
Le Signe du Scorpion
23 Octobre – 23 Novembre
par
Dorothée Koechlin de Bizemont
La Symbolique du Signe
Le Scorpion symbolise ce que nous détestons tous, ce scandale inadmissible : la mort.
D’où ce mouvement d’effroi, de recul, qu’inspire le signe.
Mais « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », dit la Table d’émeraude. C’est-à-dire : toutes les choses de la vie sont inscrites là-haut, dans les étoiles. Et comme la mort fait partie de la vie, elle est inscrite aussi dans le Zodiaque, les planètes et les saisons.
La mort est aujourd’hui le sujet le plus indécent qui soit. Et cela ne se fait pas d’en parler, c’est une chose honteuse. Et, pour l’oublier, on relègue les agonisants au fond de mouroirs baptisés « hôpitaux » ou « maisons de retraite », où il se passe, sous le couvert de la « Science » et de l' »Administration », des choses atroces, totalement inhumaines.
Aujourd’hui, la plupart des gens que vous connaissez, trop occupés à consommer, se moquent pas mal de la mort et de l’au-delà. Ils ont donc peu de chances de comprendre le symbolisme du Scorpion.
Le scorpion, animal utile ou nuisible ?
Et d’abord, qu’est-ce qu’un Scorpion ?
Au nord de la Loire, on ne connaît pas. Il faut descendre jusqu’à Valence, la limite de l’olivier, pour en trouver. Mais dans tout le Midi méditerranéen, le Scorpion est un animal très répandu. Celui qui vit dans le Sud de la France, le petit Scorpion d’Europe, brun jaune, ne dépasse guère 3 centimètres de long, et sa piqûre n’est pas dangereuse – moins que celle d’une guêpe —, en tout cas infiniment moins que la morsure de la vipère, qui est mortelle.
Le Scorpion d’Afrique, le grand souvignargue, tirant sur le gris-noir, est plus mauvais : sa piqûre peut causer des accidents graves, avec une vive douleur, une énorme enflure…
Enfin, il existe sous les Tropiques (et particulièrement en Indonésie) de terribles scorpions dont la piqûre fait mourir dans d’atroces douleurs (mais, dans ce pays, les araignées, les serpents, les insectes en général, sont tous plus venimeux que chez nous !).
Nombreuses sont les espèces de scorpions, et on n’est pas sûr, actuellement encore, de les connaître toutes !
Au XIXe siècle, on avait divisé les animaux en deux catégories bien distinctes : les utiles et les nuisibles. En toute bonne conscience, ce qui a permis de massacrer avec ferveur un grand nombre d’espèces superbes, maintenant disparues pour toujours.
Aujourd’hui, certains se rendent compte que tout animal a sa place dans l’écosystème, et son utilité dans la nature (ne pas confondre utilité et rentabilité financière !). Le Scorpion est probablement un animal très utile : il assure le service des poubelles et le recyclage des déchets… Il se nourrit de vers, de larves, de cadavres de tout petits animaux.
Sans lui, il y aurait probablement un pullulement d’insectes gênants. Attention, il n’est pas lui-même un insecte, mais un « arachnide », cousin des araignées, autres « mal-aimées ». Jadis, on préparait un médicament appelé huile de Scorpion. La recette est la même que celle de l’huile de vipère (voir le Guide de l’anti-consommateur). Le Scorpion, mort dans l’huile qui s’imprègne de son venin, communique à celle-ci des pouvoirs curatifs (paralysie, maladies des voies génito-urinaires, et aussi contrepoison en cas de piqûre par un Scorpion vivant). Je n’ai pas essayé, mais on aurait bien tort de mépriser la sagesse médicale des Anciens, qui appliquaient le principe homéopathique. « Soigner le mal par le mal ».
Le Scorpion, même pour les chercheurs d’aujourd’hui, reste un mystère. On ne comprend pas le secret de son extraordinaire résistance aux microbes : il n’est jamais malade. L’exceptionnelle teneur en cuivre de son sang n’explique pas tout : il doit contenir aussi d’autres éléments protecteurs, qui renforcent les défenses de la bête. On sait aussi qu’il consomme très peu d’oxygène, ce qui le rend moins vulnérable (par exemple, à la radioactivité).
Des expériences ont été menées au laboratoire du Muséum d’Histoire naturelle sur des centaines de pauvres scorpions auxquels on a fait subir toutes sortes de tortures pour voir ce qu’ils avaient dans le ventre : on a bouché sept poumons sur huit à ces pauvres bestioles. Eh bien, elles survivaient en économisant leurs mouvements, ne respiraient presque plus, économisaient leur oxygène, mais survivaient très longtemps. On les a affamées : certains scorpions ont tenu le coup sans manger jusqu’à trois ans et trois mois ! On les a mis au réfrigérateur, ces animaux des pays chauds : ils en ressortent indemnes, sans la moindre bronchite… On les a irradiés aux rayons : il leur faut cinquante à cent fois la dose fatale à un rat pour en mourir. On a essayé de les noyer : ils résistent plusieurs jours, même dans l’alcool…
Un animal qui s’accroche à ce point à la vie, je trouve cela émouvant, même s’il n’était pas très sympathique a priori. Le courage mérite d’être respecté. Je n’écraserai plus jamais de scorpions (d’ailleurs, dans le Midi, ils sont si peu venimeux que cela n’en vaut pas la peine).
Et, malgré toutes ces expériences « sadiques », la vie privée des scorpions reste mal connue. On sait qu’ils mangent en imprégnant leur proie de salive, puis en la broyant avec leurs pinces, enfin ils en sucent le jus. On sait que les femelles de certaines espèces pondent des oeufs, tandis que d’autres nourrissent les petits avec une tétine, dans une poche intérieure. Mais on n’a pas encore tiré au clair l’histoire du Scorpion qui se pique lui-même pour mourir. Suicide ? Affolement provoquant une erreur de tir ? On n’en sait rien.
Une conclusion s’impose : le Scorpion est un animal extraordinaire, d’une résistance fantastique, d’une vitalité à toute épreuve. Le courage, voilà la caractéristique première de l’animal, et toutes ses qualités sympathiques, ou terrifiantes, se retrouvent assez bien dans le caractère des natifs du signe. Mais aussi, comme dit un astrologue de la Renaissance : « Il est plus nuisible en qualité de signe céleste qu’en qualité d’animal sur la Terre« .
La mort à l’automne
Pourquoi avoir choisi le Scorpion pour « gouverner » la période qui s’étend du 21 octobre au 21 novembre (à un ou deux jours près suivant les années) ? Nul ne sait plus, l’association animal-saison remonte à la nuit des temps. Géniale synthèse d’intuitions caractérologiques et d’observations des phénomènes climatiques et zoologiques…
Novembre, c’est la mort apparente de toute végétation : les jours raccourcissent, les nuits s’allongent et deviennent interminables, c’est « Nacht und Nebel », nuit et brouillard, et Dieu sait que cette saison peut être pénible sous nos latitudes. Le froid et l’humidité vous pénètrent jusqu’aux os, les enfants commencent à tousser. Les premières gelées flétrissent les dernières roses.
Les occupations de novembre n’ont rien de gai : la fête des morts, la culture des chrysanthèmes, et la chasse, oeuvre de mort, quoi qu’on dise (et il y aurait beaucoup à dire là-dessus, Orion, associé au Scorpion, étant présenté comme chasseur type).
Dans le calendrier agricole de jadis, dès fin octobre on préparait les provisions pour l’hiver : châtaignes, salaisons, confits, charcuteries. On s’embarquait pour trois mois dans un voyage à travers le noir hiver et, parfois, la soudure avec le printemps ne se faisait qu’au prix d’un long jeûne forcé.
Mais la mort de l’automne n’est qu’apparente : il suffit d’attendre patiemment le printemps. Il se prépare déjà au fond de la terre, sous la couche de feuilles décomposées et dans le secret des graines. Toutes les religions anciennes parlent longuement de ce cycle Vie-Mort-Vie, auquel personne n’échappe.
Le Scorpion est donc un signe clé qui ouvre un nouveau monde. Il symbolise la mort « celle du corps qui rompt brutalement les attaches de l’entité humaine (…) d’avec le plan de la matière dense… La dissolution de l’état de conscience qui attache cette dernière au monde illusoire, sensoriel-personnel, dissolution qui peut s’effectuer aussi bien par le détachement initiatique. Le seuil que garde le Scorpion est celui de la mort, mais c’est aussi celui qui sépare la conscience phénoménale de la conscience nouménale, c’est-à-dire la conscience du manifesté, de ce qui paraît, de la conscience de l’intelligible pur ». Si je cite ce long passage de Marcelle Sénard, c’est qu’il rend justice au Scorpion, qui n’est pas seulement le signe de la haine et du désespoir, mais aussi celui de l’Espoir absolu. Espoir qui l’aide à survivre au-delà des pires épreuves, et des pires malheurs. Le Scorpion reçoit la « Foi », c’est-à-dire la confiance dans son avenir à très long terme. Mais s’il refuse le chemin qui lui est proposé, il tombe au fond du noir Tartare (il faut lire la description de l’Enfer dans un classique : Thérèse d’Avila, par exemple).
Le Scorpion, aigle et serpent
Dans toute la mythologie, le Scorpion est associé à l’aigle et au serpent. Cerbère, l’affreux chien à trois têtes qui garde le seuil des Enfers, est le fils de la vipère Echidna. Dans le Zodiaque égyptien, la constellation du Scorpion est figurée par une sirène autour de laquelle est enroulée un serpent. Et dans la mythologie égyptienne, le serpent Uatchet, selon Marcelle Sénard, est « à la fois l’emblème de l’Éternité et de l’œil de Râ, ou vision parfaite du créateur ».
Dans le Zodiaque d’Esné, le Scorpion est précédé d’un serpent à double tête, et d’un serpent ailé…
La signification chtonienne, c’est-à-dire « infernale » du serpent est associée à celle du Scorpion, au point que le serpent est perçu comme un autre visage du Scorpion.
Quant à l’aigle (ou au vautour), il est aussi associé à cette idée de décomposition, de mort qui permet une renaissance. Les grands rapaces sont plus ou moins charognards : si certains préfèrent la viande fraîche, ils ne dédaignent pas les cadavres, et certains se nourrissent exclusivement de charognes. Ils sont donc l’image de la pourriture, de la mort qui se transforme en énergie vitale.
Dans la plupart des mythologies antiques, vautours et aigles sont associés à la mort : le vautour comme symbole de celle-ci, et l’aigle comme symbole de résurrection. Alors que le serpent rampe à terre, – aspect bas et « vicieux » du Scorpion —, l’aigle plane dans les cieux, aspect glorieux du Scorpion qui a sublimé ses forces de mort.
Le Scorpion souffre profondément d’un « déséquilibre de potentiel » entre les forces d’en bas et les forces d’en haut, entre les pulsions de mort et les pulsions de vie, entre Thanatos et Eros. Entre ces deux pôles, il oscille sans arrêt, déchargeant son énergie alternativement dans un sens ou dans l’autre. Les psychanalystes ont insisté sur cette dialectique entre la pulsion « créatrice » et la pulsion « destructrice », qui existe d’ailleurs chez tout être humain, mais particulièrement chez le Scorpion. Subissant cette alternative, sans pouvoir toujours la contrôler, le natif l’impose à son entourage. Si le Scorpion harmonique détruit ce qui est caduc pour reconstruire plus solide et plus haut, le Scorpion dissonant ne peut pas s’empêcher de détruire —, y compris ce qui lui est le plus cher. D’où cette accusation de « perfidie » si souvent portée contre lui.
En tant qu’individu, il est toujours sur la corde raide, toujours menacé par une réalité souterraine inconsciente et puissante qui fermente au fond de lui, et qui peut entrer en éruption comme un volcan… sans prévenir !
A la fois aigle et serpent, luttant pour s’arracher aux bas-fonds reptiliens, pour s’envoler à la façon de l’aigle, le Scorpion est épisodiquement submergé par une vague de passions instinctives ; il est la première victime de ces forces obscures et impérieuses que l’ordre public et la conscience collective réprouvent.
C’est ainsi que le Scorpion, surtout le Scorpion–Vierge, essaie de masquer ces éruptions intestines, parce qu’elles contredisent les normes admises du « bien » et du « mal » de la société dans laquelle il vit. Voilà pourquoi on lui reproche d’être « faux-jeton » : porteur de telles forces instinctuelles, en particulier sexuelles, il a le choix douloureux entre libérer cette violence – avec tout ce qu’elle entraîne de tragédie et de marginalité – et la réprimer pour se conformer au système. S’il s’engage dans cette voie de l’auto-répression, c’est le Scorpion–Vierge inhibé dont l’être profond n’est pas en accord avec l’être social. Le reproche de « duplicité » ou de « perfidie » adressé aux pays arabes, ou bien aux Juifs dans un contexte antisémite, vient de cette ambivalence tragique, accentuée par le fait que ces peuples sont « sous le signe du Scorpion« . Mais en réalité, c’est toute la condition humaine d’être tiraillée entre l’aigle et le serpent.
Le Scorpion porte en lui les valeurs douloureuses de la mort, il vit en permanence en état de crise. Mais cette crise ouvre la voie à la connaissance de l’Absolu. La souffrance et la mort, c’est-à-dire le détachement du plan sensoriel, libèrent l’être vivant. Combien de gens disent être plus libres, plus heureux à quarante ans qu’à vingt, parce que la vie les a douloureusement obligés à se dépouiller de fausses valeurs qui les encombraient et les entravaient dans leur élan vital.
La crise du Scorpion débouche sur une prise de conscience plus grande, et aussi sur des pouvoirs spirituels plus étendus. Elle est comparable à l' »histolyse », c’est-à-dire la destruction naturelle des tissus se produisant spontanément chez les êtres vivants qui jeûnent.
On l’observe, par exemple, chez les animaux hibernants : les cellules malsaines sont détruites, dévorées par les saines, et l’animal, après cette période d’autodestruction interne, ressort régénéré et guéri (c’est pourquoi les animaux sauvages jeûnent aussi quand ils sont malades).
Ainsi le Scorpion, familier de la souffrance et de la mort, est-il porté vers des préoccupations métaphysiques. Il peut voir très loin, comme l’aigle. Firmicus (au ive siècle), écrivait : « Tous ceux qui naissent lorsque se lève la constellation du Scorpion seront, si les étoiles sont propices, des prophètes, des prêtres, des ministres du culte, des guides d’une religion. Ils sauront expliquer tous les arts divins par de savantes interprétations. »
Cette tradition de prophétisme et de mysticisme, qui remonte à la plus haute Antiquité, se dégrade au Moyen Age : on relèvera alors les potentialités négatives de cette familiarité avec l’Invisible. Le Scorpion devient alors le signe des sorciers, magiciens, jeteurs de sorts, des « sectateurs de Mahom », de ceux qui ont vendu leur âme au Diable. On pense à Goethe (Ascendant Scorpion), interprète d’un Faust qui ressemble comme un frère à notre signe, Faust qui mène des négociations serrées avec le Diable, au risque de se perdre. Mahomet, Luther furent Scorpion.
Ce signe a toujours été ressenti comme puissamment passionnel : il dégage un intense sentiment d’insécurité. Il est fait pour briser l’ordre public, pour rompre l’ordre établi des choses qu’il détruit en vue d’une re-création.
Ressenti comme une « valeur de fracture », il brise la trompeuse sécurité dans laquelle s’endormait le bourgeois satisfait. Le Scorpion oblige les autres à se renouveler, c’est un ferment de progrès, le levain acide dans la pâte. Sans lui, nous mourrions d’enlisement dans le traintrain ankylosant du quotidien… Le Scorpion est l’Homme révolté, le révolutionnaire qui se sacrifie à une cause pour le progrès de l’Humanité, progrès qu’il voit de loin, de son regard d’aigle perçant et visionnaire. Malheureusement, son prophétisme n’est pas toujours reçu positivement par les gens à courte vue. Lui-même est ressenti surtout comme une valeur de destruction – et rares sont ceux qui devinent que la destruction prélude à une renaissance. Et puis aussi, au cœur du caractère « chtonien » de notre animal, se trouvent les forces sexuelles de la libido. D’où la fascination qu’exerce le Scorpion sur son entourage, partagé entre la crainte et une attirance irrésistible.
L’eau lourde du Scorpion
N’avez-vous pas été étonné d’apprendre que le Scorpion était un signe d’Eau ? Car enfin, l’animal bien connu vit, de notoriété publique, sur la terre ferme…
Pourtant, bien qu’il fréquente les pays chauds, il n’aime guère se mettre au soleil, qui le déshydraterait. Il recherche les endroits humides, les trous, les failles, les fissures, les creux sous les pierres, et s’y cache tout au long du jour pour n’en sortir que la nuit tombée. J’ai même trouvé un petit Scorpion jaune dans mon lavabo à Venise : je suppose qu’il habitait dans les canalisations du vieux palais où je logeais.
Pour justifier cette étiquette « signe d’Eau« , qui peut paraître étrange a priori, il y a encore bien d’autres arguments.
La paléontologie, par exemple, donne peut-être raison à la Tradition astrologique : les premiers scorpions connus, les « protoscorpions » de l’ère primaire, étaient probablement des animaux aquatiques ; il y a de cela quatre cent cinquante millions d’années. Ces scorpions fossiles, les géologues les ont reconnus tout de suite, tellement ils ressemblaient à ceux d’aujourd’hui : les ancêtres, Proscorpius, retrouvés près de New York, et Palaéophonus, en Ecosse, ne différaient des actuels scorpions que par de minces détails (le nombre des segments de l’abdomen, par exemple). Le vrai Scorpion, Euscorpius, est apparu au Carbonifère, à peu près trois cent cinquante millions d’années avant notre ère, et n’a pas changé depuis, ce qui est absolument extraordinaire dans l’évolution des êtres vivants. Comme si le Créateur l’avait réussi pratiquement du premier coup !
Voyageur du fond des âges, immuable et méconnu, le Scorpion est symbole d’éternité. Il a piégé le Temps dans ses eaux noires, il en a fait son allié, et celui-ci travaille pour lui. Le Scorpion vit dans la permanence du Temps : il porte en lui le passé toujours vivant, et « voit » l’avenir dans lequel il vit déjà par ses projets. Pour lui, le Temps s’étire sans solution de continuité, sans se découper en tranches… Le passé n’est jamais « simple », et le futur est toujours « antérieur ».
D’où cette sensibilité particulière des signes d’Eau, si mal comprise par les gens du Feu et de l’Air, un peu mieux, peut-être, par les gens de la Terre (et encore !). Les gens d’Eau ont une perception particulière de l’Espace-Temps, qui pour eux est un fleuve permanent, non compartimenté, et dans lequel ils peuvent flotter aussi bien vers l’amont que vers l’aval. Ils ont ainsi une perception ultra-fine du milieu ambiant, ils sont extraordinairement intuitifs et fins psychologues, doués de pouvoirs médiumniques et supra-normaux. Porteurs de rêves aussi vastes que le Cosmos, ils abritent leur très riche monde intérieur sous une carapace dure (Cancer et Scorpion), ou sous des écailles plus ou moins osseuses (Poissons). Les signes d’Eau sont plus réceptifs qu’actifs, mais, cependant le Scorpion, sous la gouverne de Mars, planète de Feu, est le plus actif des trois signes (ce qui n’enlève rien à sa réceptivité).
L’introversion est générale chez les signes d’Eau : ils sont secrets. Si vous n’êtes pas capable de le deviner, notre animal se referme hermétiquement sur son eau intérieure. Scorpion secret, qui se tait sur ses motivations profondes, qui n’avoue pas ses amours, qui protège son territoire de toute investigation.
Immergé dans un milieu hostile ou pollué (alcool, sable irradié par une explosion nucléaire, etc.) le Scorpion animal s’isole complètement, et vit en circuit fermé sur lui-même, en attendant des jours meilleurs.
Il résiste pendant des jours et des mois. Il a la patience de l’Eau primordiale, la patience de l’Eau-Mère féconde, il compte sur l’Eternité. Etonnant animal, qui se moque de notre hostilité et de notre indifférence, et qui survit envers et contre tout…
Le marais du Scorpion
L’eau du Scorpion est fixe, c’est-à-dire stagnante : elle ne coule pas, donc elle pourrit. Mais il se passe quelque chose sous cette pourriture, un travail de transformation de la matière qui s’intègre dans les chaînes écologiques. La vasière fétide cache un monde de vie grouillante et souterraine.
L’eau du Scorpion est perçue comme immobile, eau pourrie qui tue la vie en elle, qui fermente et décompose, qui dissout…
L’eau du Scorpion est « maléfique », elle détruit ce qui doit être détruit, pour permettre la renaissance d’une nouvelle vie. On pense à l’eau-de-vie, issue de la fermentation, eau qui guérit ou tue, selon l’usage qu’on en fait.
Cette eau des marais, eau noire, « eau lourde, dit Gaston Bachelard, plus profonde, plus morte, plus ensommeillée que toutes les eaux dormantes, que toutes les eaux mortes, que toutes les eaux profondes que l’on trouve dans la nature », cette eau symbolise l’inconscient. L’eau du Scorpion, ce sont les forces instinctives qui sont à la racine de l’être, forces cachées et mal connues, dont seuls les rêves permettent de deviner la présence.
Le cycle zodiacal de l’Eau commence par l’Eau-Mère primordiale et féconde du Cancer. Au stade du Scorpion, cette Eau-Mère doit traverser un seuil douloureux, une porte étroite, une épreuve purificatrice : la mort. Enfin, au stade des Poissons, l’eau purifiée peut jouer son rôle cosmique dans l’immensité des océans, où elle symbolise le don gratuit de la charité universelle.
A l’heure actuelle, la plupart des astrologues attribuent l’eau des rivières au Cancer, celle des marais au Scorpion, et celle des océans aux Poissons. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, et les attributions des différentes « eaux » ont varié suivant les traditions astrologiques.
Dans la mythologie grecque, l’entrée des Enfers était située dans les marais d’Achérusie, en Épire. Les Anciens percevaient les Enfers comme une zone de marécages situés au-delà de l’océan, un pays sans lumière, noir et marécageux, le pays des Ombres, les « infernaux paluds », comme disait Villon, le royaume de Pluton. Cinq fleuves allaient se perdre dans ces marécages souterrains du pays des morts : l’Achéron, fleuve de la Douleur, le Cocyte, fleuve des Lamentations, le Phlégéton, le Styx, et le Léthé, fleuve de l’Oubli…
Ainsi, peu à peu, au cours des siècles, s’est précisée l’attribution au Scorpion de l’eau des marais.
En revanche, dans la tradition arabe, l’eau du Scorpion est celle de la mer, et ce sont les Poissons qui héritent des eaux stagnantes. Abraham Ibn Esra, écrivain juif de Cordoue, qui vivait au XIIe siècle, attribue « à l’escorpion toutes iaues qui courent et les iaues de la mer ; et [aux] poissons… toutes iaues puant » (traduction de 1273). Ainsi, dans la tradition qu’il rapporte, l’eau du Scorpion est mobile, et c’est, dit L. Aurigemma, une « manière d’expression de la féminité féconde du signe ». La profonde négativisation du signe que les siècles du Moyen Age opéreront fera virer la nature de « son eau vers des significations de corruption et de putréfaction ».
L’eau du Scorpion sera aussi perçue comme Eau de Feu, puisque Mars, maître du signe, est une planète ignée. En relation avec les volcans (autre entrée des Enfers), elle est aussi analogue à la lave brûlante qui coule du cratère et dévaste tout sur son passage (il existe d’ailleurs des « lacs de lave », dont le fameux Erta Alé exploré par Tazieff !). Les auteurs ont insisté sur les mystères terrifiants de cette eau très spéciale, eau-venin qui s’accumule dans la bête, et dont elle doit se décharger par un acte d’agression. Eau qui évoque le sang, la sueur, les urines, la liqueur séminale, eau empoisonnée par les déchets… En tout cas, eau non potable!
Le secret de la Lumière Noire
Le Scorpion est un signe nocturne, en accord avec les mœurs de l’animal, qui se cache dans la journée, et sort à la tombée de la nuit pour chasser et vivre sa vie.
Les natifs du Scorpion s’extériorisent difficilement, détestent le bluff et la poudre jetée aux yeux, le tapage. Pour eux, pudeur et efficacité veulent que l’on agisse discrètement sous le couvert des pierres sèches, mettant les gens devant le fait accompli !
Si le Scorpion a le goût du pouvoir, il a aussi l’intelligence de ne pas s’en vanter. En quoi il est complètement différent du Lion, dont la vanité le heurte profondément. Le proverbe préféré du Scorpion pourrait être « à bon vin point d’enseigne », ou encore « pour vivre heureux, vivons caché » (encore qu’il ne soit pas très doué pour le bonheur). Quant au Scorpion maléfique, on peut dire de lui : « Satan passe dans les ténèbres… »
Toute la symbolique du signe tourne autour de ce caractère « ténébreux ». Le royaume de Pluton est un royaume souterrain, où la lumière solaire ne descend jamais. Le mois du Scorpion voit les nuits s’allonger indéfiniment au détriment des jours. Et l’eau noire des marais scorpioniques ne laisse pas pénétrer les rayons du Soleil, qui la purifieraient !
Le Scorpion gouverne donc tout ce qui est caché : forces souterraines de l’inconscient, et en particulier sexuelles, forces du Mal qui poussent l’homme à détruire. Il symbolise nos « entrailles », et les « entrailles » de la Terre : volcans et souterrains, mystères de l’Inconnu.
Le Scorpion dissonant et malfaisant est tellement assimilé au Mal absolu que les adjectifs « sombre », « noir », « obscur » reviennent comme un leitmotiv sous la plume de la
plupart des auteurs… De la mienne aussi, je n’insisterai donc pas davantage. La chose essentielle à retenir, c’est que le Scorpion règne sur l’Envers du jour, l’Envers des choses visibles, la face cachée de la Terre. La Scorpion a le secret de la Lumière Noire.
La « fixité » tragique du Scorpion
Les quatre signes fixes – Taureau, Lion, Scorpion et Verseau – sont les piliers qui soutiennent le monde. Ils symbolisent la permanence, la stabilité, sans lesquelles aucune réalisation terrestre n’est possible. On les a très souvent associés aux quatre Evangélistes : le Taureau à Luc, le Lion à Marc, le Verseau à Matthieu ; il reste donc le Scorpion à Jean, symbolisé par l’aigle (qui représente les valeurs positives du Scorpion).
Les signes fixes sont des valeurs d’énergie et d’autorité. Le Scorpion fixe impose sa loi autour de lui, il lutte en vue d’une construction, d’une création, d’une oeuvre. Mais son originalité par rapport aux signes fixes, c’est qu’il doit détruire avant de reconstruire (voir le symbolisme de Pluton).
La fixité du signe donne au Scorpion un grand réalisme : les pinces sur la terre. Il est en prise directe avec la réalité, il a un sens aigu des possibilités, des obstacles à balayer.
Ce qu’il saisit entre ses pinces, il ne le lâche jamais. Comme les autres « fixes », il s’engage tout entier dans la réalisation de ses projets. Il ne fait rien à moitié. Il investit la totalité de ses forces mentales, affectives et physiques, dans son entreprise, et il luttera jusqu’au dernier souffle pour réussir. Il n’est pas facile de le faire renoncer. Comme le Taureau, le Lion et le Verseau, il tient bon, avec un acharnement qui force l’admiration. Ce qui le rend redoutable, c’est justement cette exceptionnelle charge énergétique qu’il porte en lui. Il ne fait rien à moitié, et met en toutes choses un sérieux de plomb… La peur qu’il suscite vient justement de cette violence martienne, de ce tonus renforcé par la fixité du signe. Si les trois autres signes fixes manquent de souplesse, le Scorpion trompe par sa flexibilité apparente : son réalisme l’oblige souvent à changer de méthode et de technique pour mieux atteindre l’objectif. Il s’adapte à la conjoncture – mais cet ajournement n’est pas pour autant un renoncement.
Les quatre signes fixes portent donc en eux une grande puissance énergétique : ils aiment ou détestent en bloc, passionnément, à la folie… Ils suivent leurs puissantes motivations affectives et deviennent violents si l’on dresse des obstacles devant eux. Le dialogue est difficile, voire impossible, avec ces caractères entiers, intransigeants. Le signe du Scorpion symbolise la profonde anxiété de l’Homme devant ces énergies naturelles mystérieuses et puissantes, ce monde des instincts primitifs qui risquent de le submerger en tant que conscience.
Le Scorpion est certainement le plus violent des quatre signes fixes, parce qu’il porte en lui une insoutenable tension interne : que l’eau soit « fixe » est tellement contraire à sa nature « courante », qu’elle ne peut que pourrir, fermenter, se décomposer. Elle libère ainsi les puissances de mort contenues au fond de toutes choses, et oblige le Scorpion à passer par une désintégration de lui-même – désintégration qu’il risque bien entendu d’infliger à autrui. Le Scorpion va donc beaucoup plus loin, beaucoup plus haut ou beaucoup plus bas que les autres signes fixes : il est appelé à traverser la matière décomposée pour atteindre l’Invisible. Si l’opération réussit, l’aigle domine et assume la matière. Si elle échoue, le serpent s’enlise dans cette matière même qui, privée de l’Esprit de vie, devient le royaume de Satan.
C’est pourquoi, depuis l’Antiquité, le Scorpion est associé à une condition « puissante et tragique » : il se voit attribuer des dons religieux et prophétiques, des aptitudes mystiques et extra-sensorielles tout à fait insolites… et terriblement dangereuses.
La féminité virile du Scorpion
La « féminité » du Scorpion est attestée depuis l’Antiquité. Au deuxième siècle de notre ère, Claude Ptolémée, reprenant une tradition très ancienne, affirme formellement que le « Scorpion est un signe féminin » – ce qui va avec sa caractéristique de signe d’Eau. La Femme est Eau, c’est-à-dire réceptivité, rêve, intuition, et, surtout, fertilité et fécondité.
L’enfant qui se forme dans le sein de sa mère est plongé dans l’eau du liquide amniotique, et la vie sur Terre est née de l’eau.
La Femme détient donc le pouvoir de donner la vie à l’enfant, mais aussi la mort. Et cela correspond bien au symbolisme du Scorpion, porteur de vie et de mort à la fois.
Le Scorpion porte en lui un malaise, une contradiction difficile à résoudre : ce signe féminin est gouverné par une planète hyper-virile, le symbole même de l’agressivité masculine : Mars (Pluton et Uranus, récemment découverts, et attribués au Scorpion, ne font qu’insister sur les valeurs masculines, métalliques et ignées).
Le feu de Mars, les flammes infernales de Pluton, la foudre d’Uranus, tout cela dans un signe d’Eau, c’est une centrale nucléaire sur le point d’exploser…
Ainsi le Scorpion abrite-t-il au cœur de lui-même deux sources d’énergie intenses, complémentaires et contradictoires. Car Vénus se défend. Elle règne sur le troisième décan du Scorpion, et sur le signe lui-même, symbole de sexe, symbole à la fois des forces viriles et des forces féminines qui donnent à l’homme un pouvoir créateur.
Ce caractère double, féminin-masculin, toujours perçu par l’entourage des Scorpions, est responsable de l’accusation de « duplicité » qui lui est faite (étymologiquement, duplicité veut dire double).
Les auteurs antiques étaient parfaitement conscients de l’ambivalence du signe et, dans leur esprit (aussi misogyne que leur époque), la duplicité du Scorpion est associée à sa féminité.
Hippolyte de Rome au me siècle de notre ère, dit que le Scorpion est un hypocrite, qui a un visage « virginal », c’est-à-dire l’air innocent d’une jeune fille, masquant un caractère « sournois, malfaisant, trompeur, porté à l’adultère, incapable d’amitié ».
Manilius, au premier siècle de notre ère, écrit : « Le Scorpion, sous le nom d’ami, sème les malheurs. » Cette accusation d’hypocrisie, de traîtrise, sera développée au Moyen Age, puisqu’à cette époque on établira une corrélation entre le Scorpion et Israël, en attribuant le signe à Judas. Pour beaucoup de théologiens médiévaux, Scorpion = Judas = le Diable. Malheureusement, on voit aussi apparaître dans les sermons l’association Femme Luxure-Diable-Scorpion…
La femme aux yeux bandés, sur la cathédrale de Strasbourg, c’est la pauvre synagogue, mise également sous le patronage du Scorpion. Le huitième signe sera attribué à la Dialectique, représentée dans la peinture italienne du Quattrocento par une femme tenant dans sa main gauche un petit Scorpion.
Il m’a toujours semblé, comme je l’expliquerai au début du chapitre sur la « caractérologie », que le signe était plus facile à vivre par les femmes : elles intègrent mieux les valeurs de Mars dans un tempérament féminin, que les hommes ; ces derniers assument très difficilement leurs puissances féminines. C’est ce qu’exprime aussi le langage courant qui dit : « une forte femme », ou « une femme virile », sans nuance péjorative, tandis que l’expression : « un homme féminin » ou « un homme efféminé » est perçue négativement. Nos frères du Scorpion ont beaucoup plus de mal que nous-mêmes à trouver leur équilibre affectif.
Le huitième signe et la Maison VIII
Chaque signe correspondant à une Maison sur la carte du Ciel, le Bélier correspond à la Maison I, et le Scorpion à la Maison VIII. Celle-ci retient les caractéristiques principales du signe : mort et sexe. Dans un thème, on consulte la Maison VIII pour tout ce qui concerne la mort du natif, ou la mort de son entourage (conjoint, enfants, parents… et héritages). La Maison VIII donne aussi une idée de la vitalité du sujet, et de sa sexualité.
Le chiffre 8 serait celui de l’équilibre cosmique. Le graphisme du chiffre arabe suggère le passage entre deux mondes – celui d’en bas et celui d’en haut – et la mort, figurée par l’étranglement au centre, est le passage étroit entre ces deux mondes.
L’emblème du Scorpion
C’est d’abord une jolie image de la bête : M stylisée, avec ses pinces, son abdomen à segments, et son dard caudal.
La Vierge a presque le même hiéroglyphe, dérivé de la lettre M, mais avec le dard retourné vers l’intérieur (voir au chapitre sur les Ascendants, le Scorpion–Vierge).
Selon Marcelle Sénard, la « lettre M symbolise l’Eau de l’Abîme primordial », d’où est née toute vie. En hébreu, la lettre M (Mem), signifie « La Mère », principe féminin par excellence. En accord avec ce symbolisme, la Vierge et le Scorpion sont des signes féminins, d’Eau, et négatifs (c’est-à-dire réceptifs).
Le dard du Scorpion, représenté comme une flèche, suggère « le développement de l’être dans l’espace indéfini » : c’est bien le portrait de notre animal zodiacal, assoiffé d’absolu, jamais satisfait, toujours en quête d’un Ailleurs qui n’est pas de ce monde. Ce dard fléché est l’image de l’énergie fondamentale qui pousse le Scorpion à aller toujours plus loin, toujours plus haut – toujours plus bas, parfois. Le Soleil en Scorpion, c’est un billet de voyage pour l’Au-delà… et aucun risque, aucun danger ne l’arrêtera.
Mais le dard est aussi une arme redoutable, porteuse de blessure, de souffrance et de mort. Comme le dit Marcelle Sénard, « le M fléché exprime le retour à l’état primordial par la souffrance et la mort. » Tout le symbolisme du Scorpion est là : la libération passe par la mort (et par la souffrance qui est, à des degrés divers, une mort psychique ou physique partielle). Tout être, pour s’accomplir, doit affronter sa propre mort, passage étroit au-delà duquel il retrouve la vraie Vie. Comme le dit encore Marcelle Sénard : « La Vierge, signe de Terre, de réceptivité à l’Esprit, correspondant à l’Incarnation, et le Scorpion, signe d’Eau, à la Rédemption, qui passe par la crucifixion de l’être incarné I. »
Notez aussi la similitude entre le dard du Scorpion et la flèche attachée au symbole de Mars : même idée d’ambition, de conquête, d’énergie.
Le territoire du Scorpion
Pays. Le Scorpion règne sur les pays arabes, les pays musulmans (qui ne sont pas tous arabes) et sur Israël. De façon générale, sur le Moyen-Orient.
Dans la Tradition, les pays gouvernés par le Scorpion ont énormément varié d’un auteur à l’autre (chacun, bien sûr, attribuant de préférence la bête à l’ennemi !).
Les listes données par les différents astrologues ne s’accordent pas entre elles, et il faut avouer que, dans ce domaine, la carte du Scorpion manque de précision. Seuls Israël et les pays arabes font l’unanimité. Les mouvements révolutionnaires, et les pays qui en naissent, semblent être sous l’influence de Pluton – donc du Scorpion.
Métaux. Mars, la planète rouge, est celle du fer. Les Scorpions ont de toute évidence les qualités et les défauts de ce métal : dureté, souplesse alliée à la résistance, grandes possibilités de transformation, adaptation à de multiples tâches… Suivant la Tradition chinoise, ne laissez jamais un aliment dans un récipient en fer : il se corrompt beaucoup plus vite que dans une céramique. On retrouve là le pouvoir de corruption, de décomposition, attribué au signe.
Le Scorpion correspond à l’Age de fer, le dernier des quatre âges de l’Humanité, suivant l’astrologie ancienne (après l’Age d’or, l’Age d’argent, l’Age d’airain). Cette tradition est reprise par l’Apocalypse et tout un courant mystique plus récent, qui voit dans l’Age de fer l’image de la « Fin des Temps », où Satan et les esprits mauvais sortiront des Enfers pour se répandre sur la Terre.
Outre ce métal, le Scorpion a des affinités avec les « radio-éléments » (radio-actifs) 89 à 104: l’uranium 92. le thorium, le plutonium, par exemple… Dans ces noms d’éléments récemment découverts, il n’y a pas de « hasard », mais une série d’intuitions individuelles ou collectives…
Pierres. Depuis très longtemps, on avait établi des correspondances entre les signes et les pierres. Luigi Aurigemma raconte que le « lapidaire du roi Alphonse X de Castille », au ‘clic siècle, avait attribué une pierre à chacun des trente-six décans du Zodiaque, ainsi qu’aux trois cent soixante degrés. Cela fait donc trente-trois pierres pour le Scorpion, et trois pour ses trois décans : corraline, topaze, et peut-être grenat.
Dans la Tradition arabe, c’était la sardoine et l’améthyste. Enfin, d’autres traditions attribuent au signe le rubis en priorité, d’abord parce qu’il est rouge – symbole du sang, du feu de Mars, et du cœur —, ensuite parce qu’il passait pour protéger et guérir des venins.
Couleurs. L’unanimité s’est faite sur le rouge et le noir, lumière et ombre s’affrontant dans le Scorpion.
Le rouge, symbole de révolution, convient très bien à notre « Scorpion révolté », ardent et contestataire, et traduit bien le feu interne qui le dévore à longueur de vie. Couleur de feu, de passion, et de sang… Rouge et noir forment un contraste violent, qui répond bien à l’âme tourmentée du Scorpion (mais je parle ici du Scorpion type pur, et surtout au masculin ; les Scorpions atténués se complaisent dans d’autres harmonies).
La rouille et le roux sont associés négativement au rouge. Couleur des feuilles d’automne qui vont mourir, couleur du fer qui s’oxyde, c’est aussi, dans la Tradition biblique, la couleur des traîtres : Esaü, par exemple, était roux, et la tradition veut que Judas l’ait été aussi… comme les frères pirates Aroudj et Khaïr-Eddin, dits Barberousse, et réputés fils « d’un rénégat sicilien ». L’empereur Frédéric Ier, Barberousse, autre génial pirate couronné, était roux lui aussi…
Plantes. Le cyprès, plante des cimetières, consacré à Pluton chez les Anciens, se rattache par là au Scorpion. Son feuillage noir et sa longévité en font un insigne de deuil éternel, mais il a d’importantes vertus médicinales. Ses indications principales sont justement les maladies du Scorpion : hémorroïdes, varices, troubles ovariens, métrorragies, ménaupause, énurésie, irritabilité, troubles de la voix…
La menthe naquit, selon la légende antique, d’une aventure de Pluton, grand coureur de jupons comme bien des hommes Scorpions. Le dieu des Enfers s’était épris d’une nymphe de Cocythe. Perséphone, femme de Pluton, folle de jalousie, la piétina furieusement, et Pluton, navré, ne put que la changer en pied de menthe ! Celle-ci a de remarquables vertus médicinales, en particulier antiseptiques, antispasmodiques, stimulantes des systèmes nerveux et digestif…
Pluton changea aussi une autre nymphe, Leucé, en peuplier, qu’il planta dans les Champs Elysées. Hercule s’en fit une couronne lors de sa descente aux Enfers : le peuplier est symbole de sublimation des mauvais instincts, de spiritualisation. Ses feuilles, colorées différemment à l’endroit et à l’envers, symbolisent aussi l’équilibre difficile entre les pulsions de vie et les pulsions de mort. Le peuplier est aussi un arbre qui aime l’eau, les marais… et Corot, peintre natif du Scorpion, l’a souvent représenté.
Enfin, d’autres plantes sont traditionnellement conseillées aux Scorpions : la mercuriale, l’achillée mille-feuilles, et la pivoine. La première ne s’emploie que fraîche, car elle perd ses propriétés en séchant ; la pivoine est cultivée comme plante ornementale, mais, peu commercialisée en herboristerie, c’est donc pratiquement l’achillée qui est la plus intéressante. D’autant plus qu’elle pousse partout.
Autres plantes aromatiques qui ont une affinité avec le Scorpion : le piment, le seringa, l’oeillet et l’origan, qui seraient pour lui aphrodisiaques, ou du moins stimulants.
Lieux. Le Scorpion, ainsi que son maître Pluton, gouverne tout ce qui est sombre, souterrain, secret, et qui a un rapport avec la mort : marais, étangs, lacs salés, volcans, régions volcaniques, puits, grottes, souterrains, carrières, mines, cimetières, gîtes fossilifères.
La Mythologie du Signe
Le signe du Scorpion apparaît dans l’astrologie grecque comme lié au mythe d’Orion. Voici toute son histoire.
Les malheurs d’Orion
Un jour, Zeus-Jupiter, en voyage sur la Terre, demande l’hospitalité à un vieux paysan appelé Hyrieus, qui le reçoit de son mieux en lui sacrifiant son unique boeuf. Tout en servant son hôte, il lui raconte ses problèmes : il est veuf, il n’a jamais eu d’enfant, et il a promis à sa femme, avant la mort de celle-ci, de ne jamais se remarier. Jupiter, touché, décide de lui faire plaisir : il lui fait enterrer la peau du boeuf pendant neuf mois. Au bout de ce délai, naît un enfant : Hyrieus l’appelle Orion et entreprend de l’élever.
Mais ce genre d’enfant, en l’absence d’une femme pour adoucir un peu cette matière brute, ne peut être qu’assez sauvage : il symbolise la brute primitive, la vraie bête fauve, qui vit de chasse et de rapines, un être purement instinctif – comme le Scorpion. Comme lui venu des entrailles de la Terre, Orion est rusé, méfiant, indépendant, ne connaissant pour loi que ses désirs.
Invité chez un ami, il attaque sa femme, la belle Mérope. Le mari, furieux, bien entendu, décide de se venger: il fait boire Orion et, lorsque celui-ci est complètement ivre, lui crève les yeux. Voilà Orion aveugle, tâtonnant dans l’obscurité en cherchant son chemin… On retrouve les ténèbres du Scorpion, accoutumé aux voyages dans la nuit, et aussi le besoin d’expiation, si souvent ressenti par les natifs du signe.
Un rebouteux conseille au pauvre Orion de tourner son visage vers le Soleil levant, dont la lumière est curative. Et voilà que la déesse Aurore l’aperçoit, en tombe folle amoureuse et lui rend la vue.
Le Scorpion a une très bonne mémoire, il n’oublie aucune injure. Aussi, à peine Orion a-t-il recouvré la vue qu’il n’a de cesse de retrouver le mari de Mérope pour se venger.
Chemin faisant, il fait la rencontre de sa vie : Diane-Artémis, déesse de la chasse. Il en tombe amoureux et, incapable de contrôler ses pulsions irrésistibles, recommence la même bêtise : il la viole presque en lui déchirant son voile. Le malheureux ne sait pas à qui il a affaire : Artémis, fière et puissante personne, se fâche, et pour se débarrasser de son agresseur, frappe le sol d’une colline, qui s’entrouvre ; il en émerge un animal de mort : le Scorpion. La bête poursuit Orion, le pique, et notre chasseur en meurt.
Mais le Scorpion détruit en vue d’une reconstruction, et lui-même meurt pour revivre. Artémis regrette son acte de vengeance et demande à Jupiter-Zeus d’installer Orion parmi les étoiles, pour poursuivre ses chasses : c’est ainsi qu’Orion est devenu une constellation. Comme le Scorpion, réfugié dans les étoiles après son oeuvre punitive.
On ne sait pas très bien comment l’animal Scorpion a été mis en relation avec la constellation, et avec l’automne. C’est l’une de ces intuitions collectives populaires remontant à la nuit des temps, et qui est tellement juste qu’elle a traversé les siècles jusqu’à nous, en gardant toute sa valeur. Scorpion-automne, y auriez-vous pensé ?
Le mythe d’Orion traduit poétiquement une forte réaction de l’inconscient collectif en face de l’animal : peur de la douleur, peur de la mort qu’il peut apporter, effet de surprise de son attaque (car on ne le voit pas venir, il sort des « entrailles » de la Terre, c’est-à-dire du dessous des pierres).
Le culte du Scorpion dans l’Égypte ancienne
Tous les cultes du Scorpion, égyptiens et aussi babyloniens, sont liés au monde « chtonien », c’est-à-dire du domaine de la mort. Ces cultes sont souvent associés à celui du Taureau (signe de vie), et aussi à l’idée du Mal.
En Egypte ancienne, le dieu Scorpion était primitivement une déesse (notre signe a toujours été perçu comme féminin). Elle s’appelait Serqet, ou Selkit, et elle était fille de Râ, le dieu Soleil.
Cette déesse protégeait les morts, et gouvernait leurs dents et leurs entrailles (équivalentes, pour l’Egypte, à ce que nous appelons le « cœur », habité par l’âme). Son nom signifiait : « circuit magique de la Vie ».
Mais un autre mythe est plus proche encore de celui du Scorpion zodiacal : c’est celui d’Osiris. Voici l’histoire résumée : Seth, juge des morts, est jaloux de son frère Osiris, qui règne sur l’Egypte. Il le tue, enferme son cadavre dans un coffre, qui flotte à la dérive sur le Nil. Isis, femme d’Osiris, tendrement éprise, après bien des aventures récupère le cadavre de son mari. Seth, furieux, découpe le cadavre en petits morceaux qu’il disperse aux quatre vents. Alors Isis part à la recherche des morceaux, qu’elle retrouve tous (sauf le membre viril !). Elle refait le puzzle, rassemble le tout, et l’embaume à la façon égyptienne traditionnelle. Elle veille ensuite la momie avec de longues lamentations… Et quelques incantations magiques.
Mais l’amour est tout-puissant : Osiris ressuscite. C’est lui, désormais, qui régnera sur le royaume des morts, et on l’assimile à Hadès-Pluton dont il est l’équivalent plus souriant et plus civilisé. Pour terminer l’histoire, le fils d’Osiris et d’Isis, Horus, le dieu Faucon (pensez à l’aigle du Scorpion), récupérera le trône de son père, régnera sur l’Egypte, et chassera l’affreux Seth. Plutarque raconte qu’aux environs des mois d’octobre et novembre, correspondant au signe du Scorpion, avait lieu une grande fête en l’honneur d’Osiris, pour commémorer sa résurrection.
Tout ce mythe, mort-renaissance, devient assez clair si on l’interprète à la lumière de l’astrologie. Une chose intéressante : Isis peut être assimilée au signe de la Vierge ; elle symbolise fidélité, dévouement, persévérance… Elle est douée de pouvoirs guérisseurs (le signe de la Vierge, comme celui du Scorpion, porte ses natifs vers la médecine). La liaison entre Vierge et Scorpion est bien indiquée dans le mythe, qui dégage un plus grand optimisme que celui de Pluton au Nord de la Méditerranée. Les Egyptiens, gens mystiques, moins pragmatiques que les Grecs, beaucoup plus tournés vers l’au-delà, mettent l’accent sur la résurrection, d’une façon presque chrétienne.
Le Scorpion dans la mythologie assyro-babylonienne
Dans le grand poème épique de Gilgamesh, le héros part en quête de la vie éternelle car il veut rejoindre son ami emporté par la mort. Il rencontre, dit Marcelle Sénard, des « hommes-Scorpions qui gardent les portes des monts Mashu, les « portes du lever et du coucher du Soleil« , celles du Taureau–Scorpion, qui conduisent aux eaux de la mort et à l’île des Champs-Elysées où coule la source de vie et de la purification – et où se trouve la demeure d’Ut-Napishti, l’ancêtre de Gilgamesh, l’immortel qui connaît le secret de la vie et de la mort. Les hommes-Scorpions, après avoir prévenu Gilgamesh des épreuves qui l’attendaient, lui ouvrent les portes du chemin du Soleil, et lui indiquent la voie qui, avant d’aboutir à la lumière, traverse des solitudes désertiques et des ténèbres profondes ». Mais les hommes-Scorpions referment les portes derrière Gilgamesh, empêchant à jamais son retour.
Pourquoi de nombreux tableaux religieux, des fresques, des dessins, des sculptures du Moyen Age et de la Renaissance représentent-ils le Scorpion comme emblème du peuple juif ? (On voit la silhouette noire de l’animal sur les boucliers, les armes, les oriflammes, les vêtements des personnages représentés comme juifs. C’est même la présence du Scorpion qui permet de les identifier comme tels.)
Dans la Bible, de nombreux passages traitent de « scorpions » ceux qui ont trahi l’Alliance puis, plus tard, ont refusé le Christ. Le Scorpion est donc, dans de très nombreux textes, le symbole de la révolte d’Israël, « peuple à la nuque raide ». Les qualités positives du Scorpion sont aussi celles du peuple juif : résistance invincible, foi indéracinable, énergie, et surtout cette faculté de renaître après chaque déportation. Les correspondances entre la Bible et le Zodiaque pourraient fournir une bibliothèque entière : les douze tribus d’Israël correspondent aux douze signes du Zodiaque, le Tabernacle inclut les quatre éléments (Terre, Feu, Air, Eau), etc.
Une question qui a beaucoup agité les érudits depuis vingt siècles est la question de l’étendard de Judas. La Genèse (chapitre XLIX, verset 10), dit : « Le Sceptre ne s’éloignera pas de Judas, Ni le bâton souverain d’entre ses pieds, Jusqu’à ce que vienne le Schilo… » Or Schilo, c’est un autre nom d’Antarès, le cœur du Scorpion. Le mot peut se lire aussi « Schuleh », ou « Schéol », et là, nous nous y retrouvons : le Schéol, c’est le séjour des morts. Mot très mystérieux, parce qu’on le retrouve ailleurs, sous une autre forme : le lieu-dit « Silo » où l’Eternel apparaissait à Samuel ; la piscine de Siloé, ou Jésus guérit un aveugle (et dont les eaux étaient médicinales)… C’est en référence à ce ver set de la Genèse que les artistes médiévaux ont dessiné un Scorpion sur les étendards juifs.
Mais on ne sait toujours pas à quelle tribu on doit attribuer le Scorpion : à celle de Judas, à cause du texte ci-dessus ? Ou à Dan, dont il est dit : « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, mordant le talon du cheval [le Sagittaire ?]. » Ne jamais oublier que serpent égale Scorpion, c’est-à-dire l’ensemble des traits les moins sympathiques du signe, tandis que l’aigle en représente les aspects spirituels et sublimés.
Le Symbolisme plutonien
Les avatars du Scorpion à travers l’Histoire
Dans l’Antiquité, la maîtrise du Scorpion était attribuée à Mars (ou Arès). On avait alors une perception essentiellement « martienne » du signe, mettant en évidence la force brute, la violence, l’agressivité sexuelle, l’aptitude pour le métier militaire, bref, un certain « machisme »… Mais on attribuait aussi au Scorpion, sous l’influence de Mars, les qualités traditionnelles du « guerrier » : courage, audace, générosité, ruse (celle-ci suivant les canons moraux de l’époque, était considérée comme très bonne).
Plus tard, dans la Tradition judéo-musulmane tous ces aspects positifs et négatifs de Mars seront conservés. D’ailleurs, Mahomet étant lui-même Scorpion, toute la tendresse du Coran va au guerrier, le combattant d’Allah dans la Guerre Sainte ! A cette époque, la typologie du Scorpion reste encore relativement proche de celle du Bélier, n’en différant que par la ruse et la duplicité qu’on lui attribue (ainsi que par les choses du sexe).
C’est au Moyen Age que le Scorpion devient la sale bête noire : le signe étant attribué au peuple juif, son symbolisme devient de plus en plus négatif, à cause de l’intoxication antisémite de l’Occident. Il se produit un glissement de sens dans l’interprétation : l’accent est mis sur la « perfidie » du Scorpion, devenu l’emblème de Judas, le traître (ainsi que l’atteste l’iconographie religieuse médiévale). Les qualités « martiennes » du signe sont perdues de vue, et l’on s’éloigne beaucoup du symbolisme originel de Mars.
« Le visage du Scorpion flatte. Mais sa queue pique. Armé de fraude, il fait du mal subitement. Adulateur insinuant dans son visage, il feint l’amitié. S’il s’approche, il est un ennemi perfide. » (D’après Alexandre Neckam, De natura rerum, écrit au XIIe siècle, et cité par Luigi Aurigemma.)
La découverte d’Uranus par Herschel’ (un Scorpion) en 1781, modifiera plus tard le visage du huitième signe. La nouvelle planète, exaltée en Scorpion, lui apporte l’espace, la révolution, l’amitié, la générosité sociale, les aptitudes scientifiques, bref, un ensemble de qualités positives et négatives qui modifient la typologie martienne traditionnelle.
Enfin, Pluton, découverte en 1930, deviendra le premier maître du Scorpion, reléguant Mars en deuxième position. Les astrologues ont pas mal tâtonné, hésité, discuté… Certains voulaient nommer Pluton gouverneur du Bélier. Il semble qu’aujourd’hui tout le monde, ou presque, soit d’accord : Pluton est parfaitement à sa place dans le Scorpion.
Cette fois, l’accent est mis sur les puissances occultes, les ténèbres, la bipolarité destruction-reconstruction, mort-vie. On est donc aujourd’hui assez loin du Mars d’origine, qui était sans mystères, ou presque, et quelque peu simpliste. D’ailleurs, le personnage du « guerrier » qu’il représentait est très dévalué dans notre civilisation.
Pluton, dieu du royaume des Ombres
Pluton a été découvert le 21 janvier 1930 par Lowell et son équipe, à l’observatoire de Flagstaff, en Arizona (États-Unis). C’est la dernière planète importante de notre système solaire, et la plus lointaine (actuellement connue). Bien entendu, elle est tout à fait invisible à l’œil nu. Elle n’est jamais qu’à 5 920 millions de kilomètres du Soleil, autour duquel elle tourne en deux cent quarante-huit ans. Pluton a des dimensions modestes : ses 5 800 kilomètres de diamètre en font une petite chose, finalement, comparée aux autres grandes planètes ; elle est bien moins grosse que notre Terre…
Pourquoi a-t-on appelé « Pluton » cette dernière-née du système solaire ? Les astronomes de l’observatoire firent un référendum pour lui trouver un nom. Et celui qui fut choisi – par hasard ! – fut « Pluto », nom du chien de Mickey Mouse !
Or, Pluton est justement le nom du dieu des Enfers, dont tout le symbolisme s’adapte extraordinairement à la planète en question.
Les prêtres astrologues de Babylonie et d’Egypte connaissaient peut-être l’existence astronomique de Pluton. Des textes anciens le laisseraient supposer. Mais cette connaissance n’était pas divulguée.
Dans la mythologie gréco-romaine, Pluton règne donc sur les Enfers. Il est le « Juge suprême » devant lequel comparaît après sa mort chaque être humain, pour être envoyé soit dans les Champs-Elysées (s’il a été bon), soit dans le noir Tartare (s’il a été mauvais).
Le royaume de Pluton est un monde souterrain, privé de la lumière du Soleil, un monde d’Ombres, dont très peu de mortels sont revenus. Ainsi coïncident de façon étonnante la mythologie et l’astronomie moderne : Pluton est une planète lointaine, c’est-à-dire éloignée du Soleil ; elle est inaccessible, et enveloppée de mystère. On ne sait rien d’elle, sinon que sa température serait voisine du zéro absolu, ce qui interdit toute forme de vie à notre connaissance.
Dans l’Antiquité, Pluton était ambivalent : maléfique-bénéfique, création-destruction, souffrance-bonheur : de lui dépendaient à la fois la mort et la vie. Avec ses ministres, Thanatos (la mort), et Hypnos (le sommeil), il régnait sur l’au-delà. Mais aussi, dieu de la fécondité agricole, il était invoqué comme tel par les paysans, qui le représentaient avec une corne d’abondance dans une main et des outils agricoles dans l’autre. D’où son nom latin de Pluto, du grec Ploutos, la richesse. (Mais le nom grec de Pluton est Hadès). Tandis que Jupiter, son frère, régnait sur le monde visible, lui, Pluton, régnait sur l’invisible, comme le gardien des trésors cachés. Aussi, la richesse de Pluton est-elle une richesse spirituelle, dégagée de la matière (qui s’oppose, sur le cercle du Zodiaque, à la richesse concrète du Taureau).
Pluton en Scorpion donne la clé du signe : l’acquisition de richesses spirituelles à travers la mort, réelle et symbolique ; une prise de conscience obtenue à la suite d’une crise violente et douloureuse, qui ouvre les yeux sur les réalités essentielles. L’être voit enfin tout dans la lumière absolue, il comprend tout, il a enfin la Science « du bien et du mal ».
Mais pour en arriver là, il a dû traverser une nuit obscure, un désert, vivre une saison en enfer où il s’est dépouillé de ses attaches avec la matière. Ainsi, les plutoniens sont-ils marqués par des épreuves, des tournants dramatiques, des ruines tragiques, dont ils émergent plus conscients, plus forts, plus solides que jamais.
Le symbole de Pluton est un cercle qui représente la matière ; au-dessus de lui, une barre représente la ligne d’horizon, et, au-dessus encore, le V de la victoire, ou encore les deux doigts en V qui conjurent le mauvais sort.
Le vrai rôle de Pluton est de spiritualiser la matière, de l’attirer vers l’En-Haut. Mais un Pluton vicié ou maléfique, dans un thème, produit l’effet contraire : il sépare la matière de l’esprit, et laisse celle-ci tomber dans le schéol, où l’être devient la proie de passions infernales et violentes.
Pluton est le symbole de toutes les pulsions instinctives en général, et sexuelles en particulier, qui donnent à l’homme sa force et sa puissance créatrice. Pluton symbolise l’inconscient, tout ce qui, en nous, est instinctif et secret.
Le mythe antique de Pluton raconte l’histoire de son mariage : le dieu des Enfers tombe amoureux de Proserpine (Perséphone), fille de la déesse des moissons. Alors que la jeune fille cueille des fleurs dans une prairie, Pluton surgit de la Terre entrouverte, s’empare de Proserpine, et l’entraîne vers les Enfers.
Déméter, déesse des moissons, cherche sa fille partout. Elle remue ciel et terre, en oubliant de regarder les Enfers, et finit par découvrir l’auteur du méfait. On négocie : finalement, Proserpine restera six mois sous la Terre avec Pluton et six mois au Soleil avec sa maman…
Proserpine, qui représente la végétation, la nature, la vie, ne peut exister sans Pluton, la mort. Les six mois de belle saison sont préparés par six mois de mort apparente où la végétation, enfouie sous la Terre, se prépare dans le secret à reverdir.
Pluton représente les pulsions irrésistibles du sexe. Mais il n’est pas la mort absolue, complètement stérilisante… puisqu’il laisse Proserpine remonter au Soleil la moitié de l’année ! Le symbolisme de Proserpine est celui du Taureau : l’éclosion de la vie printanière, tandis que celui de Pluton, analogue au Scorpion, est la mort automnale.
L’histoire ne raconte pas si l’union de Proserpine et de Pluton fut heureuse. Un homme Scorpion marié à une femme Taureau, voilà une combinaison qui ne marche jamais bien fort…
L’axe Proserpine-Pluton, Taureau–Scorpion, est l’axe de la « condition solaire », la nôtre. Toute la symbolique de Pluton tient dans cette insoutenable tension entre deux pôles opposés, entre l’en-haut et l’en-bas, entre la force génératrice et la force destructrice, entre les pulsions de vie (Eros) et les pulsions de mort (Thanatos).
Pluton s’identifie bien au signe du Scorpion qui, à la fois aigle et serpent, doit finalement choisir l’une ou l’autre.
Disposant de puissantes forces de création, qu’il ne connaît pas lui-même, le plutonien peut les mettre au service du meilleur ou du pire : comme le type Scorpion, il ira beaucoup plus loin que les autres dans la création et la conquête spirituelle… ou beaucoup plus bas dans la déchéance.
Pluton l’invisible règne sur notre Temps
Dans la mythologie gréco-latine, Pluton des Enfers portait un casque en peau de chien qui le rendait invisible. Notre Pluton astrologique règne symboliquement sur la décomposition, la fermentation, la désintégration de la matière. Il règne par exemple sur le pétrole, mystérieuse roche liquide née dans les entrailles de la Terre de la décomposition des forêts géologiques. Il règne aussi, bien entendu, sur le nucléaire.
Hadès fait remarquer que la découverte de Pluton a coïncidé avec les premiers travaux sur la fission nucléaire, suivis de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki. Les forces libérées par la désintégration de la matière relèvent tout à fait du symbolisme plutonien – et scorpionique.
Conformément au symbolisme de la planète, les premières expériences atomiques, à Los Alamos et dans les déserts du Nevada, furent menées secrètement : personne n’était au courant des projets qui se tramaient. Même les milliers de techniciens et d’ingénieurs qui y travaillaient ne reçurent qu’une information fragmentaire : Pluton agit dans l’ombre !
La première attaque atomique sur le Japon, en août 1945, avait été préparée secrètement : l’équipage qui transportait la bombe n’avait pas idée du genre de mort qu’elle allait semer. Les malheureux habitants d’Hiroshima n’ont absolument pas vu venir l’apocalypse qui leur tombait du ciel… Mais le thème de la ville ce jour-là était des plus sombres : les deux luminaires conjoints à des maléfiques, le Soleil à Pluton (!) et la Lune à Saturne. Le Milieu-du-Ciel de ce thème insolite est occupé par une conjonction explosive : Uranus–Mars. La conjonction Soleil–Pluton est en Lion : l’éclat du Soleil démultiplie la puissance de Pluton 2. Enfin, Pluton est sur le 9e degré du Lion : « Un chêne brisé par le vent [le souffle de l’explosion] ; au-dessous, le squelette d’une bête morte. » La Lune, sur le 16e degré du Cancer, est encore plus frappante : « Un éclair éblouissant. »
Toujours suivant le symbolisme de Pluton, mystère et invisibilité, les survivants d’Hiroshima ont dû affronter la mort lente, l’irradiation rongeant secrètement leur corps pour se déclarer brusquement, des années après l’explosion.
D’ailleurs, l’actuel débat sur le nucléaire est lui aussi marqué par le secret plutonien : les consommateurs sont-ils informés officiellement ? Non. Les techniciens d’E.D.F. eux-mêmes savent-ils ce qu’ils manipulent ? Non. De l’aveu même d’un certain nombre d’autorités scientifiques, personne ne maîtrise vraiment le nucléaire.
Il semblerait aussi que les phénomènes de pollution soient en relation avec Pluton : le Taureau, symbole de nature, subirait les effets destructeurs de Pluton, maître du signe opposé, lorsqu’il est en mauvais aspect avec lui (par exemple, Pluton en Lion, en quadrature avec le Taureau). La pollution est le fruit amer des conceptions matérialistes du siècle, d’un refus de l’Esprit, qui a conduit au mépris de la matière – et celle-ci souffre mille morts sous le règne de l’Homme prétentieux et brutal : c’est tout à fait le symbolisme de Pluton maléfique. La matière, séparée du souffle divin, tombe au pouvoir du Prince de ce monde, Satan (symbolisé par Pluton maléfique), qui ne rêve que de la détruire !
Le sexe, dont Pluton tient les clés, peut être, suivant le symbolisme de notre planète, la meilleure et la pire des choses.
La découverte de Pluton a coïncidé avec une révolution sexuelle, où l’on s’est libéré des inhibitions du siècle précédent. On a même fait remarquer que le trait de Pluton en Vierge, signe de stérilité, correspondait au développement de la contraception, et à la législation de l’avortement dans de nombreux pays.
Le natif « plutonien », marqué par un Pluton fort (conjoint à un luminaire ou dans une Maison angulaire, ou très aspecté), est doué d’une très grande séduction. Que Pluton soit bien ou mal aspecté, il bénéficie toujours d’une grande puissance sexuelle. Pluton symbolise non seulement le pouvoir de donner la vie physiquement, mais encore la vie spirituelle. Le plutonien utilise ces forces au service d’une création, et nombreux sont les artistes et intellectuels marqués par la planète. Mais il utilise aussi son pouvoir de « posséder » spirituellement autrui. S’il est doté d’un Pluton bénéfique, il provoquera dans sa sphère d’influence une nouvelle prise de conscience, aidant les autres à naître à une nouvelle vie. Si ce Pluton est maléfique, il risque de devenir un vampire spirituel, comme on en rencontre tant, fondateurs de sectes ou de partis, séducteurs qui attirent à eux les êtres mal fixés, pour les assujettir à leur service, aspirer leur substance vitale, leurs forces, et leur argent…
Les mauvais aspects entre Mars, Vénus et Pluton donnent des pervers sexuels, des sadiques, des assassins. Sade et Goya, qui avaient Pluton en Scorpion, étaient hantés par le viol, la torture, la mort… Sade est passé à l’acte tandis que Goya, plus heureux, a pu sublimer ses passions dans la peinture.
Le développement de la criminalité sexuelle, la montée inquiétante du nombre des viols seraient liés au transit de Pluton en Balance : Pluton déséquilibre le signe vénusien de la Balance, en faisant pencher ses plateaux vers le sombre Saturne (exalté dans ce signe). Saturne, symbole de la fin de toutes choses, et donc de la mort, est en mauvaise position près de Pluton dont il aggrave la dureté (sous de mauvais aspects). D’ailleurs, dans l’antique mythologie, Pluton, prince des Enfers, était fils de Saturne, le Temps, sinistre anthropophage qui mangeait ses enfants (suivant une tradition familiale remontant à Uranus, son père). Quelle famille de scorpions…
Le Scorpion et l’Amour
Impossible de traiter ce sujet en « unisexe » : femmes et hommes Scorpions sont tellement différents en amour que je ne peux qu’en parler séparément !
Le mystère de la femme Scorpion
Pourquoi les Scorpionnes sont-elles massacrées dans la plupart des manuels d’astrologie? Pour la décrire, cette Scorpionne, les bons auteurs d’astrologie sont embarrassés. On sent que le sujet les met mal à l’aise : ils ne prennent leur stylo que du bout des doigts, les genoux tremblants et des frissons dans le dos, comme si on les obligeait à entrer dans la cave de la sorcière…
En fait, je n’ai encore jamais lu chez les auteurs français de description à laquelle je me sente correspondre. La femme-Scorpion donnée comme type dans tous les manuels est… la Carmen de Bizet. C’est la célèbre cigarière qui déclare à son amant : « Si je t’aime, prends garde à toi ! » Cette jeune personne belliqueuse était-elle Scorpionne ? On n’en sait rien, pour l’excellente raison qu’elle n’a jamais existé ! C’est un personnage fictif, sorti tout droit de l’imagination de Georges Bizet, qui était, lui, un homme Scorpion ! Il a donc projeté sur Carmen son idée de la femme et ses fantasmes amoureux. Il a créé une « sorcière type », maléfique, comme la voient les hommes, et particulièrement les hommes Scorpions, qui prêtent aux femmes leur propre comportement devant l’amour.
Les livres d’astrologie sont donc souvent écrits par des hommes. Ils ont beau être très savants, ils n’en sont pas moins des hommes, à qui la féminité fait très peur.
Cette attitude masculine n’est pas sans raisons : les femmes Scorpionnes sont des super-sorcières. En tant que femmes, elles ont déjà un pouvoir exorbitant, celui de donner la vie. Si elles sont Scorpionnes, ce pouvoir physique se double d’autres pouvoirs occultes et spirituels inquiétants.
Certains théologiens actuels pensent que Lucifer se révolta, non pas seulement contre Dieu, mais contre sa toute dernière trouvaille, la femme.
Lucifer avait déjà une attitude très « homme Scorpion » devant l’amour… L’histoire se termina comme le raconte noir sur blanc l’Apocalypse : Lucifer Porte-Lumière dégringolant aux Enfers où il est devenu Satan. Depuis lors, son ennemie intime est, bien entendu la Femme ; il est le patron incontesté de tous les « misocrates » et « phallogynes » de la Terre, ainsi que de tous les mauvais hommes Scorpions.
Pour en revenir à la Scorpionne, personne n’est donc plus féminine qu’elle, personne n’est plus sorcière, personne n’a plus de pouvoirs occultes. Une familiarité intime avec la vie et la mort, une intuition extra-lucide des réalités secrètes cachées derrière les apparences, tels sont les dons redoutables qu’elle a trouvés dans son berceau.
Pas plus que les autres, la Scorpionne n’est épargnée par la souffrance et par la mort, mais peut-être en devine-t-elle mieux que les autres la signification cachée. Cela explique qu’elle soit victime de l’incompréhension générale.
S’il est tout à fait vrai que, pour un homme Scorpion, l’amour est une guerre, une conquête, une rivalité avec la femme aimée, il n’est pas vrai du tout que ce soit là la psychologie de la Scorpionne. J’expliquerai plus loin pourquoi, à mon avis, les uns et les autres sont très différents dans leur comportement amoureux.
Une bête vulnérable et obsédée de perfection
Etant non seulement femme, mais encore astrologue et surtout Scorpionne, je me sens donc capable de vous expliquer un peu « la bête » en question. Un peu seulement… Vous la décrire tout à fait, vous démonter ses rouages pièce par pièce en les étalant sur la table est impossible. Ce serait trahir notre corporation : nous avons besoin de mystère pour exister, comme les plantes qui préparent leurs fleurs dans le plus grand secret à l’intérieur des bourgeons.
Les Scorpionnes que je connais (et j’en connais beaucoup) me paraissent toujours extraordinairement consciencieuses, obsédées de perfection dans tout ce qui leur tient à cœur, et d’abord dans leurs amours.
Cette rage de perfection, cette grande angoisse de bien faire sont vraiment les caractéristiques essentielles de mes consoeurs. Elles se donnent un mal de chien pour que tout soit parfait, toujours et partout. Vivre avec une telle exigence d’absolu n’est pas facile. En contrepartie, elles n’ont guère de tolérance pour l’à-peu-près et la légèreté des autres signes.
D’où le comportement étonnant des Scorpionnes en face des hommes : elles sont capables de papillonner, d’épingler conquête sur conquête sur leur tableau de chasse… Et puis, du jour au lendemain, de se transformer en épouses ultra-dévouées et super-fidèles si elles ont trouvé vraiment l’homme de leur vie. En fait, la Scorpionne, que l’angoisse rend active et dynamique, n’en est pas moins un signe d’Eau fixe. Cela lui donne une grande persévérance dans la poursuite de ses objectifs amoureux, une ténacité tout à fait remarquable en face de l’usure du temps.
Ce qui les rend redoutables, ces perfectionnistes acharnées, c’est qu’elles sont capables de s’imposer les plus durs sacrifices pour atteindre le but qu’elles se sont fixé : elles sont implacablement efficaces… mais, à quel prix.
On parle aussi beaucoup de leur courage. Elles n’ont pas peur d’affronter de grands dangers, la pauvreté, l’opposition de leurs proches, la maladie et la mort pour défendre l’homme aimé. Je crois que le courage, très largement dévolu déjà aux hommes Scorpions, l’est encore plus aux femmes du signe.
Celles-ci ont beaucoup de combativité, mais leur entourage comprend mal la façon dont elles l’utilisent. A l’image du chat, qui ne dort jamais que d’un œil, elles sont toujours sur le qui-vive : « Je dors, mais mon cœur veille. » Une Scorpionne se sent toujours très vulnérable : elle vit dans un sentiment d’insécurité permanent, trop consciente des forces négatives qui guettent tout amour pour le détruire.
Rien n’échappe à son « œil en laser » : elle est comme cette petite héroïne de Christine de Rivoyre, qui disait : « Je vois tout, j’entends tout, et le reste, je le devine ! » Aussi flaire-t-elle le danger de loin, avant tout le monde. Si elle attaque alors, c’est pour se défendre. Mais les gens n’y comprennent rien. Ils disent : « Comme elle est agressive, pourquoi s’énerve-t-elle, qu’est-ce qu’elle va chercher là ? » Pour se rendre compte, quelque temps après, qu’elle avait bien vu venir le danger.
C’est une spécialiste de la défense anticipée – la plus efficace de toutes. Mais une Scorpionne qui ne se sent pas agressée n’attaque jamais.
Enfin, on parle beaucoup du sadomasochisme de mes consoeurs. Moi, j’ai l’impression qu’elles sont plutôt masochistes que sadiques. Les forces de destruction qu’elles portent se retournent très facilement contre elles-mêmes. Cela fait donc souvent un type de caractère peu dangereux pour la société, mais sujet aux accès de dépression.
Voilà qui nous amène au « Scorpion–Vierge » qui est, avec les Poissons, le Taureau et le Cancer, le signe le plus masochiste de tout le Zodiaque.
Rognez les pinces d’une Scorpionne, il vous reste une Vierge
Je me suis longtemps demandé pourquoi la réalité des gens ressemblait si peu à la théorie. Pourquoi tant de femmes bonnes, généreuses et estimées, que j’ai eu l’occasion de rencontrer, pourquoi étaient-elles censées être de répugnantes bêtes noires parce que nées entre le 22 octobre et le 22 novembre ?
Un jour, je suis tombée sur une explication d’André Barbault qui m’a paru tout à fait géniale. Le Scorpion, dit-il, lorsqu’il est inhibé, se ramène au type Vierge. Le symbole est presque le même. Mais le symbole du Scorpion sort agressivement son dard vers le monde extérieur, tandis que le symbole de la Vierge se retourne sur lui-même.
D’après André Barbault, si famille, travail et patrie empêchent le pauvre Scorpion de s’exprimer librement, il perd ses qualités et ses défauts typiques : son flair extra-lucide, son audace, son énergie révolutionnaire, ses obsessions sexuelles…
Le Scorpion bloqué devient Vierge : pacifique, conformiste, raisonnable, scrupuleux. Or, il me semble que toutes les contraintes familiales et sociales ont pesé beaucoup plus lourd encore sur les femmes que sur les hommes, et, a fortiori, sur les Scorpionnes.
Rares, rarisssimes sont les femmes de ma génération qui ont bénéficié d’une éducation suffisamment libérale pour leur permettre de s’épanouir suivant leur nature. Les pinces paralysées et le venin neutralisé (bien avant Pasteur), que faisait-on de plus inhibé qu’une Française du siècle ?
Quant à la liberté sexuelle, que notre société a toujours accordée généreusement aux hommes, seuls les Scorpions pouvaient en profiter largement. Pour nous autres, pas question : « Kinder, Kache, und Kirche » (enfants, cuisine, religion), on n’en sortait que sous la réprobation quasi générale. Hormis les rosières, les cuisinières et les révérendes mères, point de salut pour nous, Scorpionnes. Que la plupart de celles que l’on rencontre soient devenues Vierges, ce n’est pas étonnant : c’est plus confortable pour la société, et peut-être pour elles !
La Vierge ne milite pas au M.L.F., elle ne remet pas en question les structures de la société. Elle mitonne sa petite pelote au jour le jour, telle la fourmi de la fable. Son énergie s’applique à un champ d’action bien délimité, où elle poursuit ses objectifs amoureux avec – c’est tout ce qui lui reste du Scorpion ! – une ténacité absolue. Il n’est plus question, quand on est Vierge, de brandir le tison de l’autodétermination.
Toujours plus ou moins masochiste, la Vierge provoque inconsciemment le sadisme de l’être aimé, au point que la relation amoureuse sadomasochiste est tout à fait caractéristique du Scorpion–Vierge (aussi bien homme que femme et dans les deux sens de la relation). Si l’homme Scorpion éprouve une jouissance profonde à faire souffrir la femme aimée, il semble que le (ou la) Scorpion–Vierge en éprouve une sorte de sentiment de justice, comme si cette souffrance lui apportait une expiation libératrice… Il s’établit finalement un attachement pervers de la victime au bourreau, dont le Scorpion–Vierge aura le plus grand mal à se détacher.
Pourquoi Scorpions et Scorpionnes sont-ils différents en Amour ?
Les différences de caractère sont assez accusées, en amour, entre la femme et l’homme du huitième signe.
Tous les auteurs insistent sur la sombre violence du Scorpion, sur sa rage de destruction, sur sa perversité sexuelle…
Ça me laisse un peu rêveuse quand je pense à mes consoeurs du signe. Oui, je connais des hommes qui, par moments, ressemblent à ce noir portrait. Mais des femmes ?
Les abominables belles-mères et les épouvantables garces sont-elles plus souvent Scorpionnes ? Quand j’explore mes souvenirs, le venin et les coups de pinces dont j’ai eu à souffrir venaient plutôt de femmes Bélier, Taureau, ou Capricorne (jalousie et cornes pointues).
Je ne connais pas de noire Scorpionne, et j’aimerais tout de même que l’on m’en présente une, une fois. Donc, dans ce signe, les hommes sont beaucoup plus violents que les femmes. A cela, une explication évidente, à laquelle on aurait pu penser plus tôt : les femmes étant faites, par nature, pour donner et protéger la vie, il semble que, chez elles, les forces de vie l’emportent largement sur les forces de mort.
Il est bien connu des tribunaux et des assureurs que la violence, publique et privée, est une triste spécialité masculine (à de rares exceptions près). J’ajoute immédiatement qu’elle n’est pas réservée aux seuls Scorpions!
Le viol, la guerre, le meurtre et la chasse sont des jeux d’hommes. Les femmes, elles, se battent plutôt pour une amélioration de leur qualité de vie et pour assurer celle de leurs enfants.
Il est donc logique que le Scorpion soit moins violent au féminin qu’au masculin
A chaque signe correspond symboliquement une partie du corps. Pour le Scorpion, ce sont les organes génitaux, et chacun sait qu’ils sont différents selon les sexes. D’où cette évidence : le signe n’est pas du tout vécu de la même façon par les hommes et par les femmes. Je ne comprends pas pourquoi aucun traité d’astrologie ne signale cette différence fondamentale… un peu sexiste, mais le fait est là ! « Tota mulier in utero », disaient les Latins (la femme tout entière est dans son utérus).
Notez aussi que le symbole de Mars, exalté en Scorpion, qui signifie guerre et agressivité, est aussi le symbole de l’énergie masculine. L’énergie féminine prend une forme différente, moins voyante, et plus efficace.
L’homme Scorpion et l’Amour
L’homme Scorpion vit sa sexualité sur un mode agressif, tandis que la femme du même signe la vit beaucoup plus pacifiquement, peut-être grâce à une affinité profonde avec l’élément Eau du signe.
Notre Scorpion est un samouraï : il ne distingue pas l’amour de la guerre ! Il part tout armé à la conquête de sa belle. Il prend toujours la femme aimée pour un adversaire. Il n’imagine pas une seconde de se présenter sans armes devant elle… et se méprend ainsi sur la nature même de l’amour, qui est confiance et dialogue. Rien n’est plus loin de ces notions qu’un Scorpion amoureux.
Il compte sur son magnétisme sexuel, lequel est en effet irrésistible, pour « réduire à merci » la belle, pour conquérir l’objet de son désir violent. Pour lui, le sexe est pouvoir et domination. Il compte sur son savoir-faire physique, et sur son flair érotique infaillible qui sent le défaut de la cuirasse de l' »adversaire ». Le Scorpion sait toujours instinctivement quoi faire, il a une très sûre tactique amoureuse. C’est un grand stratège… et un très grand amant !
Mais il passe régulièrement à côté d’une vérité qui se retournera un jour contre lui : les femmes ont aussi besoin de tendresse, d’abandon, de confiance. Elles se lassent d’une trop grande agressivité sexuelle ; celle-ci ne va pas sans un certain mépris de la femme « chosifiée » par le désir et la volonté de puissance de l’homme Scorpion.
La cuirasse blindée de notre chevalier l’empêtre terriblement… Comme il n’est pas naïf et voit beaucoup plus loin que la plupart de ses confrères, il sent très bien que l’amour l’obligerait à se remettre en cause profondément, à se livrer à l’être aimé. Mais il veut prendre, il ne veut pas être pris ; il veut prendre, il ne veut pas se donner. Il a terriblement peur de donner sa tendresse. Il aurait l’impression de s’appauvrir…
Mais, le malheureux, ne sait-il pas que « bienheureux les pauvres » ? C’est-à-dire que la « pauvreté en esprit », qui s’appelle aussi confiance et simplicité, est la condition sine qua non du bonheur ? Il aurait l’impression de se perdre, mais seul celui qui a le courage de tout risquer a des chances d’en être récompensé au centuple. Or, en amour, il faut savoir perdre pour gagner. Vérités élémentaires que méconnaît notre Scorpion de choc, trahi par sa trop exigeante sexualité. Dans tous les autres domaines, il se donne à fond et sait assumer un maximum de risques. En amour, non, il blinde farouchement son cœur.
Ainsi sa relation amoureuse avec une femme est-elle une continuelle épreuve de force.
Chantages, menaces, violence, tout lui est bon. Les gentillesses, les larmes, les douceurs, les soumissions ne servent à rien avec lui, emmuré dans son orgueil. Votre complaisance et votre dévouement ne servent qu’à renforcer son sadisme, jusqu’au jour où il vous anéantira complètement. Il essaiera tant qu’il peut de vous réduire à l’état de meuble, et ne vous estimera que si vous lui opposez de la résistance. Il n’est vivable que si vous lui tenez constamment la dragée haute. Vos instants de faiblesse ne l’attendrissent pas du tout : il en profite pour reprendre l’avantage. Puisqu’on est à la guerre, voyons ! ne faites pas appel à son « cœur ». C’est justement cela qu’il vous refuse.
Il sera tendre avec ses enfants, ses animaux, ses amis… et jamais, surtout jamais avec la femme aimée !
Dans les Mémoires de Josette Clotis, qui fut la maîtresse de Malraux, on sent très bien la tendresse de cette femme se heurter continuellement à la dureté métallique de ce Scorpion : tout pour le sexe, rien pour le cœur (qu’il a mis ailleurs). Autre Scorpion : Abellio.
Dans Les Yeux d’Ézéchiel sont ouverts, on peut lire cette réflexion : « On ne s’attache qu’aux gens que l’on est incapable de faire souffrir. » Comment mieux exprimer le point de vue de l’homme Scorpion ?
Très peu de femmes sont capables de s’adapter à cette guérilla intime. Quelle fatigue, mes amies, et quelle tristesse, que d’être obligées de se méfier continuellement de son homme, d’être dures avec lui sous peine de ne pas être aimées… Peut-être est-ce vrai de toute relation humaine : « Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra », dit un ancien proverbe. Mais on a toujours l’espoir, ou l’illusion, en amour, d’échapper à ce dilemme, de pouvoir aimer « sur la Terre comme au Ciel ». Ce qui est vrai en général pour tout le monde l’est particulièrement pour les Scorpions. La règle d’acier est : en amour pas de cadeau.
Heureusement, tous les hommes ne sont pas Scorpions, et tous les Scorpions ne sont pas aussi durs !
La carte du Tendre a été inventée par une Scorpionne
Les rives sauvages de l’Amour séparent deux pays différents : la carte du Tendre ne montre pas la même topographie chez l’un et chez l’autre. D’un côté, les arides déserts peuplés de farouches cavaliers mongols, de l’autre, les jardins enchantés du Palais d’été… Pour la Scorpionne, l’amour est gai, triste, c’est peut-être la Longue Marche, mais ce n’est pas le défi de la cigarière, ni le sac de Rome par les Barbares… Comme le dit Madeleine de Scudéry, Scorpionne elle-même, dans la Carte du Tendre : « Vous voyez Sincérité, Grand Coeur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude, et Bonté qui est tout contre Tendre… »
S’il fallait qualifier le comportement amoureux des femmes du Scorpion, je dirais qu’il est « mystique » (ce n’est d’ailleurs pas un hasard si beaucoup de grands mystiques ont Vénus en Scorpion).
Elles cherchent toujours à se donner complètement, et jusqu’aux limites du possible. Dans leurs amours passionnées, elles mettent cette exigence d’absolu qui est le fond même de leur nature. Evidemment, c’est parfois lourd pour l’homme aimé d’être pris pour le Bon Dieu !
A la différence des hommes Scorpions, elles sont chaleureuses et donnent totalement leur cœur : elles aiment ou détestent en bloc, avec les tripes.
Mais elles sont perpétuellement assoiffées de tendresse. Elles en donnent un maximum, et en veulent autant. Je pense que c’est pour cela que Vénus est « en exil » dans le Scorpion : il est très difficile d’être heureux quand on en demande tant. La plupart de mes sœurs, à la fois profondément généreuses et profondément exigeantes, bousculent l’être aimé pour l’obliger à progresser vers une perfection idéale : elles ne supportent pas de le voir s’enliser et s’encroûter ! Elles voudraient monter avec lui au septième ciel, sur la montagne du Carmel, d’où l’on voit la Terre entière dans une lumière irréelle et mystique…
Mais le malheur des Scorpionnes c’est que les gens n’ont pas envie de progresser, ils préfèrent leur petit train-train médiocre et étriqué. L’Amour absolu les dérange bien trop. Les femmes Scorpionnes vivent donc avec un sentiment permanent que l’amour n’est pas de ce monde – et c’est pourtant la seule chose qui les intéresse vraiment !
Lorsque la déception les porte à la rupture, elles préfèrent trancher net un amour plutôt que de le voir mourir interminablement.
De toutes les femmes que je connais, ce sont celles qui sont le plus souvent déchirées entre cœur et raison, entre un être aimé à la folie et ce qu’elles croient leur devoir (elles tiennent beaucoup à leur code des valeurs morales).
Les Scorpionnes aiment l’Amour par-dessus tout
Pluton, maître du huitième signe, est censé accorder un magnétisme sexuel absolument irrésistible, comme une sorte d’aura dorée, qui subjuguerait nos victimes ! Mais je crains que celles-ci ne soient très consentantes.
C’est un fait : toutes les Scorpionnes que je connais ont un vif succès auprès des hommes. Je ne dis pas que ce sont des aventurières, des garces, je veux dire simplement que toutes apprécient la compagnie masculine : elles aiment parler, rire, travailler avec les hommes, et savent aussi établir avec eux des rapports d’amitié très sincères et très féconds sur le plan intellectuel et artistique.
On a beaucoup parlé du « complexe de la mante religieuse » chez les femmes du Scorpion. Elles cherchent à « mettre la main sur l’homme, afin de le dépouiller de ses prérogatives masculines, et de le réduire à leur merci… Il en est qui l’abaissent, l’amoindrissent, l’avilissent, le détruisent plus sûrement par la douceur que par la violence. [Elles ont]… un charme féminin narcissique infini, dont elles usent pour ravir les cœurs des hommes dans un but cruellement sadique. »
André Barbault, à qui j’emprunte ces lignes, reconnaît tout de même très honnêtement qu’il n’a pas souvent rencontré de ces démons femelles… Dans cette description, on retrouve surtout un vieux fantasme masculin : la peur de la sorcière castratrice. Et aussi la peur masculine de se livrer entièrement à l’amour, c’est-à-dire la peur de se livrer à Dieu (dont je parlais plus haut). Le citoyen moyen, consommateur et embourgeoisé, encoconné dans son égoïsme étroit, a une peur bleue de tout ce qui pourrait le tirer de là…
On ne peut pas comprendre la psychologie des femmes du Scorpion si on oublie cet arrière-plan mystique toujours présent : pour elles, l’amour est une expérience religieuse. Cette vision des choses, qui donne à l’amour une dimension spirituelle, explique que les femmes du signe s’y engagent avec un si grand sérieux.
Elles aiment passionnément, mais rarement. Très sélectives dans leur choix, très exigeantes, elles détestent la facilité et les amours bon marché. Elles, qui plaisent à tout le monde, tombent rarement amoureuses. Mais lorsqu’elles s’engagent, c’est totalement, et elles sont alors d’une fidélité et d’un dévouement absolus.
Mes consoeurs vous diront toutes que la guerre des sexes est la plus grande ânerie du siècle. Nous, Scorpionnes, avons d’autres méthodes, plus efficaces, et moins pessimistes.
Et puis, sans les hommes, on s’ennuierait sûrement à périr.
Les Scorpionnes se mettent toujours en frais pour séduire. Elles ne capitulent pas devant la vieillesse, et font jusqu’à la fin de leur vie un effort de coquetterie et d’élégance, car le symbolisme du Scorpion est « lumière et chaleur jusqu’aux portes de la mort », le Soleil étant une grande torche qui éclaire les noirs abîmes du royaume de Pluton.
Cette féminité durable s’explique aussi par le courage et la combativité du signe : plus on avance en âge, plus la beauté demande d’efforts et de lutte. Elle devient alors une victoire quotidienne sur les puissances de mort et de décomposition.
Les êtres qui vieillissent sont ceux qui se cristallisent sur leurs positions. La Scorpionne, toujours assoiffée de nouveauté, de progrès, de perfection (sous l’influence d’Uranus) aborde la vieillesse dans un état d’esprit jeune et curieux de tout. Vous avez l’âge de votre enthousiasme… De plus, Pluton, qui est « mort et renaissance », lui permet de refaire sa vie lorsqu’elle a été ravagée par un désastre, et cela très tard, même aux portes de la mort…
Je m’étonne toujours, en bonne Scorpionne que je suis (avec Vénus dans le signe), de voir des femmes renoncer à l’amour, quel que soit leur âge. Pour moi, c’est renoncer à la vie tout court. Comment peut-on vivre sans amour ? Et comment ose-t-on appeler cela vivre ?
Je ne peux pas m’imaginer que je serai un jour tellement décrépite – ou tellement amère – que les hommes ne m’intéresseront plus. L’amour reste pour moi la chose la plus importante du monde, quelle que soit d’ailleurs la forme qu’il puisse prendre. Je n’arrive pas à croire qu’il existe des femmes pour lesquelles l’amour n’est pas la priorité des priorités. Pourtant, j’en rencontre souvent, mais je les comprends de moins en moins.
A quoi reconnaître une Scorpionne, de l’extérieur ? J’en connais des blondes, des brunes, des rousses, elles n’ont pas de type physique particulier. Mais elles sont trop coquettes pour se laisser aller.
Moi, je les reconnais à leur enthousiasme, à leur vivacité, leur allant, le courant de sympathie qu’elles savent établir. Elles dégagent beaucoup d’énergie : cela se sent. Les astrologues disent qu’elles ont l’œil de l’aigle, aigu et perçant, qui vous déshabille le cœur d’un seul regard. Ce n’est pas faux, mais la vivacité de ce regard s’accompagne aussi de chaleur humaine, et d’humour, ce qui change tout. (Quant à moi, je fais très attention de ne pas regarder effrontément les gens sous le nez, parce que je n’ai pas envie qu’on me prenne pour un rapace – même protégé !)
J’ai quelquefois rencontré des Scorpionnes laides, mais la passion qu’elles mettaient à vivre et à aimer leur donnait un charme qui remplaçait largement la beauté.
Scorpions et Scorpionnes sont-ils de grands jaloux ?
La jalousie est vraiment le défaut satanique. Pourquoi Lucifer s’est-il révolté contre son Créateur ? Mais parce qu’il était jaloux ! Jaloux de la femme et des pouvoirs magiques que Dieu avait donnés à cette créature préférée !
Les Scorpions sont-ils jaloux ? Les pauvres bêtes sont censées avoir tous les défauts : on leur prête donc celui-là aussi. Mais il faut d’abord nous entendre sur ce que l’on appelle « jalousie ».
Car il y a une jalousie « normale » – qui est une inquiétude lorsqu’on sent l’être aimé s’éloigner, un chagrin lorsqu’il vous trompe, et un sentiment de colère contre celui ou celle qui l’a détourné de vous.
A mon avis, il n’y a pas d’amour que la jalousie épargne et, même dans la Bible, l’Eternel dit : « Je suis un Dieu jaloux. » Mais, à côté de cette jalousie « normale », il y a une jalousie obsessionnelle et diabolique, une jalousie qui prend ombrage de tout, et prétexte de tout pour se torturer et torturer l’être aimé.
Ces jaloux pathologiques ne supportent pas que l’être aimé ait droit à l’existence.
L’angoisse de frustration devient insoutenable chez eux et débouche sur la haine, la destruction et la mort.
De cette jalousie, hommes et femmes Scorpions sont capables – puisqu’ils sont capables de tout, du pire comme du meilleur !
Mais disons tout de suite qu’ils ne sont pas les seuls, et que les grands jaloux du Zodiaque sont plutôt les signes de Terre, signes de possessivité. Le premier prix revient au Taureau, suivi d’une courte corne par la Vierge et le Capricorne. Ceux-là battent tous les records, et n’ont pas assez de dynamisme affectif pour s’extraire de leur jalousie morbide, dans laquelle ils marinent des années durant.
Le Scorpion, qui allie les contraires, est à la fois un signe de possessivité et un signe de dépouillement. A la différence des signes de Terre, ses extraordinaires ressources d’énergie lui donnent la force de sortir de sa jalousie. Son intelligence aiguë lui fait toujours comprendre que celle-ci est un combat d’arrière-garde… Mystique, épris d’absolu, il est capable de se dépasser lui-même, de se dépouiller de tout ce qui l’entravait, et de rompre les amarres de sa jalousie en brûlant le vaisseau de ses amours ! Capable des plus durs renoncements, il sort de sa jalousie par une rupture brutale, ou un sacrifice total. Après quoi, l’être aimé est, pour lui, définitivement mort.
Le Scorpion au masculin, toujours très profondément affecté par une infidélité, n’oublie jamais : il a le plus grand mal à pardonner. Et pourtant, c’est un être généreux.
Il peut trouver en lui-même la force de pardonner, mais cet effort lui est surhumain.
Dans bien des cas, il cherchera à se venger et ça sera sanglant : son sadisme et sa rage de destruction ne s’arrêteront que lorsqu’il aura réduit son rival (et la femme aimée) à un petit tas de cendres biodégradable…
Parfois, le sadisme fait place au masochisme. On a alors un Scorpion trompé qui en « redemande » avec une sombre jouissance. L’humiliation agit comme une drogue amère qui stimule son désir. Les gens « normaux » n’y comprennent plus rien…
Chez le Scorpion jaloux, le mot clé est bien humiliation. Le Scorpion trompé n’est pas blessé dans son amour, mais dans son amour-propre, ce qui est beaucoup plus grave. Il est blessé dans la haute opinion qu’il avait de lui-même en tant qu’amant. Comme il prend tout au sérieux, voire au tragique, il a l’impression qu’on s’est moqué de lui, et ce crime de « lèse-Scorpion » lui paraît impardonnable.
En fait, comme le Lion, il est jaloux de sa puissance, de son pouvoir, qu’il refuse de partager avec quiconque, à plus forte raison avec la femme aimée et avec un rival.
Et la Scorpionne ? Deux cas seulement peuvent se présenter : soit nous possédons tranquillement l’être aimé ; soit, à la suite d’une crise qui ne nous a pas échappé, « il » commence à nous tromper. Dans ce cas, nous avons une réaction énergique : nous accordons au coupable un très court délai de grâce, puis, si le monsieur s’obstine dans sa tromperie, c’est la rupture, dont nous prenons, bien sûr, l’initiative. Dans ce dernier cas, le monsieur s’acquiert à jamais le mépris de sa scorpionnidée.
En général, si l’une de mes consoeurs se sépare d’un homme, c’est qu’elle l’a bien voulu. Les Scorpionnes prennent l’initiative des ruptures – avec courage et décision (et il en faut, parfois, quand on est un signe d’Eau sentimental).
J’ai connu des malheureuses Vierges et Taureaux qui « barbotaient » des années dans un marécage de jalousie. Trop passives, pas assez dynamiques, manquant de courage, elles n’arrivaient pas à s’en sortir.
Cela arrive rarement chez les vraies Scorpionnes, que l’énergie pousse toujours à aller plus loin (c’est à cela que sert la planète Mars dans le signe). « Si ton œil te scandalise, arrache-le » est tout à fait une maxime de Scorpion.
La jalousie chez une femme naît d’un sentiment profond de frustration et d’impuissance, d’un manque de confiance en soi et dans ses moyens de séduction. Mais nous autres, Scorpionnes, nous avons des moyens, et nous le savons très bien. Et, d’abord, notre troisième œil, qui nous permet de flairer très vite ce qu’on veut nous cacher. Ce n’est donc pas si facile que ça de nous tromper, même si nous faisons semblant d’être dupes devant le monde.
La jalousie est un combat d’arrière-garde. Mieux vaut prévenir les crises, et les Scorpionnes, extrêmement actives et réalistes, ne sont pas du tout du genre à se croiser les bras en pleurnichant « Maman ! », pendant que la situation se dégrade lentement.
Avec elles, on ne s’ennuie jamais : elles ont un art d’enquiquiner leur bonhomme, de le pousser, de le tirer, de l’asticoter, de lui faire du cinéma, qui évite à coup sûr la monotonie (ennemie numéro un des couples !). Le monsieur n’a vraiment pas le temps de s’embêter. Et si, par hasard, il divorçait de son bourreau préféré, il n’aurait qu’une idée : en retrouver une autre, exactement pareille ! A moins de regretter à vie la première…
Je ne serais pas équitable vis-à-vis des hommes Scorpions en laissant penser qu’ils sont seuls à être capables de noire vengeance. Certaines Scorpionnes aussi peuvent être terribles.
Les femmes sont sans pitié pour l’homme qui les a blessées et trahies, et la femme Scorpion ne fait pas exception. Les signes de Terre et les signes fixes sont trop peu souples pour pardonner facilement (sauf, peut-être le Verseau). Mais Lion, Taureau, Vierge, Capricorne et Scorpion, c’est vraiment la mule du Pape.
Les femmes sont davantage portées aux vengeances violentes lorsqu’elles vivent dans des sociétés primitives où elles sont déconsidérées et écrasées. Encore aujourd’hui, les matrones méditerranéennes de certains pays, que je ne nommerai pas, manient adroitement le poison. Est-ce le Scorpion, ou est-ce la contrepartie d’une tragique situation d’esclavage faite à la femme ? Les esclaves n’ont plus alors d’autres moyens pour se défendre que la crainte occulte qu’elles inspirent aux hommes.
C’est tout un cycle tragique : oppression, vengeance, crainte.
Le Scorpion pervers
Pourquoi faire simple, alors qu’on peut faire compliqué ? Telle est, en amour, la maxime préférée du Scorpion. Cela peut être positif : l’inventivité permanente empêche l’amour de s’enliser dans la monotonie. Mais chez le Scorpion dissonant, et masculin, l’inventivité peut devenir incroyablement perverse.
Donc, plus notre animal fait compliqué, plus il est content : cela tient à sa nature interne, tissée de contradictions : être à la fois un signe d’Eau féminin, et gouverné par Mars, masculin, c’est terriblement inconfortable. Etre d’Eau et fixe, voilà encore une autre contradiction difficile à vivre.
Si la femme du Scorpion réussit souvent à intégrer ces valeurs viriles dans sa féminité, l’homme Scorpion réussit beaucoup moins bien l’opération contraire.
Le Scorpion dissonant, au masculin, est souvent un obsédé, ou un pervers. S’il n’a pu surmonter son angoisse profonde, il tente de s’en délivrer par une course effrénée au plaisir, espérant noyer ses pulsions de mort dans d’intenses passions amoureuses. Mais celles-ci ne font que creuser sa faim d’absolu et son angoisse existentielle ; c’est comme un trou sans fond qu’il ne réussit jamais à remplir, le vrai tonneau des Danaïdes !
Oscillant entre les pulsions de mort et les pulsions de vie, le Scorpion dissonant, incapable d’intégrer les premières dans une vie constructive, et incapable de choisir entre les deux, les associe donc, et le résultat peut être aussi étrange que terrifiant…
Le Scorpion dissonant a besoin de mort pour s’exciter sexuellement, ce qui l’amène à des perversions peu appétissantes : ainsi la nécrophilie. Le représentant le plus célèbre de cette macabre corporation est François Bertrand, dit « le sergent Bertrand », Scorpion Ascendant Scorpion de son état astral. Ou alors on trouve le sadisme assassin de l’impuissant qui a besoin de torturer sa victime pour arriver à jouir. Exemples fameux : Fritz Haarmann, dit « le boucher de Hanovre », Scorpion Ascendant Taureau, Joseph Vacher, dit « Vacher l’éventreur », Scorpion Ascendant Vierge…
Le Scorpion dissonant a besoin de mort et de souffrance pour exister, celle des autres, et la sienne aussi. Il s’embête dans une atmosphère de paix et de sérénité ; il fera l’impossible pour semer le grain de sable qui fera dérailler la machine. Tout ce qui est drame le stimule, aussi sème-t-il exprès la catastrophe et la mort autour de lui, histoire de se sentir vivre !
En amour, c’est le virtuose de l’amour-haine, ambivalence de sentiments très humains – mais consciente et organisée chez lui. Dans la guerre des sexes, la plus idiote de toutes, il a ses galons de généralissime !
Je n’ai pas rencontré personnellement d’éventreur ou de nécrophile, mais beaucoup de sadiques au petit pied. Une très jolie phrase d’Homère me revient en mémoire : « Je crains les Grecs, même quand ils arrivent les bras chargés de cadeaux » (Timeo Danaos…). Elle pourrait s’appliquer parfaitement au mauvais Scorpion masculin. Il est incapable de vous offrir un bouquet de fleurs sans glisser une aiguille dedans. Incapable de vous faire un plaisir ou un cadeau sans cracher en même temps le venin qui détruira votre joie. Un mot dur, visant perfidement le point sensible, et vous voilà démoralisée pour la journée. Il le voit, et ça l’amuse follement ! Le spectacle de votre douleur, physique ou morale, le fait intensément jouir ; elle le stimule. Et plus vous pleurez, plus il est content. Il a le génie de vous proposer des services qu’il vous fait ensuite payer au centuple en embêtements. Que vous existiez, et soyez heureuse, est pour lui intolérable : vous lui échappez par votre bonheur même. Il fera tout pour le détruire, afin de vous mettre en son pouvoir. J’ai connu des Scorpions de ce genre ; il n’y a rien d’autre à faire que s’enfuir. Les rendre jaloux n’est pas la bonne solution ; ou bien ils ont la jalousie sadique, et sont alors capables de tuer, comme je l’ai dit plus haut, ou bien alors, puisqu’ils ont besoin de souffrir pour se rendre intéressants à leurs propres yeux, ils se complairont dans une jalousie de voyeur, supplice exquis qu’ils entretiennent avec rage. Certains sont masochistes, comme ce pauvre Masoch (Saturne en Scorpion), qui avait besoin de Vénus fouettant et cravachant. D’autres trouvent dans les sex-shops tout ce qui leur permet de satisfaire leurs instincts sadiques vis-à-vis de leurs partenaires.
Certains ne conçoivent l’amour que couronné par leur propre mort, et se tuent avec leur maîtresse pour fixer cet amour dans l’éternité, tels Marie Vetsera (Lune et Ascendant en Scorpion) et l’archiduc Rodolphe (Mars en Scorpion en Maison VII), ou encore Heinrich von Kleist, qui proposa à sa fiancée de se tuer avec lui (Saturne en Scorpion opposé à la Lune en Taureau). Toutes noces de sang où la pauvre Vénus est étranglée par la violence de Mars et les maléfices de Pluton !
De cet univers de drogués du sexe, tout humour est banni : ces Scorpions pervers mettent un sérieux terrifiant à assouvir leur fringale de jouissance triste…
Les Scorpions et l’homosexualité
Enfin, certains astrologues affirment que l’on trouve un nombre élevé d’homosexuels parmi les natifs du Scorpion.
Dans la Tradition babylonienne, en effet, des textes anciens affirment que l' »amour d’un homme pour un homme est le lieu de la constellation du Scorpion« .
Plus tard, dans les textes gréco-latins, cette attribution devient très rare. En effet, les Grecs et les Latins, contrairement aux Babyloniens, étaient assez tolérants en cette matière.
Au Moyen Age, on voit reparaître le reproche d’homosexualité fait au Scorpion : c’est, qu’à cette époque, la culture chrétienne « diabolise » le signe, en l’identifiant au peuple juif. Les tendances répressives judéo-chrétiennes contre le monde instinctuel utilisent le Scorpion comme repoussoir, ou comme « bouc émissaire ». Ainsi, puisqu’il est noir, autant le charger de tous les péchés d’Israël… et de ceux de la chrétienté, et particulièrement des déviations sexuelles. On lui met donc pêle-mêle sur le dos, l’adultère, la prostitution, le meurtre, l’usure, la sodomie, etc.
Il est certain que cette prédominance de Mars dans un signe féminin peut engendrer des
tirages. Mais les Scorpions sont-ils plus souvent homosexuels que les Gémeaux (éternels adolescents à aiguillage hésitant) ou les Cancers (éternels enfants de leur mère), ou enfin les Balance (Vénus maîtresse d’un signe masculin) ? On demande des statistiques sûres…
Le Scorpion et l’Amitié
Le Scorpion est le meilleur des amis… et le pire des ennemis ! Uranus, symbole d’amitié et de fraternité, est exalté dans le huitième signe, et, si le Scorpion réussit difficilement sa vie amoureuse, il a, en revanche, le génie de l’amitié.
Précieuse amitié des bons Scorpions
J’ai déjà dit plusieurs fois en quelle estime je tenais mes amies Scorpionnes, combien elles étaient loyales et fidèles – mes amis Scorpions ne le sont pas moins !
Si certains Scorpions sont avenants, d’autres, plus sombres, découragent au premier abord le contact par leur extrême réserve et la rareté de leur sourire… Ils se méfient.
Mais, avec le temps, ils s’apprivoisent. On bénéficie alors de leur esprit, souvent caustique, de leurs opinions, non-conformistes et intéressantes, de leur culture parfois encyclopédique (la curiosité du Scorpion est universelle !).
Lorsque le contact est établi, les amitiés sont durables : parce que le Temps a peu de prise sur lui, le Scorpion est un ami fidèle et sûr. Il ne s’en va pas répéter vos secrets à des tiers, il ne raconte pas n’importe quoi sur vous dans votre dos pour briller dans les salons, il ne médit pas de vous.
Il est souvent de très bon conseil : son extrême perspicacité, sa prescience de l’avenir débrouillent en quelques mots les inextricables problèmes dans lesquels vous vous étiez noyé ! Comptez sur son esprit critique pour percer au jour les motivations des gens qui vous entourent. Si des flatteurs essayent de vous vendre leur camelote en vous jetant de la poudre aux yeux, ça ne prend pas avec lui.
C’est un ami parfaitement « réglementaire » : un oui est un oui, un non est un non. Le Scorpion a le courage de faire ce qu’il dit, et de ne pas mentir.
J’ai parmi mes amies quelques « filles de l’air » qui disent : « Je serai là mardi à 14 h 30, sans faute, tu peux compter sur moi ! » Et on sait parfaitement que ce n’est qu’une clause de style… On ne les attend même pas ! Ce ne sont jamais des Scorpionnes : celles-là sont scrupuleusement fidèles à tout rendez-vous, tout engagement, et à toute parole donnée. Les Scorpions, et plus encore les Scorpions–Vierges font l’impossible pour accorder leurs actes à leurs paroles. Ce ne sont pas des gens légers, ils apportent au contraire à tout ce qu’ils font un très grand sérieux.
Sous l’influence de Pluton, le Scorpion a, en général, un sens aigu de la justice qui s’allie à la générosité sociale d’Uranus. Si vous êtes victime d’une injustice, l’ami Scorpion vous apportera courageusement son appui pour vous défendre. Il n’est pas du tout homme à tourner le dos si vous êtes au fond du trou. Bien au contraire, il vous tendra amicalement ses pinces, et vous tirera de là. Quand bien même tous les autres vous feraient l’œil de verre parce que vous êtes fauché ou chômeur, le Scorpion, lui, vous restera fidèle. Il vous sera même plus fidèle dans la peine que dans le bonheur.
Il se moque pas mal du qu’en-dira-t-on. Non seulement il n’a pas peur de braver l’opinion publique pour venir en aide à un copain malheureux, mais encore il trouve un secret plaisir à ne pas faire comme tout le monde !
Bien entendu, ce dévouement généreux et désintéressé ne fonctionne que dans le circuit « amitié ». En amour, c’est une autre paire de pinces parce que l’homme Scorpion bloque son cœur (voir « le Scorpion et l’Amour »).
Il n’est pas non plus l’ami de tout le monde : du peu, mais du bon. Ce n’est pas un homme à se répandre dans les salons en faisant le joli cœur et des sourires à tout le monde. Les quelques élus de son choix sont d’abord passés au peigne fin d’une critique serrée… et beaucoup n’y survivent pas !
Ensuite, une fois que notre discriminateur a donné son amitié, elle est solide et durable.
Il préfère les petits groupes d’initiés, les sectes où l’on partage une doctrine ésotérique qui vous met à part (c’est-à-dire bien au-dessus !) du reste du monde. Il aime les camaraderies engagées, les fraternités d’armes, les partisans, les résistants, les maquis et les guérilleros…
Le Scorpion joue assez bien l’agent secret, l’intermédiaire à haut risque. Parfois, il mène si brillamment un double jeu follement dangereux que certains s’y trompent et le prennent pour un traître. C’est mal le connaître : en réalité, il s’est donné totalement à une cause et prend tous les risques pour la servir, sans attendre aucunement l’approbation et l’estime de ses semblables.
Aigle ou serpent, le Scorpion suscite la crainte. Et cela ne lui déplaît pas ! Il apparaît aux autres comme le détenteur de pouvoirs occultes, il tient les clés de mondes invisibles. Il les partage avec quelques amis initiés comme lui, souvent Scorpion, Cancer ou Poissons (cas du général de Gaulle avec Malraux : Scorpion ; Pompidou : Cancer, Chaban Delmas : Poissons). Les autres sont des admirateurs, intimidés et admiratifs, ou alors d’implacables ennemis. Il ne laisse personne indifférent : quand un Scorpion passe, les gens sont pour ou contre, violemment. Il suscite des haines farouches et des passions à vie…
Naturellement, ce portrait se nuance beaucoup suivant les variétés de Scorpions. Mais il est certain que le plutonien dégage un très grand magnétisme : il est porteur de mana’, que perçoit toujours son entourage, lequel ressent fortement cette charge énergétique redoutable.
Lucide, il cultive ces puissances de peur pour mieux asseoir son influence (les hommes Scorpion surtout, à condition aussi de n’être pas trop Scorpion–Vierge !). Dosant savamment (et intuitivement) son mépris et sa douceur, sa violence percutante et ses silences, il a toujours l’air d’en savoir long… Parce que le savoir est un outil du pouvoir !
Redoutable inimitié des mauvais Scorpions
Il arrive souvent que les relations amicales avec un Scorpion se teintent de sadomasochisme. Le Scorpion agresse, taquine, bouscule un pauvre copain dévoué qui se laisse faire, impuissant et résigné. Les mauvais Scorpions utilisent les dispositions masochistes de certains (parfois, d’autres Scorpions teintés de Vierge) : ils leur empruntent de l’argent, les parasitent, les font travailler pour eux, sans jamais les rembourser ou les remercier de quelque façon… Il les utilisent, tout en les abreuvant de sarcasmes, et en les prenant de si haut que la victime se sentirait coupable à l’idée de protester !
Il n’est pas facile d’être l’ami d’un mauvais Scorpion. Trop exigeant, il ne peut qu’être déçu, et sa déception amère, son intolérance devant les faiblesses humaines l’amènent à des revirements soudains : l’ami d’hier devient l’homme à abattre. L’amitié peut se muer en haine inexorable.
Comme le Scorpion est virulent, ses propos sans pitié, trempés dans le vitriol, ne plaisent pas à tout le monde. Ainsi blesse-t-il les gens, se créant de féroces ennemis – dont il n’a cure. Il lui arrive aussi d’aller un peu trop loin avec ses propres amis – qui finissent, parfois, par le lui rendre. S’il estime qu’on a empiété sur son territoire, qu’on l’a lésé, humilié, déçu… il ne pardonne pas, et se jure d’avoir la peau de l’ennemi. Il l’aura, bien sûr, et se vengera jusqu’aux limites du possible, jusque sur le cadavre de l’adversaire.
Sous l’influence de Pluton – et de Mars – le Scorpion a tendance à se faire justice luimême. Les trois planètes maîtresses de son signe, Pluton, Mars et Uranus le poussent aux revirements brutaux, aux cassures brusques, aux volte-face dramatiques… Et à aller jusqu’au bout de ses impulsions de vengeance.
La haine enferme ainsi le mauvais Scorpion dans une prison intérieure qui n’est autre que l’Enfer anticipé. Huis-clos totalement sans issue, qui ne débouche sur aucune lueur d’espérance (si bien décrit par Sartre, Ascendant Scorpion). Seul le pardon des injures en aurait ouvert la porte.
Bientôt, cette atmosphère de haine confinée corrode l’âme du Scorpion, qui glisse vers les perversions, la destruction d’autrui, puis de soi, tel Goebbels… Ainsi est le Scorpion noir, celui qui n’a pas su ou pu faire un choix entre le Ciel et l’Enfer. D’autres, cependant, apprennent à pardonner et mettent de l’eau dans leur venin.
Ils deviennent alors de merveilleux amis, aimés (suivant le symbolisme du Soleil dans le signe) jusqu’à la mort ! Rayonnants de bonté et de générosité, ils deviennent un pôle d’attraction positif et tonique. Ils exercent une paternité-maternité bienfaisante sur un cercle d’amis, une sorte de « gouroucratie » à laquelle viennent se réchauffer tous les éclopés de l’existence et les enfants perdus du quartier…
Les affinités amicales du Zodiaque
Chez un Scorpion il y a toujours un noyau d’ombre secrète qu’il faut deviner et une agressivité extérieure (sauf dans le cas du Scorpion–Vierge) qu’il faut dépasser pour établir avec lui de vraies relations humaines.
Si vous êtes vous-même du Scorpion ou d’un signe d’Eau, Poissons et Cancer, aucun problème : vous devinez très bien ce qui se cache derrière le silence et l’agressivité de l’animal. Vous établissez avec lui un dialogue silencieux, ou presque, qui ne passe pas par les mots de tout le monde. Vous êtes spontanément sur la même longueur d’onde.
Par contre, si vous êtes Lion, le Scorpion vous agacera prodigieusement avec ses mystères et sa réserve (sauf si c’est un Scorpion–Balance, qui a le Lion sur la Maison de l’amitié). Le Lion et le Scorpion sont souvent en concurrence sur les mêmes objectifs, avec une sensibilité différente. Les signes de Feu, qui s’extériorisent facilement, comprennent très mal les ténèbres océaniques des signes d’Eau. Je pense aux Béliers, braves et bien intentionnés, qui prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit et ce qui leur tombe sous le sens : ils ne comprennent rien, mais rien, aux complications mentales du Scorpion.
« Pourquoi vas-tu chercher ainsi midi à quatorze heures », me demandent mes sœurs Béliers. C’est que le temps n’a pas la même valeur pour les signes de Feu, tout entiers immergés dans l’instant présent, et pour les signes d’Eau, qui vivent dans la mémoire du passé et le pressentiment de l’avenir. Les signes de Feu trouvent le Scorpion compliqué et celui-ci les juge simplistes… Il faut de tout pour faire un monde ! Cependant, avec cet aventurier de Sagittaire, l’entente peut être très bonne : le Sagittaire, intuitif et optimiste, a des points communs avec le Scorpion.
Quant aux signes d’Air, signes d’intelligence, ils établissent souvent d’excellentes relations avec notre Scorpion.
Les Gémeaux par exemple, gens pas très simples puisqu’ils sont doubles et ne cessent de jouer à cache-cache avec eux-mêmes, sont capables d’échanges intellectuels très riches avec le Scorpion, encore que celui-ci soit agacé par leur légèreté pirouettante (tandis que les Gémeaux s’énervent du sérieux assez lourd de notre animal).
La Balance, sociable et pacifique, peu agressive, aménage prudemment la bête à pinces, intéressée par son goût des idées et de la philosophie, son sens de la justice. Quant au Verseau, il a tant d’affinités intellectuelles avec le Scorpion que l’amitié entre eux peut être magnifique : c’est Uranus plus Uranus.
Les signes de Terre s’entendent très bien avec notre aigle-serpent. Lents, réfléchis, sérieux, leur solidité ne déçoit pas le Scorpion. Celui-ci les stimule et les bouscule : ils reconnaissent qu’ils en ont besoin. Le Taureau, signe de vie, est fasciné par le Scorpion, signe de mort, qui, lui, étant opposé sur la roue du Zodiaque, n’est donc pas sans points communs avec lui. En particulier, la fidélité et l’engagement total.
La Vierge, est l’autre face du Scorpion, puisque le Scorpion inhibé se comporte comme elle. Aussi se comprennent-ils tous les deux assez bien, et leur collaboration dans le travail peut être assez fructueuse. Epris de perfection tous les deux, ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. La discipline de la Vierge rassure, mais agace le Scorpion, et provoque parfois son sadisme. La Vierge trop raisonnable est à la fois éblouie et terrifiée par la rage de vivre du Scorpion. Entre lui et ces deux signes de Terre, Vierge et Taureau, s’établit parfois une relation sadomasochiste plus ou moins forte, qui les attache les uns aux autres (mais le Scorpion–Vierge est du côté des masochistes).
Enfin, le Capricorne partage avec le Scorpion un dynamisme intellectuel qui peut rendre leurs échanges très intéressants. Sous la maîtrise de Mars, ils s’entendent sur des activités communes. Saturne (le Temps), qui préside au Capricorne, s’accorde assez bien avec Pluton et Uranus du Scorpion.
Le Scorpion–Vierge, dépourvu de pinces et de dard (ceux-ci étant réservés à l’usage interne !) s’entend avec la plupart des gens du Zodiaque, étant donné son absence d’agressivité extérieure et sa sentimentalité. Naturellement, dans les affinités amicales, jouent les Ascendants et les signes dominants : le Scorpion–Lion, par exemple, aura évidemment une plus grande facilité d’entente avec les Béliers et les Sagittaires. Le Scorpion–Balance et le Scorpion–Gémeaux, infiniment adaptables, sont également capables de se faire des amis dans tous les coins du Zodiaque….
Le Scorpion et son Education
Pour le comprendre, il faut revenir au symbolisme du signe : le Scorpion naît dans ces journées sombres de novembre où le froid, le gel et la pluie tuent les dernières fleurs. Novembre, c’est la Toussaint, la fête des morts… Mais ceux-ci revivent ailleurs, tandis que fleurs et feuilles en décomposition sur le sol se transforment en humus fertile. De cet humus naîtront plus tard les jeunes pousses du printemps. Le Scorpion, qui porte en lui la mort, porte aussi la vie. D’où son intérêt passionné pour les choses du sexe – et pour ses propres enfants, qui lui sont une manière de survivre. Pluton est mort et résurrection, il est le symbole d’une vie après la vie.
Du côté des parents Scorpions
Ainsi, beaucoup de bons Scorpions sont des pères de famille dévoués à leurs enfants, présents à leur éducation (chose rare par les temps qui courent !). Ils reportent sur leur progéniture toutes leurs espérances déçues – ce qui, parfois, est lourd à porter pour l’enfant ! Ils s’intéressent vivement à leurs études, prennent le temps de discuter avec eux, de leur transmettre leurs idées et leurs connaissances, ils sont prêts à de gros sacrifices pour leur assurer l’instruction qu’ils jugent convenable.
Dans les divorces, bien des hommes Scorpions se battent avec acharnement pour conserver la garde juridique de leurs enfants, certainement pour embêter leur ex-femme (toute vengeance étant bonne à prendre pour un Scorpion !), mais aussi certainement par passion paternelle profonde. A mon avis, les hommes Scorpions sont bien meilleurs pères qu’époux, car la tendresse qu’ils refusent à leur femme, ils la dispensent volontiers à leurs enfants.
Quant aux Scorpionnes, toutes celles que je connais sont des mères extrêmement consciencieuses. Elles ne lésinent devant aucun sacrifice, aucun travail pour élever leurs enfants et, plus elles sont Scorpions–Vierges, plus elles sont dévouées. Dévouement qui, dans certains cas, est pesant pour les enfants, un peu trop maternés à mon avis. Mais enfin, elles prennent toujours très au sérieux leur fonction maternelle.
Si vous avez un enfant Scorpion
Si vous êtes vous-même Scorpion, vous retrouverez avec amusement – ou agacement – dans cet enfant vos passions secrètes, vos pulsions violentes, vos exigences d’absolu… Et vous le comprendrez.
Si vous êtes d’un autre signe, un signe qui lui est étranger, ou peu compatible avec lui, attention, ce sera très dur. N’essayez pas d’imposer à cet enfant instinctif et intuitif votre propre échelle de valeurs. Dites-vous qu’il est « Eau« , et qu’il est normal qu’il soit différent de vous qui êtes « Feu » ou « Air« . Ne le braquez pas, essayez de comprendre ses motivations, beaucoup plus fines que vous ne le pensez. Ne dites pas qu’il a des « caprices », non, il a son idée à lui sur la vie, et pas forcément plus mauvaise que la vôtre!
Rien ne sert de le barricader derrière un réseau barbelé d’interdictions. Le Scorpion aime ou n’aime pas, physiquement. N’essayez pas de lui interdire quelque chose, sans lui expliquer pourquoi, car il est très intelligent ; vous pouvez faire appel à son esprit critique, à son sens aigu de la justice.
Essayez de lui faire confiance pour un maximum de choses, il les fera parfaitement s’il est motivé.
Si vous étouffez cette force vive, ce riche tempérament, vous produirez un Scorpion-Vierge masochiste qui ne saura pas se défendre dans l’existence. Ne vous choquez pas de l’intérêt très vif que l’enfant du Scorpion manifeste pour les choses du sexe : et pourquoi pas ? Pourquoi un enfant n’aurait-il pas le droit d’être informé, sous prétexte qu’il est un enfant ?
Ne le censurez pas bêtement, expliquez-lui au maximum tout ce qu’il peut comprendre, mais ne dressez jamais devant lui tous ces tabous idiots du XIXe siècle. Un de mes amis, le père Finet, disait : « Parlez franchement à vos enfants des problèmes sexuels, sinon Satan passe par les ténèbres. » Satan, ce sont les angoisses atroces qui dévorent en secret les enfants mal informés, qui se torturent des nuits durant avec des craintes folles parce qu’on ne leur a pas dit simplement les choses telles qu’elles étaient. Les tabous répressifs et le silence pudibond sont particulièrement mal venus avec un petit Scorpion. Vous devez satisfaire sa curiosité, sinon elle deviendra morbide. N’allez pas vous choquez s’il se masturbe comme tous les enfants. Ne dramatisez rien, ne prenez pas au tragique les expériences qu’il fait avec les autres… N’intervenez que s’il mêle agressivité et violence à ses expériences sexuelles. Laissez-le tranquille dans sa vie privée. Je pense que c’est la répression qui fait les mauvais Scorpions, le sadisme des parents qui les pervertit. Et les parents les mieux intentionnés peuvent être sadiques.
L’enfant marqué par le Scorpion se pose précocement des questions sur la mort. Vers 5 ou 6 ans, il vous demandera : « Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? » N’ayez pas la cruauté de lui répondre : « Rien ». Qu’en savez-vous ? Laissez une porte ouverte sur l’espérance, on n’a pas le droit de tuer l’espérance d’un enfant, même lorsqu’on est athée soi-même. Mieux vaut dire à l’enfant que vous ne savez pas, qu’il faut chercher. Cela, au moins, est positif, et l’enfant, plus perspicace que vous n’imaginez, appréciera votre honnêteté intellectuelle.
Bien entendu, pour les parents qui ont une foi, ce problème n’en est pas un.
Ménagez la sensibilité de l’enfant. S’il manifeste en général une froide curiosité devant la mort des humains adultes, il risque d’être terriblement perturbé par la mort d’un animal favori. Et même lorsque la mort d’un humain l’atteint profondément, il ne le manifestera pas, car c’est un enfant pudique et secret.
Je crois qu’avec un petit Scorpion, comme avec tous les enfants, il vaut mieux parler carrément et franchement de la mort plutôt que de la considérer comme un sujet honteux et tabou. La confiance et la tendresse apaisent les angoisses de l’enfant et permettent de parler de tout, ou presque. L’enfant, d’ailleurs, a beaucoup moins peur de mourir que vous.
Les enfants Scorpions ont, en général, de graves problèmes d’extériorisation. Lorsque les parents sont d’un signe de Feu ou d’Air extraverti, ils s’agacent devant le silence de l’enfant. Il faut le deviner, mais lorsqu’on n’est pas un peu Scorpion soi-même, c’est assez difficile. Faites-vous aider, faites établir son thème. Soyez attentifs à ce que dessine l’enfant, à ses pôles d’intérêt. L’enfant Scorpion est extrêmement créatif, et dessine souvent de façon remarquable. Enfin, dites-vous qu’un petit Scorpion a plus besoin de confiance et d’encouragement que de répression. La répression favorise les forces de la mort qui pervertiront l’enfant. Pourtant, si celui-ci essaie de vous avoir au chantage, ne marchez pas, défendez votre morceau, et votre territoire de parent ; il le comprendra et cela le rassurera.
Tout ce qui peut rassurer l’enfant du Scorpion est bon, car il devra toute sa vie lutter contre l’angoisse… mais cela s’apprend.
Le Scorpion et son Travail
Dans le domaine du travail, une distinction est à faire entre le Scorpion–Vierge et le Scorpion « grand teint »…
Le Scorpion-Vierge : le bonheur dans l’esclavage
Comme je l’ai expliqué précédemment, le Scorpion « coincé » se comporte comme la Vierge – et dans le travail plus encore qu’ailleurs ! Ce Scorpion virginisé réprime son agressivité, et devient un modèle de discipline, de précision, de méthode, de dévouement… Il applique son énergie à un champ d’action étroit, clos, délimité par des contraintes telles que l’autorité de ses patrons ou la nécessité de gagner sa vie. Le Scorpion–Vierge fignole indéfiniment les détails de son travail : il s’y noie souvent, un tout petit arbre lui cache la grande forêt ! Il est d’une conscience professionnelle absolue et pointilleuse.
Etouffant en lui l’impulsivité et la révolte de son signe, il s’oblige à être impeccablement propre, ponctuel, sobre, bref, l’employé modèle… Son souci de rangement confine à la maniaquerie. Chez une femme, cela donne une parfaite maîtresse de maison, qui se tue à la tâche, faisant elle-même les vêtements de ses enfants, repassant les chemises de son mari jusqu’à minuit, traquant le moindre grain de poussière jusque derrière les radiateurs où personne ne le voit… Bref, elle ne prend pas le temps de vivre et finit par s’écrouler dans la dépression nerveuse classique des ménagères surmenées.
Le Scorpion–Vierge applique son esprit critique à son travail, il est d’une impitoyable exigence vis-à-vis de lui-même. L’angoisse d’avoir oublié un papier, un objet, un détail, le tient éveillé la nuit, l’oblige parfois même à se relever pour s’assurer que tout est dans l’ordre.
Il accepte des tâches ingrates et mal rémunérées, il reste tard le soir pour faire des heures supplémentaires peu ou pas payées… Exigence de perfection absolue vécue dans le détail quotidien. Grande est l’endurance de notre Scorpion–Vierge, qui se fait hautement apprécier : c’est quelqu’un sur qui l’on sait pouvoir compter.
Mais il voit souvent les choses par le petit bout de la lorgnette : il ne survole pas son travail. Il a besoin d’être guidé, arraché à sa lenteur, à sa passion du détail, il a besoin d’apprendre à faire un choix entre l’essentiel et l’accessoire.
Le Scorpion virginisé, par un secret besoin d’expiation intime, s’impose « les travaux forcés à perpétuité »… Il est pour lui-même le plus tyrannique des patrons.
Le Scorpion vraiment Scorpion est un volcan explosif
Pourtant, un jour, le Scorpion, le vrai, peut se réveiller et exploser. Le volcan couvert de prairies se transforme en lac de laves et crache une nuée ardente qui brûle tout sur son passage… Le cataclysme, quelquefois, survient à l’adolescence, plus souvent au tournant de la quarantaine, parfois seulement tard dans la vie (et dans certains cas, pas du tout : la Vierge ayant fini par étouffer complètement le Scorpion).
Mais si le Scorpion explose, il casse tout. Personne ne comprend pourquoi cet employé modèle et irréprochable a claqué la porte, subitement, sans préavis, après une explication orageuse à laquelle ne s’attendaient pas le moins du monde patrons et collègues sidérés. S’ils s’intéressent à l’astrologie, on peut leur dire que c’est l’influence de Pluton : une rage subite de tout détruire et de tout casser pour aller refaire mieux ailleurs. Cette révolte n’est pas seulement négative : dans bien des cas, elle stimule notre Scorpion-Volcan, et lui permet effectivement de progresser. En fait, il adore les orages, il lui en faut de temps en temps, sinon il est malheureux. Le train-train quotidien, délice de la Vierge bourgeoise, le rend très malheureux et claustrophobe. Le métro-boulot-dodo n’est pas son genre. Il aime la lutte et le risque : ce sont ses drogues.
Le vrai Scorpion, le Scorpion harmonique, est un puissant créateur solitaire. Il suit son idée, son inspiration impérative, et ne supporte pas qu’on vienne le déranger. Il n’a pas besoin de supérieur pour venir le contrôler et le stimuler : il organise très bien tout seul son travail. Il va jusqu’au bout avec une persévérance remarquable, parce qu’il est capable de s’imposer à lui-même une très dure discipline – s’il est motivé. Lorsque vous avez un Scorpion sous vos ordres, expliquez-lui clairement ce que vous attendez de lui, et puis faites-lui largement confiance : vous ne le regretterez pas !
Le Scorpion est un jeune loup aux dents longues, combatif, ambitieux. Très compétent et très travailleur s’il est intéressé par ce qu’il fait, et si c’est un métier qui correspond au symbolisme du signe : chercher, découvrir, conquérir…
Vous pouvez lui confier de lourdes responsabilités : il tiendra fermement en main ses subordonnés. Il a la « main de fer », peut-être un peu lourde, mais la situation est sous contrôle, vous pouvez être tranquille de ce côté-là.
Cependant, notre Scorpion n’a pas un caractère facile-facile : il conteste, proteste, revendique, critique et intrigue dans l’ombre. S’il vous est totalement dévoué, tout va bien. Sinon… c’est lui qui prendra un jour votre place.
Le Scorpion très scorpionnant et très dissonant n’a pas son pareil pour semer la zizanie, qu’il exploite ensuite à son profit. Il suscite des grèves, des mouvements de revendication (dont il ne prend pas toujours ouvertement la tête, parce qu’il préfère agir en sous-main !). Uranus, qui l’inspire, est un symbole de révolution. Tout vrai Scorpion – et moi aussi – est persuadé que la révolution est indispensable à un moment ou à un autre : ce qui est pourri doit être changé, et si d’aucuns ne veulent rien changer parce qu’ils y trouvent leur intérêt, il faut forcer le coup de balai. Le Scorpion croit au progrès humain et social, tout en étant lucide et pessimiste, c’est pourquoi il s’engage souvent dans un parti, où il milite généreusement.
Certains Scorpions noirs sont vraiment inemployables dans une entreprise : en proie à leurs tourments intérieurs, ils dégagent autour d’eux un malaise qui perturbe tout l’entourage. Critiquant tout et férocement, râlant systématiquement pour la volupté de râler, ils n’eh font qu’à leur tête, se brouillant avec tout le monde. Ils sont même parfois malhonnêtes, tant ils s’estiment au-dessus des lois.
Nageant comme un poisson dans les eaux bourbeuses, les périodes de crises, les révolutions, les guerres, les grèves, le Scorpion profite toujours des conjonctures qui semblent désastreuses aux autres. Quand la pagaille et la confusion règnent partout, lui, notre pêcheur en eau trouble, notre roi du système D, s’organise tranquillement. Il ne s’affole pas, il n’a peur de rien, il est en pleine forme, il navigue superbement dans le drame. Il pose des jalons secrets pour son avenir, et il émerge de l’ombre dès que les convulsions politico-sociales se sont calmées…
Quels sont les métiers préférés du Scorpion
Dans quelles professions trouve-t-on notre animal ?
Le Scorpion martien affectionne tout ce qui tranche, coupe, agresse; brûle, tout ce qui a rapport avec le fer et le feu. Donc, il sera : militaire, chirurgien, il travaillera dans la métallurgie, les mines, l’industrie lourde, les abattoirs… Il écrira dans des journaux satiriques, d’extrême-gauche, des articles perspicaces et impitoyables.
Le Scorpion plutonien aime le mystère, les souterrains, les bas-fonds, tout ce qui est caché, inconnu, tout ce qu’il faut découvrir. Il est fasciné par la mort, le sexe, et l’Invisible… Il sera donc explorateur, spéléologue, océanographe, chercheur, agent secret, détective, policier, juge, avocat, psychiatre (dans l’anti-psychiatrie de préférence), criminologue, sexologue, biologiste, radiesthésiste, sourcier, astrologue.
Le Scorpion uranien a un faible pour toutes les techniques de pointe, les jeunes sciences d’avant-garde, les théories et idéologies nouvelles. Il est fasciné par l’espace, domaine d’Uranus : chercheur, astronaute, inventeur, créateur de nouvelles techniques. Il s’engage dans les luttes sociales et politiques qui lui offrent une occasion de se battre : syndicaliste, militant, mercenaire, partisan, intermédiaire secret, trafiquant d’armes ou de drogue, pirate.
Le Scorpion a souvent un destin haché, en plusieurs épisodes très différents. Il a des vies successives, où l’influence de Pluton, destruction-reconstruction, le fait progresser à travers des crises douloureuses. Le Scorpion « refait sa vie » plusieurs fois (voir la présentation des personnalités du signe). Le chômage ou la ruine ne sont pas aussi désastreux pour lui que pour d’autres, parce qu’il renaît de ses cendres après chaque désastre.
Le Scorpion et l’Argent
André Barbault fait remarquer que le Taureau, signe de possessivité, correspond en psychanalyse au « stade oral », celui où l’on emmagasine, l’on stocke, l’on accumule.
Et que le Scorpion, signe de dépouillement, correspond au « stade anal », celui où l’on rejette, l’on expulse…
Au « stade oral-Taureau« , on amasse pour le plaisir profond d’amasser. Le Taureau capitalise… En revanche, au « stade anal-Scorpion« , on se débarrasse, on ne veut pas être entravé par une possession. Le Taureau se lie, s’attache aux biens matériels et spirituels, tandis que tout l’effort du Scorpion vise à s’en détacher pour aller plus loin.
Le Scorpion est donc assez souvent follement dépensier. N’écoutant que son cœur, il donne sa dernière chemise, son porte-monnaie, ses derniers sous… Inversement s’il évolue vers le Scorpion–Vierge, il devient sordidement avare. Toutes les nuances existent entre ces deux pôles : parfois, le natif est insouciant dans certains domaines, radin dans d’autres.
Cela change avec les périodes de la vie, les gens, les circonstances…
La plupart des Scorpions se moquent de l’argent. Ils font ce qu’ils ont envie de faire, et n’ont pas l’intention de s’ennuyer à gagner leur vie… Beaucoup d’entre eux refusent de s’intégrer à la société et vivent complètement en marginaux. Leur famille leur reproche de ne pas faire bouillir la marmite : mais c’est que la course à la consommation ne les intéresse pas. Ils s’intéressent plus au pouvoir qu’à l’avoir. Je connais beaucoup de fonctionnaires, d’artistes, d’intellectuels Scorpions, qui, sans être marginaux, « vivotent ». Eux ne le perçoivent pas ainsi. Ils se plaignent, parfois, du manque d’argent, mais au fond cela leur est égal. Ils ont fait un choix : ils préfèrent une situation qui les passionne : tant pis si elle ne leur rapporte rien.
L’argent, en lui-même n’intéresse pas le Scorpion ; mais le pouvoir qu’il représente le fascine. Si le natif peut s’assurer le pouvoir par d’autres moyens, l’argent passe au second plan. Comme il n’est pas fondamentalement intéressé, il passe à côté des bonnes affaires – ou n’y pense même pas… (sauf s’il y a beaucoup de Taureau dans son ciel : Picasso).
Dans les relations du Scorpion avec l’argent, il y a tout un aspect ludique. Certaines variétés de Scorpions hantent la Bourse et les casinos, mais, ce qui les amuse, c’est le risque, l’aventure. Dès qu’ils ont gagné trois sous, ils les rejouent aussitôt. Ce n’est pas un hasard si Dostoïevski, Scorpion, a décrit « le Joueur », un personnage qui lui ressemble comme un frère… Le risque est la vraie drogue du Scorpion. Il aime jouer avec le feu, l’argent lui brûle les doigts. Et s’il se lance – à corps perdu, comme toujours – dans les spéculations, il peut se ruiner intégralement ou, au contraire, édifier une fabuleuse fortune. Il ne la garde pas, suivant le symbolisme de Pluton : perte et regain. Je pense à Ferdinand de Lesseps, qui a perdu à Panama l’argent gagné à Suez. La passion dévorante du jeu peut amener le Scorpion à la malhonnêteté, au chantage, au meurtre. C’est ainsi qu’un certain nombre d’escrocs sont Scorpions, mais c’est le happening, le jeu du risque et du hasard, l’ivresse de la conquête, qui les intéresse (Stavisky).
En revanche, le Scorpion–Vierge est bien différent. Perdant son agressivité et son audace typiques, il gagne, en contrepartie, un solide attachement à l’argent, comme tous les signes de Terre généralement assez près de leurs sous. Harpagon devait être Scorpion-Vierge ascendant Taureau…
Le Scorpion et sa Santé
Depuis l’Antiquité, le Scorpion a toujours été lié à la pathologie des voies génito-urinaires. Le monde souterrain, avec ses énergies naturelles mal connues et très puissantes, a toujours été symbolisé par ce signe. Quoi de plus souterrain, et de plus redoutable que les forces sexuelles…
Comme le Scorpion est opposé au Taureau, son signe complémentaire, les maladies taurines (cou, gorge, larynx) se retrouvent parfois associées à la pathologie du Scorpion. Mention est faite aussi des troubles affectant le nez : il est lié aux fonctions sexuelles.
André Barbault conseille une grande prudence dans toute interprétation pathologique d’un thème : il pense que l’astrologie médicale, à bien des égards, se cherche encore : on n’a pas encore suffisamment de données statistiques pour établir des corrélations sûres. Certains astrologues, et médecins astrologues, font des diagnostics étonnamment précis et justes mais c’est souvent un don particulier, une intuition personnelle qui peut difficilement être transmise.
Le Scorpion et sa maladie
Le Scorpion, comme la Vierge, et plus encore s’il est Scorpion–Vierge, et surtout s’il est Ascendant Vierge est passionné de médecine. Beaucoup de grands médecins et chirurgiens sont Scorpions, tel Xavier Bichat.
En tant que praticien, il est doué d’une rare pénétration et d’une intuition très vive ; il a même parfois, des dons de guérisseur. La mort, qui lui est familière, lui donne cette passion pour la recherche, pour ce qui est caché et le goût de sonder les mystères de la vie.
En tant que malade, le Scorpion est la « bête noire » des médecins classiques. Le Scorpion estime qu’il est propriétaire de son corps, et le premier intéressé par ce qu’on lui fait subir. Il exige d’être informé et discutaille. C’est un patient impatient…
Comme il a raison, notre Scorpion. Il sait combien la passivité et le manque d’esprit critique du malade moyen devant sa maladie finissent par abêtir le médecin lui-même. Comme il a raison, le Scorpion, de vouloir se prendre en charge, de chercher à comprendre sa maladie pour mieux l’assumer !
Un médecin ne devrait rien cacher à son patient Scorpion, qui a besoin qu’on lui dise honnêtement la vérité. Le Scorpion n’est pas être à préférer les mensonges.
Il a de si grandes ressources de courage qu’il est capable de se battre avec énergie et efficacité contre la mort, mieux qu’aucun autre signe du Zodiaque. C’est d’ailleurs tout le symbolisme du signe : de fantastiques potentialités énergétiques. L’annonce d’une maladie grave aura sur lui un effet stimulant : dès qu’il faut se battre, il est heureux, notre samouraï ! C’est quand tout va bien qu’il est déprimé : dès qu’il y a un combat à mener, le voilà qui se réveille et retrouve ses forces. A moins qu’il ne soit très dissonant : il préfère parfois devancer la mort par le suicide.
Je me rappellerai toujours cette réflexion d’un Scorpion : « Entre les deux guerres mondiales, quand je vivais dans le luxe et l’abondance, j’avais dépression nerveuse sur dépression nerveuse. J’étais la proie d’incontrôlables angoisses qui me ravageaient. Vint la guerre : en tant que juif, on m’a envoyé en camp de concentration. Le croiriez-vous ? Ma dépression a cessé ! Grâce à quoi j’ai tenu le coup, et j’en suis sorti ! » Toujours notre oiseau des tempêtes, jamais si heureux qu’en plein ouragan !
L’aspect physique du Scorpion
Il évoque tantôt l’aigle, tantôt le serpent. Serpent par une certaine souplesse, une démarche de félin…
En principe, le Scorpion n’est pas très grand, il est plutôt petit et noir, mais s’il est très influencé par l’élément Air, il pourra être grand. Il frappe par sa voix, souvent basse, voix un peu âpre qui vient du tréfonds de son être, et qui envoûte ses auditeurs – personne ne sait pourquoi, parce qu’elle n’est pas spécialement plus belle que d’autres. Pluton très fort dans un thème prête souvent une voix chaude et séduisante aux natifs. Il y a également l’influence du Taureau, à ne jamais oublier puisqu’il est sur le même axe vital (le Taureau régit la voix, le chant, l’expression vocale).
L’aigle, c’est surtout le regard intense du Scorpion, si intense que, même lorsqu’il est bleu, il paraît noir ! Toute cette énergie concentrée dans le regard attire et fascine les proies de notre rapace ! Il regarde à travers vous, comme s’il stripteasait vos pensées, comme s’il voyait votre corps éthérique…
Contrairement au lunaire, qui a un visage rond, ou au saturnien, qui a un visage allongé, le Scorpion a un visage anguleux, tourmenté, à arêtes coupantes, à creux et à bosses accusés. Un visage creusé de l’intérieur, souvent très irrégulier. On a dit qu’il ne savait pas sourire, qu’il ne savait que grimacer, ce qui n’est pas très gentil. Mais il est certain que ce sourire est tendu, ou plein de sous-entendus. Même chez une actrice au très beau visage régulier, comme Grace Kelly, on remarque dans l’intensité du regard quelque chose de métallique : son sourire est précis comme un laser.
Enfin, certains prêtent au Scorpion un nez en bec d’aigle, rapace oblige !
Du point de vue médical, le Scorpion est donc traditionnellement un signe d’Eau froid et humide : toute hydrothérapie lui convient. Il se porte mieux au bord de la mer, au bord d’un étang ou d’un marais. Il a besoin de la présence de l’eau pour se sentir en forme, et supporte mal la sécheresse.
C’est un signe féminin et fécond : c’est-à-dire fertile.
C’est un signe nocturne : la nuit est favorable à ses activités.
Un signe muet : le Scorpion pur se tait volontiers, et peut, si le Soleil et Mercure dans le signe sont mal aspectés, souffrir de trouble d’élocution.
Enfin, un signe fixe : tempérament résistant, il est cependant sujet aux maladies chroniques, mais il tombe rarement malade ; s’il est atteint, il met longtemps à récupérer sa santé.
C’est un tempérament nerveux, c’est-à-dire assez tendu, et plutôt émotif-actif secondaire.
Le Scorpion se soigne infiniment mieux par les médecines douces (aromathérapie, phytothérapie, homéopathie, acupuncture, relaxation, musicothérapie, et surtout hydrothérapie), qui font appel à son intuition et à son intelligence spécifiques.
Les Astromariages de l’Homme Scorpion
Certains signes en attirent irrésistiblement d’autres, l’avez-vous remarqué ? Combien de Vierges épousent des Sagittaires, et de Scorpions des Cancers ?
Les lignes qui suivent ne décrivent que la rencontre d’un type pur de Scorpion avec un autre type du Zodiaque. La plupart d’entre nous sommes des types mélangés, où l’Ascendant, la position de la Lune, celle de Vénus, de Mars, etc., comptent autant que celle du Soleil (lequel décide du signe officiel).
Si donc vous voyez, par exemple, que Scorpions et Lions ne s’entendent guère, et que vous connaissez pourtant un couple heureux, c’est que l’un des deux est un « faux » : un faux Scorpion ou un Lion apprivoisé… Dans un thème, il faut regarder non seulement les signes solaire et ascendant, mais aussi le signe sur la Maison VII, ainsi que les planètes qui l’occupent. Cette Maison est significatrice du mariage. Si vous avez des projets, l’étude qui suit ne suffit pas, parce qu’elle ne donne que des indications très générales. Il faut consulter un astrologue-conseil qui comparera les deux thèmes…
Homme Scorpion et femme Bélier
Cela ne peut marcher qu’avec beaucoup de « si » :
Si le Feu du Bélier est calmé par un peu d’Eau, Bélier–Poissons, par exemple.
Ou bien si le Scorpion a un édulcorant dans son venin : Scorpion–Vierge, Scorpion–Balance, ou n’importe quel Ascendant qui s’accorde avec le Bélier, ou, parfois, même Ascendant. Ou encore si la dame Bélier réussit brillamment, professionnellement ou socialement : le Scorpion respecte alors la réussite.
Si, enfin, ayant fait chacun de leur côté pas mal de bêtises, ils se rencontrent tard dans la vie, comme André Malraux et Louise de Vilmorin. Qu’ont-ils de commun, cette biquette et ce grand méchant loup ? La planète Mars. Mais, chez le Bélier, c’est un Mars printanier éclairé par le Soleil, un Mars de jour fleur au fusil… Tandis que chez le Scorpion, c’est un Mars de nuit, assombri par les Enfers de Pluton, c’est la guerre d’extermination !
La chevrette, avec son clin d’œil à étincelles, allume facilement le Scorpion, qu’elle amuse par ses cabrioles.
Fonçant droit devant elle, toutes cornes dehors, elle ne se laisse pas si volontiers que ça marcher sur ses sabots. Elle donnera du poil à retordre au Scorpion ; si c’est un bon Scorpion, il n’essaiera pas de l’attacher au piquet de son pré. Si c’est un mauvais Scorpion, il se fâchera : la bergerie se transformera en tragédie… et le petit mouton deviendra enragé !
Homme Scorpion et femme Taureau
Aïe ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi ils se marient, ces deux-là, puisque ça ne marche jamais! Ou si la pauvre Taureau tient le coup, c’est au prix d’une vie affective complètement sacrifiée. Qu’ils s’attirent, c’est dans l’ordre des choses : le Scorpion, signe de mort s’accroche de toutes ses pinces au Taureau, signe de vie… Mais, le plus souvent, ne réussit qu’à le détruire. Dans le sens homme Scorpion-femme Taureau, c’est le désastre (dans l’autre sens, c’est meilleur, voir femme Scorpion-homme Taureau).
Sous la pression agressive du Scorpion, la femme Taureau retourne ses cornes contre elle-même, et risque la dépression nerveuse. Même si le Scorpion ne réussit pas à percer sa ligne de défense, la pauvre Taureau vit perpétuellement en état de siège. Rien de plus frustrant que ce qui-vive quotidien. Vénusienne, artiste, sentimentale, elle est trop vulnérable devant le Scorpion : le sérieux passionné qu’elle met en toutes choses l’emprisonne entre les redoutables pinces de la Bête, où elle se meurt lentement d’empoisonnement. Ses dispositions masochistes aiguisent le sadisme du Scorpion, lequel s’ennuie à périr avec elle : il n’y a rien à faire !
Homme Scorpion et femme Gémeaux
Rien n’amuse tant ces lutins de Gémeaux que de jouer avec le feu. Voyez cette petite vif-argent, qui taquine le Scorpion, virevolte devant lui avec son tablier rouge, et lui pique des banderilles plein la carapace. Il a beau allonger les pinces, il n’arrive jamais à la saisir complètement : il n’agrippe qu’une « Gémelle » à la fois !
L’autre lui file entre les pinces, comme un vrai courant d’air. Coucou ! C’est moi ! Et la voilà qui réapparaît là où il ne l’attendait pas. Elle rit, ne prend rien au tragique. Fine mouche, elle contourne la forteresse qu’est le Scorpion et s’adapte à lui avec inventivité. Pourtant, si le Scorpion est mauvais, c’est elle qui souffrira le plus : l’agressivité et l’esprit critique de ce redoutable imprécateur peuvent lui faire beaucoup de mal. Si le Scorpion a l’impression qu’elle se moque de lui, ou le trompe, il sera terrible.
Par contre, un Scorpion Ascendant Vierge, moins agressif, peut être un élément de stabilité et de sécurité pour une femme Gémeaux. Possible, encore, un Scorpion–Sagittaire (comme le général de Gaulle dont l’épouse était Gémeaux).
Homme Scorpion et femme Cancer
A la première bulle, ils se jetteront dans les pinces l’un de l’autre. Ils se parlent en crustacé, c’est merveilleux!
La femme Cancer, romantique et passionnée, est fascinée par le Scorpion. Elle se soumet à lui totalement, ce qui est rare chez elle. Si c’est un Scorpion bon prince, un Scorpion–Vierge, ça peut aller. Sinon, la pauvre écrevisse est bien mal protégée par sa carapace : le Scorpion la pique au défaut de la cuirasse (il sait toujours où !) et le venin, se répandant dans la chair tendre, la paralyse complètement. Passive, sans défense, comme si elle avait été touchée par une flèche au curare, elle ne peut qu’exciter le sadisme de ce requin des mers. Complètement transformée en crabmeat surgelé, elle se laisse consommer jusqu’à la dernière patte. Elle n’a pas les moyens de se faire respecter par ce forban, sauf si elle a beaucoup d’énergie martienne dans son thème – beaucoup de Feu, beaucoup d’Air aussi, sur lequel le Scorpion a peu de prise.
Sinon, sa carapace rose portera toute la vie d’ineffaçables cicatrices. Exemple : le shah d’Iran et Soraya.
Homme Scorpion et femme Lion
Celle-là, par contre, a griffes et dents : elle ne se laissera pas dévorer comme sa pauvre consoeur du Cancer ! La Lionne sait se faire respecter.
Conquérants et combatifs tous les deux, ils défendent chacun leur territoire en s’efforçant d’empiéter au maximum sur celui de l’autre. La Lionne se fait un personnage d' »épouse admirable » qui impressionne l’entourage et son mari par ricochet… Mais elle vit dans la secrète terreur de le voir lui échapper : elle ne réussit jamais à le manipuler complètement, comme les autres hommes. Il est trop intuitif et trop secret ! Elle en sera pour ses frais de jalousie.
Le couple peut être très solide, chacun des deux ayant une haute idée de ses responsabilités familiales.
Homme Scorpion et femme Vierge
La Vierge, enfermée dans sa boîte à bonbons de petite fille sage, est fascinée par cet anarchiste. Rien ne séduit tant les bourgeoises que les beaux révolutionnaires…
Si elle se laisse enlever, elle perdra bien plus encore que sa précieuse virginité. Son conformisme bourgeois, son dévouement, sa fidélité, sa jalousie, ennuient à crever le Scorpion.
Elle veut de la tendresse, des mots doux, des attentions : elle ne les aura pas. Le Scorpion n’en a que faire : la fleur bleue, ce n’est pas son rayon. Elle pleure : il ricane. Elle sanglote : il tape dessus. Plus elle est soumise, plus il la tyrannise.
Un jour, peut-être, la Vierge se révoltera, divorcera pour avoir le droit d’être enfin traitée comme un être humain – et le poursuivra toute sa vie de vengeance !
Cette histoire est aussi celle de la femme Scorpion–Vierge, mariée à un Scorpion dur. Et même entre deux Scorpions virginisés, le côté un peu vieille fille de la Vierge a toujours le don de réveiller l’agressivité de l’aigle-serpent (même chez un Scorpion doux !) La formule homme Scorpion-femme Vierge n’est viable qu’avec une fausse Vierge. Qu’elle soit n’importe quoi d’autre, ça irait mieux !
Homme Scorpion et femme Balance
La combinaison est possible si la Balance, signe d’Air, ne se laisse pas coincer par le Scorpion (sinon, l’Air et l’Eau se mettent à l’orage !). Elle l’excite beaucoup par sa valse hésitation entre le oui et le non qui, pour bien des hommes, est l’image de l’éternel féminin. Il s’imagine pouvoir la dominer facilement.
Elle cède, apparemment : « Oui, oui, bien sûr », dit-elle. Et dès qu’il a les pinces tournées, elle n’en fait plus qu’à sa tête. Puis la fine mouche apaise la vanité de son maître et seigneur en lui donnant toutes les marques extérieures de considération auxquelles il estime avoir droit. Elle le flatte, et se garde bien de le provoquer. Le Scorpion est souvent assez fier de sa Balance, dont l’élégante désinvolture plaît aux autres hommes.
Elle partage avec lui le goût des idées, le sens de la justice, un certain attrait pour la philosophie, la religion et les arts. Si notre Scorpion n’est pas trop agressif, l’association est bonne. Mais attention, s’il commence à être venimeux, la Balance encaissera un temps sans rien dire. Puis, un beau matin, pffft ! Cette fille de l’Air partira sur son tapis volant, et le Scorpion pourra toujours courir pour la rattraper !
Homme Scorpion et femme Scorpion
Bonne association si la Scorpionne n’est pas une Scorpionne inhibée. Une vraie Scorpionne a suffisamment d’autorité pour se défendre des pinces envahissantes de son jumeau zodiacal. L’entente physique peut être extraordinaire, et l’entente intellectuelle aussi. Pourtant, la Scorpionne est toujours un peu frustrée du côté cœur : elle a besoin de tendresse, que le Scorpion ne sait pas, ou ne veut pas donner. Le couple est d’autant plus solide est très attaché à ses enfants. Cela, dans le cas de bons Scorpions.
Dans le cas de Scorpions pervers, c’est un vrai noeud de vipères. C’est à qui torturera, blessera, empoisonnera son conjoint, et ils finissent par se droguer mutuellement avec leur fiel quotidien. Aucun des deux ne peut se séparer de l’autre, étant à la fois victime et bourreau. Leurs relations sadomasochistes, fondées sur la perversion de la souffrance, établissent entre eux des liens si forts que la rupture ne peut qu’être dramatique. Aucun des deux n’oubliera jamais, ils s’entredéchireront dans d’interminables procès ou des vengeances inexpiables que le temps n’amortira pas…
Homme Scorpion et femme Sagittaire
Ce n’est pas un couple très fréquent, mais, lorsqu’il existe, il peut être bon. La belle Sagittaire, grande chasseresse d’hommes devant l’Eternel, aime l’aventure et l’amour…
Tout comme le Scorpion. Une ambition commune, une idéologie peuvent les rapprocher. Elle sait le faire courir, galoper, cavaler ! Et il marche, de toutes ses petites pattes, séduit par l’optimisme et l’audace de cette fière cavalière. Le Scorpion aura très vite compris qu’il n’est pas question d’essayer de la domestiquer : la cavale indomptable et rebelle s’enfuirait au grand galop ! Sa gaieté, son entrain, son dynamisme aident efficacement le Scorpion à sortir de ses marasmes chroniques.
Homme Scorpion et femme Capricorne
Ils sont faits l’un pour l’autre. Possessive et tenace, la femme Capricorne est, dans son genre, aussi compliquée que le Scorpion (il n’y a qu’à voir cet invraisemblable attelage de poils et d’écailles qu’elle trimballe avec elle !).
A l’homme Scorpion, il faut exactement ce type de femme : combative, dure, pas trop sentimentale, assez intellectuelle. Egocentrique et résistante, elle ne se laissera pas du tout entamer.
Il ne s’attache qu’à celles qui lui résistent. L’Eau noire du Scorpion se heurtera violemment à la falaise glacée du Capricorne ; celle-ci ne s’écroulera pas pour autant ! Les humeurs capricantes de la dame tiendront la dragée haute au Scorpion. Ils ont des affinités martiennes, et le même sentiment du Temps permanent. La perspicacité du Capricorne jointe à l’intuition du Scorpion, leur grande énergie commune, en feront une équipe solide et opérationnelle.
Homme Scorpion et femme Verseau
Eau plus Air : facile à vivre, la femme Verseau a le génie de l’adaptation ; si le Scorpion est bon prince, ils s’entendront très bien dans beaucoup de domaines. Une vie sociale riche de contacts intellectuels et artistiques, des voyages, une large ouverture d’esprit aux idées de pointe. La Verseau est « dans le vent » et sa légèreté aérienne, sa fantaisie, émoussent l’agressivité du Scorpion. Elle a aussi le génie de l’amitié, puisqu’elle est sous la maîtrise d’Uranus, exalté également en Scorpion. Elle n’a pas de grandes exigences passionnelles, et c’est ça qui lui sauve la vie !
Elle laissera au Scorpion l’illusion qu’il est le grand patron, et tout ira bien. S’il devient odieux, elle s’envolera ailleurs, puisque Uranus symbolise l’Espace… Elle ne se laissera pas masochiser comme les Vierges, les Cancers ou les Taureaux !
Homme Scorpion et femme Poissons
Comme ces mystérieux monstres marins des grands fonds, ils se reconnaissent de très loin grâce à leur signaux phosphorescents : bip, bip, bip… Ils n’ont besoin ni de paroles, ni de gestes, ni de rien, pour être immédiatement sur la même longueur d’onde. Et, cette fois, c’est le naufrage du grand coureur des mers… La petite sirène déverse tant d’Eau sur son venin qu’elle le neutralise complètement. Elle est si fluide, si insaisissable, qu’il ne peut la briser. Elle l’entoure de ses rêves humides, s’insinue au fond de ses entrailles pourtant blindées, le submerge dans un océan de sentimentalité.
Le Scorpion, vaincu, deviné dans ses moindres replis, capitule devant la sirène, qui l’entraîne au fond de ses grottes sous-marines. C’est bien la seule femme du Zodiaque à réussir ce joli coup !
Les Astromariages de la Femme Scorpion
Femme Scorpion et homme Bélier
Exquis et séduisant, ce Bélier, mais il fait rarement l’affaire de la Scorpionne (sauf si leurs Ascendants sont complémentaires).
Il ne la rassure pas, parce qu’il ne la comprend pas : tout en impulsivité, extraverti, actif et sans complications, il est à mille bonds de soupçonner le monde secret de sa partenaire. Les motivations de celle-ci lui échappent complètement. Il ne respecte pas son intuition et s’il essaie de faire acte d’autorité, il la braque. Il vit dans l’instant présent, tout entier immergé dans l’immédiat – tandis qu’elle vit à la fois dans les projets d’avenir lointains, et dans la conscience permanente du passé. Il n’y a pas de langage profond entre eux, entre le Feu du Bélier et l’Eau du Scorpion. Ils peuvent s’entendre en amitié, dans le feu de l’action. Mais pas en amour, et à long terme, à moins que le Bélier n’ait beaucoup d’Eau dans son Feu.
Femme Scorpion et homme Taureau
Alors que la formule inverse est un vrai désastre, celle-là peut être excellente : les pulsions de mort sont beaucoup moins violentes chez la femme Scorpion que chez l’homme du même signe. Aussi l’homme Taureau peut-il très bien s’accommoder d’une Scorpionne, qui le stimule par son incessant besoin de progrès. Il peut lui offrir toute la tendresse qu’elle désire. Il la rassure avec sa bonne odeur de bête chaude, solide et fidèle. Il sent bon le foin fraîchement coupé et la marguerite. Là, cette éternelle angoissée trouve enfin son port d’attache ! Le Taureau, vénusien et artiste, sensible et pacifique, ne joue pas les machos, ce qui est bien agréable…
Femme Scorpion et homme Gémeaux
D’aucunes se plaignent vivement des Gémeaux : insaisissables, légers, farceurs, brillants voire malhonnêtes, misogynes, homosexuels…
Avec la Scorpionne, ils ne pourront plus jouer à cache-cache. Inutile de faire les malins avec elle : elle les voit venir ! Elle en coince un dans chaque pince et le tour est joué.
La complexité des Gémeaux affole peut-être bien des gens, mais sûrement pas une Scorpionne, qui en a vu d’autres… Et qui, de toute façon, devine tout. Elle s’agacera de l’irrégularité de l’homme Gémeaux, génie de l’improvisation, roi du système D, qui retourne sa veste et change d’humeur comme le vent. Il passera par des hauts et des bas, oscillant sans cesse entre l’amour fou et le ras-le-bol hurlant.
Si elle tient bon, elle le stabilisera ; c’est elle le « signe fixe » ! Ce serait plus facile si elle était Scorpion–Vierge et lui Gémeaux–Cancer, par exemple. L’humour, l’intelligence, la gaieté des Gémeaux l’aideront à ne pas s’enliser dans le tragique quotidien, tentation permanente du signe.
Ils ne vieilliront pas : l’éternelle jeunesse des Gémeaux stimule la Scorpionne dans la lutte sans merci qu’elle mène toujours contre la vieillesse et la décrépitude. Le couple sera meilleur encore au fil des années.
Femme Scorpion et homme Cancer
Mille et une nuits ne leur suffiront pas pour se raconter leur vie, leurs émotions et leurs rêves. A mille mètres en dessous du niveau des océans, ils sont seuls au monde dans l’obscurité des grands fonds. Ils pénètrent au cœur des canyons sous-marins dont les parois tapissées de gorgones abritent d’insondables mystères. De temps en temps, ils frôlent les tentacules d’une gigantesque pieuvre, dernière survivante des grands monstres du paléozoïque… Dans les forêts de coraux géants, la Scorpionne se fraye un chemin, tenant le Cancer par une pince, à deux pas derrière (il n’est pas aussi audacieux qu’elle !). Ils débouchent sur d’immenses savanes sous-marines, les fameux herbiers de posidonies qui s’étendent à perte de vue sous l’océan Indien…
Dans le silence des abîmes océaniques, le moindre battement de cœur s’entend à des kilomètres, et aucun sentiment de l’un n’échappe à la perception de l’autre. Même séparés par des continents, ils ressentent la même chose, à la même minute, et le disent avec les mêmes mots. Ils se possèdent réciproquement à un degré rarement atteint. Jalousement possessifs tous les deux, ils s’enferment dans leur univers de passion et de tendresse.
Mais… peu à peu, la Scorpionne trouvera que ce huis-clos sent le renfermé. Elle a besoin d’air, de mouvement, d’espaces illimités.
Le Cancer, douillettement installé, niché dans cette intimité étouffante, est très content comme ça. Il n’a aucune envie d’ouvrir les fenêtres.
La Scorpionne, un matin, en aura assez de le pousser, de le tirer, de le secouer, de toujours être celle qui paye de sa personne, qui prend tous les risques et toutes les initiatives.
Le Cancer, lui, se contente de recevoir. C’est un ventre parfois avide ou lourd à remuer.
Il ne lève pas le petit doigt pour bouger. Réactionnaire, attaché au passé, il ne comprend pas l’intuition prophétique du Scorpion. Finalement, excédée, elle l’abandonnera à son coin de rocher, auquel il est obstinément fixé, et partira vers le grand large. Il la regrettera toute sa vie… et recommencera les mêmes bêtises avec la suivante.
Femme Scorpion et homme Lion
Ça pourrait marcher si le Lion est Ascendant Poissons ou Cancer. Sinon, le Lion pur et la Scorpionne type n’ont aucune chance de se comprendre et de s’entendre durablement. Le Lion aura beau dérouler un tapis d’or devant elle, elle s’en moque ! Elle a percé au jour ses manoeuvres et le lui fait savoir. Il est bien étonné, le roi des savanes, de tomber sur une femme qui ne le trouve pas superbe. Impardonnable crime de lèse-Lion ! Il voit bien que c’est une sorcière, et il en a très peur. Il se doute bien qu’elle va l’encager dans un zoo. Et si jamais ils se mariaient, ce serait la situation sans espoir du missile irrésistible s’attaquant à un mur infranchissable. Avis aux Scorpionnes : décommandez le safari !
Femme Scorpion et homme Vierge
La Scorpionne ne supporte pas les limites. Si vous lui mettez sous les pinces un panneau « Interdit d’entrer » elle n’aura plus qu’une idée, c’est de pousser la porte pour voir ce qu’il y a derrière. Le monsieur Vierge, affolé, refusera, lui, de s’y hasarder. Bien entendu, je parle d’une Scorpionne de type pur, et pas d’une Scorpionne–Vierge, dont le comportement virginal est étudié ailleurs.
Ces deux-là sortent du même moule, et d’ailleurs, sympathisent immédiatement. Ils appliquent le même sérieux à toutes leurs entreprises, la même persévérance, le même impitoyable esprit critique, et le même réalisme. Mais le dard du signe de la Vierge, replié sur le troisième jambage, symbolise son inhibition, tandis que celui du Scorpion, symbolise son agressivité, projetée à l’extérieur. L’homme Vierge applique son énergie à un territoire délimité, et n’en sort pas. La Scorpionne, elle, ne supporte pas les limites : sa curiosité intellectuelle la pousse toujours à aller plus loin. Au contraire, les scrupules du monsieur Vierge le contraignent à rester dans sa cage… Madame Scorpion s’exaspérera de sa lenteur, de son perfectionnisme, de sa maniaquerie, qui lui donnent, à elle, l’envie de tout faire valser.
La combinaison peut être valable si le monsieur est une fausse Vierge, ou si la Scorpionne est mâtinée de Sagittaire ou de Gémeaux. Autre condition essentielle : que le monsieur soit beaucoup plus âgé que la dame, puisque les signes de Terre se réveillent surtout après quarante ans… Avant, ce sera une merveilleuse et profitable amitié.
Femme Scorpion et homme Balance
C’est une association qui a l' »Air » de marcher… L’homme Balance, diplomate et pacifique, s’accommode assez bien d’une Scorpionne, surtout si elle est Ascendant Bélier. Fin et intelligent, il comprend assez bien ses problèmes et ses sentiments secrets. Il sait aussi qu’il peut lui faire confiance, qu’il peut s’appuyer sur cette force solide des signes fixes.
Tous les deux, ils ont beaucoup de points communs : curiosité intellectuelle, exigence de justice, goût du paradoxe, et des idées philosophiques et religieuses, amour des gens et des enfants…
Elle appréciera ses talents d’éducateur, son habileté en matière de bricolage, son goût pour la beauté, sa bonté pacifiante. Elle lui rendra un fier service : le tirer de ses hésitations de perfectionniste pour l’obliger à prendre une décision (à moins qu’elle ne la prenne elle-même pour lui, à son grand soulagement !).
Femme Scorpion et homme Scorpion
Bonne association si la Scorpionne n’est pas une Scorpionne inhibée. Une vraie Scorpionne a suffisamment d’autorité pour se défendre des pinces envahissantes de son jumeau zodiacal. L’entente physique peut être extraordinaire, et l’entente intellectuelle aussi. Pourtant, la Scorpionne est toujours un peu frustrée du côté cœur : elle a besoin de tendresse, que le Scorpion ne sait pas, ou ne veut pas donner. Le couple est d’autant plus solide est très attaché à ses enfants. Cela, dans le cas de bons Scorpions.
Dans le cas de Scorpions pervers, c’est un vrai noeud de vipères. C’est à qui torturera, blessera, empoisonnera son conjoint, et ils finissent par se droguer mutuellement avec leur fiel quotidien. Aucun des deux ne peut se séparer de l’autre, étant à la fois victime et bourreau. Leurs relations sadomasochistes, fondées sur la perversion de la souffrance, établissent entre eux des liens si forts que la rupture ne peut qu’être dramatique. Aucun des deux n’oubliera jamais, ils s’entredéchireront dans d’interminables procès ou des vengeances inexpiables que le temps n’amortira pas…
Femme Scorpion et homme Sagittaire
Chevalier errant, mais qui aime son confort. Aventurier, mais bourgeois. Risque-tout, mais pratique. Révolutionnaire, mais snob. Infidèle, mais fidèle ! Mi-bête, mi-homme : il n’y a pas plus « double » que le Sagittaire.
Notre Scorpionne est assez intelligente pour comprendre ce signe dont la complexité répond à la sienne. Comme lui, elle a horreur d’être enfermée dans un espace limité, comme lui, elle déteste les contraintes, comme lui, elle veut galoper droit devant elle sans frein ni frontières… Bien qu’elle adore le risque et l’aventure, elle n’en est pas moins un signe d’Eau fixe : à ce cheval volant elle offre un port d’attache stable, où il reviendra après chaque voyage.
Le récif dangereux, c’est la jalousie : qu’elle n’essaie pas, notre Scorpionne passionnée et possessive, de coincer ce centaure cavaleur, qu’elle lui laisse généreusement sa sacro-sainte liberté… Qu’elle se contente de sa fidélité en gros (sans faire le détail !). C’est très difficile pour un signe fixe de s’habituer au happening permanent des Sagittaires (surtout si l’on est une Scorpionne–Vierge !). Mais un modus vivendi est possible, parce que le Sagittaire aime la fantaisie et la rage de vivre du Scorpion, qui a un urgent besoin de son optimisme et de sa générosité !
Femme Scorpion et homme Capricorne
Le Capricorne est le bloc de granit qui résiste à toutes les érosions. C’est un pic, un cap, un promontoire… Pour grimper là-dessus, il faut un certain souffle, d’autant qu’on n’en est pas récompensé par la moindre petite fleur ! Le Capricorne est austère comme le Hoggar et froid comme le pôle Nord. La Scorpionne, qui est capable de tout, est aussi capable d’hiverner là-haut si elle en a envie. Elle y trouvera certainement un abri sûr, une fidélité, une solidité sur laquelle elle peut compter.
Le Capricorne donne son cœur une fois, et ne le reprend pas. Mais il est d’une jalousie dévorante, d’autant plus atroce que notre Scorpionne plaît, bien entendu, à tous les hommes. Epouser un Capricorne, c’est s’enfermer dans un couvent. Certaines le supportent, car cet homme, doué pour le pouvoir, la politique, l’amitié et l’humour noir, est en amour un grand maladroit. Très froid, égoïste comme le sont souvent les signes de Terre, il risque de blesser la Scorpionne avec ses arêtes coupantes de falaise glacée. Cela engendrera des éclats : Mars contre Mars ! A condition d’établir entre eux une solide amitié sur des bases de respect mutuel, ils pourraient s’entendre. Le Capricorne s’adoucit avec l’âge, et s’il naît sous des Ascendants un peu plus gracieux : Capricorne–Balance avec Scorpion–Bélier, ou Capricorne–Poissons avec Scorpion–Vierge…
Femme Scorpion et homme Verseau
Je n’ai jamais rencontré de mariage durable et bon avec cette combinaison (sauf Scorpionne–Lionne avec Verseau–Cancer, ou encore Scorpionne–Balance avec Verseau–Poissons).
Avec Uranus en commun, ils sympathisent d’abord, et s’entendent sur des projets révolutionnaires et généreux, des voyages au bout du monde, des aventures, des inventions de génie… Mais pourquoi diable veulent-ils sortir de cette passionnante amitié ?
La vie commune sera désastreuse. D’abord parce que les deux signes fixes de nature différente se heurtent entre eux. Le Verseau va jusqu’au bout de son idée, la Scorpionne aussi, bien sûr, et ce sera la guerre inexpiable, parce qu’ils collectionnent à eux deux toutes les planètes « dures », dites aussi « maléfiques » : Uranus, symbole de révolution, Pluton, symbole de destruction, Mars, symbole d’agressivité, et Saturne symbole de dureté et de mort.
Le Verseau peut être gentil et serviable avec les copains. Mais avec la femme aimée, il ne sait pas être tendre. Trop cérébral, il n’est absolument pas doué pour l’amour. Il ne comprend rien à une femme très instinctive et très féminine comme la Scorpionne (sauf s’il a un peu d’élément d’Eau dans son ciel). Brutal et autoritaire, il essaie de lui imposer les décisions qu’elle ne « sent » pas ; aussi ne peut-elle ni les accepter, ni lui faire confiance, puisqu’elle ne se sent pas profondément comprise.
De façon générale, le comportement du Verseau type pur est très frustrant pour une femme : il sacrifie toujours son foyer aux copains, son amour à ses engagements politiques, ses enfants à sa rage d’indépendance… Il ne s’améliore guère avec l’âge, et garde jusque dans la vieillesse une immaturité affective (qui, chez les meilleurs, est aussi une grande jeunesse d’esprit). Le Verseau est rarement fait pour cette invention complètement rétro qu’est le mariage. Si l’on pouvait en inventer une autre forme, moins bourgeoise, il aurait peut-être ses chances.
Femme Scorpion et homme Poissons
Marécages et eau courante, Eau fixe et Eau mutable, deux signes féminins, deux signes d’hiver, deux rêveurs secrets, ils forment ensemble le plus bel équipage du Zodiaque. Ils ont la clé des mondes invisibles, ils habitent la face cachée de la Terre, l’envers des nuages et des océans.
En fait, ils ne sont pas si gentils que ça tous les deux : le Poissons est un chouya requin, et la Scorpionne peut empoisonner à mort ses agresseurs… Mais le Poissons désarme à son profit l’agressivité de la Scorpionne. Elle, se sentant comprise, devinée au-delà des apparences, accroche au vestiaire sa panoplie de chasseuse de scalps : pinces et venin, cuirasse blindée… Elle se jette à corps perdu dans l’océan de tendresse que lui apporte le Poissons – tout ce qu’elle attendait. Ils se comprennent si bien qu’ils n’ont aucun besoin de parler, et savent même s’entendre à des kilomètres de distance. Nageoire dans la pince, ils feront le tour du monde, portés par les courants océaniques, jusqu’à ce que quelque courant les ramène dans leur palais d’hiver, au fond de la mer des Sargasses…
Combinaison du Signe avec les Ascendants
Le Scorpion, plein de ressources inattendues, très souple, s’adapte à tout : il est polyvalent. Aussi, combiné avec les autres signes dans une même personne, prend-il des visages inattendus. Il peut donner des caractères assez différents du Scorpion d’origine garantie, marque déposée…
Le Scorpion est dur, m’a-t-on dit… Peut-être, mais pas le Scorpion–Cancer ou le Scorpion–Balance, tendres et sentimentaux. Le Scorpion est généreux : voire, si c’est un Scorpion–Taureau, près de ses sous. Le Scorpion passe pour tenace, et n’abandonne jamais ses objectifs… C’est vrai en théorie, mais pas chez le Scorpion–Gémeaux qui papillonne et abandonne ce qu’il entreprend. J’ai remarqué bien souvent des Ascendants qui marquaient plus fortement la personnalité du natif que le signe solaire ; celui-ci est occulté, caché derrière le signe ascendant que l’entourage perçoit plus nettement.
Pour cette raison, j’ai associé dans chaque rubrique la combinaison inverse : si l’on parle du Scorpion–Verseau, il est difficile de ne pas citer aussi James Dean : Verseau–Scorpion ! Dans le Scorpion–Taureau, on pense à Freud, qui avait la combinaison inverse… Cela revient souvent, non pas tout à fait au même, mais au « presque même », suivant les cas, avec toujours des rapprochements intéressants et une parenté psychologique très forte.
Scorpion Ascendant Bélier
Impulsivité, passion, fanatisme…
Le Scorpion–Bélier est un vrai Scorpion, courageux et combatif, un vrai de vrai. Mars étant à la fois le maître du Scorpion et celui du Bélier, les Scorpions–Béliers sont souvent des chefs, leaders d’un parti ou d’un pays. Par exemple, Bob Kennedy. Et aussi, en Bélier–Scorpion : Lénine, Gambetta, Charlie Chaplin, Henri Becque, Paul Verlaine, Robert Brasillach… Lorsqu’on voit le thème de ce dernier, on comprend mieux que cet homme passionné ait fait un mauvais choix : ce n’est pas un hasard si le puissant déploiement militaire de l’Allemagne nazie a fasciné ce martien en quête d’absolu. Il y retrouvait un écho de ses démons intérieurs… Malheureux Scorpion–Bélier, qui ne sait rien faire à moitié ! Ni tiède, ni lâche, mais courageux, et généreux, il se donne entièrement à la cause qu’il croit bonne.
Le Bélier est de Feu, et le Scorpion d’Eau, mais c’est une eau des marais, qui fermente, qui dégage des gaz combustibles. Si on met une allumette dedans, ça flambe tout de suite ! Ça aime, ou Ça déteste, violemment, avec les tripes, et Ça ne l’envoie pas dire ! Le Scorpion–Bélier a le verbe percutant, la colère ravageuse, le coup de cornes meurtrier. Il ne supporte pas la contradiction. Ce mousquetaire a la décision rapide et le geste prompt. Il a toutes les audaces, et tous les courages – y compris celui, très rare, de se faire haïr : il sacrifie sa réputation et ses affections à son idéal si celui-ci l’exige. Ce volcan explosif rempli de laves brûlantes ne recule jamais devant les plus âpres sacrifices.
Le Scorpion–Bélier déséquilibré peut être sadique – ou alors masochiste comme personne, peut-être plus encore que le marquis de Sade qui était… Gémeaux – ou que ce pauvre Masoch, natif du… Verseau. Dans cette combinaison flamboyante, les hommes me paraissent bien plus redoutables que les femmes : je trouve ces dernières fortes, décidées, entières, inspirant le respect ; mais leur force se double d’un grand cœur, d’une bonté et d’une générosité touchante. Elles se gardent très longtemps jeunes et actives. Le Bélier est éternellement jeune et le Scorpion ne s’encroûte jamais dans la vieillesse : il se bat jusqu’au bout !
Mais lorsque le Bélier est à l’Ascendant, le Scorpion souvent se place en Maison VIII : la Tradition astrologique voit dans cette position un indice de mort prématurée ou violente (surtout avec Mars et Uranus placés dans cette Maison et mal aspectés). Les gens qui meurent jeunes le sentent souvent, ou le savent d’une certitude intérieure profonde. Ils y pensent, et c’est un trait de leur caractère que cette familiarité intime avec la mort. (J’ajoute tout de suite que ce n’est pas une prédestination obligatoire, et que tout dépend du thème particulier.)
Mais assez parlé du « mauvais » ou du « malchanceux » Scorpion–Bélier : le « bon » Scorpion–Bélier a beaucoup d’allure. Fier, sûr de lui, indépendant, il a du panache. C’est un conquistador… Le Soleil en Bélier éclaire les grottes sombres du Scorpion, qui communique ainsi plus facilement avec autrui que le Scorpion pur. Evidemment, il a tendance à communiquer en extériorisant son agressivité mais au moins, on sait à quoi s’en tenir. Il est capable, pourtant, d’apprendre à se maîtriser, avec le temps. De toute façon, c’est quelqu’un. Il impressionne toujours son entourage par sa force et sa présence.
Comment est-il en amour ? Très idéaliste, grand et généreux, ardent et passionné…
C’est ce qu’indique le Lion en Maison V. Mais il ne fait pas bon le (ou la) tromper. La Balance en Maison VII lui permet, si Vénus est bien située, de trouver un partenaire bon et compréhensif, pacifique, avec lequel il (ou elle) a des chances d’être heureux… si sa vie mouvementée lui en laisse le temps. Le Scorpion–Bélier est sensible plus qu’un autre à la beauté physique des gens. Souvent artiste, il est plutôt doué pour l’expression corporelle : théâtre, cinéma, poésie. Parfois aussi, il est attiré par les sciences, comme Jean Rostand par exemple.
Scorpion Ascendant Taureau
La Terre fixe et l’Eau fixe, le printemps et l’automne, le brin de muguet et le pot de chrysanthèmes, les portes de la vie contre celles de la mort…
L’axe Taureau–Scorpion traverse comme un flèche la roue du Zodiaque, et celui qui naît sous ces deux signes combinés est une force de la Nature. Solidement ancré sur la Terre ferme, de ses douze pattes, et accroché à la réalité par ses deux pinces, c’est un type d’homme et de femme aux instincts puissants. D’une intelligence pénétrante, ses raisonnements sont toujours alimentés par le contact avec le réel – quand c’est un Scorpion–Taureau harmonique. Sinon, il peut être complètement mythomane.
Il existe très fort, et sa « présence » a beaucoup de densité. Grande est sa puissance de création. Je ne m’étonne pas de trouver Ferdinand de Lesseps dans cette famille : quelle énergie ne lui a-t-il pas fallu pour venir à bout de tous les obstacles financiers, politiques, géographiques, dressés devant lui. Finalement, il l’a percé, son canal de Suez : un passage d’eau (du Scorpion), dans un obstacle de terre (du Taureau).
Le Scorpion–Taureau vénusien est extrêmement artiste : Edwige Feuillère est née sous cette configuration. Picasso, lui aussi, en est très marqué, puisqu’il a le Soleil en Scorpion, opposé à un amas de planètes en Taureau, en Maison X : Pluton, Neptune, Saturne, Jupiter, pas moins.
Le Scorpion–Taureau est un grand amoureux, un amant superbe, sensuel et puissant, chaleureux, capable aussi d’être tendre (plus que le Scorpion pur). Très fidèle, mais possessif, et terriblement jaloux. Cette jalousie peut le mener aux dernières extrémités de la violence, et libérer ses instincts de mort, sa cruauté et tous les aspects négatifs des deux signes.
On se plaint de son égoïsme. C’est vrai : massif, trapu, solide (moralement, sinon physiquement), c’est une place-forte, un donjon. Si le Taureau adoucit par son influence vénusienne l’agressivité du Scorpion, il arrive aussi qu’il ait l’influence contraire : cela donne un ours mal léché, simplement, parce que le Taureau déteste ce qui lui semble factice, les « trop poli pour être honnête », les ronds de jambe artificiels.
On ne peut parler de l’alliage de ces deux signes sans évoquer Freud, Taureau–Scorpion, spéléologue de l’inconscient. Dans cette famille intéressante, on a le goût des découvertes (Marie Curie), de l’exploration en profondeur. On aime creuser comme Lesseps.
Les femmes Scorpion–Taureau sont plus douces que les hommes, mais c’est une douceur inexorable. Chaleureuses, solides, pratiques, accueillantes, bonnes maîtresse de maison et cordons-bleus, vous ne pouvez rien cacher à leur perspicacité, à leur flair pour sentir le vrai (sauf si vous êtes vous-même un peu Scorpion–Taureau !). Elles ne lâchent jamais l’homme sur lequel elles ont jeté leur dévolu. Mais cela fait parfois, dans un thème mal équilibré, de vieilles folles jalouses ou bien des mères abusives, redoutablement malfaisantes.
De façon générale, le mariage de ces deux signes, Scorpion et Taureau, manque de légèreté, d’humour et de souplesse. Il faudrait ouvrir un peu les fenêtres pour laisser passer un peu d’air : du pétillant Gémeaux et de la fine Balance ou du rapide Verseau. Cela rendrait le ragoût plus digeste.
Scorpion Ascendant Gémeaux
Mince, nerveux, les traits fins, l’œil luisant, la répartie prompte, son agilité intellectuelle et manuelle est prodigieuse. L’eau fixe et lourde du Scorpion est allégée par la souplesse aérienne des Gémeaux. Mercure prête son casque ailé à Uranus : le Scorpion-Gémeaux harmonique réussit tout ce qu’il touche et s’adapte avec une souplesse étonnante à toutes les situations.
Cependant, cette polarité Eau–Air est difficile à vivre, parce que instable, et le natif Scorpion–Gémeaux doit trouver son équilibre dans cette instabilité. Menant de front, et à la perfection, plusieurs activités à la fois, il n’a pas son pareil pour jongler avec un emploi du temps : c’est un équilibriste de haut vol, le miracle permanent… Mais ce miracle est le fruit d’une grande tension intérieure, d’une incessante activité mentale, par laquelle il se délivre de son angoisse profonde.
Parfaitement à l’aise dans le monde des idées, des abstractions, très intuitifs, les Scorpions–Gémeaux maîtrisent n’importe quelle besogne grâce à leur habileté manuelle doublée d’une aussi grande habileté intellectuelle.
Mais s’il est dissonant, si l’instabilité des Gémeaux domine son thème, ce touche-à-tout de génie ne termine rien de ce qu’il a commencé. Il abandonne brusquement quand les premiers succès commencent à venir, et néglige de les exploiter. Il a le génie de l’instant ; mais, pour mener à bien une longue tâche, il faut que le Scorpion soit assez puissant dans le thème : il devra contraindre le Gémeaux à poursuivre son entreprise.
Du point de vue affectif, le Scorpion–Gémeaux est assez différent au masculin et au féminin. Chez les femmes, la stabilité affective me paraît plus grande et l’agressivité verbale moins forte.
Chez les hommes, le refus profond de se donner à l’être aimé les rend parfois odieux à celui-ci. L’homme Scorpion–Gémeaux ne veut pas « se faire avoir » par l’amour ; passablement misogyne, il soumet la femme aimée à sa critique intense, et exige d’elle la perfection introuvable, naturellement !
Cette disposition ne facilite pas la vie affective du Scorpion–Gémeaux, d’autant qu’il ne fait rien pour se faire aimer. Il joue au chat et à la souris avec les mots et les sentiments ; l’Ascendant étant en Gémeaux, le Scorpion tombe donc en Maison V, celle du jeu, des amours : des caprices passionnels, ruptures brusques et impulsives, infidélités (plus accentuées chez les hommes), conduisant assez souvent au divorce.
Il faut dire aussi que la séduction du Scorpion–Gémeaux est irrésistible, mais la vie quotidienne avec lui risque d’être en montagnes. russes. En tout cas, il ne s’embourgeoise pas…
Voilà un être que personne ne peut juger, tant il s’amuse à dérouter son monde. On ne peut que l’aimer ou le détester, à moins qu’on ait soi-même une combinaison de signes semblables qui permette de le comprendre.
Scorpion Ascendant Cancer
Tendre et secret, d’une sensibilité très fine, ce Scorpion-là n’a que très peu à voir avec le redoutable samouraï que décrivent les astrologues. L’influence de la Lune, maîtresse du Cancer, désarme l’agressivité de Mars. Toute cette eau fait rouiller son poignard. Mais, par contre, développe considérablement l’imagination.
Le Scorpion–Cancer est beaucoup plus passif que le Scorpion pur sang. Il passe un temps fou à rêver au clair de Lune. Son monde intérieur est à mille milles de toute terre habitée.
A 384 000 kilomètres exactement. Mine de rien, il se promène toute la nuit dans la mer de la Sérénité, le lac des Songes, la baie de la Rosée, le cratère de Copernic et l’océan des Tempêtes. Allez donc l’y rattrapper ! Et persuadez-le de redescendre sur la planète Terre.
Ce goût du rêve est beaucoup plus accentué chez les femmes, et bat son plein chez les adolescentes. Voyez Marie-Antoinette jouant à la bergère dans ce merveilleux décor factice créé pour elle à Versailles. Dans la plupart des cas, la réalité se charge de faire mûrir l’adolescence. Dans le cas de Marie-Antoinette, la malchance a voulu qu’elle ait les moyens d’échapper longtemps à la réalité. Quand cette dernière la rattrapera, sous forme de révolution, que d’années perdues… Toutes les jeunes filles Scorpion–Cancer sont de romanesques ondines à une période de leur vie (Jean Giraudoux était lui-même né sous cette configuration).
Tendresse et sensualité occupent une large place dans l’univers d’un Scorpion–Cancer. Mais c’est souvent une sexualité infantile qui manque de maturité ou s’éparpille sans se fixer, se satisfaisant plus d’imagination que de relations réelles. Mystérieusement attiré par ceux qui le font souffrir, le (ou la) Scorpion–Cancer est extrêmement masochiste. Il savoure en secret des souffrances qui l’attachent à la personne qui les lui procure. Sur l’écran noir de ses nuits blanches, il se fabrique un cinéma morbide à épisodes, que ne désavouerait pas la jeune héroïne d’Histoire d’O…
Le Scorpion peut-il le tirer de là ? Oui et non. Non, si le Scorpion est livré à ses démons intérieurs, oui s’il est intégré dans un thème harmonique. Cet animal a normalement un sens aigu de la réalité, une énergie farouche et un incoercible besoin d’action. Cela lui permet d’arracher le Cancer à ses songeries malsaines.
Le Scorpion–Cancer lit, écrit, peint, brode au petit point… Il a de grands dons artistiques, comme Rembrandt, Jean Giraudoux ou le comédien Roland Alexandre. Mais il a bien du mal à accoucher d’une production. Ses dons restent souvent à l’état virtuel, et il se laisse emprisonner par les chimères de son univers intérieur, chimères dues à la Lune et à Uranus… Il attend le grand « coup de pied au derrière » qui l’obligera à sortir enfin de lui-même : c’est ce qui explique son masochisme, son attirance pour les gens forts, violents et sadiques…
La douceur du Scorpion–Cancer cache beaucoup d’indépendance : on croit le posséder, le maîtriser, il n’en est rien, il échappe à ceux qui voudraient l’amarrer. Il se réfugie dans le rêve et le silence ; et sa fantaisie imprévisible, ses oublis, ses distractions, ou ses dépressions, laissent son entourage perplexe. Mais il est si affectueux et si accueillant…
Les tableaux de Rembrandt donnent la clé de l’univers Scorpion–Cancer : le clair-obscur. Grâce à cette technique, on croit voir, toucher l’aura qui émane des êtres et des choses (Rembrandt avait le Soleil en Cancer et la Lune en Scorpion, harmoniquement reliés par un trigone).
Scorpion Ascendant Lion
Combinaison redoutable de deux signes fixes, qui produit souvent des individus surdoués et super-puissants : Mussolini, Napoléon, Mata-Hari, Luther, Picasso, Goebbels (les trois premiers sont Lion–Scorpion, mais le résultat est tout aussi extraordinaire ; Louis XIV lui-même, le « Roi Soleil« , avait une dominante Scorpion–Lion dans son thème).
Le Lion est une bête de théâtre, qui s’impose par son magnétisme et son rayonnement solaire. Notre Scorpion est tout le contraire : génie de l’ombre, il travaille dans le secret, et tisse sa toile dans les ténèbres. Le mélange des deux signes donne un type d’être très complet : les puissances du jour s’allient à celles de la nuit ! Non seulement beaucoup de brillants chefs d’Etat, mais encore de très grands artistes et écrivains, appartiennent à ce type : outre Pablo Picasso déjà cité, on trouve Léon Daudet, Schiller.
L’autorité naturelle du Scorpion–Lion en impose à son entourage, qui ne discute pas, et se range naturellement sous ses ordres. Bien entendu, toute une gamme de variantes existe entre le Scorpion–Lion « à griffes », plus marqué par le félin, dont les gestes théâtraux et le goût du faste conquièrent toujours son public admiratif et le Scorpion–Lion davantage « bête à pinces », plus secret, plus intelligent, qui dose savamment ses effets, discrets mais efficaces, et tire dans l’ombre les ficelles d’un jeu subtil, où il fait avancer ses pions sur l’échiquier avec les ruses du serpent… A vrai dire, Lion comme Scorpion aiment manoeuvrer les gens et les faire marcher. Le Scorpion–Lion est un chef-né, un meneur d’hommes, auquel on ne résiste pas – auquel il est impensable de résister ! Sa force de persuasion, son génie du verbe et des attitudes, entraînent les autres dans son sillage.
Scorpion et Lion ont trois points communs positifs : énergie, réalisme et générosité. Avec eux passe un grand souffle épique d’aventures et de conquêtes… Ce sont des gens qui donnent, et qui se donnent tout entiers à la cause qu’ils ont épousée. Le dynamisme du Scorpion–Lion est une force de la nature. Quant au réalisme, le Scorpion n’en manque pas : il sent de façon instinctive et aiguë la réalité des choses. Il apporte son intuition et son regard d’aigle au Lion pratique, lequel ne s’embarrasse jamais de métaphysique pour agir. Ainsi, Scorpions et Lions ont les mêmes grandes qualités – sur un mode affectif différent. C’est pour cela qu’ils se détestent lorsqu’ils sont en concurrence, chacun déployant sa volonté de puissance pour arriver le premier. Le Lion à l’état pur, très extraverti, agace le Scorpion parce qu’il lui paraît inintelligent. Pour ce dernier, on n’a pas besoin de jeter tant de poudre aux yeux. Tout ce one man show, toute cette vanité, semblent imbéciles au Scorpion. Le Lion lui pompe le vent sous les pinces. De son côté, notre fauve à crinière flamboyante redoute les ténèbres du Scorpion. Il pense que ce gaillard-là n’est pas franc et cache quelque chose (de malsain, bien entendu !).
Aussi, combinés dans le même être humain, les griffes de l’un et le dard de l’autre deviennent l’arme absolue. A eux deux, ils forment une super-puissance, ils sont armés pour conquérir le monde. Ils ne reculent jamais devant rien : leur Milieu-du-Ciel professionnel est occupé par le Bélier ou le Taureau : ces gens-là investissent une énergie fantastique dans leur entreprise. Ils iront jusqu’au bout de leur ambition. Le Scorpion–Lion porte en lui à la fois la fusée irrésistible et le mur infranchissable.
Mais ces deux signes fixes ont hélas aussi les mêmes défauts : le goût du pouvoir porté jusqu’à l’obsession, la volonté de puissance forcenée, la jalousie violente. Le chef peut se transformer en tyran, en despote qui n’admet aucune contradiction. Sa jalousie redoutable et ses colères violentes terrifient son entourage qui n’ose plus dire ouf ! Ce puissant créateur, travailleur acharné, fascine ses collaborateurs, mais finit par les épuiser à la tâche, et décourager ses fidèles. L’orgueil qui le guette peut lui faire perdre tous ses atouts et son équilibre ; il méprise alors les gens, et la réalité des choses. Laquelle se retourne contre lui. Il s’isole peu à peu de la vie, et cet isolement peut le conduire à la folie, à la mégalomanie, au suicide (Goebbels, Mussolini).
Scorpion Ascendant Vierge
Le Scorpion libérera-t-il la Vierge de ses inhibitions ? Ou bien celle-ci étouffera-t-elle le Scorpion ?
Les deux orientations sont possibles. Mais comme le Scorpion est un être de sacrifice, capable de se contraindre avec la dernière des énergies pour atteindre ses objectifs lointains, il arrive souvent que ses révoltes soient éteintes par la Vierge, qui est aussi masochiste que lui ! Cela se produit surtout chez les femmes, les contraintes sociales et matérielles pesant plus durement encore sur les destins féminins.
Dans cette combinaison, l’aspect extérieur Vierge est mis en vedette : présentation soignée, gestes mesurés, élégance tirée à quatre épingles chez les femmes, politesse, exactitude, un certain conformisme social qui n’exclut pas de brusques sursauts d’anarchie quand le Scorpion se réveille !
Le Scorpion Ascendant Vierge est un meuble à secrets : on n’a jamais fini de le connaître, et de tirer tous ses tiroirs ; ses ressources sont inépuisables. Mais lui seul sait où il a mis les clés, qu’il ne donne à personne (sauf, peut-être, à l’unique grand amour de sa vie).
Extrêmement consciencieux, il entend parfaitement son travail : vous pouvez lui faire confiance, il tient ses engagements et respecte ses contrats. Il est, en fait, sourdement dévoré par une rage inextinguible de perfection. Si la Vierge domine, il fignole interminablement les détails. Si c’est le Scorpion, son exigence de perfection n’est pas moindre : il n’est jamais tout à fait satisfait, il veut toujours aller plus loin et plus haut. De toute façon, il n’est pas « relax ». Ses tensions internes extrêmement fortes le poussent vers l’action et la réalisation.
La structure Scorpion–Vierge harmonique signe souvent de puissantes personnalités : énergie persévérante, aptitude à prévoir des objectifs à très long terme, inébranlable ténacité dans la réalisation, très grand contrôle de soi-même. Le Scorpion–Vierge n’oublie rien, comme l’éléphant. Il ne désarme pas tant qu’il n’a pas obtenu ce qu’il veut. Et ça peut durer des années. Comme il est discret, d’apparence timide même, et pas du tout « bluffeur », on ne l’évalue pas toujours à sa vraie mesure. Il n’aime pas jouer les vedettes et préfère travailler dans une pénombre efficace !
Très fin psychologue, vous ne mettrez pas sa perspicacité en défaut : il sent toujours à qui il a affaire, il devine les mobiles de son interlocuteur : les rouages les plus secrets de l’âme humaine lui sont familiers (surtout si Mercure est en Scorpion). Son sens critique aigu perce toujours le défaut de la cuirasse. Il réussira très bien dans une profession médicale et dans les carrières de la psychologie. A moins qu’il ne devienne écrivain : l’écriture mettra en jeu la perspicacité de la Vierge, l’imagination visionnaire du Scorpion, et le goût de la réflexion qu’ont à la fois les deux signes. Voyez, par exemple, Albert Camus, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle-Adam, et aussi Goethe, Hugues de Bonardi, Jules Romains, Maeterlinck qui ont la structure inverse, Vierge Ascendant Scorpion, donnant un tempérament très voisin.
Sur le plan sentimental, il est fréquent que la Vierge, pacifique et disciplinée, adoucisse le Scorpion, le rendant facile à vivre, mais ses chances de réussite affective sont moins brillantes que dans le domaine professionnel.
Le Scorpion–Vierge, pourtant si lucide pour les problèmes des autres, n’est pas à l’abri des emballements imprudents, des illusions, des décisions folles. Parfois, même, il sait très bien qu’il fait une bêtise, mais il se sent obligé de la faire. S’il tombe sur un partenaire qui le trompe, sa déception est alors violente (d’autant plus qu’il est capable d’une grande fidélité). Les associations, sentimentales ou professionnelles, sont rarement satisfaisantes pour lui : le goût de la perfection absolue qui le hante l’amène fatalement à être déçu un jour ou l’autre par l’être qu’il aime. Il est exigeant, et peu indulgent pour les faiblesses humaines. Et avec ça, jaloux, jaloux, jaloux… Que ce soit dans un mariage, ou dans une association professionnelle, le partenaire qui s’imagine pouvoir contraindre le Scorpion-Vierge aura bien des surprises, car ce dernier est un faux faible, un faux timide, qui sait très bien ce qu’il veut. Il faut absolument respecter son autonomie. Il faut savoir aussi que sa famille d’origine compte toujours beaucoup pour lui, en particulier ses frères et sœurs, avec lesquels il entretiendra toute la vie des relations d’amitié, de rivalité, d’affaires.
Scorpion Ascendant Balance
Deux personnalités différentes coexistent dans le même être : une Balance sensible et sociable, pacifique, détestant les à-coups violents, les coups de gueule, les coups de force, et les coups de chien. Une Balance qui ne rêve que d’harmonie et qui est prête à bien des compromis – voire des compromissions – pour préserver sa paix.
Derrière cette personne vénusienne et civilisée flambe un Scorpion sauvage, révolté, heureux dans les tempêtes… Brusquant ses relations aussitôt qu’il trouve qu’on fait fausse route, grand redresseur de torts, il n’hésite pas à casser le morceau, à dire tout haut et tout cru son fait à l’interlocuteur.
Sous l’influence de Saturne, la Balance hésite à agir, tandis que sous celle d’Uranus et de Mars, le Scorpion s’engage sans hésiter dans l’action. Bousculant la Balance convenable et bien élevée, il se jette à corps perdu dans des aventures aussi risquées que pittoresques. Nécessairement, l’un des deux personnages de cette combinaison sera brimé, et le natif en souffrira vivement. Lorsque la Balance prend habituellement le dessus, le Scorpion se réveille brusquement, sidérant l’entourage qui voit alors le Vésuve entrer en éruption alors que des petites fleurs poussaient dans son cratère. Si c’est le Scorpion qui domine habituellement, les éclaircies sont inattendues et inquiètent d’autant plus !
Les deux faces de cette structure sont très difficiles à vivre harmonieusement. Mais pourtant, elles peuvent se concilier. Au prix d’un effort constant et toujours pénible, il faut le dire. On voit alors le Scorpion qui s’enveloppe efficacement dans le charme de la Balance, ce qui le rend extrêmement opérationnel (De Gaulle, Mitterrand). Ou bien une Balance fortifiée par le Scorpion poursuivra avec plus de persévérance ses objectifs lointains (Louis XVIII). A y regarder de près, pourtant, Balance et Scorpion ont beaucoup de points communs : le goût de la justice, par exemple. Si le Scorpion se révolte contre toute injustice faite à lui comme aux autres, la Balance a, plus que tout autre signe, le sens de l’équité. Goût de la réflexion aussi : la Balance, sous l’influence de Saturne, aime prendre son temps pour réfléchir, tandis que le Scorpion nage à l’aise dans le monde des idées, Uranus lui donnant un grand dynamisme intellectuel. Comme vous voyez, Balance et Scorpion peuvent tout de même dialoguer.
Ce sont aussi des gens mystiques, épris d’absolu tous les deux, assoiffés de plénitude et de perfection. D’autre part, si Vénus est en domicile dans la Balance, son exil n’est pas total en Scorpion : chacun sait que celui-ci est un grand amoureux, ce qui donne toujours un assez grand magnétisme sexuel au pauvre Scorpion–Balance, affligé par ailleurs de si grandes contradictions.
Enfin, n’allez pas croire que la Balance soit toute-bonne-toute-brave, et le Scorpion tout-méchant : la Balance abrite au fond d’elle-même une flamme sombre que Saturne mal aspecté peut alimenter dramatiquement. Tandis que le Scorpion a, nous l’avons vu, d’excellents moyens de se surpasser, en particulier par sa générosité fondamentale.
Si la combinaison harmonique du Soleil en Scorpion et de l’Ascendant en Balance permet de bons succès professionnels (Alain Delon), elle assure une vie affective difficile.
De façon générale, la polarité Eau–Air est difficile à vivre. Le partenaire idéal du Scorpion–Balance doit avoir lui aussi une polarité Eau–Air, lestée d’un bon coefficient Terre.
Chers Scorpions–Balances, ne vous affligez tout de même pas trop ; vous avez une chance extraordinaire : votre combinaison de signes plaît à tout le monde. Vous vous ferez des amis partout, mais aussi pas mal de jaloux, parce que vous réussissez trop bien à séduire les gens ! Le Temps (Saturne) vous permet souvent d’harmoniser vos tendances contraires, et la réussite vient en fin de vie, quand le Scorpion a adouci son vitriol, et la Balance calmé les bulles de son Air léger…
Scorpion Ascendant Scorpion
Une de mes consoeurs astrologues, Capricorne de son état, trempe sa plume dans l’encre noire pour décrire le malheureux Scorpion Ascendant Scorpion : « Personnage soit tout à fait « assassin », inquiétant, soit tout à fait victime, ou tout à fait agressif. Il ne lui arrive rien comme aux autres. » Et, là-dessus, elle cite comme unique exemple le fameux Gilbert devenu Gilda à la suite d’une intervention chirurgicale… Quelle injustice, mes frères et sœurs Scorpions, et quel parti pris !
Je connais personnellement au moins quatre Scorpions Ascendant Scorpion autour de moi. Ils ont vraiment la même tête : visage très fin, mince, osseux, avec des traits subtils ; on n’aurait pas pu dire : visage rond, ou carré, ou vraiment allongé ou trapézoïdal…
Non, ce sont des visages mobiles, qui n’entrent dans aucun cadre bien défini. Le tout tient par le charme, illuminé par des yeux vifs, mobiles, brillants, pleins d’une vie intense. Les visages des Scorpions doubles me font penser à celui du rat… qui, comme chacun sait, est l’un des animaux les plus intelligents qui soient. L’aspect général du corps est assorti au visage : ni maigre, ni gros, ni mince tout cela à la fois, pas très grand, mais donnant une impression de souplesse…
On calomnie ces pauvres animaux. Pour leur rendre justice, je vais vous en citer un très bon : l’abbé Blanchard, un très grand astrologue, qui a contribué à faire admettre l’astrologie dans les milieux ecclésiastiques d’avant-guerre. Ce Scorpion–Scorpion est mort il y a peu de temps, en 1977, et a laissé le souvenir d’un homme bon, savant et discret. Cette discrétion est extrêmement « scorpionne » et c’est pourquoi, finalement, peu de célébrités sont connues sous cette double signature. Les Scorpions détestent la lumière crue, le battage publicitaire, le bluff des vedettes jetées en pâture au grand public. Je termine en citant deux « mauvais » Scorpions–Scorpions (pour faire plaisir aux astrologues qui ont peur des signes d’Eau) : le sergent Bertrand et Vito Genovese. Le premier est un célèbre… nécrophile. Quant au second, il fut l’un des chefs importants de la maffia sicilienne. Mais je vous demande un peu, qui, en Sicile, échappait alors à la Maffia ?
Chers Scorpions–Scorpions qui me lisez, ne croyez pas les choses horribles qu’on raconte sur vous. Vos hantises sont peut-être plus puissantes que chez d’autres mais vous avez aussi plus de force pour les exorciser.
Scorpion Ascendant Sagittaire
Le dénominateur commun de cette structure est le courage, le dynamisme, l’audace. Il n’a pas froid aux pinces, notre Scorpion–Sagittaire. Il se bat, et aime se battre, les yeux fixés sur un idéal inacessible (s’il était accessible, ce ne serait plus intéressant du tout !).
Le Sagittaire, mi-homme, mi-cheval, « tramway nommé désir » ne rêve que de conquêtes. Il projette sa flèche dans un ailleurs qui peut être matériel ou spirituel. Ces dispositions de caractère s’amalgament très bien à celles du Scorpion, dont les tendances conquérantes et mystiques répondent tout à fait à celles du Sagittaire, et se renforcent à l’intérieur d’une même personnalité. Le résultat peut donner tantôt un révolutionnaire (Luther, trois planètes en Sagittaire), tantôt un personnage conformiste, si le Sagittaire, dominant, met son ambition au service de l’arrivisme social. N’oubliez pas que le superbe centaure, au contraire du Scorpion, aime les honneurs et l’approbation du beau monde ! Dans ce dernier cas, un conflit intérieur, ou une alternance, peut exister entre un Sagittaire traditionnel et un Scorpion révolté. On voit cette ambivalence chez de Gaulle, par exemple, dont le Soleil, à la limite du Scorpion et du Sagittaire, tenait des deux à la fois. C’est ainsi que tantôt parlait haut le Scorpion, créant un scandale (« Vive le Québec libre ! »), tantôt le Sagittaire, socialement conformiste, traditionnel même (en matière de morale et de lois concernant la famille). De Gaulle à Londres, c’était la synthèse du Scorpion et du Sagittaire : courage d’agir à contre-courant, optimisme et intuition de l’avenir.
Voyez aussi Monseigneur Lefèvre, dont la révolte se nourrit d’une théologie des plus réactionnaires. Est-il conscient de ce paradoxe ?
Idéaliste, mystique, le Scorpion–Sagittaire : Luther se rebelle contre Rome au nom d’une certaine idée de la Justice, Monseigneur Lefèvre en fait autant au nom d’une certaine idée de la Vérité, et de Gaulle fut toujours animé par une très haute idée de la France (sinon des Français).
Ce type d’homme fort, courageux, très exigeant avec lui-même, risque d’être assez dur avec les autres. Il ne comprend pas toujours les faiblesses de ses collaborateurs et de sa famille. Il a beaucoup d’orgueil : ne l’humiliez pas, traitez-le avec égard, sinon craignez sa rancune…
N’essayez pas de jouer au plus malin avec lui. Car ces deux bêtes, tant celle à flèches que celle à pinces, sont favorisées des dieux en ce qui concerne l’intuition : le Scorpion-Sagittaire sent les gens et les choses avec un instinct très sûr. Mettez-vous plutôt sous sa protection : généreux et superbe, il aime donner et se faire valoir en protégeant plus faible que lui.
Il aime régner. Il se voit en patron et se bat jusqu’à ce qu’il y arrive. Naturellement, le Scorpion–Sagittaire harmonique y arrive très bien : il en a les moyens. Le danger, c’est qu’il ait l’autorité un peu dure et qu’il n’écoute personne, comme le Scorpion–Lion devenu empereur…
Encore un grand amoureux, chasseur de Beauté et de beautés. Vénus, très à l’aise dans le Sagittaire, anime aussi le Scorpion (bien qu’elle y soit en exil). Le Scorpion–Sagittaire est l’homme, ou la femme, des grandes passions brûlantes et violentes – jamais platoniques, bien sûr. J’ai remarqué qu’il était plus fidèle au féminin qu’au masculin. Il ne s’embarrasse guère des lois qui obligent les autres, tout en étant fidèle à sa manière.
Parmi les Scorpions–Sagittaires, j’ai relevé le thème de Jean-Claude Pascal. Les Sagittaires–Scorpions sont illustrés par Suzy Solidor, grande dame de la chanson, Toulouse-Lautrec, Foujita, Gustave Flaubert, Monseigneur Lefèvre, et, bien entendu, les hautes figures du général de Gaulle et de Luther. Jean Racine était Sagittaire par le Soleil ; on ignore son Ascendant, mais on voit un très fort amas planétaire dans son Scorpion : la Lune, Uranus, Mars, Neptune. Ses personnages, les « héros raciniens », marqués par ces deux signes vivent des conflits violents entre leur idéal et leurs sentiments – avec toujours un souci obsédant : l' »honneur » ou la « gloire », ce qui est bien Scorpion-Sagittaire !
Scorpion Ascendant Capricorne
Cette bête puissante est née sous l’influence de Mars – en domicile dans le Scorpion et en exaltation dans le Capricorne.
Redoutez tout du dieu de la guerre, et ne le provoquez pas ! Mars, la planète rouge, marque de sa dureté le Scorpion–Capricorne. Malraux et Rodin étaient nés sous cette configuration ; Cézanne, Paul Léautaud, Goering, Louis Jouvet, le docteur Marcel Petiot, Victor Segalen, Henri de Régnier, Louis Braille étaient Capricorne Ascendant Scorpion (structure très voisine).
Patience et longueur de temps, telle est la devise numéro un du Scorpion–Capricorne. Il suit son idée et ne la lâche jamais. Il la suit contre vents et marées, envers et contre tout, au milieu des pires difficultés. L’ennemi pense qu’il a abandonné, qu’il est fini, réduit à néant. Pensez-vous ! A la surprise générale, il renaît de ses cendres et arrive au but quand personne ne s’y attendait plus. A la différence du Scorpion–Lion, qui s’impose avec éclat, le Scorpion–Capricorne traverse de longs purgatoires pendant lesquels il continue de préparer son oeuvre, à la façon souterraine et discrète qui est la sienne. Mais son but, c’est toujours le pouvoir, qu’il soit politique, social, économique… L’ambition est sa passion secrète.
Un très bon exemple de Scorpion–Capricorne est donné par Mao Tse-Toung ; celui-ci avait le Soleil et l’Ascendant en Capricorne, mais, notez bien, Uranus, Mars et le Milieu-du-Ciel en Scorpion. Ce dernier signe occupe donc une place privilégiée dans son thème et dans sa réussite politique.
La Longue Marche résume l’attitude du Scorpion–Capricorne face à ce pouvoir convoité : il attend son heure même s’il doit pour cela- marcher obscurément et douloureusement pendant des mois dans la misère et l’opprobre. Mais il tient le coup : le Scorpion-Capricorne a des ressources instinctives inépuisables. La polarité Terre–Eau est bonne, surtout lorsqu’il s’agit d’un signe d’Eau fixe avec un signe de Terre, et tous les deux féminins. Ce dernier détail explique peut-être le côté complexe et tourmenté du Scorpion–Capricorne masculin. Il est dévoré d’angoisses intérieures qui peuvent le pousser au crime (docteur Petiot) ou, au contraire, alimenter son génie créatif (Malraux, Rodin). Comme le Scorpion–Lion, il est guetté par l’orgueil, mais d’une façon moins naïve et moins naturelle : le Scorpion–Capricorne est souvent aussi dévoré d’accès de détachements, de crises d’humilité, de goûts masochistes pour le sacrifice.
Le Scorpion–Capricorne est, en principe, très intelligent et redoutablement lucide : sans illusion sur les faiblesses humaines, le Capricorne, perspicace, fin psychologue, se marie très bien avec le Scorpion, intuitif, à l’incessante activité mentale. L’un et l’autre savent s’allier avec le Temps, et Saturne, son symbole, domine cette structure de gens très réfléchis. Le Soleil est fréquemment en Milieu-du-Ciel lorsque le Capricorne est à l’Ascendant : signe de réussite professionnelle, ou de situation importante. Le Cancer en Maison VII y ajoute souvent le goût pour la vie publique (si la Lune est bien située). Avec le Verseau dans la deuxième partie de la Maison I et Uranus en exaltation dans le Scorpion, le Scorpion–Capricorne est ouvert aux idées de son époque, intéressé par les nouvelles théories et les nouvelles inventions, parfois même il est tout à fait révolutionnaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir, par moments et par endroits, des sentiments très conservateurs, voire réactionnaires (surtout dans sa vie privée, d’ailleurs). La doctrine de Mao Tse-Toung offre ainsi ce curieux mélange de révolution et de tradition.
Le Scorpion–Capricorne n’est pas charmant et séduisant comme le Scorpion–Balance ou
le Scorpion–Gémeaux. D’ailleurs il ne cherche pas à séduire, et ne fait aucun effort pour se concilier les grâces des gens. Il dégage une impression d’âpreté, de dureté. S’il séduit, c’est parce qu’il est enveloppé d’une certaine froideur mystérieuse, d’une distance qui impressionne et intimide les gens. Dans la vie privée, la souplesse n’est pas son fort, mais il est extrêmement fidèle, homme de parole, honnête et droit, tenant ses engagements. Son entourage souffre de sa dureté, de son égoïsme ; il est capable de sacrifier sa vie privée, ses amours et ses sentiments à son ambition… Mais il a le culte de l’amitié, des amitiés qui durent toute une vie (Malraux et de Gaulle, par exemple). Soyez l’ami d’un Scorpion-Capricorne, mais ne l’épousez que si vous vous sentez aussi fort que lui…
Scorpion Ascendant Verseau
Formule brillante, qui met le Soleil très haut dans le ciel, en Maison IX, celle des voyages et des grands idéaux – ou bien en Milieu-du-Ciel : le Scorpion–Verseau a l’étoffe d’un aventurier ou d’un prophète. Si le Soleil est en Maison IX, le Milieu-du-Ciel est en Sagittaire, signe d’aventure, de conquêtes, d’idéal mystique. Le Scorpion–Verseau, extrêmement intuitif, sent l’avenir ; il est souvent en avance sur son temps. A l’avant-garde de son époque, il entrouvre la porte de mondes nouveaux sous nos yeux fascinés. Un Scorpion–Verseau, ça ne sent jamais le moisi ou le confiné. L’entourage, en général, ne le suit pas : les prophètes sont mal reçus dans leur famille !
La polarité Eau–Air, très difficile à vivre, engendre chez le natif des tensions internes très fortes, qui ne peuvent se résoudre que par une très grande activité. Un Scorpion–Verseau est peut-être plus stable qu’un Scorpion–Balance ou un Scorpion–Gémeaux : le Verseau, en dépit de son nom, est le moins « versatile » des signes d’Air. C’est un signe fixe, qui a de la suite dans ses décisions et ses idées. Il n’est pas souple du tout et, allié au Scorpion, il en accentue le côté volontaire, passionné et « jusqu’au-boutiste ». Le Scorpion–Verseau, doublement marqué par Uranus, est impulsif, anti-conformiste, farouchement individualiste. Il fait son chemin tout seul, sur une voie qu’il est le premier à prendre, et il n’y supporte aucune contrainte. La fixité des deux signes accentue la violence et l’ardeur du tempérament… et sa séduction.
Deux superbes Scorpions Ascendant Verseau illustrent ce goût de l’aventure : Henri de Monfreid et Robert-Louis Stevenson. Le premier a vécu physiquement les aventures qu’il raconte, et son existence mouvementée est un fabuleux roman de cape et d’épée. La vocation d’écrire était marquée chez lui par Mercure conjoint au Milieu-du-Ciel. Dans cette structure Scorpion Ascendant Verseau, on retrouve Mercure dans la partie supérieure du thème – puisque cette planète ne s’éloigne jamais beaucoup du Soleil, et cela donne au natif de brillantes facultés intellectuelles, avec le don de l’écriture.
Ainsi fut Robert-Louis Stevenson : son Mercure en Scorpion est conjoint au Soleil au point le plus haut du thème. S’il a vécu lui aussi une vie de voyages, son Ile au trésor est un rêve intérieur. Mais il faut croire que ce rêve entre en résonance avec celui de chaque adolescent, si l’on considère les énormes tirages atteints par ce livre ! Le thème de Mon freid, comme celui de Stevenson, donne une place importante aux Poissons, qui occupent la Maison I. Ce signe aquatique ne fait qu’accentuer encore le rêve du Scorpion et du Verseau, leur générosité, leur goût des voyages.
Ces Scorpions-Verseaux et Verseaux-Scorpions sont réellement des gens fascinants. J’allais en oublier un : le fabuleux James Dean ! Auriez-vous pu l’imaginer vieilli, gâteux, ventripotent dans ses pantoufles ? Non, n’est-ce pas ? Le Verseau et le Scorpion, dans ce jaillissement irrésistible de vitalité, gardent toute la vie une allure juvénile ; l’ardeur et l’enthousiasme les empêchent de basculer dans le vieillissement.
Autre Verseau–Scorpion : Stendhal. Alors que tous les écrivains de son temps trempaient leur plume dans les pleurnicheries romantiques, lui seul écrit avec une sombre dignité, une lucidité aiguë de Scorpion, dans un style concis qui n’a pas vieilli.
Génial souvent, fou parfois, le Scorpion–Verseau n’est pas facile à vivre, dans l’intimité. Uranus, planète violente, le fait exploser, tout casser sur son chemin. La fin justifie les moyens, il méprise les obstacles, bouscule son monde… et s’attire de violentes inimitiés. L’orgueil lui fait sous-estimer l’humble réalité biologique et quotidienne. Il peut être odieux. Il file comme le vent vers d’autres mondes, et sa famille risque d’en faire les frais.
Quand on a une âme d’aventurier, on est peu doué pour la vie bourgeoise et les joies intimes du pot-au-feu familial, comme l’est le Scorpion–Vierge ou Cancer. La vie du Scorpion–Verseau est un happening permanent, les amis et l’aventure sont prioritaires. C’est ainsi ! Mais pourtant une relative stabilité familiale peut venir avec l’âge : Saturne du Verseau y pourvoira.
Scorpion Ascendant Poissons
Si vous n’êtes pas vous-même très aquatique, vous ne comprendrez jamais ce crustacé à écailles qui barbote dans l’océan des rêves, cette personnalité médiumnique qui voit bien au-delà de la réalité quotidienne.
Tous les signes d’Eau sont pourvus, comme je l’ai déjà dit, d’un radar ; mais celui-là est le dernier modèle, le super-sonar ultra-opérationnel qui permet de détecter le moindre petit récif, le plus léger changement d’ambiance…. Le Scorpion–Poissons vous a deviné immédiatement, à l’instant même où vous êtes entré dans la pièce. Il vous sent, il pressent ce qui va vous arriver – à vous et à lui. Souvent, il ne se doute même pas à quel point il est tombé juste ! Fiez-vous à ses pressentiments : même si aucune logique « raisonnable » ne peut les justifier, la réalité s’en chargera. Il vibre avec l’air ambiant et n’a pas besoin de la parole pour communiquer.
Le Scorpion–Poissons est un animal secret, introverti, peu expansif, tapi sous sa grotte marine au fond des ravins abyssaux. Ce mystère lui donne un charme irrésistible… Il vous prend sur sa longueur d’onde et vous investit sans que vous vous en rendiez compte (sauf si vous êtes un peu Scorpion–Poissons vous même). Son aspect extérieur est variable, mais vous le reconnaissez tout de suite aux vibrations silencieuses qu’il dégage. Le Scorpion–Poissons est toujours un peu extra-terrestre : il n’appartient pas vraiment à notre planète. Comme l’océan sans limite, il est volontiers erratique – en rêve ou en réalité. Voyages au-delà des mers, voyages dans l’Au-delà, j’allais écrire dans l’au-delà…, il ne trouve son bonheur que dans le dépaysement. Cette tendance est d’autant plus profonde qu’il a le Sagittaire – grand voyageur devant l’Eternel – en Maisons IX et X. Mystique et poète, il déteste les limites, les contraintes ; sa vie est une évasion perpétuelle. Il est tenté plus qu’un autre par la drogue, la boisson, les sciences occultes. Le Bélier en Maison I le rend très impulsif : il se jette à corps perdu dans les aventures à haut risque, les sectes, les grandes passions folles… Il s’évade en aimant.
Eternellement assoiffé de tendresse, l’amour est pour un tel être une religion. Follement tendre, généreux, charitable, compatissant, il est aussi très exclusif et jaloux. Il est capable du sacrifice le plus total, tel Claus von Stauffenberg, qui tenta de supprimer Hitler à la fin de la Seconde Guerre mondiale sachant très bien qu’il le paierait de sa vie.
Sa philosophie, consciente ou non, c’est l’amour universel, la fraternité des vivants.
Comme le fleuve qui coule sans s’arrêter, il ne peut pas s’empêcher de donner. Il émane souvent de lui un fluide bienfaisant : il peut alors être un étonnant guérisseur, dont le magnétisme physique attire les gens et les animaux. Qu’il n’abuse pas de sa séduction…
Lorsque Neptune, prince de la mer et des Poissons, est puissant dans son thème, et mal aspecté, le natif souffre d’un très grand décalage entre ses rêves et la réalité. Rien ne lui réussit : c’est un éternel malchanceux. Le Scorpion–Poissons dissonant est la victime de ses cauchemars, il patauge dans ses chimères. S’il parvient à les exorciser par l’art et la littérature (Hugo, Poe, Signac), il devient un grand créateur.
Au contraire, si Jupiter est valorisé dans le thème, par exemple conjoint au Soleil, ou à l’Ascendant et en son domicile des Poissons, le rayonnement lumineux de cette planète optimiste et pratique donne au natif une personnalité positive, adaptée à la réalité. Il est alors favorisé par la chance, la fortune… Comme on le voit dans le thème d’Henri de Monfreid. (Celui-ci, bien qu’ayant l’Ascendant en Verseau, a néanmoins tous les Poissons en Maison I, où se trouve Jupiter, conjoint à l’Ascendant).
J’ai cherché des Scorpions–Poissons célèbres : j’en ai trouvé assez peu, peut-être à cause de l’ombre et du secret dans lequel vivent volontiers les natifs de cette structure.
Comment interpréter Pluton dans les Signes
Pluton en Scorpion
La plus lointaine de nos grandes planètes transitera en Scorpion de 1984 à 1995 : on se demande ce qu’elle va apporter. En principe, elle est bien placée dans le signe dont elle est la maîtresse.
En astrologie mondiale, on pense que cette position plutonienne donnera naissance à une civilisation tout à fait nouvelle, totalement différente de celle que nous connaissons.
Au prix de quels bouleversements ? Verrons-nous le triomphe de l’énergie atomique (l’ère du plutonium, ce n’est pas un hasard si cet élément tire son nom du dieu des Enfers… !). Auparavant, d’ici 1984, le transit de Pluton en Balance risque d’être très mauvais. Pluton déséquilibre la Balance. Certains astrologues, partant du fait que le signe de la Balance est le douzième à partir du Scorpion (technique des Maisons dérivées, en prenant le Scorpion comme Maison I), pensent que l’action de Pluton en Balance sera désastreuse, violente et néfaste. Les prévisions astrales s’appuyant sur l’indice de concentration des planètes lentes donnent également de très mauvais pronostics pour la période 1980-1984.
Pluton a le sexe dans ses attributions, et l’on peut penser que ses transits en Balance (signe vénusien) et en Scorpion (Vénus en exil) amèneront une révolution dans les mœurs sexuelles.
Pluton en Sagittaire
L’idéalisme du Sagittaire sublime la sexualité plutonienne et attire vers le haut les forces d’en-bas. L’optimisme du signe arrache Pluton à la contemplation morbide de la mort, et le natif s’engage activement au nom d’un idéal, d’une mystique qu’il lutte pour propager.
Pluton en Capricorne
En astrologie mondiale, bouleversements politiques importants. En astrologie individuelle, Pluton soutient l’ambition du natif qui profite d’une crise, d’un bouleversement, d’une période de trouble, pour arriver au pouvoir (s’il est bien aspecté). Ce peut être aussi un de ces hommes politiques insubmersibles, qui émergent de chaque crise, de chaque échec, de chaque scandale, que le ridicule ou la défaite ne tuent jamais…
Pluton en Verseau
Le natif est affecté par des bouleversements sociaux violents, une révolution, une crise politique. Affligé, Pluton en Verseau présage la mort d’une amitié (au sens réel, physique du terme, ou bien au sens figuré).
Pluton en Poissons
Grande affinité entre ce signe d’Eau, secret et mystique, et notre Pluton qui possède également ces caractéristiques.
Développe considérablement l’intuition et les perceptions extra-sensorielles et parapsychologiques du natif. Celui-ci, extrêmement idéaliste, peut être un mystique, un sage, ou un illuminé (selon les aspects).
Sur le plan mondial, bouleversement des religions traditionnelles.
Pluton en Bélier
L’astre est tout ce qu’il y a de dignifié dans ce signe, au point que certains astrologues, peu après sa découverte, ont voulu le donner comme maître au Bélier. C’était méconnaître la nature secrète de cette planète, qui convient mieux au Scorpion.
Ce signe de Feu, martien, lorsqu’il abrite Pluton, renforce les ressources énergétiques de la personnalité. Le natif met ses puissantes forces instinctives au service d’une révolution, d’une rénovation (ou d’une destruction, si Pluton est mal aspecté).
Pluton transitera en Bélier en 2070. Certains pensent qu’il présidera à une nouvelle forme de civilisation, totalement différente de la nôtre actuellement.
Pluton en Taureau
Mauvaise auberge pour Pluton, qui se retrouve ici en compagnie de la Lune et de Vénus, deux astres trop éloignés des valeurs plutoniennes. Pluton maléficie Vénus, d’où une sexualité perverse (si d’autres aspects dans le thème le confirment). Il maléficie aussi la possessivité du Taureau, dans son rapport avec l’argent. De fait, Pluton transita en Taureau de 1853 à 1883, présidant à l’essort du capitalisme dans ce qu’il avait de plus brutal et de plus odieux.
Pluton en Taureau s’interprète donc comme une course à l’argent et aux jouissances. Sa nature de mort l’oppose complètement au signe du Taureau, qui est vie ; et, dans cette position, il se retrouve opposé à son royaume, le Scorpion. Le résultat en est une très vive tension sur cet axe vital.
Pluton en Gémeaux
La planète parcourut ce signe de 1883 à 1914, et inaugura l’ère des transports aériens. L’aviation est née à cette époque ! Pluton en signe d’Air a donc présidé la maîtrise du ciel… Mais son influence était secrète, puisqu’il n’était pas encore découvert !
Sur le plan individuel, Pluton n’est pas très bien placé dans l’Air léger des Gémeaux ; en tout cas, il y semble affaibli. Il donne au natif un certain « tracassin », un esprit inquiet, voyeur, intéressé par le sexe et par le crime… pour le meilleur ou pour le pire, suivant les bons ou mauvais aspects.
Pluton en Cancer
La bête fut débusquée dans ce signe-là ! Où elle semble être très puissante. D’abord, parce qu’il existe certaines affinités entre Pluton et le Cancer, signe d’Eau, signe de secret, signe de nuit (le Cancer est analogique de la Maison IV, au Fond-du-Ciel, à minuit).
Ensuite, parce que cette position de l’astre le met au trigone de son signe officiel, le Scorpion. Dans un thème individuel, Pluton en Cancer donne une vive intuition au natif, un goût du secret, le prédispose à l’occultisme et à la parapsychologie.
Dans ce signe d’Eau fertile, Pluton développe la fécondité du natif, et a une heureuse influence sur la sexualité vécue dans le foyer (s’il est bien aspecté). Il prolonge la vitalité sexuelle jusqu’à la mort.
En astrologie mondiale, Pluton a influencé les débuts de la Révolution chinoise (la Chine est un pays Cancer–Balance, avec la Balance à l’Ascendant et le Cancer au Milieu-du-Ciel).
Pluton en Lion
De 1937 à 1956-1958. Pluton égale destruction-reconstruction, et Lion égale royauté. En astrologie mondiale, disparition pendant ce laps de temps d’un certain nombre de monarchies anciennes balayées par des régimes nouveaux.
Il semble que le Soleil, le plus brillant des luminaires, donne une certaine influence à Pluton. Son transit a eu lieu lors de la Seconde Guerre mondiale, à mettre au passif des effets destructeurs de la planète.
En astrologie individuelle, Pluton apporte réussite et honneurs dans les professions « plutoniennes », et dans la Maison concernée (s’il est bien aspecté).
Pluton affligé en Lion signifie, sur le plan affectif individuel, une fin cruelle des amours (surtout avec de mauvais aspects de Vénus, la Lune et Mars).
Pluton en Vierge
Ce signe accueillit Pluton de 1956 à 1971. En astrologie mondiale, on a vu l’influence de Pluton sur la médecine (spécialité de la Vierge). Echecs multipliés de la médecine officielle issue de Pasteur, remise en question et battue en brèche par le développement des médecines douces, c’est-à-dire naturelles.
Le maître de la Vierge, Mercure, significateur de l’adolescence et des communications, ainsi lié à Pluton par ce transit, semble avoir influé sur la crise de la jeunesse et le développement extraordinaire des voyages.
La Vierge étant un signe de stérilité, le transit de Pluton a coincidé avec le développement de la contraception.
Sur le plan individuel, Pluton affligé peut donc provoquer la stérilité chez le natif, ainsi que des problèmes de l’appareil génital. Bien aspecté, il aiguise son esprit critique et pénétrant, et le pousse vers les métiers de la médecine, et ceux du nucléaire.
Pluton en Balance
Nous y sommes passés en 1978 et on ne sait pas trop ce que cela va donner… Hadès pense que Pluton déséquilibrera la Balance et que le résultat de ce transit sera désastreux sur le plan mondial.
De fait, Pluton n’est guère compatible avec la Balance, vénusienne, saturnienne et aérienne. Ce signe social et sociable ne peut que souffrir de l’agressivité révolutionnaire de la planète.
Dans un thème individuel, cette position concerne surtout les contrats et les mariages (plusieurs mariages…).
Comment interpréter les aspects de Pluton avec les autres Planètes
Ils sont essentiels, bien sûr, chez un natif du Scorpion, puisque Pluton est le prince de ce signe. Pour évaluer l’importance de l’astre dans un thème, regardez bien :
— S’il est dans une Maison angulaire, ou conjoint à un Angle du Ciel (Ascendant et Milieu-du-Ciel surtout) ; ou encore dans la Maison VIII, analogique du Scorpion, Maison de la mort et du sexe. – S’il est conjoint à l’un des luminaires, Soleil ou Lune, et s’il est en aspect avec ces
luminaires.
— Dans quel signe il se trouve ; il semble que Pluton développe une plus grande puissance dans les signes des luminaires, en Cancer (où son influence est augmentée par la Lune), et en Lion (où elle est également soutenue par le Soleil). Bien entendu, Pluton est super-puissant dans son signe, le Scorpion (voir le chapitre concerné).
Tout le monde n’est pas « plutonien », mais les natifs du Scorpion sont évidemment les plus sensibilisés à l’influence de cette planète. Regardez soigneusement les aspects que Pluton forme avec Mars, second maître du Scorpion, et avec Uranus, exalté dans le signe.
Pour interpréter Pluton, on part toujours de sa signification de base : il bouleverse tout ce qu’il touche (planètes et secteurs).
Les manuels d’astrologie ne parlent pas des aspects de Pluton, et pour cause, puisqu’il n’était pas encore découvert. Ceux de mes lecteurs qui veulent une plus ample information sur Pluton peuvent consulter Pluton ou les grands mystères, d’Hadès, aux éditions Bussière.
Aspects de Pluton avec l’Ascendant
Les bons aspects donnent au natif un solide fond de santé, une très grande résistance, qui lui permettent de récupérer après chaque maladie ou accident. Puissante sexualité et très grande séduction. Pluton conjoint à l’Ascendant marque bien entendu très fortement le natif du point de vue du caractère : farouchement indépendant, d’une très grande créativité, il a une volonté de fer qui brise tout ce qui lui résiste, un courage de Lion, et une ténacité… de Scorpion. Le natif est adoré ou détesté, il ne laisse personne indifférent. La moyenne des gens ne comprend absolument pas ses motivations, car il est très secret. Personnalité passionnée, qui veut toujours aller plus loin et que personne n’empêchera de tout savoir : on ne peut rien lui cacher. « Je veux tout, tout de suite, et pour toujours », disait la jeune Antigone – qui est sûrement la sainte patronne des plutoniens !
Aspects de Pluton avec le Milieu-du-Ciel
La conjonction agit très fortement sur la réussite sociale et professionnelle du natif. En général, elle amène un bouleversement, une crise profonde, qui démolit soit la carrière du natif, soit celle de ses voisins, lui permettant ainsi de se reconstruire une nouvelle position meilleure. Le natif profite d’une période de troubles pour se créer une situation de premier plan. Dans un « sauve-qui-peut » général, lui seul tient le bon bout et réussira à émerger. Il a l’étoffe d’un chef, l’ambition du pouvoir, il veut être le premier partout : il y arrivera.
Bien entendu, la conjonction doit être jugée d’après les aspects qu’elle forme avec le reste du thème. Le trigone et le sextile permettent au plutonien de se trouver des relations, puissantes et occultes, qui l’aideront à réussir. Ce que fait le natif trouve écho dans son groupe, son pays, il a l’intuition de son époque.
Les mauvais aspects retardent considérablement la réussite du sujet, qui, parfois, ne réussit qu’après sa mort. Ils peuvent signifier le chômage, des échecs de toutes sortes, un bouleversement complet de la carrière du natif ou de sa profession, et dont il est complètement victime. Le natif s’attire de toute façon avec Pluton de violentes inimitiés mais, dans ces cas de mauvais aspects, on peut craindre qu’elles ne lui nuisent profondément.
Pluton-Soleil
Conjonction Pluton–Soleil. Voilà une configuration vraiment très importante dans un thème. Association de l’ombre et de la lumière, des Enfers et du Ciel, la conjonction donne à celui qui en bénéficie une force profonde, une grande résistance intérieure. Elle lui permet de survivre à toutes les crises, de surmonter toutes les épreuves, avec une impitoyable ténacité. Le natif ne se décourage jamais ; après chaque désastre, il relève les ruines et recommence sa vie. D’où cet aspect haché, brisé, des vies de Plutoniens, comme s’ils vivaient plusieurs vies successives entrecoupées de désastres. Ils « refont leur vie » plusieurs fois, qu’elle soit sentimentale ou professionnelle.
Ne se laissant pas détourner du but qu’il a choisi, le Plutonien se fait détester, et ça lui est bien égal. Il sonde les reins et le cœur des gens, et ne mord pas à l’hameçon de la flatterie. C’est un grand intuitif, on ne peut rien lui cacher.
Doué pour toute activité créatrice demandant audace et initiative, le natif réussit bien dans les carrières de la justice et de la police, et aussi dans toute activité nocturne, mais cela dépend aussi du signe qui occupe la Maison X.
Sur le plan des affections, celles-ci risquent d’être détruites ou ravagées par des ruptures, la mort, le divorce, l’éloignement. Mais l’amour renaît de ses cendres, ou alors le natif retrouvera un autre amour. Dans un thème féminin, la conjonction Soleil–Pluton amène la native à rechercher inconsciemment les hommes plutoniens.
Lorsque cette conjonction est mal aspectée, c’est assez grave pour le propriétaire du thème. Tout en gardant son caractère sûr de lui, il est pris dans d’inextricables situations conflictuelles, dont le contrôle lui échappe tout à fait. Parfois, il est tenté par la délinquance, la destruction pour le plaisir de détruire, et même pas au nom d’un idéal de justice. Sans aller si loin, la conjonction dissonante fait du natif un être ballotté d’un échec inexplicable à un autre.
Trigone et sextile Pluton–Soleil. Les natifs font souvent cavalier seul, empruntant des chemins qui ne sont pas ceux de tout le monde. Leur énergie s’exerce dans des domaines peu connus, en marge des vérités officielles.
Très non-conformistes, ils ne se croient pas obligés de faire comme tout le monde, et savent résister à toutes les pressions sans se laisser séduire. Ils finissent par imposer leur propre vérité envers et contre tout. Ils tirent leurs forces d’une puissante sexualité, ce qui leur donne un magnétisme irrésistible. Ce sont des novateurs, des gens originaux, et même parfois des marginaux – dans une marginalité bien organisée cependant.
Ce sont des gens qui ont une grande cohérence interne, une grande capacité de réalisation. Ils sont à l’aise dans toute carrière où peut s’exercer leur indépendance, leur goût de la solitude, leur créativité. Parfois, on reconnaît leur génie après leur mort.
Sur le plan affectif, l’amour est souvent vécu dans l’ombre, et hors du mariage (selon le thème) : liaison secrète amenant un bouleversement profond.
Cette nature passionnée peut se surmener, et « brûler la chandelle par les deux bouts », usant ainsi prématurement ses forces pourtant très importantes.
Carré ou opposition Pluton–Soleil. Aspect de tension très dur entre les forces inconscientes du natif et ses buts avoués. En lutte contre lui-même, il se comporte en révolté, et se lance à corps perdu dans des attitudes extrémistes. Tantôt il peut être puritain et fanatique (puisqu’il n’accepte pas, n’assume pas sa sexualité) ; tantôt il prend le maximum de libertés avec les lois privées et sociales, en estimant qu’il a tous les droits. Personnalité en lutte contre elle-même, suscitant un sentiment de malaise autour d’elle, elle se fait d’irréductibles ennemis, très dangereux parce que occultes. Les tentations d’autodestruction sont très fortes.
En amour, dissociation de la chair et du cœur, de la chair et de l’esprit. Pornographie ou perversité, ou impuissance ou frigidité. En nativité féminine, risque de mort de l’amant ou du mari. Obsessions érotiques.
Du point de vue professionnel, le carré ou l’opposition Pluton–Soleil peuvent amener à travailler dans les milieux de la prostitution, de la drogue, etc. Avec un très bon thème, ce seront des professions médicales (comme la cancérologie), ou la police, ou la justice, qui permettent de sublimer les tentances destructrices.
Pluton-Lune
Conjonction Pluton–Lune. Elle donne une très grande puissance d’attraction au natif : personne ne résiste à son charme. Il a un fort rayonnement sur son entourage. Si la conjonction est e, le natif est sympathique et dégage une sensualité généreuse… et débordante, car il ne la contrôle pas très bien.
Si la conjonction est mal aspectée, le natif est attiré par les milieux louches, les activités et les groupes marginaux (bons ou moins bons), les relations douteuses.
De toute façon, la conjonction donne une intuition aiguë, une forte émotivité, une propension à la révolte. Le natif a horreur des contraintes et il a un sens critique très vif. Sa personnalité est composée de tiroirs secrets, qu’il ne tire jamais complètement. Seuls peuvent le comprendre d’autres Plutoniens, ou des gens exceptionnellement intuitifs.
Le natif sera heureux s’il peut créer à sa guise, dans un domaine original où il fait cavalier seul. Il réussira dans tout travail le mettant en contact avec ce qui est souterrain, ce qui est caché (par analogie avec les Enfers dont Pluton est le dieu). Police, spéléologie, archéologie, travail en relation avec la mort, pompes funèbres, etc., avec la pollution (lutte contre celle-ci), avec la nuit.
Dans la vie conjugale et affective : destruction puis reconstruction du foyer. Trigone et sextile Pluton–Lune. Le natif est, comme on dit Outre-Atlantique, very popular. Il plaît, il séduit. Il a des dons de guérisseur, beaucoup de « fluide ». Très psychologue, il sent très bien les gens, et a un contact exceptionnel avec le public.
Réussite dans la deuxième moitié de l’existence, dans un secteur de pointe, ou un « créneau » original, où le portera son intuition non conformiste et sa très vive créativité.
Carré et opposition Pluton–Lune. Contestataire. Objecte systématiquement à tout ce que propose la famille ou l’entourage. Son premier réflexe est de dire « non ». Devient extrémiste, anarchiste, desperado, marginal… paumé (selon le thème, bien sûr !). Le natif est volontiers « hors la loi ».
Eternellement en conflit avec lui-même, il est périodiquement tenté par l’autodestruction. Pourtant, sa révolte peut être constructive et féconde si d’autres aspects dans le thème lui permettent de s’intégrer positivement à une structure. Mais même avec un thème harmonique, c’est un aspect difficile à vivre pour le natif, engendrant une grande angoisse intérieure.
En nativité féminine, la quadrature et l’opposition peuvent signifier soit un refus d’assumer sa sexualité, soit une destruction du foyer, soit les deux. Parfois aussi la vie sexuelle se transforme en effroyable corvée, douloureuse et angoissante. Le natif ne réussit pas à harmoniser sa vie sexuelle et sa vie officielle. Aspect de mésentente sexuelle avec la conjointe, ou divorce consécutif à un adultère.
Le natif recherche les groupes rejetés par la société, ou bien souffre du racisme, ou encore travaille dans des secteurs dépréciés et dévalorisés, parfois même honteux (drogue, prostitution, criminalité diverse).
Pluton-Mercure
Conjonction Pluton–Mercure. Doué de facultés supra-normales, sensible aux perceptions extra-sensorielles, le natif voit les auras, sent les phénomènes à distance, rêve ce que personne ne sait, devine ce qui est caché. Avec Mercure conjoint à Pluton, le natif « voit » dans la nuit (cf. « Symbolique »). Il a un flair étonnant et, s’il est médecin, son diagnostic est sûr. Criminologie, psychiatrie, sciences occultes, spéléologie, volcanologie, géologie, physique nucléaire, ufologie…, le natif aime la poursuite de l’inconnu, les professions où règne une part de mystère, où il y a encore beaucoup à découvrir. Si la conjonction est mal aspectée, le natif peut être victime lui-même de ses pouvoirs paranormaux, et délirer complètement. Son mental peut aussi être occupé par des obsessions sexuelles : le natif est un « pornodidacte », un auteur érotique, grand amateur de toutes les sensations fortes.
Le natif porte en lui un radar ultra-sensible pour détecter tout ce qui est vicieux ou pollué. Il devine toujours qui est l’assassin, et qui a menti, et qui veut le piéger. La conjonction Pluton–Mercure ne favorise pas la vie conjugale, parce que le natif a besoin de mouvement, de changements… Souvent, son adolescence est difficile.
Trigone et sextile Pluton–Mercure. Ces deux aspects sont beaucoup plus bénéfiques que la conjonction. Ils signent un très intelligent personnage, très doué pour l’analyse et la recherche. Le sujet a un sens critique aigu, il est extrêmement perspicace, et se laisse rarement tromper. Le bluff ne prend pas avec lui. Il saisit très bien les motivations des gens derrière les apparences.
Dons pour la préhistoire, l’océanographie, la volcanologie, l’ufologie, la parapsychologie, la neurologie, la psychiatrie, la tératologie… Le natif, passionné par l’inconnu, aime les voyages dans les pays inexplorés, les enquêtes dans les milieux ignorés du grand public.
Tout ce qui touche aux phénomènes ondulatoires le passionne, c’est pourquoi on le retrouve souvent dans les professions de radiologie, de nucléaire, etc. Le sens général de Mercure en bon aspect à Pluton est l' »étude méthodique de l’Invisible ».
Trigone et sextile jouent peu ici sur le plan affectif. Adolescent, le natif se fait remarquer par sa boulimie de connaissances, il dévore tous les livres qui lui tombent sous la main, sa curiosité intellectuelle et humaine est insatiable. Sera-t-elle jamais satisfaite ?
Non, si c’est un Plutonien ou un Scorpion…
Carré et opposition Pluton–Mercure. Le natif garde son sens critique, mais celui-ci débouche sur une amère lucidité, plutôt que sur une oeuvre constructrice. Son esprit de contradiction engendre des brouilles avec la famille, les amis, l’entourage. Le natif est contestataire, par principe, et pour le plaisir de contester. C’est Ravachol ou Ernest le Rebelle… Mais cette contestation n’a rien de positif. Parfois, le pauvre natif s’embarque à fond dans des causes douteuses, vouées à l’échec. Il use le meilleur de ses forces à lutter contre ses problèmes internes, affectifs et sexuels, ou contre des problèmes externes qu’il suscite sans s’en rendre toujours compte. Il se cogne la tête contre les murs de sa prison intérieure, et échoue inexplicablement dans ses entreprises.
Adolescence difficile à cause des problèmes sexuels et de sa rébellion permanente. La vie professionnelle est sujette à de nombreux avatars : le né fait tous les métiers, entreprend, abandonne, change de cap… Lorsqu’il s’accroche à une carrière, il se suscite mille obstacles. Son flair n’est pas sûr, son jugement n’est pas bon, il ferait bien de s’en méfier. Miné par une inquiétude permanente, le natif n’a pas beaucoup de résistance au point de vue sexuel.
Pluton-Vénus
Les aspects de Pluton avec Vénus marquent l’affectivité du natif.
Conjonction Pluton–Vénus. Etrange association entre la chair et la nuit, l’amour et la mort, la vie et les ténèbres. Notre natif est prédisposé aux amours secrètes, non déclarées, aux liaisons, aux adultères cachés, aux attachements secrets qu’il ne peut, ou ne veut, avouer : cette conjonction n’est pas très heureuse pour la vie affective. Le natif est, certes, un grand amoureux, qui investit toutes ses forces dans sa passion, passion qui le dévore jusqu’à la moelle, tant et si bien qu’il n’en reste qu’un petit tas de cendres. Mais l’amour détruit renaît sous une autre forme, avec la même personne, ou avec quelqu’un d’autre.
Très séduisant, le propriétaire de cette conjonction suscite lui-même des passions intenses, des attachements « à la vie – à la mort ». Il dégage un très grand charme, un magnétisme irrésistible, des vibrations émotionnelles auxquelles personne ne reste insensible. Il vous emporte sur sa longueur d’onde et vous perdez votre sens critique habituel.
Pour le reste du caractère, la conjonction donne des dons puissants de création artistique, et un art très marqué par le sexe et l’érotisme.
Professionnellement, le natif réussira très bien dans une profession artistique, bien entendu, mais aussi dans toute carrière alliant l’humain à l’invisible. Affectionnant naturellement les métiers plutoniens, il se tournera volontiers vers l’archéologie, la préhistoire, la spéléologie, la vulcanologie, etc.
Dans le domaine médical, dons de guérisseur, réussite comme gynécologue, réanimateur en salle d’opération, anesthésiste.
Trigone et sextile Pluton–Vénus. Ces deux aspects très bénéfiques donnent un très grand charme au natif. Doué d’un fort pouvoir sur autrui, il séduit surtout par sa voix, belle et harmonieuse. Son emprise sexuelle et passionnelle est si forte que l’on ne s’en dégage que très difficilement. Amours sensuelles et secrètes vécues dans l’ombre…
Le natif est hypersensible, très intuitif, avec un étonnant don de double vue sur les gens et les choses. Il crée autour de lui un climat serein, réconcilie les antagonismes et apaise les conflits, sa présence est ressentie comme bienfaisante.
Trigone et sextile indiquent une nouvelle liaison, un nouveau mariage après la destruction de l’ancien (par la mort ou le divorce). Ces aspects sont extrêmement propices à la création artistique et aux relations humaines. Souvent, la natif révèle ses dons dans la deuxième partie de sa vie.
Carré et opposition Pluton–Vénus. A coup sûr, voilà deux aspects très douloureux à vivre. C’est la mort des amours soit au sens propre (deuil), soit au sens figuré (ruptures, séparations dramatiques dont le natif n’est pas responsable). Parfois, partenaire débauché, vicieux, ou simplement intéressé d’abord par l’argent.
Le natif manque d’instinct sûr dans le choix de son partenaire. Il est souvent attiré par des pervers, des violents, des impuissants, ce qui dissout finalement la relation du couple.
Les natives vivent des amours sadomasochistes, elles sont fascinées par une brute, un sadique dont elles n’ont pas la force de se séparer ; elles sont attirées par des hommes qui les feront beaucoup souffrir.
En général, natifs et natives sont victimes de calomnies, de médisances ; ils provoquent parfois ‘des scandales, ou bien sont atteints par un scandale. Ils sont obligés de cacher leurs sentiments, et leurs déceptions les immergent dans un océan de rancunes… Naturellement, tout cela doit se juger en fonction de l’ensemble du thème, et selon les Maisons touchées par ces mauvais aspects.
Pluton-Mars
Conjonction Pluton–Mars. Ces deux planètes cousinent par leur symbolisme assez voisin. Elles sont toutes deux, à des degrés divers, maîtresses du Scorpion et du Bélier. Bien entendu, la conjonction revêt la plus haute importance chez un natif du Scorpion. Il faut étudier soigneusement les aspects qu’elle reçoit et la Maison où elle est logée.
Les deux astres privilégient la lutte, l’énergie, le courage, l’impulsivité, l’esprit de conquête. Que d’agressivité. Mais Mars agit en pleine lumière, tandis que Pluton oeuvre dans les ténèbres, ce qui le rend évidemment beaucoup plus redoutable. Les natifs tueraient père et mère plutôt que de renoncer à leurs projets et à leurs entreprises. Ce sont des révoltés, des fanatiques, des héros, des kamikazes. Ils vont toujours jusqu’au bout de leur dessein, et à n’importe quel prix, fût-ce leur propre mort. Ils sont d’acier inoxydable et fortement trempé… Aucune adversité, aucun chantage, aucune torture ne pourra les faire céder.
Dans un conflit armé, ce sont des résistants, des guérilleros inflexibles, des chefs de parti implacables. Mais ils préfèrent l’action secrète : on les trouve dans l’espionnage, le renseignement, le deuxième bureau, la police secrète, la D.S.T., la C.I.A., le N.K.V.D., et autres officines ténébreuses…
Très attirés par le métier des armes, ils travaillent, en temps de paix, dans l’industrie de l’armement, l’industrie lourde, dans tout ce qui brûle, tranche, coupe, creuse (chirurgie, arsenaux, forges, métallurgie, chauffage, physique nucléaire…).
Trigone et sextile Pluton–Mars. Ces deux aspects sont meilleurs que la conjonction, ils valorisent extrêmement le courage et l’énergie du natif, qui a une personnalité forte et décidée. Ne s’avouera jamais vaincu, se battra jusqu’au dernier carré. C’est un tempérament de chef, très dur, très efficace aussi.
Mais tellement tendu vers le but qu’il s’est donné, tellement âpre et combatif qu’il ignore la détente. Un guerrier intégral, pour lequel il n’y a guère de « repos » ; un personnage, en tout cas, qui n’a aucune futilité, mais sur lequel on peut absolument compter.
Les obstacles stimulent son énergie.
Dans l’armée, il aime les techniques de pointe, les armes atomiques, les sous-marins nucléaires et les satellites qu’on accroche dans la stratosphère.
En nativité féminine, Mars signifiant l’amant, et Pluton le secret, ces aspects suggèrent une liaison cachée.
Carré et opposition Pluton–Mars. Les deux astres étant de même nature, il me semble que le tirage s’en trouve parfois atténué. Mais il faut regarder dans quelles Maisons ils se portent, et dans quels signes.
Carrés et oppositions entre Mars et Pluton sont mieux supportés en naissance masculine que féminine. Dans celle-ci, il y a un grand risque d’une mésentente physique avec le partenaire ou le conjoint. La relation de couple explose brusquement, de façon très dramatique, avec procès, scandale, violences physiques. Avec de bons aspects dans le thème, ce désastre peut amener le début d’une nouvelle vie, de nouvelles amours plus intéressantes et mieux vécues – puisque Pluton est aussi « renaissance ».
De façon générale, natifs et natives ne sont jamais des moutons passifs. Leur horreur des contraintes les pousse à se rebeller, à refuser les limitations. Ce refus peut prendre des formes brutales, violentes, ou bien discrètement quotidiennes…
Les natifs ne s’intègrent jamais complètement dans leur milieu. Parfois, ils sont embarqués sur un navire en perte de vitesse, dans un combat d’arrière-garde, une idéologie dépassée, ou un groupe dont la mission est finie.
Ils sont jaloux, et secrètement susceptibles, ce qui n’arrange pas, loin de là, leurs affaires sentimentales. Ils manquent de souplesse devant les contraintes et les contrariétés de la vie (à moins d’aspects contraires dans le thème), et réagissent violemment. Ils surestiment leurs forces et risquent de s’autodétruire.
Pluton-Jupiter
Conjonction Pluton–Jupiter. Sens aigu de la justice, et confiance dans sa mission, telles sont les caractéristiques de cet aspect. Le côté toujours un peu moralisateur de Jupiter, paternel et enseignant, s’allie au mystère de l’invisible. Le natif croit à ce qu’il fait, il croit qu’il est chargé d’apporter la vérité – sa vérité – au monde. L’entourage, d’ailleurs, ne manque pas de se laisser impressionner par une telle assurance, aussi le natif a-t-il beaucoup d’influence. Il est très doué pour les relations humaines et son optimisme éclaire les ténèbres de Pluton. Si la conjonction est bien aspectée, son instinct est très bon, il peut s’y fier absolument. Cet aspect apporte aussi un esprit satirique et un bon sens critique.
L’effet desctructeur-reconstructeur de Pluton s’exerce au moment de la maturité : le natif peut alors complètement changer de vie, de mentalité, de métier : un homme disparaît, un autre apparaît.
A la tête d’un parti, d’un mouvement, d’une secte philosophique, religieuse ou simplement idéaliste, le natif fait merveille. Il est le Maître, il jouit d’un grand prestige auprès de ses disciples. Il remet à l’honneur des techniques anciennes, reprend de vieilles traditions nationales, s’intéresse à l’histoire, l’archéologie, l’artisanat. En médecine, c’est un « patron », et ses préférences vont à la cancérologie, la réanimation, l’hématologie, etc.
Trigone et sextile Pluton–Jupiter. Donnent au natif un extraordinaire optimisme, une confiance viscérale, physique, dans sa bonne étoile. Et le destin lui donne raison, parce que cet optimisme attire la chance. Le natif diffuse autour de lui des ondes d’optimisme et de sensualité saine qui séduisent les gens. Les appuis, les amis, les situations, les femmes, lui tombent tout rôtis dans le bec.
Le natif a un excellent contact avec les adolescents et avec les enfants. Il est guidé par une intuition très sûre. Il possède également des pouvoirs de guérisseurs, divers pouvoirs extra-sensoriels, une intuition médiumnique. Ce n’est jamais un rationaliste étroit, il est ouvert aux mondes invisibles dans lesquels il évolue très à l’aise. Il a de grands pouvoirs créatifs, et surtout celui de créer du bonheur autour de lui.
Carré et opposition Pluton–Jupiter. D’un naturel angoissé, le natif a toujours l’impression d’être victime d’une injustice. Il garde sa puissante créativité et son magnétisme, mais son jugement n’est pas très sûr : il se laisse tromper, se fait des illusions sur les gens. En affaires, il se laisse « avoir » par des partenaires et des employés malhonnêtes. Il perd de l’argent en plaçant mal sa confiance et ses capitaux dans des entreprises véreuses et chez des gens douteux. Il est parfois lui-même tenté par la fraude pour régler ses problèmes financiers chroniques.
Pluton-Saturne
Les aspects entre les planètes lentes et lourdes influencent surtout les collectivités. Elles ne jouent dans les destins individuels que lorsque le natif est impliqué dans de graves responsabilités collectives, par exemple un homme politique à la tête d’un pays. Cependant, les aspects Pluton–Saturne ont une influence sur le plan individuel lorsque ces planètes elles-mêmes sont importantes dans le thème, soit qu’elles soient angulaires, ou maîtresses d’une Maison angulaire, soit conjointes à un luminaire. Dans le cas d’un natif du Scorpion, il est fréquent que Pluton soit très important, puisqu’il est valorisé par la présence du Soleil dans le signe.
Conjonction Pluton–Saturne. Sa signification générale est l’association du Temps, de la Tradition, de l’Ambition, avec la Mort (destruction-renouvellement). Se trouve souvent dans les thèmes de personnalités politiques ou sociales importantes, de rénovateurs nationaux ou internationaux. Sur le plan professionnel, le natif cultive une passion pendant la première moitié de sa vie. Puis, dans la seconde moitié, ce hobby se transforme en vrai métier, qui remplace le premier, assurant une vieillesse féconde. Le natif aime les métiers où l’on manie les puissances de mort (radiologie, chirurgie). Il est tenté aussi par le passé (archéologie, préhistoire) et par tout ce qui touche à la terre (géologie, mines).
Trigone et sextile Pluton–Saturne. Très bon au point de vue intellectuel. Le natif, réfléchi et philosophe, trouve un équilibre entre les valeurs du passé et celles de l’avenir, entre tradition et progrès. Il sent quelles sont les valeurs à détruire, à ne pas conserver, et quelles sont celles qui valent d’être préservées. Sa vieillesse, à la faveur d’un changement total de situation, lui permet de donner sa vraie mesure. Le natif maîtrise bien ses pulsions sexuelles. Il a des dons politiques. Il s’intéresse à l’histoire, à la préhistoire, peut-être aussi aux problèmes de thanatologie (étude sociale, historique et médicale des problèmes de la mort).
Carré et opposition Pluton–Saturne. Ces aspects ne jouent que si les astres sont angulaires. Professionnellement, le né est plongé dans une conjoncture générale de crise qui touche sa profession, puis, indirectement, lui-même, et l’oblige à changer de situation. Sexualité difficile à contrôler.
La signification générale des mauvais aspects de Pluton avec Saturne est une sorte de fatalité intérieure, due au pessimisme profond du natif. Goût de la mort, tendance à l’isolement, manque d’ouverture et de confiance l’empêchent de réussir dans la vie, ou lui rendent la réussite très laborieuse et très difficile : les épreuves ne lui sont pas ménagées.
Pluton-Uranus
Conjonction Pluton–Uranus. Aspects intéressants surtout en astrologie mondiale. Dans un thème individuel, si les deux planètes sont angulaires ou dignifiées, la signification est la suivante : existence mouvementée, sans cesse bouleversée par l’imprévu, brusques désastres suivis de reconstruction.
Le né est sujet à de brusques et irrégulières « fringales sexuelles », qu’il contrôle difficilement, ou pas du tout.
Très créatif, très inventif, son génie créateur s’applique à des techniques de pointe : publicité et média, conquête de l’espace, électronique, physique nucléaire… Il est absolument passionné par toute nouveauté.
Trigone et sextile Pluton–Uranus. Il faut avant tout regarder l’importance de chacun de ces astres dans le thème, puisque leurs aspects jouent plus sur le plan collectif qu’individuel. Lorsque Pluton et Uranus sont importants, le natif bénéficie d’une très grande créativité, d’un « ressort » étonnant en face de l’adversité : il refait surface après un désastre, après l’effondrement d’une idéologie ou d’une foi, à laquelle il s’était accroché. Il repart dans une autre direction avec énergie et générosité. Cet aspect semble favorable aux métiers de l’aéronautique, de l’espace, des télécommunications, ainsi qu’à la recherche en physique nucléaire.
Carré et opposition Pluton–Uranus. Très mauvais aspect qui joue plutôt sur le plan de la collectivité : explosions, éruptions volcaniques, séismes, catastrophes naturelles ou non. Le natif aura du mal à trouver son équilibre, entre son besoin impérieux d’indépendance, son dévouement et sa générosité sociale, sa propre sexualité à la fois exigeante et irrégulière.
Aspects qui pronostiquent une cassure brusque dans la vie affective. Uranus accentue le côté ravageur et brutal de Pluton. Le natif est obligé de se renouveler sans cesse, de toujours recommencer, puisque toutes ses entreprises en viennent un jour où l’autre à être détruites: c’est le mythe de Sisyphe (seulement si les deux astres sont très forts dans le thème, et s’il n’y a pas d’indication contraire dans l’ensemble de celui-ci).
Les professions qui tentent le natif peuvent être dangereuses pour lui (aviation, électricité, électronique, nucléaire).
Pluton-Neptune
Les aspects entre ces deux planètes régissent le nucléaire, l’océan et tout élément liquide ; comme par exemple, le pétrole (tout ce qu’il y a de plutonien), et ses dérivés. L’exploration océanographique, les sous-marins nucléaires, relèvent de ces deux astres. Conjonction Pluton–Neptune. Elle est, bien sûr, à interpréter en fonction de la Maison où elle se situe et des aspects qu’elle reçoit.
Cette conjonction déclenche une crise dans le groupe où vit le natif et l’oblige à s’adapter péniblement. C’est souvent un indice de crise religieuse ou idéologique. Cela peut être aussi un problème de pollution des eaux, de la mer, etc. qui se répercute sur le natif.
Pluton–Neptune, c’est le mystère au carré, le double secret : l’entourage du natif ne comprend pas toujours ses raisons d’agir, ses motivations. Mais, pour lui, elles sont tout à fait évidentes, sans qu’il éprouve le besoin de s’en expliquer autour de lui. Le natif s’engage dans une idéologie, une foi, une mystique, il pense souvent aux problèmes de la mort et de l’au-delà.
Trigone et sextile Pluton–Neptune. Grande intuition, pressentiments, dons de double vue, perceptions extra-sensorielles. Le natif devine tout, il a de très forts pouvoirs médiumniques et parapsychologiques.
Bien entendu, en matière de sexualité, il devine et comprend tout, il est redoutablement perspicace.
Grande est sa créativité, Neptune (le rêve et l’inspiration) ne fait qu’aiguiser les dons artistiques souvent dévolus par Pluton.
Il affectionne particulièrement les métiers sous la mer : plongée et archéologie sousmarine, recherches océanographiques, sous-marins nucléaires, forages pétroliers off-shore, etc. Rêveur et mystique, il sera soutenu par une foi, une idéologie, un grand rêve.
Carré et opposition Pluton–Neptune. Inextricables difficultés sexuelles. Le natif, d’ailleurs, ne comprend pas toujours très bien ce qui lui arrive, ou bien l’explication qu’il en donne est refusée par son entourage. Il souffre de dédoublement de la personnalité, de pouvoirs étranges et paranormaux qui dérangent tout le monde.
En astrologie mondiale et collective, ces aspects sont particulièrement néfastes : tremblements de terre, catastrophes maritimes, pollution surtout de la mer et des eaux. Egalement, nouvelles idéologies. Ces aspects doivent s’interpréter suivant le symbolisme de Pluton (mort et renouvellement), et de Neptune (élément liquide, mers, et religion). Ils présagent des troubles sociaux autour de mystiques, de religions concurrentes.
Comment interpréter les Planètes dans les Signes
Les Planètes dans le Scorpion
Soleil en Scorpion
Le Soleil dans le signe du Scorpion met en valeur ce que j’en ai déjà dit, à des degrés divers : on peut être très, ou très peu Scorpion, cela dépend du nombre de planètes qui se trouvent dans le signe, de leur force, des aspects qu’elles reçoivent, de leur position en Maisons angulaires, etc. J’ai vu des Scorpions qui n’avaient dans le signe qu’un pauvre petit Soleil très peu aspecté : il est évident que ceux-là n’ont qu’un minimum de traits de caractères du signe. Aussi toutes les indications données ci-dessous sont-elles à prendre, non pas au pied de la lettre, mais en regardant l’ensemble du thème.
Symboliquement, le Soleil règne sur le jour, le Scorpion sur la nuit. Aussi le Soleil dans le signe du Scorpion peut-il s’interpréter comme une grande lumière éclairant les ténèbres (du subconscient ou des Enfers).
Si leur Soleil est très puissant, les natifs de ce signe s’imposent par des moyens souterrains, secrets, discrets, mais efficaces : leur entourage ne réalise pas toujours à quel point ces Scorpions tiennent leur monde en main. Ce Soleil brillant dans les ténèbres pousse ses natifs à explorer des domaines inconnus (Alexandra David-Neel), à faire des découvertes dans des secteurs encore enveloppés de mystère (Marie Curie).
Les forces sexuelles qui soutiennent cette personnalité très instinctive et très riche lui donnent une intense énergie, persévérante, tenace, extrêmement courageuse dans l’adversité : les ténèbres ne l’abattent pas.
Le Soleil représentant le cœur, le natif peut traverser, au moins une fois dans sa vie, une terrible « descente aux Enfers » très douloureuse. Ses amours peuvent être cachées.
La puissance passionnelle de l’individu le pousse à détruire pour reconstruire à sa manière. Le Scorpion harmonique est un puissant créateur ou novateur.
Le Soleil : le succès, la gloire ; le Scorpion : la mort. Dans cette position, le natif réussit souvent à la fin de sa vie, à l’approche de la mort. Introversion, goût des études scientifiques, philosophiques et occultes, il est doué pour toutes les sciences humaines, la médecine, la psychiatrie (et, bien sûr, l’antipsychiatrie !). Esprit original, qui fuit les sentiers battus. Doué pour la sculpture (Rodin, Noor Zadé Brener), surtout lorsque l’Ascendant et la Lune sont aussi en Scorpion. Egalement, don pour l’art dramatique (Main Delon, Grace Kelly).
Si le Soleil est affligé de mauvais aspects, risque de mort du père et, chez une femme, du mari. Le Soleil affligé donne un instinct sexuel anarchique, dont le contrôle échappe au natif. Sa combativité le pousse à provoquer des discussions, à semer la zizanie partout.
Son agressivité se tourne en sadisme et en cruauté.
Au point de vue de la santé, le Soleil en Scorpion mal aspecté rend vulnérable aux maladies des voies génito-urinaires : calculs rénaux, troubles des fonctions ovariennes, maladies de l’utérus, etc. Le Taureau agit aussi par opposition, ce qui sensibilise les voies respiratoires supérieures : angines, bronchites, maux de gorge…
Lune en Scorpion
Mauvaise position pour cette planète, dont la tendresse ne peut pas s’exprimer. Sous cette configuration, les rapports humains sont difficiles pour le natif qui, tourmenté de conflits intérieurs, extériorise mal ses sentiments. Attitudes coupantes, propos caustiques, jalousies blessent l’entourage. Sa franchise trop brutale est mal comprise. Les procès sont fréquents, les échanges de paroles cinglantes entraînent des inimitiés. Le natif est foncièrement maladroit dans ses rapports avec les autres; même sous de bons aspects, sa courtoisie est… à éclipses. En nativité masculine, longues rancunes, et risque de mort de l’épouse (Goebbels, par exemple, qui avait la Lune en Scorpion en Maison XII), de la mère ou de la sœur.
En nativité féminine, vie sentimentale agitée. Chez l’un ou l’autre, la vie familiale est marquée par des ruptures, des épreuves douloureuses, des deuils (lune : le foyer ; Scorpion : mort ou rupture). Le sujet a un tempérament colérique, il est capable d’être très violent. La Lune en Scorpion renforce aussi les indices d’accidents ou de mort mystérieuse qui seraient déjà suggérés par le thème.
L’être est hanté de cauchemars, ses rêves sont peuplés de fantasmes, d’obsessions morbides, de chiens noirs hurlants… Pluton pervertit les valeurs lunaires, engendrant des illusions parfois diaboliques (comme dans le cas de Goering). Avec la Lune dans ce signe, l’homme est tenté par une femme symboliquement « vêtue de noir » : veuve, prostituée nocturne ou même par sa mère ou sa sœur (inceste). Il faut que le thème soit par ailleurs très bon pour contrebalancer les effets néfastes de cette Lune en Scorpion.
Cependant, si elle est bien aspectée, il y a des atouts positifs : combativité, volonté obstinée, détermination, indépendance et énergie, curiosité intellectuelle et imagination active.
Cette position de la Lune rend infiniment sensible aux ambiances et aux situations : elle donne un flair intuitif aigu, l’intelligence stratégique dans les affaires ou la vie militaire et, en tout cas, un très grand magnétisme ; parfois, un don de voyance.
Au point de vue professionnel, le Lunaire du Scorpion a besoin d’aventure et de dépaysement pour échapper à ses cauchemars. Il est heureux dans une vie à hauts risques (grands voyageurs comme Henri de Monfreid et Eric Tabarly). Les voyages peuvent aussi être tout à fait imaginaires (Jules Verne), et l’imagination favorise les activités intellectuelles. La Lune en Scorpion est fréquente chez les écrivains : Henry Miller, Boris Vian, Jean Racine, Violette Nozières, René Barjavel… La voyance est-elle un métier ? Nostradamus avait la Lune en Scorpion. Tous les métiers qui ont un rapport avec la nuit réussissent au natif. De toute façon, la stabilité de la situation ne s’obtient qu’à partir de luttes très dures.
Sur le plan de la santé, on peut craindre des troubles de la menstruation, des affections génitales et urinaires.
Mercure en Scorpion
Bonne position pour l’astre, que l’on interprète suivant le symbolisme suivant : Mercure = intelligence, Scorpion = les Enfers, les choses cachées, le subconscient. Avez-vous remarqué l’œil en vrille de certains Scorpions ? Œil d’aigle, œil en laser, qui vous perce à jour jusqu’au fond de l’âme, œil auquel rien n’échappe, et surtout pas vos désirs secrets… Mercure en Scorpion devine tout ! Dans ce signe, l’esprit a toutes les audaces. L’intuition est très fine non seulement dans les relations avec autrui, mais encore elle porte le natif jusqu’à des vues cosmiques, des visions prophétiques ou mystiques.
Doué pour la divination, perspicace, incisif, ne craignant ni Dieu ni Diable dans sa quête de la connaissance, le Mercurien du Scorpion s’aventure aux frontières des Enfers. Son intelligence est attirée par les interdits à violer : elle veut tout savoir, tout connaître, quoi qu’il en coûte. C’est Eve devant l’arbre défendu, qui lui ouvrait la connaissance du Bien et du Mal. Mercure en Scorpion est plus puissant encore lorsqu’il est en aspect harmonique avec Pluton. Il donne au sujet une grande discrétion, un grand discernement, une prudence qui lui évite de tomber dans bien des pièges.
Cette prudence ne l’empêche pas d’avoir une intelligence hardie, non conformiste, qui va à contre-courant des conventions de son époque. Doué d’un très grand pouvoir créatif, la parole prompte, parfois caustique, le natif « pige au quart de tour », pas besoin de lui faire un petit dessin, c’est bien agréable, les gens intelligents ! Avant même que vous n’ouvriez la bouche, il a déjà compris ce que vous alliez dire. Il se défend remarquablement bien quand on l’attaque, réplique vertement, et son sens critique est imbattable. Il a aussi le don des descriptions brillantes qui tiennent sous son charme un auditoire fasciné !
Mercure en Scorpion mal aspecté donne, suivant la Tradition, des êtres destructeurs et négatifs, des révoltés pour lesquels la destruction est un plaisir, un but en soi. Leur brusquerie et leur indépendance les rend impossibles. Personne n’arrive à s’entendre avec eux. L’initiation sexuelle précoce peut évoluer vers une moralité douteuse, vers les perversions.
L’exigence de vérité, qui caractérise le Scorpion, peut sous de mauvais aspects se fausser complètement : vols, mensonges, fréquentations louches. Si les mauvais aspects sont très forts, le sujet échoue dans toutes ses entreprises : il commet indélicatesse sur indélicatesse, quand ce ne sont pas carrément des délits graves… que la vie lui fait expier, ou qu’il se fait expier à lui-même. Son esprit de contradiction le fait redouter. Parfois, dans les cas extrêmes, cruauté et sadisme en font un monstre froid (Goebbels, le sergent Bertrand).
L’être est possédé par un érotisme qui le détruit, passant d’ailleurs par des périodes de surexcitation extrême, suivies d’une apathie totale.
Au point de vue professionnel, l’attirance vers le mouvement et vers les choses invisibles pousse le Mercurien du Scorpion vers l’occultisme, la psychiatrie (et plus encore l’antipsychiatrie), la criminologie, la justice – ou certains aspects de découverte, comme l’archéologie sous-marine, la spéléologie…
S’il est écrivain ou journaliste, c’est la spéléologie de l’inconscient : littérature érotique, romans policiers, reportages sur les gens et les lieux secrets (prisons, sectes…), pamphlets politiques ou sociaux, caricatures (Piem).
L’attrait pour la médecine est très vif : pharmacie, bactériologie, chirurgie réussissent très bien au natif. Egalement, la métallurgie, les mines, les métaux rares. On note aussi de vives dispositions pour la pédagogie, l’enseignement.
Sur le plan de la santé, Mercure mal aspecté en Scorpion prédispose aux affections nerveuses, aux troubles de la circulation (veineuse si Mercure est en aspect avec Vénus, artérielle si Mercure est en aspect avec Jupiter). Les affections de la vessie et de l’appareil génital ne sont pas rares.
Vénus en Scorpion
Pauvre chérie, fourvoyée dans un signe qui ne va guère à son genre de beauté ! Comment marier la douceur, la tendresse, l’abandon, à l’éclat métallique du Scorpion, qui ne rêve que plaies et bosses ?
L’une est un magasin de porcelaines fines, l’autre un éléphant de combat : il y aura de la casse !
La Tradition estime que Vénus est « en exil » dans le Scorpion. Entendons-nous bien : cela ne veut pas dire qu’elle y est absente. Le Scorpion, au contraire, est hanté par l’Amour, il ne rêve au fond que de cela… Mais ses exigences ne sont pas de ce monde. Il y met soit des tendances sadiques, une violence qui dénature la relation amoureuse, soit un masochisme qui lui attire les pires ennuis, la violence, cette fois, étant subie.
Vénus en Scorpion signifie souvent, pour le natif, l’exil ou la perte de la personne aimée et cette séparation est intensément douloureuse puisque le Scorpion aime profondément et passionnément (Marie-Antoinette). Sur le plan matrimonial, destruction de l’union assez fréquente, puis reconstruction d’un autre foyer, suivant le symbolisme de Pluton, qui est « mort et résurrection ». Dans un thème féminin, Vénus en Scorpion signe quelquefois la prostitution avec un enchaînement de situations marginales et dramatiques dont la native ne réussit pas à sortir. De façon générale, c’est une position de la planète qui apporte des passions violentes et dramatiques : une saison en Enfer. Vénus en Scorpion accorde au natif un magnétisme sexuel intense, un grand charme et une séduction irrésistible – si les aspects à Neptune sont bons ou si Vénus est valorisée par une angularité importante : Milieu-du-Ciel ou Ascendant. L’entourage perçoit chez lui un certain malaise intérieur, un fond de tristesse qui lui donne un mystère, une aura parfois un peu trouble.
Quant à la Vénusienne du Scorpion, elle est séduisante, mais elle le paie cher. Ecoutez son portrait sous la plume de Guillaume Apollinaire :
« A Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde
Devant son tribunal l’évêque la fit citer
D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté
O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie
Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m’ont regardée évêque en ont péri
Mes yeux, ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie
Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu’un autre te condamne, tu m’as ensorcelé
Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège
Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n’aime rien
Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j’en meure
Mon cœur me fait si mal depuis qu’il n’est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s’en alla.
L’évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu’au couvent cette femme en démence… »
Dans ce poème tiré d’Alcools, sont réunis tous les thèmes de Vénus en Scorpion : la passion exclusive et dévorante, la présence de la mort, souhaitée (et qui termine plus loin l’histoire) l’évocation de la sorcellerie, la séduction irrésistible et magique, le désespoir, le mysticisme de la sorcière qui vit dans une perspective de fatalité implacable. Et l’évêque qui n’y comprend rien, mais qui en a peur !
La Loreley, personnage mi-historique mi-mythique, avait sûrement, à mon avis, Vénus en Scorpion (mais pas Apollinaire, qui l’avait en Vierge).
Heureusement, tout le monde n’a pas, comme la Loreley « des yeux couleur du Rhin et des cheveux de soleil », ce qui évidemment était très dangereux pour leur propriétaire.
Sous de bons aspects, il existe pour les Vénusiens du Scorpion de grandes possibilités positives : Vénus ainsi placée semble les préserver longtemps de la mort par accident, et aussi les faire aimer aux approches de la mort. Les bons aspects apportent des héritages, des possibilités de pension ou de rente. Le charme du natif lui amène des chances dans sa carrière, son travail, des possibilités aussi, de mariages fortunés (en Maison II).
C’est tout l’aspect bénéfique des valeurs vénusiennes qui peut jouer favorablement lorsqu’elles sont assez fortes. J’ai rencontré bien des Vénusiens du Scorpion : gens aimables et compatissants dont cette planète adoucit considérablement les humeurs martiennes (à condition que Vénus soit assez forte, soutenue par de bons aspects et par les signes dont elle est la maîtresse).
Beaucoup de Vénusiens du Scorpion, éternellement insatisfaits dans l’amour humain, se tournent vers un amour mystique, un idéal philosophique et religieux. Tels furent Gandhi, Charles de Foucauld, Lanza del Vasto, Jean XXIII.
Cette Vénus tourmentée peut s’exprimer en littérature (Mauriac, Choderlos de Laclos, Restif de la Bretonne…) ou dans une carrière artistique (Louis Jouvet, Suzy Solidor…). Parfois, l’être est doué de pouvoirs psychiques, médiumniques. En tout cas, son magnétisme sexuel est grand et contribue à sa réussite (dans un thème puissant) : Henri IV le Vert-Galant, et Wallenstein.
Au point de vue professionnel, cette position privilégie les dons artistiques et créatifs, surtout lorsqu’il y a un contact avec le public : théâtre, cinéma, littérature. De façon générale, voir ce qui est dit de la Lune en Scorpion.
Sur le plan de la santé, cette position de la planète, dans les thèmes féminins, prédispose aux grossesses et accouchements difficiles, et divers troubles gynécologiques.
Mars en Scorpion
Excellente position pour la planète rouge : elle est ici en domicile. Mars : l’énergie, le Scorpion : le feu des Enfers.
L’énergie de Mars est beaucoup plus puissante en Scorpion qu’en Bélier : dans ce dernier signe, la fougue irrésistible de Mars manquait de persévérance et de profondeur. En Scorpion l’énergie devient souterraine, implacablement efficace. Elle est capable de se contenir, de se maîtriser, de se canaliser en vue d’un objectif lointain et précis. Mars en Scorpion est extraordinairement opérationnel. Il réunit à la fois les qualités du Bélier et celles du Capricorne. Comme le premier, il peut être impulsif, rapide, mobilisé en quelques secondes ; capable d’une attaque foudroyante ou d’une contre-attaque qui met définitivement l’ennemi K.O. En somme, la guerre des Six Jours, la campagne du Sinaï, ou la guerre du Kippour, c’est tout à fait cela ! Et pas par hasard, puisque Israël est traditionnellement sous le signe du Scorpion !
Mais le Martien de ce signe peut aussi, comme le Capricorne, mijoter son coup pendant des années. Tenace, souterrain, il tisse sa toile en attendant son heure, sans jamais oublier. La mule du pape, qui garda sept ans son coup de pied vengeur, était probablement née sous cette position astrale…
Dans ce signe, Mars a des qualités de souplesse, d’adaptation à la réalité, une ingéniosité jamais prise au dépourvu (Mao Tse-Toung, Laurent le Magnifique, Gandhi). Très courageux, il ne craint ni la mort ni la souffrance, mais ne s’embarrasse guère de sentiments lorsqu’il s’agit d’atteindre son objectif (Brejnev). Sa maxime est : qui veut la fin, veut les moyens.
Il est très capable de mettre cette exceptionnelle agressivité au service d’une cause altruiste, d’une révolution nécessaire, d’une résistance à l’oppression.
Lorsque Mars est mal aspecté, sa puissance dégénère en violence destructrice, qui s’assouvit dans une oeuvre de mort (Goebbels). Même si les aspects ne sont pas dramatiquement mauvais, il en reste au moins un sale caractère. Le natif contrôle mal ses colères ; ses amours sont difficiles à cause de son intransigeance : il n’est ni compréhensif, ni conciliant. Les héritages donnent lieu à des contestations, à d’horribles jalousies, ou bien encore sont dilapidés rapidement.
En nativité féminine, le conjoint ou l’amant est martien, très agressif et assez dépensier.
C’est souvent, d’ailleurs, un autre Scorpion – ou une autre personnalité marquée par le signe (Mars symbolisant le partenaire masculin qui attire la native, surtout s’il est placé en Maison V ou VII).
Au point de vue professionnel, bonne position pour un homme politique, un chef d’Etat, un officier supérieur, un policier, un médecin (docteur Alexis Carrel), un chirurgien, un mécanicien… Sur le plan de la santé, si Mars, en Maison VIII, est mal aspecté, la longévité peut être restreinte par suite de surmenage et d’excès. Les maladies, sous cette configuration, ont souvent un caractère inflammatoire, qui se porte sur les zones vulnérables du Scorpion.
Jupiter en Scorpion
Jupiter, c’est Zeus olympien, paternel et bienveillant, chaleureux et bénéfique : la planète symbole du dieu a un peu les effets réconfortants du Soleil. Elle illumine les ténèbres du Scorpion, comme un guide qui vous fait traverser un angoissant souterrain. Dans la mythologie grecque, Jupiter-Zeus était le frère de Pluton-Hadès d’où l’affinité entre les deux planètes. L’ambivalence « destruction-reconstruction », les valeurs plutoniennes du signe, sont ici axées sur l’aspect positif : renouvellement, reconstruction, surtout si Pluton forme avec Jupiter de bons aspects.
Nature courageuse, puissante, très intuitive et inventive. Confiance en soi, aptitudes réalisatrices : Jupiter, pratique, organise les forces bouillonnantes du Scorpion. Dans la lutte, pour la vie, le Jupitérien du Scorpion est bien armé.
Il a de l’autorité, du bon sens, le sens stratégique aussi. Il ne lâche jamais son morceau.
Parfois, ses entreprises semblent d’une audace insensée, marquées au coin d’un optimisme délirant. Eh bien, à la surprise générale, il ne se casse pas la figure, il réussit (Christine de Suède, Napoléon, Louis XIV !). Son fabuleux optimisme attire la chance. Tout seul, perdu au milieu des tempêtes de la vie, les yeux fixés sur sa bonne étoile, il ne voit qu’elle, et finit par arriver au port. Je crois que cette confiance dans la vie, ce chèque tiré sur la bonté du Bon Dieu, finit par l’attendrir.
Cette chance constante apparaît lorsque Jupiter est mis en valeur dans le thème, comme chez Napoléon, par exemple, où il était conjoint à l’Ascendant, et chez Louis XIV.
Servi par son intuition pénétrante, par son ambition, par sa richesse sensuelle, le Jupitérien du Scorpion s’attelle parfois à des taches gigantesques (Rodin). Les jaloux ne manquent pas. Mais il s’en moque : il a le sens de sa propre valeur.
Jupiter peut être mal aspecté. Dans ce cas, toute sa lumière ne parvient pas à éclairer la caverne obscure du Scorpion. Il se laisse aller à l’égoïsme, au culte du moi, aux excès sexuels. Il devient autoritaire, voire tyrannique, suspicieux, méfiant, croyant toujours qu’on complote derrière son dos. La réussite financière devient plus difficile à cause des dépenses impulsives du natif. S’il recueille des héritages, il les dilapide.
Au point de vue professionnel, excellente position de Jupiter pour une carrière libérale : avocat, médecin, artisan. Le natif a des dons marqués pour l’enseignement, et un bon contact avec les enfants et la jeunesse. Cette planète de finances dans un signe de mort apporte souvent des héritages (cependant ceux-si soulèvent des querelles familiales). La situation professionnelle est généralement stable, car le natif est persévérant dans ses entreprises. Il est capable de redresser des situations désespérées, par exemple de relever une affaire qui périclitait.
Enfin, autre secteur où il peut gagner sa vie : tout ce qui touche aux sciences occultes et divinatoires.
Sur le plan de la santé, Jupiter en Scorpion est une protection contre la mort. Il stimule la résistance aux infections. En principe, c’est un diagnostic de bonne santé de fond (si les aspects sont bons).
Saturne en Scorpion
Puissante position pour cette planète… Saturne, c’est Cronos, le Temps. Et le Scorpion sait comme personne apprivoiser les anneaux du Temps. Il attend patiemment son heure sous son caillou…
Voici ce que donne Saturne en Scorpion :
— Persévérance et ténacité ; discipline des instincts.
— Sens stratégique ; sagacité, ruse, prévoyance.
— Dons d’invention, aptitudes scientifiques.
Saturne est un frein qui oblige le natif à canaliser son énergie. Le Saturnien du Scorpion est un ambitieux, jaloux de son pouvoir et de son indépendance (Giscard d’Estaing, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Mazarin). Il sait parfaitement se défendre et attaquer quand il faut, en visant bien. Ce n’est pas quelqu’un de passif, mais d’énergique et d’actif, dont l’existence, pleine de luttes, progresse régulièrement grâce à des efforts persistants. Il surmonte avec courage des conditions de vie difficiles (le commandant Charcot), et la réussite peut venir assez tard (Adenauer et Mazarin avaient tous deux Saturne en Scorpion au Milieu-du-Ciel). Lorsque la Lune et Mercure l’indiquent, les dons occultes sont certains (voir aussi, plus loin, Neptune en Scorpion).
Saturne dans le signe est un indice de longévité, et retarde la mort.
Saturne semble meilleur dans une nativité masculine. Même bien aspecté, il ne donne pas un caractère très facile au natif, auquel on reproche une certaine rudesse. Tout d’une pièce, aimant les solutions tranchées, autoritaire, il déteste ou adore passionnément, en bloc.
Lorsque Saturne est très affligé dans le thème, ces inconvénients s’amplifient : égoïsme, brusquerie, dureté de caractère, violence, exigences tyranniques… au choix ! Le natif s’attire de nombreuses inimitiés – mais celles-ci ne freinent pas forcément son ascension, tant est grande sa résistance. Il est impopulaire (Mazarin), et plus redouté qu’aimé.
En thème féminin, Saturne dans le Scorpion mal aspecté suscite des problèmes financiers, des tracasseries juridiques, des procès – et afflige la vie affective et sexuelle (disparition d’un homme aimé, mésentente conjugale, comme chez Louis XIII).
Le natif a une vision tragique de l’existence, qui impressionne ses auditeurs (Luther).
Très mal aspectée, la planète pousse à l’aveuglement, au fanastisme… et aussi à l’avarice sordide.
Au point de vue professionnel, esprit scientifique, doué pour la recherche de longue haleine, aptitudes médicales. S’il s’agit de réorganiser complètement une affaire qui périclite, la natif est l’homme qu’il faut. Sa réussite financière est favorisée par le fait qu’il est économe et sobre. Pas de folies avec lui… II réussira dans la chimie, la droguerie, la pharmacie, la mécanique, les industries funéraires et l’archéologie.
Sur le plan de la santé, grande résistance de fond, mais les mauvais aspects peuvent demander une vigilance accrue.
Uranus en Scorpion
Que d’écrivains, de penseurs, de novateurs, sous cette configuration ! Pétrarque, Poe, Giono, Hemingway, Henry Miller, Kant, Racine, Musset, Louis-Ferdinand Céline, Drieu La Rochelle, André Breton, Georges Bataille, Louis Aragon, Barbey d’Aurevilly…
Comme si Uranus en Scorpion poussait vers une célébrité éclatante.
Et des grands astronomes : Copernic, Newton, Le Verrier… Et des aventuriers du ciel : Nungesser, Didier Daurat, Guynemer…. Les yeux fixés sur leur étoile, ce sont des gens qui avancent avec détermination en suivant une idée novatrice. Ils ont le sentiment de devoir lutter pour le progrès. Dans ce but généreux, la révolution ne leur fait pas peur : Uranus détruit l’ordre ancien pour permettre à Pluton de reconstruire le nouveau.
L’Uranien du Scorpion est souvent amené, dans son existence, à se révolter contre la pesanteur des institutions de son temps, contre la dureté des contraintes sociales qui pèsent sur ses contemporains.
Destruction, puis reconstruction. Il y emploie sa forte volonté, toujours stimulée par les obstacles, son ingéniosité, ses dons pour la technologie. Cette position zodiacale donne aux natifs un rôle de détonateur : leurs faits et dires se propagent comme une traînée de poudre (Mao Tse-Toung). Uranus fait éclater le secret du Scorpion. La planète est une puissance de foudre. Dans le Scorpion, qui a aussi une nature magnétique, les résultats sont surprenants. Le natif déclenche la révolte ou la révolution autour de lui ; révolution qui n’est pas toujours militaire, d’ailleurs, elle peut être « culturelle » (avec ou sans guillemets !), religieuse, et prend parfois la forme d’un mode de vie nouveau s’imposant au public.
L’Uranien du Scorpion attire les amitiés actives par sa générosité et son dynamisme.
Ces amis, portés comme lui vers des idées de progrès et de révolution, font avec lui un groupe très agissant, une minorité qui n’a pas peur de remettre en question la civilisation dont elle vit.
Dans ce type de caractère, l’audace et la décision sont privilégiées au détriment des talents diplomatiques. Uranus en Scorpion n’est pas conciliateur. Il est d’autant plus accroché à ses idées qu’il a souvent des dons de double vue prophétiques, qu’un individu terre à terre ne comprend pas… L’intuition Uranienne est démultipliée par celle du Scorpion.
Dans cette position astrale, Uranus mal aspecté est un brûlot permanent, une bombe qui risque de détruire soit le natif, soit son entourage, ou les deux. Les possibilités d’autodestruction sont redoutables.
L’esprit de rébellion – qui est une chose excellente – amène, sous de mauvais aspects, le natif à perdre ses biens, ses affections intimes, sa vie… Le succès est compromis par des manières brutales, un orgueil démesuré. L’être devient explosif, ne se contient plus, agit comme s’il était soumis à une fatalité de destruction et de désintégration (qui vient, en fait, de lui-même !). Son sens critique est excessif ; il se change en tyran et fait régner la terreur autour de lui. Au point de vue affectif, les mauvais aspects de l’astre perturbent la sexualité, en livrant l’Uranien à ses obsessions (docteur Petiot). Il peut être complètement dépassé par ses pulsions sexuelles, ce qui rend impossible une vie familiale normale. Celle-ci était déjà bien aléatoire sous de bons aspects, car Uranus n’a pas le génie de l’intimité : les amis, l’aventure et la révolution passent en priorité avant le foyer, et celui-ci est détruit. Le destin est en à-coups brusques, en montagnes russes… ou chinoises ! Coups de chance, revers inattendus, rétablissements surprenants, la monotonie est absente de ce genre de vie. Visionnaire, écorché vif, individualiste, le natif refuse de s’aligner sur les idées de son entourage (Rommel, Mao). Si celles-ci sont étroites ou périmées, il a bien raison de s’insurger.
Mais sous de mauvais aspects, il risque de ne pas écouter les avis de bon sens, et de s’embarquer dans des folies aux conséquences dramatiques. Cette disposition d’esprit anti-conformiste fait de lui un polémiste acide ou un marginal qui se bat contre les moulins à vent.
Au point de vue professionnel, sous de bons aspects, la réussite est facilitée dans n’importe quel métier demandant de la générosité, de l’esprit d’entreprise, des initiatives.
Cette forme d’esprit convient mieux aux carrières libérales, où l’on n’est pas salarié : médecin, avocat, écrivain, politicien, scientifique. Les gains ou les pertes de capitaux sont imprévisibles. Sous de mauvais aspects, l’élévation du natif est difficile : il détruit lui-même sa chance, fait se dresser devant lui des obstacles inattendus.
Neptune en Scorpion
Affinité entre cette planète de rêve et d’imagination, et notre Scorpion, naturellement attiré par l’étrange, le fantastique, le mystère.
Les Neptuniens du Scorpion sont médiums, clairvoyants, ils ont des dons occultes, s’intéressent aux problèmes de l’au-delà. Mystiques, artistes, sensibles, intelligents, ils devinent tout ce qu’on leur cache. Ils travaillent dans le secret, s’enfermant à double tour dans leur chambre ou leur bureau, sans confier à personne leurs projets et leurs travaux.
Dans cette configuration, les forces invisibles se mettent au service de la création (Balzac : Neptune en Scorpion conjoint au Fond-du-Ciel ; Ferdinand de Lesseps : Neptune conjoint au Soleil). Le natif porte en lui tout un monde de rêves, une inspiration très forte qui se concrétise, débouche sur une création grâce à l’énergie du Scorpion (surtout lorsque Pluton vient appuyer Neptune). La planète, puissante dans ce signe, pousse le natif dans des voies extraordinaires, en très bien ou en très mal, en ange ou en démon…
Le mystère caché derrière cette personnalité fascine autrui. Du natif se dégage une aura souvent très perceptible. La sexualité du Scorpion prend avec Neptune une grande séduction et une grande importance. Le natif n’est pas toujours conscient de la puissance des forces qu’il porte en lui. Tout dépend de la façon dont il les utilisera (Louis XIV avait Neptune conjoint à l’Ascendant en Scorpion).
Car Neptune en Scorpion affligé porte vers la drogue, les stupéfiants, la boisson, le spiritisme (Victor Hugo et Allan Kardec). La puissante créativité du natif demeure, mais elle se met au service des forces de mort. Le Neptunien surprend alors sa famille et ses amis par ses engouements bizarres, il adhère à des sectes plus ou moins délirantes…
Avec de mauvais aspects de Vénus et de Mars, Neptune entraîne à des perversions sexuelles. Le natif doit contrôler son imagination, devenue la vraie folle du logis. Les forces invisibles le trahissent, s’il n’y prend garde. Il perd ses héritages, ses biens, sa santé, son temps…
Au point de vue professionnel, Neptune bien aspecté, surtout en Maison VI, est très propice aux artistes, aux chimistes, aux médecins (surtout les médecines naturelles, en particulier homéopathie, acupuncture, hydrothérapie).
Les dons de déduction et d’investigation, l’intuition médiumnique trouvent leur emploi dans les sciences occultes, la psychologie et la psychanalyse, l’astrologie et l’astronomie (Copernic), mais aussi dans la police, les services secrets et le renseignement ! Machiavel était né sous cette configuration !
Sur le plan de la santé, tous les auteurs sont unanimes : Neptune en Scorpion mal aspecté amène une mort entourée de mystère (a fortiori si la planète est en Maison VIII !).
Les accidents dus à l’eau sont fréquents. Les mauvais aspects de Neptune ralentissent l’activité hormonale de certaines glandes, entraînant diverses maladies témoignant d’une intoxication ou d’une infection.
Comment interpréter les dans les Maisons Signes
Le Scorpion dans les Maisons
Scorpion en Maison I
Le Scorpion en I est à l’ Ascendant. Même s’il est vide de planètes, il marque profondément le natif.
Je rencontre des gens tout fiers qui me disent : « Oh moi, Dieu merci, je ne suis pas Scorpion, quelle horreur ! Je suis seulement Ascendant Scorpion. » Ils ignorent l’importance capitale de l’Ascendant qui modifie toujours beaucoup les autres signes solaires. Ce Scorpion en première Maison donne une bien plus grande énergie au natif ; il étoffe sa personnalité de cette âpreté, de cette persévérance, de cette volonté de puissance qu’ont les gens du signe. Le sujet lutte contre le groupe pour s’imposer. Actif, entreprenant, il tend à diriger les siens au point de devenir parfois tyrannique. Il profite des révolutions, des situations conflictuelles – qu’il sait, d’ailleurs, provoquer – pour en sortir vainqueur. Passionné mais très lucide, l’ Ascendant Scorpion donne du réalisme, du courage… et le pardon difficile.
Toute planète située à l’ Ascendant prend donc une valeur dominante, surtout si elle est angulaire (conjointe à ce même Ascendant). Pour le détail des planètes en Scorpion, en Maison I reportez-vous au chapitre : « Comment interpréter les Planètes dans les Signes ». Leur position en Maison I ne fait que renforcer les interprétations que j’en ai déjà données.
Scorpion en Maison II
Dans ce secteur concernant les biens du natif et son aptitude à acquérir (ou à perdre), le Scorpion n’est pas trop mal placé. Son réalisme et son activité persévérante lui assurent souvent un bon job, assez stable, parfois même assez brillant.
Réussite dans les professions de Mars et d’Uranus (militaires, ingénieurs, hommes politiques, inventeurs, aviateurs, techniciens dans les secteurs de pointe).
La fortune peut être amassée secrètement… Pas trop déclarée et déposée en Suisse ! Si le thème indique des possibilités d’héritages, cette position les renforce. Mais quelle âpreté dans les gains ! Et ces jalousies ! Sous de mauvais aspects, seulement. Le Scorpion n’est pas avare : il dépense à la fois de façon impulsive et avec une arrière-pensée, Il est souvent généreux.
Scorpion en Maison III
Cette Maison renseigne l’astrologue sur l’intelligence du natif, sur ses capacités à établir des relations de cause à effet, sur son agilité d’esprit. Egalement, dans cette Maison, les relations avec tout ce qui est proche : entourage, frères et sœurs, voisins, petits voyages…
Le Scorpion, dévoré de curiosité et malin comme un singe, n’est pas mal situé dans cette Maison. Curiosité scientifique, vocation de chercheur (chimie, biologie, parapsychologie…), aptitudes à la littérature, au journalisme, à l’enseignement, on peut trouver cela dans un Scorpion en Maison III.
Scorpion en Maison IV
Ici est logé tout ce qui concerne le foyer du natif : sa famille d’origine, son père, sa mère, les biens de la famille ascendante ; la famille dans laquelle il vit, son patrimoine ; et enfin sa vieillesse.
Le Scorpion dans cette Maison donne une ambiance assez dure où le natif est contraint de refouler ses instincts. Ce n’est pas une position très favorable pour le foyer. A moins de très bons aspects, on peut craindre des divergences familiales très vives, toutes espèces de ruptures violentes, un divorce… Le foyer est malheureux ou négligé. Le natif peut être orphelin de père ou de mère, ou éprouver un deuil à son foyer. Les valeurs du Scorpion sont trop différentes de celles symbolisées par la Maison IV : notre animal n’est pas, en principe, très doué pour l’intimité bourgeoise. Le Scorpion en Maison IV n’est pas favorable aux biens immobiliers et au patrimoine familial, qui souffre de l’ambiance tendue du foyer. La fin de vie est peu heureuse. Cependant, ne dramatisez rien, avec de bons aspects ce pessimisme de principe peut s’atténuer. Le Scorpion en Maison IV accorde d’intéressantes possibilités de création en fin de vie, et une vie sexuelle maintenue jusqu’à la mort – facteur de jeunesse pour l’individu.
Scorpion en Maison V
Drôle de panier où la Tradition jette pêle-mêle les enfants, les amours (non légalisées), les spéculations boursières ou financières, les loisirs, les désirs, les réalisations, les publications, les jeux… Cela surprend notre logique rationaliste du XXe siècle, mais on constate tous les jours que la Tradition a ses raisons… Et que cela marche très bien !
Le Scorpion, lui, ne marche pas très bien dans cette Maison, trop légère pour lui. Du point de vue des enfants, pourtant, cela peut être favorable parce que notre Scorpion assume vaillament son rôle de parent. Cependant, ses enfants, s’ils sont brillants, sont parfois difficiles de caractère ou de santé fragile. En thème féminin, les mauvais aspects prédisposent aux grossesses et accouchements pénibles. La sexualité du Scorpion en Maison V est puissante : passions intenses et jamais platoniques. Les impulsions sexuelles, violentes et incontrôlables, amènent des ruptures brusques après lesquelles l’amour peut se changer en haine. Les auteurs « anti-Scorpion » insistent lourdement sur les « curiosités perverses », « abus sexuels », « aventures honteuses » et « débauches »…. Avant de coller ces étiquettes sur le dos d’un malheureux, regardez bien l’ensemble du thème, dans quelle position céleste se trouvent les maîtres du Scorpion, quels sont leurs aspects, etc. Il arrive plus souvent que le Scorpion hébergé en Maison V donne surtout une grande séduction, une sensualité très forte et une vie sentimentale mystérieuse…
Scorpion en Maison VI
A l’entrée de cette Maison, je vois affichée une pancarte : « Travaux et maladies ». On fait demi-tour ? Non, quand on est Scorpion, on a tous les courages, on continue pour voir !
La Maison VI n’est pas un palais, c’est plutôt une usine ou hôpital. Le Scorpion, là-dedans, travaille bravement, le pauvre, à des travaux assez durs ; mais il finit par s’en sortir, surtout dans ses domaines préférés : médecine, chirurgie, pharmacie, psychiatrie et anti-psychiatrie, police, recherche scientifique… Cette situation astrale donne des subordonnés difficiles à commander et, pour le sujet une peine infinie à s’élever jusqu’aux tout premiers postes. La santé n’est pas très brillante : maladies du Scorpion (voies génito— qui n’est jamais un urinaires) et de Mars (cœur, appareil circulatoire). Le Scorpion – a tendance à se surmener. Avec des dissonances tire-au-flanc, rendons-lui cette justice graves de Mars, il se surmène tant que la fatigue le rend vulnérable aux accidents du travail, aux risques d’opérations, aux dépressions.
Scorpion en Maison VII
Ces auberges-là, suivant le proverbe, il y en a de bonnes, il n’y en a pas d’exquises : c’est le mariage. Le portrait de votre partenaire ou conjoint se trouve sur la Maison VII (pour le conjoint no 2 voyez la Maison IX, et pour le no 3, la XI). Dans cette Maison, également, on peut apprécier les contrats que signe le natif, ses relations avec la société, ses ennemis (échec de ses relations avec autrui).
Le Scorpion en Maison VII décrit un conjoint difficile, pas forcément du signe solaire du Scorpion, mais marqué par Mars, Pluton et Uranus. Ni souple, ni accommodant, jaloux et agressif. Beaucoup de discussions et de bagarres en perspective. Cependant, le mariage tient grâce à un attrait physique réciproque. Les conjoints ont des relations physiques fréquentes. Le partenaire indiqué par le Scorpion en Maison VII est très attaché à ses enfants. Finalement, le mariage est plus solide qu’on ne le croit, et le conjoint, fidèle et dévoué. Sous de bons aspects, le divorce n’est pas plus à craindre que dans d’autres signes. Le mariage se dissout plutôt par la mort de l’un des partenaires que par un divorce.
Les mauvais aspects dans cette Maison sont, bien entendu, catastrophiques : destruction du mariage par mort prématurée du conjoint. Conjoint trop exigeant sexuellement, ce qui torpille sûrement l’entente du couple. Jalousie ravageuse… Le natif, tenté par des associés actifs et entreprenants, a bien des déboires avec eux.
Prudence, donc, en ce domaine, si vous avez le Scorpion en Maison VII : faites plutôt cavalier seul. Vos ennemis sont venimeux et violents. Heureusement, vous les voyez venir.
Scorpion en Maison VIII
Sur la carte du ciel, chaque Maison correspond à un signe : ainsi la Maison I correspond au Bélier. C’est le lieu où le soleil se lève, le commencement du jour, qui correspond par analogie avec le commencement de l’année sous le Bélier. La Maison II correspond au Taureau, la III aux Gémeaux, etc. Ainsi de suite jusqu’à la Maison VIII, qui correspond analogiquement au Scorpion.
Dans cette Maison est localisé tout ce qui touche à la mort du natif et, aussi, tout ce qui se rattache à la mort des autres, lorsqu’elle le concerne : héritages, par exemple. Par analogie avec le Scorpion, cette Maison renseigne aussi sur la sexualité du natif (selon certains auteurs).
Le Scorpion en Maison VIII donne, selon la Tradition, une mort très dure ou précédée d’une agonie douloureuse. Le Bélier à l’Ascendant est pour quelque chose dans la mort rapide et violente qui survient parfois.
En revanche, c’est une position favorable aux héritages et aux professions concernant la mort. Le natif s’intéresse vivement aux sciences occultes et a des dons pour communiquer avec l’au-delà.
Scorpion en Maison IX
La Tradition est un peu floue sur le contenu de la Maison IX. On a l’impression que c’est un fourre-tout dans lequel nos illustres ancêtres astrologues ont casé tant bien que mal tout ce qu’on n’avait pas pu mettre ailleurs : inspirations et aspirations religieuses, philosophiques, idéaux, grands voyages, etc. Tout ce qui est lointain. La Maison IX se comprend mieux par référence au Sagittaire, cet homme de désir, ce chevalier errant, qui a toujours envie d’être ailleurs, plus haut, plus loin, plus brillant…
Le Scorpion n’est pas si mal hébergé dans cette Maison, qui oriente son esprit vers les sciences de la vie et de la mort : biologie, physique, thanatologie, occultisme et, même, astrologie ! Le Scorpion en Maison IX aime la recherche scientifique et s’y applique souvent avec passion. Mais ce qu’il adore par-dessus tout, ce sont les théories farfelues sur « la vie après la mort ». Cela peut le rendre mystique, réfléchi, rêveur, philosophe… Les voyages, dans cette Maison et pour lui, sont à hauts risques mais il aime ça, justement ! (Par exemple, Henri de Monfreid). Aventures, expéditions scientifiques ou « coloniales » lui réussissent finalement souvent bien. Le Scorpion en Maison IX apporte une vive passion et un courage déterminé à toutes ses recherches.
Scorpion en Maison X
Le Milieu-du-Ciel est un « angle » important du thème et toute planète, tout signe qui s’y trouve, prend un relief particulier. On regarde le Milieu-du-Ciel en levant les yeux : c’est le zénith, le point le plus haut où monte le Soleil dans sa course quotidienne : il indique les possibilités de réussite sociale et professionnelle du né. En opposition à la Maison – Le–Milieu-du-Ciel est aussi, accessoirement, la Maison de la mère du IV – celle du père natif.
Les gens célèbres, ceux qui ont brillamment réussi dans leurs entreprises, ont presque toujours un Milieu-du-Ciel soit habité par un amas de planètes, soit occupé par une seule planète dignifiée et très aspectée ; ou encore un signe, mis en valeur par le reste du thème, attire l’attention sur ce Milieu-du-Ciel.
Le Scorpion en Maison X donne beaucoup d’atouts pour la réussite : un solide réalisme, une grande perspicacité qui permettent de juger sainement les gens et les situations.
Le don de la stratégie, la combativité, l’autorité, le pouvoir d’influencer autrui. C’est l’une des meilleurs auberges pour notre Scorpion : réussite dans les carrières politiques (comme Mao Tse-Toung), juridiques, dans la justice, la police. Egalement bon pour les et les astrologues ! Médecine, chirurgie, recherche artistes, les écrivains, les journalistes… scientifique conviennent aussi très bien à ce Milieu-du-Ciel en Scorpion.
Les périodes de troubles, les révolutions et les bouleversements ne nuisent pas au natif, qui en profite même. Il appuie sa réussite sur la destruction d’une idée, d’un régime politique, ou d’un ordre ancien, qu’il reconstruit. La réussite professionnelle impose une lutte le très dure dans laquelle seuls arrivent ceux qui s’accrochent de toutes leurs forces : caractère dur et déterminé du Scorpion lui assure la victoire.
Scorpion en Maison XI
Espace, liberté, égalité, fraternité… C’est le sens de la Maison XI, qui correspond analogiquement au signe du Verseau. Celui-ci est donc le signe de l’amitié, des mass-média, des idées généreuses, plus ou moins révolutionnaires. Amitiés, désirs et projets, publicité, tout ce qui circule sur les ondes rentre dans cette Maison.
Le Scorpion apporte une coloration particulière à la Maison XI. Certains auteurs lui octroient peu de popularité mais cela dépend des planètes qui s’y trouvent hébergées, des aspects reçus, etc. Le natif est adoré et détesté, admiré et jalousé : la vie amicale est un parcours de combattant ! Il peut aussi rester dans l’ombre, être tout à fait méconnu et incompris de ses contemporains. Ses amis sont sincères et fidèles. Dans toutes les amitiés du Scorpion en Maison XI, il existe, à la base, une attirance ou une répulsion viscérale très vive. Il n’imagine pas, par exemple, qu’une amitié puisse exister entre un homme et une femme, sans un attrait sexuel de fond (lequel peut, bien sûr, être sublimé).
Scorpion en Maison XII
Il existe des affinités entre la Maison XII et le signe du Scorpion, mais ce sont des « affinités négatives » : tout le côté ténèbres, mort et mystère du Scorpion correspond à la et pas très heureux ! Hôpitaux, signification de la Maison XII : ce qui est caché, secret… prisons, asiles, exils, longues maladies, claustration volontaire ou non, ennemis secrets, suicide, occultisme, épreuves douloureuses relèvent de cette Maison. Aussi, ne faut-il pas s’étonner du pessimisme des interprétations traditionnelles. Avec le Scorpion •en Maison XII, le natif doit compter quelques solides inimitiés. Il suscite des jalousies tenaces, d’autant plus dangereuses qu’elles sont hypocrites. Il est l’objet de calomnies et souvent trahi par ses collègues de travail. Heureusement, le natif a ce qu’il faut pour se défendre !
Il peut être aussi victime d’une campagne de dénigrement systématique, parfois d’envoûtement. Du point de vue de la santé le sujet est particulièrement vulnérable aux maladies du signe lesquelles entraînent, plus qu’en aucune autre Maison, des hospitalisations et des opérations (avec Mars mal aspecté). Les maladies chroniques sont, ici, particulièrement pesantes.
Pourtant, avec un bon thème et pas de mauvais aspects, cette position est très favorable à une brillante réussite professionnelle dans le domaine médical (chirurgie, biologie) ou para-médical (psychiatrie, psychologie).
La Lune Noire
La Lune Noire n’est pas une planète, c’est un point vide : le deuxième foyer de l’orbite lunaire.
En effet, la Lune ne décrit pas un cercle autour de la Terre, mais une ellipse allongée. Cette ellipse a donc deux foyers, ou centres, dont l’un est la Terre et l’autre un point vide de l’espace, que l’on appelle la Lune Noire.
Quelle importance peut-on lui accorder en astrologie ? L’unanimité ne s’est pas encore faite chez les astrologues. Certains pensent que la Lune Noire est inutile, que l’on peut très bien interpréter un thème correctement sans aller chercher ce point mystérieux qui n’est même pas une planète. D’autres pensent que la Lune Noire donne des indications tellement précieuses qu’il serait impossible de s’en passer…
J’ai remarqué que l’étude de la Lune Noire suggère immédiatement, dans un thème, le problème de fond du natif. Bien entendu, ce problème est indiqué par ailleurs dans tout le reste du thème – mais la Lune Noire met le doigt dessus avec une intensité parfois frappante. C’est une grande aide dans le travail d’analyse d’un thème.
La Lune Noire est donc un vide, et un vide douloureux (puisque « la nature a horreur du vide »). Elle symbolise une épreuve, une traversée du désert, à l’issue de laquelle le natif trouve enfin sa voie.
La Lune Noire représente aussi la sexualité, dans ce qu’elle a de plus redoutable et de plus difficile à assumer. L’adjectif « noir » fait mieux comprendre qu’il s’agit de forces souterraines, invisibles, à la racine même de l’être. Aussi la Lune Noire a-t-elle beaucoup d’affinités avec Pluton, maître du Scorpion. Quand elle se trouve dans ce signe, elle libère d’énormes énergies.
La Lune Noire en Scorpion signe un être de passion, puissant et créateur, livré à des démons intérieurs, ravagé de luttes intimes dont l’entourage ne se doute pas, Le natif ne peut devenir lui-même qu’au prix d’une destruction, d’une révolte radicale, d’un sacrifice douloureux. A la suite de quoi, il reconstruit, et retrouve son équilibre.
La très forte sexualité du natif s’exprime parfois dans des dons artistiques ou littéraires, par une intense créativité. Avec Pluton, la Lune Noire exprime les problèmes sexuels du thème. Lorsqu’elle forme de mauvais aspects avec Pluton, Mars, Uranus et Vénus, l’être peut devenir sadique, pervers, obsédé ; il risque d’être prisonnier d’une sexualité complètement déviante et destructrice.
Le Soleil en Scorpion avec la Lune Noire sur l’Ascendant prédispose parfois (mais parfois seulement) à l’homosexualité.

