutes les audaces : vos sources sont sûres, l’attaque est sans péril !

Vous pouvez, aussi, être Verseau Ascendant Lion à la manière futée du petit garçon qui promène, contre espèces sonnantes et trébuchantes, les chiens d’un quartier dont il est devenu le roi !

Derrière cette image sociale, qu’est-ce qui vous incite à reconstruire le monde ? Beaucoup d’orgueil, masqué de générosité oblative, et le désir aigu d’être un centre d’intérêt. D’ailleurs, votre présentation le marque bien : élégante et soignée, il faut qu’elle impressionne sans entraver la liberté des mouvements.

Sentimentalement, vous êtes sujet à l’instabilité. Il faut que vous admiriez l’objet aimé… ou qu’il vous admire ! La prise de contact est rapide, la séparation inattendue.

Dans la démesure, l’alliance entre le Verseau et le Lion est placée sous le signe du divorce, la disparité exaltant leurs différences, sans possibilité de dépassement. Nous aurons alors un sujet partagé entre l’exaltation de sa personnalité qui s’exprime en naïves fanfaronnades dans lesquel les on a du mal à déceler la part de l’humour et une démobilisation de ses énergies dans laquelle il se complaît : c’est le trahi content ou le « sorcier » conscient de l’efficacité de son image dont il use à tout venant, sans discrimination, et qu’il exploite maladroitement sans, pour autant, croire à ses vertus. C’est le Lion de la Metro-Goldwin-Mayer mâchant du chewing-gum entre deux baillements !

Verseau Ascendant Vierge

« Le changement dans la continuité », ça ne vous fait penser à rien ? Non, non, fermons les yeux sur cette haute figure qui nous gouverne et qui, pourtant, fait le maximum, selon son conditionnement planétaire, en bornant sa re-création aux seuls détails que lui permet sa fonction. Mais quittons l’Elysée, séjour de la vertu aux Enfers, et, enjambant la mythologie, laissons l’exception pour aborder les généralités.

La Vierge, dernier signe de l’été, marque la fin de la fonction d’autoprotection. Débutant au Cancer par un quiétisme assimilateur qui dépersonnalise le sujet, elle se débloque au Lion pour lui rendre son identité. La Vierge, forte des expériences passées, va élaborer et mettre en pratique les conduites adéquates. Le « Petit Manuel de l’autoprotection », suivi du mode d’emploi, est la bible du signe.

Etre Verseau Ascendant Vierge, c’est ressentir en soi deux tendances qui ont du mal à se comprendre et à s’accorder. L’une prend tous les risques pour faire bouger les situations embourbées, l’autre s’enferme dans un silence attentif et, avant de prendre une décision, évalue le pour et le contre sur une balance truquée, qui ne pèse que les limites. L’un diffuse, l’autre entasse, et qui dit Vierge dit économie : avoir le maximum de satisfaction pour le minimum de dépense, aménager son temps de la manière la plus confortable et disposer d’autrui selon son bon vouloir.

Si vous êtes un Verseau apocalyptique, l’Ascendant Vierge vous gardera des visions prophétiques qui dépassent le bon sens et vous épargnera les incidents annexes. Par contre, Verseau adapté, vous saurez diriger vos efforts avec le maximum d’efficacité et votre comportement sera guidé par une ligne de conduite : vous saurez vous faire valoir sans vous laisser envahir, et manier les nuances avant d’agir.

Votre apparence est sobre, vos vêtements, simples et commodes, adaptés au climat ou à la saison. Vous conservez, usez, jusqu’à ce que le Verseau vous souffle une façon inhabituelle de renouveler votre garde-robe, sans grande mise de fond. Cela peut être aussi le règne du rafistolage à domicile, du « je fais du neuf avec du vieux » et de la recette cent fois expérimentée dont vous gardez le secret.

Professionnellement, vous serez à l’aise dans les métiers qui demandent du soin, de l’attention, mais laissent une part d’invention ou de rêve. Vous pouvez être le chercheur patient qui dirige ses travaux vers un but inexploré mais riche en potentialités humanitaires, ou l’artisan amoureux de son métier et des gestes spécifiques qu’il demande. Vous employez l’outil adéquat et, si vous êtes cuisinier, vous n' »émincerez » pas des oignons avec un couteau à « trancher » ; mais vous inventerez peut-être un plat qui gardera votre nom et dont vous aurez très soigneusement noté la composition.

Sentimentalement, votre emballement initial sera suivi d’une période silencieuse pendant laquelle vous chercherez à définir la personnalité de votre conquête. Longues fiançailles, suivies d’un mariage avec contrat, établiront au mieux une vie conjugale dont vous aurez aménagé tous les détails. A moins que le célibat consciemment assumé ne vous ait paru un choix répondant à votre goût de la diversité et à votre crainte de l’erreur.

Vous aurez donc tout prévu sauf, à l’approche de la quarantaine, l’intervention du Verseau coquin qui, faisant sauter tous les verrous, vous fera mener une vie de bâton de chaise dans une carrière bien assise !

Verseau Ascendant Balance

Voici deux signes « vifs » qui poussent, dans le même sens, le char de votre destinée, tout en modulant différemment le trajet selon les obstacles rencontrés : l’un (le Verseau) résiste et s’élance en ignorant les obstacles ; l’autre (la Balance) se dérobe promptement, avec adresse, pour revenir à la charge dans un meilleur moment… ou changer de destination.

Sous nos latitudes, au printemps et en été, l’homme est envahi par les changements de l’environnement qu’il ressent d’abord, puis utilise. En automne, son intérêt se restreint et envisage plus spécialement les contacts avec ses semblables. A la Balance, il établit des critères : l’un est comme ceci, l’autre comme cela. Il s’occupe avec une belle équité de lui et de « l’autre » afin de trouver un point commun à ce qui est différent et de faire coexister, dans la paix, ce qui semble inconciliable. Comme il n’a pas le sens de la synthèse, il ne peut que s’appuyer sur des codes établis par d’autres et qu’il applique soigneusement.

Si vous êtes Verseau Ascendant Balance, vous aurez des facilités pour établir entre les êtres des rapports nouveaux. Vous n’avez pas besoin d’être le « pape du surréalisme », comme André Breton, pour vivre votre signature planétaire. Il vous suffira d’engager le dialogue avec vos confrères, vos camarades ou vos subordonnés, d’avoir un abord accueillant, de discipliner votre agressivité, et de tout mettre en oeuvre pour que la bonne entente règne. Dans les codes du savoir vivre, vous éliminerez tout ce qui est compassé, dépassé, pour faire place à un comportement inspiré par le respect de la liberté d’autrui. Vous aurez des amis dans tous les milieux, sans considération de leur situation sociale, et les choisirez pour leurs qualités de cœur, leur originalité ou leur humour.

Si la Balance domine, vous vous soumettrez à l’essentiel des obligations de votre milieu : vous vous marierez pour faire plaisir à votre famille, à votre fiancée, appréciant les facilités que vous donneront cet état pour avoir des enfants et fonder une famille, mais vous refuserez tout cérémonial, vous contentant, après la mairie, d’aller dîner dans un petit bistrot avec vos témoins.

Vous pouvez aussi, dans l’inadaptation, ne fréquenter que le « gratin » pour le tourner en ridicule ou vous faire une réputation fondée sur la méchanceté de vos « mots » à l’égard de ceux qui n’en font pas partie.

A défaut de sociabilité, vous pouvez briser les associations de mots stéréotypées, concilier ce qui est inhabituel, et créer un langage dont les effets inattendus feront votre réputation.

Verseau Ascendant Scorpion

Les deux composantes Verseau et Scorpion semblent, à première vue, difficiles à concilier. La première est fondée sur l’immixtion dans le monde, la seconde sur un retrait tactique.

Le Scorpion, qui définit votre Ascendant, est le deuxième signe automnal. Il organise une défense contre les excès de sociabilité de la Balance, ses contacts multiples, ses revirements adroits. En y regardant de plus près, l’Ascendant peut apporter une aide précieuse à votre signe solaire : il vous gardera de l’enthousiasme à tous crins et canalisera les efforts de remise en question que le Verseau a toujours tendance à élargir. Par leurs différences, les deux signes auront, l’un pour l’autre, un rôle stabilisateur.

Dans votre profession, par exemple, vous ne communiquerez vos trouvailles ou vos intuitions innovatrices qu’à ceux qui vous aideront à les préciser, à les réaliser, et le sens tactique du Scorpion vous gardera d’une naïveté qui faciliterait l’exploitation systématique de vos talents par les autres. Esprit analytique, sans pitié pour l’injustice, il trouve immédiatement l’arme précise qui économise les forces, et frappe au bon endroit. Si une discussion s’éternise, vous vous absentez sous un prétexte futile, déroutant vos interlocuteurs et désorganisant leur défense. Vous reparaissez alors, fortifié par la réflexion solitaire et le désarroi de vos protagonistes.

L’alliance des deux signes vous donne la possibilité de faire des choix réfléchis et de vous y tenir.

Vous n’êtes pas très malléable, et si vous agréez une proposition c’est que vous avez épuisé vos arguments : on peut, alors, compter sur vous. On vous dira têtu, alors que vous êtes stable.

Avec vous, le premier contact n’est pas aisé : vous déroutez par un mélange de spontanéité et de réserve, une étrangeté indéfinissable qui attire et inquiète à la fois. Vous pouvez vous montrer dynamique, plein d’entrain, causeur infatigable ou bien énigmatique et lointain : pas de demi-mesure, on vous adore ou on vous déteste !

Dans le déroulement de votre vie sentimentale, vous dosez l’absence et la présence, la générosité et la parcimonie. Jaloux dans vos rapports avec l’être choisi, vous aimez le faire évoluer, le transformer, lui suggérer une tenue, un comportement qui révéleront, aux yeux de tous, sa personnalité profonde… Gare, alors, aux scènes et aux bouderies ! Une horreur invincible de l’approbation systématique vous fait prendre le contre-pied de la mode, et vous adoptez une tenue imprévisible sur laquelle des accessoires, choisis avec soin, vous démarqueront de la foule.

Dans l’inadaptation, les deux signes créent des situations pénibles. Toute création peut vous sembler vaine et les drames sans issue, car vous vous axez sur un détail, négligeant l’ensemble des problèmes. Ayant déjà tendance à refuser la communication, vous ne fréquentez que les membres d’une petite chapelle et la relation avec autrui, si intense au Verseau, devient problématique. Vous pouvez vivre alors replié sur vous-même, toujours sur la défensive, ne trouvant plus de sens à l’existence. Vous projetez sur « l’autre » la méfiance, l’impatience ou la colère, et vous vous croyez jugé par vos propres lois.

Bien qu’axé sur vous-même, si le Verseau tient bon, vous pouvez compter sur une résurrection par les chemins les plus divers : la rencontre d’une amitié, un acte généreux qui vous mobilise ou la curiosité de situations dramatiques qui vous empêcheront de retourner contre vous le « dard » animal qui terrorise les autres, et transformeront votre cri de guerre en chant d’espoir.

Verseau Ascendant Sagittaire

Votre signe solaire change de compagnon : de l’indifférent vous passez au curieux, du silencieux au prolixe. Verseau et Sagittaire sont tous deux des excitables et adhéreraient spontanément à ce qu’on leur propose, si le Verseau ne gardait ses distances, conscient de l’ambivalence des situations. Dans ce couple zodiacal, le Sagittaire apporte la possibilité et le goût de faire face à un maximum d’options : il ouvre toutes les portes, tant est vive son envie de communiquer. Mais, pour transmettre, il faut ordonner ses expériences et son savoir : si le Cancer stocke, le Sagittaire diffuse après avoir totalisé, accumulé son savoir. Il a, avant tout, le sens de la dialectique, qui est d’employer tous les moyens pour convaincre.

Si vous êtes Verseau Ascendant Sagittaire, vous pouvez, dans le cadre de votre métier, tenter d’exercer une action sur la société, vouloir concilier le collectif et l’individuel sans perdre de vue leurs différences fondamentales. Vous pouvez, si vous êtes très fort, réaliser une synthèse humaniste afin de sauvegarder les droits de l’individu et de la collectivité. Plus simplement, vous aimerez réunir les gens afin qu’ils échangent leurs connaissances d’une spécialité et fassent évoluer un savoir qui aurait tendance à se scléroser. Dans le but d’une audience générale, vous utilisez votre dynamisme pour concilier vos antagonismes et vos contradictions. Vous savez vous entourer de collaborateurs efficaces qui faciliteront votre réussite sociale. Mais craignez le retour de bâton de ceux qui se lasseront d’être votre « chausse-pied » !

Affectivement, cette double signature inspire la curiosité de l’inconnu, de l’inhabituel. Votre soif d’être aimé vous expose à des changements ou des compromissions qu’une partie de vous-même ne saurait admettre : il vous reste à donner libre cours à vos fantasmes, à rêver d’un amour universel, d’une amitié qui ne demanderait aucun effort et qui naîtrait d’une simple rencontre, d’un seul regard, mais grâce à laquelle vous referiez le monde. Pour ne pas l’avoir trouvée, ou parce que vous avez été déçu, vous aurez peut-être la nostalgie du foyer, de ce cocon qui limite (mais protège) et coupe les ailes des conquérants. Vous pouvez, aussi, sublimer vos carences et chanter l’espoir de venir en aide aux hommes de partout et d’ailleurs, par cette « terrible tentation de la bonté ».

Verseau Ascendant Capricorne

Voici deux signes qui se donnent la réplique : l’un éteint le monde, l’autre le ressuscite. Si vous êtes Verseau Ascendant Capricorne et qu’une seule lampe éclaire votre lieu de travail, de distraction ou de repos, vous obéissez, au sens propre, au phénomène d’extinction : une seule chose existe, celle à laquelle vous donnez tous vos soins. Mais il y aura, en plus, au-dessus d’un objet, d’un meuble ou d’un tableau, une seconde lampe qui vous rappellera que le monde ne se restreint pas à une seule préoccupation, que quelque chose ou quelqu’un soutient votre effort primordial, en élargissant vos ambitions ou vos espoirs.

Que ce soit dans la vie professionnelle ou privée, vous êtes calme et discret, parfois même un peu froid : vous intimidez, car il est difficile de vous définir au premier abord. Mais l’on sent très vite que, sous cette indifférence, se cache une passion qui soutient votre tonus : une cause à défendre, une idéologie à promouvoir. Si vous vous intéressez surtout à la genèse des événements, votre intuition vous renseigne sur leur avenir éventuel, et vous dirigez vos efforts avec une économie de moyens qui minimise les risques.

Dans la vie quotidienne, vous êtes un pessimiste gai qui souhaite que tout réussisse, et si vous marchez vers le « non-espoir », ce n’est qu’à reculons. Si la vie vous a été difficile, votre humour sera défensif, un peu grinçant mais se tempérera parfois d’un sourire.

Résistant de nature, vous dissimulez votre fatigue ou vos chagrins par un « tout va très bien » qui évoque la réponse à « madame la marquise » ou les recommandations de la méthode Coué qui prétend atteindre l’équilibre organique par l’autosuggestion.

Sentimentalement… c’est bien joli ! Sous une carapace impassible se cache une sensibilité frémissante : vous êtes un « chaud-froid » dont le froid serait à l’extérieur.

Si vous hésitez à vous lier, c’est parce que vous craignez les emballements de la passion qui est, pourtant, votre eau de jouvence. La peur d’aimer vous inspire d’étranges comportements : vous disparaissez pour reprendre votre sang-froid et reparaissez, aussi serein que par le passé… et votre partenaire n’y comprend rien ! « N’avouez jamais !  » est votre bible, vous n’offrez pas de fleurs, vous oubliez les anniversaires, mais vous aimez les attentions… quand vous en êtes le bénéficiaire !

Si votre sociabilité se réduit à l’essentiel, ceux que vous avez choisis ont droit à tous vos soins : Vous êtes l’ami discret sur qui l’on peut compter, ou le conjoint dévoué « dans le meilleur comme dans le pire ». Votre vie conjugale est fondée sur l’affection et l’estime réciproques, avec des bouffées de lyrisme qui entretiennent la vivacité du sentiment. Vous pouvez paraître austère… jamais ennuyeux !

Si, par malheur, l’extinction propre aux signes d’hiver portait sur les codes de la vie à deux, vous pourriez donner le ton à un ménage où toutes les licences seraient permises, vous chercheriez, dans la multiplicité de vos aventures, un adjuvant à vos désirs et trouveriez, dans chaque conquête, les prémices de la suivante. A moins que vous ne consacriez tous vos efforts à la poursuite effrénée d’une réussite sociale, aux dépens de votre santé et de votre bonheur.

Verseau Ascendant Verseau

Même rythme pour les deux signes : nous sommes en présence d’un mariage d’amour ! Vous êtes un pur Verseau et vous le montrez bien.

De la rigueur sur un fond de timidité est la composante héritée du Capricorne, mais vous y ajoutez du dynamisme et, placé en situation de confiance, vous devenez expansif et accueillant, aimant les contacts sociaux si vous vous y sentez à l’aise. Vous découvrez souvent chez les êtres des attitudes, des comportements qui vous enchantent par leur cocasserie : vous voilà alors fasciné et vous oubliez tout le reste pour vous fixer sur ce détail. On vous taxera de distraction et vous passerez pour le professeur Nimbus du Zodiaque ! Un a priori favorable dans les contacts, inspiré par l’amour d’autrui, vous rend sensible aux difficultés des autres et, parce que cela vous fait plaisir, vous n’avez de cesse d’y trouver un remède ou une solution.

Prenez garde, cependant, que votre serviabilité ne vous fasse une réputation de « petit saint », et qu’en donnant mauvaise conscience à ceux qui sont incapables de bienveillance, vous ne soyez victime d’une impopularité dont vous pourriez souffrir.

Assidu au travail si celui-ci permet des innovations, vous trouvez les petits trucs ou les grandes idées qui président au changement et animent le travail collectif.

Tout ce qui est usé, démodé, doit être remis à neuf. Si cela heurte les habitudes de certains, on vous tiendra rigueur de bousculer la routine, mais vous savez attendre, même si l’impatience vous anime et, revenant à la charge, votre optimisme contagieux aura souvent raison des insatisfaits.

Si leur froncement de sourcils ne se change pas en sourire, vous perdez patience, bâillez d’ennui pour brusquement aller, sans déplaisir, planter votre tente ailleurs ! Tout ce qui est nouveau vous excite et si l’on vous trouve instable, peu vous chaut… C’est votre destin !

Sentimentalement, vous séduisez par le charme et l’originalité de votre comportement. Un certain humour, fait de causticité sans aigreur, anime les anecdotes et émaille la conversation : on ne s’ennuie pas avec vous ! L’inattendu est de règle : vous transformez une promenade en exploration et un dîner en feu d’artifice dans un restaurant inconnu où, quinze jours après le Tout-Paris attendra une table… vous l’aurez déjà déserté au profit d’une autre découverte !

Madame qui êtes éprise d’un Verseau ou vous, Monsieur, qui en courtisez une, gardez-vous de la jalousie ! Perdre sa liberté angoisse le natif jusqu’au vertige : il disparaîtrait sans laisser d’adresse… N’oubliez pas que, s’il vous recrée à sa guise, il se renouvelle à travers vous et que le changement est sa source de jouvence et son credo !

Verseau Ascendant Poissons

Voici deux signes d’hiver qui ne demandent qu’à s’accorder : ils ont en commun l' »inhibition extinctive » qu’ils partagent avec le Capricorne, mais si le Verseau s’en dégage en réagissant, les Poissons la vivent par affinité élective.

Le nom barbare d’inhibition extinctive recouvre un processus très simple : s’abstraire le plus possible de l’environnement pour mettre toute sa force dans une activité qui nécessite la concentration. Pour les Poissons, c’est un choix qui ne s’extériorise pas et qui, vécu harmonieusement, encourage à la réflexion. Dans la dissonance, cette disposition peut engendrer le refus de tout effort, la misanthropie, parfois la drogue ou l’excès d’alcool. Dans le premier cas, c’est un processus actif : rechercher la solitude quand on a un livre à écrire est une sage conduite qui procure le calme et la concentration nécessaires pour mener à bien sa tâche. Dans le second cas, la solitude peut être vécue comme un isolement dans lequel le sujet ressent l’impuissance de celui qui ne pense bien qu’après avoir parlé. Certains écrivent en prison, d’autres ont besoin de la radio ou d’une musique de fond : affaire de tempérament ! Entre le Verseau qui est un excité par réaction à l’hiver et un Poissons inhibé par choix, c’est, sur un même tempo, deux rythmes différents qui peuvent s’équilibrer sans se nuire, l’un apportant à l’autre ses richesses et ses faux pas.

Le signe des Poissons, habile à distinguer en toutes choses ce qu’il convient d’éliminer ou de garder, apporte au Verseau le sens tactique qui lui fait défaut : si le Verseau réagit, le Poissons agit. Il a le don de la manoeuvre ouatée : pas de bruit, aucune susceptibilité tapageuse, à peine si, de temps à autre, l’œil s’entrouve pour laisser filtrer un regard aigu qui voit tout sans rien manifester. Il va, vient, repasse, draguant dans les eaux comme un vieux marcheur oisif !

Si vous êtes Verseau Ascendant Poissons, votre excitabilité joyeuse – mais parfois désordonnée – se teinte de feinte bonhomie et de patience réelle. En éliminant systématiquement ce qui est contraire à vos buts, vous augmentez vos chances de triompher en douceur, sans trop vous faire d’ennemis. Par contre, si la manoeuvre a été particulièrement adroite et que vous avez donné l’illusion d’un abandon tout en poursuivant vos intérêts, on vous le pardonnera difficilement !

Que ce soit dans votre métier, l’éducation de vos enfants ou la poursuite d’une idylle, les Poissons vous empêchent d’enfoncer les portes : ils vous font la main de velours et la démarche feutrée, vous conseillent l’attente vigilante qui profite de la moindre brèche pour s’y précipiter.

Prenez garde cependant, si votre Ascendant est vécu dans l’inadaptation, à ne pas éteindre complètement, par paresse ou désintérêt, la fonction créative de votre signe solaire. Vous risqueriez de ressentir l’aigreur, l’envie ou les regrets de potentialités non réalisées, et vous accuseriez la société, le Diable ou la malchance d’être un phénix incapable de renaître.


Comment interpréter Uranus dans les Signes

Avec les autres planètes, l’homme s’intègre avec plus ou moins de bonheur au monde extérieur et à la société de son temps : les aptitudes à acquérir sont les mêmes pour tous. Avec Uranus, nous entrons dans l’analyse des valeurs qui sont propres à chaque individu. Indépendantes du milieu, elles font de lui un être unique.

Le cycle d’Uranus est de quatre-vingt-quatre ans et peut se diviser en deux périodes théoriquement d’égale durée :

Jusqu’à quarante-deux ans, l’homme cherche à obtenir une place au soleil, à se perfectionner dans l’exercice de son métier en y acquérant une notoriété enviable qui lui permette de jouer un rôle personnel au sein de la société. Ses forces sont intactes et, quelle que soit la forme de son dynamisme, il est au service de ses acquisitions professionnelles, culturelles ou sociales.

De quarante-deux à quatre-vingt-quatre ans, l’homme suit le chemin qui va de la « force de l’âge » au déclin.

Il va se trouver confronté à des difficultés dont il convient qu’il sorte vainqueur.

Après avoir vécu diverses modifications de ses instincts affectifs ou sexuels et subi le recyclage professionnel inévitable dans notre économie, il doit prendre le temps de faire le point sur le passé.

En abordant les instances uraniennes, il privilégie les valeurs intellectuelles et spirituelles, sources d’activités enrichissantes qu’il peut exercer très longtemps.

Uranus en Verseau

Uranus en Verseau, s’il choisit la nouveauté en tout, sait la vulgariser, la transmettre avec le maximum d’efficacité et des mots simples, accessibles à tous ; mais il lui est parfois difficile de donner un exemple concret.

Pour être Uranien du Verseau, il faut que planète et signe soient valorisés par l’ensemble du thème. Si tel est votre cas, vous possédez une force novatrice qui décèle, dans les situations collectives, ce qui peut libérer l’homme des entraves de la vie quotidienne. Vous êtes généreux, actif, souvent optimiste, toujours prêt à venir en aide quand les choses vont mal. Doué pour l’auto-analyse, vous exprimez sans embarras vos complexités secrètes et votre écoute engage aux confidences. Par Uranus, vous êtes porté à schématiser, codifier, ordonner, mais le Verseau, épris de liberté et volontiers subversif, élargit ces modèles et passe au travers des contraintes sociales.

Si Uranus légifère, en Verseau, il se méfie de la justice qui rend son verdict à travers des faits interprétés par les témoins et les avocats. Connaissant le pouvoir des mots, il laisse une chance à l’homme, contre les exigences de la société, en permettant aux jurés d’un procès d’assises d’unifier leurs hésitations par « l’intime conviction », qui fait appel aux instances uraniennes les plus pures.

Si d’autres configurations viennent, dans votre thème, amplifier ce qui précède, vous pouvez vous singulariser par une originalité à tous crins, inspirée par l’instabilité de vos goûts et de votre humeur, par une tendance à refouler des émotions légitimes, mais à prendre feu pour un rien.

Ayant (peut-être à juste titre) une haute idée de vous-même, il se peut que la rigidité de vos convictions éteigne toute évolution et que vous imposiez sans souplesse la rigueur de vos certitudes. Dans ce cas, prenez garde de ne pas devenir le tyran familial ou confraternel dont les idées sont bloquées et les sentences sans appel : il vous faudrait alors des hasards peu communs pour que votre indépendance agressive puisse se canaliser dans une juste cause, et que vous trouviez dans le sport, le spectacle ou l’exercice du pouvoir, une sublimation à vos appétits de domination.

Uranus en Poissons

L’excitabilité qui sommeille en Poissons devient plus sensible lorsque Uranus est présent dans le signe. La planète permet d’exprimer ce qu’il convient d’éliminer dans une idéologie, avec un sens du concret qui manque parfois aux Uraniens. Exacerbée par quelque aspect dissonant, elle porte à la liquidation. On peut donner comme exemple le peintre Paul Cézanne (Vénus et Neptune en Verseau, Uranus en Poissons) qui adopta, dans ses débuts, la « loi du contraste simultané » formulée par le chimiste Michel Chevreul. Spécialiste de l’autodafé, il détruisit beaucoup de ses oeuvres qui ne répondaient pas à son exigence intérieure. Uranus en Poissons peut aussi orchestrer le silence et permettre à Valéry Giscard d’Estaing de faire une carrière en éliminant discrètement et méthodiquement tous les obstacles, ou en les taisant. Il possède, par le Poissons, l’art de l’anesthésie, et par le Verseau celui de la réanimation.

Uranus en Bélier

L’extrême contraction de la planète qui, en quelques mots, rend compte d’une infinité de concepts, associée à l’excitation rapide du signe, ne peut déboucher que sur des excès : une affirmation sans nuances de la personnalité et un dégagement du milieu, coordonné mais brutal. Exacerbe les choix s’il n’est pas compensé par une occupation planétaire en Poissons qui engage au contrôle et à la retenue. Exemple : James Dean, acteur américain de l’après-guerre, héros de la Fureur de vivre. Soleil en Verseau, Uranus en Bélier, il a toujours choisi le risque, que ce soit dans ses rôles ou dans son amour des voitures de course qu’il conduisait dangereusement. Il finit par se tuer au volant de l’une d’elles le 30 septembre 1955 au passage d’Uranus céleste sur Mars natal en Lion.

Uranus en Taureau

Uranus en Taureau codifie les instincts de protection du signe : la recherche de la sécurité, la méfiance envers ce qui manque de solidité, et l’acquisition de bases bien ancrées dans la réalité. Peut cependant encourager l’excitabilité concentrée qui est une des caractéristiques du signe et transformer le Taureau qui pâture en Taureau dans l’arène qui se rue sur tout ce qui bouge, compromettant ainsi sa passivité naturelle. Passivité qui reste la marque distinctive du signe : il retrouve la résignation et la stabilité inébranlables, après les tempêtes et les crises. C’est ce qui fait sa force et qui garantit sa réussite. Aucune épreuve ne l’abat, aucun obstacle ne le détourne de ses objectifs.

Dans l’inadaptation, on peut citer le thème astrologique de Freud, Taureau sans Verseau, privé de l’excitation récréative du signe. Uranus en Taureau, conjoint à Mercure et au Soleil, a peut-être empêché Freud de s’associer sans drame aux recherches de ses collaborateurs, amenés à contester la doctrine qui faisait des instincts et des complexes les uniques responsables de notre difficulté de vivre, et du plaisir sexuel (forme bien taurine du plaisir en général) l’essentiel de la libido qui est, pour les psychanalystes freudiens, la seule « forme d’énergie mentale disponible ».

Uranus en Gémeaux

Dans sa forme adaptée, la planète organise la diffusion du signe et en contrôle la désinvolture. Elle donne une autonomie aux épris de liberté, d’humour, de jeu et de spectacle et favorise la synthèse des idées qui prennent leur source dans l’environnement. On peut raisonnablement penser que la présence d’Uranus en Gémeaux (d’août 1941 à juin 1949) a donné une génération qui a fait de l’écologie un parti politique.

Maxime Le Forestier, Verseau par le Soleil, Vénus, Mercure et Mars, mais Uranien des Gémeaux, est un bon exemple d’adaptation. Jupiter en Capricorne lui plombe les semelles, il chante sereinement la nature, l’arbre menacé, la qualité de l’air que l’on respire.

Dans le registre de la carence, Uranus peut être le signal débridé du mot, recouvrant à peine la faiblesse de l’idée. Totalitarisme arbitraire sans fondement, difficulté de synthèse, éparpillement, mais autorité fondée sur la futilité et le !

Uranus en Cancer

Avec Uranus dans le signe, voilà le Cancer qui parle, qui formule tout ce qu’il y a en lui d’implicite : assimilation, protection de l’individu par le groupe, le couple, le milieu social. Uranus le rend conscient de ses limites et pose des statuts qui sont autant de garde-fous. Médecin et psychologue autrichien, Alfred Adler (7 février 1870), Verseau par le Soleil, Mercure et Mars, mais Cancérien par Uranus et l’Ascendant, peut être cité en exemple d’adaptation. Disciple et collaborateur dissident de Freud, il considère les névroses comme compensatrices du « sentiment menaçant d’insécurité ». Sa psychologie tend vers une « analyse de la personnalité globale du sujet » et des moyens de la protéger.

Uranus en Lion

Uranus en Lion se donne à lui-même les canons et les règles qui le spécialisent dans l’audace. L’excitation ne veut pas s’éteindre, et Uranus compte les coups. L’affirmation de la personnalité trouve des mots qui sont autant d’aphorismes sans appel. « Par une formule, régler son compte à l’Art !  » Qui a dit cela ? Auguste Perret, architecte (Saturne, Vénus, Soleil et Mercure en Verseau, opposés à Uranus en Lion).

Uranus en Vierge

En tant que code de l’informulé, Uranus en Vierge peut prendre soin de l’auto-protectionnisme du sujet. Il aidera celui-ci à définir quelles sont les conduites adéquates pour obtenir le maximum de confort avec des moyens simples et rassurants. L’extrême contraction de la planète peut donner au natif le goût d’un risque mesuré où rien n’est laissé au hasard. Exemple : Franklin D. Roosevelt (Soleil, Vénus et Mercure en Verseau, bien soutenus par Saturne, Neptune, Jupiter et Pluton en Taureau) dont l’Ascendant en Vierge et Uranus au lever lui feront dire, à la façon paradoxale des signes de milieu de saison et selon la régulation propre à la Vierge : « Ce qu’il faut craindre, c’est la crainte. »

Uranus en Balance

En Balance, signe excitable qui s’adapte aux circonstances, Uranus bat la mesure de la vie de relation tout en gardant une liberté d’esprit fondamentale et le désir d’imposer ses exigences profondes.

Arthur Rubinstein (Soleil et Mercure en Verseau), animé du désir de plaire, pianiste concertiste spécialisé dans l’interprétation de Chopin a peut-être rendu plus aimable la musique de ce dernier, qui avait été écrite sous l’inspiration étroitement spécialisée d’un Uranus en Scorpion.

Si nous voulons élargir le domaine de nos exemples à d’autres signes du Zodiaque, signalons la dominante Uranienne du Général de Gaulle (29 degrés de la Balance, peu de temps avant son lever), bien soutenue par Saturne en Vierge. Préoccupé, dans le passé, de stratégie militaire, forme d’échanges hautement élaborée, et savante manière d’arriver à ses fins, le Général de Gaulle eut l’occasion à Londres d’exercer ses talents et d’obtenir, par des alliances souvent difficiles à nouer, l’organisation des Forces Françaises Libres.

Dans l’inadaptation, le cas d’Hitler (Uranus à l’Ascendant à 19 degrés Balance) nous suggère que l’associativité peut devenir intrigue, mener aux annexions successives et inspirer à un régime l’élévation de la propagande au niveau d’une science.

Uranus en Scorpion

Hyper-différencié par nature, Uranus en Scorpion accuse le rythme naturel du signe qui est de se démarquer des autres, de viser juste dans une querelle, de préférer l’élu à la foule et la vérité à la compromission.

Si Uranus en Balance conduit au symbolisme en tant que mouvement poétique largement suivi, en Scorpion nous avons la réaction de chapelle antibourgeoise, déconcertante, qui signe le surréalisme, et préconise une nouvelle source d’inspiration insolite et bien spécifique : l’exploration du subconscient.

André Breton (Mercure et Soleil en Verseau, Uranus en Scorpion), inventeur intransigeant de la doctrine, se transforma très vite en inquisiteur pour lui garder toute sa pureté.

Actuellement, où se démarquer des autres est devenu une nécessité, il faut avant tout se distinguer et imposer son nom propre comme nom commun. On n’a jamais autant parlé de gaullisme, chabanisme ou giscardisme que depuis 1975 et l’entrée d’Uranus en Scorpion !

Uranus en Sagittaire

Uranus en Sagittaire facilite la coordination des connaissances et en favorise la synthèse. Peut porter au désir d’unification d’un groupe ou d’une famille selon une éthique personnelle. Bertolt Brecht (Soleil et Vénus en Verseau, Uranus au lever conjoint à Saturne en Sagittaire), poète, romancier, dramaturge, organisateur et metteur en scène de la troupe théâtrale du Berliner Ensemble, souhaitait, par son art, exercer une action sur la société et réaliser une « synthèse humaine pour sauvegarder les droits de l’individu et les exigences de la collectivité ». Sagittaire sans Cancer, ce fut plutôt le grand fatras et l’échec d’une ambition difficilement réalisable : « Une pratique de la scène qui excluerait toute division entre acteurs et spectateurs et les amènerait tous à jouer. » « Libérer le spectateur de sa condition de spectateur » est une formulation ultra-paradoxale, typique des signes solsticiaux.

Uranus en Capricorne

C’est le grand chambardement ! Déjà disposé à se débarrasser de ce qui ne correspond pas à son attente, le Capricorne, s’il accueille Uranus, élève son exigence à la rigueur d’une loi. Socialement, il fait les ambitieux... ou les humoristes ! Parmi ceux-ci, on peut citer Jean Effel (Soleil en Verseau, Uranus en Capricorne au Descendant) qui a joué avec cette rigueur en rejetant dans l’absurde les excès qu’elle comporte : il éteint le monde en bon Capricorne et le recrée à sa façon selon l’exigence du Verseau.


Les Planètes dans le Verseau

Le Soleil en Verseau, on n’en parle plus pour l’instant ! Place aux autres planètes qui peuvent, bien sûr, l’accompagner et accentuer la dominante du signe : ce n’est pas interdit… c’est même recommandé !

Lune en Verseau

La Lune, Madame, on n’y va pas… on y est ! Depuis notre naissance, nous avons toujours la nostalgie du premier mois de notre existence où le bien-être allait de soi, réduit aux besoins essentiels assurés par notre mère, ou tout autre adulte en tenant lieu. Depuis, c’est notre harmonie interne, la façon dont nous sommes une « personne » en même temps qu’un personnage, l’ensemble de nos pulsions et de nos désirs qui coexistent avec bonheur ou vivent en guerre, selon notre thème astrologique, notre enfance, nos besoins et nos modèles.

D’une manière générale, c’est un équilibre dynamique qui pare au plus pressé, redresse une tendance, en atténue une autre et vous fait dire « je suis bien dans ma peau » ou « quelque chose ne va. pas » selon que vous avez réussi ou non à conserver cet état. C’est votre façon de vivre en couple ou en groupe, ce que vous en espérez et ce que vous y apportez. C’est aussi la part de virilité qui existe en chaque femme et ce qu’il y a en vous, Monsieur, de féminin. Pour les spécialistes, c’est le psychisme, ce monde secret qui nous habite, et pour le poète, sa forme d’inspiration.

Si vous avez la Lune en Verseau, elle vous permettra de cultiver des valeurs personnelles, de canaliser. vos pulsions au profit d’un idéal et de décrire vos états d’âme avec les mots qui conviennent. Dans le couple ou le groupe, vous tenez à garder votre personnalité, mais vous respectez celle d’autrui ; on vous y remarque, car vous aimez y tenir un rôle.

La Lune en Verseau, c’est aussi réagir quand le vent se lève et profiter du zéphyr pour naviguer en douceur. C’est parfois s’oublier pour aider à transformer le monde, ou se recréer soi-même quand on s’est perdu. C’est la dépendance envers ses amis, le besoin d’originalité ou la soif de changement, c’est une mémoire qui oublie tout, sauf l’essentiel : ce qui est riche en potentialités nouvelles, ce qui est positif, utile et peut débloquer les situations.

C’est aussi, parfois, voir les êtres avec des lunettes roses, selon nos désirs secrets, leur prêter les bontés que nous souhaiterions qu’ils aient et des conduites qui seraient le reflet des nôtres. Le risque est alors d’élever des statues à la gloire de l’impossible, qui s’écrouleront parfois, nous entraînant dans leur chute.

Mercure en Verseau

Mercure, c’est les trois premiers mois de la vie pendant lesquels le nourrisson commence à prendre conscience du monde extérieur. La sensation est indifférenciée, la vision globale. Plus tard, Mercure affine ce premier état et sa mobilité lui permet d’aller du simple au complexe sans trop se soucier de l’exigence des faits : la sensation parle à l’intelligence et le mot implique l’idée. Selon que la complexité est celle du sujet ou celle de l’environnement, elle engage soit à l’introspection, soit à une adaptation rapide aux circonstances ou aux individus. Dépendant de l’ambiance, Mercure a du « liant » : ses contacts sont aisés, son intelligence mobile, ouverte à tout avec une incessante curiosité.

Si rien dans le thème ne vient contrecarrer la tendance, Mercure en Verseau signe une intelligence intuitive mais rigoureuse, à condition que le sujet soit motivé. Sinon, il se laisse plutôt envahir passivement par les informations qu’il emmagasine et qui resteront latentes, en attendant de ressortir un jour sous forme créative.

Au Verseau, Mercure est souvent distrait.

Il n’établit le contact avec autrui que si l’ambiance est mobilisatrice, l’interlocuteur plaisant ou si la discussion porte sur ses convictions. Pour peu que Mars s’en mêle, il part alors au « quart de tour », se lance dans la bagarre, devient passionné, frondeur :

« Je ne suis pas notaire C’est la faute à Voltaire Je suis petit oiseau C’est la faute à Rousseau », chante Gavroche qui, dans les Misérables, est le symbole de la liberté populaire qui renverse les modes et les modèles (parfois même les gouvernements) en pressentant le devenir d’une situation, ultérieurement confirmée.

Plus légèrement, la dialectique Verseau jongle avec les mots, aime le calembour et l’invention verbale qui encouragent sa verve et, paradoxalement, par pudeur ou pour en renouveler l’impact, tourne en dérision l’objet de son indignation. Il irrite parfois les gens sérieux qui ne voient que son apparente légèreté, oubliant que, si l’ironie blesse, elle engendre le ridicule qui, lui, tue…

Dans l’inadaptation, le mépris de la réalité ouvre la porte à l’utopie, aux conceptions irréalisables, aux blabla vides de sens. L’imagination transpose alors le réel, fait prendre au sujet des vessies pour des lanternes et ses images mentales pour d’ingénieuses inventions.

Vénus en Verseau

D’une manière générale, Vénus est la planète qui concrétise les mots ou les apparences : ils deviennent objet ou situation. C’est aussi bien le peintre ou le sculpteur faisant oeuvre d’art à partir de son « modèle », que l’amoureux transformant sa déclaration en engagement.

Vénus se projette sur l’objet et le capte, de même que le bébé, au stade vénusien (entre quatre et sept mois), saisit son hochet et le porte à sa bouche. Le baiser n’est peut-être que le début de l’assimilation et tout être épris un consommateur en puissance. Dans ce cas, Don Juan, ou le collectionneur d’objets, ne serait alors qu’un boulimique aux yeux plus grands que le ventre, car si Vénus « palpe », elle ne consomme pas !

Pour le Verseau, l’amour humain est une création du Moi. C’est un manteau taillé dans un tissu splendide ou médiocre selon la qualité de nos aspirations secrètes, et l’on passe parfois toute sa vie à essayer sur « l’autre » cet habit merveilleux ! S’il semble fait sur mesure à celui qui l’endosse, il l’habille pour longtemps. S’il plaît à d’autres, pour un temps, et qu’ils s’en défassent, c’est nous qui sommes nus ! A moins que nous soyons contraints de le leur arracher parce qu’ils le souillent, et le gardions pour nous, abandonnant tout autre essai : il nous réchauffera alors en nous parant, jusqu’à ce qu’il tombe en lambeaux ou nous serve de linceul.

Plus simplement, le Verseau est spontanément doué pour le bonheur parce qu’il fait crédit à la nature humaine, mais qu’il est sans illusions sur ses imperfections. Il refuse donc toute complaisance envers le chagrin. Pour les sujets évolués, point de lyrisme romantique : on analyse le mal d’amour et, pour le dompter, on fait appel à la raison ou à l’oubli.

Que ce soit dans le choix d’un objet ou dans les rapports humains, si vous êtes Verseau bon teint, une grande indifférence vous habite jusqu’à ce que quelque chose ou quelqu’un mobilise votre attention : vous réagissez alors par une attirance extrême ou une répulsion spontanée que vous essayez de modérer en compensant, par un compliment, la rigueur d’une attitude, et en éteignant provisoirement l’emballement d’un moment.

Si le coup de foudre ne vous épargne pas, vous êtes fidèle à ce qui dure et, pour éviter de déménager… vous changez les meubles de place !

Si Vénus est la planète de l’amour humain, en Verseau elle se passe aisément de sa conclusion logique : le mariage ! Vous êtes plus à l’aise dans l’union libre parce que vous êtes indépendant ! Une vie à deux librement consentie vous met à égalité. A moins de contre-indication dans le thème ou d’une éducation particulièrement rigide, vous n’avez rien, Monsieur, d’un affreux sexiste : vous aimez que votre femme ait une personnalité, vous en êtes même très fier… Quant à vous, Madame, le mariage n’est ni une « carrière » ni une fin en soi. Rares sont les femmes Verseau qui vont de pensions alimentaires en gratifications matrimoniales pour vieillir libres sur un matelas de retraites. Taxer votre ex-conjoint parce que vos « humeurs » n’étaient pas compatibles est une atteinte à votre dignité, et, à moins que l’obligation d’élever vos enfants ne vous y contraigne, vous préférez travailler et garder, si possible, de bons rapports avec votre ex-époux… qui est aussi un père ! Quant au chagrin d’amour, on n’en meurt qu’une fois !

Dans les moments d’inadaptation, vous pouvez vous laisser aller à des emballements sans fondements, prendre l’apparence pour la réalité, être un jouisseur effréné ou une détraquée sexuelle, un solitaire qui exploite ses amis ou une intellectuelle bas-bleus : cela vous vaudra mille quiproquos et une vie affective pleine d’imprévus, pas toujours souhaités.

Mars en Verseau

Chez l’enfant, la période marsienne dure une année (de un an à deux ans) au cours de laquelle l’objet cesse d’être assimilable pour devenir une chose à laquelle il veut se mesurer. L’enfant apprend à ses dépens que le feu brûle, que l’épingle pique mais que, avec une certaine adresse, on peut éviter ces inconvénients.

Pour l’astrologie conditionnelle, Mars est la réalité, le concret, la façon dont le sujet l’aborde et s’affirme dans sa confrontation avec les événements. C’est aussi la nature de ses forces vives. Pour l’objet, ni règles ni codes : il existe ou n’existe pas ! La manière de s’en servir en se valorisant ne vient qu’au stade suivant : celui de Jupiter.

Si vous avez Mars en Verseau, vous avez de la chance, car il ne s’attarde guère dans votre signe, étant proche de sa « périhélie » (4 degrés Poissons). Ce mot barbare veut dire que, dans sa course autour du Soleil, il s’approche dangereusement de celui-ci et qu’il va le plus vite possible pour s’en éloigner. A ce moment, les faits l’emportent sur les idées, mais comme nous sommes encore en Verseau où les choix sont réfléchis afin de ne choquer personne, idées et faits vont donc se mêler adroitement.

Le pouvoir réalisateur du Verseau est plus dans la réaction que dans l’action, et la vérité des faits bruts pousse le sujet à agir en rénovant. Si l’inhibition hivernale l’engage à en dépouiller l’apparence au profit de l’essentiel, sur lequel il va s’appuyer, il sait aussi que tout est lié, que la réalité peut être un empêchement à la liberté de pensée et que toute expérience doit être dirigée par l’intuition.

Si vous avez Mars en Verseau, vous pouvez, comme Jane Fonda, canaliser vos efforts dans la défense de la paix mondiale ou montrer, à la manière de Bunuel. que le réalisme peut être agressif mais que « la nécessité de manger n’excuse pas la prostitution de l’art ». Vous pouvez aussi entrer en guerre contre la réalité polluée ou tel saint Vincent de Paul, le réaliste de la charité, mettre votre énergie au service d’une mystique ou de conceptions idéologiques.

Dans l’inadaptation, vous pouvez, si vous êtes poète, sublimer le réel, transformer en invisible le visible, qui « est un degré plus haut que la réalité, ce visible dont nous sommes les amants et les transformateurs », pour R.M. Rilke (Lune, Mars et Saturne en Verseau).

Vous pouvez être un surréaliste et ne plus voir l’objet mais seulement « écouter » ce qu’il vous inspire, refuser la sensation et préférer l’essence abstraite des objets à leur existence, transformer un guéridon en « tapis volant » pour retrouver vos chers disparus, et prendre le marc de café comme un support de voyance au lieu du résidu concret d’un breuvage parfumé !

Jupiter en Verseau

Si Mars est l’action mobilisatrice, deux chemins peuvent être envisagés en partant des faits : soit leur simplification (Jupiter), soit l’abord de leur complexité (Saturne). Donc, Jupiter vous simplifie la vie ! C’est pourquoi la Tradition astrologique le considère comme « bénéfique », la complication n’ayant jamais engendré la tranquillité qui, généralement, est gage de bonheur.

Puisque Jupiter met douze ans à effectuer son périple, il est intéressant, pour le définir, de savoir ce qui se passe chez l’enfant pendant le même laps de temps.

Entre deux ans et six ans, l’enfant, qui était dépendant de l’objet et de « l’autre », cherche à se les annexer : il est possessif, jaloux et sa sociabilité se borne à l’entourage familial. Entre six et douze ans approximativement, il a tendance à se faire remarquer par un exploit ou un objet qu’il est seul à posséder ; sa sociabilité s’étend aux camarades à l’occasion de la scolarité et, vis-à-vis d’eux, la profession des parents une grande importance.

Transposées chez l’adulte, ces conduites ne changent guère : seule l’importance de l’enjeu diffère, ainsi que l’impact social. Il s’agit toujours de transformer une expérience en un événement personnel, de faire valoir ses dons à travers ses oeuvres, en accord avec les normes de la société dans laquelle on vit. Le thème ne rend pas compte de ces dernières qui nuanceront, espérons-le, l’analyse de l’astrologue.

En Verseau, à condition que ces tendances soient convenablement mûries, le sujet peut se faire apprécier par des sentiments humanitaires ou de larges conceptions sociales. Il s’agit de « mettre la main à la pâte », de « relever ses manches » pour que le monde, le pays, votre groupe professionnel ou votre famille sortent de leur enlisement, de leurs difficultés, ou de leurs routines. Vous comptez bien que l’on vous en saura gré et vous vous y employez utilement. Votre don pour faire coexister sans problème ce qui parfois se nuit et votre attitude temporisatrice vous aident dans vos choix : vous intervenez lorsque vos projets sont au point et assurés du plus large accueil.

Votre image sociale s’appuiera sur la qualité de votre intuition, vos facultés d’adaptation, votre foi dans le progrès et les dangers de l’immobilisme.

Comme vous préférez donner plutôt qu’accumuler, l’état de vos finances risque de souffrir de générosités au-dessus de vos moyens ou de l’oubli des contingences matérielles.

Si la société (ou votre entourage) n’est pas en mesure de recevoir l’élan que vous lui donnez, ou si quelques configurations malignes viennent perturber le bon aloi de vos ambitions, vous pouvez être vu comme le trublion qui se repaît de vent, l’empêcheur de danser en rond parce que vous tournez à l’envers, le boulimique uniquement préoccupé de satisfaire ses instincts, ou le faux naïf qui en veut au monde entier de ne pas le reconnaître comme le nouveau Messie.

Vous pourriez vous laisser aller à des générosités qui gêneraient le bénéficiaire plus qu’elles ne l’aideraient, ou bien intervenir avec de lourds sabots dans une situation où l’on n’a pas réclamé votre aide. Il ne vous resterait plus, alors, qu’à vous retirer sous votre tente avec l’amertume de l’incompris, au désespoir bruyant et vengeur !

Saturne en Verseau

Si les peuples heureux n’ont pas d’histoire, Saturne se charge de compliquer la nôtre et de la rendre fertile en événements. L’astrologie traditionnelle l’appelle le « grand maléfique » en souvenir du dieu qui mangeait ses enfants… ou du loup dévorant le Petit Chaperon Rouge ! Déconditionnons-nous de ces calamités en puissance et reconnaissons que, si Saturne est toujours quelque part pour nous compliquer l’existence, il permet aussi de passer du concret à l’abstrait, de découvrir ce qui se cache derrière les apparences, le pourquoi des événements, de nous donner le goût de la structure, un besoin d’absolu qui nous fait revivre nos quinze ans, leur inconfort et l’inquiétude latente des crises formatrices.

Saturne en Verseau n’échappe pas à la règle : il fait le point sur soi-même et les autres, prend conscience de la nécessité d’évoluer et de dégager des événements leur inconnu libérateur. Il cherche à communiquer pour atténuer le doute que l’isolement amplifie.

Si vous avez Saturne en Verseau et que rien, dans votre thème, ne vient contrarier ces tendances, vous pouvez, par exemple, atténuer la crise d’adolescence de vos enfants ou de ceux dont vous avez la charge, en expliquant qu’elle est normale et même nécessaire ; que l’esprit contestataire dont ils font preuve et qui refuse les modèles débouchera, plus tard, sur un épanouissement intérieur ; que, s’ils veulent être des individus à part entière et non le reflet d’une éducation, ils doivent faire le tri entre ce qu’ils peuvent assimiler et ce qu’il leur faut rejeter. Vous saurez, aussi, respecter leur silence en comprenant que le vocabulaire dont ils disposent est encore trop inadapté pour rendre compte de leur état. Vous pouvez, en attendant un complet équilibre, leur suggérer d’être des adolescents qui tentent d’assumer, sans romantisme excessif, une crise nécessaire à leur épanouissement.

Saturne en Verseau pondère votre réactivité ou votre enthousiasme, vous fait prendre conscience que l’on s’use parfois à défendre des causes perdues d’avance et qu’il faut se méfier de l’illusoire, au profit d’une connaissance plus approfondie des choses.

Si vous ne parvenez pas à faire coexister planète et signe dans un contexte cohérent, vous risquez de vous isoler dans un silence rempli du mépris des conventions, d’inventer des voies tortueuses pour refaire le monde et de refuser tout contact qui ne serait pas intellectuel.

Prenez garde de ne pas mépriser les plaisirs de la vie au profit d’une ascèse orgueilleuse qui vous couperait de la réalité ! Souvenez-vous enfin que le hasard est un maître et la fortune une dame aveugle que l’on doit saisir par les cheveux.

Neptune en Verseau

« Vous qui entrez ici, quittez toute espérance !  » a écrit Dante. La mémoire neptunienne restitue partiellement les informations enfouies, retient « l’air » et oublie « les paroles »… ou bien le contraire !

Si vivre Uranus n’a rien d’exceptionnel, espérer les cent-soixante-quatre ans de Neptune dépasse la raison. Selon certains récits, ce privilège serait réservé à des cavaliers ou des moines caucasiens, nourris de racines et de yaourts ! Ce serait payer par bien des privations une telle longévité… Heureusement, rien n’est moins sûr, et l’on peut constater, à travers ce propos, le flou neptunien qui enveloppe les faits d’un halo, et encourage à croire en des expériences secrètes pour lesquelles le temps ne compte pas.

Neptune et Pluton, dernières planètes du système solaire, déconditionnent l’individu des valeurs propres au milieu, et lui permettent de dégager du passé des vues d’ensemble dont les contenus sont implicites, mais inspirent des conduites futures et permettent ainsi de pressentir les événements.

Ces planètes suggèrent des croyances, des convictions et des idéologies collectives qu’Uranus intègre à l’échelle humaine, aux quatre-vingt-quatre ans de son espérance de vie.

Dans le passé, Neptune fut en Verseau de décembre 1834 à février 1848.

Voulez-vous que nous fassions un petit tour dans l’histoire de France pour rappeler quelques événements ?

En 1823 (au moment d’une conjonction UranusNeptune en Capricorne au sextile de Pluton en Bélier), un mouvement collectif naît dans les consciences. Avec l’entrée d’Uranus en Verseau (décembre 1828), il s’exprime brutalement pour aboutir à la révolution de Juillet (1830) et à l’avènement de Louis-Philippe. Le règne du « roi citoyen » est secoué par de nombreuses insurrections, car l’essor donné à l’industrie française entraîne, paradoxalement, la misère populaire.

En 1832, ce sont les journées du 23 au 26 juin. A l’issue des obsèques du général Lamarque, député de l’opposition, une manifestation a lieu qui se termine tragiquement : la Garde nationale massacre les insurgés, réfugiés rue du Cloître-Saint-Merri.

En avril. 1834, un soulèvement est organisé par les corporations mutualistes d’ouvriers et la Société des Droits de l’Homme, qui défend la charte de ses « droits naturels et imprescriptibles ». Élaborée en 1789, cette charte est remplacée par celle de 1793, elle-même remanié. en 1795. (Entre 1789 et 1795, Pluton est en Verseau !)

De 1834 à 1836, Uranus est encore en Verseau et Neptune y entre en décembre 1834 pour en sortir en février 1848. Pendant deux ans, ces deux planètes vont permettre de reformuler les espérances que l’on cherche à vivre et c’est à partir de ce moment que l’opposition se structure et pourra affronter avec succès les journées insurrectionnelles de février 1848, qui déboucheront sur l’instauration de la He République. Neptune, ayant terminé son oeuvre de visionnaire désacralisateur, peut alors sortir du signe : le mouvement est lancé, il ne s’arrêtera plus.

A partir de février 1998, jusqu’en décembre 2003, Uranus et Neptune se rencontrent a nouveau dans le Verseau. Pas d’espoir excessif ou d’affolement gratuit : ni l’histoire ni l’amour ne « repassent les plats » !

Si Neptune engage l’homme à s’intéresser aux mouvements collectifs, il façonne des conduites et signe des personnalités.

Si vous êtes neptunien, vous vous dégagez facilement des conditionnements sociaux pour tenter de vivre votre réalité intérieure. Vous êtes intuitif, généreux et crédule, parfois naïf. Vous projettez souvent vos impressions et pressentez parfois des vérités que vous avez du mal à formuler. Si vous transformez la réalité, c’est qu’un fait brutal vous émeut et que vous désirez prendre des distances pour amortir le choc.

En Verseau, Neptune s’ouvre sur l’avenir. Ses expériences prennent des formes idéalistes et il croit à ce « quelque chose en lui » qui ne se réalisera que grâce à l’effacement de sa subjectivité.

Dans l’inadaptation, on peut craindre le désir de recréer la vie à la lumière de ses propres fantasmes et, à cause de l’ambiguïté qui existe entre le réel et l’imaginaire, le sujet risque de se croire le saint ou le prophète chargé de révéler au monde ce que l’homme détient d’éternel et de profond.

Prenez garde, toutefois, en vous laissant aller au flou et aux remarques sibyllines difficiles à décrypter, d’acquérir une réputation de messie réformateur, qui vous valoriserait à bon compte aux dépens des « gogos » !

Pluton en Verseau

En Verseau ou ailleurs, Pluton et ses deux cent quarante-cinq ans et quatre mois dépasse non seulement la durée d’une vie humaine, mais encore ce que l’homme a pu laisser sur son passage. Pour ceux qui croient à l’Au-delà, au Jugement dernier et à la Résurrection des morts, c’est l’Eternité. Pour les autres, Pluton est un retour à l’informel, à la poussière et au silence, mais, dans cette longue course ovale, dans ce serpent qui se mord la queue, il y a l’éternel recommencement, la courbe, le cercle, l’oeuf initial : Pluton est peut-être une Lune… de deux cent quarante cinq ans !

En astrologie conditionnelle, Pluton est le multiple opposé au singulier, ce que nul récipient ne peut contenir, nos espoirs insensés ou nos répulsions inavouées, ce que les civilisations ont, peu à peu, apporté à l’homme et qui s’est déposé en nous comme un sédiment, l’origine de nos symboles… peut-être l' »inconscient collectif » cher à Jung.

Si l’on veut donner à Pluton une dimension humaine, on s’aperçoit qu’il est un signal difficilement intégrable, car sa connaissance se heurte à ce que nous ne pouvons savoir de l’inconnu. C’est la force profonde de nos pulsions informulées, cette immensité refoulée parce qu’elle fait peur ou honte et qui ne nous laisse en paix que si nous acceptons de la vivre.

Ceux chez qui Pluton domine recherchent une authenticité qu’ils ne trouvent qu’en eux-mêmes, car elle est rebelle à toute assimilation par le milieu et difficilement communicable. Pour épuiser cette immensité, ils auraient besoin de plusieurs vies mais, comme ils n’en ont qu’une, ils accumulent les expériences et leurs contradictions apparentes sont source de fécondité.

Le Plutonien ne s’intègre que difficilement au groupe ou à la société, mais il sait deviner, dans un monde qui change, les besoins futurs. Selon les autres dominantes du thème, il peut utiliser sa faculté d’analyse à rendre compte des événements, à vivre « dans sa peau » des situations variées ou à aider autrui à trouver un équilibre intérieur. Il fait le journaliste, le comédien, le psychologue ou le publiciste.

Dans l’inadaptation, Pluton a des curiosités malsaines, ne fréquente que les membres d’une petite chapelle qui tentent d’échapper aux normes sociales ; ses impulsions n’ont pas de règles et s’imposent dans leur brutalité. Elles peuvent faire le clochard ou le névrosé, le bagnard de la société ou le sorcier de l’invisible.


Comment interpréter les Signes dans les Maisons

L’homme, qui vit sur Terre à un endroit bien précis, a besoin de coordonnées se rapportant au sol sur lequel il se tient et à l’espace aérien qui l’environne.

Pour l’astrologie, votre lieu de naissance a une importance capitale. Il est déterminé géographiquement par deux coordonnées, longitude et latitude, qui définissent le méridien du lieu en question. Comme la Terre entraîne, dans sa rotation sur elle-même en vingt-quatre heures, tout ce qui est à sa surface, elle entraîne donc votre méridien de naissance. Avec un peu d’imagination, si vous prolongez à l’infini le plan de ce méridien, il va rencontrer le Zodiaque (cet anneau de Montléry où tournent les planètes) sur sa ligne médiane : l’écliptique… et vous voilà en rapport avec le cosmos ! Ce rendez-vous bien précis a lieu au Milieu-du-Ciel (M-C), le point où le Soleil se trouve à midi. A l’opposé, le Fond-du-Ciel (F-C) voit le Soleil à minuit. Nous savons aussi que le point où le Soleil se lève se nomme l’Ascendant (AS), et celui, opposé, où il se couche, le Descendant (DS). Le plan qui passe par l’Ascendant et le Descendant est l’horizon du lieu. L’horizon et le méridien coupent l’horoscope en quatre parties appelées « Quadrants » : deux sont diurnes et deux nocturnes. Chaque Quadrant est divisé en deux, ce qui donne douze Maisons astrologiques. Quand le Soleil se lève, il est à la pointe de la Maison I. A midi, il indique le début de la Maison X. A son coucher, on entre dans la Maison VII, et à minuit, il indique le début de la Maison IV. Si nous divisons en trois parties égales l’intervalle de temps qui sépare les Maisons ci-dessus, nous aurons les Maisons intermédiaires.

Pour terminer cet exposé un peu technique, nous pouvons dire que chaque Maison indique un rapport entre le lieu terrestre et le Zodiaque, entre l’homme et le ciel !

La signification des Maisons est fondée sur la différenciation des directions de l’espace. Cette notion est employée en phonologie et en graphologie. On aurait remarqué que l’oreille droite n’aurait pas les mêmes fonctions que l’oreille gauche, et que le rôle de la main droite serait différent de celui de la main gauche. S’il y a des différenciations dans les directions de l’espace, pourquoi n’y aurait-il pas des significations propres à chacune d’elles ?

Les graphologues prétendent qu’une écriture inclinée vers la gauche est signe d’introversion, de repliement sur soi, tandis que vers la droite elle exprime l’extraversion, un désir de contact avec autrui. Des « t » ou des « I » très montants seraient signe d’expansion, alors que des « p » ou des (j » très descendants marqueraient la concentration.

La tentation est grande d’appliquer à l’astrologie les mêmes significations : l’Ascendant allant avec l’extraversion, le Descendant avec l’introversion, le Milieu-du-Ciel jouant l’expansion et le Fond-du-Ciel la concentration. A partir de ces quatre pôles, on peut trouver des significations aux Maisons astrologiques qui seraient un mélange, en proportions variables, de ces directions.


Le Verseau dans les Maisons

Verseau en Maison I

Si nous regardons re schéma précédent, nous constatons que la pointe de la Maison I (l’Ascendant) est au maximum de l’introversion, avec une teinte de concentration. Certains auteurs prétendent qu’elle signerait la morphologie du sujet ; nous pensons qu’elle indique surtout ce que le sujet voudrait être physiquement, son idéal, sans tenir compte de son hérédité. Cela expliquerait peut-être pourquoi certaines personnes acceptent facilement l’épanouissement de leurs formes quand la mode est à la minceur, alors que d’autres se soumettent à des régimes alimentaires draconiens, aux dépens de leur santé et de leur humeur.

La Maison I est surtout le règne du je », qui privilégie la personne, ce que fait le sujet, ce qu’il désire ou ce qu’il exprime.

Avoir la Maison I en Verseau indique que c’est en soi que l’on peut trouver le ressort nécessaire pour évoluer, se transformer, physiquement ou moralement. Le caractère naturellement indépendant peut devenir versatile et l’optimisme foncier persévérer au travers des embûches de la vie jusqu’à devenir naïveté, refus de la réalité : on affirme que le ciel est bleu alors qu’il se couvre.

Verseau en Maison II

Le « je » est à égalité avec le « nous », et l’introversion égale la concentration. Le sujet prend conscience de sa dépendance à l’égard de la famille et de ses futures responsabilités. Ce Secteur engage à une indépendance financière ; il indique peut-être la manière dont le natif a vécu son adolescence et laisse augurer de sa future insertion dans le monde du travail.

En Maison II, l’influence Verseau peut inciter à une certaine fantaisie dans la recherche d’une situation et à se contenter de gains irréguliers. C’est parfois jeter l’argent par les fenêtres pour un service ou un cadeau, c’est refuser de perdre sa vie à la gagner, mais exploiter adroitement les circonstances pour ne dépendre financièrement de personne.

Si, dans le thème, d’autres configurations indiquent d’impérieux besoins financiers ou un amour immodéré du luxe, le Verseau, traqué par ses obligations, est capable d’inventer n’importe quoi pour y faire face, de bluffer sur ses capacités et de tenter le Diable plutôt que de le tirer par la queue !

Verseau en Maison III

Le « nous » est plus important que le « je », et la concentration est à son maximum, tandis que l’introversion diminue. Le sujet n’en est pas encore à se lancer dans l’inconnu : il aime les échanges avec les gens de son quartier, les voisins, les proches, les « copains ». Les affinités intellectuelles ont beaucoup d’importance et créent des échanges qui orientent souvent l’avenir.

La Maison III en Verseau fait augurer d’une certaine ambiguïté entre un fort attachement à l’entourage proche et un grand désir de s’en évader si l’on ne trouve pas, dans les liens que le Secteur précise, de quoi alimenter la curiosité intellectuelle.

Le natif peut ressentir le besoin de lutter contre ce qu’il croit être une limitation à ses ambitions et prendre le large, quitte à chercher toute sa vie à recréer cette ambiance qui le sécurisait sans le contraindre. Il peut aussi se bloquer dans le souvenir idéalisé de ces relations, ne supporter aucun contact et ne trouver, dans une vie sociale plus large, que motifs à aiguiser sa dialectique en ridiculisant ceux qui la vivent harmonieusement. Serait-ce le Secteur des « amitiés particulières » ?

Verseau en Maison IV

Le « nous » est plus fort que le « tu », la concentration est à son maximum et l’extraversion si faible que le « tu » s’imbrique dans le « nous ». La Maison IV est celle du foyer familial, la façon dont on a vécu celui dont on est issu et dont on envisage celui que l’on crée ; le second étant, le plus souvent, à l’image du premier. En prendre le contre-pied est, paradoxalement, exprimer différemment le même attachement.

Si la Maison IV est en Verseau, le sujet est capable de recréer ailleurs, même en exil, l’ambiance familiale. S’il le désire vraiment, son dynamisme obstiné vient à bout des obstacles. Il se peut aussi que l’indépendance foncière du signe rende moins douloureuse la frustration initiale. Pour le Verseau, le foyer est un endroit où chacun doit être libre, où les uns sortent quand les autres rentrent, et que les amis visitent à leur heure. Ne nous étonnons pas des drames familiaux que provoque un Verseau adolescent chez des parents pas forcément du même signe ! C’est en toute innocence qu’il agit ainsi : le cocon est, pour lui, quelque chose d’ouvert !

Verseau en Maison V

Le « tu » est à égalité avec le « nous », l’extraversion s’amplifie et la concentration diminue. Le sujet prend conscience de « l’autre », de sa faculté de plaire à quelqu’un d’étranger à la famille et d’être ému par lui. C’est le monde des affinités électives, du flirt, des relations amoureuses sans conséquences et sans projets. Par extension de l’instance vénusienne, ce serait le Secteur du pouvoir créatif de l’individu… et des enfants ! Adultérins, bien sûr, puisque le domaine du mariage fait partie du Quadrant suivant… La maternité étant la seule création que l’on accordait jadis à la femme, l’astrologue serait-il rétrograde et sexiste par tradition ? Évoluons, évoluons… car si cette création-là est, en effet, exclusivement féminine et si les femmes ont pu, de tout temps, procréer sans plaire, elles peuvent, maintenant, plaire sans procréer ! Ce choix fait partie, à notre avis, du domaine de la Maison VI qui n’apporte pas que des contraintes.

Le Verseau en Maison V incite le sujet à des sentiments vifs et à une sexualité qui se renouvelle en même temps qu’elle l’excite. Le tout est léger, porté sur des semelles de vent. Gai compagnon pour l’aventure sans lendemain, il laisse en général un bon souvenir. Si l’excitation récréative fonctionne sans frein, vous aurez le passionné d’une soirée qui promet tout sans rien tenir, le docteur Copelius qui crée, sur une rencontre, un idéal matrimonial, ou le fanatique du coup de foudre qui •vous menace du suicide au moment de l’apéritif.

Verseau en Maison VI

Le « tu » prend le pas sur le « nous » et commence à s’incarner en lui, tandis que l’extraversion domine la concentration. Il s’agit de faire un choix, de fixer son attention sur une personne dans le but de fonder une famille, avoir des enfants, avec tout ce que la particularisation peut comporter de limitations, de contraintes et d’espoirs sans réalisations. On a les désagréments du « tu » sans avoir les avantages du « nous ». Mais « l’autre » n’est pas seulement le partenaire amoureux, c’est aussi le confrère, le camarade de travail, le supérieur hiérarchique ou le patron, tout ce que nous pouvons rencontrer, dans la vie quotidienne of le travail, de plaisirs en puissance ou de servitudes consenties.

Avoir le Verseau en Maison VI implique que l’on peut trouver une source de dynamisme dans ce genre de rapports, que le train-train quotidien peut être rompu par une vue inhabituelle des situations et que l’entraide n’est pas seulement une vertu de scout, mais aussi un moyen d’aller plus vite en s’ennuyant moins !

Il se peut aussi que le désordre, la fantaisie et l’instabilité, qui sont parfois les défauts du signe, jettent la perturbation dans la bonne marche d’un service ou perturbent l’harmonie de rapports confraternels.

Verseau en Maison VII

Le règne du « ils » commence, mais le « tu » l’emporte encore. L’extraversion est à son maximum, alors que le désir d’expansion se limite à la relation à deux, qui s’élargit et se concrétise dans le désir d’asseoir des rapports sociaux fondés sur une union, une collaboration ou une association.

Pour la Tradition, la Maison VII concerne le mariage, qui est une légalisation des amours, réglant à la fois le comportement mutuel des époux et leurs intérêts pécuniaires. En affaires, elle renseigne sur les possibilités du natif d’associer ses efforts à ceux de quelqu’un d’autre ou le genre de collaboration qu’il peut mener à bien. Voilà le côté positif de la situation, ou le carnet rose du Secteur.

Dans la négative, c’est tout ce que la complémentarité, lorsqu’elle est mal comprise, peut engendrer de dissonant : les difficultés d’entente, les luttes… parfois même les procès ! En Maison VII, la société commence à mettre le bout de son nez dans les affaires privées… Le signe « fixe » du Verseau, tolérant les avis contraires (les sollicitant même, au besoin, par souci d’équité et source de renouvellement), est un associé libéral. S’il est équilibré, il attendra, pour conclure un accord, de mieux connaître son partenaire, car ses choix, une fois exprimés, sont souvent définitifs.

Dans une association, c’est lui qui invente et « l’autre » qui gère. L’inhibition hivernale en fait un partenaire loyal, même s’il pimente son action de quelques arabesques… Épousez un Verseau, vous ne vous ennuierez pas et il respectera votre liberté, comme vous devrez ménager la sienne ! S’il faut « pousser à la roue » pour sortir d’une mauvaise passe, comptez sur lui, il poussera ! Bien sûr, évitez le charmant farfelu ou la ravissante inconsciente qui sont capables de vous planter là sans laisser d’adresse et de ne reparaître que trois ans après… pour rechercher, chez eux, des allumettes !

Verseau en Maison VIII

Le « tu » égale le « ils », l’extraversion lutte avec l’expansion. La relation à deux est insuffisante à combler les désirs du sujet qui hésite encore à abandonner le dialogue pour le discours. Le besoin d’expansion sociale est ressenti comme une trahison à l’égard de l’atmosphère intimiste, jusqu’alors privilégiée. On n’ose pas l’expliciter, à peine en rêve-t-on ! Luttes intérieures, procès d’intention dont on croit être victime : la Maison VIII n’a pas bonne réputation ! La Tradition y mettait le sexe, les maladies graves, la mort… et tout ce qui fait peur ! En fait, ce que l’homme craint le plus est de se dépersonnaliser, de mourir à lui-même devant les impératifs de la collectivité. Son premier réflexe est de se boucher les oreilles. Puis il tente de résoudre le conflit en révisant ses modèles, qu’il choisit encore à l’extérieur : une personne représentative, un groupe de qui il attend, comme un dû, une prise en charge qu’il n’est plus en mesure de recevoir, ayant dépassé le stade où l’on est suffisamment souple pour se modeler, au sens propre du terme.

Le Verseau n’échappe pas à cette porte étroite. Les plus fragiles se débattent, épuisent leurs forces dans la révolte, critiquent les autres, leur chien, la politique ou la pollution, et lassent les appuis par maladresse. Les fortes personnalités montrent le visage souriant de ceux qui en ont vu d’autres et puisent dans l’épreuve la force de préparer une renaissance. Nul ne saura ce qu’il leur en aura coûté : on les enviera en les dénigrant !

Verseau en Maison IX

En Maison IX, le « ils » est encore imprégné des valeurs du « tu ». L’expansion approche de son maximum tandis que l’extraversion, qui se bornait à la relation de personne à personne, s’élargit au profit d’une audience plus vaste et d’intérêts de plus grande envergure. Le sujet résoud ici, selon ses possibilités, la crise précédente.

Il peut tenter de se fuir lui-même dans des voyages à long terme, de sublimer par une conduite héroïque les pulsions de la phase précédente, ou trouver dans une idéologie à la fois l’élargissement et la protection nécessaires. Il peut aussi remettre en question ses valeurs profondes, mesurer jusqu’où il peut « aller trop loin » et quels sont ses moyens de défense ou de réussite : c’est le voyage à l’intérieur de soi où l’on s’efforce de devenir une personne avant d’être un personnage.

En Maison IX, le Verseau n’est pas à court d’imagination. Subtil dans ses analyses, la « recréation » est son affaire. Sans illusions sur ce qu’il peut attendre des autres, il est suffisamment doué pour entreprendre, avec des chances de succès, une autocritique constructive.

Si l’indépendance le taraude, il est capable de faire le tour du monde de manière inédite, en quatre-vingts jours avec les Jets modernes… ou en trois ans avec des moyens de fortune. Soyez certain qu’il en rapportera une vue originale sur un sujet déjà rabâché. Mais s’il trouve ailleurs un climat plus adapté à ses exigences, il s’expatriera pour de bon.

On peut craindre néanmoins, chez les sujets passifs, soit l’ascétisme pratiqué au mépris de toute prudence, soit les débordements d’activité ou les générosités suicidaires qui mettent en péril la santé ou les moyens d’existence, au profit d’exploiteurs d’héroïsme ou de vendeurs d’illusions… qui se recrutent aussi parmi les actifs du même bord !

Verseau en Maison X

Le (je » s’estompe devant le « ils », l’expansion est à son maximum, mais teintée d’un début d’introversion. Ce qui veut dire que le sujet se met en valeur à travers son image sociale. C’est le monde socioprofessionnel, la situation, la carrière, la réussite, le moment où l’on construit son destin.

Vivre harmonieusement le Verseau en Maison X, c’est être conscient que la réussite passe par la reconstruction, avoir le goût des transformations vivifiantes dans le but d’un avenir meilleur, être réformateur dans l’âme et n’accepter, comme tremplin, que ce qui va mal. C’est aussi prévoir que l’on risque une impopularité temporaire ou définitive parce qu’on dérange les habitudes acquises, les gens en place et le confort du quotidien. C’est enfin, si l’on travaille pour les autres et selon l’issue de ses efforts, savoir accepter (sans trop d’aigreur) d’être celui qui a perdu, mais rarement celui qui a gagné.

On peut aussi faire passer le (je » dans le « ils », tenter d’aliéner les autres en imposant son propre modèle, être différent et proposer sa singularité. C’est aussi liquider les poncifs, renverser les situations, jouer le « chien dans un jeu de quilles » et se promouvoir par le passé recomposé.

Verseau en Maison XI

Le « je » est égal au « ils », l’expansion compense l’introversion.

Dans la multiplicité, le sujet a tendance à privilégier ceux qui sont en affinité avec lui et c’est par rapport à eux qu’il essaie de briller ou de réussir. Des échanges s’établissent autrement que dans une communauté, mais de personne à personne. C’est le monde de l’amitié, ce sentiment qui ressemble à l’amour, mais qui comporte une oblativité dans les liens de l’esprit dont la possession amoureuse est dépourvUe. Si le natif a tendance à la passivité ou à l’autoprotection, il fera de ce Secteur’ le monde des appuis et des protections.

Dans la Maison XI, le Verseau est chez lui ! Selon les sujets, l’oblativité peut devenir de l’esclavage et nécessite un effort dans la défense de la liberté. C’est être disponible aux confidences, envahi par les demandeurs et toujours sur la brèche quand les choses vont mal. Autant en faire son métier, ce qui explique que les psychologues ont souvent une dominante Verseau.

Si le sujet est passif, il emploiera ses relations à se faciliter l’existence et se fera des amis dans tous les milieux. A moins qu’il ne tire gloire de ses relations, de leur mérite ou de leur originalité, et remplace l’amitié par l’exploitation.

Verseau en Maison XII

Le « je » s’imprègne des valeurs du « ils » qui s’introvertit et se concentre.

La Tradition voit, dans ce Secteur, les potentialités de l’individu au dépouillement et à l’ascèse du Moi : ce serait le monde de l’impersonnel, les maladies psychiques et physiques, l’isolement, la prison, l’hôpital et autres calamités, qui sont le résultat d’une conduite ou l’influence des événements extérieurs. Ce serait plutôt l’indication des réactions subjectives à ce qu’il peut y avoir de contraignant dans la vie sociale, et la mesure dans laquelle le sujet est capable de se tester. En termes plus lapidaires, c’est la réponse à la question : « Comment puis-je être suffisamment expansif sans perdre mon identité profonde ? »

Le Verseau, en Maison XII, ne se sent pas prisonnier l’auto-analyse est son affaire. Dans le meilleur des cas, il est capable d’apporter à ses doutes vis-à-vis de la complexité une réponse claire qui lui appartienne en propre, et d’avoir le courage de reconnaître son handicap et de le corriger. Naturellement expansif, il révèle ses meilleures qualités dans le dialogue, à condition que celui-ci débouche sur des vérités fondamentales auxquelles il tient.

Si de fâcheux aspects planétaires viennent bousculer ce qui précède, il se peut que l’irretennue fasse bon marché de la réalité ; le Secteur inspire alors l’affirmation de vérités fumeuses, mal reçues par autrui, et engendre ainsi un isolement rempli d’aigreur ou un dédain du quotidien, de la foule et de ses intempérences.